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Le document présente une étude sur la mise en œuvre des turbines à gaz dans l'industrie, en détaillant les différents types de turbines, leurs principales utilisations, ainsi que les critères de choix selon l'usage. Les turbines à gaz sont reconnues pour leur simplicité d'installation, leur capacité à produire simultanément électricité et chaleur, et leur flexibilité en matière de combustibles. Le texte souligne également les avantages et inconvénients de ces turbines par rapport à d'autres systèmes, notamment les groupes diesel.

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Le document présente une étude sur la mise en œuvre des turbines à gaz dans l'industrie, en détaillant les différents types de turbines, leurs principales utilisations, ainsi que les critères de choix selon l'usage. Les turbines à gaz sont reconnues pour leur simplicité d'installation, leur capacité à produire simultanément électricité et chaleur, et leur flexibilité en matière de combustibles. Le texte souligne également les avantages et inconvénients de ces turbines par rapport à d'autres systèmes, notamment les groupes diesel.

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06/10/2008

Mise en œuvre des turbines à gaz


dans l’industrie

par Yves LORANCHET


Officier Mécanicien de 1re classe de la Marine Marchande
Directeur de la Société Tuma Systems

1. Différents types de turbines................................................................. B 4 425 - 2


1.1 Définitions .................................................................................................... — 2
1.2 Turbines à gaz dérivées de l’aviation ......................................................... — 2
1.3 Turbines à gaz industrielles ........................................................................ — 2
1.4 Utilisation des turbines à gaz pour la propulsion (pour mémoire) ......... — 3
2. Principales utilisations........................................................................... — 5
2.1 Production d’électricité ............................................................................... — 5
2.2 Production combinée chaleur-force ........................................................... — 5
2.3 Pompage et compression ........................................................................... — 5
3. Critères de choix selon l’usage............................................................ — 5
3.1 En fonction des énergies produites et utilisables ..................................... — 5
3.2 En fonction des types de turbines.............................................................. — 6
4. Contraintes d’installation...................................................................... — 7
4.1 Filtration d’air............................................................................................... — 7
4.2 Combustibles ............................................................................................... — 9
4.3 Nuisances ..................................................................................................... — 10
4.4 Échappement ............................................................................................... — 12
4.5 Systèmes de démarrage ............................................................................. — 12
5. Entretien ..................................................................................................... — 12
5.1 Généralités ................................................................................................... — 12
5.2 Périodes d’exploitation ............................................................................... — 13
5.3 Disponibilité ................................................................................................. — 14
6. Conclusion ................................................................................................. — 15
Pour en savoir plus........................................................................................... Doc. B 4 425

roduire soi-même, partiellement ou en totalité, l’énergie électrique est une


P question fréquemment abordée par les industriels pour répondre à des
objectifs divers souvent complémentaires :
11 - 1992

— se soustraire aux coupures du réseau national ;


— réduire le coût de l’énergie consommée ;
— réaliser des économies d’énergie.
Parmi les moteurs thermiques capables d’entraîner un alternateur, la turbine
à gaz présente des avantages remarquables :
— simplicité d’installation ;
B 4 425

— génération simultanée d’électricité et de chaleur utilisable soit directement,


soit indirectement dans les procédés industriels ;
— possibilité de fonctionner avec différents combustibles ;
— grande sécurité du fonctionnement ;
— entretien facile.

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MISE EN ŒUVRE DES TURBINES À GAZ DANS L’INDUSTRIE ____________________________________________________________________________________

