LA STADIFICATION DE LA BPCO
[Link]
La Bronchopneumopathie Chronique Obstructive (BPCO) est une maladie
respiratoire chronique caracterisée par une limitation progressive et non
completement reversible des debits aeriens. Elle est le plus souvent due au
tabagisme ou a une exposition a des substances toxiques.
2. Les stades de la BPCO
A chaque stade de la maladie correspondent des symptômes spécifiques. Une
spirométrie permet de définir à quel stade se trouve la personne
diagnostiquée. Cet examen permet en effet de mesurer sa capacité
respiratoire, en VEMS (volume expiratoire maximal par seconde).
Cette valeur est comparée à la capacité vitale du patient, c’est-à-dire à son
volume pulmonaire mobilisable maximal. Si le rapport entre les deux données
(VEMS/CVF, aussi appelé rapport de Tiffeneau) est inférieur à 70 %, le trouble
respiratoire obstructif est alors démontré, sans qu’il soit nécessaire d’y
associer des symptômes.
Quel que soit le stade de sa broncho-pneumopathie chronique obstructive, le
patient peut être victime d’exacerbations. Il s’agit d’une aggravation des
signes cliniques, en particulier de la toux, des crachats et de la dyspnée
(essoufflement). Aux premiers stades de la maladie, ces exacerbations ne
comportent pas de caractère de gravité. En revanche, si elles se produisent
aux stades avancés de la maladie, elles nécessitent un traitement en urgence.
Les patients souffrant de broncho-pneumopathie chronique obstructive
connaissent en moyenne deux exacerbations annuelles.
Notons qu’il existe, selon les études, quatre ou cinq stades de BPCO. Ceci est
dû au fait que le stade 0, c’est-à-dire le stade à risque, n’est pas toujours pris
en compte. Le traitement de la BPCO est envisagé en fonction du stade de la
maladie.
De ce fait, nous distinguons deux types de classification :
1. Classification fonctionnelle selon GOLD 2024
(GOLD 1 à 4)
Basée sur le VEMS (Volume Expiratoire Maximal Seconde) après
bronchodilatateur :
Grade 1 / Obstruction bronchique légère : VEMS \ge 80%
Grade 2 / Obstruction bronchique modérée : VEMS 80-50%
Grade 3 / Obstruction bronchique sévère : VEMS 49-30%
Grade 4 / Obstruction bronchique très sévère : VEMS < 30%
[Link] clinique (Groupes A, B, C, D)
Basé sur :
•Le score CAT (COPD Assessment Test) ou mMRC (dyspnée):
•Le nombre d’exacerbations par an
Groupe Symptômes Exacerbations
A Peu de symptômes (CAT < 10 ou mMRC 0–1 exacerbation sans
0–1) hospitalisation
B Symptômes marqués (CAT ≥ 10 ou 0–1 exacerbation sans
mMRC ≥ 2) hospitalisation
C Peu de symptômes≥ 2 ou ≥ 1 exacerbation avec
hospitalisation
D Symptômes marqués≥ 2 ou ≥ 1 exacerbation avec
hospitalisation
Interprétation des catégories A, B, C, D :
A : Faible risque (d'exacerbations), peu de symptômes.
B : Faible risque, symptômes significatifs.
C : Risque élevé, peu de symptômes.
D : Risque élevé, symptômes significatifs.
N.B : Pour être en catégorie C ou D, un patient doit avoir au moins 2
exacerbations par an ou au moins 1 nécessitant une hospitalisation.
Pour être en catégorie B ou D, il doit avoir soit un mMRC \ge 2, soit un CAT \
ge 10.
Fréquence des exacerbations
Le fait de présenter des exacerbations fréquentes (\ge2/an) est un élément
pronostique important dans la BPCO. Le phénotype exacerbateur fréquent est
donc un élément d'évaluation de la sévérité.
3. Intensité des symptômes, notamment de la
dyspnée (échelle mMRC de la dyspnée
recommandée par la GOLD)
Le stade 0
Le patient présente certains symptômes, comme une toux grasse épisodique
et quelques crachats. Néanmoins, l’exploration fonctionnelle respiratoire est
normale. Aucun traitement n’est associé à cet état, même si l’arrêt total du
comportement tabagique est souhaitable.
Pour le patient, ça sera en résumé, Je suis essoufflé uniquement pour un effort
important.
Le stade 1
Il s’agit du stade léger. La maladie est diagnostiquée, ce qui marque une
différence fondamentale avec le stade précédent
Ici, le VEMS est supérieur ou égal à 80 % du volume pulmonaire mobilisable
maximal. Dans la vie de tous les jours, le patient n’est pas à proprement parler
affaibli. Les difficultés peuvent en revanche apparaître lors d’efforts
conséquents. Au stade 1 de la BPCO, un traitement peut être envisagé.
