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Principe de précaution : enjeux et législation

Le principe de précaution est une approche juridique et politique visant à adopter des mesures préventives face à des risques environnementaux ou sanitaires, même sans certitudes scientifiques. Originaire d'Allemagne dans les années 1970, il a été intégré dans le droit international et européen, devenant un fondement des politiques de protection de l'environnement. En France, il a été formellement reconnu par la loi Barnier de 1995 et s'applique à divers domaines, bien que son encadrement législatif reste partiel.

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Principe de précaution : enjeux et législation

Le principe de précaution est une approche juridique et politique visant à adopter des mesures préventives face à des risques environnementaux ou sanitaires, même sans certitudes scientifiques. Originaire d'Allemagne dans les années 1970, il a été intégré dans le droit international et européen, devenant un fondement des politiques de protection de l'environnement. En France, il a été formellement reconnu par la loi Barnier de 1995 et s'applique à divers domaines, bien que son encadrement législatif reste partiel.

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Introduction

Le principe de précaution constitue une approche juridique et politique essentielle


qui autorise l’adoption de mesures préventives face à un risque potentiel de
dommages graves ou irréversibles à l’environnement ou à la santé, même en l’absence
de certitudes scientifiques complètes. Ce principe est mobilisé lorsque les
connaissances sont insuffisantes pour évaluer pleinement le danger, mais que
l’inaction pourrait avoir des conséquences dramatiques (COM, 2000). Son origine
remonte à l’Allemagne des années 1970, où il est conceptualisé sous le nom de
Vorsorgeprinzip (« principe de prévoyance »). Il fut inscrit dès cette époque dans
les politiques publiques allemandes de lutte contre la pollution de l’air et de
l’eau. Il est ensuite intégré dans plusieurs législations environnementales des
Länder et reconnu par la jurisprudence allemande dès 1978, posant ainsi les
fondements d’un principe juridique pionnier ( O’Riordan, T., et al, 1994). Ce
principe a acquis une reconnaissance internationale avec la Déclaration de Rio sur
l’environnement et le développement (1992), adoptée lors de la Conférence des
Nations Unies. Le principe 15 de cette déclaration stipule que :
« Lorsqu’il y a des risques de dommages graves ou irréversibles, l’absence de
certitude scientifique absolue ne doit pas servir de prétexte pour remettre à plus
tard l’adoption de mesures effectives » ( Rio, 1992, Principe 15.). L’émergence du
principe est directement liée à l’accroissement des risques liés au progrès
technologique, à l’industrialisation et à la mondialisation. De nombreuses crises
environnementales et sanitaires ont marqué cette période : catastrophe chimique de
Seveso (1976), accident industriel de Bhopal (1984), pollution généralisée des
milieux, controverses sur les OGM, perturbateurs endocriniens, substances chimiques
persistantes, ou encore les effets du changement climatique ( Godard, O. 2001).
Face à ces défis, le principe de précaution s’impose comme une réponse à
l’incertitude scientifique, mais aussi comme une exigence éthique et politique dans
la gouvernance des risques. Il vise à éviter des dommages irréversibles en adoptant
des mesures proportionnées, réversibles, et débattues démocratiquement, dans une
logique de protection intergénérationnelle de l’environnement et de la santé
humaine : (Jonas, H. 1979).
* Fondement et portée du principe de précaution.

