Sujets donnés en TER
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TER numéro 1
Petits groupes simples finis
Introduction
Le but du TER est d’étudier les plus petits groupes finis simples non triviaux
qui sont de cardinaux 60 et 168.
Références principales :
[B] Berger, Géométrie, Nathan ou Cassini.
[D] Dieudonné, La géométrie des groupes classiques, Springer.
[H] Hartshorne, Algebraic geometry, Springer (beaucoup plus difficile).
[P] Perrin, Cours d’algèbre, Ellipses.
Un groupe G est dit simple s’il n’a pas d’autres sous-groupes distngués
que lui-même et {1}. C’est une notion essentielle pour la classification des
groupes (finis ou non). Dans le cas des groupes finis on a une classification
complète de tous les groupes simples (mais cela prend environ 10000 pages de
démonstration, ce qui est un peu long pour un TER). Il y a déjà les groupes
dits triviaux i.e. les Z/pZ avec p premier. Les plus petits non triviaux sont le
groupe A5 (d’ordre 60) des permutations paires d’un ensemble à 5 éléments
et le groupe P SL(2, F7 ) d’ordre 168.
1.1 Ils sont simples
1.1.1 Le cas de A5
Voir [P] chapitre I.
3
1.1.2 Le cas de P SL
Voir [P] chapitre IV ou [D] pour la méthode d’Iwasawa..
1.2 Ce sont les plus petits
1.2.1 A5 est le plus petit, P SL le deuxième
Montrer qu’il n’y a pas de groupe simple d’ordre < 60 autre que les triviaux.
Cela doit se faire avec les exercices de [P] ch. I et notamment avec Sylow et
les théorèmes de Burnside. On peut aussi tout faire à la main (me consulter).
Montrer qu’il n’y a pas de groupe simple d’ordre n avec 60 < n < 168.
1.2.2 A5 est seul à 60
Tout groupe simple d’ordre 60 est isomorphe à A5 . Voir [P] exercice I F.6 ou,
mieux, me consulter pour élaborer une démonstration élémentaire (compter
les Sylow, puis regarder le centralisateur d’un élément d’ordre 2).
1.2.3 P SL(2, F7 ) est seul à 168
Tout groupe simple d’ordre 168 est isomorphe à P SL(2, F7 ), cf. [P] IV 5.3.
Cas particulier du groupe P SL(3, F2 ).
1.3 Variantes géométriques
Les deux groupes précédents se rencontrent “dans la nature”, comme groupes
d’automorphismes de structures simples.
1.3.1 Le cas de A5
Le groupe des rotations du dodécaèdre régulier (ou de l’icosaèdre régulier) est
isomorphe à A5 . (Voir [B] ou me consulter ; on peut donner de nombreuses
démonstrations de ce fait.)
Prolongement : déterminer les sous-groupes finis de O+ (3, R).
1.3.2 Le cas de P SL(2, F7 )
Pour une courbe projective complexe C de genre g ≥ 3 on montre que le
groupe des automorphismes de C est de cardinal ≤ 84(g − 1), cf. [H]. Pour
4
g = 3, le maximum est atteint pour la quartique de Klein, c’est-à-dire la
courbe plane projective K d’équation X 3 Y + Y 3 T + T 3 X = 0 et le groupe
des homographies de P2 (C) qui conservent K est le groupe simple d’ordre
168. (Me consulter)
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TER numéro 2
Anneaux d’entiers des corps
quadratiques imaginaires
Introduction
√
Le but du TER est d’étudier les anneaux d’entiers des corps Q(i d) où d
est un entier > 0, sans facteur carré.
Références principales :
[BS] Borevitch-Shafarevitch, Théorie des nombres, Gauthier-Villars.
[S] Samuel, Théorie algébrique des nombres, Hermann.
[ST] Stewart-Tall, Algebraic number theory, Chapmann-Hall.
[P] Perrin, Cours d’algèbre, Ellipses.
√
Si Ad est l’anneau des entiers de Q(i d) il s’agit d’étudier les propriétés
arithmétiques de cet anneau (est-il intégralement clos, de Dedekind, facto-
riel, principal, euclidien, etc.) Il y a de nombreuses applications de cette
théorie, notamment l’étude des formes quadratiques à coefficients entiers, les
équations diophantiennes de degré 2, la recherche des entiers de la forme
x2 + dy 2 , etc.
2.1 Anneau des entiers
Premières choses à comprendre : ce que signifie que x est entier sur un anneau
A, ce qu’est un anneau intégralement clos et la clôture intégrale d’un anneau
qui ne l’est pas et pourquoi factoriel implique intégralement clos.
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√ √
Calculer l’anneau Ad des √entiers de Q(i d) (cf. [S] ou [ST], c’est Z[i √ d] si
1+i d 1+i d
d ≡ 1, 2 (mod 4), et Z si d ≡ 3 (mod 4)). On posera α = .
2 2
On a besoin pour cela d’utiliser la norme et la trace. Noter que√ N (zz 0 ) =
0
N (z)N (z ). Écrire des formules de calcul de la norme de a + ib d ou de
a + bα, avec a, b ∈ Q (ou Z).
Comprendre pourquoi Ad est alors un anneau de Dedekind (cf. [S], [ST])
et pourquoi, pour un tel anneau, factoriel équivaut à principal.
2.2 Etude de l’anneau Ad
2.2.1 Les inversibles
2.2.1 Proposition. On a A∗d = {+1, −1} sauf pour d = 1 et d = 3.
(Indication : regarder la norme et ses valeurs possibles, montrer que N (z)
1+d
est ≥ d ou ≥ pour z ∈/ Z). Etudier les cas particuliers.
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2.2.2 Les irréductibles
2.2.2 Proposition. Un nombre premier p de Z est réductible dans Ad si
et seulement si c’est une norme. Le nombre 2 est irréductible pour d assez
grand.
2.2.3 Corollaire. 1) Pour d ≡ 1, 2 (mod 4), et d > 2, Ad n’est pas factoriel.
2) Pour d ≡ −1 (mod 8) et d > 7, Ad n’est pas factoriel.
(Indication : cf. [P] II 3.19, regarder l’idéal (p) et montrer qu’il n’est pas
premier en considérant le quotient Ad /(p).)
Il reste donc essentiellement à regarder le cas d ≡ 3 (mod 8).
2.2.3 Anneaux euclidiens
2.2.4 Théorème. L’anneau Ad est euclidien si et seulement si on a d =
1, 2, 3, 7, 11.
Indication : cf. les références, en particulier [P] II 3.f et II 5.
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2.2.4 Principalité
2.2.5 Théorème. L’anneau Ad est principal si et seulement si d = 1, 2, 3, 7,
11, 19, 43, 67, 163.
Attention, ce résultat, dans son intégralité, est hors de portée (il date
de la fin des années 60). On se contentera de montrer que ces anneaux sont
principaux (par la méthode des tiroirs ou des réseaux, me consulter) et que,
par exemple, il n’y en a pas d’autres que ceux annoncés pour d ≤ 200 ou
d ≤ 2000 ou ... (me consulter pour des détails).
2.2.5 Applications
• Comprendre pourquoi n2 + n + 41 est premier pour 0 ≤ n ≤ 39.
• Etudier les entiers de la forme x2 + 5y 2 , avec x, y ∈ Z.
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TER numéro 3
La loi de réciprocité
quadratique
3.1 Introduction
Le but du TER est d’étudier les carrés des corps finis Fq et de prouver
notamment la loi de réciprocité quadratique.
Références principales :
[S] Serre, Cours d’arithmétique, Hermann.
[ST] Stewart, Galois theory, Chapmann et Hall.
[P] Perrin, Cours d’algèbre, Ellipses.
La recherche des carrés dans les corps finis est utile dans nombre de
questions d’algèbre (par exemple le quotient k ∗ /k ∗2 intervient dans l’étude
du groupe linéaire, des formes quadratiques, etc., cf. [P] Ch. IV, V et VIII).
Elle est aussi essentielle dans de nombreuses questions d’arithmétique (par
exemple la recherche des entiers de la forme x2 + dy 2 ). On pourra expliquer
le problème de la recherche des conditions nécessaires pour d = 5.
3.2 Les carrés de Fq
Noter déjà le cas particulier de la caractéristique 2 : dans un corps fini
de caractéristique 2 tout élément est un carré (c’est Frobenius). On écarte
définitivement ce cas.
Soit Fq un corps fini de cardinal q = pn (où p est un nombre premier
6= 2).
