UNIVERSITE DE NDJAMENA
FACULTE DES SCIENCES HUMAINES ET SOCIALES
DEPARTEMENT DE PHILOSOPHIE
MATIÈRE : DOCTRINES POLITIQUES ET SOCIALES
NIVEAU: MASTER II
SUJET : LES THÉORIES DU CONTRAT SOCIAL
Noms et prénoms
1. BIENVENU HOUMZOU BABADJE
2. FATIME BOUCHRA
ENSEIGNANT
DR DINGAONARBE FAUSTIN
Année académique 2024 2025
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INTRODUCTION
Depuis l'antiquité, les penseurs n'ont cessé de s'interroger sur l'origine de la légitimité du pouvoir
politique. Ce sujet a fait l'objet de plusieurs accords et plusieurs idées parmi lesquelles celle du
contrat social occupe une place centrale dans la philosophie moderne. Selon cette théorie, la
société et l'État ne sont pas des faits naturels, mais le résultat d'un accord volontaire entre les
individus qui ont choisi de sortir de l'état de nature pour vivre ensemble selon des règles
communes. Ce concept a été développé par des philosophes célèbres tels que Thomas Hobbes,
John Locke et Jean-Jacques Rousseau, chacun proposant une vision singulière du contrat. L'État
devient ainsi le garant des droits et libertés des individus. Ces idées ont émergé au XVIIIe siècle
et le XIXe siècle à partir du projet des Lumières, comme l'émergence de l'autonomie humaine. La
nation renvoit a une communauté unie avec la volonté de vivre ensemble et le nationalisme vise a
affirmer la souveraineté d’un peuple. Comment la théorie du contrat social peut-elle être le socle
de la théorie politique ? Et quel est le fondement d'une nation ? Le nationalisme est-il nécessaire
dans la construction de la paix ?
Nous analyserons d'abord comment le contrat social est pensé comme le fondement de l’ordre
politique, puis les conceptions des penseurs du siècle des Lumières qui ont essayé leur point de
vue, et finiront par l'analyse des enjeux de la nation et du nationalisme.
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I. LES FONDEMENTS DU CONTRAT SOCIAL
L’état de nature est une notion centrale dans la philosophie politique moderne
(utilisée depuis le XVIIe et XVIIIe siècle).
Ce concept désigne une condition hypothétique de l’humanité antérieure à
l’organisation sociale et politique.
Cette notion a été développée en versions par divers auteurs notamment Thomas
Hobbes, John Locke et Jean-Jacques Rousseau qui definissent enfin un contrat social
qui permetrait une vie meilleure.
1. Le contrat social selon Thomas Hobbes
Thomas Hobbes est un philosophe anglais du XVIIe siècle, né le 5 avril 1588 à
Westport en Angleterre.
Il a vécu la guerre civile (guerre civile anglaise de 1640 à 1651) qui lui donna une
idée large sur la politique qui a débouché sur son œuvre maîtresse intitulée
“Léviathan”.
Dans cet ouvrage, le philosophe anglais expose clairement la question de l’état de
nature en partant de la déclaration selon laquelle :
“L’homme est un loup pour l’homme.”
En effet, Thomas Hobbes décrit l’état de nature comme un monde où règne la peur de
la mort violente et l’insécurité permanente.
Cet état exclut toute possibilité d’une vie sociétale paisible où la raison peut
gouverner les actions des hommes.
La guerre, la peur et la méfiance rendent difficile la cohabitation dans cet état.
Chaque individu est libre de tout faire pour assurer sa survie car, il n’ya ni loi, ni
justice qui peut enfreidre les penchatnts des hommes.
Pour ne pas être tué le premier, il faut tuer le premier. Pour ne pas être attaqué, il faut
attaquer le premier.
Pour Hobbes, “ la condition de l’homme... est une condition de guerre et chacun
contre chacun, et dans cette guerre, rien n’est injuste [...]
la vie de l’homme est solitaire, pauvre, mechante, brutale et courte” (Leviathan, chap
XIII).
Vivants dans la guerre permanente et dans l’insécurité à l’état de nature, Hobbes institue un
contrat social pour mettre fin à cette situation insoutenable où les hommes, guidés par leur
instinct de survie, agissent sans raison. Ce contrat consiste à renoncer à une partie de leur liberté
au profit d’un souverain, qui est détenteur de la morale et de la violence légitime pour garantir la
paix.
