Droit administratif à l'ENA de Côte d'Ivoire
Droit administratif à l'ENA de Côte d'Ivoire
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ECOLE NATIONALE D’ADMINISTRATION
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DROIT ADMINISTRATIF
ECOLE NATIONALE D’ADMINISTRATION
au cœur de la transformation de l’action publique
Sous la responsabilité de
M. AHOUNAN KOIDJANE ;
M. EFFOSSOU EFFEBI ;
M. FOFANA MAMADOU ;
M. SANOGO MORY.
CONCOURS D’ENTRÉE
L’ECOLE NATIONALE
D’ADMINISTRATION
SOMMAIRE
1. L’introduction................................................................................................................ 5
3. La conclusion ................................................................................................................. 8
I. L’introduction ..................................................................... 9
INTRODUCTION ....................................................................... 11
A. La région ...................................................................................................................................... 15
B. Le département ......................................................................................................................... 15
C. La sous-préfecture ................................................................................................................... 15
D. Le village ..................................................................................................................................... 15
A. La région ...................................................................................................................................... 16
B. La commune................................................................................................................................. 16
1. La régie ......................................................................................................................... 24
1. La réglementation...................................................................................................... 27
A. Définition ....................................................................................................................................36
A. Les dommages causés par les choses et les activités dangereuses ...............................38
Paragraphe 1 : Les personnes n’entrant pas dans la catégorie des agents publics
...................................................................................... 40
...................................................................................... 47
sanctions ...............................................................................................................................................47
I. CONSIDERATIONS GENERALES
De tous les types d’exercices rencontrés en droit (commentaire de texte ou d’arrêt, cas pratique,
consultation), seule la dissertation est retenue aux concours d’entrée à l’Ecole Nationale
d’Administration (ENA). Etant donné que les candidats à ces différents concours ne sont pas
tous juristes de formation, il est tout à fait indiqué de leur enseigner la méthodologie de la
dissertation juridique. Surtout que les candidats ont tendance à appliquer les règles de la
dissertation classique (c’est-à-dire la dissertation littéraire) qu’ils pratiquent depuis le
secondaire aux sujets de droit qui leur sont proposés.
Même si les deux types de dissertation présentent les mêmes exigences, à savoir : l’organisation
des idées, la capacité de mener une analyse cohérente et bien argumentée, dans un esprit de
synthèse ; il faut tout de même noter que la dissertation juridique a ses particularités. Il en est
ainsi parce que le droit n’est pas la littérature. Les particularités dont il s’agit seront relevées au
fur et à mesure dans la conduite de l’exercice.
A. L’étape préliminaire
L’étape préliminaire se fait au brouillon. Il s’agit pour le candidat de localiser le sujet afin de
faciliter sa compréhension, de recenser les idées devant aboutir à l’élaboration d’un plan.
1. La localisation du sujet
La localisation du sujet est l’opération qui consiste pour le candidat à situer le sujet qui lui est
proposé dans le cours. Le sujet peut porter soit sur une partie soit sur plusieurs parties du cours.
Toujours est-il qu’il est toujours tiré du cours, et jamais en dehors. C’est la raison pour laquelle
il est important pour le candidat de connaitre la progression du cours. D’ailleurs, il est
généralement plus facile pour le candidat qui maitrise la logique du cours de comprendre le
sujet à lui proposé.
2. La compréhension du sujet
Comprendre le sujet, c’est l’aptitude à le concevoir clairement. Pour y parvenir, il est demandé
au candidat de faire une lecture calme et attentive du sujet pour en saisir le sens véritable. Puis,
de s’atteler à définir le sens des mots clés et expressions utilisés dans le sujet.
Il peut être question dans le sujet de procéder à une exposition ou une description, à une
démonstration, à une discussion, à une comparaison, à une analyse ou à une synthèse. C’est
pourquoi, le candidat doit prêter attention à la présence des connecteurs logiques dans le sujet.
En effet, le candidat doit faire attention à l’emploi des mots comme « et », « ou », « dans »,
etc.
Dans ces deux sujets, l’emploi du mot et invite le candidat à faire une comparaison.
Cependant, il convient de préciser, à toutes fins utiles, que ce n’est pas toujours que le mot et
renvoie à une comparaison. Le et peut inviter plutôt à une mise en relation, à indiquer les
interférences ou les interactions entre deux ou plusieurs notions.
De même, le candidat doit faire attention aux verbes utilisés dans le libellé du sujet.
Discuter, c’est débattre de quelque chose. La discussion consiste à développer toutes sortes
d’arguments en les classant, les soupesant, les critiquant ou les approuvant.
Décrire, c’est dépeindre quelque chose. Il s’agit d’exposer objectivement une notion juridique
comme la loi avec sa définition, ses divers aspects, son rôle, ou bien une institution comme le
Président de la République, avec son statut et ses attributions.
La compréhension du sujet débouche, tout naturellement, sur le recensement des idées devant
permettre de traiter le sujet.
Le recensement des idées n’est rien d’autre que l’inventaire des connaissances. Il s’agit de faire
appel à ses connaissances pour répondre à la question posée par le sujet. Ces connaissances
sont tirées aussi bien du cours que des différentes lectures.
Il ne faut pas hésiter, dans un premier temps, à relever tout ce qui vient à l’esprit. C’est bien
après tout cela que ces idées seront sélectionnées, ordonnées et classées dans un plan en deux
groupes. C’est la synthèse. La synthèse ou la présentation des connaissances a lieu dans un plan
de rédaction.
3. L’élaboration du plan
Le plan est le fil conducteur qui est suivi pour traiter le sujet. C’est la synthèse des idées
recensées sur la feuille de brouillon. Elle est structurée en deux parties lesquelles sont
constituées des idées principales. A l’intérieur de chaque partie, on trouve deux idées
secondaires.
Il existe plusieurs types de plans. Les plus fréquents sont : le plan chronologique, le plan
analytique et le plan synthétique.
Le plan chronologique est celui qui porte sur l’évolution historique d’une notion en indiquant
les différentes étapes avec les dates clés.
Le plan analytique est plus descriptif. Il consiste à déterminer les différents aspects d’une
notion, d’une institution.
I. Les conditions
II. Les effets
I. Le statut
II. Les attributions Le plan synthétique s’oppose au plan analytique. Plutôt que de verser
dans une description, il porte sur la défense d’une idée. Il est beaucoup plus difficile.
B. L’étape de la rédaction
L’étape de la rédaction est la phase décisive du travail. En ce sens que le candidat doit traiter le
sujet sur sa feuille de composition.
1. L’introduction
L’introduction est la première partie du devoir. Déjà, à ce niveau, le candidat doit donner une
bonne impression au correcteur. Car, c’est à partir de là que celui-ci réalise que le candidat a
compris ou n’a pas compris le sujet.
