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Élevage traditionnel de pintades au Burkina

L'étude de l'élevage traditionnel de la pintade locale dans deux villages du Burkina révèle des pratiques peu hygiéniques et une mortalité élevée, atteignant jusqu'à 72% durant la saison humide. Malgré une forte demande sur le marché, l'offre est limitée en raison de la mortalité des pintades et de l'absence de mesures d'hygiène. Les résultats soulignent la nécessité d'améliorer les conditions d'élevage pour répondre aux besoins croissants des consommateurs.

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Élevage traditionnel de pintades au Burkina

L'étude de l'élevage traditionnel de la pintade locale dans deux villages du Burkina révèle des pratiques peu hygiéniques et une mortalité élevée, atteignant jusqu'à 72% durant la saison humide. Malgré une forte demande sur le marché, l'offre est limitée en raison de la mortalité des pintades et de l'absence de mesures d'hygiène. Les résultats soulignent la nécessité d'améliorer les conditions d'élevage pour répondre aux besoins croissants des consommateurs.

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L’élevage traditionnel de la pintade locale

dans la zone centre-ouest du Burkina

0110 Chérubin Hien’, Aimé Joseph Nianogo2, Laya Sawadogo3

Résumé
L’élevage de la pintade locale (Numida meleagris) a été étudié dans deux villages de la zone centre-ouest
du Burkina en vue de dégager les forces et les faiblesses de l’activité. Les pratiques d’élevage et les
contraintes de production ont été précisées au moyen d’enquêtes réalisées en 1998 auprès de cent vingt
producteurs de pintades. Vingt commerçants de volailles et d’oeufs ont été également rencontrés dans les
marchés locaux afin d’évaluer l’importance des ventes saisonnières. Les résultats obtenus montrent que
l’habitat est sommaire ou inexistant ; aucune-mesure d’hygiène n’est respectée ; les pintades de tous âges
sont en liberté totale autour des concessions. En conséquence, la mortalité est très élevée, avec un taux de
5 1,09 2 15 % à Villy-Moukouan et de 7 1,8 1 2 21 % à Namanéguéma. La demande dépasse l’offre sur le
marché. Le mode de production est de type traditionnel, intégré aux systèmes agropastoraux. En raison des
fortes mortalités, une importante production d’oeufs est commercialisée, alors que la production de pinta-
deaux permettrait de répondre à la forte demande de volailles sur pieds des pays côtiers voisins.

Mots-clés : pintade, élevage traditionnel, mortalité, vente, œufs, Burkina.

Guinea fowl breeding characterisation in the centre-west zone of


Burkina

Abstract
The objective of the study was to report Guinea fowl (Numida nzeleagris) breeding system practicized by
local breeders in two villages of the centre-west of Burkina in order to underline the forces and the weak-
nesses of the activity. TO
. achieve this objective, a monitoring of 120 breeders was conducted in 1998 to
understand the logic of the pratices in force. Twenty retailers were also surveyed in local markets in order
to appreciate the importance of seasonnal sales. Results of the study showed that the henhouse is tiny or
non-existent and no sanitation is applied. The Guinea fowls are in freedom around the houses. As a conse-
quence, the rates of mortality are respectivily 5 1,09 rt 15% in Villy-Moukouan 7 1,8 1 2 21% in
Namanéguéma, the two villages surveyed. In the market, the demand exceeds the supply. We deducted
that the breeding is traditional and integrated to the farming system. Because of the high mortality rates,
most eggs are sold to the detriment of meat production.

Keywords: guinea fowl, traditional rearing, mortality, sale, eggs, Burkina.

’ Institut de l’environnement et de recherches agricoles, station de Farako-Bâ ,01 BP 910, Bobo Dioulasso 01, Burkina Faso,
hienollo@[Link] (auteur pour la correspondance).
* Union [Link] pour la nature, 01 B.P. 3 154, Ouagadougou 01, Burkina Faso.
3 Laboratoire de physiologie animale, UFR-SVT, universite de Ouagadougou, 03 B.P. 702 1, Ouagadougou 03, Burkina Faso.

