1
INTRODUCTION
A la croisée des chemins de l’impératif de conservation de la nature et de
la nécessité d’exploitation des ressources naturelles en vue de satisfaire divers
besoins de l’Homme, maître de cette nature, nous avons éprouvé des
préoccupations en rapport principalement avec une de composante desdites
ressources, la forêt.
Les forêts de la République Démocratique du Congo constituent un
patrimoine naturel d’une richesse inestimable couvrant près de 60% du
territoire national, elles abritent une biodiversité unique au monde et jouent un
rôle crucial dans la régulation du climat, la protection des sols et des ressources
en eau et le bien-être des populations locales. 1
Pas d’œuvre scientifique sans intérêt, loin d’être un fait du hasard,
l’intérêt de cette étude se présente comme suit :
- Théoriquement, elle contribue à démontrer comment les forêts sont
gérées en RDC ainsi ce processus a le mérite d’être une source
d’information sur les forêts en RDC.
- Pratiquement, c’est une interpellation des institutions chargées de gérer
les forêts de prendre les mesures nécessaires pour la conservation
harmonieuse et durable des forêts.
C’est dans cette optique que le législateur congolais a pris un code
s(forestier) pour régir ce secteur si fructifiant.
Néanmoins disons que malgré la prudence du législateur ce secteur demeure
confronté à des diverses menaces notamment, la déforestation massive,
l’exploitation illégale des forêts, le changement climatique et la pauvreté
croissante. Raison pour laquelle dans le cadre de cette étude, nous tenterons
de répondre à la question suivante : Quelles sont les mesures à préconiser pour
tirer profit de nos forêts tout en les conservant et tirer le pays du sous-
développement dans lequel il se maintient sans raison ?
Comme hypothèses, les mesures à préconiser seraient :
- La sensibilisation et l’éducation du public à l’importance des forêts et aux
menaces auxquelles elles sont confrontées ;
- La mobilisation de financement ;
- L’implication des communautés locales dans la gestion des forêts ;
- L’amélioration de la gouvernance forestière.
1
Hilaire KABUYA KABEYA TSHILOBO, la gestion des forêts en RDC : étude écologique, économique et juridique,
Harmattan 2014, p. 107
2
Cependant pour la réalisation d’un travail il est indispensable d’opter
pour certaines méthodes et techniques, dans le cadre de celui-ci nous avons
opté la méthode exégétique qui nous a permis à interpréter la règle de droit,
celle-ci appuyée par la technique documentaire qui nous a permis d’analyser les
écrits de doctrinaires sur la gestion de la forêt.
Ce travail requiert une certaine délimitation, sur ce sur le plan spatial, il a
pour champ d’expérimentation la RDC, matériellement il se frotte au droit de
l’environnement et temporellement de 2002 date de promulgation du code
forestier jusqu’à ce jour.
Pour mieux comprendre cette étude, ce travail est divisé en deux
chapitres précédés d’une introduction et sanctionné par une conclusion ; le
premier traite des généralités sur les forêts et le second sur les bénéfices
environnementaux.
3
CHAPITRE I : GENERALITES SUR LES FORETS EN RDC
Section 1 : définition et cadre juridique
§1 définition
Il ressort de l’article 1 du code forestier : « la forêt se définit comme :
- Les terrains recouverts d’une formation végétale à base d’arbres ou
d’arbustes aptes à fournir des produits forestiers, abriter la faune
sauvage et exercer un effet direct ou indirect sur le sol, le climat ou le
régime des eaux ;
- Les terrains qui, supportant précédemment un couvert végétal arboré ou
arbustif, ont été coupés à blanc ou incendiés et font l’objet d’opérations
de régénération naturelle ou de reboisement. Par extension, sont
assimilées aux forêts, les terres réservées pour être recouvertes
d’essences ligneuses soit pour la production du bois, soit pour la
régénération forestière, soit pour la protection du sol. »2
La doctrine aborde dans la même optique notamment avec le professeur
Hilaire KABUYA KABEYA TSHILOBO dans son ouvrage la gestion de forêt en RDC,
en définissant la forêt comme un système complexe et dynamique qui interagit
avec son environnement. Ces forêts sont composées de différentes espèces
d’arbres, d’arbustes, de plantes herbacées, de mousses, de lichens et de
champignons. Elles abritent également une grande variété d’animaux, des
insectes aux mammifères.
