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Conflit familial autour d'une fête

Le récit suit Amber, une adolescente en conflit avec sa mère, qui lui refuse la permission d'assister à la fête de son frère Rayan, favorisé par leur mère. Après une dispute, Amber décide de s'échapper pour vivre une aventure nocturne en ville, où elle se retrouve témoin d'une conversation inquiétante entre des hommes mystérieux évoquant l'extermination des humains. Ce mélange de tensions familiales et de découvertes inattendues crée une atmosphère de suspense et de rébellion.

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Conflit familial autour d'une fête

Le récit suit Amber, une adolescente en conflit avec sa mère, qui lui refuse la permission d'assister à la fête de son frère Rayan, favorisé par leur mère. Après une dispute, Amber décide de s'échapper pour vivre une aventure nocturne en ville, où elle se retrouve témoin d'une conversation inquiétante entre des hommes mystérieux évoquant l'extermination des humains. Ce mélange de tensions familiales et de découvertes inattendues crée une atmosphère de suspense et de rébellion.

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Chapitre 1 : Un accident
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J’étais allongée sur mon lit, tel un marin perdu dans un océan d’écrans lumineux, les vagues
infinies d’Internet me submergeant de leur tumulte hypnotique. À travers la maison, les
effluves envoûtants de la cuisine de maman s’infiltraient, comme des sortilèges invisibles.
Elle s’affairait à préparer un tiramisu, une œuvre d’art sucrée que papa affectionnait plus que
tout. L’odeur du café et du mascarpone se mêlait à celles des légumes qui crépitaient dans une
poêle, des viandes rôties, et des pommes de terre sautées qui semblaient presque chanter leur
délice.
Chaque arôme semblait raconter une histoire ancienne, un souvenir enfoui, m’enveloppant
comme un chaud manteau ensorcelé. Mais même cette douce magie n’effaçait pas l’écho des
rires éclatants de Rayan, mon frère, quelque part dans la maison. Lui, l’infatigable tourbillon,
planifiait une fête d’arrosage – une de ces idées folles où éclats de rire et geysers d’eau
s’entremêlaient en un joyeux chaos.

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Pourtant, il y avait un problème, et un de taille : obtenir la permission de maman. Pour Rayan,
c’était un défi qu’il abordait avec toute la fougue d’un Gryffondor, sûr de sa victoire. Mais
pour moi… c’était une toute autre histoire.
Bradley, mon frère jumeau, n’avait jamais ce genre de souci. Lui, fort de ses succès scolaires
et de son sourire charmant, naviguait dans l’affection de maman comme un poisson dans
l’eau. Il n’avait même pas besoin de demander ; tout semblait lui être offert sur un plateau
d’argent. Et moi, dans tout ça ? Une étoile vacillante dans l’ombre d’un soleil éclatant. Mon
téléphone vibra soudain, brisant le silence comme un cognard déchaîné. Mon cœur fit un
bond, pris entre l’excitation et une pointe d’appréhension. Quand je décrochai, la voix
familière de Rayan, vibrante d’énergie, explosa dans mon oreille :
— Aloo ! Tu es ma dernière chance ! Si tu ne viens pas, c’est comme si le soleil disparaissait
du ciel. Tout le monde sera là, sauf toi, et cette fois, c’est gigantesque !
Son enthousiasme était contagieux, un feu d’artifice éclatant de promesses. — T’inquiète pas,
je viendrai, répondis-je avec un sourire dans la voix, bien que mon estomac se nouât déjà
d’appréhension.
Mais il y avait un hic. Pour que je puisse rejoindre cette fête, il fallait affronter maman. Et
maman… ce jour-là, elle n’était pas d’humeur à céder quoi que ce soit.
Je me levai, enfilai mon T-shirt comme un chevalier revêt son armure, et descendis les
escaliers qui me paraissaient aussi interminables qu’une tour d’Hogwarts. La cuisine était
baignée de lumière dorée, et là, au milieu de ce royaume culinaire, se tenait maman,
découpant des légumes d’un geste si vif qu’on aurait pu croire qu’elle se battait contre eux.
Quand elle leva les yeux vers moi, ses prunelles perçantes me transpercèrent comme si elle
lisait directement dans mes pensées.
— Qu’est-ce que tu veux ? demanda-t-elle d’un ton qui n’avait rien de rassurant. Ma gorge
se serra. Pendant un instant, je regrettai presque d’être descendue. Mais il n’était plus
question de reculer.
— Je… euh… je voulais vous demander si je pouvais aller à la fête de Rayan ce soir,
balbutiai-je.
Elle s’arrêta net, posa son couteau, et me regarda comme si j’avais demandé la permission de
rejoindre Voldemort.
— Non, répondit-elle d’un ton tranchant.
À ce moment précis, la porte s’ouvrit à la volée, et Bradley entra, rayonnant comme un héros
victorieux.
— Bonjour, maman ! lança-t-il joyeusement, avant de la prendre dans ses bras. Maman
s’adoucit instantanément, son visage se transformant sous l’effet de l’amour maternel. — Je
voulais te demander si je pouvais aller à la fête de Rayan, dit-il, sûr de lui. — Bien sûr, mon
chéri. Tu sais que tu peux faire ce que tu veux, répondit-elle avec un sourire qui me sembla
cruel.
Je restai figée, incrédule.
— Mais maman ! protestai-je.
Elle leva une main pour m’interrompre.
— Il n’y a pas de mais. Ton frère a obtenu d’excellentes notes cette année. Toi, tu devrais
suivre son exemple au lieu de perdre ton temps à vouloir sortir.
Bradley, un sourire éclatant aux lèvres, s’éloigna en lançant un joyeux :
— Merci, maman !
Je bouillonnais de colère, chaque fibre de mon être protestant contre cette injustice flagrante.
— Ce n’est pas juste, murmurai-je, mes poings serrés.
Mais maman, déjà absorbée par ses légumes, ne semblait pas m’entendre. Une colère
brûlante monta en moi, aussi vive qu’un feu mal contenu. Je fus envahie par un sentiment
de trahison, une sensation d’étouffement.

5
— C’est donc ça ? dis-je, la voix tremblante. C’est toujours à cause de ça, n’est-ce pas ?
Maman leva enfin les yeux vers moi, et son regard glacial me frappa comme une bourrasque
d’hiver.
— Oui, c’est l’une des raisons, répondit-elle d’un ton sec. Je t’ai laissé beaucoup de liberté,
cédé à tous tes caprices. C’est pour ça que tu es devenue aussi entêtée. Sinon, tu ne discuterais
pas mes ordres.
Ses mots étaient tranchants comme des lames. Ils s’enfonçaient profondément en moi, laissant
des blessures invisibles. Je serrai mes poings, tentant de contenir les larmes qui menaçaient de
jaillir.
— Pourquoi est-ce toujours différent avec lui ? murmurai-je, ma voix brisée par l’amertume.
D’un geste ferme, elle désigna la porte de la cuisine.
— Sors, dit-elle, sa voix empreinte d’une autorité indiscutable.
Puis, telle une reine dans son royaume, elle se détourna pour remuer sa sauce, reprenant sa
place devant la cuisinière. La vapeur dansante enveloppait la pièce comme un voile
mystérieux. Un torchon glissa de ses mains et tomba au sol, comme si la fatigue elle-même
l’avait terrassé. Sa main, jusque-là posée sur la marmite, se retira lentement. — Qu’est-ce
que tu attends ? lança-t-elle sans se retourner.
Je continuai à l’observer, mon regard chargé d’un reproche silencieux. Puis, vaincue, je
quittai la cuisine. Mais ses mots résonnaient encore dans mon esprit, lourds et tranchants,
comme des pierres jetées dans un puits sans fond.
Je remontai dans ma chambre, l’amertume nouée dans ma gorge. Assise sur mon lit, les yeux
fixés au plafond, je laissai mon esprit s’égarer. Je cherchais une solution, une idée pour
échapper à cette prison invisible. Mais rien ne venait.
— Rayan, murmurai-je, consciente qu’il me reprocherait de ne pas venir à sa fête.
Les heures passèrent, lentes et pesantes, jusqu’à ce que le sommeil m’emporte.

Une odeur sucrée me réveilla doucement. Une fragrance familière, enveloppante, caressa mes
narines : le tiramisu de maman. Mes lèvres s’étirèrent en un sourire malgré moi. La mélodie
discrète du cliquetis des assiettes et des couverts me parvint depuis la salle à manger, une
symphonie réconfortante.
— Amber !
Sa voix, forte et autoritaire, brisa l’harmonie. Elle résonna comme un coup de tonnerre, me
ramenant brutalement à la réalité.
— Amber, descends, le dîner est servi !
Un frisson me traversa. Descendre signifiait affronter son regard et ses reproches, un torrent
de mots qui s’abattait toujours sur moi.
— Amber ! cria-t-elle à nouveau.
Finalement, je me levai et me dirigeai vers la salle à manger, mes pas lourds d’hésitation.
Maman s’agitait autour de la table, arrangeant les assiettes d’un geste nerveux. — Va
chercher le sel sur le buffet, dit-elle sans même lever les yeux.
Je m’exécutai, le cœur lourd, avant de m’asseoir à ma place. Son regard pesant s’abattit sur
moi, plein de déception. Je baissai les yeux, incapable de soutenir le poids de son jugement.
— Tu as vu la catastrophe que tu as faite à l’examen ? lança-t-elle, la voix froide et dure. Tu
n’as même pas honte de manger.
Ses mots, aussi tranchants que du verre brisé, s’enfonçaient dans mon cœur.
— Maman, je… je vais essayer de faire mieux, répondis-je faiblement.
— Ce n’est pas suffisant, Amber, coupa-t-elle. Tout ce que je veux, c’est que tu te ressaisisses
avant qu’il ne soit trop tard.
Sa voix vacilla.
— Depuis la mort de ton père, j’ai tout fait pour vous… tout…

5
Elle s’arrêta, le souffle court, les larmes menaçant de couler.
— Maman…
— Tu ne comprends pas ma souffrance, reprit-elle, sa voix brisée par l’émotion. Ton frère,
lui, l’a compris. Mais toi… tu ne fais que me repousser.
Je baissai la tête, incapable de répondre.
— Ces amis que tu fréquentes… ils t’ont changée, Amber. Je ne veux plus que tu les voies.
— Mais maman, ce n’est qu’une fête ! Je vais pas…
— Je ne veux pas que tu reviennes avec une grossesse !
Ses mots me frappèrent comme une gifle.
— Quoi ? dis-je, abasourdie. Tu n’es pas sérieuse !
Je me levai, la colère bouillonnant en moi. Elle détourna les yeux, ses larmes coulant
librement.
— Débarrasse la table. Je vais me coucher, dit-elle finalement, la voix éteinte.
Elle quitta la pièce, me laissant seule avec mes pensées tumultueuses.

Assise devant la télévision, une idée germa dans mon esprit. Et si… je sortais sans sa
permission ? Je savais que c’était risqué, mais je ne pouvais pas rester enfermée ici une
minute de plus.
Sans perdre de temps, j’attrapai mes sandales et sortis discrètement. Traversant la maison sur
la pointe des pieds, je me faufilai jusqu’au mur du jardin. Ce mur, témoin silencieux de mon
enfance, allait à nouveau devenir mon allié.
En grimpant, je sentis l’adrénaline monter. De l’autre côté, la ville s’étendait, lumineuse et
vibrante, pleine de promesses. Un nouveau monde m’attendait.

n vu d aussi beau
Je me retournai et vis un employe .Ce que je redoutais le plus .Je descendis vite du mur et
courus le plus vite possible .Cette sensation que je ressentais était ce sentiment de conquete de
danger , j adorais le danger

Chapitre
La ville n avait jamais été aussi animee .Les lumieres des grands immeubles ,que ma mere m
avait interdites de contempler ,brillaient intensement a travers le climat lugubre de la nuit .J
avais cesse de courir ,me contentant de m eloigner un peu plus de la maison .Je m accroupis un
instant pour soulager mes jambes endolories .J avais l habitude de m evader a cette heure
tardive ,mais ce soir la le sentiment d aventure m envahit differemment . Je marchai en
sautillant ,balancant mes mains dans l air frais de la nuit .Des groupes de personnes se
regroupaient chantaient en formant des blocs imposants dans les [Link] peur s
intensifiaient a chaque croisement :ces gens allaient ils m agresser ?m ignorer .Je n osais pas
les regarder trop longtemps ,de peur de provoquer une quelconque hostilite Je bifurquai dans
une ruelle sombre ou une fumee acre flottait lourdement dans l air .Je toussai essayant de me
faire discret ..Des silhouhettes apparaissent dans l obscurite :des hommes vetus de noir ,leurs
mouvements calcules et silencieux .L un deux grand et imposant faisait balancer une longue
robe sombre au rythme de ses [Link] ruelle se presentait a ma droite :je m y glissai sans un
bruit ,esperant echapper aux regards .Ces individus degageaient une etrangete
inquietante .Leurs yeux rouges etincelaient faiblement dans l ombre ,comme des braises
presque eteintes .Le cœur battant ,je me cachai dans un renforcement ,observant a distance
leurs echanges .
.Des nouvelles ?Demanda l homme a gauche ,le ton aussi glacial qu une nuit polaire .Oui,pas
bonnes .Repondit l autre avec un soupîr lourd comme un elephant .Les humains sont en train
de prendre l avance sur nous .L extermination de cette race doit etre effective . J ai failli crier
en entendant ces mots mais mon cerveau s est arrete net ,comme un ordinateur en panne .J
etais dans une ruelle sombre ,aussi discret qu un chat espion dans un fil d espionnage bas de
gamme .Cette phrase ,je ne savais pas si je devais en rire ou en

5
[Link] ,qui dit ca dans la vraie vie ? J avais l impression d etre coince dans un
mauvais episode de star wars avec un soupcon de harry potter pour le cote dramatique . L
homme discret hocha la tete avec un serieux d ambassadeur en pleine negociation de paix
intergalactique .Puis l autre se mit a reflechir ,son regard perdu dans le vide ,comme s il
cherchait une reponse dans le manuel de la vie.
.Tu as mis la main sur la chose ?Lanca t il enfin d un ton qui aurait pu faire fremir une pierre L
homme discret posa une main sur sa hanche ,l autre sur l epaule de son compagnon ,comme s
ils allaient entamer une danse rituelle .Moi , j etais la contre le mur , retenant monsouffle
comme un apneiste professionnel .Si je me faisais reperer, c était fini .Mais franchement , la
situation était tellement absurde que je me demandais si je n allais pas eclater de rire et signer
mon arret de mort.
L homme iscret posa une main sur sa hanche avec l elegance d un cow boy avant un
duel ,tandisque l autre se posa sur l epaule de son [Link] ma part , j essayais de me
faire toute petite , retenant mon souffle comme si ma vie en dependait .Mais soyons
honnetes .Entre battement frenetiques de mon cœur et mes poumons en greve ,la discretion n
était pas exactement mon point fort .Essoufflee ,mais animee par une curiosite digne d un
detective en quete de scoop du [Link] restais figee .Apres tout,qui pourait detourner le regard
en quete de scoop du siecle ,je restais figee .Apres tout ,qui pourrait detourner le regard d une
potentielle extermination des humains ?
A ce stade ,j etais plus proche d un spectateur captif que d un heros interepide . .Non je n ai
pas pu .Dit l un des hommes avec un air faussement penaud ,avant d ajouter d un ton
rassurant
.Mais t inquietes pas,je m infiltrerais dans leurs affaires pour savoir .Et apres ?Eh bien ,il faudra
les detruire .
L autre homme dans un geste presque paternel effleura la joue de son compagnon , comme
pour le consoler d une deception …ou d une mauvaise note dans un concours d infiltration
intergalactique .Moi ?Toujours collee a ma cachette ,je me demandais si un jour je me
reveillerais de ce cauchmare ou si j etais simplement devenue l heroine involontaire d un
mauvais film de science fiction.L autre homme planta un regard glacial dans celui de son
compagnon avant de lui adresser un coup sec au ventre ,comme un acteur en repetition pour un
drame shakespearien .Ce dernier se plia en deux ,laissant echapper un gemissement proche d
un soupir de desespoir .
.Ca va , mais comment veux tu que je te dise que je n ai pas pu ?Que dirais je tu toi au
seigneur ?
L homme redressa legerement la tete , un sourcil leve comme s il pesait le poids d une
montagne d excuses .
.Laisses tes excuses pour les anges .J ai fait de mon mieux , que veux tu que je fasse de plus ?
C est alors qu un troisieme homme fit son apparition dans la ruelle ,un type a l air normal,enfin
si normal veut dire cheveux bruns , casquette vissee a l envers et un regard fuyant qui scrutait
les ombres comme un enfant cherchant un monstre sous son lit .Rien ne semblait detonner
jusqu a ce que ses pas le menent a proximite de la scene
Pas de camaras cachee , pas de realisateur qui crie coupez .Non , c était bien reel .Ces deux
energumenes agissaient comme s ils sortaient tout droit d un episode de twilight zone .Par
moments ,ils disparaissaient pour reapparaitrz comme par magie , toujours un peu plus
menacant .A ma grande surprise , leur ballet chaotique finit par faire tomber le pauvre quidam a
la casquette .Ce dernier , meduse ne comprenait rien , tout comme moi.
.Bon sang , ils allaient le finir ou quoi ?Pensai je serrant les dents pour ne pas crier. C est
dans cette ruelle sombre ,theatre d une absurdite tragi comique que je realisais que
certaines choses sont bien au dela de toute logique humaine
.Ne fais pas ca le seigneur n appreciera pas .Dit il d un ton solennel,comme s il agissait de l
ultime conseil divin.
.J ai faim .Tonna une voix rauque , brisant l atmosphere dramatique comme un marteau sur du
verre
Je restai figee .Faim ? Serieusement ? Ce n était pas une scene de theatre une parodie de la
realite
Jamais entendu une phrase aussi absurde en plein moment critique.

5
La c est bon , on sait que vous tournez un film , mais la , ca depasse un peu les bornes de la
innormalite .Pensais je ,mi credule , mi amusee
L homme au sol , visiblement inspire par un role qu il n avait jamais repete ,se mit a crier
.Laissez moi au secours .
Son cri était si theatral que meme un acteur de serie B aurait applaudit
L autre homme dans une etrange transe s approchait lentement ,tel un predateur savourant l
instant et inspira profondement comme s il cherchait a capturer l essence meme de sa victime .
Je n arrivais pas a detourner le regard .Etait ce une comedie ?Un cauchmare,Ou simplement
Une journee ou la logique avait decide de prendre des vacances ? L homme discret s accourpit
lentement , son long costume noir trainant sur le sol comme une ombre vivante/L homme qui
aspirait le souffle se releva ,titubant legerement ,comme s il emergeait d un reve troublant .Son
regard semblait chercher quelque chose ou peut etre fuir une verite qu il ne voulait pas affronter
.L atmosphere était lourde comme si le silence lui-même retenait son souffle ,suspendu a la
scenequi se deroulait
.On n avait pas le choix .A t il crie .Il allait alerter tout le monde,ils allaient voir qu on l
attaquait Tout celan allait pas n arriver si tu n etais pas si gourmand.
.Dis plutôt Dieu merci ,je vous ai sauves sinon en ce moment tu verrais toute une armee d
humains venir et ce serait bien pie ,car ils voudraient tous nous deux tuer Je coomencais a
ressentir une peur grandissantec.L homme a terre était mort .Je me frottais les yeux pour m
assurer que je ne revais pas .Et pourtant ,il avait les yeux ouverts ,dilates ,et la bouche
beante .Tous les signes d une personne ayant rejoins l au dela etaient presents .Je continuais a
croire que j etais encore plonge dans un film,meme si au fond de moi , je savais que tout cela
était bien reel .
Je n arrivais plus a y croire .Si jamais quelqu un me voyait ils allaient surement m oter la [Link]
savais que je n aurai jamaqis du desobeir a [Link] simple petite fugue et voila que je me
retrouvais au cœur de ces embrouilles .Je pensais a mes erreurs passees. .Partons sinon
quelqu un pourrait nous voir
Il prit la main de son ami ,puis courut a grande [Link] aurait dit une eclaire , enfin in eclair
un peu en surpoids parce qu il trebuchait tous les trois metres.
Aussitôt,qu il courait ,je ne les vis plus dans les parages .Je n arrivais pas toujours a croire ce
que je l avais vu , ni a croire que j ai pu rester la tout ce temps sans dire mon Dieu .J avais
toujours en tete l idee d un film catastrophe ,sauf que la ,le realisateur semblait manquer de
budget.
J observai aux alentours pour voir s il y avait quelqu un .Je me precipitai sur l homme a
terre ,ayant peut etre cet espoir qu il était juste en train de faire une sieste dramatique .Je le
touchai ,inspectant son pouls .J avais vu dans les series que ca [Link] non ,toujours
rien .Apparement ,la vie ne s ecrit pas comme dans les scenarios
Je realisais que cet homme était bel et bien mort .Mon cœur s emballa :moi temoin d un
meurtre et les coupables déjà loin .Je tentais tant bien que mal , de la reanimer .Mais rien a
faire .Il restait aussi inerte qu un dimanche apres midi pluvieux.
Et la ,un scenario catastrophe s invita dans mon esprit :que se passerait il si quelqu un
debarquait a cet instant ?Evidennent on me designerait coupable .Apres tout qui croirait a l
histoire rocambolesque d un hommequi tente de souffler la vie comme dans un mauvais
film ?Meme moi ,j avais du mal a y croire
Au moment ou je decida de fuir comme si courir pouvait m innocenter .Mon regard fut attire par
un detail glacant :un pied .Pas le mien ,pas celui du mort …Un pied inconnu ,immobile .Le genre
de pied qui annonce que vos ennuis ne font que recommencer .Alors la , c était sur :j etais fait
comme un [Link] vus le meme homme qui avait [Link] fit signe de main a spn
compagnon ,immobile davant la ruelle .Sans attendre je pris un elan puissant et foncai droit sur
[Link] longs pieds s ecarterent pour barrer le passage ,son regard charge d un defi qui me glaca
un instant .Il fronca les sourcils ,determine a me stopper .Mais j etais déjà lance .En
arrivant ,pres de lui ,il s eclipsa probablement par peur laissant l espace libre .
A cet instant precis , l elan que j avais pris rendait impossible toute tentative d arret .J etais
emporte par une force presque incontrolable .Je continuai a courir ,mes pieds martelant le sol
jusqu a debouler sur une route .Une voiture surgit a une vitesse effrayante ,foncant droit sur moi
comme un predateur sur sa proie .

5
Mon esprit se figea .Plus rien ne repondait en moi ,si ce n est un sentiment ecrasant de
[Link] ne pouvais ni bouger ni crier .Le conducteur tout aussi surpris ne parvint pas a
freiner .Etait ce la fatalite ?Etait ce ainsi que tout allait se terminer dans ces circonstances
tragiques ?
Je fermai les yeux ,le souffle court , m attendant a l impact ,a ce qui serait mon dernier moment
.Mais alors que j etais sur le point d accepter mon sort,une etrabge sensation traversa mon
[Link] je sentis une main forte me soutenir par la hanche,une vague de soulagement
traversa mon corps .Cette main me souleva avec aisance presque irreelle ,comme si je n etais
qu un enfant,puis je me retrouvai fermement pressee contre un torse nu et [Link] voiture
dans un crissement assourdissant , s arreta a quelques centimetres de moi Mon cœur battait a
tout rompre .
Je relevai lentement la tete pour decouvrir celui qui m avait sauve .Face a moi se tenait un
jeune homme d une beaute etrange et surnaturelle .
Ses levres mates esquissaient un leger sourire mais c était son nez fin et delicat ainsi que ses
yeux vairons qui captivaient mon attention.L un semblait contenir les profondeurs glacees de l
ocean ,tandisque l autre brulait comme une flamme vive .Sa peau ,pale et immaculee lui
donnait l alure d un etre sorti d un conte .Un vampire .Pensai je instinctinctivement. Il me fixait
intensement et pendant une minute ,peut etre moins ,le temps sembla se figer autour de
nous .Ce moment suspendu ,presque magique fut brise par la realite :le danger n était pas
completement ecarte .En une fraction de seconde ,il se retourna et tel un
eclair ,disparut ,emportant avec lui les mysteres qui l entouraient
.Accroches toi
Je sentis la pression de sa main, ferme et rassurante tandisque je peinais a comprendre la
situation.
.Qui es tu ?Demandai je la voix tremblante
Il me lanca un regard percant avant de repondre,le ton a la fois urgent et detache
.La n est pas la question .Ce qui importe , c est de te sauver
Une vague d incredubilite me submergea mais je tentai de retrouverun semblant de
contrôle .Qu estce qui prouve que vous n etes pas l un deux ?Lancai je les sourcils fronces
Un sourir enigmatique se dessina sur ses levres .Il inspira profondement ,puis dit avec
assurance qui me deconcerta
.J ai été envoye pour te sauver .Et c est precisement ce que je fais
J etais blottie dans ses mains ,fragile,et frele comme un agneau tremblant sous une pluie
battante .Ses bras puissants m enveloppaient et une etrange fraicheur semblable a un souffle
glace d un vent nocturne ,se diffusait dans mon corps .Le vent habituellement maitre de sa
course effrenee ,semblait ralentir par respect devant cet etre qui lui avancait avec une grace
presque surnaturelle defiant les lois du monde .
Je levai les yeux vers son visage .C était un tableau vivant ,une œuvre d art mouvante .Ses traits
etaient d une beaute desarmante mais il y avait une intensite dans son regard qui vacillait entre
l etrange et l effrayant .Ses yeux ,pareils a deux eclats d ombres et de lumiere scrutaient l
horizon avec une vigilance animale .Il a été envoye .Me disais je,tandisque son regard percait l
obscurite comme un phare percant le brouillard .Je ne comprenais rien .Tout cela ressemblait a
une fable fantastique ,une de ces histoire qu on raconte pour effrayer les enfants avant qu ils ne
–(sombrent dans le sommeil.
Et pourtant je n avais pas le luxe de me reposer .Je me redressai , l esprit enfievre ,juste a temps
pour apercevoir des silhouettes surgissant de l ombre .Ces hommes ou plutôt ces creatures
drapees de tenebres couraient comme des predateurs en chasse ,leurs longues capes flottant
derriere eux telles des ailes de corbeaux .Une seconde ,je crus que la terre elle-même tremblait
sous leur pas.
Leur allure n avait rien d humain .Leur mouvement etaient saccades presque irreels comme si
leur corps était gouverne par une force invisible,une rage contenue prete a eclater .Leurs yeux
luisaient dans la penombre ,deux braises animees par une flamme insatiable .Je compris alors
que ces etres n etaits pas faits de chair et de sang [Link] portaient sur eux une aura de
desolation , une energie froide qui semblait geler l air autour d eux

5
Nous tournames soudainement dans une ruelle etroite .Le sol pave couvert de mousse et d
humidite refletait faiblement la lumiere lunaire .C était comme si le monde lui-même retenait
son souffle , attendant de voir l issue de cette course effrenee
Je flottais dans ses bras , miniscule et fragile comme un agneau perdu dans une tempete .Ses
bras fermes et protecteurs semblaient des piliers contre lesquels le chaos du monde ne pouvait
s abattre .Une fraicheur etrange emanait de lui , une sensation a la fois apaisante et glaciale ,
comme le souffle d un vent nocturne charge de mysteres
Le vent ,ce complice invisible ralentissait autour de nous , comme pour contempler cette scene
irreelle .Pourtant , lui ne faiblissait pas .Il était rapide ,precis ,presque irreel .Ses traits etaient
parfaits ,ses yeux ,des abimes insondables ou semblaient danser les echoes d anciens
secrets .Il jettait des regards vifs dans toutes les directions ,comme une sentinelle toujours en
alerte . .Il a été envoye .Murmurai je interieurement,perdue dans le tourbouillon de
pensees .Mais envoye par qui ?Pourquoi moi ?
Encorz une fois ,je ne comprends pas rien .Tout semblait appartenir a un reve .Mais un reve si
vivant qu il en devenait tangible .Je tentais de me redresser , de retrouver un semblant de
contrôle ,mais ses bras restaient fermes .Comme pour me rappeler que ,dans cet instant
suspendu , c était lui qui dictait les regles.
Derriere nous, des silhouettes menacantes emergeaient des ombres .Elles couraient ,leurs
longues capes semblaient happer la lumiere .Leurs mouvements avaient quelque chose de
spectral , presque inhumain .Ces hommes ou plutôt des creatures trainaient derriere eux une
obscurite palpable , une menace silencieuse mais omnipresente .
Alors que le monde en bas semblait s effacer ,je realisai que nous montions .Le vent nous
portait vers les hauteurs ,comme si une force invisible avait decide de nous extraire de cette
terre corompue .Les etoiles devinrent plus nettes ,plus proches .Elles scintillaient comme des
lanternes veillant sur cette ascension celeste .Mais ce n était pas paisible .Chaque instant était
un melange d emerveillement et de terreur
Je me mis a crier , incapable de contenir le flot d emotion .Mais avant que le moindre son ne s
echappe , il tourna la tete .Son regard ,un ocean de calme me fit taire .Ses levres a peine
mouvantes laisserent echapper un mot inaudible ,comme une priere adressee aux cieux .Puis
lentement ,il leva une main vers le haut ,comme pour invoquer quelque chose ou quelqu un C
était irreel .Et pourtant , c était ma realite
Je me retournai le souffle coupe ,face a cette scene surrealiste .La haut ,ses pieds effleuraient l
air comme s il defiait les lois de la gravite.
Chaque mouvement semblait choregraphie ,porte par une force invisible .Je ne pouvais
expliquer la sensation etrange qui me traversait ,comme le vent lui memenous enveloppait
,nous poussant vers un monde que je ne comprenais pas.
Son regard intense et rassurant percait le voile de mon anxiete .Il était la,immobile dans l
action,maitre de cette danse celeste
Le vent devenu allie capricieux ,nous portait vers les cieux , laissant derriere nous les rues
sombres et opressantes de la ville.
Je me sentais paradoxalement ,protegee ,enveloppee par une chaleur que je ne pouvais
attribuer qu a sa presence.
Puis ,tout bascula .Une ascension soudaine nous propulsa vers les etoiles la ou les nuages noirs
s eparpillaient comme les voiles dechires .
Je pouvais voir , au loin ,un cercle lumineux se dessiner au cœur de la ville,une pulsation vivante
qui semblait respirer avec elle.
Je restais bouche bee ,emmerveillee par cette vision digne d un reve eveille .Autour de nous des
enfants pointaient du doight , leurs visages illumines d etonnement
.Qu est ce que c est ca ?Murmurai je ,incapable de detacher mes yeux de la scene Il me
repondit un sourir enigmatique aux levres :tu devrais plutôt demander si ces gens nous ont
perdus de vue
.Tu devrais plutôt demander si ces gens ne nous ont pas perdu de vue
.Qui sont ils ? Que veulent ils ?
.Ca ne te regaerde pas ,tu dois simplement etre sauve
.Je me retrouve au bout milieu de

5
La parole fut coupee .Comment osait il ? Il se prend pour qui , juste parce qu il croit qu il est
spiderman , il peut me couper la parole d un vacarme .Je sais ,mais je n aimerais pas savoir
dans quoi tu t es mis
Nous continuons a nous hisser vers le haut .Ma peur devenait plus grande , j avais peur de ce qu
on allait rencontrer la bas.C est commme si on allait jamais finir de connaitre l univers , si on
touchait les etoiles ?Non c est impossible .On l avait vu en histoire geo .Mais ma peur ne
deleurait pas [Link] pouvait se fracasser a quelque chose
Maitrisant la situation , je ne sais pas mais j ai confiance en lui , en sa force .Soudain , je vis les
deux musculatures aussi se hisser vers le haut en notre direction .C était comme s il s
envolait .Le vent … Ils viennent vers nous .Mon Dieu , ce sont deux salopards , ils nous ont
reperes .Accroche toi
Je m accroches encore ,mais cela ne suffit [Link] n eus pas le temps de terminer ma phrase
que nous changions brusquement de trajectoire en nous propulsant vers le [Link] vision fut
tout a coup emplie de lumiere .La ville je voyais la lumiere de la ville .L altitude devenait dr plus
en plus basse et nous nous rapprochons de plus en plus des habitations .J avais l impression d
etre a bord d un avion prêt a se fracasserau [Link] crois que mes pensees allaient trop vite. Si on
filait droit sans ralentir
C était comme si nous defions la gravite elle-mê[Link] toits des maisons defilaient sous mes
yeux et l air siffle dans mes [Link] bruit était assourdissant.,mais je pouvais encore
entendre mon cœur battre a tout rompre ..Etait ce de la peur , de l excitation ou un melange des
deux ?
.Ils nous lacheront pas .Murmurai je , ma voix tremblante
Mon compagnon ne repondit pas .Son visage était concentre ,ses yeux fixes sur l [Link]
semblait avoir un plan ,mais je n ai aucune idee de ce qu il preparait .tout ce que je pouvais
faire c était m accrocher et esperer que nous sortirons vivants de cette course effrenee Et
alors contre toute attente,nous avons pris un visage serre,laissant derriere vous nos
poursuivants .Une lumiere eclatante nous enveloppa et je sentis un calme soudain m
[Link] nous enfin en securite ?Mon cœur ralentissait mais je savais que tout pouvait
encore arriver
.T inquietes pas ils ne pouront pas nous atteindre
Je ne sentis plus l air me fouetter comme tout a l [Link] ne le sentis plus bouger et je ne
sentis plus nous hisser vers le [Link] était statique .J espere que ce n était pas…
Soudainement ,tout devient statique .Le vent qui fouettait nos visages s arretait net .Nous etions
suspendus dans le vide ,comme si le temps lui-même avait cesse de s ecouler.J espere que ce n
était pas une [Link] me retournai pour voir les deux .Mais s il n y avait plus de
mouvements ,que signifiait ce silence ?
Le vent sifflait dans mes oreilles ,empotant avec lui des fragments de peur et d adrenaline .Qu
est ce que tu fais ? Accelere , tub t es arrete ,tu ne vois pas qu ils arrivent ou quoi ?Lancai je ,la
voix tremblante .
Mon compagnon , les mains crispees sur le levier ,grogna
.Tu penses que c est aussi facile que ca ?Viens a ma place et tu verras.
.Je ne t ai rien demande , c est toi qui m as amene ici .M ecriai je ,le cœur battant a tout rompre
Derriere nous, les silhouettes menacantes se rapprochaient inexorablement ,leurs pas
resonnant comme des tambours de guerre .
Ils avaient le rictus fige ,une promesse de fin .J essayais de ne pas y croire . Nous etions
suspendus entre deux mondes , comme des ames errantes cherchant un refuge .Mon sauveur s
efforcait de nous projetter en avant ,mais sa force semblait vaciller. Je sentis les assaillants s
avancer encore ,et cette fois ,le vent ,froid et cinglant vint caresser ma peau ,me murmurant qu
ils etaient tout pres.
Malgre tout ,je sentais qu il ne fallait pas ceder .
.On peut y arriver tiens bon .Pensais je serrant les poings de toutes mes forces Je m accroche
encore ,mais cela ne suffit pas .J eus pas le temps de terminer ma phrase que nous changions
brusquement de trajectoire en nous propulsant vers le bas .Ma vision fut tout a coup emplie de
lumiere .La ville ,je voyais la lumiere de la ville.L altitude devenait de plus en plus basse et nous
nous rapprochions de plus en plus des habitations .J avais l impression d etre

