Économie mondiale : demande modérée et remèdes
Économie mondiale : demande modérée et remèdes
16 É tu d e s é c o n o m iq u e s et fi n an c i è re s
Demande modérée
symptômes et remèdes
16
Demande modérée symptômes et remèdes
OCT
FMI
World Economic Outlook, October 2016 (French) F O N D S M O N É T A I R E I N T E R N A T I O N A L
É tud es écono mi ques et fi na nc iè r e s
Perspectives
de l’économie mondiale
Octobre 2016
Demande modérée
symptômes et remèdes
F O N D S M O N É T A I R E I N T E R N A T I O N A L
©2016 Fonds monétaire international
Édition française
Services linguistiques du FMI, Section française
Traduction : Marc Servais
Correction : Monica Nepote-Cit et Van Tran
PAO : Fernando Sole
Cataloging-in-Publication Data
HC10.80
Les Perspectives de l’économie mondiale (PEM) sont une étude des services du FMI
publiée deux fois par an, au printemps et à l’automne. Rédigées par les services du FMI,
les PEM ont bénéficié des commentaires et suggestions des administrateurs à l’issue de la
séance du conseil d’administration consacrée à l’examen des PEM le 23 septembre 2016.
Les points de vue exprimés dans cette publication sont ceux des services du FMI, et
ne représentent pas nécessairement ceux du conseil d’administration ou des autorités
nationales qui y sont représentées.
Référence recommandée : Fonds monétaire international. 2016. Perspectives de l’écono-
mie mondiale : Demande modérée — symptômes et remèdes. Washington (octobre).
Hypothèses et conventions x
Informations et données supplémentaires xi
Préface xii
Avant-propos xiii
Résumé analytique xvii
Chapitre 1. Perspectives et politiques mondiales 1
Évolution récente et perspectives 1
Les prévisions 18
Risques 27
Priorités d’action 31
Encadré scénario 1. Scénarios sur les droits de douane 39
Encadré 1.1. Projections de la croissance mondiale à moyen terme 42
Dossier spécial : Marchés des produits de base — évolution et prévisions
principalement de la sécurité et des marchés alimentaires dans l’économie mondiale 50
Bibliographie 62
Chapitre 3. La désinflation mondiale sur fond de politique monétaire sous contrainte 123
Coût de la désinflation, d’une inflation constamment faible et de la déflation : notions élémentaires 126
Dynamique de l’inflation : caractéristiques et éléments moteurs récents 128
Les anticipations d’inflation sont-elles bien ancrées? 136
Résumé et conséquences sur le plan de l’action 144
Encadré 3.1. Sous-emploi des capacités industrielles et inflation mesurée par les prix à la production 146
Encadré 3.2. Déflation : l’expérience japonaise 149
Encadré 3.3. Quel rôle jouent vraiment les cours mondiaux dans la hausse des prix alimentaires? 152
Encadré 3.4. Les retombées des prix des produits de base sur la hausse des prix à la production 156
Encadré 3.5. Politique monétaire : approche transparente fondée sur la gestion des risques 158
Annexe 3.1. Échantillon et données 160
Annexe 3.2. Simulations de modèle 160
Annexe 3.3. Analyse des principales composantes 162
Annexe 3.4. Éléments moteurs de la récente baisse de l’inflation 163
Annexe 3.5. Les effets des chocs d’inflation sur les anticipations d’inflation 167
Bibliographie 170
Examen des perspectives par le conseil d’administration du FMI, octobre 2016 272
Tableaux
Tableau 1.1. Perspectives de l’économie mondiale : aperçu des projections 2
Tableau de l’annexe 1.1.1. Pays européens : PIB réel, prix à la consommation,
solde extérieur courant et chômage 44
Tableau de l’annexe 1.1.2. Pays d’Asie et Pacifique : PIB réel, prix à la consommation,
solde extérieur courant et chômage 45
Tableau de l’annexe 1.1.3. Pays de l’Hémisphère occidental :
PIB réel, prix à la consommation, solde extérieur courant et chômage 46
Tableau de l’annexe 1.1.4. Communauté des États indépendants :
PIB réel, prix à la consommation, solde extérieur courant et chômage 47
Tableau de l’annexe 1.1.5. Pays du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord, Afghanistan et Pakistan :
PIB réel, prix à la consommation, solde extérieur courant et chômage 48
Tableau de l’annexe 1.1.6. Afrique subsaharienne : PIB réel, prix à la consommation,
solde extérieur courant et chômage 49
Tableau [Link].1. Terres cultivées ou cultivables, par région, 2013 54
Tableau [Link].2. Exportations alimentaires 55
Tableau [Link].3. Rendements agricoles 55
Tableau [Link].4. Population urbaine par région 56
Tableau [Link].5. Exportateurs et importateurs alimentaires nets 57
Tableau [Link].6. Part des denrées alimentaires et des boissons dans la consommation totale, 2010 58
Tableau [Link].1.1. Effets de la gouvernance des terres et de la sécurité alimentaire sur
les transactions foncières 61
Tableau 2.1. Association observée dans le temps entre la croissance réelle des importations au niveau
des produits, les politiques commerciales et la participation aux chaînes de valeur mondiales 87
Tableau 2.1.1. Résultats des estimations de référence 94
Tableau 2.2.1. Les défis qui se posent au niveau des politiques commerciales diffèrent selon les pays 96
Tableau de l’annexe 2.1.1. Sources des données 100
Tableau de l’annexe 2.1.2. Échantillon de pays inclus dans les analyses 101
Tableau de l’annexe 2.3.1. Contenu en importations des composants de la demande globale 103
Tableau de l’annexe 2.3.2. Modèle empirique des importations réelles de biens et services 104
Tableau de l’annexe 2.3.3. Modèle empirique des importations réelles de biens 105
Tableau de l’annexe 2.3.4. Modèle empirique des importations réelles de services 106
Tableau de l’annexe 2.3.5. Résidus : croissance réelle des importations de biens 107
Tableau de l’annexe 2.3.6. Résidus : croissance réelle des importations de services 107
Tableau de l’annexe 2.3.7. Résidus : croissance réelle des importations de biens une fois neutralisé
les effets des incertitudes mondiales, de la situation financière mondiale et des difficultés financières 108
Tableau de l’annexe 2.3.8. Décomposition du ralentissement de la croissance
des importations réelles de biens : ensemble de l’échantillon 109
Tableau de l’annexe 2.3.9. Résidus : croissance des importations réelles de biens corrigée
de l’effet potentiel des politiques commerciales sur la demande globale 109
Tableau de l’annexe 2.3.10. Décomposition du ralentissement de la croissance
des importations réelles de biens en neutralisant l’effet des politiques commerciales 110
Tableau de l’annexe 2.5.1. Différentes spécifications des régressions
des importations réelles au niveau de produits 115
Tableau de l’annexe 2.5.2. Différentes spécifications des régressions
des importations nominales au niveau de produits 115
Tableau de l’annexe 2.6.1. Lien entre l’intégration des chaînes de valeur mondiales et la croissance
annuelle nominale des importations établi à partir du modèle de gravité estimé à partir des niveaux 117
Tableau de l’annexe 2.6.2. Lien entre l’intégration des chaînes de valeur mondiales et la croissance annuelle
nominale des importations établi à partir du modèle de gravité estimé au moyen des taux de croissance 118
Tableau 3.3.1. Répercussion des prix alimentaires FAB sur la hausse des prix à la consommation :
déterminants transfrontaliers 155
Tableau de l’annexe 3.1.1. Échantillon de pays avancés ou émergents 160
Tableau de l’annexe 3.1.2. Sources des données 160
Tableau A1. Production mondiale : récapitulation 232
Tableau A2. Pays avancés : PIB réel et demande intérieure totale 233
Tableau A3. Pays avancés : composantes du PIB réel 234
Tableau A4. Pays émergents et en développement : PIB réel 236
Tableau A5. Inflation : récapitulation 239
Tableau A6. Pays avancés : prix à la consommation 240
Tableau A7. Pays émergents et en développement : prix à la consommation 241
Tableau A8. Principaux pays avancés : solde budgétaire et dette des administrations publiques 244
Tableau A9. État récapitulatif du commerce mondial : volume et prix 245
Tableau A10. État récapitulatif des soldes des transactions courantes 247
Tableau A11. Pays avancés : soldes des transactions courantes 250
Tableau A12. Pays émergents et en développement : soldes des transactions courantes 251
Tableau A13. État récapitulatif des soldes du compte financier 254
Tableau A14. État récapitulatif de la capacité ou du besoin de financement 258
Tableau A15. Ensemble du monde — Scénario de référence à moyen terme : récapitulation 261
Graphiques
Graphique 1.1. Indicateurs de l’activité mondiale 4
Graphique 1.2. Inflation mondiale 6
Graphique 1.3. Marchés des produits de base et du pétrole 6
Graphique 1.4. Variations des taux de change effectifs réels, mars 2016–septembre 2016 7
Graphique 1.5. Flux de capitaux vers les pays émergents 8
Graphique 1.6. Pays avancés : marchés monétaires et financiers 9
Graphique 1.7. Pays avancés : crédit, prix immobiliers et bilans 9
Graphique 1.8. Pays émergents : taux d’intérêt 11
Graphique 1.9. Pays émergents : marchés d’actions et crédit 11
Graphique 1.10. Demande intérieure, écarts de production, chômage et taux d’activité dans les pays avancés 12
Graphique 1.11. Démographie 13
Graphique 1.12. Pays avancés : croissance, investissement et emploi dans les éditions récentes des PEM 15
Graphique 1.13. Pays émergents : gains et pertes résultant des variations des termes de l’échange,
et taux de change réels 17
Graphique 1.14. Taux de croissance réelle par habitant et convergence (1995–2020) 18
Graphique 1.15. Indicateurs budgétaires 19
Graphique 1.16. Secteur extérieur 25
Graphique 1.17. Pays créditeurs et pays débiteurs 26
Graphique 1.18. Écarts des soldes courants et taux de change réels 27
Graphique 1.19. Aléas influant sur les perspectives de l’économie mondiale 30
Graphique 1.20. Risques de récession et de déflation 31
Graphique scénario 1. Application unilatérale et bilatérale de droits de douane aux biens importés 39
Graphique scénario 2. Montée du protectionnisme à l’échelle mondiale 40
Graphique 1.1.1. Projections à moyen terme de la croissance mondiale 42
Graphique [Link].1. Évolution des marchés des produits de base 50
Graphique [Link].2. Aides à la production : estimations 53
Graphique [Link].3. Production et consommation alimentaires mondiales, par pays, 2015 54
Graphique [Link].4. Population et consommation alimentaire mondiale 54
Graphique [Link].5. Maïs : rendement 56
Graphique [Link].6. Prix alimentaires et événements violents 58
Graphique 4.9. Impact cumulé sur les prix à un an d’un choc de la production industrielle chinoise de 1 % 181
Graphique 4.10. Chine : Scénario de ralentissement 182
Graphique 4.11. Retombées de la situation en Chine 182
Graphique 4.12. Diffusion des retombées via les circuits financiers 183
Graphique 4.13. Chine : scénario de ralentissement cyclique 185
Graphique 4.14. Les migrants et réfugiés internationaux 187
Graphique 4.15. Les migrations par âge et par niveau de qualification 187
Graphique 4.16. Les facteurs des migrations 188
Graphique 4.17. Femmes : faible niveau d’instruction et emplois très qualifiés, 2000 189
Graphique 4.18. Situation sur le marché du travail 190
Graphique 4.19. Allemagne : valeur actuelle de la contribution budgétaire nette future attendue
par tranche d’âge 191
Graphique 4.20. Impact estimé des migrations dans les pays plus développés, 2010 192
Graphique 4.21. Migrations : effets positifs sur la croissance à plus long terme 193
Graphique 4.22. Contributions de l’émigration à la croissance démographique 194
Graphique 4.23. Migrations de la population diplômée de l’enseignement supérieur 195
Graphique 4.24. Envois de fonds et diasporas 196
Graphique 4.1.1. Les liens de la Chine avec les pays à faible revenu et en développement 198
Graphique 4.3.1. Les migrations en Afrique subsaharienne 200
Graphique 4.3.2. Âge et niveau d’instruction des migrants et de la population du pays d’origine 201
Graphique 4.3.3. Principaux bénéficiaires des envois de fonds en Afrique subsaharienne, 2013–15 201
HYPOTHÈSES ET CONVENTIONS
Les projections de la présente édition des Perspectives de l’économie mondiale (PEM) reposent sur un certain nombre
d’hypothèses. On suppose que les taux de change effectifs réels resteront constants aux niveaux moyens observés entre le
22 juillet et le 19 août 2016, et que les taux bilatéraux des monnaies faisant partie du mécanisme de change européen II
(MCE II) resteront constants en valeur nominale par rapport à l’euro; que les politiques économiques nationales ac-
tuelles seront maintenues (en ce qui concerne les hypothèses relatives aux politiques budgétaires et monétaires de certains
pays, voir l’encadré A1 de l’appendice statistique); que le cours moyen du baril de pétrole sera de 42,96 dollars le baril en
2016 et de 50,64 dollars le baril en 2017, et qu’il restera constant en valeur réelle à moyen terme; que le LIBOR (taux of-
fert à Londres sur les dépôts interbancaires à six mois en dollars) s’établira en moyenne à 1,0 % en 2016 et à 1,3 % en
2017; que le taux des dépôts interbancaires à trois mois en euros sera en moyenne de –0,3 % en 2016 et de –0,4 % en
2017; que le taux des certificats de dépôt à six mois au Japon se chiffrera en moyenne à 0,0 % en 2016 et de –0,1 % en
2017. Il s’agit évidemment d’hypothèses de travail plutôt que de prévisions, et l’incertitude qui les entoure s’ajoute aux
marges d’erreur inhérentes à toute projection. Les estimations et projections sont fondées sur les statistiques disponibles au
16 septembre 2016.
Les conventions suivantes sont utilisées dans la présente étude :
... indique que les données ne sont pas disponibles ou pas pertinentes;
– entre des années ou des mois (par exemple 2015–16 ou janvier–juin) indique la période couverte,
de la première à la dernière année ou du premier au dernier mois inclusivement;
/ entre deux années (par exemple 2015/16) indique un exercice budgétaire (financier).
Par «billion», il faut entendre mille milliards.
Sauf indication contraire, lorsqu’il est fait référence au dollar, il s’agit du dollar des États-Unis.
Par «points de base», on entend un centième de point (de pourcentage). Ainsi, 25 points de base équivalent à ¼ de
point (de pourcentage).
Les données portent sur les années civiles, sauf dans le cas de quelques pays qui utilisent les exercices budgétaires.
Veuillez consulter le tableau F de l’appendice statistique pour une liste des pays dont les périodes de déclaration pour les
comptes nationaux et les finances publiques sont différentes.
Pour certains pays, les données de 2015 et des années antérieures sont établies à partir d’estimations et non de chiffres
effectifs. Veuillez consulter le tableau G de l’appendice statistique, qui donne pour chaque pays les dernières données
réelles pour les indicateurs des comptes nationaux, des prix, des finances publiques et de la balance des paiements.
Les conventions suivantes s’appliquent aux graphiques et aux tableaux :
• Si aucune source n’est indiquée dans les tableaux et graphiques, les données sont tirées de la base de données des PEM.
• Lorsque les pays ne sont pas classés par ordre alphabétique, ils le sont sur la base de la taille de leur économie.
• Les chiffres ayant été arrondis, il se peut que les totaux ne correspondent pas exactement à la somme de leurs composantes.
Dans la présente étude, le terme «pays» ne se rapporte pas nécessairement à une entité territoriale constituant un
État au sens où l’entendent le droit et les usages internationaux. Son emploi désigne aussi un certain nombre d’entités
territoriales qui ne sont pas des États, mais dont les statistiques sont établies de manière distincte et indépendante.
Des données composites sont fournies par divers groupes de pays selon leurs caractéristiques économiques ou région.
Sauf indication contraire, les données composites pour les groupes de pays représentent des calculs basés sur 90 % ou
plus des données de groupe pondérées.
Les frontières, couleurs, dénominations et autres informations figurant sur les cartes n’impliquent, de la part du FMI,
aucun avis sur le statut juridique d’un territoire, ni aucun aval de ces frontières.
La présente édition des Perspectives de l’économie mondiale (PEM) peut être consultée en version intégrale sur le site
de la bibliothèque en ligne du FMI ([Link]) et le site du FMI, [Link]. On trouvera à la même
adresse un ensemble d’informations (extraites de la base de données) plus étoffé que celui contenu dans le rapport, sous
forme de fichiers renfermant les séries le plus souvent demandées par les lecteurs. Ces fichiers peuvent être téléchargés
et sont utilisables avec divers logiciels. La série des tableaux B1 à B26 de l’appendice statistique est également dispo-
nible en ligne, en anglais, à l’adresse suivante : [Link]
Les données figurant dans les Perspectives de l’économie mondiale sont établies par les services du FMI au moment
de la rédaction du rapport. Les données rétrospectives et les projections reposent sur les informations rassemblées
par les économistes chargés des pays dans le cadre de leurs missions dans les pays membres et de leur analyse perma-
nente de la situation dans chaque pays. Les données rétrospectives sont mises à jour continuellement à mesure que
les informations sont disponibles, et les interruptions structurelles sont souvent ajustées de manière à produire des
séries lisses à l’aide de techniques d’agrégation, entre autres. Les estimations des services du FMI demeurent des don-
nées supplétives pour les séries rétrospectives lorsque des informations complètes ne sont pas disponibles. En consé-
quence, les données des PEM peuvent différer de celles d’autres sources avec des données officielles, y compris les
International Financial Statistics du FMI.
Les données et les métadonnées des PEM sont fournies «telles quelles» et «telles que disponibles», et l’on s’efforce
d’assurer leur ponctualité, leur exactitude et leur exhaustivité, mais sans pouvoir le garantir. Lorsque des erreurs sont
découvertes, on cherche de manière concertée à les corriger si nécessaire et si possible. Les corrections et les révisions
effectuées après la publication sont incluses dans les éditions électroniques disponibles dans la bibliothèque en ligne
du FMI ([Link]) et sur le site Internet du FMI ([Link]). Tous les changements importants fi-
gurent en détail dans les tables des matières en ligne.
Pour des détails sur les modalités d’utilisation de la base de données des PEM, veuillez vous référer au site Internet
du FMI sur les droits d’auteur ([Link]./external/[Link]).
Les demandes de renseignements sur le contenu des Perspectives de l’économie mondiale et de la base de données y
afférentes doivent être adressées par courrier classique, par télécopie ou sur le forum en ligne (le service ne peut ré-
pondre aux demandes de renseignements par téléphone) à :
World Economic Studies Division
Research Department
International Monetary Fund
700 19th Street, N.W.
Washington, D.C. 20431 (U.S.A.)
Télécopie : (202) 623-6343
Forum en ligne : [Link]/weoforum
Les projections et l’analyse présentées dans les Perspectives de l’économie mondiale font partie intégrante de la surveil-
lance que le FMI exerce sur l’évolution et les politiques économiques des pays membres, les marchés financiers inter-
nationaux et le système économique mondial. Le rapport sur les perspectives et politiques économiques mondiales est
l’aboutissement d’une étude interdépartementale exhaustive, fondée pour l’essentiel sur les renseignements recueillis par
les services du FMI dans le cadre de leurs consultations avec les pays membres. Ces consultations sont menées en parti-
culier par les départements géographiques (le Département Afrique, le Département Asie et Pacifique, le Département
Europe, le Département Hémisphère occidental et le Département Moyen-Orient et Asie centrale) et divers départe-
ments de soutien : le Département de la stratégie, des politiques et de l’évaluation, le Département des marchés moné-
taires et de capitaux et le Département des finances publiques.
L’analyse que présente le rapport sur les perspectives de l’économie mondiale est coordonnée par le Département
des études sous la direction générale de Maurice Obstfeld, Conseiller économique et Directeur du Département
des études. Les travaux sont dirigés par Gian Maria Milesi-Ferretti, Directeur adjoint du Département des études;
Oya Celasun, Chef de division du Département des études; et Helge Berger, Chef de division du Département des
études et Responsable de l’équipe spéciale du FMI sur les effets de contagion.
Les principaux collaborateurs de la présente édition ont été Rabah Arezki, Aqib Aslam, Claudia Berg, Samya Beidas-
Strom, Patrick Blagrave, Christian Bogmans, Emine Boz, Luis Catão, Eugenio Cerutti, Sangyup Choi, Davide Furceri,
Bertrand Gruss, Zsóka Kóczán, Ksenia Koloskova, Toh Kuan, Weicheng Lian, Akito Matsumoto, Malhar Nabar,
Marcos Poplawski-Ribeiro, Sweta Saxena, Petia Topalova et Esteban Vesperoni.
Ont aussi contribué : Jaebin Ahn, Emre Alper, Michal Andrle, Elif Arbatli, Gavin Asdorian, Felicia Belostecinic,
Diego Cerdeiro, Kevin Clinton, Vanessa Diaz Montelongo, Romain Duval, Rupa Duttagupta, Angela Espiritu,
Rachel Yuting Fan, Emily Forrest, Mitko Grigorov, Refet Gürkaynak, Mahnaz Hemmati, Christian Henn, Benjamin
Hilgenstock, Niko Hobdari, Ava Yeabin Hong, Keiko Honjo, Benjamin Hunt, Gabi Ionescu, Zoltan Matyas Jakab,
Hao Jiang, Alimata Kini-Kaboré, Sinem Kılıç Çelik, Douglas Laxton, Andrei Levchenko, Olivia Ma, Trevor Charles
Meadows, Juan Angel Garcia Morales, Brent Neiman, Emory Oakes, Evgenia Pugacheva, Rachel Szymanski, Daniel
Te Kaat, Sheng Tibung, Nicholas Tong, Ali Uppal, Hou Wang, Niklas Westelius, Jilun Xing, Yuan Zeng, Fan Zhang et
Qiaoqiao Zhang.
Joseph Procopio (du Département de la communication) a dirigé l’équipe qui a corrigé le manuscrit anglais et as-
suré la production de la publication, avec le soutien de Michael Harrup et Christine Ebrahimzadeh, et le concours de
Linda Kean, Lucy Scott Morales, Lorraine Coffey, Gregg Forte, EEI Communications et AGS (une société du groupe
RR Donnelley) en matière de relecture.
Le présent rapport a bénéficié des commentaires et suggestions d’autres départements et des administrateurs, qui
l’ont examiné le 23 septembre 2016. Cependant, les projections et les évaluations sont celles des services du FMI et ne
doivent être attribuées ni aux administrateurs, ni aux autorités nationales qu’ils représentent.
L
orsque je suis arrivé au Fonds monétaire in- plus longtemps que prévu en octobre dernier. Mais si
ternational il y a environ un an, nous nous in- la persistance de taux plus bas pendant une plus longue
quiétions principalement des perspectives de période présente des avantages, elle s’explique aussi par
croissance de l’économie chinoise sur fond de des réalités économiques difficiles. Nos attentes en ce
son rééquilibrage, des difficultés des pays exportateurs qui concerne la croissance et la productivité mondiales
de produits de base, ainsi que du calendrier et de l’im- ont baissé étant donné les chiffres décevants qui ont été
pact du premier relèvement des taux d’intérêt par la observés récemment. Les tensions déflationnistes per-
Réserve fédérale depuis 2006. Aujourd’hui, une crois- sistent. Par ailleurs, l’incertitude entourant l’économie
sance stable a réduit les préoccupations à court terme en mondiale, comme en témoignent les indices basés
ce qui concerne la Chine, les prix des produits de base sur les actualités, est élevée. Les perspectives actuelles
se sont redressés en partie et le premier relèvement des restent moroses.
taux d’intérêt par la Réserve fédérale est derrière nous. Les tensions politiques ont maintenant fait des pays
Les marchés d’actifs mondiaux semblent calmes après avancés un foyer d’incertitude important. En particulier,
ces développements : les cours des actions dans les pays à cause du vote inattendu en faveur du Brexit le 23 juin,
avancés sont élevés, les indices de la volatilité basés sur il est malaisé de déterminer la forme future des relations
les marchés sont faibles et les capitaux reviennent dans commerciales et financières du Royaume-Uni avec les
les pays émergents. Dans notre prévision de référence, 27 autres pays membres de l’Union européenne (UE),
nous tablons sur une accélération de la croissance mon- créant ainsi des incertitudes politiques et économiques
diale dans les années à venir. Cette amélioration at- qui menacent de peser sur l’investissement et l’em-
tendue tient aux pays émergents et aux pays en déve- bauche dans toute l’Europe. En plus de l’anxiété écono-
loppement : tandis que la situation dans les pays en mique et d’autres facteurs, le vote du Brexit reflète un
difficulté se normalise progressivement, le taux de crois- ressentiment à l’égard des migrations internationales qui
sance de l’économie chinoise reste élevé, même s’il est en a alimenté les idées nationalistes en Europe et a remis en
baisse, et ailleurs la reprise prend de la vitesse. question la poursuite de l’intégration européenne. Ces
Cependant, un examen plus approfondi donne tendances sont aggravées par les difficultés rencontrées
des raisons de s’inquiéter. La stabilité de la croissance pour absorber un volume élevé de réfugiés qui ont fui
chinoise s’explique en grande partie par des mesures les événements tragiques du Moyen-Orient. De manière
de relance macroéconomiques qui ralentissent les ajus- générale, à cause des forces politiques centrifuges qui se
tements nécessaires dans l’économie réelle et le sec- manifestent sur l’ensemble du continent, il est plus diffi-
teur financier. Les pays exportateurs de produits de cile de faire avancer ou même de maintenir les réformes
base restent aux prises avec une surabondance d’inves- économiques. Des tensions similaires se font sentir sur
tissement dans les secteurs extractifs, ainsi qu’avec des la scène politique américaine, où la rhétorique anti-
problèmes liés à l’ajustement budgétaire et à la diver- immigration et anti-commerce occupe une place im-
sification de l’économie à plus long terme. En dépit portante depuis le début de la campagne pour l’élection
du renforcement continu du marché du travail aux présidentielle. Dans le monde entier, les mesures com-
États-Unis, la Réserve fédérale a jusqu’à présent estimé merciales protectionnistes sont en hausse.
qu’un deuxième relèvement des taux d’intérêt était trop
risqué, citant à plusieurs reprises des évolutions écono- Les Perspectives de l’économie mondiale
miques inquiétantes à l’étranger. Ce n’est pas une coïncidence si les chapitres de la pré-
La bonne tenue des prix des actifs et les entrées de sente édition des Perspectives de l’économie mondiale se
capitaux dans les pays émergents sont favorisées par le penchent sur plusieurs de ces questions. Après le ré-
niveau extrêmement bas des taux d’intérêt dans les pays sumé des perspectives de l’économie mondiale au cha-
avancés, qui semble maintenant devoir persister bien pitre 1, le chapitre 2 analyse les forces qui expliquent
le ralentissement récent de la croissance du volume du chapitre 4 note que tant les pays d’origine que les pays
commerce international. Un facteur important est le flé- d’accueil sont touchés. Le plus frappant peut-être est le
chissement de la croissance de la demande globale, en fait que les migrants peu spécialisés comme les migrants
particulier de l’investissement, qui est particulièrement très spécialisés ont des effets positifs sur la productivité à
apte à produire des flux commerciaux internationaux long terme dans les pays avancés d’accueil. Par ailleurs,
sous la forme de biens d’équipement et de biens intermé- ces effets relèvent le revenu par habitant de manière gé-
diaires. Mais le ralentissement des mesures de libéralisa- nérale quel que soit le niveau de revenu. Une diminu-
tion commerciale, le retour de mesures protectionnistes tion de l’immigration annulerait ces gains de revenus,
et le retrait des chaînes de valeur mondiales (qui est peut- tout en accentuant les effets négatifs du vieillissement de
être lié à la montée du protectionnisme) jouent un rôle la population active.
essentiel également. Le fléchissement du commerce s’ex-
plique peut-être en partie par l’arrivée à maturation na- Implications
turelle des tendances qui ont alimenté la croissance du Un thème commun de l’ensemble des chapitres de la
commerce par le passé, mais il semble probable aussi que présente édition des Perspectives de l’économie mondiale
des tensions plus inquiétantes soient à l’œuvre, et que ces est la nature encore faible et précaire de la reprise mon-
dernières pourraient à leur tour peser sur le dynamisme diale, ainsi que les risques auxquels elle est confrontée.
des affaires et la croissance de la productivité. En particulier dans un contexte caractérisé par une de-
Le chapitre 3 porte sur la persistance d’une inflation mande faible où les principaux taux d’intérêt directeurs
faible dans de nombreux pays et sa relation avec la baisse sont proches de leur borne inférieure, une croissance
des prix des produits de base, les écarts de production molle risque de s’autoentretenir tandis que l’investisse-
qui perdurent, les capacités excédentaires mondiales et ment diminue, que la croissance de la productivité flé-
peut-être le désancrage des anticipations inflationnistes. chit, que les marchés du travail perdent de leur dyna-
Il est noté que les mesures à moyen terme des anticipa- misme et que le capital humain s’érode. Par ailleurs, la
tions inflationnistes restent généralement assez proches baisse des taux de croissance, de même que la hausse des
des objectifs établis par les banques centrales jusqu’à pré- inégalités de revenus et les craintes concernant l’impact
sent, mais aussi que, pour les pays dont les taux d’in- des migrations, contribuent à des tensions politiques
térêt directeurs se situent à la borne inférieure, les an- qui bloquent des réformes économiques constructives et
ticipations de l’inflation à moyen terme sont devenues risquent de provoquer une volte-face dans l’intégration
plus sensibles à des taux d’inflation plus bas que prévu. commerciale. Ces tensions ne feront que s’accentuer
Le danger est que les anticipations s’écartent des objec- tandis que les pouvoirs publics auront de plus en plus de
tifs dans le sens de la baisse, ce qui ferait monter les taux mal à tenir leurs engagements sur le plan des prestations
d’intérêt réels et réduirait donc l’efficacité de la politique sociales face à la réduction des assiettes fiscales.
monétaire tout en traînant ces pays dans des pièges d’in- D’aucuns estiment que les taux actuels de croissance
flation basse ou de déflation. économique sont acceptables, car ils correspondent aux
Enfin, le chapitre 4 porte sur deux retombées écono- moyennes du passé, et semblent même plus favorables
miques importantes à l’échelle internationale, qui ont par habitant. Ce serait ignorer le volume encore considé-
influencé l’évolution récente sur le plan économique rable des capacités inemployées dans beaucoup de pays
et politique : les répercussions du ralentissement de la avancés et le grand nombre de pays émergents et de pays
croissance en Chine et les migrations. Les effets d’entraî- en développement en récession ou dont le revenu par
nement de l’économie chinoise ont augmenté de ma- habitant stagne. Certes, des facteurs exogènes, démogra-
nière prononcée depuis le milieu des années 90, prin- phiques par exemple, pèsent probablement même sur la
cipalement par la voie des relations commerciales et de croissance par habitant, tout comme le rééquilibrage né-
l’impact de l’évolution de la croissance chinoise sur les cessaire de l’économie chinoise. Mais des opportunités
prix mondiaux des produits de base. Étant donné le considérables d’augmentation de l’emploi et du revenu
rôle croissant de la Chine dans l’économie mondiale, il dans le monde entier sont perdues aujourd’hui à cause
est d’autant plus important qu’elle s’attaque à ses désé- de politiques à courte vue.
quilibres internes afin d’adopter sans heurt un modèle Que faire pour combler les écarts de production per-
de croissance plus durable et fondé sur la consomma- sistants, combattre la déflation et rehausser la produc-
tion et les services. En ce qui concerne les migrations, le tion potentielle?
Il est essentiel de mettre en place une stratégie glo- investissements dans l’éducation qui offrent aux popula-
bale sur trois fronts qui complète des politiques mo- tions des compétences adaptables, ainsi qu’une amélio-
nétaires sollicitées à l’excès avec des mesures de sou- ration des mécanismes de protection sociale et l’établis-
tien budgétaires (là où l’espace budgétaire le permet) et sement de régimes appropriés d’imposition des revenus,
des réformes structurelles. Même là où l’espace budgé- peuvent renforcer le partage des risques et la résilience
taire est limité, il est possible de modifier la composi- pour tous, et pas seulement pour ceux qui ont accès à
tion des dépenses et des recettes de manière à soutenir des marchés financiers sophistiqués.
la croissance à court terme et les capacités de produc- Il est crucial de défendre les possibilités de poursuite
tion futures. Cependant, l’une des causes de l’incerti- de l’intégration commerciale. Un contexte mondial hos-
tude économique est la crainte que chacun de ces trois tile au commerce ne permettra pas aux pays exportateurs
outils fait face à des contraintes économiques ou po- de produits de base ni aux pays à faible revenu en gé-
litiques, qui pourraient empêcher les dirigeants de ré- néral de développer de nouveaux modèles d’exportation
agir énergiquement à un nouveau ralentissement de et de réduire progressivement les écarts de revenu avec
l’économie mondiale. Cependant, il est possible de dé- les pays plus riches. En outre, il freinera globalement la
gager une marge de manœuvre si l’on se base sur des croissance de la productivité mondiale, la propagation
cadres d’action cohérents qui communiquent aux mar- des connaissances et des technologies, ainsi que l’inves-
chés comment les instruments seront utilisés pour at- tissement. Bref, une volte-face de l’intégration commer-
teindre les objectifs, en exploitant leurs synergies tout ciale ne peut qu’aggraver et prolonger les problèmes ac-
en préservant les objectifs d’inflation et la viabilité des tuels de l’économie mondiale.
finances publiques à moyen terme. Il s’agit ici de coor- La nécessité de coopérer à l’échelle internationale
dination intranationale. La coordination internationale s’étend à un ensemble bien plus large de problèmes liés
quant à elle peut créer une marge de manœuvre sup- à des biens publics internationaux, par exemple les réfu-
plémentaire, grâce aux retombées positives et syner- giés, le changement climatique, les maladies infectieuses,
giques des mesures de soutien de la demande qui sont la sécurité, la fiscalité des entreprises et la stabilité finan-
prises par les différents pays. Grâce à la coordination cière. Un monde de plus en plus interdépendant réali-
intranationale et internationale, le tout est plus grand sera davantage de croissance et sera plus stable si les pou-
que la somme de ses parties. voirs publics coopèrent dans les nombreux domaines où
Le cadre d’action doit inclure des mesures qui at- leurs intérêts se rejoignent.
ténuent les effets négatifs des changements écono-
miques sur la distribution du revenu, qu’il s’agisse de Maurice Obstfeld
technologie, de mondialisation ou d’autres forces. Les Conseiller économique
La croissance mondiale devrait tomber à 3,1 % en 2016 européenne (UE). Les retombées du Brexit sont in-
avant de remonter à 3,4 % en 2017. La prévision, certaines : la forme à long terme des relations entre
révisée à la baisse de 0,1 point pour 2016 et 2017 par le Royaume-Uni et l’UE et l’ampleur de la réduction
rapport à avril dernier, s’explique par une dégradation de leurs flux commerciaux et financiers mutuels ne se
des perspectives pour les pays avancés à la suite du vote clarifieront probablement qu’après plusieurs années.
du Royaume-Uni, en juin dernier, en faveur de la sortie L’incertitude est accrue par l’effet des résultats du réfé-
de l’Union européenne (Brexit) et par une croissance rendum sur les tendances politiques dans les autres pays
plus faible que prévu aux États-Unis. Ces développe- membres de l’UE, ainsi que sur les forces qui, à l’échelle
ments ont encore fait baisser les taux d’intérêt mondiaux, mondiale, poussent à adopter des politiques populistes
et il est maintenant prévu que la politique monétaire et de repli sur soi.
restera accommodante pendant une plus longue période. Parmi les réalignements importants, en particulier
Bien que la réaction ordonnée des marchés au choc du pour les pays émergents et les pays en développement, fi-
Brexit ait rassuré, les effets ultimes restent très flous, car gurent le rééquilibrage de l’économie chinoise et l’ajuste-
les arrangements institutionnels et commerciaux entre ment macroéconomique et structurel des pays exporta-
le Royaume-Uni et l’Union européenne ont un avenir teurs de produits de base à une détérioration à long terme
incertain. L’état d’esprit des marchés financiers vis-à-vis de leurs termes de l’échange. Les changements lents qui
des pays émergents s’est amélioré étant donné les anticipa- jouent un rôle important dans les perspectives des pays
tions d’une baisse des taux d’intérêt dans les pays avancés, avancés (ainsi que de certains pays émergents) sont l’évo-
une diminution de l’inquiétude quant aux perspectives lution de la situation démographique et du marché du
à court terme de la Chine après l’adoption de mesures travail, mais aussi un ralentissement prolongé et mal com-
de relance et un affermissement des prix des produits de pris de la productivité, qui freine la croissance du revenu
base. Cependant, les perspectives diffèrent sensiblement et contribue au mécontentement politique.
d’un pays et d’une région à l’autre : les pays émergents Le scénario de référence des Perspectives de l’économie
d’Asie en général et l’Inde en particulier affichent une mondiale (PEM) prévoit que la croissance mondiale
croissance vigoureuse, et l’Afrique subsaharienne connaît tombera à 3,1 % en 2016 avant de rebondir à 3,4 % l’an
un ralentissement prononcé. Dans les pays avancés, les prochain. La prévision pour 2016 s’explique par une ac-
perspectives moroses sont exposées à des incertitudes et
tivité plus faible que prévu aux États-Unis au premier se-
à des risques considérables et pourraient alimenter un
mestre de l’année, ainsi que par la matérialisation d’un
surcroît de mécontentement politique, avec une montée
risque important, à savoir le vote du Brexit. Bien que
en puissance des programmes anti-intégration. Plusieurs
les réactions des marchés financiers au résultat du réfé-
pays émergents et pays en développement continuent
rendum britannique aient été limitées, l’augmentation
d’avoir beaucoup de mal à s’ajuster à la baisse des prix
de l’incertitude économique, politique et institution-
des produits de base. Ces perspectives inquiétantes rendent
nelle ainsi que la réduction probable des flux commer-
plus urgente que jamais une riposte globale qui permet-
ciaux et financiers entre le Royaume-Uni et le reste de
trait d’accélérer la croissance et de gérer la vulnérabilité.
l’UE à moyen terme devraient avoir des conséquences
Les perspectives actuelles sont déterminées par une macroéconomiques négatives, surtout au Royaume-Uni.
confluence complexe de réalignements en cours, de En conséquence, la prévision de croissance dans les pays
tendances à long terme et de nouveaux chocs. Ces fac- avancés en 2016 a été révisée à la baisse, à 1,6 %.
teurs impliquent initialement une croissance générale- Dans les pays émergents et les pays en dévelop-
ment modérée, mais aussi une incertitude considérable pement, la croissance devrait s’affermir légèrement
en ce qui concerne l’avenir. Le principal développe- en 2016, à 4,2 %, après cinq années consécutives de ra-
ment inattendu au cours des derniers mois fut le vote lentissement, et ainsi représenter plus de trois quarts de
du Royaume-Uni en faveur de la sortie de l’Union la croissance mondiale prévue cette année. Cependant,
leurs perspectives sont inégales et généralement plus de référence de manière plus générale. En particulier,
sombres que par le passé. Si les conditions de finance- certains des risques recensés dans des éditions récentes
ment extérieur se sont assouplies du fait des anticipa- des PEM ont pris de l’importance au cours des derniers
tions d’une baisse des taux d’intérêt dans les pays avancés, mois. Le premier a trait aux désaccords politiques et aux
d’autres facteurs influent sur l’activité. Il s’agit d’un ralen- politiques de repli sur soi. Le vote du Brexit et la campagne
tissement de l’économie chinoise, dont les répercussions en cours aux États-Unis pour l’élection présidentielle
sont amplifiées par son recours moindre à des investisse- ont mis en évidence l’affaiblissement du consensus au-
ments à forte intensité d’importations et de ressources; tour des bienfaits de l’intégration économique internatio-
de la poursuite de l’ajustement des pays exportateurs de nale. Les craintes concernant l’impact de la concurrence
produits de base à la baisse de leurs recettes; des retom- étrangère sur les emplois et les salaires sur fond de faible
bées de la persistance d’une demande faible dans les pays croissance ont renforcé l’attrait de politiques protection-
avancés, ainsi que de conflits internes, de discordes po- nistes, ce qui pourrait avoir des ramifications pour les
litiques et de tensions géopolitiques dans plusieurs pays. flux commerciaux mondiaux et l’intégration de manière
Si la croissance dans les pays émergents d’Asie et en par- plus générale. Les préoccupations relatives à la distribu-
ticulier en Inde reste résiliente, les plus grandes écono- tion (de plus en plus) inégale du revenu augmentent :
mies d’Afrique subsaharienne (Afrique du Sud, Angola elles sont alimentées par la faible croissance du revenu,
et Nigéria) connaissent un ralentissement prononcé ou étant donné que la dynamique de la productivité reste
une récession du fait de l’interaction entre la baisse des décevante. L’incertitude entourant l’évolution de ces ten-
prix des produits de base et des conditions politiques et dances pourrait pousser les entreprises à remettre à plus
économiques difficiles sur le plan interne. Le Brésil et la tard leurs décisions d’investissement et d’embauche, ce
Russie demeurent confrontés à une situation macroéco- qui ralentirait l’activité à court terme, tandis que l’adop-
nomique difficile, mais leurs perspectives se sont amélio- tion de politiques de repli sur soi pourrait aussi attiser de
rées quelque peu par rapport à avril dernier. nouvelles discordes politiques internationales.
La reprise devrait s’accélérer en 2017 : les perspectives La stagnation dans les pays avancés constitue un
s’améliorent pour les pays émergents et les pays en déve- deuxième risque. Tandis que la croissance mondiale reste
loppement, et l’économie américaine reprend de la vigueur languissante, la perspective d’une insuffisance prolongée
grâce au relâchement du frein exercé par les stocks et d’une de la demande privée qui conduirait à une croissance en
reprise de l’investissement. Bien que les perspectives à plus permanence plus lente et à une inflation faible devient
long terme des pays avancés restent modérées, étant donné plus tangible que jamais, en particulier dans certains pays
les vents contraires démographiques et la faiblesse de la avancés où les bilans restent fragiles. Par ailleurs, une pé-
croissance de la productivité, un nouvel affermissement de riode prolongée d’inflation faible dans les pays avancés
la croissance est prévu dans les pays émergents et les pays risque de désancrer les anticipations inflationnistes, ce qui
en développement à moyen terme. Mais, comme noté provoquerait une hausse des taux d’intérêt réels attendus et
dans des éditions précédentes des PEM, cette prévision dé- une baisse des dépenses et, en fin de compte, conduirait à
pend de plusieurs hypothèses importantes : une croissance et une inflation encore plus faibles.
• Une normalisation progressive de la situation dans les D’autres risques recensés dans des éditions précédentes
pays qui sont aujourd’hui en difficulté, avec une accé- des PEM restent des facteurs importants qui pourraient
lération générale de la croissance dans les pays exporta- influer sur les perspectives. L’ajustement qui est en cours en
teurs de produits de base, quoique à des niveaux plus Chine et ses répercussions demeurent pertinents, alors même
modestes que par le passé. que l’état d’esprit à court terme envers la Chine semble
• Un ralentissement progressif et un rééquilibrage de s’améliorer après l’anxiété aiguë qui a été observée au début
l’économie chinoise, avec des taux de croissance à de l’année. La transition de l’investissement, de l’indus-
moyen terme qui, proches de 6 %, restent plus élevés trie et des exportations vers la consommation et les services
que la moyenne des pays émergents et des pays en pourrait être parfois plus difficile que prévu, ce qui aurait
développement. des implications importantes pour les pays exportateurs de
• Une croissance résiliente dans les autres pays émer- produits de base et de machines, ainsi que pour les pays
gents et pays en développement. exposés indirectement à la Chine par la voie de la conta-
Des facteurs économiques et non économiques me- gion financière. Ce risque est accru par les mesures à court
nacent ces hypothèses et compromettent les perspectives terme que la Chine applique aujourd’hui pour soutenir la
croissance, car la hausse persistante du ratio crédit/PIB et croissance décevants et combattre une impression dom-
le manque de progrès décisifs dans la lutte contre les pro- mageable selon laquelle l’action des pouvoirs publics ne
blèmes d’endettement et de gouvernance dans les entre- réussit pas à stimuler la croissance et que les bienfaits ne
prises publiques font planer le risque d’un ajustement dont reviennent qu’à ceux qui se trouvent à l’extrémité supé-
les effets seraient perturbateurs. De manière plus générale, rieure de la distribution du revenu.
même si les conditions financières dans les pays émergents Dans les pays avancés, les écarts de production restent
ont continué de s’améliorer au cours des derniers mois, négatifs, la pression des salaires est généralement mo-
des facteurs de vulnérabilité fondamentaux subsistent dans dérée, et le risque de persistance d’une inflation faible (ou
certains des grands pays émergents. La dette élevée des de déflation dans certains cas) a augmenté. La politique
entreprises, la baisse de la rentabilité et la fragilité des bi- monétaire doit donc rester accommodante, et recourir à
lans bancaires, conjuguées à la nécessité de reconstituer des mesures non conventionnelles si nécessaire. Mais une
une marge de manœuvre, en particulier dans les pays ex- politique monétaire accommodante à elle seule ne peut
portateurs de produits de base, laissent ces pays exposés à pas accroître suffisamment la demande, et le soutien de
des variations soudaines de la confiance des investisseurs. la politique budgétaire — en fonction de l’espace dis-
Une série d’autres facteurs non économiques continue d’in- ponible et axé sur des mesures qui protègent les groupes
fluer sur les perspectives de diverses régions : les effets pro- vulnérables et rehaussent les perspectives de croissance
longés d’une sécheresse en Afrique orientale et australe, les à moyen terme — reste donc essentiel pour donner une
guerres civiles et les conflits internes dans certaines parties impulsion et éviter une baisse durable des anticipations
du Moyen-Orient et de l’Afrique, le destin tragique des inflationnistes à moyen terme. Dans les pays qui sont
réfugiés dans les pays voisins et en Europe, de multiples confrontés à une hausse de la dette publique et des dé-
actes de terreur dans le monde entier et la propagation du penses au titre des prestations sociales, un engagement
virus Zika en Amérique latine et dans les Caraïbes, ainsi crédible à entreprendre un assainissement à moyen terme
que dans le Sud des États-Unis et le Sud-Est de l’Asie. Si peut créer un espace supplémentaire pour soutenir l’acti-
ces facteurs s’intensifiaient, ils pourraient, ensemble, peser vité à court terme. En outre, la politique budgétaire doit
largement sur l’état d’esprit des marchés, et ainsi nuire à la privilégier les dépenses qui soutiennent le plus vigou-
demande et à l’activité. reusement la demande et la croissance potentielle à long
Parmi les aléas positifs figurent une réévaluation or- terme. De manière plus générale, les politiques macro-
donnée sur les marchés financiers après le choc initial du économiques accommodantes doivent aller de pair avec
vote du Brexit, une amélioration soutenue du marché des réformes structurelles qui peuvent remédier à l’affai-
du travail américain et une récente hausse modeste des blissement de la croissance potentielle : il s’agit notam-
prix des produits de base, qui devrait atténuer en partie la ment d’accroître le taux d’activité, de mieux faire corres-
pression subie par les pays exportateurs de ces produits. pondre l’offre et la demande sur les marchés du travail,
Ces développements laissent entrevoir la possibilité d’une et de promouvoir l’investissement dans la recherche et le
expansion plus rapide que prévu, qui pourrait être en- développement ainsi que l’innovation. Comme noté au
core plus vigoureuse si les pays adoptaient des mesures de chapitre 3 des PEM d’avril 2016, des mesures de portée
portée large qui permettraient de rehausser la production large qui combinent un soutien de la demande et des ré-
effective et potentielle. formes axées sur les besoins structurels d’un pays, et qui
Si la prévision de référence pour l’économie mondiale sont ancrées par des cadres d’action cohérents et bien
fait état d’une accélération de la croissance sur le reste de communiqués, peuvent dynamiser à la fois l’activité à
l’horizon de prévision par rapport à son rythme modéré court terme et la production potentielle à moyen terme.
de l’année en cours, le risque de dégradation de ces pers- Dans les pays émergents et les pays en développement, les
pectives est élevé, comme le soulignent les taux de crois- grands objectifs communs sont de poursuivre la conver-
sance décevants qui ont été observés ces dernières an- gence vers des niveaux de revenu plus élevés en réduisant
nées. Dans ce contexte, les priorités diffèrent d’un pays les distorsions sur les marchés de produits, du travail et
à l’autre en fonction des objectifs spécifiques, à savoir des capitaux, et d’offrir de meilleures opportunités à la
accélérer la croissance, combattre les tensions déflation- population en investissant de manière rationnelle et effi-
nistes, ou renforcer la résilience. Cependant, il existe un cace dans l’éducation et la santé. Ces objectifs ne peuvent
thème commun : il est urgent d’agir en exploitant tous être atteints que dans un environnement où il n’y a ni
les leviers disponibles pour éviter de nouveaux taux de vulnérabilité financière, ni risque de volte-face. Les pays
qui ont des dettes non financières élevées et en hausse dans le monde entier, compte tenu des priorités propres à
ou des engagements extérieurs non couverts, ou qui sont chaque pays.
largement tributaires d’emprunts à court terme pour fi- Comme la croissance est faible et que l’espace est li-
nancer leurs investissements à plus long terme, doivent mité dans de nombreux pays, un effort multilatéral du-
adopter des pratiques plus solides de gestion des risques rable doit être déployé sur plusieurs fronts pour réduire
et limiter les asymétries de monnaie et de bilan. au minimum les risques qui pèsent sur la stabilité finan-
Pour les pays les plus durement touchés par la chute des cière et pérenniser une amélioration du niveau de vie à
prix des produits de base, il est urgent de procéder à un l’échelle mondiale. Cet effort doit être déployé simulta-
ajustement pour stabiliser la situation macroéconomique. nément sur plusieurs fronts. Les dirigeants doivent s’at-
Il s’agit de laisser pleinement le taux de change absorber les taquer aux réactions de rejet du commerce mondial en
pressions pour les pays qui n’appliquent pas un régime de recentrant le débat sur les avantages à long terme de l’in-
change de rattachement, de durcir la politique monétaire si tégration économique et en veillant à ce que des initia-
nécessaire pour s’attaquer à une envolée de l’inflation et de tives sociales bien ciblées aident ceux qui sont touchés
veiller à ce que l’assainissement budgétaire nécessaire nuise et facilitent, grâce au recyclage, leur absorption dans des
le moins possible à la croissance. secteurs qui se développent. Il est vital de mettre en place
Les pays en développement à faible revenu doivent re- des dispositifs efficaces de résolution bancaire, tant au ni-
constituer leurs amortisseurs budgétaires tout en main- veau national qu’au niveau international, et il convient
tenant les dépenses essentielles (biens d’équipement et de s’attaquer aux nouveaux risques liés aux intermédiaires
dépenses sociales), renforcer leur gestion de la dette et non bancaires. Il est plus important que jamais de dis-
mettre en œuvre des réformes structurelles, notamment poser d’un dispositif de sécurité mondial plus solide afin
dans l’éducation, qui favorisent la diversification de l’éco- de protéger les pays qui, en dépit de la solidité de leurs
nomie et un accroissement de la productivité. paramètres économiques fondamentaux, pourraient être
Si elles sont essentielles au niveau national, ces poli- vulnérables à des effets de contagion et d’entraînement
tiques pour tous les groupes de pays seraient encore plus internationaux, y compris des difficultés dont l’origine
efficaces si elles étaient adoptées de manière générale n’est pas économique.
Évolution récente et perspectives a été généralement résiliente en juillet, juste après le réfé-
Les forces qui déterminent les perspectives de l’éco- rendum, sauf au Royaume-Uni. L’état d’esprit des marchés
nomie mondiale, à la fois à court terme et à long terme, s’est amélioré envers les pays émergents et les pays en dé-
laissent entrevoir une croissance modérée pour 2016 et veloppement, en raison d’une diminution de l’inquiétude
une reprise progressive par la suite, ainsi que des risques quant aux perspectives à court terme de la Chine après que
de dégradation. Parmi ces forces figurent de nouveaux les pouvoirs publics ont décidé de soutenir la croissance,
chocs, tels que le Brexit (le référendum britannique du de nouvelles macroéconomiques légèrement favorables en
23 juin 2016 en faveur de la sortie de l’Union euro- provenance d’autres pays émergents au cours des derniers
péenne); des réalignements en cours, tels que le rééqui- mois, d’un certain redressement des cours des produits
librage de l’économie chinoise et l’ajustement des pays de base et des anticipations d’une baisse des taux d’intérêt
exportateurs de produits de base à une détérioration dans les pays avancés. Mais, puisque les données macro-
prolongée de leurs termes de l’échange; des tendances économiques post-Brexit sont très limitées jusqu’à présent,
qui évoluent lentement, telles que la situation démogra- l’incertitude subsiste en ce qui concerne l’impact du Brexit
phique et la croissance de la productivité; ainsi que des sur les résultats macroéconomiques, surtout en Europe.
facteurs non économiques, tels que l’incertitude géopo- La croissance mondiale devrait s’accélérer à compter
litique et politique. La reprise modérée explique aussi de 2017, presque entièrement grâce aux pays émergents
la faiblesse du commerce mondial (voir chapitre 2) et la et aux pays en développement. Cela s’explique principa-
persistance d’une inflation faible (voir chapitre 3). lement par deux facteurs : la normalisation progressive
Par rapport aux projections qui figuraient dans l’édi- de la situation macroéconomique dans plusieurs pays qui
tion d’avril 2016 des Perspectives de l’économie mondiale ont enregistré une profonde récession et la plus grande
(PEM), les changements principaux ont trait à la révision à importance des pays à croissance rapide dans ce groupe
la baisse de la croissance américaine (due principalement à dans l’économie mondiale (encadré 1.1).
une croissance plus lente que prévu au deuxième trimestre
de 2016), à une nouvelle confirmation que le Brésil et la L’économie mondiale au cours des derniers mois
Russie se rapprochent d’une sortie de la récession et au ré-
sultat du référendum au Royaume-Uni. Le Brexit est un L’activité mondiale reste languissante
événement en cours : les arrangements à long terme qui Sur la base des données préliminaires, la croissance
régiront les relations entre le Royaume-Uni et l’Union eu- mondiale est estimée à 2,9 % au premier semestre de
ropéenne seront entourés d’incertitude pendant une pé- 2016, soit un peu au-dessous de celle du second semestre
riode prolongée. Par ailleurs, le vote est non seulement un de 2015 et en deçà des projections des PEM d’avril 2016.
symptôme du consensus chancelant en ce qui concerne les La production industrielle mondiale est restée modérée,
avantages d’une intégration économique internationale sur mais a semblé se redresser ces derniers mois, et le volume
fond de croissance faible, mais pourrait encourager des po- des échanges commerciaux a reculé au cours du deuxième
litiques de repli sur soi ailleurs aussi. trimestre jusqu’en juin après plusieurs mois de reprise
Du côté positif, au-delà d’une vive dépréciation de la soutenue par rapport au creux du début de 2015 (gra-
livre sterling, les réactions plus générales du marché au vote phique 1.1). La faiblesse récente s’explique principalement
du Brexit ont généralement été limitées, avec un redres- par un ralentissement de l’activité dans les pays avancés.
sement des cours des actions et de l’appétit pour le risque •• L’économie américaine a perdu de sa vigueur au
après une baisse initiale, comme noté ailleurs dans le pré- cours des derniers trimestres, et l’accélération prévue
sent chapitre. Cependant, les actions des banques restent au deuxième trimestre de 2016 ne s’est pas matéria-
sous pression, surtout dans les pays dont le système ban- lisée; la croissance est estimée à 1,1 % en taux an-
caire est plus fragile. Sur la base des données préliminaires, nuel corrigé des variations saisonnières. La croissance
la confiance des chefs d’entreprise et des consommateurs de la consommation (environ 3,0 % en moyenne au
Projections Projections
2014 2015 2016 2017 2014 2015 2016 2017
Production mondiale 3,4 3,2 3,1 3,4 3,2 3,1 3,1 3,5
Pays avancés 1,9 2,1 1,6 1,8 1,9 1,8 1,7 1,8
États-Unis 2,4 2,6 1,6 2,2 2,5 1,9 2,0 1,9
Zone euro 1,1 2,0 1,7 1,5 1,2 2,0 1,6 1,6
Allemagne 1,6 1,5 1,7 1,4 1,6 1,3 1,7 1,6
France 0,6 1,3 1,3 1,3 0,6 1,3 1,3 1,5
Italie –0,3 0,8 0,8 0,9 –0,4 1,1 0,7 1,2
Espagne 1,4 3,2 3,1 2,2 2,1 3,5 2,6 2,1
Japon 0,0 0,5 0,5 0,6 –0,9 0,8 0,8 0,8
Royaume-Uni 3,1 2,2 1,8 1,1 3,5 1,8 1,4 0,8
Canada 2,5 1,1 1,2 1,9 2,4 0,3 1,5 1,9
Autres pays avancés2 2,8 2,0 2,0 2,3 2,7 2,0 2,1 2,4
Pays émergents et pays en développement 4,6 4,0 4,2 4,6 4,4 4,2 4,3 5,0
Communauté des États indépendants 1,1 –2,8 –0,3 1,4 –0,9 –3,3 –0,3 2,1
Russie 0,7 –3,7 –0,8 1,1 –0,2 –3,8 –0,3 2,4
Russie non comprise 2,0 –0,5 0,9 2,3 ... ... ... ...
Pays émergents et en développement d’Asie 6,8 6,6 6,5 6,3 6,6 6,8 6,3 6,3
Chine 7,3 6,9 6,6 6,2 7,0 6,9 6,4 6,1
Inde3 7,2 7,6 7,6 7,6 7,1 8,1 7,4 7,4
ASEAN-54 4,6 4,8 4,8 5,1 4,9 4,8 4,4 5,8
Pays émergents et en développement d’Europe 2,8 3,6 3,3 3,1 2,9 4,1 2,9 2,9
Amérique latine et Caraïbes 1,0 0,0 –0,6 1,6 0,3 –1,2 –0,4 2,3
Brésil 0,1 –3,8 –3,3 0,5 –0,7 –5,9 –1,2 1,1
Mexique 2,2 2,5 2,1 2,3 2,6 2,4 1,8 2,4
Moyen-Orient, Afrique du Nord, Afghanistan et Pakistan 2,7 2,3 3,4 3,4 ... ... ... ...
Arabie saoudite 3,6 3,5 1,2 2,0 2,4 1,8 1,0 2,5
Afrique subsaharienne 5,1 3,4 1,4 2,9 ... ... ... ...
Nigéria 6,3 2,7 –1,7 0,6 ... ... ... ...
Afrique du Sud 1,6 1,3 0,1 0,8 1,4 0,2 0,1 1,3
Pour mémoire
Union européenne 1,6 2,3 1,9 1,7 1,8 2,3 1,9 1,6
Pays en développement à faible revenu 6,0 4,6 3,7 4,9 ... ... ... ...
Moyen-Orient et Afrique du Nord 2,6 2,1 3,2 3,2 ... ... ... ...
Croissance mondiale calculée sur la base des cours de change 2,7 2,6 2,4 2,8 2,5 2,3 2,5 2,8
Volume du commerce mondial (biens et services) 3,9 2,6 2,3 3,8 ... ... ... ...
Importations
Pays avancés 3,8 4,2 2,4 3,9 ... ... ... ...
Pays émergents et pays en développement 4,5 –0,6 2,3 4,1 ... ... ... ...
Exportations
Pays avancés 3,8 3,6 1,8 3,5 ... ... ... ...
Pays émergents et pays en développement 3,5 1,3 2,9 3,6 ... ... ... ...
Cours des matières premières (en dollars)
Pétrole5 –7,5 –47,2 –15,4 17,9 –28,7 –43,4 14,6 6,8
Hors combustibles (moyenne fondée sur la pondération
des exportations mondiales de matières premières) –4,0 –17,5 –2,7 0,9 –7,4 –19,1 6,8 –1,2
Prix à la consommation
Pays avancés 1,4 0,3 0,8 1,7 1,0 0,4 1,0 1,8
Pays émergents et pays en développement6 4,7 4,7 4,5 4,4 4,2 4,6 4,2 3,9
Taux du LIBOR (pourcentage)
Dépôts en dollars (6 mois) 0,3 0,5 1,0 1,3 ... ... ... ...
Dépôts en euros (3 mois) 0,2 0,0 –0,3 –0,4 ... ... ... ...
Dépôts en yen (6 mois) 0,2 0,1 0,0 –0,1 ... ... ... ...
4Indonésie, Malaisie, Philippines, Thaïlande et Viet Nam.
5Moyenne simple des cours U.K. Brent, Dubaï et West Texas Intermediate. Le cours moyen du pétrole en 2015 était de 50,79 dollars le baril; hypothèses,
sur la base des marchés à terme, pour 2016 : 42,96 dollars le baril, et pour 2017 : 50,64 dollars le baril.
6Hors Argentine et Venezuela. Voir notes pour l’Argentine dans la section des notes de l’appendice statistique.
7Pour la production mondiale, les estimations et projections trimestrielles représentent environ 90 % de la production mondiale annuelle en parité de pouvoir
d’achat. Pour les pays émergents et les pays en développement, les estimations et prévisions trimestrielles représentent environ 80 % de la production
annuelle en parité de pouvoir d’achat.
Graphique 1.1. Indicateurs de l’activité mondiale premier semestre de l’année) est restée vigoureuse,
La croissance mondiale s’est affaiblie légèrement au premier semestre de 2016, portée par un marché du travail solide et une augmen-
principalement à cause d’un ralentissement de l’activité dans les pays avancés, tation de la masse salariale, mais la faiblesse persis-
alors que les pays émergents et les pays en développement ont enregistré une
expansion modeste. Le commerce mondial s’est contracté au deuxième tante de l’investissement non résidentiel, conjuguée à
trimestre 2016, tandis que la production industrielle est demeurée modérée une baisse considérable des stocks, a pesé sur la crois-
pour l’essentiel, mais a augmenté au cours des derniers mois.
sance globale. La faiblesse de l’investissement fixe des
25 1. Commerce mondial, production industrielle et IDA manufacturier entreprises semble s’expliquer par la baisse continue
(moyenne mobile sur trois mois; variation annualisée
20 en pourcentage, sauf indication contraire) (quoique plus modérée) des dépenses d’équipement
15 IDA manufacturier (écarts par rapport à 50) dans le secteur de l’énergie, l’impact de la vigueur ré-
Production industrielle
10 Volume du commerce mondial
cente du dollar sur l’investissement dans les secteurs
axés sur l’exportation et peut-être aussi la volatilité des
5
marchés financiers et les craintes d’une récession fin
0 2015 et début 2016. La productivité du travail en de-
–5 hors de l’agriculture a diminué de 0,6 % en taux an-
–10 nualisé corrigé des variations saisonnières au deuxième
2010 11 12 13 14 15 Août
16 trimestre — il s’agit de la troisième baisse consécutive.
3. Production industrielle •• Dans la zone euro, la croissance est tombée à 1,2 %
14 2. IDA manufacturier 28
(moyenne mobile sur trois (moyenne mobile sur trois en taux annualisé corrigé des variations saisonnières
12 mois; écarts par rapport mois; variation annualisée 24
10 à 50) en pourcentage) 20
au deuxième trimestre, après que des conditions cli-
Pays avancés1
8 Pays avancés1 16 matiques tempérées et, partant, la vigueur de l’activité
6 Pays émergents2 Pays émergents2 12 dans la construction avaient porté la croissance au pre-
4 8 mier trimestre à 2,1 %. La demande intérieure, no-
2 4 tamment l’investissement, a ralenti dans certains des
0 0 plus grands pays de la zone euro après plusieurs tri-
–2 –4 mestres consécutifs de croissance plus forte que prévu.
–4 –8 Les données à fréquence élevée et les indicateurs des
2010 11 12 13 14 15 Août 2010 11 12 13 14 15 Juil.
16 16 enquêtes menées auprès des entreprises pour juillet
font état jusqu’à présent d’un impact modéré du Brexit
Croissance du PIB
(variation semestrielle annualisée en pourcentage) sur la confiance et l’activité.
PEM avril 2016 PEM octobre 2016 •• Au Royaume-Uni, un solide début de deuxième tri-
4 4. Pays avancés 5. Pays émergents et 9
mestre a porté la croissance du PIB à 2,4 % en taux
pays en développement annualisé corrigé des variations saisonnières (contre
8 1,8 % au premier trimestre de 2016). Une ventila-
3
7 tion des données à fréquence élevée pour le trimestre
indique que l’élan a commencé à s’affaiblir en mai et
2 6
en juin, à la veille du référendum. Les indicateurs des
5 enquêtes pour juillet et août font apparaître une vive
1
4 baisse de l’activité manufacturière après le référendum,
suivie d’un rebond, tandis que les ventes de détail ont
0 3
2010 : 12 : 14 : 16 : 17 : 2010 : 12 : 14 : 16 : 17 : bien résisté jusqu’à présent.
S1 S1 S1 S1 S2 S1 S1 S1 S1 S2 •• Au Japon, la croissance est tombée au deuxième tri-
Sources : Bureau néerlandais de l’analyse de la politique économique CPB; Haver mestre à 0,7 % en taux annualisé corrigé des variations
Analytics; Markit Economics; estimations des services du FMI. saisonnières, contre 2,1 % au premier trimestre. Cela
Note : IDA = indice des directeurs d’achat; PI = production industrielle.
1Australie, Canada, Corée, Danemark, États-Unis, RAS de Hong Kong (PI seulement), s’explique en partie par le contrecoup d’un premier tri-
Israël, Japon, Norvège (PI seulement), Nouvelle-Zélande, République tchèque, mestre exceptionnellement solide, au cours duquel les
Royaume-Uni, Singapour, Suède (PI seulement), Suisse, province chinoise
de Taiwan et zone euro. résultats, en particulier pour les dépenses de consom-
2Afrique du Sud, Argentine (PI seulement), Brésil, Bulgarie (PI seulement),
mation, ont été portés en partie par les effets de
Chili (PI seulement), Chine, Colombie (PI seulement), Hongrie, Inde, Indonésie,
Lettonie (PI seulement), Lituanie, Malaisie (PI seulement), Mexique, l’année bissextile. En outre, le fléchissement de la de-
Pakistan (PI seulement), Pérou (PI seulement), Philippines (PI seulement), Pologne, mande extérieure et de l’investissement des entreprises
Roumanie (PI seulement), Russie, Thaïlande (PI seulement), Turquie,
Ukraine (PI seulement) et Venezuela (PI seulement). a freiné l’activité au deuxième trimestre.
•• Ailleurs, parmi les pays avancés dont les perspectives •• L’activité a fléchi en Afrique subsaharienne, notam-
sont liées étroitement aux économies d’importance systé- ment au Nigéria, où la production a été perturbée
mique, la croissance dans la région administrative spéciale par des pénuries de devises, les activités de militants
de Hong Kong et la province chinoise de Taiwan s’est ac- dans le delta du Niger et des pannes d’électricité. En
célérée au deuxième trimestre, car les retombées finan- Afrique du Sud, l’activité est stagnante, en dépit de
cières et économiques défavorables de l’évolution de l’éco- l’amélioration de l’environnement extérieur, notam-
nomie chinoise se sont atténuées après les turbulences du ment la stabilisation en Chine. Ailleurs, la résilience de
début de l’année. Par contre, la croissance au Canada a l’économie en Côte d’Ivoire, au Kenya, au Sénégal et
souffert du fléchissement observé aux États-Unis, ce qui a en Tanzanie a compensé en partie un fléchissement gé-
aggravé les problèmes liés à des événements exceptionnels néral de l’activité dans l’ensemble de la région.
tels que les feux de forêt en province d’Alberta. •• Le Moyen-Orient reste confronté à des difficultés,
parmi lesquelles les faibles prix du pétrole, les réper-
En dépit de l’activité modérée dans les pays avancés et cussions des tensions géopolitiques et les conflits civils
des effets d’entraînement, les pays émergents et les pays dans plusieurs pays.
en développement dans l’ensemble ont enregistré une lé-
gère accélération de leur croissance au premier semestre de L’inflation demeure faible
2016, ce qui correspond plus ou moins aux projections des En 2015, la hausse des prix à la consommation dans
PEM d’avril 2016. Les pays émergents d’Asie continuent les pays avancés a atteint 0,3 %, soit le niveau le plus
d’enregistrer une croissance vigoureuse, et la situation s’est faible depuis la crise financière mondiale. Elle est montée
améliorée légèrement pour des pays en difficulté tels que le à environ 0,5 % au premier semestre de 2016, car
Brésil et la Russie. Beaucoup de pays du Moyen-Orient et l’effet de la baisse des prix du pétrole s’est atténué (gra-
de l’Afrique subsaharienne ont continué cependant d’être phique 1.2). L’inflation hors alimentation et énergie est
confrontés à une situation difficile. plus élevée que l’inflation globale, mais elle diffère parmi
•• Dans les pays émergents d’Asie, la croissance en Chine les principaux pays avancés. Elle a atteint en moyenne
s’est stabilisée au premier semestre de l’année à un ni- un peu plus de 2 % au premier semestre de l’année aux
veau proche du milieu de la fourchette cible des autorités États-Unis, ce qui s’explique peut-être par des facteurs
(6½–7 %) pour 2016 grâce à l’impulsion des pouvoirs temporaires ou saisonniers, alors qu’elle a été plus faible,
publics et à la forte expansion du crédit. La vigueur de la aux environs de ¾ %, dans la zone euro et au Japon.
consommation et une nouvelle rotation de l’activité de L’inflation est restée inchangée dans les pays émergents
l’industrie vers les services indiquent que le rééquilibrage et les pays en développement, car les taux de change sont
progresse sur le plan de la structure de la demande inté- restés plus ou moins stables, ou se sont appréciés, dans
rieure et de l’offre. En Inde, l’économie continue de se beaucoup de pays, et que les effets des dépréciations anté-
redresser vivement, grâce à une nette amélioration des rieures ont commencé à s’atténuer.
termes de l’échange, à une action gouvernementale ef-
ficace et à un renforcement des amortisseurs extérieurs, Les prix des produits de base
qui ont contribué à un regain de confiance. se sont redressés partiellement
•• En Amérique latine, le Brésil reste en récession, mais L’indice des prix des produits de base du FMI a aug-
l’activité semble être proche de son niveau le plus bas, menté de 22 % depuis février 2016, c’est-à-dire entre les
car les effets des chocs (baisse des cours des produits de périodes de référence de l’édition d’avril 2016 des PEM
base, ajustement des prix administrés en 2015 et incer- et de l’édition actuelle (graphique 1.3). Les hausses les
titude politique) se dissipent. plus fortes ont concerné les carburants, en particulier le
•• En Russie, l’économie semble se stabiliser tandis qu’elle pétrole et le charbon :
s’ajuste au double choc des prix du pétrole et des sanc- •• Après avoir atteint leur plus bas niveau depuis 10 ans
tions, et les conditions financières s’assouplissent à la en janvier 2016, les prix du pétrole ont augmenté de
suite de la consolidation des volants de fonds propres 50 %, pour atteindre 45 dollars en août, principale-
des banques par des fonds publics. Ailleurs dans les pays ment à cause d’interruptions involontaires de la pro-
émergents d’Europe, les résultats macroéconomiques duction qui ont équilibré le marché pétrolier.
ont été plus ou moins stables, bien que la situation en •• Les prix du gaz naturel sont en baisse : le prix moyen
Turquie soit devenue plus incertaine au lendemain de la pour l’Europe, le Japon et les États-Unis a baissé de
tentative de coup d’État en juillet. 6 % depuis février 2016. La baisse antérieure des prix
Graphique 1.2. Inflation mondiale Graphique 1.3. Marchés des produits de base et du pétrole
(Variation en pourcentage sur un an, sauf indication contraire) Les prix du pétrole ont rebondi par rapport au niveau qu’ils avaient atteint en
janvier 2016, le plus bas depuis 10 ans, en raison principalement d’arrêts involontaires
L’inflation globale a augmenté dans les pays avancés, car le frein exercé de la production. Les prix des métaux ont augmenté de manière modeste au premier
par la baisse des prix des produits de base s’est relâché. Dans les pays semestre de 2016, du fait d’une légère hausse de la demande des pays émergents
émergents et les pays en développement, l’inflation globale est demeurée et des pays en développement, tandis que les prix de l’alimentation ont progressé
inchangée, car les monnaies sont restées plus ou moins stables, ou se sont pour la plupart des produits, en grande partie pour des raisons liées au climat.
appréciées dans certains cas. 1. Indices des prix réels des produits de base
200 (déflatés à l’aide de l’indice américain des prix
18 1. Agrégats mondiaux : inflation globale
à la consommation; indice, 2014 = 100)
16 160
Pays émergents et pays
14 en développement1 120
12 Pays avancés
10 Monde1 80 Alimentation
8 40 PCMP
6 Métaux
0
4 2005 06 07 08 09 10 11 12 13 14 15 16 17
2 2. Activité mondiale et demande de pétrole
0 8 (variations sur un an en pourcentage) 24
–2 6 Production industrielle mondiale 18
2005 06 07 08 09 10 11 12 13 14 15 16 17 (échelle de droite)
4 12
2. Inflation globale 3. Prix des produits de base
8 (les lignes en tirets sont (indice; 2005 = 100) 300 2 6
les anticipations Alimentation 0 0
6 inflationnistes à 6 à 10 ans) Métaux PIB réel mondial
250 –2 Demande mondiale de pétrole –6
Énergie
4 –4 –12
200 2005 06 07 08 09 10 11 12 13 14 15 16 17 :
2 T4
150 3. Stocks de pétrole de l’OCDE
0 40 (journées de consommation)
États-Unis
100 38
–2 Zone euro
Japon2 36
–4 50
2005 07 09 11 13 15 17 2005 07 09 11 13 15 17 34
32
5 4. Coût unitaire de main-d’œuvre nominal et rémunérations
(variation trimestrielle en pourcentage, taux annuel) 30
4 Coût unitaire 2005 06 07 08 09 10 11 12 13 14 15 16 :
de main-d’œuvre T2
3 4. Balance commerciale 5. Balance commerciale
Rémunérations
pétrolière, pays pétrolière, pays
2 100 10
exportateurs de pétrole importateurs de pétrole
80 (en pourcentage du PIB; (en pourcentage
1
moyenne et centiles 10e/90e) du PIB; moyenne 5
0 60 et centiles 10e/90e)
–1 40 0
–2 20
États-Unis Japon APA Zone euro APAE –5
0
Zone euro APAE États-Unis Japon APA
Moyenne, 2013–15 2016 : T1 –20 –10
de pétrole 2016
Pays exportateurs 2015
2016
2016
de pétrole AfSS 2016
2015
2015
Pays exportateurs 2015
2015
2016
2015
2016
2015
2016
2015
2016
Sources : Consensus Economics; FMI, système des cours des produits de base;
Pays importateurs
de pétrole
Pays avancés
d’Asie
Pays avancés
d’Europe
Pays émergents
d’Asie
Pays émergents
d’Europe
ALC
du pétrole, la production abondante de gaz naturel en Graphique 1.4. Variations des taux de change
Russie et la faiblesse de la demande en Asie (en parti- effectifs réels, mars 2016–septembre 2016
(En pourcentage)
culier au Japon) ont contribué à ce recul. Aux États-
Unis, les prix du gaz naturel ont par contre légèrement
Depuis mars 2016, les monnaies des pays avancés sont restées plus ou moins
augmenté, en raison de l’augmentation de la demande stables, ou se sont appréciées de manière modeste, à l’exception de la livre
du secteur de l’électricité, qui s’explique par des condi- sterling (qui s’est dépréciée vivement après le référendum du 23 juin en faveur
de la sortie de l’Union européenne) et du yen (qui s’est apprécié de près de 10 %).
tions climatiques plus chaudes que prévu. Les monnaies des pays exportateurs de produits de base se sont généralement
•• Les prix du charbon ont rebondi : les prix moyens en appréciées du fait du rebond des prix de ces produits.
Australie et en Afrique du Sud ont augmenté de 32 %
par rapport à février 2016. 12 Pays avancés 1
9
22 juin 2016 par rapport à mars 2016
Les prix des produits de base hors carburants ont aug- 6 Août 2016 par rapport au 22 juin 2016
Dernières données par rapport à mars 2016
menté aussi : les prix des métaux et des produits de base 3
agricoles ont progressé de 12 % et de 9 %, respectivement. 0
•• Les prix des métaux ont diminué progressivement en –3
raison d’un ralentissement et d’un abandon de l’in- –6
vestissement à forte intensité de produits de base en –9
Chine, mais les récentes mesures de relance ont sou- –12
tenu les prix. GBR SWE SGP AUS ZE CHE USA CAN TWN KOR NOR NZL JPN
Graphique 1.5. Flux de capitaux vers les pays émergents paiements pour le deuxième trimestre confirment une
Après une forte baisse au deuxième semestre de 2015 et au début de 2016, augmentation des entrées de capitaux, surtout des inves-
les flux de capitaux vers les pays émergents se sont redressés depuis février : tissements de portefeuille. La Chine a continué d’enre-
les marchés financiers sont de plus en plus d’avis que les banques centrales
des pays avancés maintiendront une politique monétaire accommodante pendant gistrer des sorties de capitaux et une baisse des réserves de
une plus longue période, les prix des produits de base s’affermissent change, mais à un rythme bien plus modeste qu’au deu-
et les principaux pays émergents semblent se stabiliser.
xième semestre de 2015 et au début de 2016.
40 1. Flux nets dans les pays émergents
30 (en milliards de dollars)
22 mai 2013
Politique monétaire et conditions financières
20
10 Les prix des actifs et l’appétit des marchés pour le
0 risque se sont généralement redressés après les baisses ob-
–10 servées à la suite du référendum au Royaume-Uni (gra-
Crise 1ères ORLT BCE
–20 Crise phique 1.6). Les cours des actions ont atteint des som-
grecque Obligations
–30 irlandaise Actions EM-VXY mets aux États-Unis en août et ont augmenté dans
–40
2010 11 12 13 14 15 Août d’autres pays avancés aussi. Les actions des banques
16
constituent une exception notable, qui s’explique par les
15 2. Entrées de capitaux Pays émergents d’Europe Chine
(en pourcentage du PIB) Amérique latine Total anticipations d’une baisse de la rentabilité des banques,
12 Arabie saoudite car il est maintenant prévu que les taux d’intérêt resteront
9 Pays émergents d’Asie hors Chine
très bas encore plus longtemps, ainsi que par des inquié-
6
tudes relatives aux bilans dans des pays dont le système
3
bancaire est plus vulnérable, comme l’Italie et le Portugal.
0
Face à la persistance d’une inflation faible et à une ac-
–3
tivité languissante, les marchés s’attendent à ce que les
–6
2007 08 09 10 11 12 13 14 15 16 : banques centrales des principaux pays avancés restent ac-
T1 commodantes pendant plus longtemps que prévu précé-
15 3. Sorties de capitaux hors variation des réserves demment (graphique 1.6, plages 1 et 2). En particulier, les
(en pourcentage du PIB)
12
Pays émergents d’Europe Pays émergents d’Asie hors Chine marchés n’attendent maintenant plus qu’une seule aug-
9 Amérique latine Chine mentation des taux aux États-Unis en 2016. Cette évo-
6 Arabie saoudite Total
lution des anticipations est particulièrement notable au
3
Royaume-Uni, où la Banque d’Angleterre a abaissé le taux
0
directeur, a renforcé l’assouplissement quantitatif et a pris
–3
plusieurs autres mesures pour renforcer la confiance après le
–6
2007 08 09 10 11 12 13 14 15 16 : référendum. Les primes d’échéance se sont encore réduites
T1 aussi, avec une nouvelle baisse des taux d’intérêt à long
4. Variation des réserves
15 (en pourcentage du PIB) Pays émergents d’Europe terme dans les pays avancés (graphique 1.6, plage 3). Fin
Amérique latine
12 août, les rendements des obligations publiques américaines
Arabie saoudite
9 Pays émergents d’Asie hors Chine et allemandes à 10 ans avaient diminué de 25 à 30 points
6 Chine
Total de base depuis mars, tandis que ceux des obligations britan-
3 niques à 10 ans avaient baissé de 90 points de base. Les ren-
0 dements ont progressé de manière modeste en septembre.
–3 Un stock élevé d’obligations souveraines des pays
–6 avancés se négocie aujourd’hui à des rendements négatifs,
2007 08 09 10 11 12 13 14 15 16 :
T1 comme noté dans l’édition d’octobre 2016 du Rapport
Sources : Bloomberg, L.P.; EPFR Global; Haver Analytics; FMI, International Financial sur la stabilité financière dans le monde (Global Financial
Statistics; calculs des services du FMI.
Note : Les entrées de capitaux sont les achats nets d’avoirs intérieurs par Stability Report, GFSR). Par ailleurs, le crédit aux sociétés
des non-résidents. Les sorties de capitaux sont les achats nets d’avoirs étrangers non financières et aux ménages continue d’augmenter
par des résidents intérieurs. Pays émergents hors Chine : Inde, Indonésie, Malaisie,
(quoique à un rythme moindre) aux États-Unis et dans
Philippines et Thaïlande; pays émergents d’Europe : Pologne, Roumanie, Russie
et Turquie; Amérique latine : Brésil, Chili, Colombie, Mexique et Pérou; l’ensemble de la zone euro (graphique 1.7).
BCE : Banque centrale européenne; EM-VXY : JP Morgan Emerging Market Volatility L’état d’esprit des marchés à l’égard des pays émer-
Index; ORLT : opérations de refinancement à long terme.
gents s’est amélioré de manière générale, avec une baisse
des écarts de taux, une diminution des taux d’intérêt réels
80 15 et la zone euro. Les prêts des banques italiennes aux résidents italiens sont
corrigés de manière à tenir compte des titrisations.
10 2Interpolé à partir du patrimoine net annuel en pourcentage du revenu disponible.
40
S&P 500 3La zone euro inclut le sous-secteur employeurs (y compris les travailleurs à leur
5
TOPIX propre compte).
0 0 4Pays où l’indice de vulnérabilité de l’immobilier résidentiel est supérieur à la médiane
2007 09 11 13 15 Sept. 2007 09 11 13 15 Sept.
16 16 des pays avancés : Australie, Autriche, Belgique, Canada, Corée, Danemark,
Espagne, France, RAS de Hong Kong, Israël, Luxembourg, Norvège, Nouvelle-Zélande,
Sources : Banque d’Espagne; Bloomberg, L.P.; Haver Analytics; Thomson Reuters
Datastream; calculs des services du FMI. Portugal, Royaume-Uni et Suède.
Note : BCE = Banque centrale européenne; DJ = Dow Jones; MSCI = Morgan
Stanley Capital International; S&P = Standard & Poor’s; TOPIX = indice des cours
des actions à Tokyo.
1
Les anticipations reposent sur les contrats à terme sur le taux des fonds fédéraux
pour les États-Unis.
2
Les anticipations reposent sur les contrats à terme sur le taux des fonds fédéraux
pour les États-Unis, le taux interbancaire moyen au jour le jour en livre sterling
pour le Royaume-Uni et le taux interbancaire à terme en euro pour la zone euro.
Les données actuelles datent du 16 septembre 2016 et celles des PEM
d’avril 2016 du 24 mars 2016.
3
Les taux d’intérêt sont les rendements des obligations publiques à 10 ans, sauf
indication contraire. Les données vont jusqu’au 16 septembre 2016.
4
Les données vont jusqu’au 16 septembre 2016. Les calculs de la BCE reposent
sur l’état financier hebdomadaire de l’Eurosystème.
5
Les données vont jusqu’au 16 septembre 2016.
à long terme et un redressement des cours des actions au-dessus de leur niveau d’avant la crise, mais encore lar-
(graphiques 1.8 et 1.9). Plusieurs pays émergents ont gement en deçà de leur tendance d’avant la crise.
abaissé leur taux de politique monétaire depuis le prin- Compte tenu de la sévérité de la crise, les progrès sont
temps, y compris plusieurs pays d’Asie où l’inflation est plus visibles en ce qui concerne les écarts de production
contenue (notamment l’Indonésie et la Malaisie), ainsi (graphique 1.10, plage 2). Ces derniers restent négatifs
qu’en Russie et en Turquie. Font figure d’exception à presque partout, ce qui est un symptôme manifeste d’une
cette tendance le Mexique, où le taux directeur a été re- demande mondiale faible, mais les capacités de produc-
levé de 50 points de base après que la monnaie a été mise tion inemployées ont diminué considérablement depuis
sous pression immédiatement après le vote du Brexit, leur pic d’après la crise2. L’ampleur des progrès, ainsi que
ainsi que la Colombie et l’Afrique du Sud, où les taux di- de l’hétérogénéité parmi les pays, apparaît clairement
recteurs ont été relevés afin de maintenir les anticipations aussi dans l’évolution du chômage, qui a diminué consi-
inflationnistes proches de l’objectif fixé. dérablement après avoir atteint un pic, mais reste plus
élevé que son niveau d’avant la crise dans la plupart des
pays. Pour l’ensemble des pays avancés, le taux de chô-
Facteurs qui influent sur les perspectives mage est supérieur à son niveau de 2007 de moins de
Ces dernières années, la croissance économique a été in- 1 point. Dans certains pays (tels que les États-Unis), la
férieure aux attentes tant dans les pays avancés que dans les baisse du chômage à son niveau d’avant la crise surestime
pays émergents. Tandis que l’économie mondiale continue quelque peu la reprise de l’emploi, étant donné la baisse
de s’éloigner de la crise financière mondiale, les facteurs qui du taux d’activité. Cependant, cela n’a pas été le cas dans
influent sur les résultats économiques à l’échelle mondiale les autres pays avancés, où, dans bon nombre de cas, le
deviennent plus complexes. Ils reflètent une combinaison taux d’activité est supérieur à son niveau d’avant la crise
de forces mondiales (tendance démographique, baisse per- (graphique 1.10, plage 4).
sistante de la croissance de la productivité, ajustement à la Ces progrès inégaux du rétablissement macroéco-
baisse des prix des produits de base) et de chocs dus à des nomique dans l’ensemble des pays avancés se superposent
facteurs intérieurs et régionaux. Ces facteurs sont examinés à la tendance de fond qui est liée au vieillissement de la po-
plus bas pour les pays avancés, ainsi que pour les pays pulation et à l’affaiblissement de la croissance de la produc-
émergents et les pays en développement. tivité. La combinaison de ces facteurs plus fondamentaux
a peut-être contribué à une diminution des anticipations
de la croissance de la production potentielle et de la renta-
Pays avancés bilité, ainsi qu’à la faiblesse de la demande actuelle et à une
Les pays avancés se trouvaient à l’épicentre de la crise baisse du taux d’intérêt réel d’équilibre. Des taux d’équi-
financière mondiale. Huit ans après l’effondrement de libre plus bas peuvent à leur tour limiter la stimulation de
Lehmann Brothers, des progrès considérables ont été ac- la demande par des taux d’intérêt faibles.
complis dans la réparation des dégâts macroéconomiques D’autres facteurs ont contribué aussi à orienter les
de la crise. Mais ces progrès sont inégaux, et les cicatrices perspectives des pays avancés. Il s’agit par exemple du ra-
de la crise sont encore assez visibles, surtout dans cer- lentissement et du rééquilibrage de l’économie chinoise
tains pays. La première plage du graphique 1.10 présente (examinés plus en détail ci-après et au chapitre 4), qui im-
les écarts des principaux agrégats macroéconomiques par pliquent une croissance plus modeste de la demande d’ex-
rapport à leurs tendances d’avant la crise (sur la base de portations des pays avancés. Ce ralentissement, conjugué
la période 1996–2005) et leurs niveaux d’avant la crise. au fléchissement de la croissance du commerce mondial
Pour certains pays de la zone euro plus durement tou- qui est examiné au chapitre 2, a eu un impact notable sur
chés par la crise, le PIB et en particulier la demande in- les perspectives des pays asiatiques avancés (Corée, RAS
térieure et l’investissement restent en 2016 bien en deçà de Hong Kong, Singapour, province chinoise de Taiwan)
de leur niveau d’avant la crise et encore plus loin de leur qui sont des économies très ouvertes et qui ont des liens
tendance d’avant la crise. Comme noté dans le GFSR commerciaux étroits avec la Chine. Un autre facteur qui
d’octobre 2016, beaucoup de banques dans la zone euro entre en jeu est le recul des prix des produits de base,
demeurent confrontées à un volume élevé d’actifs com-
2Les révisions à la baisse de la croissance potentielle et la réévaluation
promis, ce qui a peut-être freiné l’octroi de crédit et
de la production potentielle d’avant la crise impliquent des écarts de pro-
étouffé l’investissement. Dans d’autres pays avancés, la de- duction négatifs qui sont bien plus faibles en valeur absolue que ne l’in-
mande, le PIB et l’investissement se situent généralement dique une comparaison des taux de croissance d’avant et d’après la crise.
Graphique 1.8. Pays émergents : taux d’intérêt Graphique 1.9. Pays émergents : marchés d’actions et crédit
Les conditions financières dans les pays émergents se sont assouplies depuis Les cours des actions ont augmenté de manière générale ces derniers mois,
février, car les marchés s’attendent à ce que les pays avancés continuent en raison de l’amélioration de l’environnement opérationnel des entreprises
de mener une politique monétaire accommodante pendant une plus longue dans les pays émergents grâce à la montée des prix des produits de base
période, les prix des produits de base se redressent et les pays émergents et à la baisse des coûts de l’emprunt. Cependant, les facteurs de vulnérabilité
aujourd’hui en récession semblent se stabiliser. Les rendements souverains
continuent de s’accumuler dans certains cas, car le ratio crédit/PIB reste
ont baissé et les écarts de taux se sont réduits.
orienté à la hausse.
Pays émergents d’Europe Chine
Pays émergents d’Asie hors Chine Amérique latine 200 1. Marchés d’actions
14 1. Taux directeur (indice, 2007 = 100)
180
(en pourcentage) Pays émergents Amérique latine
12 160
d’Asie hors Chine
140
10
120
8 100
6 80
60 Pays émergents d’Europe Chine
4
2010 11 12 13 14 15 Août 40
2010 11 12 13 14 15 Août
16
1 16
10 2. Taux directeurs réels
(en pourcentage) Croissance réelle du crédit1
8
Février 2016 (variation en pourcentage sur un an)
6 Août 2016
Moyenne février 2016 40 2. 3. 40
4 BRA CHN COL IDN
Moyenne août 2016 IND MEX MYS RUS
2 30 TUR 30
0
20 20
–2
BRA CHL CHN COL IDN IND KOR MEX MYS PER PHL POL RUS THA TUR ZAF
10 10
16 3. Rendements des obligations publiques à 10 ans2
(en pourcentage) 0 0
14
12 –10 –10
10 2009 10 11 12 13 14 15 Juil. 2009 10 11 12 13 14 15 Juin
16 16
8
6 Ratio crédit/PIB1
4
(en pourcentage)
2 85 4. BRA COL 160 5. MEX (échelle 30
2010 11 12 13 14 15 Sept. IDN IND de droite)
16 75 150 25
RUS TUR CHN
600 4. Écarts souverains EMBI2 MYS
65 140
(points de base) 20
500
55 130
400 15
45 120
300 10
35 110
200
25 100 5
100
15 90 0
0 2006 08 10 12 14 16 : 2006 08 10 12 14 16 :
2010 11 12 13 14 15 Sept. T2 T2
16
Sources : Bloomberg, L.P.; Haver Analytics; FMI, International Financial Statistics; Sources : Bloomberg, L.P.; Haver Analytics; FMI, base de données des International
calculs des services du FMI. Financial Statistics (IFS); calculs des services du FMI.
Note : EMBI = JP Morgan Emerging Markets Bond Index; pays émergents d’Asie Note : Les codes pays utilisés sont ceux de l’Organisation internationale
hors Chine : Inde, Indonésie, Malaisie, Philippines, Thaïlande; pays émergents de normalisation (ISO).
d’Europe : Pologne, Roumanie, Russie, Turquie; Amérique latine : Brésil, Chili, 1
Le crédit est constitué des créances des autres institutions de dépôts sur
Colombie, Mexique, Pérou. Les codes pays utilisés sont ceux de l’Organisation le secteur privé (selon les IFS), sauf dans le cas du Brésil, pour lequel le crédit
internationale de normalisation (ISO).
1 au secteur privé est tiré du rapport publié par la banque centrale sur la politique
Déflaté par les projections d’inflation à 2 ans des PEM.
2 monétaire et les opérations de crédit du système financier.
Les données vont jusqu’au 16 septembre 2016.
Graphique 1.10. Demande intérieure, écarts de production, chômage et taux d’activité dans les pays avancés
Dans les pays avancés, des progrès inégaux ont été accomplis dans la réparation des dégâts macroéconomiques causés par la crise financière mondiale.
La demande intérieure et l’investissement restent en deçà de leur niveau d’avant la crise dans certains pays de la zone euro. Les capacités de production
inemployées et le chômage ont baissé par rapport aux pics enregistrés après la crise, mais demeurent élevés dans un petit nombre de cas.
30 3. Taux de chômage2
(en pourcentage de la population active)
25
Taux de chômage record (2008–16)
20
2007
15 2016
10
0
GRC ESP BAL PRT IRL ITA FRA USA BEL CAN GBR DEU SCN NLD AUS TWN JPN KOR CHE
Sources : statistiques du travail de l’Organisation de coopération et de développement économiques; estimations des services du FMI.
1
L’investissement, la demande intérieure et le PIB sont exprimés en valeur réelle. Pour tous les pays sauf le Japon, la tendance d’avant la crise est la tendance
de régression linéaire ajustée pour chaque variable à l’aide des données de 1996–2005. Pour le Japon, la tendance est ajustée pour 2001–05 étant donné la forte
baisse de l’investissement en 1997–98. Pays avancés d'Asie : Australie, Corée, RAS de Hong Kong, RAS de Macao, Nouvelle-Zélande, Singapour, province chinoise
de Taiwan; Autres pays avancés : Allemagne, Autriche, Belgique, Canada, Chypre, Danemark, Estonie, États-Unis, Finlande, France, Islande, Israël, Lettonie, Lituanie,
Luxembourg, Malte, Norvège, Nouvelle-Zélande, Pays-Bas, Royaume-Uni, République slovaque, République tchèque, Saint-Marin, Slovénie, Suède, Suisse.
2
BAL = Estonie, Lettonie, Lituanie; SCN = Danemark, Finlande, Islande, Norvège, Suède. Les autres codes utilisés dans le graphique sont les codes pays
de l’Organisation internationale de normalisation (ISO).
qui, comme noté plus en détail au chapitre 1 des PEM Graphique 1.11. Démographie
d’avril 2016, implique des gains exceptionnels pour la plu- Les taux de croissance de la population totale et de la population en âge de
part des pays avancés, mais des pertes considérables de re- travailler diminuent, notamment dans les pays avancés. La part des travailleurs
plus âgés augmente de manière continue dans les pays avancés depuis près
venu disponible pour des pays exportateurs de produits de de 20 ans. Une tendance similaire est apparue dans les pays émergents et les
base tels que l’Australie, le Canada et la Norvège. pays en développement au cours des 10 dernières années, bien que la part des
travailleurs plus âgés reste en deçà de celle observée dans les pays avancés.
Tendance démographique et migrations 3,0 1. Croissance de la population1
Étant donné la faiblesse des taux de fertilité, la crois- 2,5 (en pourcentage)
sance de la population dans les pays avancés diminue de- 2,0 1995–2004
puis 10 ans et devrait encore ralentir au cours des cinq 1,5 2005–15
2016–21
prochaines années et au-delà (graphique 1.11, plage 1)3. 1,0
Le ralentissement de la croissance de la population est 0,5
allé de pair avec un vieillissement de cette dernière : la 0,0
population en âge de travailler (entre 15 et 64 ans) de- –0,5
«Vieux» PA «Nouveaux» PA PE hors Chine Chine PDFR
vrait diminuer au cours des cinq prochaines années (gra-
phique 1.11, plage 2). Ces tendances sont communes
aux «vieux» pays avancés (c’est-à-dire les pays qui sont 3,0 2. Croissance de la population en âge de travailler1
(en pourcentage)
considérés avancés depuis au moins le milieu des an- 2,5
nées 90), mais aussi aux «nouveaux» pays avancés4, qui 2,0 1995–2004
connaissent en fait une transition démographique plus 1,5 2005–15
1,0 2016–21
rapide et plus brutale. En outre, la part des travailleurs
âgés de 55 à 64 ans a augmenté considérablement dans 0,5
les pays avancés au cours des vingt dernières années (gra- 0,0
phique 1.11, plage 3). Le vieillissement de la population –0,5
«Vieux» PA «Nouveaux» PA PE hors Chine Chine PDFR
devrait accentuer la pression sur les systèmes de retraite
et de santé, et peser sur la dynamique de la dette, surtout 3. Part des travailleurs âgés 4. Part des travailleurs âgés
25 de 55 à 64 ans dans de 55 à 64 ans dans 25
quand la main-d’œuvre commencera à diminuer. les pays avancés2 les pays émergents3
Les migrations des pays émergents et des pays en dé- 20 (en pourcentage) (en pourcentage) 20
veloppement au cours des dernières années ont atténué 15 15
l’impact du vieillissement de la population sur la main-
d’œuvre dans les pays avancés (voir le chapitre 4 pour 10 10
plus de détails à ce sujet). La part des migrants dans la Médiane
5 Médiane 5
Fourchette interquartile
population des pays avancés a presque doublé entre 1990 Fourchette interquartile
0 0
et 2015, de 6 à 11 %. Comme la majorité des migrants 1995 2000 05 10 15 1995 2000 05 10 15
est généralement en âge de travailler, les migrations sont
responsables d’environ la moitié de l’augmentation de la Sources : base de données des Nations Unies sur la population et le développe-
ment; estimations des services du FMI.
population en âge de travailler entre 1990 et 2010. Note : Les calculs sont effectués à l’aide d’une moyenne pondérée qui repose sur
Cependant, l’accueil des migrants pose aussi des pro- les parts de la population; PDFR : pays en développement à faible revenu.
