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Comprendre E=mc² et la relativité

Le document explique la célèbre équation E=mc², en détaillant la signification de chaque élément : E pour l'énergie, M pour la masse, et c² pour la vitesse de la lumière au carré. Il aborde également le principe de relativité, qui stipule que les lois de la physique sont les mêmes dans tous les systèmes en mouvement uniforme, et souligne les contradictions entre la mécanique newtonienne et les équations de Maxwell. Enfin, il mentionne les contributions de Lorentz, Poincaré et Einstein pour résoudre ces paradoxes.

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Comprendre E=mc² et la relativité

Le document explique la célèbre équation E=mc², en détaillant la signification de chaque élément : E pour l'énergie, M pour la masse, et c² pour la vitesse de la lumière au carré. Il aborde également le principe de relativité, qui stipule que les lois de la physique sont les mêmes dans tous les systèmes en mouvement uniforme, et souligne les contradictions entre la mécanique newtonienne et les équations de Maxwell. Enfin, il mentionne les contributions de Lorentz, Poincaré et Einstein pour résoudre ces paradoxes.

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Pourquoi E = Mc2 ?

Yves Schutz

Nous avons donc appris lors des cours précédents quelle était la signi cation des 3 éléments qui se retrouvent unis, alors que rien ne les y prédisposait, en une équation,
à la fois la plus connue et sans doute aussi la plus mal connue des équations de la physique.
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Pourquoi E = Mc2 ?
E comme Energie

Nous savons que le E symbolise l’énergie, la quantité qui se conserve quelque soit le processus de physique mis en jeu, qu’elle ne cesse de se transformer tout en se
dégradant perdant progressivement sa capacité à se transformer davantage jusqu’à devenir inutilisable.
Pourquoi E = Mc2 ?
M comme Masse

Le deuxième partenaire intervenant dans cette équation est la masse symbolisée par la lettre M. Nous avons appris à distinguer masse et poids, nous pensons encore
(nous sommes encore au début du 20ème siècle) que, comme l’énergie, elle se conserve, c’est-à-dire que la physique ne sait ni créer de la masse ni la détruire mais
seulement la transformer. Nous avions ni le cours en nous demandant d’où pouvait bien venir la masse sachant qu’au niveau de l’in niment petit, la masse des
particules élémentaires formant une particule ne contribue que très peu, à peine 1%, à la masse de la particule composite.
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fi
Pourquoi E = Mc2 ?
c2 comme … c2

Reste le c qui, élevé au carré, assure le lien entre énergie et masse. C est une constante universelle dont la valeur a été xée une fois pour toute et il se trouve que dans
notre univers la vitesse de la lumière est strictement et toujours égale à c. Mais ça nous n’en sommes pas encore certains en ce début du 20ème siècle, le statut de la
lumière pose encore question au point de créer une apparente contradiction entre les deux piliers de la physique, la mécanique de Newton et l’électromagnétisme de
Maxwell.

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Pourquoi E = Mc2 ?
La rencontre…

Comment ces 3 quantités se trouvent réunies en une seule équation fera l’object de ce cours mais aussi du suivant. En e et une contextualisation est indispensable pour
comprendre la dérivation de l’équation. La présentation du contexte est l’objet du cours du jour.

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Principe de relativité

Pour comprendre l’apparente contradiction entre la théorie mécanique de Newton et la théorie électromagnétique de Maxwell, intéressons nous d’abord au principe de
relativité.
1632

Le mouvement n’est rien

Galilée, Dialogues concernant les deux plus grands systèmes du monde, 1632

Ce principe a été formulé la première fois par l’incontournable Galilée dans son ouvrage Dialogues concernant les deux plus grands systèmes du monde. Il peut se
résumer de façon abrupte par cette sentence lapidaire: le mouvement n’est rien. Mais Galilée par la voix de Salviati s’explique :
« Enfermez-vous avec un ami dans la cabine principale à l'intérieur d'un grand bateau et prenez avec vous des mouches, des papillons, et d'autres petits animaux
volants. Prenez une grande cuve d'eau avec un poisson dedans, suspendez une bouteille qui se vide goutte à goutte dans un grand récipient en-dessous d'elle. Avec le
bateau à l'arrêt, observez soigneusement comment les petits animaux volent à des vitesses égales vers tous les côtés de la cabine. Le poisson nage indi éremment
dans toutes les directions, les gouttes tombent dans le récipient en-dessous, et si vous lancez quelque chose à votre ami, vous n'avez pas besoin de le lancer plus fort
dans une direction que dans une autre, les distances étant égales, et si vous sautez à pieds joints, vous franchissez des distances égales dans toutes les directions.
Lorsque vous aurez observé toutes ces choses soigneusement (bien qu'il n'y ait aucun doute que lorsque le bateau est à l'arrêt, les choses doivent se passer ainsi),
faites avancer le bateau à l'allure qui vous plaira, pour autant que la vitesse soit uniforme et ne uctue pas de part et d'autre. Vous ne verrez pas le moindre changement
dans aucun des e ets mentionnés et même aucun d'eux ne vous permettra de dire si le bateau est en mouvement ou à l'arrêt ... »

Le principe de relativité nous dit que nous ne pouvons pas déterminer à l’aide d’une expérience de physique si nous sommes à l’arrêt ou en mouvement rectiligne et
uniforme.
ff
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ff
1686

Principe de relativité

Newton, Principes mathématiques de la philosophie naturelle, 1632

Le principe de la relativité a été énoncé ensuite en 1686 par Newton dans les Principes mathématiques de la philosophie naturelle comme un corollaire de la 3ème loi dite
de Newton que l’action est toujours égale et opposée à la réaction : « Les mouvements des corps enfermés dans un espace quelconque sont les mêmes entre eux, que
cet espace soit au repos ou qu'il se meuve uniformément en ligne droite sans mouvement circulaire. » (traduction française d’Emilie du Châtelet).

En clair le principe de relativité signi e que quelque soit l'expérience que vous e ectuez ou le phénomène que vous observez dans un train (ou une fusée) se déplaçant
en ligne droite et à vitesse constante (accélération nulle), vous obtiendrez les mêmes résultats ou observerez la même chose que si le train (ou la fusée) était à l'arrêt ... à
condition bien sûr de ne pas regarder par la fenêtre.

En termes plus savants, les lois de la physique sont invariantes par transformation rectiligne uniforme.

Voyons cela de plus près avec un exemple concret.


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ff
0 D = D′

x'
D′

D
x

Transportons nous dans une gare ferroviaire quelconque avec son chef de gare immobile sur le quai regardant les trains passer. Un train est à quai et à l’intérieur d’un
des wagons un passager lui aussi immobile à exactement la même hauteur que le chef de gare. Avant de se rendre au wagon restaurant, il va estimer la distance D’ qui le
sépare du wagon bar. Le chef de gare lui aussi verra le wagon bar à exactement la même distance horizontale.


