Exercices de calcul différentiel corrigés
Exercices de calcul différentiel corrigés
Bernard Le Stum⇤
Université de Rennes 1
Version du 28 mars 2003
Introduction
J’ai eu l’occasion de participer pendant plusieurs années à l’enseignement de
l’Unité d’Enseignement CDIF (calcul di↵érentiel) de la Licence de Mathématiques
de l’Université de Rennes 1. Lorsque j’ai commencé, le cours était fait par Jean-
Claude Tougeron qui avait rédigé un polycopié contenant une liste importante
d’exercice. En préparant mes travaux dirigés, j’ai pris la peine de rédiger des
corrigés des di↵érents exercices que j’ai pu faire avec les étudiants. J’ai aussi
rédigé les rappels de cours que j’ai été amené à faire.
Ce document contient donc un certain nombre d’exercices corrigés avec les
rappels de cours nécessaires. Il est possible de couvrir tout ceci avec des étudiants
de troisième année d’université sur un semestre en trois heures de Travaux
Dirigés par semaine.
1.2 Définition
Soient E et F deux espaces vectoriels normés et U un ouvert de E. On dit
qu’une application f : U ! F est di↵érentiable en ↵ 2 U s’il existe 2 L(E, F )
tel que
kf (↵ + h) f (↵) (h)k
! 0 quand h ! 0.
khk
Celle-ci est alors unique et on pose f 0 (↵) = . C’est la di↵érentielle de f en ↵.
L’application f est alors continue en ↵.
⇤ lestum@[Link]
1
1.3 Remarques
Lorsque E = R, on a donc f 0 (↵) 2 F .
Si F = F1 ⇥ F2 , alors f = (f1 , f2 ) est di↵érentiable en ↵ si et seulement si
f1 et f2 le sont et alors f 0 (↵) = (f10 (↵), f20 (↵)).
1.4 Proposition
Si f : U ! V ⇢ F est di↵érentiable en ↵ et g : V ! G est di↵érentiable en
f (↵), alors g f est di↵érentiable en ↵ et (g f )0 (↵) = g 0 (f (↵)) f 0 (↵).
1.5 Définition
Si f est di↵érentiable en tout point de U , on dit que l’application f 0 : U !
L(E, F ) est la di↵érentielle de f . Dans ce cas, f est continue.
1.8 Corollaire
Si f est di↵érentiable sur U et f 0 = 0, alors f est constante sur chaque
composante connexe de U .
1.9 Définition
Si f est di↵érentiable et f 0 continue, on dit que f est continûment di↵érentiable
et on écrit f 2 C 1 (U, F ). Si E = R, on écrit C 1 (U ). On définit par récurrence,
la notion de fonction C k , pour k 2 N [ 1.
1.10 Proposition
Si f : E1 ⇥ · · · ⇥ En ! F est multillinéaire continue, f est C 1 et
Xn
f (↵)(h) =
0
f (↵1 , . . . , ↵i 1 , hi , ↵i+1 , . . . , ↵m ).
i=1
1.11 Définition
Soit f : U ⇢ Rm ! Rn . Considérons la fonction
xi 7! fi (↵1 , . . . , ↵i 1 , xi , ↵i+1 , . . . , ↵m ).
Si celle-ci est dérivable en ↵i , on note @fi /@xj (↵) le nombre dérivé. On dit que
@fi /@xj est une dérivée partielles de f
2
1.12 Proposition
Si f 0 (↵) existe, alors les @fi /@xj (↵) aussi et f 0 (↵) = [@fi /@xj (↵)].
Si toutes les dérivées partielles existent et sont continues en ↵, alors f est
di↵érentiable en ↵.
Enfin, f est C 1 ssi toutes les dérivées partielles existent et sont continues.
1.13 Remarque
En terme de matrices, la formule de dérivation d’une application composée
s’écrit
[@(g f )i /@xk (↵)] = [@gi /@xj (f (↵))][@fj /@xk (↵)].
0
Notations : On se donne f : U ⇢ Rm ! Rn et x : Rm ! Rm . On note
0
xi (resp. uj ) les coordonnées dans Rm (resp. Rm ). On écrit @fi /@uk au lieu
de @(f x)i /@uk , (u1 , . . . , um0 ) au lieu de ↵ et (x1 , . . . , xm ) au lieu de f (↵). La
formule devient alors
[@fi /@uk (u1 , . . . , um0 )] = [@fi /@xj (x1 , . . . , xm )][@xj /@uk (u1 , . . . , um0 )].
P1 1
On rappelle que si x = (xi )i2N 2 RN , alors kxkp := ( i=0 |xi |p ) p 2 R [ 1
pour p 1 et kxk1 := sup1i=0 |xi | 2 R [ 1. Enfin, pour p 2 [1, 1[, on pose
lp (R) := {x 2 RN , kxkp < 1}. Bien sûr, si p q, on a kxkq kxkp et donc
lp (R) ⇢ lq (R).
Tout d’abord, F est bien définie grâce au théorème de la moyenne qui nous
dit que, comme f est C 1 , il existe k tel que |f (xi )| k|xi | (pour i >> 0) car
kxk1 < 1 et donc xi ! 0.
Maintenant, on montre que F est di↵érentiable en a 2 l1 (R) et que F 0 (a) =
avec (h) = (f 0 (ai )(hi ))i2N . Soit ✏ > 0. Comme f 0 est uniformément continue
pour |x| kak1 + 1, il existe > 0 tel que si |x|, |y| kak1 + 1 et x y ,
alors |f 0 (x) f 0 (y)| ✏.
Si h 2 l1 (R), on a
Z hi
f (ai + hi ) f (ai ) f 0 (ai )(hi ) = (f 0 (ai + t) f 0 (ai ))dt
0
et donc, si khk , 1, |f (ai + hi ) f (ai ) f 0 (ai )(hi )| ✏|hi |, ce qui donne bien
kF (a + h) F (a) (h)k ✏|h|.
Il reste a vérifier que est bien définie, linéaire et continue : or on a
k(f 0 (ai )(hi ))k1 k(f 0 (ai )i2N k1 khk1 et la linéarité est claire. Remarquons que
k(f 0 (ai )i2N k1 < 1 car f 0 est continue et ai ! 0.
3
P1
On écrit f = avec (x) = (x, x) et (x, y) = hx, yi := i=0 xi yi .
Comme on a khx, yik kxk1 kyk1 , on voit que l’application est bien définie,
et comme elle est bilinéaire (symétrique), qu’elle est continue.
Comme est évidemment linéaire continue, on voit que ces applications sont
C 1 et par composition, f est C 1 . De plus, on a
f 0 (x) = ( )0 (x) = 0
(x, x)
P1
et donc f 0 (x)(h) = 0
(x, x)(h, h) = 2hx, hi =:= i=0 xi hi
Rb 1
Dans la suite, on rappelle que si f 2 C 0 ([a, b]), alors kf kp := ( a |f (t)|p ) p
pour p 1 et kf k1 := supt2[a,b] |f (t)|.
u : E ! F ⇥ F, f 7! (f, f 0 ),
Il suit que
Z 1
0
T (f )(h) = I[det (f, f )(h, h )] =
0 0 0
[det(f (t), h0 (t)) + det(h(t), f 0 (t))]dt.
