Définition et principes de l'électrostatique
Définition et principes de l'électrostatique
I] L’électrisation
1) Un peu d’histoire
Il y a plus de 2 600 ans, les savants grecs avaient déjà constaté que l'ambre jaune (une résine naturelle) frottée
énergiquement avec une fourrure avait la faculté d'attirer les corps légers tels que les cheveux ou fétus de paille.
C'est d'ailleurs le mot grec ηλεκτρoνη (êlektron), signifiant ambre, qui est à l'origine du terme « électricité ».
Cette électrisation par frottement, dite triboélectricité, s'observe facilement dans la vie quotidienne. Parfois une
forte électrisation peut même produire des étincelles comme lorsqu'on enlève un pull de laine rapidement (à
condition d'être dans une pièce sombre pour percevoir ces étincelles). L'éclair, lors d'un orage, est un phénomène
d'électricité statique impressionnant qui fut longtemps craint par les hommes. Il fallut attendre B. Franklin en
1752 pour identifier la nature électrique du phénomène et pour maîtriser les dégâts du tonnerre par l'invention
du paratonnerre.
2) Expériences d’électrisation
Lorsqu’on frotte un matériau isolant, il peut gagner ou perdre des électrons par
arrachement.
Un corps chargé électriquement, est approché d’un autre corps sans qu’il n’y ait de
contact entre eux.
Celui-ci, reste globalement neutre mais ses charges ne sont plus réparties uniformément.
Des électrons sont transférés par contact d’un corps chargé à un autre.
Dans le cas d’un matériau conducteur, les charges se répartissent dans tout le matériau
Dans le cas d’un matériau isolant, les charges restent localisées au niveau de la surface
de contact.
1
II] Interaction et champ électrostatique
1) La loi de Coulomb
Loi de Coulomb :
Pour deux corps A et B de charges qA et qB séparés d’une distance d, la force électrostatique de l’objet A sur
l’objet B, ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗
𝐹𝐴/𝐵 a pour expression :
𝑞𝑎 . 𝑞𝐵
⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗
𝐹𝐴/𝐵 = −𝐹 ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗
𝐵/𝐴 = 𝑘. . ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗
𝑢𝐵𝐴
𝑑2
qA et qB en Coulomb (C)
d en mètres (m)
k = 9 x 109 N.m2.C-2
F en Newton (N)
𝑢𝐵𝐴 est le vecteur unitaire de direction (AB) et de sens B vers A
⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗
2) Champ électrique
Une charge ponctuelle est un point matériel P chargé de q. Cette charge ponctuelle va avoir une influence sur un
système M de charge Q situé à une distance r.
Le champ électrostatique 𝐸⃗ (𝑀) qui sera créé par le point P à l’emplacement de M sera lié à la force de Coulomb :
⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗
𝐹𝑃→𝑀 = 𝑄. 𝐸⃗ (𝑀)
Ainsi, d’après la loi de Coulomb :
𝑞
𝐸⃗ (𝑀) = . ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗
𝑢
4𝜋𝜀0 𝑟 2 𝑃→𝑀
Le champ 𝐸⃗ (𝑀) ne dépend que de la distance nous séparant de P et de la charge de P.
2
Considérons une distribution de charges ponctuelles (q1,…,qN) placées en différents points Pi=1…N et une charge
test Q placée en M. Cherchons à exprimer la force qu'exerce cette ensemble de charges sur la charge test.
On admet que l'interaction électrique obéit au principe de superposition : la force résultante est la somme
vectorielle des forces qu'exercent chacune des charges qi sur la charge Q soit :
𝑁 𝑁
𝑄𝑞𝑖
𝐹 = ∑ ⃗𝑓𝑖 = ∑ 𝑢
⃗⃗⃗
4𝜋𝜀0 𝑟𝑖 2 𝑖
𝑖=1 𝑖=1
𝐸⃗ (𝑀) est un champ vectoriel. L’unité de sa norme est en volt par mètre (V.m-1).
A la surface de la Terre, le champ électrique est de l’ordre de 100-150 V.m-1 en dehors des périodes d’orage. En
période d’orage, il est de l’ordre de 10 kV.m-1.
Dans l’atome, la cohésion des électrons est de l’ordre de 100 GV.m-1.
3) Carte de champ
Les lignes d’un champ vectoriel quelconque 𝐴(𝑀) sont des courbes tangentes en chaque point M au champ
vectoriel en ce point. Ces courbes sont orientées dans le sens du champ vectoriel.
3
Le champ d’une charge ponctuelle peut se représenter sur une carte.