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Vol. 25,. no 2 - Juillet-décembre 2001, Science et technique, Sciences naturelles et agronomie i‘:.,...
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Introduction
L’économie du Burkina, à dominante rurale, est caractérisée par une agriculture à faible rende-
ment et un élevage demeuré au stade de la cueillette. En effet, plus de 80 % de la population pra-
tiquent des activités agropastorales parmi lesquelles l’aviculture occupe une place de choix en
raison du peu de capitaux qu’elle exige au départ, de son cycle qui est court et de la possibilité
qu’elle peut offrir de couvrir certains petits besoins monétaires immédiats.
La pintade représenterait 16,2 % des 22,4 millions de volailles que compte le pays (ANONYME,
2001), évaluation faite sur la base de l’enquête nationale sur l’effectif du cheptel (ANONYME,
1989). Mais, en réalité, les effectifs des volailles fluctuent significativement d’une saison à
l’autre. Chez les poules, la maladie de Newcastle entraîne de fortes mortalités durant le temps de
l’harmattan qui s’étale de décembre à avril. Pendant l’hivernage, l’accalmie observée favorise de
nouvelles éclosions qui augmentent considérablement les effectifs. Dans l’intervalle, un
ensemble de causes multifactorielles entraîne une mortalité importante des pintadeaux (ANO-
NYME, 1992 ; BESSIN et al., 1998), ce qui représente environ 70 % du potentiel annuel des pin-
tadeaux éclos (SAUNDERS, 1984). Cette mortalité s’accentue durant la saison humide, de juin
à septembre. Ce travail vise à mieux connaître cet élevage dans la zone d’étude, d’une part, en
déterminant l’importance de l’activité, l’intérêt que les populations y accordent, le degré d’équi-
pement et de technicité des producteurs et, d’autre part, en dégageant les insuffisances et en met-
tant en exergue le travail qui reste à faire pour développer cette activité.

Matériel et méthodes
- L’étude a été réalisée dans deux villages, Villy-Moukouan, village 1 ou VI, dans la province du
Sanguié, département de Pouni, Namanéguéma, village 2 ou V2, dans la province du Bulkiemdé,
département de Sabou. Ces deux villages ont été choisis par le projet Optimisation de l’élevage
au Burkina (POE) pour y conduire des activités de recherche-développement parce qu’ils sont
représentatifs
A du plateau central. Ils se caractérisent par une dégradation du milieu, une forte den-
site de population humaine et une forte occupation agricole des terres, avec absence de jachère.
Le climat est de type nord-soudanien, avec une saison des pluies de juin à octobre et une plu-
viosité annuelle comprise entre 800 et 1 000 mm. Le village de Villy-Moukouan a une popula-
tion de 816 habitants résidants, dont 424 femmes (52 %) et 392 hommes (ANONYME, 1997a).
Les principaux groupes sociaux rencontrés sont les Gourounsis, autochtones et détenteurs des ’
coutumes, les Mossis et les Peuls. Le village de Namanéguema, quant à lui, compte une popula-
tion de 1 277 habitants, dont 775 femmes (61 %) et 502 hommes (ANONYME, 1997b). La
population connaît une forte croissance. Elle était estimée à 1 500 habitants en 1999. L’enquête
a été réalisée de juin à septembre 1998 auprès de trois groupes par village, chacun étant compo-
sé de 20 hommes, chefs de concession, 20 femmes âgées d’au moins 40 ans, 20 jeunes âgés d’au
moins 15 ans (garçons et filles). D’autre part, .dans chaque village, 10 commerçants de volailles
des marchés locaux ont été interrogés. Le questionnaire utilisé était de type semi-ouvert. Les
thèmes d’investigation étaient : l’effectif et la structure du cheptel, les conduites d’élevage, la
reproduction, l’exploitation des effectifs et les mortalités. Les enquêteurs étaient des techniciens
du projet Optimisation qui interviennent régulièrement auprès des agroeleveurs des deux
villages. Le projet Optimisation est un programme de recherche-développement sur l’élevage

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financé par les Pays-Bas au profit de l’Institut de l’environnement et de recherches agricoles
(INERA) du Burkina.
Les données recueillies ont été soumises à une analyse de variante selon la procédure ANOVA
du logiciel SAS. La comparaison des moyennes a été faite selon le test de DUNCAN, au seuil
de5 %.

Résultats
L’élevage de pintades n’est pratiqué que traditionnellement et reste toujours intégré aux systèmes
agropastoraux. Il s’agit d’un véritable élevage de cueillette pratiqué en liberté totale autour des
concessions. Le mélange des espèces et des âges est de règle partout. Aucune tentative de spé-
cialisation n’est à l’ordre du jour.

Effectifs et structure
Au mois de juin, les effectifs moyens de pintades par concession (tableau 1) ont été de 548 t 13
en Vl et 152,2 t 21 en V2. Ces effectifs sont essentiellement constitués de reproducteurs et de
pintadeaux dont les premières éclosions ont eu lieu depuis le mois de février. Les deux tiers des
effectifs sont constitués de pintadeaux d’environ 4’mois à 1 jour d’âge. Au mois de septembre,
les effectifs moyens par concession ont été de 268 t 11 têtes en Vl et de 42,7 t 13 en V2. Ces
effectifs sont composés de reproducteurs et de jeunes pintades de 2 à 6 mois d’âge.

