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Conflit familial et quête d'approbation

Le chapitre décrit la vie d'Amber, une jeune fille en conflit avec sa mère, qui préfère son frère jumeau, Bradley. Amber souhaite aller à la fête de son frère Rayan, mais se heurte au refus de sa mère, ce qui la pousse à envisager de s'enfuir pour vivre une aventure nocturne. Elle se retrouve alors témoin d'une conversation inquiétante entre des hommes mystérieux, évoquant une menace pour l'humanité.

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Conflit familial et quête d'approbation

Le chapitre décrit la vie d'Amber, une jeune fille en conflit avec sa mère, qui préfère son frère jumeau, Bradley. Amber souhaite aller à la fête de son frère Rayan, mais se heurte au refus de sa mère, ce qui la pousse à envisager de s'enfuir pour vivre une aventure nocturne. Elle se retrouve alors témoin d'une conversation inquiétante entre des hommes mystérieux, évoquant une menace pour l'humanité.

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Chapitre 1 : Un accident
J’étais allongée sur mon lit, tel un marin perdu dans un océan d’écrans lumineux,
les vagues infinies d’Internet me submergeant de leur tumulte hypnotique. À travers
la maison, les effluves envoûtants de la cuisine de maman s’infiltraient, comme des
sortilèges invisibles.
Elle s’affairait à préparer un tiramisu, une œuvre d’art sucrée que papa
affectionnait plus que tout. L’odeur du café et du mascarpone se mêlait à celles
des légumes qui crépitaient dans une poêle, des viandes rôties, et des pommes de
terre sautées qui semblaient presque chanter leur délice.
Chaque arôme semblait raconter une histoire ancienne, un souvenir enfoui,
m’enveloppant comme un chaud manteau ensorcelé. Mais même cette douce magie
n’effaçait pas l’écho des rires éclatants de Rayan, mon frère, quelque part dans la
maison. Lui, l’infatigable tourbillon, planifiait une fête d’arrosage – une de ces
idées folles où éclats de rire et geysers d’eau
s’entremêlaient en un joyeux chaos.
Pourtant, il y avait un problème, et un de taille : obtenir la permission de maman.
Pour Rayan, c’était un défi qu’il abordait avec toute la fougue d’un Gryffondor,
sûr de sa victoire. Mais pour moi… c’était une toute autre histoire.
Bradley, mon frère jumeau, n’avait jamais ce genre de souci. Lui, fort de ses
succès scolaires et de son sourire charmant, naviguait dans l’affection de maman
comme un poisson dans
l’eau. Il n’avait même pas besoin de demander ; tout semblait lui être offert sur
un plateau d’argent. Et moi, dans tout ça ? Une étoile vacillante dans l’ombre d’un
soleil éclatant.
Mon téléphone vibra soudain, brisant le silence comme un cognard déchaîné. Mon cœur
fit un bond, pris entre l’excitation et une pointe d’appréhension. Quand je
décrochai, la voix
familière de Rayan, vibrante d’énergie, explosa dans mon oreille :
— Aloo ! Tu es ma dernière chance ! Si tu ne viens pas, c’est comme si le
soleil disparaissait du ciel. Tout le monde sera là, sauf toi, et cette fois, c’est
gigantesque !
Son enthousiasme était contagieux, un feu d’artifice éclatant de promesses.
— T’inquiète pas, je viendrai, répondis-je avec un sourire dans la voix, bien
que mon estomac se nouât déjà d’appréhension.
Mais il y avait un hic. Pour que je puisse rejoindre cette fête, il fallait
affronter maman. Et maman… ce jour-là, elle n’était pas d’humeur à céder quoi que
ce soit.
Je me levai, enfilai mon T-shirt comme un chevalier revêt son armure, et descendis
les
escaliers qui me paraissaient aussi interminables qu’une tour d’Hogwarts. La
cuisine était baignée de lumière dorée, et là, au milieu de ce royaume culinaire,
se tenait maman,
découpant des légumes d’un geste si vif qu’on aurait pu croire qu’elle se battait
contre eux. Quand elle leva les yeux vers moi, ses prunelles perçantes me
transpercèrent comme si elle lisait directement dans mes pensées.
— Qu’est-ce que tu veux ? demanda-t-elle d’un ton qui n’avait rien de
rassurant.
Ma gorge se serra. Pendant un instant, je regrettai presque d’être descendue. Mais
il n’était plus question de reculer.
— Je… euh… je voulais vous demander si je pouvais aller à la fête de Rayan ce
soir, balbutiai-je.
Elle s’arrêta net, posa son couteau, et me regarda comme si j’avais demandé la
permission de rejoindre Voldemort.
— Non, répondit-elle d’un ton tranchant.
À ce moment précis, la porte s’ouvrit à la volée, et Bradley entra, rayonnant comme
un héros victorieux.
— Bonjour, maman ! lança-t-il joyeusement, avant de la prendre dans ses bras.
Maman s’adoucit instantanément, son visage se transformant sous l’effet de l’amour
maternel.
— Je voulais te demander si je pouvais aller à la fête de Rayan, dit-il, sûr de
lui.
— Bien sûr, mon chéri. Tu sais que tu peux faire ce que tu veux, répondit-elle
avec un sourire qui me sembla cruel.
Je restai figée, incrédule.
— Mais maman ! protestai-je.
Elle leva une main pour m’interrompre.
— Il n’y a pas de mais. Ton frère a obtenu d’excellentes notes cette année.
Toi, tu devrais suivre son exemple au lieu de perdre ton temps à vouloir sortir.
Bradley, un sourire éclatant aux lèvres, s’éloigna en lançant un joyeux :
— Merci, maman !
Je bouillonnais de colère, chaque fibre de mon être protestant contre cette
injustice flagrante.
— Ce n’est pas juste, murmurai-je, mes poings serrés.
Mais maman, déjà absorbée par ses légumes, ne semblait pas m’entendre.
Une colère brûlante monta en moi, aussi vive qu’un feu mal contenu. Je fus envahie
par un sentiment de trahison, une sensation d’étouffement.

— C’est donc ça ? dis-je, la voix tremblante. C’est toujours à cause de ça,


n’est-ce pas ? Maman leva enfin les yeux vers moi, et son regard glacial me frappa
comme une bourrasque d’hiver.
— Oui, c’est l’une des raisons, répondit-elle d’un ton sec. Je t’ai laissé
beaucoup de liberté, cédé à tous tes caprices. C’est pour ça que tu es devenue
aussi entêtée. Sinon, tu ne discuterais pas mes ordres.
Ses mots étaient tranchants comme des lames. Ils s’enfonçaient profondément en moi,
laissant des blessures invisibles. Je serrai mes poings, tentant de contenir les
larmes qui menaçaient de jaillir.
— Pourquoi est-ce toujours différent avec lui ? murmurai-je, ma voix brisée par
l’amertume. D’un geste ferme, elle désigna la porte de la cuisine.
— Sors, dit-elle, sa voix empreinte d’une autorité indiscutable.
Puis, telle une reine dans son royaume, elle se détourna pour remuer sa sauce,
reprenant sa place devant la cuisinière. La vapeur dansante enveloppait la pièce
comme un voile mystérieux. Un torchon glissa de ses mains et tomba au sol, comme si
la fatigue elle-même l’avait terrassé. Sa main, jusque-là posée sur la marmite, se
retira lentement.
— Qu’est-ce que tu attends ? lança-t-elle sans se retourner.
Je continuai à l’observer, mon regard chargé d’un reproche silencieux. Puis,
vaincue, je quittai la cuisine. Mais ses mots résonnaient encore dans mon esprit,
lourds et tranchants, comme des pierres jetées dans un puits sans fond.
Je remontai dans ma chambre, l’amertume nouée dans ma gorge. Assise sur mon lit,
les yeux fixés au plafond, je laissai mon esprit s’égarer. Je cherchais une
solution, une idée pour échapper à cette prison invisible. Mais rien ne venait.
— Rayan, murmurai-je, consciente qu’il me reprocherait de ne pas venir à sa
fête. Les heures passèrent, lentes et pesantes, jusqu’à ce que le sommeil
m’emporte.

Une odeur sucrée me réveilla doucement. Une fragrance familière, enveloppante,


caressa mes narines : le tiramisu de maman. Mes lèvres s’étirèrent en un sourire
malgré moi. La mélodie discrète du cliquetis des assiettes et des couverts me
parvint depuis la salle à manger, une symphonie réconfortante.
— Amber !
Sa voix, forte et autoritaire, brisa l’harmonie. Elle résonna comme un coup de
tonnerre, me ramenant brutalement à la réalité.
— Amber, descends, le dîner est servi !
Un frisson me traversa. Descendre signifiait affronter son regard et ses reproches,
un torrent de mots qui s’abattait toujours sur moi.
— Amber ! cria-t-elle à nouveau.
Finalement, je me levai et me dirigeai vers la salle à manger, mes pas lourds
d’hésitation. Maman s’agitait autour de la table, arrangeant les assiettes d’un
geste nerveux.
— Va chercher le sel sur le buffet, dit-elle sans même lever les yeux.
Je m’exécutai, le cœur lourd, avant de m’asseoir à ma place. Son regard pesant
s’abattit sur moi, plein de déception. Je baissai les yeux, incapable de soutenir
le poids de son jugement.
— Tu as vu la catastrophe que tu as faite à l’examen ? lança-t-elle, la voix
froide et dure. Tu n’as même pas honte de manger.
Ses mots, aussi tranchants que du verre brisé, s’enfonçaient dans mon cœur.
— Maman, je… je vais essayer de faire mieux, répondis-je faiblement.
— Ce n’est pas suffisant, Amber, coupa-t-elle. Tout ce que je veux, c’est que
tu te ressaisisses avant qu’il ne soit trop tard.
Sa voix vacilla.
— Depuis la mort de ton père, j’ai tout fait pour vous… tout…

Elle s’arrêta, le souffle court, les larmes menaçant de couler.


— Maman…
— Tu ne comprends pas ma souffrance, reprit-elle, sa voix brisée par l’émotion.
Ton frère, lui, l’a compris. Mais toi… tu ne fais que me repousser.
Je baissai la tête, incapable de répondre.
— Ces amis que tu fréquentes… ils t’ont changée, Amber. Je ne veux plus que tu
les voies.
— Mais maman, ce n’est qu’une fête ! Je vais pas…
— Je ne veux pas que tu reviennes avec une grossesse ! Ses mots me frappèrent
comme une gifle.
— Quoi ? dis-je, abasourdie. Tu n’es pas sérieuse !
Je me levai, la colère bouillonnant en moi. Elle détourna les yeux, ses larmes
coulant librement.
— Débarrasse la table. Je vais me coucher, dit-elle finalement, la voix
éteinte. Elle quitta la pièce, me laissant seule avec mes pensées tumultueuses.

Assise devant la télévision, une idée germa dans mon esprit. Et si… je sortais sans
sa
permission ? Je savais que c’était risqué, mais je ne pouvais pas rester enfermée
ici une minute de plus.
Sans perdre de temps, j’attrapai mes sandales et sortis discrètement. Traversant la
maison sur la pointe des pieds, je me faufilai jusqu’au mur du jardin. Ce mur,
témoin silencieux de mon enfance, allait à nouveau devenir mon allié.
En grimpant, je sentis l’adrénaline monter. De l’autre côté, la ville s’étendait,
lumineuse et vibrante, pleine de promesses. Un nouveau monde m’attendait.
n vu d aussi beau
Je me retournai et vis un employe .Ce que je redoutais le plus .Je descendis vite
du mur et courus le plus vite possible .Cette sensation que je ressentais était ce
sentiment de conquete de danger , j adorais le danger
Chapitre
La ville n avait jamais été aussi animee .Les lumieres des grands immeubles ,que ma
mere m avait interdites de contempler ,brillaient intensement a travers le climat
lugubre de la nuit .J avais cesse de courir ,me contentant de m eloigner un peu
plus de la maison .Je m accroupis un instant pour soulager mes jambes endolories .J
avais l habitude de m evader a cette heure tardive ,mais ce soir la le sentiment d
aventure m envahit differemment .
Je marchai en sautillant ,balancant mes mains dans l air frais de la nuit .Des
groupes de personnes se regroupaient chantaient en formant des blocs imposants dans
les [Link] peur s intensifiaient a chaque croisement :ces gens allaient ils m
agresser ?m ignorer .Je n osais pas les regarder trop longtemps ,de peur de
provoquer une quelconque hostilite
Je bifurquai dans une ruelle sombre ou une fumee acre flottait lourdement dans l
air .Je toussai essayant de me faire discret ..Des silhouhettes apparaissent dans l
obscurite :des hommes vetus de noir ,leurs mouvements calcules et silencieux .L un
deux grand et imposant faisait balancer une longue robe sombre au rythme de ses
[Link] ruelle se presentait a ma droite :je m y glissai sans un bruit ,esperant
echapper aux regards .Ces individus degageaient une etrangete inquietante .Leurs
yeux rouges etincelaient faiblement dans l ombre ,comme des
braises presque eteintes .Le cœur battant ,je me cachai dans un
renforcement ,observant a distance leurs echanges .
.Des nouvelles ?Demanda l homme a gauche ,le ton aussi glacial qu une nuit polaire
.Oui,pas bonnes .Repondit l autre avec un soupîr lourd comme un elephant .Les
humains sont en train de prendre l avance sur nous .L extermination de cette race
doit etre effective .
J ai failli crier en entendant ces mots mais mon cerveau s est arrete net ,comme un
ordinateur en panne .J etais dans une ruelle sombre ,aussi discret qu un chat
espion dans un fil d espionnage bas de gamme .Cette phrase ,je ne savais pas si je
devais en rire ou en

[Link] ,qui dit ca dans la vraie vie ? J avais l impression d etre


coince dans un mauvais episode de star wars avec un soupcon de harry potter pour le
cote dramatique .
L homme discret hocha la tete avec un serieux d ambassadeur en pleine negociation
de paix intergalactique .Puis l autre se mit a reflechir ,son regard perdu dans le
vide ,comme s il cherchait une reponse dans le manuel de la vie.
.Tu as mis la main sur la chose ?Lanca t il enfin d un ton qui aurait pu faire
fremir une pierre
L homme discret posa une main sur sa hanche ,l autre sur l epaule de son
compagnon ,comme s ils allaient entamer une danse rituelle .Moi , j etais la contre
le mur , retenant monsouffle comme un apneiste professionnel .Si je me faisais
reperer, c était fini .Mais franchement , la situation était tellement absurde que
je me demandais si je n allais pas eclater de rire et signer mon arret de mort.
L homme iscret posa une main sur sa hanche avec l elegance d un cow boy avant un
duel
,tandisque l autre se posa sur l epaule de son [Link] ma part , j essayais
de me faire toute petite , retenant mon souffle comme si ma vie en dependait .Mais
soyons honnetes .Entre battement frenetiques de mon cœur et mes poumons en
greve ,la discretion n était pas exactement mon point fort .Essoufflee ,mais animee
par une curiosite digne d un detective en quete de scoop du [Link] restais figee
.Apres tout,qui pourait detourner le regard en quete de scoop du siecle ,je restais
figee .Apres tout ,qui pourrait detourner le regard d une potentielle extermination
des humains ?
A ce stade ,j etais plus proche d un spectateur captif que d un heros interepide .
.Non je n ai pas pu .Dit l un des hommes avec un air faussement penaud ,avant d
ajouter d un ton rassurant
.Mais t inquietes pas,je m infiltrerais dans leurs affaires pour savoir .Et apres ?
Eh bien ,il faudra les detruire .
L autre homme dans un geste presque paternel effleura la joue de son compagnon ,
comme pour le consoler d une deception …ou d une mauvaise note dans un concours d
infiltration intergalactique .Moi ?Toujours collee a ma cachette ,je me demandais
si un jour je me reveillerais de ce cauchmare ou si j etais simplement devenue l
heroine involontaire d un mauvais film de science fiction.L autre homme planta un
regard glacial dans celui de son compagnon avant de lui adresser un coup sec au
ventre ,comme un acteur en repetition pour un drame shakespearien .Ce dernier se
plia en deux ,laissant echapper un gemissement proche d un soupir de desespoir .
.Ca va , mais comment veux tu que je te dise que je n ai pas pu ?Que dirais je tu
toi au seigneur ?
L homme redressa legerement la tete , un sourcil leve comme s il pesait le poids d
une montagne d excuses .
.Laisses tes excuses pour les anges .J ai fait de mon mieux , que veux tu que je
fasse de plus ? C est alors qu un troisieme homme fit son apparition dans la ruelle
,un type a l air normal,enfin si normal veut dire cheveux bruns , casquette vissee
a l envers et un regard fuyant qui scrutait les ombres comme un enfant cherchant un
monstre sous son lit .Rien ne semblait detonner jusqu a ce que ses pas le menent a
proximite de la scene
Pas de camaras cachee , pas de realisateur qui crie coupez .Non , c était bien reel
.Ces deux energumenes agissaient comme s ils sortaient tout droit d un episode de
twilight zone .Par moments ,ils disparaissaient pour reapparaitrz comme par magie ,
toujours un peu plus menacant .A ma grande surprise , leur ballet chaotique finit
par faire tomber le pauvre quidam a la casquette .Ce dernier , meduse ne comprenait
rien , tout comme moi.
.Bon sang , ils allaient le finir ou quoi ?Pensai je serrant les dents pour ne pas
crier.
C est dans cette ruelle sombre ,theatre d une absurdite tragi comique que je
realisais que certaines choses sont bien au dela de toute logique humaine
.Ne fais pas ca le seigneur n appreciera pas .Dit il d un ton solennel,comme s il
agissait de l ultime conseil divin.
.J ai faim .Tonna une voix rauque , brisant l atmosphere dramatique comme un
marteau sur du verre
Je restai figee .Faim ? Serieusement ? Ce n était pas une scene de theatre une
parodie de la realite
Jamais entendu une phrase aussi absurde en plein moment critique.

La c est bon , on sait que vous tournez un film , mais la , ca depasse un peu les
bornes de la innormalite .Pensais je ,mi credule , mi amusee
L homme au sol , visiblement inspire par un role qu il n avait jamais repete ,se
mit a crier
.Laissez moi au secours .
Son cri était si theatral que meme un acteur de serie B aurait applaudit
L autre homme dans une etrange transe s approchait lentement ,tel un predateur
savourant l instant et inspira profondement comme s il cherchait a capturer l
essence meme de sa victime . Je n arrivais pas a detourner le regard .Etait ce une
comedie ?Un cauchmare,Ou simplement Une journee ou la logique avait decide de
prendre des vacances ? L homme discret s accourpit lentement , son long costume
noir trainant sur le sol comme une ombre vivante/L homme qui aspirait le souffle se
releva ,titubant legerement ,comme s il emergeait d un reve troublant .Son regard
semblait chercher quelque chose ou peut etre fuir une verite qu il ne voulait pas
affronter
.L atmosphere était lourde comme si le silence lui-même retenait son
souffle ,suspendu a la scenequi se deroulait
.On n avait pas le choix .A t il crie .Il allait alerter tout le monde,ils allaient
voir qu on l attaquait Tout celan allait pas n arriver si tu n etais pas si
gourmand.
.Dis plutôt Dieu merci ,je vous ai sauves sinon en ce moment tu verrais toute une
armee d humains venir et ce serait bien pie ,car ils voudraient tous nous deux tuer
Je coomencais a ressentir une peur grandissantec.L homme a terre était mort .Je me
frottais les yeux pour m assurer que je ne revais pas .Et pourtant ,il avait les
yeux ouverts ,dilates ,et la bouche beante .Tous les signes d une personne ayant
rejoins l au dela etaient presents .Je continuais a croire que j etais encore
plonge dans un film,meme si au fond de moi , je savais que tout cela était bien
reel .
Je n arrivais plus a y croire .Si jamais quelqu un me voyait ils allaient surement
m oter la [Link] savais que je n aurai jamaqis du desobeir a [Link] simple
petite fugue et voila que je me retrouvais au cœur de ces embrouilles .Je pensais a
mes erreurs passees.
.Partons sinon quelqu un pourrait nous voir
Il prit la main de son ami ,puis courut a grande [Link] aurait dit une
eclaire , enfin in eclair un peu en surpoids parce qu il trebuchait tous les trois
metres.
Aussitôt,qu il courait ,je ne les vis plus dans les parages .Je n arrivais pas
toujours a croire ce que je l avais vu , ni a croire que j ai pu rester la tout ce
temps sans dire mon Dieu .J avais toujours en tete l idee d un film
catastrophe ,sauf que la ,le realisateur semblait manquer de budget.
J observai aux alentours pour voir s il y avait quelqu un .Je me precipitai sur l
homme a terre
,ayant peut etre cet espoir qu il était juste en train de faire une sieste
dramatique .Je le touchai
,inspectant son pouls .J avais vu dans les series que ca [Link]
non ,toujours rien
.Apparement ,la vie ne s ecrit pas comme dans les scenarios
Je realisais que cet homme était bel et bien mort .Mon cœur s emballa :moi temoin d
un meurtre et les coupables déjà loin .Je tentais tant bien que mal , de la
reanimer .Mais rien a faire .Il restait aussi inerte qu un dimanche apres midi
pluvieux.
Et la ,un scenario catastrophe s invita dans mon esprit :que se passerait il si
quelqu un debarquait a cet instant ?Evidennent on me designerait coupable .Apres
tout qui croirait a l histoire rocambolesque d un hommequi tente de souffler la vie
comme dans un mauvais film ?Meme moi ,j avais du mal a y croire
Au moment ou je decida de fuir comme si courir pouvait m innocenter .Mon regard fut
attire par un detail glacant :un pied .Pas le mien ,pas celui du mort …Un pied
inconnu ,immobile .Le genre de pied qui annonce que vos ennuis ne font que
recommencer .Alors la , c était sur :j etais fait comme un [Link] vus le meme homme
qui avait [Link] fit signe de main a spn compagnon
,immobile davant la ruelle .Sans attendre je pris un elan puissant et foncai droit
sur [Link] longs pieds s ecarterent pour barrer le passage ,son regard charge d un
defi qui me glaca un instant .Il fronca les sourcils ,determine a me stopper .Mais
j etais déjà lance .En arrivant ,pres de lui ,il s eclipsa probablement par peur
laissant l espace libre .
A cet instant precis , l elan que j avais pris rendait impossible toute tentative d
arret .J etais emporte par une force presque incontrolable .Je continuai a
courir ,mes pieds martelant le sol jusqu a debouler sur une route .Une voiture
surgit a une vitesse effrayante ,foncant droit sur moi comme un predateur sur sa
proie .

Mon esprit se figea .Plus rien ne repondait en moi ,si ce n est un sentiment
ecrasant de [Link] ne pouvais ni bouger ni crier .Le conducteur tout aussi
surpris ne parvint pas a freiner .Etait ce la fatalite ?Etait ce ainsi que tout
allait se terminer dans ces circonstances tragiques ?
Je fermai les yeux ,le souffle court , m attendant a l impact ,a ce qui serait mon
dernier moment
.Mais alors que j etais sur le point d accepter mon sort,une etrabge sensation
traversa mon [Link] je sentis une main forte me soutenir par la hanche,une
vague de soulagement traversa mon corps .Cette main me souleva avec aisance presque
irreelle ,comme si je n etais qu un enfant,puis je me retrouvai fermement pressee
contre un torse nu et [Link] voiture dans un crissement assourdissant , s
arreta a quelques centimetres de moi
Mon cœur battait a tout rompre .
Je relevai lentement la tete pour decouvrir celui qui m avait sauve .Face a moi se
tenait un jeune homme d une beaute etrange et surnaturelle .
Ses levres mates esquissaient un leger sourire mais c était son nez fin et delicat
ainsi que ses yeux vairons qui captivaient mon attention.L un semblait contenir les
profondeurs glacees de l ocean ,tandisque l autre brulait comme une flamme vive .Sa
peau ,pale et immaculee lui donnait l alure d un etre sorti d un conte .Un
vampire .Pensai je instinctinctivement.
Il me fixait intensement et pendant une minute ,peut etre moins ,le temps sembla se
figer autour de nous .Ce moment suspendu ,presque magique fut brise par la
realite :le danger n était pas completement ecarte .En une fraction de seconde ,il
se retourna et tel un eclair
,disparut ,emportant avec lui les mysteres qui l entouraient
.Accroches toi
Je sentis la pression de sa main, ferme et rassurante tandisque je peinais a
comprendre la situation.
.Qui es tu ?Demandai je la voix tremblante
Il me lanca un regard percant avant de repondre,le ton a la fois urgent et detache
.La n est pas la question .Ce qui importe , c est de te sauver
Une vague d incredubilite me submergea mais je tentai de retrouverun semblant de
contrôle
.Qu estce qui prouve que vous n etes pas l un deux ?Lancai je les sourcils fronces
Un sourir enigmatique se dessina sur ses levres .Il inspira profondement ,puis dit
avec assurance qui me deconcerta
.J ai été envoye pour te sauver .Et c est precisement ce que je fais
J etais blottie dans ses mains ,fragile,et frele comme un agneau tremblant sous une
pluie battante .Ses bras puissants m enveloppaient et une etrange fraicheur
semblable a un souffle glace d un vent nocturne ,se diffusait dans mon corps .Le
vent habituellement maitre de sa course effrenee ,semblait ralentir par respect
devant cet etre qui lui avancait avec une grace presque surnaturelle defiant les
lois du monde .
Je levai les yeux vers son visage .C était un tableau vivant ,une œuvre d art
mouvante .Ses traits etaient d une beaute desarmante mais il y avait une intensite
dans son regard qui vacillait entre l etrange et l effrayant .Ses yeux ,pareils a
deux eclats d ombres et de lumiere scrutaient l horizon avec une vigilance
animale .Il a été envoye .Me disais je,tandisque son regard percait l obscurite
comme un phare percant le brouillard .Je ne comprenais rien .Tout cela ressemblait
a une fable fantastique ,une de ces histoire qu on raconte pour effrayer les
enfants avant qu ils ne –(sombrent dans le sommeil.
Et pourtant je n avais pas le luxe de me reposer .Je me redressai , l esprit
enfievre ,juste a temps pour apercevoir des silhouettes surgissant de l ombre .Ces
hommes ou plutôt ces creatures drapees de tenebres couraient comme des predateurs
en chasse ,leurs longues capes flottant derriere eux telles des ailes de
corbeaux .Une seconde ,je crus que la terre elle-même tremblait sous leur pas.
Leur allure n avait rien d humain .Leur mouvement etaient saccades presque irreels
comme si leur corps était gouverne par une force invisible,une rage contenue prete
a eclater .Leurs yeux luisaient dans la penombre ,deux braises animees par une
flamme insatiable .Je compris alors que ces etres n etaits pas faits de chair et de
sang [Link] portaient sur eux une aura de desolation , une energie froide
qui semblait geler l air autour d eux