1. Différents types de turbines


1.1 Définitions
Qu’est-ce qu’une turbine à gaz ? ce n’est pas une invention
moderne puisque la première idée date de Léonard de Vinci ; le pre-
mier brevet d’invention fut déposé en 1791 et la première turbine
à gaz capable de produire de l’énergie mécanique fut réalisée en
1903.
La turbine à gaz est un moteur constitué de trois éléments prin-
cipaux (figures 1a et b ) :
— un compresseur d’air CR ;
— une chambre de combustion CC dans laquelle est introduit un
combustible liquide ou gazeux qui, en brûlant, consomme partiel-
lement l’air amené par le compresseur et élève la température de
ce mélange air-gaz de combustion, ce qui augmente en même temps
son volume ;
— une turbine TU, de même principe qu’une turbine à vapeur,
dans laquelle le mélange air-gaz sortant de la chambre de combus-
tion à la pression obtenue après compression se détend dans plu-
sieurs étages pour produire de l’énergie mécanique Ch. Cette énergie
sert à entraîner le compresseur d’air et à fournir à l’arbre une puis-
sance utilisable, recueillie par exemple par un alternateur.
Du fait de cette double fonction, les étages destinés à l’entraî-
nement du compresseur peuvent être séparés des étages produi-
sant la puissance récupérable sur l’arbre ; on a alors une turbine à
deux arbres (figure 1b). On verra au paragraphe 3.2, les avantages
et inconvénients de la turbine à un arbre et de celle à deux arbres.
Le mélange air-gaz de combustion, appelé gaz d’échappement,
sort de la turbine à des températures relativement élevées (450 à
550 oC) et peut donc alimenter un échangeur de chaleur destiné à
produire un fluide thermique utilisable tel que de la vapeur (§ 3.1).

1.2 Turbines à gaz dérivées de l’aviation Figure 1 – Turbines à gaz à un arbre et à deux arbres

Ces turbines à gaz ont été étudiées et construites pour la moto-


risation des appareils aéronautiques tels que les avions et les héli- cela dépend souvent de la qualité de leur installation et de leur
coptères. Elles sont souvent dénommées aérodérivatives, nom adaptation à leur fonction industrielle.
anglo-saxon passé dans les usages des spécialistes. La figure 2 présente deux types de turbines aérodérivatives.
La conception de ces turbines est dominée par le souci de réduire
le poids et les dimensions des composants du moteur et de ses auxi-
liaires, les performances requises étant alors atteintes grâce aux 1.3 Turbines à gaz industrielles
grandes vitesses de rotation.
Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, le développement Les turbines exclusivement industrielles sont des turbines à gaz
considérable du transport aérien a conduit à l’augmentation de la étudiées et réalisées pour répondre, avec leurs auxiliaires directe-
puissance unitaire des turbines à gaz d’aviation. Ce but a été atteint ment entraînés, aux conditions de fiabilité et de durabilité norma-
au prix de vastes programmes de recherche visant essentiellement lement retenues dans l’industrie.
à l’élévation de la température des gaz de combustion. D’année en Les premières turbines industrielles furent conçues dans le
année, ce paramètre a pu être amélioré grâce à l’élaboration même esprit que les turbines à vapeur et, de ce fait, l’ensemble de
d’alliages résistant aux températures élevées, ainsi qu’à la mise au la construction était lourd et encombrant. Bien que certains
point de procédés permettant la fabrication des ailetages de tur- constructeurs aient conservé cette technologie, la majorité d’entre
bine creux afin de les ventiler intérieurement pour les refroidir. eux a opté, en s’appuyant sur l’expérience des turbines d’aviation,
Certains constructeurs de turbines à gaz destinées à l’aviation pour des solutions plus légères et moins encombrantes tout en
ont créé des versions adaptées à des applications industrielles. Les sauvegardant les qualités industrielles.
performances de ces turbines sont généralement très sensiblement Comme pour les turbines d’aviation, les puissances ont aug-
inférieures à celles des modèles destinés à l’aéronautique. En effet, menté grâce à l’application aux parties chaudes des progrès effec-
les températures élevées des parties chaudes dans les turbines tués dans la métallurgie et dans la fabrication des ailetages.
aéronautiques conduisent à des programmes d’entretien et de L’emploi dans les turbines à gaz de matériaux nouveaux ou dont la
remise en état incompatibles avec les temps de service exigés transformation industrielle est maintenant maîtrisée permettra
dans l’industrie pour des installations destinées à un service dans les années à venir d’obtenir des rendements et des puissan-
continu. ces encore plus élevés.
Toutefois, les turbines à gaz aérodérivatives peuvent rivaliser en La figure 3 présente deux exemples de turbines à gaz industrielles.
performances et robustesse avec les turbines à gaz industrielles ;