0t D = D′ +v × t

x'
D′

x
D v×t

Si maintenant le train est en mouvement et passe devant le chef de gare avec une vitesse constante v, pour le voyageur le wagon bar sera toujours à la même distance
D’, mais pour le chef de gare la distance au wagon bar augmentera avec le temps et augmentera d’autant plus vite que la vitesse du train est élevée. Et donc au temps t,
il verra le wagon bar à une distance D égale à la distance D’ augmentée de la vitesse multipliée par le temps.


0t D = D′ +v × t

x = x′ − v × t
y = y′
z = z′ x'
D′
t = t′

x
D v×t

De façon plus générale, on repère la position du wagon bar par les 3 coordonnées spatiales et si le train se déplace dans la direction x, les coordonnées du wagon bar vu
par le chef de gare (x, y, z) se déduiront des coordonnées du wagon bar vu par le voyageur (x’, y’, z’) de la façon suivante. Notons que nous avons posé t égal t’, c’est-à-
dire le temps que le chef de gare voit dé ler sur sa montre et le même temps que le voyageur voit dé ler sur sa montre. Pour Newton, il existe un temps absolu et tout
événement dans l’Univers peut se mesurer par rapport à ce temps absolu.

Ceci illustre le point de vue du chef de gare.








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0t D′ = D −v × t

−v × t x'
D′

D
x

Il en va de même selon le point de vue du voyageur, qui immobile dans son wagon verra le chef de gare et sa tasse de café sur le quai s’éloigner en direction inverse de
celle de la vitesse du train.



0t D′ = D −v × t

x = x′ + v × t
y = y′
z = z′ −v × t x'
D′
t = t′

D
x

Si nous substituons dans les lois de Newton les coordonnées selon les transformations décrites ci-dessus, nous trouvons que les lois restent inchangées, c’est-à-dire
que les lois de Newton ont exactement la même forme pour le chef de gare que pour le voyageur ou dit autrement que le voyageur ne pourra en aucune façon dire si le
train est à l’arrêt ou en mouvement en faisant une expérience de mécanique.







Composition des vitesses
V = v−
+V′
V vitesse du voyageur vue par le chef de gare
V′ vitesse du voyageur dans le train
v vitesse du train

A partir de ces transformations on peut aisément retrouver la loi de la composition des vitesses : si le voyageur se rend au wagon bar à une vitesse V’, le chef de gare
verra le voyageur se déplacer à la vitesse V’ plus la vitesse v du train. Si le wagon bar se trouve vers l’arrière du train, la vitesse du voyageur vue par le chef de gare sera
la vitesse du train moins la vitesse V’.

Pour notre vie de tous les jours c’est tout ce dont nous avons besoin … tant que nous nous déplaçons à la vitesse modérée des trains ou autres moyens de transport
usuels.


Newton

Maxwell ?

Cependant si les lois de la mécanique sont en accord avec le principe de la relativité, il semble qu’il n’en soit pas de même pour les lois de l’électromagnétisme telles
qu’elles ont été énoncées par Maxwell.
Un bref rappel, si nécessaire, les équations de Maxwell décrivent l’ensemble des phénomènes électriques et magnétiques (Gauss, Ampère, Faraday) sous forme de lois
fondamentales de la physique. Elles décrivent en fait les interactions entre le champ électrique, le champ magnétique et la lumière dans un milieu. Une des
conséquences de ces équations est qu’une perturbation du champ électromagnétique dans le vide se propage dans l’espace et le temps sous forme d’ondes
électromagnétiques et toujours à la même vitesse égale à c, 299.792.458 m/s. La lumière est un cas particulier d’onde électromagnétique.
0 vlumière = c
v′lumière = c

x'

Retournons à la gare ferroviaire, et observons la lumière émise par un lampadaire sur le quai. Le chef de gare et le voyageur, le train étant à l’arrêt, verront tous les deux
la lumière du lampadaire passer à la vitesse c.

t vlumière = c
v′lumière = c −v

x'
v

Si maintenant le train est en mouvement avec une vitesse v, et si nous appliquons la loi de composition des vitesses de Galilée/Newton, le voyageur devrait voir passer la
lumière à la vitesse c moins v, la vitesse du train.

t vlumière = c
v′lumière = c +v

v x'

Si maintenant le train est en mouvement avec une vitesse v, et si nous appliquons la loi de composition des vitesses de Galilée/Newton, le voyageur devrait voir passer la
lumière à la vitesse c moins v, la vitesse du train.

Michelson & Morley : vitesse de la Terre
dans l’éther imperceptible !

Ceci implique qu’en mesurant la vitesse de la lumière dans un système en mouvement (rectiligne et uniforme), il devrait être possible de déterminer la vitesse du dit
système (c’est le principe de la mesure de Michelson et Morley pour déterminer la vitesse de la Terre par rapport à l’éther luminifère) ou encore qu’en faisant des
expériences d’électricité ou de magnétisme il serait possible de dire si on est en mouvement ou non. Cette conséquence est en contradiction avec le « mouvement n’est
rien » de Galilée.
Nous sommes ainsi confrontés à une contradiction entre le principe de relativité et la théorie de l’électromagnétisme, situation troublante puisque d’un côté le principe de
relativité et la mécanique de Newton font très bon ménage et d’un autre côté la théorie de l’électromagnétisme fonctionne parfaitement pour l’optique et
l’électromagnétisme en général.
La question est donc de savoir ce qui ne marche pas avec les équations de la physique.
A. Einstein

H. Lorentz

[Link]é

Les personnages clés qui vont contribuer à résoudre cette énigme sont le néerlandais Hendrik Lorentz, le français Henri Poincaré et le suisse (naturalisé en 1902) Albert
Einstein qui se sont trouvés réunis lors du premier congrès de Solvay en 1911 avec pour thématique « Radiation et quanta ».
1892

x′ = x − v × t
y′ = y
z′ = z
t′ = t

Ainsi donc, il semblerait que les équations de Maxwell n’obéissent pas au principe de relativité, c’est-à-dire que la forme des équations changent si on e ectue le
changement de coordonnées ci-dessus ou autrement dit les phénomènes optiques et électriques observés dans le train en marche seraient di érents des mêmes
phénomènes observés à partir du quai.

Lorsqu’on se rendit compte de cette contradiction vers la n du 19ème siècle, la première réaction fut d’accuser les équations de Maxwell d’être incorrectes, un péché de
jeunesse de ces toutes récentes équations. Cependant il apparut vite impossible de les modi er pour respecter le principe de relativité tout en respectant leur accord

avec les phénomènes de la Nature.

