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Procédure de Conciliation OHADA

Le chapitre 2 traite de la procédure de conciliation introduite par le législateur OHADA en 2015, visant à aider les entreprises en difficulté à trouver un accord amiable avec leurs créanciers sans passer par la justice. Cette procédure est accessible à une large gamme de débiteurs, tant personnes physiques que morales, et nécessite la désignation d'un conciliateur pour faciliter les négociations. L'accord résultant de cette conciliation est un acte privé qui doit être élaboré avant toute cessation de paiements, permettant ainsi un traitement préventif des difficultés économiques.

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Procédure de Conciliation OHADA

Le chapitre 2 traite de la procédure de conciliation introduite par le législateur OHADA en 2015, visant à aider les entreprises en difficulté à trouver un accord amiable avec leurs créanciers sans passer par la justice. Cette procédure est accessible à une large gamme de débiteurs, tant personnes physiques que morales, et nécessite la désignation d'un conciliateur pour faciliter les négociations. L'accord résultant de cette conciliation est un acte privé qui doit être élaboré avant toute cessation de paiements, permettant ainsi un traitement préventif des difficultés économiques.

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CHAPITRE 2 : LA PROCEDURE DE CONCILIATION

C’est une des innovations du législateur OHADA de 2015 dont la finalité est de permettre un sauvetage de
l’entreprise en difficulté en dehors de toute décision de justice, de manière rapide et confidentielle. Autrement
dit, elle vise à trouver un accord amiable avec les principaux créanciers du débiteur, en vue de mettre fin à ses
difficultés.
Cette procédure consiste pour le chef d’entreprise à saisir le président de la juridiction compétente en
matière de procédure collective aux fins de désignation d’un conciliateur dont la mission sera de rapprocher le
débiteur de ses créanciers et de parvenir à un accord selon lequel en contrepartie des sacrifices financiers
consentis par ces derniers, le débiteur s’oblige à prendre des mesures de redressement. Le traitement des
difficultés est donc contractuel, discret, facultatif et simple. L’accord amiable qui en résulte est une convention
de droit privé, à titre onéreux, un acte collectif, marqué par l’intuitu personae.
L’accord amiable résultant de la conciliation est donc une technique privée de traitement préventif des
difficultés de l’entreprise.
La procédure de conciliation est organisée par les articles 5-1 à 5-14 AUPC/ AP qui décrivent la procédure
devant le président de la juridiction compétente en matière de procédure collective. Cette procédure se veut
souple et attractive aussi bien pour le débiteur que pour les créanciers.
Le législateur OHADA précise les conditions d’ouverture de la conciliation (section 1) et organise ses effets
(section 2).
Section 1 : L’ouverture de la conciliation
Aux termes des articles 5-1 et 1-1 AUPC, la conciliation est ouverte à toute personne physique exerçant une
activité professionnelle indépendante, civile, commerciale, artisanale ou agricole, à toute personne morale de
droit privé ainsi qu’à toute entreprise publique ayant la forme d’une personne morale de droit privé qui connaît
des difficultés avérées ou prévisibles mais qui ne sont pas encore en état de cessation des paiements.
C’est une procédure au domaine très large (Parag. 1) et au mécanisme d’élaboration bien précis (Parag. 2).
Parag. 1 : Le domaine de la procédure de conciliation
Il s’agit des conditions de fond d’ouverture de la conciliation. Elles tiennent à la personne et à la situation
économique et financière. Pour définir le domaine d’application de la conciliation, l’article 5-1 fait référence à
l’article 1-1 AUPC qui précise les bénéficiaires (A) qui doivent éprouver une difficulté avérée ou prévisible mais
sans être en état de cessation des paiements (B) et implicitement doivent être susceptibles d’être sauvés (C).
