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Efficacité de la politique monétaire en RDC

La politique monétaire est essentielle pour assurer le bien-être social en régulant la quantité de monnaie et en influençant les anticipations d'inflation. En République Démocratique du Congo, malgré des efforts pour stabiliser l'économie, les résultats sont insatisfaisants en raison de la dollarisation et de la faible crédibilité des autorités monétaires. L'étude vise à analyser l'impact des anticipations des agents économiques sur l'efficacité de la politique monétaire, en utilisant des méthodes quantitatives et qualitatives.

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Efficacité de la politique monétaire en RDC

La politique monétaire est essentielle pour assurer le bien-être social en régulant la quantité de monnaie et en influençant les anticipations d'inflation. En République Démocratique du Congo, malgré des efforts pour stabiliser l'économie, les résultats sont insatisfaisants en raison de la dollarisation et de la faible crédibilité des autorités monétaires. L'étude vise à analyser l'impact des anticipations des agents économiques sur l'efficacité de la politique monétaire, en utilisant des méthodes quantitatives et qualitatives.

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INTRODUCTION

[Link]

La mission essentielle de tout gouvernement au sein d’une communauté est d’assurer


le bien-être social de ses citoyens. Pour atteindre cet objectif, il met en œuvre une politique
économique qui se compose de plusieurs volets, tels que la politique monétaire, budgétaire,
agricole et fiscale, qui sont intégrés pour viser des objectifs fondamentaux à savoir la
croissance économique, la stabilité des prix, le plein emploi et l’équilibre extérieur. Ces
éléments, souvent appelés la « carré magique » de Nicolas Kaldor, sont cruciaux pour garantir
le bien-être social de la population ( Patrick,2024 ).

La politique monétaire est la clef principale d’une maîtrise de la conjoncture. Son


efficacité dépend de l’application appropriée des moyens dont disposent les banques centrales
et de la fiabilité des canaux de transmission élaborés qui sont dépendants de la façon dont les
ménages, les entreprises et les institutions de dépôts (système bancaire) forment leurs
anticipations quant à l’avenir. Cette prise en compte du rôle central des anticipations dans les
résultats macroéconomiques a conduit à la découverte du problème de l’incohérence
temporelle, lequel sape la confiance en cas de non réalisation de l’objectif.

Fondamentalement, la politique monétaire transite principalement par les taux


d’intérêt à court terme. La modification des taux agit sur le marché monétaire et sur
l’ensemble des autres taux à diverses échéances. Les changements qui peuvent intervenir ont
des effets sur la valeur marchande des titres. Cela peut susciter des réallocations de
portefeuilles.

La variation des taux peut également avoir des effets sur les stratégies d’emprunt des
agents économiques à travers leurs anticipations. Les banques commerciales peuvent être plus
ou moins prudentes dans la délivrance de leurs crédits, les taux à court terme influencent les
taux à long terme et le taux à long terme doit tenir compte non seulement de la situation
présente, mais également des anticipations d’inflation. Ainsi les stratégies d’investissement et
d’épargne peuvent être affectées. Nous voyons donc qu’il peut y avoir un impact financier et
un impact réel. Les gouvernements s’inquiètent à juste titre des effets de la politique
monétaire sur la croissance ( kaina,2017 ).

Les mesures des anticipations d’inflation revêtent une grande importance dans la
conduite de la politique monétaire, car elles fournissent des signaux utiles au sujet de la
crédibilité de la banque centrale et de son objectif d’inflation à long terme. Ces anticipations
jouent également un rôle capital dans l’analyse sous-jacente aux prévisions d’inflation
qu’effectuent bon nombre de banques centrales. Parce qu’elles influent sur les négociations
salariales, l’établissement des prix et les contrats financiers lés aux placements, les attentes
d’inflation forment l’un des principaux déterminants du taux d’inflation courant. Grâce à cela,
les banques centrales peuvent influencer l’inflation contemporaine et future en ancrant mieux
les attentes des agents à l’égard des perspectives d’inflation à long terme ( rose,2010 ).

Les anticipations jouent un rôle crucial dans la transmission des politiques monétaires,
car elles influencent les comportements de consommation, d’investissement et d’épargne.

La politique monétaire en République Démocratique du Congo (RDC) et ses objectifs


théoriques soulève des questions cruciales sur son efficacité. En effet, alors que la politique
monétaire devrait favoriser la stabilité économique, contrôler l’inflation et soutenir la
croissance, les agents économiques semblent souvent avoir des anticipations qui diffèrent des
intentions affichées par les autorités monétaires.

Depuis plus de dix ans, la République Démocratique du Congo met en œuvre une
politique monétaire afin de réduire la demande globale et de limiter les risques d’inflation
c’est-à-dire la stabilité du niveau général des prix et de la valeur interne et externe de la
monnaie nationale. Cependant, les résultats de cette politique sont globalement peu
satisfaisants ; en termes des chiffres, le pays a connu un niveau élevé et une volatilité de
l’inflation entre 1990 et 2009. Cette situation n’a pas pu favoriser un développement
harmonieux de l’économie suite à une forte dollarisation, un marché monétaire encore dans
un état embryonnaire, la faiblesse institutionnelle et administrative, la prééminence de la
politique budgétaire, et le manque de crédibilité des autorités monétaires ( rapports annuels
BCC ).

De ce fait, la dollarisation procède souvent d’un choix rationnel des agents


économiques en situation d’instabilité politique et économique de détenir les encaisses en
monnaies étrangères. Elle s’observe généralement lorsque la monnaie nationale perd sa
fonction de réserve de valeur. Sur ce, elle limite la portée de la politique monétaire, réduit
également la capacité de la BCC à agir comme prêteur en dernier ressort.