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a bord d un avion qui allaient se fracasser au [Link] crois que mes pensees allaient trop vite .On
allait …si on allait…s ecraser ?On filait droit sans ralentir .
C était comme si nous defions la gravite elle-même .Les toits des maisons defilaient sous mes
yeux ,et l air siffla dans mes oreilles .Le bruit était assourdissant ,mais je pouvais encore
entendre mon cœur battre a tout rompre .Etait ce de la peur ,de l excitation ,ou un melange des
deux ?
Nous atterrissons la surface
.Leve toi ,ils vont venir
.Toi tu ne me dis pas quoi faire.
En disant cela ,je voyais les deux s approcher .Je me levai ,et on se mit a courir jusqu a ce qu on
arrive dans une ruelle pour s arreter
.Va ten.
Je ne savais pas trop quoi faire .Je me tournai ,lancelant un dernier regard a mon sauveur,empli
de tristesse .Peut etre que nous ne nous reverrons jamais
.Le monde est si petit
Les deux silhouettes se dirigeaient droit sur lui determinees .Mais lui ,il tenait bon ,prêt a en
decoudre , les mains posees sur la hanche comme un guerrier invincible. Ils recurent
simultanement un coup de poing magistral au visage ,comme un eclair [Link] sauveur
beau comme un Dieu sculpte dans la lumiere ,semblait inebranlable .Il irradiait une force
mysterieuse qui ne faisait que renforcer mon admiration pour lui .
Les assaillants tomberent lourdement au sol , assommes Je le regardais hypnotise et il me
repondit d un sourir empreint de calme .Un signe de la main , comme pour dire .Tout va
bien , je maitrise la situation
.Alors je pris mes jambes a mon cou .Je courus de toutes mes forces , aussi loin que possible
,sentant le souffle du danger derriere [Link] ne me poursuivait on pas ? Etait ce lui ,
ce mysterieux sauveur qui retenait l attention de ces monstres ? Qui était il ?
Le mystere qui l entourait me captivait .Ce qu il était prêt a sacrifier,ce qu il representait …Je
voulais savoir .Il m attirait dans un tourbillond inconnu fascinant.
Chapitre
La maison était un chaos vivant, un navire pris dans une tempête de rires et de mouvements
désordonnés.
Les éclats de voix ricochaient sur les murs, se mêlant aux basses de la musique qui faisaient
vibrer le sol sous mes pieds. Une partie de cache-cache semblait se jouer quelque part, mais je
n’en percevais que des fragments : des ombres furtives filant à travers les couloirs, des rires
étouffés qui s’évaporaient dans le tumulte général.
Tout bougeait trop vite.
Les couleurs, les bruits, les visages… Mon regard flottait, incapable de s’accrocher à quoi que
ce soit.
C’était comme être sous l’eau, comme si un mur invisible me séparait du reste du monde. Je
restai immobile, mon souffle court, sentant un étau invisible me serrer la poitrine. Mon
cœur battait si fort qu’il aurait pu rivaliser avec la pulsation sourde des enceintes. Puis leurs
regards vinrent.
D’abord discrets.
Puis insistants.
Comme des phares fouillant l’obscurité, braqués sur moi.
Une chaleur brutale monta à mes joues, alourdissant mes pas. Je me sentais piégée, à la
dérive, un oiseau tombé en pleine mer.
Et soudain, Rayan était là.
Il surgit à mes côtés, sa voix douce mais ferme tranchant à travers le vacarme ambiant.
— Tu es sûre que ça va ?
Il s’était penché légèrement pour capter mon regard, son bras enroulé autour de ma taille,
m’empêchant de vaciller.
5
Mais même sa présence, aussi rassurante soit-elle, ne parvint pas à dissiper ce vertige qui me
tordait l’estomac.
— Oui, ça va, mentis-je dans un souffle, aussi fragile qu’une bulle d’air prête à éclater.
Puis Flora apparut.
Elle fendit la foule avec la même aisance qu’une lame tranchant un voile de brume.
Ses yeux, brillants d’inquiétude, s’accrochèrent aux miens.
— Amber, qu'est-ce qui se passe ?
Sa voix était basse, mais chargée d’une émotion brute.
Je voulais répondre. Trouver les mots. Expliquer ce chaos en moi.
Mais tout ce qui m’entourait n’était que tourbillon.
Flou.
Désordre.
Et un sentiment terrible, implacable, que j’étais en train de couler.
.
À la dérive
Je restai muette un instant, incapable de trouver les mots pour décrire ce tumulte en moi.
C'était comme si mon esprit était un puzzle dont les pièces s'étaient éparpillées au fond de
l’océan. Je voulais parler, expliquer ce qui m’oppressait, mais chaque phrase semblait se
désagréger avant même d’atteindre mes lèvres.
Autour de nous, les murmures continuaient, des vagues basses et sournoises, effleurant mes
oreilles sans jamais disparaître.
Mais ce furent les regards qui me transpercèrent vraiment.
Des harpons acérés. Inévitables.
La chaleur grimpa à mes joues, ma gorge se serra. L’air semblait se raréfier, comme si la pièce
elle-même se refermait sur moi.
Et soudain, la tension devint insoutenable.
— Bon, ça suffit ! Arrêtez de me regarder comme ça !
Ma voix fendit la pièce comme une vague s’écrasant contre un rocher.
Mais elle ne fit que ricocher contre le brouhaha ambiant.
Les conversations reprirent, les rires continuèrent, et moi, j’étais là, toujours aussi étrangère à
cette fête qui n’aurait jamais dû être la mienne.
Alors, dans un élan désespéré de diversion, j’attrapai une guirlande lumineuse suspendue près
de moi et la brandis avec un sourire forcé.
— Allez, la fête ne fait que commencer !
Un silence hésitant s’installa autour de moi.
Puis, fidèle capitaine prêt à sauver un navire en perdition, Rayan reprit mon geste avec un
enthousiasme amplifié.
— Oui, la fête commence ! lança-t-il, battant des mains comme pour donner le signal à
l’équipage.
Comme si elle répondait à un signal invisible, la musique augmenta d’un cran, emplissant la
pièce d’un rythme frénétique.
Les lumières s’éteignirent brièvement avant de laisser place à un tourbillon de couleurs
clignotantes – des jaunes, des rouges, des bleus –, qui dansaient sur les murs comme des
fantômes phosphorescents.
Mais ce décor ne faisait qu’ajouter à mon malaise.
Les lumières.
Les sons.
La foule en mouvement.
Tout cela m’écrasait.
Tout cela me submergeait comme une vague trop puissante pour être contrée.
Mon souffle devint court, mes mains moites glissèrent contre ma robe.
Il fallait que je parte.

Les murmures et les vagues

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Je me frayai un chemin, trébuchant entre les corps serrés, le cœur battant à un rythme
désordonné.
Les murmures me suivaient, des filets invisibles qui s’enroulaient autour de moi.
— Espèce de zarbi.
Le mot, lâché dans mon dos, fut comme un éclat de verre brisé.
Je me raidis.
Mais je ne me retournai pas.
Non.
Ces mots ne me touchaient pas.
Ou du moins, c’était ce que je me forçais à croire.
Depuis toujours, j’étais habituée à être seule.
À être une île perdue au milieu d’une mer agitée.
Mais ce soir-là, même ma solitude semblait me trahir, prête à se briser sous la force des
vagues.
. Entre deux tempêtes
Je repérai Flora et Rayan et me dirigeai vers eux, espérant y trouver un semblant de refuge.
Flora regardait Rayan avec un sourire moqueur, ses yeux brillants d’un éclat piquant. Le
contraste entre sa posture décontractée et la tension de l’instant était frappant, comme si
elle restait, malgré tout, en contrôle absolu de la situation.
Même dans un moment d’humour nerveux, elle était le vent qui décidait de la direction des
voiles.
Rayan, lui, haussa les épaules avec son éternel sourire en coin, l’insouciance incarnée.
Comme si rien ne pouvait l’atteindre.
Comme si le chaos qui m’engloutissait ne pouvait jamais l’effleurer.
Et moi, au milieu, j’avais l’impression d’être une voile ballottée entre deux tempêtes, incapable
de trouver ma propre direction.
L’équilibre fragile
Rayan, plus détendu que jamais, haussa les épaules avec un sourire en
coin. — Dure ? Non, c’est juste que tu prends tout au sérieux, Flora.
Flora se redressa, croisant les bras, un petit rictus effleurant ses lèvres.
— Peut-être. Mais je préfère être dure que d’être l’un de vos jouets. Sa voix, tranchante et
pleine de défi, laissa flotter une amertume invisible mais omniprésente. Je me sentais perdue
dans cette dynamique, comme une voile ballotée par des vents contradictoires.
Rayan, imperturbable, semblait flotter au-dessus du chaos, comme si tout glissait sur lui sans
jamais l’atteindre.
Mais moi…
Chaque mot échangé, chaque regard, était une fissure de plus dans l’image que j’avais de moi
même.
Comme si cette conversation n’était qu’une autre vague, prête à me submerger. La colère
bouillonnait en moi, grondant sous la surface, mais je savais qu’un déferlement soudain
ne ferait que me briser davantage.
Flora, toujours aussi vive, tourna soudain son regard perçant vers moi.
— Et toi, Amber ? Tu veux vraiment te perdre dans ce tourbillon ?
Ses mots résonnèrent comme un appel à la clarté dans ma confusion.
Peut-être qu’elle avait raison.
Peut-être que, comme l’océan, il était temps pour moi d’apprendre à naviguer entre la tempête
et l’accalmie, à comprendre que tout ce qui m’entourait n’était pas mon ennemi, mais une
épreuve que je devais traverser pour avancer.
Je pris une inspiration tremblante, tentant de retrouver un semblant de calme.
— Je... Je ne sais plus.
Le silence tomba sur nous comme un rideau de brume.
Leurs regards se perdirent un instant dans le vide, comme si mes paroles s’étaient évaporées
avant même d’exister.
Et pourtant, quelque chose dans leur silence me frappa plus fort que leurs
moqueries. C’était comme si, pour la première fois, le monde autour de moi n’avait
plus de sens.

5
Comme si cette nuit, ces visages, ces voix, n’étaient que des ombres déformées par une vérité
qu’ils ne voulaient pas voir.

Une ascension vers l’inconnu


Je l’avais vu.
Je l’avais senti.
Là-haut, dans un ciel qui n’était pas celui de ce monde.
Les vents m’avaient portée au-delà des ombres, là où la lumière elle-même semblait trembler.
Mais je n’étais pas seule.
Des gens me poursuivaient.
Et je savais qu’ils ne me laisseraient jamais redescendre indemne.

Le poids du doute
Rayan, toujours impassible, posa son verre et tourna lentement la tête vers moi.
Quelque chose dans son regard avait changé. Un mélange étrange de scepticisme et de
préoccupation.
— Amber… Il marqua une pause, mesurant ses mots. Tu veux vraiment qu’on te croie sur
parole ?
Sa voix était douce, presque compatissante, mais il y avait ce doute, ce murmure invisible qui
rendait ses paroles tranchantes.
— Tu sais bien que tout ça, ça semble… trop irréel.
Mon estomac se contracta, mes doigts se crispant contre mes genoux.
Je serrai les poings sous la table, sentant la chaleur de ma colère monter en moi comme un feu
prêt à s’embraser.
— Ce que j’ai vu, c’était réel. Vous ne pouvez pas tout effacer d’un simple rire. Flora,
jusqu’ici silencieuse, posa une main sur le bar et se pencha légèrement vers moi. Son
regard, d’ordinaire si assuré, vacilla l’espace d’une fraction de seconde. Elle hésita.
Puis sa voix tomba, plus basse, plus prudente.
— Amber, arrête… Tu vas finir par t’enterrer toute seule avec tes histoires. Son
ton avait changé.
Moins moqueur.
Plus inquiet.
Mais toujours empreint de cette distance, ce mur invisible qu’elle érigeait entre elle et la
vérité. Comme si, au fond d’elle, elle savait.
Comme si une part d’elle avait peur que, cette fois, je dise la vérité.
Les Ombres du Doute
Leurs réactions m’écrasaient.
Comme si je n’étais qu’un bruit dans la nuit, une sensation fugace qu’on cherche à ignorer.
Je pouvais presque entendre leurs pensées, sourdes et implacables :
Elle est perdue.
Elle cherche à attirer l’attention.
Mais je savais que ce que j’avais vu ne pouvait pas être effacé.
Que je sois comprise ou non, cela n’avait plus d’importance.
Ce que j’avais vécu était la seule vérité qui comptait désormais.
Je me levai brusquement.
La chaise bascula en arrière, heurtant le sol dans un bruit sec qui fendit l’espace confiné du bar.
— Vous ne comprenez pas… Vous ne comprenez rien !
Ma voix tremblait de rage et de frustration, comme une vague prête à tout engloutir sur son
passage.
Le silence tomba.
Les visages autour de moi se figèrent, une inquiétude grandissante se dessinant dans leurs
yeux.
Rayan se leva à son tour, les bras levés en signe de paix, mais son geste paraissait inutile,
dérisoire.
— Calme-toi, Amber.

5
Son ton était doux, presque compatissant.
Mais je ne voulais pas de sa pitié.
Je les regardai tour à tour, une étincelle de défi brillant dans mes yeux.
— Vous pouvez essayer de me faire taire, de me faire douter… Mais ce que j’ai vu, je ne
l’oublierai jamais.
Le silence s’étira, pesant, oppressant.
Puis, comme un écho lointain, le bruit de la musique et des rires parvint à mes
oreilles. Mais tout me semblait flou, irréel.
Mon esprit était ailleurs.
Il retournait sans cesse à cette vision…
À cet homme.
À ces créatures.
À ce qui m’attendait dans l’au-delà.
Et au fond de moi, une certitude persistait, implacable :
C’était réel.
Même si tout le monde semblait vouloir l’effacer.
Je me tournai vers la porte.
Le vent de la nuit s’engouffra aussitôt, me frappant au visage comme une gifle glaciale.
— Je suis fatiguée de tout ça…
Je murmurai ces mots, à peine consciente de les avoir prononcés.
Puis je sortis, laissant derrière moi le bruit, les regards, le doute.

Les Fantômes du Passé


Oublie ça.
Ton histoire n’a ni queue ni tête.
Tu as été influencée, c’est tout. La vérité est ailleurs.
Mais le nom de Charlie flottait autour de moi, insaisissable, tel un spectre refusant de
disparaître.
Il m’envahissait, doux et froid à la fois, une brume persistante qui s’accrochait à ma peau,
s’insinuait dans mon esprit.
Un fantôme que je n’avais pas choisi.
Ses échos me poursuivaient.
Ils m’étouffaient.
Ils me rappelaient les dettes que j’avais contractées, les promesses brisées… et l’abîme qui
m’attendait.
Mais ce soir, un autre abîme semblait plus proche encore.
Rayan, assis un peu plus loin, fixait l’écran de son téléphone, détaché de tout, comme s’il était
devenu un élément du décor.
Il ne me voyait même pas.
Et Flora…
Elle n’était plus là.
Comme un mirage dissipé par la lumière du matin, elle s’était volatilisée.
Sans un bruit.
Sans une trace.
Une inquiétude soudaine m’envahit.
Quelque chose n’allait pas.

La Chasse
Je me levai brusquement, une pression invisible pesant sur mes épaules.
Où était-elle ?
Où avait-elle pu aller ?
Un sentiment d’urgence me saisit, et sans réfléchir, je m’élançai à travers la foule. Je
bousculai des corps en mouvement, des visages flous riant, dansant, criant sans même me
remarquer.
Ils étaient là, physiquement présents, mais ils n’existaient pas vraiment. Des
silhouettes sans importance, des ombres animées d’une énergie creuse.

5
Moi, je cherchais Flora.
Ma complice.
Mon amie.
Mais la quête devint rapidement désespérée.
Je fouillais la foule du regard, mon cœur battant à tout rompre, mais rien

Un Poison Lent
— Qu’est-ce que tu cherches, la demeurée ?
La voix de Felinda fendit l’air comme une dague aiguisée.
Elle savait exactement où frapper.
Autour d’elle, sa bande de suiveuses ricana, un murmure empoisonné qui se propagea dans l’air
tiède de la nuit.
— Oh, je sais ! ajouta-t-elle en croisant les bras, un sourire carnassier accroché à ses lèvres. Tu
cherches Flora ?
Elle marqua une pause théâtrale, savourant chaque seconde d’anticipation, puis laissa tomber
la phrase comme une lame sur mon cœur :
— Elle est en train de tourner "Cinquante nuances de Grey" avec ton frère. Tu ne sava is pas ?
Un silence.
Les mots s’enfoncèrent dans mon esprit comme des crochets glacés.
Autour de nous, la musique continuait, la fête battait son plein, mais tout semblait s’être éteint.
Felinda observait ma réaction avec un plaisir cruel, comme une reine méprisante regardant une
servante s’effondrer sous son courroux.
— Vous mentez, crachai-je, mais ma voix trembla malgré moi.
Non.
C’était impossible.
Flora n’aurait jamais fait ça.
Pas à moi.
Pas à nous.
Le sourire de Felinda s’élargit, lentement, comme un serpent s’enroulant autour de sa proie.
— Va vérifier par toi-même.
Et je partis.

L’éclat d’une trahison


Le sol sous mes pieds semblait trembler tandis que je traversais le jardin. Je ne savais
pas si c’était ma colère, ma peur, ou le poids écrasant de cette vérité que je refusais
encore d’admettre.
Mon cœur battait si fort que j’en avais mal.
Les lumières de la piscine jetaient des reflets scintillants sur la terrasse.
Et c’est là que je les vis.
Figés sous le clair de lune, comme une peinture irréelle.
Flora.
Elle était là, son corps tendu comme une corde prête à céder.
Ses yeux brillaient sous la lumière, mais ce n’était pas la lueur de la vie.
C’était la lueur d’un être qui porte un poids trop lourd.
Qui sait qu’il va être jugé.
À côté d’elle, Bradley.
Immobile.
Un spectateur indifférent à la tragédie qui se jouait devant lui.
Le silence entre nous était pire que n’importe quel cri.
Puis, enfin, Flora bougea.
Une inspiration tremblante.
Ses lèvres s’ouvrirent.
Et sa voix, brisée, s’échappa dans l’air froid de la nuit :
— Je voulais t’en parler… mais j’avais peur.
Je clignai des yeux.

5
— Peur ?
Ce mot me heurta de plein fouet.
Un instant, le monde oscilla.
— Je suis ton amie, Flora ! J’étais censée être au courant !
Ma voix éclata, tranchante et douloureuse.
— Et c’est Felinda qui m’a dit tout ça. FELINDA.
Je n’arrivais pas à respirer.
— Moi qui croyais que tu ne pouvais pas me mentir…
Flora baissa la tête.
Je vis la vérité s’infiltrer en elle, lentement, comme un poison trop tardivement ingéré.
Mais c’était moi qui étais en train d’être détruite.
L’ombre de la trahison
Bradley était là.
Silencieux.
Distant.
Il n’avait pas besoin de parler. Son mutisme parlait pour lui.
Il était complice.
Tout autant qu’elle.
Peut-être même plus.
Je détournais les yeux, comme si regarder ailleurs pouvait effacer la réalité. Mais elle
s’accrochait à moi comme un poison lent, un venin qui se répandait dans mes veines.
Puis, sans réfléchir, sans prévenir, je courus.
Mon souffle était court, mes pas résonnaient dans la nuit, et mon cœur battait si fort qu’il
menaçait d’exploser.
Fuir.
Fuir cette image.
Fuir cette douleur.
Fuir eux.
Mais je n’étais pas seule.
Elle me suivait.
Sa voix s’accrochait à moi, tremblante, coupable.
— Amber, attends !
Je n’écoutais pas.
Je ne voulais pas entendre.
Puis, une main agrippa mon épaule.
Je savais que c’était elle.
Flora.
Un éclair de colère pure, brutale, jaillit en moi.
Avant même d’y penser, je la repoussai.
Fort.
Trop fort.
Elle chancela, sous le choc.
Et moi aussi.
Je ne m’étais jamais vue comme ça.
Je ne me savais pas capable de ça.
— Laisse-moi !
Ma voix fendit la nuit.
Flora ne bougea pas.
Elle me regarda avec une expression que je ne voulais pas analyser. Une expression que je
refusais de comprendre.
Puis Felinda arriva.
Comme une ombre perfide, savourant le chaos qu’elle venait de créer.
Son sourire était un poison.
— Oh, Amber… Si seulement tu pouvais voir ta tête.
Elle rit doucement, un rire léger, moqueur, insupportable.
Je la fixai, les poings serrés.

5
Elle allait comprendre.
Elle allait savoir.
Je n’étais plus prête à me laisser écraser.

Chapitre 2 : La Nuit des Ombres


La nuit semblait plus lourde qu’avant.
Chaque étoile était un témoin silencieux.
Je marchais, sans but, un poids invisible sur les épaules.
Quelque chose me disait que cette fois, c’était trop tard.
Que cette fois, il n’y aurait pas de retour en arrière.
Flora n’avait même pas cherché à se défendre.
Elle n’avait pas hurlé, ni nié, ni accusé.
Et ça…
Ça faisait encore plus mal.

Les Confessions Amères


Je retrouvai Rayan un peu plus loin.
Assis dans une pièce baignée d’une lumière tamisée, il m’attendait, l’air grave.
Comme s’il savait.
Je ne pris même pas le temps d’hésiter.
Je vidai tout.
Sans filtre.
Sans détour.
Les mots s’échappaient de ma bouche comme un torrent incontrôlable.
Rugueux.
Tranchants.
Comme des éclats de verre que je recrachais, après les avoir laissés me lacérer de l’intérieur.
Chaque confession était une déchirure.
Chaque syllabe, un poison.
Et lui, il écouta.
Sans m’interrompre.
Sans détourner le regard.
Comme s’il savait que, ce soir, j’avais besoin que quelqu’un entende.
Même si c’était trop tard.
L’ombre de la trahison
J’avais besoin de lui.
Mais même Rayan, même son regard d’ordinaire si rassurant, ne pouvait rien contre cette vérité
implacable qui me broyait de l’intérieur.
— Quoi ? Ce n’est pas possible… Elle a osé ?
Sa voix se brisa sur ces mots.
Comme si la terre venait de se dérober sous lui.
Chaque syllabe qu’il prononçait tombait avec la force d’un coup de marteau sur le sol,
résonnant dans l’air épais de la nuit.
Et moi…
Moi, j’étais figée sous l’impact de ce que je venais d’apprendre.
Flora.
Elle, la confidente de mes secrets.
Mon amie.
Elle avait franchi la ligne.
Elle s’était aventurée là où l’amitié ne doit jamais s’égarer, dans l’intimité d’un lien que je
croyais inviolable.
Son silence, plus encore que ses actes, était une trahison.
Un mur qui s’élevait entre nous.
— Ce qui me fait mal, c’est qu’elle ne m’ait rien dit…
Ma voix trembla.

5
Comment expliquer que l’essence même de notre amitié avait été dérobée non par un
mensonge, mais par l’absence de mots ?
Rayan, lui, ne contenait plus sa colère.
— Elle sort avec ton frère… Ça ne se fait pas entre amis !
Il serra les poings.
Sa rage vibrait dans chaque mot.
— Non, tu sais, Flora est bien pour mon frère. Cela ne me dérange pas qu’elle devienne ma
belle-sœur, répondis-je dans un souffle, tentant d’apaiser cette tempête qui grandissait entre
nous.
Mais mes mots sonnèrent faux.
Comme une excuse.
Comme une phrase que l’on prononce pour soi-même, pour éviter de sombrer. Rayan tourna la
tête vers moi, ses yeux brûlants d’émotions contradictoires. Il allait répondre, mais je le
devançai, la voix brisée, chargée de larmes que je refusais de laisser couler.
— Vraiment ? Eh bien, tu devrais la détester ! C’est une sale garce ! La
phrase sortit avec une violence qui me surprit moi-même.
Rayan recula, choqué.
Sa colère n’était plus dirigée vers Flora.
Elle était dirigée vers moi.
La dispute éclata.
Comme un feu de forêt, ravageant tout sur son passage.
Les mots s’entrechoquaient, chacun plus tranchant que le précédent.
Je voulais hurler.
Tout leur dire.
Mais une loyauté brisée m’empêchait de franchir cette dernière limite.
Et au fond, je savais déjà.
Ce soir, tout ce qui était fragile venait de se briser à jamais.

Chapitre 3 : L’Appel de la Forêt


La forêt s’étendait devant moi, sombre et insondable.
Une mer noire prête à engloutir ce qu’il me restait d’espoir.
Les arbres, gigantesques et noueux, tendaient leurs branches comme des bras squelettiques,
griffant le ciel.
Et la brume…
Lourde. Suffocante.
Elle rampait sur le sol, s’enroulait autour de mes chevilles comme des doigts glacés.
J’avançai, perdue.
Mes pensées dérivaient, s’effaçaient, disparaissaient dans cet océan
d’ombres. Puis, je le vis.
Comme un coup de poignard en plein cœur.
Deux silhouettes, floues et menaçantes.
Penchées sur un corps sans vie.
Je sentis mon estomac se tordre.
Un murmure de vent traversa la forêt, soulevant un rideau de brume.
Et je compris.
C’était lui.
Bradley.
Mon frère.
Celui avec qui j’avais grandi.
Celui qui faisait partie de ma mémoire, de mon enfance.
Celui qui était vivant.
Jusqu’à maintenant.
Mon corps entier se figea.
Une chaleur glacée s’infiltra dans mes veines.
C’était impossible.

5
Un mauvais rêve.
Un cauchemar dont j’allais me réveiller d’une seconde à l’autre.
Mais non.
Je voyais son corps, allongé sur la terre humide, les yeux mi-clos, la vie s’en échappant
lentement.
Et la colère, la douleur, la peur, tout s’entrechoqua en moi, me laissant suffoquer sous un flot
d’émotions incontrôlables.
Et alors, une pensée empoisonnée s’infiltra dans mon esprit.
C’était elle.
C’était à cause d’elle.
Si Flora n’avait pas pris ce chemin…
Si elle n’avait pas tendu la main à mon frère…
Si elle n’avait jamais croisé sa route…
Il serait encore en vie.
Un cri silencieux explosa en moi.
Je me précipitai vers lui, tombant à genoux à ses côtés.
Sa main…
Si froide.
Comme la terre autour de nous.
Ses lèvres s’entrouvrirent.
Un dernier souffle.
Un dernier mot.
Mais aucun son n’en sortit.
Ses yeux, figés sur un horizon invisible, ne reflétaient plus rien.
Le silence, lourd et oppressant, s’abattit sur moi.
Il était parti.
appel des ombres
Je l’appelai.
Mais mes mots se noyèrent dans la mer de l’impuissance.
Je pleurai.
Je pleurai pour lui.
Pour moi.
Pour nous.
Pour tout ce que nous avions perdu.
Le temps s’effaçait autour de moi, chaque seconde s’étirant dans une éternité de
douleur. Puis, je fis un serment.
Un serment muet, brûlant, ancré dans chaque fibre de mon être.
Ceux qui l’avaient fait souffrir.
Ceux qui l’avaient arraché à la vie.
Ils paieront.
Ils ne s’échapperaient pas.
Un cri déchira la nuit.
Mon cri.
Un hurlement porté par la promesse d’une vengeance implacable.
Et dans cette nuit sans fin, je sus qu’il n’y avait plus de retour.
Plus de lumière.
Plus d’espoir.
Juste l’appel de la mer, profonde et insondable, qui m’aspirait à chaque pas.
Mais je reviendrais.
Parce que la douleur d’un cœur brisé ne se dissipe jamais.
Elle se transforme.
Elle se tord.
Mais elle ne meurt jamais.
Et moi, dans cette mer de ténèbres, j’étais prête.

Chapitre 3 : L’Appel de la Forêt

5
La forêt s’étendait devant moi, une mer d’ombres et de secrets.
Chaque arbre murmurait des histoires oubliées.
Chaque branche noueuse semblait me scruter.
Mes pas résonnaient dans le silence, lourds de non-dits.
Puis, un cri.
Brisé.
Presque irréel.
Je tournai la tête, cherchant des réponses là où il n’y en avait pas.
Et puis…
Je le vis.
Rayan.
Son visage livide trahissait une terreur insensée.
Ses mains tremblaient lorsqu’il saisit son téléphone.
— La police… Sa voix s’étrangla sur les mots. Rayan, tu dois appeler la police. Un
silence oppressant tomba.
Puis, un autre son.
Un sanglot.
Flora.
Elle pleurait.
Sans retenue.
Ses larmes coulaient sur son visage, des perles amères tombant dans la nuit.
Mais il y avait quelque chose dans cette peine qui ne sonnait pas vrai.
Un masque trop parfait.
Une comédie trop bien jouée.
Je la fixai.
Ma voix, glaciale, brisa le silence :
— Flora… pourquoi pleures-tu ?
Elle sursauta, ses yeux fuyant les miens.
— Je… je ne sais pas ce qui s’est passé ! C’était un accident… Un accident ! Sa voix
tremblait.
Trop.
Comme si elle tentait de se convaincre elle-même.
— Un accident ?
Le mot roula sur ma langue, amer, tranchant.
— C’est toi qui l’as emmené là-bas, Flora. Si tu ne l’avais pas fait, il serait encore là. Elle
recula d’un pas.
Choquée.
Mais la culpabilité était là.
Dans son regard.
Et ça…
Je ne pouvais pas lui pardonner.
Pas maintenant.
Rayan s’approcha, hésitant.
Je lui lançai un regard glacial.
Lui non plus, je n’avais aucune pitié pour lui.
Il ouvrit la bouche.
— Tu ne comprends pas, d’accord ? Ce n’était pas ce que tu crois. Ce n’était pas comme ça.
— Oh, vraiment ?
Je le fixai, les poings serrés.
— Tout ce que je sais, c’est que Bradley est là, à l’agonie, et toi, tu veux encore me dire que tu
n’es pas responsable ?
Un silence lourd s’abattit sur nous.
Flora renifla.

5
— Tu ne peux pas nous accuser tous comme ça. Tu… tu n’as pas vu ce qui s’est passé. Peut-
être que tu devrais regarder les choses comme elles sont, et pas à travers tes douleurs.
Je me figeai.
Puis, lentement, je m’avançai d’un pas.
Elle ne bougea pas.
— Tais-toi.
Ma voix était un murmure.
Un murmure tranchant comme une lame.
— Tais-toi avant que je ne te dise des choses que tu ne pourras jamais oublier. Rayan
frémit.
Mais il ne s’arrêta pas.
— Et toi ? Son regard brûlait d’une colère sourde. Tu veux nous accuser tous, mais tu ne vois
même pas que toi aussi, tu aurais pu faire quelque chose ?
Son souffle était court.
Il me regarda droit dans les yeux.
— Tu l’as abandonné. Comme nous tous.
Ses mots me frappèrent.
Je voulais les ignorer.
Je voulais ne pas les croire.
Mais ils étaient là.
Inscrits dans l’air, gravés en moi.
Je serrai les dents.
— Il n’est plus là.
Ma voix était brisée.
— Mais vous… vous serez responsables. À jamais.