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On a deux suites exactes fondamentales (cf. [S] ou [P]) :
u
(1) 1 → {±1} → F∗q −→F∗2
q → 1
avec u(x) = x2 . Cette suite donne le nombre de carrés non nuls : (q − 1)/2.
v
(2) 1 → F∗2 ∗
q → Fq −→{±1} → 1
q−1
avec v(x) = x 2 .
Cette deuxième suite donne un critère pour que x soit un carré, à savoir
q−1
x 2 = 1. Par exemple, −1 est un carré si et seulement si on a q ≡ 1 (mod 4).
Pour d’autres démonstrations, voir [P].
Dans le même ordre d’idées on a :
3.2.1 Proposition. Le nombre 2 est un carré de Fq si et seulement si on a
q ≡ ±1 (mod 8).
Indication : on notera que si ζ est une racine primitive huitième de 1
dans un corps k on a (ζ + ζ −1 )2 = 2, penser au cas de C ou noter qu’on a
ζ 4 + 1 = 0.
A partir de maintenant on suppose que q est un nombre premier p. Soit
x x
x ∈ F∗p . Le symbole de Legendre : est défini par la formule =
p p
p−1
x 2 . La suite exacte (2) nous indique que le symbole de Legendre est un
homomorphisme en x (on dit aussi un caractère) et que x est un carré si et
x
seulement si = 1. On a vu comment calculer ce symbole lorsque x = −1
p
n
et x = 2. Il reste à calculer lorsque n est un nombre premier impair.
p
C’est l’objet de la loi de réciprocité quadratique, cf. [S] pour deux preuves
autres que celle que je propose.
3.2.2 Théorème. (Loi de réciprocité quadratique). Soient n et p deux
nombres premiers impairs distincts. On a la formule :
n (n−1)(p−1) p
= (−1) 4 .
p n
(Traduire le signe en termes de congruences modulo 4 et donner un ex-
emple numérique).
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3.3 Démonstration de la loi de réciprocité
3.3.1 Rappels sur la théorie de Galois
Lire le chapitre III de [P] pour le b-a ba sur les extensions de corps. Si K ⊂ L
est une extension (finie) de corps (on la note aussi L/K), le groupe de Galois
de L sur K, G = Gal(L/K), est le groupe des automorphismes de corps de
L qui laissent fixe K.
On renvoie à Stewart pour les fondements de la théorie (il y a besoin de
très peu de choses ici). Cette théorie marche bien lorsque l’extension (finie)
L/K est galoisienne. Cela englobe deux conditions :
• L/K séparable, condition toujours réalisée en caractéristique 0 ou pour
les corps finis, donc toujours vraie ici,
• L/K normale qui signifie que L est un corps de décomposition, L =
DK (P ), cf. [P]. Cette condition est toujours vraie sur un corps fini. Dans ce
cas on pose GalK (P ) = Gal(L/K) (voire simplement Gal(P )).
Dans le cas galoisien on a le théorème de Galois qui établit une bijection
entre sous-groupes de G et sous-extensions de L/K, cf. [ST]. En particulier,
Gal(L/K) est un groupe fini et on a | Gal(L/K)| = [L : K]. De plus, K est
exactement l’ensemble des éléments de L fixés par le groupe de Galois.
3.3.2 Galois sur un corps fini
Posons q = pn . On a alors Fq = DFp (X q − X), avec Fp = Z/pZ.
3.3.1 Proposition. Le groupe de Galois Gal(Fq /Fp ) est cyclique d’ordre n
engendré par l’homomorphisme de Frobenius F défini par F (x) = xp .
3.3.3 Galois pour une extension cyclotomique
Voir [P] Ch. III pour des détails sur les polynômes cyclotomiques Φn et
leur degré ϕ(n). Si n est premier on a ϕ(n) = n − 1. Soit K un corps et
Kn = DK (X n − 1) = DK (Φn ) (on suppose n premier avec la caractéristique
de K).
3.3.2 Proposition. On a un homomorphisme injectif GalK (Φn ) = Gal(Kn /K) →
(Z/nZ)∗ .
(Un élément du groupe est déterminé par l’image de ζ, racine primitive
n-ème de 1. Regarder quelle peut être cette image et en déduire la structure
de groupe.)
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3.3.3 Proposition. Avec les notations précédentes, si on décompose Φn en
produit de polynômes irréductibles sur K : Φn = P1 · · · Pr , les Pi ont tous
même degré d et on a d = [Kn : K] = | Gal(Φn )|. On a ϕ(n) = rd.
(C’est une histoire de polynôme minimal).
3.3.4 Corollaire. Énoncer et prouver un critère pour que Φn soit irréductible.
3.3.4 Galois et permutations
Voici une propriété importante du groupe de Galois qui a trait aux conjugués
:
3.3.5 Proposition. Soit L/K une extension galoisienne et soient x, y ∈ L.
Les conditions suivantes sont équivalentes :
1) il existe σ ∈ Gal(L/K) tel que y = σ(x),
2) x et y ont même polynôme minimal sur K (cf. [P]).
On dit alors que x et y sont conjugués sur K.
Soient K un corps et P ∈ K[X] un polynôme de degré m. Posons L =
DK (P ) et supposons que P a m racines distinctes x1 , · · · , xm dans L (on dit
alors que P est séparable et l’extension L/K est galoisienne). Alors, on voit
aussitôt que le groupe de Galois G = Gal(P ) := Gal(L/K) permute les xi et
on peut l’identifier à un sous-groupe du groupe symétrique Sm . Précisément,
si P = P1 · · · Pr avec les Pi irréductibles sur K, la proposition 6 montre que
les orbites dans l’action de G sur les xi sont exactement les paquets de racines
d’un même Pj .
3.3.6 Corollaire. Soit P ∈ K[X] un polynôme séparable de degré m, soient
x1 , · · · , xm ses racines et soit P = P1 · · · Pr sa décomposition en produit
d’irréductibles, avec deg Pi = di . Supposons Gal(P ) cyclique engendré par σ.
Alors, comme permutation des xi , l’élément σ est produit de r cycles disjoints
d’ordre di .
3.3.5 Discriminant
On a vu que le groupe de Galois d’un polynôme séparable P de degré m
s’injecte dans Sm . Pour savoir s’il s’injecte dans Am (les permutations paires),
on introduit le discriminant ∆(P ) :
3.3.7 Définition. Soient x1 , · · · , xm les racines de P dans L = DK (P ). On
pose Y
δ(P ) = x i − xj et ∆(P ) = δ(P )2 .
i<j
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Le nombre ∆(P ) est dans K ∗ et s’appelle le discriminant de P .
3.3.8 Proposition. On a Gal(P ) ⊂ Am si et seulement si ∆(P ) est un carré
de K, i.e. si δ(P ) est dans K.
La proposition suivante donne des moyens de calculer le discriminant. On
l’applique ensuite dans le cas cyclotomique.
3.3.9 Proposition. Soit P 0 le polynôme dérivé de P et soient y1 , y2 , · · · , ym−1
ses racines dans une extension de K. On a les formules :
n
Y
1) ∆(P ) = (−1) n(n−1)/2
P 0 (xi ),
i=1
n−1
Y
2) ∆(P ) = (−1)n(n−1)2 n n
P (yj ).
j=1
3.3.10 Proposition. Soit n un nombre premier. Le discriminant de Φn vaut
n(n−1)
∆(Φn ) = (−1) 2 nn−2 .
(Utiliser la formule X n − 1 = (X − 1)Φn , valable pour n premier et la
première formule de la Prop. 10).
3.3.11 Remarque. Comme n est impair, on voit que ∆(Φn ) est un carré dans
K si et seulement si (−1)n(n−1)/2 n est un carré dans K.
3.3.12 Corollaire. Soient p et n deux nombres premiers impairs distincts.
On a GalFp (Φn ) ⊂ An−1 si et seulement si (−1)n(n−1)/2 n est un carré de Fp .
3.3.6 Cyclotomie et corps finis
3.3.13 Proposition. Soit p premier et n un entier tel que p ne divise pas
n. On décompose Φn en produit de r polynômes irréductibles sur Fp , tous de
degré d. Alors le nombre d est l’ordre de p dans (Z/nZ)∗ .
Cela résulte des propositions précédentes (2,3,4) en regardant l’extension
Fp ⊂ Fq = DFp (Φn ), donc q = pd . Il faut comprendre que Frobenius c’est le
p de (Z/nZ)∗ .