La méthodologie utilisée à ce niveau est le système dit de l’entonnoir. Il consiste à partir des
généralités pour aller progressivement dans le sujet, c'est-à-dire au particulier.
a. La situation du sujet
La situation du sujet consiste à placer le sujet dans un contexte général. De façon pratique, elle
conduit à loger le sujet dans une partie bien précise du cours. Cependant, il faut se garder de
partir de très loin. Il faut aussi éviter d’employer des expressions galvaudées du genre « depuis
que le monde est monde » ou encore « depuis la nuit des temps ».
On peut réussir l’entrée en matière par une phrase générale ou par la pensée d’un auteur qui a
trait au sujet.
A supposer que le sujet proposé porte sur le contrat administratif, on pourrait partir de l’idée
que l’Administration dispose de moyens juridiques pour lui permettre d’accomplir la mission
de prestation qui lui est assignée. Au nombre de ces moyens figure le contrat. Si le sujet porte
sur le Président de la République, on pourrait partir de la nature du régime politique ivoirien.
b. La présentation du sujet
La présentation du sujet est une étape décisive. C’est à cette étape qu’on réalise que le candidat
a compris ou n’a pas compris le sujet. Elle comprend divers éléments comme la définition des
termes clés, l’exposé de l’intérêt du sujet, l’exposé de l’actualité du sujet.
c. La problématique
La problématique encore appelée problème de droit ou question de droit est, comme son nom
l’indique, une question. C’est la question qui se cache derrière le sujet. Il appartient au candidat
de la déceler.
Lorsque le sujet est à la forme affirmative, il est plus difficile de déterminer le problème de
droit. Toujours est-il que le candidat qui a une bonne connaissance de son cours peut facilement
s’en sortir.
En revanche, si le sujet est à la forme interrogative, la tâche du candidat s’en trouve amoindrie.
Car, il devra reformuler la question qui lui est posée.
Il importe de préciser que toute introduction doit comporter un problème de droit. L’absence
de la problématique signifierait que le sujet ne pose aucun problème. Ce qui est faux car tout
sujet pose nécessairement un problème.
d) L’annonce du plan
L’annonce du plan est le dernier élément de l’introduction. On ne le dit pas assez, mais la
fonction première de cette partie est de répondre à la question posée au niveau de la
problématique. La deuxième fonction consiste à énoncer les deux grandes idées autour
desquelles est bâti le développement. Ces deux fonctions se réalisent à travers la même phrase.
Bien que composée de plusieurs éléments, l’introduction doit être un ensemble cohérent. Cela
signifie que le passage d’une composante de l’introduction à l’autre doit se faire sans heurts.
2. Le développement
Le développement ou le corps du devoir succède automatiquement à l’introduction. En cela, il
constitue la deuxième partie du devoir. Il est construit autour des deux idées principales qui
constituent les deux parties du plan, c'est-à-dire (I) et (II). Chacune de ces idées se scinde en
deux sous idées pour donner (A) et (B). La structure du développement est la suivante.
(Faire un chapeau pour annoncer les deux sous-parties) Intitulé de la première sous-partie
NB :
Le plan du devoir doit être équilibré comme c’est le cas dans ce schéma. En plus, le
nombre de feuilles utilisées pour la première partie doit être sensiblement le même que
celui utilisé pour la deuxième partie.
Les différents intitulés doivent être parlant à l’effet de donner une idée des
développements qui vont suivre.
Il est formellement interdit de souligner les intitulés, les références
bibliographiques (auteurs et ouvrages) sous peine de voir sa copie invalidée.
3. La conclusion
La conclusion constitue la troisième, et la dernière partie du devoir. Elle ne s’impose pas. Mais,
si on doit la faire, il faut éviter deux choses :
Positivement, la conclusion sert à ouvrir des perspectives, c’est-à-dire élargir des horizons
dans la perspective de donner l’occasion de l’examen d’un autre sujet (idée d’ouvrir une
fenêtre).
Le cas pratique est le type d’exercice qui consiste à résoudre un problème juridique posé de
manière fictive. Sa présentation théorique suppose une introduction suivie d’un développement.
I. L’INTRODUCTION
Le résumé des faits : les faits doivent être représentés dans leur chronologie propre et
être composés des idées essentielles. Les détails et les répétitions d’idées ne sont pas
nécessaires pour le résumé.
La qualification des faits (domaine) : les faits une fois résumés, doivent faire l’objet
d’une qualification juridique, c’est-à-dire qu’ils doivent être intégrés à la réalité
juridique à laquelle ils renvoient.
Le ou les problème (s) de droit : ils doivent être posés clairement à la suite de la
qualification des faits. Si des questions sont posées assez clairement par l’exercice, le
candidat doit leur trouver une reformulation personnelle en conformité avec le cadre
juridique ordinaire.
Le plan : il y a autant de parties qu’il y a de problèmes à résoudre.
II. LE DEVELOPPEMENT
Dire si oui ou non les faits correspondent à la règle exposée pour ainsi déduire la solution
juridique qui s’impose.
PROGRESSION DU COURS
INTRODUCTION
I. La définition du droit administratif
II. L’objet du droit administratif : l’administration
III. Les caractères du droit administratif
INTRODUCTION
Le droit administratif est l’une des disciplines phares du droit public. Il convient, dans le cadre
de cette introduction de le définir (I), de présenter son objet (II) et ses caractères (III).
Le droit administratif se prête à une double définition. Suivant le critère organique, le droit
administratif est le droit applicable à l’administration ou le droit de l’administration. De ce
point de vue, il désigne un corps de règles définissant les droits et obligations de
l’administration et régissant notamment ses rapports avec les administrés.
Suivant le critère matériel, le droit administratif est un droit spécial. Il se compose uniquement
de règles particulières, foncièrement différentes de celles du droit commun et y dérogeant. Cette
définition l’emporte sur la précédente.
L’administration est l’objet du droit administratif. Le mot administration revêt deux sens : Au
plan organique, elle désigne un ensemble d’organes, d’institutions de l’Etat chargés de la
gestion des affaires publiques. Elle s’entend ainsi de l’ensemble du personnel accomplissant
des tâches administratives.
Au plan matériel ou fonctionnel, elle est l’ensemble des activités juridiques et matérielles
placées sous la responsabilité des autorités publiques et qui ont pour but la satisfaction de
l’intérêt général.
Au total, le mot administration sert à la fois à désigner les personnes administratives (c’est-à-
dire les organes) et leurs activités.
Un droit autonome
L’autonomie du droit administratif s’apprécie par rapport au droit privé. Cette autonomie
implique un corps de règles propres ayant ses sources distinctes, animés par des principes
originaux et se suffisant à eux-mêmes.