Ainsi, pour sortir de cette situation, une réglementation conséquente de l’économie à


travers la mise en œuvre de la politique macroéconomique efficace après un bon diagnostic
est nécessaire. Dans ce contexte, le gouvernement congolais avec l’appui des institutions de
Breton Woods s’est donné depuis 2001 une mission d’arrêter le processus de cette destruction
du tissu économique par le rétablissement des équilibres macroéconomiques. Pour y arriver,
dans le cadre de programme intérimaire renforcé (PIR) et le programme économique du
gouvernement (PEG), la politique envisagée visait spécifiquement la maîtrise de l’inflation, la
libéralisation macroéconomique et la relance économique. Toujours dans cette perspective,
plusieurs mesures ont été prises dans le domaine de la monnaie, des finances publiques, de
change et de l’économie ( Patrick, 2024 ) .

Dans ce contexte, la nouvelle synthèse néoclassique a proposé le ciblage direct de


l’inflation pour asseoir la crédibilité de la politique monétaire dans le but d’agir sur les
anticipations inflationnistes à long terme et ainsi permettre la maîtrise et la réduction du
niveau général des prix et la volatilité de l’inflation.

En ce qui concerne la présente étude, les préoccupations sont résumées à travers les
questions suivantes :

 Comment l’évolution des anticipations des agents économiques influence-t-elle


l’efficacité de la politique monétaire en République Démocratique du Congo ?

Dans le cadre de cette étude, l’hypothèse retenue se formule comme suit : l’évolution
des anticipations des agents économiques a un impact moins significatif sur l’efficacité de la
politique monétaire en République Démocratique du Congo.

0.2.Méthodologie

Par méthode de recherche, il faut entendre un ensemble d’opérations intellectuelles par


lesquelles une discipline cherche à atteindre les vérités ( Pinto et Grawitz,1971 ).

Ainsi, en ce qui concerne la présente investigation, les méthodes quantitatives et qualitatives


seront utilisées pour l’analyse des données.

Pour ce qui est de technique, cette étude fera appel à la technique documentaire.

0.3. Choix et intérêt du sujet

Les problèmes de la politique monétaire s’inscrivent dans l’ensemble d’interventions des


pouvoirs publics dans l’orientation de l’économie afin de réaliser le bien-être de la population.
Dans cette perspective, la politique monétaire a pour rôle de fournir à l’économie réelle la
quantité de monnaie nécessaire à l’expansion des activités économiques. Ceci est le mobile
qui a suscité en nous le choix de porter un regard sur l’analyse de l’efficacité de la politique
monétaire dans la lutte contre l’inflation en République Démocratique du Congo.

Personnellement, cette étude permet de développer des compétences analytiques et de


recherche mais aussi d’approfondir les connaissances en économie et en politique monétaire.

Sur le plan social, cette étude se veut informer les décideurs politiques sur
l’importance de prendre en compte les anticipations des agents économiques dans la
formulation des politiques économiques et aider à mieux comprendre comment les décisions
économiques individuelles peuvent influencer l’économie globale.

Sur le plan scientifique, cette étude contribue à la littérature économique et


scientifique en fournissant une analyse empirique pour les futurs chercheurs.

0.4. Canevas

Quant à la subdivision du travail, hormis l’introduction et la conclusion, ce travail


comprends deux points à savoir la revue de la littérature subdivisée en deux sections qui sont
respectivement la revue théorique et la revue empirique et les résultats scindés en trois
sections à savoir l’opérationnalisation des variables, les résultats de l’etude et la discussion
des résultats.
[Link] DE LA LITTÉRATURE

SECTION 1 : REVUE THEORIQUE

1.1. LA POLITIQUE MONÉTAIRE

La politique monétaire désigne l’ensemble des décisions et des actions mises en œuvre
par les autorités monétaires afin de réguler la quantité de monnaie qui circule dans
l’économie.

Les banques centrales utilisent des outils qui leur permette, en théorie, de réaliser leurs
objectifs. Selon les outils utilisés, les politiques monétaires sont classées en deux catégories :

Les politiques monétaires conventionnelles : interventions temporaires sur les marchés


en s’appuyant sur les taux d’intérêt directeurs. Les variables économiques et financières sont
influencées indirectement.

Les politiques monétaires non conventionnelles : interventions en situation de crise,


parfois sur le long terme, à l’aide d’autres outils. La banque centrale tente d’influencer
certaines variables économiques et financières plus directement.
([Link]
mondiale/reserves-de-change/).

De tout temps, on a présenté la politique monétaire en faisant comme si les Banques


centrales contrôlaient la masse monétaire. Même dans la tradition française du diviseur de
crédit (et donc d’endogénéité de la monnaie), cette présentation n’a pas été vraiment récusée,
alors que chacun sait et peut vérifier au jour le jour que les Banques centrales fixent des taux
d’intérêt et pas la base monétaire.
Dans l’histoire de l’analyse économique, il existe peu d’autres exemples d’une
conceptualisation aussi manifestement contraire à la réalité. Au mieux, on justifie cette
falsification en affirmant que la manipulation des taux ne sert qu’à influer sur l’offre de
monnaie. Ce qui est étrange puisque, du point de vue des canaux de transmission, le taux
d’intérêt entre plus naturellement que la monnaie dans la fonction de demande agrégée

La politique monétaire est une régulation monétaire : les banques privées créent la
monnaie à la faveur des prêts qu’elles accordent et les banques centrales, souvent
indépendantes du pouvoir politique, influencent le comportement des établissements de crédit
au travers d’instruments exerçant sur elles une contrainte dite « de liquidité » .