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Figure 2 – Turbines aérodérivatives

1.4 Utilisation des turbines à gaz pulsion, car elles permettent d’obtenir de grandes puissances avec
des poids et dimensions faibles par rapport à ceux des moteurs
pour la propulsion (pour mémoire) diesels.
Le but de cet article n’étant pas d’étudier en détail la turbine à
L’utilisation de la turbine à gaz dans l’aviation (avions, hélicop-
tères) est bien connue. Dans le domaine des transports civils et gaz mais d’analyser ses critères d’utilisation dans l’industrie, le lec-
militaires, les turbines à gaz sont également utilisées pour la pro- teur le souhaitant peut se reporter à l’article Turbines à gaz aéro-
nautiques et terrestres [B 4 410].

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Figure 3 – Turbines à gaz industrielles

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2. Principales utilisations ■ Les critères favorables à la turbine à gaz sont :


(1) encombrement restreint permettant l’installation dans un
Chaque cas d’application d’une turbine à gaz comprend un nombre local dans lequel un groupe diesel de même puissance ne
important de paramètres de définition spécifiques : type de combus- pourrait être logé ;
tible, durée de fonctionnement par an, températures extérieures (2) faible poids permettant l’installation en étage ou en
extrêmes, montage, nuisances, etc. Il en résulte qu’une installation terrasse ;
de turbine à gaz doit être personnalisée afin de répondre aux condi- (3) très faibles vibrations ;
tions d’exploitation envisagées. (4) atténuations sonores facilement réalisables ;
Étudions tout d’abord les utilisations principales avant de passer (5) pas d’irrégularités cycliques entraînant des distorsions
en revue, au paragraphe 3, les critères servant de base de réflexion dans le courant alternatif produit (courant propre) ;
pour choisir le dimensionnement d’une installation. (6) démarrage facile par grand froid ;
(7) faible consommation de courant pour maintenir le groupe
en situation de démarrage ;
(8) pas d’utilisation d’eau donc pas de risque de gel ;
2.1 Production d’électricité (9) possibilité d’utiliser deux combustibles (gaz naturel et fuel
domestique par exemple) ;
Cette application est extrêmement courante : l’arbre de la turbine (10) possibilité de fonctionner à faible charge ou à vide sans
entraîne un réducteur dont l’arbre petite vitesse entraîne un alter- problèmes.
nateur. Le système mécanique est simple et peut être comparé à
■ Les critères défavorables à la turbine à gaz sont :
un groupe turboalternateur à vapeur.
— au-dessous de 3 000 kW environ, prix installé supérieur à
Produire uniquement de l’électricité avec une turbine à gaz n’est celui du groupe diesel ;
intéressant que pour des conditions d’exploitation imposant ce — temps de lancement beaucoup plus long que celui d’un
système. Deux cas d’application sont envisagés au paragraphe 3.1 groupe diesel ; à titre indicatif : 30 à 120 s pour une turbine, 8
et, pour ces deux cas, nous indiquerons les critères favorables et à 20 s pour un groupe diesel.
défavorables à la turbine à gaz par rapport au groupe diesel.

Lorsqu’une installation de secours est envisagée, il peut être pro-


fitable d’élargir ses fonctions :
2.2 Production combinée chaleur-force — utiliser l’installation pour écrêter la puissance appelée sur le
réseau ou pour produire de l’électricité à moindre coût ;
Ce type d’application est le plus courant car il permet : — exploiter la puissance thermique évacuée par les gaz d’échap-
— sur le plan national, d’économiser l’énergie fossile, gazeuse pement en tant que source de chaleur (chauffage, séchage, cuis-
ou liquide, que nous importons presque en totalité ; son, production de vapeur pour un process industriel).
— sur le plan industriel, d’économiser sur les dépenses énergies.