L’autre démarche consista à ne pas toucher aux équations de Maxwell mais de modi er les règles de transformation pour passer du quai de la gare au train en
mouvement. L’approche fut d’abord purement mathématique : quelles transformations permettent de garder intacte la forme des équations ?



fi
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ff
ff
1892

x−v×t
x′ =
x′ = x − v × t 1 − v 2 /c 2
y′ = y y′ = y
z′ = z z′ = z
t′ = t t − x × v/c 2
t′ =
1 − v 2 /c 2

H. Lorentz, Théorie électromagnétique de Maxwell et son application, 1892



Après un temps de tâtonnement et d’errements, le physicien néerlandais Hendrik Lorentz (prix Nobel 1902) proposa la solution ci-dessus. Ne soyez pas e rayés par
l’apparente complexité de cette nouvelle transformation, remarquez simplement qu’à la vitesse v du train, même du TGV à 300km/h, très petite par rapport à la vitesse
de la lumière, nous retrouvons les transformations classiques de Newton. Nous commencerons à sentir une in me di érence dans un satellite autour de la Terre (30.000
km/h, 8 km/s, dixième de nanomètre).

Avec ces nouvelles règles de changement de référentiel galiléen, les équations de la physique sont préservées. Pour Lorentz ces transformations ne sont que des outils

mathématiques sans signi cation particulière. Vous avez également noté que le temps est également modi é, ce qui est nouveau. Lorentz introduit ainsi le concept de
temps local qui n'a pour lui d'autres signi cation que mathématique.





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fi
fi
ff
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1904

Contraction des longueurs


B
2L// 1
tACA = ×
c v2
1− 2
c
v2
L// = L 1− 2L 1
c2 tACA = ×
c 1−
v2
c2
S A C
c = 299.774 ± 11 km/s
2L 1
O tABA = ×
c 1−
v2
c2
H. Lorentz,
Electromagnetic phenomena in a system moving with any velocity smaller than that of light

Continuant sur sa lancée, Lorentz trouve, quelques années plus tard, en 1904, une explication du résultat négatif de l’expérience de Michelson et Morley.
Pour rappel l’expérience de Michelson Morley devait mesurer une di érence du temps de parcours de la lumière entre le chemin SBA et SAC, di érence de temps qui n’a
pas été observée.

En suivant les règles de transformation formulées précédemment, Lorentz calcule que les « dimensions des corps solides sont légèrement modi ées du fait de leur
mouvement dans l’éther ». Seule la longueur dans la direction du mouvement est modi ée selon la relation où L est la longueur mesurée au repos et L// la longue
mesurée lorsque le système est en mouvement. Le mouvement contracte les longueurs.

Ainsi si le mouvement raccourcit les distances de l’appareillage de Michelson-Morley et ce uniquement dans le sens du mouvement et comme la vitesse de la lumière est
modi ée par la vitesse de la Terre, les deux e ets conspirent pour donner une égalité parfaite entre le temps de parcours de la lumière dans les directions verticales et
horizontale, et, par conséquent aucun déplacement des franges d’interférence ne peut être observé.

Avons-nous ainsi une solution ad hoc inventée pour résoudre l’énigme du résultat de l’expérience de Michelson ou bien la Nature a-t-elle inventée un nouveau
phénomène qui nous empêche de mesurer la vitesse de la Terre relative à l’éther ?

Il est à remarquer que Lorentz considère que la contraction des longueurs est réelle (et pas simplement la mesure qui dépend du référentiel dans lequel se fait la mesure),
qu’il suppose encore l’existence de l’éther, seul référentiel absolu dans lequel les équations de Maxwell sont applicables.
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ff
ff
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1902

Henri Poincaré

H. Poincaré, La science et l’hypothèse, 1902

Le mathématicien, physicien théoricien et philosophe français, Henri Poincaré, va continuer sur la lancée de Lorentz et va faire un pas supplémentaire vers la révolution
relativiste de Einstein.

D’abord quelques mots sur Poincaré dont la popularité a été injustement gommée au pro t de celle d’Einstein. Considéré comme l’un des plus grands mathématiciens
de tous les temps, il est sans doute l’un des derniers grands esprits qui maitrisait au 19ème siècle la totalité des disciplines des mathématiques. Et pourtant au
baccalauréat en sciences, il avait obtenu la note zéro en composition mathématiques ! Il se rattrapera à l’oral, suit les cours des classes préparatoires, remportera par
deux fois le concours général de mathématiques, entrera major à Polytechnique, en sortira deuxième, intégrera l’Ecole des Mines de Paris, obtiendra le doctorat ès
sciences mathématiques de l’Université de Paris … pour son vingt-cinquième anniversaire!
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1902

Henri Poincaré

H. Poincaré, La science et l’hypothèse, 1902

Ses principales contributions s’inscriront dans le domaine des sciences mathématiques, mais il est aussi considéré comme le précurseur de la relativité restreinte que
développera Einstein. Il publie en 1902 La science et l’hypothèse un ouvrage plus philosophique que purement scienti que, où il discute la méthode scienti que et le rôle
de l’hypothèse, forcément non démontrée ne s’appuyant pas forcément sur une certitude expérimentale, souvent le fruit d’une intuition et nécessaire au progrès de la
science.

Il note que l’hypothèse fondamentale de Newton de l’existence d’un espace et d’un temps absolu était une étape nécessaire pour formuler les lois de la mécanique mais
cette hypothèse doit rester une hypothèse et non une condition qui s’impose à la mécanique :
"Ainsi l’espace absolu, le temps absolu, la géométrie même ne sont pas des conditions qui s’imposent à la mécanique ; toutes ces choses ne préexistent pas plus à la
mécanique que la langue française ne préexiste logiquement aux vérités que l’on exprime en français. »

Il conçoit ce-disant que l’existence d’un espace absolu et d’un temps absolu peut être remise en question … ce que fera Einstein, qui a lu l’ouvrage avec grand intérêt,
quelques années plus tard.

A e acer
Isaac Newton croyait à la réalité « substantielle » de l’espace et du temps. Selon lui, l’espace et le temps sont chacun une substance particulière, ce qui signi e qu’ils
pourraient exister même si rien d’autre qu’eux n’existait. L’espace au sens de Newton constitue donc une sorte d’arène autonome et absolue, existant par elle-même
préalablement aux objets, mais capable de les accueillir en son sein : "L’espace absolu, sans relation aux choses externes, demeure toujours similaire et immobile [1] ."