A. Politique monétaire contemporaine

[Link] théoriques et succession des objectifs de la politique monétaire

La politique monétaire est un instrument de politique économique générale susceptible


de concourir, cumulativement ou alternativement, à la réalisation de trois objectifs
principaux :

 La stabilité des prix ;


 La croissance économique ;
 le plein emploi ;
 L’équilibre extérieur.

Ces trente dernières années, la politique monétaire a ordonné ses objectifs autour d’un
principe de neutralité et rationalisé ses instruments, privilégiant un pilotage par les taux
directeurs.

a) De la « monnaie voile » aux politiques volontaires issues de la théorie keynésienne

Pour les économistes classiques , les phénomènes monétaires n’ont pas d’incidence sur
les conditions de l’échange. La monnaie est un « voile » derrière lequel « les biens
s’échangent contre des biens » (loi de Say) (Jean-Baptiste Say (1767-1832) est le principal
économiste classique français.).

Cette formulation devait être formalisée par Irving Fisher dans la théorie quantitative
de la monnaie , au terme de laquelle le stock de monnaie ne détermine que le niveau général
des prix : la masse monétaire (M) multipliée par sa vitesse de circulation (V) est égale au
volume de production (T) multiplié par le niveau général des prix (P) . Cette théorie suppose
que V est stable et que T, déterminé par les facteurs de production disponibles et la
productivité de ces facteurs, constitue également une variable exogène . En conséquence,
toute variation de M se traduit directement par une variation de P.

Dès lors, toute augmentation de la masse monétaire que n’accompagne pas une hausse
de la production, se traduit essentiellement par de l’ inflation et, réciproquement, il est
possible de lutter contre l’inflation en restreignant la masse monétaire, sans conséquence sur
le niveau réel de la production.

En réaction aux politiques de restriction monétaire mises en œuvre lors de la crise de


1929, dont il jugeait les conséquences catastrophiques, Keynes allait s’inscrire en faux contre
la théorie classique, estimant notamment que :

 La monnaie peut être désirée pour elle-même (les motifs de « spéculation » et de «


précaution » s’ajoutent au motif de « transaction » pour déterminer la demande de
monnaie), ce que désigne le concept keynésien de « préférence pour la liquidité »,
 Les prix sont fixes à court terme,
 L’offre ne crée pas sa propre demande mais dépend de la demande anticipée par les
entrepreneurs (concept de « demande effective »).

La théorie keynésienne montre que la politique monétaire peut s’avérer indispensable


pour parvenir au plein emploi , auquel les lois du marché ne conduisent pas spontanément.

Dans une situation de sous-emploi, il convient d’accroitre la quantité de monnaie pour


que les taux d’intérêt baissent et que, par conséquent, l’investissement augmente, jusqu’à ce
que le plein emploi soit réalisé. Cet enchainement n’est pas préjudiciable à l’épargne, celle-ci
ne dépendant pas des taux d’intérêt, mais du revenu.

Toutefois, il arrive que la politique monétaire soit inefficace. Dès lors que le taux
d’intérêt a diminué jusqu’à un certain seuil, la « préférence pour la liquidité » devient absolue
et l’augmentation de la quantité de monnaie ne se traduit plus par une baisse des taux
d’intérêt. Cette situation est connue dans la théorie keynésienne sous la désignation de «
trappe à liquidités » .

La logique keynésienne a inspiré les politiques économiques occidentales au sortir de


la Seconde guerre mondiale , jusqu’à ce que la crise économique des années soixante-dix,
marquée par la conjonction d’une accélération de l’inflation et de la montée du chômage,
suscite un retour à des pratiques monétaires « orthodoxes ».
b) Le retour au monétarisme

Le monétarisme est apparu à la fin des années soixante. Son principal promoteur,
Milton Friedman, a voulu réhabiliter la théorie quantitative de la monnaie en réaction contre
le keynésianisme.

Partant de la « courbe de Philips », qui montre une relation empirique inverse entre
taux de chômage et inflation, il relève que cette courbe fonctionne seulement à court terme.
Selon lui, les agents économiques ne sont que provisoirement victimes de l’« illusion
monétaire » en cas de politique monétaire expansionniste, si bien que le taux de chômage
rejoint rapidement son niveau « naturel » tandis que l’inflation, en revanche, se retrouve
propulsée à un niveau supérieur.

Pour mettre un terme à ce cercle vicieux inflationniste, Friedman préconise l’ abandon


des politiques monétaires discrétionnaires au profit de règles fixes. Il suggère de déterminer
un objectif de croissance pour la masse monétaire compatible avec le taux de croissance
moyen de la production afin de garantir la stabilité des prix à long terme. Dans cette logique,
si la croissance excède son rythme potentiel structurel, l’offre de monnaie devient insuffisante
et les taux d’intérêt augmentent, ce qui freine la croissance et évite une surchauffe
inflationniste. Réciproquement, une baisse des taux viendrait soutenir l’activité si la
croissance se trouvait inférieure à son potentiel de long terme.

Les « Nouveaux classiques » ont radicalisé la théorie monétariste, en supposant que


les agents économiques déterminaient leur comportement sur la base d’« anticipations
rationnelles » , en conséquence desquelles une politique monétaire est non seulement
inefficace à long terme, mais encore à court terme, les agents raisonnant toujours en termes
réels et ne pouvant donc être leurrés par une politique monétaire.

