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Concours Blanc MPSI 2020-2021: Corrigé Mathématiques

Le document présente un corrigé d'un concours blanc de mathématiques pour les lycées Joere et Daudet, axé sur l'analyse des suites et des intégrales. Il démontre des propriétés de convergence de suites définies par des intégrales de fonctions continues et positives, ainsi que des résultats spécifiques pour des fonctions choisies. La partie B introduit des considérations supplémentaires sur les fonctions de classe C2 et leurs intégrales.

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Concours Blanc MPSI 2020-2021: Corrigé Mathématiques

Le document présente un corrigé d'un concours blanc de mathématiques pour les lycées Joere et Daudet, axé sur l'analyse des suites et des intégrales. Il démontre des propriétés de convergence de suites définies par des intégrales de fonctions continues et positives, ainsi que des résultats spécifiques pour des fonctions choisies. La partie B introduit des considérations supplémentaires sur les fonctions de classe C2 et leurs intégrales.

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Lycées Jore et Daudet  MPSI Année 2020-2021  Concours blanc

Concours blanc
Corrigé
Premier problème
Partie A
Z 1
Soit f : [0, 1] → R une application continue et positive. On note, pour tout entier naturel n : un = tn f (t) dt.
0
1. Montrer que la suite (un )n∈N est décroissante.
Soit n ∈ N.
Soit t ∈ [0, 1], on a donc tn > 0 et on peut donc multiplier l'inégalité t 6 1 par tn , on obtient tn+1 6 tn ,
puis, par positivité de f : tn+1 f (t) 6 tn f (t).
Ceci étant vrai pour tout
R 1t ∈ [0, 1], on a donc ∀t ∈ [0, 1], tn+1 f (t) 6 tn f (t), puis, par croissance de l'inté-
grale : 0 t f (t) dt 6 0 tn f (t) dt i. e. un+1 6 un .
R 1 n+1

Ceci étant vrai pour tout entier n, la suite (un )n∈N est décroissante.

2. Montrer qu'on a : ∀n ∈ N, 0 6 un 6 1
n+1 max f (t). En déduire que la suite (un )n∈N converge vers 0.
t∈[0,1]

• Justions déjà que l'expression max f (t) a un sens ! La fonction f est continue sur [0, 1] qui est un
t∈[0,1]
segment, donc d'après le théorème des bornes atteintes elle est bornée et atteint ses bornes, en particulier
max f (t) existe.
t∈[0,1]

• Soit n ∈ N. Le réel max f (t) majore f et f est positive, donc on a ∀t ∈ [0, 1], 0 6 f (t) 6 max f (t).
t∈[0,1] t∈[0,1]
Comme on peut multiplier une inégalité par un réel positif, on déduit : ∀t ∈ [0, 1], tn f (t) 6 tn max f (t)
t∈[0,1]
 
puis, par croissance de l'intégrale : ∀n ∈ N, max f (t) dt.
R1 R1 R1
0 0 dt 6 0 tn f (t) dt 6 0 tn
t∈[0,1]
Et enn, par linéarité de l'intégrale : 0 6 un 6 max f (t) max f (t).
R1 1
0 tn dt = n+1
t∈[0,1] t∈[0,1]

• Évidemment on a 0 −→ 0. Comme max f (t) ne dépend que de f , on a aussi 1


n+1 max f (t) −→ 0. Fina-
n→0 t∈[0,1] t∈[0,1] n→0
lement d'après le théorème de convergence par encadrement (TdG), on conclut un −→ 0.
n→0
n
Pour tout entier naturel n, on pose Sn = (−1)k uk .
X

k=0
3. Établir que les suites (S2n )n∈N et (S2n+1 )n∈N sont adjacentes. En déduire que la suite (Sn )n∈N converge.
• Soit n ∈ N. D'après la relation de Chasles, on a S2(n+1) − S2n = (−1)2n+2 u2n+2 + (−1)2n+1 u2n+1
i. e. S2(n+1) − S2n = u2n+2 − u2n+1 qui est négatif puisque la suite (un )n∈N est décroissante.

Ceci étant vrai pour tout entier n ∈ N, la suite (S2n )n∈N est décroissante.
• Soit n ∈ N. D'après la relation de Chasles, on a S2n+1 − S2n = (−1)2n+3 u2n+3 + (−1)2n+2 u2n+2
i. e. S2(n+1)+1 − S2n+1 = u2n+2 − u2n+3 qui est positif puisque la suite (un )n∈N est décroissante.

Ceci étant vrai pour tout entier n ∈ N, la suite (S2n+1 )n∈N est croissante.
• Soit n ∈ N. D'après la relation de Chasles, on a S2n − S2n+1 = −(−1)2n+1 u2n+1 = u2n+1 −→ 0 d'après
n→+∞
le théorème fondamental sur les sous-suite et la question [Link]/.
• Finalement on a montré que (S2n )n∈N est décroissante, (S2n+1 )n∈N est croissante, et S2n −S2n+1 −→ 0,
n→+∞
ainsi les suites (S2n )n∈N et (S2n+1 )n∈N sont adjacentes et convergent donc vers une même limite.
D'après le théorème pair/impair, (Sn )n converge elle-même vers cette limite.
Lycées Jore et Daudet  MPSI Année 2020-2021  Concours blanc