Les Mensonges du Matin


L’aube s’éleva sur un monde figé dans le silence.
Un silence lourd.
Comme si l’univers entier retenait son souffle.
Je marchais, traînant des pieds.
Mon ombre me suivait, fantomatique, s’étirant sur le bitume.
Chaque pas était un rappel du gouffre qui s’ouvrait sous moi.
La veille…
J’avais fouillé partout.
Chaque recoin de la maison.
Chaque tiroir.
Chaque secret enfoui sous des années de silence.
Mais aucune lumière n’était venue éclairer ma route.
Rien.
Seulement l’absence.
Seulement le mensonge.
Ma mère, épuisée, était partie à l’église.
Son dernier refuge.
Sa dernière prière pour un miracle qui ne viendrait jamais.
Elle croyait encore que Dieu pouvait réparer l’irréparable.
Moi, je savais que certaines choses ne pouvaient pas être réparées.
Certaines choses…
Ne faisaient que se briser encore plus.
L’école des ombres
L’air était lourd.
Saturé.
Chaque couloir, chaque murmure, chaque regard portait le poids d’une vérité trop douloureuse à
affronter.
Bradley était parti.

5
Et le monde semblait ne pas savoir comment continuer à tourner sans lui. Les élèves me
regardaient du coin de l’œil, certains avec une tristesse sincère, d’autres avec cette curiosité
malsaine qu’on réserve aux tragédies dont on est spectateur. Rayan et Flora étaient là.
Ils attendaient.
Un geste.
Un mot.
Quelque chose.
Mais tout ce que je sentais, c’était ce feu bouillonnant en moi.
Chaque seconde passée à les regarder faisait monter en moi une rage sourde, brûlante,
dévorante.
Rayan fut le premier à briser le silence.
— Mes condoléances… murmura-t-il, sa voix à peine plus qu’un souffle.
Comme s’il savait qu’aucun mot ne suffirait.
Comme s’il espérait que la simplicité suffirait à tout effacer.
Je le regardai.
Froidement.
Lentement.
Puis, après une pause où tout sembla suspendu, je lâchai :
— Merci.
Un mot.
Un seul.
Vide.
Creux.
La politesse était une armure que je pouvais encore porter.
Flora.
Elle hésita.
Un pas vers moi.
Puis un autre.
Ses yeux brillaient de larmes qu’elle ne laissait pas couler.
Ses mains tremblaient légèrement, une fragilité que je ne lui avais jamais connue.
— Mes condoléances…
Sa voix se brisa.
Sous la honte.
Sous le poids du mensonge.
Je ne répondis pas.
Je la fixai.
Mon regard était une lame.
Une sentence.
Un blâme silencieux qui pesait bien plus que n’importe quelle insulte.
Elle détourna les yeux.
Secouée.
Ébranlée.
Mais je ne pouvais pas bouger.
La haine m’avait paralysée.
La vengeance serait douce.
C’était tout ce que je savais.

Les reines du poison


Et alors…
Comme une ombre.
Comme un serpent surgissant du sol.
Elles apparurent.
Roxy.
Et sa bande.
Elles n’avaient rien à dire, mais elles étaient là.

5
Comme une présence toxique, un poison qui flottait dans l’air, invisible mais étouffant.
Leur démarche était lente, calculée.
Comme si elles possédaient les lieux.
Comme si la douleur des autres était leur terrain de jeu.
Leurs rires étaient étouffés.
Mais ils mordaient quand même.
— Alors, Amber…
La voix de Roxy fendit l’air.
Un murmure.
Un piège.
— On se sent comment ?
Son sourire était une griffure sur ma peau.
Je ne répondis pas.
— Perdue ? continua-t-elle. Ou bien… coupable ?
Sa voix dégoulinait de venin.
Les autres filles gloussèrent derrière elle.
Je fermai les poings.
Respire.
Ne leur donne pas ce qu’elles veulent.
Mais elle savait.
Elle savait exactement où frapper.
— C’est dingue, quand même… reprit-elle en feignant l’innocence. Un frère si parfait, et
puis…
Elle marqua une pause.
Puis, avec un sourire lent, cruel, elle chuchota :
— Plus rien.
Mon sang ne fit qu’un tour.
Je levai les yeux vers elle.
Lentement.
Je vis ce qu’elle attendait.
Elle voulait que je craque.
Que je m’effondre devant tout le monde.
Que je leur donne ce spectacle.
Alors je souris.
Un sourire lent.
Froid.
Tranchant.
— Dis-moi, Roxy… murmurai-je, ma voix douce comme du velours empoisonné. Ça fait quoi
d’avoir une vie si creuse que tu doives te nourrir de celle des autres ? Son sourire se figea.
Juste un instant.
Puis elle éclata de rire, mais c’était un rire faux.
— Oh, Amber, Amber… Elle secoua la tête. T’es plus fragile que je pensais. Elle
recula légèrement, mais ses yeux me jugeaient encore.
— On verra combien de temps tu tiens.
Puis, avec un dernier regard suffisant, elle tourna les talons, et sa bande la suivit, comme un
essaim de corbeaux.
La tension retomba.
L’air devint un peu plus respirable.
Mais en moi…
La tempête continuait de gronder.
Rayan et Flora me fixaient toujours.
Mais je ne les voyais plus.
Je ne voyais qu’une chose.
Roxy devait tomber.
Et ce serait bientôt.

5
— Salut, Lamy. Tu as fini de pleurnicher chez tes amis ? lança Roxy, sa voix sucrée comme
un venin.
Je sentis la colère m’envahir, mais je la refoulai. Mes poings se fermèrent, mes dents
grincèrent, mais je répondis d'une voix glaciale.
— Roxy, mon frère est mort. Alors, lâche-moi.
Elle haussait les épaules, un sourire acide sur ses lèvres.
— Bradley… Paix à son âme. Sa voix feinte la douceur, mais ses mots, eux, étaient des
griffes. Lui, au moins, n’était pas aussi étrange que toi. Enfin, tu dois être soulagée, non ?
Soulagée. Le mot résonna en moi comme un coup de tonnerre. Ma gorge se serra, mes mains
tremblèrent. Le poison coula lentement, mais sûrement, dans mes veines. — De quoi tu
parles, Roxy ? Va harceler quelqu’un d’autre.
— Oh, rien. Mais tes amis savent sûrement. Demande-leur, si tu oses.
Le clin d’œil malicieux qu’elle me lança fut le dernier coup. Elles s’éloignèrent, mais laissent
derrière elles un malaise gluant, une brume de doute qui m’empoisonna. Je me tournai vers
mes amis, un regard froid posé sur eux. Ils baissèrent tous les yeux, incapables de soutenir
ma colère.
— Qu’est-ce qu’elle veut dire ? De quoi elle parle ? demandai-je, ma voix cassée par
l'angoisse.
Ils échangèrent des regards fuyants. Puis l’un d’eux, plus timide que les autres, murmura,
presque honteux :
— Tu… tu ne savais pas ?
Le monde s’effondra autour de moi. Mon cœur fit une pause, comme un coup de poing dans
la poitrine.
— Savoir quoi ?
Les mots tombèrent comme un couperet froid.
— On dit que… toi et Bradley… vous n’étiez pas vraiment frère et sœur. L’air sembla se
déchirer. Mes mains tremblaient tandis que le sol sous mes pieds s’effritait. Je restai figée,
incapable de comprendre. C'était absurde, ridicule. Et pourtant, leurs yeux brillaient d’une
conviction glacée. Ils croyaient à cette rumeur.
Je me levai, mes jambes me portant sans que je puisse les contrôler. Je partis en courant, hors
de l’école, hors de tout. Mes pas résonnaient dans ma tête, un écho furieux. À la maison, la
vérité me faisait face.
Mes mains tremblaient alors que je fouillais, retournant chaque tiroir, chaque recoin. Il y avait
quelque chose ici, quelque chose que je n’étais pas censée trouver. Je le savais. Je le sentais.
L’air semblait plus lourd, comme si la maison elle-même retenait son souffle. Et puis, sous
une pile de papiers froissés, entre des factures oubliées et d’anciens carnets d’école, je le vis.
Un simple document, jauni par le temps. Mon regard parcourut les lignes à toute vitesse, mon
cerveau refusant d’assembler les mots ensemble.
L’acte de naissance de Bradley.
Je clignai des yeux. Puis encore.
Bradley Pearl.
Pas Crackford.
Mon estomac se tordit. Ce n’était pas possible. Ça devait être une erreur, un
malentendu… Pourtant, noir sur blanc, les noms de ses parents étaient là. Pas les nôtres.
Tout ce que je croyais savoir sur mon frère s’effritait sous mes yeux.
Et puis, la porte s’ouvrit.
Un courant d’air glacial balaya la pièce, soulevant légèrement les feuilles éparpillées sur le sol.
Ma mère se tenait là, figée dans l’encadrement, son visage pâle comme un fantôme. Pendant
un instant, elle ne dit rien. Ses yeux, d’ordinaire si durs, vacillèrent.
Puis elle vit le papier entre mes doigts.

5
D’un bond, elle se précipita sur moi et l’arracha violemment.
— Ne fouille plus jamais dans mes affaires !
Sa voix claqua comme un coup de fouet. Son souffle était court, ses doigts serrés sur le
document comme si elle voulait le faire disparaître à jamais.
— C’est quoi, ça ? Ma voix tremblait autant que mes mains.
— Ce n’est rien.
Mais ce n’était pas rien. C’était tout.
Je scrutai son visage, cherchant une réponse, une explication… Mais derrière sa colère, il y avait
autre chose. Quelque chose que je n’avais jamais vu chez elle.
La peur.
Je restai là, figée. Une seule question hurlait dans mon esprit.
Qui était vraiment Bradley ?

Le lendemain, à l’école
La rumeur s’était répandue comme une traînée de poudre.
Je traversais la cour, le regard rivé sur mes chaussures, sentant les murmures m’envelopper
comme une brume. Mes amis étaient là, à m’attendre, mais aucun ne parlait. Ils savaient que
quelque chose clochait.
Et moi, j’avais l’impression d’être à mille lieues d’eux.
Puis, tout bascula.
Le bruit des pas résonna dans le couloir. Des pas lourds, déterminés. La porte de la classe
s’ouvrit brusquement, claquant contre le mur dans un silence brutal.
Deux policiers se tenaient là.
L’un était grand, les traits durs et sévères, son regard perçant braqué sur moi. L’autre, plus petit,
plus nerveux, gardait la main posée sur sa ceinture, comme s’il s’attendait à ce que je m’enfuie.
L’air dans la pièce sembla s’épaissir.
— Amber Crackford ?
Ma gorge se serra.
— C’est moi.
Le grand policier hocha la tête d’un air grave, comme s’il validait une
évidence. — Vous êtes en état d’arrestation.
Mon souffle se coupa.
Un silence écrasant tomba sur la salle. Tous les regards étaient braqués sur moi, figés
d’incompréhension. Je sentis le sol trembler sous mes pieds.
— Quoi ? Pourquoi ? Ma voix s’étrangla sur les derniers mots.
L’autre policier haussa les épaules, comme si la réponse était évidente.
— Vous êtes suspectée du meurtre de votre frère, Bradley Crackford.
Le monde s’effondra.
Je voulus parler, protester, dire que c’était absurde, impossible… Mais aucun son ne sortit de ma
bouche.
Des murmures s’élevèrent autour de moi, une vague de choc et d’incompréhension.
— C’est... c’est impossible. Ma voix était à peine un souffle.
Bradley. Mon frère.
J’étais incapable de bouger, incapable de respirer.
Les menottes cliquetèrent. Le métal froid entoura mes poignets.
Et tout bascula dans le néant.

Les policiers échangèrent un regard furtif. Puis, sans un mot, l’un d’eux attrapa brutalement les
poignets d’Amber et serra si fort qu’elle en grimaça.
— On n’est pas là pour discuter, mademoiselle, trancha le plus petit, son regard froid comme un
hiver sans fin.
Amber sentit son souffle s’accélérer.
— Je n’ai pas tué Bradley, répéta-t-elle, sa voix brisée par la peur. Je vous le jure. Mais ils ne
l’écoutaient pas. Ils la traînèrent hors de la pièce comme si elle n’était qu’un objet
encombrant, la poussant dans le couloir faiblement éclairé du commissariat. Le carrelage
était glacé sous ses pieds. L’air pesait, lourd d’un silence oppressant.

5
— Pourquoi... pourquoi moi ? murmura-t-elle, plus pour elle-même que pour eux.
Ils ne répondirent pas.
Ils l’entraînèrent dans une petite pièce aux murs ternes. Une ampoule blafarde oscillait
lentement au plafond, projetant des ombres inquiétantes. La porte claqua derrière elle,
résonnant comme un coup de marteau scellant une sentence irrévocable. Le froid des
menottes mordait ses poignets. Assise sur une chaise dure, Amber sentait la peur ramper sur
sa peau.
Un policier s’adossa au mur, les bras croisés, l’air indéchiffrable.
— Alors, Amber… t’as quelque chose à dire ?
Elle serra les poings.
— Je n’ai rien fait.
Sa voix était plus ferme cette fois, mais même elle pouvait entendre le tremblement caché sous
sa détermination.
Le silence s’étira, aussi lourd qu’un orage prêt à éclater.
Puis la porte s’ouvrit.
Amber retint son souffle.
Un homme entra, vêtu d’un costume sombre. Son visage était dur, inexpressif, mais ses yeux…
Ils portaient quelque chose d’indéfinissable.
Elle le reconnut immédiatement.
Son estomac se tordit.
— Mademoiselle Flora affirme que vous l’avez vue avec Bradley.
Le sol sembla se dérober sous ses pieds.
— Quoi ?!
L’homme s’approcha lentement, chaque pas résonnant dans la pièce comme un glas. —
Elle dit que vous étiez furieuse. Que vous avez vu votre frère l’embrasser… dans les bois.
Amber sentit son cœur s’arrêter.
— C’est faux ! s’écria-t-elle.
L’homme pencha légèrement la tête, un sourire à peine perceptible effleurant ses lèvres.
— Vraiment ?
Il la fixa, ses mots plus tranchants que des lames.
— Alors pourquoi n’étiez-vous pas avec les autres au moment où il est mort ?
La pièce se mit à tourner autour d’elle.
— Vous l’avez suivi, n’est-ce pas ? poursuivit-il, implacable. Peut-être sous le coup de la colère…
Peut-être que vous l’avez tué.
Amber sentit ses jambes faiblir.
— Non… je… je n’ai jamais…
Les visages des policiers étaient des masques impassibles. Aucun n’offrait la moindre lueur de
compassion.
Puis, soudainement, un bruit assourdissant retentit.
Un courant d’air glacial balaya la pièce.
Amber sursauta, son souffle coupé.
Et il était là.
Dans l’ombre, juste derrière l’homme au costume.
Lui.
Celui qui l’avait sauvée.
Celui qui n’aurait jamais dû être ici.
Il émergea lentement, ses yeux brillants d’une lueur surnaturelle, comme deux éclats de lune
dans la pénombre.
— Qu’est-ce que tu fais ici ? souffla-t-elle, la voix brisée.
Il avança d’un pas, indifférent aux regards figés des policiers.
— Je suis là pour t’aider.
Sa voix était calme, presque trop calme. Comme une promesse gravée dans la pierre.
Amber sentit ses jambes céder.
— Qui es-tu ?
Il ne répondit pas immédiatement. Son regard se posa sur elle, intense et
insondable. — Celui qui va te sortir de ce piège.

5
Puis, comme s’il écoutait un ordre invisible, il se redressa et tendit la
main. — Monte sur mon dos.
Amber ouvrit la bouche, abasourdie.
— Quoi ?!
— Fais-moi confiance.
Un bruit de bottes résonna derrière eux.
Les policiers s’étaient réveillés de leur stupeur.
— Attrapez-les ! hurla l’un d’eux.
Mais c’était trop tard.
L’inconnu s’élança.
Le monde disparut dans un tourbillon.
La lumière crue de l’interrogatoire, les voix furieuses des policiers, le bruit métallique des
menottes tombant au sol… tout s’effaça.
Amber ne sentait plus le sol sous ses pieds.
Le vent hurlait autour d’eux.
La ville, les sirènes, la peur… tout disparaissait.
Ils montaient, montaient, dans un vide infini.
Puis, l’obscurité fit place à une lumière irréelle.
Amber ouvrit lentement les yeux.
Et là, devant elle, s’étendait un autre monde.
Une mer immense, calme comme un lac endormi, miroitait sous un ciel d’un bleu
irréel. Le sable sous ses pieds était tiède, presque soyeux.
Au loin, un bateau solitaire se balançait sur les vagues immobiles.
Et tout autour, des silhouettes silencieuses, immobiles comme des statues de pierre, fixaient
l’horizon.
Amber avala sa salive, tentant de reprendre son souffle.
— Où sommes-nous ? murmura-t-elle.
Le jeune homme se tourna vers elle, un éclat étrange dans les yeux.
— Quelque part où ils ne peuvent pas t’atteindre.
Amber frissonna.
Elle savait qu’elle venait d’entrer dans un monde dont elle ne comprendrait jamais toutes les
règles.
Il tourna les yeux vers moi. Son regard, aussi tranchant que la lame d’un poignard, portait un
éclat d’urgence. Ses lèvres s’ouvrirent, mais aucun son ne franchit leur seuil. Les mots
semblaient mourir avant d’exister.
— Je n’ai pas le temps d’expliquer.
Sa voix était froide, tranchante. Comme la mer avant une tempête.
Un frisson parcourut mon échine. Nous n’étions pas en sécurité. Pas ici. Peut-être nulle part.
Pourtant, ce lieu m’appelait, d’une manière inexplicable, comme si quelque chose,
quelqu’un, m’attendait au bout du chemin. Était-ce la fin de tout… ou le début d’un voyage
que je ne pouvais plus éviter ?
J’étais déjà perdue dans ce monde. Il ne me restait plus qu’à m’y abandonner.

Il avait une allure étrange, irréelle.


Sa peau pâle luisait comme l’écume d’une mer morte, et ses traits semblaient taillés dans
l’ivoire, figés dans le sel et le vent d’un autre âge. Pourtant, dans ses yeux se cachait une
tempête, un orage silencieux de secrets qu’il ne partagerait jamais.
Il ne me regardait plus. Il parlait à un autre. Une silhouette voilée par les brumes, son visage
masqué par l’obscurité.
— La fille que je dois faire passer est en danger, déclara-t-il. Il faut l’amener au High
Dark. C’est une urgence.
L’autre releva la tête, son regard perçant la brume.
— High Dark ?

5
Un éclair d’agacement traversa les yeux du passeur.
— Silence.
Sa voix claqua dans l’air, comme un coup de vent fauchant une voile
tendue. L’autre se tut aussitôt.
— High Dark, répéta-t-il d’une voix plus posée. Nous avons trop de passagers. Il faut les
déposer ailleurs.
— Je vous en prie, elle est en danger !
Il y avait quelque chose d’étrange dans son ton. Une peur qu’il tentait de masquer. Une
urgence qui dépassait la simple survie.
Ils parlaient de moi.
Moi, une simple silhouette dans leur conversation, un fardeau à transporter. — D’accord,
céda finalement l’autre. Vous passerez avant les autres. Un grondement parcourut la foule.
Des protestations montèrent comme des vagues prêtes à se fracasser sur les rochers.
— Ce n’est pas notre problème ! siffla une voix acerbe. Nous avons payé pour partir en
premiers !
Je les observai, ces passagers anonymes, secoués comme des poissons pris au piège dans un
filet.
Et puis, mon regard se posa sur lui. Mon étrange sauveur.
Un rire m’échappa.
C’était absurde.
Ils tournèrent tous la tête vers moi, déconcertés.
Mais c’était plus fort que moi. Ce rire, amer et nerveux, s’échappait de ma gorge comme un
oiseau affolé.
— Eh ! Ça va pas ? lâchai-je en essayant de reprendre mon souffle.
Il m’observa, surpris.
— Je me bats pour te sauver, et toi tu ris ?
Un sourire fugace passa sur son visage, comme une ombre glissant sur l’eau. Puis, sans
prévenir, il se baissa et ramassa une pierre à ses pieds. Il la lança violemment dans les flots
noirs.
Le son résonna dans l’air, final, irrévocable.
— Point final ! tonna-t-il. Ils montent en premier. Soyez compréhensifs, pour une fois.
Un murmure d’indignation parcourut la foule.
— Mais ce vaisseau ! C’est quoi, ce truc ?! On a payé pour être les premiers, et voilà
qu’on finit derniers !
Le passeur se retourna lentement. Son regard était acéré, tranchant comme la lame d’un
couteau fraîchement aiguisé.
— Cette fille est en danger, déclara-t-il. Si on ne la dépose pas à temps, une tempête bien
plus grande pourrait se lever.
Le silence tomba, aussi lourd qu’un ciel d’orage.
L’équipage échangea des regards, un frisson invisible parcourant l’air. Comme s’ils savaient.
Comme si cela s’était déjà produit avant.
Enfin, sans un mot de plus, ils se rangèrent sur le côté.
Je grimpai à bord.
Dès que je posai le pied sur le pont, tout changea.
Le vaisseau, d’abord modeste, sembla respirer. Ses voiles se gonflèrent d’un vent invisible.
Son bois, noir et lisse comme une mer d’encre, s’étira, se grandit, se sculpta sous mes yeux.
Puis, un éclat de lumière jaillit du fond du navire.
Je reculai, aveuglée.

5
C’était une lumière trop intense, trop réelle. Elle frappait ma peau comme un feu liquide,
éclatante et implacable.
Quand je rouvris les yeux…
Le château était là.
Flottant dans l’océan de lumière.
Ses tours noires perçaient les flots, aussi majestueuses que menaçantes. Des escaliers de
marbre s’enroulaient comme des vagues figées, montant vers l’inconnu. Des portraits
pendaient aux murs, vivants, leurs regards voilés d’ombres insondables. Je suivis mon
sauveur à l’intérieur.
Ses pas résonnaient dans l’air lourd, comme le battement d’un cœur invisible. Il marchait avec
assurance, comme s’il connaissait ce lieu mieux que lui-même.
Moi, en revanche, j’avais l’impression de flotter.
Tout était mouvant. Les murs changeaient.
D’abord blancs, éclatants… puis noirs comme une nuit sans lune.
Je frissonnai.
— Ne touche à rien, dit-il brusquement.
Sa voix était une ancre dans la tempête.
— Pourquoi ? demandai-je, méfiante.
Il ne ralentit pas.
— Parce que certaines choses ici… ne demandent qu’à être réveillées.
Un frisson me parcourut.
Nous tournâmes dans un long couloir.
C’est alors que je la vis.
La femme du portrait.
Elle était grande, drapée de blanc, son visage auréolé d’une lumière irréelle.
Mais ce n’était pas ça qui me glaça le sang.
C’étaient ses yeux.
Des yeux qui me regardaient vraiment.
Un battement de cœur. Un souffle suspendu.
Puis… elle bougea.
Je fis un pas en arrière.
— Mon Dieu ! Elle bouge !
Je me retournai vers lui, tremblante.
— C’est un fantôme ?
Il ne répondit pas.
Son regard était perdu, fixé sur l’inconnue.
Puis, d’une voix presque trop calme, il murmura :
— Non.
Son souffle se fit plus court.
— C’est bien pire que ça.
Il ne répondit pas tout de suite.
Son regard se durcit, s’assombrissant comme un ciel d’orage avant la tempête. Une lueur
glaciale traversa ses yeux, une ombre fugace, un avertissement silencieux. Puis, d’une
voix basse et tranchante, il murmura :
— Tais-toi.
Je me raidis.
Avant que je ne puisse réagir, la dame bougea.
D’abord imperceptiblement. Une oscillation à peine visible, comme si la toile frémissait sous
un vent invisible.
Puis, sans prévenir, elle se détacha du cadre.

5
Elle sortit, littéralement, glissant hors du tableau comme une brume au matin, silencieuse,
aérienne, terrifiante. Ses pieds ne touchaient pas le sol. Son visage, autrefois figé, s’anima
lentement d’un sourire mince et énigmatique.
Elle s’approcha de la table, tendit une main pâle et saisit une pomme.
Croque.
Le bruit du fruit cédant sous ses dents résonna dans l’air. Un son à la fois banal… et
profondément dérangeant.
Un frisson glacé s’étira le long de ma colonne vertébrale.
— Amber…
Je sursautai.
Elle connaissait mon nom.
— Elle connaît mon nom, murmurai-je, le souffle court.
Autour de moi, l’air sembla s’épaissir. Une brise glacée frôla ma peau, me donnant
l’impression d’être observée, comme si des yeux invisibles s’ouvraient tout autour de moi.
Mon sauveur ne broncha pas.
— Tout le monde ici connaît ton nom, Amber.
Sa voix était calme, mais inflexible, glaciale, comme si cette information devait être une
évidence.
Je tanguai, mon esprit pris dans un tourbillon. Quelque chose n’allait pas.
La pièce bascula. Mon corps bascula.
Je tombai.
Et l’obscurité m’engloutit.

Quand mes yeux se rouvrirent, tout semblait irréel.


Comme si le monde lui-même flottait entre deux dimensions, figé dans un entre-deux
incertain.
Ils étaient là.
Les créatures.
Celles que j’avais aperçues en rêve.
Mais elles n’étaient plus les mêmes.
Elles souriaient.
Des sourires trop grands, trop figés, trop faux.
Mon estomac se tordit. Quelque chose en elles sonnait faux, profondément faux, comme si
elles s’imitaient elles-mêmes sans vraiment comprendre comment un sourire devait
fonctionner.
Mon sauveur restait immobile, ombre parmi les ombres.
— Je rêve ? demandai-je, la voix tremblante.
Il tourna lentement la tête vers moi, son expression indéchiffrable.
— Non, tu ne rêves pas.
Son ton était neutre. Trop neutre. Comme si cela n’avait aucune importance.
Une créature s’avança.
Elle était… indescriptible. Comme un dessin d’enfant trop appuyé sur le papier, ses formes
semblaient floues, trop nettes à la fois, comme si elle n’avait pas encore décidé de son
apparence définitive.
Elle pencha la tête, m’observant avec une curiosité enfantine, et ouvrit la bouche :
— Moi, c’est Victor. Enchanté, Amber.
Sa voix était douce, presque chantante. Mais il y avait quelque chose derrière, quelque chose
d’indéfinissable, comme si ce n’était pas la première fois qu’il disait ça. Je le fixai.
Je fixai tout autour de moi, le décor, les visages, l’atmosphère elle-même.

5
C’était un piège.
Et pourtant… je ne savais pas encore de quel genre.
— Tu as une drôle de tête, ajouta Victor, toujours penché sur moi. Tu devrais boire
quelque chose.
— Oh, elle va boire quelque chose, c’est certain !
Une nouvelle voix éclata dans la pièce, forte et joyeuse, résonnant dans l’air comme une
vague frappant les rochers.
Je tournai la tête.
Une femme massive s’avançait, ses robes flottant derrière elle comme des voiles de bateau.
Son sourire était large, ses joues rondes et rouges comme des pommes trop mûres. — Moi,
c’est Big Mama ! déclara-t-elle en riant.
Le son de son rire rebondit sur les murs, trop fort, trop gai, comme un carillon un jour de
tempête.
Elle claqua des doigts, et une petite fille apparut, portant une tasse de café fumante.
Elle s’approcha sans un mot et me la tendit.
Je la regardai avec méfiance.
Son regard était insondable, trop sérieux pour un enfant. Elle savait quelque chose que moi,
j’ignorais.
Je pris lentement la tasse.
À l’intérieur, une cuillère tournait toute seule, dessinant des spirales parfaites dans le liquide
noir.
— Qu’est-ce que c’est que cet endroit ? demandai-je enfin.
Big Mama haussa les épaules, comme si la question n’avait aucune importance.
— Tu poses trop de questions, grogna mon sauveur.
— Oh, laisse-la donc parler ! protesta Big Mama, un sourire mystérieux au coin des lèvres.
Il est bon de questionner le monde.
Elle tapota la table, et la petite fille revint avec un catalogue poussiéreux.
Elle le posa devant moi avec une lenteur calculée.
Big Mama y posa un doigt et le fit glisser jusqu’à un petit point rouge sur une carte jaunie.
— Regarde ici, Amber.
Elle marqua un temps, me laissant absorber l’information avant d’ajouter, d’une voix plus
grave :
— Clirk Dark.
Son sourire s’effaça légèrement, comme si elle venait de prononcer le nom d’un lieu
interdit. — C’est notre destination.
Un silence s’installa.
Je sentis mon cœur battre plus vite.
Il y avait quelque chose, quelque chose de dangereux, dans la manière dont elle l’avait dit.
— C’est la plus grande embarcation de toute la contrée, ajouta-t-elle avec un sourire un
peu trop large. Aucun danger. Tu pourras aller où tu veux, même dans les endroits les
plus sombres… là où les vagues sont cruelles.
Mon regard se planta dans le sien.
Ce n’était pas un simple avertissement.
C’était un test.
— Les endroits les plus sombres, hein ? rétorquai-je avec un sourire ironique. J’adore les
visites touristiques.
Un silence suivit.
Puis, Big Mama éclata de rire.
Mais cette fois, il sonnait faux.
Comme un rideau qui se lève trop vite.

5
— Eh bien, ma chère, tu verras bien par toi-même.
Et je compris que je venais de mettre un pied dans un monde dont il serait impossible de
sortir indemne.
.
Les Ombres du Passé
Le café se répandait lentement sur la couverture, s’étirant comme une tâche d’encre, noire et
menaçante.
Big Mama poussa un long soupir, un souffle lourd, fatigué, comme si elle portait sur ses épaules
un fardeau ancien et douloureux.
— Il y a des années, dit-elle d’une voix qui semblait résonner au-delà de la pièce, une contrée a
été dévastée par le plus grand massacre que ce monde ait connu. Une mer de sang. Ses
paroles laissèrent une trace glacée dans l’air.
Un silence s’installa.
— Une armée de créatures cruelles est venue tout détruire.
Elle s’interrompit un instant, ses yeux s’assombrissant.
— Aujourd’hui, il ne reste plus que dix habitants.
Elle marqua une pause, comme si ce simple chiffre pesait dans sa gorge.
— Dix. Pas un de plus.
Je faisais tourner ma cuillère, traçant des cercles dans l’abîme sombre de mon café.
Dix personnes.
Dix survivants.
Un frisson parcourut mon échine.
Big Mama se crispa légèrement, et dans un murmure presque inaudible, elle ajouta :
— Et ils arrivent.
Le silence devint écrasant.
— Ils veulent tout détruire.
Ses doigts se crispèrent sur la table.
— Forcer les contrées à obéir.
Elle se pencha légèrement vers moi, ses yeux brillant d’une lueur d’horreur contenue.
— Mais nous avons peur, Amber… peur qu’ils viennent ici.
L’air devint glacé.
Un courant d’air souleva quelques feuilles de papier, et je sentis un frisson plus profond, plus
viscéral.
Je déglutis, et avant que je ne puisse répondre, elle reprit, d’un ton tranchant :
— Faites attention, Mademoiselle Amber.
Je sursautai.
Elle désigna du menton la couverture.
— Cette étoffe coûte cher.
Je clignai des yeux.
C’était ça, son souci ?
Un ricanement nerveux s’échappa de mes lèvres.
— C'est un peu tard pour parler de ce genre de détails, non ?
Elle me fixa longuement, son regard devenant aussi dur que l’océan prêt à se déchaîner.
— Qui sont ces gens ? demandai-je lentement. Qu’est-ce qu’ils veulent ?
Je savais que la réponse ne me plairait pas.
Le silence s’intensifia, s’épaissit.
Puis, brusquement, mon sauveur se leva.
Il s’éclaircit la gorge et déclara d’une voix autoritaire :
— Ça suffit. On monte.
Je haussai un sourcil.
— Monter où ?
Mon ton était moqueur, mais un soupçon d’inquiétude se glissa malgré moi dans ma voix. Il
se contenta de répondre avec une fausse douceur, comme si j’étais une enfant trop fragile
pour comprendre :
— Ce n’est pas le moment.

5
Il ajusta ma couverture, puis, sans un mot de plus, se retourna et claqua la porte derrière lui.
Le bruit résonna dans l’air, aussi sec et froid qu’une gifle.
Je me retrouvai seule.
Seule avec eux.
Big Mama.
Les créatures.
Leurs regards posés sur moi, curieux, inquisiteurs, trop insistants.
L’air devenait lourd, presque suffocant.
Un Monde Sans Logique
Je me levai précipitamment, une vague d’angoisse me prenant au ventre.
Il fallait que je sorte.
Que je m’éloigne de cet endroit.
Mais en marchant vers les toilettes, je réalisai quelque chose.
Mes chaussures avaient disparu.
À leur place…
Un balai en forme de gobelet.
Je plissai les yeux.
Non.
Ce n’était pas possible.
Une créature s’approcha de moi, un sourire espiègle étirant son visage étrange.
— Désolée, Mademoiselle, mais ici, pour aller aux toilettes, on porte ça. Je la
fixai, immobile, tentant de processer l’information.
— Je ne vais pas porter ça, déclarai-je fermement.
Ma voix tremblait légèrement.
La créature pencha légèrement la tête, son sourire s’élargit.
Un peu trop.
— Je sais bien que sur Terre, vous ne mettez pas ça.
Sa voix était mielleuse, mais une pointe menaçante s’y glissait.
— Mais ici, c'est la règle.
Je savais qu’il ne fallait pas discuter.
Ce monde n’avait aucune logique.
Je poussai un long soupir, résignée.
— Très bien.
La créature se redressa, satisfaite.
— C’est mieux.
Chaque pas que je faisais m’éloignait un peu plus de la réalité.
Chaque pas m’enfonçait un peu plus dans l’absurde.