On voit bien ici que les lignes de champs passent toutes par la charge ponctuelle. Quand la charge est négative,
ils sont orientés vers la charge et quand elle est positive elle est orientée dans le sens contraire.
De plus, la représentation du champ de vecteur montre que les vecteurs sont de plus en plus petits lorsqu’on
s’éloigne de la charge ponctuelle.
On remarque que les lignes de charges se dirigent toujours de la charge positive vers la charge négative. De
même on voit que les champs se superposent.
4
4) Eléments de symétrie
Plan de symétrie :
Plan d’antisymétrie :
5
Propriétés de symétrie d’un champ électrique :
- En tout point d’un plan de symétrie, le champ électrique est contenu dans ce plan.
- En tout point d’un plan d’antisymétrie, le champ électrique est perpendiculaire à ce plan.
5) Distribution de charges
Par principe, une distribution de charge est rigoureusement ponctuelle et les charges portées par les particules
sont des multiples de la charge élémentaire e.
Ainsi 𝑞 = 𝑁 × 𝑒
Cependant, en se plaçant à une échelle macroscopique, un corps électrisé contient un nombre de particules
tellement important qu’on peut considérer que la distribution est continue. On peut ainsi définir une fonction de
répartition.
La densité volumique de charges ρ(M) décrit la répartition en volume d’une quantité de charge. En un point M
contenu dans un volume infinitésimal dτ, la quantité de charge s’écrit :
𝑑𝑞 = 𝜌(𝑀). 𝑑𝜏
ρ(M) s’exprime en C.m-3
Si le milieu est homogène, on peut écrire
𝑄
𝜌=
𝑉
La densité surfacique de charges σ(M) décrit la répartition en surface d’une quantité de charge. En un point M
contenu dans une surface infinitésimale dS, la quantité de charge s’écrit :
𝑑𝑞 = 𝜎(𝑀). 𝑑𝑆
σ(M) s’exprime en C.m -2
6
La densité linéique de charges λ(M) décrit la répartition de la charge le long d’un fil chargé. En un point M contenu
sur une longueur infinitésimale dl, la quantité de charge s’écrit :
𝑑𝑞 = 𝜆(𝑀). 𝑑𝑙
λ(M) s’exprime en C.m-1
Si le milieu est homogène, on peut écrire
𝑄
𝜆=
𝑙
Lorsqu’on passe d’une distribution discrète en charge à une distribution continue, on transforme la somme en
une intégrale. Ainsi le champ électrique s’écrit :
𝑁
𝑞𝑖 𝑁→∞ 𝑑𝑞
𝐸⃗ (𝑀) = ∑ 𝑢
⃗⃗⃗𝑖 → ∫ 𝑢
⃗
4𝜋𝜀0 𝑟𝑖 2 𝐷 4𝜋𝜀0 𝑟
2
𝑖=1
D représente le domaine d’intégration (volume, surface ou ligne).
7
Electrostatique/Magnétostatique 2024-2025
I] Introduction
1) Définir l’électromagnétisme
L'électromagnétisme consiste en l'étude des phénomènes qui font intervenir des charges en mouvement
(courants électriques, antenne radio, conductimétrie, courants de Foucault,...). On se restreint, cette année, aux
phénomènes indépendants du temps. Ce qui permet de séparer l'étude des effets magnétiques et électriques.
Ce module aborde l'électrostatique, c'est-à-dire l'étude du champ électrique produit par des charges immobiles
et la magnétostatique, c’est-à-dire l’étude du champ magnétique sur des courants électriques indépendants du
temps.
Dans la mécanique classique, l’interaction gravitationnelle est définie par la lo ide la gravitation
universelle.
Pour deux corps A et B de masses mA et mB séparés
d’une distance d, la force d’attraction gravitationnelle de
l’objet A sur l’objet B ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗
𝐹𝐴/𝐵 a pour expression :
𝑚𝑎 . 𝑚𝐵
⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗
𝐹𝐴/𝐵 = ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗
𝐹𝐵/𝐴 = 𝐺. . ⃗⃗⃗⃗⃗⃗
𝑢𝐴𝐵
𝑑2
mA et mB en kilogrammes (kg)
d en mètres (m)
G = 6,667 x 10-11 [Link]-2
F en Newton (N)
𝑢𝐵𝐴 est le vecteur unitaire de direction (AB) et de sens B vers A
⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗
On considère qu’elle est prépondérante à grande échelle, l’échelle astronomique.