• Principe de précaution et droit international


C’est en Allemagne que l’on retrouve les origines du « principe de
précaution », avec la doctrine du « Vorsorgenprinzip », qui se développa
dans les années 1970. Il fut inscrit dans le droit de l’environnement allemand
via la loi de 1974 relative aux pluies acides, qui fait alors référence à
l’obligation des exploitants d’installations classées de se conformer à des
mesures de précaution en vue de la protection de l’environnement (O’Riordan &
Cameron, 1994) . Point de
départ de toute une série de lois adoptées par le Gouvernement fédéral, ce
principe de gouvernance politique ne s’apparente pas alors exactement au
principe de précaution tel qu’on le connaît aujourd’hui, mais s’apparente
davantage au concept de « prévention » contre les dommages causés à
l’environnement. La loi sur la protection de l’environnement de 1969 en Suède
s’inscrit dans ce même cadre.
À partir de là, c’est surtout en droit international que le principe de
précaution a rayonné, mais davantage en tant qu’engagement collectif et
conventionnel à bien faire pour protéger l’environnement que comme
norme juridique contraignante. Mais « l’esprit » du principe de précaution
que l’on connaît aujourd’hui est déjà présent. L’influence de l’Allemagne est,
de ce point de vue, très nette dans l’élaboration de la législation
internationale sur la protection de la mer du Nord.
Si, dans la convention de Vienne de 1985 sur la protection de la
couche d’ozone, l’idée de précaution n’est pas encore mentionnée comme un
principe2, en revanche, la déclaration ministérielle de la deuxième
Conférence internationale sur la protection de la mer du Nord du
25 novembre 1987 (Déclaration de Londres, paragraphe VII) mentionne
explicitement pour la première fois la notion de « principe » de précaution :
« Une approche de précaution s’impose afin de protéger la mer du
nord des effets dommageables éventuels des substances les plus dangereuses.
Elle peut requérir l’adoption de mesures de contrôle des émissions de ces
substances
avant même qu’un lien de cause à effet soit formellement établi sur le plan
scientifique ». 1987 est également l’année de parution du rapport Brundtland de la
Commission mondiale sur l’environnement et le développement, qui en fait
un pilier du droit de l’environnement mondial. Le principe de précaution essaime
alors dans plusieurs textes
internationaux, par exemple dans la Convention-cadre de New-York du 9 mai 1992 sur
les changements climatiques, il est précisé : « Il incombe aux parties de prendre
les mesures de précaution pour prévoir, prévenir ou atténuer les causes des
changements climatiques ou en limiter les effets néfastes. Quand il y a risque de
perturbations graves ou irréversibles, l’absence de certitudes scientifiques
absolues ne doit pas servir de prétexte pour différer l’adoption de telles mesures
qu’appellent les changements climatiques requièrent un bon rapport coût-efficacité,
de manière à garantir les avantages globaux au coût le plus bas possible »
(article 3.3). De manière plus significative, lors du Sommet de la Terre, la
Déclaration de Rio de 1992 sur l’environnement et le développement en fait son 15e
principe : « Pour protéger l’environnement, des mesures de précaution doivent être
largement appliquées par les États selon leurs capacités. En cas de risque de
dommages graves ou irréversibles, l’absence de certitude scientifique absolue ne
doit pas servir de prétexte pour remettre à plus tard l’adoption de mesures
effectives visant à prévenir la dégradation de l’environnement ». Cette
généralisation ne peut néanmoins s’apparenter à l’avènement
d’une norme internationale contraignante pour les États. Comme le remarque le
professeur Michel Prieur : « La diversité des formulations retenues explique ces
hésitations. Selon les textes, il s’agit soit d’une approche, soit d’un principe,
soit d’une mesure. Il ne s’agirait pas encore d’un principe à valeur coutumière au
sens du droit international faute d’un contenu stable et précis ». ( M. Jean BIZET,
2014)
À la fin des années 1990, le Tribunal international du droit de la mer
enjoint pourtant le Japon à prendre des mesures de précaution, en l’occurrence à
s’abstenir de mettre en œuvre un programme de pêche pour un motif de précaution
relatif à la conservation du thon à nageoire bleue
(ordonnance du 27 août 1999).
• fondement Européenne Ou Principe
de précaution et droit communautaire (UE)
Même si le principe de précaution n’est pas une règle contraignante en droit
international général, il a acquis une force normative bien plus marquée en droit
de l’Union européenne, ce qui oblige les États membres à l’appliquer dans leur
ordre juridique interne (Prieur, 2006).
Ce principe a été formellement intégré dans les traités européens à partir du
Traité de Maastricht (1992), où il figurait à l’article 130-R. Il est ensuite
devenu l’article 174 du Traité d’Amsterdam (1997), avant d’être codifié à l’article
191 du Traité sur le fonctionnement de l’Union européenne (TFUE). Cet article
constitue aujourd’hui le fondement juridique principal du principe de précaution en
droit européen (Chevallier, 2002).
L’article 191 TFUE dispose que la politique environnementale de l’UE est fondée,
entre autres, sur le principe de précaution, en plus des principes d’action
préventive, de correction à la source et du pollueur-payeur. Ce cadre vise à
garantir un niveau élevé de protection de l’environnement et de la santé humaine
(Journal officiel de l’Union européenne, 2012).
L’Union prend ses décisions environnementales en tenant compte :
• des données scientifiques disponibles,
• du développement économique et social,
• des coûts de l’action ou de l’inaction,
• de la diversité des situations régionales (TFUE, 2012).
⁃ Communication de la Commission européenne (2000): Le 2 février 2000,
la Commission européenne a publié une communication interprétative sur le principe
de précaution. Ce texte, bien qu’il ne soit pas juridiquement contraignant, joue un
rôle fondamental en définissant les conditions de mise en œuvre du principe
(Commission européenne, 2000).Selon cette communication :
• Le principe peut être invoqué lorsqu’un danger potentiel est identifié,
sans qu’un lien de causalité ne soit scientifiquement établi.
• Il repose sur trois conditions cumulatives :
1. des effets potentiellement négatifs,
2. une évaluation scientifique des données disponibles,
3. une incertitude persistante quant à la réalité du risque (Commission
européenne, 2000).
Cette définition permet une application plus souple du principe, notamment dans des
domaines autres que l’environnement, comme la santé humaine, animale et végétale
(Chevallier, 2002).
⁃ Élargissement et portée jurisprudentielle: Le champ d’application du
principe de précaution s’est rapidement élargi en droit communautaire. Il a été
consacré dans le domaine de la santé publique et phytosanitaire, comme le montre la
résolution du Conseil européen de Nice (2000), et renforcé par la jurisprudence de
la CJUE (Godard, 2001). Entre 1997 et 2009, plus de 40 décisions relatives au
principe de précaution ont été rendues par :
• la CJUE,
• l’Organisation mondiale du commerce (OMC),
• la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH)
(OPECST, 2009).
◦ Position de la CJUE : La CJUE, en particulier, a précisé que
l’application du principe repose .
✓ . sur une évaluation scientifique rigoureuse, exigeant
l’identification d’un risque plausible et sérieux,
• sur la nécessité d’agir proportionnellement, sans pour autant tomber
dans une logique d’inaction excessive, c’est-à-dire sans exiger une absence totale
de risque (CJUE, aff. C-333/08, Commission c. France, 2010 ; Prieur, 2006).
*Droit national : principe de droit français.