On note ` = lim Sn .
n→+∞
1
1 − (−t)n+1
Z
4. Montrer que, pour tout entier naturel n, on a Sn = f (t) dt.
0 1+t
Soit n ∈ N. On a :
n Z 1
par dénition
X
k
Sn = (−1) tk f (t) dt
k=0 0
Z n
1X 
= (−1)k tk f (t) dt par linéarité de l'intégrale
0 k=0
Z 1Xn 
= (−t)k f (t) dt par propriété des puissances
0 k=0
Z 1Xn 
= (−t)k f (t) dt par linéarité de la somme
0 k=0
1
1 − (−t)n+1
Z
= f (t) dt d'après l'identité géométrique, car pour t ∈ [0, 1] on a − t 6= 1
0 1 − (−t)
C'est bien le résultat demandé.
1 1
tn+1
Z Z
f (t)
5. Justier qu'on a lim f (t) dt = 0. En déduire qu'on a ` = dt.
n→+∞ 0 1+t 0 1+t
t
• La fonction f˜ = t 7→ f (t) est continue sur [0, 1] par théorèmes généraux, et positive par dénition,
1+t Z 1 n+1 Z 1
t
donc en appliquant la question 2 à f plutôt qu'à f , on obtient
˜ f (t) dt = tn f˜(t) dt −→ 0.
Z 1 n+1 0 1 +
Z 1 t 0 n→+∞
t
Par inégalité triangulaire sur les intégrales : 0 6 f (t) dt 6 tn f˜(t) dt −→ 0 et donc par TdG
0 1+t 0 n→+∞
Z 1 n+1
t
on a bien f (t) dt −→ 0.
0 1+t n→+∞
Z 1 Z 1 Z 1 n+1
1 − (−t)n+1 f (t) t
• On a Sn = f (t) dt donc Sn − dt = (−1) n
f (t) dt −→ 0 comme pro-
0 1+t 0 1+t 0 1+t Z n→+∞
1
f (t)
duit d'une suite bornée et d'une suite de limite nulle (TdG). Ainsi a-t-on Sn → dt, autrement dit
Z 1 0 1+t
f (t)
`= dt par unicité de la limite.
0 1 +t
n
(−1)k
6. (a) Dans cette question seulement, on choisit f (t) = 1. Déterminer lim .
X
n→+∞ k+1
k=0

[0, 1] → R
On se place dans le cas particulier f : ; on a bien f ∈ C([0, 1], R) et donc on a :
t 7→ 1
n Z 1 Z 1 n Z 1 n Z 1 n
f (t) (−1)k
dt. Or : .
X X X X
k k k k k k
(−1) t f (t) dt −→ (−1) t f (t) dt = (−1) t dt =
0 n→+∞ 0 1 + t 0 0 k+1
k=0 k=0 k=0 k=0
Z 1 Z 1 n
f (t) 1 h i1 (−1)k
Et : dt = ln(1 + t) = ln(2). Conclusion : −→ ln(2).
X
dt =
0 1+t 0 1+t 0 k + 1 n→+∞
k=0
n
√ (−1)k
(b) Dans cette question seulement, on choisit f (t) = t. Déterminer lim .
X
n→+∞ 2k + 1
k=0

[0, 1] → R
On se place dans le cas particulier f : √ ; on a bien f ∈ C([0, 1], R) (et pas mieux : f
t 7→ t
n Z 1 Z 1
f (t)
n'est pas dérivable en 0) donc dt.
X
(−1)k tk f (t) dt −→
0 n→+∞ 0 1 +t
k=0
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n n 1 Z 1 n n
(−1)k (−1)k
Z
Or : .
X X 1 X X
k k k
(−1) t f (t) dt = (−1) tk+ 2 dt = 3 = 2
0 0 k + 2
2k + 3
Zk=0
1 Z 1 √ k=0 k=0 k=0
f (t) t √
Et : dt = dt. Eectuons le changement de variables x = t ⇔ t = x2 .
0 1+t 0 1+t

On a dt = 2x dx, 0 −
t
→ 1, et l'application x 7→ t = x2 est bien C 1 et bijective de [0, 1] dans [0, 1].
x
→1 ⇔ 0 −
Z 1
Z 1
√ Z 1
t x 1  h i1 π
Ainsi a-t-on dt = 2
2x dx = 2 1 − 2
dx = 2 x − arctan(x) =2 1− .
0 1+t 0 1+x 0 1+x 0 4
n n
(−1)k π (−1)k π
Conclusion : 2 , ou encore −→ 1 − , et donc par changement
X X
−→ 2 1 −
2k + 3 n→+∞ 4 2k + 3 n→+∞ 4
n−1 k=0 k=0
X (−1)k π
d'indice : −→ 1 − . Enn, eectuons un changement d'indice sur la somme proposée : on
2k + 3 n→+∞ 4
k=0
n n n−1 n−1
(−1)k (−1)k X (−1)k+1 X (−1)k π π
a par pro-
X X
=1+ =1+ =1− −→ 1 − (1 − ) =
2k + 1 2k + 1 2k + 3 2k + 3 n→+∞ 4 4
k=0 k=1 k=0 k=0
priétés algébriques sur les limites (PAL).

Partie B
On conserve les notations de la partie A, en supposant en plus l'application f de classe C 2 sur [0, 1], et on pose,
f (t)
pour tout réel t ∈ [0, 1], g(t) = .
1+t
7. Montrer qu'on a, pour tout entier naturel n :
1
f (1) − 2f 0 (1) 1
Z Z
f (1) 1
t n+1
g(t) dt = + + tn+3 g 00 (t) dt.
0 2(n + 2) 4(n + 2)(n + 3) (n + 2)(n + 3) 0

Par théorèmes généraux on a g ∈ et donc ∈ De plus, pour tout t ∈ [0, 1], on


C 2 ([0, 1], R) g, g 0 C 1 ([0, 1], R).
f 0 (t) f (t) tn+2
a g 0 (t) = − . Posons f = t 7→ . Les applications f et g sont C 1 donc par IPP on a
1 + t (1 + t)2 n+2
Z 1 Z 1 i1 Z 1 Z 1
0
h
0 g(1)
t n+1
g(t) dt = f (t)g(t) dt = f (t)g(t) − f (t)g (t) dt = − f (t)g 0 (t) dt.
0 0 0 0 n+2 0

tn+3
De même, posons u = t 7→ et v = g 0 . Les applications u et v sont C 1 donc par IPP on a
(n + 2)(n + 3)
1 1 1
g 0 (1) 1
Z Z h i1 Z Z
f (t)g 0 (t) dt = u0 (t)v(t) dt = u(t)v(t) − u(t)v 0 (t) dt = − u(t)v 0 (t) dt.
0 0 0 0 (n + 2)(n + 3) 0

