Scène Un
Narrateur : Mesdames et messieurs, nous allons maintenant jouer
une pièce sur la Révolution française, l’un des événements les plus
importants et influents de l’histoire du monde. La première scène se
déroule à Versailles, dans le palais du roi de France, Louis XVI. Le
roi est en réunion avec sa femme, la reine Marie-Antoinette, et deux
de ses ministres, Turgot et Necker. Nous sommes en 1789, et ils
discutent de la crise économique que traverse la France.
Necker : Votre Altesse, mon roi, les finances royales sont en très
mauvais état !
Turgot : Oui, mon roi, Monsieur Necker a raison. La dette nationale
ne cesse d’augmenter. Nous devons réduire les dépenses !
Necker : Turgot et moi sommes d’accord, mon roi : nous devons
taxer le trésor royal, votre Altesse. C’est le seul moyen de rétablir le
budget.
La Reine : C’est absurde !! Réduire les dépenses royales !! Taxer le
roi et la reine !! Absurde !!
Le Roi : Il est vrai que nos finances sont en très mauvais état. Mon
prédécesseur, Louis XIV, a gravement mal géré notre argent. Et nos
prêts aux Américains, pour les aider dans leur lutte contre
l’Angleterre, n’ont pas arrangé les choses.
Turgot : Très juste, votre Altesse ! Nous devons taxer le trésor royal
et réduire les dépenses royales !
La Reine : Comment osez-vous ! Nous sommes le roi et la reine de
France ! Nous régnons au nom de Dieu, et de son fils unique, Jésus-
Christ ! Comment osez-vous nous dire comment dépenser les
richesses qui nous sont dues !
Necker : Ma reine, je vous prie de m’excuser ! Mais le peuple est
très en colère. Beaucoup disent maintenant que votre vie de luxe
est une gifle pour le peuple français !
La Reine : Scandaleux ! Vous oubliez qui vous êtes, monsieur ! De
tels propos sont une trahison !
Le Roi : Je n’en écouterai pas davantage ! Je suis le roi ! Le peuple
doit accepter ses fardeaux sans se plaindre ! C’est la volonté de
Dieu ! Assez parlé, dis-je !
Scène Deux
Narrateur : Le roi Louis XVI ignore les conseils de ses ministres. Le
peuple français, ne pouvant plus supporter sa souffrance, appelle à
une réunion du Parlement français, connu sous le nom des États
généraux, qui ne s’est pas réuni depuis 1614. Des dirigeants comme
Sieyès et Mirabeau prennent la parole avec passion. Leurs discours
sont inspirés par les idées des Lumières et par l’exemple récent et
réussi de la Révolution américaine.
De Mirabeau : Messieurs, le peuple français ne peut plus souffrir
sous le poids des dettes et des impôts injustes ! Et pourquoi le
peuple souffrirait-il, alors que la noblesse continue à profiter de ses
privilèges ?
Sieyès : Oui, bravo, de Mirabeau ! Et le gouvernement continue
d’interférer dans nos affaires ! N’oublions pas les paroles de notre
grand philosophe, Rousseau : « L’homme est né libre, et partout il
est dans les chaînes ! »
De Mirabeau : Oui, n’oublions pas le grand exploit de nos frères en
Amérique, qui ont résisté à la tyrannie et chassé le roi George !
Sieyès : En effet ! Où en seraient-ils sans notre soutien ? Si nous
avons aidé les Américains à gagner leur liberté, nous pouvons aussi
nous libérer De
Mirabeau : nous devons former une Assemblée nationale, où la voix
du peuple pourra être entendue !
Sieyès : Oui, et nous devons écrire une Constitution !
Le Peuple : Oui !!! Une Assemblée nationale !! Une Constitution !!
Scène Trois
Narrateur : Une Assemblée nationale est formée et publie bientôt un
document célèbre appelé la Déclaration des Droits de l’Homme. En
réponse, le roi envoie des soldats fidèles dans la ville de Paris. Le
peuple, en colère, prend d’assaut une forteresse appelée la Bastille
(chaque année, les Français célèbrent la prise de la Bastille comme
le premier acte de la Révolution française). Des milliers de
personnes marchent en protestation vers le palais de Versailles. La
Révolution française a commencé.