Le droit administratif est un corps de règles élaboré par le juge administratif notamment le
Conseil d’Etat français. Il n’est pas exclusivement l’œuvre du juge dans la mesure où de larges
secteurs du droit administratifs sont régis par les textes.
Il est favorable à l’administration dans ses rapports avec les administrés. Il lui reconnaît des
droits importants d’où son caractère inégalitaire.
Exemple l’administration ne peut contracter que selon les conditions de procédures strictes
imposées par la loi.
Paragraphe 1 : La centralisation
Dans la pratique, cette technique est difficile à mettre en œuvre, compte tenu de la complexité
des affaires et de la taille des Etats. C’est d’ailleurs pourquoi l’on a recours à la déconcentration.
Paragraphe 2 : La déconcentration
La déconcentration peut revêtir deux formes : elle peut être territoriale ou technique. Dans
le premier cas de figure, le pouvoir de décision est confié à une autorité dont la compétence
s’exerce dans le cadre d’une circonscription administrative (absence de personnalité juridique).
C’est l’exemple du préfet et du sous-préfet.
Dans le second cas de figure, le pouvoir est confié à une autorité spécialisée au plan technique.
C’est l’exemple des ministères.
Paragraphe 3 : La décentralisation
La décentralisation peut revêtir deux formes : elle peut être territoriale ou technique. La
décentralisation territoriale consiste à conférer l’autonomie administrative à une circonscription
locale en lui octroyant la personnalité juridique et l’autonomie financière. Celle-ci est appelée
collectivité territoriale. C’est l’exemple des communes.
Les structures administratives peuvent être rangées en deux catégories selon les critères
fonctionnel et géographique. Le premier conduit à distinguer l’administration générale
(compétente pour toutes les activités administratives) des administrations spéciales
(compétentes pour certaines activités administratives). Le second conduit, quant à lui, à
distinguer l’administration centrale (compétente sur l’ensemble du territoire) des
administrations locales (compétente sur une partie du territoire). C’est ce critère, du fait de sa
simplicité qui sera retenu. Il est à préciser que dans le cadre de cette étude, il sera fait abstraction
de l’étude de l’administration centrale.
A. La région
Elle constitue, selon la loi précitée, l’échelon de conception, de programmation,
d’harmonisation, de soutien, de coordination et de contrôle des actions et des opérations de
développement économique, social et culturel qui s’y réalisent à l’intention de l’ensemble des
services de l’administration civile de l’Etat. Elle est également l’échelon d’exécution, de
réalisation d’intérêt général.
La région est administrée par un préfet de région nommé en conseil des ministres. Celui-ci est
le préfet du département chef-lieu de la région. Il coordonne l’action des autres préfets.
B. Le département
Aux termes l’article 17 de la loi précitée, le département constitue l’échelon de relais entre
la région et la sous-préfecture. Il est administré par un préfet nommé par décret en conseil des
ministres sur proposition du Ministre de l’Intérieur.
Les préfets sont choisis parmi les administrateurs civils. En principe, ce sont les anciens
secrétaires généraux de préfecture qui sont nommés préfet.
C. La sous-préfecture
Elle est dirigée par un sous-préfet nommé dans les mêmes conditions que le préfet. Il est le
représentant du préfet dans la sous-préfecture et agit à ce titre sur délégation du préfet.
D. Le village
Le village est administré par un chef de village assisté d’un conseil de village. Les chefs de
village sont nommés par arrêté du préfet après avoir été généralement désigné selon les rituels
de la contrée concernée. Le chef de village est un auxiliaire du sous-préfet. A ce titre, il sert de
relais entre le sous-préfet et les villageois.
A. La région
Elle est composée d’au moins deux départements. Sa création et son organisation ne doivent
porter atteinte, ni à l’unité nationale, ni à la laïcité de l’Etat, ni à l’intégrité du territoire.
Les organes de la région sont : le conseil régional, le président du conseil régional, le bureau
du conseil régional, et le comité économique et social régional.
B. La commune
Le district autonome est régi par la loi n° 2014-452 du 05 août 2014 portant mode de création,
attributions, organisation et fonctionnement du district autonome. Au terme de l’article 2 de
cette loi, le district autonome est une entité territoriale particulière qui est régie par les règles
de la déconcentration et de la décentralisation. Il regroupe soit un ensemble de régions, soit un
ensemble de départements, de communes, et de sous-préfectures.
Les organes du district sont : le conseil du district autonome, le bureau du conseil du district
autonome, le gouverneur du district autonome. Ce dernier est nommé par décret du président
de la République. Il a rang de ministre et a préséance sur les préfets. La fonction de gouverneur
est incompatible avec la fonction de président d’institution, de membre du gouvernement, de
Ecole Nationale d’Administration (ENA) 16
Droit administratif
Les procédés de contrôle au sein de l’administration sont le contrôle hiérarchique (ou pouvoir
hiérarchique) et le contrôle de tutelle.
Le contrôle hiérarchique ou pouvoir hiérarchique est celui qu’exerce au sein d’une même
personne publique, un chef appelé supérieur hiérarchique, sur des agents appelés ses
subordonnés ou ses inférieurs. Il vise à assurer l’unité et la cohérence de l’action administrative.
Il est destiné à assurer une subordination étroite de chaque échelon à l’échelon supérieur.
Le contrôle hiérarchique s’exerce sans texte. C’est un pouvoir qui revient de droit au supérieur
hiérarchique. Celui-ci ne peut donc se cacher derrière l’absence de texte pour refuser de
l’exercer. On dit que ce pouvoir se présume.
Le subordonné de son côté ne peut s’opposer à la décision de son supérieur hiérarchique parce
que dépourvu de tout moyen de défense. Etant donné qu’il pèse sur lui une obligation
d’obéissance hiérarchique, il est tenu d’exécuter tout ordre illégal. Il ne peut s’abstenir que
lorsque l’ordre est manifestement illégal.
Pour terminer, c’est un contrôle qui s’exerce sur le subordonné et sur les actes pris par ce
dernier.
Le contrôle de tutelle ou pouvoir de tutelle est le contrôle exercé par l’Etat sur les collectivités
décentralisées. En Côte d’Ivoire, il est exercé sur les collectivités territoriales par le Ministère
de l’Intérieur à travers la Direction Générale de la Décentralisation et du Développement Local.
Au niveau local, ce contrôle est exercé par les préfets. Il manifeste le caractère unitaire de l’Etat
décentralisé.
Le contrôle de tutelle ne peut s’exercer sans texte. Et, l’autorité décentralisée dispose de moyens
de défense à l’encontre de l’autorité de tutelle. Ainsi, elle peut attaquer les décisions de
l’autorité de tutelle devant le juge.
Le contrôle de tutelle s’exerce également sur les organes et les actes pris par ces derniers.