0
Exercice 4 Soit
4
On fixe ↵ > 0 et on montre que '0 (↵)(t) = ln(t)t↵ avec la convention que
ln(t)t↵ est nul en t = 0. Pour cela, on va calculer
Z 1
h2
|t↵+h t↵ h ln(t)t↵ |dt = .
0 (↵ + 1)2 (↵ + h + 1)
t↵+1 1 1
0 [ ] = .
(↵ + 1)2 0 (↵ + 1)2
Et comme on a
Z 1
t↵+h+1 t↵+1 1
(t↵+h t↵ )dt = [ ] =
0 ↵+h+1 ↵+1 0
1 1 h
= ,
↵+h+1 ↵+1 (↵ + h + 1)(↵ + 1)
on voit que
Z 1
h 1
|t↵+h t↵ h ln(t)t↵ |dt = +h =
0 (↵ + h + 1)(↵ + 1) (↵ + 1)2
h2
(↵ + 1)2 (↵ + h + 1)
comme annoncé.
Par la même méthode, on montre que '”(↵)(t) = ln(t)2 t↵ . On calcule ensuite
en intégrant par parties
Z 1 Z 1
t↵+1 1 ln(t) t↵ + 1
k'”(↵)k = ln(t)2 t↵ dt = [ln(t)2 ]0 2 dt =
0 ↵+1 0 t ↵+1
Z
2 1
2
0 ln(t)t↵ dt = 2.
↵+1 0 (↵ + 1)3
Le théorème de la moyenne nous donne donc que
5
Dans le premier cas, il suffit de remarquer que notre application est la com-
posée de l’application diagonale qui est linéaire continue et de la multiplication
qui est multilinéaire continue. L’application est donc bien C 1 et sa di↵érentielle
en u est donnée par
v 7! uk 1
v + uk 2
vu + · · · + uvuk 2
+ vuk 1
(u + h) 1
u 1
+u 1
hu 1
= (hu ) (u + h)
1 2 1
et donc
k(u + h) 1
u 1
+u 1
hu 1
k khk2 ku 1 2
k k(u + h) 1
k
khk2 ku 1 k3
.
1 khu 1 k
Il est clair que '0 (u) est linéaire et cette application est continue car k'0 (u)(h)k
ku 1 k2 khk.
Enfin, il faut montrer que '0 est continue. Or on a '0 = f où
6
On sait que det est multilinéaire
P continu
Qn et donc C . On pose u = [xij ] et
1
uad = [xad
ij ]. Comme det u = 2Sn ✏( ) x
i=1 ij , on obtient bien
X
@ det /@xij = ✏( )x1 (1) · · · x̂i (i) · · · xn (n) = xad
ji .
2Sn , (i)=j
Pour montrer que (det0 u)(h) = tr(uad h), il suffit, par linéarité, de montrer
cette égalité pour h = 1ij , et on a bien @ det /@xij = tr(uad 1ij ) = xad
ji .
La dernière assertion résulte du fait que u u = det(u) Id et que la trace
ad
est linéaire.
On peut aussi démontrer la formule directement. En e↵et, la formule don-
nant la di↵érentielle d’une application continue nous donne immédiatement
det0 (Id) = tr. On en déduit que
Toute fonction rationnelle est C 1 sur son domaine de définition car cette
propriété est stable par composition.
Notre fonction est continue à l’origine. En e↵et, comme on a toujours a2 +
b 2
2ab, on voit que
x3 y x3 y
| 4 | | 2 | |x/2|.
x +y 2 2x y
7
Soit u : R ! R2 , x ! (x, x2 ). On a (f u)(x) = x2 et donc (f u)0 = 12 ,
D’autre part, f a des dérivées partielles nulles à l’origine car f (x, 0) = f (0, y) =
0. Si f était di↵érentiable, on aurait donc f 0 (0, 0) = 0 et alors (f u)0 (0) =
f 0 (0, 0) u0 (0) = 0.
Donc la fonction est continue en 0 mais n’est pas di↵érentiable (bien qu’elle
admette partout des dérivées partielles).
xy 3
Exercice 9 La fonction f : R2 ! R, (x, y) 7! x4 +y 2 , prolongée par 0 à l’ori-
gine, est elle continue, di↵érentiable, C 1 ?
3 4 2 2 4 2
On calcule les dérivées partielles @f /@x = y(x(3x y )
4 +y 2 )2 et @f /@y = xy(x(3x +y )
4 +y 2 )2
(et 0 à l’origine).
Celles-ci sont bien sûr continues en dehors de l’origine. Elles le sont en fait
partout. En e↵et on a
3x4 y 3 y5 3x4 y 3 y5
|@f /@x| | |+| 4 || |+| 2 2 | |3y/4|+|y| = 7|y|/4
(x4+y ) 2 2 (x + y )
2 2 (2x y)
2 2 (y )
et
3x5 y 2 xy 4 3x5 y 2 xy 4
|@f /@y| = | |+| 4 || |+| 2 2 | |3x/4|+|x| = 7|x|/4.
(x4+y ) 2 2 (x + y )2 2 (2x y)
2 2 (y )
Il est clair que cette fonction est partout continue. Il est tout aussi clair
qu’elle est C 1 en dehors des diagonales x = ±y. Aussi, f est di↵érentiable a
l’origine car
inf(x2 , y 2 )
sup(|x|, |y|) ! 0 quand x, y ! 0.
sup(|x|, |y|)
8
donc que f est constante sur chaque composante connexe de son domaine de
définition. On trouve donc que f (x, y) = f (0, 0) = 0 entre les branches et que
2x
f (x, y) = lim±1 f (x, x) = lim±1 (2 arctan x arctan ) = ±2⇡/2 0 = ±⇡
1 + x2
sur les cotés.
r sin ✓@f /@x + r cos ✓@f /@y = y@f /@x + x@f /@y.
Notre équation se réécrit donc @f /@✓ = kf . On en déduit que f = (r)ek✓ avec
2 C 1 (R). On voit donc que les solutions sont les f = (x2 + y 2 )ek arctan(y/x)
avec 2 C 1 (R).
9
On rappelle qu’une fonction C 2 est harmonique Pnsi son laplacien est nul
P; et
que le laplacien de f : U ⇢ Rn ! R est (f ) = i=0 @ 2 f /@x2i . Si ⇢ := x2i ,
on a toujours @f /@xi = f 0 (⇢)@xi /@⇢ = 2xi f 0 (⇢), et donc
Il suit que (f ) = 2nf 0 (⇢) + 4⇢f 00 (⇢). On voit donc que f est harmonique ssi
n n
nf 0 (⇢) + 2⇢f 00 (⇢) = 0, c’est à dire f 0 (⇢) = K⇢ 2 ou encore f (⇢) = a⇢1 2 + b si
n 6= 2 et f (⇢) = a log(⇢) + b si n 6= 2. En terme de r, on trouve f (x) = ar2 n + b
si n 6= 2 et f (x) = a log(r) + b si n 6= 2.
et on fait la somme.
x2 +y 2
On prend maintenant n = 3 et u = z2 . On a
2x 2 2y 2 x2 + y 2 2 u + u2
ku0 k22 = ( ) + ( ) + ( 2 ) = 4
z2 z2 z3 z2
et
2 2 x2 + y 2 4 + 6u
(u) = + + 6 =
z2 z2 z3 z2
si bien que
u + u2 00 4 + 6u 0
(f ) = 4 f (u) + f (u).
z2 z2
On voit donc que f est harmonique ssi 2(u2 + u)f 00 (u) + (3u + 2)f 0 (u) = 0. On
décompose
3u 2 1 1 1
=
2u2 + 2u u 2u+1
et on en déduit que f 0 (u) = K up1u+1 . On fait le changement de variable u + 1 =
v 2 , ce qui donne f 0 (v) = 2K v21 1 et donc finalement, f (v) = a argthv + b, c’est
q
2 2
à dire f (x, y, z) = a argth x z+y2 + 1 + b.