Les Abysses de la Tentation


Je me tenais là.
Au bord du vieux rafiot.
L’air froid fouettait mon visage.
Les vagues déchaînées brillaient sous la lueur pâle de la lune.
Je n’avais rien choisi.
J’étais spectatrice d’un film absurde, un film où tout était étrange, dérangeant.
Et si je plongeais ?
Qu’avais-je à perdre ?
Je me penchai lentement.
L’eau m’appelait.
Douce et sombre.
Un refuge.
Liberté...
Un murmure dans ma tête.
Je fermai les yeux.
Puis, une main me saisit brutalement.

5
Elle m’arracha en arrière avec la force d’une corde tendue.
— Qu’est-ce que tu fais ?
Sa voix glacée fendit l’air.
Je relevai les yeux.
Mike.
Toujours là.
Comme une ombre indestructible.
Il ne bougeait pas, mais son regard de pierre me donnait la sensation qu’il contrôlait tout.
— Je veux partir, soufflai-je. Tu peux bien le vouloir ou non, mais moi, j’ai des projets. Il
sourit.
Un sourire arrogant.
— Tu ne peux pas partir d’ici.
Je levai les yeux au ciel.
— Ah oui ? Qui décide ? Le grand maître de la mer et du chaos ?
Il haussa les épaules.
— Tu as le choix.
Sa voix était lente, calculée.
— Te jeter dans l’eau et disparaître dans une dimension que tu ne comprendras jamais...
Il marqua une pause.
— Ou rester ici avec moi.
Il me fixa.
— Bonne chance pour survivre seule.
Je le regardai.
Un éclat de rire amer m’échappa.
— Un bateau qui tangue, des requins en céramique, et toi comme chef de ce cirque ?
Je fis une pause, plissant les yeux.
— T’es mal barré, mon vieux.
Il sourit.
— La vie, Amber, est une question de choix.
Un silence.
Puis je basculai en avant.
L’eau m’engloutit.
Froide. Écrasante.
Mais alors que je sombrais…
Quelque chose me tira vers la surface.
Je fus arrachée à l’océan par une force invisible.
Quand j’ouvris les yeux, Mike me tenait dans ses bras.
Son regard brillait d’une lueur indéchiffrable.
— Tu n’aurais pas pu me sauver avant ? lançai-je, furieuse.
Il haussa les épaules.
— Tu voulais te débrouiller, non ?
Je le fusillai du regard.
— T’es vraiment un imbécile.
Il sourit.
— Je sais.
Plongée dans l’inconnu
Mike ne bougea pas.
Son sourire s’élargit, presque cruel, comme un chat jouant avec une souris.
— La vie, ma chère, c’est un choix.
Sa voix était un murmure de velours, piqué d’ironie.
— Tu peux tout effacer d’un coup… ou rester coincée ici, avec moi. À toi de voir.
Son regard était indéchiffrable.
Je sentis un frisson de rage monter en moi.
— Ah, tu veux vraiment que je reste là ? soufflai-je, mon ton tranchant comme une lame.
Sans un regard en arrière, je me jetai dans l’eau.
L’obscurité m’engloutit.

5
L’eau était glacée, chaque onde un étau qui m’écrasait, m’aspirait vers le fond.
Là-dessous, tout était silence et néant.
Un instant, la panique monta.
Mais un autre sentiment l’éclipsa : un étrange soulagement.
Je laissai mon corps se détendre, portée par les courants invisibles.
Peut-être que cette mer m’offrirait enfin la paix que ce monde brisé ne semblait pas capable de
me donner.
Peut-être que je…
Non.
Pas question.
Pas question de mourir ici.
Pas question de finir comme ces statues de requins, figées pour l’éternité dans
l’incompréhensible.
Je luttai, repoussant le froid, repoussant la tentation de sombrer.
Puis, je sentis un regard sur moi.

Spectateurs silencieux
Sur le pont, Big Mama observait la scène.
Immobile.
Son expression était indéchiffrable.
À ses côtés, ses créatures grotesques fixaient l’eau, les yeux vides d’émotion.
— Que va-t-on faire ? murmura Big Mama, d’un ton presque curieux.
Comme si j’étais un simple insecte sous une loupe.
L’une des créatures haussa les épaules.
— Laissons-la se débattre. Elle apprendra.
Son ton était détaché, comme si tout cela n’avait aucune importance.
Une autre voix, plus basse, plus sombre, résonna :
— Elle va mourir.

L’instant où tout bascula


Avant que je ne puisse réagir, une force invisible m’arracha à l’eau.
Un choc brutal.
Je fus propulsée hors des vagues, projetée dans les airs comme une marionnette sans fil. Je
flottai un instant, suspendue entre ciel et mer, comme si le monde entier retenait son souffle.
Puis…
Le sol heurta mon dos.
Je roulai sur le bois du pont, trempée, suffocante.
Mon cœur battait furieusement.
Je toussai, crachant l’eau salée.
Quand je relevai la tête, il était là.
Mike.
Ses bras m’avaient rattrapée, et ma tête était contre son épaule.
Son manteau sentait le cuir et l’orage.
L’espace d’un instant, je ne bougeai pas.
Il me regardait, ses yeux brillants d’une lueur que je ne parvenais pas à
déchiffrer. Comme s’il savait quelque chose que j’ignorais encore.

Duel verbal
— Tu n’aurais pas pu me sauver avant ? lançai-je, la voix mordante.
Il haussa les épaules, impassible.
— Tu as dit que tu pouvais te débrouiller.
Un sourire en coin, insupportable.
— Alors je t’ai laissée faire.
Il marqua une pause.
— De quoi tu te plains ?

5
Je le fixai.
L’eau ruisselait sur ma peau, gelée.
La colère brûlait en moi.
— Tu es un imbécile.
Mes doigts se crispèrent sur le tissu détrempé de sa veste.
— Un misérable.
Son sourire s’agrandit, froid, amusé.
— J’accepte le compliment avec plaisir, ma belle.
Puis, son ton se fit plus sérieux :
— Mais pour l’instant, tu restes sur ce bateau. D’accord ?
Je pris une inspiration brûlante de frustration.
Puis, d’un ton acerbe :
— Bien sûr. Bien sûr.
Je me redressai légèrement, le défi dans le regard.
— Mais dis-moi ton nom, au moins.
— Pourquoi ?
— Parce que tu me sauves à chaque fois. Et je suis censée ignorer comment tu t’appelles ?
Il me fixa un instant.
Un éclair d’hésitation traversa son regard.
Puis, dans un soupir las :
— Mike.
Je répétai lentement :
— Mike…
J’attendis un instant.
Puis, d’un ton délibérément léger :
— C’est un joli prénom.
Il leva les yeux au ciel.
— Ça va, le romantisme ?
Je haussai les épaules, un sourire moqueur aux lèvres.
— J’ai juste complimenté ton prénom. Tu pourrais dire merci.
Il sembla à la fois agacé et amusé.
— Non. Pas de familiarité.
Son regard redevint dur.
— Je suis Mike. C’est tout.
Je pris un air faussement innocent.
— Ok, Mike.
Un silence.
Puis, sans prévenir :
— Le grand Mike.
Son œil tressaillit légèrement.
— Tu me fatigues déjà.
Je lui lançai un regard pensif, presque provocateur.
— Je me demande comment ta copine fait. Elle doit vraiment souffrir.
Il s’arrêta net.
Je vis une tension infime passer sur son visage.
— Je n’ai pas de copine.
Je feignis une surprise exagérée.
— Oh, vraiment ?
Un sourire taquin effleura mes lèvres.
— C’est fascinant.
Puis, plissant les yeux, légèrement moqueuse :
— Serait-ce… une malédiction, peut-être ?
Il détourna le regard.
Mais quelque chose avait changé dans son attitude.
Je le sentis.
Je ne savais pas encore quoi.

5
Mais il cachait quelque chose.
Sa voix, quand il parla à nouveau, était plus basse.
— Crois-moi, Amber…
Son regard se perdit un instant vers l’horizon.
— Quand on arrivera là où on doit aller…
Son ton était étrange.
Presque… mélancolique.
— Tu comprendras.
Un frisson me parcourut.
Je ne savais pas encore si je voulais comprendre.
Le Dîner des Ombres
Je fis un geste de la main, comme pour balayer ses paroles.
— Je n’ai pas besoin de tes prophéties, merci bien.
Mike ne répondit pas.
Mais une ombre bougea dans l’embrasure de la porte.
Big Mama.
Elle trônait là, imposante, massive, une montagne de tissu et d’autorité. Ses yeux brillaient
d’une intelligence indéchiffrable, et derrière elle, ses créatures silencieuses attendaient,
tenant des plateaux chargés de plats mystérieux.
L’odeur qui s’en dégageait était riche, épicée, mais il y avait quelque chose de troublant dans
ces effluves.
— Le dîner est servi.
Sa voix résonna dans l’air comme une cloche funéraire.

L’illusion du confort
Je n’avais pas faim.
Comment aurais-je pu l’être après tout ce chaos ?
Mais ce monde avait ses règles, et parfois, mieux valait suivre le courant.
Alors je pris place.
La chaleur de la pièce m’assaillit immédiatement, lourde, étouffante.
Les assiettes fumantes parsemaient la table, baignées dans une lumière tamisée qui me
semblait… trop parfaite.
Les créatures ne prêtaient guère attention à moi.
Mais Big Mama, elle…
Elle me fixait.
Ses yeux, perçants comme des lames, semblaient peser chaque battement de cil, chaque
respiration.
— D’habitude, elles sont plus turbulentes.
Sa voix était posée, presque pensive.
Puis, elle sourit.
— Mais toi, tu es… différente.
Sa phrase flotta un instant dans l’air, suspendue, pleine de sous-entendus inquiétants.
Un frisson glissa lentement le long de ma colonne vertébrale.

L’éclat de verre
Puis, sans prévenir, un bruit fendit le silence.
Un verre tomba.
L’éclat cristallin de la porcelaine qui se brise contre le sol résonna comme un coup de tonnerre.
Victor — c'était bien son nom, non ? — resta figé, horrifié, comme s’il venait de commettre un
crime irréparable.
Big Mama explosa.
Sa voix fendit l’air comme un fouet.
— Ne refais plus jamais ça !
Un frisson traversa toute la salle.
L’air lui-même sembla se figer.
La tension était devenue presque palpable, comme un fil prêt à céder sous la pression.

5
Le chaos était toléré, ici.
Mais il devait être contrôlé.
Le désordre n’avait pas sa place dans cet univers.
Elle se tourna brusquement vers moi.
— Comment vous mangez sur Terre, hein ?
Je levai les yeux vers elle, les défiants.
— Comme vous, je suppose. C’est pas si compliqué.
Un éclat d’amusement passa sur son visage.
Puis, lentement, elle sourit.

Un piège qui se referme


Son sourire était… étrange.
Presque tendre.
Comme une mère qui observe un enfant faire ses premiers pas.
— Oh, elle est timide, j’adore ça.
Elle tourna la tête vers Mike, sournoise.
— Bien plus sage que les autres que tu nous amènes.
Un frisson glacé remonta ma nuque.
Je me figeai.
Puis, lentement, je tournai la tête vers Mike.
Mon sourire était acide.
— Ah, donc tu ramènes d’autres filles ici ?
La phrase s’éleva dans l’air comme une menace invisible.
Le silence tomba brutalement.
Je vis les muscles de Mike se tendre.
Big Mama sirota sa boisson, observant la scène comme un spectacle.
Mike tenta de briser l’instant, mal à l’aise.
— Si on arrêtait de parler et qu’on mangeait, ce serait mieux.
Je penchai la tête, feignant l’innocence.
— Oh, bien sûr, on pourrait faire ça…
Mon regard plongea dans le sien.
— Mais j’ai l’impression que ce n’est pas vraiment ce que tu veux.
Son expression se referma.
L’atmosphère devint lourde.
Big Mama laissa échapper un soupir dramatique, balayant l’air d’un geste de la main.
— Ah, la nourriture n’est pas sacrée sur Terre ?
Elle adressa un sourire moqueur à Mike.
— Si, si, c’est sacré, répondis-je, mon ton faussement léger.
Les tensions s’apaisèrent.
Ou du moins, en apparence.
Le repas continua dans un semblant de tranquillité.
Mais dans mon esprit, la tempête faisait rage.
Qui étaient-ils vraiment ?
Pourquoi étais-je ici ?
Et surtout…
Comment allais-je en sortir ?

Un monde sans repères


Lorsque le repas prit fin, je m’éclipsai discrètement, mon esprit saturé de questions.
En sortant, je levai les yeux vers le ciel.
Là-haut, tout était noir.
Mais un noir étrange, presque artificiel.
Un ciel d’encre, alors que l’heure ne devait être que quinze heures.
Le temps ici n’avait aucun sens.
Ou peut-être que ce n’était pas moi qui étais faite pour ce temps-là.
Une brume étrange, entre le rêve et la réalité…

5
Une voix m’appelait, me tirant du sommeil avec l’insistance d’un vent hurlant. J’ouvris les
yeux et me retrouvai sur le pont d’un navire, la mer déchaînée autour de moi. — Hé !
C'était Mike. Il criait mon nom, sa silhouette vacillant sous la tempête, les bourrasques de
vent arrachant ses paroles avant qu’elles ne m’atteignent.
Je voulus répondre, mais mes mots se perdirent dans le rugissement des vagues. Et soudain,
l’eau m’engloutit. Un tourbillon glacé m’aspira, m’entraîna dans un abîme sans fin. Mon
souffle me manqua, la pression écrasait ma poitrine…
Puis, je tombai.
Pas dans l’eau.
Dans le vide.
Le rire du vent résonna à mes oreilles. Une nouvelle aventure m’attendait.

Le château et la créature au chapeau blanc


Je suivis la silhouette au chapeau blanc à travers les couloirs sombres du château, mes pas
résonnant sur la pierre froide. Les murs semblaient se resserrer autour de nous, étouffants,
comme si l’endroit lui-même essayait de m’engloutir.
Aucune fenêtre. Aucune échappatoire.
Des torches vacillantes projetaient des ombres tremblantes sur les murs, créant d’étranges
formes qui disparaissaient dès que je tentais de les fixer. La créature marchait d’un pas
mesuré, presque irréel, sa silhouette flottant comme une illusion.
Je ne savais pas où elle m’emmenait, ni pourquoi.
Puis elle s’arrêta. Une porte massive se dressait devant nous, sculptée de motifs que je ne
reconnaissais pas. D’un geste fluide, elle l’ouvrit sans effort.
— Tu vas rester ici, dit-elle d’une voix sifflante. Tout est prêt pour toi.
J’hésitai. Derrière cette porte, un piège m’attendait peut-être. Mais avais-je le choix ? La pièce
qui se dévoila était froide et silencieuse. Une cheminée imposante trônait dans un coin, mais
elle était éteinte, recouverte de cendres blanches. Un fauteuil en cuir craquelé reposait au
centre, tourné vers une autre porte, plus massive encore, semblant garder un secret plus
ancien que le château lui-même.
— Il reviendra pour toi, ajouta la créature avant de disparaître dans l’ombre du couloir.
Le silence tomba, lourd comme une sentence.
Je posai mes affaires sur le fauteuil, tentant d’ignorer le frisson qui me parcourait l’échine.
Quelque chose n’allait pas. L’air sentait la poussière et le fer rouillé, un mélange qui me
rappelait une vieille cave abandonnée.
Puis, des pas.
Lents.
Réguliers.
Approchant.
Je me tournai juste à temps pour voir la porte s’ouvrir avec un grincement sinistre. Un
homme entra. Grand, drapé dans un manteau noir, une capuche couvrant la moitié de son
visage. Seuls ses yeux brillaient sous la lueur tremblotante des torches, d’un bleu si perçant
qu’ils semblaient transpercer le noir.
Il m’observa un instant, puis murmura d’une voix grave, comme un écho venu d’un autre
temps :
— Tu n’es pas d’ici.
Mon cœur manqua un battement.
Il s’avança lentement, effleurant du bout des doigts les étagères poussiéreuses, comme s’il
cherchait quelque chose. Puis, il s’arrêta devant la cheminée et tourna légèrement la tête vers
moi.

5
— Mike t’a envoyée, n’est-ce pas ?
Je n’eus pas besoin de répondre. Il savait déjà.
Un sourire à peine perceptible se dessina sur ses lèvres. Un sourire froid, dépourvu d’humour.
— Il ne t’a pas tout dit.
Mon souffle se suspendit.
— Personne ne dit jamais tout, continua-t-il, baissant légèrement la tête. Et crois-moi, parfois,
c’est mieux ainsi.
Il fit un pas en arrière et posa la main sur la porte derrière lui.
— Viens. C’est là que tout commence.
Le Château aux Ombres
Je n’avais pas le choix. Ce château me tenait, et j’avais l’impression d’être une mouche prise
dans une toile invisible. Son silence n’était pas vide, il était chargé de quelque chose d’inconnu,
quelque chose qui m’épiait.
Mon cœur battait un rythme effréné alors que je franchissais la porte.
La créature au chapeau blanc avançait d’un pas souple et silencieux, comme si ses pieds ne
touchaient jamais vraiment le sol. Je la suivis à travers un labyrinthe de couloirs, chaque virage
me plongeant un peu plus dans l’inconnu. L’air était épais, saturé de poussière et d’un parfum
métallique indéfinissable.
Quelque chose n’allait pas.
L’impression d’être observée grandissait à chaque pas. Les ombres autour de nous bougeaient
à peine, mais elles bougeaient.
— « Des millénaires, tu dis ? » murmurais-je, en tentant de ne pas laisser transparaître mon
inquiétude.
La créature ne s’arrêta même pas.
— « Oui. Ce château a vu plus d’années que tu n’en compteras jamais. Et ses habitants… »
Elle laissa planer un silence, comme si elle choisissait ses mots avec soin. — « … disons
qu’ils ne sont pas pressés de partir. »
J’ouvris la bouche, mais avant que je ne puisse poser la moindre question, elle s’était volatilisée
dans l’ombre, me laissant seule devant une porte entrouverte.
Je jetai un regard autour de moi. Mauvaise idée. Quelque chose dans le couloir me regardait
aussi.
J’entrai sans réfléchir.
L’air dans la pièce était différent. Plus dense. Il y avait une cheminée éteinte, un fauteuil de cuir
usé et des rideaux trop lourds pour être déplacés par le vent. Pourtant, ils ondulaient
légèrement.
Un bruit.
Je me retournai.
Une silhouette venait d’apparaître.
C’était une petite fille, pas plus haute que ma taille, avec une robe à volants et des lunettes trop
grandes qui glissaient sur son nez.
Elle me fixa un instant, puis éclata d’un rire cristallin.
— « Oh ! Une nouvelle colocataire ! » s’exclama-t-elle en écartant les bras, comme si elle allait
me sauter au cou. « Je suis Vicky, enchantée ! »
Avant que je ne puisse reculer, elle se jeta contre moi dans un élan d’enthousiasme qui me fit
vaciller.
— « Tu es plus grande que je ne l’imaginais, mais c’est bien aussi ! »
— « Plus grande que quoi ? » demandai-je, tentant de masquer mon malaise. — « Oh, rien… » fit-
elle en secouant la tête, son sourire s’élargissant. « J’ai attendu si longtemps ! Des siècles ! »
Mon estomac se noua.
Elle plaisantait, n’est-ce pas ?
— « Des… siècles ? »
Elle haussa les épaules, insouciante.
— « Oh, ce n’est pas si long que ça, tu sais. On s’habitue. Tout ici a sa place. Même si au début,
c’est un peu… bizarre. »

5
Elle rit.
Un rire légèrement trop aigu, légèrement trop mécanique.
— « Ça a l’air… charmant, » dis-je, tentant d’avaler mon trouble.
Ses yeux brillaient, noirs et insondables.
Je regrettai instantanément d’avoir posé la question.
Puis la porte s’ouvrit dans un long grincement.
Je sursautai violemment.
Une silhouette entra. Drapée dans un manteau rouge sombre, elle portait un plateau chargé de
plats qui ressemblaient à un festin de roi… ou à un cauchemar.
— « Ah, c’est l’heure du dîner ! » annonça joyeusement Vicky en me tirant par le bras. « Viens,
viens, avant qu’ils ne commencent sans nous ! »
Je me laissai entraîner, sentant mes chances de survie diminuer drastiquement.
Le Festin des Ombres
La salle à manger était immense. Une table interminable serpentait à travers la pièce, chargée
de plats somptueux.
Mais quelque chose clochait.
Les fruits étaient trop brillants. Les viandes trop parfaitement découpées. Tout était beau, oui,
mais d’une beauté factice, comme un décor de théâtre.
Et puis, il y avait les convives.
Ils souriaient.
Tous.
Mais pas d’un sourire chaleureux.
Plutôt d’un sourire figé, trop poli, trop mécanique, comme des poupées bien élevées.
Un homme vêtu de velours sombre leva son verre en ma direction.
— « À notre nouvelle invitée ! » déclara-t-il d’une voix doucereuse.
Tous les autres levèrent leurs coupes en silence, sans me quitter des yeux.
Je déglutis.
— « Alors, une nouvelle arrivée ! » lança une femme au chapeau noir en se levant, un sourire
élégant mais glacial aux lèvres.
Elle me fixa avec une intensité troublante.
— « Vous vous êtes bien intégrée, je vois. Mais tout cela… »
Elle pencha légèrement la tête, comme pour mieux me sonder.
— « …ce n’est que le début. »
Un silence pesant s’installa.
Vicky, elle, s’agitait sur sa chaise, visiblement ravie.
— « Oui, oui ! C’est comme une danse ! On s’habitue et, un jour… »
Elle tapa dans ses mains, excitée.
— « …on ne peut plus s’en passer. »
Le frisson qui me parcourut cette fois n’avait rien à voir avec la température
ambiante. Je jetai un regard autour de moi.
Tous ces visages souriants.
Tous ces yeux rivés sur moi.
Et si je n’arrivais jamais à partir ?
Le Château aux Murmures
Un bruit sec, métallique, fendit l’air comme une épée invisible.
Les portraits sur les murs frémirent. Lentement au début, comme s’ils s’éveillaient d’un long
sommeil. Puis plus vite, avec une agitation frénétique. Leurs yeux s’écarquillèrent, se fixèrent
sur nous, perçants, inquisiteurs.
Et je les entendis.
Des chuchotements. Un bruissement de voix, indistinct, insaisissable. Mais mon esprit refusa
d’entendre. Ce n’était rien. Ça devait être rien.
La femme au chapeau noir se tourna lentement vers moi, son sourire s’étirant comme une
ombre qui s’allonge au crépuscule.
— « Ne t’inquiète pas, ma chère. » Sa voix était douce, presque apaisante. Presque. Elle
s’approcha d’un pas mesuré, la lumière vacillante des chandeliers dessinant des reflets
mouvants sur son visage.

5
— « C’est simplement la tradition. Rien de plus. »
Je déglutis, mon cœur cognant contre ma poitrine comme un animal paniqué cherchant une
issue. Je savais qu’elle mentait. Et ce qui me terrifiait le plus, c’est que tout le monde ici le
savait aussi.

Le Piège
Le silence retomba sur la salle comme une chape de plomb. Chaque respiration, chaque
cliquetis de couverts semblait peser une tonne.
Tous les regards étaient braqués sur moi.
Tous.
Comme si, à chaque seconde qui passait, je m’enfonçais un peu plus dans un piège invisible.
Un homme en bout de table rompit le silence.
— « Alors, Amber ? Comment trouves-tu le dîner ? »
Un silence étouffant précéda ma réponse.
— « Il est… délicieux. »
Le mot sortit, fragile, tremblant. Je l’entendis moi-même vaciller sous le poids de ma peur.
Je voulais fuir. Quitter cette table, ce château. Partir loin, loin de ces sourires figés et de ces
yeux qui en savaient bien plus que moi.
Mais où ?
Quand la mer encerclait le château comme une bête affamée ? Quand les portes ne s’ouvraient
jamais pour les âmes égarées ?
Je pris une décision impulsive. Je me levai.
— « Je crois que je vais monter. »
Les visages autour de moi restèrent figés.
Tous sauf un.
Mike.
Il se leva à son tour.
Son expression n’avait pas changé. Mais ses yeux…
Une lueur les habitait. Une lueur que je reconnaissais, qui me glaça le
sang. — « Ne sors pas la nuit. »
Sa voix était calme. Trop calme.
— « Ça peut être dangereux. »
Je croisai son regard, une étrange sensation montant en moi.
Ce n’était pas une simple mise en garde.
C’était un avertissement.
Ils savaient.
Il savait.
Que c’était trop tard. Que l’heure de vérité était arrivée.
Et que cette vérité… était bien pire que tout ce que j’avais pu imaginer.
Un frisson me parcourut l’échine.
Une voix, douce et terrifiante à la fois, sembla s’infiltrer directement dans mon esprit.
« La nuit t’appartient, Amber. Et Clirk Dark aussi. »
Je serrai les poings.
— « Dangereux ? » Je me forçai à sourire, mais mon cœur battait à tout rompre. « Plus que
l’ignorance ? Je n’y crois pas. »
Mike murmura, sa voix aussi froide et tranchante qu’une lame de verre.
— « Je t’ai dit de ne pas sortir. Cette nuit, tu restes ici. Point final. »
Puis, avant que je ne comprenne ce qui se passait, il attrapa mon poignet. Son emprise était
glaciale. Implacable. Une force invisible me cloua sur place, comme si l’air lui même s’était allié
à lui.
— « Ne me touche pas ainsi. » Ma voix s’éleva, plus fébrile que je ne l’aurais voulu. « Tu te prends
pour qui ? »
Il ne broncha pas.
Puis, brusquement, il me relâcha.
Je titubai, rattrapant de justesse le rebord du lit.
Il me fixait, son regard devenu un abîme insondable.

5
— « Dors. Sois prête. Demain, une mission t’attend. »
— « Une mission ? » répétai-je, sentant ma gorge se nouer.
Mais il ne répondit pas.
Il s’éclipsa sans un mot de plus, claquant la porte derrière lui.

Les Ombres du Sommeil


Seule.
La chambre était immense, mais je m’y sentais oppressée. Les murs semblaient se rapprocher.
L’air était plus dense, plus lourd.
J’attrapai les draps, me forçant à calmer les tremblements qui agitaient mes mains.
Dormir.
Il fallait dormir.
Mais alors que mes paupières se fermaient, je fus happée par un cauchemar.
— « Eh, paresseuse, lève-toi ! »
Je grognai, la tête enfoncée dans l’oreiller.
Une voix familière.
Je la connaissais.
— « Il est midi passé. »
Mon corps se raidit.
C’était ma mère.
Mais elle ne devait pas être là.
Je me redressai d’un bond, le cœur tambourinant contre mes côtes.
Elle était là, devant moi.
Souriante.
Comme si tout était normal.
Comme si ce château, cette nuit, cette peur… n’avaient jamais existé.
— « Je dois préparer le dîner ! » lançai-je, sans comprendre pourquoi.
Ma mère rit doucement, puis me lança un coussin.
Un jeu. Un moment innocent.
— « On va plutôt au parc, non ? »
Sa voix était chaude, réconfortante.
Mais quelque chose n’allait pas.
Tout était trop parfait.
— « Non, maman. Pas au parc. »
Elle haussa les épaules, insouciante.
— « Le parc est le meilleur endroit pour se distraire. »
Les mots résonnèrent étrangement.
Je reculai.
Puis le monde bascula.
La pièce s’effaça, avalée par une force invisible.
Ma mère et Bradley chutèrent dans l’éther.
— « Non ! »
Je me précipitai.
Mais ils n’étaient plus que des silhouettes floues, suspendues dans le vide.
Leurs yeux, autrefois pleins de vie, étaient vides.
Je criai leurs noms.
Silence.
Puis des voix.
Murmurantes. Traînantes.
Elles m’appelaient.
Je courus vers la porte, tentant d’échapper à cet enfer.
Ma main se referma sur la poignée.
Glacée.
Je la tournais.
Mais tout était flou.
Derrière moi, les créatures étaient là.

5
L’Héritage des Ombres
Le silence était devenu une présence, lourde et oppressante. L’air vibrait sous une force
invisible, une tension si palpable que je sentais ma peau picoter.
Puis, comme un signal funeste, tous levèrent leur coupe en un geste lent et
synchronisé. Une prière silencieuse.
Un serment qu’ils semblaient seuls à comprendre.
Et, soudain, le monde suspendit son souffle.
Comme si cet instant précis marquait le début d’un événement inéluctable. Un éclat métallique
attira mon regard. Autour du cou de Mike, un badge de fer luisait d’une lumière pâle et
inquiétante. Je frissonnai. Il ne sembla pas le remarquer. Ses yeux étaient vides, comme s’il
avait cessé d’être lui-même, déjà absorbé par une nouvelle identité dont il ignorait encore la
véritable nature.
Alors, les voix s’élevèrent, à l’unisson.
— « Tu es désormais le gardien légal d’Amber. »
Les mots se répercutèrent comme un écho ancien, une incantation tissée d’ombre et de
destin. Un souffle glacé parcourut la pièce.
Une énergie subtile, insidieuse, s’infiltra dans l’air, se faufila dans les yeux de Mike, le
transperça, l’habita. Il ne cligna même pas. Un sort venait de s’enrouler autour de lui, invisible,
indélébile.
La pièce sembla se resserrer.
L’air se fit plus lourd, plus dense.
Mike pivota lentement vers moi.
— « Viens. »
Un ordre. Sans discussion possible.
Je le suivis, incapable de faire autrement.

Le Passage Interdit
Nous traversâmes les couloirs du château en silence, mes pas se calquant instinctivement sur
les siens.
Chaque corridor semblait identique au précédent. Pourtant, j’étais certaine que nous
descendions. Toujours plus bas.
Enfin, nous débouchâmes sur la cour extérieure.
Un vent glacé fouetta mon visage.
Le ciel au-dessus de nous était d’un noir absolu. Il n’y avait pas d’étoiles. Pas de lune. Rien
d’autre que ce vide insondable, comme si la nuit avait englouti le monde. La seule source de
lumière provenait d’une lampe tremblotante dans la main de Mike. Elle vacillait. Fragile.
Comme si elle pouvait s’éteindre à tout instant et nous plonger dans une obscurité dont nous
ne pourrions jamais ressortir.
Il posa une couverture sur le sol.
— « Prends-la. »
Sa voix était calme, trop calme, et je ne pus m’empêcher de lui obéir.
Devant nous se dressait une porte immense, rongée par le temps. Mike frappa trois fois.
Un battement.
Puis un autre.
À la troisième frappe, une lumière surnaturelle explosa sur le bois.
La porte ne s’ouvrit pas.
Elle se dissipa.
Comme si elle n’avait jamais existé.
Derrière elle, un tunnel béant s’étendait, noir et infini.
Mike fit un pas en avant.
Puis il se tourna vers moi.
— « Entre. »

La Chute
L’obscurité m’engloutit.

5
L’air était lourd, saturé d’un silence trop profond. Chaque pas résonnait bizarrement, comme s’il
n’avait pas d’écho. Comme si ce tunnel ne suivait aucune des règles du monde réel. Puis, sans
prévenir, le sol disparut sous moi.
Un gouffre s’ouvrit brutalement, avalant toute lumière.
Le vent s’engouffra dans la chute, hurlant comme une créature affamée.
Je hurlai.
Puis…
Un choc brutal.
Un sol froid sous mon dos.
J’haletai, tentant de reprendre mon souffle. Une brume bleuâtre flottait autour de moi, projetant
des lueurs étranges sur les murs. Ils semblaient faits d’une matière vivante, pulsante, comme
imprégnés d’étoiles éteintes.
Mike se releva en un mouvement fluide.
Il balaya la pièce du regard, insensible, comme si ce genre d’événement lui arrivait tous les
jours.
— « Où sommes-nous ? » soufflai-je.
Il ne prit même pas la peine de me regarder.
— « Dans la salle secrète de la Boule. »
Je fronçai les sourcils.
— « Pardon ? »
Mais je n’eus pas le temps d’exiger plus d’explications.
Car au centre de la pièce, suspendu dans le vide, un objet pulsait d’une lumière spectrale.
Et en le voyant, je sus que rien ne serait plus jamais comme avant.
Une sphère parfaite flottait dans l’air, suspendue comme une étoile captive. Elle émettait
une lumière douce et hypnotisante, pulsant lentement, presque vivante. Une aura d’anciennes
connaissances et de secrets enfouis l’entourait, comme si elle murmurait des vérités oubliées
à quiconque osait s’en approcher.
Je m’agenouillai, remarquant un vieux journal posé sur le sol. Le cuir de sa couverture était
craquelé, les pages jaunies et griffonnées d’une écriture hâtive. Une odeur de papier moisi et
de cendre s’en dégageait. Un frisson glissa le long de ma colonne vertébrale alors que mes
doigts tremblaient en le ramassant.
— C’est quoi, ça ?
Mike, à quelques pas de moi, resta silencieux un instant. Puis, d’un ton grave, il répondit :
— Lis.
Je dépliai le journal avec précaution. Les lignes tremblantes racontaient une histoire qui me
glaça le sang : celle d’un enfant orphelin, un gardien avant moi. Ses parents avaient été
engloutis par un cercle de ténèbres, victimes d’une organisation secrète pratiquant des rites
maudits. Un destin tissé de douleur et de vengeance.
Mon regard se leva lentement vers Mike, cherchant une réponse, un démenti, n’importe quoi.
— Il fut un temps où quelqu’un devait protéger cette sphère, murmura-t-il. Maintenant,
c’est toi.
Mon cœur se serra dans ma poitrine.
— Moi ? Ma voix trembla malgré moi. Mais pourquoi moi ? Je ne sais rien de tout ça !
Mike me scruta avec intensité, son expression indéchiffrable.
— Parce que tu n’as pas le choix, Amber.
L’air devint plus lourd autour de moi.
— Et si je refuse ? soufflai-je, la gorge serrée.
Mike inspira profondément, comme s’il s’attendait à ma question.
— Alors ils reviendront. Ceux qui ont pris la vie de ton frère.
Je sentis mon sang se glacer.
— Mon… frère ?
— Bradley était le gardien de cette clé, Amber.