Nous tournames soudainement dans une ruelle etroite .Le sol pave couvert de mousse
et d humidite refletait faiblement la lumiere lunaire .C était comme si le monde
lui-même retenait son souffle , attendant de voir l issue de cette course effrenee
Je flottais dans ses bras , miniscule et fragile comme un agneau perdu dans une
tempete .Ses bras fermes et protecteurs semblaient des piliers contre lesquels le
chaos du monde ne pouvait s abattre .Une fraicheur etrange emanait de lui , une
sensation a la fois apaisante et glaciale , comme le souffle d un vent nocturne
charge de mysteres
Le vent ,ce complice invisible ralentissait autour de nous , comme pour contempler
cette scene irreelle .Pourtant , lui ne faiblissait pas .Il était
rapide ,precis ,presque irreel .Ses traits etaient parfaits ,ses yeux ,des abimes
insondables ou semblaient danser les echoes d anciens secrets
.Il jettait des regards vifs dans toutes les directions ,comme une sentinelle
toujours en alerte .
.Il a été envoye .Murmurai je interieurement,perdue dans le tourbouillon de pensees
.Mais envoye par qui ?Pourquoi moi ?
Encorz une fois ,je ne comprends pas rien .Tout semblait appartenir a un reve .Mais
un reve si vivant qu il en devenait tangible .Je tentais de me redresser , de
retrouver un semblant de contrôle ,mais ses bras restaient fermes .Comme pour me
rappeler que ,dans cet instant suspendu , c était lui qui dictait les regles.
Derriere nous, des silhouettes menacantes emergeaient des ombres .Elles
couraient ,leurs longues capes semblaient happer la lumiere .Leurs mouvements
avaient quelque chose de spectral , presque inhumain .Ces hommes ou plutôt des
creatures trainaient derriere eux une obscurite palpable , une menace silencieuse
mais omnipresente .
Alors que le monde en bas semblait s effacer ,je realisai que nous montions .Le
vent nous portait vers les hauteurs ,comme si une force invisible avait decide de
nous extraire de cette terre corompue .Les etoiles devinrent plus nettes ,plus
proches .Elles scintillaient comme des lanternes veillant sur cette ascension
celeste .Mais ce n était pas paisible .Chaque instant était un melange d
emerveillement et de terreur
Je me mis a crier , incapable de contenir le flot d emotion .Mais avant que le
moindre son ne s echappe , il tourna la tete .Son regard ,un ocean de calme me fit
taire .Ses levres a peine mouvantes laisserent echapper un mot inaudible ,comme une
priere adressee aux cieux .Puis lentement ,il leva une main vers le haut ,comme
pour invoquer quelque chose ou quelqu un
C était irreel .Et pourtant , c était ma realite
Je me retournai le souffle coupe ,face a cette scene surrealiste .La haut ,ses
pieds effleuraient l air comme s il defiait les lois de la gravite.
Chaque mouvement semblait choregraphie ,porte par une force invisible .Je ne
pouvais expliquer la sensation etrange qui me traversait ,comme le vent lui
memenous enveloppait
,nous poussant vers un monde que je ne comprenais pas.
Son regard intense et rassurant percait le voile de mon anxiete .Il était
la,immobile dans l action,maitre de cette danse celeste
Le vent devenu allie capricieux ,nous portait vers les cieux , laissant derriere
nous les rues sombres et opressantes de la ville.
Je me sentais paradoxalement ,protegee ,enveloppee par une chaleur que je ne
pouvais attribuer qu a sa presence.
Puis ,tout bascula .Une ascension soudaine nous propulsa vers les etoiles la ou les
nuages noirs s eparpillaient comme les voiles dechires .
Je pouvais voir , au loin ,un cercle lumineux se dessiner au cœur de la ville,une
pulsation vivante qui semblait respirer avec elle.
Je restais bouche bee ,emmerveillee par cette vision digne d un reve
eveille .Autour de nous des enfants pointaient du doight , leurs visages illumines
d etonnement
.Qu est ce que c est ca ?Murmurai je ,incapable de detacher mes yeux de la scene
Il me repondit un sourir enigmatique aux levres :tu devrais plutôt demander si ces
gens nous ont perdus de vue
.Tu devrais plutôt demander si ces gens ne nous ont pas perdu de vue
.Qui sont ils ? Que veulent ils ?
.Ca ne te regaerde pas ,tu dois simplement etre sauve
.Je me retrouve au bout milieu de

La parole fut coupee .Comment osait il ? Il se prend pour qui , juste parce qu il
croit qu il est spiderman , il peut me couper la parole d un vacarme .Je sais ,mais
je n aimerais pas savoir dans quoi tu t es mis
Nous continuons a nous hisser vers le haut .Ma peur devenait plus grande , j avais
peur de ce qu on allait rencontrer la bas.C est commme si on allait jamais finir de
connaitre l univers , si on touchait les etoiles ?Non c est impossible .On l avait
vu en histoire geo .Mais ma peur ne deleurait pas [Link] pouvait se fracasser
a quelque chose
Maitrisant la situation , je ne sais pas mais j ai confiance en lui , en sa
force .Soudain , je vis les deux musculatures aussi se hisser vers le haut en notre
direction .C était comme s il s envolait
.Le vent … Ils viennent vers nous .Mon Dieu , ce sont deux salopards , ils nous ont
reperes
.Accroche toi
Je m accroches encore ,mais cela ne suffit [Link] n eus pas le temps de terminer ma
phrase que nous changions brusquement de trajectoire en nous propulsant vers le
[Link] vision fut tout a coup emplie de lumiere .La ville je voyais la lumiere de
la ville .L altitude devenait dr plus en plus basse et nous nous rapprochons de
plus en plus des habitations .J avais l impression d etre a bord d un avion prêt a
se fracasserau [Link] crois que mes pensees allaient trop vite. Si on filait droit
sans ralentir
C était comme si nous defions la gravite elle-mê[Link] toits des maisons defilaient
sous mes yeux et l air siffle dans mes [Link] bruit était
assourdissant.,mais je pouvais encore
entendre mon cœur battre a tout rompre ..Etait ce de la peur , de l excitation ou
un melange des deux ?
.Ils nous lacheront pas .Murmurai je , ma voix tremblante
Mon compagnon ne repondit pas .Son visage était concentre ,ses yeux fixes sur l
[Link] semblait avoir un plan ,mais je n ai aucune idee de ce qu il
preparait .tout ce que je pouvais faire c était m accrocher et esperer que nous
sortirons vivants de cette course effrenee
Et alors contre toute attente,nous avons pris un visage serre,laissant derriere
vous nos poursuivants .Une lumiere eclatante nous enveloppa et je sentis un calme
soudain m [Link] nous enfin en securite ?Mon cœur ralentissait mais je
savais que tout pouvait encore arriver
.T inquietes pas ils ne pouront pas nous atteindre
Je ne sentis plus l air me fouetter comme tout a l [Link] ne le sentis plus
bouger et je ne sentis plus nous hisser vers le [Link] était statique .J espere
que ce n était pas… Soudainement ,tout devient statique .Le vent qui fouettait nos
visages s arretait net .Nous etions suspendus dans le vide ,comme si le temps lui-
même avait cesse de s ecouler.J espere que ce n était pas une [Link] me
retournai pour voir les deux .Mais s il n y avait plus de mouvements
,que signifiait ce silence ?
Le vent sifflait dans mes oreilles ,empotant avec lui des fragments de peur et d
adrenaline
.Qu est ce que tu fais ? Accelere , tub t es arrete ,tu ne vois pas qu ils arrivent
ou quoi ?Lancai je
,la voix tremblante .
Mon compagnon , les mains crispees sur le levier ,grogna
.Tu penses que c est aussi facile que ca ?Viens a ma place et tu verras.
.Je ne t ai rien demande , c est toi qui m as amene ici .M ecriai je ,le cœur
battant a tout rompre Derriere nous, les silhouettes menacantes se rapprochaient
inexorablement ,leurs pas resonnant comme des tambours de guerre .
Ils avaient le rictus fige ,une promesse de fin .J essayais de ne pas y croire .
Nous etions suspendus entre deux mondes , comme des ames errantes cherchant un
refuge
.Mon sauveur s efforcait de nous projetter en avant ,mais sa force semblait
vaciller.
Je sentis les assaillants s avancer encore ,et cette fois ,le vent ,froid et
cinglant vint caresser ma peau ,me murmurant qu ils etaient tout pres.
Malgre tout ,je sentais qu il ne fallait pas ceder .
.On peut y arriver tiens bon .Pensais je serrant les poings de toutes mes forces
Je m accroche encore ,mais cela ne suffit pas .J eus pas le temps de terminer ma
phrase que nous changions brusquement de trajectoire en nous propulsant vers le bas
.Ma vision fut tout a coup emplie de lumiere .La ville ,je voyais la lumiere de la
ville.L altitude devenait de plus en plus basse et nous nous rapprochions de plus
en plus des habitations .J avais l impression d etre

a bord d un avion qui allaient se fracasser au [Link] crois que mes pensees
allaient trop vite .On allait …si on allait…s ecraser ?On filait droit sans
ralentir .
C était comme si nous defions la gravite elle-même .Les toits des maisons
defilaient sous mes yeux ,et l air siffla dans mes oreilles .Le bruit était
assourdissant ,mais je pouvais encore
entendre mon cœur battre a tout rompre .Etait ce de la peur ,de l excitation ,ou un
melange des deux ?
Nous atterrissons la surface
.Leve toi ,ils vont venir
.Toi tu ne me dis pas quoi faire.
En disant cela ,je voyais les deux s approcher .Je me levai ,et on se mit a courir
jusqu a ce qu on arrive dans une ruelle pour s arreter
.Va ten.
Je ne savais pas trop quoi faire .Je me tournai ,lancelant un dernier regard a mon
sauveur,empli de tristesse .Peut etre que nous ne nous reverrons jamais
.Le monde est si petit
Les deux silhouettes se dirigeaient droit sur lui determinees .Mais lui ,il tenait
bon ,prêt a en decoudre , les mains posees sur la hanche comme un guerrier
invincible.
Ils recurent simultanement un coup de poing magistral au visage ,comme un eclair
[Link] sauveur beau comme un Dieu sculpte dans la lumiere ,semblait inebranlable
.Il irradiait une force mysterieuse qui ne faisait que renforcer mon admiration
pour lui .
Les assaillants tomberent lourdement au sol , assommes Je le regardais hypnotise et
il me repondit d un sourir empreint de calme .Un signe de la main , comme pour dire
.Tout va bien , je maitrise la situation
.Alors je pris mes jambes a mon cou .Je courus de toutes mes forces , aussi loin
que possible
,sentant le souffle du danger derriere [Link] ne me poursuivait on pas ?
Etait ce lui , ce mysterieux sauveur qui retenait l attention de ces monstres ?
Qui était il ?
Le mystere qui l entourait me captivait .Ce qu il était prêt a sacrifier,ce qu il
representait …Je voulais savoir .Il m attirait dans un tourbillond inconnu
fascinant.
Chapitre
La maison était un chaos vivant, un navire pris dans une tempête de rires et de
mouvements désordonnés.
Les éclats de voix ricochaient sur les murs, se mêlant aux basses de la musique qui
faisaient vibrer le sol sous mes pieds. Une partie de cache-cache semblait se jouer
quelque part, mais je n’en percevais que des fragments : des ombres furtives filant
à travers les couloirs, des rires étouffés qui s’évaporaient dans le tumulte
général.
Tout bougeait trop vite.
Les couleurs, les bruits, les visages… Mon regard flottait, incapable de
s’accrocher à quoi que ce soit.
C’était comme être sous l’eau, comme si un mur invisible me séparait du reste du
monde. Je restai immobile, mon souffle court, sentant un étau invisible me serrer
la poitrine. Mon cœur battait si fort qu’il aurait pu rivaliser avec la pulsation
sourde des enceintes. Puis leurs regards vinrent.
D’abord discrets.
Puis insistants.
Comme des phares fouillant l’obscurité, braqués sur moi.
Une chaleur brutale monta à mes joues, alourdissant mes pas. Je me sentais piégée,
à la dérive, un oiseau tombé en pleine mer.
Et soudain, Rayan était là.
Il surgit à mes côtés, sa voix douce mais ferme tranchant à travers le vacarme
ambiant.
— Tu es sûre que ça va ?
Il s’était penché légèrement pour capter mon regard, son bras enroulé autour de ma
taille, m’empêchant de vaciller.

Mais même sa présence, aussi rassurante soit-elle, ne parvint pas à dissiper ce


vertige qui me tordait l’estomac.
— Oui, ça va, mentis-je dans un souffle, aussi fragile qu’une bulle d’air prête
à éclater. Puis Flora apparut.
Elle fendit la foule avec la même aisance qu’une lame tranchant un voile de brume.
Ses yeux, brillants d’inquiétude, s’accrochèrent aux miens.
— Amber, qu'est-ce qui se passe ?
Sa voix était basse, mais chargée d’une émotion brute.
Je voulais répondre. Trouver les mots. Expliquer ce chaos en moi. Mais tout ce qui
m’entourait n’était que tourbillon.
Flou.
Désordre.
Et un sentiment terrible, implacable, que j’étais en train de couler.
.
À la dérive
Je restai muette un instant, incapable de trouver les mots pour décrire ce tumulte
en moi. C'était comme si mon esprit était un puzzle dont les pièces s'étaient
éparpillées au fond de l’océan. Je voulais parler, expliquer ce qui m’oppressait,
mais chaque phrase semblait se désagréger avant même d’atteindre mes lèvres.
Autour de nous, les murmures continuaient, des vagues basses et sournoises,
effleurant mes oreilles sans jamais disparaître.
Mais ce furent les regards qui me transpercèrent vraiment. Des harpons acérés.
Inévitables.
La chaleur grimpa à mes joues, ma gorge se serra. L’air semblait se raréfier, comme
si la pièce elle-même se refermait sur moi.
Et soudain, la tension devint insoutenable.
— Bon, ça suffit ! Arrêtez de me regarder comme ça !
Ma voix fendit la pièce comme une vague s’écrasant contre un rocher. Mais elle ne
fit que ricocher contre le brouhaha ambiant.
Les conversations reprirent, les rires continuèrent, et moi, j’étais là, toujours
aussi étrangère à cette fête qui n’aurait jamais dû être la mienne.
Alors, dans un élan désespéré de diversion, j’attrapai une guirlande lumineuse
suspendue près de moi et la brandis avec un sourire forcé.
— Allez, la fête ne fait que commencer !
Un silence hésitant s’installa autour de moi.
Puis, fidèle capitaine prêt à sauver un navire en perdition, Rayan reprit mon geste
avec un enthousiasme amplifié.
— Oui, la fête commence ! lança-t-il, battant des mains comme pour donner le
signal à l’équipage.
Comme si elle répondait à un signal invisible, la musique augmenta d’un cran,
emplissant la pièce d’un rythme frénétique.
Les lumières s’éteignirent brièvement avant de laisser place à un tourbillon de
couleurs clignotantes – des jaunes, des rouges, des bleus –, qui dansaient sur les
murs comme des fantômes phosphorescents.
Mais ce décor ne faisait qu’ajouter à mon malaise. Les lumières.
Les sons.
La foule en mouvement.
Tout cela m’écrasait.
Tout cela me submergeait comme une vague trop puissante pour être contrée. Mon
souffle devint court, mes mains moites glissèrent contre ma robe.
Il fallait que je parte.

Les murmures et les vagues

Je me frayai un chemin, trébuchant entre les corps serrés, le cœur battant à un


rythme désordonné.
Les murmures me suivaient, des filets invisibles qui s’enroulaient autour de moi.
— Espèce de zarbi.
Le mot, lâché dans mon dos, fut comme un éclat de verre brisé. Je me raidis.
Mais je ne me retournai pas. Non.
Ces mots ne me touchaient pas.
Ou du moins, c’était ce que je me forçais à croire. Depuis toujours, j’étais
habituée à être seule.
À être une île perdue au milieu d’une mer agitée.
Mais ce soir-là, même ma solitude semblait me trahir, prête à se briser sous la
force des vagues.
. Entre deux tempêtes
Je repérai Flora et Rayan et me dirigeai vers eux, espérant y trouver un semblant
de refuge. Flora regardait Rayan avec un sourire moqueur, ses yeux brillants d’un
éclat piquant.
Le contraste entre sa posture décontractée et la tension de l’instant était
frappant, comme si elle restait, malgré tout, en contrôle absolu de la situation.
Même dans un moment d’humour nerveux, elle était le vent qui décidait de la
direction des voiles.
Rayan, lui, haussa les épaules avec son éternel sourire en coin, l’insouciance
incarnée. Comme si rien ne pouvait l’atteindre.
Comme si le chaos qui m’engloutissait ne pouvait jamais l’effleurer.
Et moi, au milieu, j’avais l’impression d’être une voile ballottée entre deux
tempêtes, incapable de trouver ma propre direction.
L’équilibre fragile
Rayan, plus détendu que jamais, haussa les épaules avec un sourire en coin.
— Dure ? Non, c’est juste que tu prends tout au sérieux, Flora.
Flora se redressa, croisant les bras, un petit rictus effleurant ses lèvres.
— Peut-être. Mais je préfère être dure que d’être l’un de vos jouets.
Sa voix, tranchante et pleine de défi, laissa flotter une amertume invisible mais
omniprésente. Je me sentais perdue dans cette dynamique, comme une voile ballotée
par des vents contradictoires.
Rayan, imperturbable, semblait flotter au-dessus du chaos, comme si tout glissait
sur lui sans jamais l’atteindre.
Mais moi…
Chaque mot échangé, chaque regard, était une fissure de plus dans l’image que
j’avais de moi- même.
Comme si cette conversation n’était qu’une autre vague, prête à me submerger.
La colère bouillonnait en moi, grondant sous la surface, mais je savais qu’un
déferlement soudain ne ferait que me briser davantage.
Flora, toujours aussi vive, tourna soudain son regard perçant vers moi.
— Et toi, Amber ? Tu veux vraiment te perdre dans ce tourbillon ? Ses mots
résonnèrent comme un appel à la clarté dans ma confusion. Peut-être qu’elle avait
raison.
Peut-être que, comme l’océan, il était temps pour moi d’apprendre à naviguer entre
la tempête et l’accalmie, à comprendre que tout ce qui m’entourait n’était pas mon
ennemi, mais une épreuve que je devais traverser pour avancer.
Je pris une inspiration tremblante, tentant de retrouver un semblant de calme.
— Je... Je ne sais plus.
Le silence tomba sur nous comme un rideau de brume.
Leurs regards se perdirent un instant dans le vide, comme si mes paroles s’étaient
évaporées avant même d’exister.
Et pourtant, quelque chose dans leur silence me frappa plus fort que leurs
moqueries. C’était comme si, pour la première fois, le monde autour de moi n’avait
plus de sens.

Comme si cette nuit, ces visages, ces voix, n’étaient que des ombres déformées par
une vérité qu’ils ne voulaient pas voir.

Une ascension vers l’inconnu Je l’avais vu.


Je l’avais senti.
Là-haut, dans un ciel qui n’était pas celui de ce monde.
Les vents m’avaient portée au-delà des ombres, là où la lumière elle-même semblait
trembler. Mais je n’étais pas seule.
Des gens me poursuivaient.
Et je savais qu’ils ne me laisseraient jamais redescendre indemne.

Le poids du doute
Rayan, toujours impassible, posa son verre et tourna lentement la tête vers moi.
Quelque chose dans son regard avait changé. Un mélange étrange de scepticisme et de
préoccupation.
— Amber… Il marqua une pause, mesurant ses mots. Tu veux vraiment qu’on te
croie sur parole ?
Sa voix était douce, presque compatissante, mais il y avait ce doute, ce murmure
invisible qui rendait ses paroles tranchantes.
— Tu sais bien que tout ça, ça semble… trop irréel.
Mon estomac se contracta, mes doigts se crispant contre mes genoux.
Je serrai les poings sous la table, sentant la chaleur de ma colère monter en moi
comme un feu prêt à s’embraser.
— Ce que j’ai vu, c’était réel. Vous ne pouvez pas tout effacer d’un simple
rire.
Flora, jusqu’ici silencieuse, posa une main sur le bar et se pencha légèrement vers
moi. Son regard, d’ordinaire si assuré, vacilla l’espace d’une fraction de seconde.
Elle hésita.
Puis sa voix tomba, plus basse, plus prudente.
— Amber, arrête… Tu vas finir par t’enterrer toute seule avec tes histoires.
Son ton avait changé.
Moins moqueur.
Plus inquiet.
Mais toujours empreint de cette distance, ce mur invisible qu’elle érigeait entre
elle et la vérité. Comme si, au fond d’elle, elle savait.
Comme si une part d’elle avait peur que, cette fois, je dise la vérité. Les Ombres
du Doute
Leurs réactions m’écrasaient.
Comme si je n’étais qu’un bruit dans la nuit, une sensation fugace qu’on cherche à
ignorer. Je pouvais presque entendre leurs pensées, sourdes et implacables :
Elle est perdue.
Elle cherche à attirer l’attention.
Mais je savais que ce que j’avais vu ne pouvait pas être effacé. Que je sois
comprise ou non, cela n’avait plus d’importance.
Ce que j’avais vécu était la seule vérité qui comptait désormais. Je me levai
brusquement.
La chaise bascula en arrière, heurtant le sol dans un bruit sec qui fendit l’espace
confiné du bar.
— Vous ne comprenez pas… Vous ne comprenez rien !
Ma voix tremblait de rage et de frustration, comme une vague prête à tout engloutir
sur son passage.
Le silence tomba.
Les visages autour de moi se figèrent, une inquiétude grandissante se dessinant
dans leurs yeux.
Rayan se leva à son tour, les bras levés en signe de paix, mais son geste
paraissait inutile, dérisoire.
— Calme-toi, Amber.

Son ton était doux, presque compatissant. Mais je ne voulais pas de sa pitié.
Je les regardai tour à tour, une étincelle de défi brillant dans mes yeux.
— Vous pouvez essayer de me faire taire, de me faire douter… Mais ce que j’ai
vu, je ne l’oublierai jamais.
Le silence s’étira, pesant, oppressant.
Puis, comme un écho lointain, le bruit de la musique et des rires parvint à mes
oreilles. Mais tout me semblait flou, irréel.
Mon esprit était ailleurs.
Il retournait sans cesse à cette vision… À cet homme.
À ces créatures.
À ce qui m’attendait dans l’au-delà.
Et au fond de moi, une certitude persistait, implacable :
C’était réel.
Même si tout le monde semblait vouloir l’effacer. Je me tournai vers la porte.
Le vent de la nuit s’engouffra aussitôt, me frappant au visage comme une gifle
glaciale.
— Je suis fatiguée de tout ça…
Je murmurai ces mots, à peine consciente de les avoir prononcés. Puis je sortis,
laissant derrière moi le bruit, les regards, le doute.

Les Fantômes du Passé


Oublie ça.
Ton histoire n’a ni queue ni tête.
Tu as été influencée, c’est tout. La vérité est ailleurs.
Mais le nom de Charlie flottait autour de moi, insaisissable, tel un spectre
refusant de disparaître.
Il m’envahissait, doux et froid à la fois, une brume persistante qui s’accrochait à
ma peau, s’insinuait dans mon esprit.
Un fantôme que je n’avais pas choisi. Ses échos me poursuivaient.
Ils m’étouffaient.
Ils me rappelaient les dettes que j’avais contractées, les promesses brisées… et
l’abîme qui m’attendait.
Mais ce soir, un autre abîme semblait plus proche encore.
Rayan, assis un peu plus loin, fixait l’écran de son téléphone, détaché de tout,
comme s’il était devenu un élément du décor.
Il ne me voyait même pas. Et Flora…
Elle n’était plus là.
Comme un mirage dissipé par la lumière du matin, elle s’était volatilisée. Sans un
bruit.
Sans une trace.
Une inquiétude soudaine m’envahit. Quelque chose n’allait pas.

La Chasse
Je me levai brusquement, une pression invisible pesant sur mes épaules. Où était-
elle ?
Où avait-elle pu aller ?
Un sentiment d’urgence me saisit, et sans réfléchir, je m’élançai à travers la
foule.
Je bousculai des corps en mouvement, des visages flous riant, dansant, criant sans
même me remarquer.
Ils étaient là, physiquement présents, mais ils n’existaient pas vraiment.
Des silhouettes sans importance, des ombres animées d’une énergie creuse.

Moi, je cherchais Flora. Ma complice.


Mon amie.
Mais la quête devint rapidement désespérée.
Je fouillais la foule du regard, mon cœur battant à tout rompre, mais rien

Un Poison Lent
— Qu’est-ce que tu cherches, la demeurée ?
La voix de Felinda fendit l’air comme une dague aiguisée. Elle savait exactement où
frapper.
Autour d’elle, sa bande de suiveuses ricana, un murmure empoisonné qui se propagea
dans l’air tiède de la nuit.
— Oh, je sais ! ajouta-t-elle en croisant les bras, un sourire carnassier
accroché à ses lèvres. Tu cherches Flora ?
Elle marqua une pause théâtrale, savourant chaque seconde d’anticipation, puis
laissa tomber la phrase comme une lame sur mon cœur :
— Elle est en train de tourner "Cinquante nuances de Grey" avec ton frère. Tu
ne savais pas ?
Un silence.
Les mots s’enfoncèrent dans mon esprit comme des crochets glacés.
Autour de nous, la musique continuait, la fête battait son plein, mais tout
semblait s’être éteint. Felinda observait ma réaction avec un plaisir cruel, comme
une reine méprisante regardant une servante s’effondrer sous son courroux.
— Vous mentez, crachai-je, mais ma voix trembla malgré moi. Non.
C’était impossible.
Flora n’aurait jamais fait ça. Pas à moi.
Pas à nous.
Le sourire de Felinda s’élargit, lentement, comme un serpent s’enroulant autour de
sa proie.
— Va vérifier par toi-même.
Et je partis.

L’éclat d’une trahison


Le sol sous mes pieds semblait trembler tandis que je traversais le jardin.
Je ne savais pas si c’était ma colère, ma peur, ou le poids écrasant de cette
vérité que je refusais encore d’admettre.
Mon cœur battait si fort que j’en avais mal.
Les lumières de la piscine jetaient des reflets scintillants sur la terrasse. Et
c’est là que je les vis.
Figés sous le clair de lune, comme une peinture irréelle. Flora.
Elle était là, son corps tendu comme une corde prête à céder.
Ses yeux brillaient sous la lumière, mais ce n’était pas la lueur de la vie.
C’était la lueur d’un être qui porte un poids trop lourd.
Qui sait qu’il va être jugé. À côté d’elle, Bradley.
Immobile.
Un spectateur indifférent à la tragédie qui se jouait devant lui. Le silence entre
nous était pire que n’importe quel cri.
Puis, enfin, Flora bougea. Une inspiration tremblante. Ses lèvres s’ouvrirent.
Et sa voix, brisée, s’échappa dans l’air froid de la nuit :
— Je voulais t’en parler… mais j’avais peur.
Je clignai des yeux.