Le principe de précaution, tel qu’il a été progressivement intégré dans le droit


français

• Nature et évolution juridique du principe en France :

⁃ Reconnaissance nationale : Le principe de précaution a été formellement


introduit en droit français par la loi Barnier du 2 février 1995 (loi n° 95-101
relative au renforcement de la protection de l’environnement ; voir Barnier,
1995).Il a ensuite été codifié à l’article L. 110-1 du Code de l’environnement, qui
énumère les grands principes généraux du droit de l’environnement, parmi lesquels
le principe de précaution figure en première place (Code de l’environnement, art.
L.110-1).
« Le principe de précaution, selon lequel l’absence de certitudes, compte tenu des
connaissances scientifiques et techniques du moment, ne doit pas retarder
l’adoption de mesures effectives et proportionnées visant à prévenir un risque de
dommages graves et irréversibles à l’environnement à un coût économiquement
acceptable » (Code de l’environnement, L.110-1, modifié 2009).
⁃ Spécificité française: En France, le champ d’application initial du
principe de précaution a été limité à l’environnement, excluant la santé publique –
contrairement au droit de l’Union européenne, qui en permet une application plus
large (Godard, 2001). Par ailleurs, ce principe est distinct du principe de
prévention, car il s’applique en cas d’incertitude scientifique, alors que la
prévention suppose un risque déjà établi (Prieur, 2006).
⁃ Encadrement législatif partiel: Bien que le Code de l’environnement
précise que les principes énoncés, dont celui de précaution, doivent être appliqués
« dans le cadre des lois qui en définissent la portée », aucune loi spécifique
n’est venue préciser les modalités concrètes d’application de ce principe, ce que
plusieurs rapports parlementaires ont regretté (Assemblée nationale, rapport
d’information n° 2131, 2000).
⁃ Reconnaissance jurisprudentielle : Le Conseil d’État a reconnu le
principe de précaution comme principe juridique applicable en droit interne dans un
arrêt rendu le 1er octobre 2001 (Association Greenpeace France, n° 229814), à
propos de l’introduction d’OGM sur le territoire français (Conseil d’État, 2001).
Cette décision a consacré le principe comme fondement de légalité pour les
décisions administratives liées à des risques environnementaux incertains, marquant
une étape importante dans la jurisprudence française (Prieur, 2006).
• Portée et domaines d’application
Bien qu’il soit issu du droit de l’environnement, le principe de précaution a vu
son champ s’élargir à d’autres domaines, en particulier en Europe. La Communication
de la Commission européenne de 2000 indique clairement que ce principe s’applique
non seulement à l’environnement, mais aussi à la santé humaine, à la sécurité
alimentaire et à la santé animale ou végétale (Commission européenne, 2000).
⁃ Dans le domaine de la santé, il a par exemple été invoqué lors des
débats sur la vaccination ou les pandémies, justifiant des mesures de prévention en
situation d’incertitude (Kourilsky & Viney, 2000).
⁃ En sécurité alimentaire, le principe est mobilisé dans le cadre des
règlements européens comme le Règlement (CE) n° 178/2002, qui régit la sécurité des
denrées alimentaires dans l’Union et repose explicitement sur le principe de
précaution en cas de doute sur la dangerosité d’un aliment (Parlement européen &
Conseil, 2002).
⁃ En matière de biotechnologie, la jurisprudence Greenpeace (CE, 2001) a
montré comment le principe pouvait être utilisé pour suspendre l’introduction
d’OGM, même en l’absence de consensus scientifique sur leur dangerosité (Conseil
d’État, 2001).
⁃ En droit international, bien que le principe de précaution n’ait pas de
valeur contraignante absolue, il influence des décisions contentieuses : par
exemple, dans l’affaire Thon à nageoire bleue (TIDM, 1999), le tribunal a ordonné
l’arrêt d’un programme de pêche scientifique en raison de l’incertitude sur les
effets environnementaux (TIDM, 1999).