Exercice d’application
Dans un Etat de droit, l’administration est tenue de se soumettre à la légalité. Pour mieux cerner
ce principe fondamental, il convient d’examiner successivement sa signification et ses limites.
Le principe de légalité signifie que l’administration, dans l’exercice de ses fonctions ou activités
est soumise au droit, c’est-à-dire à un ensemble de règles de droit d’origine constitutionnelle,
législative, jurisprudentielle et administrative. Elle est donc tenue de respecter le droit et de
faire respecter le droit.
L’obligation faite à l’administration de respecter le droit s’entend du respect des règles émanant
d’autorités qui lui sont supérieures. Ainsi, elle est tenue de se soumettre à la Constitution, au
traité, à la loi, aux principes généraux du droit. Aussi est-elle tenue de se conformer aux règles
qu’elle a elle-même émises.
L’administration a l’obligation de faire respecter le droit en assurant l’exécution des lois, des
règlements et des décisions de justice, et en mettant fin aux situations illégales.
Il va sans dire, que le non-respect de cette double obligation ouvre droit à des sanctions. Ces
sanctions sont prises à l’issue d’un contrôle exercé sur les actes pris par l’administration. Le
contrôle de légalité s’opère au travers du contrôle administratif et du contrôle juridictionnel.
Le contrôle administratif est le fait des autorités administratives, et revêt deux formes : le
recours gracieux et le recours hiérarchique.
Le contrôle juridictionnel est exercé par le juge administratif dans le cadre du recours pour
excès de pouvoir ou de l’exception d’illégalité.
Les limites apportées au principe de légalité résultent en période normale des lacunes du
contrôle juridictionnel et, en période de crise, de la théorie des circonstances exceptionnelles.
Les véritables limites du principe de légalité étant les circonstances exceptionnelles, elles seules
retiendront notre attention. Certaines sont prévues par les textes, et d’autres par le juge.
A. L’Etat de crise
B. L’Etat de siège
Les conditions : L’Etat de siège est déclaré en cas de péril imminent pour la
sécurité intérieure et extérieure (conditions de fond). Il est décrété en conseil des ministres mais
une loi doit autoriser l’Etat de siège au-delà d’un délai de 15 jours (conditions de forme).
Les effets : Il a pour effet le transfert à l’autorité militaire des pouvoirs de police
exercés en période normale par l’autorité civile. Il a aussi pour effet l’élargissement
considérable des pouvoirs de police et conséquemment de restreindre les libertés individuelles
et d’étendre la compétence des tribunaux militaires à un grand nombre d’infractions pénales.
C. L’Etat d’urgence
Les conditions : Il est déclaré soit en cas de péril imminent résultant d’atteintes graves
à l’ordre public soit en cas d’évènement qui par leur nature ou leur gravité sont susceptibles
d’entraver la bonne marche de l’économie ou des services publics (conditions de fond). Il est
déclaré par un décret qui fixe sa durée et détermine les parties du territoire visées. Il peut être
donc total ou partiel (conditions de forme).
Les effets : Il a pour conséquence d’élargir les pouvoirs des autorités de police
administrative (exemple du ministre de l’intérieur). Ces dernières peuvent interdire la
circulation des personnes ou des véhicules dans des zones déterminées à des heures précises ;
interdiction de manifestation publique ; fermeture des salles de spectacle, des débits de boisson.
Elle est le fait de la loi n° 63-4 du 17 janvier 1963 relative à l’utilisation des personnes en vue
d’assurer la promotion économique et sociale de la nation. Cette loi permet en effet au
gouvernement de requérir des personnes pour l’accomplissement de certaines tâches d’intérêt
national (loi sur la réquisition civile).
Les textes ne pouvant prévoir toutes les circonstances exceptionnelles, le juge est intervenu
pour élaborer la théorie des circonstances exceptionnelles.
Les conditions d’application de la théorie jurisprudentielle des circonstances
exceptionnelles.
Les conditions d’application de la théorie sont au nombre de deux :
La survenance d’un évènement exceptionnel : guerre, tension internationale, grève
générale ou même calamité naturelle…
Impossibilité pour l’administration d’agir dans le respect des régimes normalement
applicables.
Les effets de l’application de la théorie
Toutefois, le juge intervient, dans un premier temps, pour voir si les conditions d’application
de la théorie sont réunies. Puis, dans un second temps pour contrôler les buts et les moyens des
mesures prises par l’administration.
Exercice d’application
L’administration est investie d’une double mission : une mission de prestation qui se réalise
dans le service public et une mission de prescription qui, elle, est perceptible à travers la police
administrative.
Suivant le critère finaliste, le service public a pour but la satisfaction de l’intérêt général.
Suivant le critère organique, le service public est géré soit par une personne publique, soit par
une personne privée.
Il existe deux types de services publics : le service public administratif et le service public
industriel et commercial. La distinction entre ces deux types de services publics repose sur trois
critères, à savoir : l’objet du service, le mode de financement du service, et le mode de
gestion
du service.
Le principe d’égalité est celui qui prône l’interdiction de toute discrimination devant le service
public. Il revêt un double aspect : égalité d’accès au service et égalité de traitement des usagers.
Relativement à l’égalité d’accès, tous les administrés qui remplissent les conditions prévues par
les textes d’organisation et de fonctionnement d’un service y ont accès. De même que les
usagers, les collaborateurs, les cocontractants et les agents.
Relativement à l’égalité de traitement, tous les usagers doivent être traités sur strict pied
d’égalité.
2. Le principe de la continuité
Il signifie que le service public doit fonctionner sans interruption, de façon continue. Le principe
comporte des conséquences à l’égard des agents et à l’égard du cocontractant.
3. Le principe de mutabilité
Il signifie que le service public doit s’adapter à tout moment à l’évolution des exigences de
l’intérêt général. Aucune situation acquise ne doit remettre en cause ce principe. Par
conséquent, l’agent n’a pas un droit acquis au maintien de son statut, étant entendu qu’il se
trouve dans une situation légale et règlementaire. De même l’usager du service public n’a aucun
droit acquis au maintien du service public. Pour le cocontractant, son contrat peut faire l’objet,
à tout moment, de modification unilatérale de la part de l’administration.
4. Le principe de neutralité
Il signifie que le service public doit fonctionner en ayant en vue uniquement l’intérêt général.
Il ne doit prendre en compte, ni les opinions politiques, ni les croyances religieuses,
idéologiques, philosophiques, ni le sexe, ni la race, ni les considérations ethniques des usagers.
Les modes de gestion du service public sont au nombre de deux : soit il est géré par une personne
publique, soit il est géré par une personne privée.
1. La régie
La régie correspond à une gestion directe du service public par l’administration. Ainsi, la
collectivité assure directement l’exploitation du service en engageant ses propres deniers, en
recrutant le personnel qui lui est nécessaire, en passant des contrats avec les fournisseurs, en
entrant en relation avec les usagers.
