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Économie mondiale : demande modérée et remèdes

Le document présente les Perspectives de l'économie mondiale d'octobre 2016, mettant en lumière une demande modérée et ses implications. Il aborde les symptômes de ce ralentissement économique ainsi que des remèdes potentiels, tout en fournissant des analyses sur les échanges mondiaux, la désinflation, et les impacts des migrations. Les conclusions sont basées sur des données et des prévisions fournies par le FMI.

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Économie mondiale : demande modérée et remèdes

Le document présente les Perspectives de l'économie mondiale d'octobre 2016, mettant en lumière une demande modérée et ses implications. Il aborde les symptômes de ce ralentissement économique ainsi que des remèdes potentiels, tout en fournissant des analyses sur les échanges mondiaux, la désinflation, et les impacts des migrations. Les conclusions sont basées sur des données et des prévisions fournies par le FMI.

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OCT

16 É tu d e s é c o n o m iq u e s et fi n an c i è re s

Perspectives de l’économie mondiale


Perspectives de l’économie mondiale

Demande modérée
symptômes et remèdes

16
Demande modérée symptômes et remèdes

OCT
FMI
World Economic Outlook, October 2016 (French) F O N D S M O N É T A I R E I N T E R N A T I O N A L
É tud es écono mi ques et fi na nc iè r e s

Perspectives
de l’économie mondiale
Octobre 2016

Demande modérée
symptômes et remèdes

F O N D S M O N É T A I R E I N T E R N A T I O N A L
©2016 Fonds monétaire international

Production : FMI, Division des services multimédias


Couverture et conception artistique : Luisa Menjivar et Jorge Salazar
Composition : AGS, une société du groupe RR Donnelley

Édition française
Services linguistiques du FMI, Section française
Traduction : Marc Servais
Correction : Monica Nepote-Cit et Van Tran
PAO : Fernando Sole

Cataloging-in-Publication Data

Joint Bank-Fund Library

World economic outlook (International Monetary Fund). French


Perspectives de l’économie mondiale. — Washington, Fonds monétaire international.
v. ; 28 cm. — (Études économiques et financières, 1020-1343)

Semiannual. Some issues also have thematic titles.


Has occasional updates, 1984–
ISSN (print) 0256–6899
ISSN (online) 1564–5215

1. Economic development — Periodicals. 2. Economic forecasting — Periodicals.


3. Economic policy — Periodicals. 4. International economic relations — Periodicals.
I. International Monetary Fund. II. Series: Occasional paper (International Monetary Fund).
III. Series: World economic and financial surveys.

HC10.80

ISBN 978-1-47555-080-1 (version imprimée)


978-1-47555-162-4 (version PDF)
978-1-47555-182-2 (version ePub)
978-1-47555-184-6 (Mobi)

Les Perspectives de l’économie mondiale (PEM) sont une étude des services du FMI
publiée deux fois par an, au printemps et à l’automne. Rédigées par les services du FMI,
les PEM ont bénéficié des commentaires et suggestions des administrateurs à l’issue de la
séance du conseil d’administration consacrée à l’examen des PEM le 23 septembre 2016.
Les points de vue exprimés dans cette publication sont ceux des services du FMI, et
ne représentent pas nécessairement ceux du conseil d’administration ou des autorités
nationales qui y sont représentées.
Référence recommandée : Fonds monétaire international. 2016. Perspectives de l’écono-
mie mondiale : Demande modérée — symptômes et remèdes. Washington (octobre).

Les commandes doivent être adressées à :


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P.O. Box 92780, Washington, DC 20090 (U.S.A.)
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TABLE DES MATIÈRES

Hypothèses et conventions x
Informations et données supplémentaires xi
Préface xii
Avant-propos xiii
Résumé analytique xvii
Chapitre 1. Perspectives et politiques mondiales 1
Évolution récente et perspectives 1
Les prévisions 18
Risques 27
Priorités d’action 31
Encadré scénario 1. Scénarios sur les droits de douane 39
Encadré 1.1. Projections de la croissance mondiale à moyen terme 42
Dossier spécial : Marchés des produits de base — évolution et prévisions
principalement de la sécurité et des marchés alimentaires dans l’économie mondiale 50
Bibliographie 62

Chapitre 2. À quoi tient le ralentissement des échanges mondiaux? 65


Répercussions du commerce sur la productivité et le bien-être : présentation générale 68
Le ralentissement de la croissance des échanges : principales tendances 70
Comment expliquer le ralentissement de la croissance des échanges 73
Résumé et conséquences pour les politiques publiques 89
Encadré 2.1. Le ralentissement des échanges contribue-t-il
au ralentissement de la productivité globale? Nouveaux éléments 92
Encadré 2.2. Contribution des politiques commerciales à la redynamisation des échanges 95
Encadré 2.3. Gains pouvant résulter d’une relance du processus de libéralisation des échanges 98
Annexe 2.1. Données 99
Annexe 2.2. Construction d’indices détaillés des volumes et des prix des importations 99
Annexe 2.3. Analyse basée sur un modèle empirique de la demande d’importations 102
Annexe 2.4. Analyse au moyen d’un modèle d’équilibre général 109
Annexe 2.5. Analyse au niveau des produits 111
Annexe 2.6. Analyse au moyen du modèle de gravité du commerce 114
Bibliographie 119

Chapitre 3. La désinflation mondiale sur fond de politique monétaire sous contrainte 123
Coût de la désinflation, d’une inflation constamment faible et de la déflation : notions élémentaires 126
Dynamique de l’inflation : caractéristiques et éléments moteurs récents 128
Les anticipations d’inflation sont-elles bien ancrées? 136
Résumé et conséquences sur le plan de l’action 144
Encadré 3.1. Sous-emploi des capacités industrielles et inflation mesurée par les prix à la production 146
Encadré 3.2. Déflation : l’expérience japonaise 149
Encadré 3.3. Quel rôle jouent vraiment les cours mondiaux dans la hausse des prix alimentaires? 152

Fonds monétaire international | Octobre 2016 iii


PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : DEMANDE MODÉRÉE — SYMPTÔMES ET REMÈDES

Encadré 3.4. Les retombées des prix des produits de base sur la hausse des prix à la production 156
Encadré 3.5. Politique monétaire : approche transparente fondée sur la gestion des risques 158
Annexe 3.1. Échantillon et données 160
Annexe 3.2. Simulations de modèle 160
Annexe 3.3. Analyse des principales composantes 162
Annexe 3.4. Éléments moteurs de la récente baisse de l’inflation 163
Annexe 3.5. Les effets des chocs d’inflation sur les anticipations d’inflation 167
Bibliographie 170

Chapitre 4. Les retombées de la transition de la Chine et des migrations 173


Introduction 173
Les défis et les opportunités des migrations 186
Encadré 4.1. Les liens de la Chine avec les pays à faible revenu et en développement 198
Encadré 4.2. Les conflits à l’origine des migrations : le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord 199
Encadré 4.3. Les migrations en Afrique subsaharienne 200
Bibliographie 203

Appendice statistique 207


Hypothèses 207
Modifications récentes 208
Données et conventions 208
Notes sur les pays 209
Classification des pays 209
Caractéristiques générales et composition des différents groupes de pays
dans la classification des Perspectives de l’économie mondiale 210
Tableau A. Classification par sous-groupes types et parts des divers sous-groupes dans le PIB global,
le total des exportations de biens et de services et la population mondiale en 2015 211
Tableau B. Pays avancés classés par sous-groupes 212
Tableau C. Union européenne 212
Tableau D. Pays émergents et pays en développement classés par région
et par principale source de recettes d’exportation 213
Tableau E. Pays émergents et en développement classés par région, par position extérieure nette
et appartenance aux groupes des pays pauvres très endettés et des pays en développement à faible revenu 214
Tableau F. Pays dont la période de déclaration est différente 216
Tableau G. Principaux documents relatifs aux données 217
Encadré A1. Hypothèses de politique économique retenues pour les projections 227
Liste des tableaux
Production mondiale (tableaux A1–A4) 232
Inflation (tableaux A5–A7) 239
Politiques financières (tableau A8) 244
Commerce extérieur (tableau A9) 245
Transactions courantes (tableaux A10–A12) 247
Balance des paiements et financement extérieur (tableau A13) 254
Flux de ressources (tableau A14) 258
Scénario de référence à moyen terme (tableau A15) 261

Perspectives de l’Économie mondiale, questions d’actualité 263

Examen des perspectives par le conseil d’administration du FMI, octobre 2016 272

iv Fonds monétaire international | Octobre 2016


TABLE DES MATIÈRES

Tableaux
Tableau 1.1. Perspectives de l’économie mondiale : aperçu des projections 2
Tableau de l’annexe 1.1.1. Pays européens : PIB réel, prix à la consommation,
solde extérieur courant et chômage 44
Tableau de l’annexe 1.1.2. Pays d’Asie et Pacifique : PIB réel, prix à la consommation,
solde extérieur courant et chômage 45
Tableau de l’annexe 1.1.3. Pays de l’Hémisphère occidental :
PIB réel, prix à la consommation, solde extérieur courant et chômage 46
Tableau de l’annexe 1.1.4. Communauté des États indépendants :
PIB réel, prix à la consommation, solde extérieur courant et chômage 47
Tableau de l’annexe 1.1.5. Pays du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord, Afghanistan et Pakistan :
PIB réel, prix à la consommation, solde extérieur courant et chômage 48
Tableau de l’annexe 1.1.6. Afrique subsaharienne : PIB réel, prix à la consommation,
solde extérieur courant et chômage 49
Tableau [Link].1. Terres cultivées ou cultivables, par région, 2013 54
Tableau [Link].2. Exportations alimentaires 55
Tableau [Link].3. Rendements agricoles 55
Tableau [Link].4. Population urbaine par région 56
Tableau [Link].5. Exportateurs et importateurs alimentaires nets 57
Tableau [Link].6. Part des denrées alimentaires et des boissons dans la consommation totale, 2010 58
Tableau [Link].1.1. Effets de la gouvernance des terres et de la sécurité alimentaire sur
les transactions foncières 61
Tableau 2.1. Association observée dans le temps entre la croissance réelle des importations au niveau
des produits, les politiques commerciales et la participation aux chaînes de valeur mondiales 87
Tableau 2.1.1. Résultats des estimations de référence 94
Tableau 2.2.1. Les défis qui se posent au niveau des politiques commerciales diffèrent selon les pays 96
Tableau de l’annexe 2.1.1. Sources des données 100
Tableau de l’annexe 2.1.2. Échantillon de pays inclus dans les analyses 101
Tableau de l’annexe 2.3.1. Contenu en importations des composants de la demande globale 103
Tableau de l’annexe 2.3.2. Modèle empirique des importations réelles de biens et services 104
Tableau de l’annexe 2.3.3. Modèle empirique des importations réelles de biens 105
Tableau de l’annexe 2.3.4. Modèle empirique des importations réelles de services 106
Tableau de l’annexe 2.3.5. Résidus : croissance réelle des importations de biens 107
Tableau de l’annexe 2.3.6. Résidus : croissance réelle des importations de services 107
Tableau de l’annexe 2.3.7. Résidus : croissance réelle des importations de biens une fois neutralisé
les effets des incertitudes mondiales, de la situation financière mondiale et des difficultés financières 108
Tableau de l’annexe 2.3.8. Décomposition du ralentissement de la croissance
des importations réelles de biens : ensemble de l’échantillon 109
Tableau de l’annexe 2.3.9. Résidus : croissance des importations réelles de biens corrigée
de l’effet potentiel des politiques commerciales sur la demande globale 109
Tableau de l’annexe 2.3.10. Décomposition du ralentissement de la croissance
des importations réelles de biens en neutralisant l’effet des politiques commerciales 110
Tableau de l’annexe 2.5.1. Différentes spécifications des régressions
des importations réelles au niveau de produits 115
Tableau de l’annexe 2.5.2. Différentes spécifications des régressions
des importations nominales au niveau de produits 115
Tableau de l’annexe 2.6.1. Lien entre l’intégration des chaînes de valeur mondiales et la croissance
annuelle nominale des importations établi à partir du modèle de gravité estimé à partir des niveaux 117
Tableau de l’annexe 2.6.2. Lien entre l’intégration des chaînes de valeur mondiales et la croissance annuelle
nominale des importations établi à partir du modèle de gravité estimé au moyen des taux de croissance 118

Fonds monétaire international | Octobre 2016 v


PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : DEMANDE MODÉRÉE — SYMPTÔMES ET REMÈDES

Tableau 3.3.1. Répercussion des prix alimentaires FAB sur la hausse des prix à la consommation :
déterminants transfrontaliers 155
Tableau de l’annexe 3.1.1. Échantillon de pays avancés ou émergents 160
Tableau de l’annexe 3.1.2. Sources des données 160
Tableau A1. Production mondiale : récapitulation 232
Tableau A2. Pays avancés : PIB réel et demande intérieure totale 233
Tableau A3. Pays avancés : composantes du PIB réel 234
Tableau A4. Pays émergents et en développement : PIB réel 236
Tableau A5. Inflation : récapitulation 239
Tableau A6. Pays avancés : prix à la consommation 240
Tableau A7. Pays émergents et en développement : prix à la consommation 241
Tableau A8. Principaux pays avancés : solde budgétaire et dette des administrations publiques 244
Tableau A9. État récapitulatif du commerce mondial : volume et prix 245
Tableau A10. État récapitulatif des soldes des transactions courantes 247
Tableau A11. Pays avancés : soldes des transactions courantes 250
Tableau A12. Pays émergents et en développement : soldes des transactions courantes 251
Tableau A13. État récapitulatif des soldes du compte financier 254
Tableau A14. État récapitulatif de la capacité ou du besoin de financement 258
Tableau A15. Ensemble du monde — Scénario de référence à moyen terme : récapitulation 261
Graphiques
Graphique 1.1. Indicateurs de l’activité mondiale 4
Graphique 1.2. Inflation mondiale 6
Graphique 1.3. Marchés des produits de base et du pétrole 6
Graphique 1.4. Variations des taux de change effectifs réels, mars 2016–septembre 2016 7
Graphique 1.5. Flux de capitaux vers les pays émergents 8
Graphique 1.6. Pays avancés : marchés monétaires et financiers 9
Graphique 1.7. Pays avancés : crédit, prix immobiliers et bilans 9
Graphique 1.8. Pays émergents : taux d’intérêt 11
Graphique 1.9. Pays émergents : marchés d’actions et crédit 11
Graphique 1.10. Demande intérieure, écarts de production, chômage et taux d’activité dans les pays avancés 12
Graphique 1.11. Démographie 13
Graphique 1.12. Pays avancés : croissance, investissement et emploi dans les éditions récentes des PEM 15
Graphique 1.13. Pays émergents : gains et pertes résultant des variations des termes de l’échange,
et taux de change réels 17
Graphique 1.14. Taux de croissance réelle par habitant et convergence (1995–2020) 18
Graphique 1.15. Indicateurs budgétaires 19
Graphique 1.16. Secteur extérieur 25
Graphique 1.17. Pays créditeurs et pays débiteurs 26
Graphique 1.18. Écarts des soldes courants et taux de change réels 27
Graphique 1.19. Aléas influant sur les perspectives de l’économie mondiale 30
Graphique 1.20. Risques de récession et de déflation 31
Graphique scénario 1. Application unilatérale et bilatérale de droits de douane aux biens importés 39
Graphique scénario 2. Montée du protectionnisme à l’échelle mondiale 40
Graphique 1.1.1. Projections à moyen terme de la croissance mondiale 42
Graphique [Link].1. Évolution des marchés des produits de base 50
Graphique [Link].2. Aides à la production : estimations 53
Graphique [Link].3. Production et consommation alimentaires mondiales, par pays, 2015 54
Graphique [Link].4. Population et consommation alimentaire mondiale 54
Graphique [Link].5. Maïs : rendement 56
Graphique [Link].6. Prix alimentaires et événements violents 58

vi Fonds monétaire international | Octobre 2016


TABLE DES MATIÈRES

Graphique [Link].7. Indice mondial de la sécurité alimentaire, 2016 59


Graphique [Link].1.1. Évolution des transactions par région 60
Graphique 2.1. Croissance des échanges réels mondiaux et du PIB dans le temps 66
Graphique 2.2. Échanges mondiaux en volume, en valeur et entre pays 71
Graphique 2.3. Dynamique du commerce par grand groupe de pays 72
Graphique 2.4. Dynamique du commerce par catégorie d’échanges et de produits 72
Graphique 2.5. Modèle empirique : évolution observée et prédite de la croissance réelle des importations 75
Graphique 2.6. Modèle empirique : écart entre la croissance effective et la croissance prévue
des importations de biens en termes réels 75
Graphique 2.7. Modèle empirique : décomposition du ralentissement
de la croissance réelle des importations de biens 76
Graphique 2.8. Modèle structurel : évolution effective et modélisée du ratio des importations nominales au PIB 80
Graphique 2.9. Évolution dans le temps des coûts commerciaux : approche de haut en bas 82
Graphique 2.10. Analyse historique des politiques commerciales 83
Graphique 2.11. Analyse historique des coûts commerciaux au titre de la logistique et des transports 85
Graphique 2.12. Analyse historique des chaînes de valeur mondiales 86
Graphique 2.13. Contribution des politiques commerciales et des chaînes de valeur mondiales au
ralentissement de la croissance réelle des importations de biens 88
Graphique 2.14. Modèle de gravité : croissance de la participation
aux chaînes de valeur mondiales et des échanges bilatéraux sectoriels 89
Graphique 2.1.1. Évolution des échanges par branches d’activité dans les grands pays 93
Graphique 2.2.1. Gain pouvant résulter d’efforts d’atténuation des obstacles habituels au commerce 97
Graphique 2.2.2. Domaines pionniers des politiques commerciales 97
Graphique 2.3.1. Gains produits par l’élimination des tarifs douaniers et par la mise en œuvre
de l’Accord sur la facilitation des échanges de l’Organisation mondiale du commerce 98
Graphique de l’annexe 2.1.1. Croissance nominale des importations dans les différentes catégories de services 101
Graphique de l’annexe 2.2.1. Croissance réelle des importations 102
Graphique de l’annexe 2.5.1. Disponibilité de financements du commerce 112
Graphique de l’annexe 2.5.2. Contribution des politiques commerciales et des chaînes de valeur
mondiales au ralentissement de la croissance des importations réelles et nominales de biens 114
Graphique 3.1. Cours du pétrole et inflation mesurée par les prix à la consommation 124
Graphique 3.2. Part des pays à faible inflation 124
Graphique 3.3. Anticipations d’inflation à moyen terme et cours du pétrole 125
Graphique 3.4. Pays avancés où la politique monétaire est sous contrainte
et les anticipations d’inflation sont désancrées : effet des chocs de désinflation 127
Graphique 3.5. Inflation mesurée par les prix à la consommation 129
Graphique 3.6. Part de l’évolution de l’inflation mesurée par les prix à la consommation
expliquée par le premier facteur commun 129
Graphique 3.7. Inflation sous-jacente mesurée par les prix à la consommation 130
Graphique 3.8. Pays avancés : hausse inflationniste des salaires 131
Graphique 3.9. Pays avancés : prix à la production sectoriels 131
Graphique 3.10. Pays avancés : prix à la consommation sectoriels 132
Graphique 3.11. Courbe de Phillips : estimations des paramètres 134
Graphique 3.12. Contribution aux écarts par rapport aux cibles d’inflation : pays avancés 134
Graphique 3.13. Contribution aux écarts par rapport aux cibles d’inflation : pays émergents 135
Graphique 3.14. Relation entre le sous-emploi des capacités manufacturières en Chine, aux États-Unis
et au Japon et la contribution à l’inflation des prix à l’importation dans les autres pays 136
Graphique 3.15. Anticipations d’inflation tirées d’enquêtes ou fondées sur le marché 138
Graphique 3.16. Anticipations d’inflation : sensibilité à l’inflation imprévue 139
Graphique 3.17. Sensibilité des anticipations d’inflation à l’inflation imprévue
et au cadre de politique monétaire 140

Fonds monétaire international | Octobre 2016 vii


PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : DEMANDE MODÉRÉE — SYMPTÔMES ET REMÈDES

Graphique 3.18. Anticipations d’inflation : sensibilité à l’inflation imprévue avant


et après l’adoption du ciblage de l’inflation 141
Graphique 3.19. Anticipations d’inflation : sensibilité dans le temps à l’inflation inattendue 141
Graphique 3.20. Anticipations d’inflation : variation de leur sensibilité à l’inflation inattendue 142
Graphique 3.21. Anticipations d’inflation : sensibilité moyenne à l’inflation inattendue
dans les pays soumis à la valeur plancher effective 143
Graphique 3.22. Anticipations d’inflation à long terme : sensibilité aux variations des cours du pétrole 144
Graphique 3.1.1. Chine, Japon et États-Unis : inflation mesurée par les prix à la production
et ceux à la consommation 146
Graphique 3.1.2. Chine, Japon et États-Unis : sous-emploi des capacités industrielles 147
Graphique 3.1.3. Chine, Japon et États-Unis : décomposition
de l’inflation mesurée par les prix à la production 147
Graphique 3.2.1. Dynamique de l’inflation 149
Graphique 3.2.2. Japon : indicateurs cycliques et structurels 150
Graphique 3.2.3. Japon : indicateurs stratégiques 151
Graphique 3.3.1. Poids des denrées alimentaires dans la consommation et le PIB par habitant 152
Graphique 3.3.2. Denrées alimentaires : cours mondiaux et prix à la consommation 153
Graphique 3.3.3. Prix alimentaires/prix non alimentaires 153
Graphique 3.3.4. Denrées alimentaires : coefficients de transmission pour divers groupes de pays 154
Graphique 3.3.5. Denrées alimentaires : distribution des coefficients de transmission 154
Graphique 3.4.1. Prix des produits de base et prix à la production 156
Graphique 3.4.2. Contribution à la hausse cumulée des prix à la production 157
Graphique 3.5.1. Prévisions envisagées au deuxième trimestre de 2009 :
réduction au minimum des pertes contre fonction linéaire de réaction 158
Graphique de l’annexe 3.2.1. Pays avancés où la politique monétaire est sous contrainte :
effets des chocs de désinflation sur l’inflation sous-jacente 161
Graphique de l’annexe 3.2.2. Pays avancés où la politique monétaire est sous contrainte et les anticipations
d’inflation sont désancrées : effets des chocs de désinflation sur l’inflation sous-jacente 162
Graphique de l’annexe 3.3.1. Variation de la hausse des prix à la consommation :
part expliquée par différents facteurs 163
Graphique de l’annexe 3.3.2. Premier facteur commun et cours des produits de base 163
Graphique de l’annexe 3.4.1. Contribution aux écarts d’inflation par rapport
aux cibles en utilisant diverses mesures des anticipations d’inflation 165
Graphique de l’annexe 3.4.2. Contribution aux écarts d’inflation par rapport
aux cibles en utilisant diverses mesures du chômage cyclique 165
Graphique de l’annexe 3.4.3. Corrélation entre le sous-emploi des capacités manufacturières en Chine,
aux États-Unis et au Japon et la contribution à l’inflation des prix à l’importation dans les autres pays 166
Graphique de l’annexe 3.4.4. Corrélation entre le sous-emploi des capacités manufacturières en Chine et la
contribution à l’inflation des prix à l’importation dans les autres pays : résultats de régressions de panel 167
Graphique de l’annexe 3.5.1. Inflation : évolution des anticipations et chocs 167
Graphique de l’annexe 3.5.2. Pays avancés : sensibilité des anticipations d’inflation
en cas de neutralisation des effets du sous-emploi des capacités 168
Graphique 4.1. Chine : Croissance du PIB et des échanges commerciaux 174
Graphique 4.2. Nombre de migrants et réfugiés internationaux 174
Graphique 4.3. Chine : poids dans le monde et rééquilibrage 175
Graphique 4.4. Retombées de la situation en Chine dans le temps 177
Graphique 4.5. Impact sur les exportations d’un choc de la demande chinoise de 1 % après un an 178
Graphique 4.6. Baisse du taux de croissance moyen des exportations imputée
à la demande chinoise, 2014 : T1–2015 : T3 178
Graphique 4.7. Chine : commerce de perfectionnement 179
Graphique 4.8. Une forte empreinte sur les marchés des produits de base 180

viii Fonds monétaire international | Octobre 2016


TABLE DES MATIÈRES

Graphique 4.9. Impact cumulé sur les prix à un an d’un choc de la production industrielle chinoise de 1 % 181
Graphique 4.10. Chine : Scénario de ralentissement 182
Graphique 4.11. Retombées de la situation en Chine 182
Graphique 4.12. Diffusion des retombées via les circuits financiers 183
Graphique 4.13. Chine : scénario de ralentissement cyclique 185
Graphique 4.14. Les migrants et réfugiés internationaux 187
Graphique 4.15. Les migrations par âge et par niveau de qualification 187
Graphique 4.16. Les facteurs des migrations 188
Graphique 4.17. Femmes : faible niveau d’instruction et emplois très qualifiés, 2000 189
Graphique 4.18. Situation sur le marché du travail 190
Graphique 4.19. Allemagne : valeur actuelle de la contribution budgétaire nette future attendue
par tranche d’âge 191
Graphique 4.20. Impact estimé des migrations dans les pays plus développés, 2010 192
Graphique 4.21. Migrations : effets positifs sur la croissance à plus long terme 193
Graphique 4.22. Contributions de l’émigration à la croissance démographique 194
Graphique 4.23. Migrations de la population diplômée de l’enseignement supérieur 195
Graphique 4.24. Envois de fonds et diasporas 196
Graphique 4.1.1. Les liens de la Chine avec les pays à faible revenu et en développement 198
Graphique 4.3.1. Les migrations en Afrique subsaharienne 200
Graphique 4.3.2. Âge et niveau d’instruction des migrants et de la population du pays d’origine 201
Graphique 4.3.3. Principaux bénéficiaires des envois de fonds en Afrique subsaharienne, 2013–15 201

Fonds monétaire international | Octobre 2016 ix


WORLD ECONOMIC OUTLOOK: TENSIONS FROM THE TWO-SPEED RECOVERY

HYPOTHÈSES ET CONVENTIONS

Les projections de la présente édition des Perspectives de l’économie mondiale (PEM) reposent sur un certain nombre
d’hypothèses. On suppose que les taux de change effectifs réels resteront constants aux niveaux moyens observés entre le
22 juillet et le 19 août 2016, et que les taux bilatéraux des monnaies faisant partie du mécanisme de change européen II
(MCE II) resteront constants en valeur nominale par rapport à l’euro; que les politiques économiques nationales ac-
tuelles seront maintenues (en ce qui concerne les hypothèses relatives aux politiques budgétaires et monétaires de certains
pays, voir l’encadré A1 de l’appendice statistique); que le cours moyen du baril de pétrole sera de 42,96 dollars le baril en
2016 et de 50,64 dollars le baril en 2017, et qu’il restera constant en valeur réelle à moyen terme; que le LIBOR (taux of-
fert à Londres sur les dépôts interbancaires à six mois en dollars) s’établira en moyenne à 1,0 % en 2016 et à 1,3 % en
2017; que le taux des dépôts interbancaires à trois mois en euros sera en moyenne de –0,3 % en 2016 et de –0,4 % en
2017; que le taux des certificats de dépôt à six mois au Japon se chiffrera en moyenne à 0,0 % en 2016 et de –0,1 % en
2017. Il s’agit évidemment d’hypothèses de travail plutôt que de prévisions, et l’incertitude qui les entoure s’ajoute aux
marges d’erreur inhérentes à toute projection. Les estimations et projections sont fondées sur les statistiques disponibles au
16 septembre 2016.
Les conventions suivantes sont utilisées dans la présente étude :
... indique que les données ne sont pas disponibles ou pas pertinentes;
– entre des années ou des mois (par exemple 2015–16 ou janvier–juin) indique la période couverte,
de la première à la dernière année ou du premier au dernier mois inclusivement;
/ entre deux années (par exemple 2015/16) indique un exercice budgétaire (financier).
Par «billion», il faut entendre mille milliards.
Sauf indication contraire, lorsqu’il est fait référence au dollar, il s’agit du dollar des États-Unis.
Par «points de base», on entend un centième de point (de pourcentage). Ainsi, 25 points de base équivalent à ¼ de
point (de pourcentage).
Les données portent sur les années civiles, sauf dans le cas de quelques pays qui utilisent les exercices budgétaires.
Veuillez consulter le tableau F de l’appendice statistique pour une liste des pays dont les périodes de déclaration pour les
comptes nationaux et les finances publiques sont différentes.
Pour certains pays, les données de 2015 et des années antérieures sont établies à partir d’estimations et non de chiffres
effectifs. Veuillez consulter le tableau G de l’appendice statistique, qui donne pour chaque pays les dernières données
réelles pour les indicateurs des comptes nationaux, des prix, des finances publiques et de la balance des paiements.
Les conventions suivantes s’appliquent aux graphiques et aux tableaux :
• Si aucune source n’est indiquée dans les tableaux et graphiques, les données sont tirées de la base de données des PEM.
• Lorsque les pays ne sont pas classés par ordre alphabétique, ils le sont sur la base de la taille de leur économie.
• Les chiffres ayant été arrondis, il se peut que les totaux ne correspondent pas exactement à la somme de leurs composantes.
Dans la présente étude, le terme «pays» ne se rapporte pas nécessairement à une entité territoriale constituant un
État au sens où l’entendent le droit et les usages internationaux. Son emploi désigne aussi un certain nombre d’entités
territoriales qui ne sont pas des États, mais dont les statistiques sont établies de manière distincte et indépendante.
Des données composites sont fournies par divers groupes de pays selon leurs caractéristiques économiques ou région.
Sauf indication contraire, les données composites pour les groupes de pays représentent des calculs basés sur 90 % ou
plus des données de groupe pondérées.
Les frontières, couleurs, dénominations et autres informations figurant sur les cartes n’impliquent, de la part du FMI,
aucun avis sur le statut juridique d’un territoire, ni aucun aval de ces frontières.

x Fonds monétaire international | Octobre 2016


WORLD ECONOMIC OUTLOOK: TENSIONS FROM THE TWO-SPEED RECOVERY

INFORMATIONS ET DONNÉES SUPPLÉMENTAIRES

La présente édition des Perspectives de l’économie mondiale (PEM) peut être consultée en version intégrale sur le site
de la bibliothèque en ligne du FMI ([Link]) et le site du FMI, [Link]. On trouvera à la même
adresse un ensemble d’informations (extraites de la base de données) plus étoffé que celui contenu dans le rapport, sous
forme de fichiers renfermant les séries le plus souvent demandées par les lecteurs. Ces fichiers peuvent être téléchargés
et sont utilisables avec divers logiciels. La série des tableaux B1 à B26 de l’appendice statistique est également dispo-
nible en ligne, en anglais, à l’adresse suivante : [Link]
Les données figurant dans les Perspectives de l’économie mondiale sont établies par les services du FMI au moment
de la rédaction du rapport. Les données rétrospectives et les projections reposent sur les informations rassemblées
par les économistes chargés des pays dans le cadre de leurs missions dans les pays membres et de leur analyse perma-
nente de la situation dans chaque pays. Les données rétrospectives sont mises à jour continuellement à mesure que
les informations sont disponibles, et les interruptions structurelles sont souvent ajustées de manière à produire des
séries lisses à l’aide de techniques d’agrégation, entre autres. Les estimations des services du FMI demeurent des don-
nées supplétives pour les séries rétrospectives lorsque des informations complètes ne sont pas disponibles. En consé-
quence, les données des PEM peuvent différer de celles d’autres sources avec des données officielles, y compris les
International Financial Statistics du FMI.
Les données et les métadonnées des PEM sont fournies «telles quelles» et «telles que disponibles», et l’on s’efforce
d’assurer leur ponctualité, leur exactitude et leur exhaustivité, mais sans pouvoir le garantir. Lorsque des erreurs sont
découvertes, on cherche de manière concertée à les corriger si nécessaire et si possible. Les corrections et les révisions
effectuées après la publication sont incluses dans les éditions électroniques disponibles dans la bibliothèque en ligne
du FMI ([Link]) et sur le site Internet du FMI ([Link]). Tous les changements importants fi-
gurent en détail dans les tables des matières en ligne.
Pour des détails sur les modalités d’utilisation de la base de données des PEM, veuillez vous référer au site Internet
du FMI sur les droits d’auteur ([Link]./external/[Link]).
Les demandes de renseignements sur le contenu des Perspectives de l’économie mondiale et de la base de données y
afférentes doivent être adressées par courrier classique, par télécopie ou sur le forum en ligne (le service ne peut ré-
pondre aux demandes de renseignements par téléphone) à :
World Economic Studies Division
Research Department
International Monetary Fund
700 19th Street, N.W.
Washington, D.C. 20431 (U.S.A.)
Télécopie : (202) 623-6343
Forum en ligne : [Link]/weoforum

Fonds monétaire international | Octobre 2016 xi


PRÉFACE

Les projections et l’analyse présentées dans les Perspectives de l’économie mondiale font partie intégrante de la surveil-
lance que le FMI exerce sur l’évolution et les politiques économiques des pays membres, les marchés financiers inter-
nationaux et le système économique mondial. Le rapport sur les perspectives et politiques économiques mondiales est
l’aboutissement d’une étude interdépartementale exhaustive, fondée pour l’essentiel sur les renseignements recueillis par
les services du FMI dans le cadre de leurs consultations avec les pays membres. Ces consultations sont menées en parti-
culier par les départements géographiques (le Département Afrique, le Département Asie et Pacifique, le Département
Europe, le Département Hémisphère occidental et le Département Moyen-Orient et Asie centrale) et divers départe-
ments de soutien : le Département de la stratégie, des politiques et de l’évaluation, le Département des marchés moné-
taires et de capitaux et le Département des finances publiques.
L’analyse que présente le rapport sur les perspectives de l’économie mondiale est coordonnée par le Département
des études sous la direction générale de Maurice Obstfeld, Conseiller économique et Directeur du Département
des études. Les travaux sont dirigés par Gian Maria Milesi-Ferretti, Directeur adjoint du Département des études;
Oya Celasun, Chef de division du Département des études; et Helge Berger, Chef de division du Département des
études et Responsable de l’équipe spéciale du FMI sur les effets de contagion.
Les principaux collaborateurs de la présente édition ont été Rabah Arezki, Aqib Aslam, Claudia Berg, Samya Beidas-
Strom, Patrick Blagrave, Christian Bogmans, Emine Boz, Luis Catão, Eugenio Cerutti, Sangyup Choi, Davide Furceri,
Bertrand Gruss, Zsóka Kóczán, Ksenia Koloskova, Toh Kuan, Weicheng Lian, Akito Matsumoto, Malhar Nabar,
Marcos Poplawski-Ribeiro, Sweta Saxena, Petia Topalova et Esteban Vesperoni.
Ont aussi contribué : Jaebin Ahn, Emre Alper, Michal Andrle, Elif Arbatli, Gavin Asdorian, Felicia Belostecinic,
Diego Cerdeiro, Kevin Clinton, Vanessa Diaz Montelongo, Romain Duval, Rupa Duttagupta, Angela Espiritu,
Rachel Yuting Fan, Emily Forrest, Mitko Grigorov, Refet Gürkaynak, Mahnaz Hemmati, Christian Henn, Benjamin
Hilgenstock, Niko Hobdari, Ava Yeabin Hong, Keiko Honjo, Benjamin Hunt, Gabi Ionescu, Zoltan Matyas Jakab,
Hao Jiang, Alimata Kini-Kaboré, Sinem Kılıç Çelik, Douglas Laxton, Andrei Levchenko, Olivia Ma, Trevor Charles
Meadows, Juan Angel Garcia Morales, Brent Neiman, Emory Oakes, Evgenia Pugacheva, Rachel Szymanski, Daniel
Te Kaat, Sheng Tibung, Nicholas Tong, Ali Uppal, Hou Wang, Niklas Westelius, Jilun Xing, Yuan Zeng, Fan Zhang et
Qiaoqiao Zhang.
Joseph Procopio (du Département de la communication) a dirigé l’équipe qui a corrigé le manuscrit anglais et as-
suré la production de la publication, avec le soutien de Michael Harrup et Christine Ebrahimzadeh, et le concours de
Linda Kean, Lucy Scott Morales, Lorraine Coffey, Gregg Forte, EEI Communications et AGS (une société du groupe
RR Donnelley) en matière de relecture.
Le présent rapport a bénéficié des commentaires et suggestions d’autres départements et des administrateurs, qui
l’ont examiné le 23 septembre 2016. Cependant, les projections et les évaluations sont celles des services du FMI et ne
doivent être attribuées ni aux administrateurs, ni aux autorités nationales qu’ils représentent.

xii Fonds monétaire international | Octobre 2016


AVANT-PROPOS

L
orsque je suis arrivé au Fonds monétaire in- plus longtemps que prévu en octobre dernier. Mais si
ternational il y a environ un an, nous nous in- la persistance de taux plus bas pendant une plus longue
quiétions principalement des perspectives de période présente des avantages, elle s’explique aussi par
croissance de l’économie chinoise sur fond de des réalités économiques difficiles. Nos attentes en ce
son rééquilibrage, des difficultés des pays exportateurs qui concerne la croissance et la productivité mondiales
de produits de base, ainsi que du calendrier et de l’im- ont baissé étant donné les chiffres décevants qui ont été
pact du premier relèvement des taux d’intérêt par la observés récemment. Les tensions déflationnistes per-
Réserve fédérale depuis 2006. Aujourd’hui, une crois- sistent. Par ailleurs, l’incertitude entourant l’économie
sance stable a réduit les préoccupations à court terme en mondiale, comme en témoignent les indices basés
ce qui concerne la Chine, les prix des produits de base sur les actualités, est élevée. Les perspectives actuelles
se sont redressés en partie et le premier relèvement des restent moroses.
taux d’intérêt par la Réserve fédérale est derrière nous. Les tensions politiques ont maintenant fait des pays
Les marchés d’actifs mondiaux semblent calmes après avancés un foyer d’incertitude important. En particulier,
ces développements : les cours des actions dans les pays à cause du vote inattendu en faveur du Brexit le 23 juin,
avancés sont élevés, les indices de la volatilité basés sur il est malaisé de déterminer la forme future des relations
les marchés sont faibles et les capitaux reviennent dans commerciales et financières du Royaume-Uni avec les
les pays émergents. Dans notre prévision de référence, 27 autres pays membres de l’Union européenne (UE),
nous tablons sur une accélération de la croissance mon- créant ainsi des incertitudes politiques et économiques
diale dans les années à venir. Cette amélioration at- qui menacent de peser sur l’investissement et l’em-
tendue tient aux pays émergents et aux pays en déve- bauche dans toute l’Europe. En plus de l’anxiété écono-
loppement : tandis que la situation dans les pays en mique et d’autres facteurs, le vote du Brexit reflète un
difficulté se normalise progressivement, le taux de crois- ressentiment à l’égard des migrations internationales qui
sance de l’économie chinoise reste élevé, même s’il est en a alimenté les idées nationalistes en Europe et a remis en
baisse, et ailleurs la reprise prend de la vitesse. question la poursuite de l’intégration européenne. Ces
Cependant, un examen plus approfondi donne tendances sont aggravées par les difficultés rencontrées
des raisons de s’inquiéter. La stabilité de la croissance pour absorber un volume élevé de réfugiés qui ont fui
chinoise s’explique en grande partie par des mesures les événements tragiques du Moyen-Orient. De manière
de relance macroéconomiques qui ralentissent les ajus- générale, à cause des forces politiques centrifuges qui se
tements nécessaires dans l’économie réelle et le sec- manifestent sur l’ensemble du continent, il est plus diffi-
teur financier. Les pays exportateurs de produits de cile de faire avancer ou même de maintenir les réformes
base restent aux prises avec une surabondance d’inves- économiques. Des tensions similaires se font sentir sur
tissement dans les secteurs extractifs, ainsi qu’avec des la scène politique américaine, où la rhétorique anti-­
problèmes liés à l’ajustement budgétaire et à la diver- immigration et anti-commerce occupe une place im-
sification de l’économie à plus long terme. En dépit portante depuis le début de la campagne pour l’élection
du renforcement continu du marché du travail aux présidentielle. Dans le monde entier, les mesures com-
États-Unis, la Réserve fédérale a jusqu’à présent estimé merciales protectionnistes sont en hausse.
qu’un deuxième relèvement des taux d’intérêt était trop
risqué, citant à plusieurs reprises des évolutions écono- Les Perspectives de l’économie mondiale
miques inquiétantes à l’étranger. Ce n’est pas une coïncidence si les chapitres de la pré-
La bonne tenue des prix des actifs et les entrées de sente édition des Perspectives de l’économie mondiale se
capitaux dans les pays émergents sont favorisées par le penchent sur plusieurs de ces questions. Après le ré-
niveau extrêmement bas des taux d’intérêt dans les pays sumé des perspectives de l’économie mondiale au cha-
avancés, qui semble maintenant devoir persister bien pitre 1, le chapitre 2 analyse les forces qui expliquent

Fonds monétaire international | Octobre 2016 xiii


PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : DEMANDE MODÉRÉE — SYMPTÔMES ET REMÈDES

le ralentissement récent de la croissance du volume du chapitre 4 note que tant les pays d’origine que les pays
commerce international. Un facteur important est le flé- d’accueil sont touchés. Le plus frappant peut-être est le
chissement de la croissance de la demande globale, en fait que les migrants peu spécialisés comme les migrants
particulier de l’investissement, qui est particulièrement très spécialisés ont des effets positifs sur la productivité à
apte à produire des flux commerciaux internationaux long terme dans les pays avancés d’accueil. Par ailleurs,
sous la forme de biens d’équipement et de biens intermé- ces effets relèvent le revenu par habitant de manière gé-
diaires. Mais le ralentissement des mesures de libéralisa- nérale quel que soit le niveau de revenu. Une diminu-
tion commerciale, le retour de mesures protectionnistes tion de l’immigration annulerait ces gains de revenus,
et le retrait des chaînes de valeur mondiales (qui est peut- tout en accentuant les effets négatifs du vieillissement de
être lié à la montée du protectionnisme) jouent un rôle la population active.
essentiel également. Le fléchissement du commerce s’ex-
plique peut-être en partie par l’arrivée à maturation na- Implications
turelle des tendances qui ont alimenté la croissance du Un thème commun de l’ensemble des chapitres de la
commerce par le passé, mais il semble probable aussi que présente édition des Perspectives de l’économie mondiale
des tensions plus inquiétantes soient à l’œuvre, et que ces est la nature encore faible et précaire de la reprise mon-
dernières pourraient à leur tour peser sur le dynamisme diale, ainsi que les risques auxquels elle est confrontée.
des affaires et la croissance de la productivité. En particulier dans un contexte caractérisé par une de-
Le chapitre 3 porte sur la persistance d’une inflation mande faible où les principaux taux d’intérêt directeurs
faible dans de nombreux pays et sa relation avec la baisse sont proches de leur borne inférieure, une croissance
des prix des produits de base, les écarts de production molle risque de s’autoentretenir tandis que l’investisse-
qui perdurent, les capacités excédentaires mondiales et ment diminue, que la croissance de la productivité flé-
peut-être le désancrage des anticipations inflationnistes. chit, que les marchés du travail perdent de leur dyna-
Il est noté que les mesures à moyen terme des anticipa- misme et que le capital humain s’érode. Par ailleurs, la
tions inflationnistes restent généralement assez proches baisse des taux de croissance, de même que la hausse des
des objectifs établis par les banques centrales jusqu’à pré- inégalités de revenus et les craintes concernant l’impact
sent, mais aussi que, pour les pays dont les taux d’in- des migrations, contribuent à des tensions politiques
térêt directeurs se situent à la borne inférieure, les an- qui bloquent des réformes économiques constructives et
ticipations de l’inflation à moyen terme sont devenues risquent de provoquer une volte-face dans l’intégration
plus sensibles à des taux d’inflation plus bas que prévu. commerciale. Ces tensions ne feront que s’accentuer
Le danger est que les anticipations s’écartent des objec- tandis que les pouvoirs publics auront de plus en plus de
tifs dans le sens de la baisse, ce qui ferait monter les taux mal à tenir leurs engagements sur le plan des prestations
d’intérêt réels et réduirait donc l’efficacité de la politique sociales face à la réduction des assiettes fiscales.
monétaire tout en traînant ces pays dans des pièges d’in- D’aucuns estiment que les taux actuels de croissance
flation basse ou de déflation. économique sont acceptables, car ils correspondent aux
Enfin, le chapitre 4 porte sur deux retombées écono- moyennes du passé, et semblent même plus favorables
miques importantes à l’échelle internationale, qui ont par habitant. Ce serait ignorer le volume encore considé-
influencé l’évolution récente sur le plan économique rable des capacités inemployées dans beaucoup de pays
et politique : les répercussions du ralentissement de la avancés et le grand nombre de pays émergents et de pays
croissance en Chine et les migrations. Les effets d’entraî- en développement en récession ou dont le revenu par
nement de l’économie chinoise ont augmenté de ma- habitant stagne. Certes, des facteurs exogènes, démogra-
nière prononcée depuis le milieu des années 90, prin- phiques par exemple, pèsent probablement même sur la
cipalement par la voie des relations commerciales et de croissance par habitant, tout comme le rééquilibrage né-
l’impact de l’évolution de la croissance chinoise sur les cessaire de l’économie chinoise. Mais des opportunités
prix mondiaux des produits de base. Étant donné le considérables d’augmentation de l’emploi et du revenu
rôle croissant de la Chine dans l’économie mondiale, il dans le monde entier sont perdues aujourd’hui à cause
est d’autant plus important qu’elle s’attaque à ses désé- de politiques à courte vue.
quilibres internes afin d’adopter sans heurt un modèle Que faire pour combler les écarts de production per-
de croissance plus durable et fondé sur la consomma- sistants, combattre la déflation et rehausser la produc-
tion et les services. En ce qui concerne les migrations, le tion potentielle?

xiv Fonds monétaire international | Octobre 2016




Il est essentiel de mettre en place une stratégie glo- investissements dans l’éducation qui offrent aux popula-
bale sur trois fronts qui complète des politiques mo- tions des compétences adaptables, ainsi qu’une amélio-
nétaires sollicitées à l’excès avec des mesures de sou- ration des mécanismes de protection sociale et l’établis-
tien budgétaires (là où l’espace budgétaire le permet) et sement de régimes appropriés d’imposition des revenus,
des réformes structurelles. Même là où l’espace budgé- peuvent renforcer le partage des risques et la résilience
taire est limité, il est possible de modifier la composi- pour tous, et pas seulement pour ceux qui ont accès à
tion des dépenses et des recettes de manière à soutenir des marchés financiers sophistiqués.
la croissance à court terme et les capacités de produc- Il est crucial de défendre les possibilités de poursuite
tion futures. Cependant, l’une des causes de l’incerti- de l’intégration commerciale. Un contexte mondial hos-
tude économique est la crainte que chacun de ces trois tile au commerce ne permettra pas aux pays exportateurs
outils fait face à des contraintes économiques ou po- de produits de base ni aux pays à faible revenu en gé-
litiques, qui pourraient empêcher les dirigeants de ré- néral de développer de nouveaux modèles d’exportation
agir énergiquement à un nouveau ralentissement de et de réduire progressivement les écarts de revenu avec
l’économie mondiale. Cependant, il est possible de dé- les pays plus riches. En outre, il freinera globalement la
gager une marge de manœuvre si l’on se base sur des croissance de la productivité mondiale, la propagation
cadres d’action cohérents qui communiquent aux mar- des connaissances et des technologies, ainsi que l’inves-
chés comment les instruments seront utilisés pour at- tissement. Bref, une volte-face de l’intégration commer-
teindre les objectifs, en exploitant leurs synergies tout ciale ne peut qu’aggraver et prolonger les problèmes ac-
en préservant les objectifs d’inflation et la viabilité des tuels de l’économie mondiale.
finances publiques à moyen terme. Il s’agit ici de coor- La nécessité de coopérer à l’échelle internationale
dination intranationale. La coordination internationale s’étend à un ensemble bien plus large de problèmes liés
quant à elle peut créer une marge de manœuvre sup- à des biens publics internationaux, par exemple les réfu-
plémentaire, grâce aux retombées positives et syner- giés, le changement climatique, les maladies infectieuses,
giques des mesures de soutien de la demande qui sont la sécurité, la fiscalité des entreprises et la stabilité finan-
prises par les différents pays. Grâce à la coordination cière. Un monde de plus en plus interdépendant réali-
intranationale et internationale, le tout est plus grand sera davantage de croissance et sera plus stable si les pou-
que la somme de ses parties. voirs publics coopèrent dans les nombreux domaines où
Le cadre d’action doit inclure des mesures qui at- leurs intérêts se rejoignent.
ténuent les effets négatifs des changements écono-
miques sur la distribution du revenu, qu’il s’agisse de Maurice Obstfeld
technologie, de mondialisation ou d’autres forces. Les Conseiller économique

Fonds monétaire international | Octobre 2016 xv


RÉSUMÉ ANALYTIQUE

La croissance mondiale devrait tomber à 3,1 % en 2016 européenne (UE). Les retombées du Brexit sont in-
avant de remonter à 3,4 % en 2017. La prévision, certaines : la forme à long terme des relations entre
révisée à la baisse de 0,1 point pour 2016 et 2017 par le Royaume-Uni et l’UE et l’ampleur de la réduction
rapport à avril dernier, s’explique par une dégradation de leurs flux commerciaux et financiers mutuels ne se
des perspectives pour les pays avancés à la suite du vote clarifieront probablement qu’après plusieurs années.
du Royaume-Uni, en juin dernier, en faveur de la sortie L’incertitude est accrue par l’effet des résultats du réfé-
de l’Union européenne (Brexit) et par une croissance rendum sur les tendances politiques dans les autres pays
plus faible que prévu aux États-Unis. Ces développe- membres de l’UE, ainsi que sur les forces qui, à l’échelle
ments ont encore fait baisser les taux d’intérêt mondiaux, mondiale, poussent à adopter des politiques populistes
et il est maintenant prévu que la politique monétaire et de repli sur soi.
restera accommodante pendant une plus longue période. Parmi les réalignements importants, en particulier
Bien que la réaction ordonnée des marchés au choc du pour les pays émergents et les pays en développement, fi-
Brexit ait rassuré, les effets ultimes restent très flous, car gurent le rééquilibrage de l’économie chinoise et l’ajuste-
les arrangements institutionnels et commerciaux entre ment macroéconomique et structurel des pays exporta-
le Royaume-Uni et l’Union européenne ont un avenir teurs de produits de base à une détérioration à long terme
incertain. L’état d’esprit des marchés financiers vis-à-vis de leurs termes de l’échange. Les changements lents qui
des pays émergents s’est amélioré étant donné les anticipa- jouent un rôle important dans les perspectives des pays
tions d’une baisse des taux d’intérêt dans les pays avancés, avancés (ainsi que de certains pays émergents) sont l’évo-
une diminution de l’inquiétude quant aux perspectives lution de la situation démographique et du marché du
à court terme de la Chine après l’adoption de mesures travail, mais aussi un ralentissement prolongé et mal com-
de relance et un affermissement des prix des produits de pris de la productivité, qui freine la croissance du revenu
base. Cependant, les perspectives diffèrent sensiblement et contribue au mécontentement politique.
d’un pays et d’une région à l’autre : les pays émergents Le scénario de référence des Perspectives de l’économie
d’Asie en général et l’Inde en particulier affichent une mondiale (PEM) prévoit que la croissance mondiale
croissance vigoureuse, et l’Afrique subsaharienne connaît tombera à 3,1 % en 2016 avant de rebondir à 3,4 % l’an
un ralentissement prononcé. Dans les pays avancés, les prochain. La prévision pour 2016 s’explique par une ac-
perspectives moroses sont exposées à des incertitudes et
tivité plus faible que prévu aux États-Unis au premier se-
à des risques considérables et pourraient alimenter un
mestre de l’année, ainsi que par la matérialisation d’un
surcroît de mécontentement politique, avec une montée
risque important, à savoir le vote du Brexit. Bien que
en puissance des programmes anti-intégration. Plusieurs
les réactions des marchés financiers au résultat du réfé-
pays émergents et pays en développement continuent
rendum britannique aient été limitées, l’augmentation
d’avoir beaucoup de mal à s’ajuster à la baisse des prix
de l’incertitude économique, politique et institution-
des produits de base. Ces perspectives inquiétantes rendent
nelle ainsi que la réduction probable des flux commer-
plus urgente que jamais une riposte globale qui permet-
ciaux et financiers entre le Royaume-Uni et le reste de
trait d’accélérer la croissance et de gérer la vulnérabilité.
l’UE à moyen terme devraient avoir des conséquences
Les perspectives actuelles sont déterminées par une macroéconomiques négatives, surtout au Royaume-Uni.
confluence complexe de réalignements en cours, de En conséquence, la prévision de croissance dans les pays
tendances à long terme et de nouveaux chocs. Ces fac- avancés en 2016 a été révisée à la baisse, à 1,6 %.
teurs impliquent initialement une croissance générale- Dans les pays émergents et les pays en dévelop-
ment modérée, mais aussi une incertitude considérable pement, la croissance devrait s’affermir légèrement
en ce qui concerne l’avenir. Le principal développe- en 2016, à 4,2 %, après cinq années consécutives de ra-
ment inattendu au cours des derniers mois fut le vote lentissement, et ainsi représenter plus de trois quarts de
du Royaume-Uni en faveur de la sortie de l’Union la croissance mondiale prévue cette année. Cependant,

Fonds monétaire international | Octobre 2016 xvii


PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : DEMANDE MODÉRÉE — SYMPTÔMES ET REMÈDES

leurs perspectives sont inégales et généralement plus de référence de manière plus générale. En particulier,
sombres que par le passé. Si les conditions de finance- certains des risques recensés dans des éditions récentes
ment extérieur se sont assouplies du fait des anticipa- des PEM ont pris de l’importance au cours des derniers
tions d’une baisse des taux d’intérêt dans les pays avancés, mois. Le premier a trait aux désaccords politiques et aux
d’autres facteurs influent sur l’activité. Il s’agit d’un ralen- politiques de repli sur soi. Le vote du Brexit et la campagne
tissement de l’économie chinoise, dont les répercussions en cours aux États-Unis pour l’élection présidentielle
sont amplifiées par son recours moindre à des investisse- ont mis en évidence l’affaiblissement du consensus au-
ments à forte intensité d’importations et de ressources; tour des bienfaits de l’intégration économique internatio-
de la poursuite de l’ajustement des pays exportateurs de nale. Les craintes concernant l’impact de la concurrence
produits de base à la baisse de leurs recettes; des retom- étrangère sur les emplois et les salaires sur fond de faible
bées de la persistance d’une demande faible dans les pays croissance ont renforcé l’attrait de politiques protection-
avancés, ainsi que de conflits internes, de discordes po- nistes, ce qui pourrait avoir des ramifications pour les
litiques et de tensions géopolitiques dans plusieurs pays. flux commerciaux mondiaux et l’intégration de manière
Si la croissance dans les pays émergents d’Asie et en par- plus générale. Les préoccupations relatives à la distribu-
ticulier en Inde reste résiliente, les plus grandes écono- tion (de plus en plus) inégale du revenu augmentent :
mies d’Afrique subsaharienne (Afrique du Sud, Angola elles sont alimentées par la faible croissance du revenu,
et Nigéria) connaissent un ralentissement prononcé ou étant donné que la dynamique de la productivité reste
une récession du fait de l’interaction entre la baisse des décevante. L’incertitude entourant l’évolution de ces ten-
prix des produits de base et des conditions politiques et dances pourrait pousser les entreprises à remettre à plus
économiques difficiles sur le plan interne. Le Brésil et la tard leurs décisions d’investissement et d’embauche, ce
Russie demeurent confrontés à une situation macroéco- qui ralentirait l’activité à court terme, tandis que l’adop-
nomique difficile, mais leurs perspectives se sont amélio- tion de politiques de repli sur soi pourrait aussi attiser de
rées quelque peu par rapport à avril dernier. nouvelles discordes politiques internationales.
La reprise devrait s’accélérer en 2017 : les perspectives La stagnation dans les pays avancés constitue un
s’améliorent pour les pays émergents et les pays en déve- deuxième risque. Tandis que la croissance mondiale reste
loppement, et l’économie américaine reprend de la vigueur languissante, la perspective d’une insuffisance prolongée
grâce au relâchement du frein exercé par les stocks et d’une de la demande privée qui conduirait à une croissance en
reprise de l’investissement. Bien que les perspectives à plus permanence plus lente et à une inflation faible devient
long terme des pays avancés restent modérées, étant donné plus tangible que jamais, en particulier dans certains pays
les vents contraires démographiques et la faiblesse de la avancés où les bilans restent fragiles. Par ailleurs, une pé-
croissance de la productivité, un nouvel affermissement de riode prolongée d’inflation faible dans les pays avancés
la croissance est prévu dans les pays émergents et les pays risque de désancrer les anticipations inflationnistes, ce qui
en développement à moyen terme. Mais, comme noté provoquerait une hausse des taux d’intérêt réels attendus et
dans des éditions précédentes des PEM, cette prévision dé- une baisse des dépenses et, en fin de compte, conduirait à
pend de plusieurs hypothèses importantes : une croissance et une inflation encore plus faibles.
• Une normalisation progressive de la situation dans les D’autres risques recensés dans des éditions précédentes
pays qui sont aujourd’hui en difficulté, avec une accé- des PEM restent des facteurs importants qui pourraient
lération générale de la croissance dans les pays exporta- influer sur les perspectives. L’ajustement qui est en cours en
teurs de produits de base, quoique à des niveaux plus Chine et ses répercussions demeurent pertinents, alors même
modestes que par le passé. que l’état d’esprit à court terme envers la Chine semble
• Un ralentissement progressif et un rééquilibrage de s’améliorer après l’anxiété aiguë qui a été observée au début
l’économie chinoise, avec des taux de croissance à de l’année. La transition de l’investissement, de l’indus-
moyen terme qui, proches de 6 %, restent plus élevés trie et des exportations vers la consommation et les services
que la moyenne des pays émergents et des pays en pourrait être parfois plus difficile que prévu, ce qui aurait
développement. des implications importantes pour les pays exportateurs de
• Une croissance résiliente dans les autres pays émer- produits de base et de machines, ainsi que pour les pays
gents et pays en développement. exposés indirectement à la Chine par la voie de la conta-
Des facteurs économiques et non économiques me- gion financière. Ce risque est accru par les mesures à court
nacent ces hypothèses et compromettent les perspectives terme que la Chine applique aujourd’hui pour soutenir la

xviii Fonds monétaire international | Octobre 2016


Résumé analytique

croissance, car la hausse persistante du ratio crédit/PIB et croissance décevants et combattre une impression dom-
le manque de progrès décisifs dans la lutte contre les pro- mageable selon laquelle l’action des pouvoirs publics ne
blèmes d’endettement et de gouvernance dans les entre- réussit pas à stimuler la croissance et que les bienfaits ne
prises publiques font planer le risque d’un ajustement dont reviennent qu’à ceux qui se trouvent à l’extrémité supé-
les effets seraient perturbateurs. De manière plus générale, rieure de la distribution du revenu.
même si les conditions financières dans les pays émergents Dans les pays avancés, les écarts de production restent
ont continué de s’améliorer au cours des derniers mois, négatifs, la pression des salaires est généralement mo-
des facteurs de vulnérabilité fondamentaux subsistent dans dérée, et le risque de persistance d’une inflation faible (ou
certains des grands pays émergents. La dette élevée des de déflation dans certains cas) a augmenté. La politique
entreprises, la baisse de la rentabilité et la fragilité des bi- monétaire doit donc rester accommodante, et recourir à
lans bancaires, conjuguées à la nécessité de reconstituer des mesures non conventionnelles si nécessaire. Mais une
une marge de manœuvre, en particulier dans les pays ex- politique monétaire accommodante à elle seule ne peut
portateurs de produits de base, laissent ces pays exposés à pas accroître suffisamment la demande, et le soutien de
des variations soudaines de la confiance des investisseurs. la politique budgétaire — en fonction de l’espace dis-
Une série d’autres facteurs non économiques continue d’in- ponible et axé sur des mesures qui protègent les groupes
fluer sur les perspectives de diverses régions : les effets pro- vulnérables et rehaussent les perspectives de croissance
longés d’une sécheresse en Afrique orientale et australe, les à moyen terme — reste donc essentiel pour donner une
guerres civiles et les conflits internes dans certaines parties impulsion et éviter une baisse durable des anticipations
du Moyen-Orient et de l’Afrique, le destin tragique des inflationnistes à moyen terme. Dans les pays qui sont
réfugiés dans les pays voisins et en Europe, de multiples confrontés à une hausse de la dette publique et des dé-
actes de terreur dans le monde entier et la propagation du penses au titre des prestations sociales, un engagement
virus Zika en Amérique latine et dans les Caraïbes, ainsi crédible à entreprendre un assainissement à moyen terme
que dans le Sud des États-Unis et le Sud-Est de l’Asie. Si peut créer un espace supplémentaire pour soutenir l’acti-
ces facteurs s’intensifiaient, ils pourraient, ensemble, peser vité à court terme. En outre, la politique budgétaire doit
largement sur l’état d’esprit des marchés, et ainsi nuire à la privilégier les dépenses qui soutiennent le plus vigou-
demande et à l’activité. reusement la demande et la croissance potentielle à long
Parmi les aléas positifs figurent une réévaluation or- terme. De manière plus générale, les politiques macro-
donnée sur les marchés financiers après le choc initial du économiques accommodantes doivent aller de pair avec
vote du Brexit, une amélioration soutenue du marché des réformes structurelles qui peuvent remédier à l’affai-
du travail américain et une récente hausse modeste des blissement de la croissance potentielle : il s’agit notam-
prix des produits de base, qui devrait atténuer en partie la ment d’accroître le taux d’activité, de mieux faire corres-
pression subie par les pays exportateurs de ces produits. pondre l’offre et la demande sur les marchés du travail,
Ces développements laissent entrevoir la possibilité d’une et de promouvoir l’investissement dans la recherche et le
expansion plus rapide que prévu, qui pourrait être en- développement ainsi que l’innovation. Comme noté au
core plus vigoureuse si les pays adoptaient des mesures de chapitre 3 des PEM d’avril 2016, des mesures de portée
portée large qui permettraient de rehausser la production large qui combinent un soutien de la demande et des ré-
effective et potentielle. formes axées sur les besoins structurels d’un pays, et qui
Si la prévision de référence pour l’économie mondiale sont ancrées par des cadres d’action cohérents et bien
fait état d’une accélération de la croissance sur le reste de communiqués, peuvent dynamiser à la fois l’activité à
l’horizon de prévision par rapport à son rythme modéré court terme et la production potentielle à moyen terme.
de l’année en cours, le risque de dégradation de ces pers- Dans les pays émergents et les pays en développement, les
pectives est élevé, comme le soulignent les taux de crois- grands objectifs communs sont de poursuivre la conver-
sance décevants qui ont été observés ces dernières an- gence vers des niveaux de revenu plus élevés en réduisant
nées. Dans ce contexte, les priorités diffèrent d’un pays les distorsions sur les marchés de produits, du travail et
à l’autre en fonction des objectifs spécifiques, à savoir des capitaux, et d’offrir de meilleures opportunités à la
accélérer la croissance, combattre les tensions déflation- population en investissant de manière rationnelle et effi-
nistes, ou renforcer la résilience. Cependant, il existe un cace dans l’éducation et la santé. Ces objectifs ne peuvent
thème commun : il est urgent d’agir en exploitant tous être atteints que dans un environnement où il n’y a ni
les leviers disponibles pour éviter de nouveaux taux de vulnérabilité financière, ni risque de volte-face. Les pays

Fonds monétaire international | Octobre 2016 xix


PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : DEMANDE MODÉRÉE — SYMPTÔMES ET REMÈDES

qui ont des dettes non financières élevées et en hausse dans le monde entier, compte tenu des priorités propres à
ou des engagements extérieurs non couverts, ou qui sont chaque pays.
largement tributaires d’emprunts à court terme pour fi- Comme la croissance est faible et que l’espace est li-
nancer leurs investissements à plus long terme, doivent mité dans de nombreux pays, un effort multilatéral du-
adopter des pratiques plus solides de gestion des risques rable doit être déployé sur plusieurs fronts pour réduire
et limiter les asymétries de monnaie et de bilan. au minimum les risques qui pèsent sur la stabilité finan-
Pour les pays les plus durement touchés par la chute des cière et pérenniser une amélioration du niveau de vie à
prix des produits de base, il est urgent de procéder à un l’échelle mondiale. Cet effort doit être déployé simulta-
ajustement pour stabiliser la situation macroéconomique. nément sur plusieurs fronts. Les dirigeants doivent s’at-
Il s’agit de laisser pleinement le taux de change absorber les taquer aux réactions de rejet du commerce mondial en
pressions pour les pays qui n’appliquent pas un régime de recentrant le débat sur les avantages à long terme de l’in-
change de rattachement, de durcir la politique monétaire si tégration économique et en veillant à ce que des initia-
nécessaire pour s’attaquer à une envolée de l’inflation et de tives sociales bien ciblées aident ceux qui sont touchés
veiller à ce que l’assainissement budgétaire nécessaire nuise et facilitent, grâce au recyclage, leur absorption dans des
le moins possible à la croissance. secteurs qui se développent. Il est vital de mettre en place
Les pays en développement à faible revenu doivent re- des dispositifs efficaces de résolution bancaire, tant au ni-
constituer leurs amortisseurs budgétaires tout en main- veau national qu’au niveau international, et il convient
tenant les dépenses essentielles (biens d’équipement et de s’attaquer aux nouveaux risques liés aux intermédiaires
dépenses sociales), renforcer leur gestion de la dette et non bancaires. Il est plus important que jamais de dis-
mettre en œuvre des réformes structurelles, notamment poser d’un dispositif de sécurité mondial plus solide afin
dans l’éducation, qui favorisent la diversification de l’éco- de protéger les pays qui, en dépit de la solidité de leurs
nomie et un accroissement de la productivité. paramètres économiques fondamentaux, pourraient être
Si elles sont essentielles au niveau national, ces poli- vulnérables à des effets de contagion et d’entraînement
tiques pour tous les groupes de pays seraient encore plus internationaux, y compris des difficultés dont l’origine
efficaces si elles étaient adoptées de manière générale n’est pas économique.

xx Fonds monétaire international | Octobre 2016


1
CHAPITRE

PERSPECTIVES ET POLITIQUES MONDIALES

Évolution récente et perspectives a été généralement résiliente en juillet, juste après le réfé-
Les forces qui déterminent les perspectives de l’éco- rendum, sauf au Royaume-Uni. L’état d’esprit des marchés
nomie mondiale, à la fois à court terme et à long terme, s’est amélioré envers les pays émergents et les pays en dé-
laissent entrevoir une croissance modérée pour 2016 et veloppement, en raison d’une diminution de l’inquiétude
une reprise progressive par la suite, ainsi que des risques quant aux perspectives à court terme de la Chine après que
de dégradation. Parmi ces forces figurent de nouveaux les pouvoirs publics ont décidé de soutenir la croissance,
chocs, tels que le Brexit (le référendum britannique du de nouvelles macroéconomiques légèrement favorables en
23 juin 2016 en faveur de la sortie de l’Union euro- provenance d’autres pays émergents au cours des derniers
péenne); des réalignements en cours, tels que le rééqui- mois, d’un certain redressement des cours des produits
librage de l’économie chinoise et l’ajustement des pays de base et des anticipations d’une baisse des taux d’intérêt
exportateurs de produits de base à une détérioration dans les pays avancés. Mais, puisque les données macro-
prolongée de leurs termes de l’échange; des tendances économiques post-Brexit sont très limitées jusqu’à présent,
qui évoluent lentement, telles que la situation démogra- l’incertitude subsiste en ce qui concerne l’impact du Brexit
phique et la croissance de la productivité; ainsi que des sur les résultats macroéconomiques, surtout en Europe.
facteurs non économiques, tels que l’incertitude géopo- La croissance mondiale devrait s’accélérer à compter
litique et politique. La reprise modérée explique aussi de 2017, presque entièrement grâce aux pays émergents
la faiblesse du commerce mondial (voir chapitre 2) et la et aux pays en développement. Cela s’explique principa-
persistance d’une inflation faible (voir chapitre 3). lement par deux facteurs : la normalisation progressive
Par rapport aux projections qui figuraient dans l’édi- de la situation macroéconomique dans plusieurs pays qui
tion d’avril 2016 des Perspectives de l’économie mondiale ont enregistré une profonde récession et la plus grande
(PEM), les changements principaux ont trait à la révision à importance des pays à croissance rapide dans ce groupe
la baisse de la croissance américaine (due principalement à dans l’économie mondiale (encadré 1.1).
une croissance plus lente que prévu au deuxième trimestre
de 2016), à une nouvelle confirmation que le Brésil et la L’économie mondiale au cours des derniers mois
Russie se rapprochent d’une sortie de la récession et au ré-
sultat du référendum au Royaume-Uni. Le Brexit est un L’activité mondiale reste languissante
événement en cours : les arrangements à long terme qui Sur la base des données préliminaires, la croissance
régiront les relations entre le Royaume-Uni et l’Union eu- mondiale est estimée à 2,9 % au premier semestre de
ropéenne seront entourés d’incertitude pendant une pé- 2016, soit un peu au-dessous de celle du second semestre
riode prolongée. Par ailleurs, le vote est non seulement un de 2015 et en deçà des projections des PEM d’avril 2016.
symptôme du consensus chancelant en ce qui concerne les La production industrielle mondiale est restée modérée,
avantages d’une intégration économique internationale sur mais a semblé se redresser ces derniers mois, et le volume
fond de croissance faible, mais pourrait encourager des po- des échanges commerciaux a reculé au cours du deuxième
litiques de repli sur soi ailleurs aussi. trimestre jusqu’en juin après plusieurs mois de reprise
Du côté positif, au-delà d’une vive dépréciation de la soutenue par rapport au creux du début de 2015 (gra-
livre sterling, les réactions plus générales du marché au vote phique 1.1). La faiblesse récente s’explique principalement
du Brexit ont généralement été limitées, avec un redres- par un ralentissement de l’activité dans les pays avancés.
sement des cours des actions et de l’appétit pour le risque •• L’économie américaine a perdu de sa vigueur au
après une baisse initiale, comme noté ailleurs dans le pré- cours des derniers trimestres, et l’accélération prévue
sent chapitre. Cependant, les actions des banques restent au deuxième trimestre de 2016 ne s’est pas matéria-
sous pression, surtout dans les pays dont le système ban- lisée; la croissance est estimée à 1,1 % en taux an-
caire est plus fragile. Sur la base des données préliminaires, nuel corrigé des variations saisonnières. La croissance
la confiance des chefs d’entreprise et des consommateurs de la consommation (environ 3,0 % en moyenne au

Fonds monétaire international | Octobre 2016 1


PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : DEMANDE MODÉRÉE — SYMPTÔMES ET REMÈDES

Tableau 1.1. Perspectives de l’économie mondiale : aperçu des projections


(Variation en pourcentage, sauf indication contraire)
Différence par rapport
à la Mise à jour des Différence par rapport
Projections PEM de juillet 20161 aux PEM d’avril 20161
2015 2016 2017 2016 2017 2016 2017
Production mondiale 3,2 3,1 3,4 0,0 0,0 –0,1 –0,1
Pays avancés 2,1 1,6 1,8 –0,2 0,0 –0,3 –0,2
États-Unis 2,6 1,6 2,2 –0,6 –0,3 –0,8 –0,3
Zone euro 2,0 1,7 1,5 0,1 0,1 0,2 –0,1
Allemagne 1,5 1,7 1,4 0,1 0,2 0,2 –0,2
France 1,3 1,3 1,3 –0,2 0,1 0,2 0,0
Italie 0,8 0,8 0,9 –0,1 –0,1 –0,2 –0,2
Espagne 3,2 3,1 2,2 0,5 0,1 0,5 –0,1
Japon 0,5 0,5 0,6 0,2 0,5 0,0 0,7
Royaume-Uni 2,2 1,8 1,1 0,1 –0,2 –0,1 –1,1
Canada 1,1 1,2 1,9 –0,2 –0,2 –0,3 0,0
Autres pays avancés2 2,0 2,0 2,3 0,0 0,0 –0,1 –0,1
Pays émergents et pays en développement 4,0 4,2 4,6 0,1 0,0 0,1 0,0
Communauté des États indépendants –2,8 –0,3 1,4 0,3 –0,1 0,8 0,1
Russie –3,7 –0,8 1,1 0,4 0,1 1,0 0,3
Russie non comprise –0,5 0,9 2,3 –0,1 –0,2 0,0 0,0
Pays émergents et en développement d’Asie 6,6 6,5 6,3 0,1 0,0 0,1 0,0
Chine 6,9 6,6 6,2 0,0 0,0 0,1 0,0
Inde3 7,6 7,6 7,6 0,2 0,2 0,1 0,1
ASEAN-54 4,8 4,8 5,1 0,0 0,0 0,0 0,0
Pays émergents et en développement d’Europe 3,6 3,3 3,1 –0,2 –0,1 –0,2 –0,2
Amérique latine et Caraïbes 0,0 –0,6 1,6 –0,2 0,0 –0,1 0,1
Brésil –3,8 –3,3 0,5 0,0 0,0 0,5 0,5
Mexique 2,5 2,1 2,3 –0,4 –0,3 –0,3 –0,3
Moyen-Orient, Afrique du Nord, Afghanistan et Pakistan 2,3 3,4 3,4 0,0 0,1 0,3 –0,1
Arabie saoudite 3,5 1,2 2,0 0,0 0,0 0,0 0,1
Afrique subsaharienne 3,4 1,4 2,9 –0,2 –0,4 –1,6 –1,1
Nigéria 2,7 –1,7 0,6 0,1 –0,5 –4,0 –2,9
Afrique du Sud 1,3 0,1 0,8 0,0 –0,2 –0,5 –0,4
Pour mémoire
Union européenne 2,3 1,9 1,7 0,0 0,1 0,1 –0,2
Pays en développement à faible revenu 4,6 3,7 4,9 –0,1 –0,2 –1,0 –0,6
Moyen-Orient et Afrique du Nord 2,1 3,2 3,2 –0,1 0,1 0,3 –0,1
Croissance mondiale calculée
sur la base des cours de change 2,6 2,4 2,8 –0,1 0,0 –0,1 –0,1
Volume du commerce mondial (biens et services) 2,6 2,3 3,8 –0,4 –0,1 –0,8 0,0
Importations
Pays avancés 4,2 2,4 3,9 –0,4 –0,3 –1,0 –0,2
Pays émergents et pays en développement –0,6 2,3 4,1 –0,4 0,0 –0,7 0,4
Exportations
Pays avancés 3,6 1,8 3,5 –0,5 –0,1 –0,7 0,0
Pays émergents et pays en développement 1,3 2,9 3,6 –0,2 –0,2 –0,9 –0,3
Cours des matières premières (en dollars)
Pétrole5 –47,2 –15,4 17,9 0,1 1,5 16,2 0,0
Hors combustibles (moyenne fondée sur la pondération
des exportations mondiales de matières premières) –17,5 –2,7 0,9 1,1 1,5 6,7 1,6
Prix à la consommation
Pays avancés 0,3 0,8 1,7 0,1 0,1 0,1 0,2
Pays émergents et pays en développement6 4,7 4,5 4,4 –0,1 0,0 0,0 0,2
Taux du LIBOR (pourcentage)
Dépôts en dollars (6 mois) 0,5 1,0 1,3 0,1 0,1 0,1 –0,2
Dépôts en euros (3 mois) 0,0 –0,3 –0,4 0,0 0,0 0,0 0,0
Dépôts en yen (6 mois) 0,1 0,0 –0,1 0,0 0,1 0,1 0,2
Note : On suppose que les taux de change effectifs réels restent aux niveaux observés entre le 22 juillet 2016 et le 19 août 2016. Les pays sont classés sur
la base de la taille de leur économie. Les données trimestrielles agrégées sont corrigées des variations saisonnières.
1Écart basé sur les chiffres arrondis pour les prévisions actuelles, ainsi que celles de la Mise à jour des PEM de juillet 2016 et des PEM d’avril 2016.
2Hors G-7 (Allemagne, Canada, États-Unis, France, Italie, Japon et Royaume-Uni) et pays de la zone euro.
3Pour l’Inde, les données et les prévisions sont présentées sur la base de l’exercice budgétaire, et le PIB, à compter de 2011, est basé sur le PIB aux prix

du marché avec l’exercice 2011/12 comme année de référence.

2 Fonds monétaire international | Octobre 2016


CHAPITRE 1 Perspectives et politiques mondiales

Tableau 1.1 (fin)

Sur un an 4e trimestre à 4e trimestre7

Projections Projections
2014 2015 2016 2017 2014 2015 2016 2017
Production mondiale 3,4 3,2 3,1 3,4 3,2 3,1 3,1 3,5
Pays avancés 1,9 2,1 1,6 1,8 1,9 1,8 1,7 1,8
États-Unis 2,4 2,6 1,6 2,2 2,5 1,9 2,0 1,9
Zone euro 1,1 2,0 1,7 1,5 1,2 2,0 1,6 1,6
Allemagne 1,6 1,5 1,7 1,4 1,6 1,3 1,7 1,6
France 0,6 1,3 1,3 1,3 0,6 1,3 1,3 1,5
Italie –0,3 0,8 0,8 0,9 –0,4 1,1 0,7 1,2
Espagne 1,4 3,2 3,1 2,2 2,1 3,5 2,6 2,1
Japon 0,0 0,5 0,5 0,6 –0,9 0,8 0,8 0,8
Royaume-Uni 3,1 2,2 1,8 1,1 3,5 1,8 1,4 0,8
Canada 2,5 1,1 1,2 1,9 2,4 0,3 1,5 1,9
Autres pays avancés2 2,8 2,0 2,0 2,3 2,7 2,0 2,1 2,4
Pays émergents et pays en développement 4,6 4,0 4,2 4,6 4,4 4,2 4,3 5,0
Communauté des États indépendants 1,1 –2,8 –0,3 1,4 –0,9 –3,3 –0,3 2,1
Russie 0,7 –3,7 –0,8 1,1 –0,2 –3,8 –0,3 2,4
Russie non comprise 2,0 –0,5 0,9 2,3 ... ... ... ...
Pays émergents et en développement d’Asie 6,8 6,6 6,5 6,3 6,6 6,8 6,3 6,3
Chine 7,3 6,9 6,6 6,2 7,0 6,9 6,4 6,1
Inde3 7,2 7,6 7,6 7,6 7,1 8,1 7,4 7,4
ASEAN-54 4,6 4,8 4,8 5,1 4,9 4,8 4,4 5,8
Pays émergents et en développement d’Europe 2,8 3,6 3,3 3,1 2,9 4,1 2,9 2,9
Amérique latine et Caraïbes 1,0 0,0 –0,6 1,6 0,3 –1,2 –0,4 2,3
Brésil 0,1 –3,8 –3,3 0,5 –0,7 –5,9 –1,2 1,1
Mexique 2,2 2,5 2,1 2,3 2,6 2,4 1,8 2,4
Moyen-Orient, Afrique du Nord, Afghanistan et Pakistan 2,7 2,3 3,4 3,4 ... ... ... ...
Arabie saoudite 3,6 3,5 1,2 2,0 2,4 1,8 1,0 2,5
Afrique subsaharienne 5,1 3,4 1,4 2,9 ... ... ... ...
Nigéria 6,3 2,7 –1,7 0,6 ... ... ... ...
Afrique du Sud 1,6 1,3 0,1 0,8 1,4 0,2 0,1 1,3
Pour mémoire
Union européenne 1,6 2,3 1,9 1,7 1,8 2,3 1,9 1,6
Pays en développement à faible revenu 6,0 4,6 3,7 4,9 ... ... ... ...
Moyen-Orient et Afrique du Nord 2,6 2,1 3,2 3,2 ... ... ... ...
Croissance mondiale calculée sur la base des cours de change 2,7 2,6 2,4 2,8 2,5 2,3 2,5 2,8
Volume du commerce mondial (biens et services) 3,9 2,6 2,3 3,8 ... ... ... ...
Importations
Pays avancés 3,8 4,2 2,4 3,9 ... ... ... ...
Pays émergents et pays en développement 4,5 –0,6 2,3 4,1 ... ... ... ...
Exportations
Pays avancés 3,8 3,6 1,8 3,5 ... ... ... ...
Pays émergents et pays en développement 3,5 1,3 2,9 3,6 ... ... ... ...
Cours des matières premières (en dollars)
Pétrole5 –7,5 –47,2 –15,4 17,9 –28,7 –43,4 14,6 6,8
Hors combustibles (moyenne fondée sur la pondération
des exportations mondiales de matières premières) –4,0 –17,5 –2,7 0,9 –7,4 –19,1 6,8 –1,2
Prix à la consommation
Pays avancés 1,4 0,3 0,8 1,7 1,0 0,4 1,0 1,8
Pays émergents et pays en développement6 4,7 4,7 4,5 4,4 4,2 4,6 4,2 3,9
Taux du LIBOR (pourcentage)
Dépôts en dollars (6 mois) 0,3 0,5 1,0 1,3 ... ... ... ...
Dépôts en euros (3 mois) 0,2 0,0 –0,3 –0,4 ... ... ... ...
Dépôts en yen (6 mois) 0,2 0,1 0,0 –0,1 ... ... ... ...
4Indonésie, Malaisie, Philippines, Thaïlande et Viet Nam.
5Moyenne simple des cours U.K. Brent, Dubaï et West Texas Intermediate. Le cours moyen du pétrole en 2015 était de 50,79 dollars le baril; hypothèses,

sur la base des marchés à terme, pour 2016 : 42,96 dollars le baril, et pour 2017 : 50,64 dollars le baril.
6Hors Argentine et Venezuela. Voir notes pour l’Argentine dans la section des notes de l’appendice statistique.
7Pour la production mondiale, les estimations et projections trimestrielles représentent environ 90 % de la production mondiale annuelle en parité de pouvoir

d’achat. Pour les pays émergents et les pays en développement, les estimations et prévisions trimestrielles représentent environ 80 % de la production
annuelle en parité de pouvoir d’achat.

Fonds monétaire international | Octobre 2016 3


PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : DEMANDE MODÉRÉE — SYMPTÔMES ET REMÈDES

Graphique 1.1. Indicateurs de l’activité mondiale premier semestre de l’année) est restée vigoureuse,
La croissance mondiale s’est affaiblie légèrement au premier semestre de 2016, portée par un marché du travail solide et une augmen-
principalement à cause d’un ralentissement de l’activité dans les pays avancés, tation de la masse salariale, mais la faiblesse persis-
alors que les pays émergents et les pays en développement ont enregistré une
expansion modeste. Le commerce mondial s’est contracté au deuxième tante de l’investissement non résidentiel, conjuguée à
trimestre 2016, tandis que la production industrielle est demeurée modérée une baisse considérable des stocks, a pesé sur la crois-
pour l’essentiel, mais a augmenté au cours des derniers mois.
sance globale. La faiblesse de l’investissement fixe des
25 1. Commerce mondial, production industrielle et IDA manufacturier entreprises semble s’expliquer par la baisse continue
(moyenne mobile sur trois mois; variation annualisée
20 en pourcentage, sauf indication contraire) (quoique plus modérée) des dépenses d’équipement
15 IDA manufacturier (écarts par rapport à 50) dans le secteur de l’énergie, l’impact de la vigueur ré-
Production industrielle
10 Volume du commerce mondial
cente du dollar sur l’investissement dans les secteurs
axés sur l’exportation et peut-être aussi la volatilité des
5
marchés financiers et les craintes d’une récession fin
0 2015 et début 2016. La productivité du travail en de-
–5 hors de l’agriculture a diminué de 0,6 % en taux an-
–10 nualisé corrigé des variations saisonnières au deuxième
2010 11 12 13 14 15 Août
16 trimestre — il s’agit de la troisième baisse consécutive.
3. Production industrielle •• Dans la zone euro, la croissance est tombée à 1,2 %
14 2. IDA manufacturier 28
(moyenne mobile sur trois (moyenne mobile sur trois en taux annualisé corrigé des variations saisonnières
12 mois; écarts par rapport mois; variation annualisée 24
10 à 50) en pourcentage) 20
au deuxième trimestre, après que des conditions cli-
Pays avancés1
8 Pays avancés1 16 matiques tempérées et, partant, la vigueur de l’activité
6 Pays émergents2 Pays émergents2 12 dans la construction avaient porté la croissance au pre-
4 8 mier trimestre à 2,1 %. La demande intérieure, no-
2 4 tamment l’investissement, a ralenti dans certains des
0 0 plus grands pays de la zone euro après plusieurs tri-
–2 –4 mestres consécutifs de croissance plus forte que prévu.
–4 –8 Les données à fréquence élevée et les indicateurs des
2010 11 12 13 14 15 Août 2010 11 12 13 14 15 Juil.
16 16 enquêtes menées auprès des entreprises pour juillet
font état jusqu’à présent d’un impact modéré du Brexit
Croissance du PIB
(variation semestrielle annualisée en pourcentage) sur la confiance et l’activité.
PEM avril 2016 PEM octobre 2016 •• Au Royaume-Uni, un solide début de deuxième tri-
4 4. Pays avancés 5. Pays émergents et 9
mestre a porté la croissance du PIB à 2,4 % en taux
pays en développement annualisé corrigé des variations saisonnières (contre
8 1,8 % au premier trimestre de 2016). Une ventila-
3
7 tion des données à fréquence élevée pour le trimestre
indique que l’élan a commencé à s’affaiblir en mai et
2 6
en juin, à la veille du référendum. Les indicateurs des
5 enquêtes pour juillet et août font apparaître une vive
1
4 baisse de l’activité manufacturière après le référendum,
suivie d’un rebond, tandis que les ventes de détail ont
0 3
2010 : 12 : 14 : 16 : 17 : 2010 : 12 : 14 : 16 : 17 : bien résisté jusqu’à présent.
S1 S1 S1 S1 S2 S1 S1 S1 S1 S2 •• Au Japon, la croissance est tombée au deuxième tri-
Sources : Bureau néerlandais de l’analyse de la politique économique CPB; Haver mestre à 0,7 % en taux annualisé corrigé des variations
Analytics; Markit Economics; estimations des services du FMI. saisonnières, contre 2,1 % au premier trimestre. Cela
Note : IDA = indice des directeurs d’achat; PI = production industrielle.
1Australie, Canada, Corée, Danemark, États-Unis, RAS de Hong Kong (PI seulement), s’explique en partie par le contrecoup d’un premier tri-
Israël, Japon, Norvège (PI seulement), Nouvelle-Zélande, République tchèque, mestre exceptionnellement solide, au cours duquel les
Royaume-Uni, Singapour, Suède (PI seulement), Suisse, province chinoise
de Taiwan et zone euro. résultats, en particulier pour les dépenses de consom-
2Afrique du Sud, Argentine (PI seulement), Brésil, Bulgarie (PI seulement),
mation, ont été portés en partie par les effets de
Chili (PI seulement), Chine, Colombie (PI seulement), Hongrie, Inde, Indonésie,
Lettonie (PI seulement), Lituanie, Malaisie (PI seulement), Mexique, l’année bissextile. En outre, le fléchissement de la de-
Pakistan (PI seulement), Pérou (PI seulement), Philippines (PI seulement), Pologne, mande extérieure et de l’investissement des entreprises
Roumanie (PI seulement), Russie, Thaïlande (PI seulement), Turquie,
Ukraine (PI seulement) et Venezuela (PI seulement). a freiné l’activité au deuxième trimestre.

4 Fonds monétaire international | Octobre 2016


CHAPITRE 1 Perspectives et politiques mondiales

•• Ailleurs, parmi les pays avancés dont les perspectives •• L’activité a fléchi en Afrique subsaharienne, notam-
sont liées étroitement aux économies d’importance systé- ment au Nigéria, où la production a été perturbée
mique, la croissance dans la région administrative spéciale par des pénuries de devises, les activités de militants
de Hong Kong et la province chinoise de Taiwan s’est ac- dans le delta du Niger et des pannes d’électricité. En
célérée au deuxième trimestre, car les retombées finan- Afrique du Sud, l’activité est stagnante, en dépit de
cières et économiques défavorables de l’évolution de l’éco- l’amélioration de l’environnement extérieur, notam-
nomie chinoise se sont atténuées après les turbulences du ment la stabilisation en Chine. Ailleurs, la résilience de
début de l’année. Par contre, la croissance au Canada a l’économie en Côte d’Ivoire, au Kenya, au Sénégal et
souffert du fléchissement observé aux États-Unis, ce qui a en Tanzanie a compensé en partie un fléchissement gé-
aggravé les problèmes liés à des événements exceptionnels néral de l’activité dans l’ensemble de la région.
tels que les feux de forêt en province d’Alberta. •• Le Moyen-Orient reste confronté à des difficultés,
parmi lesquelles les faibles prix du pétrole, les réper-
En dépit de l’activité modérée dans les pays avancés et cussions des tensions géopolitiques et les conflits civils
des effets d’entraînement, les pays émergents et les pays dans plusieurs pays.
en développement dans l’ensemble ont enregistré une lé-
gère accélération de leur croissance au premier semestre de L’inflation demeure faible
2016, ce qui correspond plus ou moins aux projections des En 2015, la hausse des prix à la consommation dans
PEM d’avril 2016. Les pays émergents d’Asie continuent les pays avancés a atteint 0,3 %, soit le niveau le plus
d’enregistrer une croissance vigoureuse, et la situation s’est faible depuis la crise financière mondiale. Elle est montée
améliorée légèrement pour des pays en difficulté tels que le à environ 0,5 % au premier semestre de 2016, car
Brésil et la Russie. Beaucoup de pays du Moyen-Orient et l’effet de la baisse des prix du pétrole s’est atténué (gra-
de l’Afrique subsaharienne ont continué cependant d’être phique 1.2). L’inflation hors alimentation et énergie est
confrontés à une situation difficile. plus élevée que l’inflation globale, mais elle diffère parmi
•• Dans les pays émergents d’Asie, la croissance en Chine les principaux pays avancés. Elle a atteint en moyenne
s’est stabilisée au premier semestre de l’année à un ni- un peu plus de 2 % au premier semestre de l’année aux
veau proche du milieu de la fourchette cible des autorités États-Unis, ce qui s’explique peut-être par des facteurs
(6½–7 %) pour 2016 grâce à l’impulsion des pouvoirs temporaires ou saisonniers, alors qu’elle a été plus faible,
publics et à la forte expansion du crédit. La vigueur de la aux environs de ¾ %, dans la zone euro et au Japon.
consommation et une nouvelle rotation de l’activité de L’inflation est restée inchangée dans les pays émergents
l’industrie vers les services indiquent que le rééquilibrage et les pays en développement, car les taux de change sont
progresse sur le plan de la structure de la demande inté- restés plus ou moins stables, ou se sont appréciés, dans
rieure et de l’offre. En Inde, l’économie continue de se beaucoup de pays, et que les effets des dépréciations anté-
redresser vivement, grâce à une nette amélioration des rieures ont commencé à s’atténuer.
termes de l’échange, à une action gouvernementale ef-
ficace et à un renforcement des amortisseurs extérieurs, Les prix des produits de base
qui ont contribué à un regain de confiance. se sont redressés partiellement
•• En Amérique latine, le Brésil reste en récession, mais L’indice des prix des produits de base du FMI a aug-
l’activité semble être proche de son niveau le plus bas, menté de 22 % depuis février 2016, c’est-à-dire entre les
car les effets des chocs (baisse des cours des produits de périodes de référence de l’édition d’avril 2016 des PEM
base, ajustement des prix administrés en 2015 et incer- et de l’édition actuelle (graphique 1.3). Les hausses les
titude politique) se dissipent. plus fortes ont concerné les carburants, en particulier le
•• En Russie, l’économie semble se stabiliser tandis qu’elle pétrole et le charbon :
s’ajuste au double choc des prix du pétrole et des sanc- •• Après avoir atteint leur plus bas niveau depuis 10 ans
tions, et les conditions financières s’assouplissent à la en janvier 2016, les prix du pétrole ont augmenté de
suite de la consolidation des volants de fonds propres 50 %, pour atteindre 45 dollars en août, principale-
des banques par des fonds publics. Ailleurs dans les pays ment à cause d’interruptions involontaires de la pro-
émergents d’Europe, les résultats macroéconomiques duction qui ont équilibré le marché pétrolier.
ont été plus ou moins stables, bien que la situation en •• Les prix du gaz naturel sont en baisse : le prix moyen
Turquie soit devenue plus incertaine au lendemain de la pour l’Europe, le Japon et les États-Unis a baissé de
tentative de coup d’État en juillet. 6 % depuis février 2016. La baisse antérieure des prix

Fonds monétaire international | Octobre 2016 5


PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : DEMANDE MODÉRÉE — SYMPTÔMES ET REMÈDES

Graphique 1.2. Inflation mondiale Graphique 1.3. Marchés des produits de base et du pétrole
(Variation en pourcentage sur un an, sauf indication contraire) Les prix du pétrole ont rebondi par rapport au niveau qu’ils avaient atteint en
janvier 2016, le plus bas depuis 10 ans, en raison principalement d’arrêts involontaires
L’inflation globale a augmenté dans les pays avancés, car le frein exercé de la production. Les prix des métaux ont augmenté de manière modeste au premier
par la baisse des prix des produits de base s’est relâché. Dans les pays semestre de 2016, du fait d’une légère hausse de la demande des pays émergents
émergents et les pays en développement, l’inflation globale est demeurée et des pays en développement, tandis que les prix de l’alimentation ont progressé
inchangée, car les monnaies sont restées plus ou moins stables, ou se sont pour la plupart des produits, en grande partie pour des raisons liées au climat.
appréciées dans certains cas. 1. Indices des prix réels des produits de base
200 (déflatés à l’aide de l’indice américain des prix
18 1. Agrégats mondiaux : inflation globale
à la consommation; indice, 2014 = 100)
16 160
Pays émergents et pays
14 en développement1 120
12 Pays avancés
10 Monde1 80 Alimentation
8 40 PCMP
6 Métaux
0
4 2005 06 07 08 09 10 11 12 13 14 15 16 17
2 2. Activité mondiale et demande de pétrole
0 8 (variations sur un an en pourcentage) 24
–2 6 Production industrielle mondiale 18
2005 06 07 08 09 10 11 12 13 14 15 16 17 (échelle de droite)
4 12
2. Inflation globale 3. Prix des produits de base
8 (les lignes en tirets sont (indice; 2005 = 100) 300 2 6
les anticipations Alimentation 0 0
6 inflationnistes à 6 à 10 ans) Métaux PIB réel mondial
250 –2 Demande mondiale de pétrole –6
Énergie
4 –4 –12
200 2005 06 07 08 09 10 11 12 13 14 15 16 17 :
2 T4
150 3. Stocks de pétrole de l’OCDE
0 40 (journées de consommation)
États-Unis
100 38
–2 Zone euro
Japon2 36
–4 50
2005 07 09 11 13 15 17 2005 07 09 11 13 15 17 34
32
5 4. Coût unitaire de main-d’œuvre nominal et rémunérations
(variation trimestrielle en pourcentage, taux annuel) 30
4 Coût unitaire 2005 06 07 08 09 10 11 12 13 14 15 16 :
de main-d’œuvre T2
3 4. Balance commerciale 5. Balance commerciale
Rémunérations
pétrolière, pays pétrolière, pays
2 100 10
exportateurs de pétrole importateurs de pétrole
80 (en pourcentage du PIB; (en pourcentage
1
moyenne et centiles 10e/90e) du PIB; moyenne 5
0 60 et centiles 10e/90e)

–1 40 0

–2 20
États-Unis Japon APA Zone euro APAE –5
0
Zone euro APAE États-Unis Japon APA
Moyenne, 2013–15 2016 : T1 –20 –10
de pétrole 2016
Pays exportateurs 2015

Pays exportateurs 2015

2016

2016
de pétrole AfSS 2016

de pétrole MOAN 2016

2015

2015
Pays exportateurs 2015

d’énergie CEI 2016


Pays exportateurs 2015

2015
2016

2015
2016
2015

2016
2015

2016

Sources : Consensus Economics; FMI, système des cours des produits de base;
Pays importateurs
de pétrole
Pays avancés
d’Asie
Pays avancés
d’Europe
Pays émergents
d’Asie
Pays émergents
d’Europe
ALC

estimations des services du FMI.


Note : APA : autres pays avancés; APAE : autres pays avancés européens.
1Hors Venezuela.
2Au Japon, l’accélération de l’inflation en 2014 s’explique dans une large mesure

par le relèvement de la taxe sur la consommation.


Sources : Agence internationale de l’énergie; FMI, système des cours des produits
de base; Organisation de coopération et de développement économiques;
estimations des services du FMI.
Note : AfSS = Afrique subsaharienne; ALC = Amérique latine et Caraïbes;
CEI = Communauté des États indépendants; MOAN = Moyen-Orient et Afrique
du Nord; OCDE = Organisation de coopération et de développement économiques;
PCMP = prix au comptant moyen du pétrole.

6 Fonds monétaire international | Octobre 2016


CHAPITRE 1 Perspectives et politiques mondiales

du pétrole, la production abondante de gaz naturel en Graphique 1.4. Variations des taux de change
Russie et la faiblesse de la demande en Asie (en parti- effectifs réels, mars 2016–septembre 2016
(En pourcentage)
culier au Japon) ont contribué à ce recul. Aux États-
Unis, les prix du gaz naturel ont par contre légèrement
Depuis mars 2016, les monnaies des pays avancés sont restées plus ou moins
augmenté, en raison de l’augmentation de la demande stables, ou se sont appréciées de manière modeste, à l’exception de la livre
du secteur de l’électricité, qui s’explique par des condi- sterling (qui s’est dépréciée vivement après le référendum du 23 juin en faveur
de la sortie de l’Union européenne) et du yen (qui s’est apprécié de près de 10 %).
tions climatiques plus chaudes que prévu. Les monnaies des pays exportateurs de produits de base se sont généralement
•• Les prix du charbon ont rebondi : les prix moyens en appréciées du fait du rebond des prix de ces produits.
Australie et en Afrique du Sud ont augmenté de 32 %
par rapport à février 2016. 12 Pays avancés 1
9
22 juin 2016 par rapport à mars 2016
Les prix des produits de base hors carburants ont aug- 6 Août 2016 par rapport au 22 juin 2016
Dernières données par rapport à mars 2016
menté aussi : les prix des métaux et des produits de base 3
agricoles ont progressé de 12 % et de 9 %, respectivement. 0
•• Les prix des métaux ont diminué progressivement en –3
raison d’un ralentissement et d’un abandon de l’in- –6
vestissement à forte intensité de produits de base en –9
Chine, mais les récentes mesures de relance ont sou- –12
tenu les prix. GBR SWE SGP AUS ZE CHE USA CAN TWN KOR NOR NZL JPN

•• Parmi les produits de base agricoles, les prix de l’ali-


20 Pays émergents1
mentation ont augmenté de 7 %; cette augmentation
a concerné la plupart des produits, sauf quelques-uns 15 22 juin 2016 par rapport à mars 2016
comme le maïs et le blé. Les prix internationaux n’ont Août 2016 par rapport au 22 juin 2016
10 Dernières données par rapport à mars 2016
pas pleinement reflété le choc climatique jusqu’à ré-
cemment, mais les effets d’El Niño et du risque de La 5
Niña ont commencé à peser sur les marchés interna- 0
tionaux de l’alimentation. En outre, le Brésil, qui est
–5
un gros producteur alimentaire, connaît une sécheresse
prolongée. Les prix du blé ont baissé, car une pro- –10
MEX CHN PHL MYS THA POL IDN PER TUR CHL HUN IND COL ZAF RUS BRA
duction favorable aux États-Unis, dans l’Union euro-
péenne et en Russie a laissé entrevoir une augmenta-
Source : calculs des services du FMI.
tion des stocks. Note : ZE = zone euro; TCER = taux de change effectif réel. Les codes
pays utilisés sont ceux de l’Organisation internationale de normalisation (ISO).
Taux de change et flux de capitaux 1Les dernières données disponibles datent du 16 septembre 2016.

Par rapport au printemps, le dollar et l’euro restent


plus ou moins inchangés en valeur effective réelle (gra- des anticipations de taux d’intérêt encore plus bas dans
phique 1.4, plage 1). Les mouvements les plus no- les pays avancés1.
tables parmi les monnaies des pays avancés à mi-sep- Les flux de capitaux vers les pays émergents se sont
tembre 2016 ont été la dépréciation de la livre sterling redressés après leur net recul au deuxième trimestre de
après le Brexit (environ 9 % depuis le printemps et plus 2015 et un faible début de 2016, en raison des mêmes
de 10 % depuis le référendum du 23 juin) et l’appré- facteurs qui expliquent les variations des taux de change
ciation du yen (environ 10 %). Parmi les monnaies des (graphique 1.5). En particulier, les achats de parts dans
pays émergents, le renminbi a continué de se dépré- des fonds qui se spécialisent dans les investissements
cier progressivement, de plus de 4 % (graphique 1.4, de portefeuille des pays émergents ont augmenté (gra-
plage 2). Les monnaies des pays exportateurs de pro- phique 1.5, plage 1). Les données des quelques pays
duits de base, y compris le réal, le rouble et le rand, se qui ont publié des chiffres complets sur leur balance des
sont généralement appréciées, du fait du redressement
1Parmi les exceptions figurent le peso mexicain, qui s’est affaibli ces
des prix des produits de base et d’une amélioration plus
dernières semaines en raison de l’incertitude liée aux élections améri-
générale de l’état d’esprit des marchés financiers vis- caines, et surtout le naira nigérian, qui s’est déprécié nettement après
à-vis des pays émergents, qui s’explique en partie par que la banque centrale a assoupli le taux de change en juin.

Fonds monétaire international | Octobre 2016 7


PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : DEMANDE MODÉRÉE — SYMPTÔMES ET REMÈDES

Graphique 1.5. Flux de capitaux vers les pays émergents paiements pour le deuxième trimestre confirment une
Après une forte baisse au deuxième semestre de 2015 et au début de 2016, augmentation des entrées de capitaux, surtout des inves-
les flux de capitaux vers les pays émergents se sont redressés depuis février : tissements de portefeuille. La Chine a continué d’enre-
les marchés financiers sont de plus en plus d’avis que les banques centrales
des pays avancés maintiendront une politique monétaire accommodante pendant gistrer des sorties de capitaux et une baisse des réserves de
une plus longue période, les prix des produits de base s’affermissent change, mais à un rythme bien plus modeste qu’au deu-
et les principaux pays émergents semblent se stabiliser.
xième semestre de 2015 et au début de 2016.
40 1. Flux nets dans les pays émergents
30 (en milliards de dollars)
22 mai 2013
Politique monétaire et conditions financières
20
10 Les prix des actifs et l’appétit des marchés pour le
0 risque se sont généralement redressés après les baisses ob-
–10 servées à la suite du référendum au Royaume-Uni (gra-
Crise 1ères ORLT BCE
–20 Crise phique 1.6). Les cours des actions ont atteint des som-
grecque Obligations
–30 irlandaise Actions EM-VXY mets aux États-Unis en août et ont augmenté dans
–40
2010 11 12 13 14 15 Août d’autres pays avancés aussi. Les actions des banques
16
constituent une exception notable, qui s’explique par les
15 2. Entrées de capitaux Pays émergents d’Europe Chine
(en pourcentage du PIB) Amérique latine Total anticipations d’une baisse de la rentabilité des banques,
12 Arabie saoudite car il est maintenant prévu que les taux d’intérêt resteront
9 Pays émergents d’Asie hors Chine
très bas encore plus longtemps, ainsi que par des inquié-
6
tudes relatives aux bilans dans des pays dont le système
3
bancaire est plus vulnérable, comme l’Italie et le Portugal.
0
Face à la persistance d’une inflation faible et à une ac-
–3
tivité languissante, les marchés s’attendent à ce que les
–6
2007 08 09 10 11 12 13 14 15 16 : banques centrales des principaux pays avancés restent ac-
T1 commodantes pendant plus longtemps que prévu précé-
15 3. Sorties de capitaux hors variation des réserves demment (graphique 1.6, plages 1 et 2). En particulier, les
(en pourcentage du PIB)
12
Pays émergents d’Europe Pays émergents d’Asie hors Chine marchés n’attendent maintenant plus qu’une seule aug-
9 Amérique latine Chine mentation des taux aux États-Unis en 2016. Cette évo-
6 Arabie saoudite Total
lution des anticipations est particulièrement notable au
3
Royaume-Uni, où la Banque d’Angleterre a abaissé le taux
0
directeur, a renforcé l’assouplissement quantitatif et a pris
–3
plusieurs autres mesures pour renforcer la confiance après le
–6
2007 08 09 10 11 12 13 14 15 16 : référendum. Les primes d’échéance se sont encore réduites
T1 aussi, avec une nouvelle baisse des taux d’intérêt à long
4. Variation des réserves
15 (en pourcentage du PIB) Pays émergents d’Europe terme dans les pays avancés (graphique 1.6, plage 3). Fin
Amérique latine
12 août, les rendements des obligations publiques américaines
Arabie saoudite
9 Pays émergents d’Asie hors Chine et allemandes à 10 ans avaient diminué de 25 à 30 points
6 Chine
Total de base depuis mars, tandis que ceux des obligations britan-
3 niques à 10 ans avaient baissé de 90 points de base. Les ren-
0 dements ont progressé de manière modeste en septembre.
–3 Un stock élevé d’obligations souveraines des pays
–6 avancés se négocie aujourd’hui à des rendements négatifs,
2007 08 09 10 11 12 13 14 15 16 :
T1 comme noté dans l’édition d’octobre 2016 du Rapport
Sources : Bloomberg, L.P.; EPFR Global; Haver Analytics; FMI, International Financial sur la stabilité financière dans le monde (Global Financial
Statistics; calculs des services du FMI.
Note : Les entrées de capitaux sont les achats nets d’avoirs intérieurs par Stability Report, GFSR). Par ailleurs, le crédit aux sociétés
des non-résidents. Les sorties de capitaux sont les achats nets d’avoirs étrangers non financières et aux ménages continue d’augmenter
par des résidents intérieurs. Pays émergents hors Chine : Inde, Indonésie, Malaisie,
(quoique à un rythme moindre) aux États-Unis et dans
Philippines et Thaïlande; pays émergents d’Europe : Pologne, Roumanie, Russie
et Turquie; Amérique latine : Brésil, Chili, Colombie, Mexique et Pérou; l’ensemble de la zone euro (graphique 1.7).
BCE : Banque centrale européenne; EM-VXY : JP Morgan Emerging Market Volatility L’état d’esprit des marchés à l’égard des pays émer-
Index; ORLT : opérations de refinancement à long terme.
gents s’est amélioré de manière générale, avec une baisse
des écarts de taux, une diminution des taux d’intérêt réels

8 Fonds monétaire international | Octobre 2016


CHAPITRE 1 Perspectives et politiques mondiales

Graphique 1.6. Pays avancés : Graphique 1.7. Pays avancés :


marchés monétaires et financiers crédit, prix immobiliers et bilans
(En pourcentage, sauf indication contraire)
Les marchés s’attendent à ce que les banques centrales des pays avancés Le crédit aux sociétés non financières et aux ménages continue de progresser
maintiennent des taux faibles pendant une période encore plus longue, car
aux États-Unis et dans la zone euro dans son ensemble. Le ratio patrimoine
l’activité économique reste languissante et les tensions inflationnistes modérées.
net des ménages/revenu disponible a généralement continué d’augmenter
L’État d’esprit des opérateurs financiers s’est amélioré de manière générale après
la réaction initiale négative de courte durée au résultat du référendum britannique au Japon et dans la zone euro, alors qu’il s’est stabilisé aux États-Unis.
du 23 juin en faveur de la sortie de l’Union européenne.
30 1. Croissance du crédit aux 2. Ratio patrimoine 950
1. Anticipations du taux 2. Anticipations du taux
4,0 3,0 sociétés non financières net/revenu disponible
directeur américain1 directeur2 25 et aux ménages1 brut des ménages 850
3,5 16 septembre 2013 (en pourcentage; lignes 2,5 (variation en pourcentage
16 septembre 2014 en tirets : PEM avril 2016) 20
3,0 sur 1 an)
16 septembre 2015 2,0 750
2,5 16 septembre 2016 15 États-Unis
États-Unis
1,5 Zone euro
2,0 Zone euro 10 650
Royaume-Uni 1,0
1,5 5
550
0,5
1,0 0
0,5 0,0 Italie États-Unis Zone euro 450
–5
Espagne Japon2
0,0 –0,5
2013 14 15 16 17 18 Août 2015 16 17 18 Sept. –10 350
19 19 2006 08 10 12 14 16 : 2000 02 04 06 08 10 12 14 16 :
3. Principaux taux d’intérêt3 4. Total des actifs des T2 T2
7 Taux moyen d’un prêt banques centrales4 100
6 hypothécaire à taux (en pourcentage 90
fixe sur 30 ans aux EU du PIB de 2008) 80 160 3. Ratio dette/revenu 4. Indices des prix réels 200
5 disponible brut du logement (2000 = 100)
Réserve fédérale 70 des ménages 180
Pays avancés où
4 BCE 60 140
les prix montent4
États-Unis Banque du Japon 160
3 50
40 120 140
2 Allemagne Zone euro
30
1 Japon 100 120
20
0 États-Unis 100
10 États-Unis
80 Zone euro3
–1 0 Japon 80
2007 09 11 13 15 Sept. 2007 09 11 13 15 Sept. Japon
16 16 60 60
5. Marchés d’actions 6. Coefficients de capitalisation 2000 02 04 06 08 10 12 14 16 : 2000 02 04 06 08 10 12 1416 :
200 (indice, 2007 = 100; des résultats3 40 T2 T1
monnaie nationale) États-Unis 35
160 Japon Sources : Banque d’Angleterre; Banque centrale européenne (BCE); Banque
MSCI Emerging Market 30
Allemagne d’Espagne; Bloomberg, L.P.; Haver Analytics; Organisation de coopération
DJ Euro Stoxx Italie 25
120 et de développement économiques; calculs des services du FMI.
20 1Des données sur les flux de fonds sont utilisées pour l’Espagne, les États-Unis

80 15 et la zone euro. Les prêts des banques italiennes aux résidents italiens sont
corrigés de manière à tenir compte des titrisations.
10 2Interpolé à partir du patrimoine net annuel en pourcentage du revenu disponible.
40
S&P 500 3La zone euro inclut le sous-secteur employeurs (y compris les travailleurs à leur
5
TOPIX propre compte).
0 0 4Pays où l’indice de vulnérabilité de l’immobilier résidentiel est supérieur à la médiane
2007 09 11 13 15 Sept. 2007 09 11 13 15 Sept.
16 16 des pays avancés : Australie, Autriche, Belgique, Canada, Corée, Danemark,
Espagne, France, RAS de Hong Kong, Israël, Luxembourg, Norvège, Nouvelle-Zélande,
Sources : Banque d’Espagne; Bloomberg, L.P.; Haver Analytics; Thomson Reuters
Datastream; calculs des services du FMI. Portugal, Royaume-Uni et Suède.
Note : BCE = Banque centrale européenne; DJ = Dow Jones; MSCI = Morgan
Stanley Capital International; S&P = Standard & Poor’s; TOPIX = indice des cours
des actions à Tokyo.
1
Les anticipations reposent sur les contrats à terme sur le taux des fonds fédéraux
pour les États-Unis.
2
Les anticipations reposent sur les contrats à terme sur le taux des fonds fédéraux
pour les États-Unis, le taux interbancaire moyen au jour le jour en livre sterling
pour le Royaume-Uni et le taux interbancaire à terme en euro pour la zone euro.
Les données actuelles datent du 16 septembre 2016 et celles des PEM
d’avril 2016 du 24 mars 2016.
3
Les taux d’intérêt sont les rendements des obligations publiques à 10 ans, sauf
indication contraire. Les données vont jusqu’au 16 septembre 2016.
4
Les données vont jusqu’au 16 septembre 2016. Les calculs de la BCE reposent
sur l’état financier hebdomadaire de l’Eurosystème.
5
Les données vont jusqu’au 16 septembre 2016.

Fonds monétaire international | Octobre 2016 9


PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : DEMANDE MODÉRÉE — SYMPTÔMES ET REMÈDES

à long terme et un redressement des cours des actions au-dessus de leur niveau d’avant la crise, mais encore lar-
(graphiques 1.8 et 1.9). Plusieurs pays émergents ont gement en deçà de leur tendance d’avant la crise.
abaissé leur taux de politique monétaire depuis le prin- Compte tenu de la sévérité de la crise, les progrès sont
temps, y compris plusieurs pays d’Asie où l’inflation est plus visibles en ce qui concerne les écarts de production
contenue (notamment l’Indonésie et la Malaisie), ainsi (graphique 1.10, plage 2). Ces derniers restent négatifs
qu’en Russie et en Turquie. Font figure d’exception à presque partout, ce qui est un symptôme manifeste d’une
cette tendance le Mexique, où le taux directeur a été re- demande mondiale faible, mais les capacités de produc-
levé de 50 points de base après que la monnaie a été mise tion inemployées ont diminué considérablement depuis
sous pression immédiatement après le vote du Brexit, leur pic d’après la crise2. L’ampleur des progrès, ainsi que
ainsi que la Colombie et l’Afrique du Sud, où les taux di- de l’hétérogénéité parmi les pays, apparaît clairement
recteurs ont été relevés afin de maintenir les anticipations aussi dans l’évolution du chômage, qui a diminué consi-
inflationnistes proches de l’objectif fixé. dérablement après avoir atteint un pic, mais reste plus
élevé que son niveau d’avant la crise dans la plupart des
pays. Pour l’ensemble des pays avancés, le taux de chô-
Facteurs qui influent sur les perspectives mage est supérieur à son niveau de 2007 de moins de
Ces dernières années, la croissance économique a été in- 1 point. Dans certains pays (tels que les États-Unis), la
férieure aux attentes tant dans les pays avancés que dans les baisse du chômage à son niveau d’avant la crise surestime
pays émergents. Tandis que l’économie mondiale continue quelque peu la reprise de l’emploi, étant donné la baisse
de s’éloigner de la crise financière mondiale, les facteurs qui du taux d’activité. Cependant, cela n’a pas été le cas dans
influent sur les résultats économiques à l’échelle mondiale les autres pays avancés, où, dans bon nombre de cas, le
deviennent plus complexes. Ils reflètent une combinaison taux d’activité est supérieur à son niveau d’avant la crise
de forces mondiales (tendance démographique, baisse per- (graphique 1.10, plage 4).
sistante de la croissance de la productivité, ajustement à la Ces progrès inégaux du rétablissement macroéco-
baisse des prix des produits de base) et de chocs dus à des nomique dans l’ensemble des pays avancés se superposent
facteurs intérieurs et régionaux. Ces facteurs sont examinés à la tendance de fond qui est liée au vieillissement de la po-
plus bas pour les pays avancés, ainsi que pour les pays pulation et à l’affaiblissement de la croissance de la produc-
émergents et les pays en développement. tivité. La combinaison de ces facteurs plus fondamentaux
a peut-être contribué à une diminution des anticipations
de la croissance de la production potentielle et de la renta-
Pays avancés bilité, ainsi qu’à la faiblesse de la demande actuelle et à une
Les pays avancés se trouvaient à l’épicentre de la crise baisse du taux d’intérêt réel d’équilibre. Des taux d’équi-
financière mondiale. Huit ans après l’effondrement de libre plus bas peuvent à leur tour limiter la stimulation de
Lehmann Brothers, des progrès considérables ont été ac- la demande par des taux d’intérêt faibles.
complis dans la réparation des dégâts macroéconomiques D’autres facteurs ont contribué aussi à orienter les
de la crise. Mais ces progrès sont inégaux, et les cicatrices perspectives des pays avancés. Il s’agit par exemple du ra-
de la crise sont encore assez visibles, surtout dans cer- lentissement et du rééquilibrage de l’économie chinoise
tains pays. La première plage du graphique 1.10 présente (examinés plus en détail ci-après et au chapitre 4), qui im-
les écarts des principaux agrégats macroéconomiques par pliquent une croissance plus modeste de la demande d’ex-
rapport à leurs tendances d’avant la crise (sur la base de portations des pays avancés. Ce ralentissement, conjugué
la période 1996–2005) et leurs niveaux d’avant la crise. au fléchissement de la croissance du commerce mondial
Pour certains pays de la zone euro plus durement tou- qui est examiné au chapitre 2, a eu un impact notable sur
chés par la crise, le PIB et en particulier la demande in- les perspectives des pays asiatiques avancés (Corée, RAS
térieure et l’investissement restent en 2016 bien en deçà de Hong Kong, Singapour, province chinoise de Taiwan)
de leur niveau d’avant la crise et encore plus loin de leur qui sont des économies très ouvertes et qui ont des liens
tendance d’avant la crise. Comme noté dans le GFSR commerciaux étroits avec la Chine. Un autre facteur qui
d’octobre 2016, beaucoup de banques dans la zone euro entre en jeu est le recul des prix des produits de base,
demeurent confrontées à un volume élevé d’actifs com-
2Les révisions à la baisse de la croissance potentielle et la réévaluation
promis, ce qui a peut-être freiné l’octroi de crédit et
de la production potentielle d’avant la crise impliquent des écarts de pro-
étouffé l’investissement. Dans d’autres pays avancés, la de- duction négatifs qui sont bien plus faibles en valeur absolue que ne l’in-
mande, le PIB et l’investissement se situent généralement dique une comparaison des taux de croissance d’avant et d’après la crise.

10 Fonds monétaire international | Octobre 2016


CHAPITRE 1 Perspectives et politiques mondiales

Graphique 1.8. Pays émergents : taux d’intérêt Graphique 1.9. Pays émergents : marchés d’actions et crédit
Les conditions financières dans les pays émergents se sont assouplies depuis Les cours des actions ont augmenté de manière générale ces derniers mois,
février, car les marchés s’attendent à ce que les pays avancés continuent en raison de l’amélioration de l’environnement opérationnel des entreprises
de mener une politique monétaire accommodante pendant une plus longue dans les pays émergents grâce à la montée des prix des produits de base
période, les prix des produits de base se redressent et les pays émergents et à la baisse des coûts de l’emprunt. Cependant, les facteurs de vulnérabilité
aujourd’hui en récession semblent se stabiliser. Les rendements souverains
continuent de s’accumuler dans certains cas, car le ratio crédit/PIB reste
ont baissé et les écarts de taux se sont réduits.
orienté à la hausse.
Pays émergents d’Europe Chine
Pays émergents d’Asie hors Chine Amérique latine 200 1. Marchés d’actions
14 1. Taux directeur (indice, 2007 = 100)
180
(en pourcentage) Pays émergents Amérique latine
12 160
d’Asie hors Chine
140
10
120
8 100
6 80
60 Pays émergents d’Europe Chine
4
2010 11 12 13 14 15 Août 40
2010 11 12 13 14 15 Août
16
1 16
10 2. Taux directeurs réels
(en pourcentage) Croissance réelle du crédit1
8
Février 2016 (variation en pourcentage sur un an)
6 Août 2016
Moyenne février 2016 40 2. 3. 40
4 BRA CHN COL IDN
Moyenne août 2016 IND MEX MYS RUS
2 30 TUR 30
0
20 20
–2
BRA CHL CHN COL IDN IND KOR MEX MYS PER PHL POL RUS THA TUR ZAF
10 10
16 3. Rendements des obligations publiques à 10 ans2
(en pourcentage) 0 0
14
12 –10 –10
10 2009 10 11 12 13 14 15 Juil. 2009 10 11 12 13 14 15 Juin
16 16
8
6 Ratio crédit/PIB1
4
(en pourcentage)
2 85 4. BRA COL 160 5. MEX (échelle 30
2010 11 12 13 14 15 Sept. IDN IND de droite)
16 75 150 25
RUS TUR CHN
600 4. Écarts souverains EMBI2 MYS
65 140
(points de base) 20
500
55 130
400 15
45 120
300 10
35 110
200
25 100 5
100
15 90 0
0 2006 08 10 12 14 16 : 2006 08 10 12 14 16 :
2010 11 12 13 14 15 Sept. T2 T2
16
Sources : Bloomberg, L.P.; Haver Analytics; FMI, International Financial Statistics; Sources : Bloomberg, L.P.; Haver Analytics; FMI, base de données des International
calculs des services du FMI. Financial Statistics (IFS); calculs des services du FMI.
Note : EMBI = JP Morgan Emerging Markets Bond Index; pays émergents d’Asie Note : Les codes pays utilisés sont ceux de l’Organisation internationale
hors Chine : Inde, Indonésie, Malaisie, Philippines, Thaïlande; pays émergents de normalisation (ISO).
d’Europe : Pologne, Roumanie, Russie, Turquie; Amérique latine : Brésil, Chili, 1
Le crédit est constitué des créances des autres institutions de dépôts sur
Colombie, Mexique, Pérou. Les codes pays utilisés sont ceux de l’Organisation le secteur privé (selon les IFS), sauf dans le cas du Brésil, pour lequel le crédit
internationale de normalisation (ISO).
1 au secteur privé est tiré du rapport publié par la banque centrale sur la politique
Déflaté par les projections d’inflation à 2 ans des PEM.
2 monétaire et les opérations de crédit du système financier.
Les données vont jusqu’au 16 septembre 2016.

Fonds monétaire international | Octobre 2016 11


PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : DEMANDE MODÉRÉE — SYMPTÔMES ET REMÈDES

Graphique 1.10. Demande intérieure, écarts de production, chômage et taux d’activité dans les pays avancés

Dans les pays avancés, des progrès inégaux ont été accomplis dans la réparation des dégâts macroéconomiques causés par la crise financière mondiale.
La demande intérieure et l’investissement restent en deçà de leur niveau d’avant la crise dans certains pays de la zone euro. Les capacités de production
inemployées et le chômage ont baissé par rapport aux pics enregistrés après la crise, mais demeurent élevés dans un petit nombre de cas.

1. Écart par rapport à la tendance et au niveau d’avant la crise1


40 (les bâtons en couleurs indiquent les écarts en pourcentage
30 par rapport à la tendance d’avant la crise; les carrés noirs indiquent
20 les écarts en pourcentage par rapport au niveau de 2007)
10
0
–10
–20
–30
Investissement Demande intérieure PIB
–40
–50
Grèce, Italie, Japon Pays avancés d’Asie Autres pays avancés
Portugal, Espagne
2. Écart de production2
2 (en pourcentage de la production potentielle)
0
–2
–4
–6
–8 2016
Écart de production maximum (2008–16)
–10
–12
BAL GRC JPN ESP PRT IRL TWN USA ITA DEU CAN SCN GBR FRA NLD KOR BEL AUS CHE

30 3. Taux de chômage2
(en pourcentage de la population active)
25
Taux de chômage record (2008–16)
20
2007
15 2016
10

0
GRC ESP BAL PRT IRL ITA FRA USA BEL CAN GBR DEU SCN NLD AUS TWN JPN KOR CHE

85 4. Taux d’activité2 2015


(en pourcentage de la population 2007
80
âgée de 16 à 64 ans)
75
70
65
60
55
50
ITA KOR GRC BEL FRA BAL IRL ESP JPN PRT USA DEU AUS GBR NLD CAN SCN CHE

Sources : statistiques du travail de l’Organisation de coopération et de développement économiques; estimations des services du FMI.
1
L’investissement, la demande intérieure et le PIB sont exprimés en valeur réelle. Pour tous les pays sauf le Japon, la tendance d’avant la crise est la tendance
de régression linéaire ajustée pour chaque variable à l’aide des données de 1996–2005. Pour le Japon, la tendance est ajustée pour 2001–05 étant donné la forte
baisse de l’investissement en 1997–98. Pays avancés d'Asie : Australie, Corée, RAS de Hong Kong, RAS de Macao, Nouvelle-Zélande, Singapour, province chinoise
de Taiwan; Autres pays avancés : Allemagne, Autriche, Belgique, Canada, Chypre, Danemark, Estonie, États-Unis, Finlande, France, Islande, Israël, Lettonie, Lituanie,
Luxembourg, Malte, Norvège, Nouvelle-Zélande, Pays-Bas, Royaume-Uni, République slovaque, République tchèque, Saint-Marin, Slovénie, Suède, Suisse.
2
BAL = Estonie, Lettonie, Lituanie; SCN = Danemark, Finlande, Islande, Norvège, Suède. Les autres codes utilisés dans le graphique sont les codes pays
de l’Organisation internationale de normalisation (ISO).

12 Fonds monétaire international | Octobre 2016


CHAPITRE 1 Perspectives et politiques mondiales

qui, comme noté plus en détail au chapitre 1 des PEM Graphique 1.11. Démographie
d’avril 2016, implique des gains exceptionnels pour la plu- Les taux de croissance de la population totale et de la population en âge de
part des pays avancés, mais des pertes considérables de re- travailler diminuent, notamment dans les pays avancés. La part des travailleurs
plus âgés augmente de manière continue dans les pays avancés depuis près
venu disponible pour des pays exportateurs de produits de de 20 ans. Une tendance similaire est apparue dans les pays émergents et les
base tels que l’Australie, le Canada et la Norvège. pays en développement au cours des 10 dernières années, bien que la part des
travailleurs plus âgés reste en deçà de celle observée dans les pays avancés.
Tendance démographique et migrations 3,0 1. Croissance de la population1
Étant donné la faiblesse des taux de fertilité, la crois- 2,5 (en pourcentage)

sance de la population dans les pays avancés diminue de- 2,0 1995–2004
puis 10 ans et devrait encore ralentir au cours des cinq 1,5 2005–15
2016–21
prochaines années et au-delà (graphique 1.11, plage 1)3. 1,0
Le ralentissement de la croissance de la population est 0,5
allé de pair avec un vieillissement de cette dernière : la 0,0
population en âge de travailler (entre 15 et 64 ans) de- –0,5
«Vieux» PA «Nouveaux» PA PE hors Chine Chine PDFR
vrait diminuer au cours des cinq prochaines années (gra-
phique 1.11, plage 2). Ces tendances sont communes
aux «vieux» pays avancés (c’est-à-dire les pays qui sont 3,0 2. Croissance de la population en âge de travailler1
(en pourcentage)
considérés avancés depuis au moins le milieu des an- 2,5
nées 90), mais aussi aux «nouveaux» pays avancés4, qui 2,0 1995–2004
connaissent en fait une transition démographique plus 1,5 2005–15
1,0 2016–21
rapide et plus brutale. En outre, la part des travailleurs
âgés de 55 à 64 ans a augmenté considérablement dans 0,5
les pays avancés au cours des vingt dernières années (gra- 0,0
phique 1.11, plage 3). Le vieillissement de la population –0,5
«Vieux» PA «Nouveaux» PA PE hors Chine Chine PDFR
devrait accentuer la pression sur les systèmes de retraite
et de santé, et peser sur la dynamique de la dette, surtout 3. Part des travailleurs âgés 4. Part des travailleurs âgés
25 de 55 à 64 ans dans de 55 à 64 ans dans 25
quand la main-d’œuvre commencera à diminuer. les pays avancés2 les pays émergents3
Les migrations des pays émergents et des pays en dé- 20 (en pourcentage) (en pourcentage) 20
veloppement au cours des dernières années ont atténué 15 15
l’impact du vieillissement de la population sur la main-
d’œuvre dans les pays avancés (voir le chapitre 4 pour 10 10
plus de détails à ce sujet). La part des migrants dans la Médiane
5 Médiane 5
Fourchette interquartile
population des pays avancés a presque doublé entre 1990 Fourchette interquartile
0 0
et 2015, de 6 à 11 %. Comme la majorité des migrants 1995 2000 05 10 15 1995 2000 05 10 15
est généralement en âge de travailler, les migrations sont
responsables d’environ la moitié de l’augmentation de la Sources : base de données des Nations Unies sur la population et le développe-
ment; estimations des services du FMI.
population en âge de travailler entre 1990 et 2010. Note : Les calculs sont effectués à l’aide d’une moyenne pondérée qui repose sur
Cependant, l’accueil des migrants pose aussi des pro- les parts de la population; PDFR : pays en développement à faible revenu.
1
La population en âge de travailler est définie ici comme étant le nombre de
blèmes pour les pays avancés, surtout lorsque la croissance personnes âgées de 15 à 64 ans. «Vieux» PA = pays considérés comme pays
économique est faible. Les craintes relatives à l’impact avancés en 1996, à savoir Allemagne, Australie, Autriche, Belgique, Canada,
Danemark, Espagne, États-Unis, Finlande, France, Grèce, Irlande, Islande, Italie,
sur les salaires et à un éventuel déplacement des travail- Japon, Luxembourg, Norvège, Nouvelle-Zélande, Pays-Bas, Portugal,
leurs du pays d’accueil, ainsi que les coûts budgétaires à Royaume-Uni, Suède, Suisse. «Nouveaux» PA = Chypre, Corée, Estonie, RAS de
Hong Kong, Israël, Lettonie, Lituanie, RAS de Macao, Malte, République slovaque,
court terme, peuvent accentuer les tensions sociales. Ces République tchèque, Singapour, Slovénie.
craintes peuvent à leur tour provoquer de vives réactions 2
PA (pays avancés) = Allemagne, Australie, Autriche, Belgique, Canada, Corée du
Sud, Danemark, Espagne, Estonie, États-Unis, Finlande, France, Grèce, Irlande,
3La baisse a été plus modérée que ne le laissaient supposer les projec- Islande, Israël, Italie, Japon, Lettonie, Lituanie, Luxembourg, Norvège,
tions démographiques il y a 10 ans, étant donné la forte augmentation Nouvelle-Zélande, Pays-Bas, Portugal, République slovaque, République tchèque,
de l’immigration. Royaume-Uni, Slovénie, Suède, Suisse.
3
4Il s’agit des pays baltes (Estonie, Lettonie, Lituanie), de Chypre, de PE (pays émergents) = Afrique du Sud, Brésil, Chili, Chine, Colombie, Costa Rica,
Hongrie, Inde, Indonésie, Mexique, Pologne, Russie, Turquie.
la Corée, d’Israël, de Porto Rico, de la RAS de Hong Kong, de la RAS
de Macao, de la République slovaque, de la République tchèque, de
Saint-Marin, de Singapour et de la Slovénie.

Fonds monétaire international | Octobre 2016 13


PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : DEMANDE MODÉRÉE — SYMPTÔMES ET REMÈDES

politiques, comme en témoignent la campagne actuelle La croissance décevante de la productivité a constitué


pour les élections présidentielles aux États-Unis et la cam- un facteur essentiel de ce qui s’est avéré être un optimisme
pagne qui a précédé le vote du Brexit au Royaume-Uni. excessif dans les prévisions de croissance des pays avancés
Cependant, lorsqu’ils sont intégrés à la main-d’œuvre, pendant la période qui a suivi la crise5. Ces prévisions fai-
les migrants tendent à profiter aux économies qui les ac- saient généralement état d’un retour de la croissance de la
cueillent. Selon des études antérieures, l’immigration a productivité à des taux proches de ceux observés avant la
des effets positifs à long terme sur le revenu par habitant crise. Bien que les projections de la croissance de la pro-
et la productivité du travail, et peu d’impact sur les taux duction et de la productivité aient été révisées progres-
d’emploi et les salaires des travailleurs des pays d’accueil. sivement à la baisse depuis 2011, la croissance dans les
Cependant, un certain nombre d’études constatent des ef- pays avancés a continué de décevoir même par rapport
fets négatifs sur les tranches des plus bas salaires. Les im- aux prévisions révisées. Par exemple, pendant la période
migrants peuvent atténuer les problèmes budgétaires des 2014–16, elle a été plus faible que prévu dans les PEM
sociétés vieillissantes en réduisant les rapports inactifs/ac- d’octobre 2014 (environ 0,4 point par an) et les PEM ul-
tifs (et, en conséquence, le fardeau des dépenses de soins térieures (graphique 1.12, plage 1, bâtons bleus), en dépit
de santé et de sécurité sociale), même s’ils pèsent sur les de l’amélioration considérable des termes de l’échange liée
soldes budgétaires à court terme. à la baisse des prix des produits de base. La faiblesse de la
Plus récemment, la guerre civile en Syrie et les troubles croissance par rapport aux prévisions, qui est commune à
dans l’ensemble du Moyen-Orient ont entraîné une ré- l’ensemble des pays et régions avancés, s’est accompagnée
surgence des réfugiés dans les pays avancés, surtout en d’un investissement fixe inférieur aux attentes, surtout aux
Europe, ce qui a porté la part des réfugiés dans les flux États-Unis, dans les pays exportateurs de produits de base
migratoires mondiaux à environ 50 % en 2014–15. Il et les pays asiatiques avancés (plage 1, bâtons rouges). Par
sera crucial pour les pays d’accueil d’intégrer les réfugiés contre, la croissance de l’emploi (plage 1, bâtons jaunes)
de manière efficiente et rapide dans la main-d’œuvre lo- a généralement été plus vigoureuse que prévu (d’environ
cale afin de débloquer les avantages nets potentiels de ces ½ point), et le chômage est inférieur aux prévisions dans
apports. Des possibilités d’emploi rémunéré pour les ré- beaucoup de pays. Ces observations font de nouveau appa-
fugiés contribueraient aussi à réduire les tensions sociales raître un fléchissement de la croissance de la productivité
éventuelles et à relever les défis humanitaires de l’absorp- du travail, et la majorité des révisions à la baisse des estima-
tion de populations traumatisées. tions de la croissance de la productivité du travail reflètent
une croissance plus faible que prévu de la productivité to-
Faible croissance de la productivité tale des facteurs.
et bas niveau des taux d’intérêt La faiblesse prolongée de la croissance de la productivité
La faible croissance de la productivité constitue une totale des facteurs a entraîné de nouvelles révisions à la baisse
deuxième tendance importante, dont les causes et la pro- de la croissance potentielle à moyen terme (graphique 1.12,
babilité qu’elle perdure sont bien plus incertaines. Par plage 2) qui aggravent le fléchissement dû aux facteurs dé-
exemple, les PEM d’octobre 2015 indiquaient que la mographiques susmentionnés. La situation démographique
croissance de la productivité du travail pour la période et les anticipations d’une croissance plus faible de la produc-
2008–14 se situait au-dessous de la tendance d’avant la tivité (et donc du revenu disponible) exercent une pression
crise pour l’ensemble d’un échantillon de quelque trente à la baisse sur les taux d’investissement aujourd’hui, car un
pays avancés, à une exception près. Les causes du ralentis- investissement plus faible est nécessaire pour maintenir un
sement de la productivité demeurent incertaines. Il peut ratio capital/production stable. Mais des mécanismes de re-
s’expliquer en partie par les séquelles de la crise et l’atonie tour d’information pourraient être en jeu aussi : les antici-
persistante de l’investissement, ainsi que par l’épuisement pations d’une faible croissance de la demande qui freinent
des gains de productivité tirés de la révolution des tech- l’investissement peuvent peser sur la future production po-
nologies de l’information et des communications, comme tentielle à la fois directement (moins de capacités de produc-
étudié en détail par Fernald (2015) et Gordon (2015) pour tion installées) et indirectement (moins de croissance de la
les États-Unis. Les problèmes de mesure de la producti- productivité totale des facteurs, dans la mesure où de nou-
vité sont sérieux pour certaines parties de l’économie, mais velles technologies sont intégrées dans le capital).
il ressort d’études récentes qu’il est peu probable qu’ils ex-
pliquent une part considérable du ralentissement (Byrne, 5L’optimisme excessif des prévisions de croissance d’après la crise est

Fernald et Reinsdorf, 2016; Syverson, 2016). examiné à l’encadré 1.2 des PEM d’octobre 2014.

14 Fonds monétaire international | Octobre 2016


CHAPITRE 1 Perspectives et politiques mondiales

Le recul très net des niveaux et des trajectoires atten- Graphique 1.12. Pays avancés : croissance, investissement
dues des taux directeurs (graphique 1.6, plages 1 et 2) et emploi dans les éditions récentes des PEM
et en particulier des taux d’intérêt à long terme (gra- Dans les pays avancés, le PIB et l’investissement ont augmenté plus lentement
que prévu ces dernières années, tandis que l’emploi a progressé plus
phique 1.12, plage 3) constitue une autre caractéris- rapidement, ce qui indique une croissance plus faible que prévu de la
tique importante de l’évolution des perspectives des pays productivité du travail. La faiblesse persistante de la croissance de la productivité
a contribué à une baisse des estimations de la croissance potentielle. Les taux
avancés. Comme indiqué plus en détail dans l’édition d’intérêt à long terme devraient aussi être plus bas que prévu, en raison d’une
d’octobre 2016 du GFSR, le recul des taux d’intérêt à diminution éventuelle du taux d’intérêt réel et d’une révision à la baisse des
long terme s’explique par les anticipations d’une baisse prévisions d’inflation.

des taux à court terme et une nouvelle réduction de la 5 1. Emploi, investissement fixe et PIB
(en pourcentage; taux de croissance moyen pour 2014–16)1
prime d’échéance (Hördahl, Sobrun et Turner, 2016).
4 PIB
Les prévisions d’inflation ont baissé aussi, comme noté Investissement
plus en détail au chapitre 3; cependant, la majeure partie 3 Emploi
de la baisse des taux d’intérêt s’explique par un repli
des taux réels. Les estimations du taux d’intérêt naturel, 2

c’est-à-dire le taux d’intérêt auquel l’économie opére-


1
rait à plein emploi sans tensions inflationnistes, ont di-
minué considérablement (voir par exemple Laubach et 0
Oct. 2014 Oct. 2015 Oct. 2016
Williams, 2015; Pescatori et Turunen, 2015).
D’un point de vue conceptuel, une baisse persistante
2,5 2. Croissance potentielle
de la croissance de la productivité réduit le taux de rende- (en pourcentage; taux de croissance moyen)1 2010–15
2016–21
ment du capital et entraîne une baisse du taux d’intérêt 2,0
réel. Comme indiqué au chapitre 3 des PEM d’avril 2014,
la baisse des taux d’intérêt à long terme tient en partie à 1,5

des facteurs démographiques (la demande d’investisse-


1,0
ment diminue tandis que la croissance de la main-d’œuvre
ralentit) et à une augmentation du niveau d’épargne sou- 0,5
haité à la suite de la crise financière mondiale. Une aug-
mentation de la demande d’actifs sûrs constitue un autre 0,0
Oct. 2014 Oct. 2015 Oct. 2016
facteur qui oriente à la baisse les rendements des obliga-
tions publiques à long terme. Cette augmentation s’ex- 5 3. Prévision des PEM pour les taux d’intérêt nominaux à long terme2
plique par une hausse de l’aversion pour le risque au len- (en pourcentage)
demain de la crise financière mondiale, qui est en partie 4
liée aux modifications de la réglementation financière,
3
aux achats d’obligations publiques à long terme par les
banques centrales et à une hausse de la demande d’actifs 2
sûrs à revenu fixe en raison de facteurs démographiques.
1 Oct. 2014 Avril 2015 Oct. 2015
Si l’évolution de certains de ces facteurs est incertaine,
Avril 2016 Oct. 2016
ceux liés à la situation démographique et sans doute à la
0
réglementation financière seront probablement très persis- 2005 07 09 11 13 15 17 19 21
tants, ce qui implique que le taux d’intérêt naturel pour- Source : estimations des services du FMI.
rait bien rester faible à moyen terme. 1
Moyennes simples des taux de croissance annuels calculés pour chaque
édition des PEM.
En conséquence de la baisse du taux d’intérêt naturel, le 2
Moyenne pondérée des taux d’intérêt nominaux à long terme pour les pays
degré d’accommodation monétaire offert par des taux di- avancés, sur la base d’une moyenne mobile sur trois ans du PIB en dollars des
recteurs qui n’avaient jamais été aussi bas pourrait en fait États-Unis.

être moins élevé qu’on ne le pensait. Une baisse persistante


aurait une incidence considérable sur le rôle stabilisateur de
la politique monétaire et sur les cadres appropriés de poli-
tique monétaire de manière plus générale6.

6Voir Williams (2016) pour un examen récent.

Fonds monétaire international | Octobre 2016 15


PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : DEMANDE MODÉRÉE — SYMPTÔMES ET REMÈDES

Pays émergents et pays en développement pouvoirs publics, ce qui a amené les investisseurs à s’in-
Les taux de croissance des pays émergents et des pays terroger sur les objectifs de la politique économique
en développement ont été encore plus variés que ceux chinoise et la vigueur fondamentale de l’économie. En
des pays avancés, et les perspectives demeurent contras- corollaire, une plus grande clarté en ce qui concerne les
tées d’un pays et d’une région à l’autre. En fait, si la crois- objectifs de l’action des pouvoirs publics et une commu-
sance rapide observée dans des pays tels que la Chine et nication plus transparente de la part des principaux diri-
l’Inde a soutenu la croissance mondiale, des récessions geants chinois ces derniers mois ont contribué à stabiliser
profondes dans une poignée de pays émergents et de pays l’état d’esprit à court terme en ce qui concerne la Chine
en développement ont pesé particulièrement lourdement et, par extension, les pays émergents exposés à la
sur l’activité mondiale en 2015 et en 2016 (encadré 1.1). Chine. Néanmoins, les perspectives à moyen terme
Parmi les facteurs qui ont influé sur les taux de crois- de la Chine restent assombries par l’encours élevé de la
sance de ce groupe de pays figurent le ralentissement gé- dette des entreprises dont une grande partie est jugée
néralisé dans les pays avancés, qui est examiné plus haut; à risque (voir l’analyse dans l’édition d’avril 2016 du
le rééquilibrage de l’économie chinoise; l’ajustement à la GFSR). Par ailleurs, les facteurs de vulnérabilité conti-
baisse des prix des produits de base; des conditions ex- nuent de s’accumuler avec la dépendance croissante de
ternes incertaines, avec des variations considérables de l’économie vis-à-vis du crédit, ce qui complique la tâche
l’attitude envers le risque; ainsi que des tensions géopo- difficile du rééquilibrage de l’économie sur plusieurs
litiques et des conflits dans plusieurs pays et régions. Les fronts (s’appuyer davantage sur la consommation et les
enjeux à plus long terme sont notamment une transition services, plutôt que l’investissement et l’industrie, respec-
démographique importante, en particulier dans les pays tivement; mettre un frein au crédit, voir le rapport 2016
émergents, ainsi que les perspectives de diversification des des services du FMI sur les consultations avec la Chine
exportations et de convergence. au titre de l’article IV et les documents de la série des
questions générales). En conséquence, les conditions de
Le rééquilibrage de l’économie chinoise financement extérieur et les perspectives des pays émer-
et ses implications internationales gents et des pays en développement continueront d’être
déterminées dans une large mesure par la manière dont
La transition de la Chine vers une économie axée da- les marchés considèrent les chances de la Chine de res-
vantage sur la consommation et les services continue tructurer et de rééquilibrer son économie avec succès.
d’avoir une incidence sur les autres pays émergents, no-
tamment les pays producteurs de produits de base et ceux Ajustement à la baisse des prix des produits de base
exposés au secteur manufacturier chinois. Comme noté L’ajustement à la baisse des prix des produits de base se
précédemment (voir, par exemple, le rapport 2016 du poursuit dans les pays exportateurs de ces produits. Les
FMI sur les Perspectives économiques régionales de la ré- implications macroéconomiques du choc sur les termes
gion Asie–Pacifique), les répercussions du rééquilibrage de l’échange ont été examinées en détail au chapitre 2 des
et du ralentissement progressif de l’économie chinoise sur PEM d’octobre 2015. Les PEM d’avril 2016 ont montré
la croissance et le commerce mondiaux ont été considé- l’ampleur de la redistribution internationale du revenu
rables, ce qui n’est pas surprenant, étant donné que, en qui a résulté des variations des termes de l’échange, ainsi
2015, le PIB chinois dépassait, aux taux de change du que sa forte corrélation avec les résultats macroécono-
marché, le PIB agrégé des 12 plus gros pays émergents et miques. Le graphique 1.13 offre une actualisation des
pays en développement. Mais l’évolution de l’économie gains et des pertes de revenus dans les plus grands pays
chinoise a de plus en plus d’incidence sur un éventail émergents et pays en développement à la suite des varia-
plus large de pays émergents par le biais de l’état d’es- tions des prix des produits de base, compte tenu du scé-
prit des marchés financiers et de la contagion internatio- nario de référence révisé pour ces prix7. Le graphique
nale (comme analysé en détail dans le chapitre sur les ef-
fets d’entraînement du présent rapport). Comme on l’a 7Il s’agit d’une estimation de la variation du revenu disponible qui ré-
vu dans les épisodes de désengagement observés dans les sulte des fluctuations des prix des produits de base. Le gain dans l’année
pays émergents en août 2015 et en janvier 2016, les en- t pour un pays qui exporte x dollars américains du produit A et importe
volées de l’aversion pour le risque vis-à-vis des pays émer- m dollars américains du produit B dans l’année t–1 est égal à :
(∆ ​pt​  ​  ​ ​xt-1 t-1) t-1
A ​  ​​  - ∆ ​p​ B​  ​ ​m​  ​​ ​ / ​Y​  ​​​, où ​∆ ​p​ A​  ​​ et ​∆ ​p​ B​  ​​sont les variations en pourcen-
gents ont coïncidé avec des variations du taux de change t t
tage des prix de A et de B entre l’année t–1 et l’année t, et Y est le PIB
t

du renminbi faisant suite à des mesures prises par les dans l’année t–1 en dollars américains. Voir aussi Gruss (2014).

16 Fonds monétaire international | Octobre 2016


CHAPITRE 1 Perspectives et politiques mondiales

illustre clairement l’ampleur des pertes de revenus en Graphique 1.13. Pays émergents : gains et pertes résultant
2015, qui se concentrent sur les pays exportateurs de pé- des variations des termes de l’échange, et taux de change réels
trole. Les prévisions relatives aux gains et aux pertes en Étant donné la stabilisation et le rebond des prix des produits de base ces
derniers temps, les gains et les pertes résultant des variations des termes de
2016–17 sont bien plus faibles que les chiffres de 2015, l’échange en 2016–17 devraient être plus faibles qu’en 2015. Les ajustements
et ont diminué depuis le printemps étant donné le re- des taux de change opérés au cours des derniers mois sont corrélés de manière
bond modeste des prix des produits de base. Par ailleurs, positive avec les fluctuations des gains et des pertes résultant des variations
des termes de l’échange qui sont attendus pour 2016–17.
il s’agit de gains et de pertes par rapport à l’année précé-
dente, qui impliquent donc une nouvelle baisse du re- 10 1. Pertes résultant des variations des termes de l’échange1
(en pourcentage du PIB)
venu dans des pays déjà gravement touchés par le choc
0
de l’année précédente. La phase «aiguë» du choc est peut-
être terminée pour plusieurs pays exportateurs de pro- –10
duits de base (en particulier ceux où les taux de change se
sont ajustés), mais des ajustements supplémentaires s’an- –20
2015
noncent, en particulier dans la sphère budgétaire, ce qui 2016–17 (prix des produits de base en août 2016)
–30
implique des perspectives moroses pour la demande inté- 2016–17 (prix des produits de base en avril 2016)
rieure, notamment pour l’investissement, étant donné la –40
IRQ SAU KAZ VEN IRN ECU MYS PER BRA IDN
forte intensité en capital des industries extractives.
QAT ARE DZA AGO RUS COL SYR MEX ARG
Le lien entre les prix des produits de base et les va-
riations des taux de change depuis le printemps dernier 8 2. Gains résultant des variations des termes de l’échange1
est illustré à la troisième plage du graphique 1.13, qui (en pourcentage du PIB)
montre que les fluctuations des taux de change effectifs 6
2015
réels entre mars 2016 et juillet 2016 sont corrélées posi- 2016–17 (prix des produits de base en août 2016)
4
tivement avec les variations de la prévision des gains et 2016–17 (prix des produits de base en avril 2016)
des pertes de revenus pour 2016 et 2017 qui résultent 2
des variations des termes de l’échange (différence entre
les ronds jaunes et les losanges rouges dans les plages 1 0
et 2). Mais les mouvements des prix des produits de
–2
base ont été bien moins spectaculaires que ceux de la pé- PRY BLR ROM TUR TUN PAN PHL HUN BWA IND
riode 2014–15. En conséquence, les réactions des taux ZAF EGY URY POL HRV GTM CHN CRI BGR
de change ont généralement été plus modérées que celles 3. Gains et pertes résultant des variations
Variation du TCER entre mars et août 2016

20 des termes de l’échange, et taux de change réel


observées au cours de l’année précédente.
BRA
15 IND
Démographie et convergence y = 2,90 x + 1,11
TUR ZAF
(en pourcentage)

10 RUS R² = 0,14
Comme le montre le graphique 1.11, un grand MAR
URY
5 PAK CHL
nombre de pays émergents connaissent aussi une transi- COL
MYS KAZ
tion démographique, avec une baisse des taux de crois- 0
sance de la population qui est encore plus nette pour la THA IDN
–5 HUN PER
population en âge de travailler que pour la population ROM MEX
POL CRI PHL TUN
globale. La transition est particulièrement rapide pour la –10
–1,5 –1,0 –0,5 0,0 0,5 1,0 1,5 2,0 2,5 3,0
Chine, où le taux de croissance de la population devrait Variation en pourcentage des gains/pertes résultant des variations
tomber à ¼ % sur les cinq prochaines années (contre des termes de l’échange qui sont attendus pour 2016–17
½ % pendant la dernière décennie). La diminution du entre mars et août 2016 (en points de pourcentage)

taux de croissance de la population chinoise en âge de Source : estimations des services du FMI.
travailler est encore plus spectaculaire : elle devrait de- Note : TCER : taux de change effectif réel. Les codes pays utilisés sont ceux
de l’Organisation internationale de normalisation (ISO).
venir négative au cours des cinq prochaines années8. 1
Les gains (pertes) pour 2016–17 sont des moyennes simples des gains (pertes)
Dans les pays à faible revenu, les taux de croissance de la annuels pour 2016 et 2017. Pour des détails sur les calculs, voir la note 7 en bas
de page dans le texte du chapitre.

8Par contre, la tendance démographique en Inde est relativement


plus favorable, et la part de la population en âge de travailler devrait
progresser dans les décennies à venir (Aiyar et Mody, 2011).

Fonds monétaire international | Octobre 2016 17


PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : DEMANDE MODÉRÉE — SYMPTÔMES ET REMÈDES

Graphique 1.14. Taux de croissance réelle par habitant et environ 45 % dans les pays en développement à faible
et convergence (1995–2020) revenu, et environ 30 % dans les autres pays émergents.
Le revenu réel par habitant dans les «vieux» pays avancés
Les pays émergents et les pays à faible revenu ont réduit l’écart de revenu par
rapport aux pays avancés bien plus rapidement pendant la période 2005–15 (c’est-à-dire les pays classés parmi les pays avancés de-
que pendant la décennie précédente, mais le rythme moyen de convergence puis au moins le milieu des années 90) n’a progressé que
devrait ralentir au cours des cinq prochaines années.
d’environ 5 %. En conséquence, les régions en dévelop-
10 1. Croissance du revenu réel par habitant
(en pourcentage)
pement ont réduit l’écart de revenu par rapport aux pays
8
avancés sur la période de 10 ans qui a pris fin en 2015 : le
1995–2005 revenu réel par habitant est passé d’environ 13 % de celui
6 2005–15 des «anciens» pays avancés à 30 % en Chine, de 21 %
2015–20 à 26 % dans les autres pays émergents, et de 6 % à 8 %
4
dans les pays en développement à faible revenu. Pour
2
les trois groupes, ces gains ont été trois à cinq fois plus
élevés que ceux observés pendant la décennie précédente
0 (1995–2005).
«Vieux» PA «Nouveaux» PA PE hors Chine Chine PDFR
L’écart de croissance par habitant entre la plupart des
2. Revenu réel par habitant par rapport aux «vieux» pays avancés pays émergents et des pays en développement et les pays
100 (en pourcentage)
avancés devrait rester bien en deçà de celui observé pen-
80 dant la décennie précédente, et le rythme de la conver-
1995
gence deviendra plus inégal. Au cours des cinq prochaines
60 2005
2015 années, les pays en développement à faible revenu, dont
40 2020 beaucoup connaissent un fléchissement brutal de la crois-
sance de la production, mais en même temps une crois-
20 sance très élevée de la population, devraient réduire l’écart
de revenu par rapport aux pays avancés d’à peine plus de
0
«Vieux» PA «Nouveaux» PA Chine PDFR ½ point, les autres pays émergents de 2 points seulement,
Source : estimations des services du FMI. alors que la Chine le réduirait encore de 7 points. Les
Note : PDFR : pays en développement à faible revenu. nouveaux pays avancés, qui ont maintenu une croissance
1
«Vieux» PA = pays considérés comme pays avancés en 1996, à savoir
Allemagne, Australie, Autriche, Belgique, Canada, Danemark, Espagne, États-Unis, remarquablement élevée au cours des 10 dernières années,
Finlande, France, Grèce, Irlande, Islande, Italie, Japon, Luxembourg, Norvège, même si leur revenu par habitant initial était relative-
Nouvelle-Zélande, Pays-Bas, Portugal, Royaume-Uni, Suède, Suisse. «Nouveaux»
PA = Chypre, Corée, Estonie, RAS de Hong Kong, Israël, Lettonie, Lituanie, RAS de ment élevé (environ 70 % de celui des vieux pays avancés
Macao, Malte, République slovaque, République tchèque, Singapour, Slovénie, en 2005), devraient encore réduire leur écart par rapport
province chinoise de Taiwan.
aux pays avancés d’environ 4 points, après un gain de
17 points lors de la décennie précédente.
population demeurent bien plus élevés, atteignant plus
du double du taux des pays émergents hors Chine9. Il Les prévisions
convient de prendre en compte ces variations entre pays,
régions et niveaux de développement dès lors qu’il s’agit Hypothèses de politique économique
de se servir des taux de croissance du PIB pour évaluer
Dans l’ensemble des pays avancés, il est prévu que la
l’évolution du revenu par habitant ou par travailleur ou la
politique budgétaire soutiendra modérément l’activité
convergence des revenus aux niveaux des pays avancés.
économique en 2016, un peu plus que prévu dans les
Le graphique 1.14 présente la croissance du revenu
PEM d’avril 2016 (graphique 1.15). La politique bud-
par habitant dans ces mêmes groupes de pays. Le revenu
gétaire (mesurée par l’impulsion budgétaire)10 devrait
réel par habitant dans l’ensemble des pays considérés a
être expansionniste au Canada (plus de 1 point) et en
augmenté de 50 % entre 2005 et 2015, les gains se ré-
Allemagne (0,8 point) et dans une moindre mesure en
partissant de manière inégale : près de 140 % en Chine
Italie et aux États-Unis (½ point). Elle devrait être plus
9L’Afrique subsaharienne, en particulier, enregistrera une hausse pro- ou moins neutre au Japon et restrictive au Royaume-Uni
noncée continue de la part de la population en âge de travailler au cours
des prochaines décennies (voir le chapitre 2 de l’édition d’avril 2015 des 10L’impulsion budgétaire est l’inverse de la variation du ratio solde

Perspectives économiques régionales pour l’Afrique subsaharienne). budgétaire structurel/production potentielle.

18 Fonds monétaire international | Octobre 2016


CHAPITRE 1 Perspectives et politiques mondiales

(0,8 point). Dans les pays émergents et les pays en déve- Graphique 1.15. Indicateurs budgétaires
(En pourcentage du PIB, sauf indication contraire)
loppement, les soldes structurels agrégés devraient rester
plus ou moins inchangés pour 2016, mais avec des diffé- La politique budgétaire devrait être légèrement expansionniste en 2016
rences marquées selon les pays et les régions. dans les pays avancés dans leur ensemble et plus ou moins neutre
La politique monétaire dans les pays avancés de- dans les pays émergents et les pays en développement dans leur ensemble,
mais avec des différences entre les pays.
vrait se durcir plus lentement que prévu dans les PEM
4 1. Variation du solde budgétaire structurel
d’avril 2016. Le taux directeur aux États-Unis devrait
monter progressivement, mais régulièrement, pour at- 3
2012 2013 2014
teindre un niveau d’équilibre à long terme de 2¾ % d’ici 2 2015 2016 PEM avril 2016
2020, soit un niveau bien plus bas qu’avant la crise. Des
taux directeurs très bas devraient rester en place pendant 1

une période plus longue au Royaume-Uni, dans la zone 0


euro et au Japon, et les taux à court terme devraient rester
–1
inférieurs à zéro dans la zone euro et au Japon jusqu’à
fin 2020. Les hypothèses de politique monétaire sur les- –2
Pays avancés Pays émergents Allemagne Espagne,
quelles reposent les prévisions pour les pays émergents hors zone euro et pays en et France Irlande, Italie,
varient, car leurs circonstances varient. développement Portugal

2 2. Solde budgétaire
Autres hypothèses
Les prévisions de référence pour la croissance mondiale 0

en 2016 et en 2017 reflètent des conditions financières –2


plus ou moins accommodantes, un redressement partiel
–4
des prix des produits de base et une atténuation des ten-
Monde
sions géopolitiques en 2017 et au-delà. Il est supposé que –6
Pays avancés
l’Union européenne et le Royaume-Uni s’arrangent pour –8 Pays émergents et
éviter une forte hausse des barrières économiques, et que pays en développement
–10
les séquelles politiques du Brexit sont limitées. La norma- 2001 04 07 10 13 16 19 21
lisation de la politique monétaire aux États-Unis se dé-
roule en souplesse, sans augmentation prolongée de la vo- 160 3. Dette publique brute
latilité sur les marchés financiers, ni de brutales variations 140 Monde
Pays avancés1
des taux d’intérêt à long terme. Les conditions financières 120 Pays émergents ou en développement d’Asie
dans les pays émergents sont légèrement plus accommo- Principaux pays avancés1,2
100
dantes que prévu dans les PEM d’avril 2016, étant donné Amérique latine et Caraïbes
80
la diminution des écarts de taux d’intérêt et le redresse- Autres pays émergents
60 et pays en développement
ment des cours des actions lors des derniers mois (gra-
phique 1.8). Les prix du pétrole augmentent progres- 40
sivement sur l’horizon de prévision, d’une moyenne de 20
43 dollars le baril en 2016 à 51 dollars le baril en 2017. 1950 60 70 80 90 2000 10 21
Comme dans les prévisions des PEM d’avril 2016, les
tensions géopolitiques dans quelques pays du Moyen- Source : estimations des services du FMI.
Note : PEM : Perspectives de l’économie mondiale.
Orient restent élevées pour le reste de l’année, avant de 1
Les données jusqu’à 2000 excluent les États-Unis.
2
s’atténuer en 2017, ce qui permet aux pays les plus dure- Allemagne, Canada, États-Unis, France, Italie, Japon, Royaume-Uni.
ment touchés de se redresser progressivement.

