0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
13 vues53 pages

Concepts clés en économie générale II

Le document présente une analyse approfondie des agrégats économiques, de la croissance et du développement, ainsi que des relations économiques internationales. Il aborde des concepts clés tels que la comptabilité nationale, le PIB, le PNB et les limites des agrégats dans l'évaluation de la performance économique. Enfin, il souligne l'importance de la croissance économique pour le bien-être des populations tout en reconnaissant les inégalités et les impacts environnementaux associés.

Transféré par

x8gxbfgqjc
Copyright
© All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
13 vues53 pages

Concepts clés en économie générale II

Le document présente une analyse approfondie des agrégats économiques, de la croissance et du développement, ainsi que des relations économiques internationales. Il aborde des concepts clés tels que la comptabilité nationale, le PIB, le PNB et les limites des agrégats dans l'évaluation de la performance économique. Enfin, il souligne l'importance de la croissance économique pour le bien-être des populations tout en reconnaissant les inégalités et les impacts environnementaux associés.

Transféré par

x8gxbfgqjc
Copyright
© All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

ISTCI : INSTITUT DE SCIENCES ET TECHNOLOGIES DE COTE D’IVOIRE

ECONOMIE GENERALE II
Approfondissement de certains concepts

Présenté par DIABATE VALOUA


Economie générale II

SOMMAIRE

THEME I : AGREGATS, CROISSANCE ET DEVELOPPEMENT


CHAPITRE I : LES AGREGATS ECONOMIQUES…………………………………………2

CROISSANCE ECONOMIQUE………………………………………………………………..6

LE SOUS-DEVELOPPEMENT……………………………………………………………….12

THEME II LES RELATIONS ECONOMIQUES INTERNATIONALES

CHAPITRE I : DIVERSITE DES RELATIONS INTERNATIONALES………………….22

CHAPITRE II LES FONDEMENTS DU COMMERCE INTERNATIONAL…………...25

CHAPITRE III : LES POLITIQUES DU COMMERCE INTERNATIONAL……………28

CHAP. IV- L’ORGANISATION DES ECHANGES INTERNATIONAUX……………….33

THEME III : MESURE ET REGLEMENT DES ECHANGES

CHAPITRE I : LA BALANCE DE PAIEMENT…………………………………………….41

CHAPITRE II : LE CHANGE ET LE MARCHE DE CHANGE………………………….47

1
Economie générale II

THEME 1 : AGREGATS, CROISSANCE ET DEVELOPPEMENT

CHAPITRE I : LES AGREGATS ECONOMIQUES

Introduction

L’activité économique nationale est aminée par l’interaction entre ces différents acteurs. Plus
grande est cette interaction, plus dynamique sera l’activité économique et plus grande sera donc
la création de richesse. A côté des secteurs d’activité, existent les branches d’activité renfermant
les entités ou entreprises qui fabriquent les mêmes produits et les filières d’activité qui englobent
les entités dont les activités de production sont complémentaires. Les informations issues de ce
circuit sont synthétisées et chiffrées par la comptabilité nationale.

I- DEFINITION

1) La comptabilité nationale
C’est un ensemble de techniques comptables utilisées pour mesurer l’activité économique
nationale. Elle répond à trois objectifs :
- connaitre la réalité économique : c’est la fonction informative de la comptabilité
nationale ;
- prévoir l’évolution de cette réalité : c’est la fonction analytique liée au rôle de la
comptabilité nationale en tant qu’outil d’élaboration et de validation des modèles ;
- tester les décisions et les hypothèses envisagées : c’est la fonction politique qui permet
aux modèles de répondre à la question « que se passerait-il si… ? »
C’est pourquoi, la comptabilité nationale est une triple représentation de la vie économique
nationale. D’abord, elle est une représentation simplifiée de l’économie nationale, puisqu’elle
regroupe tous les acteurs économiques en sept grandes catégories selon la fonction économique
principale qu’ils accomplissent. Ensuite, elle est une représentation chiffrée de l’économie
nationale en ce sens que les éléments mesurables sur lesquels porte la comptabilité nationale sont
les flux (grandeur économique qui apparaît au cours d’une année) et les stocks (grandeur
économique possédée à un moment donné par un acteur économique). Enfin, la comptabilité
nationale est une représentation de la vie économique nationale en ce sens qu’elle retient le
critère de résidence pour délimiter l’économie nationale. Généralement, la comptabilité nationale
se présente sous deux formes :
- elle peut être rétrospective : c’est-à-dire qu’elle permet d’établir les états de situations
passées. Dans ce sens, l’établissement de la situation passée peut se faire soit en termes
de stocks, soit en termes de flux en vue de retracer les mouvements d’échange entre les
comptes des grands secteurs de l’économie.
- elle peut être prospective : c’est-à-dire qu’elle s’efforce d’établir des prévisions de
recettes et de dépenses pour la nation, ce qui permet à l’Etat de mettre en place le budget
économique de la nation.

2
Economie générale II

2) Les agrégats économiques

a- Définition

Ce sont des grandeurs statistiques mesurant l’activité économique sur un territoire pendant une
période donnée. Ainsi, les agrégats permettent de ressortir la performance de l’ensemble des
acteurs d’une économie perceptible à travers des évaluations chiffrées. Ils donnent dès lors des
informations relatives à l’activité économique en vue d’une prise éventuelle de décision.

b- L’évaluation de la production

Pour produire, une entreprise doit consommer des matières premières (ex : pétrole) mais aussi
des produits élaborés qu’elle se procure auprès d’autres entreprises. Ces produits élaborés sont
appelés consommations intermédiaires car elles participent à l’élaboration du produit final.
La richesse créée par l’entreprise est appelée la valeur ajoutée (V.A.) de l’entreprise.
V.A. = Valeur des biens et services produits – Valeurs des biens et services utilisés dans le
processus de fabrication.

V.A. = Production – Consommations Intermédiaires.


Cette valeur ajoutées est distribuée sous forme de : Salaires aux employés ; Impôts à l’Etat ;
Cotisations aux organismes de Sécurité Sociale ; Intérêts aux prêteurs ; dividendes aux
propriétaires ; Epargne, conservée au sein de l’entreprise.

La production est alors l’activité économique socialement organisée, consistant à créer des biens
et services s’échangeant habituellement sur le marché ou obtenus à partir des facteurs de
production s’échangeant sur le marché.

II- L’ANALYSE DES AGREGATS ECONOMIQUES

L’analyse des agrégats s’effectue selon trois optiques : Optique de la dépense ; Optique du
revenu ; Optique des produits.
1) Selon l’optique des produits
Dans cette optique, on distingue les agrégats de la production que sont : le PIB, le PNB, le PIN,
le PNN.
a) Le produit intérieur brut (PIB)

Le PIB mesure la richesse créée par tous les agents économiques résidents sur le territoire
national. Il mesure aussi la valeur de la production disponible pour les utilisations. Aussi, il
convient de noter que cet agrégat qui est le plus représentatif de l’état de l’économie peut être
marchand ou non marchand. Il s’évalue selon trois approche : en terme de production (VA),
comme somme des dépenses et des revenus.

 Selon l’approche de la production (VA)

- Le PIB marchand est évalué au prix du marché.

3
Economie générale II

PIB marchand = ΣVA + TVA ou TPS + droit de douane et assimilés


- Le PIB non marchand est évalué au coût des facteurs.
PIB non marchand = ΣVA au coût des facteurs = Σ (VA au prix du marché – Taxes et impôts)
De façon générale, le PIB se calcule selon trois approches : L’approche par les dépenses et
l’approche par les revenus.
Selon l’approche par les dépenses, le PIB = Cons. Des ménages + Dépenses publiques +
Investissement. Bruts + Xn
Exportation nette(Xn) = export – import
Selon l’approche par les revenus, le PIB = salaires + rentes + profits + Intérêts + Autres
allocations.

b) Le produit national brut (PNB)

Il mesure la richesse créée par tous les agents économiques nationaux résidents ou non sur le
territoire national.
PNB = PIB + Σ des revenus reçus du reste du monde – Σ revenus des facteurs versés au reste du
monde. Le PNB permet d’apprécier la richesse d’une nation.

N.B. : Les produits intérieur et national que nous avons envisagés sont qualifiés de bruts car ils
ne tiennent pas compte de l’amortissement (perte de valeur des biens de production due à l’usure
du temps). Ainsi, en déduisant du PIB le montant de l’amortissement, on obtient le produit
intérieur net (PIN).

2) Selon l’optique des Revenus


Dans l’optique des revenus nous avons le revenu national et le revenu personnel.
a) Le revenu national
Le revenu national est égal à la somme des rémunérations des agents économiques.
RN = Σ revenus perçus par les agents économiques
RN = PNN – impôts indirects.
RN = bénéfices des entreprises + intérêts + salaires + autres revenus.

b) Le revenu personnel (RP)

Ensemble des revenus que reçoivent les ménages, qu’ils découlent ou non d’une contribution à la
production.
RP = transferts + dividendes + intérêts + salaires + autres revenus.
NB : Le revenu disponible est le montant dont disposent les ménages pour consommer ou
épargner.

3) Selon l’optique des dépenses


Dans cette optique, nous avons les agrégats de la dépense.

a) La dépense nationale (DN)


Somme des dépenses effectuées par les agents économiques au cours d’une période. C’est la
demande intérieure.
DN = FBCF + consommation finale des agents économiques

4
Economie générale II

b) La demande globale
Elle est la somme de la demande intérieure et de la demande extérieure (exportations).

III- LES LIMITES DES AGREGATS

Les agrégats économiques sont des mesures relativement précises et fort utiles pour évaluer les
performances de l’économie nationale. Cependant ces mesures connaissent des limites :

 Les agrégats ne tiennent pas compte de certaines activités économiques (secteur informel et
l’économie souterraine).
 Ils ne mesurent que la valeur de la production aux prix du marché. Ils ne tiennent pas compte
des transactions productives effectuées hors du marché (travail domestique non rémunéré
telles que les services rendus par les femmes au foyer ou les travaux effectués pendant les
heures de loisir, toutes activités bénévoles).
 Ils ne rendent compte des variations qualitatives de la production : par conséquent ils sous-
estiment le bien-être matériel.
 Ils ne tiennent pas compte des effets néfastes sur l’environnement (la pollution sous toutes
ses formes) et des coûts économiques pour l’économie (dégradation des forêts, effets nocifs
sur la santé, problème d’eau potable…). Ironiquement, quand le PIB augmente, la pollution
augmente, et par conséquent, la surestimation du PIB s’accroît.
 Ils donnent une vision erronée de l’évolution du niveau de vie d’une population. En dépit du
fait que l’évaluation du PIB par tête soit une mesure très significative du bien-être
économique. Raison pour laquelle d’autres indicateurs ont été mis au point autour des années
1990 par le PNUD (Programme des Nations Unies pour le Développement).Il s’agit de
L’IDH, IPH…

Conclusion

En somme les relations entre les différents acteurs peuvent se traduire sous forme de circuit
économique. Et lorsque le circuit s’auto entretien au fil du temps, la dimension, mieux la
capacité de chaque acteur augmente. Elle s’évalue alors par le PNB (Production Nationale Brut)
qui prend en compte la production intérieure et extérieure totale réalisée par les ressortissants
d’un pays. Elle est égal au PIB majoré du solde du revenu reçu du Reste du Monde (le produit
financier des investissements, le revenu du travail et les envois de fonds des travailleurs émigrés)
qu’un pays reçoit du RDM, diminué des revenus des facteurs qu’une économie nationale verse
au RDM. Selon son rythme et la durée de son augmentation, on parle soit de progrès, soit
d’expansion, soit de croissance économique. En effet, si le progrès économique est considéré
comme un état jugé meilleur par rapport au passé, l’expansion lui, désigne une augmentation de
la production sur une courte période. Comment concevoir dès lors le phénomène de
croissance économique ?

5
Economie générale II

CHAPITRE II : LA CROISSANCE ECONOMIQUE

Introduction

La croissance peut être perçue comme l’augmentation quantitative d’une entité, perceptible ou
mesurable au fil du temps. Lorsqu’elle est économique, la croissance peut s’appréhender comme
l’augmentation soutenue de la production globale sur une longue période. Elle se distingue alors
de l’expansion, du progrès et du développement économique. Toutefois, si elle peut se spécifier,
cela suppose théoriquement qu’elle peut faire l’objet d’analyse, de calcule donc d’évaluation au
fil du temps. Si pour un Etat elle est un objectif majeur à atteindre, elle doit se matérialiser dans
les faits par le bien-être économique et social des populations.

I- MESURE ET SIGNIFICATION

1) Notion de croissance économique


La croissance est l’augmentation sur une longue période d’un indicateur de l’activité économique
(agrégat).
2) La mesure de la croissance

La mesure de la croissance pose deux séries de problèmes :


Le problème de choix d’un indicateur de croissance qui puisse rendre compte de l’augmentation
des biens et services disponibles. Pour les économistes, le PIB ou le PNB suffit.
Mais une fois le choix effectué, il est encore nécessaire de s’assurer contre les biais statistiques
qui faussent la réalité économique de l’agrégat (fraude, économie informelle), la fiabilité de
l’instrument de mesure… Il ne doit pas s’altérer au cours du temps. Or, les agrégats sont tous
évalués en monnaie dont la valeur est souvent influencée par l’inflation.

a) Le taux de croissance

La croissance se mesure par le pourcentage d’augmentation du PIB ou d’une autre grandeur


économique au cours d’une période. Ce pourcentage du PIB est appelé le taux de croissance. Le
taux de croissance est la variation relative du PIB en volume d’une année par rapport à l’autre.

- Les approches de la croissance: cette approche met en exergue la croissance nominale et la


croissance réelle
La croissance en valeur ou croissance nominale
Elle mesure l’augmentation du PIB nominal ou PIB courant. En effet celui-ci mesure les biens et
les services aux prix en vigueur de la période où ils sont produits.
La croissance en volume ou croissance réelle
Elle mesure l’augmentation du PIB réel. Cette augmentation exclue le niveau de l’inflation. Le
PIB réel mesure la production de biens et services, valorisée à prix constants.
Taux de croissance réelle = taux de croissance nominale – taux d’inflation
NB : Le PIB réel par tête mesure le bien-être économique, l’enrichissement individuel moyen.
Taux de croissance du PIB/tête = taux de croissance réelle du PIB - taux de croissance de la
population.