1
g 0 (1) 1
Z Z
g(1) f (1)
En conclusion on a − tn+1 g(t) dt = + u(t)v 0 (t) dt et on a g(1) = ,
0 n + 2 (n + 2)(n + 3) 0 2
f 0 (1) f (1) f (1) − 2f 0 (1) 1 1
tn+3
Z Z
g 0 (1) = − = et u(t)v 0 (t) dt = g 00 (t) dt. D'où le résultat.
2 4 4 0 0 (n + 2)(n + 3)

1 α β 1
8. Montrer que = + 2 + o 2 lorsque n tends vers +∞, où α, β sont deux constantes à déterminer.
n+2 n n n
1
Calculer de même le développement limité de à l'ordre 2.
(n + 2)(n + 3)
    2  1
1 1 1 1 2 2 1
On a : = = 1 − + o = − + o car n2 → 0 et par absorption des
n+2 n 1 + n2 n n n n n2 n2
 
1 1 1 1 1 1
constantes par les o(...). De même on a : .

= 2 = 1 + o(1) = + o
(n + 2)(n + 3) n 1 + n5 + n62 n2 n2 n2
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Z 1
9. Justier que lim tn+3 g 00 (t) dt = 0.
n→+∞ 0

La fonction fb = t 7→ t3 g 00 (t) est continue sur [0, 1] par théorèmes généraux, et positive puisque c'est une
valeur absolue. Z 1
Appliquons la question 2 à fb plutôt qu'à f , on obtient lim tn+3 g 00 (t) dt = 0. Par inégalité triangu-
n→+∞ 0
Z 1 Z 1 Z 1
laire sur les intégrales, on a 0 6 n+3 00
t g (t) dt| 6 t g (t) dt et donc on a
n+3 00
tn+3 g 00 (t) dt −→ 0
0 0 0 n→+∞
Z 1
par TdG, puis tn+3 g 00 (t) dt −→ 0 par dénition.
0 n→+∞

(−1)n (−1)n 1


10. En déduire que Sn = ` + γ +δ + o lorsque n tend vers +∞, où γ et δ sont deux constantes
n n2 n2
à déterminer.
Z 1
f (t)
On a : Sn − ` = Sn − dt d'après la question 5.
Z0 1 +
1 t
tn+1
= (−1)n f (t) dt d'après la question 4.
Z0 1 1 + t
= (−1)n tn+1 g(t) dt par dénition de g .
0

f (1) − 2f 0 (1)
 Z 1 
f (1) 1
Et donc (question 7.) : Sn − ` = (−1)n + + tn+3 g 00 (t) dt ;
2(n + 2) 4(n + 2)(n + 3) (n + 2)(n + 3) 0
  1  f (1) − 2f 0 (1) Z 1 
n f (1) f (1) 1 1
i. e. (question 8.) : Sn − ` = (−1) ;
n+3 00
− 2 +o 2 + + o + t g (t) dt
2n n n 4n2 n2 n2 0 
 1  f (1) − 2f 0 (1)
n f (1) f (1) 1 1
i. e. (question 9.) : Sn − ` = (−1) + 2 o 1 ; et na-

− 2 +o 2 + 2
+ o 2
2n n n 4n n n
0 (1)
  1 
f (1) 3f (1) + 2f
lement Sn − ` = (−1)n − +o 2 .
2n 4n2 n

f (1) 3f (1) + 2f 0 (1)


Autrement dit γ = et δ = − .
2 4

Partie C
∆0 an = an

Soit (an )n∈N une suite réelle. Pour tout n entier naturel, on pose : .
∀k ∈ N∗ , ∆k an = ∆k−1 an − ∆k−1 an+1
11. Exprimer ∆k an pour k ∈ {1, 2, 3, 4} le plus simplement possible.
• On a : ∆1 an = ∆0 an − ∆0 an+1 = an − an+1 .
• On a : ∆2 an = ∆1 an − ∆1 an+1 = an − an+1 − an+1 − an+2 = an − 2an+1 + an+2 .
 

• On a : ∆3 an = ∆2 an −∆2 an+1 = an −2an+1 +an+2 − an+1 −2an+2 +an+3 = an −3an+1 +3an+2 −an+3 .
 
   
• On a : ∆4 an = ∆3 an − ∆3 an+1 = an − 3an+1 + 3an+2 − an+3 − an+1 − 3an+2 + 3an+3 − an+4 =
an − 4an+1 + 6an+2 − 4an+3 + an+4 .

k
12. Démontrer que, pour tous k et n entiers naturels, ∆k an = (−1)i k
an+i .
P 
i
i=0
Méthode attendue : On peut rédiger une récurrence sans astuce. Montrons par récurrence qu'on a
k
∀k ∈ N, ∀n ∈ N, ∆k an = (−1)i k
si (an ). Convenons pour alléger les notations de noter Pk l'énoncé
P 
i
i=0

k  
i k
X
k
Pk : ∀n ∈ N, ∆ an = (−1) si (an ).
i
i=0
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0
Initialisation : Montons P0 . Soit n ∈ N. On a bien ∆0 an = an = (−1)0 0
(−1)i k
an+i .
 P 
0 an+0 = i
i=0
Ceci étant vrai pour tout entier n ∈ N, on a bien établi P0 .

Hérédité : Soit k ∈ N et supposons Pk (hypothèse de récurrence). Soit n ∈ N. Par dénition on a


k k
∆k+1 an = ∆k an − ∆k an+1 = (−1)i k
(−1)i k
an+1+i par hypothèse de récurrence.
P  P 
i an+i − i
i=0 i=0
k k+1
En notant qu'on a k
= 0 la relation de Chasles donne (−1)i k
(−1)i k
an+i .
 P  P 
k+1 i an+i = i
i=0 i=0
k k+1
En notant qu'on a k
= 0 et avec un changement d'indice : (−1)i k
(−1)i−1 k
an+i .
 P  P 
−1 i an+1+i = i−1
i=0 i=0
k+1 k+1
On conclut avec la formule de Pascal : ∆k+1 an = (−1)i k k
(−1)i k+1
an+i .
P   P 
i + i−1 an+i = i
i=0 i=0
La propriété est donc bien héréditaire.