Perspectives mondiales pour 2016 et 2017


La croissance mondiale devrait rester modeste en 2016,
à 3,1 %, soit un peu moins que prévu dans les PEM
d’avril 2016 (tableau 1.1). Cette prévision incorpore une

Fonds monétaire international | Octobre 2016 19


PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : DEMANDE MODÉRÉE — SYMPTÔMES ET REMÈDES

activité un peu plus faible que prévu jusqu’à la fin du deu- fait principalement d’un affermissement de la reprise
xième semestre de 2016 dans les pays avancés, ainsi que les aux États-Unis et au Canada, ainsi que d’un rebond au
implications du résultat du référendum britannique en fa- Japon, grâce aux mesures de relance budgétaire qui ont
veur de la sortie de l’Union européenne. La reprise devrait été prises récemment. Par contre, la croissance devrait
prendre de la vigueur en 2017 et au-delà, portée princi- être plus faible dans la zone euro et au Royaume-Uni, en
palement par les pays émergents et les pays en développe- raison des répercussions macroéconomiques de la montée
ment, tandis que la situation dans les pays en difficulté se de l’incertitude qui fait suite au référendum britannique.
normalise progressivement. Comme noté ailleurs dans le présent chapitre, les pers-
La croissance dans les pays émergents et les pays en dé- pectives moroses de la croissance mondiale impliquent
veloppement devrait s’affermir à 4,2 % en 2016, après un ralentissement du rythme de l’amélioration du niveau
cinq années consécutives de ralentissement, pour re- de vie à l’échelle mondiale. Cette tendance peut être illus-
présenter plus de trois quarts de la croissance mondiale trée par la distribution de la population mondiale selon
prévue en 2016. Cependant, en dépit d’une amélioration les taux de croissance par habitant. Tandis que les taux de
des conditions de financement extérieur, les perspectives croissance des pays émergents et des pays en développe-
de ces pays sont inégales et généralement plus maussades ment devraient rester bien en deçà de ceux des dix der-
que par le passé. Une combinaison de facteurs peut ex- nières années, la part de la population mondiale vivant
pliquer cette faiblesse : un ralentissement en Chine, dont dans des régions qui enregistrent une croissance réelle par
les retombées sont amplifiées par le recours moindre de habitant de plus de 2 % par an devrait diminuer de près
la Chine à un investissement à forte intensité d’impor- de 10 points entre les périodes 2005–10 et 2016–21.
tations et de ressources; l’ajustement continu à la baisse
structurelle des recettes tirées des produits de base dans
Perspectives mondiales à moyen terme
plusieurs pays exportateurs de ces produits; les répercus-
sions de la faiblesse persistante de la demande des pays Au-delà de 2017, la croissance mondiale devrait s’ac-
avancés; ainsi que des conflits intérieurs, des discordes célérer progressivement pour atteindre 3,8 % d’ici la fin
politiques et des tensions géopolitiques dans un certain de l’horizon de prévision. Cette reprise de l’activité mon-
nombre de pays. diale, qui devrait s’expliquer entièrement par les résultats
Dans les principaux pays avancés, la reprise devrait ra- des pays émergents et des pays en développement, repose
lentir cette année : la croissance devrait s’établir à 1,6 %, sur la normalisation des taux de croissance dans les pays
soit ½ point de moins qu’en 2015. Les perspectives mo- et régions en difficulté ou dont la croissance se situe bien
roses de ces pays sont le résultat de plusieurs forces com- en deçà du potentiel en 2016–17 (comme le Nigéria, la
munes, y compris les séquelles de la crise financière Russie, l’Afrique du Sud, l’Amérique latine et certaines
mondiale (dette élevée, comme indiqué dans l’édition d’oc- parties du Moyen-Orient), le maintien de la transition
tobre 2016 du Moniteur des finances publiques; vulnéra- de l’économie chinoise vers une croissance axée sur la
bilité du secteur financier, comme indiqué dans l’édition consommation et les services, ainsi que la résilience persis-
d’octobre 2016 du GFSR; et faiblesse de l’investissement) tante d’autres pays. La reprise reflète aussi le poids croissant
et la faible croissance de la productivité, comme noté plus des grands pays émergents dans l’économie mondiale, tels
haut dans le présent chapitre. L’incertitude économique, que la Chine et l’Inde, dont la croissance est largement su-
politique et institutionnelle qui résulte du vote du Brexit périeure à la moyenne mondiale. Comme indiqué à l’en-
devrait aussi avoir des conséquences macroéconomiques né- cadré 1.1, ces deux facteurs représentent la majeure partie
gatives, surtout dans les pays européens avancés. de l’accélération attendue de la croissance mondiale. Le
L’accélération prévue de la croissance mondiale à rythme de l’activité économique dans les pays avancés de-
3,4 % en 2017 repose largement sur une accélération de vrait rester modéré, parallèlement à leur potentiel réduit,
la croissance dans les pays émergents et les pays en dé- du fait du vieillissement de la population, mais la crois-
veloppement, où l’atténuation des pressions à la baisse sance du PIB par travailleur devrait atteindre des niveaux
sur l’activité dans des pays qui se trouvaient en réces- plus ou moins conformes à sa moyenne des vingt dernières
sion en 2016, tels que le Brésil, le Nigéria et la Russie, années. Au sein du groupe des pays émergents et des pays
devrait plus que compenser le ralentissement continu en développement, la croissance devrait s’accélérer à moyen
de la croissance en Chine. Dans les pays avancés, la terme dans les pays en développement à faible revenu,
croissance devrait remonter modestement à 1,8 % (0,2 mais rester en deçà des taux des dix dernières années, tant
point de moins que dans les PEM d’avril 2016) du en valeur absolue que par habitant.

20 Fonds monétaire international | Octobre 2016


CHAPITRE 1 Perspectives et politiques mondiales

Perspectives économiques des pays et régions des prix du pétrole, une expansion budgétaire mo-
deste en 2016 et une politique monétaire accommo-
Pays avancés
dante soutiendront la croissance, alors que la baisse de
•• Au Royaume-Uni, une croissance plus lente est attendue la confiance des investisseurs due à l’incertitude qui fait
depuis le référendum, car l’incertitude qui a suivi le suite au vote du Brexit pèsera sur l’activité. La crois-
vote du Brexit pèse sur les décisions d’investissement et sance pour la zone dans son ensemble devrait ralentir
d’embauche des entreprises, ainsi que sur les achats de légèrement, à 1,7 % en 2016 et à 1,5 % en 2017. En
biens durables et de logements par les consommateurs. Allemagne, la croissance devrait s’accélérer cette année,
La croissance devrait atteindre 1,8 % en 2016 et 1,1 % à 1,7 %, avant de fléchir à 1,4 % en 2017. En France,
en 2017, avec pour hypothèses des négociations post- elle devrait se stabiliser à 1,3 % en 2016 et en 2017. En
Brexit qui se déroulent sans difficulté et une augmenta- Espagne, la croissance devrait rester plus ou moins stable
tion limitée des barrières économiques. Les prévisions en 2016 et ralentir de 3,1 à 2,2 % en 2017. En Italie,
de croissance à moyen terme ont aussi été révisées à la elle devrait s’accélérer légèrement, de 0,8 % en 2016 à
baisse, à 1,9 % (0,2 point de moins que la prévision des 0,9 % en 2017. La croissance potentielle à moyen terme
PEM d’avril 2016), car l’augmentation des obstacles au dans la zone euro devrait atteindre 1,4 % : elle est freinée
commerce, aux migrations et aux flux de capitaux de- par une évolution démographique défavorable, les sé-
vraient éroder le potentiel de croissance. quelles de la crise (chômage et dette élevés, et, dans cer-
•• Aux États-Unis, une activité plus lente que prévu au tains pays, bilans bancaires dégradés) et des obstacles
deuxième semestre de 2015 et au premier semestre de structurels profondément ancrés qui entravent la crois-
2016 laisse entrevoir un certain essoufflement, bien sance de la productivité totale des facteurs.
que la politique budgétaire ait légèrement soutenu •• Au Japon, la croissance devrait demeurer faible,
l’activité et que le rythme attendu de la normalisation conforme à son potentiel, à 0,5 % en 2016, avant de
de la politique monétaire soit plus lent. La création passer à 0,6 % en 201712. Le report du relèvement de
d’emplois a été dynamique, le marché du logement la taxe sur la consommation, les mesures propices à la
s’améliore et les dépenses de consommation restent ro- croissance qui ont été annoncées récemment, y com-
bustes. Cependant, un cycle prolongé de correction pris le budget supplémentaire, et la poursuite de l’as-
des stocks et l’atonie de l’investissement des entreprises souplissement monétaire soutiendront la consomma-
ont entraîné une révision à la baisse de la prévision tion privée à court terme, ce qui compensera en partie
pour 2016, à 1,6 %. La faiblesse des dépenses d’équi- la montée de l’incertitude, l’appréciation récente du
pement reflète en partie des investissements encore né- yen et la faible croissance mondiale. Les perspectives à
gatifs dans le secteur de l’énergie, une appréciation du moyen terme restent moroses, principalement à cause
dollar, des turbulences financières plus tôt dans l’année de la diminution de la population.
et une montée de l’incertitude entourant l’action des •• Les perspectives des autres pays avancés sont contras-
pouvoirs publics en raison du cycle électoral. En 2017, tées. En Suède, la reprise restera vigoureuse, avec
la croissance devrait s’accélérer pour atteindre 2,2 %, une croissance de 3,6 % en 2016 et de 2,6 % en
tandis que le frein exercé par la baisse des prix de 2017, portée par une politique monétaire expansion-
l’énergie et l’appréciation du dollar se réduit. La crois- niste, une hausse de l’investissement résidentiel et
sance potentielle à moyen terme, qui devrait atteindre des dépenses budgétaires liées à l’accueil des réfugiés.
1,8 %, est ralentie par le vieillissement de la popula- L’activité économique devrait s’accélérer de manière
tion et la faible croissance de la productivité totale des modeste en Suisse, où la croissance devrait atteindre
facteurs, qui est une tendance récente qui se maintient.
•• En 2016–17, la reprise dans la zone euro devrait être Irlande (ainsi qu’à une révision en baisse considérable de la position ex-
légèrement plus faible qu’en [Link] bas niveau térieure globale nette de l’Irlande en raison de l’augmentation des enga-
gements envers des non-résidents). La relocalisation d’entreprises a été
11La croissance du PIB de l’Irlande pour 2014–15 a été révisée à la liée aussi à une augmentation des exportations nettes et du PIB irlan-
hausse de plus de 20 points de pourcentage sur deux ans, principale- dais. En conséquence, la croissance de la zone euro en 2015 a été révisée
ment en raison des activités d’entreprises multinationales qui ont eu un à la hausse aussi, de plus de 0,3 point.
impact limité sur l’économie réelle du pays. En particulier, la restructu- 12La prévision ne tient pas compte de la modification du cadre de

ration d’entreprises au moyen d’un transfert en Irlande de l’intégralité politique monétaire de la Banque du Japon annoncé le 21 septembre
des bilans, le déplacement d’actifs dans des filiales irlandaises et le ra- 2016, qui inclut un objectif de taux d’intérêt nul pour les obligations
chat d’entreprises étrangères par des entités domiciliées en Irlande ont publiques à 10 ans et un engagement à dépasser temporairement l’ob-
conduit à une variation considérable du stock des actifs physiques en jectif d’inflation de 2 %.

Fonds monétaire international | Octobre 2016 21


PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : DEMANDE MODÉRÉE — SYMPTÔMES ET REMÈDES

1 % en 2016 et 1,3 % 2017, tandis que les effets de importante et la formalisation du dispositif de ciblage
l’appréciation du franc s’atténuent. La baisse des re- de l’inflation) et un regain de confiance devraient sou-
cettes tirées des produits de base et la diminution de tenir la demande des consommateurs et l’investisse-
l’investissement dans le secteur des ressources pèsent ment. Cependant, à court terme, l’investissement privé
sur l’économie de la Norvège, où la croissance ne de- sera probablement freiné par la dégradation des bilans
vrait atteindre que 0,8 % en 2016. L’activité devrait des entreprises et des banques publiques. Parmi les
s’accélérer en 2017, grâce à des politiques budgétaire et pays de l’ASEAN-5 (Indonésie, Malaisie, Philippines,
monétaire expansionnistes, à une monnaie plus com- Thaïlande, Viet Nam), la croissance devrait ralentir en
pétitive et à un redressement progressif des prix du Malaisie et au Viet Nam cette année (4,3 % et 6,1 %,
pétrole. La croissance devrait rebondir à compter de respectivement) en partie à cause d’un affaiblissement
2007 dans les autres pays avancés exportateurs de pro- de la demande extérieure, alors qu’elle devrait s’accé-
duits de base, sous l’effet de dépréciations monétaires lérer par rapport à 2015 en Indonésie, aux Philippines
et de politiques économiques accommodantes. Au et en Thaïlande (4,9 %, 6,4 % et 3,2 %, respective-
Canada, la croissance devrait atteindre 1,2 % en 2016, ment). La croissance dans tous les pays membres de
freinée par l’impact considérable des feux de forêt dans l’ASEAN-5 devrait s’affermir en 2017 et par la suite.
la province de l’Alberta sur la production de pétrole au •• L’activité économique en Amérique latine et dans les
deuxième trimestre, avant de monter à 1,9 % en 2017, Caraïbes continue de ralentir : une contraction de 0,6 %
tandis qu’en Australie, la croissance devrait s’établir au- est prévue pour 2016 (une dégradation de 0,1 point
tour de 2,8 % pour les deux années. Parmi les autres de plus que la prévision d’avril). Une reprise devrait
pays avancés d’Asie, la croissance en 2016 devrait flé- s’installer en 2017, avec une croissance de 1,6 % (une
chir à Singapour (1,7 %) et dans la région administra- amélioration de 0,1 point de plus que prévu en avril).
tive spéciale de Hong Kong (1,4 %), et s’accélérer de Cependant, comme indiqué dans les PEM d’avril 2016,
manière modeste en Corée (2,7 %) et dans la province la croissance agrégée de la région masque une hétéro-
chinoise de Taiwan (1 %). La croissance dans ces quatre généité considérable : bien que plusieurs pays s’enlisent
économies très ouvertes devrait s’accélérer plus vigou- dans une récession, la plupart des pays de la région enre-
reusement à compter de 2017, à mesure que l’affer- gistreront encore une expansion en 2016.
missement du commerce mondial améliore leurs pers- oo La confiance semble avoir atteint son niveau le plus
pectives d’exportation. bas au Brésil, et il est prévu que la croissance at-
teindra –3,3 % en 2016 et 0,5 % en 2017, en sup-
Pays émergents et pays en développement posant que l’incertitude entourant la situation po-
•• En Chine, la croissance devrait atteindre 6,6 % en 2016 litique et l’action gouvernementale diminue et que
grâce au soutien des pouvoirs publics, avant de ralentir à les effets des chocs économiques antérieurs s’es-
6,2 % en 2017 faute d’une nouvelle impulsion. Pour les tompent. Pour les deux années, cette prévision
prévisions à moyen terme, il est supposé que l’économie est supérieure d’environ ½ point aux prévisions
continuera de se rééquilibrer en poursuivant sa transi- d’avril dernier. L’Argentine a engagé une transition
tion de l’investissement à la consommation et de l’in- importante et indispensable vers un cadre de poli-
dustrie aux services, grâce à des réformes qui renforcent tique économique plus cohérent et durable, dont le
le dispositif de sécurité sociale et à la déréglementation coût s’est avéré plus élevé que prévu en 2016, avec
du secteur des services. Cependant, la dette non finan- une prévision de croissance de –1,8 % (contre une
cière devrait continuer d’augmenter à un rythme in- prévision de –1 % en avril). La croissance devrait
soutenable, ce qui, conjugué à une mauvaise affectation s’accélérer à 2,7 % en 2017 grâce à la modération
croissante des ressources, porte atteinte aux perspectives de l’inflation et à des politiques monétaire et bud-
à moyen terme. gétaire plus favorables à l’activité. Au Venezuela,
•• Dans les autres pays émergents ou en développement la crise économique devrait s’aggraver en 2016 et
d’Asie, la croissance devrait rester vigoureuse. En Inde, en 2017 (prévision de –10 % et de –4,5 %, res-
la croissance du PIB restera la plus rapide parmi les pectivement), tandis que la baisse des prix du pé-
grands pays, à 7,6 % en 2016–17. La nette amélio- trole depuis la mi-2014 a exacerbé les déséquilibres
ration des termes de l’échange, des mesures positives macroéconomiques intérieurs et les pressions sur la
de la part des pouvoirs publics, des réformes structu- balance des paiements. L’Équateur reste confronté à
relles (y compris l’introduction d’une réforme fiscale des perspectives difficiles, étant donné la baisse de la

22 Fonds monétaire international | Octobre 2016


CHAPITRE 1 Perspectives et politiques mondiales

valeur de ses exportations pétrolières et la dollarisa- l’Ukraine devrait retrouver une croissance positive
tion de son économie. Étant donné le redressement en 2016 après de très fortes contractions en 2014 en
partiel des prix mondiaux du pétrole et des pers- 2015, et la croissance devrait s’accélérer à mesure que
pectives de financement extérieur plus favorables, la le contexte économique extérieur s’améliore et que les
contraction de l’activité qui est prévue pour 2016 et réformes économiques internes portent leurs fruits. Le
2017 est moins grave que prévu en avril, à –2,3 % rythme de contraction de l’activité au Bélarus devrait
et –2,7 %, respectivement. se réduire en 2017, et une reprise devrait s’installer en
oo La plupart des autres pays exportateurs de produits 2018. Parmi les pays exportateurs de pétrole, les éco-
de base de la région verront leur activité ralentir en nomies de l’Azerbaïdjan et du Kazakhstan devraient se
2016. En Colombie, la croissance devrait tomber à contracter en 2016 sur fond de baisse des recettes ti-
2,2 % en 2016 (contre 3,1 % en 2015), en raison rées des exportations (–2,4 % pour l’Azerbaïdjan et
du durcissement de la politique macroéconomique. environ –0,8 % pour le Kazakhstan). La croissance
De la même manière, la baisse prolongée du prix du dans ces pays devrait s’accélérer progressivement,
cuivre et l’incertitude entourant la politique écono- portée par l’augmentation de la production d’hydro-
mique pèse sur les perspectives du Chili, où la crois- carbures au Kazakhstan et les activités hors hydrocar-
sance a ralenti de 2,3 % en 2015 à 1,7 % en 2016. bures en Azerbaïdjan, ainsi que par un redressement
Dans les deux pays, la croissance devrait s’affermir des prix du pétrole et des monnaies plus compétitives.
en 2017 et retrouver progressivement son niveau •• La croissance dans les pays émergents ou en développe-
potentiel par la suite. Contrairement à la plupart de ment d’Europe devrait rester robuste, à un peu plus de
ses pairs, le Pérou devrait connaître une croissance 3 % en 2016 et au-delà, car les exportations augmen-
plus rapide en 2016 et en 2017, à 3,7 % et 4,1 % tent vigoureusement en dépit de la croissance languis-
respectivement, grâce à l’expansion de l’activité dans sante dans la zone euro, qui est le principal partenaire
le secteur minier et à l’augmentation de l’investisse- commercial de la plupart des pays de la région. Selon
ment public. les estimations, la croissance en Hongrie est supérieure
oo Au Mexique, la croissance devrait tomber à 2,1 % à son potentiel et devrait retrouver un taux de crois-
en 2016 en raison de la faiblesse des exportations au sance plus soutenable à moyen terme. En Turquie,
premier semestre de l’année. Elle devrait s’accélérer la croissance en 2016 et en 2017 sera freinée par la
de manière modeste pour atteindre 2,3 % en 2017, montée de l’incertitude qui fait suite aux récentes at-
tandis que la demande extérieure se redresse, et à taques terroristes et à la tentative de coup d’État,
2,9 % à moyen terme, tandis que les réformes struc- même si l’assouplissement de la politique macroéco-
turelles se mettent en place. nomique soutiendra l’activité.
•• Les perspectives économiques de la Communauté des •• L’Afrique subsaharienne se caractérise de plus en plus
États indépendants restent médiocres. L’amélioration par une croissance à plusieurs vitesses. Si les projections
modeste des perspectives de croissance de la région de- de croissance ont été révisées sensiblement à la baisse
puis avril tient principalement au redressement des dans la région, cela tient principalement aux condi-
prix du pétrole. La hausse des recettes tirées des ex- tions macroéconomiques difficiles dans les plus grands
portations de pétrole soulage quelque peu les pays ex- pays, qui s’ajustent à la baisse des recettes tirées des pro-
portateurs de pétrole de la région et l’économie russe duits de base. Au Nigéria, l’activité devrait se contracter
en particulier, où le déclin du PIB cette année (0,8 %) de 1,7 % en 2016, en raison de perturbations tempo-
devrait être, selon les projections actuelles, plus li- raires de la production de pétrole, de pénuries de de-
mité que prévu dans les PEM d’avril 2016. La légère vises dues à la baisse des recettes pétrolières, d’une dimi-
amélioration des perspectives de la Russie devrait sti- nution de la production d’électricité et d’un manque de
muler l’activité ailleurs dans la région, en particulier confiance des investisseurs. En Afrique du Sud, où l’in-
dans les pays importateurs de pétrole, étant donné les certitude entourant la politique économique complique
liens qui existent par la voie du commerce et des en- l’ajustement à la détérioration des termes de l’échange,
vois de fonds. Néanmoins, les perspectives de crois- le PIB devrait rester stable en 2016, avec seulement
sance de la Russie pour 2017 et au-delà restent mo- une reprise modeste l’an prochain, tandis que les effets
roses du fait des obstacles structurels de longue date de la baisse des prix des produits de base et de la séche-
et de l’impact des sanctions sur la productivité et l’in- resse se dissipent et que l’offre d’électricité s’améliore.
vestissement. Parmi les pays importateurs de pétrole, L’Angola s’ajuste aussi à une forte baisse de ses recettes

Fonds monétaire international | Octobre 2016 23


PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : DEMANDE MODÉRÉE — SYMPTÔMES ET REMÈDES

d’exportation de pétrole. La croissance devrait être nulle principalement en raison du rebond des prix de l’énergie.
cette année et faible l’an prochain. Par contre, plusieurs L’inflation devrait progresser au cours des prochaines an-
des pays de la région qui exportent des produits autres nées, tandis que les prix des carburants augmentent de ma-
que des ressources naturelles, parmi lesquels la Côte nière modeste et que les écarts de production se réduisent
d’Ivoire, l’Éthiopie, le Kenya et le Sénégal, devraient en- progressivement, pour atteindre les objectifs fixés par les
core enregistrer cette année une croissance très vigou- banques centrales aux environs de 2020. Par contre, en de-
reuse (plus de 5 %), grâce au bas niveau des prix du hors de l’Argentine (où une inflation élevée résulte du pro-
pétrole, ainsi qu’à la robustesse de leur consommation cessus nécessaire de libéralisation en cours) et du Venezuela
privée et de leur investissement. (où l’inflation devrait bondir à près de 500 % cette année),
•• Au Moyen-Orient, le récent redressement modeste des l’inflation dans les pays émergents et les pays en développe-
prix du pétrole devrait avoir peu d’effet sur la croissance ment devrait fléchir à 4,5 % cette année, contre 4,7 % l’an
dans les pays exportateurs de pétrole. La plupart de ces dernier, en raison de la dissipation des effets des déprécia-
pays continuent de durcir leur politique budgétaire face tions monétaires antérieures. Cependant, les taux d’infla-
à la baisse structurelle de leurs recettes pétrolières, et tion varient considérablement au sein des deux groupes.
la liquidité du secteur financier continue de diminuer. •• Aux États-Unis, la hausse des prix à la consommation
Beaucoup de pays de la région restent confrontés à des s’accélère relativement vigoureusement, de 0,1 % l’an
troubles et des conflits. La croissance de la plus grande dernier à 1,2 % cette année, et devrait atteindre 2,3 %
économie de la région, l’Arabie saoudite, devrait être l’an prochain. Cela s’explique par un relâchement ra-
modeste cette année, à 1,2 %, dans un contexte d’assai- pide des forces désinflationnistes (appréciation du
nissement des finances publiques, avant de remonter à dollar en 2015 et baisse des prix des carburants), ainsi
2 % l’an prochain. Les taux de croissance dans la plu- que par des anticipations inflationnistes bien ancrées à
part des autres pays du Conseil de coopération du Golfe moyen terme.
devraient aussi être freinés par l’ajustement des finances •• L’inflation s’accélère aussi dans la zone euro, mais plus
publiques qui est en cours. En Iraq, une production pé- lentement et à partir d’un niveau plus bas, pour at-
trolière plus élevée que prévu a rehaussé le taux de crois- teindre 0,3 % en 2016, contre environ zéro en 2015.
sance attendu pour 2016. En 2017 et au-delà, la crois- Cette accélération devrait rester progressive et l’infla-
sance devrait être freinée par les problèmes de sécurité tion devrait demeurer inférieure à l’objectif fixé par la
persistants et la baisse de l’investissement dans le sec- Banque centrale européenne (BCE) jusqu’à fin 2021,
teur pétrolier, qui limitent les gains dans la production en raison de la réduction progressive des écarts de pro-
pétrolière. Les perspectives de la République islamique duction et de l’affermissement des anticipations infla-
d’Iran ont profité de l’augmentation de la production tionnistes. L’inflation ne devrait progresser que len-
de pétrole cette année à la suite de la levée des sanctions. tement au Japon aussi, pour rester bien en deçà de
Cependant, les dividendes de croissance ne se matéria- l’objectif de la Banque du Japon pendant tout l’ho-
liseront probablement que progressivement, car la ré- rizon de prévision, tandis que les anticipations infla-
intégration sur les marchés financiers mondiaux et les tionnistes augmentent lentement.
réformes internes progressent lentement. Les réformes •• La dépréciation de la livre sterling devrait porter l’in-
récentes et la baisse des prix du pétrole ont contribué à flation au Royaume-Uni à environ 0,7 % cette année;
améliorer la stabilité macroéconomique dans les pays une nouvelle forte hausse est attendue pour l’an pro-
importateurs de pétrole de la région. Cependant, la chain, aux environs de 2,5 %, puis l’inflation devrait
croissance demeure fragile en raison des problèmes de progressivement atteindre l’objectif de 2 % fixé par la
sécurité, des tensions sociales et des obstacles structurels Banque d’Angleterre dans les années qui suivent.
qui persistent. Des progrès durables dans le domaine •• L’inflation reste modérée dans la plupart des autres
des réformes, une réduction du frein budgétaire et une pays avancés. En Corée, en Suède et dans la pro-
hausse progressive de la demande extérieure devraient vince chinoise de Taiwan, elle devrait s’accélérer cette
soutenir la reprise. année et atteindre progressivement les objectifs fixés
par les banques centrales dans les années qui suivent.
Singapour et la Suisse devraient connaître une autre
Perspectives d’inflation année de déflation en 2016, quoique plus modérée
L’inflation devrait monter dans les pays avancés que l’an dernier, et retrouver progressivement des taux
pour avoisiner 0,8 % en 2016, contre 0,3 % en 2015, d’inflation positifs sur l’horizon de prévision.

24 Fonds monétaire international | Octobre 2016


CHAPITRE 1 Perspectives et politiques mondiales

•• En Chine, l’inflation devrait monter à 2,1 % cette Graphique 1.16. Secteur extérieur
année et à 3 % à moyen terme, car les capacités de
Après avoir augmenté légèrement en 2015, les déséquilibres mondiaux
production inemployées dans le secteur industriel et devraient se réduire cette année et continuer de la sorte à moyen terme,
les pressions à la baisse sur les prix des biens dimi- du fait des différences d'un pays à l'autre entre les taux de croissance
nationaux de la demande intérieure.
nuent. Dans la plupart des autres grands pays émer-
gents, comme le Brésil, la Russie et la Turquie, les taux 4 1. Déséquilibres mondiaux des soldes courants
d’inflation sont supérieurs aux objectifs des banques 3 (en pourcentage du PIB mondial)

centrales et devraient diminuer progressivement à me- 2


sure que se dissipent les effets des dépréciations mo- 1
nétaires antérieures. Par contre, au Mexique, le taux 0
d’inflation devrait rester proche de l’objectif fixé par la –1

banque centrale, alors que, en Hongrie et en Pologne, –2


–3 USA PET DEU+EUREXC APDC
l’inflation devrait remonter lentement à partir des très
–4 CHI+PEA JPN RDM Écart
faibles niveaux observés en 2015.
–5
•• L’inflation a repassé la barre des 10 % dans un petit 1998 2000 02 04 06 08 10 12 14 16 18 21
nombre de grands pays d’Afrique subsaharienne,
en raison des répercussions de fortes dépréciations 20 2. Déséquilibres mondiaux nets des actifs financiers
15 (en pourcentage du PIB mondial)
monétaires.
10
5
0
Perspectives du secteur extérieur –5
La croissance du commerce mondial en volume en –10
2016 (environ 2,3 %, soit un peu moins qu’en 2015) de- –15
–20 USA PET DEU+EUREXC APDC
vrait rester très faible, tant en valeur absolue que par rap- –25 CHI+PEA JPN RDM Écart
port à la croissance du PIB mondial. Comme indiqué en –30
détail au chapitre 2, la composition de la demande mon- 98 00 02 04 06 08 10 12 14 15

diale, et en particulier la faiblesse de l’investissement, ex- Source : estimations des services du FMI.
Note : APDC : autres pays européens affichant un déficit courant avant la crise
plique dans une large mesure cette langueur. La crois- (Espagne, Grèce, Irlande, Italie, Portugal, Royaume-Uni, groupe PEM des pays
sance du commerce mondial devrait passer à environ émergents et en développement d’Europe); CHI+PEA = Chine et pays émergents
d’Asie (Corée, RAS Hong Kong, Indonésie, Malaisie, Philippines, Singapour,
4,3 % à moyen terme, en raison du redressement attendu province chinoise de Taiwan, Thaïlande); DEU+EUREXC = Allemagne et autres pays
de l’activité économique et de l’investissement dans les avancés européens en excédent (Autriche, Danemark, Luxembourg, Pays-Bas,
Suède, Suisse); PET = Norvège et groupe PEM des pays émergents et des pays en
pays émergents et les pays en développement et, dans une développement exportateurs de combustibles; RDM = reste du monde. Les codes
moindre mesure, dans les pays avancés. pays utilisés sont ceux de l’Organisation internationale de normalisation (ISO).
Le recul très prononcé des prix du pétrole au cours
des deux dernières années, ainsi que les différences consi-
dérables entre les taux de croissance de la demande in- des années 90, en raison d’une nouvelle diminution des
térieure d’une région à l’autre continuent d’influer sur excédents en Chine et en Allemagne, ainsi que d’une mo-
l’évolution des déséquilibres des comptes des transactions dération des déficits (par exemple en Amérique latine et
extérieures courantes à l’échelle mondiale en 2016. Le au Royaume-Uni).
ratio des déficits et des excédents courants mondiaux au Contrairement aux déséquilibres courants qui se ré-
PIB mondial, qui avait augmenté de manière modeste en duisent, les positions créditrices et débitrices internatio-
2015 pour la première fois depuis 2010, comme indiqué nales ont continué d’augmenter par rapport au PIB mon-
dans le Rapport sur le secteur extérieur 2016 (External dial (graphique 1.16, plage 2). Il est particulièrement
Sector Report — FMI, 2016), devrait baisser légèrement difficile de prévoir l’évolution de ces positions, étant
cette année (graphique 1.16, plage 1), en raison d’une donné leur sensibilité aux mouvements difficilement pré-
baisse des excédents en Chine et dans les pays européens visibles des taux de change et des prix des actifs, en plus
avancés, ainsi que d’une nouvelle baisse des déficits dans de l’évolution future des besoins ou capacités de finan-
les pays d’Amérique latine. Ces déséquilibres devraient cement. Si, pour des raisons de simplicité, il est supposé
continuer de se réduire à moyen terme, pour atteindre qu’il n’y a pas d’effet des variations de change, les pro-
des niveaux qui n’ont plus été observés depuis le milieu jections des soldes courants et de la croissance du PIB

Fonds monétaire international | Octobre 2016 25


PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : DEMANDE MODÉRÉE — SYMPTÔMES ET REMÈDES

Graphique 1.17. Pays créditeurs et pays débiteurs important de rééquilibrer la demande mondiale pour sti-
Hors Chine, les pays créditeurs devraient enregistrer une croissance plus lente muler la croissance dans ces pays, ce qui faciliterait l’ajus-
que les pays débiteurs en 2015–16, en raison principalement d’une demande tement externe et réduirait les risques extérieurs.
intérieure modérée dans les pays exportateurs de pétrole en réaction à la
détérioration de leurs termes de l’échange. Les gains et pertes résultant des
Dans cette optique, le graphique 1.17 examine trois
variations des termes de l’échange expliquent une grande partie des facteurs qui influent sur l’ampleur du rééquilibrage mon-
fluctuations prévues des soldes courants des pays et régions. dial au cours de la période 2014–16 : la croissance du
10 1. Croissance PIB, la contribution de la demande extérieure nette à la
(en pourcentage)1
8 Contribution intérieure croissance du PIB, ainsi que les gains et les pertes résul-
6 Contribution extérieure tant des chocs sur les termes de l’échange. Les pays en
4 position créditrice ont connu une croissance plus rapide
2 que les pays en position débitrice, et cela devrait être le
0 cas de nouveau en 2016. Cet écart s’explique entièrement
–2 par la croissance vigoureuse de la Chine; hors Chine,
–4 Pays créditeurs Pays débiteurs les pays en position créditrice enregistrent aujourd’hui
–6 une croissance plus lente que les pays en position débi-
Pays avancés Pays exportateurs Zone Amérique trice, du fait de la faible croissance dans les pays expor-
d’Europe Japon de pétrole euro latine ECO
tateurs de pétrole et au Japon (graphique 1.17, plage 1).
Pays avancés États-Unis Pays Afrique et
Chine d’Asie Autres PA émergents Moyen- L’écart de croissance positif en 2015 entre les pays en po-
d’Asie Orient sition créditrice et débitrice tenait aussi à la dépendance
2. Gains/pertes et corrélation avec les soldes courants des premiers nommés à l’égard de la demande extérieure
6 (en pourcentage du PIB) Pays
débiteurs nette, par opposition aux besoins de rééquilibrage. Cela
Variation des soldes courants2

4 Pays débiteurs ECO Japon


zone euro s’explique principalement par la dynamique de croissance
2 Pays débiteurs AL
PA européens créditeurs dans les pays exportateurs de pétrole, qui ont dû réduire
0
Pays débiteurs AMO leur demande intérieure en réaction à la détérioration des
–2 PA Asie termes de l’échange. Pour 2016, la contribution de la de-
–4 mande extérieure nette à la croissance dans les pays en
–6 Pays exportateurs PE d’Asie
de pétrole
Autres PA
débiteurs
Chine position créditrice et débitrice devrait être plus ou moins
–8 débiteurs
États-Unis neutre, quoique avec des différences considérables d’une
–10 région à l’autre. La deuxième plage du graphique 1.17 in-
–20 –15 –10 –5 0 5
Gains/pertes résultant des variations des termes de l’échange dique que les gains et les pertes résultant des chocs sur les
termes de l’échange (liés principalement aux prix des pro-
Source : estimations des services du FMI. duits de base) constituent un facteur important des varia-
Note : AL = Amérique latine; AMO = Afrique et Moyen-Orient; ECO : Europe tions des soldes courants dans toutes les régions. Comme
centrale et orientale; PA = pays avancés; PE = pays émergents.
1
Moyenne, 2015–16. noté aussi dans le Rapport sur le secteur extérieur 2016,
2
Variation entre 2014 et 2016. les variations des termes de l’échange ont touché de ma-
nière différente les divers groupes de pays en position cré-
ditrice et débitrice (consolidation du solde courant des
pays et régions en position créditrice et débitrice qui im-
impliqueraient une stabilisation générale à moyen terme portent des produits de base, et affaiblissement du solde
des positions créditrices et débitrices par rapport au PIB des pays exportateurs de produits de base).
mondial à des niveaux légèrement plus élevés que ceux Bien entendu, il n’y a aucune présomption norma-
observés en 2016. Parmi les pays ayant une position cré- tive en faveur d’une réduction des déficits ou des ex-
ditrice, la position des pays européens avancés, en parti- cédents courants. Cependant, comme indiqué dans le
culier de l’Allemagne, continuerait de s’améliorer, tandis Rapport sur le secteur extérieur 2016, les déséquilibres
que celle des pays exportateurs de pétrole se détériorerait courants dans plusieurs des plus grandes économies du
dans une certaine mesure. La persistance de positions dé- monde semblent trop élevés par rapport à une norme
bitrices élevées en dépit de l’ajustement considérable des qui correspond aux paramètres économiques fondamen-
soldes courants au cours des dernières années est liée à taux et aux politiques économiques souhaitables au ni-
la faible croissance de la demande intérieure et du PIB veau d’un pays. Les soldes courants devraient évoluer de
dans un certain nombre de pays débiteurs. Il est donc manière à réduire ces déséquilibres excessifs. La première

26 Fonds monétaire international | Octobre 2016


CHAPITRE 1 Perspectives et politiques mondiales

plage du graphique 1.12 présente sur l’axe horizontal Graphique 1.18. Écarts des soldes courants
l’écart entre le solde courant de 2015 et sa norme, et sur et taux de change réels
l’axe vertical, la variation prévue des soldes courants au Les variations attendues des soldes courants sont compatibles avec
une réduction des déséquilibres externes excessifs qui sont recensés
cours des cinq prochaines années. Elle fait apparaître une dans le Rapport sur le secteur extérieur 2016.
forte corrélation négative (–0,7) : les écarts vis-à-vis de la 6 1. Écart du solde courant ESR en 2015

Variation du solde courant, 2015–21


norme de 2015 devraient se réduire, en particulier à plus et variation du solde courant, 2015–21
4 (en pourcentage du PIB)
long terme13. Au cours des derniers mois, les variations Corrélation = –0,7
des taux de change ont été plus modérées qu’en 2015. BEL CAN HKG MEX
2 GBR BRA AUS IDN
ZAF ESP RUS JPN
Comme l’illustre la deuxième plage du graphique 1.18,
0 FRA
ces fluctuations des taux de change ne sont pas corrélées TUR SWE MYS DEU
systématiquement avec les écarts de taux de change pour –2 USA ITA IND NLD

2015 qui sont recensés dans le Rapport sur le secteur ex- CHN KOR
–4 CHE POL
SGP
térieur 2016. THA
–6
–4 –3 –2 –1 0 1 2 3 4 5 6 7
Écart du solde courant ESR, 2015
Risques
30 2. Variations et écarts des taux de change effectifs réels2
Certains des risques mentionnés dans des éditions ré- 25 (en pourcentage)
centes des PEM sont devenus plus prononcés ces der- 20 Variation du TCER en pourcentage, 2015 (moyenne)–sept. 2016
niers mois, notamment ceux liés aux discordes politiques 15 Écart du TCER pour 2015 (point médian)
10
et aux politiques de repli sur soi, ou à la stagnation sé-
5
culaire dans les pays avancés. D’autres risques, tels que 0
l’augmentation des turbulences financières et les retraits –5
de capitaux des pays émergents, sont, semble-t-il, passés à –10 Corrélation = 0,034
l’arrière-plan, mais subsistent toutefois. Globalement, les –15
–20
risques de dégradation continuent de l’emporter sur les SGP MYS SWE ZE THA HKG CHN IND AUS TUR BRA
chances d’amélioration. JPN KOR MEX POL IDN RUS CAN ZAF GBR CHE USA
Sources : Global Insight; FMI, Rapport 2016 sur le secteur extérieur; FMI,
International Financial Statistics; calculs des services du FMI.
Risques liés à la politique générale Note : Les codes pays utilisés sont ceux de l’Organisation internationale de
et aux arrangements institutionnels normalisation (ISO). ESR = Rapport sur le secteur extérieur (External Sector
Report); TCER = taux de change effectif réel; ZE = zone euro.
1
Le vote du Royaume-Uni en faveur de la sortie de Les données pour la zone euro sont une moyenne pour l’Allemagne, l’Espagne,
la France et l’Italie.
l’Union européenne et la campagne présidentielle en 2
Les écarts et les classifications des TCER reposent sur le Rapport 2016 du FMI
cours aux États-Unis ont mis en avant des questions liées sur le secteur extérieur.
à la mobilité de la main-d’œuvre et aux migrations, à
l’intégration commerciale mondiale et aux réglementa-
tions internationales. Des arrangements institutionnels sur les emplois et les salaires sur fond de faible croissance
qui sont en place depuis longtemps pourraient être re- économique ont renforcé l’attrait des programmes pro-
négociés : il s’agit d’arrangements qui déterminent l’or- tectionnistes, avec des ramifications potentielles pour les
ganisation de la production des entreprises et de leur flux commerciaux mondiaux. L’ambiguïté de l’évolution
embauche, le sourçage des matières premières et le fi- de ces tendances pourrait pousser les entreprises à différer
nancement, ainsi que les canaux de distribution inter- leurs projets à long terme, limiter la création d’emplois et
nationaux. Des questions supplémentaires surgissent en ralentir l’activité à court terme.
ce qui concerne des référendums qui pourraient suivre Du fait des interactions de l’incertitude institution-
dans d’autres pays de l’UE. De manière plus générale, les nelle et du creusement des clivages politiques au sein des
craintes relatives à l’impact de la concurrence étrangère pays, il pourrait être encore plus difficile de trouver des
solutions aux problèmes structurels. Tandis que ces pro-
13La corrélation des écarts de solde courant de 2015 avec la variation
blèmes — déréglementation des marchés de produits
des soldes courants entre 2015 et 2016 est négative aussi, mais plus faible et du travail, réparation des bilans, réforme des droits
(–0,15). Bien entendu, les normes de solde courant et de taux de change
pourraient aussi varier à l’avenir, en fonction des modifications des para- à prestations, intégration des migrants dans la main-
mètres économiques fondamentaux et des politiques économiques. d’œuvre — deviennent apparemment plus difficiles à

Fonds monétaire international | Octobre 2016 27


PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : DEMANDE MODÉRÉE — SYMPTÔMES ET REMÈDES

résoudre, l’impression que l’action des pouvoirs publics nomie mondiale continue d’avoir du mal à réaliser une
est inefficace pourrait s’enraciner, et le rôle de coordina- expansion généralisée et durable, cette perspective de-
tion de cette action pourrait diminuer. Si n’importe le- vient de plus en plus tangible, en particulier dans certains
quel des risques susmentionnés devait se matérialiser, pays avancés. Par ailleurs, une période prolongée de faible
son impact sur l’état d’esprit pourrait être amplifié par la inflation risque de désancrer les anticipations inflation-
crainte que l’action des pouvoirs publics ne permette pas nistes, ce qui entraînerait une hausse des taux d’intérêt
de faire face avec succès au choc. réels attendus, ainsi qu’une baisse des dépenses consa-
Les forces qui poussent de plus en plus à adopter des crées aux biens d’équipement et aux biens de consomma-
politiques de repli sur soi menacent en particulier les tion durables, et en fin de compte un fléchissement de la
perspectives de l’économie mondiale : ce thème est exa- croissance globale et de l’inflation. Et dans les pays suren-
miné aussi au chapitre 2. L’encadré scénario 1 examine dettés, une période prolongée de faible croissance nomi-
les conséquences économiques éventuelles d’une montée nale aggraverait les problèmes rencontrés pour assurer
du protectionnisme. Il présente d’abord les implications le service de la dette, compliquerait le désendettement
d’une augmentation unilatérale par un pays des droits et pèserait encore plus sur la croissance (comme noté
de douane qu’il applique à un autre pays, ainsi que les dans l’édition d’octobre 2016 du Moniteur des finances
conséquences de mesures de rétorsion prises par le second publiques).
pays. Les simulations du modèle montrent comment le Un deuxième cycle débilitant a trait à la possibilité
PIB, la consommation et l’investissement des deux pays d’effets en retour entre la faiblesse de la croissance de
souffrent de la hausse unilatérale des droits de douane. la productivité et l’atonie de l’investissement. Comme
Un deuxième scénario illustre les implications pour l’éco- noté plus haut dans ce chapitre, la productivité totale
nomie mondiale d’une augmentation généralisée du pro- des facteurs et la croissance de la productivité du travail
tectionnisme, sous forme d’une hausse des barrières ta- ont fléchi sensiblement dans beaucoup de pays. Par ail-
rifaires et non tarifaires. Il en résulte non seulement un leurs, l’investissement a ralenti à l’échelle mondiale et sa
effondrement des échanges commerciaux, mais aussi une croissance se situe en deçà de la moyenne à long terme
forte baisse de la production mondiale. Les répercussions dans plusieurs pays avancés, émergents ou en dévelop-
négatives sur l’économie mondiale pourraient être encore pement. Dans la mesure où une faible croissance de la
plus prononcées, parce que les perturbations des relations productivité se traduit par des attentes de faible rentabi-
économiques internationales pourraient entraîner une lité, l’investissement pourrait souffrir. Le ralentissement
baisse plus généralisée de la coopération internationale. de l’intensité capitalistique qui en résulterait nuirait à
l’adoption de progrès technologiques incorporés dans les
biens d’équipement, pèserait davantage sur la producti-
Cycles débilitants : demande faible–inflation faible; vité totale des facteurs et la productivité du travail, ren-
productivité faible–investissement faible forcerait les anticipations d’une rentabilité en baisse et, en
L’un des thèmes communs de plusieurs récentes édi- fin de compte, réduirait l’investissement.
tions des PEM est la perspective d’une stagnation sé-
culaire, c’est-à-dire une insuffisance prolongée de la de-
mande privée qui conduit à une baisse permanente de la Ajustement en cours en Chine et répercussions
production et à une inflation faible14. Tandis que l’éco- L’économie chinoise continue de soutenir la croissance
mondiale, mais son ajustement à un rythme d’expansion
14Comme noté à l’encadré 1.1 des PEM d’octobre 2015, plusieurs plus soutenable s’est parfois avéré plus difficile que prévu.
mécanismes pourraient conduire à une trajectoire de production plus Au cours des derniers mois, on a observé un déclin des
basse après des récessions. Par exemple, une période prolongée de chô-
mage élevé pourrait avoir pour conséquence que certains travailleurs forces poussant aux sorties de capitaux et des turbulences
quittent le marché du travail ou deviennent inemployables. Une baisse sur le marché des actions national qui ont contribué à des
des activités de recherche et développement pourrait réduire le niveau, bradages considérables sur les marchés financiers mon-
ou même le taux de croissance, de la productivité. Des crises financières
diaux en août 2015 et en janvier 2016. Néanmoins, la
pourraient provoquer des changements institutionnels tels qu’un dur-
cissement des exigences de fonds propres, ce qui pèserait sur l’investis-
sement. Plusieurs études présentent des données empiriques qui étayent considérable. De la même manière, Reifschneider, Wascher et Wilcox
ces hypothèses. Par exemple, Blanchard, Cerutti et Summers (2015) (2015) notent que la crise financière de 2008 et la récession qui a suivi
notent que, même pour des récessions qui sont provoquées par une dé- ont placé la capacité de production de l’économie américaine sur une
sinflation intentionnelle, la proportion des récessions suivies d’une pro- trajectoire plus basse qu’avant 2007, une part considérable de la détério-
duction plus faible par rapport à la tendance d’avant la récession est ration de l’offre résultant de la faiblesse de la demande globale.

28 Fonds monétaire international | Octobre 2016


CHAPITRE 1 Perspectives et politiques mondiales

transition de l’économie chinoise vers une économie axée pourrait varier aussi si les pays émergents et les pays en
sur les services et la consommation qui est moins tribu- développement ne profitent pas de la stabilité relative des
taire des importations de produits de base et de machines conditions extérieures pour poursuivre les réformes struc-
continuera d’avoir un impact sur les prix, les volumes turelles, s’attaquer au surendettement et faire avancer de
des échanges commerciaux et les bénéfices dans tout un manière crédible l’ajustement des finances publiques, si
éventail de secteurs à l’échelle mondiale, avec des effets nécessaire.
connexes sur les prix des actifs, la répartition des porte-
feuilles internationaux et l’état d’esprit des investisseurs.
La Chine est confrontée à un arbitrage difficile dans Dégradation des relations de correspondants bancaires
sa transition : il s’agit de restructurer l’économie, de ré- À la suite de la crise, les grandes banques présentes sur
duire son recours au crédit et d’accepter une croissance le marché mondial ont dû réévaluer leurs modèles d’entre-
plus lente à court terme en échange d’une croissance plus prise tandis qu’elles reconstituaient leurs volants de fonds
élevée et plus durable à long terme. Le scénario de réfé- propres, renforçaient leurs pratiques de gestion des risques
rence suppose que les progrès sont limités sur le plan de et faisaient face à des marges d’intérêt nettes réduites. En
la dette des entreprises et de la maîtrise du crédit, et que conséquence, les relations de correspondants bancaires
le maintien d’une croissance relativement élevée à court — c’est-à-dire la fourniture par de grandes banques à pré-
terme est privilégié, ce qui soulève le risque d’un ajuste- sence mondiale de services de paiement et de dépôt pour
ment perturbateur (voir le Rapport 2016 des services du le compte d’autres banques, souvent situées dans des pays
FMI sur les consultations avec la Chine au titre de l’ar- plus petits — ont diminué, les banques mondiales se dé-
ticle IV). Dans ce contexte, des événements relativement sengageant des transactions avec des pays plus petits et
bénins tels que des surprises négatives dans les indicateurs vulnérables d’Afrique, des Caraïbes, de l’Asie centrale et
à fréquence élevée de la Chine ou un ajustement modeste des îles du Pacifique. Une intensification de cette ten-
des prix des actifs intérieurs ou du taux de change pour- dance mettrait en péril l’accès de certains de ces pays aux
raient déclencher une réaction démesurée de l’état d’es- envois de fonds internationaux, compromettrait leur ca-
prit des opérateurs à l’échelle mondiale. pacité à financer l’activité et affaiblirait leur réaction aux
catastrophes naturelles. Même si l’impact direct sur le PIB
mondial pourrait être relativement faible, les ramifica-
Évolution défavorable des conditions tions sociales et économiques pourraient s’étendre au-delà
financières pour les pays émergents des frontières des pays touchés, par exemple si elles ampli-
En dépit du résultat inattendu du vote du Brexit, fiaient l’émigration.
les conditions financières dans les pays émergents ont
continué de s’améliorer ces derniers mois, avec un affer-
Facteurs liés au conflit, à la santé et au climat
missement des prix des produits de base et une convic-
tion croissante parmi les investisseurs que la politique Une série d’autres facteurs continuent d’influencer les
monétaire dans les pays avancés restera très accommo- perspectives de diverses régions : il s’agit par exemple de
dante en 2017 et au-delà. Comme noté dans l’édition la sécheresse en Afrique orientale et australe, des guerres
d’octobre 2016 du GFSR, l’évolution extérieure semble civiles et des conflits internes dans certaines parties du
avoir joué un rôle important dans la hausse récente des Moyen-Orient et de l’Afrique, de la situation des mi-
flux de capitaux en direction des pays émergents. La vul- grants en Jordanie, au Liban, en Turquie et en Europe,
nérabilité structurelle de certains grands pays émergents des multiples actes de terreur dans le monde entier et de
(dette élevée des entreprises, rentabilité en baisse et bilans la propagation du virus Zika en Amérique latine et dans
bancaires fragiles dans certains cas), conjuguée à la néces- les Caraïbes, dans le Sud des États-Unis et dans le Sud-Est
sité de reconstituer les amortisseurs, en particulier dans de l’Asie. Chacun de ces facteurs inflige des coûts huma-
les pays exportateurs de produits de base, continue d’ex- nitaires sans mesure et des coûts économiques directs.
poser les pays émergents et les pays en développement à Des incidents récurrents de terrorisme, des conflits ci-
des variations soudaines de la confiance des investisseurs. vils prolongés qui se propagent dans les régions contiguës
Ces variations pourraient se matérialiser par exemple si et une détérioration de la crise de santé publique due au
les prochaines données sur l’inflation aux États-Unis lais- virus Zika pourraient, ensemble, avoir des conséquences
saient entrevoir que le taux d’intérêt directeur sera re- très néfastes sur l’état d’esprit des marchés, ce qui aurait
levé plus tôt que prévu. L’état d’esprit des investisseurs des répercussions négatives sur la demande et l’activité.

Fonds monétaire international | Octobre 2016 29


PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : DEMANDE MODÉRÉE — SYMPTÔMES ET REMÈDES

Graphique 1.19. Aléas influant sur Aléas positifs


les perspectives de l’économie mondiale
Le solde des aléas laisse entrevoir une croissance plus faible que prévu
En dépit de l’abondance de risques de dégradation si-
dans le scénario central pour 2016 et 2017. gnalée dans les éditions précédentes des PEM, l’économie
6 1. Perspectives de croissance du PIB mondial1 mondiale avait commencé à enregistrer une croissance lé-
(variation en pourcentage) gèrement plus forte que prévu au premier trimestre de
5
2016. Plusieurs éléments laissent entrevoir une accélération
4
Prévision de référence des PEM de l’activité plus robuste que prévu actuellement : il s’agit
3 notamment de la résilience et d’une réévaluation ordonnée
Intervalle de confiance de 90 % sur les marchés financiers après le choc initial du vote du
2 Intervalle de confiance de 70 %
Intervalle de confiance de 50 % Brexit, d’une amélioration durable du marché du travail
1 Intervalle de confiance de 90 % par rapport aux PEM d’octobre 2015 américain, de la remontée modeste des prix des produits
Intervalle de confiance de 90 % par rapport aux PEM d’octobre 2014 de base, qui devrait atténuer la pression sur les pays expor-
0
2013 14 15 16 17 tateurs de produits de base sans nuire gravement aux pays
1,5 2. Solde des aléas2 importateurs nets, et du déclin des vents contraires liés aux
(coefficient d’asymétrie exprimé en unités dépréciations monétaires rapides et aux sorties de capi-
1,0 des variables sous-jacentes)
taux des pays émergents en difficulté. Un élan supplémen-
0,5 taire pourrait suivre si les pays redoublent d’effort pour re-
0,0 hausser la production effective et potentielle en opérant des
réformes structurelles ciblées et bien échelonnées, en soute-
–0,5
nant la demande et en réparant les bilans.
–1,0 2016 (PEM d’octobre 2015)
Pour
2016 (PEM d’octobre 2016)
–1,5 Graphique en éventail
Écart de taux S&P 500 Inflation Prix du pétrole
Dispersion des prévisions et volatilité implicite3 Notre graphique en éventail, qui repose sur des don-
80 3. 1,2 125 4. 0,5 nées des marchés financiers et des marchés de produits
PIB (échelle de droite) Écart de taux de base, ainsi que sur des prévisions de l’inflation et des
70 (échelle de droite)
VIX (échelle de gauche) 1,0 100 écarts de taux, fait apparaître une diminution de la dis-
60 Pétrole 0,4
50 (échelle de gauche) persion des résultats autour du scénario central. Comme
0,8 75
40 0,3
le montre le graphique 1.19, l’intervalle de confiance de
0,6 50 90 % s’est rétréci légèrement pour les prévisions de crois-
30
sance de 2016 et de 2017 par rapport aux PEM d’oc-
20 0,2
0,4 25 tobre 2015, mais reste plus large que les estimations des
10
PEM d’octobre 2014. Les risques de dégradation de-
0 0,2 0 0,1
2006 08 10 12 14 Juil. 2006 08 10 12 14 Juil. meurent prédominants pour 2016 et 2017.
16 16 La probabilité d’une récession sur un horizon de
Sources : Bloomberg, L.P.; marché des options de Chicago (CBOE); Consensus quatre trimestres (du troisième trimestre de 2016 au deu-
Economics; Haver Analytics; estimations des services du FMI.
1
Ce graphique en éventail indique l’incertitude entourant la prévision centrale des xième trimestre de 2017) dans la plupart des régions a di-
PEM avec des intervalles de confiance de 50 %, 70 % et 90 %. L’intervalle de minué par rapport à mars 2016 (du premier trimestre de
confiance de 70 % inclut l’intervalle de confiance de 50 %, et l’intervalle de confiance
de 90 % inclut les intervalles de confiance de 50 et 70 %. Pour des détails, voir 2016 au quatrième trimestre de 2016; graphique 1.20).
l’appendice 1.2 de l’édition d’avril 2009 des PEM. Les intervalles de 90 % pour Au Japon, les mesures de relance budgétaire qui ont été
les prévisions de l’année en cours et à un an par rapport aux PEM d’octobre 2015
et d’octobre 2014 sont indiqués.
annoncées récemment ont réduit la probabilité d’une ré-
2
Les bâtons indiquent le coefficient d’asymétrie exprimé en unités des variables cession par rapport aux estimations d’avril 2016. La lé-
sous-jacentes. Pour l’inflation et le marché pétrolier, les valeurs ont le signe opposé, gère amélioration des perspectives pour les prix des pro-
puisqu’il s’agit de risques de révision à la baisse de la croissance.
3
PIB : dispersion moyenne pondérée par les parités de pouvoir d’achat des prévisions duits de base et les conditions financières par rapport à
de croissance du PIB pour les pays du G-7 (Allemagne, Canada, États-Unis, France, avril a réduit la probabilité d’une récession en Amérique
Italie, Japon et Royaume-Uni), le Brésil, la Chine, l’Inde et le Mexique. VIX : indice
de volatilité implicite du S&P 500 du marché des options de Chicago. Écart de taux : latine, quoique le risque demeure élevé. Les risques de
dispersion moyenne des écarts entre taux longs et courts implicites dans les déflation, mesurés par la probabilité d’une déflation dans
prévisions des taux d’intérêt pour l’Allemagne, les États-Unis, le Japon et le
Royaume-Uni. Pétrole : indice de volatilité du pétrole brut du marché des options les quatre trimestres à venir, ont diminué aussi par rap-
de Chicago. Les prévisions sont tirées des enquêtes de Consensus Economics. port à avril 2016 pour les États-Unis et la zone euro,
Les lignes en tirets représentent les valeurs moyennes de 2000 à aujourd’hui.

30 Fonds monétaire international | Octobre 2016


CHAPITRE 1 Perspectives et politiques mondiales

principalement du fait de la hausse des prix des pro- Graphique 1.20. Risques de récession et de déflation
duits de base et, partant, de l’inflation globale prévue. (En pourcentage)
Par contre, la probabilité d’une déflation a augmenté au
La probabilité d’une récession sur un horizon de quatre trimestres entre le troisième
Japon en raison du manque de dynamisme des prix à la trimestre de 2016 et le deuxième trimestre de 2017 a généralement diminué dans
consommation et de l’appréciation récente du yen. la plupart des régions par rapport aux probabilités calculées dans les PEM d’avril 2016
pour la période allant du premier au quatrième trimestre de 2016. Le risque
de déflation demeure élevé dans la zone euro et au Japon.

Priorités d’action 70 1. Probabilité d’une récession, 2016 : T3–2017 : T2

60 PEM d’avril 2016 : 2016 : T1–2016 : T4


Si les perspectives de l’économie mondiale examinées
ci-dessus laissent entrevoir une accélération de la crois- 50
sance sur le reste de l’horizon de prévision, comme in- 40
diqué à l’encadré 1.1, une part considérable de cette 30
amélioration tient à l’importance accrue de grands pays
20
émergents dont le taux de croissance devrait être supé-
10
rieur à la moyenne mondiale et à la normalisation de la
situation dans quelques pays qui connaissent un ralentis- 0
États-Unis Zone euro Japon Pays Amérique Reste
sement de la croissance ou une récession pure et simple. émergents latine 5 du monde
Le risque de dégradation de ces perspectives est élevé. d’Asie

Dans ces conditions, les priorités diffèrent d’un pays à 25 2. Probabilité d’une déflation, 2017 : T31
l’autre en fonction des objectifs particuliers pour ren- PEM d’avril 2016: 2017 : T1
20
forcer la dynamique de croissance, combattre les tensions
déflationnistes ou accroître la résilience. Cependant, il 15
existe un thème commun : il est nécessaire d’agir d’ur-
gence sur de multiples fronts pour éviter une répétition 10
de taux de croissance décevants et combattre une impres-
5
sion dommageable selon laquelle l’action des pouvoirs
publics ne réussit pas à stimuler la croissance et que les 0
bienfaits ne reviennent qu’à ceux qui se trouvent à l’extré- États-Unis Zone euro Japon Pays Amérique Reste
émergents latine 5 du monde
mité supérieure de la distribution du revenu. d’Asie
Là où la marge d’assouplissement de la politique bud- Source : estimations des services du FMI.
gétaire ou monétaire semble plus limitée, une riposte coor- Note : pays émergents d’Asie = Chine, Corée, RAS de Hong Kong, Inde, Indonésie,
Malaisie, Philippines, Singapour, province chinoise de Taiwan et Thaïlande; Amérique
donnée et globale qui exploite les complémentarités entre latine 5 = Brésil, Chili, Colombie, Mexique et Pérou; reste du monde = Afrique du Sud,
les politiques structurelles et les politiques de gestion de Argentine, Australie, Bulgarie, Canada, Danemark, Israël, Norvège, Nouvelle-Zélande,
la demande pourrait contribuer à renforcer l’efficacité de République tchèque, Royaume-Uni, Russie, Suède, Suisse, Turquie et Venezuela.
Les données des PEM d’avril 2016 se rapportent à des simulations effectuées en
l’ensemble de l’action des pouvoirs publics. En outre, des mars 2016.
cadres d’action cohérents qui intègrent des ripostes à court
1
La déflation est définie comme une baisse du niveau des prix sur un an dans
le trimestre indiqué dans le graphique.
terme dans le contexte d’objectifs à moyen terme claire-
ment formulés peuvent renforcer la confiance et créer une
marge de manœuvre supplémentaire pour faire face à des caractéristiques résultent de l’interaction entre une de-
chocs à court terme. Si ces politiques sont essentielles au mande languissante, une diminution des anticipations de
niveau des pays, elles seraient encore plus efficaces si elles croissance et un fléchissement de la croissance de la pro-
étaient adoptées de manière générale, en tenant dûment duction potentielle. Les pouvoirs publics doivent donc
compte des priorités propres à chaque pays. continuer de soutenir la demande, tout en appliquant des
mesures qui rehausseront la croissance potentielle.
Étant donné que les écarts de production restent né-
Pays avancés gatifs, que la pression des salaires est modérée et que les
Le groupe des pays avancés continue d’enregistrer anticipations inflationnistes pour les prochaines années
une reprise modeste qui se caractérise par une crois- se situent en deçà des objectifs des banques centrales, la
sance généralement atone de la productivité, ainsi que politique monétaire doit être accommodante. Comme l’a
par la faiblesse de l’investissement et de l’inflation. Ces démontré jusqu’à présent l’expérience de l’après-Brexit,

Fonds monétaire international | Octobre 2016 31


PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : DEMANDE MODÉRÉE — SYMPTÔMES ET REMÈDES

la volonté des banques centrales d’utiliser des outils non Le soutien de la demande à court terme doit aller de
conventionnels a réduit le risque d’une crise de liqui- pair, dans certains cas, avec une réparation des bilans des
dités à l’échelle du système, a facilité une réévaluation or- banques (pour s’attaquer aux séquelles des prêts impro-
donnée sur les marchés et a contribué à améliorer l’état ductifs et renforcer l’efficience opérationnelle, comme
d’esprit des investisseurs. Un nouveau relâchement de la indiqué dans le GFSR d’octobre 2016) et des réformes
politique monétaire par le biais d’achats d’actifs et, dans structurelles face au recul de la croissance potentielle, ce
certains cas, de taux créditeurs négatifs permettra de qui améliorerait les perspectives de revenu à plus long
continuer de contenir les taux à long terme, contribuera terme. De meilleures perspectives de revenu, à leur tour,
à rehausser les anticipations inflationnistes et réduira le rehausseraient la demande privée à court terme et limi-
coût réel de l’emprunt pour les ménages et les entreprises. teraient les hausses des ratios dette/PIB à moyen terme.
Comme indiqué à l’encadré 3.5 et au chapitre 3 de ma- Bien que l’emploi ait progressé plus vigoureusement
nière plus générale, des dispositifs transparents de pré- que prévu ces dernières années, la tendance démogra-
vision de l’inflation permettent de relancer l’économie, phique défavorable dans les pays avancés fait apparaître
même lorsque les taux directeurs sont proches de leur les possibilités limitées pour la croissance potentielle de se
borne inférieure effective, en dépassant temporairement redresser grâce à une augmentation de la main-d’œuvre.
l’objectif fixé. Les priorités particulières varient d’un pays à l’autre : il
Cependant, comme l’expérience des mesures non s’agit de relever les taux d’activité, d’éliminer les distor-
conventionnelles l’a montré aussi ces dernières années, sions des marchés de produits et du travail, de s’attaquer
une politique monétaire accommodante à elle seule ne au surendettement des entreprises et de faciliter leur re-
peut pas accroître la demande et peut, dans certains cas, structuration, ainsi que d’accroître l’investissement dans
avoir des effets secondaires indésirables (comme indiqué la recherche et le développement et d’encourager l’inno-
dans le GFSR d’octobre 2016). C’est particulièrement vation. Certaines réformes structurelles peuvent aussi sti-
vrai dans un contexte où le taux d’intérêt naturel reste muler l’activité à court terme, amplifiant ainsi les effets
bas, car cela implique moins d’accommodation moné- des politiques de soutien de la demande dans les pays
taire même lorsque les taux d’intérêt sont au plus bas. Le ayant des capacités de production inemployées. D’autres
soutien de l’activité par la voie budgétaire est donc essen- réformes structurelles nécessitent l’adoption de mesures
tiel pour passer à la vitesse supérieure lorsqu’il y a des ca- macroéconomiques de soutien afin de réduire les ef-
pacités inemployées et pour éviter une baisse durable des fets de freinage qu’elles pourraient avoir sur la croissance
anticipations inflationnistes à moyen terme. Ce soutien à court terme et l’inflation (voir chapitre 3 des PEM
doit être fonction de l’espace disponible et, lorsqu’un ajus- d’avril 2016).
tement se justifie, être axé sur des mesures qui protègent
les groupes vulnérables et sont propices à une améliora- Priorités nationales
tion des perspectives de croissance à moyen terme. Parmi •• Au Royaume-Uni, l’annonce par la Banque d’Angle-
ces mesures favorables à la croissance figurent une réforme terre en août d’une série de mesures d’accompagne-
des impôts sur le travail et des prestations sociales pour ac- ment, y compris une réduction de 25 points du taux
croître le taux d’activité, une réforme des impôts sur les bé- directeur, un nouveau dispositif de financement qui
néfices des sociétés et la mise en place d’incitations fiscales répercute la baisse du taux directeur sur le coût des
bien ciblées pour encourager l’investissement dans la re- prêts aux particuliers et la reprise de l’assouplisse-
cherche et le développement (comme indiqué dans l’édi- ment quantitatif, signale sa détermination à limiter les
tion d’avril 2016 du Moniteur des finances publiques), un risques de dégradation liés à l’après-Brexit et à main-
accroissement des capacités de production grâce à des in- tenir la confiance. Ces mesures, conjuguées à la ré-
vestissements dans les infrastructures lorsque ces dernières duction des volants de fonds propres anticycliques
sont manifestement insuffisantes, et une mise en valeur des banques qui a été annoncée immédiatement après
du capital humain grâce à l’investissement dans l’éduca- le référendum, visent à juste titre à garantir que les
tion et les soins de santé. Dans les pays qui font face à une conditions du crédit demeurent favorables tandis que
augmentation de la charge de la dette publique et des dé- l’économie britannique commence à s’ajuster aux nou-
penses au titre des droits à prestations sociales, une volonté veaux arrangements institutionnels. Sur le front bud-
crédible de mettre en œuvre des stratégies d’assainissement gétaire, il faut laisser libre jeu aux stabilisateurs auto-
à moyen terme peut créer un espace supplémentaire pour matiques. Tandis que l’impact macroéconomique du
soutenir l’activité à court terme. vote du Brexit se précise, il conviendra d’évaluer la

32 Fonds monétaire international | Octobre 2016


CHAPITRE 1 Perspectives et politiques mondiales

nécessité d’un nouveau relâchement de la politique création d’emplois au cours de l’année écoulée, qui a
budgétaire discrétionnaire à court terme et le bien- dépassé la moyenne des années d’expansion d’avant la
fondé de l’objectif de déficit à moyen terme, peut-être crise, la croissance des salaires et la hausse des prix à
dans le cadre de l’examen du budget en novembre. la consommation sont restées modérées. La pause ob-
•• Dans la zone euro, comme les anticipations inflation- servée par la Réserve fédérale après le relèvement du
nistes restent en deçà de l’objectif, que plusieurs pays taux des fonds fédéraux en décembre 2015 constitue
ont des capacités de production inemployées et que les donc une réaction appropriée à ces évolutions, ainsi
perspectives d’une expansion durable de l’activité sont qu’aux risques liés à l’environnement mondial. À
incertaines, la BCE devrait maintenir sa politique ac- l’avenir, les relèvements devraient être progressifs et
tuelle, qui est à juste titre accommodante. Un relâche- liés à des signaux clairs d’un affermissement durable
ment supplémentaire, sous forme d’une augmentation des salaires et des prix. Sur le front budgétaire, la po-
des achats d’actifs, pourrait être nécessaire si l’inflation litique modérément expansionniste à court terme est
ne remontait pas. La politique budgétaire devrait aussi appropriée. Cependant, à long terme, les finances pu-
être utilisée pour soutenir la reprise à court terme en fi- bliques se trouvent sur une trajectoire insoutenable,
nançant l’investissement et d’autres priorités dans les étant donné les augmentations anticipées des dépenses
pays où l’espace le permet et en accélérant le déploie- de santé et de retraite, parallèlement au vieillissement
ment d’investissements financés sur ressources cen- de la population et au ralentissement de la production
trales. Les pays dont la charge de la dette est élevée potentielle. La mise en place d’une stratégie crédible
devraient assainir progressivement leur position bud- de réduction du déficit et de la dette permettrait de
gétaire. Les programmes d’investissements financés sur rehausser les capacités de production en augmentant
ressources centrales devraient être étendus, et l’accès à l’investissement dans les infrastructures, en accroissant
ces programmes devrait être subordonné au respect du les taux d’activité grâce à l’expansion de l’assistance à la
Pacte de stabilité de croissance et à la mise en œuvre garde des enfants et à la réduction de l’impôt sur le re-
des réformes structurelles recommandées. Il convient venu d’activités professionnelles, combinées avec une
de soutenir davantage la demande en opérant des ré- augmentation du salaire minimum pour les travail-
formes des marchés de produits et du travail, ainsi que leurs à faible revenu, et en mettant en valeur le capital
des administrations publiques, qui visent à encou- humain en accroissant les dépenses consacrées à l’édu-
rager l’entrée et la sortie des entreprises, à accroître les cation préscolaire et aux formations professionnelles
taux d’activité et à s’attaquer à la dualité des marchés qui renforcent les qualifications. En complément de
du travail. Une action dans ces domaines, qui pourrait ce programme d’assainissement, une réforme globale
être encouragée à l’aide de repères fondés sur les résul- du code des impôts visant à simplifier et à réduire les
tats, conjuguée à une hausse de l’investissement dans exemptions encouragerait la création d’emplois, élargi-
les infrastructures et à l’achèvement du marché unique rait l’assiette des recettes et renforcerait la viabilité des
des services, de l’énergie, du commerce numérique, des finances publiques.
transports et des capitaux, rehausserait la croissance po- •• Au Japon, étant donné que la croissance se situe au-des-
tentielle et la productivité. Une accélération de la répa- sous de son potentiel et que l’inflation fléchit cette
ration des bilans des banques et des entreprises, un dis- année après l’appréciation du yen, l’assouplissement
positif commun de garantie des dépôts et une garantie monétaire de la Banque du Japon, sous forme d’achats
budgétaire pour l’union bancaire restent essentiels afin d’actifs et de taux créditeurs négatifs, a été fondamental
d’affaiblir les liens entre les banques et les États, de maî- pour éviter que l’économie ne retombe dans la défla-
triser les risques pesant sur la stabilité financière, d’amé- tion. Les mesures de relance budgétaire qui ont été an-
liorer la transmission des politiques, ainsi que de faci- noncées en août relâcheront le frein exercé par l’ex-
liter la consolidation et la restructuration du secteur piration de mesures antérieures et réduiront le risque
bancaire. Dans les pays qui sont confrontés au pro- d’une baisse de l’activité à court terme. Cependant,
blème urgent des réfugiés, il est essentiel d’intégrer ces pour assurer une accélération durable de l’inflation et
derniers dans la main-d’œuvre en traitant rapidement de la croissance, il est nécessaire de mettre en place une
les demandes d’asile, ainsi qu’en renforçant les services stratégie globale de soutien de la demande, en prenant
de formation et de placement. des mesures qui rehausseront les anticipations de crois-
•• Aux États-Unis, en dépit de la baisse continue du sance à moyen terme et accroîtront les salaires. Il s’agit
taux de chômage à moins de 5 % et du rythme de la notamment de réduire la dualité du marché du travail

Fonds monétaire international | Octobre 2016 33


PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : DEMANDE MODÉRÉE — SYMPTÔMES ET REMÈDES

et d’accroître le taux d’activité des femmes et des tra- tout en réduisant au minimum les inefficiences qui ré-
vailleurs plus âgés tout en intégrant davantage de tra- sultent de la mauvaise affectation des ressources. En
vailleurs étrangers; de stimuler l’investissement privé, outre, pour continuer de progresser dans la chaîne de la
notamment en réduisant les obstacles à l’entrée dans le valeur ajoutée, il est impératif d’améliorer la qualité du
commerce de détail et les services, en améliorant l’offre capital humain en investissant de manière adéquate dans
de capital pour de nouvelles entreprises et en renfor- l’éducation et les soins de santé.
çant le gouvernement d’entreprise de manière à décou- Pour renforcer la résilience, il convient d’agir sur plu-
rager les entreprises d’accumuler des réserves liquides sieurs fronts. Dans les pays émergents en difficulté, où
excédentaires; ainsi que d’encourager les entreprises l’activité semble avoir atteint son niveau le plus bas, il est
rentables à augmenter les salaires conformément à l’ob- impératif de continuer de faciliter la reprise en évitant un
jectif d’inflation de la Banque du Japon et à la crois- durcissement prématuré et excessif des politiques budgé-
sance de la productivité. Parallèlement à ce train de taires et monétaires. De manière plus générale, comme les
mesures de grande ampleur, un plan crédible d’assainis- contrecoups considérables de la crise financière mondiale
sement budgétaire à long terme, qui repose sur un ca- l’ont démontré, des périodes de calme relatif sur le plan
lendrier annoncé à l’avance pour une hausse progressive des conditions de financement extérieur pour les pays
de la taxe à la consommation, une réforme de la sécu- émergents et les pays en développement peuvent rapide-
rité sociale et un élargissement de l’assiette de l’impôt, ment prendre fin. Les exemples récents de fluctuations ra-
placerait les finances publiques sur une trajectoire plus pides des prix des actifs et des taux de change semblent
viable, créerait un espace supplémentaire qui permet- avoir eu des effets largement localisés et de courte durée
trait à la politique budgétaire de réagir à des revers à dans les pays touchés. Néanmoins, comme les répercus-
court terme et renforcerait la confiance dans la stratégie sions pourraient être considérables dans les pays ayant des
globale des pouvoirs publics. engagements extérieurs non couverts, et où les emprunts à
court terme sont affectés à des investissements à plus long
terme et moins liquides, ces pays doivent renforcer leurs
Pays émergents et pays en développement défenses face à d’éventuelles turbulences financières en li-
Les pays émergents et les pays en développement ont mitant les asymétries de monnaie et de bilan. En assou-
connu une période de calme relatif ces derniers mois. Les plissant leur taux de change et en permettant aux forces
conditions financières extérieures sont favorables par rap- du marché d’orienter les fluctuations de leur monnaie,
port au début de l’année 2016, et il semble que les dif- les pays peuvent mieux absorber les chocs et se protéger
ficultés macroéconomiques soient peut-être en train de de tensions extérieures prolongées, mais ils devront peut-
s’atténuer dans certains des grands pays. Comme men- être parfois intervenir sur les marchés des changes pour y
tionné plus haut dans le présent chapitre, l’ajustement maintenir l’ordre et éviter des surréactions perturbatrices.
de l’économie chinoise à une croissance plus faible et les Les pays exportateurs de pétrole qui affichent des déséqui-
perspectives moroses des prix des produits de base restent libres budgétaires élevés doivent aussi ajuster leurs finances
des forces puissantes qui déterminent les perspectives de publiques à un environnement où leurs recettes sont plus
bon nombre de ces pays. Plus particulièrement, ces deux faibles et où les conditions de financement sont peut-
reconfigurations de grande ampleur ont pesé sur l’envi- être moins favorables qu’au cours de la dernière décennie.
ronnement opérationnel des entreprises des pays émer- Dans ces conditions, ces pays doivent veiller à ce que l’as-
gents et des pays en développement, dont bon nombre sainissement de leurs finances publiques nuise le moins
sont confrontés à un endettement élevé après l’envolée du possible à la croissance.
crédit observée pendant la période 2002–12.
En dépit de la grande diversité des contextes nationaux Priorités nationales
et des niveaux de développement au sein de ce groupe, les •• La Chine continue d’accomplir des progrès dans les
grands objectifs communs des pays émergents et des pays deux tâches complexes dont elle doit s’acquitter, à sa-
en développement sont de maintenir la convergence vers voir rééquilibrer l’économie au profit de la consom-
des revenus plus élevés et de renforcer la résilience. En ce mation et des services, ainsi que laisser les forces du
qui concerne le premier objectif, il s’agit d’opérer des ré- marché jouer un plus grand rôle. Mais la dépen-
formes structurelles qui facilitent la diffusion des techno- dance de l’économie à l’égard du crédit augmente à un
logies et la création d’emplois, en exploitant de manière rythme dangereux, avec pour intermédiaire un secteur
appropriée les compétences existantes dans l’économie, financier de plus en plus opaque et complexe. Cette

34 Fonds monétaire international | Octobre 2016


CHAPITRE 1 Perspectives et politiques mondiales

dépendance élevée et croissante à l’égard du crédit tient effet positif sur l’investissement et la croissance. Cette
à plusieurs facteurs : la poursuite d’objectifs de crois- réforme fiscale et l’élimination des subventions mal ci-
sance intenables, le soutien accordé à des entreprises blées sont nécessaires pour élargir l’assiette des recettes
publiques non viables afin de préserver l’emploi et de et accroître l’enveloppe budgétaire afin d’investir dans
différer la constatation des pertes, ainsi que des prêts les infrastructures, l’éducation et les soins de santé. De
opportunistes de la part d’intermédiaires financiers qui manière plus générale, si plusieurs mesures positives
pensent que toutes les dettes sont garanties implicite- ont été prises au cours des deux dernières années, des
ment par l’État. En maintenant une croissance élevée à mesures supplémentaires visant à accroître l’efficience
court terme de cette manière, l’économie est confrontée du secteur minier et la production d’électricité sont né-
à une mauvaise affectation croissante des ressources et cessaires pour développer les capacités de production. Il
risque de subir en fin de compte un ajustement qui est essentiel d’opérer des réformes supplémentaires sur
aura des effets perturbateurs. Cela compromettrait les le marché du travail pour optimiser le potentiel d’em-
progrès impressionnants des réformes qui ont été ac- plois du dividende démographique et mieux partager
complis jusqu’à présent sur le plan de la libéralisation les fruits de la croissance. Pour améliorer la qualité de
du secteur financier et des mouvements de capitaux, l’intermédiation financière intérieure, il reste crucial
ainsi que du renforcement du système des finances pu- que la Banque de réserve de l’Inde continue de ren-
bliques locales. Les priorités d’action sont donc les sui- forcer les bilans des banques grâce à une constatation
vantes : s’attaquer au problème de l’endettement des intégrale des pertes et à une augmentation des volants
entreprises en séparant les entreprises publiques viables de fonds propres des banques.
des entreprises publiques non viables, en durcissant les •• Au Brésil, l’activité continue de se contracter, quoiqu’à
contraintes budgétaires et en améliorant la gouvernance un rythme plus modéré, l’inflation se situe au-dessus
des premières nommées tout en fermant les secondes, de la marge de tolérance de la banque centrale et la
et en absorbant les coûts qui en résultent à l’aide de crédibilité de l’action des pouvoirs publics a été grave-
fonds ciblés; répartir les pertes parmi les créanciers et ment compromise par les événements qui ont conduit
recapitaliser les banques si nécessaire; laisser l’expan- à la mise en place du nouveau régime. Il est primordial
sion du crédit fléchir et accepter le ralentissement de la de renforcer la confiance et d’accroître l’investissement
croissance du PIB qui en découle; renforcer le système en renforçant le cadre d’action. L’adoption de la règle
financier en surveillant de près la qualité du crédit et proposée pour les dépenses et l’établissement d’un pro-
la stabilité des financements, y compris dans le secteur gramme d’assainissement budgétaire cohérent à moyen
non bancaire; continuer d’avancer sur la voie de l’adop- terme enverraient un signal fort de la volonté d’agir.
tion d’un régime de change effectivement flottant, et Pour accroître l’investissement, il convient aussi de
continuer d’améliorer la qualité des données et la trans- simplifier le code des impôts, de réduire les obstacles
parence de la communication. En outre, en évitant une au commerce et de s’attaquer au déficit d’infrastruc-
nouvelle accumulation des capacités excédentaires dans tures afin de réduire le coût des affaires.
ses entreprises publiques non viables, la Chine contri- •• En Afrique du Sud, l’économie reste aux prises avec
buerait à atténuer les tensions déflationnistes dans les le recul des prix des produits de base, plus d’un quart
pays avancés qui sont aux prises avec le risque d’une de la main-d’œuvre est inemployée, et les perspectives
persistance d’une inflation basse. sont assombries par l’incertitude entourant l’action des
•• L’Inde a profité de la nette amélioration des termes de pouvoirs publics et les risques politiques. Pour stimuler
l’échange qui a fait suite à la baisse des prix des pro- la croissance, créer davantage d’emplois et réduire les
duits de base, et l’inflation y a diminué plus que prévu. inégalités, il est crucial de mettre en place un vaste
Néanmoins, les tensions inflationnistes sous-jacentes programme de réformes structurelles qui visent à in-
qui résultent des goulets d’étranglement dans les sec- tensifier la concurrence sur les marchés de produits, à
teurs de l’entreposage et de la distribution de produits rendre plus inclusives les politiques du marché du tra-
alimentaires indiquent qu’il est nécessaire de pour- vail et les relations entre les partenaires sociaux, à amé-
suivre les réformes structurelles afin de veiller à ce que liorer l’éducation et la formation, ainsi qu’à réduire
la hausse de l’indice des prix à la consommation reste les déficits d’infrastructures. Des mesures ayant pour
à l’intérieur de sa fourchette cible à moyen terme. Des objectif d’améliorer l’efficience et la gouvernance des
mesures importantes ont été prises en vue de la mise en entreprises publiques, notamment en augmentant la
œuvre de la taxe sur les biens et services, ce qui aura un participation du secteur privé, constituent un élément

Fonds monétaire international | Octobre 2016 35


PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : DEMANDE MODÉRÉE — SYMPTÔMES ET REMÈDES

particulièrement important du train de réformes qui conformes aux projections des PEM d’avril 2016. En
est nécessaire pour rehausser les perspectives de crois- outre, cependant, certains de ces pays ont subi des chocs
sance et réduire les risques budgétaires conditionnels. non macroéconomiques, notamment des conflits et des
S’il est possible que certaines de ces réformes prennent situations sécuritaires difficiles (Afghanistan, Soudan du
du temps à se répercuter positivement sur la crois- Sud, Yémen, région du Sahel) ainsi que des sécheresses et
sance, des bienfaits immédiats peuvent résulter du re- des catastrophes naturelles (Éthiopie, Lesotho, Malawi,
gain de confiance et de la stabilité de l’action des pou- Mozambique, Myanmar), ce qui a aggravé une situation
voirs publics qui est ainsi signalée. macroéconomique déjà précaire.
•• En Russie, les effets combinés de la baisse des prix du Dans les pays dépendants des produits de base, la po-
pétrole, des sanctions et de l’accès réduit des entre- litique économique a été lente à s’ajuster aux conditions
prises aux marchés internationaux des capitaux ont économiques difficiles. Après s’être creusés vivement en
plongé l’économie dans une récession depuis la fin de 2015, les déficits des transactions extérieures courantes
2014. Bien qu’un retour de la croissance soit prévu en devraient se réduire légèrement en 2016, grâce en partie
2016, un durcissement excessif de la politique bud- à des dépréciations monétaires. Mais les dépréciations de
gétaire devrait être évité d’un point de vue cyclique. monnaies ont aussi fait monter l’inflation dans certains
L’ancrage de la politique budgétaire à un programme pays (par exemple Mozambique, Nigéria et Zambie) ou
d’assainissement à moyen terme et la remise en place accru les engagements au titre de la dette extérieure. Les
du dispositif sur trois ans qui est fondé sur une mise déficits budgétaires devraient rester élevés jusqu’à la fin de
à jour des perspectives des prix du pétrole renforce- 2016, car un fléchissement des recettes contrebalance les
raient la transparence et la confiance, et aideraient réductions des dépenses.
l’économie à s’ajuster au nouveau contexte des prix Parmi les pays dont l’économie est diversifiée, les po-
des produits de base. Comme les tensions inflation- sitions des finances publiques et des transactions exté-
nistes demeurent contenues, l’assouplissement de la rieures courantes ne se sont pas améliorées en dépit de la
politique monétaire devrait se poursuivre pour contri- persistance d’une croissance économique vigoureuse, et
buer à l’ajustement. Une amélioration du contrôle et ce, en raison des progrès limités qui ont été accomplis sur
de la réglementation du secteur financier, des examens le plan de l’adoption de mesures anticycliques — en par-
exhaustifs de la qualité des actifs en vue de recapita- ticulier, les dépenses courantes ont augmenté plus rapide-
lisations bancaires financées par l’État si nécessaire et ment que les recettes dans certains cas.
un renforcement du cadre de résolution accroîtraient Dans ces conditions, si la priorité absolue pour les pays
la résilience du système financier, amélioreraient l’ef- en développement à faible revenu consiste à atteindre les
ficience de l’affectation du crédit et rehausseraient les objectifs de développement durable des Nations Unies,
perspectives de croissance à moyen terme. des mesures visant à réagir à des problèmes macroécono-
miques à court terme aideront aussi à réaliser ces objectifs
à long terme. En particulier, la création d’un espace bud-
Pays en développement à faible revenu gétaire, grâce à une mobilisation accrue des ressources in-
Parmi les pays à faible revenu, ceux qui sont tribu- térieures et à une amélioration de l’efficience des dépenses
taires de leurs exportations de produits de base restent publiques, la réorientation des dépenses budgétaires de
confrontés à des perspectives différentes. Étant donné manière à protéger les groupes vulnérables et à s’attaquer
que les prix des produits de base se situent bien en deçà au déficit d’infrastructures afin de mieux distribuer les
de leurs pics de 2014, que la croissance mondiale est mo- fruits de la croissance, une amélioration de la résilience du
dérée et que les conditions de financement se durcissent secteur financier grâce au renforcement de la réglementa-
de nouveau, la croissance économique a ralenti sensible- tion prudentielle, ainsi qu’un approfondissement de l’in-
ment dans les pays en développement à faible revenu qui clusion financière, contribueront à la stabilisation macro-
sont tributaires des produits de base, en particulier ceux économique, ainsi qu’à la résilience économique globale, à
qui exportent des carburants. En fait, bon nombre des une croissance soutenue et au développement.
risques recensés à l’encadré 1.2 des PEM d’avril 2016 se Les priorités à court terme des pays en développement
matérialisent aujourd’hui pour ce groupe de pays. Par à faible revenu diffèrent selon leur degré de dépendance à
contre, les anticipations de croissance pour les pays en l’égard des exportations de produits de base :
développement à faible revenu dont l’économie est re- •• L’ajustement des politiques macroéconomiques qui
lativement diversifiée restent solides, et plus ou moins est en cours doit se poursuivre et, dans certains cas,

36 Fonds monétaire international | Octobre 2016


CHAPITRE 1 Perspectives et politiques mondiales

s’accélérer dans les pays en développement à faible re- la réglementation financière, le commerce et le dispositif
venu tributaires des produits de base. En particulier, mondial de sécurité financière.
l’ajustement de la politique budgétaire doit être mieux •• Réforme de la réglementation financière. Des progrès ré-
concilié avec les efforts déployés pour accroître la guliers ont été accomplis en ce qui concerne le renfor-
contribution du secteur hors produits de base aux re- cement des volants de fonds propres et de liquidités
cettes budgétaires. Dans les pays d’Afrique subsaha- dans les banques, mais il reste du travail à effectuer
rienne qui ont été durement touchés par la chute des pour mettre en œuvre des dispositifs efficaces de réso-
prix des produits de base, en particulier les pays ex- lution et s’attaquer à de nouveaux risques liés aux in-
portateurs de pétrole, l’ajustement s’est amorcé, mais termédiaires non bancaires. Il est nécessaire aussi d’in-
il reste loin d’être suffisant et continue de reposer tensifier la coopération internationale sur le plan de
sur des mesures insoutenables, telles que l’utilisation la réglementation afin de limiter la réduction des rela-
des réserves, des financements de la banque centrale tions de correspondants bancaires qui offrent aux pays
et l’accumulation d’arriérés. Au lieu de cela, c’est un à faible revenu vulnérables une voie d’accès au système
ajustement durable qui est nécessaire, fondé sur un en- de paiement international.
semble cohérent de mesures de grande ampleur. Pour •• Commerce. Étant donné la réaction négative au com-
la plupart des pays qui disposent d’un espace budgé- merce mondial qui semble apparaître dans les pays
taire limité, il convient de rationaliser les dépenses, avancés, il est urgent pour les dirigeants de réorienter
dans la mesure du possible en préservant les dépenses le débat sur les bienfaits de l’intégration et de veiller à
d’équipement et les dépenses sociales prioritaires, et ce que les groupes de la population qui assument l’es-
en maîtrisant les dépenses courantes. Il conviendra de sentiel du coût de l’ajustement dans un système com-
mieux gérer les effets secondaires de la flexibilité du mercial ouvert reçoivent une aide adéquate grâce à des
taux de change et de la dépréciation des monnaies en initiatives sociales bien ciblées. Comme noté au cha-
durcissant la politique monétaire dans certains pays pitre 2, le ralentissement des nouvelles réformes com-
et en renforçant les cadres de politique monétaire qui merciales au cours des dernières années, conjugué
ancrent les anticipations inflationnistes. Il sera néces- à une montée des mesures protectionnistes, semble
saire de renforcer la réglementation et le contrôle du avoir contribué en partie au fléchissement du com-
secteur financier pour gérer les engagements en devises merce mondial. Il convient de relancer le processus
sur les bilans. Il reste opportun de s’employer en prio- de libéralisation commerciale afin de soutenir la crois-
rité à moyen terme à accroître la résilience de l’éco- sance du commerce et de rehausser la productivité. Il
nomie en reconstituant les amortisseurs budgétaires est largement possible de réduire davantage les coûts
lorsque les prix des produits de base se redresseront et des échanges commerciaux en réduisant les droits de
en opérant des réformes structurelles visant à diversi- douane là où ils restent élevés, en ratifiant et en ap-
fier l’économie et à en accroître la productivité. pliquant intégralement les engagements pris dans le
•• Pour les pays en développement à faible revenu dont l’éco- cadre de l’Accord sur la facilitation des échanges et en
nomie est relativement diversifiée, si la croissance reste définissant une marche à suivre pour le programme
vigoureuse, il est impératif de s’attacher à adopter des post-Doha. La prochaine génération de réformes com-
mesures macroéconomiques anticycliques, en particu- merciales devra mettre l’accent sur les domaines qui
lier pour reconstituer les amortisseurs budgétaires. Une sont les plus importants pour l’économie mondiale
solide gestion de la dette aidera aussi les pays exposés contemporaine, à savoir réduire les obstacles au com-
aux marchés financiers mondiaux à mieux faire face à merce électronique et au commerce des services, amé-
la volatilité des entrées de capitaux. liorer la coopération sur le plan de la réglementation et
exploiter les complémentarités entre l’investissement
et le commerce. Les réformes doivent être combi-
Action multilatérale nées avec des mesures qui atténuent les coûts pour les
Étant donné que la croissance est faible et que la groupes qui sont touchés. En particulier, comme noté
marge de manœuvre est limitée dans de nombreux pays, au chapitre 2, des programmes spécifiques d’assistance
l’action multilatérale est encore plus importante pour à l’ajustement et une aide efficace à la reconversion, à
pérenniser une amélioration du niveau de vie à l’échelle la formation professionnelle, ainsi qu’à la mobilité pro-
mondiale. Un effort multilatéral durable doit être dé- fessionnelle et géographique pourraient jouer un rôle
ployé à plusieurs niveaux, parmi lesquels la réforme de important dans certains cas.

Fonds monétaire international | Octobre 2016 37


PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : DEMANDE MODÉRÉE — SYMPTÔMES ET REMÈDES

•• Renforcement du dispositif mondial de sécurité finan- des effets de contagion ou d’entraînement internatio-
cière. Étant donné la combinaison d’une croissance naux. Les risques liés à des facteurs non économiques
mondiale qui reste modérée et de risques de dégrada- qui ont des ramifications internationales, tels que la
tion prononcés, il importe de renforcer le dispositif crise actuelle des réfugiés, démontrent de nouveau
mondial de sécurité financière pour aider les pays qu’il convient de mettre en place des mécanismes fi-
qui, en dépit de la solidité de leurs paramètres écono- nancés à l’échelle mondiale pour aider les pays ex-
miques fondamentaux, pourraient être vulnérables à posés à absorber les tensions.

38 Fonds monétaire international | Octobre 2016


CHAPITRE 1 Perspectives et politiques mondiales

Encadré scénario 1. Scénarios sur les droits de douane


Nous utilisons le modèle monétaire et budgétaire in- Graphique scénario 1. Application
tégré mondial (acronyme anglais GIMF) pour illustrer unilatérale et bilatérale de droits
les effets macroéconomiques du protectionnisme com- de douane aux biens importés
mercial. Deux scénarios montrent comment un pays (Écart en pourcentage par rapport au scénario
peut être incité à imposer des droits de douane, sur- de référence)
Droits unilatéraux Droits bilatéraux
tout s’il croit qu’il n’y aura pas de mesures de rétorsion.
Pays A Pays B
Or, lorsque les exportations d’un pays sont frappées par
un droit de douane, ce pays a tout intérêt à riposter et, 0,1 1. PIB réel 2. PIB réel 0,1
quand il le fait, les deux pays sont perdants au bout du
0,0 0,0
compte. Un troisième scénario illustre les retombées né-
gatives sur la production, les échanges et l’inflation à –0,1 –0,1
l’échelle mondiale si le protectionnisme augmentait vrai- –0,2 –0,2
ment dans le monde.
–0,3 –0,3
Considérons d’abord les scénarios présentés au gra- 0 2 4 6 8 10 0 2 4 6 8 10
phique 1. La ligne bleue indique certains macrorésul-
0,3 3. Consommation 4. Consommation 0,2
tats essentiels lorsqu’un pays A (colonne de gauche dans
réelle réelle 0,1
le graphique) soumet à un droit de douane de 10 % les 0,2
0,0
importations provenant d’un pays B (colonne de droite 0,1
–0,1
dans le graphique) sans que ce dernier riposte. Les deux 0,0
–0,2
pays sont de dimension comparable et ont un degré si- –0,1 –0,3
milaire d’ouverture aux échanges. Il est supposé que les –0,2 –0,4
recettes générées par le droit de douane sont reversées 0 2 4 6 8 10 0 2 4 6 8 10
aux ménages du pays A au moyen de transferts1.
1 5. Importations 6. Importations 0,5
La hausse du coût des importations provenant du pays B réelles réelles 0,0
conduit les ménages et les entreprises du pays A à en de- 0
–0,5
mander moins. Du fait de la baisse de sa demande d’im-
portations, le pays A n’a pas besoin d’exporter autant –1,0
–1
qu’auparavant pour maintenir son équilibre extérieur –1,5
et sa monnaie s’apprécie, ce qui diminue la demande –2 –2,0
0 2 4 6 8 10 0 2 4 6 8 10
étrangère de ses exportations. La consommation des mé-
nages du pays A augmente, car l’appréciation du taux de 0,5 7. Exportations 8. Exportations 1
réelles réelles
change rend meilleur marché les importations de tous 0,0
les autres pays, tandis que la hausse du coût des impor- –0,5 0
tations du pays B est recyclée au bénéfice des ménages –1,0
sous forme de transferts. Toutefois, le pays A exportant –1,5 –1
–2,0
moins, ses entreprises diminuent leurs investissements
–2,5 –2
(cela n’apparaît pas sur le graphique), et la production 0 2 4 6 8 10 0 2 4 6 8 10
totale de ce pays fléchit.
En l’absence de riposte, la moindre demande d’ex- 0,5 9. Taux de change 10. Taux de change 1,5
effectif réel effectif réel
portations de la part du pays A signifie que, pour main- 0,0 1,0
tenir son équilibre externe, le pays B doit déprécier
–0,5 0,5
sa monnaie de façon à augmenter la demande de ses
–1,0 0,0

1Si –1,5 –0,5


le produit des tarifs douaniers est affecté à des investisse- 0 2 4 6 8 10 0 2 4 6 8 10
ments en infrastructures au lieu d’être transféré aux ménages,
le PIB du pays A est supérieur. Toutefois, une hausse des droits Source : estimations des services du FMI.
de douane n’est pas le moyen le plus efficient de financer des
investissements en infrastructures, car la production augmente
davantage si l’on choisit plutôt de diminuer la consommation
publique ou d’augmenter les taxes sur la consommation.

Fonds monétaire international | Octobre 2016 39


PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : DEMANDE MODÉRÉE — SYMPTÔMES ET REMÈDES

Scénario encadré 1 (suite)


exportations dans les autres pays. Toutefois, cela ne Graphique scénario 2. Montée
compense pas complètement l’effet de la baisse de la de- du protectionnisme à l’échelle mondiale
mande d’exportations du pays B par le pays A, et ces (Écart en pourcentage par rapport au scénario
dernières tombent en deçà de leur niveau antérieur à de référence, sauf indication contraire)
l’instauration du droit de douane. Les importations du
Effets à court terme Effets à long terme
pays B diminuent aussi sensiblement pour deux raisons :
la dépréciation de sa monnaie, qui en fait monter les 0,5 1. PIB mondial 2. Consommation 0,5
prix, ainsi que la baisse de la consommation et de l’in- réelle mondiale
vestissement (cela n’apparaît pas dans le graphique), le 0,0 0,0
revenu du pays B se ressentant de la moindre demande –0,5
étrangère de ses exportations. Il en résulte une amélio- –0,5
ration des exportations nettes du pays B, qui atténue –1,0
–1,0
le recul du PIB entraîné par l’affaiblissement de la de- –1,5
mande interne.
–1,5 –2,0
Ses exportations étant confrontées à une barrière aux
échanges, le pays B a tout intérêt à riposter en soumet- –2,0 –2,5
tant à un droit de douane de 10 % les importations 0 1 2 3 4 5 0 1 2 3 4 5
en provenance du pays A. Comme le montre la ligne 3. Exportations 4. Investissement
4 réelles mondiales réel mondial 1
rouge dans le graphique 1, une riposte du pays B pen-
dant la deuxième année, au moyen de son propre droit 0 0
de douane, y fait augmenter la consommation relative-
–4 –1
ment à une absence de riposte. D’abord, l’enchérisse-
ment des importations en provenance du pays A réduit –8 –2
la demande d’importations du pays B. Il n’a donc pas
–12 –3
besoin d’exporter autant qu’auparavant pour maintenir
son équilibre externe et la dépréciation est effacée. Les –16 –4
importations en provenance d’autres pays que A sont dé-
–20 –5
sormais moins onéreuses, et une partie de la demande 0 1 2 3 4 5 0 1 2 3 4 5
adressée au pays A se déplace vers d’autres. En outre, les 5. Importations 6. Inflation
ménages récupèrent sous forme de transferts le produit 4 0,15
réelles mondiales mondiale1
du droit de douane, ce qui leur permet d’élever leur ni- 0
0,10
veau de consommation. L’investissement recule encore 0,05
dans le pays B, l’appréciation du taux de change ma- –4
0,00
jorant le coût de ses exportations, ce qui réduit la de- –8 –0,05
mande étrangère. La baisse de l’investissement et l’affai-
–0,10
blissement relatif des exportations nettes font plus que –12
–0,15
compenser l’effet de la hausse de la consommation, de –16
sorte que le PIB du pays B tombe en deçà de son niveau –0,20
d’avant la riposte. –20 –0,25
0 1 2 3 4 5 0 1 2 3 4 5
Dans le pays A, la riposte faisant baisser la demande
des exportations, l’appréciation de la monnaie n’est plus Source : estimations des services du FMI.
1
Écart en points de pourcentage.
nécessaire pour maintenir l’équilibre externe. À cause
de l’enchérissement consécutif des importations, couplé
au recul de leur revenu dû à la réduction de la demande
étrangère, les ménages ne peuvent plus se permettre le la baisse de la consommation et de l’investissement, de
niveau de consommation antérieur, et il retombe en sorte que le PIB diminue. En définitive, la poussée du
deçà de son point de départ. Certes, il y a amélioration protectionnisme pénalise à la fois le pays A et le pays B.
des exportations nettes du pays A par rapport à la situa- Un exercice similaire est effectué à l’échelle mon-
tion de non-riposte, mais elle est plus que compensée par diale (graphique 2) en supposant qu’un protectionnisme

40 Fonds monétaire international | Octobre 2016


CHAPITRE 1 Perspectives et politiques mondiales

Scénario encadré 1 (fin)


croissant dans tous les pays élève progressivement les bar- mondial encore davantage. Toutefois, c’est le commerce
rières tarifaires et non tarifaires dans les trois premières mondial qui est le plus touché : les importations et les ex-
années, entraînant une hausse générale de 10 % des prix portations diminuent de 15 % après cinq ans et de 16 %
à l’importation. Il est supposé que la moitié de l’augmen- à long terme. Bien que la hausse des prix à l’importation
tation des prix à l’importation est imputable aux droits de fasse légèrement monter l’inflation mondiale pendant la
douane, dont le produit est recyclé par voie de transferts, période où le protectionnisme s’intensifie, une fois que
et que l’autre moitié est due à la montée des barrières non les restrictions aux échanges n’augmentent plus pendant
tarifaires. L’enchérissement des biens échangés ampute la la quatrième année, l’affaiblissement de la demande com-
croissance mondiale de 1¾ % au bout de cinq ans et de mence à dominer, et l’inflation tombe en deçà du niveau
près de 2 % à long terme. La consommation mondiale de référence, avec pour conséquence une baisse des prix à
baisse dans une proportion similaire, et l’investissement long terme à l’échelle mondiale.

Fonds monétaire international | Octobre 2016 41


PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : DEMANDE MODÉRÉE — SYMPTÔMES ET REMÈDES

Encadré 1.1. Projections de la croissance mondiale à moyen terme


Le présent encadré présente les facteurs de l’évolution Graphique 1.1.1. Projections à moyen terme
des projections de croissance de l’économie mondiale à de la croissance mondiale
moyen terme et compare ces projections aux moyennes (En pourcentage, sauf indication contraire)
historiques. Il convient de rappeler le mode de calcul de
1,5 1. Accélération de la croissance mondiale
la croissance mondiale ​​g​ tW​  ​​pour une année générique t. de 2016 à 2021
On a ​​g​ tW​  ​  = ​∑​ i​​ ​ω​ it​​ ​git​  ​​​ où ω​ it​​​est la pondération d’un pays (en points de pourcentage)
i dans la production mondiale à l’année t (calculée en pa- 1,0 Variation des pondérations des pays
rité de pouvoir d’achat) et ​​g​  it​​​le taux de croissance du pays PA
Échantillon PED1
i pendant l’année t. La variation du taux de la croissance Autres PED
mondiale de l’année t à l’année T (dans cet exemple, 2016 0,5
et 2021) peut donc s’exprimer comme suit :
0,0
​​​gT​ W​  ​ - ​gt​ W​  ​  = ​∑​ i​​ ​ω​ it​​​(​​ ​giT
​  ​​  - ​g​ it​​​)​​  + ​∑​ i​​​​(​​ ​ω​ iT​​​  - ​ω​ it​​​)​​ ​giT
​  ​​​​
Cette variation peut être décomposée en deux termes : 8 2. Croissance du PIB mondial
•• La somme pondérée des modifications des prévi- Monde
sions de taux de croissance de chaque pays de 2016 6 PA
à 2021 (en utilisant les pondérations de 2016). PED
•• L’effet des changements des pondérations nationales 4
de 2016 à 2021, mesuré par la différence entre le
taux de la croissance mondiale en 2021 évalué avec 2
les pondérations de 2021 et celles de 2016.
0
1995–2007 1995–2015 2016 2021
Les résultats de cette décomposition figurent à la pre-
mière plage du graphique 1.1.1. Les changements des 8 3. Croissance du PIB mondial par habitant
pondérations nationales (hausse de celles des pays émer-
gents et des pays en développement dont la croissance est 6 Monde
plus rapide que la moyenne mondiale — principalement PA
PED
la Chine et l’Inde) expliquent à peu près un tiers de l’ac- 4
célération de ¾ point de la croissance mondiale, tandis
que la somme pondérée des modifications des prévisions 2
de croissance explique les deux tiers restants. Une grande
part de ces deux tiers (0,36 point) découle d’une norma- 0
1995–2007 1995–2015 2016 2021
lisation de la situation du petit nombre de pays émer-
gents et de pays en développement qui connaissent une 3 4. Croissance du PIB par travailleur
récession en 2016 (Afrique du Sud, Argentine, Brésil, dans les pays avancés
Nigéria, Russie et Venezuela). Le PIB agrégé de ces pays
2
baisserait de 2,3 % en 2016 et progresserait de quelque
2 % en 20211. L’accélération de la croissance des pays
avancés ne contribue qu’à hauteur de 0,10 point, le solde 1
étant imputable à l’accélération d’autres pays émergents
et pays en développement.
0
La seconde plage du graphique 1.1.1 replace la prévi- 1995–2004 2005–15 2016 2021
sion de croissance à moyen terme dans une perspective
historique en la comparant aux taux de croissance moyens Source : estimations des services du FMI.
Note : PA = pays avancés; PED = pays émergents et pays
des vingt dernières années. Alors que la prévision de crois- en développement.
sance pour 2016 est très inférieure aux moyennes du passé, 1
Afrique du Sud, Argentine, Brésil, Nigéria, Russie, Venezuela.

1L’incidence négative sur la croissance mondiale des récessions

des pays émergents en 2015 (2016) a été plus de trois (deux) fois
supérieure à sa valeur médiane des vingt dernières années.

42 Fonds monétaire international | Octobre 2016


CHAPITRE 1 Perspectives et politiques mondiales

Encadré 1.1 (fin)


celle pour 2021 est proche de la moyenne des deux der- l’a mentionné plus haut) et inférieure aux moyennes histo-
nières décennies2. Le graphique illustre aussi le rôle des riques dans les pays avancés.
changements de pondération entre les pays avancés, d’une Le vieillissement réduit le taux d’augmentation de la
part, et les pays émergents et pays en développement, population et, de façon encore plus marquée, celui de
d’autre part : le taux de croissance prévu en 2021 dans les la population active. Pour tenir compte de ce facteur, la
deux groupes de pays est en deçà de la moyenne 1995– quatrième plage du graphique 1.1.1 compare la crois-
2015, mais, en raison du poids accru du deuxième (dont sance du PIB par travailleur dans les pays avancés (les
la croissance est plus rapide), le rythme de la croissance seuls pour lesquels on dispose de données rétrospectives
mondiale est à peu près identique. Le changement des et de projections sur l’emploi). Le graphique montre
pondérations influe aussi sur le taux de croissance agrégé qu’elle dépasserait son rythme moyen de la dernière dé-
du groupe des pays émergents et pays en développement : cennie, mais resterait inférieure à celui d’avant la crise.
en 2021, il serait inférieur de 0,6 point s’il était calculé En résumé, le présent encadré met en évidence trois
avec les pondérations d’avant la crise (2007). points essentiels. D’abord, l’accélération prévue de la
Toutefois, comme l’explique le présent chapitre, le croissance du PIB mondial dans les cinq prochaines an-
monde connaît actuellement une importante transition nées résulte dans une large mesure de la normalisation
démographique. C’est pourquoi la troisième plage du gra- des quelques grands pays émergents et pays en dévelop-
phique 1.1.1 applique la même comparaison à la crois- pement actuellement en récession ainsi que de la pon-
sance du PIB par habitant. Elle montre qu’en 2021, la dération accrue de l’ensemble de ce groupe à l’échelle
croissance mondiale devrait dépasser sa moyenne des deux mondiale. Ensuite, compte tenu de l’incidence de la
décennies antérieures, également du fait des changements transition démographique sur les taux d’augmentation
de pondération : la croissance par habitant serait conforme de la population, les projections de croissance à moyen
à sa moyenne sur vingt ans dans les pays émergents et les terme de l’économie mondiale sont en fait similaires aux
pays en développement (l’effet des changements de pon- moyennes antérieures à la crise. Enfin, les changements
dération au sein du groupe y contribue aussi, comme on des pondérations relatives au sein des pays émergents et
des pays en développement expliquent pour beaucoup la
2La prévision de croissance pour 2021 dépasse marginalement
résilience de la croissance de ce groupe, parce que l’im-
l’estimation de la croissance potentielle pour cette année étant
donné que les écarts de production restent en moyenne légère-
portance relative des pays à croissance plus rapide que la
ment négatifs en 2020. moyenne augmente.

Fonds monétaire international | Octobre 2016 43


PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : DEMANDE MODÉRÉE — SYMPTÔMES ET REMÈDES

Tableau de l’annexe 1.1.1. Pays européens : PIB réel, prix à la consommation, solde extérieur courant et chômage
(Variations annuelles en pourcentage, sauf indication contraire)
PIB réel Prix à la consommation1 Solde extérieur courant2 Chômage3
Projections Projections Projections Projections
2015 2016 2017 2015 2016 2017 2015 2016 2017 2015 2016 2017
Europe 2,4 2,0 1,8 0,6 0,9 1,8 2,3 2,3 2,3 ... ... ...
Pays avancés 2,2 1,7 1,5 0,1 0,4 1,3 2,7 2,7 2,8 9,5 8,7 8,5
Zone euro4,5 2,0 1,7 1,5 0,0 0,3 1,1 3,2 3,4 3,1 10,9 10,0 9,7
Allemagne 1,5 1,7 1,4 0,1 0,4 1,5 8,4 8,6 8,1 4,6 4,3 4,5
France 1,3 1,3 1,3 0,1 0,3 1,0 –0,2 –0,5 –0,4 10,4 9,8 9,6
Italie 0,8 0,8 0,9 0,1 –0,1 0,5 2,2 2,2 1,9 11,9 11,5 11,2
Espagne 3,2 3,1 2,2 –0,5 –0,3 1,0 1,4 1,9 1,7 22,1 19,4 18,0
Pays-Bas 2,0 1,7 1,6 0,2 0,1 0,9 8,6 9,1 8,2 6,9 6,7 6,5
Belgique 1,4 1,4 1,4 0,6 2,1 1,6 0,0 0,1 0,4 8,5 8,4 8,3
Autriche 0,9 1,4 1,2 0,8 0,9 1,5 2,6 2,6 2,7 5,7 6,2 6,4
Grèce –0,2 0,1 2,8 –1,1 –0,1 0,6 0,0 0,0 0,0 25,0 23,3 21,5
Portugal 1,5 1,0 1,1 0,5 0,7 1,1 0,4 0,0 –0,7 12,4 11,2 10,7
Irlande 26,3 4,9 3,2 0,0 0,3 1,2 10,2 9,5 9,1 9,5 8,3 7,7
Finlande 0,2 0,9 1,1 –0,2 0,4 1,2 0,1 0,1 0,2 9,3 9,1 8,9
République slovaque 3,6 3,4 3,3 –0,3 –0,2 1,1 –1,3 –1,0 –0,6 11,5 9,9 8,8
Lituanie 1,6 2,6 3,0 –0,7 0,5 1,2 –1,7 –1,6 –2,8 9,1 7,8 7,6
Slovénie 2,3 2,3 1,8 –0,5 –0,3 1,0 5,2 7,7 7,2 9,0 8,2 7,9
Luxembourg 4,8 3,5 3,1 0,1 0,2 1,0 5,5 4,4 4,3 6,9 6,4 6,3
Lettonie 2,7 2,5 3,4 0,2 0,2 1,7 –1,2 –2,0 –1,2 9,9 9,4 9,2
Estonie 1,1 1,5 2,5 0,1 0,5 1,4 2,1 0,6 0,0 6,1 5,6 5,5
Chypre5 1,5 2,8 2,2 –1,5 –1,0 0,5 –3,6 –0,9 –3,7 14,9 13,0 11,6
Malte 6,2 4,1 3,4 1,2 1,2 1,5 9,9 6,2 5,8 5,4 4,8 4,9
Royaume-Uni5 2,2 1,8 1,1 0,1 0,7 2,5 –5,4 –5,9 –4,3 5,4 5,0 5,2
Suisse 0,8 1,0 1,3 –1,1 –0,4 0,0 11,4 9,2 9,0 3,2 3,5 3,4
Suède 4,2 3,6 2,6 0,7 1,1 1,4 5,2 5,0 5,3 7,4 6,9 6,7
Norvège 1,6 0,8 1,2 2,2 3,2 2,3 9,0 7,0 7,6 4,4 4,7 4,5
République tchèque 4,5 2,5 2,7 0,3 0,6 1,9 0,9 1,5 1,0 5,0 4,1 4,1
Danemark 1,0 1,0 1,4 0,5 0,4 1,1 7,0 6,7 6,6 6,2 6,0 5,8
Islande 4,0 4,9 3,8 1,6 1,7 3,1 4,2 2,9 1,9 4,0 3,4 3,5
Saint-Marin 0,5 1,0 1,2 0,1 0,6 0,7 ... ... ... 8,4 7,9 7,3
Pays émergents et en
développement d’Europe6 3,6 3,3 3,1 2,9 3,1 4,2 –1,9 –2,0 –3,0 ... ... ...
Turquie 4,0 3,3 3,0 7,7 8,4 8,2 –4,5 –4,4 –5,6 10,3 10,2 10,2
Pologne 3,6 3,1 3,4 –0,9 –0,6 1,1 –0,2 –0,1 –1,0 7,5 6,3 6,2
Roumanie 3,8 5,0 3,8 –0,6 –1,5 1,7 –1,1 –2,0 –2,8 6,8 6,4 6,2
Hongrie 2,9 2,0 2,5 –0,1 0,4 1,9 4,4 4,9 4,6 6,8 6,0 5,8
Bulgarie5 3,0 3,0 2,8 –1,1 –1,6 0,6 1,4 0,8 0,0 9,2 8,2 7,1
Serbie 0,7 2,5 2,8 1,4 1,3 3,2 –4,8 –4,2 –3,9 18,5 18,6 18,7
Croatie 1,6 1,9 2,1 –0,5 –1,0 0,8 5,2 3,0 2,2 16,9 16,4 15,9
Note : Les données indiquées pour certains pays sont calculées sur la base des exercices budgétaires. Veuillez vous reporter au tableau F de l’appendice statistique pour
une liste des pays ayant des périodes de référence exceptionnelles.
1Les variations des prix à la consommation sont données en moyennes annuelles. Les variations de décembre à décembre sont indiquées dans les tableaux A6 et A7 de

l’appendice statistique.
2En pourcentage du PIB.
3En pourcentage. Les définitions nationales du chômage peuvent varier.
4Solde extérieur courant corrigé des discordances constatées entre les informations communiquées sur les opérations effectuées au sein de la zone.
5Sur la base de l’indice des prix à la consommation harmonisé d’Eurostat.
6Inclut l’Albanie, la Bosnie-Herzégovine, le Kosovo, l’ex-République yougoslave de Macédoine et le Monténégro.

44 Fonds monétaire international | Octobre 2016


CHAPITRE 1 Perspectives et politiques mondiales

Tableau de l’annexe 1.1.2. Pays d’Asie et Pacifique : PIB réel, prix à la consommation, solde extérieur courant et chômage
(Variations annuelles en pourcentage, sauf indication contraire)
PIB réel Prix à la consommation1 Solde extérieur courant2 Chômage3
Projections Projections Projections Projections
2015 2016 2017 2015 2016 2017 2015 2016 2017 2015 2016 2017
Asie 5,4 5,4 5,3 2,3 2,5 2,9 2,8 2,6 1,9 ... ... ...
Pays avancés 1,2 1,3 1,6 0,8 0,5 1,2 4,1 4,4 3,8 3,7 3,6 3,5
Japon 0,5 0,5 0,6 0,8 –0,2 0,5 3,3 3,7 3,3 3,4 3,2 3,2
Corée 2,6 2,7 3,0 0,7 1,0 1,9 7,7 7,2 5,9 3,6 3,6 3,3
Australie 2,4 2,9 2,7 1,5 1,3 2,1 –4,7 –3,5 –3,9 6,1 5,7 5,7
Taiwan (province chinoise de) 0,6 1,0 1,7 –0,3 1,1 1,1 14,6 15,0 14,4 3,8 3,9 4,0
Singapour 2,0 1,7 2,2 –0,5 –0,3 1,1 19,8 19,3 19,3 1,9 2,0 2,0
Hong Kong (RAS) 2,4 1,4 1,9 3,0 2,5 2,6 3,1 2,8 2,9 3,3 3,2 3,1
Nouvelle-Zélande 3,0 2,8 2,7 0,3 0,7 1,6 –3,2 –3,0 –3,5 5,4 5,3 5,5
Macao (RAS)4 –20,3 –4,7 0,2 4,6 2,6 2,8 28,0 28,4 29,2 1,9 1,9 2,0
Pays émergents et en
développement d’Asie 6,6 6,5 6,3 2,7 3,1 3,3 2,1 1,6 0,8 ... ... ...
Chine 6,9 6,6 6,2 1,4 2,1 2,3 3,0 2,4 1,6 4,1 4,1 4,1
Inde5 7,6 7,6 7,6 4,9 5,5 5,2 –1,1 –1,4 –2,0 ... ... ...
ASEAN-5 4,8 4,8 5,1 3,3 2,5 3,4 1,5 1,2 0,7 ... ... ...
Indonésie 4,8 4,9 5,3 6,4 3,7 4,2 –2,1 –2,3 –2,3 6,2 5,6 5,7
Thaïlande 2,8 3,2 3,3 –0,9 0,3 1,6 7,8 9,6 7,7 0,9 0,8 0,7
Malaisie 5,0 4,3 4,6 2,1 2,1 3,0 3,0 1,2 1,5 3,2 3,2 3,2
Philippines 5,9 6,4 6,7 1,4 2,0 3,4 2,9 1,8 1,4 6,3 5,9 5,7
Viet Nam 6,7 6,1 6,2 0,6 2,0 3,6 0,5 0,4 0,1 2,4 2,4 2,4
Autres pays émergents et
en développement d’Asie6 6,0 6,0 6,3 6,0 6,3 6,7 –1,5 –2,4 –3,5 ... ... ...
Pour mémoire
Pays émergents d’Asie7 6,7 6,5 6,3 2,6 3,0 3,2 2,2 1,7 1,0 ... ... ...
Note : Les données indiquées pour certains pays sont calculées sur la base des exercices budgétaires. Veuillez vous reporter au tableau F de l’appendice statistique pour
une liste des pays ayant des périodes de référence exceptionnelles.
1Les variations des prix à la consommation sont données en moyennes annuelles. Les variations de décembre à décembre sont indiquées dans les tableaux A6 et A7 de

l’appendice statistique.
2En pourcentage du PIB.
3En pourcentage. Les définitions nationales du chômage peuvent varier.
4La RAS de Macao est classée parmi les pays avancés. Il s’agit d’une région administrative spéciale de Chine, mais ses données statistiques sont tenues à jour de manière

séparée et indépendante.
5Voir notes pour l’Inde dans la section des notes de l’appendice statistique.
6Les autres pays émergents et en développement d’Asie incluent les pays suivants : Bangladesh, Bhoutan, Brunéi Darussalam, Cambodge, Fidji, îles Marshall, îles Salomon,

Kiribati, Maldives, Micronésie, Mongolie, Myanmar, Népal, Palaos, Papouasie-Nouvelle-Guinée, République démocratique populaire lao, Samoa, Sri Lanka, Timor-Leste,
Tonga, Tuvalu et Vanuatu.
7Les pays émergents d’Asie incluent les pays de l’ASEAN-5 (Indonésie, Malaisie, Philippines, Thaïlande, Viet Nam), la Chine et l’Inde.

Fonds monétaire international | Octobre 2016 45


PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : DEMANDE MODÉRÉE — SYMPTÔMES ET REMÈDES

Tableau de l’annexe 1.1.3. Pays de l’Hémisphère occidental :


PIB réel, prix à la consommation, solde extérieur courant et chômage
(Variations annuelles en pourcentage, sauf indication contraire)
PIB réel Prix à la consommation1 Solde extérieur courant2 Chômage3
Projections Projections Projections Projections
2015 2016 2017 2015 2016 2017 2015 2016 2017 2015 2016 2017
Amérique du Nord 2,5 1,6 2,2 0,4 1,4 2,4 –2,6 –2,6 –2,7 ... ... ...
États-Unis 2,6 1,6 2,2 0,1 1,2 2,3 –2,6 –2,5 –2,7 5,3 4,9 4,8
Canada 1,1 1,2 1,9 1,1 1,6 2,1 –3,2 –3,7 –3,1 6,9 7,0 7,1
Mexique 2,5 2,1 2,3 2,7 2,8 3,3 –2,9 –2,7 –2,8 4,4 4,1 3,9
Porto Rico4 0,0 –1,8 –1,4 –0,8 –0,2 1,1 ... ... ... 12,0 11,9 11,9
Amérique du Sud5 –1,3 –2,0 1,1 ... ... ... –3,7 –2,0 –2,0 ... ... ...
Brésil –3,8 –3,3 0,5 9,0 9,0 5,4 –3,3 –0,8 –1,3 8,5 11,2 11,5
Argentine6 2,5 –1,8 2,7 ... ... 23,2 –2,5 –2,3 –3,2 ... 9,2 8,5
Colombie 3,1 2,2 2,7 5,0 7,6 4,1 –6,4 –5,2 –4,2 8,9 9,7 9,6
Venezuela –6,2 –10,0 –4,5 121,7 475,8 1,660,1 –7,8 –3,4 –0,9 7,4 18,1 21,4
Chili 2,3 1,7 2,0 4,3 4,0 3,0 –2,0 –1,9 –2,4 6,2 7,0 7,6
Pérou 3,3 3,7 4,1 3,5 3,6 2,5 –4,4 –3,8 –3,1 6,0 6,0 6,0
Équateur 0,3 –2,3 –2,7 4,0 2,4 1,1 –2,2 –1,5 –0,9 4,8 6,1 6,9
Bolivie 4,8 3,7 3,9 4,1 3,9 5,1 –5,8 –6,6 –4,9 4,0 4,0 4,0
Uruguay 1,0 0,1 1,2 8,7 10,2 8,7 –3,5 –2,9 –3,1 7,5 7,9 8,5
Paraguay 3,1 3,5 3,6 3,1 4,1 4,1 –1,7 0,6 –0,5 6,1 5,9 5,5
Amérique centrale7 4,2 3,9 4,1 1,4 2,5 3,0 –4,0 –3,7 –3,7 ... ... ...
Caraïbes8 3,9 3,4 3,6 2,2 3,5 4,5 –4,3 –4,5 –4,6 ... ... ...
Pour mémoire
Amérique latine et Caraïbes9 0,0 –0,6 1,6 5,5 5,8 4,2 –3,6 –2,3 –2,3 ... ... ...
Union monétaire
des Caraïbes orientales10 2,3 2,2 2,6 –0,9 0,3 2,2 –12,1 –12,6 –13,8 ... ... ...
Note : Les données indiquées pour certains pays sont calculées sur la base des exercices budgétaires. Veuillez vous reporter au tableau F de l’appendice statistique pour
une liste des pays ayant des périodes de référence exceptionnelles.
1Les variations des prix à la consommation sont données en moyennes annuelles. Les variations de décembre à décembre sont indiquées dans les tableaux A6 et A7 de

l’appendice statistique.
2En pourcentage du PIB.
3En pourcentage. Les définitions nationales du chômage peuvent varier.
4L’État libre de Porto Rico est classé parmi les pays avancés. Il s’agit d’un territoire des États-Unis, mais ses données statistiques sont tenues à jour de manière séparée et

indépendante.
5Inclut aussi le Guyana et le Suriname. Les données relatives aux prix à la consommation en Argentine et au Venezuela sont exclues. Voir les notes pour l’Argentine dans la

section des notes de l’appendice statistique.


6Voir les notes pour l’Argentine dans la section des notes de l’appendice statistique.
7Belize, Costa Rica, El Salvador, Guatemala, Honduras, Nicaragua et Panama.
8Antigua-et-Barbuda, Bahamas, Barbade, Dominique, Grenade, Haïti, Jamaïque, République dominicaine, Saint-Kitts-et-Nevis, Saint-Vincent-et-les Grenadines, Sainte-Lucie

et Trinité-et-Tobago.
9Inclut le Mexique et les pays d’Amérique centrale, d’Amérique du Sud et des Caraïbes. Les données relatives aux prix à la consommation en Argentine et au Venezuela

sont exclues. Voir les notes pour l’Argentine dans la section des notes de l’appendice statistique.
10Antigua-et-Barbuda, Dominique, Grenade, Saint-Kitts-et-Nevis, Saint-Vincent-et-les Grenadines et Sainte-Lucie, ainsi qu’Anguilla et Montserrat, qui ne sont pas membres

du FMI.

46 Fonds monétaire international | Octobre 2016


CHAPITRE 1 Perspectives et politiques mondiales

Tableau de l’annexe 1.1.4. Communauté des États indépendants :


PIB réel, prix à la consommation, solde extérieur courant et chômage
(Variations annuelles en pourcentage, sauf indication contraire)
PIB réel Prix à la consommation1 Solde extérieur courant2 Chômage3
Projections Projections Projections Projections
2015 2016 2017 2015 2016 2017 2015 2016 2017 2015 2016 2017
Communauté des États indépendants4 –2,8 –0,3 1,4 15,5 8,4 6,3 3,0 1,3 1,9 ... ... ...
Exportateurs nets d’énergie –2,4 –0,4 1,3 13,7 7,9 5,8 3,6 1,9 2,5 ... ... ...
Russie –3,7 –0,8 1,1 15,5 7,2 5,0 5,2 3,0 3,5 5,6 5,8 5,9
Kazakhstan 1,2 –0,8 0,6 6,5 13,1 9,3 –2,4 –2,2 0,0 5,0 5,0 5,0
Ouzbékistan 8,0 6,0 6,0 8,5 8,4 9,6 0,1 0,1 0,2 ... ... ...
Azerbaïdjan 1,1 –2,4 1,4 4,0 10,2 8,5 –0,4 0,7 3,1 6,0 6,0 6,0
Turkménistan 6,5 5,4 5,4 6,4 5,5 5,0 –10,3 –18,5 –18,0 ... ... ...
Importateurs nets d’énergie –5,7 0,7 2,1 29,4 11,9 9,9 –3,0 –4,0 –4,2 ... ... ...
Ukraine –9,9 1,5 2,5 48,7 15,1 11,0 –0,3 –1,5 –2,1 9,1 9,0 8,7
Bélarus –3,9 –3,0 –0,5 13,5 12,7 12,0 –3,8 –4,9 –4,8 1,5 1,5 1,5
Géorgie 2,8 3,4 5,2 4,0 2,6 3,6 –11,7 –12,1 –12,0 12,0 ... ...
Arménie 3,0 3,2 3,4 3,7 –0,5 2,5 –2,7 –2,5 –3,0 17,7 17,9 18,0
Tadjikistan 6,0 6,0 4,5 5,8 6,3 7,3 –6,0 –5,0 –5,0 ... ... ...
République kirghize 3,5 2,2 2,3 6,5 1,1 7,4 –10,4 –15,0 –14,9 7,5 7,4 7,3
Moldova –0,5 2,0 3,0 9,6 6,8 4,4 –4,7 –2,8 –3,4 4,9 4,7 4,5
Pour mémoire
Caucase et Asie centrale5 3,2 1,3 2,6 6,2 9,8 8,3 –3,0 –4,1 –2,8 ... ... ...
Pays à faible revenu de la CEI6 6,1 5,0 5,2 7,3 6,3 7,7 –3,0 –3,0 –3,1 ... ... ...
Exportateurs nets d’énergie hors Russie 3,1 1,0 2,4 6,4 10,8 8,7 –2,4 –3,5 –2,0 ... ... ...
Note : Les données indiquées pour certains pays sont calculées sur la base des exercices budgétaires. Veuillez vous reporter au tableau F de l’appendice statistique pour
une liste des pays ayant des périodes de référence exceptionnelles.
1Les variations des prix à la consommation sont données en moyennes annuelles. Les variations de décembre à décembre sont indiquées dans le tableau A7 de l’appen-

dice statistique.
2En pourcentage du PIB.
3En pourcentage. Les définitions nationales du chômage peuvent varier.
4La Géorgie, le Turkménistan et l’Ukraine, qui ne sont pas membres de la Communauté des États indépendants, sont inclus dans ce groupe pour des raisons de géogra-

phie et de similitude de structure économique.


5Arménie, Azerbaïdjan, Géorgie, Kazakhstan, Ouzbékistan, République kirghize, Tadjikistan et Turkménistan.
6Arménie, Géorgie, Moldova, Ouzbékistan, République kirghize et Tadjikistan.

Fonds monétaire international | Octobre 2016 47


PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : DEMANDE MODÉRÉE — SYMPTÔMES ET REMÈDES

Tableau de l’annexe 1.1.5. Pays du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord, Afghanistan et Pakistan :


PIB réel, prix à la consommation, solde extérieur courant et chômage
(Variations annuelles en pourcentage, sauf indication contraire)
PIB réel Prix à la consommation1 Solde extérieur courant2 Chômage3
Projections Projections Projections Projections
2015 2016 2017 2015 2016 2017 2015 2016 2017 2015 2016 2017
Moyen-Orient et Afrique du Nord,
Afghanistan et Pakistan 2,3 3,4 3,4 5,8 5,1 6,0 –4,0 –4,6 –2,6 ... ... ...
Pays exportateurs de pétrole4 1,6 3,3 2,9 5,4 4,7 4,2 –3,8 –4,4 –1,8 ... ... ...
Arabie saoudite 3,5 1,2 2,0 2,2 4,0 2,0 –8,3 –6,6 –2,6 5,6 ... ...
Iran 0,4 4,5 4,1 11,9 7,4 7,2 2,1 4,2 3,3 10,8 11,3 11,2
Émirats arabes unis 4,0 2,3 2,5 4,1 3,6 3,1 3,3 1,1 3,2 ... ... ...
Algérie 3,9 3,6 2,9 4,8 5,9 4,8 –16,5 –15,1 –13,7 11,2 9,9 10,4
Iraq –2,4 10,3 0,5 1,4 2,0 2,0 –7,2 –10,8 –3,6 ... ... ...
Qatar 3,7 2,6 3,4 1,8 3,0 3,1 8,2 –1,8 0,0 ... ... ...
Koweït 1,1 2,5 2,6 3,2 3,4 3,8 5,2 3,6 8,4 2,1 2,1 2,1
Pays importateurs de pétrole5 3,8 3,6 4,2 6,7 5,9 9,9 –4,5 –4,8 –4,7 ... ... ...
Égypte 4,2 3,8 4,0 11,0 10,2 18,2 –3,7 –5,8 –5,2 12,9 12,7 12,3
Pakistan 4,0 4,7 5,0 4,5 2,9 5,2 –1,0 –0,9 –1,5 5,9 6,0 6,0
Maroc 4,5 1,8 4,8 1,5 1,3 1,3 –1,9 –1,2 –1,4 9,7 10,2 10,1
Soudan 4,9 3,1 3,5 16,9 13,5 16,1 –7,8 –5,9 –4,9 21,6 20,6 19,6
Tunisie 0,8 1,5 2,8 4,9 3,7 3,9 –8,8 –8,0 –6,9 15,0 14,0 13,0
Liban 1,0 1,0 2,0 –3,7 –0,7 2,0 –21,0 –20,4 –20,6 ... ... ...
Jordanie 2,4 2,8 3,3 –0,9 –0,5 2,3 –9,0 –9,0 –8,9 13,1 ... ...
Pour mémoire
Moyen-Orient et Afrique du Nord 2,1 3,2 3,2 6,0 5,4 6,1 –4,4 –5,0 –2,8 ... ... ...
Israël6 2,5 2,8 3,0 –0,6 –0,6 0,8 4,6 3,1 2,9 5,2 5,2 5,2
Maghreb7 2,8 2,3 4,3 4,7 5,0 4,5 –14,4 –13,8 –12,7 ... ... ...
Mashreq8 3,9 3,6 3,8 9,1 8,7 16,0 –6,3 –7,9 –7,7 ... ... ...
Note : Les données indiquées pour certains pays sont calculées sur la base des exercices budgétaires. Veuillez vous reporter au tableau F de l’appendice statistique pour
une liste des pays ayant des périodes de référence exceptionnelles.
1Les variations des prix à la consommation sont données en moyennes annuelles. Les variations de décembre à décembre sont indiquées dans les tableaux A6 et A7 de

l’appendice statistique.
2En pourcentage du PIB.
3En pourcentage. Les définitions nationales du chômage peuvent varier.
4Ce groupe comprend aussi le Bahreïn, la Libye, Oman et le Yémen.
5Ce groupe comprend aussi l’Afghanistan, Djibouti et la Mauritanie. La Syrie est exclue en raison de l’incertitude qui entoure sa situation politique.
6Israël, qui n’est pas membre de la région économique, est inclus pour des raisons de géographie. Les chiffres relatifs à Israël ne sont pas inclus dans les agrégats de la

région.
7Algérie, Libye, Maroc, Mauritanie et Tunisie.
8Égypte, Jordanie et Liban. La Syrie est exclue en raison de l’incertitude qui entoure sa situation politique.

48 Fonds monétaire international | Octobre 2016


CHAPITRE 1 Perspectives et politiques mondiales

Tableau de l’annexe 1.1.6. Afrique subsaharienne : PIB réel, prix à la consommation, solde extérieur courant et chômage
(Variations annuelles en pourcentage, sauf indication contraire)
PIB réel Prix à la consommation1 Solde extérieur courant2 Chômage3
Projections Projections Projections Projections
2015 2016 2017 2015 2016 2017 2015 2016 2017 2015 2016 2017
Afrique subsaharienne 3,4 1,4 2,9 7,0 11,3 10,8 –5,9 –4,5 –3,9 ... ... ...
Pays exportateurs de pétrole4 2,4 –1,7 0,8 9,1 19,1 19,3 –4,8 –2,1 –1,8 ... ... ...
Nigéria 2,7 –1,7 0,6 9,0 15,4 17,1 –3,1 –0,7 –0,4 9,0 12,1 ...
Angola 3,0 0,0 1,5 10,3 33,7 38,3 –8,5 –5,4 –5,4 ... ... ...
Gabon 4,0 3,2 4,5 0,1 2,5 2,5 –2,3 –5,3 –4,7 ... ... ...
Tchad 1,8 –1,1 1,7 3,7 0,0 5,2 –12,4 –8,7 –7,8 ... ... ...
République du Congo 2,3 1,7 5,0 2,0 4,0 3,7 –21,0 –8,2 –2,1 ... ... ...
Pays à revenu intermédiaire5 2,6 1,9 2,9 5,4 7,0 5,7 –4,3 –3,9 –3,6 ... ... ...
Afrique du Sud 1,3 0,1 0,8 4,6 6,4 6,0 –4,3 –3,3 –3,2 25,4 26,3 27,0
Ghana 3,9 3,3 7,4 17,2 17,0 10,0 –7,5 –6,3 –6,0 ... ... ...
Côte d’Ivoire 8,5 8,0 8,0 1,2 1,0 1,5 –1,8 –1,8 –2,1 ... ... ...
Cameroun 5,8 4,8 4,2 2,7 2,2 2,2 –4,2 –4,2 –4,0 ... ... ...
Zambie 3,0 3,0 4,0 10,1 19,1 9,1 –3,5 –4,5 –2,2 ... ... ...
Sénégal 6,5 6,6 6,8 0,1 1,0 1,8 –7,6 –8,4 –8,2 ... ... ...
Pays à faible revenu6 5,8 5,4 5,8 5,7 5,8 5,9 –10,1 –8,8 –7,4 ... ... ...
Éthiopie 10,2 6,5 7,5 10,1 7,7 8,2 –12,0 –10,7 –9,3 ... ... ...
Kenya 5,6 6,0 6,1 6,6 6,2 5,5 –6,8 –6,4 –6,1 ... ... ...
Tanzanie 7,0 7,2 7,2 5,6 5,2 5,0 –8,8 –8,8 –8,8 ... ... ...
Ouganda 4,8 4,9 5,5 5,5 5,5 5,1 –9,4 –8,7 –8,9 ... ... ...
Madagascar 3,1 4,1 4,5 7,4 6,7 6,9 –1,9 –2,3 –3,7 ... ... ...
République démocratique du Congo 6,9 3,9 4,2 1,0 1,7 2,7 –3,7 –0,8 5,2 ... ... ...
Pour mémoire
Afrique subsaharienne
hors Soudan du Sud 3,4 1,5 2,9 6,7 10,2 10,4 –5,8 –4,5 –3,9 ... ... ...
Note : Les données indiquées pour certains pays sont calculées sur la base des exercices budgétaires. Veuillez vous reporter au tableau F de l’appendice statistique pour
une liste des pays ayant des périodes de référence exceptionnelles.
1Les variations des prix à la consommation sont données en moyennes annuelles. Les variations de décembre à décembre sont indiquées dans le tableau A7 de l’appen-

dice statistique.
2En pourcentage du PIB.
3En pourcentage. Les définitions nationales du chômage peuvent varier.
4Ce groupe comprend aussi la Guinée équatoriale et le Soudan du Sud.
5Ce groupe comprend aussi les pays suivants : Botswana, Cabo Verde, Lesotho, Maurice, Namibie, Seychelles et Swaziland.
6Ce groupe comprend aussi les pays suivants : Bénin, Burkina Faso, Burundi, Comores, Érythrée, Gambie, Guinée, Guinée Bissau, Libéria, Malawi, Mali, Mozambique, Niger,

République centrafricaine, Rwanda, São Tomé-et-Príncipe, Sierra Leone, Togo et Zimbabwe.

Fonds monétaire international | Octobre 2016 49


PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : DEMANDE MODÉRÉE — SYMPTÔMES ET REMÈDES

Dossier spécialSpecial
: Marchés des produits
Feature de baseFeature
Title: Special — évolution
Head et prévisions
principalement de la sécurité et des marchés alimentaires dans l’économie mondiale

Les cours des produits de base ont rebondi depuis la publica- Graphique [Link].1. Évolution des marchés des produits de base
tion de l’édition d’avril 2016 des Perspectives de l’économie 1. Indice des cours des produits de base
320 (2005 = 100)
mondiale (PEM) malgré les incertitudes croissantes qui ont Ensemble des produits Énergie
280 Denrées alimentaires Métaux
suivi le vote sur le Brexit — le 23 juin 2016, le Royaume-Uni
240
s’est prononcé par référendum en faveur de la sortie de l’Union
200
européenne. Des interruptions de l’offre dans divers pays ont
160
provoqué un resserrement des marchés pétroliers. L’annonce
120
d’un programme de relance en Chine a amélioré les pers-
pectives de la demande de métaux, ainsi que leurs cours. Des 80

conditions atmosphériques peu favorables ont exercé des pres- 40


2005 06 07 08 09 10 11 12 13 14 15 Août
sions à la hausse sur les cours des denrées alimentaires. Le pré- 16
sent dossier spécial contient une analyse approfondie de la sécu- 90 2. Courbe des cours à terme du Brent1
rité et des marchés alimentaires dans l’économie mondiale. 80 (Dollars le baril; date d’expiration sur l’axe des abscisses)
70
L’indice des cours des produits de base établi par le 60
FMI a progressé de 22 % depuis février 2016, période de 50
40 PEM d’octobre 2016
référence pour les PEM d’avril 2016 (graphique [Link].1, PEM d’avril 2016
30
plage 1). Les cours du pétrole se sont redressés (de 44 %) PEM d’octobre 2015
20 PEM d’avril 2015
sous l’effet d’interruptions involontaires de l’offre. Ceux 10
du gaz naturel ont baissé. En raison de la vigueur de Avril 2015 Déc. 16 Août 18 Déc. 20
l’offre en provenance de Russie, ils ont atteint leur plus 3. Perspectives des cours du Brent2
200 (Dollars le baril) Cours à terme
bas niveau en douze ans en Europe. Les marchés asia-
Intervalle de confiance de 68 %
tiques font ressortir une demande faible au Japon, qui ré- 160 Intervalle de confiance de 86 %
active actuellement ses centrales nucléaires. Les cours du Intervalle de confiance de 95 %
120
charbon se sont redressés. Ceux des produits de base hors
pétrole ont augmenté — de 12 % dans le cas des métaux 80
et de 9 % dans celui des produits agricoles de base. 40
Les marchés pétroliers sont au milieu du gué. Sur le
front de l’offre, ils ont été perturbés par quelques inter- 0
2010 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20
ruptions dont certaines ont eu des effets à court terme sur
la production, notamment le conflit du travail au Koweït 180 4. Indice des cours de métaux
et les feux de forêt de Fort McMurray au Canada, alors 160 (2 janv. 2014 = 100)
Aluminium Cuivre
que d’autres, comme les troubles géopolitiques en Iraq, 140 Minerai de fer Nickel
en Libye, au Nigéria et au Yémen, pourraient avoir des 120
100
retombées à long terme. Ces perturbations ont temporai-
80
rement ramené l’équilibre sur le marché. Sur le plan stra- 60
tégique, l’Organisation des pays exportateurs de pétrole 40
(OPEP) n’a pas atteint l’objectif de production convenu 20
Janv. 2014 Juil. 14 Janv. 15 Juil. 15 Janv. 16 Juil. 16
en juin. Cependant, certains observateurs s’attendent à ce
que ses membres fixent un nouvel objectif en novembre,
Sources : Bloomberg, L.P.; FMI, système des cours des produits de base;
une fois la production de la République islamique d’Iran Thomson Reuters Datastream; estimations des services du FMI.
revenue à son niveau antérieur aux sanctions. Note : WTI = West Texas Intermediate.
1
Les cours à terme utilisés dans les Perspectives de l’économie mondiale (PEM)
Les auteurs de ce dossier sont Rabah Arezki (chef d’équipe), Claudia sont des hypothèses de référence dérivées des cours à terme propres à chaque
Berg, Christian Bogmans et Akito Matsumoto. Ils ont bénéficié du rapport des PEM. Les PEM d’octobre ont été établies à partir des cours
concours de Rachel Yuting Fan et de Vanessa Diaz Montelongo en ma- du 18 août 2016 (heure de clôture).
tière de recherche. 2
Établies à partir des cours des options sur contrats à terme du 18 août 2016.

50 Fonds monétaire international | Octobre 2016


DOSSIER SPÉCIAL MARCHÉS DES PRODUITS DE BASE : ÉVOLUTION ET PRÉVISIONS

Le récent rebond des cours a aidé les producteurs de prévu. À moyen terme, le marché du pétrole devrait nor-
pétrole de schiste, ce qui a entraîné une forte baisse du malement rester très tendu en raison des contraintes
nombre d’installations de forage. En outre, il permet d’offre, la baisse des cours ayant provoqué une réduction
d’achever des puits déjà forés, ce qui accroîtra la produc- spectaculaire de l’investissement dans les opérations d’ex-
tion des États-Unis. Un durcissement des conditions du traction, à moins que la production de pétrole de schiste
crédit pourrait toutefois freiner le redressement de l’in- puisse être stimulée ou que la demande mondiale ne di-
vestissement. La production au Canada est robuste, mais minue. Dans ce contexte, des événements géopolitiques
les nouveaux investissements dans les gisements de sables pourraient déclencher de fortes hausses des cours.
bitumineux sont limités. En somme, les incertitudes re- Après avoir reculé progressivement depuis 2011 à cause
latives à l’offre tiennent à la persistance d’interruptions du ralentissement de l’activité et du désintérêt pour les in-
involontaires, à la stratégie de l’OPEP et aux investisse- vestissements intensifs dans les produits de base constatés
ments dans les gisements de pétrole non classique. en Chine, les cours des métaux ont rebondi de 12 % à
Après la forte progression de la demande de pétrole l’an compter de février 2016 (graphique [Link].1, plage 4).
dernier (1,6 million de barils par jour), en raison, pour l’es- Cependant, l’annonce récente d’un programme de re-
sentiel, du faible niveau des cours, l’Agence internationale lance orienté vers le secteur du bâtiment les a quelque peu
de l’énergie s’attend à ce que la croissance de la demande soutenus. D’après les projections, ils diminueront de 8 %
soit légèrement supérieure à la tendance (1,3 million de en 2016 et progresseront de 2 % en 2017. Les cours à
barils par jour en 2016 et 1,2 million en 2017). Étant terme indiquent qu’ils continueront d’être bas.
donné cette vigueur de la demande, l’érosion continue de Les cours des produits agricoles de base ont dans l’en-
la production à coût élevé et les graves interruptions im- semble augmenté de 9 % depuis février 2016. Ceux des
prévues de l’offre, les marchés du pétrole comptent sur un denrées alimentaires ont progressé de 7 %, des hausses
retour à l’équilibre l’an prochain. ayant été constatées pour la plupart de ces produits, à
Les cours du gaz naturel diminuent, le cours moyen de rares exceptions près comme le blé et le maïs. Jusqu’à
pour les États-Unis, l’Europe et le Japon (l’un des indices une date récente, les cours internationaux ne reflétaient
principaux) ayant baissé de 6 % depuis février 2016. La pas intégralement le choc des mauvaises conditions at-
chute de ceux du pétrole, la production abondante de mosphériques, mais El Niño et la crainte de La Niña
gaz en Russie et la faiblesse de la demande en Asie ont ont eu des répercussions sur les marchés alimentaires in-
contribué à ce recul. Aux États-Unis, les cours du gaz na- ternationaux. En outre, le Brésil, grand producteur no-
turel ont par contre légèrement augmenté en raison de tamment de maïs, de soja, de café et de bœuf, a souffert
la forte demande du secteur de l’électricité imputable à d’une sécheresse prolongée. Ces deux dernières années,
des températures plus élevées que prévu. L’indice moyen d’autres régions ont comblé la différence, mais on s’at-
des cours du charbon en Afrique du Sud et en Australie a tend à ce que les stocks mondiaux de maïs et de soja di-
aussi progressé (32 %) depuis février 2016, parallèlement minuent. Les stocks de blé devraient normalement aug-
aux autres cours de l’énergie et des métaux. menter grâce aux résultats positifs de la production aux
Dans le domaine du pétrole, les contrats à terme États-Unis, dans l’Union européenne et en Russie, ce qui
font ressortir une hausse des cours (graphique [Link].1, se traduirait par une baisse des cours.
plage 2). Dans les hypothèses de référence qu’il établit Selon les projections, les cours annuels des denrées ali-
pour les cours au comptant moyens à partir des cours mentaires progresseront l’an prochain sous l’effet d’un
à terme, le FMI laisse entendre que les cours annuels changement des conditions climatiques. Leurs niveaux ac-
moyens seront de 43,0 dollars le baril en 2016, soit une tuels dépassent déjà de 3 % ceux de 2015, et ils augmente-
baisse de 15 % par rapport à 2015, et de 50,6 dollars ront de 2 % en 2016 et resteront plus ou moins inchangés
en 2017 (graphique [Link].1, plage 3). De grandes incer- en 2017. Pendant les deux prochaines années, on s’attend
titudes continuent de peser sur ces hypothèses. Les ten- à une légère hausse des cours des principaux produits ali-
sions géopolitiques au Moyen-Orient peuvent certes per- mentaires, comme le riz. Les risques qui pèsent sur ces
turber le marché, mais le niveau élevé des stocks et une cours sont liés aux changements atmosphériques, notam-
riposte rapide des producteurs de pétrole de schiste aux ment La Niña, dont les retombées négatives sur les récoltes
États-Unis devraient limiter l’ampleur de tout ajustement sont en général plus fortes que celles d’El Niño.
brutal des cours dans un avenir proche. La demande de La section ci-après donne une vision à plus long terme
pétrole pourrait fléchir si les conséquences du Brexit sur des marchés alimentaires et examine leur évolution au fil
la demande globale mondiale étaient plus graves que des dernières décennies.

Fonds monétaire international | Octobre 2016 51


PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : DEMANDE MODÉRÉE — SYMPTÔMES ET REMÈDES

La sécurité et les marchés alimentaires le poisson et les fruits de mer (porc, crevettes, etc.), les bois-
dans l’économie mondiale sons (café, thé, cacao, etc.), les oléagineux (soja, arachides,
Le débat sur l’évolution de la relation entre l’offre ali- etc.) et le sucre4. Ces catégories sont très différentes en termes
mentaire et la population remonte au moins à Malthus et à de valeur nutritionnelle, de périssabilité et de stockage. Le
son importante théorie (1798). Depuis lors, de nombreux secteur agricole est un moyen d’existence pour des millions
auteurs ont étudié l’interaction entre la technologie, la po- de personnes, que ce soit grâce aux cultures commerciales
pulation et le revenu par habitant, ainsi que la façon dont ou à l’agriculture de subsistance. Il emploie 30 % de la po-
naissent les différents régimes de croissance1. L’une des pulation active (plus de 750 millions de travailleurs) dans
idées maîtresses est que l’ère moderne se caractérise par une le monde et 60 % de celle de l’Afrique subsaharienne (voir
croissance rapide et des divergences entre les pays, contrai- Banque mondiale, 2015a). Historiquement, le processus de
rement à ce qui s’est passé pendant la majeure partie de mutation structurelle qui a réorienté la population active du
l’histoire humaine (appelée l’ère malthusienne), qui a été secteur de l’agriculture (à faible rentabilité) vers celui de l’in-
marquée par la stagnation du revenu par habitant. dustrie (à forte rentabilité) permet d’expliquer pour l’essen-
On considère à l’heure actuelle que l’accès aux den- tiel la hausse rapide de la productivité mondiale (voir Duarte
rées alimentaires est un problème auquel sont principale- et Restuccia, 2010).
ment confrontés les pays pauvres. Toutefois, l’évolution Il n’est guère surprenant que la majeure partie de la pro-
des marchés alimentaires a une portée considérable et est duction alimentaire soit consommée au niveau national
révélatrice de celle des structures au niveau mondial2. La — d’après la Banque mondiale (2015a), environ 85 % des
croissance rapide des pays émergents, la transition démo- aliments sont produits dans le pays où ils sont consommés.
graphique et les mutations technologiques façonnent ces Il existe de grandes différences entre les catégories d’aliments
marchés, qui sont par ailleurs segmentés et subissent de selon, entre autres, qu’il s’agit ou non de cultures de rapport.
multiples distorsions dans les domaines de l’investissement Le contrecoup des variations des cours internationaux sont
et des échanges. Il est donc judicieux d’étudier en profon- souvent limités par la fiscalité, des subventions, le contrôle
deur l’évolution récente et future des marchés alimentaires des prix, la faible intégration du marché et les coûts locaux
et d’examiner leur rôle dans la sécurité alimentaire3. de distribution. La répercussion moyenne à long terme d’un
Le présent dossier spécial répond aux questions choc de 1 % sur les prix alimentaires intérieurs est de l’ordre
ci-après sur l’évolution des marchés et de la sécurité de 0,10 % dans les pays avancés et de 0,15 % dans les pays
alimentaires : émergents (voir l’encadré 3.3 du chapitre 3)5. Pour ces rai-
•• Quelles sont les particularités des marchés alimentaires? sons et parce que la majeure partie de la production alimen-
•• Quels sont les éléments moteurs de la production et de taire est consommée dans le pays, la situation locale de l’agri-
la consommation alimentaires? culture et les conditions atmosphériques jouent un grand
•• Comment les échanges alimentaires mondiaux ont-ils rôle, parallèlement à l’évolution du marché mondial6.
évolué? Les denrées alimentaires sont depuis longtemps une
•• Quels sont les risques? pierre d’achoppement dans les négociations commer-
ciales, obstacles, tarifaires ou non, compris, même si elles

Quelles sont les particularités 4Certains des chiffres globaux indiqués dans le présent dossier spécial

des marchés alimentaires? couvrent aussi les produits agricoles de base non comestibles comme le
coton, le caoutchouc, la laine et le cuir.
Les denrées alimentaires sont des substances consom- 5Voir également Furceri et al. (2016).
6Les mutations technologiques et l’évolution des coûts dans le do-
mables ou potables qui contribuent à la vie. Les cultures
maine des transports ont déterminé le degré d’intégration des marchés
vivrières comprennent les céréales (blé, maïs, riz, etc.), les des produits de base, notamment celui des denrées alimentaires, dont le
fruits et légumes (oranges, pommes de terre, etc.), la viande, périmètre géographique était initialement limité. Deux étapes sont à re-
tenir (voir Radetzki, 2011). La première, qui a eu lieu pendant la deu-
1Voir, entre autres, Galor et Weil (2000), Galor (2005 et 2011) et xième moitié du XIXe siècle, a été marquée par le lancement de navires
Gollin, Parente et Rogerson (2002). frigorifiques permettant d’expédier la viande et les fruits sur de longues
2Voir Arezki et al. (2016) ainsi que les références citées dans la pré- distances. La seconde a commencé dans les années 50 et s’est vraiment
sente étude pour un examen des fluctuations des prix alimentaires et de concrétisée dans les années 70. De gros vraquiers spécialisés ont été mis
leurs conséquences. en service, parallèlement aux installations d’embarquement et de débar-
3Aux termes de la déclaration du Sommet mondial de l’alimentation quement nécessaires dans les ports, ce qui a permis de transporter des
de 1996, «La sécurité alimentaire existe lorsque tous les êtres humains ont, produits de faible valeur sur des distances beaucoup plus grandes. Il en
à tout moment, un accès physique et économique à une nourriture suffi- est résulté une nouvelle baisse spectaculaire des frais d’expédition, en
sante, saine et nutritive leur permettant de satisfaire leurs besoins énergé- particulier sur les longues routes transatlantiques, qui s’est traduite par
tiques et leur préférence alimentaire pour mener une vie saine et active.» une convergence des prix sur les marchés régionaux.

52 Fonds monétaire international | Octobre 2016


DOSSIER SPÉCIAL MARCHÉS DES PRODUITS DE BASE : ÉVOLUTION ET PRÉVISIONS

représentent une fraction assez faible du commerce mon- Graphique [Link].2. Aides à la production : estimations
dial (8 % des marchandises en termes de valeur selon (En pourcentage des recettes agricoles brutes)
l’Organisation mondiale du commerce (2015). Les obs- OCDE Pays émergents
tacles tarifaires ou non tarifaires sont souvent dressés 40
pour défendre la souveraineté alimentaire et protéger les
35
agriculteurs nationaux. Les négociations commerciales du
Cycle de Doha se sont enlisées en juillet 2008 à cause de 30
désaccords sur l’agriculture. Plus récemment, les expor-
25
tateurs, tant dans les pays avancés que dans ceux en dé-
veloppement, se sont opposés au projet de création d’un 20
mécanisme de sauvegarde spéciale permettant de pro-
15
céder à des hausses tarifaires temporaires en cas de forte
progression des importations alimentaires. 10
La raison d’être d’une sauvegarde spéciale est de neutra-
5
liser les aides officielles à l’agriculture dans les pays exporta-
teurs. Les aides directes ont diminué dans les pays membres 0
de l’OCDE, alors que les pays émergents ont accru leur
soutien à l’agriculture (graphique [Link].2). Historiquement, –5
1995 2000 05 10 15
les distorsions ont en général favorisé les agriculteurs dans
Source : Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE),
les pays développés, et les consommateurs urbains, au dé- estimations des aides à la production et à la consommation, Statistiques
triment des petits agriculteurs, dans ceux en développe- agricoles (base de données).
Note : Les pays de l’OCDE sont classés sur la base des membres actuels.
ment (Anderson, 2016). Au cours des deux dernières dé- Pays émergents : Afrique du Sud, Brésil, Chine, Colombie, Indonésie, Kazakhstan,
cennies, les pays à revenu élevé ont globalement réduit les Russie, Ukraine et, depuis 2000, Viet Nam.
distorsions de leur secteur agricole. La plupart des régions
en développement, l’Asie surtout, n’imposent plus leurs
agriculteurs et leur octroient des aides. Tous les pays conti- leur emplacement varie considérablement selon les caté-
nuent d’avoir un parti pris anticommercial marqué dans gories de produits (graphique [Link].3). Cependant, les
la structure de leurs aides agricoles (Anderson, 2016)7. Les principaux centres sont souvent les mêmes. La Chine,
instruments de politique commerciale, comme les droits par exemple, est un gros producteur et consommateur
d’importation ou d’exportation, les subventions et les de riz et de porc et importe énormément de soja, ali-
contingents, ont de graves conséquences en termes de dis- ment capital pour les animaux. Les États-Unis produisent
tribution pour les consommateurs. Les marchés qui sont et consomment beaucoup de maïs et de bœuf, comme
plus particulièrement faussés sont notamment ceux des l’Union européenne dans le cas du blé. Il va de soi que
produits suivants : soja, sucre, riz, blé, bœuf, porc et volaille nombre de produits alimentaires crus sont des intrants
(Anderson, Rausser et Swinnen, 2013)8. intermédiaires clés pour l’industrie agricole, qui, à son
tour, transforme les produits et les exporte.
La croissance démographique est un facteur détermi-
Quels sont les éléments moteurs de la nant de la consommation alimentaire. L’expansion des
production et de la consommation alimentaires? revenus réoriente la structure de la demande vers notam-
Les centres de production et de consommation ali- ment la viande, les produits laitiers, les légumes et les
mentaires sont situés dans un petit nombre de pays, mais fruits frais (graphique [Link].4)9. L’activité économique
remarquable de la Chine ces trente dernières années
7D’après des données disponibles de la base WITS (Solutions pour le
est un bon exemple de ce qui précède. Elle a entraîné
commerce intégré mondial) de la Banque mondiale sur l’évolution des
droits d’importation frappant les produits alimentaires, ceux-ci sont re- une hausse durable des revenus des consommateurs de
venus de 22 à 11,5 % entre 1991 et 2014. S’ils n’ont augmenté dans
aucune région, les tarifs douaniers demeurent particulièrement élevés 9Tilman et Clark (2014 et 2015) montrent qu’il existe une forte rela-

(30 %) en Asie de l’Est. C’est en Amérique du Nord qu’ils sont les plus tion entre le revenu par habitant et la consommation 1) de protéines de
faibles (de l’ordre de 8 à 9 %). Ces résultats ont été établis à partir de viande, 2) de sucre raffiné, de graisses animales, d’huiles et d’alcool, et
données sur la moyenne des droits d’importation effectivement appli- 3) de calories. La demande alimentaire mondiale pourrait doubler sur la
qués aux produits alimentaires (en pourcentage), calculés en faisant la période 2005–50, sous l’effet des changements alimentaires (à hauteur
somme des droits les plus faibles de tous les partenaires commerciaux. de 70 % environ) et de la croissance démographique (pour les 30 %
8Les marchés du coton font aussi l’objet de graves distorsions. restants) (Tilman et Clark, 2015).

Fonds monétaire international | Octobre 2016 53


PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : DEMANDE MODÉRÉE — SYMPTÔMES ET REMÈDES

Graphique [Link].3. Production et consommation Graphique [Link].4. Population et consommation


alimentaires mondiales, par pays, 2015 alimentaire mondiale
(En pourcentage de la production ou de la consommation mondiale) (Indice 1995 = 100)
240 Population
160 1. Production
UE CHN IND RUS USA Blé
140 220 Maïs
BRA ARG VNM COL IDN
120 ETH BGD Autres Soja
100 200 Bœuf
Riz
80 Porc
180
60
40 160
20
0 140
Blé Maïs Riz Soja Café Bœuf Porc
120
160 2. Consommation
UE CHN IND RUS USA
140 100
BRA MEX ARG JPN CAN
120
IDN BGD VNM Autres
100 80
1995 2000 05 10 15
80
Sources : US Department of Agriculture; Banque mondiale, Indicateurs
60 du développement dans le monde; calculs des services du FMI.
40
20 entraîné une diversification de la demande alimentaire.
0 Pour des raisons religieuses, l’Inde est une exception ma-
Blé Maïs Riz Soja Café Bœuf Porc
jeure à la tendance vers une plus grande consomma-
Sources : US Department of Agriculture; calculs des services du FMI. tion de viande11. Outre la croissance démographique et
Note : Les codes de pays utilisés sont ceux de l’Organisation internationale
de normalisation (ISO). des revenus, l’apparition de certaines catégories de bio-
carburants, dont la part a doublé au cours de la der-
ce pays, qui sont alors passés des aliments de base (cé- nière décennie, peut exercer des pressions sur les mar-
réales et riz, par exemple) à une alimentation plus diver- chés alimentaires et a été accusée de faire monter les prix
sifiée et de meilleure qualité10. Il existe naturellement (Chakravorty, Hubert et Marchand, 2015).
entre les pays des différences importantes en termes de Les terres et les technologies disponibles sont les prin-
préférences, de sorte que la progression des revenus a cipaux éléments moteurs de la production alimentaire.
10En Chine, la consommation de céréales par habitant a diminué de
Comme l’indique le tableau [Link].1, les terres cultivables
7 %, tandis que celle de sucre et d’huiles végétales a augmenté de 14 % et sont principalement situées dans les régions en dévelop-
de 16 %, respectivement. La consommation de protéines a aussi progressé pement (Afrique subsaharienne et Amérique du Sud,
(de 37 % pour les protéines animales et de 42 % pour celles provenant du
poisson et des fruits de mer). La hausse de la consommation de fruits et 11Voir Anand et Cashin (2016) et Tulin et Anand (2016) pour des préci-

de lait a été particulièrement spectaculaire (de 115 % dans les deux cas). sions supplémentaires sur l’évolution de la demande alimentaire en Inde.

Tableau [Link].1. Terres cultivées ou cultivables, par région, 2013


(Milliers d’hectares)
Afrique Afrique Amérique Amérique
du Nord subsaharienne du Sud du Nord Europe Océanie Asie Monde
Terres cultivées (2013) 46.151 221.805 192.393 205.091 292.457 48.912 568.454 1.575.263
Terres cultivables 46.595 162.198 130.946 7.242 27.189 15.628 13.392 403.190
Total des terres cultivées 92.746 384.003 323.339 212.333 319.646 64.540 581.846 1.978.453
Ratio terres cultivées/cultivables 0,50 0,58 0,60 0,97 0,91 0,76 0,98 0,80
Sources : Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), FAOSTAT et GAEZ (Zones agroécologiques mondiales); calculs des
services du FMI.
Note : Les terres cultivées correspondent au total des terres arables et des cultures permanentes (FAOSTAT). Les terres cultivables sont calculées en
fonction du classement de GAEZ (terres bien ou extrêmement bien adaptées à l’une des cinq cultures suivantes : maïs, soja, blé, sucre de canne, huile
de palme). Océanie : Australie, îles Cook, Fidji, Guam, Kiribati, îles Mariannes du Nord, îles Marshall, Mélanésie, Micronésie, Nauru, Niue, île Norfolk,
Nouvelle-Calédonie, Nouvelle-Zélande, Palaos, Papouasie-Nouvelle-Guinée, îles Pitcairn, Polynésie, Polynésie française, îles Salomon, Samoa, Samoa
américaines, Territoire sous tutelle des îles du Pacifique, Tokelau, Tonga, Tuvalu, Vanuatu et îles Wallis et Futuna.