— Peur ?
Ce mot me heurta de plein fouet. Un instant, le monde oscilla.
— Je suis ton amie, Flora ! J’étais censée être au courant !
Ma voix éclata, tranchante et douloureuse.
— Et c’est Felinda qui m’a dit tout ça. FELINDA.
Je n’arrivais pas à respirer.
— Moi qui croyais que tu ne pouvais pas me mentir…
Flora baissa la tête.
Je vis la vérité s’infiltrer en elle, lentement, comme un poison trop tardivement
ingéré. Mais c’était moi qui étais en train d’être détruite.
L’ombre de la trahison Bradley était là.
Silencieux. Distant.
Il n’avait pas besoin de parler. Son mutisme parlait pour lui. Il était complice.
Tout autant qu’elle.
Peut-être même plus.
Je détournais les yeux, comme si regarder ailleurs pouvait effacer la réalité. Mais
elle s’accrochait à moi comme un poison lent, un venin qui se répandait dans mes
veines. Puis, sans réfléchir, sans prévenir, je courus.
Mon souffle était court, mes pas résonnaient dans la nuit, et mon cœur battait si
fort qu’il menaçait d’exploser.
Fuir.
Fuir cette image.
Fuir cette douleur.
Fuir eux.
Mais je n’étais pas seule. Elle me suivait.
Sa voix s’accrochait à moi, tremblante, coupable.
— Amber, attends !
Je n’écoutais pas.
Je ne voulais pas entendre.
Puis, une main agrippa mon épaule. Je savais que c’était elle.
Flora.
Un éclair de colère pure, brutale, jaillit en moi. Avant même d’y penser, je la
repoussai.
Fort. Trop fort.
Elle chancela, sous le choc. Et moi aussi.
Je ne m’étais jamais vue comme ça. Je ne me savais pas capable de ça.
— Laisse-moi !
Ma voix fendit la nuit. Flora ne bougea pas.
Elle me regarda avec une expression que je ne voulais pas analyser. Une expression
que je refusais de comprendre.
Puis Felinda arriva.
Comme une ombre perfide, savourant le chaos qu’elle venait de créer. Son sourire
était un poison.
— Oh, Amber… Si seulement tu pouvais voir ta tête. Elle rit doucement, un rire
léger, moqueur, insupportable. Je la fixai, les poings serrés.

Elle allait comprendre.


Elle allait savoir.
Je n’étais plus prête à me laisser écraser.

Chapitre 2 : La Nuit des Ombres


La nuit semblait plus lourde qu’avant. Chaque étoile était un témoin silencieux.
Je marchais, sans but, un poids invisible sur les épaules. Quelque chose me disait
que cette fois, c’était trop tard. Que cette fois, il n’y aurait pas de retour en
arrière.
Flora n’avait même pas cherché à se défendre. Elle n’avait pas hurlé, ni nié, ni
accusé.
Et ça…
Ça faisait encore plus mal.

Les Confessions Amères


Je retrouvai Rayan un peu plus loin.
Assis dans une pièce baignée d’une lumière tamisée, il m’attendait, l’air grave.
Comme s’il savait.
Je ne pris même pas le temps d’hésiter. Je vidai tout.
Sans filtre.
Sans détour.
Les mots s’échappaient de ma bouche comme un torrent incontrôlable. Rugueux.
Tranchants.
Comme des éclats de verre que je recrachais, après les avoir laissés me lacérer de
l’intérieur. Chaque confession était une déchirure.
Chaque syllabe, un poison. Et lui, il écouta.
Sans m’interrompre. Sans détourner le regard.
Comme s’il savait que, ce soir, j’avais besoin que quelqu’un entende. Même si
c’était trop tard.
L’ombre de la trahison J’avais besoin de lui.
Mais même Rayan, même son regard d’ordinaire si rassurant, ne pouvait rien contre
cette vérité implacable qui me broyait de l’intérieur.
— Quoi ? Ce n’est pas possible… Elle a osé ?
Sa voix se brisa sur ces mots.
Comme si la terre venait de se dérober sous lui.
Chaque syllabe qu’il prononçait tombait avec la force d’un coup de marteau sur le
sol, résonnant dans l’air épais de la nuit.
Et moi…
Moi, j’étais figée sous l’impact de ce que je venais d’apprendre. Flora.
Elle, la confidente de mes secrets. Mon amie.
Elle avait franchi la ligne.
Elle s’était aventurée là où l’amitié ne doit jamais s’égarer, dans l’intimité d’un
lien que je croyais inviolable.
Son silence, plus encore que ses actes, était une trahison. Un mur qui s’élevait
entre nous.
— Ce qui me fait mal, c’est qu’elle ne m’ait rien dit…
Ma voix trembla.

Comment expliquer que l’essence même de notre amitié avait été dérobée non par un
mensonge, mais par l’absence de mots ?
Rayan, lui, ne contenait plus sa colère.
— Elle sort avec ton frère… Ça ne se fait pas entre amis !
Il serra les poings.
Sa rage vibrait dans chaque mot.
— Non, tu sais, Flora est bien pour mon frère. Cela ne me dérange pas qu’elle
devienne ma belle-sœur, répondis-je dans un souffle, tentant d’apaiser cette
tempête qui grandissait entre nous.
Mais mes mots sonnèrent faux. Comme une excuse.
Comme une phrase que l’on prononce pour soi-même, pour éviter de sombrer. Rayan
tourna la tête vers moi, ses yeux brûlants d’émotions contradictoires.
Il allait répondre, mais je le devançai, la voix brisée, chargée de larmes que je
refusais de laisser couler.
— Vraiment ? Eh bien, tu devrais la détester ! C’est une sale garce !
La phrase sortit avec une violence qui me surprit moi-même. Rayan recula, choqué.
Sa colère n’était plus dirigée vers Flora. Elle était dirigée vers moi.
La dispute éclata.
Comme un feu de forêt, ravageant tout sur son passage.
Les mots s’entrechoquaient, chacun plus tranchant que le précédent. Je voulais
hurler.
Tout leur dire.
Mais une loyauté brisée m’empêchait de franchir cette dernière limite. Et au fond,
je savais déjà.
Ce soir, tout ce qui était fragile venait de se briser à jamais.

Chapitre 3 : L’Appel de la Forêt


La forêt s’étendait devant moi, sombre et insondable.
Une mer noire prête à engloutir ce qu’il me restait d’espoir.
Les arbres, gigantesques et noueux, tendaient leurs branches comme des bras
squelettiques, griffant le ciel.
Et la brume… Lourde. Suffocante.
Elle rampait sur le sol, s’enroulait autour de mes chevilles comme des doigts
glacés. J’avançai, perdue.
Mes pensées dérivaient, s’effaçaient, disparaissaient dans cet océan d’ombres.
Puis, je le vis.
Comme un coup de poignard en plein cœur. Deux silhouettes, floues et menaçantes.
Penchées sur un corps sans vie. Je sentis mon estomac se tordre.
Un murmure de vent traversa la forêt, soulevant un rideau de brume. Et je compris.
C’était lui. Bradley. Mon frère.
Celui avec qui j’avais grandi.
Celui qui faisait partie de ma mémoire, de mon enfance. Celui qui était vivant.
Jusqu’à maintenant.
Mon corps entier se figea.
Une chaleur glacée s’infiltra dans mes veines. C’était impossible.

Un mauvais rêve.
Un cauchemar dont j’allais me réveiller d’une seconde à l’autre. Mais non.
Je voyais son corps, allongé sur la terre humide, les yeux mi-clos, la vie s’en
échappant lentement.
Et la colère, la douleur, la peur, tout s’entrechoqua en moi, me laissant suffoquer
sous un flot d’émotions incontrôlables.
Et alors, une pensée empoisonnée s’infiltra dans mon esprit. C’était elle.
C’était à cause d’elle.
Si Flora n’avait pas pris ce chemin…
Si elle n’avait pas tendu la main à mon frère… Si elle n’avait jamais croisé sa
route…
Il serait encore en vie.
Un cri silencieux explosa en moi.
Je me précipitai vers lui, tombant à genoux à ses côtés. Sa main…
Si froide.
Comme la terre autour de nous. Ses lèvres s’entrouvrirent.
Un dernier souffle.
Un dernier mot.
Mais aucun son n’en sortit.
Ses yeux, figés sur un horizon invisible, ne reflétaient plus rien. Le silence,
lourd et oppressant, s’abattit sur moi.
Il était parti. appel des ombres Je l’appelai.
Mais mes mots se noyèrent dans la mer de l’impuissance. Je pleurai.
Je pleurai pour lui. Pour moi.
Pour nous.
Pour tout ce que nous avions perdu.
Le temps s’effaçait autour de moi, chaque seconde s’étirant dans une éternité de
douleur. Puis, je fis un serment.
Un serment muet, brûlant, ancré dans chaque fibre de mon être. Ceux qui l’avaient
fait souffrir.
Ceux qui l’avaient arraché à la vie. Ils paieront.
Ils ne s’échapperaient pas. Un cri déchira la nuit.
Mon cri.
Un hurlement porté par la promesse d’une vengeance implacable. Et dans cette nuit
sans fin, je sus qu’il n’y avait plus de retour.
Plus de lumière.
Plus d’espoir.
Juste l’appel de la mer, profonde et insondable, qui m’aspirait à chaque pas. Mais
je reviendrais.
Parce que la douleur d’un cœur brisé ne se dissipe jamais. Elle se transforme.
Elle se tord.
Mais elle ne meurt jamais.
Et moi, dans cette mer de ténèbres, j’étais prête. Chapitre 3 : L’Appel de la Forêt

La forêt s’étendait devant moi, une mer d’ombres et de secrets. Chaque arbre
murmurait des histoires oubliées.
Chaque branche noueuse semblait me scruter.
Mes pas résonnaient dans le silence, lourds de non-dits. Puis, un cri.
Brisé.
Presque irréel.
Je tournai la tête, cherchant des réponses là où il n’y en avait pas. Et puis…
Je le vis.
Rayan.
Son visage livide trahissait une terreur insensée. Ses mains tremblaient lorsqu’il
saisit son téléphone.
— La police… Sa voix s’étrangla sur les mots. Rayan, tu dois appeler la police.
Un silence oppressant tomba. Puis, un autre son.
Un sanglot. Flora.
Elle pleurait. Sans retenue.
Ses larmes coulaient sur son visage, des perles amères tombant dans la nuit. Mais
il y avait quelque chose dans cette peine qui ne sonnait pas vrai.
Un masque trop parfait.
Une comédie trop bien jouée. Je la fixai.
Ma voix, glaciale, brisa le silence :
— Flora… pourquoi pleures-tu ?
Elle sursauta, ses yeux fuyant les miens.
— Je… je ne sais pas ce qui s’est passé ! C’était un accident… Un accident !
Sa voix tremblait. Trop.
Comme si elle tentait de se convaincre elle-même.
— Un accident ?
Le mot roula sur ma langue, amer, tranchant.
— C’est toi qui l’as emmené là-bas, Flora. Si tu ne l’avais pas fait, il serait
encore là.
Elle recula d’un pas. Choquée.
Mais la culpabilité était là. Dans son regard.
Et ça…
Je ne pouvais pas lui pardonner. Pas maintenant.
Rayan s’approcha, hésitant. Je lui lançai un regard glacial.
Lui non plus, je n’avais aucune pitié pour lui. Il ouvrit la bouche.
— Tu ne comprends pas, d’accord ? Ce n’était pas ce que tu crois. Ce n’était
pas comme ça.
— Oh, vraiment ?
Je le fixai, les poings serrés.
— Tout ce que je sais, c’est que Bradley est là, à l’agonie, et toi, tu veux
encore me dire que tu n’es pas responsable ?
Un silence lourd s’abattit sur nous. Flora renifla.

— Tu ne peux pas nous accuser tous comme ça. Tu… tu n’ as pas vu ce qui s’est
passé. Peut-être que tu devrais regarder les choses comme elles sont, et pas à
travers tes douleurs.
Je me figeai.
Puis, lentement, je m’avançai d’un pas. Elle ne bougea pas.
— Tais-toi.
Ma voix était un murmure.
Un murmure tranchant comme une lame.
— Tais-toi avant que je ne te dise des choses que tu ne pourras jamais oublier.
Rayan frémit.
Mais il ne s’arrêta pas.
— Et toi ? Son regard brûlait d’une colère sourde. Tu veux nous accuser tous,
mais tu ne vois même pas que toi aussi, tu aurais pu faire quelque chose ?
Son souffle était court.
Il me regarda droit dans les yeux.
— Tu l’as abandonné. Comme nous tous.
Ses mots me frappèrent. Je voulais les ignorer.
Je voulais ne pas les croire. Mais ils étaient là.
Inscrits dans l’air, gravés en moi. Je serrai les dents.
— Il n’est plus là.
Ma voix était brisée.
— Mais vous… vous serez responsables. À jamais.

Les Mensonges du Matin


L’aube s’éleva sur un monde figé dans le silence. Un silence lourd.
Comme si l’univers entier retenait son souffle. Je marchais, traînant des pieds.
Mon ombre me suivait, fantomatique, s’étirant sur le bitume. Chaque pas était un
rappel du gouffre qui s’ouvrait sous moi. La veille…
J’avais fouillé partout. Chaque recoin de la maison. Chaque tiroir.
Chaque secret enfoui sous des années de silence. Mais aucune lumière n’était venue
éclairer ma route. Rien.
Seulement l’absence. Seulement le mensonge.
Ma mère, épuisée, était partie à l’église. Son dernier refuge.
Sa dernière prière pour un miracle qui ne viendrait jamais. Elle croyait encore que
Dieu pouvait réparer l’irréparable.
Moi, je savais que certaines choses ne pouvaient pas être réparées. Certaines
choses…
Ne faisaient que se briser encore plus. L’école des ombres
L’air était lourd. Saturé.
Chaque couloir, chaque murmure, chaque regard portait le poids d’une vérité trop
douloureuse à affronter.
Bradley était parti.

Et le monde semblait ne pas savoir comment continuer à tourner sans lui.


Les élèves me regardaient du coin de l’œil, certains avec une tristesse sincère,
d’autres avec cette curiosité malsaine qu’on réserve aux tragédies dont on est
spectateur.
Rayan et Flora étaient là. Ils attendaient.
Un geste.
Un mot.
Quelque chose.
Mais tout ce que je sentais, c’était ce feu bouillonnant en moi.
Chaque seconde passée à les regarder faisait monter en moi une rage sourde,
brûlante, dévorante.
Rayan fut le premier à briser le silence.
— Mes condoléances… murmura-t-il, sa voix à peine plus qu’un souffle. Comme
s’il savait qu’aucun mot ne suffirait.
Comme s’il espérait que la simplicité suffirait à tout effacer. Je le regardai.
Froidement. Lentement.
Puis, après une pause où tout sembla suspendu, je lâchai :
— Merci. Un mot. Un seul. Vide.
Creux.
La politesse était une armure que je pouvais encore porter. Flora.
Elle hésita.
Un pas vers moi. Puis un autre.
Ses yeux brillaient de larmes qu’elle ne laissait pas couler.
Ses mains tremblaient légèrement, une fragilité que je ne lui avais jamais connue.
— Mes condoléances…
Sa voix se brisa. Sous la honte.
Sous le poids du mensonge. Je ne répondis pas.
Je la fixai.
Mon regard était une lame. Une sentence.
Un blâme silencieux qui pesait bien plus que n’importe quelle insulte. Elle
détourna les yeux.
Secouée. Ébranlée.
Mais je ne pouvais pas bouger. La haine m’avait paralysée.
La vengeance serait douce. C’était tout ce que je savais.

Les reines du poison Et alors…


Comme une ombre.
Comme un serpent surgissant du sol. Elles apparurent.
Roxy.
Et sa bande.
Elles n’avaient rien à dire, mais elles étaient là.

Comme une présence toxique, un poison qui flottait dans l’air, invisible mais
étouffant. Leur démarche était lente, calculée.
Comme si elles possédaient les lieux.
Comme si la douleur des autres était leur terrain de jeu. Leurs rires étaient
étouffés.
Mais ils mordaient quand même.
— Alors, Amber…
La voix de Roxy fendit l’air. Un murmure.
Un piège.
— On se sent comment ?
Son sourire était une griffure sur ma peau. Je ne répondis pas.
— Perdue ? continua-t-elle. Ou bien… coupable ?
Sa voix dégoulinait de venin.
Les autres filles gloussèrent derrière elle. Je fermai les poings.
Respire.
Ne leur donne pas ce qu’elles veulent. Mais elle savait.
Elle savait exactement où frapper.
— C’est dingue, quand même… reprit-elle en feignant l’innocence. Un frère si
parfait, et puis…
Elle marqua une pause.
Puis, avec un sourire lent, cruel, elle chuchota :
— Plus rien.
Mon sang ne fit qu’un tour. Je levai les yeux vers elle. Lentement.
Je vis ce qu’elle attendait. Elle voulait que je craque.
Que je m’effondre devant tout le monde. Que je leur donne ce spectacle.
Alors je souris. Un sourire lent. Froid.
Tranchant.
— Dis-moi, Roxy… murmurai-je, ma voix douce comme du velours empoisonné. Ça
fait quoi d’avoir une vie si creuse que tu doives te nourrir de celle des autres ?
Son sourire se figea. Juste un instant.
Puis elle éclata de rire, mais c’était un rire faux.
— Oh, Amber, Amber… Elle secoua la tête. T’es plus fragile que je pensais.
Elle recula légèrement, mais ses yeux me jugeaient encore.
— On verra combien de temps tu tiens.
Puis, avec un dernier regard suffisant, elle tourna les talons, et sa bande la
suivit, comme un essaim de corbeaux.
La tension retomba.
L’air devint un peu plus respirable. Mais en moi…
La tempête continuait de gronder. Rayan et Flora me fixaient toujours. Mais je ne
les voyais plus.
Je ne voyais qu’une chose. Roxy devait tomber.
Et ce serait bientôt.

— Salut, Lamy. Tu as fini de pleurnicher chez tes amis ? lança Roxy, sa voix
sucrée comme un venin.
Je sentis la colère m’envahir, mais je la refoulai. Mes poings se fermèrent, mes
dents grincèrent, mais je répondis d'une voix glaciale.
— Roxy, mon frère est mort. Alors, lâche-moi.
Elle haussait les épaules, un sourire acide sur ses lèvres.
— Bradley… Paix à son âme. Sa voix feinte la douceur, mais ses mots, eux,
étaient des griffes. Lui, au moins, n’était pas aussi étrange que toi. Enfin, tu
dois être soulagée, non ? Soulagée. Le mot résonna en moi comme un coup de
tonnerre. Ma gorge se serra, mes mains tremblèrent. Le poison coula lentement, mais
sûrement, dans mes veines.
— De quoi tu parles, Roxy ? Va harceler quelqu’un d’autre.
— Oh, rien. Mais tes amis savent sûrement. Demande-leur, si tu oses.
Le clin d’œil malicieux qu’elle me lança fut le dernier coup. Elles s’éloignèrent,
mais laissent derrière elles un malaise gluant, une brume de doute qui
m’empoisonna.
Je me tournai vers mes amis, un regard froid posé sur eux. Ils baissèrent tous les
yeux, incapables de soutenir ma colère.
— Qu’est-ce qu’elle veut dire ? De quoi elle parle ? demandai-je, ma voix
cassée par l'angoisse.
Ils échangèrent des regards fuyants. Puis l’un d’eux, plus timide que les autres,
murmura, presque honteux :
— Tu… tu ne savais pas ?
Le monde s’effondra autour de moi. Mon cœur fit une pause, comme un coup de poing
dans la poitrine.
— Savoir quoi ?
Les mots tombèrent comme un couperet froid.
— On dit que… toi et Bradley… vous n’étiez pas vraiment frère et sœur.
L’air sembla se déchirer. Mes mains tremblaient tandis que le sol sous mes pieds
s’effritait. Je restai figée, incapable de comprendre. C'était absurde, ridicule.
Et pourtant, leurs yeux
brillaient d’une conviction glacée. Ils croyaient à cette rumeur.
Je me levai, mes jambes me portant sans que je puisse les contrôler. Je partis en
courant, hors de l’école, hors de tout. Mes pas résonnaient dans ma tête, un écho
furieux.
À la maison, la vérité me faisait face.
Mes mains tremblaient alors que je fouillais, retournant chaque tiroir, chaque
recoin. Il y avait quelque chose ici, quelque chose que je n’étais pas censée
trouver. Je le savais. Je le sentais. L’air semblait plus lourd, comme si la maison
elle-même retenait son souffle.
Et puis, sous une pile de papiers froissés, entre des factures oubliées et
d’anciens carnets d’école, je le vis.
Un simple document, jauni par le temps. Mon regard parcourut les lignes à toute
vitesse, mon cerveau refusant d’assembler les mots ensemble.
L’acte de naissance de Bradley. Je clignai des yeux. Puis encore. Bradley Pearl.
Pas Crackford.
Mon estomac se tordit. Ce n’était pas possible. Ça devait être une erreur, un
malentendu… Pourtant, noir sur blanc, les noms de ses parents étaient là. Pas les
nôtres.
Tout ce que je croyais savoir sur mon frère s’effritait sous mes yeux. Et puis, la
porte s’ouvrit.
Un courant d’air glacial balaya la pièce, soulevant légèrement les feuilles
éparpillées sur le sol. Ma mère se tenait là, figée dans l’encadrement, son visage
pâle comme un fantôme. Pendant un instant, elle ne dit rien. Ses yeux, d’ordinaire
si durs, vacillèrent.
Puis elle vit le papier entre mes doigts.

D’un bond, elle se précipita sur moi et l’arracha violemment.


— Ne fouille plus jamais dans mes affaires !
Sa voix claqua comme un coup de fouet. Son souffle était court, ses doigts serrés
sur le document comme si elle voulait le faire disparaître à jamais.
— C’est quoi, ça ? Ma voix tremblait autant que mes mains.
— Ce n’est rien.
Mais ce n’était pas rien. C’était tout.
Je scrutai son visage, cherchant une réponse, une explication… Mais derrière sa
colère, il y avait autre chose. Quelque chose que je n’avais jamais vu chez elle.
La peur.
Je restai là, figée. Une seule question hurlait dans mon esprit. Qui était vraiment
Bradley ?

Le lendemain, à l’école
La rumeur s’était répandue comme une traînée de poudre.
Je traversais la cour, le regard rivé sur mes chaussures, sentant les murmures
m’envelopper comme une brume. Mes amis étaient là, à m’attendre, mais aucun ne
parlait. Ils savaient que quelque chose clochait.
Et moi, j’avais l’impression d’être à mille lieues d’eux. Puis, tout bascula.
Le bruit des pas résonna dans le couloir. Des pas lourds, déterminés. La porte de
la classe s’ouvrit brusquement, claquant contre le mur dans un silence brutal.
Deux policiers se tenaient là.
L’un était grand, les traits durs et sévères, son regard perçant braqué sur moi.
L’autre, plus petit, plus nerveux, gardait la main posée sur sa ceinture, comme
s’il s’attendait à ce que je m’enfuie. L’air dans la pièce sembla s’épaissir.
— Amber Crackford ? Ma gorge se serra.
— C’est moi.
Le grand policier hocha la tête d’un air grave, comme s’il validait une évidence.
— Vous êtes en état d’arrestation. Mon souffle se coupa.
Un silence écrasant tomba sur la salle. Tous les regards étaient braqués sur moi,
figés d’incompréhension. Je sentis le sol trembler sous mes pieds.
— Quoi ? Pourquoi ? Ma voix s’étrangla sur les derniers mots.
L’autre policier haussa les épaules, comme si la réponse était évidente.
— Vous êtes suspectée du meurtre de votre frère, Bradley Crackford. Le monde
s’effondra.
Je voulus parler, protester, dire que c’était absurde, impossible… Mais aucun son
ne sortit de ma bouche.
Des murmures s’élevèrent autour de moi, une vague de choc et d’incompréhension.
— C’est... c’est impossible. Ma voix était à peine un souffle. Bradley. Mon
frère.
J’étais incapable de bouger, incapable de respirer.
Les menottes cliquetèrent. Le métal froid entoura mes poignets. Et tout bascula
dans le néant.
Les policiers échangèrent un regard furtif. Puis, sans un mot, l’un d’eux attrapa
brutalement les poignets d’Amber et serra si fort qu’elle en grimaça.
— On n’est pas là pour discuter, mademoiselle, trancha le plus petit, son
regard froid comme un hiver sans fin.
Amber sentit son souffle s’accélérer.
— Je n’ai pas tué Bradley, répéta-t-elle, sa voix brisée par la peur. Je vous
le jure.
Mais ils ne l’écoutaient pas. Ils la traînèrent hors de la pièce comme si elle
n’était qu’un objet encombrant, la poussant dans le couloir faiblement éclairé du
commissariat.
Le carrelage était glacé sous ses pieds. L’air pesait, lourd d’un silence
oppressant.

— Pourquoi... pourquoi moi ? murmura-t-elle, plus pour elle-même que pour eux.
Ils ne répondirent pas.
Ils l’entraînèrent dans une petite pièce aux murs ternes. Une ampoule blafarde
oscillait lentement au plafond, projetant des ombres inquiétantes. La porte claqua
derrière elle, résonnant comme un coup de marteau scellant une sentence
irrévocable.
Le froid des menottes mordait ses poignets. Assise sur une chaise dure, Amber
sentait la peur ramper sur sa peau.
Un policier s’adossa au mur, les bras croisés, l’air indéchiffrable.
— Alors, Amber… t’as quelque chose à dire ? Elle serra les poings.
— Je n’ai rien fait.
Sa voix était plus ferme cette fois, mais même elle pouvait entendre le tremblement
caché sous sa détermination.
Le silence s’étira, aussi lourd qu’un orage prêt à éclater. Puis la porte s’ouvrit.
Amber retint son souffle.
Un homme entra, vêtu d’un costume sombre. Son visage était dur, inexpressif, mais
ses yeux… Ils portaient quelque chose d’indéfinissable.
Elle le reconnut immédiatement. Son estomac se tordit.
— Mademoiselle Flora affirme que vous l’avez vue avec Bradley. Le sol sembla se
dérober sous ses pieds.
— Quoi ?!
L’homme s’approcha lentement, chaque pas résonnant dans la pièce comme un glas.
— Elle dit que vous étiez furieuse. Que vous avez vu votre frère l’embrasser…
dans les bois. Amber sentit son cœur s’arrêter.
— C’est faux ! s’écria-t-elle.
L’homme pencha légèrement la tête, un sourire à peine perceptible effleurant ses
lèvres.
— Vraiment ?
Il la fixa, ses mots plus tranchants que des lames.
— Alors pourquoi n’étiez-vous pas avec les autres au moment où il est mort ? La
pièce se mit à tourner autour d’elle.
— Vous l’avez suivi, n’est-ce pas ? poursuivit-il, implacable. Peut-être sous
le coup de la colère… Peut-être que vous l’avez tué.
Amber sentit ses jambes faiblir.
— Non… je… je n’ai jamais…
Les visages des policiers étaient des masques impassibles. Aucun n’offrait la
moindre lueur de compassion.
Puis, soudainement, un bruit assourdissant retentit. Un courant d’air glacial
balaya la pièce.
Amber sursauta, son souffle coupé. Et il était là.
Dans l’ombre, juste derrière l’homme au costume. Lui.
Celui qui l’avait sauvée.
Celui qui n’aurait jamais dû être ici.
Il émergea lentement, ses yeux brillants d’une lueur surnaturelle, comme deux
éclats de lune dans la pénombre.
— Qu’est-ce que tu fais ici ? souffla-t-elle, la voix brisée.
Il avança d’un pas, indifférent aux regards figés des policiers.
— Je suis là pour t’aider.
Sa voix était calme, presque trop calme. Comme une promesse gravée dans la pierre.
Amber sentit ses jambes céder.
— Qui es-tu ?
Il ne répondit pas immédiatement. Son regard se posa sur elle, intense et
insondable.
— Celui qui va te sortir de ce piège.