Leibniz contestait cette thèse, a rmant que l’espace n’a pas d’existence réelle en dehors des objets qu’il permet de relier. Il serait en somme secondaire par rapport aux
choses matérielles : selon Leibniz, le monde est d’abord constitué d’objets physiques, sans qu’on puisse prétendre aussitôt que ceux-ci sont dans l’espace. L’espace ne
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les précède pas et ne se su t plus à lui-même. Il n’apparaît que secondairement aux objets pour exprimer leurs relations de contiguïté.

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1902

Espace et temps absolus


Newton vs Leibnitz

H. Poincaré, La science et l’hypothèse, 1902

Isaac Newton croyait à la réalité « substantielle » de l’espace et du temps. Selon lui, l’espace et le temps sont chacun une substance particulière, ce qui signi e qu’ils
pourraient exister même si rien d’autre qu’eux n’existait. L’espace au sens de Newton constitue donc une sorte d’arène autonome et absolue, existant par elle-même
préalablement aux objets, mais capable de les accueillir en son sein : "L’espace absolu, sans relation aux choses externes, demeure toujours similaire et immobile ."

Leibniz contestait cette thèse, a rmant que l’espace n’a pas d’existence réelle en dehors des objets qu’il permet de relier. Il serait en somme secondaire par rapport aux
choses matérielles : selon Leibniz, le monde est d’abord constitué d’objets physiques, sans qu’on puisse prétendre aussitôt que ceux-ci sont dans l’espace. L’espace ne
les précède pas et ne se su t plus à lui-même. Il n’apparaît que secondairement aux objets pour exprimer leurs relations de contiguïté.
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5 juin1905

Henri Poincaré
Sur la dynamique de l’électron, 1905 et 1906

Le 5 juin 1905, Poincaré présente une note à L’Académie des Sciences intitulée Sur la dynamique de l’électron. Il reprend les conclusions de Lorentz, à savoir :
1905

- Transformations de Lorentz

H. Poincaré, Sur la dynamique de l’électron, 1905 et 1906

1. Les équation du champ électromagnétique ne sont pas altérées par les transformations de Lorentz (c’est Poincaré qui donnera ce nom aux transformations
proposées par Lorentz).
1905

- Transformations de Lorentz

- Impossibilité de mesurer le mouvement absolu

H. Poincaré, Sur la dynamique de l’électron, 1905 et 1906

2. Il démontre rigoureusement la contraction de tous les corps dans le sens du mouvement et l’impossibilité de mesurer la vitesse de la Terre par rapport à l’éther qu’il
généralise en l’impossibilité de mesurer le mouvement absolu et érige cette impossibilité en loi de la Nature
1905

- Transformations de Lorentz

- Impossibilité de mesurer le mouvement absolu

- Les forces et le mouvement

H. Poincaré, Sur la dynamique de l’électron, 1905 et 1906

3. Il adopte l’hypothèse de Lorentz que « toutes les forces, quelle qu’en soit l’origine, sont a ectées, par une translation, de la même manière que les forces
électromagnétiques. » Il examine ensuite quelles sont les conséquences pour l’autre force connu à l’époque : la gravitation. Il suppose que « la propagation de la
gravité n’est pas instantanée mais se fait à la vitesse de la lumière » et il introduit le concept d’ « onde gravi que ». Il note cependant que les observations
astronomiques ne sont pas su samment précises pour détecter les divergences d’avec la gravitation de Newton.
« Était-il possible de trouver une loi, qui satisfît à la condition imposée par Lorentz, et qui en même temps se réduisît à la loi de Newton toutes les fois que les vitesses
des astres sont assez petites pour qu’on puisse négliger leurs carrés (ainsi que le produit des accélérations par les distances) devant le carré de la vitesse de la
Lumière ? »
À cette question, ainsi qu’on le verra plus loin, on doit répondre a rmativement.
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1905

- Transformations de Lorentz

- Impossibilité de mesurer le mouvement absolu

- Les forces et le mouvement

- L’ Ether

H. Poincaré, Sur la dynamique de l’électron, 1905 et 1906

Cependant il n’abandonne ni l’idée d’éther, ni l’idée d’un temps absolu. Pourquoi ? Pour la plupart des scienti ques, un phénomène ondulatoire devait être
nécessairement porté par un milieu et le phénomène ondulatoire fait vibrer ce milieu qui porte l’onde.
L’idée de l’éther est en totale contradiction avec le principe de relativité énoncé par Galilée et Newton et qui marche si bien pour tous les phénomènes mécaniques. En
e et cet éther dans la propriété principale est d’être absolument immobile ce qui ne peut pas se concevoir selon le principe de relativité, car il serait possible de faire une
expérience de physique (mesurer votre vitesse par rapport à l’éther par exemple) qui vous indiquerait votre état de mouvement. Le fait que l’interprétation ondulatoire de
l’électromagnétisme introduise un éther absolument immobile avait troublé le jeune Einstein. Il proposera une solution en 1905.
ff
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30 juin 1905

Albert Einstein

A. Einstein, Zur Elektrodynamik bewegter Körper, Annalen der Physik, vol. 322, 10, 1905

Le 30 juin 1905, Albert Einstein envoie un article intitulé, Zur Elektrodynamik bewegter Körper, De l’électrodynamique des corps en mouvement, à la revue Annalen der
Physik, la revue la plus prestigieuse des revues scienti ques allemandes. Dans l’article il pose le principe de la relativité, qui deviendra plus tard, pour le distinguer de la
relativité générale, le principe de relativité restreinte.
Albert Einstein alors âgé de 26 ans, est encore un parfait inconnu du monde académique et universitaire, il occupe un modeste poste d’expert technique de 3ème classe
à l’O ce Fédéral de la Propriété Intellectuelle (O ce des brevets) à Berne. Il est en particulier chargé des brevets électromagnétiques, les projets d’appareils électriques
et électromagnétiques proposés par les ingénieurs se faisant de plus en plus nombreux. Son rôle consiste à examiner la pertinence et la rigueur scienti que des dossiers
soumis, tâche qui exige sagacité et solide culture scienti que ce dont Einstein ne manque pas. Un des dé s posé à l’époque était la technique de synchronisation à
distance des horloges (Pb des horaires des trains par exemple, raison militaires et raisons politiques, unité de la nation). Par exemple à Genève 3 horloges : celle du
centre donne l’heure moyenne de Genève, celle de gauche l’heure de Paris (horaire du train Paris-Lyon_Méditerranée) et celle de droite l’heure de Berne qui avançait de
5 minutes.
Un peu plus tôt dans l’année il avait néanmoins déjà publié deux articles dans les Annalen der Physik dont l’éditeur pour la physique théorique était Max Planck, l’article
dit de l’e et photoélectrique avec lequel Planck était en désaccord mais publia quand même et l’article dit du mouvement Brownien (voir mon cours d’il y a deux ans).
Cette fois-ci Planck est enthousiaste.
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1905

Incompatibilité entre relativité et EM

A. Einstein, Zur Elektrodynamik bewegter Körper, Annalen der Physik, vol. 322, 10, 1905

Einstein part du constat que


1. l’électromagnétisme et la relativité sont incompatibles et
2. de l’impossibilité de déterminer le mouvement de la Terre dans l’éther luminifère

pour statuer que le repos absolu ne peut pas exister.