6
Economie générale II

II- LA SIGNIFICATION LIMITEE DES INDICATEURS DE CROISSANCE

Les agrégats par tête ne fournissent que des moyens souvent peu significatifs. Car ils n’intègrent
pas les inégalités liées à la répartition des revenus.
Aussi, les indicateurs ne fournissent que des présomptions de progrès économiques et une
mesure de celui-ci.
Pour y remédier, on procède à la détermination des indicateurs sociaux qui répondent à un
double objectif d’amélioration de la qualité de la vie et de la réduction des inégalités.
Exemples :
L’IDH (Indicateur de Développement Humain), il tient compte de trois séries de facteurs :
- Le niveau sanitaire de la population (espérance de vie) ;
- Le niveau d’éducation (taux d’alphabétisation, nombre moyen d’année d’études) ;
- Le revenu moyen (PIB par habitant en termes de parité de pouvoir d’achat).
Niveau de vie : Quantité de biens et de services que l’on peut acquérir avec son revenu. Son
évolution dépend de la variation des revenus et de celle des prix. C’est un critère quantitatif.
Mode de vie : Ensemble des manières de vivre partagées par un groupe social plus ou moins
étendu (famille, entreprise, nation). Caractérisé par la structure de la consommation, les
conditions de travail, les moyens de transport, l’habitat. L’élévation du niveau de vie diversifie
des modes de vie. C’est un critère qualitatif.

III- LES FACTEURS DE CROISSANCE ECONOMIQUE

La fonction de production repose sur l’utilisation des facteurs de production travail et capital. La
croissance dépend donc des quantités de facteurs de production disponible et de la manière dont
ils sont utilisés.
Le facteur travail : La croissance est possible grâce à une augmentation de la quantité de travail
disponible ou par une augmentation de la qualité du facteur travail utilisé (accroissement de la
qualification moyenne des salariés).
Le facteur capital : la croissance se traduit par des Investissements qui viennent accroître ou
améliorer le stock de capital technique disponible ce qui permet une augmentation des quantités
de biens et services produites.
Le progrès technique : Le progrès technique est tout phénomène permettant l’obtention d’un
niveau de production plus élevé sans que le volume des facteurs utilisés ait été modifié. Il accroit
la productivité des facteurs de production utilisés. Il concerne à la fois le progrès technologique
mais aussi le progrès en matière d’organisation. Il est lié au progrès scientifique.
Les ressources naturelles : La croissance est due à une disponibilité de ressources naturelles.

1- Les facteurs économiques de la croissance économique

Les éléments économiques susceptibles d’entraîner la croissance sont: L’industrie ; Les échanges
extérieurs ; La demande nationale ; Le niveau de l’emploi ; L’épargne et l’investissement.

7
Economie générale II

2- Les facteurs non économiques de la croissance

La croissance reflète au-delà de son contenu, la capacité qu’a une société de susciter et de
supporter le changement. Elle est donc un phénomène culturel, politique, juridique et social. On
peut citer : le respect des lois, la qualité de l’environnement institutionnelle, l’esprit d’abnégation
au travail, l’esprit d’équité, l’attachement au travail bien fait, la cohésion, l’unité et la
solidarité…

IV- LES MODALITES DE LA CROISSANCE ECONOMIQUE

On distingue plusieurs modalités de croissance:


La croissance extensive : croissance obtenue lorsque la production s’effectue au même rythme
que la croissance de la population, de sorte que le revenu moyen par tête reste constant.
La croissance intensive : croissance obtenue grâce à une augmentation du revenu par tête, c’est-
à-dire à un rythme supérieur à la croissance de la population.
Une croissance extensive se traduira par des créations d’emplois ce qui n’est pas le cas si la
croissance économique est intensive.
La croissance potentielle : Croissance obtenue par l’utilisation optimale de tous les facteurs de
production dont dispose le pays.
La croissance équilibrée : Croissance obtenue dans les équilibres macroéconomiques classiques
(équilibre du budget de l’Etat, sans inflation, avec le plein emploi des facteurs de production).
Une croissance qui n’entraîne pas de disparités régionales.
La croissance zéro : Croissance qui respecte l’équilibre écologique, qui ne détruit pas les
ressources naturelles déjà limitées.
La croissance appauvrissante : terme développé par l’économiste (Bhagwati), qui met l’accent
sur une moindre accumulation ou peu de gain pour un pays lié à la détérioration des termes de
l’échange.

V- LES EFFETS DE LA CROISSANCE ECONOMIQUE

La croissance économique améliore les indicateurs sociaux qui indiquent le niveau du bien-être
de la population. Il suscite le progrès technique qui l’amplifie. Une croissance dont les
retombées sont équitablement reparties entraîne un développement équilibré des secteurs et
régions du pays. La croissance réduit la pauvreté et augmente le niveau de la consommation et de
l’emploi. En somme, la croissance entraîne le développement.

VI- LES OBSTACLES A LA CROISSANCE

Ils sont liés aux structures économiques et sociales.


1) Les obstacles liés aux structures économiques :
 protectionnisme
 importance des secteurs abrités de la concurrence
 distorsion des prix et des coûts, due à l’insuffisance de la concurrence ou à la réglementation.
 Importance des secteurs en retard.
2) Les obstacles liés aux structures sociales :
 Force des groupes de pression (syndicats) figés dans la défense excessive de leurs intérêts.

8
Economie générale II

 Importance du nombre des professions protégées


 Mentalités Malthusiennes
 Mauvaise appréciation des réalités dans toutes les couches de la population.

VII- LE PROCESSUS DE CROISSANCE

Selon l’économiste ROSTOW, la croissance économique ou développement économique d’un


pays se réalise en 5 étapes :
1) La société traditionnelle
C’est le stade antérieur à tout phénomène de développement. C’est une société dont l’activité est
basée sur l’agriculture et l’artisanat et où le progrès technique est totalement inexistant. Ex :
PMA
2) Les conditions préalables au démarrage
C’est la phase d’évolution des mentalités se traduisant par une volonté de développement.
- Développement des moyens de communication et télécommunications (action de l’Etat)
- Accroissement de la productivité agricole;
- Industrialisation progressive;
- Apparition d’une épargne disponible pour les premiers investissements industriels.
Ex : PED
3) Le démarrage
C’est la phase de décollage. Cette période se caractérise par:
Apparition de techniques nouvelles;
Révolution politique et économique;
- Amélioration de la productivité agricole;
- Existence de secteurs de croissance élevée ayant un effet d’entraînement sur les autres;
- Forte augmentation des investissements;
- Apparition des industries de transformation;
- Les pouvoirs publics orientent leurs actions vers le développement économique.
Ex : NPI
4) La marche vers la maturité
Phase d’application des techniques modernes à l’économie. Elle se caractérise par la création de
nouveaux secteurs avec transfert de la population active agricole vers l’industrie et les services.
5) L’ère de la consommation de masse:
Il y a une grande importance des produits de consommation et des biens d’équipement durables.
Il y a également prédominance du secteur tertiaire. Ex : les pays occidentaux.

VIII- LES FLUCTUATIONS ECONOMIQUES

La fluctuation économique est la variation de l’activité économique. Ses amplitudes, ses durées
sont diverses. Elle est observée à l’aide des indicateurs macroéconomiques. Elle se caractérise
par une succession de phases: expansion - Crise - récession - reprise.
L’expansion: Elle est un phénomène quantitatif se traduisant par une augmentation temporaire
réversible d’une grandeur économique.
Les signes avant-coureurs de l’expansion sont.
- Une forte exportation
- Une consommation intérieure en progression

9
Economie générale II

- Une baisse du taux d’intérêt (favorable à des anticipations des entrepreneurs)


- Un accroissement des dépenses publiques
Ces différents signes produisent sur l’économie un mouvement autoentretenu qui conduit à un
processus cumulatif d’expansion.
Le trend ou tendance longue: Le trend indique toute tendance animant le mouvement l’activité
économique dans le long terme.
La crise: Elle est la rupture brusque d’un mouvement ascendant de l’activité économique. Le
moment de retournement d’un cycle économique. C’est un phénomène soudain, violent,
perturbateur, qui se traduit par une chute brutale des prix et des valeurs, par des faillites
d’entreprises, des licenciements massifs de main d’œuvre.
La dépression: Elle est une chute continue et progressive de la production, de l’emploi, du
volume des revenus, des échanges intérieurs et extérieurs et des prix.
La récession: La période durant laquelle le PIB est à la baisse induisant une baisse des activité
économiques.
La reprise : La période au cours de laquelle le PIB est à la hausse. Où les activités redémarrent.
NB :
Le marasme économique : c’est une situation de crise aigüe caractérisée par une baisse de
l’activité de production
La conjoncture économique : C’est la situation économique du moment. Le peut être favorable
(bonne conjoncture économique) ou défavorable (mauvaise conjoncture économique).
Un cycle économique : est la répétition de l’activité économique à intervalles réguliers de
temps.
La typologie des cycles économiques
On distingue plusieurs sortes de cycles, selon la durée moyenne de leurs phases d’expansion
(phase A) et de récession (phase B). Chaque cycle porte le nom de l’économiste qui l’a
découvert.

Indicateurs
Cycles Facteurs caractéristiques Durée moyenne
particuliers
- Cycle court
Variation des stocks,
Kitchin - Cycle mineur 3 ans (3 à 5 ans)
des prix
- Cycles des stocks
- Cycle majeur
PIB, investissements :
Juglar - Cycle des affaires 9 ans (7 à 11 ans)
l’emploi
- Cycle de l’investissement
Activités de bâtiments ;
Kuznets Cycle de la production 20 ans (15 à 25 ans)
travaux publics
- Cycle long 56 ans Taux de croissance ;
Kondratief - Cycle de l’innovation fréquence des
innovations

Compréhension thématique
1- Définir : Taux de croissance ; Progrès technique ; Stagflation ; Chômage
2- Montrer que la croissance économique est à la fois cause et conséquence du progrès
technique.
10
Economie générale II

3. Les facteurs travail et capital sont-ils les seules sources de la croissance économique ?

Exercice pratique

Les données ci-dessous sont relatives à deux pays différents.

Pays A Pays B
AGREGATS 2000 2005 2000 2002
CF 1103 1381,6 4961.7 5465.1
FBCF 284.9 336,6 1389.1 1427.6
VARIATION DES STOCKS 14.5 8,1 34.3 -3.4
EXPORTATIONS 405.5 446,3 2416.7 2571.2
IMPORTATIONS 387.8 462,6 2348.8 2397

Travail à faire

1. Définir la notion d’agrégat.


2. En vous servant des agrégats du tableau, calculer le PIB et le solde extérieur du Pays A et
du Pays B entre les différentes dates.
3. Que décrit ce résultat ?
4. Interprétez les agrégats calculés et en déduisez l’opportunité d’un éventuel
investissement pour une entreprise.

Quelques contributions économiques sur la notion de croissance

GARY Baker à travers la théorie du capital humain inclut l’expérience accumulée ou l’état de
santé physique et l’aptitude mentale au travail de la population.

J. Schumpeter met l’accent sur la théorie de l’innovation qui serait un facteur explicatif de la
croissance et de production de richesse dans le temps.

D. North insiste sur la protection des droits de propriété des agents économiques par des
législations sur les brevets pouvant alimenter l’incitation à l’innovation.

L’effet Horndal, les travailleurs accomplissent mieux des tâches particulières quand ils ont plus
de pratique.

11
Economie générale II

CHAPITRE III : LE PROBLEME DU SOUS - DEVELOPPEMENT

La problématique du développement est sûrement la question économique, humaine et sociale la


plus importante de notre temps. Quel que soit le sens que l’on donne au mot développement, la
notion est clairement comprise par tout le monde. Mais, des pays accèdent actuellement à un
certain niveau de développement, parfois partiel ou qui ne concerne que certains secteurs de leur
économie, alors que d’autres régressent et s’enfoncent de plus en plus dans une situation de
précarité et de dépendance. Cette inégalité relève du sous-développement de ces nations. Mais
quel que soit le niveau de sous- développement, la notion de pays en voie de développement,
plus diplomatique, est caractérisée par un certain nombre de critères qui s’examinent par
comparaison avec la situation des pays riches.

I- Distinctions entre développement et sous-développement


- Le Développement économique : C’est un processus de transformation des structures
économiques, sociales, culturelles, institutionnelles permettant l’apparition de la croissance et sa
prolongation dans le temps.
- Le sous- Développement : Le sous-développement apparait comme une situation de blocage
du développement résultant de l’absence de conditions propices à une transformation des
structures économiques, sociales, culturelles ou institutionnelles.
1- Les formes de Développement
Le développement durable: mode de développement qui assure la satisfaction des besoins
présents des populations sans compromettre ceux des générations futures par un équilibre entre
l’action économique, la protection de l’environnement, le développement social et le respect de
l’expression culturelle et politique;
Le développement intégré: stratégie de développement des Institutions de Bretton-Woods
mettant l’accent sur la réduction de la pauvreté par l’allègement de la dette des Pays pauvres et
une plus grande participation de la société civile à la définition des objectifs et à la mise en
œuvre du processus de développement.
Le développement local: développement impliquant tous les acteurs sociaux et économiques
(producteurs, parents d’élèves, comités de gestion villageois, entreprises, communes, élus, ONG,
chefs traditionnels) d’une zone ainsi que les dimensions économiques, sociales,
environnementales en parfaite synergie.
Le développement humain: développement qui prend essentiellement en compte les aspects
relatifs au genre humain afin d’assurer le bien-être de tous. Il suppose implicitement que le
développement ne peut être limité à:la croissance du PIB.
Il se mesure grâce à l’Indicateur de Développement Humain (I’IDH) élaboré par le PNUD (en
1990) pour situer les pays dans une échelle de développement humain. Cet indicateur prend en
compte le PIB / habitant, l’espérance de vie, le niveau d’éducation.
2- Mesure du développement
Le terme développement, dans le cas présent, est souvent pris comme un raccourci pour le
développement économique, mais concerne aussi le développement humain, c’est-à-dire d’autres
paramètres pouvant être considérés positifs pour la société (éducation, santé, espérance de vie)
On mesure le: développement d’un pays à partir d’indices statistiques tels le revenu par habitant,
le taux d’alphabétisme, l’accès à l’eau....

