Le Cameroun est souvent qualifié de "microcosme de l'Afrique"
en raison de la richesse de sa biodiversité. Il abrite 92 % des
écosystèmes présents sur le continent africain, répartis sur six
grands types d'écosystèmes, ce qui fait de notre pays l'une des
zones les plus diversifiées d'Afrique. Avec environ 8500 espèces
végétales, la biodiversité floristique du Cameroun se classe au
21e rang mondial et au 4e rang africain. Cette diversité est une
véritable richesse, non seulement pour l'équilibre écologique du
pays, mais aussi pour son développement économique et
culturel.
Cependant, cette biodiversité exceptionnelle est aujourd'hui
menacée par plusieurs facteurs. Parmi les principales menaces,
on retrouve les projets agricoles (plantations d’hévéa, de
palmiers à huile, bananiers, etc.), les projets de développement
tels que la construction de routes ou de barrages
hydroélectriques, mais aussi les projets d'exploration minière
(fer, or, pétrole) et des perturbations naturelles telles que les
inondations ou les vents violents.
L’impact des grands projets industriels sur la biodiversité est
particulièrement alarmant. Par exemple, le barrage
hydroélectrique de Nachtigal, sur le fleuve Sanaga, a déjà
entraîné la destruction de près de 450 hectares de terres
forestières, et le projet hydroélectrique de Kikot, prévu dans la
même région, menace d’en absorber encore davantage, avec
une capacité de 550 MW.
Face à ces enjeux, cette étude vise à apporter une contribution
à la connaissance de la diversité végétale dans la région de
Kikot, au Centre Cameroun. L’objectif global est d’étudier la
diversité végétale de Kikot afin de mieux comprendre la
biodiversité floristique de cette localité. De façon spécifique il
est question de caractériser la diversité végétale des arbres
présents dans les forêts de Kikot, d’identifier les espèces à
distribution restreinte et celles qui sont menacées selon les
catégories et critères de l’UICN, de Caractériser les différents
types de forêts à travers des transects de végétation.