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Comprendre les ATB et leur résistance

Le document fournit une vue d'ensemble des antibiotiques (ATB), y compris leur définition, classification, activité intrinsèque, et mécanismes de résistance bactérienne. Il décrit également les critères de choix d'un antibiotique en fonction de divers facteurs, tels que la sensibilité bactérienne et les caractéristiques pharmacocinétiques. Enfin, il aborde les différents types d'associations d'ATB et les implications de l'utilisation inappropriée des antibiotiques sur la résistance bactérienne.

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Le document fournit une vue d'ensemble des antibiotiques (ATB), y compris leur définition, classification, activité intrinsèque, et mécanismes de résistance bactérienne. Il décrit également les critères de choix d'un antibiotique en fonction de divers facteurs, tels que la sensibilité bactérienne et les caractéristiques pharmacocinétiques. Enfin, il aborde les différents types d'associations d'ATB et les implications de l'utilisation inappropriée des antibiotiques sur la résistance bactérienne.

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Ig:

2DOCTRONAUTES Les ATB


Antibiotique: substance chimique naturelle ou synthétique, douée de:
• Toxicité sélective. Faible dose d’action (mg/l).
• Usage interne ou externe. Arrêt du développement des micro-organismes.

Antiseptique: produit chimique toxique pour usage interne. Il agit par action physico-chimique (non spécifique).

Antibiogramme: examen in vitro sur gélose qui évalue la sensibilité d’une bactérie isolée vis-à-vis de plusieurs ATB.

Spectre d’activité: capacité à avoir une activité sur un micro-organisme défini.

I- Activité intrinsèque:
1. CMI (concentration minimale inhibitrice): la plus faible concentration d’un ATB qui inhibe la croissance visible d’une
bactérie après culture de 24h en milieu solide ou liquide. Elle permet de savoir à partir de quelle concentration l’ATB empêche
la multiplication bactérienne (bactériostase). Sert de référence clinique pour juger si un ATB est actif contre une souche
donnée, et à classer une souche comme:
Sensibles (CMI basse): succès thérapeutique fort.
Intermédiaires: efficacité imprévisible dosage ou association).
Résistantes (CMI élevée): échec fort, quel que soit l’ATB utilisé. Elle peut être:
Naturelle: la bactérie possède naturellement un mécanisme qui empêche l’action de l’ATB,
propre à une espèce (BGN résistants à pénicilline G).
Acquise: pression de sélection, svt par mauvaise observance (Pseudomonas à la ceftazidime) .

2. CMB (concentration minimale bactéricide): la plus faible concentration d’un ATB qui tue 99,9% de la population
bactérienne initiale. Mesure l’effet bactéricide et non simplement inhibiteur. Elle se fait après incubation, en repiquant sur un
milieu sans ATB: s’il n’y a pas de repousse, alors l’ATB est bactéricide à cette concentration.

Tout ATB peut-être selon sa concentration bactério-


statique ou bactéricide.

Rapport CMB / CMI


<4 Bactéricide: tue efficacement.

Bactériostatique: inhibe, mais ne tue


8-16
pas.
Tolérance bactérienne: résistance
>32
partielle.

II- Association d’ATB:


1. Additive: effets s’additionnent (ex : β-lactamine + FQ).
2. Synergique: effet renforcé (ex : aminoside + β-lactamine).
3. Antagoniste: l’un inhibe l’autre (ex : pipéracilline + imipénème).
III- Classification des ATB: ⏸
1. Nature chimique: β-lactamines, macrolides, aminosides.
Les ATB n’ont pas comme cible directe la capsule bactérienne.
2. Modalité d’action: Bactériostatique et bactéricide.
Même si certains effets indirects peuvent survenir.
3. Mode d’action (cibles biologiques):

*
Modalité d’action Classe Cible biologique Famille Spectre

Aminosides Ribosome: 30S. Gentamicine, amikacine. GN, GP (association).

Pénicillines (G, M, amoxicilline…), Céphalosporine GN, GP, anaerobies.


β-lactamines Paroi: PLP. (1G - 4G), Carbapénèmes (imipénème, méropénème) Inactifs sur les intraC.
Monobactames (aztréonam).
Bactéricides
Fosfomycine Paroi: enzyme PG. GN (urinaire),GP (limité)

Glycopeptides Paroi: D-ala-D-ala Vancomycine. Bacilles et cocci GP.

Polymyxines Membrane cyto. Colistine. GN (surtout multiR).

Quinolones/ FQ ADN: gyrase, topo IV. Ciprofloxacine, lévofloxacine. GN, GP, intraC.

Selon nombre d’atomes: 14 (érythromycine),


Macrolides Ribosome: 50S. IntraC, CGP.
15 (azithromycine), 16 (spiramycine).
Bactério-
Sulfamides Acide folique. IntraC, GN.
statiques
Tétracyclines Ribosome: 30S. Doxycycline. IntraC, GN.