A. Les personnes bénéficiaires de la conciliation
A la lecture des textes, on note une diversité des personnes susceptibles de bénéficier d’un accord amiable.
En effet, l’article 5-1 AUPC renvoyant à l’article 1-1 AUPC donne accès à la procédure de conciliation devant le
président de la juridiction compétente en matière de procédure collective à tout débiteur « personne physique
exerçant une activité professionnelle indépendante, civile, commerciale, artisanale ou agricole, à toute personne
morale de droit privé ainsi qu’à toute entreprise publique ayant la forme d’une personne morale de droit privé
».
La formule est donc très large et elle présente même une certaine redondance. Une fois visé l’exercice d’une
activité professionnelle indépendante, il n’était a priori pas nécessaire d’ajouter « civile, commerciale, artisanale,
ou agricole ». Cette précision présente toutefois l’avantage de lever toute ambiguïté sur le champ d’application
de l’AUPC révisé et s’inscrit dans la vocation pédagogique du texte ; c’est particulièrement vrai pour les
professions civiles dont l’entrée dans le champ de la commercialité a toujours été discutée.
Conformément à l’article 1-1 de l’AUPC, il s’agit des personnes exerçant une activité professionnelle
indépendante civile, commerciale, artisanale ou agricole. Il n’est pas tenu compte de la taille des entreprises.
L’essentiel est qu’elles soient structurées ou qu’elles puissent justifier de la réalité de leur activité. Étant une
mesure de faveur mise à la disposition des professionnels pour leur permettre de redresser leurs entreprises en
difficulté, on doit considérer que seuls les professionnels exerçant régulièrement leur activité en ayant respecté
toutes les règles inhérentes à leur statut, peuvent recourir à cette procédure préventive.
Relevons que le législateur ne vise pas les commerçants mais les personnes exerçant une activité
commerciale, ce dont il résulte que ce n’est plus la qualité qui prévaut mais l’exercice de l’activité. Par ailleurs,
le champ d’application de l’AUPC n’est donc plus limité aux commerçants puisque sont désormais concernées
les activités civiles, artisanales et agricoles. Le droit des procédures collectives dans l’espace OHADA s’applique
désormais à tout le secteur « économique ». Les avocats, médecins, architectes, etc., mais aussi les artisans et
les agriculteurs sont concernés.
En évoquant une activité indépendante, le texte exclut bien sûr tous les salariés et plus généralement toute
personne qui exercerait une activité dans le cadre de laquelle elle est soumise à un lien de subordination. Il
reviendra aux juges du fond de vérifier qu’il s’agit bien d’une activité exercée à titre « professionnel », et non
d’un acte isolé. A titre d’exemple, le simple statut d’entreprenant ne saurait suffire, il est nécessaire de
démontrer une activité effective s’inscrivant dans la durée. Cette démonstration doit être très rigoureuse
puisque le droit des procédures collectives est désormais favorable au débiteur, quelle que soit la procédure
appliquée, y compris la liquidation des biens.
Par conséquent, peu importe la forme de l’entreprise concernée, entreprises individuelles, sociétés
commerciales ou civiles, associations, groupement d’intérêt économique et sociétés coopératives.
Peu importe la taille des entreprises dans la mesure où la loi n’a pas prévu de seuil particulier pour accéder
à la procédure de conciliation.
B. Les difficultés rencontrées
La procédure de conciliation suppose que la personne qui en demande le bénéfice « connaisse des
difficultés avérées ou prévisibles », mais ne se trouve « pas encore en état de cessation des paiements ».
La conciliation est ouverte à des personnes qui rencontrent des difficultés avérées ou prévisibles. Ces
difficultés peuvent être d’ordre économique, financier ou même juridique. Les difficultés financières peuvent
être liées aux retards de paiement, à l’absence de trésorerie. Sur le plan économique, ces difficultés peuvent
tenir, notamment, à la nature des marchandises achetées ou livrées ou aux délais de livraison. Elles peuvent