Le Peuple : Liberté !! Égalité !! Fraternité !! Liberté !! Égalité !!
Fraternité !!
Scene quatre
Narrateur :
En 1791, une nouvelle Constitution est rédigée, faisant de la France
une monarchie limitée.
Le roi et ses partisans royalistes sont indignés par cette limitation
de son pouvoir.
Ils commencent à comploter pour rétablir les pleins pouvoirs du roi.
La Constitution crée aussi une nouvelle assemblée législative, mais
seuls les hommes propriétaires peuvent voter.
Cela provoque la colère des leaders radicaux, appelés les Jacobins,
qui veulent des droits démocratiques pour tous.
À Paris, les Jacobins se réunissent pour discuter de l’avenir de la
France.
Parmi eux : Robespierre, Danton, Saint-Just et Marat.
Robespierre :
Citoyens ! Le roi et la reine complotent contre notre révolution !
Nous devons rester vigilants !
Saint-Just :
Robespierre a raison ! Des rumeurs disent qu’Antoinette
communique avec le roi de Prusse et l’empereur du Saint-Empire
pour leur demander d’envahir la France et d’écraser notre révolution
!
Danton :
Ce sont des temps dangereux ! Que fait notre Assemblée nationale
pour protéger la révolution ?
Marat :
Bonne question, Danton ! L’Assemblée est pleine de bourgeois et de
nobles chiens ! Ils ne se soucient pas du tout du peuple !
Saint-Just :
Marat a raison ! Ils ont refusé le droit de vote à tous les non-
propriétaires !
Marat :
Honteux !
Narrateur :
Soudain, un messager entre en courant avec une nouvelle urgente !
Messager :
Citoyens ! Le roi et sa famille ont été arrêtés alors qu’ils tentaient
de fuir la France pour rejoindre nos ennemis !
Et plus encore ,le roi Léopold et le roi Frédéric-Guillaume menacent
d’envahir la France pour rétablir la monarchie absolue !
Robespierre :
C’est la contre-révolution !!
Danton :
Nos ennemis sont prêts à nous attaquer !
Marat :
L’Assemblée nationale ne protégera pas la révolution ! Nous devons
l’abolir !
Saint-Just :
Nous devons créer une Convention nationale ! Un nouveau
gouvernement qui représente le peuple !
Robespierre :
Et nous devons écrire une nouvelle Constitution ! Une Constitution
qui garantit les droits du peuple !
Danton : Nous devons abolir la monarchie !!
Marat : Nous devons déclarer une république !!
Saint-Just : Oui ! Une république !!
Robespierre : Le roi ne peut pas être autorisé à organiser ses
partisans ! Il doit être mis à mort !
Danton : Nous devons déclarer la guerre contre nos ennemis
étrangers !!
Marat : Louis à la guillotine !!
Le peuple : Mort au roi !!! Vive la République !
Narrateur : Le roi et la reine de France sont conduits à la guillotine,
et sont décapités !
Scène Cinq
Narrateur : Nous sommes en 1792. Les Jacobins forment une
Convention nationale, mais le véritable pouvoir est détenu par un
groupe de 12 Jacobins au sein du Comité de salut public. Une
guerre civile éclate bientôt entre les républicains et les royalistes.
La nouvelle République française crée un nouveau calendrier et le
système métrique, abolit l’emprisonnement pour dettes, et supprime
l’esclavage dans les colonies françaises. Mais en même temps, le
Comité de salut public commence à ordonner la mort de milliers de
personnes qu’il considère comme ennemies de la République. Cette
période de soupçon et de meurtres de masse est connue sous le
nom de la Terreur. La Terreur s’intensifie après qu’une noble
assassine le dirigeant populaire, Marat. Bientôt, le chef du Comité,
Robespierre, tourne la violence contre les membres du Comité eux-
mêmes.