5
La pièce sembla vaciller autour de moi. Un battement sourd résonna dans mes tempes. Non.
C’était impossible.
— Non…
Mais Mike ne détourna pas les yeux.
— Il a tout fait pour te protéger. Mais maintenant, c’est à toi.
Le monde bascula. Mon frère. Mon frère avait vécu avec cette horreur toute sa vie ? Est-ce
pour cela qu’il avait disparu cette nuit-là sans un mot ? Mon estomac se noua à cette pensée,
une vague de vertige m’envahit.
Je baissai les yeux vers la sphère. Son éclat pulsait doucement, apaisant, comme si elle
m’appelait.
Un choix se dressait devant moi : fuir et prétendre que tout cela n’était qu’un cauchemar… ou
accepter la vérité.
Mes doigts, froids comme la pierre, se tendirent vers elle. Dès que je l’effleurai, une chaleur
brutale m’envahit, me traversant comme une déferlante. Mes veines semblèrent s’embraser.
Et à cet instant, je sus.
Je n’avais plus le choix.
J’étais la Gardienne.
— Parce qu’il n’y avait pas de temps, Amber.
Mike marqua une pause, comme s’il pesait le poids de ses propres mots.
— Et parce que tout cela doit rester secret.
Un frisson glacé me parcourut l’échine. Mes poings se serrèrent, mes ongles s’enfonçant dans
la paume de mes mains.
— Quel secret ? crachai-je, la colère montant en moi comme une vague incontrôlable.
Mike ne cilla pas.
— Ce que tu es. Ce que tu portes en toi. Personne ne doit le savoir.
L’air se figea.
— Tu n’es pas seule, poursuivit-il. D’autres, comme toi, ont dû abandonner leur vie pour
protéger ce monde. Vous êtes les Élus. Ceux dont le destin s’est forgé dans l’ombre. Ses
mots tombèrent comme un couperet. Je suffoquai, incapable de les absorber. — Tu es sans
cœur, articulai-je, tremblante. Tu parles de tout ça avec une froideur… Ma voix se brisa.
— Tu m’as volé ma vie. Ma famille. Je levai les yeux vers lui, brûlants de larmes refoulées.
Et tu veux que j’accepte ça ?
Mike poussa un long soupir. Un éclair d’hésitation traversa furtivement son regard, une faille
imperceptible dans son masque d’impassibilité.
— Ce n’est pas juste, admit-il enfin. Mais c’est ainsi.
Le silence qui s’abattit entre nous était plus glaçant que ses paroles.
Puis, sans prévenir, je fis un pas en arrière.
— Je veux sortir.
Il ne tenta pas de m’arrêter.
Je me mis à courir, mes pas résonnant contre la pierre froide du château. Les couloirs
semblaient s’étirer à l’infini, oppressants, labyrinthiques. Chaque ombre menaçait de
m’engloutir, chaque tableau aux regards fixes paraissait me juger en silence. Dehors,
le tonnerre gronda, faisant trembler les vitraux.
Ma chambre. J’atteignis enfin ma chambre et claquai la porte derrière moi.
Puis, comme si mes jambes ne me portaient plus, je m’effondrai sur le sol.
Tout était faux.
Tout ce que je croyais connaître n’était qu’un mensonge soigneusement tissé.
Et maintenant… j’étais seule.
La porte s’ouvrit brusquement.

5
Vicky entra sans un mot, mais ses mains se posèrent aussitôt sur mes épaules, m’ancrant dans
la réalité, m’empêchant de sombrer dans le chaos de mes pensées.
— Que se passe-t-il ? demanda-t-elle doucement.
Son regard brillait d’une inquiétude sincère, et son parfum—mélange de vanille et de pluie
d’été—m’apporta un instant de répit.
Je fermai les yeux, m’accrochant à cette chaleur rassurante.
— Mike m’a tout dit.
Ma voix n’était qu’un murmure brisé.
— Ce que je suis… ce que je dois faire.
Elle ne répondit pas tout de suite. Ses doigts se crispèrent légèrement sur mes bras, comme si
elle voulait me protéger d’un danger invisible.
— Je sais, murmura-t-elle finalement.
Je relevai la tête, la douleur nouée au fond de ma gorge.
— Tu… sais ?
Avant qu’elle ne puisse répondre, une voix glaciale brisa le silence.
— Mais il faut que tu t’y fasses.
La dame au chapeau était là.
Immobile, sa silhouette se découpait dans l’ombre du couloir. Son regard perçait l’air comme
une lame effilée, et l’aura qu’elle dégageait fit naître un frisson le long de ma colonne
vertébrale.
Les mots tombèrent, froids et implacables.
— Tu n’as pas le choix.
Ma gorge se serra. Le poids de ses paroles s’abattit sur moi comme une chape de plomb.
Il faut que tu t’y fasses.
Mais je n’étais pas prête.
Pas encore.
Sans réfléchir, mes jambes se mirent en mouvement.
Je traversai la pièce comme un spectre, la rage bouillonnant en moi. Mon corps savait ce que
mon esprit refusait encore d’accepter.
Je courus.
Sans but.
Sans réfléchir.
Mon souffle saccadé, mes pieds frappant le sol froid, je me ruai jusqu’à ma chambre, claquant
la porte derrière moi avec une force qui fit gronder la serrure.
La clé tomba sur le sol.
Puis le silence.
Un silence trop pesant. Trop profond.
Le genre de silence qui précède la tempête.
Chapitre : Le Serment de la Gardienne
Je laissai les pensées déferler en moi, sans entrave.
La perte de mon frère.
La douleur indescriptible de son absence, un gouffre qui menaçait de
m’engloutir. Et puis… la colère.
Brûlante. Dévorante.
Elle s’infiltrait en moi comme un poison, consumant chaque parcelle de doute, de tristesse, de
peur.
Un frisson courut le long de mon échine, mais ce n’était pas de la crainte.
C’était la certitude d’un chemin dont je ne pouvais plus me détourner.
— Je vais me venger.
Les mots s’échappèrent de mes lèvres avant que je ne les formule réellement, mais une fois
prononcés, ils devinrent absolus.
Ceux qui avaient pris ce qui m’était cher… je les retrouverai. Je les détruirai.

5
Les heures s’étirèrent, chaque battement de cœur marquant un pas de plus vers ma décision.
Lorsque j’ouvris enfin la porte de ma chambre, l’air semblait s’être épaissi. Les couloirs du
château me parurent plus sombres, les torches jetant des ombres vacillantes sur la pierre.
Dans la salle principale, un groupe de personnes m’attendait.
Mike était là, bien sûr, adossé à un pilier, l’air pensif. Katherine et Victor se tenaient non loin, et
Paty, les bras croisés, lançait des regards anxieux à tout le monde, comme si elle s’attendait à
une explosion imminente.
Un homme plus âgé, un certain Gareth, s’avança. Son visage marqué par les années affichait un
mélange d’inquiétude et d’autorité.
— Mademoiselle Amber, nous avons eu peur pour vous, déclara-t-il, sa voix légèrement
tremblante. Nous avons tenté d’ouvrir votre porte…
— Avec un couteau à beurre, précisa Victor dans un murmure.
Katherine lui asséna un coup de coude discret, mais il haussa les épaules comme pour dire :
Quoi ? C’est vrai.
Je les regardai tous un à un, et quelque chose en moi se solidifia.
Je n’étais plus la même Amber.
— Ça va plus que bien.
Ma voix était froide, résolue.
Je sentis le silence peser sur la pièce.
— Je vais rester.
Un léger soulagement passa sur leurs visages.
— Mais pas pour ce que vous espérez.
Le soulagement s’évanouit aussitôt.
— Je veux me venger de ceux qui ont tué mon frère.
Paty pâlit. Victor se figea. Katherine déglutit.
Mike, lui, ne réagit pas.
— Mais après ça… J’inspirai profondément. Je partirai. Et vous ne pourrez rien y changer.
Gareth ouvrit la bouche comme pour protester, puis la referma, hésitant.
Un autre, plus nerveux, s’avança. Son nom m’échappait, mais ses yeux, eux, trahissaient la
peur. — Mais la clé… Il humecta ses lèvres. Elle doit être protégée.
Mes mots fusèrent sans la moindre hésitation.
— Sinon, je ne garde aucune clé.
Un silence lourd, presque assourdissant, s’abattit sur la salle.
Les créatures – ces êtres qui avaient l’air de toujours savoir tout avant moi – semblaient figées.
Puis un murmure s’éleva, s’étira, se propagea.
Ils savaient.
Ils avaient compris.
Et moi, je leur tournais le dos.
Prête à avancer dans un monde où je n’avais plus rien à perdre.

La Cour d’Argent
La mer, calme et profonde, s’étendait à l’horizon, baignée d’une lumière
argentée. Chaque brise nocturne murmurait des secrets anciens.
Je passai une main sur mon visage. Bradley… un gardien.
La révélation tournait en boucle dans mon esprit, chaque pièce du puzzle s’imbriquant
lentement.
J’avais vécu dans un mensonge.
Un mensonge soigneusement construit autour de moi, me cachant une vérité trop lourde à
porter.
Et maintenant, il était trop tard pour reculer.
Mes pas me guidèrent vers la cour du château.
C’est alors que je les vis.
Trois garçons, vêtus de noir, faisaient face à trois jeunes filles.
Leurs regards se croisaient dans un silence d’une rare intensité.
Le garçon à droite, grand, d’une prestance presque royale, murmurait quelque chose.

5
Son ton était feutré, mystérieux, mais ses mots semblaient porteurs d’un pouvoir invisible.
Puis, d’un simple geste, il fit signe à la fille en face de lui de se retourner. L’air sembla
vibrer.
Un frisson parcourut l’espace, comme si une vague d’énergie venait de se lever, invisible et
pourtant tangible.
La jeune fille ferma les yeux et tendit les mains.
Des étincelles jaillirent de ses paumes.
Une lumière argentée dériva lentement vers le mur, et soudain…
Des crapauds commencèrent à apparaître.
Sortis de nulle part, ils descendirent des pierres lentement, leurs yeux luisant dans l’obscurité.
Les filles reculèrent en sursaut.
— Oh, pour l’amour de… gémit l’une d’elles, les mains crispées sur sa robe.
Mais avant que la panique ne s’installe, le garçon leva la main.
Aussitôt, les crapauds s’évaporèrent dans un souffle d’énergie.
Comme s’ils n’avaient jamais existé.
Le silence tomba sur le groupe.
Puis, le garçon parla.
— Ne soyez pas effrayées, dit-il calmement.
Sa voix avait la douceur d’un murmure d’océan après une tempête.
L’une des filles, encore tremblante, chuchota :
— Comment ne pas avoir peur, quand des crapauds vous tombent dessus ?
Un sourire en coin apparut sur les lèvres du garçon.
— La peur est une illusion.
Il croisa les bras et les observa un instant, avant d’ajouter :
— Retenez cet exercice. C’est ici que commence la maîtrise.

Je les regardai, fascinée.


Ces garçons. Ces filles.
Ils avaient grandi dans un monde où la magie était une certitude.
Où l’inexplicable était une leçon à apprendre.
Mais moi…
Moi, je devais apprendre à survivre.
Et la magie, je le savais désormais, était une arme.
Une arme dont j’aurais bientôt besoin.
Chapitre : La Maison des Creeks
Je restai là, fascinée, observant cette scène étrange, presque irréelle. La magie flottait dans l’air
comme une brume invisible, imprégnant chaque pierre du château.
Puis, soudainement, une silhouette s’approcha de moi.
C’était une fille, plus grande que moi, au teint doré par le soleil et aux yeux verts scintillants
comme une mer agitée. Son sourire était chaleureux, sincère, et contrastait avec l’atmosphère
oppressante de ce lieu.
— Salut, je m’appelle Mia.
Sa voix était douce, mais ferme, emplie de cette assurance naturelle des gens qui ont trouvé
leur place dans le monde.
— Tu es nouvelle, n’est-ce pas ? ajouta-t-elle, avec une simplicité désarmante.
Je la regardai, surprise par sa spontanéité.
— Oui.
Le mot m’échappa, presque hésitant.
Mia inclina légèrement la tête, comme si elle me jaugeait, puis afficha un sourire complice. —
J’habite dans l’autre loge, avec Elena. Elle fit un geste vague vers une fille brune qui discutait
avec l’un des garçons. Et toi ?
— Avec Vicky, répondis-je, encore un peu perdue dans cette nouvelle réalité.
Mia sourit plus largement.
— Oh, Vicky ! Tu as de la chance. C’est un vrai rayon de soleil… Bon, un rayon de soleil un peu
sarcastique, mais quand même.

5
Son ton amical fit naître un semblant de chaleur en moi. Un sentiment que je n’avais pas
ressenti depuis longtemps.
— Tu verras, on finit par s’habituer, reprit-elle en observant le ciel au-dessus de nous. Au début,
c’est dur. On regrette notre ancienne vie, on se sent coincés ici… Mais les garçons sont là pour
nous guider. Ils sont parfois insupportables, mais ils sont sympas.
Un léger sourire m’échappa.
— Et toi, comment es-tu arrivée ici ? demandai-je, incapable de masquer la curiosité dans ma
voix.
Mia soupira, et son expression changea. Son insouciance disparut l’espace d’un
instant. — J’ai été témoin d’un meurtre.
Mon estomac se noua.
— Un meurtre… ?
Elle hocha la tête.
— Ils étaient en noir. Je ne sais toujours pas qui ils étaient, mais… je me souviens de leurs voix,
de leurs masques. Et puis, après… on m’a amenée ici. Pour garder la clé. Un frisson me
parcourut.
Je ne savais pas pourquoi, mais en l’écoutant, je sentis que nous partagions plus qu’un simple
destin. Nous partagions une douleur.
— Et ici, vous faites quoi exactement ? murmurai-je, la gorge serrée par le poids de mon propre
fardeau.
Mia réfléchit un instant, son regard se perdant sur les tours du château.
— On garde ce que d’autres ne peuvent pas protéger, finit-elle par dire. On apprend à maîtriser
ce qu’on a en nous. On nous prépare à ce qui pourrait arriver. À ce que toi, tu devras affronter.
Ses yeux croisèrent les miens. Il y avait dans son regard une forme de résignation, mais aussi
une acceptation paisible.
— Tu sais, Amber…
Elle hésita, puis haussa légèrement les épaules.
— On ne choisit pas cette vie. Mais à un moment donné… il faut l’accepter. Elle fit un signe de la
main, m’invitant à la suivre. Sans réfléchir, je la rejoignis. Un silence s’installa entre nous, mais
il n’était pas pesant. C’était un silence de compréhension tacite, celui de deux âmes qui
savaient qu’elles partageaient un même fardeau. Nous avançâmes dans les couloirs du
château, nos pas résonnant sur les pierres usées par le temps. Les murs semblaient presque
respirer, comme s’ils renfermaient des souvenirs d’un passé oublié.
Au bout du corridor, une porte était entrouverte. Mia posa la main dessus et me lança un regard
complice avant de l’ouvrir complètement.
Derrière, une pièce étrange s’étendait devant nous.
Quatre maisons blanches, petites et simples, se dressaient en cercle au centre de la salle.
Elles étaient surmontées de chapeaux de formes différentes, faits de matériaux que je ne
pouvais pas identifier.
Une lumière douce émanait des murs, créant une atmosphère à la fois sereine et solennelle.
— Voici la maison des Creeks, expliqua Mia en désignant les bâtisses. C’est ici que vivent ceux
qui vous guideront. Ceux qui vous aideront à comprendre votre place dans ce monde. Je
m’approchai, fascinée.
Les maisons paraissaient trop petites pour abriter quelqu’un, mais elles dégageaient une aura
particulière, presque hypnotique.
Un souffle invisible semblait s’en échapper, me donnant l’impression qu’elles murmuraient des
secrets anciens.
— Et Mike, lui ? demandai-je.
Mia haussa un sourcil.
— Mike ? C’est un cas particulier.
Elle croisa les bras, amusée.
— Il est là pour nous protéger, mais il ne nous dira jamais quoi faire. Il nous regarde trébucher,
galérer, nous relever… et il attend.
— Attendre quoi ?
— Que nous fassions nos propres choix.

5
Ses mots résonnèrent en moi.
Faire ses propres choix.
J’avais toujours eu l’impression qu’on m’imposait mon destin.
Et si c’était à moi de le prendre en main ?
Un frisson parcourut ma peau.
— Et toi, tu en es où avec tes pouvoirs ? demandai-je, la gorge serrée.
Mia sourit, mais cette fois, il y avait une lueur de mystère dans ses yeux.
— On apprend à comprendre ce dont on est capable.
Elle se pencha légèrement vers moi et ajouta à voix basse :
— Mais le plus dur, ce n’est pas d’apprendre à les utiliser…
Elle marqua une pause.
— C’est d’apprendre à s’en méfier.
Avant que je ne puisse répondre, un bruit derrière moi me fit sursauter.
Une voix grave s’éleva dans l’encadrement de la porte.
— Et qu’est-ce qu’on a là ?
Un homme venait d’apparaître.
Il portait un long manteau sombre, et son regard était aussi tranchant qu’une lame.
Mia se raidit à mes côtés, et je compris aussitôt que nous étions attendues. Mais
pour quoi… et par qui ?
Chapitre : La Salle de la Magie
— Mia, Amber, vous devez venir.
La voix de l’homme résonna dans l’air comme une lame tranchante. Il se tenait à l’entrée, le
regard perçant, son manteau sombre projetant une ombre allongée sur le sol de pierre. Ses
yeux se posèrent sur moi, et je perçus une lueur d’inquiétude dans leur profondeur. — La
clé… elle est plus fragile que vous ne l’imaginez.
Mia hocha la tête, visiblement habituée à ce ton grave. Elle me lança un regard entendu avant
de me faire signe de la suivre.
— Il est temps de découvrir ce que nous devons apprendre.
Et ainsi, poussée par l’incertitude et la promesse d’un avenir encore flou, je suivis Mia et
l’homme mystérieux.
Je ne le savais pas encore, mais à partir de cet instant, chaque pas me rapprochait d’un monde
où la magie et le destin s’entrelacaient pour toujours.

Le château était un labyrinthe.


Ses couloirs s’étendaient à l’infini, parsemés de statues silencieuses et de tapisseries animées
de scènes mouvantes. L’air vibrait d’une énergie ancienne, comme si les murs eux-mêmes
murmuraient des secrets oubliés.
J’avançai d’un pas rapide, mes pensées encore embrouillées par tout ce que j’avais appris.
Les Aetherans… La Luméthère… La guerre entre les Déchus et les Purs.
C’était un monde que je ne comprenais pas encore, un monde qui semblait si lointain, et
pourtant si proche.
Comme si je l’avais toujours connu.
La salle de la magie se trouvait au bout d’un couloir en spirale.
Elle se dressait là, immense et silencieuse, ses lourdes portes de bois sculpté couvertes de
runes qui semblaient respirer sous mes doigts.
Je posai une main tremblante sur les symboles gravés, et aussitôt, une étrange chaleur
parcourut ma peau.
Les runes se mirent à briller faiblement.
Puis, la porte s’ouvrit dans un soupir.

À l’intérieur, la lumière des chandelles projetait des ombres dansantes sur des étagères
immenses, remplies de grimoires aux couvertures craquelées et de parchemins jaunis par le
temps.
L’air était plus frais ici, chargé d’une énergie invisible qui semblait imprégner chaque recoin de
la pièce.
C’était un lieu de savoir. Un sanctuaire où le passé et l’avenir se croisaient.

5
Et, au milieu de tout cela, Mike.
Il était assis à une table couverte de livres, tournant une page avec la patience tranquille de
quelqu’un qui savait bien plus qu’il ne le laissait paraître.
Lorsqu’il leva enfin les yeux vers moi, il sourit.
Un sourire de compréhension.
Un sourire de mystère.
— Tu es en retard, fit-il remarquer avec amusement.
— Désolée, répondis-je en m’approchant, j’étais juste… perdue dans mes pensées.
Mike haussa un sourcil.
— C’est un bon début. Mais attention, trop de pensées peuvent mener à des ennuis. Il se leva
et effleura du bout des doigts une étagère couverte de poussière avant de saisir un livre
relié de cuir noir.
Il le posa devant moi avec précaution.
— Ce livre est plus ancien que tout ce que tu peux imaginer, expliqua-t-il. Il contient des secrets
oubliés, des sortilèges que même les plus puissants Aetherans ont effacés de leur mémoire. Je
tendis la main et touchai la couverture.
Une légère décharge parcourut mes doigts.
Le livre semblait… vivant.
Je l’ouvris lentement.
À l’intérieur, des symboles inconnus s’étendaient sur les pages jaunies, entrelacés de dessins
étranges et de notes griffonnées d’une écriture nerveuse.
Chaque mot semblait éveiller quelque chose en moi.
Comme un souvenir enfoui au plus profond de mon être.
— Ce livre renferme une partie de la magie ancienne, reprit Mike d’un ton plus grave. Celle qui
existait avant la scission des mondes.
Je levai les yeux vers lui.
— La scission ?
— Un temps où la magie et la matière ne faisaient qu’un, expliqua-t-il. Les Aetherans ont caché
bien des choses dans ces pages. Mais ce livre ne contient pas seulement des formules ou des
incantations. Il renferme une histoire.
Il me regarda droit dans les yeux.
— Ton histoire.
Un frisson me parcourut.
Je baissai les yeux vers le livre, sentant mon cœur battre plus vite.
Tout en moi me criait que je n’étais pas prête.
Mais une autre part, plus profonde, savait déjà que je n’avais plus le
choix. Mike posa une main légère sur mon épaule.
— Tu n’es pas seule, Amber.
Ses mots étaient simples, mais chargés de promesses.
Et à cet instant, je sus qu’il avait raison.
Chapitre : L’Héritage des Aetherans
Leur rôle n’était pas le fruit du hasard.
Ils avaient été choisis.
Les Aetherans, êtres façonnés par la magie primordiale, veillaient sur l’équilibre du monde,
protégeant la réalité contre les forces chaotiques qui menaçaient de l’effacer. Autrefois, les
humains vivaient en harmonie avec eux, leur offrant respect et admiration. Mais le respect
devint curiosité.
Et la curiosité, ambition.
Les savants cherchèrent à comprendre la source de leur pouvoir – la Luméthère, une magie
capable de modeler la matière, de défier la mort et de plier la réalité à la volonté de celui qui
savait la manier.
Un jour, un groupe de dirigeants humains, connus sous le nom des Usurpateurs d’Aube, conclut
un pacte interdit avec des Aetherans naïfs.
Ce pacte brisa l’équilibre du monde.
La magie fut corrompue, des fissures apparurent dans l’Imagianirea, et à travers ces brèches,
quelque chose s’échappa.

5
Les Videsombres.
Une force insidieuse, plus ancienne que le temps, qui gangrénait tout sur son passage.
Certains Aetherans succombèrent à cette noirceur. Transformés par la haine, ils devinrent les
Déchus, rejetant leurs anciens frères et déclarant la guerre aux humains, qu’ils tenaient pour
responsables de leur chute.
Face à la dévastation, les Aetherans restés purs n’eurent d’autre choix que de sceller la frontière
entre la Terre et l’Imagianirea, sacrifiant une grande partie de leur pouvoir. Désormais, ils ne
pouvaient plus intervenir directement dans le monde des humains. Mais cela ne signifiait pas
qu’ils avaient renoncé.
À travers de rares portails, ils envoyaient encore des élus…
Des êtres capables de manier la magie et de rétablir l’équilibre.
Des êtres comme Amber.
Mais l’ancienne guerre n’était pas terminée.
Les Déchus cherchaient toujours à anéantir l’humanité, tandis que les hommes, inconscients du
danger, continuaient à expérimenter sur les fragments de magie qu’ils trouvaient, jouant avec
des forces qu’ils ne comprenaient pas.
Et au milieu de ce chaos, une question demeurait :
Amber serait-elle la clé de leur salut… ou la cause de leur chute ?
Chapitre : La Salle de la Magie
Amber avançait d’un pas rapide dans les couloirs du château, encore ébranlée par les
révélations qu’elle venait d’apprendre.
Tout ceci est réel.
Les Aetherans, les Déchus, la Luméthère, la guerre des mondes…
Elle n’était pas seulement témoin de cette histoire.
Elle en faisait partie.
La Salle de la Magie se trouvait à l’extrémité d’un couloir en colimaçon.
Elle n’était pas qu’une simple bibliothèque.
C’était un sanctuaire.
Les murs de pierre semblaient vibrer d’une énergie ancienne, et chaque livre, chaque
parchemin, renfermait des vérités oubliées, attendant d’être découvertes. Amber
s’arrêta devant l’immense porte en bois sculpté.
Des runes couvraient sa surface.
Elles n’étaient pas simplement gravées – elles pulsaient doucement, comme si elles
réagissaient à sa présence.
Elle effleura du bout des doigts l’une des inscriptions et, aussitôt, une lueur dorée parcourut les
gravures.
Un murmure imperceptible s’éleva dans l’air.
Puis, la porte s’ouvrit lentement, dans un grincement profond.

À l’intérieur, la lumière tremblante des chandelles révélait des étagères immenses couvertes de
livres anciens.
L’odeur du cuir usé et du parchemin flottait dans l’air.
Au centre de la pièce, une silhouette familière était plongée dans une pile de livres.
Mike.
Ses lunettes étaient légèrement de travers, et il tournait une page avec cette concentration
paisible de ceux qui possèdent un savoir qu’ils ne partagent pas entièrement. Il leva les
yeux et esquissa un sourire.
Un sourire bienveillant.
Mais aussi le sourire de quelqu’un qui en savait plus qu’il ne voulait en
dire. — Tu es en retard, Amber.
Sa voix était calme, amusée, mais elle portait ce léger éclat d’ironie qui signifiait qu’il avait déjà
anticipé son excuse.
Amber s’approcha, encore sous le coup des événements.
— Je… Je pensais à tout ce que j’ai appris aujourd’hui, avoua-t-elle, sa voix plus fragile qu’elle ne
l’aurait voulu.

5
Elle inspira profondément.
— C’est tellement plus compliqué que ce que je croyais.
Mike referma doucement le livre qu’il tenait.
— Tout est plus complexe que ce qu’on nous laisse imaginer.
Il se leva et effleura du bout des doigts une étagère poussiéreuse avant d’en tirer un ouvrage
ancien, relié de cuir noir.
Il le posa devant elle avec précaution.
— Ce livre est plus ancien que la plupart des sorts que nous connaissons aujourd’hui.
Amber tendit la main, hésitante.
Dès que ses doigts touchèrent la couverture, une étrange sensation
l’envahit. Le livre vibrait.
Elle sentit un frisson remonter le long de son bras, comme si une présence ancienne
sommeillait entre ses pages.
Elle releva les yeux vers Mike, inquiète.
— Qu’est-ce que c’est ?
— Un fragment de la mémoire des Aetherans.
Il s’approcha, posant une main sur le livre.
— Ce n’est pas juste un recueil de formules. C’est une part de l’histoire, de l’équilibre que nous
devons protéger.
Amber ouvrit lentement l’ouvrage.
Les pages semblaient écrites dans une langue qu’elle ne connaissait pas… et pourtant, elle la
comprenait.
Les mots dansaient sous ses yeux, comme s’ils s’adaptaient à elle.
Elle sentit son cœur s’accélérer.
— Tu commences à voir, n’est-ce pas ? murmura Mike.
Elle releva la tête.
— C’est… c’est comme si je l’avais toujours su.
Un silence s’étira entre eux.
Puis, Mike posa une main sur son épaule.
— Tu n’es pas seule, Amber.
Et pour la première fois, elle voulut le croire.
Chapitre : Les Murmures Oubliés
— Ce que nous avons appris, déclara Mike en levant un doigt, comme pour souligner l’évidence,
n’est qu’une fraction de ce que nous ignorons encore.
Son regard se posa sur moi, un éclat de malice au fond des yeux.
— Mais c’est précisément ce qui rend cette magie si puissante.
Il se leva et attrapa un livre relié de cuir, couvert d’une épaisse couche de poussière. Avec une
délicatesse presque religieuse, il l’ouvrit et en sortit un ancien grimoire, aux pages jaunies et
aux bords usés par le temps. Il me le tendit avec une certaine solennité. — Ce livre… il est plus
ancien que toi et moi réunis, dit-il. Il renferme des secrets qui remontent à l’époque où
l’Imagianirea n’était encore qu’une légende. Ce n’est pas simplement de la magie, Amber. C’est
l’essence même de notre monde.
Je pris le grimoire avec précaution. Il était froid sous mes doigts, mais je ressentis
immédiatement quelque chose… un poids invisible, une force qui semblait sommeiller entre ses
pages.
Les lettres gravées sur la couverture semblaient frémir sous mon
toucher. Je l’ouvris lentement.
Aussitôt, un frisson parcourut mon échine.
Les mots, tracés dans une encre à la lueur incertaine, pulsaient légèrement, comme s’ils
respiraient.
Chaque page contenait un savoir ancien. Quelque chose de plus grand que moi. De plus
dangereux.
Et pourtant…
Je ne pouvais pas détourner le regard.

La Magie et Ceux qui la Portent

5
Le château grouillait de vie, imprégné de cette étrange magie qui semblait se glisser dans
chaque recoin.
Même les créatures qui le peuplaient apportaient une touche de mystère et de malice à notre
quotidien.
Mia, toujours gentille et compréhensive, avait ce côté lunatique qui la rendait imprévisible, mais
elle savait être là quand on avait besoin d’elle.
Vicky, elle, semblait constamment perdue dans ses pensées, son regard flottant vers des
horizons que nous ne pouvions pas voir.
Mariana, la plus énigmatique du groupe, possédait un voile de mystère qui la rendait
insaisissable. Parfois, j’avais l’impression qu’elle n’était pas totalement là, que son esprit
vagabondait dans des endroits où nous n’avions pas accès.
Paty était tout l’inverse. Éclatante, pétillante, elle apportait toujours une énergie vive et
contagieuse dans les moments les plus sombres.
Et puis, Océane. Grande et athlétique, son apparente force masquait un cœur plus tendre
qu’elle ne voulait bien l’admettre.
Mike, bien sûr, restait égal à lui-même.
Impassible.
Inébranlable.
Mais je savais qu’au fond, sous cette façade de dur à cuire, il cachait un cœur immense.
Et puis, il y avait Katherine, toujours flamboyante, toujours théâtrale. Son style gothique
exacerbé ne passait jamais inaperçu, et elle semblait adorer être le centre de l’attention.
Les gardiens du château, eux, étaient encore plus insaisissables que les ombres qui hantaient
les couloirs.
Et enfin, il y avait les Creeks.
Victor, Rick et Patrick, chargés de nous entraîner, nous préparer aux épreuves à venir. Leur
méthode était stricte – parfois impitoyable – mais quelque chose me disait qu’ils avaient leurs
raisons.
Ce château était devenu ma nouvelle famille.
Un foyer étrange, chaotique, peuplé d’êtres aussi brillants qu’inquiétants.
Et pourtant, malgré tout…
Un vide persistait en moi.
Un vide que même la magie ne pouvait combler.

Les Murmures
Un soir, alors que j’étais plongée dans un livre de magie ancienne, quelque chose d’étrange se
produisit.
D’abord, ce ne fut qu’un frisson, un courant d’air imperceptible qui me fit relever la
tête. Puis, un murmure.
Faible. À peine audible.
Une voix indistincte, semblable à un souffle glissant sur les pierres froides de la salle de magie.
— Montre-moi…
Je sursautai.
Mon regard balaya la pièce.
Rien.
Je repris ma lecture, l’esprit troublé.
Mais alors, un autre murmure s’éleva.
— Allez… montre-moi…
Cette fois, la voix était plus claire.
Et elle venait de partout à la fois.
Un frisson parcourut mon corps tandis que l’atmosphère changeait brusquement. Les livres
commencèrent à tomber un à un, leurs pages tournant frénétiquement comme si une force
invisible les parcourait.
La lumière des chandelles vacilla, puis devint instable, projetant des ombres mouvantes sur les
murs.
L’air devint lourd, électrique.
Et alors, la porte de la salle de magie claqua violemment.

5
Un vent glacial s’engouffra dans la pièce, me soulevant presque du sol.
Je m’accrochai désespérément à la table.
Le vent hurlait, se répercutant contre les murs comme un cri lointain.
Puis, aussi soudainement qu’il était apparu, il cessa.
Le silence retomba.
Mais ce n’était pas le même silence.
Quelque chose avait changé.
Je n’étais plus dans la salle de magie.