10
On a déjà calculé 0 (x)(h) = 2hx, hi, soit en écriture vectorielle 0 (x) = 2x et
on voit donc que 0 est linéaire. Il suit que 00 (x) = 0 , c’est à dire 00 (x)(h, k) =
0
(h)(k) = 2hh, ki = 2hIk. En écriture matricielle, on a donc 00 (x) = 2I et il
suit que ( ) = tr(2I) = 2n.
On a alors
1 2 1
f 0 (x, y)(h, k) = ( cos(x + y)(h + k), (h k)),
4 3 1 + (x y)2
ce qui donne
1 2 11 11
kf 0 (x, y)(h, k)k1 |h + k| + |h k| (|h| + |k|) = k(h, k)k1 ,
4 3 12 12
soit encore kf 0 (x, y)k 11
12 pour la norme k k1 . Attention, le choix de la norme
est important car, par exemple kf 0 (0, 0)(1, 1)k1 = 43 .
2.2 Remarque
Pour que f soit un di↵éomorphisme, il faut et suffit que f soit injective et
que ce soit un di↵éomorphisme local en chaque point de U .
11
2.4 Théorème des fonctions implicites
Soient E, F, G trois espaces de Banach et 2 C k (U ⇥ V ⇢ E ⇥ F, G) tel que
(a, b) = 0 et 0a (b) est bijectif. Alors, il existe U 0 3 a, V 0 3 b et ' 2 C k (U 0 , V 0 )
tels que pour (x, y) 2 U 0 ⇥ V 0 , on ait (x, y) = 0 , y = '(x).
2.5 Remarque
Alors, ' est unique et '(a) = b. De plus, on a '0 (a) = a (b)
0 1
b (a).
0
2.6 Proposition
Soit X une partie de Rn et ↵ 2 X. Alors, les conditions suivantes sont
équivalentes
1. Il existe un C 1 -di↵éomorphisme : U ! Rn tel que (↵) = 0 et
1
(Rk ) = X \ U .
2. Il existe une application C 1 , f : U ! Rn k
telle que f (↵) = 0, f 0 (↵) est
surjective et X \ U = f 1 (0).
2.7 Définition
On dit alors que X est une sous-variété de classe C 1 et de dimension k au
voisinage de ↵. Si c’est le cas pour tout ↵ 2 X et si X 6= ;, on dit que X est une
sous-variété de classe C 1 et de dimension k. Enfin, on dit courbe (resp. surface,
resp. hypersurface) si k = 1 (resp. 2, resp. n 1).
2.8 Remarque
Soit f 2 C 1 (U, Rn k ) telle que f (x) = 0 ) f 0 (x) surjective. Si X := f 1
(0)
est non-vide, c’est une sous-variété de classe C 1 et de dimension k.
2.9 Définition
Un vecteur h 2 Rn est tangent en ↵ 2 X à une sous-variété X ⇢ Rn de
classe C 1 , s’il existe 2 C 1 (I, Rn ) où I est un voisinage ouvert de 0 dans R
tel que (0) = ↵, (I) ⇢ X et 0 (0) = h. Leur ensemble est l’espace tangent
T↵ (X).
2.10 Remarque
Soit f 2 C 1 (U, Rp ) tel que f (↵) = et f (U ) ⇢ Y où Y est une sous-variété
de classe C 1 . Alors, f 0 (↵)(T↵ (X)) ⇢ T (Y ).
2.11 Proposition
Avec les notations de la dernière proposition, on a T↵ (X) = 0
(↵) 1
(Rk ) =
ker f 0 (↵).
12
2.12 Définition
L’espace normal à X en ↵ est N↵ (X) := T↵ (X)? . Deux sous-variétés X
et Y sont orthogonales (resp. perpendiculaires, resp. tangentes) en ↵ si leurs
espaces tangents sont orthogonaux (resp. perpendiculaires, resp. égaux (ou plus
généralement, si l’un est contenu dans l’autre)). Enfin, on dit qu’elles se coupent
transversalement en ↵ si N↵ (X) \ N↵ (Y ) = 0.
2.13 Remarque
Si deux sous-variétés X et Y se coupent transversalement partout, alors X \
Y est une sous-variété et pour tout ↵ 2 X \Y , on a T↵ (X \Y ) = T↵ (X)\T↵ (Y ).
Il est clair que l’application est surjective mais n’est pas injective. De plus,
f est holomorphe et f 0 (z) = 2z est bijective pour z 6= 0.
z z
Exercice 21 On rappelle que si z 2 C, alors cosh(z) = e +e2 . Déterminer en
quels points, cosh est un di↵éomorphisme local. Puis, montrer que cosh induit
un di↵éomorphisme de l’ouvert U des z 2 C tels que <(z) > 0 et 0 < =(z) < 2⇡
sur un ouvert V ⇢ C que l’on déterminera.
Il est clair que cosh est holomorphe et que cosh0 = sinh avec sinh(z) =
ez e z
13
On calcule
1 a cos y
det f 0 (x, y) = =1 ab cos x cos y.
b cos x 1
On voit donc que f est un di↵éomorphisme local en tout point ssi ab < 1.
On montre qu’alors f est injective. E↵ectivement, supposons que f (x1 , y1 ) =
f (x2 , y2 ), c’est à dire
⇢
x1 + a sin y1 = x2 + a sin y2
.
y1 + b sin x1 = y2 + b sin x2
F : R3 ! R3 , (x, y, z) 7!
(ex y+2z
+e x+y+2z
, e2x + e2y 2 ex y
, e2x + e2y 2ey x
)
est un di↵éomorphisme sur son image pour 0 (on pourra écrire F = G '
avec G à déterminer).
On calcule d’abord
0 2e2y 2e2z
det ' =0
2e2x 0 2e2z = 4(e2(y+z) + e2(x+z) ) < 0.
1 1 0
14
On pose G(x, y, z) = (xez ye z
,x+y 2 ez , x + y 2e z
). Il est clair que
F = G ' et on a
ez e z
xez + ye z
det G =
0
1 1 2 ez .