L’interaction électromagnétique régit tous les phénomènes électriques et magnétiques. Elle peut être
attractive ou répulsive. Exemple des aimants. Cette interaction est liée à l’existence de charges électriques et est
notamment responsable de la cohésion des atomes en liant les électrons (de charge négative) attirés par le noyau
(de charge positive).
1
L’interaction nucléaire forte permet la cohésion du noyau de l’atome. Elle agit à très courte portée, jusqu’à
10-15
m au sein du proton et du neutron.
L’interaction nucléaire faible agit sur toutes les particules à une échelle très petite de 10 -18 m. Elle est
notamment responsable de la radioactivité beta.
1) La charge électrique
Les charges électriques peuvent exister dans les conducteurs et dans les isolants. La matière est globalement
neutre mais il est possible d’électriser un corps en déplaçant les charges.
2) Le courant électrique
Le courant électrique est le résultat d'un déplacement d'ensemble de particules chargées. Son intensité I est
donnée par le flux (ou le débit) de charge qui traverse une section de surface S. Plus précisément, la quantité de
charge dq qui passe au travers de (S) entre t et t+dt vaut :
𝑑𝑞 = 𝐼(𝑡). 𝑑𝑡
1) Notion de champ
M M’
Définition : Si à chaque point d’une région de l’espace on associe une
grandeur vectorielle ou scalaire, alors on parle de champ.
Exemples :
- Champ de pression qui est un champ scalaire P(M)
- Champ de gravitation qui est un champ vectoriel 𝑔(𝑀)
- Champ électrique 𝐸⃗ (𝑀)
- Champ magnétique 𝐵 ⃗ (𝑀)
2
Propriétés :
Un champ uniforme est un champ qui est indépendant du point d’application. C’est-à-dire qu’il est le même en
tout point.
2) Notion de flux
⃗⃗⃗⃗
𝜙 = ∬ 𝐸⃗ . 𝑑𝑆
Σ
⃗⃗⃗⃗
𝑑𝑆 est un élément de surface de. Le vecteur est orthogonal localement à la
portion de surface de norme dS.
Remarques :
- ∬ est un intégrale double en maths. En physique elle est assimilée à une somme de produits scalaires
𝐸⃗ . ⃗⃗⃗⃗
𝑑𝑆 en tous points de la surface (S)
- Si la surface est fermée, on utilise le symbole ∯
⃗⃗⃗⃗
𝑑𝑆 est toujours choisi comme étant orienté vers l’extérieur d’une surface fermée. On parle de flux sortant.
Exemple :
y
Soit un champ uniforme 𝐸⃗ (𝑀) = ⃗⃗⃗⃗
𝐸0 à travers une
surface Σ rectangulaire dans un repère cartésien Σ
(O,x,y,z). a
⃗⃗⃗⃗
𝑑𝑆 = 𝑑𝑥. 𝑑𝑦. ⃗⃗⃗⃗
𝑢𝑧
𝑥2 𝑦2 b
𝜙 = ∬ 𝐸⃗ . ⃗⃗⃗⃗
𝑑𝑆 = ∬ 𝐸⃗ . 𝑑𝑥. 𝑑𝑦. ⃗⃗⃗⃗
𝑢𝑧 = 𝐸0 . 𝑎. 𝑏
Σ 𝑥1 𝑦1
O x
3) Notion de circulation
B
⃗ (𝑀) ⃗⃗⃗
𝑑𝑙
On considère par exemple un champ de vecteur 𝐵 ⃗⃗⃗
𝑑𝑙
et une courbe AB notée Γ M
Remarque :
- ∫ est une intégrale simple en maths. En physique elle est assimilée à une somme de produits scalaires
⃗ . ⃗⃗⃗
𝐵 𝑑𝑙 en tous points de la courbe Γ
- Si la courbe est fermée, on utilise le symbole ∮
3
4) Gradient d’une fonction
L’opérateur gradient est un opérateur différentiel qui s’applique à un champ scalaire et le transforme en
champ vectoriel. On le note ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗
𝑔𝑟𝑎𝑑 𝑓(𝑀, 𝑡) ou ⃗∇ 𝑓(𝑀, 𝑡)
5) Systèmes de coordonnées
4
Electrostatique/Magnétostatique 2024-2025
Définitions
B
⃗⃗⃗⃗
𝒅𝒍
M
Si on prend un objet de charge q se déplaçant de A vers B dans un champ 𝐸⃗ créé par d’autres charges alors
l’objet subit une force 𝐹 = 𝑞. 𝐸⃗
Le travail associé à cette force est par définition :
𝐵
⃗⃗⃗
𝑊(𝐹 ) = ∫ 𝐹 . 𝑑𝑙
𝐴
Ainsi :
𝐵
𝑊(𝐹 ) = ∫ 𝑞. 𝐸⃗ . ⃗⃗⃗
𝑑𝑙 = 𝑞. 𝐶
𝐴
1
Cas d’une charge ponctuelle
On considère deux charges q et q’. la première charge est fixe (P) et l’autre (M) se déplace entre les points A et B
en suivant le parcours de circulation C quelconque.
