Correction de l'examen final de Mathématiques 2
École Supérieure des Ingénieurs de Medjet El Bab
Enseignant : Soumaya Idriss
Classe : LHM2
Date : 12/01/2025
Durée : 2 heures
Exercice 1 : Calcul des intégrales généralisées
a. ∫0∞dx(1+ex)(1+e−x)∫0∞(1+ex)(1+e−x)dx
On simplifie l'expression :
(1+ex)(1+e−x)=1⋅1+1⋅e−x+ex⋅1+ex⋅e−x=2+ex+e−x.(1+ex)(1+e−x)=1⋅1+1⋅e−x
+ex⋅1+ex⋅e−x=2+ex+e−x.
Ainsi :
1(1+ex)(1+e−x)=12+ex+e−x.(1+ex)(1+e−x)1=2+ex+e−x1.
En multipliant numérateur et dénominateur par exex :
1(1+ex)(1+e−x)⋅exex=exex(1+ex)(1+e−x)=ex(1+ex)2,(1+ex)(1+e−x)1⋅exex
=ex(1+ex)(1+e−x)ex=(1+ex)2ex,
car ex(1+ex)(1+e−x)=ex⋅(1+ex)2ex=(1+ex)2ex(1+ex)(1+e−x)=ex⋅ex(1+ex)2
=(1+ex)2.
L'intégrale devient :
∫0∞ex(1+ex)2dx.∫0∞(1+ex)2exdx.
On pose le changement de variable u=exu=ex, d'où du=exdxdu=exdx et dx=duudx=udu
.
• Lorsque x=0x=0, u=1u=1.
• Lorsque x→∞x→∞, u→∞u→∞.
Ainsi :
∫1∞u(1+u)2⋅duu=∫1∞1(1+u)2du.∫1∞(1+u)2u⋅udu=∫1∞(1+u)21du.
Une primitive de (1+u)−2(1+u)−2 est −11+u−1+u1. Donc :
[−11+u]1∞=limb→∞(−11+b)−(−12)=0+12=12.[−1+u1]1∞=b→∞lim(−1+b1
)−(−21)=0+21=21.
L'intégrale converge et vaut 1221.
b. ∫0∞e−xxdx∫0∞xe−xdx
On pose le changement de variable t=xt=x, d'où t2=xt2=x et dx=2tdtdx=2tdt.
• Lorsque x=0x=0, t=0t=0.
• Lorsque x→∞x→∞, t→∞t→∞.
Ainsi :
∫0∞e−tt⋅2tdt=∫0∞2e−tdt.∫0∞te−t⋅2tdt=∫0∞2e−tdt.
Une primitive de e−te−t est −e−t−e−t. Donc :
2[−e−t]0∞=2(limb→∞(−e−b)−(−e0))=2(0+1)=2.2[−e−t]0∞=2(b→∞lim
(−e−b)−(−e0))=2(0+1)=2.
L'intégrale converge et vaut 22.
c. ∫01lnxdx∫01lnxdx
L'intégrale est impropre en 0+0+ car lnx→−∞lnx→−∞ lorsque x→0+x→0+.
On intègre par parties : poser u=lnxu=lnx et dv=dxdv=dx, d'où du=dxxdu=xdx
et v=xv=x.
Ainsi :
∫lnxdx=xlnx−∫x⋅1xdx=xlnx−∫dx=xlnx−x.∫lnxdx=xlnx−∫x⋅x1
dx=xlnx−∫dx=xlnx−x.
On évalue entre 00 et 11 :
[xlnx−x]01=(1⋅ln1−1)−limx→0+(xlnx−x).[xlnx−x]01
=(1⋅ln1−1)−x→0+lim(xlnx−x).
• ln1=0ln1=0, donc 1⋅0−1=−11⋅0−1=−1.
• limx→0+xlnx=0limx→0+xlnx=0 (par croissance comparée)
et limx→0+(−x)=0limx→0+(−x)=0,
donc limx→0+(xlnx−x)=0limx→0+(xlnx−x)=0.
Ainsi :
(−1)−0=−1.(−1)−0=−1.
L'intégrale converge et vaut −1−1.
Exercice 2 : Étude de la suite (Un)(Un) et des séries associées
La suite (Un)(Un) est définie par Un=1neUnUn=n1eUn pour tout n≥1n≥1.
Pour n=1n=1, l'équation U1=eU1U1=eU1 n'a pas de solution réelle (car eu>ueu>u pour
tout u∈Ru∈R).
Pour n≥3n≥3 (car n>e≈2.718n>e≈2.718), il existe une unique solution Un∈(0,1)Un
∈(0,1) de l'équation Un=eUnnUn=neUn, ou encore Une−Un=1nUne−Un=n1.
On considère donc la suite à partir de n≥3n≥3, avec Un>0Un>0 et Un→0Un
→0 lorsque n→∞n→∞.
1. Nature de la série ∑Un∑Un
On a Un∼1nUn∼n1 lorsque n→∞n→∞, car :
Un1/n=nUn=n⋅eUnn=eUn→e0=1.1/nUn=nUn=n⋅neUn=eUn→e0=1.
