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Rédaction : Résumé et Dissertation 2013

Le document présente les consignes pour une épreuve de rédaction, qui se compose d'un résumé de texte et d'une dissertation. Le résumé doit être de 200 mots avec des indications de structure, tandis que la dissertation doit confronter trois œuvres sans se limiter à des monographies individuelles. Le texte à résumer aborde la nature du langage et son évolution, soulignant que la communication humaine est fondée sur des interactions préexistantes et que le langage exprime autant par les silences que par les mots.

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Le document présente les consignes pour une épreuve de rédaction, qui se compose d'un résumé de texte et d'une dissertation. Le résumé doit être de 200 mots avec des indications de structure, tandis que la dissertation doit confronter trois œuvres sans se limiter à des monographies individuelles. Le texte à résumer aborde la nature du langage et son évolution, soulignant que la communication humaine est fondée sur des interactions préexistantes et que le langage exprime autant par les silences que par les mots.

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Rédaction

2013
MP, PC, PSI
4 heures Calculatrices interdites
L’usage de tout système électronique ou informatique est interdit dans cette épreuve.

Remarques importantes
1. Présenter sur la copie, en premier lieu, le résumé de texte, et en second lieu, la dissertation.
2. Il est tenu compte, dans la notation, de la présentation, de la correction de la forme (syntaxe, orthographe),
de la netteté de l’expression et de la clarté de la composition.
3. L’épreuve de Rédaction comporte obligatoirement deux parties, un résumé et une dissertation. Tous deux
forment un ensemble indissociable.

I Résumé de texte
Résumer en 200 mots le texte suivant. Un écart de 10% en plus ou en moins sera accepté. Distinguer chaque
tranche de 50 mots par une barre verticale bien nette et indiquer le total exact à la fin du résumé.

Parler, c’est à chaque moment détailler une Elle perdrait conscience d’elle-même si elle s’enfer-
communication dont le principe est déjà posé. On de- mait en elle-même, et cesserait d’honorer l’homme
mandera peut-être comment. Car enfin, si ce qu’on si elle ne connaissait aussi le silence pré-humain. La
nous dit de l’histoire de la terre est fondé, il faut bien première parole trouvait son sens dans le contexte de
que la parole ait commencé, et elle recommence avec conduites déjà communes comme la première consti-
chaque enfant. Que l’enfant aille du tout aux par- tution continuait en la dépassant une histoire spon-
ties dans la langue, — même s’il n’emploie lui-même, tanée. Puisqu’on ne peut faire l’économie, dans le
pour commencer, que quelques-unes de ses possibili- fonctionnement du langage établi, de ce mouvement
tés, — ce n’est pas surprenant, puisque le fonctionne- par lequel l’auditeur ou le lecteur dépasse les gestes
ment de la parole adulte s’offre à lui en modèle. Il la linguistiques vers leur sens, le mystère de la première
saisit d’abord comme ensemble vague et par un mou- parole n’est pas plus grand que le mystère de toute
vement de va-et-vient chacun des instruments d’ex- expression réussie. Dans l’un comme dans l’autre il
pression qui en émerge suscite des remaniements de y a invasion d’un spectacle privé par un sens agile,
l’ensemble. Mais que dire de la première parole de indifférent aux ténèbres individuelles qu’il vient ha-
l’humanité ? Elle ne s’appuyait pas sur une langue biter. Mais ce vide du sens s’est préparé dans le
déjà établie ; il a bien fallu, dira-t-on, qu’elle fût si- plein de la vie individuelle, comme l’ébullition dans
gnifiante par elle-même. Mais ce serait oublier que le la masse de l’eau, dès que le senti s’est coagulé en
principe de la communication était déjà donné avant choses. La parole en un sens reprend et surmonte,
elle par le fait que l’homme perçoit l’autre homme mais en un sens conserve et continue la certitude sen-
dans le monde, comme partie du spectacle, et qu’ain- sible, elle ne perce jamais tout à fait le « silence éter-
si tout ce que l’autre fait a déjà même sens que ce nel », de la subjectivité privée. Maintenant encore,
que je fais, parce que son action (en tant que j’en il continue par-dessous les paroles, il ne cesse pas
suis spectateur) vise les mêmes objets auxquels j’ai de les envelopper, et, pour peu que les voix soient
à faire. La première parole ne s’est pas établie dans lointaines ou indistinctes, ou le langage assez diffé-
un néant de communication parce qu’elle émergeait rent du nôtre, nous pouvons retrouver, devant lui,
des conduites qui étaient déjà communes et prenait la stupeur du premier témoin de la première parole.
racine dans un monde sensible qui déjà avait ces-
sé d’être monde privé. Certes, elle a apporté à cette Nous ne comprendrons même le langage qu’à
communication primordiale et muette autant et plus ce prix. Dire qu’aucun signe isolé ne signifie, et
qu’elle n’en recevait. Comme toutes les institutions, que le langage renvoie toujours au langage, puisque
elle a transformé le congénère en homme. Elle a inau- à chaque moment seuls quelques signes sont reçus,
guré un nouveau monde, et, pour nous qui sommes c’est aussi dire que le langage exprime autant par ce
dedans et savons de quel renversement copernicien qui est entre les mots que par les mots eux-mêmes,
elle est responsable, il est légitime de refuser les pers- et par ce qu’il ne dit pas que par ce qu’il dit, comme
pectives qui présenteraient le monde des institutions le peintre peint, autant que par ce qu’il trace, par
et du langage comme second et dérivé par rapport les blancs qu’il ménage, ou par les traits de pinceau
au monde de la nature, et de vivre dans une sorte de qu’il n’a pas posés. L’acte de peindre est à deux
religion de l’homme. Cependant, comme toutes les faces : il y a la tache de couleur ou de fusain que
religions, celle-ci ne vit que d’emprunts extérieurs. l’on met sur un point de la toile ou du papier, et