Il énonce ensuite deux postulats :


1905

1. Principe de relativité

2. Invariance de la vitesse de la lumière

A. Einstein, Zur Elektrodynamik bewegter Körper, Annalen der Physik, vol. 322, 10, 1905

1. Le premier qu’il appelle le principe de relativité : « dans tous les systèmes de coordonnées où les équations de la mécanique sont vraies, les équations
électromagnétique et optique sont également vraies. » … voir Poincaré !
1905

1. Principe de relativité

2. Invariance de la vitesse de la lumière

A. Einstein, Zur Elektrodynamik bewegter Körper, Annalen der Physik, vol. 322, 10, 1905

2. Le premier postulat implique que la vitesse de la lumière mesuré dans n’importe quel référence d’inertie est toujours la même. D’où le deuxième postulat qui énonce
l’invariance de la vitesse de la lumière : « la lumière se propage dans l’espace vide à une vitesse V indépendante de l’état de mouvement du corps émetteur». La
vitesse change bien sûr en fonction du milieu qu’elle traverse mais elle ne change pas, elle est invariante, avec le mouvement de la source de la lumière. La vitesse de
la lumière émise par les phares d’une voiture est la même que la voiture soit à l’arrêt ou qu’elle se dirige vers vous quelque soit sa vitesse. La vitesse de la source n’a
pas d’e et sur la vitesse de la lumière. Ou inversement, il est impossible de dire si l’on est en mouvement ou non en mesurant la vitesse de la lumière. Ceci remet en
question le principe de composition des vitesses de Galilée… pour la lumière. Conséquence on ne peut pas chevaucher un rayon lumineux c’est-à-dire se positionner
dans un repère où la lumière serait au repos, puisque la vitesse de la lumière est toujours égale à la vitesse de la lumière. Il n’y a pas de repos possible pour la lumière.
La Nature impose ainsi une limitation de vitesse que rien ne peut dépasser, de plus cette vitesse est invariante c’est-à-dire qui est la même pour tous les
observateurs quel que soit leur propre mouvement (nous appelons cette vitesse la « vitesse de la lumière dans le vide » parce que les onde électromagnétiques se
propagent dans le vide à cette vitesse et même si ce n’était pas le cas nous aurions toujours une vitesse invariante imposée par la relativité).
ff
1905

Abolition de l’éther, du temps et de


l’espace absolus

A. Einstein, Zur Elektrodynamik bewegter Körper, Annalen der Physik, vol. 322, 10, 1905

Ainsi en quelques pages, en posant le principe de la relativité, Einstein abolit l’espace et le temps absolu, décrète l’invariance de la vitesse de la lumière et e ace l’éther.

S’appuyant sur ces deux postulats, il construit un environnement (espace-temps) dans lequel les lois de l’électromagnétisme (des corps au repos) s’applique également
aux corps en mouvement.

Pour cela il est nécessaire d’abandonner le concept d’espace absolu, c’était déjà acquis avec les transformations de Lorentz, mais aussi de temps absolu, le temps
devenant local (temps propre) et dé nitivement indissociable de l’espace. Le temps du chef de gare n’est pas le même que celui du voyageur dans le train en
mouvement.

L’éther ayant disparu, l’onde EM devient une entité autonome, la lumière n’est plus la vibration d’un milieu particulier.
fi
ff
1905

Dilatation du temps
1
Δt = Δt′ ×
1 − v 2 /c 2

Nous avons déjà vu que Lorentz avait postulé la contraction des longueurs pour interpréter le résultat négatif de l’expérience de Michelson et Morley et dont Poincaré
avait tiré la loi sur l’impossibilité de mesurer un mouvement absolu. Ils se sont ensuite aperçu que cette histoire de contraction tenait debout à condition que le temps, lui
aussi soit modi é selon que l’observateur soit en mouvement ou non par rapport à l’instrument qui mesure le temps.

fi
1905

Dilatation du temps

Une remarque de vocabulaire : on parle, de façon inappropriée, de contraction des longueurs et de dilatation du temps. Les longueurs ne sont pas physiquement
modi ées, comme le pensait Lorentz et Poincaré, ni le temps allongé (la montre ne battra pas la seconde plus lentement), c’est la perception des longueurs et du temps,
plutôt des durées, qui est modi ée par le mouvement. Un observateur immobile verra les longueurs dans un système en mouvement contractées et pareillement il verra
les durées dilatées. Vous ne verrez jamais votre monte avancer ou retarder lorsque vous prenez le train, même si ce train se déplaçait à une vitesse proche de la vitesse
de la lumière.

Pour expliquer cette transformation du temps, Einstein invente une horloge imaginaire qui s’appuie sur son deuxième postulat l’invariance de la vitesse de la lumière
quelque soit le mouvement de la source de lumière.
fi
fi
2D
t′ = M
c

Le principe de cette horloge est simple : une lampe projette un rayon lumineux pulsé à travers un miroir vers un autre miroir et grâce à un système astucieux fait tac
lorsqu’elle arrive au miroir du haut et tic chaque fois que le rayon revient au niveau du miroir près de la lampe. Le temps entre deux tics est donc donné par deux fois la
distance D séparant la lampe du miroir divisé par la vitesse de la lumière. Cette durée est appelée intervalle de temps propre : un temps qui sépare deux événements qui
ont lieu au même endroit.

2D
t′ = M
c

x'

Embarquons maintenant cette horloge sur un train (on peut aussi en construire une deuxième, parfaitement identique à la première et les démarrer en même temps pour
que les deux tic de façon synchrone). L’horloge est positionnée verticalement au sens du déplacement du train. Une fois le train en mouvement, le voyageur ne verra rien
de particulier, rien ne changera au tic-tac de l’horloge. Si jamais il apercevait une di érence, il pourrait en déduire que le train est en mouvement ce qui est interdit par le
principe de relativité. Donc le temps se passera pour le voyageur comme si de rien n’était.

ff
v×t v×t
2D
t′ = M M
c
2D 1
t= ×
c 1− v2
D
c2

x' x'

L L

En revanche, pour le chef de gare ce sera très di érent. Alors que le train passe devant lui (à vitesse uniforme et dans un mouvement rectiligne) il verra la lumière faire un
zigzag.
Si t est temps que met le rayon lumineux pour aller de la lampe au miroir, le train aura avancé d’une distance v x t ou v est la vitesse du train. Un simple calcul de
géométrie nous permet de calculer la longueur de la trajectoire de la lumière et de là le temps mis pour parcourir ce trajet. D’où la relation. Le temps que met met la
lumière pour faire un aller-retour entre la lampe et le miroir parait donc plus long pour le chef de gare que pour le voyageur.