Puis, comme s’il écoutait un ordre invisible, il se redressa et tendit la main.


— Monte sur mon dos.
Amber ouvrit la bouche, abasourdie.
— Quoi ?!
— Fais-moi confiance.
Un bruit de bottes résonna derrière eux.
Les policiers s’étaient réveillés de leur stupeur.
— Attrapez-les ! hurla l’un d’eux. Mais c’était trop tard.
L’inconnu s’élança.
Le monde disparut dans un tourbillon.
La lumière crue de l’interrogatoire, les voix furieuses des policiers, le bruit
métallique des menottes tombant au sol… tout s’effaça.
Amber ne sentait plus le sol sous ses pieds. Le vent hurlait autour d’eux.
La ville, les sirènes, la peur… tout disparaissait. Ils montaient, montaient, dans
un vide infini.
Puis, l’obscurité fit place à une lumière irréelle. Amber ouvrit lentement les
yeux.
Et là, devant elle, s’étendait un autre monde.
Une mer immense, calme comme un lac endormi, miroitait sous un ciel d’un bleu
irréel. Le sable sous ses pieds était tiède, presque soyeux.
Au loin, un bateau solitaire se balançait sur les vagues immobiles.
Et tout autour, des silhouettes silencieuses, immobiles comme des statues de
pierre, fixaient l’horizon.
Amber avala sa salive, tentant de reprendre son souffle.
— Où sommes-nous ? murmura-t-elle.
Le jeune homme se tourna vers elle, un éclat étrange dans les yeux.
— Quelque part où ils ne peuvent pas t’atteindre. Amber frissonna.
Elle savait qu’elle venait d’entrer dans un monde dont elle ne comprendrait jamais
toutes les règles.
Il tourna les yeux vers moi. Son regard, aussi tranchant que la lame d’un poignard,
portait un éclat d’urgence. Ses lèvres s’ouvrirent, mais aucun son ne franchit leur
seuil. Les mots
semblaient mourir avant d’exister.
— Je n’ai pas le temps d’expliquer.
Sa voix était froide, tranchante. Comme la mer avant une tempête.
Un frisson parcourut mon échine. Nous n’étions pas en sécurité. Pas ici. Peut-être
nulle part. Pourtant, ce lieu m’appelait, d’une manière inexplicable, comme si
quelque chose, quelqu’un, m’attendait au bout du chemin. Était-ce la fin de tout…
ou le début d’un voyage que je ne pouvais plus éviter ?
J’étais déjà perdue dans ce monde. Il ne me restait plus qu’à m’y abandonner.

Il avait une allure étrange, irréelle.


Sa peau pâle luisait comme l’écume d’une mer morte, et ses traits semblaient
taillés dans l’ivoire, figés dans le sel et le vent d’un autre âge. Pourtant, dans
ses yeux se cachait une tempête, un orage silencieux de secrets qu’il ne
partagerait jamais.
Il ne me regardait plus. Il parlait à un autre. Une silhouette voilée par les
brumes, son visage masqué par l’obscurité.
— La fille que je dois faire passer est en danger, déclara-t-il. Il faut
l’amener au High Dark. C’est une urgence.
L’autre releva la tête, son regard perçant la brume.
— High Dark ?

Un éclair d’agacement traversa les yeux du passeur.


— Silence.
Sa voix claqua dans l’air, comme un coup de vent fauchant une voile tendue. L’autre
se tut aussitôt.
— High Dark, répéta-t-il d’une voix plus posée. Nous avons trop de passagers.
Il faut les déposer ailleurs.
— Je vous en prie, elle est en danger !
Il y avait quelque chose d’étrange dans son ton. Une peur qu’il tentait de masquer.
Une urgence qui dépassait la simple survie.
Ils parlaient de moi.
Moi, une simple silhouette dans leur conversation, un fardeau à transporter.
— D’accord, céda finalement l’autre. Vous passerez avant les autres.
Un grondement parcourut la foule. Des protestations montèrent comme des vagues
prêtes à se fracasser sur les rochers.
— Ce n’est pas notre problème ! siffla une voix acerbe. Nous avons payé pour
partir en premiers !
Je les observai, ces passagers anonymes, secoués comme des poissons pris au piège
dans un filet.
Et puis, mon regard se posa sur lui. Mon étrange sauveur. Un rire m’échappa.
C’était absurde.
Ils tournèrent tous la tête vers moi, déconcertés.
Mais c’était plus fort que moi. Ce rire, amer et nerveux, s’échappait de ma gorge
comme un oiseau affolé.
— Eh ! Ça va pas ? lâchai-je en essayant de reprendre mon souffle. Il
m’observa, surpris.
— Je me bats pour te sauver, et toi tu ris ?
Un sourire fugace passa sur son visage, comme une ombre glissant sur l’eau.
Puis, sans prévenir, il se baissa et ramassa une pierre à ses pieds. Il la lança
violemment dans les flots noirs.
Le son résonna dans l’air, final, irrévocable.
— Point final ! tonna-t-il. Ils montent en premier. Soyez compréhensifs, pour
une fois.
Un murmure d’indignation parcourut la foule.
— Mais ce vaisseau ! C’est quoi, ce truc ?! On a payé pour être les premiers,
et voilà qu’on finit derniers !
Le passeur se retourna lentement. Son regard était acéré, tranchant comme la lame
d’un couteau fraîchement aiguisé.
— Cette fille est en danger, déclara-t-il. Si on ne la dépose pas à temps, une
tempête bien plus grande pourrait se lever.
Le silence tomba, aussi lourd qu’un ciel d’orage.
L’équipage échangea des regards, un frisson invisible parcourant l’air. Comme s’ils
savaient. Comme si cela s’était déjà produit avant.
Enfin, sans un mot de plus, ils se rangèrent sur le côté. Je grimpai à bord.
Dès que je posai le pied sur le pont, tout changea.
Le vaisseau, d’abord modeste, sembla respirer. Ses voiles se gonflèrent d’un vent
invisible. Son bois, noir et lisse comme une mer d’encre, s’étira, se grandit, se
sculpta sous mes yeux. Puis, un éclat de lumière jaillit du fond du navire.
Je reculai, aveuglée.

C’était une lumière trop intense, trop réelle. Elle frappait ma peau comme un feu
liquide, éclatante et implacable.
Quand je rouvris les yeux…
Le château était là.
Flottant dans l’océan de lumière.
Ses tours noires perçaient les flots, aussi majestueuses que menaçantes. Des
escaliers de marbre s’enroulaient comme des vagues figées, montant vers l’inconnu.
Des portraits pendaient aux murs, vivants, leurs regards voilés d’ombres
insondables. Je suivis mon sauveur à l’intérieur.
Ses pas résonnaient dans l’air lourd, comme le battement d’un cœur invisible. Il
marchait avec assurance, comme s’il connaissait ce lieu mieux que lui-même.
Moi, en revanche, j’avais l’impression de flotter. Tout était mouvant. Les murs
changeaient.
D’abord blancs, éclatants… puis noirs comme une nuit sans lune. Je frissonnai.
— Ne touche à rien, dit-il brusquement. Sa voix était une ancre dans la
tempête.
— Pourquoi ? demandai-je, méfiante. Il ne ralentit pas.
— Parce que certaines choses ici… ne demandent qu’à être réveillées.
Un frisson me parcourut.
Nous tournâmes dans un long couloir. C’est alors que je la vis.
La femme du portrait.
Elle était grande, drapée de blanc, son visage auréolé d’une lumière irréelle. Mais
ce n’était pas ça qui me glaça le sang.
C’étaient ses yeux.
Des yeux qui me regardaient vraiment.
Un battement de cœur. Un souffle suspendu. Puis… elle bougea.
Je fis un pas en arrière.
— Mon Dieu ! Elle bouge !
Je me retournai vers lui, tremblante.
— C’est un fantôme ?
Il ne répondit pas.
Son regard était perdu, fixé sur l’inconnue.
Puis, d’une voix presque trop calme, il murmura :
— Non.
Son souffle se fit plus court.
— C’est bien pire que ça.
Il ne répondit pas tout de suite.
Son regard se durcit, s’assombrissant comme un ciel d’orage avant la tempête. Une
lueur glaciale traversa ses yeux, une ombre fugace, un avertissement silencieux.
Puis, d’une voix basse et tranchante, il murmura :
— Tais-toi.
Je me raidis.
Avant que je ne puisse réagir, la dame bougea.
D’abord imperceptiblement. Une oscillation à peine visible, comme si la toile
frémissait sous un vent invisible.
Puis, sans prévenir, elle se détacha du cadre.

Elle sortit, littéralement, glissant hors du tableau comme une brume au matin,
silencieuse, aérienne, terrifiante. Ses pieds ne touchaient pas le sol. Son visage,
autrefois figé, s’anima lentement d’un sourire mince et énigmatique.
Elle s’approcha de la table, tendit une main pâle et saisit une pomme.
Croque.
Le bruit du fruit cédant sous ses dents résonna dans l’air. Un son à la fois banal…
et profondément dérangeant.
Un frisson glacé s’étira le long de ma colonne vertébrale.
— Amber…
Je sursautai.
Elle connaissait mon nom.
— Elle connaît mon nom, murmurai-je, le souffle court.
Autour de moi, l’air sembla s’épaissir. Une brise glacée frôla ma peau, me donnant
l’impression d’être observée, comme si des yeux invisibles s’ouvraient tout autour
de moi. Mon sauveur ne broncha pas.
— Tout le monde ici connaît ton nom, Amber.
Sa voix était calme, mais inflexible, glaciale, comme si cette information devait
être une évidence.
Je tanguai, mon esprit pris dans un tourbillon. Quelque chose n’allait pas. La
pièce bascula. Mon corps bascula.
Je tombai.
Et l’obscurité m’engloutit.

Quand mes yeux se rouvrirent, tout semblait irréel.


Comme si le monde lui-même flottait entre deux dimensions, figé dans un entre-deux
incertain.
Ils étaient là.
Les créatures.
Celles que j’avais aperçues en rêve. Mais elles n’étaient plus les mêmes. Elles
souriaient.
Des sourires trop grands, trop figés, trop faux.
Mon estomac se tordit. Quelque chose en elles sonnait faux, profondément faux,
comme si elles s’imitaient elles-mêmes sans vraiment comprendre comment un sourire
devait fonctionner.
Mon sauveur restait immobile, ombre parmi les ombres.
— Je rêve ? demandai-je, la voix tremblante.
Il tourna lentement la tête vers moi, son expression indéchiffrable.
— Non, tu ne rêves pas.
Son ton était neutre. Trop neutre. Comme si cela n’avait aucune importance. Une
créature s’avança.
Elle était… indescriptible. Comme un dessin d’enfant trop appuyé sur le papier, ses
formes semblaient floues, trop nettes à la fois, comme si elle n’avait pas encore
décidé de son apparence définitive.
Elle pencha la tête, m’observant avec une curiosité enfantine, et ouvrit la
bouche :
— Moi, c’est Victor. Enchanté, Amber.
Sa voix était douce, presque chantante. Mais il y avait quelque chose derrière,
quelque chose d’indéfinissable, comme si ce n’était pas la première fois qu’il
disait ça.
Je le fixai.
Je fixai tout autour de moi, le décor, les visages, l’atmosphère elle-même.

C’était un piège.
Et pourtant… je ne savais pas encore de quel genre.
— Tu as une drôle de tête, ajouta Victor, toujours penché sur moi. Tu devrais
boire quelque chose.
— Oh, elle va boire quelque chose, c’est certain !
Une nouvelle voix éclata dans la pièce, forte et joyeuse, résonnant dans l’air
comme une vague frappant les rochers.
Je tournai la tête.
Une femme massive s’avançait, ses robes flottant derrière elle comme des voiles de
bateau. Son sourire était large, ses joues rondes et rouges comme des pommes trop
mûres.
— Moi, c’est Big Mama ! déclara-t-elle en riant.
Le son de son rire rebondit sur les murs, trop fort, trop gai, comme un carillon un
jour de tempête.
Elle claqua des doigts, et une petite fille apparut, portant une tasse de café
fumante. Elle s’approcha sans un mot et me la tendit.
Je la regardai avec méfiance.
Son regard était insondable, trop sérieux pour un enfant. Elle savait quelque chose
que moi, j’ignorais.
Je pris lentement la tasse.
À l’intérieur, une cuillère tournait toute seule, dessinant des spirales parfaites
dans le liquide noir.
— Qu’est-ce que c’est que cet endroit ? demandai-je enfin.
Big Mama haussa les épaules, comme si la question n’avait aucune importance.
— Tu poses trop de questions, grogna mon sauveur.
— Oh, laisse-la donc parler ! protesta Big Mama, un sourire mystérieux au coin
des lèvres.
Il est bon de questionner le monde.
Elle tapota la table, et la petite fille revint avec un catalogue poussiéreux. Elle
le posa devant moi avec une lenteur calculée.
Big Mama y posa un doigt et le fit glisser jusqu’à un petit point rouge sur une
carte jaunie.
— Regarde ici, Amber.
Elle marqua un temps, me laissant absorber l’information avant d’ajouter, d’une
voix plus grave :
— Clirk Dark.
Son sourire s’effaça légèrement, comme si elle venait de prononcer le nom d’un lieu
interdit.
— C’est notre destination.
Un silence s’installa.
Je sentis mon cœur battre plus vite.
Il y avait quelque chose, quelque chose de dangereux, dans la manière dont elle
l’avait dit.
— C’est la plus grande embarcation de toute la contrée, ajouta-t-elle avec un
sourire un peu trop large. Aucun danger. Tu pourras aller où tu veux, même dans les
endroits les plus sombres… là où les vagues sont cruelles.
Mon regard se planta dans le sien.
Ce n’était pas un simple avertissement. C’était un test.
— Les endroits les plus sombres, hein ? rétorquai-je avec un sourire ironique.
J’adore les visites touristiques.
Un silence suivit.
Puis, Big Mama éclata de rire. Mais cette fois, il sonnait faux.
Comme un rideau qui se lève trop vite.

— Eh bien, ma chère, tu verras bien par toi-même.


Et je compris que je venais de mettre un pied dans un monde dont il serait
impossible de sortir indemne.
.
Les Ombres du Passé
Le café se répandait lentement sur la couverture, s’étirant comme une tâche
d’encre, noire et menaçante.
Big Mama poussa un long soupir, un souffle lourd, fatigué, comme si elle portait
sur ses épaules un fardeau ancien et douloureux.
— Il y a des années, dit-elle d’une voix qui semblait résonner au-delà de la
pièce, une contrée a été dévastée par le plus grand massacre que ce monde ait
connu. Une mer de sang.
Ses paroles laissèrent une trace glacée dans l’air. Un silence s’installa.
— Une armée de créatures cruelles est venue tout détruire. Elle s’interrompit
un instant, ses yeux s’assombrissant.
— Aujourd’hui, il ne reste plus que dix habitants.
Elle marqua une pause, comme si ce simple chiffre pesait dans sa gorge.
— Dix. Pas un de plus.
Je faisais tourner ma cuillère, traçant des cercles dans l’abîme sombre de mon
café. Dix personnes.
Dix survivants.
Un frisson parcourut mon échine.
Big Mama se crispa légèrement, et dans un murmure presque inaudible, elle ajouta :
— Et ils arrivent.
Le silence devint écrasant.
— Ils veulent tout détruire.
Ses doigts se crispèrent sur la table.
— Forcer les contrées à obéir.
Elle se pencha légèrement vers moi, ses yeux brillant d’une lueur d’horreur
contenue.
— Mais nous avons peur, Amber… peur qu’ils viennent ici. L’air devint glacé.
Un courant d’air souleva quelques feuilles de papier, et je sentis un frisson plus
profond, plus viscéral.
Je déglutis, et avant que je ne puisse répondre, elle reprit, d’un ton tranchant :
— Faites attention, Mademoiselle Amber. Je sursautai.
Elle désigna du menton la couverture.
— Cette étoffe coûte cher. Je clignai des yeux.
C’était ça, son souci ?
Un ricanement nerveux s’échappa de mes lèvres.
— C'est un peu tard pour parler de ce genre de détails, non ?
Elle me fixa longuement, son regard devenant aussi dur que l’océan prêt à se
déchaîner.
— Qui sont ces gens ? demandai-je lentement. Qu’est-ce qu’ils veulent ? Je
savais que la réponse ne me plairait pas.
Le silence s’intensifia, s’épaissit.
Puis, brusquement, mon sauveur se leva.
Il s’éclaircit la gorge et déclara d’une voix autoritaire :
— Ça suffit. On monte.
Je haussai un sourcil.
— Monter où ?
Mon ton était moqueur, mais un soupçon d’inquiétude se glissa malgré moi dans ma
voix.
Il se contenta de répondre avec une fausse douceur, comme si j’étais une enfant
trop fragile pour comprendre :
— Ce n’est pas le moment.

Il ajusta ma couverture, puis, sans un mot de plus, se retourna et claqua la porte


derrière lui. Le bruit résonna dans l’air, aussi sec et froid qu’une gifle.
Je me retrouvai seule.
Seule avec eux.
Big Mama. Les créatures.
Leurs regards posés sur moi, curieux, inquisiteurs, trop insistants. L’air devenait
lourd, presque suffocant.

Un Monde Sans Logique


Je me levai précipitamment, une vague d’angoisse me prenant au ventre. Il fallait
que je sorte.
Que je m’éloigne de cet endroit.
Mais en marchant vers les toilettes, je réalisai quelque chose. Mes chaussures
avaient disparu.
À leur place…
Un balai en forme de gobelet. Je plissai les yeux.
Non.
Ce n’était pas possible.
Une créature s’approcha de moi, un sourire espiègle étirant son visage étrange.
— Désolée, Mademoiselle, mais ici, pour aller aux toilettes, on porte ça. Je la
fixai, immobile, tentant de processer l’information.
— Je ne vais pas porter ça, déclarai-je fermement. Ma voix tremblait
légèrement.
La créature pencha légèrement la tête, son sourire s’élargit. Un peu trop.
— Je sais bien que sur Terre, vous ne mettez pas ça.
Sa voix était mielleuse, mais une pointe menaçante s’y glissait.
— Mais ici, c'est la règle.
Je savais qu’il ne fallait pas discuter. Ce monde n’avait aucune logique.
Je poussai un long soupir, résignée.
— Très bien.
La créature se redressa, satisfaite.
— C’est mieux.
Chaque pas que je faisais m’éloignait un peu plus de la réalité. Chaque pas
m’enfonçait un peu plus dans l’absurde.
Les Abysses de la Tentation Je me tenais là.
Au bord du vieux rafiot.
L’air froid fouettait mon visage.
Les vagues déchaînées brillaient sous la lueur pâle de la lune. Je n’avais rien
choisi.
J’étais spectatrice d’un film absurde, un film où tout était étrange, dérangeant.
Et si je plongeais ?
Qu’avais-je à perdre ?
Je me penchai lentement. L’eau m’appelait.
Douce et sombre.
Un refuge.
Liberté...
Un murmure dans ma tête. Je fermai les yeux.
Puis, une main me saisit brutalement.

Elle m’arracha en arrière avec la force d’une corde tendue.


— Qu’est-ce que tu fais ? Sa voix glacée fendit l’air. Je relevai les yeux.
Mike.
Toujours là.
Comme une ombre indestructible.
Il ne bougeait pas, mais son regard de pierre me donnait la sensation qu’il
contrôlait tout.
— Je veux partir, soufflai-je. Tu peux bien le vouloir ou non, mais moi, j’ai
des projets. Il sourit.
Un sourire arrogant.
— Tu ne peux pas partir d’ici. Je levai les yeux au ciel.
— Ah oui ? Qui décide ? Le grand maître de la mer et du chaos ? Il haussa les
épaules.
— Tu as le choix.
Sa voix était lente, calculée.
— Te jeter dans l’eau et disparaître dans une dimension que tu ne comprendras
jamais... Il marqua une pause.
— Ou rester ici avec moi. Il me fixa.
— Bonne chance pour survivre seule. Je le regardai.
Un éclat de rire amer m’échappa.
— Un bateau qui tangue, des requins en céramique, et toi comme chef de ce
cirque ? Je fis une pause, plissant les yeux.
— T’es mal barré, mon vieux. Il sourit.
— La vie, Amber, est une question de choix. Un silence.
Puis je basculai en avant. L’eau m’engloutit.
Froide. Écrasante.
Mais alors que je sombrais…
Quelque chose me tira vers la surface.
Je fus arrachée à l’océan par une force invisible.
Quand j’ouvris les yeux, Mike me tenait dans ses bras. Son regard brillait d’une
lueur indéchiffrable.
— Tu n’aurais pas pu me sauver avant ? lançai-je, furieuse. Il haussa les
épaules.
— Tu voulais te débrouiller, non ? Je le fusillai du regard.
— T’es vraiment un imbécile. Il sourit.
— Je sais.
Plongée dans l’inconnu Mike ne bougea pas.
Son sourire s’élargit, presque cruel, comme un chat jouant avec une souris.
— La vie, ma chère, c’est un choix.
Sa voix était un murmure de velours, piqué d’ironie.
— Tu peux tout effacer d’un coup… ou rester coincée ici, avec moi. À toi de
voir. Son regard était indéchiffrable.
Je sentis un frisson de rage monter en moi.
— Ah, tu veux vraiment que je reste là ? soufflai-je, mon ton tranchant comme
une lame. Sans un regard en arrière, je me jetai dans l’eau.
L’obscurité m’engloutit.

L’eau était glacée, chaque onde un étau qui m’écrasait, m’aspirait vers le fond.
Là-dessous, tout était silence et néant.
Un instant, la panique monta.
Mais un autre sentiment l’éclipsa : un étrange soulagement.
Je laissai mon corps se détendre, portée par les courants invisibles.
Peut-être que cette mer m’offrirait enfin la paix que ce monde brisé ne semblait
pas capable de me donner.
Peut-être que je… Non.
Pas question.
Pas question de mourir ici.
Pas question de finir comme ces statues de requins, figées pour l’éternité dans
l’incompréhensible.
Je luttai, repoussant le froid, repoussant la tentation de sombrer. Puis, je sentis
un regard sur moi.

Spectateurs silencieux
Sur le pont, Big Mama observait la scène. Immobile.
Son expression était indéchiffrable.
À ses côtés, ses créatures grotesques fixaient l’eau, les yeux vides d’émotion.
— Que va-t-on faire ? murmura Big Mama, d’un ton presque curieux. Comme si
j’étais un simple insecte sous une loupe.
L’une des créatures haussa les épaules.
— Laissons-la se débattre. Elle apprendra.
Son ton était détaché, comme si tout cela n’avait aucune importance. Une autre
voix, plus basse, plus sombre, résonna :
— Elle va mourir.

L’instant où tout bascula


Avant que je ne puisse réagir, une force invisible m’arracha à l’eau. Un choc
brutal.
Je fus propulsée hors des vagues, projetée dans les airs comme une marionnette sans
fil.
Je flottai un instant, suspendue entre ciel et mer, comme si le monde entier
retenait son souffle. Puis…
Le sol heurta mon dos.
Je roulai sur le bois du pont, trempée, suffocante. Mon cœur battait furieusement.
Je toussai, crachant l’eau salée. Quand je relevai la tête, il était là. Mike.
Ses bras m’avaient rattrapée, et ma tête était contre son épaule. Son manteau
sentait le cuir et l’orage.
L’espace d’un instant, je ne bougeai pas.
Il me regardait, ses yeux brillants d’une lueur que je ne parvenais pas à
déchiffrer. Comme s’il savait quelque chose que j’ignorais encore.

Duel verbal
— Tu n’aurais pas pu me sauver avant ? lançai-je, la voix mordante. Il haussa
les épaules, impassible.
— Tu as dit que tu pouvais te débrouiller. Un sourire en coin, insupportable.
— Alors je t’ai laissée faire. Il marqua une pause.
— De quoi tu te plains ?

Je le fixai.
L’eau ruisselait sur ma peau, gelée. La colère brûlait en moi.
— Tu es un imbécile.
Mes doigts se crispèrent sur le tissu détrempé de sa veste.
— Un misérable.
Son sourire s’agrandit, froid, amusé.
— J’accepte le compliment avec plaisir, ma belle. Puis, son ton se fit plus
sérieux :
— Mais pour l’instant, tu restes sur ce bateau. D’accord ? Je pris une
inspiration brûlante de frustration.
Puis, d’un ton acerbe :
— Bien sûr. Bien sûr.
Je me redressai légèrement, le défi dans le regard.
— Mais dis-moi ton nom, au moins.
— Pourquoi ?
— Parce que tu me sauves à chaque fois. Et je suis censée ignorer comment tu
t’appelles ? Il me fixa un instant.
Un éclair d’hésitation traversa son regard. Puis, dans un soupir las :
— Mike.
Je répétai lentement :
— Mike…
J’attendis un instant.
Puis, d’un ton délibérément léger :
— C’est un joli prénom.
Il leva les yeux au ciel.
— Ça va, le romantisme ?
Je haussai les épaules, un sourire moqueur aux lèvres.
— J’ai juste complimenté ton prénom. Tu pourrais dire merci. Il sembla à la
fois agacé et amusé.
— Non. Pas de familiarité. Son regard redevint dur.
— Je suis Mike. C’est tout.
Je pris un air faussement innocent.
— Ok, Mike.
Un silence.
Puis, sans prévenir :
— Le grand Mike.
Son œil tressaillit légèrement.
— Tu me fatigues déjà.
Je lui lançai un regard pensif, presque provocateur.
— Je me demande comment ta copine fait. Elle doit vraiment souffrir. Il
s’arrêta net.
Je vis une tension infime passer sur son visage.
— Je n’ai pas de copine.
Je feignis une surprise exagérée.
— Oh, vraiment ?
Un sourire taquin effleura mes lèvres.
— C’est fascinant.
Puis, plissant les yeux, légèrement moqueuse :
— Serait-ce… une malédiction, peut-être ? Il détourna le regard.
Mais quelque chose avait changé dans son attitude. Je le sentis.
Je ne savais pas encore quoi.

Mais il cachait quelque chose.