1 1 +2e z
Comme en général,
a b c
1 1 d = (a b)(e d),
1 1 e
on trouve det G0 = 2(ez + e z )(e z + ez ) > 0. Cela montre que G est un
di↵éomorphisme local et il faut s’assurer que c’est une application injective. On
considère donc le système
8
< xez ye z = u
x + y 2 ez = v
:
x + y 2e z = w
Il est clair que f est un di↵éomorphisme local en tout point car f 0 ne s’annule
pas. De plus, f étant continue et croissante est injective. Enfin, il reste à prouver
la surjectivité. Pour cela, on montre que f est propre. Si |f (x)| M , alors il
existe y 2 R tel que f (x) f (0) = f 0 (y)x et donc |f (x) f (0)| = |f 0 (y)||x|
k|x|, ce qui donne |x| M +|f k
(0)|
.
Enfin, la fonction f (x) = ex satisfait f 0 0 mais n’est pas surjective.
15
On a det F 0 (x, y) = g 0 (y) f 0 (x), ce qui montre que F est un di↵éomorphisme
local. On montre maintenant que F est injective. Supposons que F (x1 , y1 ) =
F (x2 , y2 ), c’est à dire
⇢
x1 + y1 = x2 + y2
.
f (x1 ) + g(y1 ) = f (x2 ) + g(y2 )
On sait que cette application est C 1 et elle est son propre inverse.
16
2
Exercice 29 Montrer que l’équation z 3 + 2z + ez x y = cos(x y + z) définit
implicitement z comme fonction C 1 de x et y au voisinage de 0 qui s’annule
en 0. Calculer les dérivées partielles de z à l’ordre 2 en 0.
2
On pose f (x, y, z) = z 3 + 2z + ez x y cos(x y + z). On s’assure que
f (0, 0, 0) = 0 et on calcule @f /@z à l’origine. On a f (0, 0, z) = z 3 +2z +ez cos z
et donc @f /@z(0, 0, z) = 3z 2 + 2 + ez + sin z, si bien que @f /@z(0, 0, 0) = 3 6= 0.
Maintenant, on dérive notre équation par rapport à x. On obtient
x y2
3z 2 @z/@x + 2@z/@x + (@z/@x 1)ez = (1 + @z/@x) sin(x y + z)
x y2
6z(@z/@y)2 + 3z 2 @ 2 z/@y 2 + 2@ 2 z/@y 2 + (@ 2 z/@y 2 2 + (@z/@y 2y)2 )ez
17
x, on trouve 1 + z 0 + (2zz 0 + z 2 (1 + z + xz 0 )ex(1+z) = 0. On fait ensuite x = 0, ce
qui donne 1 + z 0 + 2zz 0 + z 2 (1 + z) = 0. On trouve donc z10 (0) = 1 et z20 (0) = 1.
On a donc bien trouvé deux fonctions C 1 y1 = xz1 et y2 = xz2 qui satisfont
notre équation au voisinage de x = 0. De plus, on a y1 (0) = y2 (0) = 0, y10 (0) =
0, y20 (0) = 1, y100 (0) = 2, y200 (0) = 2. On a donc les d.l. à l’ordre 2, y = x2 et
y = x + x2 .
On peut remarquer que (1, 2, 3) est sur la courbe qui est donc non-vide.
On peut aussi ne pas le remarquer. Dans ce cas, on peut procèder autrement.
1
On considère la droite D d’équations y = x, z = 36 3 . Celle-ci est contenue
dans la surface d’équation x3 + y 3 + z 3 = 36. De plus, elle rencontre la sphère
2
x2 + y 2 + z 2 = 14 : en e↵et, on a 36 3 14..
On pose ensuite f (x, y, z) = (x2 + y 2 + z 2 14, x3 + y 3 + z 3 36) et on calcule
2x 2y 2z
f 0 := .
3x2 3y 2 3z 2
u
Avant de poursuivre, on rappelle que si ' : R ! R a pour matrice
3 2
,
v
alors ' est surjective ssi u ^ v 6= 0. Dans ce cas, alors u ^ v est une base de ker '.
Il suffit donc maintenant de montrer que le système
8 2
>
> x + y 2 + z 2 = 14
>
>
< x3 + y 3 + z 3 = 36
6xy(y x) = 0
>
>
>
> 6xz(z x) = 0
:
6yz(z y) = 0
18
n’a pas de solution. Supposons d’abord que 2 des variables sont nulles, disons
x = y = 0. On doit alors avoir z 2 = 14 et z 3 = 36 or 362 6= 143 . Supposons
maintenant que les 3 variables sont non-nulles, on a alors x = y = z et les
deux premières équations deviennent 3x2 = 14 et 3x3 = 36. Or 143 32 6= 362 33 .
Finalement, il reste le cas ou 2 des variables, disons x, y 6= 0 sont non nulles et
z = 0. On a alors, y = x et les deux premières équations deviennent 2x2 = 14
et 2x3 = 36 et on a 143 22 6= 362 23 .
On sait maintenant que l’espace tangent en un point (a, b, c) a pour base
(bc(c b), ac(c a), ab(b a)).
On vérifie aisément que ces surfaces sont bien des sous-variétés de classes
C 1 avec espaces normaux en (x, y, z) engendrés par (ax, by, cz) et (yz, xz, xy)
respectivement. On a alors
ce qui montre que nos surfaces sont perpendiculaires en tout point si a+b+c = 0,
et nulle part sinon.
Elles sont tangentes si les vecteurs normaux sont colinéaires, c’est à dire
8
>
> ax2 + by 2 + cz 2 = 1
>
>
< xyz = 1
z(ax2 by 2 ) = 0 ,
>
>
> y(ax2 cz 2 )
> = 0
:
x(by 2 cz 2 ) = 0
centre G et de rayon 3 .
2
19
Les sphères S et S sont tangentes en un point M ssi les vecteurs normaux
~ et OM
GM ~ , où O est l’origine de R3 , sont colinéaires. Cela signifie que les
points sont alignés ou encore que M = (a, a,pa). On doit alors avoir 3a2 = 1 et
3(a 13 )2 = 3 2 . Ca correspond à = 6 ± 2 3. Dans ces deux cas, les sphères
p p
se coupent en point. On en déduit que si si 6 2 3 < < 6 + 2 3, les sphères
se coupent en un cercle. Et qu’elles ne se rencontrent pas sinon.
On voit donc que p0 (0, ±1)(1, 0) = (1, ±1). On a donc deux tangentes à l’origine
dirigées par ces vecteurs.
Exercice 36 Montrer que SLn (R) est une hypersurface de classe C 1 de Mn (R)
et déterminer l’hyperplan tangent en Id.
On a det0 (u)(u) = n 6= 0, ce qui montre que SLn (R) est une sous-variété
de
Pnclasse C . Et l’espace tangent en Id est l’hyperplan diagonal d’équation
1
x
i=1 ii = 0, c’est à dire {M 2 Mn (R), tr M = 0}.
On rappelle que la transposition est une symétrie sur Mn (R). Il lui est associé
une décomposition en somme directe
ou
Symn (R) = {u 2 Mn (R), t u = u}
et
Antin (R) = {u 2 Mn (R), t u = u}
20
ainsi que des projections
h + th
p : Mn (R) ! Symn (R), h 7!
2
et
t
h h
q : Mn (R) ! Antin (R), h 7! .
2
Enfin, on a
n2 + n
dim Symn (R) =
2
et
n2 n
dim Antin (R) = .