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il y a l’effet de cette tache sur l’ensemble, sans com- que le trait choisi l’a été de manière à satisfaire à dix
mune mesure avec elle, puisqu’elle n’est presque rien conditions éparses sur le tableau, informulées, infor-
et qu’elle suffit à changer un portrait ou un paysage. mulables pour tout autre que Matisse, puisqu’elles
Et quelqu’un qui observerait le peintre de trop près, n’étaient définies et imposées que par l’intention de
le nez sur son pinceau, ne verrait que l’envers de son faire ce tableau-là qui n’existait pas encore. Il n’en
travail. L’envers c’est ce mince trait noir, l’endroit va pas autrement de la parole vraiment expressive,
c’est la grande tache de soleil qu’il se met à circons- — et donc de tout langage dans sa phase d’établis-
crire. L’expérience a été faite. Une caméra a enre- sement. Elle ne choisit pas seulement un signe pour
gistré au ralenti le travail de Matisse. L’impression une signification déjà définie, comme on va chercher
était prodigieuse, au point que Matisse lui-même en un marteau pour enfoncer un clou ou une tenaille
fut, raconte-t-on, ému. Le même pinceau qui vu à pour l’arracher. Elle tâtonne autour d’une intention
l’œil nu sautait d’une action à l’autre, on le voyait de signifier qui ne dispose d’aucun texte pour se gui-
méditer, dans un temps dilaté et solennel, dans une der, qui justement est en train de l’écrire. Et si nous
imminence de commencement du monde, commen- voulons saisir la parole dans son opération la plus
cer dix actions possibles, exécuter devant la toile propre, et de manière à lui rendre pleine justice, il
comme une danse propitiatoire, la frôler plusieurs nous faut évoquer toutes celles qui auraient pu ve-
fois jusqu’à la toucher presque, et s’abattre enfin nir à sa place, et qui ont été omises, sentir comme
comme l’éclair sur le seul tracé nécessaire. […] Tout elles auraient autrement touché et ébranlé la chaîne
s’est passé dans le monde humain de la perception du langage, à quel point celle-ci était vraiment la
et du geste, et c’est l’artifice de la caméra et du seule possible, si cette signification devait venir au
ralenti de nous donner de l’événement une version monde… Bref, il nous faut considérer la parole avant
fascinante en nous faisant croire que la main de Ma- qu’elle soit prononcée, sur le fond du silence qui la
tisse a miraculeusement passé du monde physique où précède, qui ne cesse pas de l’accompagner, et sans
une infinité de solutions sont possibles, au monde de lequel elle ne dirait rien ; davantage, il nous faut être
la perception et du geste où quelques-uns seulement sensible à ces fils de silence dont le tissu de la parole
le sont. Cependant, il est vrai que la main a hésité, est entremêlé1.
qu’elle a médité, il est donc vrai qu’il y a eu choix,

Maurice Merleau-Ponty, La Prose du monde, II, « La science et l’expérience de l’expression », Paris,


Gallimard, « Tel », 2008, p. 59-64 (première édition [publication posthume] : Paris, Gallimard, 1969).

II Dissertation
Votre devoir devra obligatoirement confronter les trois œuvres et y renvoyer avec précision. Il ne faudra, en
aucun cas, juxtaposer trois monographies, chacune consacrée à un auteur. Votre copie ne pourra pas excéder
1200 mots. Un décompte exact n’est pas exigé, mais tout abus sera sanctionné.

Selon Maurice Merleau-Ponty, « le langage exprime autant par ce qui est entre les mots que par les mots
eux-mêmes, et par ce qu’il ne dit pas que par ce qu’il dit ». Dans quelle mesure votre lecture de œuvres du
programme vous permet-elle d’étendre cette conception du langage à la parole ?

• • • FIN • • •

1 En marge : on ne sait pas ce qu’on dit, on sait après avoir dit.

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