aussi être d’ordre juridique et résulter, par exemple, des modalités d’exécution ou de modification de certains
contrats.
C. Les mesures de redressement
La conciliation n’est envisageable que si la personne qui en demande le bénéfice entend prendre des
mesures de redressement, ce qui suppose qu’elle ne se trouve pas dans une situation de cessation des
paiements. La mission du conciliateur étant de favoriser la conclusion d’un accord amiable « destiné à mettre
fin aux difficultés de l’entreprise », le débiteur doit pouvoir persuader le président qu’avec un financement
adapté, l’entreprise pourra être remise sur pieds et pourra surmonter des difficultés qui demeureront
simplement passagères. C’est pourquoi certains documents sont exigés à l’appui de la demande afin d’obtenir
la désignation d’un conciliateur. Il est indispensable que le débiteur présente lui-même les moyens de faire face
aux difficultés rencontrées par son entreprise, afin d’effectuer, en tout ou partie, sa restructuration financière
ou opérationnelle pour la sauvegarder. Cette restructuration s’effectue par le biais de négociations privées et de
la conclusion d’un accord de conciliation négocié entre le débiteur et ses créanciers ou, au moins, ses principaux
créanciers, grâce à l’appui d’un tiers neutre, impartial et indépendant, dit « conciliateur ».
Le conciliateur désigné par le tribunal aura pour mission de favoriser la conclusion d’un accord amiable
entre le débiteur et ses principaux créanciers, destiné à mettre fin aux difficultés de l’entreprise.
Parag. 2 : La mise en œuvre de la procédure de conciliation
L’AUPC prévoit des règles de forme assez libérales pour la procédure de conciliation qui doit intervenir avant
la cessation des paiements. La désignation du conciliateur est subordonnée à la communication de certains
documents au président du tribunal (A) devant favoriser la conclusion d’un accord (B).
A. La saisine du président du tribunal
L’ouverture de la procédure de conciliation exige une initiative du débiteur seul ou conjointement avec un
ou plusieurs créanciers. Ce qui veut dire que le débiteur n’a pas le monopole de l’initiative. La demande doit
être formulée par voie de requête, donc par écrit. Elle doit être accompagnée d’un certain nombre de
documents signés et certifiés conformes et sincères par le requérant et datant de moins de trente (30) jours.
Dans le cas où l'un des documents ci-dessus exigés ne peut être fourni, ou ne peut l'être qu'incomplètement, la
requête doit contenir l'indication des motifs de cet empêchement.
Il s’agit des documents suivants :
1°) une attestation d'immatriculation, d'inscription ou de déclaration d'activité à un registre ou à un ordre
professionnel ou, à défaut, tout autre document de nature à prouver la réalité de l'activité exercée par le
débiteur ;
2°) le cas échéant, les états financiers de synthèse comprenant le bilan, le compte de résultat, un tableau
financier des ressources et des emplois, l'état annexé et, en tout état de cause, le montant du chiffre d'affaires
et des bénéfices ou des pertes des trois derniers exercices ;
3°) un état de la trésorerie et un état chiffré des créances et des dettes avec indication des dates d'échéance ;
4°) un document indiquant le nombre de travailleurs déclarés et immatriculés, à la date de la demande ;
5°) une attestation émanant du débiteur par laquelle il déclare sur l'honneur ne pas être en état de cessation de
paiements et précise, en outre, qu'il n'est pas soumis à une procédure de règlement préventif, de redressement
judiciaire ou de liquidation des biens qui ne serait pas clôturée ;
6°) si le débiteur propose un conciliateur, un document indiquant les noms, prénoms, qualités et domicile de la
personne proposée et une attestation de cette dernière indiquant ses compétences professionnelles ;
7°) le cas échéant, un document indiquant les noms, prénoms et domicile des créanciers qui se joignent à la
demande du débiteur et le montant de leurs créances et des éventuelles sûretés dont elles sont assorties.