• Fondements et portée du principe de précaution : Caractères du principe


Le principe de précaution repose sur quatre caractéristiques essentielles qui
structurent son application dans le droit contemporain : l’anticipation,
l’incertitude scientifique, la proportionnalité des mesures, et la non-
discrimination dans leur mise en œuvre.
⁃ Anticipation : L’anticipation constitue le cœur du principe de
précaution : il s’agit de prendre des mesures avant que des dommages ne soient
scientifiquement prouvés, lorsqu’un risque grave est raisonnablement envisageable.
Cette idée a été introduite dès les premières formulations du principe dans le
droit international, notamment dans la Déclaration de Rio de 1992, qui stipule que
l’absence de certitude scientifique ne doit pas empêcher l’adoption de mesures
préventives (Nations Unies, 1992).

⁃ Incertitude scientifique: Le principe s’applique en présence d’une


incertitude scientifique quant à l’ampleur ou à la nature du risque. Cette
dimension a été largement développée par la Commission européenne dans sa
communication de 2000, qui définit le principe comme applicable lorsqu’un danger
potentiel est identifié mais que les données scientifiques disponibles ne
permettent pas d’évaluer complètement le risque (Commission européenne, 2000).
Selon Kourilsky et Viney (2000), l’incertitude est la condition déclenchante de
l’action préventive fondée sur ce principe.
⁃ Proportionnalité : La proportionnalité est une exigence essentielle :
les mesures prises doivent être adaptées à la gravité du risque potentiel, mais
également économiquement acceptables (Code de l’environnement, art. L.110-1 ;
Barnier, 1995). Cela signifie que la réponse publique ne peut être excessive par
rapport au danger envisagé (Prieur, 2006). La CJUE a rappelé dans plusieurs arrêts
que les mesures fondées sur le principe de précaution doivent être « proportionnées
et non discriminatoires » (CJUE, affaire C-333/08, Commission c. France, 2010).
⁃ 4. Non-discrimination: La non-discrimination suppose que les mesures
adoptées au nom du principe de précaution s’appliquent de manière équitable, sans
favoriser ou défavoriser arbitrairement certains produits, États ou acteurs
économiques. La Commission européenne (2000) souligne que ce principe est
indispensable pour préserver la légitimité des actions prises dans des contextes
d’incertitude. La jurisprudence de l’OMC, notamment dans l’affaire Hormones (1998),
rappelle également que les mesures sanitaires ou environnementales doivent être
appliquées de manière cohérente à l’ensemble des situations comparables (OMC,
1998).
• Lien être le principe de précaution et les autres principes en droit de
l’environnement
Le principe de précaution est étroitement lié à d'autres principes fondamentaux du
droit de l'environnement, notamment : (Kiss & Shelton, 2004)
⁃ Le principe de prévention : ce principe vise à prévenir les dommages
environnementaux avant qu'ils ne se produisent (Commission européenne, 2000). Le
principe de précaution peut être vu comme une extension de ce principe, en tenant
compte des risques potentiels même en l'absence de certitudes scientifiques
absolues (Wiener, 2011). Exemple d'articulation : Le principe de précaution peut
être appliqué pour prévenir les dommages environnementaux potentiels liés à une
activité industrielle (Commission européenne, 2000).
⁃ Le principe pollueur-payeur : ce principe stipule que celui qui pollue
doit payer pour les dommages causés à l'environnement (OCDE, 1998). Le principe de
précaution peut aider à identifier les pollueurs potentiels et à prendre des
mesures pour prévenir les dommages (Faure & Grimeaud, 2003). Exemple d’articulation
: Le principe pollueur-payeur peut être appliqué pour faire payer l'entreprise
responsable des dommages causés à l'environnement (OCDE, 1998).
⁃ Le principe de participation : ce principe encourage la participation
du public à la prise de décision environnementale (Déclaration de Rio, 1992). Le
principe de précaution peut bénéficier de la participation du public pour
identifier les risques potentiels et prendre des mesures appropriées (UNEP, 2012).
Exemple d’articulation : Le principe de participation peut être appliqué pour
impliquer la communauté locale dans la prise de décision environnementale
(Déclaration de Rio, 1992).
⁃ - Le principe de correction : ce principe vise à corriger les dommages
environnementaux causés (Knoepfel, 2007). Le principe de précaution peut aider à
prévenir les dommages qui nécessiteraient une correction ultérieure (Knoepfel,
2007). Exemple d’articulation : Le principe de correction peut être appliqué pour
restaurer l'environnement en cas de dommages (Knoepfel, 2007).
⁃ Ces principes s'articulent pour former un cadre cohérent pour la
protection de l'environnement et la gestion des risques environnementaux (UNEP,
2012). Ces principes travaillent ensemble pour protéger l'environnement et
promouvoir un développement durable (UN, 2015).