12
Economie générale II

II- Le sous-développement

A- Nature et critère du sous-développement

1) Nature du sous-développement

Le sous-développement est un phénomène global, une situation éminemment complexe: dans


chaque territoire du monde, il se manifeste par une imbrication des symptômes économiques,
démographiques et sociaux.

2) Les critères du sous-développement.

Le sous-développement peut s’analyser selon deux approches différentes


- une approche empirique, essentiellement humaine et sociale ;
- une approche plus scientifique qui concerne l’économie du pays.

a) Les critères humains et sociaux


 Les critères humains
Ils s’articulent autour de l’alimentation. En effet, les carences quantitatives et qualitatives
alimentaires, sont en corrélation fortement positives avec un grand nombre de phénomènes
constitutifs du sous-développement. Tels que le taux élevé de mortalité infantile, la brièveté de
l’espérance de vie, la faiblesse de la productivité... De nombreux peuples vivent dans la faim et
la malnutrition. La faim et la malnutrition provoquent des réactions en chaîne dont le résultat est
d’annihiler les possibilités d’action de l’homme. Des qualités humaines comme la vivacité, la
vitalité, l’aptitude intellectuelle, la volonté de réussir en sont ainsi réduites. Aussi, la famine
chronique interdit aux hommes qui en souffrent de parvenir à un plein épanouissement de leur
possibilité physique et mentale: elle les condamne à une vieillesse précoce et à une mort
prématurée.
La malnutrition est un facteur favorisant l’extension de nombreuses maladies : paludisme,
bilharziose, rachitisme, goitre endémique...
Le tiers monde ressemble ainsi à une gigantesque salle d’hôpital.

 Les critères sociaux : Certaines caractéristiques communes peuvent être relevées.


La situation sanitaire: les pays en développement sont minés par les grandes endémies
(tuberculose, lèpres, paludisme, SIDA), carence de l’aide sociale.

Le niveau de l’emploi : le chômage est très fort. Dans le milieu paysan la productivité est-faible
avec le facteur travail.

L’éducation: L’analphabétisme est très élevé en particulier chez les adultes. Le taux de
déperdition scolaire est très élevé. La population féminine est en retard de scolarisation.

La démographie: les taux de natalité, de fécondité, de mortalité infantile sont élevés. Espérance
de vie Faible.

13
Economie générale II

Les structures politico-sociales : les pays en développement sont des anciennes colonies. Il
existe une situation de subordination économique et diplomatique. Il y persiste une absence
d’unité nationale. Car il y a trop de morcellements ethniques, linguistiques et culturels. Une
absence de démocratie est encore perceptible malgré les efforts faits dans certains pays.

b) Les critères économiques

Si l’observation des nations du tiers monde permet de constater des inégalités humaines et
sociales, l’analyse de leurs résultats économiques laisse apparaître de forts déséquilibres qui
contrastent d’autant plus avec les pays développés. Les éléments d’analyse sont:

 Une économie désarticulée et peu productive

Les économies du tiers monde sont dites désarticulées en ce sens qu’elles voient coexister deux
secteurs aux caractéristiques opposées (on parle de dualisme économique):
- un secteur traditionnel qui est un secteur peu dynamique où l’économie est basée sur
l’agriculture et l’artisanat et où les motivations pour la production sont faibles.
- Un secteur moderne qui est prospère et spéculatif où l’économie est basée sur l’industrie et
l’agro-alimentaire. L’économie se résume en une enclave contrôlée par l’étranger.
On constate dans ces économies désarticulées et déséquilibrées, l’apparition d’activités
intermédiaires, principalement en milieu urbain formant le secteur informel. II assure des
fonctions économiques et sociales essentielles pour la population.

 Une dépendance invalidante

Dépendance financière : Elle résulte de l’insuffisance des ressources financières pour le


financement des investissements nécessaire au développement
Dépendance à l’égard de la demande mondiale : Les prix des produits (matières premières)
dépendent de la demande des pays industrialisés.
Dépendance à l’égard des sociétés étrangères : Le niveau d’industrialisation étant très faible,
les industries existantes sont étrangères et produisent en fonction de leurs propres intérêts.

B - Les analyses du sous-développement


1- Le sous-développement : un retard de développement
Pour les classiques le sous-développement s’exprime par le fait que les pays sous-développés
n’arrivent pas à franchir successivement les étapes de la croissance qui créent les conditions
favorables de la croissance. Ces pays évoluent donc dans le cercle vicieux de la pauvreté où
l’offre et la demande sont toujours faibles.

 Du côté de l’offre

Faiblesse des Faible capacité Investissement


 revenus d’épargne réduit

Faible production Manque


14 de capital
visée
Economie générale II

 Du côté de la demande

Faible Faiblesse du revenu Demande


productivité insuffisante

Incitation à investir
insuffisante

2- Le sous-développement : un produit du développement

Le sous-développement est un produit du développement car les PVD ont contribués au


développement des pays industrialisés en leur fournissant leurs matières premières. C’est donc
les fruits de la domination en raison d’un échange inégal dans les transactions commerciales
traduit par la détérioration des termes de l’échange

3- Le sous-développement : un phénomène naturel

Pour certains économistes, politiques et sociologues, le sous-développement s’explique par des


arguments comme le climat, la surpopulation, la culture, les ressources naturelles…
Une telle approche nie le caractère économique du sous-développement de même que l’efficacité
de toute politique de développement.

C- Les stratégies de sortie du sous-développement


Plusieurs stratégies s’offrent aux pays du tiers monde pour amorcer leur développement. Elles
portent sur l’agriculture, l’industrialisation, l’intégration et la réduction de la pauvreté.

1) La stratégie de développement basée sur l’agriculture

L’agriculture participe au développement économique par le biais de ses produits, son marché,
ses facteurs de production (main d’œuvre) et son accumulation (formation de capital). La
stratégie de développement agricole porte sur les éléments suivants:
- La valorisation du potentiel agricole (développement extensif, travaux d’irrigation,
développement intensif, usage de l’engrais chimique);
- La réforme agraire qui est une modification apportée par la puissance publique aux structures
agraires;
- La révolution verte qui consiste à modifier la technologie agraire (semence, eau, engrais,
pesticides...) et à développer la productivité afin de nourrir une population sans cesse croissante.

15
Economie générale II

En raison des progrès continuels de la recherche agronomique, la révolution verte apparaît


comme une stratégie en perpétuel renouvellement.

2) La stratégie d’industrialisation

L’industrialisation et le progrès technique vont de pair. Ainsi donner la priorité à l’industrie


équivaudrait à emprunter la voie royale du développement. Quatre stratégies sont envisageables:
la stratégie du développement des industries industrialisantes, la stratégie d’industrialisation par
substitution aux importations, la stratégie d’industrialisation par valorisation des exportations, la
stratégie de développement endogène.

a) La stratégie du développement des industries industrialisantes

La logique de cette stratégie consiste à rechercher les pôles d’industrialisation dont les effets sur
le reste de l’économie sont importants. Pour les tenants de la thèse (de Bernis) seules certaines
industries sont susceptibles d’assurer la propagation du processus d’industrialisation à
l’ensemble de l’économie. La stratégie soulève trois questions : quelle production encourager
(industrie lourde, chimie, énergie)? Quel marché satisfaire? Quelles sont les acteurs du
processus? Dans la pratique cette stratégie se heurte à de nombreuses difficultés: rareté de la
main — d’œuvre qualifiée, l’endettement financier, le niveau élevé des coûts, sacrifice d’autres
activités pouvant conduire à un blocage du développement.

b) La stratégie d’industrialisation par substitution aux importations

Elle devrait permettre l’essor d’une industrie nationale tournée vers un marché intérieur protégé.
Elle permet de combler la demande pour les biens à faible intensité capitalistique.
Toutefois elle présente beaucoup de limites (risque de saturation de la demande, absorption
insuffisante de la main — d’œuvre, dépendance financière.)

c) La stratégie d’industrialisation par valorisation des exportations

La valorisation des exportations qualifie la mise en place de la promotion des exportations et la


substitution entre les exportations (produit à forte valeur ajoutée contre produit à faible valeur
ajoutée.). La stratégie permet une plus grande utilisation des capacités nationales de production,
étend le marché potentiel au — delà des frontières nationales, entraîne une élévation du niveau
technologique de la nation. L’efficacité reste dépendante de la conjoncture mondiale.

d) La stratégie de développement endogène.

Selon les théories, l’on explique le sous-développement, ou le mal développement, d’un pays à
partir.
o D’attitude et aptitudes intrinsèques. . .
 aptitudes et comportements de ses élites et de ses dirigeants;
 ses structures juridiques et institutions.
o D’éléments extrinsèques, réels ou utilisés comme justification
 intérêt géopolitique ou commercial qu’il crée auprès d’autres pays;

16
Economie générale II

 place du pays au sein d’un système historique et politique relevant, tant de son inscription
géographique que culturelle;
 certaines réformes inadaptées imposées en contrepartie de financements de: dernier
recours par des organisations multilatérales (comme le Fonds monétaire international et la
Banque mondiale) pour sortir des situations, de déficit et d’endettement dans lequel le pays s’est
mis.
 manque d’intérêt et de compréhension des entreprises multinationales pour les
dynamiques spécifiques au pays.
 évolution défavorable des termes de l’échange, se dit d’une perte de revenu en raison de
la baisse des prix des exportations (le plus souvent des matières premières) par rapport aux
importations (le plus souvent des produits manufacturés ou: haute valeur technologique).
Alors, pour les théoriciens tiers-mondistes (Samir Amin, Arghiri Emmanuel.. .) le sous-
développement est perçu comme un fruit du développement Les pays du tiers monde devaient
donc découper (le cordon ombilical» avec les pays du Nord anciens colonisateurs et d’amorcer
un développement auto-entretenu, autocentré, endogène, autonome à travers une politique de
développement adaptée basée sur les ressources propres disponibles.

3) Les stratégies fondées sur la Coopération

a- Stratégie de développement extravertie

Cette consiste pour un pays à exporter sa production nationale afin d’acheter des biens importés.
Elle a pour avantages : Des entrées de devises ; La réduction du chômage ; Les transferts de
technologie ; La croissance économique à court terme
Elle a également des inconvénients : favorise l’endettement des pays ; risque de fragilisation de
l’économie nationale ; fuite de capitaux.

b- La solution du commerce international par l’organisation des échanges


internationaux

Les échanges internationaux sont considérés comme un puissant facteur de développement car le
commerce international entre pays développés et pays sous-développés devrait permettre la
transmission de la croissance économique des PD aux PSD et cela grâce aux transferts de
capitaux, de technologie et du savoir.

c- L’aide international au développement

L’insuffisance de l’épargne nationale dans les PVD nécessite le recours à l’aide étrangère afin de
financer les investissements nécessaires au développement.
Nous pouvons distinguer deux principales formes d’aides au développement :

- L’aide privée ou d’urgence qui vise à répondre à un besoin vital d’une population en détresse,
- l’aide publique au développement est l’ensemble des apports en ressources fournis aux PVD
par des PD et par des institutions multilatérales dans le but de favoriser le développement
économique et l’amélioration du niveau de vie.

17
Economie générale II

L’aide publique au développement comprend l’ensemble des flux financiers (dons ou prêts) à
caractère concessionnel c’est à-dire à faible d’intérêts et à longs délai de remboursement. Elle
comprend également des apports de nature très diverses qui ne se traduisent pas forcément par
des flux financiers : assistance techniques, bourses. Elle peut être bilatérale comme multilatérale.

d- La coopération sud-sud

La Coopération Sud-Sud est l’ensemble des cadres de collaboration entre les pays du Sud (Sous-
développés), pour la promotion du développement.
Les pays du Tiers-monde peuvent tirer profit de l’expertise des plus avancés du groupe.
C’est le cas des nouveaux pays industrialisés (NPI), la Chine et l’inde et les Pays exportateurs de
pétrole. L’Inde et la Chine jouent un rôle important dans le transfert de technologie et la création
de zone franche.

4 - La solution par l’endettement

a) Notion d’endettement

C’est le recours au crédit par un Etat pour financer ses programmes de développement.

b) Historique

L’endettement des PVD trouve son origine dans la facilité des crédits qui leur ont été proposés
dans les décennies 1970 (chocs pétroliers). En effet, la hausse du prix du pétrole en 1973 a
provoqué un transfert massif de devises des pays importateurs de pétrole vers les pays
exportateurs. Si ces derniers ont utilisé les pétrodollars, tous n’avaient pas des économes
capables de valoriser ces capitaux sur place. Il s’est posé alors un problème de recyclage de ces
pétrodollars. On avait espéré que les pays exportateurs feraient des investissements productifs
dans le tiers monde dépourvu de pétrole, dans l’optique de démarrer leur économie. Mais dans la
majorité des cas, les sommes ont été placées dans les banques commerciales des PD. Pour
valoriser ces dépôts, ces banques commerciales ont proposé des crédits aux pays pauvres non
producteurs de pétrole qui avaient un fort besoins d’investissement. En fait, la conjoncture était
favorable (convergence d’intérêt entre prêteurs et emprunteurs, concurrence entre filiales des
banques à l’étranger, taux d’intérêt attractif, voire négatif), il pouvait être opportun d’emprunter
pour financer le développement, créer des richesses permettant de rembourser. Cependant, la
conjoncture des années 1980 (baisse du coût des matières premières) allait inverser la tendance.
A partir de 1982, la crise mexicaine à travers le moratoire sur sa dette a fait perdre les illusions
entretenues. Et pendant cette période, les crédits bancaires se sont raréfiés occasionnant
l’insolvabilité de plusieurs emprunteurs. Si cet endettement a été source de croissance pour
certains pays, dans la majorité des cas, il a entrainé bien d’autres dans le cercle vicieux de
l’insolvabilité. En somme la dette résulte de la conjugaison de plusieurs facteurs :

- Les différents chocs pétroliers (augmentation du prix des barils de pétrole)


- Les facilités des prêts accordés par les banques occidentales

18
Economie générale II

- La baisse du coût des matières premières…

c) Conséquences
L’endettement peut être un facteur de croissance économique car il permet :
- de compenser les insuffisances de l’épargne nationale.
- De financer les projets de développement
- D’équilibrer la balance des paiements…..
Mais il peut être aussi un frein à la croissance économique en ce sens que l’endettement
engendre : L’hypothèque des ressources naturelles ; La pénurie vivrière d’où la faim ; La
dépendance des PVD de l’extérieur.

d) Composition de la dette d’un pays

La dette due par un pays peut être divisée en différentes catégories la dette publique comprenant
la dette extérieure (dette multilatéral et la dette bilatérale) et de la dette intérieure. Et la dette
privée.
 Dette extérieure et dette intérieure :
La dette extérieure est due par le secteur public et le secteur privé d’un pays à l’égard des non-
résidents.
La dette intérieure est due par le secteur public aux résidents (Entreprises privées).