3.1.2 Groupes de production


2.3 Pompage et compression
L’installation d’une centrale à turbine à gaz pour produire
Dans tous les types d’application étudiés, il est tout à fait possible soi-même de l’électricité n’est à envisager que si l’on récupère l’éner-
de remplacer l’alternateur entraîné par une pompe, par un compres- gie contenue dans les gaz d’échappement afin d’obtenir un rende-
seur ou une soufflante. ment global élevé et, par conséquent, une rentabilité maximale.
Le choix entre une turbine à un ou à deux arbres dépend du type ■ Application comme groupe pour service continu
de machine accouplé à la turbine et du mode d’exploitation envisagé. ● Critères favorables :
Un cycle combiné chaleur-force est encore réalisable et procure une
— la quasi-totalité de la chaleur non transformée en énergie
diminution de la facture d’énergie électrique.
mécanique par la turbine à gaz se retrouve dans les gaz d’échap-
pement à une température de l’ordre de 450-550 oC ;
— avantages répertoriés (3) à (8) et (10) pour le groupe de secours
(§ 3.1.1) ;
3. Critères de choix — possibilité d’utiliser plusieurs combustibles ;
selon l’usage — entretien facile.
● Critères défavorables :
— rendement inférieur à celui d’un moteur diesel. À titre indicatif :
3.1 En fonction des énergies produites 28 à 33 % pour une turbine de 3 000 kW, 32 à 38 % pour un groupe
et utilisables diesel ;
— n’accepte pas, ou sous réserve d’installations de traitement
Deux cas sont à envisager suivant l’utilisation prévue : groupe de contraignantes, des fuels lourds ;
secours ou groupe de production. — au-dessous de 3 000 kW environ, prix installé plus élevé
qu’un groupe diesel.
■ Quelques réflexions essentielles doivent dès le début
3.1.1 Groupes de secours guider un projet d’installation chaleur-force
● Le combustible le mieux adapté à une turbine à gaz étant le gaz
Dans ce cas, nous nous bornerons seulement à citer les avantages naturel :
et les inconvénients comparés du moteur diesel et de la turbine à
— est-il distribué à proximité du site projeté pour l’installation ?
gaz, sans prendre en compte le paramètre consommation d’énergie
— à quelle pression ce gaz sera-t-il distribué ? Les basses pres-
qui reste secondaire vis-à-vis de la finalité essentielle du système.
sions ne conviennent pas (une pression de 16 bar convient à la
majorité des turbines de 3 à 6 MW).