1
La population en âge de travailler est définie ici comme étant le nombre de
blèmes pour les pays avancés, surtout lorsque la croissance personnes âgées de 15 à 64 ans. «Vieux» PA = pays considérés comme pays
économique est faible. Les craintes relatives à l’impact avancés en 1996, à savoir Allemagne, Australie, Autriche, Belgique, Canada,
Danemark, Espagne, États-Unis, Finlande, France, Grèce, Irlande, Islande, Italie,
sur les salaires et à un éventuel déplacement des travail- Japon, Luxembourg, Norvège, Nouvelle-Zélande, Pays-Bas, Portugal,
leurs du pays d’accueil, ainsi que les coûts budgétaires à Royaume-Uni, Suède, Suisse. «Nouveaux» PA = Chypre, Corée, Estonie, RAS de
Hong Kong, Israël, Lettonie, Lituanie, RAS de Macao, Malte, République slovaque,
court terme, peuvent accentuer les tensions sociales. Ces République tchèque, Singapour, Slovénie.
craintes peuvent à leur tour provoquer de vives réactions 2
PA (pays avancés) = Allemagne, Australie, Autriche, Belgique, Canada, Corée du
Sud, Danemark, Espagne, Estonie, États-Unis, Finlande, France, Grèce, Irlande,
3La baisse a été plus modérée que ne le laissaient supposer les projec- Islande, Israël, Italie, Japon, Lettonie, Lituanie, Luxembourg, Norvège,
tions démographiques il y a 10 ans, étant donné la forte augmentation Nouvelle-Zélande, Pays-Bas, Portugal, République slovaque, République tchèque,
de l’immigration. Royaume-Uni, Slovénie, Suède, Suisse.
3
4Il s’agit des pays baltes (Estonie, Lettonie, Lituanie), de Chypre, de PE (pays émergents) = Afrique du Sud, Brésil, Chili, Chine, Colombie, Costa Rica,
Hongrie, Inde, Indonésie, Mexique, Pologne, Russie, Turquie.
la Corée, d’Israël, de Porto Rico, de la RAS de Hong Kong, de la RAS
de Macao, de la République slovaque, de la République tchèque, de
Saint-Marin, de Singapour et de la Slovénie.
Fernald et Reinsdorf, 2016; Syverson, 2016). examiné à l’encadré 1.2 des PEM d’octobre 2014.
Le recul très net des niveaux et des trajectoires atten- Graphique 1.12. Pays avancés : croissance, investissement
dues des taux directeurs (graphique 1.6, plages 1 et 2) et emploi dans les éditions récentes des PEM
et en particulier des taux d’intérêt à long terme (gra- Dans les pays avancés, le PIB et l’investissement ont augmenté plus lentement
que prévu ces dernières années, tandis que l’emploi a progressé plus
phique 1.12, plage 3) constitue une autre caractéris- rapidement, ce qui indique une croissance plus faible que prévu de la
tique importante de l’évolution des perspectives des pays productivité du travail. La faiblesse persistante de la croissance de la productivité
a contribué à une baisse des estimations de la croissance potentielle. Les taux
avancés. Comme indiqué plus en détail dans l’édition d’intérêt à long terme devraient aussi être plus bas que prévu, en raison d’une
d’octobre 2016 du GFSR, le recul des taux d’intérêt à diminution éventuelle du taux d’intérêt réel et d’une révision à la baisse des
long terme s’explique par les anticipations d’une baisse prévisions d’inflation.
des taux à court terme et une nouvelle réduction de la 5 1. Emploi, investissement fixe et PIB
(en pourcentage; taux de croissance moyen pour 2014–16)1
prime d’échéance (Hördahl, Sobrun et Turner, 2016).
4 PIB
Les prévisions d’inflation ont baissé aussi, comme noté Investissement
plus en détail au chapitre 3; cependant, la majeure partie 3 Emploi
de la baisse des taux d’intérêt s’explique par un repli
des taux réels. Les estimations du taux d’intérêt naturel, 2
Pays émergents et pays en développement pouvoirs publics, ce qui a amené les investisseurs à s’in-
Les taux de croissance des pays émergents et des pays terroger sur les objectifs de la politique économique
en développement ont été encore plus variés que ceux chinoise et la vigueur fondamentale de l’économie. En
des pays avancés, et les perspectives demeurent contras- corollaire, une plus grande clarté en ce qui concerne les
tées d’un pays et d’une région à l’autre. En fait, si la crois- objectifs de l’action des pouvoirs publics et une commu-
sance rapide observée dans des pays tels que la Chine et nication plus transparente de la part des principaux diri-
l’Inde a soutenu la croissance mondiale, des récessions geants chinois ces derniers mois ont contribué à stabiliser
profondes dans une poignée de pays émergents et de pays l’état d’esprit à court terme en ce qui concerne la Chine
en développement ont pesé particulièrement lourdement et, par extension, les pays émergents exposés à la
sur l’activité mondiale en 2015 et en 2016 (encadré 1.1). Chine. Néanmoins, les perspectives à moyen terme
Parmi les facteurs qui ont influé sur les taux de crois- de la Chine restent assombries par l’encours élevé de la
sance de ce groupe de pays figurent le ralentissement gé- dette des entreprises dont une grande partie est jugée
néralisé dans les pays avancés, qui est examiné plus haut; à risque (voir l’analyse dans l’édition d’avril 2016 du
le rééquilibrage de l’économie chinoise; l’ajustement à la GFSR). Par ailleurs, les facteurs de vulnérabilité conti-
baisse des prix des produits de base; des conditions ex- nuent de s’accumuler avec la dépendance croissante de
ternes incertaines, avec des variations considérables de l’économie vis-à-vis du crédit, ce qui complique la tâche
l’attitude envers le risque; ainsi que des tensions géopo- difficile du rééquilibrage de l’économie sur plusieurs
litiques et des conflits dans plusieurs pays et régions. Les fronts (s’appuyer davantage sur la consommation et les
enjeux à plus long terme sont notamment une transition services, plutôt que l’investissement et l’industrie, respec-
démographique importante, en particulier dans les pays tivement; mettre un frein au crédit, voir le rapport 2016
émergents, ainsi que les perspectives de diversification des des services du FMI sur les consultations avec la Chine
exportations et de convergence. au titre de l’article IV et les documents de la série des
questions générales). En conséquence, les conditions de
Le rééquilibrage de l’économie chinoise financement extérieur et les perspectives des pays émer-
et ses implications internationales gents et des pays en développement continueront d’être
déterminées dans une large mesure par la manière dont
La transition de la Chine vers une économie axée da- les marchés considèrent les chances de la Chine de res-
vantage sur la consommation et les services continue tructurer et de rééquilibrer son économie avec succès.
d’avoir une incidence sur les autres pays émergents, no-
tamment les pays producteurs de produits de base et ceux Ajustement à la baisse des prix des produits de base
exposés au secteur manufacturier chinois. Comme noté L’ajustement à la baisse des prix des produits de base se
précédemment (voir, par exemple, le rapport 2016 du poursuit dans les pays exportateurs de ces produits. Les
FMI sur les Perspectives économiques régionales de la ré- implications macroéconomiques du choc sur les termes
gion Asie–Pacifique), les répercussions du rééquilibrage de l’échange ont été examinées en détail au chapitre 2 des
et du ralentissement progressif de l’économie chinoise sur PEM d’octobre 2015. Les PEM d’avril 2016 ont montré
la croissance et le commerce mondiaux ont été considé- l’ampleur de la redistribution internationale du revenu
rables, ce qui n’est pas surprenant, étant donné que, en qui a résulté des variations des termes de l’échange, ainsi
2015, le PIB chinois dépassait, aux taux de change du que sa forte corrélation avec les résultats macroécono-
marché, le PIB agrégé des 12 plus gros pays émergents et miques. Le graphique 1.13 offre une actualisation des
pays en développement. Mais l’évolution de l’économie gains et des pertes de revenus dans les plus grands pays
chinoise a de plus en plus d’incidence sur un éventail émergents et pays en développement à la suite des varia-
plus large de pays émergents par le biais de l’état d’es- tions des prix des produits de base, compte tenu du scé-
prit des marchés financiers et de la contagion internatio- nario de référence révisé pour ces prix7. Le graphique
nale (comme analysé en détail dans le chapitre sur les ef-
fets d’entraînement du présent rapport). Comme on l’a 7Il s’agit d’une estimation de la variation du revenu disponible qui ré-
vu dans les épisodes de désengagement observés dans les sulte des fluctuations des prix des produits de base. Le gain dans l’année
pays émergents en août 2015 et en janvier 2016, les en- t pour un pays qui exporte x dollars américains du produit A et importe
volées de l’aversion pour le risque vis-à-vis des pays émer- m dollars américains du produit B dans l’année t–1 est égal à :
(∆ pt xt-1 t-1) t-1
A - ∆ p B m / Y , où ∆ p A et ∆ p B sont les variations en pourcen-
gents ont coïncidé avec des variations du taux de change t t
tage des prix de A et de B entre l’année t–1 et l’année t, et Y est le PIB
t
du renminbi faisant suite à des mesures prises par les dans l’année t–1 en dollars américains. Voir aussi Gruss (2014).
illustre clairement l’ampleur des pertes de revenus en Graphique 1.13. Pays émergents : gains et pertes résultant
2015, qui se concentrent sur les pays exportateurs de pé- des variations des termes de l’échange, et taux de change réels
trole. Les prévisions relatives aux gains et aux pertes en Étant donné la stabilisation et le rebond des prix des produits de base ces
derniers temps, les gains et les pertes résultant des variations des termes de
2016–17 sont bien plus faibles que les chiffres de 2015, l’échange en 2016–17 devraient être plus faibles qu’en 2015. Les ajustements
et ont diminué depuis le printemps étant donné le re- des taux de change opérés au cours des derniers mois sont corrélés de manière
bond modeste des prix des produits de base. Par ailleurs, positive avec les fluctuations des gains et des pertes résultant des variations
des termes de l’échange qui sont attendus pour 2016–17.
il s’agit de gains et de pertes par rapport à l’année précé-
dente, qui impliquent donc une nouvelle baisse du re- 10 1. Pertes résultant des variations des termes de l’échange1
(en pourcentage du PIB)
venu dans des pays déjà gravement touchés par le choc
0
de l’année précédente. La phase «aiguë» du choc est peut-
être terminée pour plusieurs pays exportateurs de pro- –10
duits de base (en particulier ceux où les taux de change se
sont ajustés), mais des ajustements supplémentaires s’an- –20
2015
noncent, en particulier dans la sphère budgétaire, ce qui 2016–17 (prix des produits de base en août 2016)
–30
implique des perspectives moroses pour la demande inté- 2016–17 (prix des produits de base en avril 2016)
rieure, notamment pour l’investissement, étant donné la –40
IRQ SAU KAZ VEN IRN ECU MYS PER BRA IDN
forte intensité en capital des industries extractives.
QAT ARE DZA AGO RUS COL SYR MEX ARG
Le lien entre les prix des produits de base et les va-
riations des taux de change depuis le printemps dernier 8 2. Gains résultant des variations des termes de l’échange1
est illustré à la troisième plage du graphique 1.13, qui (en pourcentage du PIB)
montre que les fluctuations des taux de change effectifs 6
2015
réels entre mars 2016 et juillet 2016 sont corrélées posi- 2016–17 (prix des produits de base en août 2016)
4
tivement avec les variations de la prévision des gains et 2016–17 (prix des produits de base en avril 2016)
des pertes de revenus pour 2016 et 2017 qui résultent 2
des variations des termes de l’échange (différence entre
les ronds jaunes et les losanges rouges dans les plages 1 0
et 2). Mais les mouvements des prix des produits de
–2
base ont été bien moins spectaculaires que ceux de la pé- PRY BLR ROM TUR TUN PAN PHL HUN BWA IND
riode 2014–15. En conséquence, les réactions des taux ZAF EGY URY POL HRV GTM CHN CRI BGR
de change ont généralement été plus modérées que celles 3. Gains et pertes résultant des variations
Variation du TCER entre mars et août 2016
10 RUS R² = 0,14
Comme le montre le graphique 1.11, un grand MAR
URY
5 PAK CHL
nombre de pays émergents connaissent aussi une transi- COL
MYS KAZ
tion démographique, avec une baisse des taux de crois- 0
sance de la population qui est encore plus nette pour la THA IDN
–5 HUN PER
population en âge de travailler que pour la population ROM MEX
POL CRI PHL TUN
globale. La transition est particulièrement rapide pour la –10
–1,5 –1,0 –0,5 0,0 0,5 1,0 1,5 2,0 2,5 3,0
Chine, où le taux de croissance de la population devrait Variation en pourcentage des gains/pertes résultant des variations
tomber à ¼ % sur les cinq prochaines années (contre des termes de l’échange qui sont attendus pour 2016–17
½ % pendant la dernière décennie). La diminution du entre mars et août 2016 (en points de pourcentage)
taux de croissance de la population chinoise en âge de Source : estimations des services du FMI.
travailler est encore plus spectaculaire : elle devrait de- Note : TCER : taux de change effectif réel. Les codes pays utilisés sont ceux
de l’Organisation internationale de normalisation (ISO).
venir négative au cours des cinq prochaines années8. 1
Les gains (pertes) pour 2016–17 sont des moyennes simples des gains (pertes)
Dans les pays à faible revenu, les taux de croissance de la annuels pour 2016 et 2017. Pour des détails sur les calculs, voir la note 7 en bas
de page dans le texte du chapitre.
Graphique 1.14. Taux de croissance réelle par habitant et environ 45 % dans les pays en développement à faible
et convergence (1995–2020) revenu, et environ 30 % dans les autres pays émergents.
Le revenu réel par habitant dans les «vieux» pays avancés
Les pays émergents et les pays à faible revenu ont réduit l’écart de revenu par
rapport aux pays avancés bien plus rapidement pendant la période 2005–15 (c’est-à-dire les pays classés parmi les pays avancés de-
que pendant la décennie précédente, mais le rythme moyen de convergence puis au moins le milieu des années 90) n’a progressé que
devrait ralentir au cours des cinq prochaines années.
d’environ 5 %. En conséquence, les régions en dévelop-
10 1. Croissance du revenu réel par habitant
(en pourcentage)
pement ont réduit l’écart de revenu par rapport aux pays
8
avancés sur la période de 10 ans qui a pris fin en 2015 : le
1995–2005 revenu réel par habitant est passé d’environ 13 % de celui
6 2005–15 des «anciens» pays avancés à 30 % en Chine, de 21 %
2015–20 à 26 % dans les autres pays émergents, et de 6 % à 8 %
4
dans les pays en développement à faible revenu. Pour
2
les trois groupes, ces gains ont été trois à cinq fois plus
élevés que ceux observés pendant la décennie précédente
0 (1995–2005).
«Vieux» PA «Nouveaux» PA PE hors Chine Chine PDFR
L’écart de croissance par habitant entre la plupart des
2. Revenu réel par habitant par rapport aux «vieux» pays avancés pays émergents et des pays en développement et les pays
100 (en pourcentage)
avancés devrait rester bien en deçà de celui observé pen-
80 dant la décennie précédente, et le rythme de la conver-
1995
gence deviendra plus inégal. Au cours des cinq prochaines
60 2005
2015 années, les pays en développement à faible revenu, dont
40 2020 beaucoup connaissent un fléchissement brutal de la crois-
sance de la production, mais en même temps une crois-
20 sance très élevée de la population, devraient réduire l’écart
de revenu par rapport aux pays avancés d’à peine plus de
0
«Vieux» PA «Nouveaux» PA Chine PDFR ½ point, les autres pays émergents de 2 points seulement,
Source : estimations des services du FMI. alors que la Chine le réduirait encore de 7 points. Les
Note : PDFR : pays en développement à faible revenu. nouveaux pays avancés, qui ont maintenu une croissance
1
«Vieux» PA = pays considérés comme pays avancés en 1996, à savoir
Allemagne, Australie, Autriche, Belgique, Canada, Danemark, Espagne, États-Unis, remarquablement élevée au cours des 10 dernières années,
Finlande, France, Grèce, Irlande, Islande, Italie, Japon, Luxembourg, Norvège, même si leur revenu par habitant initial était relative-
Nouvelle-Zélande, Pays-Bas, Portugal, Royaume-Uni, Suède, Suisse. «Nouveaux»
PA = Chypre, Corée, Estonie, RAS de Hong Kong, Israël, Lettonie, Lituanie, RAS de ment élevé (environ 70 % de celui des vieux pays avancés
Macao, Malte, République slovaque, République tchèque, Singapour, Slovénie, en 2005), devraient encore réduire leur écart par rapport
province chinoise de Taiwan.
aux pays avancés d’environ 4 points, après un gain de
17 points lors de la décennie précédente.
population demeurent bien plus élevés, atteignant plus
du double du taux des pays émergents hors Chine9. Il Les prévisions
convient de prendre en compte ces variations entre pays,
régions et niveaux de développement dès lors qu’il s’agit Hypothèses de politique économique
de se servir des taux de croissance du PIB pour évaluer
Dans l’ensemble des pays avancés, il est prévu que la
l’évolution du revenu par habitant ou par travailleur ou la
politique budgétaire soutiendra modérément l’activité
convergence des revenus aux niveaux des pays avancés.
économique en 2016, un peu plus que prévu dans les
Le graphique 1.14 présente la croissance du revenu
PEM d’avril 2016 (graphique 1.15). La politique bud-
par habitant dans ces mêmes groupes de pays. Le revenu
gétaire (mesurée par l’impulsion budgétaire)10 devrait
réel par habitant dans l’ensemble des pays considérés a
être expansionniste au Canada (plus de 1 point) et en
augmenté de 50 % entre 2005 et 2015, les gains se ré-
Allemagne (0,8 point) et dans une moindre mesure en
partissant de manière inégale : près de 140 % en Chine
Italie et aux États-Unis (½ point). Elle devrait être plus
9L’Afrique subsaharienne, en particulier, enregistrera une hausse pro- ou moins neutre au Japon et restrictive au Royaume-Uni
noncée continue de la part de la population en âge de travailler au cours
des prochaines décennies (voir le chapitre 2 de l’édition d’avril 2015 des 10L’impulsion budgétaire est l’inverse de la variation du ratio solde
(0,8 point). Dans les pays émergents et les pays en déve- Graphique 1.15. Indicateurs budgétaires
(En pourcentage du PIB, sauf indication contraire)
loppement, les soldes structurels agrégés devraient rester
plus ou moins inchangés pour 2016, mais avec des diffé- La politique budgétaire devrait être légèrement expansionniste en 2016
rences marquées selon les pays et les régions. dans les pays avancés dans leur ensemble et plus ou moins neutre
La politique monétaire dans les pays avancés de- dans les pays émergents et les pays en développement dans leur ensemble,
mais avec des différences entre les pays.
vrait se durcir plus lentement que prévu dans les PEM
4 1. Variation du solde budgétaire structurel
d’avril 2016. Le taux directeur aux États-Unis devrait
monter progressivement, mais régulièrement, pour at- 3
2012 2013 2014
teindre un niveau d’équilibre à long terme de 2¾ % d’ici 2 2015 2016 PEM avril 2016
2020, soit un niveau bien plus bas qu’avant la crise. Des
taux directeurs très bas devraient rester en place pendant 1
2 2. Solde budgétaire
Autres hypothèses
Les prévisions de référence pour la croissance mondiale 0
activité un peu plus faible que prévu jusqu’à la fin du deu- fait principalement d’un affermissement de la reprise
xième semestre de 2016 dans les pays avancés, ainsi que les aux États-Unis et au Canada, ainsi que d’un rebond au
implications du résultat du référendum britannique en fa- Japon, grâce aux mesures de relance budgétaire qui ont
veur de la sortie de l’Union européenne. La reprise devrait été prises récemment. Par contre, la croissance devrait
prendre de la vigueur en 2017 et au-delà, portée princi- être plus faible dans la zone euro et au Royaume-Uni, en
palement par les pays émergents et les pays en développe- raison des répercussions macroéconomiques de la montée
ment, tandis que la situation dans les pays en difficulté se de l’incertitude qui fait suite au référendum britannique.
normalise progressivement. Comme noté ailleurs dans le présent chapitre, les pers-
La croissance dans les pays émergents et les pays en dé- pectives moroses de la croissance mondiale impliquent
veloppement devrait s’affermir à 4,2 % en 2016, après un ralentissement du rythme de l’amélioration du niveau
cinq années consécutives de ralentissement, pour re- de vie à l’échelle mondiale. Cette tendance peut être illus-
présenter plus de trois quarts de la croissance mondiale trée par la distribution de la population mondiale selon
prévue en 2016. Cependant, en dépit d’une amélioration les taux de croissance par habitant. Tandis que les taux de
des conditions de financement extérieur, les perspectives croissance des pays émergents et des pays en développe-
de ces pays sont inégales et généralement plus maussades ment devraient rester bien en deçà de ceux des dix der-
que par le passé. Une combinaison de facteurs peut ex- nières années, la part de la population mondiale vivant
pliquer cette faiblesse : un ralentissement en Chine, dont dans des régions qui enregistrent une croissance réelle par
les retombées sont amplifiées par le recours moindre de habitant de plus de 2 % par an devrait diminuer de près
la Chine à un investissement à forte intensité d’impor- de 10 points entre les périodes 2005–10 et 2016–21.
tations et de ressources; l’ajustement continu à la baisse
structurelle des recettes tirées des produits de base dans
Perspectives mondiales à moyen terme
plusieurs pays exportateurs de ces produits; les répercus-
sions de la faiblesse persistante de la demande des pays Au-delà de 2017, la croissance mondiale devrait s’ac-
avancés; ainsi que des conflits intérieurs, des discordes célérer progressivement pour atteindre 3,8 % d’ici la fin
politiques et des tensions géopolitiques dans un certain de l’horizon de prévision. Cette reprise de l’activité mon-
nombre de pays. diale, qui devrait s’expliquer entièrement par les résultats
Dans les principaux pays avancés, la reprise devrait ra- des pays émergents et des pays en développement, repose
lentir cette année : la croissance devrait s’établir à 1,6 %, sur la normalisation des taux de croissance dans les pays
soit ½ point de moins qu’en 2015. Les perspectives mo- et régions en difficulté ou dont la croissance se situe bien
roses de ces pays sont le résultat de plusieurs forces com- en deçà du potentiel en 2016–17 (comme le Nigéria, la
munes, y compris les séquelles de la crise financière Russie, l’Afrique du Sud, l’Amérique latine et certaines
mondiale (dette élevée, comme indiqué dans l’édition d’oc- parties du Moyen-Orient), le maintien de la transition
tobre 2016 du Moniteur des finances publiques; vulnéra- de l’économie chinoise vers une croissance axée sur la
bilité du secteur financier, comme indiqué dans l’édition consommation et les services, ainsi que la résilience persis-
d’octobre 2016 du GFSR; et faiblesse de l’investissement) tante d’autres pays. La reprise reflète aussi le poids croissant
et la faible croissance de la productivité, comme noté plus des grands pays émergents dans l’économie mondiale, tels
haut dans le présent chapitre. L’incertitude économique, que la Chine et l’Inde, dont la croissance est largement su-
politique et institutionnelle qui résulte du vote du Brexit périeure à la moyenne mondiale. Comme indiqué à l’en-
devrait aussi avoir des conséquences macroéconomiques né- cadré 1.1, ces deux facteurs représentent la majeure partie
gatives, surtout dans les pays européens avancés. de l’accélération attendue de la croissance mondiale. Le
L’accélération prévue de la croissance mondiale à rythme de l’activité économique dans les pays avancés de-
3,4 % en 2017 repose largement sur une accélération de vrait rester modéré, parallèlement à leur potentiel réduit,
la croissance dans les pays émergents et les pays en dé- du fait du vieillissement de la population, mais la crois-
veloppement, où l’atténuation des pressions à la baisse sance du PIB par travailleur devrait atteindre des niveaux
sur l’activité dans des pays qui se trouvaient en réces- plus ou moins conformes à sa moyenne des vingt dernières
sion en 2016, tels que le Brésil, le Nigéria et la Russie, années. Au sein du groupe des pays émergents et des pays
devrait plus que compenser le ralentissement continu en développement, la croissance devrait s’accélérer à moyen
de la croissance en Chine. Dans les pays avancés, la terme dans les pays en développement à faible revenu,
croissance devrait remonter modestement à 1,8 % (0,2 mais rester en deçà des taux des dix dernières années, tant
point de moins que dans les PEM d’avril 2016) du en valeur absolue que par habitant.
Perspectives économiques des pays et régions des prix du pétrole, une expansion budgétaire mo-
deste en 2016 et une politique monétaire accommo-
Pays avancés
dante soutiendront la croissance, alors que la baisse de
•• Au Royaume-Uni, une croissance plus lente est attendue la confiance des investisseurs due à l’incertitude qui fait
depuis le référendum, car l’incertitude qui a suivi le suite au vote du Brexit pèsera sur l’activité. La crois-
vote du Brexit pèse sur les décisions d’investissement et sance pour la zone dans son ensemble devrait ralentir
d’embauche des entreprises, ainsi que sur les achats de légèrement, à 1,7 % en 2016 et à 1,5 % en 2017. En
biens durables et de logements par les consommateurs. Allemagne, la croissance devrait s’accélérer cette année,
La croissance devrait atteindre 1,8 % en 2016 et 1,1 % à 1,7 %, avant de fléchir à 1,4 % en 2017. En France,
en 2017, avec pour hypothèses des négociations post- elle devrait se stabiliser à 1,3 % en 2016 et en 2017. En
Brexit qui se déroulent sans difficulté et une augmenta- Espagne, la croissance devrait rester plus ou moins stable
tion limitée des barrières économiques. Les prévisions en 2016 et ralentir de 3,1 à 2,2 % en 2017. En Italie,
de croissance à moyen terme ont aussi été révisées à la elle devrait s’accélérer légèrement, de 0,8 % en 2016 à
baisse, à 1,9 % (0,2 point de moins que la prévision des 0,9 % en 2017. La croissance potentielle à moyen terme
PEM d’avril 2016), car l’augmentation des obstacles au dans la zone euro devrait atteindre 1,4 % : elle est freinée
commerce, aux migrations et aux flux de capitaux de- par une évolution démographique défavorable, les sé-
vraient éroder le potentiel de croissance. quelles de la crise (chômage et dette élevés, et, dans cer-
•• Aux États-Unis, une activité plus lente que prévu au tains pays, bilans bancaires dégradés) et des obstacles
deuxième semestre de 2015 et au premier semestre de structurels profondément ancrés qui entravent la crois-
2016 laisse entrevoir un certain essoufflement, bien sance de la productivité totale des facteurs.
que la politique budgétaire ait légèrement soutenu •• Au Japon, la croissance devrait demeurer faible,
l’activité et que le rythme attendu de la normalisation conforme à son potentiel, à 0,5 % en 2016, avant de
de la politique monétaire soit plus lent. La création passer à 0,6 % en 201712. Le report du relèvement de
d’emplois a été dynamique, le marché du logement la taxe sur la consommation, les mesures propices à la
s’améliore et les dépenses de consommation restent ro- croissance qui ont été annoncées récemment, y com-
bustes. Cependant, un cycle prolongé de correction pris le budget supplémentaire, et la poursuite de l’as-
des stocks et l’atonie de l’investissement des entreprises souplissement monétaire soutiendront la consomma-
ont entraîné une révision à la baisse de la prévision tion privée à court terme, ce qui compensera en partie
pour 2016, à 1,6 %. La faiblesse des dépenses d’équi- la montée de l’incertitude, l’appréciation récente du
pement reflète en partie des investissements encore né- yen et la faible croissance mondiale. Les perspectives à
gatifs dans le secteur de l’énergie, une appréciation du moyen terme restent moroses, principalement à cause
dollar, des turbulences financières plus tôt dans l’année de la diminution de la population.
et une montée de l’incertitude entourant l’action des •• Les perspectives des autres pays avancés sont contras-
pouvoirs publics en raison du cycle électoral. En 2017, tées. En Suède, la reprise restera vigoureuse, avec
la croissance devrait s’accélérer pour atteindre 2,2 %, une croissance de 3,6 % en 2016 et de 2,6 % en
tandis que le frein exercé par la baisse des prix de 2017, portée par une politique monétaire expansion-
l’énergie et l’appréciation du dollar se réduit. La crois- niste, une hausse de l’investissement résidentiel et
sance potentielle à moyen terme, qui devrait atteindre des dépenses budgétaires liées à l’accueil des réfugiés.
1,8 %, est ralentie par le vieillissement de la popula- L’activité économique devrait s’accélérer de manière
tion et la faible croissance de la productivité totale des modeste en Suisse, où la croissance devrait atteindre
facteurs, qui est une tendance récente qui se maintient.
•• En 2016–17, la reprise dans la zone euro devrait être Irlande (ainsi qu’à une révision en baisse considérable de la position ex-
légèrement plus faible qu’en [Link] bas niveau térieure globale nette de l’Irlande en raison de l’augmentation des enga-
gements envers des non-résidents). La relocalisation d’entreprises a été
11La croissance du PIB de l’Irlande pour 2014–15 a été révisée à la liée aussi à une augmentation des exportations nettes et du PIB irlan-
hausse de plus de 20 points de pourcentage sur deux ans, principale- dais. En conséquence, la croissance de la zone euro en 2015 a été révisée
ment en raison des activités d’entreprises multinationales qui ont eu un à la hausse aussi, de plus de 0,3 point.
impact limité sur l’économie réelle du pays. En particulier, la restructu- 12La prévision ne tient pas compte de la modification du cadre de
ration d’entreprises au moyen d’un transfert en Irlande de l’intégralité politique monétaire de la Banque du Japon annoncé le 21 septembre
des bilans, le déplacement d’actifs dans des filiales irlandaises et le ra- 2016, qui inclut un objectif de taux d’intérêt nul pour les obligations
chat d’entreprises étrangères par des entités domiciliées en Irlande ont publiques à 10 ans et un engagement à dépasser temporairement l’ob-
conduit à une variation considérable du stock des actifs physiques en jectif d’inflation de 2 %.
1 % en 2016 et 1,3 % 2017, tandis que les effets de importante et la formalisation du dispositif de ciblage
l’appréciation du franc s’atténuent. La baisse des re- de l’inflation) et un regain de confiance devraient sou-
cettes tirées des produits de base et la diminution de tenir la demande des consommateurs et l’investisse-
l’investissement dans le secteur des ressources pèsent ment. Cependant, à court terme, l’investissement privé
sur l’économie de la Norvège, où la croissance ne de- sera probablement freiné par la dégradation des bilans
vrait atteindre que 0,8 % en 2016. L’activité devrait des entreprises et des banques publiques. Parmi les
s’accélérer en 2017, grâce à des politiques budgétaire et pays de l’ASEAN-5 (Indonésie, Malaisie, Philippines,
monétaire expansionnistes, à une monnaie plus com- Thaïlande, Viet Nam), la croissance devrait ralentir en
pétitive et à un redressement progressif des prix du Malaisie et au Viet Nam cette année (4,3 % et 6,1 %,
pétrole. La croissance devrait rebondir à compter de respectivement) en partie à cause d’un affaiblissement
2007 dans les autres pays avancés exportateurs de pro- de la demande extérieure, alors qu’elle devrait s’accé-
duits de base, sous l’effet de dépréciations monétaires lérer par rapport à 2015 en Indonésie, aux Philippines
et de politiques économiques accommodantes. Au et en Thaïlande (4,9 %, 6,4 % et 3,2 %, respective-
Canada, la croissance devrait atteindre 1,2 % en 2016, ment). La croissance dans tous les pays membres de
freinée par l’impact considérable des feux de forêt dans l’ASEAN-5 devrait s’affermir en 2017 et par la suite.
la province de l’Alberta sur la production de pétrole au •• L’activité économique en Amérique latine et dans les
deuxième trimestre, avant de monter à 1,9 % en 2017, Caraïbes continue de ralentir : une contraction de 0,6 %
tandis qu’en Australie, la croissance devrait s’établir au- est prévue pour 2016 (une dégradation de 0,1 point
tour de 2,8 % pour les deux années. Parmi les autres de plus que la prévision d’avril). Une reprise devrait
pays avancés d’Asie, la croissance en 2016 devrait flé- s’installer en 2017, avec une croissance de 1,6 % (une
chir à Singapour (1,7 %) et dans la région administra- amélioration de 0,1 point de plus que prévu en avril).
tive spéciale de Hong Kong (1,4 %), et s’accélérer de Cependant, comme indiqué dans les PEM d’avril 2016,
manière modeste en Corée (2,7 %) et dans la province la croissance agrégée de la région masque une hétéro-
chinoise de Taiwan (1 %). La croissance dans ces quatre généité considérable : bien que plusieurs pays s’enlisent
économies très ouvertes devrait s’accélérer plus vigou- dans une récession, la plupart des pays de la région enre-
reusement à compter de 2017, à mesure que l’affer- gistreront encore une expansion en 2016.
missement du commerce mondial améliore leurs pers- oo La confiance semble avoir atteint son niveau le plus
pectives d’exportation. bas au Brésil, et il est prévu que la croissance at-
teindra –3,3 % en 2016 et 0,5 % en 2017, en sup-
Pays émergents et pays en développement posant que l’incertitude entourant la situation po-
•• En Chine, la croissance devrait atteindre 6,6 % en 2016 litique et l’action gouvernementale diminue et que
grâce au soutien des pouvoirs publics, avant de ralentir à les effets des chocs économiques antérieurs s’es-
6,2 % en 2017 faute d’une nouvelle impulsion. Pour les tompent. Pour les deux années, cette prévision
prévisions à moyen terme, il est supposé que l’économie est supérieure d’environ ½ point aux prévisions
continuera de se rééquilibrer en poursuivant sa transi- d’avril dernier. L’Argentine a engagé une transition
tion de l’investissement à la consommation et de l’in- importante et indispensable vers un cadre de poli-
dustrie aux services, grâce à des réformes qui renforcent tique économique plus cohérent et durable, dont le
le dispositif de sécurité sociale et à la déréglementation coût s’est avéré plus élevé que prévu en 2016, avec
du secteur des services. Cependant, la dette non finan- une prévision de croissance de –1,8 % (contre une
cière devrait continuer d’augmenter à un rythme in- prévision de –1 % en avril). La croissance devrait
soutenable, ce qui, conjugué à une mauvaise affectation s’accélérer à 2,7 % en 2017 grâce à la modération
croissante des ressources, porte atteinte aux perspectives de l’inflation et à des politiques monétaire et bud-
à moyen terme. gétaire plus favorables à l’activité. Au Venezuela,
•• Dans les autres pays émergents ou en développement la crise économique devrait s’aggraver en 2016 et
d’Asie, la croissance devrait rester vigoureuse. En Inde, en 2017 (prévision de –10 % et de –4,5 %, res-
la croissance du PIB restera la plus rapide parmi les pectivement), tandis que la baisse des prix du pé-
grands pays, à 7,6 % en 2016–17. La nette amélio- trole depuis la mi-2014 a exacerbé les déséquilibres
ration des termes de l’échange, des mesures positives macroéconomiques intérieurs et les pressions sur la
de la part des pouvoirs publics, des réformes structu- balance des paiements. L’Équateur reste confronté à
relles (y compris l’introduction d’une réforme fiscale des perspectives difficiles, étant donné la baisse de la
valeur de ses exportations pétrolières et la dollarisa- l’Ukraine devrait retrouver une croissance positive
tion de son économie. Étant donné le redressement en 2016 après de très fortes contractions en 2014 en
partiel des prix mondiaux du pétrole et des pers- 2015, et la croissance devrait s’accélérer à mesure que
pectives de financement extérieur plus favorables, la le contexte économique extérieur s’améliore et que les
contraction de l’activité qui est prévue pour 2016 et réformes économiques internes portent leurs fruits. Le
2017 est moins grave que prévu en avril, à –2,3 % rythme de contraction de l’activité au Bélarus devrait
et –2,7 %, respectivement. se réduire en 2017, et une reprise devrait s’installer en
oo La plupart des autres pays exportateurs de produits 2018. Parmi les pays exportateurs de pétrole, les éco-
de base de la région verront leur activité ralentir en nomies de l’Azerbaïdjan et du Kazakhstan devraient se
2016. En Colombie, la croissance devrait tomber à contracter en 2016 sur fond de baisse des recettes ti-
2,2 % en 2016 (contre 3,1 % en 2015), en raison rées des exportations (–2,4 % pour l’Azerbaïdjan et
du durcissement de la politique macroéconomique. environ –0,8 % pour le Kazakhstan). La croissance
De la même manière, la baisse prolongée du prix du dans ces pays devrait s’accélérer progressivement,
cuivre et l’incertitude entourant la politique écono- portée par l’augmentation de la production d’hydro-
mique pèse sur les perspectives du Chili, où la crois- carbures au Kazakhstan et les activités hors hydrocar-
sance a ralenti de 2,3 % en 2015 à 1,7 % en 2016. bures en Azerbaïdjan, ainsi que par un redressement
Dans les deux pays, la croissance devrait s’affermir des prix du pétrole et des monnaies plus compétitives.
en 2017 et retrouver progressivement son niveau •• La croissance dans les pays émergents ou en développe-
potentiel par la suite. Contrairement à la plupart de ment d’Europe devrait rester robuste, à un peu plus de
ses pairs, le Pérou devrait connaître une croissance 3 % en 2016 et au-delà, car les exportations augmen-
plus rapide en 2016 et en 2017, à 3,7 % et 4,1 % tent vigoureusement en dépit de la croissance languis-
respectivement, grâce à l’expansion de l’activité dans sante dans la zone euro, qui est le principal partenaire
le secteur minier et à l’augmentation de l’investisse- commercial de la plupart des pays de la région. Selon
ment public. les estimations, la croissance en Hongrie est supérieure
oo Au Mexique, la croissance devrait tomber à 2,1 % à son potentiel et devrait retrouver un taux de crois-
en 2016 en raison de la faiblesse des exportations au sance plus soutenable à moyen terme. En Turquie,
premier semestre de l’année. Elle devrait s’accélérer la croissance en 2016 et en 2017 sera freinée par la
de manière modeste pour atteindre 2,3 % en 2017, montée de l’incertitude qui fait suite aux récentes at-
tandis que la demande extérieure se redresse, et à taques terroristes et à la tentative de coup d’État,
2,9 % à moyen terme, tandis que les réformes struc- même si l’assouplissement de la politique macroéco-
turelles se mettent en place. nomique soutiendra l’activité.
•• Les perspectives économiques de la Communauté des •• L’Afrique subsaharienne se caractérise de plus en plus
États indépendants restent médiocres. L’amélioration par une croissance à plusieurs vitesses. Si les projections
modeste des perspectives de croissance de la région de- de croissance ont été révisées sensiblement à la baisse
puis avril tient principalement au redressement des dans la région, cela tient principalement aux condi-
prix du pétrole. La hausse des recettes tirées des ex- tions macroéconomiques difficiles dans les plus grands
portations de pétrole soulage quelque peu les pays ex- pays, qui s’ajustent à la baisse des recettes tirées des pro-
portateurs de pétrole de la région et l’économie russe duits de base. Au Nigéria, l’activité devrait se contracter
en particulier, où le déclin du PIB cette année (0,8 %) de 1,7 % en 2016, en raison de perturbations tempo-
devrait être, selon les projections actuelles, plus li- raires de la production de pétrole, de pénuries de de-
mité que prévu dans les PEM d’avril 2016. La légère vises dues à la baisse des recettes pétrolières, d’une dimi-
amélioration des perspectives de la Russie devrait sti- nution de la production d’électricité et d’un manque de
muler l’activité ailleurs dans la région, en particulier confiance des investisseurs. En Afrique du Sud, où l’in-
dans les pays importateurs de pétrole, étant donné les certitude entourant la politique économique complique
liens qui existent par la voie du commerce et des en- l’ajustement à la détérioration des termes de l’échange,
vois de fonds. Néanmoins, les perspectives de crois- le PIB devrait rester stable en 2016, avec seulement
sance de la Russie pour 2017 et au-delà restent mo- une reprise modeste l’an prochain, tandis que les effets
roses du fait des obstacles structurels de longue date de la baisse des prix des produits de base et de la séche-
et de l’impact des sanctions sur la productivité et l’in- resse se dissipent et que l’offre d’électricité s’améliore.
vestissement. Parmi les pays importateurs de pétrole, L’Angola s’ajuste aussi à une forte baisse de ses recettes
d’exportation de pétrole. La croissance devrait être nulle principalement en raison du rebond des prix de l’énergie.
cette année et faible l’an prochain. Par contre, plusieurs L’inflation devrait progresser au cours des prochaines an-
des pays de la région qui exportent des produits autres nées, tandis que les prix des carburants augmentent de ma-
que des ressources naturelles, parmi lesquels la Côte nière modeste et que les écarts de production se réduisent
d’Ivoire, l’Éthiopie, le Kenya et le Sénégal, devraient en- progressivement, pour atteindre les objectifs fixés par les
core enregistrer cette année une croissance très vigou- banques centrales aux environs de 2020. Par contre, en de-
reuse (plus de 5 %), grâce au bas niveau des prix du hors de l’Argentine (où une inflation élevée résulte du pro-
pétrole, ainsi qu’à la robustesse de leur consommation cessus nécessaire de libéralisation en cours) et du Venezuela
privée et de leur investissement. (où l’inflation devrait bondir à près de 500 % cette année),
•• Au Moyen-Orient, le récent redressement modeste des l’inflation dans les pays émergents et les pays en développe-
prix du pétrole devrait avoir peu d’effet sur la croissance ment devrait fléchir à 4,5 % cette année, contre 4,7 % l’an
dans les pays exportateurs de pétrole. La plupart de ces dernier, en raison de la dissipation des effets des déprécia-
pays continuent de durcir leur politique budgétaire face tions monétaires antérieures. Cependant, les taux d’infla-
à la baisse structurelle de leurs recettes pétrolières, et tion varient considérablement au sein des deux groupes.
la liquidité du secteur financier continue de diminuer. •• Aux États-Unis, la hausse des prix à la consommation
Beaucoup de pays de la région restent confrontés à des s’accélère relativement vigoureusement, de 0,1 % l’an
troubles et des conflits. La croissance de la plus grande dernier à 1,2 % cette année, et devrait atteindre 2,3 %
économie de la région, l’Arabie saoudite, devrait être l’an prochain. Cela s’explique par un relâchement ra-
modeste cette année, à 1,2 %, dans un contexte d’assai- pide des forces désinflationnistes (appréciation du
nissement des finances publiques, avant de remonter à dollar en 2015 et baisse des prix des carburants), ainsi
2 % l’an prochain. Les taux de croissance dans la plu- que par des anticipations inflationnistes bien ancrées à
part des autres pays du Conseil de coopération du Golfe moyen terme.
devraient aussi être freinés par l’ajustement des finances •• L’inflation s’accélère aussi dans la zone euro, mais plus
publiques qui est en cours. En Iraq, une production pé- lentement et à partir d’un niveau plus bas, pour at-
trolière plus élevée que prévu a rehaussé le taux de crois- teindre 0,3 % en 2016, contre environ zéro en 2015.
sance attendu pour 2016. En 2017 et au-delà, la crois- Cette accélération devrait rester progressive et l’infla-
sance devrait être freinée par les problèmes de sécurité tion devrait demeurer inférieure à l’objectif fixé par la
persistants et la baisse de l’investissement dans le sec- Banque centrale européenne (BCE) jusqu’à fin 2021,
teur pétrolier, qui limitent les gains dans la production en raison de la réduction progressive des écarts de pro-
pétrolière. Les perspectives de la République islamique duction et de l’affermissement des anticipations infla-
d’Iran ont profité de l’augmentation de la production tionnistes. L’inflation ne devrait progresser que len-
de pétrole cette année à la suite de la levée des sanctions. tement au Japon aussi, pour rester bien en deçà de
Cependant, les dividendes de croissance ne se matéria- l’objectif de la Banque du Japon pendant tout l’ho-
liseront probablement que progressivement, car la ré- rizon de prévision, tandis que les anticipations infla-
intégration sur les marchés financiers mondiaux et les tionnistes augmentent lentement.
réformes internes progressent lentement. Les réformes •• La dépréciation de la livre sterling devrait porter l’in-
récentes et la baisse des prix du pétrole ont contribué à flation au Royaume-Uni à environ 0,7 % cette année;
améliorer la stabilité macroéconomique dans les pays une nouvelle forte hausse est attendue pour l’an pro-
importateurs de pétrole de la région. Cependant, la chain, aux environs de 2,5 %, puis l’inflation devrait
croissance demeure fragile en raison des problèmes de progressivement atteindre l’objectif de 2 % fixé par la
sécurité, des tensions sociales et des obstacles structurels Banque d’Angleterre dans les années qui suivent.
qui persistent. Des progrès durables dans le domaine •• L’inflation reste modérée dans la plupart des autres
des réformes, une réduction du frein budgétaire et une pays avancés. En Corée, en Suède et dans la pro-
hausse progressive de la demande extérieure devraient vince chinoise de Taiwan, elle devrait s’accélérer cette
soutenir la reprise. année et atteindre progressivement les objectifs fixés
par les banques centrales dans les années qui suivent.
Singapour et la Suisse devraient connaître une autre
Perspectives d’inflation année de déflation en 2016, quoique plus modérée
L’inflation devrait monter dans les pays avancés que l’an dernier, et retrouver progressivement des taux
pour avoisiner 0,8 % en 2016, contre 0,3 % en 2015, d’inflation positifs sur l’horizon de prévision.
•• En Chine, l’inflation devrait monter à 2,1 % cette Graphique 1.16. Secteur extérieur
année et à 3 % à moyen terme, car les capacités de
Après avoir augmenté légèrement en 2015, les déséquilibres mondiaux
production inemployées dans le secteur industriel et devraient se réduire cette année et continuer de la sorte à moyen terme,
les pressions à la baisse sur les prix des biens dimi- du fait des différences d'un pays à l'autre entre les taux de croissance
nationaux de la demande intérieure.
nuent. Dans la plupart des autres grands pays émer-
gents, comme le Brésil, la Russie et la Turquie, les taux 4 1. Déséquilibres mondiaux des soldes courants
d’inflation sont supérieurs aux objectifs des banques 3 (en pourcentage du PIB mondial)
diale, et en particulier la faiblesse de l’investissement, ex- Source : estimations des services du FMI.
Note : APDC : autres pays européens affichant un déficit courant avant la crise
plique dans une large mesure cette langueur. La crois- (Espagne, Grèce, Irlande, Italie, Portugal, Royaume-Uni, groupe PEM des pays
sance du commerce mondial devrait passer à environ émergents et en développement d’Europe); CHI+PEA = Chine et pays émergents
d’Asie (Corée, RAS Hong Kong, Indonésie, Malaisie, Philippines, Singapour,
4,3 % à moyen terme, en raison du redressement attendu province chinoise de Taiwan, Thaïlande); DEU+EUREXC = Allemagne et autres pays
de l’activité économique et de l’investissement dans les avancés européens en excédent (Autriche, Danemark, Luxembourg, Pays-Bas,
Suède, Suisse); PET = Norvège et groupe PEM des pays émergents et des pays en
pays émergents et les pays en développement et, dans une développement exportateurs de combustibles; RDM = reste du monde. Les codes
moindre mesure, dans les pays avancés. pays utilisés sont ceux de l’Organisation internationale de normalisation (ISO).
Le recul très prononcé des prix du pétrole au cours
des deux dernières années, ainsi que les différences consi-
dérables entre les taux de croissance de la demande in- des années 90, en raison d’une nouvelle diminution des
térieure d’une région à l’autre continuent d’influer sur excédents en Chine et en Allemagne, ainsi que d’une mo-
l’évolution des déséquilibres des comptes des transactions dération des déficits (par exemple en Amérique latine et
extérieures courantes à l’échelle mondiale en 2016. Le au Royaume-Uni).
ratio des déficits et des excédents courants mondiaux au Contrairement aux déséquilibres courants qui se ré-
PIB mondial, qui avait augmenté de manière modeste en duisent, les positions créditrices et débitrices internatio-
2015 pour la première fois depuis 2010, comme indiqué nales ont continué d’augmenter par rapport au PIB mon-
dans le Rapport sur le secteur extérieur 2016 (External dial (graphique 1.16, plage 2). Il est particulièrement
Sector Report — FMI, 2016), devrait baisser légèrement difficile de prévoir l’évolution de ces positions, étant
cette année (graphique 1.16, plage 1), en raison d’une donné leur sensibilité aux mouvements difficilement pré-
baisse des excédents en Chine et dans les pays européens visibles des taux de change et des prix des actifs, en plus
avancés, ainsi que d’une nouvelle baisse des déficits dans de l’évolution future des besoins ou capacités de finan-
les pays d’Amérique latine. Ces déséquilibres devraient cement. Si, pour des raisons de simplicité, il est supposé
continuer de se réduire à moyen terme, pour atteindre qu’il n’y a pas d’effet des variations de change, les pro-
des niveaux qui n’ont plus été observés depuis le milieu jections des soldes courants et de la croissance du PIB
Graphique 1.17. Pays créditeurs et pays débiteurs important de rééquilibrer la demande mondiale pour sti-
Hors Chine, les pays créditeurs devraient enregistrer une croissance plus lente muler la croissance dans ces pays, ce qui faciliterait l’ajus-
que les pays débiteurs en 2015–16, en raison principalement d’une demande tement externe et réduirait les risques extérieurs.
intérieure modérée dans les pays exportateurs de pétrole en réaction à la
détérioration de leurs termes de l’échange. Les gains et pertes résultant des
Dans cette optique, le graphique 1.17 examine trois
variations des termes de l’échange expliquent une grande partie des facteurs qui influent sur l’ampleur du rééquilibrage mon-
fluctuations prévues des soldes courants des pays et régions. dial au cours de la période 2014–16 : la croissance du
10 1. Croissance PIB, la contribution de la demande extérieure nette à la
(en pourcentage)1
8 Contribution intérieure croissance du PIB, ainsi que les gains et les pertes résul-
6 Contribution extérieure tant des chocs sur les termes de l’échange. Les pays en
4 position créditrice ont connu une croissance plus rapide
2 que les pays en position débitrice, et cela devrait être le
0 cas de nouveau en 2016. Cet écart s’explique entièrement
–2 par la croissance vigoureuse de la Chine; hors Chine,
–4 Pays créditeurs Pays débiteurs les pays en position créditrice enregistrent aujourd’hui
–6 une croissance plus lente que les pays en position débi-
Pays avancés Pays exportateurs Zone Amérique trice, du fait de la faible croissance dans les pays expor-
d’Europe Japon de pétrole euro latine ECO
tateurs de pétrole et au Japon (graphique 1.17, plage 1).
Pays avancés États-Unis Pays Afrique et
Chine d’Asie Autres PA émergents Moyen- L’écart de croissance positif en 2015 entre les pays en po-
d’Asie Orient sition créditrice et débitrice tenait aussi à la dépendance
2. Gains/pertes et corrélation avec les soldes courants des premiers nommés à l’égard de la demande extérieure
6 (en pourcentage du PIB) Pays
débiteurs nette, par opposition aux besoins de rééquilibrage. Cela
Variation des soldes courants2
plage du graphique 1.12 présente sur l’axe horizontal Graphique 1.18. Écarts des soldes courants
l’écart entre le solde courant de 2015 et sa norme, et sur et taux de change réels
l’axe vertical, la variation prévue des soldes courants au Les variations attendues des soldes courants sont compatibles avec
une réduction des déséquilibres externes excessifs qui sont recensés
cours des cinq prochaines années. Elle fait apparaître une dans le Rapport sur le secteur extérieur 2016.
forte corrélation négative (–0,7) : les écarts vis-à-vis de la 6 1. Écart du solde courant ESR en 2015
2015 qui sont recensés dans le Rapport sur le secteur ex- CHN KOR
–4 CHE POL
SGP
térieur 2016. THA
–6
–4 –3 –2 –1 0 1 2 3 4 5 6 7
Écart du solde courant ESR, 2015
Risques
30 2. Variations et écarts des taux de change effectifs réels2
Certains des risques mentionnés dans des éditions ré- 25 (en pourcentage)
centes des PEM sont devenus plus prononcés ces der- 20 Variation du TCER en pourcentage, 2015 (moyenne)–sept. 2016
niers mois, notamment ceux liés aux discordes politiques 15 Écart du TCER pour 2015 (point médian)
10
et aux politiques de repli sur soi, ou à la stagnation sé-
5
culaire dans les pays avancés. D’autres risques, tels que 0
l’augmentation des turbulences financières et les retraits –5
de capitaux des pays émergents, sont, semble-t-il, passés à –10 Corrélation = 0,034
l’arrière-plan, mais subsistent toutefois. Globalement, les –15
–20
risques de dégradation continuent de l’emporter sur les SGP MYS SWE ZE THA HKG CHN IND AUS TUR BRA
chances d’amélioration. JPN KOR MEX POL IDN RUS CAN ZAF GBR CHE USA
Sources : Global Insight; FMI, Rapport 2016 sur le secteur extérieur; FMI,
International Financial Statistics; calculs des services du FMI.
Risques liés à la politique générale Note : Les codes pays utilisés sont ceux de l’Organisation internationale de
et aux arrangements institutionnels normalisation (ISO). ESR = Rapport sur le secteur extérieur (External Sector
Report); TCER = taux de change effectif réel; ZE = zone euro.
1
Le vote du Royaume-Uni en faveur de la sortie de Les données pour la zone euro sont une moyenne pour l’Allemagne, l’Espagne,
la France et l’Italie.
l’Union européenne et la campagne présidentielle en 2
Les écarts et les classifications des TCER reposent sur le Rapport 2016 du FMI
cours aux États-Unis ont mis en avant des questions liées sur le secteur extérieur.
à la mobilité de la main-d’œuvre et aux migrations, à
l’intégration commerciale mondiale et aux réglementa-
tions internationales. Des arrangements institutionnels sur les emplois et les salaires sur fond de faible croissance
qui sont en place depuis longtemps pourraient être re- économique ont renforcé l’attrait des programmes pro-
négociés : il s’agit d’arrangements qui déterminent l’or- tectionnistes, avec des ramifications potentielles pour les
ganisation de la production des entreprises et de leur flux commerciaux mondiaux. L’ambiguïté de l’évolution
embauche, le sourçage des matières premières et le fi- de ces tendances pourrait pousser les entreprises à différer
nancement, ainsi que les canaux de distribution inter- leurs projets à long terme, limiter la création d’emplois et
nationaux. Des questions supplémentaires surgissent en ralentir l’activité à court terme.
ce qui concerne des référendums qui pourraient suivre Du fait des interactions de l’incertitude institution-
dans d’autres pays de l’UE. De manière plus générale, les nelle et du creusement des clivages politiques au sein des
craintes relatives à l’impact de la concurrence étrangère pays, il pourrait être encore plus difficile de trouver des
solutions aux problèmes structurels. Tandis que ces pro-
13La corrélation des écarts de solde courant de 2015 avec la variation
blèmes — déréglementation des marchés de produits
des soldes courants entre 2015 et 2016 est négative aussi, mais plus faible et du travail, réparation des bilans, réforme des droits
(–0,15). Bien entendu, les normes de solde courant et de taux de change
pourraient aussi varier à l’avenir, en fonction des modifications des para- à prestations, intégration des migrants dans la main-
mètres économiques fondamentaux et des politiques économiques. d’œuvre — deviennent apparemment plus difficiles à
résoudre, l’impression que l’action des pouvoirs publics nomie mondiale continue d’avoir du mal à réaliser une
est inefficace pourrait s’enraciner, et le rôle de coordina- expansion généralisée et durable, cette perspective de-
tion de cette action pourrait diminuer. Si n’importe le- vient de plus en plus tangible, en particulier dans certains
quel des risques susmentionnés devait se matérialiser, pays avancés. Par ailleurs, une période prolongée de faible
son impact sur l’état d’esprit pourrait être amplifié par la inflation risque de désancrer les anticipations inflation-
crainte que l’action des pouvoirs publics ne permette pas nistes, ce qui entraînerait une hausse des taux d’intérêt
de faire face avec succès au choc. réels attendus, ainsi qu’une baisse des dépenses consa-
Les forces qui poussent de plus en plus à adopter des crées aux biens d’équipement et aux biens de consomma-
politiques de repli sur soi menacent en particulier les tion durables, et en fin de compte un fléchissement de la
perspectives de l’économie mondiale : ce thème est exa- croissance globale et de l’inflation. Et dans les pays suren-
miné aussi au chapitre 2. L’encadré scénario 1 examine dettés, une période prolongée de faible croissance nomi-
les conséquences économiques éventuelles d’une montée nale aggraverait les problèmes rencontrés pour assurer
du protectionnisme. Il présente d’abord les implications le service de la dette, compliquerait le désendettement
d’une augmentation unilatérale par un pays des droits et pèserait encore plus sur la croissance (comme noté
de douane qu’il applique à un autre pays, ainsi que les dans l’édition d’octobre 2016 du Moniteur des finances
conséquences de mesures de rétorsion prises par le second publiques).
pays. Les simulations du modèle montrent comment le Un deuxième cycle débilitant a trait à la possibilité
PIB, la consommation et l’investissement des deux pays d’effets en retour entre la faiblesse de la croissance de
souffrent de la hausse unilatérale des droits de douane. la productivité et l’atonie de l’investissement. Comme
Un deuxième scénario illustre les implications pour l’éco- noté plus haut dans ce chapitre, la productivité totale
nomie mondiale d’une augmentation généralisée du pro- des facteurs et la croissance de la productivité du travail
tectionnisme, sous forme d’une hausse des barrières ta- ont fléchi sensiblement dans beaucoup de pays. Par ail-
rifaires et non tarifaires. Il en résulte non seulement un leurs, l’investissement a ralenti à l’échelle mondiale et sa
effondrement des échanges commerciaux, mais aussi une croissance se situe en deçà de la moyenne à long terme
forte baisse de la production mondiale. Les répercussions dans plusieurs pays avancés, émergents ou en dévelop-
négatives sur l’économie mondiale pourraient être encore pement. Dans la mesure où une faible croissance de la
plus prononcées, parce que les perturbations des relations productivité se traduit par des attentes de faible rentabi-
économiques internationales pourraient entraîner une lité, l’investissement pourrait souffrir. Le ralentissement
baisse plus généralisée de la coopération internationale. de l’intensité capitalistique qui en résulterait nuirait à
l’adoption de progrès technologiques incorporés dans les
biens d’équipement, pèserait davantage sur la producti-
Cycles débilitants : demande faible–inflation faible; vité totale des facteurs et la productivité du travail, ren-
productivité faible–investissement faible forcerait les anticipations d’une rentabilité en baisse et, en
L’un des thèmes communs de plusieurs récentes édi- fin de compte, réduirait l’investissement.
tions des PEM est la perspective d’une stagnation sé-
culaire, c’est-à-dire une insuffisance prolongée de la de-
mande privée qui conduit à une baisse permanente de la Ajustement en cours en Chine et répercussions
production et à une inflation faible14. Tandis que l’éco- L’économie chinoise continue de soutenir la croissance
mondiale, mais son ajustement à un rythme d’expansion
14Comme noté à l’encadré 1.1 des PEM d’octobre 2015, plusieurs plus soutenable s’est parfois avéré plus difficile que prévu.
mécanismes pourraient conduire à une trajectoire de production plus Au cours des derniers mois, on a observé un déclin des
basse après des récessions. Par exemple, une période prolongée de chô-
mage élevé pourrait avoir pour conséquence que certains travailleurs forces poussant aux sorties de capitaux et des turbulences
quittent le marché du travail ou deviennent inemployables. Une baisse sur le marché des actions national qui ont contribué à des
des activités de recherche et développement pourrait réduire le niveau, bradages considérables sur les marchés financiers mon-
ou même le taux de croissance, de la productivité. Des crises financières
diaux en août 2015 et en janvier 2016. Néanmoins, la
pourraient provoquer des changements institutionnels tels qu’un dur-
cissement des exigences de fonds propres, ce qui pèserait sur l’investis-
sement. Plusieurs études présentent des données empiriques qui étayent considérable. De la même manière, Reifschneider, Wascher et Wilcox
ces hypothèses. Par exemple, Blanchard, Cerutti et Summers (2015) (2015) notent que la crise financière de 2008 et la récession qui a suivi
notent que, même pour des récessions qui sont provoquées par une dé- ont placé la capacité de production de l’économie américaine sur une
sinflation intentionnelle, la proportion des récessions suivies d’une pro- trajectoire plus basse qu’avant 2007, une part considérable de la détério-
duction plus faible par rapport à la tendance d’avant la récession est ration de l’offre résultant de la faiblesse de la demande globale.
transition de l’économie chinoise vers une économie axée pourrait varier aussi si les pays émergents et les pays en
sur les services et la consommation qui est moins tribu- développement ne profitent pas de la stabilité relative des
taire des importations de produits de base et de machines conditions extérieures pour poursuivre les réformes struc-
continuera d’avoir un impact sur les prix, les volumes turelles, s’attaquer au surendettement et faire avancer de
des échanges commerciaux et les bénéfices dans tout un manière crédible l’ajustement des finances publiques, si
éventail de secteurs à l’échelle mondiale, avec des effets nécessaire.
connexes sur les prix des actifs, la répartition des porte-
feuilles internationaux et l’état d’esprit des investisseurs.
La Chine est confrontée à un arbitrage difficile dans Dégradation des relations de correspondants bancaires
sa transition : il s’agit de restructurer l’économie, de ré- À la suite de la crise, les grandes banques présentes sur
duire son recours au crédit et d’accepter une croissance le marché mondial ont dû réévaluer leurs modèles d’entre-
plus lente à court terme en échange d’une croissance plus prise tandis qu’elles reconstituaient leurs volants de fonds
élevée et plus durable à long terme. Le scénario de réfé- propres, renforçaient leurs pratiques de gestion des risques
rence suppose que les progrès sont limités sur le plan de et faisaient face à des marges d’intérêt nettes réduites. En
la dette des entreprises et de la maîtrise du crédit, et que conséquence, les relations de correspondants bancaires
le maintien d’une croissance relativement élevée à court — c’est-à-dire la fourniture par de grandes banques à pré-
terme est privilégié, ce qui soulève le risque d’un ajuste- sence mondiale de services de paiement et de dépôt pour
ment perturbateur (voir le Rapport 2016 des services du le compte d’autres banques, souvent situées dans des pays
FMI sur les consultations avec la Chine au titre de l’ar- plus petits — ont diminué, les banques mondiales se dé-
ticle IV). Dans ce contexte, des événements relativement sengageant des transactions avec des pays plus petits et
bénins tels que des surprises négatives dans les indicateurs vulnérables d’Afrique, des Caraïbes, de l’Asie centrale et
à fréquence élevée de la Chine ou un ajustement modeste des îles du Pacifique. Une intensification de cette ten-
des prix des actifs intérieurs ou du taux de change pour- dance mettrait en péril l’accès de certains de ces pays aux
raient déclencher une réaction démesurée de l’état d’es- envois de fonds internationaux, compromettrait leur ca-
prit des opérateurs à l’échelle mondiale. pacité à financer l’activité et affaiblirait leur réaction aux
catastrophes naturelles. Même si l’impact direct sur le PIB
mondial pourrait être relativement faible, les ramifica-
Évolution défavorable des conditions tions sociales et économiques pourraient s’étendre au-delà
financières pour les pays émergents des frontières des pays touchés, par exemple si elles ampli-
En dépit du résultat inattendu du vote du Brexit, fiaient l’émigration.
les conditions financières dans les pays émergents ont
continué de s’améliorer ces derniers mois, avec un affer-
Facteurs liés au conflit, à la santé et au climat
missement des prix des produits de base et une convic-
tion croissante parmi les investisseurs que la politique Une série d’autres facteurs continuent d’influencer les
monétaire dans les pays avancés restera très accommo- perspectives de diverses régions : il s’agit par exemple de
dante en 2017 et au-delà. Comme noté dans l’édition la sécheresse en Afrique orientale et australe, des guerres
d’octobre 2016 du GFSR, l’évolution extérieure semble civiles et des conflits internes dans certaines parties du
avoir joué un rôle important dans la hausse récente des Moyen-Orient et de l’Afrique, de la situation des mi-
flux de capitaux en direction des pays émergents. La vul- grants en Jordanie, au Liban, en Turquie et en Europe,
nérabilité structurelle de certains grands pays émergents des multiples actes de terreur dans le monde entier et de
(dette élevée des entreprises, rentabilité en baisse et bilans la propagation du virus Zika en Amérique latine et dans
bancaires fragiles dans certains cas), conjuguée à la néces- les Caraïbes, dans le Sud des États-Unis et dans le Sud-Est
sité de reconstituer les amortisseurs, en particulier dans de l’Asie. Chacun de ces facteurs inflige des coûts huma-
les pays exportateurs de produits de base, continue d’ex- nitaires sans mesure et des coûts économiques directs.
poser les pays émergents et les pays en développement à Des incidents récurrents de terrorisme, des conflits ci-
des variations soudaines de la confiance des investisseurs. vils prolongés qui se propagent dans les régions contiguës
Ces variations pourraient se matérialiser par exemple si et une détérioration de la crise de santé publique due au
les prochaines données sur l’inflation aux États-Unis lais- virus Zika pourraient, ensemble, avoir des conséquences
saient entrevoir que le taux d’intérêt directeur sera re- très néfastes sur l’état d’esprit des marchés, ce qui aurait
levé plus tôt que prévu. L’état d’esprit des investisseurs des répercussions négatives sur la demande et l’activité.
principalement du fait de la hausse des prix des pro- Graphique 1.20. Risques de récession et de déflation
duits de base et, partant, de l’inflation globale prévue. (En pourcentage)
Par contre, la probabilité d’une déflation a augmenté au
La probabilité d’une récession sur un horizon de quatre trimestres entre le troisième
Japon en raison du manque de dynamisme des prix à la trimestre de 2016 et le deuxième trimestre de 2017 a généralement diminué dans
consommation et de l’appréciation récente du yen. la plupart des régions par rapport aux probabilités calculées dans les PEM d’avril 2016
pour la période allant du premier au quatrième trimestre de 2016. Le risque
de déflation demeure élevé dans la zone euro et au Japon.
Dans ces conditions, les priorités diffèrent d’un pays à 25 2. Probabilité d’une déflation, 2017 : T31
l’autre en fonction des objectifs particuliers pour ren- PEM d’avril 2016: 2017 : T1
20
forcer la dynamique de croissance, combattre les tensions
déflationnistes ou accroître la résilience. Cependant, il 15
existe un thème commun : il est nécessaire d’agir d’ur-
gence sur de multiples fronts pour éviter une répétition 10
de taux de croissance décevants et combattre une impres-
5
sion dommageable selon laquelle l’action des pouvoirs
publics ne réussit pas à stimuler la croissance et que les 0
bienfaits ne reviennent qu’à ceux qui se trouvent à l’extré- États-Unis Zone euro Japon Pays Amérique Reste
émergents latine 5 du monde
mité supérieure de la distribution du revenu. d’Asie
Là où la marge d’assouplissement de la politique bud- Source : estimations des services du FMI.
gétaire ou monétaire semble plus limitée, une riposte coor- Note : pays émergents d’Asie = Chine, Corée, RAS de Hong Kong, Inde, Indonésie,
Malaisie, Philippines, Singapour, province chinoise de Taiwan et Thaïlande; Amérique
donnée et globale qui exploite les complémentarités entre latine 5 = Brésil, Chili, Colombie, Mexique et Pérou; reste du monde = Afrique du Sud,
les politiques structurelles et les politiques de gestion de Argentine, Australie, Bulgarie, Canada, Danemark, Israël, Norvège, Nouvelle-Zélande,
la demande pourrait contribuer à renforcer l’efficacité de République tchèque, Royaume-Uni, Russie, Suède, Suisse, Turquie et Venezuela.
Les données des PEM d’avril 2016 se rapportent à des simulations effectuées en
l’ensemble de l’action des pouvoirs publics. En outre, des mars 2016.
cadres d’action cohérents qui intègrent des ripostes à court
1
La déflation est définie comme une baisse du niveau des prix sur un an dans
le trimestre indiqué dans le graphique.
terme dans le contexte d’objectifs à moyen terme claire-
ment formulés peuvent renforcer la confiance et créer une
marge de manœuvre supplémentaire pour faire face à des caractéristiques résultent de l’interaction entre une de-
chocs à court terme. Si ces politiques sont essentielles au mande languissante, une diminution des anticipations de
niveau des pays, elles seraient encore plus efficaces si elles croissance et un fléchissement de la croissance de la pro-
étaient adoptées de manière générale, en tenant dûment duction potentielle. Les pouvoirs publics doivent donc
compte des priorités propres à chaque pays. continuer de soutenir la demande, tout en appliquant des
mesures qui rehausseront la croissance potentielle.
Étant donné que les écarts de production restent né-
Pays avancés gatifs, que la pression des salaires est modérée et que les
Le groupe des pays avancés continue d’enregistrer anticipations inflationnistes pour les prochaines années
une reprise modeste qui se caractérise par une crois- se situent en deçà des objectifs des banques centrales, la
sance généralement atone de la productivité, ainsi que politique monétaire doit être accommodante. Comme l’a
par la faiblesse de l’investissement et de l’inflation. Ces démontré jusqu’à présent l’expérience de l’après-Brexit,
la volonté des banques centrales d’utiliser des outils non Le soutien de la demande à court terme doit aller de
conventionnels a réduit le risque d’une crise de liqui- pair, dans certains cas, avec une réparation des bilans des
dités à l’échelle du système, a facilité une réévaluation or- banques (pour s’attaquer aux séquelles des prêts impro-
donnée sur les marchés et a contribué à améliorer l’état ductifs et renforcer l’efficience opérationnelle, comme
d’esprit des investisseurs. Un nouveau relâchement de la indiqué dans le GFSR d’octobre 2016) et des réformes
politique monétaire par le biais d’achats d’actifs et, dans structurelles face au recul de la croissance potentielle, ce
certains cas, de taux créditeurs négatifs permettra de qui améliorerait les perspectives de revenu à plus long
continuer de contenir les taux à long terme, contribuera terme. De meilleures perspectives de revenu, à leur tour,
à rehausser les anticipations inflationnistes et réduira le rehausseraient la demande privée à court terme et limi-
coût réel de l’emprunt pour les ménages et les entreprises. teraient les hausses des ratios dette/PIB à moyen terme.
Comme indiqué à l’encadré 3.5 et au chapitre 3 de ma- Bien que l’emploi ait progressé plus vigoureusement
nière plus générale, des dispositifs transparents de pré- que prévu ces dernières années, la tendance démogra-
vision de l’inflation permettent de relancer l’économie, phique défavorable dans les pays avancés fait apparaître
même lorsque les taux directeurs sont proches de leur les possibilités limitées pour la croissance potentielle de se
borne inférieure effective, en dépassant temporairement redresser grâce à une augmentation de la main-d’œuvre.
l’objectif fixé. Les priorités particulières varient d’un pays à l’autre : il
Cependant, comme l’expérience des mesures non s’agit de relever les taux d’activité, d’éliminer les distor-
conventionnelles l’a montré aussi ces dernières années, sions des marchés de produits et du travail, de s’attaquer
une politique monétaire accommodante à elle seule ne au surendettement des entreprises et de faciliter leur re-
peut pas accroître la demande et peut, dans certains cas, structuration, ainsi que d’accroître l’investissement dans
avoir des effets secondaires indésirables (comme indiqué la recherche et le développement et d’encourager l’inno-
dans le GFSR d’octobre 2016). C’est particulièrement vation. Certaines réformes structurelles peuvent aussi sti-
vrai dans un contexte où le taux d’intérêt naturel reste muler l’activité à court terme, amplifiant ainsi les effets
bas, car cela implique moins d’accommodation moné- des politiques de soutien de la demande dans les pays
taire même lorsque les taux d’intérêt sont au plus bas. Le ayant des capacités de production inemployées. D’autres
soutien de l’activité par la voie budgétaire est donc essen- réformes structurelles nécessitent l’adoption de mesures
tiel pour passer à la vitesse supérieure lorsqu’il y a des ca- macroéconomiques de soutien afin de réduire les ef-
pacités inemployées et pour éviter une baisse durable des fets de freinage qu’elles pourraient avoir sur la croissance
anticipations inflationnistes à moyen terme. Ce soutien à court terme et l’inflation (voir chapitre 3 des PEM
doit être fonction de l’espace disponible et, lorsqu’un ajus- d’avril 2016).
tement se justifie, être axé sur des mesures qui protègent
les groupes vulnérables et sont propices à une améliora- Priorités nationales
tion des perspectives de croissance à moyen terme. Parmi •• Au Royaume-Uni, l’annonce par la Banque d’Angle-
ces mesures favorables à la croissance figurent une réforme terre en août d’une série de mesures d’accompagne-
des impôts sur le travail et des prestations sociales pour ac- ment, y compris une réduction de 25 points du taux
croître le taux d’activité, une réforme des impôts sur les bé- directeur, un nouveau dispositif de financement qui
néfices des sociétés et la mise en place d’incitations fiscales répercute la baisse du taux directeur sur le coût des
bien ciblées pour encourager l’investissement dans la re- prêts aux particuliers et la reprise de l’assouplisse-
cherche et le développement (comme indiqué dans l’édi- ment quantitatif, signale sa détermination à limiter les
tion d’avril 2016 du Moniteur des finances publiques), un risques de dégradation liés à l’après-Brexit et à main-
accroissement des capacités de production grâce à des in- tenir la confiance. Ces mesures, conjuguées à la ré-
vestissements dans les infrastructures lorsque ces dernières duction des volants de fonds propres anticycliques
sont manifestement insuffisantes, et une mise en valeur des banques qui a été annoncée immédiatement après
du capital humain grâce à l’investissement dans l’éduca- le référendum, visent à juste titre à garantir que les
tion et les soins de santé. Dans les pays qui font face à une conditions du crédit demeurent favorables tandis que
augmentation de la charge de la dette publique et des dé- l’économie britannique commence à s’ajuster aux nou-
penses au titre des droits à prestations sociales, une volonté veaux arrangements institutionnels. Sur le front bud-
crédible de mettre en œuvre des stratégies d’assainissement gétaire, il faut laisser libre jeu aux stabilisateurs auto-
à moyen terme peut créer un espace supplémentaire pour matiques. Tandis que l’impact macroéconomique du
soutenir l’activité à court terme. vote du Brexit se précise, il conviendra d’évaluer la
nécessité d’un nouveau relâchement de la politique création d’emplois au cours de l’année écoulée, qui a
budgétaire discrétionnaire à court terme et le bien- dépassé la moyenne des années d’expansion d’avant la
fondé de l’objectif de déficit à moyen terme, peut-être crise, la croissance des salaires et la hausse des prix à
dans le cadre de l’examen du budget en novembre. la consommation sont restées modérées. La pause ob-
•• Dans la zone euro, comme les anticipations inflation- servée par la Réserve fédérale après le relèvement du
nistes restent en deçà de l’objectif, que plusieurs pays taux des fonds fédéraux en décembre 2015 constitue
ont des capacités de production inemployées et que les donc une réaction appropriée à ces évolutions, ainsi
perspectives d’une expansion durable de l’activité sont qu’aux risques liés à l’environnement mondial. À
incertaines, la BCE devrait maintenir sa politique ac- l’avenir, les relèvements devraient être progressifs et
tuelle, qui est à juste titre accommodante. Un relâche- liés à des signaux clairs d’un affermissement durable
ment supplémentaire, sous forme d’une augmentation des salaires et des prix. Sur le front budgétaire, la po-
des achats d’actifs, pourrait être nécessaire si l’inflation litique modérément expansionniste à court terme est
ne remontait pas. La politique budgétaire devrait aussi appropriée. Cependant, à long terme, les finances pu-
être utilisée pour soutenir la reprise à court terme en fi- bliques se trouvent sur une trajectoire insoutenable,
nançant l’investissement et d’autres priorités dans les étant donné les augmentations anticipées des dépenses
pays où l’espace le permet et en accélérant le déploie- de santé et de retraite, parallèlement au vieillissement
ment d’investissements financés sur ressources cen- de la population et au ralentissement de la production
trales. Les pays dont la charge de la dette est élevée potentielle. La mise en place d’une stratégie crédible
devraient assainir progressivement leur position bud- de réduction du déficit et de la dette permettrait de
gétaire. Les programmes d’investissements financés sur rehausser les capacités de production en augmentant
ressources centrales devraient être étendus, et l’accès à l’investissement dans les infrastructures, en accroissant
ces programmes devrait être subordonné au respect du les taux d’activité grâce à l’expansion de l’assistance à la
Pacte de stabilité de croissance et à la mise en œuvre garde des enfants et à la réduction de l’impôt sur le re-
des réformes structurelles recommandées. Il convient venu d’activités professionnelles, combinées avec une
de soutenir davantage la demande en opérant des ré- augmentation du salaire minimum pour les travail-
formes des marchés de produits et du travail, ainsi que leurs à faible revenu, et en mettant en valeur le capital
des administrations publiques, qui visent à encou- humain en accroissant les dépenses consacrées à l’édu-
rager l’entrée et la sortie des entreprises, à accroître les cation préscolaire et aux formations professionnelles
taux d’activité et à s’attaquer à la dualité des marchés qui renforcent les qualifications. En complément de
du travail. Une action dans ces domaines, qui pourrait ce programme d’assainissement, une réforme globale
être encouragée à l’aide de repères fondés sur les résul- du code des impôts visant à simplifier et à réduire les
tats, conjuguée à une hausse de l’investissement dans exemptions encouragerait la création d’emplois, élargi-
les infrastructures et à l’achèvement du marché unique rait l’assiette des recettes et renforcerait la viabilité des
des services, de l’énergie, du commerce numérique, des finances publiques.
transports et des capitaux, rehausserait la croissance po- •• Au Japon, étant donné que la croissance se situe au-des-
tentielle et la productivité. Une accélération de la répa- sous de son potentiel et que l’inflation fléchit cette
ration des bilans des banques et des entreprises, un dis- année après l’appréciation du yen, l’assouplissement
positif commun de garantie des dépôts et une garantie monétaire de la Banque du Japon, sous forme d’achats
budgétaire pour l’union bancaire restent essentiels afin d’actifs et de taux créditeurs négatifs, a été fondamental
d’affaiblir les liens entre les banques et les États, de maî- pour éviter que l’économie ne retombe dans la défla-
triser les risques pesant sur la stabilité financière, d’amé- tion. Les mesures de relance budgétaire qui ont été an-
liorer la transmission des politiques, ainsi que de faci- noncées en août relâcheront le frein exercé par l’ex-
liter la consolidation et la restructuration du secteur piration de mesures antérieures et réduiront le risque
bancaire. Dans les pays qui sont confrontés au pro- d’une baisse de l’activité à court terme. Cependant,
blème urgent des réfugiés, il est essentiel d’intégrer ces pour assurer une accélération durable de l’inflation et
derniers dans la main-d’œuvre en traitant rapidement de la croissance, il est nécessaire de mettre en place une
les demandes d’asile, ainsi qu’en renforçant les services stratégie globale de soutien de la demande, en prenant
de formation et de placement. des mesures qui rehausseront les anticipations de crois-
•• Aux États-Unis, en dépit de la baisse continue du sance à moyen terme et accroîtront les salaires. Il s’agit
taux de chômage à moins de 5 % et du rythme de la notamment de réduire la dualité du marché du travail
et d’accroître le taux d’activité des femmes et des tra- tout en réduisant au minimum les inefficiences qui ré-
vailleurs plus âgés tout en intégrant davantage de tra- sultent de la mauvaise affectation des ressources. En
vailleurs étrangers; de stimuler l’investissement privé, outre, pour continuer de progresser dans la chaîne de la
notamment en réduisant les obstacles à l’entrée dans le valeur ajoutée, il est impératif d’améliorer la qualité du
commerce de détail et les services, en améliorant l’offre capital humain en investissant de manière adéquate dans
de capital pour de nouvelles entreprises et en renfor- l’éducation et les soins de santé.
çant le gouvernement d’entreprise de manière à décou- Pour renforcer la résilience, il convient d’agir sur plu-
rager les entreprises d’accumuler des réserves liquides sieurs fronts. Dans les pays émergents en difficulté, où
excédentaires; ainsi que d’encourager les entreprises l’activité semble avoir atteint son niveau le plus bas, il est
rentables à augmenter les salaires conformément à l’ob- impératif de continuer de faciliter la reprise en évitant un
jectif d’inflation de la Banque du Japon et à la crois- durcissement prématuré et excessif des politiques budgé-
sance de la productivité. Parallèlement à ce train de taires et monétaires. De manière plus générale, comme les
mesures de grande ampleur, un plan crédible d’assainis- contrecoups considérables de la crise financière mondiale
sement budgétaire à long terme, qui repose sur un ca- l’ont démontré, des périodes de calme relatif sur le plan
lendrier annoncé à l’avance pour une hausse progressive des conditions de financement extérieur pour les pays
de la taxe à la consommation, une réforme de la sécu- émergents et les pays en développement peuvent rapide-
rité sociale et un élargissement de l’assiette de l’impôt, ment prendre fin. Les exemples récents de fluctuations ra-
placerait les finances publiques sur une trajectoire plus pides des prix des actifs et des taux de change semblent
viable, créerait un espace supplémentaire qui permet- avoir eu des effets largement localisés et de courte durée
trait à la politique budgétaire de réagir à des revers à dans les pays touchés. Néanmoins, comme les répercus-
court terme et renforcerait la confiance dans la stratégie sions pourraient être considérables dans les pays ayant des
globale des pouvoirs publics. engagements extérieurs non couverts, et où les emprunts à
court terme sont affectés à des investissements à plus long
terme et moins liquides, ces pays doivent renforcer leurs
Pays émergents et pays en développement défenses face à d’éventuelles turbulences financières en li-
Les pays émergents et les pays en développement ont mitant les asymétries de monnaie et de bilan. En assou-
connu une période de calme relatif ces derniers mois. Les plissant leur taux de change et en permettant aux forces
conditions financières extérieures sont favorables par rap- du marché d’orienter les fluctuations de leur monnaie,
port au début de l’année 2016, et il semble que les dif- les pays peuvent mieux absorber les chocs et se protéger
ficultés macroéconomiques soient peut-être en train de de tensions extérieures prolongées, mais ils devront peut-
s’atténuer dans certains des grands pays. Comme men- être parfois intervenir sur les marchés des changes pour y
tionné plus haut dans le présent chapitre, l’ajustement maintenir l’ordre et éviter des surréactions perturbatrices.
de l’économie chinoise à une croissance plus faible et les Les pays exportateurs de pétrole qui affichent des déséqui-
perspectives moroses des prix des produits de base restent libres budgétaires élevés doivent aussi ajuster leurs finances
des forces puissantes qui déterminent les perspectives de publiques à un environnement où leurs recettes sont plus
bon nombre de ces pays. Plus particulièrement, ces deux faibles et où les conditions de financement sont peut-
reconfigurations de grande ampleur ont pesé sur l’envi- être moins favorables qu’au cours de la dernière décennie.
ronnement opérationnel des entreprises des pays émer- Dans ces conditions, ces pays doivent veiller à ce que l’as-
gents et des pays en développement, dont bon nombre sainissement de leurs finances publiques nuise le moins
sont confrontés à un endettement élevé après l’envolée du possible à la croissance.
crédit observée pendant la période 2002–12.
En dépit de la grande diversité des contextes nationaux Priorités nationales
et des niveaux de développement au sein de ce groupe, les •• La Chine continue d’accomplir des progrès dans les
grands objectifs communs des pays émergents et des pays deux tâches complexes dont elle doit s’acquitter, à sa-
en développement sont de maintenir la convergence vers voir rééquilibrer l’économie au profit de la consom-
des revenus plus élevés et de renforcer la résilience. En ce mation et des services, ainsi que laisser les forces du
qui concerne le premier objectif, il s’agit d’opérer des ré- marché jouer un plus grand rôle. Mais la dépen-
formes structurelles qui facilitent la diffusion des techno- dance de l’économie à l’égard du crédit augmente à un
logies et la création d’emplois, en exploitant de manière rythme dangereux, avec pour intermédiaire un secteur
appropriée les compétences existantes dans l’économie, financier de plus en plus opaque et complexe. Cette
dépendance élevée et croissante à l’égard du crédit tient effet positif sur l’investissement et la croissance. Cette
à plusieurs facteurs : la poursuite d’objectifs de crois- réforme fiscale et l’élimination des subventions mal ci-
sance intenables, le soutien accordé à des entreprises blées sont nécessaires pour élargir l’assiette des recettes
publiques non viables afin de préserver l’emploi et de et accroître l’enveloppe budgétaire afin d’investir dans
différer la constatation des pertes, ainsi que des prêts les infrastructures, l’éducation et les soins de santé. De
opportunistes de la part d’intermédiaires financiers qui manière plus générale, si plusieurs mesures positives
pensent que toutes les dettes sont garanties implicite- ont été prises au cours des deux dernières années, des
ment par l’État. En maintenant une croissance élevée à mesures supplémentaires visant à accroître l’efficience
court terme de cette manière, l’économie est confrontée du secteur minier et la production d’électricité sont né-
à une mauvaise affectation croissante des ressources et cessaires pour développer les capacités de production. Il
risque de subir en fin de compte un ajustement qui est essentiel d’opérer des réformes supplémentaires sur
aura des effets perturbateurs. Cela compromettrait les le marché du travail pour optimiser le potentiel d’em-
progrès impressionnants des réformes qui ont été ac- plois du dividende démographique et mieux partager
complis jusqu’à présent sur le plan de la libéralisation les fruits de la croissance. Pour améliorer la qualité de
du secteur financier et des mouvements de capitaux, l’intermédiation financière intérieure, il reste crucial
ainsi que du renforcement du système des finances pu- que la Banque de réserve de l’Inde continue de ren-
bliques locales. Les priorités d’action sont donc les sui- forcer les bilans des banques grâce à une constatation
vantes : s’attaquer au problème de l’endettement des intégrale des pertes et à une augmentation des volants
entreprises en séparant les entreprises publiques viables de fonds propres des banques.
des entreprises publiques non viables, en durcissant les •• Au Brésil, l’activité continue de se contracter, quoiqu’à
contraintes budgétaires et en améliorant la gouvernance un rythme plus modéré, l’inflation se situe au-dessus
des premières nommées tout en fermant les secondes, de la marge de tolérance de la banque centrale et la
et en absorbant les coûts qui en résultent à l’aide de crédibilité de l’action des pouvoirs publics a été grave-
fonds ciblés; répartir les pertes parmi les créanciers et ment compromise par les événements qui ont conduit
recapitaliser les banques si nécessaire; laisser l’expan- à la mise en place du nouveau régime. Il est primordial
sion du crédit fléchir et accepter le ralentissement de la de renforcer la confiance et d’accroître l’investissement
croissance du PIB qui en découle; renforcer le système en renforçant le cadre d’action. L’adoption de la règle
financier en surveillant de près la qualité du crédit et proposée pour les dépenses et l’établissement d’un pro-
la stabilité des financements, y compris dans le secteur gramme d’assainissement budgétaire cohérent à moyen
non bancaire; continuer d’avancer sur la voie de l’adop- terme enverraient un signal fort de la volonté d’agir.
tion d’un régime de change effectivement flottant, et Pour accroître l’investissement, il convient aussi de
continuer d’améliorer la qualité des données et la trans- simplifier le code des impôts, de réduire les obstacles
parence de la communication. En outre, en évitant une au commerce et de s’attaquer au déficit d’infrastruc-
nouvelle accumulation des capacités excédentaires dans tures afin de réduire le coût des affaires.
ses entreprises publiques non viables, la Chine contri- •• En Afrique du Sud, l’économie reste aux prises avec
buerait à atténuer les tensions déflationnistes dans les le recul des prix des produits de base, plus d’un quart
pays avancés qui sont aux prises avec le risque d’une de la main-d’œuvre est inemployée, et les perspectives
persistance d’une inflation basse. sont assombries par l’incertitude entourant l’action des
•• L’Inde a profité de la nette amélioration des termes de pouvoirs publics et les risques politiques. Pour stimuler
l’échange qui a fait suite à la baisse des prix des pro- la croissance, créer davantage d’emplois et réduire les
duits de base, et l’inflation y a diminué plus que prévu. inégalités, il est crucial de mettre en place un vaste
Néanmoins, les tensions inflationnistes sous-jacentes programme de réformes structurelles qui visent à in-
qui résultent des goulets d’étranglement dans les sec- tensifier la concurrence sur les marchés de produits, à
teurs de l’entreposage et de la distribution de produits rendre plus inclusives les politiques du marché du tra-
alimentaires indiquent qu’il est nécessaire de pour- vail et les relations entre les partenaires sociaux, à amé-
suivre les réformes structurelles afin de veiller à ce que liorer l’éducation et la formation, ainsi qu’à réduire
la hausse de l’indice des prix à la consommation reste les déficits d’infrastructures. Des mesures ayant pour
à l’intérieur de sa fourchette cible à moyen terme. Des objectif d’améliorer l’efficience et la gouvernance des
mesures importantes ont été prises en vue de la mise en entreprises publiques, notamment en augmentant la
œuvre de la taxe sur les biens et services, ce qui aura un participation du secteur privé, constituent un élément
particulièrement important du train de réformes qui conformes aux projections des PEM d’avril 2016. En
est nécessaire pour rehausser les perspectives de crois- outre, cependant, certains de ces pays ont subi des chocs
sance et réduire les risques budgétaires conditionnels. non macroéconomiques, notamment des conflits et des
S’il est possible que certaines de ces réformes prennent situations sécuritaires difficiles (Afghanistan, Soudan du
du temps à se répercuter positivement sur la crois- Sud, Yémen, région du Sahel) ainsi que des sécheresses et
sance, des bienfaits immédiats peuvent résulter du re- des catastrophes naturelles (Éthiopie, Lesotho, Malawi,
gain de confiance et de la stabilité de l’action des pou- Mozambique, Myanmar), ce qui a aggravé une situation
voirs publics qui est ainsi signalée. macroéconomique déjà précaire.
•• En Russie, les effets combinés de la baisse des prix du Dans les pays dépendants des produits de base, la po-
pétrole, des sanctions et de l’accès réduit des entre- litique économique a été lente à s’ajuster aux conditions
prises aux marchés internationaux des capitaux ont économiques difficiles. Après s’être creusés vivement en
plongé l’économie dans une récession depuis la fin de 2015, les déficits des transactions extérieures courantes
2014. Bien qu’un retour de la croissance soit prévu en devraient se réduire légèrement en 2016, grâce en partie
2016, un durcissement excessif de la politique bud- à des dépréciations monétaires. Mais les dépréciations de
gétaire devrait être évité d’un point de vue cyclique. monnaies ont aussi fait monter l’inflation dans certains
L’ancrage de la politique budgétaire à un programme pays (par exemple Mozambique, Nigéria et Zambie) ou
d’assainissement à moyen terme et la remise en place accru les engagements au titre de la dette extérieure. Les
du dispositif sur trois ans qui est fondé sur une mise déficits budgétaires devraient rester élevés jusqu’à la fin de
à jour des perspectives des prix du pétrole renforce- 2016, car un fléchissement des recettes contrebalance les
raient la transparence et la confiance, et aideraient réductions des dépenses.
l’économie à s’ajuster au nouveau contexte des prix Parmi les pays dont l’économie est diversifiée, les po-
des produits de base. Comme les tensions inflation- sitions des finances publiques et des transactions exté-
nistes demeurent contenues, l’assouplissement de la rieures courantes ne se sont pas améliorées en dépit de la
politique monétaire devrait se poursuivre pour contri- persistance d’une croissance économique vigoureuse, et
buer à l’ajustement. Une amélioration du contrôle et ce, en raison des progrès limités qui ont été accomplis sur
de la réglementation du secteur financier, des examens le plan de l’adoption de mesures anticycliques — en par-
exhaustifs de la qualité des actifs en vue de recapita- ticulier, les dépenses courantes ont augmenté plus rapide-
lisations bancaires financées par l’État si nécessaire et ment que les recettes dans certains cas.
un renforcement du cadre de résolution accroîtraient Dans ces conditions, si la priorité absolue pour les pays
la résilience du système financier, amélioreraient l’ef- en développement à faible revenu consiste à atteindre les
ficience de l’affectation du crédit et rehausseraient les objectifs de développement durable des Nations Unies,
perspectives de croissance à moyen terme. des mesures visant à réagir à des problèmes macroécono-
miques à court terme aideront aussi à réaliser ces objectifs
à long terme. En particulier, la création d’un espace bud-
Pays en développement à faible revenu gétaire, grâce à une mobilisation accrue des ressources in-
Parmi les pays à faible revenu, ceux qui sont tribu- térieures et à une amélioration de l’efficience des dépenses
taires de leurs exportations de produits de base restent publiques, la réorientation des dépenses budgétaires de
confrontés à des perspectives différentes. Étant donné manière à protéger les groupes vulnérables et à s’attaquer
que les prix des produits de base se situent bien en deçà au déficit d’infrastructures afin de mieux distribuer les
de leurs pics de 2014, que la croissance mondiale est mo- fruits de la croissance, une amélioration de la résilience du
dérée et que les conditions de financement se durcissent secteur financier grâce au renforcement de la réglementa-
de nouveau, la croissance économique a ralenti sensible- tion prudentielle, ainsi qu’un approfondissement de l’in-
ment dans les pays en développement à faible revenu qui clusion financière, contribueront à la stabilisation macro-
sont tributaires des produits de base, en particulier ceux économique, ainsi qu’à la résilience économique globale, à
qui exportent des carburants. En fait, bon nombre des une croissance soutenue et au développement.
risques recensés à l’encadré 1.2 des PEM d’avril 2016 se Les priorités à court terme des pays en développement
matérialisent aujourd’hui pour ce groupe de pays. Par à faible revenu diffèrent selon leur degré de dépendance à
contre, les anticipations de croissance pour les pays en l’égard des exportations de produits de base :
développement à faible revenu dont l’économie est re- •• L’ajustement des politiques macroéconomiques qui
lativement diversifiée restent solides, et plus ou moins est en cours doit se poursuivre et, dans certains cas,
s’accélérer dans les pays en développement à faible re- la réglementation financière, le commerce et le dispositif
venu tributaires des produits de base. En particulier, mondial de sécurité financière.
l’ajustement de la politique budgétaire doit être mieux •• Réforme de la réglementation financière. Des progrès ré-
concilié avec les efforts déployés pour accroître la guliers ont été accomplis en ce qui concerne le renfor-
contribution du secteur hors produits de base aux re- cement des volants de fonds propres et de liquidités
cettes budgétaires. Dans les pays d’Afrique subsaha- dans les banques, mais il reste du travail à effectuer
rienne qui ont été durement touchés par la chute des pour mettre en œuvre des dispositifs efficaces de réso-
prix des produits de base, en particulier les pays ex- lution et s’attaquer à de nouveaux risques liés aux in-
portateurs de pétrole, l’ajustement s’est amorcé, mais termédiaires non bancaires. Il est nécessaire aussi d’in-
il reste loin d’être suffisant et continue de reposer tensifier la coopération internationale sur le plan de
sur des mesures insoutenables, telles que l’utilisation la réglementation afin de limiter la réduction des rela-
des réserves, des financements de la banque centrale tions de correspondants bancaires qui offrent aux pays
et l’accumulation d’arriérés. Au lieu de cela, c’est un à faible revenu vulnérables une voie d’accès au système
ajustement durable qui est nécessaire, fondé sur un en- de paiement international.
semble cohérent de mesures de grande ampleur. Pour •• Commerce. Étant donné la réaction négative au com-
la plupart des pays qui disposent d’un espace budgé- merce mondial qui semble apparaître dans les pays
taire limité, il convient de rationaliser les dépenses, avancés, il est urgent pour les dirigeants de réorienter
dans la mesure du possible en préservant les dépenses le débat sur les bienfaits de l’intégration et de veiller à
d’équipement et les dépenses sociales prioritaires, et ce que les groupes de la population qui assument l’es-
en maîtrisant les dépenses courantes. Il conviendra de sentiel du coût de l’ajustement dans un système com-
mieux gérer les effets secondaires de la flexibilité du mercial ouvert reçoivent une aide adéquate grâce à des
taux de change et de la dépréciation des monnaies en initiatives sociales bien ciblées. Comme noté au cha-
durcissant la politique monétaire dans certains pays pitre 2, le ralentissement des nouvelles réformes com-
et en renforçant les cadres de politique monétaire qui merciales au cours des dernières années, conjugué
ancrent les anticipations inflationnistes. Il sera néces- à une montée des mesures protectionnistes, semble
saire de renforcer la réglementation et le contrôle du avoir contribué en partie au fléchissement du com-
secteur financier pour gérer les engagements en devises merce mondial. Il convient de relancer le processus
sur les bilans. Il reste opportun de s’employer en prio- de libéralisation commerciale afin de soutenir la crois-
rité à moyen terme à accroître la résilience de l’éco- sance du commerce et de rehausser la productivité. Il
nomie en reconstituant les amortisseurs budgétaires est largement possible de réduire davantage les coûts
lorsque les prix des produits de base se redresseront et des échanges commerciaux en réduisant les droits de
en opérant des réformes structurelles visant à diversi- douane là où ils restent élevés, en ratifiant et en ap-
fier l’économie et à en accroître la productivité. pliquant intégralement les engagements pris dans le
•• Pour les pays en développement à faible revenu dont l’éco- cadre de l’Accord sur la facilitation des échanges et en
nomie est relativement diversifiée, si la croissance reste définissant une marche à suivre pour le programme
vigoureuse, il est impératif de s’attacher à adopter des post-Doha. La prochaine génération de réformes com-
mesures macroéconomiques anticycliques, en particu- merciales devra mettre l’accent sur les domaines qui
lier pour reconstituer les amortisseurs budgétaires. Une sont les plus importants pour l’économie mondiale
solide gestion de la dette aidera aussi les pays exposés contemporaine, à savoir réduire les obstacles au com-
aux marchés financiers mondiaux à mieux faire face à merce électronique et au commerce des services, amé-
la volatilité des entrées de capitaux. liorer la coopération sur le plan de la réglementation et
exploiter les complémentarités entre l’investissement
et le commerce. Les réformes doivent être combi-
Action multilatérale nées avec des mesures qui atténuent les coûts pour les
Étant donné que la croissance est faible et que la groupes qui sont touchés. En particulier, comme noté
marge de manœuvre est limitée dans de nombreux pays, au chapitre 2, des programmes spécifiques d’assistance
l’action multilatérale est encore plus importante pour à l’ajustement et une aide efficace à la reconversion, à
pérenniser une amélioration du niveau de vie à l’échelle la formation professionnelle, ainsi qu’à la mobilité pro-
mondiale. Un effort multilatéral durable doit être dé- fessionnelle et géographique pourraient jouer un rôle
ployé à plusieurs niveaux, parmi lesquels la réforme de important dans certains cas.