La Bibliothèque Oubliée
Devant moi, des étagères poussiéreuses s’étendaient à perte de vue, couvertes de livres
anciens, leurs reliures usées par le temps.
L’air était épais, chargé de savoirs enfouis et de secrets oubliés.
Je sentis aussitôt que ce lieu n’appartenait à aucune réalité que je connaissais.
Le temps semblait suspendu, figé dans une époque révolue.
Ce n’était pas simplement une bibliothèque.
C’était un vestige du passé, un sanctuaire que quelqu’un avait caché… ou voulu oublier.
Je fis un pas en avant, mes doigts effleurant le cuir rugueux des volumes entassés sur les
étagères.
Les mots inscrits sur leurs couvertures étaient effacés, comme si quelque chose avait tenté d’en
effacer la mémoire.
Un frisson remonta le long de ma nuque.
Quelque chose m’attendait ici.
Et j’avais l’étrange sensation que ce n’était pas moi qui avais trouvé cette bibliothèque.
C’était elle qui m’avait appelée.
La bibliothèque portait les marques du temps, ses hautes étagères croulant sous le poids de
grimoires anciens, imprégnés de poussière et de secrets oubliés. L’air était chargé d’une odeur
de papier jauni et d’encre fanée.
Mon regard se perdit dans l’obscurité d’un recoin particulier, attiré sans que je sache
pourquoi. C’était comme si quelque chose m’appelait. Une lueur vacillante perçait à peine
l’épaisse saleté qui couvrait les vitres, projetant sur les murs des ombres tremblotantes. Et au
fond de la pièce, à peine éclairé, un objet insolite reposait sur un piédestal de marbre. Amber
s’avança, le cœur battant. L’objet semblait minuscule, mais sa forme défiait toute logique.
Ni tout à fait ronde, ni tout à fait anguleuse, il donnait l’étrange impression de se fondre
dans son environnement tout en restant intensément présent. Son métal sombre paraissait
vivant, changeant imperceptiblement de teinte sous la lueur chancelante des chandelles.
Des symboles y étaient gravés – des runes anciennes, enchevêtrées dans un motif si complexe
qu’il en devenait hypnotisant. Elle n’aurait su dire pourquoi, mais ces marques lui
semblaient… familières.
Sa main se tendit presque malgré elle. À l’instant où ses doigts frôlèrent la surface glacée du
métal, une décharge la traversa, comme un millier d’éclats de givre courant sous sa peau. Elle
tressaillit et recula d’un pas brusque. Mais l’objet, lui, ne broncha pas. Le silence se fit plus
pesant, plus épais, comme si la bibliothèque elle-même retenait son souffle. Amber n’aurait
pas dû y toucher. Elle le savait, au plus profond d’elle-même. Pourtant, quelque chose, une
impulsion viscérale, lui intimait de ne pas fuir.
Ses doigts se refermèrent sur l’artefact.
Une onde sourde résonna dans l’air, faisant frémir les étagères et soulevant un vent spectral
qui dispersa la poussière en un nuage fantomatique. La lumière des chandelles vacilla,
projetant des ombres mouvantes sur les murs. Une lueur verte jaillit de ses mains, se
répandant comme une brume phosphorescente, serpentant autour d’elle dans une danse
hypnotique.
Et puis… un bruit.

5
Des pas précipités résonnèrent dans le couloir adjacent. Un écho rapide, irrégulier.
Quelqu’un—ou quelque chose—s’approchait.
Amber pivota brusquement vers la porte. Une silhouette se découpa dans l’encadrement.
Longue. Immobile. Presque irréelle.
Un cri perça la nuit. Un son guttural, étranglé, ni tout à fait humain ni tout à fait animal.
Amber sentit un frisson glacial lui remonter l’échine.
L’objet vibra dans ses mains.
Et dans l’ombre, deux yeux s’ouvrirent.
"Tu as réveillé une force ancienne," déclara une voix profonde, empreinte d’une sagesse
oubliée. "Mais savais-tu que cela viendrait avec un prix ?"
Le souffle d’Amber se suspendit. Mais alors que son instinct lui hurlait de lâcher l’artefact,
une voix plus profonde, enfouie en elle, lui murmurait autre chose.
Ne crains pas.
Elle raffermit sa prise sur l’objet. Son regard se durcit.
Elle n’était plus une simple spectatrice.
Elle était liée à cette histoire. Depuis toujours.

4o mini
O

O
ChatGPT peut faire des erreurs. Envisagez de vérifier les informations importantes.
?
S
Le sol sous moi se déforma, mes mains tremblèrent.
Les mots s’échappèrent des lèvres d’Amber, fragiles mais porteurs d’une force insoupçonnée.
L’effet fut immédiat.
L’artefact répondit comme s’il n’attendait que cela.
Une lumière verte éclata, si vive qu’elle déchira l’obscurité de la bibliothèque comme un
éclair en pleine tempête. Les murs, les étagères, les livres – tout fut baigné d’une lueur
irréelle, projetant des ombres tremblotantes sur les grimoires poussiéreux. Les runes
gravées sur la surface du métal prirent vie. Elles palpitaient, pulsant à l’unisson avec son
propre cœur.
Amber ne pouvait plus détourner le regard.
Face à elle, la créature s’arrêta net.
Ses yeux rougeoyants vacillèrent, comme troublés par une force qu’ils ne comprenaient pas.
Son corps, une masse mouvante d’ombres et de matière indistincte, sembla se distordre sous
l’effet de la lumière, luttant contre une pression invisible.
Elle grogna, un son rauque et guttural, mais ne parvint pas à avancer d’un pas de plus.
Amber sentit un frisson lui parcourir l’échine.
Elle ne savait pas ce qu’elle venait de déclencher, mais elle savait – non, elle sentait – que
cette lumière ne venait pas uniquement de l’artefact.
Elle venait d’elle.
La créature, pourtant massive et menaçante, paraissait maintenant hésitante. Comme si, pour
la première fois, elle n’était pas la prédatrice, mais la proie.

5
Alors Amber comprit.
C’était elle qui détenait le contrôle.
"Laisse-moi en paix."
Elle ne cria pas. Elle ne supplia pas.
Elle ordonna.
Aussitôt, l’artefact réagit.
Une onde de chaleur se propagea dans la pièce, soulevant la poussière en un tourbillon
fantomatique. La créature recula d’un pas, ses griffes raclant le sol de pierre dans un
crissement strident. Les ombres qui la composaient s’effilochèrent, se distordirent, se tordirent
sous une force invisible.
Un cri perçant déchira l’air – un hurlement qui semblait venu des entrailles mêmes du néant.
Puis, la créature disparut.
Juste… comme ça.
Le silence qui suivit était écrasant.
Amber resta immobile, le souffle court.
Ses mains tremblaient toujours, l’artefact encore tiède contre sa paume. La lumière verte
s’amenuisait peu à peu, comme une vague qui se retire après avoir tout dévasté sur son
passage.
Elle venait de survivre.
Mais à quoi ?
Elle baissa les yeux vers l’objet. Il n’avait pas simplement repoussé la créature… Il avait fait
plus que cela. Il avait réagi à elle.
Pourquoi ?
Pourquoi elle ?
Elle s’adossa contre une étagère, les jambes soudain trop faibles pour la porter.
Et c’est alors qu’un bruit brisa le silence.
Un froissement de tissu. Un pas léger.
Amber releva brusquement la tête.
Dans l’embrasure de la porte, une silhouette fine se tenait, immobile.
Mariana.
Ses yeux brillaient dans l’ombre, une lueur de curiosité et de prudence dans le regard.
"Tu fais quoi ?" demanda-t-elle d’une voix douce, mais précise, comme si elle venait de
surprendre quelqu’un en train de commettre un acte interdit.
Amber sursauta, serrant l’artefact contre elle, sans savoir pourquoi.
"Je… Je lisais," répondit-elle.
C’était une réponse idiote.
Mariana haussa un sourcil, son regard glissant de l’artefact aux étagères renversées, aux
volutes de poussière encore en suspension dans l’air.
"Ah oui ?" fit-elle, une pointe d’amusement dans la voix. "Alors c’est nouveau, les livres qui
lancent des sorts lumineux ?"
Amber ouvrit la bouche, puis la referma. Elle sentit une chaleur monter à ses joues.
Mariana soupira et s’avança, les mains dans les poches.
"Tu sais," dit-elle en s’accroupissant près d’elle, "j’ai vu pas mal de choses bizarres ici…
mais jamais un livre assez puissant pour faire fuir une créature des ténèbres." Son ton
était léger, mais son regard scrutait Amber avec une vraie inquiétude. Amber serra les
dents.
Elle aurait aimé pouvoir rire, dire quelque chose d’intelligent, mais tout ce qui lui venait à
l’esprit ressemblait à un chaos de pensées illisibles.
Mariana attendit un instant, puis haussa les épaules.

5
"Bon, si tu ne veux pas me dire, très bien." Elle se releva, s’étirant comme un chat. "Mais si
une autre explosion magique se produit, essaie au moins de prévenir avant que je sois prise
dans l’onde de choc."
Elle fit volte-face et se dirigea vers la porte, mais avant de sortir, elle lança par-dessus son
épaule :
"Et au fait… T’as l’air différente."
Amber releva brusquement la tête.
"Différente comment ?"
Mariana esquissa un sourire en coin, sans répondre. Puis elle disparut dans le couloir.
Amber serra l’artefact contre elle et ferma les yeux un instant.
Elle ignorait encore ce que tout cela signifiait.
Mais une chose était sûre :
Elle ne pourrait plus jamais prétendre que rien de tout cela n’était réel.
Mariana haussa les épaules, visiblement indifférente à la gravité de la situation. "Ah, je
suis venue chercher un livre sur les cacahuètes. Mon mentor me harcèle à ce sujet." Amber
cligna des yeux.
"Les… cacahuètes ?"
Mais Mariana ne semblait pas disposée à fournir plus d’explications. Elle saisit un livre au
hasard sur l’étagère, le feuilleta vaguement, fronça les sourcils – comme si elle venait de lire
quelque chose d’insensé – puis le remit en place avant de repartir d’un pas nonchalant, aussi
vite qu’elle était apparue.
Amber la suivit du regard, complètement abasourdie.
C’était quoi cette interaction ?
Elle n’eut pas le temps de s’attarder davantage sur cette question, car un son grave et solennel
retentit dans tout le château.
La cloche.
L’appel des épreuves de magie.
Son estomac se noua aussitôt.
Elle baissa les yeux vers l’artefact qu’elle tenait encore, ses doigts effleurant la surface
métallique froide. Il lui cachait encore bien des secrets. Quelque part en elle, une voix
murmurait qu’il ne s’était pas activé par hasard, qu’il y avait une raison, un sens derrière tout
cela.
Mais pour l’instant, elle n’avait pas le temps d’y réfléchir.
Elle referma les doigts sur l’objet, inspira profondément, rangea rapidement ses livres et se
précipita hors de la bibliothèque en direction de la salle d’entraînement. Dans les couloirs,
elle croisa Mike et les autres Creeks. Comme à son habitude, Mike ne manqua pas
l’occasion de l’assaillir du regard.
"Tu es en retard," lâcha-t-il sans même lui accorder un véritable
regard. Amber s’arrêta net.
"J’étais en train de lire un livre," dit-elle, tentant de donner à son excuse une certaine
crédibilité.
Mike leva les yeux au ciel. "Ce n’est pas une raison."
Amber sentit une bouffée d’exaspération monter en elle, prête à lui rétorquer quelque chose
de cinglant.
Mais avant qu’elle ne puisse ouvrir la bouche, une voix calme intervint.
"Laisse-la, Mike. Elle t’a dit qu’elle lisait."
C’était Victor. Toujours posé, toujours cette sérénité tranquille dans la voix. Il n’avait pas
besoin d’élever le ton pour se faire entendre.
Mike se contenta de lui jeter un regard en biais avant de détourner la tête, visiblement
contrarié de ne pas pouvoir prolonger la discussion.

5
Amber, elle, se sentit légèrement plus détendue.
Pas complètement, mais un peu.
De toute façon, il y avait plus important.
Le vent soufflait du large, apportant avec lui une brise fraîche et salée, un murmure lointain
qui s’infiltrait entre les murs de pierre du château. C’était une sensation étrange, comme si la
mer elle-même murmurait des secrets qu’elle n’était pas encore prête à entendre. Elle
accéléra le pas, traversa la grande cour et arriva enfin à la salle de magie. Rick était déjà là.
Son regard scrutateur parcourut les élèves rassemblés devant lui. Son visage était grave, mais
une lueur d’enthousiasme brillait dans ses yeux – celle d’un professeur prêt à mettre ses
apprentis à l’épreuve.
"Allez, on commence," dit-il d’une voix qui portait toute l’autorité d’un maître. "Aujourd’hui,
vous allez apprendre à lancer un sort à votre adversaire. Vous devez être précis. Ne gaspillez
pas votre énergie."
Amber sentit un frisson d’excitation lui parcourir l’échine.
Le bruit des vagues résonnait dans son esprit.
Elle se plaça parmi les autres, les mots de Rick gravés dans sa mémoire. Chaque
mouvement magique était un reflet de l’océan : calme, mais imprévisible, apaisant, mais
d’une puissance indomptable.
Elle savait que, peu à peu, elle était en train d’apprendre.
Et surtout, elle était en train de comprendre.
:
Elle savait aussi que ce n'était que le début. Le véritable défi était encore à venir.

Le vent s’était calmé dans la salle d’entraînement du château, laissant l’air vibrer d’une
énergie magique qui semblait persister dans les moindres recoins. Oceane, les yeux illuminés
par une excitation palpable, se tenait fièrement, ses mains encore légèrement tremblantes de
l’effort qu’elle venait de fournir. Son sourire était large, rayonnant de fierté.

« Tu n’aurais pas dû nous lancer ça, » observa Rick avec un sourire malicieux, croisant les
bras sur sa poitrine. Il avait toujours ce petit air de défi, comme s’il était prêt à parier sur
n’importe quelle folie que ses amis pourraient imaginer.

« Ah, mais c’est là que réside le piège, » rétorqua Oceane avec un clin d'œil complice. « La
magie, comme la mer, peut être douce et calme ou déchaînée et puissante. Si tu n’apprends
pas à la maîtriser, elle te submergera. »

Amber, debout un peu en retrait, ressentait un frisson parcourir son échine. Elle avait vu
Oceane déployer sa puissance, et en elle aussi, quelque chose d’invisible mais puissant
semblait bouillonner. Une magie cachée, un potentiel inexploré, lui murmurait les promesses
d’une aventure encore à venir.

Victor, leur mentor à l’allure sereine et au sourire tranquille, la regarda avec une patience
infinie. « C’est ton tour, Amber, » invita-t-il d’une voix douce, comme une caresse. « Il est
temps d’apprendre à te relever quand tout semble sombrer. »

Le château, dans son calme éternel, parut s’immobiliser autour d’elle. Amber ferma les yeux
un instant, faisant le vide dans son esprit. Elle inspira profondément, sentant une chaleur
douce l’envahir. La mer. Elle l’entendait, elle l’appelait dans ses rêves. Les vagues qui
s’écrasaient sur le rivage, les cris lointains des oiseaux, la brise salée effleurant son visage.

5
Elle se laissa emporter par cette sensation, cherchant à se reconnecter à cette force tranquille
qui la guidait.

« Pensons à ce qui nous fait sourire, » murmura Victor, sa voix pleine de douceur, comme un
chant ancien. « À ce qui nous fait nous sentir vivants. »

Amber se perdit un instant dans ses souvenirs. Elle revit Bradley, son frère espiègle, et leur
mère, tous réunis autour d’un repas simple, riant et partageant des histoires. Ce bonheur
ordinaire, cette chaleur familière, était ce qui l’aidait à rester ancrée, à garder son équilibre.

Tout à coup, elle sentit une pulsation sous ses pieds. Les énergies magiques semblaient réagir
à son appel intérieur. Le vent se leva autour d’elle, une danse légère de pouvoir et d’énergie.
Elle lança un coup de pied, mais trop lentement. Un sort, lancé par un des autres, la frappa de
plein fouet, la propulsant au sol. Elle roula sur le côté, un éclat de frustration montant en elle,
mais aussi une étincelle de compréhension.

« Souviens-toi, » dit Victor d’un ton calme, avec une sagesse tranquille, « Il faut être plus
rapide que ton adversaire. »

Amber se redressa, le cœur battant. Mike, qui l'avait observée depuis le début, tendit une main
pour l’aider à se relever. Leur regard se croisa un instant, et Amber ressentit une connexion,
une énergie partagée qui la galvanisait, comme une vague prête à éclater.

« Tu as appris quelque chose aujourd’hui, » déclara Mike, son ton neutre, mais une lueur de
respect brillait dans ses yeux, quelque chose qu’elle n’avait pas l’habitude de voir chez lui. Il
ne disait pas souvent ce qu’il pensait, mais cette lueur suffisait à éclairer son cœur.

Les autres Creeks, silencieux, les observaient avec une attention soutenue, comme des
témoins d’un cheminement invisible. Mia, Rick, Victor, chacun apportait sa touche unique à
cet entraînement, une mélodie harmonieuse d’amitié et de magie. Leurs yeux, empreints de
compréhension, révélaient qu’ils étaient tous liés par une même magie, un même destin.

À mesure que la journée touchait à sa fin, Amber sentait la chaleur de cette famille qu’elle
avait trouvée ici. Elle n’était plus seule dans ce monde étrange et magique. Pas tout à fait
encore, mais elle commençait à comprendre que ce n’était pas une coïncidence qu’elle soit là.
Un sourire serein se dessina sur ses lèvres, prête à affronter ce qui venait. La magie, ce
monde, ces personnes… tout était désormais entre ses mains.

Le vent soufflait doucement, emportant avec lui l’odeur salée de la mer et un frisson
d’inconnu. Mia marchait à ses côtés, ses pas légers et furtifs, comme si elle n’était jamais tout
à fait présente, mais toujours là, prête à écouter.

« Tu sais, » commença Mia, un sourire timide sur les lèvres, « je pense vraiment que tu as
quelque chose de spécial en toi. D’autres l’ont peut-être remarqué, mais je crois que tu es à
l’aube de quelque chose d’incroyable. La magie en toi est unique. »

Amber se tourna vers elle, surprise par cette attention. Mia était souvent si réservée, mais dans
ses yeux brillaient une confiance qui faisait chaud au cœur. « Tu crois vraiment ? » demanda t-
elle, sa voix emplie de curiosité.

5
« Oui, absolument, » répondit Mia avec conviction. « Chaque fois que tu te laisses aller, que
tu ouvres ton cœur à la magie, tu révèles un potentiel que peu de gens ont. Mais il te faut
croire en toi et ne pas avoir peur de tomber, car chaque chute est une leçon. »

Les mots de Mia résonnaient en elle, comme un écho réconfortant. Amber se remémora les
défis qu’elle avait affrontés jusqu’à présent, et malgré les doutes, elle se sentait plus forte à
chaque instant. Elle avait trouvé une famille ici, des amis prêts à l’épauler.

Leurs rires et leur complicité étaient le fil rouge qui tissait leur histoire. Lorsque la lumière
commença à diminuer et que le crépuscule enveloppa le château, Amber savait qu’elle était à
l’aube d’une aventure magique. Ce n’était que le début, après tout, et elle se sentait prête à
découvrir tout ce qui l’attendait
:
« Alors, » dit-elle avec un air malicieux, un sourire espiègle dans les yeux, « on dirait bien
qu'il se passe quelque chose entre toi et Mike, non ? Ce n’est pas du genre à te regarder
comme ça juste pour rien, tu sais. »

Je la dévisageai, prise de court par sa remarque inattendue. Mon cœur fit un bond dans ma
poitrine, mais je tentai d’étouffer la montée de chaleur qui m’envahissait d’un simple éclat de
rire nerveux. « Non, tu t’imagines des choses. C'est juste… un regard. » Je forçai un ton
détaché, mais même moi, je savais que cela sonnait faux.

Mia, avec son air toujours aussi intrépide, arqua un sourcil, un sourire en coin démentant toute
innocence. « Oh, vraiment ? Parce que moi, je vois plutôt deux regards qui se croisent, et ça
n’a rien d’amical, à mon avis. Allez, dis-moi tout. On peut tout se dire, non ? » Elle fit une
pause, attendant ma réaction avec l’impatience d’un chat guettant une souris, comme si elle
savait que sa persévérance finira par m’intriguer.

Je baissai les yeux, l’incertitude m’envahissant. Ce n’était pas la première fois qu'elle me
poussait dans mes retranchements, et je commençai à me demander si je n’étais pas en train
de lui donner raison. « Vraiment, Mia, il n’y a rien, » répondis-je, mais ma voix trahissait une
petite hésitation, comme si j’étais moi-même en train de douter de mes propres paroles.

Elle haussait les épaules avec l’aisance d’un joueur de Quidditch. « Si tu le dis. Mais ne sois
pas trop pressée de tout nier. Moi, je sais quand quelque chose mijote. » Et sur ces mots, elle
tourna les talons, laissant derrière elle un petit nuage de mystère flottant dans l’air, comme un
sort jeté qui ne pouvait être défait.

Je n’eus pas le temps de me concentrer davantage sur cette conversation, car un bruit attira
soudain mon attention. Mariana, un peu plus loin, venait de laisser tomber un livre de son
cartable. Mes yeux se posèrent instinctivement sur elle. Je tendis l’oreille et entendis un
murmure à peine audible, comme un souffle porté par le vent : « Comment retrouver une clé...
» Un frisson inexplicable me parcourut l'échine. Ce titre, cette phrase… il y avait quelque
chose de dérangeant dans la situation. Un pressentiment me fit sourciller. Pourquoi Mariana
avait-elle ce livre ? Et pourquoi ce titre si intriguant ?

Nos regards se croisèrent brièvement, mais il ne se passa rien. Elle sembla à peine surprise de
me voir l’observer, et au lieu de m’accorder un sourire, elle se détourna aussi vite, comme si
elle avait voulu cacher quelque chose. Une boule de malaise grandissait dans ma poitrine.

5
Pourquoi ce livre ? Pourquoi elle ? Et pourquoi cette lueur étrange dans ses yeux, comme si
elle avait été prise en flagrant délit ?

À peine avais-je le temps de m’interroger sur tout cela que la voix sèche et tranchante de
Mike me fit sursauter.

« Amber, » dit-il, en me fixant d’un regard perçant, « tu n’as pas réussi l’exercice. C’est la
troisième fois que ça arrive. Tu sais ce que ça signifie, n’est-ce pas ? »

Une vague de chaleur monta en moi, mêlant frustration et culpabilité. Chaque mot qu'il
prononçait résonnait comme le son d’un gong, et j’avais l’impression que l’espace autour de
nous se réduisait, devenant plus étroit, plus oppressant. « Je sais, » murmurais-je, cherchant à
cacher l’anxiété qui montait dans ma gorge. « Je ferai mieux la prochaine fois. » Mais au fond
de moi, je savais que faire mieux n’était jamais suffisant pour Mike. Ses attentes étaient des
montagnes qu'il voulait nous voir gravir sans une once de doute. Parfois, je me demandais si
j’y arriverais un jour.

Il me regarda un instant, une lueur d’impatience dans ses yeux avant de se détourner
brusquement. « Tu feras mieux. »

Je laissai échapper un souffle, le cœur battant, tandis que l'atmosphère autour de moi se
décompressait lentement. Mike pouvait être dur, presque impitoyable, mais je savais qu’il
avait raison sur une chose : il n’y avait pas de place pour les faiblesses ici. Nous devions être
forts, au-delà de tout. Et pour y parvenir, il fallait que je me prouve à moi-même que je
pouvais tenir tête à ses exigences. Pas seulement pour lui, mais pour moi.

Je hochai lentement la tête, même si, au fond, je n’étais pas tout à fait sûre de ce qu’elle
voulait dire. La pression montait, mais quelque chose en moi se raffermissait. Je savais que je
pouvais le faire, même si la route s’annonçait semée d'embûches. Il me suffisait de me
concentrer et de me rappeler pourquoi j'étais là, entourée de ces personnes, de cette magie.
O

4o mini

4o mini

4o mini

Je redressai la tête, défiant l’autorité de Mike avec un feu ardent dans les yeux. « Je sais,
Mike, mais on apprend en faisant des erreurs. Pas la peine de me réprimander comme un
enfant. »

5
Je redressai la tête, le défi dans les yeux. "Je sais, Mike, mais on apprend en faisant des erreurs.
Pas la peine de me réprimander." Sa mâchoire se serra, et son regard devint plus perçant,
comme s’il tentait de me lire en profondeur. "Si je dois le faire, je le ferai. Je me suis promis de
t’aider à réussir ta mission, et c’est ce que je vais faire." Ses paroles étaient aussi froides et
tranchantes qu’un vent d’hiver, une promesse qu’il ne semblait pas prêt à briser. Un sentiment
d’irritation sourde monta en moi, une frustration à peine contenue. "Tu t’es un peu trop investi,
non ?" C’était plus fort que moi. J’avais assez de cet air autoritaire, presque possessif. Il me fixa
intensément, ses yeux devenant deux braises glacées. "Si tu échoues, je te punirai." Je frémis,
une chaleur étrange montait dans ma nuque. "Et comment ?" demandai-je, ma voix tranchante,
l'irritation bien plus forte qu’avant. Il me regarda un instant, son regard se faisant plus froid
encore, comme une promesse silencieuse de quelque chose de bien plus inquiétant. "Tu
n’aimerais pas savoir." Il attrapa mon poignet, le serrant juste assez pour marquer son pouvoir.
Mon cœur s’emballa, mais je restai figée, incapable de bouger. Puis il relâcha ma main
brusquement, comme s’il venait de se rendre compte de la brutalité de son geste. À cet instant,
Victor arriva, l’inquiétude dessinée sur son visage. "Mike, qu’est-ce que tu fais ?" Il se plaça
entre nous, comme un bouclier protecteur. Mike le fixa un instant, les poings serrés, mais ne
répondit pas. "Ça ne te regarde pas," lança_t-il sèchement, avant de se détourner et de
s’éloigner d’un pas furieux. Victor se tourna vers moi, la douceur de sa voix venant briser le
silence qui s'était imposé. "Tu vas bien ?" Je hochai la tête, essayant de masquer la tension qui
me nouait la gorge. "Oui, je vais bien." Mais mon cœur battait à tout rompre, la sensation
d’oppression qui m'envahissait refusant de se dissiper. "Ne laisse plus Mike te maltraiter,
d’accord ?" Victor posa une main rassurante sur mon épaule. "Tu sais, on est là pour toi. Si
jamais il recommence, tu n’as qu’à me le dire." Je le regardai, un peu perdue, avant de répondre
d'une voix faible mais déterminée : "Ok." Il me sourit, ce sourire apaisant qui dissipait, ne serait
ce qu’un peu, l’ombre de Mike. Il prit ma main, et nous nous dirigeâmes vers la cafétéria. Mes
pensées tournaient en boucle. L'angoisse, les confusions, mais aussi des espoirs fragiles se
mêlaient dans mon esprit. Le château était un lieu à la fois rassurant et intimidant, comme un
grand vaisseau qui naviguait entre les tempêtes et les cieux étoilés. Mike, avec sa froideur et
ses paroles tranchantes, m’enlaçait dans une brume constante. Mais il y avait aussi Victor, cette
bouffée d’air frais, un peu comme Mia, mais avec la sagesse en plus. 5 Et puis, il y avait la
magie. Elle était là, tout autour de moi, une présence silencieuse, vibrante, et pleine de
promesses. Je savais que je devais l’accepter, la comprendre, la maîtriser, pour réussir la
mission qui m’attendait. Mais pour l’instant, tout ce que je voulais, c’était un peu de calme. Un
peu de paix. Je marchais en silence à côté de Victor, écoutant le bruit doux de nos pas sur le sol
de pierre, un léger apaisement venant calmer la tempête de mes pensées. Le château semblait
vaste, immense, mais aussi étrangement intime, comme un monde à part. Nous nous
installâmes à une grande table où plusieurs personnes étaient déjà assises, mangeant dans un
silence étrange. Les femmes qui servaient les plats étaient figées, presque spectrales, comme
des ombres flottantes qui observaient sans jamais toucher les aliments. La nourriture,
cependant, semblait animée d’une vie propre. Elle se soulevait du plat avec une grâce fluide,
comme si elle dansait dans l’air, avant de se déposer délicatement dans les assiettes
superposées, une après l’autre. Je n’avais jamais rien vu de tel. C’était fascinant, mais aussi
légèrement déroutant. Une fois l’assiette servie, elle glissait en douceur vers nous, rejoignant un
grand sceau posé dans un coin de la salle, où les autres plats s’amassaient en silence. Mes yeux
suivaient ce mouvement avec une curiosité mêlée d’hésitation. La nourriture, en elle-même,
était... particulière. Ce soir-là, le menu consistait en des pâtes aux grenouilles accompagnées de
vers de terre. Les vers bougeaient encore, vivants, frémissant dans mon assiette, s’enroulant
autour des pâtes, leurs petits corps agitant l’air. Je déglutis difficilement, un frisson de dégoût
me traversant l’échine, mais je savais que je n'avais pas vraiment le choix. Mia s’assit à côté de
moi, son regard curieux se posant sur mon assiette. "Tu t’habitues à la nourriture d’ici ?"
demanda-t-elle, un éclat malicieux dans les yeux. "Un peu..." répondis-je, luttant pour ne pas
laisser paraître combien cela me déstabilisait. "Moi, au début, je n’osais même pas y toucher,"
avoua-t-elle en riant doucement. "Tu es bien plus courageuse que moi." Un petit sourire timide
échappa à mes lèvres. "Ah, ok..." "Tu sais, t’inquiètes pas," dit-elle, baissant la voix comme si
elle me confiait un secret. "C’est comme ça au début. Quand on commence à s’entraîner, on fait
des erreurs, mais ça passe. Tu vas t’y faire." Je hochai la tête, mais mon esprit était déjà

5
ailleurs. L’échange avec Mike me pesait encore, une tension non résolue qui flottait entre nous
depuis notre entraînement. Il y avait quelque chose de lourd, de malaisé entre nous, que je
n’arrivais pas à apprivoiser. "Tu nous rejoins pour faire du yoga ?" demanda Mia, son ton léger,
presque enjoué. Je la regardai un instant, désirant fuir l’atmosphère oppressante de la salle,
mais je savais que ce n’était pas le moment de tout rejeter. "Non, je dois m’entretenir avec la
directrice." Rien que l’idée de devoir lui parler me nouait l’estomac, mais c’était inévitable. 5
"Ah, ok," répondit-elle, un peu déçue, mais elle ne s’attarda pas sur sa déception. "Donc, la
prochaine fois, alors." Je voulais lui répondre, lui dire que j’espérais bien la rejoindre une autre
fois, mais mes mots restaient bloqués dans ma gorge, écrasés sous le poids de
l’incompréhension et de l’incertitude qui m’étouffaient. La porte de la cafétéria s’ouvrit
soudainement, et une silhouette familière apparut dans l’encadrement. Katherine. La femme
au chapeau, une présence à la fois intrigante et inquiétante. Toujours vêtue de noir, elle flottait
dans la pièce telle une ombre élégante, son regard glacial glissant sur nous tous sans jamais se
poser. Son sourire, comme d’habitude, n’atteignait pas ses yeux, laissant une sensation de
froideur persistante dans l’air. Elle s’assit à notre table sans un mot, ses yeux balayant la pièce
d’un regard aussi supérieur qu’impassible. Il n’y avait jamais rien de chaleureux chez elle, juste
une autorité tacite, comme une force invisible qu’elle imposait silencieusement. Je la regardai
furtivement, un frisson d’appréhension me traversant l’échine. Quelque chose en elle ne me
revenait pas, une dissonance étrange, comme si elle n’était pas tout à fait à sa place ici. Mais je
chassai cette pensée, l’écartant aussi vite qu’elle était apparue. Pas maintenant. Pas ici. Je pris
une bouchée, un peu plus déterminée à finir mon repas, même si les vers dans mon assiette
semblaient se tordre et se dérouler d’une manière de plus en plus repoussante. C’était un effort,
une lutte contre la nausée qui montait, mais je m’y accrochais, préférant garder une certaine
dignité, même dans ce moment étrange et inconfortable. Le château semblait respirer sous la
nuit noire, ses pierres anciennes murmurant des secrets oubliés, comme un cœur battant dans
l’ombre. L’air, lourd et épais, semblait se suspendre autour de nous, comme si la terre elle
même retenait son souffle. Chaque coin de ce lieu mystique semblait vibrer d’une énergie qui
m’échappait, une magie cachée dans les pierres, enfouie sous les siècles. C’était presque
comme si le château était vivant. Soudain, la voix de la directrice fendit l’air, brisant le silence
pesant d’un coup. "Un évadé de prison," dit-elle, grave et claire. "Restez sur vos gardes. Le
château fermera à 21h." Le mot "prisonnier" se répercuta dans la salle, lourd, comme un coup
de tonnerre dans la nuit. Chaque syllabe semblait porter une menace palpable, une tension qui
se diffusa instantanément dans l’atmosphère, faisant frissonner l’ensemble des élèves, d’une
manière presque imperceptible, mais indéniable. Le silence se fit encore plus lourd, comme si
chaque respiration était suspendue. "Qui est-ce ?" demanda une voix tremblante, un éclat de
peur glissant dans la question. La directrice leva les yeux, ses traits tirés, et je crus voir un
instant de crainte dans son regard. "Andy Cruse, surnommé 'Le Chat'," répondit-elle. À
l'évocation de ce nom, une onde de frissons traversa la pièce. Les murmures montèrent, un
vacarme sourd, chaque visage marqué d’effroi, d’incertitude, et, curieusement, aussi d'une
curieuse fascination. Andy Cruse. Le nom d’un fantôme du passé, celui d’un criminel dont les 5
exploits, si l’on pouvait les appeler ainsi, étaient devenus légende. Il avait semé la terreur il y a
mille ans, un spectre toujours aussi menaçant et réel que les murs mêmes du château. Mais
parmi nous, une présence étrange restait implacable. Marianna. Elle ne bougeait pas. Ses yeux
étaient fixés sur son assiette, ses mains délicates entrelacées comme si elle était une
spectatrice de ce moment effrayant, détachée de tout. Aucun tremblement. Aucune frayeur.
Juste une froideur presque... inhumaine. Il y avait quelque chose chez elle, une sérénité étrange,
qui me glaçait sans que je puisse comprendre pourquoi. "Ne sortez pas dans la forêt," reprit la
directrice, sa voix maintenant teintée d’une menace claire. "Ce prisonnier est un danger. Restez
dans les murs du château." Les portes se fermèrent alors, brisant les murmures effrayés qui se
propageaient dans la pièce. Nous nous dirigions tous vers nos dortoirs, mais un poids lourd
pesait sur mes épaules. Un tiraillement étrange. Quelque chose me poussait à regarder
Marianna une dernière fois, un sentiment pressant, comme si elle détenait une part de la vérité.
Mais quoi ? Que cachait-elle ? Pourquoi cette indifférence apparente, presque surnaturelle, face
à la menace d’un criminel mythique ? Cela me glaçait, me troublerait sans doute encore
longtemps. Victor, fidèle à son rôle d’ombre protectrice, se glissa près de moi. Il semblait plus
tendu que d’habitude, ses traits figés dans une expression d’inquiétude. "Andy Cruse…"