De cette définition découle les éléments suivants :
- La forêt est un écosystème naturel ;
- Une forêt est composée d’arbres, d’arbustes et d’autres plantes ;
- Les forêts jouent un rôle essentiel dans la fourniture de nourriture, d’eau
et d’arbres ;
- La gestion durable des forêts est essentielle pour préserver leurs
multiples fonctions et services aux animaux et aux humains ;
- Les forêts sont des systèmes complexes e dynamiques qui interagissent
avec leur environnement ;
- Les forêts jouent un rôle important dans la régulation du climat ;
- Les forêts sont une source importante des bois d’œuvre, des produits
non et des services environnementaux. 3
§2 cadre juridique
2
Loi no11/2002 du 29 août 2002 portant code forestier
3
Hilaire KABUYA KABEYA TSHILOBO. [Link]. p. 112
4
L’article 9 de la constitution dispose : « l’Etat exerce une souveraineté
permanente notamment sur le sol, le sous-sol, les eaux et les forêts, sur les
espaces aérien, fluvial, lacustre et maritime congolais ainsi que sur la mer
territoriale congolaise et sur le plateau.
Les modalités de gestion et de concession du domaine de l’Etat visé à
l’alinéa précédent sont déterminées par la loi ».4
Cette disposition a pour but d’affirmer le droit exclusif de l’Etat congolais
de contrôler et de gérer les ressources naturelles situées sur son territoire, cela
signifie que l’Etat a le pouvoir de :
- Prendre des décisions concernant l’utilisation et l’exploitation de ces
ressources ;
- Protéger ces ressources contre l’exploitation abusive et la dégradation ;
- Veiller à ce que l’exploitation de ces ressources profite à l’ensemble.
La souveraineté permanente de l’Etat sur les ressources naturelles est un
principe fondamental du droit constitutionnel congolais ; il est essentiel pour la
protection de l’environnement et la promotion du développement durable.
C’est sous cet angle pour mettre en œuvre cette disposition, dans le cas
qui est le nôtre que le législateur a pris le code forestier qui est l’ensemble des
dispositions régissant le statut, l’aménagement, la conservation, l’exploitation,
la surveillance et la police des forêts et des terres forestières précisant ainsi à
l’article 7 de ce code que : « les forêts constituent la propriété de l’Etat. Leur
exploitation et leur utilisation par les personnes physiques ou morales de droit
privé ou de droit public sont régies par les dispositions de la présente loi et ses
mesures d’exécution ».5
Section 2 : catégories des forêts
Nous allons tour à tour parler dans cette section de différentes forêts,
leur gestion ainsi que la limitation du droit de leur jouissance.
§1 différentes forêts
Il ressort de l’article 10 du code précité que : « le domaine forestier
comprend forêts classées, les forêts protégées et les forêts de production
permanente.
a. Les forêts classées
4
Article 9 de la constitution du 18 février 2006 telle que modifiée et complétée par la loi no11/002 du 20 janvier
2011 portant révision de certains articles de la constitution de la République Démocratique du Congo.
5
Loi no11/2002 du 29 août 2002 portant code forestier.
5
Les forêts classées sont celles soumises, en application d’un acte de
classement, à un régime juridique restrictif concernant les droits d’usage et
d’exploitation ; elles sont affectées à une vocation particulière, notamment
écologique.
Les forêts classées font partie du domaine public de l’Etat. Elles sont
indisponibles et inaliénables, c’est-à-dire ne peuvent être vendues ni concédées
pour quelque raison que ce soit. C’est le rôle écologique de la forêt qui
commande de domanialiser certaines parties de la forêt. Car la forêt remplit un
rôle d’intérêt public. Ce faisant, elle doit être placée au premier rang des biens
ayant besoin de cette protection. Cette indisponibilité reste absolue tant que la
forêt n’est pas déclassée. Selon les articles 19 et 15 du code, le déclassement
comme le classement d’une forêt est effectué par arrêté du ministre de
l’environnement sur base d’une procédure fixée par le décret.6
Les forêts classées font partie du domaine public de l’Etat. Sont forêts classées :
- Les réserves naturelles intégrales ;
- Les forêts situées dans les parcs nationaux ;
- Les jardins botaniques et zoologiques ;
- Les réserves de faune et les domaines de chasse ;
- Les réserves de biosphère ;
- Les forêts récréatives ;
- Les arboreta ;
- Les forêts urbaines ;
- Les secteurs sauvegardés.