Propriété
Le champ électrostatique est à circulation conservative. C’est-à-dire qu’il ne dépend pas du chemin parcouru
entre deux points A et B
2) Potentiel électrostatique
Définition
Poursuivons notre raisonnement précédent en faisant intervenir le champ électrique. On peut dire que la charge
q’ se déplace dans un champ électrique créé par q ce qui produit une force 𝑓 = 𝑞′. 𝐸⃗
2
⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗ (𝐸𝑝 ).
Cette force étant conservative, elle peut être reliée à une énergie potentielle Ep par la relation 𝑓 = −𝑔𝑟𝑎𝑑
Pour un champ créé par une charge ponctuelle, on peut ainsi en déduire :
𝑞
⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗ (
𝐸⃗ = −𝑔𝑟𝑎𝑑 )
4𝜋𝜀0 𝑟
Le champ électrique créé par une charge ponctuelle est le gradient d’une fonction. Grâce au principe de
superposition, on peut généraliser cette propriété à une distribution de charges.
Le potentiel électrique est par conséquence défini avec une constante indéterminée et qu’on ne cherchera pas à
trouver. On la choisira arbitrairement comme étant égale à 0.
𝑞
𝑉 (𝑀 ) =
4𝜋𝜀0 𝑟
𝑁
𝑞
𝑉 (𝑀 ) = ∑
4𝜋𝜀0 𝑟𝑖
𝑖=1
𝑑𝑞
𝑉 (𝑀 ) = ∫
𝐷 4𝜋𝜀0 𝑟
𝑑𝑞 = 𝜌(𝑀). 𝑑𝜏 ou 𝑑𝑞 = 𝜎(𝑀). 𝑑𝑆 ou 𝑑𝑞 = 𝜆(𝑀 ). 𝑑𝑙
3) Tension électrique
Par définition, une tension électrique est une différence de potentiel électrique ( ou d.d.p.) entre deux points. On
note UAB , la d.d.p. entre deux points A et B
Par conséquent, si le champ électrique possède une valeur constante E le long d’une ligne de champ, la tension
existante entre les deux points de cette ligne de champ distants de d vaut : U = E.d
3
II] Topographie
Définitions
La topographie du champ électrostatique correspond à des cartes permettant de représenter le champ 𝐸⃗ et le
potentiel V.
Les lignes de champs sont des courbes tangentes au champ électrique en tout point.
Les surfaces équipotentielles sont des surfaces sur lesquelles le potentiel V est le même en tout point.
D’après les propriétés du gradient, le champ 𝐸⃗ est orthogonal aux surfaces équipotentielles et dirigé dans le sens
des potentiels décroissants.
Différentes représentations
4
Lecture d’une carte de champ
Les lignes de champs partent des charges positives vers les charges négatives.
D’après les propriétés du gradient, on peut en déduire propriété du champ en un point M d’une équipotentielle.
Le champ 𝐸⃗ (𝑀) est perpendiculaire aux surfaces équipotentielles et dirigé dans le sens des potentiels
décroissants.
5
III] Théorème de Gauss
1) Enoncé
On rappelle que le flux d’un champ 𝐸⃗ traversant une surface a pour expression :
⃗⃗⃗⃗
𝜙 = ∬ 𝐸⃗ . 𝑑𝑆
Σ
Théorème de Gauss :
Le flux du champ 𝐸⃗ à travers une surface Σ fermée correspond à la charge électrique Qint contenue à l’intérieur
de la surface divisée par la permittivité du vide ε0.
𝑄𝑖𝑛𝑡
∯ 𝐸⃗ . ⃗⃗⃗⃗
𝑑𝑆 =
Σ 𝜀0
2) Propriété
6
Electrostatique/Magnétostatique 2024-2025
I] Le champ magnétique
1) Définition
Un champ magnétique 𝐵 ⃗ est un champ vectoriel. Il décrit l’influence exercée par un aimant ou un courant
électrique sur son environnement.
Sa norme a pour unité le Tesla (T).