•• Renforcement du dispositif mondial de sécurité finan- des effets de contagion ou d’entraînement internatio-
cière. Étant donné la combinaison d’une croissance naux. Les risques liés à des facteurs non économiques
mondiale qui reste modérée et de risques de dégrada- qui ont des ramifications internationales, tels que la
tion prononcés, il importe de renforcer le dispositif crise actuelle des réfugiés, démontrent de nouveau
mondial de sécurité financière pour aider les pays qu’il convient de mettre en place des mécanismes fi-
qui, en dépit de la solidité de leurs paramètres écono- nancés à l’échelle mondiale pour aider les pays ex-
miques fondamentaux, pourraient être vulnérables à posés à absorber les tensions.
des pays émergents en 2015 (2016) a été plus de trois (deux) fois
supérieure à sa valeur médiane des vingt dernières années.
Tableau de l’annexe 1.1.1. Pays européens : PIB réel, prix à la consommation, solde extérieur courant et chômage
(Variations annuelles en pourcentage, sauf indication contraire)
PIB réel Prix à la consommation1 Solde extérieur courant2 Chômage3
Projections Projections Projections Projections
2015 2016 2017 2015 2016 2017 2015 2016 2017 2015 2016 2017
Europe 2,4 2,0 1,8 0,6 0,9 1,8 2,3 2,3 2,3 ... ... ...
Pays avancés 2,2 1,7 1,5 0,1 0,4 1,3 2,7 2,7 2,8 9,5 8,7 8,5
Zone euro4,5 2,0 1,7 1,5 0,0 0,3 1,1 3,2 3,4 3,1 10,9 10,0 9,7
Allemagne 1,5 1,7 1,4 0,1 0,4 1,5 8,4 8,6 8,1 4,6 4,3 4,5
France 1,3 1,3 1,3 0,1 0,3 1,0 –0,2 –0,5 –0,4 10,4 9,8 9,6
Italie 0,8 0,8 0,9 0,1 –0,1 0,5 2,2 2,2 1,9 11,9 11,5 11,2
Espagne 3,2 3,1 2,2 –0,5 –0,3 1,0 1,4 1,9 1,7 22,1 19,4 18,0
Pays-Bas 2,0 1,7 1,6 0,2 0,1 0,9 8,6 9,1 8,2 6,9 6,7 6,5
Belgique 1,4 1,4 1,4 0,6 2,1 1,6 0,0 0,1 0,4 8,5 8,4 8,3
Autriche 0,9 1,4 1,2 0,8 0,9 1,5 2,6 2,6 2,7 5,7 6,2 6,4
Grèce –0,2 0,1 2,8 –1,1 –0,1 0,6 0,0 0,0 0,0 25,0 23,3 21,5
Portugal 1,5 1,0 1,1 0,5 0,7 1,1 0,4 0,0 –0,7 12,4 11,2 10,7
Irlande 26,3 4,9 3,2 0,0 0,3 1,2 10,2 9,5 9,1 9,5 8,3 7,7
Finlande 0,2 0,9 1,1 –0,2 0,4 1,2 0,1 0,1 0,2 9,3 9,1 8,9
République slovaque 3,6 3,4 3,3 –0,3 –0,2 1,1 –1,3 –1,0 –0,6 11,5 9,9 8,8
Lituanie 1,6 2,6 3,0 –0,7 0,5 1,2 –1,7 –1,6 –2,8 9,1 7,8 7,6
Slovénie 2,3 2,3 1,8 –0,5 –0,3 1,0 5,2 7,7 7,2 9,0 8,2 7,9
Luxembourg 4,8 3,5 3,1 0,1 0,2 1,0 5,5 4,4 4,3 6,9 6,4 6,3
Lettonie 2,7 2,5 3,4 0,2 0,2 1,7 –1,2 –2,0 –1,2 9,9 9,4 9,2
Estonie 1,1 1,5 2,5 0,1 0,5 1,4 2,1 0,6 0,0 6,1 5,6 5,5
Chypre5 1,5 2,8 2,2 –1,5 –1,0 0,5 –3,6 –0,9 –3,7 14,9 13,0 11,6
Malte 6,2 4,1 3,4 1,2 1,2 1,5 9,9 6,2 5,8 5,4 4,8 4,9
Royaume-Uni5 2,2 1,8 1,1 0,1 0,7 2,5 –5,4 –5,9 –4,3 5,4 5,0 5,2
Suisse 0,8 1,0 1,3 –1,1 –0,4 0,0 11,4 9,2 9,0 3,2 3,5 3,4
Suède 4,2 3,6 2,6 0,7 1,1 1,4 5,2 5,0 5,3 7,4 6,9 6,7
Norvège 1,6 0,8 1,2 2,2 3,2 2,3 9,0 7,0 7,6 4,4 4,7 4,5
République tchèque 4,5 2,5 2,7 0,3 0,6 1,9 0,9 1,5 1,0 5,0 4,1 4,1
Danemark 1,0 1,0 1,4 0,5 0,4 1,1 7,0 6,7 6,6 6,2 6,0 5,8
Islande 4,0 4,9 3,8 1,6 1,7 3,1 4,2 2,9 1,9 4,0 3,4 3,5
Saint-Marin 0,5 1,0 1,2 0,1 0,6 0,7 ... ... ... 8,4 7,9 7,3
Pays émergents et en
développement d’Europe6 3,6 3,3 3,1 2,9 3,1 4,2 –1,9 –2,0 –3,0 ... ... ...
Turquie 4,0 3,3 3,0 7,7 8,4 8,2 –4,5 –4,4 –5,6 10,3 10,2 10,2
Pologne 3,6 3,1 3,4 –0,9 –0,6 1,1 –0,2 –0,1 –1,0 7,5 6,3 6,2
Roumanie 3,8 5,0 3,8 –0,6 –1,5 1,7 –1,1 –2,0 –2,8 6,8 6,4 6,2
Hongrie 2,9 2,0 2,5 –0,1 0,4 1,9 4,4 4,9 4,6 6,8 6,0 5,8
Bulgarie5 3,0 3,0 2,8 –1,1 –1,6 0,6 1,4 0,8 0,0 9,2 8,2 7,1
Serbie 0,7 2,5 2,8 1,4 1,3 3,2 –4,8 –4,2 –3,9 18,5 18,6 18,7
Croatie 1,6 1,9 2,1 –0,5 –1,0 0,8 5,2 3,0 2,2 16,9 16,4 15,9
Note : Les données indiquées pour certains pays sont calculées sur la base des exercices budgétaires. Veuillez vous reporter au tableau F de l’appendice statistique pour
une liste des pays ayant des périodes de référence exceptionnelles.
1Les variations des prix à la consommation sont données en moyennes annuelles. Les variations de décembre à décembre sont indiquées dans les tableaux A6 et A7 de
l’appendice statistique.
2En pourcentage du PIB.
3En pourcentage. Les définitions nationales du chômage peuvent varier.
4Solde extérieur courant corrigé des discordances constatées entre les informations communiquées sur les opérations effectuées au sein de la zone.
5Sur la base de l’indice des prix à la consommation harmonisé d’Eurostat.
6Inclut l’Albanie, la Bosnie-Herzégovine, le Kosovo, l’ex-République yougoslave de Macédoine et le Monténégro.
Tableau de l’annexe 1.1.2. Pays d’Asie et Pacifique : PIB réel, prix à la consommation, solde extérieur courant et chômage
(Variations annuelles en pourcentage, sauf indication contraire)
PIB réel Prix à la consommation1 Solde extérieur courant2 Chômage3
Projections Projections Projections Projections
2015 2016 2017 2015 2016 2017 2015 2016 2017 2015 2016 2017
Asie 5,4 5,4 5,3 2,3 2,5 2,9 2,8 2,6 1,9 ... ... ...
Pays avancés 1,2 1,3 1,6 0,8 0,5 1,2 4,1 4,4 3,8 3,7 3,6 3,5
Japon 0,5 0,5 0,6 0,8 –0,2 0,5 3,3 3,7 3,3 3,4 3,2 3,2
Corée 2,6 2,7 3,0 0,7 1,0 1,9 7,7 7,2 5,9 3,6 3,6 3,3
Australie 2,4 2,9 2,7 1,5 1,3 2,1 –4,7 –3,5 –3,9 6,1 5,7 5,7
Taiwan (province chinoise de) 0,6 1,0 1,7 –0,3 1,1 1,1 14,6 15,0 14,4 3,8 3,9 4,0
Singapour 2,0 1,7 2,2 –0,5 –0,3 1,1 19,8 19,3 19,3 1,9 2,0 2,0
Hong Kong (RAS) 2,4 1,4 1,9 3,0 2,5 2,6 3,1 2,8 2,9 3,3 3,2 3,1
Nouvelle-Zélande 3,0 2,8 2,7 0,3 0,7 1,6 –3,2 –3,0 –3,5 5,4 5,3 5,5
Macao (RAS)4 –20,3 –4,7 0,2 4,6 2,6 2,8 28,0 28,4 29,2 1,9 1,9 2,0
Pays émergents et en
développement d’Asie 6,6 6,5 6,3 2,7 3,1 3,3 2,1 1,6 0,8 ... ... ...
Chine 6,9 6,6 6,2 1,4 2,1 2,3 3,0 2,4 1,6 4,1 4,1 4,1
Inde5 7,6 7,6 7,6 4,9 5,5 5,2 –1,1 –1,4 –2,0 ... ... ...
ASEAN-5 4,8 4,8 5,1 3,3 2,5 3,4 1,5 1,2 0,7 ... ... ...
Indonésie 4,8 4,9 5,3 6,4 3,7 4,2 –2,1 –2,3 –2,3 6,2 5,6 5,7
Thaïlande 2,8 3,2 3,3 –0,9 0,3 1,6 7,8 9,6 7,7 0,9 0,8 0,7
Malaisie 5,0 4,3 4,6 2,1 2,1 3,0 3,0 1,2 1,5 3,2 3,2 3,2
Philippines 5,9 6,4 6,7 1,4 2,0 3,4 2,9 1,8 1,4 6,3 5,9 5,7
Viet Nam 6,7 6,1 6,2 0,6 2,0 3,6 0,5 0,4 0,1 2,4 2,4 2,4
Autres pays émergents et
en développement d’Asie6 6,0 6,0 6,3 6,0 6,3 6,7 –1,5 –2,4 –3,5 ... ... ...
Pour mémoire
Pays émergents d’Asie7 6,7 6,5 6,3 2,6 3,0 3,2 2,2 1,7 1,0 ... ... ...
Note : Les données indiquées pour certains pays sont calculées sur la base des exercices budgétaires. Veuillez vous reporter au tableau F de l’appendice statistique pour
une liste des pays ayant des périodes de référence exceptionnelles.
1Les variations des prix à la consommation sont données en moyennes annuelles. Les variations de décembre à décembre sont indiquées dans les tableaux A6 et A7 de
l’appendice statistique.
2En pourcentage du PIB.
3En pourcentage. Les définitions nationales du chômage peuvent varier.
4La RAS de Macao est classée parmi les pays avancés. Il s’agit d’une région administrative spéciale de Chine, mais ses données statistiques sont tenues à jour de manière
séparée et indépendante.
5Voir notes pour l’Inde dans la section des notes de l’appendice statistique.
6Les autres pays émergents et en développement d’Asie incluent les pays suivants : Bangladesh, Bhoutan, Brunéi Darussalam, Cambodge, Fidji, îles Marshall, îles Salomon,
Kiribati, Maldives, Micronésie, Mongolie, Myanmar, Népal, Palaos, Papouasie-Nouvelle-Guinée, République démocratique populaire lao, Samoa, Sri Lanka, Timor-Leste,
Tonga, Tuvalu et Vanuatu.
7Les pays émergents d’Asie incluent les pays de l’ASEAN-5 (Indonésie, Malaisie, Philippines, Thaïlande, Viet Nam), la Chine et l’Inde.
l’appendice statistique.
2En pourcentage du PIB.
3En pourcentage. Les définitions nationales du chômage peuvent varier.
4L’État libre de Porto Rico est classé parmi les pays avancés. Il s’agit d’un territoire des États-Unis, mais ses données statistiques sont tenues à jour de manière séparée et
indépendante.
5Inclut aussi le Guyana et le Suriname. Les données relatives aux prix à la consommation en Argentine et au Venezuela sont exclues. Voir les notes pour l’Argentine dans la
et Trinité-et-Tobago.
9Inclut le Mexique et les pays d’Amérique centrale, d’Amérique du Sud et des Caraïbes. Les données relatives aux prix à la consommation en Argentine et au Venezuela
sont exclues. Voir les notes pour l’Argentine dans la section des notes de l’appendice statistique.
10Antigua-et-Barbuda, Dominique, Grenade, Saint-Kitts-et-Nevis, Saint-Vincent-et-les Grenadines et Sainte-Lucie, ainsi qu’Anguilla et Montserrat, qui ne sont pas membres
du FMI.
dice statistique.
2En pourcentage du PIB.
3En pourcentage. Les définitions nationales du chômage peuvent varier.
4La Géorgie, le Turkménistan et l’Ukraine, qui ne sont pas membres de la Communauté des États indépendants, sont inclus dans ce groupe pour des raisons de géogra-
l’appendice statistique.
2En pourcentage du PIB.
3En pourcentage. Les définitions nationales du chômage peuvent varier.
4Ce groupe comprend aussi le Bahreïn, la Libye, Oman et le Yémen.
5Ce groupe comprend aussi l’Afghanistan, Djibouti et la Mauritanie. La Syrie est exclue en raison de l’incertitude qui entoure sa situation politique.
6Israël, qui n’est pas membre de la région économique, est inclus pour des raisons de géographie. Les chiffres relatifs à Israël ne sont pas inclus dans les agrégats de la
région.
7Algérie, Libye, Maroc, Mauritanie et Tunisie.
8Égypte, Jordanie et Liban. La Syrie est exclue en raison de l’incertitude qui entoure sa situation politique.
Tableau de l’annexe 1.1.6. Afrique subsaharienne : PIB réel, prix à la consommation, solde extérieur courant et chômage
(Variations annuelles en pourcentage, sauf indication contraire)
PIB réel Prix à la consommation1 Solde extérieur courant2 Chômage3
Projections Projections Projections Projections
2015 2016 2017 2015 2016 2017 2015 2016 2017 2015 2016 2017
Afrique subsaharienne 3,4 1,4 2,9 7,0 11,3 10,8 –5,9 –4,5 –3,9 ... ... ...
Pays exportateurs de pétrole4 2,4 –1,7 0,8 9,1 19,1 19,3 –4,8 –2,1 –1,8 ... ... ...
Nigéria 2,7 –1,7 0,6 9,0 15,4 17,1 –3,1 –0,7 –0,4 9,0 12,1 ...
Angola 3,0 0,0 1,5 10,3 33,7 38,3 –8,5 –5,4 –5,4 ... ... ...
Gabon 4,0 3,2 4,5 0,1 2,5 2,5 –2,3 –5,3 –4,7 ... ... ...
Tchad 1,8 –1,1 1,7 3,7 0,0 5,2 –12,4 –8,7 –7,8 ... ... ...
République du Congo 2,3 1,7 5,0 2,0 4,0 3,7 –21,0 –8,2 –2,1 ... ... ...
Pays à revenu intermédiaire5 2,6 1,9 2,9 5,4 7,0 5,7 –4,3 –3,9 –3,6 ... ... ...
Afrique du Sud 1,3 0,1 0,8 4,6 6,4 6,0 –4,3 –3,3 –3,2 25,4 26,3 27,0
Ghana 3,9 3,3 7,4 17,2 17,0 10,0 –7,5 –6,3 –6,0 ... ... ...
Côte d’Ivoire 8,5 8,0 8,0 1,2 1,0 1,5 –1,8 –1,8 –2,1 ... ... ...
Cameroun 5,8 4,8 4,2 2,7 2,2 2,2 –4,2 –4,2 –4,0 ... ... ...
Zambie 3,0 3,0 4,0 10,1 19,1 9,1 –3,5 –4,5 –2,2 ... ... ...
Sénégal 6,5 6,6 6,8 0,1 1,0 1,8 –7,6 –8,4 –8,2 ... ... ...
Pays à faible revenu6 5,8 5,4 5,8 5,7 5,8 5,9 –10,1 –8,8 –7,4 ... ... ...
Éthiopie 10,2 6,5 7,5 10,1 7,7 8,2 –12,0 –10,7 –9,3 ... ... ...
Kenya 5,6 6,0 6,1 6,6 6,2 5,5 –6,8 –6,4 –6,1 ... ... ...
Tanzanie 7,0 7,2 7,2 5,6 5,2 5,0 –8,8 –8,8 –8,8 ... ... ...
Ouganda 4,8 4,9 5,5 5,5 5,5 5,1 –9,4 –8,7 –8,9 ... ... ...
Madagascar 3,1 4,1 4,5 7,4 6,7 6,9 –1,9 –2,3 –3,7 ... ... ...
République démocratique du Congo 6,9 3,9 4,2 1,0 1,7 2,7 –3,7 –0,8 5,2 ... ... ...
Pour mémoire
Afrique subsaharienne
hors Soudan du Sud 3,4 1,5 2,9 6,7 10,2 10,4 –5,8 –4,5 –3,9 ... ... ...
Note : Les données indiquées pour certains pays sont calculées sur la base des exercices budgétaires. Veuillez vous reporter au tableau F de l’appendice statistique pour
une liste des pays ayant des périodes de référence exceptionnelles.
1Les variations des prix à la consommation sont données en moyennes annuelles. Les variations de décembre à décembre sont indiquées dans le tableau A7 de l’appen-
dice statistique.
2En pourcentage du PIB.
3En pourcentage. Les définitions nationales du chômage peuvent varier.
4Ce groupe comprend aussi la Guinée équatoriale et le Soudan du Sud.
5Ce groupe comprend aussi les pays suivants : Botswana, Cabo Verde, Lesotho, Maurice, Namibie, Seychelles et Swaziland.
6Ce groupe comprend aussi les pays suivants : Bénin, Burkina Faso, Burundi, Comores, Érythrée, Gambie, Guinée, Guinée Bissau, Libéria, Malawi, Mali, Mozambique, Niger,
Dossier spécialSpecial
: Marchés des produits
Feature de baseFeature
Title: Special — évolution
Head et prévisions
principalement de la sécurité et des marchés alimentaires dans l’économie mondiale
Les cours des produits de base ont rebondi depuis la publica- Graphique [Link].1. Évolution des marchés des produits de base
tion de l’édition d’avril 2016 des Perspectives de l’économie 1. Indice des cours des produits de base
320 (2005 = 100)
mondiale (PEM) malgré les incertitudes croissantes qui ont Ensemble des produits Énergie
280 Denrées alimentaires Métaux
suivi le vote sur le Brexit — le 23 juin 2016, le Royaume-Uni
240
s’est prononcé par référendum en faveur de la sortie de l’Union
200
européenne. Des interruptions de l’offre dans divers pays ont
160
provoqué un resserrement des marchés pétroliers. L’annonce
120
d’un programme de relance en Chine a amélioré les pers-
pectives de la demande de métaux, ainsi que leurs cours. Des 80
Le récent rebond des cours a aidé les producteurs de prévu. À moyen terme, le marché du pétrole devrait nor-
pétrole de schiste, ce qui a entraîné une forte baisse du malement rester très tendu en raison des contraintes
nombre d’installations de forage. En outre, il permet d’offre, la baisse des cours ayant provoqué une réduction
d’achever des puits déjà forés, ce qui accroîtra la produc- spectaculaire de l’investissement dans les opérations d’ex-
tion des États-Unis. Un durcissement des conditions du traction, à moins que la production de pétrole de schiste
crédit pourrait toutefois freiner le redressement de l’in- puisse être stimulée ou que la demande mondiale ne di-
vestissement. La production au Canada est robuste, mais minue. Dans ce contexte, des événements géopolitiques
les nouveaux investissements dans les gisements de sables pourraient déclencher de fortes hausses des cours.
bitumineux sont limités. En somme, les incertitudes re- Après avoir reculé progressivement depuis 2011 à cause
latives à l’offre tiennent à la persistance d’interruptions du ralentissement de l’activité et du désintérêt pour les in-
involontaires, à la stratégie de l’OPEP et aux investisse- vestissements intensifs dans les produits de base constatés
ments dans les gisements de pétrole non classique. en Chine, les cours des métaux ont rebondi de 12 % à
Après la forte progression de la demande de pétrole l’an compter de février 2016 (graphique [Link].1, plage 4).
dernier (1,6 million de barils par jour), en raison, pour l’es- Cependant, l’annonce récente d’un programme de re-
sentiel, du faible niveau des cours, l’Agence internationale lance orienté vers le secteur du bâtiment les a quelque peu
de l’énergie s’attend à ce que la croissance de la demande soutenus. D’après les projections, ils diminueront de 8 %
soit légèrement supérieure à la tendance (1,3 million de en 2016 et progresseront de 2 % en 2017. Les cours à
barils par jour en 2016 et 1,2 million en 2017). Étant terme indiquent qu’ils continueront d’être bas.
donné cette vigueur de la demande, l’érosion continue de Les cours des produits agricoles de base ont dans l’en-
la production à coût élevé et les graves interruptions im- semble augmenté de 9 % depuis février 2016. Ceux des
prévues de l’offre, les marchés du pétrole comptent sur un denrées alimentaires ont progressé de 7 %, des hausses
retour à l’équilibre l’an prochain. ayant été constatées pour la plupart de ces produits, à
Les cours du gaz naturel diminuent, le cours moyen de rares exceptions près comme le blé et le maïs. Jusqu’à
pour les États-Unis, l’Europe et le Japon (l’un des indices une date récente, les cours internationaux ne reflétaient
principaux) ayant baissé de 6 % depuis février 2016. La pas intégralement le choc des mauvaises conditions at-
chute de ceux du pétrole, la production abondante de mosphériques, mais El Niño et la crainte de La Niña
gaz en Russie et la faiblesse de la demande en Asie ont ont eu des répercussions sur les marchés alimentaires in-
contribué à ce recul. Aux États-Unis, les cours du gaz na- ternationaux. En outre, le Brésil, grand producteur no-
turel ont par contre légèrement augmenté en raison de tamment de maïs, de soja, de café et de bœuf, a souffert
la forte demande du secteur de l’électricité imputable à d’une sécheresse prolongée. Ces deux dernières années,
des températures plus élevées que prévu. L’indice moyen d’autres régions ont comblé la différence, mais on s’at-
des cours du charbon en Afrique du Sud et en Australie a tend à ce que les stocks mondiaux de maïs et de soja di-
aussi progressé (32 %) depuis février 2016, parallèlement minuent. Les stocks de blé devraient normalement aug-
aux autres cours de l’énergie et des métaux. menter grâce aux résultats positifs de la production aux
Dans le domaine du pétrole, les contrats à terme États-Unis, dans l’Union européenne et en Russie, ce qui
font ressortir une hausse des cours (graphique [Link].1, se traduirait par une baisse des cours.
plage 2). Dans les hypothèses de référence qu’il établit Selon les projections, les cours annuels des denrées ali-
pour les cours au comptant moyens à partir des cours mentaires progresseront l’an prochain sous l’effet d’un
à terme, le FMI laisse entendre que les cours annuels changement des conditions climatiques. Leurs niveaux ac-
moyens seront de 43,0 dollars le baril en 2016, soit une tuels dépassent déjà de 3 % ceux de 2015, et ils augmente-
baisse de 15 % par rapport à 2015, et de 50,6 dollars ront de 2 % en 2016 et resteront plus ou moins inchangés
en 2017 (graphique [Link].1, plage 3). De grandes incer- en 2017. Pendant les deux prochaines années, on s’attend
titudes continuent de peser sur ces hypothèses. Les ten- à une légère hausse des cours des principaux produits ali-
sions géopolitiques au Moyen-Orient peuvent certes per- mentaires, comme le riz. Les risques qui pèsent sur ces
turber le marché, mais le niveau élevé des stocks et une cours sont liés aux changements atmosphériques, notam-
riposte rapide des producteurs de pétrole de schiste aux ment La Niña, dont les retombées négatives sur les récoltes
États-Unis devraient limiter l’ampleur de tout ajustement sont en général plus fortes que celles d’El Niño.
brutal des cours dans un avenir proche. La demande de La section ci-après donne une vision à plus long terme
pétrole pourrait fléchir si les conséquences du Brexit sur des marchés alimentaires et examine leur évolution au fil
la demande globale mondiale étaient plus graves que des dernières décennies.
La sécurité et les marchés alimentaires le poisson et les fruits de mer (porc, crevettes, etc.), les bois-
dans l’économie mondiale sons (café, thé, cacao, etc.), les oléagineux (soja, arachides,
Le débat sur l’évolution de la relation entre l’offre ali- etc.) et le sucre4. Ces catégories sont très différentes en termes
mentaire et la population remonte au moins à Malthus et à de valeur nutritionnelle, de périssabilité et de stockage. Le
son importante théorie (1798). Depuis lors, de nombreux secteur agricole est un moyen d’existence pour des millions
auteurs ont étudié l’interaction entre la technologie, la po- de personnes, que ce soit grâce aux cultures commerciales
pulation et le revenu par habitant, ainsi que la façon dont ou à l’agriculture de subsistance. Il emploie 30 % de la po-
naissent les différents régimes de croissance1. L’une des pulation active (plus de 750 millions de travailleurs) dans
idées maîtresses est que l’ère moderne se caractérise par une le monde et 60 % de celle de l’Afrique subsaharienne (voir
croissance rapide et des divergences entre les pays, contrai- Banque mondiale, 2015a). Historiquement, le processus de
rement à ce qui s’est passé pendant la majeure partie de mutation structurelle qui a réorienté la population active du
l’histoire humaine (appelée l’ère malthusienne), qui a été secteur de l’agriculture (à faible rentabilité) vers celui de l’in-
marquée par la stagnation du revenu par habitant. dustrie (à forte rentabilité) permet d’expliquer pour l’essen-
On considère à l’heure actuelle que l’accès aux den- tiel la hausse rapide de la productivité mondiale (voir Duarte
rées alimentaires est un problème auquel sont principale- et Restuccia, 2010).
ment confrontés les pays pauvres. Toutefois, l’évolution Il n’est guère surprenant que la majeure partie de la pro-
des marchés alimentaires a une portée considérable et est duction alimentaire soit consommée au niveau national
révélatrice de celle des structures au niveau mondial2. La — d’après la Banque mondiale (2015a), environ 85 % des
croissance rapide des pays émergents, la transition démo- aliments sont produits dans le pays où ils sont consommés.
graphique et les mutations technologiques façonnent ces Il existe de grandes différences entre les catégories d’aliments
marchés, qui sont par ailleurs segmentés et subissent de selon, entre autres, qu’il s’agit ou non de cultures de rapport.
multiples distorsions dans les domaines de l’investissement Le contrecoup des variations des cours internationaux sont
et des échanges. Il est donc judicieux d’étudier en profon- souvent limités par la fiscalité, des subventions, le contrôle
deur l’évolution récente et future des marchés alimentaires des prix, la faible intégration du marché et les coûts locaux
et d’examiner leur rôle dans la sécurité alimentaire3. de distribution. La répercussion moyenne à long terme d’un
Le présent dossier spécial répond aux questions choc de 1 % sur les prix alimentaires intérieurs est de l’ordre
ci-après sur l’évolution des marchés et de la sécurité de 0,10 % dans les pays avancés et de 0,15 % dans les pays
alimentaires : émergents (voir l’encadré 3.3 du chapitre 3)5. Pour ces rai-
•• Quelles sont les particularités des marchés alimentaires? sons et parce que la majeure partie de la production alimen-
•• Quels sont les éléments moteurs de la production et de taire est consommée dans le pays, la situation locale de l’agri-
la consommation alimentaires? culture et les conditions atmosphériques jouent un grand
•• Comment les échanges alimentaires mondiaux ont-ils rôle, parallèlement à l’évolution du marché mondial6.
évolué? Les denrées alimentaires sont depuis longtemps une
•• Quels sont les risques? pierre d’achoppement dans les négociations commer-
ciales, obstacles, tarifaires ou non, compris, même si elles
Quelles sont les particularités 4Certains des chiffres globaux indiqués dans le présent dossier spécial
des marchés alimentaires? couvrent aussi les produits agricoles de base non comestibles comme le
coton, le caoutchouc, la laine et le cuir.
Les denrées alimentaires sont des substances consom- 5Voir également Furceri et al. (2016).
6Les mutations technologiques et l’évolution des coûts dans le do-
mables ou potables qui contribuent à la vie. Les cultures
maine des transports ont déterminé le degré d’intégration des marchés
vivrières comprennent les céréales (blé, maïs, riz, etc.), les des produits de base, notamment celui des denrées alimentaires, dont le
fruits et légumes (oranges, pommes de terre, etc.), la viande, périmètre géographique était initialement limité. Deux étapes sont à re-
tenir (voir Radetzki, 2011). La première, qui a eu lieu pendant la deu-
1Voir, entre autres, Galor et Weil (2000), Galor (2005 et 2011) et xième moitié du XIXe siècle, a été marquée par le lancement de navires
Gollin, Parente et Rogerson (2002). frigorifiques permettant d’expédier la viande et les fruits sur de longues
2Voir Arezki et al. (2016) ainsi que les références citées dans la pré- distances. La seconde a commencé dans les années 50 et s’est vraiment
sente étude pour un examen des fluctuations des prix alimentaires et de concrétisée dans les années 70. De gros vraquiers spécialisés ont été mis
leurs conséquences. en service, parallèlement aux installations d’embarquement et de débar-
3Aux termes de la déclaration du Sommet mondial de l’alimentation quement nécessaires dans les ports, ce qui a permis de transporter des
de 1996, «La sécurité alimentaire existe lorsque tous les êtres humains ont, produits de faible valeur sur des distances beaucoup plus grandes. Il en
à tout moment, un accès physique et économique à une nourriture suffi- est résulté une nouvelle baisse spectaculaire des frais d’expédition, en
sante, saine et nutritive leur permettant de satisfaire leurs besoins énergé- particulier sur les longues routes transatlantiques, qui s’est traduite par
tiques et leur préférence alimentaire pour mener une vie saine et active.» une convergence des prix sur les marchés régionaux.
représentent une fraction assez faible du commerce mon- Graphique [Link].2. Aides à la production : estimations
dial (8 % des marchandises en termes de valeur selon (En pourcentage des recettes agricoles brutes)
l’Organisation mondiale du commerce (2015). Les obs- OCDE Pays émergents
tacles tarifaires ou non tarifaires sont souvent dressés 40
pour défendre la souveraineté alimentaire et protéger les
35
agriculteurs nationaux. Les négociations commerciales du
Cycle de Doha se sont enlisées en juillet 2008 à cause de 30
désaccords sur l’agriculture. Plus récemment, les expor-
25
tateurs, tant dans les pays avancés que dans ceux en dé-
veloppement, se sont opposés au projet de création d’un 20
mécanisme de sauvegarde spéciale permettant de pro-
15
céder à des hausses tarifaires temporaires en cas de forte
progression des importations alimentaires. 10
La raison d’être d’une sauvegarde spéciale est de neutra-
5
liser les aides officielles à l’agriculture dans les pays exporta-
teurs. Les aides directes ont diminué dans les pays membres 0
de l’OCDE, alors que les pays émergents ont accru leur
soutien à l’agriculture (graphique [Link].2). Historiquement, –5
1995 2000 05 10 15
les distorsions ont en général favorisé les agriculteurs dans
Source : Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE),
les pays développés, et les consommateurs urbains, au dé- estimations des aides à la production et à la consommation, Statistiques
triment des petits agriculteurs, dans ceux en développe- agricoles (base de données).
Note : Les pays de l’OCDE sont classés sur la base des membres actuels.
ment (Anderson, 2016). Au cours des deux dernières dé- Pays émergents : Afrique du Sud, Brésil, Chine, Colombie, Indonésie, Kazakhstan,
cennies, les pays à revenu élevé ont globalement réduit les Russie, Ukraine et, depuis 2000, Viet Nam.
distorsions de leur secteur agricole. La plupart des régions
en développement, l’Asie surtout, n’imposent plus leurs
agriculteurs et leur octroient des aides. Tous les pays conti- leur emplacement varie considérablement selon les caté-
nuent d’avoir un parti pris anticommercial marqué dans gories de produits (graphique [Link].3). Cependant, les
la structure de leurs aides agricoles (Anderson, 2016)7. Les principaux centres sont souvent les mêmes. La Chine,
instruments de politique commerciale, comme les droits par exemple, est un gros producteur et consommateur
d’importation ou d’exportation, les subventions et les de riz et de porc et importe énormément de soja, ali-
contingents, ont de graves conséquences en termes de dis- ment capital pour les animaux. Les États-Unis produisent
tribution pour les consommateurs. Les marchés qui sont et consomment beaucoup de maïs et de bœuf, comme
plus particulièrement faussés sont notamment ceux des l’Union européenne dans le cas du blé. Il va de soi que
produits suivants : soja, sucre, riz, blé, bœuf, porc et volaille nombre de produits alimentaires crus sont des intrants
(Anderson, Rausser et Swinnen, 2013)8. intermédiaires clés pour l’industrie agricole, qui, à son
tour, transforme les produits et les exporte.
La croissance démographique est un facteur détermi-
Quels sont les éléments moteurs de la nant de la consommation alimentaire. L’expansion des
production et de la consommation alimentaires? revenus réoriente la structure de la demande vers notam-
Les centres de production et de consommation ali- ment la viande, les produits laitiers, les légumes et les
mentaires sont situés dans un petit nombre de pays, mais fruits frais (graphique [Link].4)9. L’activité économique
remarquable de la Chine ces trente dernières années
7D’après des données disponibles de la base WITS (Solutions pour le
est un bon exemple de ce qui précède. Elle a entraîné
commerce intégré mondial) de la Banque mondiale sur l’évolution des
droits d’importation frappant les produits alimentaires, ceux-ci sont re- une hausse durable des revenus des consommateurs de
venus de 22 à 11,5 % entre 1991 et 2014. S’ils n’ont augmenté dans
aucune région, les tarifs douaniers demeurent particulièrement élevés 9Tilman et Clark (2014 et 2015) montrent qu’il existe une forte rela-
(30 %) en Asie de l’Est. C’est en Amérique du Nord qu’ils sont les plus tion entre le revenu par habitant et la consommation 1) de protéines de
faibles (de l’ordre de 8 à 9 %). Ces résultats ont été établis à partir de viande, 2) de sucre raffiné, de graisses animales, d’huiles et d’alcool, et
données sur la moyenne des droits d’importation effectivement appli- 3) de calories. La demande alimentaire mondiale pourrait doubler sur la
qués aux produits alimentaires (en pourcentage), calculés en faisant la période 2005–50, sous l’effet des changements alimentaires (à hauteur
somme des droits les plus faibles de tous les partenaires commerciaux. de 70 % environ) et de la croissance démographique (pour les 30 %
8Les marchés du coton font aussi l’objet de graves distorsions. restants) (Tilman et Clark, 2015).
de lait a été particulièrement spectaculaire (de 115 % dans les deux cas). sions supplémentaires sur l’évolution de la demande alimentaire en Inde.
Graphique [Link].5. Maïs : rendement défis que ces pays doivent relever pour améliorer leurs
(Kilogrammes par hectare) institutions. Il existe beaucoup de preuves du rôle que les
technologies (ou leur absence), ainsi que le capital hu-
Afrique du Nord Afrique subsaharienne
Amérique latine et Caraïbes Amérique du Nord
main et les contraintes de crédit, jouent dans le dévelop-
Europe Océanie pement agricole (voir, entre autres, Besley et Case, 1993,
Asie Foster et Rosenzweig, 1995, et Dercon et Christiaensen,
10.000 2011). D’autres facteurs, comme le manque d’infrastruc-
tures adéquates (Donaldson et Hornbeck, à paraître), les
risques d’expropriation (Jacoby, Li et Rozelle, 2002) et les
8.000 questions de régime foncier (Besley et Burgess, 2000), li-
mitent aussi l’investissement dans le secteur.
6.000
Quels sont les risques?
Amartya Sen (1981) a été le premier à souligner que la
4.000
faim est causée non pas nécessairement par un manque
de denrées alimentaires, mais par l’absence de la capacité
de les acheter. La sécurité alimentaire est un concept plu-
2.000
ridimensionnel. L’Organisation des Nations Unies pour
l’alimentation et l’agriculture (FAO) (2015) a identifié les
0 quatre piliers ci-après pour la sécurité alimentaire :
1965 75 85 95 2005 14 •• Disponibilité — c’est-à-dire l’offre; elle est déterminée
Sources : Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture; par la production, les stocks et les échanges alimentaires.
calculs des services du FMI.
•• Accès — économique et physique (soit les capacités
Note : Le rendement s’entend d’une moyenne mobile quinquennale.
Océanie : Australie, Fidji, Guam, Micronésie, Nouvelle-Calédonie, Nouvelle-Zélande, respectives d’acheter avec le revenu disponible et d’at-
Papouasie-Nouvelle-Guinée et Vanuatu. teindre les sources de nourriture à l’aide des infrastruc-
tures de transport).
•• Utilisation — grâce à la diversité de l’alimentation,
internationales massives de terres après la hausse des ainsi qu’à la répartition au sein des familles, la prépara-
cours des denrées alimentaires a aussi révélé d’impor- tion et la consommation des denrées alimentaires.
tantes lignes de fracture entre les pays investisseurs et les •• Stabilité — la constance des trois autres dimensions
pays bénéficiaires (voir encadré [Link].1). dans le temps.
Les obstacles à l’investissement dans le secteur agri-
cole sont nombreux. La faiblesse des apports nets de Une urbanisation rapide et une croissance démogra-
capitaux dans les pays en développement, contraire- phique galopante, surtout en Afrique subsaharienne et
ment à ce que semblerait vouloir la théorie néoclassique, en Asie, qui ne se sont pas accompagnées d’une hausse
n’est pas propre à ce secteur (Alfaro, Kalemli-Ozcan de l’offre alimentaire dans les pays, ont été à l’ori-
et Volosovych, 2008). Les nombreux facteurs qui dis- gine d’une dépendance croissante à l’égard des impor-
suadent d’investir dans ce secteur sont représentatifs des tations (tableau [Link].4). Une majorité écrasante de
pays dans le monde sont importateurs alimentaires nets d’autres facteurs comme les mutations que connaissent les
(tableau [Link].5). Malgré la forte concentration des pays organismes nuisibles, les maladies et les concentrations at-
qui ont toujours été importateurs alimentaires, 27 sont mosphériques de dioxyde de carbone (Porter et al., 2014).
passés du statut d’exportateur à celui d’importateur en En général, les études ont souligné une exposition iné-
termes nets depuis 1990. Ces pays, qui se trouvent en gale des pays, ceux proches de l’Équateur étant plus vul-
Asie de l’Est, en Amérique latine et en Afrique subsaha- nérables au changement climatique (Rosenzweig et al.,
rienne, sont, entre autres, le Honduras, les Philippines, le 2014)16. Par exemple, l’Éthiopie a récemment connu
Viet Nam et le Zimbabwe, quatre pays dont les exporta- l’une de ses plus graves sécheresses en des décennies. Il
tions alimentaires nettes ont nettement reculé (de plus de est étonnant de constater que les deux principales saisons
7 points de pourcentage du PIB). pluvieuses du pays contribuent à plus de 80 % de sa pro-
Ces changements ont fait naître de nouveaux sujets duction agricole. Le secteur agricole emploie 85 % de la
d’inquiétude quant à la sécurité alimentaire, que les pays population. Sous l’effet conjugué du déficit de précipita-
peuvent assurer grâce aux importations s’ils sont en me- tions, ainsi que de la sécheresse qui en est résulté, et du
sure de les financer. Les pays économiquement pros- phénomène météorologique El Niño, les besoins humani-
pères peuvent financer leurs importations alimentaires, taires ont enregistré une forte augmentation, qui devrait
alors que les pays pauvres luttent pour y parvenir13. Ces normalement se poursuivre pendant la majeure partie
quelques dernières années, l’effondrement des cours des de 2016 (voir gouvernement éthiopien, 2015)17.
produits de base (exception faite des denrées alimen- Les phénomènes météorologiques extrêmes et les me-
taires) a exposé les pays en développement à des chocs de naces qu’ils font peser sur la sécurité alimentaire de-
prix en réduisant leurs recettes d’exportation et leur es- vraient continuer de s’aggraver et leur fréquence de
pace budgétaire14. s’accroître (IFPRI, 2016, PNUE, 2016, et Banque mon-
Le changement climatique a des retombées sur l’agri- diale, 2015a)18. Ce que l’on appelle l’agriculture clima-
culture, sous forme d’importantes pertes économiques tiquement intelligente peut aider à atténuer les effets
(baisse du rendement des cultures et de la productivité du du changement climatique sur l’agriculture en don-
bétail, par exemple) imputables aux variations des tempé- nant aux petits exploitants la possibilité de produire du-
ratures moyennes, aux modifications des régimes de pré- rablement et efficacement des aliments plus nutritifs
cipitations et à des conditions atmosphériques extrêmes
comme les vagues de chaleur15. Il existe une quantité 16On a des raisons de penser que le changement climatique a des ef-
Tableau [Link].6. Part des denrées alimentaires Graphique [Link].6. Prix alimentaires et événements violents
et des boissons dans la consommation totale, 2010 (Nombre d’événements, sauf indication contraire)
Région Part
Pays à revenu élevé 21,0 1.200 Afrique — événements violents 190
Pays à revenu intermédiaire 43,7 Amérique latine — événements violents
Pays à faible revenu 56,6 Indice des prix alimentaires
Burundi 71,0 1.000 (2005 = 100, échelle de droite) 170
Congo, Rép. dém. du 69,5
Guinée 71,1
Sources : Banque mondiale, base de données sur la consommation 800 150
mondiale; Organisation de coopération et de développement économiques,
base de données sur les comptes nationaux; calculs des services du FMI.
Note : comprend les aliments transformés comme les boissons alcooli- 600 130
sées, ainsi que les services de restauration.
400 110
(IFPRI, 2016)19. En outre, la FAO et l’Agency for
International Development des États-Unis ont établi
des systèmes d’alerte avancée afin d’anticiper et de pré- 200 90
venir les famines. La FAO accueille le Système mondial
d’information et d’alerte rapide, qui suit la situation ali- 0 70
1991 95 2000 05 10 13
mentaire mondiale dans ses 190 pays membres et signale
les crises imminentes dans ces pays (Groskopf, 2016).
Sources : FMI, système des cours des produits de base; Social Conflict Analysis
Le Famine Early Warning Systems Network (FEWS Database (SCAD) 3.1; calculs des services du FMI.
NET, [Link]), mis en place par l’Agency for
International Development, aide à anticiper et prévoir les
crises humanitaires dans 29 pays. Les interventions des autorités peuvent parfois am-
L’instabilité des prix alimentaires et les pénuries mani- plifier les hausses des prix alimentaires. La tendance des
festes ont des retombées cruciales sur la capacité de survie, pays, tant développés qu’en développement, à modifier
l’aspect le plus fondamental du bien-être dans les pays tous les ans leur politique commerciale afin de stabiliser
pauvres. Comme l’indique le tableau [Link].6, la part des les prix et les volumes sur leur marché alimentaire inté-
produits alimentaires dans le panier global de consomma- rieur aggrave l’instabilité des prix des produits sensibles
tion est spectaculairement élevée dans nombre de pays à aux conditions atmosphériques, comme les denrées ali-
faible revenu. Elle est encore plus élevée dans les pays fra- mentaires (Anderson, 2016, et FAO, 2015). Lorsque les
giles comme la Guinée et le Burundi. Dans le cas des pays prix alimentaires sont élevés, comme en 2008, les pays ex-
à revenu intermédiaire, elle est quelque peu plus faible, portateurs nets imposent fréquemment des restrictions à
mais toujours importante, atteignant environ 50 % de la l’exportation, et les pays importateurs nets abaissent leurs
consommation totale. Les preuves économétriques dispo- obstacles tarifaires. L’objet de ces deux mesures est d’ac-
nibles (voir Arezki et Brueckner, 2014, et Bellemare, 2015) croître l’offre intérieure. Prises ensemble, elles amplifient la
semblent indiquer que l’instabilité des prix alimentaires hausse des prix (Anderson, Rausser et Swinnen, 2013, et
peut causer de graves problèmes de distribution à l’intérieur Anderson, 2016). Pour éviter de telles situations, une pro-
des pays et entre eux et déboucher sur des conflits (gra- ductivité plus élevée du secteur agricole et une améliora-
phique [Link].6)20. Les indices d’insécurité alimentaire ac- tion des chaînes d’approvisionnement, ainsi qu’une coor-
tuels (graphique [Link].7) montrent que l’Afrique est la ré- dination régionale, y compris en maintenant et en gérant
gion la plus exposée, mais que des poches de vulnérabilité des réserves régionales de céréales, se sont révélées être des
existent aussi en Asie et en Amérique centrale et du Sud. moyens de protection efficaces contre les conséquences de
l’instabilité des prix alimentaires dans les pays en dévelop-
19Par exemple, on a constaté que le rendement du riz C4 s’accroit de pement d’Asie (Jha et Rhee, 2012)21.
50 % si l’efficacité avec laquelle l’eau et l’azote sont utilisés augmente de
100 % et de 30 %, respectivement (IFPRI, 2016).
20La production alimentaire est endogène à la guerre civile, qu’il est 21Il est également possible d’atténuer à long terme les crises ali-
possible d’associer, comme le montrent divers exemples de pays, à une mentaires en réduisant : 1) la consommation excessive de denrées ali-
hausse des prix alimentaires intérieurs. Au Darfour notamment, les prix mentaires, qui est source d’obésité (avec ses retombées négatives sur la
des principaux aliments de base ont augmenté rapidement après la vio- santé), et 2) le gaspillage alimentaire. La FAO estime qu’un tiers des
lence généralisée qui a éclaté à la fin de 2003 et au début de 2004 (voir, aliments destinés à la consommation humaine mondiale (soit environ
entre autres, Brinkman et Hendrix, 2010). 1,3 milliard de tonnes par an) est perdu ou gaspillé.
Dans l’ensemble, les marchés alimentaires sont seg- pays encore plus dépendants des échanges. Pour relever ces
mentés à cause des distorsions commerciales et des obstacles défis et réduire l’insécurité alimentaire, tous les pays doivent
intérieurs à l’investissement dans le secteur. La demande ali- impérativement continuer d’éliminer les entraves au com-
mentaire progresse, et continuera de progresser, rapidement merce. Les pays à faible revenu devraient aussi accroître la
en raison de la croissance démographique. La hausse des productivité de leur secteur agricole en attirant les flux de
revenus a aussi des retombées sur sa structure. La tendance capitaux, mais pour y parvenir, des réformes institution-
à une urbanisation rapide en Afrique et en Asie rendra les nelles sont nécessaires dans de multiples domaines.
Galor, Oded. 2005. “From Stagnation to Growth: Unified Growth Laubach, Thomas, and John C. Williams. 2015. “Measuring the
Theory.” In Handbook of Economic Growth, edited by Phillipe Natural Rate of Interest Redux.” Federal Reserve Bank of San
Aghion and Steven N. Durlauf. Amsterdam: Elsevier. Francisco Working Paper 2015–16.
———. 2011. Unified Growth Theory. Princeton: Princeton Malthus, Thomas. R. 1798. An Essay on the Principle of Population.
University Press. London: J. Johnson.
———, and David N. Weil. 2000. “Population, Technology, and Organisation for Economic Co-operation and Development
Growth: From Malthusian Stagnation to the Demographic (OECD). 2016. Agricultural Policy Monitoring and Evaluation
Transition and Beyond.” American Economic Review 90 (4): 2016. OECD Publishing: Paris. [Link]
806–28. agr_pol-2016-en.
Gollin, Douglas, David Lagakos, and Michael E. Waugh. 2014a. Ottaviano, Gianmarco, João Paulo Pessoa, Thomas Sampson, and
“Agricultural Productivity Differences across Countries.” John Van Reenen. 2014. “The Costs and Benefits of Leaving
American Economic Review 104 (5): 165–70. the EU.” London School of Economics and Political Science,
———. 2014b. “The Agricultural Productivity Gap.” Quarterly Centre for Economic Performance. Unpublished.
Journal of Economics 129 (2): 939–93. Pescatori, Andrea, and Jarkko Turunen. 2015. “Lower for Longer:
Gollin, Douglas, Stephen Parente, and Richard Rogerson. 2002. Neutral Rates in the United States.” IMF Working Paper
“The Role of Agriculture in Development.” American Economic 15/135, Fonds monétaire international, Washington.
Review 92 (2): 160–64. Porter, J.R., L. Xie, A.J. Challinor, K. Cochrane, S.M. Howden,
Government of Ethiopia, Ethiopia Humanitarian Country Team. M.M. Iqbal, D.B. Lobell, and M.I. Travasso. 2014. “Food
2015. “Ethiopia Humanitarian Requirements Document Security and Food Production Systems.” In Climate Change
2016.” Addis Ababa. 2014: Impacts, Adaptation, and Vulnerability. Part A: Global
Groskopf, Christopher. 2016. “Science Is Warning Us That a Food and Sectoral Aspects. Contribution of Working Group II to the
Crisis Is Coming to Southern Africa. Will We Stop It?” Quartz Fifth Assessment Report of the Intergovernmental Panel on Climate
Africa. March 5. [Link] Change, edited by C.B. Field, V.R. Barros, D.J. Dokken, K.J.
that-a-food-crisis-is-coming-to-southern-africa-will-we-stop-it/. Mach, M.D. Mastrandrea, T.E. Bilir, M. Chatterjee, K.L. Ebi,
Gruss, Bertrand. 2014. “After the Boom—Commodity Prices Y.O. Estrada, R.C. Genova, B. Girma, E.S. Kissel, A.N. Levy,
and Economic Growth in Latin America and the Caribbean.” S. MacCracken, P.R. Mastrandrea, and L.L. White. Cambridge,
IMF Working Paper 14/154, Fonds monétaire international, United Kingdom and New York: Cambridge University Press.
Washington. Radetzki, Marian. 2011. “Primary Commodities: Historical
HM Treasury. 2016. “HM Treasury Analysis: The Long-Term Perspectives and Prospects.” In Beyond the Curse Policies to
Economic Impact of EU Membership and the Alternatives.” Harness the Power of Natural Resources, edited by Rabah Arezki,
Presented to Parliament by the Chancellor of the Exchequer by Thorvaldur Gylfason, and Amadou Sy. Washington: Fonds mo-
command of Her Majesty, April. nétaire international.
Hördahl, Peter, Jhuvesh Sobrun, and Philip Turner. 2016. “Low Rakotoarisoa, Manitra A., Massimo Iafrate, and Marianna
Long-Term Interest Rates as a Global Phenomenon.” BIS Paschali. 2011. “Why Has Africa Become a Net Food Importer?
Working Paper 574, Bank for International Settlements, Basel. Explaining Africa Agricultural and Food Trade Deficits.” Trade
International Country Risk Guide. 2009. [Link] and Markets Division, Food and Agriculture Organization of
com/products/icrg. Political Risk Services, New York. the United Nations, Rome.
International Food Policy Research Institute (IFPRI). 2016. Reifschneider, Dave, William Wascher, and David Wilcox. 2015.
Global Food Policy Report. Washington: IFPRI. [Link] “Aggregate Supply in the United States: Recent Developments
org/10.2499/9780896295827. and Implications for the Conduct of Monetary Policy.” IMF
Fonds monétaire international. 2016. “Enhancing Resilience to Economic Review 63 (1): 71–109.
Natural Disasters in Sub-Saharan Africa.” Chapter 3 of the Rosenzweig, Cynthia, Joshua Elliott, Delphine Deryng, Alex C.
Octobre 2016 Regional Economic Outlook: Sub-Saharan Africa, Ruane, Christoph Müller, Almut Arneth, Kenneth J. Boote,
Washington. Christian Folberth, Michael Glotter, Nikolay Khabarov,
Jacoby, Hanan G., Guo Li, and Scott Rozelle. 2002. “Hazards Kathleen Neumann, Franziska Piontek, Thomas A. M.
of Expropriation: Tenure Insecurity and Investment in Rural Pugh, Erwin Schmid, Elke Stehfest, Hong Yang, and James
China.” American Economic Review 92 (5): 1420–447. W. Jones. 2014. “Assessing Agricultural Risks of Climate
Jha, Shikha, and Changyong Rhee. 2012. “Distributional Change in the 21st Century in a Global Gridded Crop Model
Consequences and Policy Responses to Food Price Inflation in Intercomparison.” Proceedings of the National Academy of
Developing Asia.” In Commodity Price Volatility and Inclusive Sciences of the United States of America 2014 111 (9): 3268–273.
Growth in Low-Income Economies, edited by Rabah Arezki, Published ahead of print, December 16, 2013.
Catherine Pattillo, Marc Quintyn, and Min Zhu. Washington: Sen, Amartya. 1981. “Ingredients of Famine Analysis: Availability
Fonds monétaire international. and Entitlements.” The Quarterly Journal of Economics 96 (3):
433–64.
Silva, J. M. C. Santos, and Silvana Tenreyro. 2006. “The Log of Paper ESA/P/WP.241. United Nations, Department of
Gravity.” Review of Economics and Statistics 88 (4): 641–58. Economic and Social Affairs, Population Division, New York.
Syverson, Chad. 2016. “Challenges to Mismeasurement United Nations Environment Program (UNEP). 2016. UNEP
Explanations for the U.S. Productivity Slowdown,” NBER Frontiers 2016 Report: Emerging Issues of Environmental Concern.
Working Paper No. 21974, February, National Bureau of Nairobi: UNEP.
Economic Research, Cambridge, Massachusetts. Williams, John C. 2016. “Monetary Policy in a Low R-Star
Tilman, David, and Michael Clark. 2014. “Global Diets Link World.” Federal Reserve Bank of San Francisco Economic Letter
Environmental Sustainability and Human Health.” Nature 515: 2016–23, August 15.
518–22. World Bank. 2015a. Ending Poverty and Hunger by 2030: An
———. 2015. “Food, Agriculture and the Environment: Can We Agenda for the Global Food System. Washington: World Bank
Feed the World and Save the Earth?” Daedalus 144: 8–23. Group.
Tulin, Volodymyr, and Rahul Anand. 2016. “Understanding India’s ———. 2015b. Future of Food: Shaping a Climate-Smart Global
Food Inflation Through the Lens of Demand and Supply.” Food System. Washington: World Bank Group.
In Taming Indian Inflation, edited by Rahul Anand and Paul World Food Summit. 1996. Rome Declaration on World Food
Cashin. Washington: Fonds monétaire international. Security. Rome: Food and Agriculture Organization of the
United Kingdom Office for National Statistics. 2015. “National United Nations.
Population Projections: 2014-Based Statistical Bulletin.” World Resources Institute. 2014. “Creating a Sustainable
[Link] Food Future: Interim Findings.” World Resources Institute,
populationandmigration/populationprojections/bulletins/ Washington.
nationalpopulationprojections/2015-10-29/pdf. World Trade Organization (WTO). 2015. International Trade
United Nations, Department of Economic and Social Affairs, Statistics 2015. Geneva: WTO. [Link]
Population Division. 2015. “World Population Prospects: The res_e/statis_e/its2015_e/its2015_e.pdf.
2015 Revision, Key Findings and Advance Tables.” Working
La croissance des échanges se ralentit depuis 2012, aussi bien mondiaux ont augmenté en moyenne deux fois plus rapi-
par rapport au rythme soutenu qu’elle affichait auparavant dement que le PIB mondial entre 1985 et 2007, mais ils
que par rapport à la croissance économique globale. Ce cha- peinent à suivre le rythme depuis quatre ans. Le monde
pitre montre que la faiblesse générale de l’activité économique, a rarement connu une période aussi prolongée de faible
et surtout de l’investissement, est le principal obstacle à l’ex- croissance du volume des échanges par rapport à l’activité
pansion du commerce puisque jusqu’aux trois quarts de son économique au cours des cinquante dernières années.
ralentissement lui sont imputables. D’autres facteurs pèsent Les raisons de la lenteur de la croissance du commerce
toutefois sur les échanges. La perte de vitesse du processus de mondial ne sont toujours pas bien comprises; il est pour-
libéralisation et la récente montée du protectionnisme en- tant nécessaire d’établir un diagnostic précis pour déter-
travent la croissance du commerce, bien que ces deux facteurs miner si, et dans quels domaines, il pourrait être souhai-
n’aient jusqu’ici eu qu’un impact quantitatif limité. Le ra- table de prendre des mesures1. Le tassement des échanges
lentissement de l’expansion des chaînes de valeur mondiales est-il tout simplement un symptôme d’un contexte écono-
contribue aussi pour une large part au ralentissement observé. mique généralement morose ou résulte-t-il d’un alourdis-
Selon les conclusions établies, il serait possible, en remédiant sement de mesures entravant le commerce? Les investisse-
à la faiblesse générale de l’activité économique, en particulier ments privés restent hésitants dans un grand nombre de
des investissements, de stimuler les échanges, ce qui pourrait, pays avancés, de pays émergents et de pays en développe-
à son tour, contribuer à accroître la productivité et la crois- ment (voir le chapitre 4 des Perspectives de l’économie mon-
sance. Étant donné la morosité des perspectives de croissance diale [PEM] d’avril 2015), et la Chine a lancé un processus
à l’échelle mondiale, la poursuite concertée de nouvelles ré- nécessaire, et bienvenu, de rééquilibrage au profit d’une
formes du commerce pour abaisser les barrières et de mesures croissance tirée dans une plus large mesure par la consom-
visant à atténuer les coûts pour ceux qui assument le fardeau mation que par les investissements2. De nombreux ex-
de l’ajustement aurait, de surcroît, pour effet de promouvoir portateurs de produits de base ont réduit leurs dépenses
les échanges internationaux de biens et services et de réamorcer d’équipement en raison de la faiblesse persistante des cours
le cercle vertueux du commerce et de la croissance. de ces produits. L’investissement dépendant dans une
plus large mesure du commerce que de la consommation,
Le rythme de croissance du commerce mondial s’est Freund (2016) fait valoir qu’un effondrement des investis-
sensiblement ralenti au cours des dernières années. Après sements provoquerait inévitablement un ralentissement de
avoir brusquement chuté pour reprendre plus rapidement la croissance des échanges (voir également, par exemple,
à la suite de la crise financière mondiale, le volume des Boz, Bussière et Marsilli, 2015, et Morel, 2015).
échanges mondiaux de biens et de services augmente à un Il est également possible que d’autres facteurs contri-
rythme à peine supérieur à 3 % par an depuis 2012, soit buent à ce ralentissement. La perte de vitesse du pro-
moins de la moitié du taux d’accroissement moyen observé cessus de la libéralisation du commerce observée depuis
pour les trente années précédentes. Ce ralentissement est quelques années et la récente montée du protectionnisme
encore plus remarquable si l’on considère la relation histo- pourraient limiter les fortes réductions des coûts com-
rique entre l’expansion du commerce et celle de l’activité merciaux permises par les politiques commerciales durant
économique mondiale (graphique 2.1). Les échanges réels la période 1985–2007, qui ont largement stimulé l’ex-
pansion du commerce (Evenett et Fritz, 2016; Hufbauer
Les principaux auteurs de ce chapitre sont Aqib Aslam, Emine Boz
(co-chef d’équipe), Eugenio Cerutti, Marcos Poplawski-Ribeiro et 1Voir Hoekman (2015) et les études qu’il contient pour une analyse
Petia Topalova (co-chef d’équipe), qui ont bénéficié du concours d’Ava du ralentissement du commerce mondial. Le présent chapitre suit une
Yeabin Hong, Hao Jiang, Evgenia Pugacheva, Rachel Szymanski, Hong démarche permettant d’effectuer un classement plus précis des diffé-
Yang et Marina Topalova Cole, avec les contributions de Jaebin Ahn, rentes hypothèses pour un grand nombre de pays que les études présen-
Diego Cerdeiro, Romain Duval et Christian Henn. Andrei Levchenko tées dans Hoekman (2015), en procédant à différents types d’analyse.
était consultant extérieur. Les auteurs ont bénéficié des observations et 2Le chapitre 4 de ce rapport examine les retombées mondiales du
Graphique 2.1. Croissance des échanges et Jung, 2016). La baisse de ces coûts ainsi que les progrès
réels mondiaux et du PIB dans le temps réalisés dans les domaines des transports et des commu-
(Pourcentage) nications ont soutenu l’expansion des chaînes de valeur
mondiales et ont ainsi provoqué une augmentation des
La croissance réelle des échanges s’est considérablement ralentie depuis 2012,
notamment si l’on considère la relation historique entre la croissance des échanges échanges puisque, par suite de la fragmentation des pro-
et l’activité économique mondiale. cessus de production, les biens intermédiaires traversent
les frontières à de multiples reprises. Il est possible que
Croissance des importations Croissance du PIB la formation de chaînes de production transfrontières se
Croissance moyenne Croissance moyenne du PIB
des importations soit ralentie — peut-être parce que ces chaînes sont deve-
nues matures ou parce que la baisse du coût des échanges
15 1. Monde
n’est plus aussi rapide, ou pour ces deux raisons — et que
10 cela ait réduit la progression des échanges associés à ces
5 chaînes d’approvisionnement (Constantinescu, Mattoo et
Ruta, 2015)3,[Link] ralentissement de la croissance du com-
0
merce de marchandises pourrait avoir d’autres causes plus
–5 évolutionnistes, comme l’augmentation de la demande
–10 relative de biens non échangeables par suite de l’augmen-
tation de la richesse et du vieillissement des populations.
–15
1960 65 70 75 80 85 90 95 2000 05 10 15 La période 1985–2007 s’est caractérisée par une forte
progression de la mondialisation et par une rapide crois-
15 2. Pays avancés sance économique. Les économistes s’accordent largement
10
à reconnaître que le commerce international a contribué
à accroître la prospérité générale malgré les coûts d’ajuste-
5 ment, souvent considérables, assumés par certains travail-
0 leurs. Le commerce international permet aux pays de se
spécialiser dans la production de biens et de services pour
–5
lesquels ils disposent d’un avantage comparatif et d’ex-
–10 ploiter les économies d’échelle et d’envergure qui en ré-
–15 sultent. Il peut aussi promouvoir la croissance économique
1960 65 70 75 80 85 90 95 2000 05 10 15 en favorisant la diffusion de connaissances et de technolo-
gies, en encourageant la conception de nouveaux produits
25 3. Pays émergents et en développement
et, finalement, en accroissant la productivité5. Étant donné
20
le ralentissement synchrone de la croissance de la produc-
15
tivité dans de nombreux pays, les responsables de l’ac-
10 tion publique pourraient avoir intérêt à relancer le cercle
5
0 3Constantinescu, Mattoo et Ruta (2015) font valoir que l’expan-
vertueux du commerce et de la croissance en déployant des des politiques commerciales et de la participation aux
efforts concertés pour ouvrir les marchés et réduire davan- chaînes de valeur mondiales.
tage les coûts commerciaux6. Les principales conclusions de ce chapitre se résument
Pour permettre de mieux comprendre les facteurs du comme suit :
brusque ralentissement des échanges observés depuis la •• Le ralentissement de la croissance réelle des échanges
fin de 2011 et concevoir des mesures adaptées pour y est généralisé. Peu de pays ont été épargnés par la perte
faire face, ce chapitre examine les questions suivantes : de vitesse du commerce en 2012–15, que ce soit en
•• Combien de pays ont-ils été touchés par le ralentis- termes absolus ou par rapport à la croissance du PIB.
sement de la croissance du commerce international Les échanges se sont ralentis pour les biens et pour les
après 2011? La dynamique du commerce est-elle dif- services, mais ce ralentissement a été moins prononcé
férente selon les pays? Le ralentissement des échanges pour ces derniers. Dans le cas des biens, les échanges
est-il effectué à des rythmes différents selon le type ont chuté pour 85 % des lignes de produits, la plus
d’échanges et le groupe de produits? forte contraction étant observée pour les échanges de
•• Dans quelle mesure ce ralentissement tient-il à la moro- biens d’équipement et de produits intermédiaires.
sité de l’activité économique et à l’évolution de la struc- •• La faiblesse générale de l’activité économique et, sur-
ture de la croissance? En particulier, dans quelle mesure tout, le ralentissement de l’augmentation des investis-
est-il possible d’imputer le ralentissement observé du- sements semblent être d’importants obstacles à l’ex-
rant la période 2012–15 par rapport à la période anté- pansion du commerce depuis 2012. Selon les analyses
rieure à la crise financière mondiale à la faiblesse de la empiriques, à l’échelle mondiale, jusqu’aux trois quarts
croissance? Dans quelle mesure le ralentissement des de la baisse de la croissance réelle des importations de
échanges par rapport à la croissance du PIB est-il impu- biens entre 2003–07 et 2012–15 peuvent être imputés
table à la modification de la structure de la demande? à la faiblesse de l’activité économique, et surtout au ra-
•• Quelle est la contribution d’autres facteurs — abstrac- lentissement des investissements. Un modèle d’équi-
tion faite de la production — au tassement de la crois- libre général aboutit, de même, à la conclusion que les
sance des échanges? Ce ralentissement résulte-t-il de variations de la composition de la demande expliquent
distorsions des politiques, par exemple la perte de vi- environ 60 % de la baisse du taux de croissance du
tesse du processus de libéralisation des échanges ou une ratio des importations nominales de biens au PIB.
montée du protectionnisme? Ou tient-il à l’arrivée à •• D’autres facteurs pèsent toutefois aussi sur le com-
maturité des chaînes d’approvisionnement mondiales? merce. La perte de vitesse du processus de libéralisation
du commerce et la récente montée du protectionnisme
Ce chapitre commence par examiner l’évolution de entravent les échanges mondiaux de biens, même s’ils
l’augmentation des échanges suivant plusieurs axes. Il a n’ont encore que des effets quantitatifs relativement li-
ensuite recours à trois démarches analytiques complé- mités. Le ralentissement apparent de l’expansion des
mentaires pour analyser les facteurs expliquant le ralen- chaînes de valeur mondiales contribue également dans
tissement récemment observé. La première utilise un mo- une large mesure au ralentissement observé. De manière
dèle empirique type de la demande d’importations pour générale, les facteurs autres que le niveau et la structure
déterminer si le taux de croissance des importations des de l’activité économique ont réduit d’environ 1¾ point
différents pays a diminué dans une plus large mesure que de pourcentage la croissance réelle annuelle mondiale
les variations des composantes de la demande globale et des importations depuis 2012.
des prix relatifs au cours des dernières années ne pour-
La principale conclusion de ce chapitre — la lenteur
raient l’expliquer. La deuxième démarche complète cette
de la croissance des échanges est essentiellement un symp-
analyse empirique en procédant à l’estimation d’un mo-
tôme du ralentissement synchrone de l’activité écono-
dèle faisant intervenir plusieurs pays et plusieurs secteurs,
mique dans les pays avancés, les pays émergents et les pays
qui quantifie l’importance des modifications de la com-
en développement — signifie qu’il conviendrait de donner
position de la demande et d’autres facteurs, notamment
la priorité à des mesures visant à remédier aux obstacles à
le coût des échanges. La troisième démarche emploie des
la croissance, et surtout à l’investissement dans les pays où
données extrêmement détaillées pour faire ressortir le rôle
il manque de dynamisme, pour améliorer la santé de l’éco-
6Voir Goldberg et Pavcnik (2016) pour un examen des études
nomie mondiale. De telles mesures peuvent avoir des re-
consacrées aux effets de la politique commerciale sur les volumes des tombées positives parce qu’elles stimulent indirectement
échanges, la productivité, le marché du travail et la croissance. le commerce et que les liaisons commerciales permettent
relations, son objectif principal consistant à déterminer si branches d’activité et sur la productivité, voir, par exemple, Melitz (2003);
Bernard, Jensen et Schott (2006); Melitz et Ottaviano (2008). Lileeva et
la récente dynamique des échanges cadre avec la composi-
Trefler (2010) et Bustos (2011) présentent des observations d’investisse-
tion et le niveau observés de l’augmentation de la produc- ment technologique induit par les exportations, tandis que De Loecker
tion, l’évolution des politiques commerciales et l’intégration (2007, 2013) et Atkin, Khandelwal et Osman (2014) étudient le circuit
aux chaînes de valeur mondiales compte tenu des associa- de l’«apprentissage par l’exportation». Pavcnik (2002), Erdem et Tybout
(2003), Amiti et Konings (2007), et Topalova et Khandelwal (2011) exa-
tions antérieures. L’analyse structurelle suit une démarche minent les effets sur la productivité de la libéralisation des échanges, no-
plus globale, car, en situation d’équilibre général, le niveau tamment par le biais du circuit des intrants intermédiaires.
Outre les gains de productivité qu’il engendre par commerce. Le commerce exerce un effet sur la répartition
suite de la réaffectation des ressources, le commerce peut des revenus au sein d’un pays par deux voies différentes.
aussi améliorer la productivité de certaines entreprises. Il a un impact différent sur les salaires de travailleurs selon
Leurs activités d’exportation offrent à ces dernières la le niveau de compétence de ces derniers et selon le secteur
possibilité de tirer des enseignements des marchés étran- dans lequel ils sont employés (voir, par exemple, Stolper et
gers grâce, par exemple, aux liens qu’elles entretiennent Samuelson, 1941)10. Il peut aussi avoir des effets différen-
avec certains acheteurs (De Loecker, 2013), et l’élargisse- ciés sur le coût de la vie des consommateurs par suite de ses
ment de leur accès aux marchés les incite à investir dans répercussions sur les prix relatifs des biens et des services.
les technologies (Bustos, 2011; Lileeva et Trefler, 2010). De nombreuses études examinent les effets des échanges
Les entreprises qui sont confrontées à la concurrence sur la répartition des gains11. Les secteurs et les entreprises
étrangère sur les marchés intérieurs peuvent être obli- qui se développent par suite de l’élargissement de l’accès
gées de réduire leurs marges bénéficiaires et de déplacer aux marchés étrangers créent de nouveaux emplois, sou-
la courbe de leurs coûts moyens vers le bas (Helpman et vent de plus haute qualité12. En revanche, les gains et les
Krugman, 1985), de privilégier les produits qui relèvent perspectives d’emploi des travailleurs des secteurs et des
de leurs domaines de compétences principaux (Bernard, entreprises qui sont en butte à la concurrence des impor-
Redding et Schott, 2011), de réduire leurs ressources ad- tations peuvent évoluer de manière défavorable, parfois
ministratives inutilisées et de réaliser des gains d’efficacité durablement, si les entreprises et les secteurs en expansion
(Hicks, 1935). La libéralisation du commerce stimule n’absorbent pas rapidement les travailleurs touchés par les
également l’innovation, comme en témoignent les dé- restructurations en raison de la nature de leurs qualifica-
penses de recherche et de développement et les dépôts de tions ou de leur lieu de résidence. Selon une étude cou-
brevet des entreprises qui s’efforcent d’accroître leur pré- ramment citée d’Autor, Dorn et Hanson (2013) portant
sence sur les marchés mondiaux (Bloom, Draca et Van sur l’impact de la concurrence exercée par les importations
Reenen, 2016). Enfin, les entreprises ont accès à une plus chinoises sur le marché du travail des États-Unis, l’accrois-
large gamme d’intrants intermédiaires meilleur marché sement des importations en provenance de Chine a eu
et, peut-être même, de meilleure qualité (Grossman et pour effet d’accroître le chômage, de réduire le taux d’acti-
Helpman, 1991; Rivera-Batiz et Romer, 1991). vité et d’abaisser les niveaux de rémunération sur les mar-
Le commerce international des biens et services et les chés du travail locaux des industries manufacturières aux-
gains d’efficience qui l’accompagnent profitent de ma- quelles les importations font concurrence13.
nière générale aux consommateurs et aux producteurs. Le commerce peut également avoir un effet de ré-
D’une part, il abaisse les prix qu’ils doivent payer et, par partition, car les consommateurs acquièrent des paniers
conséquent, accroît les niveaux de revenus réels, et, d’autre 10Voir également Jones (1971) et Mussa (1974) pour un examen du
part, il élargit la gamme des produits auxquels ils ont accès théorème de Stolper-Samuelson et des modèles du commerce basés sur
(Broda and Weinstein, 2006), ce qui peut, dans les deux des facteurs particuliers. Levchenko et Zhang (2013) présentent une
cas, sensiblement améliorer le bien-être (encadré 2.3). évaluation quantitative des effets différenciés de l’intégration commer-
ciale de la Chine, de l’Inde et de l’Europe centrale et de l’Est sur les sa-
Selon la théorie économique, les gains enregistrés dans le
laires réels selon les pays et les secteurs.
domaine de la consommation et l’utilisation plus efficace 11Voir Goldberg et Pavcnik (2004, 2007) et la Banque mondiale
des ressources associés au commerce doivent accroître le (2010) et les ouvrages auxquels ils renvoient pour un examen des obser-
PIB même s’il est difficile de détecter une robuste relation vations relatives aux répercussions des échanges sur la distribution des
revenus dans les pays en développement. Voir Ebenstein et al. (2014)
de cause à effet entre les échanges et la croissance à partir pour un examen des données concernant les États-Unis. Voir Helpman
des données transversales9. et al. (à paraître) pour une analyse de la théorie et des observations ré-
Bien que le commerce accroisse la taille du «gâteau», centes concernant le lien entre les inégalités et le commerce.
12De nombreuses études font état des salaires plus élevés versés dans
il est possible que ses avantages ne soient pas répartis de les industries et les entreprises d’exportation aux États-Unis, les esti-
manière égale — c’est là l’une des principales raisons de mations de cette prime salariale à l’exportation allant de 1¾ % à 18 %
l’opposition du public à une plus grande ouverture du (voir, par exemple, Bernard et Jensen, 1995, Bernard et al., 2007, et le
tableau 4 du Council of Economic Advisers, 2015).
13Voir aussi Lawrence (2014), qui fait valoir que, si les importations de
9Frankel et Romer (1999) présentent certaines des premières es- produits manufacturés chinois ont sensiblement relevé le niveau de vie gé-
timations des relations de cause à effet des échanges sur les revenus; néral aux États-Unis, l’expansion du commerce chinois a provoqué un
pour une analyse plus récente, voir Feyrer (2009a, 2009b). Rodríguez ajustement coûteux et douloureux pour certains travailleurs et régions des
et Rodrik (2001) parviennent, quant à eux, à la conclusion que la na- États-Unis. En Europe, la concurrence croissante exercée par les importa-
ture de la relation entre la politique commerciale et la croissance écono- tions chinoises a également entraîné une baisse de l’emploi et de la propor-
mique demeure ambiguë si l’on se base sur les données empiriques. tion de travailleurs non qualifiés (Bloom, Draca et Van Reenen, 2016).
de biens différents, dont les prix n’évoluent pas de la considèrent l’évolution du volume des échanges — c’est-
même manière du fait de la modification des prix rela- à-dire le commerce en termes réels16.
tifs entraînée par les échanges. Dans une récente étude, Le ralentissement de la croissance du commerce réel,
Fajgelbaum et Khandelwal (2016) présentent un cadre en termes absolus et en proportion de la croissance du
permettant d’isoler précisément cet effet et de simuler les PIB, touche un grand nombre de pays (graphique 2.2,
gains résultant de la baisse des coûts commerciaux dans plages 3 et 4). L’augmentation des importations de biens
un grand nombre de pays. Ils parviennent à la conclusion et services s’est ralentie dans 143 des 271 pays durant la
que les avantages liés à la baisse des prix due aux échanges période 2012–15 par rapport aux cinq années précédant
sont plus importants pour ceux qui se trouvent en bas de la crise financière mondiale. Lorsqu’il est mesuré par rap-
la distribution de revenus parce que les ménages pauvres port à la croissance du PIB, ce ralentissement est observé
consacrent une part plus importante de leurs revenus à dans 116 pays.
des biens faisant l’objet d’un commerce important. Le profil du ralentissement de la croissance réelle des
En résumé, le processus d’intégration des échanges importations durant la période 2012–15 diffère selon
peut accroître la productivité, stimuler la croissance et les catégories de pays (graphique 2.3) et les secteurs (gra-
augmenter le bien-être général. Une plus grande ouver- phique 2.4) considérés. Dans les pays avancés, ce ralen-
ture commerciale ne fait toutefois pas que des gagnants, tissement a été très marqué juste après la crise de l’en-
en particulier à court terme. Il importe de ne pas sous- dettement dans la zone euro, mais la modeste reprise
estimer les coûts d’ajustement que doivent assumer cer- enregistrée par ces pays s’est accompagnée d’une accélé-
tains travailleurs par suite de la libéralisation des échanges ration de la croissance des importations. Dans les pays
et de prendre des mesures complémentaires pour veiller à émergents et en développement, le ralentissement a été
ce que l’intégration commerciale profite à tous (voir éga- moins prononcé au départ, mais est devenu plus net au
lement l’encadré 2.2). cours des deux dernières années. Cette évolution tient
au nivellement des importations de la Chine et aux dif-
ficultés macroéconomiques rencontrées par un certain
Le ralentissement de la croissance nombre de pays, parmi lesquels des exportateurs de pro-
des échanges : principales tendances duits de base touchés par la chute des prix à l’exportation
L’examen de l’évolution des échanges mondiaux au (voir également le chapitre 1 des PEM d’avril 2016).
cours des dernières années aboutit à des résultats nette- Comme on a pu l’observer durant la crise financière
ment différents selon que les échanges sont mesurés en mondiale, les échanges de services ont été plus résilients
dollars réels ou en dollars nominaux. En termes réels, la que les échanges de marchandises (graphique 2.4, plage 1).
croissance du commerce mondial ralentit depuis la fin Le volume des échanges de services et de biens a progressé
de 2011; en termes nominaux, elle chute depuis le deu- à un taux annuel de l’ordre de 9½ % et de 9 %, respecti-
xième semestre de 2014 (graphique 2.2, plages 1 et 2). La vement, durant la période 2003–07. Le taux de croissance
valeur des échanges de biens et de services a diminué de des services est tombé à 5½ % durant la période 2012–15,
10½ % en 2015, par suite d’une baisse de 13 % du dé- mais celui des biens a encore plus diminué pour s’établir à
flateur des importations liées à l’effondrement des cours un peu moins de 3 %17. Nombreux sont ceux qui pensent,
du pétrole et à l’appréciation du dollar; cette évolution toutefois, que la croissance des échanges de services pour-
s’est toutefois quelque peu ralentie au cours des derniers rait être plus forte que ne l’indiquent ces chiffres18. Les
mois14. Le volume des échanges de biens et services a nouveaux modèles d’activité et les progrès réalisés dans
continué d’augmenter tout au long de cette période, bien le domaine des technologies de l’information et des
qu’à un taux relativement bas, à peine supérieur à 3 % 16L’analyse d’équilibre général examine l’évolution des valeurs no-
par an, et rien n’indique qu’il devrait s’accroître15. Étant minales des échanges par rapport au PIB nominal. Le modèle de gra-
donné que la baisse des échanges nominaux tient, pour vité, également considéré dans ce chapitre, considère de même les flux
l’essentiel, à la chute des cours du pétrole et à la solidité d’échanges bilatéraux nominaux sectoriels.
17Les échanges de services sont relativement soutenus par rapport à
du dollar, les autres faits stylisés et plusieurs des analyses ceux des biens depuis 2012; le reste du chapitre considère par consé-
quent spécifiquement les échanges de biens, sauf indication contraire.
14Voirle chapitre 3 de la présente édition des PEM pour un examen 18Il ressort d’un examen plus attentif des échanges nominaux de ser-
de l’effet des prix à l’importation sur l’inflation mondiale. vices dans l’ensemble des secteurs que les échanges dans les secteurs des
15En fait, selon le World Trade Monitor de CPB, en juillet 2016, le technologies de l’information et des communications, des voyages et
volume des échanges mondiaux de marchandises était toujours prati- des services financiers ont été nettement plus résilients que les échanges
quement au même niveau qu’à la fin de 2014. d’autres services (voir l’annexe 2.1).
Le commerce mondial continue d’augmenter en termes réels, bien que beaucoup plus lentement, depuis la fin de 2011,
mais il s’est effondré en dollars nominaux au deuxième semestre de 2014. Le ralentissement de la croissance réelle
du commerce est généralisé à l’échelle mondiale, aussi bien en valeur absolue que par rapport à la croissance du PIB.
Valeur Prix Volume
1. Croissance des importations de biens et services 2. Croissance des importations de biens
50 (Pourcentage) (Variation en pourcentage 50
40 d’une année sur l’autre) 40
30 30
20 20
10 10
0 0
–10 –10
–20 –20
–30 –30
–40 –40
2003 06 09 12 15 2003 06 09 12 Juil. 16
3. Écarts entre la croissance réelle moyenne des importations entre 2003–07 et 2012–151
(Points de pourcentage)
Moins de –12 –4 à 0
–12 à –7 Plus de 0
–7 à –4 Pas de données
4. Écarts entre le ratio de la croissance réelle moyenne des importations à la croissance réelle moyenne du PIB entre 2003–07 et 2012–151
(Nombre)
Sources : CPB Netherlands Bureau for Economic Policy Analysis; calculs des services du FMI.
1
Les différents intervalles, indiqués par des couleurs, correspondent aux quartiles calculés à partir de la distribution établie
pour les pays qui ont enregistré un ralentissement de la croissance réelle des importations (plage 3), ou du ratio de la croissance
réelle moyenne des importations à la croissance réelle moyenne du PIB (plage 4).
Monde 15
8
Pays avancés
Pays émergents et en développement 10
6
5
4
0
–10 –5 0 5 10 15 20
2
25 3. Distribution de la croissance réelle moyenne
0 des importations par produit, 2012–151
2003–07 12 13 14 15 20 (Pourcentage)
Source : calculs des services du FMI.
15
Note : Les importations recouvrent les biens et services. La croissance annuelle
globale des importations est calculée en tant que moyenne pondérée des taux 10
de croissance réelle des importations par pays, les pondérations utilisées
étant les parts des importations nominales. 5
0
–10 –5 0 5 10 15 20
communications ont contribué à la forte expansion des
échanges de services numériques, notamment la fourniture 4. Croissance réelle des importations
18 de différents groupes de produits1
gratuite de données et de services permise par les techno- 16 (Pourcentage)
2003–07 2012–15
logies numériques (comme les services de courrier électro- 14
12
nique, les médias sociaux, les services de cartographie et les
10
moteurs de recherche). Il restera toutefois difficile de me- 8
surer ces échanges jusqu’à ce que certaines questions mé- 6
4
thodologiques aient été réglées19.
2
Le ralentissement des échanges des biens au cours des 0
Équipement Intermédiaires Consommation Intermédiaires Consommation
quatre dernières années a été généralisé (graphique 2.4,
primaires durable transformés non durable
plages 2 et 3). L’analyse présentée dans ce chapitre utilise
une nouvelle série de données pour calculer séparément Sources : Comtrade des Nations Unies; calculs des services du FMI.
Note : Les données portées dans les plages 2 à 4 ont été calculées à partir des
19Magdeleine et Maurer (2016) décrivent les problèmes statistiques indices en volume des importations construits au moyen des données sur les volumes
posés par la mesure des échanges d’«idées numérisées». Un récent rap- et les valeurs du commerce des produits ayant un code à 6 chiffres dans le SH pour
port de McKinsey Global Institute (Manyika et al., 2016) examine éga- 52 pays. Voir Boz et Cerutti (à paraître) et l’annexe 2.2 pour plus de détails.
1
Biens uniquement.
lement l’impact de la numérisation grandissante de la mondialisation
sur les échanges, en faisant valoir que les flux de données transfrontières
ont une valeur économique supérieure aux flux de biens constituant les
échanges traditionnels.
les indices des prix et des volumes à l’importation par ca- L’analyse commence par quantifier l’influence de la si-
tégorie de produit et d’emploi final au moyen de données tuation économique générale et de la structure de la crois-
détaillées sur environ 5.300 produits et pour 52 pays20. sance sur le ralentissement de la progression des échanges
Selon cette nouvelle série de données, la distribution en suivant une démarche empirique et une démarche basée
de la croissance du volume des échanges pour la cen- sur des modèles. Les deux méthodes indiquant que la pro-
taine de lignes de produits analysés séparément s’est dé- duction et sa composition ne permettent pas de prévoir to-
placée, dans son ensemble, vers la gauche durant la pé- talement la faiblesse des échanges observée depuis 2012,
riode 2012–15 par rapport à la distribution des taux de l’analyse présentée dans les sections qui suivent vise à isoler
croissance observée en 2003–07. Les taux de croissance le rôle d’autres facteurs — les politiques commerciales et
moyens du volume des échanges ont diminué entre les la variation du rythme d’expansion des chaînes de valeur
deux périodes pour plus de 85 % des lignes de produits, mondiales — à partir des données sur les flux d’échanges
notamment les produits dérivés du pétrole, qui consti- ventilés par produit et les flux bilatéraux par secteur.
tuent plus de 10 % du total des échanges.
La baisse du taux de croissance des échanges de biens
varie toutefois selon les types de produits. Les échanges Le rôle de la production et de sa composition :
de biens de consommation non durables ont été satis- conclusions d’une étude empirique
faisants. Le ralentissement le plus prononcé a été enre- Pour évaluer le rôle de l’activité économique et de l’évo-
gistré pour les biens d’équipement, suivis par les biens lution de sa composition, cette section examine la relation
primaires intermédiaires, les biens de consommation historique entre les volumes des importations de biens et
durables et les biens transformés intermédiaires (gra- services, d’une part, et la demande globale, d’autre part,
phique 2.4, plage 4). La perte de vitesse des échanges de durant la période 1985–2015 de manière à calculer la
biens d’équipement et de biens de consommation du- croissance des importations d’un pays à partir des fluctua-
rables (y compris les automobiles et d’autres matériels tions observées de ses dépenses intérieures, de ses exporta-
de transport non industriels), qui constituent une part tions et des prix relatifs. Elle compare ensuite les prévisions
importante des dépenses d’équipement, fait ressortir la ainsi établies et l’évolution observée des échanges dans le
contribution que pourrait avoir eue la faiblesse des inves- but de déterminer si ces derniers sont exceptionnellement
tissements au ralentissement de la croissance des échanges faibles depuis 2012 au regard de la relation historique entre
mondiaux au cours des dernières années. le commerce et l’activité économique.
Le chapitre estime, pour chacun des 150 pays de
l’échantillon, un modèle type de la demande d’impor-
Comment expliquer le ralentissement tations qui établit un lien entre la croissance du volume
de la croissance des échanges des importations de biens et services, considérés sépa-
Pour déterminer les politiques publiques qui doivent rément, et la croissance de la demande en neutralisant
être adoptées face au ralentissement de la progression des l’effet des prix relatifs des importations21. La plupart des
échanges, il est nécessaire d’établir un diagnostic précis des études utilisent le PIB national en tant que variable de
causes de ce dernier. La croissance des échanges a-t-elle été remplacement de l’absorption. L’analyse présentée ici
entravée essentiellement par la faiblesse prolongée de la si- 21Une équation de la demande d’importations, établissant une rela-
tuation économique mondiale? Dans l’affirmative, les res- tion entre la croissance réelle des importations, d’une part, et les varia-
ponsables de l’action publique auraient intérêt à chercher tions du taux d’absorption et des niveaux des prix relatifs, d’autre part,
à relancer la croissance et, en particulier, à accroître les in- peut être formulée à partir de pratiquement tous les modèles internatio-
naux du cycle économique réel. La spécification empirique précise qui a
vestissements là où ils manquent le plus de dynamisme. été estimée revêt la forme
Serait-il toutefois possible que la perte de vitesse des ∆ lnM = δ + β ∆ lnD + β ∆ lnP + ε ,
c,t c D,c c,t P,c c,t c,t
échanges ait d’autres raisons d’être, notamment le ralentis- dans laquelle M c,t, Dc,t
, et Pc,t
indiquent, respectivement, les impor-
sement du rythme des réformes commerciales, ce qui im- tations réelles, la demande globale et les prix relatifs des importations
du pays c à l’année t. Comme dans Bussière et al. (2013), la spécifica-
pliquerait l’adoption d’une ligne d’action différente? tion de référence pose en hypothèse que la croissance des importations
dépend uniquement de la croissance contemporaine des variables ex-
20La base de données Comtrade International Trade Statistics plicatives; les conclusions considérées dans ce chapitre sont toutefois
des Nations Unies contient des informations sur la valeur nominale et sur robustes lorsque l’on introduit un décalage au niveau des taux de crois-
le volume des importations de biens, de sorte qu’il est possible de calculer sance des variables dépendantes et explicatives de manière à générer une
les variations dans le temps des valeurs unitaires pour chaque produit. dynamique plus complexe. Les résultats des estimations sont présentés
(Voir l’annexe 2.2 et Boz et Cerutti (à paraître) pour plus de détails.) à l’annexe 2.3.
suit, toutefois, la méthode novatrice utilisée par Bussière demande intérieure des partenaires commerciaux (plutôt
et al. (2013) et calcule la demande globale ajustée au titre que les exportations, qui sont la somme des importations
de l’intensité en importations (DAI), en déterminant la des partenaires commerciaux). Un pays particulier peut
moyenne pondérée des composantes habituelles de la de- considérer que la demande extérieure de ses biens et ser-
mande globale (investissement, consommation privée, dé- vices est une donnée, mais, à l’échelle mondiale, seule la
penses publiques et exportations). Les pondérations uti- somme de la demande intérieure des différents pays dé-
lisées sont les contenus en importations de la demande, termine la croissance des importations mondiales.
calculés à partir des tableaux des entrées–sorties22, 23. Le modèle empirique suit de très près l’évolution de la
Cette démarche prend explicitement en compte les dif- croissance des importations (graphique 2.5), en particu-
férences entre les contenus en importations des diverses lier lorsque les prévisions sont établies en utilisant la DAI
composantes de la demande globale et saisit l’effet des va- calculée à partir des quatre composantes de la demande
riations de la solidité générale de l’activité économique et globale, et non pas seulement la demande intérieure.
de ses facteurs déterminants. Ces derniers revêtent une Cela n’est guère surprenant puisque les importations et
importance particulière. L’investissement, qui, comme les les exportations d’un pays sont de plus en plus étroite-
exportations, a un contenu en importations particuliè- ment liées par suite de la mondialisation grandissante de
rement élevé, est demeuré faible dans de nombreux pays la production (Bussière et al., 2013).
avancés qui ne se sont toujours pas pleinement remis de Le modèle montre que les prévisions de la croissance
la crise financière mondiale et des crises de la dette en des échanges ne divergent toutefois pas de la même ma-
Europe. Il s’est aussi sensiblement ralenti dans de nom- nière que la croissance observée dans le cas des biens et
breux pays émergents et en développement, notamment dans celui des services durant la période 2012–15. Dans
en Chine, qui procède à un rééquilibrage nécessaire et le cas des services, la série des observations et la série des
bienvenu de son économie en réduisant ses investisse- prévisions de la croissance des importations sont proches
ments, comme expliqué au chapitre 4 de ce rapport. l’une de l’autre pendant toute la période couverte par les
Le chapitre estime, en plus du modèle proposé par estimations. Dans le cas des biens, en revanche, le taux de
Bussière et al. (2013), deux modèles de la demande d’im- croissance annuel des importations est, dans l’ensemble,
portations faisant intervenir : 1) la DAI ne comprenant nettement inférieur aux prévisions pour 2012–15. Pour
que les composantes intérieures de la demande globale un pays type, la croissance «manquante» des importa-
(DAI intérieure), et 2) la DAI intérieure et les prévisions tions de biens est de 1 point de pourcentage en moyenne
des exportations établies à partir des DAI intérieures des sur les quatre dernières années, selon le modèle utilisant
partenaires commerciaux. Ces derniers modèles sont les quatre composantes de la demande globale pour éta-
utiles parce que le ralentissement des échanges a touché blir les prévisions des importations. L’écart entre les va-
le monde entier : ils permettent de cibler plus précisé- leurs observées et les valeurs prévues pour la croissance
ment la dynamique de la croissance des importations des importations de biens indiqué par les deux autres
tirée uniquement par la demande intérieure du pays et la modèles est encore plus important, puisqu’il est de l’ordre
de 2¼ points de pourcentage et de 1¾ point, respective-
22La demande ajustée au titre de l’intensité en importations est re-
présentée par la fonction DAIt = C tω C Gtω G Itω I Xtω X, dans laquelle ω k est le
ment (graphique 2.6, plage 1)24.
contenu en importations de chaque composante des dépenses, k ∈ {C, Les résultats cadrent également avec le ralentissement
G, I, X}, et est normalisé de manière à ce que sa somme soit égale à 1. des échanges observé pour les pays examinés à la sec-
Le contenu en importations est calculé à partir des valeurs moyennes
tion précédente. Dans les pays avancés, le ralentissement
sur la période 1990–2011 des tableaux des entrées–sorties par pays éta-
blis pour plusieurs régions à partir de la base de données Eora. Il im- non prévu de la croissance des importations s’est pro-
porte de noter que, si l’intensité en importations était parfaitement duit en 2012. Depuis lors, cette croissance a repris et est,
mesurée à chaque période et que les pondérations de cette intensité en moyenne, proche des valeurs indiquées par le modèle
pouvaient varier selon les périodes, le modèle pourrait pleinement ex-
pliquer le niveau des importations (mais non leur taux de croissance). (graphique 2.6, plage 2). Pour les pays émergents et en
Ce chapitre utilise l’intensité moyenne en importations sur la pé- développement, la croissance «manquante» des impor-
riode 1990–2011, sachant que la variation de cette intensité au cours tations de biens est plus prononcée et s’accroît dans le
du temps peut être due à l’évolution des coûts commerciaux et à la frag-
mentation de la production mondiale; ces facteurs sont examinés sépa-
temps (graphique 2.6, plage 3).
rément dans ce chapitre.