La requête est adressée au président du tribunal compétent en matière de procédure collective du lieu du
siège social ou du principal établissement du débiteur.
Dès sa réception, le président instruit la demande et fait convoquer, par le greffier, le débiteur pour une
audience à huis clos au cours de laquelle il prend la décision de désigner ou non un conciliateur.
Avant de prendre sa décision, le président du tribunal, pour apprécier la situation du débiteur, ne peut se
renseigner sur la situation économique du débiteur qu’à travers les éléments figurant dans la requête.
B. La désignation du conciliateur
Aux termes de l’article 5-3 AUPC, le président de la juridiction compétente peut désigner un conciliateur
pour une durée n’excédant pas trois (03) mois, mais qu’il peut par décision motivée, proroger d’un mois au plus
à la demande du débiteur, après avis écrit du conciliateur. A l’expiration de ces délais, la conciliation prend fin
de plein droit et il ne peut être ouvert une nouvelle procédure de conciliation avant expiration d’un délai de
trois (03) mois.
La décision ouvrant ou rejetant la conciliation n’est pas publiée afin de préserver le caractère confidentiel
qui constitue un sérieux avantage pour le débiteur.
La décision du président intervenant en l’absence de litige, la démarche est gracieuse par conséquent, le
président qui est saisi par une requête ouvre la procédure de conciliation par une ordonnance sur requête à
travers laquelle le conciliateur est désigné.
Cependant, le président de la juridiction n’est pas totalement libre du choix de la personne du conciliateur,
car le débiteur peut lui en proposer un.
Le profil du conciliateur n’est pas défini avec précision. Néanmoins, il résulte de l’article 5-4 AUPC que le
conciliateur doit avoir le plein exercice de ses droits civils, justifier de sa compétence professionnelle et
demeurer indépendant et impartial vis-à-vis des parties concernées par la conciliation.
Le conciliateur qui accepte sa mission doit porter cette acceptation à la connaissance du président de la
juridiction compétente, sans délai. S’il suppose en sa personne une cause de récusation, il doit en informer le
président de la juridiction et ne peut accepter sa mission qu’avec l’accord unanime et écrit des parties
concernées par la conciliation. Aucun parent ou allié du débiteur jusqu’au quatrième degré inclus ne peut être
désigné. Il en va de même pour tout magistrat en fonction ou ayant quitté ses fonctions depuis moins de cinq
ans.
Les modalités de rémunération du conciliateur sont déterminées par le président de la juridiction
compétente avec l’accord du débiteur au jour de l’ouverture de la conciliation. Les critères sur la base desquels
elle est arrêtée, son montant maximal et le montant des provisions sont précisés dans un document signé par
le débiteur et le conciliateur et annexé à la décision d’ouverture. Si, au cours de sa mission, le conciliateur estime
que le montant initialement déterminé est dépassé, il doit en informer sans délai le président de la juridiction
qui fixe de nouvelles conditions avec l’accord du débiteur. À défaut d’accord, il est mis fin à la mission du
conciliateur. La rémunération du conciliateur est à la charge du débiteur et fait l’objet d’une ordonnance de taxe.
Cette réglementation de la rémunération du conciliateur, sauf son caractère contractuel, paraît assez confuse et
de mise en œuvre difficile. Si l’on ne peut pas être plus précis, il serait peut-être préférable de se limiter à
indiquer qu’elle est convenue entre les parties tant dans son montant que dans ses modalités de paiement.
Le conciliateur peut obtenir du débiteur tous renseignements utiles à la réalisation de sa mission. Il n’est
pas une partie à la procédure. Il n’exerce aucune fonction d’assistance ou de représentation du débiteur, mais
sa mission est importante et consiste à « favoriser la conclusion, entre le débiteur et ses principaux créanciers
ainsi que, le cas échéant, ses contractants habituels, d’un accord amiable destiné à mettre fin aux difficultés de
l’entreprise ».
Le conciliateur rend compte de sa mission au président de la juridiction compétente. Il informe celui-ci
immédiatement de l’éventuelle survenance de la cessation des paiements afin qu’il mette fin à la conciliation