b. Les forêts protégées
Les forêts protégées sont celles qui n’ont pas fait l’objet d’un acte de
classement et sont soumises à un régime juridique moins restrictif quant aux
droits d’usage et aux droits d’exploitation.
Les forêts protégées font partie du domaine privé de l’Etat et constituent
le domaine forestier protégé.
Les produits forestiers de toute nature se trouvant sur le domaine
forestier protégé, à l’exception de ceux provenant des arbres plantés par des
personnes physiques ou morales de droit ou par des entités décentralisées,
appartiennent à l’Etat.
c. Les forêts de production permanente
6
Cité par M. Prieur « les forêts et l’environnement en droit français », in forêts et environnement, PUF, 1984,
P64
6
Les forêts de production permanente sont les forêts soustraites des
forêts protégées par une enquête publique en vue de les concéder ; elles sont
soumises aux règles d’exploitation prévues par la présente loi et ses mesures
d’exécution.
Les forêts de production permanente sont composées des concessions
forestières et des forêts qui, ayant fait l’objet d’une enquête publique, sont
destinées à la mise sur le marché.
Elles sont quittes et libres de tout droit.
Elles sont instituées par arrêté conjoint des Ministres ayant les forêts et
l’agriculture dans leurs attributions.
d. Mode d’exploitation de forêts
D’emblée disons que le code forestier conditionne l’exploitation des
forêts à l’obtention préalable de l’une des autorisations prévues par l’article 3
du même code notamment :
- Permis de coupe ;
- Permis de récolte.
Il ressort de l’article 96 du code précité que « l’exploitation forestière
s’entend, non seulement de la coupe ou de la récolte des produits forestiers,
mais aussi de l’utilisation de la forêt à des fins touristiques ou récréatives ».
§2 la gestion des forêts
La responsabilité de la gestion, de l’administration, de la conservation et
de la surveillance et la police des forêts incombent au ministère ayant les forêts
dans ses attributions.
Le ministère travaille constamment en collaboration et en concertation
avec les autres ministères dont les attributions peuvent avoir une incidence sur
le secteur forestier.
Il implique également les autres acteurs, notamment le secteur privé
économique et les organisations non gouvernementales.
Il est créé au niveau tant national que provincial un cadastre forestier
assurant la conservation :
- Des arrêtés de classement et de déclassement des forêts ;
- Des contrats de concession forestière ;
- Des actes d’attribution des forêts aux communautés locales
- Des arrêtes de délégation de pouvoir d’administration des forets
- Des documents cartographiques.
7
§3 limitations du droit d’usage forestier
a. Le droit d’usage dans les forêts classées
Dans les forêts classées, à l’exception des réserves naturelles intégrales,
des parcs nationaux et des jardins botaniques, les droits d’usage sont exercés
exclusivement par les populations riveraines et leur jouissance est subordonnée
au respect des dispositions de la présente loi et de ses mesures d’exécution.
Dans les forêts classées, les droits d’usages sont limités :
- Au ramassage du bois mort et de la paille ;
- A la cueillette des fruits, des plantes alimentaires ou médicinales ;
- A la récolte des gommes, des résines ou du miel ;
- Au ramassage des chenilles, escargots ou grenouilles ;
- Au prélèvement du bois destiné à la construction des habitations et
pour usage artisanal.
En outre, le plan d’aménagement de chaque forêt classée détermine les
droits d’usage autorisés pour la forêt concernée.
b. Le droit d’usage dans les forêts protégées
Tout congolais peut exercer des droits d’usage sur l’ensemble du domaine
forestier protégé, à condition de se conformer aux dispositions de la présente
loi et de ses mesures d’exécution. Dans les forêts protégées, les cultures
peuvent être pratiquées. 7
Toutefois, elles peuvent être prohibées par le gouverneur de province,
après avis des services locaux chargés de l’agriculture et des forêts, lorsque
l’état de la forêt ou son intérêt futur rend cette mesure nécessaire. L’arrêté du
gouverneur mentionne la durée de l’interdiction.