 Dette publique et dette privée

Dette publique est l’ensemble des emprunts contractés par des emprunteurs publics.
L’endettement extérieur concerne essentiellement la dette publique
La Dette privée: Ensemble des emprunts contractés par des emprunteurs privés quel que soit le
prêteur.

 Dette publique bilatérale

C’est la dette d’un Etat due à des créanciers publics (Etats ou leurs institutions compétentes)
étrangers. Les créanciers du Club de Paris détiennent la majorité des créances officielles
bilatérales.
Le Club de Paris regroupe les principaux Etats créanciers. C’est une enceinte informelle de
réunions dont la présidence et le secrétariat sont assurés par le Trésor français. La restructuration
de la dette par le Club de Paris est supposée permettre un retour à la solvabilité du pays
incriminé.

 La Dette privée multilatérale : le Club de Londres


Dette due par un Etat à des banques créancières privées d’un autre Etat.
Le Club de Londres est l’enceinte dans laquelle se drou1e la négociation entre les gouvernements
débiteurs et les banques créancières privées d’autres Etats.

 La dette multilatérale (les créanciers multilatéraux)

19
Economie générale II

Dette d’un Etat due aux Institutions financières internationales (FMI, Banque Mondiale ou les
banques régionales de développement) et considérées comme prioritaires par rapport aux
créances bilatérales.

e) Les perspectives de gestion de la dette


Plusieurs perspectives sont envisagées pour lutter contre l’endettement:
L’interruption des paiements (répudiation ou dénonciation). Si elle est temporaire on parle de
moratoire de la dette. Mais cette situation fait courir le risque de perte de confiance des milieux
financiers internationaux;
Le paiement de la dette coûte que coûte au prix d’un ajustement rigoureux. Solution très peu
envisageable;
L’annulation partielle ou totale : elle fait l’objet de négociations entre pays riches et pays
pauvres.
Le rééchelonnement de la dette : solution généralisée permettant de reporter l’échéance de
remboursement de façon négociée entre les partenaires concernés. N’exclut pas une politique
d’ajustement.
L’allègement de la dette : c’est réduction partielle de la dette
La reconversion : C’est la transformation de la dette en participation ou en aide publique au
développement.
f) Quelques termes utilisés
Différents termes sont utilisés dans le monde de la dette. Ce sont:
Service de la dette : Remboursement des intérêts + amortissement du capital emprunté.
Arriérés : dette due et non payée à une date donnée.
Encours : Principal (échéances futures) + Arriérés du Principal et des intérêts

D- Les institutions de Bretton-Woods

1) Présentation

Les institutions financières internationales (BM, FMI, SFI) ont été créées en juillet 1944 lors
de la conférence monétaire et financière des Nations Unies à Bretton-Woods (New Hampshire
Etats-Unis). Le FMI et la Banque Mondiale ont une mission de conseille des pays en difficulté
en utilisant différents instruments appuyés par des mesures d’accompagnement.

Il s’agit des Programmes d’Ajustements Structurels (PAS) qui représentent un ensemble de


mesures et d’actions mises en place par les Gouvernants avec l’appui et le conseil des
Institutions de Brettons Wood en vue de modifier les structures économiques et sociales, dans
l’optique de résoudre des déséquilibres tels que, le PIB, le budget, la balance des paiements,
l’inflation, l’emploi, le taux de change. L’adoption et l’application de PAS sont généralement
suivies de mesures d’accompagnement et d’appuis financiers.

Aussi de l’initiative PPTE (Pays Pauvres Très Endettés): c’est un dispositif global de réduction
de la dette des pays pauvres très endettés qui appliquent des programmes d’ajustement et de
réforme appuyés par le FMI et la banque mondiale. L’objectif est de rétablir la solvabilité des

20
Economie générale II

pays bénéficiaires en annulant, par des mesures exceptionnelles leur dette (celle-ci dépasse un
niveau considéré comme.’ soutenable” au vu de leurs perspectives de croissance économique).

La facilité pour la réduction de la pauvreté et la croissance (FRPC) : c’est le guichet par lequel le
FMI accorde aux pays pauvres des prêts assortis de faibles taux d’intérêts. Les programmes
appuyés par la FRPC reposent sur des stratégies globales de réduction de la pauvreté qui sont
pilotées par les pays eux-mêmes. L’initiative comporte deux principales phases, la phase menant
au point de décision et celle menant au pont d’achèvement.

D’abord, concernant la phase menant au point de décision, les pays candidats doivent
normaliser leurs relations avec les institutions multilatérales et trouver un accord pour apurer les
éventuels arriérés de leur dette. Ensuite ils doivent adopter des programmes d’ajustement, des
réformes approuvées par le FMI et la banque mondiale et, faire la preuve de résultats
satisfaisants de la mise en œuvre de ces dits programmes. Enfin, il leur est demandé d’adopter un
Document Stratégique de Réduction de la Pauvreté (DSRP). Pendant cette phase, le pays
candidat bénéficie toujours de « l’allègement traditionnel » de sa dette qui se traduit par des
accords avec les créanciers bilatéraux réunis au sein du club de Paris.

Pour atteindre le point d’achèvement et bénéficier d’une aide intégrale, le pays doit établir
une nouvelle fois la preuve de résultats satisfaisants des programmes d’ajustement et des
reformes soutenues par le FMI et la Banque mondiale. Aussi devra-t-il établir la mise en œuvre
satisfaisante de réformes fondamentales de la politique structurelle approuvée au point de
décision, le maintien d’une stabilité politique, sociale et macroéconomique, l’adoption et la mise
en œuvre de la stratégie de réduction de la pauvreté pendant au moins une année.

Les problèmes de sous-développement impliquent des stratégies pour en sortir. Parmi celles-ci,
l’Aide Publiques au Développement (APD). Qualifiée de stratégie extravertie ou stratégie
basée sur la coopération a la contrainte majeure d’amplifier la dépendance des PVD vis-à-vis de
l’extérieur. Une stratégie est l’ensemble des moyens, de politiques qui, combinés permet
d’atteindre un but ou un objectif fixé. Elle suppose donc la prise en compte des divers acteurs de
l’environnement et les moyens préalablement définis.

TEST DE CONNAISSANCES

1- Définir les termes suivants : Pays en voie de développement ; Pays sous-développés ; Pays en
développement ; Pays les moins avancés ; Les nouveaux pays industrialisés
2- Pensez-vous que le sous-développement est un problème structurel ou conjoncturel ? Justifier.
4- Quelles sont les solutions pour résorber la crise de l’endettement ?

21
Economie générale II

THEME II LES RELATIONS ECONOMIQUES INTERNATIONALES

Les REI sont très diverses ayant une nature bien spécifique. Elles sont constituées d’échanges
commerciaux de biens et des services mais aussi d’échanges intellectuels, culturels, techniques.
Elles concernent aussi les mouvements de personnes et de capitaux. Ces types d’échanges sont
en interaction les uns par rapport aux autres.

CHAPITRE I : DIVERSITE DES RELATIONS INTERNATIONALES

I- LA NATURE DES RELATIONS ECONOMIQUES INTERNATIONALES

Elles sont constituées d’échanges commerciaux de biens et des services mais aussi d’échanges
intellectuels, culturels, techniques. Elles concernent aussi les mouvements de personnes et de
capitaux. Ces types d’échanges sont en interaction les uns par rapport aux autres.

1) Le déplacement des personnes: réfugiés (politiques et économiques), peuples


migrateurs, touristes....

Les causes de ces déplacements sont innombrables : guerre, famine, recherche d’un meilleur
niveau de vie, d’un asile etc.
Pour les pays d’accueil, c’est l’apport d’une main d’œuvre étrangère généralement bon marché
mais une source de tensions sociales, dégradation du cadre de vie
Pour les pays d’origine, c’est une source de diminution du chômage mais aussi une fuite de la
population active (fuite des cerveaux).

2) L’échange de biens et services

Ces échanges sont variés et portent sur des produits primaires, des produits manufacturés, le
tourisme, les finances, etc. Ces échanges posent le problème de la division internationale du
travail et de la détérioration des termes de l’échangé. Les pays en développement se spécialisent
et exportent les produits primaires ou des produits manufacturés incorporant beaucoup de travail
peu qualifié. Alors que les pays développés se spécialisent et exportent des produits
manufacturés à haute valeur ajoutée incorporant beaucoup de capital ou de travail fortement
qualifié.

3) Les échanges intellectuels, techniques et culturels

Ces échanges portent sur l’assistance technique dans tous les domaines, et sur un ensemble de
techniques disponibles pour la production de biens et services. Les échanges de techniques
donnent naissance au transfert de technologie afin de permettre aux pays en développement de
rattraper leur retard technologique. Les transferts technologiques peuvent s’opérer de plusieurs
façons.
- Achat de produits de haute technologie (ordinateurs, robots, composants électroniques,
instruments de précision...) qui permettent aux entreprises de réaliser leur production dans les
mêmes conditions que les entreprises étrangères.

22
Economie générale II

- La concession de brevets qui permet à des entreprises tierces d’exploiter, à des fins de
production, une invention.
- La fabrication sous licence qui permet à une entreprise de réaliser un produit sur la base des
procédés, des savoir- faire, de l’expérience d’une autre entreprise.
- Le contrat d’ingénierie ou assistance technique qui permet à une entreprise d’acquérir une
usine «clef en main ».
- Les investissements directs à l’étranger : Investissement des entreprises directement dans les
pays d’accueil.
Ces transferts sont généralement effectués par les pays développés entre eux (3 /4). C’est une
partie qui bénéficie aux P. V. D.
Tous ces échanges ne s’effectuent pas isolément. Il existe une interaction des différentes formes
de relations.
Exemple: les transferts de technologie entraînent des mouvements de personnes, de capitaux et
de biens.

4) Les mouvements internationaux de capitaux


Les mouvements de capitaux occupent une place de plus en plus importante dans l’économie
mondiale. Ces mouvements comprennent des capitaux à long terme et à court terme.
- Les mouvements de capitaux à long terme (investissements directs, les opérations de
portefeuille, les crédits à moyen et long terme);
- Les mouvements de capitaux à court terme (crédits commerciaux à court terme, placements ou
emprunts à court terme).

II- LES ACTEURS

Les principaux acteurs des relations économiques internationales sont:


Les Etats, les entreprises multinationales, les Organisations internationales de développement.

1) Les Etats

Les Etats ont une influence certaine sur les relations économiques internationales à travers leurs
règlements, leur dotation en facteurs de production, leurs puissances militaires, économiques et
financières, leurs doctrines etc.
Les niveaux de développement différents des pays, leur inégale dotation en facteurs de
production les poussent à effectuer des échanges entre eux.
Les relations économiques internationales sont des relations entre économies de différentes
puissances. Il existe des économies dominées (PVD) et des économies dominantes (PD).

2) Les multinationales

Les firmes multinationales sont, des entreprises nationales de grandes tailles qui possèdent ou
contrôlent plusieurs firmes dans plusieurs pays Elles jouent un rôle important dans les relations
économiques internationales. Plus de 30 % des exportations mondiales sont effectuées par des
firmes multinationales (voir bilan de croissance économie d’entreprise).

23
Economie générale II

3) Les organisations internationales : OPEP, FMI, etc.


Ce sont des organisations qui aident soit au financement, soit à l’organisation du développement.
Elles peuvent avoir un caractère général (Banque Mondiale, FMI, BAD, BOAD …) ou ne
concerner que certains secteurs (OPEP, OIC …)

TEST DE CONNAISSANCE

1- Définir : Immigration ; Relations économiques internationales ; Technologie ; Transfert de


technologie
2- Citer les motifs de l’immigration et donner ces conséquences tant sur les pays d’origine que
sur les pays d’accueil.

24
Economie générale II

CHAPITRE II LES FONDEMENTS DU COMMERCE INTERNATIONAL

Les REI sont très diverses ayant une nature bien spécifique. Elles sont constituées d’échanges
commerciaux de biens et des services mais aussi d’échanges intellectuels, culturels, techniques.
Elles concernent aussi les mouvements de personnes et de capitaux. Ces types d’échanges sont
en interaction les uns par rapport aux autres.