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● Quelle puissance électrique est-il envisagé d’autoproduire par Il est essentiel de bien vérifier que le rejet thermique par les gaz
la turbine à gaz ? Appelons cette puissance A. d’échappement de l’installation turbine à gaz projetée peut être
Quelle puissance thermique est-il envisagé de produire avec les récupéré pour une production de chaleur utilisable (eau chaude, eau
gaz d’échappement de la turbine à gaz ? Appelons cette puissance B. surchauffée, fluide thermique, vapeur, gaz de cuisson ou de séchage,
air chaud ou surchauffé).
— Si B est égale ou supérieure à environ 2,5 fois A, le projet est
réalisable. La courbe (figure 4) permet d’évaluer en première approximation
l’énergie thermique produite par des turbines à gaz ayant des puis-
— Si B est sensiblement inférieure à 2,5 fois A, il est probable sances unitaires comprises entre 0,2 et 20 MW. Dans le cas où les
qu’une partie de l’énergie thermique produite par les gaz d’échap- besoins en énergie thermique sont supérieurs à la puissance récupé-
pement ne pourra être utilisée, à moins de prévoir l’installation de rable dans les gaz d’échappement, il est possible de remonter la tem-
récupérateurs de chaleur (réchauffage d’eau de lavage, échangeur pérature de ces gaz grâce à l’installation de brûleurs utilisant, en tant
gaz d’échappement/air pour le réchauffage d’entrepôts normale- que comburant, l’oxygène restant dans l’échappement de la turbine
ment non chauffés ou de tunnels de séchage). L’éventualité de perdre (environ 15 %).
une partie de la chaleur contenue dans les gaz d’échappement en
l’envoyant à l’atmosphère peut aussi être considérée, mais dans ce Lorsque l’on envisage d’utiliser une chaudière existante en tant
cas une étude plus approfondie s’impose. que chaudière de récupération ou d’envoyer directement les gaz
d’échappement dans une installation de séchage existante, il faut
— Si B est égale ou inférieure à 8 fois A, le projet est réalisable vérifier que le débit massique de ces gaz d’échappement se rap-
en utilisant une postcombustion. proche du débit d’air prévu, à l’origine, dans le système à modifier,
— Si B dépasse 8 fois A, il est à craindre que l’oxygène contenu sinon des pertes importantes seront dues à un échange thermique
dans les gaz d’échappement de la turbine soit insuffisant pour per- médiocre.
mettre une postcombustion normale. Il est également envisageable, au lieu de produire de l’électricité,
Dans les deux derniers cas, il est fréquent que des chaudières d’utiliser la turbine à gaz en tant que moteur d’entraînement pour
conventionnelles existantes puissent assurer l’appoint de produc- des pompes, ventilateurs, soufflantes, compresseurs, etc. Le critère
tion de vapeur sans qu’il soit nécessaire d’avoir recours à la post- d’économie d’énergie reste le même en ce qui concerne l’utilisa-
combustion, mais il faut garder à l’esprit que la postcombustion tion de la puissance thermique des gaz d’échappement.
améliorera le rendement de l’installation chaleur-force. Le rende-
ment optimal de cette installation sera obtenu en conservant le
groupe turbine à gaz et la chaudière de récupération à son point de
fonctionnement nominal, la modulation de la demande en puis- 3.2 En fonction des types de turbines
sance électrique se faisant par soutirage sur le réseau national, et
la modulation en puissance thermique par la régulation de la
chauffe dans une chaudière conventionnelle existante. Nous avons vu (§ 1.1 et 1.2) qu’un choix était à faire entre plusieurs
options :
On rappelle que :
— turbines à gaz à un arbre ou à deux arbres ;
— le rendement de l’installation est égal à : — turbines à gaz aérodérivatives ou industrielles.
Puissance électrique Puissance thermique ■ Turbines à un ou deux arbres ?
+
(bornes alternateur) utilisable En dehors de considérations propres à la turbine, qui ont conduit
le constructeur à opter soit pour un moteur à arbre unique, soit
Puissance Puissance de l'eau pour un moteur à deux arbres, l’analyse de l’application envisagée
+
du combustible entrant dans le système permettra d’orienter la préférence vers un système plutôt que vers
l’autre.
● Quels sont les besoins minimaux et maximaux en énergies élec-
trique et thermique ? Il convient de tracer sur un même papier les
variations de ces besoins en fonction du temps :
— si les besoins sont faibles durant les périodes de non-activité
de l’usine, envisager l’arrêt de l’installation durant ces périodes.
L’installation de plusieurs turbines à gaz est réalisable et permet
alors une meilleure modulation en fonction des besoins ;
— si les variations d’énergie concordent dans le temps, la puis-
sance électrique du groupe turbine à gaz correspondra à la moyenne
de la puissance minimale demandée ; s’assurer alors que la puis-
sance thermique produite est consommable ;
— si il y a discordance complète entre les besoins électriques et
les besoins thermiques (appel de puissance électrique maximale
quand l’appel en besoin thermique est minimal), les performances
de l’installation doivent alors être déterminées non pas sur les
besoins électriques mais en fonction des besoins thermiques.
La récupération permet également de produire de l’eau froide au
moyen de l’énergie contenue dans les gaz d’échappement des
turbines à gaz dans des machines à absorption ou à adsorption.
Certaines industries ont, en effet, besoin d’une telle source froide
(7 à 9 oC) qu’il est possible de créer soit directement avec les gaz
d’échappement de la turbine, soit avec de l’eau chaude provenant
d’un récupérateur placé après la chaudière ou soutirée dans la chau-
dière elle-même. Figure 4 – Production thermique
d’un groupe électrogène à turbine à gaz

