Concours Blanc MPSI 2020-2021: Corrigé Mathématiques
Concours Blanc MPSI 2020-2021: Corrigé Mathématiques
Concours blanc
Corrigé
Premier problème
Partie A
Z 1
Soit f : [0, 1] → R une application continue et positive. On note, pour tout entier naturel n : un = tn f (t) dt.
0
1. Montrer que la suite (un )n∈N est décroissante.
Soit n ∈ N.
Soit t ∈ [0, 1], on a donc tn > 0 et on peut donc multiplier l'inégalité t 6 1 par tn , on obtient tn+1 6 tn ,
puis, par positivité de f : tn+1 f (t) 6 tn f (t).
Ceci étant vrai pour tout
R 1t ∈ [0, 1], on a donc ∀t ∈ [0, 1], tn+1 f (t) 6 tn f (t), puis, par croissance de l'inté-
grale : 0 t f (t) dt 6 0 tn f (t) dt i. e. un+1 6 un .
R 1 n+1
Ceci étant vrai pour tout entier n, la suite (un )n∈N est décroissante.
2. Montrer qu'on a : ∀n ∈ N, 0 6 un 6 1
n+1 max f (t). En déduire que la suite (un )n∈N converge vers 0.
t∈[0,1]
• Justions déjà que l'expression max f (t) a un sens ! La fonction f est continue sur [0, 1] qui est un
t∈[0,1]
segment, donc d'après le théorème des bornes atteintes elle est bornée et atteint ses bornes, en particulier
max f (t) existe.
t∈[0,1]
• Soit n ∈ N. Le réel max f (t) majore f et f est positive, donc on a ∀t ∈ [0, 1], 0 6 f (t) 6 max f (t).
t∈[0,1] t∈[0,1]
Comme on peut multiplier une inégalité par un réel positif, on déduit : ∀t ∈ [0, 1], tn f (t) 6 tn max f (t)
t∈[0,1]
puis, par croissance de l'intégrale : ∀n ∈ N, max f (t) dt.
R1 R1 R1
0 0 dt 6 0 tn f (t) dt 6 0 tn
t∈[0,1]
Et enn, par linéarité de l'intégrale : 0 6 un 6 max f (t) max f (t).
R1 1
0 tn dt = n+1
t∈[0,1] t∈[0,1]
k=0
3. Établir que les suites (S2n )n∈N et (S2n+1 )n∈N sont adjacentes. En déduire que la suite (Sn )n∈N converge.
• Soit n ∈ N. D'après la relation de Chasles, on a S2(n+1) − S2n = (−1)2n+2 u2n+2 + (−1)2n+1 u2n+1
i. e. S2(n+1) − S2n = u2n+2 − u2n+1 qui est négatif puisque la suite (un )n∈N est décroissante.
Ceci étant vrai pour tout entier n ∈ N, la suite (S2n )n∈N est décroissante.
• Soit n ∈ N. D'après la relation de Chasles, on a S2n+1 − S2n = (−1)2n+3 u2n+3 + (−1)2n+2 u2n+2
i. e. S2(n+1)+1 − S2n+1 = u2n+2 − u2n+3 qui est positif puisque la suite (un )n∈N est décroissante.
Ceci étant vrai pour tout entier n ∈ N, la suite (S2n+1 )n∈N est croissante.
• Soit n ∈ N. D'après la relation de Chasles, on a S2n − S2n+1 = −(−1)2n+1 u2n+1 = u2n+1 −→ 0 d'après
n→+∞
le théorème fondamental sur les sous-suite et la question [Link]/.
• Finalement on a montré que (S2n )n∈N est décroissante, (S2n+1 )n∈N est croissante, et S2n −S2n+1 −→ 0,
n→+∞
ainsi les suites (S2n )n∈N et (S2n+1 )n∈N sont adjacentes et convergent donc vers une même limite.
D'après le théorème pair/impair, (Sn )n converge elle-même vers cette limite.
Lycées Jore et Daudet MPSI Année 2020-2021 Concours blanc
On note ` = lim Sn .
n→+∞
1
1 − (−t)n+1
Z
4. Montrer que, pour tout entier naturel n, on a Sn = f (t) dt.
0 1+t
Soit n ∈ N. On a :
n Z 1
par dénition
X
k
Sn = (−1) tk f (t) dt
k=0 0
Z n
1X
= (−1)k tk f (t) dt par linéarité de l'intégrale
0 k=0
Z 1Xn
= (−t)k f (t) dt par propriété des puissances
0 k=0
Z 1Xn
= (−t)k f (t) dt par linéarité de la somme
0 k=0
1
1 − (−t)n+1
Z
= f (t) dt d'après l'identité géométrique, car pour t ∈ [0, 1] on a − t 6= 1
0 1 − (−t)
C'est bien le résultat demandé.