I- LES TRAITS ESSENTIELS DES THEORIES DU COMMERCE


INTERNATIONAL

De nombreux économistes se sont intéressés aux relations commerciales entre Etats. Ils ont émis
des explications ou théories qui doivent présider au commerce international. On distingue
essentiellement deux grands courants de pensée :
- Le courant classique du commerce international,
- Le courant suédois du commerce international (courant néoclassique).
A) Le courant classique ou théorie classique du commerce international
- Le commerce entre pays n’est possible que si chaque pays est à la fois importateur et
exportation c’est-à-dire que chaque Etat doit avoir au moins quelque chose à proposer aux autres
à qui il achète des biens.
- Il n’existe qu’un seul facteur de production : le facteur travail. Seule la valeur du travail permet
de fixer le prix des biens et de faire des comparaisons pour la spécialisation.
1) La théorie de l’avantage absolu (Adam Smith)
Selon la théorie de l’avantage absolu, un pays a intérêt à se spécialiser dans la production d’un
bien où il dispose d’un écart de salaire favorable (infériorité de coûts salariaux ou coûts de
production).
Exemple : Soit deux pays A et B produisant deux biens X et Y avec les valeurs du travail
incorporé suivants : (coûts salariaux ou coûts de production).

Biens
X Y
Pays
A 5 6
B 8 4

Un pays importe donc quand ses coûts absolus sont supérieurs à ceux des autres pays, exporte
quand ils sont inférieurs.
Avantages de la théorie: se procurer à moindre prix certains produits, développer la production
donc les revenus,
Inconvénients de la théorie: risque de suppression d’emplois, déficits extérieurs.
Toutefois, la spécialisation et l’échange peuvent être également intéressants pour les pays ne
disposant pas d’avantages absolus. C’est ce que tente de faire David Ricardo.
2) La théorie de l’avantage comparatif (David Ricardo)
Pour David Ricardo, ce n’est pas l’écart de salaire qui doit fonder la division internationale du
travail, mais l’écart de productivité du travail c’est-à-dire :

25
Economie générale II

De sorte que même si un pays ne possède aucun avantage absolu dans la production de deux
biens, la spécialisation peut néanmoins se relever avantageuse s’il existe un avantage comparatif
dans la production des deux biens.
Exemple : Soit par exemple qu’en une heure de travail, il soit possible de réaliser en Côte
d’Ivoire et aux Ghana les productions suivantes :

Biens
Quantité d’arachide Quantité de café
Pays
Ghana 90 80
Côte d’Ivoire 100 120

Le Ghana n’a pas d’avantage absolu, pourtant, il apparait souhaitable qu’un échange s’établisse
entre les deux pays qui y trouveront un intérêt l’un comme l’autre. Calculons pour ce faire les
rapports d’échange relatif interne par pays c’est-à-dire voyons par pays comment les échanges se
feront au plan interne.

Ghana 90/80 = 1,12 80/90 = 0,88


Côte d’Ivoire 100/120 = 0,83 120/100 = 1,2

Commentaires :

X/Y est plus élevé au Ghana qu’en Côte d’Ivoire


Le Ghana a donc intérêt à se spécialiser dans le produit X c’est-à-dire l’arachide.
Y/X est plus élevé en Côte d’Ivoire qu’au Ghana
La Côte d’Ivoire a donc intérêt à se spécialiser dans la production de Y c’est-à-dire le café.
Donc, chaque pays se spécialise dans le produit où sa productivité relative est la plus forte
(productivité du pays pour un produit / productivité de l’autre pays dans ce produit).
L’intérêt de l’analyse de Ricardo est de montrer qu’il suffit d’un avantage relatif pour que
l’échange international soit intéressant.
L’avantage relatif ou comparatif existe quand les coûts ne varient pas proportionnellement dans
les deux pays.
Le risque de dégradation des termes de l’échange est une limite de la spécialisation sur la base de
l’avantage comparatif.
B) Le courant suédois du commerce international (courant néoclassique) : la théorie
Hecksher, Ohlin et Samuelson du commerce internationale
Cette théorie est basée sur l’inégale dotation des facteurs de production.
De ce constat deux auteurs suédois Hecksher et Ohlin et un américain Samuelson vont élaborer
un théorème du commerce international qui stipule que chaque pays a intérêt à se spécialiser
dans la production intensive en facteur abondant sur son territoire. En d’autres termes Le
commerce international conduira chaque pays à se spécialiser dans la production de biens
incorporant les facteurs de production abondants sur son territoire.

26
Economie générale II

II- RAPPORT ENTRE LA REALITE DES ECHANGES ET LA THEORIE

1. Les échanges fondés sur l’existence d’avantages comparatifs

 Les exportations de produits primaires (produits agricoles, matières 1 ères, énergie) des
PVD et, leurs importations de produits industriels ou de services provenant des pays
développés sont fondés sur les inégales dotations des facteurs de production entre ces
pays : abondance de ressources naturelles chez les uns, abondance de capital et de
travail qualifié chez les autres.
De même l’échange de certains produits dépend de la spécialisation de diverses économies. Par
exemple l’Allemagne et le Japon sont spécialisés dans les branches de l’électronique, de la
construction mécanique, de la métallurgie…

 Il faut remarquer tout de même une évolution des avantages comparatifs et des flux
d’échange dans le temps :
 les dotations des facteurs (travail, capital, ressources naturelles) évoluent.
 Le progrès technique se transforme ou s’épuise.
 Les prix des facteurs s’égalisent.

2. Les échanges constituant des paradoxes (paradoxes de leontief)

Certaines pratiques du commerce international semblent paradoxales lorsqu’on les confronte à la


réalité :
Leontief, économiste américain, entreprit au début des années 50, de vérifier de façon empirique,
l’explication du commerce extérieur des USA par les dotations des facteurs de production.
En effet, on admettait généralement aux USA que le capital était très abondant, et la main
d’œuvre rare, par rapport au reste du monde. Les Etats Unis devraient donc exporter des biens à
forte intensité de main d’œuvre. Or, l’étude empirique de Leontief publiée en 1953 montrait le
contraire : les Etats Unis exportaient des biens à forte intensité de main d’œuvre et importaient
des biens à forte intensité de capital. On a donc parlé de Paradoxe de Leontief.
Ce résultat paradoxal semble anéantir l’explication du commerce extérieur d’Hecksher et Ohlin
par les dotations en facteurs de production.

TEST DE CONNAISSANCE

1- Définir : Commerce international ; Spécialisation ; Productivité ; Division internationale du


travail
2- Citer et expliquer les théories du commerce international.

27
Economie générale II

CHAPITRE III : LES POLITIQUES DU COMMERCE INTERNATIONAL

Deux doctrines principales conditionnent les rapports entre les Etats dans les échanges
internationaux. Il s’agit du libre - échange et du protectionnisme.

I- LE PROTECTIONNISME

Avec le développement du commerce international, des mesures protectionnistes vont apparaître.


Ainsi, selon la théorie du protectionnisme éducateur (Fréderic List), si un pays moins avancé ne
protège pas ses industries naissantes de la concurrence des pays développés, il ne parviendra pas
à s’industrialiser.
Inversement, la concurrence des pays à bas salaires constitue une menace pour les emplois non
qualifiés des pays développés même si cet effet est compensé en partie par des créations
d’emplois qualifiés.

1- Définition

C’est donc l’ensemble des mesures ayant pour objectif de limiter ou de supprimer les
importations de biens et de services de façon à protéger l’activité intérieure du pays contre la
concurrence étrangère.

2- Les principales mesures protectionnistes

Ces mesures sont soient des barrières tarifaires, soient des barrières non tarifaires.
Les barrières tarifaires: Elles représentent l’ensemble des droits de douane (taxes perçues par
les services des douanes sur les produits importés ; le tarif douanier est soit un pourcentage du
prix, soit une taxe forfaitaire).
Les barrières non tarifaires: Elles sont diverses et complexes. On distingue les éléments
suivants :
- Les contingentements: fixation d’une quantité maximale d’importation de certains produits
pour une période donnée;
- Les normes: réglementation spécifiant les caractéristiques du produit (hygiène, sécurité,
procédé de fabrication…);
- La protection des marchés publics: les commandes de l’Etat peuvent être réservées, en
droit ou en fait, aux entreprises nationales;
- Le contrôle des changes: en limitant la quantité de devises qu’un agent résident peut sortir
du territoire, on peut limiter les dépenses à l’étranger.
Mesures exceptionnelles :
- La clause de sauvegarde: un pays dont une branche est gravement menacée, peut relever
brutalement ses barrières douanières;
- Les mesures de rétorsion: face à une mesure protectionniste prise par un partenaire, le pays
peut réagir par des mesures identiques.
- La mesure anti-dumping: le dumping est la vente au-dessous des coûts de production. Dans
ce cas les exportations sont indûment favorisées (subvention) et le pays importateur peut
décider des mesures de rétorsion.
-

28
Economie générale II

3- Les conséquences tirées de la pratique du protectionnisme

a- Les avantages

- Protection des entreprises locales naissantes


- Renforcement des caisses de l’Etat
- Mise en place de structures économiques nationales
- Permet de protéger l’emploi et partant, la réduction du chômage
- Autonomie et indépendance d’une économie introvertie (interne)
- Permet d’éviter la propagation des crises surtout les tensions inflationnistes liées aux
importations.
- Permet d’améliorer durablement la compétitivité d’une branche donnée

b- Inconvénients du protectionnisme

 Pour les consommateurs


- Absence de choix multiples,
- Hausse des prix du fait de la détention par les entreprises de monopoles,
- Baisse de qualité des produits du fait de l’absence de compétitions,
- Pertes globales de bien-être.

 Pour les entreprises elles-mêmes


- Léthargie des entreprises ;
- Absence d’émulation en l’absence de lutte concurrentielle ;
- Inefficacité en matière de dotation en moyens modernes de production.

 Pour l’Etat
- Développement de la contrebande pour contourner les barrières,
- Répulsion des investisseurs étrangers surtout lorsque le marché intérieur est exigu ;
- Mesures de rétorsion ou de représailles des autres pays conduisant à une réduction des
exportations ;
- Détérioration du climat de coopération international.

II- LE LIBRE – ECHANGE

1- Définition
Par libre échange, on entend l’ensemble des mesures de l’Etat visant à permettre la libre
circulation des biens et services et des capitaux.

2- La mise en œuvre de la politique du libre échange


Le libre-échange suppose la suppression de tous les obstacles à la libre circulation des
marchandises entre les Etats. Ces obstacles peuvent être tarifaires et non tarifaires.

29
Economie générale II

3- Les conséquences du libre échange

a) Les avantages

L’ouverture des frontières apporte : Elargissement des débouchés ; Allocation optimale des
ressources ; Facteur de croissance économique ; Amélioration du bien-être collectif ; La
flexibilité des entreprises ; Augmentation de la productivité

b) Les inconvénients

Par libre échange l’Etat renonce à toutes entraves au commerce international. Cette pratique, si
elle est préconisée par l’OMC ne présente pas moins de méfaits pour les jeunes économies que
sont nos pays :
 Réduction voire suppression des recettes douanières
 Exacerbation de la concurrence des grandes firmes
 Fermeture des firmes locales de faibles dimensions entraînant chômage et précarité
 Domination des structures locales
 Réduction des recettes de l’Etat
 Baisse de la croissance économique
 Risque d’extraversion créant une dépendance économique pour les pays développés. Les
risques encourus tiennent aux pertes d’emplois lorsque la concurrence les oppose aux pays à
bas coûts de main d’œuvre (chine - UE sur le textile) c’est le dumping social.

Tableau récapitulatif

Notions Protectionnisme Libre-échange

caractéristiques
C’est donc l’ensemble des mesures ayant pour Par libre échange, on entend
objectif de limiter ou de supprimer les l’ensemble des mesures de l’Etat
Définition importations de biens et de services de façon à visant à permettre la libre
protéger l’activité intérieure du pays contre la circulation des biens et services et
concurrence étrangère. des capitaux.

Les barrières tarifaires: Elles représentent La mise en œuvre de la politique


l’ensemble des droits de douane (taxes perçues du libre échange
par les services des douanes sur les produits Le libre-échange suppose la
importés ; le tarif douanier est soit un suppression de tous les obstacles à
pourcentage du prix, soit une taxe forfaitaire). la libre circulation des
Les barrières non tarifaires: Elles sont marchandises entre les Etats. Ces
diverses et complexes. On distingue les obstacles peuvent être tarifaires et
éléments suivants : non tarifaires.
Caractéristiques Les contingentements: fixation d’une quantité
maximale d’importation de certains produits
pour une période donnée;
Les normes: réglementation spécifiant les

30
Economie générale II

caractéristiques du produit (hygiène, sécurité,


procédé de fabrication…);
La protection des marchés publics: les
commandes de l’Etat peuvent être réservées,
en droit ou en fait, aux entreprises nationales;
Le contrôle des changes: en limitant la
quantité de devises qu’un agent résident peut
sortir du territoire, on peut limiter les dépenses
à l’étranger.
Mesures exceptionnelles :
La clause de sauvegarde: un pays dont une
branche est gravement menacée, peut relever
brutalement ses barrières douanières;
Les mesures de rétorsion: face à une mesure
protectionniste prise par un partenaire, le pays
peut réagir par des mesures identiques.
La mesure anti-dumping: le dumping est la
vente au-dessous des coûts de production.
Dans ce cas les exportations sont indûment
favorisées (subvention) et le pays importateur
peut décider des mesures de rétorsion.
Les conséquences tirées de la pratique du
protectionnisme

L’ouverture des frontières apporte :


- Protection des entreprises locales naissantes Elargissement des débouchés ;
- Renforcement des caisses de l’Etat Allocation optimale des
- Mise en place de structures économiques ressources ; Facteur de croissance
nationales économique ; Amélioration du
- Permet de protéger l’emploi et partant, la bien-être collectif ; La flexibilité
Avantages réduction du chômage des entreprises ; Augmentation de
- Autonomie et indépendance d’une économie la productivité
introvertie (interne)
- Permet d’éviter la propagation des crises
surtout les tensions inflationnistes liées aux
importations.
- Permet d’améliorer durablement la
compétitivité d’une branche donnée

Par libre échange l’Etat renonce à


Pour les consommateurs toutes entraves au commerce
- Absence de choix multiples, international. Cette pratique, si elle
- Hausse des prix du fait de la détention par les est préconisée par l’OMC ne
entreprises de monopoles, présente pas moins de méfaits pour
Inconvénients - Baisse de qualité des produits du fait de les jeunes économies que sont nos
l’absence de compétitions, pays :
- Pertes globales de bien-être. Réduction voire suppression des
Pour les entreprises elles-mêmes recettes douanières
- Léthargie des entreprises ; Exacerbation de la concurrence des
- Absence d’émulation en l’absence de lutte grandes firmes
concurrentielle ; Fermeture des firmes locales de

31
Economie générale II

- Inefficacité en matière de dotation en moyens faibles dimensions entraînant


modernes de production. chômage et précarité
Pour l’Etat Domination des structures locales
- Développement de la contrebande pour Réduction des recettes de l’Etat
contourner les barrières, Baisse de la croissance économique
- Répulsion des investisseurs étrangers surtout Risque d’extraversion créant une
lorsque le marché intérieur est exigu ; dépendance économique pour les
- Mesures de rétorsion ou de représailles des pays développés. Les risques
autres pays conduisant à une réduction des encourus tiennent aux pertes
exportations ; d’emplois lorsque la concurrence
- Détérioration du climat de coopération les oppose aux pays à bas coûts de
international. main d’œuvre (chine - UE sur le
textile) c’est le dumping social.