Le point suivant est l’une des clés de la démonstration de la loi de
réciprocité :
3.3.14 Corollaire. On suppose p et n premiers impairs distincts. Alors, avec
les notations précédentes, p est un carré de Fn = Z/nZ si et seulement si r
est pair.
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Au passage, voici quelques conséquences de la proposition 14 (qui nous
éloignent un peu de notre sujet mais ...) (cf. [P]) :
3.3.15 Corollaire. On a les équivalences :
1) Φn est scindé sur Fp ,
2) Φn a une racine dans Fp ,
3) p ≡ 1 (mod n).
3.3.16 Corollaire. Soit n ≥ 2, il existe une infinité de nombres premiers
≡ 1 (mod n).
3.3.17 Corollaire. On a les équivalences :
1) (Z/nZ)∗ est un groupe cyclique,
2) n = 2, 4, pα ou 2pα avec p premier impair,
3) il existe p premier tel que Φn est irréductible sur Fp .
3.3.7 Frobenius et décomposition en cycles
Le résultat suivant est conséquence du corollaire 7 :
3.3.18 Corollaire. Soit p un nombre premier impair et n un entier tel que
p ne divise pas n. Posons Fq = DFp (Φn ) et soit F l’homomorphisme de
Frobenius de Fq . Alors, si d est le degré des facteurs irréductibles de Φn sur
Fp , F , vu comme élément de Sϕ(n) est un produit de r cycles disjoints d’ordre
d. (Rappelons qu’on a rd = ϕ(n)).
Supposons maintenant que n est un nombre premier (impair), de sorte
que ϕ(n) = n − 1 = rd est pair. On a alors :
3.3.19 Corollaire. Le groupe de Galois Gal(Φn ) sur Fp est contenu dans
le groupe alterné An−1 si et seulement si r = (n − 1)/d est pair, c’est-à-dire
encore si p est un carré de Fn .
3.3.8 Conclusion
On considère deux nombres premiers impairs distincts p et n. On regarde le
polynôme cyclotomique Φn sur le corps Fp . On montre la loi de réciprocité
en traduisant de deux façons différentes la condition Gal(Φn ) ⊂ An−1 .
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TER numéro 4
Résolution par radicaux
4.1 Introduction
Le but du TER est de montrer le théorème de Galois qui fait le lien entre
équations résolubles et groupes résolubles, et de montrer notamment que
l’équation générale de degré n ≥ 5 n’est pas résoluble par radicaux. On
travaillera exclusivement en caractéristique 0.
Références principales :
[ST] Stewart I., Galois theory, Chapmann et Hall.
[VdW] Van der Waerden, Modern Algebra.
[H] Hadlock C.-R., Field theory and its classical problems, The Carus
Mathematical Monographs, 19, 1978.
[P] Perrin Cours d’algèbre, Ellipses.
4.2 Extensions radicales, extensions résolubles
4.2.1 Définition. Une extension K ⊂ L est dite radicale si on a une tour :
K = K0 ⊂ K1 ⊂ · · · ⊂ Kn = L avec, pour tout i = 1, . . . , n, Ki = Ki−1 (αi )
où αi vérifie αini = ai ∈ Ki−1 , avec ni ∈ N∗ . (Autrement dit, αi est un
radical.)
4.2.2 Définition. Une extension K ⊂ L est dite résoluble (sous-entendu
par radicaux), s’il existe une extension M de L telle que K ⊂ M soit radicale.
4.2.3 Définition. Soit P ∈ K[X] un polynôme. On dit que l’équation P (x) =
0 est résoluble par radicaux si l’extension K ⊂ DK (P ) est résoluble.
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Il faut comprendre la différence entre radicale et résoluble, par exemple
à partir de l’étude du cas de l’équation de degré 3.
4.3 Exemple 1 : l’équation de degré 3
Il s’agit d’étudier le cas de l’équation P (x) = x3 + px + q = 0, avec p, q ∈ K,
et de comprendre la méthode de Cardan en termes de théorie de Galois. On
suppose P irréductible sur K. On note x1 , x2 , x3 les racines de l’équation et
on pose L = K(x1 , x2 , x3 ) = DK (P ). Le groupe de Galois permute les racines
x1 , x2 , x3 . On élucidera en particulier les points suivants :
• Le lien entre le fait que le groupe de Galois soit S3 ou A3 , le fait que le
discriminant ∆ = −4p3 − 27q 2 soit un carré de K, et le fait le degré [L : K]
vaille 3 ou 6. √
• On pose M = K( ∆). Pour résoudre l’équation par radicaux, il suffit
de montrer qu’on a L = M (y), avec y “radical” : y vérifiant y 3 = a, avec
a ∈ M . On montrera que si on a un tel y, le corps M contient une racine
cubique de 1, notée j.
• On adjoint j à K si elle n’y est pas déjà. On se convaincra que y =
x1 + jx2 + j 2 x3 est un candidat plausible pour y. On utilisera aussi z =
x1 + j 2 x2 + jx3 et x1 + x2 + x3 pour calculer les xi . Les éléments y 3 et z 3 sont
dans M , et y 3 + z 3 et y 3 z 3 sont dans K et ils se calculent à partir de p et q.
On retrouve ainsi la méthode de Cardan.
4.4 Exemple 2 : l’équation de degré 4
Me consulter sur ce thème.
Le point essentiel est de repérer le corps fixe M par le sous-groupe V4
de S4 . Un générateur de ce corps est x1 x2 + x3 x4 . Cet élément vérifie une
équation de degré 3 : la “résolvante” de l’équation.
On retrouve ainsi la résolution de l’équation de degré 4 par la méthode
de Ferrari. Interprétation en termes de pinceaux de coniques.
4.5 Retour à la théorie
4.5.1 Généralités
4.5.1 Proposition. Soient K ⊂ L ⊂ M des extensions.
1) Si K ⊂ M est radicale, L ⊂ M aussi.
2) Si K ⊂ L et L ⊂ M sont radicales, K ⊂ M aussi.
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4.5.2 Proposition. Soit K ⊂ L une extension radicale et soit M une clôture
normale de L sur K. Alors K ⊂ M est radicale.
Attention ce point n’est pas évident. Pour avoir une clôture normale de L
sur K, c’est-à-dire la plus petite extension normale sur K et contenant L, on
écrit L = K(α) (théorème de l’élément primitif), on appelle P le polynôme
minimal de α et on pose M = DK (P ).
4.5.3 Proposition. Soient K ⊂ L ⊂ M des extensions.
L’extension K ⊂ M est résoluble si et seulement si K ⊂ L et L ⊂ M le sont.
4.5.2 Groupes résolubles
Revoir les définitions et les principales propriétés des groupes résolubles. Lien
avec les groupes abéliens, le groupe dérivé. Exemples : S3 , S4 , contre-exemple
Sn pour n ≥ 5. Propriétés de stabilité par sous-groupe, quotient, extension.
Un groupe résoluble simple est cyclique d’ordre premier.
4.5.3 L’énoncé du théorème
4.5.4 Théorème. Soit K ⊂ L une extension galoisienne. Alors l’extension
est résoluble si et seulement si son groupe de Galois l’est.
4.5.5 Exemple. L’équation x5 −6x+3 n’est pas résoluble par radicaux sur Q.
En effet, son groupe de Galois est S5 , non résoluble. Cela résulte du lemme
suivant.
4.5.6 Lemme. Soit p un nombre premier ≥ 3, F ∈ Q[X] un polynôme
irréductible de degré p. On suppose que F admet, dans C, p − 2 racines
réelles et 2 racines imaginaires conjuguées. Alors on a Gal(F ) ' Sp .
Démonstration. On montre que le groupe de Galois contient une transposi-
tion (la conjugaison complexe) et un cycle d’ordre p.
On peut montrer que le groupe de Galois de l’équation X n − X − 1 est
toujours égal à Sn , mais c’est beaucoup plus difficile.
4.5.4 La preuve du théorème, le sens direct
On étudie trois exemples.
4.5.7 Proposition. Soit K ⊂ L = K(ζ) avec ζ n = 1. L’extension K ⊂ L est
galoisienne et son groupe de Galois s’injecte dans (Z/nZ)∗ , donc est abélien.
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4.5.8 Proposition. Soit K ⊂ L = K(α) avec αn = a ∈ K. On suppose que
K contient une racine primitive n-ième de l’unité. L’extension K ⊂ L est
galoisienne et son groupe de Galois s’injecte dans Z/nZ (donc est cyclique).