23Voir Hong et al. (2016), FMI (2015e), Jääskelä et Mathews 24Ces conclusions sont robustes si l’on neutralise l’effet des incerti-
(2015), Martinez-Martin (2016) et Morel (2015) pour d’autres tudes, de la situation financière mondiale et du stress financier dans les
exemples d’analyses de la croissance des échanges basées sur la DAI, uti- pays lorsque l’analyse porte sur les résidus des modèles de la demande
lisant des échantillons de pays nettement plus réduits. d’importations (voir l’annexe 2.3).
Graphique 2.5. Modèle empirique : évolution observée Graphique 2.6. Modèle empirique : écart entre
et prédite de la croissance réelle des importations la croissance effective et la croissance prévue
(Pourcentage) des importations de biens en termes réels
(Pourcentage)
Après 2012, les prévisions de la croissance des importations sont systématiquement
supérieures aux observations des échanges de biens, en particulier dans les pays La croissance «manquante» des importations de biens durant la période 2012–15
émergents et en développement. Les valeurs effectives et prévues de la croissance est moins importante dans les pays avancés que dans les pays émergents et en
des importations de services sont très proches les unes des autres. développement. Dans les pays avancés, l’écart non prévu le plus important s’est
produit en 2012, mais la croissance réelle des importations de biens a ensuite
Observations
retrouvé un niveau correspondant aux prévisions du modèle. Pour les pays
Valeurs prévues à partir de la demande intérieure ajustée
émergents et en développement, la croissance manquante des importations
au titre de l’intensité en importations
de biens est devenue plus prononcée au cours du temps.
Valeurs prévues à partir de la demande ajustée au titre
de l’intensité en importations Valeurs prévues à partir de la demande intérieure ajustée
Valeurs prévues à partir de la demande intérieure ajustée au titre de l’intensité en importations
au titre de l’intensité en importations du pays Valeurs prévues à partir de la demande ajustée au titre de l’intensité
et par celle de ses partenaires commerciaux en importations
Ensemble de l’échantillon Valeurs prévues à partir de la demande intérieure ajustée
au titre de l’intensité en importations du pays et par celle
30 1. Importations 2. Importations 30 de ses partenaires commerciaux
réelles de biens réelles de services
2 1. Résidus moyens : ensemble de l’échantillon
20 20
1
10 10
0
0 0 –1
–2
–10 –10
–3
–20 –20 –4
1985 90 95 2000 05 10 15 1985 90 95 2000 05 10 15
Pays avancés –5
1985–2011 2012–15 2012 13 14 15
30 3. Importations 4. Importations 30
réelles de biens réelles de services
2 2. Résidus moyens : pays avancés
20 20
1
10 10 0
–1
0 0
–2
–10 –10
–3
–20 –20 –4
1985 90 95 2000 05 10 15 1985 90 95 2000 05 10 15
–5
Pays émergents et en développement 1985–2011 2012–15 2012 13 14 15
30 5. Importations 6. Importations 30
réelles de biens réelles de services 4 3. Résidus moyens : pays émergents et en développement
20 20 2
0
10 10
–2
0 0
–4
–10 –10 –6
–8
–20 –20
1985 90 95 2000 05 10 15 1985 90 95 2000 05 10 15 –10
1985–2011 2012–15 2012 13 14 15
Source : calculs des services du FMI.
Note : Les lignes traçant les valeurs observées et les valeurs prévues Source : calculs des services du FMI
correspondent à la moyenne des taux de croissance réels des importations Note : Les barres représentent les résidus moyens, pondérés par les parts des
des pays, pondérés par les parts des importations. Les prévisions sont basées importations, d’un modèle de la demande d’importations estimé séparément pour
sur un modèle de la demande d’importations, estimé séparément pour chaque chaque pays et établissant une relation entre la croissance réelle des importa-
pays et établissant une relation entre la croissance réelle des importations tions et la croissance de la demande ajustée au titre de l’intensité en importations
et la croissance de la demande ajustée au titre de l’intensité en importations et les prix relatifs à l’importation. Les lignes noires tracent l’intervalle de
et les prix relatifs à l’importation. Voir l’annexe 2.3. confiance à 90 %. Voir l’annexe 2.3.
Graphique 2.7. Modèle empirique : décomposition du Ces résultats indiquent, de manière générale, que le ni-
ralentissement de la croissance réelle des importations de biens veau et la structure de l’activité économique ne permettent
(Points de pourcentage)
pas d’expliquer pleinement le ralentissement de la crois-
Le modèle empirique peut prévoir une fraction notable de l’écart entre la croissance sance des importations de biens à compter de 2012, en
réelle des importations de biens durant les périodes 1985–2007 ou 2003–07 particulier dans les pays émergents et en développement.
et 2012–15. L’essentiel du ralentissement de la croissance des importations peut
être imputé à la faiblesse des investissements et de la demande extérieure. Dans quelle mesure la croissance manquante des im-
Prévu par la demande intérieure
portations de biens correspond-elle au ralentissement gé-
Prévu par la consommation
et les prix relatifs ajustée au titre de l’intensité en néral de la croissance des importations? Pour répondre à
Prévu par les investissements importations du pays et par celle cette question, le chapitre décompose la baisse observée
Prévu par les exportations de ses partenaires commerciaux
Non prévu des taux de croissance des importations de biens avant
et après la crise financière mondiale. L’analyse consi-
Ensemble de l’échantillon
dère une période longue (1985–2007) et une période
1. 2012–15 moins 1985–2007 2. 2012–15 moins 2003–07
courte (2003–07) antérieures à la crise, et compare les
A B C A B C
0 0 données relatives à chacun de ces intervalles à celles de la
–1 –1 période 2012–15 pour déterminer la part du ralentisse-
–2 –2 ment que le modèle empirique peut ou ne peut pas re-
–3 –3 produire (graphique 2.7). Elle répartit ensuite le ralen-
–4 –4 tissement indiqué par les prévisions entre les différentes
–5 –5 composantes de la demande globale. Deux conclusions se
–6 –6 dégagent de l’analyse :
–7 –7 •• À l’échelle d’un pays particulier, la fraction non prévue
Pays avancés du ralentissement total de la croissance des importa-
3. 2012–15 moins 1985–2007 4. 2012–15 moins 2003–07 tions de biens est relativement faible. Lorsqu’il com-
A B C A B C pare les périodes 2012–15 et 2003–07 et utilise les
0 0
quatre composantes de la demande globale pour éta-
–1 –1 blir des prévisions de la croissance des importations, le
–2 –2 modèle peut expliquer 85 % du ralentissement dans
un pays type de l’échantillon intégral25.
–3 –3
•• La contraction des investissements et le ralentisse-
–4 –4 ment de la croissance des exportations expliquent
–5 –5 la plus grande partie du ralentissement de la crois-
Pays émergents et en développement sance des échanges, notamment par rapport à la
5. 2012–15 moins 1985–2007 6. 2012–15 moins 2003–07
période 2003–07, durant laquelle les dépenses d’équi-
A B C A B C pement de nombreux pays émergents et en dévelop-
0 0
pement, notamment la Chine, ont augmenté à un
rythme particulièrement soutenu.
–5 –5
La mesure dans laquelle la baisse des exportations a
induit le ralentissement de la croissance des importa-
–10 –10
tions dans les différents pays dépend de deux facteurs :
1) l’étroitesse des liens entre les importations et les ex-
–15 –15 portations de ces pays par suite de la fragmentation gran-
Source : calculs des services du FMI dissante des processus de production à l’échelon inter-
Note : La barre A décompose la différence entre la croissance réelle moyenne national, et 2) la faiblesse de la croissance économique
des importations de biens aux deux périodes considérées en fractions prévues
par la consommation et les prix relatifs, les investissements, les exportations, synchrone dans le monde au cours des dernières années.
et en un résidu non prévu. La barre B répartit la composante prévue par les Ces deux facteurs ont contribué à la généralisation du
exportations en une fraction qui peut être prévue et une fraction qui ne peut
pas être prévue par la demande intérieure des partenaires commerciaux au
moyen d’une procédure itérative. La barre C décompose la différence en 25La fraction non prévue est plus importante lorsque la varia-
établissant la somme de la demande intérieure et de la demande extérieure tion de la croissance des importations par rapport à 1985–2007 est
prévue par la demande intérieure des partenaires commerciaux. prise en compte, en particulier dans le cas des pays émergents et en
développement.
ralentissement de la croissance des échanges dans les dif- garde26. Premièrement, comme nous l’avons vu précédem-
férents pays et ont amplifié cet effet. ment, elle cible un seul élément de la relation, à savoir la re-
Pour déterminer la contribution de la demande inté- lation de dépendance des échanges par rapport à l’activité
rieure au ralentissement du total des échanges, l’analyse dé- économique. Il se peut cependant que d’autres facteurs,
compose, pour chaque pays, la part du ralentissement de la notamment les politiques commerciales, aient eu un im-
croissance des importations due à ses exportations : 1) en pact simultané sur l’activité économique et le commerce.
la valeur prévue de la demande d’importations des parte- L’omission de ces facteurs biaise probablement à la hausse
naires commerciaux imputable à la demande intérieure; l’estimation de la contribution de l’activité économique à
2) en la valeur prévue de la demande d’importations des la prévision des flux d’échanges. Comme le montre l’an-
partenaires commerciaux imputable aux exportations; et nexe 2.3, ce biais est, toutefois, relativement faible27.
3) en éléments résiduels non expliqués par le modèle. En Deuxièmement, en tant qu’analyse d’équilibre partiel
procédant par itérations, il est possible d’affecter la tota- — le modèle empirique considère la demande extérieure
lité du ralentissement des importations de biens à l’échelle de chaque pays comme une donnée —, cette méthode ne
mondiale aux composantes de la demande intérieure et à permet pas, à elle seule, d’analyser un ralentissement syn-
une fraction non prévue représentée par la barre du mi- chrone des échanges à l’échelle de nombreux pays. Pour
lieu de chaque plage du graphique 2.7. Cette procédure remédier à ce problème, le chapitre a recours à un modèle
montre que, à l’échelle mondiale, l’évolution de l’activité structurel d’équilibre général couvrant plusieurs pays, dé-
économique explique environ les trois quarts de la baisse crit à la section suivante. La démarche d’équilibre général
du taux de croissance des importations globales de biens. permet également de considérer une réponse endogène
La fraction non prévue du ralentissement est plus impor- du niveau de l’activité économique et de la production à
tante que celle affichée par un pays moyen parce que les des variations de la composition et des coûts des échanges
obstacles aux échanges rencontrés par chaque pays se ren- par le biais de leurs effets sur les prix des biens intermé-
forcent à l’échelle mondiale. Le modèle de la demande diaires et des biens de consommation, ce qui permet
d’importations basé sur la DAI intérieure et sur les prévi- aussi de remédier en partie au premier problème posé par
sions des exportations établies à partir des DAI intérieures la démarche empirique28.
des partenaires commerciaux produit des résultats très si-
milaires, comme le montre la barre de droite des plages du
graphique 2.7. Le rôle de la composition de la demande et des coûts
En fin de compte, le ralentissement de la croissance des commerciaux : conclusions d’une étude structurelle
importations de biens durant la période 2012–15 n’est Cette section examine le ralentissement de la crois-
pas simplement un symptôme de la faiblesse de l’activité sance du commerce des biens par rapport à la crois-
économique. Il est possible d’imputer à peu près les trois sance du PIB en termes nominaux en adaptant le modèle
quarts du ralentissement du total des échanges aux ef-
26Parmi les études récentes recouvrant les écarts des échanges —
fets conjugués du ralentissement de la croissance générale,
c’est-à-dire les éléments de la croissance du commerce qui ne peuvent
d’une restructuration de l’activité économique au détri-
pas être expliqués par les modèles de la demande d’échanges sur la
ment des composantes ayant la plus forte intensité en im- base de la relation univoque entre la demande et les prix relatifs, d’une
portations — c’est-à-dire les investissements — et de la part, et les importations, d’autre part — figurent celles de Levchenko,
nature synchrone du ralentissement de la croissance dans Lewis et Tesar (2010); Alessandria, Kaboski et Midrigan (2013); et
Alessandria et Choi (2016). Voir également Bussière et al. (2013);
les différents pays qui peut, en partie, s’être transmis par le Constantinescu, Mattoo et Ruta (2015); Ollivaud et Schwellnus
biais des échanges. À l’échelle mondiale, toutefois, les taux (2015); ainsi que les études citées à la note 23.
27Éliminer de la croissance des composantes de la demande globale
de croissance des importations de biens durant la période
les effets des modifications des coûts commerciaux dus aux politiques
2012–15 sont restés inférieurs d’environ 1¾ point de publiques avant de construire la DAI produit une croissance «man-
pourcentage en moyenne aux niveaux auxquels ils auraient quante» des échanges légèrement plus importante durant la période
dû se trouver sur la base de la relation historique entre les 2012–15. Dans le cas d’un pays moyen, la part de la perte de vitesse de
la croissance des importations prédite par les variations de l’activité éco-
flux commerciaux et l’activité économique. Il ne s’agit pas
nomique — qui sont, par définition, orthogonales aux politiques com-
là d’un écart minime : le niveau des échanges réels mon- merciales — et des prix relatifs est de 79 %, contre 85 % lorsque l’on
diaux de marchandises aurait été supérieur de 8 % en 2015 utilise la spécification de référence.
28Comme dans la plupart des modèles d’équilibre général du com-
sans cette croissance manquante des échanges.
merce, certains circuits par lesquels le commerce a un impact sur la pro-
La méthode empirique décrite précédemment est uti- duction, par exemple l’écart dynamique de productivité résultant d’une
lisée dans de nombreuses études, mais exige deux mises en plus grande ouverture aux échanges, ne sont pas pris en compte.
de production et du commerce comprenant plusieurs mesure que la demande d’autres biens, la variation des
secteurs et plusieurs pays présenté dans Eaton et al. flux commerciaux est imputée à ce facteur.
(2010)29. Comme il s’agit d’un modèle d’équilibre gé- •• L’écart lié aux coûts commerciaux prend en compte les
néral, qui calcule de manière endogène les salaires et les variations des préférences pour les biens produits dans
prix d’équilibre, nous nous intéressons essentiellement à le pays ou pour les biens importés qui ne tiennent
la croissance nominale des importations par rapport à la pas aux variations des prix relatifs. Par exemple, si
croissance du PIB. Dans ce cadre, les pays procèdent à les prix sont fixes dans tous les pays, mais qu’un pays
des échanges pour exploiter les avantages comparatifs que consomme davantage de biens durables intérieurs que
leur procure la production de biens. Le commerce inter- de biens durables importés, cette situation est imputée
national est toutefois coûteux : il implique des coûts de à l’augmentation des coûts commerciaux. Ces derniers
transport et se heurte à des obstacles imposés par les po- peuvent inclure les tarifs douaniers, les subventions à
litiques publiques, notamment les tarifs douaniers. Les la production intérieure, les obstacles non tarifaires, les
pays comparent ces coûts aux gains d’efficacité résultant coûts de transport transfrontières, etc.30.
du commerce pour déterminer si, et dans quelle mesure, •• L’écart lié à la productivité reflète l’avantage comparatif
il est dans leur intérêt de produire, d’exporter et d’im- des pays. Lorsqu’un pays devient plus productif dans un
porter. Le modèle incorpore également une riche struc- secteur particulier, les quantités produites par ce dernier
ture d’entrées–sorties, qui permet d’utiliser la production qui sont exportées vers les partenaires commerciaux et
de tout secteur — biens durables, biens manufacturés qui sont consommées dans le pays augmentent.
non durables et produits de base, ainsi qu’un secteur ré- •• L’écart lié au déficit commercial est nécessaire pour as-
siduel comprenant essentiellement des biens non échan- surer la correspondance des importations et des expor-
geables — en tant qu’intrants pour les autres secteurs. tations des pays qui affichent des déficits et des excé-
Selon le modèle, la dynamique observée pour les dents commerciaux dans le modèle.
échanges peut être imputée à la modification de quatre
facteurs déterminés ou «écarts» : 1) la composition de la Nombre des principales hypothèses des causes du ra-
demande, 2) les coûts commerciaux (ou frictions), 3) la lentissement du commerce mondial par rapport au PIB
productivité, et 4) les déficits commerciaux. Ces écarts, peuvent être reliées à ces facteurs. Un ralentissement de
qui évoluent dans le temps, exercent des chocs sur les la croissance des échanges, qui reflète essentiellement une
préférences, les coûts commerciaux, la productivité et les modification de la structure de l’activité économique, est
déficits commerciaux et, par conséquent, influencent les capturé par l’écart lié à la composition de la demande.
décisions économiques des agents, notamment leur déci- Si ce ralentissement tient, en revanche, à l’imposition de
sion de procéder ou non à des échanges. Lorsque ce mo- barrières commerciales ou à la perte de vitesse du pro-
dèle est employé pour analyser la structure observée des cessus de libéralisation des échanges, il sera imputé par le
échanges sectoriels, de la production et des prix, les varia- modèle à un accroissement de l’écart lié aux coûts com-
tions des flux effectifs des échanges sont imputées de ma- merciaux. En produisant des scénarios contrefactuels
nière endogène à ces quatre écarts de manière à ce que la dans le cadre desquels un seul facteur peut se modifier à
dynamique commerciale implicite cadre précisément avec la fois, le modèle permet de quantifier la contribution de
les données. Les quatre écarts diffèrent selon les secteurs ces écarts au ralentissement actuel des échanges dans un
et les pays et sont identifiés dans le cadre comme suit : cadre d’équilibre général. Par exemple, dans le scénario
•• L’écart lié à la composition de la demande recouvre les qui ne fait intervenir que l’écart lié à la composition
variations de la part de la production d’un secteur dans de la demande, le modèle permet à cette dernière de se
la demande finale totale. Par exemple, si, par suite de 30Le modèle n’incorpore aucune rigidité nominale ou modification de
la faiblesse des investissements, la demande de biens la longueur des chaînes de valeur mondiales. Cela signifie que les fluctua-
manufacturés durables diminue dans une plus large tions observées des flux commerciaux qui sont dues à ces deux facteurs
sont imputées de manière imparfaite à l’un des quatre écarts. Par exemple,
29Ce modèle incorpore le modèle canonique ricardien des échanges la dépréciation récente des monnaies des pays émergents et en dévelop-
d’Eaton et Kortum (2002). Eaton et al. (à paraître) développent le mo- pement en difficulté semble avoir accru l’écart lié aux coûts commerciaux
dèle statique figurant dans leurs travaux de 2010 pour modéliser de ma- parce que les valeurs de ces derniers ont davantage baissé que l’absorption
nière explicite le rôle de l’investissement dans un cadre dynamique. La intérieure et la production en dollars par suite d’une répercussion incom-
version dynamique du modèle exige toutefois davantage de données et plète du taux de change. Les variations de l’expansion des chaînes de va-
de calculs, de sorte qu’il n’a pas été possible de procéder à son estima- leur mondiales sont, de même, généralement absorbées par l’écart lié aux
tion pour un grand nombre de pays émergents et en développement coûts des échanges comme en témoignent les baisses notables des coûts
aux fins de la présente étude. commerciaux mesurés pour le Viet Nam.
modifier en fonction des données, mais maintient le coût PIB s’est caractérisé par un recadrage de la demande au
des échanges, la productivité et les déficits commerciaux profit des biens non échangeables et par une modification
constants. Seuls les résultats des scénarios contrefactuels de la composition des biens échangeables au profit des
des deux premiers écarts (composition de la demande et biens manufacturés non durables. À l’échelle mondiale, la
coûts des échanges) sont présentés dans ce chapitre31. part des dépenses consacrées aux trois secteurs des biens
L’analyse présentée ici utilise les données annuelles par échangeables a diminué; la part des produits de base s’est
secteur sur la production, les échanges bilatéraux et les prix réduite dans une plus large mesure que les autres par suite
à la production durant la période 2003–15 et applique la de la baisse des cours dans ce secteur. La poursuite de
procédure de comptabilisation à 34 pays avancés, émer- l’évolution à la baisse du ratio de la croissance des impor-
gents et en développement (responsables de 75 % des tations nominales au PIB observée en 2015 a essentielle-
échanges mondiaux); elle a donc une couverture géogra- ment tenu au repli des cours des produits de base.
phique et temporelle plus importante que l’analyse pré- •• Le modèle attribue cet effet essentiellement aux écarts
sentée dans Eaton et al. (2010)32. Elle développe également dans le secteur des produits de base. D’autres écarts ont
la structure du modèle en ajoutant de manière explicite un toutefois joué un rôle, mais leur contribution relative
secteur des produits de base aux secteurs inclus dans la spé- varie selon les pays. La Chine, par exemple, se distingue
cification initiale. Cette inclusion est essentielle, compte par l’augmentation des coûts de ses échanges. Bien qu’il
tenu de l’évolution récente des prix observés dans ce secteur soit difficile de les expliquer précisément, ces résultats
et de son impact sur le ratio de la croissance des échanges pourraient indiquer le nivellement de l’expansion du dé-
à la croissance du PIB33. Le modèle ne fait toutefois pas de veloppement des chaînes de valeur mondiales. Le Brésil
distinction entre l’investissement et la consommation, de a enregistré une baisse importante de la part des dé-
sorte qu’il importe d’interpréter en conséquence les conclu- penses consacrées aux biens manufacturés durables, qui
sions sur le rôle de la composition de la demande. a eu pour effet de ralentir la croissance des importations.
Les conclusions suivantes peuvent être tirées de la La comparaison des résultats des différents scénarios
comparaison des résultats des deux scénarios contrefac- pour la période 2003–07 et pour la période 2012–15
tuels et des observations relatives au ratio de la crois- montre que l’évolution de la composition de la demande
sance brute des importations nominales au PIB sur la pé- explique, à elle seule, près de 60 % du ralentissement de
riode 2003–15 (graphique 2.8, plages 1, 3 et 5) : la croissance du commerce mondial par rapport à la crois-
•• Durant la période 2003–07, les échanges de biens no- sance du PIB (graphique 2.8, plages 2, 4 et 6). L’évolution
minaux ont augmenté plus rapidement que le PIB en de la composition de la demande a, en outre, été plus mar-
raison à la fois de l’évolution de la composition de la de- quée dans les pays avancés que dans les pays émergents et
mande et de la réduction des coûts commerciaux. Dans en développement. À l’échelle mondiale, les coûts com-
les pays avancés, ces deux facteurs ont joué un rôle simi- merciaux ont également joué un rôle non négligeable : le
laire; la baisse des coûts commerciaux a eu un effet plus modèle attribue près de 25 % du ralentissement du ratio
prononcé dans les pays émergents et en développement, de la croissance des importations nominales au PIB à ce
en particulier en Chine, qui est devenue membre de facteur. Les réductions des coûts commerciaux ont sti-
l’Organisation mondiale du commerce en 2001. mulé le commerce en 2003–07, mais cette évolution à la
•• Le ralentissement en 2012–15 de l’augmentation du ratio baisse s’est considérablement ralentie en 2012–15. Lorsque
de la croissance des importations nominales de biens au ces facteurs sont considérés conjointement — c’est-à-dire
31L’écart lié au déficit commercial a joué un rôle négligeable durant
lorsque les variations de la composition de la demande et
le récent ralentissement des échanges. L’écart de productivité manifeste des coûts commerciaux peuvent simultanément exercer un
une dynamique intéressante, qui peut toutefois être essentiellement im- effet sur les flux commerciaux —, le modèle explique près
putée aux récentes variations des prix induites par l’offre dans le secteur de 80 % du ralentissement34.
des produits de base.
32Le volume considérable de données nécessaires empêche d’appli- Bien qu’elles soient différentes à d’importants égards,
quer cette procédure sur une longue période à un grand nombre de les deux méthodes d’analyse produisent des conclusions
pays. Voir l’annexe 2.4 pour une description des données et des para-
mètres utilisés dans le cadre de cette analyse. 34Le regroupement des résultats obtenus dans le cadre des quatre scé-
33Dans ce modèle ricardien du commerce, les échanges de produits narios contrefactuels, qui considèrent, chacun, un écart différent, ne
de base résultent des différences d’efficacité au niveau des processus de produit pas nécessairement les mêmes résultats qu’un scénario considé-
production. Ceci peut être rapporté au monde réel — les importateurs rant simultanément tous les écarts. Ces derniers écarts peuvent ampli-
de pétrole, par exemple, ont des réserves gisant à une grande profon- fier ou amortir leurs effets respectifs lorsqu’ils sont considérés conjoin-
deur de sorte que le processus d’extraction est plus inefficace dans leur tement, de sorte que la somme de la fraction des données que chaque
cas que dans celui des exportateurs de pétrole. effet explique à lui seul peut être supérieure ou inférieure à un.
Graphique 2.8. Modèle structurel : évolution effective et modélisée du ratio des importations nominales au PIB
Durant la période 2003–07, les importations nominales ont augmenté plus rapidement que le PIB en raison de modifications de la composition
de la demande et de la réduction des coûts commerciaux. Durant la période de ralentissement de 2012–15, toutefois, les modifications
de la composition de la demande ont joué un rôle plus important que les coûts commerciaux, en particulier dans les pays avancés.
Croissance brute du ratio des importations nominales au PIB Variation de la croissance brute du ratio des importations
nominales au PIB entre 2012–15 et 2003–07
Données Composition de la demande Coûts commerciaux (Points de pourcentage)
1,1 0
1,0 –3
0,9 –6
0,8 –9
0,7 –12
2003 05 07 09 11 13 15 Données Composition Coûts
de la demande commerciaux
1,1 0
1,0 –3
0,9 –6
0,8 –9
0,7 –12
2003 05 07 09 11 13 15 Données Composition Coûts
de la demande commerciaux
1,2 5. Pays émergents et en développement 6. Pays émergents et en développement 3
1,1 0
1,0 –3
0,9 –6
0,8 –9
0,7 –12
2003 05 07 09 11 13 15 Données Composition Coûts
de la demande commerciaux
cohérentes. Le ralentissement mondial des échanges tient, Évolution des coûts commerciaux
dans une large mesure, mais non exclusivement, à la fai- et des chaînes de valeur mondiales
blesse de la situation économique générale et aux modi- Coûts commerciaux globaux
fications de la composition de la demande globale. Selon
L’expression «coûts commerciaux» fait généralement
les deux méthodes, l’évolution de la composition de la de-
référence à une large gamme de facteurs qui créent un
mande a davantage contribué à ralentir la croissance des
écart entre le prix à la production dans le pays exporta-
échanges dans les pays avancés que dans les pays émergents
teur et les prix à la consommation dans le pays impor-
et en développement. Enfin, le modèle structurel ainsi que
tateur. Ces facteurs peuvent comprendre des compo-
le modèle sous forme réduite indiquent que d’autres fac-
santes mesurables, comme les coûts de transport et les
teurs, notamment les coûts commerciaux, pourraient ex-
tarifs douaniers, la disponibilité et le coût de crédits com-
pliquer en partie le ralentissement observé des échanges.
merciaux, et d’autres éléments plus difficiles à quantifier
comme les obstacles linguistiques, les réglementations et
Le rôle des coûts commerciaux et des chaînes d’autres asymétries de l’information36.
de valeur mondiales : informations tirées Pour déterminer en général la manière dont les coûts
des données détaillées sur le commerce commerciaux, au sens le plus large, ont évolué, l’analyse
Compte tenu des conclusions des deux premières déduit ces coûts des profils des échanges bilatéraux, de
analyses présentées dans le chapitre, cette section exa- la production et de l’absorption observés dans les diffé-
mine le rôle des coûts commerciaux et de l’évolution des rents pays, suivant Head et Ries (2001) et Novy (2012).
échanges dans les processus de production mondiaux du- Intuitivement, lorsque les flux bilatéraux augmentent par
rant la récente phase de ralentissement. Étant donné que rapport aux flux intérieurs (représentés par la production
de nombreuses politiques commerciales — comme celles sectorielle brute moins les exportations totales), il s’ensuit,
qui déterminent les barrières tarifaires et non tarifaires — selon cette méthode, qu’il peut être devenu plus facile pour
sont établies au niveau des produits et que la participa- les deux pays de procéder à des échanges et, par conséquent,
tion aux chaînes de valeur mondiales varie sensiblement que les coûts commerciaux doivent avoir diminué37.
selon les secteurs d’un même pays, il est nécessaire d’uti- Les coûts totaux moyens des échanges de produits ma-
liser des données ventilées pour pouvoir isoler leurs rôles nufacturés pour les dix plus gros importateurs mondiaux
respectifs35. La présente section suit une démarche en ont nettement diminué durant la période 1990–2008,
trois étapes à cette fin. ont fait un bond par suite du repli du commerce inter-
Premièrement, elle présente des informations précises national durant la crise financière mondiale, puis se sont
sur la manière dont les coûts commerciaux et les chaînes stabilisés au cours des périodes suivantes (graphique 2.9,
de production ont évolué dans le temps. Deuxièmement, plage 1)38. La même évolution peut être observée dans
elle analyse les données détaillées sur les flux commerciaux tous les pays et dans tous les secteurs (graphique 2.9,
et mesure les coûts commerciaux et la participation aux plage 2). Bien qu’elle se caractérise par une plus forte dis-
chaînes de valeur mondiales par combinaison de pays et de persion, la baisse des coûts commerciaux a été nettement
produit pour estimer l’élasticité de la croissance réelle des plus marquée pour les pays émergents et en développe-
importations par rapport à ces facteurs. Troisièmement, ment — qui ont des coûts sensiblement plus élevés —
l’analyse regroupe les résultats des deux premières étapes que pour les pays avancés durant cette période (gra-
pour obtenir une estimation de la mesure dans laquelle phique 2.9, plages 3 et 4). Pour quelles raisons les coûts
chaque facteur éventuel peut expliquer le ralentissement de
36Les coûts commerciaux peuvent être fixes (comme les obstacles ins-
la croissance des échanges durant la période 2012–15. Il
titutionnels et au-delà de la frontière qui obligent une entreprise à as-
importe de noter que cette analyse vise non pas à identifier sumer un coût fixe pour pouvoir obtenir accès à un nouveau marché)
une relation de cause à effet, mais seulement à établir une ou des coûts variables (coûts de transport, tarifs douaniers, coûts liés
association; l’objectif ultime consiste à déterminer dans à la logistique du commerce et aux services de facilitation). Voir l’an-
nexe 2.5 pour plus de détails sur la construction de l’indice des coûts
quelle mesure il est possible de prévoir un ralentissement commerciaux et Arvis et al. (2013) pour un examen des coûts commer-
de la croissance des importations en considérant le com- ciaux dans le monde en développement.
portement de différents corrélats. 37Les coûts commerciaux calculés de cette manière sont, par défini-
tion, les mêmes que les écarts liés aux coûts commerciaux du modèle
35Il est possible que l’analyse effectuée au niveau global (du pays) ne d’équilibre général décrit précédemment.
permette pas de détecter de relation entre ces facteurs et la croissance des 38Les dix principaux importateurs sont l’Allemagne, le Canada, la
échanges parce qu’elle ne peut pas prendre en compte une grande partie Chine, la Corée, les États-Unis, la France, l’Italie, le Japon, le Mexique
de la variation des données (au niveau des produits et des secteurs). et le Royaume-Uni.
Le rythme de la réduction des tarifs douaniers et de l’expansion des accords de libre-échange s’est ralenti.
Certains signes témoignent d’une montée du protectionnisme.
20 1. Tarifs douaniers dans les pays avancés 2. Tarifs douaniers dans les pays émergents 60
(Pourcentage; moyenne simple) et en développement
(Pourcentage; moyenne simple)
15
40
10
20
5
0 0
1980 90 2000 10 15 1980 90 2000 10 15
3 5. Ralentissement de la croissance réelle des importations de biens 6. Lobbying portant sur les questions commerciales aux États-Unis 80
(Points de pourcentage; différence entre 2012–15 et 2003–07) (Nombre; centaines)
0 60
Rapports Lobbyistes Sociétés
–3 40
–6 20
–9 0
Pas de mesures discriminatoires Mesures discriminatoires 2009 10 11 12 13 14 15
Sources : Bown (2016); base de données Design of Trade Agreements; Evenett et Fritz (2016); base de données Global Trade Alert; Ludema, Mayda et Mishra (2015);
Conference on Trade and Development Trade Analysis and Information System des Nations Unies; base de données Temporary Trade Barriers de la Banque mondiale;
Tariff Download Facility de l’Organisation mondiale du commerce (OMC); base de données de l’OMC sur les accords commerciaux régionaux; calculs des services du FMI.
Note : Les aires de couleur bleue des plages 1 et 2 indiquent les écarts interquartiles. Voir l’annexe 2.5 pour une description détaillée de la couverture des pays, des
sources de données et de la méthodologie utilisées pour chaque indicateur.
La base de données Global Trade Alert, qui est actuel- — comme le Trans-Pacific Partnership, qui vient d’être
lement la plus complète de toutes les bases de données conclu entre de très vastes régions, ou le Regional
couvrant toutes les catégories de mesures commerciales Comprehensive Economic Partnership et le Partenariat
imposées depuis la crise financière mondiale, fait égale- transatlantique de commerce et d’investissement, qui
ment état d’un accroissement régulier des mesures pro- sont en cours de négociation. Ces partenariats sont
tectionnistes depuis 2012, le nombre le plus élevé de me- constitués par d’importants groupes de pays auxquels est
sures préjudiciables au commerce ayant été pris en 2015. imputable une très large part du commerce mondial et
Bien qu’il ne soit pas possible de procéder à une analyse des investissements directs étrangers. Des accords d’une
plus rigoureuse en raison de la période limitée couverte telle envergure ont généralement un plus grand impact
par Global Trade Alert, il est évident que la croissance sur la croissance des échanges44.
réelle des importations de produits assujettis à des me- Pour déterminer la portée de ces accords, l’analyse me-
sures commerciales discriminatoires a davantage diminué sure le nombre moyen de partenaires commerciaux avec
en 2012–15 qu’en 2003–07 (graphique 2.10, plage 5). lesquels un pays représentatif a conclu un accord de libre-
Les activités de lobbying des entreprises témoignent échange, et la part moyenne du PIB mondial imputable
également de la mesure dans laquelle ces dernières sont à ces partenaires commerciaux. Évaluée sur cette base,
préoccupées par les questions commerciales (Ludema, la portée des accords de libre-échange continue de s’ac-
Mayda et Mishra, 2015)42. Selon les rapports que les en- croître, bien que plus lentement depuis quelque temps
treprises des États-Unis sont tenues d’établir sur leurs (graphique 2.10, plage 8).
activités de lobbying, les efforts de lobbying dans le do-
maine du commerce se sont régulièrement intensifiés de- Coûts de transport et de logistique du commerce
puis 2009 (graphique 2.10, plage 6). Cela pourrait expli- Les coûts des transports internationaux, les coûts des
quer en partie l’arrêt de l’évolution à la baisse des coûts transports intérieurs et les coûts liés au respect des pro-
commerciaux globaux43. cédures et à la présentation de documents conformes
aux frontières se sont révélés faire obstacle aux flux com-
Accords de libre-échange merciaux (Hummels, 2007a; Djankov, Freund et Pham,
Les accords de libre-échange peuvent également ré- 2010). Selon les indicateurs les plus courants, ces coûts
duire les coûts commerciaux, non seulement en abais- diminuent toutefois systématiquement depuis 2006.
sant les barrières tarifaires et non tarifaires, mais aussi en Les coûts monétaires de la logistique commerciale, tels
imposant des dispositions visant divers autres éléments que les frais d’établissement des documents et de trans-
pouvant faire obstacle au commerce des biens et des ser- port des marchandises jusqu’aux ports et aux frontières,
vices, notamment la coopération dans le domaine régle- et le temps pris par cette opération, diminuent nette-
mentaire. Un nombre particulièrement élevé d’accords ment dans les pays émergents et en développement de-
de libre-échange a été conclu dans les années 90 puisque, puis 2006 (graphique 2.11, plages 1 et 2). Ils sont de-
selon la base de données Design of Trade Agreements, meurés stables dans les pays avancés, où ils étaient déjà
près de 30 accords ont été signés, en moyenne, chaque faibles. Les pays ont, de surcroît, des liens de plus en plus
année. Ce nombre a légèrement diminué au cours de étroits avec les réseaux de transports maritimes, comme
la période précédant la crise financière mondiale (pour en témoignent la taille de leur flotte, leur capacité de
tomber à 26), mais a chuté depuis 2011 pour s’établir à transport en conteneurs, etc. (graphique 2.11, plage 3).
environ 10 accords par an (graphique 2.10, plage 7). Les coûts de transport aérien font exception à cette règle,
Les accords les plus récents vont toutefois plus loin ces derniers ayant augmenté plus ou moins régulièrement
que les pactes antérieurs : ils couvrent une gamme de me-
sures bien plus vaste que les tarifs douaniers et font inter- 44Pour des informations plus récentes sur l’effet de création de flux
venir un plus grand nombre de partenaires commerciaux d’échanges des accords commerciaux, voir, par exemple, Carrère (2006);
Baier et Bergstrand (2007, 2009); et Cipollina et Salvatici (2010) pour
42Nous remercions Prachi Mishra de nous avoir communiqué sa base une méta-analyse. Osnago, Rocha et Ruta (à paraître) montrent que
de données sur les activités de lobbying des entreprises. plus les accords commerciaux sont ambitieux, plus l’accroissement des
43Henn et McDonald (2014) déterminent que les mesures faisant investissements directs étrangers verticaux entre les pays auxquels ils
obstacle au commerce recensées dans la base de données Global Trade contribuent est important, ce qui peut favoriser l’intégration des entre-
Alert à compter de 2010 ont eu un effet préjudiciable important sur les prises dans les chaînes de valeur mondiales. Plus récemment, Conconi
flux d’échanges par produit durant la période 2008–10, bien que leur et al. (2016) ont déterminé que les règles d’origine préférentielle inté-
impact global ait été atténué par leur taux d’adoption limité durant la grées dans les accords de libre-échange peuvent, en fait, intensifier le
période considérée pour l’échantillon. degré de protection auquel sont confrontés les pays non membres.
entre 2002 et 2012, pour toutefois chuter durant la Graphique 2.11. Analyse historique des coûts commerciaux
phase de contraction des échanges après la baisse des au titre de la logistique et des transports
cours du pétrole. La chute des cours du pétrole enre- Les coûts monétaires et le temps absorbé par les transports intérieurs, la traversée
gistrée depuis 2014 a vraisemblablement réduit le coût des frontières et l’établissement des documents requis pour importer des biens
diminuent de manière systématique, en particulier dans les pays émergents
d’autres modes de transport. L’évolution dans le temps et en développement. Les pays ont des liens de plus en plus étroits avec les réseaux
des coûts de transport internationaux et de la logistique de transports maritimes. Les coûts de transport aérien ont également diminué durant
du commerce indique que ces derniers n’ont probable- la période de ralentissement des échanges par suite de la baisse des cours du pétrole.
ment pas contribué à la diminution du taux de croissance Moyenne pondérée pour les pays avancés
Moyenne pondérée pour les pays émergents et en développement
du commerce mondial.
1. Coûts/importations 2. Délais d’importation
Chaînes de valeur mondiales 3.500 (Dollars constants (Jours) 35
3.000 de 2013 par conteneur) 30
Certains font valoir que, outre l’évolution des coûts
commerciaux, le processus de fragmentation de la pro- 2.500 25
duction entre les pays observé dans les années 90 et au 2.000 20
début des années 2000, qui a résulté de la création et 1.500 15
de l’expansion des chaînes de valeur mondiales et qui a 1.000 10
accru les flux d’échanges bruts, pourrait avoir pris fin45.
500 5
Il est toutefois difficile de vérifier cette assertion, car il
n’est généralement possible d’obtenir d’information sur 0 0
2006 08 10 12 14 2006 08 10 12 14
le degré de partage de la production qu’avec un décalage
3. Lien avec les réseaux 4. Coûts des transports
important46. Il serait en outre difficile d’attribuer à une 80 de transports maritimes aériens aux États-Unis 250
cause particulière tout ralentissement observé de l’expan- (Indice; croissant Importations
de 0 à 100) (indice; 2000 = 100) 200
sion des chaînes de valeur mondiales, celui-ci pouvant 60 Cours du pétrole
tenir à une baisse moins rapide des coûts commerciaux, à (dollars)
150
un renforcement des obstacles aux investissements trans- 40
frontières, ou à la maturation inhérente de ces chaînes47. 100
La participation aux chaînes de valeur mondiales est 20
généralement mesurée par la somme : 1) du contenu en 50
Graphique 2.12. Analyse historique réelles de 700 produits48 pour examiner la relation his-
des chaînes de valeur mondiales torique entre, d’une part, les coûts commerciaux et les
(Pourcentage)
chaînes de valeur mondiales et, d’autre part, la croissance
La participation aux chaînes de valeur mondiales a progressé aussi bien des échanges. Elle estime l’élasticité des volumes d’im-
dans les pays avancés que dans les pays émergents et en développement
jusqu’à la crise financière mondiale. Depuis 2011, cette participation semble portation des produits autres que les produits de base en
s’être nivelée pour les deux groupes de pays. considérant quatre des facteurs examinés précédemment
Moyenne simple Moyenne pondérée Écart interquartile — les tarifs, la couverture des accords de libre-échange
(en proportion du PIB mondial), les barrières commer-
80 1. Monde 2. Pays avancés 80 ciales temporaires et la participation aux chaînes de va-
leur mondiales — et en neutralisant les effets de la de-
70 70
mande intérieure sectorielle, des prix relatifs des biens
60 60 importés et des effets fixes des pays–produits et de pé-
50 50 riode (voir l’annexe 2.5 pour plus de détails sur les mé-
thodes d’estimation, la spécification et la robustesse des
40 40
résultats). Étant donné la baisse régulière des coûts de
30 30 la logistique des échanges depuis 2006 et la disponibi-
lité limitée de données chronologiques sur ces coûts, leur
20 20
1995 2000 05 10 13 1995 2000 05 10 13 contribution au ralentissement des échanges n’est pas
examinée dans le présent chapitre.
80 3. Pays émergents 4. Chine 80 Les estimations des élasticités de la croissance des im-
et en développement,
70 sauf la Chine 70 portations par rapport aux différents indicateurs des
coûts commerciaux sont présentées dans le tableau 2.1.
60 60
Elles sont extrêmement significatives et ont le signe es-
50 50 compté49. Plus l’incidence des barrières commerciales
40 40
est importante, et plus la croissance du volume des im-
portations est lente, bien que la valeur estimée de l’élas-
30 30 ticité des importations par rapport aux tarifs soit plus
20 20 faible que les estimations présentées dans d’autres études.
1995 2000 05 10 13 1995 2000 05 10 13
L’élargissement de la série des partenaires commerciaux
avec lesquels un pays a conclu un accord de libre-échange
Sources : base de données Eora Multi-Region Input-Output; calculs des services
du FMI. est, de même, associé à une augmentation plus rapide du
Note : La participation aux chaînes de valeur mondiales indique la somme volume des importations.
du contenu intérieur des exportations d’un pays — qui est réutilisée dans
les exportations de ses partenaires commerciaux — et de la valeur ajoutée
étrangère de ces exportations en proportion des exportations brutes. 48Ces
Voir l’annexe 2.5 pour une description détaillée de la couverture des pays, séries de volumes ont été calculées pour les importations à
des sources de données et de la méthodologie utilisées pour chaque indicateur. partir de 2003 pour 52 pays qui, en 2015, étaient à l’origine de plus
de 90 % des importations mondiales et du PIB. La série de données
couvre les produits ayant un code à quatre chiffres dans la Classification
internationale type, par industrie, révision 2. La valeur nominale des
importations de ces produits a été ajustée au moyen des déflateurs des
émergents et en développement jusqu’à la crise finan- prix à l’importation construits au niveau à deux chiffres du Système
cière mondiale (graphique 2.12, plages 1, 2 et 3), à l’ex- harmonisé, les mêmes déflateurs étant utilisés pour tous les produits
ception notable de la Chine, dont la participation aux au niveau à quatre chiffres de la Classification internationale type, par
industrie, qui correspondent à un code particulier à deux chiffres du
chaînes a atteint son maximum dans la deuxième partie Système harmonisé.
des années 2000 (graphique 2.12, plage 4). Depuis 2011, 49Les études consacrées à ce sujet produisent une très large gamme
toutefois, cette participation semble s’être stabilisée pour d’estimations de l’élasticité des échanges par rapport à la politique com-
merciale. Les études basées sur des données transversales, qui sont gé-
tous les groupes de pays. néralement considérées saisir l’élasticité à long terme, produisent gé-
néralement des élasticités beaucoup plus élevées. Les études basées sur
Le rôle des autres facteurs : informations les variations des séries chronologiques, qui saisissent les effets à court
tirées des données au niveau des produits terme de l’évolution des coûts commerciaux, produisent des estimations
beaucoup plus faibles. La démarche suivie ici s’inscrit dans le droit fil de
Cette section a recours à la nouvelle série de don- ces dernières études. Voir Hillberry et Hummels (2013) et Goldberg et
nées décrites précédemment pour les flux d’importations Pavcnik (2016) pour un examen des différentes analyses.
Participation aux chaînes de valeur mondiales 0,066* 0,095** 0,192*** 0,170*** 0,083*
(0,038) (0,041) (0,029) (0,041) (0,043)
Effets fixes pays x produits Oui Oui Oui Oui Oui Oui Oui ...
Effets fixes de pays ... ... ... ... ... ... ... Oui
Effets fixes de période Oui Oui Oui Oui Oui Oui Oui Oui
87
À QUOI TIENT LE RALENTISSEMENT DES ÉCHANGES MONDIAUX?
PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : DEMANDE MODÉRÉE — SYMPTÔMES ET REMÈDES
Graphique 2.13. Contribution des politiques commerciales précédemment. Les estimations ponctuelles sont simi-
et des chaînes de valeur mondiales au ralentissement laires à celles des régressions établies au niveau des pro-
de la croissance réelle des importations de biens
duits, mais ne sont pas aussi précises en raison de la na-
(Pourcentage)
ture plus globale des données (tableau 2.1, colonne 8).
La diminution de la participation aux chaînes de valeur mondiales et les
modifications apportées aux politiques commerciales pèsent sur la croissance De manière générale, les résultats montrent que l’im-
du commerce, bien que leurs contributions soient limitées en termes quantitatifs. position de mesures engendrant des distorsions dans les
Prévue par la demande intérieure Politiques commerciales échanges entrave la croissance du commerce. En même
ajustée au titre de l’intensité en Participation aux chaînes temps, le ralentissement de l’expansion de la couverture
importations du pays et par celle de valeur mondiales
de ses partenaires commerciaux
Non prévue
des accords de libre-échange et la baisse du taux de parti-
Non prévue
cipation aux chaînes de valeur mondiales sont associés à
1. Régression de la demande ajustée au 2. Régression au niveau une plus lente croissance des importations.
titre de l’intensité en importations; des produits (5) Il est possible, en associant les élasticités estimées de
ensemble de l’échantillon (plage 2)
la croissance des importations aux écarts entre les taux
0 0,0
de croissance des différents facteurs entre 2012–15
–0,2 et 2003–07, d’estimer leurs contributions relatives.
–1
–0,4 L’analyse montre qu’une part importante du ralentisse-
–2 ment des échanges non expliquée par la faiblesse de l’ac-
–0,6
tivité économique et par sa composition est imputable à
–3 –0,8 des modifications des politiques commerciales et au ra-
–1,0
lentissement de l’expansion des chaînes de valeur mon-
–4 diales (graphique 2.13 et annexe 2.5).
–1,2
–5 Le lien entre le commerce et les chaînes de valeur
–1,4
mondiales : conclusions du modèle de gravité
–6 –1,6
La dernière analyse utilise un modèle de gravité du
–1,8 commerce au niveau sectoriel pour faire ressortir le rôle
–7
des chaînes de valeur mondiales durant la période de ra-
Source : calculs des services du FMI. lentissement. Le modèle de gravité est couramment em-
Note : Le graphique associe les liens historiques estimés entre la croissance réelle
des importations et la croissance des coûts commerciaux et de la participation
ployé pour expliquer le niveau des flux d’échanges bila-
aux chaînes de valeur mondiales, et les écarts entre le taux de croissance téraux à partir des caractéristiques de chaque pays et de
de ces facteurs durant la période 2003–07 et durant la période 2012–15 afin chaque paire de pays qui saisissent les coûts commer-
de calculer leurs contributions au ralentissement observé des échanges.
Voir l’annexe 2.5 pour une description détaillée de la couverture des pays, ciaux, comme la distance entre les pays et le fait qu’ils ont
des sources de données et de la méthodologie utilisées. ou non une frontière commune, parlent la même langue
ou ont la même monnaie.
L’accroissement de la participation aux chaînes de va- Lorsqu’il est estimé au niveau sectoriel, le modèle de
leur mondiales est également associé à une croissance gravité présente deux avantages qui le rendent particuliè-
plus rapide du volume des importations : une hausse de rement utile pour isoler l’ampleur de la contribution de la
10 points de pourcentage de la participation s’accom- participation aux chaînes de valeur mondiales à la crois-
pagne d’une augmentation de 1 point de pourcentage de sance du commerce : 1) il neutralise les modifications de la
la croissance des importations (tableau 2.1, colonne 5). structure des flux commerciaux entre secteurs et entre par-
Sachant, comme indiqué précédemment, qu’il est difficile tenaires (contrairement à l’analyse de la demande d’impor-
de savoir si cette participation saisit également d’autres tations globale présentée au début du chapitre), et 2) il ex-
effets des politiques publiques, cette estimation est vrai- ploite l’hétérogénéité de la fragmentation de la production
semblablement un plancher. entre partenaires commerciaux (contrairement à l’analyse
Pour vérifier l’analyse effectuée au niveau des différents au niveau des produits décrite précédemment).
produits, le présent chapitre examine la relation entre les L’analyse comprend trois étapes (voir également l’an-
résidus obtenus pour les différents pays examinés pré- nexe 2.6). La première donne lieu à l’estimation d’un
cédemment (c’est-à-dire l’écart entre la croissance ef- modèle de gravité au niveau sectoriel afin d’établir une
fective des importations réelles globales et la croissance référence pour les échanges bilatéraux par secteur. Le
prévue par le modèle) et les quatre facteurs considérés modèle est estimé séparément pour chaque année de
la période 2003 à 2014 et pour chacun des 10 secteurs Graphique 2.14. Modèle de gravité : croissance
d’échanges de la base de données Eora Multi-Region de la participation aux chaînes de valeur mondiales
et des échanges bilatéraux sectoriels
Input-Output. La spécification estimée comprend les va-
(Points de pourcentage)
riables habituellement incluses dans le modèle de gravité
Il existe une relation positive entre l’étroitesse des liens entre différents pays
et, de surcroît, neutralise les effets fixes des importateurs dans un secteur particulier par le biais des chaînes de valeur mondiales, d’une part,
et des exportateurs50. Ces effets fixes prennent en compte et la croissance des échanges de ces pays au niveau de ces secteurs, d’autre part,
toutes les caractéristiques des secteurs d’origine et de des- avant la crise financière mondiale. Il n’existe toutefois guère d’indication qu’une
participation importante aux chaînes de valeur mondiales permette de stimuler
tination, comme la demande et l’offre sectorielles, ainsi la croissance des échanges depuis 2012.
que toutes les caractéristiques sectorielles des pays qui va-
Modèle de gravité estimé sur la base des niveaux
rient selon les périodes, comme les prix et les coûts com-
Modèle de gravité estimé sur la base des taux de croissance
merciaux, mais qui ne varient pas selon les partenaires 3,5
exactement, avec la faiblesse générale de l’activité éco- projections actuelles n’indiquent qu’une reprise limitée
nomique. La lenteur de la croissance mondiale, en par- de l’activité mondiale et une faible progression des inves-
ticulier la faiblesse de la croissance des investissements, tissements à moyen terme pour des raisons aussi bien cy-
peut expliquer une partie importante de l’évolution lé- cliques que structurelles (voir le chapitre 1 de ce rapport),
thargique des échanges, aussi bien en termes absolus que de sorte que la croissance des échanges mondiaux restera
par rapport au PIB. Selon l’analyse empirique, à l’échelle vraisemblablement lente. Par ailleurs, même si cette crois-
mondiale, jusqu’aux trois quarts du ralentissement de la sance finissait par s’accélérer, il est peu probable qu’elle
croissance des échanges enregistrée depuis 2012 par rap- s’effectue aux taux observés avant la crise financière mon-
port à 2003–07 peut être expliqué par la morosité de diale, c’est-à-dire à une période durant laquelle les inves-
l’activité économique, et surtout par la faiblesse de l’ac- tissements ont augmenté à un rythme particulièrement
croissement des investissements. Si les estimations empi- soutenu dans de nombreux pays émergents et en déve-
riques peuvent surestimer le rôle de la production, étant loppement, dont la Chine, les coûts commerciaux ont
donné les effets de rétroaction de la politique commer- diminué par suite de la coopération dans le domaine des
ciale et du commerce sur la croissance, le cadre d’équi- politiques commerciales et des progrès technologiques,
libre général montre que les modifications de la composi- et les chaînes de valeur mondiales se sont rapidement
tion de la demande expliquent environ 60 % de la baisse développées52.
du taux de croissance des importations nominales par Que faire pour que le commerce puisse contribuer
rapport au PIB. à promouvoir la productivité et la croissance dans un
La croissance du commerce est toutefois influencée contexte caractérisé par une activité mondiale lente et
par des facteurs autres que le niveau et la composition de fragile? Premièrement, les conclusions de ce chapitre in-
la demande qui ont ralenti de jusqu’à 1¾ point de pour- diquent que l’essentiel du ralentissement des échanges
centage la croissance réelle mondiale des importations semble être un symptôme de nombreuses forces qui en-
durant la période 2012–15. Au nombre de ces facteurs fi- travent la croissance dans les pays, notamment, peut-être,
gurent les politiques commerciales et la participation aux la perte de vitesse de la réduction des coûts commerciaux
chaînes de valeur mondiales auxquelles est imputable une et la faiblesse de l’expansion des échanges elle-même,
part notable de la perte de vitesse prévue de la croissance comme indiqué dans la section intitulée «Le ralentis-
annuelle mondiale du commerce depuis 2012. Le rythme sement de la croissance des échanges : principales ten-
des nouvelles initiatives commerciales à l’échelle mon- dances» et l’encadré 2.1. L’action publique devra fonda-
diale s’est notablement ralenti. La montée du protection- mentalement s’attaquer à ces obstacles à la croissance et,
nisme depuis la crise financière mondiale n’est, de sur- surtout, à l’augmentation des investissements pour amé-
croît, pas sans effet. Bien que la contribution quantitative liorer la santé de l’économie mondiale et, partant, ren-
des politiques commerciales au ralentissement de la crois- forcer les échanges. Comme indiqué au chapitre 1 et au
sance du commerce soit encore limitée, les mesures pro- chapitre 3 des PEM d’avril 2016, l’association de me-
tectionnistes pourraient fortement peser sur les échanges sures de soutien de la demande à court terme, de redres-
mondiaux si elles se généralisaient. La perte de vitesse sements de bilan visant à atténuer les contraintes finan-
apparente du processus de fragmentation de la produc- cières, si nécessaire, et de réformes structurelles conçues
tion entre les pays freine aussi l’expansion du commerce, pour accroître la productivité, notamment la poursuite
bien qu’il soit encore difficile de déterminer s’il s’agit là du processus d’intégration commerciale, contribue à pro-
d’un processus de maturation naturel des chaînes de va- mouvoir la croissance globale et à renforcer l’investisse-
leur mondiales existantes, ou si cette évolution résulte de ment. En encourageant indirectement les échanges, ces
distorsions induites par les politiques publiques. Le cadre mesures peuvent renforcer l’expansion économique de
d’équilibre général indique également que le ralentisse- chaque pays parce que le commerce sert de courroie de
ment de la baisse des coûts commerciaux, définis au sens transmission à l’activité économique et stimule la crois-
large, peut expliquer environ un quart de la diminution sance économique et la productivité.
du taux de croissance des importations nominales par
rapport au PIB. 52Il existe toutefois des raisons de se montrer optimiste : de nom-
Que cela signifie-t-il pour les perspectives du com- breux pays émergents et en développement disposent d’une large marge
merce mondial? Comme l’indiquent les conclusions aux- de manœuvre pour accroître leurs flux commerciaux en s’intégrant
dans les chaînes de valeur mondiales et en abaissant des obstacles au
quelles aboutit ce chapitre, l’expansion du commerce commerce toujours importants. Voir le FMI (2015a, 2015d) pour un
et la croissance économique sont étroitement liées. Les examen de cette question.
Deuxièmement, les conclusions présentées dans ce la hausse du niveau des revenus réels due à la réduction
chapitre indiquent que les politiques commerciales, qui des coûts commerciaux pourrait aller de moins de 1 % à
définissent les coûts des échanges de biens et services sur plus de 6 % à long terme pour un pays moyen53. Étant
les marchés mondiaux, continuent d’être pertinentes. donné la faiblesse relative des tarifs imposés par de nom-
D’autres facteurs, notamment la faiblesse des investisse- breux pays avancés, les gains globaux les plus importants
ments, pesant déjà sur le commerce, il serait possible, en résulteraient probablement de la poursuite de la réforme
résistant à toutes les formes de protectionnisme et en re- du commerce des services et d’avancées dans d’autres do-
dynamisant le processus de libéralisation des échanges maines «pionniers».
pour éliminer les barrières commerciales restantes, de Pour maintenir le soutien généralement accordé par le
fournir un soutien crucial à l’expansion du commerce, public à l’intégration commerciale et préserver les avan-
éventuellement grâce à la relance de l’expansion des tages qu’elle procure dans le domaine économique et du
chaînes de valeur mondiales. Ainsi que l’explique l’en- bien-être, les décideurs devront prendre garde aux coûts
cadré 2.2, il existe encore d’amples possibilités de réduire d’ajustement associés à une intensification de l’intégra-
les coûts commerciaux en abaissant les tarifs douaniers là tion commerciale. Bien que l’analyse de ces effets sorte
où ils sont toujours élevés, en ratifiant l’Accord sur la fa- du cadre de ce chapitre, un certain nombre d’études font
cilitation des échanges et en honorant pleinement les en- état de coûts d’ajustement importants et prolongés qui
gagements pris à son titre, et en déterminant comment retombent sur ceux dont les perspectives d’emploi se sont
poursuivre le programme d’action de l’après-Doha. Les dégradées par suite des modifications structurelles asso-
futures réformes du commerce devront mettre l’accent ciées au commerce, même si les gains dus à la baisse des
sur les domaines présentant le plus d’intérêt pour l’éco- prix peuvent généralement favoriser ceux qui se trouvent
nomie mondiale contemporaine, notamment la coo- en bas de la distribution des revenus. L’argument selon
pération dans le domaine réglementaire, l’abaissement lequel les avantages de la mondialisation et du commerce
des barrières au commerce des services et l’exploitation ne profitent qu’à un petit nombre de privilégiés semble
des complémentarités entre les investissements et les également de plus en plus accepté. Les responsables de
échanges (voir FMI, 2016b). l’action publique doivent répondre aux préoccupations
De telles initiatives pourraient contribuer à conforter des travailleurs auxquels les échanges portent préjudice,
la croissance de l’économie mondiale et à relever pro- notamment en leur fournissant des soutiens efficaces
gressivement les niveaux de vie généraux. Comme l’ex- pour leur permettre de se recycler, d’acquérir des com-
plique l’encadré 2.3, qui présente à titre d’illustration un pétences, de changer d’emploi ou de région, afin d’atté-
scénario dans lequel les tarifs en vigueur sont totalement nuer les inconvénients de la poursuite de l’intégration des
éliminés et l’Accord sur la facilitation des échanges est échanges et de redynamiser le programme commercial.
pleinement mis en œuvre, la poursuite d’une telle ligne
53Il importe de noter que les calculs présentés sous-estiment vraisem-
d’action pourrait améliorer le bien-être. Les différents
blablement la hausse des niveaux de revenus réels due à l’application de
modèles du commerce produisent une large gamme de l’Accord sur la facilitation des échanges, car ils assimilent les barrières
résultats (voir Costinot et Rodriguez-Clare, 2014), mais non tarifaires à des tarifs douaniers.
en détail dans Ahn et al. (2016), dont le résumé figure dans FMI 3Tous les résultats présentés ci-après sont robustes lorsque l’on
(2016c). Un récent examen du circuit des exportations est présenté utilise d’autres mesures de la productivité (par exemple la producti-
dans De Loecker (2013). vité du travail) ou d’autres décalages (d’un ou de trois ans).
•• Tarifs à l’exportation — Dans un pays donné, le tarif à instrumentales qui est employée dans cet encadré montre,
l’exportation de chaque secteur s est égal à la moyenne de surcroît, que l’ampleur de l’effet d’accroissement de la
pondérée des droits de sortie frappant la produc- productivité peut être importante. Par exemple, une aug-
tion destinée aux principaux pays de destination, les mentation de 1 point de pourcentage de la pénétration
poids étant égaux à la part des exportations totales du des importations chinoises dans un secteur donné est as-
secteur s vers chaque destination. La valeur décalée de sociée à une augmentation de 1,5 % du niveau de la pro-
deux ans est un instrument valide pour les exportations ductivité totale des facteurs dans ce secteur. Une hausse de
dans la mesure où le droit d’entrée appliqué par le pays 1 point du ratio des intrants importés aux intrants totaux,
de destination dans le secteur s ne dépend pas des ex- ou du ratio des exportations à la production intérieure, en-
portations globales d’un pays particulier dans ce secteur. traîne un accroissement de 0,9 % de la productivité dans
un secteur donné. Si l’on suppose, à des fins de simplicité,
Conclusions que le ralentissement du commerce mondial a entraîné un
Le commerce international stimule la productivité par plafonnement du ratio du commerce au PIB — et, par
le biais de tous les circuits considérés précédemment (ta- conséquent, qu’il ne s’est produit aucune nouvelle aug-
bleau 2.1.1)6. La stratégie consistant à utiliser des variables mentation de la part des intrants importés, des importa-
tions en provenance de Chine ou des exportations de pro-
6L’ampleur des effets estimés est généralement plus grande lorsque
duits —, les pays avancés ne bénéficient pas du gain de
l’on utilise des variables instrumentales (colonnes [4]–[6]) que
lorsque l’on utilise la méthode des moindres carrés ordinaires (MCO productivité associé au commerce international.
— colonnes [1]–[3]). Cela signifie qu’il existe un biais de mesure —
en raison duquel la méthode des MCO sous-estime l’impact du com- que le biais de simultanéité — qui peut, quant à lui, gonfler les esti-
merce sur la productivité — qui, en pratique, est plus préoccupant mations des MCO — comme l’ont signalé Frankel et Romer (1999).
Pays avancés Les pays avancés peuvent remédier aux mesures de protection qui continuent d’être appliquées aux échanges
traditionnels (comme les produits agricoles et les textiles), poursuivre l’ouverture des marchés de services (par
exemple de transports), accroître la cohérence de leurs régimes réglementaires et promouvoir de nouvelles
politiques commerciales. Il conviendrait de privilégier l’adoption de démarches non discriminatoires réduisant le
plus possible la fragmentation et facilitant la poursuite des initiatives à l’échelle multilatérale.
Pays émergents et en De nombreux pays émergents et en développement, notamment en Amérique latine et en Asie du Sud, pourraient
développement encore tirer grand profit d’une intégration menée par le biais des processus de libéralisation habituels, y compris
sur une base unilatérale; ces pays devraient s’efforcer d’ancrer leur économie aux chaînes de valeur mondiales,
éviter de plus en plus des politiques de substitution aux importations qui sont vouées à l’échec et s’abstenir de faire
preuve de protectionnisme en imposant des mesures non tarifaires opaques. Les réformes commerciales devraient
compléter le renforcement des cadres des institutions et des politiques publiques
Pays à faible revenu Pour promouvoir le développement et la croissance, la plupart des pays à faible revenu doivent privilégier la
facilitation du commerce pour s’intégrer aux chaînes de valeur mondiales, notamment en améliorant leurs
infrastructures commerciales matérielles et immatérielles et en améliorant leurs institutions économiques1.
Il leur faudrait également s’attaquer aux obstacles traditionnels au commerce et promouvoir la concurrence
dans les secteurs des services qui sont essentiels à la participation locale aux chaînes de valeur mondiales,
comme les services de transport et les services financiers. Une assistance technique peut soutenir le
développement des infrastructures commerciales, s’attaquer aux répercussions financières des réformes et
contribuer à établir l’ordre de priorité des mesures et coordonner le processus de réforme.
Source : FMI (2015c).
1Les infrastructures matérielles comprennent les ports, les aéroports, les routes, les voies ferrées et les réseaux d’information et de communica-
tions. Les infrastructures immatérielles comprennent l’efficacité des opérations aux frontières (par exemple le nombre de documents nécessaires
pour procéder à une opération d’importation/exportation, la rapidité des opérations de dédouanement) ainsi que d’autres réglementations et
cadres institutionnels entravant directement les échanges.
œuvre à un rythme relativement souple et bénéficieront déclarées (graphique 2.2.2, plage 1), les échanges et
d’une plus vaste assistance technique. les investissements étant de plus en plus complémen-
taires. L’IDE est l’un des plus importants circuits de
Domaines «pionniers» de la politique commerciale diffusion des technologies, mais leur amorçage se
Les mesures adoptées pour éliminer les obstacles au-delà heurte fréquemment à d’importants coûts fixes liés
de la frontière peuvent compléter et intensifier les réformes aux politiques (OCDE, 2015a). La gouvernance est
structurelles. Par suite de l’importance grandissante des fragmentée : il existe plus de 3.000 traités d’investis-
chaînes de valeur mondiales et du commerce des services sements bilatéraux et autres accords établis sans suivre
— notamment en tant que catalyseurs des investissements de modèle commun (González, 2013). La poursuite
directs étrangers (IDE) —, la coopération au niveau des de réformes structurelles complémentaires favorisant
politiques commerciales privilégie désormais ces compo- la concurrence et ouvrant les politiques de passation
santes, qui, jusque-là, sortaient de leur cadre. Les réformes des marchés publics aurait pour effet d’accroître les
dans ces domaines offrent de vastes possibilités d’accroître gains de productivité engendrés par les IDE.
la productivité et de stimuler la croissance à moyen terme : •• Abaissement des obstacles au commerce des services — Les
•• Coopération dans le domaine des réglementations — Bien services sont à l’origine d’environ les deux tiers du PIB
que les règles de l’OMC contiennent déjà des disposi- mondial et de l’emploi, mais représentent une pro-
tions pertinentes, les récents accords régionaux mettent portion plus faible des échanges internationaux : les
davantage l’accent sur la promotion d’une coopération services transfrontières constituent un quart du com-
active dans le domaine des réglementations. Une telle merce mondial. Cette proportion atteint presque 50 %
coopération peut être difficile à réaliser, car elle implique lorsque l’on considère le commerce à valeur ajoutée, qui
de multiples organismes intérieurs, des procédures an- peut prendre en compte les services intégrés dans les
crées dans des systèmes juridiques nationaux et des prio- biens échangés. Bien que les obstacles érigés par les po-
rités nationales divergentes. Les dispositions des accords litiques commerciales demeurent très importants (gra-
commerciaux en la matière peuvent aller de la promo- phique 2.2.2, plage 2), et augmentent même pour le
tion de la transparence à la reconnaissance des processus commerce électronique (OCDE, 2015b), les réformes
réglementaires d’autres pays (Mavroidis, 2016). offrent des possibilités considérables de promouvoir les
•• Exploitation des complémentarités entre l’investissement échanges et la croissance dans le secteur des services.
et le commerce — Les ventes par des entreprises affi- À titre d’exemple, les pays pourraient élargir la liste de
liées à des entités procédant à des IDE sont plus im- leurs engagements dans le cadre de l’Accord général sur
portantes que les exportations de biens et services le commerce des services de l’OMC.
Encadré 2.3. Gains pouvant résulter d’une relance du processus de libéralisation des échanges
Le processus de libéralisation des échanges s’est ralenti Graphique 2.3.1. Gains produits
au cours des dix dernières années. Le présent encadré vise à par l’élimination des tarifs douaniers
quantifier l’amélioration du bien-être qui pourrait résulter et par la mise en œuvre de l’Accord
d’une relance de ce processus en procédant à une expérience sur la facilitation des échanges de
dans le cadre de laquelle tous les tarifs douaniers existants l’Organisation mondiale du commerce
sont éliminés et l’Accord sur la facilitation des échanges de (Pourcentage)
l’Organisation mondiale du commerce de 2013 examiné Médiane Moyenne simple Moyenne pondérée
dans l’encadré 2.2 est pleinement ratifié et mis en œuvre. Le Niveau des pays :
1
niveau moyen des tarifs douaniers pondérés par les impor- Un secteur (1)
tations s’établit à 8 % à l’échelle mondiale. L’Organisation Secteurs multiples :
2
Sans intermédiaire (2)
mondiale du commerce estime que la mise en œuvre de Avec intermédiaires (3) 3
l’Accord sur la facilitation des échanges réduirait les coûts
commerciaux de l’équivalent d’un tarif ad valorem de 14 % Agrégation en 10 régions :
Sans intermédiaire :
(graphique 2.2.1; encadré 2.2). La réalisation de progrès à Concurrence parfaite (4) 4
ces deux égards, qui abaisserait de 22 %, au total, les coûts
Concurrence monopolistique : 5
commerciaux, pourrait avoir des avantages importants en Entreprises homogènes (5)1
stimulant les échanges internationaux. Entreprises hétérogènes (6)2 6
Les avantages d’une réduction des tarifs, calculée par les
écarts entre la consommation réelle en situation d’équi- Avec intermédiaires :
libre initiale et cette même consommation en situation Concurrence parfaite (7) 7
d’équilibre dans le scénario contrefactuel, dépendent fon- Concurrence monopolistique :
Entreprises homogènes (8)1 8
damentalement du type de modèle utilisé pour l’analyse.
Entreprises hétérogènes (9)2 9
Dans le droit fil de Costinot et Rodriguez-Clare (2014),
cet encadré considère une gamme de modèles de gravité 0 2 4 6 8 10
du commerce, qui se distinguent les uns des autres par les Source : calculs des services du FMI.
hypothèses qu’ils retiennent pour la structure du marché, 1
Krugman (1980).
l’hétérogénéité des entreprises, le nombre de secteurs et
2
Melitz (2003).
le rôle des biens intermédiaires. Il est généralement pos-
sible de résoudre les modèles en supposant une concur- sont encore plus importants lorsque l’on affecte aux pays
rence parfaite pour saisir l’impact de réduction des tarifs ou aux régions un poids selon la proportion de la popu-
douaniers au niveau des pays. Les pays ont été regroupés lation mondiale constituée par leurs habitants; les valeurs
en dix régions géographiques parce que les modèles sup- médianes, quant à elles, indiquent que ces gains peuvent
posant l’existence d’une concurrence monopolistique sont être plus modérés, mais encore importants, surtout si l’on
plus difficiles à calculer. Ces différentes spécifications des considère qu’ils sont permanents. Ces résultats montrent
modèles et différents degrés d’agrégation produisent neuf qu’il est possible d’améliorer le bien-être mondial en pour-
cas différents; les trois premiers sont résolus au niveau des suivant la libéralisation du commerce. Pour que ces avan-
pays, et les six derniers au niveau des régions1. tages puissent se concrétiser, il importe toutefois que les
La moyenne simple des gains en bien-être résultant de responsables de l’action publique limitent également les
l’élimination de la totalité des tarifs douaniers en vigueur coûts d’ajustement associés à l’approfondissement de l’in-
et de la mise en œuvre de l’Accord sur la facilitation des tégration du commerce et convainquent un public de plus
échanges entre les pays (ou régions) s’inscrit dans un in- en plus sceptique.
tervalle allant de moins de 1 % à plus de 6 % selon le mo-
dèle considéré (graphique 2.3.1)2, 3. Les gains en bien-être douaniers de 22 % (dont les répercussions sont indiquées par un
signe négatif). La variation en pourcentage obtenue est plus faible
L’auteur de cet encadré est Emine Boz. lorsque l’on calcule la valeur négative de la perte de bien-être résultant
1Les résultats obtenus pour ces cas correspondent aux données por- d’une baisse de la valeur de la consommation que lorsque l’on cal-
tées dans les colonnes 5–7 du tableau 4.2 et dans toutes les colonnes cule le gain de bien-être obtenu en partant d’une valeur de base de la
du tableau 4.3 de l’étude de Costinot et Rodriguez-Clare (2014). consommation plus faible.
2Ces chiffres sous-estiment probablement les gains pour deux rai- 3Tous les modèles considérés quantifient uniquement les gains sta-
sons. Premièrement, la modélisation de l’Accord sur la facilitation des tiques résultant de réformes du commerce et ne fournissent aucune
échanges sous forme d’une réduction des tarifs douaniers implique indication sur certains avantages et coûts qui pourraient être impor-
une perte des recettes produites par ces tarifs par suite de la mise en tants. Des éléments comme la propagation de technologies par le
œuvre de l’accord, alors que cette perte ne se matérialisera pas en réa biais des échanges ou les répercussions de ces derniers sur la réparti-
lité. Deuxièmement, l’exercice fait intervenir un relèvement des tarifs tion des revenus ne sont pris en compte dans aucun des cas étudiés.
talement élevé pour certains produits, pour des raisons qui peuvent ne pas
tenir à l’ampleur du biais des valeurs unitaires — c’est le cas, par exemple,
des produits de base dont les valeurs peuvent fluctuer par suite de la décou-
verte de nouveaux gisements, de perturbations de l’approvisionnement, etc.
IV = modèle de gravité.
10
Annexe 2.3. Analyse basée sur un modèle
0 empirique de la demande d’importations
Cette annexe présente de manière plus détaillée le mo-
–10 dèle empirique de la demande d’importations, qui est
utilisé pour quantifier la contribution de l’activité écono-
–20 mique et sa composition au ralentissement des échanges
2003 05 07 09 11 13 15
dans la section intitulée «Le rôle de la production et de
180 2. Brésil sa composition : conclusions d’une étude empirique».
140 L’analyse présentée ici consiste à estimer un modèle type
de la demande d’importations établissant un lien entre
100
la croissance réelle des importations, d’une part, et l’aug-
60
mentation de l’absorption et la hausse des prix relatifs,
20 d’autre part. Il est possible d’établir une équation de la
–20 demande d’importations de cette nature à partir de pra-
–60 tiquement tous les modèles du cycle économique réel
–100
mondial. L’équation estimée revêt la forme :
2003 05 07 09 11 13 15
= δ c + β D,c ∆ lnDc,t
∆lnMc,t + β P,c ∆ lnPc,t
+ ε c,t,
Sources : FMI, base de données des Perspectives de
l’économie mondiale (PEM); Comtrade des Nations Unies; (A.2.3.1)
base de données World Integrated Trade Solution de la
Banque mondiale; base de données statistiques de où M c,t, Dc,t
et Pc,t
indiquent, respectivement, les importa-
l’Organisation mondiale du commerce (OMC); calculs tions réelles, l’absorption et les prix relatifs à l’importation
des services du FMI.
Note : Le terme «traité» indique que l’indice a été calculé à du pays c à l’année t. Les prix relatifs à l’importation sont
partir des données tronquées de la manière décrite dans le définis par le ratio du déflateur des prix à l’importation au
corps principal du texte, tandis que l’indice «non traité»
a été calculé à partir des données brutes, dont les valeurs déflateur du PIB. La spécification de référence repose sur
aberrantes n’ont pas été éliminées. Les indices «traité» l’hypothèse que la croissance des importations dépend uni-
et «non traité» sont calculés au moyen d’indices des prix
chaînés de Fisher.
quement du taux de croissance contemporain des variables
explicatives; les conclusions présentées dans le chapitre sont
prix. Lorsque le calcul des indices de volume utilise au nu- toutefois robustes à l’introduction d’un décalage au niveau
mérateur l’indice des valeurs non ajusté, au lieu d’un indice des taux de croissance des variables dépendantes et explica-
faisant abstraction des produits pour lesquels les données sur tives de manière à accroître l’évolution dynamique. Le mo-
les quantités ne sont pas disponibles ou qui affichent des va- dèle est estimé séparément pour chaque pays et séparément
riations extrêmes des valeurs unitaires, il est implicitement pour les importations de biens et de services, et pour les
posé en hypothèse que les valeurs unitaires manquantes évo- importations totales. La période couverte par l’analyse va
luent au même taux que l’indice global des prix. de 1985 à 2015, bien que les données ne soient pas dispo-
La comparaison des indices des volumes d’importations nibles pour tous les pays à toutes les années.
globales par pays établis au moyen de la méthode précé-
55Tous les indices détaillés font l’objet d’un examen approfondi en
dente et de ceux construits à partir des informations non
plus de ces procédures de troncage mécaniques. Dans ce contexte, il est
traitées et des informations provenant de la base de don- procédé à certains ajustements supplémentaires dans le cas de quelques
nées des Perspectives de l’économie mondiale du FMI et de la pays pour lesquels des écarts existent par rapport aux indices de réfé-
base de données statistiques de l’Organisation mondiale du rence. Par exemple, les fortes augmentations des valeurs unitaires
des produits portant le code 710812 (or) en 2012 pour la Suisse et
commerce témoigne de l’efficacité de la méthode proposée
880240 (aéroplanes) en 2015 pour l’Irlande ont motivé un ajustement
(graphique 2.2.1 de l’annexe). Dans le cas de l’Australie, des variations de ces valeurs unitaires de manière à les faire mieux cadrer
par exemple, l’utilisation des troncages transversaux et avec leur évolution historique.
R2 0,53 0,70 0,57 0,67 0,75 0,86 0,60 0,72 0,52 0,65 0,54 0,61
0,58 0,85 0,43 0,72 0,53 0,80 0,74 0,88 0,53 0,73 0,64 0,80 0,52 0,79 0,38 0,72 0,47 0,79
Source : calculs des services du FMI.
Note : DAI = demande ajustée au titre de l’intensité en importations; DAII = demande ajustée au titre de l’intensité en importations en considérant uniquement les composantes intérieures de la demande globale; DAII+E =
DAII prévue par la DAII des partenaires commerciaux. Le tableau présente les résultats des estimations des équations (A.2.3.1), (A.2.3.3) et (A.2.3.5). Les colonnes (1), (5) et (9) indiquent les estimations ponctuelles ainsi
que, entre parenthèses, les erreurs-types robustes à l’hétéroscédasticité obtenues dans le cadre de l’estimation de l’équation (A.2.3.1) à partir de données de panel et y compris des effets fixes de pays. Les autres colonnes
indiquent les estimations ponctuelles moyennes ainsi que l’écart interquartile de ces estimations effectuées pays par pays. L’absorption est mesurée par la demande globale ajustée au titre de l’intensité en importations pour
les quatre composantes du PIB dans les colonnes (1), (2), (5), (6), (9) et (10). Elle est évaluée dans les autres colonnes par la demande intérieure ajustée au titre de l’intensité en importations. Les spécifications présentées
dans les colonnes (4), (8) et (12) neutralisent également les exportations prévues, tel qu’estimé à partir de l’équation (A.2.3.4).
Tableau de l’annexe 2.3.3. Modèle empirique des importations réelles de biens
Échantillon Ensemble de l’échantillon Pays avancés Pays émergents et en développement
Estimation Panel Par pays Panel Par pays Panel Par pays
Mesure de la demande
d’importations DAI DAI DAII DAII+E DAI DAI DAII DAII+E DAI DAI DAII DAII+E
(1) (2) (3) (4) (5) (6) (7) (8) (9) (10) (11) (12)
Demande d’importations 0,94 1,32 1,07 0,90 1,52 1,51 1,26 1,00 0,91 1,18 0,93 0,86
(0,08) 0,95 1,59 0,66 1,37 0,55 1,23 (0,05) 1,38 1,74 1,03 1,58 0,58 1,21 (0,09) 0,77 1,54 0,60 1,32 0,55 1,23
Exportations prévues 0,47 0,66 0,40
0,12 0,85 0,40 0,94 0,05 0,75
Prix relatifs –0,20 –0,16 –0,06 –0,17 0,01 0,10 0,27 0,01 –0,21 –0,25 –0,24 –0,26
(0,09) –0,42 0,13 –0,38 0,20 –0,40 0,03 (0,08) –0,11 0,25 0,11 0,60 –0,21 0,23 (0,09) –0,49 0,00 –0,52 0,01 –0,46 0,00
CHAPITRE 2
Constante 0,01 0,00 0,02 0,00 0,00 0,00 0,03 0,00 0,01 0,00 0,01 –0,01
(0,00) –0,02 0,01 0,00 0,03 –0,03 0,02 (0,00) –0,01 0,01 0,01 0,03 –0,02 0,01 (0,00) –0,02 0,02 –0,01 0,03 –0,04 0,02
R2 0,40 0,66 0,54 0,63 0,72 0,79 0,56 0,72 0,38 0,61 0,52 0,59
0,50 0,78 0,41 0,69 0,50 0,76 0,71 0,87 0,48 0,73 0,61 0,78 0,45 0,71 0,38 0,65 0,46 0,73
Source : calculs des services du FMI.
Note : DAI = demande ajustée au titre de l’intensité en importations; DAII = demande ajustée au titre de l’intensité en importations en considérant uniquement les composantes intérieures de la demande globale; DAII+E =
DAII prévue par la DAII des partenaires commerciaux. Le tableau présente les résultats des estimations des équations (A.2.3.1), (A.2.3.3) et (A.2.3.5). Les colonnes (1), (5) et (9) indiquent les estimations ponctuelles ainsi
que, entre parenthèses, les erreurs-types robustes à l’hétéroscédasticité obtenues dans le cadre de l’estimation de l’équation (A.2.3.1) à partir de données de panel et y compris des effets fixes de pays. Les autres colonnes
indiquent les estimations ponctuelles moyennes ainsi que l’écart interquartile de ces estimations effectuées pays par pays. L’absorption est mesurée par la demande globale ajustée au titre de l’intensité en importations pour
les quatre composantes du PIB dans les colonnes (1), (2), (5), (6), (9) et (10). Elle est évaluée dans les autres colonnes par la demande intérieure ajustée au titre de l’intensité en importations. Les spécifications présentées
dans les colonnes (4), (8) et (12) neutralisent également les exportations prévues, tel qu’estimé à partir de l’équation (A.2.3.4).
R2 0,08 0,38 0,29 0,41 0,24 0,47 0,41 0,46 0,08 0,35 0,26 0,39
0,16 0,55 0,14 0,48 0,19 0,57 0,30 0,59 0,20 0,50 0,33 0,58 0,15 0,55 0,13 0,45 0,18 0,57
Source : calculs des services du FMI.
Note : DAI = demande ajustée au titre de l’intensité en importations; DAII = demande ajustée au titre de l’intensité en importations en considérant uniquement les composantes intérieures de la demande globale; DAII+E =
DAII prévue par la DAII des partenaires commerciaux. Le tableau présente les résultats des estimations des équations (A.2.3.1), (A.2.3.3) et (A.2.3.5). Les colonnes (1), (5) et (9) indiquent les estimations ponctuelles ainsi
que, entre parenthèses, les erreurs-types robustes à l’hétéroscédasticité obtenues dans le cadre de l’estimation de l’équation (A.2.3.1) à partir de données de panel et y compris des effets fixes de pays. Les autres colonnes
indiquent les estimations ponctuelles moyennes ainsi que l’écart interquartile de ces estimations effectuées pays par pays. L’absorption est mesurée par la demande globale ajustée au titre de l’intensité en importations pour
les quatre composantes du PIB dans les colonnes (1), (2), (5), (6), (9) et (10). Elle est évaluée dans les autres colonnes par la demande intérieure ajustée au titre de l’intensité en importations. Les spécifications présentées
dans les colonnes (4), (8) et (12) neutralisent également les exportations prévues, tel qu’estimé à partir de l’équation (A.2.3.4).
CHAPITRE 2 À QUOI TIENT LE RALENTISSEMENT DES ÉCHANGES MONDIAUX?
Nombre d’observations 3.427 3.427 3.427 910 910 910 2.517 2.517 2.517
Source : calculs des services du FMI.
Note : DAI = demande ajustée au titre de l’intensité en importations; DAII = demande ajustée au titre de l’intensité en importations en considérant
uniquement les composantes intérieures de la demande globale; DAII+E = DAII prévue par la DAII des partenaires commerciaux. Le tableau présente
les estimations ponctuelles ainsi que, entre parenthèses, les erreurs-types robustes à l’hétéroscédasticité obtenues dans le cadre de l’estimation de
l’équation (A.2.3.6). Les régressions sont pondérées par les parts des importations nominales de biens des pays.
celle des pays émergents et en développement peut expli- Les tableaux de l’annexe A.2.3.5 et A.2.3.6 présentent
quer une grande partie de la diminution de l’élasticité du les résultats des régressions de la croissance des importa-
commerce mondial parce que les échanges de ces derniers tions réelles de biens dans le premier cas, et de services
ont une plus faible élasticité–revenu. L’ajustement pro- dans le deuxième. En moyenne, les résidus de l’analyse des
duit par les régressions utilisant des mesures de la demande importations de biens sont significativement inférieurs à
d’importation calculées uniquement à partir des compo- zéro pour tous les échantillons et pour toutes les spécifica-
santes intérieures de la demande globale (colonnes [3], [7] tions sur la période 2012–15. L’ampleur de la croissance
et [11]) est, de surcroît, nettement moins bon. «manquante» des importations de biens diffère pour les
Pour déterminer si la période 2012–15 se caractérise pays avancés et pour les pays émergents et en développe-
par des évolutions inhabituelles, l’analyse regroupe les ré- ment, les résidus étant significativement plus élevés dans le
sidus des équations (A.2.3.1), (A.2.3.3) et (A.2.3.5) es- cas de ces derniers (en valeur absolue). Selon les calculs ef-
timées pour chaque pays de l’échantillon et estime la spé- fectués à partir de la spécification de référence, qui utilise
cification suivante : la DAII comme variable de remplacement de la demande
εˆ
c,t = θConst(1 - D2012-15,t
) d’importations et la DAII des partenaires commerciaux
+ τConst(D2012-15,t ) + ϛ c,t, (A.2.3.6) comme variable de remplacement des prévisions des expor-
tations — équation (A.2.3.5), résidus des colonnes (3), (6)
où D2012-15,t
est un indicateur prenant la valeur 1 si t ∈ et (9) du tableau de l’annexe 2.3.5 —, la croissance man-
{2012, 2013, 2014, 2015}. Les coefficients θ et τ saisissent quante des importations de biens est de l’ordre de 1 point
la valeur moyenne des résidus des périodes 1985–2011 de pourcentage pour les pays avancés, de 3 points de pour-
et 2012–15, respectivement. Les régressions sont pondé- centage pour les pays émergents et en développement et de
rées par la part des importations nominales des différents 1¾ point de pourcentage pour le monde entier.
pays (en dollars) de manière à mieux prendre en compte les Il n’existe aucune indication robuste d’un ralentisse-
écarts par rapport à la croissance indiquée par les prévisions ment inexpliqué de la croissance des importations de ser-
pour le monde entier (ou pour des groupes de pays). vices durant la période 2012–15 à l’échelle mondiale. Il
Nombre d’observations 3.359 3.359 3.359 909 909 909 2.450 2.450 2.450
Source : calculs des services du FMI.
Note : DAI = demande ajustée au titre de l’intensité en importations; DAII = demande ajustée au titre de l’intensité en importations en considérant
uniquement les composantes intérieures de la demande globale; DAII+E = DAII prévue par la DAII des partenaires commerciaux. Le tableau présente
les estimations ponctuelles ainsi que, entre parenthèses, les erreurs-types robustes à l’hétéroscédasticité obtenues dans le cadre de l’estimation de
l’équation (A.2.3.6). Les régressions sont pondérées par les parts des importations nominales de services des pays.
Tableau de l’annexe 2.3.7. Résidus : croissance réelle des importations de biens une fois neutralisé
les effets des incertitudes mondiales, de la situation financière mondiale et des difficultés financières
Ensemble de l’échantillon DAI DAII+E
(1) (2) (3) (4) (5) (6) (7) (8) (9) (10)
Indicateur 1985–2011 0,003 0,005 0,005 0,004 0,007 0,001 0,003 0,004 0,002 0,006
(0,002) (0,002) (0,002) (0,002) (0,002) (0,002) (0,002) (0,002) (0,002) (0,002)
Indicateur 2012–15 –0,009 –0,011 –0,006 –0,009 –0,007 –0,018 –0,020 –0,013 –0,018 –0,015
(0,002) (0,003) (0,002) (0,002) (0,003) (0,004) (0,004) (0,003) (0,004) (0,004)
Augmentation du VIX –0,015 -0,011 -0,026 –0,024
(0,006) (0,007) (0,007) (0,008)
Variation du taux d’intérêt
réel mondial 0,008 0,008 0,013 0,013
(0,003) (0,003) (0,003) (0,003)
Crises bancaires –0,022 –0,014 –0,020 –0,005
(0,007) (0,009) (0,008) (0,010)
Nombre d’observations 3.427 2.987 2.987 3.427 2.987 3.427 2.987 2.987 3.427 2.987
Source : calculs des services du FMI.
Note : DAI = demande ajustée au titre de l’intensité en importations; DAII = demande ajustée au titre de l’intensité en importations en considérant
uniquement les composantes intérieures de la demande globale; DAII+E = DAII prévue par la DAII des partenaires commerciaux. Le tableau présente
les estimations ponctuelles ainsi que, entre parenthèses, les erreurs-types robustes à l’hétéroscédasticité obtenues dans le cadre de l’estimation de
l’équation (A.2.3.6) dans laquelle ont été introduits le taux de croissance du VIX (Chicago Board of Volatility Index), la variation des taux d’intérêt réels
mondiaux et un indicateur marquant le début d’une crise bancaire tiré de Laeven et Valencia (2012). Les régressions sont pondérées par les parts des
importations nominales de biens des pays.
semble toutefois que cette croissance ait été plus lente ralentissement des flux d’échanges est probablement en-
que prévu après 2012 dans les pays émergents et en déve- tachée d’un biais à la hausse. Ce dernier peut être en
loppement d’après les modèles basés sur les composantes partie corrigé en éliminant des composantes de la de-
intérieures de la demande globale. Les résultats portés mande globale les effets des politiques commerciales an-
dans les tableaux de l’annexe 2.3.5 et 2.3.6 sont robustes térieures à la construction de la mesure de la demande
lorsque l’on inclut les effets fixes de pays ou lorsque l’on ajustée au titre de l’intensité en importations. Pour réa
regroupe les erreurs-types par pays. liser cette opération, il est procédé à une régression du
Afin de prendre en compte l’impact que pourraient premier ordre de ces composantes de la demande par rap-
avoir les incertitudes, la situation financière mondiale et les port aux facteurs considérés :
difficultés financières sur la demande d’importations des
∆lnAD c,t δ c + 𝛄 c ´ ∆ ln F c,t + ν kc,t ,
k = (A.2.3.7)
pays, le tableau de l’annexe 2.3.7 présente les résultats de
l’estimation de l’équation (A.2.3.6) à laquelle ces variables k est une composante de la demande globale, k ∈
où AD c,t
ont été ajoutées. Les résultats obtenus pour les résidus né- {C, G, I, X}, et F c,test le vecteur des politiques commer-
gatifs inexpliqués de la croissance réelle des importations ciales, dans ce cas les tarifs douaniers et la participation
de biens durant la période 2012–15 demeurent robustes à des accords de libre-échange. Les résidus de cette ré-
même lorsque l’on utilise cette spécification. gression du premier ordre, ν kc,t , qui, par définition, sont
Le tableau de l’annexe 2.3.8 décompose la baisse indi- orthogonaux aux variables de la politique commerciale,
quée par les prévisions du taux de croissance des impor- servent à construire l’indicateur de la demande ajustée au
tations réelles de biens entre la période 2012–15 et les titre de l’intensité en importations comme dans l’équa-
périodes 1985–2007 et 2003–07 en considérant les dif- tion (A.2.3.2) :
férentes composantes de la demande d’importations pour
( c,t ) C (ν c,t ) G (ν c,t ) I (ν c,t ) X.
* = νC
DAI c,t ω G ω I ω X ω (A.2.3.8)
l’ensemble de l’échantillon de pays56.
Comme indiqué dans le chapitre, d’autres facteurs L’analyse précédente est répétée au moyen de cet indica-
peuvent simultanément agir sur l’activité économique et teur, ainsi que d’autres : 1) la DAII * et 2) l’absorption
le commerce, notamment les politiques commerciales. représentée par la variable DAII* et les prévisions des ex-
Lorsque ces facteurs ne sont pas pris en compte, l’esti- portations établies à partir de la DAII* des partenaires
mation de la contribution de l’activité économique au commerciaux.
Le tableau de l’annexe 2.3.9 présente les résultats de
56Les secteurs sont regroupés conformément aux catégories d’Eaton
l’estimation de l’équation (A.2.3.6) effectuée à partir
et al. (2010), mais les industries minières et extractives, le coke, les pro-
duits pétroliers raffinés et les combustibles nucléaires sont transférés du des résidus du modèle de la demande d’importations
secteur des services résiduels au secteur des produits de base. de biens spécifié par les équations (A.2.3.1), (A.2.3.3)
et (A.2.3.5) en utilisant ces différentes mesures de la de- 85 % de la baisse de la croissance des importations dans un
mande. La croissance «manquante» du commerce est lé- pays moyen entre les périodes 2012–15 et 2003–07, tandis
gèrement plus importante durant la période 2012–15 que le modèle basé sur la croissance des importations pré-
lorsque les variations de la demande globale sont établies vues par la DAII * et les exportations prévues par la DAII *
abstraction faite du rôle des politiques commerciales. des partenaires commerciaux peut prévoir 79 % du ra-
Le tableau de l’annexe 2.3.10 décompose le ralentisse- lentissement observé. Les chiffres correspondants obtenus
ment observé de la croissance des échanges entre les pé- avec la mesure corrigée des politiques commerciales sont
riodes 2012–15 et 2003–07 en fraction prévue et fraction de 79 % et 70 %, respectivement.
non prévue par le modèle de la demande d’importations.
Une fraction légèrement plus faible du ralentissement est
Annexe 2.4. Analyse au moyen
maintenant imputable aux variations de l’activité écono-
d’un modèle d’équilibre général
mique. Par exemple, le modèle de référence peut prévoir
L’analyse structurelle présentée dans la section intitulée
Tableau de l’annexe 2.3.9. Résidus : croissance «Le rôle de la composition de la demande et des coûts com-
des importations réelles de biens corrigée merciaux : conclusions d’une étude structurelle» suit de très
de l’effet potentiel des politiques commerciales près le modèle servant de cadre dans Eaton et al. (2010) —
sur la demande globale c’est-à-dire un modèle statique d’équilibre général de la pro-
Correction au titre du rôle duction et des échanges qui fait intervenir plusieurs secteurs
des politiques commerciales
et plusieurs pays et imbrique le modèle canonique ricar-
Ensemble de l’échantillon DAI* (DAII+E)*
Indicateur 1985–2011 0,002 0,001 dien du commerce d’Eaton et Kortum (2002). Ce modèle
(0,002) (0,002) est décrit et développé dans Eaton et al. (2010). La présente
Indicateur 2012–15 –0,012 –0,021 annexe décrit certaines des modifications importantes ap-
(0,002) (0,004)
Nombre d’observations 2.840 2.817 portées au modèle ainsi que les sources de données utilisées.
Source : calculs des services du FMI.