Ainsi pour le chef de gare sur son quai, tout ce qui se passe dans le train en mouvement, semble se passer plus lentement que la normale alors que pour le voyageur
tout se passe à vitesse normale. Pour le chef de gare, non seulement les longueurs dans le train sont raccourcis, mais les montres dans le train se mettent à ralentir. Et
on voit immédiatement que le tic tac de l’horloge sera d’autant plus lent que la vitesse du train est plus élevée.

ff
Un observateur fixe voit l’horloge
en mouvement au ralenti

Nous avons démontré la dilatation du temps avec une horloge bien particulière. Mais est-ce que nous observons la même chose avec n’importe quel système marquant
le temps, une montre ordinaire par exemple. Synchronisons son tic tac avec le tic tac de l’horloge à lumière. Pour cela nous avons imaginé un mécanisme ingénieux qui
nous annonce lorsque les tics et tacs de l’horloge et de la montre arrivent simultanément. Embarquons horloge et montre ainsi synchronisé dans le train. Pour le
voyageur, horloge et montre resteront synchronisées lorsque le train est en mouvement (uniforme et rectiligne). S’il se trouvait que la montre et l’horloge tiquent
di éremment, alors le voyageur aurait la possibilité de dire qu’il est en mouvement ce qui est impossible d’après le principe de relativité! De même le chef de gare ne
verra aucune di érence de tic-tac entre horloge et montre. Ainsi quelque soit le mécanisme de l’instrument qui bat la seconde, son tic tac sera toujours ralenti et de la
même façon pour le chef de gare qui regarde passer le train.
ff
ff
1.00000000016
2D
t′ =
c
1.00000000012
2D 1
t= ×
c 1− v2
c2 1.00000000008

1.00000000003

1.00000000000

2 × 10−6 8 × 10−6 14 × 10−6 20 × 10−6


v/c
x

C’est la dilatation du temps dû au mouvement du train vu par le chef de gare. D’où l’adage relativiste : pour rester jeune, vivons vite … mais s’installer, même à demeure,
dans un TGV ne sera pas très e cace ! En e et pour, qu’après 1 an dans le TGV, le temps mesuré par le chef de gare soit le double du temps mesuré par le voyageur, il
faudrait que le TGV roule à 87% de la vitesse de la lumière, soit 260.000 km/s
Pour un satellite GPS en orbite autour de la Terre à une vitesse de 14000 km/h (3,8 km/s , soit 0.00001c), ce qui se traduit par un retard des horloges embarqu es de 7,2
μs par jour par rapport aux horloges terrestres.
En r alit , il y a aussi un e et de relativit g n rale (in uence du champ de gravitation terrestre) qui ajoute une avance de 45,7 μs par jour.



ff
ffi


ff

fl

Pourquoi les muons arrivent-ils
sur Terre ?

La dilatation du temps peut-être démontrée (les TGV circulent dé nitivement à des vitesses ridiculement trop petites pour observer un e et, facteur de
Lorentz=1,00000000000004) par son e et sur les muons. Le muon est une particule élémentaire de très courte durée de vie (voir mon cours de l’année dernière) c’est-à-
dire qu’il se désintègre après seulement, en moyenne, 2,2 microsecondes. Ainsi un muon qui se déplacerait à la vitesse de la lumière ne pourrait parcourir qu’environ 600
m. Les muons du rayonnement cosmique observés sur Terre sont produits à quelques 10 km au dessus de notre tête dans la haute atmosphère (pied de gerbe 30km).
Alors comment se fait-il qu’on puisse les observer dans nos laboratoires ?
La réponse est la dilatation du temps. Pour des muons se déplaçant à des vitesses proches de c, de leur point de vue leur durée de vie est toujours de 2,2
microsecondes. En revanche, pour nous, observateurs terrestres, nous les voyons arriver à très grande vitesse et avec une durée de vie étirée su samment pour qu’ils
atteignent nos instruments de mesure. Pour un muon lant à 99,5% de la vitesse de la lumière, le facteur de Lorentz est égal à 10 et donc leur vie moyenne allongée
d’autant, selon le point de vue de l’observateur terrestre, et les muons peuvent ainsi parcourir en moyenne près de 6 km.
ff
fi
fi
ff
ffi
1905

Simultanéité

A. Einstein, Zur Elektrodynamik bewegter Körper, Annalen der Physik, vol. 322, 10, 1905

Einstein se pose ensuite la question que veut dire que deux événements sont simultanés, (le fameux « en même temps »). « si nous disons « qu'un train arrive ici à 7
heures », cela signi e « que la petite aiguille de ma montre qui pointe exactement le 7 et que l'arrivée du train sont des événements simultanés » : les deux événements
ont lieu au même endroit. Mais quelle est la relation entre événements qui se passent à des endroits distants.
fi
S S M

Ainsi le voyageur qui attend son train en gare de Strasbourg peut assigner un temps à l’événement local, le train entre en gare de Strasbourg, en observant l’horloge de la
gare de Strasbourg. On appelle ce temps le temps propre, propre au voyageur de Strasbourg (le temps donné par la montre qu’il porte au poignet synchronisé avec le
temps donné par l’horloge de la gare).
Une voyageuse qui attend son train en gare de Mulhouse peut également assigner un temps à l’événement local, le train entre en gare de Mulhouse, en observant le
temps à l’horloge à la gare de Mulhouse, horloge identique en tout point à celle de la gare de Strasbourg.
Mais sans conventions préalables, il est impossible de comparer chronologiquement les deux événements : lequel des deux trains entre en gare avant l’autre ?
Pour répondre à la question, il faut avoir synchronisé les deux horloges, c’est-à-dire dé nir un temps commun à Strasbourg et à Mulhouse. Ce temps commun peut être
dé ni, si nous posons que le « temps » requis par la lumière pour aller de Strasbourg à Mulhouse est équivalent au « temps » que met la lumière pour aller de Mulhouse à
Strasbourg.
fi
fi
tM − tS = t′S − tM

t′S − tS
tM =
2
S M

D’où la méthode pour synchroniser la montre du voyageur de Strasbourg avec celle de la voyageuse de Mulhouse (et réciproquement). S envoie un signal lumineux à M
au temps tS indiqué sur sa montre, et M le lui renvoie instantanément (miroir) avec le temps tM auquel M a reçu le signal et qu’elle lit sur sa montre. S reçoit le signal de
retour de M au temps t’S, qu’il lit sur sa montre. Il calcule alors (t’S-tS) / 2 et compare ce calcul au tM reçu de M. Selon la dé nition de la simultanéité (qui résulte de
l’invariance de la vitesse de la lumière), s’il y a égalité les deux montres de M et S sont synchronisées, sinon l’une retarde ou avance par rapport à l’autre et il su t de
procéder au ajustement nécessaire.