4.5.9 Proposition. Soit K un corps, a ∈ K, n ∈ N∗ et posons L =
DK (X n − a). L’extension K ⊂ L est galoisienne et se scinde en K ⊂ K(ζ) ⊂
L avec ζ n = 1. Le groupe de Galois de L sur K est extension d’un groupe
abélien par un groupe cyclique et il est donc résoluble.
Finir le sens direct : si l’extension est résoluble, le groupe l’est aussi. On
raisonnera par récurrence sur le degré de l’extension.
4.5.5 Le sens réciproque
On raisonne par récurrrence sur |G|. Par dévissage on se ramène au cas où
G est résoluble et simple, c’est-à-dire cyclique d’ordre p premier. On conclut
grâce au lemme suivant :
4.5.10 Lemme. Soit K ⊂ L une extension galoisienne de groupe Z/pZ. On
suppose que K contient une racine p-ième primitive de 1. Alors L = K(α),
avec αp = a ∈ K.
Démonstration. De nombreuses méthodes ! On note τ un générateur de G.
Il suffit de trouver α ∈ L, α ∈
/ K, tel que τ (α) = ζα.
1) On peut chercher α sous la forme :
α = x + ζτ (x) + ζ 2 τ 2 (x) + · · · + ζ p−1 τ p−1 (x),
le tout est de trouver un x ∈ L tel que α soit non nul.
2) On peut aussi penser en termes de valeurs propres.
4.6 Compléments
4.6.1 Le cas “irréductible” de l’équation de degré 3
Ou la nécessité de l’invention des nombres complexes.
4.6.2 Les équations de degré 5
Classification des groupes de Galois possibles. Exemples.
20
4.6.3 L’équation “générique” de degré n
Il s’agit de l’extension k(Σ1 , . . . , Σn ) ⊂ k(X1 , . . . , Xn ) où les Σi sont les
polynômes symétriques élémentaires en les indéterminées Xi . On montre
facilement que son groupe de Galois est Sn .
4.6.4 L’équation “générale” de degré n à coefficients
rationnels
C’est plus difficile. Là encore, son groupe de Galois est Sn mais il faut utiliser
le théorème d’irréductibilité de Hilbert :
4.6.1 Théorème. Soit PT (X) = X n + an−1 X n−1 + · · · + a0 un polynôme
à coefficients dans K = Q(T1 , . . . , Tr ). On suppose PT irréductible sur K.
Alors, il existe une infinité de r-uplets (t1 , . . . , tr ) ∈ Qr , tels que le polynôme
Pt (X) obtenu en remplaçant Ti par ti soit irréductible sur Q et que GalQ (Pt )
soit égal à GalK (PT ).
21
22
TER numéro 5
Le paradoxe de
Hausdorff-Banach-Tarski
5.1 Problématique
Le point de départ est le (difficile) théorème de Banach dans le plan qui
montre l’existence d’une mesure “universelle” des parties (bornées) du plan :
5.1.1 Théorème. Il existe une application non nulle µ simplement additive
et invariante par déplacement, définie sur l’ensemble de toutes les parties
bornées du plan euclidien et à valeurs dans R+ .
Simplement additive signifie que si l’on a deux parties disjointes X et Y
on a µ(X ∪ Y ) = µ(X) + µ(Y ) ; invariant par déplacement signifie que si g
est un déplacement on a µ(g(X)) = µ(X).
Le but du TER est de montrer le paradoxe de Hausdorff-Banach-Tarski
c’est-à-dire le théorème suivant :
5.1.2 Théorème. Soient A et B deux parties bornées d’intérieur non vide
de R3 . Alors, il existe une partition de A (resp. B) en A1 , . . . , An (resp.
B1 , . . . , Bn ) et, pour chaque i, un déplacement gi tel que Bi = gi (Ai ).
Une conséquence de ce paradoxe est que l’analogue du théorème de Ba-
nach est faux dans R3 (pourquoi ?).
Références principales :
[B] Banach S., Tarski A., Sur la décomposition des ensembles de points
en parties respectivement congruentes, Fundamenta Mathematica 6 (1924),
p. 244-277.
23
[G] Guinot M., Le paradoxe de Banach-Tarski, Aleas, Lyon (1991).
[H] Hausdorff F. Bemerkung über den Inhalt von Punktmengen, Mathe-
matische Annalen LXXV, (1914).
[P] Perrin D., Cours d’algèbre, Ellipses (1991).
5.2 Hausdorff ou le paradoxe de la sphère
On se place dans R3 muni de la métrique euclidienne usuelle pour laquelle la
base canonique e1 , e2 , e3 est orthonormée. On note O+ (3, R) le groupe orthog-
onal direct (groupes des matrices orthogonales de déterminant 1, isomorphe
au groupe des rotations, cf. [P]). On note I l’identité.
5.2.1 Théorème. Soit S la sphère1 unité de R3 . Il existe deux rotations
a et b fixant 0, d’angles respectifs π et 2π/3 et une partition de S en quatre
ensembles X, Y, Z, T tels que :
1) T est dénombrable,
2) on a Y = b(X), Z = b(Y ) = b2 (X) et X = a(Y ∪ Z).
Autrement dit X est à la fois isométrique à Y , à Z et à Y ∪ Z, donc à
son double !
Démonstration. Elle comporte plusieurs étapes.
5.2.1 Les rotations
Voilà les a et b proposés par Hausdorff :
1 0 0
0 1 0 √
3
a = 1 0 0 , b = 0 −√12 2
.
0 0 −1 3
0 − 2 −2 1
(On précisera leurs éléments géométriques et leur ordre.)
5.2.2 Le groupe
On considère le sous-groupe G ⊂ O+ (3, R) engendré par a et b. On montrera
le lemme crucial suivant :
1
Attention, pas la boule.
24
5.2.2 Lemme. Tout élément r de G, distinct de I et de a s’écrit, de manière
unique, sous la forme suivante (on parle d’un mot) :
r = a1 bn1 abn2 a · · · abnk−1 abnk a2
avec k ∈ N∗ , i = 0 ou 1 et ni = 1 ou 2. En particulier, le groupe G est
dénombrable.
Ce n’est pas facile. L’existence ça va. Pour l’unicité il faut montrer par
récurrence sur k qu’un produit du type c = bn1 a · · · bnk a est de la forme
ci-dessous : √
p1 p2 p3 √ 3
1
q√
1 p√
4 q2 3
2k
q 3 3 p5 3 q4
avec pi , qi ∈ Z, pi pair et qi impair. On en déduit que c ne peut être égal à I
ou a.
5.2.3 Le découpage du groupe
Notre objectif est de partager G en trois parties disjointes : G = A ∪ B ∪ C
vérifiant B = bA, C = bB = b2 A et A = a(B ∪ C).
Pour cela, on écrit G comme union disjointe : G = A0 ∪ B0 ∪ C0 ∪ {I}
où A0 est la partie formée par les mots commençant par a, B0 celle formée
par les mots commençant par b et C0 celle formée par les mots commençant
par b2 .
5.2.3 Lemme. On a les formules suivantes : C0 = bB0 , B0 = b2 C0 , bA0 =
B0 − {b}, b2 A0 = C0 − {b2 }, a(B0 ∪ C0 ) = A0 − {a}.
Cela ressemble beaucoup à ce qu’on cherche, mais il y a quelques éléments
récalcitrants : a, b, b2 , I qu’il faut faire rentrer dans le rang. L’idée fondamen-
tale pour cela : le fait que N est en bijection avec N − {0} par n 7→ n + 1.
Pour trouver un ensemble qui ressemble à N on prend un élément d’ordre
infini de G, par exemple b2 a (pourquoi est-il d’ordre infini ?) et on appelle
N le “monoı̈de” engendré :
N = {I, b2 a, (b2 a)2 , (b2 a)3 , . . . , (b2 a)n , . . .}
On note que N − {I} est contenu dans C0 , aN dans A0 et baN dans
B0 . De plus, on notera que l’on a bN = aN ∪ {b} : voilà comment rajouter
l’élément b !
Maintenant, on modifie A0 , B0 , C0 comme suit : on leur retranche aN ,
baN et N − {I} et l’on redistribue autrement les ensembles N, aN, baN pour
obtenir A, B, C comme annoncé.
25
5.2.4 Le découpage de la sphère
C’est maintenant facile. On fait opérer le groupe G sur S. Il y a deux sortes de
points x ∈ S. Ceux (disons de type 1) qui sont sur les axes des éléments g ∈ G.