2
On regarde maintenant l’application
Par définition,
O(n) = {u 2 Mn (R), (u) = 0}.
D’autre part, on a
0
(u)(h) = ht u + ut h = ht u + t (ht u).
On voit donc que 0 (u) est la composée de la multiplication à droite par t u sur
Mn (R) et de l’application 2p qui est bien sûr surjective. De plus, si u 2 O(n),
alors t u est inversible. On voit donc que 0 (u) est surjective. Il suit que O(n)
est bien une sous-variété de classe C 1 . L’hyperplan tangent en l’identité est
ker p = Antin (R) des matrices anti-symétriques. On a donc
n2 n
dim O(n) = dim Antin (R) = .
2
3 Formule de Taylor
3.1 Définition
On dit que f : U ⇢ E ! F est k fois di↵érentiable en ↵ si f est k 1 fois
di↵érentiable au voisinage de ↵ et f (k 1) est di↵érentiable en ↵. On note alors
0
f (k) (↵) = f (k 1) (↵).
3.2 Remarque
On utilise souvent l’isomorphisme L(E, L(E, F )) ' Bil(E ⇥ E, F ) pour voir
f ”(↵) comme une application bilinéaire continue.
21
3.4 Remarque
Comme corollaire, on a le théorème de Schwartz classique qui dit que si
f : U ⇢ Rn ! R et si @ 2 f /@xi @xj et @ 2 f /@xj @xi existent et sont continues en
↵, alors
@ 2 f /@xi @xj (↵) = @ 2 f /@xj @xi (↵).
3.5 Définition
Soit f : U ⇢ Rn ! R une fonction k fois dérivable en ↵. On définit la
puissance symbolique
Xn
( @f /@xi (↵)hi )(k)
i=1
X ✓ ◆
n
:= (@ k f /@xi11 · · · @xinn )(↵)hi11 · · · hinn
i1 · · · in
i1 +···in =k
sur U , alors
C
|Rk↵ f (h)| khkk+1 .
(k + 1)!
Enfin, si f est C k+1 , alors
Z n
1
(1 t)k X
Rk↵ f (h) = ( @f /@xi (↵ + th)hi )(k+1) dt.
0 k! i=1
3.7 Rappel
On dit qu’une fonction f : U ! R admet un maximum absolu en ↵ si
8x 2 U, f (x) f (↵). On dit que f admet un maximum (local) en ↵ si f admet
un maximum absolu sur un voisinage de ↵.
On précise strict si l’inégalité est stricte (pour x 6= ↵) et on dit minimum si
on renverse les inégalité. Enfin, on dit extremum pour minimum ou maximum.
22
3.8 Proposition
Si f est di↵érentiable en ↵ et admet un extremum en ↵, alors f 0 (↵) = 0.
3.9 Rappel
Une forme quadratique H : Rn ! R est positive (resp. définie positive) et
on écrit H 0 (resp. H > 0)) si ses valeurs propres sont 0 (resp. > 0). C’est
équivalent à dire que 8u, |H(u)| 0 (resp. 9C > 0, 8u, |H(u)| Ckuk2 ). La
notion de forme négative est obtenue en renversant les inégalités.
3.10 Proposition
Soit f une fonction 2 fois di↵érentiable en ↵. Si f admet un minimum en ↵,
alors f 0 (↵) = 0 et f 00 (↵) 0. Réciproquement, si f 0 (↵) = 0 et f 00 (↵) > 0, alors
f admet un minimum strict en ↵.
3.11 Proposition
Soit X ⇢ U ⇢ Rn une sous-variété de classe C 1 et g 2 C 1 (U, R). Si g|X
admet un extremum en ↵, alors g 0 (↵) 2 N↵ (X).
3.12 Définition
Si X := f 1 (0) avec f 2 C 1 (U, Rn k ) telle que f 0 (x) surjective pour x 2 X,
on dit que les extremaPde g|X sont les extrema de g liés par les conditions
fi (↵) = 0. Si g 0 (↵) = i fi (↵), on dit que les i sont les multiplicateurs de
0
Lagrange.
2
y2
Exercice 38 Déterminer les extrema de f : (x, y) 7! (x2 +y 2 )ex et préciser
leur nature.
2 2
On calcule @f /@x(x, y) = 2x(1+x2 +y 2 )ex y et on voit que @f /@x(x, y) =
2 2
0 ssi x = 0. On a f (0, y) = y 2 e y et donc @f /@y(0, y) = 2y(1 y 2 )e y et on
voit que @f /@y(0, y) = 0 ssi 2y(1 y 2 ) = 0, c’est à dire y = 0, ±1.
On calcule maintenant
2
y2
@ 2 f /@x2 (x, y) = 2[1 + x2 + y 2 + 2x2 + 2x2 (1 + x2 + y 2 )]ex ,
y2
ce qui donne @ 2 f /@x2 (0, y) = 2[1 + y 2 ]e . Comme @f /@x(0, y) = 0, on a
@ 2 f /@x@y(0, y) = 0. Enfin,
y2 y2
@ 2 f /@y 2 (0, y) = [2(1 y2 ) 4y 2 4y 2 (1 y 2 )]e = 2(1 5y 2 + 2y 4 )e .
On trouve donc
2 0 4
0
f 00 (0, 0) = et f 00 (0, ±1) = e ,
0 2 0 4
e
ce qui montre que l’on a un unique minimum à l’origine. C’est bien sûr un
minimum absolu strict.
23
Exercice 39 Déterminer les extrema de f : (x, y) 7! x4 + y 4 2(x y)2 et
préciser leur nature.
On calcule @f /@x(x, y) = 4x3 4(x y) et @f /@x(x, y) = 4y 3 + 4(x
y). On voit donc que f 0 (x, y) = 0 ssi 4x3 4(x y) = 4y 3 + 4(x y) =
0, c’estpà dire
p y = p xpet x(x
2
2) = 0. On trouve donc les trois points
(0, 0), ( 2, 2), ( 2, 2).
On calcule @ 2 f /@x2 (x, y) = 12x2 4, @ 2 f /@x@y(x, y) = 4 et @ 2 f /@y 2 (x, y) =
12y 2 4, ce qui donne
4 4 p p p p 20 4
f (0, 0) =
00
et f ( 2,
00
2) = f (
00
2, 2) = .
4 4 4 20
Dans le second cas, on a det > 0 et tr > 0, ce qui montre que les valeurs
propres sont > 0 et on a un minimum strict.
A l’origine, on a det = 0 et on ne peut donc pas conclure immédiatement.
On trouve les valeurs propres 0, 8 puis les sous espaces propres d’équations
y = x et y = x. On a f (x, x) = x4 + y 4 0 et f (x, x) = 2x4 8x2 0 pour
|x| 2. On voit donc qu’il n’y a pas d’extremum à l’origine.
Enfin, il est clair que les minima obtenus sont des minima absolus.
Exercice 40 Déterminer les extrema de f : (x, y) 7! sin x + sin y + cos(x + y)
et préciser leur nature.
On travaille modulo 2⇡. On calcule @f /@x = cos x sin(x + y) et @f /@y =
cos y sin(x+y) et on voit donc que f 0 = 0 ssi cos x sin(x+y) = cos y sin(x+y).