2. L’établissement public
L’établissement public est un service public doté de la personnalité morale. C’est une personne
morale de droit public qui gère un service public. Les établissements publics sont soumis au
principe de la spécialité.
confie à une personne privée dénommée concessionnaire l’exploitation d’un service public
moyennant une rémunération perçue sur les usagers.
La police administrative est une activité destinée à prévenir un trouble à l’ordre public et qui
relève de la compétence exclusive de l’administration.
La police administrative est avant tout une activité de prévention. Elle veille à ce que l’ordre
public ne soit pas troublé. Si d’aventure l’ordre public est déjà troublé, la police administrative
s’active au maintien de l’ordre.
La police administrative n’est pas à confondre avec la police judiciaire. La distinction entre ces
deux types de police repose sur deux critères : la finalité et le régime juridique applicable à
l’activité.
Suivant le critère finaliste, la police administrative vise à prévenir le trouble, alors que la police
judiciaire poursuit la répression du trouble.
Quant à la notion d’ordre public, elle a évolué dans sa composante. Par le passé, elle se résumait
à la tranquillité publique, à la sécurité publique, et à la salubrité publique. Dans sa conception
actuelle, elle englobe la moralité publique, l’esthétique, les considérations d’ordre politique et
économique, et le respect de la dignité humaine.
Le fait que la police administrative soit une activité relevant de la compétence exclusive de
l’administration implique qu’il est interdit de déléguer l’exercice des compétences de police à
des personnes privées, mais également qu’il est interdit de recourir la technique contractuelle.
On peut distinguer les autorités de police administratives en deux catégories : les autorités de
police générale et les autorités de police spéciale.
La police générale est celle qui vise à maintenir l’ordre public à l’égard de tous et de toutes les
activités. Elle est exercée par :
1. Le Président de la République
Le Président de la République est la première autorité de police générale. Cette situation trouve
son fondement dans l’article 63 de la Constitution au terme duquel « le Président de la
République est le détenteur exclusif du pouvoir exécutif ».
La police administrative est l’une des matières qui compose le domaine réglementaire
autonome. C’est d’ailleurs ce que prescrit la Constitution au terme de l’article 65 : « Le
Président de la République prend les règlements applicables à l’ensemble du territoire de
la République ».
2. Le ministre de l’intérieur
Dans les circonscriptions administratives, on peut citer le préfet et le sous-préfet. Dans les
collectivités territoriales, on a le conseil régional et le président du conseil régional pour les
régions, et pour les communes du conseil municipal et du maire.
Les procédés de police sont les moyens dont dispose l’autorité compétente pour maintenir
l’ordre public.
Les mesures de police sont des activités juridiques constituées des mesures individuelles et des
mesures réglementaires. Nous mettrons l’accent sur les dernières citées :
1. La réglementation
Elle consiste pour l’autorité de police à déterminer les conditions d’exercice d’une liberté ou
d’une activité donnée.
2. La déclaration préalable
Elle consiste, pour le particulier, à n’exercer une activité qu’après avoir informé l’autorité de
police.
3. L’autorisation préalable
Elle consiste, pour le particulier, à n’exercer l’activité qu’après avoir obtenu l’autorisation
expresse de l’autorité de police.
4. L’interdiction
Exercice d’application
A. Le critère organique
Suivant ce critère, l’acte administratif unilatéral est celui qui émane, en principe, d’une autorité
administrative. Ce qui implique que les actes des autorités non administratives à savoir les
autorités privées et les autorités publiques non administratives (autorités législatives, autorités
judiciaires, autorités exécutives) ne sont pas, en principe des actes administratifs.
Toutefois, Il y a que les actes non administratifs peuvent émaner d’autorités administratives et
que des actes administratifs peuvent être édictés par des autorités non administratives.
En effet, certains actes, quoi qu’émis par des autorités administratives n’ont pas la qualité
d’actes administratifs. C’est le cas, lorsque lesdites autorités tantôt exercent des fonctions
juridictionnelles tantôt agissent dans le cadre de la gestion privée.
Inversement, les autorités privées peuvent édicter des actes administratifs. Pour ce faire, il faut
que l’acte en question soit lié à l’exécution d’un service public et comporte l’usage de
prérogatives de puissance publique.
B. Le critère matériel
Suivant ce critère, l’acte administratif est celui qui revêt un caractère exécutoire. L’acte revêtant
un caractère exécutoire est celui qui est immédiatement applicable sans recours préalable au
juge. C’est aussi l’acte qui affecte l’ordonnancement, avec ou sans modification unilatérale des
situations juridiques existantes et qui fait grief aux administrés.
Les actes pris par l’administration et qui sont dépourvus du caractère exécutoire ne sont donc
pas des actes administratifs. C’est l’exemple des informations et renseignements donnés par
l’administration, des vœux, des propositions, des mesures de publicité, des circulaires
interprétatives…
Les règles applicables aux actes administratifs se rapportent à leur élaboration et à leurs effets.
Pour bien de raisons, certaines autorités n’arrivent pas à exercer elles-mêmes leurs attributions.
Elles délèguent leur compétence aux autorités qui leur sont hiérarchiquement subordonnées ou
égales, à l’effet d’agir en leur nom. La délégation de compétence revêt deux formes : la
délégation de pouvoir et la délégation de signature.
Les effets de l’acte administratifs se rapportent à son entrée en vigueur, à son exécution et à sa
fin.
Dès son émission (sa signature) par l’autorité compétente, l’acte devient aussitôt valide. Il existe
juridiquement et est obligatoire.
L’opposabilité est l’application effective de l’acte aux administrés. L’acte ne leur est imposable
que s’il a fait l’objet d’une publicité, c’est-à-dire qu’il a été porté à leur connaissance. De ce
point de vue, la publicité constitue donc la condition de l’opposabilité. Il existe deux modalités
de publicité de l’acte : la notification et la publication.
La non-rétroactivité signifie que l’acte administratif ne peut produire d’effet avant la date de sa
signature. En d’autres termes, les règlements ne disposent que pour l’avenir.
B. L’exécution de l’acte
Pour exécuter ses décisions, l’administration dispose de moyens exorbitants du droit commun,
encore appelés privilèges. Ils sont au nombre de deux : le privilège du préalable et le privilège
de l’exécution d’office.
Il peut être mis fin à l’existence d’un acte administratif suivant deux modalités : l’abrogation et
le retrait.
L’abrogation s’entend de la suppression de l’acte pour l’avenir ; tandis que le retrait est la
suppression de l’acte avec tous les effets déjà accomplis.
Le contrat s’appréhende comme un accord de volontés destiné à produire des effets de droits.