Dans ces approches, la crédibilité des décisions de politique monétaire prend une
importance considérable dans la lutte contre l’inflation , dont elle constitue l’ objectif unique .
C’est ainsi que la transparence et l’ indépendance des banques centrales sont des
caractéristiques jugées indispensables par l’école monétariste.

2. Une politique adjacente : le change

En théorie, une Banque centrale peut orienter le taux de change de la monnaie de deux
façons : directement , sur le marché des changes en utilisant ses réserves monétaires, et
indirectement par la fixation de ses taux directeurs , qui ont une influence sur l’attractivité de
la monnaie nationale et donc sur son cours.

L’instrument de politique monétaire stricto sensu que constituent les taux d’intérêt est
donc aussi un levier majeur de la politique de change, ce qui peut rendre délicate la
conciliation de ces deux politiques.

Réciproquement, les opérations sur le marché des changes peuvent interférer avec la
politique monétaire stricto sensu , qu’il s’agisse de la stabilité des prix ou de l’activité
économique.

Ainsi, le soutien de la monnaie locale par la banque centrale favorise la stabilité des
prix en pesant sur l’activité, par le canal du taux d’intérêt (la raréfaction de la monnaie
provoque une hausse des taux) et du commerce extérieur (les exportations sont découragées).
Réciproquement, une vente de monnaie locale contre devise favorise une relance de l’activité
via la baisse des taux d’intérêt et la hausse des exportations.

3. Le phénomène de création monétaire


a) Une création essentiellement liée à l’octroi de crédit

La création monétaire la plus évidente est la frappe de pièces ou l’émission de billets


( monnaie fiduciaire ) par une banque centrale . C’est pourtant la moins importante en termes
de valeur : les billets de banque représentent moins de 10 % des encaisses des agents non
financiers.

En réalité, l’essentiel de la création monétaire s’effectue au travers des crédits


accordés par les banques. Selon l’adage « les crédits font les dépôts » (« loans make deposits
»), tout crédit accordé par une banque augmente la masse monétaire en créant un dépôt
bancaire (monnaie scripturale) de montant équivalent.

Lorsqu’un prêt est accordé, de la monnaie nouvelle est ainsi créditée sur le compte de
l’emprunteur ; elle apparaît au passif du bilan de la banque, la créance correspondante figurant
à l’actif de son bilan. Le processus de création monétaire est identique lorsque la banque
acquiert un actif réel ou financier , également porté l’actif de son bilan en contrepartie du
crédit inscrit sur le compte du vendeur.

Si la monnaie ainsi créée circule ensuite de banque en banque, la création monétaire


demeure la même à l’échelle du système bancaire. Il s’agit ici d’une monnaie scripturale ,
c’est-à-dire qu’elle repose sur un jeu d’écritures.
Ce n’est que lors du remboursement de la somme prêtée que la monnaie est détruite.
En définitive, la masse monétaire s’accroit lorsque les flux de prêts nouveaux excèdent les
flux de remboursement, elle diminue dans le cas inverse.

Lorsque les crédits sont accordés aux entreprises et aux ménages, on parle de
financement de l’économie . Lorsque les banques achètent les titres émis par le Trésor pour
couvrir le déficit budgétaire, ces opérations correspondent à un financement de l’Etat par
création monétaire.

La création monétaire résulte encore d’ opérations avec l’extérieur lorsque des devises
sont échangées contre la monnaie considérées.

b) Création monétaire lié à la contrainte par des « fuites » dans le circuit monétaire

Les établissements de crédit subissent certaines contraintes restreignant leur pouvoir


de création monétaire, outre la condition sine qua non d’une demande de liquidité formulée
par les agents non financiers : les banques ne sauraient créer de monnaie sans clients
demandeurs.

Indiquons préalablement que chaque banque de second rang a un compte inscrit au


passif de la banque centrale, libellé dans une forme de monnaie hiérarchiquement supérieure
aux autres : la monnaie centrale . Les banques sont toutes tenues de maintenir ce compte dans
une position excédentaire.

B. LES INSTRUMENTS DE PILOTAGE DE LA CRÉATION MONÉTAIRE

La libéralisation des marchés financiers puis leur rôle désormais majeur dans le
financement de l’économie ont abouti depuis une quinzaine d’années à privilégier les
instruments incitatifs d’intervention sur les marchés aux instruments de contrôle normatifs de
la création monétaire .

Plutôt qu’une maîtrise normée du crédit, les banques centrales utilisent désormais des
instruments qui agissent sur la liquidité des banques, c’est-à-dire sur la somme de leurs avoirs
en monnaie banque centrale, pour parvenir in fine à piloter l’évolution des taux d’intérêt et la
création monétaire. Il s’agit donc d’un contrôle indirect.

Si la banque centrale estime que la croissance de la masse monétaire est excessive, elle
réduit la liquidité bancaire en augmentant les besoins en monnaie banque centrale ou en les
renchérissant, notamment en asséchant le marché interbancaire et/ou en augmentant le coût du
refinancement.

Réciproquement, si la banque centrale estime que la création monétaire est


insuffisante, elle augmente la liquidité bancaire en diminuant les besoins en monnaie banque
centrale ou en les rendant meilleur marché, notamment en apportant des liquidités sur le
marché interbancaire et/ou en diminuant le coût du refinancement.

1. Les opérations de refinancement

a) La politique de taux directeur

Les principales banques centrales interviennent essentiellement au travers d’opérations


de refinancement , donnant lieu à un pilotage de la masse monétaire en circulation via la
fixation du niveau des taux directeurs .

Les opérations de refinancement consistent en un prêt de monnaie centrale garanti par


des transferts de titres , avec engagement de reprise à terme.

b) Quelle fonction de réaction ?