2) Un peu d’histoire
La « pierre d’aimant » qui a la propriété d’attirer les petits morceaux de fer, est connue depuis l’antiquité grecque.
On trouve cette pierre étonnante dans la région de Magnésie, en Asie Mineure. On sait aujourd’hui qu’elle est
formée essentiellement d’oxyde de fer Fe3O4 que l’on appelle magnétite. Façonnée et polie en forme de cuillère,
elle est utilisée en Chine dès le IIIe siècle à des fins divinatoires. Il faut attendre les environs de l’an mille pour voir
apparaitre les premières boussoles. Elle est adoptée par les navigateurs arabes puis européens pour s’orienter en
mer.
3) Les aimants
Les aimants présentent toujours au moins deux pôles, appelés pôle sud et pôle
nord. Lorsqu’on approche deux aimants, on met en évidence deux types
d’interaction : deux pôles de même nature se repoussent tandis que deux pôles
de nature différente s’attirent.
Sur Terre, il règne un champ magnétique qui oriente toutes les boussoles dans l’axe Sud-Nord. Par convention,
le pôle qui indique le Nord est appelé pôle nord de la boussole et l’autre étant le pôle sud.
1
Par conséquent, si on considère la Terre comme un aimant, le pôle Nord magnétique se situe au pôle Sud
géographique.
1) Définition
La force de Lorentz exercée sur une particule de charge q et de vitesse 𝑣 a pour expression :
𝐹 = 𝑞(𝐸⃗ + 𝑣 ∧ 𝐵⃗)
𝐸⃗ , 𝐵
⃗ et 𝑣 dépendent du référentiel d’étude.
La force électrique est alignée avec le champ électrique. Elle a le même sens si la charge q est positive
sinon elle est de sens contraire.
En conséquence de la définition d’un produit vectoriel, la force magnétique perpendiculaire à la fois au vecteur
vitesse et au champ magnétique. On utilise la « règle de la main droite » comme ci-dessous pour trouver sa
direction et son sens. Elle change de sens lorsque le signe de la charge est négatif.
La force magnétique est toujours orthogonale à la vitesse. Ainsi, le travail de cette force et sa puissance sont
nuls. D’après le théorème de l’énergie cinétique, l’énergie cinétique est conservée pour un corps uniquement
soumis à cette force et donc, la valeur de sa vitesse. Par conséquent, la force magnétique ne peut agir que sur la
direction du mouvement.
La force électrique peut délivrer un travail et une puissance. Elle peut alors mettre en mouvement une
particule chargée ou modifier sa vitesse.
La force électrique permet d’accélérer ou de freiner une particule. La force magnétique ne peut que la
dévier.
2
III] Mouvement dans un champ électrique uniforme
1) Etude dynamique
a) Conditions initiales
Dans toute cette partie on prendra l’exemple d’une particule de masse m et de charge q lancé avec une vitesse
initiale dans un champ électrique uniforme au voisinage de la Terre. On néglige tous frottements mais aussi la
force gravitationnelle de l’objet car il est négligeable devant la force électrique à l’échelle d’une particule. Ce
raisonnement peut s’appliquer dans d’autre cas de figures similaires.
𝑥0 = 0
Conditions initiales : La particule est lancée à t= 0s au point 𝑂 (𝑦0 = 0) avec une vitesse initiale
𝑧0 = 0
𝑣0𝑥 = 𝑣0 . cos 𝛼
𝑣0 (𝑣0𝑦 = 0
⃗⃗⃗⃗ ) dans le plan (𝑂, ⃗⃗⃗⃗
𝑢𝑥 , ⃗⃗⃗⃗
𝑢𝑧 ) faisant un angle α par rapport à l’axe horizontal.
𝑣0𝑧 = 𝑣0 . sin 𝛼
⃗⃗⃗⃗
𝑣0
α
O x
Bilan des forces :
- Force électrostatique 𝐹 = 𝑞. 𝐸⃗
- Poids 𝑃⃗ = 𝑚. 𝑔 négligeable devant la force électrique
3
z
⃗𝑬
⃗
M
⃗𝑭
O x
b) Application de la relation fondamentale de la dynamique et détermination de l’accélération
∑ ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗
𝐹𝑒𝑥𝑡 = 𝑚. 𝑎
𝐹 = 𝑚. 𝑎
𝑞. 𝐸⃗ = 𝑚. 𝑎
𝑞.𝐸⃗
Dans un champ électrostatique uniforme, le vecteur accélération correspond au vecteur 𝑎 = .
