DÉFINITIONS
Géodésie:
détermination mathématique de la forme de la Terre.
Topographie:
mesures des dimensions de la Terre, coordonnées géographiques des
points, altitudes, déviations de la verticale, longueurs d’arcs de
méridiens et de parallèles, etc.
Cartographie:
élaboration et dessin des cartes, avec souvent un souci artistique.
Géographie:
observation et description de notre environnement physique et ses
mordications.
LA F O R M E D E LA TERRE
Les anciens croyaient que la Terre était plate. Mais était-ce
un disque ou un carré?
Thalès (v. 625 - v. 547 av. J.-C.) montre que les étoiles
décrivent des cercles autour du pôle et prédit une éclipse
de Soleil.
Anaxagore (Vè siècle av. J.-C.) pense que c’est une sphère:
➜ ombre circulaire de la Terre sur la Lune lors des éclipses
➜ vision des navires à l’horizon
➜ quand on marche vers le Nord, l’Étoile Polaire est de plus en plus
haut et le Soleil à midi de plus en plus bas
LA FORME DE LA TERRE
Les anciens croyaient que la Terre était plate. Mais était-ce un disque ou un carré?
Thalès (v. 625 - v. 547 av. J.-C.) montre que les étoiles décrivent des cercles
autour du pôle et prédit une éclipse de Soleil.
Anaxagore (Vè siècle av. J.-C.) pense que c’est une sphère:
➜ ombre circulaire de la Terre sur la Lune lors des éclipses
➜ vision des navires à l’horizon
➜ quand on marche vers le Nord, l’Étoile Polaire est de plus en plus haut et le
Soleil à midi de plus en plus bas
Mais le niveau de la mer change. Il faut déterminer un point moyen qui servira de
zéro. Mais tous ces zéros, obtenus en divers points de la Terre, appartiendront-ils à
la même surface de niveau?
Il faut choisir une origine et prendre la surface de niveau définie de proche en
proche par l’ensemble des verticales et qui passe par cette origine.
C’est le géoïde qui est aussi la surface équipotentielle du champ de pesanteur.
Johann Benedict Listing (1808 - 1882) en 1873.
Le Géoïde
Le Géoïde
LA LONGITUDE
Comment savoir si deux lieux se trouvent à la même longitude, c’est-à-dire sur le
même méridien?
La réponse est apportée par l’ombre d’un piquet (le gnomon) quand le Soleil est
au plus haut et donc quand l’ombre est la plus courte.
Réponse:
Si deux points sont sur le même méridien, les ombres des gnomons sont alignées.
Gnomon
LE RAYON TERRESTRE
Ératosthène (Cyrène, v. 284 - Alexandrie, v. 192 av. J.-C.) mesura
le premier la longueur du méridien terrestre. Il utilisa le théorème:
les droites qui tombent sur des parallèles produisent des angles
alternes égaux. Il trouva 11562 km, valeur exacte à 15% près
(10002 km)!
Méthode d’Ératosthène
Alidade pour mesurer les angles
DÉTERMINATION DE LA LATITUDE
Claude Ptolémée (Ptolémaïs, v. 100 - Canope, v. 170) montra comment
déterminer la latitude d’un lieu à partir du passage du Soleil au zénith le
jour du solstice d’été.
Mais le problème est plus compliqué car le mouvement du Soleil n’est pas
uniforme.
La Terre tourne comme une toupie. Son axe de rotation tourne sur lui-même
en 26000 ans tout en gardant la même inclinaison:
précession des équinoxes découverte par Hipparque (Nicée, 190 - 125 av.
J.-C.).
La Latitude
Les grecs avaient établi la sphéricité de la Terre, évalué ses dimensions. Ils
savaient repérer la position d’un lieu et déterminer la longitude. Ils distinguent
les pôles, l’équateur et les tropiques. Ces conceptions sont inséparables de
l’hypothèse géocentrique qui place la Terre au centre de l’Univers.
Déclin des connaissances en Occident à la chute de l’Empire Romain en
476.
Le mythe biblique d’une Terre plate refait surface chez Saint Augustin (354 -
430) et d’autres.
Les Arabes reprennent le flambeau avec Al-Khwarizmi (v. 780 - v. 850). Il
trouve 11016 km pour le quart de méridien.
Jean Fernel (1497 - 1558), mathématicien, astronome et médecin d’Henri II,
mesure la distance entre les cathédrales d’Amiens et de Paris qui sont situées sur
le même méridien. Il utilise une roue et effectue des corrections douteuses pour
tenir compte des accidents de terrain. Il a de la chance car il trouve 10011 km,
un excellent résultat pour l’époque.