On voit donc que, soit y = x et alors cos x = sin(2x) ou bien y = x et alors
cos x = 0. Comme sin 2x = 2 sin x cos x, on trouve y = x = ⇡/6, 5⇡/6 ou
|y| = |x| = ⇡/2. Maintenant, on a
sin x cos(x + y) cos(x + y)
f 0 (x, y) = .
cos(x + y) sin y cos(x + y)
On étudie donc les di↵érents cas.
1 1/2
f (⇡/6, ⇡/6) = f (5⇡/6, 5⇡/6) =
0 0
:
1/2 1
déterminant positif et trace négative. Maxima stricts en ces points.
0 1
f (⇡/2, ⇡/2) =
0
:
1 0
déterminant négatif. Pas d’extremum.
2 1
f ( ⇡/2, ⇡/2) =
0
:
1 2
déterminant et traces positifs. Un minimum strict.
2 1
f (⇡/2, ⇡/2) =
0
et
1 0
0 1
f ( ⇡/2, ⇡/2) =
0
:
1 2
déterminant négatif. Pas d’extremum.
Tous ces extrema sont absolus.
24
Pn
Exercice 41 Montrer que l’application ' : M 7! i=1 Ai M 2 possède un mini-
mum absolu que l’on déterminera.
Comme ' ! 1 quand M ! 1, ' possède un minimum absolu. Cette
assertion mérite une petite explication. Dire que '(M ) ! +1 quand M ! 1
signifie que 8c 2 R, 9K compact , M 62 K ) '(M ) c. On fixe alors ⌦
quelconque et on prend c '(⌦). On a donc en particulier ⌦ 2 K. Comme '
est continue sur K compact, elle admet un minimum absolu en un point P sur
K. Et si M 62 K, alors '(P ) '(⌦) c '(M ). On voit donc que ' a un
minimum absolu en P . Pn
On a donc '0 (P ) = 0 et comme '0 (M )(h) = 2h i=1 Ai~M , hi, on trouve
Pn ~
i=1 Ai P = 0 et P est le centre de gravité du polygone {A1 , . . . , An }.
2✏n > 0. Il suit que g a au moins une valeur propre > 0 et n’a donc pas de
maximum sur B . On sait que g admet un maximum sur B, disons en x0 . On
a nécessairement x0 2 @B et la restriction de g à @B, qui ne dépend pas de ✏,
admet un maximum en x0 . En conclusion, il existe x0 2 @B, tel que pour tout
✏ > 0 et x 2 B, f (x) + ✏kxk2 f (x0 ) + ✏kx0 k2 . On passe à la limite sur ✏, ce
qui donne f (x) f (x0 ).
Exercice 44 Determiner parmi tous les parallélépipèdes rectangles de volume
fixé (resp. surface fixée) celui qui a la plus petite surface (resp. le plus grand
volume).
Il s’agit donc de minimiser S = 2(xy + xz + yz) a V = xyz fixé et de
maximiser V à S fixé avec x, y, z > 0. On a S 0 = 2(y + z, x + z, x + y) et
V 0 = (yz, xz, xy). Dans les 2 cas, les vecteurs seront liés et on aura donc
8
< xz(y + z) = yz(x + z)
xy(y + z) = yz(x + y) ,
:
xy(x + z) = xz(x + y)
25
ce que l’on peut réécrire
8
< (x y)z 2 = 0
(x z)y 2 = 0 .
:
(y z)x2 = 0
Comme nos variables ne sont pas nulles, on trouve x = y = z. On voit donc que
la seule solution possible à l’un et l’autre problème est le carré.
Comme toute fonction continue sur un compact admet un maximum et un
minimum, il suffit pour conclure de montrer que si l’un des cotés ! 1, alors,
à V fixé on a S ! 1 et, à S fixé on a V ! 0. Bien sûr, il faut aussi remarquer
que si l’un des cotés est nul, alors V = 0, si bien que le problème ne se pose plus
dans le premier cas et est trivial dans le second.
Pour conclure, il suffit de alors de remarquer que
S 2 = 4(xy + (x + y)z)2 4(x + y)2 z 2 8xyz 2 = 8V z.
Si on fixe V , on voit donc que S ! 1 quand z ! 1 et si on fixe S, on voit que
V ! 0 quand z ! 1.
P
Exercice 45 Déterminer
P les extrema de la fonction f (x) = i xi ln xi sur l’hy-
perplan diagonal i xi = a avec a > 0.
On calcule les di↵érentielles (1+ln x1 , . . . , 1+ln xn ) et (1, . . . , 1). Un extrema
doit donc satisfaire 1 + ln x1 = · · · = 1 + ln xn , c’est à dire x1 = · · · = xn = na .
On peut utiliser la formule de Taylor pour f en ( na , . . . , na ) sur notre hyper-
plan. Tout d’abord, on a
a a a
f 0 ( , . . . , ) = (1 + ln )(1, . . . , 1)
n n n
P
et donc, si i xi = 0,
a a a X
f 0 ( , . . . , )(x1 , . . . , xn ) = (1 + ln ) xi = 0.
n n n i
On voit ensuite que f 00 est la matrice diagonale ( x11 , . . . , x1n ) et il suit que
f 00 ( na , . . . , na )
= na I si bien que
a a nX 2
f 00 ( , . . . , )(x1 , . . . , xn ) = x .
n n a i i
26
P
Q 46↵iSoient ↵1 , . . . , ↵n > 0 avec iP
Exercice ↵i = 1. Quel est le maximum de
f (x)Q= i xi Psur le compact K défini par i ↵i xi = 1, xi 0 ? En déduire
que i x↵i
i
↵ x
i i i pour x 1 , . . . , xn 0.
4.2 Définition
On dit que X est k-lipschitzienne en x si
27
4.6 Corollaire
Soit I un intervalle ouvert et f 2 C 1 (I, Rn ). Supposons que kf 0 k Akf k+B
avec A > 0, B 0. Alors pour tous t0 , t 2 I, on a
B A|t
kf (t)k kf (t0 )keA|t t0 |
+ (e t0 |
1).
A
4.7 Définition
Une intégrale première d’un système di↵érentiel x0 = X(t, x) est une fonction
' 2 C 1 (U, R) constante sur le graphe de toute solution (si x : I ! Rn est
solution alors '(t, x(t)) = c pour tout t 2 I).
4.8 Proposition
Une fonction ' 2 C 1 (U, R) est une intégrale première du système ssi
n
X
@'/@t + (@'/@xi )Xi = 0.
i=1
4.9 Définition
Un champ de vecteurs sur U ⇢ Rn est une application X : U ! Rn . Une
courbe intégrale de X est une solution de x0 = X(x). Une intégrale première de
X est une fonction ' : U ! Rn qui est une intégrale première du système. Le
champ est complet si toutes les courbes intégrales maximales sont définies sur
R.
4.10 Remarque
Une fonction ' 2 C 1 (U, R) est une intégrale première du champ ssi hX, '0 i =
0.
Soit y une solution sur I. On remarque tout de suite que y est solution ssi
y l’est, que y = 1 est solution et que y ne peut pas s’annuler sur un intervalle.