54 Fonds monétaire international | Octobre 2016


DOSSIER SPÉCIAL MARCHÉS DES PRODUITS DE BASE : ÉVOLUTION ET PRÉVISIONS

Tableau [Link].2. Exportations alimentaires


(Part dans les exportations mondiales) d’accroître la productivité des terres actuellement culti-
Région 1990 2000 2013
vées et de freiner le taux de dégradation des sols et de dé-
OCDE 0,7766 0,7406 0,6240 forestation. Le potentiel de hausse de la productivité agri-
Hors OCDE 0,2234 0,2594 0,3760 cole est particulièrement élevé en Afrique subsaharienne,
Brésil 0,0236 0,0292 0,0661
où les rendements sont inférieurs de 50 % à leur niveau
Chine 0,0370 0,0411 0,0393
Inde 0,0051 0,0103 0,0263 potentiel (Fischer et Shah, 2011).
Argentine 0,0258 0,0281 0,0262
Indonésie 0,0046 0,0108 0,0224
Sources : Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et
l’agriculture (FAO); calculs des services du FMI.
Comment les échanges alimentaires
Note : Le terme «alimentaire» s’entend de l’agrégat alimentaire mondiaux ont-ils évolué?
(poisson exclus) de la FAO. OCDE = Organisation de coopération et de
développement économiques. Le classement entre membres et non Au cours des dernières décennies, la trajectoire mondiale
membres de l’OCDE est établi à partir des membres actuels. de la demande alimentaire a plus varié que celle de l’offre.
La demande s’est déplacée de l’Occident vers l’Orient en
pour l’essentiel). La croissance démographique, surtout raison des écarts de croissance démographiques, ainsi que
en Afrique et en Asie, nécessitera d’augmenter la pro- de l’évolution des revenus modifiant la composition de la
duction de calories alimentaires de 70 % d’ici à 2050 demande. La réorientation de l’offre de denrées alimen-
(IFPRI, 2016)12. La mise en valeur de l’ensemble des taires du Nord vers le Sud a été moins marquée que dans
terres non cultivées, toutes choses égales par ailleurs, ai- le cas des autres produits de base (minéraux et métaux, no-
derait à nourrir 9 milliards de personnes, soit un chiffre tamment). La part des pays avancés dans les échanges ali-
inférieur aux 9,7 milliards qui devront s’alimenter d’ici mentaires mondiaux reste la plus importante, même si
au milieu du siècle. Ce calcul rapide, il est important de celle de certains pays émergents a augmenté (tableau 1.
le souligner, ne tient pas compte de facteurs comme les DS.2). Cela est vrai même si le rendement potentiellement
éventuelles innovations techniques, la réduction du gas- élevé du capital placé dans le secteur agricole dans de nom-
pillage alimentaire et la dégradation des sols. breux pays en développement justifierait des entrées de ca-
Les futures hausses de l’offre alimentaire, néces- pitaux dans ce secteur (voir, par exemple, Gollin, Lagakos
saires pour nourrir une population mondiale croissante, et Waugh, 2014a et 2014b).
doivent résulter essentiellement de gains de productivité. On constate des écarts considérables entre les rende-
Il conviendrait dans la mesure du possible de limiter la ments agricoles des pays (production des cultures par
culture de nouvelles terres pour des considérations so- unité de terre cultivée, soit une mesure de la producti-
ciales ou tenant à l’environnement : pertes de biodi- vité agricole) (tableau [Link].3). Ces écarts représentent
versité, dégradation de l’écosystème, augmentation des les multiples aspects des obstacles à l’investissement et
émissions de carbone et droits classiques d’exploitation aux transferts de technologies dans le secteur agricole
des terres. Le défi à relever est donc de trouver le moyen des pays en développement. Les preuves d’un rattrapage
par les pays à faible revenu du niveau de productivité des
12Selon les prévisions, la population mondiale devrait passer entre pays avancés sont limitées. Le rendement du maïs, par
2015 et 2050 de 7,3 à 9,7 milliards de personnes (Nations Unies, exemple, est très différent en Amérique du Nord et en
2015). On s’attend à ce que plus de la moitié de cette augmentation Afrique subsaharienne (graphique [Link].5). Si elle permet
(1,3 milliard) soit enregistrée en Afrique, région où la croissance dé-
mographique est la plus forte, et on estime la contribution de l’Asie à
de penser que des flux de capitaux se sont amorcés entre
0,9 milliard de personnes. le Nord et le Sud, la récente accélération des acquisitions

Tableau [Link].3. Rendements agricoles


(Ratio par rapport au premier producteur)
Afrique Amérique latine
Afrique du Nord subsaharienne et Caraïbes Amérique du Nord Europe Océanie Asie
Maïs 0,60 0,19 0,43 1,00 0,56 0,77 0,48
Riz 0,88 0,22 0,48 0,81 0,59 1,00 0,44
Soja 0,82 0,40 0,88 1,00 0,63 0,68 0,42
Blé 0,63 0,60 0,65 0,71 1,00 0,48 0,73
Sources : Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture; calculs des services du FMI.
Note : Le présent tableau indique le rendement moyen pondéré des cultures par région, normalisé par rapport au premier producteur. Le rendement
moyen est pondéré par la région où sont situées les terres cultivées. Océanie : Australie, Fidji, Guam, Micronésie, Nouvelle-Calédonie, Nouvelle-Zélande,
Papouasie-Nouvelle-Guinée, îles Salomon, Territoire sous tutelle des îles du Pacifique et Vanuatu.

Fonds monétaire international | Octobre 2016 55


PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : DEMANDE MODÉRÉE — SYMPTÔMES ET REMÈDES

Graphique [Link].5. Maïs : rendement défis que ces pays doivent relever pour améliorer leurs
(Kilogrammes par hectare) institutions. Il existe beaucoup de preuves du rôle que les
technologies (ou leur absence), ainsi que le capital hu-
Afrique du Nord Afrique subsaharienne
Amérique latine et Caraïbes Amérique du Nord
main et les contraintes de crédit, jouent dans le dévelop-
Europe Océanie pement agricole (voir, entre autres, Besley et Case, 1993,
Asie Foster et Rosenzweig, 1995, et Dercon et Christiaensen,
10.000 2011). D’autres facteurs, comme le manque d’infrastruc-
tures adéquates (Donaldson et Hornbeck, à paraître), les
risques d’expropriation (Jacoby, Li et Rozelle, 2002) et les
8.000 questions de régime foncier (Besley et Burgess, 2000), li-
mitent aussi l’investissement dans le secteur.

6.000
Quels sont les risques?
Amartya Sen (1981) a été le premier à souligner que la
4.000
faim est causée non pas nécessairement par un manque
de denrées alimentaires, mais par l’absence de la capacité
de les acheter. La sécurité alimentaire est un concept plu-
2.000
ridimensionnel. L’Organisation des Nations Unies pour
l’alimentation et l’agriculture (FAO) (2015) a identifié les
0 quatre piliers ci-après pour la sécurité alimentaire :
1965 75 85 95 2005 14 •• Disponibilité — c’est-à-dire l’offre; elle est déterminée
Sources : Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture; par la production, les stocks et les échanges alimentaires.
calculs des services du FMI.
•• Accès — économique et physique (soit les capacités
Note : Le rendement s’entend d’une moyenne mobile quinquennale.
Océanie : Australie, Fidji, Guam, Micronésie, Nouvelle-Calédonie, Nouvelle-Zélande, respectives d’acheter avec le revenu disponible et d’at-
Papouasie-Nouvelle-Guinée et Vanuatu. teindre les sources de nourriture à l’aide des infrastruc-
tures de transport).
•• Utilisation — grâce à la diversité de l’alimentation,
internationales massives de terres après la hausse des ainsi qu’à la répartition au sein des familles, la prépara-
cours des denrées alimentaires a aussi révélé d’impor- tion et la consommation des denrées alimentaires.
tantes lignes de fracture entre les pays investisseurs et les •• Stabilité — la constance des trois autres dimensions
pays bénéficiaires (voir encadré [Link].1). dans le temps.
Les obstacles à l’investissement dans le secteur agri-
cole sont nombreux. La faiblesse des apports nets de Une urbanisation rapide et une croissance démogra-
capitaux dans les pays en développement, contraire- phique galopante, surtout en Afrique subsaharienne et
ment à ce que semblerait vouloir la théorie néoclassique, en Asie, qui ne se sont pas accompagnées d’une hausse
n’est pas propre à ce secteur (Alfaro, Kalemli-Ozcan de l’offre alimentaire dans les pays, ont été à l’ori-
et Volosovych, 2008). Les nombreux facteurs qui dis- gine d’une dépendance croissante à l’égard des impor-
suadent d’investir dans ce secteur sont représentatifs des tations (tableau [Link].4). Une majorité écrasante de

Tableau [Link].4. Population urbaine par région


(En pourcentage de la population totale)
Région 1990 2014 2050 Variation 1990–2014 Variation 1990–2050
Afrique 31,3 40,0 55,9 8,7 24,7
Asie 32,3 47,5 64,2 15,3 31,9
Europe 70,0 73,4 82,0 3,5 12,0
Amérique latine et Caraïbes 70,5 79,5 86,2 9,0 15,7
Amérique du Nord 75,4 81,5 87,4 6,0 12,0
Océanie 70,7 70,8 73,5 0,1 2,8
Sources : Nations Unies, Perspectives de l’urbanisation mondiale : révision 2014; calculs des services du FMI.
Note : Océanie = Australie, îles Cook, Fidji, Guam, Kiribati, îles Mariannes du Nord, îles Marshall, Micronésie, Nauru, Niue, Nouvelle-Calédonie,
Nouvelle-Zélande, Palaos, Papouasie-Nouvelle-Guinée, Polynésie française, îles Salomon, Samoa, Samoa américaines, Tokelau, Tonga, Tuvalu, Vanuatu
et îles Wallis et Futuna.

56 Fonds monétaire international | Octobre 2016


DOSSIER SPÉCIAL MARCHÉS DES PRODUITS DE BASE : ÉVOLUTION ET PRÉVISIONS

Tableau [Link].5. Exportateurs et importateurs alimentaires nets


(2013, par comparaison avec 1990; nombre de pays)
Région Toujours exportateur Toujours importateur Exportateur --> importateur Importateur --> exportateur Total
Asie de l’Est et Pacifique 6 17 7 2 32
Europe et Asie centrale 9 13 1 1 24
Amérique latine et Caraïbes 12 14 8 0 34
Moyen-Orient et Afrique du Nord 0 17 2 0 19
Amérique du Nord 2 1 0 0 3
Asie du Sud 1 6 0 1 8
Afrique subsaharienne 4 29 9 3 45
Total 34 97 27 7 165
Sources : Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture; Banque mondiale : Indicateurs du développement dans le monde;
calculs des services du FMI.

pays dans le monde sont importateurs alimentaires nets d’autres facteurs comme les mutations que connaissent les
(tableau [Link].5). Malgré la forte concentration des pays organismes nuisibles, les maladies et les concentrations at-
qui ont toujours été importateurs alimentaires, 27 sont mosphériques de dioxyde de carbone (Porter et al., 2014).
passés du statut d’exportateur à celui d’importateur en En général, les études ont souligné une exposition iné-
termes nets depuis 1990. Ces pays, qui se trouvent en gale des pays, ceux proches de l’Équateur étant plus vul-
Asie de l’Est, en Amérique latine et en Afrique subsaha- nérables au changement climatique (Rosenzweig et al.,
rienne, sont, entre autres, le Honduras, les Philippines, le 2014)16. Par exemple, l’Éthiopie a récemment connu
Viet Nam et le Zimbabwe, quatre pays dont les exporta- l’une de ses plus graves sécheresses en des décennies. Il
tions alimentaires nettes ont nettement reculé (de plus de est étonnant de constater que les deux principales saisons
7 points de pourcentage du PIB). pluvieuses du pays contribuent à plus de 80 % de sa pro-
Ces changements ont fait naître de nouveaux sujets duction agricole. Le secteur agricole emploie 85 % de la
d’inquiétude quant à la sécurité alimentaire, que les pays population. Sous l’effet conjugué du déficit de précipita-
peuvent assurer grâce aux importations s’ils sont en me- tions, ainsi que de la sécheresse qui en est résulté, et du
sure de les financer. Les pays économiquement pros- phénomène météorologique El Niño, les besoins humani-
pères peuvent financer leurs importations alimentaires, taires ont enregistré une forte augmentation, qui devrait
alors que les pays pauvres luttent pour y parvenir13. Ces normalement se poursuivre pendant la majeure partie
quelques dernières années, l’effondrement des cours des de 2016 (voir gouvernement éthiopien, 2015)17.
produits de base (exception faite des denrées alimen- Les phénomènes météorologiques extrêmes et les me-
taires) a exposé les pays en développement à des chocs de naces qu’ils font peser sur la sécurité alimentaire de-
prix en réduisant leurs recettes d’exportation et leur es- vraient continuer de s’aggraver et leur fréquence de
pace budgétaire14. s’accroître (IFPRI, 2016, PNUE, 2016, et Banque mon-
Le changement climatique a des retombées sur l’agri- diale, 2015a)18. Ce que l’on appelle l’agriculture clima-
culture, sous forme d’importantes pertes économiques tiquement intelligente peut aider à atténuer les effets
(baisse du rendement des cultures et de la productivité du du changement climatique sur l’agriculture en don-
bétail, par exemple) imputables aux variations des tempé- nant aux petits exploitants la possibilité de produire du-
ratures moyennes, aux modifications des régimes de pré- rablement et efficacement des aliments plus nutritifs
cipitations et à des conditions atmosphériques extrêmes
comme les vagues de chaleur15. Il existe une quantité 16On a des raisons de penser que le changement climatique a des ef-

fets différents selon les récoltes.


17Les répercussions du phénomène El Niño de 2015–16 pour-
13L’insécurité alimentaire peut, toutefois, frapper les segments les raient être encore plus graves en Asie qu’en Afrique, dans des endroits
plus pauvres de la population de certains pays riches. comme les hautes terres du Cambodge, du Centre et du Sud de l’Inde,
14En principe, les chocs de termes de l’échange des denrées alimen- de l’Est de l’Indonésie, du Centre et du Sud des Philippines, du Centre
taires peuvent aussi faire basculer un pays du statut d’exportateur à celui et du Nord-Est de la Thaïlande, de la Papouasie-Nouvelle-Guinée et
d’importateur. En pratique, une croissance démographique et une ur- d’autres pays insulaires du Pacifique. En Inde, on a signalé dans plu-
banisation rapides, une stagnation de la productivité et des infrastruc- sieurs parties du Tamil Nadu de graves inondations en novembre et en
tures médiocres sont les causes principales de la dépendance de nom- décembre 2015, qui ont frappé la plupart des quartiers de la ville de
breux pays en développement à l’égard des importations alimentaires Chennai (Nations Unies, 2015).
(Rakotoarisoa, Iafrate et Paschali, 2011). 18En Amérique latine et en Asie du Sud-Est, le nombre des inonda-
15Voir FMI (2016) pour un examen des effets des catastrophes tions et sécheresses, dont se sont accompagnés les récents phénomènes
naturelles et du changement climatique dans les pays d’Afrique El Niño/La Niña et qui ont déjà causé de lourdes pertes dans le secteur
subsaharienne. agricole, devrait doubler (Banque mondiale, 2015b).

Fonds monétaire international | Octobre 2016 57


PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : DEMANDE MODÉRÉE — SYMPTÔMES ET REMÈDES

Tableau [Link].6. Part des denrées alimentaires Graphique [Link].6. Prix alimentaires et événements violents
et des boissons dans la consommation totale, 2010 (Nombre d’événements, sauf indication contraire)
Région Part
Pays à revenu élevé 21,0 1.200 Afrique — événements violents 190
Pays à revenu intermédiaire 43,7 Amérique latine — événements violents
Pays à faible revenu 56,6 Indice des prix alimentaires
Burundi 71,0 1.000 (2005 = 100, échelle de droite) 170
Congo, Rép. dém. du 69,5
Guinée 71,1
Sources : Banque mondiale, base de données sur la consommation 800 150
mondiale; Organisation de coopération et de développement économiques,
base de données sur les comptes nationaux; calculs des services du FMI.
Note : comprend les aliments transformés comme les boissons alcooli- 600 130
sées, ainsi que les services de restauration.

400 110
(IFPRI, 2016)19. En outre, la FAO et l’Agency for
International Development des États-Unis ont établi
des systèmes d’alerte avancée afin d’anticiper et de pré- 200 90
venir les famines. La FAO accueille le Système mondial
d’information et d’alerte rapide, qui suit la situation ali- 0 70
1991 95 2000 05 10 13
mentaire mondiale dans ses 190 pays membres et signale
les crises imminentes dans ces pays (Groskopf, 2016).
Sources : FMI, système des cours des produits de base; Social Conflict Analysis
Le Famine Early Warning Systems Network (FEWS Database (SCAD) 3.1; calculs des services du FMI.
NET, [Link]), mis en place par l’Agency for
International Development, aide à anticiper et prévoir les
crises humanitaires dans 29 pays. Les interventions des autorités peuvent parfois am-
L’instabilité des prix alimentaires et les pénuries mani- plifier les hausses des prix alimentaires. La tendance des
festes ont des retombées cruciales sur la capacité de survie, pays, tant développés qu’en développement, à modifier
l’aspect le plus fondamental du bien-être dans les pays tous les ans leur politique commerciale afin de stabiliser
pauvres. Comme l’indique le tableau [Link].6, la part des les prix et les volumes sur leur marché alimentaire inté-
produits alimentaires dans le panier global de consomma- rieur aggrave l’instabilité des prix des produits sensibles
tion est spectaculairement élevée dans nombre de pays à aux conditions atmosphériques, comme les denrées ali-
faible revenu. Elle est encore plus élevée dans les pays fra- mentaires (Anderson, 2016, et FAO, 2015). Lorsque les
giles comme la Guinée et le Burundi. Dans le cas des pays prix alimentaires sont élevés, comme en 2008, les pays ex-
à revenu intermédiaire, elle est quelque peu plus faible, portateurs nets imposent fréquemment des restrictions à
mais toujours importante, atteignant environ 50 % de la l’exportation, et les pays importateurs nets abaissent leurs
consommation totale. Les preuves économétriques dispo- obstacles tarifaires. L’objet de ces deux mesures est d’ac-
nibles (voir Arezki et Brueckner, 2014, et Bellemare, 2015) croître l’offre intérieure. Prises ensemble, elles amplifient la
semblent indiquer que l’instabilité des prix alimentaires hausse des prix (Anderson, Rausser et Swinnen, 2013, et
peut causer de graves problèmes de distribution à l’intérieur Anderson, 2016). Pour éviter de telles situations, une pro-
des pays et entre eux et déboucher sur des conflits (gra- ductivité plus élevée du secteur agricole et une améliora-
phique [Link].6)20. Les indices d’insécurité alimentaire ac- tion des chaînes d’approvisionnement, ainsi qu’une coor-
tuels (graphique [Link].7) montrent que l’Afrique est la ré- dination régionale, y compris en maintenant et en gérant
gion la plus exposée, mais que des poches de vulnérabilité des réserves régionales de céréales, se sont révélées être des
existent aussi en Asie et en Amérique centrale et du Sud. moyens de protection efficaces contre les conséquences de
l’instabilité des prix alimentaires dans les pays en dévelop-
19Par exemple, on a constaté que le rendement du riz C4 s’accroit de pement d’Asie (Jha et Rhee, 2012)21.
50 % si l’efficacité avec laquelle l’eau et l’azote sont utilisés augmente de
100 % et de 30 %, respectivement (IFPRI, 2016).
20La production alimentaire est endogène à la guerre civile, qu’il est 21Il est également possible d’atténuer à long terme les crises ali-

possible d’associer, comme le montrent divers exemples de pays, à une mentaires en réduisant : 1) la consommation excessive de denrées ali-
hausse des prix alimentaires intérieurs. Au Darfour notamment, les prix mentaires, qui est source d’obésité (avec ses retombées négatives sur la
des principaux aliments de base ont augmenté rapidement après la vio- santé), et 2) le gaspillage alimentaire. La FAO estime qu’un tiers des
lence généralisée qui a éclaté à la fin de 2003 et au début de 2004 (voir, aliments destinés à la consommation humaine mondiale (soit environ
entre autres, Brinkman et Hendrix, 2010). 1,3 milliard de tonnes par an) est perdu ou gaspillé.

58 Fonds monétaire international | Octobre 2016


DOSSIER SPÉCIAL MARCHÉS DES PRODUITS DE BASE : ÉVOLUTION ET PRÉVISIONS

Graphique [Link].7. Indice mondial de la sécurité alimentaire, 2016


(Note globale de 0 à 100, 100 = meilleur environnement)

Note comprise entre 72,4 et 86,6


Note comprise entre 57,1 et 72,3
Note comprise entre 41,6 et 57,0
Note comprise entre 24,0 et 41,5

Source : Economist Intelligence Unit, Indice mondial de la sécurité alimentaire, 2016.

Dans l’ensemble, les marchés alimentaires sont seg- pays encore plus dépendants des échanges. Pour relever ces
mentés à cause des distorsions commerciales et des obstacles défis et réduire l’insécurité alimentaire, tous les pays doivent
intérieurs à l’investissement dans le secteur. La demande ali- impérativement continuer d’éliminer les entraves au com-
mentaire progresse, et continuera de progresser, rapidement merce. Les pays à faible revenu devraient aussi accroître la
en raison de la croissance démographique. La hausse des productivité de leur secteur agricole en attirant les flux de
revenus a aussi des retombées sur sa structure. La tendance capitaux, mais pour y parvenir, des réformes institution-
à une urbanisation rapide en Afrique et en Asie rendra les nelles sont nécessaires dans de multiples domaines.

Fonds monétaire international | Octobre 2016 59


PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : DEMANDE MODÉRÉE — SYMPTÔMES ET REMÈDES

Encadré [Link].1. La ruée mondiale vers les terres


Dans un contexte marqué par une demande alimentaire en Graphique [Link].1.1. Évolution
constante progression, les États, le secteur agroalimentaire et des transactions par région
les fonds d’investissement manifestent un intérêt croissant pour (Nombre de transactions)
l’acquisition de droits de propriété, ou la conclusion de baux Afrique subsaharienne Asie de l’Est et Pacifique
à long terme portant sur de grandes superficies de terres agri- Amérique latine Europe et Asie centrale
coles, situées surtout dans les pays en développement (Arezki, et Caraïbes Moyen-Orient et Afrique
Asie du Sud du Nord
Deininger et Selod, 2015). La plupart des acquisitions de
terres ont été réalisées dans des pays frappés par l’insécurité ali- 175
mentaire qui ont un besoin crucial d’investissements dans leur
secteur agricole. Les résultats des transactions de cette nature 150
peuvent être positifs ou négatifs. Le présent encadré apporte des
éléments probants sur les acquisitions internationales de terres 125
et en examine les conséquences pour les autorités des pays.
100
Quelle est la cause des grandes transactions foncières?
Dans le présent encadré, il faut entendre par l’expres- 75
sion «transaction foncière» une acquisition internatio-
nale de grande ampleur de terres, le plus souvent au détri- 50
ment de la production des petits exploitants ou des espaces
verts1. La crise alimentaire de 2007−08 a provoqué une
25
hausse massive des prix alimentaires, rehaussant de ce fait
la valeur des terres agricoles, ainsi que celle des options de
préservation de terres pour la production alimentaire afin 0
2000 04 08 12 16
de se prémunir contre la prochaine crise alimentaire. Si les
Sources : Land Matrix; calculs des services du FMI.
avantages d’une mise en culture des terres vacantes restent
faibles, l’augmentation des incertitudes par suite de la crise
a peut-être accru la rentabilité future des investissements les fortes variations des prix alimentaires et des incerti-
privés (Collier et Venables, 2012). tudes. On a des raisons de penser que la majeure partie
Le graphique [Link].1.1 montre que le nombre annuel des terres acquises n’a pas été cultivée, ce qui peut susciter
de transactions foncières a sensiblement augmenté dans des inquiétudes quant aux motifs des investissements fon-
les années qui ont précédé la crise financière de 2007−08 ciers massifs et évoque d’éventuels obstacles empêchant de
pour atteindre un pic peu après. En 2009, au plus fort de mener à bien les projets agricoles. Selon la base de données
la ruée vers les terres, une transaction portant sur une su- de Land Matrix, 49 % seulement des terres acquises sont
perficie moyenne de 223 miles carrés (plus de cinq fois à ce jour partiellement cultivées, et cette fraction est nette-
celle de la ville de Paris) était négociée presque tous les ment plus faible en Afrique subsaharienne (37 %)2.
jours. Au cours des années suivantes, les terres agricoles
Que nous disent les statistiques
ont moins attiré les investisseurs et les États.
sur les investissements fonciers?
Le vif essor suivi d’un effondrement que montre le ta-
bleau [Link].1.1 cadre avec l’idée d’une évolution rapide En mai 2016, la base de données de Land Matrix
de la valeur des options sur les terres agricoles causée par contenait des informations sur 2.152 transactions trans-
nationales, dont un peu plus des deux tiers étaient liées à
Les auteurs de cet encadré sont Christian Bogmans et Vanessa des projets agricoles portant sur une superficie cumulée de
Diaz Montelongo. près de 59 millions d’hectares dans 88 pays (soit environ
1Par définition, une transaction est une tentative fructueuse ou
la superficie de la France ou de l’Ukraine). Bien qu’impor-
infructueuse d’acquérir des terres par voie d’achat, de location ou tantes, les cessions sont encore assez modestes par rapport
de concession en respectant les critères suivants : 1) elle entraîne un
transfert des droits d’usage, de contrôle ou de possession des terres
au stock total de terres arables (hors forêts) non cultivées,
dans le cadre d’une vente, d’un bail ou d’une concession; 2) elle est qui se chiffre à environ 400 millions d’hectares (1 mil-
postérieure à l’an 2000; 3) elle couvre une superficie d’au moins liard, forêts incluses). L’Afrique subsaharienne (884 tran-
200 hectares; et 4) elle implique la conversion éventuelle à un usage sactions) et l’Asie de l’Est (611 transactions) sont les plus
commercial de terres utilisées par de petits exploitants à des fins de
production ou des collectivités locales ou pour la prestation de ser-
vices écosystémiques importants. L’analyse exposée dans le présent 2The Land Matrix Global Observatory, consulté le 7 mai 2016.

encadré porte uniquement sur les transactions transfrontalières. [Link]

60 Fonds monétaire international | Octobre 2016


DOSSIER SPÉCIAL MARCHÉS DES PRODUITS DE BASE : ÉVOLUTION ET PRÉVISIONS

Encadré [Link].1 (fin)


importantes cibles d’investissement, suivies par l’Amérique Tableau [Link].1.1. Effets de la gouvernance
latine (368 transactions). des terres et de la sécurité alimentaire
Pour examiner les causes de l’intérêt porté aux transac- sur les transactions foncières
tions foncières transnationales, nous utilisons une régression (1) (2)
bilatérale de Poisson en vue de modéliser les occurrences et Variables bilatérales
Éloignement (log) –0,838*** –1,061***
le nombre de projets par paires origine–destination. Nous (0,0669) (0,0793)
supposons que N​ ​​ ij​​​est le nombre de projets lancés dans Passé colonial 1,529*** 0,874***
le pays hôte j par des investisseurs du pays i. La régression (0,269) (0,253)
couvre toutes les transactions foncières entre 2000 et 2016. Variables pays d’origine
En suivant le modèle de gravité standard utilisé dans Exportations alimentaires nettes
(par rapport au PIB) 8,199***
les ouvrages sur les échanges, l’investissement foncier est (1,180)
réparti entre les caractéristiques des pays d’origine et de Indice de sécurité alimentaire 0,0403***
destination,VarOrig​ i​​​ et ​​VarDest​ j ​​, respectivement, et des (0,00447)
variables bilatérales, ​​VarBilat​ ij​​​. La spécification de réfé- Variables pays de destination
rence est la suivante : Enclavé 0,234 0,0575
(0,220) (0,192)
​​Nij​  ​​  = c + ​α​ i​​  ∙ Terres arables (hors forêts) 0,525*** 0,810***
VarOrig​ i​​  + ​​β​ j​​  ∙ VarDestj​  ​​  + ​​γ​ ij​​  ∙ VarBilatij​  ​​  + ​ε​ ij​  ​​​​​  , ([Link].1.1) (0,0748) (0,0936)
Gouvernance des terres –0,572*** –0,165
(0,0957) (0,108)
où α​ i​​​, ​​β​ j​​​ et ​​γ​ ij​​​sont les paramètres d’intérêt, et ​​ε​ i​​​ un
Loi et ordre –0,265*** –0,152
terme d’erreur. Étant donné le grand nombre de zéros (0,0827) (0,0958)
que contiennent les données, l’estimateur des moindres Protection médiocre des investisseurs –0,00606** –0,00913***
carrés ordinaires peut être faussé et incohérent. Un (0,00243) (0,00256)
pseudo-­estimateur de vraisemblance maximale de Exportations alimentaires nettes
(par rapport au PIB) 5,757***
Poisson est utilisé (Silva et Tenreyro, 2006).
(1,384)
Nous nous servons dans l’analyse d’une nouvelle me- Indice de sécurité alimentaire –0,0539***
sure des terres non forestières non cultivées qui prend en (0,00639)
compte la proximité du marché. Les données sont ex- Nombre d’observations 19.186 10.044
traites des Zones agroécologiques mondiales de la FAO Pseudo R 2 0,217 0,283
(FAO, 2016). Pour étudier la relation entre ce type d’in- Note : erreurs standards robustes entre parenthèses.
*** p < 0,01, ** p < 0,05, * p < 0,1.
vestissement direct étranger et la gouvernance, les données
sur la loi et l’ordre du Guide international des risques-pays souvent relever les autorités des pays insécures sur le plan
(GIRP, 2009), un indicateur de la protection des inves- alimentaire qui souhaitent accueillir de gros investissements
tisseurs tiré de la série de données de Doing Business de fonciers extérieurs est de s’assurer qu’ils soulagent en fait la
la Banque mondiale et un indice de sécurité foncière (de faim sur leur territoire. Cela est particulièrement difficile en
Crombrugghe et al., 2009) sont inclus. L’éloignement phy- cas de gouvernance des terres médiocre.
sique et une variable muette qui représente les liens colo-
niaux du passé sont utilisés comme approximations des Quelles conséquences pour la sécurité alimentaire?
coûts d’échanges. Enfin, un indice de sécurité alimentaire Les transactions foncières peuvent avoir des effets posi-
établi par l’Economist Intelligence Unit est aussi inclus. tifs ou négatifs. D’une part, elles signalent que les investis-
Les résultats des régressions basées sur l’équation (1. seurs des pays riches injectent des capitaux dans le secteur
DS.1.1) sont présentés au tableau [Link].1.1. Ils confirment agricole des pays pauvres et, en conséquence, contribuent
l’importance des coûts commerciaux et une offre abon- aux transferts de technologies et de connaissances agrono-
dante de terres arables non cultivées. Il est intéressant de miques aux agriculteurs locaux. D’autre part, la concen-
souligner que, contrairement aux ouvrages existants sur les tration de ces transactions dans les pays frappés par l’in-
flux de capitaux, nous constatons que la gouvernance des sécurité alimentaire peut potentiellement amplifier les
terres est d’autant plus médiocre que les transactions fon- répercussions d’une future crise alimentaire. Les autorités
cières sont nombreuses (voir tableau [Link].1.1, colonne 1). des pays hôtes peuvent corriger ces risques en investissant
Il existe une forte corrélation (coefficient de ρ = 0,77 entre dans des capacités de suivi afin de s’assurer que les terres
une mauvaise gouvernance des terres et l’insécurité alimen- sont louées à des investisseurs qui 1) encouragent l’inté-
taire, cette conclusion donnant à penser que les régions gration des producteurs locaux dans les chaînes de valeur,
souffrent d’autant plus d’insécurité alimentaire que les in- 2) coinvestissent dans les biens publics locaux, et 3) in-
vestissements fonciers sont importants. Le défi que doivent demnisent les exploitants fonciers déplacés.

Fonds monétaire international | Octobre 2016 61


PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : DEMANDE MODÉRÉE — SYMPTÔMES ET REMÈDES

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64 Fonds monétaire international | Octobre 2016


2
CHAPITRE

À QUOI TIENT LE RALENTISSEMENT DES ÉCHANGES MONDIAUX?

La croissance des échanges se ralentit depuis 2012, aussi bien mondiaux ont augmenté en moyenne deux fois plus rapi-
par rapport au rythme soutenu qu’elle affichait auparavant dement que le PIB mondial entre 1985 et 2007, mais ils
que par rapport à la croissance économique globale. Ce cha- peinent à suivre le rythme depuis quatre ans. Le monde
pitre montre que la faiblesse générale de l’activité économique, a rarement connu une période aussi prolongée de faible
et surtout de l’investissement, est le principal obstacle à l’ex- croissance du volume des échanges par rapport à l’activité
pansion du commerce puisque jusqu’aux trois quarts de son économique au cours des cinquante dernières années.
ralentissement lui sont imputables. D’autres facteurs pèsent Les raisons de la lenteur de la croissance du commerce
toutefois sur les échanges. La perte de vitesse du processus de mondial ne sont toujours pas bien comprises; il est pour-
libéralisation et la récente montée du protectionnisme en- tant nécessaire d’établir un diagnostic précis pour déter-
travent la croissance du commerce, bien que ces deux facteurs miner si, et dans quels domaines, il pourrait être souhai-
n’aient jusqu’ici eu qu’un impact quantitatif limité. Le ra- table de prendre des mesures1. Le tassement des échanges
lentissement de l’expansion des chaînes de valeur mondiales est-il tout simplement un symptôme d’un contexte écono-
contribue aussi pour une large part au ralentissement observé. mique généralement morose ou résulte-t-il d’un alourdis-
Selon les conclusions établies, il serait possible, en remédiant sement de mesures entravant le commerce? Les investisse-
à la faiblesse générale de l’activité économique, en particulier ments privés restent hésitants dans un grand nombre de
des investissements, de stimuler les échanges, ce qui pourrait, pays avancés, de pays émergents et de pays en développe-
à son tour, contribuer à accroître la productivité et la crois- ment (voir le chapitre 4 des Perspectives de l’économie mon-
sance. Étant donné la morosité des perspectives de croissance diale [PEM] d’avril 2015), et la Chine a lancé un processus
à l’échelle mondiale, la poursuite concertée de nouvelles ré- nécessaire, et bienvenu, de rééquilibrage au profit d’une
formes du commerce pour abaisser les barrières et de mesures croissance tirée dans une plus large mesure par la consom-
visant à atténuer les coûts pour ceux qui assument le fardeau mation que par les investissements2. De nombreux ex-
de l’ajustement aurait, de surcroît, pour effet de promouvoir portateurs de produits de base ont réduit leurs dépenses
les échanges internationaux de biens et services et de réamorcer d’équipement en raison de la faiblesse persistante des cours
le cercle vertueux du commerce et de la croissance. de ces produits. L’investissement dépendant dans une
plus large mesure du commerce que de la consommation,
Le rythme de croissance du commerce mondial s’est Freund (2016) fait valoir qu’un effondrement des investis-
sensiblement ralenti au cours des dernières années. Après sements provoquerait inévitablement un ralentissement de
avoir brusquement chuté pour reprendre plus rapidement la croissance des échanges (voir également, par exemple,
à la suite de la crise financière mondiale, le volume des Boz, Bussière et Marsilli, 2015, et Morel, 2015).
échanges mondiaux de biens et de services augmente à un Il est également possible que d’autres facteurs contri-
rythme à peine supérieur à 3 % par an depuis 2012, soit buent à ce ralentissement. La perte de vitesse du pro-
moins de la moitié du taux d’accroissement moyen observé cessus de la libéralisation du commerce observée depuis
pour les trente années précédentes. Ce ralentissement est quelques années et la récente montée du protectionnisme
encore plus remarquable si l’on considère la relation histo- pourraient limiter les fortes réductions des coûts com-
rique entre l’expansion du commerce et celle de l’activité merciaux permises par les politiques commerciales durant
économique mondiale (graphique 2.1). Les échanges réels la période 1985–2007, qui ont largement stimulé l’ex-
pansion du commerce (Evenett et Fritz, 2016; Hufbauer
Les principaux auteurs de ce chapitre sont Aqib Aslam, Emine Boz
(co-chef d’équipe), Eugenio Cerutti, Marcos Poplawski-Ribeiro et 1Voir Hoekman (2015) et les études qu’il contient pour une analyse

Petia Topalova (co-chef d’équipe), qui ont bénéficié du concours d’Ava du ralentissement du commerce mondial. Le présent chapitre suit une
Yeabin Hong, Hao Jiang, Evgenia Pugacheva, Rachel Szymanski, Hong démarche permettant d’effectuer un classement plus précis des diffé-
Yang et Marina Topalova Cole, avec les contributions de Jaebin Ahn, rentes hypothèses pour un grand nombre de pays que les études présen-
Diego Cerdeiro, Romain Duval et Christian Henn. Andrei Levchenko tées dans Hoekman (2015), en procédant à différents types d’analyse.
était consultant extérieur. Les auteurs ont bénéficié des observations et 2Le chapitre 4 de ce rapport examine les retombées mondiales du

suggestions de Brent Neiman. rééquilibrage de la Chine, notamment par le biais du commerce.

Fonds monétaire international | Octobre 2016 65


PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : DEMANDE MODÉRÉE — SYMPTÔMES ET REMÈDES

Graphique 2.1. Croissance des échanges et Jung, 2016). La baisse de ces coûts ainsi que les progrès
réels mondiaux et du PIB dans le temps réalisés dans les domaines des transports et des commu-
(Pourcentage) nications ont soutenu l’expansion des chaînes de valeur
mondiales et ont ainsi provoqué une augmentation des
La croissance réelle des échanges s’est considérablement ralentie depuis 2012,
notamment si l’on considère la relation historique entre la croissance des échanges échanges puisque, par suite de la fragmentation des pro-
et l’activité économique mondiale. cessus de production, les biens intermédiaires traversent
les frontières à de multiples reprises. Il est possible que
Croissance des importations Croissance du PIB la formation de chaînes de production transfrontières se
Croissance moyenne Croissance moyenne du PIB
des importations soit ralentie — peut-être parce que ces chaînes sont deve-
nues matures ou parce que la baisse du coût des échanges
15 1. Monde
n’est plus aussi rapide, ou pour ces deux raisons — et que
10 cela ait réduit la progression des échanges associés à ces
5 chaînes d’approvisionnement (Constantinescu, Mattoo et
Ruta, 2015)3,[Link] ralentissement de la croissance du com-
0
merce de marchandises pourrait avoir d’autres causes plus
–5 évolutionnistes, comme l’augmentation de la demande
–10 relative de biens non échangeables par suite de l’augmen-
tation de la richesse et du vieillissement des populations.
–15
1960 65 70 75 80 85 90 95 2000 05 10 15 La période 1985–2007 s’est caractérisée par une forte
progression de la mondialisation et par une rapide crois-
15 2. Pays avancés sance économique. Les économistes s’accordent largement
10
à reconnaître que le commerce international a contribué
à accroître la prospérité générale malgré les coûts d’ajuste-
5 ment, souvent considérables, assumés par certains travail-
0 leurs. Le commerce international permet aux pays de se
spécialiser dans la production de biens et de services pour
–5
lesquels ils disposent d’un avantage comparatif et d’ex-
–10 ploiter les économies d’échelle et d’envergure qui en ré-
–15 sultent. Il peut aussi promouvoir la croissance économique
1960 65 70 75 80 85 90 95 2000 05 10 15 en favorisant la diffusion de connaissances et de technolo-
gies, en encourageant la conception de nouveaux produits
25 3. Pays émergents et en développement
et, finalement, en accroissant la productivité5. Étant donné
20
le ralentissement synchrone de la croissance de la produc-
15
tivité dans de nombreux pays, les responsables de l’ac-
10 tion publique pourraient avoir intérêt à relancer le cercle
5
0 3Constantinescu, Mattoo et Ruta (2015) font valoir que l’expan-

–5 sion des chaînes d’approvisionnement mondiales, en particulier celles


dans laquelle la Chine intervient, a commencé à ralentir avant même la
–10
crise financière mondiale. Voir Kee et Tang (2016) pour de plus amples
–15 informations sur l’évolution des chaînes de valeur chinoises durant la
1960 65 70 75 80 85 90 95 2000 05 10 15
période 2000–07.
4Si, de fait, le ralentissement des échanges observé marque simple-
Source : calculs des services du FMI.
Note : Les importations comprennent les biens et services. Les graphiques ont ment la fin d’une période de croissance du commerce exceptionnelle-
été établis à partir d’un échantillon non équilibré comprenant 100 pays en 1960 ment rapide par suite de certains des facteurs indiqués précédemment,
et 189 pays en 2015. La croissance annuelle globale des importations (du PIB) il se pourrait que l’économie mondiale revienne à un état stationnaire
est calculée en tant que moyenne pondérée des taux de croissance réels dans lequel, en théorie, le commerce augmente au même rythme que la
des importations (du PIB) par pays, les pondérations utilisées étant les parts
production. Dans cet état stationnaire, les coûts commerciaux, les dif-
des importations nominales (du PIB aux taux de change du marché).
férentes structures économiques et la production, l’approvisionnement
et les courants d’échanges entre les pays demeurent constants. Voir, par
exemple, Dixit et Norman (1980) ou Ethier (1985).
5Voir, par exemple, Krugman (1979), Grossman et Helpman (1991),

Young (1991), Lee (1993), Frankel et Romer (1999), et Bernard


et al. (2003).

66 Fonds monétaire international | Octobre 2016


CHAPITRE 2 À QUOI TIENT LE RALENTISSEMENT DES ÉCHANGES MONDIAUX?

vertueux du commerce et de la croissance en déployant des des politiques commerciales et de la participation aux
efforts concertés pour ouvrir les marchés et réduire davan- chaînes de valeur mondiales.
tage les coûts commerciaux6. Les principales conclusions de ce chapitre se résument
Pour permettre de mieux comprendre les facteurs du comme suit :
brusque ralentissement des échanges observés depuis la •• Le ralentissement de la croissance réelle des échanges
fin de 2011 et concevoir des mesures adaptées pour y est généralisé. Peu de pays ont été épargnés par la perte
faire face, ce chapitre examine les questions suivantes : de vitesse du commerce en 2012–15, que ce soit en
•• Combien de pays ont-ils été touchés par le ralentis- termes absolus ou par rapport à la croissance du PIB.
sement de la croissance du commerce international Les échanges se sont ralentis pour les biens et pour les
après 2011? La dynamique du commerce est-elle dif- services, mais ce ralentissement a été moins prononcé
férente selon les pays? Le ralentissement des échanges pour ces derniers. Dans le cas des biens, les échanges
est-il effectué à des rythmes différents selon le type ont chuté pour 85 % des lignes de produits, la plus
d’échanges et le groupe de produits? forte contraction étant observée pour les échanges de
•• Dans quelle mesure ce ralentissement tient-il à la moro- biens d’équipement et de produits intermédiaires.
sité de l’activité économique et à l’évolution de la struc- •• La faiblesse générale de l’activité économique et, sur-
ture de la croissance? En particulier, dans quelle mesure tout, le ralentissement de l’augmentation des investis-
est-il possible d’imputer le ralentissement observé du- sements semblent être d’importants obstacles à l’ex-
rant la période 2012–15 par rapport à la période anté- pansion du commerce depuis 2012. Selon les analyses
rieure à la crise financière mondiale à la faiblesse de la empiriques, à l’échelle mondiale, jusqu’aux trois quarts
croissance? Dans quelle mesure le ralentissement des de la baisse de la croissance réelle des importations de
échanges par rapport à la croissance du PIB est-il impu- biens entre 2003–07 et 2012–15 peuvent être imputés
table à la modification de la structure de la demande? à la faiblesse de l’activité économique, et surtout au ra-
•• Quelle est la contribution d’autres facteurs — abstrac- lentissement des investissements. Un modèle d’équi-
tion faite de la production — au tassement de la crois- libre général aboutit, de même, à la conclusion que les
sance des échanges? Ce ralentissement résulte-t-il de variations de la composition de la demande expliquent
distorsions des politiques, par exemple la perte de vi- environ 60 % de la baisse du taux de croissance du
tesse du processus de libéralisation des échanges ou une ratio des importations nominales de biens au PIB.
montée du protectionnisme? Ou tient-il à l’arrivée à •• D’autres facteurs pèsent toutefois aussi sur le com-
maturité des chaînes d’approvisionnement mondiales? merce. La perte de vitesse du processus de libéralisation
du commerce et la récente montée du protectionnisme
Ce chapitre commence par examiner l’évolution de entravent les échanges mondiaux de biens, même s’ils
l’augmentation des échanges suivant plusieurs axes. Il a n’ont encore que des effets quantitatifs relativement li-
ensuite recours à trois démarches analytiques complé- mités. Le ralentissement apparent de l’expansion des
mentaires pour analyser les facteurs expliquant le ralen- chaînes de valeur mondiales contribue également dans
tissement récemment observé. La première utilise un mo- une large mesure au ralentissement observé. De manière
dèle empirique type de la demande d’importations pour générale, les facteurs autres que le niveau et la structure
déterminer si le taux de croissance des importations des de l’activité économique ont réduit d’environ 1¾ point
différents pays a diminué dans une plus large mesure que de pourcentage la croissance réelle annuelle mondiale
les variations des composantes de la demande globale et des importations depuis 2012.
des prix relatifs au cours des dernières années ne pour-
La principale conclusion de ce chapitre — la lenteur
raient l’expliquer. La deuxième démarche complète cette
de la croissance des échanges est essentiellement un symp-
analyse empirique en procédant à l’estimation d’un mo-
tôme du ralentissement synchrone de l’activité écono-
dèle faisant intervenir plusieurs pays et plusieurs secteurs,
mique dans les pays avancés, les pays émergents et les pays
qui quantifie l’importance des modifications de la com-
en développement — signifie qu’il conviendrait de donner
position de la demande et d’autres facteurs, notamment
la priorité à des mesures visant à remédier aux obstacles à
le coût des échanges. La troisième démarche emploie des
la croissance, et surtout à l’investissement dans les pays où
données extrêmement détaillées pour faire ressortir le rôle
il manque de dynamisme, pour améliorer la santé de l’éco-
6Voir Goldberg et Pavcnik (2016) pour un examen des études
nomie mondiale. De telles mesures peuvent avoir des re-
consacrées aux effets de la politique commerciale sur les volumes des tombées positives parce qu’elles stimulent indirectement
échanges, la productivité, le marché du travail et la croissance. le commerce et que les liaisons commerciales permettent

Fonds monétaire international | Octobre 2016 67


PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : DEMANDE MODÉRÉE — SYMPTÔMES ET REMÈDES

de transmettre et de renforcer l’expansion économique des de l’activité économique, la structure de la production et la


pays partenaires. C’est précisément parce que le commerce composition des échanges sont conjointement déterminés
peut conforter la productivité et stimuler la croissance que par les coûts du commerce, les préférences et la producti-
les mesures visant directement à abaisser les coûts commer- vité. Le modèle étant une représentation stylisée du monde
ciaux et à redynamiser le commerce continuent de revêtir réel, il ne peut toutefois pas saisir tous les circuits par les-
de l’importance dans un contexte caractérisé par des pers- quels le commerce peut avoir un impact sur le produit.
pectives moroses à l’échelle mondiale et une évolution dé-
favorable de la productivité. De nombreux pays émergents
et en développement imposent des barrières commerciales,
Répercussions du commerce sur la productivité
ou sont confrontés à de tels obstacles qui les empêchent
et le bien-être : présentation générale
de pénétrer sur les marchés mondiaux et de participer aux Si ce chapitre a principalement pour objet de diagnos-
chaînes de production mondiales; la poursuite d’efforts tiquer les facteurs du récent tassement de l’expansion du
concertés pour éliminer ces barrières pourrait provoquer commerce, il est important de comprendre les répercus-
une nouvelle série d’intégrations et le développement de sions que ce dernier peut avoir sur la productivité et la
chaînes de valeur mondiales et fournir aux entreprises de croissance dans le contexte de perspectives mondiales mo-
nouvelles incitations à investir (Freund, 2016). De ma- roses et d’une évolution défavorable de la productivité. À
nière plus générale, éviter de prendre des mesures pro- cette fin, la présente section examine rapidement les prin-
tectionnistes et redynamiser le processus de libéralisation cipaux circuits par lesquels l’ouverture d’une économie
des échanges par le biais de réformes commerciales ayant fermée aux échanges ou la stimulation du commerce inter-
pour effet d’abaisser les barrières, tout en s’employant à ré- national par le biais de l’abaissement des barrières commer-
duire les coûts pour ceux qui assument le fardeau de l’ajus- ciales peut avoir des effets macroéconomiques favorables et
tement, aurait pour effet de promouvoir l’expansion des indique les difficultés qui peuvent se poser7.
échanges mondiaux de biens et de services et, à terme, de La libéralisation des échanges peut accroître la producti-
renforcer l’activité mondiale. vité, relever le niveau de vie général et promouvoir la crois-
Il importe de souligner dès le départ qu’il est fondamen- sance économique par différents circuits. L’avantage le plus
talement difficile de quantifier de manière précise la contri- connu du commerce tient au fait qu’il encourage une uti-
bution de l’activité économique, des politiques commer- lisation plus efficace des facteurs de production comme le
ciales et des chaînes de valeur mondiales à l’évolution des capital et le travail. Lorsque les pays s’ouvrent aux échanges
flux commerciaux. La demande de biens échangés est ma- internationaux, ils peuvent se spécialiser dans la produc-
nifestement fonction de la croissance économique, mais tion des biens et services pour lesquels ils jouissent d’avan-
le commerce international et les politiques commerciales tages comparatifs et, par conséquent, améliorer leur pro-
peuvent eux-mêmes avoir des effets sur l’activité écono- ductivité globale (Ricardo, 1817). La libéralisation du
mique en influençant les décisions d’investissement des commerce peut également améliorer la productivité dans
entreprises, leur accès aux facteurs de production intermé- chaque secteur en modifiant l’affectation des ressources au
diaires, les processus de production et la productivité. Par profit des entreprises les plus productives qui sont mieux
exemple, la perte de vitesse du processus de libéralisation placées pour développer leurs activités sur les marchés
du commerce observé depuis le début des années 2000 d’exportation (Melitz, 2003) et exploiter les économies
peut avoir contribué au ralentissement de la croissance de d’échelle qui en résultent (encadré 2.1)8.
la productivité, à la faiblesse des investissements et à la len- 7Il est important de noter que, dans la plupart des cas, la théorie in-
teur de l’augmentation de la production au cours des der- dique que l’élimination des distorsions qui font obstacle à un accroisse-
nières années. Comme la vaste majorité des études consa- ment des flux commerciaux a des effets positifs. Le Conseil des conseil-
lers économiques (2015) a procédé à un examen détaillé des avantages
crées au commerce, l’analyse empirique présentée dans ce procurés par le commerce aux États-Unis.
chapitre ne couvre qu’une partie de ce réseau complexe de 8Pour un examen des effets du commerce sur la réallocation entre

relations, son objectif principal consistant à déterminer si branches d’activité et sur la productivité, voir, par exemple, Melitz (2003);
Bernard, Jensen et Schott (2006); Melitz et Ottaviano (2008). Lileeva et
la récente dynamique des échanges cadre avec la composi-
Trefler (2010) et Bustos (2011) présentent des observations d’investisse-
tion et le niveau observés de l’augmentation de la produc- ment technologique induit par les exportations, tandis que De Loecker
tion, l’évolution des politiques commerciales et l’intégration (2007, 2013) et Atkin, Khandelwal et Osman (2014) étudient le circuit
aux chaînes de valeur mondiales compte tenu des associa- de l’«apprentissage par l’exportation». Pavcnik (2002), Erdem et Tybout
(2003), Amiti et Konings (2007), et Topalova et Khandelwal (2011) exa-
tions antérieures. L’analyse structurelle suit une démarche minent les effets sur la productivité de la libéralisation des échanges, no-
plus globale, car, en situation d’équilibre général, le niveau tamment par le biais du circuit des intrants intermédiaires.

68 Fonds monétaire international | Octobre 2016


CHAPITRE 2 À QUOI TIENT LE RALENTISSEMENT DES ÉCHANGES MONDIAUX?

Outre les gains de productivité qu’il engendre par commerce. Le commerce exerce un effet sur la répartition
suite de la réaffectation des ressources, le commerce peut des revenus au sein d’un pays par deux voies différentes.
aussi améliorer la productivité de certaines entreprises. Il a un impact différent sur les salaires de travailleurs selon
Leurs activités d’exportation offrent à ces dernières la le niveau de compétence de ces derniers et selon le secteur
possibilité de tirer des enseignements des marchés étran- dans lequel ils sont employés (voir, par exemple, Stolper et
gers grâce, par exemple, aux liens qu’elles entretiennent Samuelson, 1941)10. Il peut aussi avoir des effets différen-
avec certains acheteurs (De Loecker, 2013), et l’élargisse- ciés sur le coût de la vie des consommateurs par suite de ses
ment de leur accès aux marchés les incite à investir dans répercussions sur les prix relatifs des biens et des services.
les technologies (Bustos, 2011; Lileeva et Trefler, 2010). De nombreuses études examinent les effets des échanges
Les entreprises qui sont confrontées à la concurrence sur la répartition des gains11. Les secteurs et les entreprises
étrangère sur les marchés intérieurs peuvent être obli- qui se développent par suite de l’élargissement de l’accès
gées de réduire leurs marges bénéficiaires et de déplacer aux marchés étrangers créent de nouveaux emplois, sou-
la courbe de leurs coûts moyens vers le bas (Helpman et vent de plus haute qualité12. En revanche, les gains et les
Krugman, 1985), de privilégier les produits qui relèvent perspectives d’emploi des travailleurs des secteurs et des
de leurs domaines de compétences principaux (Bernard, entreprises qui sont en butte à la concurrence des impor-
Redding et Schott, 2011), de réduire leurs ressources ad- tations peuvent évoluer de manière défavorable, parfois
ministratives inutilisées et de réaliser des gains d’efficacité durablement, si les entreprises et les secteurs en expansion
(Hicks, 1935). La libéralisation du commerce stimule n’absorbent pas rapidement les travailleurs touchés par les
également l’innovation, comme en témoignent les dé- restructurations en raison de la nature de leurs qualifica-
penses de recherche et de développement et les dépôts de tions ou de leur lieu de résidence. Selon une étude cou-
brevet des entreprises qui s’efforcent d’accroître leur pré- ramment citée d’Autor, Dorn et Hanson (2013) portant
sence sur les marchés mondiaux (Bloom, Draca et Van sur l’impact de la concurrence exercée par les importations
Reenen, 2016). Enfin, les entreprises ont accès à une plus chinoises sur le marché du travail des États-Unis, l’accrois-
large gamme d’intrants intermédiaires meilleur marché sement des importations en provenance de Chine a eu
et, peut-être même, de meilleure qualité (Grossman et pour effet d’accroître le chômage, de réduire le taux d’acti-
Helpman, 1991; Rivera-Batiz et Romer, 1991). vité et d’abaisser les niveaux de rémunération sur les mar-
Le commerce international des biens et services et les chés du travail locaux des industries manufacturières aux-
gains d’efficience qui l’accompagnent profitent de ma- quelles les importations font concurrence13.
nière générale aux consommateurs et aux producteurs. Le commerce peut également avoir un effet de ré-
D’une part, il abaisse les prix qu’ils doivent payer et, par partition, car les consommateurs acquièrent des paniers
conséquent, accroît les niveaux de revenus réels, et, d’autre 10Voir également Jones (1971) et Mussa (1974) pour un examen du
part, il élargit la gamme des produits auxquels ils ont accès théorème de Stolper-Samuelson et des modèles du commerce basés sur
(Broda and Weinstein, 2006), ce qui peut, dans les deux des facteurs particuliers. Levchenko et Zhang (2013) présentent une
cas, sensiblement améliorer le bien-être (encadré 2.3). évaluation quantitative des effets différenciés de l’intégration commer-
ciale de la Chine, de l’Inde et de l’Europe centrale et de l’Est sur les sa-
Selon la théorie économique, les gains enregistrés dans le
laires réels selon les pays et les secteurs.
domaine de la consommation et l’utilisation plus efficace 11Voir Goldberg et Pavcnik (2004, 2007) et la Banque mondiale

des ressources associés au commerce doivent accroître le (2010) et les ouvrages auxquels ils renvoient pour un examen des obser-
PIB même s’il est difficile de détecter une robuste relation vations relatives aux répercussions des échanges sur la distribution des
revenus dans les pays en développement. Voir Ebenstein et al. (2014)
de cause à effet entre les échanges et la croissance à partir pour un examen des données concernant les États-Unis. Voir Helpman
des données transversales9. et al. (à paraître) pour une analyse de la théorie et des observations ré-
Bien que le commerce accroisse la taille du «gâteau», centes concernant le lien entre les inégalités et le commerce.
12De nombreuses études font état des salaires plus élevés versés dans
il est possible que ses avantages ne soient pas répartis de les industries et les entreprises d’exportation aux États-Unis, les esti-
manière égale — c’est là l’une des principales raisons de mations de cette prime salariale à l’exportation allant de 1¾ % à 18 %
l’opposition du public à une plus grande ouverture du (voir, par exemple, Bernard et Jensen, 1995, Bernard et al., 2007, et le
tableau 4 du Council of Economic Advisers, 2015).
13Voir aussi Lawrence (2014), qui fait valoir que, si les importations de
9Frankel et Romer (1999) présentent certaines des premières es- produits manufacturés chinois ont sensiblement relevé le niveau de vie gé-
timations des relations de cause à effet des échanges sur les revenus; néral aux États-Unis, l’expansion du commerce chinois a provoqué un
pour une analyse plus récente, voir Feyrer (2009a, 2009b). Rodríguez ajustement coûteux et douloureux pour certains travailleurs et régions des
et Rodrik (2001) parviennent, quant à eux, à la conclusion que la na- États-Unis. En Europe, la concurrence croissante exercée par les importa-
ture de la relation entre la politique commerciale et la croissance écono- tions chinoises a également entraîné une baisse de l’emploi et de la propor-
mique demeure ambiguë si l’on se base sur les données empiriques. tion de travailleurs non qualifiés (Bloom, Draca et Van Reenen, 2016).

Fonds monétaire international | Octobre 2016 69


PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : DEMANDE MODÉRÉE — SYMPTÔMES ET REMÈDES

de biens différents, dont les prix n’évoluent pas de la considèrent l’évolution du volume des échanges — c’est-
même manière du fait de la modification des prix rela- à-dire le commerce en termes réels16.
tifs entraînée par les échanges. Dans une récente étude, Le ralentissement de la croissance du commerce réel,
Fajgelbaum et Khandelwal (2016) présentent un cadre en termes absolus et en proportion de la croissance du
permettant d’isoler précisément cet effet et de simuler les PIB, touche un grand nombre de pays (graphique 2.2,
gains résultant de la baisse des coûts commerciaux dans plages 3 et 4). L’augmentation des importations de biens
un grand nombre de pays. Ils parviennent à la conclusion et services s’est ralentie dans 143 des 271 pays durant la
que les avantages liés à la baisse des prix due aux échanges période 2012–15 par rapport aux cinq années précédant
sont plus importants pour ceux qui se trouvent en bas de la crise financière mondiale. Lorsqu’il est mesuré par rap-
la distribution de revenus parce que les ménages pauvres port à la croissance du PIB, ce ralentissement est observé
consacrent une part plus importante de leurs revenus à dans 116 pays.
des biens faisant l’objet d’un commerce important. Le profil du ralentissement de la croissance réelle des
En résumé, le processus d’intégration des échanges importations durant la période 2012–15 diffère selon
peut accroître la productivité, stimuler la croissance et les catégories de pays (graphique 2.3) et les secteurs (gra-
augmenter le bien-être général. Une plus grande ouver- phique 2.4) considérés. Dans les pays avancés, ce ralen-
ture commerciale ne fait toutefois pas que des gagnants, tissement a été très marqué juste après la crise de l’en-
en particulier à court terme. Il importe de ne pas sous-­ dettement dans la zone euro, mais la modeste reprise
estimer les coûts d’ajustement que doivent assumer cer- enregistrée par ces pays s’est accompagnée d’une accélé-
tains travailleurs par suite de la libéralisation des échanges ration de la croissance des importations. Dans les pays
et de prendre des mesures complémentaires pour veiller à émergents et en développement, le ralentissement a été
ce que l’intégration commerciale profite à tous (voir éga- moins prononcé au départ, mais est devenu plus net au
lement l’encadré 2.2). cours des deux dernières années. Cette évolution tient
au nivellement des importations de la Chine et aux dif-
ficultés macroéconomiques rencontrées par un certain
Le ralentissement de la croissance nombre de pays, parmi lesquels des exportateurs de pro-
des échanges : principales tendances duits de base touchés par la chute des prix à l’exportation
L’examen de l’évolution des échanges mondiaux au (voir également le chapitre 1 des PEM d’avril 2016).
cours des dernières années aboutit à des résultats nette- Comme on a pu l’observer durant la crise financière
ment différents selon que les échanges sont mesurés en mondiale, les échanges de services ont été plus résilients
dollars réels ou en dollars nominaux. En termes réels, la que les échanges de marchandises (graphique 2.4, plage 1).
croissance du commerce mondial ralentit depuis la fin Le volume des échanges de services et de biens a progressé
de 2011; en termes nominaux, elle chute depuis le deu- à un taux annuel de l’ordre de 9½ % et de 9 %, respecti-
xième semestre de 2014 (graphique 2.2, plages 1 et 2). La vement, durant la période 2003–07. Le taux de croissance
valeur des échanges de biens et de services a diminué de des services est tombé à 5½ % durant la période 2012–15,
10½ % en 2015, par suite d’une baisse de 13 % du dé- mais celui des biens a encore plus diminué pour s’établir à
flateur des importations liées à l’effondrement des cours un peu moins de 3 %17. Nombreux sont ceux qui pensent,
du pétrole et à l’appréciation du dollar; cette évolution toutefois, que la croissance des échanges de services pour-
s’est toutefois quelque peu ralentie au cours des derniers rait être plus forte que ne l’indiquent ces chiffres18. Les
mois14. Le volume des échanges de biens et services a nouveaux modèles d’activité et les progrès réalisés dans
continué d’augmenter tout au long de cette période, bien le domaine des technologies de l’information et des
qu’à un taux relativement bas, à peine supérieur à 3 % 16L’analyse d’équilibre général examine l’évolution des valeurs no-
par an, et rien n’indique qu’il devrait s’accroître15. Étant minales des échanges par rapport au PIB nominal. Le modèle de gra-
donné que la baisse des échanges nominaux tient, pour vité, également considéré dans ce chapitre, considère de même les flux
l’essentiel, à la chute des cours du pétrole et à la solidité d’échanges bilatéraux nominaux sectoriels.
17Les échanges de services sont relativement soutenus par rapport à
du dollar, les autres faits stylisés et plusieurs des analyses ceux des biens depuis 2012; le reste du chapitre considère par consé-
quent spécifiquement les échanges de biens, sauf indication contraire.
14Voirle chapitre 3 de la présente édition des PEM pour un examen 18Il ressort d’un examen plus attentif des échanges nominaux de ser-

de l’effet des prix à l’importation sur l’inflation mondiale. vices dans l’ensemble des secteurs que les échanges dans les secteurs des
15En fait, selon le World Trade Monitor de CPB, en juillet 2016, le technologies de l’information et des communications, des voyages et
volume des échanges mondiaux de marchandises était toujours prati- des services financiers ont été nettement plus résilients que les échanges
quement au même niveau qu’à la fin de 2014. d’autres services (voir l’annexe 2.1).

70 Fonds monétaire international | Octobre 2016


CHAPITRE 2 À QUOI TIENT LE RALENTISSEMENT DES ÉCHANGES MONDIAUX?

Graphique 2.2. Échanges mondiaux en volume, en valeur et entre pays

Le commerce mondial continue d’augmenter en termes réels, bien que beaucoup plus lentement, depuis la fin de 2011,
mais il s’est effondré en dollars nominaux au deuxième semestre de 2014. Le ralentissement de la croissance réelle
du commerce est généralisé à l’échelle mondiale, aussi bien en valeur absolue que par rapport à la croissance du PIB.
Valeur Prix Volume
1. Croissance des importations de biens et services 2. Croissance des importations de biens
50 (Pourcentage) (Variation en pourcentage 50
40 d’une année sur l’autre) 40
30 30
20 20
10 10
0 0
–10 –10
–20 –20
–30 –30
–40 –40
2003 06 09 12 15 2003 06 09 12 Juil. 16

3. Écarts entre la croissance réelle moyenne des importations entre 2003–07 et 2012–151
(Points de pourcentage)

Moins de –12 –4 à 0
–12 à –7 Plus de 0
–7 à –4 Pas de données

4. Écarts entre le ratio de la croissance réelle moyenne des importations à la croissance réelle moyenne du PIB entre 2003–07 et 2012–151
(Nombre)

Moins de –2,4 –0,7 à 0


–2,4 à –1,4 Plus de 0
–1,4 à –0,7 Pas de données

Sources : CPB Netherlands Bureau for Economic Policy Analysis; calculs des services du FMI.
1
Les différents intervalles, indiqués par des couleurs, correspondent aux quartiles calculés à partir de la distribution établie
pour les pays qui ont enregistré un ralentissement de la croissance réelle des importations (plage 3), ou du ratio de la croissance
réelle moyenne des importations à la croissance réelle moyenne du PIB (plage 4).

Fonds monétaire international | Octobre 2016 71


PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : DEMANDE MODÉRÉE — SYMPTÔMES ET REMÈDES

Graphique 2.3. Dynamique du commerce Graphique 2.4. Dynamique du commerce


par grand groupe de pays par catégorie d’échanges et de produits
(Pourcentage)
Le ralentissement du commerce ne s’est pas produit dans tous les pays au même Les échanges de services ont été plus résilients que les échanges de biens.
moment. La croissance des importations a fortement diminué en 2012 dans les pays Le ralentissement des échanges de biens a été généralisé, mais a été plus prononcé
avancés, tandis que ce ralentissement est devenu plus marqué en 2014 et en 2015 pour les importations de biens d’équipement.
dans les pays émergents et en développement.
1. Croissance réelle des importations de biens
25 et services à l’échelle mondiale
20 1. Croissance réelle des importations
20 (Pourcentage)
15 15
10 10
5
5
0
0 –5 Biens Services
Monde
Pays avancés –10
–5
Pays émergents –15
–10 2003 05 07 09 11 13 15
et en développement
–15 2. Distribution de la croissance réelle moyenne
2003 04 05 06 07 08 09 10 11 12 13 14 15 25
des importations par produit, 2003–071
10 2. Contribution à la croissance réelle des importations 20 (Pourcentage)

Monde 15
8
Pays avancés
Pays émergents et en développement 10
6
5
4
0
–10 –5 0 5 10 15 20
2
25 3. Distribution de la croissance réelle moyenne
0 des importations par produit, 2012–151
2003–07 12 13 14 15 20 (Pourcentage)
Source : calculs des services du FMI.
15
Note : Les importations recouvrent les biens et services. La croissance annuelle
globale des importations est calculée en tant que moyenne pondérée des taux 10
de croissance réelle des importations par pays, les pondérations utilisées
étant les parts des importations nominales. 5

0
–10 –5 0 5 10 15 20
communications ont contribué à la forte expansion des
échanges de services numériques, notamment la fourniture 4. Croissance réelle des importations
18 de différents groupes de produits1
gratuite de données et de services permise par les techno- 16 (Pourcentage)
2003–07 2012–15
logies numériques (comme les services de courrier électro- 14
12
nique, les médias sociaux, les services de cartographie et les
10
moteurs de recherche). Il restera toutefois difficile de me- 8
surer ces échanges jusqu’à ce que certaines questions mé- 6
4
thodologiques aient été réglées19.
2
Le ralentissement des échanges des biens au cours des 0
Équipement Intermédiaires Consommation Intermédiaires Consommation
quatre dernières années a été généralisé (graphique 2.4,
primaires durable transformés non durable
plages 2 et 3). L’analyse présentée dans ce chapitre utilise
une nouvelle série de données pour calculer séparément Sources : Comtrade des Nations Unies; calculs des services du FMI.
Note : Les données portées dans les plages 2 à 4 ont été calculées à partir des
19Magdeleine et Maurer (2016) décrivent les problèmes statistiques indices en volume des importations construits au moyen des données sur les volumes
posés par la mesure des échanges d’«idées numérisées». Un récent rap- et les valeurs du commerce des produits ayant un code à 6 chiffres dans le SH pour
port de McKinsey Global Institute (Manyika et al., 2016) examine éga- 52 pays. Voir Boz et Cerutti (à paraître) et l’annexe 2.2 pour plus de détails.
1
Biens uniquement.
lement l’impact de la numérisation grandissante de la mondialisation
sur les échanges, en faisant valoir que les flux de données transfrontières
ont une valeur économique supérieure aux flux de biens constituant les
échanges traditionnels.

72 Fonds monétaire international | Octobre 2016


CHAPITRE 2 À QUOI TIENT LE RALENTISSEMENT DES ÉCHANGES MONDIAUX?

les indices des prix et des volumes à l’importation par ca- L’analyse commence par quantifier l’influence de la si-
tégorie de produit et d’emploi final au moyen de données tuation économique générale et de la structure de la crois-
détaillées sur environ 5.300 produits et pour 52 pays20. sance sur le ralentissement de la progression des échanges
Selon cette nouvelle série de données, la distribution en suivant une démarche empirique et une démarche basée
de la croissance du volume des échanges pour la cen- sur des modèles. Les deux méthodes indiquant que la pro-
taine de lignes de produits analysés séparément s’est dé- duction et sa composition ne permettent pas de prévoir to-
placée, dans son ensemble, vers la gauche durant la pé- talement la faiblesse des échanges observée depuis 2012,
riode 2012–15 par rapport à la distribution des taux de l’analyse présentée dans les sections qui suivent vise à isoler
croissance observée en 2003–07. Les taux de croissance le rôle d’autres facteurs — les politiques commerciales et
moyens du volume des échanges ont diminué entre les la variation du rythme d’expansion des chaînes de valeur
deux périodes pour plus de 85 % des lignes de produits, mondiales — à partir des données sur les flux d’échanges
notamment les produits dérivés du pétrole, qui consti- ventilés par produit et les flux bilatéraux par secteur.
tuent plus de 10 % du total des échanges.
La baisse du taux de croissance des échanges de biens
varie toutefois selon les types de produits. Les échanges Le rôle de la production et de sa composition :
de biens de consommation non durables ont été satis- conclusions d’une étude empirique
faisants. Le ralentissement le plus prononcé a été enre- Pour évaluer le rôle de l’activité économique et de l’évo-
gistré pour les biens d’équipement, suivis par les biens lution de sa composition, cette section examine la relation
primaires intermédiaires, les biens de consommation historique entre les volumes des importations de biens et
durables et les biens transformés intermédiaires (gra- services, d’une part, et la demande globale, d’autre part,
phique 2.4, plage 4). La perte de vitesse des échanges de durant la période 1985–2015 de manière à calculer la
biens d’équipement et de biens de consommation du- croissance des importations d’un pays à partir des fluctua-
rables (y compris les automobiles et d’autres matériels tions observées de ses dépenses intérieures, de ses exporta-
de transport non industriels), qui constituent une part tions et des prix relatifs. Elle compare ensuite les prévisions
importante des dépenses d’équipement, fait ressortir la ainsi établies et l’évolution observée des échanges dans le
contribution que pourrait avoir eue la faiblesse des inves- but de déterminer si ces derniers sont exceptionnellement
tissements au ralentissement de la croissance des échanges faibles depuis 2012 au regard de la relation historique entre
mondiaux au cours des dernières années. le commerce et l’activité économique.
Le chapitre estime, pour chacun des 150 pays de
l’échantillon, un modèle type de la demande d’impor-
Comment expliquer le ralentissement tations qui établit un lien entre la croissance du volume
de la croissance des échanges des importations de biens et services, considérés sépa-
Pour déterminer les politiques publiques qui doivent rément, et la croissance de la demande en neutralisant
être adoptées face au ralentissement de la progression des l’effet des prix relatifs des importations21. La plupart des
échanges, il est nécessaire d’établir un diagnostic précis des études utilisent le PIB national en tant que variable de
causes de ce dernier. La croissance des échanges a-t-elle été remplacement de l’absorption. L’analyse présentée ici
entravée essentiellement par la faiblesse prolongée de la si- 21Une équation de la demande d’importations, établissant une rela-
tuation économique mondiale? Dans l’affirmative, les res- tion entre la croissance réelle des importations, d’une part, et les varia-
ponsables de l’action publique auraient intérêt à chercher tions du taux d’absorption et des niveaux des prix relatifs, d’autre part,
à relancer la croissance et, en particulier, à accroître les in- peut être formulée à partir de pratiquement tous les modèles internatio-
naux du cycle économique réel. La spécification empirique précise qui a
vestissements là où ils manquent le plus de dynamisme. été estimée revêt la forme
Serait-il toutefois possible que la perte de vitesse des ​∆ ln​M​  ​​  = ​δ​  ​​  + ​β​  ​​  ∆ ln​D​  ​​  + ​β​  ​​  ∆ ln​P​  ​​  + ​ε​  ​​​,
c,t c D,c c,t P,c c,t c,t
échanges ait d’autres raisons d’être, notamment le ralentis- dans laquelle M​  ​​ c,t​​, ​Dc,t
​  ​​,​ et ​​Pc,t
​  ​​​indiquent, respectivement, les impor-
sement du rythme des réformes commerciales, ce qui im- tations réelles, la demande globale et les prix relatifs des importations
du pays c à l’année t. Comme dans Bussière et al. (2013), la spécifica-
pliquerait l’adoption d’une ligne d’action différente? tion de référence pose en hypothèse que la croissance des importations
dépend uniquement de la croissance contemporaine des variables ex-
20La base de données Comtrade International Trade Statistics plicatives; les conclusions considérées dans ce chapitre sont toutefois
des Nations Unies contient des informations sur la valeur nominale et sur robustes lorsque l’on introduit un décalage au niveau des taux de crois-
le volume des importations de biens, de sorte qu’il est possible de calculer sance des variables dépendantes et explicatives de manière à générer une
les variations dans le temps des valeurs unitaires pour chaque produit. dynamique plus complexe. Les résultats des estimations sont présentés
(Voir l’annexe 2.2 et Boz et Cerutti (à paraître) pour plus de détails.) à l’annexe 2.3.

Fonds monétaire international | Octobre 2016 73


PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : DEMANDE MODÉRÉE — SYMPTÔMES ET REMÈDES

suit, toutefois, la méthode novatrice utilisée par Bussière demande intérieure des partenaires commerciaux (plutôt
et al. (2013) et calcule la demande globale ajustée au titre que les exportations, qui sont la somme des importations
de l’intensité en importations (DAI), en déterminant la des partenaires commerciaux). Un pays particulier peut
moyenne pondérée des composantes habituelles de la de- considérer que la demande extérieure de ses biens et ser-
mande globale (investissement, consommation privée, dé- vices est une donnée, mais, à l’échelle mondiale, seule la
penses publiques et exportations). Les pondérations uti- somme de la demande intérieure des différents pays dé-
lisées sont les contenus en importations de la demande, termine la croissance des importations mondiales.
calculés à partir des tableaux des entrées–­sorties22, 23. Le modèle empirique suit de très près l’évolution de la
Cette démarche prend explicitement en compte les dif- croissance des importations (graphique 2.5), en particu-
férences entre les contenus en importations des diverses lier lorsque les prévisions sont établies en utilisant la DAI
composantes de la demande globale et saisit l’effet des va- calculée à partir des quatre composantes de la demande
riations de la solidité générale de l’activité économique et globale, et non pas seulement la demande intérieure.
de ses facteurs déterminants. Ces derniers revêtent une Cela n’est guère surprenant puisque les importations et
importance particulière. L’investissement, qui, comme les les exportations d’un pays sont de plus en plus étroite-
exportations, a un contenu en importations particuliè- ment liées par suite de la mondialisation grandissante de
rement élevé, est demeuré faible dans de nombreux pays la production (Bussière et al., 2013).
avancés qui ne se sont toujours pas pleinement remis de Le modèle montre que les prévisions de la croissance
la crise financière mondiale et des crises de la dette en des échanges ne divergent toutefois pas de la même ma-
Europe. Il s’est aussi sensiblement ralenti dans de nom- nière que la croissance observée dans le cas des biens et
breux pays émergents et en développement, notamment dans celui des services durant la période 2012–15. Dans
en Chine, qui procède à un rééquilibrage nécessaire et le cas des services, la série des observations et la série des
bienvenu de son économie en réduisant ses investisse- prévisions de la croissance des importations sont proches
ments, comme expliqué au chapitre 4 de ce rapport. l’une de l’autre pendant toute la période couverte par les
Le chapitre estime, en plus du modèle proposé par estimations. Dans le cas des biens, en revanche, le taux de
Bussière et al. (2013), deux modèles de la demande d’im- croissance annuel des importations est, dans l’ensemble,
portations faisant intervenir : 1) la DAI ne comprenant nettement inférieur aux prévisions pour 2012–15. Pour
que les composantes intérieures de la demande globale un pays type, la croissance «manquante» des importa-
(DAI intérieure), et 2) la DAI intérieure et les prévisions tions de biens est de 1 point de pourcentage en moyenne
des exportations établies à partir des DAI intérieures des sur les quatre dernières années, selon le modèle utilisant
partenaires commerciaux. Ces derniers modèles sont les quatre composantes de la demande globale pour éta-
utiles parce que le ralentissement des échanges a touché blir les prévisions des importations. L’écart entre les va-
le monde entier : ils permettent de cibler plus précisé- leurs observées et les valeurs prévues pour la croissance
ment la dynamique de la croissance des importations des importations de biens indiqué par les deux autres
tirée uniquement par la demande intérieure du pays et la modèles est encore plus important, puisqu’il est de l’ordre
de 2¼ points de pourcentage et de 1¾ point, respective-
22La demande ajustée au titre de l’intensité en importations est re-

présentée par la fonction DAIt = ​C​ t​ω​  ​ C​​​ ​Gt​ω​  ​  ​ G​​​ ​It​ω​  ​  ​ I​​​ ​Xt​ω​  ​  ​ X​​​​, dans laquelle ​​ω​ k​​​ est le
ment (graphique 2.6, plage 1)24.
contenu en importations de chaque composante des dépenses, k ∈ {C, Les résultats cadrent également avec le ralentissement
G, I, X}, et est normalisé de manière à ce que sa somme soit égale à 1. des échanges observé pour les pays examinés à la sec-
Le contenu en importations est calculé à partir des valeurs moyennes
tion précédente. Dans les pays avancés, le ralentissement
sur la période 1990–2011 des tableaux des entrées–sorties par pays éta-
blis pour plusieurs régions à partir de la base de données Eora. Il im- non prévu de la croissance des importations s’est pro-
porte de noter que, si l’intensité en importations était parfaitement duit en 2012. Depuis lors, cette croissance a repris et est,
mesurée à chaque période et que les pondérations de cette intensité en moyenne, proche des valeurs indiquées par le modèle
pouvaient varier selon les périodes, le modèle pourrait pleinement ex-
pliquer le niveau des importations (mais non leur taux de croissance). (graphique 2.6, plage 2). Pour les pays émergents et en
Ce chapitre utilise l’intensité moyenne en importations sur la pé- développement, la croissance «manquante» des impor-
riode 1990–2011, sachant que la variation de cette intensité au cours tations de biens est plus prononcée et s’accroît dans le
du temps peut être due à l’évolution des coûts commerciaux et à la frag-
mentation de la production mondiale; ces facteurs sont examinés sépa-
temps (graphique 2.6, plage 3).
rément dans ce chapitre.
23Voir Hong et al. (2016), FMI (2015e), Jääskelä et Mathews 24Ces conclusions sont robustes si l’on neutralise l’effet des incerti-

(2015), Martinez-Martin (2016) et Morel (2015) pour d’autres tudes, de la situation financière mondiale et du stress financier dans les
exemples d’analyses de la croissance des échanges basées sur la DAI, uti- pays lorsque l’analyse porte sur les résidus des modèles de la demande
lisant des échantillons de pays nettement plus réduits. d’importations (voir l’annexe 2.3).

74 Fonds monétaire international | Octobre 2016


CHAPITRE 2 À QUOI TIENT LE RALENTISSEMENT DES ÉCHANGES MONDIAUX?

Graphique 2.5. Modèle empirique : évolution observée Graphique 2.6. Modèle empirique : écart entre
et prédite de la croissance réelle des importations la croissance effective et la croissance prévue
(Pourcentage) des importations de biens en termes réels
(Pourcentage)
Après 2012, les prévisions de la croissance des importations sont systématiquement
supérieures aux observations des échanges de biens, en particulier dans les pays La croissance «manquante» des importations de biens durant la période 2012–15
émergents et en développement. Les valeurs effectives et prévues de la croissance est moins importante dans les pays avancés que dans les pays émergents et en
des importations de services sont très proches les unes des autres. développement. Dans les pays avancés, l’écart non prévu le plus important s’est
produit en 2012, mais la croissance réelle des importations de biens a ensuite
Observations
retrouvé un niveau correspondant aux prévisions du modèle. Pour les pays
Valeurs prévues à partir de la demande intérieure ajustée
émergents et en développement, la croissance manquante des importations
au titre de l’intensité en importations
de biens est devenue plus prononcée au cours du temps.
Valeurs prévues à partir de la demande ajustée au titre
de l’intensité en importations Valeurs prévues à partir de la demande intérieure ajustée
Valeurs prévues à partir de la demande intérieure ajustée au titre de l’intensité en importations
au titre de l’intensité en importations du pays Valeurs prévues à partir de la demande ajustée au titre de l’intensité
et par celle de ses partenaires commerciaux en importations
Ensemble de l’échantillon Valeurs prévues à partir de la demande intérieure ajustée
au titre de l’intensité en importations du pays et par celle
30 1. Importations 2. Importations 30 de ses partenaires commerciaux
réelles de biens réelles de services
2 1. Résidus moyens : ensemble de l’échantillon
20 20
1
10 10
0

0 0 –1
–2
–10 –10
–3
–20 –20 –4
1985 90 95 2000 05 10 15 1985 90 95 2000 05 10 15
Pays avancés –5
1985–2011 2012–15 2012 13 14 15
30 3. Importations 4. Importations 30
réelles de biens réelles de services
2 2. Résidus moyens : pays avancés
20 20
1
10 10 0
–1
0 0
–2
–10 –10
–3

–20 –20 –4
1985 90 95 2000 05 10 15 1985 90 95 2000 05 10 15
–5
Pays émergents et en développement 1985–2011 2012–15 2012 13 14 15
30 5. Importations 6. Importations 30
réelles de biens réelles de services 4 3. Résidus moyens : pays émergents et en développement
20 20 2
0
10 10
–2
0 0
–4

–10 –10 –6
–8
–20 –20
1985 90 95 2000 05 10 15 1985 90 95 2000 05 10 15 –10
1985–2011 2012–15 2012 13 14 15
Source : calculs des services du FMI.
Note : Les lignes traçant les valeurs observées et les valeurs prévues Source : calculs des services du FMI
correspondent à la moyenne des taux de croissance réels des importations Note : Les barres représentent les résidus moyens, pondérés par les parts des
des pays, pondérés par les parts des importations. Les prévisions sont basées importations, d’un modèle de la demande d’importations estimé séparément pour
sur un modèle de la demande d’importations, estimé séparément pour chaque chaque pays et établissant une relation entre la croissance réelle des importa-
pays et établissant une relation entre la croissance réelle des importations tions et la croissance de la demande ajustée au titre de l’intensité en importations
et la croissance de la demande ajustée au titre de l’intensité en importations et les prix relatifs à l’importation. Les lignes noires tracent l’intervalle de
et les prix relatifs à l’importation. Voir l’annexe 2.3. confiance à 90 %. Voir l’annexe 2.3.

Fonds monétaire international | Octobre 2016 75


PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : DEMANDE MODÉRÉE — SYMPTÔMES ET REMÈDES

Graphique 2.7. Modèle empirique : décomposition du Ces résultats indiquent, de manière générale, que le ni-
ralentissement de la croissance réelle des importations de biens veau et la structure de l’activité économique ne permettent
(Points de pourcentage)
pas d’expliquer pleinement le ralentissement de la crois-
Le modèle empirique peut prévoir une fraction notable de l’écart entre la croissance sance des importations de biens à compter de 2012, en
réelle des importations de biens durant les périodes 1985–2007 ou 2003–07 particulier dans les pays émergents et en développement.
et 2012–15. L’essentiel du ralentissement de la croissance des importations peut
être imputé à la faiblesse des investissements et de la demande extérieure. Dans quelle mesure la croissance manquante des im-
Prévu par la demande intérieure
portations de biens correspond-elle au ralentissement gé-
Prévu par la consommation
et les prix relatifs ajustée au titre de l’intensité en néral de la croissance des importations? Pour répondre à
Prévu par les investissements importations du pays et par celle cette question, le chapitre décompose la baisse observée
Prévu par les exportations de ses partenaires commerciaux
Non prévu des taux de croissance des importations de biens avant
et après la crise financière mondiale. L’analyse consi-
Ensemble de l’échantillon
dère une période longue (1985–2007) et une période
1. 2012–15 moins 1985–2007 2. 2012–15 moins 2003–07
courte (2003–07) antérieures à la crise, et compare les
A B C A B C
0 0 données relatives à chacun de ces intervalles à celles de la
–1 –1 période 2012–15 pour déterminer la part du ralentisse-
–2 –2 ment que le modèle empirique peut ou ne peut pas re-
–3 –3 produire (graphique 2.7). Elle répartit ensuite le ralen-
–4 –4 tissement indiqué par les prévisions entre les différentes
–5 –5 composantes de la demande globale. Deux conclusions se
–6 –6 dégagent de l’analyse :
–7 –7 •• À l’échelle d’un pays particulier, la fraction non prévue
Pays avancés du ralentissement total de la croissance des importa-
3. 2012–15 moins 1985–2007 4. 2012–15 moins 2003–07 tions de biens est relativement faible. Lorsqu’il com-
A B C A B C pare les périodes 2012–15 et 2003–07 et utilise les
0 0
quatre composantes de la demande globale pour éta-
–1 –1 blir des prévisions de la croissance des importations, le
–2 –2 modèle peut expliquer 85 % du ralentissement dans
un pays type de l’échantillon intégral25.
–3 –3
•• La contraction des investissements et le ralentisse-
–4 –4 ment de la croissance des exportations expliquent
–5 –5 la plus grande partie du ralentissement de la crois-
Pays émergents et en développement sance des échanges, notamment par rapport à la
5. 2012–15 moins 1985–2007 6. 2012–15 moins 2003–07
période 2003–07, durant laquelle les dépenses d’équi-
A B C A B C pement de nombreux pays émergents et en dévelop-
0 0
pement, notamment la Chine, ont augmenté à un
rythme particulièrement soutenu.
–5 –5
La mesure dans laquelle la baisse des exportations a
induit le ralentissement de la croissance des importa-
–10 –10
tions dans les différents pays dépend de deux facteurs :
1) l’étroitesse des liens entre les importations et les ex-
–15 –15 portations de ces pays par suite de la fragmentation gran-
Source : calculs des services du FMI dissante des processus de production à l’échelon inter-
Note : La barre A décompose la différence entre la croissance réelle moyenne national, et 2) la faiblesse de la croissance économique
des importations de biens aux deux périodes considérées en fractions prévues
par la consommation et les prix relatifs, les investissements, les exportations, synchrone dans le monde au cours des dernières années.
et en un résidu non prévu. La barre B répartit la composante prévue par les Ces deux facteurs ont contribué à la généralisation du
exportations en une fraction qui peut être prévue et une fraction qui ne peut
pas être prévue par la demande intérieure des partenaires commerciaux au
moyen d’une procédure itérative. La barre C décompose la différence en 25La fraction non prévue est plus importante lorsque la varia-
établissant la somme de la demande intérieure et de la demande extérieure tion de la croissance des importations par rapport à 1985–2007 est
prévue par la demande intérieure des partenaires commerciaux. prise en compte, en particulier dans le cas des pays émergents et en
développement.

76 Fonds monétaire international | Octobre 2016


CHAPITRE 2 À QUOI TIENT LE RALENTISSEMENT DES ÉCHANGES MONDIAUX?

ralentissement de la croissance des échanges dans les dif- garde26. Premièrement, comme nous l’avons vu précédem-
férents pays et ont amplifié cet effet. ment, elle cible un seul élément de la relation, à savoir la re-
Pour déterminer la contribution de la demande inté- lation de dépendance des échanges par rapport à l’activité
rieure au ralentissement du total des échanges, l’analyse dé- économique. Il se peut cependant que d’autres facteurs,
compose, pour chaque pays, la part du ralentissement de la notamment les politiques commerciales, aient eu un im-
croissance des importations due à ses exportations : 1) en pact simultané sur l’activité économique et le commerce.
la valeur prévue de la demande d’importations des parte- L’omission de ces facteurs biaise probablement à la hausse
naires commerciaux imputable à la demande intérieure; l’estimation de la contribution de l’activité économique à
2) en la valeur prévue de la demande d’importations des la prévision des flux d’échanges. Comme le montre l’an-
partenaires commerciaux imputable aux exportations; et nexe 2.3, ce biais est, toutefois, relativement faible27.
3) en éléments résiduels non expliqués par le modèle. En Deuxièmement, en tant qu’analyse d’équilibre partiel
procédant par itérations, il est possible d’affecter la tota- — le modèle empirique considère la demande extérieure
lité du ralentissement des importations de biens à l’échelle de chaque pays comme une donnée —, cette méthode ne
mondiale aux composantes de la demande intérieure et à permet pas, à elle seule, d’analyser un ralentissement syn-
une fraction non prévue représentée par la barre du mi- chrone des échanges à l’échelle de nombreux pays. Pour
lieu de chaque plage du graphique 2.7. Cette procédure remédier à ce problème, le chapitre a recours à un modèle
montre que, à l’échelle mondiale, l’évolution de l’activité structurel d’équilibre général couvrant plusieurs pays, dé-
économique explique environ les trois quarts de la baisse crit à la section suivante. La démarche d’équilibre général
du taux de croissance des importations globales de biens. permet également de considérer une réponse endogène
La fraction non prévue du ralentissement est plus impor- du niveau de l’activité économique et de la production à
tante que celle affichée par un pays moyen parce que les des variations de la composition et des coûts des échanges
obstacles aux échanges rencontrés par chaque pays se ren- par le biais de leurs effets sur les prix des biens intermé-
forcent à l’échelle mondiale. Le modèle de la demande diaires et des biens de consommation, ce qui permet
d’importations basé sur la DAI intérieure et sur les prévi- aussi de remédier en partie au premier problème posé par
sions des exportations établies à partir des DAI intérieures la démarche empirique28.
des partenaires commerciaux produit des résultats très si-
milaires, comme le montre la barre de droite des plages du
graphique 2.7. Le rôle de la composition de la demande et des coûts
En fin de compte, le ralentissement de la croissance des commerciaux : conclusions d’une étude structurelle
importations de biens durant la période 2012–15 n’est Cette section examine le ralentissement de la crois-
pas simplement un symptôme de la faiblesse de l’activité sance du commerce des biens par rapport à la crois-
économique. Il est possible d’imputer à peu près les trois sance du PIB en termes nominaux en adaptant le modèle
quarts du ralentissement du total des échanges aux ef-
26Parmi les études récentes recouvrant les écarts des échanges —
fets conjugués du ralentissement de la croissance générale,
c’est-à-dire les éléments de la croissance du commerce qui ne peuvent
d’une restructuration de l’activité économique au détri-
pas être expliqués par les modèles de la demande d’échanges sur la
ment des composantes ayant la plus forte intensité en im- base de la relation univoque entre la demande et les prix relatifs, d’une
portations — c’est-à-dire les investissements — et de la part, et les importations, d’autre part — figurent celles de Levchenko,
nature synchrone du ralentissement de la croissance dans Lewis et Tesar (2010); Alessandria, Kaboski et Midrigan (2013); et
Alessandria et Choi (2016). Voir également Bussière et al. (2013);
les différents pays qui peut, en partie, s’être transmis par le Constantinescu, Mattoo et Ruta (2015); Ollivaud et Schwellnus
biais des échanges. À l’échelle mondiale, toutefois, les taux (2015); ainsi que les études citées à la note 23.
27Éliminer de la croissance des composantes de la demande globale
de croissance des importations de biens durant la période
les effets des modifications des coûts commerciaux dus aux politiques
2012–15 sont restés inférieurs d’environ 1¾ point de publiques avant de construire la DAI produit une croissance «man-
pourcentage en moyenne aux niveaux auxquels ils auraient quante» des échanges légèrement plus importante durant la période
dû se trouver sur la base de la relation historique entre les 2012–15. Dans le cas d’un pays moyen, la part de la perte de vitesse de
la croissance des importations prédite par les variations de l’activité éco-
flux commerciaux et l’activité économique. Il ne s’agit pas
nomique — qui sont, par définition, orthogonales aux politiques com-
là d’un écart minime : le niveau des échanges réels mon- merciales — et des prix relatifs est de 79 %, contre 85 % lorsque l’on
diaux de marchandises aurait été supérieur de 8 % en 2015 utilise la spécification de référence.
28Comme dans la plupart des modèles d’équilibre général du com-
sans cette croissance manquante des échanges.
merce, certains circuits par lesquels le commerce a un impact sur la pro-
La méthode empirique décrite précédemment est uti- duction, par exemple l’écart dynamique de productivité résultant d’une
lisée dans de nombreuses études, mais exige deux mises en plus grande ouverture aux échanges, ne sont pas pris en compte.

Fonds monétaire international | Octobre 2016 77


PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : DEMANDE MODÉRÉE — SYMPTÔMES ET REMÈDES

de production et du commerce comprenant plusieurs mesure que la demande d’autres biens, la variation des
secteurs et plusieurs pays présenté dans Eaton et al. flux commerciaux est imputée à ce facteur.
(2010)29. Comme il s’agit d’un modèle d’équilibre gé- •• L’écart lié aux coûts commerciaux prend en compte les
néral, qui calcule de manière endogène les salaires et les variations des préférences pour les biens produits dans
prix d’équilibre, nous nous intéressons essentiellement à le pays ou pour les biens importés qui ne tiennent
la croissance nominale des importations par rapport à la pas aux variations des prix relatifs. Par exemple, si
croissance du PIB. Dans ce cadre, les pays procèdent à les prix sont fixes dans tous les pays, mais qu’un pays
des échanges pour exploiter les avantages comparatifs que consomme davantage de biens durables intérieurs que
leur procure la production de biens. Le commerce inter- de biens durables importés, cette situation est imputée
national est toutefois coûteux : il implique des coûts de à l’augmentation des coûts commerciaux. Ces derniers
transport et se heurte à des obstacles imposés par les po- peuvent inclure les tarifs douaniers, les subventions à
litiques publiques, notamment les tarifs douaniers. Les la production intérieure, les obstacles non tarifaires, les
pays comparent ces coûts aux gains d’efficacité résultant coûts de transport transfrontières, etc.30.
du commerce pour déterminer si, et dans quelle mesure, •• L’écart lié à la productivité reflète l’avantage comparatif
il est dans leur intérêt de produire, d’exporter et d’im- des pays. Lorsqu’un pays devient plus productif dans un
porter. Le modèle incorpore également une riche struc- secteur particulier, les quantités produites par ce dernier
ture d’entrées–sorties, qui permet d’utiliser la production qui sont exportées vers les partenaires commerciaux et
de tout secteur — biens durables, biens manufacturés qui sont consommées dans le pays augmentent.
non durables et produits de base, ainsi qu’un secteur ré- •• L’écart lié au déficit commercial est nécessaire pour as-
siduel comprenant essentiellement des biens non échan- surer la correspondance des importations et des expor-
geables — en tant qu’intrants pour les autres secteurs. tations des pays qui affichent des déficits et des excé-
Selon le modèle, la dynamique observée pour les dents commerciaux dans le modèle.
échanges peut être imputée à la modification de quatre
facteurs déterminés ou «écarts» : 1) la composition de la Nombre des principales hypothèses des causes du ra-
demande, 2) les coûts commerciaux (ou frictions), 3) la lentissement du commerce mondial par rapport au PIB
productivité, et 4) les déficits commerciaux. Ces écarts, peuvent être reliées à ces facteurs. Un ralentissement de
qui évoluent dans le temps, exercent des chocs sur les la croissance des échanges, qui reflète essentiellement une
préférences, les coûts commerciaux, la productivité et les modification de la structure de l’activité économique, est
déficits commerciaux et, par conséquent, influencent les capturé par l’écart lié à la composition de la demande.
décisions économiques des agents, notamment leur déci- Si ce ralentissement tient, en revanche, à l’imposition de
sion de procéder ou non à des échanges. Lorsque ce mo- barrières commerciales ou à la perte de vitesse du pro-
dèle est employé pour analyser la structure observée des cessus de libéralisation des échanges, il sera imputé par le
échanges sectoriels, de la production et des prix, les varia- modèle à un accroissement de l’écart lié aux coûts com-
tions des flux effectifs des échanges sont imputées de ma- merciaux. En produisant des scénarios contrefactuels
nière endogène à ces quatre écarts de manière à ce que la dans le cadre desquels un seul facteur peut se modifier à
dynamique commerciale implicite cadre précisément avec la fois, le modèle permet de quantifier la contribution de
les données. Les quatre écarts diffèrent selon les secteurs ces écarts au ralentissement actuel des échanges dans un
et les pays et sont identifiés dans le cadre comme suit : cadre d’équilibre général. Par exemple, dans le scénario
•• L’écart lié à la composition de la demande recouvre les qui ne fait intervenir que l’écart lié à la composition
variations de la part de la production d’un secteur dans de la demande, le modèle permet à cette dernière de se
la demande finale totale. Par exemple, si, par suite de 30Le modèle n’incorpore aucune rigidité nominale ou modification de
la faiblesse des investissements, la demande de biens la longueur des chaînes de valeur mondiales. Cela signifie que les fluctua-
manufacturés durables diminue dans une plus large tions observées des flux commerciaux qui sont dues à ces deux facteurs
sont imputées de manière imparfaite à l’un des quatre écarts. Par exemple,
29Ce modèle incorpore le modèle canonique ricardien des échanges la dépréciation récente des monnaies des pays émergents et en dévelop-
d’Eaton et Kortum (2002). Eaton et al. (à paraître) développent le mo- pement en difficulté semble avoir accru l’écart lié aux coûts commerciaux
dèle statique figurant dans leurs travaux de 2010 pour modéliser de ma- parce que les valeurs de ces derniers ont davantage baissé que l’absorption
nière explicite le rôle de l’investissement dans un cadre dynamique. La intérieure et la production en dollars par suite d’une répercussion incom-
version dynamique du modèle exige toutefois davantage de données et plète du taux de change. Les variations de l’expansion des chaînes de va-
de calculs, de sorte qu’il n’a pas été possible de procéder à son estima- leur mondiales sont, de même, généralement absorbées par l’écart lié aux
tion pour un grand nombre de pays émergents et en développement coûts des échanges comme en témoignent les baisses notables des coûts
aux fins de la présente étude. commerciaux mesurés pour le Viet Nam.

78 Fonds monétaire international | Octobre 2016


CHAPITRE 2 À QUOI TIENT LE RALENTISSEMENT DES ÉCHANGES MONDIAUX?

modifier en fonction des données, mais maintient le coût PIB s’est caractérisé par un recadrage de la demande au
des échanges, la productivité et les déficits commerciaux profit des biens non échangeables et par une modification
constants. Seuls les résultats des scénarios contrefactuels de la composition des biens échangeables au profit des
des deux premiers écarts (composition de la demande et biens manufacturés non durables. À l’échelle mondiale, la
coûts des échanges) sont présentés dans ce chapitre31. part des dépenses consacrées aux trois secteurs des biens
L’analyse présentée ici utilise les données annuelles par échangeables a diminué; la part des produits de base s’est
secteur sur la production, les échanges bilatéraux et les prix réduite dans une plus large mesure que les autres par suite
à la production durant la période 2003–15 et applique la de la baisse des cours dans ce secteur. La poursuite de
procédure de comptabilisation à 34 pays avancés, émer- l’évolution à la baisse du ratio de la croissance des impor-
gents et en développement (responsables de 75 % des tations nominales au PIB observée en 2015 a essentielle-
échanges mondiaux); elle a donc une couverture géogra- ment tenu au repli des cours des produits de base.
phique et temporelle plus importante que l’analyse pré- •• Le modèle attribue cet effet essentiellement aux écarts
sentée dans Eaton et al. (2010)32. Elle développe également dans le secteur des produits de base. D’autres écarts ont
la structure du modèle en ajoutant de manière explicite un toutefois joué un rôle, mais leur contribution relative
secteur des produits de base aux secteurs inclus dans la spé- varie selon les pays. La Chine, par exemple, se distingue
cification initiale. Cette inclusion est essentielle, compte par l’augmentation des coûts de ses échanges. Bien qu’il
tenu de l’évolution récente des prix observés dans ce secteur soit difficile de les expliquer précisément, ces résultats
et de son impact sur le ratio de la croissance des échanges pourraient indiquer le nivellement de l’expansion du dé-
à la croissance du PIB33. Le modèle ne fait toutefois pas de veloppement des chaînes de valeur mondiales. Le Brésil
distinction entre l’investissement et la consommation, de a enregistré une baisse importante de la part des dé-
sorte qu’il importe d’interpréter en conséquence les conclu- penses consacrées aux biens manufacturés durables, qui
sions sur le rôle de la composition de la demande. a eu pour effet de ralentir la croissance des importations.
Les conclusions suivantes peuvent être tirées de la La comparaison des résultats des différents scénarios
comparaison des résultats des deux scénarios contrefac- pour la période 2003–07 et pour la période 2012–15
tuels et des observations relatives au ratio de la crois- montre que l’évolution de la composition de la demande
sance brute des importations nominales au PIB sur la pé- explique, à elle seule, près de 60 % du ralentissement de
riode 2003–15 (graphique 2.8, plages 1, 3 et 5) : la croissance du commerce mondial par rapport à la crois-
•• Durant la période 2003–07, les échanges de biens no- sance du PIB (graphique 2.8, plages 2, 4 et 6). L’évolution
minaux ont augmenté plus rapidement que le PIB en de la composition de la demande a, en outre, été plus mar-
raison à la fois de l’évolution de la composition de la de- quée dans les pays avancés que dans les pays émergents et
mande et de la réduction des coûts commerciaux. Dans en développement. À l’échelle mondiale, les coûts com-
les pays avancés, ces deux facteurs ont joué un rôle simi- merciaux ont également joué un rôle non négligeable : le
laire; la baisse des coûts commerciaux a eu un effet plus modèle attribue près de 25 % du ralentissement du ratio
prononcé dans les pays émergents et en développement, de la croissance des importations nominales au PIB à ce
en particulier en Chine, qui est devenue membre de facteur. Les réductions des coûts commerciaux ont sti-
l’Organisation mondiale du commerce en 2001. mulé le commerce en 2003–07, mais cette évolution à la
•• Le ralentissement en 2012–15 de l’augmentation du ratio baisse s’est considérablement ralentie en 2012–15. Lorsque
de la croissance des importations nominales de biens au ces facteurs sont considérés conjointement — c’est-à-dire
31L’écart lié au déficit commercial a joué un rôle négligeable durant
lorsque les variations de la composition de la demande et
le récent ralentissement des échanges. L’écart de productivité manifeste des coûts commerciaux peuvent simultanément exercer un
une dynamique intéressante, qui peut toutefois être essentiellement im- effet sur les flux commerciaux —, le modèle explique près
putée aux récentes variations des prix induites par l’offre dans le secteur de 80 % du ralentissement34.
des produits de base.
32Le volume considérable de données nécessaires empêche d’appli- Bien qu’elles soient différentes à d’importants égards,
quer cette procédure sur une longue période à un grand nombre de les deux méthodes d’analyse produisent des conclusions
pays. Voir l’annexe 2.4 pour une description des données et des para-
mètres utilisés dans le cadre de cette analyse. 34Le regroupement des résultats obtenus dans le cadre des quatre scé-
33Dans ce modèle ricardien du commerce, les échanges de produits narios contrefactuels, qui considèrent, chacun, un écart différent, ne
de base résultent des différences d’efficacité au niveau des processus de produit pas nécessairement les mêmes résultats qu’un scénario considé-
production. Ceci peut être rapporté au monde réel — les importateurs rant simultanément tous les écarts. Ces derniers écarts peuvent ampli-
de pétrole, par exemple, ont des réserves gisant à une grande profon- fier ou amortir leurs effets respectifs lorsqu’ils sont considérés conjoin-
deur de sorte que le processus d’extraction est plus inefficace dans leur tement, de sorte que la somme de la fraction des données que chaque
cas que dans celui des exportateurs de pétrole. effet explique à lui seul peut être supérieure ou inférieure à un.

Fonds monétaire international | Octobre 2016 79


PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : DEMANDE MODÉRÉE — SYMPTÔMES ET REMÈDES

Graphique 2.8. Modèle structurel : évolution effective et modélisée du ratio des importations nominales au PIB

Durant la période 2003–07, les importations nominales ont augmenté plus rapidement que le PIB en raison de modifications de la composition
de la demande et de la réduction des coûts commerciaux. Durant la période de ralentissement de 2012–15, toutefois, les modifications
de la composition de la demande ont joué un rôle plus important que les coûts commerciaux, en particulier dans les pays avancés.

Croissance brute du ratio des importations nominales au PIB Variation de la croissance brute du ratio des importations
nominales au PIB entre 2012–15 et 2003–07
Données Composition de la demande Coûts commerciaux (Points de pourcentage)

1,2 1. Monde 2. Monde 3

1,1 0

1,0 –3

0,9 –6

0,8 –9

0,7 –12
2003 05 07 09 11 13 15 Données Composition Coûts
de la demande commerciaux

1,2 3. Pays avancés 4. Pays avancés 3

1,1 0

1,0 –3

0,9 –6

0,8 –9

0,7 –12
2003 05 07 09 11 13 15 Données Composition Coûts
de la demande commerciaux
1,2 5. Pays émergents et en développement 6. Pays émergents et en développement 3

1,1 0

1,0 –3

0,9 –6

0,8 –9

0,7 –12
2003 05 07 09 11 13 15 Données Composition Coûts
de la demande commerciaux

Source : calculs des services du FMI.


Note : Les lignes décrivant les valeurs effectives et simulées dans les plages 1, 3 et 5 indiquent le ratio de la croissance brute des importations nominales de biens
à la croissance brute du PIB nominal mondial, (Mt/Mt -1)/(Yt/Yt -1), et leurs moyennes par période (lignes continues). La valeur 1 signifie que les importations nominales
et le PIB augmentent au même rythme. Les effets simulés de la composition de la demande et des coûts commerciaux sont obtenus dans le cadre des exercices
contrefactuels dans lesquels seul l’écart correspondant est considéré, tous les autres facteurs agissant sur la production et les échanges étant maintenus constants.
Une baisse des coûts commerciaux correspond à un accroissement de l’écart commercial représenté, car elle accroît les valeurs des échanges calculées par le
modèle. Les barres des plages 2, 4 et 6 indiquent les différences entre la croissance moyenne du ratio des importations au PIB décrit précédemment durant la période
2003–07 et la période 2012–15 produites par : 1) les données; 2) le modèle ne faisant intervenir que l’écart lié à la composition de la demande; et 3) le modèle
ne faisant intervenir que l’écart lié aux coûts commerciaux, c’est-à-dire les différences entre les moyennes par période indiquées dans les plages 1, 3 et 5.
Voir l’annexe 2.4 pour plus de détails sur les moyennes par pays, les sources de données et les méthodologies retenues.

80 Fonds monétaire international | Octobre 2016


CHAPITRE 2 À QUOI TIENT LE RALENTISSEMENT DES ÉCHANGES MONDIAUX?

cohérentes. Le ralentissement mondial des échanges tient, Évolution des coûts commerciaux
dans une large mesure, mais non exclusivement, à la fai- et des chaînes de valeur mondiales
blesse de la situation économique générale et aux modi- Coûts commerciaux globaux
fications de la composition de la demande globale. Selon
L’expression «coûts commerciaux» fait généralement
les deux méthodes, l’évolution de la composition de la de-
référence à une large gamme de facteurs qui créent un
mande a davantage contribué à ralentir la croissance des
écart entre le prix à la production dans le pays exporta-
échanges dans les pays avancés que dans les pays émergents
teur et les prix à la consommation dans le pays impor-
et en développement. Enfin, le modèle structurel ainsi que
tateur. Ces facteurs peuvent comprendre des compo-
le modèle sous forme réduite indiquent que d’autres fac-
santes mesurables, comme les coûts de transport et les
teurs, notamment les coûts commerciaux, pourraient ex-
tarifs douaniers, la disponibilité et le coût de crédits com-
pliquer en partie le ralentissement observé des échanges.
merciaux, et d’autres éléments plus difficiles à quantifier
comme les obstacles linguistiques, les réglementations et
Le rôle des coûts commerciaux et des chaînes d’autres asymétries de l’information36.
de valeur mondiales : informations tirées Pour déterminer en général la manière dont les coûts
des données détaillées sur le commerce commerciaux, au sens le plus large, ont évolué, l’analyse
Compte tenu des conclusions des deux premières déduit ces coûts des profils des échanges bilatéraux, de
analyses présentées dans le chapitre, cette section exa- la production et de l’absorption observés dans les diffé-
mine le rôle des coûts commerciaux et de l’évolution des rents pays, suivant Head et Ries (2001) et Novy (2012).
échanges dans les processus de production mondiaux du- Intuitivement, lorsque les flux bilatéraux augmentent par
rant la récente phase de ralentissement. Étant donné que rapport aux flux intérieurs (représentés par la production
de nombreuses politiques commerciales — comme celles sectorielle brute moins les exportations totales), il s’ensuit,
qui déterminent les barrières tarifaires et non tarifaires — selon cette méthode, qu’il peut être devenu plus facile pour
sont établies au niveau des produits et que la participa- les deux pays de procéder à des échanges et, par conséquent,
tion aux chaînes de valeur mondiales varie sensiblement que les coûts commerciaux doivent avoir diminué37.
selon les secteurs d’un même pays, il est nécessaire d’uti- Les coûts totaux moyens des échanges de produits ma-
liser des données ventilées pour pouvoir isoler leurs rôles nufacturés pour les dix plus gros importateurs mondiaux
respectifs35. La présente section suit une démarche en ont nettement diminué durant la période 1990–2008,
trois étapes à cette fin. ont fait un bond par suite du repli du commerce inter-
Premièrement, elle présente des informations précises national durant la crise financière mondiale, puis se sont
sur la manière dont les coûts commerciaux et les chaînes stabilisés au cours des périodes suivantes (graphique 2.9,
de production ont évolué dans le temps. Deuxièmement, plage 1)38. La même évolution peut être observée dans
elle analyse les données détaillées sur les flux commerciaux tous les pays et dans tous les secteurs (graphique 2.9,
et mesure les coûts commerciaux et la participation aux plage 2). Bien qu’elle se caractérise par une plus forte dis-
chaînes de valeur mondiales par combinaison de pays et de persion, la baisse des coûts commerciaux a été nettement
produit pour estimer l’élasticité de la croissance réelle des plus marquée pour les pays émergents et en développe-
importations par rapport à ces facteurs. Troisièmement, ment — qui ont des coûts sensiblement plus élevés —
l’analyse regroupe les résultats des deux premières étapes que pour les pays avancés durant cette période (gra-
pour obtenir une estimation de la mesure dans laquelle phique 2.9, plages 3 et 4). Pour quelles raisons les coûts
chaque facteur éventuel peut expliquer le ralentissement de
36Les coûts commerciaux peuvent être fixes (comme les obstacles ins-
la croissance des échanges durant la période 2012–15. Il
titutionnels et au-delà de la frontière qui obligent une entreprise à as-
importe de noter que cette analyse vise non pas à identifier sumer un coût fixe pour pouvoir obtenir accès à un nouveau marché)
une relation de cause à effet, mais seulement à établir une ou des coûts variables (coûts de transport, tarifs douaniers, coûts liés
association; l’objectif ultime consiste à déterminer dans à la logistique du commerce et aux services de facilitation). Voir l’an-
nexe 2.5 pour plus de détails sur la construction de l’indice des coûts
quelle mesure il est possible de prévoir un ralentissement commerciaux et Arvis et al. (2013) pour un examen des coûts commer-
de la croissance des importations en considérant le com- ciaux dans le monde en développement.
portement de différents corrélats. 37Les coûts commerciaux calculés de cette manière sont, par défini-

tion, les mêmes que les écarts liés aux coûts commerciaux du modèle
35Il est possible que l’analyse effectuée au niveau global (du pays) ne d’équilibre général décrit précédemment.
permette pas de détecter de relation entre ces facteurs et la croissance des 38Les dix principaux importateurs sont l’Allemagne, le Canada, la

échanges parce qu’elle ne peut pas prendre en compte une grande partie Chine, la Corée, les États-Unis, la France, l’Italie, le Japon, le Mexique
de la variation des données (au niveau des produits et des secteurs). et le Royaume-Uni.

Fonds monétaire international | Octobre 2016 81


PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : DEMANDE MODÉRÉE — SYMPTÔMES ET REMÈDES

Graphique 2.9. Évolution dans le temps des coûts Tarifs douaniers


commerciaux : approche de haut en bas
(Pourcentage) Les droits d’entrée sont la composante des coûts com-
merciaux qui est la plus facile à observer et à mesurer. Les
Les coûts commerciaux ont diminué de manière relativement systématique
jusqu’à la crise financière mondiale, mais se sont depuis lors nivelés. Cette même négociations commerciales et la libéralisation unilatérale
évolution peut être observée dans les pays avancés ainsi que dans les pays des échanges ont abaissé les tarifs moyens pondérés par
émergents et en développement et, à l’échelle mondiale, dans les différents secteurs.
les importations pour tous les pays de près de 1 point de
Moyenne pondérée Écart interquartile pourcentage par an entre 1986 et la conclusion du cycle
par le commerce Bois et papier
Aliments et boissons Produits métalliques des négociations multilatérales d’Uruguay en 1995, en
Autres produits manufacturés Machines et matériels électriques réduisant de manière significative la dispersion des tarifs
Textiles et vêtements Pétrole, produits chimiques douaniers entre les pays et les produits (graphique 2.10,
Matériels de transport et produits minéraux non métalliques
plages 1 et 2). Les tarifs douaniers ont continué de baisser
120 1. Monde 2. Monde, à l’échelle 120 par la suite, mais de seulement ½ point de pourcentage
des secteurs
110 110 par an, jusqu’en 2008. Aucun accord tarifaire n’ayant été
100 100 conclu depuis lors, ils n’ont que très peu diminué40.
90 90
80 80 Barrières non tarifaires
70 70
Les barrières non tarifaires sont, peut-être, les plus dif-
60 60
50 50
ficiles à mesurer. Comme l’indique leur nom, il s’agit de
40 40 mesures non tarifaires qui font obstacle aux échanges,
30 30 comme les contingents, les renflouements d’entreprise,
1990 95 2000 05 10 13 1990 95 2000 05 10 13 les aides publiques, les mesures de protection du com-
merce et l’obligation de privilégier les produits locaux par
180 3. Pays avancés 4. Pays émergents 180
et en développement opposition aux produits étrangers.
160 160
Deux sources de données complémentaires, à savoir
140 140
l’initiative Global Trade Alert du Centre for Economic
120 120
Policy Research et la base de données de la Banque mon-
100 100
diale Temporary Trade Barriers, indiquent un alour-
80 80 dissement régulier des mesures protectionnistes (gra-
60 60 phique 2.10, plages 3 et 4)41. Il ressort d’un examen de
40 40 trois barrières commerciales temporaires (mesures anti-
20 20 dumping, compensatoires et de sauvegarde) que, bien
1990 95 2000 05 10 13 1990 95 2000 05 10 13
que ces barrières ne concernent qu’une faible propor-
Sources : base de données Eora Multi-Region Input-Output; calculs des services tion des produits (2½ % en 2015), cette proportion aug-
du FMI.
Note : L’indice est établi suivant la méthodologie de Head et Ries (2001) et de mente depuis 1990 et a fait un bond en 2014 et en 2015.
Novy (2012) pour expliquer la manière dont les coûts commerciaux au sens large
ont évolué dans le temps. Ces coûts sont déduits des profils des échanges derniers ne contribuent vraisemblablement pas dans une mesure impor-
bilatéraux, de la production et de l’absorption observés pour les différents pays.
tante au ralentissement actuel des échanges (International Chamber of
Voir l’annexe 2.5 pour une description détaillée de la couverture des pays, des
sources de données et de la méthodologie. Commerce, 2015). L’annexe 2.5 présente certaines données tirées d’en-
quêtes sur l’évolution de la disponibilité de lignes de crédit commer-
ciales proposées par les banques.
40Il est important de noter que les tarifs moyens ont continué de
commerciaux ont-ils cessé de diminuer? Les sous-sections
baisser bien que le nombre de pays inclus dans l’échantillon ait forte-
ci-après examinent l’effet de certains facteurs particuliers
ment augmenté et que ces derniers comprennent un nombre grandis-
sur les coûts commerciaux : les tarifs douaniers, les bar- sant de pays en développement qui imposent généralement des droits
rières non tarifaires, les accords de libre-échange, et les d’entrée plus élevés.
41Nous remercions Chad Bown, Simon Evenett et Johannes Fritz,
transports et la logistique39.
qui nous ont fait profiter de leurs bases de données sur les barrières non
tarifaires. La base de données Global Trade Alert couvre le plus large-
39La disponibilité et le coût des crédits commerciaux représentent ment tous les types de mesures discriminatoires ou de libéralisation
également une part importante des coûts commerciaux auxquels dans le domaine du commerce, mais n’est établie qu’à partir de 2008
sont confrontées les entreprises, et peuvent entraver la croissance des (Evenett et Fritz, 2015). Les données de la Banque mondiale couvrent
échanges, comme on a pu le constater durant la période d’effondrement généralement de plus longues périodes, mais seulement pour le recours
du commerce (Chor et Manova, 2012). Les observations recueillies sur des autorités nationales à trois mesures particulières : mesures antidum-
la disponibilité des crédits commerciaux indiquent toutefois que ces ping, compensatoires et de sauvegarde (Bown, 2016).

82 Fonds monétaire international | Octobre 2016


CHAPITRE 2 À QUOI TIENT LE RALENTISSEMENT DES ÉCHANGES MONDIAUX?

Graphique 2.10. Analyse historique des politiques commerciales

Le rythme de la réduction des tarifs douaniers et de l’expansion des accords de libre-échange s’est ralenti.
Certains signes témoignent d’une montée du protectionnisme.
20 1. Tarifs douaniers dans les pays avancés 2. Tarifs douaniers dans les pays émergents 60
(Pourcentage; moyenne simple) et en développement
(Pourcentage; moyenne simple)
15
40
10
20
5

0 0
1980 90 2000 10 15 1980 90 2000 10 15

3 3. Barrières commerciales temporaires 4. Mesures recensées par Global Trade Alert 12


(Pourcentage des produits) (Nombre de produits; milliers) 9
Barrières commerciales temporaires 6
2 Antidumping 3
Droits compensatoires 0
Sauvegarde
1 –3
–6
Libéralisation Discrimination Mesures nettes –9
0 –12
1990 95 2000 05 10 15 2009 10 11 12 13 14 15

3 5. Ralentissement de la croissance réelle des importations de biens 6. Lobbying portant sur les questions commerciales aux États-Unis 80
(Points de pourcentage; différence entre 2012–15 et 2003–07) (Nombre; centaines)
0 60
Rapports Lobbyistes Sociétés

–3 40

–6 20

–9 0
Pas de mesures discriminatoires Mesures discriminatoires 2009 10 11 12 13 14 15

70 7. Accords de libre-échange par année de signature 70 8. Couverture des accords de libre-échange 31


60 (Nombre) 60 Nombre moyen de partenaires commerciaux 25
50 50 Pourcentage du PIB mondial (échelle de droite)
40 40 19
30 30 12
20 20
6
10 10
0 0 0
1980 90 2000 10 15 1980 90 2000 10 15

Sources : Bown (2016); base de données Design of Trade Agreements; Evenett et Fritz (2016); base de données Global Trade Alert; Ludema, Mayda et Mishra (2015);
Conference on Trade and Development Trade Analysis and Information System des Nations Unies; base de données Temporary Trade Barriers de la Banque mondiale;
Tariff Download Facility de l’Organisation mondiale du commerce (OMC); base de données de l’OMC sur les accords commerciaux régionaux; calculs des services du FMI.
Note : Les aires de couleur bleue des plages 1 et 2 indiquent les écarts interquartiles. Voir l’annexe 2.5 pour une description détaillée de la couverture des pays, des
sources de données et de la méthodologie utilisées pour chaque indicateur.

Fonds monétaire international | Octobre 2016 83


PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : DEMANDE MODÉRÉE — SYMPTÔMES ET REMÈDES

La base de données Global Trade Alert, qui est actuel- — comme le Trans-Pacific Partnership, qui vient d’être
lement la plus complète de toutes les bases de données conclu entre de très vastes régions, ou le Regional
couvrant toutes les catégories de mesures commerciales Comprehensive Economic Partnership et le Partenariat
imposées depuis la crise financière mondiale, fait égale- transatlantique de commerce et d’investissement, qui
ment état d’un accroissement régulier des mesures pro- sont en cours de négociation. Ces partenariats sont
tectionnistes depuis 2012, le nombre le plus élevé de me- constitués par d’importants groupes de pays auxquels est
sures préjudiciables au commerce ayant été pris en 2015. imputable une très large part du commerce mondial et
Bien qu’il ne soit pas possible de procéder à une analyse des investissements directs étrangers. Des accords d’une
plus rigoureuse en raison de la période limitée couverte telle envergure ont généralement un plus grand impact
par Global Trade Alert, il est évident que la croissance sur la croissance des échanges44.
réelle des importations de produits assujettis à des me- Pour déterminer la portée de ces accords, l’analyse me-
sures commerciales discriminatoires a davantage diminué sure le nombre moyen de partenaires commerciaux avec
en 2012–15 qu’en 2003–07 (graphique 2.10, plage 5). lesquels un pays représentatif a conclu un accord de libre-
Les activités de lobbying des entreprises témoignent échange, et la part moyenne du PIB mondial imputable
également de la mesure dans laquelle ces dernières sont à ces partenaires commerciaux. Évaluée sur cette base,
préoccupées par les questions commerciales (Ludema, la portée des accords de libre-échange continue de s’ac-
Mayda et Mishra, 2015)42. Selon les rapports que les en- croître, bien que plus lentement depuis quelque temps
treprises des États-Unis sont tenues d’établir sur leurs (graphique 2.10, plage 8).
activités de lobbying, les efforts de lobbying dans le do-
maine du commerce se sont régulièrement intensifiés de- Coûts de transport et de logistique du commerce
puis 2009 (graphique 2.10, plage 6). Cela pourrait expli- Les coûts des transports internationaux, les coûts des
quer en partie l’arrêt de l’évolution à la baisse des coûts transports intérieurs et les coûts liés au respect des pro-
commerciaux globaux43. cédures et à la présentation de documents conformes
aux frontières se sont révélés faire obstacle aux flux com-
Accords de libre-échange merciaux (Hummels, 2007a; Djankov, Freund et Pham,
Les accords de libre-échange peuvent également ré- 2010). Selon les indicateurs les plus courants, ces coûts
duire les coûts commerciaux, non seulement en abais- diminuent toutefois systématiquement depuis 2006.
sant les barrières tarifaires et non tarifaires, mais aussi en Les coûts monétaires de la logistique commerciale, tels
imposant des dispositions visant divers autres éléments que les frais d’établissement des documents et de trans-
pouvant faire obstacle au commerce des biens et des ser- port des marchandises jusqu’aux ports et aux frontières,
vices, notamment la coopération dans le domaine régle- et le temps pris par cette opération, diminuent nette-
mentaire. Un nombre particulièrement élevé d’accords ment dans les pays émergents et en développement de-
de libre-échange a été conclu dans les années 90 puisque, puis 2006 (graphique 2.11, plages 1 et 2). Ils sont de-
selon la base de données Design of Trade Agreements, meurés stables dans les pays avancés, où ils étaient déjà
près de 30 accords ont été signés, en moyenne, chaque faibles. Les pays ont, de surcroît, des liens de plus en plus
année. Ce nombre a légèrement diminué au cours de étroits avec les réseaux de transports maritimes, comme
la période précédant la crise financière mondiale (pour en témoignent la taille de leur flotte, leur capacité de
tomber à 26), mais a chuté depuis 2011 pour s’établir à transport en conteneurs, etc. (graphique 2.11, plage 3).
environ 10 accords par an (graphique 2.10, plage 7). Les coûts de transport aérien font exception à cette règle,
Les accords les plus récents vont toutefois plus loin ces derniers ayant augmenté plus ou moins régulièrement
que les pactes antérieurs : ils couvrent une gamme de me-
sures bien plus vaste que les tarifs douaniers et font inter- 44Pour des informations plus récentes sur l’effet de création de flux
venir un plus grand nombre de partenaires commerciaux d’échanges des accords commerciaux, voir, par exemple, Carrère (2006);
Baier et Bergstrand (2007, 2009); et Cipollina et Salvatici (2010) pour
42Nous remercions Prachi Mishra de nous avoir communiqué sa base une méta-analyse. Osnago, Rocha et Ruta (à paraître) montrent que
de données sur les activités de lobbying des entreprises. plus les accords commerciaux sont ambitieux, plus l’accroissement des
43Henn et McDonald (2014) déterminent que les mesures faisant investissements directs étrangers verticaux entre les pays auxquels ils
obstacle au commerce recensées dans la base de données Global Trade contribuent est important, ce qui peut favoriser l’intégration des entre-
Alert à compter de 2010 ont eu un effet préjudiciable important sur les prises dans les chaînes de valeur mondiales. Plus récemment, Conconi
flux d’échanges par produit durant la période 2008–10, bien que leur et al. (2016) ont déterminé que les règles d’origine préférentielle inté-
impact global ait été atténué par leur taux d’adoption limité durant la grées dans les accords de libre-échange peuvent, en fait, intensifier le
période considérée pour l’échantillon. degré de protection auquel sont confrontés les pays non membres.

84 Fonds monétaire international | Octobre 2016


CHAPITRE 2 À QUOI TIENT LE RALENTISSEMENT DES ÉCHANGES MONDIAUX?

entre 2002 et 2012, pour toutefois chuter durant la Graphique 2.11. Analyse historique des coûts commerciaux
phase de contraction des échanges après la baisse des au titre de la logistique et des transports
cours du pétrole. La chute des cours du pétrole enre- Les coûts monétaires et le temps absorbé par les transports intérieurs, la traversée
gistrée depuis 2014 a vraisemblablement réduit le coût des frontières et l’établissement des documents requis pour importer des biens
diminuent de manière systématique, en particulier dans les pays émergents
d’autres modes de transport. L’évolution dans le temps et en développement. Les pays ont des liens de plus en plus étroits avec les réseaux
des coûts de transport internationaux et de la logistique de transports maritimes. Les coûts de transport aérien ont également diminué durant
du commerce indique que ces derniers n’ont probable- la période de ralentissement des échanges par suite de la baisse des cours du pétrole.

ment pas contribué à la diminution du taux de croissance Moyenne pondérée pour les pays avancés
Moyenne pondérée pour les pays émergents et en développement
du commerce mondial.
1. Coûts/importations 2. Délais d’importation
Chaînes de valeur mondiales 3.500 (Dollars constants (Jours) 35
3.000 de 2013 par conteneur) 30
Certains font valoir que, outre l’évolution des coûts
commerciaux, le processus de fragmentation de la pro- 2.500 25
duction entre les pays observé dans les années 90 et au 2.000 20
début des années 2000, qui a résulté de la création et 1.500 15
de l’expansion des chaînes de valeur mondiales et qui a 1.000 10
accru les flux d’échanges bruts, pourrait avoir pris fin45.
500 5
Il est toutefois difficile de vérifier cette assertion, car il
n’est généralement possible d’obtenir d’information sur 0 0
2006 08 10 12 14 2006 08 10 12 14
le degré de partage de la production qu’avec un décalage
3. Lien avec les réseaux 4. Coûts des transports
important46. Il serait en outre difficile d’attribuer à une 80 de transports maritimes aériens aux États-Unis 250
cause particulière tout ralentissement observé de l’expan- (Indice; croissant Importations
de 0 à 100) (indice; 2000 = 100) 200
sion des chaînes de valeur mondiales, celui-ci pouvant 60 Cours du pétrole
tenir à une baisse moins rapide des coûts commerciaux, à (dollars)
150
un renforcement des obstacles aux investissements trans- 40
frontières, ou à la maturation inhérente de ces chaînes47. 100
La participation aux chaînes de valeur mondiales est 20
généralement mesurée par la somme : 1) du contenu en 50

produits intérieurs des exportations d’un pays réutilisées 0 0


dans les exportations de ses partenaires commerciaux, et 2004 06 08 10 12 15 2000 04 08 12 16
S:1
2) de la valeur ajoutée étrangère de ces exportations en Sources : Conférence des Nations Unies sur le commerce et le
proportion des exportations brutes (voir, par exemple, développement (CNUCED); Bureau of Labor Statistics des États-Unis; Indicateurs
de Doing Business de la Banque mondiale; calculs des services du FMI.
45Voir, par exemple, Constantinescu, Mattoo et Ruta (2015); Crozet,
Note : Les indicateurs de coût et de temps représentent les coûts encourus
(à l’exclusion des tarifs douaniers) et le temps pris par trois séries de procédures
Emlinger et Jean (2015); et Gangnes, Ma et Van Assche (2015). — l’établissement des documents nécessaires, le respect des formalités
46La source d’informations les plus à jour à la date de l’établisse-
aux frontières et les transports intérieurs — dans le cadre du processus général
ment de ce rapport est la série de matrices d’entrées–sorties mondiales d’importation de biens pour un échantillon équilibré de 161 pays. L’indice
de la base de données Eora Multi-Region Input-Output, qui couvre de connectivité des transports maritimes réguliers de la CNUCED indique dans
26 secteurs de 173 pays de l’échantillon de la base de données des quelle mesure les pays sont reliés au réseau de transports maritimes mondiaux
Perspectives de l’économie mondiale du FMI pour la période 1990–2013. sur la base de cinq composantes du secteur des transports maritimes : le nombre
Voir Lenzen et al. (2013) pour une description détaillée de cette base de navires, leur capacité de transport de conteneurs, la taille maximum des navires,
le nombre de services et le nombre de sociétés qui exploitent des navires
de données.
47Cette maturation pourrait se traduire, par exemple, par une aug-
porte-conteneurs dans les ports d’un pays.
mentation de la productivité et de la main-d’œuvre qualifiée en Chine,
qui inciterait les entreprises à ramener dans leur pays certaines activités
de production jusque-là délocalisées à l’étranger. Les obstacles commer- Koopman, Wang et Wei (2014), qui considèrent un in-
ciaux pourraient aussi avoir des résultats similaires, car les coûts engen- dicateur de spécialisation verticale). Cet indicateur met
drés par la traversée des frontières par les biens à de multiples reprises
en relief la forte variation de la participation des pays aux
tout au long des chaînes d’approvisionnement peuvent devenir prohibi-
tifs. Yi (2003, 2010) et Koopman, Wang et Wei (2014) examinent l’im- chaînes de valeur mondiales, de nombreux pays émer-
pact grandissant des coûts commerciaux dans un processus de produc- gents et en développement n’étant pas encore pleinement
tion en plusieurs étapes, tandis qu’Evenett et Fritz (2016) récapitulent intégrés aux processus de production mondiaux (FMI
les observations relatives à la prolifération d’exigences de localisation qui
détournent les flux d’échanges et qui peuvent également faire obstacle 2015a, 2015d). La participation à ces chaînes s’est régu-
au développement de processus de production transfrontières. lièrement accrue dans les pays avancés et dans les pays

Fonds monétaire international | Octobre 2016 85


PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : DEMANDE MODÉRÉE — SYMPTÔMES ET REMÈDES

Graphique 2.12. Analyse historique réelles de 700 produits48 pour examiner la relation his-
des chaînes de valeur mondiales torique entre, d’une part, les coûts commerciaux et les
(Pourcentage)
chaînes de valeur mondiales et, d’autre part, la croissance
La participation aux chaînes de valeur mondiales a progressé aussi bien des échanges. Elle estime l’élasticité des volumes d’im-
dans les pays avancés que dans les pays émergents et en développement
jusqu’à la crise financière mondiale. Depuis 2011, cette participation semble portation des produits autres que les produits de base en
s’être nivelée pour les deux groupes de pays. considérant quatre des facteurs examinés précédemment
Moyenne simple Moyenne pondérée Écart interquartile — les tarifs, la couverture des accords de libre-échange
(en proportion du PIB mondial), les barrières commer-
80 1. Monde 2. Pays avancés 80 ciales temporaires et la participation aux chaînes de va-
leur mondiales — et en neutralisant les effets de la de-
70 70
mande intérieure sectorielle, des prix relatifs des biens
60 60 importés et des effets fixes des pays–produits et de pé-
50 50 riode (voir l’annexe 2.5 pour plus de détails sur les mé-
thodes d’estimation, la spécification et la robustesse des
40 40
résultats). Étant donné la baisse régulière des coûts de
30 30 la logistique des échanges depuis 2006 et la disponibi-
lité limitée de données chronologiques sur ces coûts, leur
20 20
1995 2000 05 10 13 1995 2000 05 10 13 contribution au ralentissement des échanges n’est pas
examinée dans le présent chapitre.
80 3. Pays émergents 4. Chine 80 Les estimations des élasticités de la croissance des im-
et en développement,
70 sauf la Chine 70 portations par rapport aux différents indicateurs des
coûts commerciaux sont présentées dans le tableau 2.1.
60 60
Elles sont extrêmement significatives et ont le signe es-
50 50 compté49. Plus l’incidence des barrières commerciales
40 40
est importante, et plus la croissance du volume des im-
portations est lente, bien que la valeur estimée de l’élas-
30 30 ticité des importations par rapport aux tarifs soit plus
20 20 faible que les estimations présentées dans d’autres études.
1995 2000 05 10 13 1995 2000 05 10 13
L’élargissement de la série des partenaires commerciaux
avec lesquels un pays a conclu un accord de libre-échange
Sources : base de données Eora Multi-Region Input-Output; calculs des services
du FMI. est, de même, associé à une augmentation plus rapide du
Note : La participation aux chaînes de valeur mondiales indique la somme volume des importations.
du contenu intérieur des exportations d’un pays — qui est réutilisée dans
les exportations de ses partenaires commerciaux — et de la valeur ajoutée
étrangère de ces exportations en proportion des exportations brutes. 48Ces
Voir l’annexe 2.5 pour une description détaillée de la couverture des pays, séries de volumes ont été calculées pour les importations à
des sources de données et de la méthodologie utilisées pour chaque indicateur. partir de 2003 pour 52 pays qui, en 2015, étaient à l’origine de plus
de 90 % des importations mondiales et du PIB. La série de données
couvre les produits ayant un code à quatre chiffres dans la Classification
internationale type, par industrie, révision 2. La valeur nominale des
importations de ces produits a été ajustée au moyen des déflateurs des
émergents et en développement jusqu’à la crise finan- prix à l’importation construits au niveau à deux chiffres du Système
cière mondiale (graphique 2.12, plages 1, 2 et 3), à l’ex- harmonisé, les mêmes déflateurs étant utilisés pour tous les produits
ception notable de la Chine, dont la participation aux au niveau à quatre chiffres de la Classification internationale type, par
industrie, qui correspondent à un code particulier à deux chiffres du
chaînes a atteint son maximum dans la deuxième partie Système harmonisé.
des années 2000 (graphique 2.12, plage 4). Depuis 2011, 49Les études consacrées à ce sujet produisent une très large gamme

toutefois, cette participation semble s’être stabilisée pour d’estimations de l’élasticité des échanges par rapport à la politique com-
merciale. Les études basées sur des données transversales, qui sont gé-
tous les groupes de pays. néralement considérées saisir l’élasticité à long terme, produisent gé-
néralement des élasticités beaucoup plus élevées. Les études basées sur
Le rôle des autres facteurs : informations les variations des séries chronologiques, qui saisissent les effets à court
tirées des données au niveau des produits terme de l’évolution des coûts commerciaux, produisent des estimations
beaucoup plus faibles. La démarche suivie ici s’inscrit dans le droit fil de
Cette section a recours à la nouvelle série de don- ces dernières études. Voir Hillberry et Hummels (2013) et Goldberg et
nées décrites précédemment pour les flux d’importations Pavcnik (2016) pour un examen des différentes analyses.

86 Fonds monétaire international | Octobre 2016


Tableau 2.1. Association observée dans le temps entre la croissance réelle des importations au niveau
des produits, les politiques commerciales et la participation aux chaînes de valeur mondiales
A. Produit et pays B. Pays
Période de l’échantillon 2003–15 2003–15 2003–15 2003–13 2003–13 1990–2013 2003–13 Résidus de
la demande
ajustée au titre
de l’intensité en
Variable dépendante : croissance des importations Réelle Nominale importations
(1) (2) (3) (4) (5) (6) (7) (8)
Augmentation :

Barrières commerciales temporaires –0,024*** –0,031*** –0,028*** –0,029*** –0,253


(0,008) (0,009) (0,006) (0,007) (0,196)

Tarifs douaniers –0,008 –0,016** –0,021*** –0,034*** –0,015


(0,007) (0,008) (0,005) (0,007) (0,018)

Couverture des accords de libre-échange 0,119** 0,106** 0,139*** 0,205*** 0,227***


CHAPITRE 2

(0,048) (0,054) (0,040) (0,055) (0,056)

Participation aux chaînes de valeur mondiales 0,066* 0,095** 0,192*** 0,170*** 0,083*
(0,038) (0,041) (0,029) (0,041) (0,043)

Effets fixes pays x produits Oui Oui Oui Oui Oui Oui Oui ...
Effets fixes de pays ... ... ... ... ... ... ... Oui
Effets fixes de période Oui Oui Oui Oui Oui Oui Oui Oui

R2 0,264 0,266 0,265 0,295 0,293 0,324 0,407 0,504


R 2 ajusté 0,193 0,190 0,192 0,212 0,208 0,281 0,338 0,449
Nombre d’observations 316.840 341.553 371.622 315.636 258.196 472.178 270.587 464
Source : calculs des services du FMI.
Note : La participation aux chaînes de valeur mondiales mesure la participation en amont, c’est-à-dire la valeur ajoutée étrangère aux exportations en proportion des exportations brutes.
Dans les régressions par paires de produits et de pays, cette variable est calculée au niveau sectoriel. Les erreurs-types sont regroupées au niveau des paires de produits et de pays dans les
régressions présentées en A et au niveau des pays dans les régressions présentées en B. Les résultats indiqués dans les colonnes (1) à (7) ont été établis une fois neutralisé la croissance de
la demande sectorielle et la croissance des prix relatifs.

Fonds monétaire international | Octobre 2016


* p < 0,10; ** p < 0,05; *** p < 0,01.

87
À QUOI TIENT LE RALENTISSEMENT DES ÉCHANGES MONDIAUX?
PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : DEMANDE MODÉRÉE — SYMPTÔMES ET REMÈDES

Graphique 2.13. Contribution des politiques commerciales précédemment. Les estimations ponctuelles sont simi-
et des chaînes de valeur mondiales au ralentissement laires à celles des régressions établies au niveau des pro-
de la croissance réelle des importations de biens
duits, mais ne sont pas aussi précises en raison de la na-
(Pourcentage)
ture plus globale des données (tableau 2.1, colonne 8).
La diminution de la participation aux chaînes de valeur mondiales et les
modifications apportées aux politiques commerciales pèsent sur la croissance De manière générale, les résultats montrent que l’im-
du commerce, bien que leurs contributions soient limitées en termes quantitatifs. position de mesures engendrant des distorsions dans les
Prévue par la demande intérieure Politiques commerciales échanges entrave la croissance du commerce. En même
ajustée au titre de l’intensité en Participation aux chaînes temps, le ralentissement de l’expansion de la couverture
importations du pays et par celle de valeur mondiales
de ses partenaires commerciaux
Non prévue
des accords de libre-échange et la baisse du taux de parti-
Non prévue
cipation aux chaînes de valeur mondiales sont associés à
1. Régression de la demande ajustée au 2. Régression au niveau une plus lente croissance des importations.
titre de l’intensité en importations; des produits (5) Il est possible, en associant les élasticités estimées de
ensemble de l’échantillon (plage 2)
la croissance des importations aux écarts entre les taux
0 0,0
de croissance des différents facteurs entre 2012–15
–0,2 et 2003–07, d’estimer leurs contributions relatives.
–1
–0,4 L’analyse montre qu’une part importante du ralentisse-
–2 ment des échanges non expliquée par la faiblesse de l’ac-
–0,6
tivité économique et par sa composition est imputable à
–3 –0,8 des modifications des politiques commerciales et au ra-
–1,0
lentissement de l’expansion des chaînes de valeur mon-
–4 diales (graphique 2.13 et annexe 2.5).
–1,2
–5 Le lien entre le commerce et les chaînes de valeur
–1,4
mondiales : conclusions du modèle de gravité
–6 –1,6
La dernière analyse utilise un modèle de gravité du
–1,8 commerce au niveau sectoriel pour faire ressortir le rôle
–7
des chaînes de valeur mondiales durant la période de ra-
Source : calculs des services du FMI. lentissement. Le modèle de gravité est couramment em-
Note : Le graphique associe les liens historiques estimés entre la croissance réelle
des importations et la croissance des coûts commerciaux et de la participation
ployé pour expliquer le niveau des flux d’échanges bila-
aux chaînes de valeur mondiales, et les écarts entre le taux de croissance téraux à partir des caractéristiques de chaque pays et de
de ces facteurs durant la période 2003–07 et durant la période 2012–15 afin chaque paire de pays qui saisissent les coûts commer-
de calculer leurs contributions au ralentissement observé des échanges.
Voir l’annexe 2.5 pour une description détaillée de la couverture des pays, ciaux, comme la distance entre les pays et le fait qu’ils ont
des sources de données et de la méthodologie utilisées. ou non une frontière commune, parlent la même langue
ou ont la même monnaie.
L’accroissement de la participation aux chaînes de va- Lorsqu’il est estimé au niveau sectoriel, le modèle de
leur mondiales est également associé à une croissance gravité présente deux avantages qui le rendent particuliè-
plus rapide du volume des importations : une hausse de rement utile pour isoler l’ampleur de la contribution de la
10 points de pourcentage de la participation s’accom- participation aux chaînes de valeur mondiales à la crois-
pagne d’une augmentation de 1 point de pourcentage de sance du commerce : 1) il neutralise les modifications de la
la croissance des importations (tableau 2.1, colonne 5). structure des flux commerciaux entre secteurs et entre par-
Sachant, comme indiqué précédemment, qu’il est difficile tenaires (contrairement à l’analyse de la demande d’impor-
de savoir si cette participation saisit également d’autres tations globale présentée au début du chapitre), et 2) il ex-
effets des politiques publiques, cette estimation est vrai- ploite l’hétérogénéité de la fragmentation de la production
semblablement un plancher. entre partenaires commerciaux (contrairement à l’analyse
Pour vérifier l’analyse effectuée au niveau des différents au niveau des produits décrite précédemment).
produits, le présent chapitre examine la relation entre les L’analyse comprend trois étapes (voir également l’an-
résidus obtenus pour les différents pays examinés pré- nexe 2.6). La première donne lieu à l’estimation d’un
cédemment (c’est-à-dire l’écart entre la croissance ef- modèle de gravité au niveau sectoriel afin d’établir une
fective des importations réelles globales et la croissance référence pour les échanges bilatéraux par secteur. Le
prévue par le modèle) et les quatre facteurs considérés modèle est estimé séparément pour chaque année de

88 Fonds monétaire international | Octobre 2016


CHAPITRE 2 À QUOI TIENT LE RALENTISSEMENT DES ÉCHANGES MONDIAUX?

la période 2003 à 2014 et pour chacun des 10 secteurs Graphique 2.14. Modèle de gravité : croissance
d’échanges de la base de données Eora Multi-Region de la participation aux chaînes de valeur mondiales
et des échanges bilatéraux sectoriels
Input-Output. La spécification estimée comprend les va-
(Points de pourcentage)
riables habituellement incluses dans le modèle de gravité
Il existe une relation positive entre l’étroitesse des liens entre différents pays
et, de surcroît, neutralise les effets fixes des importateurs dans un secteur particulier par le biais des chaînes de valeur mondiales, d’une part,
et des exportateurs50. Ces effets fixes prennent en compte et la croissance des échanges de ces pays au niveau de ces secteurs, d’autre part,
toutes les caractéristiques des secteurs d’origine et de des- avant la crise financière mondiale. Il n’existe toutefois guère d’indication qu’une
participation importante aux chaînes de valeur mondiales permette de stimuler
tination, comme la demande et l’offre sectorielles, ainsi la croissance des échanges depuis 2012.
que toutes les caractéristiques sectorielles des pays qui va-
Modèle de gravité estimé sur la base des niveaux
rient selon les périodes, comme les prix et les coûts com-
Modèle de gravité estimé sur la base des taux de croissance
merciaux, mais qui ne varient pas selon les partenaires 3,5

commerciaux durant une année particulière. Les effets 3,0


fixes neutralisent également le terme qualifié de résis-
tance multilatérale (Anderson, 2011) — c’est-à-dire les 2,5
barrières commerciales auxquelles un pays se heurte dans 2,0
le cadre de ses échanges avec ses différents partenaires
commerciaux. Dans une deuxième étape, il est procédé à 1,5
l’analyse différentielle par niveau de tous les résidus tirés
1,0
de l’équation d’estimation du modèle de gravité pour
calculer la croissance du commerce bilatéral par secteur 0,5
non expliquée par le modèle de gravité. La troisième
0,0
étape a pour objet de déterminer si le degré de fragmen-
tation de la production de ce secteur particulier entre les –0,5
deux pays considérés — mesuré par la part de la com-
–1,0
posante de la valeur ajoutée étrangère des exportations Ensemble de la période Période antérieure Période de ralentissement
brutes sectorielles bilatérales — est associé à la croissance de l’échantillon au ralentissement des échanges
des échanges entre les deux pays dans ce secteur, une fois Source : calculs des services du FMI.
neutralisé tous les facteurs déterminants habituels de Note : Les barres décrivent l’écart moyen entre les résidus de la croissance
des échanges sectoriels bilatéraux entre paires de pays–secteurs dans le quartile
cette croissance51. L’analyse du modèle de gravité aboutit supérieur, exprimés en termes d’intégration dans les chaînes de valeur mondiales,
à la conclusion qu’il existe effectivement une relation po- et le reste durant les périodes 2003–13, 2003–07 et 2012–13. Les lignes verticales
indiquent les intervalles de confiance à 90 %. Les résidus sont obtenus à partir
sitive entre une plus grande fragmentation de la produc- des modèles de gravité du commerce estimés séparément pour chaque secteur
tion entre les pays et l’expansion du commerce entre ces et chaque année, une fois neutralisé toutes les variables habituelles de ces modèles,
ainsi que les effets fixes des importateurs et des exportateurs. Voir l’annexe 2.6 pour
mêmes pays, ce qui corrobore l’analyse au niveau des pro- une description détaillée de la couverture des pays, des sources de données
duits présentée précédemment. et de la méthodologie utilisées.
De fait, les échanges bilatéraux des secteurs se trou-
vant dans le quartile supérieur de la participation aux
échanges des autres pays durant la période 2012–14. Ce
chaînes de valeur mondiales ont augmenté à un taux
résultat confirme l’hypothèse selon laquelle une partici-
plus élevé d’en moyenne 1¼ point de pourcentage que
pation plus importante aux chaînes de valeur a stimulé
les autres durant la période 2003–07 (graphique 2.14).
de manière significative la croissance des échanges du-
Ils n’étaient, en revanche, pas sensiblement différents des
rant la période précédant la crise financière mondiale.
Aucun effet de cette nature ne semble toutefois s’exercer
50Voir Feenstra, Markusen et Rose (2001) ou Feyrer (2009b) pour depuis 2012.
d’autres exemples de modèles de gravité estimés séparément pour diffé-
rentes années et différents secteurs. Les résultats des estimations (que les
auteurs peuvent communiquer sur demande) cadrent exactement avec
ceux des études consacrées à ce domaine. Les coefficients des indica- Résumé et conséquences
teurs bilatéraux des coûts commerciaux (comme la distance, une même pour les politiques publiques
langue, une frontière commune) ont le signe correct et sont très signi-
ficatifs et stables dans le temps. Cette stabilité indique que les flux des L’analyse présentée dans ce chapitre montre que le
échanges bilatéraux ne sont pas devenus plus sensibles à leur coût. ralentissement de la progression des échanges observé
51Rose (2002) suit une démarche similaire pour analyser les estima-
depuis 2012 cadre dans une large mesure, mais non
tions des résidus de modèles de gravité.

Fonds monétaire international | Octobre 2016 89


PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : DEMANDE MODÉRÉE — SYMPTÔMES ET REMÈDES

exactement, avec la faiblesse générale de l’activité éco- projections actuelles n’indiquent qu’une reprise limitée
nomique. La lenteur de la croissance mondiale, en par- de l’activité mondiale et une faible progression des inves-
ticulier la faiblesse de la croissance des investissements, tissements à moyen terme pour des raisons aussi bien cy-
peut expliquer une partie importante de l’évolution lé- cliques que structurelles (voir le chapitre 1 de ce rapport),
thargique des échanges, aussi bien en termes absolus que de sorte que la croissance des échanges mondiaux restera
par rapport au PIB. Selon l’analyse empirique, à l’échelle vraisemblablement lente. Par ailleurs, même si cette crois-
mondiale, jusqu’aux trois quarts du ralentissement de la sance finissait par s’accélérer, il est peu probable qu’elle
croissance des échanges enregistrée depuis 2012 par rap- s’effectue aux taux observés avant la crise financière mon-
port à 2003–07 peut être expliqué par la morosité de diale, c’est-à-dire à une période durant laquelle les inves-
l’activité économique, et surtout par la faiblesse de l’ac- tissements ont augmenté à un rythme particulièrement
croissement des investissements. Si les estimations empi- soutenu dans de nombreux pays émergents et en déve-
riques peuvent surestimer le rôle de la production, étant loppement, dont la Chine, les coûts commerciaux ont
donné les effets de rétroaction de la politique commer- diminué par suite de la coopération dans le domaine des
ciale et du commerce sur la croissance, le cadre d’équi- politiques commerciales et des progrès technologiques,
libre général montre que les modifications de la composi- et les chaînes de valeur mondiales se sont rapidement
tion de la demande expliquent environ 60 % de la baisse développées52.
du taux de croissance des importations nominales par Que faire pour que le commerce puisse contribuer
rapport au PIB. à promouvoir la productivité et la croissance dans un
La croissance du commerce est toutefois influencée contexte caractérisé par une activité mondiale lente et
par des facteurs autres que le niveau et la composition de fragile? Premièrement, les conclusions de ce chapitre in-
la demande qui ont ralenti de jusqu’à 1¾ point de pour- diquent que l’essentiel du ralentissement des échanges
centage la croissance réelle mondiale des importations semble être un symptôme de nombreuses forces qui en-
durant la période 2012–15. Au nombre de ces facteurs fi- travent la croissance dans les pays, notamment, peut-être,
gurent les politiques commerciales et la participation aux la perte de vitesse de la réduction des coûts commerciaux
chaînes de valeur mondiales auxquelles est imputable une et la faiblesse de l’expansion des échanges elle-même,
part notable de la perte de vitesse prévue de la croissance comme indiqué dans la section intitulée «Le ralentis-
annuelle mondiale du commerce depuis 2012. Le rythme sement de la croissance des échanges : principales ten-
des nouvelles initiatives commerciales à l’échelle mon- dances» et l’encadré 2.1. L’action publique devra fonda-
diale s’est notablement ralenti. La montée du protection- mentalement s’attaquer à ces obstacles à la croissance et,
nisme depuis la crise financière mondiale n’est, de sur- surtout, à l’augmentation des investissements pour amé-
croît, pas sans effet. Bien que la contribution quantitative liorer la santé de l’économie mondiale et, partant, ren-
des politiques commerciales au ralentissement de la crois- forcer les échanges. Comme indiqué au chapitre 1 et au
sance du commerce soit encore limitée, les mesures pro- chapitre 3 des PEM d’avril 2016, l’association de me-
tectionnistes pourraient fortement peser sur les échanges sures de soutien de la demande à court terme, de redres-
mondiaux si elles se généralisaient. La perte de vitesse sements de bilan visant à atténuer les contraintes finan-
apparente du processus de fragmentation de la produc- cières, si nécessaire, et de réformes structurelles conçues
tion entre les pays freine aussi l’expansion du commerce, pour accroître la productivité, notamment la poursuite
bien qu’il soit encore difficile de déterminer s’il s’agit là du processus d’intégration commerciale, contribue à pro-
d’un processus de maturation naturel des chaînes de va- mouvoir la croissance globale et à renforcer l’investisse-
leur mondiales existantes, ou si cette évolution résulte de ment. En encourageant indirectement les échanges, ces
distorsions induites par les politiques publiques. Le cadre mesures peuvent renforcer l’expansion économique de
d’équilibre général indique également que le ralentisse- chaque pays parce que le commerce sert de courroie de
ment de la baisse des coûts commerciaux, définis au sens transmission à l’activité économique et stimule la crois-
large, peut expliquer environ un quart de la diminution sance économique et la productivité.
du taux de croissance des importations nominales par
rapport au PIB. 52Il existe toutefois des raisons de se montrer optimiste : de nom-

Que cela signifie-t-il pour les perspectives du com- breux pays émergents et en développement disposent d’une large marge
merce mondial? Comme l’indiquent les conclusions aux- de manœuvre pour accroître leurs flux commerciaux en s’intégrant
dans les chaînes de valeur mondiales et en abaissant des obstacles au
quelles aboutit ce chapitre, l’expansion du commerce commerce toujours importants. Voir le FMI (2015a, 2015d) pour un
et la croissance économique sont étroitement liées. Les examen de cette question.

90 Fonds monétaire international | Octobre 2016


CHAPITRE 2 À QUOI TIENT LE RALENTISSEMENT DES ÉCHANGES MONDIAUX?

Deuxièmement, les conclusions présentées dans ce la hausse du niveau des revenus réels due à la réduction
chapitre indiquent que les politiques commerciales, qui des coûts commerciaux pourrait aller de moins de 1 % à
définissent les coûts des échanges de biens et services sur plus de 6 % à long terme pour un pays moyen53. Étant
les marchés mondiaux, continuent d’être pertinentes. donné la faiblesse relative des tarifs imposés par de nom-
D’autres facteurs, notamment la faiblesse des investisse- breux pays avancés, les gains globaux les plus importants
ments, pesant déjà sur le commerce, il serait possible, en résulteraient probablement de la poursuite de la réforme
résistant à toutes les formes de protectionnisme et en re- du commerce des services et d’avancées dans d’autres do-
dynamisant le processus de libéralisation des échanges maines «pionniers».
pour éliminer les barrières commerciales restantes, de Pour maintenir le soutien généralement accordé par le
fournir un soutien crucial à l’expansion du commerce, public à l’intégration commerciale et préserver les avan-
éventuellement grâce à la relance de l’expansion des tages qu’elle procure dans le domaine économique et du
chaînes de valeur mondiales. Ainsi que l’explique l’en- bien-être, les décideurs devront prendre garde aux coûts
cadré 2.2, il existe encore d’amples possibilités de réduire d’ajustement associés à une intensification de l’intégra-
les coûts commerciaux en abaissant les tarifs douaniers là tion commerciale. Bien que l’analyse de ces effets sorte
où ils sont toujours élevés, en ratifiant l’Accord sur la fa- du cadre de ce chapitre, un certain nombre d’études font
cilitation des échanges et en honorant pleinement les en- état de coûts d’ajustement importants et prolongés qui
gagements pris à son titre, et en déterminant comment retombent sur ceux dont les perspectives d’emploi se sont
poursuivre le programme d’action de l’après-Doha. Les dégradées par suite des modifications structurelles asso-
futures réformes du commerce devront mettre l’accent ciées au commerce, même si les gains dus à la baisse des
sur les domaines présentant le plus d’intérêt pour l’éco- prix peuvent généralement favoriser ceux qui se trouvent
nomie mondiale contemporaine, notamment la coo- en bas de la distribution des revenus. L’argument selon
pération dans le domaine réglementaire, l’abaissement lequel les avantages de la mondialisation et du commerce
des barrières au commerce des services et l’exploitation ne profitent qu’à un petit nombre de privilégiés semble
des complémentarités entre les investissements et les également de plus en plus accepté. Les responsables de
échanges (voir FMI, 2016b). l’action publique doivent répondre aux préoccupations
De telles initiatives pourraient contribuer à conforter des travailleurs auxquels les échanges portent préjudice,
la croissance de l’économie mondiale et à relever pro- notamment en leur fournissant des soutiens efficaces
gressivement les niveaux de vie généraux. Comme l’ex- pour leur permettre de se recycler, d’acquérir des com-
plique l’encadré 2.3, qui présente à titre d’illustration un pétences, de changer d’emploi ou de région, afin d’atté-
scénario dans lequel les tarifs en vigueur sont totalement nuer les inconvénients de la poursuite de l’intégration des
éliminés et l’Accord sur la facilitation des échanges est échanges et de redynamiser le programme commercial.
pleinement mis en œuvre, la poursuite d’une telle ligne
53Il importe de noter que les calculs présentés sous-estiment vraisem-
d’action pourrait améliorer le bien-être. Les différents
blablement la hausse des niveaux de revenus réels due à l’application de
modèles du commerce produisent une large gamme de l’Accord sur la facilitation des échanges, car ils assimilent les barrières
résultats (voir Costinot et Rodriguez-Clare, 2014), mais non tarifaires à des tarifs douaniers.

Fonds monétaire international | Octobre 2016 91


PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : DEMANDE MODÉRÉE — SYMPTÔMES ET REMÈDES

Encadré 2.1. Le ralentissement des échanges contribue-t-il


au ralentissement de la productivité globale? Nouveaux éléments
Le présent encadré vise à quantifier l’effet du ralentis- entreprises les plus productives du secteur. Le présent en-
sement de la croissance des échanges sur la productivité. cadré estime les effets du commerce au niveau sectoriel.
L’analyse, qui fait intervenir une variable instrumentale
pour déterminer l’effet dans le temps du commerce sur la Analyse empirique
productivité dans un échantillon de 18 pays membres de Les trois types d’échanges ont régulièrement progressé
l’Organisation de coopération et de développement éco- entre le milieu des années 90 et le milieu des années 2000.
nomiques1, indique que le ralentissement des échanges Dans le droit fil des tendances globales, les échanges ont
pourrait freiner dans une large mesure l’augmentation chuté dans la plupart des secteurs durant la crise financière
déjà limitée de la productivité dans les pays avancés. mondiale et n’ont repris que légèrement depuis lors (gra-
Comme l’explique ce chapitre, le commerce peut in- phique 2.1.1). L’examen des données sectorielles révèle
fluencer la productivité d’un pays de diverses manières. une vaste dispersion de ces tendances au niveau des pays
Le présent encadré examine trois circuits différents par et des branches d’activité et, par conséquent, identifie une
lesquels le commerce international peut exercer son source de variations qui peut servir à identifier l’impact de
impact2 : chaque circuit commercial sur la croissance.
•• Les importations — Les importations peuvent pro- Pour quantifier l’effet de chacun de ces circuits sur
mouvoir la productivité en accroissant les pressions la productivité au niveau sectoriel, Ahn et Duval (à pa-
concurrentielles exercées sur les entreprises intérieures raître) estiment une spécification économétrique à partir
par l’entrée de producteurs étrangers sur les marchés de la base de données WORLD KLEMS et de la base
locaux. Ce circuit est souvent qualifié de «circuit pro- des données World Input-Output pour 18 secteurs
pice à la concurrence». dans 18 pays avancés entre 1995 et 2007 :
•• Les intrants importés — Les intrants importés peuvent input ​ ​​
l​ n​TFP​ i,s,t​​  = ​β​  1​​ ​IMP​ i,s,t-2​​  + ​β​  2​​ ​IMP​ i,s,t-2
améliorer la productivité des entreprises en accrois-
​+ + ​β​  2​​ ​EXP​ i,s,t-2​​  + ​FE​ i,s​​  + ​FE​ i,t​​  + ​ε​  i,s,t​​,​
sant la gamme et la qualité des produits intermédiaires
auxquels elles ont accès. Ce circuit est qualifié de «cir- équation dans laquelle TFPi,s,t est la productivité totale
cuit des intrants». des facteurs (PTF) dans le pays i et dans le secteur s à
•• Les exportations — Les exportations peuvent accroître l’année t, et IMP​ i,s,t-2​​​, ​​IMP​ input
i,s,t-2 ​​ ​ et ​​EXP​ i,s,t-2​​​ sont, respecti-
la productivité au niveau des entreprises par suite des vement, les importations correspondantes au niveau du
informations obtenues sur les marchés étrangers, di- pays et du secteur (en proportion de la production inté-
rectement, dans le cadre des relations entre les ache- rieure totale du secteur), les intrants importés (en pro-
teurs et vendeurs, ou indirectement par suite de la portion du total des intrants utilisés dans le secteur) et les
concurrence plus intense exercée par les producteurs exportations (en proportion de la production intérieure
étrangers, des externalités, etc. Ce circuit est qualifié totale du secteur), toutes les variables étant assorties d’un
de «circuit des exportations». décalage de deux ans3. La spécification fait également in-
tervenir des effets fixes par pays et secteur (FEi,s) et par
Ces circuits ont un impact, d’une part, au niveau des
pays et année (FEi,t) pour neutraliser toute variation non
entreprises, en incitant ces dernières à adopter des pro-
liée à la période commune à tous les secteurs d’un pays et
cessus de production plus efficaces, à améliorer la qua-
tous les chocs propres aux pays qui peuvent avoir un effet
lité de leurs produits ou à procéder à des investissements
similaire sur toutes les branches d’activité d’un pays au
particuliers, et, d’autre part, au niveau des secteurs, en
cours d’une année donnée.
entraînant une réallocation des ressources au profit des
Il est difficile de déterminer la relation de cause à
Les auteurs de cet encadré sont JaeBin Ahn et Romain Duval. effet du commerce sur la croissance en raison des rela-
1Les études empiriques modernes consacrées à ce domaine re-
tions causales inverses, qui peuvent être importantes, et
montent à, notamment, Sachs et Warner (1995) et Frankel et des problèmes de mesure. Plusieurs études ont cherché
Romer (1999). Voir Constantinescu, Mattoo et Ruta (2016) pour
une récente étude de l’impact du récent ralentissement du com-
à remédier à ces difficultés en utilisant des variables
merce mondial sur la croissance. instrumentales pour le commerce global (Frankel et
2Les deux premiers circuits (importations) sont examinés plus

en détail dans Ahn et al. (2016), dont le résumé figure dans FMI 3Tous les résultats présentés ci-après sont robustes lorsque l’on

(2016c). Un récent examen du circuit des exportations est présenté utilise d’autres mesures de la productivité (par exemple la producti-
dans De Loecker (2013). vité du travail) ou d’autres décalages (d’un ou de trois ans).