L A T R IAN G U LATI O N
On remplace la mesure directe des longueurs par une mesure indirecte au moyen
des angles d’une triangulation du terrain.
Une triangulation est constituée par une chaîne de triangles adjacents dont les
sommets se trouvent alternativement de part et d’autre du méridien à mesurer. On
mesure l’un des côtés du premier triangle et la trigonométrie fait le reste.
Si l’on effectue les mesures sur une grande distance il faut tenir compte de la
sphéricité de la Terre et utiliser des formules de trigonométrie sphérique.
En 1533, Gemma Frisius explique le
principe de la triangulation et invente le
goniomètre qui permet de mesurer les
distances.
La triangulation fut popularisée par Snellius
(1580 - 1626). Il mesura l’arc de méridien
entre Berg-op-Zoom et Alkmaar aux Pays-Bas
à l’aide de 33 triangles et obtint 10004 km
pour le quart de méridien terrestre.
LE P R O B L È M E D E LA L O N G I T U D E
24 heures = 360 degrés
1 heure = 15 degrés
4 minutes = 1 degré
À l’équateur 1 degré = 109 431 mètres et au pôle 1 degré = 0. Pour calculer sa
longitude il faut connaître l’heure au méridien d’origine et la comparer à l’heure
locale.
Mais les horloges se dérèglent en mer sous l’influence de la température, de
la pression, de la gravité, du magnétisme et ... des mouvements du bateau.
On peut utiliser les éclipses mais celles-ci sont trop rares.
Il fallut attendre le chronomètre de marine mis au point par
John Harrison (1693 - 1776) entre 1735 et 1757.
L ’ AV E N T U R E D E LA MÉRIDIENNE
Jean Richer (1630 - 1696) remarque en 1672 que la longueur, d’un pendule battant la
seconde est moins grande à Cayenne qu’à Paris. La pesanteur décroît donc avec la
latitude. Il pensait que cela était dû à un aplatissement de la terre car Paris était plus
rapproché du centre de la Terre que Cayenne. Donc le globe est aplati en allant vers les
pôles.
Jacques Cassini (1677 - 1756) calcula que le degré de méridien était plus long au sud de
Paris qu’au nord. La Terre n’était donc pas une sphère parfaite, mais elle était allongée
vers les pôles.
Il n’en démordra pas malgré les preuves que Richer avait raison.
D’après la théorie de la gravitation universelle d’Isaac Newton (1642 - 1727), la Terre
devait être aplatie aux pôles.
Il fallait départager les deux camps.
En 1668, l’Académie des Sciences donne mission à Jean Picard (1620 - 1682)
de mesurer l’arc de méridien entre
Malvoisine, au sud de Paris, et Sourdon, au sud d’Amiens. Ce méridien, qui
est celui de Paris, est connu sous le nom de La Méridienne.
Il utilisa 11 triangles et 2 bases. La base principale, de 11 km, fut mesurée à
l’aide de perches de 8 m. Il obtint 111 092 m alors que la valeur exacte est
de 111 220 m. Ses erreurs de mesure s’étaient compensées!
Cette valeur ne permit pas de trancher la question. On dû prolonger La
Méridienne jusqu’à Dunkerque et Collioure, mais sans résultat probant.
Des expéditions furent organisées:
Maupertuis se rendit en Laponie en 1737-1738.
Godin et La Condamine allèrent au Pérou de 1735 à 1744. La Caille partit pour
le Cap de Bonne Espérance en 1752. Les mesures des Cassini n’avaient pas été
faites avec assez de soin et de précision:
la Terre est aplatie aux pôles
.
On mesura de nouveau La Méridienne entre Dunkerque et Collioure. Au terme
de ces travaux, la France était couverte d’un réseau de 800 triangles. La
cartographie scientifique pouvait commencer.
Carte de Cassini
LA FI G U R E D E LA TER R E
Simultanément, les scientifiques poursuivaient leurs travaux sur la forme de
la Terre. Celle-ci a, à peu près, la forme d’un ellipsoïde. Il fallait démontrer
mathématiquement que c’était , bien une figure d’équilibre.
L’un des principaux intervenants fut Alexis Claude Clairaut (1713 - 1765).
On lui doit la définition des surfaces de niveau, telles que la verticale leur
soit perpendiculaire en chaque point.
Il faut citer aussi d’Alembert (1717 - 1783), Pierre Simon de Laplace (1749
- 1827), Carl Jacobi (1804 - 1851), ...