Habitat et matériel d’élevage


Tous les producteurs disposent d’un poulailler de type traditionnel, dont 80 % sont des cases
rondes au toit en chaume et 20 % des constructions de forme cylindrique ou cubique au toit en
terrasse. Les ouvertures sont petites, les sols et les murs ne sont ni damés, ni crépis et présentent
des fentes qui sont des repères des argas et autres ectoparasites. Les cages mobiles et les paniers
tressés avec les tiges de Combretum micranthum servent de « poussinière » où la poule meneu-
se et ses petits de moins 1 mois sont isolés la nuit venue. Aussi bien à Villy-Moukouan qu’à
Namanéguéma, l’utilisation de mangeoires n’a pas été signalée. Aucun dispositif de chauffage
artificiel pour les pintadeaux n’est rencontré. Les pintadeaux sont donc chauffés uniquement par
leur meneuse, poule ou dinde.

Alimentation
Dans tous les cas, l’aliment est distribué à la volée à même le sol. La base de distribution de l’ali-
mentation varie en fonction de l’âge. Au cours des deux ou trois premiers jours de leur sortie, les
pintadeaux reçoivent de la brisure de sorgho ou de maïs mélangée à de la potasse qui, semble-
t-il, a des vertus antiseptiques et laxatives. Durant tout le premier mois qui suit, il leur est distri-
bué des termites complétées avec un peu de céréales concassées. Ensuite, les céréales (maïs,
sorgho, mil) constituent un fort apport glucidique et sont distribuées à la volée une fois par jour,,
en général le matin. Les besoins en protéines animales et vitamines sont en partie satisfaits par
les oiseaux eux-mêmes en prospectant dans les concessions. On rencontre un abreuvoir par
concession, constitué le plus souvent de morceaux de canari et, plus rarement, de tronc d’arbre
taillé ; dans tous les cas, l’hygiène n’existe pas dans ces élevages.

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Reproduction
La couvaison des oeufs de pintade est faite par la poule ou la dinde, très rarement par la pintade.
Les raisons avancées sont, entre autres : (1) éviter l’arrêt de la ponte chez la pintade avant la fin
de la saison de ponte ; (2) la pintade est mauvaise meneuse et les pintadeaux éclos sous sa cou-
vaison sont très craintifs et ont l’instinct sauvage ; (3) la pintade couveuse est belliqueuse et par-
ticulièrement agressive. Une poule peut couver de 25 à 30 oeufs de pintade selon sa taille, tandis
que la dinde peut en couver 50. Le taux d’éclosion varie de 60 à 90 %. Si la couveuse meurt avant
l’éclosion des oeufs, ceux-ci sont placés dans du son de mil ou dans des graines de coton. A
l’éclosion, les pintadeaux sont enfermés dans un panier en compagnie d’une poule ou d’un coq
préalablement plongé dans de l’eau. Une fois sec, l’oiseau les adopte et devient leur meneur. A
l’approche de sa période de ponte, à environ 2 à 2,5 mois d’âge des petits, la meneuse se sépare
de ses protégés. La couvaison des oeufs se fait essentiellement durant les mois de février à mai
et d’octobre, périodes propices à l’élevage des pintadeaux éclos (temps sec, faibles variations
journalières des températures).
Exploitation
Du point de vue de l’exploitation des effectifs, la vente représente de nos jours la forme la plus
importante ; les autres formes d’exploitation surviennent lors des cérémonies rituelles (sacrifices,
funérailles, naissances, mariages, accueil de la belle-mère) et des dons. L’exploitation touche sur-
tout les mâles âgés de 6 à 8 mois avec un poids variant de 0,7 à 1 kg et un prix de vente variant
de 800 à 1000 FC FA. Les femelles sont réformées après deux saisons de ponte, à un poids d’en-
viron 1,5 kg et au coût de 1 250 F CFA en moyenne. L’exploitation est importante durant les
périodes des fêtes chrétiennes (Noël et Pâques), musulmanes (Ramadan et Tabaski) et le I”’ jan-
vier. Le ratio mâle/femelle est de 1/2. La ponte par pintade et par an varie entre 50 et 60 oeufs.
Environ 85 % des oeufs sont destinés à la vente et le reste à la couvaison. Les oeufs collectés de
juin à septembre sont presqu’en totalité vendus au prix de 100 F CFA/3 oeufs.
Pathologies, mortalité et pharmacopée traditionnelle
Le taux de mortalité, tous âges confondus, est très élevé en saison humide (période de juin à
septembre) ; il est de 51 t 17 % à Villy-Moukouan et de 72 & 21 % à Namanéguéma (tableau 1).
Ce sont surtout les nouvelles éclosions qui sont sujettes à une forte mortalité. Les symptômes
décrits sont les suivants : diarrhée, bâillements répétés, somnolence, abattement, grelottement.
Chez les .adultes, on signale une forte prévalence d’helminthes dans leurs fèces et une importan-
te présence de parasites externes (dermanisses, poux) sur leur corps. Environ 5 à 10 % des mor-
talités sont dues aux prédateurs (éperviers, serpents, chats sauvages, varans). Aucune thérapie
moderne n’est employée pour soigner les pintades. Les moyens de lutte contre les diverses patho-
logies sont essentiellement traditionnels (tableau II).
Tableau 1. Effectifs moyens et mortalité des pintades à Villy-Moukouan et Namanéguéma en 1998.
Village Nombre Effectif moyen de pintades* Taux de
de concessions mortalité (%)
au OU06198 au 30/09/98 mortes
Villy-Moukouan 20 54 If: 13a 26,8 t 1 la 28 t 15a 51,09 & 15a
Namanéguéma 20 152,2 t 21b 42,7 k 13a 109,5 ,t 12b 71,81 + 21a
* Reproducteurs + pintadeaux.
Les valeurs suivies d’une même lettre dans la même colonne ne sont pas significativement différentes au seuil de 5 96, d’après le test de
DUNCAN.