Note : DAI = demande ajustée au titre de l’intensité en importations;
DAII = demande ajustée au titre de l’intensité en importations en Cadre
considérant uniquement les composantes intérieures de la demande
globale; DAII+E = DAII prévue par la DAII des partenaires commerciaux. L’une des principales modifications apportées au mo-
Le tableau présente les estimations ponctuelles ainsi que, entre paren- dèle tient à l’inclusion d’un quatrième secteur pour les
thèses, les erreurs-types robustes à l’hétéroscédasticité obtenues dans
le cadre de l’estimation de l’équation (A.2.3.6). Les régressions sont produits de base, qui vient s’ajouter aux deux secteurs ma-
pondérées par les parts des importations nominales de biens des pays. nufacturiers (qui produisent des biens durables et non
durables) et au secteur résiduel, qui couvre essentiellement contrefactuels — dans lesquels certains écarts sont pris en
les services57. La production et les échanges du secteur compte ou non — suivent la première étape de cette procé-
des produits de base sont modélisés comme ceux des sec- dure, dans laquelle les résultats sont établis pour des valeurs
teurs manufacturiers, de sorte qu’il est possible d’utiliser les données des écarts. Étant donné que le cadre est statique, la
équations établies pour ces derniers dans le cas du premier procédure utilisée pour parvenir à une solution est appliquée
secteur. Cela signifie que les prix, les parts des échanges et séparément à des paires d’années consécutives en introdui-
les dépenses dans le secteur des produits de base sont régis sant les données dans le modèle pour deux années à la fois.
par une série supplémentaire de conditions d’équilibre58. Les paramètres calibrés comprennent les coefficients
Comme indiqué dans le corps du texte, la dynamique des entrées–sorties, les coefficients de la valeur ajoutée
observée pour le commerce peut être imputée aux varia- et la mesure inverse de la dispersion des inefficiences,
tions de quatre facteurs dans le cadre décrit par le modèle : qui détermine l’ampleur de l’avantage comparatif exis-
1) la composition de la demande, 2) les coûts commerciaux tant dans chaque secteur. Conformément à Eaton et al.
(ou frictions), 3) la productivité, et 4) les déficits commer- (2010), la mesure inverse de la dispersion des ineffi-
ciaux. Suivant la méthode de la comptabilité du cycle éco- ciences est fixée à 2 et est supposée être la même pour
nomique appliquée par Chari, Kehoe et McGrattan (2007), tous les secteurs. Les estimations recensées pour ce para-
ces facteurs sont souvent qualifiés d’«écarts». mètre dans les différentes études consacrées à ce sujet va-
La méthode utilisée pour résoudre le modèle suit les pro- rient fortement. Fixer sa valeur à 8 comme le font Eaton
cédures établies par Dekle, Eaton et Kortum (2007). Les va- et Kortum (2002) aboutit à des résultats similaires. Les
riables endogènes essentielles (salaires, dépenses, prix, parts paramètres restants sont déterminés au moyen de la base
des échanges) sont exprimées sous la forme du ratio de leur de données Trade in Value de l’Organisation de coopé-
valeur en fin de période à leur valeur en début de période ration et de développement économiques (OCDE). Les
(variations brutes), pour des valeurs données des quatre seules exceptions sont les coefficients de la valeur ajoutée
écarts. Le modèle est ensuite résolu pour produire des écarts de la catégorie du «reste du monde», qui se compose de
de manière à ce que les variations des principales variables pays non inclus dans l’échantillon. Ces coefficients sont
endogènes résultant des équations du modèle cadrent avec fixés de manière à correspondre au ratio des exportations
les variations indiquées par les observations. Les scénarios à la production de chaque secteur indiqué par les don-
nées. Pour calculer ces ratios, il est procédé à l’agrégation
57Les secteurs sont regroupés conformément aux catégories d’Eaton et
des valeurs des exportations et de la production en 2013
al. (2010) à la différence que 1) les industries minières et extractives, et 2) le pour tous les pays inclus dans la base de données Eora
coke, les produits pétroliers raffinés et les combustibles nucléaires sont
transférés du secteur des services résiduels au secteur des produits de base. Multi-Region Input-Output à l’exception des 34 pays re-
58Le système d’équations modifié peut être obtenu auprès des auteurs. tenus aux fins de la présente analyse.
Graphique de l’annexe 2.5.1. Disponibilité contenu en importations des exportations d’un pays (éga-
de financements du commerce lement appelée valeur ajoutée étrangère) et le contenu
(Pourcentage de banques ayant indiqué intérieur des exportations d’un pays utilisé par les parte-
une diminution des lignes de crédit proposées
pour financer le commerce) naires commerciaux pour leurs propres exportations (voir
Entreprises clientes Institutions financières Koopman, Wang et Wei, 2014). Le total obtenu est ex-
60 primé en proportion des exportations brutes.
Financement du commerce — Les variations de la dispo-
nibilité de financements du commerce influencent aussi
50
directement les coûts commerciaux globaux. Les données
provenant d’International Chamber of Commerce Global
40
Trade and Finance Survey ont servi à déterminer si la dis-
ponibilité de financements du commerce a augmenté ou
diminué depuis la crise financière mondiale. La proportion
30 de banques indiquant une diminution des lignes de crédit
commercial aux entreprises ainsi qu’aux institutions finan-
cières qui sont leurs clientes a plus que diminué de moitié
20 depuis 2008–09 (graphique de l’annexe 2.5.1).
indirectement dans les quatre composantes de la demande relatifs). Les mesures établies au niveau des produits et des
globale d’un pays. Comme dans le cas de l’exercice empi- secteurs pour la politique commerciale et la participation
rique qui a recours à la demande ajustée au titre de l’inten- aux chaînes de valeur mondiales sont agrégées au niveau
sité en importations, ces intensités sont utilisées comme du pays et constituent la variable figurant dans le membre
pondérations sectorielles de la consommation globale, de droit de l’équation de régression suivante :
εˆ
l’investissement, des dépenses publiques et des exportations
c,t = α + ϕ c + ϕ t + b´ X c,t + ξ c,t, (A.2.5.3)
aux fins de la construction d’une variable de remplacement
de l’absorption d’un secteur particulier60. Les prix relatifs où εˆ
c,t sont les résidus estimés et Xc,tsont les mêmes fac-
sont égaux au ratio du déflateur des prix à l’importation au teurs de la politique commerciale et des chaînes de valeur
déflateur du PIB, comme dans l’analyse examinée dans la mondiales au niveau du pays.
section intitulée «Le rôle de la production et de sa composi-
tion : conclusions d’une étude empirique»61. Décomposition du ralentissement pour
La variable X p,c,t, rreprésente un vecteur de mesures de établir la contribution d’autres facteurs
politique commerciale et d’autres facteurs, qui sont in- La dernière étape de l’analyse consiste à quantifier le ra-
clus dans la régression au niveau produit–pays, secteur– lentissement supplémentaire de la croissance des impor-
pays ou du pays pour expliquer comment la croissance tations que l’on aurait pu penser obtenir sur la base de la
des importations au niveau des produits varie suivant ces relation historique entre les politiques commerciales, la
facteurs. Ces derniers sont : 1) l’augmentation du taux participation aux chaînes de valeur mondiales et la crois-
des tarifs douaniers au niveau des produits; 2) une va- sance des importations, et de l’évolution de ces autres fac-
riable fictive indiquant si une catégorie de produits par- teurs. Les élasticités de l’équation établie au niveau des
ticulière est assujettie ou non à une barrière commerciale pays (A.2.5.3), b, sont utilisées conjointement aux écarts
temporaire (mesure de défense du commerce) à l’année t; entre le taux de croissance des différents facteurs au ni-
3) l’augmentation de la part du PIB mondial couvert par veau des produits, Xp,c,t , entre 2012–15 et 2003–07 pour
des accords de libre-échange auquel un pays est partie; calculer la contribution relative de chaque facteur. Le gra-
et 4) l’augmentation d’une mesure de la participation en phique de l’annexe 2.5.2 indique la proportion des résidus
amont à une chaîne de valeur mondiale représentée par estimés pour chaque pays à partir de l’équation (A.2.3.5)
la part de la valeur ajoutée étrangère dans les exportations — c’est-à-dire la composante de la croissance des importa-
sectorielles brutes. La participation à des accords de libre- tions qui n’est pas prise en compte par la demande ajustée
échange est le seul de ces facteurs qui varie au niveau au titre de l’intensité en importations — qui peut être im-
pays–année, tandis que la participation à des chaînes de putée à ces autres facteurs, aussi bien pour la croissance
valeur mondiales varie au niveau secteurs–pays–année. réelle que pour la croissance nominale des importations.
Les tarifs douaniers et les barrières non tarifaires sont me-
surés au niveau des produits. Robustesse
Parallèlement à l’analyse au niveau des produits (et à
La spécification de référence représentée par l’équa-
titre de vérification), il est procédé à l’estimation d’un
tion (A.2.5.1) pour les régressions effectuées au niveau
modèle élargi de la demande d’importations au niveau
des produits a été assujettie à un certain nombre de tests
global. L’analyse regroupe en particulier les résidus es-
de robustesse. Sachant que la relation entre les importa-
timés du modèle empirique de la demande d’importa-
tions et les facteurs autres que la demande a été spécifiée
tions estimé dans la section intitulée «Le rôle de la pro-
sous forme de taux de croissance, il est important de com-
duction et de sa composition : conclusions d’une étude
prendre si des élasticités similaires peuvent être obtenues en
empirique» à partir de l’équation (A.2.3.5) (en d’autres
utilisant les niveaux de la même série de variables, comme
termes, la croissance réelle des importations de biens qui
le font généralement les études en ce domaine (voir, par
ne peut pas être prévue par les fluctuations de la demande
exemple, l’encadré 2.1). Une variante dans laquelle le ratio
ajustée au titre de l’intensité en importations et des prix
des importations réelles au PIB (la variable de remplace-
60Tous les produits inclus dans chacun des dix secteurs hors services ment du dénominateur est la demande sectorielle) figure
utilisés dans les matrices d’entrées–sorties normalisées sont supposés dans le membre gauche de l’équation a également été es-
avoir le même taux d’absorption.
61Dans une situation idéale, l’équation (A.2.5.1) devrait comprendre timée62. D’autres spécifications ne prenant pas en compte
les prix par secteur–niveau. Bien qu’il soit possible de construire le dé- les effets fixes de période et ne neutralisant pas les effets de
flateur des importations d’un produit particulier, des données détaillées
sur les prix intérieurs ne sont pas disponibles. La même variation des 62Au niveau des produits, le ratio utilisé est celui des importations
prix relatifs a donc été appliquée à tous les produits d’un pays. des produits à la demande sectorielle.
Graphique de l’annexe 2.5.2. Contribution l’annexe 2.5.1). L’exclusion des effets fixes de période en-
des politiques commerciales et des chaînes traîne toutefois une augmentation de la contribution des
de valeur mondiales au ralentissement
de la croissance des importations réelles tarifs douaniers et de la participation aux chaînes de valeur
et nominales de biens mondiales. Ce résultat tient vraisemblablement au fait que
(Pourcentage) tous les pays enregistrent une réduction des coûts commer-
BCT Couverture des ALE Non prévue ciaux et une augmentation progressive de la participation
Tarifs douaniers Participation aux CVM aux chaînes de valeur mondiales.
Régression Régression Régression Ces mêmes spécifications ont été utilisées pour les im-
au niveau au niveau au niveau
des produits des produits des produits portations nominales (exprimées sous forme de leur taux
(5) (6) (7)
0,0 de croissance, de leur niveau et de leur part dans la de-
mande sectorielle). Dans ce cas encore, les résultats sont
–0,2
généralement similaires, les tarifs douaniers et les chaînes
–0,4 de valeur mondiales ayant une contribution plus élevée
–0,6 lorsque les effets temporels communs ne sont plus neu-
tralisés (tableau de l’annexe 2.5.2).
–0,8
–1,0
Annexe 2.6. Analyse au moyen
–1,2 du modèle de gravité du commerce
–1,4 Cette annexe présente des détails supplémentaires
–1,6 sur l’analyse empirique réalisée dans la section intitulée
«Le rôle des coûts commerciaux et des chaînes de valeur
–1,8
mondiales : informations tirées des données détaillées sur
–2,0 le commerce» au moyen du modèle de gravité du com-
Source : calculs des services du FMI. merce. Elle décrit de manière générale les données utili-
Note : BCT = barrière commerciale temporaire; ALE = accord sées et la méthodologie employée.
de libre-échange; CVM = chaînes de valeur mondiales.
Le graphique associe les liens historiques estimés entre
la croissance réelle et nominale des importations au niveau
des produits et la croissance des coûts commerciaux et de Données
la participation aux chaînes de valeur mondiales, et les
écarts entre le taux de croissance de ces facteurs durant La série de données utilisée pour le modèle de gravité
la période 2003–07 et durant la période 2012–15 afin
de calculer leurs contributions au ralentissement observé est une série élargie fondée sur la base de données sur les
des échanges. flux d’échanges bilatéraux par secteur présentée dans le
chapitre 2 des Perspectives de l’économie mondiale d’oc-
la demande et des prix relatifs ont également été testées. Il tobre 2010. La série a été prolongée au moyen des don-
est possible de justifier l’omission des effets fixes de période nées sur les flux d’échanges bilatéraux au niveau à quatre
parce que l’abaissement des barrières commerciales et le chiffres de la Classification internationale type, par indus-
développement des chaînes de valeur mondiales ont lieu à trie, révision 2, de la base de données Commodity Trade
la même époque dans les différents pays. Dans ce contexte, Statistics des Nations Unies. Elle couvre environ 780 pro-
l’inclusion d’effets fixes de période absorberait une fraction duits identifiés de manière distincte et les flux de leurs
importante des variations des mesures des politiques com- échanges bilatéraux sur la période 1998–2014. Aux fins
merciales et des chaînes de valeur mondiales. Dans la me- de l’analyse des relations entre le commerce et les chaînes
sure où la demande sectorielle (et son augmentation) est de valeur mondiales, les 780 flux d’échanges sectoriels
l’un des circuits par lesquels les politiques commerciales in- sont affectés aux 10 secteurs hors services figurant dans
fluent sur la croissance des importations, une spécification la base de données Eora Multi-Region Input-Output et
ne neutralisant pas l’effet de la demande sectorielle pour- regroupés sur cette base. Les flux d’échanges bilatéraux
rait également contribuer utilement à une évaluation cor- sectoriels ainsi obtenus sont associés à la base de données
recte de l’élasticité de la croissance des importations par Direction of Trade Statistics du FMI et à la base de don-
rapport à ces autres facteurs. nées de Head, Mayer et Ries (2010) sur les variables de
Les analyses réalisées montrent que les conclusions gravité. La participation des pays à des accords de libre-
sont généralement robustes lorsque différentes modifica- échange est actualisée au moyen de la base de données de
tions sont apportées aux spécifications estimées (tableau de l’OMC sur les accords commerciaux régionaux.
Tableau de l’annexe 2.5.1. Différentes spécifications des régressions des importations réelles au niveau de produits
A. Produit et pays
Variable dépendante (réelle) Demande
Niveau des d’importations
Période couverte : 2003–13 Croissance des importations importations par secteur
(1) (2) (3) (4) (5)
Barrières commerciales temporaires –0,031*** –0,037*** –0,036*** –0,033* –0,031*
(0,009) (0,009) (0,011) (0,017) (0,016)
Participation aux chaînes de valeur mondiales 0,095** 0,474*** 0,835*** 0,410*** 0,322***
(0,041) (0,038) (0,030) (0,058) (0,056)
Participation aux chaînes de valeur mondiales 0,170*** 0,719*** 1,220*** 1,109*** 0,916***
(0,041) (0,043) (0,031) (0,065) (0,061)
Méthodologie εˆ
i,e,s,t - εˆ
i,e,s,t-1 = γ + φ s CVM i,e,s,t-1 + ϑ i,e,s,t, (A.2.6.3)
L’analyse est effectuée en trois étapes comme indiqué ou
ςˆ
ci-après.
i,e,s,t = γ + φ s CVM i,e,s,t-1 + ϑ i,e,s,t, (A.2.6.4)
Première et deuxième étapes : estimation du modèle
de gravité et collecte des résidus où γ est une constante, CVMi,e,s,t-1mesure la part décalée
d’une période des exportations à valeur ajoutée étrangère dans
La première étape de la méthode consiste à estimer les exportations brutes d’un secteur particulier d’une paire de
le modèle de gravité pour chaque année t (entre 2003 pays, et ϑ i,e,s,tdénote les erreurs indépendantes et identi-
et 2014) et pour le secteur s. Le modèle de gravité est quement distribuées. La procédure d’estimation permet de
tout d’abord estimé par niveau : prendre en compte les effets CVM, φ s, propres au secteur.
→ →
∀s, t:lnMi,e,s,t
= α i,s,t + μ e,s,t + β s,t Gravitéi,e,s,t + ε i,e,s,t, Les résultats de ce test sont présentés dans les co-
(A.2.6.1) lonnes (1), (4), (7), (10) et (13) des tableaux de l’an-
où lnMi,e,s,t est le logarithme des importations nominales nexe 2.6.1 (estimation de modèle de gravité par niveau)
entre l’importateur i et un exportateur e, α i,s,t représente et 2.6.2 (estimation du modèle de gravité par taux de
les effets fixes de l’importateur, et μ e,s,t les effets fixes de croissance) pour différents échantillons de pays et de sec-
→ teurs. Ils font état d’une robuste association positive entre
l’exportateur. Gravitéi,e,s,t est le vecteur des variables généra-
lement utilisées dans les modèles de gravité : la distance; le la croissance des échanges sectoriels et les liens avec les
décalage horaire entre les exportateurs et les importateurs; chaînes de valeur durant la période 2003–14.
et les indicateurs de contiguïté, à savoir une langue officielle Le deuxième test vise à déterminer si les échanges sec-
commune, une langue ethnique commune, une puissance toriels des paires de pays qui ont des liens très étroits avec
colonisatrice commune, une relation coloniale après 1945, les chaînes de valeur durant la période 2003–07 ont aug-
des échanges entre la puissance colonisatrice et la colonie, menté plus rapidement que les échanges sectoriels des
des échanges entre la colonie et la puissance colonisatrice, paires de pays affichant des liens plus ténus avec les chaînes
une relation coloniale actuelle, un accord commercial ré- de valeur aux différentes périodes considérées. Dans cet
gional, un système juridique commun, une religion com- exercice, l’analyse considère une mesure des liens avec les
mune, une monnaie commune et un système de préférence chaînes de valeur mondiales qui ne varie pas selon les pé-
généralisé. Enfin, εi,e,s,test le terme d’erreur, qui est collecté riodes, et qui prend la valeur 1 si la participation moyenne
pour la troisième étape de l’analyse. aux chaînes de valeur mondiales pour un secteur et une
Le modèle de gravité est également estimé en taux de paire de pays particulière durant la période 2003–07 se
croissance annuelle pour 2004–14 : trouve dans le quartile supérieur de la distribution des liens
→ avec les chaînes de valeur (participation aux chaînes de va-
∀s, t:lnMi,e,s,t
- lnMi,e,s,t-1
= σ i,s,t + π e,s,t + ω s,t leur mondiales élevée). Il est alors procédé à l’estimation de
→
Gravitéi,e,s,t + ς i,e,s,t, l’équation de régression suivante :
(A.2.6.2) εˆ
i,e,s,t - εˆ
i,e,s,t-1 = δ
où, de manière similaire, σ i,s,treprésente les effets fixes + θ s (Participation aux CVM élevée)i,e,s,2003-07
de l’importateur, π e,s,tles effets fixes de l’exportateur, + ξ i,e,s,t (A.2.6.5)
→
Gravitéi,e,s,t est le même vecteur des variables de gravité ou
ςˆ
considérées précédemment, et ς i,e,s,t dénote les erreurs
i,e,s,t = δ + θ s (Participation aux CVM élevée) i,e,s,2003-07
indépendantes et identiquement distribuées, collectées
+ ξ i,e,s,t, (A.2.6.6)
pour la troisième étape de l’analyse.
où δ est, dans ce cas encore, une constante et ξ i,e,s,t repré-
Troisième étape : établissement d’une relation sente le terme d’erreur. L’estimation permet toujours de
entre les chaînes de valeur et la composante prendre en compte les effets des chaînes de valeur mon-
non expliquée de la croissance du commerce diales propres à chaque secteur, θ s.
À la troisième étape, l’analyse vise à déterminer s’il Les résultats de ce test sont présentés dans les autres
existe une relation entre la valeur initiale des liens établis colonnes des tableaux de l’annexe 2.6.1 et 2.6.2. Le gra-
dans le cadre des chaînes de valeur entre deux pays dans phique 2.14 représente les résultats des colonnes (8)
un secteur particulier et la croissance des échanges dans et (9) de ces tableaux; les autres colonnes indiquent la ro-
le secteur de cette paire de pays. L’équation estimée, for- bustesse des résultats lorsque l’on utilise différents échan-
mulée avec les mêmes notations, est : tillons de pays et de secteurs.
117
À QUOI TIENT LE RALENTISSEMENT DES ÉCHANGES MONDIAUX?
118
Tableau de l’annexe 2.6.2. Lien entre l’intégration des chaînes de valeur mondiales et la croissance annuelle nominale
des importations établi à partir du modèle de gravité estimé au moyen des taux de croissance
(Points de pourcentage, augmentation en glissement annuel de la croissance des importations nominales pour les secteurs de paires de pays)
Variable dépendante Croissance non prévue des importations bilatérales par année (modèle de gravité estimé au moyen des taux de croissance des importations nominales), 2003–14
(Pourcentage, en glissement annuel)
(1) (2) (3) (4)2 (5)2 (6)2 (7)3 (8)3 (9)3 (10)4 (11)4 (12)4 (13)5 (14)5 (15)5
Participation aux CVM (t – 1) 0,023*** 0,023*** 0,031*** 0,032*** 0,032***
(0,008) (0,010) (0,009) (0,010) (0,011)
Variable fictive de forte
participation aux CVM1 1,647*** 1,202** 1,067 2,131*** 0,975*
(2003–14)
(0,464) (0,502) (0,689) (0,621) (0,522)
Bibliographie Bloom, Nicholas, Mirko Draca, and John Van Reenen. 2016.
“Trade Induced Technical Change? The Impact of Chinese
Ahn, JaeBin, Era Dabla-Norris, Romain Duval, Bingjie Hu, and
Imports on Innovation, IT and Productivity.” Review of
Lamin Njie. 2016. “Reassessing the Productivity Gains from
Economic Studies 83 (1): 87–117.
Trade Liberalization: A Sector-Level Approach.” IMF Working
Bown, Chad P. 2011. “Taking Stock of Antidumping, Safeguards
Paper 16/77, International Monetary Fund, Washington.
and Countervailing Duties, 1990–2009.” The World Economy 34
Ahn, JaeBin, and Romain Duval. Forthcoming. “Global Trade
and Productivity Slowdown: Are They Related?” IMF Working (12): 1955–98.
Paper, International Monetary Fund, Washington. ———. 2016. “Temporary Trade Barriers Database.” June. World
Alessandria, George, and Horag Choi. 2016. “The Dynamics of the Bank, Washington. [Link]
U.S. Trade Balance and Real Exchange Rate: The J Curve and Boz, Emine, Matthieu Bussière, and Clément Marsilli. 2015.
Trade Costs?” Unpublished. “Recent Slowdown in Global Trade: Cyclical or Structural?”
Alessandria, George, Joseph Kaboski, and Virgiliu Midrigan. 2013. Chapter 3 of The Global Trade Slowdown: A New Normal? edited
“Trade Wedges, Inventories and International Business Cycles.” by Bernard Hoekman. Vox EU E-book. London: Centre for
Journal of Monetary Economics 60: 1–20. Economic Policy Research Press. [Link]
Amiti, Mary, and Jozef Konings. 2007. “Trade Liberalization, recent-slowdown-global-trade.
Intermediate Inputs, and Productivity: Evidence from Boz, Emine, and Eugenio Cerutti. Forthcoming. “Dissecting the
Indonesia.” American Economic Review 97 (5): 1611–38. Global Trade Slowdown: A New Database.” Unpublished.
Anderson, James E. 2011. “The Gravity Model.” Annual Review of Broda, Christian, and David E. Weinstein. 2006. “Globalization
Economics 3 (1): 133–60. and the Gains from Variety.” Quarterly Journal of Economics 121
Arvis, Jean-Francois, Yann Duval, Ben Shepherd, and Chorthip (2): 541–85.
Utoktham. 2013. “Trade Costs in the Developing World, Bussière, Matthieu, Giovanni Callegari, Fabio Ghironi, Giulia
1995–2010.” World Bank Policy Research Working Paper 6309, Sestieri, and Norihiko Yamano. 2013. “Estimating Trade
World Bank, Washington. Elasticities: Demand Composition and the Trade Collapse of
Atkin, David, Amit K. Khandelwal, and Adam Osman. 2008–09.” American Economic Journal: Macroeconomics 5 (3):
2014. “Exporting and Firm Performance: Evidence from a 118–51.
Randomized Trial.” NBER Working Paper 20690, National Bustos, Paula. 2011. “Trade Liberalization, Exports, and Technology
Bureau of Economic Research, Cambridge, Massachusetts. Upgrading: Evidence on the Impact of MERCOSUR on
Autor, David, David Dorn, and Gordon Hanson. 2013. “The Argentinian Firms.” American Economic Review 101 (1): 304–40.
China Syndrome: Local Labor Market Effects of Import Carrère, Céline. 2006. “Revisiting the Effects of Regional Trade
Competition in the United States.” American Economic Review Agreements on Trade Flows with Proper Specification of the
103 (6): 2121–68. Gravity Model.” European Economic Review 50: 223–47.
Baier, Scott L., and Jeffrey H. Bergstrand. 2007. “Do Free Trade Chari, Varadarajan V., Patrick J. Kehoe, and Ellen McGrattan.
Agreements Actually Increase Members’ International Trade?” 2007. “Business Cycle Accounting.” Econometrica 75 (3):
Journal of International Economics 71: 72–95. 781–836.
———. 2009. “Estimating the Effects of Free Trade Agreements Chor, Davin, and Kalina Manova. 2012. “Off the Cliff and Back?
on Trade Flows Using Matching Econometrics.” Journal of Credit Conditions and International Trade during the Global
International Economics 77 (1): 63–76. Financial Crisis.” Journal of International Economics 87 (1):
Bernard, Andrew B., Jonathan Eaton, J. Bradford Jensen, and 117–133.
Samuel Kortum. 2003. “Trade Costs, Firms and Productivity.” Cipollina, Maria, and Luca Salvatici. 2010. “Reciprocal Trade
Journal of Monetary Economics 53 (5): 917–37. Agreements in Gravity Models: A Meta-Analysis.” Review of
Bernard, Andrew B., and J. Bradford Jensen. 1995. “Exporters, International Economics 18 (1): 63–80.
Jobs, and Wages in U.S. Manufacturing: 1976–87.” Brookings Conconi, Paola, Manuel García-Santana, Laura Puccio, and
Papers on Activity: Microeconomics: 67–112. Roberto Venturini. 2016. “From Final Goods to Inputs: The
Bernard, Andrew B., J. Bradford Jensen, Stephen J. Redding, and Protectionist Effect of Preferential Rules of Origin.” CEPR
Peter K. Schott. 2007. “Firms in International Trade.” Journal of Discussion Paper 11084, Center for Economic and Policy
Economic Perspectives 21 (3): 105–30. Research, Washington.
Bernard, Andrew B., J. Bradford Jensen, and Peter K. Schott. 2006. Constantinescu, Cristina, Aaditya Mattoo, and Michele Ruta. 2015.
“Plants and Productivity in International Trade.” American “The Global Trade Slowdown: Cyclical or Structural?” IMF
Economic Review 93 (4): 1268–90. Working Paper 15/6, International Monetary Fund, Washington.
Bernard, Andrew B., Stephen Redding, and Peter K. Schott. 2011. ———. 2016. “Does the Global Trade Slowdown Matter?” World
“Multi-Product Firms and Trade Liberalization.” Quarterly Bank Policy Research Working Paper 7673, World Bank,
Journal of Economics 126 (3): 1271–1318. Washington.
Costinot, Arnaud, and Andres Rodriguez-Clare. 2014. “Trade Alternative Theories of Trade.” Canadian Journal of Economics
Theory with Numbers: Quantifying the Consequences of 34 (2): 430–47.
Globalization.” Chapter 4 in Handbook of International Feyrer, James. 2009a. “Distance, Trade, and Income—The 1967
Economics 4: 197–261. to 1975 Closing of the Suez Canal as a Natural Experiment.”
Council of Economic Advisers. 2015. “The Economic Benefits of NBER Working Paper 15557, National Bureau of Economic
U.S. Trade.” Chapter 7 of the Economic Report of the President, Research, Cambridge, Massachusetts.
Washington. ———. 2009b. “Trade and Income—Exploiting Time Series in
Crozet, Matthieu, Charlotte Emlinger, and Sébastien Jean. 2015. Geography.” NBER Working Paper 14910, National Bureau of
“On the Gravity of World Trade’s Slowdown.” Chapter 9 of Economic Research, Cambridge, Massachusetts.
The Global Trade Slowdown: A New Normal?, edited by Bernard Fontagné, Lionel, Amélie Guillin, and Cristina Mitaritonna. 2011.
Hoekman. Vox EU E-book. London: Centre for Economic “Estimations of Tariff Equivalents for the Services Sectors.”
Policy Research Press. [Link] CEPII Document de Travail 2011–24, CEPII, Paris.
file/Global%20Trade%20Slowdown_nocover.pdf. Frankel, Jeffrey, and David Romer. 1999. “Does Trade Cause
De Loecker, Jan. 2007. “Do Exports Generate Higher Productivity? Growth?” American Economic Review 89 (3): 379–99.
Evidence from Slovenia.” Journal of International Economics 73 Freund, Caroline. 2016. “The Global Trade Slowdown and Secular
(1): 69–98. Stagnation.” Peterson Institute of International Economics
———. 2013. “Detecting Learning by Exporting.” American blog. [Link]
Economic Journal: Microeconomics 5 (3): 1–21. global-trade-slowdown-and-secular-stagnation.
Dekle, Robert, Jonathan Eaton, and Samuel Kortum. 2007. Gangnes, Byron, Alyson Ma, and Ari Van Assche. 2015. “Global
“Unbalanced Trade.” American Economic Review: Papers and Value Chains and Trade-Income Relationship: Implications for
Proceedings 67 (4): 351–55. the Recent Trade Slowdown.” Chapter 6 of The Global Trade
Dixit, Avinash K., and Victor Norman. 1980. Theory of Slowdown: A New Normal?, edited by Bernard Hoekman. Vox
International Trade: A Dual, General Equilibrium Approach. EU E-book. London: Centre for Economic Policy Research Press.
Cambridge: Cambridge University Press. [Link]
Djankov, Simeon, Caroline Freund, and Cong S. Pham. 2010. Goldberg, Pinelopi, and Nina Pavcnik. 2004. “Trade, Inequality,
“Trading on Time.” The Review of Economics and Statistics 92 and Poverty: What Do We Know? Evidence from Recent Trade
(1): 166–73. Liberalization Episodes in Developing Countries.” Brookings
Eaton, Jonathan, and Samuel Kortum. 2002. “Technology, Trade Forum 2004, 223–69.
Geography, and Trade.” Econometrica 70 (5): 1741–79. ———. 2007. “Distributional Effects of Globalization in
———, Brent Neiman, and John Romalis. 2010. “Trade and the Developing Countries.” Journal of Economic Literature 45 (1):
Global Recession.” National Bank of Belgium Working Paper 39–82.
Research 196, October, Brussels. ———. 2016. “The Effects of Trade Policy.” Chapter 3 in
———. Forthcoming. “Trade and the Global Recession.” Handbook of Commercial Policy, edited by Kyle Bagwell and
American Economic Review. Robert W. Staiger. New York: Elsevier North Holland.
Ebenstein, Avraham, Ann Harrison, Margaret McMillan, and González, Anabel. 2013. “Executive Summary.” In Foreign Direct
Shannon Phillips. 2014. “Estimating the Impact of Trade and Investment as a Key Driver for Trade, Growth and Prosperity: The
Offshoring on American Workers Using the Current Population Case for a Multilateral Agreement on Investment. Global Agenda
Surveys.” The Review of Economics and Statistics 96 (3): 581–95. Council on Global Trade and FDI, World Economic Forum,
Erdem, Erkan, and James Tybout. 2003. “Trade Policy and Geneva.
Industrial Sector Responses: Using Evolutionary Models to Grossman, Gene, and Elhanan Helpman. 1991. Innovation and
Interpret the Evidence.” NBER Working Paper 9947, National Growth in the Global Economy. Cambridge, Massachusetts: MIT
Bureau of Economic Research, Cambridge, Massachusetts. Press.
Ethier, Wifred J. 1985. Modern International Economics. New York: Head, Keith, Thierry Mayer, and John Ries. 2010. “The Erosion
W.W. Norton and Company. of Colonial Trade Linkages after Independence.” Journal of
Evenett, Simon J., and Johannes Fritz. 2015. “The Tide Turns? International Economics 81 (1): 1–14.
Trade Protectionism and Slowing Global Growth.” Global Trade Head, Keith, and John Ries. 2001. “Increasing Returns versus National
Alert, Centre for Economic Policy Research Press. Product Differentiation as an Explanation for the Pattern of U.S.-
———. 2016. “Global Trade Plateaus.” Global Trade Alert, Centre Canada Trade.” American Economic Review 91: 858–76.
for Economic Policy Research Press. Helpman, Elhanan, Oleg Itskhoki, Marc-Andreas Muendler, and
Fajgelbaum, Pablo, and Amit Khandelwal. 2016. “Measuring the Stephen Redding. Forthcoming. “Trade and Inequality: From
Unequal Gains from Trade.” Quarterly Journal of Economics Theory to Estimation.” The Review of Economic Studies.
131(3): 1113–80. Helpman, Elhanan, and Paul Krugman. 1985. Market Structure and
Feenstra, Robert C., James R. Markusen, and Andrew K. Rose. Foreign Trade: Increasing Returns, Imperfect Competition, and the
2001. “Using the Gravity Equation to Differentiate among International Economy. Cambridge, Massachusetts: MIT Press.
Henn, Christian, and Brad McDonald. 2014. “Crisis ———. 2015e. “Understanding the Role of Cyclical and
Protectionism: The Observed Trade Impact.” IMF Economic Structural Factors in the Global Trade Slowdown.” Box 1.2 of
Review 62 (1): 77–118. the World Economic Outlook, Washington, April.
Henn, Christian, and Arevik Mkrtchyan. 2015. “The Layers of ———. 2016a. “Is the WTO a World Tax Organization? A
the IT Agreement’s Trade Impact.” WTO Staff Working Paper Primer on WTO Rules for Tax Policymakers.” IMF Technical
ERSD-2015-01, World Trade Organization, Geneva. Notes and Manuals, 16/03, International Monetary Fund,
Hicks, John. 1935. “Annual Survey of Economic Theory: The Washington.
Theory of Monopoly.” Econometrica 3 (1): 1–20. ———. 2016b. “Reinvigorating Trade to Support Growth: A Path
Hillberry, Russell, and David Hummels. 2013. “Trade Elasticity Forward.” Note for Ministers and Governors for the July G-20
Parameters for a Computable General Equilibrium Model.” Ministerial.
Handbook of Computable General Equilibrium Modeling 1: ———. 2016c. “The Potential Productivity Gains from Further
1213–69. Trade and Foreign Direct Investment Liberalization.” Box 3.3 of
Hoekman, Bernard, editor. 2015. The Global Trade Slowdown: the April 2016 World Economic Outlook, Washington.
A New Normal? Vox EU E-book. London: Center for Jääskelä, Jarkko, and Thomas Mathews. 2015. “Explaining the
Economic and Policy Research Press. [Link] Slowdown in Global Trade.” Reserve Bank of Australia Bulletin,
default/files/file/Global%20Trade%20Slowdown_nocover.pdf. September, 39–46.
Hong, Gee Hee, Jaewoo Lee, Wei Liao, and Dulani Seneviratne. Jones, Ronald W. 1971. “A Three-Factor Model in Theory, Trade
2016. “China and Asia in the Global Trade Slowdown.” and History.” Chapter 1 in Trade, Balance of Payments and
IMF Working Paper 16/105, International Monetary Fund, Growth, edited by Jagdish Bhagwati, Ronald Jones, Robert
Washington. Mundell, and Jaroslav Vanek. Amsterdam: North-Holland.
Hufbauer, Gary C., and Euijin Jung. 2016. “Why Has Trade Kee, Hiau Looi, and Heiwai Tang. 2016. “Domestic Value Added
Stopped Growing? Not Much Liberalization and Lots of Micro- in Exports: Theory and Firm Evidence from China.” American
Protection.” Peterson Institute of International Economics blog. Economic Review 106 (6): 1402–36.
Hummels, David. 2007a. “Transportation Costs and International Koopman, Robert, Zhi Wang, and Shang-Jin Wei. 2014. “Tracing
Trade in the Second Era of Globalization.” Journal of Economic Value-Added and Double Counting in Gross Exports.”
Perspectives 21 (3): 131–54. American Economic Review 104 (2): 459–94.
———. 2007b. “Calculating Tariff Equivalents for Time in Trade.” Krugman, Paul. 1979. “A Model of Innovation, Technology
USAID Report, U.S. Agency for International Development, Transfer, and the World Distribution of Income.” Journal of
Washington, March. Political Economy 87 (2): 253–66.
———, Jun Ishii, and Kei-Mu Yi. 2001. “The Nature and ———. 1980. “Scale Economies, Product Differentiation, and the
Growth of Vertical Specialization in World Trade.” Journal of Pattern of Trade.” American Economic Review 70 (5): 950–59.
International Economics 54 (1): 75–96. Laeven, Luc, and Fabián Valencia. 2012. “Systemic Banking
International Chamber of Commerce. 2015. “Rethinking Trade Crises Database: An Update.” IMF Working Paper 12/163,
and Finance.” Paris, France. International Monetary Fund, Washington.
International Monetary Fund. 2008. “Structural Reforms Lawrence, Robert Z. 2014. “Adjustment Challenges for US
and Economic Performance in Advanced and Developing Workers.” Chapter 3 in Bridging the Pacific: Toward Free Trade
Countries.” Research Department paper, Washington. https:// and Investment between China and the United States, edited
[Link]/external/np/res/docs/2008/pdf/[Link]. by C. Fred Bergsten, Gary Clyde Hufbauer, and Sean Miner.
———. 2015a. “Global Value Chains: Where Are You? The Washington: Peterson Institute for International Economics.
Missing Link in Sub-Saharan Africa’s Trade Integration.” Lee, Jong-Wha. 1993. “International Trade, Distortions, and
Chapter 3 of the April 2015 Regional Economic Outlook: Sub- Long-Run Economic Growth.” IMF Staff Papers 40 (2):
Saharan Africa, Washington. [Link] 299–328.
pubs/ft/reo/2015/afr/eng/pdf/[Link]. Lenzen, Manfred, Daniel Moran, Keiichiro Kanemoto, and
———. 2015b. “Private Investment: What’s the Holdup?” Arne Geschke. 2013. “Building EORA: A Global Multi-
Chapter 3 of the World Economic Outlook, Region Input-Output Database at High Country and Sector
Washington, April. Resolution.” Economic Systems Research 25 (1): 20–41.
———. 2015c. “Review of the Role of Trade in the Work of the Levchenko, Andrei, Logan Lewis, and Linda Tesar. 2010. “The
Fund.” IMF Staff Report, Washington. Collapse of International Trade during the 2008–09 Crisis: In
———. 2015d. “Trade Integration in Latin America and the Search of the Smoking Gun.” IMF Economic Review 58 (2):
Caribbean: Hype, Hope, and Reality.” Chapter 4 of the Regional 214–53.
Economic Outlook: Western Hemisphere, Washington, October. Levchenko, Andrei, and Jing Zhang. 2013. “The Global
[Link] Labor Market Impact of Emerging Giants: A Quantitative
[Link]. Assessment.” IMF Economic Review 61 (3): 479–519.
Lileeva, Alla, and Daniel Trefler. 2010. “Improved Access to Pavcnik, Nina. 2002. “Trade Liberalization, Exit, and Productivity
Foreign Markets Raises Plant-Level Productivity…For Some Improvements: Evidence from Chilean Plants.” Review of
Plants.” The Quarterly Journal of Economics 125 (3): 1051–99. Economic Studies 69 (1): 245–76.
Ludema, Rodney, Anna Maria Mayda, and Prachi Mishra. Ricardo, David. 1817. On the Principles of Political Economy and
2015. “Information and Legislative Bargaining: The Political Taxation. In The Works and Correspondence of David Ricardo,
Economy of U.S. Tariff Suspensions.” Unpublished manuscript, 11 vols, edited by Piero Sraffa, with the collaboration of
Georgetown University, Washington. M. H. Dobb. Cambridge: Cambridge University Press.
Magdeleine, Joscelyn, and Andreas Maurer. 2016. “Understanding Rivera-Batiz, Luis A., and Paul M. Romer. 1991. “Economic
Trade in Digitized Idea – What are the Statistical Challenges?” Integration and Endogenous Growth.” Quarterly Journal of
WTO Working Paper ERSD-2016-11, World Trade Organization. Economics 106 (2): 531–55.
Manyika, James, Susan Lund, Jacques Bughin, Jonathan Rodríguez, Francisco R., and Dani Rodrik. 2001. “Trade Policy
Woetzel, Kalin Stamenov, and Dhruv Dhingra. 2016. “Digital and Economic Growth: A Skeptic’s Guide to the Cross-National
Globalization: The New Era of Global Flows.” McKinsey Global Evidence.” NBER Macroeconomics Annual 2000 15: 261–338.
Institute. Rose, Andrew K. 2002. “Estimating Protectionism through
Martinez-Martin, Jaime. 2016. “Breaking Down World Trade Residuals from the Gravity Model.” Background paper for the
Elasticities: A Panel ECM Approach.” Bank of Spain Working October 2002 World Economic Outlook. [Link]
Paper 1614, Bank of Spain, Madrid. [Link]/arose/[Link].
Mavroidis, Petros. 2016. “Regulatory Cooperation.” Policy Sachs, Jeffrey, and Andrew Warner. 1995. “Economic Reform and
Options Paper for the E15 Initiative. the Process of Global Integration.” Brookings Papers on Economic
Melitz, Marc J. 2003. “The Impact of Trade on Intra-Industry Activity 1: 1–95.
Reallocations and Aggregate Industry Productivity.” Slopek, Ulf. 2015. “Why Has the Income Elasticity of Global
Econometrica 71 (6): 1695–1725. Trade Declined?” Deutsche Bundesbank, Economics
———, and Gianmarco Ottaviano. 2008. “Market Size, Trade, Department, unpublished manuscript.
and Productivity.” Review of Economic Studies 75: 295–316. Stolper, Wolfgang F., and Paul A. Samuelson. 1941. “Protection
Melitz, Marc J., and Stephen J. Redding. 2014. “Heterogeneous and Real Wages.” The Review of Economic Studies 9 (1): 58–73.
Firms and Trade.” Handbook of International Economics 1–54. Topalova, Petia, and Amit Khandelwal. 2011. “Trade Liberalization
Morel, Louis. 2015. “Sluggish Exports in Advanced Economies: and Firm Productivity: The Case of India.” The Review of
How Much is Due to Demand?” Bank of Canada Discussion Economics and Statistics 93 (3): 995–1009.
Paper 2015–3, Bank of Canada, Ottawa. United Nations Conference on Trade and Development. 2013.
Mussa, Michael. 1974. “Tariffs and the Distribution of Income: “Global Value Chains: Investment and Trade for Development.”
The Importance of Factor Specificity, Substitutability, and World Investment Report 2013, New York and Geneva.
Intensity in the Short and Long Run.” Journal of Political Volpe Martincus, Christian, Jerónimo Carballo, and Alejandro
Economy 82 (6): 1191–203. Graziano. 2015. “Customs.” Journal of International Economics
Noguer, Marta, and Marc Siscart. 2005. “Trade Raises Income: A 96: 119–37.
Precise and Robust Result.” Journal of International Economics World Bank. 2010. Trade Adjustment Costs in Developing Countries:
65: 447–60. Impacts, Determinants and Policy Responses, edited by Guido
Novy, Dennis. 2012. “Gravity Redux: Measuring International Porto and Bernard M. Hoekman. Washington: World Bank.
Trade Costs with Panel Data.” Economic Inquiry 51 (1): 101–21. World Trade Organization. 2015. “World Trade Report 2015:
Ollivaud, Patrice, and Cyrille Schwellnus. 2015. “Does the Post- Speeding Up Trade: Benefits and Challenges of Implementing
Crisis Weakness in Global Trade Solely Reflect Weak Demand?” the WTO Trade Facilitation Agreement.” Geneva: World Trade
OECD Economics Department Working Paper No. 1216, Organization.
OECD, Paris. Yi, Kei-Mu. 2003. “Can Vertical Specialization Explain the Growth
Organisation for Economic Co-operation and Development of World Trade?” Journal of Political Economy 111 (1): 52–102.
(OECD). 2015a. Business and Finance Outlook 2015. Paris: ———. 2010. “Can Multistage Production Explain the Home Bias
OECD. in Trade?” American Economic Review 100 (1): 364–93.
———. 2015b. “Emerging Policy Issues: Localising Data in a Young, Alwyn. 1991. “Learning by Doing and the Dynamic Effects
Globalised World – Methodology.” TAD/TC/WP (2015) 7. of International Trade.” Quarterly Journal of Economics 106 (2):
Paris: OECD. 369–405.
Osnago, Alberto, Nadia Rocha, and Michele Ruta. Forthcoming.
“Do Deep Trade Agreements Boost Vertical FDI?” World Bank
Economic Review.
Ces quelques dernières années, l’inflation a sensiblement s’explique par la faiblesse de la demande, une désinfla-
baissé dans nombre de pays. Le présent chapitre constate que tion temporaire n’a pas nécessairement de répercussions
la désinflation est généralisée dans l’ensemble des pays, des propres. Si elle amène les entreprises et les ménages à ré-
mesures et des secteurs, encore qu’elle soit plus forte dans le viser leurs estimations sur sa trajectoire, l’inflation peut
cas des biens échangeables que dans celui des services. Les toutefois, quand elle est constamment faible, avoir des re-
principaux éléments moteurs de la récente désinflation sont : tombées négatives. En particulier, lorsque les anticipations
un sous-emploi persistant des capacités et un fléchissement d’inflation à moyen terme baissent sensiblement, un cycle
des cours des produits de base. La plupart des mesures des an- déflationniste, dans lequel une demande hésitante et la
ticipations d’inflation à moyen terme dont on dispose n’ont déflation se renforcent mutuellement, peut s’amorcer. Le
pas beaucoup reculé jusqu’à présent. Cependant, la sensibilité pays peut, en fin de compte, être pris dans le piège de la
des anticipations aux évolutions inattendues de l’inflation déflation (déflation persistante qui empêche le taux d’in-
(indicateur du degré d’ancrage des anticipations d’inflation) térêt réel de tomber au niveau compatible avec le plein em-
a augmenté dans les pays où le taux directeur s’est rapproché ploi). En outre, il n’est pas souhaitable, même si la défla-
de sa valeur plancher effective. Si elle est modeste, cette aug- tion est évitée, que l’inflation s’oriente durablement vers
mentation donne bel et bien à penser que l’aptitude, telle des chiffres très bas : des taux d’intérêt nominaux faibles
qu’elle est perçue, des autorités monétaires à lutter contre une n’offrent guère de marge de manœuvre pour, s’il y a lieu,
désinflation persistante régresse éventuellement dans ces pays. assouplir la politique monétaire, le pays est toujours au
bord de la déflation et, étant donné la rigidité des salaires,
Dans de nombreux pays, l’inflation a régulièrement di- il est encore plus probable qu’un fléchissement de la de-
minué ces dernières années pour s’établir à des taux histori- mande entraîne la perte de beaucoup d’emplois.
quement bas (graphique 3.1). En 2015, elle était inférieure Il existe une relation étroite entre le risque de désinfla-
aux anticipations à long terme dans plus de 85 % d’un tion, qui peut être à l’origine du piège de la déflation ou
vaste échantillon de plus de 120 pays, dont 20 % connais- d’une inflation constamment peu élevée, et la façon dont
saient la déflation, c’est-à-dire enregistraient une chute du est perçue l’efficacité avec laquelle la politique monétaire
niveau global des prix des biens et services (graphique 3.2). fait converger l’inflation vers son objectif une fois les ef-
Si la récente baisse de l’inflation a coïncidé avec un effon- fets temporaires disparus. À l’heure actuelle, plusieurs fac-
drement des cours du pétrole et d’autres produits de base, teurs pourraient remettre en cause l’aptitude des banques
l’inflation sous-jacente (qui exclut les prix alimentaires et centrales à préserver l’ancrage des anticipations d’infla-
de l’énergie, catégories les plus instables) est restée plusieurs tion. En premier lieu, les chances que la politique moné-
années durant en deçà de la cible de la banque centrale taire stimule davantage la demande sont perçues comme
dans la plupart des grands pays avancés. étant de plus en plus limitées dans nombre de pays avancés
La désinflation peut avoir des causes multiples et n’est dont le taux directeur n’est pas éloigné de sa valeur plan-
pas forcément un sujet de préoccupation. Par exemple, cher effective. Deuxièmement, dans beaucoup de pays, le
une diminution temporaire de l’inflation, imputable à faible niveau de l’inflation reflète dans une certaine mesure
une baisse des cours de l’énergie tirée par l’offre, peut être l’évolution des prix à l’étranger, en particulier les impor-
bénéfique à l’ensemble de l’économie. Même lorsqu’elle tantes capacités de production de biens échangeables inu-
tilisées dans plusieurs grands pays1. Bien que la politique
Le présent chapitre a été rédigé par Samya Beidas-Strom, Sangyup
Choi, Davide Furceri (auteur principal), Bertrand Gruss, Sinem Kılıç
1L’investissement dans les secteurs des biens échangeables dans cer-
Çelik, Zsoka Koczan, Ksenia Koloskova et Weicheng Lian, avec le
concours de Jaebin Ahn, Elif Arbatli, Luis Catão, Juan Angel Garcia tains grands pays, la Chine notamment, a fortement augmenté après
Morales, Keiko Honjo, Benjamin Hunt, Douglas Laxton, Niklas la crise financière mondiale grâce en partie à une vaste politique de re-
Westelius et Fan Zhang, ainsi que de Hao Jiang et Olivia Ma. Refet lance macroéconomique. Cette augmentation s’appuyait sur des projec-
Gurkaynak a participé à la préparation de ce chapitre en qualité de tions de la demande intérieure et mondiale qui, par la suite, n’ont pas
consultant extérieur. Les observations de Jesper Linde et de Signe répondu aux attentes, laissant plusieurs secteurs manufacturiers avec
Krogstrup ont été vivement appréciées. d’importantes surcapacités (voir FMI, 2016b).
Graphique 3.1. Cours du pétrole et inflation Graphique 3.2. Part des pays à faible inflation
mesurée par les prix à la consommation (En pourcentage)
(En pourcentage) Un grand nombre de pays sont actuellement aux prises avec une inflation faible,
L’inflation a régulièrement baissé pour tomber à des niveaux historiquement voire la déflation.
bas ces dernières années dans les pays aussi bien avancés qu’émergents. En deçà de zéro En deçà de 1 %
Inflation mesurée par l’IPC, médiane En deçà de 2 % En deçà de la cible1
Inflation mesurée par l’IPC, écart interquartile 100
Variation des cours du pétrole (échelle de droite)
90
1
10 1. Pays avancés 60 80
9
8 40 70
7
6 20 60
5
0 50
4
3 –20 40
2
1 –40 30
0
–1 –60 20
1990 95 2000 05 10 16
10
2. Pays émergents2
10 60 0
9 1990 95 2000 05 10 15
8 40
Sources : Consensus Economics; calculs des services du FMI.
7 Note : Le graphique a été construit à partir d’un échantillon déséquilibré de 120 pays.
6 20 1
La cible renvoie aux anticipations d’inflation à long terme (dix ans) tirées de
5 Consensus Economics, ou aux prévisions d’inflation (à cinq ans) extraites de la base
0
4 de données des Perspectives de l’économie mondiale.
3 –20
2
1 –40 le risque que d’autres chocs de désinflation maintiennent
0 l’inflation à des niveaux continuellement bas et créent les
–1 –60
1990 95 2000 05 10 16 conditions propices au piège de la déflation est de plus en
Sources : Haver Analytics; calculs des services du FMI. plus un sujet de préoccupation.
Note : IPC = indice des prix à la consommation. Pour évaluer ces risques et enrichir le débat, les ques-
1
Allemagne, Australie, Autriche, Belgique, Canada, Corée, Danemark, Espagne,
tions ci-après sont examinées dans le présent chapitre :
Estonie, États-Unis, Finlande, France, Grèce, Hong Kong (RAS), Irlande, Islande,
Israël, Italie, Japon, Lettonie, Lituanie, Luxembourg, Norvège, Nouvelle-Zélande, •• Quelle est l’ampleur du récent recul de l’inflation d’un
Pays-Bas, Portugal, République slovaque, République tchèque, Royaume-Uni, pays à l’autre? Ce recul varie-t-il en fonction du type
Singapour, Slovénie, Suède et Suisse.
2
Afrique du Sud, Argentine, Brésil, Bulgarie, Chili, Chine, Colombie, Égypte,
de mesure (inflation globale, sous-jacente, ou par les
Équateur, Hongrie, Inde, Indonésie, Jordanie, Kazakhstan, Malaisie, Maroc, Mexique, salaires)?
Pérou, Philippines, Pologne, République dominicaine, Roumanie, Russie, Thaïlande, •• La diminution des cours des produits de base et le
Turquie et Venezuela.
sous-emploi des capacités expliquent-ils la dynamique
récente de l’inflation? Quel est le rôle joué par d’autres
monétaire d’un pays ne puisse guère lutter contre les pres- facteurs, dont les répercussions transfrontalières du sous-
sions déflationnistes extérieures, sa crédibilité risque d’être emploi des capacités industrielles dans les grands pays3?
compromise si, sous les effets conjugués de la faiblesse des
3Le sous-emploi des capacités des industries lourdes et légères (pro-
prix à l’importation et de celle de la demande intérieure, le
duits de base inclus), causé par la faiblesse de la demande ou un excès
taux d’inflation demeure constamment en deçà de sa cible. d’offre imputable à un surinvestissement antérieur, se traduit par une
Après une longue période de stabilité, certaines mesures baisse des prix à la production et, dans le cas des biens échangés, de
des anticipations d’inflation à moyen terme2 ont donc ceux à l’exportation. Plusieurs études ont relevé les surcapacités im-
portantes de divers secteurs industriels (National Association of
baissé dans plusieurs pays avancés, surtout après le recul Manufacturers, 2016; Organisation de coopération et de dévelop-
des cours du pétrole en 2014 (graphique 3.3). Cela étant, pement économiques, 2015). Les estimations présentées dans l’en-
cadré 3.1 donnent à penser que le sous-emploi des capacités indus-
2Fondées sur l’indemnité pour inflation que contiennent les swaps trielles au premier trimestre de 2016 était de l’ordre de 5,5 % en Chine,
ou les obligations nominales à long terme. de 5 % au Japon et de 3 % aux États-Unis.
Graphique 3.3. Anticipations d’inflation sa cible, l’inflation pose des risques et que les autorités
à moyen terme et cours du pétrole doivent alors prendre un certain nombre de mesures.
(En pourcentage, sauf indication contraire)
Plus précisément,
Les anticipations d’inflation à moyen terme ont baissé récemment,
surtout depuis la forte chute des cours du pétrole en 2014. •• La désinflation est un phénomène généralisé.
L’inflation (globale ou sous-jacente) a ralenti dans de
Cours du pétrole (variation en pourcentage
d’une année sur l’autre, échelle de droite) nombreux pays et régions, les secteurs des biens échan-
Anticipations d’inflation à moyen terme1 geables étant plus touchés que dans ceux des services.
3,5 1. États-Unis 20
•• Le sous-emploi des capacités et les variations des cours
des produits de base sont les principaux éléments mo-
3,0 10
teurs du recul de l’inflation depuis la Grande Récession.
2,5 0
En outre, le sous-emploi des capacités industrielles
–10
2,0 constaté dans les grands pays exportateurs (comme le
–20
1,5 Japon, les États-Unis et, surtout, la Chine4) a peut-
–30
1,0
être contribué à ce recul en exerçant des pressions à la
–40
baisse sur les cours mondiaux des biens échangeables
0,5 –50
(encadré 3.1). Toutefois, ces facteurs ne peuvent à eux
0,0 –60 seuls expliquer le récent ralentissement de l’inflation, ce
2013 14 15 Mai
16 qui porte à croire que les anticipations d’inflation ont
2,5 2. Zone euro 20 peut-être plus diminué que ne le laissaient supposer les
10
indicateurs disponibles, ou que le sous-emploi des capa-
2,0
0
cités est plus fort qu’estimé dans certains pays.
•• La réaction des anticipations d’inflation à l’inflation
1,5 –10
inattendue a régressé au cours des deux dernières décen-
–20
1,0 nies dans les pays aussi bien avancés qu’émergents, du
–30
fait en partie des améliorations apportées aux cadres de
–40
0,5 politique monétaire. La sensibilité demeure plus impor-
–50
tante dans les seconds, ce qui semble indiquer qu’il est
0,0 –60
2013 14 15 Mai encore possible de les améliorer dans ces pays.
16 •• Cependant, dans les pays où le fonctionnement de la
Sources : Bloomberg L.P.; calculs des services du FMI.
1
Les anticipations d’inflation à moyen terme sont basées sur des swaps politique monétaire est entravé, les anticipations d’in-
d’inflation cinq ans/cinq ans. flation sont depuis peu moins sensibles aux variations
des cours du pétrole ou aux fluctuations inattendues
•• Les anticipations d’inflation sont-elles devenues plus de l’inflation elle-même.
sensibles aux résultats de l’inflation ces dernières années,
Nombre de pays avancés où l’inflation est faible et où
surtout dans les pays où le fonctionnement de la poli-
les capacités sont durablement sous-employées risquent
tique monétaire est perçu comme étant entravé? Quelle
de manquer de façon chronique leur cible d’inflation, ce
est l’ampleur du risque qu’un ralentissement de l’infla-
qui nuit à la crédibilité de leur politique monétaire. Afin
tion provoque une baisse des anticipations d’inflation?
d’éviter ce risque, les autorités doivent stimuler la de-
Comment le cadre de politique monétaire influe-t-il sur
mande et renforcer les anticipations. Le périmètre d’ac-
le degré d’ancrage des anticipations d’inflation?
tion étant limité, une approche globale et coordonnée
Le présent chapitre examine en premier lieu le coût permettant d’exploiter la complémentarité de tous les
potentiel d’une inflation constamment faible et d’une dé- instruments utilisables pour doper la demande et ampli-
flation, puis l’évolution de l’inflation dans les pays, ainsi fiant les effets des diverses actions engagées sous forme
que ses causes durant la dernière décennie. Il aborde en- de retombées transfrontalières positives serait la plus ef-
suite la sensibilité des anticipations d’inflation aux varia- ficace (Gaspar, Obstfeld et Sahay, à paraître). Elle de-
tions de l’inflation et l’influence des cadres de politique vrait être axée sur une politique monétaire constamment
monétaire sur cette sensibilité. 4La part de ces pays dans la production industrielle mondiale est im-
Les principales conclusions du chapitre semblent in- portante (approximativement 45 %) et dépasse même leur part dans le
diquer que, lorsqu’elle reste constamment en deçà de PIB mondial (environ 38 %).
points morts d’inflation (Guidolin et Neely, 2010; Krishnamurthy et l’heure actuelle étant donné que, à mesure que la dette augmente, l’es-
Vissing-Jorgensen, 2011), les anticipations d’inflation tirées d’enquêtes pace budgétaire se réduit. Une progression constamment faible du dé-
(Hofmann et Zhu, 2013) et celles des entreprises (Cloyne et al., 2016), flateur du PIB et, en conséquence, du PIB nominal creuse le différentiel
ainsi que sur les taux d’intérêt et les prix des actifs (Krishnamurthy et de croissance des taux d’intérêt et alourdit un fardeau de la dette élevé.
Vissing-Jorgensen, 2011; Swanson, 2016; Wright, 2012; Yu, 2016). Pour plus de précisions, voir End et al. (2015).
Graphique 3.4. Pays avancés où la politique monétaire le comportement des prix et de la production peut de-
est sous contrainte et les anticipations d’inflation sont venir instable si la valeur plancher effective des taux d’in-
désancrées : effet des chocs de désinflation
térêt entrave la politique monétaire (voir, par exemple,
(Années après le choc sur l’axe des abscisses)
Benhabib, Schmitt-Grohé et Uribe, 2002; Cochrane,
Les chocs de déflation tirés par la demande peuvent avoir des effets négatifs
2016)7. Ces difficultés sont aggravées lorsqu’il n’est pas
particulièrement graves et persistants lorsque le fonctionnement de la politique possible d’utiliser facilement et efficacement la politique
monétaire est entravé et que les anticipations d’inflation perdent leur ancrage. budgétaire pour stimuler la demande.
L’aptitude des autorités monétaires à préserver l’ancrage
PIB Inflation sous-jacente
des anticipations d’inflation à moyen terme (c’est-à-dire à
Politique monétaire sous contrainte persuader les agents que l’inflation convergera finalement
Politique monétaire sous contrainte et anticipations d’inflation non ancrées vers sa cible une fois qu’auront disparu les effets de facteurs
0,4 1. États-Unis 2. États-Unis 0,4
temporaires) est cruciale pour atténuer les sujets de préoc-
0,2
(En pourcentage) (Points de pourcentage) cupation de cette nature. En fait, les simulations du mo-
0,2
dèle de l’annexe 3.2 montrent que, même si le fonctionne-
0,0 0,0
ment de sa politique monétaire est entravé, un pays peut
–0,2 –0,2
éviter le piège de la déflation après un choc de demande
–0,4 –0,4
aussi longtemps que les anticipations d’inflation à moyen
–0,6 –0,6
terme sont bien ancrées. Cependant, en cas de dérive des
–0,8 –0,8
anticipations, la période nécessaire pour sortir de la défla-
–1,0 –1,0
tion risque d’être très longue (graphique 3.4)8.
–1,2 –1,2
0 1 2 3 4 5 6 0 1 2 3 4 5 6
Inflation constamment faible
0,4 3. Zone euro 4. Zone euro 0,4 Le coût économique de l’inflation, quand elle est
(En pourcentage) (Points de pourcentage)
0,2 0,2 faible, pourrait être élevé même si le piège de la déflation
0,0 0,0 est évité. Il est possible d’estimer, lorsque l’inflation reste
–0,2 –0,2 en deçà de sa cible pendant une période prolongée, que
–0,4 –0,4 la banque centrale est prête à accepter plus longtemps un
–0,6 –0,6 tel niveau d’inflation, ce qui ramène en fait les anticipa-
–0,8 –0,8 tions d’inflation à moyen terme à des niveaux positifs,
–1,0 –1,0 mais en deçà de la cible.
–1,2
Le principal coût d’une inflation faible est une politique
–1,2
0 1 2 3 4 5 6 0 1 2 3 4 5 6 monétaire moins efficace. L’inflation limite alors l’aptitude
des autorités monétaires à réagir à un recul de la demande.
0,4 5. Japon 6. Japon 0,4
(En pourcentage) (Points de pourcentage) 7Les estimations de la probabilité d’une situation où le fonctionne-
0,2 0,2
ment de la politique monétaire est entravé et où la dynamique de la
0,0 0,0 production et des prix est instable varient considérablement en fonc-
–0,2 –0,2 tion des chocs envisagés. De précédentes études constatent que cette
–0,4 probabilité n’est pas négligeable et peut atteindre 5 à 10 % lorsque
–0,4
l’inflation est de l’ordre de 2 % et que des chocs financiers analogues
–0,6 –0,6 à ceux de 2007 et 2008 sont envisagés (Blanco, 2015; Chung et al.,
–0,8 –0,8 2012; Coibion, Gorodnichenko et Wieland, 2012; Williams, 2014).
Bien qu’elle soit plus difficile à estimer avec les modèles en vigueur dans
–1,0 –1,0
un contexte marqué par plusieurs années de valeur plancher effective
–1,2 –1,2 (comme à l’heure actuelle), cette probabilité est sans doute plus forte
0 1 2 3 4 5 6 0 1 2 3 4 5 6
que dans le cas des estimations précédentes, et les coûts économiques
sont probablement plus élevés.
Source : estimations des services du FMI. 8De nombreuses études théoriques (Buiter et Panigirzoglous, 1999;
Note : Le graphique indique l’écart de production et l’inflation sous-jacente par rapport Cochrane, 2016; Eggertsson et Woodford, 2003; Svensson, 2001;
à leur trajectoire de référence après une baisse temporaire de la demande intérieure. Werning, 2012) ont examiné le comportement d’un pays pris dans un
Dans tous les pays, la valeur plancher effective des taux d’intérêt nominaux est, long piège à liquidités alors que les prix varient peu (sont rigides) et ont
par hypothèse, une contrainte qui pèse sur la politique monétaire classique. L’autre proposé pour en sortir des solutions distinctes qui vont d’une combi-
scénario (courbes en rouge) suppose que les anticipations d’inflation subissent naison de diverses mesures (dévaluation, prolongation d’une politique
l’effet de chocs d’inflation correspondant aux observations empiriques présentées monétaire accommodante et ciblage des prix) à des mesures plus auda-
dans le chapitre. Pour plus de précisions, voir l’annexe 3.2. cieuses comme les taux d’intérêt négatifs ou la «monnaie-hélicoptère».
brir les perspectives de croissance à moyen terme. rebondi rapidement. Un certain nombre d’hypothèses ont été avancées
pour expliquer cette résistance ou l’absence de désinflation («le chien qui
n’a pas aboyé»). Il convient notamment de citer l’amélioration de la cré-
Dynamique de l’inflation : caractéristiques dibilité des banques centrales, qui a contribué à la stabilisation de l’in-
flation en ancrant les anticipations d’inflation (Bernanke, 2010), une
et éléments moteurs récents relation plus faible entre le chômage cyclique et l’inflation, ce qui im-
plique un nivellement de la courbe de Phillips (chapitre 3 de l’édition
d’avril 2013 des Perspectives de l’économie mondiale) et une plus grande
Quelle est l’ampleur du recul de l’inflation? rigidité des salaires qui a empêché les salaires nominaux de régresser
On observe que l’inflation recule dans l’ensemble des aussi fortement que lors des précédentes récessions. En étant faible, l’in-
flation a par ailleurs aidé à bloquer les salaires réels (Daly, Hobijn et
pays et régions, ainsi que dans les différentes mesures. Lucking, 2012), et la hausse des cours des produits de base en 2011 a
Cette baisse est cependant plus marquée dans le secteur peut-être en partie compensé l’effet désinflationniste de l’augmentation
manufacturier que dans celui des services. Son ampleur du chômage cyclique (Coibion et Gorodnichenko, 2015).
12L’encadré 3.3 examine le rôle de la hausse des prix alimentaires et
dans les pays et le fait qu’elle est plus sensible dans le sec-
montre que, dans certains pays, notamment émergents ou en dévelop-
teur des biens échangeables font ressortir la nature mon- pement, la lenteur avec laquelle les cours alimentaires internationaux se
diale des forces désinflationnistes. sont répercutés sur l’inflation globale intérieure a atténué les pressions
exercées sur la déflation mondiale par les biens échangeables.
13Dans les pays émergents, l’inflation globale enregistre une tendance
9Même si des mesures monétaires non classiques, comme un assou- à la baisse attribuable en partie à une amélioration du cadre de politique
plissement quantitatif, sont adoptées, leur effet sur la production et les monétaire. Il est possible que la mondialisation ait contribué à un recul
taux d’intérêt à long terme est incertain (Williams, 2014). de l’inflation dans ces pays (FMI, 2006) en limitant la capacité de leur
10Selon Bernanke et Bewley (1999), une raison importante pour la- banque centrale à stimuler temporairement l’économie (Rogoff, 2003)
quelle les entreprises hésitent à comprimer les salaires nominaux est, et en augmentant le coût des mesures macroéconomiques imprudentes
semble-t-il, qu’elles jugent qu’une telle mesure porte atteinte au moral sous l’effet de la réaction défavorable des flux internationaux de capi-
des salariés. taux (Tytell et Wei, 2004).
Graphique 3.5. Inflation mesurée par les prix à la consommation Graphique 3.6. Part de l’évolution de l’inflation
(En pourcentage) mesurée par les prix à la consommation
expliquée par le premier facteur commun
Si elle a fortement diminué pendant la crise financière mondiale dans nombre (En pourcentage)
de pays, l’inflation a par la suite rebondi rapidement. Depuis 2011, toutefois,
on observe un ralentissement généralisé de l’inflation dans les pays aussi La part de l’évolution de l’inflation mesurée par les prix à la consommation
bien avancés qu’émergents. dans les pays avancés qui peut être attribuée à des facteurs mondiaux
a augmenté entre 2009 et 2015.
Médiane Médiane
Écart interquartile Écart interquartile 2000–08 2009–15
70
1. Pays avancés1 2. Pays émergents2
10 10
60
8 8
6 6
50
4 4
2 2 40
0 0
–2 –2 30
2000 05 10 16 2000 05 10 16
3
4. Pays émergents d’Asie4 20
10 3. Zone euro 10
8 8
10
6 6
4 4 0
Pays avancés Pays émergents ou Échantillon
2 2 en développement complet
0 0 Source : calculs des services du FMI.
–2 Note : Le graphique indique la part de l’évolution de l’inflation globale mesurée
–2
2000 05 10 16 2000 05 10 16 par les prix à la consommation qui est expliquée par le premier facteur commun
à partir d’une analyse de la composante principale. L’échantillon comprend
5. Autres pays avancés5 6. Autres pays émergents6 120 pays, dont 31 pays avancés.
10 10
8 8 La preuve d’un recul généralisé de l’inflation globale est
6 6 soutenue par l’analyse de la principale composante (gra-
4
phique 3.6). D’après les résultats de cette analyse, la
4
contribution du premier facteur commun (approxima-
2 2
tion de la composante «mondiale») à l’évolution de l’in-
0 0 flation globale a été sensiblement la même avant et après
–2 –2 la Grande Récession pour un échantillon complet d’en-
2000 05 10 16 2000 05 10 16
viron 120 pays. Cependant, elle a augmenté fortement
Sources : Haver Analytics; calculs des services du FMI. (passant de 47 à 60 %) dans les pays avancés entre 2009
Note : Les codes de pays utilisés dans les notes 1 à 6 sont ceux de l’Organisation
internationale de normalisation (ISO).
et 2015 en raison vraisemblablement du rôle important
1AUS, AUT, BEL, CAN, CHE, CZE, DEU, DNK, ESP, EST, FIN, FRA, GRC, HKG, ISL, ITA,
qu’ont joué les fortes variations des cours des produits de
IRL, ISR, JPN, KOR, LVA, LTU, LUX, NLD, NOR, NZL, PRT, SGP, SVK, SVN, SWE, GBR,
USA.
base dans l’inflation globale dans les pays essentiellement
2ARG, BGR, BRA, CHN, CHL, COL, DOM, ECU, EGY, HUN, IND, IDN, JOR, KAZ, MAR, importateurs nets de tels produits et de l’accélération syn-
MEX, MYS, PER, PHL, POL, ROU, RUS, THA, TUR, VEN, ZAF. chronisée du sous-emploi des capacités depuis la Grande
3AUT, BEL, DEU, ESP, EST, FIN, FRA, GRE, IRL, ITA, LTU, LUX, LVA, NLD, PRT, SVK,
MEX, MYS, PER, PHL, POL, ROU, RUS, THA, TUR, VEN, ZAF. 15Au cours de la période 1990–2016, la hausse des prix à la produc-
3AUT, BEL, DEU, ESP, EST, FIN, FRA, GRE, IRL, ITA, LTU, LUX, LVA, NLD, PRT, SVK,
tion a en règle générale été plus faible dans le cas des biens manufac-
SVN.
4CHN, IDN, IND, MYS, PHL, THA. turés, alors que celle des prix des services aux entreprises a été plus forte
5AUS, CAN, CHE, CZE, DNK, GBR, ISL, ISR, JPN, KOR, NOR, NZL, SGP, SWE, USA. (FMI, 2006). Pris ensemble, les biens manufacturés, les services aux en-
6ARG, BGR, BRA, CHL, COL, DOM, ECU, EGY, HUN, JOR, KAZ, MAR, MEX, PER, POL, treprises et les services d’utilité publique comptent pour environ 70 %
ROU, RUS, TUR, VEN, ZAF. dans un pays avancé typique de l’échantillon, les autres secteurs étant :
l’agriculture, l’industrie minière, le bâtiment et les services sociaux et
aux personnes, y compris les administrations publiques.
Graphique 3.8. Pays avancés : hausse inflationniste des salaires Graphique 3.9. Pays avancés : prix à la production sectoriels
(Variation d’une année sur l’autre des salaires nominaux, en pourcentage) (En pourcentage)
Malgré les améliorations apportées aux marchés du travail, la croissance Si, dans les pays avancés, l’inflation mesurée par les prix à la production a ralenti
des salaires reste faible dans de nombreux pays avancés. dans tous les secteurs, ce ralentissement a été particulièrement sensible
dans le cas de l’industrie manufacturière.
Médiane Écart interquartile IPP (médian) Ensemble des cours des produits de base1
IPP (interquartile) (échelle de droite)
Cours du pétrole (échelle de droite)
10 Pays avancés1
8 10 1. IPP manufacturière 100
6 8 80
4 6 60
2 4 40
0 2 20
–2 0 0
–4 –2 –20
–6 –4 –40
2000 02 04 06 08 10 12 14 15
–6 –60
2000 03 06 09 12 15
16 Zone euro2
12 10 2. IPP des services2
8 8
4 6
0 4
–4 2
–8 0
–12 –2
–16 –4
2000 02 04 06 08 10 12 14 15
–6
2000 03 06 09 12 15
10 Autres pays avancés3
8 Sources : Haver Analytics; Organisation de coopération et de développement
6 économiques, base de données pour l’analyse structurelle; calculs des services du FMI.
Note : L’échantillon comprend les pays suivants : Allemagne, Australie, Autriche,
4 Canada, Corée, Danemark, États-Unis, Finlande, France, Italie, Japon, Luxembourg,
2 Norvège et Royaume-Uni. IPP = indice des prix à la production.
1
Indice des prix utilisant des pondérations calculées à partir de la moyenne
0 des recettes d’exportation mondiales entre 2002 et 2004.
–2 2
Les services comprennent : le commerce de gros et de détail, l’hôtellerie
et la restauration, les transports, le stockage et les communications, la finance,
–4
l’assurance, l’immobilier et les services aux entreprises.
–6
2000 02 04 06 08 10 12 14 15
comparaison entre les catégories de dépenses prouve Graphique 3.10. Pays avancés : prix à la consommation sectoriels
que la récente baisse des prix dans les pays avancés a été (En pourcentage)
beaucoup plus forte au niveau des biens échangeables
La hausse des prix à la consommation a plus ralenti dans le cas des biens
(graphique 3.10). En règle générale, la hausse des prix que dans celui des services, des baisses des prix non alimentaires étant
a nettement plus ralenti dans le cas des biens que dans observées dans la plupart des pays avancés.
celui des services. En fait, on a observé un recul généra- Médiane Écart interquartile
lisé du niveau moyen des prix des produits non alimen-
taires dans les pays avancés ces deux dernières années. Par 8 1. Denrées alimentaires
contre, la hausse des prix alimentaires a ralenti, mais reste 6
en général positive malgré le recul des cours internatio-
4
naux de ces produits pendant la même période, ce qui
2
laisse supposer une répercussion assez faible de ces cours
sur les prix intérieurs (encadré 3.3). 0
–2
–4
Comment expliquer le récent recul de l’inflation
–6
Dans quelle mesure la baisse des cours du pétrole et 2000 03 06 09 12 16
des autres produits de base et le sous-emploi des capacités
permettent-ils d’expliquer les récentes caractéristiques 8 2. Autres biens
de l’inflation? Quelle est l’importance de la transmission 6
transfrontalière des pressions déflationnistes exercées par 4
le sous-emploi des capacités industrielles des grands pays?
2
Quelle est la fraction de la désinflation qui ne peut s’ex-
0
pliquer par ces facteurs? Pour répondre à ces questions,
il est procédé à une analyse économétrique pour évaluer –2
la contribution de divers facteurs à l’évolution récente de –4
l’inflation. –6
2000 03 06 09 12 16
Le cadre empirique suit l’approche utilisée dans FMI
(2013) et Blanchard, Cerutti et Summers (2015), en se
8 3. Services
fondant sur la courbe de Phillips néokeynésienne hybride
6 Services hors logement
de Fuhrer (1995) et de Galí et Gertler (1999). Plus préci-
sément, la version ci-après de cette courbe est estimée16 : 4
2
π t = γ t πt e+ h + (1 - γ t ) π t̃ - 1 + θ t uc t + μt πm t + ε t, (3.1)
0
où πt est l’inflation mesurée par l’indice général des prix
–2
à la consommation; π te + h sont les anticipations d’infla-
tion pour les années h (des anticipations à dix ans sont –4
pour prendre en compte leurs effets, prix des produits de des années 90 (graphique 3.11)20, une exception notable,
base inclus, sur les prix intérieurs à la consommation; et surtout dans le cas des pays avancés, étant le degré auquel
ε tsaisit les retombées d’autres facteurs, comme les fluc- l’inflation est tirée par les anticipations à long terme, et
tuations de l’inflation causées par des chocs d’offre tem- non l’inflation passée. Le coefficient estimé de l’inflation
poraires, ou l’erreur de mesure d’autres variables de la anticipée (γ)a régulièrement augmenté jusqu’à la Grande
spécification, en particulier celles qui ne sont pas obser- Récession, puis a baissé et se chiffre actuellement à des
vables, comme les anticipations d’inflation et le chômage niveaux comparables à ceux du début des années 90 (en-
cyclique17. Le coefficient γ saisit la mesure dans laquelle viron 0,6)21. La hausse de l’inflation retardée qui en est
l’inflation est tirée par les anticipations d’inflation à long résultée (1 – γ)laisse supposer que l’inflation est désor-
terme, et non l’inflation retardée; θ indique la vigueur de mais davantage rétrospective. Cela sous-entend que les
la relation entre le chômage cyclique et l’inflation (pente effets du chômage cyclique et des prix à l’importation sur
de la courbe de Phillips); et µreprésente les effets des prix l’inflation sont devenus plus persistants au cours de la pé-
relatifs à l’importation sur l’inflation. riode récente.
L’estimation tient compte des variations chronolo- Malgré une certaine hétérogénéité entre les pays, les ré-
giques dans tous les paramètres afin de saisir les muta- sultats des décompositions pays par pays montrent que le
tions structurelles possibles de chaque pays18. Le mo- ralentissement du chômage et la faiblesse des prix à l’im-
dèle est estimé pour chaque pays avancé ou émergent portation sont, en règle générale, les facteurs les plus im-
pour lequel des données sont diffusées, de sorte que l’on portants qui expliquent les écarts avec les cibles d’inflation
obtient une série de 44 pays pour la période comprise dans les pays avancés depuis la Grande Récession (gra-
entre le premier trimestre de 1990 et le premier trimestre phique 3.12). En revanche, l’évolution des anticipations
de 2016. Les estimations sont alors utilisées pour évaluer d’inflation à long terme (mesurées à dix ans par des prévi-
la contribution du ralentissement du marché du travail et sionnistes professionnels) a joué un rôle limité, encore qu’il
des prix à l’importation à la dynamique récente de l’infla- soit, semble-t-il, plus important lorsque des anticipations à
tion dans chaque pays19. des horizons plus courts sont utilisées (voir l’annexe 3.4).
Avant d’examiner les facteurs qui ont contribué à la ré- Bien que les paramètres puissent varier dans le temps, ce
cente baisse de l’inflation, il est utile de se demander si les qui permet de saisir d’éventuelles non-linéarités (Swamy et
paramètres de la courbe de Phillips se sont modifiés dans Mehta, 1975), les résidus du modèle («autres» dans le gra-
le temps. Les résultats donnent à penser qu’ils sont dans phique 3.12) ont de plus en plus contribué à la baisse de
l’ensemble stables et, en particulier, rien n’indique que la l’inflation ces dernières années. Cela pourrait tenir à une
pente de la courbe de Phillips ait fléchi depuis le milieu multitude de facteurs, dont des erreurs de mesure dans
certaines variables explicatives. En particulier, les antici-
pations de ceux qui fixent effectivement les prix ont peut-
17Certaines études utilisent, pour estimer une courbe de Phillips, être plus régressé que celles des prévisionnistes profession-
l’inflation sous-jacente ou celle mesurée par les prix à la production ou nels (Coibion et Gorodnichenko, 2015). Par ailleurs, une
le déflateur du PIB. Cependant, étant donné que, dans le cas de nom-
sous-estimation du ralentissement du chômage pourrait se
breux pays, les mesures des anticipations ne sont disponibles que pour
l’inflation mesurée par les prix à la consommation (en fonction de la- traduire par des résidus plus importants22.
quelle la banque centrale établit en général sa cible), l’équation (3.1) Par ailleurs, les résultats semblent aussi indiquer que
est estimée à partir de cette inflation. Le terme représentant les antici- l’inflation n’a pas reculé davantage dans les pays déve-
pations dans l’équation devrait, dans l’idéal, saisir celles des entreprises
qui fixent les prix des biens de consommation et des services. Les prévi- loppés entre 2008 et 2012 parce que les retombées po-
sions d’inflation des entreprises n’étant pas largement diffusées, l’analyse sitives des prix à l’importation, notamment les cours du
utilise les projections d’inflation à long terme (à dix ans) des prévision-
nistes professionnels publiées dans Consensus Economics (l’annexe 3.4 20Cette conclusion cadre avec celle du chapitre 3 de l’édition
examine le choix de l’horizon de prévision et la robustesse des résultats d’avril 2013 des Perspectives de l’économie mondiale et de Blanchard,
aux différentes mesures). Cerutti et Summers (2015), qui montrent que le nivellement de la
18Par exemple, les améliorations apportées à la conduite de la poli- courbe de Phillips entre les années 60 et les années 2000 était largement
tique monétaire, ainsi que des facteurs structurels comme la mondiali- achevé au milieu des années 90.
sation et l’évolution des rigidités des marchés des produits et du travail, 21La conclusion que le paramètre a augmenté pendant les années 90
ont peut-être modifié la sensibilité de l’inflation aux fluctuations de la cadre avec de précédents travaux, dont FMI (2013), qui constate que le
production intérieure (voir le chapitre 3 de l’édition d’avril 2006 des lien entre l’inflation courante et l’inflation passée a commencé à se ren-
Perspectives de l’économie mondiale et les références qui sont mention- forcer depuis la Grande Récession.
nées; Rogoff, 2003). 22La démarche suivie à l’annexe 3.4 montre que, s’ils ne sont pas en gé-
19Les déterminants de l’inflation sont décomposés de la même façon néral sensibles à d’autres mesures possibles du chômage cyclique, les résul-
que dans Yellen (2015). Pour plus de précisions, voir l’annexe 3.4. tats le sont quelque peu aux anticipations inflationnistes à divers horizons.
Graphique 3.11. Courbe de Phillips : estimations des paramètres Graphique 3.12. Contribution aux écarts par rapport
aux cibles d’inflation : pays avancés
Les résultats des estimations semblent indiquer que le degré d’ancrage de l’inflation (En pourcentage)
sur les anticipations à long terme a augmenté dans les années 90 et au début
des années 2000, avant de revenir plus récemment vers le niveau atteint au début
des années 90. Les autres paramètres, y compris la pente de la courbe de Philips, Le chômage cyclique et le faible niveau des prix à l’importation sont peut-être
ont été dans l’ensemble stables. à l’origine de la majeure partie de l’écart par rapport aux cibles d’inflation dans
les pays avancés depuis la crise financière mondiale, mais, depuis peu, d’autres
Pays avancés Pays émergents facteurs non expliqués jouent un rôle de plus en plus important.
Médiane Médiane
Écart interquartile Écart interquartile 2,0 1. Moyenne transnationale, 2000–15
Anticipations d’inflation (γ) 1,5 Anticipations d’inflation Hausse des prix relatifs
en deçà de la cible1 à l’importation, en dollars
1,0
1,0 1. 2. 1,0 Taux de change2 Chômage cyclique
0,5 Autres Inflation en deçà de la cible1
0,8 0,8 0,0
–0,5
0,6 0,6 –1,0
–1,5
0,4 0,4
–2,0
2000–07 08–12 13 14 15
0,2 0,2
2. Distribution transnationale, 2015
0,0 0,0 0,5 Moyenne Moyenne
1990 94 98 2002 06 10 13 16 : 2000 02 04 06 08 10 12 15 :
T1 T4
0,0
Chômage cyclique (θ)
1,6 3. 4. 1,6 –0,5
1,4 1,4
1,2 1,2 –1,0
1,0 1,0
0,8 0,8 –1,5
Chômage Hausse des Taux de Autres Anticipations
0,6 0,6 cyclique prix relatifs à d’inflation
change2
0,4 0,4 l’importation, en deçà
en dollars de la cible1
0,2 0,2
0,0 0,0 Sources : Consensus Economics; Haver Analytics; Organisation de coopération
1990 94 98 2002 06 10 13 16 : 2000 02 04 06 08 10 12 15 : et de développement économiques; calculs des services du FMI.
T1 T4 Note : À la plage 2, les traits verticaux indiquent les écarts interquartiles. L’échantillon
est défini au tableau de l’annexe 3.1.1. L’Estonie, la Lettonie, la Lituanie, la République
Hausse des prix relatifs à l’importation (μ) slovaque et la Slovénie ne sont pas prises en compte (observations aberrantes).
1
La cible se réfère à la moyenne des anticipations d’inflation à long terme sur
0,14 5. 6. 0,14 la période 2000–07, qui sont tirées de Consensus Economics (anticipations à dix ans)
ou des prévisions des Perspectives de l’économie mondiale (anticipations à cinq ans).
0,12 0,12 2
Le taux de change est défini comme étant la valeur de la monnaie par rapport
0,10 0,10 au dollar.
0,08 0,08
0,06 0,06
0,04 0,04
0,02 0,02
0,00 0,00
1990 94 98 2002 06 10 13 16 : 2000 02 04 06 08 10 12 15 :
T1 T4
Graphique 3.13. Contribution aux écarts par rapport pétrole, ont en partie compensé l’effet désinflationniste
aux cibles d’inflation : pays émergents de l’important ralentissement du marché du travail23.
La désinflation observée dans les pays émergents où, récemment, l’inflation se En conséquence, lorsque que les prix à l’importation ont
situait en deçà des anticipations à long terme tient peut-être en grande partie au amorcé leur chute en 2012, l’inflation a commencé à flé-
sous-emploi des capacités et au faible niveau des prix à l’importation. Par contre,
la dépréciation du taux de change et d’autres facteurs non expliqués ont joué un
chir, et ses cibles n’ont pas été atteintes.
rôle clé dans ceux de ces pays où l’inflation dépassait les anticipations à long terme. Dans le cas des pays émergents, la décomposition fait
Moyenne transnationale, 2000–15 ressortir une hétérogénéité significative. Dans les pays où
l’inflation est récemment tombée en deçà des anticipa-
Anticipations d’inflation Hausse des prix relatifs
en deçà de la cible1 à l’importation, en dollars tions à long terme, le ralentissement du marché du tra-
Taux de change2 Chômage cyclique vail, les prix à l’importation et, dans une moindre me-
Autres Inflation en deçà de la cible1
sure, l’appréciation de la monnaie expliquent en règle
1. Pays où l’inflation se situait 2. Pays où l’inflation dépassait générale l’essentiel de la récente baisse (plage 1 du gra-
8 8
en deçà des anticipations les anticipations à long
6 à long terme en 20153 terme en 20154 6 phique 3.13). Par contre, la dépréciation de la monnaie,
notamment dans les pays exportateurs de produits de
4 4
base, a contribué à une hausse de l’inflation dans les pays
2 2
émergents, où elle dépasse actuellement les anticipations
0 0 à long terme. Dans ces économies, les résidus du modèle
–2 –2 sont particulièrement importants ces dernières années
–4 –4 (plage 2 du graphique 3.13,), sous l’effet vraisemblable-
–6
ment d’une plus grande erreur de mesure des anticipa-
–6
2000–07 13 15 2000–07 13 15 tions inflationnistes, ainsi que, parfois, des variations des
08–12 14 08–12 14
prix administrés24. Comme dans le cas des pays avancés,
Distribution transnationale, 2015 le rôle joué par ces facteurs varie selon les pays (plages 3
Moyenne Médiane et 4 du graphique 3.13).
Étant donné le rôle important joué par les prix à l’im-
8 3. Pays où l’inflation se situait 4. Pays où l’inflation dépassait 8
en deçà des anticipations les anticipations à long portation, le sous-emploi croissant des capacités du sec-
6 à long terme en 20153 terme en 20154 6 teur des biens échangeables dans les grands pays et les
4 4 partenaires commerciaux systémiques (comme la Chine,
le Japon et les États-Unis; voir l’encadré 3.1) soulève une
2 2
question intéressante : les répercussions du sous-emploi
0 0 des capacités industrielles dans les grands pays sont-elles
une cause importante de la baisse des prix à l’importa-
–2 –2
tion et de l’inflation25? Une analyse approfondie semble
–4 –4 suggérer que c’est peut-être le cas. Dans beaucoup de
Chômage cyclique
Taux de change2
Autres
Anticipations d’inflation
en deçà de la cible1
Chômage cyclique
Taux de change2
Autres
Anticipations d’inflation
en deçà de la cible1
particulièrement forte dans le cas de la Chine (plage 1 du Graphique 3.14. Relation entre le sous-emploi
graphique 3.14; graphique de l’annexe 3.4.3)26, 27. des capacités manufacturières en Chine, aux États-Unis
Il n’est pas possible de déduire de relations de cause et au Japon et la contribution à l’inflation des prix
à effet de ce simple exercice, car de nombreux facteurs à l’importation dans les autres pays
(En points de pourcentage)
pourraient être à l’origine du sous-emploi des capacités
La faiblesse de l’inflation dans un grand nombre de pays est associée
manufacturières dans chacun de ces grands pays (y com- au sous-emploi des capacités manufacturières aux États-Unis,
pris la faiblesse de la demande dans les autres pays) ou y au Japon et, plus particulièrement, en Chine.
être associés (par exemple la baisse des cours internatio- Moyenne Chiffre médian
naux du pétrole) et, en conséquence, fausser les résultats.
En fait, la corrélation conditionnelle entre ce sous-emploi 0,05 1. Relations bidimensionnelles
et la contribution à l’inflation des prix à l’importation
0,00
est beaucoup plus faible lorsque d’autres variables mon-
diales, comme les cours du pétrole et la situation de la –0,05
demande, sont également prises en compte (plage 2 du
graphique 3.14; graphiques de l’annexe 3.4.3 et 3.4.4). –0,10
Néanmoins, la corrélation avec le sous-emploi des capa-
–0,15
cités manufacturières en Chine demeure importante et
économiquement significative : la récente aggravation –0,20
Sous-emploi en Chine1 Sous-emploi au Japon1 Sous-emploi
d’environ 5 points de pourcentage de ce sous-emploi aux États-Unis1
serait plus ou moins associée à une baisse d’environ
0,05 2. Sous-emploi des capacités manufacturières
0,2 point de pourcentage de l’inflation dans les pays en Chine : exercices de robustesse
avancés ou émergents, contre 0,5 point lorsque l’estima- 0,00
tion ne neutralise pas les effets de la situation mondiale28.
En résumé, bien que le présent chapitre ne couvre pas –0,05
tous les éléments moteurs du sous-emploi des capacités
–0,10
manufacturières dans le monde, ces conclusions donnent
à penser que ce sous-emploi dans les grands pays peut in- –0,15
tensifier les pressions déflationnistes dans les autres pays.
–0,20
Sous-emploi en Chine1 Sous-emploi en Chine2 Sous-emploi en Chine3
26Les retombées du sous-emploi des capacités industrielles ne
peuvent être directement vérifiées dans le cadre empirique, les estima-
tions fiables à ce sujet n’étant disponibles qu’à partir du milieu des an- Sources : Consensus Economics; Haver Analytics; Organisation de coopération
nées 2000 (voir l’encadré 3.1). Afin de ne pas abréger la période d’esti- et de développement économiques; calculs des services du FMI.
Note : Les lignes verticales représentent les écarts interquartiles. Le graphique
mation de la courbe de Phillips, l’analyse procède à une régression, pays
indique les moyennes, les médianes et les écarts interquartiles des coefficients
par pays, de la contribution des prix à l’importation sur les mesures de de sous-emploi des capacités manufacturières tirés des régressions propres
ce sous-emploi en Chine, aux États-Unis et au Japon. Pour plus de pré- aux pays. Pour les spécifications des régressions, voir l’annexe 3.4.
cisions sur le cadre d’estimation, ainsi que sur les tests de robustesse, 1
Aucun effet neutralisé.
voir l’annexe 3.4. 2
Neutralisation des effets du sous-emploi des capacités manufacturières
27La liaison entre les contributions des prix à l’importation et le dans les deux autres pays, des variations des cours du pétrole et de l’écart
sous-emploi des capacités manufacturières en Chine semble plus forte de production mondiale.
dans les pays avancés que dans les pays émergents (voir le graphique de
3
Neutralisation des effets de l’écart de production mondiale et des variations des
l’annexe 3.4.3). cours du pétrole pendant le trimestre actuel et les quatre trimestres précédents.
28La corrélation entre la contribution à l’inflation des prix à l’impor-
quelque peu sensibles à l’horizon de ces anticipations. Les mesures des anticipations d’inflation des prévision-
Cependant, toute forte régression de ces anticipations, nistes professionnels tirées d’enquêtes (comme celles de
même sous l’effet d’un choc temporaire, mènerait à une Consensus Economics) sont disponibles à des horizons
longue période de désinflation, surtout si le fonctionne- divers pour une vaste série de pays, alors que les enquêtes
ment de la politique monétaire est entravé29. sur les anticipations des ménages (comme celle de l’uni-
En conséquence, l’une des questions clés qui se pose versité du Michigan pour les États-Unis) ne portent que
actuellement est de savoir si les anticipations d’inflation sur quelques pays avancés.
sont bien ancrées. En particulier, a-t-on des raisons de Les mesures des anticipations d’inflation fondées sur le
penser que l’évolution récente de l’inflation influe sur les marché peuvent être tirées de l’indemnité pour inflation
anticipations? Pour répondre à cette question, l’analyse incluse dans les obligations à long terme nominales ou in-
examine la sensibilité des anticipations aux variations de dexées sur l’inflation ou les swaps également indexés sur
l’inflation réelle, ainsi que le rôle que joue le cadre de po- l’inflation30. Le point mort d’inflation mesuré par l’écart
litique monétaire dans cette sensibilité, et évalue si elle de rendement entre les obligations classiques et celles com-
augmente dans les pays où le taux directeur se situe à sa parables qui sont indexées sur l’inflation donne une esti-
valeur plancher ou à un niveau proche. mation du niveau de l’inflation anticipée auquel un inves-
tisseur (neutre face au risque) détiendrait indifféremment
l’un ou l’autre type d’obligation. Il est largement utilisé
Comment mesurer les anticipations d’inflation comme mesure rapidement actualisable des anticipations
Le lien entre l’inflation et l’activité économique s’ex- d’inflation des investisseurs, même s’il est en fait basé sur le
plique en partie par les décisions que prennent les en- prix fixé pour l’investisseur marginal et inclut une prime de
treprises en matière de prix et leurs estimations des fu- liquidité et une prime de risque d’inflation31.
turs résultats macroéconomiques. N’étant pas en général Il n’est donc pas surprenant d’observer au fil du temps,
connues, les anticipations d’inflation des entreprises sont y compris pendant la période de désinflation la plus ré-
évaluées approximativement à l’aide : 1) d’enquêtes sur cente, des différences dans le comportement des me-
les anticipations d’inflation des prévisionnistes profes- sures tirées d’enquêtes ou fondées sur le marché. Les an-
sionnels ou des ménages, et 2) de mesures des anticipa- ticipations d’inflation des prévisionnistes professionnels
tions d’inflation fondées sur le marché, comme les es- pour des horizons allant jusqu’à trois ans varient dans le
timations de l’indemnité pour inflation incluse dans le
30Des obligations indexées sur l’inflation sont maintenant émises
rendement des instruments financiers. dans plus de 20 pays. Outre le Royaume-Uni, les États-Unis et quatre
Selon qu’elles sont tirées d’enquêtes ou fondées grands pays de la zone euro, il est possible de citer le Brésil, l’Afrique du
le marché, les mesures des anticipations d’inflation Sud, la Corée et la Turquie. Pour un aperçu historique des marchés in-
ternationaux des obligations indexées sur l’inflation, voir Garcia et van
couvrent des notions quelque peu différentes et n’ont
Rixtel (2007) et les références qui y sont mentionnées. Les swaps in-
pas les mêmes propriétés statistiques. Les enquêtes per- dexés sur l’inflation sont des produits dérivés pour lesquels une partie
mettent d’obtenir une mesure de la tendance centrale (la acquitte un taux fixe d’inflation en contrepartie de l’inflation réelle
moyenne, la médiane ou le mode) de la distribution es- pendant la durée du contrat. Il est possible d’utiliser le taux d’inflation
considéré comme la jambe fixe du swap comme autre mesure de l’in-
timée des divers prévisionnistes professionnels ou mé- demnité pour inflation. Les swaps indexés sur l’inflation ont moins ten-
nages; or différentes personnes peuvent donner une me- dance à intégrer une prime de liquidité que les obligations nominales
sure différente de leur distribution estimée. Il est courant ou indexées sur l’inflation, car ils n’exigent pas de paiement immédiat et
sont réglés par des échanges nets de flux à l’expiration du contrat.
d’utiliser la médiane de cette distribution des réponses 31La prime de liquidité peut tenir à des facteurs non liés aux anticipa-
individuelles à titre de statistique sommaire des anticipa- tions d’inflation, comme les frictions commerciales ou une activité in-
tions tirées des enquêtes pour atténuer les effets de dis- suffisante sur le marché, et être évaluée en examinant les volumes relatifs
des échanges ou les écarts de swaps d’actifs (voir, par exemple, Celasun,
torsion des valeurs aberrantes. La dispersion des antici-
Mihet et Ratnovski, 2012; Gürkaynak, Sack et Wright, 2010). La prime
pations dans l’enquête est une mesure de l’hétérogénéité de risque d’inflation saisit le prix du marché du risque entourant les an-
des estimations, et non des incertitudes, encore qu’elles ticipations d’inflation et est beaucoup plus difficile à estimer que celle de
tendent à converger (Gürkaynak et Wolfers, 2007). liquidité. Ses estimations sont en général tirées de modèles intégrant une
structure d’échéances. Cependant, même pour un seul pays, elles varient
considérablement dans le temps, ainsi que selon les échéances et les spéci-
29Voir l’annexe 3.2 pour des simulations sur les retombées d’une fications, de sorte que l’interprétation des variations des indemnités d’in-
baisse temporaire des prix à l’importation, imputable à un recul des flation est loin d’être simple. En ce qui concerne les modèles de structure
cours du pétrole et au sous-emploi des capacités industrielles d’un des taux pour les États-Unis, voir, par exemple, Abrahams et al. (2012),
grand pays, dans un contexte marqué par une politique monétaire sous Christensen, Lopez et Rudebusch (2010) et D’Amico, Kim et Wei
contrainte et des anticipations inflationnistes non ancrées. (2014), et, pour la zone euro, Garcia et Werner (2014).