Conclusion : La propriété est vraie au rang 0, et elle est héréditaire, elle est donc vraie pour tout entier k > 0.

Méthode plus conceptuelle : On vient en fait juste de redémontrer la formule du binôme. Compre-
RN → RN

nons pourquoi. Notons s : . L'application s est clairement un endomorphisme de
(un )n 7→ (un+1 )n
E = RN . Par dénition, pour tout entier i ∈ N et toute suite (un )n on a si (un )n = un+i .
 

RN → RN 

Notons fk : .
(un )n 7→ ∆k un n

f0 = idE
La dénition de ∆k se reformule  .
∀k ∈ N∗ , fk = fk−1 − fk−1 ◦ s = fk−1 ◦ idE − s
k
Soit k ∈ N. On a donc fk = (idE − s) ◦ · · · ◦ (idE − s)) = (idE − s)k = (−1)i ki si en utilisant la formule
P 
| {z } i=0
k fois
du binôme de Newton dans l'anneau L(E), +, ◦ , ce qui est loisible puisque idE et s commutent.

k  
i k
En appliquant la relation précédente à (an )n , on trouve bien ∀n ∈ N, ∆ an = (−1) si (an ).
X
k
i
i=0

13. Soient ϕ : R → R une application de classe C ∞ , et pour tout n entier naturel, an = ϕ(n) (0).
Prouver que, pour tout k entier naturel, ∆k a0 = ψ (k) (0), où ψ(t) = ϕ(−t)eet .
(On rappelle que la notation ψ (k) désigne la dérivée ke de la fonction ψ .)
Même chose que pour l'exercice 85 de la banque CCINP, on peut utiliser Leibniz ou Taylor.

Avec Leibniz : L'application ϕ est de classe C ∞ , donc l'application t 7→ ϕ(−t) l'est aussi et, pour tout
di
i ∈ N on a ϕ(−t) = (−1)i ϕ(i) (t).

i
dt
Soit k ∈ N. Les applications exp et t 7→ ϕ(−t) sont de classe C k , on peut donc appliquer la formule de Leib-
k   k  
k k
niz qui assure que ψ est et qu'on a ψ = t 7→ (−1)i ϕ(i) (t)eet .
X X
(k) i (i) (k−i)
Ck (−1) ϕ (t) exp (t) = t 7→
i i
i=0 i=0
k   k  
k k
En évaluant en 0 : ψ (k) (0) = (−1)i ai = ∆k a0 par la question précédente.
X X
(−1)i ϕ(i) (0) =
i i
i=0 i=0

Avec Taylor : L'application ϕ est de classe C ∞ donc l'application ψ l'est aussi par théorèmes généraux.
Pour tout entier n ∈ N, ces deux fonctions sont de classe C n et ont donc un DLn (0) d'après le théorème
de Taylor-Young.
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n
ak
En particulier on a ϕ(x) = xk + o(xn ), et donc, par changement de variable monomial et par pro-
X
k!
k=0
n n n Xk
(−1)k ak xk xk (−1)i ai
X  X  X 
duit, ψ(x) = ϕ(−x)ee = x n
+ o(x ) n
+ o(x ) = xk + o(xn ).
k! k! i!(k − i)!
k=0 k=0 k=0 i=0
n (k)
ψ (0) k
En particulier on a aussi ψ(x) = x + o(xn ).
X
k!
k=0
k
ψ (k) (0) X (−1)i ai
Finalement, par unicité d'un DL, on a donc ∀k ∈ {0, . . . , n}, = c'est-à-dire
k! i!(k − i)!
i=0
k k  
k! i k
ai = ∆k a0 d'après la question précédente.
X X
∀k ∈ {0, . . . , n}, ψ (k) (0) = (−1)i
ai = (−1)
i!(k − i)! i
i=0 i=0
Ceci étant vrai pour tout entier n ∈ N, on a bien ∀k ∈ N, ψ (k) (0) = ∆k a0 .

14. Dans cette question, on veut déterminer ∆k a0 si la suite (an )n∈N est dénie par an = n+1 .
1

(a) Calculer dans ce cas ∆k a0 pour k ∈ {0, 1, 2, 3, 4}. Que conjecturez-vous ?


• Pour k = 0 on a ∆0 a0 = a0 = 1.
Pour les suivants, on reprend le résultat de la question 11.
• ∆1 a0 = a0 − a1 = 1 − 1
2 = 12 .
• ∆2 a0 = a0 − 2a1 + a2 = 1 − 2 12 + 1
3 = 31 .
• ∆3 a0 = a0 − 3a1 + 3a2 − a3 = 1 − 3 12 + 3 13 − 1
4 = 41 .
• ∆4 a0 = a0 − 4a1 + 6a2 − 4a3 + a4 = 1 − 4 12 + 6 31 − 4 14 + 1
5 = 15 .
Il semble dicle de conjecturer autre chose que ∆k a0 = 1
k+1 = ak .

et − 1
(b) Justier que l'application ϕ : t ∈ R∗ 7→ est prolongeable par continuité en 0.
t
On admet que l'application ϕ ainsi prolongée en 0 est de classe C ∞ sur R.
et − 1 1 + t + o(t) − 1
On a = = 1 + o(1) −→ 1.
t t t→0
Donc ϕ est prolongeable par continuité en 0 en posant ϕ(0) = 1.

(c) Soit n un entier naturel. Calculer le développement limité de ϕ en 0 à l'ordre n.