Pour le patient, ça sera en résumé, Je suis plus essoufflé quand je me dépêche à
plat ou quand je monte une pente légère.
Le stade 2
On parle ici d’un stade modéré. Certains symptômes chroniques peuvent
apparaître. La VEMS est comprise entre 50 et 80 % du volume pulmonaire
mobilisable maximal. Il est ici plus compliqué de faire entrer dans le poumon
la quantité d’air suffisante au bon fonctionnement du corps. À l’expiration,
l’air éprouve des difficultés à sortir des alvéoles : les poumons restent trop
pleins. Il est alors de plus en plus compliqué pour l’air d’y pénétrer, et ainsi de
renouveler l’oxygène dans le sang.
L’essoufflement devient de plus en plus problématique. Il survient au cours
d’actions quotidiennes anodines comme, par exemple, monter un escalier. En
cas de rhume ou d’infection respiratoire, plusieurs semaines peuvent être
nécessaires pour récupérer totalement.
Pour le patient, ça sera en résumé, Je marche moins vite que les gens de mon
âge à plat ou je dois m'arrêter quand je marche à mon pas à plat.
Le stade 3
Il s’agit ici du stade sévère de la maladie. La VEMS est comprise entre 30 et 50
% du volume pulmonaire mobilisable maximal.
La baisse des capacités physiques est ici évidente, et le besoin de reprendre
son souffle très fréquent, même dans le cas de simples actions. Le calibre des
bronches est très rétréci. On peut parler d’un véritable handicap respiratoire.
Pour le patient, ça sera en résumé, Je m'arrête pour respirer après 90
mètres ou après quelques minutes à plat.
Le stade 4
C’est le stade très sévère du BPCO. La VEMS est inférieure à 30 % du volume
pulmonaire mobilisable maximal.
Dans ce cas, la vie quotidienne du malade est très altérée. Des gestes très
simples, comme s’habiller ou se déshabiller, deviennent difficiles à réaliser. Il
n’est plus question d’aller travailler.
L’évolution du stade 4 conduit à une insuffisance respiratoire (dernier stade
ou stade terminal de la BPCO). Le corps ne peut plus à lui seul assurer une
oxygénation suffisante de l’organisme. Cette insuffisance respiratoire se
traduit notamment par l’apparition d’une cyanose : l’extrémité des doigts et
des lèvres se teinte de bleu.
Dans plus d’un cas sur deux, la personne qui souffre d’insuffisance
respiratoire doit recourir à l’oxygénothérapie de longue durée (OLD), pour
pallier le déficit d’oxygène. Ce traitement est loin d’être anodin pour le patient.
Pour que des améliorations apparaissent, l’oxygénothérapie doit être
pratiquée quotidiennement, durant 15 heures au minimum.
Si les contraintes sont importantes et chronophages, l’oxygénothérapie
permet d’améliorer de façon significative la vie de la personne qui en
bénéficie. Le corps de celle-ci reçoit ainsi la juste quantité d’oxygène dont il a
besoin, et la sensation d’essoufflement disparaît. Un bienfait loin d’être
négligeable, même si l’oxygénothérapie ne permet pas de guérir ou de ralentir
l’évolution de la BPCO.
Il existe plusieurs modes d’administration. Récemment, des moyens peu
encombrants pour délivrer de l’oxygène se sont développés (pour une durée
limitée dans le temps bien entendu). Cela permet au patient de continuer à
sortir fréquemment de son domicile, et de maintenir un lien social avec son
entourage. Un atout très important pour le moral et l’équilibre psychologique.
Avoir recours à l’OLD nécessite de tenir compte de certaines précautions
d’usage. Il convient par exemple de ne jamais approcher la source d’oxygène
d’une matière combustible. Fumer à proximité de celle-ci (c’est-à-dire dans la
même pièce) est totalement prohibé.
Pour le patient, ça sera en résumé, Je suis trop essoufflé pour quitter ma
maison ou je suis essoufflé rien qu'à m'habiller.
4. Comorbidités
Elles participent à déterminer le pronostic.
Évaluation combinée de la BPCO (Combined Assessment of COPD)
Pour déterminer la sévérité de la maladie, son impact sur l’état de santé du
patient et le risque d’événements futurs (par exemple les exacerbations), il
faut prendre en compte séparément les aspects suivants :
Sévérité de l’anomalie spirométrique
Niveau actuel des symptômes du patient
Fréquence des exacerbations
Présence de comorbidités