Selon Hobbes : « Il est nécessaire qu’il y ait un pouvoir commun qui puisse maintenir tous les
hommes en crainte et par là les obliger au respect de leurs engagements » (Leviathan, chap.
XVII). Ce souverain, appelé Léviathan, incarne une puissance absolue et indivisible. Une fois
établi, il ne peut être contesté, car il est la condition même de la paix et de la sécurité.
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Aussi, Hobbes fait comprendre que la légitimité politique ne vient pas d’une volonté divine ou
d’un droit naturel à gouverner, mais du consentement rationnel des individus cherchant à
échapper à l’état de nature.
2. Le contrat social selon John
John Locke, nait en 1632 A wrington en angleterre, est un philosophe qui n’a pas perdu de vu sur
la question de l’etat de nature. Contrairement a Hobbes, John Locke pense que l’etat de nature
n’est pas un etat de guerre permanente, mais une condition dans laquelle les hommers vivent
libres,égaux et rationnels. C’est ainsi qu’il affirme que “ l’etat de nature est un etat de parfait
liberté...dans les limites de la loi de laa loi de la nature.”(Deuxieme traité du gouvernement civile,
II, §4). Les hommes vivent independent selon le respect des lois morales.
Pour John Locke, dans l’état de nature, chacun est juge de sa propre cause, ce qui mène
quelquefois à des abus ou des conflits. Ainsi, Locke pense un contrat social fondé sur un pacte
entre les individus pour former une société civile, puis un contrat entre peuple et gouvernement.
En effet, selon le philosophe anglais, l’état de nature est pacifique mais précaire. Les hommes y
sont libres et égaux, mais sans garantie effective de leurs droits. C’est pourquoi un pouvoir
politique limité, fondé sur le consentement des gouvernés, et qui a pour fonction de protéger les
droits naturels, est envisageable.
3. Le contrat social selon Jean-Jacques Rousseau
Philosophe du XVIIIe siècle, Rousseau ne partage pas la position de Hobbes et Locke. Il présente
l’état de nature comme un état d’innocence où l’homme vit seul et libre. L’homme est un être
autonome, guidé par sa bonté naturelle. Il vit en harmonie avec son environnement et ne connaît
ni le bien ni le mal. Il n’a pas encore été corrompu par la société. L’homme sauvage, guidé par
peu de passions et suffisant à lui-même, vit dans un équilibre fragile mais harmonieux avec la
nature.
Cependant, Rousseau pense que l’état de nature est déséquilibré pour la vie en société. Il propose
un contrat social pour régler la vie sociale de l’homme. À travers son œuvre *Du contrat social*,
Rousseau définit clairement le but de ce contrat : mettre fin aux inégalités sociales qui naissent
suite à l’apparition des propriétés privées. Contrairement à Hobbes et Locke, Rousseau ne pense
pas que l’homme ait besoin d’un pouvoir fort pour échapper à l’état de nature. Mais il cherche à
refonder le lien social sur la liberté et l’égalité. Il imagine alors une nouvelle forme de contrat
social. C’est pourquoi il ecrit: “trouver une forme d’association qui défende et protège de toute la
force commune la personne et les biens de chaque associé, et par laquelle chacun, s’unissant à
tous, n’obéisse pourtant qu’à lui-même et reste aussi libre qu’auparavant.” (*Du contrat social*,
chap. I, pp. 185).
Autrement dit, prenant conscience du danger et de l’animalité qui se pratiquaient dans l’état de
nature, les hommes doivent par un contrat ou convention sociale unir leurs forces en transformant
les droits en lois qui émanent de la volonté générale.
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II. NATION ET NATIONALISME
1. Origines
Le concept de nation désigne une communauté humaine unie par des éléments communs, tels que
la langue, la culture, l’histoire ou un projet politique. Le nationalisme, quant à lui, est une
idéologie qui affirme la primauté de la nation comme cadre naturel et légitime de la vie
collective, souvent associée à la souveraineté et à l’indépendance politique.
L’idée de nation remonte de plus loin. Le Moyen Âge, où elle désigne d’abord un groupe
d’individus partageant une origine ou une langue commune. Mais c’est à l’époque moderne avec
la naissance de la conscience collective que la nation prend une dimension politique. Dès lors, le
peuple est mis en avant comme source de la souveraineté.