1 1
tn+1
Z Z
f (t)
5. Justier qu'on a lim f (t) dt = 0. En déduire qu'on a ` = dt.
n→+∞ 0 1+t 0 1+t
t
• La fonction f˜ = t 7→ f (t) est continue sur [0, 1] par théorèmes généraux, et positive par dénition,
1+t Z 1 n+1 Z 1
t
donc en appliquant la question 2 à f plutôt qu'à f , on obtient
˜ f (t) dt = tn f˜(t) dt −→ 0.
Z 1 n+1 0 1 +
Z 1 t 0 n→+∞
t
Par inégalité triangulaire sur les intégrales : 0 6 f (t) dt 6 tn f˜(t) dt −→ 0 et donc par TdG
0 1+t 0 n→+∞
Z 1 n+1
t
on a bien f (t) dt −→ 0.
0 1+t n→+∞
Z 1 Z 1 Z 1 n+1
1 − (−t)n+1 f (t) t
• On a Sn = f (t) dt donc Sn − dt = (−1) n
f (t) dt −→ 0 comme pro-
0 1+t 0 1+t 0 1+t Z n→+∞
1
f (t)
duit d'une suite bornée et d'une suite de limite nulle (TdG). Ainsi a-t-on Sn → dt, autrement dit
Z 1 0 1+t
f (t)
`= dt par unicité de la limite.
0 1 +t
n
(−1)k
6. (a) Dans cette question seulement, on choisit f (t) = 1. Déterminer lim .
X
n→+∞ k+1
k=0
[0, 1] → R
On se place dans le cas particulier f : ; on a bien f ∈ C([0, 1], R) et donc on a :
t 7→ 1
n Z 1 Z 1 n Z 1 n Z 1 n
f (t) (−1)k
dt. Or : .
X X X X
k k k k k k
(−1) t f (t) dt −→ (−1) t f (t) dt = (−1) t dt =
0 n→+∞ 0 1 + t 0 0 k+1
k=0 k=0 k=0 k=0
Z 1 Z 1 n
f (t) 1 h i1 (−1)k
Et : dt = ln(1 + t) = ln(2). Conclusion : −→ ln(2).
X
dt =
0 1+t 0 1+t 0 k + 1 n→+∞
k=0
n
√ (−1)k
(b) Dans cette question seulement, on choisit f (t) = t. Déterminer lim .
X
n→+∞ 2k + 1
k=0
[0, 1] → R
On se place dans le cas particulier f : √ ; on a bien f ∈ C([0, 1], R) (et pas mieux : f
t 7→ t
n Z 1 Z 1
f (t)
n'est pas dérivable en 0) donc dt.
X
(−1)k tk f (t) dt −→
0 n→+∞ 0 1 +t
k=0
Lycées Jore et Daudet MPSI Année 2020-2021 Concours blanc
n n 1 Z 1 n n
(−1)k (−1)k
Z
Or : .
X X 1 X X
k k k
(−1) t f (t) dt = (−1) tk+ 2 dt = 3 = 2
0 0 k + 2
2k + 3
Zk=0
1 Z 1 √ k=0 k=0 k=0
f (t) t √
Et : dt = dt. Eectuons le changement de variables x = t ⇔ t = x2 .
0 1+t 0 1+t
On a dt = 2x dx, 0 −
t
→ 1, et l'application x 7→ t = x2 est bien C 1 et bijective de [0, 1] dans [0, 1].
x
→1 ⇔ 0 −
Z 1
Z 1
√ Z 1
t x 1 h i1 π
Ainsi a-t-on dt = 2
2x dx = 2 1 − 2
dx = 2 x − arctan(x) =2 1− .
0 1+t 0 1+x 0 1+x 0 4
n n
(−1)k π (−1)k π
Conclusion : 2 , ou encore −→ 1 − , et donc par changement
X X
−→ 2 1 −
2k + 3 n→+∞ 4 2k + 3 n→+∞ 4
n−1 k=0 k=0
X (−1)k π
d'indice : −→ 1 − . Enn, eectuons un changement d'indice sur la somme proposée : on
2k + 3 n→+∞ 4
k=0
n n n−1 n−1
(−1)k (−1)k X (−1)k+1 X (−1)k π π
a par pro-
X X
=1+ =1+ =1− −→ 1 − (1 − ) =
2k + 1 2k + 1 2k + 3 2k + 3 n→+∞ 4 4
k=0 k=1 k=0 k=0
priétés algébriques sur les limites (PAL).