En déduire l'expression de ϕ(n) (0).
n+1
X tk n+1
X tk
+ o(tn+1 ) − 1 + o(tn+1 ) n+1 n
et −1 k! k! X tk−1 tk
k=0 k=1
+ o(tn ).
X
ϕ(t) = = = = + o(tn ) =
t t t k! (k + 1)!
k=1 k=0
On a admis que ϕ était de classe C ∞ . En particulier elle est de classe C n et on peut lui appliquer le
n
ϕ(k) (0) k
théorème de Taylor-Young : ϕ(t) = t + o(tn ).
X
k!
k=0
ϕ(k) (0) 1
Par unicité des développements limités, on a donc ∀k ∈ {0, . . . , n}, = et donc en
k! (k + 1)!
ϕ(n) (0) 1 n! 1
particulier = donc ϕ(n) (0) = = .
n! (n + 1)! (n + 1)! n+1

(d) En utilisant la question 13, déterminer l'expression de ∆k a0 , pour k entier naturel.


D'après la question 14.(b), la fonction ϕ étudiée ici vérie bien ∀k ∈ N, ϕ(k) = 1
k+1 = ak . On peut donc
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e −t − 1 t
appliquer la question 13 : ∀k ∈ N, ∆k a0 = ψ (k) (0) avec ψ = t 7→ ϕ(−t)eet = t 7→ e = t 7→ ϕ(t).
−t
On a donc bien, joie, ∆k a0 = ψ (k) (0) = ϕ(k) (0) = ak = 1
k+1 comme conjecturé.

Partie C
Z 1
On reprend les notations de la partie A, la suite (un )n∈N étant toujours dénie par un = tn f (t) dt.
0
Z 1
15. En utilisant la question 12, montrer que ∀k ∈ N, ∆k u0 = (1 − t)k f (t) dt.
0
k   k  Z 1 Z 1X k  
i k i k i k
D'après la question 12 : ∆ u0 = (−1)
X X
k i
ui = (−1) t f (t) dt = (−1) ti f (t) dt
i i 0 0 i=0 i
i=0 i=0
Z 1 k   Z 1
k i
par linéarité de l'intégrale, et donc ∆k u0 = (−1)k (−1)k−i (−1)k (t − 1)k f (t) dt et
X
t f (t) dt =
0 i 0
i=0
Z 1
donc on a bien ∆k u0 = (1 − t)k f (t) dt.
0
n
∆k−1 u0
Pour tout n entier naturel non nul, on pose Sn0 = .
X
2k
k=1
Z 1
1 f (t)
16. Prouver que, pour tout n entier naturel non nul, Sn0 =`− n (1 − t)n dt.
2 0 1+t
On a :
n
∆k−1 u0
par dénition
X
Sn0 =
2k
k=1 Z 1
n (1 − t)k−1 f (t) dt
d'après 15
X
0
=
2k
k=1 
1 n
(1 − t)k−1
Z 
par linéarité de l'intégrale
X
= f (t) dt
0 2k
k=1
Z 1  n−1
X (1 − t)k 
= f (t) dt en changeant d'indice
0 2k+1
k=0
Z 1  n−1
X  1 − t k  f (t)
= dt
0 2 2
k=0 n
Z 1 1 − 1−t
2 f (t)
= 1−t dt d'après l'identité géométrique, car 1−t
2 6= 1 pour t ∈ [0, 1]
0 1− 2
 n 2
Z 1 1 − 1−t
2
= f (t) dt
Z0 1 1 + t Z 1
f (t) 1 (1 − t)n
= dt − n f (t) dt par linéarité de l'intégrale
0 1 + tZ 2 0 1+t
1
1 f (t)
= ` − n (1 − t)n dt par dénition de `
2 0 1+t
17. En déduire la limite de la suite (Sn0 )n∈N .
Pour tout t ∈ [0, 1] on a (1 − t)n f1+t
(t)
6 1n f (t)
1+t 6 1n |f1+0
(t)|
= f (t) 6 max |f (t)| et donc par croissance de
t∈[0,1]
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R 
l'intégrale dt 6 max |f (t)| et en particulier est bornée, donc on a
R1 1
0 (1 − t)n f1+t
(t) n f (t)
0 (1 − t) 1+t dt
t∈[0,1] n∈N
dt −→ 0 par TdG. Puis, par P.A.L. : Sn0 −→ `.
R1
1
2n 0 (1 − t)n f1+t
(t)
n→+∞ n→+∞

Remarque : bien Zque cela ne soit pas demandé, on peut même


Z être plus précis. Le changement de variable
1 1 1
f (1 − x)
Z
f (t)
x = 1 − t donne (1 − t)n
dt = xn dx = 2−x .
xn f (x) dx en notant f = x 7→ f (1−x)
0 1 + t 0 2 − x 0
En appliquant la question 2 à f plutôt qu'à f , puis l'inégalité triangulaire sur les intégrales, on obtient
Sn0 − ` = o 21n . Ainsi la suite Sn0 n converge vers la même limite que la suite (un )n , mais, alors que


la suite (un )n peut converger très lentement, la suite Sn0 n , elle, converge beaucoup plus rapidement. Le


procédé présenté ici permet donc d'accéler la convergence d'une telle suite, de façon assez spectaculaire.
n
1
18. Calculer lim .
X
n→+∞ k2k
k=1
 
On reconnaît l'expression de Sn0 pour (un )n = n+1 1
(question 14.(d)).
n
Cette suite (un )n est celle associée à la fonction f = t 7→ 1 (question 6.(a)).
n n
(−1)k
D'après la question 17 on a donc lim 1
k+1 = ln(2).
P P
k2 k = lim
n→+∞ k=1 n→+∞ k=0
Sauf que maintenant ça converge très vite.

Deuxième problème
M2 (R) désigne le R-espace vectoriel des matrices carrées d'ordre 2 à coecients
 réels.

a −b
Pour tous réels a et b, on dénit la matrice de M2 (R) suivante : Ma,b = .
b a
On note ω le nombre complexe ω = a + i b, que l'on note aussi ω = ρeeiθ , avec ρ ∈ R+ et θ ∈ R.

1 Partie A
Considérons H = {Ma,b , (a, b) ∈ R2 }.
1. Montrer que H est un sous-espace vectoriel de M2 (R). Préciser la dimension et une base de H.
     