sans délai. Le président doit y mettre fin dès qu’il apprend que le débiteur est en cessation des paiements,
quelles que soient ses sources d’information : ministère public, créancier, débiteur, etc. Il est également mis fin
à la conciliation et à la mission du conciliateur sur rapport écrit de ce dernier adressé, sans délai, au président
en cas d’impossibilité de parvenir à un accord.
En principe, la participation à la conciliation n’emporte pas de restriction aux droits des créanciers.
Toutefois, si le débiteur est mis en demeure ou poursuivi par un créancier appelé à la conciliation pendant la
période de recherche de l’accord, le président du tribunal peut, à la demande du débiteur, et après avis du
conciliateur, reporter le paiement des sommes dues et ordonner la suspension des poursuites engagées par ce
créancier qui négocierait de mauvaise foi.
Section 2 : L’élaboration de l’accord et ses conséquences
L’ouverture d’une procédure de conciliation, tant qu’elle est en cours, fait obstacle à l’ouverture d’une
procédure judiciaire.
L’ouverture d’une conciliation tend à obtenir un accord amiable entre le débiteur et ses créanciers. Cet
accord s’analyse en un accord collectif entre le débiteur et ses créanciers.
Le débiteur ne parviendra à la conclusion d’un accord de conciliation que s’il présente un plan solide pour
mettre fin à ses difficultés.
L’accord amiable ne concerne pas nécessairement tous les créanciers ; l’accord peut simplement réunir les
principaux créanciers ainsi que si le conciliateur l’estime utile ses contractants habituels. La détermination de
ceux-ci dépendra, à l’évidence, de l’activité et du secteur économique dans lequel évolue le débiteur. Rien
n’empêcherait aussi des salariés de participer à l’accord en renonçant, par exemple, à une partie de leur
rémunération ou à des avantages acquis. L’accord de conciliation oblige les parties à l’accord et ne produit pas
d’effet à l’égard des tiers (parag. 1). Son inexécution produit également des effets (parag. 2)
Parag 1 : La formalisation de l’accord
L’accord de conciliation peut être simplement passé par écrit. Il produit alors simplement les effets d’un
contrat. La constatation dans un écrit permet de s’en ménager une preuve.
La forme et la force de l’accord sont traitées par l’article 5-10 AUPC qui prévoit la possibilité que l’accord
signé puisse, à la requête de la partie la plus diligente, être déposé au rang des minutes d’un notaire ou être
homologué ou exequaturé par la juridiction compétente statuant à huis clos.
L’homologation ou l’exequatur est de droit et ne peut être refusée que si l’accord est contraire à l’ordre
public. Le président fait apposer la formule exécutoire par le greffe. Des copies valant titre exécutoire peuvent
être délivrées aux parties à l’accord. La décision d’homologation ne fait l’objet d’aucune publicité et ne reprend
pas le contenu de l’accord qui reste confidentiel. Mais pour ne pas avoir des privilèges occultes préjudiciables
aux créanciers, la publicité est prévue si le privilège de « l’argent frais » ou « new money » institué à l’article 5-
11 AUPC a été accordé aux personnes qui ont consenti dans l’accord un nouvel apport en trésorerie ou un
nouveau bien ou service au débiteur en vue d’assurer la poursuite de l’activité de l’entreprise débitrice et sa
pérennité. Les articles 166 et 167 AUPC leur accordent le premier rang en matière de paiement.
La décision homologuant l’accord n’est pas susceptible de recours. Elle met fin à la conciliation. Le cas
échéant, la conciliation prend fin par la signature de l’accord et, en tout état de cause, à l’expiration des délais
prévus par l’alinéa 1er de l’article 5-3 AUPC.
Parag. 2 : L’effet relatif et obligatoire de l’accord de conciliation
L’accord amiable ne produit ses effets qu’à l’égard de ses seuls signataires.
La conclusion de l’accord de conciliation engage les parties signataires dans les termes de ce qui a été
conclu. Les créanciers renoncent à exercer des poursuites en recouvrement des créances portées dans l’accord.
L’article 5-12 AUPC énonce en effet, que « Pendant la durée de son exécution, l'accord interrompt ou interdit
toute action en justice et arrête ou interdit toute poursuite individuelle, tant sur les meubles que les immeubles
du débiteur, dans le but d'obtenir le paiement des créances qui en font l'objet ».