Les Ministres ayant les forêts et l’agriculture dans leurs attributions
réglementent, conjointement, là où ils le jugent utile, le zonage et les modalités
de mise en culture des terres forestières. Le prélèvement des produits forestiers
à des fins domestiques est libre en forêt protégée. Il ne donne lieu au paiement
d’aucune taxe ou redevance forestière.
Toutefois, le Ministre peut réglementer la récolte de tout produit
forestier dont il juge utile de contrôler l’exploitation. Les populations riveraines
d’une concession forestière continuent à exercer leurs droits d’usage
traditionnels sur la concession dans la mesure de ce qui est compatible avec
l’exploitation forestière à l’exclusion de l’agriculture. Le concessionnaire ne peut
prétendre, à une quelconque indemnisation ou compensation du fait de cet
exercice.
7
Loi no11/2002 du 29 août 2002 portant code forestier
8
CHAPITRE 2 : LES BENEFICES ENVIRONNEMENTAUX ET SANCTIONS
Nous allons dans ce chapitre aborder les notions relatives à l’importance
de la forêt, menace en suite les sanctions, le cas échéant, proposer les solutions
pour la gestion harmonieuse et durable des forêts en RDC.
Section 1 : Importance et menace
§1 importance des forêts pour l’économie et l’environnement
- Les forêts de la RDC jouent un rôle crucial dans l’économie nationale, en
contribuant à environ 10% du PIB ;
- Elles fournissent les emplois et des revenus à des millions de personnes
notamment dans les secteurs d’exploitation forestière, de l’agriculture et
du tourisme ;
- Les forêts jouent également un rôle essentiel dans la protection de
l’environnement, en contribuant à la régulation du climat, à la protection
des sols et à la purification de l’eau ;
- Elles contribuent également à la lutte contre l’érosion et les inondations.
8
§2 Défis ou menaces pour les forêts en rdc
Les menaces désignent un ensemble des facteurs qui contribuent à la
dégradation, à la réduction et à la disparition des forêts de la RDC ; ces
menaces sont d’origines diverses et ont des impacts importants sur les
systèmes forestiers, la biodiversité et les populations locales.
Les forêts de la RDC sont confrontées à des nombreuses menaces,
notamment la déforestation, la dégradation des forêts, l’exploitation forestière
illégale et le changement climatique.9
- La déforestation est le principal problème avec un taux annuel de perte
de forêts estimé à environ 0,8%. Il s’agit de la conversion permanente des
forêts en d’autres utilisations du sol, telle que l’agriculture, l’élevage,
l’exploitation minière et les infrastructures.
- La dégradation des forêts est également un problème majeur, causée par
l’exploitation forestière sélective, l’agriculture, l’exploitation minière et
les feux de forêt. Il s’agit d’une altération de la structure et de la
composition des forêts sans changement permanent de l’utilisation des
8
Pascal TOZI, pour une gestion durable des forêts, Harmattan 2012, p. 68
9
Gaëtan du Bus de Warnaffe, pour une gestion écologique des forêts, paris 2015, p. 54
9
terres ; elle peut être causée par une exploitation forestière sélective,
l’agriculture, les feux de forêts, la collecte des bois de chauffage. 10
- L’exploitation forestière illégale est également un problème répandu
privant l’Etat de recettes fiscales et contribuant à la déforestation et à la
dégradation des forêts. Elle contribue aussi au commerce illégal de bois
et des produits forestiers.
- Le changement climatique est une menace croissante pour les forêts de
la RDC, avec des impacts négatifs sur la distribution des espèces, la
croissance des arbres et la fréquence des feux de forêt.