92 Fonds monétaire international | Octobre 2016


CHAPITRE 2 À QUOI TIENT LE RALENTISSEMENT DES ÉCHANGES MONDIAUX?

Encadré 2.1 (suite)


Graphique 2.1.1. Évolution des échanges Romer, 1999; Noguer et Siscart, 2005). L’analyse pré-
par branches d’activité dans les grands pays sentée dans cet encadré visant à identifier la relation de
(Pourcentage) cause à effet des trois circuits par lesquels le commerce
peut influencer la productivité, il est nécessaire d’em-
70 1. Ratio importations–production totale ployer une variable instrumentale différente pour chacun
60 d’entre eux. Les variables instrumentales retenues sont :
•• La pénétration des importations chinoises dans d’autres
50
pays — En l’absence d’un instrument adéquat décri-
40 vant les importations de tous les pays partenaires, cet
30 encadré estime l’impact des importations en prove-
20 nance de Chine. L’analyse utilise une méthode bien
établie qui consiste à utiliser comme variable instru-
10
mentale des importations des pays en provenance de
0 Chine dans un secteur particulier les importations de
1995 2000 05 11
tous les autres pays provenant de Chine dans ce sec-
teur particulier. Il est posé en hypothèse aux fins de
70 2. Ratio intrants importés–intrants totaux
l’identification que les chocs exercés sur la demande
60 d’importations au niveau du secteur ne sont pas cor-
50 rélés au niveau des pays de l’échantillon, ce que
40 confirment Autor, Dorn et Hanson (2013). À ce titre,
l’analyse estime l’effet favorable à la concurrence de la
30
pénétration de la Chine sur la productivité.
20 •• Tarifs à l’importation des intrants — Dans la mesure
10 où les tarifs à l’importation des intrants, c’est-à-dire les
droits d’entrée perçus au titre des intrants importés,
0
1995 2000 05 11 ne sont pas fonction de la productivité attendue aux
périodes futures dans le secteur considéré ou de tout
70 3. Ratio exportations–production totale autre facteur non observé corrélé avec ces droits4, ils
60 peuvent servir de variable instrumentale pour les in-
trants importés. Le droit d’entrée des intrants dans
50
chaque secteur s est la moyenne pondérée des taux des
40 droits dans tous les secteurs, les poids étant fonction
30 de la part des intrants directement et indirectement
importés à partir de chacun des secteurs qui sont uti-
20
lisés dans la production du produit du secteur s5. Un
10 décalage de deux ans est utilisé en tant qu’instrument
0 des intrants importés.
1995 2000 05 11

Sources : base de données World Input-Output; calculs des


services du FMI. 4Ce biais de simultanéité existe plus vraisemblablement pour
Note : La ligne horizontale figurant dans chaque barre indique les tarifs douaniers frappant la production, que les autorités natio-
la médiane de toutes les observations relatives aux branches nales sont vraisemblablement plus disposées à ajuster en fonction
d’activité des pays; les limites supérieure et inférieure de de la productivité et de la compétitivité du secteur considéré pré-
chaque barre correspondent, respectivement, au quartile
vues pour les périodes à venir. C’est pour cela que les tarifs doua-
supérieur et au quartile inférieur. Toutes les valeurs sont
exprimées en pourcentage. Les pays inclus dans l’échantillon niers ne sont pas utilisés comme instrument pour les importations
sont l’Allemagne, l’Australie, l’Autriche, le Canada, la Corée, dans l’analyse.
5Pour éviter d’éventuels problèmes d’endogénéité, nous pre-
l’Espagne, les États-Unis, la Finlande, la France, la Hongrie,
l’Irlande, l’Italie, le Japon, les Pays-Bas, la République nons une version antérieure du tableau des entrées–sorties pour
tchèque, le Royaume-Uni, la Slovénie et la Suède. obtenir les pondérations au niveau des pays–secteur et mainte-
nons cette dernière constante pendant toute la période couverte par
l’échantillon.

Fonds monétaire international | Octobre 2016 93


PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : DEMANDE MODÉRÉE — SYMPTÔMES ET REMÈDES

Encadré 2.1 (fin)


Tableau 2.1.1. Résultats des estimations de référence
MCO VI
Variable dépendante : log (TFP)i,s,t (1) (2) (3) (4) (5) (6)
(Importations de Chine/production totale) x 100ii,s,t – 2 0,004 0,021***
(0,004) (0,004)
(Intrants importés/intrants totaux) × 100i,s,t – 2 0,005** 0,033***
(0,002) (0,009)
(Exportations/production totale) * 100i,s,t – 2 0,006*** 0,032**
(0,002) (0,015)
Coeff. de Fisher, premier degré 154,3 4,3 3,7
Valeur p, premier degré 0,00 0,04 0,05
Nombre d’observations 2.634 2.634 2.976 2.634 2.634 2.976
Source : calculs des services du FMI.
Note : La variable dépendante est le logarithme de la productivité totale des facteurs (PTF) dans le pays i et dans le secteur s à l’année t. Les
variables indépendantes sont les niveaux d’importation pays–secteur en provenance de Chine (en proportion de la production intérieure totale),
les intrants importés totaux (en proportion des intrants totaux) et les exportations totales (en proportion de la production intérieure totale), et
sont assorties d’un décalage de deux ans. La valeur moyenne des importations en provenance de Chine par rapport à la production intérieure
de tous les autres pays, les tarifs douaniers frappant les intrants et les tarifs douaniers frappant les exportations, assortis dans tous les cas
d’un décalage de deux ans, sont utilisés comme variables instrumentales (VI) dans les colonnes (4)–(6). Les effets fixes par pays–secteur et par
pays–année sont pris en compte dans toutes les colonnes. Les résultats VI obtenus pour chaque variable explicative sont robustes lorsque sont
neutralisés les effets des deux autres. Les erreurs-types robustes figurent entre parenthèses.
* p < 0,10; ** p < 0,05; *** p < 0,01.

•• Tarifs à l’exportation — Dans un pays donné, le tarif à instrumentales qui est employée dans cet encadré montre,
l’exportation de chaque secteur s est égal à la moyenne de surcroît, que l’ampleur de l’effet d’accroissement de la
pondérée des droits de sortie frappant la produc- productivité peut être importante. Par exemple, une aug-
tion destinée aux principaux pays de destination, les mentation de 1 point de pourcentage de la pénétration
poids étant égaux à la part des exportations totales du des importations chinoises dans un secteur donné est as-
secteur s vers chaque destination. La valeur décalée de sociée à une augmentation de 1,5 % du niveau de la pro-
deux ans est un instrument valide pour les exportations ductivité totale des facteurs dans ce secteur. Une hausse de
dans la mesure où le droit d’entrée appliqué par le pays 1 point du ratio des intrants importés aux intrants totaux,
de destination dans le secteur s ne dépend pas des ex- ou du ratio des exportations à la production intérieure, en-
portations globales d’un pays particulier dans ce secteur. traîne un accroissement de 0,9 % de la productivité dans
un secteur donné. Si l’on suppose, à des fins de simplicité,
Conclusions que le ralentissement du commerce mondial a entraîné un
Le commerce international stimule la productivité par plafonnement du ratio du commerce au PIB — et, par
le biais de tous les circuits considérés précédemment (ta- conséquent, qu’il ne s’est produit aucune nouvelle aug-
bleau 2.1.1)6. La stratégie consistant à utiliser des variables mentation de la part des intrants importés, des importa-
tions en provenance de Chine ou des exportations de pro-
6L’ampleur des effets estimés est généralement plus grande lorsque
duits —, les pays avancés ne bénéficient pas du gain de
l’on utilise des variables instrumentales (colonnes [4]–[6]) que
lorsque l’on utilise la méthode des moindres carrés ordinaires (MCO productivité associé au commerce international.
— colonnes [1]–[3]). Cela signifie qu’il existe un biais de mesure —
en raison duquel la méthode des MCO sous-estime l’impact du com- que le biais de simultanéité — qui peut, quant à lui, gonfler les esti-
merce sur la productivité — qui, en pratique, est plus préoccupant mations des MCO — comme l’ont signalé Frankel et Romer (1999).

94 Fonds monétaire international | Octobre 2016


CHAPITRE 2 À QUOI TIENT LE RALENTISSEMENT DES ÉCHANGES MONDIAUX?

Encadré 2.2. Contribution des politiques commerciales à la redynamisation des échanges


Un programme de politiques commerciales ambitieuses, supplémentaires représentant environ 7 % des échanges
mais réalisables, contribuerait à redynamiser le commerce mondiaux de biens est entré en vigueur en juillet 20161.
et, de manière plus générale, à stimuler la croissance éco- Dans d’autres domaines, toutefois, à savoir les produits
nomique mondiale. À l’échelle nationale et mondiale, les agricoles de certains pays émergents et en développe-
réformes commerciales complètent d’autres réformes des ment, les droits de douane restent relativement élevés.
marchés des biens et services et appuient la croissance en •• Subventions — Les ministres du commerce des pays
renforçant l’efficacité, en favorisant la concurrence et en membres de l’OMC sont convenus en décembre 2015
encourageant l’innovation (Melitz et Redding, 2014). Cet d’éliminer les dernières subventions aux exportations
encadré examine la mesure dans laquelle les politiques agricoles, ce qui devrait favoriser les exportations de
commerciales peuvent éliminer les obstacles actuellement produits agricoles des pays à faible revenu et en déve-
opposés aux échanges transfrontières de biens et de ser- loppement. La réduction des subventions intérieures,
vices et abaisser les coûts commerciaux. qui ont pour effet d’introduire des distorsions dans
La politique commerciale doit viser des domaines «pion- les échanges, en particulier les subventions agricoles
niers», comme les obstacles au commerce des services, en accordées dans les pays avancés, devrait renforcer le
plus des obstacles habituels comme les tarifs douaniers. Les cadre des échanges mondiaux.
décisions d’investissement, d’approvisionnement et d’ex- •• Facilitation des échanges — Dans toutes les régions du
portation des entreprises dépendent de plus en plus d’un monde, les délais encourus aux douanes sont un obs-
grand nombre de politiques publiques différentes, en par- tacle plus important au commerce que les tarifs doua-
ticulier au niveau des chaînes de valeur mondiales dans le niers (Hummels, 2007b). Selon les estimations pré-
cadre desquelles des entreprises de nombreux pays contri- sentées dans diverses études, un retard d’un jour aux
buent à la production d’un unique produit final. Bien que douanes réduit autant les importations qu’une augmen-
les priorités des politiques commerciales varient selon les tation de 1 % de la distance entre le pays importateur et
pays, certaines d’entre elles sont communes aux pays appar- le pays exportateur (Djankov, Freund et Pham, 2010).
tenant à un même groupe de revenu (tableau 2.2.1). Pour les exportateurs, une augmentation de 10 % des
retards à la douane peut réduire les ventes à l’étranger
Obstacles traditionnels de près de 4 % (Volpe Martincus, Carballo et Graziano,
Les obstacles traditionnels — les tarifs douaniers, les 2015). L’Accord sur la facilitation des échanges de
subventions, les procédures douanières, les politiques fis- l’OMC (AFE) de 2013 contient des dispositions visant
cales intérieures et autres réglementations qui ont, en à réduire les coûts commerciaux en renforçant les pra-
pratique, un effet discriminatoire à l’encontre des impor- tiques douanières (graphique 2.2.1, plage 2)2. L’OMC
tations ou qui provoquent une concurrence fiscale indé- estime que sa mise en œuvre permettrait d’accroître les
sirable (FMI, 2016a) — continuent d’entraver le com- échanges mondiaux de 1 millier de milliards de dollars
merce et restent importants dans de nombreux pays. Les et la croissance des pays en développement de 0,9 %
récents progrès accomplis par l’Organisation mondiale (OMC, 2015). Cet accord entrera en vigueur lorsque
du commerce (OMC) montrent comment la poursuite les deux tiers des membres de l’OMC auront achevé
de processus de négociation souples peut contribuer à leur processus d’approbation national; au 26 sep-
amoindrir les obstacles qui demeurent : tembre 2016, 93 des 108 membres nécessaires avaient
•• Tarifs douaniers — Malgré les récents progrès accom- approuvé l’accord. Lorsque ce dernier sera entré en vi-
plis dans le cadre de libéralisations multilatérales, régio- gueur, les pays en développement pourront le mettre en
nales et unilatérales, le processus d’abaissement des ta- 1L’élimination des tarifs douaniers s’applique à toutes les expor-
rifs n’est pas achevé, en particulier dans les pays à faible tations des membres de l’OMC, que l’exportateur soit ou non si-
revenu et dans certains pays émergents et en dévelop- gnataire de l’ATI. Ce dernier accord est toutefois établi sur la base
pement. L’Accord sur les technologies de l’information d’une liste positive, ce qui signifie qu’il est nécessaire de le mettre à
(ATI) de l’OMC, qui élimine pour les pays participants jour régulièrement, dès qu’apparaissent de nouveaux produits, afin
les droits d’entrée sur de nombreux produits de techno- de maintenir sa couverture exhaustive.
2L’AFE comprend, parmi ces disciplines, le traitement avant l’ar-
logies de l’information, met en relief les gains notables
rivée et le paiement par voie électronique (article 7), un guichet
que les pays peuvent tirer de la réduction des tarifs doua-
unique pour la présentation des formulaires douaniers (article 10),
niers, notamment en développant leurs industries d’ex- et des dispositions pour éviter l’absence de discrimination et assurer
portation (graphique 2.2.1, plage 1). L’élargissement la transparence dans l’application des contrôles ou des inspections à
de la couverture de l’ATI à une série de 201 produits la frontière visant les produits alimentaires (article 5) — cette der-
nière disposition étant particulièrement pertinente dans le cas de
certains pays en développement. Voir le tableau B.1 d’OMC 2015
Les auteurs de cet encadré sont Diego Cerdeiro et Christian Henn. pour une description générale des disciplines de l’AFE.

Fonds monétaire international | Octobre 2016 95


PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : DEMANDE MODÉRÉE — SYMPTÔMES ET REMÈDES

Encadré 2.2 (suite)


Tableau 2.2.1. les défis qui se posent au niveau des politiques commerciales diffèrent selon les pays

Pays avancés Les pays avancés peuvent remédier aux mesures de protection qui continuent d’être appliquées aux échanges
traditionnels (comme les produits agricoles et les textiles), poursuivre l’ouverture des marchés de services (par
exemple de transports), accroître la cohérence de leurs régimes réglementaires et promouvoir de nouvelles
politiques commerciales. Il conviendrait de privilégier l’adoption de démarches non discriminatoires réduisant le
plus possible la fragmentation et facilitant la poursuite des initiatives à l’échelle multilatérale.
Pays émergents et en De nombreux pays émergents et en développement, notamment en Amérique latine et en Asie du Sud, pourraient
développement encore tirer grand profit d’une intégration menée par le biais des processus de libéralisation habituels, y compris
sur une base unilatérale; ces pays devraient s’efforcer d’ancrer leur économie aux chaînes de valeur mondiales,
éviter de plus en plus des politiques de substitution aux importations qui sont vouées à l’échec et s’abstenir de faire
preuve de protectionnisme en imposant des mesures non tarifaires opaques. Les réformes commerciales devraient
compléter le renforcement des cadres des institutions et des politiques publiques
Pays à faible revenu Pour promouvoir le développement et la croissance, la plupart des pays à faible revenu doivent privilégier la
facilitation du commerce pour s’intégrer aux chaînes de valeur mondiales, notamment en améliorant leurs
infrastructures commerciales matérielles et immatérielles et en améliorant leurs institutions économiques1.
Il leur faudrait également s’attaquer aux obstacles traditionnels au commerce et promouvoir la concurrence
dans les secteurs des services qui sont essentiels à la participation locale aux chaînes de valeur mondiales,
comme les services de transport et les services financiers. Une assistance technique peut soutenir le
développement des infrastructures commerciales, s’attaquer aux répercussions financières des réformes et
contribuer à établir l’ordre de priorité des mesures et coordonner le processus de réforme.
Source : FMI (2015c).
1Les infrastructures matérielles comprennent les ports, les aéroports, les routes, les voies ferrées et les réseaux d’information et de communica-
tions. Les infrastructures immatérielles comprennent l’efficacité des opérations aux frontières (par exemple le nombre de documents nécessaires
pour procéder à une opération d’importation/exportation, la rapidité des opérations de dédouanement) ainsi que d’autres réglementations et
cadres institutionnels entravant directement les échanges.

œuvre à un rythme relativement souple et bénéficieront déclarées (graphique 2.2.2, plage 1), les échanges et
d’une plus vaste assistance technique. les investissements étant de plus en plus complémen-
taires. L’IDE est l’un des plus importants circuits de
Domaines «pionniers» de la politique commerciale diffusion des technologies, mais leur amorçage se
Les mesures adoptées pour éliminer les obstacles au-delà heurte fréquemment à d’importants coûts fixes liés
de la frontière peuvent compléter et intensifier les réformes aux politiques (OCDE, 2015a). La gouvernance est
structurelles. Par suite de l’importance grandissante des fragmentée : il existe plus de 3.000 traités d’investis-
chaînes de valeur mondiales et du commerce des services sements bilatéraux et autres accords établis sans suivre
— notamment en tant que catalyseurs des investissements de modèle commun (González, 2013). La poursuite
directs étrangers (IDE) —, la coopération au niveau des de réformes structurelles complémentaires favorisant
politiques commerciales privilégie désormais ces compo- la concurrence et ouvrant les politiques de passation
santes, qui, jusque-là, sortaient de leur cadre. Les réformes des marchés publics aurait pour effet d’accroître les
dans ces domaines offrent de vastes possibilités d’accroître gains de productivité engendrés par les IDE.
la productivité et de stimuler la croissance à moyen terme : •• Abaissement des obstacles au commerce des services — Les
•• Coopération dans le domaine des réglementations — Bien services sont à l’origine d’environ les deux tiers du PIB
que les règles de l’OMC contiennent déjà des disposi- mondial et de l’emploi, mais représentent une pro-
tions pertinentes, les récents accords régionaux mettent portion plus faible des échanges internationaux : les
davantage l’accent sur la promotion d’une coopération services transfrontières constituent un quart du com-
active dans le domaine des réglementations. Une telle merce mondial. Cette proportion atteint presque 50 %
coopération peut être difficile à réaliser, car elle implique lorsque l’on considère le commerce à valeur ajoutée, qui
de multiples organismes intérieurs, des procédures an- peut prendre en compte les services intégrés dans les
crées dans des systèmes juridiques nationaux et des prio- biens échangés. Bien que les obstacles érigés par les po-
rités nationales divergentes. Les dispositions des accords litiques commerciales demeurent très importants (gra-
commerciaux en la matière peuvent aller de la promo- phique 2.2.2, plage 2), et augmentent même pour le
tion de la transparence à la reconnaissance des processus commerce électronique (OCDE, 2015b), les réformes
réglementaires d’autres pays (Mavroidis, 2016). offrent des possibilités considérables de promouvoir les
•• Exploitation des complémentarités entre l’investissement échanges et la croissance dans le secteur des services.
et le commerce — Les ventes par des entreprises affi- À titre d’exemple, les pays pourraient élargir la liste de
liées à des entités procédant à des IDE sont plus im- leurs engagements dans le cadre de l’Accord général sur
portantes que les exportations de biens et services le commerce des services de l’OMC.

96 Fonds monétaire international | Octobre 2016


CHAPITRE 2 À QUOI TIENT LE RALENTISSEMENT DES ÉCHANGES MONDIAUX?

Encadré 2.2 (fin)


Graphique 2.2.1. Gain pouvant résulter Graphique 2.2.2. Domaines pionniers
d’efforts d’atténuation des obstacles des politiques commerciales
habituels au commerce 50 1. Liens entre le commerce et les investissements
(Pourcentage) (Pourcentage du PIB mondial)
1. Indice de la part du marché 40 1990 2012
220
de l’ensemble des produits
200 des «signataires passifs»
180 de l’ATI de l’OMC 30
160 (Indice, 0 = 100)
140 20
120
100 10
80
60
0
40 Exportations de biens Ventes de sociétés
20 et services étrangères affiliées
0
–7 –6 –5 –4 –3 –2 –1 0 1 2 3 4 5 200 2. Équivalents tarifaires des obstacles
Années d’adhésion à l’ATI 180 au commerce des services
(Moyenne, 1er et 9e déciles)
160
20 2. Réduction estimée des coûts commerciaux 140
en équivalents de droits ad valorem
par suite de l’AFE de l’OMC 120
(Pourcentage) 100
15
80
60
10 40
20
5 0
Communications Finances Entreprises Commerce
Bâtiment Assurances Autres Transports
services
0
Avancés G-20 en Autres en Moins Sources : Conférence des Nations Unies sur le commerce
développement développement avancés et le développement (2013); Fontagné, Guillin
et Mitaritonna (2011).
Sources : Henn et Mkrtchyan (2015); base de données
statistiques de l’Organisation mondiale du commerce (OMC).
Note : ATI = Accord sur les technologies de l’information; engendrant une fragmentation indésirable. Dans l’in-
AFE = Accord sur la facilitation des échanges. La plage 1 tervalle, il est nécessaire que les pays veillent, à l’échelon
décrit l’évolution (avant et après l’adhésion à l’ATI de l’OMC) national, à ce que les avantages du commerce profitent
des exportations de technologies de l’information des
«signataires passifs», c’est-à-dire des pays qui ont signé
à tous. Le plus important est, probablement, de mettre
l’accord dans le cadre de la poursuite d’un objectif de plus en place de filets de protection sociale d’une portée suf-
vaste portée plutôt que pour bénéficier d’un avantage fisante, car le commerce est souvent un catalyseur de
comparatif dans ce secteur. changements technologiques (privilégiant les qualifica-
tions), bien que des mécanismes d’aide à l’ajustement
La voie à suivre aux échanges plus spécifiques puissent être pertinents
Il sera important d’exploiter les progrès réalisés dans dans certains cas. À cet égard, la fourniture d’un soutien
les domaines pionniers dans le cadre des accords com- efficace au recyclage, à l’acquisition de compétences et
merciaux régionaux en conférant à ces derniers un ca- à la mobilité professionnelle et géographique peut aider
ractère multilatéral. Les accords récemment signés ou ceux qui assument le fardeau de l’ajustement.
en cours de négociation entre de très grandes régions — Pour produire des résultats, un programme mon-
comme le Trade in Services Agreement et le Trans-Pacific dial axé sur les politiques commerciales doit viser à ré-
Partnership — offrent de telles possibilités parce qu’ils pondre aussi bien aux nouveaux problèmes qu’à ceux qui
couvrent un certain nombre de questions pionnières. Ces se posent de longue date tout en continuant de privilé-
accords doivent rester ouverts et viser, par conséquent, à gier le développement économique. Il est également né-
redynamiser de manière plus générale l’intégration com- cessaire, pour promouvoir la résilience du système des
merciale en établissant un programme d’action pour échanges mondiaux, que les pays résistent aux tendances
l’après-Doha, à l’OMC. Ils auront de ce fait une enver- au protectionnisme récemment observées et éliminent les
gure mondiale et réduiront le risque lié à la conclusion mesures de restriction des échanges mises en place depuis
d’une nouvelle série d’accords commerciaux régionaux la crise financière mondiale.

Fonds monétaire international | Octobre 2016 97


PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : DEMANDE MODÉRÉE — SYMPTÔMES ET REMÈDES

Encadré 2.3. Gains pouvant résulter d’une relance du processus de libéralisation des échanges
Le processus de libéralisation des échanges s’est ralenti Graphique 2.3.1. Gains produits
au cours des dix dernières années. Le présent encadré vise à par l’élimination des tarifs douaniers
quantifier l’amélioration du bien-être qui pourrait résulter et par la mise en œuvre de l’Accord
d’une relance de ce processus en procédant à une expérience sur la facilitation des échanges de
dans le cadre de laquelle tous les tarifs douaniers existants l’Organisation mondiale du commerce
sont éliminés et l’Accord sur la facilitation des échanges de (Pourcentage)
l’Organisation mondiale du commerce de 2013 examiné Médiane Moyenne simple Moyenne pondérée
dans l’encadré 2.2 est pleinement ratifié et mis en œuvre. Le Niveau des pays :
1
niveau moyen des tarifs douaniers pondérés par les impor- Un secteur (1)
tations s’établit à 8 % à l’échelle mondiale. L’Organisation Secteurs multiples :
2
Sans intermédiaire (2)
mondiale du commerce estime que la mise en œuvre de Avec intermédiaires (3) 3
l’Accord sur la facilitation des échanges réduirait les coûts
commerciaux de l’équivalent d’un tarif ad valorem de 14 % Agrégation en 10 régions :
Sans intermédiaire :
(graphique 2.2.1; encadré 2.2). La réalisation de progrès à Concurrence parfaite (4) 4
ces deux égards, qui abaisserait de 22 %, au total, les coûts
Concurrence monopolistique : 5
commerciaux, pourrait avoir des avantages importants en Entreprises homogènes (5)1
stimulant les échanges internationaux. Entreprises hétérogènes (6)2 6
Les avantages d’une réduction des tarifs, calculée par les
écarts entre la consommation réelle en situation d’équi- Avec intermédiaires :
libre initiale et cette même consommation en situation Concurrence parfaite (7) 7
d’équilibre dans le scénario contrefactuel, dépendent fon- Concurrence monopolistique :
Entreprises homogènes (8)1 8
damentalement du type de modèle utilisé pour l’analyse.
Entreprises hétérogènes (9)2 9
Dans le droit fil de Costinot et Rodriguez-Clare (2014),
cet encadré considère une gamme de modèles de gravité 0 2 4 6 8 10
du commerce, qui se distinguent les uns des autres par les Source : calculs des services du FMI.
hypothèses qu’ils retiennent pour la structure du marché, 1
Krugman (1980).
l’hétérogénéité des entreprises, le nombre de secteurs et
2
Melitz (2003).
le rôle des biens intermédiaires. Il est généralement pos-
sible de résoudre les modèles en supposant une concur- sont encore plus importants lorsque l’on affecte aux pays
rence parfaite pour saisir l’impact de réduction des tarifs ou aux régions un poids selon la proportion de la popu-
douaniers au niveau des pays. Les pays ont été regroupés lation mondiale constituée par leurs habitants; les valeurs
en dix régions géographiques parce que les modèles sup- médianes, quant à elles, indiquent que ces gains peuvent
posant l’existence d’une concurrence monopolistique sont être plus modérés, mais encore importants, surtout si l’on
plus difficiles à calculer. Ces différentes spécifications des considère qu’ils sont permanents. Ces résultats montrent
modèles et différents degrés d’agrégation produisent neuf qu’il est possible d’améliorer le bien-être mondial en pour-
cas différents; les trois premiers sont résolus au niveau des suivant la libéralisation du commerce. Pour que ces avan-
pays, et les six derniers au niveau des régions1. tages puissent se concrétiser, il importe toutefois que les
La moyenne simple des gains en bien-être résultant de responsables de l’action publique limitent également les
l’élimination de la totalité des tarifs douaniers en vigueur coûts d’ajustement associés à l’approfondissement de l’in-
et de la mise en œuvre de l’Accord sur la facilitation des tégration du commerce et convainquent un public de plus
échanges entre les pays (ou régions) s’inscrit dans un in- en plus sceptique.
tervalle allant de moins de 1 % à plus de 6 % selon le mo-
dèle considéré (graphique 2.3.1)2, 3. Les gains en bien-être douaniers de 22 % (dont les répercussions sont indiquées par un
signe négatif). La variation en pourcentage obtenue est plus faible
L’auteur de cet encadré est Emine Boz. lorsque l’on calcule la valeur négative de la perte de bien-être résultant
1Les résultats obtenus pour ces cas correspondent aux données por- d’une baisse de la valeur de la consommation que lorsque l’on cal-
tées dans les colonnes 5–7 du tableau 4.2 et dans toutes les colonnes cule le gain de bien-être obtenu en partant d’une valeur de base de la
du tableau 4.3 de l’étude de Costinot et Rodriguez-Clare (2014). consommation plus faible.
2Ces chiffres sous-estiment probablement les gains pour deux rai- 3Tous les modèles considérés quantifient uniquement les gains sta-

sons. Premièrement, la modélisation de l’Accord sur la facilitation des tiques résultant de réformes du commerce et ne fournissent aucune
échanges sous forme d’une réduction des tarifs douaniers implique indication sur certains avantages et coûts qui pourraient être impor-
une perte des recettes produites par ces tarifs par suite de la mise en tants. Des éléments comme la propagation de technologies par le
œuvre de l’accord, alors que cette perte ne se matérialisera pas en réa­ biais des échanges ou les répercussions de ces derniers sur la réparti-
lité. Deuxièmement, l’exercice fait intervenir un relèvement des tarifs tion des revenus ne sont pris en compte dans aucun des cas étudiés.

98 Fonds monétaire international | Octobre 2016


CHAPITRE 2 À QUOI TIENT LE RALENTISSEMENT DES ÉCHANGES MONDIAUX?

Annexe 2.1. Données moyens nominaux de ces catégories et de l’ensemble des


services à deux périodes (2003–07 et 2012–13) pour
Source des données un échantillon équilibré de 36 pays. L’analyse des don-
Les principales sources de données utilisées dans ce nées montre que les échanges de services de technologies
chapitre sont les bases de données des Perspectives de l’éco- de l’information et des communications, de services de
nomie mondiale, le système des avis d’information et voyages et de services financiers ont été plus résilients au
Global Assumptions and Economic Environment du cours de la dernière période, tandis que les échanges des
FMI; la base de données Commodity Trade Statistics des autres services ont encore ralenti.
Nations Unies; et la base de données Eora Multi-Region
Input-Output. Plusieurs autres bases de données sont Annexe 2.2. Construction d’indices détaillés
également utilisées dans les différentes sections du cha- des volumes et des prix des importations
pitre. Le tableau de l’annexe 2.1.1 récapitule tous les in-
dicateurs utilisés dans le chapitre ainsi que leurs sources. La série de données ventilées sur les volumes utilisée
L’échantillon de pays retenu pour les différentes ana- dans le graphique 2.4 et dans la sous-section consacrée au
lyses varie en fonction des données disponibles. Le ta- rôle des autres facteurs a été établie à partir de la base de
bleau de l’annexe 2.1.2 récapitule les échantillons de pays données Commodity Trade Statistics des Nations Unies
utilisés dans chaque analyse. Les pays sont groupés en pour environ 5.300 produits classés suivant le Système har-
fonction de l’analyse dans laquelle ils sont utilisés. monisé de désignation et de codification des marchandises
(SH) et identifiés par un code à six chiffres. Les données
comprennent des informations sur les valeurs en dollars
Définition des données et sur les quantités (par exemple unités ou kilogrammes)
Les flux commerciaux sont mesurés par les importa- des importations totales de marchandises de 52 pays du-
tions libellées en dollars dans tout le chapitre, sauf dans la rant la période 2003–15. Les données ventilées servent à
section intitulée «Le rôle de la production et de sa com- construire des indices de prix et de volume pour les pro-
position : conclusions d’une étude empirique», dans la- duits ayant un code à deux chiffres dans le SH, ainsi que
quelle les importations sont libellées en unités de mon- par emploi final. La procédure comporte trois étapes :
naie nationale. Les importations sont exprimées en valeur 1) examen des taux d’augmentation des valeurs unitaires
et en volume selon l’analyse considérée. Elles peuvent au niveau de décomposition le plus poussé pour éliminer
couvrir les biens et les services, ou seulement l’une de ces les valeurs aberrantes; 2) calcul des indices de prix chaînés
deux catégories, ainsi que noté dans le chapitre. de Fisher pour les produits ayant un code à deux chiffres
dans le SH et par emploi final sur la base des valeurs uni-
taires effectives ventilées; et 3) déflation des valeurs des
Commerce des services échanges au niveau de classification à deux chiffres du SH
Le chapitre examine la croissance des importations no- ou par emploi final et utilisation des indices de prix de
minales de services dans différentes catégories au moyen Fisher construits pour calculer les volumes des échanges.
des informations de la base de données Service Trade Les variations des valeurs et des valeurs unitaires des pro-
Statistics des Nations Unies. Cette dernière comprend duits ayant un code à six chiffres étant bruitées, de simples
11 secteurs d’importations de services : 1) transports; procédures sont utilisées pour identifier les valeurs aber-
2) voyages; 3) communications; 4) bâtiment; 5) assu- rantes dans le but d’établir les indices de prix et de vo-
rances; 6) services financiers; 7) informatique et informa- lume. Boz et Cerutti (à paraître) décrivent en détail les deux
tion; 8) redevances et droit de licence; 9) autres activités; étapes à suivre pour éliminer les valeurs aberrantes pays par
10) services personnels, culturels et de loisirs; et 11) ser- pays. Il importe dans un premier temps de tronquer la dis-
vices gouvernementaux. La couverture des données varie tribution des variations annuelles du logarithme de la va-
selon les pays et les secteurs. leur unitaire de tous les produits ayant un code à six chiffres
Le graphique de l’annexe 2.1.1 regroupe ces catégo- qui a été construite. Le tronquage des deux queues de la
ries en quatre grands groupes de services d’importations : distribution élimine les valeurs positives et négatives ex-
1) voyages (secteurs 1 et 10); 2) technologies de l’infor- trêmes résultant d’erreurs dues, par exemple, à l’entrée er-
mation et des communications (secteurs 3 et 7); 3) ser- ronée de valeurs des importations et/ou de quantités im-
vices financiers (secteurs 5 et 6); et 4) autres services (sec- portées. Il faut ensuite tronquer les séries chronologiques de
teurs restants). Il indique les taux de croissance annuels la distribution de l’écart-type des variations dans le temps

Fonds monétaire international | Octobre 2016 99


PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : DEMANDE MODÉRÉE — SYMPTÔMES ET REMÈDES

Tableau de l’annexe 2.1.1. Sources des données


Indicateur Source
Indicateur des crises bancaires Laeven et Valencia (2012)
Taux de change nominal bilatéral du dollar FMI, base de données Global Assumptions
Chicago Board Options Exchange Volatility Index (VIX) Chicago Board Options Exchange; Haver Analytics
Coût des importations Banque mondiale, indicateurs de Doing Business
Mesures commerciales discriminatoires Bown (2016); CNUCED, Trade Analysis Information System
Valeur ajoutée intérieure intégrée dans les exportations OCDE–OMC, base de données Trade in Value Added; base de données Eora MRIO;
d’autres pays calculs des services du FMI
Prix à l’exportation des biens et services CPB Netherlands Bureau for Economic Policy Analysis; calculs des services du FMI à
partir du rapport de la valeur des exportations au volume des exportations
Valeurs à l’exportation des biens et services CPB Netherlands Bureau for Economic Policy Analysis; FMI, base de données des
Perspectives de l’économie mondiale
Volume des exportations de biens et services CPB Netherlands Bureau for Economic Policy Analysis; FMI, base de données des
Perspectives de l’économie mondiale
Valeur ajoutée étrangère des exportations Base de données Eora MRIO; calculs des services du FMI; OCDE–OMC, base de
données Trade in Value Added
Accords de libre-échange par année de signature DESTA, base de données Free Trade Area
Couverture des accords de libre-échange Base de données des accords commerciaux régionaux de l’OMC
Participation aux chaînes de valeur mondiales Base de données Eora MRIO; calculs des services du FMI
Production industrielle Base de données CEIC; Haver Analytics
Prix à l’importation de biens et services CPB Netherlands Bureau for Economic Policy Analysis; calculs des services du FMI à
partir du rapport de la valeur des importations au volume des importations
Prix à l’importation de biens et services au niveau Base de données Commodity Trade Statistics des Nations Unies (Comtrade); Banque
des produits mondiale, World Integrated Trade Solution
Valeur à l’importation des biens et services CPB Netherlands Bureau for Economic Policy Analysis; FMI, base de données des
Perspectives de l’économie mondiale
Valeurs à l’importation des services par catégorie Base de données Service Trade Statistics des Nations Unies; calculs des services
du FMI
Volume des importations de biens et services CPB Netherlands Bureau for Economic Policy Analysis; FMI, base de données des
Perspectives de l’économie mondiale
Volume des importations de biens au niveau des produits Base de données Eora MRIO; base de données Commodity Trade Statistics des Nations
Unies (Comtrade); Banque mondiale, World Integrated Trade Solution
Indice de connectivité des transports maritimes réguliers CNUCED, World Maritime Review
Lobbying portant sur les questions commerciales Ludema, Mayda et Mishra (2015)
aux États-Unis
Mesures mises en œuvre par Global Trade Alert Centre for Economic Policy Research, base de données Global Trade Alert
Taux de change effectif nominal FMI, système des avis d’information
PIB nominal FMI, base de données des Perspectives de l’économie mondiale
Cours du pétrole en dollars FMI, base de données Global Assumptions
Indices des prix à la production Haver Analytics; base de données CEIC
Taux de change effectif réel FMI, système des avis d’information
PIB réel FMI, base de données des Perspectives de l’économie mondiale
Taux d’intérêt réel Haver Analytics
Production sectorielle brute Base de données Eora MRIO; Haver Analytics, OCDE, base des données Structural
Analysis, tableaux des entrées–sorties
Tarifs douaniers CNUCED, Trade Analysis Information System; OMC, Tariff Download Facility; FMI, base
de données Structural Reforms
Barrières non tarifaires et barrières commerciales Bown (2016); Centre for Economic Policy Research, base de données Global Trade
temporaires Alert; CNUCED, Trade Analysis Information System
Temps nécessaire pour procéder à une importation Banque mondiale, indicateurs de Doing Business
Disponibilité de financement du commerce International Chamber of Commerce, Global Trade and Finance Survey; calculs des
services du FMI
IPC étranger pondéré par les échanges Calculs des services du FMI
Demande étrangère pondérée par les échanges FMI, base de données Global Economic Environment
IPP étranger pondéré par les échanges Calculs des services du FMI
Coûts de transport aérien aux États-Unis Bureau of Labor Statistics des États-Unis
Source : compilation des services du FMI.
Note : CNUCED = Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement; DESTA = base de données Design of Trade Agreements; IPC =
indice des prix à la consommation; IPP = indice des prix à la production; MRIO = base de données Multi-Region Input-Output; OCDE = Organisation de
coopération et de développement économiques; OMC = Organisation mondiale du commerce.

100 Fonds monétaire international | Octobre 2016


CHAPITRE 2 À QUOI TIENT LE RALENTISSEMENT DES ÉCHANGES MONDIAUX?

Graphique de l’annexe 2.1.1. de la valeur unitaire de chaque produit de chaque généra-


Croissance nominale des importations tion du SH. La deuxième étape vise à remédier au biais de
dans les différentes catégories de services
la valeur unitaire : les valeurs unitaires saisissent non seule-
(Pourcentage)
ment les variations des prix effectifs, mais aussi les variations
2003–07 2012–13
16 de la composition des produits, même dans les catégories à
six chiffres étroitement définies du SH. Les produits pour
14
lesquels le biais de la valeur unitaire est plus prononcé af-
fichent vraisemblablement des écarts-types plus élevés pour
12
les variations temporelles de la valeur unitaire. L’élimination
10 de ces produits sur la base des écarts-types des séries chro-
nologiques de produits particuliers peut donc contribuer
8 à réduire le biais54. Les seuils de tronquage sont fixés au
2,5e centile et au 97,5e centile pour les séries transversales et
6
au 80e centile pour les séries chronologiques.
4
À l’issue de cette procédure, il est procédé au calcul des
indices des prix chaînés de Fisher qui sont alors utilisés
2 pour déflater les valeurs en dollars.
Il est important de noter que les procédures mentionnées
0 précédemment n’éliminent pas les produits ayant des valeurs
Total Voyages TIC Financiers Divers
qualifiées d’aberrantes du calcul des indices de volume, car
Sources : base de données Service Trade Statistics ces produits n’ont d’impact que sur les calculs des indices de
des Nations Unies; calculs des services du FMI.
Note : TIC = technologies de l’information
et des communications. 54Cet écart-type des séries chronologiques peut toutefois être fondamen-

talement élevé pour certains produits, pour des raisons qui peuvent ne pas
tenir à l’ampleur du biais des valeurs unitaires — c’est le cas, par exemple,
des produits de base dont les valeurs peuvent fluctuer par suite de la décou-
verte de nouveaux gisements, de perturbations de l’approvisionnement, etc.

Tableau de l’annexe 2.1.2. Échantillon de pays inclus dans les analyses


Analyse3
Groupe1 Pays2
I II III IV
A Afrique du Sud, Allemagne*, Argentine, Australie*, Autriche*, Belgique*, Brésil, Canada*, Chili, Chine, Colombie, X X X X
Corée*, Danemark*, Espagne*, États-Unis*, Finlande*, France*, Hongrie, Inde, Indonésie, Italie*, Japon*,
Malaisie, Mexique, Norvège*, Philippines, Pologne, République tchèque*, Royaume-Uni*, Russie, Suède*,
Thaïlande, Turquie, Viet Nam
B Algérie, Arabie saoudite, Estonie*, Grèce*, Hong Kong (RAS)*, Irlande*, Israël*, Kazakhstan, Lituanie*, Pays-Bas*, X X X
Nouvelle-Zélande*, Portugal*, République slovaque*, Roumanie, Singapour*, Slovénie*, Suisse*, province
chinoise de Taiwan*, Ukraine
C Albanie, Angola, Antigua-et-Barbuda, Arménie, Bahamas, Bahreïn, Barbade, Bélarus, Bénin, Bolivie, Bosnie- X X
Herzégovine, Botswana, Brunei Darussalam, Burkina Faso, Burundi, Cabo Verde, Cambodge, Cameroun,
Côte d’Ivoire, Croatie, Djibouti, Égypte, El Salvador, Émirats arabes unis, Équateur, Érythrée, Éthiopie, Gabon,
Gambie, Ghana, Haïti, Honduras, Iran, Islande, Jordanie, Kenya, Lesotho, Liban, Luxembourg*, Madagascar,
Malawi, Maldives, Mali, Maroc, Moldova, Mongolie, Monténégro, Mozambique, Namibie, Niger, Oman, Ouganda,
Pakistan, Papouasie-Nouvelle-Guinée, Pérou, République centrafricaine, République démocratique du Congo,
République dominicaine, République du Congo, Rwanda, Sénégal, Serbie, Seychelles, Sierra Leone, Sri Lanka,
Suriname, Swaziland, Syrie, Tchad, Togo, Trinité-et-Tobago, Uruguay, Venezuela, Yémen, Zambie
D Afghanistan, Azerbaïdjan, Bangladesh, Belize, Bhoutan, Bulgarie, Chypre, Fidji, Géorgie, Guatemala, Iraq, Jamaïque, X
Koweït, Lettonie*, Libye, Macédoine, Malte*, Mauritanie, Népal, Nicaragua, Nigéria, Ouzbékistan, Panama, Paraguay,
RDP lao, République kirghize, Samoa, São Tomé-et-Príncipe, Tadjikistan, Tunisie, Vanuatu
E Guinée, Maurice, Myanmar, Tanzanie X
Source : compilation des services du FMI.
1Les pays sont groupés en fonction de leur inclusion dans les différentes analyses.
2L’astérisque (*) indique les pays placés dans la catégorie des pays avancés de la base de données des Perspectives de l’économie mondiale du FMI.
3Analyses effectuées dans ce chapitre : I = modèle de la demande d’importations; II = modèle structurel; III = cadre de régression au niveau des produits;

IV = modèle de gravité.

Fonds monétaire international | Octobre 2016 101


PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : DEMANDE MODÉRÉE — SYMPTÔMES ET REMÈDES

Graphique de l’annexe 2.2.1. Croissance chronologiques rapproche sensiblement l’indice de volume


réelle des importations de Fisher des deux références, par comparaison à l’indice
(Pourcentage)
construit à partir des données non traitées. Ces différences
Traité Non traité PEM OMC
sont plus marquées dans le cas des pays émergents et en dé-
20 1. Australie veloppement, comme indiqué pour le Brésil55.

10
Annexe 2.3. Analyse basée sur un modèle
0 empirique de la demande d’importations
Cette annexe présente de manière plus détaillée le mo-
–10 dèle empirique de la demande d’importations, qui est
utilisé pour quantifier la contribution de l’activité écono-
–20 mique et sa composition au ralentissement des échanges
2003 05 07 09 11 13 15
dans la section intitulée «Le rôle de la production et de
180 2. Brésil sa composition : conclusions d’une étude empirique».
140 L’analyse présentée ici consiste à estimer un modèle type
de la demande d’importations établissant un lien entre
100
la croissance réelle des importations, d’une part, et l’aug-
60
mentation de l’absorption et la hausse des prix relatifs,
20 d’autre part. Il est possible d’établir une équation de la
–20 demande d’importations de cette nature à partir de pra-
–60 tiquement tous les modèles du cycle économique réel
–100
mondial. L’équation estimée revêt la forme :
2003 05 07 09 11 13 15
​  ​​  = ​δ​ c​​  + ​β​ D,c​​  ∆ ln​Dc,t
​∆ln​Mc,t ​  ​​  + ​β​ P,c​​  ∆ ln​Pc,t
​  ​​  + ​ε​ c,t​​,​
Sources : FMI, base de données des Perspectives de
l’économie mondiale (PEM); Comtrade des Nations Unies; (A.2.3.1)
base de données World Integrated Trade Solution de la
Banque mondiale; base de données statistiques de où ​​M​ c,t​​, ​Dc,t
​  ​​​ et ​​Pc,t
​  ​​​ indiquent, respectivement, les importa-
l’Organisation mondiale du commerce (OMC); calculs tions réelles, l’absorption et les prix relatifs à l’importation
des services du FMI.
Note : Le terme «traité» indique que l’indice a été calculé à du pays c à l’année t. Les prix relatifs à l’importation sont
partir des données tronquées de la manière décrite dans le définis par le ratio du déflateur des prix à l’importation au
corps principal du texte, tandis que l’indice «non traité»
a été calculé à partir des données brutes, dont les valeurs déflateur du PIB. La spécification de référence repose sur
aberrantes n’ont pas été éliminées. Les indices «traité» l’hypothèse que la croissance des importations dépend uni-
et «non traité» sont calculés au moyen d’indices des prix
chaînés de Fisher.
quement du taux de croissance contemporain des variables
explicatives; les conclusions présentées dans le chapitre sont
prix. Lorsque le calcul des indices de volume utilise au nu- toutefois robustes à l’introduction d’un décalage au niveau
mérateur l’indice des valeurs non ajusté, au lieu d’un indice des taux de croissance des variables dépendantes et explica-
faisant abstraction des produits pour lesquels les données sur tives de manière à accroître l’évolution dynamique. Le mo-
les quantités ne sont pas disponibles ou qui affichent des va- dèle est estimé séparément pour chaque pays et séparément
riations extrêmes des valeurs unitaires, il est implicitement pour les importations de biens et de services, et pour les
posé en hypothèse que les valeurs unitaires manquantes évo- importations totales. La période couverte par l’analyse va
luent au même taux que l’indice global des prix. de 1985 à 2015, bien que les données ne soient pas dispo-
La comparaison des indices des volumes d’importations nibles pour tous les pays à toutes les années.
globales par pays établis au moyen de la méthode précé-
55Tous les indices détaillés font l’objet d’un examen approfondi en
dente et de ceux construits à partir des informations non
plus de ces procédures de troncage mécaniques. Dans ce contexte, il est
traitées et des informations provenant de la base de don- procédé à certains ajustements supplémentaires dans le cas de quelques
nées des Perspectives de l’économie mondiale du FMI et de la pays pour lesquels des écarts existent par rapport aux indices de réfé-
base de données statistiques de l’Organisation mondiale du rence. Par exemple, les fortes augmentations des valeurs unitaires
des produits portant le code 710812 (or) en 2012 pour la Suisse et
commerce témoigne de l’efficacité de la méthode proposée
880240 (aéroplanes) en 2015 pour l’Irlande ont motivé un ajustement
(graphique 2.2.1 de l’annexe). Dans le cas de l’Australie, des variations de ces valeurs unitaires de manière à les faire mieux cadrer
par exemple, l’utilisation des troncages transversaux et avec leur évolution historique.

102 Fonds monétaire international | Octobre 2016


CHAPITRE 2 À QUOI TIENT LE RALENTISSEMENT DES ÉCHANGES MONDIAUX?

Tableau de l’annexe 2.3.1. Contenu en importations


calculées à partir de la DAII des partenaires commer-
des composants de la demande globale
ciaux, DAII​, ∆​​ˆ ln​Xc,t
​  ​​​​. La démarche suivie pour calculer
Moyenne Médiane 25e centile 75e centile
(1) (2) (3) (4)
cette dernière variable, consiste tout d’abord à estimer
Consommation 23,3 20,7 13,7 27,7 l’équation (A.2.3.3), puis à déterminer la croissance des
Dépenses publiques 14,9 12,1 8,8 17,4 importations prévue par le modèle pour chaque pays,
Investissement 29,6 26,1 19,0 35,7 ∆ˆ
​​ ln​Mc,t,DAII
​  ​​​​. Elle donne ensuite lieu à la construction
Exportations 31,7 25,9 14,6 43,0
Sources : base de données Eora Multi-Region Input-Output; calculs des d’un indicateur de la demande extérieure qui est égal à
services du FMI. la moyenne pondérée par le commerce des ∆ˆ ​​ ln​Mc,t,DAII
​  ​​​​
Note : Le tableau indique la moyenne, la médiane, le 25e centile et le des partenaires, puis à l’estimation d’un modèle de la de-
75e centile du contenu en importations des quatre composantes de la
demande globale pour les 150 pays inclus dans l’échantillon. Le contenu mande d’exportations au moyen de cet indicateur, qui
en importations utilisé pour chaque pays est la moyenne du contenu en sert de variable de remplacement de la demande des ex-
importations calculé sur la période 1990–2011. Voir Bussière et al. (2013)
pour une définition exacte du contenu en importations et pour une descrip- portations d’un pays :
tion des calculs effectués à partir des tableaux nationaux des entrées–sorties.
​  ​​  = ​δ​ Xc​  ​ + ​β X​ D,c
​ ln​Xc,t
∆  ​ ​∑​ 
​ c,t,p​​ ​∆ ˆ ln​Mp,t,DAII​  ​​​ ​
Le chapitre part de l’analyse de Bussière et al. (2013) ​+ ​β​ P,c ​ ∆ X ​ ln​Pc,t ​   ​ ​  + ​ε​ c,t ​​.​ 
X X (A.2.3.4)
et utilise la demande ajustée au titre de l’intensité en im-
portations (DAI) en tant que variable de remplacement Les prévisions de la croissance des exportations des
de l’absorption. La DAI est calculée au moyen de la for- pays ∆​​ˆ
ln​Xc,t
​  ​​sont alors établies. Pour finir, le modèle de
mule suivante : la croissance des importations d’un pays est formulé
comme suit :
​ω​ C​  ​​​ ​G​ω
​DAI​ c,t​​  = ​C​ c,t ​ω
​  ​ G​  ​​​ ​Ic,t ​ω
​  ​ I​  ​​​ ​Xc,t
​  ​ X​  ​​​​, (A.2.3.2)
c,t
∆ ​  ​​  = ​δ​ c​​  + ​β​ DD,c​​  ∆ ln​DAII​ c,t​​  + ​β​ DX,c∆ˆ
​ ln​Mc,t ​​​ ln​Xc,t
​  ​​​ ​
où ​​ω​ k​​​est le contenu en importations de chaque compo-
​+ ​β​ P,c​​  ∆ ln​Pc,t ​  ​​  + ​ε​ c,t​​​. (A.2.3.5)
sante des dépenses, k​ ∈ ​{C, G, I, X}​​, et est normalisé de
manière à ce que sa somme soit égale à 1. Le contenu en Les tableaux de l’annexe 2.3.2 à 2.3.4 présentent les ré-
importations est calculé au moyen des valeurs moyennes sultats de l’estimation des équations (A.2.3.1), (A.2.3.3)
sur la période 1990–2011 provenant des tableaux d’en- et (A.2.3.5) pour la croissance réelle des importations de
trées–sorties par pays de la base de données Eora Multi- biens et services ainsi que, séparément, pour les biens et
Region Input-Output. De même que l’ont constaté pour les services. Les tableaux présentent également les ré-
Bussière et al. (2013), qui sont partis de la base de don- sultats de l’estimation de l’équation (A.2.3.1) dans le cadre
nées sur les échanges en valeur ajoutée de l’Organisa- d’une analyse de panel dans les colonnes (1), (5) et (9)
tion de coopération et de développement économiques, pour permettre d’effectuer des comparaisons avec d’autres
le contenu en importations diffère sensiblement selon études (dans cette analyse, tous les pays de l’échantillon
les composantes de la demande globale (tableau de l’an- sont regroupés, et l’élasticité de la croissance des impor-
nexe 2.3.1). Les investissements et les exportations ont tations par rapport à ses déterminants est supposée être la
un contenu en importations beaucoup plus élevé que la même dans tous les pays). Les autres colonnes indiquent la
consommation et les dépenses publiques. moyenne et l’intervalle entre quartiles des coefficients es-
Ce chapitre estime, outre la mesure proposée par timés dans le cadre d’une estimation par pays.
Bussière et al. (2013), deux autres modèles de la demande Les résultats montrent que l’estimation du modèle de
d’importations. Dans le premier de ces modèles, l’absorp- la demande d’importations séparément pour chaque pays
tion est représentée par la demande ajustée par l’intensité produit des résultats nettement supérieurs aux estima-
en importations calculée uniquement au moyen des com- tions effectuées à partir de données de panel (comparer,
posants intérieurs de la demande globale, à savoir par exemple, la colonne [2] et la colonne [1]). Cela est dû
d d d aux fortes disparités qui existent entre les élasticités des
​DAII​ c,t​​  = ​​C​  c,t​ ​ω​ ​C ​​​​​​ ​​G​  c,t​ ​ω​ ​G​     ​​​​​​ ​​I​  c,t​ ​ω​ ​I​     ,
importations par rapport aux revenus des différents pays.
et l’équation suivante est estimée : Dans l’ensemble, les importations des pays avancés ont
une élasticité–revenu plus élevée que les pays émergents
​∆ln​Mc,t
​  ​​  = ​δ​ c​​  + ​β​ DD,c​​  ∆ ln​DAII​ c,t​​ ​
et en développement, surtout en ce qui concerne les biens
+​ ​β​ P,c​​  ∆ ln​​P​  c,t​​ ​+ ​ε​ c,t​​​. (A.2.3.3)
(tableau de l’annexe 2.3.3). Cette conclusion cadre avec
Dans le deuxième modèle, l’absorption est repré- Slopek (2015), qui démontre que le rapprochement de
sentée par la DAII, et les prévisions des exportations sont l’évolution de la croissance relative des pays avancés vers

Fonds monétaire international | Octobre 2016 103


104
Tableau de l’annexe 2.3.2. Modèle empirique des importations réelles de biens et services
Échantillon Ensemble de l’échantillon Pays avancés Pays émergents et en développement
Estimation Panel Par pays Panel Par pays Panel Par pays
Mesure de la demande
d’importations DAI DAI DAII DAII+E DAI DAI DAII DAII+E DAI DAI DAII DAII+E

Fonds monétaire international | Octobre 2016


(1) (2) (3) (4) (5) (6) (7) (8) (9) (10) (11) (12)
Demande
d’importations 0,99 1,31 1,03 0,87 1,33 1,38 1,08 0,91 0,96 1,25 0,99 0,86
(0,07) 0,94 1,51 0,66 1,29 0,58 1,19 (0,07) 1,27 1,54 0,92 1,49 0,58 1,06 (0,07) 0,87 1,50 0,59 1,28 0,58 1,20
Exportations prévues 0,45 0,61 0,40
0,16 0,81 0,36 0,85 0,10 0,78
Prix relatifs –0,24 –0,18 –0,16 –0,15 –0,05 0,04 0,22 –0,03 –0,25 –0,25 –0,26 –0,23
(0,07) –0,40 0,04 –0,41 0,07 –0,38 0,00 (0,04) –0,15 0,16 0,04 0,43 –0,19 0,15 (0,08) –0,47 –0,05 –0,57 –0,08 –0,42 –0,08
Constante 0,01 0,00 0,02 0,00 0,00 0,00 0,02 0,00 0,01 0,00 0,01 –0,01
(0,00) –0,02 0,01 0,00 0,03 –0,03 0,01 (0,00) –0,01 0,01 0,01 0,04 –0,01 0,01 (0,00) –0,02 0,01 –0,01 0,03 –0,03 0,01
PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : DEMANDE MODÉRÉE — SYMPTÔMES ET REMÈDES

R2 0,53 0,70 0,57 0,67 0,75 0,86 0,60 0,72 0,52 0,65 0,54 0,61
0,58 0,85 0,43 0,72 0,53 0,80 0,74 0,88 0,53 0,73 0,64 0,80 0,52 0,79 0,38 0,72 0,47 0,79
Source : calculs des services du FMI.
Note : DAI = demande ajustée au titre de l’intensité en importations; DAII = demande ajustée au titre de l’intensité en importations en considérant uniquement les composantes intérieures de la demande globale; DAII+E =
DAII prévue par la DAII des partenaires commerciaux. Le tableau présente les résultats des estimations des équations (A.2.3.1), (A.2.3.3) et (A.2.3.5). Les colonnes (1), (5) et (9) indiquent les estimations ponctuelles ainsi
que, entre parenthèses, les erreurs-types robustes à l’hétéroscédasticité obtenues dans le cadre de l’estimation de l’équation (A.2.3.1) à partir de données de panel et y compris des effets fixes de pays. Les autres colonnes
indiquent les estimations ponctuelles moyennes ainsi que l’écart interquartile de ces estimations effectuées pays par pays. L’absorption est mesurée par la demande globale ajustée au titre de l’intensité en importations pour
les quatre composantes du PIB dans les colonnes (1), (2), (5), (6), (9) et (10). Elle est évaluée dans les autres colonnes par la demande intérieure ajustée au titre de l’intensité en importations. Les spécifications présentées
dans les colonnes (4), (8) et (12) neutralisent également les exportations prévues, tel qu’estimé à partir de l’équation (A.2.3.4).
Tableau de l’annexe 2.3.3. Modèle empirique des importations réelles de biens
Échantillon Ensemble de l’échantillon Pays avancés Pays émergents et en développement
Estimation Panel Par pays Panel Par pays Panel Par pays
Mesure de la demande
d’importations DAI DAI DAII DAII+E DAI DAI DAII DAII+E DAI DAI DAII DAII+E
(1) (2) (3) (4) (5) (6) (7) (8) (9) (10) (11) (12)
Demande d’importations 0,94 1,32 1,07 0,90 1,52 1,51 1,26 1,00 0,91 1,18 0,93 0,86
(0,08) 0,95 1,59 0,66 1,37 0,55 1,23 (0,05) 1,38 1,74 1,03 1,58 0,58 1,21 (0,09) 0,77 1,54 0,60 1,32 0,55 1,23
Exportations prévues 0,47 0,66 0,40
0,12 0,85 0,40 0,94 0,05 0,75
Prix relatifs –0,20 –0,16 –0,06 –0,17 0,01 0,10 0,27 0,01 –0,21 –0,25 –0,24 –0,26
(0,09) –0,42 0,13 –0,38 0,20 –0,40 0,03 (0,08) –0,11 0,25 0,11 0,60 –0,21 0,23 (0,09) –0,49 0,00 –0,52 0,01 –0,46 0,00
CHAPITRE 2

Constante 0,01 0,00 0,02 0,00 0,00 0,00 0,03 0,00 0,01 0,00 0,01 –0,01
(0,00) –0,02 0,01 0,00 0,03 –0,03 0,02 (0,00) –0,01 0,01 0,01 0,03 –0,02 0,01 (0,00) –0,02 0,02 –0,01 0,03 –0,04 0,02

R2 0,40 0,66 0,54 0,63 0,72 0,79 0,56 0,72 0,38 0,61 0,52 0,59
0,50 0,78 0,41 0,69 0,50 0,76 0,71 0,87 0,48 0,73 0,61 0,78 0,45 0,71 0,38 0,65 0,46 0,73
Source : calculs des services du FMI.
Note : DAI = demande ajustée au titre de l’intensité en importations; DAII = demande ajustée au titre de l’intensité en importations en considérant uniquement les composantes intérieures de la demande globale; DAII+E =
DAII prévue par la DAII des partenaires commerciaux. Le tableau présente les résultats des estimations des équations (A.2.3.1), (A.2.3.3) et (A.2.3.5). Les colonnes (1), (5) et (9) indiquent les estimations ponctuelles ainsi
que, entre parenthèses, les erreurs-types robustes à l’hétéroscédasticité obtenues dans le cadre de l’estimation de l’équation (A.2.3.1) à partir de données de panel et y compris des effets fixes de pays. Les autres colonnes
indiquent les estimations ponctuelles moyennes ainsi que l’écart interquartile de ces estimations effectuées pays par pays. L’absorption est mesurée par la demande globale ajustée au titre de l’intensité en importations pour
les quatre composantes du PIB dans les colonnes (1), (2), (5), (6), (9) et (10). Elle est évaluée dans les autres colonnes par la demande intérieure ajustée au titre de l’intensité en importations. Les spécifications présentées
dans les colonnes (4), (8) et (12) neutralisent également les exportations prévues, tel qu’estimé à partir de l’équation (A.2.3.4).

Fonds monétaire international | Octobre 2016


105
À QUOI TIENT LE RALENTISSEMENT DES ÉCHANGES MONDIAUX?
106
Tableau de l’annexe 2.3.4. Modèle empirique des importations réelles de services
Échantillon Ensemble de l’échantillon Pays avancés Pays émergents et en développement
Estimation Panel Par pays Panel Par pays Panel Par pays
Mesure de la demande
d’importations DAI DAI DAII DAII+E DAI DAI DAII DAII+E DAI DAI DAII DAII+E

Fonds monétaire international | Octobre 2016


(1) (2) (3) (4) (5) (6) (7) (8) (9) (10) (11) (12)
Demande
d’importations 1,39 1,04 0,89 0,83 1,11 1,03 1,02 0,81 1,41 1,06 0,82 0,83
(0,33) 0,64 1,69 0,50 1,41 0,31 1,44 (0,13) 0,86 1,26 0,71 1,31 0,29 1,22 (0,35) 0,61 1,92 0,38 1,48 0,37 1,61
Exportations prévues 0,30 0,52 0,17
–0,02 0,84 0,28 0,83 –0,11 0,86
Prix relatifs 0,01 –0,14 –0,19 –0,22 –0,32 –0,07 0,08 –0,06 0,02 –0,25 –0,23 –0,25
(0,21) –0,56 0,10 –0,61 0,15 –0,58 0,17 (0,11) –0,37 0,11 –0,33 0,28 –0,42 0,16 (0,22) –0,60 0,07 –0,65 0,01 –0,69 0,17
Constante 0,00 0,00 0,02 0,00 0,01 0,01 0,02 0,01 0,00 0,00 0,01 –0,01
(0,01) –0,01 0,02 –0,01 0,04 –0,05 0,03 (0,00) 0,00 0,03 0,01 0,04 –0,02 0,02 (0,01) –0,03 0,02 –0,01 0,04 –0,05 0,03
PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : DEMANDE MODÉRÉE — SYMPTÔMES ET REMÈDES

R2 0,08 0,38 0,29 0,41 0,24 0,47 0,41 0,46 0,08 0,35 0,26 0,39
0,16 0,55 0,14 0,48 0,19 0,57 0,30 0,59 0,20 0,50 0,33 0,58 0,15 0,55 0,13 0,45 0,18 0,57
Source : calculs des services du FMI.
Note : DAI = demande ajustée au titre de l’intensité en importations; DAII = demande ajustée au titre de l’intensité en importations en considérant uniquement les composantes intérieures de la demande globale; DAII+E =
DAII prévue par la DAII des partenaires commerciaux. Le tableau présente les résultats des estimations des équations (A.2.3.1), (A.2.3.3) et (A.2.3.5). Les colonnes (1), (5) et (9) indiquent les estimations ponctuelles ainsi
que, entre parenthèses, les erreurs-types robustes à l’hétéroscédasticité obtenues dans le cadre de l’estimation de l’équation (A.2.3.1) à partir de données de panel et y compris des effets fixes de pays. Les autres colonnes
indiquent les estimations ponctuelles moyennes ainsi que l’écart interquartile de ces estimations effectuées pays par pays. L’absorption est mesurée par la demande globale ajustée au titre de l’intensité en importations pour
les quatre composantes du PIB dans les colonnes (1), (2), (5), (6), (9) et (10). Elle est évaluée dans les autres colonnes par la demande intérieure ajustée au titre de l’intensité en importations. Les spécifications présentées
dans les colonnes (4), (8) et (12) neutralisent également les exportations prévues, tel qu’estimé à partir de l’équation (A.2.3.4).
CHAPITRE 2 À QUOI TIENT LE RALENTISSEMENT DES ÉCHANGES MONDIAUX?

Tableau de l’annexe 2.3.5. Résidus : croissance réelle des importations de biens


Pays émergents
Ensemble de l’échantillon Pays avancés
et en développement
DAI DAII DAII+E DAI DAII DAII+E DAI DAII DAII+E
(1) (2) (3) (4) (5) (6) (7) (8) (9)
Indicateur 1985–2011 0,003 0,000 0,001 0,003 0,000 0,001 0,002 –0,001 0,002
(0,002) (0,003) (0,002) (0,002) (0,003) (0,002) (0,005) (0,007) (0,006)
Indicateur 2012–15 –0,009 –0,023 –0,018 –0,005 –0,014 –0,011 –0,018 –0,040 –0,031
(0,002) (0,004) (0,004) (0,003) (0,004) (0,004) (0,004) (0,007) (0,007)

Nombre d’observations 3.427 3.427 3.427 910 910 910 2.517 2.517 2.517
Source : calculs des services du FMI.
Note : DAI = demande ajustée au titre de l’intensité en importations; DAII = demande ajustée au titre de l’intensité en importations en considérant
uniquement les composantes intérieures de la demande globale; DAII+E = DAII prévue par la DAII des partenaires commerciaux. Le tableau présente
les estimations ponctuelles ainsi que, entre parenthèses, les erreurs-types robustes à l’hétéroscédasticité obtenues dans le cadre de l’estimation de
l’équation (A.2.3.6). Les régressions sont pondérées par les parts des importations nominales de biens des pays.

celle des pays émergents et en développement peut expli- Les tableaux de l’annexe A.2.3.5 et A.2.3.6 présentent
quer une grande partie de la diminution de l’élasticité du les résultats des régressions de la croissance des importa-
commerce mondial parce que les échanges de ces derniers tions réelles de biens dans le premier cas, et de services
ont une plus faible élasticité–revenu. L’ajustement pro- dans le deuxième. En moyenne, les résidus de l’analyse des
duit par les régressions utilisant des mesures de la demande importations de biens sont significativement inférieurs à
d’importation calculées uniquement à partir des compo- zéro pour tous les échantillons et pour toutes les spécifica-
santes intérieures de la demande globale (colonnes [3], [7] tions sur la période 2012–15. L’ampleur de la croissance
et [11]) est, de surcroît, nettement moins bon. «manquante» des importations de biens diffère pour les
Pour déterminer si la période 2012–15 se caractérise pays avancés et pour les pays émergents et en développe-
par des évolutions inhabituelles, l’analyse regroupe les ré- ment, les résidus étant significativement plus élevés dans le
sidus des équations (A.2.3.1), (A.2.3.3) et (A.2.3.5) es- cas de ces derniers (en valeur absolue). Selon les calculs ef-
timées pour chaque pays de l’échantillon et estime la spé- fectués à partir de la spécification de référence, qui utilise
cification suivante : la DAII comme variable de remplacement de la demande
ε​​​ˆ
​ c,t​​​  = θConst​(1 - ​D2012-15,t
​  ​​)​ ​ d’importations et la DAII des partenaires commerciaux
​+ τConst​(​D2012-15,t ​  ​​)​ + ​ϛ​ c,t​​​, (A.2.3.6) comme variable de remplacement des prévisions des expor-
tations — équation (A.2.3.5), résidus des colonnes (3), (6)
où ​​D2012-15,t
​  ​​​est un indicateur prenant la valeur 1 si ​t ∈ ​ et (9) du tableau de l’annexe 2.3.5 —, la croissance man-
{2012, 2013, 2014, 2015}​. Les coefficients θ et τ​ saisissent quante des importations de biens est de l’ordre de 1 point
la valeur moyenne des résidus des périodes 1985–2011 de pourcentage pour les pays avancés, de 3 points de pour-
et 2012–15, respectivement. Les régressions sont pondé- centage pour les pays émergents et en développement et de
rées par la part des importations nominales des différents 1¾ point de pourcentage pour le monde entier.
pays (en dollars) de manière à mieux prendre en compte les Il n’existe aucune indication robuste d’un ralentisse-
écarts par rapport à la croissance indiquée par les prévisions ment inexpliqué de la croissance des importations de ser-
pour le monde entier (ou pour des groupes de pays). vices durant la période 2012–15 à l’échelle mondiale. Il

Tableau de l’annexe 2.3.6. Résidus : croissance réelle des importations de services


Pays émergents
Ensemble de l’échantillon Pays avancés
et en développement
DAI DAII DAII+E DAI DAII DAII+E DAI DAII DAII+E
(1) (2) (3) (4) (5) (6) (7) (8) (9)
Indicateur 1985–2011 0,003 0,002 0,003 –0,001 –0,002 –0,001 0,015 0,019 0,016
(0,003) (0,003) (0,003) (0,002) (0,002) (0,002) (0,013) (0,013) (0,013)
Indicateur 2012–15 0,008 –0,003 –0,003 0,010 0,007 0,006 0,004 –0,024 –0,024
(0,007) (0,007) (0,007) (0,004) (0,005) (0,004) (0,021) (0,021) (0,021)

Nombre d’observations 3.359 3.359 3.359 909 909 909 2.450 2.450 2.450
Source : calculs des services du FMI.
Note : DAI = demande ajustée au titre de l’intensité en importations; DAII = demande ajustée au titre de l’intensité en importations en considérant
uniquement les composantes intérieures de la demande globale; DAII+E = DAII prévue par la DAII des partenaires commerciaux. Le tableau présente
les estimations ponctuelles ainsi que, entre parenthèses, les erreurs-types robustes à l’hétéroscédasticité obtenues dans le cadre de l’estimation de
l’équation (A.2.3.6). Les régressions sont pondérées par les parts des importations nominales de services des pays.

Fonds monétaire international | Octobre 2016 107


PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : DEMANDE MODÉRÉE — SYMPTÔMES ET REMÈDES

Tableau de l’annexe 2.3.7. Résidus : croissance réelle des importations de biens une fois neutralisé
les effets des incertitudes mondiales, de la situation financière mondiale et des difficultés financières
Ensemble de l’échantillon DAI DAII+E
(1) (2) (3) (4) (5) (6) (7) (8) (9) (10)
Indicateur 1985–2011 0,003 0,005 0,005 0,004 0,007 0,001 0,003 0,004 0,002 0,006
(0,002) (0,002) (0,002) (0,002) (0,002) (0,002) (0,002) (0,002) (0,002) (0,002)
Indicateur 2012–15 –0,009 –0,011 –0,006 –0,009 –0,007 –0,018 –0,020 –0,013 –0,018 –0,015
(0,002) (0,003) (0,002) (0,002) (0,003) (0,004) (0,004) (0,003) (0,004) (0,004)
Augmentation du VIX –0,015 -0,011 -0,026 –0,024
(0,006) (0,007) (0,007) (0,008)
Variation du taux d’intérêt
réel mondial 0,008 0,008 0,013 0,013
(0,003) (0,003) (0,003) (0,003)
Crises bancaires –0,022 –0,014 –0,020 –0,005
(0,007) (0,009) (0,008) (0,010)

Nombre d’observations 3.427 2.987 2.987 3.427 2.987 3.427 2.987 2.987 3.427 2.987
Source : calculs des services du FMI.
Note : DAI = demande ajustée au titre de l’intensité en importations; DAII = demande ajustée au titre de l’intensité en importations en considérant
uniquement les composantes intérieures de la demande globale; DAII+E = DAII prévue par la DAII des partenaires commerciaux. Le tableau présente
les estimations ponctuelles ainsi que, entre parenthèses, les erreurs-types robustes à l’hétéroscédasticité obtenues dans le cadre de l’estimation de
l’équation (A.2.3.6) dans laquelle ont été introduits le taux de croissance du VIX (Chicago Board of Volatility Index), la variation des taux d’intérêt réels
mondiaux et un indicateur marquant le début d’une crise bancaire tiré de Laeven et Valencia (2012). Les régressions sont pondérées par les parts des
importations nominales de biens des pays.

semble toutefois que cette croissance ait été plus lente ralentissement des flux d’échanges est probablement en-
que prévu après 2012 dans les pays émergents et en déve- tachée d’un biais à la hausse. Ce dernier peut être en
loppement d’après les modèles basés sur les composantes partie corrigé en éliminant des composantes de la de-
intérieures de la demande globale. Les résultats portés mande globale les effets des politiques commerciales an-
dans les tableaux de l’annexe 2.3.5 et 2.3.6 sont robustes térieures à la construction de la mesure de la demande
lorsque l’on inclut les effets fixes de pays ou lorsque l’on ajustée au titre de l’intensité en importations. Pour réa­
regroupe les erreurs-types par pays. liser cette opération, il est procédé à une régression du
Afin de prendre en compte l’impact que pourraient premier ordre de ces composantes de la demande par rap-
avoir les incertitudes, la situation financière mondiale et les port aux facteurs considérés :
difficultés financières sur la demande d’importations des
​∆ln​AD​ c,t​  δ​ c​​  + ​𝛄​ c​​ ​´​  ∆ ln ​F​ c,t​​  + ​ν​ kc,t ​​,​ 
k ​ = ​ (A.2.3.7)
pays, le tableau de l’annexe 2.3.7 présente les résultats de
l’estimation de l’équation (A.2.3.6) à laquelle ces variables k ​​​  est une composante de la demande globale, ​k ∈ ​
où ​​AD​ c,t
ont été ajoutées. Les résultats obtenus pour les résidus né- {C, G, I, X}​​, et ​​F​ c,t​​​est le vecteur des politiques commer-
gatifs inexpliqués de la croissance réelle des importations ciales, dans ce cas les tarifs douaniers et la participation
de biens durant la période 2012–15 demeurent robustes à des accords de libre-échange. Les résidus de cette ré-
même lorsque l’on utilise cette spécification. gression du premier ordre, ​​ν​ kc,t ​​​  , qui, par définition, sont
Le tableau de l’annexe 2.3.8 décompose la baisse indi- orthogonaux aux variables de la politique commerciale,
quée par les prévisions du taux de croissance des impor- servent à construire l’indicateur de la demande ajustée au
tations réelles de biens entre la période 2012–15 et les titre de l’intensité en importations comme dans l’équa-
périodes 1985–2007 et 2003–07 en considérant les dif- tion (A.2.3.2) :
férentes composantes de la demande d’importations pour
( ​ c,t ​)​  ​​​  C​ ​​(​ν​ c,t ​)​  ​​​  G​ ​​(​ν​ c,t ​)​  ​​​  I​ ​​(​ν​ c,t ​)​  ​​​  X​​.
*​   ​  ​  = ​​ ​νC
​​DAI c,t ​ω​  ​​ G ​ω​  ​​ I ​ω​  ​​ X ​ω​  ​​ (A.2.3.8)
l’ensemble de l’échantillon de pays56.
Comme indiqué dans le chapitre, d’autres facteurs L’analyse précédente est répétée au moyen de cet indica-
peuvent simultanément agir sur l’activité économique et teur, ainsi que d’autres : 1) la DAII * et 2) l’absorption
le commerce, notamment les politiques commerciales. représentée par la variable DAII* et les prévisions des ex-
Lorsque ces facteurs ne sont pas pris en compte, l’esti- portations établies à partir de la DAII* des partenaires
mation de la contribution de l’activité économique au commerciaux.
Le tableau de l’annexe 2.3.9 présente les résultats de
56Les secteurs sont regroupés conformément aux catégories d’Eaton
l’estimation de l’équation (A.2.3.6) effectuée à partir
et al. (2010), mais les industries minières et extractives, le coke, les pro-
duits pétroliers raffinés et les combustibles nucléaires sont transférés du des résidus du modèle de la demande d’importations
secteur des services résiduels au secteur des produits de base. de biens spécifié par les équations (A.2.3.1), (A.2.3.3)

108 Fonds monétaire international | Octobre 2016


CHAPITRE 2 À QUOI TIENT LE RALENTISSEMENT DES ÉCHANGES MONDIAUX?

Tableau de l’annexe 2.3.8. Décomposition du ralentissement de la croissance


des importations réelles de biens : ensemble de l’échantillon
Croissance des importations prévues par le modèle DAI Croissance des importations prévues par le modèle DAII+E
et ses composantes et ses composantes
Observations Globale C G I X Prix relatifs Constante Globale C G I X Prix relatifs Constante
(1) (2) (3) (4) (5) (6) (7) (8) (9) (10) (11) (12) (13) (14) (15)
1985–2007 8,1 8,0 1,4 0,7 2,7 4,6 0,3 –1,9 7,8 1,5 0,8 2,9 4,6 0,3 –2,3
2003–07 8,9 8,8 1,4 0,7 3,5 4,8 0,2 –1,7 9,2 1,5 0,7 3,7 5,1 0,3 –2,1
2012–15 2,3 3,2 0,9 0,4 1,4 2,0 0,3 –1,7 4,0 1,0 0,4 1,7 3,0 0,1 –2,1

Croissance moyenne en 2012–15 moins croissance moyenne


1985–2007 –5,7 –4,7 –0,6 –0,4 –1,3 –2,7 –0,1 0,2 –3,8 –0,6 –0,4 –1,3 –1,6 –0,2 0,2
2003–07 –6,6 –5,6 –0,6 –0,3 –2,0 –2,9 0,1 0,0 –5,2 –0,6 –0,3 –2,0 –2,1 –0,2 0,0

Fraction du ralentissement de la croissance des importations prévue par le modèle


1985–2007 0,82 0,66
2003–07 0,85 0,79
Source : calculs des services du FMI.
Note : DAI = demande ajustée au titre de l’intensité en importations; DAII = demande ajustée au titre de l’intensité en importations en considérant unique-
ment les composantes intérieures de la demande globale; DAII+E = DAII prévue par la DAII des partenaires commerciaux. Le tableau présente les taux de
croissance prévus des importations réelles de biens. Les taux de croissance des différents pays sont regroupés sur la base des parts moyennes à l’importation
durant la période 1985–2015 afin de réduire le plus possible les fluctuations de la contribution de la constante à la croissance globale des importations. Les
colonnes (2) à (8) décomposent la croissance prévue des importations à partir de l’équation (A.2.3.2). Les colonnes (9) à (15) décomposent la croissance pré-
vue des importations à partir de l’équation (A.2.3.5), la colonne (13) indiquant la contribution de la croissance des exportations prévue à partir de la demande
intérieure des partenaires commerciaux ajustée au titre de l’intensité en importations.

et (A.2.3.5) en utilisant ces différentes mesures de la de- 85 % de la baisse de la croissance des importations dans un
mande. La croissance «manquante» du commerce est lé- pays moyen entre les périodes 2012–15 et 2003–07, tandis
gèrement plus importante durant la période 2012–15 que le modèle basé sur la croissance des importations pré-
lorsque les variations de la demande globale sont établies vues par la DAII * et les exportations prévues par la DAII *
abstraction faite du rôle des politiques commerciales. des partenaires commerciaux peut prévoir 79 % du ra-
Le tableau de l’annexe 2.3.10 décompose le ralentisse- lentissement observé. Les chiffres correspondants obtenus
ment observé de la croissance des échanges entre les pé- avec la mesure corrigée des politiques commerciales sont
riodes 2012–15 et 2003–07 en fraction prévue et fraction de 79 % et 70 %, respectivement.
non prévue par le modèle de la demande d’importations.
Une fraction légèrement plus faible du ralentissement est
Annexe 2.4. Analyse au moyen
maintenant imputable aux variations de l’activité écono-
d’un modèle d’équilibre général
mique. Par exemple, le modèle de référence peut prévoir
L’analyse structurelle présentée dans la section intitulée
Tableau de l’annexe 2.3.9. Résidus : croissance «Le rôle de la composition de la demande et des coûts com-
des importations réelles de biens corrigée merciaux : conclusions d’une étude structurelle» suit de très
de l’effet potentiel des politiques commerciales près le modèle servant de cadre dans Eaton et al. (2010) —
sur la demande globale c’est-à-dire un modèle statique d’équilibre général de la pro-
Correction au titre du rôle duction et des échanges qui fait intervenir plusieurs secteurs
des politiques commerciales
et plusieurs pays et imbrique le modèle canonique ricar-
Ensemble de l’échantillon DAI* (DAII+E)*
Indicateur 1985–2011 0,002 0,001 dien du commerce d’Eaton et Kortum (2002). Ce modèle
(0,002) (0,002) est décrit et développé dans Eaton et al. (2010). La présente
Indicateur 2012–15 –0,012 –0,021 annexe décrit certaines des modifications importantes ap-
(0,002) (0,004)
Nombre d’observations 2.840 2.817 portées au modèle ainsi que les sources de données utilisées.
Source : calculs des services du FMI.
Note : DAI = demande ajustée au titre de l’intensité en importations;
DAII = demande ajustée au titre de l’intensité en importations en Cadre
considérant uniquement les composantes intérieures de la demande
globale; DAII+E = DAII prévue par la DAII des partenaires commerciaux. L’une des principales modifications apportées au mo-
Le tableau présente les estimations ponctuelles ainsi que, entre paren- dèle tient à l’inclusion d’un quatrième secteur pour les
thèses, les erreurs-types robustes à l’hétéroscédasticité obtenues dans
le cadre de l’estimation de l’équation (A.2.3.6). Les régressions sont produits de base, qui vient s’ajouter aux deux secteurs ma-
pondérées par les parts des importations nominales de biens des pays. nufacturiers (qui produisent des biens durables et non

Fonds monétaire international | Octobre 2016 109


PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : DEMANDE MODÉRÉE — SYMPTÔMES ET REMÈDES

Tableau de l’annexe 2.3.10. Décomposition du ralentissement de la croissance


des importations réelles de biens en neutralisant l’effet des politiques commerciales
Référence corrigée des politiques
Référence commerciales
Observations DAI DAII+E DAI* (DAII+E)*
Ensemble de l’échantillon (1) (2) (3) (4) (5)
2003–07 8,9 8,8 9,2 8,8 9,1
2012–15 2,3 3,2 4,0 3,6 4,4

Croissance moyenne en 2012–15 moins croissance moyenne

2003–07 –6,6 –5,6 –5,2 –5,2 –4,6

Fraction du ralentissement de la croissance des importations prévue par le modèle

2003–07 0,85 0,79 0,79 0,70


Source : calculs des services du FMI.
Note : DAI = demande ajustée au titre de l’intensité en importations; DAII = demande ajustée au titre de l’intensité en importations en considérant
uniquement les composantes intérieures de la demande globale; DAII+E = DAII prévue par la DAII des partenaires commerciaux. Le tableau présente les
taux de croissance prévus des importations réelles de biens. Les taux de croissance des différents pays sont regroupés sur la base des parts moyennes à
l’importation durant la période 1985–2015 afin de réduire le plus possible les fluctuations de la contribution de la constante à la croissance globale des
importations. Les colonnes (2) et (4) indiquent les estimations de la croissance prévue des importations à partir de l’équation (A.2.3.3). Les colonnes (3)
et (5) indiquent les estimations de la croissance prévue des importations à partir de l’équation (A.2.3.5).

durables) et au secteur résiduel, qui couvre essentiellement contrefactuels — dans lesquels certains écarts sont pris en
les services57. La production et les échanges du secteur compte ou non — suivent la première étape de cette procé-
des produits de base sont modélisés comme ceux des sec- dure, dans laquelle les résultats sont établis pour des valeurs
teurs manufacturiers, de sorte qu’il est possible d’utiliser les données des écarts. Étant donné que le cadre est statique, la
équations établies pour ces derniers dans le cas du premier procédure utilisée pour parvenir à une solution est appliquée
secteur. Cela signifie que les prix, les parts des échanges et séparément à des paires d’années consécutives en introdui-
les dépenses dans le secteur des produits de base sont régis sant les données dans le modèle pour deux années à la fois.
par une série supplémentaire de conditions d’équilibre58. Les paramètres calibrés comprennent les coefficients
Comme indiqué dans le corps du texte, la dynamique des entrées–sorties, les coefficients de la valeur ajoutée
observée pour le commerce peut être imputée aux varia- et la mesure inverse de la dispersion des inefficiences,
tions de quatre facteurs dans le cadre décrit par le modèle : qui détermine l’ampleur de l’avantage comparatif exis-
1) la composition de la demande, 2) les coûts commerciaux tant dans chaque secteur. Conformément à Eaton et al.
(ou frictions), 3) la productivité, et 4) les déficits commer- (2010), la mesure inverse de la dispersion des ineffi-
ciaux. Suivant la méthode de la comptabilité du cycle éco- ciences est fixée à 2 et est supposée être la même pour
nomique appliquée par Chari, Kehoe et McGrattan (2007), tous les secteurs. Les estimations recensées pour ce para-
ces facteurs sont souvent qualifiés d’«écarts». mètre dans les différentes études consacrées à ce sujet va-
La méthode utilisée pour résoudre le modèle suit les pro- rient fortement. Fixer sa valeur à 8 comme le font Eaton
cédures établies par Dekle, Eaton et Kortum (2007). Les va- et Kortum (2002) aboutit à des résultats similaires. Les
riables endogènes essentielles (salaires, dépenses, prix, parts paramètres restants sont déterminés au moyen de la base
des échanges) sont exprimées sous la forme du ratio de leur de données Trade in Value de l’Organisation de coopé-
valeur en fin de période à leur valeur en début de période ration et de développement économiques (OCDE). Les
(variations brutes), pour des valeurs données des quatre seules exceptions sont les coefficients de la valeur ajoutée
écarts. Le modèle est ensuite résolu pour produire des écarts de la catégorie du «reste du monde», qui se compose de
de manière à ce que les variations des principales variables pays non inclus dans l’échantillon. Ces coefficients sont
endogènes résultant des équations du modèle cadrent avec fixés de manière à correspondre au ratio des exportations
les variations indiquées par les observations. Les scénarios à la production de chaque secteur indiqué par les don-
nées. Pour calculer ces ratios, il est procédé à l’agrégation
57Les secteurs sont regroupés conformément aux catégories d’Eaton et
des valeurs des exportations et de la production en 2013
al. (2010) à la différence que 1) les industries minières et extractives, et 2) le pour tous les pays inclus dans la base de données Eora
coke, les produits pétroliers raffinés et les combustibles nucléaires sont
transférés du secteur des services résiduels au secteur des produits de base. Multi-Region Input-Output à l’exception des 34 pays re-
58Le système d’équations modifié peut être obtenu auprès des auteurs. tenus aux fins de la présente analyse.

110 Fonds monétaire international | Octobre 2016


CHAPITRE 2 À QUOI TIENT LE RALENTISSEMENT DES ÉCHANGES MONDIAUX?

Données la spécification de référence utilisée dans cette section.


Pour procéder à l’estimation, il est nécessaire de disposer Elle présente aussi d’autres spécifications dans le but de
de données sectorielles sur l’absorption, la production déterminer la robustesse des principaux résultats.
brute, les prix et le commerce bilatéral, c’est-à-dire d’un
nombre considérable d’informations. Il a été fait appel à Données
de nombreuses sources de manière à disposer de données Coûts commerciaux — Le chapitre utilise la métho-
pour toutes les périodes couvertes jusqu’à la fin de 2015. dologie présentée par Novy (2012). Les coûts commer-
L’échantillon se compose de 17 pays avancés et de 17 pays ciaux (équivalents tarifaires) ​​t​ ij​​​, sont établis à partir d’un
émergents et en développement figurant dans le groupe A modèle de gravité du commerce en tant que moyennes
du tableau de l’annexe 2.1.2. Six de ces pays (Autriche, géométriques des flux commerciaux bilatéraux entre les
Belgique, Colombie, Corée, Indonésie, Philippines) sont pays i et j, ​​Xij​  ​​  ≠ ​X​ ji​​​, par rapport aux flux commerciaux à
exclus à l’année 2015 parce que, à la date de l’analyse, au- l’intérieur de chaque pays, ​​X​ ii​​  ≠ ​X​ jj​​​ :
cune donnée ventilée sur le commerce n’était disponible
​  1  ​
_____

(​Xij​  ​​ ​Xji​  ​​)


dans leur cas. Les sources de données retenues pour l’ana- ​Xii​  ​​ ​Xjj​  ​​ 2​(​​σ-1​)​​
lyse sont décrites dans le tableau de l’annexe 2.1.1. t​​ ij​  ​​  = ​​ ____
​   ​ ​​​  ​  - 1​. (A.2.5.1)
Les données sur la production brute sectorielle jusqu’à
Lorsque les échanges bilatéraux de pays sont supérieurs à
la fin de 2009 ou de 2011 proviennent de la base des don-
leurs échanges intérieurs, cela signifie que les coûts du com-
nées Structural Analysis de l’OCDE, dans la mesure où elles
merce international ont dû diminuer par rapport aux coûts
sont disponibles. Les informations relatives aux pays qui ne
du commerce intérieur. Les coûts commerciaux sont cal-
sont pas couverts par cette base de données proviennent de
culés au niveau sectoriel au moyen des données sur le com-
la base de données World KLEMS, des tableaux d’entrées–­
merce bilatéral sectoriel et des envois intérieurs (c’est-à-dire
sorties de l’OCDE et de la base de données Eora Multi-
du commerce intranational) qui, conformément aux études
Region Input-Output. Les sources nationales des pays
en ce domaine, sont représentés par le produit sectoriel brut
avancés fournissent des données jusqu’à la fin de 2014, qui
moins les exportations totales. Toutes les données utilisées
ont été utilisées pour extrapoler les données de source multi-
pour cet exercice proviennent de la base de données Eora
nationale. Les dernières lacunes ont été comblées au moyen
Multi-Region Input-Output (MRIO).
des taux de croissance de la production industrielle par sec-
Tarifs douaniers — Les données sur les tarifs douaniers
teur et des indices des prix à la production. Ces derniers sont
sont établies à partir de deux sources réunissant des in-
généralement établis à un niveau plus détaillé que les don-
formations détaillées sur les droits de douane frappant les
nées des quatre secteurs considérés dans l’analyse. Les pondé-
produits ayant un code à six chiffres dans le Système har-
rations retenues pour leur agrégation sont basées sur les der-
monisé : 1) les bases de données Conference on Trade and
nières données disponibles pour la production. Les données
Development et Trade Analysis Information System des
sur les flux bilatéraux d’importations et d’exportations secto-
Nations Unies, et 2) Tariff Download Facility de l’Or-
rielles de la Belgique et des Philippines ont été recalibrées de
ganisation mondiale du commerce (OMC). Dans le but
manière à ce que le total des importations et des exportations
d’étendre la couverture des tarifs douaniers moyens au ni-
tirées de la base de données Commodity Trade Statistics des
veau des pays, les séries sur les droits ad valorem moyens
Nations Unies cadre avec celui produit par la base de don-
tirés de la base des données Conference on Trade and
nées des Perspectives de l’économie mondiale du FMI par suite
Development des Nations Unies et de l’OMC ont été rac-
de l’inclusion des réexportations dans la première base.
cordées aux séries établies au niveau des pays à partir de la
base de données Structural Reform du FMI (FMI, 2008).
Annexe 2.5. Analyse au niveau des produits Barrières non tarifaires — Des données détaillées sur le
Cette annexe fournit des détails supplémentaires sur recours de plus de 30 administrations nationales différentes
l’analyse empirique effectuée dans la section intitulée à des mesures comme les mesures antidumping, compen-
«Le rôle des coûts commerciaux et des chaînes de valeur satoires et de sauvegarde sont tirées de la base de données
mondiales : informations tirées des données détaillées sur Temporary Trade Barriers de la Banque mondiale pour la
le commerce». Elle commence par une présentation géné- période 1990–2015 (voir Bown, 2016). Cette série de don-
rale des données utilisées pour construire des mesures des nées indique les obstacles tarifaires temporaires à un niveau
autres facteurs qui pourraient contribuer à expliquer le de décomposition avancé (code des produits à huit chiffres
ralentissement des échanges (voir également le tableau de ou plus du Système harmonisé), notamment des informa-
l’annexe 2.1.1), puis procède à un examen technique de tions sur leur révocation, qui permettent de calculer le stock

Fonds monétaire international | Octobre 2016 111


PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : DEMANDE MODÉRÉE — SYMPTÔMES ET REMÈDES

Graphique de l’annexe 2.5.1. Disponibilité contenu en importations des exportations d’un pays (éga-
de financements du commerce lement appelée valeur ajoutée étrangère) et le contenu
(Pourcentage de banques ayant indiqué intérieur des exportations d’un pays utilisé par les parte-
une diminution des lignes de crédit proposées
pour financer le commerce) naires commerciaux pour leurs propres exportations (voir
Entreprises clientes Institutions financières Koopman, Wang et Wei, 2014). Le total obtenu est ex-
60 primé en proportion des exportations brutes.
Financement du commerce — Les variations de la dispo-
nibilité de financements du commerce influencent aussi
50
directement les coûts commerciaux globaux. Les données
provenant d’International Chamber of Commerce Global
40
Trade and Finance Survey ont servi à déterminer si la dis-
ponibilité de financements du commerce a augmenté ou
diminué depuis la crise financière mondiale. La proportion
30 de banques indiquant une diminution des lignes de crédit
commercial aux entreprises ainsi qu’aux institutions finan-
cières qui sont leurs clientes a plus que diminué de moitié
20 depuis 2008–09 (graphique de l’annexe 2.5.1).

10 Régressions au niveau des produits


2007– 2008– 2009– 2010– 2011– 2012– 2013–
08 09 10 11 12 13 14 L’analyse présentée dans la section consacrée au rôle des
Sources : International Chamber of Commerce, Global Trade coûts commerciaux et des chaînes de valeur mondiales a re-
and Finance Survey; calculs des services du FMI. cours à un modèle élargi de la demande d’importations qui
Note : Ce graphique a été établi sur la base d’un échantillon
déséquilibré de banques composé de 122 banques de 59 pays
établit une relation entre, d’une part, le taux de croissance
en 2009 et de 482 banques de 112 pays en 2005. des importations au niveau des produits et, d’autre part, les
caractéristiques des produits, des pays ou des produits–pays
de barrières en vigueur chaque année59. Des données plus censés saisir les facteurs qui, selon les études consacrées à ce
complètes sur une plus large gamme de barrières non ta- domaine, pourraient contribuer à expliquer le récent ralen-
rifaires ont été tirées de l’initiative Global Trade Alert du tissement des échanges. L’analyse utilise les données sur les
Centre for Economic Policy Research. Elles comprennent volumes des importations d’environ 780 produits définis
non seulement les mesures de défense du commerce, mais conformément à la Classification internationale type, par
aussi d’autres mesures publiques prises depuis 2009 qui ont industrie, révision 2, pour 52 pays depuis 2003 (voir la liste
vraisemblablement un effet discriminatoire contre le com- des pays des groupes A et B qui figurent au tableau de l’an-
merce extérieur — telles que l’obligation de localisation, les nexe 2.1.2). La spécification de référence est :
renflouements d’entreprises et les aides publiques.
Accords de libre-échange — Les données sur les flux d’ac- ∆ ​  ​​  = α + ​δ​ p,c​​  + ​δ​ t​​  + ​​b​1​´​ ​X​ p,c,t​​  + ​​β​ 2​​  ∆ lnD​ s,c,t​​ ​
​ ln​Mp,c,t
cords par année de signature proviennent de la base de ​+ ​β​ 3​​  ∆ ln​Pc,t ​  ​​  + ​ε​ p,c,t​​​, (A.2.5.2)
données Design of Trade Agreements, et elles sont com- où ​∆ln​Mp,c,t
​ ​​​est le taux de croissance des importations
plétées par les données sur les stocks d’accords de libre- réelles du produit p par le pays c à la période t; ​​δp,c​​​ repré-
échange en vigueur de la base de données Regional Trade sente les effets fixes produit–pays; et ​​δt​​​ représente les effets
Agreements de l’OMC. La première base de données dé- fixes de période.
veloppe la seconde, en y ajoutant des données provenant L’équation neutralise également la demande (l’absorp-
d’autres institutions multilatérales et de sources nationales. tion) dans le secteur s auquel un produit particulier peut
Participation aux chaînes de valeur mondiales — Les être imputé, ​​D​s,c,t​​​, et les prix relatifs à l’importation au ni-
données utilisées proviennent des matrices d’entrées–­ veau du pays, ​​P​c,t​​​. En l’absence d’une mesure de la de-
sorties de la base de données Eora MRIO pour 173 pays. mande au niveau des produits, l’analyse impute tous les
La mesure de spécialisation verticale retenue (mise au produits à des secteurs plus généraux. L’analyse utilise les
point par Hummels, Ishii et Yi, 2001) est la somme du matrices de la base de données Eora Multi-Region Input-
59Ces calculs sont établis de la manière décrite dans l’appendice de Output pour calculer l’intensité avec laquelle chacun
Bown (2011). des dix secteurs hors services est utilisé directement ou

112 Fonds monétaire international | Octobre 2016


CHAPITRE 2 À QUOI TIENT LE RALENTISSEMENT DES ÉCHANGES MONDIAUX?

indirectement dans les quatre composantes de la demande relatifs). Les mesures établies au niveau des produits et des
globale d’un pays. Comme dans le cas de l’exercice empi- secteurs pour la politique commerciale et la participation
rique qui a recours à la demande ajustée au titre de l’inten- aux chaînes de valeur mondiales sont agrégées au niveau
sité en importations, ces intensités sont utilisées comme du pays et constituent la variable figurant dans le membre
pondérations sectorielles de la consommation globale, de droit de l’équation de régression suivante :

ε​​​ˆ
l’investissement, des dépenses publiques et des exportations
​ c,t​​​  = α + ​ϕ​ c​​  + ​ϕ​ t​​  + ​b´​ ​X​ c,t​​ + ​ξ​ c,t​​​, (A.2.5.3)
aux fins de la construction d’une variable de remplacement
de l’absorption d’un secteur particulier60. Les prix relatifs où ​εˆ
​​ ​ c,t​​​​ sont les résidus estimés et ​​X​c,t​​​sont les mêmes fac-
sont égaux au ratio du déflateur des prix à l’importation au teurs de la politique commerciale et des chaînes de valeur
déflateur du PIB, comme dans l’analyse examinée dans la mondiales au niveau du pays.
section intitulée «Le rôle de la production et de sa composi-
tion : conclusions d’une étude empirique»61. Décomposition du ralentissement pour
La variable ​​X​  p,c,t​​​, rreprésente un vecteur de mesures de établir la contribution d’autres facteurs
politique commerciale et d’autres facteurs, qui sont in- La dernière étape de l’analyse consiste à quantifier le ra-
clus dans la régression au niveau produit–pays, secteur– lentissement supplémentaire de la croissance des impor-
pays ou du pays pour expliquer comment la croissance tations que l’on aurait pu penser obtenir sur la base de la
des importations au niveau des produits varie suivant ces relation historique entre les politiques commerciales, la
facteurs. Ces derniers sont : 1) l’augmentation du taux participation aux chaînes de valeur mondiales et la crois-
des tarifs douaniers au niveau des produits; 2) une va- sance des importations, et de l’évolution de ces autres fac-
riable fictive indiquant si une catégorie de produits par- teurs. Les élasticités de l’équation établie au niveau des
ticulière est assujettie ou non à une barrière commerciale pays (A.2.5.3), b, sont utilisées conjointement aux écarts
temporaire (mesure de défense du commerce) à l’année t; entre le taux de croissance des différents facteurs au ni-
3) l’augmentation de la part du PIB mondial couvert par veau des produits, Xp,c,t , entre 2012–15 et 2003–07 pour
des accords de libre-échange auquel un pays est partie; calculer la contribution relative de chaque facteur. Le gra-
et 4) l’augmentation d’une mesure de la participation en phique de l’annexe 2.5.2 indique la proportion des résidus
amont à une chaîne de valeur mondiale représentée par estimés pour chaque pays à partir de l’équation (A.2.3.5)
la part de la valeur ajoutée étrangère dans les exportations — c’est-à-dire la composante de la croissance des importa-
sectorielles brutes. La participation à des accords de libre- tions qui n’est pas prise en compte par la demande ajustée
échange est le seul de ces facteurs qui varie au niveau au titre de l’intensité en importations — qui peut être im-
pays–année, tandis que la participation à des chaînes de putée à ces autres facteurs, aussi bien pour la croissance
valeur mondiales varie au niveau secteurs–pays–année. réelle que pour la croissance nominale des importations.
Les tarifs douaniers et les barrières non tarifaires sont me-
surés au niveau des produits. Robustesse
Parallèlement à l’analyse au niveau des produits (et à
La spécification de référence représentée par l’équa-
titre de vérification), il est procédé à l’estimation d’un
tion (A.2.5.1) pour les régressions effectuées au niveau
modèle élargi de la demande d’importations au niveau
des produits a été assujettie à un certain nombre de tests
global. L’analyse regroupe en particulier les résidus es-
de robustesse. Sachant que la relation entre les importa-
timés du modèle empirique de la demande d’importa-
tions et les facteurs autres que la demande a été spécifiée
tions estimé dans la section intitulée «Le rôle de la pro-
sous forme de taux de croissance, il est important de com-
duction et de sa composition : conclusions d’une étude
prendre si des élasticités similaires peuvent être obtenues en
empirique» à partir de l’équation (A.2.3.5) (en d’autres
utilisant les niveaux de la même série de variables, comme
termes, la croissance réelle des importations de biens qui
le font généralement les études en ce domaine (voir, par
ne peut pas être prévue par les fluctuations de la demande
exemple, l’encadré 2.1). Une variante dans laquelle le ratio
ajustée au titre de l’intensité en importations et des prix
des importations réelles au PIB (la variable de remplace-
60Tous les produits inclus dans chacun des dix secteurs hors services ment du dénominateur est la demande sectorielle) figure
utilisés dans les matrices d’entrées–sorties normalisées sont supposés dans le membre gauche de l’équation a également été es-
avoir le même taux d’absorption.
61Dans une situation idéale, l’équation (A.2.5.1) devrait comprendre timée62. D’autres spécifications ne prenant pas en compte
les prix par secteur–niveau. Bien qu’il soit possible de construire le dé- les effets fixes de période et ne neutralisant pas les effets de
flateur des importations d’un produit particulier, des données détaillées
sur les prix intérieurs ne sont pas disponibles. La même variation des 62Au niveau des produits, le ratio utilisé est celui des importations

prix relatifs a donc été appliquée à tous les produits d’un pays. des produits à la demande sectorielle.

Fonds monétaire international | Octobre 2016 113


PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : DEMANDE MODÉRÉE — SYMPTÔMES ET REMÈDES

Graphique de l’annexe 2.5.2. Contribution l’annexe 2.5.1). L’exclusion des effets fixes de période en-
des politiques commerciales et des chaînes traîne toutefois une augmentation de la contribution des
de valeur mondiales au ralentissement
de la croissance des importations réelles tarifs douaniers et de la participation aux chaînes de valeur
et nominales de biens mondiales. Ce résultat tient vraisemblablement au fait que
(Pourcentage) tous les pays enregistrent une réduction des coûts commer-
BCT Couverture des ALE Non prévue ciaux et une augmentation progressive de la participation
Tarifs douaniers Participation aux CVM aux chaînes de valeur mondiales.
Régression Régression Régression Ces mêmes spécifications ont été utilisées pour les im-
au niveau au niveau au niveau
des produits des produits des produits portations nominales (exprimées sous forme de leur taux
(5) (6) (7)
0,0 de croissance, de leur niveau et de leur part dans la de-
mande sectorielle). Dans ce cas encore, les résultats sont
–0,2
généralement similaires, les tarifs douaniers et les chaînes
–0,4 de valeur mondiales ayant une contribution plus élevée
–0,6 lorsque les effets temporels communs ne sont plus neu-
tralisés (tableau de l’annexe 2.5.2).
–0,8

–1,0
Annexe 2.6. Analyse au moyen
–1,2 du modèle de gravité du commerce
–1,4 Cette annexe présente des détails supplémentaires
–1,6 sur l’analyse empirique réalisée dans la section intitulée
«Le rôle des coûts commerciaux et des chaînes de valeur
–1,8
mondiales : informations tirées des données détaillées sur
–2,0 le commerce» au moyen du modèle de gravité du com-
Source : calculs des services du FMI. merce. Elle décrit de manière générale les données utili-
Note : BCT = barrière commerciale temporaire; ALE = accord sées et la méthodologie employée.
de libre-échange; CVM = chaînes de valeur mondiales.
Le graphique associe les liens historiques estimés entre
la croissance réelle et nominale des importations au niveau
des produits et la croissance des coûts commerciaux et de Données
la participation aux chaînes de valeur mondiales, et les
écarts entre le taux de croissance de ces facteurs durant La série de données utilisée pour le modèle de gravité
la période 2003–07 et durant la période 2012–15 afin
de calculer leurs contributions au ralentissement observé est une série élargie fondée sur la base de données sur les
des échanges. flux d’échanges bilatéraux par secteur présentée dans le
chapitre 2 des Perspectives de l’économie mondiale d’oc-
la demande et des prix relatifs ont également été testées. Il tobre 2010. La série a été prolongée au moyen des don-
est possible de justifier l’omission des effets fixes de période nées sur les flux d’échanges bilatéraux au niveau à quatre
parce que l’abaissement des barrières commerciales et le chiffres de la Classification internationale type, par indus-
développement des chaînes de valeur mondiales ont lieu à trie, révision 2, de la base de données Commodity Trade
la même époque dans les différents pays. Dans ce contexte, Statistics des Nations Unies. Elle couvre environ 780 pro-
l’inclusion d’effets fixes de période absorberait une fraction duits identifiés de manière distincte et les flux de leurs
importante des variations des mesures des politiques com- échanges bilatéraux sur la période 1998–2014. Aux fins
merciales et des chaînes de valeur mondiales. Dans la me- de l’analyse des relations entre le commerce et les chaînes
sure où la demande sectorielle (et son augmentation) est de valeur mondiales, les 780 flux d’échanges sectoriels
l’un des circuits par lesquels les politiques commerciales in- sont affectés aux 10 secteurs hors services figurant dans
fluent sur la croissance des importations, une spécification la base de données Eora Multi-Region Input-Output et
ne neutralisant pas l’effet de la demande sectorielle pour- regroupés sur cette base. Les flux d’échanges bilatéraux
rait également contribuer utilement à une évaluation cor- sectoriels ainsi obtenus sont associés à la base de données
recte de l’élasticité de la croissance des importations par Direction of Trade Statistics du FMI et à la base de don-
rapport à ces autres facteurs. nées de Head, Mayer et Ries (2010) sur les variables de
Les analyses réalisées montrent que les conclusions gravité. La participation des pays à des accords de libre-
sont généralement robustes lorsque différentes modifica- échange est actualisée au moyen de la base de données de
tions sont apportées aux spécifications estimées (tableau de l’OMC sur les accords commerciaux régionaux.

114 Fonds monétaire international | Octobre 2016


CHAPITRE 2 À QUOI TIENT LE RALENTISSEMENT DES ÉCHANGES MONDIAUX?

Tableau de l’annexe 2.5.1. Différentes spécifications des régressions des importations réelles au niveau de produits
A. Produit et pays
Variable dépendante (réelle) Demande
Niveau des d’importations
Période couverte : 2003–13 Croissance des importations importations par secteur
(1) (2) (3) (4) (5)
Barrières commerciales temporaires –0,031*** –0,037*** –0,036*** –0,033* –0,031*
(0,009) (0,009) (0,011) (0,017) (0,016)

Tarifs douaniers –0,016** –0,030*** –0,038*** –0,146*** –0,131***


(0,008) (0,008) (0,009) (0,022) (0,021)

Couverture des accords de libre-échange 0,106** 0,143*** 0,304*** 0,134*** 0,110***


(0,054) (0,053) (0,060) (0,013) (0,012)

Participation aux chaînes de valeur mondiales 0,095** 0,474*** 0,835*** 0,410*** 0,322***
(0,041) (0,038) (0,030) (0,058) (0,056)

Effets fixes pays x produit Oui Oui Oui Oui Oui


Effets fixes de période Oui Non Non Non Non
Neutralisation de la demande et des prix relatifs Oui Oui Non Non Non

R2 0,293 0,261 0,176 0,978 0,979


R 2 ajusté 0,208 0,173 0,077 0,975 0,977
Nombre d’observations 258.196 258.196 262.340 292.068 292.068
Source : calculs des services du FMI.
Note : La participation aux chaînes de valeur mondiales est une mesure de participation en amont, à savoir la valeur ajoutée étrangère des exportations
en proportion des exportations brutes. Dans les régressions faisant intervenir les produits, les pays et les niveaux, cette variable est calculée au niveau
sectoriel. Les erreurs-types sont regroupées au niveau produit–pays.
* p < 0,10; ** p < 0,05; *** p < 0,01.

Tableau de l’annexe 2.5.2. Différentes spécifications des régressions


des importations nominales au niveau de produits
A. Produit et pays
Variable dépendante (nominale) Demande
Niveau des d’importations
Croissance des importations importations par secteur
Période couverte : 2003–13 (1) (2) (3) (4) (5)
Barrières commerciales temporaires –0,029*** –0,037*** –0,035*** –0,020 –0,018
(0,007) (0,009) (0,011) (0,019) (0,018)

Tarifs douaniers –0,034*** –0,057*** –0,067*** –0,205*** –0,167***


(0,007) (0,007) (0,009) (0,021) (0,020)

Couverture des accords de libre-échange 0,205*** 0,325*** 0,534*** 0,218*** 0,186***


(0,055) (0,056) (0,063) (0,017) (0,016)

Participation aux chaînes de valeur mondiales 0,170*** 0,719*** 1,220*** 1,109*** 0,916***
(0,041) (0,043) (0,031) (0,065) (0,061)

Effets fixes pays x produit Oui Oui Oui Oui Oui


Effets fixes de période Oui Non Non Non Non
Neutralisation de la demande et des prix relatifs Oui Oui Non Non Non

R2 0,407 0,337 0,213 0,975 0,977


R 2 ajusté 0,338 0,260 0,122 0,972 0,975
Nombre d’observations 270.587 270.587 275.424 303.727 297.374
Source : calculs des services du FMI.
Note : La participation aux chaînes de valeur mondiales est une mesure de participation en amont, à savoir la valeur ajoutée étrangère des exportations
en proportion des exportations brutes. Dans les régressions faisant intervenir les produits, les pays et les niveaux, cette variable est calculée au niveau
sectoriel. Les erreurs-types sont regroupées au niveau produit–pays.
* p < 0,10; ** p < 0,05; *** p < 0,01.

Fonds monétaire international | Octobre 2016 115


PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : DEMANDE MODÉRÉE — SYMPTÔMES ET REMÈDES

Méthodologie ε​ˆ
​​ ​ i,e,s,t​​​  - ​​εˆ
​ i,e,s,t-1​​​  = γ + ​φ​ s​​ ​CVM​ i,e,s,t-1​​  + ​ϑ​ i,e,s,t​​,​ (A.2.6.3)
L’analyse est effectuée en trois étapes comme indiqué ou

ς​​​ˆ
ci-après.
​ i,e,s,t​​​  = γ + ​φ​ s​​ ​CVM​ i,e,s,t-1​​  + ​ϑ​ i,e,s,t​​,​ (A.2.6.4)
Première et deuxième étapes : estimation du modèle
de gravité et collecte des résidus où γ est une constante, ​​CVM​i,e,s,t-1​​​mesure la part décalée
d’une période des exportations à valeur ajoutée étrangère dans
La première étape de la méthode consiste à estimer les exportations brutes d’un secteur particulier d’une paire de
le modèle de gravité pour chaque année t (entre 2003 pays, et ​​ϑ​  i,e,s,t​​​dénote les erreurs indépendantes et identi-
et 2014) et pour le secteur s. Le modèle de gravité est quement distribuées. La procédure d’estimation permet de
tout d’abord estimé par niveau : prendre en compte les effets CVM, ​​φ​  s​​​, propres au secteur.
→ →
∀s, t:ln​Mi,e,s,t
​  ​​  = ​α​ i,s,t​​  + ​μ​ e,s,t​​  + ​​​β​ s,t Gravitéi,e,s,t + ​ε​ i,e,s,t​​, Les résultats de ce test sont présentés dans les co-
(A.2.6.1) lonnes (1), (4), (7), (10) et (13) des tableaux de l’an-
où lnMi,e,s,t est le logarithme des importations nominales nexe 2.6.1 (estimation de modèle de gravité par niveau)
entre l’importateur i et un exportateur e, ​​α​ i,s,t​​​ représente et 2.6.2 (estimation du modèle de gravité par taux de
les effets fixes de l’importateur, et ​​μ​ e,s,t les effets fixes de croissance) pour différents échantillons de pays et de sec-
→ teurs. Ils font état d’une robuste association positive entre
l’exportateur. Gravitéi,e,s,t est le vecteur des variables généra-
lement utilisées dans les modèles de gravité : la distance; le la croissance des échanges sectoriels et les liens avec les
décalage horaire entre les exportateurs et les importateurs; chaînes de valeur durant la période 2003–14.
et les indicateurs de contiguïté, à savoir une langue officielle Le deuxième test vise à déterminer si les échanges sec-
commune, une langue ethnique commune, une puissance toriels des paires de pays qui ont des liens très étroits avec
colonisatrice commune, une relation coloniale après 1945, les chaînes de valeur durant la période 2003–07 ont aug-
des échanges entre la puissance colonisatrice et la colonie, menté plus rapidement que les échanges sectoriels des
des échanges entre la colonie et la puissance colonisatrice, paires de pays affichant des liens plus ténus avec les chaînes
une relation coloniale actuelle, un accord commercial ré- de valeur aux différentes périodes considérées. Dans cet
gional, un système juridique commun, une religion com- exercice, l’analyse considère une mesure des liens avec les
mune, une monnaie commune et un système de préférence chaînes de valeur mondiales qui ne varie pas selon les pé-
généralisé. Enfin, ​​ε​i,e,s,t​​​est le terme d’erreur, qui est collecté riodes, et qui prend la valeur 1 si la participation moyenne
pour la troisième étape de l’analyse. aux chaînes de valeur mondiales pour un secteur et une
Le modèle de gravité est également estimé en taux de paire de pays particulière durant la période 2003–07 se
croissance annuelle pour 2004–14 : trouve dans le quartile supérieur de la distribution des liens
→ avec les chaînes de valeur (participation aux chaînes de va-
​∀s, t:ln​Mi,e,s,t
​  ​​  - ln​Mi,e,s,t-1
​  ​​  = ​σ​ i,s,t​​  + ​π​ e,s,t​​  + ​​​ω​ s,t​​​​  leur mondiales élevée). Il est alors procédé à l’estimation de

Gravitéi,e,s,t + ς​ i,e,s,t, l’équation de régression suivante :

(A.2.6.2) ε​​​ˆ
​ i,e,s,t​​​  - ​​εˆ
​ i,e,s,t-1​​​  = δ ​
où, de manière similaire, σ​  ​​ i,s,t​​​représente les effets fixes ​+ ​θ​  s​​ ​​​(​​Participation aux CVM élevée​)i,e,s,2003-07​​​ ​
de l’importateur, π​ e,s,t​​​les effets fixes de l’exportateur, ​+ ​ξ​ i,e,s,t​​​ (A.2.6.5)

Gravitéi,e,s,t est le même vecteur des variables de gravité ou
ς​​​ˆ
considérées précédemment, et ς​ i,e,s,t dénote les erreurs
​ i,e,s,t​​​  = δ + ​θ​ s​​ ​​​(​​Participation aux CVM élevée​)​​​ i,e,s,2003-07​​​ ​
indépendantes et identiquement distribuées, collectées
​+ ​ξ​ i,e,s,t​​,​ (A.2.6.6)
pour la troisième étape de l’analyse.
où δ est, dans ce cas encore, une constante et ​​ξ​ i,e,s,t​​​ repré-
Troisième étape : établissement d’une relation sente le terme d’erreur. L’estimation permet toujours de
entre les chaînes de valeur et la composante prendre en compte les effets des chaînes de valeur mon-
non expliquée de la croissance du commerce diales propres à chaque secteur, ​θ​ s​​​.
À la troisième étape, l’analyse vise à déterminer s’il Les résultats de ce test sont présentés dans les autres
existe une relation entre la valeur initiale des liens établis colonnes des tableaux de l’annexe 2.6.1 et 2.6.2. Le gra-
dans le cadre des chaînes de valeur entre deux pays dans phique 2.14 représente les résultats des colonnes (8)
un secteur particulier et la croissance des échanges dans et (9) de ces tableaux; les autres colonnes indiquent la ro-
le secteur de cette paire de pays. L’équation estimée, for- bustesse des résultats lorsque l’on utilise différents échan-
mulée avec les mêmes notations, est : tillons de pays et de secteurs.

116 Fonds monétaire international | Octobre 2016


Tableau de l’annexe 2.6.1. Lien entre l’intégration des chaînes de valeur mondiales et la croissance
annuelle nominale des importations établi à partir du modèle de gravité estimé à partir des niveaux
(Points de pourcentage, augmentation en glissement annuel de la croissance des importations nominales pour les secteurs de paires de pays)
Variable dépendante Croissance non prévue des importations bilatérales par année (modèle de gravité estimé au moyen des niveaux des importations nominales), 2003–14
(Pourcentage, en glissement annuel)
(1) (2) (3) (4)2 (5)2 (6)2 (7)3 (8)3 (9)3 (10)4 (11)4 (12)4 (13)5 (14)5 (15)5
Participation aux CVM (t – 1) 0,021** 0,027*** 0,026*** 0,028*** 0,032***
(0,008) (0,010) (0,010) (0,010) (0,012)
Variable fictive de forte
participation aux CVM1 1,403*** 1,256** 1,379* 0,857 1,103**
(2003–14)
(0,476) (0,499) (0,738) (0,759) (0,552)
Variable fictive de forte
participation aux CVM1 1,185** 1,289** 1,770** 1,251 1,693***
(avant 2012) [I]
(0,548) (0,591) (0,821) (0,793) (0,638)
Variable fictive de forte
participation aux CVM1 0,547 -0,064 -0,909 -0,929 –1,510*
× variable fictive après 2012 [II]
CHAPITRE 2

(0,838) (0,874) (1,351) (1,442) (0,900)


Constante –0,603** –0,474** –0,474** –1,046*** –0,709*** –0,709*** –0,910*** –0,539** –0,539** –1,017*** –0,524** –0,524** –1,243*** –0,761*** –0,761***
(0,281) (0,220) (0,220) (0,330) (0,238) (0,238) (0,311) (0,227) (0,227) (0,312) (0,225) (0,225) (0,350) (0,243) (0,243)
Forte participation aux CVM,
1,732** 1,225* 0,861 0,322 0,183
effet total (2012–14) [I + II]
(0,730) (0,741) (1,189) (1,300) (0,792)
Coefficient de Fisher 3,720*** 4,100*** 3,240*** 3,720*** 4,080*** 3,290*** 4,340*** 3,850*** 3,010*** 4,580*** 2,630*** 2,210*** 3,550*** 3,520*** 2,890***
Pondérations Oui Oui Oui Oui Oui Oui Oui Oui Oui Oui Oui Oui Oui Oui Oui
Secteurs par paires de pays 31.126 31.126 31.126 20.492 20.492 20.492 19.263 19.263 19.263 17.220 17.220 17.220 15.642 15.642 15.642
Nombre d’observations 364.968 364.968 364.968 252.064 252.064 252.064 229.799 229.799 229.799 204.260 204.260 204.260 202.293 202.293 202.293
Source : calculs des services du FMI.
Note : Les régressions permettent d’estimer conjointement les coefficients propres à chaque secteur (base de données Eora Multi-Region Input-Output), les erreurs-types étant regroupées par secteurs et paires de pays.
CVM = chaînes de valeur mondiales. La participation aux CVM est mesurée par la valeur ajoutée étrangère dans les exportations en proportion des exportations brutes. Les pondérations sont les niveaux des importations nominales.
1Variable fictive prenant la valeur 1 pour les secteurs par paires de pays situés dans le quartile supérieur de la distribution de la moyenne de la participation aux CVM dans le temps (ne varie pas en fonction de la période,

moyenne calculée sur la période 2003–07).


2Ne comprend pas les exportateurs de produits de base.
3Maintient les données des importateurs au moyen des tableaux d’entrées–sorties nationaux; voir Lenzen et al. (2013).
4Utilise le même échantillon de pays importateurs que l’analyse au niveau des produits.
5Exclut les exportateurs de produits de base et les pays à faible revenu, le secteur des produits de base et les valeurs aberrantes de participation aux CVM supérieures à 150 %.

Fonds monétaire international | Octobre 2016


* p < 0,10; ** p < 0,05; *** p < 0,01.

117
À QUOI TIENT LE RALENTISSEMENT DES ÉCHANGES MONDIAUX?
118
Tableau de l’annexe 2.6.2. Lien entre l’intégration des chaînes de valeur mondiales et la croissance annuelle nominale
des importations établi à partir du modèle de gravité estimé au moyen des taux de croissance
(Points de pourcentage, augmentation en glissement annuel de la croissance des importations nominales pour les secteurs de paires de pays)
Variable dépendante Croissance non prévue des importations bilatérales par année (modèle de gravité estimé au moyen des taux de croissance des importations nominales), 2003–14
(Pourcentage, en glissement annuel)
(1) (2) (3) (4)2 (5)2 (6)2 (7)3 (8)3 (9)3 (10)4 (11)4 (12)4 (13)5 (14)5 (15)5
Participation aux CVM (t – 1) 0,023*** 0,023*** 0,031*** 0,032*** 0,032***
(0,008) (0,010) (0,009) (0,010) (0,011)
Variable fictive de forte
participation aux CVM1 1,647*** 1,202** 1,067 2,131*** 0,975*
(2003–14)
(0,464) (0,502) (0,689) (0,621) (0,522)

Fonds monétaire international | Octobre 2016


Variable fictive de forte
participation aux CVM1 1,559*** 1,405** 1,397* 2,087*** 1,530**
(avant 2012) [I]
(0,578) (0,594) (0,792) (0,765) (0,632)
Variable fictive de forte
participation aux CVM1 0,229 –0,517 –0,767 0,113 –1,408
× variable fictive après 2012 [II]
(0,886) (0,851) (1,364) (1,474) (0,887)
Constante –0,598* –0,464** –0,464** –0,925** –0,651** –0,651** –1,017*** –0,451* –0,451* –1,075*** –0,547** –0,547** –1,335*** –0,837*** –0,837***
(0,308) (0,230) (0,230) (0,372) (0,273) (0,273) (0,341) (0,254) (0,254) (0,344) (0,256) (0,256) (0,349) (0,241) (0,241)
Forte participation aux CVM,
1,788** 0,888 0,630 2,200* 0,122
effet total (2012–14) [I + II]
PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : DEMANDE MODÉRÉE — SYMPTÔMES ET REMÈDES

(0,712) (0,730) (1,154) (1,165) (0,741)


Coefficient de Fisher 4,810*** 4,870*** 4,310*** 4,450*** 3,680*** 3,550*** 5,210*** 2,790*** 2,590*** 5,370*** 2,770*** 2,570*** 3,890*** 3,420*** 3,680***
Pondérations Oui Oui Oui Oui Oui Oui Oui Oui Oui Oui Oui Oui Oui Oui Oui
Secteurs par paires de pays 48.329 48.341 48.341 29.580 29.589 29.589 28.171 28.176 28.171 24.418 24.420 24.420 20.451 20.458 20.458
Nombre d’observations 446.968 448.302 448.302 297.500 298.202 298.202 266.479 266.992 266.479 231.657 232.040 232.040 228.559 228.954 228.954
Source : calculs des services du FMI.
Note : Les régressions permettent d’estimer conjointement les coefficients propres à chaque secteur (base de données Eora Multi-Region Input-Output), les erreurs-types étant regroupées par secteurs et paires de pays.
CVM = chaînes de valeur mondiales. La participation aux CVM est mesurée par la valeur ajoutée étrangère dans les exportations en proportion des exportations brutes. Les pondérations sont les niveaux des importations
nominales.
1Variable fictive prenant la valeur 1 pour les secteurs par paires de pays situés dans le quartile supérieur de la distribution de la moyenne de la participation aux CVM dans le temps (ne varie pas en fonction de la période,

moyenne calculée sur la période 2003–07).


2Ne comprend pas les exportateurs de produits de base.
3Maintient les données des importateurs au moyen des tableaux d’entrées–sorties nationaux; voir Lenzen et al. (2013).
4Utilise le même échantillon de pays importateurs que l’analyse au niveau des produits.
5Exclut les exportateurs de produits de base et les pays à faible revenu, le secteur des produits de base et les valeurs aberrantes de participation aux CVM supérieures à 150 %.

* p < 0,10; ** p < 0,05; *** p < 0,01.


CHAPITRE 2 À QUOI TIENT LE RALENTISSEMENT DES ÉCHANGES MONDIAUX?

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Fonds monétaire international | Octobre 2016 119


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120 Fonds monétaire international | Octobre 2016


CHAPITRE 2 À QUOI TIENT LE RALENTISSEMENT DES ÉCHANGES MONDIAUX?

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122 Fonds monétaire international | Octobre 2016


3
CHAPITRE
LA DÉSINFLATION MONDIALE SUR FOND
DE POLITIQUE MONÉTAIRE SOUS CONTRAINTE

Ces quelques dernières années, l’inflation a sensiblement s’explique par la faiblesse de la demande, une désinfla-
baissé dans nombre de pays. Le présent chapitre constate que tion temporaire n’a pas nécessairement de répercussions
la désinflation est généralisée dans l’ensemble des pays, des propres. Si elle amène les entreprises et les ménages à ré-
mesures et des secteurs, encore qu’elle soit plus forte dans le viser leurs estimations sur sa trajectoire, l’inflation peut
cas des biens échangeables que dans celui des services. Les toutefois, quand elle est constamment faible, avoir des re-
principaux éléments moteurs de la récente désinflation sont : tombées négatives. En particulier, lorsque les anticipations
un sous-emploi persistant des capacités et un fléchissement d’inflation à moyen terme baissent sensiblement, un cycle
des cours des produits de base. La plupart des mesures des an- déflationniste, dans lequel une demande hésitante et la
ticipations d’inflation à moyen terme dont on dispose n’ont déflation se renforcent mutuellement, peut s’amorcer. Le
pas beaucoup reculé jusqu’à présent. Cependant, la sensibilité pays peut, en fin de compte, être pris dans le piège de la
des anticipations aux évolutions inattendues de l’inflation déflation (déflation persistante qui empêche le taux d’in-
(indicateur du degré d’ancrage des anticipations d’inflation) térêt réel de tomber au niveau compatible avec le plein em-
a augmenté dans les pays où le taux directeur s’est rapproché ploi). En outre, il n’est pas souhaitable, même si la défla-
de sa valeur plancher effective. Si elle est modeste, cette aug- tion est évitée, que l’inflation s’oriente durablement vers
mentation donne bel et bien à penser que l’aptitude, telle des chiffres très bas : des taux d’intérêt nominaux faibles
qu’elle est perçue, des autorités monétaires à lutter contre une n’offrent guère de marge de manœuvre pour, s’il y a lieu,
désinflation persistante régresse éventuellement dans ces pays. assouplir la politique monétaire, le pays est toujours au
bord de la déflation et, étant donné la rigidité des salaires,
Dans de nombreux pays, l’inflation a régulièrement di- il est encore plus probable qu’un fléchissement de la de-
minué ces dernières années pour s’établir à des taux histori- mande entraîne la perte de beaucoup d’emplois.
quement bas (graphique 3.1). En 2015, elle était inférieure Il existe une relation étroite entre le risque de désinfla-
aux anticipations à long terme dans plus de 85 % d’un tion, qui peut être à l’origine du piège de la déflation ou
vaste échantillon de plus de 120 pays, dont 20 % connais- d’une inflation constamment peu élevée, et la façon dont
saient la déflation, c’est-à-dire enregistraient une chute du est perçue l’efficacité avec laquelle la politique monétaire
niveau global des prix des biens et services (graphique 3.2). fait converger l’inflation vers son objectif une fois les ef-
Si la récente baisse de l’inflation a coïncidé avec un effon- fets temporaires disparus. À l’heure actuelle, plusieurs fac-
drement des cours du pétrole et d’autres produits de base, teurs pourraient remettre en cause l’aptitude des banques
l’inflation sous-jacente (qui exclut les prix alimentaires et centrales à préserver l’ancrage des anticipations d’infla-
de l’énergie, catégories les plus instables) est restée plusieurs tion. En premier lieu, les chances que la politique moné-
années durant en deçà de la cible de la banque centrale taire stimule davantage la demande sont perçues comme
dans la plupart des grands pays avancés. étant de plus en plus limitées dans nombre de pays avancés
La désinflation peut avoir des causes multiples et n’est dont le taux directeur n’est pas éloigné de sa valeur plan-
pas forcément un sujet de préoccupation. Par exemple, cher effective. Deuxièmement, dans beaucoup de pays, le
une diminution temporaire de l’inflation, imputable à faible niveau de l’inflation reflète dans une certaine mesure
une baisse des cours de l’énergie tirée par l’offre, peut être l’évolution des prix à l’étranger, en particulier les impor-
bénéfique à l’ensemble de l’économie. Même lorsqu’elle tantes capacités de production de biens échangeables inu-
tilisées dans plusieurs grands pays1. Bien que la politique
Le présent chapitre a été rédigé par Samya Beidas-Strom, Sangyup
Choi, Davide Furceri (auteur principal), Bertrand Gruss, Sinem Kılıç
1L’investissement dans les secteurs des biens échangeables dans cer-
Çelik, Zsoka Koczan, Ksenia Koloskova et Weicheng Lian, avec le
concours de Jaebin Ahn, Elif Arbatli, Luis Catão, Juan Angel Garcia tains grands pays, la Chine notamment, a fortement augmenté après
Morales, Keiko Honjo, Benjamin Hunt, Douglas Laxton, Niklas la crise financière mondiale grâce en partie à une vaste politique de re-
Westelius et Fan Zhang, ainsi que de Hao Jiang et Olivia Ma. Refet lance macroéconomique. Cette augmentation s’appuyait sur des projec-
Gurkaynak a participé à la préparation de ce chapitre en qualité de tions de la demande intérieure et mondiale qui, par la suite, n’ont pas
consultant extérieur. Les observations de Jesper Linde et de Signe répondu aux attentes, laissant plusieurs secteurs manufacturiers avec
Krogstrup ont été vivement appréciées. d’importantes surcapacités (voir FMI, 2016b).

Fonds monétaire international | Octobre 2016 123


PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : DEMANDE MODÉRÉE — SYMPTÔMES ET REMÈDES

Graphique 3.1. Cours du pétrole et inflation Graphique 3.2. Part des pays à faible inflation
mesurée par les prix à la consommation (En pourcentage)
(En pourcentage) Un grand nombre de pays sont actuellement aux prises avec une inflation faible,
L’inflation a régulièrement baissé pour tomber à des niveaux historiquement voire la déflation.
bas ces dernières années dans les pays aussi bien avancés qu’émergents. En deçà de zéro En deçà de 1 %
Inflation mesurée par l’IPC, médiane En deçà de 2 % En deçà de la cible1
Inflation mesurée par l’IPC, écart interquartile 100
Variation des cours du pétrole (échelle de droite)
90
1
10 1. Pays avancés 60 80
9
8 40 70
7
6 20 60
5
0 50
4
3 –20 40
2
1 –40 30
0
–1 –60 20
1990 95 2000 05 10 16
10
2. Pays émergents2
10 60 0
9 1990 95 2000 05 10 15
8 40
Sources : Consensus Economics; calculs des services du FMI.
7 Note : Le graphique a été construit à partir d’un échantillon déséquilibré de 120 pays.
6 20 1
La cible renvoie aux anticipations d’inflation à long terme (dix ans) tirées de
5 Consensus Economics, ou aux prévisions d’inflation (à cinq ans) extraites de la base
0
4 de données des Perspectives de l’économie mondiale.
3 –20
2
1 –40 le risque que d’autres chocs de désinflation maintiennent
0 l’inflation à des niveaux continuellement bas et créent les
–1 –60
1990 95 2000 05 10 16 conditions propices au piège de la déflation est de plus en
Sources : Haver Analytics; calculs des services du FMI. plus un sujet de préoccupation.
Note : IPC = indice des prix à la consommation. Pour évaluer ces risques et enrichir le débat, les ques-
1
Allemagne, Australie, Autriche, Belgique, Canada, Corée, Danemark, Espagne,
tions ci-après sont examinées dans le présent chapitre :
Estonie, États-Unis, Finlande, France, Grèce, Hong Kong (RAS), Irlande, Islande,
Israël, Italie, Japon, Lettonie, Lituanie, Luxembourg, Norvège, Nouvelle-Zélande, •• Quelle est l’ampleur du récent recul de l’inflation d’un
Pays-Bas, Portugal, République slovaque, République tchèque, Royaume-Uni, pays à l’autre? Ce recul varie-t-il en fonction du type
Singapour, Slovénie, Suède et Suisse.
2
Afrique du Sud, Argentine, Brésil, Bulgarie, Chili, Chine, Colombie, Égypte,
de mesure (inflation globale, sous-jacente, ou par les
Équateur, Hongrie, Inde, Indonésie, Jordanie, Kazakhstan, Malaisie, Maroc, Mexique, salaires)?
Pérou, Philippines, Pologne, République dominicaine, Roumanie, Russie, Thaïlande, •• La diminution des cours des produits de base et le
Turquie et Venezuela.
sous-emploi des capacités expliquent-ils la dynamique
récente de l’inflation? Quel est le rôle joué par d’autres
monétaire d’un pays ne puisse guère lutter contre les pres- facteurs, dont les répercussions transfrontalières du sous-­
sions déflationnistes extérieures, sa crédibilité risque d’être emploi des capacités industrielles dans les grands pays3?
compromise si, sous les effets conjugués de la faiblesse des
3Le sous-emploi des capacités des industries lourdes et légères (pro-
prix à l’importation et de celle de la demande intérieure, le
duits de base inclus), causé par la faiblesse de la demande ou un excès
taux d’inflation demeure constamment en deçà de sa cible. d’offre imputable à un surinvestissement antérieur, se traduit par une
Après une longue période de stabilité, certaines mesures baisse des prix à la production et, dans le cas des biens échangés, de
des anticipations d’inflation à moyen terme2 ont donc ceux à l’exportation. Plusieurs études ont relevé les surcapacités im-
portantes de divers secteurs industriels (National Association of
baissé dans plusieurs pays avancés, surtout après le recul Manufacturers, 2016; Organisation de coopération et de dévelop-
des cours du pétrole en 2014 (graphique 3.3). Cela étant, pement économiques, 2015). Les estimations présentées dans l’en-
cadré 3.1 donnent à penser que le sous-emploi des capacités indus-
2Fondées sur l’indemnité pour inflation que contiennent les swaps trielles au premier trimestre de 2016 était de l’ordre de 5,5 % en Chine,
ou les obligations nominales à long terme. de 5 % au Japon et de 3 % aux États-Unis.

124 Fonds monétaire international | Octobre 2016


CHAPITRE 3 LA DÉSINFLATION MONDIALE SUR FOND DE POLITIQUE MONÉTAIRE SOUS CONTRAINTE

Graphique 3.3. Anticipations d’inflation sa cible, l’inflation pose des risques et que les autorités
à moyen terme et cours du pétrole doivent alors prendre un certain nombre de mesures.
(En pourcentage, sauf indication contraire)
Plus précisément,
Les anticipations d’inflation à moyen terme ont baissé récemment,
surtout depuis la forte chute des cours du pétrole en 2014. •• La désinflation est un phénomène généralisé.
L’inflation (globale ou sous-jacente) a ralenti dans de
Cours du pétrole (variation en pourcentage
d’une année sur l’autre, échelle de droite) nombreux pays et régions, les secteurs des biens échan-
Anticipations d’inflation à moyen terme1 geables étant plus touchés que dans ceux des services.
3,5 1. États-Unis 20
•• Le sous-emploi des capacités et les variations des cours
des produits de base sont les principaux éléments mo-
3,0 10
teurs du recul de l’inflation depuis la Grande Récession.
2,5 0
En outre, le sous-emploi des capacités industrielles
–10
2,0 constaté dans les grands pays exportateurs (comme le
–20
1,5 Japon, les États-Unis et, surtout, la Chine4) a peut-
–30
1,0
être contribué à ce recul en exerçant des pressions à la
–40
baisse sur les cours mondiaux des biens échangeables
0,5 –50
(encadré 3.1). Toutefois, ces facteurs ne peuvent à eux
0,0 –60 seuls expliquer le récent ralentissement de l’inflation, ce
2013 14 15 Mai
16 qui porte à croire que les anticipations d’inflation ont
2,5 2. Zone euro 20 peut-être plus diminué que ne le laissaient supposer les
10
indicateurs disponibles, ou que le sous-emploi des capa-
2,0
0
cités est plus fort qu’estimé dans certains pays.
•• La réaction des anticipations d’inflation à l’inflation
1,5 –10
inattendue a régressé au cours des deux dernières décen-
–20
1,0 nies dans les pays aussi bien avancés qu’émergents, du
–30
fait en partie des améliorations apportées aux cadres de
–40
0,5 politique monétaire. La sensibilité demeure plus impor-
–50
tante dans les seconds, ce qui semble indiquer qu’il est
0,0 –60
2013 14 15 Mai encore possible de les améliorer dans ces pays.
16 •• Cependant, dans les pays où le fonctionnement de la
Sources : Bloomberg L.P.; calculs des services du FMI.
1
Les anticipations d’inflation à moyen terme sont basées sur des swaps politique monétaire est entravé, les anticipations d’in-
d’inflation cinq ans/cinq ans. flation sont depuis peu moins sensibles aux variations
des cours du pétrole ou aux fluctuations inattendues
•• Les anticipations d’inflation sont-elles devenues plus de l’inflation elle-même.
sensibles aux résultats de l’inflation ces dernières années,
Nombre de pays avancés où l’inflation est faible et où
surtout dans les pays où le fonctionnement de la poli-
les capacités sont durablement sous-employées risquent
tique monétaire est perçu comme étant entravé? Quelle
de manquer de façon chronique leur cible d’inflation, ce
est l’ampleur du risque qu’un ralentissement de l’infla-
qui nuit à la crédibilité de leur politique monétaire. Afin
tion provoque une baisse des anticipations d’inflation?
d’éviter ce risque, les autorités doivent stimuler la de-
Comment le cadre de politique monétaire influe-t-il sur
mande et renforcer les anticipations. Le périmètre d’ac-
le degré d’ancrage des anticipations d’inflation?
tion étant limité, une approche globale et coordonnée
Le présent chapitre examine en premier lieu le coût permettant d’exploiter la complémentarité de tous les
potentiel d’une inflation constamment faible et d’une dé- instruments utilisables pour doper la demande et ampli-
flation, puis l’évolution de l’inflation dans les pays, ainsi fiant les effets des diverses actions engagées sous forme
que ses causes durant la dernière décennie. Il aborde en- de retombées transfrontalières positives serait la plus ef-
suite la sensibilité des anticipations d’inflation aux varia- ficace (Gaspar, Obstfeld et Sahay, à paraître). Elle de-
tions de l’inflation et l’influence des cadres de politique vrait être axée sur une politique monétaire constamment
monétaire sur cette sensibilité. 4La part de ces pays dans la production industrielle mondiale est im-
Les principales conclusions du chapitre semblent in- portante (approximativement 45 %) et dépasse même leur part dans le
diquer que, lorsqu’elle reste constamment en deçà de PIB mondial (environ 38 %).

Fonds monétaire international | Octobre 2016 125


PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : DEMANDE MODÉRÉE — SYMPTÔMES ET REMÈDES

accommodante de façon à préserver l’ancrage des antici- Désinflation inattendue


pations d’inflation à moyen terme (comportant l’engage- Une baisse non anticipée du taux d’inflation peut
ment transparent d’engager des actions plus énergiques nuire à la demande dans un pays très endetté en alour-
en cas de signes d’un désancrage des anticipations)5. dissant le fardeau réel de la dette des emprunteurs et
Cependant, il conviendrait de compléter la politique majorant le taux d’intérêt réel qu’ils doivent acquitter,
de détente monétaire par un dosage de mesures budgé- phénomène appelé la «déflation de la dette», et rendre
taires plus favorables à la croissance (de nature expansion- le désendettement plus difficile (voir l’édition d’oc-
niste dans les pays dotés d’un cadre budgétaire à moyen tobre 2016 du Moniteur des finances publiques).
terme crédible et d’un espace budgétaire disponible) L’alourdissement du fardeau réel du service de la dette de-
et des réformes structurelles stimulant la consomma- vrait être plus sensible en cas de déflation pure et simple.
tion et l’investissement grâce à une augmentation anti- Si elle accroît le patrimoine des créanciers, la dette a un
cipée des revenus et des bénéfices. Les pays où les salaires effet négatif sur l’économie, car il est peu probable que
stagnent et où les anticipations de déflation semblent en- ceux-ci augmenteront suffisamment leurs dépenses pour
racinées pourraient avoir recours à une politique de re- compenser les conséquences macroéconomiques des
venus (FMI, 2016a). Il faudrait éviter les mesures géné- pertes des débiteurs (Fisher, 1933). La baisse de valeur
ratrices de distorsions qui perpétuent les surcapacités, car, des garanties (y compris le prix des logements) dont s’ac-
non seulement elles pénalisent l’allocation des ressources compagne en général la déflation peut se traduire par une
et abaissent la qualité des actifs du système bancaire fi- réduction du patrimoine des propriétaires, voire un pa-
nancés par le crédit, mais aussi exercent des pressions dé- trimoine négatif, problème qu’amplifient des défaillances
sinflationnistes sur les autres pays. coûteuses. La déflation de la dette a des effets non seu-
Bien qu’une faible inflation soit un phénomène moins lement sur les titulaires d’hypothèques, les entreprises et
répandu dans les pays émergents, l’amélioration du cadre les banques, mais aussi sur les pays ayant souscrit des em-
de politique monétaire est aussi une priorité des autorités de prunts à long terme6.
nombre de ces pays. Des efforts supplémentaires déployés
pour renforcer la crédibilité, l’indépendance et l’efficacité Désinflation persistante et piège de la déflation
des banques centrales rehausseraient le degré d’ancrage des Une inflation constamment faible accroît le risque
anticipations d’inflation, accroissant ainsi la capacité de qu’un choc réduise le niveau global des prix et enferme le
lutter contre les forces déflationnistes dans certains pays et pays dans le piège de la déflation. Ce piège est toutefois
le dépassement des cibles d’inflation dans d’autres. loin d’être automatique, car il faut que les anticipations
d’inflation baissent fortement.
Si l’inflation est faible, un choc de désinflation, même
Coût de la désinflation, d’une inflation
léger, peut entraîner une chute des prix des biens et ser-
constamment faible et de la déflation :
vices. Lorsqu’ils s’attendent à ce que les prix continuent
notions élémentaires
de baisser, les agents économiques hésitent peut-être da-
L’inflation, si elle est constamment faible, la désinfla- vantage à dépenser (surtout pour acheter des biens du-
tion et la déflation peuvent éventuellement avoir, comme rables, ce type d’opération pouvant être différé), puisque
une forte inflation, de graves répercussions sur l’éco- le taux d’intérêt réel ex ante augmente et que la déten-
nomie d’un pays. Leur coût, ainsi que son niveau, dé- tion de liquidités génère un rendement réel positif. La
pend de leurs causes fondamentales, de leur ampleur et consommation et l’investissement sont remis à une date
de leur durée et, surtout, du degré d’ancrage des anticipa- ultérieure, provoquant une contraction de la demande
tions d’inflation. globale, qui amplifie les pressions déflationnistes. Un
cycle de déflation se déclenche alors, la faible demande et
5Plusieurs études empiriques ont montré que certaines mesures mo-
la déflation se renforçant mutuellement, et le pays risque
nétaires non classiques adoptées après la Grande Récession ont eu sur
les anticipations inflationnistes ou les prix des actifs des conséquences de tomber dans le piège de la déflation. Dans ce contexte,
importantes riches en informations. En particulier, un certain nombre
de travaux récents ont constaté l’existence d’effets considérables sur les 6Les répercussions sur les pays sont particulièrement importantes à

points morts d’inflation (Guidolin et Neely, 2010; Krishnamurthy et l’heure actuelle étant donné que, à mesure que la dette augmente, l’es-
Vissing-Jorgensen, 2011), les anticipations d’inflation tirées d’enquêtes pace budgétaire se réduit. Une progression constamment faible du dé-
(Hofmann et Zhu, 2013) et celles des entreprises (Cloyne et al., 2016), flateur du PIB et, en conséquence, du PIB nominal creuse le différentiel
ainsi que sur les taux d’intérêt et les prix des actifs (Krishnamurthy et de croissance des taux d’intérêt et alourdit un fardeau de la dette élevé.
Vissing-Jorgensen, 2011; Swanson, 2016; Wright, 2012; Yu, 2016). Pour plus de précisions, voir End et al. (2015).

126 Fonds monétaire international | Octobre 2016


CHAPITRE 3 LA DÉSINFLATION MONDIALE SUR FOND DE POLITIQUE MONÉTAIRE SOUS CONTRAINTE

Graphique 3.4. Pays avancés où la politique monétaire le comportement des prix et de la production peut de-
est sous contrainte et les anticipations d’inflation sont venir instable si la valeur plancher effective des taux d’in-
désancrées : effet des chocs de désinflation
térêt entrave la politique monétaire (voir, par exemple,
(Années après le choc sur l’axe des abscisses)
Benhabib, Schmitt-Grohé et Uribe, 2002; Cochrane,
Les chocs de déflation tirés par la demande peuvent avoir des effets négatifs
2016)7. Ces difficultés sont aggravées lorsqu’il n’est pas
particulièrement graves et persistants lorsque le fonctionnement de la politique possible d’utiliser facilement et efficacement la politique
monétaire est entravé et que les anticipations d’inflation perdent leur ancrage. budgétaire pour stimuler la demande.
L’aptitude des autorités monétaires à préserver l’ancrage
PIB Inflation sous-jacente
des anticipations d’inflation à moyen terme (c’est-à-dire à
Politique monétaire sous contrainte persuader les agents que l’inflation convergera finalement
Politique monétaire sous contrainte et anticipations d’inflation non ancrées vers sa cible une fois qu’auront disparu les effets de facteurs
0,4 1. États-Unis 2. États-Unis 0,4
temporaires) est cruciale pour atténuer les sujets de préoc-
0,2
(En pourcentage) (Points de pourcentage) cupation de cette nature. En fait, les simulations du mo-
0,2
dèle de l’annexe 3.2 montrent que, même si le fonctionne-
0,0 0,0
ment de sa politique monétaire est entravé, un pays peut
–0,2 –0,2
éviter le piège de la déflation après un choc de demande
–0,4 –0,4
aussi longtemps que les anticipations d’inflation à moyen
–0,6 –0,6
terme sont bien ancrées. Cependant, en cas de dérive des
–0,8 –0,8
anticipations, la période nécessaire pour sortir de la défla-
–1,0 –1,0
tion risque d’être très longue (graphique 3.4)8.
–1,2 –1,2
0 1 2 3 4 5 6 0 1 2 3 4 5 6
Inflation constamment faible
0,4 3. Zone euro 4. Zone euro 0,4 Le coût économique de l’inflation, quand elle est
(En pourcentage) (Points de pourcentage)
0,2 0,2 faible, pourrait être élevé même si le piège de la déflation
0,0 0,0 est évité. Il est possible d’estimer, lorsque l’inflation reste
–0,2 –0,2 en deçà de sa cible pendant une période prolongée, que
–0,4 –0,4 la banque centrale est prête à accepter plus longtemps un
–0,6 –0,6 tel niveau d’inflation, ce qui ramène en fait les anticipa-
–0,8 –0,8 tions d’inflation à moyen terme à des niveaux positifs,
–1,0 –1,0 mais en deçà de la cible.
–1,2
Le principal coût d’une inflation faible est une politique
–1,2
0 1 2 3 4 5 6 0 1 2 3 4 5 6 monétaire moins efficace. L’inflation limite alors l’aptitude
des autorités monétaires à réagir à un recul de la demande.
0,4 5. Japon 6. Japon 0,4
(En pourcentage) (Points de pourcentage) 7Les estimations de la probabilité d’une situation où le fonctionne-
0,2 0,2
ment de la politique monétaire est entravé et où la dynamique de la
0,0 0,0 production et des prix est instable varient considérablement en fonc-
–0,2 –0,2 tion des chocs envisagés. De précédentes études constatent que cette
–0,4 probabilité n’est pas négligeable et peut atteindre 5 à 10 % lorsque
–0,4
l’inflation est de l’ordre de 2 % et que des chocs financiers analogues
–0,6 –0,6 à ceux de 2007 et 2008 sont envisagés (Blanco, 2015; Chung et al.,
–0,8 –0,8 2012; Coibion, Gorodnichenko et Wieland, 2012; Williams, 2014).
Bien qu’elle soit plus difficile à estimer avec les modèles en vigueur dans
–1,0 –1,0
un contexte marqué par plusieurs années de valeur plancher effective
–1,2 –1,2 (comme à l’heure actuelle), cette probabilité est sans doute plus forte
0 1 2 3 4 5 6 0 1 2 3 4 5 6
que dans le cas des estimations précédentes, et les coûts économiques
sont probablement plus élevés.
Source : estimations des services du FMI. 8De nombreuses études théoriques (Buiter et Panigirzoglous, 1999;
Note : Le graphique indique l’écart de production et l’inflation sous-jacente par rapport Cochrane, 2016; Eggertsson et Woodford, 2003; Svensson, 2001;
à leur trajectoire de référence après une baisse temporaire de la demande intérieure. Werning, 2012) ont examiné le comportement d’un pays pris dans un
Dans tous les pays, la valeur plancher effective des taux d’intérêt nominaux est, long piège à liquidités alors que les prix varient peu (sont rigides) et ont
par hypothèse, une contrainte qui pèse sur la politique monétaire classique. L’autre proposé pour en sortir des solutions distinctes qui vont d’une combi-
scénario (courbes en rouge) suppose que les anticipations d’inflation subissent naison de diverses mesures (dévaluation, prolongation d’une politique
l’effet de chocs d’inflation correspondant aux observations empiriques présentées monétaire accommodante et ciblage des prix) à des mesures plus auda-
dans le chapitre. Pour plus de précisions, voir l’annexe 3.2. cieuses comme les taux d’intérêt négatifs ou la «monnaie-hélicoptère».

Fonds monétaire international | Octobre 2016 127


PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : DEMANDE MODÉRÉE — SYMPTÔMES ET REMÈDES

En cas de grave récession, il faut réduire sensiblement les Inflation globale


taux d’intérêt réels (taux nominal déduction faite du taux L’inflation a été incroyablement stable pendant la
anticipé d’inflation) pour rétablir le plein emploi et ra- Grande Récession (2008–10). En fait, si les précédentes
mener la production à son potentiel. Lorsque l’inflation récessions sont en général allées de pair avec une forte dé-
est normale, la banque centrale peut obtenir ce résultat en sinflation, l’inflation a dans l’ensemble montré sa résis-
abaissant le taux d’intérêt directeur nominal, mais, lorsque tance dans les pays avancés, même lorsque le chômage at-
les taux d’inflation et d’intérêt réels sont bas, sa marge de teignait des taux sans précédent depuis des décennies11.
manœuvre est étroite pour réduire les taux d’intérêt réels, Depuis 2011, toutefois, le taux d’inflation a com-
même si elle a recours à des instruments non classiques9. mencé à baisser dans nombre de pays avancés ou émer-
Une inflation faible entraîne aussi une hausse du gents. L’inflation globale (en d’autres termes, la variation
chômage en cas de chocs de demande. Lorsque la de- des prix d’une vaste gamme de biens et de services, dont
mande de biens et de services diminue, les entreprises les denrées alimentaires et l’énergie) a récemment at-
s’emploient à réduire leurs coûts. L’inflation facilite teint des niveaux historiquement bas dans beaucoup de
alors l’ajustement, car elle entraîne les salaires réels vers pays (graphique 3.5; encadré 3.3)12. Par ailleurs, de nom-
le bas, même dans un contexte de rigidité à la baisse breux pays avancés (dans la zone euro en particulier) ont
des salaires nominaux. Les salaires réels seraient moins connu une déflation pure et simple en 2015, et la baisse
flexibles lorsque l’inflation moyenne est faible. Dans ce des prix s’est encore plus généralisée au premier trimestre
cas, la réduction des coûts des entreprises prend vrai- de 2016. Dans beaucoup de pays émergents, l’inflation
semblablement la forme de suppressions d’emplois globale a aussi baissé fortement après la chute des cours
(Akerlof, Dickens et Perry, 1996; Bernanke, 2002; Calvo, du pétrole, malgré la forte dépréciation de la monnaie
Coricelli et Ottonello, 2012), car il est en général difficile de plusieurs de ces pays, même si, dans certains d’entre
d’abaisser les coûts en diminuant les salaires nominaux10. eux, l’inflation a en fait récemment augmenté comme
le confirme le creusement relatif de l’écart interquartile
En résumé : une croissance faible?
l’an dernier (plages 2, 4 et 6 du graphique 3.5)13. Divers
Si les coûts économiques susmentionnés sont difficiles pays émergents qui entretiennent des relations étroites
à chiffrer, la Grande Dépression et, plus récemment, la avec la zone euro et dont le taux de change est rattaché
déflation japonaise (FMI, 2003, encadré 3.2) semblent à l’euro ont également connu une certaine déflation.
indiquer qu’une inflation durablement faible et, plus par-
ticulièrement, une déflation persistante risquent d’assom- 11Si elle a bel et bien diminué pendant la crise, l’inflation globale a

brir les perspectives de croissance à moyen terme. rebondi rapidement. Un certain nombre d’hypothèses ont été avancées
pour expliquer cette résistance ou l’absence de désinflation («le chien qui
n’a pas aboyé»). Il convient notamment de citer l’amélioration de la cré-
Dynamique de l’inflation : caractéristiques dibilité des banques centrales, qui a contribué à la stabilisation de l’in-
flation en ancrant les anticipations d’inflation (Bernanke, 2010), une
et éléments moteurs récents relation plus faible entre le chômage cyclique et l’inflation, ce qui im-
plique un nivellement de la courbe de Phillips (chapitre 3 de l’édition
d’avril 2013 des Perspectives de l’économie mondiale) et une plus grande
Quelle est l’ampleur du recul de l’inflation? rigidité des salaires qui a empêché les salaires nominaux de régresser
On observe que l’inflation recule dans l’ensemble des aussi fortement que lors des précédentes récessions. En étant faible, l’in-
flation a par ailleurs aidé à bloquer les salaires réels (Daly, Hobijn et
pays et régions, ainsi que dans les différentes mesures. Lucking, 2012), et la hausse des cours des produits de base en 2011 a
Cette baisse est cependant plus marquée dans le secteur peut-être en partie compensé l’effet désinflationniste de l’augmentation
manufacturier que dans celui des services. Son ampleur du chômage cyclique (Coibion et Gorodnichenko, 2015).
12L’encadré 3.3 examine le rôle de la hausse des prix alimentaires et
dans les pays et le fait qu’elle est plus sensible dans le sec-
montre que, dans certains pays, notamment émergents ou en dévelop-
teur des biens échangeables font ressortir la nature mon- pement, la lenteur avec laquelle les cours alimentaires internationaux se
diale des forces désinflationnistes. sont répercutés sur l’inflation globale intérieure a atténué les pressions
exercées sur la déflation mondiale par les biens échangeables.
13Dans les pays émergents, l’inflation globale enregistre une tendance
9Même si des mesures monétaires non classiques, comme un assou- à la baisse attribuable en partie à une amélioration du cadre de politique
plissement quantitatif, sont adoptées, leur effet sur la production et les monétaire. Il est possible que la mondialisation ait contribué à un recul
taux d’intérêt à long terme est incertain (Williams, 2014). de l’inflation dans ces pays (FMI, 2006) en limitant la capacité de leur
10Selon Bernanke et Bewley (1999), une raison importante pour la- banque centrale à stimuler temporairement l’économie (Rogoff, 2003)
quelle les entreprises hésitent à comprimer les salaires nominaux est, et en augmentant le coût des mesures macroéconomiques imprudentes
semble-t-il, qu’elles jugent qu’une telle mesure porte atteinte au moral sous l’effet de la réaction défavorable des flux internationaux de capi-
des salariés. taux (Tytell et Wei, 2004).

128 Fonds monétaire international | Octobre 2016


CHAPITRE 3 LA DÉSINFLATION MONDIALE SUR FOND DE POLITIQUE MONÉTAIRE SOUS CONTRAINTE

Graphique 3.5. Inflation mesurée par les prix à la consommation Graphique 3.6. Part de l’évolution de l’inflation
(En pourcentage) mesurée par les prix à la consommation
expliquée par le premier facteur commun
Si elle a fortement diminué pendant la crise financière mondiale dans nombre (En pourcentage)
de pays, l’inflation a par la suite rebondi rapidement. Depuis 2011, toutefois,
on observe un ralentissement généralisé de l’inflation dans les pays aussi La part de l’évolution de l’inflation mesurée par les prix à la consommation
bien avancés qu’émergents. dans les pays avancés qui peut être attribuée à des facteurs mondiaux
a augmenté entre 2009 et 2015.
Médiane Médiane
Écart interquartile Écart interquartile 2000–08 2009–15

70
1. Pays avancés1 2. Pays émergents2
10 10
60
8 8
6 6
50
4 4
2 2 40
0 0
–2 –2 30
2000 05 10 16 2000 05 10 16
3
4. Pays émergents d’Asie4 20
10 3. Zone euro 10
8 8
10
6 6
4 4 0
Pays avancés Pays émergents ou Échantillon
2 2 en développement complet
0 0 Source : calculs des services du FMI.
–2 Note : Le graphique indique la part de l’évolution de l’inflation globale mesurée
–2
2000 05 10 16 2000 05 10 16 par les prix à la consommation qui est expliquée par le premier facteur commun
à partir d’une analyse de la composante principale. L’échantillon comprend
5. Autres pays avancés5 6. Autres pays émergents6 120 pays, dont 31 pays avancés.

10 10
8 8 La preuve d’un recul généralisé de l’inflation globale est
6 6 soutenue par l’analyse de la principale composante (gra-
4
phique 3.6). D’après les résultats de cette analyse, la
4
contribution du premier facteur commun (approxima-
2 2
tion de la composante «mondiale») à l’évolution de l’in-
0 0 flation globale a été sensiblement la même avant et après
–2 –2 la Grande Récession pour un échantillon complet d’en-
2000 05 10 16 2000 05 10 16
viron 120 pays. Cependant, elle a augmenté fortement
Sources : Haver Analytics; calculs des services du FMI. (passant de 47 à 60 %) dans les pays avancés entre 2009
Note : Les codes de pays utilisés dans les notes 1 à 6 sont ceux de l’Organisation
internationale de normalisation (ISO).
et 2015 en raison vraisemblablement du rôle important
1AUS, AUT, BEL, CAN, CHE, CZE, DEU, DNK, ESP, EST, FIN, FRA, GRC, HKG, ISL, ITA,
qu’ont joué les fortes variations des cours des produits de
IRL, ISR, JPN, KOR, LVA, LTU, LUX, NLD, NOR, NZL, PRT, SGP, SVK, SVN, SWE, GBR,
USA.
base dans l’inflation globale dans les pays essentiellement
2ARG, BGR, BRA, CHN, CHL, COL, DOM, ECU, EGY, HUN, IND, IDN, JOR, KAZ, MAR, importateurs nets de tels produits et de l’accélération syn-
MEX, MYS, PER, PHL, POL, ROU, RUS, THA, TUR, VEN, ZAF. chronisée du sous-emploi des capacités depuis la Grande
3AUT, BEL, DEU, ESP, EST, FIN, FRA, GRE, IRL, ITA, LTU, LUX, LVA, NLD, PRT, SVK,

SVN. Récession (annexe 3.3)14.