En d’autres termes, la situation des créanciers, parties à l’accord, est gelée : ils s’interdisent de poursuivre
le débiteur en paiement. En contrepartie, l’article 5-12 AUPC prévoit que « les délais impartis aux créanciers
parties à l'accord à peine de déchéance ou de résolution des droits afférents aux créances mentionnées par
l'accord » sont interrompus, pour la même durée d’exécution de l’accord.
Peu importe l’objet des poursuites envisagées et, notamment, qu’elles portent sur les meubles ou sur les
immeubles du débiteur. Mais l’article 5-12 AUPC n’arrête expressément que les actions en paiement des
créances qui font l’objet de l’accord. Cette réserve exclut, tout d’abord, les actions qui poursuivent un but autre
que le paiement d’une somme d’argent, actions en résolution, en nullité, en rescision, en revendication, en
garantie de vices cachées. Elle écarte ensuite les créances qui ne rentrent pas dans l’accord, soit que le créancier
n’y soit pas partie, soit que tout en ayant signé l’accord de conciliation, il ait limité son sacrifice à certaines
créances. Pour celles qui demeurent en dehors, le créancier conserve son droit de poursuite individuelle. Enfin,
le législateur ne semble pas interdire au créancier dont la créance est incertaine d’agir en justice pour connaître
l’existence ou en fixer le montant.
En contrepartie du répit que lui donnent ses créanciers, le débiteur doit exécuter tous les engagements qu’il
a souscrits dans l’accord de conciliation.
Comme tout contrat, l’accord de conciliation doit être exécuté de bonne foi et les parties à l’accord
engageront leur responsabilité en cas d’inexécution ou de mauvaise exécution.
L’accord de conciliation ne produit aucun effet à l’égard des tiers qui n’y sont pas parties. Les créanciers qui
ne l’ont pas signé peuvent donc exercer des poursuites individuelles ou des voies d’exécution et constituer ou
réaliser des sûretés.
Ils ont également la faculté de déclencher la procédure de redressement judiciaire ou de liquidation des
biens en cas de cessation des paiements.
L’accord amiable a nécessairement une incidence sur la situation des garants. En effet, Les personnes ayant
consenti une sûreté personnelle ou ayant affecté ou cédé un bien en garantie et les coobligés peuvent se
prévaloir des clauses de l’accord. La règle est générale et s’applique aux personnes, physiques ou morales, aux
codébiteurs solidaires, ou aux personnes ayant fourni une sûreté personnelle (cautionnement simple ou
solidaire, garantie autonome, lettre d’intention) ou affecté ou cédé un bien en garantie (cautionnement réel,
fiducie). Elle concerne tous les coobligés, les cautions et les garants autonomes, personnes physiques ou
morales.
Section. 3 : L’inexécution de la conciliation
Aux termes de l’article 5-8 AUPC, le débiteur peut « à tout moment, en l'absence de cessation des
paiements, demander à ce qu'il soit mis fin à la mission du conciliateur et à la conciliation, auquel cas le président
de la juridiction compétente y met fin sans délai. » Pareillement, le conciliateur peut saisir par écrit le président
du tribunal s’il est persuadé de ne pas parvenir à la conclusion de l’accord et le président met fin à sa mission et
à la conciliation après avoir entendu le débiteur.
La décision mettant fin à la conciliation et à la mission du conciliateur en l'absence d'accord est notifiée,
sans délai, au débiteur, au conciliateur ainsi qu'aux créanciers et cocontractants appelés à la conciliation, sans
délai. Elle ne fait l'objet d'aucune publicité.
Le législateur envisage deux situations pour mettre fin à un accord de conciliation non exécuté : la résolution
pour inexécution des engagements pris et la cessation de celui-ci en cas d’ouverture d’une procédure collective.
La juridiction ou l'autorité compétente ayant connu de la conciliation est seule compétente pour connaître
de toute inexécution de l'accord et pour en prononcer la résolution. Elle est saisie par l'une des parties à l'accord.
Si la résolution est prononcée, les créanciers recouvrent l'intégralité de leurs créances, déduction faite des
sommes perçues. Il en est de même en cas d'ouverture d'une procédure de règlement préventif, de
redressement judiciaire ou de liquidation des biens qui met fin de plein droit à la conciliation et, le cas échéant,
à l'accord.