5
murmura-t-il, presque comme une confession. "C’est l’un des plus grands criminels. Il a tué… des
gens il y a des années. Une véritable légende noire. On raconte que ses pouvoirs étaient
inégalés. Personne ne savait vraiment comment l’arrêter." Je l’écoutais sans le quitter des yeux,
mais une autre pensée me traversa. L’idée que Marianna semblait si calme face à ce danger, et
que ce nom – "Le Chat" – faisait écho en moi de façon étrange. Un écho trop familier. Un
mystère que je n’arrivais pas encore à saisir. Je pris le grimoire entre mes mains, ses pages
usées sous mes doigts comme si elles attendaient d’être tournées depuis des siècles. Le livre
semblait vibrer d’une énergie ancienne, presque imperceptible, mais indéniablement présente.
L’air autour de moi s’était alourdi, et la lumière vacillante des bougies jetait des ombres
dansantes sur les murs de la salle des magies. C’était comme si la pièce elle-même retenait son
souffle. Victor, de l'autre côté de la pièce, observait attentivement ma réaction. Il ne disait rien,
mais ses yeux, perçants et gravement fixés sur moi, semblaient implorer une réponse. La
réponse que je n'avais pas encore. "Les réponses sont dans ce livre, Amber", dit-il, sa voix un
murmure entre les murs, "mais tu dois être prête à les affronter." Je sentis un frisson me
parcourir. Être prête à affronter quoi ? Cette question flottait dans mon esprit, mais je n’osais la
formuler à haute voix. L’atmosphère pesante de la salle semblait se resserrer autour de moi à
mesure que j'ouvrais lentement le livre, la couverture craquant sous le mouvement. Les
premières pages étaient couvertes de symboles que je ne comprenais pas. Ils brillaient d'une
lueur douce, presque invisible, comme si la magie elle-même avait besoin de temps pour se
révéler à ceux qui étaient dignes de la découvrir. Je parcourus quelques lignes, 5 cherchant à
déchiffrer les mots qui semblaient se dérober à moi, mais une phrase en particulier me sauta
aux yeux, inscrite en lettres dorées : "Le destin de tous repose sur la clé que tu portes." Je
m’arrêtai net. La clé… je suis la clé ? La vérité m’apparut comme une gifle, mais une vérité que
je savais déjà. Tout ce qui avait conduit à ce moment, tout ce que j'avais vécu dans ce château,
les rencontres, les épreuves, tout cela m'avait préparée à comprendre cette réalité. La clé,
c’était moi. C’était mon pouvoir, ma responsabilité, mon fardeau. Un bruit sourd se fit entendre à
la porte. Je levai les yeux, le cœur battant plus fort. Victor n’eut pas besoin de parler. Il savait,
tout comme moi, que le danger se rapprochait. Et si Andy Cruse, le Chat, était vraiment là, parmi
nous… tout allait basculer. Les ombres de la pièce semblaient se tordre sous l’impact de cette
menace, et une lourde chaleur monta en moi, l’idée de ce qui pourrait arriver si je ne parvenais
pas à comprendre ce qui m'attendait. Je refermai le livre, résolue. L’angoisse était toujours là,
mais désormais, je la comprenais. Je n'avais pas le choix. Tout ce que je savais, tout ce que
j'avais découvert, me mena vers ce moment. Victor s'approcha lentement, ses yeux toujours
fixés sur le grimoire. Il hocha la tête avec une gravité silencieuse, et d'un ton plus bas, presque
solennel, il murmura : "Nous n'avons plus de temps à perdre." Je savais qu’il avait raison. La
vérité m'était dévoilée, et le chemin devant moi, aussi obscur soit-il, était celui que je devais
suivre. Pour l'instant, tout ce que je pouvais faire, c’était l’accepter. Les heures s’étiraient
interminablement, et les ombres de la nuit semblaient s’allonger dans chaque recoin de la
pièce. Le silence du dortoir, à peine troublé par les murmures de Vicky, me pesait sur les
épaules. Je n’arrivais pas à fermer l’œil. L'image d'Andy Cruse, son regard froid et sans émotion,
hantait mes pensées. J’avais entendu des histoires, mais rien ne m’avait préparée à la réalité de
ce qu’il représentait. Je m’allongeai sur le lit, les yeux fixés sur le plafond, tentant de repousser
l’angoisse. Mais l’air dans la chambre semblait s’être épaissi, chaque respiration devenant plus
difficile, comme si quelque chose nous observait dans l’obscurité. Le son d’un pas lourd me fit
sursauter. La porte du dortoir s’ouvrit doucement. Une silhouette se dessina dans
l’encadrement. C’était Victor. "Tu ne dors pas non plus ?" murmura-t-il, sa voix basse et tendue.
Je me redressai dans le lit, surprise de le voir là. "Je n’arrive pas à y croire… Andy Cruse… C’est…
c’est comme un fantôme, non ?" 5 Victor s’approcha lentement, son regard préoccupé. "Il n’est
pas un fantôme, Amber. C’est bien pire que ça. Il est réel, et il est là, parmi nous." Le froid dans
sa voix me fit frissonner. Il n’y avait aucune trace de doute dans ses yeux. La menace était bien
présente, palpable. "Mais pourquoi maintenant ? Pourquoi il est revenu ici ?" Il soupira, se
passant une main dans les cheveux. "Ce château… Il renferme plus de secrets que tu ne
l’imagines. Andy Cruse est lié à tout ça. Et il n’est pas le seul. La magie ici… Elle a un prix. Et il va
tout faire pour l’obtenir." Je me sentais naître une peur nouvelle, plus profonde que tout ce que
j'avais ressenti jusque_là. L'incompréhension me paralysait. "Qu'est-ce que tu veux dire par 'le
prix' ?" Victor hésita, comme s’il pesait chaque mot. "Il y a des choses que tu n’es pas encore

5
prête à comprendre. Mais tu vas devoir le faire, Amber. Parce que tout ce que tu sais sur ce
château, sur ce monde… ça va changer." Il tourna les talons, s’apprêtant à partir, mais s'arrêta
sur le seuil de la porte. "Essaie de dormir. Le reste viendra, tôt ou tard." Je le regardai s’éloigner
dans l’obscurité, le cœur lourd. Un vertige m’envahit, comme si je m’étais aventurée dans un
monde dont les règles m’échappaient complètement. Et quelque chose au fond de moi me
disait que ce n’était que le débutSa mâchoire se serra, et son regard, habituellement perçant,
devint un véritable glaive digne d’un duel entre sorciers. « Si je dois le faire, je le ferai. Je me
suis promis de t’aider à réussir ta mission, et crois-moi, je ne déroge jamais à mes
promesses. » Ses paroles, aussi froides et tranchantes qu’un vent d’hiver, étaient une
promesse de détermination, mais aussi une menace voilée.
Un sentiment d’irritation sourde monta en moi, comme une tempête prête à éclater. « Tu t’es
un peu trop investi dans cette histoire, non ? » lançai-je, ma voix trahissant une colère que je
n’avais pas prévu de laisser transparaître. J’en avais assez de cet air autoritaire, presque
possessif, qui le transformait en un général sur le champ de bataille, sans intention de
reculer.
Il me fixa intensément, ses yeux devenant deux braises glacées qui semblaient percer mon
âme. « Si tu échoues, je te punirai. »
Je frémis, une chaleur étrange montant dans ma nuque, comme si mes propres mots avaient
réveillé un dragon endormi. « Et comment ? » demandai-je, ma voix tranchante comme la
lame d’un couteau, l’irritation bien plus forte qu’auparavant.
Mike me scruta un instant, son regard se faisant encore plus froid, tel un iceberg menaçant.
« Tu n’aimerais pas savoir. » Il attrapa mon poignet, le serrant juste assez pour marquer son
pouvoir, une démonstration de force qui fit palpiter mon cœur avec une rapidité alarmante.
Je restai figée, incapable de bouger, avant qu’il ne relâche ma main brusquement, comme
s’il venait de réaliser la brutalité de son geste.
À cet instant, Victor, notre mentor à l’allure rassurante, intervint, son visage empreint
d’inquiétude. « Mike, qu’est-ce que tu fais ? » Il se plaça entre nous, agissant comme un
bouclier protecteur, prêt à me défendre contre la tempête qui se formait autour de moi. Mike
le fixa un instant, les poings serrés, mais ne répondit pas, un silence chargé de tension
s’installant. « Ça ne te regarde pas, » lança-t-il sèchement, avant de se détourner,
s’éloignant d’un pas furieux qui résonnait comme un coup de tonnerre dans l’atmosphère
oppressante de la pièce.
Victor se tourna vers moi, la douceur de sa voix venant briser le silence qui pesait sur mes
épaules. « Tu vas bien ? » Il avait ce don d’apaiser les tempêtes, un phare dans la noirceur
de mes pensées tourbillonnantes.
Je hochai la tête, tentant de masquer la tension qui me nouait la gorge. « Oui, je vais bien. »
Pourtant, mon cœur battait à tout rompre, une cacophonie de peur et de frustration refusant
de se dissiper.
« Ne laisse plus Mike te maltraiter, d’accord ? » Victor posa une main rassurante sur mon
épaule, sa chaleur enveloppante m’apportant un répit bienvenu. « Tu sais, on est là pour toi.
Si jamais il recommence, tu n’as qu’à me le dire. »
Je le regardai, un peu perdue, mais un frisson de gratitude m’envahit. « Ok. » Sa promesse
résonnait comme une douce mélodie, dissipant l’ombre que Mike avait laissée dans mon
esprit. Il prit ma main, et ensemble, nous nous dirigeâmes vers la cafétéria. Mes pensées
tourbillonnaient, des vagues d’angoisse et de confusion se mêlant à des espoirs fragiles.
Le château, avec son architecture majestueuse, était un lieu à la fois rassurant et
intimidant, comme un grand vaisseau naviguant entre les tempêtes et les cieux étoilés.
Mike, avec sa froideur et ses paroles tranchantes, était une brume constante, obstruant ma
vue. Mais il y avait aussi Victor, une bouffée d’air frais, un peu comme Mia, mais avec une
sagesse qui l’élevait au-dessus des autres.
Et puis, il y avait la magie. Elle était là, tout autour de moi, une présence silencieuse,
vibrante, pleine de promesses. Je savais que je devais l’accepter, la comprendre, la
maîtriser pour réussir la mission qui m’attendait. Mais pour l’instant, tout ce que je souhaitais,
c’était un peu de calme. Un peu de paix.

5
Je marchais en silence à côté de Victor, écoutant le bruit doux de nos pas sur le sol de
pierre, un léger apaisement venant calmer la tempête qui faisait rage dans mon esprit. Le
château semblait vaste, immense, mais aussi étrangement intime, comme un monde à part
où chaque couloir racontait une histoire.
Nous nous installâmes à une grande table où plusieurs personnes étaient déjà assises,
plongeant dans leur repas dans un silence presque sacré. Les femmes qui servaient les
plats semblaient figées, presque spectrales, comme des ombres flottantes qui observaient
sans jamais toucher les aliments. La nourriture, cependant, semblait être animée d’une vie
propre. Elle se soulevait du plat avec une grâce fluide, comme si elle dansait dans l’air avant
de se déposer délicatement dans les assiettes superposées, une après l’autre. Je n’avais
jamais rien vu de tel. C’était fascinant, mais aussi légèrement déroutant. Une fois l’assiette
servie, elle glissait en douceur vers nous, rejoignant un grand sceau posé dans un coin de
la salle, où les autres plats s’amassaient en silence. Mes yeux suivaient ce mouvement
avec une curiosité mêlée d’hésitation.
La nourriture, en elle-même, était... particulière. Ce soir-là, le menu consistait en des pâtes
aux grenouilles accompagnées de vers de terre. Les vers bougeaient encore, vivants,
frémissant dans mon assiette, s’enroulant autour des pâtes, leurs petits corps agitant l’air
dans une danse grotesque. Je déglutis difficilement, un frisson de dégoût me parcourant
l’échine, mais je savais que je n'avais pas vraiment le choix. La magie de ce lieu exigeait des
sacrifices.
Mia s’assit à côté de moi, son regard curieux se posant sur mon assiette. « Tu t’habitues à la
nourriture d’ici ? » demanda-t-elle, un éclat malicieux dans les yeux, comme si elle en savait
déjà plus qu’elle ne le laissait entendre.
« Un peu... » répondis-je, luttant pour ne pas laisser paraître combien cela me déstabilisait.
« Moi, au début, je n’osais même pas y toucher, » avoua-t-elle en riant doucement, son rire
cristallin apportant une légèreté bienvenue. « Tu es bien plus courageuse que moi. » Un
petit sourire timide échappa à mes lèvres alors que je l’observais, reconnaissant l’étincelle
d’amitié qui grandissait entre nous. « Ah, ok... »
« Tu sais, ne t’inquiète pas, » dit-elle, baissant la voix comme pour garder ce moment secret.
« C’est comme ça au début. Quand on commence à s’entraîner, on fait des erreurs, mais ça
passe. Tu vas t’y faire, et ça deviendra une aventure. »
Je hochai la tête, mais mon esprit était déjà ailleurs. L’échange avec Mike continuait de me
peser, une tension non résolue qui flottait entre nous depuis notre entraînement. Il y avait
quelque chose de lourd, de malaisé, que je n’arrivais pas à apprivoiser. « Tu nous rejoins
pour faire du yoga ? » demanda Mia, son ton léger, presque enjoué, comme un rayon de
soleil perçant à travers les nuages sombres.
Je la regardai un instant, le désir de fuir l’atmosphère oppressante de la salle m’effleurant,
mais je savais que ce n’était pas le moment de tout rejeter. « Non, je dois m’entretenir avec
la directrice. » Rien que l’idée de devoir lui parler me nouait l’estomac, une anxiété sourde
prenant forme à l’idée de l’affronter.
« Ah, ok, » répondit-elle, un peu déçue, mais elle ne s’attarda pas sur sa déception. « Donc,
la prochaine fois, alors. »
Et alors que mes pensées se débattaient dans un tourbillon d’émotions, je réalisai que,
malgré les tempêtes qui faisaient rage autour de moi, il y aurait toujours des moments de
calme, des rayons de lumière dans l’ombre de mes doutes. Il me restait à apprendre à
naviguer entre les deux, à plonger dans la magie que ce monde offrait, tout en gardant mon
cœur en sécurité.
Je voulais lui répondre, lui dire que j’espérais bien la rejoindre une autre fois, mais
mes mots restaient bloqués dans ma gorge, écrasés sous le poids de
l’incompréhension et de l’incertitude qui m’étouffaient.
Soudain, la porte de la cafétéria s’ouvrit avec fracas, et une silhouette familière
apparut dans l’encadrement. Katherine. La femme au chapeau, une figure à la fois
intrigante et inquiétante. Toujours vêtue de noir, elle flottait dans la pièce telle une
ombre élégante, ses mouvements empreints d'une grâce presque surnaturelle. Son

5
regard glacial balayait la pièce, effleurant chacun de nous sans jamais vraiment
s’arrêter. Son sourire, comme d’habitude, n’atteignait jamais ses yeux, laissant
derrière lui un frisson de froid dans l’air.
Elle s’assit à notre table sans un mot, ses yeux balayant la pièce d’un regard
supérieur et impassible, comme si elle était la gardienne d’un secret ancien. Il n’y
avait rien de chaleureux chez elle, juste une autorité tacite, comme une force
invisible qu’elle imposait silencieusement. Un frisson d’appréhension me traversa
l’échine. Quelque chose en elle ne me revenait pas, une dissonance étrange, comme
si elle n’était pas tout à fait à sa place ici. Mais je chassai cette pensée, l’écartant
aussi vite qu’elle était apparue. Pas maintenant. Pas ici.
Je pris une bouchée, un peu plus déterminée à finir mon repas, même si les vers
dans mon assiette semblaient se tordre et se dérouler d’une manière de plus en plus
repoussante. Chaque mouvement était une lutte contre la nausée qui montait, mais
je m’y accrochais, préférant garder une certaine dignité, même dans ce moment
étrange et inconfortable.
Le château semblait respirer sous la nuit noire, ses pierres anciennes murmurant des
secrets oubliés, comme un cœur battant dans l’ombre. L’air, lourd et épais,
s’accrochait à nous, comme si la terre elle-même retenait son souffle. Chaque recoin
de ce lieu mystique semblait vibrer d’une énergie qui m’échappait, une magie cachée
dans les pierres, enfouie sous les siècles. C’était presque comme si le château était
vivant, conscient des âmes qui erraient en lui.
Soudain, la voix de la directrice fendit l’air, brisant le silence pesant d’un coup. « Un
évadé de prison, » dit-elle, grave et claire. « Restez sur vos gardes. Le château
fermera à 21h. »
Le mot "prisonnier" se répercuta dans la salle, lourd, comme un coup de tonnerre
dans la nuit. Chaque syllabe semblait porter une menace palpable, une tension qui
se diffusa instantanément dans l’atmosphère, faisant frissonner l’ensemble des
élèves, d’une manière presque imperceptible mais indéniable. Le silence devint plus
lourd, comme si chaque respiration était suspendue, figée dans un moment de
terreur.
« Qui est-ce ? » demanda une voix tremblante, un éclat de peur glissant dans la
question.
La directrice leva les yeux, ses traits tirés, et je crus déceler un instant de crainte
dans son regard, une faiblesse fugace qui tranchait avec son autorité habituelle. «
Andy Cruse, surnommé 'Le Chat', » répondit-elle, son ton empreint d'une gravité qui
résonnait comme un glas.
À l'évocation de ce nom, une onde de frissons traversa la pièce. Les murmures
montèrent, un vacarme sourd, chaque visage marqué d’effroi, d’incertitude, et
curieusement, d’une fascinante curiosité. Andy Cruse. Le nom d’un fantôme du
passé, celui d’un criminel dont les exploits, si l’on pouvait les appeler ainsi, étaient
devenus légende. Il avait semé la terreur il y a des siècles, un spectre toujours aussi
menaçant et réel que les murs mêmes du château.
Mais parmi nous, une présence étrange restait implacable. Marianna. Elle ne
bougeait pas. Ses yeux étaient fixés sur son assiette, ses mains délicates
entrelacées, presque comme si elle était une spectatrice de ce moment effrayant,
détachée de tout. Aucun tremblement. Aucune frayeur. Juste une froideur presque...
inhumaine. Il y avait quelque chose chez elle, une sérénité étrange, qui me glaçait
sans que je puisse comprendre pourquoi.
« Ne sortez pas dans la forêt, » reprit la directrice, sa voix maintenant teintée d’une
menace claire. « Ce prisonnier est un danger. Restez dans les murs du château. »

5
Les portes se fermèrent alors, brisant les murmures effrayés qui se propageaient
dans la pièce comme des vagues sur une plage déchaînée. Nous nous dirigeons
tous vers nos dortoirs, mais un poids lourd pesait sur mes épaules. Un tiraillement
étrange. Quelque chose me poussait à regarder Marianna une dernière fois, un
sentiment pressant, comme si elle détenait une part de la vérité. Mais quoi ? Que
cachait-elle ? Pourquoi cette indifférence apparente, presque surnaturelle, face à la
menace d’un criminel mythique ? Cela me glaçait, me troublerait sans doute encore
longtemps.
Victor, fidèle à son rôle d’ombre protectrice, se glissa près de moi. Il semblait plus
tendu que d’habitude, ses traits figés dans une expression d’inquiétude. « Andy
Cruse… » murmura-t-il, presque comme une confession. « C’est l’un des plus grands
criminels. Il a tué… des gens, il y a des années. Une véritable légende noire. On
raconte que ses pouvoirs étaient inégalés. Personne ne savait vraiment comment
l’arrêter. »
Je l’écoutais sans le quitter des yeux, mais une autre pensée me traversa. L’idée que
Marianna semblait si calme face à ce danger, et que ce nom – "Le Chat" – faisait
écho en moi d’une manière troublante. Un écho trop familier. Un mystère que je
n’arrivais pas encore à saisir.
Je pris le grimoire entre mes mains, ses pages usées sous mes doigts comme si
elles attendaient d’être tournées depuis des siècles. Le livre semblait vibrer d’une
énergie ancienne, presque imperceptible, mais indéniablement présente. L’air autour
de moi s’était alourdi, et la lumière vacillante des bougies jetait des ombres
dansantes sur les murs de la salle des magies. C’était comme si la pièce elle-même
retenait son souffle.
Victor, de l'autre côté de la pièce, observait attentivement ma réaction. Il ne disait
rien, mais ses yeux, perçants et gravement fixés sur moi, semblaient implorer une
réponse. La réponse que je n'avais pas encore.
« Les réponses sont dans ce livre, Amber, » dit-il, sa voix un murmure entre les
murs, « mais tu dois être prête à les affronter. »
Je sentis un frisson me parcourir. Être prête à affronter quoi ? Cette question flottait
dans mon esprit, mais je n’osais la formuler à haute voix. L’atmosphère pesante de
la salle semblait se resserrer autour de moi à mesure que j'ouvrais lentement le livre,
la couverture craquant sous le mouvement.
Les premières pages étaient couvertes de symboles que je ne comprenais pas. Ils
brillaient d'une lueur douce, presque invisible, comme si la magie elle-même avait
besoin de temps pour se révéler à ceux qui étaient dignes de la découvrir. Je
parcourus quelques lignes, cherchant à déchiffrer les mots qui semblaient se dérober
à moi, mais une phrase en particulier me sauta aux yeux, inscrite en lettres dorées :
"Le destin de tous repose sur la clé que tu portes."
Je m’arrêtai net. La clé… je suis la clé ?
La vérité m’apparut comme une gifle, mais une vérité que je savais déjà. Tout ce qui
avait conduit à ce moment, tout ce que j'avais vécu dans ce château, les rencontres,
les épreuves, tout pointait vers moi. Une peur sourde et une détermination nouvelle
se mêlaient en moi, un mélange explosif. Je sentais que je ne pouvais plus reculer.
La magie, le danger, même ces ombres menaçantes, tout cela était lié à moi et à ma
mission.
Je fermai les yeux un instant, rassemblant mes pensées, puis je rouvris le livre, prête
à plonger dans les mystères qu’il renfermait. C’était là, dans ces pages, que se
trouvait mon avenir, mon destin. Les voix du passé murmuraient autour de moi, et je
5
savais que la clé de tout, celle qui pouvait ouvrir la porte vers la vérité, était à portée
de main.

Tout cela m'avait préparée à comprendre cette réalité. La clé, c’était moi. C’était mon
pouvoir, ma responsabilité, mon fardeau, et je commençais à réaliser l’ampleur de ce que
cela impliquait.
Un bruit sourd résonna à la porte, me faisant sursauter. Je levai les yeux, le cœur battant la
chamade. Victor n’eut pas besoin de parler. Son visage, habituellement serein, était devenu
grave. Nous savions tous les deux que le danger se rapprochait. Si Andy Cruse, le Chat,
était vraiment là, parmi nous… tout allait basculer.
Les ombres de la pièce semblaient se tordre sous le poids de cette menace, et une lourde
chaleur monta en moi, alimentée par l’idée de ce qui pourrait arriver si je ne parvenais pas à
comprendre ce qui m'attendait. Je refermai le livre avec détermination, mes pensées
s'accélérant. L’angoisse persistait, mais désormais, je l’acceptais. Je n'avais pas le choix.
Tout ce que je savais, tout ce que j'avais découvert, m'amenait vers ce moment décisif.
Victor s'approcha lentement, ses yeux toujours fixés sur le grimoire. Il hocha la tête avec une
gravité silencieuse, et d'un ton plus bas, presque solennel, il murmura : « Nous n'avons plus
de temps à perdre. »
Ses mots résonnèrent en moi comme un appel à l’action. Je savais qu’il avait raison. La
vérité m'était révélée, et le chemin devant moi, aussi obscur soit-il, était celui que je devais
suivre. Pour l’instant, tout ce que je pouvais faire, c’était l’accepter et avancer. Les heures
s’étiraient interminablement, et les ombres de la nuit semblaient s’allonger dans chaque
recoin de la pièce. Le silence du dortoir, à peine troublé par les murmures de Vicky,
m’écrasait de son poids. Je n’arrivais pas à fermer l’œil. L'image d'Andy Cruse, son regard
froid et sans émotion, hantait mes pensées. J’avais entendu des histoires, mais rien ne
m’avait préparée à la réalité de ce qu’il représentait.
Je m’allongeai sur le lit, les yeux fixés sur le plafond, tentant de repousser l’angoisse. Mais
l’air dans la chambre semblait s’être épaissi, chaque respiration devenant plus difficile,
comme si quelque chose nous observait dans l’obscurité, attentif à nos craintes. Le son d’un
pas lourd me fit sursauter. La porte du dortoir s’ouvrit doucement. Une silhouette se dessina
dans l’encadrement. C’était Victor.
« Tu ne dors pas non plus ? » murmura-t-il, sa voix basse et tendue résonnant dans le
silence comme une promesse de danger.
Je me redressai dans le lit, surprise de le voir là. « Je n’arrive pas à y croire… Andy Cruse…
C’est… c’est comme un fantôme, non ? »
Victor s’approcha lentement, son regard préoccupé, son expression grave. « Il n’est pas un
fantôme, Amber. C’est bien pire que ça. Il est réel, et il est là, parmi nous. » Le froid dans sa
voix me fit frissonner. Il n’y avait aucune trace de doute dans ses yeux. La menace était
bien présente, palpable. « Mais pourquoi maintenant ? Pourquoi revient-il ici ? »
Il soupira, se passant une main dans les cheveux, un geste de frustration et de tension
mêlées. « Ce château… Il renferme plus de secrets que tu ne l’imagines. Andy Cruse est lié
à tout ça. Et il n’est pas le seul. La magie ici… Elle a un prix. Et il va tout faire pour l’obtenir.
»
Je sentais naître en moi une peur nouvelle, plus profonde que tout ce que j'avais ressenti
jusqu'alors. L'incompréhension me paralysait. « Qu'est-ce que tu veux dire par 'le prix' ? »
Victor hésita, pesant soigneusement chaque mot qui franchirait ses lèvres. « Il y a des
choses que tu n’es pas encore prête à comprendre. Mais tu vas devoir le faire, Amber. Parce
que tout ce que tu sais sur ce château, sur ce monde… ça va changer. » Ses mots
résonnaient comme une prophétie, une alerte dans la nuit. Une partie de moi souhaitait fuir,
ignorer les sombres vérités qui se profilaient à l’horizon, mais une autre partie, plus forte,
savait que je ne pouvais pas. Je devais me battre, non seulement pour moi, mais aussi pour
ceux qui m’entouraient. Le destin que je portais sur mes épaules était bien plus lourd que je
ne l’avais jamais imaginé.

5
« Je suis prête, » déclarai-je, la voix plus forte que je ne le pensais. « Dis-moi ce que je dois
faire. »
Victor me scruta un instant, ses yeux reflétant une lueur d’espoir mêlée à une crainte
palpable. « Alors, commençons par comprendre ce que nous avons entre les mains. Ce
livre… il cache des secrets, des réponses. Nous devons nous plonger dans ses pages avant
qu’il ne soit trop tard. »
Ensemble, nous nous penchâmes sur le grimoire, nos mains se frôlant, unissant nos destins
dans cette quête effrénée. Les mots sur la page dansaient sous nos yeux, promettant des
révélations et des dangers. L’air autour de nous était chargé d’électricité, comme si la magie
elle-même était prête à s’éveiller, à se libérer des chaînes du passé.
Alors que je tournais les pages, je réalisai que chaque symbole, chaque incantation, pourrait
bien être la clé pour affronter le Chat et tout ce qui l’accompagnait. Mon cœur battait au
rythme de l’inconnu, une cadence d’audace et de détermination. Je savais que je ne pouvais
pas reculer. Je devais avancer dans l’obscurité, avec Victor à mes côtés. C’était notre
moment. Un moment où la magie et le destin s’entremêlaient, et où la vérité, bien que
redoutable, nous attendait, impatiente d’être découverte.

4o mini

Il tourna les talons, s’apprêtant à partir, mais s'arrêta sur le seuil de la porte. "Essaie de
dormir. Le reste viendra, tôt ou tard."
Je le regardai s’éloigner dans l’obscurité, le cœur lourd. Un vertige m’envahit, comme si je
m’étais aventurée dans un monde dont les règles m’échappaient complètement. Et quelque
chose au fond de moi me disait que ce n’était que le début.
chapitre
Océanne s'effondra au sol, sa tête heurtant le carrelage froid avec un bruit sourd. Un instant,
tout sembla suspendu dans l’air. Puis, doucement, la pièce se remit en mouvement, les livres
retombant en une pluie silencieuse autour d’elle. La lumière vacillait, s’éteignant et se
rallumant par intermittence, comme une bougie chancelante sur le point de s’éteindre. Mais
Océanne ne bougeait plus.
Elle était restée là, allongée dans le silence, et pourtant, quelque chose d’invisible semblait
l’entourer, une présence pressante. Les ombres s'étaient amassées autour d'elle, épaissies par
l'obscurité de la pièce. Il y avait une lourdeur dans l’air, un poids qui rendait l’atmosphère
presque impossible à respirer.
Dans le couloir, tout était calme. Aucun bruit ne brisait le silence oppressant qui s'était abattu
sur le château. Le temps semblait avoir ralenti, suspendu dans cet instant de terreur et de
mystère. Mais dans la salle des magies, l’énergie ne cessait de croître, de se tordre dans des
formes invisibles. Chaque livre reposant au sol semblait chuchoter, comme s’il savait des
choses qu’il n’aurait jamais dû savoir.
Et pourtant, la magie de ce lieu, bien que puissante, n’était pas celle qu’Océanne avait
imaginée. Ce n’était pas une magie lumineuse, éclatante et belle. Non, cette magie-là était
sombre, inquiétante, comme une ombre qui se faufile dans l'ombre même. Quand enfin elle
réussit à se redresser, sa vision floue et son esprit embrouillé, Océanne réalisa qu’elle n’était
pas seule. Derrière elle, une silhouette se tenait dans l’obscurité. Elle n’avait pas de forme
claire, mais son énergie était telle que même l’air autour semblait vibrer. Un souffle glacé
effleura son visage. Elle se retourna brusquement, mais il n’y avait personne. Il n’y avait plus
que le silence, et l’odeur étrange de l’air, chargé de magie ancienne. Une sensation de vertige
la prit alors, comme si elle était en train de perdre pied avec la réalité.

5
Dans un murmure, presque imperceptible, une voix s'éleva dans l'air, comme une plainte. "Tu
n'es pas la première à découvrir ce secret, Océanne."
Elle se figea, le cœur battant dans sa poitrine. Cette voix... Elle semblait venir de partout et de
nulle part à la fois. "Qui es-tu ?" murmura-t-elle, sa voix tremblante. Mais la réponse ne vint
pas tout de suite.
"Tout est lié. Les livres... les ombres... l’histoire que tu crois connaître," continua la voix,
maintenant plus forte, plus pressante. "Il est là, dans l’obscurité, attendant. Et toi, tu
n’échapperas pas à ton destin."
Les mots résonnèrent dans sa tête, lourds de menaces, mais aussi d'une étrange urgence. Une
pensée s’imposa à elle, aussi claire que le cristal : elle n’était pas ici par hasard. Et ce qu’elle
venait de découvrir, ce secret ancien, allait la changer à jamais.
Les portes de la salle des magies se refermèrent dans un fracas soudain, emprisonnant
Océanne à l’intérieur. La lumière se coucha dans un dernier éclat, et tout devint noir.