Si y > 1 sur I, on pose z = cosh 1 (y). On a donc y = cosh z, ce qui donne
y = (sinh z)z 0 puis
0
28
Il suit que y 2 1 = 4xy 02 = 4x(y 2 1)z 02 et donc
p 1 = 4xz . On voit donc que
02
I ⇢ R>0 et que z 0 = ± 2p 1
si bien que z = ±( x c) et comme on doit avoir
p x p
z > 0, on a donc z = | x c| et finalement, y = cosh | x c|.
Si 1 < y < 1 sur I, on pose z = cos 1 (y). On a donc y = cos z, ce qui
donne y 0 = ( sin z)z 0 puis
29
montrer que |ak | < 1. C’est clair pour k 2 et on a par récurrence, pour k 2,
P
i+j=k |ai ||aj | k+1 1
|ak+1 | < 1.
(k + 1)k (k + 1)k k
Par hypothèse, il existe M tel que kf k M . Soit y une solution sur un inter-
valle borné de longueur L avec y(x0 ) = y0 . On aura alors |y 0 | = |y|kf (x, y)k
M |y| et il résulte du lemme de Gronwall que |y| |y0 |eM |x x0 | |y0 |eM L . On
applique alors le théorème des majorations a priori.
x2 ( t) y 2 (t)
y 0 (t) = x0 ( t) = + = + .
1 + t2 1 + t2
et y(0) = 0. Il suit que y = x et donc pour tout t, x(t) = x( t), c’est à dire x
est impaire.
30
Il est clair que x = ⇡2 est solution. Comme les graphes de 2 solutions dis-
tinctes ne se coupent pas, toute autre solution est bornée (par 2 solutions hori-
zontales). Il résulte du théorème des majorations à priori que celle-ci se prolonge
sur R tout entier.
Exercice 57 Soient pour i, j, k = 1, . . . n, ckji 2PR avec ckji = cijk . Déterminer
n
une intégrale première du champ de vecteurs ( j,k=1 cijk xj xk )i=1,...,n sur Rn
et montrer que celui-ci est complet.
On cherche f 2 C 1 (I ⇥ Rn , R) tel que
n
X
cijk (@'/@xi )xj xk = 0.
i,j,k=1
Comme ckji = cijk , il suffit que (@f /@x Pin)xj xk2 = xi xj2(@f /@xk ), et donc que
@f /@xi = xi . On prend alors f (x) = i=1 xi = kxk . Maintenant, comme
la norme est constante sur le graphe d’une solution, celui-ci est borné sur un
intervalle borné. Donc toute solution est définie sur R.
Exercice 58 Trouver deux intégrales premières affinement indépendantes non
constantes du champ de vecteurs (y 2 z 2 , z 2 x2 , x2 y 2 ).
On cherche donc f telle que
(y 2 z 2 )@f /@x + (z 2 x2 )@f /@y + (x2 y 2 )@f /@z = 0,
c’est à dire
x2 (@f /@z @f /@y) + y 2 (@f /@x @f /@z) + z 2 (@f /@y @f /@x) = 0.
Il est clair que @f /@x = @f /y = @f /@z = 1 fournit une solution, c’est à dire
f = x + y + z. En cherchant un peu, on trouve aussi x3 + y 3 + z 3 .
Exercice 59 Considérons une courbe intégrale maximale du champ de vecteurs
(xy 2x2 , xy y 2 ) avec x(0), y(0) > 0. Montrer que celle-ci est définie pour
tout t > 0 et tend vers 0 quand t ! +1.
Tout d’abord, on remarque que seule la solution nulle peut passer par l’ori-
gine. Maintenant, il est clair que si on fait x = 0 dans le système di↵érentiel,
on trouve y 0 = y 2 qui donne y = t 1 c . On trouve ainsi une famille de courbes
intégrales supportée par l’axe des y et pouvant prendre n’importe quelle valeur
à un instant t donné. Il suit qu’une autre courbe intégrale ne peut couper l’axe
des y. De même, y = 0 donne x0 = 2x2 puis x = 2t1 c et on voit qu’une
autre courbe intégrale ne peut couper l’axe des x. De ceci, on déduit que si
x(0), y(0) > 0, alors pout tout t, on a x(t), y(t) > 0.
On remarque maintenant que x0 + y 0 = 2x2 y 2 > 0. Il suit que x + y est
décroissante. En particulier, avec nos conditions initiales, la courbe est contenue
dans un triangle pour t 0. Le principe des majorations a priori nous dit que
celle-ci est définie sur pour tout t > 0.
Pour conclure, il suffit de montrer que x + y ! 0 quand t ! +1. Sinon,
on pourrait trouver c > 0 tel que x + y > c. On a alors c2 < (x + y)2
2
2(x2 +y 2 ) 2(2x2 +y 2 ) = 2(x0 +y 0 ), c’est à dire (x+y)0 c2 . On applique le
2
théorème des accroissements finis qui donne (x+y)(t) x(0)+y(0) c2 t ! 1.
Contradiction.
31
5 Systèmes di↵érentiels linéaires
5.1 Définition
Un système di↵érentiel x0 = X(t, x) est linéaire si X(t, x) = A(t)x + B(t)
avec A : I ! L(Rn , Rn ), B : I ! Rn continues et I ⇢ R un intervalle. Le
système homogène associé est le système x0 = A(t)x. Enfin, le système est dit
homogène si B = 0.
5.2 Proposition
Les solutions du système di↵érentiel linéaire forment un espace affine de
dimension n. L’espace vectoriel assocé est l’espace des solutions du système
homogène associé. Finalement, pour tout t0 , l’application x 7! x(t0 ) est un
isomorphisme affine de l’espace des solutions sur Rn .
5.4 Corollaire
Les solutions de x0 + ax = b sont les fonctions de la forme ux où x une
solution de l’équation homogène associée et u 2 C 1 (I).
Les solutions de x0 +ax+bx = c sont les fonctions de la forme u1 x1 +u2 x2 avec
u1 x1 + u02 x2 = 0, où x1 et x2 sont deux solutions indépendantes de l’équation
0
32
quand x ! 0 et 1]0,⇡[ 3 sin2 (x) cos(x) est bien continue (en 0). Et on a bien
l’identité attendue en x = 0.
Si on ne voit pas la solution particulière, on peut faire varier la constante,
i.e. on pose y = z sin3 x, ce qui donne y 0 = z 0 sin3 x + 3z sin2 x cos x et l’équation
devient
si bien que
y 00 y = u0 sinh x+u cosh x+v 0 cosh x+v sinh x u cosh x v sinh x = u0 sinh x+v 0 cosh x.
33
ce qui donne u0 = sinh2 x et v 0 = sinh x cosh x. On a donc u0 = 12 12 cosh 2x
et on peut prendre u = x2 4 sinh 2x = 2
1 x
2 sinh x cosh x. Pour v, c’est plus
1
2
simple, on peut prendre v = 2 cosh x. On trouve donc finalement y = u cosh x+
1
Exercice 63 Déterminer toutes les fonctions f 2 C 1 (]0, 1[) telles que f 0 (x) =
f ( x1 ).
