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DDFC : Égalité des droits et nouveau contrat social

La Déclaration des Droits de la Femme et de la Citoyenne (DDFC) d'Olympe de Gouges vise à revendiquer l'égalité des droits entre les hommes et les femmes tout en critiquant la domination masculine. Au-delà de la défense des droits des femmes, la DDFC propose un nouveau contrat social inspiré des valeurs des Lumières, visant à établir une société plus juste et harmonieuse. Bien que son impact ait été limité à l'époque, la DDFC reste un texte fondamental dans la lutte pour les droits des femmes.

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DDFC : Égalité des droits et nouveau contrat social

La Déclaration des Droits de la Femme et de la Citoyenne (DDFC) d'Olympe de Gouges vise à revendiquer l'égalité des droits entre les hommes et les femmes tout en critiquant la domination masculine. Au-delà de la défense des droits des femmes, la DDFC propose un nouveau contrat social inspiré des valeurs des Lumières, visant à établir une société plus juste et harmonieuse. Bien que son impact ait été limité à l'époque, la DDFC reste un texte fondamental dans la lutte pour les droits des femmes.

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Sujet de dissertation : La DDFC ne défend-elle que le droit des femmes ?

On peut commencer par rappeler que la DDFC est une réécriture de la DDHC, composée seulement
deux ans après.
Dans quel but ? Pourquoi réécrire un texte qui se veut fondateur de la Révolution ?

Défendre = soutenir. Il s’agit donc de montrer que la DDFC soutient le droit des femmes.

Droit des femmes : quel droit ? De façon générique (comme pourrait l’indiquer le défini singulier),
l’ensemble des droits. Le droit des femmes est ce qui dirige légalement la place des femmes dans la
société (libertés, devoirs dans tous les domaines, familial, économique, politique et privé)

La négation restrictive exprime l’idée que la DDFC se limiterait à défendre le droit des femmes.

Le sujet invite donc à réfléchir au but de la DDFC, à sa motivation. Aussi, il s’agit de réfléchir au
projet d’O. de Gouges quand elle écrit cette Déclaration. On sait qu’elle souhaite, au-delà du combat
pour que les femmes obtiennent les droits qu’elles n’ont pas acquis pendant la Révolution, constitué
une société harmonieuse, fondée sur les principes des Lumières.

Problématique : En quoi la DDFC propose-t-elle un nouveau contrat social ?

I. La DDFC vise à l’obtention des droits pour les femmes


1. Un texte juridique qui vise à compléter la DDFC (les articles, notamment le 1)
2. Et revendique l’égalité absolue des droits entre les hommes et les femmes

II. Cependant, elle combat aussi la domination masculine qui n’a pas permis
l’émancipation des femmes
1. La domination masculine vivement critiquée (adresse aux hommes)
2. Un appel à la prise de conscience des femmes parce qu’elles ont également leur part
de responsabilité (postambule)

III. Parce qu’elle souhaite un nouveau contrat social fondé sur les valeurs des Lumières
(égalité, mais aussi justice, liberté, raison…)
1. Un contrat social fondé sur l’égalité naturelle entre les sexes (articles 3 notamment
et adresse aux hommes)
2. Un appel à la raison pour construire une société plus juste : elle suit les idées des
Lumières (article 4 et 5 et postambule)

Autre plan possible et forme minimale attendue en 1ère

I. La DDFC vise à l’obtention du droit des femmes


II. Cependant, elle vise surtout à un nouveau projet social
Quand O. de Gouges écrit sa Déclaration des Droits de la Femme et de la Citoyenne (DDFC),
en 1791, il ne s’est écoulé que deux ans depuis la promulgation de la Déclaration des droits de
l’homme et du citoyen (DDHC). On peut ainsi être amené à conclure hâtivement qu’Olympe de
Gouges réécrit cette déclaration afin de la compléter en y incluant les femmes. Mais n’est-ce pas
réduire la portée du geste de Gouges ? On peut alors se demander si la DDFC ne défend que le
droit des femmes. Il s’agit donc de réfléchir aux motivations de Gouges et aux idées qu’elle cherche à
diffuser. On sait qu’elle souhaite, au-delà du combat pour que les femmes obtiennent les droits qu’elles
n’ont pas acquis pendant la Révolution, constituer une société harmonieuse, fondée sur les principes
des Lumières.
En quoi la DDFC propose-t-elle un nouveau contrat social ?
Nous verrons dans un premier temps que la DDFC vise à obtenir des droits pour les femmes.
Cependant, nous verrons dans un deuxième temps qu’elle combat aussi la domination masculine qui
empêche cette émancipation des femmes. Enfin, nous verrons dans un troisième temps qu’elle souhaite
un nouveau contrat social fondé sur les valeurs des Lumières.