Partie B
On conserve les notations de la partie A, en supposant en plus l'application f de classe C 2 sur [0, 1], et on pose,
f (t)
pour tout réel t ∈ [0, 1], g(t) = .
1+t
7. Montrer qu'on a, pour tout entier naturel n :
1
f (1) − 2f 0 (1) 1
Z Z
f (1) 1
t n+1
g(t) dt = + + tn+3 g 00 (t) dt.
0 2(n + 2) 4(n + 2)(n + 3) (n + 2)(n + 3) 0
tn+3
De même, posons u = t 7→ et v = g 0 . Les applications u et v sont C 1 donc par IPP on a
(n + 2)(n + 3)
1 1 1
g 0 (1) 1
Z Z h i1 Z Z
f (t)g 0 (t) dt = u0 (t)v(t) dt = u(t)v(t) − u(t)v 0 (t) dt = − u(t)v 0 (t) dt.
0 0 0 0 (n + 2)(n + 3) 0
1
g 0 (1) 1
Z Z
g(1) f (1)
En conclusion on a − tn+1 g(t) dt = + u(t)v 0 (t) dt et on a g(1) = ,
0 n + 2 (n + 2)(n + 3) 0 2
f 0 (1) f (1) f (1) − 2f 0 (1) 1 1
tn+3
Z Z
g 0 (1) = − = et u(t)v 0 (t) dt = g 00 (t) dt. D'où le résultat.
2 4 4 0 0 (n + 2)(n + 3)
1 α β 1
8. Montrer que = + 2 + o 2 lorsque n tends vers +∞, où α, β sont deux constantes à déterminer.
n+2 n n n
1
Calculer de même le développement limité de à l'ordre 2.
(n + 2)(n + 3)
2 1
1 1 1 1 2 2 1
On a : = = 1 − + o = − + o car n2 → 0 et par absorption des
n+2 n 1 + n2 n n n n n2 n2
1 1 1 1 1 1
constantes par les o(...). De même on a : .
= 2 = 1 + o(1) = + o
(n + 2)(n + 3) n 1 + n5 + n62 n2 n2 n2
Lycées Jore et Daudet MPSI Année 2020-2021 Concours blanc
Z 1
9. Justier que lim tn+3 g 00 (t) dt = 0.
n→+∞ 0
La fonction fb = t 7→ t3 g 00 (t) est continue sur [0, 1] par théorèmes généraux, et positive puisque c'est une
valeur absolue. Z 1
Appliquons la question 2 à fb plutôt qu'à f , on obtient lim tn+3 g 00 (t) dt = 0. Par inégalité triangu-
n→+∞ 0
Z 1 Z 1 Z 1
laire sur les intégrales, on a 0 6 n+3 00
t g (t) dt| 6 t g (t) dt et donc on a
n+3 00
tn+3 g 00 (t) dt −→ 0
0 0 0 n→+∞
Z 1
par TdG, puis tn+3 g 00 (t) dt −→ 0 par dénition.
0 n→+∞
f (1) − 2f 0 (1)
Z 1
f (1) 1
Et donc (question 7.) : Sn − ` = (−1)n + + tn+3 g 00 (t) dt ;
2(n + 2) 4(n + 2)(n + 3) (n + 2)(n + 3) 0
1 f (1) − 2f 0 (1) Z 1
n f (1) f (1) 1 1
i. e. (question 8.) : Sn − ` = (−1) ;
n+3 00
− 2 +o 2 + + o + t g (t) dt
2n n n 4n2 n2 n2 0
1 f (1) − 2f 0 (1)
n f (1) f (1) 1 1
i. e. (question 9.) : Sn − ` = (−1) + 2 o 1 ; et na-
− 2 +o 2 + 2
+ o 2
2n n n 4n n n
0 (1)
1
f (1) 3f (1) + 2f
lement Sn − ` = (−1)n − +o 2 .
2n 4n2 n
Partie C
∆0 an = an
Soit (an )n∈N une suite réelle. Pour tout n entier naturel, on pose : .
∀k ∈ N∗ , ∆k an = ∆k−1 an − ∆k−1 an+1
11. Exprimer ∆k an pour k ∈ {1, 2, 3, 4} le plus simplement possible.
• On a : ∆1 an = ∆0 an − ∆0 an+1 = an − an+1 .
• On a : ∆2 an = ∆1 an − ∆1 an+1 = an − an+1 − an+1 − an+2 = an − 2an+1 + an+2 .
• On a : ∆3 an = ∆2 an −∆2 an+1 = an −2an+1 +an+2 − an+1 −2an+2 +an+3 = an −3an+1 +3an+2 −an+3 .