Autres familles majeures:


• Lincosamides: clindamycine. La principale conséquence de l’utilisation
• Streptogramines: pristinamycine. inappropriée des antibiotiques est l’apparition
de souches bactériennes résistantes.
• Phénicolés: chloramphénicol.

• Sulfamides + Triméthoprime: cotrimoxazole.

IV- Mécanismes de résistance bactérienne:


1. Modification de la cible: une des résistances les plus fréquentes en milieu hospitalier.
• Staphylocoque doré résistant à la méticilline (SARM) modifie sa PLP en PLP2a, codée par le gène mecA —>
Glycopeptide seule ou en association.
• Macrolides: méthylation de l’ARN 23S de la sous-unité 50S —> résistance croisée aux macrolides, lincosamides et
streptogramines (syndrome MLS).
• Fluoroquinolones: modification de l’ADN gyrase ou la topoisomérase IV.

2. Inactivation enzymatique de l’ATB: rapide et efficace, transmise par plasmide (contagieuse entre bactéries).
• β-lactamases hydrolysent l’anneau β-lactame, rendant les pénicillines (staph) et céphalosporines inefficaces
(entérobactéries).
• β-lactamases à spectre étendu (BLSE): inactivent aussi les C3G (entérobactéries résistantes —> Imipenem).
• Carbapénémases détruisent même les carbapénèmes (imipénème, méropénème), ce qui est très préoccupant.
• Aminosides: ajout des groupes chimiques (acétylation, phosphorylation ou adénylation), modifiant la molécule.
3. Diminution de la perméabilité membranaire: typique des bacilles GN. Ces bactéries peuvent perdre ou modifier leurs
porines, qui sont les portes d’entrée des molécules. Mécanisme souvent combiné avec un autre (production de β-lactamases).

Certaines Pseudomonas ou Klebsiella ferment leurs porines Omp pour empêcher les β-lactamines d’entrer.

4. Système d’efflux actif: la bactérie développe une pompe qui rejette l’ATB hors de la cellule, avant qu’il n’atteigne sa cible.
Il s’agit d’un mécanisme d’adaptation efficace et peu coûteux pour la bactérie, et souvent présent chez les bactéries
multirésistantes. Tétracyclines (staph), les macrolides, les fluoroquinolones, et certains bêta-lactamines.

5. Production d’un antagoniste ou d’un substrat alternatif: qui compense l’effet de l’ATB ou remplace la cible.
• Les sulfamides bloquent la synthèse de l’acide folique en inhibant DHPS. Les bactéries peuvent produire une forme modifiée de
cette enzyme ou une enzyme insensible au médicament.
• Certaines résistances à la rifampicine (ARN polymérase) ou à l’isoniazide (enzyme KatG chez Mycobacterium tuberculosis).

V- Transmission des gènes de résistance:


1. Transmission verticale (héréditaire): c’est l’évolution naturelle d’une souche sous pression de sélection antibiotique.
Elle est lente mais stable. la bactérie mère subit une mutation qui la rend résistante —> la transmet à ses descendantes
clonales au moment de la division cellulaire. La mutation est un évènement spontanée, aléatoire, et indépendant de la
présence d’ATB,

2. Transmission horizontale (entre bactéries, même non-apparentées): instable, représente le mécanisme majeur
de dissémination de l’antibiorésistance en milieu hospitalier
• Par conjugaison (plasmide R): le + svt multirésistance, transmissible entre bactéries d’espèces différentes, via un pont de
conjugaison (pilus sexuel). Très fréquent chez les bactéries à GN.
• Par transformation: bactérie capable d’absorber de l’ADN libre dans son environnement (ADN de bactéries mortes). Puis,
elle intègre cet ADN dans son propre génome.
• Par transduction: un bactériophage (virus bactérien) infecte une bactérie et emporte accidentellement un gène de
résistance, puis l’injecte à une autre.

VI- Critères de choix d’un antibiotique:


1. Critères bactériologiques: ATBgramme + sensibilité usuelle connue aux ATB.
2. Critère pharmacocinétique:active au site infecté, à concentration > CMI, bonne diffusion, élimination sous forme active
(bile, urine).
3. Critères individuels: terrain: femme enceinte, enfant, personne âgée, insuffisant rénal ou hépatique, allergique, ID…. —>
adaptations de posologies ou des contre- indications.
4. Critères de risque: Effets indésirables (ATB le moins toxique), risque écologique (ATB à spectre étroit préférée aux ATB
à spectre large plus fortement inducteurs de résistances), retombées médico-économique (ATB le moins cher), association ou
bi-thérapie…
QCM:

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