La relation entre l’évolution des variables économiques et celle des taux directeurs est
appelée « fonction de réaction » des autorités monétaires. Cette approche est de nature
keynésienne car pour les monétaristes, l’évolution des taux d’intérêt ne doit servir qu’au
respect d’un objectif de croissance de la masse monétaire.

En réalité, la plupart des banques centrales ont un mode de détermination des taux
d’intérêt opaque, signe d’une pratique discrétionnaire . Mais la règle de Taylor présente
toujours l’intérêt de servir de référence à l’appréciation du sens donné par les autorités
monétaires à la politique monétaire.

2. Un instrument passé au second plan : les réserves obligatoires

Les réserves obligatoires sont des dépôts obligatoires des établissements financiers
auprès de la banque centrale. Rémunérées ou non selon les pays, leur montant constitue
généralement un pourcentage ( coefficient de réserve ) de l’encours de leurs dépôts , le plus
souvent de leurs dépôts à court terme.
Initialement créées dans un but prudentiel, elles sont ensuite devenues un instrument
central de politique monétaire : en modifiant les coefficients de réserve, la banque centrale
agit directement sur la liquidité bancaire .

Mais les politiques actives de réserve obligatoires, autrefois fréquentes, ne perdurent


guère aujourd’hui que dans les pays en voie de développement.

C. LES CANAUX DE TRANSMISSION DE LA POLITIQUE MONÉTAIRE

Les instruments de politique monétaire influent sur l’économie réelle en suivant


différents canaux, objectifs et subjectifs. Parmi les canaux dits « objectifs », deux revêtent une
particulière importance : le canal du taux d’intérêt et le canal du crédit, auxquels s’ajoutent le
canal du bilan, le canal du cours des actions et celui du taux de change.

1. Les canaux « objectifs »

a) Le canal des taux d’intérêt

Dans la représentation keynésienne, si l’offre nominale de monnaie augmente alors


que les prix demeurent constants, il en résulte une diminution du taux d’intérêt qui incite les
entreprises à investir, ce qui accroit la demande globale en raison du multiplicateur.

Au premier abord, cette approche semble fruste car la politique monétaire joue
essentiellement sur les taux d’intérêt nominaux à court terme alors que la décision d’investir
se fonde plutôt, avec d’autres autres facteurs (notamment la demande anticipée), sur les taux
d’intérêt réels à long terme.

Elle est pourtant plus robuste qu’il n’y paraît, le taux directeur courant et sa trajectoire
future anticipée déterminant assez largement le taux d’intérêt réel à court, moyen ou long
terme , les anticipations d’inflation étant au surplus relativement rigides à court terme.

b)Le canal du crédit


Les variations de la liquidité bancaire jouent sur la capacité des établissements de
crédit à consentir des prêts, favorisant l’investissement et la consommation.

Le canal du crédit se situe dans le prolongement du canal des taux, qui déterminent le
coût des ressources que les banques se procurent, à court terme, sur les marchés monétaires
ou, à long terme, sur les marchés financiers, et que ces dernières répercutent auprès de leurs
clients.

Il se distingue de celui des taux d’intérêt en ce qu’il joue sur le volume et les
conditions des prêts bancaires, et non sur les conditions de financement direct par le recours
au marché.

Ce canal, qui suppose que le crédit puisse être rationné sans que les taux d’intérêt
viennent en équilibrer l’offre et la demande, est mis en avant par les keynésiens plutôt que par
les monétaristes, plus confiants dans la capacité des marchés à assurer une allocation optimale
des moyens.

2. Les canaux « subjectifs »

Depuis le début des années quatre-vingt-dix, les banques centrales accordent une
importance majeure au canal de l’information.

En premier lieu, elles indiquent par avance leurs intentions afin d’ influencer le
comportement des acteurs économiques , qui adaptent leur comportement sur la base
d’anticipations concernant l’évolution des rémunérations, de la consommation, des capacités
de production, etc. En second lieu, cette action permet aussi de renforcer leur crédibilité
( supra ).

Les mouvements observés sur les taux longs permettent, dans une certaine mesure,
d’évaluer la portée de l’action d’une banque centrale .

On rappelle que, d’une part, le taux long représente une moyenne des prévisions
relatives aux taux d’intérêt à court terme (taux courts ) et que, d’autre part, le rendement des
obligations d’Etat comprend une « prime de risque obligataire ».

Si l’on suppose une prime de risque obligataire constante, une baisse des taux longs
par rapport aux taux courts en vigueur signifie qu’une baisse des taux courts est plausible.
Cette anticipation d’un assouplissement de la politique monétaire correspond, dans des
proportions variables :
 A l’anticipation d’un repli de l’inflation ;
 A l’anticipation d’un ralentissement économique.

Si la banque centrale baisse ses taux directeurs (ce qui entraîne normalement une
baisse des taux courts), une baisse des taux longs signifie que son action est jugée durable et
ne crée pas de risque d’inflation.

1.2. Les anticipations des agents économiques

Une anticipation est, en économie, une estimation des valeurs futures d’une variable
économique (inflation, revenu, taux d’intérêt, salaire, stock…) par un agent économique.
Cette anticipation guide les décisions de l’agent économique. Le concept d’anticipation a pris
une part de plus en plus importante dans l’explication de la conjoncture économique.
Aujourd’hui, de nombreux modèles économiques tentent de formaliser les anticipations et de
les intégrer dans les analyses, notamment dans le domaine de la politique économique.