1 0 0 −1
On a : H = a +b , (a, b) ∈ R2 = Vect (I2 , J), avec I2 la matrice identité et en
0 1 1 0
 
0 −1
notant J = . Donc H est un sous-espace vectoriel de M2 (R) de famille génératrice (I2 , J).
1 0
De plus les matrices I2 et J ne sont pas colinéaires donc (I2 , J) est libre : c'est donc une base de H.
Finalement H a une base formée de 2 vecteurs donc H est de dimension 2.

2. Pour tout a, b, c, d réels, prouver que Ma,b × Mc,d = Me,f où e et f sont deux réels que l'on exprimera en
fonction de a, b, c, d.

e = ac − bd
Le calcul montre qu'on a Ma,b × Mc,d = Me,f pour e + i f = (a + i b)(c + i d) i. e.
f = ad + bc.

3. Calculer Ma,b × Ma,−b . En déduire que si la matrice Ma,b est inversible, alors son inverse Ma,b
−1
appartient
aussi à H.
La question précédente montre qu'on a Ma,b × Ma,−b = (a2 + b2 )I2 . De plus Ma,b est inversible si et seule-
ment si son déterminant a2 + b2 est non nul. Si elle l'est son inverse est son inverse à droite, donc c'est
1
a2 +b2
Ma,−b (mais on le savait déjà : la formule pour l'inverse d'une matrice 2 × 2 est connue).
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Par dénition on a a2 +b
1
2 Ma,−b = ρ2 Ma,−b = M a , −b ∈ H.
1
ρ2 ρ2
On peut aussi remarquer, connaissant la formule pour la forme algébrique de l'inverse d'un nombre com-
plexe, que pour (a, b) 6= (0, 0) on a donc Ma,b
−1
= Ma0 ,b0 avec a0 + i b0 = (a + i b)−1 .

C → H
Remarque : on a en fait montré dans les trois questions précédentes que H est un corps et
a + b 7→ Ma,b
i
un isomorphisme de corps.

4. Montrer que, pour tout n entier naturel : (Ma,b )n = ρn Mcos(nθ),sin(nθ) .


Soit n ∈ N. Notons an + i bn = (a + i b)n .
D'après la question 2. On a Ma,b
2 =M
a2 ,b2 puis M = Ma,b Ma2 ,b2 = Ma3 ,b3 , etc.
2

Par récurrence immédiate : Ma,b = Man ,bn .


n
  n
Or on a a + i b n = ρ cos(θ) + i sin(θ) = ρn (cos(nθ) + i sin(nθ) d'après la formule de Moivre, et
 

donc nalement Ma,bn =M n


ρ cos(nθ),ρn sin(nθ) = ρ Mcos(nθ),sin(nθ) .
n

Dans toute la suite du problème, a et b désignent deux nombres réels, avec b non nul.

Partie B
Notons F le R-espace vectoriel des fonctions de classe C ∞ de R dans R, et G le sous-espace vectoriel de F
engendré par les deux fonctions suivantes :
f1 : x 7→ e ax sin(bx) et f2 : x 7→ e ax cos(bx).

Enn, on désigne par ψ l'application qui, à toute fonction f ∈ G, associe sa dérivée f 0 .


5. Montrer que la famille (f1 , f2 ) est une base de G.
On a f1 (0) = 0 6= 1 = f2 (0) et f1 n'est pas la fonction nulle, donc f1 et f2 ne sont pas colinéaires ; la famille
(f1 , f2 ) est donc libre et c'est donc une base de du sous-espace vectoriel G qu'elle engendre.

6. Justier que ψ est un endomorphisme de G, et déterminer la matrice M associée à ψ dans la base (f1 , f2 ).
Notons B = (f1 , f2 ).
On a f10 = x 7→ aeeax sin bx + beeax cos(bx) = af1 + bf2 et f20 = x 7→ aeeax cos bx − beeax sin(bx) = −bf1 + af2 .
On sait que la dérivation est linéaire. Pour montrer que ψ est un endomorphisme de G, il reste à montrer
que G est stable par dérivation. Mais on vient de voir que f10 et f20 appartiennent à G, il en va donc de
même de toute combinaison linéaire de ces deux fonctions, c'est-à-dire de tout vecteur de G.
|   |  
Les calculs de dérivées précédents se reformulent : f10 = a
b et f20 = −b
a .
|B |B
 
| |  
a −b
Puis : MatB (ψ) =  f10 f20  = = Ma,b , joie.
b a
|B |B

7. Prouver que toute fonction appartenant à G admet une unique primitive appartenant à G. Déterminer, en
utilisant la matrice M , l'unique primitive de f à appartenant à G.
Soit f ∈ G, elle est donc de la forme f = αf1 + βf2 . Toute fonction F ∈ G est de la forme F = λf1 + µf2 , et
| |
se trouve être une primitive de f si et seulement si ψ(F ) = f , i. e. si et seulement si MatB (ψ) × F = f ,
|B |B
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autrement dit Ma,b × λ
µ =
α
β .

Comme on a b 6= 0, on a en particulier a2 + b2 6= 0 et donc Ma,b est inversible d'inverse 1


a2 +b2
Ma,−b .
     
Ainsi F = λf1 +µf2 est une primitive de f = αf1 +βf2 si et seulement si λ
µ = M −1
α
β = 1
a2 +b2
α
Ma,−b β .
Il y a donc unicité d'une telle primitive de f dans F .
       
Pour f = f1 on a α
β =
0
1 et λ
µ = 1
a2 +b2
a
−b et donc F = x 7→ a
a2 +b2
e ax sin(bx) − b
a2 +b2
e ax cos(bx).