Lorsque l’administration passe un contrat avec son cocontractant, on parle a priori de contrat
administratif, étant donné que tous les contrats conclus par l’administration ne sont pas des
contrats administratifs. Fort de cela, il importe d’identifier les contrats administratifs et de
préciser leur régime juridique.
Le contrat est administratif soit par qualification légale soit par détermination jurisprudentielle.
A. La qualification légale
C’est l’hypothèse dans laquelle la loi confère la qualification administrative à un contrat donné.
Les principaux contrats administratifs par définition légale sont : les marchés de travaux
publics, les contrats d’occupation du domaine public, les ventes domaniales, les contrats
d’emprunt public, les contrats relatifs à l’exécution des travaux publics…
Il arrive que les textes soient silencieux sur la qualification du contrat. Dans ce cas, l’on a
recours au juge pour préciser la nature du contrat.
B. La détermination jurisprudentielle
Pour reconnaître au contrat le caractère administratif le juge retient deux critères tenant l’une à
la qualité des parties au contrat (critère organique) et l’autre à son contenu (critère matériel).
1. Le critère organique
Suivant ce critère, pour qu’un contrat puisse revêtir le caractère administratif, il faut que l’une
au moins des parties soit une personne publique ou son mandataire. Ce qui implique que, les
contrats conclus entre des particuliers ou des personnes morales de droit privé, ne peuvent pas
être administratifs, même si l’une des personnes est chargée d’une mission de service public.
Suivant le critère relatif à l’objet, un contrat passé par une personne publique est reconnu
administratif dès lors qu’il a pour objet de confier au cocontractant l’exécution même du service
public.
A défaut de porter sur l’exécution du service public, le contrat peut être considéré comme
administratif dès lors qu’il renferme des clauses exorbitantes de droit commun. Il s’agit de
stipulations contractuelles qui ne se rencontrent pas en droit privé. Elles s’analysent,
généralement, en de prérogatives de puissance publique reconnues à l’administration.
Quant au régime exorbitant, il s’entend du cadre juridique fixé par les lois et règlements et
comportant pour les parties au contrat des droits et des obligations qui sont étrangers aux
relations entre particuliers.
Nous nous attarderons aux règles applicables aux procédés de passation du contrat et aux
modalités de leur exécution.
Les procédés de passation du contrat sont au nombre de deux : l’appel d’offre et le gré à gré.
L’appel d’offre consiste pour l’administration à mettre en concurrence les candidats éventuels
au marché et à attribuer le marché au soumissionnaire le mieux disant, c’est-à-dire l’offre la
plus intéressante. Outre le prix, les éléments tels que les garanties professionnelles et
financières, les qualités techniques, le délai d’exécution des prestations entrent en ligne de
compte.
Le gré à gré consiste pour l’administration à engager, sans formalité, sans concurrence, des
négociations avec une personne et lui attribue librement le marché.
b. Le pouvoir de sanction
En cas de manquement à ses obligations ; le cocontractant peut se voir infliger par
l’administration des sanctions. Celles-ci peuvent être pécuniaires, coercitives ou résolutoires.
Pour rétablir l’équilibre, le juge a élaboré trois théories à savoir la théorie du fait de prince,
l’imprévision et la force majeure.
a. Le fait de prince
Il y a fait du prince lorsque l’autorité contractante prend des mesures qui ont pour conséquence
de rendre plus onéreuse l’exécution du contrat et en rompent ainsi l’équilibre financier.
Pour que la théorie puisse jouer les trois conditions suivantes doivent être remplies :
La mesure doit avoir été imprévisible au moment de la passation du contrat.
La mesure doit être particulière au cocontractant. Ainsi, les mesures de portée générale
(lois et règlements) atteignant tous les citoyens et non le cocontractant seul, ne donnent
pas lieu à application de la théorie.
Mais la théorie peut jouer lorsque la mesure de portée générale affecte un élément essentiel de
contrat.
Lorsque ces conditions sont remplies, le cocontractant doit être indemnisé intégralement du
préjudice subi.
b. L’imprévision
Il y a imprévision lorsque des circonstances exceptionnelles, imprévisibles et étrangères à la
volonté des parties surviennent et rendent plus onéreuses l’exécution du contrat. Ces faits
nouveaux peuvent être d’ordre naturel ou d’ordre économique et politique : guerre, séisme
violent, blocages des prix…
Les faits doivent être indépendants de la volonté des parties contractantes ; Les faits
doivent avoir bouleversé l’économie du contrat.
L’imprévision emporte des effets limités : l’indemnité d’imprévision n’est pas intégrale. Elle
doit être demandée à l’autorité contractante, même si le bouleversement est imputable à une
autre autorité. En plus elle est juste destinée à permettre au cocontractant de rétablir l’équilibre
financier du contrat. Elle n’a pas pour objet de couvrir des déficits définitifs. Si le déficit devient
définitif la théorie d’imprévision ne joue plus. On tombe alors dans un cas de force majeure et
chaque partie contractante peut demander la résiliation du contrat.
c. La force majeure
La force majeure est un évènement imprévisible au moment de la passation des marchés,
indépendant de la volonté des parties et qui rend impossible l’exécution dudit marché. Cette
définition contient les trois conditions d’application de la force majeure :
L’évènement doit être imprévisible, c’est-à-dire qu’il ne pouvait raisonnablement être
envisagé par le cocontractant au moment de la conclusion du contrat ;
L’évènement doit être indépendant de la volonté des parties ;
Exercice d’application
Tout comme en droit privé, en droit public l’administration doit réparer le préjudice qui lui est
imputable. Le principe de la responsabilité de la puissance publique n’a cependant pas été
toujours admis. C’est seulement en 1873 que le Tribunal des Conflits dans l’arrêt Blanco a
affirmé le principe de la responsabilité administrative.
La responsabilité de l’administration est retenue tantôt sur la base d’une faute, tantôt en
l’absence de toute faute.
A. Définition
La faute de service est celle qui est imputable à l’administration. Elle s’entend de tout
manquement aux obligations de service. Ce manquement peut résulter soit du mauvais
fonctionnement du service, soit de l’inertie du service (le service n’a pas fonctionné ou a
fonctionné à retardement).
En principe, la responsabilité de l’administration est engagée sur la base d’une faute simple.
Mais, lorsque les services présentent des difficultés particulières de fonctionnement, cette
responsabilité ne peut être engagée que sur la base d’une faute lourde, c’est-à-dire une faute
d’une particulière gravité.
Il convient de noter que la distinction n’est pas toujours facile à établir. La faute de service est
celle qui révèle un administrateur plus ou moins sujet à erreur. Alors que la faute personnelle
est celle qui révèle l’homme avec ses faiblesses, ses passions, ses imprudences. La faute
personnelle de l’agent qui engage sa responsabilité personnelle est susceptible d’intervenir en
dehors du service ou dans le service.