• On a : ∆4 an = ∆3 an − ∆3 an+1 = an − 3an+1 + 3an+2 − an+3 − an+1 − 3an+2 + 3an+3 − an+4 =
an − 4an+1 + 6an+2 − 4an+3 + an+4 .
k
12. Démontrer que, pour tous k et n entiers naturels, ∆k an = (−1)i k
an+i .
P
i
i=0
Méthode attendue : On peut rédiger une récurrence sans astuce. Montrons par récurrence qu'on a
k
∀k ∈ N, ∀n ∈ N, ∆k an = (−1)i k
si (an ). Convenons pour alléger les notations de noter Pk l'énoncé
P
i
i=0
k
i k
X
k
Pk : ∀n ∈ N, ∆ an = (−1) si (an ).
i
i=0
Lycées Jore et Daudet MPSI Année 2020-2021 Concours blanc
0
Initialisation : Montons P0 . Soit n ∈ N. On a bien ∆0 an = an = (−1)0 0
(−1)i k
an+i .
P
0 an+0 = i
i=0
Ceci étant vrai pour tout entier n ∈ N, on a bien établi P0 .
Conclusion : La propriété est vraie au rang 0, et elle est héréditaire, elle est donc vraie pour tout entier k > 0.
Méthode plus conceptuelle : On vient en fait juste de redémontrer la formule du binôme. Compre-
RN → RN
nons pourquoi. Notons s : . L'application s est clairement un endomorphisme de
(un )n 7→ (un+1 )n
E = RN . Par dénition, pour tout entier i ∈ N et toute suite (un )n on a si (un )n = un+i .
RN → RN
Notons fk : .
(un )n 7→ ∆k un n
f0 = idE
La dénition de ∆k se reformule .
∀k ∈ N∗ , fk = fk−1 − fk−1 ◦ s = fk−1 ◦ idE − s
k
Soit k ∈ N. On a donc fk = (idE − s) ◦ · · · ◦ (idE − s)) = (idE − s)k = (−1)i ki si en utilisant la formule
P
| {z } i=0
k fois
du binôme de Newton dans l'anneau L(E), +, ◦ , ce qui est loisible puisque idE et s commutent.
k
i k
En appliquant la relation précédente à (an )n , on trouve bien ∀n ∈ N, ∆ an = (−1) si (an ).
X
k
i
i=0
13. Soient ϕ : R → R une application de classe C ∞ , et pour tout n entier naturel, an = ϕ(n) (0).
Prouver que, pour tout k entier naturel, ∆k a0 = ψ (k) (0), où ψ(t) = ϕ(−t)eet .
(On rappelle que la notation ψ (k) désigne la dérivée ke de la fonction ψ .)
Même chose que pour l'exercice 85 de la banque CCINP, on peut utiliser Leibniz ou Taylor.
Avec Leibniz : L'application ϕ est de classe C ∞ , donc l'application t 7→ ϕ(−t) l'est aussi et, pour tout
di
i ∈ N on a ϕ(−t) = (−1)i ϕ(i) (t).
i
dt
Soit k ∈ N. Les applications exp et t 7→ ϕ(−t) sont de classe C k , on peut donc appliquer la formule de Leib-
k k
k k
niz qui assure que ψ est et qu'on a ψ = t 7→ (−1)i ϕ(i) (t)eet .
X X
(k) i (i) (k−i)
Ck (−1) ϕ (t) exp (t) = t 7→
i i
i=0 i=0
k k
k k
En évaluant en 0 : ψ (k) (0) = (−1)i ai = ∆k a0 par la question précédente.
X X
(−1)i ϕ(i) (0) =
i i
i=0 i=0
Avec Taylor : L'application ϕ est de classe C ∞ donc l'application ψ l'est aussi par théorèmes généraux.
Pour tout entier n ∈ N, ces deux fonctions sont de classe C n et ont donc un DLn (0) d'après le théorème
de Taylor-Young.
Lycées Jore et Daudet MPSI Année 2020-2021 Concours blanc
n
ak
En particulier on a ϕ(x) = xk + o(xn ), et donc, par changement de variable monomial et par pro-
X
k!
k=0
n n n Xk
(−1)k ak xk xk (−1)i ai
X X X
duit, ψ(x) = ϕ(−x)ee = x n
+ o(x ) n
+ o(x ) = xk + o(xn ).
k! k! i!(k − i)!
k=0 k=0 k=0 i=0
n (k)
ψ (0) k
En particulier on a aussi ψ(x) = x + o(xn ).