A. Anticipation adaptative

Théorisée par Cagan en 1956, puis utilisée notamment par Milton Friedman en 1957,
dans sa théorie sur le revenu permanent, cette théorie énonce que les agents économiques
forment leurs anticipations à chaque période en tenant compte de l’évolution de la variable
considérée (notamment le taux d’inflation) et de leurs erreurs d’anticipations passées.

Le concept des anticipations adaptatives a permis à Milton Friedman de considérer que


les effets des relances économiques keynésiennes sur la croissance économique et l’emploi
sont limités. À court terme, les agents économiques, considérant que l’augmentation
monétaire de leur revenu correspond à une augmentation de leur pouvoir d’achat, réagissent
en augmentant la consommation et l’offre de travail.

Mais, à long terme, après avoir appris que le gonflement du revenu dont ils sont
l’objet s’est traduit par la baisse de leur revenu réel à cause de l’inflation, ils répondront en
baissant la consommation et l’offre de travail. En définitive, pour M. Friedman, les résultats
ne sont pas souhaitables : la croissance économique baisse, l’inflation et le chômage
augmentent.

B. Anticipation auto-réalisatrice
Ce type d’anticipation est exogène aux modèles économiques. Il s’agit d’une situation
où les agents, en prévoyant une certaine évolution des variables considérées, vont agir de telle
manière pour que la variable suive leur anticipation. Ces anticipations peuvent expliquer le
phénomène de krach boursier : si les spéculateurs prévoient l’éclatement d’une bulle, ils vont
revendre leurs actifs, ce qui entraînera inévitablement la chute du cours. Ces anticipations
peuvent aussi expliquer les comportements des investisseurs dans la théorie keynésienne : si
les investisseurs prévoient une forte croissance, ils vont investir et cela va pousser la
croissance vers le haut.

C. La théorie des anticipations rationnelles

Introduite par John Muth en 1961, cette théorie pose pour principe la capacité des
agents à anticiper les conséquences des politiques économiques initiées par les États.

Un premier développement, la théorie des anticipations adaptatives de Friedman,


supposait une adaptation progressive des agents, en fonction de la variation des prix et des
salaires.

Lucas est allé plus loin en affirmant que les agents ajustaient immédiatement leurs
comportements aux politiques économiques, en anticipant leur impact sur les variations de
monnaie et de prix.

Cette hypothèse a conduit Lucas à une critique des modèles économétriques. Le biais
introduit par les anticipations des agents sur les effets des politiques économiques adoptées,
rend en effet vaine toute tentative de mesure. C’est ce qu’on appelle la « critique de Lucas ».

D. La critique de l’interventionnisme

Au regard de la théorie des anticipations rationnelles, la mise en œuvre de politiques


économiques perd de son intérêt : les agents anticipant instantanément les variations de prix et
de salaires liées à une politique économique, les effets de cette dernière s’annulent
automatiquement.

Par exemple, si un gouvernement décide de recourir à une politique monétaire


expansionniste pour relancer l’économie, les agents anticiperont l’inflation future en
augmentant leur taux d’épargne, ce qui annule l’effet de la relance initiée.

Une politique économique peut néanmoins être efficace, à la condition de contourner


ces phénomènes d’anticipation ; elle doit pour cela être acceptée « sans réserves » par les
agents. Lucas a d’ailleurs admis la place de l’action publique pour favoriser la croissance
endogène quand, en 1988, il a montré que le capital humain était un facteur déterminant du
progrès technique.

Économiste influent, lauréat du prix Nobel d’économie, Robert Lucas est pourtant peu
médiatisé. La critique radicale de l’interventionnisme qu’il développe a sans doute contribué,
la crise aidant, à le dépopulariser. Sa place particulière au sein de l’École des nouveaux
classiques, aux côtés de Sargent et de Barro, en fait néanmoins l’un des économistes les plus
influents de ces dernières décennies.

E. Le rôle des anticipations

Les anticipations jouent un rôle essentiel dans la réalisation des ajustements


macroéconomiques et dans la détermination de l’efficacité de la politique économique, en
particulier de la politique monétaire.

Les principales fonctions de comportement sont, d’une manière ou d’une autre,


influencées par les anticipations. Ainsi la consommation des ménages dépend moins de leur
revenu courant que du revenu « normal » anticipé pendant un certain horizon temporel
(revenu « permanent »), voire du revenu moyen anticipé pendant la durée de vie (théorie du «
cycle vital »). L’investissement des entreprises est lié aux débouchés escomptés, représentés
par les variations anticipées de la demande (modèles d’accélérateur intégrant les
anticipations). La demande d’encaisses monétaires des ménages et des entreprises est fonction
des taux d’intérêt anticipés, des anticipations d’inflation (la prévision d’une accélération de
l’inflation décourage la demande de monnaie), etc. On pourrait multiplier à l’infini les
exemples soulignant la place centrale des anticipations dans la détermination des
comportements.

Puisque les variables macroéconomiques résultent de la conjugaison des actions


individuelles, elles sont également conditionnées par les prévisions. Donnons quelques
exemples :

Les salaires nominaux fixés dans le cadre des négociations collectives et des contrats
de travail dépendent des anticipations de prix pendant la durée des contrats.

Les taux d’intérêt incorporent une dimension psychologique importante parce qu’ils
sont fortement dépendants des anticipations. Tout d’abord, les taux d’intérêt nominaux (ceux
qui sont observés sur les marchés de capitaux) peuvent être décomposés comme la somme de
taux d’intérêt « réels » et de l’inflation anticipée.