La faute personnelle commise en dehors du service peut être dépourvue de tout lien avec le
service ou peut avoir un lien avec le service.
La faute personnelle commise dans le service ou faute détachable est celle qui est commise à
l’occasion du service mais qui reste avant tout une faute personnelle. Plusieurs critères
permettent de la déterminer : la poursuite d’un intérêt personnel, la mauvaise intention, et la
faute lourde.
Dans un certain nombre de cas, la responsabilité de l’administration peut être engagée sans que
celle-ci ait commis de faute. Le régime de la responsabilité sans faute est favorable aux
victimes, qui peuvent obtenir réparation dès lors qu’elles prouvent le lien de cause à effet entre
l’activité administrative et le préjudice.
Ecole Nationale d’Administration (ENA) 37
Droit administratif
l’administration
Pour les agents permanents de l’administration victimes d’un accident au cours de leur service,
le principe d’une responsabilité sans faute leur ait reconnu.
charges publiques
La rupture de l’égalité devant les charges publiques engage la responsabilité sans faute dans un
nombre de cas.
En cas d’abstention régulière de l’administration de prendre une décision d’utiliser ses pouvoirs
pour des raisons tenant à l’intérêt général ou aux nécessités de l’ordre public, sa responsabilité
peut être engagée sans faute lorsqu’un particulier se plaint d’avoir subi un dommage anormal
et spécial.
administratives
La responsabilité de l’Etat peut être engagée sur le fondement d’une responsabilité sans faute
du fait d’activités non administratives. Il s’agit essentiellement de la responsabilité du fait des
lois et de la responsabilité du fait des conventions internationales. Le principe de la
responsabilité de l’Etat du fait des lois a été longtemps écarté. Mais cette théorie a été
abandonnée. Désormais la responsabilité peut être engagée du fait des lois comme du fait des
conventions internationales. Cette responsabilité, lorsqu’elle est susceptible d’être mise en jeu,
repose sur le principe de l’égalité devant les charges publiques.
Sujet : Le régime de la responsabilité pour faute est-il à l’avantage ou au détriment des victimes
de l’activité administrative.
La fonction publique peut être définie, au sens large, comme l’ensemble des agents permanents
de l’Etat, des collectivités territoriales et de leurs établissements publics, qui assurent le
fonctionnement des services publics.
Dans une conception plus étroite, généralement retenue par le langage juridique, la fonction
publique est définie comme l’ensemble des agents de l’Etat et des collectivités ayant la qualité
juridique de fonctionnaire.
Paragraphe 1 : Les personnes n’entrant pas dans la catégorie des agents publics
Les personnes n’entrant pas dans la catégorie des agents sont : les gouvernants, les élus, les
collaborateurs bénévoles de l’administration, et les salariés.
Les gouvernants (le Président de la République et les ministres) ne sont pas considérés comme
des agents de l’administration en dépit les fonctions administratives qu’ils exercent
simultanément avec leurs attributions politiques. Il en est de même des élus locaux qui, eux
aussi, remplissent des tâches administratives. Ce sont tous des autorités administratives mais
non des agents de l’Etat, car ils n’exercent pas leur fonction administrative à titre professionnel.
Les collaborateurs bénévoles de l’administration désignent les personnes qui, sans appartenir
au personnel administratif prêtent aux autorités administratives un concours volontaire en vue
de réaliser une tâche d’intérêt public.
Les salariés sont des agents de droit privé auxquels l’administration a recours en fonction de
ses besoins et selon les nécessités de service.
Les agents publics peuvent être rangés en deux groupes. Il y a ceux qui sont titularisés (les
fonctionnaires) et ceux qui ne le sont pas.
Aux termes de la loi n° 92-570 du 11 Septembre 1992 portant statut général la fonction
publique, en son article 1er, les fonctionnaires sont des personnes qui sont nommées à titre
permanent, pour occuper un emploi dans l’administration centrale de l’Etat, des services
extérieurs qui en dépendent et des établissements publics de l’Etat et, qui ont été titularisées
dans un grade de la hiérarchie administrative. Plusieurs éléments ressortent de cette définition
: la nomination, l’occupation d’un emploi administratif permanent, la titularisation dans
un grade.
SANCTIONS
Il convient d’examiner en premier lieu les droits du fonctionnaire avant d’envisager dans un
second temps les obligations du fonctionnaire et leurs sanctions.
Les droits politiques du fonctionnaire renvoient aux libertés publiques. Il s’agit de la liberté
d’opinion et de la liberté syndicale.
1. La liberté d’opinion
Il y a lieu de faire une distinction fondamentale entre l’adhésion aux opinions (qui met en cause
la liberté de conscience) et l’extériorisation des opinions (qui met en cause la liberté
d’expression).
Le Statut Général de la Fonction Publique stipule, en son article 16 que « la liberté d’opinion
est reconnue aux fonctionnaires. Aucune distinction ne peut être faite entre ceux-ci en
raison de leurs opinions politiques, philosophiques ou religieuses ». Ces dispositions
impliquent que, de même que les opinions du candidat à la fonction publique ne peuvent
justifier un refus d’accès à celle-ci, de même les opinions du fonctionnaire ne peuvent justifier
aucune attitude de l’autorité administrative « lésant » le fonctionnaire en raison de ses opinions.
dans tout document administratif, des opinions ou des activités politiques, syndicales,
religieuses ou philosophiques de l’intéressé.
Cependant l’article 16 de la loi portant Statut Général de la Fonction Publique, en ses alinéas 2
et 3 dispose : « l’expression de ces opinions ne peut mettre en cause les principes affirmés
par le présent statut. Elle ne peut être qu’en dehors du service, avec la réserve appropriée
aux fonctions qu’exerce l’intéressé ».
Ainsi l’expression des opinions connaît une limite qui consiste dans un certain devoir de réserve
minimum. Le fonctionnaire même dans sa vie privée, ne doit pas donner à l’expression de ses
opinions une forme grossière ou insultante à l’égard des pouvoirs publics et de ses chefs
hiérarchiques.
2. La liberté syndicale
3. Le droit de grève
le droit de grève est reconnu aux fonctionnaires pour la défense de leurs intérêts
professionnels individuels et collectifs. Il s’exerce dans le cadre défini par la loi ».
Suivant cette procédure, les différends conflits qui pourraient naître entre le personnel et
l’administration doivent faire obligatoirement l’objet d’une tentative de conciliation entre le
service ou l’organisme employeur et les agents en liaison avec les services compétents du
ministère de l’emploi et de la fonction publique.
Si aucune solution n’est trouvée, le ministre intéressé et le ministre chargé de la fonction
publique sont saisis du différend par les parties au conflit.