Le nationalisme apparaît véritablement à la fin du XVIIIe siècle dans le sillage de la révolution
américaine (1776) et française (1789). Il se développe ensuite au XIXe siècle en Europe comme
mouvement d’émancipation face aux empires, puis comme projet de construction des États-
nations unifiés. Le nationalisme est une réaction idéologique née de contexte de domination, de
colonisation et des menaces extérieures.
2. Différences entre nation et nationalisme
La notion de nation et nationalisme est parfois confondue et assimilée à la même
signification. La nation est une communauté construite, une mémoire partagée, mais
surtout sur une volonté de vivre ensemble. Selon Renan « la nation n’est ni une race, ni une
géographie, ni une religion, ni une langue ». La nation est à cet effet, Renan laisse lire qu’«
une nation est une âme, un principe spirituel. Deux choses que à vrai dire constituent cette
âme : l’une est la possession en commun d’un riche legs de souvenirs ; l’autre est le
consentement actuel, le désir de vivre ensemble, la volonté de continuer à faire valoir
l’héritage qu’on a reçu indivis ». Cela signifie que la nation n’est jamais acquise une fois pour
toutes, elle repose sur un consentement sans cesse renouvelé. Ce qui rend possible une
définition démocratique et ouverte. Aussi, Rousseau souligne que le peuple est constitué par
acte de contrat social. C’est par l’union volontaire des individus dans un pacte politique
qu’une véritable communauté naît.
Cependant, le nationalisme est une idéologie politique qui valorise de façon parfois
exclusive l’identité nationale. Il peut être civique (fondé sur la souveraineté de l’État ou
ethnique, fondé sur la culture et dans souvent s’affirme la supériorité de la nation (ex : le cas
de Hitler en Allemagne qui s’identifie avec un nationalisme ethnique, expansionniste, fondé
sur la supériorité raciale). Aussi, ne faut-il voir que au XXe siècle, le nationalisme devient un
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outil d’émancipation des peuples colonisés. En effet, Frantz Fanon souligne avec soin que le
nationalisme est l’instrument de libération du peuple colonisé. Il est la volonté de faire
sortir le peuple sous la domination étrangère (Frantz Fanon, 1961). Le nationalisme n’est
pas un simple discours idéologique, mais une dynamique de rupture, une énergie collective
tournée vers la libération. Pour Fanon, dans les pays colonisés, le nationalisme ne naît pas
d’une élaboration théorique savante. Il émerge comme un cri, une nécessité de recouvrer la
liberté, l’autonomie et la dignité. Cependant, le nationalisme, s’il n’est pas transformé en
projet politique et social, peut devenir un instrument de reproduction des inégalités. Le
nationalisme ne doit pas simplement libérer le territoire, mais aussi transformer
profondément la société colonisée, ce pour éviter la simple substitution des dominants.
CONCLUSION
Les théories du contrat social, portées par des penseurs comme Hobbes, Locke et surtout
Rousseau, ont jeté les bases philosophiques de la souveraineté populaire et de l’État fondé
sur le consentement des citoyens. Chez Rousseau notamment, la volonté générale incarnée
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dans un peuple libre est un pilier préfigurant la conception moderne de la nation comme
communauté politique. Ce penseur nourrit les nations modernes, notamment par la
participation active des citoyens et la revendication populaire de la souveraineté. Il rappelle
à nos sociétés modernes que la démocratie et le contrat social ne peuvent se fonder
efficacement que quand elles reposent sur des principes de liberté, d’égalité et de
participation. Mais elles peuvent aussi s’en éloigner quand elles se fondent sur l’ethnicité.
BIBLIOGRAPHIE
1. HOBBES Thomas, 1951, Le Leviathan.
2. ROUSSEAU Jean Jacques, 1762, Du Contrat social, Paris, Flammarion.
3. LOCKE John, 1690, Deux traités du gouvernement civil, Paris, Vrin.
4. DRISSA Fofana, AMARA DIALLO Ibrahim, 2003, Raison des droits naturels chez John
Locke, université de Bamako, Mali.
5. FANTZ Fanon, 1961, Les Damnés de la Terre, Paris, Francois Maspero.
Plan du Travail
Introduction
I. Fondements du contrat social
1. Le contrat social selon Thomas Hobbes
2. Le contrat social selon John Locke
3. Le contrat social selon Rousseau
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II. Nation et nationalisme
1. Des origines
2. Différences entre nation et nationalisme
Conclusion
Bibliographie