4CHN, IDN, IND, MYS, PHL, THA.
5AUS, CAN, CHE, CZE, DNK, GBR, ISL, ISR, JPN, KOR, NOR, NZL, SGP, SWE, USA.
6ARG, BGR, BRA, CHL, COL, DOM, ECU, EGY, HUN, JOR, KAZ, MAR, MEX, PER, POL,
14Des analyses supplémentaires utilisant une valeur moyenne de mo-
ROU, RUS, TUR, VEN, ZAF.
délisation bayésienne pondérée par les moindres carrés confirment que
les prix des produits de base sont, à la différence de plusieurs variables,
étroitement liés au premier facteur commun.

Fonds monétaire international | Octobre 2016 129


PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : DEMANDE MODÉRÉE — SYMPTÔMES ET REMÈDES

Graphique 3.7. Inflation sous-jacente mesurée Inflation sous-jacente, salaires


par les prix à la consommation et évolutions sectorielles
(En pourcentage)
La baisse de l’inflation sous-jacente ces dernières années a été généralisée L’inflation sous-jacente (c’est-à-dire la variation des prix
dans les diverses régions. des biens et services hors denrées alimentaires et énergie)
Médiane Médiane a aussi fortement diminué dans les divers pays et régions
Écart interquartile Écart interquartile (graphique 3.7). Cette mesure, qui saisit mieux que l’in-
flation globale la tendance sous-jacente de l’inflation, a ré-
1
10 1. Pays avancés 2. Pays émergents2 10 cemment dépassé celle de l’inflation globale étant donné
8
la baisse sensible des cours de l’énergie. Cependant, l’infla-
8
tion sous-jacente est revenue à un taux inférieur à la cible
6 6 de la banque centrale dans tous les pays avancés et, de-
puis 2016, dans plusieurs pays émergents.
4 4 S’ils ont progressé récemment, les salaires restent
2
faibles en dépit des améliorations apportées aux marchés
2
du travail (graphique 3.8). L’une des raisons de ce com-
0 0 portement timide, avancée par Daly et Hobijn (2015)
2000 04 08 12 16 2000 04 08 12 16
dans le cas des États-Unis, est peut-être que beaucoup
10 3. Zone euro3 4. Pays émergents d’Asie4 10 d’entreprises n’ont pas pu réduire suffisamment les sa-
laires pour éviter les plans de licenciements pendant la
8 8 récession de 2008–09, mais, à mesure qu’ils recommen-
çaient à embaucher, les employeurs ont pu contenir les
6 6
hausses de salaires de façon à se débarrasser efficacement
4 4 des «compressions salariales refoulées». Le ralentissement
cyclique des taux de participation au marché du travail
2 2 a peut-être permis de maîtriser les salaires pendant la re-
prise qui a suivi la récession.
0 0
2000 04 08 12 16 2000 04 08 12 16 Les évolutions sectorielles des prix à la production
dans les pays avancés montrent que, même si l’inflation
10 5. Autres pays avancés5 6. Autres pays émergents6 10 a récemment fléchi dans tous les secteurs, sa diminu-
tion a été plus forte lorsqu’elle est mesurée par les prix à
8 8
la production manufacturière (approximation classique
6 6 du prix des biens échangeables) (graphique 3.9)15. Cela
peut tenir à un effet plus sensible de la baisse des cours
4 4 des produits de base et des prix à l’importation dans le
secteur manufacturier, étant donné la place importante
2 2
qu’occupent les produits de base, ainsi que les intrants
0 0 importés, dans ce secteur (encadré 3.4), mais aussi, dans
2000 04 08 12 16 2000 04 08 12 16
le cas de certains grands pays avancés ou émergents, à la
Sources : Haver Analytics; calculs des services du FMI. surcapacité de l’industrie manufacturière (encadré 3.1).
Note : Les codes de pays utilisés dans les notes 1 à 6 sont ceux de l’Organisation Bien qu’il soit difficile d’établir une distinction entre
internationale de normalisation (ISO).
1AUS, AUT, BEL, CAN, CHE, CZE, DEU, DNK, ESP, EST, FIN, FRA, GRC, HKG, ISL, ITA, les composantes biens échangeables et biens non échan-
IRL, ISR, JPN, KOR, LVA, LTU, LUX, NLD, NOR, NZL, PRT, SGP, SVK, SVN, SWE, GBR, geables des indices des prix à la consommation, la
USA.
2ARG, BGR, BRA, CHN, CHL, COL, DOM, ECU, EGY, HUN, IND, IDN, JOR, KAZ, MAR,

MEX, MYS, PER, PHL, POL, ROU, RUS, THA, TUR, VEN, ZAF. 15Au cours de la période 1990–2016, la hausse des prix à la produc-
3AUT, BEL, DEU, ESP, EST, FIN, FRA, GRE, IRL, ITA, LTU, LUX, LVA, NLD, PRT, SVK,
tion a en règle générale été plus faible dans le cas des biens manufac-
SVN.
4CHN, IDN, IND, MYS, PHL, THA. turés, alors que celle des prix des services aux entreprises a été plus forte
5AUS, CAN, CHE, CZE, DNK, GBR, ISL, ISR, JPN, KOR, NOR, NZL, SGP, SWE, USA. (FMI, 2006). Pris ensemble, les biens manufacturés, les services aux en-
6ARG, BGR, BRA, CHL, COL, DOM, ECU, EGY, HUN, JOR, KAZ, MAR, MEX, PER, POL, treprises et les services d’utilité publique comptent pour environ 70 %
ROU, RUS, TUR, VEN, ZAF. dans un pays avancé typique de l’échantillon, les autres secteurs étant :
l’agriculture, l’industrie minière, le bâtiment et les services sociaux et
aux personnes, y compris les administrations publiques.

130 Fonds monétaire international | Octobre 2016


CHAPITRE 3 LA DÉSINFLATION MONDIALE SUR FOND DE POLITIQUE MONÉTAIRE SOUS CONTRAINTE

Graphique 3.8. Pays avancés : hausse inflationniste des salaires Graphique 3.9. Pays avancés : prix à la production sectoriels
(Variation d’une année sur l’autre des salaires nominaux, en pourcentage) (En pourcentage)

Malgré les améliorations apportées aux marchés du travail, la croissance Si, dans les pays avancés, l’inflation mesurée par les prix à la production a ralenti
des salaires reste faible dans de nombreux pays avancés. dans tous les secteurs, ce ralentissement a été particulièrement sensible
dans le cas de l’industrie manufacturière.
Médiane Écart interquartile IPP (médian) Ensemble des cours des produits de base1
IPP (interquartile) (échelle de droite)
Cours du pétrole (échelle de droite)
10 Pays avancés1
8 10 1. IPP manufacturière 100
6 8 80
4 6 60
2 4 40
0 2 20
–2 0 0
–4 –2 –20
–6 –4 –40
2000 02 04 06 08 10 12 14 15
–6 –60
2000 03 06 09 12 15
16 Zone euro2
12 10 2. IPP des services2
8 8
4 6
0 4
–4 2
–8 0
–12 –2
–16 –4
2000 02 04 06 08 10 12 14 15
–6
2000 03 06 09 12 15
10 Autres pays avancés3
8 Sources : Haver Analytics; Organisation de coopération et de développement
6 économiques, base de données pour l’analyse structurelle; calculs des services du FMI.
Note : L’échantillon comprend les pays suivants : Allemagne, Australie, Autriche,
4 Canada, Corée, Danemark, États-Unis, Finlande, France, Italie, Japon, Luxembourg,
2 Norvège et Royaume-Uni. IPP = indice des prix à la production.
1
Indice des prix utilisant des pondérations calculées à partir de la moyenne
0 des recettes d’exportation mondiales entre 2002 et 2004.
–2 2
Les services comprennent : le commerce de gros et de détail, l’hôtellerie
et la restauration, les transports, le stockage et les communications, la finance,
–4
l’assurance, l’immobilier et les services aux entreprises.
–6
2000 02 04 06 08 10 12 14 15

Sources : Organisation de coopération et de développement économiques; calculs


des services du FMI.
1
Allemagne, Australie, Autriche, Canada, Danemark, Espagne, Estonie, États-Unis,
Finlande, France, Irlande, Israël, Italie, Japon, Lettonie, Lituanie, Pays-Bas,
République tchèque, Royaume-Uni, Slovénie et Suède.
2
Allemagne, Autriche, Espagne, Estonie, Finlande, France, Irlande, Italie, Lettonie,
Lituanie, Pays-Bas et Slovénie.
3
Australie, Canada, Danemark, États-Unis, Israël, Japon, République tchèque,
Royaume-Uni et Suède.

Fonds monétaire international | Octobre 2016 131


PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : DEMANDE MODÉRÉE — SYMPTÔMES ET REMÈDES

comparaison entre les catégories de dépenses prouve Graphique 3.10. Pays avancés : prix à la consommation sectoriels
que la récente baisse des prix dans les pays avancés a été (En pourcentage)
beaucoup plus forte au niveau des biens échangeables
La hausse des prix à la consommation a plus ralenti dans le cas des biens
(graphique 3.10). En règle générale, la hausse des prix que dans celui des services, des baisses des prix non alimentaires étant
a nettement plus ralenti dans le cas des biens que dans observées dans la plupart des pays avancés.
celui des services. En fait, on a observé un recul généra- Médiane Écart interquartile
lisé du niveau moyen des prix des produits non alimen-
taires dans les pays avancés ces deux dernières années. Par 8 1. Denrées alimentaires
contre, la hausse des prix alimentaires a ralenti, mais reste 6
en général positive malgré le recul des cours internatio-
4
naux de ces produits pendant la même période, ce qui
2
laisse supposer une répercussion assez faible de ces cours
sur les prix intérieurs (encadré 3.3). 0
–2
–4
Comment expliquer le récent recul de l’inflation
–6
Dans quelle mesure la baisse des cours du pétrole et 2000 03 06 09 12 16
des autres produits de base et le sous-emploi des capacités
permettent-ils d’expliquer les récentes caractéristiques 8 2. Autres biens
de l’inflation? Quelle est l’importance de la transmission 6
transfrontalière des pressions déflationnistes exercées par 4
le sous-emploi des capacités industrielles des grands pays?
2
Quelle est la fraction de la désinflation qui ne peut s’ex-
0
pliquer par ces facteurs? Pour répondre à ces questions,
il est procédé à une analyse économétrique pour évaluer –2
la contribution de divers facteurs à l’évolution récente de –4
l’inflation. –6
2000 03 06 09 12 16
Le cadre empirique suit l’approche utilisée dans FMI
(2013) et Blanchard, Cerutti et Summers (2015), en se
8 3. Services
fondant sur la courbe de Phillips néokeynésienne hybride
6 Services hors logement
de Fuhrer (1995) et de Galí et Gertler (1999). Plus préci-
sément, la version ci-après de cette courbe est estimée16 : 4
2
​​π​ t​​  = ​γ​ t​​ ​​​πt​  e+ h​ + ​(​​1 - ​γ​ t​​ ​​)​​ ​π​​   ​​t̃ - 1​​  + θ​ t​​​ ​uc​ t​ ​  + ​μ​t​​ ​πm​ t​  ​ + ​ε​ t,​​​ (3.1)
0
où ​​πt​ ​​​est l’inflation mesurée par l’indice général des prix
–2
à la consommation; ​​​π​ te + h​​​ ​​​​sont les anticipations d’infla-
tion pour les années h (des anticipations à dix ans sont –4

utilisées dans la spécification de référence);  ​​π​​̃t​ -​  1​​​​ est la –6


2000 03 06 09 12 16
moyenne mobile de l’inflation au cours des quatre tri-
mestres précédents (afin de tenir compte de la persis- Sources : Haver Analytics; calculs des services du FMI.
tance de l’inflation); u​ ct​​  le chômage cyclique, en d’autres Note : L’expression «denrées alimentaire» couvre les aliments et les boissons,
termes le taux de chômage non accélérateur de l’inflation et «autres biens» les combustibles, l’achat de véhicules et toutes les catégories
relevant des groupes de dépenses suivants : vêtements et chaussures, électricité,
(NAIRU); et​​ ​​πm​ t​  ​​la hausse des prix relatifs à l’importa- gaz et autres combustibles, ameublement, équipement ménager et entretien courant.
tion (le déflateur de ces prix par rapport à celui du PIB) Toutes les autres catégories de prix à la consommation sont incluses dans les
«services». L’échantillon comprend les pays suivants : Allemagne, Autriche, Belgique,
Canada, Chypre, Corée, Danemark, Espagne, Estonie, États-Unis, Finlande, France,
16Il existe de nombreux travaux sur la possibilité d’utiliser la courbe
Grèce, Irlande, Islande, Italie, Japon, Lettonie, Lituanie, Luxembourg, Malte, Norvège,
de Phillips avec d’autres spécifications adaptées aux données, en particu- Pays-Bas, Portugal, République tchèque, Royaume-Uni, Slovaquie, Slovénie, Suède
lier pour les pays avancés (voir, par exemple, Ball et Mazumder, 2011; et Suisse.
Fuhrer, 1995; Stock et Watson, 2007). L’objectif de la spécification uti-
lisée en l’occurrence est d’être suffisamment polyvalente pour répondre
à un vaste échantillon de pays hétérogènes sur une longue période.

132 Fonds monétaire international | Octobre 2016


CHAPITRE 3 LA DÉSINFLATION MONDIALE SUR FOND DE POLITIQUE MONÉTAIRE SOUS CONTRAINTE

pour prendre en compte leurs effets, prix des produits de des années 90 (graphique 3.11)20, une exception notable,
base inclus, sur les prix intérieurs à la consommation; et ​​ surtout dans le cas des pays avancés, étant le degré auquel
ε​ t​​​saisit les retombées d’autres facteurs, comme les fluc- l’inflation est tirée par les anticipations à long terme, et
tuations de l’inflation causées par des chocs d’offre tem- non l’inflation passée. Le coefficient estimé de l’inflation
poraires, ou l’erreur de mesure d’autres variables de la anticipée (γ​)​​​​a régulièrement augmenté jusqu’à la Grande
spécification, en particulier celles qui ne sont pas obser- Récession, puis a baissé et se chiffre actuellement à des
vables, comme les anticipations d’inflation et le chômage niveaux comparables à ceux du début des années 90 (en-
cyclique17. Le coefficient γ saisit la mesure dans laquelle viron 0,6)21. La hausse de l’inflation retardée qui en est
l’inflation est tirée par les anticipations d’inflation à long résultée (​​1 – γ)​​​​laisse supposer que l’inflation est désor-
terme, et non l’inflation retardée; ​θ indique la vigueur de mais davantage rétrospective. Cela sous-entend que les
la relation entre le chômage cyclique et l’inflation (pente effets du chômage cyclique et des prix à l’importation sur
de la courbe de Phillips); et µ​représente les effets des prix l’inflation sont devenus plus persistants au cours de la pé-
relatifs à l’importation sur l’inflation. riode récente.
L’estimation tient compte des variations chronolo- Malgré une certaine hétérogénéité entre les pays, les ré-
giques dans tous les paramètres afin de saisir les muta- sultats des décompositions pays par pays montrent que le
tions structurelles possibles de chaque pays18. Le mo- ralentissement du chômage et la faiblesse des prix à l’im-
dèle est estimé pour chaque pays avancé ou émergent portation sont, en règle générale, les facteurs les plus im-
pour lequel des données sont diffusées, de sorte que l’on portants qui expliquent les écarts avec les cibles d’inflation
obtient une série de 44 pays pour la période comprise dans les pays avancés depuis la Grande Récession (gra-
entre le premier trimestre de 1990 et le premier trimestre phique 3.12). En revanche, l’évolution des anticipations
de 2016. Les estimations sont alors utilisées pour évaluer d’inflation à long terme (mesurées à dix ans par des prévi-
la contribution du ralentissement du marché du travail et sionnistes professionnels) a joué un rôle limité, encore qu’il
des prix à l’importation à la dynamique récente de l’infla- soit, semble-t-il, plus important lorsque des anticipations à
tion dans chaque pays19. des horizons plus courts sont utilisées (voir l’annexe 3.4).
Avant d’examiner les facteurs qui ont contribué à la ré- Bien que les paramètres puissent varier dans le temps, ce
cente baisse de l’inflation, il est utile de se demander si les qui permet de saisir d’éventuelles non-linéarités (Swamy et
paramètres de la courbe de Phillips se sont modifiés dans Mehta, 1975), les résidus du modèle («autres» dans le gra-
le temps. Les résultats donnent à penser qu’ils sont dans phique 3.12) ont de plus en plus contribué à la baisse de
l’ensemble stables et, en particulier, rien n’indique que la l’inflation ces dernières années. Cela pourrait tenir à une
pente de la courbe de Phillips ait fléchi depuis le milieu multitude de facteurs, dont des erreurs de mesure dans
certaines variables explicatives. En particulier, les antici-
pations de ceux qui fixent effectivement les prix ont peut-
17Certaines études utilisent, pour estimer une courbe de Phillips, être plus régressé que celles des prévisionnistes profession-
l’inflation sous-jacente ou celle mesurée par les prix à la production ou nels (Coibion et Gorodnichenko, 2015). Par ailleurs, une
le déflateur du PIB. Cependant, étant donné que, dans le cas de nom-
sous-estimation du ralentissement du chômage pourrait se
breux pays, les mesures des anticipations ne sont disponibles que pour
l’inflation mesurée par les prix à la consommation (en fonction de la- traduire par des résidus plus importants22.
quelle la banque centrale établit en général sa cible), l’équation (3.1) Par ailleurs, les résultats semblent aussi indiquer que
est estimée à partir de cette inflation. Le terme représentant les antici- l’inflation n’a pas reculé davantage dans les pays déve-
pations dans l’équation devrait, dans l’idéal, saisir celles des entreprises
qui fixent les prix des biens de consommation et des services. Les prévi- loppés entre 2008 et 2012 parce que les retombées po-
sions d’inflation des entreprises n’étant pas largement diffusées, l’analyse sitives des prix à l’importation, notamment les cours du
utilise les projections d’inflation à long terme (à dix ans) des prévision-
nistes professionnels publiées dans Consensus Economics (l’annexe 3.4 20Cette conclusion cadre avec celle du chapitre 3 de l’édition

examine le choix de l’horizon de prévision et la robustesse des résultats d’avril 2013 des Perspectives de l’économie mondiale et de Blanchard,
aux différentes mesures). Cerutti et Summers (2015), qui montrent que le nivellement de la
18Par exemple, les améliorations apportées à la conduite de la poli- courbe de Phillips entre les années 60 et les années 2000 était largement
tique monétaire, ainsi que des facteurs structurels comme la mondiali- achevé au milieu des années 90.
sation et l’évolution des rigidités des marchés des produits et du travail, 21La conclusion que le paramètre a augmenté pendant les années 90

ont peut-être modifié la sensibilité de l’inflation aux fluctuations de la cadre avec de précédents travaux, dont FMI (2013), qui constate que le
production intérieure (voir le chapitre 3 de l’édition d’avril 2006 des lien entre l’inflation courante et l’inflation passée a commencé à se ren-
Perspectives de l’économie mondiale et les références qui sont mention- forcer depuis la Grande Récession.
nées; Rogoff, 2003). 22La démarche suivie à l’annexe 3.4 montre que, s’ils ne sont pas en gé-
19Les déterminants de l’inflation sont décomposés de la même façon néral sensibles à d’autres mesures possibles du chômage cyclique, les résul-
que dans Yellen (2015). Pour plus de précisions, voir l’annexe 3.4. tats le sont quelque peu aux anticipations inflationnistes à divers horizons.

Fonds monétaire international | Octobre 2016 133


PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : DEMANDE MODÉRÉE — SYMPTÔMES ET REMÈDES

Graphique 3.11. Courbe de Phillips : estimations des paramètres Graphique 3.12. Contribution aux écarts par rapport
aux cibles d’inflation : pays avancés
Les résultats des estimations semblent indiquer que le degré d’ancrage de l’inflation (En pourcentage)
sur les anticipations à long terme a augmenté dans les années 90 et au début
des années 2000, avant de revenir plus récemment vers le niveau atteint au début
des années 90. Les autres paramètres, y compris la pente de la courbe de Philips, Le chômage cyclique et le faible niveau des prix à l’importation sont peut-être
ont été dans l’ensemble stables. à l’origine de la majeure partie de l’écart par rapport aux cibles d’inflation dans
les pays avancés depuis la crise financière mondiale, mais, depuis peu, d’autres
Pays avancés Pays émergents facteurs non expliqués jouent un rôle de plus en plus important.
Médiane Médiane
Écart interquartile Écart interquartile 2,0 1. Moyenne transnationale, 2000–15
Anticipations d’inflation (γ) 1,5 Anticipations d’inflation Hausse des prix relatifs
en deçà de la cible1 à l’importation, en dollars
1,0
1,0 1. 2. 1,0 Taux de change2 Chômage cyclique
0,5 Autres Inflation en deçà de la cible1
0,8 0,8 0,0
–0,5
0,6 0,6 –1,0
–1,5
0,4 0,4
–2,0
2000–07 08–12 13 14 15
0,2 0,2
2. Distribution transnationale, 2015
0,0 0,0 0,5 Moyenne Moyenne
1990 94 98 2002 06 10 13 16 : 2000 02 04 06 08 10 12 15 :
T1 T4
0,0
Chômage cyclique (θ)
1,6 3. 4. 1,6 –0,5
1,4 1,4
1,2 1,2 –1,0
1,0 1,0
0,8 0,8 –1,5
Chômage Hausse des Taux de Autres Anticipations
0,6 0,6 cyclique prix relatifs à d’inflation
change2
0,4 0,4 l’importation, en deçà
en dollars de la cible1
0,2 0,2
0,0 0,0 Sources : Consensus Economics; Haver Analytics; Organisation de coopération
1990 94 98 2002 06 10 13 16 : 2000 02 04 06 08 10 12 15 : et de développement économiques; calculs des services du FMI.
T1 T4 Note : À la plage 2, les traits verticaux indiquent les écarts interquartiles. L’échantillon
est défini au tableau de l’annexe 3.1.1. L’Estonie, la Lettonie, la Lituanie, la République
Hausse des prix relatifs à l’importation (μ) slovaque et la Slovénie ne sont pas prises en compte (observations aberrantes).
1
La cible se réfère à la moyenne des anticipations d’inflation à long terme sur
0,14 5. 6. 0,14 la période 2000–07, qui sont tirées de Consensus Economics (anticipations à dix ans)
ou des prévisions des Perspectives de l’économie mondiale (anticipations à cinq ans).
0,12 0,12 2
Le taux de change est défini comme étant la valeur de la monnaie par rapport
0,10 0,10 au dollar.

0,08 0,08
0,06 0,06
0,04 0,04
0,02 0,02
0,00 0,00
1990 94 98 2002 06 10 13 16 : 2000 02 04 06 08 10 12 15 :
T1 T4

Sources : Consensus Economics; Haver Analytics; Organisation de coopération


et de développement économiques; calculs des services du FMI.
Note : L’échantillon est défini au tableau de l’annexe 3.1.1. Le Venezuela
n’est pas pris en compte faute de données.

134 Fonds monétaire international | Octobre 2016


CHAPITRE 3 LA DÉSINFLATION MONDIALE SUR FOND DE POLITIQUE MONÉTAIRE SOUS CONTRAINTE

Graphique 3.13. Contribution aux écarts par rapport pétrole, ont en partie compensé l’effet désinflationniste
aux cibles d’inflation : pays émergents de l’important ralentissement du marché du travail23.
La désinflation observée dans les pays émergents où, récemment, l’inflation se En conséquence, lorsque que les prix à l’importation ont
situait en deçà des anticipations à long terme tient peut-être en grande partie au amorcé leur chute en 2012, l’inflation a commencé à flé-
sous-emploi des capacités et au faible niveau des prix à l’importation. Par contre,
la dépréciation du taux de change et d’autres facteurs non expliqués ont joué un
chir, et ses cibles n’ont pas été atteintes.
rôle clé dans ceux de ces pays où l’inflation dépassait les anticipations à long terme. Dans le cas des pays émergents, la décomposition fait
Moyenne transnationale, 2000–15 ressortir une hétérogénéité significative. Dans les pays où
l’inflation est récemment tombée en deçà des anticipa-
Anticipations d’inflation Hausse des prix relatifs
en deçà de la cible1 à l’importation, en dollars tions à long terme, le ralentissement du marché du tra-
Taux de change2 Chômage cyclique vail, les prix à l’importation et, dans une moindre me-
Autres Inflation en deçà de la cible1
sure, l’appréciation de la monnaie expliquent en règle
1. Pays où l’inflation se situait 2. Pays où l’inflation dépassait générale l’essentiel de la récente baisse (plage 1 du gra-
8 8
en deçà des anticipations les anticipations à long
6 à long terme en 20153 terme en 20154 6 phique 3.13). Par contre, la dépréciation de la monnaie,
notamment dans les pays exportateurs de produits de
4 4
base, a contribué à une hausse de l’inflation dans les pays
2 2
émergents, où elle dépasse actuellement les anticipations
0 0 à long terme. Dans ces économies, les résidus du modèle
–2 –2 sont particulièrement importants ces dernières années
–4 –4 (plage 2 du graphique 3.13,), sous l’effet vraisemblable-
–6
ment d’une plus grande erreur de mesure des anticipa-
–6
2000–07 13 15 2000–07 13 15 tions inflationnistes, ainsi que, parfois, des variations des
08–12 14 08–12 14
prix administrés24. Comme dans le cas des pays avancés,
Distribution transnationale, 2015 le rôle joué par ces facteurs varie selon les pays (plages 3
Moyenne Médiane et 4 du graphique 3.13).
Étant donné le rôle important joué par les prix à l’im-
8 3. Pays où l’inflation se situait 4. Pays où l’inflation dépassait 8
en deçà des anticipations les anticipations à long portation, le sous-emploi croissant des capacités du sec-
6 à long terme en 20153 terme en 20154 6 teur des biens échangeables dans les grands pays et les
4 4 partenaires commerciaux systémiques (comme la Chine,
le Japon et les États-Unis; voir l’encadré 3.1) soulève une
2 2
question intéressante : les répercussions du sous-emploi
0 0 des capacités industrielles dans les grands pays sont-elles
une cause importante de la baisse des prix à l’importa-
–2 –2
tion et de l’inflation25? Une analyse approfondie semble
–4 –4 suggérer que c’est peut-être le cas. Dans beaucoup de
Chômage cyclique

Hausse des prix relatifs à


l’importation, en dollars

Taux de change2

Autres

Anticipations d’inflation
en deçà de la cible1

Chômage cyclique

Hausse des prix relatifs à


l’importation, en dollars

Taux de change2

Autres

Anticipations d’inflation
en deçà de la cible1

pays avancés ou émergents, il existe une corrélation entre


la contribution à l’inflation des prix à l’importation et
le sous-emploi des capacités industrielles en Chine, aux
États-Unis et au Japon. La corrélation moyenne avec
ce sous-emploi dans ces trois pays est importante et est
Sources : Consensus Economics; Haver Analytics; Organisation de coopération
et de développement économiques; calculs des services du FMI.
Note : Aux plages 3 et 4, les traits verticaux indiquent les écarts interquartiles.
L’échantillon est défini au tableau de l’annexe 3.1.1. Le Venezuela n’est pas pris 23Coibion et Gorodnichenko (2015) et Yellen (2015) trouvent des
en compte faute de données, de même que l’Ukraine (observations aberrantes). résultats analogues pour les États-Unis.
1
La cible se réfère à la moyenne des anticipations d’inflation à moyen terme sur la 24En fait, les tests de robustesse à l’annexe 3.4 montrent que les ré-
période 2000–07, qui sont tirées de Consensus Economics (anticipations à dix ans)
sidus varient considérablement selon les différentes mesures des antici-
ou des prévisions des Perspectives de l’économie mondiale (anticipations à cinq ans).
2
Le taux de change est défini comme étant la valeur de la monnaie par rapport pations d’inflation et sont moins importants lorsque des anticipations à
au dollar. des horizons plus courts sont utilisées.
25Un pays peut accepter tel quel le prix de ses importations, mais le
3
Bulgarie, Chine, Hongrie, Malaisie, Mexique, Philippines, Pologne, Roumanie
et Thaïlande. monde pris dans son ensemble n’a pas de prix à l’importation. Les va-
4
Argentine, Brésil, Chili, Colombie, Inde, Indonésie, Pérou, Russie et Turquie. riations de ces prix dépendent du degré d’excès de l’offre ou de la de-
mande sur des marchés des services et des biens échangeables mondia-
lement intégrés.

Fonds monétaire international | Octobre 2016 135


PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : DEMANDE MODÉRÉE — SYMPTÔMES ET REMÈDES

particulièrement forte dans le cas de la Chine (plage 1 du Graphique 3.14. Relation entre le sous-emploi
graphique 3.14; graphique de l’annexe 3.4.3)26, 27. des capacités manufacturières en Chine, aux États-Unis
Il n’est pas possible de déduire de relations de cause et au Japon et la contribution à l’inflation des prix
à effet de ce simple exercice, car de nombreux facteurs à l’importation dans les autres pays
(En points de pourcentage)
pourraient être à l’origine du sous-emploi des capacités
La faiblesse de l’inflation dans un grand nombre de pays est associée
manufacturières dans chacun de ces grands pays (y com- au sous-emploi des capacités manufacturières aux États-Unis,
pris la faiblesse de la demande dans les autres pays) ou y au Japon et, plus particulièrement, en Chine.
être associés (par exemple la baisse des cours internatio- Moyenne Chiffre médian
naux du pétrole) et, en conséquence, fausser les résultats.
En fait, la corrélation conditionnelle entre ce sous-­emploi 0,05 1. Relations bidimensionnelles
et la contribution à l’inflation des prix à l’importation
0,00
est beaucoup plus faible lorsque d’autres variables mon-
diales, comme les cours du pétrole et la situation de la –0,05
demande, sont également prises en compte (plage 2 du
graphique 3.14; graphiques de l’annexe 3.4.3 et 3.4.4). –0,10
Néanmoins, la corrélation avec le sous-emploi des capa-
–0,15
cités manufacturières en Chine demeure importante et
économiquement significative : la récente aggravation –0,20
Sous-emploi en Chine1 Sous-emploi au Japon1 Sous-emploi
d’environ 5 points de pourcentage de ce sous-­emploi aux États-Unis1
serait plus ou moins associée à une baisse d’environ
0,05 2. Sous-emploi des capacités manufacturières
0,2 point de pourcentage de l’inflation dans les pays en Chine : exercices de robustesse
avancés ou émergents, contre 0,5 point lorsque l’estima- 0,00
tion ne neutralise pas les effets de la situation mondiale28.
En résumé, bien que le présent chapitre ne couvre pas –0,05
tous les éléments moteurs du sous-emploi des capacités
–0,10
manufacturières dans le monde, ces conclusions donnent
à penser que ce sous-emploi dans les grands pays peut in- –0,15
tensifier les pressions déflationnistes dans les autres pays.
–0,20
Sous-emploi en Chine1 Sous-emploi en Chine2 Sous-emploi en Chine3
26Les retombées du sous-emploi des capacités industrielles ne
peuvent être directement vérifiées dans le cadre empirique, les estima-
tions fiables à ce sujet n’étant disponibles qu’à partir du milieu des an- Sources : Consensus Economics; Haver Analytics; Organisation de coopération
nées 2000 (voir l’encadré 3.1). Afin de ne pas abréger la période d’esti- et de développement économiques; calculs des services du FMI.
Note : Les lignes verticales représentent les écarts interquartiles. Le graphique
mation de la courbe de Phillips, l’analyse procède à une régression, pays
indique les moyennes, les médianes et les écarts interquartiles des coefficients
par pays, de la contribution des prix à l’importation sur les mesures de de sous-emploi des capacités manufacturières tirés des régressions propres
ce sous-emploi en Chine, aux États-Unis et au Japon. Pour plus de pré- aux pays. Pour les spécifications des régressions, voir l’annexe 3.4.
cisions sur le cadre d’estimation, ainsi que sur les tests de robustesse, 1
Aucun effet neutralisé.
voir l’annexe 3.4. 2
Neutralisation des effets du sous-emploi des capacités manufacturières
27La liaison entre les contributions des prix à l’importation et le dans les deux autres pays, des variations des cours du pétrole et de l’écart
sous-emploi des capacités manufacturières en Chine semble plus forte de production mondiale.
dans les pays avancés que dans les pays émergents (voir le graphique de
3
Neutralisation des effets de l’écart de production mondiale et des variations des
l’annexe 3.4.3). cours du pétrole pendant le trimestre actuel et les quatre trimestres précédents.
28La corrélation entre la contribution à l’inflation des prix à l’impor-

tation et le sous-emploi des capacités manufacturières en Chine est né-


gative pour 84 % des pays de l’échantillon, et des résultats complémen- Les anticipations d’inflation
taires des régressions de panel confirment la signification statistique de
cette conclusion (voir l’annexe 3.4). Une analyse approfondie constate
sont-elles bien ancrées?
que cette corrélation est plus forte dans les pays qui entretiennent des Les précédents résultats semblent indiquer que nombre
liens commerciaux plus étroits avec la Chine, ce qui constitue un élé-
de pays n’ont pu atteindre leur cible d’inflation ces der-
ment de preuve supplémentaire des retombées directes imputables aux
biens négociables. Cependant, le sous-emploi des capacités en Chine nières années à cause en grande partie du sous-emploi des
pourrait exercer sur le prix des biens échangeables intérieurs des autres capacités et de la forte baisse du cours mondial des biens
pays (lorsqu’il est fixé sur les marchés mondiaux) des pressions désinfla- échangeables. La contribution des anticipations d’infla-
tionnistes plus importantes que celles que saisissent les prix à l’importa-
tion. En fait, la corrélation entre les résidus du modèle et le sous-emploi tion à long terme à la dynamique de l’inflation a été beau-
des capacités manufacturières en Chine est statistiquement significative. coup plus faible récemment, encore que les résultats soient

136 Fonds monétaire international | Octobre 2016


CHAPITRE 3 LA DÉSINFLATION MONDIALE SUR FOND DE POLITIQUE MONÉTAIRE SOUS CONTRAINTE

quelque peu sensibles à l’horizon de ces anticipations. Les mesures des anticipations d’inflation des prévision-
Cependant, toute forte régression de ces anticipations, nistes professionnels tirées d’enquêtes (comme celles de
même sous l’effet d’un choc temporaire, mènerait à une Consensus Economics) sont disponibles à des horizons
longue période de désinflation, surtout si le fonctionne- divers pour une vaste série de pays, alors que les enquêtes
ment de la politique monétaire est entravé29. sur les anticipations des ménages (comme celle de l’uni-
En conséquence, l’une des questions clés qui se pose versité du Michigan pour les États-Unis) ne portent que
actuellement est de savoir si les anticipations d’inflation sur quelques pays avancés.
sont bien ancrées. En particulier, a-t-on des raisons de Les mesures des anticipations d’inflation fondées sur le
penser que l’évolution récente de l’inflation influe sur les marché peuvent être tirées de l’indemnité pour inflation
anticipations? Pour répondre à cette question, l’analyse incluse dans les obligations à long terme nominales ou in-
examine la sensibilité des anticipations aux variations de dexées sur l’inflation ou les swaps également indexés sur
l’inflation réelle, ainsi que le rôle que joue le cadre de po- l’inflation30. Le point mort d’inflation mesuré par l’écart
litique monétaire dans cette sensibilité, et évalue si elle de rendement entre les obligations classiques et celles com-
augmente dans les pays où le taux directeur se situe à sa parables qui sont indexées sur l’inflation donne une esti-
valeur plancher ou à un niveau proche. mation du niveau de l’inflation anticipée auquel un inves-
tisseur (neutre face au risque) détiendrait indifféremment
l’un ou l’autre type d’obligation. Il est largement utilisé
Comment mesurer les anticipations d’inflation comme mesure rapidement actualisable des anticipations
Le lien entre l’inflation et l’activité économique s’ex- d’inflation des investisseurs, même s’il est en fait basé sur le
plique en partie par les décisions que prennent les en- prix fixé pour l’investisseur marginal et inclut une prime de
treprises en matière de prix et leurs estimations des fu- liquidité et une prime de risque d’inflation31.
turs résultats macroéconomiques. N’étant pas en général Il n’est donc pas surprenant d’observer au fil du temps,
connues, les anticipations d’inflation des entreprises sont y compris pendant la période de désinflation la plus ré-
évaluées approximativement à l’aide : 1) d’enquêtes sur cente, des différences dans le comportement des me-
les anticipations d’inflation des prévisionnistes profes- sures tirées d’enquêtes ou fondées sur le marché. Les an-
sionnels ou des ménages, et 2) de mesures des anticipa- ticipations d’inflation des prévisionnistes professionnels
tions d’inflation fondées sur le marché, comme les es- pour des horizons allant jusqu’à trois ans varient dans le
timations de l’indemnité pour inflation incluse dans le
30Des obligations indexées sur l’inflation sont maintenant émises
rendement des instruments financiers. dans plus de 20 pays. Outre le Royaume-Uni, les États-Unis et quatre
Selon qu’elles sont tirées d’enquêtes ou fondées grands pays de la zone euro, il est possible de citer le Brésil, l’Afrique du
le marché, les mesures des anticipations d’inflation Sud, la Corée et la Turquie. Pour un aperçu historique des marchés in-
ternationaux des obligations indexées sur l’inflation, voir Garcia et van
couvrent des notions quelque peu différentes et n’ont
Rixtel (2007) et les références qui y sont mentionnées. Les swaps in-
pas les mêmes propriétés statistiques. Les enquêtes per- dexés sur l’inflation sont des produits dérivés pour lesquels une partie
mettent d’obtenir une mesure de la tendance centrale (la acquitte un taux fixe d’inflation en contrepartie de l’inflation réelle
moyenne, la médiane ou le mode) de la distribution es- pendant la durée du contrat. Il est possible d’utiliser le taux d’inflation
considéré comme la jambe fixe du swap comme autre mesure de l’in-
timée des divers prévisionnistes professionnels ou mé- demnité pour inflation. Les swaps indexés sur l’inflation ont moins ten-
nages; or différentes personnes peuvent donner une me- dance à intégrer une prime de liquidité que les obligations nominales
sure différente de leur distribution estimée. Il est courant ou indexées sur l’inflation, car ils n’exigent pas de paiement immédiat et
sont réglés par des échanges nets de flux à l’expiration du contrat.
d’utiliser la médiane de cette distribution des réponses 31La prime de liquidité peut tenir à des facteurs non liés aux anticipa-
individuelles à titre de statistique sommaire des anticipa- tions d’inflation, comme les frictions commerciales ou une activité in-
tions tirées des enquêtes pour atténuer les effets de dis- suffisante sur le marché, et être évaluée en examinant les volumes relatifs
des échanges ou les écarts de swaps d’actifs (voir, par exemple, Celasun,
torsion des valeurs aberrantes. La dispersion des antici-
Mihet et Ratnovski, 2012; Gürkaynak, Sack et Wright, 2010). La prime
pations dans l’enquête est une mesure de l’hétérogénéité de risque d’inflation saisit le prix du marché du risque entourant les an-
des estimations, et non des incertitudes, encore qu’elles ticipations d’inflation et est beaucoup plus difficile à estimer que celle de
tendent à converger (Gürkaynak et Wolfers, 2007). liquidité. Ses estimations sont en général tirées de modèles intégrant une
structure d’échéances. Cependant, même pour un seul pays, elles varient
considérablement dans le temps, ainsi que selon les échéances et les spéci-
29Voir l’annexe 3.2 pour des simulations sur les retombées d’une fications, de sorte que l’interprétation des variations des indemnités d’in-
baisse temporaire des prix à l’importation, imputable à un recul des flation est loin d’être simple. En ce qui concerne les modèles de structure
cours du pétrole et au sous-emploi des capacités industrielles d’un des taux pour les États-Unis, voir, par exemple, Abrahams et al. (2012),
grand pays, dans un contexte marqué par une politique monétaire sous Christensen, Lopez et Rudebusch (2010) et D’Amico, Kim et Wei
contrainte et des anticipations inflationnistes non ancrées. (2014), et, pour la zone euro, Garcia et Werner (2014).

Fonds monétaire international | Octobre 2016 137


PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : DEMANDE MODÉRÉE — SYMPTÔMES ET REMÈDES

Graphique 3.15. Anticipations d’inflation temps, mais celles portant sur des horizons à cinq ans ou
tirées d’enquêtes ou fondées sur le marché plus sont remarquablement stables. Les anticipations des
(En pourcentage)
ménages sont également très stables à des horizons plus
Récemment, les anticipations d’inflation à moyen terme fondées sur le marché
ont nettement diminué aux États-Unis et dans la zone euro. Si elles ont beaucoup longs. En revanche, les mesures historiques des anticipa-
moins baissé, celles tirées d’enquêtes se sont écartées fortement des cibles, tions d’inflation fondées sur le marché varient davantage
même à un horizon de trois ans.
dans le temps.
En ce qui concerne la période la plus récente, les an-
Anticipations d’inflation tirées d’enquêtes ou fondées sur le marché
ticipations à moyen terme (cinq ans au moins) fondées
sur le marché ont régressé aux États-Unis et dans la zone
Enquêtes Marché
euro d’environ 0,9 et 0,8 point de pourcentage, respec-
3,5 1. États-Unis 2. Zone euro 3,5
tivement, depuis 2009 et d’approximativement 0,6 et
0,5 point de pourcentage, depuis l’effondrement des
cours du pétrole en 2014 et sont désormais nettement
3,0 3,0
en deçà de leurs moyennes historiques et des mesures ti-
rées d’enquêtes (plages 1 et 2 du graphique 3.15). Les an-
2,5 2,5
ticipations d’inflation tirées d’enquêtes ont en revanche
beaucoup moins diminué (de l’ordre de 0,15 point de
2,0 2,0
pourcentage en moyenne depuis 2009)32. Bien que les
anticipations à moyen terme tirées d’enquêtes soient res-
1,5 1,5 tées proches de la cible de la banque centrale depuis la
2005 07 09 11 13 16 : 2005 07 09 11 13 16 :
T1 T1 Grande Récession, les écarts avec la cible dans les grands
pays avancés après la crise se sont toutefois creusés même
Écarts entre les anticipations d’inflation à des horizons relativement longs comme trois ans, alors
à divers horizons et les cibles qu’ils devraient se chiffrer à zéro si elles avaient été bien
ancrées (plages 3 et 4 du graphique 3.15)33.
2000–07 2009–15

0,1 3. États-Unis 4. Zone euro 0,1


Analyse empirique
0,0 0,0 La sensibilité des anticipations d’inflation est estimée
empiriquement dans un cadre qui lie leur évolution à
–0,1 –0,1
celle de l’inflation inattendue. En particulier, l’équation
–0,2 –0,2 ci-après est estimée :

–0,3 –0,3 ​​∆π​ et+h​ βh​ t​  ​ ​πnews


 ​ = ​ ​ t​  ​ + ​ϵ​ t+h​​,​ (3.2)
où ​​∆π​  et+h
 ​​​correspond à la première différence des antici-
–0,4 –0,4
1 2 3 5 1 2 3 5 pations d’inflation à h années et ​​πnews
​ t​  ​​est une mesure des
Horizon, en années Horizon, en années

32Même si les anticipations des prévisionnistes professionnels et des


Sources : Bloomberg L.P.; calculs des services du FMI.
Note : Les anticipations d’inflation tirées d’enquêtes aux plages 1 et 2 correspondent ménages ont à peine diminué depuis la période ayant précédé la crise,
aux prévisions à cinq ans de Consensus Economics; celles fondées sur le marché l’asymétrie des distributions a changé. Les données sur les États-Unis
reposent sur des swaps indexés sur l’inflation cinq ans/cinq ans. Les plages 3 et 4 semblent indiquer que, dans le cas des deux mesures, la part des répon-
montrent la constante estimée dans une régression des écarts entre la cible d’inflation dants s’attendant à une inflation de 1 à 2 % a augmenté, tandis que la
(représentée par une anticipation d’inflation à dix ans) et une anticipation tirée plupart des baisses traduisent un recul des anticipations d’inflation au-
d’enquêtes à divers horizons sur les écarts par rapport à la cible d’une inflation dessus de la cible. Les anticipations fondées sur des prévisions profes-
trimestrielle effective annualisée. Les coefficients estimés sont fixés à zéro lorsqu’ils sionnelles affichent une réduction sensible dans la queue supérieure,
ne sont pas significatifs à l’intervalle de confiance de 5 %. Les prévisions pour la tandis que celles tirées des prévisions des ménages font ressortir une ré-
zone euro correspondent à la moyenne pondérée par le PIB de celles établies pour duction des incertitudes.
l’Allemagne, l’Espagne, la France, l’Italie et les Pays-Bas. 33Des observations empiriques sur les États-Unis et la zone euro

donnent à penser que, si elles n’étaient pas statistiquement différentes


des cibles d’inflation pendant la période ayant précédé la crise, les anti-
cipations d’inflation à trois ans étaient beaucoup plus faibles statistique-
ment entre 2009 et 2015. L’analyse neutralise l’ampleur des chocs d’in-
flation de ces deux périodes.

138 Fonds monétaire international | Octobre 2016


CHAPITRE 3 LA DÉSINFLATION MONDIALE SUR FOND DE POLITIQUE MONÉTAIRE SOUS CONTRAINTE

chocs d’inflation34. Le coefficient β​​ ​​ h saisit le degré d’an- Graphique 3.16. Anticipations d’inflation :
crage des anticipations à ​h​années, terme généralement sensibilité à l’inflation imprévue
(Années sur l’axe des abscisses)
qualifié d’«ancrage eu égard aux chocs (shock anchoring)»
(Ball et Mazumder, 2011), et peut varier dans le temps
Les anticipations d’inflation sont moins sensibles à l’inflation imprévue
dans certaines spécifications. Si la politique monétaire dans les pays avancés que dans les pays émergents.
est crédible, la valeur de ce paramètre à un horizon suf-
fisamment lointain doit être proche de zéro. En d’autres Médiane Écart interquartile Médiane Écart interquartile
termes, les chocs d’inflation ne doivent pas modifier les
anticipations à moyen terme si les agents estiment que 0,5 1. Pays avancés 2. Pays émergents 0,5
la banque centrale peut réagir à tout événement à court
terme pour ramener l’inflation à sa cible à moyen terme.
Étant donné les incertitudes qui entourent l’horizon per- 0,4 0,4

tinent des décisions des entreprises en matière de prix et


compte tenu des précédents résultats, l’exercice est réalisé
0,3 0,3
en utilisant des anticipations d’inflation à divers horizons.
Le modèle est estimé pour chaque pays avancé ou
émergent pour lequel des données sont disponibles, de 0,2 0,2
sorte que des estimations ont été obtenues pour 44 pays
sur la période comprise entre le premier trimestre
de 1990 et le premier trimestre de 2016. La spécification 0,1 0,1
permet au paramètre β​​ ​​ h​​de varier dans le temps afin de
saisir les changements dans la sensibilité des anticipations
d’inflation attribuables, par exemple, à des modifications 0,0 0,0
1 2 3 5+ 1 2 3 5+
du cadre de politique monétaire. L’analyse est réalisée en Horizon, en années Horizon, en années
utilisant des données diffusées à une fréquence trimes-
trielle pour les anticipations d’inflation tirées d’enquêtes Sources : Consensus Economics; Haver Analytics; calculs des services du FMI.
et des données diffusées à une fréquence quotidienne Note : Le graphique indique la réaction, établie sur la base de coefficients tirés
de régressions statiques spécifiques à chaque pays, des anticipations d’inflation
pour celles fondées sur le marché. à divers horizons à une hausse inattendue de l’inflation de 1 point de pourcentage.
La sensibilité à au moins cinq ans correspond à la moyenne des estimations
Anticipations d’inflation tirées d’enquêtes : résultats utilisant des anticipations d’inflation à cinq et à dix ans.

L’analyse est amorcée en utilisant un cadre statique


(en d’autres termes, β​​ ​​ h​​est par hypothèse constant dans le cadres de politique monétaire35. Il ressort des estimations
temps) afin d’examiner comment la sensibilité des antici- que cette sensibilité est beaucoup plus faible dans les pays
pations d’inflation tirées d’enquêtes varie selon les pays et avancés que dans les pays émergents (graphique 3.16).
comment cette variation est liée aux caractéristiques des Cela est particulièrement vrai dans le cas des anticipa-
tions à court terme : par exemple, une hausse de 1 point
34Il faut entendre par chocs d’inflation l’écart trimestriel entre l’infla- de pourcentage de l’inflation se traduit par une progres-
tion réelle et les anticipations à court terme dans le cas de l’analyse re- sion de 0,25 point de pourcentage des anticipations d’in-
posant sur des mesures des anticipations d’inflation fondées sur des pré-
visions tirées d’enquêtes et la variation quotidienne des cours à terme flation à un an dans les pays avancés et de 0,37 point
du pétrole dans le cas de celle utilisant des anticipations fondées sur le dans les pays émergents. Cette différence existe aussi,
marché. L’erreur de prévision trimestrielle sert de mesure de référence mais à un degré moindre, même à des horizons plus loin-
des chocs d’inflation pour l’analyse basée sur des mesures des anticipa-
tions d’inflation tirées d’enquêtes, car elle risque moins de faire l’objet
tains, la même hausse de l’inflation entraînant une pro-
d’une causalité adverse que d’autres mesures, comme l’évolution de l’in- gression de 0,05 point de pourcentage des anticipations
flation ou les écarts par rapport à la cible. Les résultats utilisant ces deux
mesures ne sont toutefois pas statistiquement très différents. Les me- 35Cette partie de l’analyse est exécutée en utilisant un cadre statique,

sures de l’inflation inattendue ne sont pas disponibles à une fréquence car les données relatives à plusieurs caractéristiques des cadres de poli-
quotidienne, de sorte que les variations des cours à terme du pétrole tique monétaire, comme la transparence et l’indépendance, ne sont dif-
sont utilisées à titre d’approximations des chocs d’inflation dans le cas fusées que rarement. La sensibilité des anticipations d’inflation dans le
de l’analyse reposant sur des anticipations fondées sur le marché. Si le cas des prévisions tirées d’enquêtes est normalisée pour mesurer l’actua-
périmètre de cette mesure est à l’évidence plus étroit, l’existence d’une lisation de ces anticipations après une variation de 1 point de pourcen-
relation forte entre les anticipations d’inflation et l’évolution des cours tage de l’inflation. Pour plus de précisions sur l’estimation et le calcul
du pétrole a été démontrée (voir Coibion et Gorodnichenko, 2015). des chocs d’inflation, voir l’annexe 3.5.

Fonds monétaire international | Octobre 2016 139


PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : DEMANDE MODÉRÉE — SYMPTÔMES ET REMÈDES

Graphique 3.17. Sensibilité des anticipations d’inflation Les anticipations d’inflation à moyen terme (à trois ou
à l’inflation imprévue et au cadre de politique monétaire au moins à cinq ans) sont en général mieux ancrées dans
Les anticipations d’inflation à moyen et à long terme sont moins
les pays où la banque centrale est indépendante. En règle
sensibles à l’inflation imprévue dans les pays dont la banque générale, une hausse de 1 unité d’un indice fondé sur la
centrale est plus indépendante et transparente. rotation du gouverneur de la banque centrale (mesure de
1. Horizon à trois ans 2. Horizon à au moins fait de l’indépendance de cet établissement dont les va-
0,40 cinq ans 0,40
0,35 y = 0,09x + 0,04 0,35
leurs sont d’autant plus élevées que cette indépendance
0,30 y = 0,32x + 0,03 R 2 = 0,05
0,30
est faible) va de pair avec une augmentation d’environ
R 2 = 0,23 y = 0,05x + 0,02 0,3 unité de la sensibilité des anticipations d’inflation
0,25 R 2 = 0,08 0,25
Sensibilité

Sensibilité
0,20
(plages 1 et 2 du graphique 3.17)36. Cela semble indiquer
0,20
que, si un pays passe du 25e au 75e percentile en termes
0,15 0,15
y = 0,24x + 0,04 de rotation (ce qui est analogue à l’écart moyen entre les
0,10 0,10
R 2 = 0,13 États-Unis et l’Indonésie dans l’indicateur de cette indé-
0,05 0,05
pendance au cours des vingt dernières années), la sensibi-
0,00 0,00
0,0 0,2 0,4 0,6 0,8 1,0 0,0 0,2 0,4 0,6 0,8 1,0 lité augmente de 0,03, soit une variation non négligeable
Rotation à la banque centrale Rotation à la banque centrale étant donné que la sensibilité médiane entre les pays est
3. Horizon à trois ans 4. Horizon à au moins de 0.08.
0,40 cinq ans 0,40 De même, la sensibilité à l’inflation inattendue des an-
y = –0,16x + 0,15
0,35
R 2 = 0,23
0,35 ticipations à moyen terme est d’autant plus faible que
y = –0,14x + 0,16
0,30 y = –0,12x + 0,11 0,30 les objectifs et les décisions de la banque centrale sont
R 2 = 0,15
R 2 = 0,40
0,25 0,25 transparents. Les résultats montrent qu’en règle générale,
Sensibilité

Sensibilité

0,20 y = –0,17x + 0,18 0,20 une hausse de 1 unité de l’indice de transparence de la


0,15 R 2 = 0,14 0,15 banque centrale s’accompagne d’une baisse de 0,16 unité
0,10 0,10 de la sensibilité des anticipations d’inflation à trois ans
0,05 0,05 (plages 3 et 4 du graphique 3.17)37. L’ampleur du coef-
0,00 0,00 ficient estimé semble indiquer que, si un pays passe du
0,0 0,2 0,4 0,6 0,8 1,0 0,0 0,2 0,4 0,6 0,8 1,0 25e au 75e percentile en termes de transparence (ce qui
Transparence de Transparence de
la banque centrale la banque centrale est analogue à l’écart moyen entre le Pérou et le Canada
dans l’indicateur de transparence au cours des vingt der-
Sources : Consensus Economics; Crowe et Meade (2007), série de données; Haver
Analytics; calculs des services du FMI. nières années), la sensibilité diminue de 0,05.
Note : La sensibilité est mesurée comme la réaction, établie sur la base de De nombreuses banques centrales ont adopté le
coefficients tirés de régressions statiques spécifiques à chaque pays, des
anticipations d’inflation à divers horizons à une hausse inattendue de l’inflation ciblage de l’inflation au cours des dernières décennies
de 1 point de pourcentage. La sensibilité à au moins cinq ans correspond à la pour, précisément, rendre leur processus de prise de dé-
moyenne des estimations utilisant des anticipations d’inflation à cinq et à dix ans.
Les droites en noir correspondent aux droites d’ajustement pour l’ensemble de cision plus transparent. Une comparaison de la sensibi-
l’échantillon, et les droites en rouge celles où les valeurs aberrantes sont exclues. lité des anticipations d’inflation à l’inflation inattendue
dans chaque pays avant et après l’adoption du ciblage
donne à penser qu’il existe un lien entre ces réformes mo-
à trois ans dans les pays avancés et de 0,13 point dans les nétaires et une forte diminution de la sensibilité (gra-
pays émergents. phique 3.18). La chute de la sensibilité est observée pour
La sensibilité moyenne plus faible des anticipations aux
36La durée du mandat du gouverneur de la banque centrale diminue
chocs d’inflation dans les pays avancés montre que la cré-
par rapport à celle du mandat du directeur à mesure que la rotation
dibilité du cadre de politique monétaire est éventuellement s’accélère, ce qui rend le gouverneur plus vulnérable à l’ingérence poli-
un facteur déterminant de l’hétérogénéité transfrontalière. tique de l’État et réduit le degré d’indépendance de la banque centrale.
Un examen des différences entre les estimations des sensi- Cukierman, Webb et Neyapti (1992) constatent que le lien entre cette
indépendance et les résultats de l’inflation est plus fort lorsqu’est utilisée
bilités fait ressortir leur relation avec les mesures de la dé-
une mesure de fait fondée sur la rotation du gouverneur, et non des me-
pendance et de la transparence de la banque centrale, deux sures de droit. En conséquence, l’analyse a recours à l’indice de rota-
éléments clés de la gouvernance de cet établissement qui se tion de Crowe et Meade (2007), qui a prolongé l’indice de Cukierman,
sont améliorés de façon spectaculaire ces dernières décen- Webb et Neyapti (1992) jusqu’en 2004 et inclut un grand nombre de
pays émergents ou en développement.
nies et qui sont positivement liés aux résultats de la poli- 37L’indice de transparence de la banque centrale est extrait de Crowe

tique monétaire (Crowe et Meade, 2007). et Meade (2007) et correspond à 1998.

140 Fonds monétaire international | Octobre 2016


CHAPITRE 3 LA DÉSINFLATION MONDIALE SUR FOND DE POLITIQUE MONÉTAIRE SOUS CONTRAINTE

Graphique 3.18. Anticipations d’inflation : sensibilité à l’inflation Graphique 3.19. Anticipations d’inflation :
imprévue avant et après l’adoption du ciblage de l’inflation sensibilité dans le temps à l’inflation inattendue
La sensibilité des anticipations d’inflation à l’inflation inattendue diminue
Il existe un lien entre le ciblage de l’inflation et une sensibilité plus faible à l’inflation
régulièrement dans le temps. Cependant, cette tendance à la baisse semble
imprévue des anticipations d’inflation à moyen et à long terme
s’être arrêtée récemment, surtout dans les pays avancés.

Médiane Écart interquartile Pays avancés Pays émergents

Médiane Écart interquartile Médiane Écart interquartile


0,7 1. Avant le ciblage 2. Après le ciblage 0,7
de l’inflation de l’inflation 1. Horizon à trois ans 2. Horizon à trois ans
0,6 0,6 0,4 0,4

0,5 0,5 0,3 0,3

0,4 0,4 0,2 0,2

0,3 0,3 0,1 0,1

0,2 0,2
0,0 0,0
1992 96 2000 04 08 12 16 : 1996 2000 04 08 12 16 :
T1 T1
0,1 0,1

3. Horizon à au moins cinq ans 4. Horizon à au moins cinq ans


0,0 0,0
2 3 5+ 2 3 5+ 0,4 0,4
Horizon, en années Horizon, en années
0,3 0,3
Sources : Consensus Economics; Haver Analytics; chapitre 3 des Perspectives de
l’économie mondiale de 2011; calculs des services du FMI.
Note : Le graphique indique la réaction, établie sur la base de coefficients tirés de 0,2 0,2
régressions statiques spécifiques à chaque pays, des anticipations d’inflation à
divers horizons à une hausse inattendue de l’inflation de 1 point de pourcentage.
La sensibilité à au moins cinq ans correspond à la moyenne des estimations 0,1 0,1
utilisant des anticipations d’inflation à cinq et à dix ans.
0,0 0,0
1992 96 2000 04 08 12 16 : 1996 2000 04 08 12 16 :
T1 T1
tous les pays de l’échantillon, comme l’atteste l’étroitesse
relative de l’écart interquartile38. Sources : Consensus Economics; Haver Analytics; calculs des services du FMI.
Note : Le graphique indique la réaction, établie sur la base de coefficients variant
Dans l’ensemble, les résultats obtenus avec un cadre dans le temps tirés d’estimations spécifiques à chaque pays en utilisant un filtre de
statique semblent indiquer que les anticipations d’infla- Kalman, des anticipations d’inflation à divers horizons à une hausse inattendue de
l’inflation de 1 point de pourcentage. La sensibilité à au moins cinq ans correspond à
tion sont d’autant mieux ancrées que le cadre de poli- la moyenne des estimations utilisant des anticipations d’inflation à cinq et à dix ans.
tique monétaire est robuste. En laissant l’estimation de
la sensibilité des anticipations d’inflation (β​​ h​​) varier dans de ciblage de l’inflation39. Il est aussi généralisé entre les
le temps, on observe qu’elle diminue régulièrement de- pays, comme le montre l’évolution de l’écart interquar-
puis deux décennies dans les pays aussi bien avancés tile. L’observation selon laquelle la sensibilité des antici-
qu’émergents (graphique 3.19). Le recul a été plus pro- pations à l’inflation inattendue reste plus faible dans les
fond au début de la période couverte par l’échantillon, pays avancés que dans les pays émergents porte à croire
lorsque précisément de nombreux pays ont sensiblement qu’il est possible d’améliorer encore les cadres de poli-
amélioré leur cadre, y compris en adoptant un régime tique monétaire dans ce dernier groupe.

38Pour une conclusion analogue, voir Levin, Natalucci et Piger 39Par exemple, en 1996, 20 % seulement des pays de l’échantillon

(2004). Clarida et Waldman (2008) constatent qu’une hausse plus forte s’étaient dotés d’un régime de ciblage de l’inflation; en 2015, la pro-
que prévu de l’inflation entraîne une appréciation du taux de change portion atteignait environ 75 %. De même, la moyenne de l’indicateur
nominal uniquement dans les pays ciblant l’inflation, ce qui permet de de transparence dans l’échantillon est passée de 0,55 en 1998 à 0,61
conclure que ces pays ancrent avec succès les anticipations d’inflation et en 2006, et l’indicateur de rotation est revenu de 0,29 en 1980–89
la trajectoire monétaire nécessaire pour atteindre la cible. à 0,20 en 1995–2004.

Fonds monétaire international | Octobre 2016 141


PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : DEMANDE MODÉRÉE — SYMPTÔMES ET REMÈDES

Graphique 3.20. Anticipations d’inflation : pays ont adopté des mesures monétaires peu classiques pen-
variation de leur sensibilité à l’inflation inattendue dant cette période, ce qui donne à penser qu’une politique
La sensibilité à l’inflation inattendue des anticipations d’inflation à moyen terme est monétaire dont le fonctionnement est entravé peut modi-
plus forte dans les pays où le fonctionnement de la politique monétaire est entravé. fier le degré d’ancrage des anticipations d’inflation.
Pays à la VPE Autres pays Une analyse de la réaction des anticipations d’infla-
0,08 1. Horizon à trois ans 2. Horizon à au moins 0,08
tion aux chocs d’inflation positifs et négatifs montre que,
cinq ans lorsque son fonctionnement est entravé, la politique moné-
0,07 0,07
taire est la cause fondamentale d’un éventuel désancrage des
0,06 0,06 anticipations. Si les contraintes qui pèsent sur la politique
0,05 0,05 monétaire sont à l’origine de l’augmentation de la sensi-
0,04 0,04 bilité des anticipations d’inflation, cette sensibilité devrait
être plus forte en cas de chocs négatifs (une banque centrale
0,03 0,03
dont l’action est limitée par la valeur plancher effective du
0,02 0,02 taux directeur peut toujours réagir à une hausse de l’infla-
0,01 0,01 tion en relevant ce taux, mais sa marge de manœuvre pour
0,00 0,00 l’abaisser est faible quand l’inflation diminue). Cela crée
–0,01
une asymétrie inévitable dans l’aptitude des autorités moné-
–0,01
Avant 2007 10–15*** Avant 2007 10–15 taires à gérer les chocs d’inflation à la hausse ou à la baisse.
08–15*** 15** 08–15 15*
En fait, la hausse de la sensibilité dans les pays où le
Sources : Consensus Economics; Haver Analytics; calculs des services du FMI. fonctionnement de la politique monétaire est entravé
Note : VPE = valeur plancher effective. ***, **, * indiquent que les différences dans
la variation de la sensibilité des anticipations d’inflation entre les pays à la VPE semble pour l’essentiel tenir à des chocs d’inflation néga-
et les autres sont significatives à l’intervalle de confiance de 1, 5 et 10 %, tifs (graphique 3.21). Après 2009, lorsque les taux direc-
respectivement, en utilisant le test de la médiane de Mood. La sensibilité des
anticipations d’inflation correspond à leur réaction, établie sur la base de teurs se sont rapprochés de leur valeur plancher effective,
coefficients variant dans le temps tirés d’estimations spécifiques à chaque pays la réaction des anticipations d’inflation à moyen terme
en utilisant un filtre de Kalman, à une hausse inattendue de 1 point de pourcentage
de l’inflation. La sensibilité à au moins cinq ans correspond à la moyenne des a été plus forte dans le cas des chocs négatifs, contraire-
estimations utilisant des anticipations d’inflation à cinq et à dix ans. La variation ment à ce qui se passait auparavant41. Les estimations
de la sensibilité est établie comme l’écart moyen de la sensibilité médiane dans
les pays par rapport à une tendance linéaire (tendance exponentielle) ajustée sur
laissent supposer que, si les pays dont le taux directeur
la période 1997–2007 pour les pays à la VPE (ou non). Par définition, les pays à la est actuellement à sa valeur plancher faisaient face à une
VPE sont ceux dont le taux directeur ou les taux d’intérêt nominaux à court terme inflation inattendue comparable à celle de ces deux der-
étaient égaux ou inférieurs à 50 points de base à un moment quelconque en
2008–15; ces pays sont notamment les suivants : Allemagne, Canada, Espagne, nières années, les anticipations d’inflation à long terme
Estonie, États-Unis, France, Hong Kong (RAS), Italie, Japon, Lettonie, Lituanie, régresseraient encore d’environ 0,15 point de pourcen-
Pays-Bas, République slovaque, République tchèque, Royaume-Uni, Singapour,
Slovénie, Suède et Suisse. tage. Bien qu’elle ne soit pas particulièrement importante
en termes absolus, cette diminution est trois fois plus
Cependant, la tendance à la baisse de la sensibilité des an- élevée que celle qui aurait été enregistrée si leur sensibilité
ticipations semble s’être arrêtée au milieu des années 2000, n’avait pas varié, alors que, si les anticipations avaient été
surtout dans les pays avancés. En outre, la hausse de celle bien ancrées, aucune conséquence n’aurait été constatée.
des anticipations à moyen terme a, dans un passé récent, La forte baisse des cours du pétrole a joué un grand
été régulièrement plus forte dans les pays où le taux direc- rôle dans la dynamique mondiale de l’inflation et éven-
teur est à sa valeur plancher, ou à un niveau proche (gra- tuellement aussi dans l’augmentation de la sensibilité
phique 3.20)40. Cela s’est produit même si nombre de ces à l’inflation inattendue des anticipations d’inflation à
moyen terme. Cependant, une nouvelle décomposition
40Dans la présente analyse, la contrainte représentée par la valeur de l’inflation inattendue entre les variations des cours du
plancher s’entend d’un taux directeur égal ou inférieur à 50 points de pétrole et de ceux des autres produits semble indiquer
base. Les autorités monétaires des 19 pays avancés ci-après y ont été que ces derniers ont également contribué à la hausse de
confrontées à un moment quelconque au cours de la période 2009–15 :
Allemagne, Canada, Espagne, Estonie, États-Unis, France, Hong Kong
la sensibilité des anticipations. Ce résultat donne à penser
(RAS), Italie, Japon, Lettonie, Lituanie, Pays-Bas, République slovaque,
République tchèque, Royaume-Uni, Singapour, Slovénie, Suède et Suisse. est statistiquement significative dans le cas des anticipations à trois ans et,
Singapour n’utilise pas le taux d’intérêt comme instrument de politique dans une moindre mesure, dans celui d’un horizon à cinq ans.
monétaire, mais les taux d’intérêt du marché à court terme sont à leur va- 41La différence de sensibilité aux chocs selon qu’ils sont positifs ou

leur plancher effective. La signification statistique de la différence est véri- négatifs n’est pas en général statistiquement significative, à cause proba-
fiée à l’aide du test médian de Mood. La différence entre les deux groupes blement du nombre limité d’observations (annexe 3.5).

142 Fonds monétaire international | Octobre 2016


CHAPITRE 3 LA DÉSINFLATION MONDIALE SUR FOND DE POLITIQUE MONÉTAIRE SOUS CONTRAINTE

Graphique 3.21. Anticipations d’inflation : efficace à ramener l’inflation vers les cibles des banques
sensibilité moyenne à l’inflation inattendue centrales qui expliquent cet apparent désancrage des anti-
dans les pays soumis à la valeur plancher effective
cipations d’inflation à moyen terme43.
Dans les pays où le fonctionnement de la politique monétaire est entravé,
les anticipations inflation à moyen terme sont plus sensibles à l’inflation Anticipations d’inflation fondées
inattendue négative.
sur le marché : résultats
Choc négatif Choc positif
Jusqu’à présent, l’analyse apporte les éléments de preuve
0,07 1. Horizon à trois ans 2. Horizon à au moins 0,07
cinq ans ci-après sur la sensibilité des anticipations d’inflation à l’in-
0,06 0,06 flation inattendue : 1) elle dépend du cadre de politique
monétaire, et 2) elle a augmenté récemment dans les pays
0,05 0,05
où le taux directeur est proche de sa valeur plancher effec-
0,04 0,04 tive, en particulier dans le cas de l’inflation négative inat-
tendue. Une analyse utilisant des données à haute fré-
0,03 0,03 quence pour les États-Unis et la zone euro confirme le rôle
0,02
important que jouent les contraintes pesant sur la politique
0,02
monétaire dans le désancrage des anticipations d’inflation.
0,01 0,01 Les anticipations à long terme fondées sur le marché (éva-
luées approximativement par des swaps indexés sur l’infla-
0,00 0,00
Avant 2009 09–15 Avant 2009 09–15 tion cinq ans/cinq ans) sont modifiées par l’inflation inat-
Sources : Consensus Economics; Haver Analytics; calculs des services du FMI. tendue représentée par les variations des cours à terme du
Note : Le graphique indique la réaction, établie sur la base de coefficients tirés pétrole (graphique 3.22). Les réactions sont statistique-
d’estimations variant dans le temps spécifiques à chaque pays, des anticipations
d’inflation à divers horizons à une évolution inattendue positive ou négative de
ment significatives, encore qu’économiquement faibles, à
l’inflation de 1 point de pourcentage. La sensibilité à au moins cinq ans correspond la fois aux États-Unis et dans la zone euro44. Une décom-
à la moyenne des estimations utilisant des anticipations d’inflation à cinq et à dix position de l’échantillon en fonction des délais dans les-
ans. Par définition, les pays à la VPE sont ceux dont le taux directeur ou les taux
d’intérêt nominaux à court terme étaient égaux ou inférieurs à 50 points de base quels les taux directeurs tombent à leur valeur plancher
à un moment quelconque pendant la période 2008–15; ces pays sont notamment effective montre que la sensibilité des anticipations d’infla-
les suivants : Allemagne, Canada, Espagne, Estonie, États-Unis, France, Hong Kong
(RAS), Italie, Japon, Lettonie, Lituanie, Pays-Bas, République slovaque, République tion était en fait identique à zéro avant que les taux d’in-
tchèque, Royaume-Uni, Singapour, Slovénie, Suède et Suisse. Ayant atteint la VPE térêt ne parviennent à cette valeur, puis a augmenté sen-
bien avant 2009, le Japon n’a pas été retenu dans l’analyse.
siblement par la suite. Les élasticités plus fortes laissent
supposer que les cours inattendus du pétrole peuvent ex-
que les chocs d’inflation positifs imputables à un redres- pliquer un tiers environ du recul des anticipations d’in-
sement des cours du pétrole plus rapide que prévu n’en- flation fondées sur le marché depuis juin 2004 aux États-
traîneraient qu’un rebond partiel des anticipations d’in- Unis et près d’un cinquième dans la zone euro45.
flation si le sous-emploi des capacités restait important42. En somme, ces conclusions empiriques font ressortir
Prises ensemble, ces conclusions semblent indiquer les vulnérabilités dans la situation présente, car les chocs
que ce ne sont pas seulement les caractéristiques des ré-
cents résultats en matière d’inflation (comme la forte in- 43Une estimation supplémentaire a été utilisée pour examiner si les

flation négative inattendue liée à la chute des cours du retombées de l’inflation inattendue sur les anticipations d’inflation sont
plus importantes lorsqu’elle arrive après une longue période d’infla-
pétrole) qui ont entraîné un certain désancrage des anti- tion négative relativement élevée. Il y a bel et bien lieu de penser que, si
cipations d’inflation à moyen terme. Ce sont plutôt les le fonctionnement de la politique monétaire est entravé, il est possible
effets conjugués de cette inflation négative inattendue d’établir un lien entre les écarts prolongés de l’inflation par rapport à la
cible et une augmentation de la sensibilité à l’inflation inattendue des
persistante et de la perception que le fonctionnement de
anticipations d’inflation. Cependant, les résultats sont dans une certaine
la politique monétaire est entravé et est peut-être moins mesure sensibles aux périodes de l’échantillon.
44Les réactions des anticipations d’inflation à long terme tirées d’en-
42Dans le cas des pays dont le taux directeur se situe à sa valeur plan- quêtes auprès de professionnels ou de ménages aux variations des cours
cher effective, la sensibilité des anticipations d’inflation aux chocs se à terme du pétrole sur la même période sont dans les deux cas plus
décompose en deux catégories selon qu’ils sont tirés par des variations faibles et statistiquement peu significatives.
à la hausse des cours du pétrole ou par des informations sur l’inflation 45Selon Celasun, Mihet et Ratnovski (2012), les résultats ne sont pas

sous-jacente, représentée par des résidus de la régression des chocs d’in- sensibles à d’autres mesures des anticipations d’inflation fondées sur le
flation sur le cours du pétrole (voir l’annexe 3.5). Ces résultats donnent marché : l’indemnité d’inflation incluse dans les titres du Trésor pro-
à penser que, depuis 2009, les sensibilités des anticipations d’inflation tégés contre l’inflation et les points morts d’inflation des titres de cette
aux chocs des cours pétroliers et d’inflation globale sont comparables. nature débarrassés d’une prime de liquidité.

Fonds monétaire international | Octobre 2016 143


PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : DEMANDE MODÉRÉE — SYMPTÔMES ET REMÈDES

Graphique 3.22. Anticipations d’inflation à long terme : éléments moteurs sont le ralentissement du marché du tra-
sensibilité aux variations des cours du pétrole vail et la faible croissance des prix à l’importation. D’après
La sensibilité des anticipations d’inflation fondées sur le marché à l’inflation les résultats du présent chapitre, cette dernière est liée à
inattendue aux États-Unis et dans la zone euro a augmenté une fois atteint la chute des cours des produits de base et à l’aggravation
la valeur plancher effective du taux directeur.
du sous-emploi des capacités industrielles dans quelques
0,25 1. États-Unis 2. Zone euro 0,25 grands pays clés, la Chine en particulier. En même temps,
**
la part de la désinflation non expliquée par la courbe de
0,20 0,20 Phillips a en général augmenté ces dernières années, sur-
tout dans les pays avancés. Ce déficit d’inflation par rap-
0,15 0,15 port aux prédictions modélisées pourrait être un signe que
* les anticipations d’inflation des décideurs de prix ont plus
diminué que celles saisies par les mesures tirées d’enquêtes
0,10 0,10
** utilisées dans l’analyse économétrique, ou que le sous-­
** emploi des capacités est plus grave dans certains pays.
0,05 0,05
D’après le présent chapitre, le cadre de politique mo-
nétaire joue un rôle important dans la sensibilité des an-
0,00 0,00 ticipations d’inflation à l’inflation inattendue. Les amé-
Professionnels

Ménages
Échantillon
complet

Avant la VPE

VPE

Professionnels

Échantillon
complet

Avant la VPE

VPE

liorations qui y ont été apportées ces dernières décennies


ont permis d’ancrer ces anticipations beaucoup mieux
que par le passé, bien que d’autres améliorations soient
Swaps Swaps
encore possibles dans certains pays émergents.
Sources : Bloomberg L.P.; Consensus Economics; University of Michigan Consumer Cependant, l’analyse du présent chapitre semble aussi
Survey; calculs des services du FMI.
Note : **, * indiquent la signification à l’intervalle de confiance de 5 et de 10 %, indiquer que les anticipations d’inflation à moyen terme
respectivement. Le graphique montre les estimations des coefficients des dans les pays avancés où le fonctionnement de la politique
anticipations d’inflation par rapport aux variations des cours à terme du pétrole
(moyenne simple à un an du Brent et du West Texas Intermediate) en neutralisant monétaire est entravé sont récemment devenues plus sen-
les effets des variations du Chicago Board Options Exchange Volatility Index sibles aux variations inattendues de l’inflation réelle ou des
pondérés par une chute de 50 % des cours à terme. Les barres en bleu montrent les
résultats des estimations en utilisant les anticipations d’inflation tirées d’enquêtes, prix des produits de base. Bien qu’elle soit faible, l’aug-
«professionnels» et «ménages» indiquant les résultats obtenus en utilisant, mentation de cette sensibilité, qui devrait être nulle si les
respectivement, les prévisions d’inflation à cinq ans extraites de Consensus
Economics et les anticipations d’inflation (cinq à dix ans) tirées de l’enquête de
anticipations à moyen terme étaient parfaitement ancrées,
l’université du Michigan. Les barres en rouges représentent les résultats obtenus en donne bel et bien à penser que la confiance dans l’apti-
utilisant les anticipations d’inflation fondées sur le marché sur la base des swaps tude des banques centrales à lutter contre des forces désin-
indexés sur l’inflation cinq ans/cinq ans. Par définition, la valeur plancher effective
(VPE) commence en 2009. L’échantillon complet porte sur la période 2004–16. flationnistes persistantes pourrait actuellement diminuer.
L’une des conséquences de cette conclusion est que, dans
les pays avancés où le périmètre de la politique monétaire
d’inflation sont essentiellement négatifs, et la marge de est perçu comme étant limité, les anticipations d’inflation
manœuvre des banques pour y répondre est faible. La si- à moyen terme pourraient perdre leur ancrage en cas de
gnification économique du degré actuel de désancrage des nouvelles baisses inattendues de l’inflation.
anticipations d’inflation est certes encore modeste, mais Qu’impliquent ces conclusions pour les perspectives
l’augmentation régulière de leur sensibilité à l’inflation d’inflation dans les pays qui connaissent une forte désin-
inattendue lorsque le fonctionnement de la politique mo- flation depuis quelques années? Étant donné que la plu-
nétaire est entravé est un sujet de préoccupation lorsque les part des mesures des anticipations d’inflation à moyen
cibles d’inflation continuent de ne pas être atteintes. terme n’ont pas nettement reculé et que, d’après les pro-
jections, les cours des produits de base se redresseront
graduellement, le résultat le plus vraisemblable est un re-
Résumé et conséquences sur le plan de l’action tour progressif de l’inflation vers les cibles des banques
Les taux d’inflation ont baissé fortement dans un centrales à mesure que le sous-emploi des capacités ré-
grand nombre de pays ces dernières années, plusieurs pays gressera et que s’estomperont les effets des diminutions
avancés connaissant une déflation pure et simple. La baisse antérieures des cours des produits de base. Cependant,
de l’inflation est généralisée dans tous les secteurs, mais une sensibilité plus forte des anticipations d’inflation
plus forte dans celui des biens échangeables. Ses principaux à un repli inattendu de l’inflation, la constatation que

144 Fonds monétaire international | Octobre 2016


CHAPITRE 3 LA DÉSINFLATION MONDIALE SUR FOND DE POLITIQUE MONÉTAIRE SOUS CONTRAINTE

l’inflation est plus persistante et la possibilité que le demande. Étant donné la nature généralisée de la désin-
sous-emploi des capacités soit plus grave qu’estimé ac- flation et le fait que nombre de pays assouplissent alors
tuellement dans certains pays semblent indiquer que des leur politique monétaire en même temps, ce qui allège
risques à la baisse pèsent sur cette prévision du scénario la pression à la baisse que cet assouplissement exerce
central. Le risque d’une nouvelle régression progressive sur le taux de change, une politique de détente moné-
des anticipations d’inflation à moyen terme et d’une pé- taire n’est pas suffisante pour maintenir l’ancrage des
riode prolongée de faible inflation en résultant est plus anticipations d’inflation à moyen terme à la cible de la
que banal dans certains pays. banque centrale. Pour atténuer le risque d’une faiblesse
Les principales conclusions du présent chapitre (gé- prolongée de la demande et de l’inflation, il convien-
néralisation de la désinflation dans les pays, répercus- drait de la compléter par un programme exhaustif pré-
sions transfrontalières des forces désinflationnistes, sen- voyant un dosage de mesures budgétaires plus favorables
sibilité plus forte des anticipations à moyen terme aux à la croissance (de nature expansionniste lorsqu’un es-
informations et convergence du sous-emploi des capa- pace budgétaire est disponible), des réformes structu-
cités dans nombre de grands pays) requièrent de déployer relles en faveur de la demande et des actions visant à
des efforts exhaustifs et coordonnés pour s’attaquer aux s’attaquer aux faiblesses des bilans des banques et des en-
risques d’une inflation faible. Étant donné la marge de treprises. Des politiques de revenus pourraient aussi être
manœuvre limitée des autorités dans de nombreux pays, envisagées dans les pays où les salaires stagnent et où est
l’exploitation des synergies entre tous les moyens d’action enracinée une dynamique déflationniste afin d’amorcer
disponibles dans les pays sera essentielle46. une spirale saine hausse des prix/des salaires.
•• Dans les pays qui connaissent un sous-emploi persistant •• Il conviendrait d’éviter les mesures génératrices de dis-
des capacités et où l’inflation est constamment en deçà de torsions qui perpétuent les surcapacités dans les sec-
la cible de la banque centrale, il est crucial de maintenir teurs des biens échangeables : non seulement elles pé-
un degré approprié d’accommodation monétaire pour nalisent l’allocation des ressources et, lorsqu’elles sont
aider à préserver l’ancrage des anticipations d’inflation à financées par le crédit, fragilisent la qualité des actifs
moyen terme et atténuer la perception que la politique du système bancaire, mais elles exercent aussi sur l’éco-
monétaire est devenue inefficace. Si les mesures moné- nomie d’un pays des tensions désinflationnistes qui
taires non classiques prises après la Grande Récession ont risquent de se répercuter sur les autres pays par l’inter-
rehaussé les anticipations d’inflation (voir note 5), les es- médiaire des prix à l’importation, renforçant ainsi les
timations des taux d’intérêt naturels ont été nettement pressions désinflationnistes mondiales47.
révisées à la baisse dans le temps, ce qui laisse supposer •• Enfin, l’ampleur de la désinflation et les signes que les
que la politique monétaire a peut-être été moins accom- forces désinflationnistes ont des répercussions trans-
modante récemment qu’on ne l’avait initialement pensé frontalières significatives par l’intermédiaire des prix
(pour un examen approfondi, voir le premier chapitre de à l’importation font également ressortir l’intérêt de
la présente édition des Perspectives). Lorsque les anticipa- suivre une approche coordonnée pour soutenir la de-
tions d’inflation à moyen terme semblent avoir diminué, mande dans les grands pays. Grâce à ses retombées
il conviendrait d’envisager une approche plus énergique. positives, une action menée simultanément dans tous
En particulier, un engagement crédible et transparent les pays amplifierait les effets des mesures prises dans
de dépasser faiblement et temporairement la cible d’in- chaque pays. Des initiatives coordonnées pour s’atta-
flation offrirait une protection utile contre les risques de quer simultanément à la faiblesse de la demande et de
déflation et de récession en abaissant les taux réels à long l’inflation dans les pays avancés et pour intensifier les
terme, même si le taux directeur nominal se situe à sa va- efforts déployés actuellement pour réduire les surca-
leur plancher effective, de façon à générer une trajectoire pacités dans les pays touchés par un important sous-­
de demande plus forte et à ramener plus rapidement emploi des capacités auraient plus d’effet qu’une ap-
l’inflation vers la cible (voir encadré 3.5; FMI, 2016c; proche en solitaire.
Gaspar, Obstfeld et Sahay, à paraître).
47En Chine, les autorités ont déjà indiqué leur intention de s’atta-
•• D’autres moyens d’action doivent être ajustés sur la quer aux surcapacités, en commençant par les secteurs du charbon et
politique monétaire accommodante pour stimuler la de l’acier, pour lesquels des objectifs de réduction des capacités ont été
fixés, parallèlement à la mise en place d’un fonds pour absorber le coût
social de l’opération. La restructuration a débuté au niveau local dans
46Pour un examen approfondi et des études de cas, voir Gaspar, les provinces dotées de finances publiques relativement solides et d’une
Obstfeld et Sahay (à paraître). économie plus diversifiée (FMI, 2016b).

Fonds monétaire international | Octobre 2016 145


PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : DEMANDE MODÉRÉE — SYMPTÔMES ET REMÈDES

Encadré 3.1. Sous-emploi des capacités industrielles et inflation mesurée par les prix à la production
La récente baisse de l’inflation a été beaucoup plus Graphique 3.1.1. Chine, Japon et États-Unis :
prononcée dans le secteur manufacturier que dans celui inflation mesurée par les prix à la production
des services. Dans la logique de cette tendance, un en- et ceux à la consommation
semble croissant de preuves fait ressortir les nettes sur- (En pourcentage)
capacités d’un vaste éventail de secteurs industriels,
où la croissance de la production ralentit sensible- Inflation mesurée Inflation mesurée
par l’IPC par l’IPP
ment (National Association of Manufacturers, 2016;
Organisation de coopération et de développement éco- 12 1. Chine
10
nomiques, 2015)1. Le présent encadré contient des esti-
8
mations du sous-emploi des capacités industrielles dans 6
trois pays : Chine, États-Unis et Japon2, pour lesquels 4
l’indice des prix à la production (IPP) a récemment pu- 2
0
rement et simplement reculé et où un ralentissement gé- –2
néral, quoique à des degrés divers, de la hausse des prix à –4
la consommation été enregistré (graphique 3.1.1). Des es- –6
timations du sous-emploi des capacités (écart de produc- –8
–10
tion) pour chaque pays, à la fois dans son ensemble et son 2006 07 08 09 10 11 12 13 14 15 16 :
secteur industriel pris séparément, sont obtenues en utili- T1
sant un filtre étendu à plusieurs variables comportant des
12 2. Japon
informations sur le PIB, la hausse des prix à la consom- 10
mation, l’inflation mesurée par l’IPP et la production 8
industrielle. La stratégie d’identification repose sur des 6
4
équations établissant, pour chacun des pays, une relation
2
entre l’inflation et les écarts estimés3. L’équation clé res- 0
semble à la courbe de Phillips classique, mais est limitée –2
au secteur industriel. Elle exprime l’inflation mesurée par –4
–6
l’IPP sous forme d’une fonction de l’écart de production –8
estimé du secteur industriel, de l’inflation anticipée et des –10
valeurs passées et futures de l’inflation globale. 2006 07 08 09 10 11 12 13 14 15 16 :
T1
Les résultats donnent à penser que le sous-emploi des
capacités industrielles était au premier trimestre de 2016 12 3. États-Unis
de l’ordre de 5,5 % en Chine, de 5 % au Japon et de 10
8
Le présent encadré a été rédigé par Kevin Clinton, Zoltan 6
Matyas Jakab, Douglas Laxton et Fan Zhang. 4
1La production industrielle recouvre les industries manufactu- 2
0
rières et extractives et les services d’utilité publique (avec, dans le
–2
cas des États-Unis, des poids relatifs de 78, 12 et 10 %, respective-
–4
ment). La production industrielle totale est utilisée au lieu de celle –6
du secteur manufacturier, à cause du nombre limité de données. –8
Aux États-Unis, la croissance annuelle moyenne de la production –10
industrielle est revenue d’environ 2,5 % en 2011–13 à 0,3 % du- 2006 07 08 09 10 11 12 13 14 15 16 :
rant la période comprise entre le second semestre de 2014 et le pre- T1
mier semestre de 2016. Au Japon et en Chine, le taux de croissance Source : estimations des services du FMI.
est tombé de 0,3 à –2,5 % et de 10,7 à 6,3 %, respectivement, pen- Note : IPC = indice des prix à la consommation;
dant la même période. IPP = indice des prix à la production.
2La production industrielle de la Chine, des États-Unis et du

Japon représente 45 % de la production industrielle mondiale


(chiffre de 2014 à prix constants de 2005 tiré de la base de don- 3 % aux États-Unis (graphique 3.1.2). Dans le cas de
nées des principaux agrégats de comptabilité nationale des Nations la Chine, les estimations intègrent un traitement désa-
Unies), les parts respectives des États-Unis, de la Chine et du Japon
étant de 19, 18 et 8 %.
grégé de l’industrie (légère et lourde) établi à partir de la
3Pour plus de précisions, voir Alichi et al. (2015). consommation d’électricité de ces deux sous-secteurs. Il

146 Fonds monétaire international | Octobre 2016


CHAPITRE 3 LA DÉSINFLATION MONDIALE SUR FOND DE POLITIQUE MONÉTAIRE SOUS CONTRAINTE

Encadré 3.1 (suite)


Graphique 3.1.2. Chine, Japon et États-Unis : Graphique 3.1.3. Chine, Japon et États-Unis :
sous-emploi des capacités industrielles décomposition de l’inflation mesurée
(En pourcentage) par les prix à la production
(En points de pourcentage annualisés)
6 1. Chine
4 15 1. Chine
2 10
0 5
–2
0
–4
–5
–6
–10
–8 IPP1 Matières premières
–10 –15 Écart industriel Autres
2006 07 08 09 10 11 12 13 14 15 16 :
–20
T1 2008 09 10 11 12 13 14 15 16 :
T1
15 2. Japon
10 15 2. Japon
5 10
0 5
–5 0
–10
–5
–15
–10 IPP 1 Énergie
–20
Écart industriel Autres
–25 –15
2006 07 08 09 10 11 12 13 14 15 16 :
T1 –20
2008 09 10 11 12 13 14 15 16 :
T1
8 3. États-Unis
6 15 3. États-Unis
4 10
2
5
0
–2 0
–4 –5
–6 –10
–8 –15 IPP1 Énergie
–10 Écart industriel Autres
–20
–12
2006 07 08 09 10 11 12 13 14 15 16 : –25
T1 2008 09 10 11 12 13 14 15 16 :
T1
Source : estimations des services du FMI.
Source : estimations des services du FMI.
Note : IPP = indice des prix à la production.
1
Contribution historique de tous les chocs (écart entre
les valeurs réelles et une prévision non conditionnelle
estimée en utilisant un modèle d’autorégression vectorielle).

Fonds monétaire international | Octobre 2016 147


PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : DEMANDE MODÉRÉE — SYMPTÔMES ET REMÈDES

Encadré 3.1 (fin)


en résulte une nette différence entre le sous-emploi des historiques de cette inflation semblent indiquer que le
capacités dans l’industrie légère (environ 4,5 %) et l’in- choc de l’énergie (ou celui des matières premières en
dustrie lourde (10,5 % approximativement). Dans ces Chine) a été l’un des principaux moteurs de sa récente
trois pays, il existe une corrélation entre le niveau des ca- baisse, surtout aux États-Unis (graphique 3.1.3), encore
pacités industrielles sous employées et l’évolution de l’in- que le sous-emploi des capacités industrielles ait aussi
flation mesurée par l’IPP. joué un rôle important en Chine et au Japon. Dans le
Bien qu’il permette d’obtenir des estimations du cas de la Chine notamment, la contribution estimée de
sous-emploi des capacités industrielles qui cadrent avec ce sous-emploi à la déflation mesurée par l’IPP a été ces
la forte chute des taux d’inflation mesurée par l’IPP, le quatre dernières années aussi forte que celle des prix des
filtrage ne permet pas de décomposer les contributions matières premières.
relatives des divers facteurs. L’analyse utilise alors pour
l’inflation mesurée par l’IPP des modèles d’autorégres- premières de l’IPP pour la Chine (sous l’expression «matières pre-
sion vectorielle structurelle qui intègrent des estimations mières» au graphique). Les hypothèses d’identification sont à long
terme les suivantes : 1) le prix relatif de l’énergie ou les cours des
des capacités industrielles sous-employées et des prix de
matières premières (par rapport à l’IPP) sont tirés exclusivement
l’énergie ou des matières premières4. Les décompositions par les chocs de prix de l’énergie et des matières premières, et non
ceux de sous-emploi des capacités industrielles; 2) le sous-emploi
4Ont été utilisés à titre de prix de l’énergie les prix à la pro- des capacités industrielles subit l’effet à la fois de l’«écart industriel»
duction des biens de consommation énergétiques finis aux États- et des chocs de l’«énergie» ou «des matières premières»; et 3) l’in-
Unis, la composante électricité, gaz et eau du Domestic Corporate flation mesurée par l’IPP est aussi tirée par ces trois chocs (énergie,
Goods Price Index dans le cas du Japon (sous le terme «énergie» matières premières, écart industriel, ainsi que par d’autres chocs
pour les deux pays au graphique 3.1.3) et la composante matières propres à l’IPP).

148 Fonds monétaire international | Octobre 2016


CHAPITRE 3 LA DÉSINFLATION MONDIALE SUR FOND DE POLITIQUE MONÉTAIRE SOUS CONTRAINTE

Encadré 3.2. Déflation : l’expérience japonaise


L’économie japonaise a connu une inflation faible pen- Graphique 3.2.1. Dynamique de l’inflation
dant la majeure partie des deux dernières décennies. Le ni- (Variation en pourcentage d’une année sur l’autre)
veau de l’inflation mesurée par le déflateur du PIB a été
particulièrement bas, de –0,3 % en moyenne entre 1990 Pays avancés Japon
et 2015, contre 0,5 % pour la hausse des prix à la consom-
mation (graphique 3.2.1). Les efforts sans cesse déployés 6 1. Inflation mesurée par l’IPC
pour relancer l’économie ont été décevants, faisant res- 5
sortir la difficulté d’échapper au piège de la déflation une 4
fois que les anticipations sont ancrées autour d’un équilibre 3
déflationniste. De nombreux travaux se sont employés à 2
identifier les causes et les conséquences de l’expérience dé- 1
flationniste du Japon, offrant un éclairage utile sur la ten- 0
dance actuelle à la désinflation observée dans de nombreux –1
pays. Le présent encadré s’efforce de faire la lumière sur les –2
questions suivantes : quelles ont été les éléments moteurs –3
1990 95 2000 05 10 14 16 :
de la déflation japonaise qui a commencé au milieu des an- T3
nées 90? Quelles ont été ses conséquences sur l’économie
5 2. Déflateur du PIB
japonaise? Dans quelle mesure l’expérience japonaise est-
4
elle pertinente pour la tendance actuelle à la désinflation?
3
Eléments moteurs de la déflation 2
L’éclatement de la bulle des prix des actifs au début 1
des années 90 est souvent mentionné comme le choc 0
qui a entraîné le Japon dans la déflation. L’inflation et –1
les anticipations d’inflation ont diminué progressive- –2
ment à mesure que les efforts déployés par les ménages,
–3
les banques et les entreprises pour renforcer les bilans 1990 95 2000 05 10 14 16 :
et la valeur du patrimoine freinaient la demande (FMI, T3
2014; Koo, 2008). Les changements du côté de l’offre Source : calculs des services du FMI.
et l’appréciation du taux de change ont aussi été cités Note : Des données trimestrielles corrigées des variations
saisonnières sont utilisées et pondérées par le PIB en parité
comme facteurs ayant contribué à la déflation durant du pouvoir d’achat afin d’en faire la somme pour les pays
cette période (Leigh, 2010; Posen, 2000). Le choc exté- avancés suivants : Allemagne, Australie, Autriche, Belgique,
rieur de la crise asiatique de 1997–98 a également affaibli Canada, Corée, Danemark, Espagne, États-Unis, Finlande,
France, Hong Kong (RAS), Irlande, Islande, Israël, Italie, Japon,
la demande, et la lenteur de la réaction au problème des Luxembourg, Norvège, Nouvelle-Zélande, Pays-Bas, Portugal,
créances douteuses s’est traduite par une crise bancaire, Royaume-Uni, Singapour, Suède, Suisse, province chinoise
faisant basculer l’économie dans la déflation en 1998. de Taiwan. IPC = indice des prix à la consommation.
Le vif essor des cours des produits de base, qui a com-
mencé au début des années 2000, a entraîné une accé- l’économie1. Si quelques succès ont été enregistrés récem-
lération de l’inflation globale et offert un certain répit ment avec une accélération de l’inflation sous-jacente, les
temporaire, mais l’inflation sous-jacente demeurait néga- risques de déflation continuent de se multiplier dans un
tive (graphique 3.2.1). D’autres chocs, comme l’éclate- contexte marqué par une demande faible et une baisse
ment de la bulle informatique et la crise financière mon- des anticipations d’inflation.
diale de 2008–09, ont accru la fragilité de la demande, et Des facteurs structurels ont amplifié l’effet des chocs
l’écart de production est resté négatif (graphique 3.2.2). de demande, ce qui a alimenté les pressions déflation-
L’appréciation du yen qui a mené à l’adoption des nistes. Plusieurs de ces facteurs (baisse du pouvoir de
Abenomics en 2013 et le recul des cours des produits négociation des salariés, vieillissement de la population
de base depuis 2014 ont encore compliqué la relance de et croissance démographique lente) sont applicables à

Le présent encadré a été rédigé par Elif Arbatli, Samya Beidas- 1Pour une analyse des retombées des cours des produits de base

Strom et Niklas Westelius. sur l’inflation globale, voir le texte du chapitre.

Fonds monétaire international | Octobre 2016 149


PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : DEMANDE MODÉRÉE — SYMPTÔMES ET REMÈDES

Encadré 3.2 (suite)


Graphique 3.2.2. Japon : indicateurs un excès de demande et des pressions inflationnistes,
cycliques et structurels puisque les retraités consomment en général plus qu’ils
(Variation annuelle moyenne en pourcentage) ne produisent (Juselius et Takáts, 2015), même si l’effet
net du vieillissement sur l’inflation est ambigu.
Période de faible inflation (1990–97) La timidité et la faible crédibilité de la réaction des
Période de déflation (1998–2013) autorités pendant les années 90 ont aussi été largement
citées comme facteurs ayant contribué à la déflation.
3 En particulier, le rythme et l’étendue de l’assouplisse-
ment monétaire initial étaient vraisemblablement insuf-
fisants, et la riposte budgétaire a été critiquée et quali-
2 fiée d’inefficace pour stimuler la croissance (Bernanke et
Gertler, 1999; Ito et Mishkin, 2006; Kuttner et Posen,
2002; Leigh, 2010). La position budgétaire est demeurée
1 dans l’ensemble accommodante tout au long de la pé-
riode de déflation (plage 1 du graphique 3.2.3), mais
les tentatives périodiques de rééquilibrage ont en outre
0 été à l’origine de coups d’accordéon dans l’applica-
tion de la politique budgétaire (Kuttner et Posen, 2002;
Syed, Kang et Tokuoka, 2009), dont l’efficacité a été en-
–1 travée par l’absence de coordination avec la politique
monétaire (Eggertsson, 2006). Par ailleurs, la Banque
du Japon s’est engagée dans la voie de l’indépendance,
–2 ainsi que de la stabilité des prix, dans les années 90 et n’a
Coût unitaire Croissance Croissance Écart de adopté une cible d’inflation explicite qu’en 20132. En
réel du travail des salaires des salaires production
nominaux réels
conséquence, les anticipations d’inflation à long terme
n’étaient pas bien ancrées dans les années 90 (plage 2 du
Sources : Organisation de coopération et de développement graphique 3.2.3), de sorte que l’économie était plus vul-
économiques; calculs des services du FMI.
nérable aux chocs de déflation. Enfin, l’apurement des
bilans d’un secteur financier fragile a pris beaucoup de
l’heure actuelle à nombre de pays avancés. D’aucuns sou-
temps et a paralysé l’intermédiation financière, ce qui a
tiennent que le recul du pouvoir de négociation des sala-
contribué à une longue récession et à la persistance des
riés, manifeste dans la chute tendancielle des coûts uni-
pressions déflationnistes (Ito et Mishkin, 2006).
taires du travail qui a commencé à la fin des années 90
(graphique 3.2.2), et le ralentissement de l’activité des Répercussions de la déflation et actualité du sujet
entreprises, comme le montre le niveau élevé de leurs en-
On estime en général que la déflation persistante a agi
caisses, ont par leur effet conjugué nourri la déflation
comme un vent contraire sur l’économie japonaise. Les
en fragilisant la dynamique salaire/prix (Porcellacchia,
entreprises ont davantage hésité à investir et à engager des
2016). Les entreprises ont été moins portées à en-
travailleurs réguliers et, anticipant de nouvelles baisses des
gager des salariés à contrat à durée indéterminée («tra-
prix, les consommateurs ont reporté leurs achats de biens
vailleurs réguliers») dans un climat de croissance faible
durables. Un cercle vicieux recul des prix/diminution des
selon les anticipations. La part des travailleurs régu-
bénéfices/restrictions salariales a aggravé la fragilité de la
liers parmi les salariés a diminué durant cette période,
demande dans un «échec coordonné» (Kuroda, 2013).
ce qui a contribué à une baisse des coûts unitaires du
travail, du revenu permanent et des avantages accordés
aux salariés. La population vieillissante et en déclin du 2Des mesures de la crédibilité de la banque centrale (Crowe et

Japon a aussi été tenue responsable des pressions défla- Meade, 2007; Dincer et Eichengreen, 2014) semblent indiquer
tionnistes, car la faiblesse de la croissance potentielle et que la Banque d’Angleterre, la Réserve fédérale et la Banque cen-
trale européenne, par exemple, ont obtenu de meilleurs résultats
ses conséquences sur la viabilité budgétaire sont accu-
(en matière de transparence des politiques) lors de la crise financière
sées d’entraver la demande (Anderson, Botman et Hunt, mondiale que le Japon pendant les périodes de faible inflation et de
2014). Parallèlement, la population âgée pouvait générer déflation que ce pays a traversées.

150 Fonds monétaire international | Octobre 2016


CHAPITRE 3 LA DÉSINFLATION MONDIALE SUR FOND DE POLITIQUE MONÉTAIRE SOUS CONTRAINTE

Encadré 3.2 (fin)


Graphique 3.2.3. Japon : L’alourdissement de la charge réelle de la dette a accru les
indicateurs stratégiques risques de défaillance et réduit les prix des actifs, la valeur
25 1. Indicateurs stratégiques des garanties et l’intermédiation du crédit à l’économie
(Variation cumulée en pourcentage) réelle. La déflation a favorisé une réorientation du contenu
20 Période de faible inflation (1990–97) des portefeuilles vers les actifs soi-disant sains, réduisant
Période de déflation (1998–2012)
ainsi l’offre de capitaux à risque.
15
La croissance constamment faible du PIB et, en consé-
quence, du PIB nominal a creusé le différentiel de crois-
10
sance des taux d’intérêt et contribué à un alourdissement
5 du fardeau de la dette (End et al., 2015)3. Sur le front
monétaire, à mesure que les taux d’intérêt nominaux at-
0 teignaient leur valeur plancher effective et que les antici-
Réduction Relance Expansion du bilan
du taux budgétaire de la Banque pations d’inflation diminuaient, les taux d’intérêt réel ne
directeur (solde structurel/PIB) du Japon pouvaient être abaissés suffisamment, de sorte que l’éco-
(ratio au PIB nomie continuait de se contracter. Malgré la forte expan-
de 2008)
3,0 2. Inflation mesurée par l’IPC : anticipations sion du bilan de la Banque du Japon à l’aide d’opérations
(En pourcentage) monétaires non classiques ces dernières années, l’infla-
2,5
tion demeure désespérément faible.
2,0 En résumé, l’expérience japonaise fait ressortir l’im-
portance d’une réaction crédible, décisive et vigoureuse
1,5
des autorités pour prévenir un désancrage des anticipa-
1,0 tions d’inflation. Les répercussions d’une déflation per-
sistante peuvent être graves et, une fois que les antici-
0,5
pations de déflation apparaissent, il peut être difficile
0,0 de faire sortir l’économie du piège à liquidités. Dans
1990 95 2000 05 10 16 nombre de pays avancés, les facteurs structurels, y com-
pris une baisse de longue durée du pouvoir de négocia-
Sources : Consensus Economics; Haver Analytics; calculs
des services du FMI. tion des salariés, pourraient générer des vents contraires
Note : Les anticipations d’inflation sont des prévisions à dix supplémentaires4.
ans tirées de Consensus Economics; le taux directeur est le
taux cible moyen non garanti au jour le jour; IPC = indice 3Bien qu’il soit difficile de chiffrer l’effet de la déflation sur l’ac-
des prix à la consommation. cumulation de la dette, un calcul mécanique prenant par hypothèse
un taux d’inflation nul pour les années de déflation semble indiquer
une contribution de l’ordre de 36 % du PIB depuis 1990 par l’in-
termédiaire des déterminants automatiques de la dette.
4FMI (2016a) et Arbatli et al. (2016) examinent le rôle potentiel

des politiques de revenu et des réformes du marché du travail pour


renforcer la dynamique salaire/prix au Japon.

Fonds monétaire international | Octobre 2016 151


PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : DEMANDE MODÉRÉE — SYMPTÔMES ET REMÈDES

Encadré 3.3. Quel rôle jouent vraiment les cours mondiaux dans la hausse des prix alimentaires?
Une inflation galopante a souvent accompagné, voire Graphique 3.3.1. Poids des denrées
précédé, une spirale des prix alimentaires1, à cause en alimentaires dans la consommation
partie de la part considérable des denrées alimentaires et le PIB par habitant
dans la consommation, notamment dans les pays à faible 80
revenu (graphique 3.3.1). La baisse des cours alimen-
70
taires mondiaux depuis 2011 a donc réactivé l’intérêt

Part des denrées alimentaires dans le panier


de déterminer dans quelle mesure les variations de ces
60
cours se répercutent sur les prix alimentaires des pays et

de l’IPC (en pourcentage)


exercent des pressions à la baisse sur l’inflation mesurée 50
par l’indice général des prix à la consommation.
Il ressort toutefois d’une comparaison entre les varia- 40
tions des cours mondiaux et celles des prix alimentaires
intérieurs dans plus de 80 pays que la corrélation entre 30
ces variations est faible2. En fait, les hausses des prix ali-
mentaires intérieurs suivent des trajectoires incroyable- 20
ment différentes de celles des cours mondiaux (qui sont
libellés en dollars). Dans nombre de pays avancés et sur- 10
tout émergents, un tel découplement traduit la déprécia-
tion du taux de change par rapport au dollar, qui a limité, 0
0 10 20 30 40 50 60 70 80 90
voire plus que compensé, la baisse des cours alimentaires PIB par habitant (milliers de dollars,
mondiaux (plages 1 et 2 du graphique 3.3.2). Par contre, corrigé par la parité de pouvoir d’achat)
le taux de change a joué un rôle moins grand dans beau-
coup de pays en développement à faible revenu, où l’aug- Source : calculs des services du FMI.
mentation rapide des prix alimentaires intérieurs a été tirée Note : IPC = indice des prix à la consommation.
par une hausse plus importante des prix des denrées ali-
mentaires produites localement, qui sont pour la plupart non échangeables (plage 3 du graphique 3.3.2). Dans l’en-
semble, la progression des prix alimentaires a été en gé-
Le présent encadré a été rédigé par Emre Alper, Luis Catão, Niko néral plus forte que celle des prix des autres produits dans
Hobdari, Daniel Te Kaat et Ali Uppal.
1Une compétition statistique entre les cours alimentaires et ceux
tous les groupes de pays, et surtout en Afrique subsaha-
du pétrole comme indicateurs précurseurs de l’inflation mondiale rienne et dans les pays émergents (graphique 3.3.3). C’est
au cours des quatre dernières décennies fait ressortir le rôle ma- pourquoi la hausse des prix alimentaires intérieurs a en gé-
jeur joué par les denrées alimentaires par rapport au pétrole (Catão néral compensé les pressions déflationnistes exercées par
et Chang, 2011). Par exemple, la forte inflation des années 70 a les autres produits dans de nombreux pays3.
suivi une hausse des prix alimentaires plus rapide que celle des prix
La preuve que les retombées des prix FAB (c’est-à-dire
du pétrole et de l’ensemble des prix à la consommation. La pre-
mière flambée inflationniste dans le monde postérieure à la seconde hors frais de transport à destination du marché national
guerre mondiale dans les années 50 a été précédée par une hausse final) sur ceux acquittés par les consommateurs sont li-
des prix des produits de base alimentaires, mais non de ceux du pé- mitées est corroborée par une analyse de régression effec-
trole. Plus récemment, le dépassement généralisé en 2007–08 des tuée avec un échantillon de 81 pays à partir de données
cibles de l’inflation mesurée par l’indice des prix à la consommation
mensuelles sur la période 2000–15 (graphique 3.3.4)4.
fixées par la banque centrale était largement imputable aux denrées
alimentaires, et non au pétrole.
2L’analyse utilise des pondérations propres à chaque pays pour 3En règle générale, la hausse des prix alimentaires a dépassé celle

calculer le prix mondial correspondant du panier intérieur de des autres produits de 1,4 point de pourcentage par an entre 2010
consommation de denrées alimentaires (en d’autres termes, le prix et 2015 dans les 41 pays de l’Afrique subsaharienne composant
que les consommateurs de ce pays devraient payer s’ils achetaient l’échantillon. Dans les pays, aussi bien avancés qu’émergents, les
un panier analogue sur le marché mondial). Dans le cas de l’Afrique écarts sont respectivement de 0,8 et de 0,5 point de pourcentage
subsaharienne, les données disponibles ne permettant d’effectuer ce pendant la même période.
calcul que pour 17 des 41 pays, les pondérations moyennes des pays 4Les variables explicatives des régressions portant sur des pays spé-

à faible revenu ou à revenu intermédiaire de l’échantillon étant ap- cifiques sont l’indice de l’inflation mesurée par les prix alimentaires
pliquées à l’ensemble de l’échantillon. L’analyse est concentrée sur FAB courants et jusqu’à six retards en monnaie locale (calculé comme
les prix à l’importation FAB en monnaie locale pour neutraliser les la variation en pourcentage du produit de l’indice des cours alimen-
effets des variations du taux de change. taires mondiaux en dollars par le taux de change du pays par rapport

152 Fonds monétaire international | Octobre 2016


CHAPITRE 3 LA DÉSINFLATION MONDIALE SUR FOND DE POLITIQUE MONÉTAIRE SOUS CONTRAINTE

Encadré 3.3 (suite)


Graphique 3.3.2. Denrées alimentaires : Graphique 3.3.3. Prix alimentaires/prix
cours mondiaux et prix à la consommation non alimentaires
(Janvier 2000 = 100) (Janvier 2000 = 100)

Prix à la consommation des denrées alimentaires Pays avancés


Cours mondiaux des denrées alimentaires, en dollars Pays émergents
Cours mondiaux des denrées alimentaires, Afrique subsaharienne
en monnaie locale
400 1. Pays avancés 120

350
115
300
250
110
200
150
105
100
50
2000 05 10 15 100

400 2. Pays émergents


350 95

300
250 90
2000 05 10 15
200
Source : calculs des services du FMI.
150
100
Bien que la masse de la distribution des coefficients de
50
2000 05 10 15 transmission soit essentiellement comprise entre 0,1
et 0,2 (la médiane est de l’ordre de 0,12), la variation
400 3. Afrique subsaharienne entre les pays est considérable. La répercussion est proche
350 de 0,4 pour certains d’entre eux et dépasse 1 dans le cas
300 d’une observation aberrante (Éthiopie). En général, tant
la répercussion moyenne que la dispersion transfronta-
250
lière des coefficients de transmission sont plus sensibles
200 dans les pays de l’Afrique subsaharienne que dans les
150 pays avancés ou émergents. En outre, lorsque l’échan-
tillon est divisé en deux sous-périodes (la première cou-
100
vrant la hausse sensible des prix alimentaires en 2006–08
50 et la seconde leur diminution en 2009 et à compter
2000 05 10 15
de 2011), les répercussions semblent être plus fortes en
Source : calculs des services du FMI. règle générale et plus dispersées qu’au cours de la période
précédente (graphique 3.3.5). Pour expliquer la disper-
sion des coefficients de transmission entre les pays et les
au dollar), augmenté des retards de la hausse des prix alimentaires périodes, une régression des divers coefficients obtenue
intérieurs (la longueur du retard de chaque régression étant fixée en à partir de la période de l’échantillon est effectuée avec
fonction de critères statistiques normalisés). Le coefficient de trans- divers facteurs, y compris ceux identifiés dans de précé-
mission est alors calculé comme le quotient de la somme des coeffi-
dentes études (par exemple Gelos et Ustyugova, 2012).
cients de hausse des prix alimentaires FAB par 1, déduction faite de la
somme des coefficients de hausse retardée des prix alimentaires inté- Les résultats de cet exercice empirique font ressortir le
rieurs (en d’autres termes, les coefficients autorégressifs). rôle des niveaux de revenu, des régimes de change, de

Fonds monétaire international | Octobre 2016 153


PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : DEMANDE MODÉRÉE — SYMPTÔMES ET REMÈDES

Encadré 3.3 (suite)


Graphique 3.3.4. Denrées alimentaires : Graphique 3.3.5. Denrées alimentaires :
coefficients de transmission distribution des coefficients de transmission
pour divers groupes de pays

Distribution des fréquences (observations)


Moyenne Médiane 25 1. 2000–08

0,30 20

15
0,25
10
0,20
5

0,15 0
< –0,5 –0,3 –0,1 0,1 0,3 0,5 0,7 0,9
–0,4 –0,2 0,0 0,2 0,4 0,6 0,8 > 1,0
Coefficients de transmission
0,10
Distribution des fréquences (observations) 25 2. 2009–15
0,05
20

0,00 15
Pays Pays Afrique
avancés émergents subsaharienne
10
Source : calculs des services du FMI.
Note : Les traits verticaux représentent les écarts interquartiles. 5

0
< –0,5 –0,3 –0,1 0,1 0,3 0,5 0,7 0,9
l’ouverture au commerce alimentaire et de l’instabilité –0,4 –0,2 0,0 0,2 0,4 0,6 0,8 > 1,0
de la production dans la formulation des coefficients de Coefficients de transmission
transmission (tableau 3.3.1) :
Source : calculs des services du FMI.
•• Un revenu par habitant élevé va de pair avec une
répercussion faible des cours alimentaires internatio-
naux. Une explication de ce résultat est que les pays
riches consomment en règle générale des produits •• Les répercussions sont faibles dans les pays où des
alimentaires à forte valeur ajoutée dont les compo- droits de douane en général élevés frappent les produits
santes non échangeables, comme les services de agricoles, dans la logique de la notion que ces droits
distribution, représentent une part importante du réduisent la négociabilité de certains produits ali-
coût total. mentaires intérieurs.
•• Un régime de change stable s’accompagne de fortes •• Les répercussions sont fortes dans les pays dont la croissance
répercussions. Lorsque le taux de change est fixe, les est instable. Plusieurs explications peuvent être données
prix FAB en monnaie locale reflètent plus directe- à cette conclusion. Une explication simple est que les
ment les cours mondiaux, ce qui atténue les écarts prix sont d’autant moins rigides que l’économie est
par rapport à la loi du prix unique associée à l’insta- instable, de sorte que la répercussion de cours mon-
bilité non anticipée du taux de change. diaux élevés sur les prix de détail est plus forte.
•• Les répercussions sont fortes dans les pays qui, par
rapport au PIB, sont de grands exportateurs ou impor- Ces observations donnent à penser que, lorsqu’elles
tateurs nets de denrées alimentaires. Ce résultat tient sont faibles, les répercussions des cours mondiaux sur
à ce que la composante échangeable des denrées les prix alimentaires intérieurs n’améliorent pas néces-
alimentaires augmente sans doute parallèlement aux sairement le bien-être. Ce peut être le cas, par exemple,
exportations ou aux importations en termes nets. lorsqu’elles tiennent à des droits de douane élevés qui

154 Fonds monétaire international | Octobre 2016


CHAPITRE 3 LA DÉSINFLATION MONDIALE SUR FOND DE POLITIQUE MONÉTAIRE SOUS CONTRAINTE

Encadré 3.3 (fin)


Tableau 3.3.1. Répercussion des prix faussent l’allocation des ressources, ou si la part des den-
alimentaires FAB sur la hausse des prix à la rées locales (comme les légumes et les fruits frais), qui,
consommation : déterminants transfrontaliers étant donné leur non-négociabilité, sont produites, stoc-
(1) (2) kées ou transportées de façon peu efficace, est élevée5.
Log du PIB par habitant –0,0385*** –0,0333*** En fait, lorsque les cours mondiaux baissent, cette faible
(–3,15) (–3,31) négociabilité en limite les avantages pour les consomma-
teurs, mais, à l’inverse, lorsqu’ils augmentent, elle tend à
Ouverture 0,0174
(0,88) les réduire pour les producteurs et, ainsi, à reporter à une
date ultérieure les ajustements de la production qui s’im-
Balance commerciale 0,00838* posent et qui, en fin de compte, bénéficieraient aussi aux
alimentaire/PIB consommateurs intérieurs.
(1,71)

Balance commerciale 0,00124*** 0,00151***


alimentaire/PIB, au carré (3,72) (3,88)

Inflation mesurée par l’IPC, –0,00135


moyenne
(–1,34)

Régime de change 0,0296** 0,0235*


(2,3) (1,96)

Droits de douane agricoles, –0,00527** –0,00741***


moyenne
(–2,39) (–4,90)

Instabilité de la croissance 0,0116* 0,0134**


(1,68) (2,08)

Qualité des institutions –0,00484


(–0,88)

Constante 0,168*** 0,151***


(3,32) (3,06)

Nombre d’observations 81 81
R2 0,564 0,517
R 2 ajusté 0,509 0,484
Sources : autorités nationales; estimations des services du FMI.
Note : La variable dépendante est le coefficient de transmission estimé 5Voir le chapitre 1 pour des informations sur la part des produits
indiqué au graphique 3.4. Les statistiques t robustes sont entre paren- locaux dans la consommation alimentaire intérieure et un examen
thèses. IPC = indice des prix à la consommation. ***, **, * indiquent la général du rôle des denrées alimentaires dans la production et la
signification à l’intervalle de 1, 5 et 10 %, respectivement.
consommation.

Fonds monétaire international | Octobre 2016 155


PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : DEMANDE MODÉRÉE — SYMPTÔMES ET REMÈDES

Encadré 3.4. Les retombées des prix des produits de base sur la hausse des prix à la production
Le chapitre met en évidence un ralentissement généra- Graphique 3.4.1. Prix des produits de base
lisé ces dernières années de la hausse des prix à la produc- et prix à la production
tion, surtout dans le secteur manufacturier, dans les pays (Janvier 2014 = 100; moyenne simple
avancés. Ce ralentissement a été particulièrement marqué par groupes de pays)
chez les importateurs de produits de base, ce qui donne à Cours mondiaux des produits de base
penser que les liens internationaux entre les intrants sont (échelle de droite)
Importateurs de produits de base (IPP)
un circuit clé que les pressions déflationnistes empruntent Exportateurs de produits de base (IPP)
pour se répercuter dans les pays (graphique 3.4.1). Cela
étant, le présent encadré utilise des données sectorielles 110 120
de quatre pays avancés (Allemagne, Corée, France et
Pays-Bas) pour examiner le rôle joué dans ce ralentisse- 105
ment par le fléchissement des cours internationaux des
produits de base et des autres prix à l’importation1. 100 100
L’approche empirique suivie pour décomposer la contri-
95
bution des prix des différents intrants à la hausse des prix à
la production sectoriels suit la méthodologie mise au point
90 80
par Ahn, Park et Park (2016). En particulier, la spécifica-
tion ci-après est utilisée pour estimer les effets des prix des 85
intrants intérieurs (​​DOM​ it ​), importés (​​​​IMP​ it ​) et les coûts
du travail (ULC​ it​ ​​​​  )​​​sur les prix intérieurs à la production 80 60
(​​​Pit​ ​​
​  ​  ) au niveau des secteurs des pays2 :
75
l​n​(​Pit​  ​ ​)​  ​​ ​=​ ​​β​  1​​ ​α​  i,DOM​​  ln​(​DOM​ it​ ​)​  ​ + ​β​  2​​ ​α​  i,IMP​​  ln​(​IMP​ it​ ​)​  ​ ​
​+ ​β​  3​​ ​α​  i,ULC​​  ln​(​ULC​ it​ ​)​  ​ + ​ε​  it​​​, (3.4.1)
70 40
Avril
où it représente le secteur i à l’instant t, ln les logs, et ​​αi,X​​​ 2014 15
16
est la part de chaque catégorie d’intrants dans la struc- Sources : Banque de Corée; Eurostat; Haver Analytics; FMI,
ture des coûts du secteur i (avec ​​∑​ X​​ ​α​ i,X​​  = 1​​), obtenue base de données International Financial Statistics.
à partir de tableaux entrées–sorties3. Le degré de trans- Note : importateurs de produits de base : 18 pays de la
zone euro, Chine, Corée, États-Unis, Japon, Royaume-Uni;
mission des prix des intrants sur ceux à la production (​​β​​) exportateurs de produits de base : Afrique du Sud, Brésil,
peut varier selon les intrants afin de prendre en considé- Chili, Colombie. IPP = indice des prix à la production.
ration les effets d’une réaction hétérogène éventuelle aux
chocs de coûts sous-jacents. L’équation est estimée dans
des structures de panel distinctes pour les quatre pays données des tableaux entrées–sorties et celles sur les prix
(avec des effets sectoriels intérieurs fixes). Un mécanisme sectoriels sont conjuguées pour établir des indices des
de correction d’erreurs est utilisé pour tenir compte de prix des intrants et du coût du travail pour chaque sec-
la relation potentielle de cointégration entre les prix non teur intérieur ​i​. Par exemple, l’indice des prix des intrants
stationnaires à la production et des intrants. importés pour le secteur ​i​est obtenu comme suit :

​ln​(​IMP​ it​ ​)​  ​ = ​∑ j​ ​​ ​(​α​  ij,IMP​​  / ​α​  i,IMP​​)​ln​(​Ijt​  ​ ​​ )​,​


Conformément à la nouvelle approche de Ahn,
(3.4.2)
Park et Park (2016) et de Auer et Mehrotra (2014), les
où ​​α​ ij,IMP​​​est la part des intrants importés du secteur ​j​
Le présent encadré a été rédigé par JaeBin Ahn. dans le total des intrants utilisés pour la production du
1Ces quatre pays avancés ont été retenus parce qu’ils publient des
secteur ​i​, tiré des tableaux entrées–sorties, et ​​I​ jt​ ​​ ​  est l’indice
données très fréquentes sur les prix sectoriels.
2Une faiblesse éventuelle possible de la méthodologie est que les des prix des biens importés du secteur j​extrait des don-
prix dans d’autres secteurs, ainsi que les taux de change qui ont une nées sectorielles sur les prix à l’importation4. Il est pos-
incidence sur les prix à l’importation libellés en monnaie locale, sible de séparer à nouveau les intrants entre les
sont pris tels quels dans l’estimation. Par ailleurs, en se fondant sur
une spécification à forme réduite, l’analyse ne prend pas position 4Il est possible de consulter toutes les données sur les séries de

sur la cause profonde des variations des prix des intrants importés prix dans la base de données statistiques de la Banque de Corée
(produits de base, entre autres). (système des statistiques économiques), à laquelle le public peut ac-
3La source des parts des intrants est le World Input-Output Table céder sur le Web ([Link]), ou dans celle d’Eurostat (http://
([Link] [Link]/eurostat/data/database).

156 Fonds monétaire international | Octobre 2016


CHAPITRE 3 LA DÉSINFLATION MONDIALE SUR FOND DE POLITIQUE MONÉTAIRE SOUS CONTRAINTE

Encadré 3.4 (fin)


composantes produits de base et hors produits de base, Graphique 3.4.2. Contribution à la hausse
de façon à prendre en compte des estimations distinctes cumulée des prix à la production
de leur contribution à la hausse des prix à la production5. (En pourcentage, janvier 2014–mars 2016)
Les indices sectoriels des prix des intrants intérieurs et
des coûts unitaires du travail sont établis de façon ana- Importations d’intrants de produits de base (indirecte)
Importations d’intrants de produits de base (directe)
logue en utilisant les tableaux entrées–sorties et les in- Importations d’intrants hors produits de base
dices sectoriels des prix intérieurs à la production et des Autres facteurs
coûts unitaires du travail. Inflation globale mesurée par l’IPP
Les résultats semblent indiquer que la répercussion des
prix à l’importation sur les prix intérieurs à la produc- 5
tion est forte. La répercussion à court terme des prix des
produits de base sur les prix intérieurs à la production
en Corée est de l’ordre de 40 % et atteint environ 60 % 0
à long terme. Celle des prix des intrants de produits de
base est encore plus forte dans les trois pays européens
(90 % à court terme et près de 100 % à long terme)6. –5
Les coefficients de transmission estimés pour les prix à
l’importation hors produits de base sont comparables.
En conjuguant ces estimations des répercussions avec –10
les prix à l’importation sectoriels effectifs pour ces deux
dernières années, il est possible de conclure ce qui suit :
•• La forte chute des prix des produits de base a été un –15
élément moteur majeur de la déflation globale des
prix à la production en Allemagne, en France et aux
Pays-Bas ces deux dernières années (graphique 3.4.2). –20
Allemagne France Pays-Bas Corée
Sa contribution a été quelque peu plus faible, mais
toujours importante, dans le cas de la Corée. Sources : Banque de Corée; Eurostat; Haver Analytics;
•• Les différences entre les pays en ce qui concerne la FMI, base de données International Financial Statistics;
contribution relative des prix à l’importation des pro- calculs des services du FMI.
Note : La contribution des importations d’intrants de produits
duits de base à la hausse globale des prix à la produc-
de base est directe ou indirecte selon qu’elle saisit l’utilisation
tion sont pour l’essentiel attribuables aux variations de ces importations par le secteur des produits de base ou par
du poids des intrants, et non à des différences dans d’autres secteurs. IPP = indice des prix à la production.
les déterminants des prix à l’importation.
•• La majeure partie des retombées des prix des pro-
duits de base sur la déflation globale des prix à la tous les pays, exception faite des Pays-Bas, où les
production pendant cette période est indirecte (car réexportations de pétrole sont importantes, mais ne
elles proviennent d’un recul des prix des intrants représente néanmoins qu’un cinquième de la contri-
dans les secteurs hors produits de base des pays). bution totale des prix des produits de base.
La contribution directe (par l’intermédiaire des •• La contribution des prix à l’importation hors
importations de produits de base par le secteur des produits de base à la hausse globale des prix à la
produits de base intérieur) est proche de zéro dans production ces deux dernières années est beaucoup
plus faible, principalement parce que les cours
internationaux des produits manufacturés ont baissé
5Le secteur des produits de base est, par définition, celui de l’ex-
nettement moins que ceux des produits de base
ploitation des mines et des carrières selon la classification à deux pendant cette période, et non à cause de différences
chiffres des industries.
6La différence entre les coefficients estimés des divers groupes entre les coefficients de transmission ou entre les
de pays pourrait refléter, entre autres, des structures de marché dis- poids relatifs des intrants de produits de base et les
tinctes, ainsi que le degré de concurrence. intrants hors produits de base dans la production.

Fonds monétaire international | Octobre 2016 157


PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : DEMANDE MODÉRÉE — SYMPTÔMES ET REMÈDES

Encadré 3.5. Politique monétaire : approche transparente fondée sur la gestion des risques
L’objet d’une approche de la politique monétaire fondée Graphique 3.5.1. Prévisions envisagées
sur les risques est d’éviter les graves répercussions, dont au deuxième trimestre de 2009 :
la déflation. Si elles ne se préoccupent guère des légers réduction au minimum des pertes
écarts par rapport aux résultats souhaités, les autorités at- contre fonction linéaire de réaction
tribuent un coût marginal croissant aux écarts d’inflation (En pourcentage, sauf indication contraire)
ou de production à mesure qu’ils se creusent. Cela néces- Fonction de réaction fondée
sur les prévisions d’inflation
site de prendre rapidement des mesures énergiques pour Réduction au minimum des pertes
sortir l’économie de situations où le risque de perte d’effi- 4,0 1. Taux directeur
cacité des instruments classiques s’aggrave, surtout dans un 3,5
contexte marqué par un sous-emploi persistant des capa- 3,0
2,5
cités et une inflation faible, ainsi que par un taux d’intérêt
2,0
directeur à sa valeur plancher effective (VPE). 1,5
Les anticipations jouent un rôle crucial dans l’effica- 1,0
0,5
cité de la politique monétaire. L’ajustement du taux d’in-
0,0
térêt à très court terme de la banque centrale, instrument 2009 10 11 12
classique de politique monétaire, n’a en soi qu’un effet 2 2. Écart de production
négligeable sur l’ensemble de l’économie. Sa portée tient 1
à son influence sur la trajectoire des taux d’intérêt à court 0
terme anticipée par le marché, qui, à son tour, a un effet –1
sur les taux d’intérêt à moyen ou à long terme auxquels –2
les ménages et les entreprises investissent et empruntent. –3
Cependant, la trajectoire que doivent emprunter les –4
taux d’intérêt directeurs pour que l’inflation atteigne la 2009 10 11 12
cible fixée par la banque centrale n’est pas unique. Par 3. Inflation globale
4 (Variation en pourcentage
exemple, cet établissement peut envisager de suivre une
3 d’une année sur l’autre)
stratégie qui ramène graduellement l’inflation vers la cible,
en appliquant peu à peu l’instrument de politique moné- 2
taire sur plusieurs trimestres, ou bien prévoir de suivre une 1
approche rapide et énergique. En l’absence d’orientations
0
données directement par les autorités, les taux directeurs
–1
anticipés par le marché ne suivent pas nécessairement la 2009 10 11 12
trajectoire souhaitée par la banque centrale.
10 4. Taux de chômage
Le présent encadré propose des simulations de modèle
9
pour illustrer comment un engagement crédible et trans-
parent d’appliquer énergiquement une politique moné- 8
taire accommodante peut réduire le risque de récession et 7
de déflation même si le taux directeur se situe à sa VPE1. 6
Un modèle néokeynésien standard de l’économie cana- 5
dienne est utilisé pour simuler une répétition contrefac- 2009 10 11 12
tuelle de l’histoire de la crise financière mondiale dans le Source : estimations des services du FMI.
cadre de deux stratégies possibles. Avec la première stra-
tégie, fondée sur le principe de la gestion des risques, la
banque centrale réduit au minimum une fonction de linéaire de réaction des autorités fondée sur des prévi-
perte en imposant un coût marginal fortement crois- sions d’inflation (en d’autres termes une règle de Taylor
sant aux écarts de production et à ceux de l’inflation par prospective). Les scénarios contrefactuels simulés com-
rapport à la cible. La seconde stratégie suit une fonction mencent au deuxième trimestre de 2009 et sont résumés
au graphique 3.5.1 :
Le présent encadré a été rédigé par Kevin Clinton, Douglas
•• La stratégie de gestion des risques (courbe en rouge)
Laxton et Hou Wang. nécessite de maintenir le taux directeur à sa VPE
1Pour plus de précisions, voir Obstfeld et al. (à paraître). (en l’occurrence 0,25 % par hypothèse) jusqu’au

158 Fonds monétaire international | Octobre 2016


CHAPITRE 3 LA DÉSINFLATION MONDIALE SUR FOND DE POLITIQUE MONÉTAIRE SOUS CONTRAINTE

Encadré 3.5 (fin)


premier trimestre de 2011, soit une période suffi- situation de déflation dont il sera de plus en plus difficile
samment longue pour dépasser temporairement la de sortir. En conséquence, la perspective d’une brève pé-
cible d’inflation. Comme le grand public n’ignore riode d’inflation au-dessus de l’objectif est acceptable.
pas cette intention, les anticipations relatives aux Cependant, la transparence est un élément clé de
taux d’intérêt nominaux à long terme baissent, et cette stratégie. La publication de la trajectoire anticipée
celles d’inflation à moyen terme augmentent. Les de toutes les variables utilisées lors des réunions consa-
taux d’intérêt réels diminuent, de sorte que les prix crées aux décisions stratégiques, y compris la trajectoire
des actifs progressent et que la monnaie locale se du taux directeur dont font état les projections, aide-
déprécie, ce qui stimule la production et l’inflation. rait la banque centrale à rendre compte publiquement
Le dépassement de l’inflation compense le niveau et de façon crédible de sa stratégie2. Cela renforcerait la
initial non souhaité nettement en deçà de la cible confiance du grand public dans l’objectif d’inflation de
et, en règle générale, l’inflation finit par être très cet établissement, ainsi que la transmission dans l’éco-
proche de la cible. nomie des mesures des autorités : si la trajectoire des
•• Le plan de la fonction linéaire de réaction des taux d’intérêt qui est publiée est crédible, la structure
autorités (courbe en bleu) implique en revanche par échéances de ces taux et des prix des actifs, comme
de relever le taux directeur dès le milieu de 2010, le taux de change, évoluerait dans un sens favorable aux
ainsi qu’une convergence beaucoup plus lente vers objectifs des autorités. En revanche, la prévision d’un dé-
la cible, ce qui signifie des écarts de production et passement du taux d’inflation sans communication de
d’inflation par rapport à la cible plus importants l’ensemble de la stratégie de la banque centrale pourrait
et un chômage plus élevé qu’avec la stratégie de saper la confiance dans l’ancrage nominal et donner l’im-
gestion des risques. pression que cet établissement fait «trop peu, trop tard»
pour normaliser les taux d’intérêt.
Le raisonnement à la base de la stratégie plus éner-
2Voir Poloz (2014) pour des arguments en faveur de la diffusion
gique qui dépasse délibérément la cible d’inflation
(sauf en période de normalité) d’indications prospectives, y compris
est simple. D’autres chocs de demande négatifs dans la publication de la trajectoire des taux directeurs dont font état les
un contexte de taux directeur se situant déjà à leur projections, lorsque les taux d’intérêt se situent à leur valeur plan-
VPE posent le risque de plonger l’économie dans une cher effective.

Fonds monétaire international | Octobre 2016 159


PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : DEMANDE MODÉRÉE — SYMPTÔMES ET REMÈDES

Tableau de l’annexe 3.1.1. Échantillon


Annexe 3.1. Échantillon et données de pays avancés ou émergents
Pays avancés Pays émergents
Échantillon de pays Allemagne, Australie, Canada, Argentine, Brésil, Bulgarie, Chili,
L’échantillon le plus large utilisé pour l’analyse de régres- Corée, Espagne, Estonie, États-Unis, Chine, Colombie, Hongrie, Inde,
France, Hong Kong (RAS), Italie, Indonésie, Malaisie, Mexique,
sion dans le présent chapitre comprend les 44 pays avancés Japon, Lettonie, Lituanie, Norvège, Pérou, Philippines, Pologne,
ou émergents énumérés au tableau de l’annexe 3.1.1., qui Nouvelle-Zélande, Pays-Bas, Roumanie, Russie, Thaïlande,
ont été choisis en fonction de la possibilité d’utiliser des République slovaque, République Turquie, Ukraine, Venezuela
tchèque, Royaume-Uni, Singapour,
mesures de leurs anticipations inflationnistes extraites de la Slovénie, Suède, Suisse, province
base de données de Consensus Forecasts. chinoise de Taiwan

Sources des données


Les sources de données primaires du présent chapitre Tableau de l’annexe 3.1.2. Sources des données
sont tirées des bases de données suivantes : Analyse structu- Variable Source
Cours des produits de base Bloomberg L.P.; Haver Analytics; FMI,
relle et perspectives économiques de l’Organisation de coo-
système des cours des produits de base
pération et de développement économiques, CEIC China, Prix à la consommation, prix Haver Analytics; FMI, base de données
Consensus Forecasts de Consensus Economics, Global à la consommation sous- des Perspectives de l’économie mon-
jacents, prix à la production diale; Organisation de coopération et de
Data Services, Perspectives de l’économie mondiale du FMI, et indices des salaires développement économiques
Indicateurs du développement dans le monde de la Banque Importations en valeur et en Base de données CEIC; Haver Analytics;
mondiale, ainsi que Haver Analytics et Bloomberg L.P. volume et déflateur des FMI, base de données des Perspectives
prix à l’importation de l’économie mondiale; Organisation
Toutes les variables sont disponibles en fréquence trimes- de coopération et de développement
trielle (à l’exception de celles utilisées dans l’analyse des économiques; base de données des
anticipations d’inflation fondées sur le marché, qui sont Indicateurs du développement dans le
monde
disponibles en fréquence quotidienne). Les anticipations Indice de la production FMI, base de données des Perspectives de
d’inflation à moyen terme extraites de la base de données industrielle l’économie mondiale
PIB nominal et réel et Haver Analytics; FMI, base de données
de Consensus Forecasts sont interpolées à une fréquence
déflateur du PIB des Perspectives de l’économie mon-
trimestrielle à partir d’enquêtes semestrielles. La couverture diale; Organisation de coopération et de
des déflateurs du PIB et des prix à l’importation est élargie développement économiques; base de
données des Indicateurs du développe-
par interpolation à partir de données annuelles. Le tableau ment dans le monde
de l’annexe 3.1.2 énumère tous les indicateurs utilisés dans Taux de changes effectifs Base de données de Global Data Services
le présent chapitre, ainsi que leurs sources. nominaux
Écart de production FMI, base de données des Perspectives de
l’économie mondiale
Taux de chômage Bloomberg L.P.; Haver Analytics; FMI,
Annexe 3.2. Simulations de modèle base de données des Perspectives de
l’économie mondiale; Organisation
Des simulations de modèle sont utilisées pour évaluer de coopération et de développement
l’effet déflationniste d’une baisse de la demande et des économiques; Thomson Reuters
prix à l’importation dans trois grandes économies (États- Datastream
Swaps indexés sur l’inflation, Bloomberg L.P.; Haver Analytics
Unis, zone euro et Japon) lorsque le fonctionnement de indices boursiers et taux
la politique monétaire est entravé et que les anticipa- d’intérêt des bons du Trésor
tions inflationnistes perdent leur ancrage48. Les simula- Anticipations d’inflation tirées Banque d’Angleterre, Survey of External
d’enquêtes Forecasters; Consensus Economics;
tions sont effectuées dans le cadre de deux environnements Commission européenne, enquêtes
macroéconomiques. Dans les deux cas, le fonctionnement auprès des consommateurs et des
entreprises; FMI, base de données des
de la politique monétaire est censé être entravé (en d’autres Perspectives de l’économie mondiale;
termes, le taux directeur se situe à sa valeur plancher effec- University of Michigan, Survey of
tive) et, dans le second, l’inflation inattendue a un effet di- Consumers
Anticipations de chômage Consensus Economics
rect sur les anticipations d’inflation49. Transparence de la banque Crowe and Meade (2007)
centrale et taux de rotation
48Les simulations sont réalisées en utilisant le modèle G20MOD du FMI.
des gouverneurs
49Les effets de l’inflation sur les anticipations d’inflation sont intégrés
Régime de ciblage de Perspectives de l’économie mondiale,
au modèle par l’intermédiaire de chocs sur le terme représentant l’infla- l’inflation octobre 2011, chapitre 3
tion anticipée dans la forme réduite de la courbe de Phillips. Une infla-
tion inattendue égale à 1 point de pourcentage l’année 1 fait varier les

160 Fonds monétaire international | Octobre 2016


CHAPITRE 3 LA DÉSINFLATION MONDIALE SUR FOND DE POLITIQUE MONÉTAIRE SOUS CONTRAINTE

Le premier choc envisagé est un recul temporaire de 1 % Graphique de l’annexe 3.2.1. Pays avancés où la politique
de la demande intérieure dans chacune des trois économies. monétaire est sous contrainte : effets des chocs
D’après les résultats indiqués au graphique 3.4, les pays ne de désinflation sur l’inflation sous-jacente
(Points de pourcentage; années après le choc sur l’axe des abscisses)
tombent pas dans le piège de la déflation, même si le fonc-
tionnement de leur politique monétaire est entravé, aussi Cours du pétrole Prix à l’exportation de la Chine
Cours du pétrole + prix à l’exportation
longtemps que les anticipations d’inflation restent bien an- de la Chine
crées, mais, lorsqu’elles s’effondrent, le délai nécessaire pour 1,0 1. États-Unis
sortir de la déflation est éventuellement très long.
Les résultats du chapitre donnent à penser que le recul 0,5
des prix à l’importation a également joué un rôle impor-
0,0
tant dans la baisse récente de l’inflation dans de nombreux
pays. Si, dans des circonstances normales, ils ont en général –0,5
un effet temporaire sur l’inflation et ne sont donc pas un
sujet de préoccupation pour la dynamique de l’inflation, –1,0
les prix à l’importation pourraient éventuellement le de-
–1,5
venir dans la conjoncture actuelle marquée par une poli- 0 1 2 3 4 5
tique monétaire dont le fonctionnement est entravé et les
1,0 2. Zone euro
signes d’un désancrage des anticipations d’inflation.
Pour évaluer les éventuelles conséquences déflationnistes 0,5
de ce qui précède, deux chocs sur les prix à l’importation
sont étudiés. Le premier est une chute des cours du pé- 0,0

trole50, et le second un recul des prix à l’exportation de la


–0,5
Chine (pris comme exemple de choc sur les prix mondiaux
des biens échangeables imputable au sous-emploi des capa- –1,0
cités dans un grand pays clé)51. Selon les résultats indiqués
aux graphiques de l’annexe 3.2.1 et 3.2.2, les chocs sur les –1,5
0 1 2 3 4 5
prix à l’importation peuvent créer des pressions désinfla-
tionnistes persistantes lorsque le fonctionnement de la po- 1,0 3. Japon
litique monétaire est entravé et que les anticipations d’in-
0,5
flation à moyen terme perdent leur ancrage :
•• Politique monétaire sous contrainte — Dans les pays où 0,0
le fonctionnement de la politique monétaire est en-
travé, la baisse des prix du pétrole et des biens manu- –0,5
facturés en provenance de Chine peut maintenir l’in-
–1,0
flation en deçà de son niveau de référence (en d’autres
termes, la trajectoire en l’absence de choc) pendant –1,5
0 1 2 3 4 5
une période allant jusqu’à quatre ans (graphique de
l’annexe 3.2.1). L’inflation à court terme est réduite di- Source : estimations des services du FMI.
Note : Le graphique indique la réaction de l’inflation sous-jacente après un choc
rectement par un recul des prix à l’importation, mais sur les cours internationaux du pétrole et sur les prix à l’exportation de la Chine.
aussi indirectement par un repli de la demande. Cet Dans le modèle, la valeur plancher effective des taux d’intérêt nominaux est par
hypothèse une contrainte qui pèse sur le fonctionnement de la politique monétaire
anticipations d’inflation de 0,25, 0,10, 0,5 et 0 point de pourcentage classique dans tous les pays.
les années 2, 3, 4 et à compter de la cinquième année, respectivement.
Ces résultats sont basés sur les conclusions empiriques du chapitre sur le
degré auquel l’inflation inattendue modifie les anticipations d’inflation effet indirect tient à l’interaction d’une inflation faible
du secteur privé à divers horizons.
50Le choc sur les cours du pétrole est calibré de façon à ce que son
et d’un taux directeur nominal inchangé : les taux
ampleur corresponde à la chute effective des cours internationaux du d’intérêt réels augmentent, exerçant des pressions à la
pétrole en 2014 et à ce que sa persistance cadre avec les cours à terme. baisse à la fois sur la consommation et sur l’investis-
51Le recul des prix à l’exportation de la Chine a été fixé de façon à
sement. À moyen terme, toutefois, la diminution des
correspondre plus ou moins à l’effet (approfondi dans le chapitre) des
capacités excédentaires de ce pays sur la hausse des prix à la consomma- prix à l’importation a pour conséquence d’accroître le
tion dans les pays avancés clés en 2015. patrimoine des ménages, ce qui stimule suffisamment

Fonds monétaire international | Octobre 2016 161


PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : DEMANDE MODÉRÉE — SYMPTÔMES ET REMÈDES

Graphique de l’annexe 3.2.2. Pays avancés où la politique la consommation pour compenser les pressions à la
monétaire est sous contrainte et les anticipations baisse exercées par la progression des taux d’intérêt
d’inflation sont désancrées : effets des chocs de désinflation
réels. Une hausse de la demande des consommateurs
sur l’inflation sous-jacente
(Points de pourcentage; années après le choc sur l’axe des abscisses) et une baisse des coûts des intrants stimulent aussi
l’investissement. L’augmentation de la demande in-
Politique monétaire sous contrainte
Politique monétaire sous contrainte + anticipations d’inflation désancrées térieure qui en résulte est par la suite suffisante pour
faire cesser, puis inverser, le recul de l’inflation. Les ef-
1,0 1. États-Unis fets d’une baisse des prix à l’importation sur l’inflation
varient selon les pays en fonction : 1) de leur dépen-
0,5
dance à l’égard des importations de pétrole, 2) de l’im-
0,0
portance de leurs liens commerciaux avec la Chine,
3) de l’effet de richesse généré par la baisse de ces prix,
–0,5 et 4) du degré de souplesse des salaires et des prix.
•• Politique monétaire sous contrainte et désancrage des an-
–1,0
ticipations d’inflation — Si le fonctionnement de la
–1,5 politique monétaire est entravé et que les anticipa-
0 1 2 3 4 5 tions d’inflation perdent leur ancrage, une baisse des
prix à l’importation peut engendrer une désinflation
1,0 2. Zone euro persistante. L’inflation reste en deçà du taux de réfé-
rence pendant plus de cinq ans (graphique de l’an-
0,5
nexe 3.2.2). Ce résultat s’explique par les pressions
0,0 déflationnistes supplémentaires qu’exerce le recul des
anticipations d’inflation, qui peut amplement neutra-
–0,5 liser les retombées positives de l’inflation associées à
–1,0
l’augmentation de l’effet de richesse dont bénéficient
les ménages à moyen terme. Les résultats de ce scé-
–1,5 nario semblent indiquer que, si les anticipations d’in-
0 1 2 3 4 5
flation perdent leur ancrage, il peut être très difficile
d’atténuer les répercussions de la baisse des prix à l’im-
1,0 3. Japon
portation sur l’inflation sous-jacente en l’absence de
0,5 mesures supplémentaires pour stimuler la demande.

0,0
Annexe 3.3. Analyse des
–0,5 principales composantes
–1,0 Une analyse des principales composantes est utilisée
pour évaluer dans quelle mesure la récente baisse de l’in-
–1,5 flation est un phénomène courant dans tous les pays52.
0 1 2 3 4 5
Ses résultats donnent à penser que les trois premiers fac-
Source : estimations des services du FMI. teurs communs expliquent environ 80 à 90 % de la va-
Note : Le graphique indique la réaction de l’inflation sous-jacente après un choc
conjugué sur les cours internationaux du pétrole et sur les prix à l’exportation riation de l’inflation dans les pays avancés en 2000–08
de la Chine. Dans le modèle, la valeur plancher effective des taux d’intérêt et en 2009–15, respectivement, et 75 % approximative-
nominaux est par hypothèse une contrainte qui pèse sur le fonctionnement ment dans les pays émergents ou en développement du-
de la politique monétaire classique dans tous les pays. Dans l'autre scénario
(courbe en rouge), les chocs d’inflation ont aussi par hypothèse des effets rant les deux périodes. L’importance de ces facteurs est
sur les anticipations d’inflation. cependant très différente selon les pays. Par exemple, les
facteurs communs jouent un plus grand rôle en Espagne
52L’analyse des principales composantes est une procédure statistique

qui transforme les données en une série de valeurs de variables non cor-
rélées linéairement — principales composantes. Voir Rabe-Hesketh et
Everitt (2007).

162 Fonds monétaire international | Octobre 2016


CHAPITRE 3 LA DÉSINFLATION MONDIALE SUR FOND DE POLITIQUE MONÉTAIRE SOUS CONTRAINTE

Graphique de l’annexe 3.3.1. Variation de la hausse des prix Graphique de l’annexe 3.3.2. Premier facteur
à la consommation : part expliquée par différents facteurs commun et cours des produits de base
(En pourcentage) (En pourcentage)
er e e Premier facteur commun (échelle de droite)
1 facteur 2 facteur 3 facteur Facteurs propres
à chaque pays Variation des cours des combustibles
1. Pays avancés Variation de l’ensemble des cours des produits de base1
100
60 3
80

60 40 2

40
20 1
20

0
FRA DEU LUX ITA AUT FIN IRL GRC CAN GBR NLD LVA HKG SGP NOR KOR CZE SVN 0 0
ESP BEL DNK CHE USA CYP PRT EST SWE NZL LTU SVK MLT ISL AUS ISR JPN TWN

2. Zone euro 3. PEPD d’Asie


100 100 –20 –1

80 80
–40 –2
60 60

40 40
–60 –3
2000 05 10 15
20 20
Sources : Haver Analytics; FMI, base de données des cours des produits de base;
0 0 estimations des services du FMI.
FRA DEU LUX AUT CYP PRT EST LTU SVK SVN PHL MYS CHN PAK 1
ESP BEL ITA FIN IRL GRC NLD LVA MLT Indice des prix utilisant des pondérations basées sur la moyenne des recettes
IND THA VNM IDN
d’exportation mondiales sur la période 2002–04.
4. PEPD d’Europe et CEI 5. PEPD d’Amérique latine
et Afrique du Sud
100 100
Des analyses supplémentaires utilisant une modélisa-
80 80 tion bayésienne moyenne et les moindres carrés pon-
60 60 dérés constatent qu’en fait, les cours des produits de base
se distinguent de plusieurs variables (ralentissement de la
40 40
production industrielle mondiale, croissance décevante
20 20 dans les pays émergents, notamment) comme étant étroi-
0 0 tement liés au premier facteur commun.
MDA HUN POL UKR SRB TUR BRA MEX CHL ZAF
HRV BLR RUS BGR ROU VEN PER COL

Sources : Haver Analytics; estimations des services du FMI. Annexe 3.4. Éléments moteurs
Note : CEI = Communauté des États indépendants; PEPD = pays émergents
et pays en développement. Les codes de pays utilisés sont ceux
de la récente baisse de l’inflation
de l’Organisation internationale de normalisation (ISO).
Cadre empirique
et en France, et ceux qui sont propres aux pays en La version ci-après de l’équation de la courbe de
Afrique du Sud, en Islande et en Israël, par exemple (gra- Phillips est estimée :
phique de l’annexe 3.3.1).
​​πt​  ​​  = ​γ​ t​​ ​​​πte​  + h​  + ​(​​1 - ​γ​ t​​ ​​ πt ​​̃ -​​  1​​​​​  + θ​t​​​ ​utc​  ​  ​  + ​μt​​​ ​πtm
)​​ ​​​ ​ ​  ​  ​ + ​ε​  t ,​​​ (3.4.1)
S’il peut exister une corrélation entre de nombreuses
variables et les trois premiers facteurs communs, l’évo- où ​​π​t​​​représente l’inflation trimestrielle annualisée me-
lution dans le temps du premier de ces facteurs, par surée par l’indice général des prix à la consomma-
exemple, est étroitement liée aux variations des cours tion, ​​​ ​​πte​  + h​​​​​ les anticipations d’inflation à ​h​années (des
des produits de base (graphique de l’annexe 3.3.2)53. anticipations à dix ans sont utilisées dans la spécification
53Pour des constatations analogues, voir l’édition d’avril 2015 des
de référence), ​​​​​​ ​πt ​​̃ -​​  1​​​​​​​ est la moyenne mobile de l’inflation
Perspectives économiques régionales : Asie et Pacifique et le 2015 Spillover sur les quatre trimestres précédents, ​​u​ tc​  ​​représente le chô-
Report (FMI, 2015). mage cyclique, ​​π tm ​  ​  ​​le prix relatif des importations (par

Fonds monétaire international | Octobre 2016 163


PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : DEMANDE MODÉRÉE — SYMPTÔMES ET REMÈDES

définition, le déflateur des prix à l’importation par rap- chômage cyclique estimées à l’aide du filtre de Kalman
port à celui du PIB), et ​​ε​ t​​​ le résidu. (avec une éventuelle distorsion en fin d’échantillon) par
Les coefficients et le taux de chômage non accéléra- une mesure tirée des estimations de l’écart de produc-
teur de l’inflation (NAIRU) suivent par hypothèse des tion dans la base de données des Perspectives de l’éco-
marches aléatoires avec contraintes (​​γ​ t​​  ∈ ​(0,1)​, ​θ​ t​​  < 0, ​​ nomie mondiale du FMI et de celles du coefficient de la
μ​t​​  > 0​, le NAIRU ne faisant l’objet d’aucune restric- loi d’Okun propres à chaque pays indiquées dans Ball,
tion). Le chômage cyclique est censé suivre un processus Furceri et Loungani (à paraître); les résidus sont ajustés
AR(1) : u​ tc​  ​  = ρ ​ut-1 ​  εu​ t​  ​​, avec ​​uc​ t​ ​ = ​
c​   ​ + ​ ut​  ​​  - ​u​ t*​  ​​, dans lequel ​​ut​  ​​​ en conséquence. La simulation est dynamique en ce
représente le taux de chômage et ​​u​ t​  ​​le NAIRU, et ε​ ​​ ut​  ​​ suit
* sens que le terme de l’inflation retardée est fixé à ses va-
par hypothèse ​​N​(​​0, ​σ2​ u)​​ ​  ​​​​. leurs simulées. C’est pourquoi la décomposition intègre
Le modèle est estimé pays par pays en utilisant une les effets des variations de l’inflation retardée qui sont
probabilité maximum obtenue par un filtre de Kalman attribuables aux précédents mouvements des variables
non linéaire avec contraintes pour un échantillon de explicatives, ce qui devient plus pertinent puisque l’in-
44 pays avancés ou émergents entre le premier trimestre flation est plus persistante.
de 1990 et le premier trimestre de 2016.
Tests de robustesse
Une caractéristique importante du modèle est qu’il
tient compte des variations dans le temps de tous les Mesure des anticipations d’inflation — La spécifica-
paramètres afin de saisir les mutations structurelles de tion de référence est estimée en utilisant des anticipations
chaque pays. Il présente par rapport aux régressions pro- d’inflation à dix ans tirées de Consensus Economics pour
gressives quatre avantages : 1) il utilise toutes les obser- deux raisons : 1) les anticipations à long terme sont une
vations de l’échantillon pour estimer l’ampleur des pa- bonne approximation des cibles de la banque centrale,
ramètres de chaque année, ce qui, par construction, de sorte qu’il est possible d’interpréter le paramètre γ​ ​
n’est pas possible dans les régressions progressives; 2) les comme le degré auquel l’inflation globale est liée à la
changements apportés aux paramètres pour une période cible de la banque centrale, phénomène qualifié en gé-
donnée proviennent des innovations ayant marqué cette néral d’«ancrage eu égard au niveau (level anchoring)»
période, et non de chocs qui se sont produits pendant (Ball et Mazumder, 2011); et 2) les anticipations à long
les périodes voisines; 3) il intègre le fait que les struc- terme sont moins corrélées à l’inflation aussi bien cou-
tures économiques évoluent en général lentement et dé- rante que retardée et donc moins exposées aux problèmes
pendent du passé récent; et 4) il tient compte des éven- de multicolinéarité et de causalité inverse.
tuelles non-linéarités (Swamy et Mehta, 1975). Pour tester la robustesse des résultats, deux versions de
l’équation (3.4.1) sont estimées. La première utilise des
Décomposition anticipations d’inflation à un an au lieu de dix ans, et la
La dynamique de l’inflation est décomposée comme seconde des anticipations à un an, mais omet le terme de
dans Yellen (2015). L’exercice est construit sous forme l’inflation retardée. Dans le cas des pays avancés, les résul-
d’écarts par rapport aux cibles d’inflation, en utili- tats sont dans l’ensemble analogues à ceux obtenus en ré-
sant la moyenne des anticipations à dix ans sur la pé- férence (plage 1 du graphique de l’annexe 3.4.1)55. Dans
riode 2000–07 à titre d’approximation des cibles. La celui des pays émergents, toutefois, l’utilisation d’antici-
contribution de chaque variable explicative est obtenue pations à court terme se traduit par des résidus nettement
en en fixant la valeur à zéro et en comparant la prédic- moins importants, surtout pour les pays où l’inflation dé-
tion du modèle avec celle obtenue lorsque toutes les va- passe les anticipations à long terme (plages 2 et 3 du gra-
riables explicatives sont fixées à leur valeur historique54. phique de l’annexe 3.4.2).
Celle des prix des importations à l’inflation est encore Mesure du chômage cyclique — Les estimations du chô-
décomposée entre la contribution de ces prix en dollars mage cyclique sont en général très incertaines. Pour tester
et les variations du taux de change des pays par rapport la robustesse des résultats, deux estimations sont utili-
à cette monnaie. Celle du ralentissement du marché sées : 1) le taux de chômage filtré (Hodrick-Prescott),
du travail est calculée en remplaçant les séries sur le et 2) les écarts des taux de chômage par rapport à des
moyennes mobiles quinquennales. Selon les résultats
54L’analyse suppose que le ralentissement du marché du travail et les

prix à l’importation ne modifient pas les anticipations d’inflation à dix 55Les résultats des anticipations d’inflation à deux ou trois ans (non
ans, ce qui est confirmé par l’analyse complémentaire de l’effet de ces indiqués dans le présent document en raison de contraintes d’espace)
deux variables sur les anticipations d’inflation. sont dans l’ensemble analogues à ceux des anticipations à un an.

164 Fonds monétaire international | Octobre 2016


CHAPITRE 3 LA DÉSINFLATION MONDIALE SUR FOND DE POLITIQUE MONÉTAIRE SOUS CONTRAINTE

Graphique de l’annexe 3.4.1. Contribution aux écarts Graphique de l’annexe 3.4.2. Contribution aux écarts
d’inflation par rapport aux cibles en utilisant d’inflation par rapport aux cibles en utilisant
diverses mesures des anticipations d’inflation diverses mesures du chômage cyclique
Anticipations d’inflation Prix relatifs à l’importation, en dollars
Anticipations d’inflation Prix relatifs à l’importation, en dollars en deçà de la cible Chômage cyclique
en deçà de la cible Chômage cyclique Taux de change1 Écart d’inflation par rapport
Taux de change1 Écart d’inflation par rapport Autres à la cible2
Autres à la cible2
0,2 1. Pays avancés3
3
0,2 1. Pays avancés
0,0
0,0
–0,2
–0,2
–0,4
–0,4
–0,6
–0,6
–0,8
–0,8 Chômage cyclique basé Chômage cyclique Chômage cyclique sous
Anticipation à 10 ans Anticipation à 1 an Anticipation à 1 an sur la loi d’Okun obtenu par le filtre HP forme d’écart par rapport
et inflation retardée et inflation retardée et aucune inflation retardée à la tendance moyenne
mobile quinquennale
2. Pays émergents où l’inflation était en deçà 2. Pays émergents où l’inflation était en deçà
4 des anticipations à long terme en 20154 4 des anticipations à long terme en 20154

2 2

0 0

–2 –2

–4 –4
Anticipation à 10 ans Anticipation à 1 an Anticipation à 1 an Chômage cyclique basé Chômage cyclique Chômage cyclique sous
et inflation retardée et inflation retardée et aucune inflation retardée sur la loi d’Okun obtenu par le filtre HP forme d’écart par rapport
à la tendance moyenne
3. Pays émergents où l’inflation dépassait mobile quinquennale
4 les anticipations à long terme en 20155 3. Pays émergents où l’inflation dépassait
3 4
les anticipations à long terme en 20155
2 3
1 2
0 1
–1 0
–2 –1
–3 –2
Anticipation à 10 ans Anticipation à 1 an Anticipation à 1 an –3
et inflation retardée et inflation retardée et aucune inflation retardée Chômage cyclique Chômage cyclique Chômage cyclique sous
basé sur la loi d’Okun obtenu par le filtre HP forme d’écart par rapport
Sources : Consensus Economics; Haver Analytics; Organisation de coopération et
de développement économiques, base de données des Perspectives économiques; à la tendance moyenne
calculs des services du FMI. mobile quinquennale
Note : Le graphique indique les contributions moyennes en 2008–15. Les Sources : Consensus Economics; Haver Analytics; Organisation de coopération et
coefficients de la loi d’Okun sont tirés de Ball et al. (2016). de développement économiques, base de données des Perspectives économiques;
1
Par définition, le taux de change est défini comme la valeur de la monnaie par calculs des services du FMI.
rapport au dollar. Note : Le graphique indique les contributions moyennes en 2008–15. Les
2
La cible est définie comme la moyenne des anticipations d’inflation à dix ans coefficients de la loi d’Okun sont tirés de Ball et al. (2016).
en 2000–07. 1
Par définition, le taux de change est défini comme la valeur de la monnaie
3
Pays avancés énumérés au tableau 3.1.1. L’Estonie, la Lettonie, la Lituanie, par rapport au dollar.
la République slovaque et la Slovénie ne sont pas prises en compte 2
La cible est définie comme la moyenne des anticipations d’inflation à dix ans
(observations aberrantes). en 2000–07.
4
Bulgarie, Chine, Hongrie, Malaisie, Mexique, Philippines, Pologne, Roumanie, 3
Pays avancés énumérés au tableau 3.1.1. L’Estonie, la Lettonie, la Lituanie,
Thaïlande. la République slovaque et la Slovénie ne sont pas prises en compte
5
Argentine, Brésil, Chili, Colombie, Inde, Indonésie, Pérou, Russie, Turquie. (observations aberrantes).
4
Bulgarie, Chine, Hongrie, Malaisie, Mexique, Philippines, Pologne, Roumanie,
Thaïlande.
5
Argentine, Brésil, Chili, Colombie, Inde, Indonésie, Pérou, Russie, Turquie.