Robespierre : Saint-Just, mon ami, la façon dont Danton parlait était
scandaleuse ! Il souhaite clairement faire des compromis avec nos
ennemis !
Saint-Just : Oui, Robespierre. Il appelle à la fin de la Terreur ! Autant
nous demander de nous rendre à nos ennemis !
Robespierre : Il représente un grand danger pour la Révolution ! S’il
est autorisé à diviser le Comité, nos ennemis en profiteront
certainement !
Saint-Just : Il doit être arrêté !!
Robespierre : Il doit être mis à mort !!
Saint-Just : Nous n’avons pas le choix !
Robespierre : Oui, la justice et la vertu l’exigent !!
Narrateur : Danton est conduit à la guillotine, et décapité !
SCENE 6
Narrateur : En 1795, la France est en guerre contre les royaumes
d’Europe Bientôt, le peuple français se retourne
contre le Comité de salut public Robespierre est
arrêté et guillotiné !
Le lendemain, son ami Saint-Just est également exécuté
La Convention nationale rédige une nouvelle Constitution, encore
moins démocratique que celle de l’Assemblée nationale.
En réaction, un leader radical, Babeuf, tente d’organiser un
mouvement démocratique appelé la Conjuration des Égaux, mais lui
aussi est arrêté et exécuté ! De 1795 à 1799, le peuple français
souffre encore, car la guerre contre les nations royalistes d’Europe
continue. En 1799, les Français aspirent à un chef fort qui mettra fin
à leurs souffrances. Un général victorieux, nommé Napoléon
Bonaparte, s’empare du pouvoir et devient premier consul de la
République. En 1802, il est élu consul à vie, et en 1804, il devient
empereur des Français. Ses armées remportent victoire sur victoire,
jusqu’à ce que Napoléon contrôle la majeure partie de l’Europe.
Mais en 1812, Napoléon est confronté à un nouveau défi :
Napoléon : Mon peuple, prenons un instant pour réfléchir aux grands
bienfaits que nos victoires ont apportés à l’Europe. Nous avons aboli
les privilèges féodaux et supprimé le servage. Nous avons mis en
place un système fiscal plus équitable. Nous avons donné à chaque
homme le droit de vote. Nous avons garanti la liberté de religion.
Mais notre plus grande réussite, c’est peut-être le code de lois que
nous avons établi dans toute l’Europe. Je suis honoré que certains
appellent ces lois le Code Napoléon. Nous avons instauré l’égalité
devant la loi, garanti l’habeas corpus, le droit à un procès équitable,
et le droit d’être défendu par un avocat. De plus, selon notre code,
toute personne est présumée innocente jusqu’à preuve du contraire.
Mais, mes fidèles sujets, nos ennemis essaient toujours de détruire
les grandes conquêtes de la Révolution. Notre ancien allié, la
Russie, a maintenant déclaré la guerre contre nous. Mais avec votre
soutien, je mènerai nos armées en Russie, jusqu’à la victoire ! Il
nous faut mettre un terme, une bonne fois pour toutes, à ceux qui
veulent rétablir la tyrannie des rois ! Vive l’Empire français !
Narrateur : Napoléon mène ses armées à 800 kilomètres en Russie,
jusqu’à la ville de Moscou. Mais tout ce que son armée y trouve,
c’est une ville en flammes, incendiée par les Russes eux-mêmes
pour que ses richesses ne tombent pas entre les mains des
Français. Désormais, l’armée de Napoléon, à court de provisions,
doit battre en retraite sur des centaines de kilomètres à travers un
hiver russe glacial. Une grande partie de l’armée napoléonienne
meurt de froid, de faim et de maladie. À la suite de cette célèbre
défaite, les puissances européennes s’unissent contre Napoléon. En
1814, Napoléon est vaincu et capturé. En France, la monarchie est
restaurée et Louis XVIII devient le nouveau roi. Mais malgré ce
retour de la monarchie, la mémoire et l’exemple de la Révolution
française, et son cri de « liberté, égalité, fraternité », continuent de
vivre.