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Tableau II. Moyens traditionnels utilisés dans la lutte contre les maladies aviaires.
Plantes et autres produits Indication Mode d’administration
Nom scientifique Nom usuel
Khaya senegalensis Caïlcédrat Anti-diarrhéique - Décoction ou macération de
Mooré : Kouka l’écorce dans l’eau de boisson
- Fruit macéré dans l’eau de boisson
Euphorbia hirta Moore : Wal-bisoum Anti-diarrhéique Décoction de la plante dans l’eau
Acacia nilotica Mooré : Zaanga Anti-diarrhéique Fruit macéré dans l’eau
Peu1 : Gaddé
Adansonia digitata Baobab Anti-diarrhéique Pulpe de fmit sec dans l’eau
Mooré : Touéea
Mang$era indica Manguier Anti-diarrhéique Décoction ou macération d’écorce
ou de feuille dans l’eau
Capsicum frutescens Petit piment Contre la peste aviaire Faire ingurgiter le piment
Mooré : Kiparé entier à l’oiseau
Cucurbita pepo et Courge Vermifuge Fruit macéré dans l’eau de boisson
C. maxima Mooré : Yogoré
Carica papaya Papayer Vermifuge Fruit macéré dans l’eau de boisson
Calotropis procera Mooré : Poutrimouka Contre les ectoparasites Les feuilles exerçant une
(poux, qw) forte attraction sur les ectoparasites
sont éparpillées sur le sol du
poulailler après un nettoyage
et sont retirées tôt le matin et brûlées
Drêche de Sorghum Mooré : Kaziienga Contre les ectoparasites Idem avec les feuilles de
vulgare Calotropis procera
Tourteau de Vitellaria Tourteau de karité Contre les ectoparasites Idem avec les feuilles
paradoxa Mooré : Zouna de Calotropis procera
Celtis integrifolia Peu1 : Nganki Contre les argas Les feuilles macérées et éparpillées
dans le poulailler éloignent les arrras
Oxytenanthera Bambou sauvage Contre les ectoparasites Les feuilles éparpillées dans un poulailler
abyssinica Mooré : Tanwinga propre éloignent les parasites externes
Nicotiana tabacum Tabac Contre les ectoparasites Idem avec les feuilles de bambou
et N. rustica sauvage
Cassia occidentalis Quinqueliba Contre les argas Le quinqueliba planté autour du
Mooré : Kombrisaka poulailler empêche la prolifération
des argas par l’odeur
Cendre ou terre ou Contre les poux Mouiller et badigeonner le corps
potasse + beurre de karité de l’oiseau