Sa voix, quand il parla à nouveau, était plus basse.
— Crois-moi, Amber…
Son regard se perdit un instant vers l’horizon.
— Quand on arrivera là où on doit aller… Son ton était étrange.
Presque… mélancolique.
— Tu comprendras.
Un frisson me parcourut.
Je ne savais pas encore si je voulais comprendre. Le Dîner des Ombres
Je fis un geste de la main, comme pour balayer ses paroles.
— Je n’ai pas besoin de tes prophéties, merci bien. Mike ne répondit pas.
Mais une ombre bougea dans l’embrasure de la porte. Big Mama.
Elle trônait là, imposante, massive, une montagne de tissu et d’autorité.
Ses yeux brillaient d’une intelligence indéchiffrable, et derrière elle, ses
créatures silencieuses attendaient, tenant des plateaux chargés de plats
mystérieux.
L’odeur qui s’en dégageait était riche, épicée, mais il y avait quelque chose de
troublant dans ces effluves.
— Le dîner est servi.
Sa voix résonna dans l’air comme une cloche funéraire.

L’illusion du confort Je n’avais pas faim.


Comment aurais-je pu l’être après tout ce chaos ?
Mais ce monde avait ses règles, et parfois, mieux valait suivre le courant. Alors
je pris place.
La chaleur de la pièce m’assaillit immédiatement, lourde, étouffante.
Les assiettes fumantes parsemaient la table, baignées dans une lumière tamisée qui
me semblait… trop parfaite.
Les créatures ne prêtaient guère attention à moi. Mais Big Mama, elle…
Elle me fixait.
Ses yeux, perçants comme des lames, semblaient peser chaque battement de cil,
chaque respiration.
— D’habitude, elles sont plus turbulentes. Sa voix était posée, presque
pensive.
Puis, elle sourit.
— Mais toi, tu es… différente.
Sa phrase flotta un instant dans l’air, suspendue, pleine de sous-entendus
inquiétants. Un frisson glissa lentement le long de ma colonne vertébrale.

L’éclat de verre
Puis, sans prévenir, un bruit fendit le silence. Un verre tomba.
L’éclat cristallin de la porcelaine qui se brise contre le sol résonna comme un
coup de tonnerre. Victor — c'était bien son nom, non ? — resta figé, horrifié,
comme s’il venait de commettre un crime irréparable.
Big Mama explosa.
Sa voix fendit l’air comme un fouet.
— Ne refais plus jamais ça !
Un frisson traversa toute la salle. L’air lui-même sembla se figer.
La tension était devenue presque palpable, comme un fil prêt à céder sous la
pression.

Le chaos était toléré, ici. Mais il devait être contrôlé.


Le désordre n’avait pas sa place dans cet univers. Elle se tourna brusquement vers
moi.
— Comment vous mangez sur Terre, hein ? Je levai les yeux vers elle, les
défiants.
— Comme vous, je suppose. C’est pas si compliqué. Un éclat d’amusement passa
sur son visage.
Puis, lentement, elle sourit.

Un piège qui se referme Son sourire était… étrange. Presque tendre.


Comme une mère qui observe un enfant faire ses premiers pas.
— Oh, elle est timide, j’adore ça.
Elle tourna la tête vers Mike, sournoise.
— Bien plus sage que les autres que tu nous amènes. Un frisson glacé remonta ma
nuque.
Je me figeai.
Puis, lentement, je tournai la tête vers Mike. Mon sourire était acide.
— Ah, donc tu ramènes d’autres filles ici ?
La phrase s’éleva dans l’air comme une menace invisible. Le silence tomba
brutalement.
Je vis les muscles de Mike se tendre.
Big Mama sirota sa boisson, observant la scène comme un spectacle. Mike tenta de
briser l’instant, mal à l’aise.
— Si on arrêtait de parler et qu’on mangeait, ce serait mieux. Je penchai la
tête, feignant l’innocence.
— Oh, bien sûr, on pourrait faire ça… Mon regard plongea dans le sien.
— Mais j’ai l’impression que ce n’est pas vraiment ce que tu veux. Son
expression se referma.
L’atmosphère devint lourde.
Big Mama laissa échapper un soupir dramatique, balayant l’air d’un geste de la
main.
— Ah, la nourriture n’est pas sacrée sur Terre ? Elle adressa un sourire
moqueur à Mike.
— Si, si, c’est sacré, répondis-je, mon ton faussement léger. Les tensions
s’apaisèrent.
Ou du moins, en apparence.
Le repas continua dans un semblant de tranquillité. Mais dans mon esprit, la
tempête faisait rage.
Qui étaient-ils vraiment ? Pourquoi étais-je ici ?
Et surtout…
Comment allais-je en sortir ?

Un monde sans repères


Lorsque le repas prit fin, je m’éclipsai discrètement, mon esprit saturé de
questions. En sortant, je levai les yeux vers le ciel.
Là-haut, tout était noir.
Mais un noir étrange, presque artificiel.
Un ciel d’encre, alors que l’heure ne devait être que quinze heures. Le temps ici
n’avait aucun sens.
Ou peut-être que ce n’était pas moi qui étais faite pour ce temps-là.
Une brume étrange, entre le rêve et la réalité…

Une voix m’appelait, me tirant du sommeil avec l’insistance d’un vent hurlant.
J’ouvris les yeux et me retrouvai sur le pont d’un navire, la mer déchaînée autour
de moi.
— Hé !
C'était Mike. Il criait mon nom, sa silhouette vacillant sous la tempête, les
bourrasques de vent arrachant ses paroles avant qu’elles ne m’atteignent.
Je voulus répondre, mais mes mots se perdirent dans le rugissement des vagues. Et
soudain, l’eau m’engloutit. Un tourbillon glacé m’aspira, m’entraîna dans un abîme
sans fin. Mon souffle me manqua, la pression écrasait ma poitrine…
Puis, je tombai. Pas dans l’eau. Dans le vide.
Le rire du vent résonna à mes oreilles. Une nouvelle aventure m’attendait.

Le château et la créature au chapeau blanc


Je suivis la silhouette au chapeau blanc à travers les couloirs sombres du château,
mes pas résonnant sur la pierre froide. Les murs semblaient se resserrer autour de
nous, étouffants, comme si l’endroit lui-même essayait de m’engloutir.
Aucune fenêtre. Aucune échappatoire.
Des torches vacillantes projetaient des ombres tremblantes sur les murs, créant
d’étranges formes qui disparaissaient dès que je tentais de les fixer. La créature
marchait d’un pas mesuré, presque irréel, sa silhouette flottant comme une
illusion.
Je ne savais pas où elle m’emmenait, ni pourquoi.
Puis elle s’arrêta. Une porte massive se dressait devant nous, sculptée de motifs
que je ne reconnaissais pas. D’un geste fluide, elle l’ouvrit sans effort.
— Tu vas rester ici, dit-elle d’une voix sifflante. Tout est prêt pour toi.
J’hésitai. Derrière cette porte, un piège m’attendait peut-être. Mais avais-je le
choix ?
La pièce qui se dévoila était froide et silencieuse. Une cheminée imposante trônait
dans un coin, mais elle était éteinte, recouverte de cendres blanches. Un fauteuil
en cuir craquelé reposait au centre, tourné vers une autre porte, plus massive
encore, semblant garder un secret plus ancien que le château lui-même.
— Il reviendra pour toi, ajouta la créature avant de disparaître dans l’ombre
du couloir. Le silence tomba, lourd comme une sentence.
Je posai mes affaires sur le fauteuil, tentant d’ignorer le frisson qui me
parcourait l’échine. Quelque chose n’allait pas. L’air sentait la poussière et le
fer rouillé, un mélange qui me rappelait une vieille cave abandonnée.
Puis, des pas.
Lents.
Réguliers.
Approchant.
Je me tournai juste à temps pour voir la porte s’ouvrir avec un grincement
sinistre.
Un homme entra. Grand, drapé dans un manteau noir, une capuche couvrant la moitié
de son visage. Seuls ses yeux brillaient sous la lueur tremblotante des torches,
d’un bleu si perçant qu’ils semblaient transpercer le noir.
Il m’observa un instant, puis murmura d’une voix grave, comme un écho venu d’un
autre temps :
— Tu n’es pas d’ici.
Mon cœur manqua un battement.
Il s’avança lentement, effleurant du bout des doigts les étagères poussiéreuses,
comme s’il cherchait quelque chose. Puis, il s’arrêta devant la cheminée et tourna
légèrement la tête vers moi.

— Mike t’a envoyée, n’est-ce pas ?


Je n’eus pas besoin de répondre. Il savait déjà.
Un sourire à peine perceptible se dessina sur ses lèvres. Un sourire froid,
dépourvu d’humour.
— Il ne t’a pas tout dit. Mon souffle se suspendit.
— Personne ne dit jamais tout, continua-t-il, baissant légèrement la tête. Et
crois-moi, parfois, c’est mieux ainsi.
Il fit un pas en arrière et posa la main sur la porte derrière lui.
— Viens. C’est là que tout commence.
Le Château aux Ombres
Je n’avais pas le choix. Ce château me tenait, et j’avais l’impression d’être une
mouche prise dans une toile invisible. Son silence n’était pas vide, il était
chargé de quelque chose d’inconnu, quelque chose qui m’épiait.
Mon cœur battait un rythme effréné alors que je franchissais la porte.
La créature au chapeau blanc avançait d’un pas souple et silencieux, comme si ses
pieds ne touchaient jamais vraiment le sol. Je la suivis à travers un labyrinthe de
couloirs, chaque virage me plongeant un peu plus dans l’inconnu. L’air était épais,
saturé de poussière et d’un parfum métallique indéfinissable.
Quelque chose n’allait pas.
L’impression d’être observée grandissait à chaque pas. Les ombres autour de nous
bougeaient à peine, mais elles bougeaient.
— « Des millénaires, tu dis ? » murmurais-je, en tentant de ne pas laisser
transparaître mon inquiétude.
La créature ne s’arrêta même pas.
— « Oui. Ce château a vu plus d’années que tu n’en compteras jamais. Et ses
habitants… » Elle laissa planer un silence, comme si elle choisissait ses mots avec
soin.
— « … disons qu’ils ne sont pas pressés de partir. »
J’ouvris la bouche, mais avant que je ne puisse poser la moindre question, elle
s’était volatilisée dans l’ombre, me laissant seule devant une porte entrouverte.
Je jetai un regard autour de moi. Mauvaise idée. Quelque chose dans le couloir me
regardait aussi.
J’entrai sans réfléchir.
L’air dans la pièce était différent. Plus dense. Il y avait une cheminée éteinte,
un fauteuil de cuir usé et des rideaux trop lourds pour être déplacés par le vent.
Pourtant, ils ondulaient légèrement.
Un bruit.
Je me retournai.
Une silhouette venait d’apparaître.
C’était une petite fille, pas plus haute que ma taille, avec une robe à volants et
des lunettes trop grandes qui glissaient sur son nez.
Elle me fixa un instant, puis éclata d’un rire cristallin.
— « Oh ! Une nouvelle colocataire ! » s’exclama-t-elle en écartant les bras,
comme si elle allait me sauter au cou. « Je suis Vicky, enchantée ! »
Avant que je ne puisse reculer, elle se jeta contre moi dans un élan d’enthousiasme
qui me fit vaciller.
— « Tu es plus grande que je ne l’imaginais, mais c’est bien aussi ! »
— « Plus grande que quoi ? » demandai-je, tentant de masquer mon malaise.
— « Oh, rien… » fit-elle en secouant la tête, son sourire s’élargissant. « J’ai
attendu si longtemps ! Des siècles ! »
Mon estomac se noua.
Elle plaisantait, n’est-ce pas ?
— « Des… siècles ? »
Elle haussa les épaules, insouciante.
— « Oh, ce n’est pas si long que ça, tu sais. On s’habitue. Tout ici a sa
place. Même si au début, c’est un peu… bizarre. »

Elle rit.
Un rire légèrement trop aigu, légèrement trop mécanique.
— « Ça a l’air… charmant, » dis-je, tentant d’avaler mon trouble. Ses yeux
brillaient, noirs et insondables.
Je regrettai instantanément d’avoir posé la question. Puis la porte s’ouvrit dans
un long grincement.
Je sursautai violemment.
Une silhouette entra. Drapée dans un manteau rouge sombre, elle portait un plateau
chargé de plats qui ressemblaient à un festin de roi… ou à un cauchemar.
— « Ah, c’est l’heure du dîner ! » annonça joyeusement Vicky en me tirant par
le bras. « Viens, viens, avant qu’ils ne commencent sans nous ! »
Je me laissai entraîner, sentant mes chances de survie diminuer drastiquement. Le
Festin des Ombres
La salle à manger était immense. Une table interminable serpentait à travers la
pièce, chargée de plats somptueux.
Mais quelque chose clochait.
Les fruits étaient trop brillants. Les viandes trop parfaitement découpées. Tout
était beau, oui, mais d’une beauté factice, comme un décor de théâtre.
Et puis, il y avait les convives. Ils souriaient.
Tous.
Mais pas d’un sourire chaleureux.
Plutôt d’un sourire figé, trop poli, trop mécanique, comme des poupées bien
élevées. Un homme vêtu de velours sombre leva son verre en ma direction.
— « À notre nouvelle invitée ! » déclara-t-il d’une voix doucereuse.
Tous les autres levèrent leurs coupes en silence, sans me quitter des yeux. Je
déglutis.
— « Alors, une nouvelle arrivée ! » lança une femme au chapeau noir en se
levant, un sourire élégant mais glacial aux lèvres.
Elle me fixa avec une intensité troublante.
— « Vous vous êtes bien intégrée, je vois. Mais tout cela… »
Elle pencha légèrement la tête, comme pour mieux me sonder.
— « …ce n’est que le début. » Un silence pesant s’installa.
Vicky, elle, s’agitait sur sa chaise, visiblement ravie.
— « Oui, oui ! C’est comme une danse ! On s’habitue et, un jour… » Elle tapa
dans ses mains, excitée.
— « …on ne peut plus s’en passer. »
Le frisson qui me parcourut cette fois n’avait rien à voir avec la température
ambiante. Je jetai un regard autour de moi.
Tous ces visages souriants. Tous ces yeux rivés sur moi.
Et si je n’arrivais jamais à partir ? Le Château aux Murmures
Un bruit sec, métallique, fendit l’air comme une épée invisible.
Les portraits sur les murs frémirent. Lentement au début, comme s’ils s’éveillaient
d’un long sommeil. Puis plus vite, avec une agitation frénétique. Leurs yeux
s’écarquillèrent, se fixèrent sur nous, perçants, inquisiteurs.
Et je les entendis.
Des chuchotements. Un bruissement de voix, indistinct, insaisissable. Mais mon
esprit refusa d’entendre. Ce n’était rien. Ça devait être rien.
La femme au chapeau noir se tourna lentement vers moi, son sourire s’étirant comme
une ombre qui s’allonge au crépuscule.
— « Ne t’inquiète pas, ma chère. » Sa voix était douce, presque apaisante.
Presque.
Elle s’approcha d’un pas mesuré, la lumière vacillante des chandeliers dessinant
des reflets mouvants sur son visage.

— « C’est simplement la tradition. Rien de plus. »


Je déglutis, mon cœur cognant contre ma poitrine comme un animal paniqué cherchant
une issue. Je savais qu’elle mentait. Et ce qui me terrifiait le plus, c’est que
tout le monde ici le savait aussi.

Le Piège
Le silence retomba sur la salle comme une chape de plomb. Chaque respiration,
chaque cliquetis de couverts semblait peser une tonne.
Tous les regards étaient braqués sur moi. Tous.
Comme si, à chaque seconde qui passait, je m’enfonçais un peu plus dans un piège
invisible. Un homme en bout de table rompit le silence.
— « Alors, Amber ? Comment trouves-tu le dîner ? » Un silence étouffant précéda
ma réponse.
— « Il est… délicieux. »
Le mot sortit, fragile, tremblant. Je l’entendis moi-même vaciller sous le poids de
ma peur. Je voulais fuir. Quitter cette table, ce château. Partir loin, loin de ces
sourires figés et de ces yeux qui en savaient bien plus que moi.
Mais où ?
Quand la mer encerclait le château comme une bête affamée ? Quand les portes ne
s’ouvraient jamais pour les âmes égarées ?
Je pris une décision impulsive. Je me levai.
— « Je crois que je vais monter. »
Les visages autour de moi restèrent figés. Tous sauf un.
Mike.
Il se leva à son tour.
Son expression n’avait pas changé. Mais ses yeux…
Une lueur les habitait. Une lueur que je reconnaissais, qui me glaça le sang.
— « Ne sors pas la nuit. »
Sa voix était calme. Trop calme.
— « Ça peut être dangereux. »
Je croisai son regard, une étrange sensation montant en moi. Ce n’était pas une
simple mise en garde.
C’était un avertissement. Ils savaient.
Il savait.
Que c’était trop tard. Que l’heure de vérité était arrivée.
Et que cette vérité… était bien pire que tout ce que j’avais pu imaginer. Un
frisson me parcourut l’échine.
Une voix, douce et terrifiante à la fois, sembla s’infiltrer directement dans mon
esprit.
« La nuit t’appartient, Amber. Et Clirk Dark aussi. » Je serrai les poings.
— « Dangereux ? » Je me forçai à sourire, mais mon cœur battait à tout rompre.
« Plus que l’ignorance ? Je n’y crois pas. »
Mike murmura, sa voix aussi froide et tranchante qu’une lame de verre.
— « Je t’ai dit de ne pas sortir. Cette nuit, tu restes ici. Point final. »
Puis, avant que je ne comprenne ce qui se passait, il attrapa mon poignet.
Son emprise était glaciale. Implacable. Une force invisible me cloua sur place,
comme si l’air lui- même s’était allié à lui.
— « Ne me touche pas ainsi. » Ma voix s’éleva, plus fébrile que je ne l’aurais
voulu. « Tu te prends pour qui ? »
Il ne broncha pas.
Puis, brusquement, il me relâcha.
Je titubai, rattrapant de justesse le rebord du lit.
Il me fixait, son regard devenu un abîme insondable.

— « Dors. Sois prête. Demain, une mission t’attend. »


— « Une mission ? » répétai-je, sentant ma gorge se nouer. Mais il ne répondit
pas.
Il s’éclipsa sans un mot de plus, claquant la porte derrière lui.

Les Ombres du Sommeil Seule.


La chambre était immense, mais je m’y sentais oppressée. Les murs semblaient se
rapprocher. L’air était plus dense, plus lourd.
J’attrapai les draps, me forçant à calmer les tremblements qui agitaient mes mains.
Dormir.
Il fallait dormir.
Mais alors que mes paupières se fermaient, je fus happée par un cauchemar.
— « Eh, paresseuse, lève-toi ! »
Je grognai, la tête enfoncée dans l’oreiller. Une voix familière.
Je la connaissais.
— « Il est midi passé. » Mon corps se raidit.
C’était ma mère.
Mais elle ne devait pas être là.
Je me redressai d’un bond, le cœur tambourinant contre mes côtes. Elle était là,
devant moi.
Souriante.
Comme si tout était normal.
Comme si ce château, cette nuit, cette peur… n’avaient jamais existé.
— « Je dois préparer le dîner ! » lançai-je, sans comprendre pourquoi. Ma mère
rit doucement, puis me lança un coussin.
Un jeu. Un moment innocent.
— « On va plutôt au parc, non ? »
Sa voix était chaude, réconfortante. Mais quelque chose n’allait pas.
Tout était trop parfait.
— « Non, maman. Pas au parc. »
Elle haussa les épaules, insouciante.
— « Le parc est le meilleur endroit pour se distraire. » Les mots résonnèrent
étrangement.
Je reculai.
Puis le monde bascula.
La pièce s’effaça, avalée par une force invisible. Ma mère et Bradley chutèrent
dans l’éther.
— « Non ! »
Je me précipitai.
Mais ils n’étaient plus que des silhouettes floues, suspendues dans le vide. Leurs
yeux, autrefois pleins de vie, étaient vides.
Je criai leurs noms.
Silence.
Puis des voix. Murmurantes. Traînantes. Elles m’appelaient.
Je courus vers la porte, tentant d’échapper à cet enfer. Ma main se referma sur la
poignée.
Glacée.
Je la tournais.
Mais tout était flou.
Derrière moi, les créatures étaient là.

L’Héritage des Ombres


Le silence était devenu une présence, lourde et oppressante. L’air vibrait sous une
force invisible, une tension si palpable que je sentais ma peau picoter.
Puis, comme un signal funeste, tous levèrent leur coupe en un geste lent et
synchronisé. Une prière silencieuse.
Un serment qu’ils semblaient seuls à comprendre. Et, soudain, le monde suspendit
son souffle.
Comme si cet instant précis marquait le début d’un événement inéluctable.
Un éclat métallique attira mon regard. Autour du cou de Mike, un badge de fer
luisait d’une lumière pâle et inquiétante. Je frissonnai. Il ne sembla pas le
remarquer. Ses yeux étaient vides, comme s’il avait cessé d’être lui-même, déjà
absorbé par une nouvelle identité dont il ignorait encore la véritable nature.
Alors, les voix s’élevèrent, à l’unisson.
— « Tu es désormais le gardien légal d’Amber. »
Les mots se répercutèrent comme un écho ancien, une incantation tissée d’ombre et
de destin. Un souffle glacé parcourut la pièce.
Une énergie subtile, insidieuse, s’infiltra dans l’air, se faufila dans les yeux de
Mike, le
transperça, l’habita. Il ne cligna même pas. Un sort venait de s’enrouler autour de
lui, invisible, indélébile.
La pièce sembla se resserrer.
L’air se fit plus lourd, plus dense. Mike pivota lentement vers moi.
— « Viens. »
Un ordre. Sans discussion possible.
Je le suivis, incapable de faire autrement.

Le Passage Interdit
Nous traversâmes les couloirs du château en silence, mes pas se calquant
instinctivement sur les siens.
Chaque corridor semblait identique au précédent. Pourtant, j’étais certaine que
nous descendions. Toujours plus bas.
Enfin, nous débouchâmes sur la cour extérieure. Un vent glacé fouetta mon visage.
Le ciel au-dessus de nous était d’un noir absolu. Il n’y avait pas d’étoiles. Pas
de lune. Rien d’autre que ce vide insondable, comme si la nuit avait englouti le
monde.
La seule source de lumière provenait d’une lampe tremblotante dans la main de Mike.
Elle vacillait. Fragile. Comme si elle pouvait s’éteindre à tout instant et nous
plonger dans une obscurité dont nous ne pourrions jamais ressortir.
Il posa une couverture sur le sol.
— « Prends-la. »
Sa voix était calme, trop calme, et je ne pus m’empêcher de lui obéir.
Devant nous se dressait une porte immense, rongée par le temps. Mike frappa trois
fois. Un battement.
Puis un autre.
À la troisième frappe, une lumière surnaturelle explosa sur le bois. La porte ne
s’ouvrit pas.
Elle se dissipa.
Comme si elle n’avait jamais existé.
Derrière elle, un tunnel béant s’étendait, noir et infini. Mike fit un pas en
avant.
Puis il se tourna vers moi.
— « Entre. »

La Chute
L’obscurité m’engloutit.

L’air était lourd, saturé d’un silence trop profond. Chaque pas résonnait
bizarrement, comme s’il n’avait pas d’écho. Comme si ce tunnel ne suivait aucune
des règles du monde réel.
Puis, sans prévenir, le sol disparut sous moi.
Un gouffre s’ouvrit brutalement, avalant toute lumière.
Le vent s’engouffra dans la chute, hurlant comme une créature affamée. Je hurlai.
Puis…
Un choc brutal.
Un sol froid sous mon dos.
J’haletai, tentant de reprendre mon souffle. Une brume bleuâtre flottait autour de
moi, projetant des lueurs étranges sur les murs. Ils semblaient faits d’une matière
vivante, pulsante, comme imprégnés d’étoiles éteintes.
Mike se releva en un mouvement fluide.
Il balaya la pièce du regard, insensible, comme si ce genre d’événement lui
arrivait tous les jours.
— « Où sommes-nous ? » soufflai-je.
Il ne prit même pas la peine de me regarder.
— « Dans la salle secrète de la Boule. » Je fronçai les sourcils.
— « Pardon ? »
Mais je n’eus pas le temps d’exiger plus d’explications.
Car au centre de la pièce, suspendu dans le vide, un objet pulsait d’une lumière
spectrale. Et en le voyant, je sus que rien ne serait plus jamais comme avant.
Une sphère parfaite flottait dans l’air, suspendue comme une étoile captive.
Elle émettait une lumière douce et hypnotisante, pulsant lentement, presque
vivante. Une aura d’anciennes connaissances et de secrets enfouis l’entourait,
comme si elle murmurait des vérités oubliées à quiconque osait s’en approcher.
Je m’agenouillai, remarquant un vieux journal posé sur le sol. Le cuir de sa
couverture était craquelé, les pages jaunies et griffonnées d’une écriture hâtive.
Une odeur de papier moisi et de cendre s’en dégageait. Un frisson glissa le long de
ma colonne vertébrale alors que mes doigts tremblaient en le ramassant.
— C’est quoi, ça ?
Mike, à quelques pas de moi, resta silencieux un instant. Puis, d’un ton grave, il
répondit :
— Lis.
Je dépliai le journal avec précaution. Les lignes tremblantes racontaient une
histoire qui me glaça le sang : celle d’un enfant orphelin, un gardien avant moi.
Ses parents avaient été engloutis par un cercle de ténèbres, victimes d’une
organisation secrète pratiquant des rites maudits. Un destin tissé de douleur et de
vengeance.
Mon regard se leva lentement vers Mike, cherchant une réponse, un démenti,
n’importe quoi.
— Il fut un temps où quelqu’un devait protéger cette sphère, murmura-t-il.
Maintenant, c’est toi.
Mon cœur se serra dans ma poitrine.
— Moi ? Ma voix trembla malgré moi. Mais pourquoi moi ? Je ne sais rien de tout
ça !
Mike me scruta avec intensité, son expression indéchiffrable.
— Parce que tu n’as pas le choix, Amber.
L’air devint plus lourd autour de moi.
— Et si je refuse ? soufflai-je, la gorge serrée.
Mike inspira profondément, comme s’il s’attendait à ma question.
— Alors ils reviendront. Ceux qui ont pris la vie de ton frère.
Je sentis mon sang se glacer.
— Mon… frère ?
— Bradley était le gardien de cette clé, Amber.