X
k!
k=0
k
ψ (k) (0) X (−1)i ai
Finalement, par unicité d'un DL, on a donc ∀k ∈ {0, . . . , n}, = c'est-à-dire
k! i!(k − i)!
i=0
k k
k! i k
ai = ∆k a0 d'après la question précédente.
X X
∀k ∈ {0, . . . , n}, ψ (k) (0) = (−1)i
ai = (−1)
i!(k − i)! i
i=0 i=0
Ceci étant vrai pour tout entier n ∈ N, on a bien ∀k ∈ N, ψ (k) (0) = ∆k a0 .
14. Dans cette question, on veut déterminer ∆k a0 si la suite (an )n∈N est dénie par an = n+1 .
1
et − 1
(b) Justier que l'application ϕ : t ∈ R∗ 7→ est prolongeable par continuité en 0.
t
On admet que l'application ϕ ainsi prolongée en 0 est de classe C ∞ sur R.
et − 1 1 + t + o(t) − 1
On a = = 1 + o(1) −→ 1.
t t t→0
Donc ϕ est prolongeable par continuité en 0 en posant ϕ(0) = 1.
e −t − 1 t
appliquer la question 13 : ∀k ∈ N, ∆k a0 = ψ (k) (0) avec ψ = t 7→ ϕ(−t)eet = t 7→ e = t 7→ ϕ(t).
−t
On a donc bien, joie, ∆k a0 = ψ (k) (0) = ϕ(k) (0) = ak = 1
k+1 comme conjecturé.
Partie C
Z 1
On reprend les notations de la partie A, la suite (un )n∈N étant toujours dénie par un = tn f (t) dt.
0
Z 1
15. En utilisant la question 12, montrer que ∀k ∈ N, ∆k u0 = (1 − t)k f (t) dt.
0
k k Z 1 Z 1X k
i k i k i k
D'après la question 12 : ∆ u0 = (−1)
X X
k i
ui = (−1) t f (t) dt = (−1) ti f (t) dt
i i 0 0 i=0 i
i=0 i=0
Z 1 k Z 1
k i
par linéarité de l'intégrale, et donc ∆k u0 = (−1)k (−1)k−i (−1)k (t − 1)k f (t) dt et
X
t f (t) dt =
0 i 0
i=0
Z 1
donc on a bien ∆k u0 = (1 − t)k f (t) dt.
0
n
∆k−1 u0
Pour tout n entier naturel non nul, on pose Sn0 = .
X
2k
k=1
Z 1
1 f (t)
16. Prouver que, pour tout n entier naturel non nul, Sn0 =`− n (1 − t)n dt.
2 0 1+t
On a :
n
∆k−1 u0
par dénition
X
Sn0 =
2k
k=1 Z 1
n (1 − t)k−1 f (t) dt
d'après 15
X
0
=
2k
k=1
1 n
(1 − t)k−1
Z
par linéarité de l'intégrale
X
= f (t) dt
0 2k
k=1
Z 1 n−1
X (1 − t)k
= f (t) dt en changeant d'indice
0 2k+1
k=0
Z 1 n−1
X 1 − t k f (t)
= dt
0 2 2
k=0 n
Z 1 1 − 1−t
2 f (t)
= 1−t dt d'après l'identité géométrique, car 1−t
2 6= 1 pour t ∈ [0, 1]
0 1− 2
n 2
Z 1 1 − 1−t
2
= f (t) dt
Z0 1 1 + t Z 1
f (t) 1 (1 − t)n
= dt − n f (t) dt par linéarité de l'intégrale
0 1 + tZ 2 0 1+t
1
1 f (t)
= ` − n (1 − t)n dt par dénition de `
2 0 1+t
17. En déduire la limite de la suite (Sn0 )n∈N .
Pour tout t ∈ [0, 1] on a (1 − t)n f1+t
(t)
6 1n f (t)
1+t 6 1n |f1+0
(t)|
= f (t) 6 max |f (t)| et donc par croissance de
t∈[0,1]
Lycées Jore et Daudet MPSI Année 2020-2021 Concours blanc
R
l'intégrale dt 6 max |f (t)| et en particulier est bornée, donc on a
R1 1
0 (1 − t)n f1+t
(t) n f (t)
0 (1 − t) 1+t dt
t∈[0,1] n∈N
dt −→ 0 par TdG. Puis, par P.A.L. : Sn0 −→ `.
R1
1
2n 0 (1 − t)n f1+t
(t)
n→+∞ n→+∞
la suite (un )n peut converger très lentement, la suite Sn0 n , elle, converge beaucoup plus rapidement. Le
procédé présenté ici permet donc d'accéler la convergence d'une telle suite, de façon assez spectaculaire.
n
1
18. Calculer lim .
X
n→+∞ k2k
k=1
On reconnaît l'expression de Sn0 pour (un )n = n+1 1
(question 14.(d)).
n
Cette suite (un )n est celle associée à la fonction f = t 7→ 1 (question 6.(a)).
n n
(−1)k
D'après la question 17 on a donc lim 1
k+1 = ln(2).
