De ce qui précède, il en ressort de ce premier chapitre de la deuxième partie de notre réflexion
que l'économie néolibérale au moyen d'un productivisme écocidaire participe à l'aggravation
de la crise écologique actuelle pour deux raisons. Premièrement ses modes de production font
recours à toute forme des méthodes qui augmentent la détérioration des écosystèmes. Il s'agit
de la production de masse, les technologies lourdes, la surexploitation des ressources
naturelles par les Etats pour accroître leurs PNB et des entreprises à l'effet d'approvisionner l'
insaisissable marché mondial. Deuxième, les modes de production de l'économie néolibérale
accélèrent l'aggravation de la crise écologique car elle désubstantialise le nature de sa valeur
intrinsèque pour n'accorder qu'une valeur extrinsèque, instrumentale et monétaire. C'est pour
ces deux raisons qu'Arne Naess pointe sans réserve cette économie d'être pleinement
responsable de l'amplification de la crise écologique actuelle et propose comme solution, la
mise à mort de l'économie néolibérale au profit de l'économie des communautés à l'effet de
restaurer les équilibres écologiques et venir à bout de la crise écologique. Toutefois, il convient
de rappeler que l'économie néolibérale en produisant plus infléchi également un consumérisme
vorace des ressources naturelles ce qui se révèle également catastrophique pour la nature.
Chapitre 2:
2.2. De l'apologie du haut niveau de vie dans l'économie néolibérale à la surconsommation des
ressources naturelles : un pressoir de la planète
Le père de l'écologie profonde martèle son désapprobation envers l'économie néolibérale
qui fait du haut niveau de vie écocidaire la vitrine de son idéologie. En effet dans l'économie
néolibérale, il y a un prestige à mener une vie de démesure, des excès sous prétexte que le haut
niveau de vie est le marqueur de de la richesse matériel et que cette vie est la clé du bonheur.
En effet, l'économie néolibérale fait du haut niveau de vie le credo de son idéologie. Or la quête
frénétique vers la recherche du haut niveau de vie qui implique un productivisme à outrance et
un consumérisme ostentatoire se révèle à la fois catastrophique pour les hommes et les autres
formes de vie non-humaines. Pour Arne Naess, « le bonheur où le bien-être peuvent être
définis comme des états ou des situations globales chargé positivement »1. Ceci signifie que le
bonheur où le bien-être se veut indissociable des moments chargés des émotions positives de
joie, de quiétude et de sérénité, sans des situations astreignantes .
Cependant, l'économie néolibérale, fait des possessions matériels la clé du bonheur de
l'homme, ce qui est d'autant erronée au regard des conditions de travail contraignante et de
oppressante qui éloignent plutôt l'homme du bonheur. Comme le remarque le père de
l'écologie profonde dans mesure où « il semble que de plus en plus de personnes dans la
société dites d'abondance n'estiment pas que la vie qu'elle mènent, dans de telles conditions
soit la bonne »2. Ce qui revient à dire que le l'accumulation frénétique des richesses maternelles
ne garantie pas le bonheur. Par-là, il apparaît clairement que l'idéologie néolibérale fait impasse
au véritablement bonheur de l'homme et le conduit à une existence indigne. Par cette
écartement de l'économie néolibérale de la recherche du bonheur, de la réalisation de soi, il est
de toute à fait loisible que le philosophe norvégien désapprouve cette forme d'économie qui
éloigne l'homme de l'idéal véritable de la vie qui est le bonheur pour proposer un modèle plus
apte à la réalisation de soi. Il s'agit d'un nouveau modèle économique qui offre à l'homme la
1
Arne Naess, Écologique, communautés et style de vie, op., cit., p. 145.
2
Ibid., p. 54.
possibilité d'un bonheur écocentré. Dans cette veine, « le bien-être de l'homme doit-être
cohérent avec celui des non-humains »3 comme le souligne Roger Ribotto.
3
Ribotto, R, L'écologie profonde, op., cit., p. 11.