Ils sont en nombre dénombrable (car G est dénombrable) : c’est l’ensemble
T . Les autres (de type 2) vérifient g(x) 6= x pour tout g ∈ G. L’orbite de x,
ω(x) est donc en bijection avec G. Les orbites des points de type 2 forment
une partition de S − T . Dans chacune des orbites des points de type 2 on
choisit un point (c’est possible grâce à l’axiome du choix). On obtient ainsi
un ensemble E et si on pose X = AE = {g(x) | g ∈ A et x ∈ E}, Y = BE,
Z = CE, on obtient le découpage cherché.
5.3 Banach-Tarski, suite et fin
5.3.1 Généralités sur le découpage
5.3.1 Définition. Soient X, Y deux parties de Rd . On dit que X et Y sont
équidécomposables (ou encore équivalentes par découpage et recollement)
s’il existe des partitions X = X1 ∪ X2 ∪ · · · ∪ Xn et Y = Y1 ∪ Y2 ∪ · · · ∪ Yn
telles que, pour tout i = 1, . . . , n, il existe un déplacement fi de Rd qui vérifie
fi (Xi ) = Yi . On note alors X ∼ Y .
Ce qu’affirme Banach-Tarski c’est que deux parties bornées d’intérieur
non vide de R3 sont équivalentes.
On réfléchira sur l’astuce suivante (l’une des astuces fondamentales dans
ce genre de choses, toujours le fait que N et N − {0} c’est pareil). Il s’agit de
montrer que, dans le plan, le disque unité D est équivalent à D−A où A est un
rayon. Pour cela, on choisit une rotation ρ, de centre 0 et d’angle irrationnel
par rapport à π, on regarde E = n∈N ρn (A) et on écrit D = (D − E) ∪ E
S
et, par un tour de magie, on fait disparaı̂tre A.
On montrera les trois points suivants :
• La relation ∼ est une relation d’équivalence (pour la transitivité, il faut
découper les découpages).
• Si on a X ∼ X 0 et Y ∼ Y 0 avec X, Y (resp. X 0 , Y 0 ) disjoints, on a
X ∪ Y ∼ X 0 ∪ Y 0.
• On a un théorème du type de Cantor-Bernstein :
5.3.2 Proposition. Si on a X 0 ⊂ X et Y 0 ⊂ Y avec X ∼ Y 0 et Y ∼ X 0 , on
a aussi X ∼ Y .
Démonstration. Le mieux est de comprendre d’abord le Cantor-Bernstein
ordinaire. On a des bijections f : X → Y 0 ⊂ Y et g : Y → X 0 ⊂ X, d’où
26
f −1 : Y 0 → X et g −1 : X 0 → Y et il s’agit de construire une bijection Φ
de X sur Y . On part de x ∈ X et on applique, tant qu’on peut, g −1 , puis
f −1 , puis g −1 , etc. On partage alors X en trois sortes de points suivant que
le processus s’arrête sur X, sur Y , ou ne s’arrête pas. On définit Φ sur cette
partition. (On formalisera ces idées, bien entendu.)
5.3.2 Trois sphères ou presque
5.3.3 Corollaire. Soient S, S 0 , S 00 trois sphères de rayon 1 disjointes. Il ex-
iste des parties dénombrables T, T 0 , T 00 respectivement contenues dans S, S 0 , S 00
telles que l’on ait S − T ∼ (S 0 − T 0 ) ∪ (S 00 − T 00 ).
Démonstration. On utilise Hausdorff, bien sûr.
5.3.3 Élimination des dénombrables
5.3.4 Corollaire. Avec les notations du corollaire 7, on a S ∼ S 0 ∪ S 00 .
Démonstration. Il suffit de montrer qu’on a S ∼ S − T . Pour cela, on trouve
une rotation r telle que l’on ait, pour x, y ∈ T , distincts et n ∈ N∗ , rn x 6= y
(ça existe !). On utilise alors l’astuce N ∼ N − {0} vue plus haut avec la
réunion des rn (T ).
5.3.4 On a les boules !
5.3.5 Corollaire. Soient B, B 0 , B 00 trois boules disjointes de rayon 1. On a
B ∼ B 0 ∪ B 00 .
Démonstration. Il suffit d’utiliser les sphères. Attention tout de même à
l’origine !
5.3.5 Conclusion
On finira de prouver le théorème 5.1.2. Il suffit de montrer que si B est une
boule fermée de rayon R contenue dans X on a B ∼ X. Pour cela on recouvre
X par un nombre fini de boules de rayon R et on utilise Cantor-Bernstein.
27
28
TER numéro 6
Constructions à la règle et au
compas
6.1 Introduction
Le but du TER est de comprendre quelles constructions sont possibles à
la règle et au compas et de résoudre en particulier un certain nombre de
problèmes laissés en suspens par les grecs.
Références principales :
[C] Carréga, Théorie des corps, la règle et le compas, Hermann.
[ST] Stewart, Galois theory, Chapmann-Hall,
[P] Perrin, Cours d’algèbre, Ellipses.
[P’] Perrin D, Mathématiques d’école, Cassini.
Sur ce type de problème, une introduction historique s’impose. Il faut
présenter les problèmes des grecs, dire ce qu’ils savaient faire et ne pas faire.
Voir la bibliographie de [C] et notamment :
[De] Descartes R. La géométrie, nouvelle édition, Hermann, 1886.
Pour voir qu’il y a des gens qui n’ont toujours pas compris :
[Du] Dudley Underwood, A budget of trisections, Springer Verlag, 1987.
29
6.2 Nombres réels constructibles
6.2.1 La partie facile
Rappeler quelles constructions élémentaires on sait faire. Donner quelques
exemples un peu amusants.
Préciser les définitions : points constructibles (à partir de points donnés,
en général deux points), réels constructibles.
Montrer que l’ensemble K des constructibles est un corps, qui contient Q
et qui est stable par racine carrée. Caractérisation des constructibles :
6.2.1 Théorème. Soit x un nombre réel. Alors x est constructible si et
seulement si il existe une suite K0 , K1 , · · · , Kr de sous-corps de R vérifiant
les conditions suivantes :
1) on a K0 = Q,
2) on a K0 ⊂ K1 ⊂ · · · ⊂ Kn , plus précisément,
√ pour chaque i = 1, 2, · · · , r,
il existe di ∈ Ki−1 tel que Ki = Ki−1 ( di ),
3) on a x ∈ Kr .
On en déduit qu’un constructible est algébrique sur Q et de degré une
puissance de 2. Attention, la réciproque est fausse.
6.2.2 La partie difficile
On utilise la théorie de Galois (dont il faut comprendre les rudiments, cf. [S])
pour obtenir le théorème suivant.
6.2.2 Théorème. Soit x un nombre réel algébrique de polynôme minimal
P . Alors x est constructible si et seulement si le corps de décomposition de
P est de degré une puissance de 2.
Contre-exemple avec X 4 − X − 1 sinon.
6.3 Applications
6.3.1 Duplication, trisection
Montrer que la duplication est impossible, préciser quels angles sont trisecta-
bles.
6.3.2 Quadrature du cercle
C’est la transcendance de π, voir les références.
30
6.3.3 Les polygones réguliers
Le résultat est le suivant :
6.3.1 Théorème. Soit n un entier ≥ 3. Le polygone régulier à n côtés est
constructible si et seulement si n est de la forme n = 2α p1 · · · pr avec α ≥ 0,
m
r ≥ 0, les pi premiers, distincts et de la forme 22 + 1 (nombres de Fermat).
Seuls exemples de nombres de Fermat connus : 3,5,17,257, 65537.
Construction effective dans le cas du pentagone et du polygone à 17 côtés
(cf. [S]).
6.4 Compléments
Selon l’intérêt on pourra étudier des problèmes voisins : le compas seul, la
règle seule, la règle à glissière et d’autres amusettes (le compas bloqué, la
règle ou la feuille trop petites, etc.).
31
32
TER numéro 7
Quaternions
7.1 Introduction
Le but du TER, après avoir revu la définition et les propriétés algébriques
du corps des quaternions, est d’étudier l’isomorphisme du quotient G{±1}
du groupe des quaternions de norme 1 par son centre et le groupe euclidien
O+ (3, R) et d’en tirer les conséquences topologiques sur le groupe O+ (3, R)
en particulier, le fait qu’il n’est pas simplement connexe.
Références
[DP] Perrin Daniel, Cours d’algèbre, Ellipses.