Cette décomposition, suggérée par Irving Fisher (1930), part de l’idée que les
créanciers sont dégagés d’illusion monétaire et qu’ils vont chercher à se protéger contre la
perte de pouvoir d’achat de leur créance due à l’inflation en exigeant l’inclusion dans le taux
d’intérêt nominal d’une prime de risque contre l’inflation. Le montant de la prime de risque
contre l’inflation dépend des pouvoirs de négociation respectifs des créanciers et des
débiteurs, et du degré d’administration des marchés de capitaux par les autorités monétaires :
par un contrôle étroit des taux d’intérêt, les pouvoirs publics peuvent moduler la répercussion
de l’inflation anticipée dans les taux nominaux. En second lieu, les anticipations jouent un
rôle, variable d’une économie à l’autre, dans la fixation de la hiérarchie des taux d’intérêt.

SECTION 2 :REVUE EMPIRIQUE

Cette section retrace les auteurs qui ont abordé les thématiques proches de celle dont il
est question dans cette étude.

Depuis la fin des années 1980, l’attention primordiale des gouvernements des pays en
développement est restée braquée sur la lutte contre la pauvreté.

La politique monétaire et la politique de change sont parmi les instruments de la


politique économique de l’Etat. La première vise à stabiliser les prix alors que la politique de
change vise à stabiliser le taux de change pour garantir les échanges commerciaux. Toutes les
deux ont un point commun : la stabilité de la valeur de la monnaie nationale afin d’assurer,
d’une part, le pouvoir d’achat interne, et d’autre part, le pouvoir d’achat externe au niveau
international.

Ainsi, comme il n’y a pas de monnaie internationale, la participation aux échanges


internationaux oblige les pays à convertir leur monnaie nationale contre une autre, cette
conversion se réalise sur le marché de change en fonction du taux de change. Le taux de
change est considéré comme l’indicateur principal de tension sur le marché de change en vue
de défendre contre les concurrences extérieures, il met aussi une pression automatique sur les
autorités monétaires pour maitriser certains agrégats économiques.

Pendant plusieurs années, la monnaie congolaise s’est dépréciée suite à l’adoption du


régime de change fixe. Cette dépréciation a été simultanément liée au déficit persistant de la
balance des paiements
Les études menées ont tenté de dégager les causes de la détérioration de la balance des
paiements. En considérant uniquement la balance commerciale, on attribuait théoriquement le
déficit de la balance des paiements à une dépréciation du taux de change.

Le présent thème fait suite à plusieurs publications sur la politique monétaire et les
anticipations des agents économiques.

KOSOANYA KAMONI a fait le lien entre la politique monétaire et le niveau d’emploi


en République Démocratique du Congo de 2003 à 2011.

Après analyse sur une chronique de huit ans, il a abouti aux résultats selon lesquels :le
taux d’intérêt et le taux de réserve obligatoire impactent positivement le taux de chômage
pendant que les billets de trésorerie le sont négativement ;parmi les instruments de la politique
monétaire, celui qui a plus contribué dans la réduction du chômage était le taux
d’intérêt7([Link], politique monétaire et le niveau d’emploi en République
Démocratique du Congo de 2003 à 2011, mémoire inédit, FSEG, UNIKIS, 2013-2014)

WANICAN dans son étude portant sur l’efficacité de la politique monétaire sur le taux
de change en République Démocratique du Congo de 1998 à 2014, son objectif était de savoir
la tendance du taux de change en République Démocratique du et si cette tendance témoignait
l’efficacité de la politique monétaire en République Démocratique du Congo.

Après l’analyse des données il aboutit aux résultats selon lesquels le taux de change
évoluait à la hausse et la masse monétaire influençait positivement l’efficacité de la politique
monétaire mais cette tendance ne témoigne pas l’efficacité de la politique monétaire
( Claude,2016 ).( Héritier Jean Claude WANICAN UWIRA Université de Kisangani –
Licence 2016 )

KIBABELA parlant de l’incidence de la politique monétaire sur le niveau général de


prix pour une période allant de 1998 à 2011 poursuivait l’objectif évaluer l’effet de la
politique monétaire sur le niveau général de prix en République Démocratique du Congo.

Après l’investigation, il aboutit aux résultats selon lesquels la politique monétaire en


République Démocratique du Congo avait une influence négative sur le niveau général de prix
( Reagan KIBABELA POLO Université libre de Kinshasa – Licencié en économie monétaire
2011 ).

LWANGO dans son étude portant sur la politique monétaire et la croissance


économique en République Démocratique du Congo . L’objectif qu’il poursuivait était
d’évaluer l’effet de la politique monétaire sur la croissance économique à travers le crédit et la
monnaie.

Après les analyses il aboutit aux résultats selon lesquels le crédit et la monnaie
impactaient négativement la croissance économique congolaise ( Elie LWANGO Armstrong,

2013 ).

Félix FISCHER, Charlotte LUNDGREN, et Samir JAHJAH (2013) dans leur article :
« vers une politique monétaire plus efficace : le cas de la République démocratique du Congo
», arrive à trouver plusieurs facteurs qui expliquent l’inefficacité de la politique monétaire en
RDC, confirmée par l’analyse économétrique dont : forte dollarisation, faiblesse
institutionnelle et administrative, prééminence de la politique budgétaire et manque de
capacités et de crédibilité des autorités monétaires.

LOKUNDA dans son étude portant sur la problématique de l’efficacité de la politique


monétaire en République Démocratique du Congo de 1988 à 2018.L’objectif poursuivi par
cette recherche est d’évaluer l’efficacité de la politique monétaire en République
Démocratique du Congo. Il a retenu le taux de dépréciation du taux de change nominal, le
taux d’intérêt directeur de la Banque Centrale du Congo et le taux de croissance de la masse
monétaire pour apprécier l’importance relative des différents canaux de transmission de la
politique monétaire.