LE SYS T È M E M É T R I Q U E D É C I MAL
En 1790, l’Assemblée Constituante décide d’instituer le système métrique décimal. Il
fallait rattacher l’unité de longueur soit au pendule battant la seconde soit à une
fraction du méridien. La première solution faisait dépendre la longueur du temps. Ce fut la
seconde solution qui fut choisie.
Il fallait donc, de nouveau, mesurer le méridien terrestre afin que le mètre ne fut , sujet
d’aucune critique et puisse être adopté par l’ensemble des nations.
Le travail fut confié à Jean Baptiste Joseph Delambre (1749-1822) et Pierre Méchain
(1744 - 1804).
-
L’aventure commence!
Delambre devait effectuer les mesures jusqu’à Dunkerque.
Méchain devait aller jusqu’à Barcelone. Le voyage jusqu’aux Pyrénées n’est pas facile car ses
instruments sont suspects aux yeux des révolutionnaires. La guerre éclate en la France
et l’Espagne. Il continue ses mesures puis est emprisonné et est autorisé à se rendre à
Gênes. Il y reste jusqu’en 1795. Il croyait ne pas avoir réussi à fermer sa triangulation: il y
avait un écart de 3 degrés entre les latitudes calculées pour un même point de Barcelone
selon la station où l’on s’appuie.
Il recommence ses calculs. À son retour en France, il refuse de communiquer ses résultats. Il
obtient une nouvelle mission pour prolonger le méridien jusqu’aux Baléares. Il succombe à la
fièvre jaune le 20 septembre 1804, au nord de Valencia. Il n’avait finalement commis aucune
erreur.
Entre temps, la Convention Nationale avait fixé la définition du mètre en se basant sur les
mesures de Delambre et Méchain. Le véritable mètre est en réalité plus court que sa
définition actuelle!
Après le décès de Méchain, son fils devint secrétaire de l’Observatoire mais il démissionna
et la place fut offerte à un jeune Polytechnicien appelé à devenir célèbre François Arago
(1786 - 1853). Il fit la connaissance de Jean-Baptiste Biot (1774 - 1862) et les deux
hommes commencèrent à travailler ensemble sur divers sujets.
Mais leur idée était de continuer la mesure du méridien interrompue par le décès de
Méchain.
Laplace soutint leur projet et obtint les fonds nécessaires.
Ils partent au début de 1806. Fin novembre, Arago reste seul près de Valence. Le signal
d’Ibiza se voyait rarement.
L’Espagne déclare la guerre à la France. Arago se rend à Majorque. Le bruit se répandit
qu’il était là pour faire des signaux à l’armée française. Craignant pour se sécurité, il
demanda à être emprisonné, puis on organisa son évasion. Il fit route vers Alger. On se
prépara ensuite à faire voile vers Marseille. Deux lions, offerts par le Dey d’Alger à
Napoléon, étaient du voyage.
.En approchant de Marseille, ils furent faits prisonniers par un corsaire espagnol. On
les débarqua à Rosas. Arago, ntérogé par le juge, réussi à cacher son identité et sa
nationalité en chantant une chanson dans le dialecte d’Ibiza. Rosas tomba aux mains
des français. Les prisonniers
furent transférés à Palamos.
L’un des lions du Dey étant mort, celui-ci devint furieux et menaça l’Espagne d’une
guerre. Arago fut libéré. On remit le cap sur Marseille, mais la tempête dérouta le navire
vers Bougie, en Algérie. Arago voulait se rendre à Alger mais n’en reçut pas
l’autorisation à causes des dangers que cela représentait. Il dut se déguiser pour y parvenir.
Le Dey avait été décapité et son successeur étranglé. On leur réclamait une somme
énorme pour le laisser partir. Enfin, il partit pour Marseille où il arriva le 2 juillet 1809.
Après une quarantaine au lazaret, il rejoignit Paris après un détour à Perpignan pour voir
sa famille.
L’aventure avait duré 3 ans, mais Arago en ramenait toutes ses mesures!
Triangulation
AP R È S LA MÉ R I D I E N N E
La France était en tête des nations pour les progrès de la géodésie. De nombreux officiers
géographes étaient au service de l’armée napoléonienne. Le Dépôt de la Guerre,
ancêtre de l’Institut Géographique National, fut créé. La Carte d’État Major au 1/80000 fut
dressée sous l’impulsion de Louis Puissant (1769 - 1843).
De nombreux pays se lancèrent dans
des triangulations. L’Association
Géodésique Internationale fut fondée en
1864.
On remarqua, qu’en certains endroits, le
fil à plomb était dévié de la position qu’il
devrait avoir si la Terre était homogène.
On rechercha des anomalies dues à des
métaux plus denses ou à des cavités. Les
préoccupations de la géodésie rejoignaient
celles de la géologie.