P P
k2 k = lim
n→+∞ k=1 n→+∞ k=0
Sauf que maintenant ça converge très vite.
Deuxième problème
M2 (R) désigne le R-espace vectoriel des matrices carrées d'ordre 2 à coecients
réels.
a −b
Pour tous réels a et b, on dénit la matrice de M2 (R) suivante : Ma,b = .
b a
On note ω le nombre complexe ω = a + i b, que l'on note aussi ω = ρeeiθ , avec ρ ∈ R+ et θ ∈ R.
1 Partie A
Considérons H = {Ma,b , (a, b) ∈ R2 }.
1. Montrer que H est un sous-espace vectoriel de M2 (R). Préciser la dimension et une base de H.
1 0 0 −1
On a : H = a +b , (a, b) ∈ R2 = Vect (I2 , J), avec I2 la matrice identité et en
0 1 1 0
0 −1
notant J = . Donc H est un sous-espace vectoriel de M2 (R) de famille génératrice (I2 , J).
1 0
De plus les matrices I2 et J ne sont pas colinéaires donc (I2 , J) est libre : c'est donc une base de H.
Finalement H a une base formée de 2 vecteurs donc H est de dimension 2.
2. Pour tout a, b, c, d réels, prouver que Ma,b × Mc,d = Me,f où e et f sont deux réels que l'on exprimera en
fonction de a, b, c, d.
e = ac − bd
Le calcul montre qu'on a Ma,b × Mc,d = Me,f pour e + i f = (a + i b)(c + i d) i. e.
f = ad + bc.
3. Calculer Ma,b × Ma,−b . En déduire que si la matrice Ma,b est inversible, alors son inverse Ma,b
−1
appartient
aussi à H.
La question précédente montre qu'on a Ma,b × Ma,−b = (a2 + b2 )I2 . De plus Ma,b est inversible si et seule-
ment si son déterminant a2 + b2 est non nul. Si elle l'est son inverse est son inverse à droite, donc c'est
1
a2 +b2
Ma,−b (mais on le savait déjà : la formule pour l'inverse d'une matrice 2 × 2 est connue).
Lycées Jore et Daudet MPSI Année 2020-2021 Concours blanc
Par dénition on a a2 +b
1
2 Ma,−b = ρ2 Ma,−b = M a , −b ∈ H.
1
ρ2 ρ2
On peut aussi remarquer, connaissant la formule pour la forme algébrique de l'inverse d'un nombre com-
plexe, que pour (a, b) 6= (0, 0) on a donc Ma,b
−1
= Ma0 ,b0 avec a0 + i b0 = (a + i b)−1 .
C → H
Remarque : on a en fait montré dans les trois questions précédentes que H est un corps et
a + b 7→ Ma,b
i
un isomorphisme de corps.
Dans toute la suite du problème, a et b désignent deux nombres réels, avec b non nul.
Partie B
Notons F le R-espace vectoriel des fonctions de classe C ∞ de R dans R, et G le sous-espace vectoriel de F
engendré par les deux fonctions suivantes :
f1 : x 7→ e ax sin(bx) et f2 : x 7→ e ax cos(bx).
6. Justier que ψ est un endomorphisme de G, et déterminer la matrice M associée à ψ dans la base (f1 , f2 ).
Notons B = (f1 , f2 ).
On a f10 = x 7→ aeeax sin bx + beeax cos(bx) = af1 + bf2 et f20 = x 7→ aeeax cos bx − beeax sin(bx) = −bf1 + af2 .
On sait que la dérivation est linéaire. Pour montrer que ψ est un endomorphisme de G, il reste à montrer
que G est stable par dérivation. Mais on vient de voir que f10 et f20 appartiennent à G, il en va donc de
même de toute combinaison linéaire de ces deux fonctions, c'est-à-dire de tout vecteur de G.
| |
Les calculs de dérivées précédents se reformulent : f10 = a
b et f20 = −b
a .
|B |B
| |
a −b
Puis : MatB (ψ) = f10 f20 = = Ma,b , joie.
b a
|B |B
7. Prouver que toute fonction appartenant à G admet une unique primitive appartenant à G. Déterminer, en
utilisant la matrice M , l'unique primitive de f à appartenant à G.