8. Vérier que la matrice M 2 peut s'écrire comme combinaison linéaire de M et de la matrice unité I2 .
En déduire que G est l'ensemble des solutions d'une équation diérentielle que l'on précisera.
Je garde la notation Ma,b pour M .
a2 − b2 −2ab
 
En raisonnant purement matriciellement : On a vu que .
= Ma2 ,b2 = 2
Ma,b
2ab a2 − b2
−a2 − b2 + 2a2 −(a2 + b2 ) 2a2 2ab
     
−2ab 0
Ainsi : Ma,b =
2 = + .
2ab −a2 − b2 + 2a2 0 −(a2 + b2 ) −2ab 2a2
   
1 0 a −b
C'est-à-dire : Ma,b
2 = −(a2 + b2 ) + 2a = 2aMa,b − (a2 + b2 )I2 .
0 1 b a
Remarque : ça passe mieux si on connaît la relation A = T r(A)A − det(A)I2 valable pour A ∈ M2 (R)...
2

En utilisant l'isomorphisme avec C : On a (a + i b)2 = (a


 − b ) + 2abii2 = 2a + 2abii − a − b ,
2 2 2 2 2

C → H
donc (a + i b)2 = 2a(a + i b) − (a2 + b2 ), mais on a vu que un isomorphisme de
a + i b 7→ Ma,b
corps, en appliquant la réciproque de cet isomorphisme à l'égalité précédente, on obtient directement
a,b − (a + b )I2 .
2 = 2aM
Ma,b 2 2

Comme f 7→ MatB (f ) est un isomorphisme d'algèbre, on a donc ψ 2 = 2aψ − (a2 + b2 )idG , autrement
dit ∀f ∈ G, f 00 = 2af 0 − (a2 + b2 )f , ce qui montre que G est inclus dans l'ensemble des solutions de l'équa-
tion diérentielle y 00 − 2ay 0 + (a2 + b2 )y = 0, mais l'ensemble des solutions de cette équation diérentielle
est de dimension 2 ; comme G l'est aussi ces deux sous-espaces vectoriels coïncident.

Partie C
E désigne un C-espace vectoriel de dimension 2 muni d'une base B = (e1 , e2 ), et ϕ l'endomorphisme de E ayant
pour matrice Ma,b dans la base B.
9. Montrer que Ker (ϕ − ωidE ) et Ker (ϕ − ωidE ) sont deux droites vectorielles de E , engendrées respective-
ment par les vecteurs u = e1 − ie2 et v = e1 + ie2 .
  |
• Soit s ∈ E et notons = s la décomposition du vecteur s dans la base B (autrement dit on convient
x
y
|B
qu'on a s = xe1 + ye2 ).
   
On a s ∈ Ker (ϕ − ωidE ) si et seulement si ϕ(s) = ωs, si et seulement si Ma,b x
y =
ωx
ωy .
 
ax − by = ax + i bx b(iix + y) = 0
En notant qu'on a ω = a + i b, ceci équivaut à , ou encore à , ou
bx + ay = ay + i by b(x − i y) = 0

ix + y = 0
encore à puisqu'on a b 6= 0. Les deux équations ainsi obtenues sont équivalentes (la pre-
x − iy = 0
mière vaut i fois la seconde), et vériées si et seulement si y = −iix, i. e. si et seulement si s est de la forme
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n o
x(e1 −iie2 ) avec x ∈ C. En conclusion : Ker (ϕ−ωidE ) = x(e1 −iie2 ), x ∈ C = Vect (e1 − i e2 ) = Vect (u).

  |    
• Soit s ∈ E et notons = s . On a s ∈ Ker (ϕ − ωidE ) si et seulement si Ma,b y = ωy .
x x ωx
y
|B
 
ax − by = ax − i bx ix − y = 0
En notant qu'on a ω = a−iib, ceci équivaut à , ou encore à puisqu'on a
bx + ay = ay − i by x + iy = 0
b 6= 0. Les deux équations ainsi obtenues sont équivalentes
n (la première vaut o
i fois la seconde), et vériées si
et seulement si y = i x. En conclusion : Ker (ϕ−ωidE ) = x(e1 +iie2 ), x ∈ C = Vect (e1 + i e2 ) = Vect (v).

10. Justier que la famille B0 = (u, v) est une base de E .


Préciser la matrice P de passage de B à B0 , et calculer son inverse P −1 .
|   |      
On a u = −ii et v = 1i . Les vecteurs −i
1 1
i et i de C sont clairement non colinéaires donc
1 2

|B |B
forment une base de C . Comme l'image d'une base par un isomorphisme est une base, (u, v) forme une
2

base de E .

La matrice de passage de B à B0 est celle qui permet d'obtenir


 la décomposition d'un vecteur de B à
| |  
1 1
partir de sa décomposition dans B0 .
Il s'agit de  u v  = .
−ii i
| B |B
   
1 i −1 1 1 i
Son inverse est = .
2ii i 1 2 1 −ii

11. Déterminer sans calcul la matrice D associée à ϕ dans la base B0 , et exprimer Ma,b en fonction de D, P et P −1 .
Ce n'est pas sans calcul,
 c'est sans calcul
 supplémentaire : on a bien fait un calcul, mais dans la question 9.
| |    
ω 0 a + i b 0
On y a obtenu : D =  ϕ(u) ϕ(v)  = = .
0 ω 0 a − ib
| B | B
D'après la formule de changement de base, on a : Ma,b = P DP −1

12. Pour n ∈ N, calculer la matrice Dn en fonction de n, ρ et θ. Retrouver ainsi le résultat de la question A.4.
ωn 0
 
La matrice D étant diagonale on a Dn = , et, puisqu'on a ω = ρeeiθ , on peut l'écrire
0 ωn
ei nθ
 
0
Dn = ρn d'après la formule de Moivre.
0 e −iinθ
ρn
   i nθ  
1 1 e 0 1 i
On a donc n −1 n n −1
et on eectue le

Ma,b= P DP = PD P =
2  −ii i  0 e −iinθ 1 −ii
ρn ei nθ iei nθ ρn
   
1 1 2 cos(nθ) −2 sin(nθ)
calcul : Ma,b
n
= −ii nθ −i
i nθ = ce qui redonne bien
2 −ii i e −iie 2 2 sin(nθ) 2 cos(nθ)
le résultat de la question A.4.