La pièce sembla vaciller autour de moi. Un battement sourd résonna dans mes tempes.
Non. C’était impossible.
— Non…
Mais Mike ne détourna pas les yeux.
— Il a tout fait pour te protéger. Mais maintenant, c’est à toi.
Le monde bascula. Mon frère. Mon frère avait vécu avec cette horreur toute sa vie ?
Est-ce pour cela qu’il avait disparu cette nuit-là sans un mot ? Mon estomac se
noua à cette pensée, une vague de vertige m’envahit.
Je baissai les yeux vers la sphère. Son éclat pulsait doucement, apaisant, comme si
elle m’appelait.
Un choix se dressait devant moi : fuir et prétendre que tout cela n’était qu’un
cauchemar… ou accepter la vérité.
Mes doigts, froids comme la pierre, se tendirent vers elle. Dès que je l’effleurai,
une chaleur brutale m’envahit, me traversant comme une déferlante. Mes veines
semblèrent s’embraser. Et à cet instant, je sus.
Je n’avais plus le choix. J’étais la Gardienne.
— Parce qu’il n’y avait pas de temps, Amber.
Mike marqua une pause, comme s’il pesait le poids de ses propres mots.
— Et parce que tout cela doit rester secret.
Un frisson glacé me parcourut l’échine. Mes poings se serrèrent, mes ongles
s’enfonçant dans la paume de mes mains.
— Quel secret ? crachai-je, la colère montant en moi comme une vague
incontrôlable. Mike ne cilla pas.
— Ce que tu es. Ce que tu portes en toi. Personne ne doit le savoir.
L’air se figea.
— Tu n’es pas seule, poursuivit-il. D’autres, comme toi, ont dû abandonner leur
vie pour protéger ce monde. Vous êtes les Élus. Ceux dont le destin s’est forgé
dans l’ombre.
Ses mots tombèrent comme un couperet. Je suffoquai, incapable de les absorber.
— Tu es sans cœur, articulai-je, tremblante. Tu parles de tout ça avec une
froideur…
Ma voix se brisa.
— Tu m’as volé ma vie. Ma famille. Je levai les yeux vers lui, brûlants de
larmes refoulées.
Et tu veux que j’accepte ça ?
Mike poussa un long soupir. Un éclair d’hésitation traversa furtivement son regard,
une faille imperceptible dans son masque d’impassibilité.
— Ce n’est pas juste, admit-il enfin. Mais c’est ainsi.
Le silence qui s’abattit entre nous était plus glaçant que ses paroles. Puis, sans
prévenir, je fis un pas en arrière.
— Je veux sortir.
Il ne tenta pas de m’arrêter.
Je me mis à courir, mes pas résonnant contre la pierre froide du château. Les
couloirs semblaient s’étirer à l’infini, oppressants, labyrinthiques. Chaque ombre
menaçait de m’engloutir, chaque tableau aux regards fixes paraissait me juger en
silence.
Dehors, le tonnerre gronda, faisant trembler les vitraux.
Ma chambre. J’atteignis enfin ma chambre et claquai la porte derrière moi. Puis,
comme si mes jambes ne me portaient plus, je m’effondrai sur le sol. Tout était
faux.
Tout ce que je croyais connaître n’était qu’un mensonge soigneusement tissé. Et
maintenant… j’étais seule.
La porte s’ouvrit brusquement.

Vicky entra sans un mot, mais ses mains se posèrent aussitôt sur mes épaules,
m’ancrant dans la réalité, m’empêchant de sombrer dans le chaos de mes pensées.
— Que se passe-t-il ? demanda-t-elle doucement.
Son regard brillait d’une inquiétude sincère, et son parfum—mélange de vanille et
de pluie d’été—m’apporta un instant de répit.
Je fermai les yeux, m’accrochant à cette chaleur rassurante.
— Mike m’a tout dit.
Ma voix n’était qu’un murmure brisé.
— Ce que je suis… ce que je dois faire.
Elle ne répondit pas tout de suite. Ses doigts se crispèrent légèrement sur mes
bras, comme si elle voulait me protéger d’un danger invisible.
— Je sais, murmura-t-elle finalement.
Je relevai la tête, la douleur nouée au fond de ma gorge.
— Tu… sais ?
Avant qu’elle ne puisse répondre, une voix glaciale brisa le silence.
— Mais il faut que tu t’y fasses.
La dame au chapeau était là.
Immobile, sa silhouette se découpait dans l’ombre du couloir. Son regard perçait
l’air comme une lame effilée, et l’aura qu’elle dégageait fit naître un frisson le
long de ma colonne vertébrale.
Les mots tombèrent, froids et implacables.
— Tu n’as pas le choix.
Ma gorge se serra. Le poids de ses paroles s’abattit sur moi comme une chape de
plomb. Il faut que tu t’y fasses.
Mais je n’étais pas prête. Pas encore.
Sans réfléchir, mes jambes se mirent en mouvement.
Je traversai la pièce comme un spectre, la rage bouillonnant en moi. Mon corps
savait ce que mon esprit refusait encore d’accepter.
Je courus.
Sans but.
Sans réfléchir.
Mon souffle saccadé, mes pieds frappant le sol froid, je me ruai jusqu’à ma
chambre, claquant la porte derrière moi avec une force qui fit gronder la serrure.
La clé tomba sur le sol.
Puis le silence.
Un silence trop pesant. Trop profond.
Le genre de silence qui précède la tempête.
Chapitre : Le Serment de la Gardienne
Je laissai les pensées déferler en moi, sans entrave. La perte de mon frère.
La douleur indescriptible de son absence, un gouffre qui menaçait de m’engloutir.
Et puis… la colère.
Brûlante. Dévorante.
Elle s’infiltrait en moi comme un poison, consumant chaque parcelle de doute, de
tristesse, de peur.
Un frisson courut le long de mon échine, mais ce n’était pas de la crainte. C’était
la certitude d’un chemin dont je ne pouvais plus me détourner.
— Je vais me venger.
Les mots s’échappèrent de mes lèvres avant que je ne les formule réellement, mais
une fois prononcés, ils devinrent absolus.
Ceux qui avaient pris ce qui m’était cher… je les retrouverai. Je les détruirai.

Les heures s’étirèrent, chaque battement de cœur marquant un pas de plus vers ma
décision. Lorsque j’ouvris enfin la porte de ma chambre, l’air semblait s’être
épaissi.
Les couloirs du château me parurent plus sombres, les torches jetant des ombres
vacillantes sur la pierre.
Dans la salle principale, un groupe de personnes m’attendait.
Mike était là, bien sûr, adossé à un pilier, l’air pensif. Katherine et Victor se
tenaient non loin, et Paty, les bras croisés, lançait des regards anxieux à tout le
monde, comme si elle s’attendait à une explosion imminente.
Un homme plus âgé, un certain Gareth, s’avança. Son visage marqué par les années
affichait un mélange d’inquiétude et d’autorité.
— Mademoiselle Amber, nous avons eu peur pour vous, déclara-t-il, sa voix
légèrement tremblante. Nous avons tenté d’ouvrir votre porte…
— Avec un couteau à beurre, précisa Victor dans un murmure.
Katherine lui asséna un coup de coude discret, mais il haussa les épaules comme
pour dire :
Quoi ? C’est vrai.
Je les regardai tous un à un, et quelque chose en moi se solidifia. Je n’étais plus
la même Amber.
— Ça va plus que bien.
Ma voix était froide, résolue.
Je sentis le silence peser sur la pièce.
— Je vais rester.
Un léger soulagement passa sur leurs visages.
— Mais pas pour ce que vous espérez. Le soulagement s’évanouit aussitôt.
— Je veux me venger de ceux qui ont tué mon frère. Paty pâlit. Victor se figea.
Katherine déglutit.
Mike, lui, ne réagit pas.
— Mais après ça… J’inspirai profondément. Je partirai. Et vous ne pourrez rien
y changer. Gareth ouvrit la bouche comme pour protester, puis la referma, hésitant.
Un autre, plus nerveux, s’avança. Son nom m’échappait, mais ses yeux, eux,
trahissaient la peur.
— Mais la clé… Il humecta ses lèvres. Elle doit être protégée. Mes mots
fusèrent sans la moindre hésitation.
— Sinon, je ne garde aucune clé.
Un silence lourd, presque assourdissant, s’abattit sur la salle.
Les créatures – ces êtres qui avaient l’air de toujours savoir tout avant moi –
semblaient figées. Puis un murmure s’éleva, s’étira, se propagea.
Ils savaient.
Ils avaient compris.
Et moi, je leur tournais le dos.
Prête à avancer dans un monde où je n’avais plus rien à perdre.

La Cour d’Argent
La mer, calme et profonde, s’étendait à l’horizon, baignée d’une lumière argentée.
Chaque brise nocturne murmurait des secrets anciens.
Je passai une main sur mon visage. Bradley… un gardien.
La révélation tournait en boucle dans mon esprit, chaque pièce du puzzle
s’imbriquant lentement.
J’avais vécu dans un mensonge.
Un mensonge soigneusement construit autour de moi, me cachant une vérité trop
lourde à porter.
Et maintenant, il était trop tard pour reculer. Mes pas me guidèrent vers la cour
du château. C’est alors que je les vis.
Trois garçons, vêtus de noir, faisaient face à trois jeunes filles. Leurs regards
se croisaient dans un silence d’une rare intensité.
Le garçon à droite, grand, d’une prestance presque royale, murmurait quelque chose.

Son ton était feutré, mystérieux, mais ses mots semblaient porteurs d’un pouvoir
invisible. Puis, d’un simple geste, il fit signe à la fille en face de lui de se
retourner.
L’air sembla vibrer.
Un frisson parcourut l’espace, comme si une vague d’énergie venait de se lever,
invisible et pourtant tangible.
La jeune fille ferma les yeux et tendit les mains. Des étincelles jaillirent de ses
paumes.
Une lumière argentée dériva lentement vers le mur, et soudain… Des crapauds
commencèrent à apparaître.
Sortis de nulle part, ils descendirent des pierres lentement, leurs yeux luisant
dans l’obscurité. Les filles reculèrent en sursaut.
— Oh, pour l’amour de… gémit l’une d’elles, les mains crispées sur sa robe.
Mais avant que la panique ne s’installe, le garçon leva la main.
Aussitôt, les crapauds s’évaporèrent dans un souffle d’énergie. Comme s’ils
n’avaient jamais existé.
Le silence tomba sur le groupe. Puis, le garçon parla.
— Ne soyez pas effrayées, dit-il calmement.
Sa voix avait la douceur d’un murmure d’océan après une tempête. L’une des filles,
encore tremblante, chuchota :
— Comment ne pas avoir peur, quand des crapauds vous tombent dessus ? Un
sourire en coin apparut sur les lèvres du garçon.
— La peur est une illusion.
Il croisa les bras et les observa un instant, avant d’ajouter :
— Retenez cet exercice. C’est ici que commence la maîtrise.

Je les regardai, fascinée. Ces garçons. Ces filles.


Ils avaient grandi dans un monde où la magie était une certitude. Où l’inexplicable
était une leçon à apprendre.
Mais moi…
Moi, je devais apprendre à survivre.
Et la magie, je le savais désormais, était une arme. Une arme dont j’aurais bientôt
besoin.
Chapitre : La Maison des Creeks
Je restai là, fascinée, observant cette scène étrange, presque irréelle. La magie
flottait dans l’air comme une brume invisible, imprégnant chaque pierre du château.
Puis, soudainement, une silhouette s’approcha de moi.
C’était une fille, plus grande que moi, au teint doré par le soleil et aux yeux
verts scintillants
comme une mer agitée. Son sourire était chaleureux, sincère, et contrastait avec
l’atmosphère oppressante de ce lieu.
— Salut, je m’appelle Mia.
Sa voix était douce, mais ferme, emplie de cette assurance naturelle des gens qui
ont trouvé leur place dans le monde.
— Tu es nouvelle, n’est-ce pas ? ajouta-t-elle, avec une simplicité désarmante.
Je la regardai, surprise par sa spontanéité.
— Oui.
Le mot m’échappa, presque hésitant.
Mia inclina légèrement la tête, comme si elle me jaugeait, puis afficha un sourire
complice.
— J’habite dans l’autre loge, avec Elena. Elle fit un geste vague vers une
fille brune qui discutait avec l’un des garçons. Et toi ?
— Avec Vicky, répondis-je, encore un peu perdue dans cette nouvelle réalité.
Mia sourit plus largement.
— Oh, Vicky ! Tu as de la chance. C’est un vrai rayon de soleil… Bon, un rayon
de soleil un peu sarcastique, mais quand même.

Son ton amical fit naître un semblant de chaleur en moi. Un sentiment que je
n’avais pas ressenti depuis longtemps.
— Tu verras, on finit par s’habituer, reprit-elle en observant le ciel au-
dessus de nous. Au début, c’est dur. On regrette notre ancienne vie, on se sent
coincés ici… Mais les garçons sont là pour nous guider. Ils sont parfois
insupportables, mais ils sont sympas.
Un léger sourire m’échappa.
— Et toi, comment es-tu arrivée ici ? demandai-je, incapable de masquer la
curiosité dans ma voix.
Mia soupira, et son expression changea. Son insouciance disparut l’espace d’un
instant.
— J’ai été témoin d’un meurtre. Mon estomac se noua.
— Un meurtre… ? Elle hocha la tête.
— Ils étaient en noir. Je ne sais toujours pas qui ils étaient, mais… je me
souviens de leurs voix, de leurs masques. Et puis, après… on m’a amenée ici. Pour
garder la clé.
Un frisson me parcourut.
Je ne savais pas pourquoi, mais en l’écoutant, je sentis que nous partagions plus
qu’un simple destin. Nous partagions une douleur.
— Et ici, vous faites quoi exactement ? murmurai-je, la gorge serrée par le
poids de mon propre fardeau.
Mia réfléchit un instant, son regard se perdant sur les tours du château.
— On garde ce que d’autres ne peuvent pas protéger, finit-elle par dire. On
apprend à maîtriser ce qu’on a en nous. On nous prépare à ce qui pourrait arriver.
À ce que toi, tu devras affronter. Ses yeux croisèrent les miens. Il y avait dans
son regard une forme de résignation, mais aussi une acceptation paisible.
— Tu sais, Amber…
Elle hésita, puis haussa légèrement les épaules.
— On ne choisit pas cette vie. Mais à un moment donné… il faut l’accepter. Elle
fit un signe de la main, m’invitant à la suivre. Sans réfléchir, je la rejoignis.
Un silence s’installa entre nous, mais il n’était pas pesant. C’était un silence de
compréhension tacite, celui de deux âmes qui savaient qu’elles partageaient un même
fardeau.
Nous avançâmes dans les couloirs du château, nos pas résonnant sur les pierres
usées par le temps. Les murs semblaient presque respirer, comme s’ils renfermaient
des souvenirs d’un passé oublié.
Au bout du corridor, une porte était entrouverte. Mia posa la main dessus et me
lança un regard complice avant de l’ouvrir complètement.
Derrière, une pièce étrange s’étendait devant nous.
Quatre maisons blanches, petites et simples, se dressaient en cercle au centre de
la salle. Elles étaient surmontées de chapeaux de formes différentes, faits de
matériaux que je ne pouvais pas identifier.
Une lumière douce émanait des murs, créant une atmosphère à la fois sereine et
solennelle.
— Voici la maison des Creeks, expliqua Mia en désignant les bâtisses. C’est ici
que vivent ceux qui vous guideront. Ceux qui vous aideront à comprendre votre place
dans ce monde.
Je m’approchai, fascinée.
Les maisons paraissaient trop petites pour abriter quelqu’un, mais elles
dégageaient une aura particulière, presque hypnotique.
Un souffle invisible semblait s’en échapper, me donnant l’impression qu’elles
murmuraient des secrets anciens.
— Et Mike, lui ? demandai-je. Mia haussa un sourcil.
— Mike ? C’est un cas particulier. Elle croisa les bras, amusée.
— Il est là pour nous protéger, mais il ne nous dira jamais quoi faire. Il nous
regarde trébucher, galérer, nous relever… et il attend.
— Attendre quoi ?
— Que nous fassions nos propres choix.

Ses mots résonnèrent en moi. Faire ses propres choix.


J’avais toujours eu l’impression qu’on m’imposait mon destin. Et si c’était à moi
de le prendre en main ?
Un frisson parcourut ma peau.
— Et toi, tu en es où avec tes pouvoirs ? demandai-je, la gorge serrée. Mia
sourit, mais cette fois, il y avait une lueur de mystère dans ses yeux.
— On apprend à comprendre ce dont on est capable.
Elle se pencha légèrement vers moi et ajouta à voix basse :
— Mais le plus dur, ce n’est pas d’apprendre à les utiliser… Elle marqua une
pause.
— C’est d’apprendre à s’en méfier.
Avant que je ne puisse répondre, un bruit derrière moi me fit sursauter. Une voix
grave s’éleva dans l’encadrement de la porte.
— Et qu’est-ce qu’on a là ?
Un homme venait d’apparaître.
Il portait un long manteau sombre, et son regard était aussi tranchant qu’une lame.
Mia se raidit à mes côtés, et je compris aussitôt que nous étions attendues.
Mais pour quoi… et par qui ? Chapitre : La Salle de la Magie
— Mia, Amber, vous devez venir.
La voix de l’homme résonna dans l’air comme une lame tranchante. Il se tenait à
l’entrée, le regard perçant, son manteau sombre projetant une ombre allongée sur le
sol de pierre.
Ses yeux se posèrent sur moi, et je perçus une lueur d’inquiétude dans leur
profondeur.
— La clé… elle est plus fragile que vous ne l’imaginez.
Mia hocha la tête, visiblement habituée à ce ton grave. Elle me lança un regard
entendu avant de me faire signe de la suivre.
— Il est temps de découvrir ce que nous devons apprendre.
Et ainsi, poussée par l’incertitude et la promesse d’un avenir encore flou, je
suivis Mia et l’homme mystérieux.
Je ne le savais pas encore, mais à partir de cet instant, chaque pas me rapprochait
d’un monde où la magie et le destin s’entrelacaient pour toujours.

Le château était un labyrinthe.


Ses couloirs s’étendaient à l’infini, parsemés de statues silencieuses et de
tapisseries animées de scènes mouvantes. L’air vibrait d’une énergie ancienne,
comme si les murs eux-mêmes murmuraient des secrets oubliés.
J’avançai d’un pas rapide, mes pensées encore embrouillées par tout ce que j’avais
appris. Les Aetherans… La Luméthère… La guerre entre les Déchus et les Purs.
C’était un monde que je ne comprenais pas encore, un monde qui semblait si
lointain, et pourtant si proche.
Comme si je l’avais toujours connu.
La salle de la magie se trouvait au bout d’un couloir en spirale.
Elle se dressait là, immense et silencieuse, ses lourdes portes de bois sculpté
couvertes de runes qui semblaient respirer sous mes doigts.
Je posai une main tremblante sur les symboles gravés, et aussitôt, une étrange
chaleur parcourut ma peau.
Les runes se mirent à briller faiblement. Puis, la porte s’ouvrit dans un soupir.

À l’intérieur, la lumière des chandelles projetait des ombres dansantes sur des
étagères immenses, remplies de grimoires aux couvertures craquelées et de
parchemins jaunis par le temps.
L’air était plus frais ici, chargé d’une énergie invisible qui semblait imprégner
chaque recoin de la pièce.
C’était un lieu de savoir. Un sanctuaire où le passé et l’avenir se croisaient.

Et, au milieu de tout cela, Mike.


Il était assis à une table couverte de livres, tournant une page avec la patience
tranquille de quelqu’un qui savait bien plus qu’il ne le laissait paraître.
Lorsqu’il leva enfin les yeux vers moi, il sourit. Un sourire de compréhension.
Un sourire de mystère.
— Tu es en retard, fit-il remarquer avec amusement.
— Désolée, répondis-je en m’approchant, j’étais juste… perdue dans mes pensées.
Mike haussa un sourcil.
— C’est un bon début. Mais attention, trop de pensées peuvent mener à des
ennuis.
Il se leva et effleura du bout des doigts une étagère couverte de poussière avant
de saisir un livre relié de cuir noir.
Il le posa devant moi avec précaution.
— Ce livre est plus ancien que tout ce que tu peux imaginer, expliqua-t-il. Il
contient des secrets oubliés, des sortilèges que même les plus puissants Aetherans
ont effacés de leur mémoire. Je tendis la main et touchai la couverture.
Une légère décharge parcourut mes doigts. Le livre semblait… vivant.
Je l’ouvris lentement.
À l’intérieur, des symboles inconnus s’étendaient sur les pages jaunies, entrelacés
de dessins étranges et de notes griffonnées d’une écriture nerveuse.
Chaque mot semblait éveiller quelque chose en moi. Comme un souvenir enfoui au plus
profond de mon être.
— Ce livre renferme une partie de la magie ancienne, reprit Mike d’un ton plus
grave. Celle qui existait avant la scission des mondes.
Je levai les yeux vers lui.
— La scission ?
— Un temps où la magie et la matière ne faisaient qu’un, expliqua-t-il. Les
Aetherans ont caché bien des choses dans ces pages. Mais ce livre ne contient pas
seulement des formules ou des incantations. Il renferme une histoire.
Il me regarda droit dans les yeux.
— Ton histoire.
Un frisson me parcourut.
Je baissai les yeux vers le livre, sentant mon cœur battre plus vite. Tout en moi
me criait que je n’étais pas prête.
Mais une autre part, plus profonde, savait déjà que je n’avais plus le choix. Mike
posa une main légère sur mon épaule.
— Tu n’es pas seule, Amber.
Ses mots étaient simples, mais chargés de promesses. Et à cet instant, je sus qu’il
avait raison.
Chapitre : L’Héritage des Aetherans
Leur rôle n’était pas le fruit du hasard. Ils avaient été choisis.
Les Aetherans, êtres façonnés par la magie primordiale, veillaient sur l’équilibre
du monde, protégeant la réalité contre les forces chaotiques qui menaçaient de
l’effacer.
Autrefois, les humains vivaient en harmonie avec eux, leur offrant respect et
admiration. Mais le respect devint curiosité.
Et la curiosité, ambition.
Les savants cherchèrent à comprendre la source de leur pouvoir – la Luméthère, une
magie capable de modeler la matière, de défier la mort et de plier la réalité à la
volonté de celui qui savait la manier.
Un jour, un groupe de dirigeants humains, connus sous le nom des Usurpateurs
d’Aube, conclut un pacte interdit avec des Aetherans naïfs.
Ce pacte brisa l’équilibre du monde.
La magie fut corrompue, des fissures apparurent dans l’Imagianirea, et à travers
ces brèches, quelque chose s’échappa.

Les Videsombres.
Une force insidieuse, plus ancienne que le temps, qui gangrénait tout sur son
passage. Certains Aetherans succombèrent à cette noirceur. Transformés par la
haine, ils devinrent les Déchus, rejetant leurs anciens frères et déclarant la
guerre aux humains, qu’ils tenaient pour responsables de leur chute.
Face à la dévastation, les Aetherans restés purs n’eurent d’autre choix que de
sceller la frontière entre la Terre et l’Imagianirea, sacrifiant une grande partie
de leur pouvoir.
Désormais, ils ne pouvaient plus intervenir directement dans le monde des humains.
Mais cela ne signifiait pas qu’ils avaient renoncé.
À travers de rares portails, ils envoyaient encore des élus…
Des êtres capables de manier la magie et de rétablir l’équilibre. Des êtres comme
Amber.
Mais l’ancienne guerre n’était pas terminée.
Les Déchus cherchaient toujours à anéantir l’humanité, tandis que les hommes,
inconscients du danger, continuaient à expérimenter sur les fragments de magie
qu’ils trouvaient, jouant avec des forces qu’ils ne comprenaient pas.
Et au milieu de ce chaos, une question demeurait :
Amber serait-elle la clé de leur salut… ou la cause de leur chute ?
Chapitre : La Salle de la Magie
Amber avançait d’un pas rapide dans les couloirs du château, encore ébranlée par
les révélations qu’elle venait d’apprendre.
Tout ceci est réel.
Les Aetherans, les Déchus, la Luméthère, la guerre des mondes… Elle n’était pas
seulement témoin de cette histoire.
Elle en faisait partie.
La Salle de la Magie se trouvait à l’extrémité d’un couloir en colimaçon. Elle
n’était pas qu’une simple bibliothèque.
C’était un sanctuaire.
Les murs de pierre semblaient vibrer d’une énergie ancienne, et chaque livre,
chaque parchemin, renfermait des vérités oubliées, attendant d’être découvertes.
Amber s’arrêta devant l’immense porte en bois sculpté. Des runes couvraient sa
surface.
Elles n’étaient pas simplement gravées – elles pulsaient doucement, comme si elles
réagissaient à sa présence.
Elle effleura du bout des doigts l’une des inscriptions et, aussitôt, une lueur
dorée parcourut les gravures.
Un murmure imperceptible s’éleva dans l’air.
Puis, la porte s’ouvrit lentement, dans un grincement profond.

À l’intérieur, la lumière tremblante des chandelles révélait des étagères immenses


couvertes de livres anciens.
L’odeur du cuir usé et du parchemin flottait dans l’air.
Au centre de la pièce, une silhouette familière était plongée dans une pile de
livres. Mike.
Ses lunettes étaient légèrement de travers, et il tournait une page avec cette
concentration paisible de ceux qui possèdent un savoir qu’ils ne partagent pas
entièrement.
Il leva les yeux et esquissa un sourire. Un sourire bienveillant.
Mais aussi le sourire de quelqu’un qui en savait plus qu’il ne voulait en dire.
— Tu es en retard, Amber.
Sa voix était calme, amusée, mais elle portait ce léger éclat d’ironie qui
signifiait qu’il avait déjà anticipé son excuse.
Amber s’approcha, encore sous le coup des événements.
— Je… Je pensais à tout ce que j’ai appris aujourd’hui, avoua-t-elle, sa voix
plus fragile qu’elle ne l’aurait voulu.

Elle inspira profondément.