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Lorsque le compresseur d’air, ainsi que sa turbine d’entraî- ■ Turbines aérodérivative ou industrielle ?
nement, sont montés sur le même arbre que celui de la turbine de La concurrence entre les constructeurs de turbines d’aviation qui
puissance (turbine à un arbre), le moment d’inertie de l’ensemble les proposent à l’industrie et les constructeurs uniquement orien-
s’ajoute à celui de l’équipement entraîné, ce qui est favorable à la tés vers la production de turbines industrielles a fatalement
stabilité de la vitesse de rotation dans le cas de variation impor- conduit à des argumentations faisant partie de l’action commer-
tante de la charge appliquée à la machine entraînée. En ciale de chacun d’eux. Il en résulte inévitablement une confusion
contrepartie, le temps nécessaire à l’ensemble tournant pour reve- dans l’esprit du client potentiel qui rencontre des difficultés pour se
nir à sa vitesse initiale sera d’autant plus long que le moment forger une opinion objective.
d’inertie sera plus élevé.
Il nous semble avant tout préférable de s’assurer des moyens
Lorsque la turbine de puissance n’est pas mécaniquement liée à dont le turbinier ou son metteur en groupe dispose pour apporter
l’ensemble constitué par le compresseur d’air et sa turbine (turbine à l’installation projetée la fiabilité et la disponibilité recherchées :
à deux arbres), l’équipement entraîné peut être régulé en vitesse
— stockage des pièces de rechange (rapidité d’approvisionne-
tout en conservant au compresseur une vitesse de rotation proche
de celle assurant son rendement optimal. Ce type de turbine ment) ;
convient également pour démarrer des appareils en charge ou pos- — organisation du service après-vente (rapidité d’intervention) ;
— réparation des turbines (existence d’atelier spécialisé) ;
sédant un moment d’inértie important.
— existence de turbines de remplacement en cas de panne
La figure 5 permet de comparer, à leur vitesse nominale et pour majeure.
des variations de charge semblables, les temps de rétablissement
Une certaine fragilité que l’on peut redouter sur un équipement
d’un groupe électrogène à turbine à gaz à un arbre avec ceux d’un
groupe turbine à gaz à deux arbres. par rapport à un autre dont la présentation semble plus sécurisante
disparaît si l’utilisateur peut s’appuyer sur une structure perfor-
En outre, dans chaque cas d’application envisagé, le constructeur mante dans le domaine de l’après-vente.
de la turbine à gaz ou le fournisseur pressenti pour la fourniture du
groupe devra préciser les performances attendues dans les diffé-
rentes conditions de fonctionnement prévues. Ainsi, des paramètres
propres à chaque turbine peuvent mener à un choix autre que celui
indiqué par le tableau ci-après qui désigne l’option en principe la
4. Contraintes d’installation
plus favorable (signe +), selon le type d’application. (0)
4.1 Filtration d’air
Turbine Turbine
à 1 arbre à 2 arbres 4.1.1 Nécessité de la filtration
Alternateur .................................................... + Une turbine à gaz est traversée par une quantité d’air importante,
Pompe démarrée à vide............................... + nécessaire à la combustion et au refroidissement des parties
Pompe démarrée en charge ........................ + chaudes. Une faible quantité de cet air est également dirigée vers
Pompe régulée en vitesse ........................... + les labyrinthes servant à l’étanchéité des paliers afin d’éviter les
Soufflante...................................................... + fuites d’huile.
Soufflante régulée en vitesse ...................... + L’air étant aspiré à l’atmosphère par le compresseur, toutes les
Compresseur démarré à vide ...................... + impuretés qu’il contient passent dans la turbine à gaz pour ressortir
Compresseur démarré en charge ............... + à l’échappement. Les risques de pollution physique et de pollution
chimique décrits ci-dessous rendent indispensables une filtration de
l’air.