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Discussion
Cette enquête sur l’élevage de la pintade révèle qu’il s’agit d’un élevage de type traditionnel inté-
gré aux systèmes agropastoraux. C’est, par ailleurs, un élevage extensif, dans la mesure où l’ali-
mentation n’est gérée que partiellement et/où les habitats sont sommaires ou inexistants. Les pin-
tades adultes fréquentent rarement les poulaillers et préfèrent, la nuit venue, se percher sur les
toits des cases, les murs des concessions ou sur les arbres. Ce mode d’élevage présente l’avan-
tage de favoriser les dépôts des excréments dans les champs de case, mais son inconvénient
majeur est d’exposer les animaux à diverses pathologies.
L’enquête a révélé que les fortes mortalités couvrent la période de juin à fin août, période de forte
pluviométrie et de nombreuses intempéries. En effet, dans les effectifs de fin septembre, il n’y
avait pas de pintadeaux de moins de deux mois d’âge. Les taux de mortalité observés, dus prin-
cipalement aux nouvelles éclosions, sont différents de ceux rapportés par SAWADOGO (1995)
qui indique un taux de 90 % de mortalité de juin à septembre à Sabou, localité située entre les
deux villages. Les plus faibles taux de mortalité (tableau 1) que nous avons relevés lors des
enquêtes s’expliqueraient par une mortalité relativement faible des pintades adultes. Pour éviter
cette forte mortalité à l’éclosion pendant la saison humide, les éleveurs essaient de concentrer les
éclosions de février à mai ou en octobre. Cette stratégie est alors rendue difficile par de nouvelles
contraintes : l’alimentation est moins riche et peu diversifiée et le taux d’éclosion est plus faible
à cause d’une température et d’une hygrométrie défavorables. La forte mortalité des pintadeaux
élevés traditionnellement en saison humide peut avoir pour causes : un habitat insalubre et non
étanche, des eaux de boisson polluées (flaques d’eau dues aux averses), l’indisponibilité des pay-
sans pour la production des termites et le suivi des animaux.
Toutefois, l’on constate que les paysans proposent de nombreuses thérapies face aux pathologies
d’origine microbienne et parasitaire. La pharmacopée traditionnelle présente des inconvénients
qui sont bien connus : le diagnostic est souvent imprécis ainsi que la posologie des médicaments.
Mais les plantes utilisées sont dignes d’intérêt et les pharmacologues pourraient aider à en faire
un meilleur usage, en améliorant notamment le mode d’administration. Certains travaux de
recherche sur ces plantes nous apportent plus de précision sur leurs caractéristiques et leur utili-
sation. POUSSET (1989) précise qu’une décoction de l’écorce de Khaya senegalensis peut être
utilisée comme fébrifuge chez les humains. Il confirme les vertus antidiarrhéiques de la pulpe de
fruit séché d’Adansonia digitata, des fruits d’Acacia nilotica, de la plante d’Euphorbia hirta et
de l’écorce ou feuille de Mnngifkra indica. Il confirme également les propriétés vermifuges des
graines de Caricapapaya et précise que les graines de Cucurbitapepo et Cucurbita maxima sont
ténifuges. MAYDELL (1983) attribue également à la pulpe de fruit sec d’Adansonia digitata et
à l’écorce ou feuille de Mnngifera indica une vertu antidiarrhéique et antidysentérique.
Contrairement à la poule qui continue à être”fortement exploitée lors des sacrifices rituels, l’éle-
vage de la pintade apparaît comme une activité très commerciale à travers sa chair et ses oeufs et
la demande dépasse toujours l’offre. C’est là que l’appellation « or gris » du Burkina, réservée à
la pintade, trouve toute sa signification. Aussi, un programme de recherches sur l’élevage
villageois de pintades débouchant sur la mise au point d’un itinéraire technique qui intègre
les savoirs et savoir faire paysans pour la conduite de cet élevage en période pluvieuse pourrait
révolutionner cette activité et offrir des perspectives financières au monde paysan.

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Conclusion
Pour faire face à la forte mortalité des jeunes pintadeaux en saison humide, les éleveurs de
pintades doivent améliorer l’habitat, la santé et l’alimentation de leur élevage ; faute de quoi,
ils continueront de privilégier la vente des œufs aux dépens de la production de pintadeaux.
En effet, la vente de ces œufs de pintades entre fortement en concurrence avec celle des oeufs de
poules des aviculteurs urbains et périurbains des grandes agglomérations du pays, alors que le
Burkina, en augmentant la production de pintadeaux, pourrait répondre à la forte demande en
volailles sur pieds des pays côtiers voisins (Côte d’ivoire, Ghana, Bénin, Togo) ; ce qui renforce-
rait la position de la pintade comme source importante de devises.

Remerciements
Cette étude a été financée par le projet Optimisation de l’élevage au Burkina (POE). Les auteurs
tiennent à exprimer leur gratitude au bailleur de fonds, aux Pays-Bas et à la Direction de l’Institut
de l’environnement et de recherches agricoles (INERA) sous l’égide de laquelle est placé le
POE. Cl

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