𝑚
𝑎𝑥 = 0
Le vecteur accélération a pour coordonnées 𝑎 ( 𝑦 = 0 )
𝑎
𝑞.𝐸
𝑎𝑧 = 𝑚
𝑣𝑥 (𝑡) = 𝑐𝑡𝑒𝑥
On a donc : 𝑣 ( 𝑦 (𝑡) = 𝑐𝑡𝑒𝑦
𝑣 )
𝑞.𝐸
𝑣𝑧 (𝑡) = 𝑚 . 𝑡 + 𝑐𝑡𝑒𝑧
𝑣 = ⃗⃗⃗⃗
𝑣0
𝑣𝑥 (𝑡 = 0) = 𝑐𝑡𝑒𝑥 = 𝑣0 . cos 𝛼
𝑣0 ( 𝑣𝑦 (𝑡 = 0) = 𝑐𝑡𝑒𝑦 = 0
⃗⃗⃗⃗ )
𝑣𝑧 (𝑡 = 0) = 𝑐𝑡𝑒𝑧 = 𝑣0 . sin 𝛼
𝑣𝑥 (𝑡) = 𝑣0 . cos 𝛼
Donc on obtient le vecteur vitesse 𝑣 ( 𝑣𝑦 (𝑡) = 0 )
𝑞.𝐸
𝑣𝑧 (𝑡) = . 𝑡 + 𝑣0 . sin 𝛼
𝑚
4
c) Détermination du vecteur position
⃗⃗⃗⃗⃗⃗
𝑑𝑂𝐺
Le vecteur vitesse est la dérivée du vecteur position𝑣 =
𝑑𝑡
⃗⃗⃗⃗⃗
𝑂𝐺 = 𝑂⃗
𝑥(𝑡 = 0) = 𝑐𝑡𝑒′𝑥 = 0
⃗⃗⃗⃗⃗⃗
𝑂𝑀 (𝑦(𝑡 = 0) = 𝑐𝑡𝑒′𝑦 = 0 )
𝑧(𝑡 = 0) = 𝑐𝑡𝑒′𝑧 = 0
𝑥(𝑡) = 𝑣0 . cos 𝛼 . 𝑡
⃗⃗⃗⃗⃗⃗ (
Donc on obtient le vecteur position 𝑂𝑀 𝑦(𝑡) =0 )
𝑞.𝐸 2
𝑧(𝑡) = 2𝑚 . 𝑡 + 𝑣0 . sin 𝛼 . 𝑡
𝑞.𝐸
On remplace t dans l’équation horaire de z : 𝑧(𝑡) = . 𝑡 2 + 𝑣0 . sin 𝛼 . 𝑡
2𝑚
𝑞. 𝐸 𝑥 2
𝑧= − .( ) + tan 𝛼 . 𝑥
2𝑚 𝑣0 . cos 𝛼
L’équation de la trajectoire est une fonction polynôme de degré 2. La trajectoire de la particule est donc une
parabole.
2) Etude énergétique
Lorsqu’un champ électrique est uniforme, dirigé selon l’axe Ox et d’expression 𝐸⃗ = 𝐸. ⃗⃗⃗⃗
𝑢𝑥
5
𝑑𝐸𝑝
⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗ (𝐸𝑝 ) = −
𝐹 = −𝑔𝑟𝑎𝑑 𝑢𝑥
⃗⃗⃗⃗
𝑑𝑥
𝑑𝑉
𝑞𝐸. 𝑢
⃗⃗⃗⃗𝑥 = −𝑞 𝑢
⃗⃗⃗⃗𝑥
𝑑𝑥
𝑑𝑉
𝐸=−
𝑑𝑥
Si on intègre par rapport à x
𝑉(𝑥) = −𝐸. 𝑥 + 𝑐𝑡𝑒
Le potentiel électrique ne dépend pas de la charge mais uniquement du champ électrique E. le choix de la
constante arbitraire correspond à la position pour laquelle on aura choisit le potentiel électrique nul de référence.
Ce qu’on appelle en électricité, la masse.
En appliquant une différence de potentiel U entre deux armatures planes parallèles et distante de d, on obtient
un champ électrique orthogonal aux armatures, dirigé vers les potentiels décroissants et de norme :
𝑈
𝐸=
𝑑
Si q est positif, la particule sera accélérée par une différence de potentielle négative et ralentie par une différence
de potentielle positive.
6
Si q est négatif, la particule sera ralentie par une différence de potentielle négative et accélérée par une différence
de potentielle positive.