4.1.2 Pollution physique

L’air atmosphérique contient en suspension des particules en


quantité variable. Nous citerons à titre d’exemple :
— en zone rurale : le sable, l’humus, le pollen ;
— en zone urbaine : les poussières, les cendres, les gaz d’échap-
pement des véhicules et des chaufferies ;
— en zone industrielle : les poussières, les cendres, les résidus
légers véhiculés par les ventilateurs d’aération des lieux de fabri-
cation, les fumées d’usine.
Ces particules peuvent posséder deux caractéristiques préjudi-
ciables à la conservation du bon état des composants de la turbine
à gaz :
— une caractéristique abrasive : qui aura pour conséquence de
détériorer les ailetages par impact sur les bords d’attaque et par
érosion sur la surface des pales et les bords de fuite (exemple : le
sable) ;
— une caractéristique d’adhérence : qui amènera les particules à
se coller sur les ailetages en modifiant leur profil, ce qui conduit à
Figure 5 – Temps de rétablissement à la vitesse nominale une réduction du rendement (exemple : les pollens).
En général, la pollution physique détériore ou encrasse les aile-
tages du compresseur d’air ; certaines particules peuvent éga-
lement entraîner des dégradations sur les ailetages de la turbine.

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4.1.3 Pollution chimique


Tableau 1 – Critères de choix du système de filtration.
L’air peut contenir des gaz et, en suspension, des cristaux ou des Zone urbaine et industries légères (2) + (3) ou (4)
poussières chargés de composants chimiques indésirables tels que : Zone industrielle normale (2) + (3) ou (4)
— le chlorure de sodium (sel de mer) ; Zone agricole (2) + (3) ou (4)
— le soufre et ses dérivés ; Zone industrielle fortement polluée (1) + (2) + (3) ou (4) ou (7)
— le chlore et ses dérivés ; Bordure de mer (1) + (2) + (3) ou (4) ou (7)
— des acides organiques et inorganiques. Vents de sable ou de poussières (1) + (2) + (3) ou (4)
Ceux-ci ont des actions corrosives qui peuvent endommager les Neige ou forte pluie fréquentes ajouter dans tous les cas
ailetages du compresseur, mais plus fréquemment les parois de la ci-dessus (5)
chambre de combustion et les ailetages de la turbine du fait que, Risques fréquents de givre ajouter dans tous les cas (6)
par sa haute température, la combustion transforme le polluant ou (1) filtre à inertie (5) toiture
l’associe à un autre polluant apporté par le combustible. (2) préfiltre (6) dégivreur
La parade consiste en : (3) filtre final (7) filtre à bain d’huile
(4) filtre autonettoyant
— des traitements de surface anticorrosifs appliqués par le
constructeur sur les parties exposées ;
— des inhibiteurs éventuellement ajoutés au combustible.
Finalement, la pollution chimique de l’air est difficile à contrôler.
Si elle provient d’un gaz, aucun moyen de protection n’existe autre
qu’un lavage difficile à réaliser et d’une efficacité variable.

4.1.4 Intempéries
Le givre, la glace, la neige, une forte pluie peuvent provoquer
des incidents parfois graves dans une turbine à gaz.
■ Givre et glace : à des températures voisines de 0 oC et pour un
degré d’humidité donné, il peut y avoir formation de glace ou de givre
sur les filtres et même dans la gaine d’air qui alimente la turbine. Le
givre, comme la glace, colmate le système de filtration ; la glace dans
la gaine peut se détacher en morceaux suffisamment gros pour venir
heurter le premier rang d’ailettes et l’endommager. La solution réside
dans le dégivrage (en anglais anti-icing).
■ Neige : elle peut venir colmater les filtres. La solution consiste à
dégivrer, ou à monter des filtres sous un toit de protection.
■ Fortes pluies (orage très violent) : elles peuvent également colma- Figure 6 – Efficacité des filtres en fonction de la taille des particules
ter les filtres ; le toit de protection résout la question.