fi
ffi
tM − tS = t′S − tM

2dSM
=c
t′S − tS
S M

« Donc, à l'aide de certaines expériences physiques (de pensée), nous avons établi ce que nous entendons lorsque nous parlons d'horloges au repos à di érents
endroits, et synchronisées les unes avec les autres ; et nous avons par conséquent établi une dé nition de la « simultanéité » et du « temps ». Le « temps » d'un
évènement est l'indication simultanée d'une horloge au repos située à l'endroit de l'événement, qui est synchronisée avec une certaine horloge au repos dans tous les
cas de détermination du temps. »

Einstein pose alors son hypothèse essentielle au principe de relativité : la rapport entre 2 fois la distance de Strasbourg à Mulhouse et le temps mis pour le rayon
lumineux pour faire une aller-retour entre Strasbourg et Mulhouse est une constante universelle (dont la valeur est, entre autre, la valeur de la vitesse à laquelle se déplace
la lumière dans le vide).


fi
ff
t′A = t′B

A B

On peut voir immédiatement que la perception de la simultanéité ainsi dé nie va ne plus être la même si un des observateurs est en mouvement. Observons ce qui se
passe.
Commençons par embarquer 2 voyageurs dans le train chacun muni de sa propre montre et installons-les à chacun à une extrémité du wagon. Il faut d’abord
synchroniser leur montre respective, selon la méthode dé nie précédemment. Simpli ons un peu, en positionnant la source de lumière très précisément à mi-chemin
entre les deux voyageurs.


fi
fi
fi
t′A = t′B

TIC TIC

A B

Lorsque la lumière est émise dans les deux directions opposées, le voyageur A verra la lumière arriver au temps t’A et la voyageuse B au temps t’B. Il su t aux deux
voyageurs de s’entendre pour synchroniser leur montre décidant que t’A = t’B.
Lorsque le train est en mouvement, les deux montres des passagers resteront synchronisées car si elles se désynchronisaient, les voyageurs pourraient en conclure
qu’ils sont en mouvement ce qui est interdit par le principe de relativité.
Mais que peut dire le chef de gare resté immobile sur son quai ?


ffi
tA < tB

TIC TIC

A A B B

Du fait du mouvement du train, après l’émission du ash lumineux le chef de gare verra s’allonger le trajet que doit parcourir la lumière pour arriver à la voyageuse B. En
revanche, il verra se raccourcir le trajet que la lumière doit parcourir pour arriver au voyageur A.
Le chef de gare verra donc le voyageur A faire son tic avant la voyageuse B, les deux tics ne sont pas simultanés pour le chef de gare alors qu’ils le sont pour les
voyageurs.
fl
La simultanéité dépend du
mouvement

La simultanéité dépend donc du mouvement. La conséquence en est qu’il n’existe pas de présent universel où le présent est dé nit pour un observateur donné comme
l’ensemble des événements simultanés, c’est-à-dire l’ensemble des événements qui se passent en même temps que le temps donné par l’observateur. Le présent du
chef de gare n’est pas le présent du voyageur !

fi
1905

La relativité restreinte

A. Einstein, Zur Elektrodynamik bewegter Körper, Annalen der Physik, vol. 322, 10, 1905

Dans son article Einstein :


1905
La relativité restreinte

- Le principe de relativité est universel

A. Einstein, Zur Elektrodynamik bewegter Körper, Annalen der Physik, vol. 322, 10, 1905

Dans son article Einstein :


S’appuyant sur les deux postulats, le principe de relativité d’abord qui stipule que le repos absolu n’existe pas et que les équations de la mécanique et les équations de
l’électromagnétisme suivent les mêmes règles pour ce qui concerne le mouvement
1905
La relativité restreinte

- Le principe de relativité est universel


- La vitesse de la lumière est invariante

A. Einstein, Zur Elektrodynamik bewegter Körper, Annalen der Physik, vol. 322, 10, 1905

et ensuite l’invariance de la vitesse de la lumière dans le vide indépendamment du mouvement de la source de lumière;

s’aidant d’expériences de pensée apparemment naïves; Einstein explique les transformations de Lorentz, la contraction des longueurs et la dilatation du temps, redé nit
la règle de composition des vitesses, valide les équations de Maxwell que les observations se fassent au repos ou en mouvement

fi
1905
La relativité restreinte

- Le principe de relativité est universel


- La vitesse de la lumière est invariante
- Elimine l’éther, abolit espace-temps absolu

A. Einstein, Zur Elektrodynamik bewegter Körper, Annalen der Physik, vol. 322, 10, 1905

et nalement débarrasse la physique de l’éther puisqu’il n’y a plus besoin d’un espace absolument au repos.

Pourquoi l’éther est super u ? Le principe de relativité stipule que les lois de la nature rapportées à un système de coordonnées K' en mouvement uniforme par rapport à
l'éther sont identiques aux lois correspondantes rapportées à un système de coordonnées K au repos par rapport à l'éther. Mais, s'il en est ainsi, il n'y a pas plus de
raisons de considérer que l'éther est au repos relativement à K que relativement à K'. En conséquence, privilégier l'un des deux systèmes de coordonnées, K ou K', en
supposant que l'éther est au repos relativement à lui, n'a absolument rien de naturel. D'où il résulte que l'on peut aboutir à une théorie satisfaisante que si l'on renonce à
l'hypothèse d'éther.

Ainsi l’existence d’un espace absolu et d’un temps absolu par rapport auxquels les événements sont localisés dans la mécanique de Newton est bannie pour laisser un
temps relatif qui dépend de l’endroit où on le mesure et du mouvement de l’observateur par rapport au système observé.