[Gramain] Gramain André, Topologie des surfaces, PUF, 1971.
7.2 Définitions et propriétés algébriques
Définir l’ensemble H des quaternions et montrer que c’est un corps non com-
mutatif. Définir conjugué et norme. Voir [DP].
7.3 Les quaternions et le groupe orthogonal
Montrer l’isomorphisme entre le quotient G/{±1} du groupe des quaternions
de norme 1 par son centre et le groupe euclidien O+ (3, R). Relation du groupe
O+ (4, R) avec G × G. Voir [DP].
33
7.4 Topologie : préliminaires
7.4.1 Définitions
On travaille sur un espace topologique X dont on se donne un point a. On
note I le segment [0, 1].
7.4.1 Définition.
1) Un chemin est une application continue γ : I → X. Un lacet de base a
est un chemin qui vérifie γ(0) = γ(1) = a. Le lacet trivial (ou nul) est le lacet
constant donné par γ(t) = a pour tout t. L’opération de concaténation (ou
somme) de deux lacets (notée γ ∧ δ) consiste à parcourir l’un puis l’autre.
2) Deux lacets γ et δ sont homotopes s’il existe une application continue
H : I 2 → X qui à (t, u) associe H(t, u) et vérifie :
a) H(0, u) = H(1, u) = a pour tout u.
b) H(t, 0) = γ(t) et H(t, 1) = δ(t) pour tout t.
7.4.2 Définition. L’espace X est dit simplement connexe s’il est connexe
par arcs et si tout lacet est homotope au lacet trivial (on dit encore homotope
à un point, voire à 0).
7.4.3 Exemples. L’espace Rd est simplement connexe. Le plan privé d’un
point, le cercle ne sont pas simplement connexes.
7.4.4 Lemme. Si des lacets γ et δ sont homotopes à 0 il en est de même de
γ ∧ δ.
7.4.2 La sphère
7.4.5 Proposition. On suppose d ≥ 2. La sphère unité euclidienne de Rd+1 :
d
X
d d+1
S = {(x0 , x1 , . . . , xd ) ∈ R | x2i = 1 }
i=0
est simplement connexe.
Démonstration. La démonstration se fait en plusieurs étapes (voir [Gramain]
si besoin est).
7.4.6 Lemme. La sphère Sd privée d’un point est homéomorphe à Rd .
La preuve utilise la projection stéréographique. On enlève le pôle nord n
et on projette la sphère sur l’équateur P en associant à un point x ∈ Sd le
point où la droite (nx) coupe P .
34
Une fois ce résultat établi, le principe de la preuve de 7.4.5 est simple. On
recouvre la sphère par deux ouverts U1 et U2 homéomorphes à Rd (obtenus
en enlevant les pôles n et s) et on considère un lacet γ de base a 6= n, s. On va
montrer qu’il est homotope à 0 en montrant qu’il est homotope au concaténé
de lacets tracés successivement dans U1 et U2 . En fait, le lemme général est
le suivant :
7.4.7 Lemme. On suppose que X est réunion de deux ouverts simplement
connexes U1 et U2 et que l’intersection U1 ∩ U2 est connexe par arcs. Alors
X est simplement connexe.
Le lemme suivant sera utile ici et dans la suite :
7.4.8 Lemme. Soit X un espace métrique compact et (Ui )i∈I un recouvre-
ment ouvert de X. Il existe un nombre r > 0 (appelé nombre de Lebesgue du
recouvrement) tel que toute boule de rayon < r est contenue dans un ouvert
du recouvrement au moins.
La conséquence de ce qui précède c’est que le groupe topologique G des
quaternions de norme 1, qui est homéomorphe à S3 est simplement connexe.
7.5 Revêtements et homotopie
7.5.1 La situation
On reprend l’homomorphisme p du groupe G des quaternions de norme 1
sur le groupe G = O+ (3, R). La situation est donc la suivante : on a deux
groupes topologiques compacts G et G et un homomorphisme p : G → G,
continu, surjectif, de noyau1 {1, −1}. On pose −g = (−1)g pour g ∈ G.
7.5.1 Lemme.
L’application p est fermée et ouverte.
Démonstration. C’est évident pour fermé. Pour ouvert, il faut utiliser la no-
tion de partie saturée, i.e. stable par l’application g 7→ −g.
7.5.2 Revêtements
L’application p est ce qu’on appelle un revêtement. C’est ce que dit la
proposition suivante :
1
Dans le cas général, −1 est un élément d’ordre 2 central de G.
35
7.5.2 Proposition. Soit g ∈ G et et soient g et −g ses antécédents dans G.
Il existe un ouvert U de G contenant g vérifiant les conditions suivantes :
1) U = p(U ) est un ouvert de G,
2) p−1 (U ) = U ∪ (−U ) et U ∩ (−U ) = ∅,
3) les restrictions de p à U et −U sont des homéomorphismes sur U .
7.5.3 Définition. Un ouvert U de G du type de 7.5.2 est appelé ouvert de
trivialisation.
Sur un ouvert de trivialisation on dispose donc d’un homéomorphisme
qui “remonte” p.
7.5.3 Relèvement d’applications : unicité
7.5.4 Théorème. Soit T un espace topologique connexe et soit h : T → G
une application continue. Soit t0 ∈ T , y0 = h(t0 ) et x0 ∈ G tel que p(x0 ) = y0 .
Alors il existe au plus une application continue k : T → G telle que pk = h
et k(t0 ) = x0 .
Démonstration. Si on a deux applications k et k 0 vérifiant les conditions du
théorème, on pose : X = {t ∈ T | k(t) = k 0 (t)} et on utilise la connexité.
7.5.4 Relèvement des chemins
La propriété principale des revêtements est le relèvement des chemins :
7.5.5 Théorème. Soit x0 un point de G, y0 = p(x0 ) son image et soit
γ : [0, 1] → G un chemin (continu) d’origine γ(0) = y0 . Alors, il existe un
unique chemin (continu) δ : [0, 1] → G qui relève γ (ce qui signifie qu’on a
pδ(t) = γ(t) pour tout t) et qui vérifie δ(0) = x0 .
Démonstration. (Pas facile, me consulter au besoin.) Grâce aux ouverts de
trivialisation on sait faire le relèvement localement au voisinage de chaque
point γ(t) du chemin. On va recouvrir le chemin par un nombre fini d’ouverts
de trivialisation (par compacité) et on obtiendra ainsi des chemins définis sur
des intervalles Jk recouvrant I. Le lemme suivant sera alors utile :
7.5.6 Lemme. Soient J1 , J2 , · · · , Jn des intervalles, ouverts dans [0, 1], re-
couvrant [0, 1] et sans inclusions mutuelles. Quitte à à réordonner les Ji , on
peut supposer que J1 contient 0 et que, pour i = 1, · · · , n−1, Ji ∩Ji+1 contient
un point τi , avec 0 < τ1 < τ2 < · · · < τn−1 .
36
7.5.5 Relèvement des homotopies
C’est l’autre propriété essentielle des revêtements :
7.5.7 Théorème. Posons I = [0, 1]. Soit H : I 2 → G une application
continue. On pose H(0, 0) = g. Soit g ∈ G tel que p(g) = g. Alors, il existe
K : I 2 → G, continue, unique, telle que l’on ait pK = H et K(0, 0) = g.
Démonstration. (Me consulter) La technique est analogue au cas des lacets.
On utilisera des relèvements définis sur des pavés Pij de la forme [ ni , i+1
n
]×
j j+1
[ n , n ], avec i, j ∈ {0, . . . , n − 1} et on raisonnera par récurrence sur les
couples (i, j) ordonnés par ordre lexicographique.
7.5.8 Corollaire. Avec les notations précédentes, on suppose qu’on a, pour
tout u ∈ I, H(0, u) = H(1, u) = g ∈ G. Soit g ∈ G tel que p(g) = g.
Alors, il existe K : I 2 → G, continue, unique, telle que l’on ait pK = H et
K(0, u) = g pour tout u.
7.5.6 Groupe d’homotopie
On suppose désormais que G est simplement connexe (c’est le cas de la
sphère). On a le résultat suivant :
7.5.9 Théorème. Soit γ un lacet de G d’origine et d’extrémité 1 et soit δ
son unique relevé dans G vérifiant δ(0) = 1 (cf. 7.5.5). On a δ(1) = ±1.
1) Si δ(1) est égal à 1, i.e. si δ est un lacet, γ est homotope à zéro.