Partie D
À la matrice Ma,b on associe la fonction hMa,b dénie par :
n ao ax − b
∀x ∈ R \ − , hMa,b (x) = .
b bx + a
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n o
13. Construire le tableau de variation de la fonction hMa,b et justier que hMa,b forme une bijection de R\ − ab
sur une partie de R à préciser.
n o
Notons pour alléger h = hMa,b et Dh = R \ − ab .
La fonction h est dérivable sur Dh comme quotient de fonctions dérivables dont le dénominateur ne s'annule
a2 + b2
pas, et on a ∀x ∈ Dh , h0 (x) = .
(bx + a)2
Elle reste strictement positive sur Dh puisqu'on a b 6= 0.
Comme h0 reste positive sur ] − ∞, − ab [ qui est un intervalle, la fonction h est strictement croissante sur
] − ∞, − ab [.
Comme h0 reste positive sur ] − ab , +∞[ qui est un intervalle, la fonction h est strictement croissante sur
] − ab , +∞[.
Bien sûr h n'est pas strictement croissante sur Dh ! Précisément on a lim h(x) = lim h(x) = ab ,
x→−∞ x→+∞
lim = +∞ et lim = −∞. La fonction h est dérivable donc en particulier continue, et donc ses
a− a+
x→− b x→− b
restrictions le sont. D'après le théorème de la bijection, la restriction de h à ] − ∞, − ab [ induit une bijection
sur ] ab , +∞[ et la restriction de h à ] − ab , +∞[ induit une bijection sur ] − ∞, ab [.
n o n o
Finalement, h est une bijection de R \ − ab sur R \ a
b

14. Prouver que (hMa,b )−1 = h(Ma,b )−1 .


Je continue à noter h pour hMa,b . La fonction h−1 est telle que, pour tout x ∈ R \ {− ab } et tout y ∈ R \ { ab },
on a y = h(x) ⇔ x = h−1 (y).
On résout : y = h(x) ⇔ y = bx+a
ax−b
⇔ (bx + a)y = ax − b ⇔ (−by + a)x = ay + b ⇔ x = by+a ay+b
.
Mais comme a +b 6= 0, on peut diviser numérateur et dénominateur par a +b ce qui donne x = hM −1 (y).
2 2 2 2
a,b
On a donc bien h−1 = h(Ma,b )−1 .
On veut construire une suite (xn )n∈N en utilisant la relation de récurrence suivante :

x0 = 0
axn −b
∀n ∈ N, xn+1 = hMa,b (xn ) = bxn +a .

15. À quelle condition sur a et b peut-on construire x1 ? peut-on construire x2 ?


On peut construire x1 si et seulement si x0 ∈ Dh , i. e. si et seulement si 0 6= − ab , i. e. ssi a 6= 0.
On peut construire x2 si et seulement si x1 ∈ Dh , i. e. si et seulement si − ab 6= − ab , i. e. ssi b2 6= a2 .

16. Supposons que l'on ait pu construire la suite jusqu'à un certain rang xn inclus.
   
(a) Établir qu'il existe un réel µn non nul tel que (Ma,b )n 01 = µn x1n .
De façon générale, lorsqu'on eectue une composée de la forme hMa,b ◦ hMc,d , on obtient hMa,b ×Mc,d
par dénition du produit matriciel.
En particulier, on obtient qu'on a pour tout entier n : hMa,b ◦ · · · ◦ hMa,b = h(Ma,b )n .
  | {z }
an −bn n fois
Reprenons la notation n
Ma,b
= .
bn an
On a, par dénition, xn = hMa,b ◦ · · · ◦ hMa,b (x0 ) = h(Ma,b )n (0) = −b an .
n
| {z }
     n fois  
Et donc (Ma,b ) 1 = an = ananxn = an x1n , ce qui est le résultat demandé en posant µn = an .
n 0 −bn

(b) En déduire une expression de xn dépendant uniquement de n et θ.


an = ρn cos(nθ)

On a déjà vu (de deux façons diérentes) qu'avec les notations précédentes, on a
bn = ρn sin(nθ).
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On a donc xn = −bn
an = − tan(nθ).

(c) Vérier que l'on peut construire xn+1 si et seulement si cos((n + 1)θ) 6= 0.
On peut construire xn+1 si et seulement si hMa,b (xn ) a un sens, i. e. si et seulement si bxn + a 6= 0,
i. e. si et seulement si ρ sin(θ)xn + ρ cos(θ) 6= 0.

On a b 6= 0 donc ρ 6= 0, et on a cos(nθ) 6= 0 puisqu'on a supposé que xn = − cos(nθ)


sin(nθ)
avait un sens. La
non-égalité précédente équivaut donc à − sin(θ) sin(nθ) + cos(θ) cos(nθ) 6= 0 i. e. cos((n + 1)θ) 6= 0.

17. Montrer que l'on peut construire tous les termes de la suite (xn )n∈N si, et seulement si,
 
2p + 1 ∗
θ∈
/ π, p ∈ Z, q ∈ N .
2q

On peut constuire x0 puisque c'est 0.


Puis, pour tout entier n > 1, on peut construire xn si et seulement si x0 , . . . , xn−1 peuvent être construits
et qu'on a cos(nθ) 6= 0.
Autrement dit, pour tout entier n > 1, on peut construire xn si et seulement si ∀k ∈ {1, . . . , n}, cos(kθ) 6= 0.
On peut donc construire tous les termes de (xn )n∈N si et seulement si cos(nθ) ne s'annule pas.

n∈N∗

On a cos(x) = 0 ⇔ ∃p ∈ Z, x = π
2 + pπ .

Donc, pour n > 1 : cos(nθ) = 0 ⇔ ∃p ∈ Z, θ = π


2n + pπ
n = 2n π .
2p+1

Puis : cos(nθ) s'annule ⇔ ∃n ∈ N∗ , ∃p ∈ Z, θ = 2n π .


2p+1

n∈N∗
 
Ou encore : cos(nθ) s'annule ⇔ θ ∈ 2p+1
N∗ .

n∈N∗ 2n π, p ∈ Z, n ∈
 
Et enn : cos(nθ) ne s'annule pas ⇔ θ ∈/ 2p+1
N∗ .

n∈N∗ 2n π, p ∈ Z, n ∈

Et on peut renommer n en q si on tient à garder les notations de l'énoncé.

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