Common questions

Alimenté par l’IA

Selon la législation OHADA de 2015, la procédure de conciliation est accessible à toute personne physique exerçant une activité professionnelle indépendante, civile, commerciale, artisanale ou agricole, ainsi qu'à toute personne morale de droit privé et toute entreprise publique sous forme de personne morale de droit privé. Les bénéficiaires doivent éprouver des difficultés avérées ou prévisibles sans être en état de cessation des paiements, et ils doivent être susceptibles d'être sauvés .

Les créanciers non participants à l'accord de conciliation peuvent toujours exercer des poursuites individuelles et constituer ou réaliser des sûretés. Ils ont la faculté de déclencher une procédure de redressement judiciaire ou de liquidation des biens en cas de cessation des paiements du débiteur, car l'accord de conciliation n'a aucun effet à leur égard .

L'accord de conciliation dans le cadre de l'OHADA engage les parties signataires à respecter les termes convenus. Les créanciers s'interdisent de poursuivre le débiteur pour les créances intégrées dans l'accord, et, en contrepartie, le débiteur doit exécuter ses engagements de bonne foi. Toute violation des termes de l'accord engage la responsabilité des parties signataires, qui peuvent être tenues responsables en cas d'inexécution ou de mauvaise exécution .

La législation OHADA garantit la confidentialité de l'accord de conciliation en stipulant que l'homologation de l'accord ne fait l'objet d'aucune publicité et que la décision ne reprend pas le contenu de l'accord. L'accord peut être déposé au rang des minutes d'un notaire ou homologué par la juridiction compétente statuant à huis clos. Cette procédure assure que le contenu de l'accord reste confidentiel et protège les parties de la divulgation des détails de leur accord .

Pendant le déroulement de la conciliation, l'ouverture d'une procédure judiciaire est empêchée pour obtenir un accord amiable entre le débiteur et ses créanciers. L'accord amiable interdit toute action en justice et toute poursuite individuelle qui vise à obtenir le paiement des créances incluses dans l'accord, gelant ainsi la situation des créanciers parties à l'accord .

Pour initier une procédure de conciliation selon l'OHADA, une entreprise doit démontrer des difficultés économiques, financières ou juridiques avérées ou prévisibles sans être en état de cessation des paiements. Elle doit également être disposée à prendre des mesures de redressement pour surmonter ses difficultés. Il est nécessaire pour le débiteur de présenter des documents certifiant la réalité de son activité et démontrer sa capacité à faire face aux difficultés .

La désignation d'un conciliateur est essentielle car il agit comme un tiers neutre pour faciliter la communication et la négociation entre le débiteur et ses créanciers. La garantie de sa désignation repose sur une requête du débiteur, accompagnée de documents prouvant la réalité de son activité, démontrant sa capacité à résoudre ses difficultés. Le président du tribunal compétent nomme le conciliateur après analyse des documents présentés, garantissant ainsi la neutralité et l'efficacité de la conciliation .

Les créanciers apportant un financement supplémentaire selon l'accord de conciliation bénéficient du privilège de l'argent frais ('new money'), qui leur accorde le premier rang en matière de paiement, conformément aux articles 166 et 167 de l'AUPC. Ce privilège permet d'assurer la poursuite de l'activité de l'entreprise débitrice et sa pérennité. Ces créances nouvelles sont reconnues par une publicité spécifique pour éviter les privilèges occultes préjudiciables aux autres créanciers .

La résolution d'un accord de conciliation non respecté peut être prononcée en cas de non-exécution des engagements pris, ou lorsque la procédure de conciliation est annulée avec l'ouverture d'une procédure collective. La juridiction ayant connu de la conciliation est seule compétente pour statuer sur toute inexécution de l'accord, sur sa résolution. Une partie à l'accord doit saisir la juridiction compétente pour toute demande de résolution .

Le conciliateur dans la procédure de conciliation de l'OHADA a pour mission principale de favoriser la conclusion d'un accord amiable entre le débiteur et ses principaux créanciers. Le conciliateur informe immédiatement le président de la juridiction compétente en cas de cessation des paiements et communique régulièrement sur l'état d'avancement de sa mission. Le conciliateur doit aussi rendre compte en cas d'impossibilité de parvenir à un accord .

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