Ainsi, un électron ou un proton initialement au repos et accéléré sous une tension de 1V acquiert une énergie de
1 eV.
1) Observations expérimentales
𝐯𝟎
⃗⃗⃗⃗ 𝐯𝟎
⃗⃗⃗⃗
⃗⃗⃗⃗
𝒇𝟎 ⃗⃗⃗⃗
𝒇𝟎
C x C x
⃗𝑩
⃗ ⃗𝑩
⃗
2) Etude du mouvement
⃗ = 𝐵. ⃗⃗⃗⃗
Référentiel : terrestre supposé galiléen associé à un champ magnétique 𝐵 𝑢𝑧 . orthogonal à la trajectoire.
Conditions initiales : La particule est lancée à t= 0s au point O avec une vitesse initiale ⃗⃗⃗⃗
𝑣0
- Force magnétique 𝐹 = 𝑞𝑣 ∧ 𝐵 ⃗
- Poids 𝑃⃗ négligeable devant la force magnétique
7
D’après la relation fondamentale de la dynamique :
∑ ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗
𝐹𝑒𝑥𝑡 = 𝑚. 𝑎
⃗ = 𝑚. 𝑎
𝑞𝑣 ∧ 𝐵
𝑑𝑣
Dans le cas d’un mouvement circulaire et uniforme 𝑑𝑡 = 0.
𝑣0 2
𝑞𝑣0 𝐵 ⃗⃗⃗
𝑢𝑡 ∧ ⃗⃗⃗⃗
𝑢𝑧 = 𝑚 𝑢
⃗⃗⃗⃗
𝑅 𝑛
Or ⃗⃗⃗
𝑢𝑡 ∧ ⃗⃗⃗⃗
𝑢𝑧 = ⃗⃗⃗⃗
𝑢𝑛
𝑣0 2
|𝑞|𝑣0 𝐵 = 𝑚
𝑅
Le rayon de courbure a pour expression :
𝑚𝑣0
𝑅=
|𝑞|𝐵
Le mouvement a un rayon de courbure constant, ce qui est cohérent avec le fait que la trajectoire est circulaire.
8
2𝜋 𝑚𝑣0
𝑇= ×
𝑣0 |𝑞|𝐵
2𝜋𝑚
𝑇=
|𝑞|𝐵
2𝜋
Or La pulsation est définie par 𝜔𝐶 = 𝑇
|𝑞|𝐵
𝜔𝐶 =
𝑚
𝑣0 = 𝑅𝜔𝑐
On remarque qu’elle ne dépend pas de la vitesse de la particule mais uniquement de sa masse, de sa charge et
de l’intensité du champ magnétique.
𝑣0 2 |𝑞|𝐵
𝑞𝑣0 𝐵 ⃗⃗⃗
𝑢𝑡 ∧ ⃗⃗⃗⃗
𝑢𝑧 = 𝑚 𝑢𝑛
⃗⃗⃗⃗
𝑚𝑣0
𝑞
𝑢𝑛 =
⃗⃗⃗⃗ 𝑢 ∧ ⃗⃗⃗⃗
⃗⃗⃗ 𝑢𝑧 = 𝑠𝑖𝑔𝑛𝑒(𝑞) × ⃗⃗⃗
𝑢𝑡 ∧ ⃗⃗⃗⃗
𝑢𝑧
|𝑞| 𝑡
Il suffit de tracer le schéma pour trouver C. Sachant que la position sera dépendante du signe de la charge.
Ensuite, en connaissant le vecteur vitesse initiale, on connait le sens du mouvement qui le sera le même que ce
dernier.
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Electrostatique/Magnétostatique 2024-2025
Exemples :
- Fil électrique
- Bobine, fil embobiné
Une distribution linéique de courant possède des propriétés d’invariance et de symétrie. C’est analogue aux
distributions de charges mais il faut aussi prendre en compte le sens du courant.
Exemple :
Un fil rectiligne infini de distribution de courant I
➔ Invariance par translation le long du fil.
➔ Invariance par rotation d’axe autour du fil.
➔ Plans de symétrie contenant l’axe du fil.
➔ Plans d’antisymétrie coupant le fil en deux.
L'étude quantitative des interactions entre aimants et courants fut réalisée par les physiciens Biot et Savart
(1820). Ils mesurèrent la durée des oscillations d'une aiguille aimantée en fonction de sa distance à un courant
rectiligne. Ils trouvèrent que la force agissant sur un pôle est dirigée perpendiculairement à la direction reliant ce
pôle au conducteur et qu'elle varie en raison inverse de la distance. De ces expériences, Laplace déduisit ce qu'on
appelle aujourd'hui la loi de Biot et Savart.