On sait que les solutions sont les fonctions y = u cos x+v sin x avec u0 cos x+
v sin x = 0 et u, v 2 C 1 (R). On a alors y 0 = u sin x + v cos x. Il suit que
0
(x 1)y 00 + (1 2x)y 0 + xy = 0
34
On fait varier la constante et on pose donc y = zex , ce qui donne y 0 =
(z 0 + z)ex puis y 00 = (z 00 + 2z 0 + z)ex . On a donc
(x 1)(z 00 + 2z 0 + z)ex + (1 2x)(z 0 + z)ex + xzex = 0
et en simplifiant, (x 1)(z 00 +2z 0 )+(1 2x)z 0 = 0, c’est à dire (x 1)z 00 z 0 = 0.
On trouve donc z 0 = a(x 1) et en intégrant z = a2 (x 1)2 + b. Il suit que
y = a2 (x 1)2 ex + bex et en multipliant a par 2, y = a(x 1)2 ex + bex
Exercice 66 Déterminer les solutions de l’équation di↵érentielle
x2 y 00 + 4xy 0 + 2y = ln(1 + x).
On cherche une solution de la forme x↵ de l’équation homogène associée car
l’expression x2 y 00 + 4xy 0 + 2y est“homogène”. On veut donc x2 ↵(↵ 1)x↵ 2 +
4x↵x↵ 1 +2x↵ = 0, c’est à dire ↵(↵ 1)+4↵+2 = 0 et on trouve ↵ = 1 ou 2.
On a donc tout de suite une base de solution pour l’équation homogène : x1 et
x2 .
1
0 0
On cherche alors une solution de la forme y = ux + xv2 avec ux + xv2 = 0. On
0 0
calcule y 0 = xu2 2 xv3 et y 00 = xu2 + 2 xu3 2 xv3 + 6 xv4 . On veut donc
u0 u v0 v u v u v
x2 ( 2
+2 3 2 3
+ 6 4 ) + 4x( 2 2 3
) + 2 + 2 = ln(1 + x),
x x x x x x x x
0
ce qui se simplifie en u0 2 vx = ln(1 + x). On trouve donc u0 = ln(1 + x) et
v 0 = x ln(1 + x). On rappelle que
Z Z
u↵+1 u↵ u↵+1
u ln udu =
↵
ln u du = ((↵ + 1) ln u 1) + c.
↵+1 ↵+1 (↵ + 1)2
On en déduit tout de suite que u = (1 + x)(ln(1 + x) 1) + a et comme
v 0 = x ln(1 + x) = (1 + x) ln(1 + x) + ln(1 + x), que
(1 + x)2
v= (2 ln(1 + x) 1) + (1 + x)(ln(1 + x) 1) + b.
4
Finalement, on voit que
(1 + x)(ln(1 + x) 1) + a
y=
x
(1+x)2
(2 ln(1 + x)
1) + (1 + x)(ln(1 + x) 1) + b
+ 4
x2
(x + 1) ln(1 + x) 3(x + 1)2
2
a b
= + + 2.
2x2 4x2 x x
Et en changeant les constantes, on trouve
(x + 1)2 ln(1 + x) 3 a b
y= + + .
2x2 4 x x2
Bien sûr, on trouve ainsi les solutions en dehors de l’origine. Pour prolonger
une solution à tout l’ensemble de définition ] 1, 1[, on réduit au méme
dénominateur 4x2 , ce qui donne pour le numérateur
2(x + 1)2 ln(1 + x) 3x2 + 4ax + 4b.
35
On fait un d.l. à l’ordre 1 pour trouver 2x + 4ax + 4b. On doit donc prendre
b = 0 et a = 12 , ce qui donne
(x + 1)2 ln(1 + x) 3 1
y= .
2x2 4 2x
C’est une fonction analytique à l’origine et solution sur un voisinage donc solu-
tion partout.
y 00 4y 0 6y y0 2y y
t2 (1 t)( + 4 ) + 2t(2 t)( ) + 2(1 + t) 2 = t2 .
t2 t3 t t2 t3 t
On simplifie pour trouver (1 t)y 00 + 2y 0 = t2 . L’équation homogène associée
à pour solution a(1 t)2 . On fait à nouveau varier la constante et on pose
donc y 0 = z(1 t)2 . On a alors y 00 = z 0 (1 t)2 2z(1 t) et l’équation devient
(1 t)(z 0 (1 t)2 2z(1 t))+2z(1 t)2 = t2 , soit après simplification, (1 t)3 z 0 =
t2 qui donne
t2 1 2 1
z0 = = + .
(1 t)3 (1 t)3 (1 t)2 (1 t)
On intègre pour trouver
1 2
z= ln |1 t| + c,
2(1 t)2 (1 t)
ce qui donne
1
y 0 = z(1 t)2 = + 2(t 1) (t 1)2 ln |t 1| + c(t 1)2 .
2
Il faut intégrer à nouveau et on commence par (t 1)2 ln |t 1|. On fait le
changement de variable t 1 = ±ev , ce qui donne (t 1)2 ln |t 1|dt = ±e3v vdv
et on intègre par partie pour trouver
Z Z
1 1 1
e3v vdv = (e3v v e3v vdv) = e3v ( v ),
3 3 9
3 (t 1)3 ln |t 1| (t 1)3 b
y=1 +a + .
2t 3t2 t2 t2
36
Bien sûr, ces calculs sont valables sur tout intervalle ne contenant pas 0 ou 1. Il
est clair que toutes nos solutions se prolongent en t = 1 car la fonction u3 ln |u|
se prolonge en une fonction C 2 sur R. Pour prolonger une solution sur R, il faut
réduire au même dénominateur et faire un d.l. du numérateur en 0 à l’ordre 1.
On trouve
6t2 9t 2(t 1)3 ln(1 t) + 6a(t 1)3 + 6b
y=
6t2
et comme d.l. pour le dénominateur, 11t+18at 6a+6b. Celui-ci doit s’annuler
et on trouve donc a = b = 11
18 . Le candidat à la solution sur R est donc la fonction
Si u est fonction de x, on a
dy dy du d2 y d2 y du 2 dy d2 u
= et = ( ) + .
dx du dx dx2 du2 dx du dx2
On en déduit l’équation
d2 y du 2 dy d2 u du
( ) + ( + a ) + by = 0.
du2 dx du dx2 dx
Pour obtenir la forme canonique, on a donc besoin de u00 + au0 = 0 et on posera
alors p = u2b02 . Soit alors A une primitive de a et u une primitive de e A . Comme
u0 > 0, u est un di↵éomorphisme et p est bien défini.
37
Supposons maintenant que u, v 2 T et que u2 , uv, v 2 sont linéairement
dépendants. On a donc une relation ↵u2 + uv + v 2 = 0. Si ↵ = 0, l’équation
devient ( u + v)v = 0. Si v = 0, alors u et v sont dépendants et sinon
u + v = 0. Si ↵ = 0, on peut supposer ↵ = 1 et notre équation devient
2 2
(u + 2 v)2 + ( 4 )v = 0. Si
2
4 , on trouve encore v = 0. Sinon, on pose
2
2
= 4 et notre équation devient (u + ( 2 )v)(u + ( 2 )v) = 0. Il suit
que u + ( 2 ± )v = 0.
38