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Étymologie du nom Europe

Le mot 'Europe' a deux origines étymologiques, l'une sémitique liée aux marins phéniciens et l'autre grecque, associée à la mythologie. Géographiquement, l'Europe est souvent définie par des frontières politiques plutôt que physiques, avec des limites qui ont évolué au fil des siècles. Aujourd'hui, l'Europe est un continent d'environ 10 millions de km², comprenant diverses régions et des territoires parfois situés en dehors de ses frontières géographiques.

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Étymologie du nom Europe

Le mot 'Europe' a deux origines étymologiques, l'une sémitique liée aux marins phéniciens et l'autre grecque, associée à la mythologie. Géographiquement, l'Europe est souvent définie par des frontières politiques plutôt que physiques, avec des limites qui ont évolué au fil des siècles. Aujourd'hui, l'Europe est un continent d'environ 10 millions de km², comprenant diverses régions et des territoires parfois situés en dehors de ses frontières géographiques.

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Étymologie

Deux origines concurrentes du mot « Europe » ont été proposées2. [ ]

La première fait provenir ce nom de l'usage par les marins phéniciens des deux
mots Ereb, le couchant, et Assou, le levant pour désigner les deux rives opposées de
la mer Égée : d'une part la Grèce actuelle et d'autre part
l'Anatolie (Ἀνατολή / Anatolḗ signifie pareillement, en grec, le levant). La première
mention connue de ces mots sémitiques se trouve sur une stèle assyrienne qui
distingue Ereb, la nuit, le [pays du soleil] couchant, et Assou, le [pays du soleil]
levant. Selon Michael Barry, les deux mots sont probablement à l'origine des deux
noms grecs Eurôpè et Asia dans leur acception géographique antique3. En grec, [ ]

dans un hymne à Apollon datant d’environ 700 avant notre ère, Eurôpè représente
encore, comme Ereb, le simple littoral occidental de l’Égée3. C'est également le nom [ ]

de la princesse de Tyr enlevée par Zeus. Néanmoins, cette étymologie sémitique est
critiquée4, la proposition étant considérée par d'autres comme improbable ou
[ ]

indéfendableb,c. [ ] [ ]

L'Enlèvement d'Europe, Antonio Carracci. L'enlèvement de


la nymphe Europe par Zeus sous la forme d'un taureau est un mythe, qui donnera son nom à
un continent.
La seconde est grecque. Dans la mythologie grecque, plusieurs « Europe » sont
connues, Europe, fille du géant Tityos ; la mère de Niobé ; la fille de Nil, une épouse
de Danaos ; selon Hésiode, Europe l'Océanide est l'une des trois mille nymphes
d'Océan et de Téthys ; dans l’Iliade, Europe est la fille de Phœnix, ascendant du
peuple phénicien. Εὐρώπη / Eurṓpē provient de deux mots grecs : εὐρύς / eurús,
« large, vaste »7, et ὄψ / óps, « regard, vue »8. Le terme signifie « [celle qui a] de
[ ] [ ]

grands yeux » et devient un prénom féminin, donné à plusieurs personnages


mythologiques grecs, et notamment à la fameuse princesse Europe enlevée
par Zeus déguisé en taureau. Hérodote fait remarquer que la jeune princesse ne
pose jamais le pied sur le continent du côté grec désigné par le terme
géographique Eurṓpē puisque Zeus la dépose en Crète9. [ ]

De nos jours, les institutions de l'Union européenne retiennent et propagent


l'affirmation selon laquelle le nom du continent viendrait de la
mythique Europe enlevée par Zeus10,11,d,13.
[ ] [ ] [ ] [ ]
Géographie

Carte de l'Europe géographique présentant ses reliefs.


Articles détaillés : Géographie de l'Europe et Géologie de l'Europe.

Limites géopolitiques
Selon Jean Haudry, Europē est initialement une désignation de la Grèce continentale
par opposition au Péloponnèse, aux îles et à la Thrace. Ce serait seulement à partir
des guerres médiques, que le terme s'oppose à l'Asie (qui ne désigne que l'Asie
Mineure) et à la Libye (l'Afrique) pour s'appliquer au continent européen, dont les
limites demeurent inconnues14.[ ]

L'usage fait de l'Europe un continente mais il s'agit, si l'on considère la plaque


[ ]

eurasiatique, de la partie occidentale (une péninsule16) d'un super-continent17. Cela


[ ] [ ]

entraîne que les limites terrestres de l'Europe ont donc toujours été imprécises à
l'est car il n'existe pas de relief ou de mer venant clairement scinder l'Eurasie. Les
frontières géographiques de l'Europe sont donc plus politiques que physiques 18. [ ]