Section 2 : sanctions contre les menaces auxquelles les forêts font face
Sans préjudice des dommages-intérêts et de la saisie ou de la restitution
des produits de l’infraction, des instruments ayant servi à la commettre et de la
remise en état des lieux, est puni d’une servitude pénale de trois mois à deux
ans et d’une amende de 20.000 à 100.000 francs congolais constants ou d’une
de ces peines seulement, quiconque :
- Se livre à l’exploitation forestière en violation des dispositions de la
présente loi ou de ses mesures d’exécution ;
- Transporte ou vend du bois obtenu en violation des dispositions de la
présente loi ou de ses mesures d’exécution.
Est puni d’une servitude pénale de six mois à trois ans et d’une amende
de 100.000 à 500.000 francs congolais constants ou d’une de ces peines
seulement :
- Le titulaire d’une autorisation de reconnaissance forestière ou
d’inventaire qui exploite des produits forestiers sans y avoir été autorisé ;
- Lui qui procède à une reconnaissance forestière ou à un déboisement de
forêts sans l’autorisation y afférente.
Est puni d’une peine de servitude pénale de six mois à deux ans et d’une
amende de 20.000 à 100.000 francs congolais constants ou d’une de ces peines
seulement, quiconque falsifie l’une des autorisations prévues par la présente loi
et ses mesures d’exécution.
Sont considérées comme illicites, les coupes pratiquées sous une
autorisation falsifiée et la détention des produits forestiers en vertu d’une telle
autorisation.
10
Jean Tassin, pour une écologie du sensible, paris, Odile jacob, 2020, p. 208
10
Les agents assermentés qui en font le constat ordonnent l’arrêt des
travaux de coupe et saisissent les produits ainsi que les outils, machines et
véhicules ayant servi aux travaux.
Est puni d'une peine de servitude pénale de deux mois à deux ans et
d'une amende de 25.000 à 125.000 francs congolais constants ou d'une de ces
peines seulement, quiconque contrefait ou falsifie les marques régulièrement
déposées, fait usage de marteau contrefait ou falsifié, ou, s'étant indûment
procuré le marteau véritable, en fait frauduleusement usage, en enlève ou
tente d'en enlever les marques.
En cas de récidive, il est puni d'une peine de servitude pénale de six mois
à trois ans et d'une amende de 500.000 à 1.000.000 francs congolais constants.
Lorsque ces marteaux servent de marque de l'administration chargée des
forêts, la peine de servitude pénale est d'un an à cinq ans et l'amende, de
100.000 à 2.500.000 francs congolais constants.
Est puni d'une servitude pénale d’un mois à trois ans et d'une amende de
10.000 à 500.000 francs congolais constants ou d'une de ces peines seulement,
le concessionnaire forestier qui
- Refuse l'accès de sa concession à des agents de l'administration chargée
des forêts ou aux membres du conseil consultatif provincial des forêts en
mission de service
- Loue, échange ou cède sa concession sans autorisation de l’autorité
compétente
- Exporte des essences en violation des restrictions instituées par les
mesures d'exécution de la présente loi
- Exploite les produits forestiers, sans autorisation requise.
Est puni d'une servitude pénale de six mois à cinq ans et d'une amende de
20.000 à 500.000 francs congolais constants ou d'une de ces peines seulement
celui qui
- Dégrade un écosystème forestier ou déboise une zone exposée au risque
d'érosion ou d'inondation ;
- Dans une forêt classée, procède à l'émondage ou l'ébranchage des arbres
ou pratique la culture par essartage ;
- Déboise la forêt sur une distance de 50 mètres de part et d'autre des
cours d'eau ou dans un rayon de 100 mètres autour de leur source ;
- Sans y être autorisé, coupe, arrache, enlève, mutile ou endommage des
arbres ou plants d'essences forestières protégées ;
11
- Enlève, déplace ou dégrade des bornes, marques ou clôture servant à
délimiter des forêts ou des concessions forestières.
Les infractions aux articles 57 à 63 sont punies d'une servitude pénale de
deux mois à deux ans et d'une amende de 60.000 à 1.000.000 francs congolais
constants ou d'une de ces peines seulement.
Est puni d'une servitude pénale de deux mois à un an et d'une amende
10.000 à 50.000 francs congolais constants ou d'une de ces peines seulement
quiconque, dans une forêt classée, exerce un droit d'usage forestier en violation
des dispositions de la présente loi ou de ses mesures d'exécution.