2) Si δ(1) est égal à −1, γ n’est pas homotope à zéro, tous les lacets de ce
type sont homotopes entre eux et leur double est homotope à 0.
Le groupe fondamental de G est le groupe Z/2Z.
Conlure avec le “truc de l’assiette à soupe”, comme dit Berger.
37
38
TER numéro 8
Le théorème de Minkowski
8.1 Introduction
Le but du TER est de montrer quelques résultats concernant les réseaux et
notamment le théorème de Minkowski et ses applications arithmétiques.
Références principales :
[C] Cox, Primes of the forme x2 + ny 2 , Wiley.
[P] Perrin, Cours d’algèbre, Ellipses.
[PR] Perrin-Riou, Algèbre, arithmétique et maple, Cassini.
[S] Samuel, Théorie algébrique des nombres, Hermann.
[SO] Scharlau-Opolka, From Fermat to Minkowski, Springer.
[ST] Stewart-Tall, Algebraic number theory, Chapmann-Hall.
[T] Tauvel, Mathématiques générales pour l’agrégation, Masson.
Voir aussi, plus généralement, les livres de théorie des nombres.
Un sous-réseau L de Rn est un sous-groupe additif qui admet une Z-
base e1 , · · · , er c’est-à-dire une famille libre telle que tout élément de L soit
combinaison linéaire des ei à coefficients entiers relatifs. Un réseau est un
sous-réseau de rang r = n.
8.2 Propriétés des réseaux
8.2.1 Sous-groupes discrets
8.2.1 Théorème. Un sous-groupe de Rn est un sous-réseau si et seulement
si il est discret.
39
8.2.2 Corollaire. Un sous-groupe d’un sous-réseau est un sous-réseau.
8.2.2 Volume et domaine fondamental
On munit Rn d’une structure euclidienne. Le volume d’un réseau est le
déterminant d’une Z-base sur une base orthonormée (c’est indépendant du
choix de ces bases). Interprétation géométrique avec le parallélotope bâti sur
la Z-base.
8.3 Minkowski
8.3.1 Théorème. (Minkowski) Soit L un réseau de Rn et C un convexe,
symétrique par rapport à l’origine et tel que µ(C) > 2n vol (L). Alors C
contient un point non nul de L.
Variantes diverses. (cf. [S, ST, etc])
8.4 Application 1 : les deux carrés
Référence [ST]
8.4.1 Théorème. Tout nombre premier p congru à 1 modulo 4 est somme
de deux carrés.
8.4.2 Corollaire. Description des entiers sommes de deux carrés. (cf. [ST]
ou [P])
Pour un algorithme, cf. [PR].
8.5 Les quatre carrés
8.5.1 Théorème. Tout entier est somme de quatre carrés.
Voir [ST] et me consulter.
8.6 Les entiers de la forme x2 + 5y 2
Problème : déterminer exactement les entiers de la forme x2 + 5y 2 . Voilà le
résultat. Soit P l’ensemble des nombres premiers. On distingue trois parties
de P :
P1 = { p ∈ P | p = 5 ou p ≡ ±1 (mod 5) et p ≡ 1 (mod 4) },
40
P2 = { p ∈ P | p = 2 ou p ≡ ±2 (mod 5) et p ≡ −1 (mod 4) },
et enfin P3 = P − P1 − P2 . On a alors :
Y
8.6.1 Théorème. Soit n ∈ N. On pose n = pvp (n) . Alors, n est de la
p∈P
forme x2 + 5y 2 si et seulement si on a les deux conditions suivantes :
1) ∀p
X∈ P3 , vp (n) est pair,
2) vp (n) est pair.
p∈P2
41
42
TER numéro 9
Pavages du plan
9.1 Introduction
Le but du TER est, dans un premier temps, de classifier les pavages réguliers
du plan, mais aussi les ornements linéaires (ou frises), puis d’étudier les
pavages irréguliers.
Références principales :
[B] Berger, Géométrie, Nathan ou Cassini.
[FT] Fejes-Toth, Regular figures, Pergamon Press, 1964.
Le livre de Fejes-Toth est très intéressant, notamment par les dessins, les
notes historiques, etc.
[HCV] Hilbert et Cohn-Vossen, Geometry and the Imagination, Chelsea
publishing, 1952.
Voir aussi, pour les dessins Escher ou le magazine Tangente.
9.2 Sous-groupes discrets du groupe des isométries
planes
9.2.1 Définitions
On désigne par X le plan affine euclidien.
Déterminer les sous-groupes discrets (expliquer ce mot, lien avec fermé
discret) de (R2 , +), lien avec les réseaux, caractérisations. Déterminer les
isométries vectorielles conservant un sous-groupe de la forme Z ou Z2 . (On
ramènera un réseau à une forme particulière.)
43
Sous-groupes discrets G de Is (X), groupe des isométries affines du plan,
caractérisation. On montrera que, si G est infini, G est discret si et seulement
si le groupe des translations T de G est isomorphe à Z ou Z2 et on précisera
le quotient G/T .
9.2.2 Ornements et pavages
9.2.1 Définition. On appelle ornement linéaire (resp. ornement plan) une
partie A de X telle que le groupe des translations qui conservent A soit iso-
morphe à Z (resp. à Z2 ).
9.2.2 Définition. On appelle pavage du plan la donnée d’un compact P de
X, [
d’intérieur non vide et d’un sous-groupe G de Is (X) vérifiant :
1) g(P ) = X,
g∈G
2) g(P ◦ ) ∩ h(P ◦ ) 6= ∅ =⇒ g(P ) = h(P ).
Montrer que le groupe d’un ornement (linéaire ou plan) et d’un pavage
sont des sous-groupes discrets de Is (X).
9.3 Ornements linéaires
9.3.1 Détermination
Soit A un ornement linéaire, G le groupe des isométries qui conservent A, T
son sous-groupe de translations.
Rappeler les quotients G/T possibles.
Montrer l’existence d’une droite D invariante par G.
Répertorier les transformations possibles dans G.
Décrire tous les ornements possibles (i.e. les G possibles) en précisant la
structure de G. Donner un dessin pour chacun. (Il y en a 7).
9.3.2 Classification
Classifier les groupes des ornements linéaires vis-à-vis des 5 relations d’équivalence
suivantes :
1) G R1 G0 ⇐⇒ G et G0 isomorphes.
2) G R1 G0 ⇐⇒ T et T 0 isomorphes, G/T et G/T 0 isomorphes, les
extensions isomorphes.
3) G R1 G0 ⇐⇒ G et G0 conjugués dans le groupe affine A(X).
44
4) G R1 G0 ⇐⇒ G et G0 conjugués dans le groupe des similitudes
Sim (X).
5) G R1 G0 ⇐⇒ G et G0 conjugués dans le groupe des isométries Is (X).
9.4 Pavages et ornements plans
9.4.1 Détermination
Soit A un ornement plan (ou un pavage), G le groupe des isométries qui
conservent A, T son sous-groupe de translations.
Rappeler les possibilités pour le groupe G/T .
Répertorier les transformations possibles dans G.
Décrire tous les ornements possibles (i.e. les G possibles) en précisant la
structure de G. Donner un dessin pour chacun. (Il y en a 17). Préciser les
invariants géométriques (axes et centres de symétrie, distances des axes, des
centres, rotations, angles, symétries glissées, etc.)
9.4.2 Classification
En quel sens (i.e. pour quelles Ri ) y-a-t’il 17 groupes ?
9.4.3 Réalisation
Comment réaliser un pavé qui permet de recouvrir le plan (cf. Escher, Kan-
gourou, etc.)
9.5 Pavages irréguliers
9.5.1 Pavages de la droite
Fibonacci et consorts. Quelle régularité ? Réalisation par projection.
9.5.2 Pavages du plan
Les pavages archimédiens (par des polygones réguliers, pas tous du même
type, mais tels qu’en chaque point on ait la même configuration, cf. Fejes-
Toth).
45
46
TER numéro 10
Polyèdres
10.1 Introduction
Le but du TER est, d’étudier les polyèdres (convexes) de R3 .
Références principales :
[B] Berger, Géométrie, Nathan ou Cassini.
[FT] Fejes-Toth, Regular figures, Pergamon Press, 1964.
Le livre de Fejes-Toth est très intéressant, notamment par les dessins, les
notes historiques, etc.
[H] Hadamard, Jacques, Géométrie, tome 2.
[HCV] Hilbert et Cohn-Vossen, Geometry and the Imagination, Chelsea
publishing, 1952.