Fonds monétaire international | Octobre 2016 165


PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : DEMANDE MODÉRÉE — SYMPTÔMES ET REMÈDES

Graphique de l’annexe 3.4.3. Corrélation entre le sous-emploi Sous-emploi des capacités manufacturières en Chine, aux
des capacités manufacturières en Chine, aux États-Unis États-Unis et au Japon, et inflation dans les autres pays
et au Japon et la contribution à l’inflation des prix
à l’importation dans les autres pays Pour examiner la relation entre le sous-emploi des ca-
Pays avancés Pays émergents pacités manufacturières dans les grands pays clés (Chine,
États-Unis et Japon) et l’évolution de l’inflation dans les
Moyenne Médiane
autres, l’équation ci-après est estimée pour chacun des
0,05 1. 2. 0,05 44 pays avancés ou émergents de l’échantillon :
0,00 0,00
​​Ii,t​  ​​  = α + β ​S tj​  ​  ​  + δ ​Xt​  ​​  + ​ε​ i,t​​​, (3.4.2)
–0,05 –0,05
–0,10 –0,10 où I est la contribution du prix des importations à l’infla-
–0,15 –0,15
tion telle qu’estimée avec l’équation (3.4.1), S représente
le sous-emploi des capacités manufacturières, j désigne
–0,20 –0,20
Sous- Sous- Sous- Sous- Sous- Sous- la Chine, les États-Unis ou le Japon, et X est une série de
emploi emploi emploi emploi emploi emploi
en Chine en Chine en Chine3
1 2
en Chine en Chine en Chine3
1 2 variables de contrôle, intégrant des facteurs mondiaux
comme les variations actuelles et antérieures des cours
0,04 3. 4. 0,04 du pétrole et de l’écart de production mondiale (défini
comme la moyenne pondérée par le PIB en dollars de
0,00 0,00 l’écart de production dans les pays)56.
Les résultats de l’analyse donnent à penser qu’il existe
–0,04 –0,04 une corrélation significative entre la contribution à l’in-
flation des prix à l’importation dans de nombreux pays
–0,08 –0,08 avancés ou émergents et le sous-emploi des capacités ma-
Sous- Sous- Sous- Sous- Sous- Sous-
emploi emploi emploi emploi emploi emploi nufacturières en Chine, aux États-Unis et au Japon. La
au Japon au Japon au Japon3
1 2
au Japon au Japon au Japon3
1 2
relation est particulièrement forte, robuste et estimée
5. 6. avec plus de précision dans le cas de la Chine. En parti-
0,20 0,20
0,15 0,15
culier, une progression de 1 point de pourcentage de ce
0,10 0,10 sous-emploi dans ce pays est en règle générale liée à une
0,05 0,05 baisse de l’inflation allant de 0,04 à 0,1 point de pour-
0,00 0,00 centage dans les autres pays (graphique 3.14), la relation
–0,05 –0,05 étant plus forte dans les pays avancés que dans les pays
–0,10 –0,10 émergents (graphique de l’annexe 3.4.3).
Sous- Sous- Sous- Sous- Sous- Sous-
emploi aux emploi aux emploi aux emploi aux emploi aux emploi aux L’équation (3.4.2) est également estimée dans un pan-
États-Unis1 États-Unis2 États-Unis3 États-Unis1 États-Unis2 États-Unis3 neau de paramétrage assorti d’effets fixes pour les pays.
Sources : Consensus Economics; Haver Analytics; Organisation de coopération Les résultats montrent que le sous-emploi des capacités
et de développement économiques; calculs des services du FMI. manufacturières en Chine est significatif à l’intervalle de
Note : Les traits verticaux représentent les écarts interquartiles. Le graphique
indique les coefficients de sous-emploi des capacités manufacturières à partir confiance de 90 % et n’est pas sensible à la neutralisa-
de régressions de la contribution à l’inflation des prix à l’importation sur diverses tion des effets des variables mondiales (graphique de l’an-
variables, dont ce sous-emploi.
1 nexe 3.4.4). Enfin, une analyse approfondie permet de
Aucun effet neutralisé.
2
Neutralisation des effets du sous-emploi des capacités manufacturières constater que cette corrélation est plus forte dans le cas
dans les deux autres pays, des variations des cours du pétrole et de l’écart des pays qui ont des liens commerciaux étroits avec la
de production mondiale.
3
Neutralisation des effets de l’écart de production mondiale et des variations des
Chine, apportant ainsi de nouvelles preuves des effets de
cours du pétrole pendant le trimestre courant et les quatre trimestres précédents. transmission imputables aux biens échangeables.
56La contribution à l’inflation des prix à l’importation est utilisée

comme variable dépendante pour obtenir une mesure directe du lien


présentés au graphique de l’annexe 3.4.2, la contribution
entre les capacités manufacturières excédentaires dans les grands pays et
à l’inflation des prix à l’importation n’est pas, semble-t-il, les taux d’inflation dans les autres pays avancés ou émergents. Des résul-
sensible aux approximations du sous-emploi des capa- tats analogues sont obtenus lorsque les prix à l’importation sont utilisés
cités, mais la contribution de ce sous-emploi lui-même comme variable dépendante (et les effets du sous-emploi des capacités
manufacturières sur l’inflation sont calculés en redimensionnant les ef-
et d’autres facteurs varie quelque peu lorsque différentes fets de cette nature sur les prix à l’importation par ceux des prix à l’im-
mesures sont utilisées. portation sur l’inflation).

166 Fonds monétaire international | Octobre 2016


CHAPITRE 3 LA DÉSINFLATION MONDIALE SUR FOND DE POLITIQUE MONÉTAIRE SOUS CONTRAINTE

Graphique de l’annexe 3.4.4. Corrélation entre le sous-emploi Graphique de l’annexe 3.5.1. Inflation :
des capacités manufacturières en Chine et la contribution évolution des anticipations et chocs
à l’inflation des prix à l’importation dans les autres pays : (En points de pourcentage)
résultats de régressions de panel
Évolution des anticipations d’inflation à 1, 3 et 10 ans
0,00
Médiane 1 an Médiane 3 ans Médiane 10 ans
–0,02 0,6 1. Pays avancés 2. Pays émergents 0,6

–0,04 0,4 0,4

0,2 0,2
–0,06
0,0 0,0
–0,08
–0,2 –0,2

–0,10 –0,4 –0,4

–0,12 –0,6 –0,6


1992 98 2004 10 15 1996 2004 10 15

–0,14 Chocs d’inflation


5 3. Pays avancés 4. Pays émergents 5
–0,16 4 4
Aucun effet Neutralisation Neutralisation Neutralisation Neutralisation
neutralisé des effets des effets des effets des effets 3 3
du SECM aux des variations de l’EPM de l’EPM et 2 2
États-Unis des CP des variations 1 1
et au Japon des CP pendant
le trimestre 0 0
courant et les –1 –1
quatre trimestres –2 –2
précédents
–3 –3
Sources : Consensus Forecasts; Haver Analytics; Organisation de coopération et de –4 –4
développement économiques, base de données sur les Perspectives économiques; –5 –5
calculs des services du FMI. 1994 98 2004 10 15 1994 98 2004 10 15
Note : Le graphique indique les coefficients de sous-emploi des capacités
manufacturières en Chine tirés de régressions de panel. Les barres représentent Sources : Consensus Economics; Haver Analytics; calculs des services du FMI.
les valeurs médianes des coefficients, et les traits verticaux des intervalles de Note : Les données utilisées dans le graphique sont trimestrielles. Aux plages 3 et 4,
confiance de 90 %. SECM = sous-emploi des capacités manufacturières; les courbes en bleu représentent la médiane des chocs d’inflation, et les zones
CP = cours du pétrole; EPM = écart de production mondiale. ombrées les écarts interquartiles.

Le graphique de l’annexe 3.5.1 retrace l’évolution des


Annexe 3.5. Les effets des chocs variables des membres gauche (plage supérieure) et droit
d’inflation sur les anticipations d’inflation (plage inférieure) de l’équation (3.5.1) pour les pays
L’approche économétrique retenue pour évaluer les ef- avancés et les pays émergents. Les changements dans les
fets des chocs d’inflation sur les anticipations d’inflation anticipations d’inflation ont été beaucoup plus instables à
suit celle utilisée par Levin, Natalucci et Piger (2004), qui de brefs horizons pour les deux groupes de pays. Les anti-
établit une relation entre l’évolution des anticipations de cipations ont suivi une trajectoire orientée à la baisse pen-
cette nature et les variations de l’inflation. En particulier, dant toutes les années 90 dans les pays aussi bien avancés
l’équation ci-après est estimée pays par pays : qu’émergents à mesure que le cadre monétaire s’améliorait
et que l’inflation diminuait. Cette tendance a été particu-
​​∆π e​ t+h​ β h​ t​  ​ ​π news
 ​ = ​ ​ t​  ​ + ​ϵ​ t+h​​,​ (3.5.1)
lièrement sensible dans les pays émergents. Les anticipa-
où ​​∆π​ et+h
 ​​​représente la première différence dans les anti- tions d’inflation ont été remarquablement stables tout au
cipations d’inflation à h années,​​ ​​πtnews
​  ​  ​​est une mesure des long des années 2000 dans les pays avancés, surtout à des
chocs d’inflation (par définition, la différence entre l’in- horizons plus lointains, mais leur instabilité s’est récem-
flation réelle et les anticipations d’inflation à court terme ment accrue. Dans le cas des pays émergents, en revanche,
tirées de Consensus Economics), et le coefficient ​​β​​ h​​ saisit l’instabilité des anticipations durant la période 2009–15 a
le degré d’ancrage des anticipations d’inflation à h années été plus faible qu’au cours de la décennie précédente.
(terme généralement qualifié d’«ancrage eu égard au choc Les chocs d’inflation ont été relativement modestes
(shock anchoring)» (Ball et Mazumder, 2011)). dans les pays avancés sauf à l’époque de la crise financière

Fonds monétaire international | Octobre 2016 167


PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : DEMANDE MODÉRÉE — SYMPTÔMES ET REMÈDES

mondiale. Ils ont été pour la plupart négatifs dans les an- Graphique de l’annexe 3.5.2. Pays avancés : sensibilité
nées 90, à mesure que l’inflation diminuait, pour se rap- des anticipations d’inflation en cas de neutralisation
des effets du sous-emploi des capacités
procher de zéro dans les années 2000. Depuis 2011, le
Référence Neutralisation du sous-emploi
choc d’inflation médian dans les pays avancés est négatif. des capacités
Dans les pays émergents, s’ils ont été négatifs en règle gé-
0,40
nérale dans les années 90 et au début des années 2000,
les chocs d’inflation le sont moins depuis peu. 0,35

Tests de robustesse 0,30


Il est possible que l’évolution actuelle et anticipée de
l’inflation soit tirée par celle des anticipations relatives à 0,25

la situation future de l’économie. Par exemple, dès qu’ils


0,20
anticipent une récession et une baisse de l’inflation dans
un avenir proche, les entreprises et les ménages com- 0,15
mencent à réduire leurs dépenses de consommation et
d’investissement, exerçant ainsi des pressions à la baisse 0,10
sur l’inflation du moment. Dans ce cas, tant l’inflation
que les anticipations régressent, mais cette régression se- 0,05

rait aussi causée par un troisième facteur (l’anticipation


0,00
d’un futur sous-emploi des capacités), et non un lien de 1 an 2 ans 3 ans Au moins
5 ans
cause à effet entre les chocs et les anticipations d’infla-
tion, surtout si l’horizon est à court terme. Sources : Consensus Economics; Haver Analytics; calculs des services du FMI.
Note : Le graphique indique la réaction, établie à partir de coefficients de
Pour vérifier si les résultats sont seulement attribuables régressions statiques spécifiques à chaque pays, des anticipations d’inflation
à ce mécanisme, la spécification de référence est com- à divers horizons à une hausse inattendue de 1 point de pourcentage
de l’inflation. L’autre spécification (courbe en rouge) neutralise les effets
plétée par l’évolution des anticipations relatives à la situa- de l’évolution des anticipations du taux de chômage à un an. La sensibilité
tion future de l’économie, représentée par celle des antici- dans le cas de l’horizon à au moins cinq ans correspond à la moyenne des
estimations utilisant des anticipations à cinq et à dix ans. Les traits pleins
pations du taux de chômage à un an tirées de Consensus représentent la réaction médiane des anticipations dans les pays, alors que
Forecasts (​​∆u​ et+1
 ​​)​57 : la zone ombrée représente l’écart interquartile des réactions dans le cadre
de la spécification de référence.
​​∆π e​ t+h β h​ t​  ​ ​πnews
 ​  ​ = ​ ​ t​  ​  + ​δ​ t​​ ​∆ue​ t+1
 ​  ​+ ​ϵ​ t+h​​​. (3.5.2)
D’après les résultats indiqués au graphique de l’an- d’inflation aux chocs est ensuite décomposée selon que
nexe 3.5.2, il semble que les valeurs de la sensibilité obte- leur origine tient à l’évolution : 1) de la hausse des cours
nues qui neutralisent les effets d’anticipations d’un futur du pétrole, et 2) de l’inflation sous-jacente. Pour ce faire,
sous-emploi des capacités ne sont pas statistiquement dif- l’inflation inattendue est d’abord régressée sur la hausse
férentes de celles présentées en référence. des cours du pétrole pays par pays :
Enfin, les résultats sont également robustes lorsqu’on
​  ​  ​  = α + β ​π​  toil
​​πtnews ​  ​ + ​ϵ​ t​​,​ (3.5.3)
envisage de prendre l’évolution de l’inflation ou les écarts
d’inflation par rapport aux cibles comme autres mesures où ​​πoil
​ t​  ​​ représente la hausse des cours du pétrole. Les
possibles des chocs d’inflation. chocs d’inflation sont alors décomposés entre la part
qui est tirée par les variations des cours du pétrole (va-
Comparaison entre la hausse des cours leur ajustée) et celle non liée à ces cours (résidus). Enfin,
du pétrole et l’inflation sous-jacente l’équation ci-après est estimée pour les pays dont le taux
Pour les pays soumis à la contrainte d’une valeur directeur se situait à sa valeur plancher effective pendant
plancher égale à zéro, la sensibilité des anticipations la période 2009–1558 :

57Il
​   ​  ​ = α + ϑ ​πt​ news,oil
​​∆π et+h ​  ​  + γ ​π​  tnews,core
​  ​ + ​ϵ​ t+h​​,​ (3.5.4)
serait certes préférable d’inclure au membre gauche l’évolution
des anticipations du taux de chômage au même horizon que les antici-
pations d’inflation, mais les données ne sont pas disponibles. En outre, 58Par définition, les pays à valeur plancher égale à zéro sont des pays

même les anticipations du taux de chômage à un an ne sont recueillies avancés dont le taux directeur ou les taux d’intérêt nominaux à court
que pour 12 pays avancés; aussi l’échantillon de ce test de robustesse terme étaient égaux ou inférieurs à 50 points de base à un moment
est-il plus petit que celui utilisé dans la partie principale de l’analyse. quelconque au cours de la période 2009–15.

168 Fonds monétaire international | Octobre 2016


CHAPITRE 3 LA DÉSINFLATION MONDIALE SUR FOND DE POLITIQUE MONÉTAIRE SOUS CONTRAINTE

où ​​πt​ news,oil
​  ​​représente les chocs d’inflation causés par les sous-jacente. Les deux sensibilités étaient de l’ordre
variations des cours du pétrole, et π​ ​​ tnews,core
​  ​​ ceux n’ayant de 0,03. Le schéma qualitatif reste le même lorsqu’on exa-
aucun lien avec de telles variations. mine les anticipations d’inflation à des horizons plus loin-
La présente analyse semble indiquer que la sensibi- tains (au moins cinq ans) et que les cours du pétrole sont
lité des anticipations d’inflation à trois ans aux chocs des remplacés par l’ensemble de ceux des produits de base. Les
cours du pétrole dans un passé récent dans les pays subis- résultats laissent supposer que les anticipations d’inflation
sant la contrainte d’une valeur plancher effective était très ne perdent pas leur ancrage à cause uniquement de la forte
analogue à celle observée dans le cas de chocs d’inflation baisse des cours des produits de base, pétrole notamment.

Fonds monétaire international | Octobre 2016 169


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172 Fonds monétaire international | Octobre 2016


4
CHAPITRE

LES RETOMBÉES DE LA TRANSITION DE LA CHINE ET DES MIGRATIONS

Les retombées constituent un facteur clé qui détermine la tra- grande ampleur aujourd’hui. Si la précédente étude de
jectoire de l’économie mondiale et les risques qui l’entourent, contagion s’est surtout intéressée aux chocs économiques
mais leur nature évolue. Compte tenu du poids croissant des provenant des pays développés — comme le changement
pays émergents, les chocs qui naissent dans ces derniers, y com- de politique monétaire dans les pays d’importance systé-
pris ceux qui ne sont pas de nature économique, jouent un mique —, le poids grandissant des pays émergents, qui
rôle de plus en plus important à travers le monde. Pour illus- ont été à l’origine de l’essentiel de la croissance mondiale
trer cette évolution, ce chapitre se penche sur l’impact mon- ces dix dernières années et représentent aujourd’hui plus
dial du rééquilibrage de la Chine vers un modèle de croissance de 50 % du PIB mondial en termes de parité de pouvoir
plus durable et sur les effets de l’intensification des flux mi- d’achat, semble indiquer qu’ils constituent une source
gratoires sur les pays de départ et de destination. Si l’origine majeure de retombées qui dictent les perspectives mon-
et les modes de transmission de ces retombées sont variables, diales. En outre, les chocs de nature non économique
ces dernières ont un point commun : malgré l’impact négatif jouent un rôle plus important.
à court terme sur les pays d’accueil, elles présentent des avan- Les répercussions mondiales de la transition positive
tages potentiels à long terme. Si elle est bien gérée, la transition de la Chine vers une trajectoire de croissance plus équi-
de l’économie chinoise se traduira à terme par une croissance librée ont valeur d’exemple. La croissance soutenue de
mondiale plus durable, et les migrations pourront contribuer l’économie chinoise tirée par l’investissement au cours de
à réduire les difficultés liées au vieillissement de la popula- la dernière décennie a favorisé un essor marqué du com-
tion dans les pays d’accueil. Sur la base des récentes publica- merce mondial et dopé les prix des produits de base (gra-
tions du FMI et des nouveaux travaux d’analyse du groupe phique 4.1). Plus récemment, le ralentissement inévitable
de travail du FMI sur les effets d’entraînement, le chapitre de l’investissement en Chine et la transition actuelle vers
décrit ces retombées et examine les conséquences sur la poli- une croissance tirée par la consommation ont coïncidé
tique économique à l’échelle nationale et multilatérale1. avec un très net essoufflement de la croissance du com-
merce mondial2. Compte tenu de la taille et de l’ouverture
de l’économie chinoise — dont le poids dans les impor-
Introduction tations mondiales a augmenté sensiblement ces dix der-
Comme dans le passé, les retombées économiques au- nières années et qui est ainsi devenue une source majeure
delà des frontières nationales continuent à déterminer (parmi les dix plus importantes) de demande d’exporta-
les perspectives mondiales, même si elles ont une plus tions pour plus de 100 pays représentant environ 80 %
du PIB mondial —, le potentiel d’effets de contagion pro-
Les auteurs de ce chapitre sont Patrick Blagrave, Sweta Saxena et noncés s’est accru. Cela porte à croire que la transition de
Esteban Vesperoni (chef d’équipe), qui ont bénéficié du concours de
Chanpheng Fizzarotti, Gabi Ionescu et Jeffrey Lam pour les études et la la Chine est susceptible de modifier les perspectives mon-
rédaction. Il s’appuie sur les travaux du groupe de travail du FMI sur les diales et les risques qui les entourent. Sans surprise, les
effets d’entraînement, avec les contributions de Patrick Blagrave, Allan possibles secousses pendant la transition chinoise figurent
Dizioli, Davide Furceri, Jesus Gonzalez-Garcia, Ermal Hitaj, Ben Hunt,
Joao Jalles, Florence Jaumotte, Christina Kolerus, Ksenia Koloskova,
parmi les risques pesant sur la reprise mondiale, tout
Wojciech Maliszewski, Montfort Mlachila, Nkunde Mwase, Papa comme la fragilité persistante de la demande et la faible
N’Diaye, Hiroko Oura, Frantisek Ricka, Christian Saborowski, Sweta croissance de la productivité dans certains pays développés
Saxena, Katya Svirydzenka, Esteban Vesperoni, Arina Viseth, Mustafa
et émergents de premier plan (voir chapitre 1).
Yenice, Aleksandra Zdzienicka et Yuanyan Zhang.
1Le FMI a lancé des études des effets de contagion en 2011. La montée en puissance des migrations, amplifiée par
Jusqu’en 2013, ces études se sont penchées sur les effets extérieurs des po- les réfugiés qui fuient les conflits géopolitiques, est un
litiques nationales dans cinq régions d’importance systémique : la Chine, exemple de facteur non économique ayant de fortes re-
les États-Unis, le Japon, le Royaume-Uni et la zone euro. Depuis 2014, les
études ont pris une tournure plus thématique et privilégié des questions tombées. L’augmentation rapide des migrations écono-
internationales et transversales centrées sur les politiques économiques. À miques devient très préoccupante, et la crise actuelle des
compter d’aujourd’hui, cette analyse des effets de contagion figurera dans
chaque édition d’automne des Perspectives de l’économie mondiale. 2Voir le chapitre 2 de cette édition des Perspectives de l’économie mondiale.

Fonds monétaire international | Octobre 2016 173


PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : DEMANDE MODÉRÉE — SYMPTÔMES ET REMÈDES

Graphique 4.1. Chine : Croissance du PIB Graphique 4.2. Nombre de migrants et réfugiés internationaux
et des échanges commerciaux (En millions)
(Variation en pourcentage, en glissement annuel)
Total des migrations mondiales Réfugiés (échelle de droite)
PIB réel Volume des exportations Volume des importations

30 300 20

25 275

20 250 16

15 225

10 200 12

5 175

0 150 8

–5 125

–10 100 4
2000 03 06 09 12 15 1980 85 90 95 2000 05 10 15

Sources : Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés;


Source : calculs des services du FMI. calculs des services du FMI.

réfugiés au Moyen-Orient et en Afrique du Nord ren- d’accueil. Les deux parties décrivent les retombées et exa-
force cette tendance3. Le nombre de migrants internatio- minent les enjeux de politique économique à l’échelle na-
naux est passé de 150 millions en 1990 à 250 millions à la tionale et multilatérale.
fin de 2015 (graphique 4.2). En outre, les flux de réfugiés
— provoqués par des facteurs géopolitiques, des guerres
et des conflits — se sont envolés ces deux dernières an- La transition de la Chine
nées et restent d’actualité, avec plus d’un demi-million Forte de sa croissance soutenue, la Chine est devenue
de demandes d’asile au premier semestre de 2016. Cette l’une des plus grandes économies au monde, et le déve-
forte progression a porté le nombre de réfugiés à quelque loppement de ses relations internationales a stimulé les
16 millions à fin 2015, même s’ils représentent encore une échanges commerciaux et l’activité économique dans le
faible part du total des migrations. Les nombreuses mi- monde entier pendant son essor. Dans ce contexte, la tran-
grations, qu’elles soient déclenchées par des facteurs éco- sition de l’économie chinoise vers une croissance plus équi-
nomiques ou non économiques, ont d’énormes répercus- librée a aussi des répercussions mondiales, transmises via
sions sur les pays d’origine et d’accueil. Par ailleurs, dans le commerce et les marchés des produits de base et ampli-
un contexte de croissance timide et de creusement des fiées par les marchés financiers. Ces répercussions ont un
inégalités dans de nombreux pays, les migrations peuvent impact négatif direct sur la demande mondiale, un effet
accentuer le sentiment d’inquiétude à l’égard de la mon- indirect via les prix — notamment pour les produits de
dialisation et entretenir un climat politique qui bloque les base — et une incidence sur les taux de change et les mar-
réformes structurelles et la croissance. chés des actifs. Toutefois, certains pays sont susceptibles
La première partie de ce chapitre est consacrée à l’im- d’en bénéficier, comme les importateurs de produits de
pact de la transition de la Chine sur l’économie mondiale base — dont certains pays émergents — et les produc-
et met l’accent sur la complexité de ses divers modes de teurs de biens à forte intensité de main-d’œuvre, alors que
transmission. La deuxième partie porte sur les problèmes la Chine progresse le long de la chaîne de valeur et importe
de migration et sur leur impact sur les pays d’origine et davantage de biens de consommation. Une transition bien
3Les migrants sont par définition des individus qui vivent dans des gérée profitera à l’économie mondiale à long terme : elle
pays autres que leur pays de naissance. se traduira par une croissance plus durable en Chine, une

174 Fonds monétaire international | Octobre 2016


CHAPITRE 4 LES RETOMBÉES DE LA TRANSITION DE LA CHINE ET DES MIGRATIONS

meilleure répartition des ressources et une diminution des Graphique 4.3. Chine : poids dans le monde et rééquilibrage
risques d’un ajustement déstabilisant, que l’expansion du
14 1. Poids de la Chine dans le PIB mondial et les importations
crédit a souvent provoqué dans d’autres pays. La Chine (En pourcentage)
12
peut aider en gérant bien sa transition, notamment en ac-
ceptant le ralentissement et en communiquant clairement 10 PIB Importations

les intentions de ses autorités. Globalement, il sera impor- 8


tant d’éviter tout protectionnisme et de continuer à faci- 6
liter les initiatives d’intégration commerciale.
4
2
Ralentissement, rééquilibrage
0
et modes de transmission des retombées 1990 95 2000 05 10 15
En tant que deuxième économie mondiale, la Chine 65 2. Chine : consommation et investissement réels
est devenue une source importante de demande mondiale. (En pourcentage du PIB)
60
La croissance du PIB s’est établie à 9,6 % en moyenne Consommation Investissement
55
depuis 2000, si bien que la part de la Chine dans le
PIB mondial est passée d’environ 3 % à près de 13 % 50
en 2015 (graphique 4.3, plage 1)4. Depuis le début des an- 45
nées 2000, cette croissance a été alimentée par les inves- 40
tissements et les exportations. L’économie chinoise a en
35
effet construit des infrastructures et des logements et mo-
30
bilisé son offre de main-d’œuvre abondante pour accroître 2000 01 02 03 04 05 06 07 08 09 10 11 12 13 14 15
la production manufacturière. La riposte de la Chine à la Source : calculs des services du FMI.
crise financière mondiale a accentué cette tendance : elle a
donné un nouveau coup d’accélérateur aux investissements
d’infrastructure en 2009–10, qui ont progressé de 17 % en ralentissement de la croissance du PIB aux prix du marché
moyenne au cours de chacune de ces années. Étant donné le laisserait penser, sachant que l’activité d’investissement
la grande taille de son économie, la situation en Chine a eu a une plus forte intensité d’importations et dépend davan-
d’immenses retombées sur l’économie mondiale à travers tage des produits de base. Un aspect frappant de la perte
sa demande d’exportations auprès des partenaires commer- de vitesse de l’économie chinoise en 2014–15 est le ra-
ciaux. Comme les investissements d’infrastructure ont joué lentissement disproportionné des exportations et impor-
un rôle clé dans l’essor de la Chine, les exportateurs de pro- tations. La croissance du PIB a reculé de 7,8 % en 2013
duits de base ont eux aussi profité de la hausse des prix dé- à 6,9 % en 2015, tandis que celle des exportations et im-
coulant du raffermissement de la demande chinoise, de portations a chuté de respectivement 7 et 8 points de
métaux de base en particulier. pourcentage durant la même période.
Plus récemment, la Chine a commencé à rééquilibrer La transmission des retombées de la situation en
son économie, des investissements et exportations vers la Chine s’effectue principalement via les relations com-
consommation, ce qui a réduit sa contribution à la crois- merciales. Un ralentissement de la demande intérieure
sance du commerce mondial au cours des années précé- chinoise influe sur les importations auprès des partenaires
dentes5. La croissance économique s’est essoufflée et, dans commerciaux, et plus généralement sur le commerce
le contexte du rééquilibrage, le ralentissement de l’inves- mondial. Cet impact n’est cependant pas le même dans
tissement a été plus prononcé que celui de la consom- tous les pays, de sorte que le rééquilibrage de la Chine
mation. Entre 2010 et 2015, la part de la consommation a ses vainqueurs et ses perdants, et l’analyse des circuits
dans le PIB a augmenté pour passer d’environ 49,1 % commerciaux n’est pas simple, pour plusieurs raisons :
à 51,6 %, alors que celle de l’investissement a fléchi, de •• La Chine est aujourd’hui profondément intégrée dans les
quelque 47,2 % à 46,4 %, en valeur réelle (graphique 4.3, chaînes d’approvisionnement mondiales, ce qui signifie
plage 2). Cela suppose une baisse de la demande d’im- qu’elle transmet souvent des chocs émanant d’autres
portations et de produits de base plus marquée que le pays. L’analyse des retombées doit isoler l’impact direct
4Sur
de la Chine sur la demande mondiale, en dissociant les
la base du PIB aux taux de change du marché.
5Pour un examen plus approfondi du rééquilibrage de l’économie variations de la croissance du PIB imputables à sa propre
chinoise, voir FMI (2015g). demande de celles qui sont liées à des chocs mondiaux.

Fonds monétaire international | Octobre 2016 175


PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : DEMANDE MODÉRÉE — SYMPTÔMES ET REMÈDES

•• L’exposition à la demande finale chinoise diffère d’un modestes jusqu’à présent. Toutefois, les relations finan-
pays à l’autre. Si l’exposition totale — la part des ex- cières s’étoffent, et les possibilités de retombées financières
portations vers la Chine par rapport aux exportations sont susceptibles d’augmenter alors que la Chine assouplit
totales — joue un rôle, les pays présentent des dif- les restrictions du compte de capital. En outre, la situation
férences pour ce qui est des secteurs de l’économie en Chine influe déjà sur la volatilité des marchés financiers.
chinoise auxquels ils sont exposés. Comme la demande À titre d’exemple, l’incertitude économique durant l’année
d’investissement de la Chine s’essouffle de manière écoulée — liée au régime de change et à la dépréciation
disproportionnée, les exportateurs de biens d’équipe- du renminbi, et la réaction à un ajustement du marché
ment, à l’instar de certains pays de la zone euro, seront boursier intérieur — est allée de pair avec une baisse des
plus touchés que les exportateurs de biens de consom- cours mondiaux des actions et une dépréciation du taux de
mation. Enfin, la Chine produit aujourd’hui sur son change dans les pays émergents.
territoire des biens intermédiaires qu’elle importait au-
paravant (relocalisation), ce qui complique l’analyse.
•• Alors que la Chine progresse le long de la chaîne de valeur Un poids croissant dans le commerce mondial
et réduit sa production de certains biens à forte intensité Comme la Chine est devenue une économie plus
de main-d’œuvre, des pays disposant d’une main-d’œuvre grande et plus ouverte à la suite de son adhésion à l’Orga-
abondante ont à présent la possibilité de prendre sa place nisation mondiale du commerce, les retombées sur le reste
pour produire ces biens, notamment en Asie du Sud-Est. du monde se sont multipliées. Après avoir enregistré une
croissance soutenue ces quinze dernières années, la Chine
Un autre mode de transmission important a trait à l’im-
fait aujourd’hui figure d’acteur de premier plan du com-
pact de la Chine sur les prix mondiaux, en particulier sur
merce mondial. Sa part dans les importations mondiales
les marchés des produits de base. La Chine est à la fois un
a augmenté pour passer de 3 % en 2000 à environ 10 %
grand producteur et un gros consommateur de ces pro-
en 2015. La montée en puissance progressive du com-
duits. Sa demande de produits de base s’est envolée de-
merce chinois porte à croire que les retombées pourraient
puis le début des années 2000, notamment sur les marchés
varier dans le temps. Furceri, Jalles et Zdzienicka (2016)
de l’énergie et des métaux de base. Fin 2014, la demande
procèdent à une analyse de coefficients variables dans le
chinoise de métaux représentait plus de 40 % de la de-
temps en recourant à des méthodes de projections locales
mande mondiale. Sa forte empreinte sur les marchés des
sur un échantillon de 148 pays durant la période 1990–
produits de base semble indiquer qu’un ralentissement de
2014. Ils montrent que les retombées d’un choc de crois-
la demande chinoise peut avoir un impact considérable et
sance de la demande finale chinoise négatif de 1 point de
durable sur les prix, notamment en raison de l’inélasticité–
pourcentage ont pratiquement doublé ces vingt dernières
prix à court terme de l’offre sur les marchés des produits
années (graphique 4.4). Ces chocs ont aujourd’hui un im-
de base et de l’accroissement de l’offre de métaux ces der-
pact cumulé sur le PIB mondial d’environ 0,25 %, après
nières années6. Les industries chinoises peuvent aussi être à
un an. Ce coefficient est globalement comparable à ceux
l’origine de «surcapacités» mondiales dans certains secteurs,
d’autres études, qui identifient des retombées comprises
l’acier et le ciment par exemple. Les subventions à des fac-
entre 0,1 % et 0,2 % du PIB mondial. Toutefois, cette
teurs de production essentiels comme l’énergie et les flux
nouvelle étude exploite mieux une dynamique temporelle
de crédits aux entreprises déficitaires ont contribué à un
riche et met en évidence l’importance accrue des retom-
développement excessif des capacités dans ces industries et
bées de la situation en Chine ces dernières années et leur
freinent leur ajustement, ce qui pèse sur les prix mondiaux.
potentiel d’augmentation à l’avenir7.
Les retombées directes via les circuits financiers de-
Les relations commerciales constituent le principal
meurent limitées, mais se multiplieront, et la situation
mode de transmission des retombées de la situation en
en Chine influe déjà sur les prix mondiaux des actifs.
Chine dans cette étude récente, qui constate que les ex-
L’intégration financière de la Chine sur les marchés in-
portations des autres pays vers la Chine et une part plus
ternationaux reste limitée, ce qui donne à penser que les
importante des exportations de produits manufacturés
retombées financières directes de la situation en Chine
dans le total des exportations augmentent l’ampleur des
— par exemple via l’adoption d’une réglementation fi-
nancière nationale concernant l’expansion du crédit ou les 7Les autres travaux consacrés aux retombées sur le PIB par rapport au

avoirs et engagements extérieurs de la Chine — ont été PIB englobent ceux de Cashin, Mohaddes et Raissi (2016); Cesa-Bianchi
et Stratford (2016); Dizioli et al. (2016); FMI (2014); Hong et al. (2016);
6Voir FMI (2015a). Duval et al. (2014); Dizioli, Hunt et Maliszewski (2016).

176 Fonds monétaire international | Octobre 2016


CHAPITRE 4 LES RETOMBÉES DE LA TRANSITION DE LA CHINE ET DES MIGRATIONS

retombées8. Une progression de 10 % des exportations Graphique 4.4. Retombées de la situation


vers la Chine va notamment de pair avec une hausse en Chine dans le temps
(Réaction moyenne du PIB à un choc de croissance en Chine
du coefficient de retombées d’environ 0,01, c’est-à-dire
de 1 point de pourcentage, en pourcentage)
proche de 5 %.
0,30
Compte tenu de l’importance de ce mode, quel
est l’impact direct de la transition de la Chine sur le
commerce mondial? Une nouvelle étude (Blagrave et 0,25
Vesperoni, 2016) remédie à deux grandes difficultés em-
piriques pour répondre à cette question. D’une part, 0,20
pour mettre en évidence le rôle direct de la Chine en tant
que source de retombées, les chocs de demande finale
0,15
propres à la Chine, à savoir ceux qui ne sont pas liés à la
demande extérieure, ont été estimés. D’autre part, la base
de données sur les échanges en valeur ajoutée (TiVA) de 0,10
l’Organisation de coopération et de développement éco-
nomiques (OCDE) a été utilisée pour intégrer les chocs 0,05
de demande chinoise par pays afin de tenir compte de
l’impact du rééquilibrage, ce qui suppose que les retom- 0,00
bées dépendent de l’exposition des pays à divers secteurs 1990 95 2000 05 10 14
en Chine, plus particulièrement à son secteur secondaire Source : Furceri, Jalles et Zdzienicka (2016).
(lié essentiellement à l’investissement) par opposition à Note : L’échantillon comprend 148 pays développés et émergents.
son secteur tertiaire (la consommation principalement)9.
Selon les données disponibles, la transition de la Chine tout comme la Chine a favorisé une croissance soutenue
a joué un rôle dans le récent ralentissement des exporta- du commerce mondial pendant son essor, sa transition
tions mondiales et a eu des effets différents d’un pays à joue vraisemblablement un rôle dans le ralentissement
l’autre10. Les estimations d’une autorégression vectorielle actuel. Les effets estimés diffèrent selon les pays, les pays
de panel pour un échantillon de 46 pays développés et d’Asie étant particulièrement touchés : en termes de vo-
émergents montrent que, pour un pays dont l’exposition lume, après un choc de la demande finale chinoise de
commerciale à la Chine est moyenne, un choc de crois- 1 %, les exportations dans ces pays diminuent de près
sance de la demande finale chinoise négatif de 1 point de 1 % après un an (graphique 4.5). Les exportateurs de
de pourcentage (en un trimestre) réduit les taux de crois- produits de base et les pays ayant des relations commer-
sance des exportations de 0,1–0,2 point de pourcentage ciales plus étroites avec le secteur manufacturier chinois
en l’espace d’un an11. Ce résultat semble indiquer que, sont eux aussi fortement impactés, les effets étant net-
tement moindres dans les autres pays12. Parallèlement à
8Voir Furceri, Jalles et Zdzienicka (2016), qui introduisent les coeffi- ces résultats, les projections intra-échantillon permettent
cients variables dans le temps des pays dans un environnement riche en d’expliquer la dynamique du récent essoufflement du
données de panel. Le panel illustre l’importance de différents facteurs
pour expliquer l’évolution des coefficients de retombées, dont les expor-
commerce mondial (graphique 4.6). D’après ces projec-
tations vers la Chine, la composition de ces exportations (produits de tions, environ un sixième du ralentissement de la crois-
base et manufacturés) et les facteurs financiers, représentés par l’indice sance des exportations de l’Asie en 2014–15 pourrait
de volatilité du Chicago Board Options Exchange (VIX).
9Ces données permettent d’identifier les exportations des partenaires qui
s’expliquer par la transition de la Chine, les effets étant
sont acheminées vers certains secteurs de la demande finale chinoise, même moins prononcés ailleurs13.
si ces exportations touchent la Chine indirectement, via un pays tiers.
10Une analyse plus vaste des causes du ralentissement du commerce 12Si les données restreintes empêchent tout examen des retombées

mondial (que vient compléter l’impact propre à la Chine décrit ici) figure commerciales pour les pays à faible revenu et en développement dans
dans le chapitre 2 de cette édition des Perspectives de l’économie mondiale. cette analyse, Drummond et Xue Liu (2013) mettent en avant le rôle
Le chapitre constate que la faiblesse générale de l’activité économique a important des variations de l’investissement chinois pour expliquer la
été le premier frein à la croissance des échanges, ce qui cadre avec les ré- dynamique des exportations en Afrique subsaharienne.
sultats montrant que la baisse de la demande en Chine a joué un rôle 13Depuis le premier trimestre de 2014, la transition de la Chine a

dans le ralentissement de la croissance des exportations mondiales. peut-être réduit les taux de croissance moyens des exportations dans un
11Les données limitées de la base TiVA et des volumes des échanges groupe de six pays asiatiques à hauteur d’environ 1 point de pourcen-
trimestriels imposent l’utilisation d’un échantillon relativement petit tage par trimestre et de moins de la moitié de ce chiffre dans les pays
(2013 : T1–2015 : T3). développés et autres pays émergents.

Fonds monétaire international | Octobre 2016 177


PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : DEMANDE MODÉRÉE — SYMPTÔMES ET REMÈDES

Graphique 4.5. Impact sur les exportations d’un choc Graphique 4.6. Baisse du taux de croissance
de la demande chinoise de 1 % après un an moyen des exportations imputée à la demande
(En pourcentage; moyenne pondérée par le PIB) chinoise, 2014 : T1–2015 : T3
(En pourcentage)
1,0 Baisse prévue Intervalle de confiance de 95 %
0,9
0,0
0,8
–0,2
0,7

0,6 –0,4
0,5
–0,6
0,4

0,3 –0,8

0,2
–1,0
0,1

0,0 –1,2
Asie Exportateurs Pays Europe de l’Est Tous les
de produits développés autres pays
de base d’importance –1,4
systémique PD Asie Autres PE
Source : Blagrave et Vesperoni, 2016.
Source : Blagrave et Vesperoni (2016). Note : Les barres bleues illustrent l’impact marginal d’une érosion de la croissance
Note : Asie = HKG, IDN, KOR, PHL, SGP, THA. Exportateurs de produits du PIB en Chine (par rapport à la prévision des Perspectives de l’économie
de base = AUS, BRA, CHL, COL, RUS, ZAF. Europe de l’Est = CZE, EST, HUN, LTU, mondiale de janvier 2012) sur les taux de croissance moyens des exportations
entre 2014 : T1 et 2015 : T3. Elles représentent la différence entre une prévision
LVA, POL, SVK, SVN, TUR. Pays développés d’importance systémique = DEU, JPN,
inconditionnelle (les taux de croissance de la Chine reposant sur le scénario de
USA. Tous les autres pays = ARG, AUT, BEL, CAN, CHE, DNK, ESP, FRA, FIN, GBR, GRC,
référence des Perspectives de l’économie mondiale de janvier 2012) et une
ISR, IRL, ISL, ITA, LUX, MEX, NLD, NOR, NZL, PRT, SWE. Les abréviations des pays prévision conditionnelle avec la même série d’informations, mais en ajoutant les
correspondent aux codes de l’Organisation internationale de normalisation (ISO). chocs estimés de la demande chinoise. PD = pays développé; PE = pays émergent.

Le rééquilibrage de la demande — de l’investissement importations en valeur nette. L’effet sur le PIB de la Chine
public vers la consommation privée — a un impact né- dépend des hypothèses quant à l’impact de l’investissement
gatif, mais modeste, sur l’activité mondiale. Il est difficile public sur la productivité, à savoir que, si ce dernier est né-
de dissocier l’impact d’un ralentissement général de celui gligeable, alors le PIB diminuera à court terme, mais se re-
d’un rééquilibrage de la demande. Hong et al. (2016), à dressera par la suite. En revanche, dans l’hypothèse d’un
l’aide des données de la base TiVA, observent que l’impact effet sur la productivité, cela impliquerait un recul per-
d’un rééquilibrage sans incidence sur la croissance est sus- manent du PIB en dessous du niveau de référence. D’un
ceptible d’être modeste, mais plus prononcé en Asie émer- point de vue mondial, dans les deux scénarios, le PIB flé-
gente. À partir du Système flexible des modèles mondiaux chit de moins de 0,1 % après cinq ans, l’Asie émergente
(FSGM) du FMI, Dizioli, Hunt et Maliszewski (2016) étant particulièrement touchée.
parviennent à une conclusion similaire14. Dans un scé- Enfin, les évolutions structurelles et les hausses de sa-
nario simulé où l’investissement public en Chine recule laires pendant la transition de la Chine jouent aussi un
de 1,5 % du PIB chaque année pendant cinq ans et où les rôle puisqu’elles influent sur les volumes des échanges et
transferts vers les ménages disposant de liquidités limitées les prix mondiaux. Un exemple de changement est la pro-
augmentent d’un montant équivalent, un rééquilibrage gression de la Chine le long de la chaîne de valeur, qui a
de la demande réduirait la demande d’importations de la entraîné un retour à la production sur le territoire (reloca-
Chine. L’investissement a en effet une plus forte intensité lisation) de biens intermédiaires auparavant importés, mais
d’importations que la consommation, et un basculement a créé des opportunités pour certains pays. Un autre amé-
de la demande vers celle-ci entraîne une réduction des nagement concerne le renforcement constant des capacités
dans certains secteurs de l’économie chinoise, qui peut se
14Pour les détails concernant le FSGM, voir Andrle et al. (2015). répercuter sur les prix mondiaux. Plus précisément,

178 Fonds monétaire international | Octobre 2016


CHAPITRE 4 LES RETOMBÉES DE LA TRANSITION DE LA CHINE ET DES MIGRATIONS

•• Relocalisation — De plus en plus, la Chine produit Graphique 4.7. Chine : commerce de perfectionnement
des intrants intermédiaires sur le territoire national (En pourcentage du total des exportations, moyenne mobile sur trois mois)
(graphique 4.7)15. FMI (2016c) apporte des éléments 70 Exportations pour Importations pour
montrant que la production de biens intermédiaires perfectionnement perfectionnement

intérieurs en Chine, qui augmente progressivement, 60


s’est substituée aux importations auprès des parte-
naires commerciaux. Cet effet a été très prononcé ces 50
dernières années et semble se répercuter sur les im-
portations de biens plus modernes alors que, de plus 40
en plus, la Chine produit des biens plus complexes
de moyenne et haute technologie à forte intensité de 30
capital — ce qui est en général qualifié de progres-
sion le long de la chaîne de valeur. Dizioli, Hunt et 20
Maliszewski (2016) montrent que la relocalisation en
Chine n’a probablement guère d’incidence sur le PIB 10
mondial, mais pourrait avoir un impact modérément
négatif sur les pays qui commercent davantage avec 0
1993 95 97 99 2001 03 05 07 09 11 13 Janv.
la Chine. Pour produire un pourcentage plus élevé de 16
biens exportés sur son territoire, la Chine devra ac- Sources : base de données CEIC China; calculs des services du FMI.
croître son stock de capital, ce qui suppose d’investir
davantage. Si la demande d’importations de la Chine
accumulé des surcapacités dans certains secteurs, notam-
diminue en raison de la relocalisation, ce qui pèse sur
ment ceux qui sont liés aux investissements d’infrastruc-
l’activité en Asie et dans la zone euro, le coup de fouet
ture (l’acier et le ciment, par exemple). Alors que l’éco-
donné à l’investissement intérieur compense ces re-
nomie chinoise subit un ralentissement, les capacités
tombées négatives, de sorte que le PIB mondial et les
excédentaires dans ces secteurs risquent de faire baisser
cours des produits de base n’évoluent guère.
les cours mondiaux. Il est difficile de mesurer les surca-
•• Parts de marché pour les biens à forte intensité de main-
pacités, et une étude approfondie de la question n’est
d’œuvre — Certains pays ont tout à gagner de la pro-
pas l’objet de ce chapitre. Néanmoins, plusieurs indica-
gression de la Chine le long de la chaîne de valeur. C’est
teurs économiques, dont une érosion des marges béné-
le cas des pays en piste pour remplacer la production
ficiaires dans certains secteurs ainsi que des mesures plus
par la Chine de biens à forte intensité de main-d’œuvre
classiques des capacités par rapport à la demande totale,
ou pour fournir des biens de consommation au marché
font apparaître des surcapacités dans certains secteurs en
chinois. Le recul des parts de marché à l’exportation de
Chine16. Le chapitre 3 de cette édition des Perspectives
la Chine pour certains biens de consommation à forte
de l’économie mondiale contient une analyse des réper-
intensité de main-d’œuvre laisse entrevoir une perte
cussions des surcapacités en Chine sur l’inflation chez
de compétitivité sur ces segments ces dernières années
ses partenaires commerciaux. D’après cette dernière, la
(voir FMI, 2016c, et Abiad et al., 2016). FMI (2016b)
baisse des prix d’un certain nombre de biens va de pair
analyse comment des pays comme le Cambodge, la
avec un recul des prix à l’importation en Chine.
République démocratique populaire lao, le Myanmar et
le Viet Nam devraient tirer parti de la progression de la
Chine le long de la chaîne de valeur. Une forte empreinte sur les marchés des produits de base
•• Surcapacités — Dans le contexte de l’essor de son éco-
Comme pour les biens intermédiaires et finals, la de-
nomie pendant la première décennie 2000, la Chine a
mande chinoise de produits de base s’est accrue sensi-
15Plusieurs indicateurs vont dans le sens de cette conclusion, dont blement au cours des vingt dernières années. Depuis
de récentes hausses de la teneur en valeur ajoutée nationale des expor- le milieu des années 90, la part de la Chine dans la de-
tations chinoises (d’environ 50 % en 2000 à un peu moins de 60 %
mande mondiale de métaux de base — minerai de fer,
en 2011, d’après les statistiques de l’Organisation de coopération et de
développement économiques et de l’Organisation mondiale du com- aluminium, cuivre et nickel — a augmenté pour passer
merce sur les échanges en valeur ajoutée), une diminution régulière du
commerce de perfectionnement et une baisse de l’intensité d’importa- 16Voir FMI (2016f ), FMI (2016i), Morgan Stanley Research (2016a)

tions dans certains secteurs. Voir Dizioli et al. (2016). et (2016b), entre autres.

Fonds monétaire international | Octobre 2016 179


PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : DEMANDE MODÉRÉE — SYMPTÔMES ET REMÈDES

Graphique 4.8. Une forte empreinte sur les marchés base qui a suivi ont montré que les fournisseurs avaient
des produits de base fait preuve d’un optimisme excessif dans leurs décisions
70 1. Poids de la Chine dans la consommation mondiale1
(En pourcentage)
de production antérieures. Il en a résulté une offre excé-
60 dentaire et une baisse des prix sur de nombreux marchés
2000 2015
50 des produits de base. Cela a vraisemblablement touché
40
des pays qui se situent en dehors des chaînes de valeur de
production dans lesquelles la Chine joue un rôle détermi-
30
nant. En outre, une étude de Nose, Saxegaard et Torres
20 (2016) met en évidence l’existence d’effets de contagion
10 entre les secteurs extractifs et non extractifs dans ces pays,
0 ce qui signifie que les effets des chocs négatifs des termes
Minerai de fer Aluminium Cuivre Nickel Pétrole
de l’échange ne se limitent pas au secteur extractif.
1,4 2. Réaction des prix à terme à une annonce surprise Les chocs d’activité économique en Chine ont un im-
concernant la production industrielle chinoise
Impact sur les prix d’un choc de

pact prononcé sur les prix des produits de base, qui est plus
1 écart-type en pourcentage

1,2 Cuivre
1,0 marqué sur les marchés où l’empreinte de la Chine est plus
Pétrole Nickel
0,8 forte. Kolerus, N’Diaye et Saborowski (2016) évaluent cet
0,6 Soja Plomb Étain impact grâce à deux méthodes d’analyse. La première me-
0,4 Aluminium sure la réaction des prix des produits de base sur les marchés
0,2 à terme à des annonces surprises concernant la production
Bœuf Maïs
0,0 industrielle chinoise à l’aide de données à haute fréquence,
–0,2 alors que la seconde, plus structurelle, évalue l’impact cu-
10 15 20 25 30 35 40 45 50 55 60 mulé des chocs de la demande chinoise sur les prix des pro-
Poids de la Chine dans la consommation
(en pourcentage du total mondial, 2015) duits de base selon une fréquence trimestrielle18. Il s’agit de
Sources : Bloomberg L.P.; Kolerus, N’Diaye et Saborowski (2016); World
méthodes complémentaires qui se penchent sur l’intégra-
Bureau of Metal Statistics; Ministère de l’agriculture des États-Unis; calculs tion par le marché de nouvelles informations et sur l’im-
des services du FMI. portance économique de la réaction des prix aux chocs
1
Les dernières données disponibles concernant le pétrole datent de 2014.
d’activité. Toutes deux constatent que les chocs en Chine
ont une forte incidence sur les prix des produits de base.
d’environ 3 % à quelque 40 % (graphique 4.8, plage 1),
Les effets sont plus prononcés sur les marchés où le poids
alors que sa part dans la demande de pétrole a bondi
de la Chine dans la demande mondiale est plus important
d’environ 1 % à 11 %. La tendance est la même pour
(graphique 4.8, plage 2). Les résultats d’une autorégres-
certains aliments : à titre d’exemple, la demande chinoise
sion vectorielle structurelle montrent aussi que ces effets
de soja représente 30 % de la demande mondiale17. Dans
sont significatifs sur le plan économique. À horizon un an,
le même temps, la Chine est un grand producteur de cer-
une variation de 1 % de la croissance de la production in-
tains métaux, et l’offre nationale a considérablement aug-
dustrielle se traduit par une hausse de 5–7 % des prix des
menté durant la même période.
métaux et d’environ 7 % des prix des carburants19. Les
Cette forte empreinte sur les marchés des produits de
données à haute fréquence fournissent quant à elles une in-
base signifie que l’essor de la Chine et la transition ac-
dication supplémentaire : elles montrent que les premières
tuelle de son économie ont eu un énorme impact sur ces
réactions sur les marchés à terme de marchandises sont plus
marchés. La croissance soutenue de l’économie chinoise
fortes quand l’incertitude sur les marchés financiers — me-
pendant la première décennie 2000 a probablement joué
un rôle dans la hausse marquée des cours. La relance
18Dans la première méthode, les prix à terme des produits de base
impulsée par les investissements d’infrastructure après
selon une fréquence quotidienne font l’objet d’une régression en fonc-
la crise financière mondiale (qui a sans doute incité les tion des annonces surprises concernant la production industrielle
pays de production primaire, dont la Chine, à renforcer chinoise, à savoir les écarts entre la croissance de la production indus-
leurs capacités) a notamment contribué à une hausse des trielle et le consensus Bloomberg médian avant l’annonce. La seconde
méthode emploie une autorégression vectorielle structurelle pour es-
prix des produits de base. Par la suite, la transition de la timer la réaction des prix des produits de base à la demande chinoise à
Chine et le ralentissement de la demande de produits de l’aide de données trimestrielles entre 1986 et 2015.
19Aastveit et al. (2012), Gauvin et Rebillard (2015), Roache (2012) et
17Pour une étude plus approfondie de la demande et de l’offre mon- Roache et Rousset (2015) constatent aussi que les chocs de la demande
diales de métaux de base, voir FMI (2015a). chinoise ont un impact prononcé sur les prix des produits de base.

180 Fonds monétaire international | Octobre 2016


CHAPITRE 4 LES RETOMBÉES DE LA TRANSITION DE LA CHINE ET DES MIGRATIONS

surée par l’indice de volatilité du Chicago Board Options Graphique 4.9. Impact cumulé sur les prix à un an d’un choc
Exchange (VIX) — est plus grande. de la production industrielle chinoise de 1 %
(En pourcentage)
L’influence de la Chine sur les prix des produits de base
s’est amplifiée dans le temps. Les estimations d’une auto- Moyenne pondérée Écart interquartile

régression vectorielle structurelle de l’élasticité–prix à un 15 1. Fer 2. Cuivre 15


an de la demande chinoise sur une période glissante de dix 10 10
ans — estimée consécutivement pour chaque année, en
commençant par la période 1986–95 et en terminant par 5 5

2006–15 — montrent que la sensibilité des prix des pro- 0 0


duits de base à la demande chinoise était négligeable avant
–5 –5
l’adhésion de la Chine à l’Organisation mondiale du com-
merce (graphique 4.9). Cependant, depuis le début des an- –10 –10
nées 2000, la sensibilité des prix du pétrole et des métaux à –15 –15
la demande chinoise est devenue statistiquement significa- 1995 99 2003 07 11 15 1995 99 2003 07 11 15

tive et a augmenté. À titre d’exemple, l’impact de la situation


15 3. Pétrole 4. Aluminium 15
en Chine sur le prix du minerai de fer s’est accentué tout
au long de la période de l’échantillon, parallèlement à l’em- 10 10
preinte croissante de la Chine sur ce marché, de 3,5 % de
5 5
la demande totale en 1986 à 52 % en 2015. Des tendances
comparables ont été observées pour le cuivre et l’aluminium. 0 0
Parallèlement à ces conclusions, une étude récente du –5 –5
FMI montre que la faiblesse de la demande en Chine est à
–10 –10
l’origine d’une grande partie de la baisse des prix des pro-
duits de base depuis 2013. L’analyse contenue dans FMI –15 –15
1995 99 2003 07 11 15 1995 99 2003 07 11 15
(2016c) s’appuie sur le puissant facteur commun aux fluc-
Source : Kolerus, N’Diaye et Saborowski (2016).
tuations des prix des produits de base — qui s’interprètent Note : L’axe des abscisses indique la dernière année d’une période glissante
généralement comme une manifestation de la conjoncture de dix ans.
mondiale — et estime un modèle vectoriel autorégressif
augmenté par des facteurs pour un échantillon d’environ
de l’investissement et de la consommation en Chine et
40 prix de produits de base et des chocs d’activité écono-
donc une compression de sa demande d’importations.
mique en Chine et dans le reste du monde. D’après les es-
L’érosion de la demande pèse aussi sur les prix des produits
timations, le recul des prix des produits de base s’explique
de base : les cours du pétrole et des métaux sont inférieurs
pour une bonne part par les chocs d’activité économique
de 7 % environ. La simulation montre que les exportateurs
dans le reste du monde jusqu’en 2013. En revanche, les
de pétrole sont nettement moins bien lotis. L’Amérique la-
chocs de la demande chinoise ont joué un rôle important
tine subit des pertes de production modérées, tandis que
depuis, et l’impact sur les prix des produits autres que les
l’Asie émergente, la zone euro et le Japon essuient des
combustibles est plus marqué. Ces estimations sont corro-
pertes dans l’intervalle. Le recul des prix des produits de
borées par les simulations utilisant le FSGM du FMI20.
base est à l’origine de l’impact positif aux États-Unis21. Ces
La baisse des prix des produits de base profitera aux im-
travaux livrent un enseignement intéressant. Bien qu’elle
portateurs de ces derniers, dont certains pays émergents
soit fortement touchée via les circuits commerciaux, les re-
et en développement. Les prix plus bas peuvent atténuer
tombées sur l’Asie émergente sont comparables à celles de
les répercussions des échanges commerciaux dans certains
pays, notamment en Asie. Dizioli, Hunt et Maliszewski 21L’incidence de la baisse des prix des produits de base est complexe.

(2016) réalisent des simulations d’un ralentissement pro- Pour les exportateurs, elle réduira la valeur des exportations et pèsera sur
les termes de l’échange. Toutefois, elle influera aussi sur la croissance in-
gressif en Chine sur une durée de cinq ans qui réduit le térieure plus généralement, en resserrant les conditions de crédit et en
PIB d’environ 5 % d’ici à 2020 par rapport à un scénario affaiblissant les bilans, ce qui peut aussi fragiliser la situation budgétaire
de référence dans lequel aucun ralentissement n’est enre- (voir FMI, 2015b, FMI, 2015f, et FMI, 2016g). L’impact sur les im-
portateurs de produits de base dépend des répercussions de la baisse des
gistré (graphique 4.10). Ce choc entraîne une diminution
prix sur les consommateurs et de son impact sur les taux d’intérêt réels
en présence de contraintes de politique monétaire, à savoir la positivité
20Les simulations sont présentées dans FMI (2016e). des taux d’intérêt nominaux.

Fonds monétaire international | Octobre 2016 181


PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : DEMANDE MODÉRÉE — SYMPTÔMES ET REMÈDES

Graphique 4.10. Chine : Scénario de ralentissement Graphique 4.11. Retombées de la situation en Chine
(Écart en pourcentage par rapport au scénario (En pourcentage du PIB)1
de référence sans ralentissement)
1 1. Chine : PIB réel 2. PIB mondial réel 0,2 0,6
Impact du commerce
0 0,0 Impact des produits de base
0,4 Impact des produits de base
–1
–0,2 et du commerce
–2
–0,4 0,2
–3
–0,6
–4 0,0
–5 –0,8
–0,2
–6 –1,0
2015 16 17 18 19 20 2015 16 17 18 19 20
2 3. Prix mondial réel 4. PIB réel 0,1 –0,4
du pétrole et des métaux
0 0,0 –0,6
Pétrole Asie émergente
–2 Métaux Japon –0,1
–0,8
Asie Exportateurs
–4 –0,2 de produits de base
Source : calculs des services du FMI.
–6 –0,3 Note : Asie = HKG, IDN, JPN, KOR, PHL, SGP, THA; Exportateurs de produits
de base = AUS, BRA, CAN, CHL, COL, ISL, NOR, RUS, ZAF. Les abréviations des pays
–8 –0,4 correspondent aux codes de l’Organisation internationale de normalisation (ISO).
2015 16 17 18 19 20 2015 16 17 18 19 20 «Impact du commerce» désigne l’impact sur les exportations en pourcentage du PIB
d’un choc de la demande finale chinoise de 1 %. «Impact des produits de base»
0,2 5. PIB réel 6. PIB réel 0,2 désigne l’impact sur les exportations en pourcentage du PIB d’une variation des prix
0,0 États-Unis des produits de base due à un choc de la production industrielle chinoise de 1 %.
Amérique latine 0,1 «Impact des produits de base et du commerce» désigne les retombées globales
–0,2 des circuits commerciaux et des produits de base.
1
–0,4 PIB nominal; moyenne 2011–13.
0,0
–0,6
–0,8 –0,1 Marchés financiers
Zone euro
–1,0 La diffusion directe des retombées via les circuits finan-
Exportateurs –0,2
–1,2 de pétrole ciers demeure limitée, mais la situation en Chine influe de
–1,4 –0,3 plus en plus sur les prix des actifs à l’échelle mondiale et
2015 16 17 18 19 20 2015 16 17 18 19 20
accentue probablement l’impact des chocs réels. La trans-
Source : Dizioli, Hunt et Maliszewski (2016).
Note : Ce scénario envisage un ralentissement progressif de la croissance du PIB mission relativement limitée des chocs financiers jusqu’à
de la Chine sur une période de cinq ans. Ce ralentissement est supposé être la présent est liée à l’intégration de la Chine aux marchés in-
conséquence d’une érosion de la croissance de la productivité et se traduit par un ternationaux. Les restrictions du compte de capital restent
PIB réel inférieur de 5 % au niveau qu’il aurait atteint en l’absence d’un ralentissement.
nombreuses, notamment les limites fixées pour les inves-
tissements directs étrangers dans le pays, les quotas pour
la zone euro puisque la forte dépendance de la région à
les flux d’investissements de portefeuille et les plafonds
l’égard des importations de produits de base limite les ré-
pour les emprunts à l’étranger par les résidents du pays.
percussions directes des échanges commerciaux. Les calculs
Cependant, les relations financières se développent, et l’im-
des services du FMI indiquent en effet que, si l’impact de
pact des événements en Chine sur les marchés financiers
la baisse des prix des produits de base dans les pays asia-
pendant l’année écoulée donne à penser qu’ils peuvent
tiques compense en partie les retombées via les échanges
amplifier les chocs réels en jouant sur les prix des actifs et
commerciaux, les exportateurs de produits de base dans
donc sur les coûts de financement, surtout dans les pays
toutes les régions subissent les effets négatifs des deux cir-
émergents. Les facteurs de plus grande vulnérabilité fi-
cuits (graphique 4.11)22.
nancière en Chine pourraient aussi déboucher sur une ré-
22Les calculs reposent sur l’analyse empirique des deux parties précé-
duction désordonnée du levier d’endettement, susceptible
dentes et sur la part des pays dans les exportations de produits de base de provoquer un phénomène de contagion sur les mar-
dans Gruss (2014). chés financiers et les taux de change des pays émergents en

182 Fonds monétaire international | Octobre 2016


CHAPITRE 4 LES RETOMBÉES DE LA TRANSITION DE LA CHINE ET DES MIGRATIONS

altérant la confiance23. Un examen plus approfondi de la Graphique 4.12. Diffusion des retombées
covariation des prix des actifs chinois et mondiaux et des via les circuits financiers
répercussions de l’incertitude économique en Chine sur 1,6 1. Covariation des prix des actifs avec la Chine
les marchés financiers internationaux pourra permettre de (Variance de l’erreur de prévision expliquée par la Chine)
1,4
mieux comprendre ces enjeux. 1,2 Performances du marché boursier
La covariation entre les prix des actifs en Chine et ail- 1,0
Variations du taux de change
leurs s’est renforcée. Mwase et al. (2016) évaluent cette 0,8
covariation à l’aide de l’indicateur d’interdépendance 0,6
proposé par Diebold et Yilmaz (2011)24. Ils montrent 0,4
que la covariation entre les performances du marché
0,2
boursier et les taux de change en Chine et ailleurs s’est ac-
0,0
crue depuis la mi-2015 (graphique 4.12, plage 1) et que Janv. Mars Mai Juil. Sept. Nov. Janv. Févr.
2015 15 15 15 15 15 16 16
cette dernière est plus marquée dans les pays ayant des re-
lations commerciales plus étroites avec la Chine — no- 1,0 2. Étude d’événement : réaction de variables financières externes
tamment en Asie émergente — et dans les pays de pro- à un événement propre à la Chine
0,5 (En pourcentage)
duction primaire. L’ampleur globale de la covariation
0,0
attribuée à la Chine a augmenté, même si elle reste rela-
–0,5
tivement modeste. Elle explique environ 1 % de la va-
riance de l’erreur de prévision ailleurs, même pendant les –1,0
événements de l’année écoulée25. Cela peut être en partie –1,5 Exposition au commerce : forte
lié à l’incapacité du cadre de Diebold et Yilmaz (2011) à Exposition au commerce : faible
–2,0
identifier des chocs structurels provenant de Chine.
–2,5
L’évolution de la situation en Chine — dont l’incerti- PD PE PD PE
Actions Taux de change effectif nominal
tude économique — a une incidence sur les prix des actifs,
en particulier dans les pays émergents et les pays ayant des Source : Mwase et al. (2016).
Note : PD = pays développé, PE = pays émergent.
liens commerciaux plus étroits avec la Chine. Mwase et al.
(2016) ont aussi recours à une stratégie d’identification
plus efficace des chocs en Chine élaborée par Arslanalp plus forte exposition commerciale à la Chine. Ces résul-
et al. (2016) — qui s’appuie sur des informations concer- tats et le calendrier des événements portent à croire que la
nant les prix des actifs, les événements mondiaux et l’ac- récente incertitude économique, liée au régime de change
tualité propre à la Chine — pour mieux comprendre le et à la dépréciation du renminbi ainsi qu’à la riposte des
rôle moteur de la Chine depuis début 2015. Ils observent pouvoirs publics à un ajustement du marché boursier in-
que des chocs négatifs en Chine réduisent les cours des ac- térieur, a influé sur les prix des actifs ailleurs. Les données
tions dans les pays développés et émergents, avec des ef- de l’étude d’événement sont corroborées par une autoré-
fets plus prononcés sur les pays ayant une plus forte expo- gression vectorielle structurelle, qui semble indiquer qu’un
sition commerciale à la Chine (graphique 4.12, plage 2)26. repli des cours des actions et la faiblesse de la production
Les taux de change dans les pays émergents se déprécient, industrielle entraînent une baisse des valorisations bour-
alors que ceux des pays développés s’apprécient, notam- sières aux États-Unis et dans les pays émergents et un recul
ment dans les pays refuges. Arslanalp et al. (2016) s’in- des prix du pétrole et des métaux. Elles montrent aussi que
téressent surtout aux marchés financiers asiatiques et ob- les ajustements du taux de change en Chine ont une forte
servent aussi que les retombées via les circuits financiers se incidence sur les prix des produits de base, les cours des ac-
multiplient et sont plus marquées pour les pays ayant une tions et les taux de change dans les pays émergents. Durant
l’année écoulée, les marchés ont vivement réagi à la dépré-
23Voir FMI (2016g). ciation du renminbi, dans la mesure où, par rapport aux
24Cet indicateur a aussi été utilisé, par exemple, pour évaluer l’inter-
prix d’autres actifs, les ajustements des taux de change ont
dépendance directionnelle dans FMI (2016d) et Guimaraes-Filho et
Hong (2016). des répercussions qui vont au-delà de l’évolution des mar-
25Pour replacer les choses dans leur contexte, les covariations des
chés financiers.
marchés financiers attribuées à la Chine ont une ampleur qui équivaut Les avoirs et engagements extérieurs élevés de la Chine
à environ un cinquième de celle des covariations imputées aux États-
Unis, mais sont comparables à celles attribuées au Japon. signifient que le circuit financier sera plus significatif à
26Ces conclusions font écho à celles de FMI (2016d). l’avenir en raison de l’ouverture du compte de capital. La

Fonds monétaire international | Octobre 2016 183


PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : DEMANDE MODÉRÉE — SYMPTÔMES ET REMÈDES

position extérieure globale de la Chine est forte. Elle est des secteurs les plus touchés. Toutefois, une transition bien
longue sur la dette et courte sur les actions, et ses princi- gérée réduira le risque d’un ajustement désordonné avec
paux avoirs prennent la forme de réserves et d’investisse- des retombées plus marquées et garantira une croissance
ments directs étrangers27. À 3.300 milliards de dollars en plus durable avec des avantages potentiels pour l’économie
juin 2016, les réserves de change de la Chine représentent mondiale. La poursuite des progrès sur le front des ré-
quelque 30 % des réserves mondiales. Des variations de formes et le fait de s’attaquer aux facteurs de vulnérabilité
ces dernières pourraient avoir un impact considérable sur réduiront les risques baissiers, ce qui pourra améliorer le
le prix des avoirs de la Chine, qui se composent surtout climat du marché et stimuler l’investissement dans les pays
d’obligations du Trésor des États-Unis, malgré l’absence partenaires commerciaux. Si elles se concrétisaient, les ré-
d’une forte corrélation jusqu’à présent entre l’accumula- ductions des capacités de production de charbon et d’acier
tion de réserves par la Chine et les rendements des obli- annoncées par la Chine pourraient avoir un impact consi-
gations du Trésor des États-Unis28. Les investissements dérable sur les marchés internationaux. En outre, certains
directs étrangers de la Chine s’avèrent particulièrement aspects du rééquilibrage en Chine — comme sa progres-
importants pour les pays à faible revenu notamment, car sion le long de la chaîne de valeur et le coup de fouet po-
la Chine investit massivement dans de petits pays d’Asie tentiel donné à la croissance de la consommation intérieure
émergente et d’Afrique subsaharienne (voir encadré 4.1). dans les années à venir — créeront des opportunités pour
S’agissant des engagements, les relations bancaires trans- certains pays, notamment en Asie émergente, et la progres-
nationales sont comparables à certains pays du Groupe sion des échanges de services et des investissements chinois
des Sept. Les créances des banques étrangères sur les en- à l’étranger est susceptible d’avoir des effets positifs à court
tités chinoises représentaient moins de 1.000 milliards de terme sur certains pays29.
dollars au premier trimestre de 2016, en recul de plus de En revanche, une transition agitée ou partielle peut am-
25 % par rapport à fin 2014, et se concentrent dans un plifier les retombées. L’incertitude économique depuis la
petit nombre de grandes institutions financières d’impor- mi-2015 met en évidence les difficultés croissantes à gérer
tance systémique. D’après les tests de résistance, même le ralentissement de la Chine dans un pays très endetté et
un choc profond dû aux banques chinoises ne ramène- peut donner lieu à une transition déstabilisante. Dizioli,
rait pas le capital du système bancaire en dessous des exi- Hunt et Maliszewski (2016) élaborent un scénario dans le-
gences de Bâle III dans les pays exposés à la Chine. quel une réévaluation des risques en Chine illustre les pos-
sibles inconvénients de cette transition (graphique 4.13)30.
L’importance d’une transition Une baisse des prix des actifs de 10 % et une augmenta-
bien gérée pour les autorités tion de la prime de risque des entreprises de 150 points de
base durant la première année réduiraient l’investissement
Le ralentissement de la Chine a certes des répercussions,
et la consommation privée en Chine de respectivement
mais une transition en douceur profitera à l’économie
10 % et 2,5 % environ et le PIB réel de quelque 1,5 %.
mondiale à long terme. Tout comme la croissance soutenue
Même si la baisse des prix des produits de base atténue
en Chine a dopé la croissance mondiale dans le passé, le ra-
quelque peu les retombées, celles-ci seraient uniformément
lentissement et le rééquilibrage actuels ont d’importantes
négatives et pires que les répercussions sur l’économie
retombées à travers le commerce et un impact prononcé
mondiale en cas de transition en douceur.
sur les prix des produits de base. Les retombées via ces cir-
Cela souligne les avantages d’une transition au cours
cuits sont devenues plus fortes dans le temps, de même que
de laquelle la Chine renforce la transparence, notamment
l’impact des événements en Chine sur les prix des actifs
en faisant connaître les objectifs des autorités, et accepte
ailleurs, amplifiant ainsi les effets dus à l’économie réelle.
une croissance plus faible. Il est indispensable de commu-
Même une transition en douceur imposera aux partenaires
niquer clairement les intentions des pouvoirs publics, y
commerciaux de la Chine de s’adapter au ralentissement de
la demande à court terme en créant de nouveaux marchés 29Pour une analyse des inconvénients à court terme et des bienfaits à long

d’exportation et en réaffectant les ressources au détriment terme de la transition chinoise, voir FMI (2016f) et Hong et al. (2016).
30Dans cet exercice, on peut considérer que la Chine ne connaît pas
27Mwase et al. (2016). de rééquilibrage et enregistre un repli de l’activité plus marqué par la
28La récente diminution des réserves — 750 milliards de dol- suite. La réévaluation des risques en Chine serait liée à une accentua-
lars entre juin 2014 et juin 2016, dont environ 240 milliards de dol- tion persistante des facteurs de vulnérabilité dans le secteur financier en
lars d’obligations du Trésor des États-Unis — est allée de pair avec raison d’une expansion rapide du crédit. Un scénario de risque précis
une baisse des rendements puisqu’elle est intervenue dans un contexte sans réformes à court terme et un recul de l’activité plus prononcé à
d’aversion au risque à l’échelle mondiale. moyen terme figure dans FMI (2015g).

184 Fonds monétaire international | Octobre 2016


CHAPITRE 4 LES RETOMBÉES DE LA TRANSITION DE LA CHINE ET DES MIGRATIONS

compris les nouvelles mesures pour tendre vers un régime Graphique 4.13. Chine : scénario de ralentissement cyclique
de taux de change flottant. L’incertitude économique et (Écart en pourcentage par rapport au scénario
de référence sans ralentissement)
les risques pesant sur le secteur financier peuvent entraîner
0,5 1. Chine : PIB réel 2. Chine : investissements 2
de profonds ajustements des cours des actions et des taux et importations
de change, qui s’avèrent déstabilisants pour la croissance 0
0,0
mondiale. L’acceptation d’une croissance moindre im- –2

plique de contenir l’expansion du crédit en s’attaquant à –0,5 –4


ses causes profondes — notamment la quête d’objectifs de –6
–1,0 –8
croissance trop élevés — et peut déboucher sur une crois-
sance plus soutenue et de meilleure qualité à long terme. Importations –10
–1,5 réelles
Un projet global visant à remédier aux facteurs de vulnéra- Investissements –12
réels
bilité du secteur financier s’impose, y compris restructurer –2,0 –14
2015 16 17 18 19 20 2015 16 17 18 19 20
ou liquider les entreprises fragiles, contraindre les banques
à détecter et à gérer les actifs compromis et accroître leurs 0,1 3. PIB mondial 4. Prix mondial réel 1
du pétrole et des métaux
fonds propres, durcir les contraintes budgétaires en rédui-
0,0 0
sant l’accès au crédit des entreprises fragiles, créer un sys-
tème davantage fondé sur le marché pour en finir avec le –0,1 –1
désendettement, limiter les risques liés au système bancaire
et aux produits parallèles et freiner l’augmentation exa- –0,2 –2
gérée des prix des logements. Sur le plan des finances pu- Pétrole
–0,3 Métaux –3
bliques, il faudrait réduire le déficit élevé à moyen terme
pour garantir la viabilité de la dette. Une relance budgé- –0,4 –4
taire temporaire, ciblée, inscrite au budget et favorable à 2015 16 17 18 19 20 2015 16 17 18 19 20
la consommation pourra être utile en cas de menace d’un 0,4 5. PIB réel 6. PIB réel : exportateurs 0,1
repli excessif de la croissance. Les investissements publics États-Unis
de pétrole
hors budget devraient être réduits. 0,3 0,0
Zone euro
Concernant les pays de destination, les efforts visant à Amérique latine
0,2
Japon –0,1
doper les échanges commerciaux et à les intégrer dans les
0,1
chaînes de valeur s’imposent, tout comme des réformes –0,2
structurelles pour stimuler la croissance ou modifier les 0,0
modèles de croissance existants. Les réponses des pouvoirs –0,1 –0,3
publics dépendront de la situation de chaque pays, et no-
–0,2 –0,4
tamment de leurs relations commerciales avec la Chine et 2015 16 17 18 19 20 2015 16 17 18 19 20
de la composition de leurs exportations. Plus précisément,
Source : Dizioli, Hunt et Maliszewski (2016).
•• Dans les pays ayant des liens commerciaux étroits avec
la Chine — alors que la marge de manœuvre existante
et la flexibilité du taux de change devraient servir à at- des investissements plus nombreux, des transferts de
ténuer l’impact négatif d’une érosion de la demande technologies et l’intégration dans les chaînes de valeur
extérieure —, une adaptation à la demande chinoise mondiales. Toutefois, il est aussi important de mettre
constamment plus faible s’avère nécessaire. Pour at- en œuvre un programme ambitieux dans l’Organisa-
teindre cet objectif, il faudra peut-être réduire l’absorp- tion mondiale du commerce et d’exploiter son influence
tion interne avec une possible dépréciation du taux de unique ainsi que sa structure juridique et institution-
change réel à moins que d’autres marchés d’exporta- nelle bien pensée pour garantir une cohérence dans l’en-
tion ne puissent être créés (voir ci-dessous). semble du système commercial mondial. Des méthodes
•• Des accords internationaux et régionaux peuvent ren- de négociation souples devraient permettre une libérali-
forcer le commerce. Ils ouvrent aussi la possibilité de re- sation des pays à des vitesses et profondeurs différentes.
pousser les frontières sur des questions comme la coo- •• Comme les prix des produits de base risquent de rester
pération en matière de services et de réglementation bas en raison du recul de la demande chinoise, les ex-
et les politiques d’investissement direct étranger, qui portateurs de ces produits devraient utiliser des amortis-
peuvent accroître l’efficience et la productivité à travers seurs le cas échéant, mais aussi prévoir un ajustement, y

Fonds monétaire international | Octobre 2016 185


PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : DEMANDE MODÉRÉE — SYMPTÔMES ET REMÈDES

compris au moyen d’une réduction et d’une plus grande notamment dans le cas des réfugiés, des problèmes huma-
efficacité des dépenses publiques et d’un renforcement nitaires. Les mouvements migratoires peuvent créer des
des cadres budgétaires, et la mobilisation de nouvelles tensions sociales et provoquer un choc politique dans les
sources de recettes. Certains pays devront peut-être aussi pays d’accueil. Toutefois, l’histoire montre qu’ils peuvent
rechercher de nouveaux modèles de croissance. Les im- aussi se révéler bénéfiques en termes de croissance plus sou-
portateurs de produits de base devraient bénéficier de la tenue, de productivité et d’atténuation du vieillissement de
baisse des prix. L’utilisation judicieuse de l’épargne ex- la population. Une intégration rapide sur le marché du tra-
ceptionnelle dans ces pays dépendra de leur situation vail est indispensable pour exploiter les avantages en termes
conjoncturelle et budgétaire. de croissance, augmenter la contribution des migrants aux
•• La transition de la Chine donne l’occasion aux pays à comptes budgétaires et réduire les tensions. Dans les pays
bas salaires disposant d’une main-d’œuvre abondante, d’origine, que quitte une population jeune et instruite
ainsi qu’aux producteurs de biens de consommation, — phénomène généralement qualifié d’«exode des cer-
d’augmenter leur production de biens à forte intensité veaux» —, les migrations peuvent avoir un impact négatif
de main-d’œuvre. Pour favoriser cet accroissement, des sur les perspectives de croissance à long terme, qui peut
politiques structurelles solides s’avèrent importantes, être réduit par les envois de fonds. En fonction des causes
notamment une amélioration des infrastructures, de sous-jacentes des migrations, les pays d’origine ont besoin
la gouvernance, du climat des affaires et de l’ouverture de mesures pour contenir l’exode des cerveaux et tirer le
aux échanges. plus grand parti des envois de fonds et des réseaux des dias-
poras. Une coopération internationale s’impose pour remé-
D’un point de vue mondial, les mesures protection- dier aux problèmes humanitaires.
nistes doivent être évitées, car elles porteraient préjudice
au commerce à long terme. Les retombées de la transition
Tendances, causes et défis des migrations
de la Chine pourraient inciter des pays à restreindre les
échanges afin de protéger les producteurs nationaux face à Les mouvements migratoires ont progressé constam-
une érosion de la demande extérieure ou au sentiment que ment au cours des dernières décennies. La population
la Chine est à l’origine d’une offre excédentaire sur cer- de migrants internationaux a augmenté pour passer de
tains marchés. De telles mesures protectionnistes — pas 150 millions en 1990 à 250 millions en 201531. Si le
forcément en réaction à la situation en Chine — ont pro- nombre de migrants entre pays émergents est le plus élevé,
bablement joué un rôle dans la réduction du commerce il englobe une proportion faible et stable de leur popula-
mondial ces dernières années et pourraient l’empêcher à tion — environ 2 %. Les migrations entre pays émergents
long terme. Dans le passé, les engagements juridiques, les et développés sont plus nombreuses en valeur relative et
promesses du Groupe des Vingt et la prise de conscience plus dynamiques : la part des migrants dans la popula-
que les restrictions aux échanges peuvent avoir des ef- tion des pays d’accueil a pratiquement doublé, passant de
fets négatifs sur le plan économique ont dissuadé des pays quelque 5 % à 10 % entre 1990 et 2015 (graphique 4.14,
d’imposer de nouvelles restrictions, notamment pendant plage 1), avec de grandes disparités entre les pays. En 2015,
la crise financière mondiale. Une impulsion politique à les migrants représentaient environ 5 % de la population
l’échelle mondiale et un effort collectif devraient faciliter en Finlande et quelque 30 % en Australie. Il existe deux
la conclusion d’accords commerciaux qui neutraliseraient catégories de migrants : les migrants économiques (de leur
toute tendance au protectionnisme. En outre, des réformes plein gré, en quête d’un avenir meilleur) et les migrants
des échanges peuvent compléter d’autres réformes sur humanitaires (les réfugiés, qui fuient les conflits).
les marchés des biens et services, dans la mesure où elles La population de migrants internationaux est dominée
dopent la productivité en améliorant l’efficience, en favo- par les migrants économiques, mais la récente multipli-
risant la concurrence et en encourageant l’innovation et cation des réfugiés a porté leur nombre à des niveaux
l’adoption de technologies existantes. proches des records. Les migrants économiques repré-
sentent près de 95 % de la population totale de migrants,
et leur nombre augmente de manière stable et de plus en
Les défis et les opportunités des migrations plus nette. En revanche, la part des réfugiés est assez faible,
Les conflits géopolitiques et les disparités économiques même si leur nombre est instable. À la suite de la récente
sont à l’origine d’importants flux migratoires, avec à la 31Ce nombre et l’analyse dans ce chapitre excluent les migrations

clé de lourdes conséquences sociales et économiques et, clandestines.

186 Fonds monétaire international | Octobre 2016


CHAPITRE 4 LES RETOMBÉES DE LA TRANSITION DE LA CHINE ET DES MIGRATIONS

Graphique 4.14. Les migrants et réfugiés internationaux Graphique 4.15. Les migrations par âge
et par niveau de qualification
10 1. Population de migrants internationaux
(En pourcentage de la population) 100 1. Répartition par âge des migrants internationaux, 2015
(En pourcentage)
8
80 Total
Développé vers développé
Hommes
6 Émergent vers développé
60 Femmes
Développé vers émergent
Émergent vers émergent
4
40

2
20

0
1990 95 2000 05 10 15 0
0–9 20–64 Plus de 65
20 2. Réfugiés (y compris les situations analogues à celles des réfugiés)
(En millions de personnes) 70 2. Contribution à la population en âge de travailler (25–64 ans)
60 des migrants et autochtones, 1990–2010
(En pourcentage)
15 50
40 Autochtones
30 Migrants
10
20
10
5 0
–10
0 –20
1955 60 65 70 75 80 85 90 95 2000 05 10 15 IRL AUS CAN NOR PRT NLD AUT SWE FIN
ESP NZL USA CHE GRC GBR FRA DNK DEU
Sources : Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés;
calculs des services du FMI. 7 3. Population de migrants par niveau de qualification
(En pourcentage de la population, moyenne simple)
6

guerre civile en Syrie et de l’agitation dans l’ensemble du 5


Moyen-Orient, le nombre de réfugiés est au plus haut de- 4
puis les années 90 (graphique 4.14, plage 2). Les flux de 3
nouveaux réfugiés ont explosé en 2014–15 pour atteindre
2
4,5 millions, soit environ la moitié du total des flux migra-
1 Haut Moyen Faible
toires durant ces années. La Jordanie, le Liban et la Turquie
ont été les principaux pays de destination; ils ont accueilli 0
1980 85 90 95 2000 05 10
quelque 2,2 millions de nouveaux réfugiés au cours de la
Sources : IAB; Département des affaires économiques et sociales des Nations Unies,
même période. L’Union européenne a aussi accueilli un Division de la population 2015 et Perspectives démographiques mondiales :
nombre sans précédent de réfugiés dernièrement. Environ révision 2015; calculs des services du FMI.
Note : Les abréviations des pays correspondent aux codes de l’Organisation
1,25 million de premières demandes d’asile ont été dépo-
internationale de normalisation (ISO).
sées en 2015, et le nombre de demandes a continué à pro-
gresser en 2016, mais à un rythme moins soutenu. compte davantage d’enfants; ainsi, en 2015, plus de la
Les migrations internationales totales sont dominées moitié des réfugiés étaient âgés de moins de 18 ans.
par des individus en âge de travailler, mais, parmi les ré- De plus en plus, les migrants vers les pays développés
fugiés, le nombre d’enfants est nettement plus élevé. Plus ont un niveau de qualification élevé ou moyen, même si
de 70 % de la population de migrants se situe dans la le nombre de migrants peu qualifiés reste plus important
tranche d’âge 20–64 ans (graphique 4.15, plage 1). Les que celui de ces derniers32. En 2010, les migrants haute-
migrants représentent en réalité un pourcentage impor- ment qualifiés constituaient environ 6 % de la population
tant de la population active dans de nombreux pays dé- de l’ensemble des pays développés — contre 2 % dans les
veloppés. Leur présence accroît la population en âge de
travailler et réduit les ratios inactifs/actifs. Dans certains 32Le niveau de qualification fait référence au niveau d’instruction :

pays, ils ont été à l’origine d’environ 50 % de la crois- plus élevé que le diplôme de fin d’études secondaires ou équivalent
(hautement qualifié); diplôme de fin d’études secondaires ou équivalent
sance de la population d’âge actif entre 1990 et 2010 (moyennement qualifié); enseignement primaire ou absence de scolari-
(graphique 4.15, plage 2). La population de réfugiés sation (peu qualifié).

Fonds monétaire international | Octobre 2016 187


PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : DEMANDE MODÉRÉE — SYMPTÔMES ET REMÈDES

Graphique 4.16. Les facteurs des migrations et des tensions potentielles dans les pays de destination.
Les flux de réfugiés découlent de la nécessité de fuir la vio-
Croissance du PIB réel cumulée sur 20 ans

180 1. Croissance du PIB réel en fonction de l’immigration


(En pourcentage, 1990–2010) lence et les persécutions, les personnes en question n’ayant
160 IRL d’autre choix que de quitter leur pays sur fond d’instabi-
140
120 LUX lité politique et de conflits. S’agissant des migrations éco-
100 GBR AUS nomiques, plusieurs facteurs entrent en jeu. L’absence de
80 NOR NZL perspectives et la dégradation de la situation économique
NLD SWE CAN
60 FIN dans les pays d’origine peuvent inciter les migrants à recher-
FRA USA ESP
40 AUT GRC cher des cieux plus cléments à l’étranger. Les facteurs d’at-
PRT
20 DEU CHE DNK traction dans les pays de destination sont plus complexes
0 et déterminent l’ampleur des migrations, mais aussi leur
0 5 10 15 20 25
Évolution de la population de migrants de plus de 25 ans répartition entre les pays d’accueil (Jaumotte, Koloskova
(en pourcentage de la population de plus de 25 ans en 1990) et Saxena, 2016). Premièrement, la situation économique
60 2. Facteurs qui déterminent le choix de la destination dans les pays de destination s’avère déterminante. Il existe
(En pourcentage du total des migrations) une corrélation positive entre la croissance du PIB réel par
50
habitant à long terme et l’évolution de la part des migrants
40 (graphique 4.16, plage 1). Deuxièmement, certains facteurs
structurels revêtent une importance. Pour les migrants, la
30
décision de partir fait intervenir des facteurs géographiques
20 et culturels essentiels comme la distance par rapport aux
10 pays de destination, une langue commune, des frontières li-
mitrophes et des liens coloniaux partagés (graphique 4.16,
0
Lien colonial Langue Langue Pays Schengen UE plage 2). Troisièmement, les politiques d’immigration dans
officielle ethnique limitrophes les pays d’accueil influent sur les flux migratoires. Les ré-
commune commune
formes qui durcissent les lois relatives à l’entrée des étran-
Sources : base de données du CEPII; base de données des Nations Unies
gers réduisent ces flux, alors que les législations moins
sur les migrations internationales; calculs des services du FMI.
Note : Les chiffres s’appuient sur la population totale de migrants entre tous strictes — après la signature du traité de Maastricht, par
les pays d’origine et 18 pays d’accueil qui partagent les caractéristiques indiquées. exemple — ont l’effet inverse (voir Ortega et Peri, 2009).
Les chiffres sont exprimés en pourcentage de la population totale de migrants
dans 18 pays d’accueil. Schengen = pays de l’espace Schengen qui autorisent
Malgré les opportunités qui vont de pair avec les migra-
la libre circulation de leurs citoyens à l’intérieur des frontières de l’espace. tions, des problèmes se posent aussi pour les pays de départ
Les abréviations des pays correspondent aux codes de l’Organisation internationale et de destination, surtout la perte de capital humain dans
de normalisation (ISO).
les premiers et les possibles tensions sociales avec des consé-
quences politiques dans les derniers.
années 90 — alors que les migrants moyennement et peu
qualifiés représentaient respectivement quelque 4 % et 5 %
(graphique 4.15, plage 3). Cela s’explique probablement Défis et avantages à long terme
en partie par l’amélioration du niveau d’études à l’échelle pour les pays de destination
mondiale au cours des dernières décennies. Les politiques Les migrations internationales représentent à la fois
d’immigration fondées sur les qualifications, en particu- une aubaine et un défi pour les pays d’accueil. Les mi-
lier dans certains pays anglo-saxons, qui ont tendance à grants peuvent faire gonfler la population active et avoir
compter un pourcentage plus élevé de migrants haute- un impact positif sur la croissance et les finances pu-
ment qualifiés, ont peut-être aussi joué un rôle. La part bliques à long terme, surtout dans les pays dont la po-
des migrants peu qualifiés en Europe continentale et des pulation est vieillissante. L’accueil des migrants s’avère
migrants moyennement qualifiés dans les pays nordiques toutefois problématique. D’aucuns redoutent que les mi-
(Danemark, Finlande, Norvège et Suède) demeure rela- grants se substituent aux travailleurs autochtones et s’in-
tivement élevée, même si les niveaux de qualification des quiètent des coûts budgétaires à court terme, notam-
migrants se sont aussi améliorés dans ces pays. ment dans le cas des réfugiés. Cela peut exacerber les
Les mouvements migratoires sont déterminés par une éventuelles tensions sociales liées aux différences cultu-
conjugaison de facteurs sociaux et économiques à l’inté- relles et linguistiques — compte tenu des effets que
rieur et à l’étranger, qui créent des problèmes humanitaires les migrations peuvent avoir sur la composition de la

188 Fonds monétaire international | Octobre 2016


CHAPITRE 4 LES RETOMBÉES DE LA TRANSITION DE LA CHINE ET DES MIGRATIONS

population — et les incidents liés à la sécurité dans cer- Graphique 4.17. Femmes : faible niveau d’instruction
tains pays33. Ces tensions peuvent provoquer un choc po- et emplois très qualifiés, 2000
litique, comme en témoigne le référendum sur le main- (En pourcentage du total)
tien du Royaume-Uni dans l’Union européenne, dans 25
AUT DEU
lequel les migrations ont joué un rôle.

Femmes ayant un faible niveau d’instruction :


20
CHE
La vitesse d’intégration est déterminante. L’histoire

écart entre migrants et autochtones


15 USA FIN
montre qu’une intégration rapide sur les marchés du tra- 10 FRA SWE
vail est capitale pour exploiter les avantages économiques
5 ESP
des migrations, à court comme à long terme. Elle peut CAN NLD
0 DNK
aussi amplifier l’incidence positive sur les comptes bud- NOR
gétaires, ce qui accentuera les effets d’entraînement po- –5 GRC NZL
sitifs dans les pays de destination. Une intégration éco- –10
GBR
IRL AUS
nomique rapide peut sans doute accélérer et approfondir –15
l’intégration sociale, avec des effets de rétroaction positifs –20 PRT
entre les deux, même si elle peut aussi créer des tensions à
–25
court terme, surtout quand le chômage est élevé. 20 25 30 35 40 45
Proportion de femmes autochtones occupant des emplois très qualifiés
Marchés du travail : le rôle central de l’intégration Sources : Organisation de coopération et de développement économiques;
calculs des services du FMI.
L’impact des migrations sur les marchés du travail dé-
Note : Les abréviations des pays correspondent aux codes de l’Organisation
pend de la complémentarité entre les migrants et les tra- internationale de normalisation (ISO).
vailleurs autochtones. En principe, les migrants ayant des
qualifications comparables à celles des autochtones se- Les ouvrages permettent plutôt de penser que les migrants
ront en concurrence avec eux sur le marché du travail peuvent apporter leur concours aux marchés du travail à
et influeront sur l’emploi et les salaires, surtout à court travers la complémentarité évoquée plus haut, qui permet :
terme — avant que le stock de capital ne s’adapte à la 1) aux autochtones d’opérer sur différents segments des
main-d’œuvre plus nombreuse. Cependant, si les qualifi- marchés du travail, souvent pour accomplir des tâches plus
cations des migrants viennent compléter celles des travail- complexes qui assurent un perfectionnement des compé-
leurs autochtones, alors l’impact pourrait être positif (Aiyar tences et favorisent donc une spécialisation efficace; 2) une
et al., 2016). Cela peut être intéressant, par exemple, plus grande participation des femmes au marché du tra-
dans plusieurs pays où la participation au marché du tra- vail; 3) un fonctionnement du marché plus efficace, les mi-
vail des femmes autochtones hautement qualifiées a ten- grants occupant des postes pour lesquels les autochtones
dance à être plus forte lorsque des migrantes moins quali- sont trop peu nombreux; 4) aux migrants hautement qua-
fiées sont présentes sur le marché (Jaumotte, Koloskova et lifiés de contribuer au progrès technologique; et 5) une
Saxena, 2016; voir graphique 4.17). La présence de travail- hausse de la demande, susceptible de stimuler la consom-
leurs à relatifs bas coûts dans les services ou le secteur de la mation à court terme et l’investissement à moyen terme35.
santé peut permettre à des femmes hautement qualifiées Certaines études constatent toutefois un impact négatif sur
d’intégrer la population active ou de travailler plus longue- les salaires des travailleurs peu qualifiés36.
ment, ce qui accroît la productivité. La situation sur le marché du travail des migrants eux-
L’expérience passée montre que les migrations n’ont mêmes porte à croire que l’intégration sur ce marché est
guère d’incidence sur les taux d’emploi et les salaires
moyens des travailleurs autochtones, même si elles peuvent travailleurs autochtones. Voir aussi FMI (2015c) et Aiyar et al. (2016)
et les références qui figurent à l’intérieur. Certaines études de cas ont
avoir un impact sur certains segments du marché du tra- aussi fait état de l’absence d’un impact notable des migrations sur les
vail. Les travaux universitaires semblent pour la plupart in- marchés du travail pour les autochtones, par exemple Card (1990)
diquer que les migrations ont un impact très limité sur les pour l’exode de Mariel en 1980 et Akgunduz, van den Berg et Hassink
(2015) pour l’impact du récent afflux de réfugiés syriens en Turquie.
salaires moyens ou l’emploi des travailleurs autochtones34. 35Voir, par exemple, Alesina, Harnoss et Rapoport (2015); Cattaneo,

Fiorio et Peri (2015); D’Amuri et Peri (2014); Farré, González et


33Voir Card, Dustmann et Preston (2009), qui montrent que la po- Ortega (2011); Hunt et Gauthier-Loiselle (2010); Ortega et Peri
pulation se montre davantage préoccupée par les migrations que par les (2014); Peri, Shih et Sparber (2015); Peri et Sparber (2009).
échanges commerciaux. 36Borjas (2003, 2006) et Aydemir et Borjas (2007, 2011) observent
34Voir Peri (2014a), (2014b) pour un tour d’horizon des études un impact négatif sur les salaires des autochtones peu qualifiés sur le
consacrées à l’impact de l’immigration sur l’emploi et les salaires des marché du travail aux États-Unis.

Fonds monétaire international | Octobre 2016 189


PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : DEMANDE MODÉRÉE — SYMPTÔMES ET REMÈDES

Graphique 4.18. Situation sur le marché du travail en matière d’instruction — par exemple, un diplôme
1. Emploi par rapport aux travailleurs autochtones : obtenu dans le pays d’origine peut ne pas avoir la même
0,05 différence de situation1 valeur qu’un diplôme délivré dans les pays d’accueil —,
(Part)
0,00 mais aussi par les politiques, l’absence de reconnaissance
–0,05
des qualifications, ou les handicaps liés aux différences
culturelles. Il en résulte une occasion manquée pour le
–0,10 pays d’accueil. À titre d’exemple, par comparaison avec
–0,15 Réfugiés
les autochtones, les pays d’Europe continentale et nor-
Autres immigrés diques comptent une proportion plus élevée de mi-
–0,20
grants très instruits exerçant des professions moins qua-
–0,25 lifiées que d’autres pays. En revanche, les perspectives
<6 6–10 11–20 > 20
Années écoulées depuis l’arrivée dans le pays pour les migrants et les autochtones très instruits ont
2. Travailleurs très instruits occupant des emplois tendance à être comparables dans les pays anglo-saxons
50 peu qualifiés, par région, 2000 (graphique 4.18, plage 2).
(En pourcentage de la population très instruite
respective, moyenne simple)
•• Réglementations du marché du travail — Une protec-
40 tion de l’emploi excessive et des impôts et cotisations
Migrants Autochtones

30
de sécurité sociale élevés peuvent avoir des effets né-
gatifs sur l’emploi, en particulier pour les travailleurs
20 dont la productivité est a priori incertaine (voir, par
exemple, Blanchard, Jaumotte et Loungani, 2013). Les
10
taux d’emploi des migrants sont plus élevés dans les
0
pays qui se caractérisent par des salaires bas en début
Pays anglo-saxons Europe continentale Pays nordiques de carrière et par une protection de l’emploi moindre
Sources : European Social Survey, Rounds 1-6; Organisation de coopération (Ho et Shirono, 2015).
et de développement économiques; calculs des services du FMI.
1
•• Difficultés supplémentaires pour les réfugiés — L’incertitude
La différence de situation mesure l’écart de situation professionnelle entre
autochtones et immigrés; en fonction de l’âge, du sexe, des années d’études,
entourant le statut juridique des réfugiés — l’accepta-
des compétences linguistiques, du pays d’accueil et de la période. tion de leur demande d’asile — peut retarder leur entrée
sur le marché du travail. Pendant que leur demande est
étudiée, les demandeurs d’asile sont souvent confrontés
complexe. Aiyar et al. (2016) constatent que les migrants
à des obstacles juridiques à l’emploi (Hatton, 2013) et,
ont des taux d’activité, des taux d’emploi et des salaires plus
dans les pays européens, le traitement des demandes
faibles que les autochtones dans les pays développés (gra-
peut prendre entre deux mois et un an. Enfin, comme
phique 4.18, plage 1). Les écarts en termes de rémunéra-
les migrations des réfugiés sont moins dictées par des
tion et d’emploi sont importants durant les premières an-
facteurs d’attraction, par exemple une croissance sou-
nées, puis se réduisent à mesure que les migrants maîtrisent
tenue dans le pays d’accueil, l’arrivée dans un environ-
la langue et acquièrent une expérience professionnelle plus
nement de chômage élevé peut réduire leurs taux d’em-
intéressante. Les migrants issus de pays développés ou ayant
ploi et salaires pendant une période prolongée (Äslund et
des compétences linguistiques plus poussées au départ ob-
Rooth, 2007), ce qui souligne l’importance de la phase
tiennent souvent de meilleurs résultats que les autres catégo-
du cycle conjoncturel dans le processus d’intégration.
ries. Les difficultés pour les femmes migrantes et réfugiées
semblent particulièrement grandes : leurs résultats sur le plan Les migrations et les enjeux budgétaires
professionnel sont moins bons, surtout à court terme (Aldén
L’intégration au marché du travail joue aussi un rôle
et Hammarstedt, 2014; Ott, 2013). Les problèmes qui se
crucial dans l’incidence sur les finances publiques des pays
posent sont notamment les suivants :
d’accueil. Au fil du temps, compte tenu de leur impact sur
•• Reconnaissance des qualifications — Les migrants ont
la population en âge de travailler et sur l’activité écono-
tendance à être sous-représentés dans les emplois très
mique, les migrants peuvent générer des recettes fiscales et
qualifiés et surreprésentés dans les emplois peu quali-
des cotisations sociales supplémentaires. Toutefois, l’inté-
fiés37. Cela peut en partie s’expliquer par les différences
gration prend du temps, notamment dans le cas des réfu-
37Voir, par exemple, Aleksynska et Tritah (2013) pour l’inadéquation giés, ce qui signifie qu’il y aura un décalage temporel avant
entre les études et la profession des immigrés en Europe. qu’ils ne commencent à contribuer au budget. À court

190 Fonds monétaire international | Octobre 2016


CHAPITRE 4 LES RETOMBÉES DE LA TRANSITION DE LA CHINE ET DES MIGRATIONS

terme, ils devront peut-être avoir recours aux services Graphique 4.19. Allemagne : valeur actuelle de la contribution
d’aide sociale et demander des prestations sociales, notam- budgétaire nette future attendue par tranche d’âge
(En milliers d’euros, sur la base de la méthode de comptabilité
ment des soins de santé et une assistance sociale. Les mi-
générationnelle; année de référence = 2012)
grations peuvent aussi influer sur l’utilisation par les au-
400
tochtones des ressources budgétaires, dans la mesure où
la présence de migrants augmente le taux de chômage des Autochtones
autochtones, ou réduit leurs salaires38. L’impact des migra- 300 Migrants
tions sur les comptes budgétaires dépend du revenu des
migrants, mais aussi de la générosité du système de sécurité 200
sociale dans les pays d’accueil.
Tout au long de leur existence, les migrants ont tendance
100
à moins alimenter les comptes budgétaires que les autoch-
tones, essentiellement parce qu’ils payent moins d’impôts et
versent moins de cotisations à la sécurité sociale. Cela met 0
de nouveau en évidence l’importance de leur intégration
aux marchés du travail. Leur contribution moindre s’ex- –100
plique par leur période d’activité moins longue et par leurs
emplois moins bien rémunérés39. Les migrants dépendent
–200
davantage de certains transferts sociaux, mais les différences 0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100
Âge
entre eux et les autochtones ne semblent pas avoir de vastes
Source : Bonin (2014).
conséquences sur le plan budgétaire. Par rapport aux au-
tochtones sans emploi, les migrants au chômage sont plus
susceptibles de bénéficier d’une assistance sociale, mais montant des prestations sociales et la valeur des services
moins de toucher des allocations chômage plus généreuses publics reçus par la population de migrants de 27 pays
en général. Le cas de l’Allemagne illustre le fait que les au- de l’OCDE entre 2007 et 2009. L’impact, qu’il soit po-
tochtones comme les migrants voient leur contribution sitif ou négatif, dépasse rarement 0,5 % du PIB au cours
augmenter lorsqu’ils approchent de l’âge actif et diminuer d’une année donnée et est à peu près nul en moyenne. Un
pendant la retraite (graphique 4.19). Néanmoins, la contri- impact positif sur les finances publiques est observé dans
bution des migrants a tendance à devenir positive plus tard, 19 pays, c’est-à-dire 70 % de l’échantillon de pays.
à culminer à un niveau inférieur et à devenir négative à un Cependant, l’augmentation des dépenses à court terme
stade plus précoce (voir Aiyar et al., 2016, et FMI, 2015c). pour venir en aide aux réfugiés pourrait accentuer les pres-
L’histoire montre que l’incidence en valeur nette des mi- sions budgétaires dans les pays d’accueil. À leur arrivée,
grants sur les finances publiques est faible dans les pays de les réfugiés bénéficient d’une aide au logement, à la sub-
l’OCDE. Les estimations dépendent énormément de plu- sistance et à l’intégration. En outre, comme indiqué plus
sieurs hypothèses, et notamment les nombreux éléments haut, ils ne sont bien souvent pas autorisés à travailler tant
qui déterminent les perspectives d’emploi des migrants que leur statut juridique n’est pas défini. Cela réduit leur
(comme indiqué plus haut), leur âge et la manière dont la contribution au budget à court terme par rapport à celle
méthode d’analyse prend en considération les effets macro- des autres migrants et des autochtones. En général, les pays
économiques dynamiques des migrations. OCDE (2013) en voie de développement supportent le plus gros poids lié
présente une étude internationale reposant sur un modèle aux réfugiés. Ainsi, en Jordanie, au Liban et en Turquie, les
comptable statique (flux de trésorerie) qui évalue les im- dépenses consacrées aux réfugiés sont estimées à respecti-
pôts et les cotisations de sécurité sociale payés ainsi que le vement 2,4 %, 3,2 % et 1,3 % du PIB pendant le récent
afflux40. Mais cela concerne aussi de nombreux pays euro-
38Comme évoqué plus haut, les ouvrages montrent pour la plupart que
péens, qui ont des systèmes de protection sociale assez gé-
ces effets sont limités. Ils pourraient aussi être atténués si les migrations
néreux et un nombre important de migrants humanitaires.
augmentent le revenu du capital perçu par les autochtones (Borjas, 1999). D’après les estimations des services du FMI pour la zone
Conde Ruiz, Ramón Garcia et Navarro (2008) observent de tels effets euro, les dépenses budgétaires moyennes consacrées aux ré-
pour l’Espagne durant la première décennie 2000.
39Cela explique aussi la logique des systèmes de gestion des migra- fugiés pourraient atteindre 0,2 % du PIB en 2016, l’Alle-
tions de travail. Dans le système australien par exemple, l’âge a un poids magne, l’Autriche, la Finlande et la Suède devant prendre
important — jusqu’à 38 % du minimum requis — et il existe des li-
mites d’âge maximum pour l’entrée. 40FMI (2015d, 2015e, 2016h).

Fonds monétaire international | Octobre 2016 191


PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : DEMANDE MODÉRÉE — SYMPTÔMES ET REMÈDES

Graphique 4.20. Impact estimé des migrations population. Enfin, les migrants peuvent stimuler la pro-
dans les pays plus développés, 2010 ductivité du travail à travers la complémentarité avec les
(En pourcentage du PIB)
travailleurs autochtones et la diversification des compé-
0 tences productives. Cette partie étudie l’impact des mi-
grations sur la production par habitant à long terme.
L’expérience passée montre que les migrations pour-
raient avoir une incidence positive sur la production par
–1
habitant dans les pays d’accueil. Si les ouvrages consacrés
aux migrations sont pour la plupart microéconomiques
et privilégient l’emploi, l’innovation ou la productivité,
–2 certaines études ont analysé l’importance de ces circuits
d’un point de vue macroéconomique. Néanmoins, le fait
que certains des facteurs d’attraction à l’origine des mi-
–3
grations puissent fausser les résultats complique cette ana-
lyse. Par exemple, si les migrants s’installent dans des pays
affichant une croissance du PIB soutenue, il sera facile
de conclure que les migrations constituent la «cause» de
–4 cette croissance. Pour éviter cette complication, Alesina,
Taux de dépendance Dépenses de retraite Dépenses de santé
des personnes âgées Harnoss et Rapoport (2015) et Ortega et Peri (2014) uti-
Source : Clements et al. (2015). lisent un modèle de gravitation pour isoler les effets des
Note : L’impact des migrations correspond à la différence entre le scénario migrations découlant de facteurs d’incitation au départ.
de référence, qui suppose la poursuite des mouvements migratoires actuels, Dans un cadre transversal, ils identifient un impact très
et le scénario de migration nulle.
positif des migrants sur la production par habitant dans
les pays d’accueil. Ils l’associent à un effet positif des mi-
en charge les plus fortes hausses des dépenses. S’agissant grants hautement qualifiés sur l’emploi, l’accumulation
de la Suède, les dépenses liées aux migrations devraient at- de capital et la productivité du travail, ce qui non seule-
teindre 1 % du PIB en 2016. ment améliore la productivité elle-même, mais favorise
À plus long terme, les migrations sont en mesure de ré- aussi la diversité de la population active.
duire les pressions budgétaires liées au vieillissement de la Une étude récente semble indiquer que les migrations
population dans les pays d’accueil (graphique 4.20). Par améliorent le PIB par habitant dans les pays d’accueil en
exemple, si les migrations se poursuivaient au rythme des stimulant l’investissement et en augmentant la productivité
flux actuels, elles pourraient freiner l’augmentation attendue du travail. Jaumotte, Koloskova et Saxena (2016) estiment
du taux de dépendance des personnes âgées et les dépenses qu’une hausse de 1 point de pourcentage de la part des mi-
de santé et de retraite qui vont de pair par rapport au PIB grants dans la population en âge de travailler peut accroître
(Clements et al., 2015; Commission européenne, 2015). le PIB par habitant à long terme jusqu’à hauteur de 2 %
Plus l’impact des migrations sur la croissance du PIB sera (graphique 4.21, plage 1)41. Cet impact est certes un peu
marqué, plus ces effets seront prononcés. Les migrations ne moins marqué que dans les estimations précédentes, mais
peuvent pas totalement régler les problèmes qui découlent il est significatif d’un point de vue économique. Après dé-
du vieillissement de la population, mais elles peuvent composition des estimations en effets sur l’emploi et sur
donner du temps pour mettre en œuvre progressivement la productivité du travail, ils constatent que les migrations
la réforme des prestations sociales et d’autres réformes, qui ont une incidence très positive sur la productivité du tra-
s’avèrent encore nécessaires dans bon nombre de pays. vail42. En outre, ils n’observent aucune corrélation entre

Les effets positifs sur la croissance à plus long terme 41Pour remédier à des problèmes d’endogénéité, l’étude utilise un
Les migrations peuvent doper le revenu global dans les modèle de pseudo-gravitation pour estimer les migrations causées par
des facteurs d’incitation au départ des pays d’origine, comme la situa-
pays d’accueil à long terme, et ce via plusieurs circuits. tion socioéconomique et politique, et par les coûts bilatéraux des migra-
Premièrement, en venant gonfler la population active, les tions, facteurs qui sont totalement indépendants des niveaux de revenu
migrations peuvent renforcer l’accumulation de capital. dans les pays d’accueil.
42Si ces résultats s’appliquent à l’estimation de panel, les problèmes
Deuxièmement, s’ils sont bien intégrés aux marchés du des marchés du travail et la composition en termes de qualifications de
travail, les migrants peuvent augmenter le ratio emploi/ la population de migrants par rapport aux autochtones peuvent jouer

192 Fonds monétaire international | Octobre 2016


CHAPITRE 4 LES RETOMBÉES DE LA TRANSITION DE LA CHINE ET DES MIGRATIONS

l’augmentation à long terme du ratio capital/travail et Graphique 4.21. Migrations : effets positifs
l’évolution de la population de migrants, ce qui concorde sur la croissance à plus long terme
avec l’adaptation de l’investissement dans le temps à un ré- 4 1. Impact d’une augmentation de la part des migrants
(En pourcentage par hausse de 1 point de pourcentage)
servoir de main-d’œuvre potentielle plus important (gra-
phique 4.21, plage 2). En outre, les effets se répartissent de 3
manière égale entre les catégories de revenu, à savoir que
les migrations ont une incidence positive sur les revenus 2
des plus hauts salaires comme sur ceux du reste de la po-
pulation, même si les migrants hautement qualifiés ont un 1
impact plus prononcé sur les plus hauts revenus.
Les migrants hautement et peu qualifiés augmentent la 0
PIB par habitant Productivité
productivité. Les migrants hautement qualifiés sont sus-
ceptibles d’avoir un impact plus prononcé sur le PIB par
160 2. Augmentation du ratio capital/travail
habitant du fait de leur incidence plus forte sur la produc- en fonction de l’immigration, 1990–2010
140
tivité. Toutefois, les migrants moins qualifiés peuvent aussi (En pourcentage) PRT IRL
120
accroître la productivité si leurs qualifications et celles des
autochtones sont complémentaires. Jaumotte, Koloskova 100

et Saxena (2016) constatent que les migrants hautement et 80 CAN ESP


60 GBR SWE USA
peu qualifiés ont un impact positif de même ampleur sur AUS DEU NOR
la productivité (graphique 4.21, plage 3). Ils imputent ce 40 GRC
FIN
20 CHE FRA DNK AUT NZL
résultat à la «surqualification des migrants» — comme in- NLD
diqué plus haut, certains pays comptent une proportion 0
–5 0 5 10 15
plus élevée de migrants très instruits exerçant des profes- Variation de la part des migrants (en pourcentage de la population)
sions moins qualifiées — et à la complémentarité évoquée
3. Effet sur la productivité d’une augmentation
précédemment. Les travailleurs peu qualifiés permettent 7 de la part des migrants par niveau de qualification
aux autochtones plus qualifiés d’opérer sur différents seg- 6 (En pourcentage par hausse de 1 point de pourcentage)
ments du marché du travail, ce qui les encourage à occuper 5
des emplois plus qualifiés et à acquérir une formation sup- 4
plémentaire. Ils favorisent aussi l’activité féminine en oc- 3
cupant des emplois de nettoyage et d’entretien et de garde 2
d’enfants. Cette interprétation est corroborée par les don-
1
nées concernant les relations entre les migrants peu quali-
0
fiés et l’activité féminine présentées plus haut dans ce cha-
–1
pitre. Farré, González et Ortega (2011) parviennent à une Haut niveau Niveau faible et moyen
conclusion identique dans le cas de l’Espagne.
Sources : Jaumotte, Koloskova et Saxena (2016); Organisation de coopération
et de développement économiques; base de données des Nations Unies
sur les migrations internationales; calculs des services du FMI.
Les inconvénients pour les pays d’origine Note : Les abréviations des pays correspondent aux codes de l’Organisation
et les facteurs qui les atténuent internationale de normalisation (ISO). Les lignes rouges indiquent un intervalle
de confiance de 95 %.
Les migrations peuvent présenter de gros inconvé-
nients pour les pays d’origine, même si certains facteurs
contribuent à les réduire. Les facteurs d’incitation au dé- l’Est au cours de la dernière décennie —, mais les consé-
part des migrants peuvent certes varier — des conflits (au quences pour les pays de départ sont identiques. Les mi-
Moyen-Orient par exemple; voir encadré 4.2) aux diffé- grations peuvent avoir des effets négatifs sur la croissance
rences de perspectives économiques comme en Europe de démographique, ce qui s’avère particulièrement pénalisant
lorsque les migrants sont jeunes et instruits, et nuire aux
un rôle. À titre d’exemple, une hausse brutale et sensible de l’emploi des perspectives de croissance à long terme. Elles peuvent aussi
immigrés peu qualifiés dans des secteurs à faible productivité — comme altérer les comptes budgétaires et amplifier les problèmes
pendant l’essor qui a précédé la crise en Espagne, par exemple — peut
avoir un impact négatif sur la productivité globale du travail (voir posés par le vieillissement de la population. Les envois de
Kangasniemi et al., 2012). fonds des migrants, qui peuvent augmenter le revenu des

Fonds monétaire international | Octobre 2016 193


PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : DEMANDE MODÉRÉE — SYMPTÔMES ET REMÈDES

Graphique 4.22. Contributions de l’émigration de leur population active au profit des États-Unis
à la croissance démographique
en 1965–2000 (Mishra, 2006). Depuis l’effondrement
(Variation en pourcentage entre 1993 et 2012)
de l’Union soviétique, la population de la Géorgie et de
40
Croissance démographique sous-jacente l’Arménie a diminué de respectivement 15 % et 27 %.
Contribution des flux d’émigration En Europe centrale, de l’Est et du Sud-Est, 5,5 % de la
30 Croissance démographique observée
population environ a quitté la région ces vingt-cinq der-
nières années. Les pays d’Europe du Sud-Est ont enre-
20
gistré une émigration cumulée de plus de 8 points de
pourcentage entre 1990 et 2012. La population locale
10
dans la plupart des pays d’Europe centrale, de l’Est et du
Sud-Est a stagné ou diminué; la tendance est identique
0
dans les pays baltes et de la Communauté des États in-
dépendants (graphique 4.22).
–10

La migration de personnes jeunes et hautement quali-


–20 fiées peut se traduire par d’importantes pertes de capital
humain. Les individus hautement qualifiés sont plus sus-
–30
ceptibles de migrer que les autres. Ils ont tendance à pos-
BLR
BGR
ROU

UKR
RUS
BIH
SVK

ALB
POL

MKD
LVA

MDA
HUN
SVN
EST
LTU

HRV

TUR
CZE

Baltes EC-5 ESE-UE ESE-XUE CEI séder davantage de ressources pour s’installer et trouver
Sources : Organisation de coopération et de développement économiques, base
des conditions plus favorables dans les pays d’accueil43.
de données sur les migrations internationales; Banque mondiale, Indicateurs Par conséquent, les migrations ont un impact considé-
du développement dans le monde; calculs des services du FMI. rable sur la main-d’œuvre hautement qualifiée pour cer-
Note : Baltes = EST, LTU, LVA; EC-5 = CZE, HUN, POL, SVK, SVN; ESE-UE = pays
d’Europe du Sud-Est membres de l’UE; ESE-XUE = pays d’Europe du Sud-Est non
tains pays et certaines régions (graphique 4.23, plage 1).
membres de l’UE; CEI = Communauté des États indépendants. Les abréviations des Par exemple, les pays des Caraïbes ont perdu plus de
pays correspondent aux codes de l’Organisation internationale de normalisation (ISO). 50 % de leurs travailleurs hautement qualifiés entre 1965
et 2000 (voir Mishra, 2006). Atoyan et al. (2016)
ménages et éventuellement stimuler l’investissement, pour- constatent que, pour les pays d’Europe centrale, de l’Est
raient néanmoins limiter ces inconvénients. En outre, les et du Sud-Est, plusieurs décennies de migrations ont ag-
migrants peuvent faciliter le transfert de connaissances gravé la pénurie de main-d’œuvre qualifiée. Ils montrent
entre les pays d’accueil et d’origine, ce qui à terme pourrait que la part des migrants diplômés de l’enseignement su-
favoriser le commerce, l’investissement et la croissance. périeur dans des pays comme la Hongrie, la Lettonie, la
Pologne et la République tchèque était nettement plus
Les effets de l’exode des cerveaux élevée que la proportion équivalente dans l’ensemble de
Si elles constituent une réaction naturelle à l’évolution dé- la population (graphique 4.23, plage 2).
mographique dans certains pays, les migrations peuvent pro- L’exode des cerveaux peut avoir des effets prononcés sur
voquer une érosion de la croissance de la population dans les marchés du travail et les perspectives de croissance dans
d’autres. Des exemples peuvent illustrer ces différences : les pays d’origine. Les migrations freinent la croissance de
•• L’émigration rapide depuis l’Afrique subsaharienne va la population d’âge actif et peuvent exercer des pressions à
de pair avec une transition démographique en cours la hausse sur les salaires, comme l’a observé Mishra (2014)
qui entraîne une forte augmentation de la population dans plusieurs études de cas nationales44. Dans le même
d’âge actif. Ces migrations, qui devraient se poursuivre temps, elles peuvent avoir un impact négatif sur la produc-
au cours des prochaines années, représentent un dépla- 43Par exemple, Atoyan et al. (2016) montrent qu’en 2010 environ
cement de la main-d’œuvre disponible de pays à la po- trois quarts des migrants dans les pays d’Europe centrale, de l’Est et du
pulation jeune vers des pays dont la population vieillit Sud-Est étaient en âge de travailler et plus jeunes et plus instruits que la
population dans son ensemble.
et devraient contribuer à lisser des tendances démogra- 44En fonction du niveau de qualification des migrants, les migrations
phiques qui ne sont pas simultanées dans les différents peuvent aussi modifier les salaires relatifs. Si les migrants sont plus ins-
pays (voir encadré 4.3). truits, une baisse de l’offre de main-d’œuvre hautement qualifiée peut
•• En revanche, les migrations ont pesé sur l’évolution creuser l’écart de salaire entre les travailleurs hautement et peu qualifiés.
Mishra (2007) identifie des éléments prouvant cet état de fait dans le
démographique dans d’autres régions. Par exemple, cas du Mexique, où l’impact de l’émigration est le plus marqué sur les
les pays des Caraïbes ont perdu entre 7 % et 27 % salaires des travailleurs ayant suivi une scolarité de 12–15 ans.

194 Fonds monétaire international | Octobre 2016


CHAPITRE 4 LES RETOMBÉES DE LA TRANSITION DE LA CHINE ET DES MIGRATIONS

tivité. La substituabilité limitée entre migrants et autoch- Graphique 4.23. Migrations de la population diplômée
tones qualifiés réduit la productivité du travail, phénomène de l’enseignement supérieur
qui est amplifié par le fait que les personnes plus instruites 1. Taux d’émigration des diplômés de l’enseignement supérieur
120 (En pourcentage de la population totale diplômée
transmettent en général un savoir-faire aux autres. Atoyan de l’enseignement supérieur, 2000)
100
et al. (2016) procèdent à l’analyse d’une situation fictive Caraïbes ECSE
qui laisse entendre que la croissance réelle cumulée de la 80 Moyenne de la région
productivité du travail dans les pays d’Europe centrale, de
60
l’Est et du Sud-Est entre 1995 et 2012 aurait pu être su-
périeure de quelque 5 points de pourcentage en l’absence 40
de migrations. Par conséquent, ces pays ont affiché une 20
croissance du PIB plus faible en raison de la perte de main-
0
d’œuvre engendrée par les migrations, mais aussi du fait de GUY HTI ATG BHS HRV POL SVN
la dégradation de la composition des qualifications. Cela
a sans doute amoindri les perspectives de convergence des 50 2. Niveau d’instruction des migrants
et de la population du pays d’origine, 2010

Pourcentage de migrants diplômés


revenus en Europe émergente.

de l’enseignement supérieur
40 BLR LVA
Enfin, les migrations peuvent aussi influer sur les HUN LTU UKR
POL RUS
comptes budgétaires. Atoyan et al. (2016) font valoir que 30
MDA
CZE EST
l’émigration n’a pas une forte incidence sur la dette pu- SVK BGR
ROU
blique, mais provoque une intensification des pressions 20 MNE
budgétaires dans les pays d’Europe centrale, de l’Est et du BIH HRV SVN
10 SRB
Sud-Est. En effet, les sorties de main-d’œuvre ont tendance MKD TUR
ALB
à réduire les recettes fiscales plus qu’elles ne font baisser les 0
dépenses. Comme les migrants sont généralement jeunes, 0 10 20 30 40 50 60
les dépenses de santé et de retraite ont tendance à être peu Pourcentage de la population diplômée de l’enseignement supérieur

modifiées, ce qui contraint les pouvoirs publics à aug- Sources : Organisation de coopération et de développement économiques,
base de données sur les immigrés dans les pays de l’OCDE 2010; Banque mondiale,
menter les taux d’imposition ou à trouver des sources de re- Indicateurs du développement dans le monde; calculs des services du FMI.
cettes supplémentaires45. Certaines études de cas montrent Note : ECSE = Europe centrale et du Sud-Est. Les abréviations des pays
correspondent aux codes de l’Organisation internationale de normalisation (ISO).
que l’émigration a un impact négatif sur les comptes budgé-
taires, en grande partie lié à une diminution des recettes46.
pourcentage du PIB en tant que région — environ 7½ %
Envois de fonds et diasporas du PIB de la région en 2015. Cela peut contribuer forte-
Les envois de fonds constituent une source de revenu ment au revenu des ménages pauvres. Une étude interna-
pour un certain nombre de petits pays d’origine des migra- tionale portant sur 71 pays émergents et en développement
tions, notamment pour les ménages pauvres. Les envois de d’Adams et Page (2005) met en évidence qu’une hausse
fonds vers les pays en développement ont atteint 450 mil- de 10 % des envois de fonds par habitant entraîne une di-
liards de dollars en 2015, soit plus de la moitié des entrées minution de 3,5 % de la proportion d’individus vivant
d’investissement direct étranger (graphique 4.24, plage 1). dans la pauvreté. Il apparaît aussi que les envois de fonds
Pour certains petits pays, les envois de fonds peuvent re- ont pour effet d’augmenter les dépenses d’éducation et de
présenter plus de 25 % du PIB (le Tadjikistan, le Népal santé par rapport à la consommation (Ratha, 2014)47.
et la République de Moldova, par exemple). Les pays des Les envois de fonds peuvent aussi avoir des effets
Caraïbes illustrent bien l’importance des envois de fonds : macroéconomiques. En tant que source de financement,
après avoir perdu une grande partie de leur main-d’œuvre les envois de fonds peuvent contribuer à l’investissement,
au cours des dernières décennies, ils sont aujourd’hui les au développement financier et à la croissance en augmen-
principaux bénéficiaires au monde d’envois de fonds en tant l’épargne intérieure et en assouplissant les restrictions
de crédit. Pour l’Europe de l’Est, Atoyan et al. (2016)
45Voir Gibson et McKenzie (2012) sur la question des recettes et

Clements et al. (2015) sur les dépenses de retraite et de santé. 47Compte tenu de la réduction des risques — la fin des relations avec
46Voir Campos-Vazquez et Sobarzo (2012) pour le cas du Mexique; les correspondants bancaires et la clôture des comptes bancaires des
Desai, Kapur et Rogers (2009) pour l’Inde; Gibson et McKenzie (2012) prestataires de services d’envois de fonds —, les effets positifs des envois
pour le Ghana, la Micronésie, la Nouvelle-Zélande, la Papouasie- de fonds sont peut-être moins marqués dans le contexte actuel. Voir
Nouvelle-Guinée et les Tonga. Alwazir et al. (à paraître) pour les petits États du Pacifique.

Fonds monétaire international | Octobre 2016 195


PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : DEMANDE MODÉRÉE — SYMPTÔMES ET REMÈDES

Graphique 4.24. Envois de fonds et diasporas laissent entendre que, en participant à l’élaboration des
1.000 1. Flux financiers vers les pays émergents et en développement programmes d’études, les réseaux des diasporas peuvent
(En milliards de dollars) améliorer la qualité de l’enseignement dans leurs pays
800 d’origine. Ils peuvent aussi proposer des programmes ri-
600 Envois de fonds IDE
goureux de perfectionnement professionnel et de for-
Portefeuille sous APD
mation des cadres. En associant leurs compétences, leurs
400
forme de participations relations et leur savoir-faire à leur connaissance des pers-
200 pectives mondiales et des coutumes locales, les réseaux
0 des diasporas d’émigrés peuvent contribuer à un renfor-
cement de l’environnement économique dans le pays
–200
1990 93 96 99 2002 05 08 11 14
d’origine, à une hausse de l’efficience et à un dévelop-
pement sur de nouveaux marchés49. Dans le même es-
1,6 2. Effet positif sur la croissance à long terme lorsque
prit, ils peuvent aussi conseiller les autorités et permettre
le potentiel de la diaspora se concrétise1
1,4 d’améliorer la qualité des établissements publics50.
(En points de pourcentage)
1,2
1,0
0,8 Moyenne des pays émergents L’importance de l’intégration pour les pouvoirs publics
et en développement
0,6 Les migrations ont de fortes répercussions sur les pays
0,4 d’accueil comme sur les pays d’origine, et les pouvoirs pu-
0,2 blics jouent un rôle important pour déterminer leur im-
0,0 pact économique. Dans les pays d’accueil, la mesure dans
Asie en Moyen-Orient Amérique Afrique Europe
développement et Asie centrale latine subsaharienne émergente laquelle les migrations augmentent l’offre de main-d’œuvre
et émergente et Caraïbes et la productivité et contribuent aux finances publiques à
Sources : Mitra et al. (2015, 2016); Banque mondiale, Indicateurs du développement long terme dépend de la rapidité avec laquelle les migrants
dans le monde; calculs des services du FMI. s’intègrent aux marchés du travail. Pour les pays d’ori-
1
Croissance potentielle si la diaspora se hisse au point de référence des plus gine, la réaction adéquate des pouvoirs publics dépend
performants. Pour les détails de la simulation, voir Mitra et al. (2016).
des causes sous-jacentes des migrations, à savoir si elles dé-
coulent de la situation intérieure ou à l’étranger.
identifient un impact positif sur l’investissement privé, ce Une intégration rapide des migrants est capitale pour
qui donne à penser que les envois de fonds réduisent les les pays d’accueil. Des politiques d’intégration bien pen-
contraintes en termes de garantie et le coût des prêts pour sées s’avèrent indispensables pour exploiter les avantages
les chefs d’entreprise. Goschin (2013) décèle aussi un im- des migrations et devraient en particulier,
pact positif sur la croissance en Europe centrale et de l’Est •• Améliorer les politiques du marché du travail. Des procé-
en 1995–2011. En revanche, les envois de fonds peuvent dures simples, peu coûteuses et transparentes pour re-
aussi avoir des effets négatifs sur les marchés du travail cruter des travailleurs étrangers et la reconnaissance de
et les taux de change. Atoyan et al. (2016) affirment que leurs qualifications et de leur expérience professionnelle
les envois de fonds réduisent les incitations au travail en pourraient permettre de faciliter l’intégration au marché
raison d’un allégement de la contrainte budgétaire et du travail. Un placement en amont et d’autres incita-
d’une augmentation du salaire minimum accepté48. Les tions pourraient réduire les coûts d’accès. Les éventuelles
flux d’envois de fonds peuvent aussi entraîner une ap- incitations fiscales, comme les subventions salariales et les
préciation du taux de change réel et une contraction du aides à l’embauche, devraient être temporaires et ciblées.
secteur exportateur, comme le montrent Magud et Sosa •• Offrir un accès à l’éducation et aux services financiers.
(2013) et Atoyan et al. (2016) pour l’Europe de l’Est. L’accès à l’éducation et à une formation linguistique et
Enfin, les réseaux des diasporas d’émigrés peuvent professionnelle pourrait permettre de trouver un juste
transmettre des connaissances et un savoir-faire en re-
tour dans le pays d’origine, ce qui peut accroître la pro- 49Les migrants pourraient aussi favoriser les échanges commerciaux;
ductivité (graphique 4.24, plage 2). Mitra et al. (2016) voir Cohen, Gurun et Malloy (à paraître) et Parsons et Vezina (2014);
et les investissements directs étrangers (voir Burchardi, Chaney et
Hassan, 2016).
48Une augmentation de 1 point de pourcentage du PIB des envois 50Par exemple, des cadres nés en Inde et travaillant dans des entreprises

de fonds va de pair avec une hausse de 2–3 % du taux d’inactivité dans technologiques implantées aux États-Unis ont joué un rôle essentiel en
l’ensemble de l’économie dans les pays des Balkans et d’Europe centrale. donnant confiance à ces dernières pour externaliser le travail en Inde.

196 Fonds monétaire international | Octobre 2016


CHAPITRE 4 LES RETOMBÉES DE LA TRANSITION DE LA CHINE ET DES MIGRATIONS

équilibre des compétences parmi les migrants et de ré- des diasporas. La réduction du coût des envois de fonds
duire au minimum le risque de tensions sociales. La et le renforcement des incitations pour leur intermédia-
garantie d’un accès aux services financiers, par exemple tion financière pourraient aussi changer la donne.
à des comptes bancaires et à des transactions finan- •• Atténuer les effets des migrations. Les politiques qui ren-
cières, pourrait élargir les possibilités. forcent l’offre de main-d’œuvre, y compris en aug-
•• Aider les migrants chefs d’entreprise. Encourager l’esprit mentant l’activité féminine, pourraient neutraliser les
d’entreprise chez les migrants pourrait contribuer à sti- effets des migrations en termes de contraction de la
muler la compétitivité et l’innovation. main-d’œuvre. L’amélioration de l’efficience des dé-
penses sociales et de santé pourrait alléger les pres-
Les réfugiés requièrent une attention particulière. Un sions budgétaires potentielles et, s’il est nécessaire d’ac-
défi majeur consiste à réduire les délais d’attente des de- croître les recettes fiscales, le recours plus important à
mandeurs d’asile avant d’obtenir l’autorisation de travailler. des taxes sur la consommation plutôt qu’à des impôts
Un soutien ciblé peut réduire les lacunes linguistiques et frappant l’emploi protégerait la croissance.
les déficits de qualifications. En outre, des mesures comme
des subventions salariales temporaires peuvent inciter les Une riposte efficace des pouvoirs publics dans les pays
employeurs à embaucher. Une amélioration de la mobilité d’origine sortant d’un conflit devrait protéger les insti-
géographique, y compris à travers une offre de logements tutions économiques, donner la priorité aux dotations
accessibles, aidera les réfugiés à s’établir là où la demande budgétaires qui répondent aux besoins essentiels de la po-
de main-d’œuvre est forte51. Lorsque des pays accueillent pulation et utiliser les politiques monétaire et de change
des réfugiés en provenance de zones de conflit à proximité, pour renforcer la confiance. Une fois que les conflits
l’aide internationale demeure indispensable, y compris s’apaisent, une reconstruction réussie passe par des insti-
de la part des donateurs, pour veiller à ce que les réfugiés tutions qui fonctionnent bien et des cadres macroécono-
soient correctement pris en charge, notamment via une as- miques solides mais souples pour absorber les entrées de
sistance supplémentaire de l’administration centrale. capitaux et préserver la viabilité de la dette. Pour empê-
Les pays d’origine devraient s’efforcer de faire pencher cher des violences à l’avenir, les pays sortant d’un conflit
la balance entre les effets positifs et négatifs de l’émigration devraient accélérer les réformes axées sur une croissance
en leur faveur. Si des distorsions des politiques nationales partagée et visant à réduire les inégalités.
sont à l’origine de l’émigration, les corriger est une solution Un cadre multilatéral renforcé se justifie pour mieux
naturelle pour éviter un exode des cerveaux. Si l’émigration gérer les migrations internationales. Les initiatives mon-
s’explique par des facteurs d’attraction, la riposte doit privi- diales devraient s’employer à encourager la coopération
légier l’ajustement et des mesures consistant à : entre pays d’origine et d’accueil, y compris en facilitant
•• Éviter les départs et faire revenir les migrants. Des insti- les flux d’envois de fonds, en protégeant les droits des tra-
tutions solides et des réformes propices à la croissance vailleurs et en créant un cadre de travail sûr pour les mi-
favoriseront la convergence des revenus et réduiront grants. La coopération est en outre cruciale pour remé-
l’attrait de l’émigration. Ainsi, les améliorations appor- dier aux difficultés liées aux migrations humanitaires, y
tées à l’environnement économique, à la gouvernance compris à travers un renforcement de la diplomatie en
et à la qualité des institutions inciteront davantage les faveur du développement à l’échelle mondiale — dont
personnes à rester sur le territoire ou les émigrés à ren- l’objectif est d’empêcher et de juguler les crises humani-
trer au pays. La reconnaissance des compétences ac- taires et d’y faire face — et des instruments de finance-
quises à l’étranger, des avantages fiscaux ciblés et la ment plus souples et innovants pour garantir une aide
portabilité des prestations sociales pourraient aussi efficace et des ressources aux réfugiés qui souhaitent ren-
convaincre les migrants de revenir. trer dans leur pays. Compte tenu de l’afflux de réfugiés
•• Mettre à profit les réseaux des diasporas et les envois de fonds. ces dernières années et de leur impact sur les pays voisins
Cela pourrait englober, par exemple, l’émission d’obliga- qui supportent une grande partie des dépenses générées
tions des diasporas (comme en Inde, en Israël, au Nigéria pour les accueillir, les pays donateurs à revenu élevé (dont
et aux Philippines) et les relations avec les communautés les institutions internationales, le Groupe des Sept, le
Conseil de coopération du Golfe et l’Union européenne)
51Dans l’Union européenne, la flexibilité inscrite dans le Pacte de
doivent coordonner leur stratégie pour apporter une aide
stabilité et de croissance devrait être autorisée pour assouplir très légè-
rement les objectifs budgétaires afin de faire face aux dépenses à court financière plus importante en vue d’améliorer la situation
terme liées aux réfugiés. des réfugiés.

Fonds monétaire international | Octobre 2016 197


PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : DEMANDE MODÉRÉE — SYMPTÔMES ET REMÈDES

Encadré 4.1. Les liens de la Chine avec les pays à faible revenu et en développement
Les relations commerciales entre la Chine et les pays Graphique 4.1.1. Les liens de la Chine avec
à faible revenu et en développement se sont nettement les pays à faible revenu et en développement
intensifiées ces dernières années. Les exportations vers 1. Répartition sectorielle des exportations
la Chine en pourcentage du total des exportations de des PFRD vers la Chine
(En pourcentage)
ces pays, qui étaient inférieures à 5 % avant 2000, ont Combustibles Minéraux
plus que doublé. Si la part de la Chine dans les expor- Métaux Légumes
tations des pays à faible revenu et en développement Autres Mach. et élec.
100
semble modeste, à savoir 13 % en 2015, elle figurait
parmi les trois principaux marchés destinataires des ex- 80
portations pour environ la moitié de ces pays, qui ont 60
tendance à commercer avec un grand nombre de parte- 40
naires. Comme évoqué dans ce chapitre, les pays ayant 20
une forte exposition commerciale à la Chine ont subi 0
2000 05 10 14
des pressions à la baisse sur la demande de leurs expor-
tations ces dernières années, et la croissance du volume
45 2. IDE sortants depuis la Chine1
des exportations dans les pays à faible revenu et en déve- (En pourcentage du PIB
40
loppement s’est essoufflée en conséquence. du pays d’accueil, fin 2014)
35
La composition sectorielle des échanges commer-
30
ciaux avec la Chine est dominée par les combus-
25
tibles, les minéraux et les métaux, qui représentaient
20
quelque 60 % du total des exportations en 2014 (gra-
15
phique 4.1.1, plage 1). La part des produits de base,
10
bien que toujours élevée, est en léger recul par rapport
5
au début des années 2000, à un moment où les exporta-
0
tions de matières premières constituaient environ 70 % LAO LUX LBR NAM GIN MUS MOZ
du total. En termes de poids, ces exportations ont ré- MNG KGZ GUY COG COD MWI KAZ
cemment été en partie remplacées par des exportations
de biens d’équipement, qui représentent aujourd’hui Sources : CEIC; calculs des services du FMI.
Note : IDE = investissement direct étranger; PFRD = pays à
quelque 10 % du total des exportations.
faible revenu et en développement; Mach. et élec. = machines
La Chine est une grande source d’entrées d’inves- et appareils électriques. Les abréviations des pays
tissement direct étranger dans les pays à faible revenu correspondent aux codes de l’Organisation internationale
et en développement (graphique 4.1.1, plage 2). Si les de normalisation (ISO).
1
Exclut Hong Kong (RAS).
deux principaux bénéficiaires des investissements directs
chinois (la République démocratique populaire lao et la
Mongolie) sont proches de la Chine géographiquement, l’érosion de la demande de produits de base peut faire
la Chine est aussi une source importante d’investisse- obstacle puisque les investissements directs étrangers
ments directs étrangers pour plusieurs pays d’Afrique vont généralement de pair avec la production primaire.
subsaharienne. Alors que la Chine poursuit sa transition En outre, comme évoqué dans FMI (2016j), la ré-
et permet aux entreprises de rechercher de nouvelles cente initiative «One Belt One Road» (Une ceinture,
perspectives d’investissement à l’étranger, il y aura peut- une route) impliquera un nouveau renforcement des
être des retombées positives pour ces pays. Toutefois, flux d’investissements directs étrangers entre la Chine et
le Caucase et l’Asie centrale, l’Asie du Sud et l’Asie du
L’auteur de cet encadré est Nkunde Mwase. Sud-Est.

198 Fonds monétaire international | Octobre 2016


CHAPITRE 4 LES RETOMBÉES DE LA TRANSITION DE LA CHINE ET DES MIGRATIONS

Encadré 4.2. Les conflits à l’origine des migrations : le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord
Le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord sont Les conséquences humanitaires et les coûts écono-
confrontés à une nouvelle vague de conflits qui ont des miques des conflits sont immenses. Selon des estima-
coûts économiques et des effets importants dans la ré- tions, 10 millions de réfugiés provenant de pays en
gion. Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, conflit sont le plus souvent restés dans les pays de la ré-
les pays de cette région ont subi plus de conflits que gion. Ainsi, depuis 2010, les réfugiés d’Iraq et de Syrie
ceux de n’importe quelle autre région du monde. Les sont venus gonfler la population du Liban et de la
conflits sont en outre plus longs et violents : entre 1946 Jordanie de respectivement un quart et un cinquième.
et 2014, 12 des 53 épisodes de conflit dans la région Plus de 1,7 million de réfugiés sont arrivés en Europe
ont duré plus de huit ans et beaucoup d’anciens pays en depuis juillet 2014, et la Turquie en accueille environ
conflit sont retombés dans la violence dans un délai de 3 millions. Les pays qui accueillent des réfugiés doivent
dix ans. Les coûts économiques des conflits sont consi- prendre des décisions difficiles au sujet de l’accès aux
dérables pour certains pays et les retombées profondes. marchés du travail et aux programmes sociaux. Cela
Le PIB de la Syrie a été divisé par deux, et la croissance souligne l’importance d’une aide humanitaire visant à
en Jordanie et au Liban a subi un net ralentissement ces répondre aux besoins immédiats des réfugiés et des per-
dernières années. sonnes déplacées dans leurs propres pays, mais aussi
d’une aide au développement renforcée pour l’ensemble
D’après Rother et al. (2016). de la région.

Fonds monétaire international | Octobre 2016 199


PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : DEMANDE MODÉRÉE — SYMPTÔMES ET REMÈDES

Encadré 4.3. Les migrations en Afrique subsaharienne


Au cours des prochaines décennies, les migrations en Graphique 4.3.1. Les migrations
Afrique subsaharienne seront déterminées par une pro- en Afrique subsaharienne
fonde transition démographique qui a déjà commencé. 1. Afrique subsaharienne : migrants, 1960–2013
24 (Millions de personnes)
La croissance de la population en âge de travailler est
plus rapide que celle de l’ensemble de la population, ce 20
qui signifie que les migrations à l’extérieur de la région
16 En Afrique subsaharienne
devraient continuer à se multiplier. Vers le reste du monde
12
Principales tendances
Sur fond de croissance démographique soutenue, les 8
migrations en Afrique subsaharienne se sont rapidement 4
accrues ces vingt dernières années. Bien que le taux de
migration — le rapport entre les migrations et la popula- 0
1960 70 80 90 2000 10 13
tion totale — soit resté stable à environ 2 %, la popula-
tion a doublé ces vingt-cinq dernières années. Jusque dans 2. Évolution de la population en âge de travailler
350 (Variations cumulées pour des périodes
les années 90, les migrations à l’intérieur de la région do- 300 de cinq ans, en millions)
minaient et représentaient 75 % du total au début de
250
cette décennie. Cependant, ces quinze dernières années,
200
les migrations à l’extérieur de la région, essentiellement
vers des pays de l’Organisation de coopération et de déve- 150 Reste du monde
100 Afrique subsaharienne
loppement économiques (OCDE), ont augmenté sensi- OCDE
blement et représentaient un tiers de la population totale 50
de migrants en 2013 (graphique 4.3.1, plage 1). 0
Les migrations en provenance d’Afrique subsaharienne –50
devraient continuer à progresser très rapidement. La ré- 1955 70 80 90 2000 10 20 30 40 50
gion connaît une transition démographique en raison
d’une forte croissance de la population couplée à une di- 3 3. Migrants d’Afrique subsaharienne
vers les pays de l’OCDE
minution de la mortalité infantile et maternelle. Cette (Nombre en pourcentage de la population)
dernière signifie que la population d’âge actif, qui en
2 Part de la population
général provoque les mouvements migratoires, devrait d’Afrique subsaharienne
s’accroître encore plus rapidement (graphique 4.3.1, Part de la population de l’OCDE
plage 2). Des projections des services du FMI utilisant
un modèle de gravitation des migrations de l’Afrique 1
subsaharienne vers les pays de l’OCDE indiquent que
la croissance de la population continuera à influer sur
les migrations. Elles donnent à penser que les migrants 0
2000 10 20 30 40 50
de la région dans les pays de l’OCDE pourraient passer
d’environ 7 millions en 2013 à quelque 34 millions d’ici Sources : Nations Unies, Perspectives démographiques
mondiales; Banque mondiale, base de données sur les
à 2050. Compte tenu de la croissance démographique migrations et les envois de fonds; calculs des services du FMI.
relativement lente attendue pour les pays de l’OCDE, le Note : OCDE = Organisation de coopération et de
rapport entre les migrations d’Afrique subsaharienne et développement économiques.
la population des pays de l’OCDE pourrait être multi-
plié par six et passer de 0,4 % en 2010 à 2,4 % en 2050
(graphique 4.3.1, plage 3)1. Les migrations découlent de plus en plus de facteurs
économiques. Le flux de réfugiés — environ la moitié
D’après Gonzalez-Garcia et al. (2016). des migrations d’Afrique subsaharienne à l’intérieur et à
1Les facteurs des migrations vers les pays de l’OCDE sont le re-
l’extérieur de la région en 1990 — était retombé à seu-
venu par habitant relatif et la population en âge de travailler, la dias- lement un dixième du total en 2013. En 2013, la plu-
pora existante dans les pays de l’OCDE, la distance entre les pays,
les dépenses de santé publique dans les pays de l’OCDE et les in-
part des migrants à l’extérieur de la région, soit environ
dicateurs de langue commune, d’anciennes relations coloniales, de 85 %, se trouvait dans des pays de l’OCDE. La France,
guerres en Afrique subsaharienne et de pays enclavés. le Royaume-Uni et les États-Unis accueillent environ

200 Fonds monétaire international | Octobre 2016


CHAPITRE 4 LES RETOMBÉES DE LA TRANSITION DE LA CHINE ET DES MIGRATIONS

Encadré 4.3 (suite)


la moitié de la diaspora totale à l’extérieur de la région. jeunes et instruits pénalisent grandement une région dont
Même si quelques pays d’Afrique subsaharienne — par le capital humain est déjà rare. La concentration de mi-
exemple l’Afrique du Sud, l’Éthiopie et le Nigéria avec grants parmi ceux qui sont instruits est plus forte que
près de 0,7 million d’individus chacun — comptent un dans les autres pays en développement (graphique 4.3.2).
nombre élevé de migrants, ils ne représentent qu’une faible Les migrations de travailleurs hautement qualifiés in-
part de leur population. Avec un nombre de migrants duisent un coût social élevé, comme en témoigne le
assez faible, ceux-ci ont un poids proportionnellement départ de médecins et d’infirmières du Malawi et du
plus important pour certains petits pays, tels que Cabo Zimbabwe, qui peut être synonyme de pertes de bien-être
Verde (environ un tiers de sa population) et Maurice, São en plus de celles qui sont purement économiques. Des
Tomé-et-Príncipe et les Seychelles (environ 10 %). études récentes laissent néanmoins entrevoir des effets po-
sitifs : les migrants de retour dans leur pays d’origine ap-
Impact économique portent de nouvelles qualifications, et les perspectives de
L’exode des cerveaux est particulièrement prononcé migration motivent l’accumulation de capital humain,
en Afrique subsaharienne. Les migrations de travailleurs qui peut être appuyée par les envois de fonds considé-
rables des migrants actuels et par les connaissances et l’ex-
périence apportées par les migrants de retour2.
Graphique 4.3.2. Âge et niveau d’instruction Les entrées sous forme d’envois de fonds représentent
des migrants et de la population une source importante de devises et de revenu dans
du pays d’origine
(En pourcentage)
2Pour des ouvrages concernant l’apport de matière grise en

1. Âge des migrants et de la population Afrique subsaharienne, voir Nyarko (2011), Easterly et Nyarko
100 du pays d’origine 2008) et Batista, Lacuesta et Vicente (2007).
Pourcentage de migrants âgés

90
Graphique 4.3.3. Principaux bénéficiaires
de 15 à 64 ans

80
des envois de fonds en Afrique
70 subsaharienne, 2013–15
60 (En pourcentage du PIB)
Afrique subsaharienne
50 Reste des pays émergents 30
et en développement En provenance du reste du monde
40 En provenance des pays
40 50 60 70 80 90 100 25 d’Afrique subsaharienne
Pourcentage de la population âgée de 15 à 64 ans

2. Migrants et population du pays d’origine


20
70 diplômés de l’enseignement supérieur
Pourcentage de migrants diplômés
de l’enseignement supérieur

60
15
50
40
10
30
20 Afrique subsaharienne
Reste des pays émergents 5
10 et en développement
0
0 10 20 30 40 50 60 70 0
Pourcentage de la population diplômée LBR LSO SEN STP MLI MDG
de l’enseignement supérieur GMB COM CPV TGO GNB NGA

Sources : Organisation de coopération et de développement Source : Banque mondiale, base de données sur les migrations
économiques, base de données sur les migrations et les envois de fonds.
internationales; Banque mondiale, Indicateurs du Note : Les abréviations des pays correspondent aux codes
développement dans le monde; calculs des services du FMI. de l’Organisation internationale de normalisation (ISO).

Fonds monétaire international | Octobre 2016 201


PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : DEMANDE MODÉRÉE — SYMPTÔMES ET REMÈDES

Encadré 4.3 (fin)


plusieurs pays de la région. Après la crise financière mon- Sénégal et au Togo (graphique 4.3.3). Les envois de fonds
diale, lorsque les investissements directs étrangers ont constituent une source de revenu relativement stable qui
commencé à fléchir nettement, les envois de fonds sont permet de lisser la consommation et de stimuler la crois-
devenus l’une des principales sources d’entrées extérieures. sance en Afrique subsaharienne. Ils contribuent aussi à
Ils se situent actuellement à un niveau comparable à celui réduire la pauvreté et à encourager l’accès aux services fi-
des investissements étrangers. Les envois de fonds repré- nanciers. De nombreuses familles bénéficiaires nouent
sentaient 25 % du PIB du Libéria en 2013–15; quelque une relation avec un établissement financier, générale-
20 % aux Comores, en Gambie et au Lesotho; et à peu ment une société de services de virements télégraphiques
près 10 % à Cabo Verde, à São Tomé-et-Príncipe, au ou une banque, pour recevoir leurs fonds facilement.

202 Fonds monétaire international | Octobre 2016


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206 Fonds monétaire international | Octobre 2016


APPENDICE STATISTIQUE

L
’appendice statistique présente des données rétros- Les politiques nationales menées à l’heure actuelle ne
pectives et des projections. Il comprend sept sec- changeront pas. Les hypothèses plus spécifiques sur les-
tions : hypothèses; modifications récentes; données quelles sont fondées les projections relatives à un échan-
et conventions; notes sur les pays; classification des tillon de pays sont décrites dans l’encadré A1.
pays; caractéristiques générales et composition des différents S’agissant des taux d’intérêt, le taux interbancaire offert à
groupes de pays dans la classification des Perspectives de l’éco- Londres à six mois en dollars s’établira en moyenne à 1,0 %
nomie mondiale (PEM); tableaux statistiques. en 2016 et à 1,3 % en 2017; le taux moyen des dépôts
La première section résume les hypothèses sur à trois mois en euros se chiffrera à –0,3 % en 2016 et à
lesquelles reposent les estimations et projections –0,4 % en 2017, tandis que le taux moyen des dépôts à six
pour 2016–17 et celles du scénario à moyen terme pour mois en yen sera de 0,0 % en 2016 et de –0,1 % en 2017.
la période 2018–21. La deuxième rappelle brièvement À titre de rappel, en ce qui concerne l’euro, le Conseil
les modifications apportées à la base de données et aux de l’Union européenne a décidé le 31 décembre 1998
tableaux de l’appendice statistique Depuis l’édition qu’à compter du 1er janvier 1999, les taux de conversion
d’avril 2016 des PEM. La troisième donne une descrip- des monnaies des États membres qui ont adopté l’euro
tion générale des données et des conventions utilisées sont irrévocablement fixés comme suit :
pour calculer les chiffres composites pour chaque groupe
de pays. La quatrième résume des informations impor- 1 euro = 15,6466 couronnes estoniennes1
tantes pour chaque pays. La cinquième résume la classifi- = 30,1260 couronnes slovaques2
cation des pays par sous-groupes types. La sixième donne = 1,95583 deutsche mark
des informations sur les méthodes d’établissement et les = 340,750 drachmes grecques3
normes de déclaration des indicateurs de comptabilité = 200,482 escudos portugais
nationale et de finances publiques des pays membres qui = 2,20371 florins néerlandais
sont inclus dans le rapport. = 40,3399 francs belges
La dernière et principale section regroupe les tableaux = 6,55957 francs français
statistiques, établis sur la base des informations dispo- = 40,3399 francs luxembourgeois
nibles au 16 septembre 2016. (L’appendice statistique A = 0,702804 lat letton4
est inclus dans la version papier; l’appendice statistique B = 0,42930 lire maltaise5
est disponible en ligne, en anglais.) Par souci de commo- = 1.936,27 lires italiennes
dité uniquement, les chiffres portant sur 2016 et au-delà = 3,45280 litas lituaniens6
sont présentés avec le même degré de précision que les = 0,585274 livre chypriote5
chiffres rétrospectifs, mais, en tant que projections, ils = 0,787564 livre irlandaise
n’ont pas nécessairement le même degré d’exactitude. = 5,94573 marks finlandais
= 166,386 pesetas espagnoles
Hypothèses = 13,7603 schillings autrichiens
= 239,640 tolars slovéniens7
Les taux de change effectifs réels des pays avancés de- 1Taux de conversion établi le 1er janvier 2011.
meureront constants à leur niveau moyen mesuré durant 2Taux de conversion établi le 1er janvier 2009.
la période 22 juillet–19 août 2016. Pour 2016 et 2017, ces 3Taux de conversion établi le 1er janvier 2001.
4Taux de conversion établi le 1er janvier 2014.
hypothèses se traduisent par les taux moyens de conver- 5Taux de conversion établi le 1er janvier 2008.
sion suivants : 1,398 et 1,403 pour le taux dollar/DTS (le 6Taux de conversion établi le 1er janvier 2015.

renminbi, qui est entré dans le panier du DTS le 1er oc- 7Taux de conversion établi le 1er janvier 2007.

tobre 2016, est exclu des calculs), 1,117 et 1,127 pour le


taux dollar/euro, et 106,8 et 99,9 pour le taux dollar/yen. Pour plus de détails sur les taux de conversion de
Le prix du baril de pétrole sera en moyenne de l’euro, se reporter à l’encadré 5.4 de l’édition d’oc-
42,96 dollars en 2016 et de 50,64 dollars en 2017. tobre 1998 des PEM.

Fonds monétaire international | Octobre 2016 207


PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : DEMANDE MODÉRÉE — SYMPTÔMES ET REMÈDES

Modifications récentes Les chiffres composites pour les groupes de pays qui fi-
gurent dans les PEM correspondent soit à la somme, soit à
Aucun changement n’a été apporté à la base de don-
la moyenne pondérée des chiffres des différents pays. Sauf
nées pour la présente édition des PEM.
indication contraire, les moyennes des taux de croissance
sur plusieurs années sont les taux de variation annuelle
Données et conventions composés2. Les moyennes sont des moyennes arithmé-
La base des données des PEM repose sur des données tiques pondérées dans le groupe des pays émergents et en
et projections portant sur 191 pays. Les données sont éta- développement, sauf en ce qui concerne l’inflation et l’ex-
blies conjointement par le Département des études et les pansion monétaire, pour lesquelles il s’agit de moyennes
départements géographiques du FMI, ces derniers prépa- géométriques. Les conventions suivantes s’appliquent :
rant régulièrement des projections par pays actualisées à •• Les chiffres composites relatifs aux taux de change, aux
partir d’un ensemble cohérent d’hypothèses mondiales. taux d’intérêt et à l’expansion des agrégats monétaires
Les services nationaux des statistiques sont la source es- sont pondérés par le PIB converti en dollars sur la base
sentielle des données rétrospectives et des définitions, mais des cours de change du marché (moyenne des trois
les institutions internationales participent également aux années précédentes) en pourcentage du PIB du groupe
travaux statistiques afin d’harmoniser les méthodes d’éta- de pays considéré.
blissement des statistiques nationales, notamment les cadres •• Les chiffres composites portant sur d’Autres données
d’analyse, concepts, définitions, classifications et méthodes de l’économie intérieure, qu’il s’agisse de taux de crois-
d’évaluation. La base de données des PEM incorpore des sance ou de ratios, sont pondérés par le PIB calculé
renseignements communiqués aussi bien par les organismes selon les parités de pouvoir d’achat en pourcentage du
nationaux que par les institutions internationales. PIB mondial ou de celui du groupe considéré3.
Pour la plupart des pays, les données macroécono- •• Sauf indication contraire, les chiffres composites pour
miques présentées dans les PEM sont dans l’ensemble tous les secteurs dans la zone euro sont corrigés de
conformes à la version de 1993 du Système de comptabilité manière à tenir compte des divergences dans la décla-
nationale (SCN). Les normes des statistiques sectorielles ration des transactions qui s’effectuent à l’intérieur de
du FMI — la sixième édition du Manuel de la balance la zone. Les données annuelles ne sont pas corrigées
des paiements et de la position extérieure globale (MBP6), des effets de calendrier. Pour les données antérieures
le Manuel de statistiques monétaires et financières (MSMF à 1999, les agrégations des données se rapportent aux
2000) et le Manuel de statistiques de finances publiques taux de change de l’écu de 1995.
2014 (MSFP 2014) — ont toutes été alignées sur la •• Les chiffres composites pour les données budgétaires
version 2008 du SCN, ou sont en train de l’être. Elles sont les sommes des données nationales après conver-
reflètent l’intérêt particulier porté par l’institution aux sion en dollars aux taux de change moyens du marché
positions extérieures des pays, à la stabilité de leur secteur pour les années indiquées.
financier et à la position budgétaire de leur secteur pu- •• Les taux composites de chômage et de croissance de
blic. L’adaptation des statistiques nationales aux nouvelles l’emploi sont pondérés par la population active des
normes commence véritablement avec la publication des pays, exprimée en pourcentage de la population active
manuels. Il faut toutefois noter que l’ensemble des statis- du groupe considéré.
tiques ne peut être pleinement conforme à ces définitions •• Pour ce qui est des statistiques du secteur extérieur, les
que si les statisticiens nationaux communiquent des don- chiffres composites représentent la somme des données
nées révisées. En conséquence, les estimations des PEM pour chaque pays, après conversion en dollars aux
ne sont que partiellement adaptées aux définitions des cours de change moyens des années indiquées pour
manuels. Dans de nombreux pays, toutefois, les effets de 2Les moyennes du PIB réel et de ses composantes, de l’emploi, du

la conversion aux normes à jour sur les principaux soldes PIB par habitant, de l’inflation, de la productivité des facteurs, du com-
et agrégats seront faibles. Beaucoup d’Autres pays ont merce et des cours des produits de base sont calculées sur la base des
taux de variation annuelle composés, sauf pour le taux de chômage, qui
partiellement adopté les normes les plus récentes dont ils repose sur une moyenne arithmétique simple.
poursuivront la mise en application au fil des années1. 3Voir la «Révision des pondérations de parité de pouvoir d’achat»

dans la Mise à jour des PEM de juillet 2014 pour une récapitulation des
1Beaucoup d’Autres pays mettent en œuvre le SCN 2008 ou le coefficients de pondération en parité des pouvoirs d’achat (PPA) révisés,
Système européen des comptes nationaux et régionaux (SEC) 2010. ainsi que l’encadré A2 des PEM d’avril 2004 et l’annexe IV des PEM de
Un petit nombre de pays utilise des versions du SCN antérieures à mai 1993; voir aussi Anne-Marie Gulde et Marianne Schulze-Ghattas,
celle de 1993. On s’attend à une tendance similaire pour ce qui est «Purchasing Power Parity Based Weights for the World Economic
de l’adoption du MBP6 et du MSFP 2014. Veuillez se référer au ta- Outlook», dans Staff Studies for the World Economic Outlook (Fonds mo-
bleau G, qui indique les normes statistiques observées par chaque pays. nétaire international, décembre 1993), pages 106–23.