Graphique 3.15. Anticipations d’inflation temps, mais celles portant sur des horizons à cinq ans ou
tirées d’enquêtes ou fondées sur le marché plus sont remarquablement stables. Les anticipations des
(En pourcentage)
ménages sont également très stables à des horizons plus
Récemment, les anticipations d’inflation à moyen terme fondées sur le marché
ont nettement diminué aux États-Unis et dans la zone euro. Si elles ont beaucoup longs. En revanche, les mesures historiques des anticipa-
moins baissé, celles tirées d’enquêtes se sont écartées fortement des cibles, tions d’inflation fondées sur le marché varient davantage
même à un horizon de trois ans.
dans le temps.
En ce qui concerne la période la plus récente, les an-
Anticipations d’inflation tirées d’enquêtes ou fondées sur le marché
ticipations à moyen terme (cinq ans au moins) fondées
sur le marché ont régressé aux États-Unis et dans la zone
Enquêtes Marché
euro d’environ 0,9 et 0,8 point de pourcentage, respec-
3,5 1. États-Unis 2. Zone euro 3,5
tivement, depuis 2009 et d’approximativement 0,6 et
0,5 point de pourcentage, depuis l’effondrement des
cours du pétrole en 2014 et sont désormais nettement
3,0 3,0
en deçà de leurs moyennes historiques et des mesures ti-
rées d’enquêtes (plages 1 et 2 du graphique 3.15). Les an-
2,5 2,5
ticipations d’inflation tirées d’enquêtes ont en revanche
beaucoup moins diminué (de l’ordre de 0,15 point de
2,0 2,0
pourcentage en moyenne depuis 2009)32. Bien que les
anticipations à moyen terme tirées d’enquêtes soient res-
1,5 1,5 tées proches de la cible de la banque centrale depuis la
2005 07 09 11 13 16 : 2005 07 09 11 13 16 :
T1 T1 Grande Récession, les écarts avec la cible dans les grands
pays avancés après la crise se sont toutefois creusés même
Écarts entre les anticipations d’inflation à des horizons relativement longs comme trois ans, alors
à divers horizons et les cibles qu’ils devraient se chiffrer à zéro si elles avaient été bien
ancrées (plages 3 et 4 du graphique 3.15)33.
2000–07 2009–15
chocs d’inflation34. Le coefficient β h saisit le degré d’an- Graphique 3.16. Anticipations d’inflation :
crage des anticipations à hannées, terme généralement sensibilité à l’inflation imprévue
(Années sur l’axe des abscisses)
qualifié d’«ancrage eu égard aux chocs (shock anchoring)»
(Ball et Mazumder, 2011), et peut varier dans le temps
Les anticipations d’inflation sont moins sensibles à l’inflation imprévue
dans certaines spécifications. Si la politique monétaire dans les pays avancés que dans les pays émergents.
est crédible, la valeur de ce paramètre à un horizon suf-
fisamment lointain doit être proche de zéro. En d’autres Médiane Écart interquartile Médiane Écart interquartile
termes, les chocs d’inflation ne doivent pas modifier les
anticipations à moyen terme si les agents estiment que 0,5 1. Pays avancés 2. Pays émergents 0,5
la banque centrale peut réagir à tout événement à court
terme pour ramener l’inflation à sa cible à moyen terme.
Étant donné les incertitudes qui entourent l’horizon per- 0,4 0,4
sures de l’inflation inattendue ne sont pas disponibles à une fréquence car les données relatives à plusieurs caractéristiques des cadres de poli-
quotidienne, de sorte que les variations des cours à terme du pétrole tique monétaire, comme la transparence et l’indépendance, ne sont dif-
sont utilisées à titre d’approximations des chocs d’inflation dans le cas fusées que rarement. La sensibilité des anticipations d’inflation dans le
de l’analyse reposant sur des anticipations fondées sur le marché. Si le cas des prévisions tirées d’enquêtes est normalisée pour mesurer l’actua-
périmètre de cette mesure est à l’évidence plus étroit, l’existence d’une lisation de ces anticipations après une variation de 1 point de pourcen-
relation forte entre les anticipations d’inflation et l’évolution des cours tage de l’inflation. Pour plus de précisions sur l’estimation et le calcul
du pétrole a été démontrée (voir Coibion et Gorodnichenko, 2015). des chocs d’inflation, voir l’annexe 3.5.
Graphique 3.17. Sensibilité des anticipations d’inflation Les anticipations d’inflation à moyen terme (à trois ou
à l’inflation imprévue et au cadre de politique monétaire au moins à cinq ans) sont en général mieux ancrées dans
Les anticipations d’inflation à moyen et à long terme sont moins
les pays où la banque centrale est indépendante. En règle
sensibles à l’inflation imprévue dans les pays dont la banque générale, une hausse de 1 unité d’un indice fondé sur la
centrale est plus indépendante et transparente. rotation du gouverneur de la banque centrale (mesure de
1. Horizon à trois ans 2. Horizon à au moins fait de l’indépendance de cet établissement dont les va-
0,40 cinq ans 0,40
0,35 y = 0,09x + 0,04 0,35
leurs sont d’autant plus élevées que cette indépendance
0,30 y = 0,32x + 0,03 R 2 = 0,05
0,30
est faible) va de pair avec une augmentation d’environ
R 2 = 0,23 y = 0,05x + 0,02 0,3 unité de la sensibilité des anticipations d’inflation
0,25 R 2 = 0,08 0,25
Sensibilité
Sensibilité
0,20
(plages 1 et 2 du graphique 3.17)36. Cela semble indiquer
0,20
que, si un pays passe du 25e au 75e percentile en termes
0,15 0,15
y = 0,24x + 0,04 de rotation (ce qui est analogue à l’écart moyen entre les
0,10 0,10
R 2 = 0,13 États-Unis et l’Indonésie dans l’indicateur de cette indé-
0,05 0,05
pendance au cours des vingt dernières années), la sensibi-
0,00 0,00
0,0 0,2 0,4 0,6 0,8 1,0 0,0 0,2 0,4 0,6 0,8 1,0 lité augmente de 0,03, soit une variation non négligeable
Rotation à la banque centrale Rotation à la banque centrale étant donné que la sensibilité médiane entre les pays est
3. Horizon à trois ans 4. Horizon à au moins de 0.08.
0,40 cinq ans 0,40 De même, la sensibilité à l’inflation inattendue des an-
y = –0,16x + 0,15
0,35
R 2 = 0,23
0,35 ticipations à moyen terme est d’autant plus faible que
y = –0,14x + 0,16
0,30 y = –0,12x + 0,11 0,30 les objectifs et les décisions de la banque centrale sont
R 2 = 0,15
R 2 = 0,40
0,25 0,25 transparents. Les résultats montrent qu’en règle générale,
Sensibilité
Sensibilité
Graphique 3.18. Anticipations d’inflation : sensibilité à l’inflation Graphique 3.19. Anticipations d’inflation :
imprévue avant et après l’adoption du ciblage de l’inflation sensibilité dans le temps à l’inflation inattendue
La sensibilité des anticipations d’inflation à l’inflation inattendue diminue
Il existe un lien entre le ciblage de l’inflation et une sensibilité plus faible à l’inflation
régulièrement dans le temps. Cependant, cette tendance à la baisse semble
imprévue des anticipations d’inflation à moyen et à long terme
s’être arrêtée récemment, surtout dans les pays avancés.
0,2 0,2
0,0 0,0
1992 96 2000 04 08 12 16 : 1996 2000 04 08 12 16 :
T1 T1
0,1 0,1
38Pour une conclusion analogue, voir Levin, Natalucci et Piger 39Par exemple, en 1996, 20 % seulement des pays de l’échantillon
(2004). Clarida et Waldman (2008) constatent qu’une hausse plus forte s’étaient dotés d’un régime de ciblage de l’inflation; en 2015, la pro-
que prévu de l’inflation entraîne une appréciation du taux de change portion atteignait environ 75 %. De même, la moyenne de l’indicateur
nominal uniquement dans les pays ciblant l’inflation, ce qui permet de de transparence dans l’échantillon est passée de 0,55 en 1998 à 0,61
conclure que ces pays ancrent avec succès les anticipations d’inflation et en 2006, et l’indicateur de rotation est revenu de 0,29 en 1980–89
la trajectoire monétaire nécessaire pour atteindre la cible. à 0,20 en 1995–2004.
Graphique 3.20. Anticipations d’inflation : pays ont adopté des mesures monétaires peu classiques pen-
variation de leur sensibilité à l’inflation inattendue dant cette période, ce qui donne à penser qu’une politique
La sensibilité à l’inflation inattendue des anticipations d’inflation à moyen terme est monétaire dont le fonctionnement est entravé peut modi-
plus forte dans les pays où le fonctionnement de la politique monétaire est entravé. fier le degré d’ancrage des anticipations d’inflation.
Pays à la VPE Autres pays Une analyse de la réaction des anticipations d’infla-
0,08 1. Horizon à trois ans 2. Horizon à au moins 0,08
tion aux chocs d’inflation positifs et négatifs montre que,
cinq ans lorsque son fonctionnement est entravé, la politique moné-
0,07 0,07
taire est la cause fondamentale d’un éventuel désancrage des
0,06 0,06 anticipations. Si les contraintes qui pèsent sur la politique
0,05 0,05 monétaire sont à l’origine de l’augmentation de la sensi-
0,04 0,04 bilité des anticipations d’inflation, cette sensibilité devrait
être plus forte en cas de chocs négatifs (une banque centrale
0,03 0,03
dont l’action est limitée par la valeur plancher effective du
0,02 0,02 taux directeur peut toujours réagir à une hausse de l’infla-
0,01 0,01 tion en relevant ce taux, mais sa marge de manœuvre pour
0,00 0,00 l’abaisser est faible quand l’inflation diminue). Cela crée
–0,01
une asymétrie inévitable dans l’aptitude des autorités moné-
–0,01
Avant 2007 10–15*** Avant 2007 10–15 taires à gérer les chocs d’inflation à la hausse ou à la baisse.
08–15*** 15** 08–15 15*
En fait, la hausse de la sensibilité dans les pays où le
Sources : Consensus Economics; Haver Analytics; calculs des services du FMI. fonctionnement de la politique monétaire est entravé
Note : VPE = valeur plancher effective. ***, **, * indiquent que les différences dans
la variation de la sensibilité des anticipations d’inflation entre les pays à la VPE semble pour l’essentiel tenir à des chocs d’inflation néga-
et les autres sont significatives à l’intervalle de confiance de 1, 5 et 10 %, tifs (graphique 3.21). Après 2009, lorsque les taux direc-
respectivement, en utilisant le test de la médiane de Mood. La sensibilité des
anticipations d’inflation correspond à leur réaction, établie sur la base de teurs se sont rapprochés de leur valeur plancher effective,
coefficients variant dans le temps tirés d’estimations spécifiques à chaque pays la réaction des anticipations d’inflation à moyen terme
en utilisant un filtre de Kalman, à une hausse inattendue de 1 point de pourcentage
de l’inflation. La sensibilité à au moins cinq ans correspond à la moyenne des a été plus forte dans le cas des chocs négatifs, contraire-
estimations utilisant des anticipations d’inflation à cinq et à dix ans. La variation ment à ce qui se passait auparavant41. Les estimations
de la sensibilité est établie comme l’écart moyen de la sensibilité médiane dans
les pays par rapport à une tendance linéaire (tendance exponentielle) ajustée sur
laissent supposer que, si les pays dont le taux directeur
la période 1997–2007 pour les pays à la VPE (ou non). Par définition, les pays à la est actuellement à sa valeur plancher faisaient face à une
VPE sont ceux dont le taux directeur ou les taux d’intérêt nominaux à court terme inflation inattendue comparable à celle de ces deux der-
étaient égaux ou inférieurs à 50 points de base à un moment quelconque en
2008–15; ces pays sont notamment les suivants : Allemagne, Canada, Espagne, nières années, les anticipations d’inflation à long terme
Estonie, États-Unis, France, Hong Kong (RAS), Italie, Japon, Lettonie, Lituanie, régresseraient encore d’environ 0,15 point de pourcen-
Pays-Bas, République slovaque, République tchèque, Royaume-Uni, Singapour,
Slovénie, Suède et Suisse. tage. Bien qu’elle ne soit pas particulièrement importante
en termes absolus, cette diminution est trois fois plus
Cependant, la tendance à la baisse de la sensibilité des an- élevée que celle qui aurait été enregistrée si leur sensibilité
ticipations semble s’être arrêtée au milieu des années 2000, n’avait pas varié, alors que, si les anticipations avaient été
surtout dans les pays avancés. En outre, la hausse de celle bien ancrées, aucune conséquence n’aurait été constatée.
des anticipations à moyen terme a, dans un passé récent, La forte baisse des cours du pétrole a joué un grand
été régulièrement plus forte dans les pays où le taux direc- rôle dans la dynamique mondiale de l’inflation et éven-
teur est à sa valeur plancher, ou à un niveau proche (gra- tuellement aussi dans l’augmentation de la sensibilité
phique 3.20)40. Cela s’est produit même si nombre de ces à l’inflation inattendue des anticipations d’inflation à
moyen terme. Cependant, une nouvelle décomposition
40Dans la présente analyse, la contrainte représentée par la valeur de l’inflation inattendue entre les variations des cours du
plancher s’entend d’un taux directeur égal ou inférieur à 50 points de pétrole et de ceux des autres produits semble indiquer
base. Les autorités monétaires des 19 pays avancés ci-après y ont été que ces derniers ont également contribué à la hausse de
confrontées à un moment quelconque au cours de la période 2009–15 :
Allemagne, Canada, Espagne, Estonie, États-Unis, France, Hong Kong
la sensibilité des anticipations. Ce résultat donne à penser
(RAS), Italie, Japon, Lettonie, Lituanie, Pays-Bas, République slovaque,
République tchèque, Royaume-Uni, Singapour, Slovénie, Suède et Suisse. est statistiquement significative dans le cas des anticipations à trois ans et,
Singapour n’utilise pas le taux d’intérêt comme instrument de politique dans une moindre mesure, dans celui d’un horizon à cinq ans.
monétaire, mais les taux d’intérêt du marché à court terme sont à leur va- 41La différence de sensibilité aux chocs selon qu’ils sont positifs ou
leur plancher effective. La signification statistique de la différence est véri- négatifs n’est pas en général statistiquement significative, à cause proba-
fiée à l’aide du test médian de Mood. La différence entre les deux groupes blement du nombre limité d’observations (annexe 3.5).
Graphique 3.21. Anticipations d’inflation : efficace à ramener l’inflation vers les cibles des banques
sensibilité moyenne à l’inflation inattendue centrales qui expliquent cet apparent désancrage des anti-
dans les pays soumis à la valeur plancher effective
cipations d’inflation à moyen terme43.
Dans les pays où le fonctionnement de la politique monétaire est entravé,
les anticipations inflation à moyen terme sont plus sensibles à l’inflation Anticipations d’inflation fondées
inattendue négative.
sur le marché : résultats
Choc négatif Choc positif
Jusqu’à présent, l’analyse apporte les éléments de preuve
0,07 1. Horizon à trois ans 2. Horizon à au moins 0,07
cinq ans ci-après sur la sensibilité des anticipations d’inflation à l’in-
0,06 0,06 flation inattendue : 1) elle dépend du cadre de politique
monétaire, et 2) elle a augmenté récemment dans les pays
0,05 0,05
où le taux directeur est proche de sa valeur plancher effec-
0,04 0,04 tive, en particulier dans le cas de l’inflation négative inat-
tendue. Une analyse utilisant des données à haute fré-
0,03 0,03 quence pour les États-Unis et la zone euro confirme le rôle
0,02
important que jouent les contraintes pesant sur la politique
0,02
monétaire dans le désancrage des anticipations d’inflation.
0,01 0,01 Les anticipations à long terme fondées sur le marché (éva-
luées approximativement par des swaps indexés sur l’infla-
0,00 0,00
Avant 2009 09–15 Avant 2009 09–15 tion cinq ans/cinq ans) sont modifiées par l’inflation inat-
Sources : Consensus Economics; Haver Analytics; calculs des services du FMI. tendue représentée par les variations des cours à terme du
Note : Le graphique indique la réaction, établie sur la base de coefficients tirés pétrole (graphique 3.22). Les réactions sont statistique-
d’estimations variant dans le temps spécifiques à chaque pays, des anticipations
d’inflation à divers horizons à une évolution inattendue positive ou négative de
ment significatives, encore qu’économiquement faibles, à
l’inflation de 1 point de pourcentage. La sensibilité à au moins cinq ans correspond la fois aux États-Unis et dans la zone euro44. Une décom-
à la moyenne des estimations utilisant des anticipations d’inflation à cinq et à dix position de l’échantillon en fonction des délais dans les-
ans. Par définition, les pays à la VPE sont ceux dont le taux directeur ou les taux
d’intérêt nominaux à court terme étaient égaux ou inférieurs à 50 points de base quels les taux directeurs tombent à leur valeur plancher
à un moment quelconque pendant la période 2008–15; ces pays sont notamment effective montre que la sensibilité des anticipations d’infla-
les suivants : Allemagne, Canada, Espagne, Estonie, États-Unis, France, Hong Kong
(RAS), Italie, Japon, Lettonie, Lituanie, Pays-Bas, République slovaque, République tion était en fait identique à zéro avant que les taux d’in-
tchèque, Royaume-Uni, Singapour, Slovénie, Suède et Suisse. Ayant atteint la VPE térêt ne parviennent à cette valeur, puis a augmenté sen-
bien avant 2009, le Japon n’a pas été retenu dans l’analyse.
siblement par la suite. Les élasticités plus fortes laissent
supposer que les cours inattendus du pétrole peuvent ex-
que les chocs d’inflation positifs imputables à un redres- pliquer un tiers environ du recul des anticipations d’in-
sement des cours du pétrole plus rapide que prévu n’en- flation fondées sur le marché depuis juin 2004 aux États-
traîneraient qu’un rebond partiel des anticipations d’in- Unis et près d’un cinquième dans la zone euro45.
flation si le sous-emploi des capacités restait important42. En somme, ces conclusions empiriques font ressortir
Prises ensemble, ces conclusions semblent indiquer les vulnérabilités dans la situation présente, car les chocs
que ce ne sont pas seulement les caractéristiques des ré-
cents résultats en matière d’inflation (comme la forte in- 43Une estimation supplémentaire a été utilisée pour examiner si les
flation négative inattendue liée à la chute des cours du retombées de l’inflation inattendue sur les anticipations d’inflation sont
plus importantes lorsqu’elle arrive après une longue période d’infla-
pétrole) qui ont entraîné un certain désancrage des anti- tion négative relativement élevée. Il y a bel et bien lieu de penser que, si
cipations d’inflation à moyen terme. Ce sont plutôt les le fonctionnement de la politique monétaire est entravé, il est possible
effets conjugués de cette inflation négative inattendue d’établir un lien entre les écarts prolongés de l’inflation par rapport à la
cible et une augmentation de la sensibilité à l’inflation inattendue des
persistante et de la perception que le fonctionnement de
anticipations d’inflation. Cependant, les résultats sont dans une certaine
la politique monétaire est entravé et est peut-être moins mesure sensibles aux périodes de l’échantillon.
44Les réactions des anticipations d’inflation à long terme tirées d’en-
42Dans le cas des pays dont le taux directeur se situe à sa valeur plan- quêtes auprès de professionnels ou de ménages aux variations des cours
cher effective, la sensibilité des anticipations d’inflation aux chocs se à terme du pétrole sur la même période sont dans les deux cas plus
décompose en deux catégories selon qu’ils sont tirés par des variations faibles et statistiquement peu significatives.
à la hausse des cours du pétrole ou par des informations sur l’inflation 45Selon Celasun, Mihet et Ratnovski (2012), les résultats ne sont pas
sous-jacente, représentée par des résidus de la régression des chocs d’in- sensibles à d’autres mesures des anticipations d’inflation fondées sur le
flation sur le cours du pétrole (voir l’annexe 3.5). Ces résultats donnent marché : l’indemnité d’inflation incluse dans les titres du Trésor pro-
à penser que, depuis 2009, les sensibilités des anticipations d’inflation tégés contre l’inflation et les points morts d’inflation des titres de cette
aux chocs des cours pétroliers et d’inflation globale sont comparables. nature débarrassés d’une prime de liquidité.
Graphique 3.22. Anticipations d’inflation à long terme : éléments moteurs sont le ralentissement du marché du tra-
sensibilité aux variations des cours du pétrole vail et la faible croissance des prix à l’importation. D’après
La sensibilité des anticipations d’inflation fondées sur le marché à l’inflation les résultats du présent chapitre, cette dernière est liée à
inattendue aux États-Unis et dans la zone euro a augmenté une fois atteint la chute des cours des produits de base et à l’aggravation
la valeur plancher effective du taux directeur.
du sous-emploi des capacités industrielles dans quelques
0,25 1. États-Unis 2. Zone euro 0,25 grands pays clés, la Chine en particulier. En même temps,
**
la part de la désinflation non expliquée par la courbe de
0,20 0,20 Phillips a en général augmenté ces dernières années, sur-
tout dans les pays avancés. Ce déficit d’inflation par rap-
0,15 0,15 port aux prédictions modélisées pourrait être un signe que
* les anticipations d’inflation des décideurs de prix ont plus
diminué que celles saisies par les mesures tirées d’enquêtes
0,10 0,10
** utilisées dans l’analyse économétrique, ou que le sous-
** emploi des capacités est plus grave dans certains pays.
0,05 0,05
D’après le présent chapitre, le cadre de politique mo-
nétaire joue un rôle important dans la sensibilité des an-
0,00 0,00 ticipations d’inflation à l’inflation inattendue. Les amé-
Professionnels
Ménages
Échantillon
complet
Avant la VPE
VPE
Professionnels
Échantillon
complet
Avant la VPE
VPE
l’inflation est plus persistante et la possibilité que le demande. Étant donné la nature généralisée de la désin-
sous-emploi des capacités soit plus grave qu’estimé ac- flation et le fait que nombre de pays assouplissent alors
tuellement dans certains pays semblent indiquer que des leur politique monétaire en même temps, ce qui allège
risques à la baisse pèsent sur cette prévision du scénario la pression à la baisse que cet assouplissement exerce
central. Le risque d’une nouvelle régression progressive sur le taux de change, une politique de détente moné-
des anticipations d’inflation à moyen terme et d’une pé- taire n’est pas suffisante pour maintenir l’ancrage des
riode prolongée de faible inflation en résultant est plus anticipations d’inflation à moyen terme à la cible de la
que banal dans certains pays. banque centrale. Pour atténuer le risque d’une faiblesse
Les principales conclusions du présent chapitre (gé- prolongée de la demande et de l’inflation, il convien-
néralisation de la désinflation dans les pays, répercus- drait de la compléter par un programme exhaustif pré-
sions transfrontalières des forces désinflationnistes, sen- voyant un dosage de mesures budgétaires plus favorables
sibilité plus forte des anticipations à moyen terme aux à la croissance (de nature expansionniste lorsqu’un es-
informations et convergence du sous-emploi des capa- pace budgétaire est disponible), des réformes structu-
cités dans nombre de grands pays) requièrent de déployer relles en faveur de la demande et des actions visant à
des efforts exhaustifs et coordonnés pour s’attaquer aux s’attaquer aux faiblesses des bilans des banques et des en-
risques d’une inflation faible. Étant donné la marge de treprises. Des politiques de revenus pourraient aussi être
manœuvre limitée des autorités dans de nombreux pays, envisagées dans les pays où les salaires stagnent et où est
l’exploitation des synergies entre tous les moyens d’action enracinée une dynamique déflationniste afin d’amorcer
disponibles dans les pays sera essentielle46. une spirale saine hausse des prix/des salaires.
•• Dans les pays qui connaissent un sous-emploi persistant •• Il conviendrait d’éviter les mesures génératrices de dis-
des capacités et où l’inflation est constamment en deçà de torsions qui perpétuent les surcapacités dans les sec-
la cible de la banque centrale, il est crucial de maintenir teurs des biens échangeables : non seulement elles pé-
un degré approprié d’accommodation monétaire pour nalisent l’allocation des ressources et, lorsqu’elles sont
aider à préserver l’ancrage des anticipations d’inflation à financées par le crédit, fragilisent la qualité des actifs
moyen terme et atténuer la perception que la politique du système bancaire, mais elles exercent aussi sur l’éco-
monétaire est devenue inefficace. Si les mesures moné- nomie d’un pays des tensions désinflationnistes qui
taires non classiques prises après la Grande Récession ont risquent de se répercuter sur les autres pays par l’inter-
rehaussé les anticipations d’inflation (voir note 5), les es- médiaire des prix à l’importation, renforçant ainsi les
timations des taux d’intérêt naturels ont été nettement pressions désinflationnistes mondiales47.
révisées à la baisse dans le temps, ce qui laisse supposer •• Enfin, l’ampleur de la désinflation et les signes que les
que la politique monétaire a peut-être été moins accom- forces désinflationnistes ont des répercussions trans-
modante récemment qu’on ne l’avait initialement pensé frontalières significatives par l’intermédiaire des prix
(pour un examen approfondi, voir le premier chapitre de à l’importation font également ressortir l’intérêt de
la présente édition des Perspectives). Lorsque les anticipa- suivre une approche coordonnée pour soutenir la de-
tions d’inflation à moyen terme semblent avoir diminué, mande dans les grands pays. Grâce à ses retombées
il conviendrait d’envisager une approche plus énergique. positives, une action menée simultanément dans tous
En particulier, un engagement crédible et transparent les pays amplifierait les effets des mesures prises dans
de dépasser faiblement et temporairement la cible d’in- chaque pays. Des initiatives coordonnées pour s’atta-
flation offrirait une protection utile contre les risques de quer simultanément à la faiblesse de la demande et de
déflation et de récession en abaissant les taux réels à long l’inflation dans les pays avancés et pour intensifier les
terme, même si le taux directeur nominal se situe à sa va- efforts déployés actuellement pour réduire les surca-
leur plancher effective, de façon à générer une trajectoire pacités dans les pays touchés par un important sous-
de demande plus forte et à ramener plus rapidement emploi des capacités auraient plus d’effet qu’une ap-
l’inflation vers la cible (voir encadré 3.5; FMI, 2016c; proche en solitaire.
Gaspar, Obstfeld et Sahay, à paraître).
47En Chine, les autorités ont déjà indiqué leur intention de s’atta-
•• D’autres moyens d’action doivent être ajustés sur la quer aux surcapacités, en commençant par les secteurs du charbon et
politique monétaire accommodante pour stimuler la de l’acier, pour lesquels des objectifs de réduction des capacités ont été
fixés, parallèlement à la mise en place d’un fonds pour absorber le coût
social de l’opération. La restructuration a débuté au niveau local dans
46Pour un examen approfondi et des études de cas, voir Gaspar, les provinces dotées de finances publiques relativement solides et d’une
Obstfeld et Sahay (à paraître). économie plus diversifiée (FMI, 2016b).
Encadré 3.1. Sous-emploi des capacités industrielles et inflation mesurée par les prix à la production
La récente baisse de l’inflation a été beaucoup plus Graphique 3.1.1. Chine, Japon et États-Unis :
prononcée dans le secteur manufacturier que dans celui inflation mesurée par les prix à la production
des services. Dans la logique de cette tendance, un en- et ceux à la consommation
semble croissant de preuves fait ressortir les nettes sur- (En pourcentage)
capacités d’un vaste éventail de secteurs industriels,
où la croissance de la production ralentit sensible- Inflation mesurée Inflation mesurée
par l’IPC par l’IPP
ment (National Association of Manufacturers, 2016;
Organisation de coopération et de développement éco- 12 1. Chine
10
nomiques, 2015)1. Le présent encadré contient des esti-
8
mations du sous-emploi des capacités industrielles dans 6
trois pays : Chine, États-Unis et Japon2, pour lesquels 4
l’indice des prix à la production (IPP) a récemment pu- 2
0
rement et simplement reculé et où un ralentissement gé- –2
néral, quoique à des degrés divers, de la hausse des prix à –4
la consommation été enregistré (graphique 3.1.1). Des es- –6
timations du sous-emploi des capacités (écart de produc- –8
–10
tion) pour chaque pays, à la fois dans son ensemble et son 2006 07 08 09 10 11 12 13 14 15 16 :
secteur industriel pris séparément, sont obtenues en utili- T1
sant un filtre étendu à plusieurs variables comportant des
12 2. Japon
informations sur le PIB, la hausse des prix à la consom- 10
mation, l’inflation mesurée par l’IPP et la production 8
industrielle. La stratégie d’identification repose sur des 6
4
équations établissant, pour chacun des pays, une relation
2
entre l’inflation et les écarts estimés3. L’équation clé res- 0
semble à la courbe de Phillips classique, mais est limitée –2
au secteur industriel. Elle exprime l’inflation mesurée par –4
–6
l’IPP sous forme d’une fonction de l’écart de production –8
estimé du secteur industriel, de l’inflation anticipée et des –10
valeurs passées et futures de l’inflation globale. 2006 07 08 09 10 11 12 13 14 15 16 :
T1
Les résultats donnent à penser que le sous-emploi des
capacités industrielles était au premier trimestre de 2016 12 3. États-Unis
de l’ordre de 5,5 % en Chine, de 5 % au Japon et de 10
8
Le présent encadré a été rédigé par Kevin Clinton, Zoltan 6
Matyas Jakab, Douglas Laxton et Fan Zhang. 4
1La production industrielle recouvre les industries manufactu- 2
0
rières et extractives et les services d’utilité publique (avec, dans le
–2
cas des États-Unis, des poids relatifs de 78, 12 et 10 %, respective-
–4
ment). La production industrielle totale est utilisée au lieu de celle –6
du secteur manufacturier, à cause du nombre limité de données. –8
Aux États-Unis, la croissance annuelle moyenne de la production –10
industrielle est revenue d’environ 2,5 % en 2011–13 à 0,3 % du- 2006 07 08 09 10 11 12 13 14 15 16 :
rant la période comprise entre le second semestre de 2014 et le pre- T1
mier semestre de 2016. Au Japon et en Chine, le taux de croissance Source : estimations des services du FMI.
est tombé de 0,3 à –2,5 % et de 10,7 à 6,3 %, respectivement, pen- Note : IPC = indice des prix à la consommation;
dant la même période. IPP = indice des prix à la production.
2La production industrielle de la Chine, des États-Unis et du
Le présent encadré a été rédigé par Elif Arbatli, Samya Beidas- 1Pour une analyse des retombées des cours des produits de base
Japon a aussi été tenue responsable des pressions défla- Meade, 2007; Dincer et Eichengreen, 2014) semblent indiquer
tionnistes, car la faiblesse de la croissance potentielle et que la Banque d’Angleterre, la Réserve fédérale et la Banque cen-
trale européenne, par exemple, ont obtenu de meilleurs résultats
ses conséquences sur la viabilité budgétaire sont accu-
(en matière de transparence des politiques) lors de la crise financière
sées d’entraver la demande (Anderson, Botman et Hunt, mondiale que le Japon pendant les périodes de faible inflation et de
2014). Parallèlement, la population âgée pouvait générer déflation que ce pays a traversées.
Encadré 3.3. Quel rôle jouent vraiment les cours mondiaux dans la hausse des prix alimentaires?
Une inflation galopante a souvent accompagné, voire Graphique 3.3.1. Poids des denrées
précédé, une spirale des prix alimentaires1, à cause en alimentaires dans la consommation
partie de la part considérable des denrées alimentaires et le PIB par habitant
dans la consommation, notamment dans les pays à faible 80
revenu (graphique 3.3.1). La baisse des cours alimen-
70
taires mondiaux depuis 2011 a donc réactivé l’intérêt
calculer le prix mondial correspondant du panier intérieur de des autres produits de 1,4 point de pourcentage par an entre 2010
consommation de denrées alimentaires (en d’autres termes, le prix et 2015 dans les 41 pays de l’Afrique subsaharienne composant
que les consommateurs de ce pays devraient payer s’ils achetaient l’échantillon. Dans les pays, aussi bien avancés qu’émergents, les
un panier analogue sur le marché mondial). Dans le cas de l’Afrique écarts sont respectivement de 0,8 et de 0,5 point de pourcentage
subsaharienne, les données disponibles ne permettant d’effectuer ce pendant la même période.
calcul que pour 17 des 41 pays, les pondérations moyennes des pays 4Les variables explicatives des régressions portant sur des pays spé-
à faible revenu ou à revenu intermédiaire de l’échantillon étant ap- cifiques sont l’indice de l’inflation mesurée par les prix alimentaires
pliquées à l’ensemble de l’échantillon. L’analyse est concentrée sur FAB courants et jusqu’à six retards en monnaie locale (calculé comme
les prix à l’importation FAB en monnaie locale pour neutraliser les la variation en pourcentage du produit de l’indice des cours alimen-
effets des variations du taux de change. taires mondiaux en dollars par le taux de change du pays par rapport
350
115
300
250
110
200
150
105
100
50
2000 05 10 15 100
300
250 90
2000 05 10 15
200
Source : calculs des services du FMI.
150
100
Bien que la masse de la distribution des coefficients de
50
2000 05 10 15 transmission soit essentiellement comprise entre 0,1
et 0,2 (la médiane est de l’ordre de 0,12), la variation
400 3. Afrique subsaharienne entre les pays est considérable. La répercussion est proche
350 de 0,4 pour certains d’entre eux et dépasse 1 dans le cas
300 d’une observation aberrante (Éthiopie). En général, tant
la répercussion moyenne que la dispersion transfronta-
250
lière des coefficients de transmission sont plus sensibles
200 dans les pays de l’Afrique subsaharienne que dans les
150 pays avancés ou émergents. En outre, lorsque l’échan-
tillon est divisé en deux sous-périodes (la première cou-
100
vrant la hausse sensible des prix alimentaires en 2006–08
50 et la seconde leur diminution en 2009 et à compter
2000 05 10 15
de 2011), les répercussions semblent être plus fortes en
Source : calculs des services du FMI. règle générale et plus dispersées qu’au cours de la période
précédente (graphique 3.3.5). Pour expliquer la disper-
sion des coefficients de transmission entre les pays et les
au dollar), augmenté des retards de la hausse des prix alimentaires périodes, une régression des divers coefficients obtenue
intérieurs (la longueur du retard de chaque régression étant fixée en à partir de la période de l’échantillon est effectuée avec
fonction de critères statistiques normalisés). Le coefficient de trans- divers facteurs, y compris ceux identifiés dans de précé-
mission est alors calculé comme le quotient de la somme des coeffi-
dentes études (par exemple Gelos et Ustyugova, 2012).
cients de hausse des prix alimentaires FAB par 1, déduction faite de la
somme des coefficients de hausse retardée des prix alimentaires inté- Les résultats de cet exercice empirique font ressortir le
rieurs (en d’autres termes, les coefficients autorégressifs). rôle des niveaux de revenu, des régimes de change, de
0,30 20
15
0,25
10
0,20
5
0,15 0
< –0,5 –0,3 –0,1 0,1 0,3 0,5 0,7 0,9
–0,4 –0,2 0,0 0,2 0,4 0,6 0,8 > 1,0
Coefficients de transmission
0,10
Distribution des fréquences (observations) 25 2. 2009–15
0,05
20
0,00 15
Pays Pays Afrique
avancés émergents subsaharienne
10
Source : calculs des services du FMI.
Note : Les traits verticaux représentent les écarts interquartiles. 5
0
< –0,5 –0,3 –0,1 0,1 0,3 0,5 0,7 0,9
l’ouverture au commerce alimentaire et de l’instabilité –0,4 –0,2 0,0 0,2 0,4 0,6 0,8 > 1,0
de la production dans la formulation des coefficients de Coefficients de transmission
transmission (tableau 3.3.1) :
Source : calculs des services du FMI.
•• Un revenu par habitant élevé va de pair avec une
répercussion faible des cours alimentaires internatio-
naux. Une explication de ce résultat est que les pays
riches consomment en règle générale des produits •• Les répercussions sont faibles dans les pays où des
alimentaires à forte valeur ajoutée dont les compo- droits de douane en général élevés frappent les produits
santes non échangeables, comme les services de agricoles, dans la logique de la notion que ces droits
distribution, représentent une part importante du réduisent la négociabilité de certains produits ali-
coût total. mentaires intérieurs.
•• Un régime de change stable s’accompagne de fortes •• Les répercussions sont fortes dans les pays dont la croissance
répercussions. Lorsque le taux de change est fixe, les est instable. Plusieurs explications peuvent être données
prix FAB en monnaie locale reflètent plus directe- à cette conclusion. Une explication simple est que les
ment les cours mondiaux, ce qui atténue les écarts prix sont d’autant moins rigides que l’économie est
par rapport à la loi du prix unique associée à l’insta- instable, de sorte que la répercussion de cours mon-
bilité non anticipée du taux de change. diaux élevés sur les prix de détail est plus forte.
•• Les répercussions sont fortes dans les pays qui, par
rapport au PIB, sont de grands exportateurs ou impor- Ces observations donnent à penser que, lorsqu’elles
tateurs nets de denrées alimentaires. Ce résultat tient sont faibles, les répercussions des cours mondiaux sur
à ce que la composante échangeable des denrées les prix alimentaires intérieurs n’améliorent pas néces-
alimentaires augmente sans doute parallèlement aux sairement le bien-être. Ce peut être le cas, par exemple,
exportations ou aux importations en termes nets. lorsqu’elles tiennent à des droits de douane élevés qui
Nombre d’observations 81 81
R2 0,564 0,517
R 2 ajusté 0,509 0,484
Sources : autorités nationales; estimations des services du FMI.
Note : La variable dépendante est le coefficient de transmission estimé 5Voir le chapitre 1 pour des informations sur la part des produits
indiqué au graphique 3.4. Les statistiques t robustes sont entre paren- locaux dans la consommation alimentaire intérieure et un examen
thèses. IPC = indice des prix à la consommation. ***, **, * indiquent la général du rôle des denrées alimentaires dans la production et la
signification à l’intervalle de 1, 5 et 10 %, respectivement.
consommation.
Encadré 3.4. Les retombées des prix des produits de base sur la hausse des prix à la production
Le chapitre met en évidence un ralentissement généra- Graphique 3.4.1. Prix des produits de base
lisé ces dernières années de la hausse des prix à la produc- et prix à la production
tion, surtout dans le secteur manufacturier, dans les pays (Janvier 2014 = 100; moyenne simple
avancés. Ce ralentissement a été particulièrement marqué par groupes de pays)
chez les importateurs de produits de base, ce qui donne à Cours mondiaux des produits de base
penser que les liens internationaux entre les intrants sont (échelle de droite)
Importateurs de produits de base (IPP)
un circuit clé que les pressions déflationnistes empruntent Exportateurs de produits de base (IPP)
pour se répercuter dans les pays (graphique 3.4.1). Cela
étant, le présent encadré utilise des données sectorielles 110 120
de quatre pays avancés (Allemagne, Corée, France et
Pays-Bas) pour examiner le rôle joué dans ce ralentisse- 105
ment par le fléchissement des cours internationaux des
produits de base et des autres prix à l’importation1. 100 100
L’approche empirique suivie pour décomposer la contri-
95
bution des prix des différents intrants à la hausse des prix à
la production sectoriels suit la méthodologie mise au point
90 80
par Ahn, Park et Park (2016). En particulier, la spécifica-
tion ci-après est utilisée pour estimer les effets des prix des 85
intrants intérieurs (DOM it ), importés (IMP it ) et les coûts
du travail (ULC it )sur les prix intérieurs à la production 80 60
(Pit
) au niveau des secteurs des pays2 :
75
ln(Pit ) = β 1 α i,DOM ln(DOM it ) + β 2 α i,IMP ln(IMP it )
+ β 3 α i,ULC ln(ULC it ) + ε it, (3.4.1)
70 40
Avril
où it représente le secteur i à l’instant t, ln les logs, et αi,X 2014 15
16
est la part de chaque catégorie d’intrants dans la struc- Sources : Banque de Corée; Eurostat; Haver Analytics; FMI,
ture des coûts du secteur i (avec ∑ X α i,X = 1), obtenue base de données International Financial Statistics.
à partir de tableaux entrées–sorties3. Le degré de trans- Note : importateurs de produits de base : 18 pays de la
zone euro, Chine, Corée, États-Unis, Japon, Royaume-Uni;
mission des prix des intrants sur ceux à la production (β) exportateurs de produits de base : Afrique du Sud, Brésil,
peut varier selon les intrants afin de prendre en considé- Chili, Colombie. IPP = indice des prix à la production.
ration les effets d’une réaction hétérogène éventuelle aux
chocs de coûts sous-jacents. L’équation est estimée dans
des structures de panel distinctes pour les quatre pays données des tableaux entrées–sorties et celles sur les prix
(avec des effets sectoriels intérieurs fixes). Un mécanisme sectoriels sont conjuguées pour établir des indices des
de correction d’erreurs est utilisé pour tenir compte de prix des intrants et du coût du travail pour chaque sec-
la relation potentielle de cointégration entre les prix non teur intérieur i. Par exemple, l’indice des prix des intrants
stationnaires à la production et des intrants. importés pour le secteur iest obtenu comme suit :
sur la cause profonde des variations des prix des intrants importés prix dans la base de données statistiques de la Banque de Corée
(produits de base, entre autres). (système des statistiques économiques), à laquelle le public peut ac-
3La source des parts des intrants est le World Input-Output Table céder sur le Web ([Link]), ou dans celle d’Eurostat (http://
([Link] [Link]/eurostat/data/database).
Encadré 3.5. Politique monétaire : approche transparente fondée sur la gestion des risques
L’objet d’une approche de la politique monétaire fondée Graphique 3.5.1. Prévisions envisagées
sur les risques est d’éviter les graves répercussions, dont au deuxième trimestre de 2009 :
la déflation. Si elles ne se préoccupent guère des légers réduction au minimum des pertes
écarts par rapport aux résultats souhaités, les autorités at- contre fonction linéaire de réaction
tribuent un coût marginal croissant aux écarts d’inflation (En pourcentage, sauf indication contraire)
ou de production à mesure qu’ils se creusent. Cela néces- Fonction de réaction fondée
sur les prévisions d’inflation
site de prendre rapidement des mesures énergiques pour Réduction au minimum des pertes
sortir l’économie de situations où le risque de perte d’effi- 4,0 1. Taux directeur
cacité des instruments classiques s’aggrave, surtout dans un 3,5
contexte marqué par un sous-emploi persistant des capa- 3,0
2,5
cités et une inflation faible, ainsi que par un taux d’intérêt
2,0
directeur à sa valeur plancher effective (VPE). 1,5
Les anticipations jouent un rôle crucial dans l’effica- 1,0
0,5
cité de la politique monétaire. L’ajustement du taux d’in-
0,0
térêt à très court terme de la banque centrale, instrument 2009 10 11 12
classique de politique monétaire, n’a en soi qu’un effet 2 2. Écart de production
négligeable sur l’ensemble de l’économie. Sa portée tient 1
à son influence sur la trajectoire des taux d’intérêt à court 0
terme anticipée par le marché, qui, à son tour, a un effet –1
sur les taux d’intérêt à moyen ou à long terme auxquels –2
les ménages et les entreprises investissent et empruntent. –3
Cependant, la trajectoire que doivent emprunter les –4
taux d’intérêt directeurs pour que l’inflation atteigne la 2009 10 11 12
cible fixée par la banque centrale n’est pas unique. Par 3. Inflation globale
4 (Variation en pourcentage
exemple, cet établissement peut envisager de suivre une
3 d’une année sur l’autre)
stratégie qui ramène graduellement l’inflation vers la cible,
en appliquant peu à peu l’instrument de politique moné- 2
taire sur plusieurs trimestres, ou bien prévoir de suivre une 1
approche rapide et énergique. En l’absence d’orientations
0
données directement par les autorités, les taux directeurs
–1
anticipés par le marché ne suivent pas nécessairement la 2009 10 11 12
trajectoire souhaitée par la banque centrale.
10 4. Taux de chômage
Le présent encadré propose des simulations de modèle
9
pour illustrer comment un engagement crédible et trans-
parent d’appliquer énergiquement une politique moné- 8
taire accommodante peut réduire le risque de récession et 7
de déflation même si le taux directeur se situe à sa VPE1. 6
Un modèle néokeynésien standard de l’économie cana- 5
dienne est utilisé pour simuler une répétition contrefac- 2009 10 11 12
tuelle de l’histoire de la crise financière mondiale dans le Source : estimations des services du FMI.
cadre de deux stratégies possibles. Avec la première stra-
tégie, fondée sur le principe de la gestion des risques, la
banque centrale réduit au minimum une fonction de linéaire de réaction des autorités fondée sur des prévi-
perte en imposant un coût marginal fortement crois- sions d’inflation (en d’autres termes une règle de Taylor
sant aux écarts de production et à ceux de l’inflation par prospective). Les scénarios contrefactuels simulés com-
rapport à la cible. La seconde stratégie suit une fonction mencent au deuxième trimestre de 2009 et sont résumés
au graphique 3.5.1 :
Le présent encadré a été rédigé par Kevin Clinton, Douglas
•• La stratégie de gestion des risques (courbe en rouge)
Laxton et Hou Wang. nécessite de maintenir le taux directeur à sa VPE
1Pour plus de précisions, voir Obstfeld et al. (à paraître). (en l’occurrence 0,25 % par hypothèse) jusqu’au
Le premier choc envisagé est un recul temporaire de 1 % Graphique de l’annexe 3.2.1. Pays avancés où la politique
de la demande intérieure dans chacune des trois économies. monétaire est sous contrainte : effets des chocs
D’après les résultats indiqués au graphique 3.4, les pays ne de désinflation sur l’inflation sous-jacente
(Points de pourcentage; années après le choc sur l’axe des abscisses)
tombent pas dans le piège de la déflation, même si le fonc-
tionnement de leur politique monétaire est entravé, aussi Cours du pétrole Prix à l’exportation de la Chine
Cours du pétrole + prix à l’exportation
longtemps que les anticipations d’inflation restent bien an- de la Chine
crées, mais, lorsqu’elles s’effondrent, le délai nécessaire pour 1,0 1. États-Unis
sortir de la déflation est éventuellement très long.
Les résultats du chapitre donnent à penser que le recul 0,5
des prix à l’importation a également joué un rôle impor-
0,0
tant dans la baisse récente de l’inflation dans de nombreux
pays. Si, dans des circonstances normales, ils ont en général –0,5
un effet temporaire sur l’inflation et ne sont donc pas un
sujet de préoccupation pour la dynamique de l’inflation, –1,0
les prix à l’importation pourraient éventuellement le de-
–1,5
venir dans la conjoncture actuelle marquée par une poli- 0 1 2 3 4 5
tique monétaire dont le fonctionnement est entravé et les
1,0 2. Zone euro
signes d’un désancrage des anticipations d’inflation.
Pour évaluer les éventuelles conséquences déflationnistes 0,5
de ce qui précède, deux chocs sur les prix à l’importation
sont étudiés. Le premier est une chute des cours du pé- 0,0
Graphique de l’annexe 3.2.2. Pays avancés où la politique la consommation pour compenser les pressions à la
monétaire est sous contrainte et les anticipations baisse exercées par la progression des taux d’intérêt
d’inflation sont désancrées : effets des chocs de désinflation
réels. Une hausse de la demande des consommateurs
sur l’inflation sous-jacente
(Points de pourcentage; années après le choc sur l’axe des abscisses) et une baisse des coûts des intrants stimulent aussi
l’investissement. L’augmentation de la demande in-
Politique monétaire sous contrainte
Politique monétaire sous contrainte + anticipations d’inflation désancrées térieure qui en résulte est par la suite suffisante pour
faire cesser, puis inverser, le recul de l’inflation. Les ef-
1,0 1. États-Unis fets d’une baisse des prix à l’importation sur l’inflation
varient selon les pays en fonction : 1) de leur dépen-
0,5
dance à l’égard des importations de pétrole, 2) de l’im-
0,0
portance de leurs liens commerciaux avec la Chine,
3) de l’effet de richesse généré par la baisse de ces prix,
–0,5 et 4) du degré de souplesse des salaires et des prix.
•• Politique monétaire sous contrainte et désancrage des an-
–1,0
ticipations d’inflation — Si le fonctionnement de la
–1,5 politique monétaire est entravé et que les anticipa-
0 1 2 3 4 5 tions d’inflation perdent leur ancrage, une baisse des
prix à l’importation peut engendrer une désinflation
1,0 2. Zone euro persistante. L’inflation reste en deçà du taux de réfé-
rence pendant plus de cinq ans (graphique de l’an-
0,5
nexe 3.2.2). Ce résultat s’explique par les pressions
0,0 déflationnistes supplémentaires qu’exerce le recul des
anticipations d’inflation, qui peut amplement neutra-
–0,5 liser les retombées positives de l’inflation associées à
–1,0
l’augmentation de l’effet de richesse dont bénéficient
les ménages à moyen terme. Les résultats de ce scé-
–1,5 nario semblent indiquer que, si les anticipations d’in-
0 1 2 3 4 5
flation perdent leur ancrage, il peut être très difficile
d’atténuer les répercussions de la baisse des prix à l’im-
1,0 3. Japon
portation sur l’inflation sous-jacente en l’absence de
0,5 mesures supplémentaires pour stimuler la demande.
0,0
Annexe 3.3. Analyse des
–0,5 principales composantes
–1,0 Une analyse des principales composantes est utilisée
pour évaluer dans quelle mesure la récente baisse de l’in-
–1,5 flation est un phénomène courant dans tous les pays52.
0 1 2 3 4 5
Ses résultats donnent à penser que les trois premiers fac-
Source : estimations des services du FMI. teurs communs expliquent environ 80 à 90 % de la va-
Note : Le graphique indique la réaction de l’inflation sous-jacente après un choc
conjugué sur les cours internationaux du pétrole et sur les prix à l’exportation riation de l’inflation dans les pays avancés en 2000–08
de la Chine. Dans le modèle, la valeur plancher effective des taux d’intérêt et en 2009–15, respectivement, et 75 % approximative-
nominaux est par hypothèse une contrainte qui pèse sur le fonctionnement ment dans les pays émergents ou en développement du-
de la politique monétaire classique dans tous les pays. Dans l'autre scénario
(courbe en rouge), les chocs d’inflation ont aussi par hypothèse des effets rant les deux périodes. L’importance de ces facteurs est
sur les anticipations d’inflation. cependant très différente selon les pays. Par exemple, les
facteurs communs jouent un plus grand rôle en Espagne
52L’analyse des principales composantes est une procédure statistique
qui transforme les données en une série de valeurs de variables non cor-
rélées linéairement — principales composantes. Voir Rabe-Hesketh et
Everitt (2007).
Graphique de l’annexe 3.3.1. Variation de la hausse des prix Graphique de l’annexe 3.3.2. Premier facteur
à la consommation : part expliquée par différents facteurs commun et cours des produits de base
(En pourcentage) (En pourcentage)
er e e Premier facteur commun (échelle de droite)
1 facteur 2 facteur 3 facteur Facteurs propres
à chaque pays Variation des cours des combustibles
1. Pays avancés Variation de l’ensemble des cours des produits de base1
100
60 3
80
60 40 2
40
20 1
20
0
FRA DEU LUX ITA AUT FIN IRL GRC CAN GBR NLD LVA HKG SGP NOR KOR CZE SVN 0 0
ESP BEL DNK CHE USA CYP PRT EST SWE NZL LTU SVK MLT ISL AUS ISR JPN TWN
80 80
–40 –2
60 60
40 40
–60 –3
2000 05 10 15
20 20
Sources : Haver Analytics; FMI, base de données des cours des produits de base;
0 0 estimations des services du FMI.
FRA DEU LUX AUT CYP PRT EST LTU SVK SVN PHL MYS CHN PAK 1
ESP BEL ITA FIN IRL GRC NLD LVA MLT Indice des prix utilisant des pondérations basées sur la moyenne des recettes
IND THA VNM IDN
d’exportation mondiales sur la période 2002–04.
4. PEPD d’Europe et CEI 5. PEPD d’Amérique latine
et Afrique du Sud
100 100
Des analyses supplémentaires utilisant une modélisa-
80 80 tion bayésienne moyenne et les moindres carrés pon-
60 60 dérés constatent qu’en fait, les cours des produits de base
se distinguent de plusieurs variables (ralentissement de la
40 40
production industrielle mondiale, croissance décevante
20 20 dans les pays émergents, notamment) comme étant étroi-
0 0 tement liés au premier facteur commun.
MDA HUN POL UKR SRB TUR BRA MEX CHL ZAF
HRV BLR RUS BGR ROU VEN PER COL
Sources : Haver Analytics; estimations des services du FMI. Annexe 3.4. Éléments moteurs
Note : CEI = Communauté des États indépendants; PEPD = pays émergents
et pays en développement. Les codes de pays utilisés sont ceux
de la récente baisse de l’inflation
de l’Organisation internationale de normalisation (ISO).
Cadre empirique
et en France, et ceux qui sont propres aux pays en La version ci-après de l’équation de la courbe de
Afrique du Sud, en Islande et en Israël, par exemple (gra- Phillips est estimée :
phique de l’annexe 3.3.1).
πt = γ t πte + h + (1 - γ t πt ̃ - 1 + θt utc + μt πtm
) + ε t , (3.4.1)
S’il peut exister une corrélation entre de nombreuses
variables et les trois premiers facteurs communs, l’évo- où πtreprésente l’inflation trimestrielle annualisée me-
lution dans le temps du premier de ces facteurs, par surée par l’indice général des prix à la consomma-
exemple, est étroitement liée aux variations des cours tion, πte + h les anticipations d’inflation à hannées (des
des produits de base (graphique de l’annexe 3.3.2)53. anticipations à dix ans sont utilisées dans la spécification
53Pour des constatations analogues, voir l’édition d’avril 2015 des
de référence), πt ̃ - 1 est la moyenne mobile de l’inflation
Perspectives économiques régionales : Asie et Pacifique et le 2015 Spillover sur les quatre trimestres précédents, u tc représente le chô-
Report (FMI, 2015). mage cyclique, π tm le prix relatif des importations (par
définition, le déflateur des prix à l’importation par rap- chômage cyclique estimées à l’aide du filtre de Kalman
port à celui du PIB), et ε t le résidu. (avec une éventuelle distorsion en fin d’échantillon) par
Les coefficients et le taux de chômage non accéléra- une mesure tirée des estimations de l’écart de produc-
teur de l’inflation (NAIRU) suivent par hypothèse des tion dans la base de données des Perspectives de l’éco-
marches aléatoires avec contraintes (γ t ∈ (0,1), θ t < 0, nomie mondiale du FMI et de celles du coefficient de la
μt > 0, le NAIRU ne faisant l’objet d’aucune restric- loi d’Okun propres à chaque pays indiquées dans Ball,
tion). Le chômage cyclique est censé suivre un processus Furceri et Loungani (à paraître); les résidus sont ajustés
AR(1) : u tc = ρ ut-1 εu t , avec uc t =
c + ut - u t* , dans lequel ut en conséquence. La simulation est dynamique en ce
représente le taux de chômage et u t le NAIRU, et ε ut suit
* sens que le terme de l’inflation retardée est fixé à ses va-
par hypothèse N(0, σ2 u) . leurs simulées. C’est pourquoi la décomposition intègre
Le modèle est estimé pays par pays en utilisant une les effets des variations de l’inflation retardée qui sont
probabilité maximum obtenue par un filtre de Kalman attribuables aux précédents mouvements des variables
non linéaire avec contraintes pour un échantillon de explicatives, ce qui devient plus pertinent puisque l’in-
44 pays avancés ou émergents entre le premier trimestre flation est plus persistante.
de 1990 et le premier trimestre de 2016.
Tests de robustesse
Une caractéristique importante du modèle est qu’il
tient compte des variations dans le temps de tous les Mesure des anticipations d’inflation — La spécifica-
paramètres afin de saisir les mutations structurelles de tion de référence est estimée en utilisant des anticipations
chaque pays. Il présente par rapport aux régressions pro- d’inflation à dix ans tirées de Consensus Economics pour
gressives quatre avantages : 1) il utilise toutes les obser- deux raisons : 1) les anticipations à long terme sont une
vations de l’échantillon pour estimer l’ampleur des pa- bonne approximation des cibles de la banque centrale,
ramètres de chaque année, ce qui, par construction, de sorte qu’il est possible d’interpréter le paramètre γ
n’est pas possible dans les régressions progressives; 2) les comme le degré auquel l’inflation globale est liée à la
changements apportés aux paramètres pour une période cible de la banque centrale, phénomène qualifié en gé-
donnée proviennent des innovations ayant marqué cette néral d’«ancrage eu égard au niveau (level anchoring)»
période, et non de chocs qui se sont produits pendant (Ball et Mazumder, 2011); et 2) les anticipations à long
les périodes voisines; 3) il intègre le fait que les struc- terme sont moins corrélées à l’inflation aussi bien cou-
tures économiques évoluent en général lentement et dé- rante que retardée et donc moins exposées aux problèmes
pendent du passé récent; et 4) il tient compte des éven- de multicolinéarité et de causalité inverse.
tuelles non-linéarités (Swamy et Mehta, 1975). Pour tester la robustesse des résultats, deux versions de
l’équation (3.4.1) sont estimées. La première utilise des
Décomposition anticipations d’inflation à un an au lieu de dix ans, et la
La dynamique de l’inflation est décomposée comme seconde des anticipations à un an, mais omet le terme de
dans Yellen (2015). L’exercice est construit sous forme l’inflation retardée. Dans le cas des pays avancés, les résul-
d’écarts par rapport aux cibles d’inflation, en utili- tats sont dans l’ensemble analogues à ceux obtenus en ré-
sant la moyenne des anticipations à dix ans sur la pé- férence (plage 1 du graphique de l’annexe 3.4.1)55. Dans
riode 2000–07 à titre d’approximation des cibles. La celui des pays émergents, toutefois, l’utilisation d’antici-
contribution de chaque variable explicative est obtenue pations à court terme se traduit par des résidus nettement
en en fixant la valeur à zéro et en comparant la prédic- moins importants, surtout pour les pays où l’inflation dé-
tion du modèle avec celle obtenue lorsque toutes les va- passe les anticipations à long terme (plages 2 et 3 du gra-
riables explicatives sont fixées à leur valeur historique54. phique de l’annexe 3.4.2).
Celle des prix des importations à l’inflation est encore Mesure du chômage cyclique — Les estimations du chô-
décomposée entre la contribution de ces prix en dollars mage cyclique sont en général très incertaines. Pour tester
et les variations du taux de change des pays par rapport la robustesse des résultats, deux estimations sont utili-
à cette monnaie. Celle du ralentissement du marché sées : 1) le taux de chômage filtré (Hodrick-Prescott),
du travail est calculée en remplaçant les séries sur le et 2) les écarts des taux de chômage par rapport à des
moyennes mobiles quinquennales. Selon les résultats
54L’analyse suppose que le ralentissement du marché du travail et les
prix à l’importation ne modifient pas les anticipations d’inflation à dix 55Les résultats des anticipations d’inflation à deux ou trois ans (non
ans, ce qui est confirmé par l’analyse complémentaire de l’effet de ces indiqués dans le présent document en raison de contraintes d’espace)
deux variables sur les anticipations d’inflation. sont dans l’ensemble analogues à ceux des anticipations à un an.
Graphique de l’annexe 3.4.1. Contribution aux écarts Graphique de l’annexe 3.4.2. Contribution aux écarts
d’inflation par rapport aux cibles en utilisant d’inflation par rapport aux cibles en utilisant
diverses mesures des anticipations d’inflation diverses mesures du chômage cyclique
Anticipations d’inflation Prix relatifs à l’importation, en dollars
Anticipations d’inflation Prix relatifs à l’importation, en dollars en deçà de la cible Chômage cyclique
en deçà de la cible Chômage cyclique Taux de change1 Écart d’inflation par rapport
Taux de change1 Écart d’inflation par rapport Autres à la cible2
Autres à la cible2
0,2 1. Pays avancés3
3
0,2 1. Pays avancés
0,0
0,0
–0,2
–0,2
–0,4
–0,4
–0,6
–0,6
–0,8
–0,8 Chômage cyclique basé Chômage cyclique Chômage cyclique sous
Anticipation à 10 ans Anticipation à 1 an Anticipation à 1 an sur la loi d’Okun obtenu par le filtre HP forme d’écart par rapport
et inflation retardée et inflation retardée et aucune inflation retardée à la tendance moyenne
mobile quinquennale
2. Pays émergents où l’inflation était en deçà 2. Pays émergents où l’inflation était en deçà
4 des anticipations à long terme en 20154 4 des anticipations à long terme en 20154
2 2
0 0
–2 –2
–4 –4
Anticipation à 10 ans Anticipation à 1 an Anticipation à 1 an Chômage cyclique basé Chômage cyclique Chômage cyclique sous
et inflation retardée et inflation retardée et aucune inflation retardée sur la loi d’Okun obtenu par le filtre HP forme d’écart par rapport
à la tendance moyenne
3. Pays émergents où l’inflation dépassait mobile quinquennale
4 les anticipations à long terme en 20155 3. Pays émergents où l’inflation dépassait
3 4
les anticipations à long terme en 20155
2 3
1 2
0 1
–1 0
–2 –1
–3 –2
Anticipation à 10 ans Anticipation à 1 an Anticipation à 1 an –3
et inflation retardée et inflation retardée et aucune inflation retardée Chômage cyclique Chômage cyclique Chômage cyclique sous
basé sur la loi d’Okun obtenu par le filtre HP forme d’écart par rapport
Sources : Consensus Economics; Haver Analytics; Organisation de coopération et
de développement économiques, base de données des Perspectives économiques; à la tendance moyenne
calculs des services du FMI. mobile quinquennale
Note : Le graphique indique les contributions moyennes en 2008–15. Les Sources : Consensus Economics; Haver Analytics; Organisation de coopération et
coefficients de la loi d’Okun sont tirés de Ball et al. (2016). de développement économiques, base de données des Perspectives économiques;
1
Par définition, le taux de change est défini comme la valeur de la monnaie par calculs des services du FMI.
rapport au dollar. Note : Le graphique indique les contributions moyennes en 2008–15. Les
2
La cible est définie comme la moyenne des anticipations d’inflation à dix ans coefficients de la loi d’Okun sont tirés de Ball et al. (2016).
en 2000–07. 1
Par définition, le taux de change est défini comme la valeur de la monnaie
3
Pays avancés énumérés au tableau 3.1.1. L’Estonie, la Lettonie, la Lituanie, par rapport au dollar.
la République slovaque et la Slovénie ne sont pas prises en compte 2
La cible est définie comme la moyenne des anticipations d’inflation à dix ans
(observations aberrantes). en 2000–07.
4
Bulgarie, Chine, Hongrie, Malaisie, Mexique, Philippines, Pologne, Roumanie, 3
Pays avancés énumérés au tableau 3.1.1. L’Estonie, la Lettonie, la Lituanie,
Thaïlande. la République slovaque et la Slovénie ne sont pas prises en compte
5
Argentine, Brésil, Chili, Colombie, Inde, Indonésie, Pérou, Russie, Turquie. (observations aberrantes).
4
Bulgarie, Chine, Hongrie, Malaisie, Mexique, Philippines, Pologne, Roumanie,
Thaïlande.
5
Argentine, Brésil, Chili, Colombie, Inde, Indonésie, Pérou, Russie, Turquie.
Graphique de l’annexe 3.4.3. Corrélation entre le sous-emploi Sous-emploi des capacités manufacturières en Chine, aux
des capacités manufacturières en Chine, aux États-Unis États-Unis et au Japon, et inflation dans les autres pays
et au Japon et la contribution à l’inflation des prix
à l’importation dans les autres pays Pour examiner la relation entre le sous-emploi des ca-
Pays avancés Pays émergents pacités manufacturières dans les grands pays clés (Chine,
États-Unis et Japon) et l’évolution de l’inflation dans les
Moyenne Médiane
autres, l’équation ci-après est estimée pour chacun des
0,05 1. 2. 0,05 44 pays avancés ou émergents de l’échantillon :
0,00 0,00
Ii,t = α + β S tj + δ Xt + ε i,t, (3.4.2)
–0,05 –0,05
–0,10 –0,10 où I est la contribution du prix des importations à l’infla-
–0,15 –0,15
tion telle qu’estimée avec l’équation (3.4.1), S représente
le sous-emploi des capacités manufacturières, j désigne
–0,20 –0,20
Sous- Sous- Sous- Sous- Sous- Sous- la Chine, les États-Unis ou le Japon, et X est une série de
emploi emploi emploi emploi emploi emploi
en Chine en Chine en Chine3
1 2
en Chine en Chine en Chine3
1 2 variables de contrôle, intégrant des facteurs mondiaux
comme les variations actuelles et antérieures des cours
0,04 3. 4. 0,04 du pétrole et de l’écart de production mondiale (défini
comme la moyenne pondérée par le PIB en dollars de
0,00 0,00 l’écart de production dans les pays)56.
Les résultats de l’analyse donnent à penser qu’il existe
–0,04 –0,04 une corrélation significative entre la contribution à l’in-
flation des prix à l’importation dans de nombreux pays
–0,08 –0,08 avancés ou émergents et le sous-emploi des capacités ma-
Sous- Sous- Sous- Sous- Sous- Sous-
emploi emploi emploi emploi emploi emploi nufacturières en Chine, aux États-Unis et au Japon. La
au Japon au Japon au Japon3
1 2
au Japon au Japon au Japon3
1 2
relation est particulièrement forte, robuste et estimée
5. 6. avec plus de précision dans le cas de la Chine. En parti-
0,20 0,20
0,15 0,15
culier, une progression de 1 point de pourcentage de ce
0,10 0,10 sous-emploi dans ce pays est en règle générale liée à une
0,05 0,05 baisse de l’inflation allant de 0,04 à 0,1 point de pour-
0,00 0,00 centage dans les autres pays (graphique 3.14), la relation
–0,05 –0,05 étant plus forte dans les pays avancés que dans les pays
–0,10 –0,10 émergents (graphique de l’annexe 3.4.3).
Sous- Sous- Sous- Sous- Sous- Sous-
emploi aux emploi aux emploi aux emploi aux emploi aux emploi aux L’équation (3.4.2) est également estimée dans un pan-
États-Unis1 États-Unis2 États-Unis3 États-Unis1 États-Unis2 États-Unis3 neau de paramétrage assorti d’effets fixes pour les pays.
Sources : Consensus Economics; Haver Analytics; Organisation de coopération Les résultats montrent que le sous-emploi des capacités
et de développement économiques; calculs des services du FMI. manufacturières en Chine est significatif à l’intervalle de
Note : Les traits verticaux représentent les écarts interquartiles. Le graphique
indique les coefficients de sous-emploi des capacités manufacturières à partir confiance de 90 % et n’est pas sensible à la neutralisa-
de régressions de la contribution à l’inflation des prix à l’importation sur diverses tion des effets des variables mondiales (graphique de l’an-
variables, dont ce sous-emploi.
1 nexe 3.4.4). Enfin, une analyse approfondie permet de
Aucun effet neutralisé.
2
Neutralisation des effets du sous-emploi des capacités manufacturières constater que cette corrélation est plus forte dans le cas
dans les deux autres pays, des variations des cours du pétrole et de l’écart des pays qui ont des liens commerciaux étroits avec la
de production mondiale.
3
Neutralisation des effets de l’écart de production mondiale et des variations des
Chine, apportant ainsi de nouvelles preuves des effets de
cours du pétrole pendant le trimestre courant et les quatre trimestres précédents. transmission imputables aux biens échangeables.
56La contribution à l’inflation des prix à l’importation est utilisée
Graphique de l’annexe 3.4.4. Corrélation entre le sous-emploi Graphique de l’annexe 3.5.1. Inflation :
des capacités manufacturières en Chine et la contribution évolution des anticipations et chocs
à l’inflation des prix à l’importation dans les autres pays : (En points de pourcentage)
résultats de régressions de panel
Évolution des anticipations d’inflation à 1, 3 et 10 ans
0,00
Médiane 1 an Médiane 3 ans Médiane 10 ans
–0,02 0,6 1. Pays avancés 2. Pays émergents 0,6
0,2 0,2
–0,06
0,0 0,0
–0,08
–0,2 –0,2
mondiale. Ils ont été pour la plupart négatifs dans les an- Graphique de l’annexe 3.5.2. Pays avancés : sensibilité
nées 90, à mesure que l’inflation diminuait, pour se rap- des anticipations d’inflation en cas de neutralisation
des effets du sous-emploi des capacités
procher de zéro dans les années 2000. Depuis 2011, le
Référence Neutralisation du sous-emploi
choc d’inflation médian dans les pays avancés est négatif. des capacités
Dans les pays émergents, s’ils ont été négatifs en règle gé-
0,40
nérale dans les années 90 et au début des années 2000,
les chocs d’inflation le sont moins depuis peu. 0,35
57Il
= α + ϑ πt news,oil
∆π et+h + γ π tnews,core
+ ϵ t+h, (3.5.4)
serait certes préférable d’inclure au membre gauche l’évolution
des anticipations du taux de chômage au même horizon que les antici-
pations d’inflation, mais les données ne sont pas disponibles. En outre, 58Par définition, les pays à valeur plancher égale à zéro sont des pays
même les anticipations du taux de chômage à un an ne sont recueillies avancés dont le taux directeur ou les taux d’intérêt nominaux à court
que pour 12 pays avancés; aussi l’échantillon de ce test de robustesse terme étaient égaux ou inférieurs à 50 points de base à un moment
est-il plus petit que celui utilisé dans la partie principale de l’analyse. quelconque au cours de la période 2009–15.
où πt news,oil
représente les chocs d’inflation causés par les sous-jacente. Les deux sensibilités étaient de l’ordre
variations des cours du pétrole, et π tnews,core
ceux n’ayant de 0,03. Le schéma qualitatif reste le même lorsqu’on exa-
aucun lien avec de telles variations. mine les anticipations d’inflation à des horizons plus loin-
La présente analyse semble indiquer que la sensibi- tains (au moins cinq ans) et que les cours du pétrole sont
lité des anticipations d’inflation à trois ans aux chocs des remplacés par l’ensemble de ceux des produits de base. Les
cours du pétrole dans un passé récent dans les pays subis- résultats laissent supposer que les anticipations d’inflation
sant la contrainte d’une valeur plancher effective était très ne perdent pas leur ancrage à cause uniquement de la forte
analogue à celle observée dans le cas de chocs d’inflation baisse des cours des produits de base, pétrole notamment.
on Policy Outcomes.” World Bank Economic Review 6 (3): Gürkaynak, Refet S., Brian Sack, and Jonathan H. Wright. 2010.
353–98. “The TIPS Yield Curve and Inflation Compensation.” American
D’Amico, Stefania, Don H. Kim, and Min Wei. 2014. “Tips Economic Journal: Macroeconomics 2 (1): 70–92.
from TIPS: The Informational Content of Treasury Inflation- Gürkaynak, Refet S., and Justin Wolfers. 2007. “Macroeconomic
Protected Security Prices.” Finance and Economics Discussion Derivatives: An Initial Analysis of Market-Based Macro
Series 2014–24, Federal Reserve Board, Washington. Forecasts, Uncertainty, and Risk.” NBER International Seminar
Daly, Mary, and Bart Hobijn. 2015. “Why Is Wage Growth on Macroeconomics 2005 (2): 11–50.
So Slow?” Federal Reserve Bank of San Francisco Economic Hofmann, Boris, and Feng Zhu. 2013. “Central Bank Asset
Letter 2015–01, January 5. Purchases and Inflation Expectation.” BIS Quarterly Review
Daly, Mary, Bart Hobijn, and Brian Lucking. 2012. “Why (March): 23–35.
Has Wage Growth Stayed Strong?” Federal Reserve Bank of International Monetary Fund. 2003. “Deflation: Determinants,
San Francisco Economic Letter 2012–10, April 2. Risks, and Policy Options—Findings of an Interdepartmental
Dincer, N. Nergiz, and Barry Eichengreen. 2014. “Central Bank Task Force.” Washington, June.
Transparency and Independence: Updates and New Measures.” ———. 2006. Chapter 3, “How Has Globalization Affected
International Journal of Central Banking 10 (1): 189–259. Inflation?” In World Economic Outlook. Washington, April.
Eggertsson, Gauti B. 2006. “Fiscal Multipliers and Policy ———. 2013. Chapter 3, “The Dog That Didn’t Bark: Has
Coordination.” Federal Reserve Bank of New York Staff Reports 241. Inflation Been Muzzled or Was It Just Sleeping?” In World
———, and Michel Woodford. 2003. “The Zero Bound on Economic Outlook. Washington, April.
Interest Rates and Optimal Monetary Policy.” Brooking Papers ———. 2014. “Japan: 2014 Article IV Consultation—Staff
on Economic Activity 1: 139–211. Report.” IMF Country Report 14/236. Washington.
End, Nicolas, Sampawende J. A. Tapsoda, Gilbert Terrier, and ———. 2015. 2015 Spillover Report. Washington, June.
Renaud Duplay. 2015. “Deflation and Public Finances: ———. 2016a. “Japan: 2016 Article IV Consultation—Staff
Evidence from the Historical Records.” IMF Working Report.” IMF Country Report 16/267, Washington.
Paper 15/176, International Monetary Fund, Washington. ———. 2016b. “The People’s Republic of China: 2016 Article IV
Fisher, Irving. 1933. “The Debt-Deflation Theory of Great Consultation—Staff Report.” IMF Country Report 16/270,
Depressions.” Econometrica 1 (4): 337–57. Washington.
Fuhrer, Jeffrey. 1995. “The Phillips Curve Is Alive and Well.” ———. 2016c. “United States: 2016 Article IV Consultation—
New England Economic Review (March/April). Staff Report.” IMF Country Report 16/226, Washington.
Galí, Jordi, and Mark Gertler. 1999. “Inflation Dynamics: Ito, Takatoshi, and Frederic S. Mishkin. 2006. “Two Decades
A Structural Econometric Approach.” Journal of Monetary of Japanese Monetary Policy and the Deflation Problem.” In
Economics 44 (2): 195–222. Monetary Policy with Very Low Inflation in the Pacific Rim.
Garcia, Juan Angel, and Adrian Van Rixtel. 2007. “Inflation- NBER-EASE 15: 131–202. Cambridge, Massachusetts:
Linked Bonds from a Central Bank Perspective.” Occasional National Bureau of Economic Research.
Paper Series No. 62, European Central Bank, Frankfurt. Juselius, Mikael, and Előd Takáts. 2015. “Can Demography Affect
Garcia, Juan Angel, and Thomas Werner. 2014. “Inflation Inflation and Monetary Policy?” BIS Working Paper 485, Bank
Compensation and Inflation Risk Premia in the Euro Area Term for International Settlements, Basel.
Structure of Interest Rates.” Developments in Macro-Finance Koo, Richard. 2008. The Holy Grail of Macro Economics: Lessons from
Yield Curve Modelling, edited by Jagjit S. Chadha, Alain C. J. Japan’s Great Recession. Singapore: John Wiley & Sons (Asia).
Durré, Michael A. S. Joyce, and Lucio Sarno. Cambridge: Krishnamurthy, Arvind, and Annette Vissing-Jorgenson. 2011.
Cambridge University Press. “The Effects of Quantitative Easing on Interest Rates: Channels
Gaspar, Vittor, Maurice Obstfeld, and Ratna Sahay. Forthcoming. and Implications for Policy.” Brookings Papers on Economic
“Macroeconomic Management when Policy Space Is Activity (2).
Constrained: A Comprehensive, Consistent, and Coordinated Kuroda, Haruhiko. 2013. “Overcoming Deflation and After.”
Approach to Economic Policy.” IMF Staff Discussion Note, Speech at the Meeting of Councillors of Nippon Keidanren
International Monetary Fund, Washington. (Japan Business Federation), Tokyo, December 25.
Gelos, Gaston, and Yulia Ustyugova. 2012. “Inflation Responses Kuttner, Kenneth N., and Adam S. Posen. 2002. “Fiscal Policy
to Commodity Price Shocks: How and Why Do Countries Effectiveness in Japan.” Journal of the Japanese and International
Differ?” IMF Working Paper 12/225, International Monetary Economies 16 (4): 536–58.
Fund, Washington. Leigh, Daniel. 2010. “Monetary Policy and the Lost Decade:
Guidolin, Massimo, and Christopher J. Neely. 2010. “The Effects Lessons from Japan.” Journal of Money, Credit and Banking 42
of Large-Scale Asset Purchases on TIPS Inflation Expectations.” (5): 833–57.
Economic Synopses 26, Federal Reserve Bank of St. Louis.
Levin, Andrew T., Fabio M. Natalucci, and Jeremy M. Piger. 2004. Svensson, Lars E. O. 2001. “The Zero Bound in an Open
“The Macroeconomic Effects of Inflation Targeting.” Federal Economy: A Foolproof Way of Escaping from a Liquidity Trap.”
Reserve Bank of St. Louis Review 86 (July/August): 51–80. Monetary and Economic Studies 277–321.
National Association of Manufacturers. 2016. “Global Swamy, P. A. V. B., and J.S. Mehta. 1975. “Bayesian and Non-
Manufacturing Economic Update: June 2016.” Bayesian Analysis of Switching Regressions and a Random
[Link] Coefficient Regression Model.” Journal of the American Statistical
Global-Manufacturing-Economic-Update/2016/ Association 70: 593–602.
Global-Manufacturing-Economic-Update--June-2016. Swanson, Eric T. 2016. “Measuring the Effects of Federal Reserve
Obstfeld, Maurice, Kevin Clinton, Douglas Laxton, Ondra Forward Guidance and Asset Purchases on Financial Markets.”
Kamenik, Yulia Ustyugova, and Hou Wang. Forthcoming. [Link]
“How to Improve Inflation Targeting in Canada.” IMF Working paper_1222.pdf.
Paper, International Monetary Fund, Washington. Syed, Murtaza, Kenneth Kang, and Kiichi Tokuoka. 2009.
Organisation for Economic Co-operation and Development. 2015. “Lost Decade in Translation: What Japan’s Banking Crisis
“Capacity Developments in the World Steel Industry.” http:// Could Portend about Recovery from the Great Recession.”
[Link]/sti/ind/[Link]. IMF Working Paper 09/282, International Monetary Fund,
Poloz, Stephen S. 2014. “Integrating Uncertainty and Monetary Washington.
Policy-Making: A Practitioner’s Perspective.” Discussion Tytell, Irina, and Shang-Jin Wei. 2004. “Does Financial
Papers 14–6, Bank of Canada. Globalization Induce Better Macroeconomic Policies?”
Porcellacchia, Davide. 2016. “Wage-Price Dynamics and Structural IMF Working Paper 04/84, International Monetary Fund,
Reforms in Japan.” IMF Working Paper 16/20, International Washington.
Monetary Fund, Washington. Werning, Iván. 2012. “Managing a Liquidity Trap: Monetary
Posen, Adam S. 2000, “The Political Economy of Deflationary and Fiscal Policy.” Manuscript. Massachusetts Institute of
Monetary Policy.” In Japan’s Financial Crisis and Its Parallels to Technology, Cambridge.
U.S. Experience, edited by Adam S. Posen and Ryoichi Mikitani, Williams, John. 2014. “Monetary Policy at the Zero Lower
194–208. Washington: Institute for International Economics. Bound: Putting Theory into Practice.” Brookings Institution,
Rabe-Hesketh, Sophia, and Brian Everitt. 2007. A Handbook of Washington.
Statistical Analyses Using Stata, Fourth Edition. Boca Raton, Wright, Jonathan H. 2012. “What Does Monetary Policy Do
Florida: Chapman & Hall/CRC. to Long-Term Interest Rates at the Zero Lower Bound?”
Rogoff, Kenneth. 2003. “Globalization and Global Disinflation.” The Economic Journal 122: 447–466.
Paper presented at “Monetary Policy and Uncertainty: Adapting Yellen, Janet L. 2015. “Inflation Dynamics and Monetary
to a Changing Economy,” Federal Reserve Bank of Kansas City Policy.” The Philip Gamble Memorial Lecture, University of
Conference, Jackson Hole, Wyoming, August 29. Massachusetts, Amherst, September 24.
Stock, James, and Mark W. Watson. 2007. “Why Has U.S. Yu, Edison. 2016. “Did Quantitative Easing Work?” Economic
Inflation Become Harder to Forecast?” Journal of Money, Credit Insights, Federal Reserve Bank of Philadelphia Research
and Banking 39 (s1): 3–33. Department, First Quarter.
Les retombées constituent un facteur clé qui détermine la tra- grande ampleur aujourd’hui. Si la précédente étude de
jectoire de l’économie mondiale et les risques qui l’entourent, contagion s’est surtout intéressée aux chocs économiques
mais leur nature évolue. Compte tenu du poids croissant des provenant des pays développés — comme le changement
pays émergents, les chocs qui naissent dans ces derniers, y com- de politique monétaire dans les pays d’importance systé-
pris ceux qui ne sont pas de nature économique, jouent un mique —, le poids grandissant des pays émergents, qui
rôle de plus en plus important à travers le monde. Pour illus- ont été à l’origine de l’essentiel de la croissance mondiale
trer cette évolution, ce chapitre se penche sur l’impact mon- ces dix dernières années et représentent aujourd’hui plus
dial du rééquilibrage de la Chine vers un modèle de croissance de 50 % du PIB mondial en termes de parité de pouvoir
plus durable et sur les effets de l’intensification des flux mi- d’achat, semble indiquer qu’ils constituent une source
gratoires sur les pays de départ et de destination. Si l’origine majeure de retombées qui dictent les perspectives mon-
et les modes de transmission de ces retombées sont variables, diales. En outre, les chocs de nature non économique
ces dernières ont un point commun : malgré l’impact négatif jouent un rôle plus important.
à court terme sur les pays d’accueil, elles présentent des avan- Les répercussions mondiales de la transition positive
tages potentiels à long terme. Si elle est bien gérée, la transition de la Chine vers une trajectoire de croissance plus équi-
de l’économie chinoise se traduira à terme par une croissance librée ont valeur d’exemple. La croissance soutenue de
mondiale plus durable, et les migrations pourront contribuer l’économie chinoise tirée par l’investissement au cours de
à réduire les difficultés liées au vieillissement de la popula- la dernière décennie a favorisé un essor marqué du com-
tion dans les pays d’accueil. Sur la base des récentes publica- merce mondial et dopé les prix des produits de base (gra-
tions du FMI et des nouveaux travaux d’analyse du groupe phique 4.1). Plus récemment, le ralentissement inévitable
de travail du FMI sur les effets d’entraînement, le chapitre de l’investissement en Chine et la transition actuelle vers
décrit ces retombées et examine les conséquences sur la poli- une croissance tirée par la consommation ont coïncidé
tique économique à l’échelle nationale et multilatérale1. avec un très net essoufflement de la croissance du com-
merce mondial2. Compte tenu de la taille et de l’ouverture
de l’économie chinoise — dont le poids dans les impor-
Introduction tations mondiales a augmenté sensiblement ces dix der-
Comme dans le passé, les retombées économiques au- nières années et qui est ainsi devenue une source majeure
delà des frontières nationales continuent à déterminer (parmi les dix plus importantes) de demande d’exporta-
les perspectives mondiales, même si elles ont une plus tions pour plus de 100 pays représentant environ 80 %
du PIB mondial —, le potentiel d’effets de contagion pro-
Les auteurs de ce chapitre sont Patrick Blagrave, Sweta Saxena et noncés s’est accru. Cela porte à croire que la transition de
Esteban Vesperoni (chef d’équipe), qui ont bénéficié du concours de
Chanpheng Fizzarotti, Gabi Ionescu et Jeffrey Lam pour les études et la la Chine est susceptible de modifier les perspectives mon-
rédaction. Il s’appuie sur les travaux du groupe de travail du FMI sur les diales et les risques qui les entourent. Sans surprise, les
effets d’entraînement, avec les contributions de Patrick Blagrave, Allan possibles secousses pendant la transition chinoise figurent
Dizioli, Davide Furceri, Jesus Gonzalez-Garcia, Ermal Hitaj, Ben Hunt,
Joao Jalles, Florence Jaumotte, Christina Kolerus, Ksenia Koloskova,
parmi les risques pesant sur la reprise mondiale, tout
Wojciech Maliszewski, Montfort Mlachila, Nkunde Mwase, Papa comme la fragilité persistante de la demande et la faible
N’Diaye, Hiroko Oura, Frantisek Ricka, Christian Saborowski, Sweta croissance de la productivité dans certains pays développés
Saxena, Katya Svirydzenka, Esteban Vesperoni, Arina Viseth, Mustafa
et émergents de premier plan (voir chapitre 1).
Yenice, Aleksandra Zdzienicka et Yuanyan Zhang.
1Le FMI a lancé des études des effets de contagion en 2011. La montée en puissance des migrations, amplifiée par
Jusqu’en 2013, ces études se sont penchées sur les effets extérieurs des po- les réfugiés qui fuient les conflits géopolitiques, est un
litiques nationales dans cinq régions d’importance systémique : la Chine, exemple de facteur non économique ayant de fortes re-
les États-Unis, le Japon, le Royaume-Uni et la zone euro. Depuis 2014, les
études ont pris une tournure plus thématique et privilégié des questions tombées. L’augmentation rapide des migrations écono-
internationales et transversales centrées sur les politiques économiques. À miques devient très préoccupante, et la crise actuelle des
compter d’aujourd’hui, cette analyse des effets de contagion figurera dans
chaque édition d’automne des Perspectives de l’économie mondiale. 2Voir le chapitre 2 de cette édition des Perspectives de l’économie mondiale.
Graphique 4.1. Chine : Croissance du PIB Graphique 4.2. Nombre de migrants et réfugiés internationaux
et des échanges commerciaux (En millions)
(Variation en pourcentage, en glissement annuel)
Total des migrations mondiales Réfugiés (échelle de droite)
PIB réel Volume des exportations Volume des importations
30 300 20
25 275
20 250 16
15 225
10 200 12
5 175
0 150 8
–5 125
–10 100 4
2000 03 06 09 12 15 1980 85 90 95 2000 05 10 15
réfugiés au Moyen-Orient et en Afrique du Nord ren- d’accueil. Les deux parties décrivent les retombées et exa-
force cette tendance3. Le nombre de migrants internatio- minent les enjeux de politique économique à l’échelle na-
naux est passé de 150 millions en 1990 à 250 millions à la tionale et multilatérale.
fin de 2015 (graphique 4.2). En outre, les flux de réfugiés
— provoqués par des facteurs géopolitiques, des guerres
et des conflits — se sont envolés ces deux dernières an- La transition de la Chine
nées et restent d’actualité, avec plus d’un demi-million Forte de sa croissance soutenue, la Chine est devenue
de demandes d’asile au premier semestre de 2016. Cette l’une des plus grandes économies au monde, et le déve-
forte progression a porté le nombre de réfugiés à quelque loppement de ses relations internationales a stimulé les
16 millions à fin 2015, même s’ils représentent encore une échanges commerciaux et l’activité économique dans le
faible part du total des migrations. Les nombreuses mi- monde entier pendant son essor. Dans ce contexte, la tran-
grations, qu’elles soient déclenchées par des facteurs éco- sition de l’économie chinoise vers une croissance plus équi-
nomiques ou non économiques, ont d’énormes répercus- librée a aussi des répercussions mondiales, transmises via
sions sur les pays d’origine et d’accueil. Par ailleurs, dans le commerce et les marchés des produits de base et ampli-
un contexte de croissance timide et de creusement des fiées par les marchés financiers. Ces répercussions ont un
inégalités dans de nombreux pays, les migrations peuvent impact négatif direct sur la demande mondiale, un effet
accentuer le sentiment d’inquiétude à l’égard de la mon- indirect via les prix — notamment pour les produits de
dialisation et entretenir un climat politique qui bloque les base — et une incidence sur les taux de change et les mar-
réformes structurelles et la croissance. chés des actifs. Toutefois, certains pays sont susceptibles
La première partie de ce chapitre est consacrée à l’im- d’en bénéficier, comme les importateurs de produits de
pact de la transition de la Chine sur l’économie mondiale base — dont certains pays émergents — et les produc-
et met l’accent sur la complexité de ses divers modes de teurs de biens à forte intensité de main-d’œuvre, alors que
transmission. La deuxième partie porte sur les problèmes la Chine progresse le long de la chaîne de valeur et importe
de migration et sur leur impact sur les pays d’origine et davantage de biens de consommation. Une transition bien
3Les migrants sont par définition des individus qui vivent dans des gérée profitera à l’économie mondiale à long terme : elle
pays autres que leur pays de naissance. se traduira par une croissance plus durable en Chine, une
meilleure répartition des ressources et une diminution des Graphique 4.3. Chine : poids dans le monde et rééquilibrage
risques d’un ajustement déstabilisant, que l’expansion du
14 1. Poids de la Chine dans le PIB mondial et les importations
crédit a souvent provoqué dans d’autres pays. La Chine (En pourcentage)
12
peut aider en gérant bien sa transition, notamment en ac-
ceptant le ralentissement et en communiquant clairement 10 PIB Importations
•• L’exposition à la demande finale chinoise diffère d’un modestes jusqu’à présent. Toutefois, les relations finan-
pays à l’autre. Si l’exposition totale — la part des ex- cières s’étoffent, et les possibilités de retombées financières
portations vers la Chine par rapport aux exportations sont susceptibles d’augmenter alors que la Chine assouplit
totales — joue un rôle, les pays présentent des dif- les restrictions du compte de capital. En outre, la situation
férences pour ce qui est des secteurs de l’économie en Chine influe déjà sur la volatilité des marchés financiers.
chinoise auxquels ils sont exposés. Comme la demande À titre d’exemple, l’incertitude économique durant l’année
d’investissement de la Chine s’essouffle de manière écoulée — liée au régime de change et à la dépréciation
disproportionnée, les exportateurs de biens d’équipe- du renminbi, et la réaction à un ajustement du marché
ment, à l’instar de certains pays de la zone euro, seront boursier intérieur — est allée de pair avec une baisse des
plus touchés que les exportateurs de biens de consom- cours mondiaux des actions et une dépréciation du taux de
mation. Enfin, la Chine produit aujourd’hui sur son change dans les pays émergents.
territoire des biens intermédiaires qu’elle importait au-
paravant (relocalisation), ce qui complique l’analyse.
•• Alors que la Chine progresse le long de la chaîne de valeur Un poids croissant dans le commerce mondial
et réduit sa production de certains biens à forte intensité Comme la Chine est devenue une économie plus
de main-d’œuvre, des pays disposant d’une main-d’œuvre grande et plus ouverte à la suite de son adhésion à l’Orga-
abondante ont à présent la possibilité de prendre sa place nisation mondiale du commerce, les retombées sur le reste
pour produire ces biens, notamment en Asie du Sud-Est. du monde se sont multipliées. Après avoir enregistré une
croissance soutenue ces quinze dernières années, la Chine
Un autre mode de transmission important a trait à l’im-
fait aujourd’hui figure d’acteur de premier plan du com-
pact de la Chine sur les prix mondiaux, en particulier sur
merce mondial. Sa part dans les importations mondiales
les marchés des produits de base. La Chine est à la fois un
a augmenté pour passer de 3 % en 2000 à environ 10 %
grand producteur et un gros consommateur de ces pro-
en 2015. La montée en puissance progressive du com-
duits. Sa demande de produits de base s’est envolée de-
merce chinois porte à croire que les retombées pourraient
puis le début des années 2000, notamment sur les marchés
varier dans le temps. Furceri, Jalles et Zdzienicka (2016)
de l’énergie et des métaux de base. Fin 2014, la demande
procèdent à une analyse de coefficients variables dans le
chinoise de métaux représentait plus de 40 % de la de-
temps en recourant à des méthodes de projections locales
mande mondiale. Sa forte empreinte sur les marchés des
sur un échantillon de 148 pays durant la période 1990–
produits de base semble indiquer qu’un ralentissement de
2014. Ils montrent que les retombées d’un choc de crois-
la demande chinoise peut avoir un impact considérable et
sance de la demande finale chinoise négatif de 1 point de
durable sur les prix, notamment en raison de l’inélasticité–
pourcentage ont pratiquement doublé ces vingt dernières
prix à court terme de l’offre sur les marchés des produits
années (graphique 4.4). Ces chocs ont aujourd’hui un im-
de base et de l’accroissement de l’offre de métaux ces der-
pact cumulé sur le PIB mondial d’environ 0,25 %, après
nières années6. Les industries chinoises peuvent aussi être à
un an. Ce coefficient est globalement comparable à ceux
l’origine de «surcapacités» mondiales dans certains secteurs,
d’autres études, qui identifient des retombées comprises
l’acier et le ciment par exemple. Les subventions à des fac-
entre 0,1 % et 0,2 % du PIB mondial. Toutefois, cette
teurs de production essentiels comme l’énergie et les flux
nouvelle étude exploite mieux une dynamique temporelle
de crédits aux entreprises déficitaires ont contribué à un
riche et met en évidence l’importance accrue des retom-
développement excessif des capacités dans ces industries et
bées de la situation en Chine ces dernières années et leur
freinent leur ajustement, ce qui pèse sur les prix mondiaux.
potentiel d’augmentation à l’avenir7.
Les retombées directes via les circuits financiers de-
Les relations commerciales constituent le principal
meurent limitées, mais se multiplieront, et la situation
mode de transmission des retombées de la situation en
en Chine influe déjà sur les prix mondiaux des actifs.
Chine dans cette étude récente, qui constate que les ex-
L’intégration financière de la Chine sur les marchés in-
portations des autres pays vers la Chine et une part plus
ternationaux reste limitée, ce qui donne à penser que les
importante des exportations de produits manufacturés
retombées financières directes de la situation en Chine
dans le total des exportations augmentent l’ampleur des
— par exemple via l’adoption d’une réglementation fi-
nancière nationale concernant l’expansion du crédit ou les 7Les autres travaux consacrés aux retombées sur le PIB par rapport au
avoirs et engagements extérieurs de la Chine — ont été PIB englobent ceux de Cashin, Mohaddes et Raissi (2016); Cesa-Bianchi
et Stratford (2016); Dizioli et al. (2016); FMI (2014); Hong et al. (2016);
6Voir FMI (2015a). Duval et al. (2014); Dizioli, Hunt et Maliszewski (2016).
mondial (que vient compléter l’impact propre à la Chine décrit ici) figure commerciales pour les pays à faible revenu et en développement dans
dans le chapitre 2 de cette édition des Perspectives de l’économie mondiale. cette analyse, Drummond et Xue Liu (2013) mettent en avant le rôle
Le chapitre constate que la faiblesse générale de l’activité économique a important des variations de l’investissement chinois pour expliquer la
été le premier frein à la croissance des échanges, ce qui cadre avec les ré- dynamique des exportations en Afrique subsaharienne.
sultats montrant que la baisse de la demande en Chine a joué un rôle 13Depuis le premier trimestre de 2014, la transition de la Chine a
dans le ralentissement de la croissance des exportations mondiales. peut-être réduit les taux de croissance moyens des exportations dans un
11Les données limitées de la base TiVA et des volumes des échanges groupe de six pays asiatiques à hauteur d’environ 1 point de pourcen-
trimestriels imposent l’utilisation d’un échantillon relativement petit tage par trimestre et de moins de la moitié de ce chiffre dans les pays
(2013 : T1–2015 : T3). développés et autres pays émergents.