LES M E S U R E S D E LA T E RR E
Rayon polaire = 6356.752 km
Rayon équatorial = 6378.136 km
Circonférence méridienne = 40007.864 km
Circonférence équatoriale = 40075.017 km
Superficie = 510 065 000 km 2
Volume = 1 083 320 000 km3
Masse = 5.98 1024 kg
Densité moyenne = 5.515
Variations de ± 100 m par rapport au géoïde
L A TO PO G RAPH I E
Le principal problème de la topographie est la représentation du globe sur la surface plane
d’une carte. Il faut définir une correspondance entre les points de la Terre et ceux de sa
représentation plane: c’est la notion de système de projection.
Une autre notion essentielle est celle d’échelle. Si 1 cm sur la carte en représente n sur le
terrain, on dit que carte est au 1/n. Plus l’échelle est grande et plus l’on peut représenter de la
petits détails. Plus l’échelle est petite et plus il est fondamental de tenir compte de la
rotondité de la Terre.
La méthode de projection peut différer selon l’échelle.
LE S S Y S T È M E S D E P R O J E C T I ON
Projection conforme: conserve les angles
Projection équivalente: conserve les surfaces (une projection équivalente ne
peut pas être conforme)
Projection équidistante: conserve les distances à partir d’un point donné
Projection aphylactique: ni conforme, ni équivalente, ni équidistante
Aucune projection ne peut conserver toutes les distances.
On peut aussi classer les projection selon leur manière de procéder en:
coniques, cylindriques, azimutales.
LE S P R O J E C T I O N S C O N I Q U E S
On projette sur un cône tangent à un parallèle de la sphère terrestre et dont
l’axe passe par les pôles.
Les méridiens sont des demi-droites concourantes en un point qui est
l’image du pôle. Les parallèles sont des arcs de cercles concentriques autour
de ce point et équidistants
À ce genre de projection se rattache celle de Charles Marie Rigobert Bonne (1727 -
1795). Elle est pseudo-conique et équivalente et était, en fait, connue depuis 1520.
Elle est celle utilisée dans la carte d’État Major au 1/80000.
Les méridiens ne sont pas des droites concourantes mais les parallèles sont des arcs de
cercle concentriques. Les altérations d’angles et de longueurs augmentent rapidement
quand on s’éloigne du méridien central et du parallèle d’origine.
La projection conique conforme de Johann Heinrich Lambert (1728 - 1777), qui date de
1772, est la plus importante.
Elle a d’abord été introduite dans l’armée pour plus de commodité dans les tirs
d’artillerie.
Les surfaces sont conservées le long de tous les parallèles.
Elle est très utilisée pour les cartes des régions nordiques car il y a moins de distortion sur
de vastes régions. Elle est à la base de la cartographie française à grande échelle (1/25000).
LE S P R O J E C T I O N S C Y L I N D R I Q U E S
On enferme la Terre dans un cylindre tangent à l’équateur. Les méridiens
deviennent des droites verticales équidistantes et les parallèles des droites
horizontales.
Plus on s’éloigne de l’équateur et plus les distances sont amplifiées. Les
zones polaires sont fortement distordues, mais on retrouve sur la carte les
proportions qui sont celles des régions dans la réalité.
Ce type de carte est très utilisé pour la navigation car le chemin le plus
direct (à cap constant) entre 2 points est donné par la droite qui les joint.
C’est la ligne de rumb ou loxodromie. Ca n’est pas le chemin le plus court
qui est donné par l’orthodromie. Ce chemin passe plus au nord ou plus au
sud, il suit un grand cercle. Entre le Cap Horn et les Cap de Bonne
Espérance la différence est de 370 km.
La projection la plus connue est celle de Mercator (1512 - 1594). Elle
s’apparente, avec quelques modifications, à une projection cylindrique.
Mercator voulait représenter par une
droite la trajectoire d’un navire gardant un cap constant. Il était naturel de
dessiner des parallèles équidistants et perpendiculaires aux méridiens.
Restait à calculer la latitude de chaque parallèle de la carte.
Mercator utilisa l’idée qu’un plan tangent à une sphère s’en écarte peu sur de
petites distances et calcula, de proche en proche par des formules de
trigonométrie, la latitude de
chaque parallèle.
Cette projection est toujours utilisée quand la représentation de surfaces est
de peu d’importance, comme c’est le cas pour les liaisons
intercontinentales, et que l’on veut mesurer facilement la distance entre 2
points.
Lambert eut l’idée d’une projection de Mercator en inversant les rôles de l’équateur et du
méridien. C’est la projection cylindre appelée la projection de Mercator transverse ou UTM
(Universal Transverse Mercator).