Soit f ∈ G, elle est donc de la forme f = αf1 + βf2 . Toute fonction F ∈ G est de la forme F = λf1 + µf2 , et
| |
se trouve être une primitive de f si et seulement si ψ(F ) = f , i. e. si et seulement si MatB (ψ) × F = f ,
|B |B
Lycées Jore et Daudet MPSI Année 2020-2021 Concours blanc
autrement dit Ma,b × λ
µ =
α
β .
8. Vérier que la matrice M 2 peut s'écrire comme combinaison linéaire de M et de la matrice unité I2 .
En déduire que G est l'ensemble des solutions d'une équation diérentielle que l'on précisera.
Je garde la notation Ma,b pour M .
a2 − b2 −2ab
En raisonnant purement matriciellement : On a vu que .
= Ma2 ,b2 = 2
Ma,b
2ab a2 − b2
−a2 − b2 + 2a2 −(a2 + b2 ) 2a2 2ab
−2ab 0
Ainsi : Ma,b =
2 = + .
2ab −a2 − b2 + 2a2 0 −(a2 + b2 ) −2ab 2a2
1 0 a −b
C'est-à-dire : Ma,b
2 = −(a2 + b2 ) + 2a = 2aMa,b − (a2 + b2 )I2 .
0 1 b a
Remarque : ça passe mieux si on connaît la relation A = T r(A)A − det(A)I2 valable pour A ∈ M2 (R)...
2
C → H
donc (a + i b)2 = 2a(a + i b) − (a2 + b2 ), mais on a vu que un isomorphisme de
a + i b 7→ Ma,b
corps, en appliquant la réciproque de cet isomorphisme à l'égalité précédente, on obtient directement
a,b − (a + b )I2 .
2 = 2aM
Ma,b 2 2
Comme f 7→ MatB (f ) est un isomorphisme d'algèbre, on a donc ψ 2 = 2aψ − (a2 + b2 )idG , autrement
dit ∀f ∈ G, f 00 = 2af 0 − (a2 + b2 )f , ce qui montre que G est inclus dans l'ensemble des solutions de l'équa-
tion diérentielle y 00 − 2ay 0 + (a2 + b2 )y = 0, mais l'ensemble des solutions de cette équation diérentielle
est de dimension 2 ; comme G l'est aussi ces deux sous-espaces vectoriels coïncident.
Partie C
E désigne un C-espace vectoriel de dimension 2 muni d'une base B = (e1 , e2 ), et ϕ l'endomorphisme de E ayant
pour matrice Ma,b dans la base B.
9. Montrer que Ker (ϕ − ωidE ) et Ker (ϕ − ωidE ) sont deux droites vectorielles de E , engendrées respective-
ment par les vecteurs u = e1 − ie2 et v = e1 + ie2 .
|
• Soit s ∈ E et notons = s la décomposition du vecteur s dans la base B (autrement dit on convient
x
y
|B
qu'on a s = xe1 + ye2 ).
On a s ∈ Ker (ϕ − ωidE ) si et seulement si ϕ(s) = ωs, si et seulement si Ma,b x
y =
ωx
ωy .
ax − by = ax + i bx b(iix + y) = 0
En notant qu'on a ω = a + i b, ceci équivaut à , ou encore à , ou
bx + ay = ay + i by b(x − i y) = 0
ix + y = 0
encore à puisqu'on a b 6= 0. Les deux équations ainsi obtenues sont équivalentes (la pre-
x − iy = 0
mière vaut i fois la seconde), et vériées si et seulement si y = −iix, i. e. si et seulement si s est de la forme
Lycées Jore et Daudet MPSI Année 2020-2021 Concours blanc
n o
x(e1 −iie2 ) avec x ∈ C. En conclusion : Ker (ϕ−ωidE ) = x(e1 −iie2 ), x ∈ C = Vect (e1 − i e2 ) = Vect (u).
|
• Soit s ∈ E et notons = s . On a s ∈ Ker (ϕ − ωidE ) si et seulement si Ma,b y = ωy .
x x ωx
y
|B
ax − by = ax − i bx ix − y = 0
En notant qu'on a ω = a−iib, ceci équivaut à , ou encore à puisqu'on a
bx + ay = ay − i by x + iy = 0
b 6= 0. Les deux équations ainsi obtenues sont équivalentes
n (la première vaut o
i fois la seconde), et vériées si
et seulement si y = i x. En conclusion : Ker (ϕ−ωidE ) = x(e1 +iie2 ), x ∈ C = Vect (e1 + i e2 ) = Vect (v).
|B |B
forment une base de C . Comme l'image d'une base par un isomorphisme est une base, (u, v) forme une
2
base de E .