En cas d’échec de la tentative de conciliation, le litige est porté au niveau du chef de
gouvernement.
B. Le droit à la rémunération
En contrepartie de son activité, le fonctionnaire a droit à la perception d’une rémunération.
Celle-ci comprend : le traitement principal fixé en fonction des grades et de l’échelon, le
supplément familial, l’indemnité de résidence, et les diverses indemnités fixées par les textes.
Aucune convention particulière ne peut porter atteinte à la rémunération car elle a un caractère
légal et réglementaire.
C. Le droit à la protection
1. La protection pénale
L’Etat est tenu de protéger les fonctionnaires contre les menaces, violences, voies de fait,
injures, diffamations ou outrages dont ils pourraient être victimes, dans l’exercice de leurs
fonctions et de réparer, le cas échéant, le préjudice qui en résulte. Cette protection oblige
l’administration à réparer le préjudice ainsi causé au fonctionnaire. L’Etat est alors subrogé au
droit de la victime pour obtenir des auteurs des menaces et attaques, la restitution des sommes
versées à celle-ci.
Il dispose en outre, aux mêmes fins, d’une action directe qu’il peut exercer au besoin par voie
de constitution de partie civile devant la juridiction pénale.
2. La protection civile
On sait que les agents de l’administration ne sont pas civilement responsables. Les
conséquences dommageables de leur faute de service n’engagent que la responsabilité de la
collectivité publique. Lorsque le fonctionnaire est condamné pour faute personnelle dans
l’exercice ou à l’occasion de l’exercice de ses fonctions, la responsabilité civile de l’Etat se
substitue de plein droit à la sienne. L’Etat exerce à l’encontre de ce fonctionnaire, une action
récursoire indépendamment des sanctions disciplinaires.
Aux termes de la loi n° 92-570 du11 Setembre1992 portant Statut Général de la Fonction
Publique, les fonctionnaires sont soumis à quatre obligations.
A. L’obligation de servir
Elle se définit comme l’obligation pour le fonctionnaire de consacrer son activité
professionnelle à l’exercice des fonctions correspondant à son emploi et en se conformant tant
aux instructions de son supérieur hiérarchique qu’aux mesures prises pour l’organisation du
service.
Les principales obligations qui découlent de l’obligation de servir sont que : le fonctionnaire
doit occuper l’emploi auquel il est nommé et affecté, il doit assurer son service de façon
continue sans absence injustifiée et en respectant les horaires.
L’obligation de servir comporte deux corollaires, à savoir que : le fonctionnaire doit exercer ses
fonctions d’une manière personnelle, il lui est interdit de cumuler les fonctions.
B. L’obligation de désintéressement
Cette obligation signifie que le fonctionnaire ne doit pas tirer de sa fonction des avantages
directs, pécuniaires ou autres, car l’agent reçoit une rémunération.
La prohibition faite au fonctionnaire d’exercer des activités privées lucratives se prolonge par
l’interdiction qui lui est faite d’avoir par lui-même ou par personnes interposées, dans une
entreprise soumise au contrôle de l’Administration à laquelle il appartient ou en relation avec
cette dernière, des intérêts de nature à compromettre son indépendance.
Ecole Nationale d’Administration (ENA) 46
Droit administratif
Lorsque le conjoint d’un fonctionnaire exerce à titre professionnel une activité privée lucrative,
une déclaration doit être faite dans ce sens à l’administration au service dont relève le
fonctionnaire. L’autorité compétente prend, s’il y a lieu des mesures propres à sauvegarder les
intérêts de l’Etat.
Le devoir d’obéissance hiérarchique apparaît à l’occasion des ordres que le supérieur peut
toujours donner au subordonné pour l’exécution du service. Ces ordres peuvent être des
prescriptions générales ou des ordres individuels.
catégories de sanctions
Toute faute commise par un fonctionnaire dans l’exercice de ses fonctions l’expose à une
sanction disciplinaire, sans préjudice le cas échant, des peines prévues par la loi pénale.
Les sanctions disciplinaires sont de deux ordres : les sanctions du premier degré
(l’avertissement, le blâme, le déplacement d’office), et les sanctions du deuxième degré (la
radiation du tableau d’avancement ; la réduction du traitement dans la proportion maximum de
25% et pour une durée ne pouvant excéder trente (30) jours ; l’exclusion temporaire, pour une
durée ne pouvant excéder six (06) mois ; l’abaissement d’échelon ; l’abaissement de classe, la
révocation avec ou sans suspension des droits à la pension). La décision de sanction doit être
motivée.
En cas de faute grave commise par un fonctionnaire, qu’il s’agisse d’un manquement à ses
obligations professionnelles ou d’une infraction de droit commun, l’auteur de cette faute peut-
être immédiatement suspendu par le Ministre ou le Directeur de l’organisme employeur ou par
le préfet en ce qui concerne les fonctionnaires en service dans son département après
confirmation du ministre technique intéressé.
Lorsque l’intéressé n’a subi aucune sanction, s’il n’a été l’objet que d’un avertissement, d’un
blâme ou si, à l’expiration du délai, il n’a pu être statué sur son cas, il a droit au remboursement
des retenues opérées sur sa rémunération.
En cas de faute grave résultant d’une infraction de droit commun commise en dehors de
l’exercice de ses fonctions, la situation administrative du fonctionnaire, n’est réglée qu’après
la décision définitive de la juridiction saisie.
C. Le pouvoir disciplinaire
Le pouvoir disciplinaire est exercé par le Ministre de la Fonction Publique et le Conseil de
Discipline.
Toutefois, les sanctions du premier degré sont prononcées par le Ministre dont il relève, le préfet
ou le Directeur de l’établissement public sans accomplissement des formalités prévues, après
demande d’explication écrite adressée à l’intéressé.
2. Le Conseil de Discipline
Composition et modalités de désignation des membres : Le Conseil de Discipline
compte au minimum six (06) membres, au maximum neuf (09) dont un (1) président et deux
(2) vice-présidents. Les membres sont nommés par décret en conseil des ministres sur
proposition du Ministre chargé de la Fonction Publique.
Seuls peuvent être nommés membres du Conseil de Discipline, les fonctionnaires de la
catégorie A classés dans l’un des grades A3 à A7, qui n’ont jamais fait l’objet d’une sanction
disciplinaire et contre lequel aucune procédure disciplinaire n’est en suspens.
Le président et les autres membres du conseil de discipline ont rang de Directeur
d’administration centrale.
Pour les sanctions disciplinaires du second degré visées à l’article 74 du statut général de la
fonction publique.
Pour l’examen des demandes de retrait de sanctions disciplinaires conformément aux
dispositions de l’article 30, alinéa 2 du Statut Général de la Fonction Publique.
Organisation et fonctionnement :
BIBLIOGRAPHIE INDICATIVE