Graphique 4.5. Impact sur les exportations d’un choc Graphique 4.6. Baisse du taux de croissance
de la demande chinoise de 1 % après un an moyen des exportations imputée à la demande
(En pourcentage; moyenne pondérée par le PIB) chinoise, 2014 : T1–2015 : T3
(En pourcentage)
1,0 Baisse prévue Intervalle de confiance de 95 %
0,9
0,0
0,8
–0,2
0,7
0,6 –0,4
0,5
–0,6
0,4
0,3 –0,8
0,2
–1,0
0,1
0,0 –1,2
Asie Exportateurs Pays Europe de l’Est Tous les
de produits développés autres pays
de base d’importance –1,4
systémique PD Asie Autres PE
Source : Blagrave et Vesperoni, 2016.
Source : Blagrave et Vesperoni (2016). Note : Les barres bleues illustrent l’impact marginal d’une érosion de la croissance
Note : Asie = HKG, IDN, KOR, PHL, SGP, THA. Exportateurs de produits du PIB en Chine (par rapport à la prévision des Perspectives de l’économie
de base = AUS, BRA, CHL, COL, RUS, ZAF. Europe de l’Est = CZE, EST, HUN, LTU, mondiale de janvier 2012) sur les taux de croissance moyens des exportations
entre 2014 : T1 et 2015 : T3. Elles représentent la différence entre une prévision
LVA, POL, SVK, SVN, TUR. Pays développés d’importance systémique = DEU, JPN,
inconditionnelle (les taux de croissance de la Chine reposant sur le scénario de
USA. Tous les autres pays = ARG, AUT, BEL, CAN, CHE, DNK, ESP, FRA, FIN, GBR, GRC,
référence des Perspectives de l’économie mondiale de janvier 2012) et une
ISR, IRL, ISL, ITA, LUX, MEX, NLD, NOR, NZL, PRT, SWE. Les abréviations des pays prévision conditionnelle avec la même série d’informations, mais en ajoutant les
correspondent aux codes de l’Organisation internationale de normalisation (ISO). chocs estimés de la demande chinoise. PD = pays développé; PE = pays émergent.
Le rééquilibrage de la demande — de l’investissement importations en valeur nette. L’effet sur le PIB de la Chine
public vers la consommation privée — a un impact né- dépend des hypothèses quant à l’impact de l’investissement
gatif, mais modeste, sur l’activité mondiale. Il est difficile public sur la productivité, à savoir que, si ce dernier est né-
de dissocier l’impact d’un ralentissement général de celui gligeable, alors le PIB diminuera à court terme, mais se re-
d’un rééquilibrage de la demande. Hong et al. (2016), à dressera par la suite. En revanche, dans l’hypothèse d’un
l’aide des données de la base TiVA, observent que l’impact effet sur la productivité, cela impliquerait un recul per-
d’un rééquilibrage sans incidence sur la croissance est sus- manent du PIB en dessous du niveau de référence. D’un
ceptible d’être modeste, mais plus prononcé en Asie émer- point de vue mondial, dans les deux scénarios, le PIB flé-
gente. À partir du Système flexible des modèles mondiaux chit de moins de 0,1 % après cinq ans, l’Asie émergente
(FSGM) du FMI, Dizioli, Hunt et Maliszewski (2016) étant particulièrement touchée.
parviennent à une conclusion similaire14. Dans un scé- Enfin, les évolutions structurelles et les hausses de sa-
nario simulé où l’investissement public en Chine recule laires pendant la transition de la Chine jouent aussi un
de 1,5 % du PIB chaque année pendant cinq ans et où les rôle puisqu’elles influent sur les volumes des échanges et
transferts vers les ménages disposant de liquidités limitées les prix mondiaux. Un exemple de changement est la pro-
augmentent d’un montant équivalent, un rééquilibrage gression de la Chine le long de la chaîne de valeur, qui a
de la demande réduirait la demande d’importations de la entraîné un retour à la production sur le territoire (reloca-
Chine. L’investissement a en effet une plus forte intensité lisation) de biens intermédiaires auparavant importés, mais
d’importations que la consommation, et un basculement a créé des opportunités pour certains pays. Un autre amé-
de la demande vers celle-ci entraîne une réduction des nagement concerne le renforcement constant des capacités
dans certains secteurs de l’économie chinoise, qui peut se
14Pour les détails concernant le FSGM, voir Andrle et al. (2015). répercuter sur les prix mondiaux. Plus précisément,
•• Relocalisation — De plus en plus, la Chine produit Graphique 4.7. Chine : commerce de perfectionnement
des intrants intermédiaires sur le territoire national (En pourcentage du total des exportations, moyenne mobile sur trois mois)
(graphique 4.7)15. FMI (2016c) apporte des éléments 70 Exportations pour Importations pour
montrant que la production de biens intermédiaires perfectionnement perfectionnement
tions dans certains secteurs. Voir Dizioli et al. (2016). et (2016b), entre autres.
Graphique 4.8. Une forte empreinte sur les marchés base qui a suivi ont montré que les fournisseurs avaient
des produits de base fait preuve d’un optimisme excessif dans leurs décisions
70 1. Poids de la Chine dans la consommation mondiale1
(En pourcentage)
de production antérieures. Il en a résulté une offre excé-
60 dentaire et une baisse des prix sur de nombreux marchés
2000 2015
50 des produits de base. Cela a vraisemblablement touché
40
des pays qui se situent en dehors des chaînes de valeur de
production dans lesquelles la Chine joue un rôle détermi-
30
nant. En outre, une étude de Nose, Saxegaard et Torres
20 (2016) met en évidence l’existence d’effets de contagion
10 entre les secteurs extractifs et non extractifs dans ces pays,
0 ce qui signifie que les effets des chocs négatifs des termes
Minerai de fer Aluminium Cuivre Nickel Pétrole
de l’échange ne se limitent pas au secteur extractif.
1,4 2. Réaction des prix à terme à une annonce surprise Les chocs d’activité économique en Chine ont un im-
concernant la production industrielle chinoise
Impact sur les prix d’un choc de
pact prononcé sur les prix des produits de base, qui est plus
1 écart-type en pourcentage
1,2 Cuivre
1,0 marqué sur les marchés où l’empreinte de la Chine est plus
Pétrole Nickel
0,8 forte. Kolerus, N’Diaye et Saborowski (2016) évaluent cet
0,6 Soja Plomb Étain impact grâce à deux méthodes d’analyse. La première me-
0,4 Aluminium sure la réaction des prix des produits de base sur les marchés
0,2 à terme à des annonces surprises concernant la production
Bœuf Maïs
0,0 industrielle chinoise à l’aide de données à haute fréquence,
–0,2 alors que la seconde, plus structurelle, évalue l’impact cu-
10 15 20 25 30 35 40 45 50 55 60 mulé des chocs de la demande chinoise sur les prix des pro-
Poids de la Chine dans la consommation
(en pourcentage du total mondial, 2015) duits de base selon une fréquence trimestrielle18. Il s’agit de
Sources : Bloomberg L.P.; Kolerus, N’Diaye et Saborowski (2016); World
méthodes complémentaires qui se penchent sur l’intégra-
Bureau of Metal Statistics; Ministère de l’agriculture des États-Unis; calculs tion par le marché de nouvelles informations et sur l’im-
des services du FMI. portance économique de la réaction des prix aux chocs
1
Les dernières données disponibles concernant le pétrole datent de 2014.
d’activité. Toutes deux constatent que les chocs en Chine
ont une forte incidence sur les prix des produits de base.
d’environ 3 % à quelque 40 % (graphique 4.8, plage 1),
Les effets sont plus prononcés sur les marchés où le poids
alors que sa part dans la demande de pétrole a bondi
de la Chine dans la demande mondiale est plus important
d’environ 1 % à 11 %. La tendance est la même pour
(graphique 4.8, plage 2). Les résultats d’une autorégres-
certains aliments : à titre d’exemple, la demande chinoise
sion vectorielle structurelle montrent aussi que ces effets
de soja représente 30 % de la demande mondiale17. Dans
sont significatifs sur le plan économique. À horizon un an,
le même temps, la Chine est un grand producteur de cer-
une variation de 1 % de la croissance de la production in-
tains métaux, et l’offre nationale a considérablement aug-
dustrielle se traduit par une hausse de 5–7 % des prix des
menté durant la même période.
métaux et d’environ 7 % des prix des carburants19. Les
Cette forte empreinte sur les marchés des produits de
données à haute fréquence fournissent quant à elles une in-
base signifie que l’essor de la Chine et la transition ac-
dication supplémentaire : elles montrent que les premières
tuelle de son économie ont eu un énorme impact sur ces
réactions sur les marchés à terme de marchandises sont plus
marchés. La croissance soutenue de l’économie chinoise
fortes quand l’incertitude sur les marchés financiers — me-
pendant la première décennie 2000 a probablement joué
un rôle dans la hausse marquée des cours. La relance
18Dans la première méthode, les prix à terme des produits de base
impulsée par les investissements d’infrastructure après
selon une fréquence quotidienne font l’objet d’une régression en fonc-
la crise financière mondiale (qui a sans doute incité les tion des annonces surprises concernant la production industrielle
pays de production primaire, dont la Chine, à renforcer chinoise, à savoir les écarts entre la croissance de la production indus-
leurs capacités) a notamment contribué à une hausse des trielle et le consensus Bloomberg médian avant l’annonce. La seconde
méthode emploie une autorégression vectorielle structurelle pour es-
prix des produits de base. Par la suite, la transition de la timer la réaction des prix des produits de base à la demande chinoise à
Chine et le ralentissement de la demande de produits de l’aide de données trimestrielles entre 1986 et 2015.
19Aastveit et al. (2012), Gauvin et Rebillard (2015), Roache (2012) et
17Pour une étude plus approfondie de la demande et de l’offre mon- Roache et Rousset (2015) constatent aussi que les chocs de la demande
diales de métaux de base, voir FMI (2015a). chinoise ont un impact prononcé sur les prix des produits de base.
surée par l’indice de volatilité du Chicago Board Options Graphique 4.9. Impact cumulé sur les prix à un an d’un choc
Exchange (VIX) — est plus grande. de la production industrielle chinoise de 1 %
(En pourcentage)
L’influence de la Chine sur les prix des produits de base
s’est amplifiée dans le temps. Les estimations d’une auto- Moyenne pondérée Écart interquartile
(2016) réalisent des simulations d’un ralentissement pro- Pour les exportateurs, elle réduira la valeur des exportations et pèsera sur
les termes de l’échange. Toutefois, elle influera aussi sur la croissance in-
gressif en Chine sur une durée de cinq ans qui réduit le térieure plus généralement, en resserrant les conditions de crédit et en
PIB d’environ 5 % d’ici à 2020 par rapport à un scénario affaiblissant les bilans, ce qui peut aussi fragiliser la situation budgétaire
de référence dans lequel aucun ralentissement n’est enre- (voir FMI, 2015b, FMI, 2015f, et FMI, 2016g). L’impact sur les im-
portateurs de produits de base dépend des répercussions de la baisse des
gistré (graphique 4.10). Ce choc entraîne une diminution
prix sur les consommateurs et de son impact sur les taux d’intérêt réels
en présence de contraintes de politique monétaire, à savoir la positivité
20Les simulations sont présentées dans FMI (2016e). des taux d’intérêt nominaux.
Graphique 4.10. Chine : Scénario de ralentissement Graphique 4.11. Retombées de la situation en Chine
(Écart en pourcentage par rapport au scénario (En pourcentage du PIB)1
de référence sans ralentissement)
1 1. Chine : PIB réel 2. PIB mondial réel 0,2 0,6
Impact du commerce
0 0,0 Impact des produits de base
0,4 Impact des produits de base
–1
–0,2 et du commerce
–2
–0,4 0,2
–3
–0,6
–4 0,0
–5 –0,8
–0,2
–6 –1,0
2015 16 17 18 19 20 2015 16 17 18 19 20
2 3. Prix mondial réel 4. PIB réel 0,1 –0,4
du pétrole et des métaux
0 0,0 –0,6
Pétrole Asie émergente
–2 Métaux Japon –0,1
–0,8
Asie Exportateurs
–4 –0,2 de produits de base
Source : calculs des services du FMI.
–6 –0,3 Note : Asie = HKG, IDN, JPN, KOR, PHL, SGP, THA; Exportateurs de produits
de base = AUS, BRA, CAN, CHL, COL, ISL, NOR, RUS, ZAF. Les abréviations des pays
–8 –0,4 correspondent aux codes de l’Organisation internationale de normalisation (ISO).
2015 16 17 18 19 20 2015 16 17 18 19 20 «Impact du commerce» désigne l’impact sur les exportations en pourcentage du PIB
d’un choc de la demande finale chinoise de 1 %. «Impact des produits de base»
0,2 5. PIB réel 6. PIB réel 0,2 désigne l’impact sur les exportations en pourcentage du PIB d’une variation des prix
0,0 États-Unis des produits de base due à un choc de la production industrielle chinoise de 1 %.
Amérique latine 0,1 «Impact des produits de base et du commerce» désigne les retombées globales
–0,2 des circuits commerciaux et des produits de base.
1
–0,4 PIB nominal; moyenne 2011–13.
0,0
–0,6
–0,8 –0,1 Marchés financiers
Zone euro
–1,0 La diffusion directe des retombées via les circuits finan-
Exportateurs –0,2
–1,2 de pétrole ciers demeure limitée, mais la situation en Chine influe de
–1,4 –0,3 plus en plus sur les prix des actifs à l’échelle mondiale et
2015 16 17 18 19 20 2015 16 17 18 19 20
accentue probablement l’impact des chocs réels. La trans-
Source : Dizioli, Hunt et Maliszewski (2016).
Note : Ce scénario envisage un ralentissement progressif de la croissance du PIB mission relativement limitée des chocs financiers jusqu’à
de la Chine sur une période de cinq ans. Ce ralentissement est supposé être la présent est liée à l’intégration de la Chine aux marchés in-
conséquence d’une érosion de la croissance de la productivité et se traduit par un ternationaux. Les restrictions du compte de capital restent
PIB réel inférieur de 5 % au niveau qu’il aurait atteint en l’absence d’un ralentissement.
nombreuses, notamment les limites fixées pour les inves-
tissements directs étrangers dans le pays, les quotas pour
la zone euro puisque la forte dépendance de la région à
les flux d’investissements de portefeuille et les plafonds
l’égard des importations de produits de base limite les ré-
pour les emprunts à l’étranger par les résidents du pays.
percussions directes des échanges commerciaux. Les calculs
Cependant, les relations financières se développent, et l’im-
des services du FMI indiquent en effet que, si l’impact de
pact des événements en Chine sur les marchés financiers
la baisse des prix des produits de base dans les pays asia-
pendant l’année écoulée donne à penser qu’ils peuvent
tiques compense en partie les retombées via les échanges
amplifier les chocs réels en jouant sur les prix des actifs et
commerciaux, les exportateurs de produits de base dans
donc sur les coûts de financement, surtout dans les pays
toutes les régions subissent les effets négatifs des deux cir-
émergents. Les facteurs de plus grande vulnérabilité fi-
cuits (graphique 4.11)22.
nancière en Chine pourraient aussi déboucher sur une ré-
22Les calculs reposent sur l’analyse empirique des deux parties précé-
duction désordonnée du levier d’endettement, susceptible
dentes et sur la part des pays dans les exportations de produits de base de provoquer un phénomène de contagion sur les mar-
dans Gruss (2014). chés financiers et les taux de change des pays émergents en
altérant la confiance23. Un examen plus approfondi de la Graphique 4.12. Diffusion des retombées
covariation des prix des actifs chinois et mondiaux et des via les circuits financiers
répercussions de l’incertitude économique en Chine sur 1,6 1. Covariation des prix des actifs avec la Chine
les marchés financiers internationaux pourra permettre de (Variance de l’erreur de prévision expliquée par la Chine)
1,4
mieux comprendre ces enjeux. 1,2 Performances du marché boursier
La covariation entre les prix des actifs en Chine et ail- 1,0
Variations du taux de change
leurs s’est renforcée. Mwase et al. (2016) évaluent cette 0,8
covariation à l’aide de l’indicateur d’interdépendance 0,6
proposé par Diebold et Yilmaz (2011)24. Ils montrent 0,4
que la covariation entre les performances du marché
0,2
boursier et les taux de change en Chine et ailleurs s’est ac-
0,0
crue depuis la mi-2015 (graphique 4.12, plage 1) et que Janv. Mars Mai Juil. Sept. Nov. Janv. Févr.
2015 15 15 15 15 15 16 16
cette dernière est plus marquée dans les pays ayant des re-
lations commerciales plus étroites avec la Chine — no- 1,0 2. Étude d’événement : réaction de variables financières externes
tamment en Asie émergente — et dans les pays de pro- à un événement propre à la Chine
0,5 (En pourcentage)
duction primaire. L’ampleur globale de la covariation
0,0
attribuée à la Chine a augmenté, même si elle reste rela-
–0,5
tivement modeste. Elle explique environ 1 % de la va-
riance de l’erreur de prévision ailleurs, même pendant les –1,0
événements de l’année écoulée25. Cela peut être en partie –1,5 Exposition au commerce : forte
lié à l’incapacité du cadre de Diebold et Yilmaz (2011) à Exposition au commerce : faible
–2,0
identifier des chocs structurels provenant de Chine.
–2,5
L’évolution de la situation en Chine — dont l’incerti- PD PE PD PE
Actions Taux de change effectif nominal
tude économique — a une incidence sur les prix des actifs,
en particulier dans les pays émergents et les pays ayant des Source : Mwase et al. (2016).
Note : PD = pays développé, PE = pays émergent.
liens commerciaux plus étroits avec la Chine. Mwase et al.
(2016) ont aussi recours à une stratégie d’identification
plus efficace des chocs en Chine élaborée par Arslanalp plus forte exposition commerciale à la Chine. Ces résul-
et al. (2016) — qui s’appuie sur des informations concer- tats et le calendrier des événements portent à croire que la
nant les prix des actifs, les événements mondiaux et l’ac- récente incertitude économique, liée au régime de change
tualité propre à la Chine — pour mieux comprendre le et à la dépréciation du renminbi ainsi qu’à la riposte des
rôle moteur de la Chine depuis début 2015. Ils observent pouvoirs publics à un ajustement du marché boursier in-
que des chocs négatifs en Chine réduisent les cours des ac- térieur, a influé sur les prix des actifs ailleurs. Les données
tions dans les pays développés et émergents, avec des ef- de l’étude d’événement sont corroborées par une autoré-
fets plus prononcés sur les pays ayant une plus forte expo- gression vectorielle structurelle, qui semble indiquer qu’un
sition commerciale à la Chine (graphique 4.12, plage 2)26. repli des cours des actions et la faiblesse de la production
Les taux de change dans les pays émergents se déprécient, industrielle entraînent une baisse des valorisations bour-
alors que ceux des pays développés s’apprécient, notam- sières aux États-Unis et dans les pays émergents et un recul
ment dans les pays refuges. Arslanalp et al. (2016) s’in- des prix du pétrole et des métaux. Elles montrent aussi que
téressent surtout aux marchés financiers asiatiques et ob- les ajustements du taux de change en Chine ont une forte
servent aussi que les retombées via les circuits financiers se incidence sur les prix des produits de base, les cours des ac-
multiplient et sont plus marquées pour les pays ayant une tions et les taux de change dans les pays émergents. Durant
l’année écoulée, les marchés ont vivement réagi à la dépré-
23Voir FMI (2016g). ciation du renminbi, dans la mesure où, par rapport aux
24Cet indicateur a aussi été utilisé, par exemple, pour évaluer l’inter-
prix d’autres actifs, les ajustements des taux de change ont
dépendance directionnelle dans FMI (2016d) et Guimaraes-Filho et
Hong (2016). des répercussions qui vont au-delà de l’évolution des mar-
25Pour replacer les choses dans leur contexte, les covariations des
chés financiers.
marchés financiers attribuées à la Chine ont une ampleur qui équivaut Les avoirs et engagements extérieurs élevés de la Chine
à environ un cinquième de celle des covariations imputées aux États-
Unis, mais sont comparables à celles attribuées au Japon. signifient que le circuit financier sera plus significatif à
26Ces conclusions font écho à celles de FMI (2016d). l’avenir en raison de l’ouverture du compte de capital. La
position extérieure globale de la Chine est forte. Elle est des secteurs les plus touchés. Toutefois, une transition bien
longue sur la dette et courte sur les actions, et ses princi- gérée réduira le risque d’un ajustement désordonné avec
paux avoirs prennent la forme de réserves et d’investisse- des retombées plus marquées et garantira une croissance
ments directs étrangers27. À 3.300 milliards de dollars en plus durable avec des avantages potentiels pour l’économie
juin 2016, les réserves de change de la Chine représentent mondiale. La poursuite des progrès sur le front des ré-
quelque 30 % des réserves mondiales. Des variations de formes et le fait de s’attaquer aux facteurs de vulnérabilité
ces dernières pourraient avoir un impact considérable sur réduiront les risques baissiers, ce qui pourra améliorer le
le prix des avoirs de la Chine, qui se composent surtout climat du marché et stimuler l’investissement dans les pays
d’obligations du Trésor des États-Unis, malgré l’absence partenaires commerciaux. Si elles se concrétisaient, les ré-
d’une forte corrélation jusqu’à présent entre l’accumula- ductions des capacités de production de charbon et d’acier
tion de réserves par la Chine et les rendements des obli- annoncées par la Chine pourraient avoir un impact consi-
gations du Trésor des États-Unis28. Les investissements dérable sur les marchés internationaux. En outre, certains
directs étrangers de la Chine s’avèrent particulièrement aspects du rééquilibrage en Chine — comme sa progres-
importants pour les pays à faible revenu notamment, car sion le long de la chaîne de valeur et le coup de fouet po-
la Chine investit massivement dans de petits pays d’Asie tentiel donné à la croissance de la consommation intérieure
émergente et d’Afrique subsaharienne (voir encadré 4.1). dans les années à venir — créeront des opportunités pour
S’agissant des engagements, les relations bancaires trans- certains pays, notamment en Asie émergente, et la progres-
nationales sont comparables à certains pays du Groupe sion des échanges de services et des investissements chinois
des Sept. Les créances des banques étrangères sur les en- à l’étranger est susceptible d’avoir des effets positifs à court
tités chinoises représentaient moins de 1.000 milliards de terme sur certains pays29.
dollars au premier trimestre de 2016, en recul de plus de En revanche, une transition agitée ou partielle peut am-
25 % par rapport à fin 2014, et se concentrent dans un plifier les retombées. L’incertitude économique depuis la
petit nombre de grandes institutions financières d’impor- mi-2015 met en évidence les difficultés croissantes à gérer
tance systémique. D’après les tests de résistance, même le ralentissement de la Chine dans un pays très endetté et
un choc profond dû aux banques chinoises ne ramène- peut donner lieu à une transition déstabilisante. Dizioli,
rait pas le capital du système bancaire en dessous des exi- Hunt et Maliszewski (2016) élaborent un scénario dans le-
gences de Bâle III dans les pays exposés à la Chine. quel une réévaluation des risques en Chine illustre les pos-
sibles inconvénients de cette transition (graphique 4.13)30.
L’importance d’une transition Une baisse des prix des actifs de 10 % et une augmenta-
bien gérée pour les autorités tion de la prime de risque des entreprises de 150 points de
base durant la première année réduiraient l’investissement
Le ralentissement de la Chine a certes des répercussions,
et la consommation privée en Chine de respectivement
mais une transition en douceur profitera à l’économie
10 % et 2,5 % environ et le PIB réel de quelque 1,5 %.
mondiale à long terme. Tout comme la croissance soutenue
Même si la baisse des prix des produits de base atténue
en Chine a dopé la croissance mondiale dans le passé, le ra-
quelque peu les retombées, celles-ci seraient uniformément
lentissement et le rééquilibrage actuels ont d’importantes
négatives et pires que les répercussions sur l’économie
retombées à travers le commerce et un impact prononcé
mondiale en cas de transition en douceur.
sur les prix des produits de base. Les retombées via ces cir-
Cela souligne les avantages d’une transition au cours
cuits sont devenues plus fortes dans le temps, de même que
de laquelle la Chine renforce la transparence, notamment
l’impact des événements en Chine sur les prix des actifs
en faisant connaître les objectifs des autorités, et accepte
ailleurs, amplifiant ainsi les effets dus à l’économie réelle.
une croissance plus faible. Il est indispensable de commu-
Même une transition en douceur imposera aux partenaires
niquer clairement les intentions des pouvoirs publics, y
commerciaux de la Chine de s’adapter au ralentissement de
la demande à court terme en créant de nouveaux marchés 29Pour une analyse des inconvénients à court terme et des bienfaits à long
d’exportation et en réaffectant les ressources au détriment terme de la transition chinoise, voir FMI (2016f) et Hong et al. (2016).
30Dans cet exercice, on peut considérer que la Chine ne connaît pas
27Mwase et al. (2016). de rééquilibrage et enregistre un repli de l’activité plus marqué par la
28La récente diminution des réserves — 750 milliards de dol- suite. La réévaluation des risques en Chine serait liée à une accentua-
lars entre juin 2014 et juin 2016, dont environ 240 milliards de dol- tion persistante des facteurs de vulnérabilité dans le secteur financier en
lars d’obligations du Trésor des États-Unis — est allée de pair avec raison d’une expansion rapide du crédit. Un scénario de risque précis
une baisse des rendements puisqu’elle est intervenue dans un contexte sans réformes à court terme et un recul de l’activité plus prononcé à
d’aversion au risque à l’échelle mondiale. moyen terme figure dans FMI (2015g).
compris les nouvelles mesures pour tendre vers un régime Graphique 4.13. Chine : scénario de ralentissement cyclique
de taux de change flottant. L’incertitude économique et (Écart en pourcentage par rapport au scénario
de référence sans ralentissement)
les risques pesant sur le secteur financier peuvent entraîner
0,5 1. Chine : PIB réel 2. Chine : investissements 2
de profonds ajustements des cours des actions et des taux et importations
de change, qui s’avèrent déstabilisants pour la croissance 0
0,0
mondiale. L’acceptation d’une croissance moindre im- –2
compris au moyen d’une réduction et d’une plus grande notamment dans le cas des réfugiés, des problèmes huma-
efficacité des dépenses publiques et d’un renforcement nitaires. Les mouvements migratoires peuvent créer des
des cadres budgétaires, et la mobilisation de nouvelles tensions sociales et provoquer un choc politique dans les
sources de recettes. Certains pays devront peut-être aussi pays d’accueil. Toutefois, l’histoire montre qu’ils peuvent
rechercher de nouveaux modèles de croissance. Les im- aussi se révéler bénéfiques en termes de croissance plus sou-
portateurs de produits de base devraient bénéficier de la tenue, de productivité et d’atténuation du vieillissement de
baisse des prix. L’utilisation judicieuse de l’épargne ex- la population. Une intégration rapide sur le marché du tra-
ceptionnelle dans ces pays dépendra de leur situation vail est indispensable pour exploiter les avantages en termes
conjoncturelle et budgétaire. de croissance, augmenter la contribution des migrants aux
•• La transition de la Chine donne l’occasion aux pays à comptes budgétaires et réduire les tensions. Dans les pays
bas salaires disposant d’une main-d’œuvre abondante, d’origine, que quitte une population jeune et instruite
ainsi qu’aux producteurs de biens de consommation, — phénomène généralement qualifié d’«exode des cer-
d’augmenter leur production de biens à forte intensité veaux» —, les migrations peuvent avoir un impact négatif
de main-d’œuvre. Pour favoriser cet accroissement, des sur les perspectives de croissance à long terme, qui peut
politiques structurelles solides s’avèrent importantes, être réduit par les envois de fonds. En fonction des causes
notamment une amélioration des infrastructures, de sous-jacentes des migrations, les pays d’origine ont besoin
la gouvernance, du climat des affaires et de l’ouverture de mesures pour contenir l’exode des cerveaux et tirer le
aux échanges. plus grand parti des envois de fonds et des réseaux des dias-
poras. Une coopération internationale s’impose pour remé-
D’un point de vue mondial, les mesures protection- dier aux problèmes humanitaires.
nistes doivent être évitées, car elles porteraient préjudice
au commerce à long terme. Les retombées de la transition
Tendances, causes et défis des migrations
de la Chine pourraient inciter des pays à restreindre les
échanges afin de protéger les producteurs nationaux face à Les mouvements migratoires ont progressé constam-
une érosion de la demande extérieure ou au sentiment que ment au cours des dernières décennies. La population
la Chine est à l’origine d’une offre excédentaire sur cer- de migrants internationaux a augmenté pour passer de
tains marchés. De telles mesures protectionnistes — pas 150 millions en 1990 à 250 millions en 201531. Si le
forcément en réaction à la situation en Chine — ont pro- nombre de migrants entre pays émergents est le plus élevé,
bablement joué un rôle dans la réduction du commerce il englobe une proportion faible et stable de leur popula-
mondial ces dernières années et pourraient l’empêcher à tion — environ 2 %. Les migrations entre pays émergents
long terme. Dans le passé, les engagements juridiques, les et développés sont plus nombreuses en valeur relative et
promesses du Groupe des Vingt et la prise de conscience plus dynamiques : la part des migrants dans la popula-
que les restrictions aux échanges peuvent avoir des ef- tion des pays d’accueil a pratiquement doublé, passant de
fets négatifs sur le plan économique ont dissuadé des pays quelque 5 % à 10 % entre 1990 et 2015 (graphique 4.14,
d’imposer de nouvelles restrictions, notamment pendant plage 1), avec de grandes disparités entre les pays. En 2015,
la crise financière mondiale. Une impulsion politique à les migrants représentaient environ 5 % de la population
l’échelle mondiale et un effort collectif devraient faciliter en Finlande et quelque 30 % en Australie. Il existe deux
la conclusion d’accords commerciaux qui neutraliseraient catégories de migrants : les migrants économiques (de leur
toute tendance au protectionnisme. En outre, des réformes plein gré, en quête d’un avenir meilleur) et les migrants
des échanges peuvent compléter d’autres réformes sur humanitaires (les réfugiés, qui fuient les conflits).
les marchés des biens et services, dans la mesure où elles La population de migrants internationaux est dominée
dopent la productivité en améliorant l’efficience, en favo- par les migrants économiques, mais la récente multipli-
risant la concurrence et en encourageant l’innovation et cation des réfugiés a porté leur nombre à des niveaux
l’adoption de technologies existantes. proches des records. Les migrants économiques repré-
sentent près de 95 % de la population totale de migrants,
et leur nombre augmente de manière stable et de plus en
Les défis et les opportunités des migrations plus nette. En revanche, la part des réfugiés est assez faible,
Les conflits géopolitiques et les disparités économiques même si leur nombre est instable. À la suite de la récente
sont à l’origine d’importants flux migratoires, avec à la 31Ce nombre et l’analyse dans ce chapitre excluent les migrations
Graphique 4.14. Les migrants et réfugiés internationaux Graphique 4.15. Les migrations par âge
et par niveau de qualification
10 1. Population de migrants internationaux
(En pourcentage de la population) 100 1. Répartition par âge des migrants internationaux, 2015
(En pourcentage)
8
80 Total
Développé vers développé
Hommes
6 Émergent vers développé
60 Femmes
Développé vers émergent
Émergent vers émergent
4
40
2
20
0
1990 95 2000 05 10 15 0
0–9 20–64 Plus de 65
20 2. Réfugiés (y compris les situations analogues à celles des réfugiés)
(En millions de personnes) 70 2. Contribution à la population en âge de travailler (25–64 ans)
60 des migrants et autochtones, 1990–2010
(En pourcentage)
15 50
40 Autochtones
30 Migrants
10
20
10
5 0
–10
0 –20
1955 60 65 70 75 80 85 90 95 2000 05 10 15 IRL AUS CAN NOR PRT NLD AUT SWE FIN
ESP NZL USA CHE GRC GBR FRA DNK DEU
Sources : Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés;
calculs des services du FMI. 7 3. Population de migrants par niveau de qualification
(En pourcentage de la population, moyenne simple)
6
pays, ils ont été à l’origine d’environ 50 % de la crois- plus élevé que le diplôme de fin d’études secondaires ou équivalent
(hautement qualifié); diplôme de fin d’études secondaires ou équivalent
sance de la population d’âge actif entre 1990 et 2010 (moyennement qualifié); enseignement primaire ou absence de scolari-
(graphique 4.15, plage 2). La population de réfugiés sation (peu qualifié).
Graphique 4.16. Les facteurs des migrations et des tensions potentielles dans les pays de destination.
Les flux de réfugiés découlent de la nécessité de fuir la vio-
Croissance du PIB réel cumulée sur 20 ans
population — et les incidents liés à la sécurité dans cer- Graphique 4.17. Femmes : faible niveau d’instruction
tains pays33. Ces tensions peuvent provoquer un choc po- et emplois très qualifiés, 2000
litique, comme en témoigne le référendum sur le main- (En pourcentage du total)
tien du Royaume-Uni dans l’Union européenne, dans 25
AUT DEU
lequel les migrations ont joué un rôle.
Graphique 4.18. Situation sur le marché du travail en matière d’instruction — par exemple, un diplôme
1. Emploi par rapport aux travailleurs autochtones : obtenu dans le pays d’origine peut ne pas avoir la même
0,05 différence de situation1 valeur qu’un diplôme délivré dans les pays d’accueil —,
(Part)
0,00 mais aussi par les politiques, l’absence de reconnaissance
–0,05
des qualifications, ou les handicaps liés aux différences
culturelles. Il en résulte une occasion manquée pour le
–0,10 pays d’accueil. À titre d’exemple, par comparaison avec
–0,15 Réfugiés
les autochtones, les pays d’Europe continentale et nor-
Autres immigrés diques comptent une proportion plus élevée de mi-
–0,20
grants très instruits exerçant des professions moins qua-
–0,25 lifiées que d’autres pays. En revanche, les perspectives
<6 6–10 11–20 > 20
Années écoulées depuis l’arrivée dans le pays pour les migrants et les autochtones très instruits ont
2. Travailleurs très instruits occupant des emplois tendance à être comparables dans les pays anglo-saxons
50 peu qualifiés, par région, 2000 (graphique 4.18, plage 2).
(En pourcentage de la population très instruite
respective, moyenne simple)
•• Réglementations du marché du travail — Une protec-
40 tion de l’emploi excessive et des impôts et cotisations
Migrants Autochtones
30
de sécurité sociale élevés peuvent avoir des effets né-
gatifs sur l’emploi, en particulier pour les travailleurs
20 dont la productivité est a priori incertaine (voir, par
exemple, Blanchard, Jaumotte et Loungani, 2013). Les
10
taux d’emploi des migrants sont plus élevés dans les
0
pays qui se caractérisent par des salaires bas en début
Pays anglo-saxons Europe continentale Pays nordiques de carrière et par une protection de l’emploi moindre
Sources : European Social Survey, Rounds 1-6; Organisation de coopération (Ho et Shirono, 2015).
et de développement économiques; calculs des services du FMI.
1
•• Difficultés supplémentaires pour les réfugiés — L’incertitude
La différence de situation mesure l’écart de situation professionnelle entre
autochtones et immigrés; en fonction de l’âge, du sexe, des années d’études,
entourant le statut juridique des réfugiés — l’accepta-
des compétences linguistiques, du pays d’accueil et de la période. tion de leur demande d’asile — peut retarder leur entrée
sur le marché du travail. Pendant que leur demande est
étudiée, les demandeurs d’asile sont souvent confrontés
complexe. Aiyar et al. (2016) constatent que les migrants
à des obstacles juridiques à l’emploi (Hatton, 2013) et,
ont des taux d’activité, des taux d’emploi et des salaires plus
dans les pays européens, le traitement des demandes
faibles que les autochtones dans les pays développés (gra-
peut prendre entre deux mois et un an. Enfin, comme
phique 4.18, plage 1). Les écarts en termes de rémunéra-
les migrations des réfugiés sont moins dictées par des
tion et d’emploi sont importants durant les premières an-
facteurs d’attraction, par exemple une croissance sou-
nées, puis se réduisent à mesure que les migrants maîtrisent
tenue dans le pays d’accueil, l’arrivée dans un environ-
la langue et acquièrent une expérience professionnelle plus
nement de chômage élevé peut réduire leurs taux d’em-
intéressante. Les migrants issus de pays développés ou ayant
ploi et salaires pendant une période prolongée (Äslund et
des compétences linguistiques plus poussées au départ ob-
Rooth, 2007), ce qui souligne l’importance de la phase
tiennent souvent de meilleurs résultats que les autres catégo-
du cycle conjoncturel dans le processus d’intégration.
ries. Les difficultés pour les femmes migrantes et réfugiées
semblent particulièrement grandes : leurs résultats sur le plan Les migrations et les enjeux budgétaires
professionnel sont moins bons, surtout à court terme (Aldén
L’intégration au marché du travail joue aussi un rôle
et Hammarstedt, 2014; Ott, 2013). Les problèmes qui se
crucial dans l’incidence sur les finances publiques des pays
posent sont notamment les suivants :
d’accueil. Au fil du temps, compte tenu de leur impact sur
•• Reconnaissance des qualifications — Les migrants ont
la population en âge de travailler et sur l’activité écono-
tendance à être sous-représentés dans les emplois très
mique, les migrants peuvent générer des recettes fiscales et
qualifiés et surreprésentés dans les emplois peu quali-
des cotisations sociales supplémentaires. Toutefois, l’inté-
fiés37. Cela peut en partie s’expliquer par les différences
gration prend du temps, notamment dans le cas des réfu-
37Voir, par exemple, Aleksynska et Tritah (2013) pour l’inadéquation giés, ce qui signifie qu’il y aura un décalage temporel avant
entre les études et la profession des immigrés en Europe. qu’ils ne commencent à contribuer au budget. À court
terme, ils devront peut-être avoir recours aux services Graphique 4.19. Allemagne : valeur actuelle de la contribution
d’aide sociale et demander des prestations sociales, notam- budgétaire nette future attendue par tranche d’âge
(En milliers d’euros, sur la base de la méthode de comptabilité
ment des soins de santé et une assistance sociale. Les mi-
générationnelle; année de référence = 2012)
grations peuvent aussi influer sur l’utilisation par les au-
400
tochtones des ressources budgétaires, dans la mesure où
la présence de migrants augmente le taux de chômage des Autochtones
autochtones, ou réduit leurs salaires38. L’impact des migra- 300 Migrants
tions sur les comptes budgétaires dépend du revenu des
migrants, mais aussi de la générosité du système de sécurité 200
sociale dans les pays d’accueil.
Tout au long de leur existence, les migrants ont tendance
100
à moins alimenter les comptes budgétaires que les autoch-
tones, essentiellement parce qu’ils payent moins d’impôts et
versent moins de cotisations à la sécurité sociale. Cela met 0
de nouveau en évidence l’importance de leur intégration
aux marchés du travail. Leur contribution moindre s’ex- –100
plique par leur période d’activité moins longue et par leurs
emplois moins bien rémunérés39. Les migrants dépendent
–200
davantage de certains transferts sociaux, mais les différences 0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100
Âge
entre eux et les autochtones ne semblent pas avoir de vastes
Source : Bonin (2014).
conséquences sur le plan budgétaire. Par rapport aux au-
tochtones sans emploi, les migrants au chômage sont plus
susceptibles de bénéficier d’une assistance sociale, mais montant des prestations sociales et la valeur des services
moins de toucher des allocations chômage plus généreuses publics reçus par la population de migrants de 27 pays
en général. Le cas de l’Allemagne illustre le fait que les au- de l’OCDE entre 2007 et 2009. L’impact, qu’il soit po-
tochtones comme les migrants voient leur contribution sitif ou négatif, dépasse rarement 0,5 % du PIB au cours
augmenter lorsqu’ils approchent de l’âge actif et diminuer d’une année donnée et est à peu près nul en moyenne. Un
pendant la retraite (graphique 4.19). Néanmoins, la contri- impact positif sur les finances publiques est observé dans
bution des migrants a tendance à devenir positive plus tard, 19 pays, c’est-à-dire 70 % de l’échantillon de pays.
à culminer à un niveau inférieur et à devenir négative à un Cependant, l’augmentation des dépenses à court terme
stade plus précoce (voir Aiyar et al., 2016, et FMI, 2015c). pour venir en aide aux réfugiés pourrait accentuer les pres-
L’histoire montre que l’incidence en valeur nette des mi- sions budgétaires dans les pays d’accueil. À leur arrivée,
grants sur les finances publiques est faible dans les pays de les réfugiés bénéficient d’une aide au logement, à la sub-
l’OCDE. Les estimations dépendent énormément de plu- sistance et à l’intégration. En outre, comme indiqué plus
sieurs hypothèses, et notamment les nombreux éléments haut, ils ne sont bien souvent pas autorisés à travailler tant
qui déterminent les perspectives d’emploi des migrants que leur statut juridique n’est pas défini. Cela réduit leur
(comme indiqué plus haut), leur âge et la manière dont la contribution au budget à court terme par rapport à celle
méthode d’analyse prend en considération les effets macro- des autres migrants et des autochtones. En général, les pays
économiques dynamiques des migrations. OCDE (2013) en voie de développement supportent le plus gros poids lié
présente une étude internationale reposant sur un modèle aux réfugiés. Ainsi, en Jordanie, au Liban et en Turquie, les
comptable statique (flux de trésorerie) qui évalue les im- dépenses consacrées aux réfugiés sont estimées à respecti-
pôts et les cotisations de sécurité sociale payés ainsi que le vement 2,4 %, 3,2 % et 1,3 % du PIB pendant le récent
afflux40. Mais cela concerne aussi de nombreux pays euro-
38Comme évoqué plus haut, les ouvrages montrent pour la plupart que
péens, qui ont des systèmes de protection sociale assez gé-
ces effets sont limités. Ils pourraient aussi être atténués si les migrations
néreux et un nombre important de migrants humanitaires.
augmentent le revenu du capital perçu par les autochtones (Borjas, 1999). D’après les estimations des services du FMI pour la zone
Conde Ruiz, Ramón Garcia et Navarro (2008) observent de tels effets euro, les dépenses budgétaires moyennes consacrées aux ré-
pour l’Espagne durant la première décennie 2000.
39Cela explique aussi la logique des systèmes de gestion des migra- fugiés pourraient atteindre 0,2 % du PIB en 2016, l’Alle-
tions de travail. Dans le système australien par exemple, l’âge a un poids magne, l’Autriche, la Finlande et la Suède devant prendre
important — jusqu’à 38 % du minimum requis — et il existe des li-
mites d’âge maximum pour l’entrée. 40FMI (2015d, 2015e, 2016h).
Graphique 4.20. Impact estimé des migrations population. Enfin, les migrants peuvent stimuler la pro-
dans les pays plus développés, 2010 ductivité du travail à travers la complémentarité avec les
(En pourcentage du PIB)
travailleurs autochtones et la diversification des compé-
0 tences productives. Cette partie étudie l’impact des mi-
grations sur la production par habitant à long terme.
L’expérience passée montre que les migrations pour-
raient avoir une incidence positive sur la production par
–1
habitant dans les pays d’accueil. Si les ouvrages consacrés
aux migrations sont pour la plupart microéconomiques
et privilégient l’emploi, l’innovation ou la productivité,
–2 certaines études ont analysé l’importance de ces circuits
d’un point de vue macroéconomique. Néanmoins, le fait
que certains des facteurs d’attraction à l’origine des mi-
–3
grations puissent fausser les résultats complique cette ana-
lyse. Par exemple, si les migrants s’installent dans des pays
affichant une croissance du PIB soutenue, il sera facile
de conclure que les migrations constituent la «cause» de
–4 cette croissance. Pour éviter cette complication, Alesina,
Taux de dépendance Dépenses de retraite Dépenses de santé
des personnes âgées Harnoss et Rapoport (2015) et Ortega et Peri (2014) uti-
Source : Clements et al. (2015). lisent un modèle de gravitation pour isoler les effets des
Note : L’impact des migrations correspond à la différence entre le scénario migrations découlant de facteurs d’incitation au départ.
de référence, qui suppose la poursuite des mouvements migratoires actuels, Dans un cadre transversal, ils identifient un impact très
et le scénario de migration nulle.
positif des migrants sur la production par habitant dans
les pays d’accueil. Ils l’associent à un effet positif des mi-
en charge les plus fortes hausses des dépenses. S’agissant grants hautement qualifiés sur l’emploi, l’accumulation
de la Suède, les dépenses liées aux migrations devraient at- de capital et la productivité du travail, ce qui non seule-
teindre 1 % du PIB en 2016. ment améliore la productivité elle-même, mais favorise
À plus long terme, les migrations sont en mesure de ré- aussi la diversité de la population active.
duire les pressions budgétaires liées au vieillissement de la Une étude récente semble indiquer que les migrations
population dans les pays d’accueil (graphique 4.20). Par améliorent le PIB par habitant dans les pays d’accueil en
exemple, si les migrations se poursuivaient au rythme des stimulant l’investissement et en augmentant la productivité
flux actuels, elles pourraient freiner l’augmentation attendue du travail. Jaumotte, Koloskova et Saxena (2016) estiment
du taux de dépendance des personnes âgées et les dépenses qu’une hausse de 1 point de pourcentage de la part des mi-
de santé et de retraite qui vont de pair par rapport au PIB grants dans la population en âge de travailler peut accroître
(Clements et al., 2015; Commission européenne, 2015). le PIB par habitant à long terme jusqu’à hauteur de 2 %
Plus l’impact des migrations sur la croissance du PIB sera (graphique 4.21, plage 1)41. Cet impact est certes un peu
marqué, plus ces effets seront prononcés. Les migrations ne moins marqué que dans les estimations précédentes, mais
peuvent pas totalement régler les problèmes qui découlent il est significatif d’un point de vue économique. Après dé-
du vieillissement de la population, mais elles peuvent composition des estimations en effets sur l’emploi et sur
donner du temps pour mettre en œuvre progressivement la productivité du travail, ils constatent que les migrations
la réforme des prestations sociales et d’autres réformes, qui ont une incidence très positive sur la productivité du tra-
s’avèrent encore nécessaires dans bon nombre de pays. vail42. En outre, ils n’observent aucune corrélation entre
Les effets positifs sur la croissance à plus long terme 41Pour remédier à des problèmes d’endogénéité, l’étude utilise un
Les migrations peuvent doper le revenu global dans les modèle de pseudo-gravitation pour estimer les migrations causées par
des facteurs d’incitation au départ des pays d’origine, comme la situa-
pays d’accueil à long terme, et ce via plusieurs circuits. tion socioéconomique et politique, et par les coûts bilatéraux des migra-
Premièrement, en venant gonfler la population active, les tions, facteurs qui sont totalement indépendants des niveaux de revenu
migrations peuvent renforcer l’accumulation de capital. dans les pays d’accueil.
42Si ces résultats s’appliquent à l’estimation de panel, les problèmes
Deuxièmement, s’ils sont bien intégrés aux marchés du des marchés du travail et la composition en termes de qualifications de
travail, les migrants peuvent augmenter le ratio emploi/ la population de migrants par rapport aux autochtones peuvent jouer
l’augmentation à long terme du ratio capital/travail et Graphique 4.21. Migrations : effets positifs
l’évolution de la population de migrants, ce qui concorde sur la croissance à plus long terme
avec l’adaptation de l’investissement dans le temps à un ré- 4 1. Impact d’une augmentation de la part des migrants
(En pourcentage par hausse de 1 point de pourcentage)
servoir de main-d’œuvre potentielle plus important (gra-
phique 4.21, plage 2). En outre, les effets se répartissent de 3
manière égale entre les catégories de revenu, à savoir que
les migrations ont une incidence positive sur les revenus 2
des plus hauts salaires comme sur ceux du reste de la po-
pulation, même si les migrants hautement qualifiés ont un 1
impact plus prononcé sur les plus hauts revenus.
Les migrants hautement et peu qualifiés augmentent la 0
PIB par habitant Productivité
productivité. Les migrants hautement qualifiés sont sus-
ceptibles d’avoir un impact plus prononcé sur le PIB par
160 2. Augmentation du ratio capital/travail
habitant du fait de leur incidence plus forte sur la produc- en fonction de l’immigration, 1990–2010
140
tivité. Toutefois, les migrants moins qualifiés peuvent aussi (En pourcentage) PRT IRL
120
accroître la productivité si leurs qualifications et celles des
autochtones sont complémentaires. Jaumotte, Koloskova 100
Graphique 4.22. Contributions de l’émigration de leur population active au profit des États-Unis
à la croissance démographique
en 1965–2000 (Mishra, 2006). Depuis l’effondrement
(Variation en pourcentage entre 1993 et 2012)
de l’Union soviétique, la population de la Géorgie et de
40
Croissance démographique sous-jacente l’Arménie a diminué de respectivement 15 % et 27 %.
Contribution des flux d’émigration En Europe centrale, de l’Est et du Sud-Est, 5,5 % de la
30 Croissance démographique observée
population environ a quitté la région ces vingt-cinq der-
nières années. Les pays d’Europe du Sud-Est ont enre-
20
gistré une émigration cumulée de plus de 8 points de
pourcentage entre 1990 et 2012. La population locale
10
dans la plupart des pays d’Europe centrale, de l’Est et du
Sud-Est a stagné ou diminué; la tendance est identique
0
dans les pays baltes et de la Communauté des États in-
dépendants (graphique 4.22).
–10
UKR
RUS
BIH
SVK
ALB
POL
MKD
LVA
MDA
HUN
SVN
EST
LTU
HRV
TUR
CZE
Baltes EC-5 ESE-UE ESE-XUE CEI séder davantage de ressources pour s’installer et trouver
Sources : Organisation de coopération et de développement économiques, base
des conditions plus favorables dans les pays d’accueil43.
de données sur les migrations internationales; Banque mondiale, Indicateurs Par conséquent, les migrations ont un impact considé-
du développement dans le monde; calculs des services du FMI. rable sur la main-d’œuvre hautement qualifiée pour cer-
Note : Baltes = EST, LTU, LVA; EC-5 = CZE, HUN, POL, SVK, SVN; ESE-UE = pays
d’Europe du Sud-Est membres de l’UE; ESE-XUE = pays d’Europe du Sud-Est non
tains pays et certaines régions (graphique 4.23, plage 1).
membres de l’UE; CEI = Communauté des États indépendants. Les abréviations des Par exemple, les pays des Caraïbes ont perdu plus de
pays correspondent aux codes de l’Organisation internationale de normalisation (ISO). 50 % de leurs travailleurs hautement qualifiés entre 1965
et 2000 (voir Mishra, 2006). Atoyan et al. (2016)
ménages et éventuellement stimuler l’investissement, pour- constatent que, pour les pays d’Europe centrale, de l’Est
raient néanmoins limiter ces inconvénients. En outre, les et du Sud-Est, plusieurs décennies de migrations ont ag-
migrants peuvent faciliter le transfert de connaissances gravé la pénurie de main-d’œuvre qualifiée. Ils montrent
entre les pays d’accueil et d’origine, ce qui à terme pourrait que la part des migrants diplômés de l’enseignement su-
favoriser le commerce, l’investissement et la croissance. périeur dans des pays comme la Hongrie, la Lettonie, la
Pologne et la République tchèque était nettement plus
Les effets de l’exode des cerveaux élevée que la proportion équivalente dans l’ensemble de
Si elles constituent une réaction naturelle à l’évolution dé- la population (graphique 4.23, plage 2).
mographique dans certains pays, les migrations peuvent pro- L’exode des cerveaux peut avoir des effets prononcés sur
voquer une érosion de la croissance de la population dans les marchés du travail et les perspectives de croissance dans
d’autres. Des exemples peuvent illustrer ces différences : les pays d’origine. Les migrations freinent la croissance de
•• L’émigration rapide depuis l’Afrique subsaharienne va la population d’âge actif et peuvent exercer des pressions à
de pair avec une transition démographique en cours la hausse sur les salaires, comme l’a observé Mishra (2014)
qui entraîne une forte augmentation de la population dans plusieurs études de cas nationales44. Dans le même
d’âge actif. Ces migrations, qui devraient se poursuivre temps, elles peuvent avoir un impact négatif sur la produc-
au cours des prochaines années, représentent un dépla- 43Par exemple, Atoyan et al. (2016) montrent qu’en 2010 environ
cement de la main-d’œuvre disponible de pays à la po- trois quarts des migrants dans les pays d’Europe centrale, de l’Est et du
pulation jeune vers des pays dont la population vieillit Sud-Est étaient en âge de travailler et plus jeunes et plus instruits que la
population dans son ensemble.
et devraient contribuer à lisser des tendances démogra- 44En fonction du niveau de qualification des migrants, les migrations
phiques qui ne sont pas simultanées dans les différents peuvent aussi modifier les salaires relatifs. Si les migrants sont plus ins-
pays (voir encadré 4.3). truits, une baisse de l’offre de main-d’œuvre hautement qualifiée peut
•• En revanche, les migrations ont pesé sur l’évolution creuser l’écart de salaire entre les travailleurs hautement et peu qualifiés.
Mishra (2007) identifie des éléments prouvant cet état de fait dans le
démographique dans d’autres régions. Par exemple, cas du Mexique, où l’impact de l’émigration est le plus marqué sur les
les pays des Caraïbes ont perdu entre 7 % et 27 % salaires des travailleurs ayant suivi une scolarité de 12–15 ans.
tivité. La substituabilité limitée entre migrants et autoch- Graphique 4.23. Migrations de la population diplômée
tones qualifiés réduit la productivité du travail, phénomène de l’enseignement supérieur
qui est amplifié par le fait que les personnes plus instruites 1. Taux d’émigration des diplômés de l’enseignement supérieur
120 (En pourcentage de la population totale diplômée
transmettent en général un savoir-faire aux autres. Atoyan de l’enseignement supérieur, 2000)
100
et al. (2016) procèdent à l’analyse d’une situation fictive Caraïbes ECSE
qui laisse entendre que la croissance réelle cumulée de la 80 Moyenne de la région
productivité du travail dans les pays d’Europe centrale, de
60
l’Est et du Sud-Est entre 1995 et 2012 aurait pu être su-
périeure de quelque 5 points de pourcentage en l’absence 40
de migrations. Par conséquent, ces pays ont affiché une 20
croissance du PIB plus faible en raison de la perte de main-
0
d’œuvre engendrée par les migrations, mais aussi du fait de GUY HTI ATG BHS HRV POL SVN
la dégradation de la composition des qualifications. Cela
a sans doute amoindri les perspectives de convergence des 50 2. Niveau d’instruction des migrants
et de la population du pays d’origine, 2010
de l’enseignement supérieur
40 BLR LVA
Enfin, les migrations peuvent aussi influer sur les HUN LTU UKR
POL RUS
comptes budgétaires. Atoyan et al. (2016) font valoir que 30
MDA
CZE EST
l’émigration n’a pas une forte incidence sur la dette pu- SVK BGR
ROU
blique, mais provoque une intensification des pressions 20 MNE
budgétaires dans les pays d’Europe centrale, de l’Est et du BIH HRV SVN
10 SRB
Sud-Est. En effet, les sorties de main-d’œuvre ont tendance MKD TUR
ALB
à réduire les recettes fiscales plus qu’elles ne font baisser les 0
dépenses. Comme les migrants sont généralement jeunes, 0 10 20 30 40 50 60
les dépenses de santé et de retraite ont tendance à être peu Pourcentage de la population diplômée de l’enseignement supérieur
modifiées, ce qui contraint les pouvoirs publics à aug- Sources : Organisation de coopération et de développement économiques,
base de données sur les immigrés dans les pays de l’OCDE 2010; Banque mondiale,
menter les taux d’imposition ou à trouver des sources de re- Indicateurs du développement dans le monde; calculs des services du FMI.
cettes supplémentaires45. Certaines études de cas montrent Note : ECSE = Europe centrale et du Sud-Est. Les abréviations des pays
correspondent aux codes de l’Organisation internationale de normalisation (ISO).
que l’émigration a un impact négatif sur les comptes budgé-
taires, en grande partie lié à une diminution des recettes46.
pourcentage du PIB en tant que région — environ 7½ %
Envois de fonds et diasporas du PIB de la région en 2015. Cela peut contribuer forte-
Les envois de fonds constituent une source de revenu ment au revenu des ménages pauvres. Une étude interna-
pour un certain nombre de petits pays d’origine des migra- tionale portant sur 71 pays émergents et en développement
tions, notamment pour les ménages pauvres. Les envois de d’Adams et Page (2005) met en évidence qu’une hausse
fonds vers les pays en développement ont atteint 450 mil- de 10 % des envois de fonds par habitant entraîne une di-
liards de dollars en 2015, soit plus de la moitié des entrées minution de 3,5 % de la proportion d’individus vivant
d’investissement direct étranger (graphique 4.24, plage 1). dans la pauvreté. Il apparaît aussi que les envois de fonds
Pour certains petits pays, les envois de fonds peuvent re- ont pour effet d’augmenter les dépenses d’éducation et de
présenter plus de 25 % du PIB (le Tadjikistan, le Népal santé par rapport à la consommation (Ratha, 2014)47.
et la République de Moldova, par exemple). Les pays des Les envois de fonds peuvent aussi avoir des effets
Caraïbes illustrent bien l’importance des envois de fonds : macroéconomiques. En tant que source de financement,
après avoir perdu une grande partie de leur main-d’œuvre les envois de fonds peuvent contribuer à l’investissement,
au cours des dernières décennies, ils sont aujourd’hui les au développement financier et à la croissance en augmen-
principaux bénéficiaires au monde d’envois de fonds en tant l’épargne intérieure et en assouplissant les restrictions
de crédit. Pour l’Europe de l’Est, Atoyan et al. (2016)
45Voir Gibson et McKenzie (2012) sur la question des recettes et
Clements et al. (2015) sur les dépenses de retraite et de santé. 47Compte tenu de la réduction des risques — la fin des relations avec
46Voir Campos-Vazquez et Sobarzo (2012) pour le cas du Mexique; les correspondants bancaires et la clôture des comptes bancaires des
Desai, Kapur et Rogers (2009) pour l’Inde; Gibson et McKenzie (2012) prestataires de services d’envois de fonds —, les effets positifs des envois
pour le Ghana, la Micronésie, la Nouvelle-Zélande, la Papouasie- de fonds sont peut-être moins marqués dans le contexte actuel. Voir
Nouvelle-Guinée et les Tonga. Alwazir et al. (à paraître) pour les petits États du Pacifique.
Graphique 4.24. Envois de fonds et diasporas laissent entendre que, en participant à l’élaboration des
1.000 1. Flux financiers vers les pays émergents et en développement programmes d’études, les réseaux des diasporas peuvent
(En milliards de dollars) améliorer la qualité de l’enseignement dans leurs pays
800 d’origine. Ils peuvent aussi proposer des programmes ri-
600 Envois de fonds IDE
goureux de perfectionnement professionnel et de for-
Portefeuille sous APD
mation des cadres. En associant leurs compétences, leurs
400
forme de participations relations et leur savoir-faire à leur connaissance des pers-
200 pectives mondiales et des coutumes locales, les réseaux
0 des diasporas d’émigrés peuvent contribuer à un renfor-
cement de l’environnement économique dans le pays
–200
1990 93 96 99 2002 05 08 11 14
d’origine, à une hausse de l’efficience et à un dévelop-
pement sur de nouveaux marchés49. Dans le même es-
1,6 2. Effet positif sur la croissance à long terme lorsque
prit, ils peuvent aussi conseiller les autorités et permettre
le potentiel de la diaspora se concrétise1
1,4 d’améliorer la qualité des établissements publics50.
(En points de pourcentage)
1,2
1,0
0,8 Moyenne des pays émergents L’importance de l’intégration pour les pouvoirs publics
et en développement
0,6 Les migrations ont de fortes répercussions sur les pays
0,4 d’accueil comme sur les pays d’origine, et les pouvoirs pu-
0,2 blics jouent un rôle important pour déterminer leur im-
0,0 pact économique. Dans les pays d’accueil, la mesure dans
Asie en Moyen-Orient Amérique Afrique Europe
développement et Asie centrale latine subsaharienne émergente laquelle les migrations augmentent l’offre de main-d’œuvre
et émergente et Caraïbes et la productivité et contribuent aux finances publiques à
Sources : Mitra et al. (2015, 2016); Banque mondiale, Indicateurs du développement long terme dépend de la rapidité avec laquelle les migrants
dans le monde; calculs des services du FMI. s’intègrent aux marchés du travail. Pour les pays d’ori-
1
Croissance potentielle si la diaspora se hisse au point de référence des plus gine, la réaction adéquate des pouvoirs publics dépend
performants. Pour les détails de la simulation, voir Mitra et al. (2016).
des causes sous-jacentes des migrations, à savoir si elles dé-
coulent de la situation intérieure ou à l’étranger.
identifient un impact positif sur l’investissement privé, ce Une intégration rapide des migrants est capitale pour
qui donne à penser que les envois de fonds réduisent les les pays d’accueil. Des politiques d’intégration bien pen-
contraintes en termes de garantie et le coût des prêts pour sées s’avèrent indispensables pour exploiter les avantages
les chefs d’entreprise. Goschin (2013) décèle aussi un im- des migrations et devraient en particulier,
pact positif sur la croissance en Europe centrale et de l’Est •• Améliorer les politiques du marché du travail. Des procé-
en 1995–2011. En revanche, les envois de fonds peuvent dures simples, peu coûteuses et transparentes pour re-
aussi avoir des effets négatifs sur les marchés du travail cruter des travailleurs étrangers et la reconnaissance de
et les taux de change. Atoyan et al. (2016) affirment que leurs qualifications et de leur expérience professionnelle
les envois de fonds réduisent les incitations au travail en pourraient permettre de faciliter l’intégration au marché
raison d’un allégement de la contrainte budgétaire et du travail. Un placement en amont et d’autres incita-
d’une augmentation du salaire minimum accepté48. Les tions pourraient réduire les coûts d’accès. Les éventuelles
flux d’envois de fonds peuvent aussi entraîner une ap- incitations fiscales, comme les subventions salariales et les
préciation du taux de change réel et une contraction du aides à l’embauche, devraient être temporaires et ciblées.
secteur exportateur, comme le montrent Magud et Sosa •• Offrir un accès à l’éducation et aux services financiers.
(2013) et Atoyan et al. (2016) pour l’Europe de l’Est. L’accès à l’éducation et à une formation linguistique et
Enfin, les réseaux des diasporas d’émigrés peuvent professionnelle pourrait permettre de trouver un juste
transmettre des connaissances et un savoir-faire en re-
tour dans le pays d’origine, ce qui peut accroître la pro- 49Les migrants pourraient aussi favoriser les échanges commerciaux;
ductivité (graphique 4.24, plage 2). Mitra et al. (2016) voir Cohen, Gurun et Malloy (à paraître) et Parsons et Vezina (2014);
et les investissements directs étrangers (voir Burchardi, Chaney et
Hassan, 2016).
48Une augmentation de 1 point de pourcentage du PIB des envois 50Par exemple, des cadres nés en Inde et travaillant dans des entreprises
de fonds va de pair avec une hausse de 2–3 % du taux d’inactivité dans technologiques implantées aux États-Unis ont joué un rôle essentiel en
l’ensemble de l’économie dans les pays des Balkans et d’Europe centrale. donnant confiance à ces dernières pour externaliser le travail en Inde.
équilibre des compétences parmi les migrants et de ré- des diasporas. La réduction du coût des envois de fonds
duire au minimum le risque de tensions sociales. La et le renforcement des incitations pour leur intermédia-
garantie d’un accès aux services financiers, par exemple tion financière pourraient aussi changer la donne.
à des comptes bancaires et à des transactions finan- •• Atténuer les effets des migrations. Les politiques qui ren-
cières, pourrait élargir les possibilités. forcent l’offre de main-d’œuvre, y compris en aug-
•• Aider les migrants chefs d’entreprise. Encourager l’esprit mentant l’activité féminine, pourraient neutraliser les
d’entreprise chez les migrants pourrait contribuer à sti- effets des migrations en termes de contraction de la
muler la compétitivité et l’innovation. main-d’œuvre. L’amélioration de l’efficience des dé-
penses sociales et de santé pourrait alléger les pres-
Les réfugiés requièrent une attention particulière. Un sions budgétaires potentielles et, s’il est nécessaire d’ac-
défi majeur consiste à réduire les délais d’attente des de- croître les recettes fiscales, le recours plus important à
mandeurs d’asile avant d’obtenir l’autorisation de travailler. des taxes sur la consommation plutôt qu’à des impôts
Un soutien ciblé peut réduire les lacunes linguistiques et frappant l’emploi protégerait la croissance.
les déficits de qualifications. En outre, des mesures comme
des subventions salariales temporaires peuvent inciter les Une riposte efficace des pouvoirs publics dans les pays
employeurs à embaucher. Une amélioration de la mobilité d’origine sortant d’un conflit devrait protéger les insti-
géographique, y compris à travers une offre de logements tutions économiques, donner la priorité aux dotations
accessibles, aidera les réfugiés à s’établir là où la demande budgétaires qui répondent aux besoins essentiels de la po-
de main-d’œuvre est forte51. Lorsque des pays accueillent pulation et utiliser les politiques monétaire et de change
des réfugiés en provenance de zones de conflit à proximité, pour renforcer la confiance. Une fois que les conflits
l’aide internationale demeure indispensable, y compris s’apaisent, une reconstruction réussie passe par des insti-
de la part des donateurs, pour veiller à ce que les réfugiés tutions qui fonctionnent bien et des cadres macroécono-
soient correctement pris en charge, notamment via une as- miques solides mais souples pour absorber les entrées de
sistance supplémentaire de l’administration centrale. capitaux et préserver la viabilité de la dette. Pour empê-
Les pays d’origine devraient s’efforcer de faire pencher cher des violences à l’avenir, les pays sortant d’un conflit
la balance entre les effets positifs et négatifs de l’émigration devraient accélérer les réformes axées sur une croissance
en leur faveur. Si des distorsions des politiques nationales partagée et visant à réduire les inégalités.
sont à l’origine de l’émigration, les corriger est une solution Un cadre multilatéral renforcé se justifie pour mieux
naturelle pour éviter un exode des cerveaux. Si l’émigration gérer les migrations internationales. Les initiatives mon-
s’explique par des facteurs d’attraction, la riposte doit privi- diales devraient s’employer à encourager la coopération
légier l’ajustement et des mesures consistant à : entre pays d’origine et d’accueil, y compris en facilitant
•• Éviter les départs et faire revenir les migrants. Des insti- les flux d’envois de fonds, en protégeant les droits des tra-
tutions solides et des réformes propices à la croissance vailleurs et en créant un cadre de travail sûr pour les mi-
favoriseront la convergence des revenus et réduiront grants. La coopération est en outre cruciale pour remé-
l’attrait de l’émigration. Ainsi, les améliorations appor- dier aux difficultés liées aux migrations humanitaires, y
tées à l’environnement économique, à la gouvernance compris à travers un renforcement de la diplomatie en
et à la qualité des institutions inciteront davantage les faveur du développement à l’échelle mondiale — dont
personnes à rester sur le territoire ou les émigrés à ren- l’objectif est d’empêcher et de juguler les crises humani-
trer au pays. La reconnaissance des compétences ac- taires et d’y faire face — et des instruments de finance-
quises à l’étranger, des avantages fiscaux ciblés et la ment plus souples et innovants pour garantir une aide
portabilité des prestations sociales pourraient aussi efficace et des ressources aux réfugiés qui souhaitent ren-
convaincre les migrants de revenir. trer dans leur pays. Compte tenu de l’afflux de réfugiés
•• Mettre à profit les réseaux des diasporas et les envois de fonds. ces dernières années et de leur impact sur les pays voisins
Cela pourrait englober, par exemple, l’émission d’obliga- qui supportent une grande partie des dépenses générées
tions des diasporas (comme en Inde, en Israël, au Nigéria pour les accueillir, les pays donateurs à revenu élevé (dont
et aux Philippines) et les relations avec les communautés les institutions internationales, le Groupe des Sept, le
Conseil de coopération du Golfe et l’Union européenne)
51Dans l’Union européenne, la flexibilité inscrite dans le Pacte de
doivent coordonner leur stratégie pour apporter une aide
stabilité et de croissance devrait être autorisée pour assouplir très légè-
rement les objectifs budgétaires afin de faire face aux dépenses à court financière plus importante en vue d’améliorer la situation
terme liées aux réfugiés. des réfugiés.
Encadré 4.1. Les liens de la Chine avec les pays à faible revenu et en développement
Les relations commerciales entre la Chine et les pays Graphique 4.1.1. Les liens de la Chine avec
à faible revenu et en développement se sont nettement les pays à faible revenu et en développement
intensifiées ces dernières années. Les exportations vers 1. Répartition sectorielle des exportations
la Chine en pourcentage du total des exportations de des PFRD vers la Chine
(En pourcentage)
ces pays, qui étaient inférieures à 5 % avant 2000, ont Combustibles Minéraux
plus que doublé. Si la part de la Chine dans les expor- Métaux Légumes
tations des pays à faible revenu et en développement Autres Mach. et élec.
100
semble modeste, à savoir 13 % en 2015, elle figurait
parmi les trois principaux marchés destinataires des ex- 80
portations pour environ la moitié de ces pays, qui ont 60
tendance à commercer avec un grand nombre de parte- 40
naires. Comme évoqué dans ce chapitre, les pays ayant 20
une forte exposition commerciale à la Chine ont subi 0
2000 05 10 14
des pressions à la baisse sur la demande de leurs expor-
tations ces dernières années, et la croissance du volume
45 2. IDE sortants depuis la Chine1
des exportations dans les pays à faible revenu et en déve- (En pourcentage du PIB
40
loppement s’est essoufflée en conséquence. du pays d’accueil, fin 2014)
35
La composition sectorielle des échanges commer-
30
ciaux avec la Chine est dominée par les combus-
25
tibles, les minéraux et les métaux, qui représentaient
20
quelque 60 % du total des exportations en 2014 (gra-
15
phique 4.1.1, plage 1). La part des produits de base,
10
bien que toujours élevée, est en léger recul par rapport
5
au début des années 2000, à un moment où les exporta-
0
tions de matières premières constituaient environ 70 % LAO LUX LBR NAM GIN MUS MOZ
du total. En termes de poids, ces exportations ont ré- MNG KGZ GUY COG COD MWI KAZ
cemment été en partie remplacées par des exportations
de biens d’équipement, qui représentent aujourd’hui Sources : CEIC; calculs des services du FMI.
Note : IDE = investissement direct étranger; PFRD = pays à
quelque 10 % du total des exportations.
faible revenu et en développement; Mach. et élec. = machines
La Chine est une grande source d’entrées d’inves- et appareils électriques. Les abréviations des pays
tissement direct étranger dans les pays à faible revenu correspondent aux codes de l’Organisation internationale
et en développement (graphique 4.1.1, plage 2). Si les de normalisation (ISO).
1
Exclut Hong Kong (RAS).
deux principaux bénéficiaires des investissements directs
chinois (la République démocratique populaire lao et la
Mongolie) sont proches de la Chine géographiquement, l’érosion de la demande de produits de base peut faire
la Chine est aussi une source importante d’investisse- obstacle puisque les investissements directs étrangers
ments directs étrangers pour plusieurs pays d’Afrique vont généralement de pair avec la production primaire.
subsaharienne. Alors que la Chine poursuit sa transition En outre, comme évoqué dans FMI (2016j), la ré-
et permet aux entreprises de rechercher de nouvelles cente initiative «One Belt One Road» (Une ceinture,
perspectives d’investissement à l’étranger, il y aura peut- une route) impliquera un nouveau renforcement des
être des retombées positives pour ces pays. Toutefois, flux d’investissements directs étrangers entre la Chine et
le Caucase et l’Asie centrale, l’Asie du Sud et l’Asie du
L’auteur de cet encadré est Nkunde Mwase. Sud-Est.
Encadré 4.2. Les conflits à l’origine des migrations : le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord
Le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord sont Les conséquences humanitaires et les coûts écono-
confrontés à une nouvelle vague de conflits qui ont des miques des conflits sont immenses. Selon des estima-
coûts économiques et des effets importants dans la ré- tions, 10 millions de réfugiés provenant de pays en
gion. Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, conflit sont le plus souvent restés dans les pays de la ré-
les pays de cette région ont subi plus de conflits que gion. Ainsi, depuis 2010, les réfugiés d’Iraq et de Syrie
ceux de n’importe quelle autre région du monde. Les sont venus gonfler la population du Liban et de la
conflits sont en outre plus longs et violents : entre 1946 Jordanie de respectivement un quart et un cinquième.
et 2014, 12 des 53 épisodes de conflit dans la région Plus de 1,7 million de réfugiés sont arrivés en Europe
ont duré plus de huit ans et beaucoup d’anciens pays en depuis juillet 2014, et la Turquie en accueille environ
conflit sont retombés dans la violence dans un délai de 3 millions. Les pays qui accueillent des réfugiés doivent
dix ans. Les coûts économiques des conflits sont consi- prendre des décisions difficiles au sujet de l’accès aux
dérables pour certains pays et les retombées profondes. marchés du travail et aux programmes sociaux. Cela
Le PIB de la Syrie a été divisé par deux, et la croissance souligne l’importance d’une aide humanitaire visant à
en Jordanie et au Liban a subi un net ralentissement ces répondre aux besoins immédiats des réfugiés et des per-
dernières années. sonnes déplacées dans leurs propres pays, mais aussi
d’une aide au développement renforcée pour l’ensemble
D’après Rother et al. (2016). de la région.
1. Âge des migrants et de la population Afrique subsaharienne, voir Nyarko (2011), Easterly et Nyarko
100 du pays d’origine 2008) et Batista, Lacuesta et Vicente (2007).
Pourcentage de migrants âgés
90
Graphique 4.3.3. Principaux bénéficiaires
de 15 à 64 ans
80
des envois de fonds en Afrique
70 subsaharienne, 2013–15
60 (En pourcentage du PIB)
Afrique subsaharienne
50 Reste des pays émergents 30
et en développement En provenance du reste du monde
40 En provenance des pays
40 50 60 70 80 90 100 25 d’Afrique subsaharienne
Pourcentage de la population âgée de 15 à 64 ans
60
15
50
40
10
30
20 Afrique subsaharienne
Reste des pays émergents 5
10 et en développement
0
0 10 20 30 40 50 60 70 0
Pourcentage de la population diplômée LBR LSO SEN STP MLI MDG
de l’enseignement supérieur GMB COM CPV TGO GNB NGA
Sources : Organisation de coopération et de développement Source : Banque mondiale, base de données sur les migrations
économiques, base de données sur les migrations et les envois de fonds.
internationales; Banque mondiale, Indicateurs du Note : Les abréviations des pays correspondent aux codes
développement dans le monde; calculs des services du FMI. de l’Organisation internationale de normalisation (ISO).
———, Christian Dustmann, and Ian Preston. 2009. and Rebalancing to the ASEAN-5 Economies.” IMF Working
“Immigration, Wages, and Compositional Amenities.” NBER Paper 16/170, International Monetary Fund, Washington.
Working Paper 15521, National Bureau of Economic Research, Dizioli, Allan, Ben Hunt, and Wojciech Maliszewski. Forthcoming.
Cambridge, Massachusetts. “Spillovers from the Maturing of China’s Economy: A General
Cashin, Paul, Kamiar Mohaddes, and Mehdi Raissi. 2016. “China’s Equilibrium Model-Based Analysis.” IMF Working Paper,
Slowdown and Global Financial Market Volatility: Is World International Monetary Fund, Washington.
Growth Losing Out?” IMF Working Paper 16/63, International Drummond, Paulo, and Estelle Xue Liu. 2013. “Africa’s Rising
Monetary Fund, Washington. Exposure to China: How Large Are Spillovers through Trade?”
Cattaneo, Cristina, Carlo V. Fiorio, and Giovanni Peri. 2015. IMF Working Paper 13/250, International Monetary Fund,
“What Happens to the Careers of European Workers When Washington.
Immigrants ‘Take Their Jobs?’” Journal of Human Resources 50 Duval, Romain, Nan Li, Richa Saraf, and Dulani Seneviratne.
(3): 655–93. 2016. “Value-Added Trade and Business Cycle
Cesa-Bianchi, Ambrogio, and Kate Stratford. 2016. “How Could Synchronization.” Journal of International Economics 99:
a Shock to Growth in China Affect Growth in the United 251–62.
Kingdom?” In Bank of England Quarterly Bulletin 56 (1): 4–11. Easterly, William, and Yaw Nyarko. 2008. “Is the Brain
Chami, Ralph, Adolfo Barajas, Thomas Cosimano, Connel Drain Good for Africa?” Brookings Global Economy and
Fullenkamp, Michael Gapen, and Peter Montiel. 2008. Development Working Paper 19, The Brookings Institution,
“Macroeconomic Consequences of Remittances.” IMF Washington.
Occasional Paper 259, International Monetary Fund, Ebeke, Christian Hubert. 2010. “Remittances, Value Added Tax
Washington, D.C. and Tax Revenue in Developing Countries.” CERDI Document
Chami, Ralph, Dalia Hakura, and Peter Montiel. 2009. de travail de la série Études et Documents E 2010.30, Centre
“Remittances: An Automatic Output Stabilizer?” IMF Working d’études et de recherches sur le développement international,
Paper 09/91, International Monetary Fund, Washington. Clermont-Ferrand.
Christiansen, Lone, Huidan Lin, Joana Pereira, Petia Topalova, and Farré, Lidia, Libertad González, and Francesc Ortega. 2011.
Rima Turk. 2016. “Unlocking Female Employment Potential in “Immigration, Family Responsibility and the Labor Supply of
Europe: Drivers and Benefits.” Departmental Paper; European Skilled Native Women.” B.E. Journal of Economic Analysis &
Department and Strategy, Policy, and Review Department; Policy 11 (1), Article 34.
International Monetary Fund, Washington. Furceri, Davide, Joao Tovar Jalles, Aleksandra Zdzienicka.
Clements, Benedict, Kamil Dybczak, Vitor Gaspar, Sanjeev 2016. “China Spillovers: New Evidence from Time-Varying
Gupta, and Mauricio Soto. 2015. “The Fiscal Consequences Estimates.” Spillover Note 7, International Monetary Fund,
of Shrinking Populations.” IMF Staff Discussion Note, Washington.
International Monetary Fund, Washington. Gauvin, Ludovic, and Cyril Rebillard. 2015. “Towards Recoupling?
Cohen, Lauren, Umit Gurun, and Christopher Malloy. Assessing the Global Impact of a Chinese Hard Landing
Forthcoming. “Resident Networks and Corporate Connections: through Trade and Commodity Price Channels.” Working
Evidence from World War II Internment Camps.” Journal of Paper 562, Banque de France, Paris.
Finance. Gibson, John, and David McKenzie. 2012. “The Economic
Conde Ruiz, J. Ignacio, Juan Ramón Garcia, and Maria Navarro. Consequences of ‘Brain Drain’ of the Best and Brightest:
2008. “Immigration and Regional Growth in Spain.” FEDEA Microeconomic Evidence from Five Countries.” Economic
Working Paper 2008–08, Fundación de Estudios de Economía Journal 122 (560): 339–75.
Aplicada, Madrid. Gonzalez-Garcia, Jesús, Ermal Hitaj, Montfort Mlachila, Arina
D’Amuri, Francesco, and Giovanni Peri. 2014. “Immigration, Jobs, Viseth, and Mustafa Yenice. 2016. “Sub-Saharan African
and Employment Protection: Evidence from Europe before and Migration: Patterns and Spillovers.” Spillover Note 9,
during the Great Recession.” Journal of the European Economic International Monetary Fund, Washington.
Association 12 (2): 432–64. Guimarães-Filho, Roberto, and Gee Hee Hong. 2016. “Dynamic
Desai, Mihir, D. Kapur, J. McHale, and K. Rogers. 2009. “The Interconnectedness of Asian Equity Markets.” IMF Working
Fiscal Impact of High-Skilled Emigration: Flows of Indians to Paper 16/57, International Monetary Fund, Washington.
the US.” Journal of Development Economics 88 (1): 32–44. Gruss, Bertrand. 2014. “After the Boom: Commodity Prices
Diebold, Francis X., and Kamil Yilmaz. 2011. “On the Network and Economic Growth in Latin America and the Caribbean.”
Topology of Variance Decompositions: Measuring the IMF Working Paper 14/154, International Monetary Fund,
Connectedness of Financial Firms.” NBER Working Paper Washington.
17490, National Bureau of Economic Research, Cambridge, Hatton, Timothy J. 2013. “Refugee and Asylum Migration.” In
Massachusetts. International Handbook on the Economics of Migration, edited by
Dizioli, Allan, Jaime Guajardo, Vladimir Klyuev, Rui Mano, and Amelie F. Constant and Klaus F. Zimmermann. Cheltenham,
Mehdi Raissi. 2016. “Spillovers from China’s Growth Slowdown
United Kingdom, and Northampton, Massachusetts: _____. 2016g. Global Financial Stability Report. Washington, April.
Edward Elgar. _____. 2016h. Turkey: 2016 Article IV Consultation—Staff Report.
Ho, Giang, and Kazuko Shirono. 2015. “The Nordic Labor Market IMF Country Report 16/104. Washington.
and Migration.” IMF Working Paper 15/254, International _____. 2016i. Chapter 1, “Too Slow for Too Long: Recent
Monetary Fund, Washington. Developments and Prospects.” In World Economic Outlook.
Hong, Gee Hee, Jaewoo Lee, Wei Liao, and Dulani Seneviratne. Washington, April.
2016. “China and Asia in the Global Trade Slowdown.” _____. 2016j. Regional Economic Outlook: Middle East and Central
IMF Working Paper 16/105, International Monetary Fund, Asia. Washington, forthcoming October.
Washington. Jaumotte, Florence, Ksenia Koloskova, and Sweta C. Saxena.
Hunt, Jennifer, and Marjolaine Gauthier-Loiselle. 2010. “How 2016. “Impact of Migration on Income Levels in Advanced
Much Does Immigration Boost Innovation?” American Economies.” Spillover Note 8, International Monetary Fund,
Economic Journal: Macroeconomics 2 (2): 31–56. Washington.
International Monetary Fund (IMF). 2014. Chapter 3, Jorda, Oscar. 2005. “Estimation and Inference of Impulse
“Spillovers from a Potential Reversal of Fortune in Emerging Responses by Local Projections.” American Economic Review 95
Market Economies.” In IMF Multilateral Policy Issues Report. (1): 161–82.
Washington, July. Kangasniemi, Mari, Matilde Mas, Catherine Robinson, and
_____. 2015a. “Special Feature: Commodity Market Lorenzo Serrano. 2012. “The Economic Impact of Migration:
Developments and Forecasts, with a Focus on Metals in the Productivity Analysis for Spain and the UK.” Journal of
World Economy.” In World Economic Outlook. Washington, Productivity Analysis 38 (3): 333–43.
October. Kolerus, Christina, Papa N’Diaye, and Christian Saborowski.
_____. 2015b. “Where Are Commodity Exporters Headed? 2016. “China’s Footprint in Global Commodity Markets.”
Output Growth in the Aftermath of the Commodity Boom.” In Spillover Note 5, International Monetary Fund, Washington.
World Economic Outlook. Washington, October. Magud, Nicolás, and Sebastián Sosa. 2013. “When and Why
_____. 2015c. “International Migration: Recent Trends, Economic Worry About Real Exchange Rate Appreciation? The Missing
Impacts, and Policy Implications.” Staff Background Paper for Link Between Dutch Disease and Growth.” Journal of
G20 Surveillance Note. Washington. International Commerce, Economics and Policy 4 (2).
_____. 2015d. Lebanon: 2015 Article IV Consultation—Staff Mansuri, Ghazala. 2006. “Migration, Sex Bias, and Child Growth
Report. IMF Country Report 15/190. Washington. in Rural Pakistan.” Policy Research Working Paper 3946, World
_____. 2015e. Jordan: Sixth Review under the Stand-By Bank, Washington.
Arrangement, Request for Waivers of Applicability of Performance Mishra, Prachi. 2006. “Emigration and Brain Drain: Evidence
Criteria, and Rephasing of Access—Staff Report. IMF Country from the Caribbean.” IMF Working Paper 06/25, International
Report 15/115. Washington. Monetary Fund, Washington.
_____. 2015f. Fiscal Monitor. Washington, October. _____. 2007. “Emigration and Wages in Source Countries:
_____. 2015g. People’s Republic of China: 2015 Article IV Evidence from Mexico.” Journal of Development Economics 82:
Consultation—Staff Report. IMF Country Report 15/234. 180–99.
Washington. _____. 2014. “Emigration and Wages in Source Countries:
_____. 2016a. People’s Republic of China—Hong Kong Special A Survey of the Empirical Literature.” In International
Administrative Region: 2015 Article IV Consultation—Staff Handbook of Migration and Economic Development, edited
Report. IMF Country Report 16/17. Washington. by Robert E. B. Lucas. Cheltenham, United Kingdom, and
_____. 2016b. “China’s Changing Trade and the Implications for Northampton, Massachusetts: Edward Elgar.
the CLMV Economies.” Departmental Paper, Asia and Pacific Mitra, Pritha, Amr Hosny, Gohar Minasyan, Mark Fischer, and
Department. Washington. Gohar Abajyan. 2016. “Avoiding the New Mediocre: Raising
_____. 2016c. Chapter 3, “China’s Evolving Trade with Advanced Long-Term Growth in the Middle East and Central Asia.”
Upstream Economies and Commodity Exporters.” In Regional Departmental Paper 16/01, Middle East and Central Asia
Economic Outlook: Asia and Pacific. Washington, April. Department, International Monetary Fund, Washington.
_____. 2016d. Chapter 2, “The Growing Importance of Financial Morgan Stanley Research. 2016a. “Turnaround in Steel Outlook.”
Spillovers from Emerging Market Economies.” In Global China Supply Side Reforms, January 16.
Financial Stability Report. Washington, April. _____. 2016b. “Easing Overcapacity Drives Positive Outlook
_____. 2016e. Chapter 2, “Navigating the Transition: Trade and for Machinery Stocks.” China Supply Side Reforms,
Financial Spillovers from China.” In Regional Economic Outlook: February 16.
Asia and Pacific. Washington, April. Mwase, Nkunde, Papa N’Diaye, Hiroko Oura, Frantisek Ricka,
_____. 2016f. People’s Republic of China: 2016 Article IV Katsiaryna Svirydzenka, Camilo Ernesto Tovar, and Yuanyan
Consultation—Staff Report. IMF Country Report 16/270. Sophia Zhang. 2016. “Spillovers from China: Financial
Washington.
Channels.” Spillover Note 6, International Monetary Fund, Experiment.” Economic Working Paper 705, University of
Washington. Oxford, Oxford, United Kingdom.
Nasser, Razan, and Steven Symansky. 2014. “The Fiscal Impact of Peri, Giovanni. 2014. “Do Immigrant Workers Depress the Wages
the Syrian Refugee Crisis on Jordon.” USAID paper, United of Native Workers?” IZA World of Labor 2014: 42.
States Agency for International Development. ______, Kevin Shih, and Chad Sparber. 2015. “STEM Workers,
Nose, Manabu, M. Saxegaard, and J. Torres. 2016. “The Impact H-1B Visas, and Productivity in US Cities.” Journal of Labor
of China’s Growth Slowdown and Lower Commodity Prices Economics 33 (3): S225–55.
on South Africa.” In South Africa: Selected Issues. IMF Country ______, and Chad Sparber. 2009. “Task Specialization,
Report 16/218, International Monetary Fund, Washington. Immigration, and Wages.” American Economic Journal: Applied
Nyarko, Yaw. 2011. “The Returns to the Brain Drain and Brain Economics 1(3): 135–69.
Circulation in Sub-Saharan Africa: Some Computations Using Ratha, Dilip. 2014. “A $100 Billion Idea—Tapping Migrants for
Data from Ghana.” NBER Working Paper 16813, National Financing Development.” “People Move” blog, World Bank.
Bureau of Economic Research, Cambridge, Massachusetts. Roache, Shaun K. 2012. “China’s Impact on World Commodity
Organisation for Economic Co-operation and Development Markets.” IMF Working Paper 12/115, International Monetary
(OECD). 2013. Chapter 3, “Fiscal Impact of Immigration in Fund, Washington.
OECD Countries.” In International Migration Outlook. Paris. Roache, Shaun K., and Marina Rousset. 2015. “China: Credit,
Ortega, Francesc, and Giovanni Peri. 2009. “The Causes and Effects Collateral, and Commodity Prices.” HKIMR Working Paper
of International Migrations: Evidence from OECD Countries 27/2015, Hong Kong Institute for Monetary Research,
1980–2005.” NBER Working Paper 14833, National Bureau of Hong Kong.
Economic Research, Cambridge, Massachusetts. Rother, Bjorn, Greg Auclair, Risto Herrala, David Lombardo,
_____. 2014. “Openness and Income: The Role of Trade and Karina Manasseh, Gaelle Pierre, Eric Roos, and Priscilla
Migration.” Journal of International Economics 92: 231–51. Toffano. Forthcoming. “The Economic Impact of Conflicts
Ott, Eleanor. 2013. “The Labour Market Integration of Resettled and the Refugee Crisis in the Middle East and North Africa.”
Refugees.” Evaluation Report 2013/6, United Nations High IMF Staff Discussion Note, International Monetary Fund,
Commissioner for Refugees Policy Development and Evaluation Washington.
Services. World Bank. 2015. “Migration and Remittances: Recent
Parsons, Christopher, and Pierre-Louise Vezina. 2014. “Migrant Developments and Outlook.” Migration and Development
Network and Trade: The Vietnamese Boat People as a Natural Brief 24, World Bank, Washington.
L
’appendice statistique présente des données rétros- Les politiques nationales menées à l’heure actuelle ne
pectives et des projections. Il comprend sept sec- changeront pas. Les hypothèses plus spécifiques sur les-
tions : hypothèses; modifications récentes; données quelles sont fondées les projections relatives à un échan-
et conventions; notes sur les pays; classification des tillon de pays sont décrites dans l’encadré A1.
pays; caractéristiques générales et composition des différents S’agissant des taux d’intérêt, le taux interbancaire offert à
groupes de pays dans la classification des Perspectives de l’éco- Londres à six mois en dollars s’établira en moyenne à 1,0 %
nomie mondiale (PEM); tableaux statistiques. en 2016 et à 1,3 % en 2017; le taux moyen des dépôts
La première section résume les hypothèses sur à trois mois en euros se chiffrera à –0,3 % en 2016 et à
lesquelles reposent les estimations et projections –0,4 % en 2017, tandis que le taux moyen des dépôts à six
pour 2016–17 et celles du scénario à moyen terme pour mois en yen sera de 0,0 % en 2016 et de –0,1 % en 2017.
la période 2018–21. La deuxième rappelle brièvement À titre de rappel, en ce qui concerne l’euro, le Conseil
les modifications apportées à la base de données et aux de l’Union européenne a décidé le 31 décembre 1998
tableaux de l’appendice statistique Depuis l’édition qu’à compter du 1er janvier 1999, les taux de conversion
d’avril 2016 des PEM. La troisième donne une descrip- des monnaies des États membres qui ont adopté l’euro
tion générale des données et des conventions utilisées sont irrévocablement fixés comme suit :
pour calculer les chiffres composites pour chaque groupe
de pays. La quatrième résume des informations impor- 1 euro = 15,6466 couronnes estoniennes1
tantes pour chaque pays. La cinquième résume la classifi- = 30,1260 couronnes slovaques2
cation des pays par sous-groupes types. La sixième donne = 1,95583 deutsche mark
des informations sur les méthodes d’établissement et les = 340,750 drachmes grecques3
normes de déclaration des indicateurs de comptabilité = 200,482 escudos portugais
nationale et de finances publiques des pays membres qui = 2,20371 florins néerlandais
sont inclus dans le rapport. = 40,3399 francs belges
La dernière et principale section regroupe les tableaux = 6,55957 francs français
statistiques, établis sur la base des informations dispo- = 40,3399 francs luxembourgeois
nibles au 16 septembre 2016. (L’appendice statistique A = 0,702804 lat letton4
est inclus dans la version papier; l’appendice statistique B = 0,42930 lire maltaise5
est disponible en ligne, en anglais.) Par souci de commo- = 1.936,27 lires italiennes
dité uniquement, les chiffres portant sur 2016 et au-delà = 3,45280 litas lituaniens6
sont présentés avec le même degré de précision que les = 0,585274 livre chypriote5
chiffres rétrospectifs, mais, en tant que projections, ils = 0,787564 livre irlandaise
n’ont pas nécessairement le même degré d’exactitude. = 5,94573 marks finlandais
= 166,386 pesetas espagnoles
Hypothèses = 13,7603 schillings autrichiens
= 239,640 tolars slovéniens7
Les taux de change effectifs réels des pays avancés de- 1Taux de conversion établi le 1er janvier 2011.
meureront constants à leur niveau moyen mesuré durant 2Taux de conversion établi le 1er janvier 2009.
la période 22 juillet–19 août 2016. Pour 2016 et 2017, ces 3Taux de conversion établi le 1er janvier 2001.
4Taux de conversion établi le 1er janvier 2014.
hypothèses se traduisent par les taux moyens de conver- 5Taux de conversion établi le 1er janvier 2008.
sion suivants : 1,398 et 1,403 pour le taux dollar/DTS (le 6Taux de conversion établi le 1er janvier 2015.
renminbi, qui est entré dans le panier du DTS le 1er oc- 7Taux de conversion établi le 1er janvier 2007.
Modifications récentes Les chiffres composites pour les groupes de pays qui fi-
gurent dans les PEM correspondent soit à la somme, soit à
Aucun changement n’a été apporté à la base de don-
la moyenne pondérée des chiffres des différents pays. Sauf
nées pour la présente édition des PEM.
indication contraire, les moyennes des taux de croissance
sur plusieurs années sont les taux de variation annuelle
Données et conventions composés2. Les moyennes sont des moyennes arithmé-
La base des données des PEM repose sur des données tiques pondérées dans le groupe des pays émergents et en
et projections portant sur 191 pays. Les données sont éta- développement, sauf en ce qui concerne l’inflation et l’ex-
blies conjointement par le Département des études et les pansion monétaire, pour lesquelles il s’agit de moyennes
départements géographiques du FMI, ces derniers prépa- géométriques. Les conventions suivantes s’appliquent :
rant régulièrement des projections par pays actualisées à •• Les chiffres composites relatifs aux taux de change, aux
partir d’un ensemble cohérent d’hypothèses mondiales. taux d’intérêt et à l’expansion des agrégats monétaires
Les services nationaux des statistiques sont la source es- sont pondérés par le PIB converti en dollars sur la base
sentielle des données rétrospectives et des définitions, mais des cours de change du marché (moyenne des trois
les institutions internationales participent également aux années précédentes) en pourcentage du PIB du groupe
travaux statistiques afin d’harmoniser les méthodes d’éta- de pays considéré.
blissement des statistiques nationales, notamment les cadres •• Les chiffres composites portant sur d’Autres données
d’analyse, concepts, définitions, classifications et méthodes de l’économie intérieure, qu’il s’agisse de taux de crois-
d’évaluation. La base de données des PEM incorpore des sance ou de ratios, sont pondérés par le PIB calculé
renseignements communiqués aussi bien par les organismes selon les parités de pouvoir d’achat en pourcentage du
nationaux que par les institutions internationales. PIB mondial ou de celui du groupe considéré3.
Pour la plupart des pays, les données macroécono- •• Sauf indication contraire, les chiffres composites pour
miques présentées dans les PEM sont dans l’ensemble tous les secteurs dans la zone euro sont corrigés de
conformes à la version de 1993 du Système de comptabilité manière à tenir compte des divergences dans la décla-
nationale (SCN). Les normes des statistiques sectorielles ration des transactions qui s’effectuent à l’intérieur de
du FMI — la sixième édition du Manuel de la balance la zone. Les données annuelles ne sont pas corrigées
des paiements et de la position extérieure globale (MBP6), des effets de calendrier. Pour les données antérieures
le Manuel de statistiques monétaires et financières (MSMF à 1999, les agrégations des données se rapportent aux
2000) et le Manuel de statistiques de finances publiques taux de change de l’écu de 1995.