⃗ (𝑀) en
La loi de Biot et Savart permet de déterminer le champ magnétique 𝐵 I B
un point M proche de la distribution linéique de courant. P ⃗⃗⃗⃗
𝒅𝒍
A M
1
Loi de Biot et Savart :
Un élément de distribution linéique de charge en P crée un champ magnétique en un point M :
⃗⃗⃗ ∧ 𝑃𝑀
µ0 𝐼. 𝑑𝑙 ⃗⃗⃗⃗⃗⃗
⃗⃗⃗⃗⃗
𝑑𝐵 (𝑀) =
4𝜋 𝑃𝑀3
-7
µ0 = 4π.10 S.I. Perméabilité magnétique du vide
Le champ magnétique créé en M par une distribution linéique de courant entre deux points A et B est :
𝐵 ⃗⃗⃗ ⃗⃗⃗⃗⃗⃗
µ 𝐼. 𝑑𝑙 ∧ 𝑃𝑀
⃗ (𝑀) = 0 ∫
𝐵
4𝜋 𝐴 𝑃𝑀 3
1) Généralités
⃗ en tout point.
Les lignes de champ sont des lignes tangentes au champ magnétique 𝐵
On obtient expérimentalement des lignes de champ en saupoudrant de la limaille de fer sur une surface plane.
La limaille s’aligne suivant la direction du champ magnétique.
Exemples d’une carte de champs pour une spire circulaire parcourue par un courant I.
Sur une carte de champ magnétique, le champ magnétique est le plus intense là où les lignes se resserrent.
2) Flux
Le flux d’un champ magnétique à travers une surface fermée est conservatif :
⃗⃗⃗⃗ = 0
⃗ . 𝑑𝑆
∯𝐵
Par conséquent, si on étudie un tube de champ qui s’appuie sur les lignes de champ.
2
S1
⃗⃗⃗⃗⃗ 𝒔𝒐𝒓𝒕𝒂𝒏𝒕
𝒅𝑺 S2
⃗⃗⃗⃗⃗ 𝒔𝒐𝒓𝒕𝒂𝒏𝒕
𝒅𝑺
⃗⃗⃗⃗⃗
𝒅𝑺𝒆𝒏𝒕𝒓𝒂𝒏𝒕
Φ = ∯𝐵 ⃗⃗⃗⃗ = ∯ 𝐵
⃗ . 𝑑𝑆 ⃗⃗⃗⃗ + ∯ 𝐵
⃗ . 𝑑𝑆 ⃗⃗⃗⃗ + ∯
⃗ . 𝑑𝑆 ⃗⃗⃗⃗ = 0
⃗ . 𝑑𝑆
𝐵
𝑆1 𝑆2 𝑆𝑙𝑎𝑡é𝑟𝑎𝑙
∯𝑆 ⃗ . ⃗⃗⃗⃗
𝐵 𝑑𝑆 = 0 car le champ magnétique est perpendiculaire à la surface latérale.
𝑙𝑎𝑡é𝑟𝑎𝑙
Ce qui permet d’affirmer :
Φ𝑆1𝑠𝑜𝑟𝑡𝑎𝑛𝑡 = −Φ𝑆2𝑠𝑜𝑟𝑡𝑎𝑛𝑡 = Φ𝑆2𝑒𝑛𝑡𝑟𝑎𝑛𝑡
Le flux du champ magnétique est constant à travers toutes les sections d’un tube de champ.
3) Eléments de symétrie
Principe de Curie :
Le champ magnétique a les mêmes propriétés d’invariance par translation et rotation que la source qui crée le
champ magnétique.
Le champ magnétique appartient à tout plan d’antisymétrie de courant.
Le champ magnétique est orthogonal à tout plan de symétrie de courant.
Par conséquent, le champ magnétique est symétrique par rapport au plan de symétrie de courant et
antisymétrique par rapport au plan d’antisymétrie.
3
III] Théorème d’Ampère
⃗⃗⃗⃗
𝒅𝒍 M
⃗ (𝑀). ⃗⃗⃗
𝐶 = ∮𝐵 𝑑𝑙
Théorème d’Ampère :
Dans un contour fermé Γ, entourant des circulations de courant.
⃗ (𝑀). ⃗⃗⃗
∮ 𝐵 𝑑𝑙 = µ0 𝐼𝑒𝑛𝑙𝑎𝑐é
Γ