4o mini

.
Chapitre
Je me suis levée lentement, encore sous l’emprise des brumes de mon rêve, une sensation
douce qui semblait m’envelopper comme une couverture chaude. La lumière matinale, filtrée
par les rideaux, jetait une lumière pâle sur la chambre, baignant l’espace d'une tranquillité
étrange. Les voix familières de ma famille flottaient dans l’air, se mêlant dans un murmure
lointain, comme si le monde extérieur était un rêve à lui seul.
Puis, dans un éclat de joie sans retenue, Vicky surgit de nulle part, ses bras m’enveloppant
avec une énergie qui me fit presque perdre mon équilibre. Son rire résonna dans la pièce,
éclatant et contagieux.
— Tu t’es réveillée, mon amie ! s’écria-t-elle, presque hors d’haleine, ses bras serrant autour
de moi comme si elle voulait m’emprisonner dans un câlin géant.
Je ris en me débattant légèrement, essayant de repousser son étreinte sans vraiment vouloir
m’échapper.
— Vicky, lui dis-je en riant, mes doigts effleurant sa taille, tu m’étouffes ! Elle
recula enfin, me libérant, mais ses yeux pétillaient d’une lueur espiègle. — Tu
m’as manqué, dit-elle, son visage radieux sous l’éclat du matin. Je la regardai
avec amusement, un sourire qui se dessinait sur mes lèvres. — Mais on s’est vus
hier, répondis-je, surprise par son enthousiasme si débordant. Elle haussait déjà les
épaules, sans se laisser démoraliser.
— Mais je veux te voir tous les jours ! s’exclama-t-elle, les bras levés, comme si c’était une
évidence.
Je secouai la tête, amusée.
— Ok, c’est compris… mais va prendre une douche d’abord, tu as une haleine… Je me
pinçai le nez, mimant un geste de dégoût. Je suis sérieuse, Vicky.
Elle éclata de rire, les joues roses de gêne, mais se précipita néanmoins vers la salle de bain.
J’en profitai pour me lever moi aussi, mon esprit encore flou des restes de mon rêve. Après un
moment de préparation, nous nous dirigeâmes ensemble vers la salle à manger. Le doux
parfum du pain frais et du café chaud flottait dans l’air, éveillant mes sens. Mia et Victor
étaient déjà là, leurs visages montrant les traces de la douce fatigue d’un matin tranquille.
Victor me lança un sourire, ses yeux sincères.
— Amber, tu as bien dormi ? me demanda-t-il, son ton doux et plein d’attention. Je lui
répondis par un simple hochement de tête, un sourire s’épanouissant sur mes lèvres. —
Oui, merci.
Mia, quant à elle, ne manqua pas une occasion de taquiner.

5
— Hum, l’amour est dans l’air, murmura-t-elle, un sourire malicieux étirant ses lèvres
tandis que son regard se posait sur Victor.
Victor rougit légèrement et détourna les yeux.
— Arrête, répliqua-t-il, ses joues affichant un rose gêné.
Mia, toujours plus espiègle, insista.
— Regarde-le, il sourit ! continua-t-elle, son regard brillant de malice.
Je ne pus retenir un éclat de rire en le voyant essayer de se défendre.
— Mia, tu te fais des films, dis-je en éclatant de rire. Tu n’as pas l’air de comprendre qu’il
n’y a rien.
Victor haussait les épaules, se contentant d’un sourire léger. Je me tournai alors vers lui, ma
curiosité piquée.
— Vick, tu manges ?
— Oui, répondit-il, toujours avec ce petit sourire tranquille, comme s’il n’était pas pressé.
— Ok, alors viens avec nous.
Nous entrâmes dans la salle à manger où la table semblait prête à nous accueillir. Les assiettes
se posèrent comme par magie devant nous, chacune dans une danse familière. Le parfum du
petit déjeuner envahit la pièce et un silence paisible se fit. Chaque geste quotidien, chaque
regard échangé, semblait être une danse parfaitement orchestrée.
Et puis, soudain, un cri perça l’air. Un cri si soudain, si perçant, qu’il fit s’arrêter le temps un
instant. Nos têtes se tournèrent toutes dans la direction du bruit.
La femme de ménage, les yeux écarquillés, apparut dans l’encadrement de la porte, son visage
pâle de terreur.
— Oh mon Dieu… Mademoiselle Océanne est morte !
Le temps sembla se suspendre. — Madame Océanne est morte, sanglota-t-elle, sa voix brisée.
Victor, la gorge serrée, s’avança.
— Comment est-ce possible ? demanda-t-il, sa voix tremblante.
— Elle est morte de quoi ?
La femme de ménage baissa la tête, les mains tremblantes, comme si elle redoutait de dire les
mots.
— Elle a été assassinée.
Un frisson glacé parcourut ma peau. À ce moment-là, la porte s’ouvrit lentement, et
Katherine, la femme au chapeau, fit son entrée. Elle balaya la pièce du regard, et tous les
regards se tournèrent vers elle, avant que chacun ne se disperse, le cœur lourd. Je n'avais
pas pu retenir ma question, un besoin irrépressible de comprendre. — Comment vous le
savez ?
Katherine se tourna vers moi, son regard impénétrable.
— Andy Cruse est en liberté. C’est sûrement lui qui a fait ça, répondit-elle d’une voix
froide et calme.
— Andy Cruse refait sa terreur… murmura quelqu’un, la peur dans les yeux.
Je sentis un malaise me saisir, et je n’eus pas peur de poser ma question. —
Qu’est-ce qui prouve que c’est lui ?
Tous se tournèrent vers moi, surpris par mon intervention. Je poursuivis, plus déterminée que
jamais.
— On ne peut pas l’accuser sans preuve, sans rien de concret.
Katherine resta silencieuse un instant, avant de lâcher un léger sourire sombre. — De toute
façon, le ministère de la magie viendra enquêter, dit-elle d’une voix glacée. Cette mort
fera l’objet d’une enquête. Ne soyons pas pressés. Si c’est Andy Cruse ou non, nous
verrons.
Elle disparut dans le couloir, nous laissant là, muets et pensifs. Mais quelque chose me
tracassait. Marianna, furtivement, s’était approchée du cadavre. Elle semblait observer chaque

5
détail, avec une nervosité inhabituelle. Je remarquai alors une petite blessure sur sa main,
qu’elle tenta de dissimuler.
Où a-t-elle eu cette blessure ?
Je la suivis discrètement, mais une voix me fit sursauter.
— Amber, viens avec moi.
Je me retournai. C’était Katherine, qui me regardait avec insistance.
— Je ne peux pas… je… balbutiai-je, mes yeux cherchant une dernière fois Marianna.
— Tu viens ? insista-t-elle, ses doigts entrelacés dans un mouvement presque hypnotique.
— Oui, répondis-je enfin, un peu hésitante.
Je la suivis à travers le couloir sombre, un silence lourd pesant sur nous, comme un manteau
pesant que chacun d’entre nous s’efforçait de porter. Mia et les autres étaient restés près du
cadavre, leurs regards échappant à l’incompréhension, pleins de questions muettes qui
tourbillonnaient dans l’air lourd de mystères. Nos pas résonnaient sur les dalles froides alors
que nous nous dirigeâmes vers le bureau de Katherine, la porte se refermant dans un léger
grincement, comme un soupir de la vieille bâtisse.
Les couloirs du château murmuraient. Les murs, s’ils avaient eu des oreilles, auraient pu
témoigner de mille histoires, mais celle qui revenait sans cesse était la plus étrange de toutes :
Madame Katherine, l’énigmatique femme aux yeux perçants, n’avait pas toujours été
Katherine. Autrefois, elle portait un autre nom, un nom que l’on n’osait plus prononcer à voix
haute : Mirabelle.
Dans les profondeurs du passé, bien avant que les ombres ne s’attardent dans ses prunelles,
elle était Dame Mirabelle la Magnifique. D’une beauté saisissante, elle avait une cascade de
cheveux d’un noir d’encre et portait des robes si somptueuses qu’on murmurait qu’elles
étaient tissées avec la lumière des étoiles. Mais si son apparence était éblouissante, son
caractère, lui, était d’une noirceur toute différente.
Dame Mirabelle n’aimait personne. Pas par accident, ni par simple mauvaise humeur
passagère. Elle choisissait de mépriser. Les domestiques ? « Pathétiquement lents. » Les
chevaliers ? « Bruyants et ridicules dans leurs armures trop brillantes. » Quant aux licornes
qui broutaient paisiblement dans les jardins du Château des Étoiles Éternelles, elle leur jetait
des regards dédaigneux, murmurant d’un air exaspéré : « Elles sont affreusement mal
peignées. »
Son arrogance était légendaire, et bien que cela puisse paraître fascinant, les légendes ne se
terminent jamais bien pour ceux qui s’y complaisent trop. Un soir, lors d’un bal étincelant où
les lustres scintillaient comme des galaxies miniatures, une force ancienne aurait décidé de la
punir pour son mépris. Le lendemain, Dame Mirabelle avait disparu, laissant derrière elle des
souvenirs aussi éphémères que la lumière des étoiles.
Des années plus tard, dans un coin sombre du château, là où les chandelles peinent à percer
l’obscurité, une femme du nom de Madame Katherine observait le monde d’un regard
insondable, portant avec elle le poids d’un passé oublié.
En repensant à ma conversation avec Katherine, je me remis à réfléchir à ses paroles. «
Amber, j’ai entendu parler de ta dispute avec Mike. Je ne veux pas m’en mêler, mais Mike
m’en a parlé, et j’ai voulu intervenir. »
Je me souvins du ton protecteur dans sa voix, de la façon dont elle essayait d’agir en tant que
médiatrice, mais j’avais l’impression qu’elle connaissait déjà tout. « Il vous a envoyée pour
me présenter des excuses ? » demandai-je, la voix froide, les bras croisés. Katherine, avec un
sourire énigmatique, secoua la tête. « Non, mais pour que tu revoies ta position. »
« Quelle position ? » demandai-je, perplexe.
« Voyons, Amber, tu t’es éloignée de lui. Il m’a fait part de sa peur de te parler. Vous étiez
complices avant, et il craint que tu lui aies envoyé un message d’adieu. »

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Son regard me perça, comme si elle cherchait à déceler mes pensées les plus intimes. Je ne
pouvais pas m’empêcher de me sentir vulnérable sous son regard.
« Désolée, mais je n’ai aucune envie de parler à Mike tant qu’il ne change pas d’attitude, »
répliquai-je, la frustration s’infiltrant dans mes paroles.
Katherine inclina légèrement la tête, une lueur de compréhension dans ses yeux. « Mike peut
paraître dur, mais au fond, c’est quelqu’un de bien. Si tu le laisses, il pourrait te surprendre. »
« Peut-être, mais il a été trop dur depuis le début. Il a joué avec moi. »
« Réfléchis-y… » répondit-elle avant de s’éclipser, me laissant seule avec mes pensées. Le
cœur lourd de contradictions, je restai là, dans le bureau vide, écoutant les murmures du
château. Les mots de Katherine tournaient dans ma tête, comme des échos insistants refusant
de se taire.
Lorsque je sortis de mes pensées, je remarquai un homme en costume, son expression calme
et presque sereine, un contraste frappant avec la situation. Son sourire se dissipa lentement,
laissant place à une gravité palpable.
« Vous avez bien entendu ce que la dame a dit, » dit-il en me jetant un coup d’œil. « Tout doit
être résolu rapidement. Andy Cruse est une menace, mais il n’a pas encore été prouvé qu’il
soit le responsable de tout ce qui se passe. »
Je le dévisageai, l’esprit tourmenté par ce mystère.
« Mais comment pouvez-vous être si sûr qu’il est innocent ? Et pourquoi cette urgence ? »
demandai-je, le regard insistant.
Il me regarda un instant, et je sentis une tension monter, comme si chaque mot qu’il allait
prononcer allait sceller notre destin.
« Vous avez l’œil, dit-il enfin, d’un ton grave. Les apparences sont souvent trompeuses. Mais
vous devriez vous méfier des jugements trop hâtifs. »
Mon esprit s’embruma de questions. Il était détaché, mais je savais qu’un regard plus profond
pouvait trahir des secrets inavoués.
« Vous dites cela parce que vous êtes sûr que je me trompe, ou parce que vous voulez me
détourner de ce que je pourrais découvrir ? » demandai-je, mon regard défiant le sien. Il ne
répondit pas immédiatement, jetant un coup d'œil furtif vers la porte, comme s’il hésitait à
me confier davantage. Puis, observant le paysage au-delà des vitres, il murmura : « Ce n’est
pas une question de tromperie, Amber. C’est une question de protéger ce qui est encore pur.
Vous n’êtes pas prête à voir toute la vérité. »
Ses paroles me frappèrent de plein fouet. Le mystère, la confusion, les non-dits… Tout cela
devenait un enchevêtrement de plus en plus dense, et j'avais la sensation de m'enfoncer dans
quelque chose dont je ne pouvais saisir que des bribes.
Je m’approchai de lui, les mains serrées à mes côtés. « Je suis prête, répliquai-je fermement.
Si vous continuez à me tenir à l’écart de ce qui se passe réellement, je n’aurai d’autre choix
que de prendre les choses en main. »
Il tourna lentement la tête vers moi, ses yeux sombres comme des abysses. J’eus l’impression
qu’il lisait mes pensées.
« Vous ne savez pas encore dans quoi vous vous engagez, dit-il simplement, avant de se
détourner.
Le silence s’installa à nouveau, plus lourd, entre nous. Je savais que chaque mot échangé,
chaque geste posé, me rapprochait du cœur de cette étrange énigme. Mais en dépit du danger,
une partie de moi était fascinée par ce mystère.
La dame au chapeau observa la scène, un léger sourire se dessinant sur ses lèvres. Elle attendit
avant de se tourner vers moi, son regard aussi tranchant qu'un couteau.
« Je vois que vous avez bien compris ce qu’il attend de vous, dit-elle, sa voix grave, mais
douce, comme un murmure menaçant. »

5
Je ne répondis pas tout de suite. Ses mots résonnaient encore dans ma tête, et la pression qui
pesait sur mes épaules semblait augmenter à chaque instant.
« Vous ne pouvez pas vous fier à tout ce qu’il vous dit, poursuivit-elle, son regard insistant. Il
y a des choses qu’il cache, des choses que vous ne pouvez même pas imaginer. » Elle
s'approcha lentement, son regard perçant ne quittant pas le mien. J'étais sur le point de lui
répondre, mais elle leva une main pour m'arrêter.
« Ne vous laissez pas manipuler. Vous avez l’intuition qu'il y a quelque chose de plus grand
derrière tout ça, n'est-ce pas ? Alors ne vous contentez pas de ce qu’on vous dit. » Avant de
quitter la pièce, elle se retourna une dernière fois, son regard lourd de signification. «
Marianna… elle n’est pas ce qu’elle semble être. Restez prudente. »
Elle disparut dans le couloir, me laissant là, seule, mes pensées tournant à toute vitesse. Qui
était réellement cette Marianna ? Pourquoi l'homme en costume semblait-il si intéressé par
elle ? Et pourquoi la dame au chapeau me mettait-elle en garde ?
Tout cela n’était qu’un enchevêtrement de mystères, mais une chose était claire : je ne
pouvais pas faire confiance à tout le monde. Les visages souriants pouvaient cacher des
intentions sinistres, et les secrets du château n’attendaient que d’être découverts, prêts à
m’engloutir dans leur obscurité.
Je pris une profonde inspiration, déterminée à percer les mystères qui m’entouraient. L’avenir
du château, le destin de ses habitants et peut-être même le mien dépendaient de la vérité que
je m’apprêtais à découvrir. Je n’étais plus seule dans cette quête. Une force silencieuse, un
lien entre moi et ceux qui m’entouraient, était en train de se tisser. Je devais juste m’assurer
de ne pas perdre de vue ce qui était véritablement important.

enchevêtrement de mystères, de pièces manquantes qui refusaient de s’assembler.

Bien sûr ! Voici une version retravaillée de l’histoire, avec un style inspiré de J.K. Je
baissai les yeux sur la carte qu’il m’avait donnée. C'était une simple carte de visite, mais elle
semblait peser une tonne. Peut-être qu’elle contenait la clé de tout ça, ou peut-être qu’elle allait
me plonger encore plus profondément dans une toile d’araignée dont je n’arriverais jamais à
me défaire. Je n’avais d'autre choix que de continuer à avancer, mais le doute me rongeait. 5
petite fenêtre à l'extrémité du couloir, illuminant faiblement le chemin devant elle. Marianna
avançait sans se presser, ses mains légèrement tendues, comme si elle cherchait à toucher
quelque chose dans l’air, quelque chose que seule elle pouvait percevoir. Le murmure qu’elle
prononçait s'intensifiait, devenant presque inaudible, mais chargé d’une étrange urgence. Je me
glissai plus profondément dans l'ombre, mes pas légers et mes pensées agitées. Mon cœur
battait plus fort à chaque mouvement de Marianna, comme si elle était sur le point de découvrir
quelque chose que j’ignorais, ou peut-être que c’était moi qui allais découvrir la vérité cachée
derrière ses paroles. Je restai là, à observer, immobile, le souffle retenu. Elle s'arrêta
soudainement devant une porte, une porte discrète au fond du couloir, presque invisible si on
n’y prêtait pas attention. Marianna posa une main tremblante sur la poignée, hésita un instant,
puis tourna lentement la clé. Le bruit du métal se déplaçant dans la serrure me fit sursauter. La
porte s'ouvrit avec un grincement sourd, et elle entra sans un regard en arrière. Je n’eus d'autre
choix que de m'avancer, le sentiment d'urgence me poussant à la suivre. Chaque pas me
rapprochait de l'inconnu, de cette vérité qui semblait m'échapper. Le silence qui s’abattit après
qu’elle ait franchi la porte était encore plus lourd, comme si quelque chose de fondamental
venait de se produire. Je jetai un dernier coup d'œil autour de moi. Le couloir semblait presque
figé dans le temps, comme un espace entre deux mondes. Je pris une profonde inspiration et
m'engouffrai à mon tour dans l'ouverture, la porte se refermant doucement derrière moi. Je

5
m’engouffrai dans la pièce, mon cœur battant la chamade, chaque respiration résonnant dans
le silence lourd autour de moi. La porte se referma lentement, dans un fracas étouffé, comme si
elle tentait de me retenir à l’extérieur. La lumière qui filtrait à peine par les rideaux épais jetait
des ombres étranges sur les murs, donnant à la pièce une atmosphère presque surnaturelle.
J’eus l’impression d’avoir franchi une frontière invisible, celle entre le connu et l’inconnu, entre
la réalité et un monde bien plus sombre. Marianna se tenait là, au centre de la pièce, les yeux
fixés sur quelque chose que je ne pouvais pas voir. Elle murmurait toujours, mais cette fois, ses
paroles étaient plus distinctes, comme si elles formaient une incantation secrète, une langue
oubliée. Ses mains tremblaient légèrement, et je vis un éclat étrange dans ses yeux, une lueur
que je ne pouvais pas décrire, une sorte de... reconnaissance. C’était comme si elle sentait ma
présence sans même avoir besoin de me regarder. Je m'approchai prudemment, chaque
mouvement calculé pour ne pas alerter Marianna. Mon esprit était en ébullition. Pourquoi était
elle ici, dans ce lieu abandonné, murmurant ces mots incompréhensibles ? Et pourquoi avais-je
l’impression que tout cela ne faisait qu’effleurer la surface de quelque chose de bien plus vaste
et dangereux ? Elle tourna soudainement la tête, ses yeux me perçant comme si elle m’avait
attendue, comme si elle savait que j’étais là. Un frisson me parcourut, mais je refusai de reculer.
Elle leva une main, l'air hésitant, et me fit signe d'approcher. — Tu devrais partir, murmura-t-elle
d’une voix douce mais ferme. Ce n’est pas ton combat, Amber. 5 Mais ses paroles ne
m’arrêtaient pas. J'avais l’impression que tout ce que j’avais vécu jusque_là me conduisait droit
vers elle, vers cette vérité qui se cachait derrière ses yeux. Je fis un pas en avant, mes pensées
aussi confuses que la pièce elle-même. — Pourquoi suis-je ici, Marianna ? demandai-je d’une
voix plus tremblante que je ne l’aurais voulu. Elle me fixa un long instant, ses yeux brillants
d’une sagesse secrète, comme si elle détenait une clé que personne d'autre ne possédait. Puis,
enfin, elle parla, sa voix aussi douce qu'un souffle : — Parce que tu sais, et tu le sais depuis le
début. Mais tu n’as pas encore compris tout ce que cela implique. Elle se tourna alors vers
l’objet qui occupait son attention depuis le début : une petite boîte en bois, ancienne, finement
sculptée, posée sur une table poussiéreuse. Marianna tendit lentement la main, ses doigts
effleurant le bois d’un geste presque respectueux. — C’est ce que tout le monde cherche. Mais
ce que tu ignores, c’est qu’il y a bien plus en jeu que ce que tu penses. Bien plus que ce que tu
es prête à affronter. Je sentis une boule se former dans ma gorge. Chaque mot qu'elle
prononçait semblait creuser un peu plus profondément le fossé entre ce que je croyais savoir et
la vérité qui se dérobait toujours devant moi. J’avançais d’un pas, mes yeux fixés sur la boîte.
Mais une peur irrationnelle me saisit. Si je m’en approchais, que découvrirais-je vraiment ?
Marianna s’éloignait, marchant à pas feutrés, tandis qu’Amber, presque imperceptible dans
l’ombre, la suivait discrètement. Chaque mouvement de la jeune femme semblait mesuré,
précis, comme si elle était consciente d’être observée. La silhouette de Marianna se dirigea vers
la salle des magies, et avant d’entrer, elle s’arrêta un instant, jetant un regard furtif autour
d’elle, comme pour s’assurer qu’elle n’était pas suivie. La porte grincée sous sa main, et, avant
qu’Amber ne puisse réagir, Marianna pénétra dans la pièce, se fondant dans l’obscurité de son
intérieur. La porte se referma silencieusement derrière elle. Amber attendit un moment,
observant l’endroit avec une prudence discrète, avant de se glisser silencieusement derrière
elle, sans bruit, mais d’un pas décidé. La tension dans l’air était palpable, et un frisson glacial
parcourut sa peau. Chaque geste, chaque mouvement était une danse silencieuse entre elle et
l’obscurité. Dans la salle, Marianna se tenait là, les yeux fixés sur des objets dispersés dans la
pièce, comme si chacun d’eux détenait une clé secrète. Puis, sans crier gare, elle s'empara d’un
objet, une petite boîte ornée de motifs mystérieux, et la cacha précipitamment sous sa cape.
Amber n’eut pas le temps de réfléchir davantage. Une voix familière, basse et légèrement
inquiète, se fit entendre juste derrière elle. 5 — Tu es sûre de ce que tu fais ? demanda Victor, la
surprise dans sa voix trahissant une inquiétude naissante. Amber sursauta, mais se ressaisit
presque immédiatement. Elle leva un doigt en direction de Victor, lui intimant de ne pas faire de
bruit. Il s’exécuta, mais Amber pouvait voir son regard préoccupé, et une once de nervosité qu’il
n’essayait même plus de dissimuler. Elle se détourna alors de lui et se dirigea plus loin dans le
couloir, hors de vue de la salle des magies. — Tu es sûr que ça, on dirait que tu as vu un
fantôme, dit Victor, son regard scrutant les recoins sombres du château. Amber laissa sa
réponse flotter dans l’air comme un murmure lointain. — Des fantômes, on en voit partout dans
le château. La tension dans la pièce monta d’un cran. Victor fronça les sourcils, visiblement

5
agacé par la blague qu'Amber venait de faire. Mais elle n’y prêta pas attention. À cet instant,
elle était concentrée sur un seul et même objectif : comprendre ce que Marianna avait caché
dans cette salle. Le poids de l’ombre qui les enveloppait semblait se renforcer à chaque
seconde qui passait, comme si l’air lui-même portait des secrets que les murs avaient juré de
garder. Amber sentait que quelque chose de plus grand se tramait ici, que chaque mouvement,
chaque geste était un signe d’un enchevêtrement plus complexe qu’elle ne l’aurait cru. Mais à
cet instant, elle savait aussi que ce mystère ne se résoudrait pas sans qu’elle prenne de risques.
Victor ne répondit pas immédiatement. Ses yeux, plongés dans l’obscurité qui les entourait,
semblaient chercher quelque chose dans les ténèbres, un éclaircissement que seul le silence
pouvait offrir. Un moment passa, lourd et incommensurable, avant qu'il ne murmure, presque
pour lui-même : — Ce qui s’est passé est vraiment horrible, une fille morte, Andy Cruse... Je le
croyais méchant, mais pas à ce point. Amber frissonna, un frisson glacé s'insinuant sous sa
peau. La mention d'Andy Cruse, le nom qui avait hanté de nombreuses conversations ces
derniers jours, la perturba profondément. — Que veux-tu dire par là ? demanda-t-elle, un
pressentiment terrible lui nouant les entrailles. Quelque chose, dans la voix de Victor, lui disait
que la situation était bien plus complexe qu’elle ne l’avait imaginé. Victor tourna lentement son
regard vers elle, une expression de profonde inquiétude se lisant sur son visage. Il sembla
hésiter, comme s’il pesait chaque mot avant de le prononcer. — Rien. Va dormir. Ce n’est pas
bon de roder dans les parages à cette heure, répondit-il enfin, d’un ton qui se voulait rassurant,
mais qui trahissait une pointe de malaise. Puis, dans un sourire étrange, presque trop doux :
Heureusement que j'étais là pour te protéger. Imagine si Andy Cruse venait pour te faire du mal.
5 Il effleura doucement la main d’Amber, et le contact de sa peau la fit frissonner à nouveau,
mais cette fois-ci, d’une manière qu’elle ne comprenait pas. Avant même qu’elle ne puisse
répondre, un bruit sourd se fit entendre. Quelque chose dans l'air changea. Le gardien du
château, silhouette sombre et menaçante, se matérialisa soudainement au bout du couloir. Le
gardien s'approcha, ses pas lourds résonnant contre le sol comme une menace silencieuse,
brisant le calme de la nuit. Il scruta les deux jeunes gens avec un air de dédain marqué, ses
traits empreints d’une colère sourde, comme si leur seule présence le dérangeait profondément.
— Que faisiez-vous à cette heure ? dit-il, la voix glacée et pleine de mépris. Victor, toujours aussi
calme en apparence, répondit sans se laisser intimider par l'attitude du gardien. Un sourire
faussement tranquille sur les lèvres, il se contenta de répliquer : — Nous rentrions. L’ombre du
gardien sembla s’intensifier alors qu’il dévisageait Victor d’un regard perçant, presque
accusateur. Ses lèvres se tordirent en une moue de dédain avant de répondre : — Je l’espère
bien. Et que vous n’alliez pas rester là à poiroter comme de parfaits imbéciles. Il les fixa encore
un instant, une tension palpable entre eux, avant de tourner brusquement les talons. Son
imposante silhouette se perdit dans la pénombre du château, mais l'ombre qu’il laissait derrière
lui persistait, lourde et menaçante, comme s’il continuait à les observer même après son
départ. Amber sentit une étrange sensation, une pression oppressante dans l'air, comme si
quelque chose dans l’obscurité l’observait avec la même intensité que le gardien. Elle savait
qu’ils n’étaient pas seuls, que cet endroit, ce château, abritait plus que des secrets… il semblait
vivre, respirer, et se nourrir de leurs craintes. Victor ne répondit pas immédiatement. Il était trop
absorbé par ses pensées, son regard perdu dans l’obscurité. Puis, dans un murmure, il reprit : —
Ce qui s’est passé est vraiment horrible, une fille morte, Andy Cruse… Je le croyais méchant,
mais pas à ce point. Je le regardai, un frisson glacial m'envahissant. — Que veux-tu dire par là ?
demandai-je, le sentiment que quelque chose de terrible se préparait. Victor se tourna vers moi,
un air de profonde inquiétude sur le visage. — Rien. Va dormir. Ce n’est pas bon de roder dans
les parages à cette heure, dit-il, avant de sourire avec une douceur étrange. Heureusement que
j'étais là pour te protéger. Imagine si Andy Cruse venait pour te faire du mal. Il effleura
doucement ma main, puis ajouta, dans un souffle : 5 — Dors bien. Avant même que je puisse
répondre, le gardien du château, silhouette sombre et menaçante, arriva soudainement. Le
gardien du château s’approcha de nous, ses pas lourds résonnant dans le silence de la nuit. Il
nous observa avec un air de dédain, sa mine marquée par la colère, comme si notre simple
présence le dérangeait profondément. — Que faisiez-vous à cette heure ? dit-il d’un ton froid et
méprisant. Victor, toujours aussi calme en apparence, répondit rapidement, sans se laisser
intimider par l'attitude du gardien. — Nous rentrions. Le gardien sembla encore plus irrité. Il nous
lança un regard perçant, presque comme une accusation silencieuse, avant de répliquer :

5
— Je l’espère bien. Et que vous n’alliez pas rester là à poiroter comme de parfaits imbéciles. Il
nous fixa un instant, sa silhouette imposante se découpant dans l’obscurité, puis tourna les
talons, s’éloignant dans la pénombre du château. Mais sa présence persistait, pesante, même
après son départ. Comme une ombre qui nous suivait de près. — Ne t’inquiète pas, rentre. Victor
murmura ces mots tout en me souriant, mais son regard trahissait une inquiétude sourde,
difficile à ignorer. Je lui rendis son sourire, mais une étrange sensation me serra la poitrine.
Quelque chose n’allait pas, mais je ne savais pas encore quoi. Les murs du château semblaient
nous observer, leurs pierres usées témoignant d'un passé lourd de secrets. Alors que je
m'éloignais, je n'arrivais pas à chasser l'idée que cette nuit, le château n'était pas aussi calme
qu'il le paraissait. La nuit était tombée comme un voile épais, lourd de secrets et de murmures
inavoués. Les couloirs du château semblaient se plier sous son poids, chaque recoin, chaque
ombre, devenant le refuge des pensées les plus sombres. L’air était épais, presque palpable,
chargé d’une lourdeur que l’on ne pouvait nommer, mais qui imprégnait chaque souffle. Les
portraits sur les murs, figés dans le temps, semblaient se détacher lentement de la toile, leurs
yeux me suivant dans un silence menaçant. La nuit tombait sur le château, et ses murs de pierre
froide semblaient absorber toute lumière, plongeant les couloirs dans une pénombre
oppressante. Amber avançait lentement, ses pas résonnant faiblement sur le sol pavé. Le
silence était presque total, brisé seulement par le grattement lointain du vent contre les
fenêtres. 5 Je n’avais pas l’intention de me retrouver ici, au milieu de la nuit. Pourtant, une
sensation étrange m’avait tirée de mon sommeil, comme un appel silencieux qui me poussait à
explorer les méandres du château. Ma bague, toujours à mon doigt, semblait légèrement tiède,
presque comme si elle réagissait à quelque chose d’invisible. Je longeais un long couloir
faiblement éclairé par des chandeliers vacillants. Les ombres dansaient sur les murs, formant
des formes indistinctes qui donnaient à chaque recoin une aura d’incertitude. C’est alors que je
l’entendis : un murmure, doux et insistant, provenant d’une porte entrouverte un peu plus loin.
Je m’arrêtais net. Les chuchotements étaient à peine audibles, mais suffisamment clairs pour
éveiller ma curiosité. Je plissais les yeux, essayant de distinguer les mots, mais ils semblaient
s’échapper à mesure que je me concentrais. — Qui est là ? murmurai-je, ma voix résonnant
faiblement dans le couloir désert. Aucune réponse. Seuls les chuchotements continuaient,
comme un souffle léger porté par le vent, emportant avec lui des fragments de paroles. Je fis un
pas en avant, mon cœur battant la chamade, attirée par ce son si étrange, comme si quelque
chose d’indescriptible m’appelait. La porte se trouvait juste devant moi, mais je n’osais pas
l’ouvrir. Le silence s’était fait à nouveau pesant, comme une couverture oppressante, mais les
murmures, eux, n’avaient cessé de croître. Ce qu’ils murmuraient… Ce n’était pas humain.
Amber se tenait immobile dans le couloir sombre, le cœur battant à tout rompre. Elle n’avait
jamais ressenti une telle oppression, une présence aussi palpable. Le silence pesant qui régnait
autour d’elle semblait se faire plus lourd, plus oppressant, à chaque seconde qui passait. Elle
savait que quelque chose ne tournait pas rond, mais elle n'arrivait pas à mettre le doigt dessus.
L'air, froid et étrange, avait un goût métallique, presque comme si la nuit elle-même s'était
métamorphosée en un piège. Puis, soudainement, la porte derrière elle se referma avec un bruit
sec, un claquement qui résonna dans l’obscurité. Amber sursauta, son souffle se bloquant dans
sa gorge. Elle se retourna brusquement, ses yeux cherchant une échappatoire, mais il n’y en
avait pas. La silhouette qui se tenait là, adossée contre le mur, semblait flotter dans la
pénombre, son manteau noir se fondant dans l’obscurité. La voix qui s’éleva était calme,
presque moqueuse, mais un frisson glacial parcourut le dos d’Amber. — Vous ne devriez pas être
ici, mademoiselle. Amber hésita, son regard fixant la silhouette sans pouvoir discerner ses traits.
Quelque chose dans l’air, dans l’ambiance de ce château, rendait chaque parole, chaque
mouvement suspect. Mais elle ne pouvait pas se permettre de se laisser intimider. — J’ai
entendu quelque chose, dit-elle, sa voix tremblant légèrement, trahissant l’anxiété qu’elle tentait
de dissimuler. Des chuchotements. Vous savez ce qu’il y a derrière cette porte ? 5 L’homme, ou
plutôt l’apparition, se redressa lentement. Ses yeux brillaient faiblement sous le large bord de
son chapeau. Le silence s’étira, lourd et pesant, et Amber sentit une tension soudaine envahir la
pièce. — Ce château a ses secrets, répondit-il, son sourire énigmatique illuminant un instant la
pénombre. Certains secrets, dit-il avec une lenteur calculée, devraient rester dans l’ombre. Vous
feriez bien de retourner dans vos appartements avant de découvrir des choses que vous n’êtes
pas prête à comprendre. Un frisson parcourut Amber. Son instinct

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