Après l’investigation, il aboutit aux résultats selon lesquels il n’existait pas une
relation dynamique efficace entre les variables de transmission de la politique monétaire
retenues et la croissance économique ( Thomas LOKUNDA ETAMBELA Université de
Kinshasa – Licence 2019 ).

Pour ce qui est des anticipations, auteurs qui privilégient l’étude de la prime de risque sont
amenés à faire des hypothèses sur la formation des anticipations. Mundell (1962), Flemming
(1962), comme Branson, Halthunen et Masson (1977) supposent que la dépréciation anticipée
de change est nulle, autrement dit que les anticipations de change sont statiques.

Meese et Rogoff (1983) négligent également l’erreur de prévision en montrant que le


processus d’évolution suivi par le taux de change est une marche aléatoire si les anticipations
de change sont rationnelles. Il n’est pas intéressant, selon eux, d’étudier l’erreur de prévision
du taux de change qui, par définition, est négligeable. La prime de risque constitue alors le
seul élément explicatif du biais précédemment énoncé.
Selon Franke et Froot (1990) et Takagi (1990), l’hétérogénéité des comportements des
agents en matière d’anticipations de change est à l’origine du rejet de la rationalité. En effet,
les anticipations de très court terme extrapolent généralement les tendances récentes du taux
de change (comportement chartiste). De ce fait, le marché des changes intègre à court terme
un phénomène de « noise trading » qui n’est pas lié au « fondamental » du taux de change et
qui accroît anormalement la volatilité des changes. En revanche, les anticipations à moyen
terme un ou trois mois sont plutôt régressives : les investisseurs pensent que le taux de
change à long terme converge vers son niveau d’équilibre donné par la parité des pouvoirs
d’achat (comportement « fondamentaliste »).

De ce qui précède, cette étude s’inscrit dans la continuité des travaux antérieurs mais
celle-ci se veut d’analyser l’effet de l’évolution des anticipations des agents économiques sur
l’efficacité de la politique monétaire en République Démocratique du Congo.

[Link]

SECTION 1 : OPERATIONNALISATION DES VARIABLES

I.1. Choix des variables

L’évaluation de l’effet de l’évolution des anticipations des agents économiques sur la


politique monétaire en République Démocratique du Congo nécessite un bon choix des
variables. De ce fait, nous avons retenu les variables suivantes : le taux d’inflation , la
croissance économique, le taux d’intérêt à court terme, les anticipations d’inflation,
l’indice de confiance des agents économiques et le taux d’intérêt à long terme.

Le choix de ces variables se fonde sur certaines considérations théoriques que pratiques
ci-après :

1. Taux d’intérêt à court terme

• Rôle dans la politique monétaire : Le taux d’intérêt à court terme est un outil principal
de la politique monétaire. Les banques centrales ajustent ce taux pour influencer l’activité
économique et l’inflation.

• Réaction aux anticipations : Les variations des anticipations des agents économiques
concernant l’inflation et la croissance peuvent entraîner des ajustements immédiats des
taux d’intérêt à court terme.
2. Taux d’intérêt à long terme

• Impact sur les investissements : Les taux d’intérêt à long terme influencent les
décisions d’investissement des entreprises et des ménages. Des anticipations d’inflation
plus élevées peuvent conduire à une hausse de ces taux, ce qui peut freiner la croissance
économique.

• Indicateur des attentes futures : Ils reflètent les anticipations des agents économiques
sur l’évolution future de l’économie, y compris l’inflation et la croissance.

3. Croissance économique

• Mesure de la performance économique : La croissance est un indicateur clé de la santé


économique. Elle est souvent influencée par les décisions d’investissement, qui sont elles-
mêmes affectées par les taux d’intérêt et les anticipations.

• Feedback avec les anticipations : Les agents économiques ajustent leurs anticipations
en fonction des performances économiques passées et présentes, ce qui influence leurs
comportements futurs.

4. Anticipations de l’inflation

• Influence sur le comportement économique : Les anticipations d’inflation affectent les


décisions de consommation et d’investissement. Si les agents s’attendent à une inflation
élevée, ils peuvent modifier leur comportement, ce qui peut à son tour influencer la
politique monétaire.

• Indicateur des attentes : Elles sont essentielles pour comprendre comment les agents
perçoivent l’environnement économique futur et comment cela influence leurs décisions.

5. Indice de confiance des consommateurs et des entreprises

• Mesure du sentiment économique : Cet indice reflète la confiance des consommateurs


et des entreprises dans l’économie, ce qui est crucial pour les décisions de dépense et
d’investissement.
• Impact sur les anticipations : Un faible niveau de confiance peut entraîner des
anticipations pessimistes, affectant ainsi la consommation et l’investissement, et donc la
croissance économique.

6. Taux d’inflation

Dans un pays comme la RDC, où l’histoire économique a été marquée par des périodes
d’hyperinflation et d’instabilité monétaire, le suivi du taux d’inflation est crucial pour
évaluer l’efficacité des politiques monétaires mises en place pour restaurer la confiance
des agents économiques.

Tableau N⁰1 : Variables retenues

Variables Notations Exprimés


Taux d’inflation TINF %
Taux d’intérêt à court terme TICT %
Taux d’intérêt à long terme TILT %
Indice de confiance des AE IC Ratio
Anticipations d’inflation IPC Ratio
Croissance économique PIB CDF
Sources : Nous-mêmes

Mathématiquement le modèle se présente :

[Link]

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