TEST DE CONNAISSANCE

1- Définir : Tarif douanier ; Droit de douane ad valorem ; Droit de douane spécifique ; Dumping
social
2- Pensez-vous que le protectionnisme est un frein au développement des pays africains ?

32
Economie générale II

CHAPITRE IV : L’ORGANISATION DES ECHANGES INTERNATIONAUX

I- LA NOUVELLE ECONOMIE

1) Définition

Economie où les marchés de capitaux jouent un rôle prépondérant dans le financement des
agents économiques spécialement des entreprises grâce aux NTIC (Nouvelles Technologies de
l’Information et de la Communication).

2) Les avantages de la nouvelle économie

- Développer les Investissement Direct Etranger (IDE);


- De favoriser l’accès, le développement et le dynamisme des marchés et marchés financiers;
- D’accroître la flexibilité des entreprises, et la recherche de la qualité ;
- favoriser les délocalisations est le transfert de capacités de production d’un site national vers un
site étranger afin d’importer, pour satisfaire la consommation nationale, des biens et des services
jusqu’alors produits localement;
- De développer la compétitivité et la croissance de l’économie mondiale;
- D’accélérer la mondialisation et de développer les alliances et partenariats de toutes natures;
- D’accélérer l’innovation et le transfert de technologies, de renforcer les compétences et les
connaissances dans plusieurs domaines (pluridisciplinarité).

3) Les inconvénients de la nouvelle économie

- Dépendance des pays du tiers-monde à l’égard des multinationales et des capitaux étrangers;
- Blanchiment d’argent, l’inflation due à une surliquidité de l’économie.

II- LA MONDIALISATION

1) Définition

C’est l’intégration et l’interdépendance accrue des économies des pays du monde.


Il s’agit d’établir le libre-échange total et la régulation des économies fermées.
Remarque : la globalisation a engendré la Mondialisation. La globalisation à l’origine mettait un
accent sur l’intégration des marchés de capitaux.

2) Causes de la mondialisation

- L’établissement du libre-échange;
- L’augmentation de la demande liée à la hausse des niveaux de vie et de l’accroissement de la
population;
- révolution des transports et des moyens de communication qui accélèrent la circulation des
marchandises, des capitaux, des informations, des technologies et les échanges culturels;
- L’essor des firmes transnationales (les multinationales) et des places financières internationales.

33
Economie générale II

3) Avantages de la mondialisation

- Le développement de la compétitivité croissante des marchés nationaux et internationaux;


- Le développement du commerce mondial des biens et services;
- de susciter les transferts de capitaux et des investissements qui stimulent la transformation des
ressources, la création d’emplois, la distribution de revenus, l’accroissement de la consommation
qui stimule la production;
- le développement des échanges culturels.

4) Inconvénients de la mondialisation

- Les zones économiques non compétitives sont marginalisées;


- Les multinationales implantées dans les pays du tiers-monde ont des politiques générales qui ne
sont pas toujours conformes aux politiques nationales des pays;
- Les pays pauvres subissant la détérioration des termes de l’échange sont obligés d’importer
toujours davantage.

5) Le commerce équitable

Echanges internationaux permettant d’assurer une juste rémunération des producteurs et


travailleurs marginalisés des pays du Sud en offrant de meilleures conditions commerciales afin
de contribuer au développement durable.
Le commerce équitable permet : un développement économique et social, la protection de
l’environnement, le respect des droits sociaux fondamentaux, d’assurer une juste rémunération
des producteurs des pays du Sud, d’instaurer des relations durables entre partenaires
économiques, de proposer aux consommateurs des produits de qualité.

III- LES ORGANISATIONS INTERNATIONALES DU COMMERCE

L’OMC et la CNUCED sont deux organisations intervenant dans le commerce mondial. Mais au
paravent les relations commerciales internationales étaient régulées par le GATT (Accord
Général sur les Tarifs Douaniers et le Commerce).

1- Le GATT

Le GATT (General Agreement on Tarif and Trade) en Anglais ou AGETAC (Accord Général
sur les Tarifs douaniers et le Commerce) en Français, a été créé en 1947 à Genève. Sa naissance
trouve son fondement dans la déstabilisation des relations économiques internationales après la
2e Guerre Mondiale. Il a pour objet de promouvoir le libre-échange et le commerce international
depuis son entrée en vigueur en 1948.
Son fonctionnement repose sur quatre principes.

a- Les principes fondamentaux


- la clause de la nation la plus favorisée : Selon cette clause tout avantage accordé à l’un
des membres par un adhérent du GATT doit être étendu à tous, sauf dérogation.

34
Economie générale II

- Suppression des restrictions quantitatives : Elimination des restrictions quantitatives


(quota) tant sur les importations que sur les exportations, sauf en cas de déséquilibre de la
balance des paiements.
- L’abaissement progressif des droits de douanes : réduction graduelle des droits de
douanes par les pays signataires.
- Interdiction du dumping : Aucun pays signataire ne doit vendre à l’extérieur à un prix
inférieur au prix de vente sur le marché intérieur (ou ne doit vendre à l’extérieur à des
prix inférieurs à ses coûts de production pour acquérir un marché).
-
b- Les traitements préférentiels en faveur des PVD

Des mesures spécifiques ont été prises pour tenir compte des intérêts des pays en développement.
Ce sont :
 La mise en place des clauses de sauvegarde : qui stipule que les PVD peuvent recourir, en
cas de déséquilibre de leur balance de paiement ou de surproduction, à des restrictions
quantitatives ou à l’augmentation des droits de douane.
 L’adoption d’un système généralisé de préférence (SGP) : qui permet un abaissement
unilatéral et sans contrepartie des barrières douanières des pays développés participant au
système pour certains produits exportés par les PVD.
A l’issue de plusieurs négociations une modification des règles du commerce international s’est
avérée nécessaire. C’est ainsi qu’a vu le jour l’OMC (Organisation Mondiale du Commerce) le
1er janvier 1995.

2- l’OMC

a) Présentation
L’OMC a été Créée en avril 1994 en remplacement du GATT (Accord Général sur les Tarifs
Douaniers et le Commerce signé le 30 octobre 1947) à la suite de différents cycles de
négociation. Elle a été fonctionnelle en janvier 1995.
L’OMC est chargée de réglementer les relations commerciales entre les Etats membres, au
moyen d’accords multilatéraux et de résoudre les différends commerciaux.
Les domaines sont les Droits de douane, les mesures non tarifaires; les règles, les services, la
propriété intellectuelle, le règlement des différends, les textiles, l’agriculture.

b) Principes fondamentaux

- L’Abaissement progressif des barrières douanières : améliorer l’accès des marchés de


chaque pays pour des produits présentant un intérêt particulier pour ses partenaires en
réduisant ses tarifs’ douaniers.
- La Clause de la nation la plus favorisée (NPF): si un Etat membre concède à un autre
Etat des avantages commerciaux spéciaux, il doit également les concéder à tous les autres
Etats membres.
Exception : avantages consentis dans le cadre d’une intégration économique.
- Le principe de non-discrimination (ou le principe du traitement national) les biens
importés et les produits de fabrication locale doivent être traités de manière égale.

35
Economie générale II

Egalement pour les services, les marques de commerce, les droits d’auteur et les brevets
étrangers et nationaux.
- Le Principe de la bonne foi (interdiction des restrictions quantitatives) suppression
des mesures protectionnistes (restrictions à l’importation et à l’exportation)
- Le Principe de la réciprocité : les échanges s’effectuent sur la base d’avantages mutuels
et réciproques.
NB : L’OMC propose pour les pays en voie de développement :
- L’Augmentation de l’aide publique au développement (APD) de 50 %jusqu’à 1% du PNB.
- Mobilisation du secteur privé pour encourager les investissements.
- L’Aide pour la stabilisation des recettes émanant des matières premières.
- L’Application d’un traitement commercial privilégié pour les exportations agricoles des pays
d’Afrique,

3- La CNUCED (Conférence des nations unies pour le commerce et le développement) :

Elle regroupe à sa création 166 pays du tiers monde dont, elle est porte-parole, devant l’OMC et
le FMI. Ainsi la CNUCED revendique :
 Le droit de commercer librement, et de disposer de ses ressources naturelles à sa guise.
 Des préférences tarifaires en leur faveur en ce qui concerne les exportations des PVD.
 Aide au développement, aménagement de la dette des PVD.
Mécanisme compensatoire des déficits de recettes d’exportation

IV- LES ORGANISATIONS REGIONALES

Les interdépendances croissantes entre le Nord et le sud d’une part et entre les Pays du Sud
d’autre part sont le fondement majeur de la politique globale de coopération dans le Monde.

1) La coopération (UE-ACP)
La politique de coopération comprend un ensemble de mesures visant à assurer aux pays en voie
de développement un accroissement des revenus qu’ils tirent de leurs propres ressources.
La convention de Lomé sert de cadre juridique à la coopération.
La coopération vise à garantir les recettes d’exportation des pays du sud contre des fluctuations
trop brutales par:
- Le maintien de leur pouvoir d’achat;
- La transformation sur place d’une part croissante de produits de base afin d’en augmenter la
valeur à l’exportation; Il s’agit de lutter contre la détérioration des termes de l’échange;
- L’accès le plus libre possible aux marchés des pays industrialisés et à moindre coût à la
technologie, au savoir-faire industriel, et à l’investissement par création d’industries.
Le développement du commerce mondial est favorisé par d’autres formes de Coopération.

2) La zone de libre échange (ZLE)


Espace économique et géographique formé par le regroupement de pays qui prévoient dans ce
cadre l’élimination des barrières douanières et, de toute entrave à la circulation des marchandises
sans Tarif extérieur commun.
Exemple : L’ALENA (USA, Canada, Mexique).

36
Economie générale II

3) La zone franche
Zone géographique limitée bénéficiant d’incitations à investir, dont l’exonération des droits de
douanes, et d’un traitement fiscal et social préférentiel.
Les buts recherchés sont de : Créer des emplois, Contribuer à une plus grande intégration
interindustrielle (pays développés - pays en développement), Elever la compétence des
travailleurs et impulser le développement et le transfert de technologies, de Maintenir la main
d’œuvre sur place en freinant l’immigration, de Développer les infrastructures (routes,
installations portuaires) et les services publics (téléphone, eau, électricité).

4) L’intégration économique
a) Définition
Processus par lequel plusieurs Pays s’engagent à éliminer toute forme de discrimination
(abolition des barrières douanières) entre leurs opérations économiques de manière à créer un
espace économique homogène, unifié.
Ces pays forment une union économique et monétaire et conviennent d’appliquer aux autres pays
un tarif extérieur commun (TEC).
Le Tarif Extérieur Commun (TEC) est l’ensemble des droits appliqués aux importations sur le
territoire de la Communauté de produits en provenance de pays tiers.
Exemples: CEDEAO (Communauté économique des Etats de L’Afrique de l’Ouest, la CEEAC
(Communauté Economique des Etats d L’Afrique du Centre), 1 COMESA (Marché commun de
l’Afrique orientale et australe), UMA (Union monétaire arabe), SADC (Communauté de
Développement de l’Afrique australe).

b) Avantages
- Faciliter le développement des économies des pays concernés ;
- réduire les coûts de production grâce à la suppression des obstacles tarifaires ;
- réaliser des économies d’échelles liées à l’expérience, à la production d’une unité, le passage
d’une petite entreprise à une grande entreprise (atteinte de la taille optimale) ;
- L’amélioration de climat de coopération internationale

c) Inconvénients
- Coexistence de plusieurs zones au sein d’un ensemble économique (UEMOA et CEDEAO);
- Les pays ont des tailles, des populations, des mentalités, des systèmes différents. Existence de
conflit de leadership entre les Pays crée un frein à la volonté de s’intégrer ;
- Perte de souveraineté nationale dans certains domaines ;
- Développement de l’insécurité.

37
Economie générale II

d) Les étapes de l’intégration économique

Les pays passent par différentes étapes avant de réaliser l’intégration économique.

Etapes Zone de Union


Union Marché Union
libre économique et
douanière commun économique
Conditions échange monétaire
Suppression des
barrières douanières à Oui Oui Oui Oui Oui
l’intérieur de la zone
Libre circulation des
Oui Oui Oui Oui Oui
marchandises
Tarifs extérieurs
communs vis-à-vis des Oui Oui Oui Oui
pays tiers
Libre circulation des
personnes et des Oui Oui Oui
capitaux
Harmonisation des
politiques structurelles
Oui Oui
(agricoles, industrielle,
fiscale
Monnaie commune,
unification des
Oui
politiques monétaires et
budgétaires

5) La Zone Monétaire

Ensemble de pays regroupés autour d’une monnaie commune et respectant les règles monétaires
suivantes :
- La convertibilité de toutes les monnaies entre elles sur la base de parités fixes;
- La cohésion vis à vis de l’extérieur;
- L’application d’une réglementation des changes commune;
- L’existence d’un marché de changes unique;
- La centralisation des réserves en devises.
Exemples: L’UEMOA (Union Economique et Monétaire Ouest Africaine), CEMAC
(Communauté Economique et Monétaire de l’Afrique Centrale), la CMA (Zone Monétaire
Commune : Afrique du Sud, Lesotho, Namibie et Swaziland). La CEMAC et 1’UEMOA
appartiennent à la Zone franc CFA.