2014 (MSFP 2014) — ont toutes été alignées sur la •• Les chiffres composites pour les données budgétaires
version 2008 du SCN, ou sont en train de l’être. Elles sont les sommes des données nationales après conver-
reflètent l’intérêt particulier porté par l’institution aux sion en dollars aux taux de change moyens du marché
positions extérieures des pays, à la stabilité de leur secteur pour les années indiquées.
financier et à la position budgétaire de leur secteur pu- •• Les taux composites de chômage et de croissance de
blic. L’adaptation des statistiques nationales aux nouvelles l’emploi sont pondérés par la population active des
normes commence véritablement avec la publication des pays, exprimée en pourcentage de la population active
manuels. Il faut toutefois noter que l’ensemble des statis- du groupe considéré.
tiques ne peut être pleinement conforme à ces définitions •• Pour ce qui est des statistiques du secteur extérieur, les
que si les statisticiens nationaux communiquent des don- chiffres composites représentent la somme des données
nées révisées. En conséquence, les estimations des PEM pour chaque pays, après conversion en dollars aux
ne sont que partiellement adaptées aux définitions des cours de change moyens des années indiquées pour
manuels. Dans de nombreux pays, toutefois, les effets de 2Les moyennes du PIB réel et de ses composantes, de l’emploi, du
la conversion aux normes à jour sur les principaux soldes PIB par habitant, de l’inflation, de la productivité des facteurs, du com-
et agrégats seront faibles. Beaucoup d’Autres pays ont merce et des cours des produits de base sont calculées sur la base des
taux de variation annuelle composés, sauf pour le taux de chômage, qui
partiellement adopté les normes les plus récentes dont ils repose sur une moyenne arithmétique simple.
poursuivront la mise en application au fil des années1. 3Voir la «Révision des pondérations de parité de pouvoir d’achat»
dans la Mise à jour des PEM de juillet 2014 pour une récapitulation des
1Beaucoup d’Autres pays mettent en œuvre le SCN 2008 ou le coefficients de pondération en parité des pouvoirs d’achat (PPA) révisés,
Système européen des comptes nationaux et régionaux (SEC) 2010. ainsi que l’encadré A2 des PEM d’avril 2004 et l’annexe IV des PEM de
Un petit nombre de pays utilise des versions du SCN antérieures à mai 1993; voir aussi Anne-Marie Gulde et Marianne Schulze-Ghattas,
celle de 1993. On s’attend à une tendance similaire pour ce qui est «Purchasing Power Parity Based Weights for the World Economic
de l’adoption du MBP6 et du MSFP 2014. Veuillez se référer au ta- Outlook», dans Staff Studies for the World Economic Outlook (Fonds mo-
bleau G, qui indique les normes statistiques observées par chaque pays. nétaire international, décembre 1993), pages 106–23.
la balance des paiements et aux cours en fin d’année demandé au pays de prendre des mesures précises pour
pour la dette libellée en monnaies Autres que le dollar. améliorer la qualité des données officielles sur l’IPC.
•• En ce qui concerne toutefois les volumes et les prix du Lors de sa réunion du 31 août 2016, le Conseil d’ad-
commerce extérieur, les chiffres composites représentent ministration du FMI a noté les améliorations sensibles
la moyenne arithmétique des pourcentages de variation de l’exactitude des données sur l’IPC. La Directrice
enregistrés par les différents pays, pondérée par la valeur générale fera rapport sur cette question au Conseil d’ad-
en dollars de leurs exportations ou importations res- ministration d’ici le 15 novembre 2016.
pectives exprimées en pourcentage des exportations ou •• Les autorités argentines ont mis fin à la publication des
des importations au niveau mondial ou pour le groupe données sur le marché du travail en décembre 2015 et
considéré (enregistrées l’année précédente). ont publié de nouvelles séries à compter du deuxième
•• Sauf indication contraire, les chiffres composites sont trimestre de 2016.
calculés pour les groupes de pays s’ils représentent au •• Les prix à la consommation de l’Argentine et du Venezuela
moins 90 % des pondérations du groupe. sont exclus de tous les agrégats des groupes des PEM.
•• Les données se rapportent aux années civiles, sauf pour •• Les séries à partir desquelles les hypothèses relatives aux
un petit nombre de pays qui utilisent les exercices bud- taux de change nominaux sont calculées ne sont pas pu-
gétaires. Le tableau F indique les pays dont la période bliées pour l’Égypte parce que le taux de change nominal
de déclaration est différente pour les données relatives est une question sensible pour les marchés en Égypte.
aux comptes nationaux et aux finances publiques. •• Les taux de croissance du PIB réel de l’Inde de 1998
Pour certains pays, les chiffres de 2015 et des années à 2011 sont tirés des comptes nationaux ayant comme
antérieures reposent sur des estimations, et non sur des année de référence 2004/05, et ceux des années ulté-
données réelles. Le tableau G donne pour chaque pays les rieures sont tirés des comptes nationaux ayant comme
dernières données réelles pour les indicateurs des comptes année de référence 2011/12.
nationaux, des prix, des finances publiques et de la ba- •• En raison du programme du FMI en cours avec le
lance des paiements. Pakistan, les séries à partir desquelles les hypothèses re-
latives aux taux de change nominaux sont calculées ne
Notes sur les pays sont pas publiées — le taux de change nominal est une
question sensible pour les marchés au Pakistan.
•• Le 1er février 2013, le FMI a adopté une déclaration •• Les données pour la Syrie sont exclues à compter
de censure à l’encontre de l’Argentine, et il a Depuis de 2011 en raison de la situation politique incertaine.
demandé au pays de prendre des mesures précises pour •• L’établissement des perspectives économiques du
améliorer la qualité des données officielles sur le PIB. Venezuela est compliqué par l’absence de consultation au
Le nouveau gouvernement qui est entré en fonction en titre de l’article IV Depuis 2004 et par les retards observés
décembre 2015 a publié une série révisée sur le PIB le dans la publication des principales données économiques.
29 juin 2016. Lors de la réunion du Conseil d’adminis- Les recettes des administrations publiques 1) incluent
tration du FMI qui s’est déroulée le 31 août 2016, la série les estimations par les services du FMI des bénéfices en
révisée a été jugée conforme aux normes internationales. monnaies étrangères transférés par la banque centrale à
•• Les données sur les prix à la consommation pour l’État (achat de dollars américains au taux le plus élevé
l’Argentine avant décembre 2013 correspondent à et vente à un taux inférieur dans un système de taux de
l’indice des prix à la consommation (IPC) pour le change multiples) et 2) excluent les estimations par les
Grand Buenos Aires, tandis que, de décembre 2013 services du FMI des recettes de la vente par PDVSA des
à octobre 2015, il s’agit de l’IPC national. Le nou- actifs de PetroCaribe à la banque centrale.
veau gouvernement qui est entré en fonction en dé-
cembre 2015 a mis fin à l’IPC national, affirmant qu’il
était incorrect, et a publié un nouvel IPC pour le Grand Classification des pays
Buenos Aires le 15 juin 2016. Comme ces séries n’ont Résumé
pas la même couverture géographique et n’emploient
Les pays sont répartis en deux groupes principaux : pays
ni les mêmes pondérations, ni les mêmes méthodes
avancés, pays émergents et pays en développement4. Loin
d’échantillonnage, ni la même méthodologie, l’inflation
moyenne pour 2014, 2015 et 2016 et l’inflation en fin
4Dans la présente étude, les termes «pays» et «économie» ne se rap-
de période pour 2015 n’apparaissent pas dans l’édition
portent pas nécessairement à une entité territoriale constituant un État
d’octobre 2016 des Perspectives de l’économie mondiale.
au sens où l’entendent le droit et les usages internationaux. Il s’applique
Le 1er février 2013, le FMI a adopté une déclaration aussi à certaines entités territoriales qui ne sont pas des États, mais qui
de censure à l’encontre de l’Argentine, et il a Depuis établissent indépendamment des statistiques distinctes.
d’être fixée en fonction de critères immuables, économiques Les pays émergents et les pays en développement sont
ou Autres, cette classification évolue au fil des années. Elle a aussi subdivisés en fonction de critères analytiques, qui
pour but de faciliter l’analyse en permettant d’organiser les tiennent à la source de leurs recettes d’exportation et à
données de manière aussi significative que possible. Le ta- la distinction entre pays créanciers nets et pays débiteurs
bleau A donne un aperçu de la classification des pays, avec le nets. Les tableaux D et E donnent le détail de la compo-
nombre de pays appartenant à chaque groupe présenté par sition des pays émergents et en développement, classés
région ainsi que des indicateurs de la taille de leur économie par région et en fonction de critères analytiques.
(PIB calculé sur la base des parités de pouvoir d’achat, total La classification des pays selon le critère analytique,
des exportations de biens et de services et population). par source de recettes d’exportation, distingue deux ca-
Un certain nombre de pays ne figurent pas actuelle- tégories : les combustibles (Classification type pour le
ment dans cette classification et ne sont pas inclus dans commerce international — CTCI, section 3) et les Autres
l’analyse. Anguilla, Cuba, Montserrat et la République produits, dont les produits de base Autres que les combus-
populaire démocratique de Corée ne sont pas membres tibles (CTCI, sections 0, 1, 2, 4 et 68). Les pays sont
du FMI, qui, en conséquence, n’assure aucun suivi de classés dans l’un ou l’Autre de ces groupes lorsque leur
leur économie. La Somalie est omise des agrégats du principale source de recettes d’exportation dépasse 50 %
groupe des pays émergents et en développement parce de leurs exportations, en moyenne, entre 2011 et 2015.
que ses données sont limitées. La classification en fonction de critères financiers
distingue les pays créanciers nets, les pays débiteurs nets, les
pays pauvres très endettés (PPTE) et les pays en développe-
Caractéristiques générales et composition des ment à faible revenu (PDFR). Les pays sont classés parmi
différents groupes de pays dans la classification les débiteurs nets lorsque leur dernière position extérieure
des Perspectives de l’économie mondiale globale nette, si elle est disponible, est négative ou que
Pays avancés le solde courant qu’ils ont accumulé entre 1972 (ou une
Le tableau B donne la composition du groupe des pays année antérieure si des données sont disponibles) et 2015
avancés (39 pays). Les sept pays de ce groupe dont les PIB est négatif. Les pays débiteurs nets sont aussi différenciés
calculés sur la base des taux de change du marché sont selon la situation du service de la dette5.
les plus élevés — États-Unis, Japon, Allemagne, France, Le groupe des PPTE comprend tous les pays qui, selon
Italie, Royaume-Uni et Canada — forment le sous-groupe le FMI et la Banque mondiale, peuvent participer à l’ini-
dit des principaux pays avancés, souvent appelé le Groupe tiative PPTE en vue de ramener leur dette extérieure à un
des Sept, ou G-7. Les pays membres de la zone euro niveau viable dans un délai relativement bref6. Nombre
constituent un Autre sous-groupe. Les chiffres composites de ces pays ont déjà bénéficié d’un allégement de la dette
figurant dans les tableaux sous la rubrique «zone euro» se et ont pu sortir de l’initiative.
rapportent aux pays qui en font actuellement partie, et cela Les pays en développement à faible revenu sont les
vaut pour toutes les années, bien que le nombre des pays pays qui ont été déclarés admis à utiliser les financements
membres ait augmenté au fil du temps. concessionnels du FMI au titre du fonds fiduciaire pour la
Le tableau C donne la liste des pays membres de réduction de la pauvreté et pour la croissance (RPC) lors
l’Union européenne, qui ne sont pas tous classés parmi de l’examen de l’admissibilité de 2013 et dont le revenu
les pays avancés dans les PEM. national brut par habitant est inférieur au seuil de reclas-
sement du fonds fiduciaire RPC pour les pays Autres que
petits (c’est-à-dire le double du seuil opérationnel de l’As-
Pays émergents et pays en développement sociation internationale de développement de la Banque
Le groupe des pays émergents et des pays en dévelop- mondiale, soit 2.390 dollars en 2011 selon la méthode
pement (152 pays) rassemble tous les pays qui ne sont Atlas de la Banque mondiale) et le Zimbabwe.
pas des pays avancés.
5Pendant la période 2011–15, 20 pays ont accumulé des arriérés de
Les pays émergents et les pays en développement sont re-
paiements extérieurs ou ont conclu des accords de rééchelonnement de
groupés par région : Afrique subsaharienne (AfSS), Amérique leur dette avec des créanciers officiels ou des banques commerciales. Ce
latine et Caraïbes (ALC), pays émergents et en développement groupe de pays est désigné sous le nom de pays ayant accumulé des ar-
d’Asie, Communauté des États indépendants (CEI), pays riérés ou bénéficié d’un rééchelonnement entre 2011 et 2015.
6Voir David Andrews, Anthony R. Boote, Syed S. Rizavi et
émergents et en développement d’Europe (on parle parfois
Sukwinder Singh, Allégement de la dette des pays à faible revenu : l’ini-
d’Europe centrale et orientale), et Moyen-Orient, Afrique du tiative renforcée en faveur des pays pauvres très endettés, brochure du FMI
Nord, Afghanistan et Pakistan (MOANAP). no 51 (Washington, Fonds monétaire international, novembre 1999).
Tableau A. Classification par sous-groupes types et parts des divers sous-groupes dans le PIB global,
le total des exportations de biens et de services et la population mondiale en 20151
(En pourcentage du total pour le groupe considéré ou du total mondial)
Exportations de biens
PIB et de services Population
Nombre
de pays Pays avancés Monde Pays avancés Monde Pays avancés Monde
Pays avancés 39 100,0 42,4 100,0 63,4 100,0 14,6
États-Unis 37,2 15,8 17,0 10,8 30,5 4,5
Zone euro 19 28,2 12,0 40,3 25,6 32,0 4,7
Allemagne 8,0 3,4 11,8 7,5 7,8 1,1
France 5,5 2,3 5,7 3,6 6,1 0,9
Italie 4,5 1,9 4,1 2,6 5,8 0,8
Espagne 3,3 1,4 3,0 1,9 4,4 0,6
Japon 10,0 4,2 5,9 3,7 12,0 1,8
Royaume-Uni 5,6 2,4 5,9 3,7 6,2 0,9
Canada 3,4 1,4 3,7 2,3 3,4 0,5
Autres pays avancés 16 15,6 6,6 27,2 17,3 15,9 2,3
Pour mémoire
Principaux pays avancés 7 74,2 31,5 54,1 34,3 71,7 10,5
Pays émergents Pays émergents Pays émergents
et pays en et pays en et pays en
développement Monde développement Monde développement Monde
Pays émergents et pays en développement 152 100,0 57,6 100,0 36,6 100,0 85,4
Par région
Communauté des États indépendants2 12 8,0 4,6 7,7 2,8 4,6 3,9
Russie 5,7 3,3 5,1 1,9 2,3 2,0
Pays émergents et en développement d’Asie 29 53,5 30,8 50,4 18,4 57,1 48,8
Chine 30,0 17,3 31,7 11,6 22,3 19,1
Inde 12,2 7,0 5,5 2,0 21,0 17,9
Chine et Inde non comprises 27 11,3 6,5 13,2 4,8 13,8 11,8
Pays émergents et en développement d’Europe 12 5,7 3,3 9,2 3,4 2,8 2,4
Amérique latine et Caraïbes 32 14,3 8,2 13,8 5,1 9,9 8,4
Brésil 4,9 2,8 2,9 1,1 3,3 2,8
Mexique 3,4 2,0 5,3 1,9 2,0 1,7
Moyen-Orient, Afrique du Nord, Afghanistan et
Pakistan 22 13,1 7,6 14,4 5,3 10,6 9,1
Moyen-Orient et Afrique du Nord 20 11,6 6,7 13,9 5,1 7,0 6,0
Afrique subsaharienne 45 5,4 3,1 4,5 1,7 15,0 12,8
Afrique du Sud et Nigéria non compris 43 2,6 1,5 2,6 1,0 11,2 9,6
Classification analytique3
Source des recettes d’exportation
Combustibles 29 20,1 11,6 21,6 7,9 12,4 10,6
Autres produits 122 79,9 46,0 78,4 28,7 87,6 74,8
Dont : produits primaires 30 4,6 2,7 4,6 1,7 7,8 6,7
Source de financement extérieur
Pays débiteurs (net) 118 49,8 28,7 44,3 16,2 67,1 57,3
Pays débiteurs (net), selon
le service de la dette
Pays ayant accumulé des arriérés ou
bénéficié d’un rééchelonnement entre
2011 et 2015 20 3,0 1,8 2,0 0,7 4,6 3,9
Autres groupes
Pays pauvres très endettés 38 2,4 1,4 1,9 0,7 11,2 9,6
Pays en développement à faible revenu 59 7,4 4,2 6,5 2,4 22,5 19,2
1Les parts de PIB sont fondées sur le calcul des PIB des pays à parité des pouvoirs d’achat (PPA). Le nombre de pays indiqué pour chaque groupe correspond
Tableau E. Pays émergents et en développement classés par région, par position extérieure nette et appartenance
aux groupes des pays pauvres très endettés et des pays en développement à faible revenu
Pays Pays en Pays Pays en
Position pauvres très développement à Position pauvres très développement à
extérieure nette1 endettés2 faible revenu extérieure nette1 endettés2 faible revenu
Communauté des États indépendants Bulgarie *
Arménie * Croatie *
Azerbaïdjan • Hongrie *
Bélarus * Kosovo *
Géorgie3 * Macédoine, ex-Rép. youg. de *
Kazakhstan * Monténégro *
Moldova * * Pologne *
Ouzbékistan • * Roumanie *
République kirghize * * Serbie *
Russie • Turquie *
Tadjikistan * * Amérique latine et Caraïbes
Turkménistan3 * Antigua-et-Barbuda *
Ukraine3 * Argentine •
Pays émergents et en développement d’Asie Bahamas *
Bangladesh * * Barbade *
Bhoutan * * Belize *
Brunei Darussalam • Bolivie • • *
Cambodge * * Brésil *
Chine • Chili *
Fidji * Colombie *
Îles Marshall * Costa Rica *
Îles Salomon * * Dominique *
Inde * El Salvador *
Indonésie * Équateur *
Kiribati • * Grenade *
Malaisie • Guatemala *
Maldives * Guyana * •
Micronésie • Haïti * • *
Mongolie * *
Honduras * • *
Myanmar * *
Jamaïque *
Népal • *
Mexique *
Palaos •
Nicaragua * • *
Papouasie-Nouvelle-Guinée * *
Panama *
Philippines *
Paraguay *
République dém. pop. lao * *
Pérou *
Samoa *
République dominicaine *
Sri Lanka *
Saint-Kitts-et-Nevis *
Thaïlande *
Saint-Vincent-et-les Grenadines *
Timor-Leste •
Sainte-Lucie *
Tonga *
Suriname *
Tuvalu *
Trinité-et-Tobago •
Vanuatu *
Uruguay *
Viet Nam * *
Venezuela •
Pays émergents et en développement d’Europe
Albanie *
Bosnie-Herzégovine *
Tableau E. Pays émergents et en développement classés par région, par position extérieure nette et appartenance
aux groupes des pays pauvres très endettés et des pays en développement à faible revenu (fin)
Pays Pays en Pays Pays en
Position pauvres très développement à Position pauvres très développement à
extérieure nette1 endettés2 faible revenu extérieure nette1 endettés2 faible revenu
Moyen-Orient, Afrique du Nord, Afghanistan et Pakistan Côte d’Ivoire * • *
Afghanistan • • * Érythrée * * *
Algérie • Éthiopie * • *
Arabie saoudite • Gabon •
Bahreïn • Gambie * • *
Djibouti * * Ghana * • *
Égypte * Guinée * • *
Émirats arabes unis • Guinée Bissau * • *
Iran • Guinée équatoriale •
Iraq • Kenya * *
Jordanie * Lesotho * *
Koweït • Libéria * • *
Liban * Madagascar * • *
Libye • Malawi * • *
Maroc * Mali * • *
Mauritanie * • * Maurice •
Oman • Mozambique * • *
Pakistan * Namibie •
Qatar • Niger * • *
Soudan * * * Nigéria * *
Syrie4 ... Ouganda * • *
Tunisie * République centrafricaine * • *
Yémen * * Rwanda * • *
Cameroun * • * Togo * • *
Comores * • * Zambie * • *
1La présence d’un rond (astérisque) indique que le pays est un créditeur (débiteur) net.
2La présence d’un rond au lieu d’un astérisque indique que le pays a atteint le point d’achèvement.
3La Géorgie, le Turkménistan et l’Ukraine, qui ne sont pas membres de la Communauté des États indépendants, sont inclus dans ce groupe pour des raisons de géographie et de
ou du Plan; OEI = organisation économique internationale; OF = Office des changes; PFTAC = centre régional d’assistance technique et financière du Pacifique.
2L’année de référence pour les comptes nationaux est la période avec laquelle les Autres périodes sont comparées et la période pour laquelle les prix apparaissent au dénominateur
des séries en volume fondées sur des indices qui établissent la moyenne des composantes en volume à partir de pondérations d’une année assez récente.
4Pour certains pays, la couverture est plus large qu’indiqué pour l’ensemble des administrations publiques. Couverture : AC = administration centrale; ACB = administration centrale
budgétaire; AEF = administrations d’États fédérés; AL = administrations locales; CSS = caisses de sécurité sociale; CT = collectivités territoriales; SPFNM = sociétés publiques finan-
cières non monétaires; SPM = sociétés publiques monétaires; SPNF = sociétés publiques non financières; UCE = unités/comptes extrabudgétaires.
5C = comptabilité de caisse; CE = comptabilité sur base des engagements; E = comptabilité d’exercice; Mixte = comptabilité sur base mixte (droits constatés et caisse).
6Le PIB nominal n’est pas mesuré de la même manière que le PIB réel.
Hypothèses de politique budgétaire Arabie saoudite : Les projections des services du FMI
Les hypothèses de politique budgétaire à court terme re- pour les recettes pétrolières reposent sur les cours du pé-
tenues dans les Perspectives de l’économie mondiale (PEM) trole qui servent de référence dans les PEM. Pour ce qui
reposent sur les budgets ou lois de finances annoncés par est des dépenses, les estimations de la masse salariale in-
les autorités et corrigés de manière à tenir compte des cluent le versement d’un 13e mois de salaire tous les
différences entre les hypothèses macroéconomiques et trois ans sur la base du calendrier lunaire. Les projec-
les projections des services du FMI et des autorités na- tions des dépenses prennent comme point de départ le
tionales. Les mesures dont l’application est jugée pro- budget 2016 et supposent que, pour faire face à la baisse
bable sont incluses dans les projections budgétaires à des prix du pétrole, les dépenses d’équipement dimi-
moyen terme. Lorsque les services du FMI ne disposent nuent en pourcentage du PIB à moyen terme.
pas d’informations suffisantes pour évaluer les inten- Argentine : Les projections budgétaires reposent sur les
tions gouvernementales et les perspectives de mise en données disponibles concernant les résultats budgétaires
œuvre des mesures décidées, le solde primaire structurel du gouvernement fédéral, les mesures budgétaires an-
est censé rester inchangé, sauf indication contraire. Les noncées par les autorités et les plans budgétaires des pro-
hypothèses retenues pour certains pays avancés figurent vinces, ainsi que sur les projections macroéconomiques
ci-dessous. (Voir aussi, en ligne et en anglais, les ta- des services du FMI.
bleaux B5 à B9 de l’appendice statistique pour des don- Australie : Les projections budgétaires reposent sur
nées sur la capacité/le besoin de financement et les soldes les données du Bureau australien des statistiques, le
structurels1.) budget 2016–17 et les estimations des services du FMI.
Afrique du Sud : Les projections budgétaires reposent Autriche : Pour 2014, la création d’une structure de
sur l’examen du budget 2016 des autorités. défaisance pour Hypo Alpe Adria devrait accroître le
Allemagne : Les projections des services du FMI ratio dette publique/PIB de 4,2 points, et le déficit de
pour 2016 et au-delà intègrent le plan budgétaire de base de 1,4 point.
l’État fédéral adopté par les autorités et la mise à jour 2016 Belgique : Les projections reposent sur l’évaluation
du programme de stabilité allemand, après prise en compte par les services du FMI des politiques et des mesures
des différences concernant le cadre macroéconomique des énoncées dans le budget 2016 et le programme de sta-
services du FMI. L’estimation de la dette brute inclut la li- bilité 2016–19, incorporés dans le cadre macroéco-
quidation de portefeuilles d’actifs compromis et d’activités nomique des services du FMI.
non essentielles qui avaient été transférées à des institutions Brésil : Pour 2015, les estimations préliminaires re-
en cours de liquidation, ainsi que d’Autres opérations d’aide posent sur les données disponibles en avril 2016. Les
au secteur financier et à l’Union européenne. projections budgétaires pour fin-2016 tiennent compte
des résultats budgétaires jusqu’au 30 juin 2016 et de la
1L’écart de production correspond à la différence entre la produc- révision de l’objectif de déficit annoncée par les autorités
tion effective et la production potentielle, en pourcentage de cette en mai 2016.
dernière. Les soldes structurels sont exprimés en pourcentage de la Canada : Les projections s’appuient sur les prévi-
production potentielle. Le solde structurel correspond à la différence
sions de référence de la Mise à jour des projections éco-
entre le solde capacité/besoin de financement effectif et l’impact de
la production potentielle sur la production conjoncturelle, après cor- nomiques et budgétaires 2015 (novembre 2015), le
rection pour tenir compte de facteurs ponctuels ou Autres, comme Document d’information : perspectives de l’économie
les cours des actifs et des produits de base et les effets de composi- canadienne (février 2016), les mises à jour 2015 des
tion de la production; par conséquent, ses variations incluent les ef- budgets provinciaux et les budgets provinciaux 2016
fets des mesures budgétaires temporaires, l’impact des fluctuations
lorsqu’ils sont disponibles. Les services du FMI ajustent
de taux d’intérêt et du coût du service de la dette, ainsi que d’Autres
fluctuations non cycliques du solde capacité/besoin de financement. ces prévisions pour tenir compte des différences dans
Le calcul du solde structurel repose sur l’estimation par les services les projections macroéconomiques. Les projections du
du FMI du PIB potentiel et des élasticités des recettes et des dépenses FMI incluent également les données les plus récentes du
(voir les Perspectives de l’économie mondiale d’octobre 1993, annexe I). Système canadien des comptes économiques nationaux
La dette nette correspond à la différence entre la dette brute et les ac-
de Statistique Canada, y compris les chiffres des budgets
tifs financiers correspondant aux instruments de dette. Les estima-
tions de l’écart de production et du solde budgétaire structurel com- fédéral, provinciaux et territoriaux jusqu’à la fin du deu-
portent une marge d’incertitude significative. xième trimestre de 2015.
Encadré A1 (suite)
Chili : Les projections reposent sur les projections des publiques. Les données rétrospectives commencent
autorités, corrigées de manière à tenir compte des projec- en 2001 pour la plupart des séries parce qu’il est possible
tions des services du FMI pour le PIB et les prix du cuivre. que les données établies selon le Manuel de statistiques de
Chine : Le rééquilibrage budgétaire sera probablement finances publiques 2001 (MSFP 2001) ne soient pas dispo-
plus progressif, du fait des réformes visant à renforcer nibles pour les années précédentes.
le dispositif de protection sociale et le système de sécu- France : Les projections pour 2016 reflètent la loi de
rité sociale qui ont été annoncées dans le cadre du pro- finances. Pour 2017–19, elles reposent sur la loi de fi-
gramme de réforme du Troisième Plénum. nances pluriannuelle et sur le programme de stabilité
Corée : Les prévisions à moyen terme incluent le d’avril 2016 : elles sont corrigées pour tenir compte des
plan de rééquilibrage à moyen terme annoncé par le différences dans les hypothèses concernant les variables
gouvernement. macroéconomiques et financières, et les projections des re-
Danemark : Les estimations pour 2015 sont alignées cettes. Les données budgétaires rétrospectives reflètent la
sur les plus récentes estimations budgétaires officielles et révision et la mise à jour par l’INSEE des comptes budgé-
les projections économiques sous-jacentes, corrigées, le taires et des comptes nationaux en septembre 2016.
cas échéant, pour tenir compte des hypothèses macro- Grèce : Les projections budgétaires tiennent compte de
économiques des services du FMI. Pour 2016–20, les l’évaluation des services du FMI et supposent la mise en
projections incluent les principaux éléments du pro- œuvre intégrale du train de mesures budgétaires des au-
gramme budgétaire à moyen terme, tels qu’énoncés dans torités dans le cadre du programme appuyé par le méca-
le programme de convergence de 2016 qui a été soumis nisme européen de stabilité.
à l’Union européenne. Hong Kong (RAS) : Les projections reposent sur
Espagne : À compter de 2016, les estimations et les pro- les projections à moyen terme des autorités en ce qui
jections budgétaires reposent sur les mesures énoncées concerne les dépenses.
dans la mise à jour du programme de stabilité 2016–19 et Hongrie : Les projections budgétaires incluent les pro-
les projections macroéconomiques du FMI. jections des services du FMI concernant le cadre macro-
États-Unis : Les projections budgétaires reposent sur économique et l’effet des mesures législatives récentes et
le scénario de référence de mars 2016 du Congressional des projets budgétaires annoncés dans le budget 2016.
Budget Office, corrigé de manière à tenir compte des hy- Inde : Les données historiques reposent sur les données
pothèses macroéconomiques et Autres des services du relatives à l’exécution de la loi de finances. Les projections
FMI. Ce scénario inclut les principales dispositions de la sont fondées sur les informations disponibles ayant trait
loi budgétaire bipartisane de 2015, y compris une réduc- aux programmes budgétaires des autorités, avec certains
tion partielle des compressions de dépenses automatiques ajustements pour tenir compte des hypothèses des services
pendant l’exercice 2016. Pour les exercices allant de 2017 du FMI. Les données infranationales sont prises en compte
à 2021, les services du FMI supposent que les compres- avec un retard pouvant aller jusqu’à deux ans; les données
sions de dépenses automatiques continueront d’être rem- sur l’ensemble des administrations publiques sont donc fi-
placées en partie, dans des proportions similaires à celles nales longtemps après celles de l’administration centrale.
des exercices 2014 et 2015, et que des mesures concen- Les présentations du FMI et des autorités diffèrent, notam-
trées en fin de période conduiront à des économies dans ment en ce qui concerne le produit de la cession de partici-
les programmes obligatoires et produiront des recettes pations de l’État et de l’adjudication de licences, l’enregis-
supplémentaires. Les projections incorporent aussi la loi trement net/brut des recettes dans certaines catégories peu
de 2015 relative à la protection des Américains contre les importantes et certains prêts au secteur public.
relèvements des impôts, qui a prolongé certaines baisses Indonésie : Les projections du FMI reposent sur des
d’impôts existantes à court terme et en a rendu d’Autres réformes modérées de la politique et de l’administra-
permanentes. Enfin, les projections budgétaires sont ajus- tion fiscales, les réformes des subventions énergétiques
tées de manière à tenir compte des prévisions des services adoptées en janvier 2015 et une hausse progressive des
du FMI pour les principales variables macroéconomiques dépenses sociales et d’équipement à moyen terme selon
et financières et d’un traitement comptable différent de l’espace budgétaire disponible.
l’aide au secteur financier et des plans de retraite à presta- Irlande : Les projections budgétaires reposent sur la
tions définies, et sont converties en base administrations Déclaration économique de l’été 2016 et sont ajustées
Encadré A1 (suite)
de manière à tenir compte des différences entre les pro- supplémentaires. En ce qui concerne les hypothèses de po-
jections macroéconomiques des services du FMI et celles litique économique, le plan de finances publiques et de
des autorités irlandaises. croissance économique présente un scénario à politique in-
Italie : Les projections et les estimations des services changée et un Autre scénario qui comporte diverses me-
du FMI reposent sur les plans budgétaires inclus dans le sures portant sur les recettes et les dépenses; les projections
budget 2016 du gouvernement et le Document écono- du FMI supposent la mise en œuvre intégrale des me-
mique et financier 2016, publié en avril 2016. Les es- sures prévues dans le plan. Sur le plan des recettes, il s’agit
timations du solde corrigé des variations cycliques in- 1) d’élargir l’assiette de l’impôt sur les sociétés et 2) d’amé-
cluent les dépenses visant à régler les arriérés de capital liorer l’administration et le recouvrement de l’impôt; ces
en 2013, qui sont exclus du solde structurel. Après 2016, mesures viennent s’ajouter à l’adoption d’une taxe sur la va-
les services du FMI prévoient un solde structurel leur ajoutée, qui est en cours et devrait s’achever d’ici la fin
constant conformément aux intentions déclarées des au- de 2016. Sur le plan des dépenses, il s’agit de prolonger la
torités, ce qui implique de légères mesures correctives loi 66, qui gèle une bonne partie des dépenses publiques,
certaines années, mais non encore identifiées. jusqu’en 2021, ainsi que de réduire les coûts de fonction-
Japon : Les projections incluent les mesures budgé- nement, les subventions et les dépenses d’éducation et de
taires déjà annoncées par le gouvernement, y compris le santé. Bien que les hypothèses du FMI soient exactement
budget supplémentaire de l’exercice 2016, le plan de re- les mêmes que celles du second scénario du plan, les pro-
lance budgétaire à venir pour 2017 et le relèvement de la jections du FMI pour les recettes, les dépenses et le solde
taxe sur la consommation en octobre 2019. sont différentes. Cela s’explique par deux différences prin-
Mexique : Les projections budgétaires pour 2016 sont cipales sur le plan méthodologique : tout d’abord, les
plus ou moins conformes au budget approuvé; dans les projections du FMI sont effectuées sur la base des droits
projections pour 2017 et au-delà, il est supposé que la constatés, et celles du plan, sur la base des encaissements–
règle de l’équilibre budgétaire est observée. décaissements. Ensuite, les hypothèses macroéconomiques
Nouvelle-Zélande : Les projections budgétaires re- du FMI sont très différentes de celles du plan.
posent sur le budget 2016–17 et les estimations des ser- Portugal : L’estimation pour 2015 reflète les résultats
vices du FMI. de trésorerie et les données de janvier à septembre sur la
Pays-Bas : Les projections budgétaires pour 2016–21 base des comptes nationaux; les projections pour 2016
reposent sur les projections budgétaires du Bureau d’ana- reflètent le budget approuvé, corrigé de manière à tenir
lyse de la politique économique, corrigées des diffé- compte des prévisions macroéconomiques des services
rences dans les hypothèses macroéconomiques. Les don- du FMI et des résultats de trésorerie du premier se-
nées rétrospectives ont été révisées après que le Bureau mestre. Les projections pour les années ultérieures re-
central des statistiques a publié des données révisées en posent sur des politiques inchangées.
juin 2014 en raison de l’adoption du Système européen Royaume-Uni : Les projections budgétaires reposent
des comptes nationaux et régionaux (SEC 2010), ainsi sur le budget 2016, publié en mars 2016. Les projections
que de la révision des sources de données. des recettes sont corrigées de manière à tenir compte des
Porto Rico : Les projections budgétaires reposent sur le chiffres effectifs pour l’exercice 2015/16, et les projec-
plan de finances publiques et de croissance économique, tions des recettes et des dépenses sont corrigées de ma-
qui a été présenté en 2015 en application de l’ordon- nière à tenir compte des différences entre les prévisions
nance du Gouverneur Alejandro García Padilla, et mis à du FMI pour des variables macroéconomiques (telles
jour en ce qui concerne les données sur la dette en 2016. que la croissance du PIB) et les prévisions pour ces va-
Conformément aux hypothèses de ce plan, les projec- riables adoptées dans les projections des autorités. Les
tions du FMI supposent que Porto Rico perdra le finan- données des services du FMI excluent les banques du
cement fédéral pour la loi sur les soins de santé abordables secteur public et l’effet du transfert des actifs du Royal
(Affordable Care Act) à compter de 2018. De même, les Mail Pension Plan au secteur public en avril 2012. La
projections supposent que les incitations fiscales fédérales, consommation et l’investissement réels du secteur pu-
qui neutralisaient les effets de la loi 154 de Porto Rico blic font partie de la trajectoire du PIB réel, qui, selon les
sur les entreprises étrangères, ne seront plus disponibles à services du FMI, pourrait ou non être la même que celle
compter de 2018, ce qui entraînera des pertes de recettes prévue par le Bureau de la responsabilité budgétaire.
Encadré A1 (fin)
Russie : Les projections pour 2016–18 sont des es- Canada : Les hypothèses de politique monétaire sont
timations des services du FMI. Les projections conformes aux anticipations des marchés.
pour 2019– 21 reposent sur la règle budgétaire fondée Chine : La politique monétaire restera plus ou moins
sur le cours du pétrole qui a été mise en place en dé- inchangée, les autorités ayant annoncé qu’elles tenaient à
cembre 2012, avec des ajustements des services du FMI. maintenir une croissance stable.
Singapour : Pour les exercices 2015/16 et 2016/17, les Corée : Les hypothèses de politique monétaire sont
projections reposent sur les chiffres de la loi de finances. conformes aux attentes des marchés.
Pour le reste de la période, les services du FMI supposent Danemark : La politique monétaire a pour but de
que la politique économique ne sera pas changée. maintenir le rattachement à l’euro.
Suède : Les projections budgétaires tiennent compte États-Unis : Après que la Réserve fédérale a relevé le taux
des projections des autorités qui reposent sur la loi des fonds fédéraux de 25 points de base mi-décembre, les
de finances du printemps 2016. L’effet de l’évolution conditions financières se sont durcies plus que prévu, et la
conjoncturelle sur les comptes budgétaires est calculé à croissance des salaires n’a pas encore exercé de pression no-
l’aide de l’élasticité 2005 de l’OCDE de manière à tenir table sur les prix. Les services du FMI s’attendent à ce que le
compte des écarts de production et d’emploi. taux cible pour les fonds fédéraux augmente de 50 points de
Suisse : Les projections supposent que la politique bud- base en 2016 et monte progressivement par la suite.
gétaire est ajustée de manière à ce que les soldes budgétaires Hong Kong (RAS) : Les services du FMI supposent que
cadrent avec les exigences des règles budgétaires suisses. le système de caisse d’émission reste inchangé.
Turquie : Les projections budgétaires supposent que les Inde : L’hypothèse pour le taux directeur cadre avec un
dépenses courantes et les dépenses d’équipement seront taux d’inflation qui s’inscrit dans la marge de fluctuation
conformes au programme des autorités pour 2016–18, sur visée par la banque centrale.
la base des tendances et politiques actuelles. Indonésie : Les hypothèses de politique monétaire
cadrent avec le maintien de l’inflation dans la fourchette
Hypothèses de politique monétaire ciblée par la banque centrale d’ici fin 2016.
Les hypothèses de politique monétaire reposent sur le cadre Japon : Les hypothèses de politique monétaires corres-
établi dans chaque pays pour cette politique. Ce cadre sup- pondent aux attentes des marchés.
pose le plus souvent une politique de non-accompagnement Mexique : Les hypothèses de politique monétaire sont
de la conjoncture durant le cycle : les taux d’intérêt offi- compatibles avec l’objectif d’inflation.
ciels augmentent lorsque, d’après les indicateurs écono- Royaume-Uni : Les projections supposent qu’il n’y
miques, il semble que l’inflation va passer au-dessus du taux aura pas de modification du taux directeur sur l’horizon
ou de la fourchette acceptable et diminuent lorsqu’il semble de prévision, ce qui correspond aux attentes des marchés.
qu’elle ne va pas les dépasser, que le taux de croissance est Russie : Les projections monétaires reposent sur un as-
inférieur au taux potentiel et que les capacités inemployées souplissement du taux de change dans le cadre du nou-
sont importantes. En conséquence, on suppose que le taux veau régime de ciblage de l’inflation : les taux directeurs
interbancaire offert à Londres (LIBOR) sur les dépôts en devraient baisser au cours de l’année à venir tandis que
dollars à six mois sera en moyenne de 1,0 % en 2016 et l’inflation continue de fléchir et que les effets de second
1,3 % en 2017 (voir tableau 1.1), le taux moyen des dé- tour sont modérés.
pôts en euros à trois mois de –0,3 % en 2016 et de –0,4 % Singapour : La masse monétaire augmente parallèle-
en 2017, et le taux des dépôts en yen à six mois de 0,0 % ment à la croissance prévue du PIB nominal.
en 2016 et de –0,1 % en 2017. Suède : Les projections monétaires correspondent aux
Afrique du Sud : Les projections monétaires sont com- projections de la banque centrale.
patibles avec la fourchette de 3–6 % retenue comme ob- Suisse : Les projections supposent que le taux directeur
jectif pour l’inflation. ne varie pas en 2016–17.
Arabie saoudite : Les projections de politique moné- Turquie : La monnaie au sens large et le rendement
taire reposent sur la poursuite du rattachement au dollar. des obligations à long terme reposent sur les projections
Australie : Les hypothèses de politique monétaire cor- des services du FMI. Le taux des dépôts à court terme
respondent aux attentes des marchés. devrait évoluer en maintenant un écart constant par rap-
Brésil : Les hypothèses de politique monétaire sont com- port au taux d’un instrument américain similaire.
patibles avec une inflation qui converge progressivement Zone euro : Les hypothèses de politique monétaire
vers le milieu de la fourchette cible sur l’horizon prévu. sont conformes aux anticipations des marchés.
Production mondiale
A1. Production mondiale : récapitulation
A2. Pays avancés : PIB réel et demande intérieure totale
A3. Pays avancés : composantes du PIB réel
A4. Pays émergents et en développement : PIB réel
Inflation
A5. Inflation : récapitulation
A6. Pays avancés : prix à la consommation
A7. Pays émergents et en développement : prix à la consommation
Politiques financières
A8. Principaux pays avancés : solde budgétaire et dette des administrations publiques
Commerce extérieur
A9. État récapitulatif du commerce mondial : volume et prix
Transactions courantes
A10. État récapitulatif des soldes des transactions courantes
A11. Pays avancés : soldes des transactions courantes
A12. Pays émergents et en développement : soldes des transactions courantes
Flux de ressources
A14. État récapitulatif de la capacité ou du besoin de financement
structure économique.
grandeur parce que des données fiables et comparables ne sont généralement pas disponibles. En particulier, la croissance de la production des nouvelles entreprises privées de l’économie
informelle n’est pas totalement prise en compte dans les chiffres récents.
2La Géorgie, le Turkménistan et l’Ukraine, qui ne sont pas membres de la Communauté des États indépendants, sont inclus dans ce groupe pour des raisons de géographie et de similitude
de structure économique.
3Les données sont basées sur l’édition 2008 du Système de comptabilité nationale. Les données révisées des comptes nationaux sont disponibles à partir de 2000, mais n’incluent pas la
Il se peut que les estimations en dollars des services du FMI diffèrent des estimations des autorités. Le PIB réel est en prix constants de 2009.
structure économique.
5Les données sont manquantes à cause de l’Argentine qui représente plus de 30 % des pondérations du groupe. Voir les notes relatives à l’Argentine dans la section «Notes sur les pays» de
l’appendice statistique.
plus à jour sont généralement utilisés pour les années plus récentes.
4La Géorgie, le Turkménistan et l’Ukraine, qui ne sont pas membres de la Communauté des États indépendants, sont inclus dans ce groupe pour des raisons de géographie et de similitude de
structure économique.
5Les données excluent la Crimée et Sébastopol à compter de 2014.
6Sur la base de l’indice des prix à la consommation harmonisé d’Eurostat.
7Hors Argentine et Venezuela.
8Voir les notes relatives à l’Argentine dans la section «Notes sur les pays» de l’appendice statistique.
9Les données de 2011 pour le Soudan excluent le Soudan du Sud à partir du 9 juillet. Les projections pour 2012 et au-delà portent sur le Soudan actuel.
10Les données pour la Syrie de 2011 et au-delà sont exclues en raison de l’incertitude entourant la situation politique.
11Le dollar du Zimbabwe ne circule plus depuis le début de 2009. Les données sont fondées sur les estimations des prix et des taux de change en dollars établies par les services du FMI. Il se
peut que les estimations en dollars des services du FMI diffèrent des estimations des autorités.
Tableau A8. Principaux pays avancés : solde budgétaire et dette des administrations publiques1
(En pourcentage du PIB, sauf indication contraire)
Moyennes Projections
1998–2007 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2021
Principaux pays avancés
Prêt/emprunt (net) –3,2 –8,8 –7,4 –6,4 –4,4 –3,8 –3,2 –3,6 –3,3 –2,5
Écart de production2 0,9 –2,7 –2,2 –1,8 –1,7 –1,4 –0,8 –0,7 –0,4 –0,1
Solde structurel2 –3,7 –7,4 –6,5 –5,3 –3,9 –3,3 –2,8 –3,2 –3,1 –2,5
États-Unis
Prêt/emprunt (net)3 –3,1 –10,9 –9,6 –7,9 –4,4 –4,2 –3,5 –4,1 –3,7 –3,7
Écart de production2 2,0 –3,4 –3,1 –2,2 –1,9 –1,3 –0,4 –0,5 0,0 0,1
Solde structurel2 –3,7 –9,6 –8,2 –6,4 –4,3 –3,9 –3,3 –3,9 –3,7 –3,7
Dette nette 41,7 69,4 75,9 79,4 80,8 80,3 79,8 82,2 82,3 84,4
Dette brute 60,7 94,7 99,0 102,5 104,6 104,6 105,2 108,2 108,4 108,3
Zone euro
Prêt/emprunt (net) –2,0 –6,2 –4,2 –3,7 –3,0 –2,6 –2,1 –2,0 –1,7 –0,6
Écart de production2 0,5 –1,5 –0,6 –1,9 –2,7 –2,5 –1,8 –1,2 –0,8 0,2
Solde structurel2 –2,4 –4,6 –3,8 –2,1 –1,3 –1,1 –0,9 –1,2 –1,1 –0,6
Dette nette 47,8 57,8 60,2 65,7 67,8 68,3 67,6 67,4 67,0 62,2
Dette brute 68,1 84,1 86,7 91,3 93,3 94,3 92,5 91,7 91,0 84,2
Allemagne
Prêt/emprunt (net) –2,3 –4,2 –1,0 0,0 –0,2 0,3 0,7 0,1 0,1 0,6
Écart de production2 –0,2 –1,3 1,0 0,4 –0,3 0,0 0,0 0,4 0,4 0,2
Solde structurel2 –2,4 –2,4 –1,3 –0,2 0,0 0,6 0,7 –0,1 –0,2 0,5
Dette nette 44,3 57,1 55,2 54,4 53,4 50,1 47,5 45,4 43,7 36,8
Dette brute 61,9 81,0 78,3 79,5 77,1 74,5 71,0 68,2 65,9 56,7
France
Prêt/emprunt (net) –2,5 –6,8 –5,1 –4,8 –4,0 –4,0 –3,5 –3,3 –3,0 –1,0
Écart de production2 0,3 –1,9 –0,9 –1,7 –2,2 –2,5 –2,2 –1,8 –1,5 0,2
Solde structurel2 –2,8 –5,6 –4,5 –3,6 –2,6 –2,4 –2,0 –2,0 –1,9 –1,1
Dette nette 53,8 73,7 76,4 81,6 84,4 87,4 88,2 89,2 89,8 85,8
Dette brute 62,4 81,7 85,2 89,6 92,4 95,3 96,1 97,1 97,8 93,8
Italie
Prêt/emprunt (net) –2,9 –4,2 –3,5 –2,9 –2,9 –3,0 –2,6 –2,5 –2,2 0,0
Écart de production2 –0,2 –1,3 –0,5 –2,8 –4,1 –4,1 –3,3 –2,5 –1,7 0,0
Solde structurel2,4 –3,5 –3,7 –3,9 –1,6 –0,6 –1,1 –0,8 –1,2 –1,1 0,0
Dette nette 90,0 98,3 100,4 105,0 109,9 112,5 113,3 113,8 113,9 106,7
Dette brute 103,7 115,4 116,5 123,3 129,0 132,5 132,7 133,2 133,4 125,0
Japon
Prêt/emprunt (net) –5,8 –9,3 –9,8 –8,8 –8,6 –6,2 –5,2 –5,2 –5,1 –3,1
Écart de production2 –0,7 –2,7 –3,4 –2,0 –1,1 –1,5 –1,5 –1,5 –1,3 –1,2
Solde structurel2 –5,6 –7,9 –8,4 –7,9 –8,3 –5,8 –4,8 –4,9 –4,8 –2,9
Dette nette 70,0 113,1 127,2 129,0 124,2 126,2 125,3 127,9 130,7 131,5
Dette brute5 162,4 215,8 231,6 238,0 244,5 249,1 248,0 250,4 253,0 253,9
Royaume-Uni
Prêt/emprunt (net) –1,6 –9,5 –7,6 –7,7 –5,7 –5,6 –4,2 –3,3 –2,7 –0,7
Écart de production2 1,0 –2,5 –2,0 –2,3 –1,7 –0,7 –0,2 –0,1 –0,4 0,0
Solde structurel2 –2,2 –7,4 –6,0 –6,0 –4,2 –4,9 –4,0 –3,2 –2,5 –0,7
Dette nette 34,1 68,5 72,9 76,2 77,6 79,5 80,4 80,5 80,3 73,6
Dette brute 38,4 75,7 81,3 84,8 86,0 87,9 89,0 89,0 88,8 82,1
Canada
Prêt/emprunt (net) 1,1 –4,7 –3,3 –2,5 –1,9 –0,5 –1,3 –2,5 –2,3 –0,9
Écart de production2 1,3 –2,4 –1,1 –1,3 –0,9 –0,4 –0,9 –1,1 –0,6 –0,1
Solde structurel2 0,4 –3,4 –2,7 –1,8 –1,4 –0,5 –0,8 –1,9 –1,9 –0,8
Dette nette 38,2 26,8 27,1 28,2 29,4 28,1 26,3 26,9 25,3 17,2
Dette brute 78,1 81,1 81,5 84,8 86,1 86,2 91,5 92,1 90,5 82,2
Note : La méthodologie et les hypothèses propres à chaque pays sont décrites à l’encadré A1 de l’appendice statistique. Les chiffres composites des données budgétaires pour les groupes
de pays sont la somme en dollars des valeurs correspondant à chaque pays.
1Les données sur la dette sont celles de la fin de l’année et ne sont pas toujours comparables entre les pays. Les dettes brutes et nettes déclarées par les organismes statistiques nationaux
pour les pays qui ont adopté le Système de comptabilité nationale 2008 (Australie, Canada, États-Unis et RAS de Hong Kong) sont ajustées de manière à exclure les engagements au
titre des retraites non capitalisées des plans de retraite à prestations définies des fonctionnaires. Les données budgétaires pour les principaux pays avancés agrégés et les États-Unis
commencent en 2001, et la moyenne pour le total agrégé et les États-Unis portent donc sur la période 2001–07.
2En pourcentage du PIB potentiel.
3Les chiffres déclarés par l’organisme national des statistiques sont ajustés pour exclure les postes liés à la comptabilité d’exercice des plans de retraite à prestations définies des
fonctionnaires.
4Hors les mesures ponctuelles basées sur les données des autorités et, faute de ces dernières, les recettes de la vente des actifs.
5Comprend les prises de participation; sur base non consolidée.
pays avancés, par la moyenne des prix des bruts U.K. Brent, Dubaï fateh et West Texas Intermediate et par la moyenne des cours mondiaux des produits primaires hors combustibles, pondérée
en fonction de leurs parts respectives, en 2002–04, dans le total des exportations mondiales des produits de base.
3La Géorgie, le Turkménistan et l’Ukraine, qui ne sont pas membres de la Communauté des États indépendants, sont inclus dans ce groupe pour des raisons de géographie et de similitude de
structure économique.
4Variation en pourcentage de la moyenne des prix des bruts U.K. Brent, Dubaï fateh et West Texas Intermediate.
5Variation en pourcentage des produits manufacturés exportés par les pays avancés.
Tableau A10. État récapitulatif des soldes des transactions courantes (suite)
(En pourcentage du PIB)
Projections
2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2021
Pays avancés –1,3 –0,2 0,0 –0,1 0,0 0,5 0,5 0,6 0,7 0,6 0,4
États-Unis –4,7 –2,7 –3,0 –3,0 –2,8 –2,2 –2,3 –2,6 –2,5 –2,7 –2,7
Zone euro –1,1 0,2 0,4 0,4 1,3 2,2 2,5 3,2 3,4 3,1 2,8
Allemagne 5,6 5,7 5,6 6,1 7,0 6,7 7,3 8,4 8,6 8,1 7,2
France –0,9 –0,8 –0,8 –1,0 –1,2 –0,9 –1,1 –0,2 –0,5 –0,4 0,3
Italie –2,9 –1,9 –3,4 –3,0 –0,4 0,9 1,9 2,2 2,2 1,9 0,9
Espagne –9,3 –4,3 –3,9 –3,2 –0,2 1,5 1,0 1,4 1,9 1,7 1,8
Japon 2,9 2,9 4,0 2,2 1,0 0,9 0,8 3,3 3,7 3,3 3,3
Royaume-Uni –3,5 –3,0 –2,7 –1,8 –3,7 –4,4 –4,7 –5,4 –5,9 –4,3 –3,8
Canada 0,1 –2,9 –3,6 –2,8 –3,6 –3,2 –2,3 –3,2 –3,7 –3,1 –2,5
Autres pays avancés1 3,1 4,2 5,0 4,1 4,2 5,2 5,3 5,9 5,6 5,1 4,3
Pays émergents et en développement 3,4 1,3 1,2 1,4 1,3 0,6 0,6 –0,1 –0,3 –0,4 –0,6
Par région
Communauté des États indépendants2 4,7 2,5 3,3 4,1 2,4 0,6 2,1 3,0 1,3 1,9 3,6
Russie 5,8 3,8 4,1 4,8 3,3 1,5 2,8 5,2 3,0 3,5 4,5
Russie non comprise 0,9 –1,8 0,4 1,8 –0,6 –2,1 –0,2 –2,6 –3,7 –2,9 1,3
Pays émergents et en développement d’Asie 5,7 3,4 2,4 0,8 1,0 0,7 1,8 2,1 1,6 0,8 0,1
Chine 9,1 4,7 3,9 1,8 2,5 1,5 2,6 3,0 2,4 1,6 0,8
Inde –2,3 –2,8 –2,8 –4,3 –4,8 –1,7 –1,3 –1,1 –1,4 –2,0 –2,2
ASEAN-53 2,2 4,8 2,6 2,5 0,3 –0,2 1,1 1,5 1,2 0,7 –0,3
Pays émergents et en développement d’Europe –8,0 –3,5 –5,1 –6,5 –4,6 –3,8 –3,1 –1,9 –2,0 –3,0 –3,8
Amérique latine et Caraïbes –1,0 –0,8 –1,9 –2,0 –2,3 –2,8 –3,2 –3,6 –2,3 –2,3 –2,3
Brésil –1,8 –1,6 –3,4 –2,9 –3,0 –3,0 –4,3 –3,3 –0,8 –1,3 –1,1
Mexique –1,9 –1,0 –0,5 –1,2 –1,4 –2,5 –2,0 –2,9 –2,7 –2,8 –2,7
Moyen-Orient, Afrique du Nord,
Afghanistan et Pakistan 12,4 1,6 6,1 12,7 12,5 10,1 5,1 –4,0 –4,6 –2,6 –1,0
Afrique subsaharienne 0,3 –2,6 –0,7 –0,5 –1,5 –2,1 –3,7 –5,9 –4,5 –3,9 –4,6
Afrique du Sud –5,5 –2,7 –1,5 –2,2 –5,1 –5,9 –5,3 –4,3 –3,3 –3,2 –3,6
Classification analytique
Source des recettes d’exportation
Combustibles 11,4 3,2 6,0 9,9 9,0 6,9 4,2 –1,9 –2,2 –0,6 1,1
Autres produits 0,6 0,7 –0,1 –1,2 –1,1 –1,2 –0,3 0,2 0,1 –0,4 –0,9
Dont : produits primaires –1,9 –0,4 –0,9 –1,7 –3,5 –4,0 –2,7 –3,2 –2,8 –3,0 –3,4
Source de financement extérieur
Pays débiteurs (net) –3,2 –1,9 –2,4 –2,9 –3,2 –2,9 –2,7 –2,5 –2,0 –2,3 –2,4
Pays débiteurs (net) selon
le service de la dette
Pays ayant accumulé des arriérés
ou bénéficié d’un rééchelonnement
entre 2011 et 2015 –3,7 –4,2 –2,7 –3,9 –5,6 –5,3 –3,2 –4,4 –5,1 –4,5 –3,2
Pour mémoire
Monde 0,1 0,2 0,4 0,4 0,5 0,5 0,5 0,3 0,3 0,2 0,0
Union européenne –1,3 –0,1 0,0 0,4 1,2 1,7 1,6 2,1 2,2 2,3 1,9
Pays en développement à faible revenu –0,9 –2,2 –1,5 –1,9 –2,1 –2,2 –2,5 –4,4 –3,6 –3,4 –3,8
Moyen-Orient et Afrique du Nord 13,9 2,1 6,7 13,7 13,6 10,9 5,6 –4,4 –5,0 –2,8 –1,0
Tableau A10. État récapitulatif des soldes des transactions courantes (fin)
(En pourcentage des exportations des biens et des services)
Projections
2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2021
Pays avancés –4,5 –0,8 0,0 –0,3 0,0 1,5 1,5 2,2 2,4 2,0 1,3
États-Unis –37,5 –24,3 –23,8 –21,6 –20,1 –16,0 –16,5 –20,5 –21,2 –21,6 –19,5
Zone euro –5,0 1,0 1,7 1,7 5,1 8,4 9,4 11,4 ... ... ...
Allemagne 12,9 15,2 13,3 13,6 15,3 14,8 16,0 18,1 18,6 17,3 14,4
France –3,3 –3,4 –3,1 –3,4 –4,1 –2,9 –3,5 –0,6 –1,5 –1,2 1,0
Italie –10,6 –8,6 –13,5 –11,1 –1,3 3,3 6,5 7,3 7,1 6,0 2,5
Espagne –36,5 –18,9 –15,3 –11,0 –0,8 4,7 3,0 4,2 5,8 5,0 4,8
Japon 16,0 21,7 25,4 13,9 6,5 5,5 4,2 17,3 22,2 20,9 19,8
Royaume-Uni –13,1 –11,2 –9,7 –5,9 –12,3 –14,8 –16,6 –19,6 –21,4 –14,8 –13,3
Canada 0,3 –10,4 –12,4 –9,1 –11,9 –10,4 –7,2 –10,0 –12,1 –10,0 –8,1
Autres pays avancés1 5,1 7,9 8,7 6,9 7,1 8,6 9,0 10,3 10,0 9,1 7,5
Pays émergents et en développement 9,5 4,3 4,0 4,5 3,9 2,0 2,3 –0,3 –0,8 –1,5 –2,3
Par région
Communauté des États indépendants2 13,7 8,2 10,4 12,3 7,4 2,0 6,7 9,4 4,3 6,2 12,4
Russie 19,9 14,7 15,3 17,0 12,1 5,6 10,2 17,5 11,2 13,0 17,5
Russie non comprise 1,7 –4,1 0,8 3,6 –1,2 –4,9 –0,5 –7,2 –9,2 –7,2 3,3
Pays émergents et en développement d’Asie 16,5 12,4 8,3 2,8 3,3 2,6 6,6 8,6 6,6 3,7 0,5
Chine 28,1 19,5 14,8 6,8 9,9 6,3 11,0 13,6 11,4 8,2 4,8
Inde –9,5 –13,8 –12,6 –17,3 –19,4 –6,9 –5,6 –5,3 –7,3 –10,1 –11,1
ASEAN-53 4,2 10,7 5,9 5,5 0,7 –0,4 2,4 3,5 2,9 1,8 –0,8
Pays émergents et en développement d’Europe –22,8 –10,3 –14,8 –17,3 –11,9 –9,7 –7,5 –4,5 –4,6 –6,8 –8,7
Amérique latine et Caraïbes –4,2 –4,2 –9,7 –9,4 –11,0 –13,3 –15,4 –17,2 –11,0 –11,3 –11,0
Brésil –13,5 –14,6 –32,7 –26,3 –26,4 –26,8 –39,5 –26,3 –6,1 –10,7 –9,3
Mexique –6,6 –3,6 –1,7 –3,8 –4,4 –7,7 –6,3 –8,1 –7,4 –7,4 –6,8
Moyen-Orient, Afrique du Nord,
Afghanistan et Pakistan 23,0 3,0 13,4 26,9 24,5 20,9 12,6 –9,9 –11,8 –5,9 –1,8
Afrique subsaharienne 0,9 –9,4 –2,3 –1,5 –4,9 –6,9 –13,4 –25,3 –19,0 –15,5 –18,0
Afrique du Sud –15,5 –9,8 –5,2 –7,3 –17,3 –19,0 –17,0 –14,1 –9,6 –9,0 –10,6
Classification analytique
Source des recettes d’exportation
Combustibles 25,9 8,5 15,8 24,5 21,7 17,4 11,8 –4,8 –6,0 –0,6 4,5
Autres produits 2,1 2,8 –0,5 –4,1 –3,8 –4,3 –1,2 1,0 0,5 –1,7 –4,1
Dont : produits primaires –5,9 –1,6 –3,1 –6,0 –13,6 –16,0 –10,9 –14,9 –12,3 –13,5 –17,1
Source de financement extérieur
Pays débiteurs (net) –10,8 –7,4 –9,1 –10,2 –11,2 –10,2 –9,6 –9,2 –7,5 –8,5 –8,8
Pays débiteurs (net) selon
le service de la dette
Pays ayant accumulé des arriérés
ou bénéficié d’un rééchelonnement
entre 2011 et 2015 –10,3 –14,9 –8,8 –12,3 –19,3 –19,3 –12,7 –21,0 –27,6 –20,7 –14,9
Pour mémoire
Monde 0,3 0,9 1,4 1,4 1,5 1,7 1,8 1,3 1,2 0,7 –0,1
Union européenne –3,3 –0,4 0,0 1,0 2,7 3,9 3,8 4,8 5,0 5,0 4,0
Pays en développement à faible revenu –2,9 –8,3 –5,0 –5,8 –6,8 –7,3 –8,9 –16,7 –13,3 –11,9 –12,3
Moyen-Orient et Afrique du Nord 24,6 3,9 14,0 27,4 25,2 21,4 13,1 –10,0 –12,0 –5,7 –1,6
1Hors G-7 (Allemagne, Canada, États-Unis, France, Italie, Japon, Royaume-Uni) et zone euro.
2La Géorgie, le Turkménistan et l’Ukraine, qui ne sont pas membres de la Communauté des États indépendants, sont inclus dans ce groupe pour des raisons de géographie et de similitude de
structure économique.
3Indonésie, Malaisie, Philippines, Thaïlande, Viet Nam.
Tableau A12. Pays émergents et en développement : soldes des transactions courantes (suite)
(En pourcentage du PIB)
Projections
2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2021
Amérique latine et Caraïbes –1,0 –0,8 –1,9 –2,0 –2,3 –2,8 –3,2 –3,6 –2,3 –2,3 –2,3
Antigua-et-Barbuda –26,7 –14,0 –14,7 –10,4 –14,6 –14,6 –14,8 –10,2 –9,4 –10,2 –11,4
Argentine3 1,8 2,5 –0,3 –0,8 –0,2 –2,0 –1,4 –2,5 –2,3 –3,2 –4,2
Bahamas –10,6 –10,3 –10,1 –15,1 –17,9 –17,5 –22,0 –16,0 –11,4 –10,7 –7,3
Barbade –10,6 –6,6 –5,7 –12,8 –9,3 –9,1 –9,9 –7,2 –5,3 –6,0 –7,5
Belize –10,6 –4,9 –2,5 –1,1 –1,2 –4,6 –7,4 –9,8 –12,4 –9,9 –8,0
Bolivie 11,9 4,3 3,9 0,3 7,2 2,4 0,2 –5,8 –6,6 –4,9 –2,0
Brésil –1,8 –1,6 –3,4 –2,9 –3,0 –3,0 –4,3 –3,3 –0,8 –1,3 –1,1
Chili –3,2 2,0 1,7 –1,2 –3,5 –3,7 –1,3 –2,0 –1,9 –2,4 –2,7
Colombie –2,6 –2,0 –3,0 –2,9 –3,1 –3,2 –5,1 –6,4 –5,2 –4,2 –3,3
Costa Rica –9,1 –1,9 –3,4 –5,3 –5,2 –5,0 –4,7 –4,0 –4,5 –4,5 –4,5
Dominique –28,3 –22,7 –15,9 –14,1 –17,3 –9,7 –11,1 –9,3 –13,1 –14,2 –10,0
El Salvador –7,1 –1,5 –2,5 –4,8 –5,4 –6,5 –5,2 –3,6 –2,1 –2,9 –4,4
Équateur 2,9 0,5 –2,3 –0,5 –0,2 –1,0 –0,6 –2,2 –1,5 –0,9 –0,9
Grenade –29,0 –24,3 –23,7 –23,6 –21,1 –23,2 –16,5 –15,9 –12,7 –14,1 –15,4
Guatemala –3,6 0,7 –1,4 –3,4 –2,6 –2,5 –2,1 –0,3 –0,5 –0,7 –1,9
Guyana –13,7 –9,1 –9,6 –13,0 –11,6 –13,3 –10,7 –5,7 2,1 0,4 –3,8
Haïti –3,1 –1,9 –1,5 –4,3 –5,7 –6,3 –6,3 –2,5 0,4 –1,0 –1,3
Honduras –15,4 –3,8 –4,3 –8,0 –8,6 –9,6 –7,4 –6,3 –5,7 –5,7 –5,0
Jamaïque –17,7 –11,0 –8,0 –12,2 –11,1 –9,2 –7,7 –3,4 –3,3 –3,6 –3,8
Mexique –1,9 –1,0 –0,5 –1,2 –1,4 –2,5 –2,0 –2,9 –2,7 –2,8 –2,7
Nicaragua –17,8 –8,7 –9,0 –12,1 –10,5 –10,9 –7,7 –8,2 –8,0 –8,7 –10,4
Panama –10,8 –0,8 –10,8 –13,2 –10,5 –9,8 –9,8 –6,5 –5,5 –4,9 –2,3
Paraguay 1,0 3,0 –0,3 0,4 –2,0 1,7 –0,4 –1,7 0,6 –0,5 0,6
Pérou –4,3 –0,5 –2,4 –1,9 –2,7 –4,2 –4,0 –4,4 –3,8 –3,1 –2,2
République dominicaine –9,4 –4,8 –7,4 –7,5 –6,6 –4,1 –3,3 –1,9 –2,4 –2,7 –4,0
Saint-Kitts-et-Nevis –26,8 –25,7 –20,8 –15,9 –9,8 –13,4 –12,1 –12,3 –17,2 –19,4 –17,4
Saint-Vincent-et-les Grenadines –33,1 –29,2 –30,6 –29,4 –27,6 –30,9 –29,6 –26,2 –23,0 –22,0 –16,0
Sainte-Lucie –28,6 –11,6 –16,3 –19,0 –13,6 –11,4 –6,8 –3,7 –6,7 –6,7 –7,4
Suriname 9,2 2,9 13,0 5,7 3,3 –3,8 –8,0 –15,7 –4,2 4,2 1,7
Trinité-et-Tobago 30,5 8,5 18,9 11,4 3,2 7,3 4,6 –5,4 –8,7 –7,2 –4,0
Uruguay –5,7 –1,2 –1,8 –2,7 –5,1 –5,0 –4,5 –3,5 –2,9 –3,1 –3,5
Venezuela 10,8 0,2 1,9 4,9 0,8 2,0 1,7 –7,8 –3,4 –0,9 0,7
Moyen-Orient, Afrique du Nord,
Afghanistan et Pakistan 12,4 1,6 6,1 12,7 12,5 10,1 5,1 –4,0 –4,6 –2,6 –1,0
Afghanistan 2,7 13,1 7,5 6,0 5,9 8,7 2,4 4,7 4,5 1,1 –3,9
Algérie 20,1 0,3 7,5 9,9 5,9 0,4 –4,4 –16,5 –15,1 –13,7 –6,3
Arabie saoudite 25,5 4,9 12,7 23,7 22,4 18,2 9,8 –8,3 –6,6 –2,6 –1,2
Bahreïn 8,8 2,4 3,0 8,8 8,4 7,4 4,6 –3,1 –4,7 –3,8 –1,9
Djibouti –24,3 –9,7 0,7 –13,7 –20,3 –23,3 –25,6 –30,7 –17,2 –14,4 –18,5
Égypte –1,4 –3,8 –1,9 –2,5 –3,7 –2,2 –0,8 –3,7 –5,8 –5,2 –2,2
Émirats arabes unis 7,1 3,1 4,3 12,7 19,8 19,1 10,0 3,3 1,1 3,2 2,1
Iran 5,2 2,2 4,4 10,6 6,1 7,0 3,8 2,1 4,2 3,3 3,8
Iraq 15,9 –6,8 3,0 12,0 6,7 1,4 –0,8 –7,2 –10,8 –3,6 –0,8
Jordanie –9,4 –5,2 –7,1 –10,3 –15,2 –10,3 –6,8 –9,0 –9,0 –8,9 –6,2
Koweït 40,9 26,7 31,8 42,9 45,5 39,9 33,3 5,2 3,6 8,4 9,2
Liban –10,5 –11,9 –20,7 –15,1 –23,9 –26,7 –28,1 –21,0 –20,4 –20,6 –19,7
Libye 42,5 14,9 19,5 9,1 29,1 13,5 –27,8 –42,1 –47,4 –36,9 –19,0
Maroc –7,1 –5,4 –4,4 –7,6 –9,3 –7,6 –5,7 –1,9 –1,2 –1,4 –1,3
Mauritanie –12,0 –22,2 –14,6 –10,6 –31,5 –28,6 –33,3 –27,0 –21,9 –24,9 –21,5
Oman 8,5 –1,1 8,6 13,1 10,3 6,7 5,7 –17,5 –21,3 –17,6 –8,3
Pakistan –8,1 –5,5 –2,2 0,1 –2,1 –1,1 –1,3 –1,0 –0,9 –1,5 –0,9
Qatar 23,1 6,5 19,1 30,7 32,6 29,9 23,5 8,2 –1,8 0,0 0,3
Soudan 4 –1,6 –9,6 –2,1 –0,4 –9,3 –8,7 –7,0 –7,8 –5,9 –4,9 –3,5
Syrie5 –1,3 –2,9 –2,8 ... ... ... ... ... ... ... ...
Tunisie –3,8 –2,8 –4,8 –7,4 –8,3 –8,4 –9,1 –8,8 –8,0 –6,9 –4,0
Yémen –4,6 –10,1 –3,4 –3,0 –1,7 –3,1 –1,7 –5,5 –6,1 –2,8 –3,7
Tableau A12. Pays émergents et en développement : soldes des transactions courantes (fin)
(En pourcentage du PIB)
Projections
2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2021
Afrique subsaharienne 0,3 –2,6 –0,7 –0,5 –1,5 –2,1 –3,7 –5,9 –4,5 –3,9 –4,6
Angola 8,5 –10,0 9,1 12,6 12,0 6,7 –2,9 –8,5 –5,4 –5,4 –2,5
Afrique du Sud –5,5 –2,7 –1,5 –2,2 –5,1 –5,9 –5,3 –4,3 –3,3 –3,2 –3,6
Bénin –7,5 –8,3 –8,2 –7,3 –7,4 –8,0 –8,7 –10,5 –10,0 –11,8 –8,8
Botswana –1,1 –6,3 –2,6 3,1 –1,1 9,3 15,6 7,2 4,1 3,7 11,1
Burkina Faso –11,5 –4,7 –2,2 –1,5 –7,2 –11,0 –8,0 –6,4 –6,0 –5,0 –8,0
Burundi –1,0 1,7 –12,2 –14,4 –18,6 –19,3 –18,5 –15,9 –4,6 –9,6 –17,6
Cabo Verde –13,7 –14,6 –12,4 –16,3 –12,6 –4,9 –9,0 –4,3 –7,7 –9,2 –7,3
Cameroun –1,2 –3,5 –2,8 –3,0 –3,6 –3,9 –4,3 –4,2 –4,2 –4,0 –4,8
Comores –10,4 –6,2 –0,2 –4,9 –7,2 –8,1 –6,3 0,8 –9,0 –9,7 –13,7
Congo, Rép. dém. du –0,8 –6,1 –10,5 –5,2 –4,6 1,8 4,0 –3,7 –0,8 5,2 7,1
Congo, Rép. du –0,5 –14,1 7,5 4,9 17,7 1,6 –3,3 –21,0 –8,2 –2,1 0,5
Côte d’Ivoire 1,9 6,6 1,9 10,4 –1,2 –2,0 1,5 –1,8 –1,8 –2,1 –2,7
Érythrée –5,5 –7,6 –5,6 0,6 2,3 –0,1 0,6 –2,2 0,2 0,9 –1,4
Éthiopie –6,7 –6,7 –1,4 –2,5 –6,9 –5,9 –7,9 –12,0 –10,7 –9,3 –7,8
Gabon 21,6 4,4 14,9 15,2 15,9 11,6 8,1 –2,3 –5,3 –4,7 –2,7
Gambie –12,2 –12,5 –16,3 –12,3 –7,9 –10,2 –10,9 –15,2 –12,7 –13,7 –13,7
Ghana –11,9 –5,5 –8,6 –9,0 –11,7 –11,9 –9,6 –7,5 –6,3 –6,0 –4,3
Guinée –10,2 –8,2 –9,3 –24,7 –26,0 –16,9 –17,3 –18,7 –13,2 –11,3 –17,7
Guinée Bissau –2,5 –5,4 –8,7 –4,2 –11,8 –7,4 –3,3 –1,1 –1,7 –2,8 –2,9
Guinée équatoriale 21,9 –8,4 –19,4 6,7 4,1 0,1 –5,6 –16,8 –11,8 –6,7 –3,5
Kenya –5,5 –4,6 –5,9 –9,1 –8,4 –8,8 –10,3 –6,8 –6,4 –6,1 –5,7
Lesotho 21,1 3,9 –10,0 –14,7 –9,8 –10,3 –7,9 –8,7 –8,0 –9,0 –22,9
Libéria –46,6 –23,2 –32,0 –27,5 –21,5 –28,4 –32,7 –34,7 –30,5 –26,5 –25,6
Madagascar –20,6 –21,1 –9,7 –6,9 –6,9 –5,9 –0,3 –1,9 –2,3 –3,7 –4,0
Malawi –15,1 –10,2 –8,6 –8,6 –9,3 –8,7 –8,5 –8,3 –15,8 –9,3 –8,1
Mali –13,7 –10,8 –10,7 –5,1 –2,2 –2,9 –4,7 –5,1 –6,0 –5,2 –5,8
Maurice –10,1 –7,4 –10,3 –13,8 –7,3 –6,3 –5,7 –4,9 –4,3 –4,5 –4,9
Mozambique –9,9 –10,9 –16,1 –25,3 –44,7 –42,9 –38,2 –39,0 –33,5 –28,3 –146,4
Namibie –0,1 –1,5 –3,5 –3,0 –5,7 –4,0 –10,7 –12,9 –12,4 –6,9 –6,9
Niger –12,0 –24,4 –19,8 –22,3 –14,7 –15,0 –14,1 –17,2 –17,8 –17,5 –12,3
Nigéria 8,8 4,7 3,9 3,0 4,4 3,9 0,2 –3,1 –0,7 –0,4 –0,1
Ouganda –7,1 –5,7 –8,0 –10,0 –6,8 –7,0 –8,7 –9,4 –8,7 –8,9 –7,2
République centrafricaine –9,9 –9,1 –10,2 –7,6 –4,6 –3,0 –5,6 –9,0 –10,0 –9,7 –6,6
Rwanda –5,1 –7,1 –7,3 –7,5 –11,4 –7,4 –10,5 –13,5 –16,6 –11,9 –10,7
São Tomé-et-Príncipe –33,1 –23,2 –21,7 –25,5 –21,3 –13,8 –22,6 –17,2 –12,7 –13,3 –8,7
Sénégal –14,2 –6,7 –4,4 –8,1 –10,8 –10,4 –8,9 –7,6 –8,4 –8,2 –6,2
Seychelles –18,5 –14,8 –19,4 –23,0 –21,1 –12,1 –23,0 –18,6 –18,7 –18,3 –16,5
Sierra Leone –9,0 –13,3 –22,7 –65,0 –31,8 –17,5 –18,2 –15,5 –16,2 –16,3 –15,2
Soudan du Sud ... ... ... 18,4 –15,9 –1,2 2,1 –11,1 –0,5 –8,6 –11,0
Swaziland –7,1 –11,6 –8,6 –6,8 3,1 5,1 3,3 9,2 –4,9 –2,4 0,6
Tanzanie –7,8 –7,6 –7,7 –10,8 –11,6 –10,6 –9,5 –8,8 –8,8 –8,8 –7,9
Tchad 3,7 –9,2 –9,0 –5,6 –8,7 –9,2 –9,0 –12,4 –8,7 –7,8 –5,9
Togo –7,0 –5,6 –6,3 –8,0 –7,5 –13,1 –9,9 –7,1 –8,0 –8,2 –9,1
Zambie –3,3 6,0 7,5 4,7 5,4 –0,6 2,1 –3,5 –4,5 –2,2 2,9
Zimbabwe 6 –16,7 –43,6 –13,3 –22,2 –14,6 –18,2 –15,2 –10,7 –7,5 –6,1 –9,6
1La Géorgie, le Turkménistan et l’Ukraine, qui ne sont pas membres de la Communauté des États indépendants, sont inclus dans ce groupe pour des raisons de géographie et de similitude
de structure économique.
2Les données excluent la Crimée et Sébastopol à compter de 2014.
3Voir les notes relatives à l’Argentine dans la section «Notes sur les pays» de l’appendice statistique.
4Les données de 2011 pour le Soudan excluent le Soudan du Sud à partir du 9 juillet. Les projections pour 2012 et au-delà portent sur le Soudan actuel.
5Les données pour la Syrie de 2011 et au-delà sont exclues en raison de l’incertitude entourant la situation politique.
6Le dollar du Zimbabwe ne circule plus depuis le début de 2009. Les données sont fondées sur les estimations des prix et des taux de change en dollars établies par les services du FMI.
Il se peut que les estimations en dollars des services du FMI diffèrent des estimations des autorités.
structure économique.
de structure économique.
Marchés des produits de base : évolution et perspectives Avril 2009, appendice 1.1
Marchés des produits de base : évolution et perspectives Octobre 2009, appendice 1.1
Que nous disent les marchés des options sur les perspectives des cours des matières premières? Octobre 2009, encadré 1.6
Comment expliquer la volatilité croissante des prix alimentaires? Octobre 2009, encadré 1.7
Qu’est-ce que la remontée des cours des produits de base a d’inhabituel? Avril 2010, encadré 1.2
Courbes des cours à terme des produits de base et ajustement cyclique du marché Avril 2010, encadré 1.3
Évolution et perspectives des marchés de produits de base Octobre 2010, appendice 1.1
Sombres perspectives pour le secteur de l’immobilier Octobre 2010, encadré 1.2
Les métaux sont-ils devenus plus rares et avec quelles conséquences pour leurs prix? Octobre 2010, encadré 1.5
Évolution et perspectives des marchés des matières premières Avril 2011, appendice 1.2
Pénurie de pétrole, croissance et déséquilibres mondiaux Avril 2011, chapitre 3
Contraintes du cycle de vie pesant sur la production mondiale de pétrole Avril 2011, encadré 3.1
Le gaz naturel non conventionnel va-t-il changer la donne? Avril 2011, encadré 3.2
L’effet à court terme des chocs pétroliers sur l’activité économique Avril 2011, encadré 3.3
Filtrage passe-bas pour extraire les tendances conjoncturelles Avril 2011, appendice 3.1
Les modèles empiriques pour l’énergie et le pétrole Avril 2011, appendice 3.2
Évolution et perspectives des marchés des matières premières Septembre 2011, appendice 1.1
Investissements financiers, spéculation et prix des matières premières Septembre 2011, encadré 1.4
Viser des objectifs atteignables : fluctuations des cours des matières premières
et politique monétaire Septembre 2011, chapitre 3
Dossier spécial : les marchés des produits de base Avril 2012, chapitre 1
Fluctuations des cours des produits de base et conséquences pour les exportateurs Avril 2012, chapitre 4
Effets macroéconomiques des chocs sur les cours des produits
de base dans les pays à faible revenu Avril 2012, encadré 4.1
La volatilité des cours des produits de base et le défi du développement
dans les pays à faible revenu Avril 2012, encadré 4.2
Dossier spécial : les marchés des produits de base Octobre 2012, chapitre 1
Les énergies non conventionnelles aux États-Unis Octobre 2012, encadré 1.4
Crise de l’approvisionnement alimentaire : qui sont les plus vulnérables? Octobre 2012, encadré 1.5
Dossier spécial : Les marchés des produits de base Avril 2013, chapitre 1
Telle l’histoire du chien qui n’a pas aboyé : l’inflation a-t-elle été muselée,
ou s’est-elle simplement assoupie? Avril 2013, chapitre 3
Est-il encore judicieux de cibler l’inflation si la courbe de Phillips est plate? Avril 2013, encadré 3.1
Dossier spécial : les marchés des produits de base Octobre 2013, chapitre 1
Les booms énergétiques et le solde des transactions courantes : l’expérience
de plusieurs pays Octobre 2013, encadré [Link].1
Facteurs influant sur les cours du pétrole et réduction de l’écart WTI–Brent Octobre 2013, encadré [Link].2
Ancrage des anticipations d’inflation lorsque l’inflation est inférieure à l’objectif Avril 2014, encadré 1.3
Dossier spécial : produits de base — cours et prévisions Avril 2014, chapitre 1
Dossier spécial : marchés des produits de base — évolution et prévisions, axées
principalement sur l’importance du gaz naturel dans l’économie mondiale Octobre 2014, chapitre 1
Dossier spécial : marchés des produits de base — évolution et prévisions, axées
principalement sur l’investissement sur fond de faiblesse des cours du pétrole Avril 2015, chapitre 1
L’effondrement des cours du pétrole : question d’offre ou de demande? Avril 2015, encadré 1.1
V. Politique budgétaire
Les résultats budgétaires des pays émergents : amélioration cyclique ou structurelle? Septembre 2006, encadré 2.1
Quand la relance budgétaire fonctionne-t-elle? Avril 2008, encadré 2.1
La politique budgétaire comme outil de stabilisation conjoncturelle Octobre 2008, chapitre 5
Les stabilisateurs automatiques — Importance et rapports
avec la politique budgétaire discrétionnaire Octobre 2008, encadré 5.1
Pourquoi est-il si difficile de connaître les effets des relances budgétaires? Octobre 2008, encadré 5.2
Les États-Unis ont-ils accordé des allégements fiscaux opportuns,
temporaires et ciblés? Octobre 2008, encadré 5.3
Cela sera-t-il douloureux? Les effets macroéconomiques du rééquilibrage budgétaire Octobre 2010, chapitre 3
Soldes budgétaire et commercial, des jumeaux séparés à la naissance? Septembre 2011, chapitre 4
Les multiplicateurs budgétaires à court terme sont-ils sous-estimés? Octobre 2012, encadré 1.1
Les conséquences d’une dette publique élevée dans les économies avancées Octobre 2012, encadré 1.2
Le meilleur comme le pire : 100 ans de surendettement public Octobre 2012, chapitre 3
La grande divergence entre les politiques économiques Avril 2013, encadré 1.1
Surendettement public et résultats du secteur privé Avril 2013, encadré 1.2
Le moment est-il propice à une relance des infrastructures? Les effets macroéconomiques
de l’investissement public Octobre 2014, chapitre 3
Améliorer l’efficience de l’investissement public Octobre 2014, encadré 3.2
Les effets macroéconomiques d’une augmentation de l’investissement public Octobre 2014, encadré 3.4
dans les pays en développement
Les institutions et règles budgétaires et l’investissement public Octobre 2014, encadré 3.5
Hausses des cours des produits de base et investissements publics Octobre 2015, encadré 2.2
Les déterminants de la balance courante dans les pays exportateurs de pétrole Octobre 2008, encadré 6.1
L’incidence des fonds souverains sur les marchés financiers mondiaux Octobre 2008, encadré 6.2
Les déséquilibres mondiaux et la crise financière Avril 2009, encadré 1.4
Financement des échanges et commerce mondial : des études sur le crédit bancaire
apportent de nouveaux éléments Octobre 2009, encadré 1.1
De déficit en excédent : récente inflexion des soldes des comptes des transactions
courantes de la balance mondiale des paiements Octobre 2009, encadré 1.5
Trouver le bon équilibre : mettre fin aux excédents persistants du compte courant Avril 2010, chapitre 4
Réaction des pays émergents d’Asie aux entrées de capitaux Octobre 2010, encadré 2.1
En Amérique latine, le groupe AL-5 surfe sur une nouvelle vague d’entrées de capitaux Octobre 2010, encadré 2.1
Les crises financières ont-elles des effets durables sur le commerce? Octobre 2010, chapitre 4
Correction des déséquilibres extérieurs à la périphérie de l’Union européenne Avril 2011, encadré 2.1
Flux internationaux de capitaux : fiables ou inconstants? Avril 2011, chapitre 4
Engagements extérieurs et points de basculement dans la crise Septembre 2011, encadré 1.5
L’évolution des déficits courants dans la zone euro Avril 2013, encadré 1.3
Rééquilibrages extérieurs dans la zone euro Octobre 2013, encadré 1.3
Le yin et le yang de la gestion des flux de capitaux : mettre en équilibre les entrées
et les sorties de capitaux Octobre 2013, chapitre 4
Simulation de la vulnérabilité à la situation des marchés internationaux de capitaux Octobre 2013, encadré 4.1
Les retombées commerciales du boom du gaz de schiste aux États-Unis Octobre 2014, encadré [Link].1
Les déséquilibres mondiaux ont-ils atteint un point d’inflexion? Octobre 2014, chapitre 4
Changement de vitesse : l’ajustement extérieur de 1986 Octobre 2014, encadré 4.1
Le conte de deux ajustements : Asie de l’Est et zone euro Octobre 2014, encadré 4.2
Comprendre le rôle des facteurs cycliques et structurels dans le ralentissement
du commerce mondial Avril 2015, encadré 1.2
De petits pays, mais des déficits courants élevés Octobre 2015, encadré 1.2
Mouvements de capitaux et financiarisation dans les pays en développement Octobre 2015, encadré 1.3
Analyse du ralentissement du commerce mondial Avril 2016, encadré 1.1
Comprendre le ralentissement des flux de capitaux vers les pays émergents Avril 2016, chapitre 2
Flux de capitaux vers les pays en développement à faible revenu Avril 2016, encadré 2.1
Gains de productivité pouvant découler de la poursuite de la libéralisation
des échanges et de l’investissement direct étranger Avril 2016, encadré 3.3
À quoi tient le ralentissement des échanges mondiaux? Octobre 2016, chapitre 2
X. Études régionales
Dix années d’Union économique et monétaire Octobre 2008, encadré 2.1
Facteurs de vulnérabilité dans les pays émergents Avril 2009, encadré 2.2
Liens Est–Ouest et effets de contagion en Europe Avril 2012, encadré 2.1
L’évolution des déficits courants dans la zone euro Avril 2013, encadré 1.3
L
es administrateurs souscrivent dans l’ensemble réguliers dans le renforcement de leur cadre d’action et de
à l’évaluation des Perspectives de l’économie mon- leur résilience aux chocs, et l’état d’esprit des opérateurs
diale et des risques auxquels elle est exposée. Ils de marché s’est amélioré récemment. En dépit de ces évo-
notent que la croissance mondiale restera pro- lutions positives, les pays émergents et les pays en déve-
bablement modeste cette année, que la croissance du loppement restent exposés aux répercussions d’une crois-
commerce mondial est en baisse et que l’inflation de- sance modérée dans les pays avancés, aux conséquences
meure faible dans beaucoup de pays avancés. Du côté de la transition de l’économie chinoise vers un modèle
positif, les cours des produits de base ont rebondi, et la de croissance plus durable et à la volatilité des flux de ca-
volatilité sur les marchés financiers qui a suivi le vote du pitaux et des taux de change, tandis que des problèmes
Royaume-Uni en faveur de la sortie de l’Union euro- internes restent à résoudre. À l’échelle mondiale, il est
péenne a généralement été limitée. Les administrateurs de plus en plus question de mécontentement politique,
notent que, si une légère accélération de la croissance d’inégalité des revenus et de politiques populistes, ce qui
mondiale est attendue l’an prochain, les risques de dégra- menace de faire dérailler la mondialisation.
dation et l’incertitude sont élevés. Le risque d’un nou- Les administrateurs notent que, si les marchés financiers
veau revers ne peut être exclu. Les administrateurs en- se sont montrés résilients face à plusieurs chocs au cours
gagent vivement les dirigeants à employer tous les leviers des six derniers mois, les risques à moyen terme sont en
de la politique économique, individuellement et collec- hausse. Dans les pays avancés où une croissance faible exige
tivement, et à renforcer la coopération mondiale pour de continuer de mener une politique monétaire accom-
éviter de nouveaux taux de croissance décevants, ren- modante, une période prolongée de croissance et de taux
forcer les fondements de la reprise, relancer le commerce d’intérêt faibles pourrait accentuer les problèmes de ren-
mondial et veiller à ce que les bienfaits de la mondialisa- tabilité structurelle des banques et compromettre la solva-
tion soient partagés parmi un plus grand nombre. bilité de nombreuses compagnies d’assurance vie et caisses
Les administrateurs notent que la croissance devrait de retraite. Ces risques et ces problèmes pourraient, à leur
s’affaiblir cette année dans les pays avancés, avant de re- tour, affaiblir davantage l’activité économique et la stabi-
monter légèrement l’an prochain. Néanmoins, les pers- lité financière de manière plus générale. Dans beaucoup
pectives globales continuent de souffrir des retombées de pays émergents, l’endettement élevé des entreprises et la
de la crise qui subsistent, d’une inflation obstinément complexité croissante des produits financiers continuent de
basse, de la faiblesse de la demande, de la persistance de poser des problèmes.
déséquilibres extérieurs élevés dans certains pays, de la Dans ce contexte, les administrateurs soulignent qu’il
faible croissance de la productivité du travail et du vieil- est urgent de mettre en place des stratégies globales et clai-
lissement de la population. Par ailleurs, les implications rement articulées, qui combinent des mesures structu-
macroéconomiques du vote britannique ne sont pas en- relles, macroéconomiques et financières, pour rehausser
core pleinement connues. Dans les pays émergents et les la production effective et potentielle, gérer la vulnérabi-
pays en développement, la croissance devrait s’affermir lité et accroître la résilience. Les administrateurs recon-
progressivement, à la suite d’une amélioration des condi- naissent que le dosage optimal de ces mesures variera
tions de financement extérieur, d’une hausse des cours selon le contexte et les priorités particulières de chaque
des produits de base et d’une stabilisation progressive pays. Les administrateurs soulignent aussi qu’il est cru-
dans les grands pays qui connaissent aujourd’hui une cial d’intensifier la coopération multilatérale pour péren-
récession. Beaucoup de pays ont accompli des progrès niser la croissance mondiale et l’amélioration des niveaux
de vie. En particulier, il est nécessaire de déployer des ef- entreprises, grâce à une approche globale, là où cela se jus-
forts concertés pour promouvoir une croissance vigou- tifie. Cette action doit être complétée par un renforcement
reuse, durable, équilibrée et inclusive; faciliter les flux du contrôle du secteur financier, une mise à niveau des ré-
internationaux d’échanges commerciaux et d’investisse- glementations et des dispositifs de contrôle, et une amé-
ments; mettre en œuvre des dispositifs efficaces de résolu- lioration des pratiques en matière de gouvernement d’en-
tion bancaire; réduire l’incertitude entourant l’action des treprise. Les administrateurs soulignent qu’un ajustement
pouvoirs publics, notamment en la communiquant clai- ordonné dans le secteur des entreprises et le secteur finan-
rement; et pérenniser les progrès accomplis en matière cier en Chine est crucial pour pérenniser la croissance et la
de rééquilibrage de l’économie mondiale. Il est vital aussi stabilité dans le pays et ailleurs.
d’avoir des dispositifs solides de sécurité mondiale pour Les administrateurs soulignent que les établissements
faire face aux chocs, y compris les chocs liés aux flux de ré- financiers, en particulier dans les pays avancés, doivent
fugiés, au changement climatique et aux conflits internes. adapter leurs modèles d’entreprise aux nouvelles réalités et
Les administrateurs conviennent dans l’ensemble que, à l’évolution des normes réglementaires. Il est essentiel que
dans la plupart des pays avancés, il convient de continuer les autorités de réglementation soient plus vigilantes et que
de soutenir la demande à court terme, ainsi que de stimuler la collecte des données sur les établissements financiers non
la productivité et la production potentielle à moyen terme. bancaires soit améliorée pour préserver leur santé financière
Il reste approprié de mener une politique monétaire ac- et surveiller leur rôle dans la transmission de la politique
commodante pour relever les anticipations inflationnistes, monétaire. Les dirigeants peuvent contribuer à réduire l’in-
tout en étant conscient des effets secondaires négatifs, mais certitude en achevant le programme des réformes réglemen-
la politique monétaire à elle seule ne suffira pas pour com- taires, sans accroître sensiblement les exigences globales de
bler les écarts de production et réaliser une croissance équi- fonds propres, tout en préservant l’intégrité d’un système
librée et durable. Il est donc essentiel de mener une poli- solide en la matière. Les administrateurs conviennent dans
tique budgétaire propice à la croissance, qui est ajustée selon l’ensemble que, dans les pays où le secteur privé est lourde-
la marge de manœuvre disponible dans chaque pays, tout ment endetté ou le système financier est gravement affaibli
en veillant à la viabilité de la dette à long terme, qui est an- mais où il existe un espace budgétaire, des mesures bud-
crée dans un cadre crédible à moyen terme. Un effort sou- gétaires bien ciblées, complétées par de solides procédures
tenu de réparation des bilans des banques et des entreprises d’insolvabilité et de faillite, ainsi que des garde-fous permet-
contribuerait à améliorer la transmission de la politique tant de limiter l’aléa moral, pourraient faciliter la restructu-
monétaire à l’activité réelle, et un usage préventif de me- ration de la dette privée. Beaucoup de pays émergents de-
sures macroprudentielles préserverait la stabilité financière. vraient continuer d’accroître leur résilience, notamment en
Les réformes structurelles doivent être classées par ordre de limitant l’accumulation excessive de la dette privée et en
priorité selon les circonstances des pays, et porter principa- renforçant les bilans publics en période d’expansion.
lement sur l’accroissement des taux d’activité, l’augmenta- Les administrateurs soulignent que, pour les pays à
tion de l’efficience du marché du travail, la réduction des faible revenu, il est prioritaire de s’attaquer aux problèmes
obstacles à l’entrée sur les marchés et la promotion de la re- macroéconomiques à court terme et de progresser vers les
cherche et du développement. Dans le secteur des entre- objectifs de développement durable. Dans les pays tribu-
prises, les réformes doivent viser surtout à éliminer le suren- taires des produits de base, il conviendra, pour renforcer
dettement, à faciliter les restructurations et à continuer les amortisseurs budgétaires, d’accroître la contribution
d’améliorer la gouvernance. du secteur hors produits de base aux recettes fiscales, ainsi
Les administrateurs reconnaissent que les circonstances que de rationaliser les dépenses. Pour les pays qui sont
et les enjeux dans les pays émergents et les pays en dévelop- moins tributaires des produits de base, des politiques
pement varient selon leur niveau de développement et leur macroéconomiques anticycliques devraient être adoptées
position conjoncturelle. Pour atteindre l’objectif commun là où la croissance reste vigoureuse, et les pratiques de
de convergence vers des revenus plus élevés, les réformes gestion de la dette devraient être renforcées pour réduire
structurelles doivent viser principalement à faciliter la dif- l’impact des variations éventuelles des flux de capitaux.
fusion des technologies et la création d’emplois, ainsi qu’à De manière générale, pour réaliser une croissance vigou-
mettre en valeur le capital humain. Les administrateurs reuse, durable et inclusive, il conviendra de continuer de
encouragent à tirer parti du fait que les conditions de fi- s’efforcer de diversifier l’économie, d’élargir l’assiette des
nancement extérieur sont relativement favorables à l’heure recettes, d’accroître l’efficience des dépenses publiques et
actuelle pour poursuivre le désendettement nécessaire des de renforcer l’expansion des circuits financiers.
16 É tu d e s é c o n o m iq u e s et fi n an c i è re s
Demande modérée
symptômes et remèdes
16
Demande modérée symptômes et remèdes
OCT
FMI
World Economic Outlook, October 2016 (French) F O N D S M O N É T A I R E I N T E R N A T I O N A L