208 Fonds monétaire international | Octobre 2016


APPENDICE STATISTIQUE

la balance des paiements et aux cours en fin d’année demandé au pays de prendre des mesures précises pour
pour la dette libellée en monnaies Autres que le dollar. améliorer la qualité des données officielles sur l’IPC.
•• En ce qui concerne toutefois les volumes et les prix du Lors de sa réunion du 31 août 2016, le Conseil d’ad-
commerce extérieur, les chiffres composites représentent ministration du FMI a noté les améliorations sensibles
la moyenne arithmétique des pourcentages de variation de l’exactitude des données sur l’IPC. La Directrice
enregistrés par les différents pays, pondérée par la valeur générale fera rapport sur cette question au Conseil d’ad-
en dollars de leurs exportations ou importations res- ministration d’ici le 15 novembre 2016.
pectives exprimées en pourcentage des exportations ou •• Les autorités argentines ont mis fin à la publication des
des importations au niveau mondial ou pour le groupe données sur le marché du travail en décembre 2015 et
considéré (enregistrées l’année précédente). ont publié de nouvelles séries à compter du deuxième
•• Sauf indication contraire, les chiffres composites sont trimestre de 2016.
calculés pour les groupes de pays s’ils représentent au •• Les prix à la consommation de l’Argentine et du Venezuela
moins 90 % des pondérations du groupe. sont exclus de tous les agrégats des groupes des PEM.
•• Les données se rapportent aux années civiles, sauf pour •• Les séries à partir desquelles les hypothèses relatives aux
un petit nombre de pays qui utilisent les exercices bud- taux de change nominaux sont calculées ne sont pas pu-
gétaires. Le tableau F indique les pays dont la période bliées pour l’Égypte parce que le taux de change nominal
de déclaration est différente pour les données relatives est une question sensible pour les marchés en Égypte.
aux comptes nationaux et aux finances publiques. •• Les taux de croissance du PIB réel de l’Inde de 1998
Pour certains pays, les chiffres de 2015 et des années à 2011 sont tirés des comptes nationaux ayant comme
antérieures reposent sur des estimations, et non sur des année de référence 2004/05, et ceux des années ulté-
données réelles. Le tableau G donne pour chaque pays les rieures sont tirés des comptes nationaux ayant comme
dernières données réelles pour les indicateurs des comptes année de référence 2011/12.
nationaux, des prix, des finances publiques et de la ba- •• En raison du programme du FMI en cours avec le
lance des paiements. Pakistan, les séries à partir desquelles les hypothèses re-
latives aux taux de change nominaux sont calculées ne
Notes sur les pays sont pas publiées — le taux de change nominal est une
question sensible pour les marchés au Pakistan.
•• Le 1er février 2013, le FMI a adopté une déclaration •• Les données pour la Syrie sont exclues à compter
de censure à l’encontre de l’Argentine, et il a Depuis de 2011 en raison de la situation politique incertaine.
demandé au pays de prendre des mesures précises pour •• L’établissement des perspectives économiques du
améliorer la qualité des données officielles sur le PIB. Venezuela est compliqué par l’absence de consultation au
Le nouveau gouvernement qui est entré en fonction en titre de l’article IV Depuis 2004 et par les retards observés
décembre 2015 a publié une série révisée sur le PIB le dans la publication des principales données économiques.
29 juin 2016. Lors de la réunion du Conseil d’adminis- Les recettes des administrations publiques 1) incluent
tration du FMI qui s’est déroulée le 31 août 2016, la série les estimations par les services du FMI des bénéfices en
révisée a été jugée conforme aux normes internationales. monnaies étrangères transférés par la banque centrale à
•• Les données sur les prix à la consommation pour l’État (achat de dollars américains au taux le plus élevé
l’Argentine avant décembre 2013 correspondent à et vente à un taux inférieur dans un système de taux de
l’indice des prix à la consommation (IPC) pour le change multiples) et 2) excluent les estimations par les
Grand Buenos Aires, tandis que, de décembre 2013 services du FMI des recettes de la vente par PDVSA des
à octobre 2015, il s’agit de l’IPC national. Le nou- actifs de PetroCaribe à la banque centrale.
veau gouvernement qui est entré en fonction en dé-
cembre 2015 a mis fin à l’IPC national, affirmant qu’il
était incorrect, et a publié un nouvel IPC pour le Grand Classification des pays
Buenos Aires le 15 juin 2016. Comme ces séries n’ont Résumé
pas la même couverture géographique et n’emploient
Les pays sont répartis en deux groupes principaux : pays
ni les mêmes pondérations, ni les mêmes méthodes
avancés, pays émergents et pays en développement4. Loin
d’échantillonnage, ni la même méthodologie, l’inflation
moyenne pour 2014, 2015 et 2016 et l’inflation en fin
4Dans la présente étude, les termes «pays» et «économie» ne se rap-
de période pour 2015 n’apparaissent pas dans l’édition
portent pas nécessairement à une entité territoriale constituant un État
d’octobre 2016 des Perspectives de l’économie mondiale.
au sens où l’entendent le droit et les usages internationaux. Il s’applique
Le 1er février 2013, le FMI a adopté une déclaration aussi à certaines entités territoriales qui ne sont pas des États, mais qui
de censure à l’encontre de l’Argentine, et il a Depuis établissent indépendamment des statistiques distinctes.

Fonds monétaire international | Octobre 2016 209


PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : DEMANDE MODÉRÉE — SYMPTÔMES ET REMÈDES

d’être fixée en fonction de critères immuables, économiques Les pays émergents et les pays en développement sont
ou Autres, cette classification évolue au fil des années. Elle a aussi subdivisés en fonction de critères analytiques, qui
pour but de faciliter l’analyse en permettant d’organiser les tiennent à la source de leurs recettes d’exportation et à
données de manière aussi significative que possible. Le ta- la distinction entre pays créanciers nets et pays débiteurs
bleau A donne un aperçu de la classification des pays, avec le nets. Les tableaux D et E donnent le détail de la compo-
nombre de pays appartenant à chaque groupe présenté par sition des pays émergents et en développement, classés
région ainsi que des indicateurs de la taille de leur économie par région et en fonction de critères analytiques.
(PIB calculé sur la base des parités de pouvoir d’achat, total La classification des pays selon le critère analytique,
des exportations de biens et de services et population). par source de recettes d’exportation, distingue deux ca-
Un certain nombre de pays ne figurent pas actuelle- tégories : les combustibles (Classification type pour le
ment dans cette classification et ne sont pas inclus dans commerce international — CTCI, section 3) et les Autres
l’analyse. Anguilla, Cuba, Montserrat et la République produits, dont les produits de base Autres que les combus-
populaire démocratique de Corée ne sont pas membres tibles (CTCI, sections 0, 1, 2, 4 et 68). Les pays sont
du FMI, qui, en conséquence, n’assure aucun suivi de classés dans l’un ou l’Autre de ces groupes lorsque leur
leur économie. La Somalie est omise des agrégats du principale source de recettes d’exportation dépasse 50 %
groupe des pays émergents et en développement parce de leurs exportations, en moyenne, entre 2011 et 2015.
que ses données sont limitées. La classification en fonction de critères financiers
distingue les pays créanciers nets, les pays débiteurs nets, les
pays pauvres très endettés (PPTE) et les pays en développe-
Caractéristiques générales et composition des ment à faible revenu (PDFR). Les pays sont classés parmi
différents groupes de pays dans la classification les débiteurs nets lorsque leur dernière position extérieure
des Perspectives de l’économie mondiale globale nette, si elle est disponible, est négative ou que
Pays avancés le solde courant qu’ils ont accumulé entre 1972 (ou une
Le tableau B donne la composition du groupe des pays année antérieure si des données sont disponibles) et 2015
avancés (39 pays). Les sept pays de ce groupe dont les PIB est négatif. Les pays débiteurs nets sont aussi différenciés
calculés sur la base des taux de change du marché sont selon la situation du service de la dette5.
les plus élevés — États-Unis, Japon, Allemagne, France, Le groupe des PPTE comprend tous les pays qui, selon
Italie, Royaume-Uni et Canada — forment le sous-groupe le FMI et la Banque mondiale, peuvent participer à l’ini-
dit des principaux pays avancés, souvent appelé le Groupe tiative PPTE en vue de ramener leur dette extérieure à un
des Sept, ou G-7. Les pays membres de la zone euro niveau viable dans un délai relativement bref6. Nombre
constituent un Autre sous-groupe. Les chiffres composites de ces pays ont déjà bénéficié d’un allégement de la dette
figurant dans les tableaux sous la rubrique «zone euro» se et ont pu sortir de l’initiative.
rapportent aux pays qui en font actuellement partie, et cela Les pays en développement à faible revenu sont les
vaut pour toutes les années, bien que le nombre des pays pays qui ont été déclarés admis à utiliser les financements
membres ait augmenté au fil du temps. concessionnels du FMI au titre du fonds fiduciaire pour la
Le tableau C donne la liste des pays membres de réduction de la pauvreté et pour la croissance (RPC) lors
l’Union européenne, qui ne sont pas tous classés parmi de l’examen de l’admissibilité de 2013 et dont le revenu
les pays avancés dans les PEM. national brut par habitant est inférieur au seuil de reclas-
sement du fonds fiduciaire RPC pour les pays Autres que
petits (c’est-à-dire le double du seuil opérationnel de l’As-
Pays émergents et pays en développement sociation internationale de développement de la Banque
Le groupe des pays émergents et des pays en dévelop- mondiale, soit 2.390 dollars en 2011 selon la méthode
pement (152 pays) rassemble tous les pays qui ne sont Atlas de la Banque mondiale) et le Zimbabwe.
pas des pays avancés.
5Pendant la période 2011–15, 20 pays ont accumulé des arriérés de
Les pays émergents et les pays en développement sont re-
paiements extérieurs ou ont conclu des accords de rééchelonnement de
groupés par région : Afrique subsaharienne (AfSS), Amérique leur dette avec des créanciers officiels ou des banques commerciales. Ce
latine et Caraïbes (ALC), pays émergents et en développement groupe de pays est désigné sous le nom de pays ayant accumulé des ar-
d’Asie, Communauté des États indépendants (CEI), pays riérés ou bénéficié d’un rééchelonnement entre 2011 et 2015.
6Voir David Andrews, Anthony R. Boote, Syed S. Rizavi et
émergents et en développement d’Europe (on parle parfois
Sukwinder Singh, Allégement de la dette des pays à faible revenu : l’ini-
d’Europe centrale et orientale), et Moyen-Orient, Afrique du tiative renforcée en faveur des pays pauvres très endettés, brochure du FMI
Nord, Afghanistan et Pakistan (MOANAP). no 51 (Washington, Fonds monétaire international, novembre 1999).

210 Fonds monétaire international | Octobre 2016


APPENDICE STATISTIQUE

Tableau A. Classification par sous-groupes types et parts des divers sous-groupes dans le PIB global,
le total des exportations de biens et de services et la population mondiale en 20151
(En pourcentage du total pour le groupe considéré ou du total mondial)
Exportations de biens
PIB et de services Population
Nombre
de pays Pays avancés Monde Pays avancés Monde Pays avancés Monde
Pays avancés 39 100,0 42,4 100,0 63,4 100,0 14,6
États-Unis 37,2 15,8 17,0 10,8 30,5 4,5
Zone euro 19 28,2 12,0 40,3 25,6 32,0 4,7
Allemagne 8,0 3,4 11,8 7,5 7,8 1,1
France 5,5 2,3 5,7 3,6 6,1 0,9
Italie 4,5 1,9 4,1 2,6 5,8 0,8
Espagne 3,3 1,4 3,0 1,9 4,4 0,6
Japon 10,0 4,2 5,9 3,7 12,0 1,8
Royaume-Uni 5,6 2,4 5,9 3,7 6,2 0,9
Canada 3,4 1,4 3,7 2,3 3,4 0,5
Autres pays avancés 16 15,6 6,6 27,2 17,3 15,9 2,3
Pour mémoire
Principaux pays avancés 7 74,2 31,5 54,1 34,3 71,7 10,5
Pays émergents Pays émergents Pays émergents
et pays en et pays en et pays en
développement Monde développement Monde développement Monde
Pays émergents et pays en développement 152 100,0 57,6 100,0 36,6 100,0 85,4
Par région
Communauté des États indépendants2 12 8,0 4,6 7,7 2,8 4,6 3,9
Russie 5,7 3,3 5,1 1,9 2,3 2,0
Pays émergents et en développement d’Asie 29 53,5 30,8 50,4 18,4 57,1 48,8
Chine 30,0 17,3 31,7 11,6 22,3 19,1
Inde 12,2 7,0 5,5 2,0 21,0 17,9
Chine et Inde non comprises 27 11,3 6,5 13,2 4,8 13,8 11,8
Pays émergents et en développement d’Europe 12 5,7 3,3 9,2 3,4 2,8 2,4
Amérique latine et Caraïbes 32 14,3 8,2 13,8 5,1 9,9 8,4
Brésil 4,9 2,8 2,9 1,1 3,3 2,8
Mexique 3,4 2,0 5,3 1,9 2,0 1,7
Moyen-Orient, Afrique du Nord, Afghanistan et
Pakistan 22 13,1 7,6 14,4 5,3 10,6 9,1
Moyen-Orient et Afrique du Nord 20 11,6 6,7 13,9 5,1 7,0 6,0
Afrique subsaharienne 45 5,4 3,1 4,5 1,7 15,0 12,8
Afrique du Sud et Nigéria non compris 43 2,6 1,5 2,6 1,0 11,2 9,6
Classification analytique3
Source des recettes d’exportation
Combustibles 29 20,1 11,6 21,6 7,9 12,4 10,6
Autres produits 122 79,9 46,0 78,4 28,7 87,6 74,8
Dont : produits primaires 30 4,6 2,7 4,6 1,7 7,8 6,7
Source de financement extérieur
Pays débiteurs (net) 118 49,8 28,7 44,3 16,2 67,1 57,3
Pays débiteurs (net), selon
le service de la dette
Pays ayant accumulé des arriérés ou
bénéficié d’un rééchelonnement entre
2011 et 2015 20 3,0 1,8 2,0 0,7 4,6 3,9
Autres groupes
Pays pauvres très endettés 38 2,4 1,4 1,9 0,7 11,2 9,6
Pays en développement à faible revenu 59 7,4 4,2 6,5 2,4 22,5 19,2
1Les parts de PIB sont fondées sur le calcul des PIB des pays à parité des pouvoirs d’achat (PPA). Le nombre de pays indiqué pour chaque groupe correspond

à ceux dont les données sont incluses dans le total.


2La Géorgie, le Turkménistan et l’Ukraine, qui ne sont pas membres de la Communauté des États indépendants, sont inclus dans ce groupe pour des raisons de

géographie et de similitude de structure économique.


3La Syrie est exclue du groupe classé par source des recettes d’exportation, et le Soudan du Sud et la Syrie sont exclus du groupe classé par la source de

financement extérieur net en raison de l’insuffisance des données.

Fonds monétaire international | Octobre 2016 211


PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : DEMANDE MODÉRÉE — SYMPTÔMES ET REMÈDES

Tableau B. Pays avancés classés par sous-groupes


Principales zones monétaires
États-Unis
Zone euro
Japon
Zone euro
Allemagne France Malte
Autriche Grèce Pays-Bas
Belgique Irlande Portugal
Chypre Italie République slovaque
Espagne Lettonie Slovénie
Estonie Lituanie
Finlande Luxembourg
Principaux pays avancés
Allemagne France Royaume-Uni
Canada Italie
États-Unis Japon
Autres pays avancés
Australie Macao (RAS)2 Singapour
Corée Norvège Suède
Danemark Nouvelle-Zélande Suisse
Hong Kong (RAS)1 Porto Rico Taiwan, prov. chinoise de
Islande République tchèque
Israël Saint-Marin
1Le 1er juillet 1997, Hong Kong, dont le territoire a été rétrocédé à la République populaire de Chine,

est devenue une région administrative spéciale de la Chine.


2Le 20 décembre 1999, Macao, dont le territoire a été rétrocédé à la République populaire de Chine,
est devenue une région administrative spéciale de la Chine.

Tableau C. Union européenne


Allemagne France Pologne
Autriche Grèce Portugal
Belgique Hongrie République slovaque
Bulgarie Irlande République tchèque
Chypre Italie Roumanie
Croatie Lettonie Royaume-Uni
Danemark Lituanie Slovénie
Espagne Luxembourg Suède
Estonie Malte
Finlande Pays-Bas

212 Fonds monétaire international | Octobre 2016


APPENDICE STATISTIQUE

Tableau D. Pays émergents et pays en développement classés par région


et par principale source de recettes d’exportation
Combustibles Autres produits, dont produits primaires
Communauté des États indépendants
Azerbaïdjan Ouzbékistan
Kazakhstan
Russie
Turkménistan1
Asie, pays en développement d’
Brunei Darussalam Îles Marshall
Timor-Leste Îles Salomon
Mongolie
Papouasie-Nouvelle-Guinée
Tuvalu
Amérique latine et Caraïbes
Bolivie Argentine
Colombie Chili
Équateur Guyana
Trinité-et-Tobago Paraguay
Venezuela Suriname
Uruguay
Moyen-Orient, Afrique du Nord, Afghanistan et Pakistan
Algérie Afghanistan
Arabie saoudite Mauritanie
Bahreïn Soudan
Émirats arabes unis
Iran
Iraq
Koweït
Libye
Oman
Qatar
Yémen
Afrique subsaharienne
Angola Afrique du Sud
Congo, Rép. du Burkina Faso
Gabon Burundi
Guinée équatoriale Congo, Rép. dém. du
Nigéria Côte d’Ivoire
Soudan du Sud Érythrée
Tchad Guinée
Guinée Bissau
Libéria
Malawi
Mali
Niger
République centrafricaine
Sierra Leone
Zambie
1Le Turkmenistan, qui n’est pas membre de la Communauté des États indépendants, est inclus dans ce groupe pour des raisons de géographie et de

similitude de structure économique.

Fonds monétaire international | Octobre 2016 213


PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : DEMANDE MODÉRÉE — SYMPTÔMES ET REMÈDES

Tableau E. Pays émergents et en développement classés par région, par position extérieure nette et appartenance
aux groupes des pays pauvres très endettés et des pays en développement à faible revenu
Pays Pays en Pays Pays en
Position pauvres très développement à Position pauvres très développement à
extérieure nette1 endettés2 faible revenu extérieure nette1 endettés2 faible revenu
Communauté des États indépendants Bulgarie *
Arménie * Croatie *
Azerbaïdjan • Hongrie *
Bélarus * Kosovo *
Géorgie3 * Macédoine, ex-Rép. youg. de *
Kazakhstan * Monténégro *
Moldova * * Pologne *
Ouzbékistan • * Roumanie *
République kirghize * * Serbie *
Russie • Turquie *
Tadjikistan * * Amérique latine et Caraïbes
Turkménistan3 * Antigua-et-Barbuda *
Ukraine3 * Argentine •
Pays émergents et en développement d’Asie Bahamas *
Bangladesh * * Barbade *
Bhoutan * * Belize *
Brunei Darussalam • Bolivie • • *
Cambodge * * Brésil *
Chine • Chili *
Fidji * Colombie *
Îles Marshall * Costa Rica *
Îles Salomon * * Dominique *
Inde * El Salvador *
Indonésie * Équateur *
Kiribati • * Grenade *
Malaisie • Guatemala *
Maldives * Guyana * •
Micronésie • Haïti * • *
Mongolie * *
Honduras * • *
Myanmar * *
Jamaïque *
Népal • *
Mexique *
Palaos •
Nicaragua * • *
Papouasie-Nouvelle-Guinée * *
Panama *
Philippines *
Paraguay *
République dém. pop. lao * *
Pérou *
Samoa *
République dominicaine *
Sri Lanka *
Saint-Kitts-et-Nevis *
Thaïlande *
Saint-Vincent-et-les Grenadines *
Timor-Leste •
Sainte-Lucie *
Tonga *
Suriname *
Tuvalu *
Trinité-et-Tobago •
Vanuatu *
Uruguay *
Viet Nam * *
Venezuela •
Pays émergents et en développement d’Europe
Albanie *
Bosnie-Herzégovine *

214 Fonds monétaire international | Octobre 2016


APPENDICE STATISTIQUE

Tableau E. Pays émergents et en développement classés par région, par position extérieure nette et appartenance
aux groupes des pays pauvres très endettés et des pays en développement à faible revenu (fin)
Pays Pays en Pays Pays en
Position pauvres très développement à Position pauvres très développement à
extérieure nette1 endettés2 faible revenu extérieure nette1 endettés2 faible revenu
Moyen-Orient, Afrique du Nord, Afghanistan et Pakistan Côte d’Ivoire * • *
Afghanistan • • * Érythrée * * *
Algérie • Éthiopie * • *
Arabie saoudite • Gabon •
Bahreïn • Gambie * • *
Djibouti * * Ghana * • *
Égypte * Guinée * • *
Émirats arabes unis • Guinée Bissau * • *
Iran • Guinée équatoriale •
Iraq • Kenya * *
Jordanie * Lesotho * *
Koweït • Libéria * • *
Liban * Madagascar * • *
Libye • Malawi * • *
Maroc * Mali * • *
Mauritanie * • * Maurice •
Oman • Mozambique * • *
Pakistan * Namibie •
Qatar • Niger * • *
Soudan * * * Nigéria * *
Syrie4 ... Ouganda * • *
Tunisie * République centrafricaine * • *
Yémen * * Rwanda * • *

Afrique subsaharienne São Tomé-et-Príncipe * • *

Afrique du Sud • Sénégal * • *


Angola * Seychelles *
Bénin * • * Sierra Leone * • *
Botswana • Soudan du Sud4 ... *
Burkina Faso * • * Swaziland *
Burundi * • * Tanzanie * • *

Cabo Verde * Tchad * • *

Cameroun * • * Togo * • *

Comores * • * Zambie * • *

Congo, Rép. dém. du * • * Zimbabwe * *


Congo, Rép. du * • *

1La présence d’un rond (astérisque) indique que le pays est un créditeur (débiteur) net.
2La présence d’un rond au lieu d’un astérisque indique que le pays a atteint le point d’achèvement.
3La Géorgie, le Turkménistan et l’Ukraine, qui ne sont pas membres de la Communauté des États indépendants, sont inclus dans ce groupe pour des raisons de géographie et de

similitude de structure économique.


4Le Soudan du Sud et la Syrie sont exclus du groupe classé par la source de financement extérieur net en raison de sa base de données encore en cours de composition.

Fonds monétaire international | Octobre 2016 215


PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : DEMANDE MODÉRÉE — SYMPTÔMES ET REMÈDES

Tableau F. Pays dont la période de déclaration est différente1


Comptes nationaux Finances publiques
Bahamas Juil./juin
Bangladesh Juil./juin
Barbade Avril/mars
Belize Avril/mars
Bhoutan Juil./juin Juil./juin
Botswana Avril/mars
Dominique Juil./juin
Égypte Juil./juin Juil./juin
Éthiopie Juil./juin Juil./juin
Haïti Oct./sept. Oct./sept.
Hong Kong (RAS) Avril/mars
Îles Marshall Oct./sept. Oct./sept.
Inde Avril/mars Avril/mars
Iran Avril/mars Avril/mars
Jamaïque Avril/mars
Lesotho Avril/mars
Malawi Juil./juin
Micronésie Oct./sept. Oct./sept.
Myanmar Avril/mars Avril/mars
Namibie Avril/mars
Népal Août/juil. Août/juil.
Pakistan Juil./juin Juil./juin
Palaos Oct./sept. Oct./sept.
Porto Rico Juil./juin Juil./juin
République dém. pop. lao Oct./sept.
Sainte-Lucie Avril/mars
Samoa Juil./juin Juil./juin
Singapour Avril/mars
Swaziland Avril/mars
Thaïlande Oct./sept.
Trinité-et-Tobago Oct./sept.
1Sauf indication contraire, toutes les données portent sur les années civiles.

216 Fonds monétaire international | Octobre 2016


APPENDICE STATISTIQUE

Tableau G. Principaux documents relatifs aux données


Comptes nationaux Prix (IPC)
Dernières Système Utilisation Dernières
Source de données des d’une méthode Source de données
données annuelles Année de comptes à bases données annuelles
Pays Devise historiques1 disponibles référence2 nationaux enchaînées3 historiques1 disponibles
Afghanistan Afghani BSN 2014 2002/03 SCN 1993 BSN 2015
Afrique du Sud Rand sud-africain BC 2015 2010 SCN 1993 BSN 2015
Albanie Lek albanais Services du FMI 2014 1996 SCN 1993 Depuis 1996 BSN 2015
Algérie Dinar algérien BSN 2015 2001 SCN 1993 Depuis 2005 BSN 2015
Allemagne Euro BSN 2015 2010 SECN 2010 Depuis 1991 BSN 2015
Angola Kwanza angolais MEP 2014 2002 SECN 1995 BSN 2015
Antigua-et-Barbuda Dollar des Caraïbes BC 2014 20066 SCN 1993 BSN 2014
orientales
Arabie saoudite Riyal saoudien BSN et MEP 2015 2010 SCN 1993 BSN et MEP 2015
Argentine Peso argentin MEP 2014 2004 SCN 2008 BSN 2015
Arménie Dram arménien BSN 2015 2005 SCN 2008 BSN 2015
Australie Dollar australien BSN 2015 2013/14 SCN 2008 Depuis 1980 BSN 2015
Autriche Euro BSN 2015 2010 SECN 2010 Depuis 1995 BSN 2015
Azerbaïdjan Manat d’Azerbaïdjan BSN 2015 2003 SCN 1993 Depuis 1994 BSN 2015
Bahamas Dollar des Bahamas BSN 2015 2006 SCN 1993 BSN 2015
Bahreïn Dinar de Bahreïn MdF 2015 2010 SCN 2008 BSN 2015
Bangladesh Taka du Bangladesh BSN 2013 2005 SCN 1993 BSN 2014
Barbade Dollar de la Barbade BSN et BC 2014 19746 SCN 1993 BSN 2015
Bélarus Rouble biélorusse BSN 2015 2009 SECN 1995 Depuis 2005 BSN 2015
Belgique Euro BC 2015 2013 SECN 2010 Depuis 1995 BC 2015
Belize Dollar du Belize BSN 2015 2000 SCN 1993 BSN 2015
Bénin Franc CFA BSN 2012 2007 SCN 1993 BSN 2013
Bhoutan Ngultrum BSN 2013/14 20006 SCN 1993 BC 2014/15
du Bhoutan
Bolivie Boliviano bolivien BSN 2015 1990 Autre BSN 2015
Bosnie-Herzégovine Mark convertible BSN 2015 2010 SECN 2010 Depuis 2000 BSN 2015
Botswana Pula du Botswana BSN 2015 2006 SCN 1993 BSN 2015
Brésil Real brésilien BSN 2014 1995 SCN 2008 BSN 2014
Brunei Darussalam Dollar de Brunei BSN et DAP 2015 2010 SCN 1993 BSN et DAP 2015
Bulgarie Lev bulgare BSN 2015 2010 SECN 2010 Depuis 1996 BSN 2015
Burkina Faso Franc CFA BSN et MEP 2014 1999 SCN 1993 BSN 2015
Burundi Franc burundais BSN 2015 2005 SCN 1993 BSN 2015
Cabo Verde Escudo cap-verdien BSN 2015 2007 SCN 2008 Depuis 2011 BSN 2015
Cambodge Riel cambodgien BSN 2013 2000 SCN 1993 BSN 2014
Cameroun Franc CFA BSN 2014 2000 SCN 1993 BSN 2014
Canada Dollar canadien BSN 2015 2007 SCN 2008 Depuis 1980 BSN 2015
Chili Peso chilien BC 2015 2008 SCN 2008 Depuis 2003 BSN 2015
Chine Yuan chinois BSN 2015 2010 SCN 2008 BSN 2015
Chypre Euro BSN 2015 2005 SECN 2010 Depuis 1995 BSN 2015
Colombie Peso colombien BSN 2015 2005 Autre Depuis 2000 BSN 2015
Comores Franc comorien MEP 2015 2000 Autre BSN 2015
Congo, Rép. dém. du Franc congolais BSN 2013 2005 SCN 1993 BC 2015

Fonds monétaire international | Octobre 2016 217


PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : DEMANDE MODÉRÉE — SYMPTÔMES ET REMÈDES

Tableau G. Principaux documents relatifs aux données (suite)


Finances publiques Balance des paiements
Dernières Manuel Dernières Manuel
données statistique données statistique
Source de données annuelles utilisé à la Couverture des Pratique Source de données annuelles utilisé à la
Pays historiques1 disponibles source sous-secteurs4 comptable5 historiques1 disponibles source
Afghanistan MdF 2014 2001 AC C BSN, MdF et BC 2014 MBP 5
Afrique du Sud MdF 2015/16 2001 AC, AEF, CSS C BC 2015 MBP 6
Albanie Services du FMI 2015 1986 AC, AL, CSS, SPM, Autre BC 2015 MBP 6
SPNF
Algérie BC 2015 1986 AC C BC 2015 MBP 5
Allemagne BSN 2015 2001 AC, AEF, AL, CSS E BC 2015 MBP 6
Angola MdF 2014 2001 AC, AL Autre BC 2014 MBP 5
Antigua-et-Barbuda MdF 2014 2001 AC C BC 2014 MBP 5
Arabie saoudite MdF 2015 1986 AC C BC 2015 MBP 5
Argentine MEP 2015 1986 AC, AEF, AL, CSS C BC 2014 MBP 5
Arménie MdF 2015 2001 AC C BC 2015 MBP 6
Australie MdF 2014/15 2001 AC, AEF, AL, CT E BSN 2015 MBP 6
Autriche BSN 2015 2001 AC, AEF, AL, CSS E BC 2015 MBP 6
Azerbaïdjan MdF 2015 Autre AC C BC 2015 MBP 5
Bahamas MdF 2014/15 2001 AC C BC 2015 MBP 5
Bahreïn MdF 2015 2001 AC C BC 2014 MBP 6
Bangladesh MdF 2013/14 Autre AC C BC 2013 MBP 6
Barbade MdF 2015/16 1986 AC, CSS, SPNF C BC 2015 MBP 5
Bélarus MdF 2015 2001 AC, AL, CSS C BC 2015 MBP 6
Belgique BC 2015 SECN 2010 AC, AEF, AL, CSS E BC 2015 MBP 6
Belize MdF 2015/16 1986 AC,SPM Mixte BC 2015 MBP 5
Bénin MdF 2013 2001 AC C BC 2012 MBP 5
Bhoutan MdF 2013/14 1986 AC C BC 2013/14 MBP 6
Bolivie MdF 2015 2001 AC, AL, CSS, SPM, C BC 2015 MBP 5
SPFNM, SPNF
Bosnie-Herzégovine MdF 2014 2001 AC, AEF, AL, CSS E BC 2014 MBP 6
Botswana MdF 2014/15 1986 AC C BC 2015 MBP 5
Brésil MdF 2014 2001 AC, AEF, AL, CSS, C BC 2014 MBP 6
SPM,SPNF
Brunei Darussalam MdF 2015 Autre AC, ACB C BSN, MEP et DAP 2014 MBP 6
Bulgarie MdF 2015 2001 AC, AL, CSS C BC 2015 MBP 6
Burkina Faso MdF 2014 2001 AC CE BC 2014 MBP 5
Burundi MdF 2015 2001 AC E BC 2015 MBP 6
Cabo Verde MdF 2015 2001 AC, CSS E BSN 2015 MBP 5
Cambodge MdF 2014 1986 AC, AL E BC 2014 MBP 5
Cameroun MdF 2014 2001 AC, SPNF C MdF 2013 MBP 5
Canada MdF 2015 2001 AC, AEF, AL, CSS E BSN 2015 MBP 6
Chili MdF 2015 2001 AC, AL E BC 2015 MBP 6
Chine MdF 2015 2001 AC, AL C DAP 2015 MBP 6
Chypre BSN 2015 SECN 2010 AC, AL, CSS Autre BSN 2015 MBP 6
Colombie MdF 2015 2001 AC, AEF, AL, CSS Autre BC et BSN 2015 MBP 5
Comores MdF 2015 1986 AC Mixte BC et services 2015 MBP 5
du FMI
Congo, Rép. dém. du MdF 2015 2001 AC, AL E BC 2015 MBP 5

218 Fonds monétaire international | Octobre 2016


APPENDICE STATISTIQUE

Tableau G. Principaux documents relatifs aux données (suite)


Comptes nationaux Prix (IPC)
Dernières Système Utilisation Dernières
Source de données des d’une méthode Source de données
données annuelles Année de comptes à bases données annuelles
Pays Devise historiques1 disponibles référence2 nationaux enchaînées3 historiques1 disponibles
Congo, Rép. du Franc CFA BSN 2014 1990 SCN 1993 BSN 2014
Corée Won coréen BC 2015 2010 SCN 2008 Depuis 1980 MdF 2015
Costa Rica Colon costa-ricien BC 2015 2012 SCN 1993 BC 2015
Côte d’Ivoire Franc CFA BSN 2012 2009 SCN 1993 BSN 2015
Croatie Kuna croate BSN 2015 2010 SECN 2010 BSN 2015
Danemark Couronne danoise BSN 2015 2010 SECN 2010 Depuis 1980 BSN 2015
Djibouti Franc djiboutien BSN 2014 1990 Autre BSN 2015
Dominique Dollar des Caraïbes BSN 2014 2006 SCN 1993 BSN 2014
orientales
Égypte Livre égyptienne MEP 2014/15 2011/12 SCN 1993 BSN 2014/15
El Salvador Dollar EU BC 2015 1990 Autre BSN 2015
Émirats arabes unis Dirham des É.A.U. BSN 2014 2007 SCN 1993 BSN 2014
Équateur Dollar EU BC 2015 2007 SCN 1993 BSN et BC 2015
Érythrée Nakfa d’Érythrée Services du FMI 2006 2005 SCN 1993 BSN 2009
Espagne Euro BSN 2015 2010 SECN 2010 Depuis 1995 BSN 2015
Estonie Euro BSN 2015 2010 SECN 2010 Depuis 2010 BSN 2015
États-Unis Dollar EU BSN 2015 2009 Autre Depuis 1980 BSN 2015
Éthiopie Birr éthiopien BSN 2014/15 2010/11 SCN 1993 BSN 2015
Fidji Dollar de Fidji BSN 2014 20086 SCN 1993/ BSN 2015
2008
Finlande Euro BSN 2015 2010 SECN 2010 Depuis 1980 BSN 2015
France Euro BSN 2015 2010 SECN 2010 Depuis 1980 BSN 2015
Gabon Franc CFA MdF 2013 2001 SCN 1993 MdF 2014
Gambie Dalasi gambien BSN 2013 2004 SCN 1993 BSN 2015
Géorgie Lari géorgien BSN 2015 2000 SCN 1993 Depuis 1996 BSN 2015
Ghana Cedi ghanéen BSN 2015 2006 SCN 1993 BSN 2015
Grèce Euro BSN 2015 2010 SECN 2010 Depuis 1995 BSN 2015
Grenade Dollar des Caraïbes BSN 2014 2006 SCN 1993 BSN 2013
orientales
Guatemala Quetzal BC 2015 2001 SCN 1993 Depuis 2001 BSN 2015
guatémaltèque
Guinée Franc guinéen BSN 2011 2003 SCN 1993 BSN 2015
Guinée Bissau Franc CFA BSN 2013 2005 SCN 1993 BSN 2015
Guinée équatoriale Franc CFA MEP et BC 2013 2006 SCN 1993 MEP 2014
Guyana Dollar du Guyana BSN 2015 20066 SCN 1993 BSN 2015
Haïti Gourde haïtienne BSN 2014/15 1986/87 SCN 2008 BSN 2014/15
Honduras Lempira hondurien BC 2015 2000 SCN 1993 BC 2015
Hong Kong (RAS) Dollar de Hong Kong BSN 2015 2014 SCN 2008 Depuis 1980 BSN 2015
Hongrie Forint hongrois BSN 2015 2005 SECN 2010 Depuis 2005 OEI 2015
Îles Marshall Dollar EU BSN 2013/14 2003/04 Autre BSN 2013
Îles Salomon Dollar des Salomon BC 2014 2004 SCN 1993 BSN 2015
Inde Roupie indienne BSN 2015/16 2011/12 SCN 1993 BSN 2015/16
Indonésie Rupiah BSN 2015 2010 SCN 2008 BSN 2015
indonésienne

Fonds monétaire international | Octobre 2016 219


PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : DEMANDE MODÉRÉE — SYMPTÔMES ET REMÈDES

Tableau G. Principaux documents relatifs aux données (suite)


Finances publiques Balance des paiements
Dernières Manuel Dernières Manuel
données statistique données statistique
Source de données annuelles utilisé à la Couverture des Pratique Source de données annuelles utilisé à la
Pays historiques1 disponibles source sous-secteurs4 comptable5 historiques1 disponibles source
Congo, Rép. du MdF 2014 2001 AC E BC 2012 MBP 5
Corée MdF 2015 2001 AC C BC 2015 MBP 6
Costa Rica MdF et BC 2015 1986 AC C BC 2015 MBP 5
Côte d’Ivoire MdF 2015 1986 AC E BC 2012 MBP 6
Croatie MdF 2015 2001 AC, AL E BC 2015 MBP 6
Danemark BSN 2015 2001 AC, AL, CSS E BSN 2015 MBP 6
Djibouti MdF 2015 2001 AC E BC 2015 MBP 5
Dominique MdF 2013/14 1986 AC C BC 2014 MBP 5
Égypte MdF 2014/15 2001 AC, AL, CSS, SPM C BC 2014/15 MBP 5
El Salvador MdF 2015 1986 AC, AL, CSS C BC 2015 MBP 6
Émirats arabes unis MdF 2014 2001 AC, ACB, AEF, CSS C BC 2014 MBP 5
Équateur BC et MdF 2015 1986 AC, AEF, AL, CSS, C BC 2014 MBP 5
SPNF
Érythrée MdF 2008 2001 AC C BC 2008 MBP 5
Espagne MdF et BSN 2015 SECN 2010 AC, AEF, AL, CSS E BC 2015 MBP 6
Estonie MdF 2015 1986/2001 AC, AL, CSS C BC 2015 MBP 6
États-Unis MEP 2015 2001 AC, AEF, AL E BSN 2015 MBP 6
Éthiopie MdF 2014/15 1986 AC, AEF, AL, SPNF C BC 2014/15 MBP 5
Fidji MdF 2015 2001 AC C BC 2014 MBP 6
Finlande MdF 2015 2001 AC, AL, CSS E BSN 2015 MBP 6
France BSN 2015 2001 AC, AL, CSS E BC 2015 MBP 6
Gabon Services du FMI 2014 2001 AC E BC 2014 MBP 5
Gambie MdF 2015 2001 AC C BC et services 2014 MBP 4
du FMI
Géorgie MdF 2015 2001 AC, AL C BSN et BC 2015 MBP 5
Ghana MdF 2015 2001 AC C BC 2015 MBP 5
Grèce MdF 2015 2014 AC, AL, CSS E BC 2015 MBP 6
Grenade MdF 2014 2001 AC CE BC 2013 MBP 5
Guatemala MdF 2015 1986 AC C BC 2015 MBP 5
Guinée MdF 2015 2001 AC Autre BC et MEP 2015 MBP 6
Guinée Bissau MdF 2014 2001 AC E BC 2014 MBP 6
Guinée équatoriale MdF 2014 1986 AC C BC 2013 MBP 5
Guyana MdF 2014 2001 AC, CSS C BC 2014 MBP 5
Haïti MdF 2014/15 2001 AC C BC 2014/15 MBP 5
Honduras MdF 2015 1986 AC, AL, CSS, SPNF E BC 2015 MBP 5
Hong Kong (RAS) BSN 2015/16 2001 AC C BSN 2015 MBP 6
Hongrie MEP et BSN 2015 SECN 2010 AC, AL, CSS, SPFNM E BC 2015 MBP 6
Îles Marshall MdF 2012/13 2001 AC, AL, CSS E BSN 2013 MBP 6
Îles Salomon MdF 2014 1986 AC C BC 2014 MBP 6
Inde MdF et services 2014/15 2001 AC, AEF E BC 2015/16 MBP 6
du FMI
Indonésie MdF 2015 2001 AC, AL C BC 2015 MBP 6

220 Fonds monétaire international | Octobre 2016


APPENDICE STATISTIQUE

Tableau G. Principaux documents relatifs aux données (suite)


Comptes nationaux Prix (IPC)
Dernières Système Utilisation Dernières
Source de données des d’une méthode Source de données
données annuelles Année de comptes à bases données annuelles
Pays Devise historiques1 disponibles référence2 nationaux enchaînées3 historiques1 disponibles
Iran Rial iranien BC 2014/15 2004/05 SCN 1993 BC 2014/15
Iraq Dinar iraquien BSN 2014 2007 SCN 1968 BSN 2014
Irlande Euro BSN 2015 2014 SECN 2010 Depuis 1995 BSN 2015
Islande Couronne islandaise BSN 2015 2005 SECN 2010 Depuis 1990 BSN 2015
Israël Shekel israélien BSN 2015 2010 SCN 2008 Depuis 1995 Haver Analytics 2015
Italie Euro BSN 2015 2010 SECN 2010 Depuis 1980 BSN 2015
Jamaïque Dollar jamaïcain BSN 2015 2007 SCN 1993 BSN 2015
Japon Yen japonais DAP 2015 2005 SCN 1993 Depuis 1980 DAP 2015
Jordanie Dinar jordanien BSN 2015 1994 Autre BSN 2015
Kazakhstan Tenge Kazakh BSN 2015 2007 SCN 1993 Depuis 1994 BC 2015
Kenya Shilling du Kenya BSN 2015 2009 SCN 2008 BSN 2015
Kiribati Dollar australien BSN 2014 2006 SCN 2008 BSN 2015
Kosovo Euro BSN 2015 2015 SECN 2010 BSN 2015
Koweït Dinar koweïtien MEP et BSN 2014 2010 SCN 1993 BSN et MEP 2015
Lesotho Loti du Lesotho BSN 2014 2004 Autre BSN 2014
Lettonie Euro BSN 2015 2010 SECN 2010 Depuis 1995 BSN 2015
Liban Livre libanaise BSN 2013 2010 SCN 2008 Depuis 2010 BSN 2015
Libéria Dollar EU BC 2014 1992 SCN 1993 BC 2015
Libye Dinar libyien MEP 2014 2003 SCN 1993 BSN 2014
Lituanie Euro BSN 2015 2010 SECN 2010 Depuis 2005 BSN 2015
Luxembourg Euro BSN 2015 2010 SECN 2010 Depuis 1995 BSN 2015
Macao (RAS) Macanese pataca BSN 2015 2014 SCN 2008 Depuis 2001 BSN 2015
Macédoine, ex-Rép. Dinar macédonien BSN 2015 2005 SECN 2010 BSN 2015
youg. de
Madagascar Ariary malgache BSN 2015 2000 SCN 1968 BSN 2015
Malaisie Ringgit malaisien BSN 2015 2010 SCN 2008 BSN 2015
Malawi Kwacha malawien BSN 2011 2010 SCN 2008 BSN 2015
Maldives Rufiyaa des MdF et BSN 2014 20036 SCN 1993 BC 2014
Maldives
Mali Franc CFA MdF 2013 1999 SCN 1993 MdF 2015
Malte Euro BSN 2015 2010 SECN 2010 Depuis 2000 BSN 2015
Maroc Dirham marocain BSN 2015 2007 SCN 1993 Depuis 1998 BSN 2015
Maurice Rupee mauricienne BSN 2015 2006 SCN 1993 Depuis 1999 BSN 2015
Mauritanie Ouguiya BSN 2014 2004 SCN 1993 BSN 2014
mauritanienne
Mexique Peso mexicain BSN 2015 2008 SCN 2008 BSN 2015
Micronésie Dollar EU BSN 2013 2004 Autre BSN 2013
Moldova Leu moldave BSN 2015 1995 SCN 1993 BSN 2015
Mongolie Togrog mongol BSN 2015 2010 SCN 1993 BSN 2015
Monténégro Euro BSN 2014 2006 SECN 1995 BSN 2015
Mozambique Metical du BSN 2015 2009 SCN 1993 BSN 2015
Mozambique
Myanmar Kyat du Myanmar MEP 2014/15 2010/11 Autre BSN 2015/16
Namibie Dollar namibien BSN 2014 2000 SCN 1993 BSN 2014
Népal Roupie népalaise BSN 2014/15 2000/01 SCN 1993 BC 2014/15
Nicaragua Cordoba Services du FMI 2015 2006 SCN 1993 Depuis 1994 BC 2015
nicaraguayen
Niger Franc CFA BSN 2014 2000 SCN 1993 BSN 2015
Nigéria Naira nigérien BSN 2015 2010 SCN 2008 BSN 2015

Fonds monétaire international | Octobre 2016 221


PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : DEMANDE MODÉRÉE — SYMPTÔMES ET REMÈDES

Tableau G. Principaux documents relatifs aux données (suite)


Finances publiques Balance des paiements
Dernières Manuel Dernières Manuel
données statistique données statistique
Source de données annuelles utilisé à la Couverture des Pratique Source de données annuelles utilisé à la
Pays historiques1 disponibles source sous-secteurs4 comptable5 historiques1 disponibles source
Iran MdF 2014/15 2001 AC C BC 2014/15 MBP 5
Iraq MdF 2014 2001 AC C BC 2014 MBP 5
Irlande MdF 2015 2001 AC, AL, CSS E BSN 2015 MBP 6
Islande BSN 2015 2001 AC, AL, CSS E BC 2015 MBP 6
Israël MdF 2015 2001 AC, AL, CSS Autre Haver Analytics 2015 MBP 6
Italie BSN 2015 2001 AC, AL, CSS E BSN 2015 MBP 6
Jamaïque MdF 2015/16 1986 AC C BC 2015 MBP 5
Japon DAP 2014 2001 AC, AL, CSS E MdF 2015 MBP 6
Jordanie MdF 2015 2001 AC, SPNF C BC 2015 MBP 5
Kazakhstan Services du FMI 2015 2001 AC, AL E BC 2015 MBP 6
Kenya MdF 2015 2001 AC E BC 2015 MBP 6
Kiribati MdF 2013 1986 AC, AL C BSN 2014 MBP 6
Kosovo MdF 2015 Autre AC, AL C BC 2015 MBP 5
Koweït MdF 2014 1986 AC Mixte BC 2015 MBP 5
Lesotho MdF 2014/15 2001 AC, AL C BC 2014 MBP 5
Lettonie MdF 2015 1986 AC, AL, CSS, SPNF C BC 2014 MBP 6
Liban MdF 2014 2001 AC C BC et services 2014 MBP 5
du FMI
Libéria MdF 2015 2001 AC E BC 2013 MBP 5
Libye MdF 2014 1986 AC, AEF, AL C BC 2014 MBP 5
Lituanie MdF 2015 2014 AC, AL, CSS E BC 2015 MBP 6
Luxembourg MdF 2015 2001 AC, AL, CSS E BSN 2015 MBP 6
Macao (RAS) MdF 2015 2001 AC C BSN 2015 MBP 6
Macédoine, ex-Rép. MdF 2015 1986 AC, AEF, CSS C BC 2015 MBP 6
youg. de
Madagascar MdF 2015 1986 AC, AL C BC 2015 MBP 5
Malaisie MdF 2015 1986 AC, AEF, AL C BSN 2015 MBP 6
Malawi MdF 2014/15 1986 AC C BSN et DAP 2014 MBP 5
Maldives MdF 2014 1986 AC C BC 2014 MBP 5
Mali MdF 2015 2001 AC Mixte BC 2013 MBP 5
Malte BSN 2015 2001 AC, CSS E BSN 2015 MBP 6
Maroc MEP 2015 2001 AC E DAP 2015 MBP 5
Maurice MdF 2015 2001 AC, AL, SPNF C BC 2015 MBP 5
Mauritanie MdF 2014 1986 AC C BC 2013 MBP 5
Mexique MdF 2015 2001 AC, CSS, SPFNM, C BC 2015 MBP 5
SPNF
Micronésie MdF 2013/14 2001 AC, AEF, AL, CSS Autre BSN 2013 Autre
Moldova MdF 2015 1986 AC, AL, CSS C BC 2014 MBP 5
Mongolie MdF 2015 2001 AC, AEF, AL, CSS C BC 2015 MBP 5
Monténégro MdF 2015 1986 AC, AL, CSS C BC 2014 MBP 5
Mozambique MdF 2015 2001 AC, AEF Mixte BC 2015 MBP 6
Myanmar MdF 2015/16 2001 AC, SPNF Mixte Services du FMI 2015/16 MBP 5
Namibie MdF 2014/15 2001 AC C BC 2013 MBP 5
Népal MdF 2014/15 2001 AC C BC 2014/15 MBP 5
Nicaragua MdF 2015 1986 AC, AL, CSS C Services du FMI 2015 MBP 6
Niger MdF 2015 1986 AC E BC 2014 MBP 6
Nigéria MdF 2015 2001 AC, AEF, AL, SPNF C BC 2015 MBP 5

222 Fonds monétaire international | Octobre 2016


APPENDICE STATISTIQUE

Tableau G. Principaux documents relatifs aux données (suite)


Comptes nationaux Prix (IPC)
Dernières Système Utilisation Dernières
Source de données des d’une méthode Source de données
données annuelles Année de comptes à bases données annuelles
Pays Devise historiques1 disponibles référence2 nationaux enchaînées3 historiques1 disponibles
Norvège Couronne BSN 2015 2013 SECN 2010 Depuis 1980 BSN 2015
norvégienne
Nouvelle-Zélande Dollar néo-zélandais BSN 2015 2009/10 Autre Depuis 1987 BSN 2015
Oman Rial omani BSN 2015 2010 SCN 1993 BSN 2015
Ouganda Shilling ougandais BSN 2014 2010 SCN 1993 BC 2015/16
Ouzbékistan Sum ouzbek BSN 2014 1995 SCN 1993 BSN 2014
Pakistan Roupie pakistanaise BSN 2014/15 2005/066 SCN 1968/ BSN 2014/15
1993
Palaos Dollar EU MdF 2013/14 2005 Autre MdF 2013/14
Panama Dollar EU BSN 2015 2007 SCN 1993 Depuis 2007 BSN 2015
Papouasie-Nouvelle- Kina papouan- BSN et MdF 2013 1998 SCN 1993 BSN 2013
Guinée néo-guinéen
Paraguay Guarani paraguayen BC 2015 1994 SCN 1993 BC 2015
Pays-Bas Euro BSN 2015 2010 SECN 2010 Depuis 1980 BSN 2015
Pérou Nouveau sol BC 2015 2007 SCN 1993 BC 2015
péruvien
Philippines Peso philippin BSN 2015 2000 SCN 2008 BSN 2015
Pologne Zloty polonais BSN 2015 2010 SECN 2010 Depuis 1995 BSN 2015
Porto Rico Dollar EU MEP 2014/15 1954 SCN 1968 MEP 2015
Portugal Euro BSN 2015 2011 SECN 2010 Depuis 1980 BSN 2015
Qatar Riyal qatarien BSN et MEP 2014 2013 SCN 1993 BSN et MEP 2015
République Franc CFA BSN 2012 2005 SCN 1993 BSN 2014
centrafricaine
République dém. Kip lao BSN 2013 2002 SCN 1993 BSN 2013
pop. lao
République Peso dominicain BC 2015 2007 SCN 2008 Depuis 2007 BC 2015
dominicaine
République kirghize Som kirghize BSN 2015 1995 SCN 1993 BSN 2015
République slovaque Euro BSN 2015 2010 SECN 2010 Depuis 1997 BSN 2015
République tchèque Couronne tchèque BSN 2015 2010 SECN 2010 Depuis 1995 BSN 2015
Roumanie Leu roumain BSN 2015 2010 SECN 2010 Depuis 2000 BSN 2015
Royaume-Uni Livre sterling BSN 2015 2013 SECN 2010 Depuis 1980 BSN 2015
Russie Rouble russe BSN 2015 2011 SCN 2008 Depuis 1995 BSN 2015
Rwanda Franc rwandais MdF 2014 2011 SCN 1993 BSN 2015
Saint-Kitts-et-Nevis Dollar des Caraïbes BSN 2014 20066 SCN 1993 BSN 2014
orientales
Saint-Marin Euro BSN 2014 2007 Autre BSN 2015
Saint-Vincent-et-les Dollar des Caraïbes BSN 2014 20066 SCN 1993 BSN 2015
Grenadines orientales
Sainte-Lucie Dollar des Caraïbes BSN 2014 2006 SCN 1993 BSN 2015
orientales
Samoa Tala du Samoa BSN 2014/15 2009/10 SCN 1993 BSN 2014/15
São Dobra de São BSN 2015 2000 SCN 1993 BSN 2015
Tomé-et-Príncipe Tomé-et-Príncipe
Sénégal Franc CFA BSN 2015 2000 SCN 1993 BSN 2015
Serbie Dinar serbe BSN 2015 2010 SECN 2010 Depuis 2010 BSN 2015
Seychelles Roupie seychelloise BSN 2014 2006 SCN 1993 BSN 2014

Fonds monétaire international | Octobre 2016 223


PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : DEMANDE MODÉRÉE — SYMPTÔMES ET REMÈDES

Tableau G. Principaux documents relatifs aux données (suite)


Finances publiques Balance des paiements
Dernières Manuel Dernières Manuel
données statistique données statistique
Source de données annuelles utilisé à la Couverture des Pratique Source de données annuelles utilisé à la
Pays historiques1 disponibles source sous-secteurs4 comptable5 historiques1 disponibles source
Norvège BSN et MdF 2014 2014 AC, AL, CSS E BSN 2015 MBP 6
Nouvelle-Zélande MdF 2014/15 2001 AC E BSN 2015 MBP 6
Oman MdF 2015 2001 AC C BC 2015 MBP 5
Ouganda MdF 2015 2001 AC C BC 2015 MBP 6
Ouzbékistan MdF 2014 Autre AC, AEF, AL, CSS C MEP 2014 MBP 5
Pakistan MdF 2014/15 1986 AC, AEF, AL C BC 2014/15 MBP 5
Palaos MdF 2013/14 2001 AC Autre MdF 2013/14 MBP 6
Panama MdF 2015 1986 AC, AEF, AL, CSS, C BSN 2015 MBP 5
SPNF
Papouasie-Nouvelle- MdF 2013 1986 AC C BC 2013 MBP 5
Guinée
Paraguay MdF 2015 2001 AC, AEF, AL, CSS, C BC 2015 MBP 5
SPM, SPFNM, SPNF
Pays-Bas MdF 2015 2001 AC, AL, CSS E BC 2015 MBP 6
Pérou MdF 2015 1986 AC, AEF, AL, CSS C BC 2015 MBP 5
Philippines MdF 2015 2001 AC, AL, CSS C BC 2015 MBP 6
Pologne MdF et BSN 2015 SECN 2010 AC, AL, CSS E BC 2015 MBP 6
Porto Rico MEP 2014/15 2001 Autre E ... ... ...
Portugal BSN 2014 2001 AC, AL, CSS E BC 2015 MBP 6
Qatar MdF 2015 1986 AC C BC et services 2014 MBP 5
du FMI
République MdF 2014 2001 AC C BC 2013 MBP 5
centrafricaine
République dém. MdF 2012/13 2001 AC C BC 2013 MBP 5
pop. lao
République MdF 2015 2001 AC, AEF, AL, CSS, Mixte BC 2015 MBP 6
dominicaine SPFNM
République kirghize MdF 2015 Autre AC, AL, CSS C MdF 2015 MBP 5
République slovaque BSN 2015 2001 AC, AL, CSS E BC 2015 MBP 6
République tchèque MdF 2015 2001 AC, AL, CSS E BSN 2015 MBP 6
Roumanie MdF 2015 2001 AC, AL, CSS C BC 2015 MBP 6
Royaume-Uni BSN 2015 2001 AC, AL E BSN 2015 MBP 6
Russie MdF 2014 2001 AC, AEF, CSS Mixte BC 2014 MBP 6
Rwanda MdF 2014 2001 AC, AL Mixte BC 2015 MBP 6
Saint-Kitts-et-Nevis MdF 2014 1986 AC C BC 2014 MBP 5
Saint-Marin MdF 2014 Autre AC Autre ... ... ...
Saint-Vincent-et-les MdF 2014 1986 AC C BC 2015 MBP 5
Grenadines
Sainte-Lucie MdF 2013/14 1986 AC C BC 2014 MBP 5
Samoa MdF 2014/15 2001 AC E BC 2014/15 MBP 6
São MdF et douanes 2015 2001 AC C BC 2015 MBP 6
Tomé-et-Príncipe
Sénégal MdF 2015 1986 AC C BC et services 2015 MBP 5
du FMI
Serbie MdF 2015 1986/2001 AC, AEF, AL, CSS C BC 2015 MBP 6
Seychelles MdF 2015 1986 AC, CSS C BC 2015 MBP 6

224 Fonds monétaire international | Octobre 2016


APPENDICE STATISTIQUE

Tableau G. Principaux documents relatifs aux données (suite)


Comptes nationaux Prix (IPC)
Dernières Système Utilisation Dernières
Source de données des d’une méthode Source de données
données annuelles Année de comptes à bases données annuelles
Pays Devise historiques1 disponibles référence2 nationaux enchaînées3 historiques1 disponibles
Sierra Leone Leone de Sierra BSN 2014 2006 SCN 1993 Depuis 2010 BSN 2015
Leone
Singapour Dollar de Singapour BSN 2015 2010 SCN 1993 Depuis 2010 BSN 2015
Slovénie Euro BSN 2015 2010 SECN 2010 Depuis 2000 BSN 2015
Soudan Livre soudanaise BSN 2010 2007 Autre BSN 2015
Soudan du Sud Livre BSN 2014 2010 SCN 1993 BSN 2014
sud-soudanaise
Sri Lanka Roupie sri-lankaise BSN 2015 2002 SCN 1993 BSN 2015
Suède Couronne suédoise BSN 2015 2015 SECN 2010 Depuis 1993 BSN 2015
Suisse Franc suisse BSN 2015 2010 SECN 2010 Depuis 1980 BSN 2015
Suriname Dollar surinamais BSN 2014 2007 SCN 1993 BSN 2015
Swaziland Lilangeni du BSN 2015 2011 SCN 1993 BSN 2015
Swaziland
Syrie Livre syrienne BSN 2010 2000 SCN 1993 BSN 2011
Tadjikistan Somoni du BSN 2014 1995 SCN 1993 BSN 2014
Tadjikistan
Taiwan, prov. Nouveau dollar de BSN 2015 2011 SCN 2008 BSN 2015
chinoise de Taiwan
Tanzanie Shilling tanzanien BSN 2015 2007 SCN 1993 BSN 2015
Tchad Franc CFA BC 2013 2005 Autre BSN 2014
Thaïlande Baht thaïlandais MEP 2015 2002 SCN 1993 Depuis 1993 MEP 2015
Timor-Leste Dollar EU MdF 2014 20106 Autre BSN 2015
Togo Franc CFA MdF et BSN 2014 2000 SCN 1993 BSN 2015
Tonga Pa’anga des Tonga BC 2014 2010 SCN 1993 BC 2015
Trinité-et-Tobago Dollar de BSN 2012 2000 SCN 1993 BSN 2015
Trinité-et-Tobago
Tunisie Dinar tunisien BSN 2014 2004 SCN 1993 Depuis 2009 BSN 2015
Turkménistan Nouveau manat du BSN 2015 2005 SCN 1993 Depuis 2000 BSN 2015
Turkménistan
Turquie Livre turque BSN 2015 1998 SECN 1995 BSN 2015
Tuvalu Dollar australien Conseillers 2012 2005 SCN 1993 BSN 2013
PFTAC
Ukraine Hryvnia ukrainienne BSN 2015 2010 SCN 2008 Depuis 2005 BSN 2015
Uruguay Peso uruguayen BC 2014 2005 SCN 1993 BSN 2014
Vanuatu Vatu de Vanuatu BSN 2014 2006 SCN 1993 BSN 2015
Venezuela Bolívar vénézuélien BC 2015 1997 SCN 2008 BC 2015
Viet Nam Dong vietnamien BSN 2015 2010 SCN 1993 BSN 2015
Yémen Rial yéménite Services du FMI 2008 1990 SCN 1993 BSN, BC 2009
et services
du FMI
Zambie Kwacha zambien BSN 2014 2010 SCN 1993 BSN 2015
Zimbabwe Dollar EU BSN 2013 2009 Autre BSN 2014

Fonds monétaire international | Octobre 2016 225


PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : DEMANDE MODÉRÉE — SYMPTÔMES ET REMÈDES

Tableau G. Principaux documents relatifs aux données (fin)


Finances publiques Balance des paiements
Dernières Manuel Dernières Manuel
données statistique données statistique
Source de données annuelles utilisé à la Couverture des Pratique Source de données annuelles utilisé à la
Pays historiques1 disponibles source sous-secteurs4 comptable5 historiques1 disponibles source
Sierra Leone MdF 2014 1986 AC C BC 2014 MBP 5
Singapour MdF 2014/15 2001 AC C BSN 2015 MBP 6
Slovénie MdF 2015 1986 AC, AEF, AL, CSS C BSN 2015 MBP 6
Soudan MdF 2015 2001 AC Mixte BC 2015 MBP 5
Soudan du Sud MdF et MEP 2015 Autre AC C MdF, BSN et MEP 2015 MBP 5
Sri Lanka MdF 2015 2001 AC, AEF, AL, CSS C BC 2015 MBP 5
Suède MdF 2015 2001 AC, AL, CSS E BSN 2015 MBP 6
Suisse MdF 2013 2001 AC, AEF, AL, CSS E BC 2015 MBP 6
Suriname MdF 2015 1986 AC CE BC 2015 MBP 5
Swaziland MdF 2015/16 2001 AC E BC 2015 MBP 5
Syrie MdF 2009 1986 AC C BC 2009 MBP 5
Tadjikistan MdF 2015 1986 AC, AL, CSS C BC 2014 MBP 5
Taiwan, prov. MdF 2015 1986 AC, AL, CSS C BC 2015 MBP 6
chinoise de
Tanzanie MdF 2015 1986 AC, AL C BC 2015 MBP 5
Tchad MdF 2014 1986 AC, SPNF C BC 2012 MBP 5
Thaïlande MdF 2014/15 2001 AC, ACB, AL, CSS E BC 2015 MBP 6
Timor-Leste MdF 2015 2001 AC C BC 2015 MBP 6
Togo MdF 2014 2001 AC C BC 2015 MBP 5
Tonga BC et MdF 2014 2001 AC C BC et BSN 2015 MBP 6
Trinité-et-Tobago MdF 2014/15 1986 AC, SPNF C BC et BSN 2012 MBP 5
Tunisie MdF 2015 1986 AC C BC 2015 MBP 5
Turkménistan MdF 2015 1986 AC, AL C BSN et services 2013 MBP 5
du FMI
Turquie MdF 2015 2001 AC, AL, CSS E BC 2015 MBP 6
Tuvalu Services du FMI 2013 Autre AC Mixte Services du FMI 2013 MBP 6
Ukraine MdF 2015 2001 AC, AEF, AL, CSS C BC 2015 MBP 6
Uruguay MdF 2014 1986 AC, AL, CSS, SPM, E BC 2014 MBP 6
SPNF
Vanuatu MdF 2015 2001 AC C BC 2014 MBP 5
Venezuela MdF 2010 2001 AC, AL, CSS, ACB, C BC 2015 MBP 5
SPNF
Viet Nam MdF 2014 2001 AC, AEF, AL C BC 2015 MBP 5
Yémen MdF 2013 2001 AC, AL C Services du FMI 2009 MBP 5
Zambie MdF 2015 1986 AC C BC 2015 MBP 6
Zimbabwe MdF 2014 1986 AC C BC et MdF 2013 MBP 4
Note : IPC = indice des prix à la consommation; MBP = Manuel de la balance des paiements (le chiffre entre parenthèses qui suit l’abréviation indique l’édition); SCN = Système des
comptes nationaux; SECN = Système européen des comptes nationaux.
1BC = Banque centrale; BSN = bureau de statistiques national; DAP = département des administrations publiques; MdF = ministère des Finances; MEP = ministère de l’Économie et/

ou du Plan; OEI = organisation économique internationale; OF = Office des changes; PFTAC = centre régional d’assistance technique et financière du Pacifique.
2L’année de référence pour les comptes nationaux est la période avec laquelle les Autres périodes sont comparées et la période pour laquelle les prix apparaissent au dénominateur

des rapports de prix utilisés pour calculer l’indice.


3L’utilisation d’une méthode à bases enchaînées permet aux pays de mesurer la croissance du PIB avec plus de précision en réduisant ou en éliminant les biais à la baisse

des séries en volume fondées sur des indices qui établissent la moyenne des composantes en volume à partir de pondérations d’une année assez récente.
4Pour certains pays, la couverture est plus large qu’indiqué pour l’ensemble des administrations publiques. Couverture : AC = administration centrale; ACB = administration centrale

budgétaire; AEF = administrations d’États fédérés; AL = administrations locales; CSS = caisses de sécurité sociale; CT = collectivités territoriales; SPFNM = sociétés publiques finan-
cières non monétaires; SPM = sociétés publiques monétaires; SPNF = sociétés publiques non financières; UCE = unités/comptes extrabudgétaires.
5C = comptabilité de caisse; CE = comptabilité sur base des engagements; E = comptabilité d’exercice; Mixte = comptabilité sur base mixte (droits constatés et caisse).
6Le PIB nominal n’est pas mesuré de la même manière que le PIB réel.

226 Fonds monétaire international | Octobre 2016


APPENDICE STATISTIQUE

Encadré A1. Hypothèses de politique économique retenues pour les projections

Hypothèses de politique budgétaire Arabie saoudite : Les projections des services du FMI
Les hypothèses de politique budgétaire à court terme re- pour les recettes pétrolières reposent sur les cours du pé-
tenues dans les Perspectives de l’économie mondiale (PEM) trole qui servent de référence dans les PEM. Pour ce qui
reposent sur les budgets ou lois de finances annoncés par est des dépenses, les estimations de la masse salariale in-
les autorités et corrigés de manière à tenir compte des cluent le versement d’un 13e mois de salaire tous les
différences entre les hypothèses macroéconomiques et trois ans sur la base du calendrier lunaire. Les projec-
les projections des services du FMI et des autorités na- tions des dépenses prennent comme point de départ le
tionales. Les mesures dont l’application est jugée pro- budget 2016 et supposent que, pour faire face à la baisse
bable sont incluses dans les projections budgétaires à des prix du pétrole, les dépenses d’équipement dimi-
moyen terme. Lorsque les services du FMI ne disposent nuent en pourcentage du PIB à moyen terme.
pas d’informations suffisantes pour évaluer les inten- Argentine : Les projections budgétaires reposent sur les
tions gouvernementales et les perspectives de mise en données disponibles concernant les résultats budgétaires
œuvre des mesures décidées, le solde primaire structurel du gouvernement fédéral, les mesures budgétaires an-
est censé rester inchangé, sauf indication contraire. Les noncées par les autorités et les plans budgétaires des pro-
hypothèses retenues pour certains pays avancés figurent vinces, ainsi que sur les projections macroéconomiques
ci-dessous. (Voir aussi, en ligne et en anglais, les ta- des services du FMI.
bleaux B5 à B9 de l’appendice statistique pour des don- Australie : Les projections budgétaires reposent sur
nées sur la capacité/le besoin de financement et les soldes les données du Bureau australien des statistiques, le
structurels1.) budget 2016–17 et les estimations des services du FMI.
Afrique du Sud : Les projections budgétaires reposent Autriche : Pour 2014, la création d’une structure de
sur l’examen du budget 2016 des autorités. défaisance pour Hypo Alpe Adria devrait accroître le
Allemagne : Les projections des services du FMI ratio dette publique/PIB de 4,2 points, et le déficit de
pour 2016 et au-delà intègrent le plan budgétaire de base de 1,4 point.
l’État fédéral adopté par les autorités et la mise à jour 2016 Belgique : Les projections reposent sur l’évaluation
du programme de stabilité allemand, après prise en compte par les services du FMI des politiques et des mesures
des différences concernant le cadre macroéconomique des énoncées dans le budget 2016 et le programme de sta-
services du FMI. L’estimation de la dette brute inclut la li- bilité 2016–19, incorporés dans le cadre macroéco-
quidation de portefeuilles d’actifs compromis et d’activités nomique des services du FMI.
non essentielles qui avaient été transférées à des institutions Brésil : Pour 2015, les estimations préliminaires re-
en cours de liquidation, ainsi que d’Autres opérations d’aide posent sur les données disponibles en avril 2016. Les
au secteur financier et à l’Union européenne. projections budgétaires pour fin-2016 tiennent compte
des résultats budgétaires jusqu’au 30 juin 2016 et de la
1L’écart de production correspond à la différence entre la produc- révision de l’objectif de déficit annoncée par les autorités
tion effective et la production potentielle, en pourcentage de cette en mai 2016.
dernière. Les soldes structurels sont exprimés en pourcentage de la Canada : Les projections s’appuient sur les prévi-
production potentielle. Le solde structurel correspond à la différence
sions de référence de la Mise à jour des projections éco-
entre le solde capacité/besoin de financement effectif et l’impact de
la production potentielle sur la production conjoncturelle, après cor- nomiques et budgétaires 2015 (novembre 2015), le
rection pour tenir compte de facteurs ponctuels ou Autres, comme Document d’information : perspectives de l’économie
les cours des actifs et des produits de base et les effets de composi- canadienne (février 2016), les mises à jour 2015 des
tion de la production; par conséquent, ses variations incluent les ef- budgets provinciaux et les budgets provinciaux 2016
fets des mesures budgétaires temporaires, l’impact des fluctuations
lorsqu’ils sont disponibles. Les services du FMI ajustent
de taux d’intérêt et du coût du service de la dette, ainsi que d’Autres
fluctuations non cycliques du solde capacité/besoin de financement. ces prévisions pour tenir compte des différences dans
Le calcul du solde structurel repose sur l’estimation par les services les projections macroéconomiques. Les projections du
du FMI du PIB potentiel et des élasticités des recettes et des dépenses FMI incluent également les données les plus récentes du
(voir les Perspectives de l’économie mondiale d’octobre 1993, annexe I). Système canadien des comptes économiques nationaux
La dette nette correspond à la différence entre la dette brute et les ac-
de Statistique Canada, y compris les chiffres des budgets
tifs financiers correspondant aux instruments de dette. Les estima-
tions de l’écart de production et du solde budgétaire structurel com- fédéral, provinciaux et territoriaux jusqu’à la fin du deu-
portent une marge d’incertitude significative. xième trimestre de 2015.

Fonds monétaire international | Octobre 2016 227


PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : DEMANDE MODÉRÉE — SYMPTÔMES ET REMÈDES

Encadré A1 (suite)

Chili : Les projections reposent sur les projections des publiques. Les données rétrospectives commencent
autorités, corrigées de manière à tenir compte des projec- en 2001 pour la plupart des séries parce qu’il est possible
tions des services du FMI pour le PIB et les prix du cuivre. que les données établies selon le Manuel de statistiques de
Chine : Le rééquilibrage budgétaire sera probablement finances publiques 2001 (MSFP 2001) ne soient pas dispo-
plus progressif, du fait des réformes visant à renforcer nibles pour les années précédentes.
le dispositif de protection sociale et le système de sécu- France : Les projections pour 2016 reflètent la loi de
rité sociale qui ont été annoncées dans le cadre du pro- finances. Pour 2017–19, elles reposent sur la loi de fi-
gramme de réforme du Troisième Plénum. nances pluriannuelle et sur le programme de stabilité
Corée : Les prévisions à moyen terme incluent le d’avril 2016 : elles sont corrigées pour tenir compte des
plan de rééquilibrage à moyen terme annoncé par le différences dans les hypothèses concernant les variables
gouvernement. macroéconomiques et financières, et les projections des re-
Danemark : Les estimations pour 2015 sont alignées cettes. Les données budgétaires rétrospectives reflètent la
sur les plus récentes estimations budgétaires officielles et révision et la mise à jour par l’INSEE des comptes budgé-
les projections économiques sous-jacentes, corrigées, le taires et des comptes nationaux en septembre 2016.
cas échéant, pour tenir compte des hypothèses macro- Grèce : Les projections budgétaires tiennent compte de
économiques des services du FMI. Pour 2016–20, les l’évaluation des services du FMI et supposent la mise en
projections incluent les principaux éléments du pro- œuvre intégrale du train de mesures budgétaires des au-
gramme budgétaire à moyen terme, tels qu’énoncés dans torités dans le cadre du programme appuyé par le méca-
le programme de convergence de 2016 qui a été soumis nisme européen de stabilité.
à l’Union européenne. Hong Kong (RAS) : Les projections reposent sur
Espagne : À compter de 2016, les estimations et les pro- les projections à moyen terme des autorités en ce qui
jections budgétaires reposent sur les mesures énoncées concerne les dépenses.
dans la mise à jour du programme de stabilité 2016–19 et Hongrie : Les projections budgétaires incluent les pro-
les projections macroéconomiques du FMI. jections des services du FMI concernant le cadre macro-
États-Unis : Les projections budgétaires reposent sur économique et l’effet des mesures législatives récentes et
le scénario de référence de mars 2016 du Congressional des projets budgétaires annoncés dans le budget 2016.
Budget Office, corrigé de manière à tenir compte des hy- Inde : Les données historiques reposent sur les données
pothèses macroéconomiques et Autres des services du relatives à l’exécution de la loi de finances. Les projections
FMI. Ce scénario inclut les principales dispositions de la sont fondées sur les informations disponibles ayant trait
loi budgétaire bipartisane de 2015, y compris une réduc- aux programmes budgétaires des autorités, avec certains
tion partielle des compressions de dépenses automatiques ajustements pour tenir compte des hypothèses des services
pendant l’exercice 2016. Pour les exercices allant de 2017 du FMI. Les données infranationales sont prises en compte
à 2021, les services du FMI supposent que les compres- avec un retard pouvant aller jusqu’à deux ans; les données
sions de dépenses automatiques continueront d’être rem- sur l’ensemble des administrations publiques sont donc fi-
placées en partie, dans des proportions similaires à celles nales longtemps après celles de l’administration centrale.
des exercices 2014 et 2015, et que des mesures concen- Les présentations du FMI et des autorités diffèrent, notam-
trées en fin de période conduiront à des économies dans ment en ce qui concerne le produit de la cession de partici-
les programmes obligatoires et produiront des recettes pations de l’État et de l’adjudication de licences, l’enregis-
supplémentaires. Les projections incorporent aussi la loi trement net/brut des recettes dans certaines catégories peu
de 2015 relative à la protection des Américains contre les importantes et certains prêts au secteur public.
relèvements des impôts, qui a prolongé certaines baisses Indonésie : Les projections du FMI reposent sur des
d’impôts existantes à court terme et en a rendu d’Autres réformes modérées de la politique et de l’administra-
permanentes. Enfin, les projections budgétaires sont ajus- tion fiscales, les réformes des subventions énergétiques
tées de manière à tenir compte des prévisions des services adoptées en janvier 2015 et une hausse progressive des
du FMI pour les principales variables macroéconomiques dépenses sociales et d’équipement à moyen terme selon
et financières et d’un traitement comptable différent de l’espace budgétaire disponible.
l’aide au secteur financier et des plans de retraite à presta- Irlande : Les projections budgétaires reposent sur la
tions définies, et sont converties en base administrations Déclaration économique de l’été 2016 et sont ajustées

228 Fonds monétaire international | Octobre 2016


APPENDICE STATISTIQUE

Encadré A1 (suite)

de manière à tenir compte des différences entre les pro- supplémentaires. En ce qui concerne les hypothèses de po-
jections macroéconomiques des services du FMI et celles litique économique, le plan de finances publiques et de
des autorités irlandaises. croissance économique présente un scénario à politique in-
Italie : Les projections et les estimations des services changée et un Autre scénario qui comporte diverses me-
du FMI reposent sur les plans budgétaires inclus dans le sures portant sur les recettes et les dépenses; les projections
budget 2016 du gouvernement et le Document écono- du FMI supposent la mise en œuvre intégrale des me-
mique et financier 2016, publié en avril 2016. Les es- sures prévues dans le plan. Sur le plan des recettes, il s’agit
timations du solde corrigé des variations cycliques in- 1) d’élargir l’assiette de l’impôt sur les sociétés et 2) d’amé-
cluent les dépenses visant à régler les arriérés de capital liorer l’administration et le recouvrement de l’impôt; ces
en 2013, qui sont exclus du solde structurel. Après 2016, mesures viennent s’ajouter à l’adoption d’une taxe sur la va-
les services du FMI prévoient un solde structurel leur ajoutée, qui est en cours et devrait s’achever d’ici la fin
constant conformément aux intentions déclarées des au- de 2016. Sur le plan des dépenses, il s’agit de prolonger la
torités, ce qui implique de légères mesures correctives loi 66, qui gèle une bonne partie des dépenses publiques,
certaines années, mais non encore identifiées. jusqu’en 2021, ainsi que de réduire les coûts de fonction-
Japon : Les projections incluent les mesures budgé- nement, les subventions et les dépenses d’éducation et de
taires déjà annoncées par le gouvernement, y compris le santé. Bien que les hypothèses du FMI soient exactement
budget supplémentaire de l’exercice 2016, le plan de re- les mêmes que celles du second scénario du plan, les pro-
lance budgétaire à venir pour 2017 et le relèvement de la jections du FMI pour les recettes, les dépenses et le solde
taxe sur la consommation en octobre 2019. sont différentes. Cela s’explique par deux différences prin-
Mexique : Les projections budgétaires pour 2016 sont cipales sur le plan méthodologique : tout d’abord, les
plus ou moins conformes au budget approuvé; dans les projections du FMI sont effectuées sur la base des droits
projections pour 2017 et au-delà, il est supposé que la constatés, et celles du plan, sur la base des encaissements–
règle de l’équilibre budgétaire est observée. décaissements. Ensuite, les hypothèses macroéconomiques
Nouvelle-Zélande : Les projections budgétaires re- du FMI sont très différentes de celles du plan.
posent sur le budget 2016–17 et les estimations des ser- Portugal : L’estimation pour 2015 reflète les résultats
vices du FMI. de trésorerie et les données de janvier à septembre sur la
Pays-Bas : Les projections budgétaires pour 2016–21 base des comptes nationaux; les projections pour 2016
reposent sur les projections budgétaires du Bureau d’ana- reflètent le budget approuvé, corrigé de manière à tenir
lyse de la politique économique, corrigées des diffé- compte des prévisions macroéconomiques des services
rences dans les hypothèses macroéconomiques. Les don- du FMI et des résultats de trésorerie du premier se-
nées rétrospectives ont été révisées après que le Bureau mestre. Les projections pour les années ultérieures re-
central des statistiques a publié des données révisées en posent sur des politiques inchangées.
juin 2014 en raison de l’adoption du Système européen Royaume-Uni : Les projections budgétaires reposent
des comptes nationaux et régionaux (SEC 2010), ainsi sur le budget 2016, publié en mars 2016. Les projections
que de la révision des sources de données. des recettes sont corrigées de manière à tenir compte des
Porto Rico : Les projections budgétaires reposent sur le chiffres effectifs pour l’exercice 2015/16, et les projec-
plan de finances publiques et de croissance économique, tions des recettes et des dépenses sont corrigées de ma-
qui a été présenté en 2015 en application de l’ordon- nière à tenir compte des différences entre les prévisions
nance du Gouverneur Alejandro García Padilla, et mis à du FMI pour des variables macroéconomiques (telles
jour en ce qui concerne les données sur la dette en 2016. que la croissance du PIB) et les prévisions pour ces va-
Conformément aux hypothèses de ce plan, les projec- riables adoptées dans les projections des autorités. Les
tions du FMI supposent que Porto Rico perdra le finan- données des services du FMI excluent les banques du
cement fédéral pour la loi sur les soins de santé abordables secteur public et l’effet du transfert des actifs du Royal
(Affordable Care Act) à compter de 2018. De même, les Mail Pension Plan au secteur public en avril 2012. La
projections supposent que les incitations fiscales fédérales, consommation et l’investissement réels du secteur pu-
qui neutralisaient les effets de la loi 154 de Porto Rico blic font partie de la trajectoire du PIB réel, qui, selon les
sur les entreprises étrangères, ne seront plus disponibles à services du FMI, pourrait ou non être la même que celle
compter de 2018, ce qui entraînera des pertes de recettes prévue par le Bureau de la responsabilité budgétaire.

Fonds monétaire international | Octobre 2016 229


PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : DEMANDE MODÉRÉE — SYMPTÔMES ET REMÈDES

Encadré A1 (fin)

Russie : Les projections pour 2016–18 sont des es- Canada : Les hypothèses de politique monétaire sont
timations des services du FMI. Les projections conformes aux anticipations des marchés.
pour 2019– 21 reposent sur la règle budgétaire fondée Chine : La politique monétaire restera plus ou moins
sur le cours du pétrole qui a été mise en place en dé- inchangée, les autorités ayant annoncé qu’elles tenaient à
cembre 2012, avec des ajustements des services du FMI. maintenir une croissance stable.
Singapour : Pour les exercices 2015/16 et 2016/17, les Corée : Les hypothèses de politique monétaire sont
projections reposent sur les chiffres de la loi de finances. conformes aux attentes des marchés.
Pour le reste de la période, les services du FMI supposent Danemark : La politique monétaire a pour but de
que la politique économique ne sera pas changée. maintenir le rattachement à l’euro.
Suède : Les projections budgétaires tiennent compte États-Unis : Après que la Réserve fédérale a relevé le taux
des projections des autorités qui reposent sur la loi des fonds fédéraux de 25 points de base mi-décembre, les
de finances du printemps 2016. L’effet de l’évolution conditions financières se sont durcies plus que prévu, et la
conjoncturelle sur les comptes budgétaires est calculé à croissance des salaires n’a pas encore exercé de pression no-
l’aide de l’élasticité 2005 de l’OCDE de manière à tenir table sur les prix. Les services du FMI s’attendent à ce que le
compte des écarts de production et d’emploi. taux cible pour les fonds fédéraux augmente de 50 points de
Suisse : Les projections supposent que la politique bud- base en 2016 et monte progressivement par la suite.
gétaire est ajustée de manière à ce que les soldes budgétaires Hong Kong (RAS) : Les services du FMI supposent que
cadrent avec les exigences des règles budgétaires suisses. le système de caisse d’émission reste inchangé.
Turquie : Les projections budgétaires supposent que les Inde : L’hypothèse pour le taux directeur cadre avec un
dépenses courantes et les dépenses d’équipement seront taux d’inflation qui s’inscrit dans la marge de fluctuation
conformes au programme des autorités pour 2016–18, sur visée par la banque centrale.
la base des tendances et politiques actuelles. Indonésie : Les hypothèses de politique monétaire
cadrent avec le maintien de l’inflation dans la fourchette
Hypothèses de politique monétaire ciblée par la banque centrale d’ici fin 2016.
Les hypothèses de politique monétaire reposent sur le cadre Japon : Les hypothèses de politique monétaires corres-
établi dans chaque pays pour cette politique. Ce cadre sup- pondent aux attentes des marchés.
pose le plus souvent une politique de non-accompagnement Mexique : Les hypothèses de politique monétaire sont
de la conjoncture durant le cycle : les taux d’intérêt offi- compatibles avec l’objectif d’inflation.
ciels augmentent lorsque, d’après les indicateurs écono- Royaume-Uni : Les projections supposent qu’il n’y
miques, il semble que l’inflation va passer au-dessus du taux aura pas de modification du taux directeur sur l’horizon
ou de la fourchette acceptable et diminuent lorsqu’il semble de prévision, ce qui correspond aux attentes des marchés.
qu’elle ne va pas les dépasser, que le taux de croissance est Russie : Les projections monétaires reposent sur un as-
inférieur au taux potentiel et que les capacités inemployées souplissement du taux de change dans le cadre du nou-
sont importantes. En conséquence, on suppose que le taux veau régime de ciblage de l’inflation : les taux directeurs
interbancaire offert à Londres (LIBOR) sur les dépôts en devraient baisser au cours de l’année à venir tandis que
dollars à six mois sera en moyenne de 1,0 % en 2016 et l’inflation continue de fléchir et que les effets de second
1,3 % en 2017 (voir tableau 1.1), le taux moyen des dé- tour sont modérés.
pôts en euros à trois mois de –0,3 % en 2016 et de –0,4 % Singapour : La masse monétaire augmente parallèle-
en 2017, et le taux des dépôts en yen à six mois de 0,0 % ment à la croissance prévue du PIB nominal.
en 2016 et de –0,1 % en 2017. Suède : Les projections monétaires correspondent aux
Afrique du Sud : Les projections monétaires sont com- projections de la banque centrale.
patibles avec la fourchette de 3–6 % retenue comme ob- Suisse : Les projections supposent que le taux directeur
jectif pour l’inflation. ne varie pas en 2016–17.
Arabie saoudite : Les projections de politique moné- Turquie : La monnaie au sens large et le rendement
taire reposent sur la poursuite du rattachement au dollar. des obligations à long terme reposent sur les projections
Australie : Les hypothèses de politique monétaire cor- des services du FMI. Le taux des dépôts à court terme
respondent aux attentes des marchés. devrait évoluer en maintenant un écart constant par rap-
Brésil : Les hypothèses de politique monétaire sont com- port au taux d’un instrument américain similaire.
patibles avec une inflation qui converge progressivement Zone euro : Les hypothèses de politique monétaire
vers le milieu de la fourchette cible sur l’horizon prévu. sont conformes aux anticipations des marchés.

230 Fonds monétaire international | Octobre 2016


APPENDICE STATISTIQUE

Liste des tableaux

Production mondiale
A1. Production mondiale : récapitulation
A2. Pays avancés : PIB réel et demande intérieure totale
A3. Pays avancés : composantes du PIB réel
A4. Pays émergents et en développement : PIB réel

Inflation
A5. Inflation : récapitulation
A6. Pays avancés : prix à la consommation
A7. Pays émergents et en développement : prix à la consommation

Politiques financières
A8. Principaux pays avancés : solde budgétaire et dette des administrations publiques

Commerce extérieur
A9. État récapitulatif du commerce mondial : volume et prix

Transactions courantes
A10. État récapitulatif des soldes des transactions courantes
A11. Pays avancés : soldes des transactions courantes
A12. Pays émergents et en développement : soldes des transactions courantes

Balance des paiements et financement extérieur


A13. État récapitulatif des soldes du compte financier

Flux de ressources
A14. État récapitulatif de la capacité ou du besoin de financement

Scénario de référence à moyen terme


A15. Ensemble du monde — Scénario de référence à moyen terme : récapitulation

Fonds monétaire international | Octobre 2016 231


PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : DEMANDE MODÉRÉE — SYMPTÔMES ET REMÈDES

Tableau A1. Production mondiale : récapitulation1


(Variations annuelles en pourcentage)
Moyennes Projections
1998–2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2021
Monde 4,2 3,0 –0,1 5,4 4,2 3,5 3,3 3,4 3,2 3,1 3,4 3,8
Pays avancés 2,8 0,1 –3,4 3,1 1,7 1,2 1,2 1,9 2,1 1,6 1,8 1,7
États-Unis 3,0 –0,3 –2,8 2,5 1,6 2,2 1,7 2,4 2,6 1,6 2,2 1,6
Zone euro 2,4 0,4 –4,5 2,1 1,5 –0,9 –0,3 1,1 2,0 1,7 1,5 1,5
Japon 1,0 –1,0 –5,5 4,7 –0,5 1,7 1,4 0,0 0,5 0,5 0,6 0,6
Autres pays avancés2 3,6 1,0 –2,0 4,6 2,9 1,9 2,2 2,8 1,9 1,9 1,9 2,3
Pays émergents et en développement 5,8 5,8 2,9 7,5 6,3 5,3 5,0 4,6 4,0 4,2 4,6 5,1
Par région
Communauté des États indépendants3 6,2 5,3 –6,3 4,7 4,7 3,5 2,1 1,1 –2,8 –0,3 1,4 2,4
Pays émergents et en développement d’Asie 7,6 7,2 7,5 9,6 7,9 7,0 7,0 6,8 6,6 6,5 6,3 6,4
Pays émergents et en développement
d’Europe 4,2 3,1 –3,0 4,7 5,4 1,2 2,8 2,8 3,6 3,3 3,1 3,2
Amérique latine et Caraïbes 3,1 4,0 –1,8 6,1 4,6 3,0 2,9 1,0 0,0 –0,6 1,6 2,7
Moyen-Orient, Afrique du Nord, Afghanistan
et Pakistan 5,3 4,8 1,5 4,9 4,5 5,0 2,4 2,7 2,3 3,4 3,4 3,9
Moyen-Orient et Afrique du Nord 5,3 4,8 1,5 5,2 4,6 5,1 2,2 2,6 2,1 3,2 3,2 3,6
Afrique subsaharienne 5,2 5,9 3,9 7,0 5,0 4,3 5,2 5,1 3,4 1,4 2,9 4,2
Pour mémoire
Union européenne 2,7 0,6 –4,3 2,1 1,7 –0,4 0,3 1,6 2,3 1,9 1,7 1,7
Pays en développement à faible revenu 6,0 5,7 5,7 7,4 5,3 5,2 6,2 6,0 4,6 3,7 4,9 5,4
Classification analytique
Source des recettes d’exportation
Combustibles 5,6 5,1 –1,5 5,2 5,0 4,8 2,5 2,3 0,0 0,8 1,8 2,7
Autres produits 5,9 6,0 4,2 8,1 6,6 5,4 5,6 5,2 5,0 5,0 5,3 5,6
Dont : produits primaires 3,8 4,1 –0,8 6,8 4,8 2,6 4,0 1,6 2,8 1,1 2,8 3,7
Source de financement extérieur
Pays débiteurs (net) 4,7 4,5 2,3 6,9 5,1 4,3 4,6 4,2 3,8 3,9 4,6 5,4
Pays débiteurs (net) selon
le service de la dette
Pays ayant accumulé des arriérés
ou bénéficié d’un rééchelonnement
entre 2011 et 2015 5,6 5,1 –0,1 3,8 2,3 1,9 2,5 0,7 0,1 2,6 3,5 5,0
Pour mémoire
Taux de croissance médian
Pays avancés 3,5 0,8 –3,8 2,3 2,0 1,1 1,4 2,2 1,6 1,7 1,9 2,0
Pays émergents et en développement 4,6 4,9 1,7 4,5 4,5 4,0 4,0 3,7 3,1 3,0 3,5 4,0
Pays en développement à faible revenu 4,7 5,6 3,8 6,2 5,6 5,2 5,4 5,0 4,4 3,9 4,5 5,4
Production par habitant
Pays avancés 2,1 –0,6 –4,0 2,5 1,2 0,7 0,7 1,2 1,5 1,0 1,3 1,2
Pays émergents et en développement 4,4 4,3 1,7 6,3 5,1 4,0 3,8 3,5 3,0 3,1 3,6 4,2
Pays en développement à faible revenu 3,8 3,6 3,6 5,3 4,1 2,8 4,0 3,9 2,6 1,7 2,9 3,5
Croissance mondiale sur la base
des cours de change 3,2 1,5 –2,1 4,2 3,0 2,5 2,5 2,7 2,6 2,4 2,8 3,0
Production mondiale (valeur
en milliards de dollars)
Aux cours de change 40.468 63.422 60.048 65.643 72.769 74.092 76.075 78.042 73.599 75.213 79.536 98.632
Sur la base de la parité des pouvoirs d’achat 58.618 83.179 83.479 88.997 94.486 99.270 104.153 109.554 114.137 119.097 125.774 158.562
1PIB réel.
2Hors États-Unis, japon et zone euro.
3La Géorgie, le Turkménistan et l’Ukraine, qui ne sont pas membres de la Communauté des États indépendants, sont inclus dans ce groupe pour des raisons de géographie et de similitude de

structure économique.

232 Fonds monétaire international | Octobre 2016


APPENDICE STATISTIQUE

Tableau A2. Pays avancés : PIB réel et demande intérieure totale1


(Variations annuelles en pourcentage)
4e trimestre2
Moyennes Projections Projections
1998–2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2021 2015 : T4 2016 : T4 2017 : T4
PIB réel
Pays avancés 2,8 0,1 –3,4 3,1 1,7 1,2 1,2 1,9 2,1 1,6 1,8 1,7 1,8 1,7 1,8
États-Unis 3,0 –0,3 –2,8 2,5 1,6 2,2 1,7 2,4 2,6 1,6 2,2 1,6 1,9 2,0 1,9
Zone euro 2,4 0,4 –4,5 2,1 1,5 –0,9 –0,3 1,1 2,0 1,7 1,5 1,5 2,0 1,6 1,6
Allemagne 1,7 0,8 –5,6 4,0 3,7 0,7 0,6 1,6 1,5 1,7 1,4 1,2 1,3 1,7 1,6
France 2,4 0,2 –2,9 2,0 2,1 0,2 0,6 0,6 1,3 1,3 1,3 1,8 1,3 1,3 1,5
Italie 1,5 –1,1 –5,5 1,7 0,6 –2,8 –1,7 –0,3 0,8 0,8 0,9 0,8 1,1 0,7 1,2
Espagne 3,9 1,1 –3,6 0,0 –1,0 –2,6 –1,7 1,4 3,2 3,1 2,2 1,6 3,5 2,6 2,1
Pays-Bas 2,8 1,7 –3,8 1,4 1,7 –1,1 –0,2 1,4 2,0 1,7 1,6 1,6 1,1 2,0 1,7
Belgique 2,4 0,7 –2,3 2,7 1,8 0,2 0,0 1,3 1,4 1,4 1,4 1,5 1,5 1,3 1,4
Autriche 2,6 1,5 –3,8 1,9 2,8 0,8 0,3 0,4 0,9 1,4 1,2 1,1 1,1 1,4 1,0
Grèce 3,9 –0,3 –4,3 –5,5 –9,1 –7,3 –3,2 0,7 –0,2 0,1 2,8 1,8 –0,8 0,7 3,7
Portugal 2,1 0,2 –3,0 1,9 –1,8 –4,0 –1,1 0,9 1,5 1,0 1,1 1,2 1,3 1,2 1,1
Irlande 6,6 –4,4 –4,6 2,0 0,0 –1,1 1,1 8,5 26,3 4,9 3,2 2,8 27,4 5,7 6,0
Finlande 3,8 0,7 –8,3 3,0 2,6 –1,4 –0,8 –0,7 0,2 0,9 1,1 1,6 0,6 1,1 0,9
République slovaque 4,9 5,7 –5,5 5,1 2,8 1,5 1,4 2,5 3,6 3,4 3,3 3,7 4,0 3,1 3,3
Lituanie 6,6 2,6 –14,8 1,6 6,0 3,8 3,5 3,0 1,6 2,6 3,0 3,3 2,1 3,2 2,4
Slovénie 4,3 3,3 –7,8 1,2 0,6 –2,7 –1,1 3,1 2,3 2,3 1,8 1,5 2,1 2,9 0,8
Luxembourg 5,1 –0,8 –5,4 5,7 2,6 –0,8 4,3 4,1 4,8 3,5 3,1 3,0 3,6 2,3 3,7
Lettonie 7,7 –3,6 –14,3 –3,8 6,2 4,0 2,9 2,0 2,7 2,5 3,4 4,0 2,3 6,3 –2,1
Estonie 6,7 –5,4 –14,7 2,5 7,6 5,2 1,6 2,9 1,1 1,5 2,5 3,3 1,0 1,9 2,7
Chypre 4,3 3,7 –2,0 1,4 0,4 –2,4 –6,0 –2,5 1,5 2,8 2,2 2,0 2,8 2,8 2,2
Malte 2,2 3,3 –2,4 3,5 1,8 2,8 4,5 3,5 6,2 4,1 3,4 3,0 6,2 3,3 3,3
Japon 1,0 –1,0 –5,5 4,7 –0,5 1,7 1,4 0,0 0,5 0,5 0,6 0,6 0,8 0,8 0,8
Royaume-Uni 2,9 –0,6 –4,3 1,9 1,5 1,3 1,9 3,1 2,2 1,8 1,1 1,9 1,8 1,4 0,8
Corée 4,8 2,8 0,7 6,5 3,7 2,3 2,9 3,3 2,6 2,7 3,0 3,0 3,1 2,5 3,1
Canada 3,2 1,0 –2,9 3,1 3,1 1,7 2,2 2,5 1,1 1,2 1,9 1,9 0,3 1,5 1,9
Australie 3,6 2,6 1,8 2,3 2,7 3,6 2,0 2,7 2,4 2,9 2,7 2,8 2,8 2,5 3,3
Taiwan, prov. chinoise de 5,0 0,7 –1,6 10,6 3,8 2,1 2,2 3,9 0,6 1,0 1,7 2,7 –0,7 1,3 2,1
Suisse 2,4 2,2 –2,1 2,9 1,9 1,1 1,8 1,9 0,8 1,0 1,3 1,7 0,3 1,2 1,2
Suède 3,5 –0,6 –5,2 6,0 2,7 –0,3 1,2 2,3 4,2 3,6 2,6 2,0 4,8 3,4 1,2
Singapour 5,5 1,8 –0,6 15,2 6,2 3,7 4,7 3,3 2,0 1,7 2,2 2,6 1,7 1,0 2,7
Hong Kong (RAS) 3,8 2,1 –2,5 6,8 4,8 1,7 3,1 2,7 2,4 1,4 1,9 2,9 2,0 1,7 1,8
Norvège 2,4 0,4 –1,6 0,6 1,0 2,7 1,0 2,2 1,6 0,8 1,2 2,1 0,2 0,7 2,3
République tchèque 3,7 2,7 –4,8 2,3 2,0 –0,8 –0,5 2,7 4,5 2,5 2,7 2,2 4,0 2,3 2,4
Israël 3,8 3,0 1,4 5,7 5,1 2,4 4,4 3,2 2,5 2,8 3,0 2,9 2,3 2,8 3,0
Danemark 2,0 –0,7 –5,1 1,6 1,2 –0,1 –0,2 1,3 1,0 1,0 1,4 1,8 0,1 2,4 –1,4
Nouvelle-Zélande 3,5 –0,4 0,3 2,0 1,8 2,8 1,7 3,0 3,0 2,8 2,7 2,6 2,9 2,2 3,3
Porto Rico 2,5 –1,8 –2,0 –0,4 –0,4 0,0 –0,3 –1,4 0,0 –1,8 –1,4 –0,5 ... ... ...
Macao (RAS) ... 3,4 1,3 25,3 21,7 9,2 11,2 –0,9 –20,3 –4,7 0,2 2,6 ... ... ...
Islande 5,0 1,5 –4,7 –3,6 2,0 1,2 4,4 2,0 4,0 4,9 3,8 2,6 2,7 7,6 3,3
Saint-Marin ... 1,7 –12,8 –4,6 –9,5 –7,5 –3,0 –1,0 0,5 1,0 1,2 1,3 ... ... ...
Pour mémoire
Principaux pays avancés 2,4 –0,3 –3,8 2,9 1,6 1,4 1,3 1,7 1,9 1,4 1,7 1,5 1,5 1,6 1,6
Demande intérieure réelle totale
Pays avancés 2,8 –0,3 –3,7 3,0 1,4 0,8 0,9 1,9 2,2 1,7 2,0 1,7 2,1 1,8 2,0
États-Unis 3,4 –1,3 –3,8 2,9 1,6 2,1 1,3 2,4 3,2 1,8 2,5 1,6 2,5 2,3 2,1
Zone euro 2,4 0,3 –4,0 1,5 0,7 –2,3 –0,6 1,1 1,9 1,8 1,6 1,5 2,3 1,4 1,6
Allemagne 1,0 1,0 –3,2 2,9 3,0 –0,8 1,0 1,5 1,4 1,9 1,7 1,6 2,0 1,4 1,8
France 2,7 0,5 –2,5 2,1 2,0 –0,3 0,7 1,1 1,5 1,7 1,3 1,8 2,2 0,8 1,9
Italie 1,8 –1,2 –4,1 2,0 –0,6 –5,6 –2,6 –0,4 1,1 1,0 1,0 0,7 1,8 0,7 1,6
Espagne 4,9 –0,4 –6,0 –0,5 –3,1 –4,7 –3,1 1,6 3,8 3,0 2,1 1,5 4,3 2,6 1,9
Japon 0,6 –1,3 –4,0 2,9 0,4 2,6 1,7 0,0 0,1 0,6 0,8 0,7 0,9 1,0 0,9
Royaume-Uni 3,4 –1,7 –4,9 2,5 –0,6 2,2 2,1 3,4 2,5 1,8 0,1 2,1 1,9 1,3 0,2
Canada 3,4 2,6 –3,0 5,1 3,4 2,0 1,9 1,3 0,0 1,5 2,1 2,0 –1,4 3,1 1,7
Autres pays avancés 3 3,4 1,5 –2,7 6,1 3,1 2,0 1,4 2,5 2,1 1,7 2,6 2,8 2,3 1,3 3,4
Pour mémoire
Principaux pays avancés 2,5 –0,8 –3,7 2,8 1,4 1,2 1,1 1,7 2,2 1,6 1,8 1,5 1,9 1,8 1,7
1Dans ce tableau comme dans les autres, lorsque les pays ne sont pas classés par ordre alphabétique, ils le sont d’après la taille de leur économie.
2Par rapport au quatrième trimestre de l’année précédente.
3Hors G-7 (Allemagne, Canada, États-Unis, France, Italie, Japon, Royaume-Uni) et zone euro.

Fonds monétaire international | Octobre 2016 233


PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : DEMANDE MODÉRÉE — SYMPTÔMES ET REMÈDES

Tableau A3. Pays avancés : composantes du PIB réel


(Variations annuelles en pourcentage)
Moyennes Projections
1998–2007 2008–17 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017
Dépenses de consommation privée
Pays avancés 2,9 1,2 0,1 –1,2 1,9 1,4 1,0 1,1 1,8 2,2 2,2 2,1
États-Unis 3,7 1,7 –0,3 –1,6 1,9 2,3 1,5 1,5 2,9 3,2 2,9 2,7
Zone euro 2,1 0,4 0,3 –1,1 0,8 0,0 –1,1 –0,6 0,8 1,8 1,6 1,5
Allemagne 0,9 1,0 0,5 0,3 0,3 1,3 1,3 0,9 1,0 1,9 1,5 1,5
France 2,7 0,8 0,4 0,2 1,8 0,5 –0,2 0,5 0,7 1,5 1,6 1,4
Italie 1,4 –0,4 –1,1 –1,5 1,2 0,0 –4,0 –2,4 0,6 0,9 1,0 1,0
Espagne 3,9 –0,3 –0,7 –3,6 0,3 –2,4 –3,5 –3,1 1,2 3,1 3,3 2,3
Japon 0,9 0,5 –0,9 –0,7 2,8 0,3 2,3 1,7 –0,9 –1,2 0,5 1,2
Royaume-Uni 3,5 0,8 –0,7 –3,2 0,6 –0,5 1,7 1,6 2,2 2,5 2,7 0,8
Canada 3,5 2,2 2,9 0,0 3,6 2,3 1,9 2,4 2,5 1,9 2,2 2,0
Autres pays avancés1 3,5 2,2 1,1 0,0 3,7 3,0 2,2 2,2 2,3 2,6 2,3 2,6
Pour mémoire
Principaux pays avancés 2,7 1,2 –0,2 –1,2 1,8 1,4 1,1 1,2 1,8 2,1 2,2 2,0
Consommation publique
Pays avancés 2,2 1,0 2,3 3,0 0,9 –0,6 0,1 –0,3 0,4 1,6 1,5 1,0
États-Unis 2,0 0,3 2,5 3,7 0,1 –2,7 –0,9 –2,4 –0,7 1,6 0,7 0,8
Zone euro 1,9 1,0 2,4 2,4 0,8 –0,1 –0,3 0,2 0,6 1,4 1,7 1,1
Allemagne 0,9 2,0 3,4 3,0 1,3 0,9 1,0 1,2 1,2 2,8 3,5 1,9
France 1,4 1,4 1,1 2,4 1,3 1,0 1,6 1,5 1,2 1,4 1,4 1,0
Italie 1,4 –0,2 1,0 0,4 0,6 –1,8 –1,4 –0,3 –1,0 –0,7 0,6 0,5
Espagne 4,9 0,7 5,9 4,1 1,5 –0,3 –4,5 –2,8 0,0 2,7 0,9 0,4
Japon 2,1 1,1 –0,1 2,3 1,9 1,2 1,7 1,9 0,1 1,2 1,7 –0,8
Royaume-Uni 3,2 1,1 2,1 1,1 0,2 0,2 1,7 0,3 2,3 1,4 0,8 0,6
Canada 2,4 1,6 3,8 2,7 2,3 1,3 0,7 0,3 0,3 1,7 1,6 1,9
Autres pays avancés1 2,8 2,5 2,9 3,4 2,8 1,5 2,0 2,2 2,3 2,3 3,1 2,2
Pour mémoire
Principaux pays avancés 1,9 0,8 2,1 2,9 0,7 –1,0 0,1 –0,7 0,0 1,5 1,2 0,8
Formation brute de capital fixe
Pays avancés 3,1 0,3 –2,7 –11,1 1,8 2,9 2,4 1,2 2,9 2,5 1,4 2,4
États-Unis 3,7 0,7 –4,8 –13,1 1,1 3,7 6,3 3,1 4,2 3,7 1,1 3,0
Zone euro 3,3 –0,7 –0,7 –11,2 –0,3 1,6 –3,3 –2,4 1,5 3,1 2,9 2,5
Allemagne 1,3 1,0 0,8 –9,9 5,0 7,4 –0,1 –1,1 3,5 1,2 2,2 1,5
France 3,9 0,0 0,8 –9,1 2,1 2,1 0,2 –0,8 –0,3 1,0 2,4 1,7
Italie 3,0 –3,2 –3,1 –9,9 –0,5 –1,9 –9,3 –6,6 –3,4 0,8 1,4 1,8
Espagne 6,9 –2,7 –3,9 –16,9 –4,9 –6,9 –7,1 –2,5 3,5 6,4 4,2 3,0
Japon –1,1 –0,5 –4,1 –10,6 –0,2 1,4 3,4 2,5 1,3 0,0 0,5 1,6
Royaume-Uni 3,3 –0,2 –6,5 –15,2 5,0 1,9 2,3 3,2 6,7 3,3 1,0 –2,0
Canada 5,1 0,5 1,5 –11,8 11,4 4,6 4,9 –0,4 0,7 –4,4 –1,4 1,1
Autres pays avancés1 3,7 1,7 –0,1 –5,1 6,0 4,0 2,9 2,4 2,1 1,1 1,2 2,6
Pour mémoire
Principaux pays avancés 2,7 0,2 –3,4 –12,0 2,0 3,2 3,4 1,5 3,0 2,2 1,1 2,0

234 Fonds monétaire international | Octobre 2016


APPENDICE STATISTIQUE

Tableau A3. Pays avancés : composantes du PIB réel (fin)


(Variations annuelles en pourcentage)
Moyennes Projections
1998–2007 2008–17 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017
Demande intérieure finale
Pays avancés 2,8 1,0 –0,2 –2,6 1,7 1,3 1,1 0,9 1,8 2,2 2,0 2,0
États-Unis 3,4 1,3 –0,9 –3,1 1,5 1,7 1,9 1,2 2,6 3,1 2,2 2,5
Zone euro 2,3 0,3 0,5 –2,7 0,5 0,3 –1,4 –0,8 0,9 2,0 1,9 1,6
Allemagne 1,0 1,2 1,1 –1,4 1,4 2,5 1,0 0,5 1,5 1,9 2,0 1,5
France 2,6 0,8 0,7 –1,5 1,8 0,9 0,3 0,4 0,6 1,4 1,7 1,4
Italie 1,8 –0,9 –1,2 –2,9 0,7 –0,8 –4,5 –2,7 –0,4 0,6 1,0 1,0
Espagne 4,9 –0,8 –0,5 –5,9 –0,7 –3,0 –4,5 –2,9 1,4 3,7 3,0 2,1
Japon 0,6 0,4 –1,6 –2,3 2,0 0,7 2,4 1,9 –0,3 –0,4 0,8 0,9
Royaume-Uni 3,4 0,7 –1,2 –4,4 1,1 0,0 1,8 1,6 2,9 2,4 2,1 0,3
Canada 3,7 1,7 2,8 –2,2 5,0 2,6 2,4 1,3 1,6 0,3 1,2 1,8
Autres pays avancés1 3,3 2,1 1,1 –0,7 4,3 2,9 2,2 2,2 2,3 2,3 2,2 2,5
Pour mémoire
Principaux pays avancés 2,6 0,9 –0,5 –2,7 1,6 1,3 1,4 0,9 1,7 2,0 1,8 1,8
Formation de stock2
Pays avancés 0,0 0,0 –0,2 –1,1 1,3 0,1 –0,2 0,0 0,1 0,1 –0,2 0,0
États-Unis 0,0 0,0 –0,5 –0,8 1,5 –0,1 0,1 0,2 –0,1 0,2 –0,4 0,0
Zone euro 0,0 –0,1 –0,2 –1,3 0,9 0,4 –0,9 0,2 0,2 –0,1 –0,1 0,0
Allemagne 0,0 –0,2 –0,1 –1,7 1,4 0,5 –1,6 0,4 –0,1 –0,5 –0,2 0,1
France 0,1 0,0 –0,2 –1,1 0,3 1,1 –0,6 0,2 0,5 0,1 0,0 0,0
Italie 0,0 0,0 –0,1 –1,2 1,3 0,2 –1,1 0,2 0,0 0,5 –0,1 0,0
Espagne 0,0 0,0 0,1 –0,2 0,2 –0,1 –0,3 –0,3 0,3 0,1 0,0 0,0
Japon 0,0 0,0 0,2 –1,5 0,9 –0,2 0,2 –0,2 0,2 0,5 –0,1 0,0
Royaume-Uni 0,0 0,1 –0,5 –0,5 1,5 –0,6 0,2 0,3 0,7 –0,2 0,2 –0,2
Canada 0,0 –0,1 0,0 –0,7 0,1 0,7 –0,3 0,5 –0,4 –0,3 –0,4 0,1
Autres pays avancés1 0,1 –0,1 0,3 –1,9 1,9 0,2 –0,3 –0,8 0,3 0,0 –0,4 0,1
Pour mémoire
Principaux pays avancés 0,0 0,0 –0,3 –1,0 1,2 0,0 –0,2 0,2 0,0 0,1 –0,2 0,0
Solde extérieur2
Pays avancés –0,1 0,2 0,5 0,3 0,1 0,3 0,4 0,3 0,0 –0,2 –0,2 –0,1
États-Unis –0,5 0,1 1,1 1,2 –0,5 0,0 0,1 0,3 –0,2 –0,7 –0,3 –0,4
Zone euro 0,0 0,3 0,1 –0,6 0,7 0,9 1,4 0,4 0,0 0,2 0,0 0,0
Allemagne 0,6 0,1 –0,1 –2,6 1,1 0,9 1,4 –0,3 0,3 0,1 0,0 –0,2
France –0,3 –0,1 –0,3 –0,4 –0,1 0,0 0,5 –0,1 –0,5 –0,3 –0,4 0,0
Italie –0,3 0,3 0,2 –1,3 –0,3 1,2 2,8 0,8 0,1 –0,3 –0,2 0,0
Espagne –0,9 1,0 1,6 2,8 0,5 2,1 2,1 1,4 –0,2 –0,5 0,1 0,1
Japon 0,4 –0,1 0,2 –2,0 2,0 –0,8 –0,8 –0,2 0,3 0,4 –0,1 –0,2
Royaume-Uni –0,4 0,1 0,9 0,3 –0,8 1,4 –0,7 –0,8 –0,4 –0,5 –0,1 1,2
Canada –0,3 –0,2 –1,9 0,0 –2,1 –0,3 –0,4 0,4 1,1 1,0 0,3 –0,1
Autres pays avancés1 0,6 0,4 0,4 1,5 0,1 0,5 0,5 0,9 0,4 –0,2 –0,1 0,1
Pour mémoire
Principaux pays avancés –0,2 0,0 0,5 –0,1 0,0 0,1 0,2 0,1 0,0 –0,3 –0,2 –0,2
1Hors G-7 (Allemagne, Canada, États-Unis, France, Italie, Japon, Royaume-Uni) et zone euro.
2Variations en pourcentage du PIB de la période précédente.

Fonds monétaire international | Octobre 2016 235


PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : DEMANDE MODÉRÉE — SYMPTÔMES ET REMÈDES

Tableau A4. Pays émergents et en développement : PIB réel


(Variations annuelles en pourcentage)
Moyennes Projections
1998–2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2021
Communauté des États indépendants1,2 6,2 5,3 –6,3 4,7 4,7 3,5 2,1 1,1 –2,8 –0,3 1,4 2,4
Russie 5,8 5,2 –7,8 4,5 4,0 3,5 1,3 0,7 –3,7 –0,8 1,1 1,5
Russie non comprise 7,5 5,6 –2,4 5,1 6,2 3,6 4,3 2,0 –0,5 0,9 2,3 4,4
Arménie 10,4 6,9 –14,1 2,2 4,7 7,1 3,3 3,6 3,0 3,2 3,4 4,0
Azerbaïdjan 14,1 10,8 9,3 5,0 0,1 2,2 5,8 2,8 1,1 –2,4 1,4 3,2
Bélarus 7,3 10,3 0,1 7,7 5,5 1,7 1,0 1,7 –3,9 –3,0 –0,5 1,8
Géorgie 6,7 2,4 –3,7 6,2 7,2 6,4 3,4 4,6 2,8 3,4 5,2 4,8
Kazakhstan 8,1 3,3 1,2 7,3 7,5 5,0 6,0 4,3 1,2 –0,8 0,6 4,6
Moldova 3,4 7,8 –6,0 7,1 6,8 –0,7 9,4 4,8 –0,5 2,0 3,0 3,8
Ouzbékistan 5,6 9,0 8,1 8,5 8,3 8,2 8,0 8,1 8,0 6,0 6,0 6,0
République kirghize 4,2 7,6 2,9 –0,5 6,0 –0,9 10,9 4,0 3,5 2,2 2,3 4,3
Tadjikistan 7,9 7,9 3,9 6,5 7,4 7,5 7,4 6,7 6,0 6,0 4,5 6,0
Turkménistan 14,4 14,7 6,1 9,2 14,7 11,1 10,2 10,3 6,5 5,4 5,4 6,9
Ukraine3 5,8 2,2 –15,1 0,3 5,5 0,2 0,0 –6,6 –9,9 1,5 2,5 4,0
Pays émergents et en développement
d’Asie 7,6 7,2 7,5 9,6 7,9 7,0 7,0 6,8 6,6 6,5 6,3 6,4
Bangladesh 5,7 5,5 5,3 6,0 6,5 6,3 6,0 6,3 6,8 6,9 6,9 6,5
Bhoutan 7,8 10,8 5,7 9,3 9,7 6,4 3,6 3,8 5,2 6,0 6,4 5,2
Brunei Darussalam 2,0 –2,0 –1,8 2,7 3,7 0,9 –2,1 –2,3 –0,6 0,4 3,9 13,2
Cambodge 9,3 6,7 0,1 6,0 7,1 7,3 7,4 7,1 7,0 7,0 6,9 6,3
Chine 9,9 9,6 9,2 10,6 9,5 7,9 7,8 7,3 6,9 6,6 6,2 5,8
Fidji 2,3 1,0 –1,4 3,0 2,7 1,4 4,7 5,3 4,3 2,5 3,9 3,6
Îles Marshall 1,8 –1,7 6,2 1,3 4,0 1,9 –1,1 0,4 1,4 1,7 1,8 1,3
Îles Salomon 1,1 7,1 –4,7 6,9 12,9 4,7 3,0 2,0 3,3 3,0 3,3 3,2
Inde4 7,1 3,9 8,5 10,3 6,6 5,6 6,6 7,2 7,6 7,6 7,6 8,1
Indonésie 2,7 7,4 4,7 6,4 6,2 6,0 5,6 5,0 4,8 4,9 5,3 6,0
Kiribati 1,9 –1,8 0,3 –1,6 0,5 5,2 5,8 2,4 3,5 3,1 2,5 1,8
Lao, Rép. dém. pop. 6,3 7,8 7,5 8,1 8,0 7,9 8,0 7,5 7,6 7,5 7,3 7,1
Malaisie 4,2 4,8 –1,5 7,5 5,3 5,5 4,7 6,0 5,0 4,3 4,6 5,0
Maldives 8,8 12,7 –5,3 7,2 8,7 2,5 4,7 6,5 1,5 3,0 4,1 4,7
Micronésie 1,0 –2,2 1,0 3,5 1,8 –0,5 –3,6 –3,4 –0,2 1,1 0,7 0,6
Mongolie 5,7 7,8 –2,1 7,3 17,3 12,3 11,6 7,9 2,4 0,0 1,0 5,5
Myanmar 12,0 3,6 5,1 5,3 5,6 7,3 8,4 8,7 7,0 8,1 7,7 7,7
Népal 3,8 6,1 4,5 4,8 3,4 4,8 4,1 6,0 2,7 0,6 4,0 3,8
Palaos ... –5,6 –9,1 3,3 5,0 3,2 –2,4 4,2 9,4 0,0 5,0 2,0
Papouasie-Nouvelle-Guinée 2,6 3,6 2,9 11,6 3,7 6,1 4,7 7,4 6,6 2,5 3,0 3,4
Philippines 4,2 4,2 1,1 7,6 3,7 6,7 7,1 6,2 5,9 6,4 6,7 7,0
Samoa 3,7 2,9 –6,4 –1,4 5,4 0,4 –1,9 1,2 1,6 3,0 1,5 2,1
Sri Lanka 4,3 6,0 3,5 8,0 8,4 9,1 3,4 4,9 4,8 5,0 5,0 5,5
Thaïlande 3,8 1,7 –0,7 7,5 0,8 7,2 2,7 0,8 2,8 3,2 3,3 3,0
Timor-Leste5 ... 14,2 13,0 10,2 8,3 5,8 2,9 5,9 4,3 5,0 5,5 5,5
Tonga 1,2 2,7 3,0 3,2 1,8 –1,1 –0,6 2,9 3,4 2,7 2,4 1,8
Tuvalu ... 8,0 –4,4 –2,7 8,5 0,2 1,3 2,2 2,6 4,0 2,3 2,1
Vanuatu 2,5 6,5 3,3 1,6 1,2 1,8 2,0 2,3 –0,8 4,0 4,5 3,0
Viet Nam 6,8 5,7 5,4 6,4 6,2 5,2 5,4 6,0 6,7 6,1 6,2 6,2
Pays émergents et en développement
d’Europe 4,2 3,1 –3,0 4,7 5,4 1,2 2,8 2,8 3,6 3,3 3,1 3,2
Albanie 7,0 7,5 3,4 3,7 2,5 1,4 1,0 1,8 2,8 3,4 3,7 4,1
Bosnie-Herzégovine 6,2 5,6 –0,8 0,8 0,9 –0,9 2,4 1,1 3,2 3,0 3,2 4,0
Bulgarie 5,3 5,6 –4,2 0,1 1,6 0,2 1,3 1,5 3,0 3,0 2,8 2,5
Croatie 3,7 2,1 –7,4 –1,7 –0,3 –2,2 –1,1 –0,4 1,6 1,9 2,1 2,0
Hongrie 3,7 0,8 –6,6 0,7 1,8 –1,7 1,9 3,7 2,9 2,0 2,5 2,1
Kosovo ... 4,5 3,6 3,3 4,4 2,8 3,4 1,2 4,0 4,1 3,3 4,0
Macédoine, ex-Rép. youg. de 3,4 5,5 –0,4 3,4 2,3 –0,5 2,9 3,5 3,7 2,2 3,5 3,8
Monténégro ... 6,9 –5,7 2,5 3,2 –2,7 3,5 1,8 3,2 5,1 3,6 4,8
Pologne 4,2 3,9 2,6 3,7 5,0 1,6 1,3 3,3 3,6 3,1 3,4 3,0
Roumanie 4,0 8,5 –7,1 –0,8 1,1 0,6 3,5 3,0 3,8 5,0 3,8 3,3
Serbie 3,8 5,4 –3,1 0,6 1,4 –1,0 2,6 –1,8 0,7 2,5 2,8 4,0
Turquie 4,0 0,7 –4,8 9,2 8,8 2,1 4,2 3,0 4,0 3,3 3,0 3,5

236 Fonds monétaire international | Octobre 2016


APPENDICE STATISTIQUE

Tableau A4. Pays émergents et en développement : PIB réel (suite)


(Variations annuelles en pourcentage)
Moyennes Projections
1998–2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2021
Amérique latine et Caraïbes 3,1 4,0 –1,8 6,1 4,6 3,0 2,9 1,0 0,0 –0,6 1,6 2,7
Antigua-et-Barbuda 4,6 1,5 –10,7 –8,5 –1,9 3,6 1,5 4,2 2,2 2,0 2,4 2,7
Argentine6 2,6 4,1 –5,9 10,1 6,0 –1,0 2,4 –2,5 2,5 –1,8 2,7 3,3
Bahamas 2,8 –2,3 –4,2 1,5 0,6 3,1 0,0 –0,5 –1,7 0,3 1,0 1,3
Barbade 2,2 0,4 –4,0 0,3 0,8 0,3 –0,1 0,2 0,9 1,7 1,7 2,4
Belize 5,7 3,2 0,8 3,3 2,1 3,7 1,3 4,1 1,0 0,0 2,6 1,7
Bolivie 3,3 6,1 3,4 4,1 5,2 5,1 6,8 5,5 4,8 3,7 3,9 3,5
Brésil 3,0 5,1 –0,1 7,5 3,9 1,9 3,0 0,1 –3,8 –3,3 0,5 2,0
Chili 4,0 3,2 –1,1 5,7 5,8 5,5 4,0 1,8 2,3 1,7 2,0 3,4
Colombie 3,1 3,5 1,7 4,0 6,6 4,0 4,9 4,4 3,1 2,2 2,7 4,0
Costa Rica 5,5 2,7 –1,0 5,0 4,5 5,2 1,8 3,0 3,7 4,2 4,3 4,0
Dominique 2,4 7,1 –1,2 0,7 –0,2 –1,1 0,8 4,2 –1,8 1,5 2,9 1,7
El Salvador 2,9 1,3 –3,1 1,4 2,2 1,9 1,8 1,4 2,5 2,4 2,4 2,0
Équateur 3,0 6,4 0,6 3,5 7,9 5,6 4,6 3,7 0,3 –2,3 –2,7 1,5
Grenade 4,8 0,9 –6,6 –0,5 0,8 –1,2 2,4 7,3 6,2 3,0 2,7 2,7
Guatemala 3,8 3,3 0,5 2,9 4,2 3,0 3,7 4,2 4,1 3,5 3,8 4,0
Guyana 1,4 2,0 3,3 4,4 5,4 4,8 5,2 3,8 3,2 4,0 4,1 3,8
Haïti 0,9 0,8 3,1 –5,5 5,5 2,9 4,2 2,8 1,2 1,5 3,2 3,5
Honduras 4,4 4,2 –2,4 3,7 3,8 4,1 2,8 3,1 3,6 3,6 3,7 3,8
Jamaïque 1,3 –0,8 –3,4 –1,4 1,4 –0,5 0,2 0,5 0,9 1,5 2,0 2,8
Mexique 2,9 1,4 –4,7 5,1 4,0 4,0 1,4 2,2 2,5 2,1 2,3 2,9
Nicaragua 4,0 2,9 –2,8 3,2 6,2 5,6 4,5 4,6 4,9 4,5 4,3 4,0
Panama 5,6 8,6 1,6 5,8 11,8 9,2 6,6 6,1 5,8 5,2 5,8 6,0
Paraguay 1,6 6,4 –4,0 13,1 4,3 –1,2 14,0 4,7 3,1 3,5 3,6 3,8
Pérou 4,1 9,1 1,0 8,5 6,5 6,0 5,8 2,4 3,3 3,7 4,1 3,5
République dominicaine 5,6 3,1 0,9 8,3 2,8 2,6 4,8 7,3 7,0 5,9 4,5 4,5
Saint-Kitts-et-Nevis 3,5 3,4 –3,8 –3,8 –1,9 –0,9 6,2 6,1 5,0 3,5 3,5 2,8
Saint-Vincent-et-les Grenadines 4,0 –0,5 –2,0 –2,3 0,2 1,3 2,5 0,2 0,6 1,8 2,5 3,0
Sainte-Lucie 2,4 4,2 –0,4 –1,7 0,2 –1,4 0,1 0,4 2,4 1,5 1,9 2,1
Suriname 3,9 4,1 3,0 5,1 5,3 3,1 2,8 1,8 –0,3 –7,0 0,5 3,0
Trinité-et-Tobago 8,2 3,4 –4,4 3,3 –0,3 1,3 2,3 –1,0 –2,1 –2,7 2,3 1,2
Uruguay 1,2 7,2 4,2 7,8 5,2 3,5 4,6 3,2 1,0 0,1 1,2 3,1
Venezuela 2,9 5,3 –3,2 –1,5 4,2 5,6 1,3 –3,9 –6,2 –10,0 –4,5 0,0
Moyen-Orient, Afrique du Nord,
Afghanistan et Pakistan 5,3 4,8 1,5 4,9 4,5 5,0 2,4 2,7 2,3 3,4 3,4 3,9
Afghanistan ... 3,9 20,6 8,4 6,5 14,0 3,9 1,3 0,8 2,0 3,4 6,0
Algérie 4,3 2,4 1,6 3,6 2,8 3,3 2,8 3,8 3,9 3,6 2,9 3,4
Arabie saoudite 2,9 6,2 –2,1 4,8 10,0 5,4 2,7 3,6 3,5 1,2 2,0 2,3
Bahreïn 5,8 6,2 2,5 4,3 2,0 3,7 5,4 4,4 2,9 2,1 1,8 2,2
Djibouti 2,8 5,8 1,6 4,1 7,3 4,8 5,0 6,0 6,5 6,5 7,0 6,0
Égypte 5,1 7,2 4,7 5,1 1,8 2,2 2,1 2,2 4,2 3,8 4,0 6,0
Émirats arabes unis 5,7 3,2 –5,2 1,6 4,9 7,1 4,7 3,1 4,0 2,3 2,5 3,4
Iran 5,2 0,9 2,3 6,6 3,7 –6,6 –1,9 4,3 0,4 4,5 4,1 4,3
Iraq ... 8,2 3,4 6,4 7,5 13,9 7,6 –0,4 –2,4 10,3 0,5 2,0
Jordanie 5,9 7,2 5,5 2,3 2,6 2,7 2,8 3,1 2,4 2,8 3,3 4,0
Koweït 6,0 2,5 –7,1 –2,4 10,9 7,9 0,4 0,6 1,1 2,5 2,6 2,9
Liban 3,2 9,1 10,3 8,0 0,9 2,8 2,5 2,0 1,0 1,0 2,0 3,0
Libye 4,2 2,7 –0,8 5,0 –62,1 104,5 –13,6 –24,0 –6,4 –3,3 13,7 4,8
Maroc 4,6 5,9 4,2 3,8 5,2 3,0 4,5 2,6 4,5 1,8 4,8 4,9
Mauritanie 5,4 1,1 –1,0 4,8 4,7 5,8 6,1 5,4 1,2 3,2 4,3 2,9
Oman 2,4 8,2 6,1 4,8 4,1 5,8 3,2 2,9 3,3 1,8 2,6 2,2
Pakistan 4,9 5,0 0,4 2,6 3,6 3,8 3,7 4,1 4,0 4,7 5,0 5,5
Qatar 10,7 17,7 12,0 19,6 13,4 4,9 4,6 4,0 3,7 2,6 3,4 2,0
Soudan7 11,2 3,0 4,7 3,0 –1,3 –3,4 5,2 1,6 4,9 3,1 3,5 3,5
Syrie8 3,6 4,5 5,9 3,4 ... ... ... ... ... ... ... ...
Tunisie 4,9 4,5 3,1 2,6 –1,9 3,9 2,4 2,3 0,8 1,5 2,8 4,3
Yémen 4,3 3,6 3,9 7,7 –12,7 2,4 4,8 –0,2 –28,1 –4,2 12,6 5,4

Fonds monétaire international | Octobre 2016 237


PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : DEMANDE MODÉRÉE — SYMPTÔMES ET REMÈDES

Tableau A4. Pays émergents et en développement : PIB réel (fin)


(Variations annuelles en pourcentage)
Moyennes Projections
1998–2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2021
Afrique subsaharienne 5,2 5,9 3,9 7,0 5,0 4,3 5,2 5,1 3,4 1,4 2,9 4,2
Afrique du Sud 3,7 3,2 –1,5 3,0 3,3 2,2 2,3 1,6 1,3 0,1 0,8 2,2
Angola 10,3 13,8 2,4 3,4 3,9 5,2 6,8 4,8 3,0 0,0 1,5 3,5
Bénin 4,4 4,9 2,3 2,1 3,0 4,6 6,9 6,5 5,0 4,6 5,4 5,6
Botswana 4,7 6,2 –7,7 8,6 6,0 4,5 9,9 3,2 –0,3 3,1 4,0 4,0
Burkina Faso 5,9 5,8 3,0 8,4 6,6 6,5 6,6 4,0 4,0 5,2 5,9 6,0
Burundi 3,1 4,9 3,8 5,1 4,0 4,4 5,9 4,5 –4,0 –0,5 2,0 4,5
Cabo Verde 7,5 6,7 –1,3 1,5 4,0 1,1 0,8 1,9 1,5 3,6 4,0 4,0
Cameroun 3,8 2,9 1,9 3,3 4,1 4,6 5,6 5,9 5,8 4,8 4,2 4,3
Comores 2,0 1,0 1,8 2,1 2,2 3,0 3,5 2,0 1,0 2,2 3,3 4,0
Congo, Rép. dém. du 1,4 6,2 2,9 7,1 6,9 7,1 8,5 9,5 6,9 3,9 4,2 5,5
Congo, Rép. du 3,3 5,6 7,5 8,7 3,4 3,8 3,3 6,8 2,3 1,7 5,0 2,9
Côte d’Ivoire 0,8 2,5 3,3 2,0 –4,2 10,1 9,3 7,9 8,5 8,0 8,0 7,0
Érythrée 0,7 –9,8 3,9 2,2 8,7 7,0 3,1 5,0 4,8 3,7 3,3 3,9
Éthiopie 6,5 11,2 10,0 10,6 11,4 8,7 9,9 10,3 10,2 6,5 7,5 7,3
Gabon 0,1 1,7 –2,3 6,3 7,1 5,3 5,6 4,3 4,0 3,2 4,5 4,9
Gambie 3,8 5,7 6,4 6,5 –4,3 5,6 4,8 –0,2 4,4 2,3 3,3 5,5
Ghana 4,9 9,1 4,8 7,9 14,0 9,3 7,3 4,0 3,9 3,3 7,4 4,5
Guinée 3,1 4,9 –0,3 1,9 3,8 3,7 2,3 1,1 0,1 3,8 4,4 4,7
Guinée Bissau 0,6 3,2 3,3 4,4 9,4 –1,8 0,8 2,5 4,8 4,8 5,0 5,0
Guinée équatoriale 27,6 17,8 1,3 –8,9 6,5 8,3 –4,1 –0,5 –7,4 –9,9 –5,8 0,1
Kenya 3,6 0,2 3,3 8,4 6,1 4,6 5,7 5,3 5,6 6,0 6,1 6,5
Lesotho 3,2 5,1 4,5 6,9 4,5 5,3 3,6 3,4 2,8 2,4 3,8 2,9
Libéria ... 6,0 5,1 6,1 7,4 8,2 8,7 0,7 0,0 2,0 4,0 6,6
Madagascar 3,7 7,2 –4,7 0,3 1,5 3,0 2,3 3,3 3,1 4,1 4,5 5,0
Malawi 3,1 7,6 8,3 6,9 4,9 1,9 5,2 5,7 2,9 2,7 4,5 5,5
Mali 5,2 4,8 4,7 5,4 3,2 –0,8 2,3 7,0 6,0 5,3 5,2 4,7
Maurice 4,4 5,5 3,0 4,1 3,9 3,2 3,2 3,6 3,5 3,5 3,9 3,9
Mozambique 8,3 6,9 6,4 6,7 7,1 7,2 7,1 7,4 6,6 4,5 5,5 6,8
Namibie 4,2 2,6 0,3 6,0 5,1 5,1 5,7 6,5 5,3 4,2 5,3 4,5
Niger 4,7 9,6 –0,7 8,4 2,2 11,8 5,3 7,0 3,5 5,2 5,0 6,9
Nigéria 7,0 7,2 8,4 11,3 4,9 4,3 5,4 6,3 2,7 –1,7 0,6 3,3
Ouganda 7,1 10,4 8,1 7,7 6,8 2,6 4,0 4,9 4,8 4,9 5,5 6,4
République centrafricaine 1,4 2,1 1,7 3,0 3,3 4,1 –36,7 1,0 4,8 5,2 5,5 5,8
Rwanda 7,7 11,1 6,3 7,3 7,8 8,8 4,7 7,0 6,9 6,0 6,0 7,5
São Tomé-et-Príncipe 3,8 8,1 4,0 4,5 4,8 4,5 4,0 4,5 4,0 4,0 5,0 6,0
Sénégal 4,6 3,7 2,4 4,3 1,9 4,5 3,6 4,3 6,5 6,6 6,8 7,0
Seychelles 2,6 –2,1 –1,1 5,9 5,4 3,7 5,0 6,2 5,7 4,9 3,5 3,3
Sierra Leone 12,0 5,4 3,2 5,3 6,3 15,2 20,7 4,6 –21,1 4,3 5,0 6,5
Soudan du Sud ... ... ... ... ... –52,4 29,3 2,9 –0,2 –13,1 –6,1 0,5
Swaziland 3,5 4,3 1,9 1,4 1,2 3,0 2,9 2,5 1,7 0,5 0,9 1,0
Tanzanie 5,9 5,6 5,4 6,4 7,9 5,1 7,3 7,0 7,0 7,2 7,2 6,5
Tchad 8,2 3,1 4,2 13,6 0,1 8,9 5,7 6,9 1,8 –1,1 1,7 3,5
Togo 1,1 2,4 3,5 4,1 4,8 5,9 5,4 5,4 5,4 5,3 5,0 4,4
Zambie 5,5 7,8 9,2 10,3 5,6 7,6 5,1 5,0 3,0 3,0 4,0 5,5
Zimbabwe9 ... –16,6 7,5 11,4 11,9 10,6 4,5 3,8 1,1 –0,3 –2,5 1,6
1Les données relatives à certains pays portent sur le produit matériel net réel ou sont des estimations fondées sur celui-ci. Les chiffres ne doivent être considérés que comme des ordres de

grandeur parce que des données fiables et comparables ne sont généralement pas disponibles. En particulier, la croissance de la production des nouvelles entreprises privées de l’économie
informelle n’est pas totalement prise en compte dans les chiffres récents.
2La Géorgie, le Turkménistan et l’Ukraine, qui ne sont pas membres de la Communauté des États indépendants, sont inclus dans ce groupe pour des raisons de géographie et de similitude

de structure économique.
3Les données sont basées sur l’édition 2008 du Système de comptabilité nationale. Les données révisées des comptes nationaux sont disponibles à partir de 2000, mais n’incluent pas la

Crimée et Sébastopol à partir de 2010.


4Voir les notes relatives à l’Inde dans la section «Notes sur les pays» de l’appendice statistique.
5Dans ce tableau uniquement, les données pour Timor-Leste sont basées sur le PIB hors pétrole.
6Voir les notes relatives à l'Argentine dans la section «Notes sur les pays» de l’appendice statistique.
7Les données de 2011 pour le Soudan excluent le Soudan du Sud à partir du 9 juillet. Les projections pour 2012 et au-delà portent sur le Soudan actuel.
8Les données pour la Syrie de 2011 et au-delà sont exclues en raison de l’incertitude entourant la situation politique.
9Le dollar du Zimbabwe ne circule plus depuis le début de 2009. Les données sont fondées sur les estimations des prix et des taux de change en dollars établies par les services du FMI.

Il se peut que les estimations en dollars des services du FMI diffèrent des estimations des autorités. Le PIB réel est en prix constants de 2009.

238 Fonds monétaire international | Octobre 2016


APPENDICE STATISTIQUE

Tableau A5. Inflation : récapitulation


(En pourcentage)
Moyennes Projections
1998–2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2021
Déflateurs du PIB
Pays avancés 1,7 1,9 0,7 0,9 1,3 1,2 1,2 1,4 1,2 1,0 1,5 1,8
États-Unis 2,2 2,0 0,8 1,2 2,1 1,8 1,6 1,8 1,1 1,3 2,1 2,2
Zone euro 1,9 2,0 1,0 0,7 1,1 1,3 1,3 0,8 1,2 1,0 1,0 1,5
Japon –1,2 –1,3 –0,5 –2,2 –1,9 –0,9 –0,6 1,7 2,0 0,6 0,4 0,9
Autres pays avancés1 2,0 3,0 0,9 2,0 2,0 1,2 1,4 1,3 0,9 0,7 1,6 2,1
Prix à la consommation
Pays avancés 2,0 3,4 0,2 1,5 2,7 2,0 1,4 1,4 0,3 0,8 1,7 2,0
États-Unis 2,6 3,8 –0,3 1,6 3,1 2,1 1,5 1,6 0,1 1,2 2,3 2,3
Zone euro2 2,0 3,3 0,3 1,6 2,7 2,5 1,3 0,4 0,0 0,3 1,1 1,7
Japon –0,2 1,4 –1,4 –0,7 –0,3 –0,1 0,3 2,8 0,8 –0,2 0,5 1,3
Autres pays avancés1 1,9 3,9 1,4 2,4 3,3 2,1 1,7 1,5 0,6 1,0 1,9 2,1
Pays émergents et en développement3 7,9 9,2 5,0 5,6 7,1 5,8 5,5 4,7 4,7 4,5 4,4 4,0
Par région
Communauté des États indépendants4 19,7 15,4 11,1 7,2 9,7 6,2 6,4 8,1 15,5 8,4 6,3 4,8
Pays émergents et en développement d’Asie 4,2 7,6 2,8 5,1 6,5 4,6 4,6 3,5 2,7 3,1 3,3 3,7
Pays émergents et en développement
d’Europe 18,5 8,0 4,8 5,6 5,4 5,9 4,3 3,8 2,9 3,1 4,2 4,3
Amérique latine et Caraïbes 7,0 6,4 4,6 4,2 5,2 4,6 4,6 4,9 5,5 5,8 4,2 3,6
Moyen-Orient, Afrique du Nord, Afghanistan
et Pakistan 5,8 11,8 7,3 6,6 9,2 9,8 9,1 6,8 5,8 5,1 6,0 4,3
Moyen-Orient et Afrique du Nord 5,7 11,7 6,1 6,2 8,6 9,7 9,3 6,6 6,0 5,4 6,1 4,1
Afrique subsaharienne 10,2 12,9 9,8 8,2 9,4 9,3 6,6 6,3 7,0 11,3 10,8 7,9
Pour mémoire
Union européenne 2,6 3,7 1,0 2,0 3,1 2,6 1,5 0,5 0,0 0,3 1,3 1,8
Pays en développement à faible revenu 9,4 14,6 8,2 9,2 11,7 9,9 8,0 7,3 7,3 8,9 9,1 7,1
Classification analytique
Source des recettes d’exportation
Combustibles 12,2 12,6 7,6 6,5 8,3 7,8 7,7 6,3 8,6 7,4 6,2 4,7
Autres produits 6,7 8,2 4,3 5,4 6,8 5,3 4,9 4,3 3,8 3,8 4,0 3,9
Dont : produits primaires5 ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ...
Source de financement extérieur
Pays débiteurs (net) 9,1 9,4 7,2 6,8 7,7 7,0 6,3 5,7 5,5 5,6 5,7 4,8
Pays débiteurs (net) selon
le service de la dette
Pays ayant accumulé des arriérés
ou bénéficié d’un rééchelonnement
entre 2011 et 2015 9,0 15,4 13,0 10,2 10,6 8,2 7,1 11,2 16,8 10,1 14,1 6,5
Pour mémoire
Taux d’inflation médian
Pays avancés 2,1 4,1 0,9 1,9 3,2 2,6 1,3 0,7 0,1 0,5 1,2 2,0
Pays émergents et en développement3 4,9 10,3 3,7 4,2 5,4 4,6 4,0 3,2 2,7 3,0 3,5 3,5
1Hors États-Unis, japon et zone euro.
2Sur la base de l’indice des prix à la consommation harmonisé d’Eurostat.
3Hors Argentine et Venezuela. Voir les notes relatives à l’Argentine dans la section «Notes sur les pays» de l’appendice statistique.
4La Géorgie, le Turkménistan et l’Ukraine, qui ne sont pas membres de la Communauté des États indépendants, sont inclus dans ce groupe pour des raisons de géographie et de similitude de

structure économique.
5Les données sont manquantes à cause de l’Argentine qui représente plus de 30 % des pondérations du groupe. Voir les notes relatives à l’Argentine dans la section «Notes sur les pays» de

l’appendice statistique.

Fonds monétaire international | Octobre 2016 239


PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : DEMANDE MODÉRÉE — SYMPTÔMES ET REMÈDES

Tableau A6. Pays avancés : prix à la consommation1


(Variations annuelles en pourcentage)
Fin de période2
Moyennes Projections Projections
1998–2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2021 2015 2016 2017
Pays avancés 2,0 3,4 0,2 1,5 2,7 2,0 1,4 1,4 0,3 0,8 1,7 2,0 0,5 1,2 1,8
États-Unis 2,6 3,8 –0,3 1,6 3,1 2,1 1,5 1,6 0,1 1,2 2,3 2,3 0,7 1,8 2,6
Zone euro3 2,0 3,3 0,3 1,6 2,7 2,5 1,3 0,4 0,0 0,3 1,1 1,7 0,2 0,6 1,0
Allemagne 1,5 2,8 0,2 1,1 2,5 2,1 1,6 0,8 0,1 0,4 1,5 2,0 0,3 1,2 1,6
France 1,7 3,2 0,1 1,7 2,3 2,2 1,0 0,6 0,1 0,3 1,0 1,7 0,3 0,0 0,2
Italie 2,3 3,5 0,8 1,6 2,9 3,3 1,2 0,2 0,1 –0,1 0,5 1,2 0,1 –0,6 0,8
Espagne 3,0 4,1 –0,3 1,8 3,2 2,4 1,4 –0,1 –0,5 –0,3 1,0 1,6 0,0 0,7 0,7
Pays-Bas 2,3 2,2 1,0 0,9 2,5 2,8 2,6 0,3 0,2 0,1 0,9 1,3 0,2 0,5 1,0
Belgique 1,9 4,5 0,0 2,3 3,4 2,6 1,2 0,5 0,6 2,1 1,6 1,5 1,5 2,5 1,2
Autriche 1,7 3,2 0,4 1,7 3,5 2,6 2,1 1,5 0,8 0,9 1,5 2,0 1,1 1,2 1,3
Grèce 3,3 4,2 1,3 4,7 3,1 1,0 –0,9 –1,4 –1,1 –0,1 0,6 1,8 0,4 –0,1 1,1
Portugal 2,9 2,7 –0,9 1,4 3,6 2,8 0,4 –0,2 0,5 0,7 1,1 1,8 0,3 2,4 0,0
Irlande 3,3 3,1 –1,7 –1,6 1,2 1,9 0,5 0,3 0,0 0,3 1,2 2,0 0,0 0,7 1,3
Finlande 1,5 3,9 1,6 1,7 3,3 3,2 2,2 1,2 –0,2 0,4 1,2 2,0 –0,2 0,9 1,4
République slovaque 6,4 4,0 0,9 0,7 4,1 3,7 1,5 –0,1 –0,3 –0,2 1,1 2,0 –0,5 0,3 1,4
Lituanie 2,2 11,2 4,2 1,2 4,1 3,2 1,2 0,2 –0,7 0,5 1,2 2,2 –0,2 0,5 2,2
Slovénie 5,6 5,7 0,9 1,8 1,8 2,6 1,8 0,2 –0,5 –0,3 1,0 2,0 –0,4 0,3 0,8
Luxembourg 2,5 4,1 0,0 2,8 3,7 2,9 1,7 0,7 0,1 0,2 1,0 2,1 0,9 1,8 –1,0
Lettonie 4,6 15,3 3,3 –1,2 4,2 2,3 0,0 0,7 0,2 0,2 1,7 2,0 0,4 0,3 1,8
Estonie 4,4 10,6 0,2 2,7 5,1 4,2 3,2 0,5 0,1 0,5 1,4 2,2 –0,2 0,9 2,3
Chypre3 2,5 4,4 0,2 2,6 3,5 3,1 0,4 –0,3 –1,5 –1,0 0,5 1,9 –0,5 0,0 0,5
Malte 2,5 4,7 1,8 2,0 2,5 3,2 1,0 0,8 1,2 1,2 1,5 1,8 1,3 1,8 1,5
Japon –0,2 1,4 –1,4 –0,7 –0,3 –0,1 0,3 2,8 0,8 –0,2 0,5 1,3 0,2 –0,1 0,7
Royaume-Uni3 1,6 3,6 2,2 3,3 4,5 2,8 2,6 1,5 0,1 0,7 2,5 2,0 0,1 1,5 2,5
Corée 3,2 4,7 2,8 2,9 4,0 2,2 1,3 1,3 0,7 1,0 1,9 2,0 1,3 1,3 2,2
Canada 2,1 2,4 0,3 1,8 2,9 1,5 0,9 1,9 1,1 1,6 2,1 2,0 1,3 1,8 2,1
Australie 2,8 4,3 1,8 2,9 3,4 1,7 2,5 2,5 1,5 1,3 2,1 2,5 1,7 1,6 2,0
Taiwan, prov. chinoise de 0,9 3,5 –0,9 1,0 1,4 1,9 0,8 1,2 –0,3 1,1 1,1 2,2 0,1 0,6 1,1
Suisse 0,8 2,4 –0,5 0,7 0,2 –0,7 –0,2 0,0 –1,1 –0,4 0,0 1,0 –1,3 0,0 0,2
Suède 1,5 3,3 1,9 1,9 1,4 0,9 0,4 0,2 0,7 1,1 1,4 2,1 0,7 1,2 1,6
Singapour 0,7 6,6 0,6 2,8 5,2 4,6 2,4 1,0 –0,5 –0,3 1,1 1,9 –0,7 0,5 1,4
Hong Kong (RAS) –0,8 4,3 0,6 2,3 5,3 4,1 4,3 4,4 3,0 2,5 2,6 3,0 3,0 2,5 2,6
Norvège 1,9 3,8 2,2 2,4 1,3 0,7 2,1 2,0 2,2 3,2 2,3 2,5 2,3 3,0 2,5
République tchèque 3,3 6,3 1,0 1,5 1,9 3,3 1,4 0,4 0,3 0,6 1,9 2,0 0,1 1,1 2,2
Israël 2,3 4,6 3,3 2,7 3,5 1,7 1,5 0,5 –0,6 –0,6 0,8 2,0 –1,0 –0,1 1,2
Danemark 2,1 3,4 1,3 2,3 2,8 2,4 0,8 0,6 0,5 0,4 1,1 2,0 0,4 0,4 1,1
Nouvelle-Zélande 2,2 4,0 2,1 2,3 4,0 1,1 1,1 1,2 0,3 0,7 1,6 2,0 0,1 1,4 1,7
Porto Rico 2,3 5,2 0,3 2,5 2,9 1,3 1,1 0,6 –0,8 –0,2 1,1 1,2 –0,2 –0,2 1,1
Macao (RAS) ... 8,5 1,2 2,8 5,8 6,1 5,5 6,0 4,6 2,6 2,8 2,8 3,7 2,6 2,8
Islande 4,2 12,7 12,0 5,4 4,0 5,2 3,9 2,0 1,6 1,7 3,1 2,5 2,0 2,2 3,5
Saint-Marin ... 4,1 2,4 2,6 2,0 2,8 1,3 1,1 0,14 0,6 0,7 1,2 0,4 0,9 1,1
Pour mémoire
Principaux pays avancés 1,9 3,2 –0,1 1,4 2,6 1,9 1,3 1,5 0,2 0,8 1,8 2,0 0,5 1,2 1,9
1Les variations des prix à la consommation sont exprimées en moyennes annuelles.
2Il s’agit de variations mensuelles en glissement annuel, et pour plusieurs pays, de variations trimestrielles.
3Sur la base de l’indice des prix à la consommation harmonisé d’Eurostat.