Pour les Grecs, l'Europe ne s'étendait pas « au-delà du Bosphore et des rives
occidentales de la mer Noire »19. Jusqu'au règne du tsar Pierre le Grand (1682-
[ ]

1725), la limite orientale de l'Europe est fixée sur certaines sections situées au sud
du fleuve Tanaïs (actuel Don)20. Pierre le Grand mène une politique de réorientation
[ ]

de l'Empire russe vers l'Europe, en fondant Saint-Pétersbourg capitale ouverte sur


la mer Baltique et en chargeant Vassili Tatichtchev de déplacer vers l'est la frontière
de l'Europe. Ce dernier choisit le massif de l'Oural et le fleuve Oural21. Au sud-est, [ ]

la mer Caspienne, le massif du Grand Caucase, la mer Noire et le détroit du


Bosphore séparent l'Europe du Proche-Orient. Au sud et au sud-ouest,
la Méditerranée et le détroit de Gibraltar séparent l'Europe de l'Afrique. Le continent
est bordé à l'ouest par l'océan Atlantique et au nord par l'Arctique. Sont considérées
comme européennes l'Islande (située géologiquement sur la séparation Eurasie-
Amérique22) et les principales îles de la Méditerranée ; le cas de Chypre est toutefois
[ ]

particulièrement sujet à débat, à la fois sur les plans géographique, culturel, politique
et historique23. [ ]

À l'époque d'Hérodote, dans l'Antiquité, le monde européen s'étendait assez à l'est,


car l'ensemble des Scythes, un peuple indo-européen, était parfois considérés, dans
une certaine mesure, comme intégrés à l'Europe24. [ ]

Au XIIIe siècle, certains géographes établissaient la frontière de l'Europe juste un peu


à l'est de Nijni Novgorod, qui correspondait à la partie la plus orientale du territoire de
l'ancienne Rus' de Kiev25,26,27, car au-delà se trouvait la partie nord de la Horde d'Or28,29,
[ ] [ ] [ ] [ ] [ ]

30
[
.]

Au XVIe siècle, certaines sections situées au sud du fleuve Don ou au nord de


la Volga étaient parfois considérées comme des frontières naturelles 31. Cependant, [ ]

certains géographes français de la Renaissance voyaient la Russie comme une


entité à part entière, faisant ainsi passer la frontière de l'Europe au long de la
frontière entre la Pologne et la Russie, en raison de facteurs politico-religieux,
notamment la division entre le catholicisme et l'orthodoxie32. Pour d'autres [ ]

géographes de cette époque, certaines parties de la Russie étaient en Europe tandis


que d'autres étaient asiatiques — en particulier sa partie sud et sud-est récemment
conquise. À certains endroits, la frontière de l'Europe était ainsi parfois située au
niveau de la steppe pontique, à la frontière sud-est du Grand-Duché de Lituanie.
Toutefois, cette délimitation n’était pas fixe et variait selon les géographes 33,34. Par [ ] [ ]

exemple, Nicolas de Nicolay, géographe et voyageur français du XVIe siècle, se


basant sur les observations de diplomates ou de voyageurs tel que Stefano Guazzo35, [ ]

36
[
laisse entendre qu'il intégrait la Moscovie et les anciens territoires de la république
]

de Novgorod et de la république de Pskov dans l'ensemble européen37,38. Par ailleurs, [ ] [ ]

il est souvent question de division au niveau politique et il y a eu des tentatives pour


une union polono-lituano-moscovite dès la fin du XVIe siècle39. [ ]

Le diplomate allemand Sigismund von Herberstein, qui a effectué deux missions


diplomatiques en Moscovie, l'une en 1517 et l'autre en 1526, pour le compte
du Saint-Empire romain germanique, situait les limites de l'Europe entre Nijni-
Novgorod et Kazan, un lieu marquant la frontière avec le Khanat de Kazan40,41. Dans [ ] [ ]

son ouvrage Rerum Moscoviticarum Commentarii (1549), il décrit cet endroit comme
un espace de transition entre l'Europe et l'Asie 42. [ ]

Un cartographe allemand contemporain qui rejoint cette vision est Sebastian


Münster. Dans sa célèbre Cosmographia (publiée pour la première fois en 1544) 43, [ ]

Münster inclut la Moscovie dans l'Europe et place les limites de celle-ci de manière
similaire à Sigismund von Herberstein, délimitant ainsi les zones d'influence culturelle
et politique entre l'Europe chrétienne et les khanats musulmans voisins 43,44. [ ] [ ]