[P] Perrin, Mathématiques d’école, Cassini.
Voir aussi, Boursin-Larose pour les pliages.
Les parties peuvent être traitées dans un ordre arbitraire
10.2 Polyèdres convexes
10.2.1 Définitions
Le point principal est de montrer l’équivalence entre les deux définitions
suivantes :
10.2.1 Définition. Un polyèdre convexe est une intersection finie P de demi-
espaces fermés vérifiant deux conditions :
1) P est borné,
2) P est d’intérieur non vide.
47
10.2.2 Définition. Un polyèdre convexe est l’enveloppe convexe d’un nombre
fini de points de l’espace, non contenus dans un plan.
Il s’agit ensuite de définir, dans chaque cas, ce que sont les faces, les
arêtes, les sommets.
10.2.2 Dualité
Définir le dual P ∗ d’un polyèdre convexe P et montrer que c’est un polyèdre
convexe. Quels rapports entre faces, arêtes, sommets de P et de P ∗ ?
10.3 Formule d’Euler
10.3.1 La formule des angles
Il s’agit de montrer que la somme des angles en un sommet d’un polyèdre
convexe est < 2π.
10.3.2 La formule de Girard
Si T est un triangle sphérique (limité par des grands cercles) sur la sphère
unité la somme des angles de T est égale à π plus l’aire de T .
10.3.3 La formule d’Euler
Si P est un polygone convexe (?) on a s − a + f = 2 où s (resp. a, resp. f )
est le nombre de sommets (resp. d’arêtes, resp. de faces) de P .
10.4 Polyèdres réguliers
10.4.1 Classification combinatoire
Montrer qu’il y a cinq polyèdres réguliers au plus. Les décrire.
10.4.2 Des démonstrations
Existence des polyèdres en question.
Équivalence des définitions de régulier.
Unicité à similitude près.
48
10.4.3 Les groupes d’isométrie
Déterminer les groupes d’isométries du tétraèdre, du cube, du dodécaèdre.
Comportement par dualité. Identrification à des groupes symétriques ou al-
ternés.
10.5 Polyèdres archimédiens, deltaèdres et autres
bêtes
Voir [ME].
49
50
TER numéro 11
Décomposition de Cartan
11.1 La décomposition de Cartan de GL(n, R)
11.1.1 Le résultat algébrique
11.1.1 Proposition. Soit A ∈ GL(n, R) une matrice inversible. Il existe un
unique couple (B, C) avec B ∈ O(n, R) et C symétrique définie positive, tel
que A = BC.
Indication : si on a une telle décomposition on a t AA = C 2 . Or, t AA
est une matrice symétrique définie positive. Il s’agit de montrer qu’on peut
extraire une racine d’une telle matrice (de manière unique) ce qui se fait par
diagonalisation. Attention à l’unicité.
11.1.2 Les homéomorphismes
On note S (resp. S + ) l’ensemble des matrices n × n réelles symétriques (resp.
symétriques définies positives).
11.1.2 Théorème. L’application (B, C) 7→ BC est un homéomorphisme de
O(n, R) × S + → GL(n, R).
Indication : il y a plusieurs voies. On peut montrer que A 7→ A2 est
un homéomorphisme de S + sur lui-même en montrant que c’est un C 1 -
difféomorphisme (inversion locale). On peut aussi montrer directement l’homéo
par un argument de compacité (O(n, R) est compact) en utilisant le fait
qu’une suite de points d’un compact qui n’a qu’une valeur d’adhérence con-
verge vers cette valeur.
11.1.3 Proposition. L’exponentielle est un homéomorphisme de S sur S + .
51
Indication : plusieurs voies encore. Soit on montre que c’est un difféo-
morphisme, mais le calcul de la différentielle est plus ardu, soit on utilise un
argument de compacité (ou plutôt de propreté) comme pour le th. 2.
On note aussi que S est homéomorphe à l’espace numérique Rn(n+1)/2 ,
donc aussi S + .
11.1.3 Conséquences
11.1.4 Proposition. Le groupe GL(n, R) est homéomorphe au produit de
O(n, R) par un espace numérique.
11.1.5 Corollaire. Le groupe GL(n, R) a deux composantes connexes. Le
groupe SL(n, R) est connexe par arcs.
(Il y a des preuves directes de ce fait).
Notons que O(n, R) est un sous-groupe compact maximal de GL(n, R).
On montre en effet que tout sous-groupe compact de GL est contenu dans un
O(q) pour une forme q définie positive, donc dans un conjugué de O(n, R).
Prolongements possibles : étudier le cas de GL(n, C), étudier la connexité
de P GL(n, R), lien avec l’orientabilité de l’espace projectif.
11.2 La décomposition de Cartan de O(q)
On étudie le groupe O(q) pour une forme q non dégénérée de rang n (mais pas
définie positive). Attention, ce groupe n’est plus compact (pourquoi ?). On
sait,
par Sylvester
qu’on peut supposer que la forme q admet pour matrice
I 0
J= p où Ik est la matrice identité d’ordre k et où l’on a p + q = n.
0 −Iq
On note aussi O(J) le groupe orthogonal.
11.2.1 Théorème. Soit A ∈ O(J) et soit A = BC sa décomposition de
Cartan. Alors, on a B, C ∈ O(J).
Indication : écrire C = exp(S/2) et montrer que si exp(S) est dans O(J)
il en est de même de exp(λS) pour λ ∈ R.
11.2.2 Proposition. Le groupe O(J) ∩ O(n, R) est isomorphe au produit
direct O(p, R) × O(q, R).
Indication : écrire les matrices par blocs.
11.2.3 Proposition. Soit S une matrice symétrique. Alors, exp(S) est dans
O(J) si et seulement si on a SJ + JS = 0.
52
11.2.4 Corollaire. L’espace S + ∩O(J) est homéomorphe à un espace numérique.
11.2.5 Corollaire. Le groupe O(J) est homéomorphe au produit de O(p) ×
O(q) par un espace numérique. Il a donc quatre composantes connexes.
(On peut donner une preuve directe de ce dernier fait en utilisant une
écriture par blocs).
Prolongements : montrer que la composante connexe de l’élément neutre
d’un groupe topologique est un sous-groupe distingué. Montrer que dans le
cas de O(J) c’est le groupe des commutateurs. Comprendre la condition
SJ + JS = 0 en termes d’espace tangent et d’algèbre de Lie.
53
54
TER numéro 12
Le théorème de Pascal
12.1 Introduction
Le but du TER est de prouver le théorème de Pascal sur une conique. :
12.1.1 Théorème. Soit C une conique et soient a, b, c, a0 , b0 , c0 six points
distincts de C. On appelle respectivement u, v, w les points d’intersections de
(bc0 ) et (b0 c), (ca0 ) et (c0 a), (ab0 ) et (a0 b). Alors, u, v, w sont alignés.
La référence principale est le texte sur le sujet, sur ma page web :
[Link] perrin/[Link]
qu’il s’agira de comprendre et de compléter.
12.2 La preuve dans l’esprit d’Erlangen
Elle consiste à prouver d’abord le résultat dans le cas d’un cercle, puis à mon-
trer que, du point de vue projectif, cercle et conique (propre) sont équivalents,
soit en utilisant les sections de cône (comme Pascal), soit la transitivité des
homographies.
12.3 La preuve par le birapport
On prouvera d’abord la conservation du birapport par perspective, puis
l’existence du birapport sur un cercle ou une conique. On terminera en mon-
trant que Pappus ou Pascal sont conséquences des points précédents.
55
12.4 La preuve avec les relations
On définira crochets et produits extérieurs. On établira la formule qui donne
Pappus et Pascal :
(1) [(b ∧ c0 ) ∧ (b0 ∧ c), (c ∧ a0 ) ∧ (c0 ∧ a), (a ∧ b0 ) ∧ (a0 ∧ b)] =
[a, a0 , b][b, b0 , c][c, c0 , a][a0 , b0 , c0 ] − [a, a0 , c0 ][b, b0 , a0 ][c, c0 , b0 ][a, b, c]
et on en déduira le théorème.
12.5 La preuve par le théorème de Noether
Elle fait appel à des notions de géométrie algébrique. Voir la Partie III de
mon livre :
[Link] perrin/Livre de geometrie [Link]
56
TER numéro 13
La géométrie projective linéaire
Ce TER a été proposé par Marie-Claude David, à partir de la Partie I de
mon projet de livre de géométrie projective. Voir :
[Link] perrin/Livre de geometrie [Link]
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