38
Economie générale II

I- Les organisations de l’Afrique de l’ouest : exemple de la CEDEAO et de l’UEMOA

1- La CEDEAO (Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest)

Elle a été créée en 1975 par le traité de Lagos (Nigeria), à l’instigation de la commission
économique des Nations Unies pour l’Afrique. Elle comprend 16 pays tant Anglophones que
francophones, de l’Ouest Africain.
C’est un organisme d’intégration économique qui a une organisation et des objectifs précis :

a- Les objectifs :

- Promouvoir la coopération et le développement dans tous les domaines.


- Accroître et maintenir la stabilité économique.
- Renforcer les relations entre les membres.
- Favoriser l’intégration économique en Afrique par l’élimination progressive des droits de
douane, libre circulation des biens et des personnes …
- Libéralisation des échanges : à ce propos les pays membres ont été divisés en 3 groupes en
fonction de leur niveau d’industrialisation et de leur forte dépendance vis à vis des recettes
douanières.
Le calendrier du 1 er groupe est plus souple que celui du second et celui du second plus souple
que celui du 3e. La Côte d’Ivoire appartient au 3e groupe.
- Bien que cela ne figure pas dans le traité, les pays membres ont intensifié leur coopération en
matière de défense en signant des accords de non-agression et d’assistance mutuelle.
b- Le Bilan :
Hormis l’intervention de la CEDEAO par le biais de L’ECOMOG au Liberia, les réalisations de
la CEDEAO sont maigres. Elles se limitent à quelques infrastructures d’intérêt communautaire
(développement des Télécom, construction de ports et d’autoroutes …).

c- Les réformes nécessaires :

- Adoption d’une politique commune vis à vis de l’investissement.


- Renforcer la chambre de compensation pour la rendre plus efficace.
- L’ouverture du capital du fonds à des pays non-membres peut être salutaire.
- Intervention accrue du secteur privé qui entraîne une économie compétitive favorisant
l’intégration économique.
- Fixation d’un tarif douanier convenable à tous les pays.

En somme, l’expérience de la CEDEAO montre que l’intégration globale est difficile à réaliser.
Une approche plus pragmatique, à partir d’un cadre plus restreint serait plus efficace pour
l’intégration des économies africaines.

2- L’UEMOA

L’UEMOA est l’Union Economique et Monétaire de l’Afrique de l’Ouest. La dévaluation du F


CFA le 12 janvier 1994 a vu la naissance de l’UEMOA (traité du 10 janvier 1994).

39
Economie générale II

L’UEMOA est la forme achevée de l’intégration économique et monétaire entre les mêmes 7
pays de l’Afrique de l’ouest. Ses objectifs sont :
- Emergence d’un espace intégré au sein duquel sera assurée la libre circulation des biens, des
personnes, des services et facteurs de production. (Intensification des relations, commerciales
entre les pays membres)
- Suppression des entraves à la libre circulation des biens et des personnes. Cela entraine :
 La concurrence entre les opérateurs économiques.
 La maximisation de la croissance.
- La mise en place d’une union douanière opérationnelle entre les pays membres, de manière à
favoriser les économies d’échelle.
- La rationalisation des taux effectifs de protection tout en tenant compte des contraintes
budgétaires de chaque Etat membre.
- Le renforcement des politiques sectorielles communes visant la sécurité alimentaire.
- Augmentation de la demande intra-zone.
- Promouvoir l’usage de la monnaie commune. Cela favorise les échanges entre les pays
membres d’une part et les reste du monde d’autre part.

TEST DE CONNAISSANCE

1- Définir :
- La règle de réciprocité
- La règle de la concurrence loyale
- L’accord multifibre
3- Définissez les notions sur accords lié au commerce international

40
Economie générale II

THEME III : MESURE ET REGLEMENT DES ECHANGES

CHAPITRE I : LA BALANCE DE PAIEMENT


Les économies contemporaines sont des économies sur l’extérieur. A ce titre, elles entretiennent
deux principaux types de relations avec les autres économies :
-Elles achètent et vendent des biens et services sur les marchés internationaux
-Elles achètent et vendent des actifs financiers (actions, obligations) sur les marchés financiers
mondiaux.
Dans ce chapitre, nous verrons donc comment les comptables nationaux enregistrent l’ensemble
de ces opérations.

I- DEFINITIONS

La balance des paiements est un document comptable qui retrace pour une période donnée
l’ensemble des transactions économiques et financières d’un pays avec le reste du monde.

1- Le taux de couverture des importations par les exportations:

Si le taux est> à 100, la balance commerciale sera excédentaire;


Si le taux est < à 100, la balance commerciale sera déficitaire;
Si le taux est = à 100, la balance commerciale est équilibrée.

2- Le degré d’ouverture: c’est le rapport de la moyenne des exportations et importations et


du PIB

3- Le taux de pénétration : il traduit la concurrence étrangère dans le pays

4- Les termes de l’échange:


C’est la relation existant entre les valeurs d’exportation et d’importation.
Les termes de l’échange déterminent les taux d’échange c’est-à-dire le rapport de:

Il y a détérioration des termes de l’échange quand le taux d’échange est inférieur à 100 ou quand
l’indice des prix des produits exportés est inférieur à celui des prix de produits importés.
On dit aussi qu’il y détérioration des termes de l’échange quand l’augmentation des prix
d’importation est supérieur à celle des prix des produits d’exportation.

II- L’ELABORATION DE LA BALANCE DES PAIEMENTS

Le principe d’enregistrement des différentes structures de la balance de paiement


La balance de paiements est établie en s’appuyant sur les principes de la comptabilité en partie
double (chaque opération donnant lieu à deux inscriptions, l’une au débit et l’autre de même

41
Economie générale II

montant au crédit.) Les modalités d’enregistrement impliquent donc une égalité du total des
débits et du total des crédits, ce qui justifie l’expression de balance.
- Si la transaction provoque une augmentation des avoirs (ressources) pour le pays, elle est
enregistrée au crédit de la balance. Ex : les exportations de biens
- si la transaction annule des avoirs ou augmente les engagements (emplois) du pays, elle est
enregistrée au débit de la balance. Ex les importations de biens.
-
III- LES APPROCHES THEORIQUES DE LA BALANCE DES PAIEMENTS

a- L’approche traditionnelle

D’origine keynésienne, elle est essentiellement réelle et consiste à regarder l’ensemble des biens
disponibles et l’ensemble de l’utilisation de ces biens.
Les biens disponibles dans une économie, sont : PNB (Y) et les importations (M); les utilisations
sont : l’absorption (A) et les exportations (X). [L’absorption inclut : la consommation (C),
l’investissement (I) ainsi que les dépenses gouvernementales (G), si on veut les distinguer des
deux autres].
Y + M = A + X ou M - X (déficit commercial) A- Y
Si on a un déficit de la balance courante, c’est que l’on consomme plus que l’on ne dispose de
revenus.
b- L’approche financière
Elle consiste à regarder l’équilibre des affectations des ressources et des utilisations des
ressources.
L’affectation du revenu s’écrit : Y = C + S (l’épargne) + T (taxes)
L’utilisation du revenu s’écrit : Y= C + I + G+(X-M).
En réorganisant, il devient: S-I + (T-G) = X-M.
Si on a un déficit de la balance courante, c’est que l’on investit plus que l’on épargne (épargne
privée et épargne publique (T-G)):
C’est l’approche qui est devenue principale. C’est-à-dire que l’on s’intéresse de plus en plus aux
déterminants que sont l’épargne et l’investissement. Puis, on en déduit l’évolution de la balance
commerciale (au lieu de s’intéresser principalement à des déterminations par le revenu).

IV- LES DIFFERENTS TYPES D’OPERATIONS ENREGISTREES DANS LA


BALANCE DES PAIEMENTS

Les différentes opérations se répartissent dans trois grandes catégories ou titres :


1. Les transactions courantes
Elles comprennent :
- Les opérations sur marchandises : Il s’agit des mouvements de marchandises (exportations et
importations) et du négoce international ;
- les opérations sur services : Comprenant le tourisme, les services liés au commerce extérieur
(frais accessoires sur marchandises, transport, assurance), les services liés aux échanges
technologiques (coopération techniques, redevance et brevet), les revenus des investissements et
des placements (intérêts, dividendes), les salaires transférés par les employeurs au nom des
employés.

42
Economie générale II

- Les transferts unilatéraux : constituent, comme les services, des opérations sur invisibles,
c’est-à-dire des opérations correspondant à des transferts non liés à un échange de marchandises.
Ils comprennent : les dons, transferts d’épargne des travailleurs migrants, aides apportées par
certains pays développés aux PVD.

2. Les capitaux à longs termes


Ces capitaux comprennent :
- Les crédits commerciaux d’une échéance initiale supérieure à un an et se rapportant au
financement des exportations ou des importations ;
- Les investissements directs constitués par l’achat ou la création d’entreprises à l’étranger par
des résidents ou sur le territoire par des non-résidents ;
- Les prêts accordés à l’étranger ou obtenus de l’étranger pour une durée initiale supérieure à un
an et qui concerne le secteur privé non bancaire, les opérations monétaires (secteur bancaire et
public);
- Les investissements en portefeuille qui correspondent à l’achat d’actions et d’obligations
entre le pays et l’extérieur.

3. Les capitaux à court terme


Ce sont des flux de créances et d’engagements dont la durée est inférieure ou égale à un an, liés
aux crédits commerciaux, aux prêts, aux avoirs, à l’étranger et émanant du secteur privé non
bancaire et les opérations monétaires (secteurs bancaires et public).

V- LES COMPOSANTS DE LA BALANCE DES PAIEMENTS

La balance des paiements est constituée de trois grandes parties:


- la balance des transactions courantes portant sur les biens et services;
- la balance des capitaux portant sur les opérations financières;
- les erreurs et omissions qui sont une partie représentant les ajustements nécessaires pour
équilibrer la balance.

43
Economie générale II

Importation de marchandises Balance


commerciale
Exportation de marchandises

Importations de services

Exportations de services Balance des transactions courantes


Balance des
invisibles
Transferts unilatéraux

Négos international

Autres biens et services


(Poste d’ajustement)
Variation
Mouvements de capitaux à
long terme de la
Balance des Solde
capitaux position
Mouvements de capitaux à
monétaire
court terme
Erreurs et
omissions

La balance des paiements fait souvent l’objet de décomposition en balances partielles plus
significative au plan économique.

A- Balance des transactions courantes


Elle regroupe la balance commerciale, la balance des invisibles et, les autres biens et services.

1- La balance commerciale (BC)


La BC comptabilise les échanges de marchandises (exportations et importations). Elle dégage un
solde (solde commercial) qui permet de faire ressortir le degré de compétitivité d’un pays. Ainsi,
pour :
- Un solde positif : BC excédentaire, avec entrée nette de devises
- Un solde négatif : BC déficitaire, avec sortie nette de devises
A côté de solde commercial, on calcule également le taux de couverture représenté par le
rapport entre la valeur des exportations et celle des importations.

44
Economie générale II

2- La balance des invisibles

Cette balance présente les échanges qui ne donnent pas lieu à des mouvements de marchandises:
- les services (frais de transport, assurances, tourisme), les dividendes sans contrepartie
(appelés les transferts unilatéraux ; ce poste concerne principalement le rapatriement des revenus
des travailleurs immigrés).
L’analyse de cette balance est délicate, car elle regroupe beaucoup de postes disparates. II est
donc nécessaire d’analyser chaque ligne de la balance. Cependant, une balance invisible
importante et excédentaire caractérise souvent les pays fortement développés, entrés dans l’ère
postindustrielle.

B- LA BALANCE DES CAPITAUX (BK)

Cette balance regroupe les mouvements de capitaux à long terme et à court terme du secteur
privé non bancaire. Son interprétation doit être menée avec prudence. En effet, une amélioration
de la balance des capitaux signifie que les entrées de capitaux dans le pays sont supérieures aux
sorties, soit, en d’autres termes, que le pays emprunte beaucoup à l’étranger ou rapatrie des
capitaux placés à ‘extérieur. Au contraire, une détérioration de la balance des capitaux (solde
négatif) peut indiquer que le pays investit beaucoup à l’étranger. Cette exportation de capitaux
est porteuse de revenus futurs.
B Cap<0 pays développé car investi élevé à l’étranger
B Cap>0 pays sous développé car emprunte beaucoup à l’étranger

C- BALANCES PARTICULIERES

Vu le rôle particulier que jouent les différentes balances partielles dans l’équilibre de la balance
des paiements, elles sont inscrites dans le poste de variation de position monétaire.
Dans la pratique, l’établissement de la balance des paiements se heurte à des écarts statistiques
liés à l’imperfection des sources de renseignements. Deux postes permettent d’ajuster les chiffres
afin d’obtenir un compte équilibré.
 Le poste «autres biens et services » dans la balance des transactions courantes: C’est le
poste d’ajustement de la balance des transactions courantes. Il concerne certaines transactions
de nature occulte (drogue, trafics…)
 Le poste « erreurs et omission» qui assure l’ajustement final de la balance des paiements en
tenant compte de l’écart entre le total des débits et le total des crédits enregistrés.

VI- L’EQUILIBRE DE LA BALANCE DES PAIEMENTS

La balance des paiements devant être présentée en équilibre, le solde global traduit la position
monétaire extérieure du pays. Il est donc inscrit avec un signe opposé (+, -), dans le poste:
variation de la position monétaire.
Les soldes que l’on étudie sont choisis pour des raisons pratiques tenant aux instruments de la
politique économique à mettre en place:
 Pour surveiller le niveau de la trésorerie externe du pays on retient comme indicateur le solde
des opérations non monétaires, La situation est saine si l’équilibre est atteint sans variation de
la position monétaire extérieure.