— C’est tellement plus compliqué que ce que je croyais. Mike referma doucement
le livre qu’il tenait.
— Tout est plus complexe que ce qu’on nous laisse imaginer.
Il se leva et effleura du bout des doigts une étagère poussiéreuse avant d’en tirer
un ouvrage ancien, relié de cuir noir.
Il le posa devant elle avec précaution.
— Ce livre est plus ancien que la plupart des sorts que nous connaissons
aujourd’hui. Amber tendit la main, hésitante.
Dès que ses doigts touchèrent la couverture, une étrange sensation l’envahit. Le
livre vibrait.
Elle sentit un frisson remonter le long de son bras, comme si une présence ancienne
sommeillait entre ses pages.
Elle releva les yeux vers Mike, inquiète.
— Qu’est-ce que c’est ?
— Un fragment de la mémoire des Aetherans. Il s’approcha, posant une main sur
le livre.
— Ce n’est pas juste un recueil de formules. C’est une part de l’histoire, de
l’équilibre que nous devons protéger.
Amber ouvrit lentement l’ouvrage.
Les pages semblaient écrites dans une langue qu’elle ne connaissait pas… et
pourtant, elle la comprenait.
Les mots dansaient sous ses yeux, comme s’ils s’adaptaient à elle. Elle sentit son
cœur s’accélérer.
— Tu commences à voir, n’est-ce pas ? murmura Mike. Elle releva la tête.
— C’est… c’est comme si je l’avais toujours su. Un silence s’étira entre eux.
Puis, Mike posa une main sur son épaule.
— Tu n’es pas seule, Amber.
Et pour la première fois, elle voulut le croire. Chapitre : Les Murmures Oubliés
— Ce que nous avons appris, déclara Mike en levant un doigt, comme pour
souligner l’évidence, n’est qu’une fraction de ce que nous ignorons encore.
Son regard se posa sur moi, un éclat de malice au fond des yeux.
— Mais c’est précisément ce qui rend cette magie si puissante.
Il se leva et attrapa un livre relié de cuir, couvert d’une épaisse couche de
poussière.
Avec une délicatesse presque religieuse, il l’ouvrit et en sortit un ancien
grimoire, aux pages jaunies et aux bords usés par le temps. Il me le tendit avec
une certaine solennité.
— Ce livre… il est plus ancien que toi et moi réunis, dit-il. Il renferme des
secrets qui remontent à l’époque où l’Imagianirea n’était encore qu’une légende. Ce
n’est pas simplement de la magie, Amber. C’est l’essence même de notre monde.
Je pris le grimoire avec précaution. Il était froid sous mes doigts, mais je
ressentis immédiatement quelque chose… un poids invisible, une force qui semblait
sommeiller entre ses pages.
Les lettres gravées sur la couverture semblaient frémir sous mon toucher. Je
l’ouvris lentement.
Aussitôt, un frisson parcourut mon échine.
Les mots, tracés dans une encre à la lueur incertaine, pulsaient légèrement, comme
s’ils respiraient.
Chaque page contenait un savoir ancien. Quelque chose de plus grand que moi. De
plus dangereux.
Et pourtant…
Je ne pouvais pas détourner le regard. La Magie et Ceux qui la Portent

Le château grouillait de vie, imprégné de cette étrange magie qui semblait se


glisser dans chaque recoin.
Même les créatures qui le peuplaient apportaient une touche de mystère et de malice
à notre quotidien.
Mia, toujours gentille et compréhensive, avait ce côté lunatique qui la rendait
imprévisible, mais elle savait être là quand on avait besoin d’elle.
Vicky, elle, semblait constamment perdue dans ses pensées, son regard flottant vers
des horizons que nous ne pouvions pas voir.
Mariana, la plus énigmatique du groupe, possédait un voile de mystère qui la
rendait insaisissable. Parfois, j’avais l’impression qu’elle n’était pas totalement
là, que son esprit vagabondait dans des endroits où nous n’avions pas accès.
Paty était tout l’inverse. Éclatante, pétillante, elle apportait toujours une
énergie vive et contagieuse dans les moments les plus sombres.
Et puis, Océane. Grande et athlétique, son apparente force masquait un cœur plus
tendre qu’elle ne voulait bien l’admettre.
Mike, bien sûr, restait égal à lui-même. Impassible.
Inébranlable.
Mais je savais qu’au fond, sous cette façade de dur à cuire, il cachait un cœur
immense. Et puis, il y avait Katherine, toujours flamboyante, toujours théâtrale.
Son style gothique exacerbé ne passait jamais inaperçu, et elle semblait adorer
être le centre de l’attention.
Les gardiens du château, eux, étaient encore plus insaisissables que les ombres qui
hantaient les couloirs.
Et enfin, il y avait les Creeks.
Victor, Rick et Patrick, chargés de nous entraîner, nous préparer aux épreuves à
venir. Leur méthode était stricte – parfois impitoyable – mais quelque chose me
disait qu’ils avaient leurs raisons.
Ce château était devenu ma nouvelle famille.
Un foyer étrange, chaotique, peuplé d’êtres aussi brillants qu’inquiétants. Et
pourtant, malgré tout…
Un vide persistait en moi.
Un vide que même la magie ne pouvait combler.

Les Murmures
Un soir, alors que j’étais plongée dans un livre de magie ancienne, quelque chose
d’étrange se produisit.
D’abord, ce ne fut qu’un frisson, un courant d’air imperceptible qui me fit relever
la tête. Puis, un murmure.
Faible. À peine audible.
Une voix indistincte, semblable à un souffle glissant sur les pierres froides de la
salle de magie.
— Montre-moi… Je sursautai.
Mon regard balaya la pièce. Rien.
Je repris ma lecture, l’esprit troublé. Mais alors, un autre murmure s’éleva.
— Allez… montre-moi…
Cette fois, la voix était plus claire. Et elle venait de partout à la fois.
Un frisson parcourut mon corps tandis que l’atmosphère changeait brusquement.
Les livres commencèrent à tomber un à un, leurs pages tournant frénétiquement comme
si une force invisible les parcourait.
La lumière des chandelles vacilla, puis devint instable, projetant des ombres
mouvantes sur les murs.
L’air devint lourd, électrique.
Et alors, la porte de la salle de magie claqua violemment.

Un vent glacial s’engouffra dans la pièce, me soulevant presque du sol. Je


m’accrochai désespérément à la table.
Le vent hurlait, se répercutant contre les murs comme un cri lointain. Puis, aussi
soudainement qu’il était apparu, il cessa.
Le silence retomba.
Mais ce n’était pas le même silence. Quelque chose avait changé.
Je n’étais plus dans la salle de magie.

La Bibliothèque Oubliée
Devant moi, des étagères poussiéreuses s’étendaient à perte de vue, couvertes de
livres anciens, leurs reliures usées par le temps.
L’air était épais, chargé de savoirs enfouis et de secrets oubliés.
Je sentis aussitôt que ce lieu n’appartenait à aucune réalité que je connaissais.
Le temps semblait suspendu, figé dans une époque révolue.
Ce n’était pas simplement une bibliothèque.
C’était un vestige du passé, un sanctuaire que quelqu’un avait caché… ou voulu
oublier. Je fis un pas en avant, mes doigts effleurant le cuir rugueux des volumes
entassés sur les étagères.
Les mots inscrits sur leurs couvertures étaient effacés, comme si quelque chose
avait tenté d’en effacer la mémoire.
Un frisson remonta le long de ma nuque. Quelque chose m’attendait ici.
Et j’avais l’étrange sensation que ce n’était pas moi qui avais trouvé cette
bibliothèque. C’était elle qui m’avait appelée.
La bibliothèque portait les marques du temps, ses hautes étagères croulant sous le
poids de
grimoires anciens, imprégnés de poussière et de secrets oubliés. L’air était chargé
d’une odeur de papier jauni et d’encre fanée.
Mon regard se perdit dans l’obscurité d’un recoin particulier, attiré sans que je
sache pourquoi. C’était comme si quelque chose m’appelait. Une lueur vacillante
perçait à peine
l’épaisse saleté qui couvrait les vitres, projetant sur les murs des ombres
tremblotantes. Et au fond de la pièce, à peine éclairé, un objet insolite reposait
sur un piédestal de marbre.
Amber s’avança, le cœur battant. L’objet semblait minuscule, mais sa forme défiait
toute logique. Ni tout à fait ronde, ni tout à fait anguleuse, il donnait l’étrange
impression de se fondre dans son environnement tout en restant intensément présent.
Son métal sombre paraissait vivant, changeant imperceptiblement de teinte sous la
lueur chancelante des chandelles.
Des symboles y étaient gravés – des runes anciennes, enchevêtrées dans un motif si
complexe qu’il en devenait hypnotisant. Elle n’aurait su dire pourquoi, mais ces
marques lui
semblaient… familières.
Sa main se tendit presque malgré elle. À l’instant où ses doigts frôlèrent la
surface glacée du métal, une décharge la traversa, comme un millier d’éclats de
givre courant sous sa peau. Elle tressaillit et recula d’un pas brusque. Mais
l’objet, lui, ne broncha pas. Le silence se fit plus pesant, plus épais, comme si
la bibliothèque elle-même retenait son souffle.
Amber n’aurait pas dû y toucher. Elle le savait, au plus profond d’elle-même.
Pourtant, quelque chose, une impulsion viscérale, lui intimait de ne pas fuir.
Ses doigts se refermèrent sur l’artefact.
Une onde sourde résonna dans l’air, faisant frémir les étagères et soulevant un
vent spectral qui dispersa la poussière en un nuage fantomatique. La lumière des
chandelles vacilla, projetant des ombres mouvantes sur les murs. Une lueur verte
jaillit de ses mains, se
répandant comme une brume phosphorescente, serpentant autour d’elle dans une danse
hypnotique.
Et puis… un bruit.

Des pas précipités résonnèrent dans le couloir adjacent. Un écho rapide,


irrégulier. Quelqu’un—ou quelque chose—s’approchait.
Amber pivota brusquement vers la porte. Une silhouette se découpa dans
l’encadrement. Longue. Immobile. Presque irréelle.
Un cri perça la nuit. Un son guttural, étranglé, ni tout à fait humain ni tout à
fait animal. Amber sentit un frisson glacial lui remonter l’échine.
L’objet vibra dans ses mains.
Et dans l’ombre, deux yeux s’ouvrirent.
"Tu as réveillé une force ancienne," déclara une voix profonde, empreinte d’une
sagesse oubliée. "Mais savais-tu que cela viendrait avec un prix ?"
Le souffle d’Amber se suspendit. Mais alors que son instinct lui hurlait de lâcher
l’artefact, une voix plus profonde, enfouie en elle, lui murmurait autre chose.
Ne crains pas.
Elle raffermit sa prise sur l’objet. Son regard se durcit. Elle n’était plus une
simple spectatrice.
Elle était liée à cette histoire. Depuis toujours. 4o mini

O O
ChatGPT peut faire des erreurs. Envisagez de vérifier les informations importantes.
? S
Le sol sous moi se déforma, mes mains tremblèrent.
Les mots s’échappèrent des lèvres d’Amber, fragiles mais porteurs d’une force
insoupçonnée. L’effet fut immédiat.
L’artefact répondit comme s’il n’attendait que cela.
Une lumière verte éclata, si vive qu’elle déchira l’obscurité de la bibliothèque
comme un éclair en pleine tempête. Les murs, les étagères, les livres – tout fut
baigné d’une lueur irréelle, projetant des ombres tremblotantes sur les grimoires
poussiéreux.
Les runes gravées sur la surface du métal prirent vie. Elles palpitaient, pulsant à
l’unisson avec son propre cœur.
Amber ne pouvait plus détourner le regard. Face à elle, la créature s’arrêta net.
Ses yeux rougeoyants vacillèrent, comme troublés par une force qu’ils ne
comprenaient pas. Son corps, une masse mouvante d’ombres et de matière indistincte,
sembla se distordre sous l’effet de la lumière, luttant contre une pression
invisible.
Elle grogna, un son rauque et guttural, mais ne parvint pas à avancer d’un pas de
plus. Amber sentit un frisson lui parcourir l’échine.
Elle ne savait pas ce qu’elle venait de déclencher, mais elle savait – non, elle
sentait – que cette lumière ne venait pas uniquement de l’artefact.
Elle venait d’elle.
La créature, pourtant massive et menaçante, paraissait maintenant hésitante. Comme
si, pour la première fois, elle n’était pas la prédatrice, mais la proie.

Alors Amber comprit.


C’était elle qui détenait le contrôle. "Laisse-moi en paix."
Elle ne cria pas. Elle ne supplia pas. Elle ordonna.
Aussitôt, l’artefact réagit.
Une onde de chaleur se propagea dans la pièce, soulevant la poussière en un
tourbillon fantomatique. La créature recula d’un pas, ses griffes raclant le sol de
pierre dans un
crissement strident. Les ombres qui la composaient s’effilochèrent, se
distordirent, se tordirent sous une force invisible.
Un cri perçant déchira l’air – un hurlement qui semblait venu des entrailles mêmes
du néant. Puis, la créature disparut.
Juste… comme ça.
Le silence qui suivit était écrasant. Amber resta immobile, le souffle court.
Ses mains tremblaient toujours, l’artefact encore tiède contre sa paume. La lumière
verte s’amenuisait peu à peu, comme une vague qui se retire après avoir tout
dévasté sur son passage.
Elle venait de survivre. Mais à quoi ?
Elle baissa les yeux vers l’objet. Il n’avait pas simplement repoussé la créature…
Il avait fait plus que cela. Il avait réagi à elle.
Pourquoi ? Pourquoi elle ?
Elle s’adossa contre une étagère, les jambes soudain trop faibles pour la porter.
Et c’est alors qu’un bruit brisa le silence.
Un froissement de tissu. Un pas léger. Amber releva brusquement la tête.
Dans l’embrasure de la porte, une silhouette fine se tenait, immobile. Mariana.
Ses yeux brillaient dans l’ombre, une lueur de curiosité et de prudence dans le
regard. "Tu fais quoi ?" demanda-t-elle d’une voix douce, mais précise, comme si
elle venait de surprendre quelqu’un en train de commettre un acte interdit.
Amber sursauta, serrant l’artefact contre elle, sans savoir pourquoi. "Je… Je
lisais," répondit-elle.
C’était une réponse idiote.
Mariana haussa un sourcil, son regard glissant de l’artefact aux étagères
renversées, aux volutes de poussière encore en suspension dans l’air.
"Ah oui ?" fit-elle, une pointe d’amusement dans la voix. "Alors c’est nouveau, les
livres qui lancent des sorts lumineux ?"
Amber ouvrit la bouche, puis la referma. Elle sentit une chaleur monter à ses
joues. Mariana soupira et s’avança, les mains dans les poches.
"Tu sais," dit-elle en s’accroupissant près d’elle, "j’ai vu pas mal de choses
bizarres ici… mais jamais un livre assez puissant pour faire fuir une créature des
ténèbres."
Son ton était léger, mais son regard scrutait Amber avec une vraie inquiétude.
Amber serra les dents.
Elle aurait aimé pouvoir rire, dire quelque chose d’intelligent, mais tout ce qui
lui venait à l’esprit ressemblait à un chaos de pensées illisibles.
Mariana attendit un instant, puis haussa les épaules.

"Bon, si tu ne veux pas me dire, très bien." Elle se releva, s’étirant comme un
chat. "Mais si une autre explosion magique se produit, essaie au moins de prévenir
avant que je sois prise dans l’onde de choc."
Elle fit volte-face et se dirigea vers la porte, mais avant de sortir, elle lança
par-dessus son épaule :
"Et au fait… T’as l’air différente." Amber releva brusquement la tête. "Différente
comment ?"
Mariana esquissa un sourire en coin, sans répondre. Puis elle disparut dans le
couloir. Amber serra l’artefact contre elle et ferma les yeux un instant.
Elle ignorait encore ce que tout cela signifiait. Mais une chose était sûre :
Elle ne pourrait plus jamais prétendre que rien de tout cela n’était réel. Mariana
haussa les épaules, visiblement indifférente à la gravité de la situation.
"Ah, je suis venue chercher un livre sur les cacahuètes. Mon mentor me harcèle à ce
sujet." Amber cligna des yeux.
"Les… cacahuètes ?"
Mais Mariana ne semblait pas disposée à fournir plus d’explications. Elle saisit un
livre au
hasard sur l’étagère, le feuilleta vaguement, fronça les sourcils – comme si elle
venait de lire quelque chose d’insensé – puis le remit en place avant de repartir
d’un pas nonchalant, aussi vite qu’elle était apparue.
Amber la suivit du regard, complètement abasourdie. C’était quoi cette
interaction ?
Elle n’eut pas le temps de s’attarder davantage sur cette question, car un son
grave et solennel retentit dans tout le château.
La cloche.
L’appel des épreuves de magie. Son estomac se noua aussitôt.
Elle baissa les yeux vers l’artefact qu’elle tenait encore, ses doigts effleurant
la surface métallique froide. Il lui cachait encore bien des secrets. Quelque part
en elle, une voix
murmurait qu’il ne s’était pas activé par hasard, qu’il y avait une raison, un sens
derrière tout cela.
Mais pour l’instant, elle n’avait pas le temps d’y réfléchir.
Elle referma les doigts sur l’objet, inspira profondément, rangea rapidement ses
livres et se précipita hors de la bibliothèque en direction de la salle
d’entraînement.
Dans les couloirs, elle croisa Mike et les autres Creeks. Comme à son habitude,
Mike ne manqua pas l’occasion de l’assaillir du regard.
"Tu es en retard," lâcha-t-il sans même lui accorder un véritable regard. Amber
s’arrêta net.
"J’étais en train de lire un livre," dit-elle, tentant de donner à son excuse une
certaine crédibilité.
Mike leva les yeux au ciel. "Ce n’est pas une raison."
Amber sentit une bouffée d’exaspération monter en elle, prête à lui rétorquer
quelque chose de cinglant.
Mais avant qu’elle ne puisse ouvrir la bouche, une voix calme intervint. "Laisse-
la, Mike. Elle t’a dit qu’elle lisait."
C’était Victor. Toujours posé, toujours cette sérénité tranquille dans la voix. Il
n’avait pas besoin d’élever le ton pour se faire entendre.
Mike se contenta de lui jeter un regard en biais avant de détourner la tête,
visiblement contrarié de ne pas pouvoir prolonger la discussion.

Amber, elle, se sentit légèrement plus détendue. Pas complètement, mais un peu.
De toute façon, il y avait plus important.
Le vent soufflait du large, apportant avec lui une brise fraîche et salée, un
murmure lointain qui s’infiltrait entre les murs de pierre du château. C’était une
sensation étrange, comme si la mer elle-même murmurait des secrets qu’elle n’était
pas encore prête à entendre.
Elle accéléra le pas, traversa la grande cour et arriva enfin à la salle de magie.
Rick était déjà là.
Son regard scrutateur parcourut les élèves rassemblés devant lui. Son visage était
grave, mais une lueur d’enthousiasme brillait dans ses yeux – celle d’un professeur
prêt à mettre ses
apprentis à l’épreuve.
"Allez, on commence," dit-il d’une voix qui portait toute l’autorité d’un maître.
"Aujourd’hui, vous allez apprendre à lancer un sort à votre adversaire. Vous devez
être précis. Ne gaspillez pas votre énergie."
Amber sentit un frisson d’excitation lui parcourir l’échine. Le bruit des vagues
résonnait dans son esprit.
Elle se plaça parmi les autres, les mots de Rick gravés dans sa mémoire.
Chaque mouvement magique était un reflet de l’océan : calme, mais imprévisible,
apaisant, mais d’une puissance indomptable.
Elle savait que, peu à peu, elle était en train d’apprendre. Et surtout, elle était
en train de comprendre.
:
Elle savait aussi que ce n'était que le début. Le véritable défi était encore à
venir.

Le vent s’était calmé dans la salle d’entraînement du château, laissant l’air


vibrer d’une énergie magique qui semblait persister dans les moindres recoins.
Oceane, les yeux illuminés par une excitation palpable, se tenait fièrement, ses
mains encore légèrement tremblantes de l’effort qu’elle venait de fournir. Son
sourire était large, rayonnant de fierté.

« Tu n’aurais pas dû nous lancer ça, » observa Rick avec un sourire malicieux,
croisant les bras sur sa poitrine. Il avait toujours ce petit air de défi, comme
s’il était prêt à parier sur n’importe quelle folie que ses amis pourraient
imaginer.

« Ah, mais c’est là que réside le piège, » rétorqua Oceane avec un clin d'œil
complice. « La magie, comme la mer, peut être douce et calme ou déchaînée et
puissante. Si tu n’apprends pas à la maîtriser, elle te submergera. »
Amber, debout un peu en retrait, ressentait un frisson parcourir son échine. Elle
avait vu Oceane déployer sa puissance, et en elle aussi, quelque chose d’invisible
mais puissant
semblait bouillonner. Une magie cachée, un potentiel inexploré, lui murmurait les
promesses d’une aventure encore à venir.

Victor, leur mentor à l’allure sereine et au sourire tranquille, la regarda avec


une patience
infinie. « C’est ton tour, Amber, » invita-t-il d’une voix douce, comme une
caresse. « Il est temps d’apprendre à te relever quand tout semble sombrer. »

Le château, dans son calme éternel, parut s’immobiliser autour d’elle. Amber ferma
les yeux un instant, faisant le vide dans son esprit. Elle inspira profondément,
sentant une chaleur
douce l’envahir. La mer. Elle l’entendait, elle l’appelait dans ses rêves. Les
vagues qui
s’écrasaient sur le rivage, les cris lointains des oiseaux, la brise salée
effleurant son visage.

Elle se laissa emporter par cette sensation, cherchant à se reconnecter à cette


force tranquille qui la guidait.

« Pensons à ce qui nous fait sourire, » murmura Victor, sa voix pleine de douceur,
comme un chant ancien. « À ce qui nous fait nous sentir vivants. »

Amber se perdit un instant dans ses souvenirs. Elle revit Bradley, son frère
espiègle, et leur mère, tous réunis autour d’un repas simple, riant et partageant
des histoires. Ce bonheur ordinaire, cette chaleur familière, était ce qui l’aidait
à rester ancrée, à garder son équilibre.

Tout à coup, elle sentit une pulsation sous ses pieds. Les énergies magiques
semblaient réagir à son appel intérieur. Le vent se leva autour d’elle, une danse
légère de pouvoir et d’énergie. Elle lança un coup de pied, mais trop lentement. Un
sort, lancé par un des autres, la frappa de plein fouet, la propulsant au sol. Elle
roula sur le côté, un éclat de frustration montant en elle, mais aussi une
étincelle de compréhension.

« Souviens-toi, » dit Victor d’un ton calme, avec une sagesse tranquille, « Il faut
être plus rapide que ton adversaire. »

Amber se redressa, le cœur battant. Mike, qui l'avait observée depuis le début,
tendit une main pour l’aider à se relever. Leur regard se croisa un instant, et
Amber ressentit une connexion, une énergie partagée qui la galvanisait, comme une
vague prête à éclater.

« Tu as appris quelque chose aujourd’hui, » déclara Mike, son ton neutre, mais une
lueur de respect brillait dans ses yeux, quelque chose qu’elle n’avait pas
l’habitude de voir chez lui. Il ne disait pas souvent ce qu’il pensait, mais cette
lueur suffisait à éclairer son cœur.

Les autres Creeks, silencieux, les observaient avec une attention soutenue, comme
des témoins d’un cheminement invisible. Mia, Rick, Victor, chacun apportait sa
touche unique à cet entraînement, une mélodie harmonieuse d’amitié et de magie.
Leurs yeux, empreints de compréhension, révélaient qu’ils étaient tous liés par une
même magie, un même destin.

À mesure que la journée touchait à sa fin, Amber sentait la chaleur de cette


famille qu’elle avait trouvée ici. Elle n’était plus seule dans ce monde étrange et
magique. Pas tout à fait
encore, mais elle commençait à comprendre que ce n’était pas une coïncidence
qu’elle soit là. Un sourire serein se dessina sur ses lèvres, prête à affronter ce
qui venait. La magie, ce monde, ces personnes… tout était désormais entre ses
mains.
Le vent soufflait doucement, emportant avec lui l’odeur salée de la mer et un
frisson d’inconnu. Mia marchait à ses côtés, ses pas légers et furtifs, comme si
elle n’était jamais tout à fait présente, mais toujours là, prête à écouter.

« Tu sais, » commença Mia, un sourire timide sur les lèvres, « je pense vraiment
que tu as quelque chose de spécial en toi. D’autres l’ont peut-être remarqué, mais
je crois que tu es à l’aube de quelque chose d’incroyable. La magie en toi est
unique. »

Amber se tourna vers elle, surprise par cette attention. Mia était souvent si
réservée, mais dans ses yeux brillaient une confiance qui faisait chaud au cœur. «
Tu crois vraiment ? » demanda- t-elle, sa voix emplie de curiosité.

« Oui, absolument, » répondit Mia avec conviction. « Chaque fois que tu te laisses
aller, que tu ouvres ton cœur à la magie, tu révèles un potentiel que peu de gens
ont. Mais il te faut croire en toi et ne pas avoir peur de tomber, car chaque chute
est une leçon. »

Les mots de Mia résonnaient en elle, comme un écho réconfortant. Amber se remémora
les défis qu’elle avait affrontés jusqu’à présent, et malgré les doutes, elle se
sentait plus forte à chaque instant. Elle avait trouvé une famille ici, des amis
prêts à l’épauler.

Leurs rires et leur complicité étaient le fil rouge qui tissait leur histoire.
Lorsque la lumière commença à diminuer et que le crépuscule enveloppa le château,
Amber savait qu’elle était à l’aube d’une aventure magique. Ce n’était que le
début, après tout, et elle se sentait prête à découvrir tout ce qui l’attendait
:
« Alors, » dit-elle avec un air malicieux, un sourire espiègle dans les yeux, « on
dirait bien qu'il se passe quelque chose entre toi et Mike, non ? Ce n’est pas du
genre à te regarder comme ça juste pour rien, tu sais. »

Je la dévisageai, prise de court par sa remarque inattendue. Mon cœur fit un bond
dans ma
poitrine, mais je tentai d’étouffer la montée de chaleur qui m’envahissait d’un
simple éclat de rire nerveux. « Non, tu t’imagines des choses. C'est juste… un
regard. » Je forçai un ton détaché, mais même moi, je savais que cela sonnait faux.

Mia, avec son air toujours aussi intrépide, arqua un sourcil, un sourire en coin
démentant toute innocence. « Oh, vraiment ? Parce que moi, je vois plutôt deux
regards qui se croisent, et ça n’a rien d’amical, à mon avis. Allez, dis-moi tout.
On peut tout se dire, non ? » Elle fit une pause, attendant ma réaction avec
l’impatience d’un chat guettant une souris, comme si elle
savait que sa persévérance finira par m’intriguer.
Je baissai les yeux, l’incertitude m’envahissant. Ce n’était pas la première fois
qu'elle me poussait dans mes retranchements, et je commençai à me demander si je
n’étais pas en train
de lui donner raison. « Vraiment, Mia, il n’y a rien, » répondis-je, mais ma voix
trahissait une petite hésitation, comme si j’étais moi-même en train de douter de
mes propres paroles.

Elle haussait les épaules avec l’aisance d’un joueur de Quidditch. « Si tu le dis.
Mais ne sois pas trop pressée de tout nier. Moi, je sais quand quelque chose
mijote. » Et sur ces mots, elle tourna les talons, laissant derrière elle un petit
nuage de mystère flottant dans l’air, comme un sort jeté qui ne pouvait être
défait.
Je n’eus pas le temps de me concentrer davantage sur cette conversation, car un
bruit attira soudain mon attention. Mariana, un peu plus loin, venait de laisser
tomber un livre de son cartable. Mes yeux se posèrent instinctivement sur elle. Je
tendis l’oreille et entendis un murmure à peine audible, comme un souffle porté par
le vent : « Comment retrouver une clé...
» Un frisson inexplicable me parcourut l'échine. Ce titre, cette phrase… il y avait
quelque chose de dérangeant dans la situation. Un pressentiment me fit sourciller.
Pourquoi Mariana avait-elle ce livre ? Et pourquoi ce titre si intriguant ?

Nos regards se croisèrent brièvement, mais il ne se passa rien. Elle sembla à peine
surprise de me voir l’observer, et au lieu de m’accorder un sourire, elle se
détourna aussi vite, comme si elle avait voulu cacher quelque chose. Une boule de
malaise grandissait dans ma poitrine.