La série ∑1n∑n1 diverge (série harmonique). Par comparaison asymptotique, ∑Un∑Un
diverge.
La seˊrie ∑Un divergeLa seˊrie ∑Un diverge
2. Nature de la série ∑(−1)nUn∑(−1)nUn
La série ∑(−1)nUn∑(−1)nUn est alternée.
• Un>0Un>0 pour n≥3n≥3.
• Un→0Un→0 lorsque n→∞n→∞.
• La suite (Un)(Un) est décroissante pour n≥3n≥3 : en effet, la
fonction h(u)=ue−uh(u)=ue−u est strictement croissante sur [0,1][0,1], et
comme h(Un)=1nh(Un)=n1 décroît lorsque nn croît, UnUn décroît.
Par le critère de Leibniz pour les séries alternées, la série converge.
La seˊrie ∑(−1)nUn convergeLa seˊrie ∑(−1)nUn converge
Exercice 3 : Convergence d'intégrales généralisées
1. Soit α>0α>0.
a. Convergence de ∫1+∞sinttα+1dt∫1+∞tα+1sintdt
On applique le critère de Dirichlet :
• f(t)=sintf(t)=sint :
l'intégrale ∫1bsintdt=[−cost]1b=−cosb+cos1∫1bsintdt=[−cost]1b
=−cosb+cos1 est bornée (car ∣cosb∣≤1∣cosb∣≤1).
• g(t)=t−α−1g(t)=t−α−1 : positive, décroissante
vers 00 pour t≥1t≥1 (car α>0α>0).
Ainsi, l'intégrale converge.
L’inteˊgrale convergeL’inteˊgrale converge
b. Convergence de ∫1+∞costtαdt∫1+∞tαcostdt
On intègre par parties : poser u=t−αu=t−α et dv=costdtdv=costdt,
d'où du=−αt−α−1dtdu=−αt−α−1dt et v=sintv=sint.
Ainsi :
∫1∞costtαdt=[sinttα]1∞−∫1∞sint⋅(−αt−α−1)dt=limb→∞sinbbα−si
n1+α∫1∞sinttα+1dt.∫1∞tαcostdt=[tαsint]1∞−∫1∞sint⋅(−αt−α−1)dt=b→∞lim
bαsinb−sin1+α∫1∞tα+1sintdt.
• limb→∞sinbbα=0limb→∞bαsinb
=0 (car ∣sinb∣≤1∣sinb∣≤1 et bα→∞bα→∞ puisque α>0α>0).
• ∫1∞sinttα+1dt∫1∞tα+1sintdt converge d'après la question a.
Donc l'intégrale converge.
L’inteˊgrale convergeL’inteˊgrale converge
2. Divergence de ∫1+∞cos2ttdt∫1+∞tcos2tdt
On utilise l'indication : cos2t=1+cos2t2cos2t=21+cos2t.
Ainsi :
∫1∞cos2ttdt=∫1∞12tdt+∫1∞cos2t2tdt=12∫1∞dtt+12∫1∞cos2ttdt.∫1∞
tcos2tdt=∫1∞2t1dt+∫1∞2tcos2tdt=21∫1∞tdt+21∫1∞tcos2tdt.
• ∫1∞dtt∫1∞tdt diverge (intégrale harmonique).
• ∫1∞cos2ttdt∫1∞tcos2tdt : par changement de
variable u=2tu=2t, du=2dtdu=2dt, d'où :
∫1∞cos2ttdt=∫2∞cosuudu,∫1∞tcos2tdt=∫2∞ucosudu,
qui converge d'après la question 1.b avec α=1>0α=1>0.
La somme d'une intégrale divergente et d'une intégrale convergente diverge. Ainsi,
l'intégrale diverge.
L’inteˊgrale divergeL’inteˊgrale diverge
3. Divergence de ∫1+∞∣sintt∣dt∫1+∞tsintdt
On note que ∣sint∣≥sin2t∣sint∣≥sin2t pour tout tt, car si ∣sint∣≤1∣sint∣≤1,
alors sin2t≤∣sint∣sin2t≤∣sint∣. Ainsi :
∣sintt∣=∣sint∣t≥sin[Link]=t∣sint∣≥tsin2t.
De plus, sin2t=1−cos2t2sin2t=21−cos2t, donc :
∫1∞sin2ttdt=∫1∞12tdt−12∫1∞cos2ttdt.∫1∞tsin2tdt=∫1∞2t1dt−21∫1∞tcos2t
dt.
Comme dans la question 2, ∫1∞12tdt∫1∞2t1dt diverge et ∫1∞cos2ttdt∫1∞tcos2t
dt converge, donc ∫1∞sin2ttdt∫1∞tsin2tdt diverge.
Par comparaison, puisque sin2tt≤∣sintt∣tsin2t≤tsint et que l'intégrale de la fonction
minorante diverge, l'intégrale diverge.
L’inteˊgrale divergeL’inteˊgrale diverge