Les contributions combinées de Sigismund von Herberstein, par ses récits détaillés,
et de Sebastian Münster, par ses cartes influentes, ont renforcé l'idée que la
Moscovie, bien qu'éloignée, appartenait géographiquement et culturellement à
l'Europe45.
[ ]

La division géographique actuelle entre l'Europe et l'Asie en Russie — à l'Oural — a


été formulée au début du XVIIIe siècle par le militaire et géographe suédois d'origine
allemande Philip Johan von Strahlenberg, qui raisonna en partie selon des critères
ethno-civilisationnels. Ce tracé fut ensuite repris et officialisé par le géographe
russe Vassili Tatichtchev. Ainsi, en tenant compte du contexte de l'époque de Pierre
le Grand, cette frontière avait une certaine logique46. À l'ouest de l'Oural, on trouvait
[ ]

en effet essentiellement des Slaves et des peuples finno-ougriens assimilés au


monde européen, tandis qu'à l'est se trouvaient plutôt des peuples turciques
ou paléo-sibériens et semi-nomades47. La région de la Sibérie comptait déjà quelques
[ ]

villes, des comptoirs et des avant-postes avancés russes, mais


la colonisation massive par la Russie ne commencera réellement qu'à la fin
du XVIIIe siècle et surtout au XIXe siècle48,49. [ ] [ ]
Aujourd'hui, des villes comme Irkoutsk, Tomsk ou Novossibirsk sont perçues comme
faisant partie de l'Europe sur les plans démographique, culturel et architectural. Si
l'on se réfère à la logique des géographes grecs, tel qu'Hérodote, ou à celle des
géographes du XVIIIe siècle, l'Europe pourrait ainsi être envisagée comme s'étendant
de l'Atlantique à Vladivostok50. [ ]

Les cas de la Russie, de la Géorgie et de la Turquie sont emblématiques du hiatus


politico-géographique. Ces nations ayant la plus grande partie de leur territoire en
Asie, le plan politique ne recoupe pas le « plan » géographique premier. Ainsi, si la
Russie est européenne par sa culture, son histoire et une part de son territoire, son
centre de gravité fait d'elle un quasi-continent, s'étendant du Pacifique jusque dans
l'Europe. Ensuite, la Géorgie conserve un territoire de part et d'autre du Caucase qui
atteint la mer Noire. Le cas est plus complexe pour la Turquie, celle-ci possédant la
majeure partie de son territoire en Asie, et possédant par l'histoire une culture mixte
entre la culture européenne et moyen-orientale.

Le Groenland, qui appartient au Danemark, est politiquement et culturellement


rattaché à l'Europe bien que géographiquement situé en Amérique du Nord.

Certains territoires, les régions ultrapériphériques, font partie de l'Union


européenne quoique étant situés en dehors du continent (la communauté autonome
espagnole des îles Canaries, les cinq départements et régions d'outre-mer français,
la collectivité d'outre-mer française de Saint-Martin et les deux régions autonomes
portugaises de Madère et des Açores)51. [ ]

L'Europe a une superficie d'un peu plus de 10 millions de kilomètres carrés


(10 392 855 km252). Cela représente un tiers de l'Afrique, un quart de l'Asie et de
[ ]

l'Amérique. Il s'agit du plus petit continent couvrant un peu moins de 4 % des terres
emergées53.[ ]

On peut distinguer cinq grandes régions géographiques : l'Europe de l'Ouest,


l'Europe centrale, l'Europe du Sud, l'Europe de l'Est et l'Europe du Nord.

L'organisation de l'espace montre un cœur économique, la « banane bleue »


ou mégalopole européenne, qui comprend notamment l'Europe rhénane ainsi que les
périphéries européennes54. [ ]

Les frontières orientales de l'Europe sont avant tout politiques : la limite de l'Oural est
due aux cartographes du tsar Pierre Ier le Grand au XVIIIe siècle. De même, la
frontière fut déplacée des hautes crêtes du Caucase vers la mer Caspienne au début
du XIXe siècle pour justifier l'annexion de la Géorgie et de l'Arménie dans l'Empire
russe. D'un point de vue géologique, si l'on se réfère à la tectonique des plaques,
l'Europe et la partie continentale de l'Asie ne sont qu'un seul et même continent,
dénommé Eurasie. Aussi, quelques géographes éminents, tels qu'Alexander von
Humboldt, considéraient-ils l'Europe comme une simple péninsule de l'Asie.
Carte cliquable de l'Europe montrant sa frontière géographique avec l'Asie (voir les limites de
l'Europe pour plus d'informations).

Légende : bleu = États transcontinentaux contigus ; vert = parfois considérés comme européens,
mais géographiquement en dehors des frontières de l'Europe.

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