Si historiquement Einstein a conçu la théorie de la relativité restreinte en s’appuyant sur la lumière et l’électromagnétisme, il est tout à fait possible de reconstruire cette
même théorie sans faire référence à la lumière et à l’électromagnétisme. Il su t de postuler 4 hypothèses :
1. L’espace est homogène
2. L’espace est isotrope
3. Le temps est uniforme
4. La causalité (la cause précède l’e et) ne change pas quand on on change de référentiel galiléen
Avec ces 4 hypothèses on reconstruit la relativité restreinte et l’on montre l’existence d’une quantité qui a les dimensions d’un vitesse qui a toujours la même valeur dans
tous les référentiels et qui est la vitesse maximum indépassable que peut atteindre une particule matérielle. L’expérience montre que la valeur de cette constante
universelle est égale à la vitesse de la lumière et cette constante universelle on pourra l’appeler « constante de structure de l’espace-temps ».
fi
fl
ff
ffi
1905

Composition des vitesses


v+w
U=
1 + vw2
c

A. Einstein, Zur Elektrodynamik bewegter Körper, Annalen der Physik, vol. 322, 10, 1905

Si w = c, alors U = c
1964

v = 0.99975 × c
π0 π0

Test of the second postulate of special relativity in the GeV region, Phys. Lett. 12, 3 (1964)

La vitesse de la lumière est-elle vraiment invariante, c’est-à-dire est-elle indépendante du mouvement de la source émettrice ? La véri cation expérimentale a été réalisée
en 1964 par une équipe du CERN.
Les mesures, e ectu es au Synchrotron Protons (PS) du CERN, consistent mesurer la vitesse de rayons γ provenant de la d sint gration de pions neutres π0,
produites à une vitesse v = 0,99975 c. Le résultat des mesures donnent une valeur de 299,770 +/- 0.0004 km/s, soit un écart de 1 pour 100,000 avec la valeur adoptée
pour la vitesse de la lumière.
ff





fi
1905

Composition des vitesses


c+c
U= c×c =c
1+
c2

A. Einstein, Zur Elektrodynamik bewegter Körper, Annalen der Physik, vol. 322, 10, 1905

Si w = c, alors U = c
1
E× = E′
v2
1−
c2

A. Einstein, Zur Elektrodynamik bewegter Körper, Annalen der Physik, vol. 322, 10, 1905

E = Energie du rayonnement contenue dans la sphère dans le référentiel où le système est au repos (lorsqu’on chevauche le pion); E’ l’énergie contre dans l’ellipsoïde vue
par un observateur au repos par rapport au pion (on regarde passer le pion). Calcul en appliquant les transformations de Lorentz.


1905

La mécanique classique
dv
F = mI × a = mI ×
dt

Reste un dernier problème à régler : Quelle forme doivent prendre les équations de la mécanique pour ne pas changer lorsqu’on leur applique les transformations de
Lorentz ? Nous avons vu que les longueurs changent, le temps change mais la masse, ou plus précisément l’inertie, comment change-t-elle ?
Pour que la troisième loi de la mécanique de Newton (action réaction, conservation de la quantité de mouvement) reste vraie, il faut dans la deuxième loi (F=mγ = mdv/dt
= d(mv)/dt) modi er la dé nition de la quantité de mouvement mv où m0 est la masse de la particule au repos.

Que devient la deuxième loi de newton ? Si on applique une force toujours plus intense (si j’enfonce progressivement la pédale d’accélérateur de ma voiture), le corps (la
voiture) va gagner de la vitesse jusqu’à dépasser la vitesse de la lumière. Ceci étant impossible en mécanique relativiste, c’est au contraire la quantité de mouvement qui
va augmenter car la masse augmente et non la vitesse. La masse, et donc la quantité de mouvement, va continuer à augmenter alors que le corps ne subira quasiment
plus d’accélération dans le sens d’un changement de la vitesse. Ce qui peut se dire autrement encore : puisque la vitesse changeant peu, c’est l’inertie du corps qui
augmente, plus on accélère plus l’inertie du corps empêche l’accélération et l’on nit par accélérer à vitesse quasi constante!. Ce qui explique qu’on ne peut accélérer
aucun objet massif à la vitesse de la lumière.
fi
fi
fi
1905

La mécanique classique
d(mI × v)
F = mI × a =
dt

Un signe avant-coureur : il y aurait également un problème avec la deuxième loi de Newton.


En 1901, le physicien allemand Walter Kaufmann mesure que le rapport charge électrique sur masse (e/m) de l’électron dépend de la vitesse de l’électron ! La masse
(électromagnétique ?) de l’électron dépendrait-elle de la vitesse de l’électron ? Ce qui n’est pas expliqué par la mécanique classique.
1905

La mécanique relativiste
m0
mI × v = ×v
v2
1− 2
c

Ce qui peut se dire autrement encore : puisque la vitesse changeant peu, c’est l’inertie du corps qui augmente, plus on accélère plus l’inertie du corps empêche
l’accélération et l’on nit par accélérer à vitesse quasi constante!. Ce qui explique qu’on ne peut accélérer aucun objet massif à la vitesse de la lumière.
fi
10mo

1
m0 ×
v2
5mo 1−
c2

mo
0.1 0.3 0.5 0.7 0.9 v/c
E = 200 GeV v = 0,999988996 x c

E = 6500 GeV v = 0,999999986 x c

Exemple : un proton accéléré au RHIC possède une Energie de 200 GeV, sa vitesse est de 99.9989% de la vitesse de la lumière. Le même proton accéléré au LHC
possède une énergie de 6.5 TeV soit une augmentation d’un facteur 32 et sa vitesse est de 99.9999986% de la vitesse de la lumière soit une augmentation d’un facteur
1.00001 (1 pour 100.000)
E = 200 GeV v = 0,999988996 x c
E = 6500 GeV v = 0,999999986 x c

2500mo

1500mo

500mo

0.99999 0.999994 0.999998 v/c


E = 200 GeV v = 299.788.561 m/s

E = 6500 GeV v = 299.792.454 m/s


Pourquoi E = Mc2 ?

Voilà vous en savez maintenant (presque assez) pour répondre à la question ….


Peut-on accélérer à vitesse
constante ?

• v = 0 : inertie d’un corps est égale à sa masse I0 = m0 = E0/c2.


• v > 0 : inertie = (énergie du corps au repos + énergie cinétique)/c2 = (E0 + T)/c2 = m0 + 1/2 m0v2/c2 = m0(1 + 1/2v2/c2) = m0x1/√1-v2/c2
Donc l’inertie du corps augmente avec la vitesse, plus on veut accélérer un corps, plus il devient di cile de l’accélérer. En revanche l’énergie E = Ic2 = γm0c2
ne cesse d’augmenter.

Calcul de la vitesse : √1-v2/c2 = Ε/m0c2 —> v/c = √1 - (m0c2/E)2

Ex E=200 GeV —> v/c = 0,999988996


E=6500 GeV —> v/c = 0,999999986
ffi

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