45
Economie générale II

 Pour apprécier la compétitivité économique et l’équilibre à long terme on retient comme


indicateur le solde des transactions courantes. Un excédent courant signifie que le pays
produit plus qu’il ne consomme.
Comment régler un déficit de la balance de paiements?
On peut annuler un déficit par les modalités suivantes:
- l’ajustement par la monnaie :
Dépréciation de la monnaie en cas déficit (cela s’explique par la hausse des exportations et la
baisse des importations).
appréciation de la monnaie en cas d’excédent (cela s’explique par une des importations et
une baisse des exportations)
- l’ajustement par les prix (découlant de l’ajustement par la monnaie);
- L’ajustement par la variation du revenu global : Toute augmentation des exportations
va provoquer un accroissement du revenu global au niveau supérieur. Cette augmentation
du revenu va entrainer une hausse du volume des importations. La hausse des
importations va alors réduire l’excédent de la balance commerciale due à l’augmentation
initiale des exportations, conduisant ainsi vers un équilibre de la balance des paiements
- l’ajustement par l’endettement;
- le recours aux réserves en or et devises.

CONTROLE DE CONNAISSANCE

1- Définir : Transferts unilatéraux ; Solde commercial ; Balance des services


2- Expliquer comment équilibrer la balance des paiements en cas d’écarts statistiques.

46
Economie générale II

CHAPITRE II : LE CHANGE ET LE MARCHE DE CHANGE

L’internationalisation des échanges se traduit par des besoins de conversion des monnaies des
différents pays. Cette opération d’échange d’une monnaie contre une autre se nomme le change
et se réalise sur le marché des changes.
Le change est une opération d’échange d’une monnaie contre une autre par rapport à un taux
appelé taux de change. Il se réalise sur le marché des changes.

I- LES TYPES DE CHANGE

Il existe deux manières de réaliser le change: le change manuel et le change scriptural.

1. le change manuel

C’est l’acte de conversion directe des monnaies au guichet d’une banque ou des services d’un
opérateur économique spécialisé.
Ex : les conversions des voyageurs effectuant des séjours limités à l’extérieur ne nécessitant pas
d’ouverture d’un compte bancaire.

2. le change scriptural

C’est le passage d’une monnaie à une autre par le jeu d’écriture. C’est la forme la plus
importante des opérations de change. Les instruments les plus utilisés sont: le chèque bancaire;
les mandats ; les virements.
Il fonctionne à l’aide des comptes à l’étranger appelés Nostro ou vostro.
Un compte ouvert à l’étranger est un compte vostro pour le pays accueillant et nostro pour le
propriétaire du compte. Par ces comptes, le change se réalise sans mouvement de capitaux d’un
pays à un autre.

II - LE MARCHÉ DES CHANGES

Le marché des changes est un marché où l’on achète et vend des monnaies. Sur ce marché se
déterminent les taux de change.
II y a deux formes de marché de change:
- le marché de change institutionnel et officiel se tient dans les locaux des bourses de valeurs
ou à la banque centrale;
- le marché de change interbancaire et libre non localisé, il est mondial et fonctionne à l’aide
de réseaux d’information.
Dans la pratique, les deux marchés se complètent.
Les opérations de change se réalisent sur le marché des changes, sur lequel se détermine le taux
de change.

47
Economie générale II

1) Présentation du marché des changes

Sur le marché des changes, les opérations peuvent se réaliser au comptant ou à terme.

a) Le marché au comptant
Sur ce marché les opérations d’achat et de vente des devises s’effectuent au cours du jour de la
transaction, et le règlement intervient dans les quarante-huit heures ouvrables.

b) Le marché à terme
Sur ce marché, les conditions de la transaction (quantité échangée, cours) sont déterminées
immédiatement, mais la livraison et le règlement n’interviendront que plus tard, à l’échéance
convenue.
Il se forme de la manière suivante:
Court à terme = cours au comptant + / - report (déport). Les taux de report et de déport
dépendent de la différence des taux d’intérêt sur les deux devises.
Sur ce marché, les intervenants peuvent couvrir leur risque de change.
Ex: Un importateur Ivoirien qui achète ses marchandises aux USA à $ 100 000 et qui prévoit
une hausse du dollar à 700 CFA peut acheter aujourd’hui des dollars à trois mois au prix de
600.09, il paiera dans trois mois quel que soit la variation du dollar ($ 60 009 000 au lieu de $
70 000.000).

2) Le taux de change

C’est le prix auquel une devise s’échange contre une monnaie nationale. Ce taux est issu de la
confrontation de l’offre et de demande des différentes monnaies.
3) Les déterminants du taux de change
Le niveau du cours de change dépend de plusieurs déterminants: le solde de la balance des
transactions courantes; l’inflation ; le taux d’intérêt ; la théorie du portefeuille des titres; la
spéculation.
Le solde de la balance des transactions courantes
BTC < 0 entraîne offre de monnaie nationale supérieure à demande de monnaie nationale. Cela
conduit à une baisse du taux de change.

- la parité du pouvoir d’achat


L’écart d’inflation doit s’établir de manière que le prix national et les prix étrangers des biens
échangés soient identiques. Un pays qui connaît une inflation plus forte que celle des partenaires
voit sa monnaie se déprécier.
Ex: un bien se vend à 15000 Cfa à Abidjan, 199203,1872 cedis à Acra. Selon la théorie des
parités des pouvoirs d’achat, le taux de change d’équilibre doit être de 15000 / 199203,1872 =
0,0753, soit un cedi est égal à 0.0753 Cfa. Si le taux d’inflation est de 5% à Abidjan et de 2% à
Acra, le nouveau taux d’équilibre sera de (15000 x 1.05) / (199203.1872 x 1.02) = 15750 /
203187,2509 = 0,0775
Soit I cedi est égal à 0,0775 CFA (une dépréciation du Cfa).
- le rôle du taux d’intérêt

48
Economie générale II

Un pays qui désir augmenter le taux de change de sa monnaie, peut le faire en relevant le taux
d’intérêt pour attirer plus de capitaux sur son territoire.
- la théorie du portefeuille des titres
Les acteurs économiques peuvent détenir dans leur portefeuille des titres nationaux, étrangers et
des devises. Chacun cherche à optimiser son portefeuille en fonction du rendement et du risque
attaché à chaque actif.
Ex: si le taux d’intérêt américain augmente, les acteurs vont se porter davantage sur les titres
américains, entraînant ainsi une appréciation du dollar.
- la théorie de la « bulle spéculative»: la spéculation
Il s’agit ici de montrer comment les anticipations et le comportement des acteurs économiques
agissent sur les taux de change.
Ainsi, en cas d’anticipation à la hausse du dollar, les acteurs vont tous acheter cette monnaie,
induisant alors une hausse effective de son cours ne reposant que sur la spéculation. Il suffit
d’une rumeur annonçant une baisse du dollar pour que tous le revendent, crevant ainsi la bulle
spéculative qui s’était formée.
NB : demandez aux étudiants de chercher
- la définition de : la dévaluation, la réévaluation, la convertibilité, le taux de change
- la convertibilité suivant la nature des opérations et suivant les opérateurs
- les causes, avantages et inconvénients de la dévaluation.
-
4) La convertibilité et les modes de cotation

a- La convertibilité

C’est la capacité d’une monnaie à être échanger contre une autre, quelques soient les places
financières.
La convertibilité en devise peut être plus ou moins étendue suivant la nature des opérations et
selon les opérateurs concernés.
 Suivant la nature des opérations :
- La convertibilité peut être générale. Dans ce cas l’agent économique peut échanger la
monnaie nationale contre les devises pour toutes les opérations de transactions et
opérations en capital
- La convertibilité peut être limitée. Dans ce cas elle n’est permise que pour les
transactions courantes (opérations sur marchandises avec l’étranger)
 Suivant les opérateurs :
La convertibilité peut être :
- Générale ou interne : Dans ce cas tous les agents économiques qu’ils soient résidents ou
non peuvent librement convertir la monnaie nationale en devises étrangères.
- Limitée ou externe : Dans ce cas, les non nationaux ou les non-résidents peuvent
convertir la monnaie nationale en devises étrangères
Les modes de cotation
L’écriture du taux ou cours de change peut s’effectuer selon deux procédés:
 La cotation à l’incertain: On évalue la quantité d’unités de monnaie nationale nécessaire
pour acquérir une devise Ex : A Paris l’Euro est coté par rapport au dollar, soit 1$ = x €

49
Economie générale II

 La cotation au certain: On évalue la quantité de devise que permet d’acquérir une unité
monétaire nationale Ex : A Paris, le dollar sera évalué en Euro, soit 1€ = l/x $ ; 3,520€ = 1£
(live sterling).

5) Le fonctionnement

Le développement des échanges internationaux, le progrès de la communication et de


l’informatique ont modifié l’étendu du marché des changes.
- Il est un marché planétaire: aucune localisation géographique, les cambistes peuvent s’adresser
aux différentes places financières grâce aux instruments de transmission, des réseaux spécialisés
et des systèmes informatiques permettant d’enregistrer et effectuer rapidement les opérations.
- Un marché interbancaire : les banques y interviennent pour leur clientèle et pour leur propre
compte.
- Un marché qui fonctionne en continu:
A cause des différents fuseaux horaires, le marché fonctionne vingt-quatre heures sur vingt-
quatre.

II- LE RISQUE DE CHANGE

1. Définition

C’est le risque supporté par les opérateurs économiques à cause des variations du cours des
monnaies.

2. La couverture du risque de change


Elle consiste à recourir à des techniques ou moyens pour se protéger contre les risques de
change. Ces moyens de protection sont :
 La couverture au comptant : Un importateur peut acquérir immédiatement des
devises pour les conserver jusqu’à la date du règlement
 La couverture à terme : Il peut s’adresser à une banque pour acheter des devises à
terme à un cours (le cours à terme) fixé dès la conclusion du contrat. Au terme
convenu, l’importateur recevra les devises pour effectuer le paiement
 Le choix de la monnaie nationale : Si l’agent économique (importateur) est en
mesure d’imposer sa propre monnaie, il retiendra comme monnaie de facturation
la monnaie nationale.
 Le termaillage : Il consiste en des retards ou avances dans le payement d’une
transaction, compte tenu des variations envisagées du cours des monnaies.
Exemple : Un importateur ivoirien qui prévoit une dépréciation de la devise dans laquelle il doit
payer son achat retardera son paiement, de façon à bénéficier d’un prix plus avantageux ;
l’exportateur au contraire essayera de se faire payer au plus vite.

III- LES OPÉRATIONS D’ARBITRAGE

Le cours d’une même devise n’est jamais exactement identique sur les différentes places
financières. L’opération d’arbitrage permet de rapprocher le cours d’une devise par rapport à une

50
Economie générale II

autre sur les différentes places financières. L’arbitrage peut être bilatéral (deux devises) ou
multilatéral (plusieurs devises).

V - LES SYSTÈMES DE CHANGE

On distingue deux systèmes de change: - le change fixe ou rigide ; - le change flottant ou


flexible.

a) Le système de change fixe


La monnaie ne peut varier qu’à l’intérieur d’une marge de fluctuation autorisée (autour des
parités). Exemple: les accords de Bretton-Woods de 1944 à 1973. (Marge de fluctuation à + / - 1
% puis de + / - 2,5 % lors des accords de Washington en 1976)

b) Le système de change flottant

Le taux de change varie en fonction de l’offre et de la demande, au jour le jour. Aucune marge
n’est imposée. Il n’y a pas de prix officiel de la monnaie (plus de parités). Depuis 1973 et 1976
(accords de Kingston), on distingue le flottement pur et le flottement impur:
- le flottement pur est un modèle théorique: il n’y aurait aucune intervention de la banque
centrale.
- le flottement impur existe en pratique : il y a intervention de la banque centrale sur le marché
des changes.

TEST DE CONNAISSANCE

1- Définir : Inflation ; Spéculation ; Taux d’intérêt ; Réévaluation


2- Donner la différence entre la désinflation et la déflation.
3- Donner la différence entre la dévaluation et dépréciation d’une monnaie.
4- Quelles sont les effets d’une réévaluation sur le commerce d’un pays avec le reste du monde ?

51
Economie générale II

REFERENCE BIBLIOGRAPIQUE

N. GREGORY Mankiw ; Principe de l’Economie, Economia Paris, 1998

MAHAMOUDOU Traoré ; Problèmes économiques et sociaux

Dr Doté COULIBALY ; histoire des faits économiques et sociaux

LECAILLON J. LAFAY. Analyse Macroéconomique, Ed Cujas, Paris, 1003

BRASSEUL Y. A . Introduction à l’économie du développement, Armand Colin, Paris, 1993

PR KRUGMAN ; OBSFELD M. Economie Internationale, Nouveaux Horizons, Harper-Collins,

De Boeck & Larcier, Bruxelles, 19ASSIDON Edition L’Harmattan, 1995.

Les théories économiques du développement, Ed la Découverte, 1992

ATTEBI D. Le défi africain : L’urgence d’une alternative économique en Cote d’Ivoire, Ed

BEGG.D ; FISCHER .S ; DORNBUSHER.R. Macro-économie, Edi science International, Paris, 1989.

BERTHELEMY J.C : L’endettement du tiers monde, Paris, PUF, 1990.

BONCOEUR J. THOUEMENT H. Histoire des idées économiques Ed. Nathan,2000

BRASSEUL Y.A. Introduction à l’économie du développement, Paris, Armand Colin, 1993.

CHAMBERS R. Développement rural : la pauvreté cachée, Ed .Paris Karthala, 1990.

FONDS MONETAIRE INTERNATIONAL : Quelques bulletins d’information de cette


Institution.

GENEREUX J. : Les politiques économiques, ED. Seuil, 1996.

GRELLET G. Structures et Stratégies du développement, PUF, 1986

AGIR : REVUE GENERALE DE STRATEGIE

52

Vous aimerez peut-être aussi