240 Fonds monétaire international | Octobre 2016


APPENDICE STATISTIQUE

Tableau A7. Pays émergents et en développement : prix à la consommation1


(Variations annuelles en pourcentage)
Fin de période2
Moyennes Projections Projections
1998–2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2021 2015 2016 2017
Communauté des États indépendants3,4 19,7 15,4 11,1 7,2 9,7 6,2 6,4 8,1 15,5 8,4 6,3 4,8 13,9 7,1 5,8
Russie 21,2 14,1 11,7 6,9 8,4 5,1 6,8 7,8 15,5 7,2 5,0 4,0 12,9 5,9 4,9
Russie non comprise 15,3 19,3 9,5 8,0 13,1 9,0 5,6 8,7 15,3 11,2 9,2 6,6 16,3 9,8 8,1
Arménie 3,2 9,0 3,5 7,3 7,7 2,5 5,8 3,0 3,7 –0,5 2,5 4,0 –0,1 1,0 3,5
Azerbaïdjan 3,8 20,8 1,6 5,7 7,9 1,0 2,4 1,4 4,0 10,2 8,5 4,0 7,7 12,8 4,2
Bélarus 55,3 14,8 13,0 7,7 53,2 59,2 18,3 18,1 13,5 12,7 12,0 9,0 12,0 13,0 11,0
Géorgie 7,3 10,0 1,7 7,1 8,5 –0,9 –0,5 3,1 4,0 2,6 3,6 3,0 4,9 3,2 4,0
Kazakhstan 8,3 17,1 7,3 7,1 8,3 5,1 5,8 6,7 6,5 13,1 9,3 7,1 12,0 9,0 9,0
Moldova 15,0 12,7 0,0 7,4 7,6 4,6 4,6 5,1 9,6 6,8 4,4 5,0 13,5 3,5 4,7
Ouzbékistan 18,9 13,1 12,3 12,3 12,4 11,9 11,7 9,1 8,5 8,4 9,6 10,0 8,4 8,0 9,8
République kirghize 9,7 24,5 6,8 7,8 16,6 2,8 6,6 7,5 6,5 1,1 7,4 5,1 3,4 3,3 5,7
Tadjikistan 20,2 20,4 6,4 6,5 12,4 5,8 5,0 6,1 5,8 6,3 7,3 6,0 5,1 7,0 6,4
Turkménistan 10,4 14,5 –2,7 4,4 5,3 5,3 6,8 6,0 6,4 5,5 5,0 6,9 6,0 5,0 5,0
Ukraine5 12,1 25,2 15,9 9,4 8,0 0,6 –0,3 12,1 48,7 15,1 11,0 5,0 43,3 13,0 8,5
Pays émergents et en développement
d’Asie 4,2 7,6 2,8 5,1 6,5 4,6 4,6 3,5 2,7 3,1 3,3 3,7 2,7 3,2 3,3
Bangladesh 5,7 8,9 4,9 9,4 11,5 6,2 7,5 7,0 6,4 6,7 6,9 5,7 6,5 7,0 7,0
Bhoutan 5,1 6,8 6,3 5,7 7,3 9,3 11,3 9,9 6,3 4,4 4,6 4,7 7,4 7,6 6,9
Brunei Darussalam 0,2 2,1 1,0 0,2 0,1 0,1 0,4 –0,2 –0,4 –0,3 0,0 0,1 –1,0 0,4 0,1
Cambodge 3,8 25,0 –0,7 4,0 5,5 2,9 3,0 3,9 1,2 3,1 2,7 0,2 2,8 3,2 2,9
Chine 1,1 5,9 –0,7 3,3 5,4 2,6 2,6 2,0 1,4 2,1 2,3 3,0 1,6 2,3 2,3
Fidji 3,0 7,7 3,7 3,7 7,3 3,4 2,9 0,5 1,4 3,3 2,8 2,8 1,6 3,3 2,8
Îles Marshall ... 14,7 0,5 1,8 5,4 4,3 1,9 1,1 –2,2 0,6 1,1 2,1 –2,2 0,7 1,1
Îles Salomon 8,7 17,3 7,1 0,9 7,4 5,9 5,4 5,2 0,9 2,4 4,0 2,9 3,5 4,5 2,7
Inde 5,2 9,2 10,6 9,5 9,5 9,9 9,4 5,9 4,9 5,5 5,2 4,9 5,3 5,3 5,3
Indonésie 14,1 9,8 5,0 5,1 5,3 4,0 6,4 6,4 6,4 3,7 4,2 4,0 3,4 3,4 4,4
Kiribati 1,8 13,7 9,8 –3,9 1,5 –3,0 –1,5 2,1 0,6 1,5 2,0 2,5 0,6 1,5 2,0
Lao, Rép. dém. pop. 24,0 7,6 0,0 6,0 7,6 4,3 6,4 5,5 5,3 –3,3 2,3 3,1 5,5 –4,5 2,3
Malaisie 2,4 5,4 0,6 1,7 3,2 1,7 2,1 3,1 2,1 2,1 3,0 3,0 2,7 2,1 3,0
Maldives 1,8 12,0 4,5 6,2 11,3 10,9 4,0 2,5 1,4 2,1 2,6 4,2 1,9 2,0 3,2
Micronésie 2,0 6,6 7,7 3,7 4,3 6,3 2,0 0,6 –1,0 1,9 1,3 3,0 –1,0 1,9 1,3
Mongolie 7,3 26,8 6,3 10,2 7,7 15,0 8,6 12,9 5,9 2,4 6,7 6,5 1,1 5,9 5,8
Myanmar 23,4 11,5 2,2 8,2 2,8 2,8 5,7 5,9 11,4 9,8 9,0 6,9 10,7 10,4 7,7
Népal 5,5 6,7 12,6 9,6 9,6 8,3 9,9 9,0 7,2 10,0 9,9 6,5 7,6 11,5 8,3
Palaos ... 9,9 4,7 1,1 2,6 5,4 2,8 4,0 2,2 2,0 2,0 2,0 0,8 3,2 0,8
Papouasie-Nouvelle-Guinée 8,6 10,8 6,9 5,1 4,4 4,5 5,0 5,2 6,0 6,9 7,5 6,0 6,3 7,0 7,5
Philippines 5,2 8,2 4,2 3,8 4,7 3,2 2,9 4,2 1,4 2,0 3,4 3,5 1,5 2,9 3,2
Samoa 4,5 11,6 6,3 0,8 5,2 2,0 0,6 –0,4 0,9 0,3 1,0 3,0 0,4 0,3 1,7
Sri Lanka 9,8 22,4 3,5 6,2 6,7 7,5 6,9 3,3 0,9 4,1 5,3 5,0 2,8 5,4 5,2
Thaïlande 2,8 5,5 –0,9 3,3 3,8 3,0 2,2 1,9 –0,9 0,3 1,6 2,5 –0,9 1,3 1,7
Timor-Leste ... 7,4 –0,2 5,2 13,2 10,9 9,5 0,7 0,6 –0,6 1,3 4,0 –0,6 –0,6 3,3
Tonga 7,6 7,5 3,5 3,9 4,6 2,0 1,5 1,2 –0,1 0,1 1,5 2,7 –0,4 0,5 2,5
Tuvalu ... 10,4 –0,3 –1,9 0,5 1,4 2,0 1,1 3,2 3,5 2,9 2,5 4,4 3,5 2,9
Vanuatu 2,5 4,8 4,3 2,8 0,9 1,3 1,5 0,8 2,5 2,2 2,6 3,0 1,5 2,5 2,7
Viet Nam 4,9 23,1 6,7 9,2 18,7 9,1 6,6 4,1 0,6 2,0 3,6 4,0 0,6 3,5 3,8
Pays émergents et en développement
d’Europe 18,5 8,0 4,8 5,6 5,4 5,9 4,3 3,8 2,9 3,1 4,2 4,3 3,5 3,9 3,7
Albanie 4,1 3,4 2,3 3,6 3,4 2,0 1,9 1,6 1,9 1,1 2,2 3,0 2,0 1,8 2,3
Bosnie-Herzégovine 2,4 7,4 –0,4 2,1 3,7 2,0 –0,1 –0,9 –1,0 –0,7 0,5 2,0 –1,2 –0,3 0,7
Bulgarie6 7,3 12,0 2,5 3,0 3,4 2,4 0,4 –1,6 –1,1 –1,6 0,6 2,1 –0,9 –0,8 1,4
Croatie 3,4 6,1 2,4 1,0 2,3 3,4 2,2 –0,2 –0,5 –1,0 0,8 2,0 –0,1 –0,1 1,2
Hongrie 7,5 6,0 4,2 4,9 3,9 5,7 1,7 –0,2 –0,1 0,4 1,9 3,0 0,5 0,8 2,6
Kosovo ... 9,4 –2,4 3,5 7,3 2,5 1,8 0,4 –0,5 0,2 0,9 2,2 –0,1 0,5 1,7
Macédoine, ex-Rép. youg. de 1,9 7,2 –0,6 1,7 3,9 3,3 2,8 –0,1 –0,2 0,1 0,7 2,0 –0,3 0,5 1,0
Monténégro ... 9,0 3,6 0,7 3,1 3,6 2,2 –0,7 1,6 0,5 1,3 2,0 1,4 1,0 1,4
Pologne 4,6 4,2 3,4 2,6 4,3 3,7 0,9 0,0 –0,9 –0,6 1,1 2,5 –0,5 0,2 1,5
Roumanie 24,2 7,8 5,6 6,1 5,8 3,3 4,0 1,1 –0,6 –1,5 1,7 2,5 –0,9 –0,3 2,7
Serbie 25,3 12,4 8,1 6,1 11,1 7,3 7,7 2,1 1,4 1,3 3,2 4,0 1,6 2,0 3,5
Turquie 33,9 10,4 6,3 8,6 6,5 8,9 7,5 8,9 7,7 8,4 8,2 6,5 8,8 9,1 6,2

Fonds monétaire international | Octobre 2016 241


PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : DEMANDE MODÉRÉE — SYMPTÔMES ET REMÈDES

Tableau A7. Pays émergents et en développement : prix à la consommation1 (suite)


(Variations annuelles en pourcentage)
Fin de période2
Moyennes Projections Projections
1998–2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2021 2015 2016 2017
Amérique latine et Caraïbes7 7,0 6,4 4,6 4,2 5,2 4,6 4,6 4,9 5,5 5,8 4,2 3,6 6,2 5,1 3,9
Antigua-et-Barbuda 1,8 5,3 –0,6 3,4 3,5 3,4 1,1 1,1 1,0 1,4 1,8 2,5 0,9 1,4 2,2
Argentine8 6,8 8,6 6,3 10,5 9,8 10,0 10,6 ... ... ... 23,2 9,7 ... 39,4 20,5
Bahamas 1,9 4,4 1,7 1,6 3,1 1,9 0,4 1,2 1,9 1,0 1,5 1,3 2,0 1,0 1,5
Barbade 2,6 8,1 3,6 5,8 9,4 4,5 1,8 1,9 –1,1 0,3 2,0 2,5 –2,5 1,7 2,3
Belize 1,8 6,4 –1,1 0,9 1,7 1,2 0,5 1,2 –0,9 1,0 2,2 2,0 –0,6 2,0 2,3
Bolivie 4,1 14,0 3,3 2,5 9,9 4,5 5,7 5,8 4,1 3,9 5,1 5,0 3,0 5,1 5,0
Brésil 6,6 5,7 4,9 5,0 6,6 5,4 6,2 6,3 9,0 9,0 5,4 4,5 10,7 7,2 5,0
Chili 3,3 8,7 1,5 1,4 3,3 3,0 1,9 4,4 4,3 4,0 3,0 3,0 4,4 3,5 3,0
Colombie 8,0 7,0 4,2 2,3 3,4 3,2 2,0 2,9 5,0 7,6 4,1 3,0 6,8 6,0 3,7
Costa Rica 10,9 13,4 7,8 5,7 4,9 4,5 5,2 4,5 0,8 0,7 2,6 3,0 –0,8 2,2 3,0
Dominique 1,6 6,4 0,0 2,8 1,1 1,4 0,0 0,8 –0,8 –0,2 1,6 2,2 –0,1 –0,1 1,8
El Salvador 3,1 7,3 0,5 1,2 5,1 1,7 0,8 1,1 –0,7 1,0 1,5 2,0 1,0 0,3 2,0
Équateur 22,4 8,4 5,2 3,6 4,5 5,1 2,7 3,6 4,0 2,4 1,1 0,7 3,4 2,9 –0,2
Grenade 2,3 8,0 –0,3 3,4 3,0 2,4 0,0 –0,8 –0,6 2,3 3,4 2,1 1,0 2,8 2,8
Guatemala 6,9 11,4 1,9 3,9 6,2 3,8 4,3 3,4 2,4 4,5 3,6 4,0 3,1 4,3 4,0
Guyana 6,2 8,1 3,0 4,3 4,4 2,4 2,2 1,0 –0,3 0,2 2,1 3,0 –1,8 2,2 2,0
Haïti 15,1 14,4 3,4 4,1 7,4 6,8 6,8 3,9 7,5 13,3 9,1 5,0 11,3 12,0 7,0
Honduras 9,1 11,4 5,5 4,7 6,8 5,2 5,2 6,1 3,2 3,1 4,1 4,5 2,4 4,7 4,5
Jamaïque 9,3 22,0 9,6 12,6 7,5 6,9 9,4 8,3 3,7 4,4 5,2 4,9 3,7 5,2 5,2
Mexique 7,3 5,1 5,3 4,2 3,4 4,1 3,8 4,0 2,7 2,8 3,3 3,0 2,1 3,2 3,1
Nicaragua 9,0 19,8 3,7 5,5 8,1 7,2 7,1 6,0 4,0 6,2 7,3 7,7 3,1 6,2 7,3
Panama 1,5 8,8 2,4 3,5 5,9 5,7 4,0 2,6 0,1 0,7 1,5 2,0 0,3 1,0 1,5
Paraguay 8,8 10,2 2,6 4,7 8,3 3,7 2,7 5,0 3,1 4,1 4,1 4,5 3,1 3,8 4,1
Pérou 2,8 5,8 2,9 1,5 3,4 3,7 2,8 3,2 3,5 3,6 2,5 2,5 4,4 2,9 2,5
République dominicaine 12,2 10,6 1,4 6,3 8,5 3,7 4,8 3,0 0,8 2,3 4,0 4,0 2,3 3,0 4,0
Saint-Kitts-et-Nevis 3,4 5,3 2,1 0,7 7,1 1,4 1,0 0,7 –2,8 –1,3 0,8 1,8 –2,9 0,2 1,3
Saint-Vincent-et-les Grenadines 2,2 10,1 0,4 0,8 3,2 2,6 0,8 0,2 –1,7 –0,4 1,2 1,5 –2,1 1,0 1,3
Sainte-Lucie 2,8 5,5 –0,2 3,3 2,8 4,2 1,5 3,5 –1,0 –1,0 3,2 2,5 –2,6 0,6 4,0
Suriname 20,5 14,6 –0,4 6,7 17,8 5,0 1,9 3,4 6,9 67,1 30,7 4,0 25,0 76,7 9,2
Trinité-et-Tobago 5,3 12,1 7,0 10,5 5,1 9,2 5,3 5,7 4,7 4,8 5,3 4,6 1,5 5,2 5,3
Uruguay 8,6 7,9 7,1 6,7 8,1 8,1 8,6 8,9 8,7 10,2 8,7 6,3 9,4 9,9 8,8
Venezuela 21,0 30,4 27,1 28,2 26,1 21,1 40,6 62,2 121,7 475,8 1.660,1 4.505,0 180,9 720,0 2.200,0
Moyen-Orient, Afrique du Nord,
Afghanistan et Pakistan 5,8 11,8 7,3 6,6 9,2 9,8 9,1 6,8 5,8 5,1 6,0 4,3 5,1 6,1 5,8
Afghanistan ... 26,4 –6,8 2,2 11,8 6,4 7,4 4,7 –1,5 4,5 6,0 7,0 0,1 4,7 7,2
Algérie 2,9 4,9 5,7 3,9 4,5 8,9 3,3 2,9 4,8 5,9 4,8 4,0 4,4 5,9 4,8
Arabie saoudite 0,4 6,1 4,1 3,8 3,7 2,9 3,5 2,7 2,2 4,0 2,0 2,0 2,3 4,0 2,0
Bahreïn 0,8 3,5 2,8 2,0 –0,4 2,8 3,3 2,7 1,8 3,6 3,0 2,4 0,7 4,4 2,5
Djibouti 2,3 12,0 1,7 4,0 5,1 3,7 2,4 2,9 2,1 3,0 3,5 3,0 1,9 3,0 3,0
Égypte 5,1 11,7 16,2 11,7 11,1 8,6 6,9 10,1 11,0 10,2 18,2 7,1 11,4 14,0 16,5
Émirats arabes unis 4,5 12,3 1,6 0,9 0,9 0,7 1,1 2,3 4,1 3,6 3,1 3,6 3,8 3,6 3,1
Iran 14,9 25,3 10,7 12,4 21,2 30,8 34,7 15,6 11,9 7,4 7,2 5,0 8,3 8,0 6,5
Iraq ... 2,7 –2,2 2,4 5,6 6,1 1,9 2,2 1,4 2,0 2,0 2,0 2,3 2,0 2,0
Jordanie 2,7 14,0 –0,7 4,8 4,2 4,5 4,8 2,9 –0,9 –0,5 2,3 2,5 –1,6 1,2 2,5
Koweït 2,2 6,3 4,6 4,5 4,9 3,2 2,7 2,9 3,2 3,4 3,8 3,6 3,2 3,4 3,8
Liban 1,7 10,8 1,2 4,0 5,0 6,6 4,8 1,9 –3,7 –0,7 2,0 2,0 –3,4 2,0 2,0
Libye –0,7 10,4 2,4 2,5 15,9 6,1 2,6 2,8 14,1 14,2 12,5 7,3 23,3 7,4 16,9
Maroc 1,8 3,9 1,0 1,0 0,9 1,3 1,9 0,4 1,5 1,3 1,3 2,0 0,6 1,2 1,3
Mauritanie 6,5 7,5 2,1 6,3 5,7 4,9 4,1 3,8 0,5 1,3 4,2 5,1 –2,8 3,5 4,2
Oman 1,0 12,6 3,5 3,3 4,0 2,9 1,2 1,0 0,1 1,1 3,1 2,8 0,1 1,1 3,1
Pakistan 5,8 12,0 19,6 10,1 13,7 11,0 7,4 8,6 4,5 2,9 5,2 5,0 3,2 4,5 5,0
Qatar 5,1 15,1 –4,9 –2,4 2,0 1,9 3,1 3,4 1,8 3,0 3,1 2,2 ... ... ...
Soudan9 9,4 14,3 11,3 13,0 18,3 35,4 36,5 36,9 16,9 13,5 16,1 13,7 12,6 16,5 13,7
Syrie10 2,6 15,2 2,8 4,4 ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ...
Tunisie 2,6 4,3 3,7 3,3 3,5 5,1 5,8 4,9 4,9 3,7 3,9 3,5 4,1 4,0 3,9
Yémen 10,6 19,0 3,7 11,2 19,5 9,9 11,0 8,2 39,4 5,0 18,0 9,0 18,8 22,0 15,0

242 Fonds monétaire international | Octobre 2016


APPENDICE STATISTIQUE

Tableau A7. Pays émergents et en développement : prix à la consommation1 (fin)


(Variations annuelles en pourcentage)
Fin de période2
Moyennes Projections Projections
1998–2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2021 2015 2016 2017
Afrique subsaharienne 10,2 12,9 9,8 8,2 9,4 9,3 6,6 6,3 7,0 11,3 10,8 7,9 8,2 12,8 10,0
Angola 93,1 12,5 13,7 14,5 13,5 10,3 8,8 7,3 10,3 33,7 38,3 17,8 14,3 48,0 32,0
Afrique du Sud 5,4 11,5 7,1 4,3 5,0 5,7 5,8 6,1 4,6 6,4 6,0 5,5 5,2 6,7 5,5
Bénin 2,9 7,4 0,9 2,2 2,7 6,7 1,0 –1,1 0,3 0,6 2,2 2,3 2,3 2,2 2,3
Botswana 8,1 12,6 8,1 6,9 8,5 7,5 5,9 4,4 3,0 3,2 3,5 4,5 3,1 3,3 3,6
Burkina Faso 2,1 10,7 0,9 –0,6 2,8 3,8 0,5 –0,3 0,9 1,6 2,0 2,0 1,3 1,6 2,0
Burundi 8,9 24,4 10,6 6,5 9,6 18,2 7,9 4,4 5,6 6,3 9,4 5,0 7,1 11,6 7,6
Cabo Verde 2,1 6,8 1,0 2,1 4,5 2,5 1,5 –0,2 0,1 0,1 1,3 2,0 –0,5 1,0 1,5
Cameroun 2,2 5,3 3,0 1,3 2,9 2,4 2,1 1,9 2,7 2,2 2,2 2,2 2,8 2,2 2,2
Comores 3,6 4,8 4,8 3,9 2,2 5,9 1,6 1,3 2,0 2,2 2,2 2,2 3,3 6,4 1,5
Congo, Rép. dém. du 79,5 18,0 46,1 23,5 14,9 0,9 0,9 1,2 1,0 1,7 2,7 3,0 0,9 2,5 3,0
Congo, Rép. du 2,5 6,0 4,3 5,0 1,8 5,0 4,6 0,9 2,0 4,0 3,7 3,6 2,2 4,6 3,5
Côte d’Ivoire 2,8 6,3 1,0 1,4 4,9 1,3 2,6 0,4 1,2 1,0 1,5 2,0 1,3 1,2 1,7
Érythrée 15,3 19,9 33,0 11,2 3,9 6,0 6,5 10,0 9,0 9,0 9,0 9,0 9,0 9,0 9,0
Éthiopie 6,6 44,4 8,5 8,1 33,2 24,1 8,1 7,4 10,1 7,7 8,2 8,2 10,0 9,7 8,0
Gabon 0,3 5,3 1,9 1,4 1,3 2,7 0,5 4,5 0,1 2,5 2,5 2,5 0,1 2,5 2,5
Gambie 6,1 4,5 4,6 5,0 4,8 4,6 5,2 6,2 6,8 8,3 7,6 5,0 6,7 10,0 5,2
Ghana 17,9 16,5 13,1 6,7 7,7 7,1 11,7 15,5 17,2 17,0 10,0 6,0 17,7 13,5 8,0
Guinée 13,7 18,4 4,7 15,5 21,4 15,2 11,9 9,7 8,2 8,2 8,1 5,0 7,3 8,8 7,5
Guinée Bissau 2,6 10,4 –1,6 1,1 5,1 2,1 0,8 –1,0 1,5 2,6 2,8 3,0 2,4 2,5 2,5
Guinée équatoriale 5,4 4,7 5,7 5,3 4,8 3,4 3,2 4,3 1,7 1,5 1,4 1,8 1,6 1,4 1,5
Kenya 5,9 15,1 10,6 4,3 14,0 9,4 5,7 6,9 6,6 6,2 5,5 5,0 8,0 5,6 5,5
Lesotho 7,2 10,7 5,9 3,4 6,0 5,5 5,0 4,0 5,3 8,6 6,0 5,0 6,0 8,5 6,0
Libéria ... 17,5 7,4 7,3 8,5 6,8 7,6 9,9 7,7 8,6 8,5 7,5 8,0 8,8 8,2
Madagascar 10,0 9,3 9,0 9,2 9,5 5,7 5,8 6,1 7,4 6,7 6,9 5,4 7,6 7,1 7,1
Malawi 19,5 8,7 8,4 7,4 7,6 21,3 28,3 23,8 21,9 19,8 13,9 8,1 24,9 15,2 10,2
Mali 1,7 9,1 2,2 1,3 3,1 5,3 –0,6 0,9 1,4 1,0 1,3 2,5 1,0 1,0 1,5
Maurice 6,1 9,7 2,5 2,9 6,5 3,9 3,5 3,2 1,3 1,5 2,1 2,6 1,3 2,0 2,2
Mozambique 9,6 10,3 3,3 12,7 10,4 2,1 4,2 2,3 2,4 16,7 15,5 5,6 11,1 20,0 12,2
Namibie 7,4 9,1 9,5 4,9 5,0 6,7 5,6 5,3 3,4 6,6 6,0 5,7 3,7 7,3 6,0
Niger 1,8 11,3 4,3 –2,8 2,9 0,5 2,3 –0,9 1,0 1,6 2,0 2,0 2,2 1,6 2,2
Nigéria 11,3 11,6 12,5 13,7 10,8 12,2 8,5 8,0 9,0 15,4 17,1 13,4 9,6 18,5 17,0
Ouganda 5,1 12,0 13,0 3,8 15,1 12,9 5,0 3,1 5,5 5,5 5,1 5,0 8,5 5,2 5,1
République centrafricaine 1,8 9,3 3,5 1,5 1,2 5,9 6,6 11,6 4,5 4,0 3,5 3,0 4,8 4,0 3,5
Rwanda 5,9 15,4 10,3 2,3 5,7 6,3 4,2 1,8 2,5 5,3 4,9 5,0 4,5 4,7 5,0
São Tomé-et-Príncipe 16,2 32,0 17,0 13,3 14,3 10,6 8,1 7,0 5,3 3,9 3,5 3,0 4,0 4,0 3,0
Sénégal 1,8 6,3 –2,2 1,2 3,4 1,4 0,7 –1,1 0,1 1,0 1,8 1,8 0,4 1,4 1,7
Seychelles 3,2 37,0 31,8 –2,4 2,6 7,1 4,3 1,4 4,0 –0,8 2,5 3,0 3,2 0,9 3,1
Sierra Leone 11,6 14,8 9,2 17,8 18,5 13,8 9,8 8,3 9,0 9,7 9,0 6,5 10,1 9,5 9,0
Soudan du Sud ... ... ... ... ... 45,1 0,0 1,7 52,8 476,0 110,7 20,0 109,9 583,9 38,1
Swaziland 7,0 12,7 7,4 4,5 6,1 8,9 5,6 5,7 5,0 7,0 6,1 5,8 4,9 5,5 6,6
Tanzanie 6,3 10,3 12,1 7,2 12,7 16,0 7,9 6,1 5,6 5,2 5,0 5,0 6,8 5,0 5,0
Tchad 1,3 8,3 10,1 –2,1 1,9 7,7 0,2 1,7 3,7 0,0 5,2 3,0 –0,3 5,0 3,0
Togo 1,9 8,7 3,7 1,4 3,6 2,6 1,8 0,2 1,8 2,1 2,5 2,0 1,8 2,3 2,5
Zambie 19,7 12,4 13,4 8,5 8,7 6,6 7,0 7,8 10,1 19,1 9,1 5,0 21,1 9,5 8,7
Zimbabwe11 –18,5 157,0 6,2 3,0 3,5 3,7 1,6 –0,2 –2,4 –1,6 4,6 2,0 –2,5 –1,2 6,0
1Les variations des prix à la consommation sont exprimées en moyennes annuelles.
2Ils’agit de variations mensuelles en glissement annuel, et pour plusieurs pays, de variations trimestrielles.
3Pour un grand nombre de pays, l’inflation des premières années est mesurée sur la base d’un indice des prix de détail. Des indices de prix à la consommation dont la couverture est plus large et

plus à jour sont généralement utilisés pour les années plus récentes.
4La Géorgie, le Turkménistan et l’Ukraine, qui ne sont pas membres de la Communauté des États indépendants, sont inclus dans ce groupe pour des raisons de géographie et de similitude de

structure économique.
5Les données excluent la Crimée et Sébastopol à compter de 2014.
6Sur la base de l’indice des prix à la consommation harmonisé d’Eurostat.
7Hors Argentine et Venezuela.
8Voir les notes relatives à l’Argentine dans la section «Notes sur les pays» de l’appendice statistique.
9Les données de 2011 pour le Soudan excluent le Soudan du Sud à partir du 9 juillet. Les projections pour 2012 et au-delà portent sur le Soudan actuel.
10Les données pour la Syrie de 2011 et au-delà sont exclues en raison de l’incertitude entourant la situation politique.
11Le dollar du Zimbabwe ne circule plus depuis le début de 2009. Les données sont fondées sur les estimations des prix et des taux de change en dollars établies par les services du FMI. Il se

peut que les estimations en dollars des services du FMI diffèrent des estimations des autorités.

Fonds monétaire international | Octobre 2016 243


PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : DEMANDE MODÉRÉE — SYMPTÔMES ET REMÈDES

Tableau A8. Principaux pays avancés : solde budgétaire et dette des administrations publiques1
(En pourcentage du PIB, sauf indication contraire)
Moyennes Projections
1998–2007 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2021
Principaux pays avancés
Prêt/emprunt (net) –3,2 –8,8 –7,4 –6,4 –4,4 –3,8 –3,2 –3,6 –3,3 –2,5
Écart de production2 0,9 –2,7 –2,2 –1,8 –1,7 –1,4 –0,8 –0,7 –0,4 –0,1
Solde structurel2 –3,7 –7,4 –6,5 –5,3 –3,9 –3,3 –2,8 –3,2 –3,1 –2,5
États-Unis
Prêt/emprunt (net)3 –3,1 –10,9 –9,6 –7,9 –4,4 –4,2 –3,5 –4,1 –3,7 –3,7
Écart de production2 2,0 –3,4 –3,1 –2,2 –1,9 –1,3 –0,4 –0,5 0,0 0,1
Solde structurel2 –3,7 –9,6 –8,2 –6,4 –4,3 –3,9 –3,3 –3,9 –3,7 –3,7
Dette nette 41,7 69,4 75,9 79,4 80,8 80,3 79,8 82,2 82,3 84,4
Dette brute 60,7 94,7 99,0 102,5 104,6 104,6 105,2 108,2 108,4 108,3
Zone euro
Prêt/emprunt (net) –2,0 –6,2 –4,2 –3,7 –3,0 –2,6 –2,1 –2,0 –1,7 –0,6
Écart de production2 0,5 –1,5 –0,6 –1,9 –2,7 –2,5 –1,8 –1,2 –0,8 0,2
Solde structurel2 –2,4 –4,6 –3,8 –2,1 –1,3 –1,1 –0,9 –1,2 –1,1 –0,6
Dette nette 47,8 57,8 60,2 65,7 67,8 68,3 67,6 67,4 67,0 62,2
Dette brute 68,1 84,1 86,7 91,3 93,3 94,3 92,5 91,7 91,0 84,2
Allemagne
Prêt/emprunt (net) –2,3 –4,2 –1,0 0,0 –0,2 0,3 0,7 0,1 0,1 0,6
Écart de production2 –0,2 –1,3 1,0 0,4 –0,3 0,0 0,0 0,4 0,4 0,2
Solde structurel2 –2,4 –2,4 –1,3 –0,2 0,0 0,6 0,7 –0,1 –0,2 0,5
Dette nette 44,3 57,1 55,2 54,4 53,4 50,1 47,5 45,4 43,7 36,8
Dette brute 61,9 81,0 78,3 79,5 77,1 74,5 71,0 68,2 65,9 56,7
France
Prêt/emprunt (net) –2,5 –6,8 –5,1 –4,8 –4,0 –4,0 –3,5 –3,3 –3,0 –1,0
Écart de production2 0,3 –1,9 –0,9 –1,7 –2,2 –2,5 –2,2 –1,8 –1,5 0,2
Solde structurel2 –2,8 –5,6 –4,5 –3,6 –2,6 –2,4 –2,0 –2,0 –1,9 –1,1
Dette nette 53,8 73,7 76,4 81,6 84,4 87,4 88,2 89,2 89,8 85,8
Dette brute 62,4 81,7 85,2 89,6 92,4 95,3 96,1 97,1 97,8 93,8
Italie
Prêt/emprunt (net) –2,9 –4,2 –3,5 –2,9 –2,9 –3,0 –2,6 –2,5 –2,2 0,0
Écart de production2 –0,2 –1,3 –0,5 –2,8 –4,1 –4,1 –3,3 –2,5 –1,7 0,0
Solde structurel2,4 –3,5 –3,7 –3,9 –1,6 –0,6 –1,1 –0,8 –1,2 –1,1 0,0
Dette nette 90,0 98,3 100,4 105,0 109,9 112,5 113,3 113,8 113,9 106,7
Dette brute 103,7 115,4 116,5 123,3 129,0 132,5 132,7 133,2 133,4 125,0
Japon
Prêt/emprunt (net) –5,8 –9,3 –9,8 –8,8 –8,6 –6,2 –5,2 –5,2 –5,1 –3,1
Écart de production2 –0,7 –2,7 –3,4 –2,0 –1,1 –1,5 –1,5 –1,5 –1,3 –1,2
Solde structurel2 –5,6 –7,9 –8,4 –7,9 –8,3 –5,8 –4,8 –4,9 –4,8 –2,9
Dette nette 70,0 113,1 127,2 129,0 124,2 126,2 125,3 127,9 130,7 131,5
Dette brute5 162,4 215,8 231,6 238,0 244,5 249,1 248,0 250,4 253,0 253,9
Royaume-Uni
Prêt/emprunt (net) –1,6 –9,5 –7,6 –7,7 –5,7 –5,6 –4,2 –3,3 –2,7 –0,7
Écart de production2 1,0 –2,5 –2,0 –2,3 –1,7 –0,7 –0,2 –0,1 –0,4 0,0
Solde structurel2 –2,2 –7,4 –6,0 –6,0 –4,2 –4,9 –4,0 –3,2 –2,5 –0,7
Dette nette 34,1 68,5 72,9 76,2 77,6 79,5 80,4 80,5 80,3 73,6
Dette brute 38,4 75,7 81,3 84,8 86,0 87,9 89,0 89,0 88,8 82,1
Canada
Prêt/emprunt (net) 1,1 –4,7 –3,3 –2,5 –1,9 –0,5 –1,3 –2,5 –2,3 –0,9
Écart de production2 1,3 –2,4 –1,1 –1,3 –0,9 –0,4 –0,9 –1,1 –0,6 –0,1
Solde structurel2 0,4 –3,4 –2,7 –1,8 –1,4 –0,5 –0,8 –1,9 –1,9 –0,8
Dette nette 38,2 26,8 27,1 28,2 29,4 28,1 26,3 26,9 25,3 17,2
Dette brute 78,1 81,1 81,5 84,8 86,1 86,2 91,5 92,1 90,5 82,2
Note : La méthodologie et les hypothèses propres à chaque pays sont décrites à l’encadré A1 de l’appendice statistique. Les chiffres composites des données budgétaires pour les groupes
de pays sont la somme en dollars des valeurs correspondant à chaque pays.
1Les données sur la dette sont celles de la fin de l’année et ne sont pas toujours comparables entre les pays. Les dettes brutes et nettes déclarées par les organismes statistiques nationaux

pour les pays qui ont adopté le Système de comptabilité nationale 2008 (Australie, Canada, États-Unis et RAS de Hong Kong) sont ajustées de manière à exclure les engagements au
titre des retraites non capitalisées des plans de retraite à prestations définies des fonctionnaires. Les données budgétaires pour les principaux pays avancés agrégés et les États-Unis
commencent en 2001, et la moyenne pour le total agrégé et les États-Unis portent donc sur la période 2001–07.
2En pourcentage du PIB potentiel.
3Les chiffres déclarés par l’organisme national des statistiques sont ajustés pour exclure les postes liés à la comptabilité d’exercice des plans de retraite à prestations définies des

fonctionnaires.
4Hors les mesures ponctuelles basées sur les données des autorités et, faute de ces dernières, les recettes de la vente des actifs.
5Comprend les prises de participation; sur base non consolidée.

244 Fonds monétaire international | Octobre 2016


APPENDICE STATISTIQUE

Tableau A9. État récapitulatif du commerce mondial : volume et prix


(Variations annuelles en pourcentage)
Moyennes Projections
1998–2007 2008–17 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017
Commerce de biens et de services
Commerce mondial1
Volume 6,8 2,9 2,9 –10,5 12,4 7,0 2,8 3,5 3,8 2,6 2,3 3,8
Déflateur des prix
En dollars 2,7 –0,3 11,5 –10,4 5,6 11,1 –1,7 –0,6 –1,8 –13,2 –2,8 2,5
En DTS 1,6 0,6 8,1 –8,2 6,7 7,4 1,3 0,1 –1,7 –5,7 –2,8 2,2
Volume du commerce
Exportations
Pays avancés 5,8 2,5 1,9 –11,1 12,0 5,9 2,3 3,2 3,8 3,6 1,8 3,5
Pays émergents et en développement 8,8 3,7 4,8 –8,3 13,6 9,0 3,8 4,5 3,5 1,3 2,9 3,6
Importations
Pays avancés 6,2 2,1 0,4 –11,6 11,4 5,1 1,2 2,3 3,8 4,2 2,4 3,9
Pays émergents et en développement 8,9 4,5 9,5 –8,8 14,0 11,0 5,5 5,3 4,5 –0,6 2,3 4,1
Termes de l’échange
Pays avancés –0,2 0,1 –2,2 2,6 –1,0 –1,5 –0,7 0,8 0,3 1,8 0,9 0,1
Pays émergents et en développement 1,7 –0,1 3,8 –5,0 1,9 3,3 0,6 –0,1 –0,5 –4,1 –1,0 –0,1
Commerce de biens
Commerce mondial1
Volume 6,9 2,8 2,5 –11,5 14,3 6,9 2,5 3,2 3,2 2,4 2,3 3,8
Déflateur des prix
En dollars 2,6 –0,5 12,4 –11,8 6,6 12,5 –1,8 –1,1 –2,5 –14,4 –3,7 2,6
En DTS 1,5 0,4 8,9 –9,7 7,7 8,7 1,2 –0,4 –2,4 –7,1 –3,6 2,3
Prix mondiaux en dollars2
Produits manufacturés 1,5 0,4 6,2 –5,3 2,6 6,4 0,9 –1,5 –1,0 –2,9 –2,1 1,4
Pétrole 14,0 –3,3 36,4 –36,3 27,9 31,6 1,0 –0,9 –7,5 –47,2 –15,4 17,9
Produits primaires hors combustibles 3,9 –0,7 7,9 –16,0 26,6 18,0 –10,0 –1,4 –4,0 –17,5 –2,7 0,9
Produits alimentaires 2,1 1,2 24,3 –15,2 12,1 20,2 –2,4 0,7 –4,1 –17,1 1,9 –0,3
Boissons –0,6 3,4 23,3 1,6 14,1 16,6 –18,6 –11,9 20,7 –3,1 –3,3 3,7
Matières premières agricoles 0,2 –0,1 –0,7 –17,1 33,2 22,7 –12,7 1,6 1,9 –13,5 –7,6 1,9
Métaux 10,4 –4,3 –7,8 –19,2 48,2 13,5 –16,8 –4,3 –10,3 –23,1 –7,5 1,7
Prix mondiaux en DTS2
Produits manufacturés 0,4 1,3 2,9 –3,0 3,7 2,8 4,0 –0,7 –0,9 5,4 –2,0 1,1
Pétrole 12,7 –2,5 32,2 –34,8 29,3 27,2 4,1 –0,1 –7,5 –42,7 –15,4 17,5
Produits primaires hors combustibles 2,8 0,2 4,6 –13,9 28,0 14,0 –7,3 –0,6 –3,9 –10,4 –2,7 0,5
Produits alimentaires 1,0 2,1 20,5 –13,1 13,3 16,1 0,6 1,5 –4,1 –10,0 2,0 –0,6
Boissons –1,6 4,3 19,5 4,1 15,3 12,7 –16,1 –11,2 20,8 5,2 –3,3 3,3
Matières premières agricoles –0,8 0,8 –3,8 –15,1 34,6 18,6 –10,0 2,4 2,0 –6,1 –7,5 1,6
Métaux 9,3 –3,4 –10,7 –17,2 49,8 9,7 –14,3 –3,5 –10,2 –16,6 –7,5 1,4
Prix mondiaux en euros2
Produits manufacturés –0,5 2,4 –1,1 0,1 7,7 1,4 9,2 –4,7 –1,0 16,3 –2,7 0,4
Pétrole 11,8 –1,4 27,1 –32,7 34,3 25,5 9,3 –4,1 –7,6 –36,8 –16,0 16,8
Produits primaires hors combustibles 1,9 1,3 0,5 –11,2 32,9 12,5 –2,6 –4,5 –4,0 –1,2 –3,4 –0,1
Produits alimentaires 0,2 3,2 15,8 –10,4 17,7 14,6 5,6 –2,5 –4,2 –0,7 1,3 –1,2
Boissons –2,4 5,5 14,8 7,3 19,8 11,2 –11,9 –14,7 20,7 16,1 –3,9 2,7
Matières premières agricoles –1,7 1,9 –7,5 –12,5 39,8 17,0 –5,5 –1,6 1,8 3,6 –8,2 0,9
Métaux 8,4 –2,4 –14,1 –14,6 55,5 8,3 –10,0 –7,3 –10,3 –7,9 –8,1 0,8

Fonds monétaire international | Octobre 2016 245


PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : DEMANDE MODÉRÉE — SYMPTÔMES ET REMÈDES

Tableau A9. État récapitulatif du commerce mondial : volume et prix (fin)


(Variations annuelles en pourcentage)
Moyennes Projections
1998–2007 2008–17 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017
Commerce de biens
Volume du commerce
Exportations
Pays avancés 5,9 2,4 1,6 –13,0 14,7 6,0 1,9 2,6 3,4 3,4 1,7 3,5
Pays émergents et en développement 9,1 3,6 4,1 –8,8 15,0 8,1 4,2 4,3 2,8 1,1 3,0 3,4
Pays exportateurs de combustibles 5,2 2,0 4,2 –7,9 5,5 7,7 3,7 1,3 –0,2 1,7 2,7 2,2
Pays exportateurs d’autres produits 10,6 4,2 4,1 –9,2 18,9 8,3 4,4 5,8 4,1 0,9 3,1 3,7
Importations
Pays avancés 6,3 2,0 –0,3 –12,8 13,0 5,3 0,4 1,9 3,5 3,9 2,4 4,1
Pays émergents et en développement 8,9 4,3 8,9 –9,0 15,1 10,3 5,3 5,0 2,8 –0,2 2,5 3,9
Pays exportateurs de combustibles 9,6 2,3 14,3 –13,0 6,5 8,6 9,9 4,8 1,5 –8,1 –2,6 4,4
Pays exportateurs d’autres produits 8,8 4,7 7,4 –8,1 17,4 10,7 4,3 5,0 3,1 1,7 3,6 3,8
Déflateur des prix en DTS
Exportations
Pays avancés 0,8 0,0 5,8 –7,4 4,4 6,4 –0,3 0,5 –1,9 –6,4 –2,0 2,0
Pays émergents et en développement 4,0 1,0 14,6 –12,8 12,9 12,4 2,8 –0,9 –3,2 –8,8 –5,7 3,0
Pays exportateurs de combustibles 9,1 –0,7 24,7 –24,6 22,5 23,0 3,6 –1,9 –7,0 –28,6 –11,1 10,1
Pays exportateurs d’autres produits 2,0 1,5 10,1 –6,9 8,9 8,1 2,4 –0,5 –1,6 –0,9 –4,1 1,1
Importations
Pays avancés 1,1 0,0 8,6 –10,7 6,4 8,6 1,0 –0,4 –2,0 –8,0 –3,2 1,8
Pays émergents et en développement 2,4 1,1 10,0 –8,4 11,1 9,0 2,2 –0,9 –2,9 –4,9 –4,7 2,9
Pays exportateurs de combustibles 2,0 1,6 8,4 –5,5 9,3 9,9 1,9 –1,2 –2,8 –1,9 –2,8 1,8
Pays exportateurs d’autres produits 2,4 1,0 10,5 –9,1 11,5 8,8 2,3 –0,9 –2,9 –5,7 –5,2 3,1
Termes de l’échange
Pays avancés –0,3 0,0 –2,6 3,7 –1,8 –2,0 –1,3 0,8 0,1 1,8 1,2 0,2
Pays émergents et en développement 1,6 –0,1 4,1 –4,8 1,6 3,1 0,6 0,0 –0,3 –4,0 –1,0 0,1
Par région
Communauté des États indépendants3 5,3 –1,0 15,5 –16,7 11,7 6,7 1,9 –1,3 –0,5 –20,1 –7,4 6,5
Pays émergents et en développement d’Asie –1,8 0,5 –1,4 3,3 –6,5 –2,5 1,2 1,1 2,6 9,1 1,5 –2,4
Pays émergents et en développement
d’Europe 0,0 –0,2 –0,5 3,4 –3,9 –1,8 –1,1 1,9 1,0 2,4 0,5 –3,2
Amérique latine et Caraïbes 2,8 –0,5 4,7 –4,8 8,5 5,4 –1,3 –1,5 –2,7 –10,0 –1,2 –0,3
Moyen-Orient, Afrique du Nord, Afghanistan
et Pakistan 6,1 –2,3 11,4 –17,6 8,3 12,9 0,3 –0,7 –4,8 –25,7 –6,3 7,2
Moyen-Orient et Afrique du Nord 6,4 –2,4 12,0 –18,0 8,2 13,0 0,9 –0,7 –4,9 –26,5 –7,0 7,3
Afrique subsaharienne 3,0 –0,1 8,9 –10,4 12,5 11,0 –1,3 –0,8 –3,6 –14,7 –2,1 3,6
Classification analytique
Source des recettes d’exportation
Combustibles 6,9 –2,2 15,0 –20,2 12,1 11,9 1,6 –0,7 –4,3 –27,2 –8,6 8,1
Autres produits –0,4 0,5 –0,4 2,4 –2,4 –0,7 0,1 0,4 1,4 5,1 1,1 –2,0
Pour mémoire
Exportations mondiales (milliards de dollars)
Biens et services 10.172 20.916 19.585 15.722 18.668 22.210 22.442 23.154 23.574 20.920 20.800 22.083
Biens 8.084 16.476 15.669 12.222 14.891 17.896 18.031 18.458 18.551 16.166 15.937 16.943
Prix moyen du pétrole4 14,0 –3,3 36,4 –36,3 27,9 31,6 1,0 –0,9 –7,5 –47,2 –15,4 17,9
En dollars le baril 36,40 79,16 97,04 61,78 79,03 104,01 105,01 104,07 96,25 50,79 42,96 50,64
Valeur unitaire des exportations
de produits manufacturés5 1,5 0,4 6,2 –5,3 2,6 6,4 0,9 –1,5 –1,0 –2,9 –2,1 1,4
1Moyenne des variations annuelles en pourcentage des exportations et des importations mondiales.
2Représentés, respectivement, par l’indice de la valeur unitaire des exportations de produits manufacturés des pays avancés et représentant 83 % des pondérations des exportations de biens des

pays avancés, par la moyenne des prix des bruts U.K. Brent, Dubaï fateh et West Texas Intermediate et par la moyenne des cours mondiaux des produits primaires hors combustibles, pondérée
en fonction de leurs parts respectives, en 2002–04, dans le total des exportations mondiales des produits de base.
3La Géorgie, le Turkménistan et l’Ukraine, qui ne sont pas membres de la Communauté des États indépendants, sont inclus dans ce groupe pour des raisons de géographie et de similitude de

structure économique.
4Variation en pourcentage de la moyenne des prix des bruts U.K. Brent, Dubaï fateh et West Texas Intermediate.
5Variation en pourcentage des produits manufacturés exportés par les pays avancés.

246 Fonds monétaire international | Octobre 2016


APPENDICE STATISTIQUE

Tableau A10. État récapitulatif des soldes des transactions courantes


(Milliards de dollars)
Projections
2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2021
Pays avancés –586,5 –87,9 0,8 –49,0 5,9 220,9 225,0 286,9 317,5 282,6 219,2
États-Unis –690,8 –384,0 –442,0 –460,4 –446,5 –366,4 –392,1 –463,0 –469,4 –518,5 –612,4
Zone euro –155,6 24,1 47,9 55,6 165,2 285,8 334,0 365,7 403,0 382,5 394,3
Allemagne 210,9 196,7 192,3 229,0 248,9 252,9 282,9 284,2 301,4 291,7 297,1
France –27,6 –22,5 –22,2 –28,3 –32,7 –24,6 –30,3 –4,8 –11,5 –9,7 10,0
Italie –68,8 –42,5 –72,7 –68,6 –7,5 20,2 41,1 39,9 40,2 35,5 18,3
Espagne –152,0 –64,3 –56,2 –47,4 –3,1 20,7 13,6 16,7 24,3 22,5 27,6
Japon 142,6 145,3 221,0 129,8 59,7 45,9 36,5 135,6 176,1 171,0 185,0
Royaume-Uni –101,9 –70,1 –66,6 –46,6 –97,4 –119,6 –140,0 –153,3 –157,3 –112,3 –115,4
Canada 1,5 –40,4 –58,2 –49,6 –65,7 –57,9 –40,6 –49,0 –56,7 –50,1 –48,8
Autres pays avancés1 165,3 210,1 284,9 267,3 276,9 351,0 364,1 372,7 355,8 341,7 338,7
Pays émergents et en développement 673,9 237,7 277,5 374,9 360,7 188,5 194,8 –39,5 –78,9 –138,3 –253,3
Par région
Communauté des États indépendants2 108,4 43,0 69,4 108,4 67,5 18,4 56,1 55,0 22,2 36,1 88,1
Russie 103,9 50,4 67,5 97,3 71,3 33,4 57,5 69,0 38,6 50,0 79,9
Russie non comprise 4,4 –7,4 1,9 11,1 –3,7 –15,0 –1,5 –14,0 –16,3 –13,9 8,2
Pays émergents et en développement d’Asie 424,4 272,9 231,9 97,1 121,8 99,2 270,6 333,1 253,5 149,9 25,7
Chine 420,6 243,3 237,8 136,1 215,4 148,2 277,4 330,6 270,9 200,5 138,3
Inde –27,9 –38,4 –48,1 –78,2 –87,8 –32,3 –26,8 –22,1 –32,0 –49,2 –79,4
ASEAN-53 29,9 64,6 43,9 48,9 6,5 –3,9 23,0 31,5 26,4 17,3 –9,8
Pays émergents et en développement d’Europe –148,9 –53,9 –86,9 –119,7 –82,0 –72,3 –58,9 –31,9 –33,8 –52,7 –84,0
Amérique latine et Caraïbes –42,0 –33,4 –96,6 –115,0 –137,1 –165,8 –187,6 –182,1 –114,0 –125,4 –153,2
Brésil –30,6 –26,3 –75,8 –77,0 –74,2 –74,8 –104,2 –58,9 –14,1 –25,9 –25,8
Mexique –20,4 –8,7 –5,2 –14,0 –17,0 –31,0 –26,2 –32,7 –29,0 –31,0 –38,3
Moyen-Orient, Afrique du Nord, Afghanistan
et Pakistan 328,5 37,5 168,7 411,3 414,1 342,4 176,3 –125,4 –144,0 –88,8 –45,4
Afrique subsaharienne 3,5 –28,4 –8,8 –7,2 –23,7 –33,5 –61,7 –88,2 –62,8 –57,4 –84,5
Afrique du Sud –15,9 –8,1 –5,6 –9,2 –20,3 –21,6 –18,6 –13,7 –9,4 –9,2 –12,2
Classification analytique
Source des recettes d’exportation
Combustibles 580,8 132,4 304,6 613,3 589,6 458,2 273,9 –96,7 –110,2 –29,9 74,8
Autres produits 93,8 106,9 –25,3 –238,5 –228,9 –269,8 –79,0 57,2 31,3 –108,4 –328,1
Dont : produits primaires –20,7 –4,8 –11,7 –26,8 –57,2 –67,4 –44,3 –52,1 –42,8 –49,8 –77,2
Source de financement extérieur
Pays débiteurs (net) –318,5 –179,1 –273,5 –370,0 –415,5 –388,9 –369,4 –312,4 –257,3 –313,5 –429,2
Pays débiteurs (net) selon
le service de la dette
Pays ayant accumulé des arriérés
ou bénéficié d’un rééchelonnement
entre 2011 et 2015 –20,4 –21,7 –15,6 –25,5 –39,3 –39,1 –23,3 –31,5 –37,2 –31,6 –31,0
Pour mémoire
Monde 87,4 149,8 278,3 325,9 366,6 409,4 419,9 247,4 238,6 144,3 –34,1
Union européenne –249,8 –21,5 –0,5 74,1 202,1 299,5 302,4 344,3 364,7 385,5 378,4
Pays en développement à faible revenu –10,5 –24,8 –19,2 –28,2 –33,7 –39,5 –49,0 –82,6 –67,4 –67,7 –103,7
Moyen-Orient et Afrique du Nord 342,1 45,2 171,5 410,0 417,6 343,2 178,9 –123,7 –142,3 –84,3 –40,8

Fonds monétaire international | Octobre 2016 247


PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : DEMANDE MODÉRÉE — SYMPTÔMES ET REMÈDES

Tableau A10. État récapitulatif des soldes des transactions courantes (suite)
(En pourcentage du PIB)
Projections
2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2021
Pays avancés –1,3 –0,2 0,0 –0,1 0,0 0,5 0,5 0,6 0,7 0,6 0,4
États-Unis –4,7 –2,7 –3,0 –3,0 –2,8 –2,2 –2,3 –2,6 –2,5 –2,7 –2,7
Zone euro –1,1 0,2 0,4 0,4 1,3 2,2 2,5 3,2 3,4 3,1 2,8
Allemagne 5,6 5,7 5,6 6,1 7,0 6,7 7,3 8,4 8,6 8,1 7,2
France –0,9 –0,8 –0,8 –1,0 –1,2 –0,9 –1,1 –0,2 –0,5 –0,4 0,3
Italie –2,9 –1,9 –3,4 –3,0 –0,4 0,9 1,9 2,2 2,2 1,9 0,9
Espagne –9,3 –4,3 –3,9 –3,2 –0,2 1,5 1,0 1,4 1,9 1,7 1,8
Japon 2,9 2,9 4,0 2,2 1,0 0,9 0,8 3,3 3,7 3,3 3,3
Royaume-Uni –3,5 –3,0 –2,7 –1,8 –3,7 –4,4 –4,7 –5,4 –5,9 –4,3 –3,8
Canada 0,1 –2,9 –3,6 –2,8 –3,6 –3,2 –2,3 –3,2 –3,7 –3,1 –2,5
Autres pays avancés1 3,1 4,2 5,0 4,1 4,2 5,2 5,3 5,9 5,6 5,1 4,3
Pays émergents et en développement 3,4 1,3 1,2 1,4 1,3 0,6 0,6 –0,1 –0,3 –0,4 –0,6
Par région
Communauté des États indépendants2 4,7 2,5 3,3 4,1 2,4 0,6 2,1 3,0 1,3 1,9 3,6
Russie 5,8 3,8 4,1 4,8 3,3 1,5 2,8 5,2 3,0 3,5 4,5
Russie non comprise 0,9 –1,8 0,4 1,8 –0,6 –2,1 –0,2 –2,6 –3,7 –2,9 1,3
Pays émergents et en développement d’Asie 5,7 3,4 2,4 0,8 1,0 0,7 1,8 2,1 1,6 0,8 0,1
Chine 9,1 4,7 3,9 1,8 2,5 1,5 2,6 3,0 2,4 1,6 0,8
Inde –2,3 –2,8 –2,8 –4,3 –4,8 –1,7 –1,3 –1,1 –1,4 –2,0 –2,2
ASEAN-53 2,2 4,8 2,6 2,5 0,3 –0,2 1,1 1,5 1,2 0,7 –0,3
Pays émergents et en développement d’Europe –8,0 –3,5 –5,1 –6,5 –4,6 –3,8 –3,1 –1,9 –2,0 –3,0 –3,8
Amérique latine et Caraïbes –1,0 –0,8 –1,9 –2,0 –2,3 –2,8 –3,2 –3,6 –2,3 –2,3 –2,3
Brésil –1,8 –1,6 –3,4 –2,9 –3,0 –3,0 –4,3 –3,3 –0,8 –1,3 –1,1
Mexique –1,9 –1,0 –0,5 –1,2 –1,4 –2,5 –2,0 –2,9 –2,7 –2,8 –2,7
Moyen-Orient, Afrique du Nord,
Afghanistan et Pakistan 12,4 1,6 6,1 12,7 12,5 10,1 5,1 –4,0 –4,6 –2,6 –1,0
Afrique subsaharienne 0,3 –2,6 –0,7 –0,5 –1,5 –2,1 –3,7 –5,9 –4,5 –3,9 –4,6
Afrique du Sud –5,5 –2,7 –1,5 –2,2 –5,1 –5,9 –5,3 –4,3 –3,3 –3,2 –3,6
Classification analytique
Source des recettes d’exportation
Combustibles 11,4 3,2 6,0 9,9 9,0 6,9 4,2 –1,9 –2,2 –0,6 1,1
Autres produits 0,6 0,7 –0,1 –1,2 –1,1 –1,2 –0,3 0,2 0,1 –0,4 –0,9
Dont : produits primaires –1,9 –0,4 –0,9 –1,7 –3,5 –4,0 –2,7 –3,2 –2,8 –3,0 –3,4
Source de financement extérieur
Pays débiteurs (net) –3,2 –1,9 –2,4 –2,9 –3,2 –2,9 –2,7 –2,5 –2,0 –2,3 –2,4
Pays débiteurs (net) selon
le service de la dette
Pays ayant accumulé des arriérés
ou bénéficié d’un rééchelonnement
entre 2011 et 2015 –3,7 –4,2 –2,7 –3,9 –5,6 –5,3 –3,2 –4,4 –5,1 –4,5 –3,2
Pour mémoire
Monde 0,1 0,2 0,4 0,4 0,5 0,5 0,5 0,3 0,3 0,2 0,0
Union européenne –1,3 –0,1 0,0 0,4 1,2 1,7 1,6 2,1 2,2 2,3 1,9
Pays en développement à faible revenu –0,9 –2,2 –1,5 –1,9 –2,1 –2,2 –2,5 –4,4 –3,6 –3,4 –3,8
Moyen-Orient et Afrique du Nord 13,9 2,1 6,7 13,7 13,6 10,9 5,6 –4,4 –5,0 –2,8 –1,0

248 Fonds monétaire international | Octobre 2016


APPENDICE STATISTIQUE

Tableau A10. État récapitulatif des soldes des transactions courantes (fin)
(En pourcentage des exportations des biens et des services)
Projections
2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2021
Pays avancés –4,5 –0,8 0,0 –0,3 0,0 1,5 1,5 2,2 2,4 2,0 1,3
États-Unis –37,5 –24,3 –23,8 –21,6 –20,1 –16,0 –16,5 –20,5 –21,2 –21,6 –19,5
Zone euro –5,0 1,0 1,7 1,7 5,1 8,4 9,4 11,4 ... ... ...
Allemagne 12,9 15,2 13,3 13,6 15,3 14,8 16,0 18,1 18,6 17,3 14,4
France –3,3 –3,4 –3,1 –3,4 –4,1 –2,9 –3,5 –0,6 –1,5 –1,2 1,0
Italie –10,6 –8,6 –13,5 –11,1 –1,3 3,3 6,5 7,3 7,1 6,0 2,5
Espagne –36,5 –18,9 –15,3 –11,0 –0,8 4,7 3,0 4,2 5,8 5,0 4,8
Japon 16,0 21,7 25,4 13,9 6,5 5,5 4,2 17,3 22,2 20,9 19,8
Royaume-Uni –13,1 –11,2 –9,7 –5,9 –12,3 –14,8 –16,6 –19,6 –21,4 –14,8 –13,3
Canada 0,3 –10,4 –12,4 –9,1 –11,9 –10,4 –7,2 –10,0 –12,1 –10,0 –8,1
Autres pays avancés1 5,1 7,9 8,7 6,9 7,1 8,6 9,0 10,3 10,0 9,1 7,5
Pays émergents et en développement 9,5 4,3 4,0 4,5 3,9 2,0 2,3 –0,3 –0,8 –1,5 –2,3
Par région
Communauté des États indépendants2 13,7 8,2 10,4 12,3 7,4 2,0 6,7 9,4 4,3 6,2 12,4
Russie 19,9 14,7 15,3 17,0 12,1 5,6 10,2 17,5 11,2 13,0 17,5
Russie non comprise 1,7 –4,1 0,8 3,6 –1,2 –4,9 –0,5 –7,2 –9,2 –7,2 3,3
Pays émergents et en développement d’Asie 16,5 12,4 8,3 2,8 3,3 2,6 6,6 8,6 6,6 3,7 0,5
Chine 28,1 19,5 14,8 6,8 9,9 6,3 11,0 13,6 11,4 8,2 4,8
Inde –9,5 –13,8 –12,6 –17,3 –19,4 –6,9 –5,6 –5,3 –7,3 –10,1 –11,1
ASEAN-53 4,2 10,7 5,9 5,5 0,7 –0,4 2,4 3,5 2,9 1,8 –0,8
Pays émergents et en développement d’Europe –22,8 –10,3 –14,8 –17,3 –11,9 –9,7 –7,5 –4,5 –4,6 –6,8 –8,7
Amérique latine et Caraïbes –4,2 –4,2 –9,7 –9,4 –11,0 –13,3 –15,4 –17,2 –11,0 –11,3 –11,0
Brésil –13,5 –14,6 –32,7 –26,3 –26,4 –26,8 –39,5 –26,3 –6,1 –10,7 –9,3
Mexique –6,6 –3,6 –1,7 –3,8 –4,4 –7,7 –6,3 –8,1 –7,4 –7,4 –6,8
Moyen-Orient, Afrique du Nord,
Afghanistan et Pakistan 23,0 3,0 13,4 26,9 24,5 20,9 12,6 –9,9 –11,8 –5,9 –1,8
Afrique subsaharienne 0,9 –9,4 –2,3 –1,5 –4,9 –6,9 –13,4 –25,3 –19,0 –15,5 –18,0
Afrique du Sud –15,5 –9,8 –5,2 –7,3 –17,3 –19,0 –17,0 –14,1 –9,6 –9,0 –10,6
Classification analytique
Source des recettes d’exportation
Combustibles 25,9 8,5 15,8 24,5 21,7 17,4 11,8 –4,8 –6,0 –0,6 4,5
Autres produits 2,1 2,8 –0,5 –4,1 –3,8 –4,3 –1,2 1,0 0,5 –1,7 –4,1
Dont : produits primaires –5,9 –1,6 –3,1 –6,0 –13,6 –16,0 –10,9 –14,9 –12,3 –13,5 –17,1
Source de financement extérieur
Pays débiteurs (net) –10,8 –7,4 –9,1 –10,2 –11,2 –10,2 –9,6 –9,2 –7,5 –8,5 –8,8
Pays débiteurs (net) selon
le service de la dette
Pays ayant accumulé des arriérés
ou bénéficié d’un rééchelonnement
entre 2011 et 2015 –10,3 –14,9 –8,8 –12,3 –19,3 –19,3 –12,7 –21,0 –27,6 –20,7 –14,9
Pour mémoire
Monde 0,3 0,9 1,4 1,4 1,5 1,7 1,8 1,3 1,2 0,7 –0,1
Union européenne –3,3 –0,4 0,0 1,0 2,7 3,9 3,8 4,8 5,0 5,0 4,0
Pays en développement à faible revenu –2,9 –8,3 –5,0 –5,8 –6,8 –7,3 –8,9 –16,7 –13,3 –11,9 –12,3
Moyen-Orient et Afrique du Nord 24,6 3,9 14,0 27,4 25,2 21,4 13,1 –10,0 –12,0 –5,7 –1,6
1Hors G-7 (Allemagne, Canada, États-Unis, France, Italie, Japon, Royaume-Uni) et zone euro.
2La Géorgie, le Turkménistan et l’Ukraine, qui ne sont pas membres de la Communauté des États indépendants, sont inclus dans ce groupe pour des raisons de géographie et de similitude de
structure économique.
3Indonésie, Malaisie, Philippines, Thaïlande, Viet Nam.

Fonds monétaire international | Octobre 2016 249


PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : DEMANDE MODÉRÉE — SYMPTÔMES ET REMÈDES

Tableau A11. Pays avancés : soldes des transactions courantes


(En pourcentage du PIB)
Projections
2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2021
Pays avancés –1,3 –0,2 0,0 –0,1 0,0 0,5 0,5 0,6 0,7 0,6 0,4
États-Unis –4,7 –2,7 –3,0 –3,0 –2,8 –2,2 –2,3 –2,6 –2,5 –2,7 –2,7
Zone euro1 –1,1 0,2 0,4 0,4 1,3 2,2 2,5 3,2 3,4 3,1 2,8
Allemagne 5,6 5,7 5,6 6,1 7,0 6,7 7,3 8,4 8,6 8,1 7,2
France –0,9 –0,8 –0,8 –1,0 –1,2 –0,9 –1,1 –0,2 –0,5 –0,4 0,3
Italie –2,9 –1,9 –3,4 –3,0 –0,4 0,9 1,9 2,2 2,2 1,9 0,9
Espagne –9,3 –4,3 –3,9 –3,2 –0,2 1,5 1,0 1,4 1,9 1,7 1,8
Pays-Bas 4,1 5,8 7,4 9,1 10,8 9,8 8,9 8,6 9,1 8,2 6,9
Belgique –1,0 –1,1 1,8 –1,1 –0,1 –0,2 –0,2 0,0 0,1 0,4 1,5
Autriche 4,5 2,6 2,9 1,6 1,5 1,9 1,9 2,6 2,6 2,7 2,3
Grèce –15,1 –12,3 –11,4 –10,0 –3,8 –2,0 –2,1 0,0 0,0 0,0 0,0
Portugal –12,1 –10,4 –10,1 –6,0 –1,8 1,5 0,1 0,4 0,0 –0,7 –1,6
Irlande –6,3 –4,7 –1,2 –1,6 –2,6 2,1 1,7 10,2 9,5 9,1 8,6
Finlande 2,2 1,9 1,2 –1,8 –1,9 –1,6 –0,9 0,1 0,1 0,2 0,2
République slovaque –6,4 –3,5 –4,7 –5,0 0,9 2,0 0,1 –1,3 –1,0 –0,6 2,1
Lituanie –13,3 2,1 –0,3 –3,9 –1,2 1,5 3,6 –1,7 –1,6 –2,8 –2,7
Slovénie –5,3 –0,6 –0,1 0,2 2,6 4,8 6,2 5,2 7,7 7,2 3,7
Luxembourg 7,7 7,4 6,8 6,2 6,1 5,7 5,5 5,5 4,4 4,3 4,4
Lettonie –12,4 8,1 2,3 –2,8 –3,3 –2,4 –2,0 –1,2 –2,0 –1,2 –1,3
Estonie –8,7 2,5 1,8 1,3 –2,4 –0,1 1,0 2,1 0,6 0,0 –2,4
Chypre –15,6 –7,7 –10,7 –4,0 –5,6 –4,5 –4,6 –3,6 –0,9 –3,7 –4,3
Malte –1,1 –6,6 –4,7 –2,5 1,3 3,6 3,4 9,9 6,2 5,8 5,2
Japon 2,9 2,9 4,0 2,2 1,0 0,9 0,8 3,3 3,7 3,3 3,3
Royaume-Uni –3,5 –3,0 –2,7 –1,8 –3,7 –4,4 –4,7 –5,4 –5,9 –4,3 –3,8
Corée 0,3 3,7 2,6 1,6 4,2 6,2 6,0 7,7 7,2 5,9 5,2
Canada 0,1 –2,9 –3,6 –2,8 –3,6 –3,2 –2,3 –3,2 –3,7 –3,1 –2,5
Australie –4,9 –4,6 –3,6 –2,9 –4,2 –3,4 –2,9 –4,7 –3,5 –3,9 –4,0
Taiwan, prov. chinoise de 6,6 10,9 8,9 8,2 9,5 10,4 12,0 14,6 15,0 14,4 13,9
Suisse 3,0 8,0 14,9 7,7 10,3 11,1 8,8 11,4 9,2 9,0 8,5
Suède 7,8 6,0 6,0 5,5 5,6 5,3 4,6 5,2 5,0 5,3 4,3
Singapour 14,6 17,0 23,8 22,8 18,1 17,9 17,5 19,8 19,3 19,3 15,7
Hong Kong (RAS) 15,0 9,9 7,0 5,6 1,6 1,5 1,3 3,1 2,8 2,9 3,4
Norvège 15,7 10,6 10,9 12,4 12,4 10,2 11,9 9,0 7,0 7,6 7,2
République tchèque –1,9 –2,3 –3,6 –2,1 –1,6 –0,5 0,2 0,9 1,5 1,0 –0,8
Israël 1,0 3,5 3,6 2,3 0,5 3,6 4,0 4,6 3,1 2,9 2,0
Danemark 2,7 3,3 5,7 5,7 5,7 7,1 7,7 7,0 6,7 6,6 5,9
Nouvelle-Zélande –7,8 –2,2 –2,3 –2,8 –3,9 –3,2 –3,1 –3,2 –3,0 –3,5 –4,1
Porto Rico ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ...
Macao (RAS) 16,0 28,2 39,4 41,0 39,3 40,2 34,4 28,0 28,4 29,2 30,4
Islande –22,8 –9,7 –6,6 –5,3 –4,2 5,7 3,7 4,2 2,9 1,9 1,1
Saint-Marin ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ...
Pour mémoire
Principaux pays avancés –1,6 –0,7 –0,8 –0,8 –1,0 –0,7 –0,7 –0,6 –0,5 –0,5 –0,6
Zone euro2 –0,7 0,4 0,5 0,8 2,2 2,8 3,0 3,8 3,9 3,6 3,3
1Les données sont corrigées des différences de déclaration entre pays de la zone euro.
2Les données correspondent à la somme des soldes des pays de la zone euro.

250 Fonds monétaire international | Octobre 2016


APPENDICE STATISTIQUE

Tableau A12. Pays émergents et en développement : soldes des transactions courantes


(En pourcentage du PIB)
Projections
2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2021
Communauté des États indépendants1 4,7 2,5 3,3 4,1 2,4 0,6 2,1 3,0 1,3 1,9 3,6
Russie 5,8 3,8 4,1 4,8 3,3 1,5 2,8 5,2 3,0 3,5 4,5
Russie non comprise 0,9 –1,8 0,4 1,8 –0,6 –2,1 –0,2 –2,6 –3,7 –2,9 1,3
Arménie –14,2 –16,5 –13,6 –10,4 –10,0 –7,3 –7,6 –2,7 –2,5 –3,0 –4,7
Azerbaïdjan 35,5 23,0 28,0 26,5 20,2 16,4 13,9 –0,4 0,7 3,1 11,3
Bélarus –8,2 –12,6 –15,0 –8,5 –2,9 –10,4 –6,9 –3,8 –4,9 –4,8 –3,3
Géorgie –22,0 –10,5 –10,2 –12,8 –11,7 –5,8 –10,6 –11,7 –12,1 –12,0 –8,6
Kazakhstan 4,7 –3,6 0,9 5,1 0,5 0,4 2,6 –2,4 –2,2 0,0 3,9
Moldova –16,1 –8,2 –7,5 –10,7 –7,5 –5,1 –3,8 –4,7 –2,8 –3,4 –4,5
Ouzbékistan 8,7 2,2 6,2 5,8 1,8 2,9 0,7 0,1 0,1 0,2 0,5
République kirghize –14,3 0,9 –2,2 –2,9 3,7 –1,1 –17,8 –10,4 –15,0 –14,9 –9,5
Tadjikistan –7,7 –5,9 –1,1 –4,8 –2,5 –2,9 –2,8 –6,0 –5,0 –5,0 –3,5
Turkménistan 16,5 –14,7 –10,6 2,0 0,0 –7,2 –7,5 –10,3 –18,5 –18,0 6,7
Ukraine 2 –6,8 –1,4 –2,2 –6,3 –8,1 –9,2 –3,9 –0,3 –1,5 –2,1 –2,2
Pays émergents et en développement d’Asie 5,7 3,4 2,4 0,8 1,0 0,7 1,8 2,1 1,6 0,8 0,1
Bangladesh 1,2 2,4 0,4 –1,0 0,7 1,2 0,9 0,7 –0,1 –0,7 –2,0
Bhoutan –8,6 –6,3 –22,2 –29,8 –21,5 –25,4 –26,4 –28,8 –27,8 –31,5 –5,3
Brunei Darussalam 43,4 32,3 36,6 34,7 29,8 20,9 31,9 12,0 4,3 –4,1 15,1
Cambodge –6,6 –6,9 –6,8 –10,2 –11,0 –12,3 –12,1 –10,6 –10,2 –9,4 –8,6
Chine 9,1 4,7 3,9 1,8 2,5 1,5 2,6 3,0 2,4 1,6 0,8
Fidji –15,1 –4,2 –4,5 –5,1 –1,3 –9,8 –7,5 –5,4 –7,2 –7,0 –5,7
Îles Marshall 0,5 –14,2 –26,5 1,0 –3,4 –9,9 –4,4 –3,2 –7,6 –9,4 –11,2
Îles Salomon –18,2 –21,9 –33,4 –8,7 1,8 –3,5 –4,3 –2,6 –4,4 –7,7 –3,3
Inde –2,3 –2,8 –2,8 –4,3 –4,8 –1,7 –1,3 –1,1 –1,4 –2,0 –2,2
Indonésie 0,0 1,8 0,7 0,2 –2,7 –3,2 –3,1 –2,1 –2,3 –2,3 –2,3
Kiribati –6,4 –13,3 –2,2 –13,4 –4,5 8,2 24,0 44,9 –7,2 –2,5 2,2
Lao, Rép. dém. pop. –19,3 –22,0 –18,8 –18,4 –29,3 –28,9 –22,8 –23,1 –18,0 –17,6 –13,7
Malaisie 16,5 15,0 10,1 10,9 5,2 3,5 4,4 3,0 1,2 1,5 1,5
Maldives –28,9 –10,5 –8,2 –16,5 –7,3 –4,5 –3,9 –9,5 –11,9 –14,1 –9,8
Micronésie –16,5 –18,8 –15,0 –17,8 –12,6 –10,0 6,8 1,0 –0,1 –0,7 –2,9
Mongolie –8,9 –6,9 –13,0 –26,5 –27,4 –25,4 –11,5 –4,8 –11,1 –19,2 –9,9
Myanmar –4,2 –1,2 –1,1 –1,8 –4,0 –4,9 –5,6 –7,8 –8,3 –8,1 –5,7
Népal 2,7 4,2 –2,4 –1,0 4,8 3,3 4,5 5,0 3,9 –0,9 –4,2
Palaos –20,0 –7,7 –6,7 –9,2 –8,7 –9,3 –11,8 –0,5 –5,3 –7,0 –4,9
Papouasie-Nouvelle-Guinée 6,1 –8,4 –20,5 –24,0 –36,1 –31,5 3,0 10,1 7,5 6,1 3,2
Philippines 0,1 5,0 3,6 2,5 2,8 4,2 3,8 2,9 1,8 1,4 0,2
Samoa –5,8 –4,7 –7,6 –5,1 –8,5 –0,2 –7,3 –3,7 –3,3 –3,0 –3,1
Sri Lanka –9,5 –0,5 –2,2 –7,8 –6,7 –3,8 –2,7 –2,5 –1,5 –2,8 –3,3
Thaïlande 0,3 7,3 2,9 2,4 –0,4 –1,2 3,8 7,8 9,6 7,7 2,2
Timor-Leste 45,5 37,9 39,3 39,4 40,2 42,4 26,2 8,3 –9,9 –11,6 –8,4
Tonga –11,5 –20,9 –19,1 –15,1 –8,6 –6,2 –9,4 –8,0 –7,6 –11,5 –8,7
Tuvalu 7,1 6,9 –11,9 –36,5 17,2 1,2 19,3 7,6 –4,0 –5,7 –1,9
Vanuatu –10,8 –7,9 –5,4 –8,1 –6,5 –3,3 –0,3 –11,1 –16,6 –21,1 –5,6
Viet Nam –11,0 –6,5 –3,8 0,2 6,0 4,5 5,1 0,5 0,4 0,1 0,7
Pays émergents et en développement
d’Europe –8,0 –3,5 –5,1 –6,5 –4,6 –3,8 –3,1 –1,9 –2,0 –3,0 –3,8
Albanie –15,8 –15,9 –11,3 –13,2 –10,1 –10,8 –12,9 –11,2 –13,3 –13,8 –10,9
Bosnie-Herzégovine –14,1 –6,4 –6,1 –9,5 –8,7 –5,3 –7,5 –5,6 –5,1 –6,0 –5,0
Bulgarie –22,0 –8,4 –1,7 0,3 –0,9 1,3 0,9 1,4 0,8 0,0 –1,7
Croatie –8,8 –5,1 –1,1 –0,8 –0,1 0,8 0,9 5,2 3,0 2,2 –0,7
Hongrie –7,1 –0,8 0,3 0,7 1,8 4,0 2,0 4,4 4,9 4,6 1,4
Kosovo –16,2 –9,2 –11,7 –13,7 –7,5 –6,4 –7,9 –8,7 –9,6 –9,1 –8,8
Macédoine, ex-Rép. youg. de –12,8 –6,8 –2,0 –2,5 –3,2 –1,6 –0,8 –1,4 –1,8 –2,4 –3,0
Monténégro –49,8 –27,9 –22,7 –17,6 –18,5 –14,5 –15,2 –9,7 –10,3 –11,8 –6,8
Pologne –6,8 –4,1 –5,4 –5,2 –3,7 –1,3 –2,0 –0,2 –0,1 –1,0 –2,6
Roumanie –11,8 –4,8 –5,1 –4,9 –4,8 –1,1 –0,5 –1,1 –2,0 –2,8 –3,2
Serbie –21,0 –6,2 –6,4 –8,6 –11,5 –6,1 –6,0 –4,8 –4,2 –3,9 –3,9
Turquie –5,4 –1,8 –6,1 –9,6 –6,1 –7,7 –5,5 –4,5 –4,4 –5,6 –5,6

Fonds monétaire international | Octobre 2016 251


PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : DEMANDE MODÉRÉE — SYMPTÔMES ET REMÈDES

Tableau A12. Pays émergents et en développement : soldes des transactions courantes (suite)
(En pourcentage du PIB)
Projections
2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2021
Amérique latine et Caraïbes –1,0 –0,8 –1,9 –2,0 –2,3 –2,8 –3,2 –3,6 –2,3 –2,3 –2,3
Antigua-et-Barbuda –26,7 –14,0 –14,7 –10,4 –14,6 –14,6 –14,8 –10,2 –9,4 –10,2 –11,4
Argentine3 1,8 2,5 –0,3 –0,8 –0,2 –2,0 –1,4 –2,5 –2,3 –3,2 –4,2
Bahamas –10,6 –10,3 –10,1 –15,1 –17,9 –17,5 –22,0 –16,0 –11,4 –10,7 –7,3
Barbade –10,6 –6,6 –5,7 –12,8 –9,3 –9,1 –9,9 –7,2 –5,3 –6,0 –7,5
Belize –10,6 –4,9 –2,5 –1,1 –1,2 –4,6 –7,4 –9,8 –12,4 –9,9 –8,0
Bolivie 11,9 4,3 3,9 0,3 7,2 2,4 0,2 –5,8 –6,6 –4,9 –2,0
Brésil –1,8 –1,6 –3,4 –2,9 –3,0 –3,0 –4,3 –3,3 –0,8 –1,3 –1,1
Chili –3,2 2,0 1,7 –1,2 –3,5 –3,7 –1,3 –2,0 –1,9 –2,4 –2,7
Colombie –2,6 –2,0 –3,0 –2,9 –3,1 –3,2 –5,1 –6,4 –5,2 –4,2 –3,3
Costa Rica –9,1 –1,9 –3,4 –5,3 –5,2 –5,0 –4,7 –4,0 –4,5 –4,5 –4,5
Dominique –28,3 –22,7 –15,9 –14,1 –17,3 –9,7 –11,1 –9,3 –13,1 –14,2 –10,0
El Salvador –7,1 –1,5 –2,5 –4,8 –5,4 –6,5 –5,2 –3,6 –2,1 –2,9 –4,4
Équateur 2,9 0,5 –2,3 –0,5 –0,2 –1,0 –0,6 –2,2 –1,5 –0,9 –0,9
Grenade –29,0 –24,3 –23,7 –23,6 –21,1 –23,2 –16,5 –15,9 –12,7 –14,1 –15,4
Guatemala –3,6 0,7 –1,4 –3,4 –2,6 –2,5 –2,1 –0,3 –0,5 –0,7 –1,9
Guyana –13,7 –9,1 –9,6 –13,0 –11,6 –13,3 –10,7 –5,7 2,1 0,4 –3,8
Haïti –3,1 –1,9 –1,5 –4,3 –5,7 –6,3 –6,3 –2,5 0,4 –1,0 –1,3
Honduras –15,4 –3,8 –4,3 –8,0 –8,6 –9,6 –7,4 –6,3 –5,7 –5,7 –5,0
Jamaïque –17,7 –11,0 –8,0 –12,2 –11,1 –9,2 –7,7 –3,4 –3,3 –3,6 –3,8
Mexique –1,9 –1,0 –0,5 –1,2 –1,4 –2,5 –2,0 –2,9 –2,7 –2,8 –2,7
Nicaragua –17,8 –8,7 –9,0 –12,1 –10,5 –10,9 –7,7 –8,2 –8,0 –8,7 –10,4
Panama –10,8 –0,8 –10,8 –13,2 –10,5 –9,8 –9,8 –6,5 –5,5 –4,9 –2,3
Paraguay 1,0 3,0 –0,3 0,4 –2,0 1,7 –0,4 –1,7 0,6 –0,5 0,6
Pérou –4,3 –0,5 –2,4 –1,9 –2,7 –4,2 –4,0 –4,4 –3,8 –3,1 –2,2
République dominicaine –9,4 –4,8 –7,4 –7,5 –6,6 –4,1 –3,3 –1,9 –2,4 –2,7 –4,0
Saint-Kitts-et-Nevis –26,8 –25,7 –20,8 –15,9 –9,8 –13,4 –12,1 –12,3 –17,2 –19,4 –17,4
Saint-Vincent-et-les Grenadines –33,1 –29,2 –30,6 –29,4 –27,6 –30,9 –29,6 –26,2 –23,0 –22,0 –16,0
Sainte-Lucie –28,6 –11,6 –16,3 –19,0 –13,6 –11,4 –6,8 –3,7 –6,7 –6,7 –7,4
Suriname 9,2 2,9 13,0 5,7 3,3 –3,8 –8,0 –15,7 –4,2 4,2 1,7
Trinité-et-Tobago 30,5 8,5 18,9 11,4 3,2 7,3 4,6 –5,4 –8,7 –7,2 –4,0
Uruguay –5,7 –1,2 –1,8 –2,7 –5,1 –5,0 –4,5 –3,5 –2,9 –3,1 –3,5
Venezuela 10,8 0,2 1,9 4,9 0,8 2,0 1,7 –7,8 –3,4 –0,9 0,7
Moyen-Orient, Afrique du Nord,
Afghanistan et Pakistan 12,4 1,6 6,1 12,7 12,5 10,1 5,1 –4,0 –4,6 –2,6 –1,0
Afghanistan 2,7 13,1 7,5 6,0 5,9 8,7 2,4 4,7 4,5 1,1 –3,9
Algérie 20,1 0,3 7,5 9,9 5,9 0,4 –4,4 –16,5 –15,1 –13,7 –6,3
Arabie saoudite 25,5 4,9 12,7 23,7 22,4 18,2 9,8 –8,3 –6,6 –2,6 –1,2
Bahreïn 8,8 2,4 3,0 8,8 8,4 7,4 4,6 –3,1 –4,7 –3,8 –1,9
Djibouti –24,3 –9,7 0,7 –13,7 –20,3 –23,3 –25,6 –30,7 –17,2 –14,4 –18,5
Égypte –1,4 –3,8 –1,9 –2,5 –3,7 –2,2 –0,8 –3,7 –5,8 –5,2 –2,2
Émirats arabes unis 7,1 3,1 4,3 12,7 19,8 19,1 10,0 3,3 1,1 3,2 2,1
Iran 5,2 2,2 4,4 10,6 6,1 7,0 3,8 2,1 4,2 3,3 3,8
Iraq 15,9 –6,8 3,0 12,0 6,7 1,4 –0,8 –7,2 –10,8 –3,6 –0,8
Jordanie –9,4 –5,2 –7,1 –10,3 –15,2 –10,3 –6,8 –9,0 –9,0 –8,9 –6,2
Koweït 40,9 26,7 31,8 42,9 45,5 39,9 33,3 5,2 3,6 8,4 9,2
Liban –10,5 –11,9 –20,7 –15,1 –23,9 –26,7 –28,1 –21,0 –20,4 –20,6 –19,7
Libye 42,5 14,9 19,5 9,1 29,1 13,5 –27,8 –42,1 –47,4 –36,9 –19,0
Maroc –7,1 –5,4 –4,4 –7,6 –9,3 –7,6 –5,7 –1,9 –1,2 –1,4 –1,3
Mauritanie –12,0 –22,2 –14,6 –10,6 –31,5 –28,6 –33,3 –27,0 –21,9 –24,9 –21,5
Oman 8,5 –1,1 8,6 13,1 10,3 6,7 5,7 –17,5 –21,3 –17,6 –8,3
Pakistan –8,1 –5,5 –2,2 0,1 –2,1 –1,1 –1,3 –1,0 –0,9 –1,5 –0,9
Qatar 23,1 6,5 19,1 30,7 32,6 29,9 23,5 8,2 –1,8 0,0 0,3
Soudan 4 –1,6 –9,6 –2,1 –0,4 –9,3 –8,7 –7,0 –7,8 –5,9 –4,9 –3,5
Syrie5 –1,3 –2,9 –2,8 ... ... ... ... ... ... ... ...
Tunisie –3,8 –2,8 –4,8 –7,4 –8,3 –8,4 –9,1 –8,8 –8,0 –6,9 –4,0
Yémen –4,6 –10,1 –3,4 –3,0 –1,7 –3,1 –1,7 –5,5 –6,1 –2,8 –3,7

252 Fonds monétaire international | Octobre 2016


APPENDICE STATISTIQUE

Tableau A12. Pays émergents et en développement : soldes des transactions courantes (fin)
(En pourcentage du PIB)
Projections
2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2021
Afrique subsaharienne 0,3 –2,6 –0,7 –0,5 –1,5 –2,1 –3,7 –5,9 –4,5 –3,9 –4,6
Angola 8,5 –10,0 9,1 12,6 12,0 6,7 –2,9 –8,5 –5,4 –5,4 –2,5
Afrique du Sud –5,5 –2,7 –1,5 –2,2 –5,1 –5,9 –5,3 –4,3 –3,3 –3,2 –3,6
Bénin –7,5 –8,3 –8,2 –7,3 –7,4 –8,0 –8,7 –10,5 –10,0 –11,8 –8,8
Botswana –1,1 –6,3 –2,6 3,1 –1,1 9,3 15,6 7,2 4,1 3,7 11,1
Burkina Faso –11,5 –4,7 –2,2 –1,5 –7,2 –11,0 –8,0 –6,4 –6,0 –5,0 –8,0
Burundi –1,0 1,7 –12,2 –14,4 –18,6 –19,3 –18,5 –15,9 –4,6 –9,6 –17,6
Cabo Verde –13,7 –14,6 –12,4 –16,3 –12,6 –4,9 –9,0 –4,3 –7,7 –9,2 –7,3
Cameroun –1,2 –3,5 –2,8 –3,0 –3,6 –3,9 –4,3 –4,2 –4,2 –4,0 –4,8
Comores –10,4 –6,2 –0,2 –4,9 –7,2 –8,1 –6,3 0,8 –9,0 –9,7 –13,7
Congo, Rép. dém. du –0,8 –6,1 –10,5 –5,2 –4,6 1,8 4,0 –3,7 –0,8 5,2 7,1
Congo, Rép. du –0,5 –14,1 7,5 4,9 17,7 1,6 –3,3 –21,0 –8,2 –2,1 0,5
Côte d’Ivoire 1,9 6,6 1,9 10,4 –1,2 –2,0 1,5 –1,8 –1,8 –2,1 –2,7
Érythrée –5,5 –7,6 –5,6 0,6 2,3 –0,1 0,6 –2,2 0,2 0,9 –1,4
Éthiopie –6,7 –6,7 –1,4 –2,5 –6,9 –5,9 –7,9 –12,0 –10,7 –9,3 –7,8
Gabon 21,6 4,4 14,9 15,2 15,9 11,6 8,1 –2,3 –5,3 –4,7 –2,7
Gambie –12,2 –12,5 –16,3 –12,3 –7,9 –10,2 –10,9 –15,2 –12,7 –13,7 –13,7
Ghana –11,9 –5,5 –8,6 –9,0 –11,7 –11,9 –9,6 –7,5 –6,3 –6,0 –4,3
Guinée –10,2 –8,2 –9,3 –24,7 –26,0 –16,9 –17,3 –18,7 –13,2 –11,3 –17,7
Guinée Bissau –2,5 –5,4 –8,7 –4,2 –11,8 –7,4 –3,3 –1,1 –1,7 –2,8 –2,9
Guinée équatoriale 21,9 –8,4 –19,4 6,7 4,1 0,1 –5,6 –16,8 –11,8 –6,7 –3,5
Kenya –5,5 –4,6 –5,9 –9,1 –8,4 –8,8 –10,3 –6,8 –6,4 –6,1 –5,7
Lesotho 21,1 3,9 –10,0 –14,7 –9,8 –10,3 –7,9 –8,7 –8,0 –9,0 –22,9
Libéria –46,6 –23,2 –32,0 –27,5 –21,5 –28,4 –32,7 –34,7 –30,5 –26,5 –25,6
Madagascar –20,6 –21,1 –9,7 –6,9 –6,9 –5,9 –0,3 –1,9 –2,3 –3,7 –4,0
Malawi –15,1 –10,2 –8,6 –8,6 –9,3 –8,7 –8,5 –8,3 –15,8 –9,3 –8,1
Mali –13,7 –10,8 –10,7 –5,1 –2,2 –2,9 –4,7 –5,1 –6,0 –5,2 –5,8
Maurice –10,1 –7,4 –10,3 –13,8 –7,3 –6,3 –5,7 –4,9 –4,3 –4,5 –4,9
Mozambique –9,9 –10,9 –16,1 –25,3 –44,7 –42,9 –38,2 –39,0 –33,5 –28,3 –146,4
Namibie –0,1 –1,5 –3,5 –3,0 –5,7 –4,0 –10,7 –12,9 –12,4 –6,9 –6,9
Niger –12,0 –24,4 –19,8 –22,3 –14,7 –15,0 –14,1 –17,2 –17,8 –17,5 –12,3
Nigéria 8,8 4,7 3,9 3,0 4,4 3,9 0,2 –3,1 –0,7 –0,4 –0,1
Ouganda –7,1 –5,7 –8,0 –10,0 –6,8 –7,0 –8,7 –9,4 –8,7 –8,9 –7,2
République centrafricaine –9,9 –9,1 –10,2 –7,6 –4,6 –3,0 –5,6 –9,0 –10,0 –9,7 –6,6
Rwanda –5,1 –7,1 –7,3 –7,5 –11,4 –7,4 –10,5 –13,5 –16,6 –11,9 –10,7
São Tomé-et-Príncipe –33,1 –23,2 –21,7 –25,5 –21,3 –13,8 –22,6 –17,2 –12,7 –13,3 –8,7
Sénégal –14,2 –6,7 –4,4 –8,1 –10,8 –10,4 –8,9 –7,6 –8,4 –8,2 –6,2
Seychelles –18,5 –14,8 –19,4 –23,0 –21,1 –12,1 –23,0 –18,6 –18,7 –18,3 –16,5
Sierra Leone –9,0 –13,3 –22,7 –65,0 –31,8 –17,5 –18,2 –15,5 –16,2 –16,3 –15,2
Soudan du Sud ... ... ... 18,4 –15,9 –1,2 2,1 –11,1 –0,5 –8,6 –11,0
Swaziland –7,1 –11,6 –8,6 –6,8 3,1 5,1 3,3 9,2 –4,9 –2,4 0,6
Tanzanie –7,8 –7,6 –7,7 –10,8 –11,6 –10,6 –9,5 –8,8 –8,8 –8,8 –7,9
Tchad 3,7 –9,2 –9,0 –5,6 –8,7 –9,2 –9,0 –12,4 –8,7 –7,8 –5,9
Togo –7,0 –5,6 –6,3 –8,0 –7,5 –13,1 –9,9 –7,1 –8,0 –8,2 –9,1
Zambie –3,3 6,0 7,5 4,7 5,4 –0,6 2,1 –3,5 –4,5 –2,2 2,9
Zimbabwe 6 –16,7 –43,6 –13,3 –22,2 –14,6 –18,2 –15,2 –10,7 –7,5 –6,1 –9,6
1La Géorgie, le Turkménistan et l’Ukraine, qui ne sont pas membres de la Communauté des États indépendants, sont inclus dans ce groupe pour des raisons de géographie et de similitude

de structure économique.
2Les données excluent la Crimée et Sébastopol à compter de 2014.
3Voir les notes relatives à l’Argentine dans la section «Notes sur les pays» de l’appendice statistique.
4Les données de 2011 pour le Soudan excluent le Soudan du Sud à partir du 9 juillet. Les projections pour 2012 et au-delà portent sur le Soudan actuel.
5Les données pour la Syrie de 2011 et au-delà sont exclues en raison de l’incertitude entourant la situation politique.
6Le dollar du Zimbabwe ne circule plus depuis le début de 2009. Les données sont fondées sur les estimations des prix et des taux de change en dollars établies par les services du FMI.

Il se peut que les estimations en dollars des services du FMI diffèrent des estimations des autorités.

Fonds monétaire international | Octobre 2016 253


PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : DEMANDE MODÉRÉE — SYMPTÔMES ET REMÈDES

Tableau A13. État récapitulatif des soldes du compte financier


(Milliards de dollars)
Projections
2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017
Pays avancés
Solde du compte financier –699,1 19,3 –86,0 –191,7 –105,2 246,8 437,1 539,7 410,9 272,2
Investissements directs nets 657,4 311,7 346,1 376,9 133,8 81,8 197,5 6,6 184,4 255,2
Investissements de portefeuille nets –1.212,9 –377,6 –738,5 –904,3 –202,0 –328,8 –143,5 162,1 152,9 –27,8
Dérivés financiers nets 323,2 –91,9 –118,1 0,7 –89,6 18,4 –50,3 –46,9 –32,6 –42,9
Autres investissements nets –563,9 –287,8 62,9 –41,9 –222,7 323,2 298,2 190,9 21,7 14,8
Variation des réserves 76,5 469,7 352,8 350,7 274,0 153,2 135,3 227,4 86,4 74,3
États-Unis
Solde du compte financier –730,6 –231,0 –437,0 –515,8 –440,5 –391,0 –287,4 –195,2 –377,3 –530,6
Investissements directs nets 19,0 159,9 95,2 183,0 135,2 117,7 136,1 –30,8 81,0 79,1
Investissements de portefeuille nets –808,0 18,5 –620,8 –226,3 –498,3 –30,7 –119,2 –97,0 –466,0 –600,2
Dérivés financiers nets 32,9 –44,8 –14,1 –35,0 7,1 2,2 –54,3 –25,4 0,0 –22,4
Autres investissements nets 20,6 –416,9 100,9 –453,4 –89,0 –477,1 –246,3 –35,8 9,0 13,0
Variation des réserves 4,8 52,3 1,8 15,9 4,5 –3,1 –3,6 –6,3 –1,2 0,0
Zone euro
Solde du compte financier –470,1 28,5 –69,6 –153,1 150,1 465,1 492,1 304,7 ... ...
Investissements directs nets 336,6 66,4 83,4 139,0 14,4 –77,7 79,2 120,9 ... ...
Investissements de portefeuille nets –356,0 –350,3 –109,8 –454,5 –181,3 –5,1 150,6 223,4 ... ...
Dérivés financiers nets –34,9 15,1 –4,3 5,5 42,0 19,4 56,9 94,2 ... ...
Autres investissements nets –420,5 239,1 –53,0 142,3 256,0 522,3 199,6 –145,6 ... ...
Variation des réserves 4,7 58,1 14,1 14,7 19,0 6,2 5,8 11,7 ... ...
Allemagne
Solde du compte financier 179,9 184,4 123,7 167,7 185,8 291,3 323,9 250,0 301,4 291,7
Investissements directs nets 67,1 43,0 60,6 10,3 33,6 28,1 105,6 62,6 23,0 23,8
Investissements de portefeuille nets –44,5 119,2 154,1 –51,4 66,8 212,8 180,6 220,3 265,7 257,1
Dérivés financiers nets 44,0 –7,5 17,6 39,8 30,9 31,9 42,1 28,7 34,6 33,5
Autres investissements nets 110,6 17,4 –110,7 165,1 52,7 17,4 –1,0 –59,2 –21,8 –22,7
Variation des réserves 2,7 12,4 2,1 3,9 1,7 1,2 –3,3 –2,4 0,0 0,0
France
Solde du compte financier –26,9 –30,7 –34,2 –74,6 –48,0 –19,2 –10,0 –7,8 –9,2 –7,4
Investissements directs nets 66,0 70,3 34,3 19,8 19,4 –13,9 47,9 –2,1 2,0 6,1
Investissements de portefeuille nets –37,8 –328,7 –155,0 –333,7 –50,6 –79,3 –23,8 60,1 57,5 51,9
Dérivés financiers nets 24,1 23,6 –34,8 –19,4 –18,4 –22,3 –31,5 12,0 15,3 19,3
Autres investissements nets –86,5 212,0 105,1 240,3 –3,6 98,2 –3,6 –85,7 –86,2 –87,1
Variation des réserves –12,5 –5,5 7,7 –7,7 5,2 –1,9 1,0 8,0 2,3 2,3
Italie
Solde du compte financier –45,7 –54,5 –111,2 –89,6 –13,1 16,9 66,8 36,7 42,1 37,4
Investissements directs nets 76,2 –0,3 21,3 17,2 6,8 0,9 3,3 7,3 7,6 8,0
Investissements de portefeuille nets –110,7 –55,4 58,4 15,9 –31,3 –17,5 1,4 99,4 28,1 10,4
Dérivés financiers nets –0,4 –6,9 6,6 –10,1 7,5 4,0 –4,8 3,7 0,0 0,0
Autres investissements nets –19,0 –0,7 –198,9 –113,9 2,1 27,5 68,1 –74,3 6,4 19,0
Variation des réserves 8,2 8,8 1,4 1,3 1,9 2,0 –1,3 0,6 0,0 0,0

254 Fonds monétaire international | Octobre 2016


APPENDICE STATISTIQUE

Tableau A13. État récapitulatif des soldes du compte financier (suite)


(Milliards de dollars)
Projections
2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017
Espagne
Solde du compte financier –149,8 –72,8 –58,9 –43,4 0,5 44,1 26,8 24,9 31,2 29,7
Investissements directs nets –2,3 2,7 –1,9 12,8 –27,2 –19,1 12,4 26,7 26,8 27,3
Investissements de portefeuille nets 1,9 –69,6 –46,6 43,1 53,7 –59,1 –13,0 23,2 –22,8 –21,4
Dérivés financiers nets 10,4 8,4 –11,4 2,9 –10,7 1,4 1,5 –1,4 0,0 0,0
Autres investissements nets –160,8 –20,4 0,0 –116,2 –18,2 120,2 20,7 –29,3 27,2 23,8
Variation des réserves 0,9 6,0 1,1 13,9 2,8 0,7 5,2 5,6 0,0 0,0
Japon
Solde du compte financier 181,6 168,8 247,3 158,4 53,9 –4,3 58,6 174,8 172,8 167,7
Investissements directs nets 89,1 61,2 72,5 117,8 117,5 144,7 118,3 131,0 116,7 129,9
Investissements de portefeuille nets 289,0 211,7 147,9 –162,9 28,8 –280,6 –42,2 131,7 257,6 247,0
Dérivés financiers nets –24,9 –10,5 –11,9 –17,1 6,7 58,1 34,0 17,7 –34,6 –18,7
Autres investissements nets –202,3 –120,9 –5,5 43,4 –61,1 34,8 –60,1 –110,7 –176,4 –200,5
Variation des réserves 30,8 27,2 44,3 177,3 –37,9 38,7 8,5 5,1 9,5 10,0
Royaume-Uni
Solde du compte financier –72,8 –45,4 –46,8 –37,6 –83,7 –122,9 –129,5 –152,1 –158,2 –113,2
Investissements directs nets 106,9 –61,0 –10,1 53,4 –34,9 –11,2 –193,4 –115,0 –53,0 –13,0
Investissements de portefeuille nets –454,8 –48,5 21,3 11,4 338,3 –86,8 –204,4 –405,8 26,5 52,2
Dérivés financiers nets 225,5 –45,5 –39,4 4,8 –58,6 18,1 –1,0 –48,6 –15,0 –17,9
Autres investissements nets 52,2 100,6 –28,0 –115,1 –340,6 –50,7 257,5 385,1 –129,2 –147,5
Variation des réserves –2,5 9,0 9,4 7,9 12,1 7,8 11,7 32,2 12,5 13,0
Canada
Solde du compte financier –3,0 –41,6 –58,3 –49,4 –62,7 –54,6 –39,1 –44,2 –56,7 –50,1
Investissements directs nets 17,7 16,9 6,3 12,5 12,8 –16,9 –2,8 25,0 –7,2 2,1
Investissements de portefeuille nets –47,6 –91,0 –109,9 –104,3 –63,8 –21,4 –17,1 –25,6 –17,8 –13,4
Dérivés financiers nets ... ... ... ... ... ... ... ... ... ...
Autres investissements nets 25,3 22,3 41,4 34,3 –13,4 –21,1 –24,4 –52,2 –31,7 –38,7
Variation des réserves 1,6 10,2 3,9 8,1 1,7 4,7 5,3 8,5 0,0 0,0
Autres pays avancés 1
Solde du compte financier 62,9 150,7 287,9 295,4 265,7 371,7 368,5 375,7 344,4 329,6
Investissements directs nets 17,7 21,7 94,3 –6,7 –23,4 18,0 –22,4 –106,2 0,3 7,1
Investissements de portefeuille nets 178,4 –106,9 –50,7 42,7 139,7 121,4 184,6 334,4 241,7 211,2
Dérivés financiers nets –12,6 20,0 –17,9 41,0 –28,8 –28,8 –33,9 –22,0 –27,5 –30,0
Autres investissements nets –166,2 –114,0 –17,1 93,4 –97,7 160,8 134,0 –8,2 67,8 93,9
Variation des réserves 44,8 332,5 279,3 125,1 275,3 101,4 106,8 176,7 64,1 48,8
Pays émergents et en développement
Solde du compte financier 605,8 68,9 136,0 255,8 107,6 80,7 –5,4 –215,9 –30,2 –86,1
Investissements directs nets –467,8 –328,0 –455,8 –534,4 –481,6 –470,1 –417,2 –323,4 –246,4 –171,6
Investissements de portefeuille nets 124,8 –85,1 –235,1 –142,8 –245,0 –139,4 –118,0 125,3 48,5 –65,0
Dérivés financiers nets ... ... ... ... ... ... ... ... ... ...
Autres investissements nets 229,2 –40,0 –8,1 183,1 424,6 129,1 414,8 526,9 398,3 188,4
Variation des réserves 713,3 521,1 834,1 749,0 411,8 576,3 118,4 –544,8 –225,5 –29,8

Fonds monétaire international | Octobre 2016 255


PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : DEMANDE MODÉRÉE — SYMPTÔMES ET REMÈDES

Tableau A13. État récapitulatif des soldes du compte financier (suite)


(Milliards de dollars)
Projections
2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017
Par région
Communauté des États indépendants2
Solde du compte financier 111,3 36,7 89,9 116,2 51,2 28,2 –5,4 62,3 32,7 55,2
Investissements directs nets –49,4 –17,2 –9,4 –16,1 –27,9 3,6 19,4 4,7 –2,6 3,0
Investissements de portefeuille nets 35,8 –6,1 –14,3 17,9 3,5 17,4 23,4 10,9 –0,6 –4,9
Dérivés financiers nets ... ... ... ... ... ... ... ... ... ...
Autres investissements nets 140,7 46,0 50,9 81,2 61,8 48,8 82,9 86,6 32,6 43,4
Variation des réserves –17,0 10,8 60,9 31,9 12,2 –42,0 –131,3 –39,5 4,0 14,5
Pays émergents et en développement d’Asie
Solde du compte financier 467,3 211,3 141,9 65,7 9,2 32,9 148,9 129,1 258,7 154,4
Investissements directs nets –151,4 –114,1 –224,3 –277,3 –221,7 –273,0 –203,6 –128,8 –35,1 46,6
Investissements de portefeuille nets 6,0 –67,0 –93,3 –57,9 –115,5 –64,6 –124,0 82,8 57,4 –41,9
Dérivés financiers nets ... ... 0,2 –0,3 1,5 –2,0 1,0 –1,6 –0,9 –1,1
Autres investissements nets 114,0 –67,8 –103,5 –28,8 208,5 –78,3 280,0 493,6 401,2 193,0
Variation des réserves 497,5 463,0 563,9 432,0 137,7 450,8 195,9 –316,6 –163,5 –41,3
Pays émergents et en développement d’Europe
Solde du compte financier –160,6 –51,3 –89,0 –107,1 –65,3 –62,1 –41,7 –0,2 –13,1 –33,9
Investissements directs nets –63,3 –30,7 –27,0 –40,0 –27,2 –25,3 –31,1 –24,2 –30,0 –32,0
Investissements de portefeuille nets 14,4 –10,1 –45,4 –53,2 –70,2 –39,9 –19,2 26,1 –4,3 –4,2
Dérivés financiers nets 2,5 0,9 0,0 1,6 –3,0 –1,4 0,3 –1,7 –0,8 –2,5
Autres investissements nets –120,0 –42,4 –52,5 –30,1 7,2 –14,0 8,6 9,9 8,6 –5,3
Variation des réserves 5,9 31,0 35,9 14,6 27,9 18,5 –0,1 –10,3 13,5 10,1
Amérique latine et Caraïbes
Solde du compte financier –41,5 –31,7 –123,7 –125,5 –162,9 –205,9 –219,1 –209,9 –115,7 –133,7
Investissements directs nets –103,0 –72,9 –112,0 –147,5 –150,7 –145,0 –141,7 –134,6 –134,1 –133,6
Investissements de portefeuille nets –6,1 –25,4 –106,9 –107,2 –95,3 –107,0 –117,7 –60,3 –33,8 –46,4
Dérivés financiers nets ... ... ... ... ... ... ... ... ... ...
Autres investissements nets 24,9 11,6 4,0 16,3 24,2 38,8 –1,5 11,6 54,4 43,3
Variation des réserves 41,5 54,5 90,5 110,5 59,6 6,4 38,2 –32,5 –1,9 3,3
Moyen-Orient, Afrique du Nord,
Afghanistan et Pakistan
Solde du compte financier 235,0 –46,9 118,4 313,3 291,6 334,0 180,5 –132,8 –137,4 –78,8
Investissements directs nets –64,3 –64,0 –49,3 –22,9 –25,3 –8,6 –32,8 –12,5 –23,1 –25,2
Investissements de portefeuille nets 51,0 32,0 25,0 73,3 57,3 72,1 132,9 73,9 32,0 32,2
Dérivés financiers nets ... ... ... ... ... ... ... ... ... ...
Autres investissements nets 80,1 15,8 59,4 124,6 105,0 142,1 62,0 –61,4 –74,0 –66,3
Variation des réserves 168,3 –30,7 83,3 138,2 154,7 140,1 24,1 –132,2 –71,0 –17,7
Afrique subsaharienne
Solde du compte financier –5,7 –49,3 –1,5 –6,8 –16,1 –46,4 –68,6 –64,5 –55,4 –49,3
Investissements directs nets –36,4 –29,2 –33,9 –30,7 –28,8 –21,8 –27,4 –28,0 –21,4 –30,4
Investissements de portefeuille nets 23,8 –8,4 –0,3 –15,7 –24,7 –17,3 –13,5 –8,3 –2,1 0,4
Dérivés financiers nets 0,0 –0,2 –0,2 –1,7 –1,7 –0,8 –1,5 –0,4 –0,3 –0,3
Autres investissements nets –10,5 –3,3 33,6 19,9 17,8 –8,3 –17,2 –13,5 –24,5 –19,8
Variation des réserves 17,3 –7,5 –0,4 21,7 19,7 2,5 –8,3 –13,6 –6,7 1,3

256 Fonds monétaire international | Octobre 2016


APPENDICE STATISTIQUE

Tableau A13. État récapitulatif des soldes du compte financier (fin)


(Milliards de dollars)
Projections
2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017
Classification analytique
Source des recettes d’exportation
Combustibles
Solde du compte financier 444,2 14,2 260,9 516,6 445,9 389,5 202,4 –103,4 –109,6 –25,6
Investissements directs nets –88,8 –60,7 –31,3 –31,1 –42,8 3,4 –11,8 –12,8 –20,3 –18,2
Investissements de portefeuille nets 91,0 9,4 20,2 82,8 43,7 72,4 151,8 82,1 27,5 27,5
Dérivés financiers nets ... ... ... ... ... ... ... ... ... ...
Autres investissements nets 274,8 114,2 153,4 265,0 222,5 226,7 180,8 42,2 –20,0 –0,3
Variation des réserves 166,1 –51,3 117,1 198,7 221,8 98,1 –113,3 –215,5 –95,1 –32,1
Autres produits
Solde du compte financier 157,2 57,2 –123,3 –260,8 –338,3 –308,7 –207,7 –112,4 79,4 –60,5
Investissements directs nets –377,6 –264,7 –422,3 –503,4 –438,7 –473,6 –405,4 –310,6 –226,1 –153,5
Investissements de portefeuille nets 33,8 –94,7 –255,3 –225,6 –288,7 –211,8 –269,9 43,1 21,0 –92,4
Dérivés financiers nets ... ... ... ... ... ... ... ... ... ...
Autres investissements nets –46,4 –154,3 –161,2 –81,9 202,1 –97,6 234,0 484,7 418,2 188,7
Variation des réserves 542,3 572,7 715,9 550,3 189,9 478,2 231,7 –329,4 –130,5 2,3
Source de financement extérieur
Pays débiteurs (net)
Solde du compte financier –304,8 –198,6 –290,5 –381,2 –437,4 –401,2 –404,1 –284,4 –213,0 –262,2
Investissements directs nets –279,9 –203,0 –222,2 –281,7 –273,7 –257,8 –285,9 –263,7 –283,1 –303,4
Investissements de portefeuille nets 33,2 –63,6 –216,6 –185,1 –216,8 –166,6 –203,6 –40,5 –44,8 –81,3
Dérivés financiers nets ... ... ... ... ... ... ... ... ... ...
Autres investissements nets –140,5 –78,5 –88,4 –60,4 –61,5 –31,0 –33,3 20,2 54,4 31,6
Variation des réserves 78,1 148,3 237,7 144,7 116,1 57,4 115,2 –2,0 63,4 96,3
Pays débiteurs (net) selon
le service de la dette
Pays ayant accumulé des arriérés ou
bénéficié d’un rééchelonnement
entre 2011 et 2015
Solde du compte financier –18,5 –17,0 –13,6 –21,5 –41,2 –12,8 –34,1 –20,3 –25,9 –11,9
Investissements directs nets –28,7 –16,5 –16,8 –15,3 –19,9 –6,9 –9,0 –10,0 –13,7 –16,2
Investissements de portefeuille nets 3,5 14,2 –10,9 1,1 –0,5 8,3 –5,4 –3,3 1,3 –0,1
Dérivés financiers nets ... ... ... ... ... ... ... ... ... ...
Autres investissements nets 0,4 –0,8 3,0 5,7 –0,9 –11,3 –8,0 –15,2 –13,3 –10,8
Variation des réserves 6,2 –13,6 11,3 –12,4 –21,6 –2,1 –10,9 8,9 0,5 15,6
Pour mémoire
Monde
Solde du compte financier –93,3 88,2 50,0 64,1 2,4 327,5 431,7 323,8 380,7 186,1
Note : Les estimations figurant dans ce tableau reposent sur les statistiques des comptes nationaux et de la balance des paiements des pays. Les valeurs composites des groupes de pays sont
égales à la somme des valeurs en dollars pour les pays concernés. Certains agrégats de groupe pour les dérivés financiers ne sont pas indiqués parce que les données sont incomplètes. Les
projections pour la zone euro ne sont pas disponibles à cause de données insuffisantes.
1Hors G-7 (Allemagne, Canada, États-Unis, France, Italie, Japon, Royaume-Uni) et zone euro.
2La Géorgie, le Turkménistan et l’Ukraine, qui ne sont pas membres de la Communauté des États indépendants, sont inclus dans ce groupe pour des raisons de géographie et de similitude de

structure économique.

Fonds monétaire international | Octobre 2016 257


PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : DEMANDE MODÉRÉE — SYMPTÔMES ET REMÈDES

Tableau A14. État récapitulatif de la capacité ou du besoin de financement


(En pourcentage du PIB)
Projections
Moyennes Moyennes
1998–2007 2002–09 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018–21
Pays avancés
Capacité/besoin de financement –0,7 –0,8 0,0 0,0 0,1 0,5 0,5 0,6 0,7 0,6 0,4
Solde du compte courant –0,7 –0,8 0,0 –0,1 0,0 0,5 0,5 0,6 0,7 0,6 0,4
Épargne 22,4 21,4 20,3 20,8 21,2 21,4 21,9 22,1 21,5 21,3 21,5
Investissement 22,8 22,2 20,4 20,8 20,8 20,7 20,9 20,9 20,6 20,7 21,1
Solde du compte de capital 0,0 0,0 0,0 0,1 0,0 0,0 0,0 –0,1 0,0 0,0 0,0
États-Unis
Capacité/besoin de financement –4,3 –4,7 –3,0 –3,0 –2,7 –2,2 –2,3 –2,6 –2,5 –2,7 –2,7
Solde du compte courant –4,3 –4,7 –3,0 –3,0 –2,8 –2,2 –2,3 –2,6 –2,5 –2,7 –2,7
Épargne 18,9 17,1 15,1 15,7 17,7 18,3 19,2 19,1 17,6 17,1 17,4
Investissement 22,6 21,6 18,4 18,5 19,4 19,8 20,0 20,3 19,8 19,8 20,1
Solde du compte de capital 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0
Zone euro
Capacité/besoin de financement ... 0,1 0,5 0,6 1,4 2,4 2,7 3,0 ... ... ...
Solde du compte courant –0,4 0,0 0,4 0,4 1,3 2,2 2,5 3,2 3,4 3,1 2,8
Épargne 23,1 22,8 21,5 22,4 22,3 22,4 22,8 23,6 23,8 23,7 24,0
Investissement 22,6 22,4 21,0 21,5 20,1 19,6 19,8 19,8 19,9 20,1 20,6
Solde du compte de capital ... 0,1 0,1 0,1 0,1 0,2 0,2 –0,1 ... ... ...
Allemagne
Capacité/besoin de financement 2,0 4,5 5,7 6,1 7,0 6,7 7,3 8,4 8,6 8,1 7,4
Solde du compte courant 2,1 4,5 5,6 6,1 7,0 6,7 7,3 8,4 8,6 8,1 7,4
Épargne 23,2 24,1 25,2 27,2 26,3 26,2 27,0 27,7 27,9 27,5 27,1
Investissement 21,1 19,6 19,6 21,1 19,3 19,5 19,8 19,2 19,3 19,4 19,7
Solde du compte de capital 0,0 0,0 0,0 0,1 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0
France
Capacité/besoin de financement 1,9 0,5 –0,8 –0,9 –1,2 –0,8 –1,0 –0,1 –0,4 –0,3 0,1
Solde du compte courant 1,9 0,5 –0,8 –1,0 –1,2 –0,9 –1,1 –0,2 –0,5 –0,4 0,0
Épargne 23,9 22,9 21,1 22,2 21,4 21,4 21,4 22,2 21,9 21,8 22,1
Investissement 22,0 22,4 21,9 23,2 22,6 22,3 22,5 22,4 22,4 22,2 22,1
Solde du compte de capital 0,0 0,0 0,1 0,1 0,0 0,1 0,1 0,1 0,1 0,1 0,1
Italie
Capacité/besoin de financement 0,0 –1,2 –3,4 –2,9 –0,1 1,0 2,1 2,4 2,3 2,0 1,3
Solde du compte courant –0,2 –1,3 –3,4 –3,0 –0,4 0,9 1,9 2,2 2,2 1,9 1,2
Épargne 20,8 20,0 17,1 17,5 17,5 17,9 18,2 19,0 18,8 18,6 18,6
Investissement 21,0 21,3 20,5 20,5 17,9 17,0 16,3 16,8 16,6 16,7 17,4
Solde du compte de capital 0,1 0,1 0,0 0,1 0,2 0,0 0,2 0,2 0,1 0,1 0,1
Espagne
Capacité/besoin de financement –4,5 –5,9 –3,5 –2,8 0,3 2,2 1,4 1,9 2,5 2,3 2,3
Solde du compte courant –5,3 –6,6 –3,9 –3,2 –0,2 1,5 1,0 1,4 1,9 1,7 1,8
Épargne 22,5 22,2 19,6 18,7 20,0 20,7 20,8 22,0 22,9 22,9 23,3
Investissement 27,8 28,8 23,5 21,9 20,2 19,1 19,8 20,7 21,0 21,2 21,5
Solde du compte de capital 0,8 0,7 0,5 0,4 0,5 0,7 0,4 0,6 0,6 0,6 0,6
Japon
Capacité/besoin de financement 3,1 3,4 3,9 2,2 1,0 0,8 0,8 3,2 3,7 3,3 3,2
Solde du compte courant 3,3 3,5 4,0 2,2 1,0 0,9 0,8 3,3 3,7 3,3 3,3
Épargne 26,8 25,8 23,8 22,4 21,9 22,2 22,6 25,3 25,3 25,0 25,1
Investissement 23,6 22,3 19,8 20,2 20,9 21,2 21,8 22,0 21,5 21,6 21,8
Solde du compte de capital –0,2 –0,1 –0,1 0,0 0,0 –0,2 0,0 –0,1 –0,1 –0,1 –0,1
Royaume-Uni
Capacité/besoin de financement –1,8 –2,2 –2,7 –1,8 –3,7 –4,4 –4,7 –5,4 –6,0 –4,3 –3,8
Solde du compte courant –1,8 –2,2 –2,7 –1,8 –3,7 –4,4 –4,7 –5,4 –5,9 –4,3 –3,8
Épargne 16,4 15,2 13,2 14,1 12,4 12,0 12,7 11,9 11,4 12,6 13,5
Investissement 18,2 17,4 16,0 15,8 16,0 16,4 17,3 17,2 17,3 16,9 17,3
Solde du compte de capital 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 –0,1 0,0 0,0 0,0

258 Fonds monétaire international | Octobre 2016


APPENDICE STATISTIQUE

Tableau A14. État récapitulatif de la capacité ou du besoin de financement (suite)


(En pourcentage du PIB)
Projections
Moyennes Moyennes
1998–2007 2002–09 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018–21
Canada
Capacité/besoin de financement 1,2 0,8 –3,6 –2,5 –3,6 –3,2 –2,3 –3,2 –3,7 –3,1 –2,7
Solde du compte courant 1,2 0,8 –3,6 –2,8 –3,6 –3,2 –2,3 –3,2 –3,7 –3,1 –2,7
Épargne 22,7 23,1 19,9 21,4 21,3 21,5 22,0 20,4 19,4 19,8 20,4
Investissement 21,4 22,3 23,5 24,2 24,9 24,6 24,3 23,6 23,1 22,9 23,1
Solde du compte de capital 0,0 0,0 0,0 0,3 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0
Autres pays avancés1
Capacité/besoin de financement 3,8 4,0 5,0 4,2 4,2 5,2 5,2 5,8 5,4 4,9 4,4
Solde du compte courant 3,9 4,1 5,0 4,1 4,2 5,2 5,3 5,9 5,6 5,1 4,5
Épargne 29,7 29,9 31,0 30,7 30,4 30,5 30,7 30,9 30,4 30,1 29,7
Investissement 25,7 25,6 25,6 26,3 26,1 25,2 25,3 24,6 24,6 24,9 25,0
Solde du compte de capital –0,1 –0,1 0,0 0,1 0,0 0,1 –0,1 –0,1 –0,2 –0,2 –0,1

Pays émergents et en développement


Capacité/besoin de financement 2,0 2,9 1,5 1,5 1,3 0,7 0,7 0,1 –0,1 –0,2 –0,4
Solde du compte courant 1,9 2,9 1,2 1,4 1,3 0,6 0,6 –0,1 –0,3 –0,4 –0,6
Épargne 27,4 30,3 32,4 33,2 33,1 32,4 32,7 32,5 31,7 31,5 31,6
Investissement 25,6 27,6 31,2 31,8 31,9 31,9 32,2 32,5 31,8 31,9 32,1
Solde du compte de capital 0,2 0,1 0,3 0,1 0,1 0,1 0,0 0,1 0,1 0,1 0,1
Par région
Communauté des États indépendants2
Capacité/besoin de financement 6,2 5,1 3,7 4,1 2,2 0,6 0,5 3,0 1,3 1,9 3,1
Solde du compte courant 6,5 5,7 3,3 4,1 2,4 0,6 2,1 3,0 1,3 1,9 3,1
Épargne 26,5 27,1 24,9 27,6 25,8 22,4 23,9 24,1 24,4 25,0 26,4
Investissement 20,3 21,4 21,5 23,5 23,4 21,7 21,7 20,8 22,6 22,7 23,4
Solde du compte de capital –0,4 –0,7 0,4 0,0 –0,2 0,0 –1,5 0,0 0,0 0,0 0,0
Pays émergents et en développement d’Asie
Capacité/besoin de financement 3,2 4,1 2,5 0,9 1,0 0,8 1,8 2,1 1,6 0,9 0,4
Solde du compte courant 3,1 4,0 2,4 0,8 1,0 0,7 1,8 2,1 1,6 0,8 0,3
Épargne 35,8 40,1 44,4 43,8 43,6 43,1 43,7 42,8 41,3 40,3 39,0
Investissement 33,1 36,4 42,0 42,9 42,6 42,3 41,9 40,7 39,7 39,4 38,6
Solde du compte de capital 0,1 0,1 0,1 0,1 0,1 0,1 0,0 0,0 0,1 0,0 0,0
Pays émergents et en développement d’Europe
Capacité/besoin de financement –4,1 –5,0 –4,4 –5,6 –3,6 –2,7 –1,8 –0,5 –0,8 –1,8 –2,5
Solde du compte courant –4,4 –5,3 –5,1 –6,5 –4,6 –3,8 –3,1 –1,9 –2,0 –3,0 –3,5
Épargne 18,0 17,1 16,0 17,0 16,8 17,0 18,0 18,6 17,7 17,4 17,1
Investissement 21,8 22,0 21,0 23,2 21,1 20,6 20,8 20,2 19,6 20,3 20,5
Solde du compte de capital 0,2 0,4 0,7 0,8 1,0 1,2 1,3 1,4 1,2 1,2 1,0
Amérique latine et Caraïbes
Capacité/besoin de financement –0,7 0,3 –1,7 –1,9 –2,3 –2,7 –3,1 –3,5 –2,2 –2,3 –2,4
Solde du compte courant –0,8 0,2 –1,9 –2,0 –2,3 –2,8 –3,2 –3,6 –2,3 –2,3 –2,4
Épargne 19,2 20,8 20,3 20,4 19,9 19,2 18,1 18,9 18,6 18,6 19,3
Investissement 20,1 20,7 21,7 22,2 22,3 22,3 21,9 22,2 20,7 21,0 21,7
Solde du compte de capital 0,1 0,1 0,2 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0
Moyen-Orient, Afrique du Nord,
Afghanistan et Pakistan
Capacité/besoin de financement 7,1 9,1 6,0 12,8 12,0 10,0 5,6 –3,4 –3,9 –2,0 –1,1
Solde du compte courant 7,4 9,4 6,1 12,7 12,5 10,1 5,1 –4,0 –4,6 –2,6 –1,6
Épargne 32,1 35,2 33,8 38,4 37,6 35,4 32,1 23,7 21,8 24,0 25,6
Investissement 24,9 26,4 29,0 25,6 25,4 24,8 25,5 26,5 25,1 25,4 25,8
Solde du compte de capital 0,2 0,2 0,3 0,0 0,0 0,0 0,1 0,1 0,1 0,1 0,1
Afrique subsaharienne
Capacité/besoin de financement 1,4 2,2 1,0 0,0 –1,0 –1,7 –3,3 –5,5 –4,1 –3,5 –4,0
Solde du compte courant 0,2 0,8 –0,7 –0,5 –1,5 –2,1 –3,7 –5,9 –4,5 –3,9 –4,4
Épargne 18,9 20,3 20,0 19,7 19,2 18,7 17,8 14,9 15,4 16,1 16,9
Investissement 18,5 19,4 20,4 20,1 20,6 20,9 21,5 20,6 19,9 20,0 21,3
Solde du compte de capital 1,2 1,4 1,7 0,5 0,6 0,4 0,3 0,4 0,4 0,4 0,4

Fonds monétaire international | Octobre 2016 259


PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : DEMANDE MODÉRÉE — SYMPTÔMES ET REMÈDES

Tableau A14. État récapitulatif de la capacité ou du besoin de financement (fin)


(En pourcentage du PIB)
Projections
Moyennes Moyennes
1998–2007 2002–09 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018–21
Classification analytique
Source des recettes d’exportation
Combustibles
Capacité/besoin de financement 7,9 9,1 6,1 9,9 8,7 6,8 3,8 –1,6 –1,8 –0,2 1,0
Solde du compte courant 8,2 9,6 6,0 9,9 9,0 6,9 4,2 –1,9 –2,2 –0,6 0,6
Épargne 30,9 32,7 30,6 34,2 32,9 30,0 28,4 24,8 23,4 24,8 26,4
Investissement 23,1 23,6 24,7 24,1 24,1 23,2 24,0 25,5 24,4 24,4 24,8
Solde du compte de capital 0,0 –0,1 0,3 0,0 –0,1 0,0 –0,7 –0,1 0,0 0,0 0,0
Autres produits
Capacité/besoin de financement 0,4 1,1 0,1 –1,0 –0,9 –1,0 –0,2 0,4 0,3 –0,3 –0,7
Solde du compte courant 0,2 0,9 –0,1 –1,2 –1,1 –1,2 –0,3 0,2 0,1 –0,4 –0,8
Épargne 26,4 29,6 32,9 32,9 33,1 33,1 33,9 34,2 33,4 32,9 32,6
Investissement 26,4 28,8 33,0 34,0 34,1 34,2 34,2 33,9 33,3 33,3 33,4
Solde du compte de capital 0,2 0,2 0,3 0,2 0,2 0,2 0,2 0,2 0,2 0,1 0,1
Source de financement extérieur
Pays débiteurs (net)
Capacité/besoin de financement –1,0 –1,0 –1,9 –2,7 –2,9 –2,6 –2,4 –2,2 –1,8 –2,1 –2,2
Solde du compte courant –1,3 –1,3 –2,4 –2,9 –3,2 –2,9 –2,7 –2,5 –2,0 –2,3 –2,4
Épargne 20,8 22,2 22,8 23,0 22,4 21,9 21,8 21,7 21,9 22,2 23,1
Investissement 22,3 23,7 25,1 25,7 25,4 24,7 24,4 24,2 23,9 24,4 25,5
Solde du compte de capital 0,3 0,3 0,5 0,2 0,3 0,3 0,3 0,3 0,3 0,3 0,2
Pays débiteurs (net) selon
le service de la dette
Pays ayant accumulé des arriérés
ou bénéficié d’un rééchelonnement
entre 2011 et 2015
Capacité/besoin de financement –0,1 –0,6 –2,3 –3,6 –5,2 –5,2 –3,0 –4,2 –5,0 –4,3 –3,3
Solde du compte courant –0,3 –0,9 –2,7 –3,9 –5,6 –5,3 –3,2 –4,4 –5,1 –4,5 –3,4
Épargne 20,8 21,7 18,9 16,6 14,6 13,4 13,9 12,7 11,9 13,0 14,5
Investissement 21,2 22,6 21,6 20,4 20,1 18,6 17,1 17,1 16,9 17,4 17,9
Solde du compte de capital 0,2 0,3 0,3 0,3 0,4 0,1 0,2 0,2 0,2 0,2 0,2
Pour mémoire
Monde
Capacité/besoin de financement 0,0 0,2 0,5 0,5 0,5 0,6 0,6 0,4 0,4 0,3 0,1
Solde du compte courant –0,1 0,1 0,4 0,4 0,5 0,5 0,5 0,3 0,3 0,2 0,0
Épargne 23,5 23,8 24,4 25,3 25,7 25,7 26,2 26,2 25,4 25,4 25,8
Investissement 23,5 23,6 24,1 24,8 25,0 25,0 25,3 25,4 25,0 25,1 25,7
Solde du compte de capital 0,0 0,1 0,1 0,1 0,1 0,1 0,0 0,0 0,1 0,1 0,0
Note : Les estimations figurant dans ce tableau reposent sur les statistiques des comptes nationaux et de la balance des paiements des pays. Les valeurs composites des groupes de
pays sont égales à la somme des valeurs en dollars pour les pays concernés, alors que dans les éditions d’avril 2005 et les éditions précédentes des PEM, les valeurs composites étaient
pondérées par le PIB en parité des pouvoirs d’achat en pourcentage du PIB mondial total. Les estimations de l’épargne et de l’investissement (ou formation brute de capital) nationaux bruts
sont tirées des statistiques des comptes nationaux des pays. Les estimations du solde du compte courant, du solde du compte de capital et du solde du compte financier (ou capacité/
besoin de financement) sont tirées des statistiques de la balance des paiements. Le lien entre les transactions intérieures et les transactions avec le reste du monde peuvent être exprimées
comme des identités comptables. L’épargne (S) moins l’investissement (I) est égal au solde du compte courant (CAB) (S – I = CAB). La capacité/besoin de financement (NLB) est la somme
du solde du compte courant et du solde du compte de capital (KAB) (NLB = CAB + KAB). Dans la pratique, ces identités ne tiennent pas exactement; des déséquilibres résultent des
imperfections dans les données sources et dans l’établissement des données, ainsi que d’asymétries dans la composition des groupes en raison des données disponibles.
1Hors G-7 (Allemagne, Canada, États-Unis, France, Italie, Japon, Royaume-Uni) et zone euro.
2La Géorgie, le Turkménistan et l’Ukraine, qui ne sont pas membres de la Communauté des États indépendants, sont inclus dans ce groupe pour des raisons de géographie et de similitude

de structure économique.

260 Fonds monétaire international | Octobre 2016


APPENDICE STATISTIQUE

Tableau A15. Ensemble du monde — Scénario de référence à moyen terme : récapitulation


Projections
Moyennes Moyennes
1998–2007 2008–17 2014 2015 2016 2017 2014–17 2018–21
Variations annuelles en pourcentage
PIB réel mondial 4,2 3,2 3,4 3,2 3,1 3,4 3,3 3,7
Pays avancés 2,8 1,1 1,9 2,1 1,6 1,8 1,8 1,7
Pays émergents et en développement 5,8 5,0 4,6 4,0 4,2 4,6 4,3 5,0
Pour mémoire
Production potentielle
Principaux pays avancés 2,2 1,2 1,4 1,4 1,3 1,3 1,3 1,5
Commerce mondial, Volume1 6,8 2,9 3,9 2,6 2,3 3,8 3,1 4,2
Importations
Pays avancés 6,2 2,1 3,8 4,2 2,4 3,9 3,6 4,1
Pays émergents et en développement 8,9 4,5 4,5 –0,6 2,3 4,1 2,5 4,7
Exportations
Pays avancés 5,8 2,5 3,8 3,6 1,8 3,5 3,2 3,8
Pays émergents et en développement 8,8 3,7 3,5 1,3 2,9 3,6 2,8 4,5
Termes de l’échange
Pays avancés –0,2 0,1 0,3 1,8 0,9 0,1 0,8 0,1
Pays émergents et en développement 1,7 –0,1 –0,5 –4,1 –1,0 –0,1 –1,4 –0,2
Prix mondiaux (en dollars)
Produits manufacturés 1,5 0,4 –1,0 –2,9 –2,1 1,4 –1,2 1,0
Pétrole 14,0 –3,3 –7,5 –47,2 –15,4 17,9 –16,5 3,3
Produits primaires hors combustibles 3,9 –0,7 –4,0 –17,5 –2,7 0,9 –6,1 –0,1
Prix à la consommation
Pays avancés 2,0 1,5 1,4 0,3 0,8 1,7 1,0 2,0
Pays émergents et en développement 7,9 5,6 4,7 4,7 4,5 4,4 4,6 4,1
Taux d’intérêt En pourcentage
LIBOR à six mois en valeur réelle2 1,8 –0,6 –1,5 –0,6 –0,4 –0,8 –0,8 0,8
Taux mondial d’intérêt réel à long terme3 2,4 0,8 0,5 1,3 0,3 –0,5 0,4 0,2
Soldes des transactions courantes En pourcentage du PIB
Pays avancés –0,7 0,1 0,5 0,6 0,7 0,6 0,6 0,4
Pays émergents et en développement 1,9 0,9 0,6 –0,1 –0,3 –0,4 –0,1 –0,6
Dette extérieure totale
Pays émergents et en développement 33,4 27,1 28,4 28,4 28,4 27,6 28,2 26,2
Service de la dette
Pays émergents et en développement 9,3 9,6 11,2 12,1 10,5 9,4 10,8 8,9
1Les données se rapportent au commerce de biens et de services.
2Taux interbancaire offert à Londres sur les dépôts en dollars diminué du pourcentage de variation du déflateur du PIB des États-Unis.
3Moyennes pondérées en fonction du PIB des taux des obligations d’État à 10 ans (ou échéance la plus proche) de l’Allemagne, du Canada, des États-Unis,

de la France, de l’Italie, du Japon et du Royaume-Uni.

Fonds monétaire international | Octobre 2016 261


PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE
QUESTIONS D’ACTUALITÉ

Derniers numéros des Perspectives de l’économie mondiale


Perspectives de l’économie mondiale : Systèmes financiers et cycles économiques Septembre 2006
Perspectives de l’économie mondiale : Effets de contagion et cycles économiques mondiaux Avril 2007
Perspectives de l’économie mondiale : Mondialisation et inégalité Octobre 2007
Perspectives de l’économie mondiale : Logement et cycle conjoncturel Avril 2008
Perspectives de l’économie mondiale : Turbulences financières, ralentissements et redressements Octobre 2008
Perspectives de l’économie mondiale : Crise et reprise Avril 2009
Perspectives de l’économie mondiale : Soutenir la reprise Octobre 2009
Perspectives de l’économie mondiale : Rééquilibrer la croissance Avril 2010
Perspectives de l’économie mondiale : Reprise, risques et rééquilibrage Octobre 2010
Perspectives de l’économie mondiale — Les tensions d’une reprise à deux vitesses :
Chômage, matières premières et flux de capitaux Avril 2011
Perspectives de l’économie mondiale : Croissance au ralenti, risques en hausse Septembre 2011
Perspectives de l’économie mondiale : Une reprise en cours, mais qui reste en danger Avril 2012
Perspectives de l’économie mondiale : Une dette élevée et une croissance anémique Octobre 2012
Perspectives de l’économie mondiale : Espoirs, réalités, risques Avril 2013
Perspectives de l’économie mondiale : Transitions et tensions Octobre 2013
Perspectives de l’économie mondiale : La reprise s’affermit, mais reste inégale Avril 2014
Perspectives de l’économie mondiale : Nuages et incertitudes de l’après-crise Octobre 2014
Perspectives de l’économie mondiale : Croissance inégale — facteurs à court et long terme Avril 2015
Perspectives de l’économie mondiale : L’ajustement au repli des prix des produits de base Octobre 2015
Perspectives de l’économie mondiale : Une croissance trop faible depuis trop longtemps Avril 2016

I. Méthodologie : agrégats, modèles et prévisions


Mesurer l’inégalité : concepts, méthodologies et indicateurs Octobre 2007, encadré 4.1
Nouveaux indices de cycle conjoncturel pour l’Amérique latine :
une reconstruction historique Octobre 2007, encadré 5.3
Incidence des nouveaux paramètres de calcul des PPA sur l’estimation
de la croissance mondiale Avril 2008, appendice 1.1
La mesure de l’écart de production Octobre 2008, encadré 1.3
Évaluation et explication des risques pour les perspectives mondiales Octobre 2008, appendice 1.1
Représentation de la croissance mondiale sous forme de graphique en éventail Avril 2009, appendice 1.2
Les indicateurs de suivi de la croissance Octobre 2010, appendice 1.2
Calcul de la production potentielle à partir de données à bruit selon le modèle
de projection mondial Octobre 2010, encadré 1.3
Rééquilibrage non coordonné Octobre 2010, encadré 1.4
Perspectives de l’économie mondiale : contre-scénarios Avril 2011, encadré 1.2
Bilans budgétaires : l’importance des actifs non financiers et de leur évaluation Octobre 2014, encadré 3.3

Fonds monétaire international | Octobre 2016 263


PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : DEMANDE MODÉRÉE — SYMPTÔMES ET REMÈDES

Scénarios sur les droits de douane Octobre 2016, encadré scénario 1


Projections de la croissance mondiale à moyen terme Octobre 2016, encadré 1.1

II. Études rétrospectives


Croissance et balance courante : une perspective historique Octobre 2008, encadré 6.3
Perspectives historiques des crises financières internationales Octobre 2009, encadré 4.1
Le meilleur comme le pire : 100 ans de surendettement public Octobre 2012, chapitre 3
Récessions : quelles conséquences? Octobre 2015, encadré 1.1

III. Croissance économique : facteurs et évolution


L’essor de l’Asie : schémas de développement et de croissance économiques Septembre 2006, chapitre 3
Croissance de la production potentielle et de la productivité au Japon Septembre 2006, encadré 3.1
Évolution et influence de la qualité de la gouvernance d’entreprise en Asie Septembre 2006, encadré 3.2
Possibilités de découplage? Effets de contagion et cycles économiques mondiaux Avril 2007, chapitre 4
Effets de contagion et synchronisation internationale des cycles économiques :
une perspective plus large Avril 2007, encadré 4.3
Le débat sur le taux d’actualisation Octobre 2007, encadré 1.7
Prix ou quantités dans un contexte d’incertitude (Weitzman, 1974) Octobre 2007, encadré 1.8
Les échanges de permis d’émissions dans l’Union européenne Octobre 2007, encadré 1.9
Changements climatiques : répercussions économiques et riposte des pouvoirs publics Octobre 2007, appendice 1.2
Quels risques les marchés du logement représentent-ils pour la croissance mondiale? Octobre 2007, encadré 2.1
L’évolution de la dynamique du cycle conjoncturel mondial Octobre 2007, chapitre 5
Principales économies et fluctuations de la croissance mondiale Octobre 2007, encadré 5.1
L’amélioration des résultats macroéconomiques : coup de chance ou coup de maître? Octobre 2007, encadré 5.2
Cycles conjoncturels mondiaux Avril 2009, encadré 1.1
Comment la crise actuelle se compare-t-elle à la Grande Dépression? Avril 2009, encadré 3.1
Le crédit conditionne-t-il la reprise? Enseignements des données sectorielles Avril 2009, encadré 3.2
De la récession à la reprise : dans quels délais et avec quelle vigueur? Avril 2009, chapitre 3
Quelle est l’ampleur des dégâts? La dynamique de la production
à moyen terme après les crises financières Octobre 2009, chapitre 4
Une reprise sans emplois? Octobre 2009, encadré 1.3
Dynamiques du chômage pendant les récessions et les reprises : au-delà de la loi d’Okun Avril 2010, chapitre 3
Une croissance lente dans les pays avancés implique-t-elle une croissance lente
dans les pays émergents? Octobre 2010, encadré 1.1
La reprise mondiale : où en sommes-nous? Avril 2012, encadré 1.2
Comment l’incertitude influe-t-elle sur les résultats économiques? Octobre 2012, encadré 1.3
La résilience des marchés émergents et des pays en développement sera-t-elle durable? Octobre 2012, chapitre 4
L’emploi et la croissance sont-ils indissociables? Octobre 2012, encadré 4.1
Effets de contagion : répercussions de l’incertitude entourant les politiques économiques
aux États-Unis et en Europe Avril 2013, chapitre 2
La montée en puissance des pays à faible revenu peut-elle durer? Avril 2013, chapitre 4
Comment expliquer le ralentissement des BRICS? Octobre 2013, encadré 1.2
Sur la même longueur d’onde? Effets d’entraînement, chocs communs et rôle des liens
financiers et commerciaux Octobre 2013, chapitre 3

264 Fonds monétaire international | Octobre 2016


QUESTIONS D’ACTUALITÉ

Synchronisme de la production au Moyen-Orient, en Afrique du Nord, en Afghanistan


et au Pakistan et dans le Caucase et en Asie centrale Octobre 2013, encadré 3.1
Effets d’entraînement des variations de la politique monétaire des États-Unis Octobre 2013, encadré 3.2
Épargne et croissance économique Avril 2014, encadré 3.1
Forcés à subir? Conditions extérieures et croissance dans les pays émergents
avant, pendant et après la crise financière mondiale Avril 2014, chapitre 4
Incidence de la conjoncture extérieure sur la croissance à moyen terme des pays émergents Avril 2014, encadré 4.1
Les causes des révisions par le FMI des prévisions de croissance depuis 2011 Octobre 2014, encadré 1.2
Dossier spécial sur les effets de contagion : les déterminants sous-jacents
des rendements obligataires aux États-Unis Octobre 2014, chapitre 2
Le moment est-il propice à une relance des infrastructures? Les effets macroéconomiques
de l’investissement public Octobre 2014, chapitre 3
Les effets macroéconomiques d’une augmentation de l’investissement public
dans les pays en développement Octobre 2014, encadré 3.4
Où allons-nous? Points de vue sur la production potentielle Avril 2015, chapitre 3
Contre vents et marées : estimation de la production soutenable Avril 2015, encadré 3.1
Évolution et perspectives macroéconomiques des pays en développement à faible revenu :
le rôle des facteurs extérieurs Avril 2016, encadré 1.2
Le moment est-il venu de stimuler l’offre? Effets macroéconomiques des réformes des marchés
du travail et des produits dans les pays avancés Avril 2016, chapitre 3

IV. Inflation et déflation; marchés des produits de base


Le boom des produits de base non combustibles peut-il être durable? Septembre 2006, chapitre 5
Les sociétés internationales et nationales dans un secteur pétrolier en mutation Septembre 2006, encadré 1.4
Chocs sur les cours des produits de base, croissance et financement en Afrique subsaharienne Septembre 2006, encadré 2.2
La spéculation a-t-elle contribué à la hausse des cours des produits de base? Septembre 2006, encadré 5.1
La libéralisation du commerce agricole et les cours des produits de base Septembre 2006, encadré 5.2
Évolutions récentes du marché des produits de base Septembre 2006, appendice 1.1
Qui est touché par l’envolée des prix des produits alimentaires? Octobre 2007, encadré 1.1
Goulets d’étranglement dans le raffinage Octobre 2007, encadré 1.5
Tirer le meilleur parti des biocarburants Octobre 2007, encadré 1.6
Évolution et perspectives des marchés des produits de base Avril 2008, appendice 1.2
Dépréciation du dollar et cours des produits de base Avril 2008, encadré 1.4
Pourquoi l’offre de pétrole n’a pas répondu à la hausse des prix? Avril 2008, encadré 1.5
Prix de référence du pétrole Avril 2008, encadré 1.6
Mondialisation, prix des produits de base et pays en développement Avril 2008, chapitre 5
Le boom actuel des prix des produits de base en perspective Avril 2008, encadré 5.2
De nouveau l’inflation? Produits de base et inflation Octobre 2008, chapitre 3
Les investissements financiers influent-ils sur le comportement des prix des produits de base? Octobre 2008, encadré 3.1
Évaluation des ripostes budgétaires aux récentes hausses des prix des produits de base Octobre 2008, encadré 3.2
Les régimes de politique monétaire et les prix des produits de base Octobre 2008, encadré 3.3
Évaluation des risques de déflation dans le G-3 Avril 2009, encadré 1.3
La reprise économique mondiale s’accompagnera-t-elle d’une remontée
du cours des produits de base? Avril 2009, encadré 1.5

Fonds monétaire international | Octobre 2016 265


PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : DEMANDE MODÉRÉE — SYMPTÔMES ET REMÈDES

Marchés des produits de base : évolution et perspectives Avril 2009, appendice 1.1
Marchés des produits de base : évolution et perspectives Octobre 2009, appendice 1.1
Que nous disent les marchés des options sur les perspectives des cours des matières premières? Octobre 2009, encadré 1.6
Comment expliquer la volatilité croissante des prix alimentaires? Octobre 2009, encadré 1.7
Qu’est-ce que la remontée des cours des produits de base a d’inhabituel? Avril 2010, encadré 1.2
Courbes des cours à terme des produits de base et ajustement cyclique du marché Avril 2010, encadré 1.3
Évolution et perspectives des marchés de produits de base Octobre 2010, appendice 1.1
Sombres perspectives pour le secteur de l’immobilier Octobre 2010, encadré 1.2
Les métaux sont-ils devenus plus rares et avec quelles conséquences pour leurs prix? Octobre 2010, encadré 1.5
Évolution et perspectives des marchés des matières premières Avril 2011, appendice 1.2
Pénurie de pétrole, croissance et déséquilibres mondiaux Avril 2011, chapitre 3
Contraintes du cycle de vie pesant sur la production mondiale de pétrole Avril 2011, encadré 3.1
Le gaz naturel non conventionnel va-t-il changer la donne? Avril 2011, encadré 3.2
L’effet à court terme des chocs pétroliers sur l’activité économique Avril 2011, encadré 3.3
Filtrage passe-bas pour extraire les tendances conjoncturelles Avril 2011, appendice 3.1
Les modèles empiriques pour l’énergie et le pétrole Avril 2011, appendice 3.2
Évolution et perspectives des marchés des matières premières Septembre 2011, appendice 1.1
Investissements financiers, spéculation et prix des matières premières Septembre 2011, encadré 1.4
Viser des objectifs atteignables : fluctuations des cours des matières premières
et politique monétaire Septembre 2011, chapitre 3
Dossier spécial : les marchés des produits de base Avril 2012, chapitre 1
Fluctuations des cours des produits de base et conséquences pour les exportateurs Avril 2012, chapitre 4
Effets macroéconomiques des chocs sur les cours des produits
de base dans les pays à faible revenu Avril 2012, encadré 4.1
La volatilité des cours des produits de base et le défi du développement
dans les pays à faible revenu Avril 2012, encadré 4.2
Dossier spécial : les marchés des produits de base Octobre 2012, chapitre 1
Les énergies non conventionnelles aux États-Unis Octobre 2012, encadré 1.4
Crise de l’approvisionnement alimentaire : qui sont les plus vulnérables? Octobre 2012, encadré 1.5
Dossier spécial : Les marchés des produits de base Avril 2013, chapitre 1
Telle l’histoire du chien qui n’a pas aboyé : l’inflation a-t-elle été muselée,
ou s’est-elle simplement assoupie? Avril 2013, chapitre 3
Est-il encore judicieux de cibler l’inflation si la courbe de Phillips est plate? Avril 2013, encadré 3.1
Dossier spécial : les marchés des produits de base Octobre 2013, chapitre 1
Les booms énergétiques et le solde des transactions courantes : l’expérience
de plusieurs pays Octobre 2013, encadré [Link].1
Facteurs influant sur les cours du pétrole et réduction de l’écart WTI–Brent Octobre 2013, encadré [Link].2
Ancrage des anticipations d’inflation lorsque l’inflation est inférieure à l’objectif Avril 2014, encadré 1.3
Dossier spécial : produits de base — cours et prévisions Avril 2014, chapitre 1
Dossier spécial : marchés des produits de base — évolution et prévisions, axées
principalement sur l’importance du gaz naturel dans l’économie mondiale Octobre 2014, chapitre 1
Dossier spécial : marchés des produits de base — évolution et prévisions, axées
principalement sur l’investissement sur fond de faiblesse des cours du pétrole Avril 2015, chapitre 1
L’effondrement des cours du pétrole : question d’offre ou de demande? Avril 2015, encadré 1.1

266 Fonds monétaire international | Octobre 2016


QUESTIONS D’ACTUALITÉ

Dossier spécial : Marchés des produits de base — évolution et prévisions, principalement


pour les métaux dans l’économie mondiale Octobre 2015, chapitre 1
Les nouvelles frontières de l’extraction des métaux : la réorientation Nord–Sud Octobre 2015, encadré [Link].1
À quoi les exportateurs de produits de base doivent-ils s’attendre? Croissance
de la production après l’envolée des cours des produits de base Octobre 2015, chapitre 2
Un patient pas trop malade : l’envolée des cours des produits de base
et le phénomène du syndrome hollandais Octobre 2015, encadré 2.1
Les économies des pays exportateurs de produits de base sont-elles en surchauffe
durant la hausse des cours? Octobre 2015, encadré 2.4
Dossier spécial : Marchés des produits de base — évolution et prévisions, principalement de
la transition énergétique lors d’une période de bas niveau des cours des combustibles fossiles Avril 2016, chapitre 1
La désinflation mondiale sur fond de politique monétaire sous contrainte Octobre 2016, chapitre 3
Dossier spécial : Marchés des produits de base — évolution et prévisions principalement
de la sécurité et des marchés alimentaires dans l’économie mondiale Octobre 2016, chapitre 1
Quel rôle jouent vraiment les cours mondiaux dans la hausse des prix alimentaires? Octobre 2016, encadré 3.3

V. Politique budgétaire
Les résultats budgétaires des pays émergents : amélioration cyclique ou structurelle? Septembre 2006, encadré 2.1
Quand la relance budgétaire fonctionne-t-elle? Avril 2008, encadré 2.1
La politique budgétaire comme outil de stabilisation conjoncturelle Octobre 2008, chapitre 5
Les stabilisateurs automatiques — Importance et rapports
avec la politique budgétaire discrétionnaire Octobre 2008, encadré 5.1
Pourquoi est-il si difficile de connaître les effets des relances budgétaires? Octobre 2008, encadré 5.2
Les États-Unis ont-ils accordé des allégements fiscaux opportuns,
temporaires et ciblés? Octobre 2008, encadré 5.3
Cela sera-t-il douloureux? Les effets macroéconomiques du rééquilibrage budgétaire Octobre 2010, chapitre 3
Soldes budgétaire et commercial, des jumeaux séparés à la naissance? Septembre 2011, chapitre 4
Les multiplicateurs budgétaires à court terme sont-ils sous-estimés? Octobre 2012, encadré 1.1
Les conséquences d’une dette publique élevée dans les économies avancées Octobre 2012, encadré 1.2
Le meilleur comme le pire : 100 ans de surendettement public Octobre 2012, chapitre 3
La grande divergence entre les politiques économiques Avril 2013, encadré 1.1
Surendettement public et résultats du secteur privé Avril 2013, encadré 1.2
Le moment est-il propice à une relance des infrastructures? Les effets macroéconomiques
de l’investissement public Octobre 2014, chapitre 3
Améliorer l’efficience de l’investissement public Octobre 2014, encadré 3.2
Les effets macroéconomiques d’une augmentation de l’investissement public Octobre 2014, encadré 3.4
dans les pays en développement
Les institutions et règles budgétaires et l’investissement public Octobre 2014, encadré 3.5
Hausses des cours des produits de base et investissements publics Octobre 2015, encadré 2.2

VI. Politique monétaire, marchés financiers et flux de ressources


Comment les marchés financiers influent-ils sur les cycles économiques? Septembre 2006, chapitre 4
Levier financier et déflation par la dette Septembre 2006, encadré 4.1
Relations financières et effets de contagion Avril 2007, encadré 4.1

Fonds monétaire international | Octobre 2016 267


PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : DEMANDE MODÉRÉE — SYMPTÔMES ET REMÈDES

Situation macroéconomique des pays industrialisés et flux financiers


vers les pays émergents Avril 2007, encadré 4.2
Répercussions macroéconomiques des récentes turbulences
sur les marchés financiers : rappel des épisodes précédents Octobre 2007, encadré 1.2
La liquidité mondiale, qu’est-ce que c’est? Octobre 2007, encadré 1.4
L’évolution du cycle du logement et ses répercussions sur la politique monétaire Avril 2008, chapitre 3
Y a-t-il compression du crédit? Avril 2008, encadré 1.1
Évaluation des vulnérabilités aux corrections du marché du logement Avril 2008, encadré 3.1
Turbulences financières et phases de contraction Octobre 2008, chapitre 4
Le dernier accès de fièvre financière : comment peut-il changer les perspectives mondiales? Octobre 2008, encadré 1.1
Prix du logement : corrections et conséquences Octobre 2008, encadré 1.2
Pour remédier aux crises du système financier et assainir l’intermédiation financière Octobre 2008, encadré 4.1
Les entreprises non financières sont-elles vulnérables? Avril 2009, encadré 1.2
L’énigme de la disparition du patrimoine des ménages Avril 2009, encadré 2.1
L’influence des capitaux bancaires étrangers durant les crises d’origine nationale Avril 2009, encadré 4.1
Un indice de turbulences financières pour les pays émergents Avril 2009, appendice 4.1
Les turbulences financières dans les pays émergents : une analyse économétrique Avril 2009, appendice 4.2
Comment les liens financiers et commerciaux enveniment la situation Avril 2009, chapitre 4
Les enseignements à tirer des fluctuations des prix des actifs
pour la politique monétaire Octobre 2009, chapitre 3
Les marchés financiers des pays émergents ont-ils mieux résisté
à la crise actuelle qu’à celles qui ont précédé? Octobre 2009, encadré 1.2
Risques liés aux marchés immobiliers Octobre 2009, encadré 1.4
Indices de conditions financières Avril 2011, appendice 1.1
Effondrement des prix de l’immobilier dans les pays avancés :
répercussions sur les marchés financiers Avril 2011, encadré 1.1
Retombées internationales et politiques macroéconomiques Avril 2011, encadré 1.3
Les cycles emballement–effondrement du crédit :
causes et conséquences pour les autorités Septembre 2011, encadré 1.2
La baisse des cours boursiers est-elle un signe avant-coureur d’une récession? Septembre 2011, encadré 1.3
Effets de contagion : répercussions du désendettement des banques de la zone euro Avril 2012, chapitre 2
Effets de contagion : la transmission financière des tensions dans l’économie mondiale Octobre 2012, chapitre 2
La grande divergence entre les politiques économiques Avril 2013, encadré 1.1
Que se passera-t-il quand les États-Unis mettront fin à leur politique d’assouplissement? Octobre 2013, encadré 1.1
Offre de crédit et croissance économique Avril 2014, encadré 1.1
Dossier spécial sur les effets de contagion : les pays avancés doivent-ils
se préoccuper d’un ralentissement de la croissance des pays émergents? Avril 2014, chapitre 2
Points de vue sur les taux d’intérêt réels mondiaux Avril 2014, chapitre 3
Les marchés immobiliers mondiaux : mise à jour Octobre 2014, encadré 1.1
Politique monétaire aux États-Unis et flux de capitaux vers les pays émergents Avril 2016, encadré 2.2
Politique monétaire : approche transparente fondée sur la gestion des risques Octobre 2016, encadré 3.5

268 Fonds monétaire international | Octobre 2016


QUESTIONS D’ACTUALITÉ

VII. Marché du travail, pauvreté et inégalité


La mondialisation de la main-d’œuvre Avril 2007, chapitre 5
Émigration et commerce : incidence sur les pays en développement Avril 2007, encadré 5.1
Réformes du marché du travail dans la zone euro et arbitrage salaires–chômage Octobre 2007, encadré 2.2
Mondialisation et inégalité Octobre 2007, chapitre 4
Le dualisme du marché du travail : contrats temporaires et contrats permanents;
mesures, effets et enjeux pour les politiques publiques Avril 2010, encadré 3.1
Programmes de travail à horaires réduits Avril 2010, encadré 3.2
Une lente reprise sans issue? Une vision sectorielle des marchés du travail
dans les économies avancées Septembre 2011, encadré 1.1
La part du travail en Europe et aux États-unis pendant et après la Grande Récession Avril 2012, encadré 1.1
L’emploi et la croissance sont-ils indissociables? Octobre 2012, encadré 4.1
Une réforme des systèmes de négociation collective visant à assurer un niveau
d’emploi élevé et stable Avril 2016, encadré 3.2

VIII. Taux de change


Comment les déséquilibres de l’économie mondiale s’ajusteront-ils? Septembre 2006, encadré 1.3
Les taux de change et l’ajustement des déséquilibres extérieurs Avril 2007, chapitre 3
Répercussion des mouvements de taux de change sur les prix
des exportations et des importations et sur l’ajustement extérieur Avril 2007, encadré 3.3
La dépréciation du dollar américain : ses causes et ses conséquences Avril 2008, encadré 1.2
Enseignements de la crise sur le choix du régime de change Avril 2010, encadré 1.1
Régimes de change et susceptibilité aux crises des pays émergents Avril 2014, encadré 1.4
Les taux de change et les flux d’échanges sont-ils déconnectés? Octobre 2015, chapitre 3
La relation entre les taux de change et les échanges liés aux chaînes de valeur mondiales Octobre 2015, encadré 3.1
Le rôle des chaînes de valeur mondiales dans la mesure des taux de change effectifs réels
et de la compétitivité Octobre 2015, encadré 3.2

IX. Paiements extérieurs, commerce,


mouvements de capitaux et dette extérieure
Une perspective à long terme des flux de capitaux vers les pays émergents Septembre 2006, encadré 1.1
Comment les déséquilibres de l’économie mondiale s’ajusteront-ils? Septembre 2006, encadré 2.1
Viabilité extérieure et intégration financière Avril 2007, encadré 3.1
Déséquilibres élevés et persistants du compte courant Avril 2007, encadré 3.2
Consultation multilatérale sur les déséquilibres mondiaux Octobre 2007, encadré 1.3
Gérer les conséquences macroéconomiques d’apports d’aide massifs et volatils Octobre 2007, encadré 2.3
Comment gérer des entrées massives de capitaux Octobre 2007, chapitre 3
Le contrôle des mouvements de capitaux peut-il être efficace? Octobre 2007, encadré 3.1
Consultation multilatérale sur les déséquilibres mondiaux : rapport d’avancement Avril 2008, encadré 1.3
Comment la mondialisation commerciale et financière influe-t-elle sur la croissance?
Théorie et éléments de preuve Avril 2008, encadré 5.1
La divergence des balances des paiements courants entre les économies émergentes Octobre 2008, chapitre 6

Fonds monétaire international | Octobre 2016 269


PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : DEMANDE MODÉRÉE — SYMPTÔMES ET REMÈDES

Les déterminants de la balance courante dans les pays exportateurs de pétrole Octobre 2008, encadré 6.1
L’incidence des fonds souverains sur les marchés financiers mondiaux Octobre 2008, encadré 6.2
Les déséquilibres mondiaux et la crise financière Avril 2009, encadré 1.4
Financement des échanges et commerce mondial : des études sur le crédit bancaire
apportent de nouveaux éléments Octobre 2009, encadré 1.1
De déficit en excédent : récente inflexion des soldes des comptes des transactions
courantes de la balance mondiale des paiements Octobre 2009, encadré 1.5
Trouver le bon équilibre : mettre fin aux excédents persistants du compte courant Avril 2010, chapitre 4
Réaction des pays émergents d’Asie aux entrées de capitaux Octobre 2010, encadré 2.1
En Amérique latine, le groupe AL-5 surfe sur une nouvelle vague d’entrées de capitaux Octobre 2010, encadré 2.1
Les crises financières ont-elles des effets durables sur le commerce? Octobre 2010, chapitre 4
Correction des déséquilibres extérieurs à la périphérie de l’Union européenne Avril 2011, encadré 2.1
Flux internationaux de capitaux : fiables ou inconstants? Avril 2011, chapitre 4
Engagements extérieurs et points de basculement dans la crise Septembre 2011, encadré 1.5
L’évolution des déficits courants dans la zone euro Avril 2013, encadré 1.3
Rééquilibrages extérieurs dans la zone euro Octobre 2013, encadré 1.3
Le yin et le yang de la gestion des flux de capitaux : mettre en équilibre les entrées
et les sorties de capitaux Octobre 2013, chapitre 4
Simulation de la vulnérabilité à la situation des marchés internationaux de capitaux Octobre 2013, encadré 4.1
Les retombées commerciales du boom du gaz de schiste aux États-Unis Octobre 2014, encadré [Link].1
Les déséquilibres mondiaux ont-ils atteint un point d’inflexion? Octobre 2014, chapitre 4
Changement de vitesse : l’ajustement extérieur de 1986 Octobre 2014, encadré 4.1
Le conte de deux ajustements : Asie de l’Est et zone euro Octobre 2014, encadré 4.2
Comprendre le rôle des facteurs cycliques et structurels dans le ralentissement
du commerce mondial Avril 2015, encadré 1.2
De petits pays, mais des déficits courants élevés Octobre 2015, encadré 1.2
Mouvements de capitaux et financiarisation dans les pays en développement Octobre 2015, encadré 1.3
Analyse du ralentissement du commerce mondial Avril 2016, encadré 1.1
Comprendre le ralentissement des flux de capitaux vers les pays émergents Avril 2016, chapitre 2
Flux de capitaux vers les pays en développement à faible revenu Avril 2016, encadré 2.1
Gains de productivité pouvant découler de la poursuite de la libéralisation
des échanges et de l’investissement direct étranger Avril 2016, encadré 3.3
À quoi tient le ralentissement des échanges mondiaux? Octobre 2016, chapitre 2

X. Études régionales
Dix années d’Union économique et monétaire Octobre 2008, encadré 2.1
Facteurs de vulnérabilité dans les pays émergents Avril 2009, encadré 2.2
Liens Est–Ouest et effets de contagion en Europe Avril 2012, encadré 2.1
L’évolution des déficits courants dans la zone euro Avril 2013, encadré 1.3

XI. Études de cas


Pourquoi le compte des revenus des États-Unis est-il encore excédentaire
et combien de temps le restera-t-il? Septembre 2005, encadré 1.2
L’Inde est-elle en train de devenir un moteur de la croissance mondiale? Septembre 2005, encadré 1.4

270 Fonds monétaire international | Octobre 2016


QUESTIONS D’ACTUALITÉ

L’épargne et l’investissement en Chine Septembre 2005, encadré 2.1


Révision du PIB de la Chine : conséquences pour ce pays et pour l’économie mondiale? Avril 2006, encadré 1.6
Les effets de la mondialisation sur l’inégalité : que nous apprennent les études réalisées
au niveau national? Cas du Mexique, de la Chine et de l’Inde Octobre 2007, encadré 4.2
Le Japon après les Accords du Plaza Avril 2010, encadré 4.1
La situation de la province chinoise de Taiwan à la fin des années 80 Avril 2010, encadré 4.2
Les Accords du Plaza sont-ils responsables des décennies perdues au Japon? Avril 2011, encadré 1.4
Comment va évoluer l’excédent extérieur de la Chine? Avril 2012, encadré 1.3
La Home Owners’ Loan Corporation (HOLC) américaine Avril 2012, encadré 3.1
La restructuration de la dette des ménages en Islande Avril 2012, encadré 3.2
«Abenomics» : des risques après les premiers succès? Octobre 2013, encadré 1.4
Chine : les dépenses évoluent-elles au détriment des produits de base? Avril 2014, encadré 1.2
L’investissement public au Japon durant la décennie perdue Octobre 2014, encadré 3.1
Exportations japonaises : où est le hic? Octobre 2015, encadré 3.3
Déflation : l’expérience japonaise Octobre 2016, encadré 3.2

XII. Études spéciales


Le changement climatique et l’économie mondiale Avril 2008, chapitre 4
Croissance du parc automobile dans les pays émergents : incidences
sur le changement climatique Avril 2008, encadré 4.1
Asie du Sud : modèle d’impact d’un choc climatique Avril 2008, encadré 4.2
Politiques macroéconomiques pour un ajustement plus ordonné aux chocs climatiques Avril 2008, encadré 4.3
Assurance catastrophe et obligations catastrophe : nouveaux instruments
de couverture des risques climatiques Avril 2008, encadré 4.4
Initiatives récentes de réduction des émissions Avril 2008, encadré 4.5
Enjeux de l’élaboration de politiques nationales d’atténuation des émissions Avril 2008, encadré 4.6
Progresser avec un peu d’aide d’une hausse des cours : les recettes exceptionnelles tirées
des produits de base accélèrent-elles le développement humain? Octobre 2015, encadré 2.3
Sortir de l’impasse : détermination des éléments d’économie politique propices
à une réforme structurelle Avril 2016, encadré 3.1
Des vagues de réforme peuvent-elles inverser le courant? Études de cas faisant appel
à la méthode des contrôles synthétiques Avril 2016, encadré 3.4
La ruée mondiale vers les terres Octobre 2016, encadré [Link].1

Fonds monétaire international | Octobre 2016 271


EXAMEN DES PERSPECTIVES PAR LE CONSEIL D’ADMINISTRATION
DU FMI, OCTOBRE 2016

Observations du Président du Conseil d’administration à l’issue de la séance consacrée à l’examen


du Moniteur des finances publiques, du Rapport sur la stabilité financière dans le monde
et des Perspectives de l’économie mondiale, le 23 septembre 2016

L
es administrateurs souscrivent dans l’ensemble réguliers dans le renforcement de leur cadre d’action et de
à l’évaluation des Perspectives de l’économie mon- leur résilience aux chocs, et l’état d’esprit des opérateurs
diale et des risques auxquels elle est exposée. Ils de marché s’est amélioré récemment. En dépit de ces évo-
notent que la croissance mondiale restera pro- lutions positives, les pays émergents et les pays en déve-
bablement modeste cette année, que la croissance du loppement restent exposés aux répercussions d’une crois-
commerce mondial est en baisse et que l’inflation de- sance modérée dans les pays avancés, aux conséquences
meure faible dans beaucoup de pays avancés. Du côté de la transition de l’économie chinoise vers un modèle
positif, les cours des produits de base ont rebondi, et la de croissance plus durable et à la volatilité des flux de ca-
volatilité sur les marchés financiers qui a suivi le vote du pitaux et des taux de change, tandis que des problèmes
Royaume-Uni en faveur de la sortie de l’Union euro- internes restent à résoudre. À l’échelle mondiale, il est
péenne a généralement été limitée. Les administrateurs de plus en plus question de mécontentement politique,
notent que, si une légère accélération de la croissance d’inégalité des revenus et de politiques populistes, ce qui
mondiale est attendue l’an prochain, les risques de dégra- menace de faire dérailler la mondialisation.
dation et l’incertitude sont élevés. Le risque d’un nou- Les administrateurs notent que, si les marchés financiers
veau revers ne peut être exclu. Les administrateurs en- se sont montrés résilients face à plusieurs chocs au cours
gagent vivement les dirigeants à employer tous les leviers des six derniers mois, les risques à moyen terme sont en
de la politique économique, individuellement et collec- hausse. Dans les pays avancés où une croissance faible exige
tivement, et à renforcer la coopération mondiale pour de continuer de mener une politique monétaire accom-
éviter de nouveaux taux de croissance décevants, ren- modante, une période prolongée de croissance et de taux
forcer les fondements de la reprise, relancer le commerce d’intérêt faibles pourrait accentuer les problèmes de ren-
mondial et veiller à ce que les bienfaits de la mondialisa- tabilité structurelle des banques et compromettre la solva-
tion soient partagés parmi un plus grand nombre. bilité de nombreuses compagnies d’assurance vie et caisses
Les administrateurs notent que la croissance devrait de retraite. Ces risques et ces problèmes pourraient, à leur
s’affaiblir cette année dans les pays avancés, avant de re- tour, affaiblir davantage l’activité économique et la stabi-
monter légèrement l’an prochain. Néanmoins, les pers- lité financière de manière plus générale. Dans beaucoup
pectives globales continuent de souffrir des retombées de pays émergents, l’endettement élevé des entreprises et la
de la crise qui subsistent, d’une inflation obstinément complexité croissante des produits financiers continuent de
basse, de la faiblesse de la demande, de la persistance de poser des problèmes.
déséquilibres extérieurs élevés dans certains pays, de la Dans ce contexte, les administrateurs soulignent qu’il
faible croissance de la productivité du travail et du vieil- est urgent de mettre en place des stratégies globales et clai-
lissement de la population. Par ailleurs, les implications rement articulées, qui combinent des mesures structu-
macroéconomiques du vote britannique ne sont pas en- relles, macroéconomiques et financières, pour rehausser
core pleinement connues. Dans les pays émergents et les la production effective et potentielle, gérer la vulnérabi-
pays en développement, la croissance devrait s’affermir lité et accroître la résilience. Les administrateurs recon-
progressivement, à la suite d’une amélioration des condi- naissent que le dosage optimal de ces mesures variera
tions de financement extérieur, d’une hausse des cours selon le contexte et les priorités particulières de chaque
des produits de base et d’une stabilisation progressive pays. Les administrateurs soulignent aussi qu’il est cru-
dans les grands pays qui connaissent aujourd’hui une cial d’intensifier la coopération multilatérale pour péren-
récession. Beaucoup de pays ont accompli des progrès niser la croissance mondiale et l’amélioration des niveaux

Fonds monétaire international | Octobre 2016 272


PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : DEMANDE MODÉRÉE — SYMPTÔMES ET REMÈDES

de vie. En particulier, il est nécessaire de déployer des ef- entreprises, grâce à une approche globale, là où cela se jus-
forts concertés pour promouvoir une croissance vigou- tifie. Cette action doit être complétée par un renforcement
reuse, durable, équilibrée et inclusive; faciliter les flux du contrôle du secteur financier, une mise à niveau des ré-
internationaux d’échanges commerciaux et d’investisse- glementations et des dispositifs de contrôle, et une amé-
ments; mettre en œuvre des dispositifs efficaces de résolu- lioration des pratiques en matière de gouvernement d’en-
tion bancaire; réduire l’incertitude entourant l’action des treprise. Les administrateurs soulignent qu’un ajustement
pouvoirs publics, notamment en la communiquant clai- ordonné dans le secteur des entreprises et le secteur finan-
rement; et pérenniser les progrès accomplis en matière cier en Chine est crucial pour pérenniser la croissance et la
de rééquilibrage de l’économie mondiale. Il est vital aussi stabilité dans le pays et ailleurs.
d’avoir des dispositifs solides de sécurité mondiale pour Les administrateurs soulignent que les établissements
faire face aux chocs, y compris les chocs liés aux flux de ré- financiers, en particulier dans les pays avancés, doivent
fugiés, au changement climatique et aux conflits internes. adapter leurs modèles d’entreprise aux nouvelles réalités et
Les administrateurs conviennent dans l’ensemble que, à l’évolution des normes réglementaires. Il est essentiel que
dans la plupart des pays avancés, il convient de continuer les autorités de réglementation soient plus vigilantes et que
de soutenir la demande à court terme, ainsi que de stimuler la collecte des données sur les établissements financiers non
la productivité et la production potentielle à moyen terme. bancaires soit améliorée pour préserver leur santé financière
Il reste approprié de mener une politique monétaire ac- et surveiller leur rôle dans la transmission de la politique
commodante pour relever les anticipations inflationnistes, monétaire. Les dirigeants peuvent contribuer à réduire l’in-
tout en étant conscient des effets secondaires négatifs, mais certitude en achevant le programme des réformes réglemen-
la politique monétaire à elle seule ne suffira pas pour com- taires, sans accroître sensiblement les exigences globales de
bler les écarts de production et réaliser une croissance équi- fonds propres, tout en préservant l’intégrité d’un système
librée et durable. Il est donc essentiel de mener une poli- solide en la matière. Les administrateurs conviennent dans
tique budgétaire propice à la croissance, qui est ajustée selon l’ensemble que, dans les pays où le secteur privé est lourde-
la marge de manœuvre disponible dans chaque pays, tout ment endetté ou le système financier est gravement affaibli
en veillant à la viabilité de la dette à long terme, qui est an- mais où il existe un espace budgétaire, des mesures bud-
crée dans un cadre crédible à moyen terme. Un effort sou- gétaires bien ciblées, complétées par de solides procédures
tenu de réparation des bilans des banques et des entreprises d’insolvabilité et de faillite, ainsi que des garde-fous permet-
contribuerait à améliorer la transmission de la politique tant de limiter l’aléa moral, pourraient faciliter la restructu-
monétaire à l’activité réelle, et un usage préventif de me- ration de la dette privée. Beaucoup de pays émergents de-
sures macroprudentielles préserverait la stabilité financière. vraient continuer d’accroître leur résilience, notamment en
Les réformes structurelles doivent être classées par ordre de limitant l’accumulation excessive de la dette privée et en
priorité selon les circonstances des pays, et porter principa- renforçant les bilans publics en période d’expansion.
lement sur l’accroissement des taux d’activité, l’augmenta- Les administrateurs soulignent que, pour les pays à
tion de l’efficience du marché du travail, la réduction des faible revenu, il est prioritaire de s’attaquer aux problèmes
obstacles à l’entrée sur les marchés et la promotion de la re- macroéconomiques à court terme et de progresser vers les
cherche et du développement. Dans le secteur des entre- objectifs de développement durable. Dans les pays tribu-
prises, les réformes doivent viser surtout à éliminer le suren- taires des produits de base, il conviendra, pour renforcer
dettement, à faciliter les restructurations et à continuer les amortisseurs budgétaires, d’accroître la contribution
d’améliorer la gouvernance. du secteur hors produits de base aux recettes fiscales, ainsi
Les administrateurs reconnaissent que les circonstances que de rationaliser les dépenses. Pour les pays qui sont
et les enjeux dans les pays émergents et les pays en dévelop- moins tributaires des produits de base, des politiques
pement varient selon leur niveau de développement et leur macroéconomiques anticycliques devraient être adoptées
position conjoncturelle. Pour atteindre l’objectif commun là où la croissance reste vigoureuse, et les pratiques de
de convergence vers des revenus plus élevés, les réformes gestion de la dette devraient être renforcées pour réduire
structurelles doivent viser principalement à faciliter la dif- l’impact des variations éventuelles des flux de capitaux.
fusion des technologies et la création d’emplois, ainsi qu’à De manière générale, pour réaliser une croissance vigou-
mettre en valeur le capital humain. Les administrateurs reuse, durable et inclusive, il conviendra de continuer de
encouragent à tirer parti du fait que les conditions de fi- s’efforcer de diversifier l’économie, d’élargir l’assiette des
nancement extérieur sont relativement favorables à l’heure recettes, d’accroître l’efficience des dépenses publiques et
actuelle pour poursuivre le désendettement nécessaire des de renforcer l’expansion des circuits financiers.

273 Fonds monétaire international | Octobre 2016


OCT

16 É tu d e s é c o n o m iq u e s et fi n an c i è re s

Perspectives de l’économie mondiale


Perspectives de l’économie mondiale

Demande modérée
symptômes et remèdes

16
Demande modérée symptômes et remèdes

OCT
FMI
World Economic Outlook, October 2016 (French) F O N D S M O N É T A I R E I N T E R N A T I O N A L

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