Pourquoi ce livre ? Pourquoi elle ? Et pourquoi cette lueur étrange dans ses yeux,
comme si elle avait été prise en flagrant délit ?

À peine avais-je le temps de m’interroger sur tout cela que la voix sèche et
tranchante de Mike me fit sursauter.

« Amber, » dit-il, en me fixant d’un regard perçant, « tu n’as pas réussi


l’exercice. C’est la troisième fois que ça arrive. Tu sais ce que ça signifie,
n’est-ce pas ? »

Une vague de chaleur monta en moi, mêlant frustration et culpabilité. Chaque mot
qu'il
prononçait résonnait comme le son d’un gong, et j’avais l’impression que l’espace
autour de nous se réduisait, devenant plus étroit, plus oppressant. « Je sais, »
murmurais-je, cherchant à cacher l’anxiété qui montait dans ma gorge. « Je ferai
mieux la prochaine fois. » Mais au fond de moi, je savais que faire mieux n’était
jamais suffisant pour Mike. Ses attentes étaient des montagnes qu'il voulait nous
voir gravir sans une once de doute. Parfois, je me demandais si j’y arriverais un
jour.

Il me regarda un instant, une lueur d’impatience dans ses yeux avant de se


détourner brusquement. « Tu feras mieux. »

Je laissai échapper un souffle, le cœur battant, tandis que l'atmosphère autour de


moi se
décompressait lentement. Mike pouvait être dur, presque impitoyable, mais je savais
qu’il
avait raison sur une chose : il n’y avait pas de place pour les faiblesses ici.
Nous devions être forts, au-delà de tout. Et pour y parvenir, il fallait que je me
prouve à moi-même que je pouvais tenir tête à ses exigences. Pas seulement pour
lui, mais pour moi.

Je hochai lentement la tête, même si, au fond, je n’étais pas tout à fait sûre de
ce qu’elle voulait dire. La pression montait, mais quelque chose en moi se
raffermissait. Je savais que je pouvais le faire, même si la route s’annonçait
semée d'embûches. Il me suffisait de me concentrer et de me rappeler pourquoi
j'étais là, entourée de ces personnes, de cette magie.

4o mini 4o mini 4o mini

Je redressai la tête, le défi dans les yeux. "Je sais, Mike, mais on apprend en
faisant des erreurs. Pas la peine de me réprimander." Sa mâchoire se serra, et son
regard devint plus perçant,
comme s’il tentait de me lire en profondeur. "Si je dois le faire, je le ferai. Je
me suis promis de t’aider à réussir ta mission, et c’est ce que je vais faire." Ses
paroles étaient aussi froides et
tranchantes qu’un vent d’hiver, une promesse qu’il ne semblait pas prêt à briser.
Un sentiment d’irritation sourde monta en moi, une frustration à peine contenue.
"Tu t’es un peu trop investi, non ?" C’était plus fort que moi. J’avais assez de
cet air autoritaire, presque possessif. Il me fixa intensément, ses yeux devenant
deux braises glacées. "Si tu échoues, je te punirai." Je frémis, une chaleur
étrange montait dans ma nuque. "Et comment ?" demandai-je, ma voix tranchante,
l'irritation bien plus forte qu’avant. Il me regarda un instant, son regard se
faisant plus froid encore, comme une promesse silencieuse de quelque chose de bien
plus inquiétant. "Tu
n’aimerais pas savoir." Il attrapa mon poignet, le serrant juste assez pour marquer
son pouvoir.
Mon cœur s’emballa, mais je restai figée, incapable de bouger. Puis il relâcha ma
main
brusquement, comme s’il venait de se rendre compte de la brutalité de son geste. À
cet instant, Victor arriva, l’inquiétude dessinée sur son visage. "Mike, qu’est-ce
que tu fais ?" Il se plaça entre nous, comme un bouclier protecteur. Mike le fixa
un instant, les poings serrés, mais ne répondit pas. "Ça ne te regarde pas,"
lança_t-il sèchement, avant de se détourner et de
s’éloigner d’un pas furieux. Victor se tourna vers moi, la douceur de sa voix
venant briser le silence qui s'était imposé. "Tu vas bien ?" Je hochai la tête,
essayant de masquer la tension qui me nouait la gorge. "Oui, je vais bien." Mais
mon cœur battait à tout rompre, la sensation
d’oppression qui m'envahissait refusant de se dissiper. "Ne laisse plus Mike te
maltraiter, d’accord ?" Victor posa une main rassurante sur mon épaule. "Tu sais,
on est là pour toi. Si
jamais il recommence, tu n’as qu’à me le dire." Je le regardai, un peu perdue,
avant de répondre d'une voix faible mais déterminée : "Ok." Il me sourit, ce
sourire apaisant qui dissipait, ne serait- ce qu’un peu, l’ombre de Mike. Il prit
ma main, et nous nous dirigeâmes vers la cafétéria. Mes pensées tournaient en
boucle. L'angoisse, les confusions, mais aussi des espoirs fragiles se mêlaient
dans mon esprit. Le château était un lieu à la fois rassurant et intimidant, comme
un grand vaisseau qui naviguait entre les tempêtes et les cieux étoilés. Mike, avec
sa froideur et ses paroles tranchantes, m’enlaçait dans une brume constante. Mais
il y avait aussi Victor, cette bouffée d’air frais, un peu comme Mia, mais avec la
sagesse en plus. 5 Et puis, il y avait la magie. Elle était là, tout autour de moi,
une présence silencieuse, vibrante, et pleine de promesses. Je savais que je devais
l’accepter, la comprendre, la maîtriser, pour réussir la
mission qui m’attendait. Mais pour l’instant, tout ce que je voulais, c’était un
peu de calme. Un peu de paix. Je marchais en silence à côté de Victor, écoutant le
bruit doux de nos pas sur le sol de pierre, un léger apaisement venant calmer la
tempête de mes pensées. Le château semblait vaste, immense, mais aussi étrangement
intime, comme un monde à part. Nous nous installâmes à une grande table où
plusieurs personnes étaient déjà assises, mangeant dans un silence étrange. Les
femmes qui servaient les plats étaient figées, presque spectrales, comme des ombres
flottantes qui observaient sans jamais toucher les aliments. La nourriture,
cependant, semblait animée d’une vie propre. Elle se soulevait du plat avec une
grâce fluide, comme si elle dansait dans l’air, avant de se déposer délicatement
dans les assiettes
superposées, une après l’autre. Je n’avais jamais rien vu de tel. C’était
fascinant, mais aussi légèrement déroutant. Une fois l’assiette servie, elle
glissait en douceur vers nous, rejoignant un grand sceau posé dans un coin de la
salle, où les autres plats s’amassaient en silence. Mes yeux suivaient ce mouvement
avec une curiosité mêlée d’hésitation. La nourriture, en elle-même, était...
particulière. Ce soir-là, le menu consistait en des pâtes aux grenouilles
accompagnées de vers de terre. Les vers bougeaient encore, vivants, frémissant dans
mon assiette, s’enroulant
autour des pâtes, leurs petits corps agitant l’air. Je déglutis difficilement, un
frisson de dégoût me traversant l’échine, mais je savais que je n'avais pas
vraiment le choix. Mia s’assit à côté de moi, son regard curieux se posant sur mon
assiette. "Tu t’habitues à la nourriture d’ici ?" demanda-t-elle, un éclat
malicieux dans les yeux. "Un peu..." répondis-je, luttant pour ne pas laisser
paraître combien cela me déstabilisait. "Moi, au début, je n’osais même pas y
toucher," avoua-t-elle en riant doucement. "Tu es bien plus courageuse que moi." Un
petit sourire timide échappa à mes lèvres. "Ah, ok..." "Tu sais, t’inquiètes pas,"
dit-elle, baissant la voix comme si
elle me confiait un secret. "C’est comme ça au début. Quand on commence à
s’entraîner, on fait des erreurs, mais ça passe. Tu vas t’y faire." Je hochai la
tête, mais mon esprit était déjà

ailleurs. L’échange avec Mike me pesait encore, une tension non résolue qui
flottait entre nous depuis notre entraînement. Il y avait quelque chose de lourd,
de malaisé entre nous, que je
n’arrivais pas à apprivoiser. "Tu nous rejoins pour faire du yoga ?" demanda Mia,
son ton léger, presque enjoué. Je la regardai un instant, désirant fuir
l’atmosphère oppressante de la salle, mais je savais que ce n’était pas le moment
de tout rejeter. "Non, je dois m’entretenir avec la directrice." Rien que l’idée de
devoir lui parler me nouait l’estomac, mais c’était inévitable. 5 "Ah, ok,"
répondit-elle, un peu déçue, mais elle ne s’attarda pas sur sa déception. "Donc, la
prochaine fois, alors." Je voulais lui répondre, lui dire que j’espérais bien la
rejoindre une autre fois, mais mes mots restaient bloqués dans ma gorge, écrasés
sous le poids de
l’incompréhension et de l’incertitude qui m’étouffaient. La porte de la cafétéria
s’ouvrit
soudainement, et une silhouette familière apparut dans l’encadrement. Katherine. La
femme au chapeau, une présence à la fois intrigante et inquiétante. Toujours vêtue
de noir, elle flottait dans la pièce telle une ombre élégante, son regard glacial
glissant sur nous tous sans jamais se poser. Son sourire, comme d’habitude,
n’atteignait pas ses yeux, laissant une sensation de
froideur persistante dans l’air. Elle s’assit à notre table sans un mot, ses yeux
balayant la pièce d’un regard aussi supérieur qu’impassible. Il n’y avait jamais
rien de chaleureux chez elle, juste une autorité tacite, comme une force invisible
qu’elle imposait silencieusement. Je la regardai furtivement, un frisson
d’appréhension me traversant l’échine. Quelque chose en elle ne me
revenait pas, une dissonance étrange, comme si elle n’était pas tout à fait à sa
place ici. Mais je chassai cette pensée, l’écartant aussi vite qu’elle était
apparue. Pas maintenant. Pas ici. Je pris une bouchée, un peu plus déterminée à
finir mon repas, même si les vers dans mon assiette semblaient se tordre et se
dérouler d’une manière de plus en plus repoussante. C’était un effort, une lutte
contre la nausée qui montait, mais je m’y accrochais, préférant garder une certaine
dignité, même dans ce moment étrange et inconfortable. Le château semblait respirer
sous la nuit noire, ses pierres anciennes murmurant des secrets oubliés, comme un
cœur battant dans l’ombre. L’air, lourd et épais, semblait se suspendre autour de
nous, comme si la terre elle- même retenait son souffle. Chaque coin de ce lieu
mystique semblait vibrer d’une énergie qui m’échappait, une magie cachée dans les
pierres, enfouie sous les siècles. C’était presque
comme si le château était vivant. Soudain, la voix de la directrice fendit l’air,
brisant le silence pesant d’un coup. "Un évadé de prison," dit-elle, grave et
claire. "Restez sur vos gardes. Le château fermera à 21h." Le mot "prisonnier" se
répercuta dans la salle, lourd, comme un coup de tonnerre dans la nuit. Chaque
syllabe semblait porter une menace palpable, une tension qui se diffusa
instantanément dans l’atmosphère, faisant frissonner l’ensemble des élèves, d’une
manière presque imperceptible, mais indéniable. Le silence se fit encore plus
lourd, comme si chaque respiration était suspendue. "Qui est-ce ?" demanda une voix
tremblante, un éclat de peur glissant dans la question. La directrice leva les
yeux, ses traits tirés, et je crus voir un instant de crainte dans son regard.
"Andy Cruse, surnommé 'Le Chat'," répondit-elle. À l'évocation de ce nom, une onde
de frissons traversa la pièce. Les murmures montèrent, un
vacarme sourd, chaque visage marqué d’effroi, d’incertitude, et, curieusement,
aussi d'une
curieuse fascination. Andy Cruse. Le nom d’un fantôme du passé, celui d’un criminel
dont les 5 exploits, si l’on pouvait les appeler ainsi, étaient devenus légende. Il
avait semé la terreur il y a mille ans, un spectre toujours aussi menaçant et réel
que les murs mêmes du château. Mais parmi nous, une présence étrange restait
implacable. Marianna. Elle ne bougeait pas. Ses yeux étaient fixés sur son
assiette, ses mains délicates entrelacées comme si elle était une spectatrice de ce
moment effrayant, détachée de tout. Aucun tremblement. Aucune frayeur.
Juste une froideur presque... inhumaine. Il y avait quelque chose chez elle, une
sérénité étrange, qui me glaçait sans que je puisse comprendre pourquoi. "Ne sortez
pas dans la forêt," reprit la directrice, sa voix maintenant teintée d’une menace
claire. "Ce prisonnier est un danger. Restez dans les murs du château." Les portes
se fermèrent alors, brisant les murmures effrayés qui se propageaient dans la
pièce. Nous nous dirigions tous vers nos dortoirs, mais un poids lourd pesait sur
mes épaules. Un tiraillement étrange. Quelque chose me poussait à regarder Marianna
une dernière fois, un sentiment pressant, comme si elle détenait une part de la
vérité. Mais quoi ? Que cachait-elle ? Pourquoi cette indifférence apparente,
presque surnaturelle, face à la menace d’un criminel mythique ? Cela me glaçait, me
troublerait sans doute encore longtemps. Victor, fidèle à son rôle d’ombre
protectrice, se glissa près de moi. Il semblait plus tendu que d’habitude, ses
traits figés dans une expression d’inquiétude. "Andy Cruse…"

murmura-t-il, presque comme une confession. "C’est l’un des plus grands criminels.
Il a tué… des gens il y a des années. Une véritable légende noire. On raconte que
ses pouvoirs étaient inégalés. Personne ne savait vraiment comment l’arrêter." Je
l’écoutais sans le quitter des yeux, mais une autre pensée me traversa. L’idée que
Marianna semblait si calme face à ce danger, et que ce nom – "Le Chat" – faisait
écho en moi de façon étrange. Un écho trop familier. Un
mystère que je n’arrivais pas encore à saisir. Je pris le grimoire entre mes mains,
ses pages usées sous mes doigts comme si elles attendaient d’être tournées depuis
des siècles. Le livre
semblait vibrer d’une énergie ancienne, presque imperceptible, mais indéniablement
présente. L’air autour de moi s’était alourdi, et la lumière vacillante des bougies
jetait des ombres dansantes sur les murs de la salle des magies. C’était comme si
la pièce elle-même retenait son souffle. Victor, de l'autre côté de la pièce,
observait attentivement ma réaction. Il ne disait rien, mais ses yeux, perçants et
gravement fixés sur moi, semblaient implorer une réponse. La réponse que je n'avais
pas encore. "Les réponses sont dans ce livre, Amber", dit-il, sa voix un murmure
entre les murs, "mais tu dois être prête à les affronter." Je sentis un frisson me
parcourir. Être prête à affronter quoi ? Cette question flottait dans mon esprit,
mais je n’osais la formuler à haute voix. L’atmosphère pesante de la salle semblait
se resserrer autour de moi à mesure que j'ouvrais lentement le livre, la couverture
craquant sous le mouvement. Les premières pages étaient couvertes de symboles que
je ne comprenais pas. Ils brillaient d'une lueur douce, presque invisible, comme si
la magie elle-même avait besoin de temps pour se révéler à ceux qui étaient dignes
de la découvrir. Je parcourus quelques lignes, 5 cherchant à déchiffrer les mots
qui semblaient se dérober à moi, mais une phrase en particulier me sauta aux yeux,
inscrite en lettres dorées : "Le destin de tous repose sur la clé que tu portes."
Je
m’arrêtai net. La clé… je suis la clé ? La vérité m’apparut comme une gifle, mais
une vérité que je savais déjà. Tout ce qui avait conduit à ce moment, tout ce que
j'avais vécu dans ce château, les rencontres, les épreuves, tout cela m'avait
préparée à comprendre cette réalité. La clé,
c’était moi. C’était mon pouvoir, ma responsabilité, mon fardeau. Un bruit sourd se
fit entendre à la porte. Je levai les yeux, le cœur battant plus fort. Victor n’eut
pas besoin de parler. Il savait, tout comme moi, que le danger se rapprochait. Et
si Andy Cruse, le Chat, était vraiment là, parmi nous… tout allait basculer. Les
ombres de la pièce semblaient se tordre sous l’impact de cette menace, et une
lourde chaleur monta en moi, l’idée de ce qui pourrait arriver si je ne parvenais
pas à comprendre ce qui m'attendait. Je refermai le livre, résolue. L’angoisse
était toujours là, mais désormais, je la comprenais. Je n'avais pas le choix. Tout
ce que je savais, tout ce que j'avais découvert, me mena vers ce moment. Victor
s'approcha lentement, ses yeux toujours fixés sur le grimoire. Il hocha la tête
avec une gravité silencieuse, et d'un ton plus bas, presque solennel, il murmura :
"Nous n'avons plus de temps à perdre." Je savais qu’il avait raison. La vérité
m'était dévoilée, et le chemin devant moi, aussi obscur soit-il, était celui que je
devais suivre. Pour l'instant, tout ce que je pouvais faire, c’était l’accepter.
Les heures s’étiraient interminablement, et les ombres de la nuit semblaient
s’allonger dans chaque recoin de la pièce. Le silence du dortoir, à peine troublé
par les murmures de Vicky, me pesait sur les
épaules. Je n’arrivais pas à fermer l’œil. L'image d'Andy Cruse, son regard froid
et sans émotion, hantait mes pensées. J’avais entendu des histoires, mais rien ne
m’avait préparée à la réalité de ce qu’il représentait. Je m’allongeai sur le lit,
les yeux fixés sur le plafond, tentant de repousser
l’angoisse. Mais l’air dans la chambre semblait s’être épaissi, chaque respiration
devenant plus difficile, comme si quelque chose nous observait dans l’obscurité. Le
son d’un pas lourd me fit sursauter. La porte du dortoir s’ouvrit doucement. Une
silhouette se dessina dans
l’encadrement. C’était Victor. "Tu ne dors pas non plus ?" murmura-t-il, sa voix
basse et tendue. Je me redressai dans le lit, surprise de le voir là. "Je n’arrive
pas à y croire… Andy Cruse… C’est… c’est comme un fantôme, non ?" 5 Victor
s’approcha lentement, son regard préoccupé. "Il n’est pas un fantôme, Amber. C’est
bien pire que ça. Il est réel, et il est là, parmi nous." Le froid dans sa voix me
fit frissonner. Il n’y avait aucune trace de doute dans ses yeux. La menace était
bien présente, palpable. "Mais pourquoi maintenant ? Pourquoi il est revenu ici ?"
Il soupira, se
passant une main dans les cheveux. "Ce château… Il renferme plus de secrets que tu
ne
l’imagines. Andy Cruse est lié à tout ça. Et il n’est pas le seul. La magie ici…
Elle a un prix. Et il va tout faire pour l’obtenir." Je me sentais naître une peur
nouvelle, plus profonde que tout ce
que j'avais ressenti jusque_là. L'incompréhension me paralysait. "Qu'est-ce que tu
veux dire par 'le prix' ?" Victor hésita, comme s’il pesait chaque mot. "Il y a des
choses que tu n’es pas encore

prête à comprendre. Mais tu vas devoir le faire, Amber. Parce que tout ce que tu
sais sur ce
château, sur ce monde… ça va changer." Il tourna les talons, s’apprêtant à partir,
mais s'arrêta sur le seuil de la porte. "Essaie de dormir. Le reste viendra, tôt ou
tard." Je le regardai s’éloigner dans l’obscurité, le cœur lourd. Un vertige
m’envahit, comme si je m’étais aventurée dans un monde dont les règles
m’échappaient complètement. Et quelque chose au fond de moi me
disait que ce n’était que le début.

Il tourna les talons, s’apprêtant à partir, mais s'arrêta sur le seuil de la porte.
"Essaie de dormir. Le reste viendra, tôt ou tard."
Je le regardai s’éloigner dans l’obscurité, le cœur lourd. Un vertige m’envahit,
comme si je m’étais aventurée dans un monde dont les règles m’échappaient
complètement. Et quelque chose au fond de moi me disait que ce n’était que le
début.
chapitre
Océanne s'effondra au sol, sa tête heurtant le carrelage froid avec un bruit sourd.
Un instant, tout sembla suspendu dans l’air. Puis, doucement, la pièce se remit en
mouvement, les livres retombant en une pluie silencieuse autour d’elle. La lumière
vacillait, s’éteignant et se rallumant par intermittence, comme une bougie
chancelante sur le point de s’éteindre.
Mais Océanne ne bougeait plus.
Elle était restée là, allongée dans le silence, et pourtant, quelque chose
d’invisible semblait
l’entourer, une présence pressante. Les ombres s'étaient amassées autour d'elle,
épaissies par l'obscurité de la pièce. Il y avait une lourdeur dans l’air, un poids
qui rendait l’atmosphère presque impossible à respirer.
Dans le couloir, tout était calme. Aucun bruit ne brisait le silence oppressant qui
s'était abattu sur le château. Le temps semblait avoir ralenti, suspendu dans cet
instant de terreur et de mystère. Mais dans la salle des magies, l’énergie ne
cessait de croître, de se tordre dans des formes invisibles. Chaque livre reposant
au sol semblait chuchoter, comme s’il savait des choses qu’il n’aurait jamais dû
savoir.
Et pourtant, la magie de ce lieu, bien que puissante, n’était pas celle qu’Océanne
avait
imaginée. Ce n’était pas une magie lumineuse, éclatante et belle. Non, cette magie-
là était sombre, inquiétante, comme une ombre qui se faufile dans l'ombre même.
Quand enfin elle réussit à se redresser, sa vision floue et son esprit embrouillé,
Océanne
réalisa qu’elle n’était pas seule. Derrière elle, une silhouette se tenait dans
l’obscurité. Elle n’avait pas de forme claire, mais son énergie était telle que
même l’air autour semblait vibrer. Un souffle glacé effleura son visage. Elle se
retourna brusquement, mais il n’y avait personne. Il n’y avait plus que le silence,
et l’odeur étrange de l’air, chargé de magie ancienne. Une sensation de vertige la
prit alors, comme si elle était en train de perdre pied avec la réalité.

Dans un murmure, presque imperceptible, une voix s'éleva dans l'air, comme une
plainte. "Tu n'es pas la première à découvrir ce secret, Océanne."
Elle se figea, le cœur battant dans sa poitrine. Cette voix... Elle semblait venir
de partout et de nulle part à la fois. "Qui es-tu ?" murmura-t-elle, sa voix
tremblante. Mais la réponse ne vint pas tout de suite.
"Tout est lié. Les livres... les ombres... l’histoire que tu crois connaître,"
continua la voix, maintenant plus forte, plus pressante. "Il est là, dans
l’obscurité, attendant. Et toi, tu n’échapperas pas à ton destin."
Les mots résonnèrent dans sa tête, lourds de menaces, mais aussi d'une étrange
urgence. Une pensée s’imposa à elle, aussi claire que le cristal : elle n’était pas
ici par hasard. Et ce qu’elle venait de découvrir, ce secret ancien, allait la
changer à jamais.
Les portes de la salle des magies se refermèrent dans un fracas soudain,
emprisonnant Océanne à l’intérieur. La lumière se coucha dans un dernier éclat, et
tout devint noir.

4o mini
.
Chapitre
Je me suis levée lentement, encore sous l’emprise des brumes de mon rêve, une
sensation
douce qui semblait m’envelopper comme une couverture chaude. La lumière matinale,
filtrée par les rideaux, jetait une lumière pâle sur la chambre, baignant l’espace
d'une tranquillité étrange. Les voix familières de ma famille flottaient dans
l’air, se mêlant dans un murmure lointain, comme si le monde extérieur était un
rêve à lui seul.
Puis, dans un éclat de joie sans retenue, Vicky surgit de nulle part, ses bras
m’enveloppant avec une énergie qui me fit presque perdre mon équilibre. Son rire
résonna dans la pièce, éclatant et contagieux.
— Tu t’es réveillée, mon amie ! s’écria-t-elle, presque hors d’haleine, ses
bras serrant autour de moi comme si elle voulait m’emprisonner dans un câlin géant.
Je ris en me débattant légèrement, essayant de repousser son étreinte sans vraiment
vouloir m’échapper.
— Vicky, lui dis-je en riant, mes doigts effleurant sa taille, tu m’étouffes !
Elle recula enfin, me libérant, mais ses yeux pétillaient d’une lueur espiègle.
— Tu m’as manqué, dit-elle, son visage radieux sous l’éclat du matin. Je la
regardai avec amusement, un sourire qui se dessinait sur mes lèvres.
— Mais on s’est vus hier, répondis-je, surprise par son enthousiasme si
débordant. Elle haussait déjà les épaules, sans se laisser démoraliser.
— Mais je veux te voir tous les jours ! s’exclama-t-elle, les bras levés, comme
si c’était une évidence.
Je secouai la tête, amusée.
— Ok, c’est compris… mais va prendre une douche d’abord, tu as une haleine… Je
me pinçai le nez, mimant un geste de dégoût. Je suis sérieuse, Vicky.
Elle éclata de rire, les joues roses de gêne, mais se précipita néanmoins vers la
salle de bain. J’en profitai pour me lever moi aussi, mon esprit encore flou des
restes de mon rêve. Après un moment de préparation, nous nous dirigeâmes ensemble
vers la salle à manger. Le doux
parfum du pain frais et du café chaud flottait dans l’air, éveillant mes sens.
Mia et Victor étaient déjà là, leurs visages montrant les traces de la douce
fatigue d’un matin tranquille. Victor me lança un sourire, ses yeux sincères.
— Amber, tu as bien dormi ? me demanda-t-il, son ton doux et plein d’attention.
Je lui répondis par un simple hochement de tête, un sourire s’épanouissant sur mes
lèvres.
— Oui, merci.
Mia, quant à elle, ne manqua pas une occasion de taquiner.
— Hum, l’amour est dans l’air, murmura-t-elle, un sourire malicieux étirant ses
lèvres tandis que son regard se posait sur Victor.
Victor rougit légèrement et détourna les yeux.
— Arrête, répliqua-t-il, ses joues affichant un rose gêné. Mia, toujours plus
espiègle, insista.
— Regarde-le, il sourit ! continua-t-elle, son regard brillant de malice. Je ne
pus retenir un éclat de rire en le voyant essayer de se défendre.
— Mia, tu te fais des films, dis-je en éclatant de rire. Tu n’as pas l’air de
comprendre qu’il n’y a rien.
Victor haussait les épaules, se contentant d’un sourire léger. Je me tournai alors
vers lui, ma curiosité piquée.
— Vick, tu manges ?
— Oui, répondit-il, toujours avec ce petit sourire tranquille, comme s’il
n’était pas pressé.
— Ok, alors viens avec nous.
Nous entrâmes dans la salle à manger où la table semblait prête à nous accueillir.
Les assiettes se posèrent comme par magie devant nous, chacune dans une danse
familière. Le parfum du petit déjeuner envahit la pièce et un silence paisible se
fit. Chaque geste quotidien, chaque regard échangé, semblait être une danse

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