La DDFC est un texte juridique qui revendique l’égalité des genres en complétant la
DDHC, jugée lacunaire par O. de Gouges. La DDFC défend ainsi le droit des femmes, oublié du
texte originel. Les Députés de l’Assemblée constituante votent en 1789, la DDHC qui affirme l’égalité
des droits pour tous les hommes, avancée fondamentale de la Révolution. Cependant, seulement deux
ans après, O. de Gouges réécrit ce texte en le féminisant, ce que l’on constate dès le titre La
Déclaration des Droits de la Femme et de la Citoyenne. Il s’agit donc d’un véritable pastiche : Gouges
reprend la forme juridique des dix-sept articles, en atteste l’article 1 où elle ajoute le mot « femme » à
l’article de la DDHC. Cependant, O. De Gouges, ne se contente pas de féminiser la DDHC, elle y
ajoute une portée critique en réclamant l’égalité parfaite des droits.
La DDFC est un texte militant qui revendique l’égalité des droits entre les hommes et les
femmes. Il s’agit dans ces dix-sept articles, de rappeler que les femmes sont des individus qui
possèdent « toutes les facultés intellectuelles » comme elle l’affirme dès l’exhortation aux hommes et
qu’à ce titre rien ne justifie la privation de leurs droits. C’est pourquoi le texte d’O. de Gouges aborde
l’ensemble des droits jusqu’alors réservés aux hommes, en témoigne l’article 10 sur la liberté
d’expression qui affirme que la femme « doit avoir également [le droit] de monter à la tribune ». Elle
ajoute même des droits qui n’apparaissaient pas dans la DDHC comme la reconnaissance en paternité
stipulée dans l’article 11 de sa déclaration.
Tout en défendant l’ensemble des droits des femmes, O. de Gouges n’en oublie pas de critiquer les
hommes qui sont jugés comme responsables de cet oubli dans la DDHC. Aussi, la DDFC n’est pas
seulement un texte juridique visant à donner des droits aux femmes mais également un pamphlet qui
attaque les hommes.

La DDFC s’attaque violemment aux hommes qu’elle considère comme responsables de la


domination masculine, loin des idéaux égalitaires de la Révolution. Cette domination masculine est
vivement critiquée dès le texte liminaire de la DDFC, une adresse aux hommes très violente. Gouges
apostrophe l’ensemble des hommes, remet en question les fondements de cette domination et rappelle
qu’elle s’appuie sur « l’ignorance la plus crasse ». Son propos se veut ainsi très polémique en attaquant
âprement « cet empire tyrannique » que constitue la domination masculine. Cependant, O. de Gouges
appelle également les femmes à agir.
Pour O. de Gouges, la DDFC restera inefficace si les femmes ne s’emparent pas aussi de
ces revendications et qu’elles ne se joignent pas à ce combat. En effet, elle accuse aussi les femmes
d’être responsables de la domination masculine qu’elles subissent par leur laisser-faire. Elles doivent
prendre conscience que pour s’émanciper, il faut qu’elles prennent part au combat d’O. de Gouges
pour l’égalité des droits. Bref, l’émancipation des femmes ne viendra que d’elles-mêmes et non d’une
posture attentiste. C’est le sens de l’apostrophe aux femmes, « Femmes, réveille-toi » au début du
postambule qui suit les articles et qui les enjoint à agir, à combattre pour l’égalité.
Si O. de Gouges s’attaque aux hommes, elle n’en oublie pas de rappeler aux femmes qu’elles sont
aussi responsables de la domination masculine qu’elles subissent. Cependant, on peut voir qu’O. de
Gouges, au-delà du combat féministe pour l’égalité des droits, propose une nouvelle forme de société.

Quand elle écrit la DDFC pour compléter la DDHC, O. de Gouges ne propose pas qu’une
féminisation d’un texte juridique. Elle complète et surtout elle ajoute ce qui s’apparente plus à
un une nouvelle forme de société, plus juste, fondée sur les idéaux des Lumières.
C’est pourquoi, O. de Gouges propose un nouveau contrat social fondé sur l’égalité
naturelle entre les sexes. A ce titre, elle rappelle très souvent la légitimité des droits naturels que les
hommes auraient confisqués aux femmes à travers le temps. Aussi, dès l’« adresse aux hommes », elle
rappelle la complémentarité des deux sexes sans domination de l’un sur l’autre à l’exemple de ce que
l’on trouve dans la nature. Cette complémentarité doit créer une société harmonieuse, puisque pour O.
de Gouges la société consiste en « la réunion de l’homme et de la femme » comme elle l’affirme dans
l’article 3 de la DDFC. Cette revendication n’est pas insolite : elle trouve sa source notamment dans
les écrits des Lumières qui se sont propagés durant tout le XVIIIème siècle.
Aussi, le nouveau contrat social que propose O. de Gouges s’inspire directement des
principes des Lumières. En effet, si elle reprend l’idée des droits naturels, O. de Gouges reprend
surtout l’idée d’une société plus juste, fondée sur la raison, l’une des idées les plus chères des
Lumières. C’est ce qu’elle affirme dans l’article 5 de la DDFC où elle rappelle que les lois de la nature
et de la raison sont les seules guides des lois humaines et que les lois humaines ne peuvent aller à leur
encontre.
La DDFC est donc bien un texte qui reprend les valeurs de liberté et d’égalité des Lumières, valeurs
qui semblent avoir été oubliées par les Révolutionnaires. Il s’agit donc de réaffirmer ces droits et de
rappeler à tous qu’il n’y a d’égalité que si l’ensemble de la nation, homme et femme confondus, ont les
mêmes droits.

Si la DDFC défend le droit des femmes, cette réécriture se veut aussi une proposition d’un
nouveau contrat social, pour construire une société plus juste fondée sur une égalité des droits entre les
hommes et les femmes. Par cet aspect, O. de Gouges s’érige en héritière des Lumières dans leur valeur
et leur combat.
Sans doute trop ambitieux pour son temps, la DDFC ne restera qu’un projet, le texte n’ayant pas trouvé
assez de soutiens chez les députés. Texte important dans la lutte des femmes pour l’obtention de leurs
droits, il faudra toutefois attendre la deuxième moitié du XXème pour voir des avancées significatives
dans ce combat.

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