• Conclusion

En définitive, le principe de précaution incarne une transformation profonde de la


manière dont le droit appréhende les risques, en plaçant l’incertitude scientifique
au cœur des décisions politiques et juridiques. Bien que son intégration dans les
ordres juridiques internationaux, européens et nationaux ait permis de renforcer la
protection de l’environnement et de la santé, son application reste sujette à
débat, notamment quant à ses effets sur l’innovation et la compétitivité. Il s’agit
désormais de concilier exigence de prudence et responsabilité politique, dans une
approche fondée sur la transparence, la proportionnalité et la participation
démocratique. Le principe de précaution, bien appliqué, constitue donc un pilier
essentiel d’une gouvernance environnementale durable et éthique, en réponse aux
défis globaux du XXIe siècle.

• Référence bibliographique
Barnier, M. (1995). Loi n°95-101 du 2 février 1995 relative au renforcement de la
protection de l’environnement.
• Chevallier, J. (2002). Le principe de précaution en droit
communautaire, Revue juridique de l’environnement.
• CJUE (2010). Affaire C-333/08, Commission c. France, Recueil de
jurisprudence.
• Code de l’environnement, article L.110-1 (modifié en 2009).
• Commission européenne (2000). Communication sur le recours au principe
de précaution, COM(2000) 1 final, Bruxelles, 2 février.
• Conseil d’État (2001). Association Greenpeace France, arrêt du 1er
octobre 2001, n°229814.
• Déclaration de Rio (1992). Principe 15 sur le principe de précaution.
• Faure, M. G., & Grimeaud, D. (2003). Principles of Environmental Law.
• Godard, O. (2001). Le principe de précaution dans la conduite des
affaires humaines, Rapport au Conseil d’État, La Documentation française.
• Jonas, H. (1979 / trad. fr. 1990). Le Principe responsabilité, Éditions
du Cerf.
• Journal officiel de l’Union européenne (2012). Traité sur le
fonctionnement de l’Union européenne, article 191, JOUE C 326/132, 26 octobre.
• Kiss, A., & Shelton, D. (2004). Guide du droit international de
l’environnement.
• Knoepfel, P. (2007). Politique de l’environnement et gestion des
risques.
• Kourilsky, P. & Viney, G. (2000). Le principe de précaution, Rapport au
Premier ministre, La Documentation française.
• M. Jean Bizet (2014). Sénat, session ordinaire de 2013-2014.
• OCDE (1998). Le principe pollueur-payeur et les politiques
environnementales.
• OMC (1998). Communautés européennes – Produits carnés (hormones),
Organe d’appel, WT/DS26/AB/R.
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• O’Riordan, T. & Cameron, J. (1994). Interpreting the Precautionary
Principle, Earthscan.
• Parlement européen & Conseil (2002). Règlement (CE) n° 178/2002 du 28
janvier 2002.
• Prieur, M. (2006). Droit de l’environnement, Dalloz, 5e éd.
• TIDM (1999). Affaire du thon à nageoire bleue, ordonnance sur mesures
conservatoires, 27 août.
• UN (2015). Objectifs de développement durable.
• UNEP (2012). L’avenir de l’environnement mondial.
• Wiener, J. B. (2011). The Real Pattern of Precaution.
• Assemblée nationale (2000). Rapport d’information n° 2131 sur la mise
en œuvre du principe de précaution.

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