Elle facilite la représentation des pays qui s’étendent beaucoup en latitude mais pas en
longitude, comme le Chili. Elle est utile pour les vols passant près du pôle.
Son utilisation fondamentale est la cartographie de
l’ensemble de la planète à l’exception des pôles selon un découpage en fuseaux.
LE S P R O J E C T I O N S A Z I M U TA L E S
C’est une projection sur un plan tangent au globe en n’importe quel point.
Quand ce point est le pôle, les méridiens sont des demi-droites qui concourent
en l’image du pôle et les parallèles sont des cercles concentriques autour de ce
point.
On distingue les projections gnomonique, orthographique et stéréographique.
La nature de la projection varie selon la source des rayons.
Certaines de ces projections permettent de représenter des régions près des
pôles avec assez peu de déformation.
Le drapeau de l’ONU est réalisé par projection azimutale équidistante
centrée sur le Pôle Nord.
Il existe encore d’autres types de projection.
LE T R AVAI L D E T E R R A I N
Le premier travail concerne le choix des points de la triangulation.
Ils doivent être facilement repérables (tours, sommets, clochers, bornes,
etc.) et être répartis uniformément. Les angles ne doivent pas être trop
aigus. Si besoin est, on effectuera des triangulations internes, plus fines.
À cause de l’accumulation de petites erreurs de mesure, les triangles ne
se referment pas. Il faut effectuer des corrections. C’est la compensation
des réseaux.
Comme les sommets des triangles ne sont pas tous à la même hauteur, les
triangles sont inclinés. Il faut les ramener à l’horizontale. C’est l’opération
de nivellement.
C’est une technique connue dès l’antiquité. On doit aux Anciens,
l’aqueduc entièrement souterrain de Siloé construit à Jérusalem en 701 av.
J.-C. ainsi que le tunnel de Samos, long de 512 m et en forme de S, qui
date de 525 av. J. –C.
Tunnel de Samos
Table de Peutinger
Au Moyen Âge, on trouve des cartes en T.O.
Le monde est délimité par une mer circulaire en O.
La barre verticale du T interne représente la Méditérranée.
Ce furent les Arabes qui reprirent le flambeau de la cartographie.
Citons Al-Idrisi (v. 1099 - v. 1165) qui réalisa une carte du monde qui
s’étendait de l’Europe Occidentale à la Chine et de la Scandinavie au Sahara.
À partir du 13è siècle, les navigateurs dessinent des cartes précises de la
Méditérranée. Elles ne comportent ni méridiens ni parallèles mais des lignes qui
relient des ports importants. Les côtes étaient représentées avec précision,
mais l’intérieur des terres manque de détails.
Ce sont les portulans.
Portulan de 1456
On redécouvre Ptolémée, traduit en latin en 1405.
L’imprimerie se développe.
La cartographie connaît un essor avec les grandes découvertes: Cap de
Bonne Espérance découvert par Bartolomeu Diaz en 1487 et doublé par
Vasco de Gama dix
ans plus tard.
Puis Christophe Colomb découvre l’Amérique en 1492.
En 1507, les chanoines de Saint-Dié Gauthier Lud et Martin
Waldseemüller publient la première carte où est porté le nom d’Amérique.
En 1570, Abraham Ortelius (1527 - 1598) publie 53 Planches contenant 70 cartes.
C’est le premier Atlas Universel.
Carte d’Ortelius
On réalise de nombreuses mappemondes.
Mappemonde
La cartographie militaire fera des progrès considérable sous l’Empire.
Napoléon confie au peintre Louis Bacler d’Albe (1761 - 1824) la réalisation
d’une carte de l’Europe. Il accompagnera Napoléon sur tous les champs de
bataille, partageant sa tente, établissant la marche des unités et envoyant ses
ingénieurs à l’avant-garde pour dessiner à vue.
Il en résultera une carte en 420 feuillets au 1/100 000.
Mais la malle les contenant sombrera pendant le passage de la Bérésina du 26
au 29 novembre 1812.
Plus tard, l’armée sera toujours à la pointe de la cartographie. Vers 1906, une
nouvelle triangulation de la France fut commencée. Elle conduira un ingénieur
militaire français, André Louis Cholesky à proposer une nouvelle méthode
mathématique pour la compensation des réseaux.
Triangulation
L’île de La Réunion
L’île de La Réunion
I C O N O G R AP H I E
Quadran solaire équatorial, fin 17è siècle
Cercle répétiteur de Borda, 1805
Nivellement
Cartes de Cassini
Louis Bacler d’Albe
La Réunion