11. Déterminer sans calcul la matrice D associée à ϕ dans la base B0 , et exprimer Ma,b en fonction de D, P et P −1 .
Ce n'est pas sans calcul,
c'est sans calcul
supplémentaire : on a bien fait un calcul, mais dans la question 9.
| |
ω 0 a + i b 0
On y a obtenu : D = ϕ(u) ϕ(v) = = .
0 ω 0 a − ib
| B | B
D'après la formule de changement de base, on a : Ma,b = P DP −1
12. Pour n ∈ N, calculer la matrice Dn en fonction de n, ρ et θ. Retrouver ainsi le résultat de la question A.4.
ωn 0
La matrice D étant diagonale on a Dn = , et, puisqu'on a ω = ρeeiθ , on peut l'écrire
0 ωn
ei nθ
0
Dn = ρn d'après la formule de Moivre.
0 e −iinθ
ρn
i nθ
1 1 e 0 1 i
On a donc n −1 n n −1
et on eectue le
Ma,b= P DP = PD P =
2 −ii i 0 e −iinθ 1 −ii
ρn ei nθ iei nθ ρn
1 1 2 cos(nθ) −2 sin(nθ)
calcul : Ma,b
n
= −ii nθ −i
i nθ = ce qui redonne bien
2 −ii i e −iie 2 2 sin(nθ) 2 cos(nθ)
le résultat de la question A.4.
Partie D
À la matrice Ma,b on associe la fonction hMa,b dénie par :
n ao ax − b
∀x ∈ R \ − , hMa,b (x) = .
b bx + a
Lycées Jore et Daudet MPSI Année 2020-2021 Concours blanc
n o
13. Construire le tableau de variation de la fonction hMa,b et justier que hMa,b forme une bijection de R\ − ab
sur une partie de R à préciser.
n o
Notons pour alléger h = hMa,b et Dh = R \ − ab .
La fonction h est dérivable sur Dh comme quotient de fonctions dérivables dont le dénominateur ne s'annule
a2 + b2
pas, et on a ∀x ∈ Dh , h0 (x) = .
(bx + a)2
Elle reste strictement positive sur Dh puisqu'on a b 6= 0.
Comme h0 reste positive sur ] − ∞, − ab [ qui est un intervalle, la fonction h est strictement croissante sur
] − ∞, − ab [.
Comme h0 reste positive sur ] − ab , +∞[ qui est un intervalle, la fonction h est strictement croissante sur
] − ab , +∞[.
Bien sûr h n'est pas strictement croissante sur Dh ! Précisément on a lim h(x) = lim h(x) = ab ,
x→−∞ x→+∞
lim = +∞ et lim = −∞. La fonction h est dérivable donc en particulier continue, et donc ses
a− a+
x→− b x→− b
restrictions le sont. D'après le théorème de la bijection, la restriction de h à ] − ∞, − ab [ induit une bijection
sur ] ab , +∞[ et la restriction de h à ] − ab , +∞[ induit une bijection sur ] − ∞, ab [.
n o n o
Finalement, h est une bijection de R \ − ab sur R \ a
b
16. Supposons que l'on ait pu construire la suite jusqu'à un certain rang xn inclus.
(a) Établir qu'il existe un réel µn non nul tel que (Ma,b )n 01 = µn x1n .
De façon générale, lorsqu'on eectue une composée de la forme hMa,b ◦ hMc,d , on obtient hMa,b ×Mc,d
par dénition du produit matriciel.
En particulier, on obtient qu'on a pour tout entier n : hMa,b ◦ · · · ◦ hMa,b = h(Ma,b )n .
| {z }
an −bn n fois
Reprenons la notation n
Ma,b
= .
bn an
On a, par dénition, xn = hMa,b ◦ · · · ◦ hMa,b (x0 ) = h(Ma,b )n (0) = −b an .
n
| {z }
n fois
Et donc (Ma,b ) 1 = an = ananxn = an x1n , ce qui est le résultat demandé en posant µn = an .
n 0 −bn
On a donc xn = −bn
an = − tan(nθ).
(c) Vérier que l'on peut construire xn+1 si et seulement si cos((n + 1)θ) 6= 0.
On peut construire xn+1 si et seulement si hMa,b (xn ) a un sens, i. e. si et seulement si bxn + a 6= 0,
i. e. si et seulement si ρ sin(θ)xn + ρ cos(θ) 6= 0.
17. Montrer que l'on peut construire tous les termes de la suite (xn )n∈N si, et seulement si,
2p + 1 ∗
θ∈
/ π, p ∈ Z, q ∈ N .
2q
On a cos(x) = 0 ⇔ ∃p ∈ Z, x = π
2 + pπ .