Est puni d'une servitude pénale d’un mois à un an et d'une amende de
5.000 à 25.000 francs congolais constants ou de l'une de ces peines seulement,
quiconque, dans une forêt protégée, exerce un droit d'usage forestier en
violation des dispositions de la présente loi ou de ses mesures d'exécution.
Les concessionnaires et les exploitants forestiers sont, non seulement
civilement responsables des condamnations pour les infractions commises en
violation de la présente loi ou de ses mesures d’exécution par leurs préposés
dans les limites de leurs concessions ou exploitations, mais aussi solidairement
responsables du paiement des amendes et frais résultant des mêmes
condamnations, à moins de prouver qu’ils étaient dans l’impossibilité
d’empêcher la commission de l’infraction.
Est puni d'une servitude pénale d’un à cinq ans et d'une amende de
20.000 à 500.000 francs congolais constants ou de l'une de ces peines
seulement, quiconque fait obstacle à l'accomplissement des devoirs des
inspecteurs forestiers, fonctionnaires et agents de l'administration chargée des
forêts.
Préjudice de l’alinéa 2 de l'article 146 de la présente loi, le récidiviste est
puni du maximum de la peine d'amende encourue pour toute infraction à la
présente loi ou à ses mesures d'exécution. Aux termes de la présente loi, il y a
récidive lorsque, dans les douze mois qui précèdent le jour où l'infraction a été
commise, il a été prononcé contre le prévenu une peine définitive pour une
infraction forestière.
Section 3 : Perspectives
Après ce tour d’horizon nous avons pour la gestion harmonieuse et
durable proposé les solutions ci-après :
- Amélioration de la gouvernance forestière : il est nécessaire de renforcer
la gouvernance forestière en RDC pour lutter contre l’exploitation
forestière illégale, la corruption et la mauvaise gestion des forêts ;
12
- Promotion de la foresterie durable : il est nécessaire de promouvoir la
foresterie durable qui concilie la conservation des forêts avec l’utilisation
durable de leur ressource.
- Implication des communautés locales : il faut les impliquer dans la
gestion de forêts et leur donner des droits et de responsabilités sur les
ressources forestières.
- Sensibilisation et éducation : sensibiliser le public à l’importance des
forêts et aux menaces auxquelles elles sont confrontées.
- Mobilisation de financement : les financements doivent être Suffisants
pour la gestion durable des forêts.
13
CONCLUSION
Les forêts de la RDC sont un trésor national d’une valeur inestimable,
elles abritent une biodiversité unique au monde et jouent un rôle crucial dans
la régulation du climat, la protection des sols et des ressources en eau, le bien-
être des populations locales.
L’avenir des forêts de la RDC dépend de la capacité du pays à relever les
nombreux défis auxquels elles sont confrontées. La gestion durable des forêts
est essentielle pour la conservation de la biodiversité, la lutte contre le
changement climatique et le développement économique du pays.11
Cependant, les forêts de la RDC sont confrontées à de nombreuses
menaces, notamment la déforestation massive, l’exploitation forestière illégale,
le changement climatique et la pauvreté.
La gestion durable des forêts est essentielle pour relever ces défis et
garantir la conservation des forêts de la RDC pour les générations futures. Il est
clair que la gestion durable des forêts en RDC est un défi complexe qui
nécessite une action concertée de tous les auteurs concernés.
Le gouvernement doit jouer un rôle de leadership en mettant en place
des politiques forestières ambitieuses et en les appliquant de manière efficace,
les entreprises forestières doivent adopter des pratiques d’exploitation
forestière durable et responsable.
Les organisations de la société civile doivent sensibiliser le public aux
enjeux de la gestion des forêts et promouvoir la participation des populations
locales à la gestion des forêts.
L’avenir des forêts de la RDC est entre nos mains. Si nous agissons
aujourd’hui, nous pouvons encore sauver ces forêts et préserver leur richesse
pour les générations futures.
11
Nicolas picard, manuel de référence pour l’installation de dispositifs permanents en forêt de production dans
le bassin du Congo, cirad-comifac 2008, p. 87