4.1.5 Différents types de filtres


Le lecteur pourra se reporter aux articles Filtration [J 3 500]
[J 3 501] [J 3 502] [J 3 503] [J 3 510] du traité Génie des procédés.
Les systèmes de filtration proposés sont maintenant bien au point,
encore faut-il qu’ils soient adaptés aux conditions régnant dans
l’environnement du site. Aussi est-il important de connaître la pol-
lution possible dans la zone d’aspiration du système de filtration.
Les quelques réflexions ci-après permettront de définir et de choi-
sir le système de filtration le plus convenable :
— dans le vent dominant, quelles sont les pollutions possibles ? ;
• la mer à moins d’1 km (sable, sel, brouillard marin),
• une industrie (fumées, poussières industrielles),
• des champs (humus, pollens, poussières végétales),
— le vent est-il souvent fort et tourbillonnant ? Il faut mettre les
filtres le plus haut possible par rapport au sol ;
— existe-t-il de fréquentes chutes de neige ou des risques de
violentes pluies ? Il faut alors prévoir un toit au-dessus des filtres ; Figure 7 – Groupe de 4 MW équipé de filtres autonettoyants
— existe-t-il des risques de givre ? Un système de dégivrage à l’aspiration d’air de la turbine et de ventilation du capotage
est-il recommandable ? ; (doc. Tuma-Turbomach)
— dispose-t-on d’un personnel suffisant pour nettoyer ou changer
les filtres ? Faut-il choisir entre les filtres à nettoyage manuel et les
filtres à nettoyage automatique ?
La figure 6 donne les courbes d’efficacité de divers types de filtres
4.1.6 Nettoyage des compresseurs de turbine
et le tableau 1 les critères de choix du système de filtration.
Pour les raisons que nous venons de voir (§ 4.1.4 et 4.1.5), les
La figure 7 montre l’exemple d’un groupe de 4 MW équipé de pollutions atmosphériques encrassent les ailetages du compresseur
filtres autonettoyants. d’air car aucune filtration, aussi efficace soit-elle, n’arrête en totalité

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les particules infiniment ténues contenues dans l’air aspiré. La En France, le gaz provenant de plusieurs sources peut présenter
figure 6 montre qu’au-dessous de 5 µm l’efficacité est de l’ordre des différences d’une région à l’autre sachant que, une fois connues,
de 95 %, c’est-à-dire que 5 % de ces particules et plus, lorsque la taille elles restent constantes. Par exemple, un secteur de la région Nord
diminue encore, pénètrent dans la turbine et se déposent sur les aile- est alimenté en gaz de Groningue dont le pouvoir calorifique est infé-
tages du compresseur, ce qui conduit à une chute de son rendement, rieur à celui du gaz distribué dans les autres régions françaises.
avec : Lorsque l’on envisage d’installer une turbine à gaz, il y a lieu de
— une diminution du taux de compression ; prendre contact avec la Société de distribution dont dépend le sec-
— une augmentation de la température des gaz de combustion, teur où l’installation est projetée (Gaz de France, Compagnie du
pour des conditions de fonctionnement inchangées et servant de Méthane, Société du Gaz du Sud-Ouest, etc.). Les questions impor-
référence. tantes à aborder sont les suivantes.
Les nettoyages s’effectuent, soit avec de l’eau, soit avec de l’eau ■ À quelle pression le gaz sera-t-il livré ? Pour pouvoir être injecté
additionnée d’un produit nettoyant, soit avec un produit solide. dans la turbine, le gaz doit être à une pression supérieure à celle de
L’opération se fait soit à vitesse lente, soit à vitesse nominale. Chaque la pression d’air sortant du compresseur de la turbine.
constructeur de turbine à gaz préconise une procédure et des pro-
duits auxquels il est prudent de se conformer. En général, une pression de l’ordre de 16 bar en sortie de poste
de livraison permet d’alimenter la quasi-totalité des turbines pro-
La fréquence de nettoyage d’un compresseur de turbine échappe posées sur le marché, mais une pression plus forte peut être requise
à toute règle simple, car elle dépend de l’efficacité du filtre et de la pour certaines turbines à fort taux de compression ou pour tenir
pollution de l’air. Il faut aussi savoir que cette opération peut attendre compte des pertes de charge occasionnées par les tuyauteries ou
une période pendant laquelle la production d’énergie de l’installation équipements installés entre le poste de livraison et le groupe turbine
sera arrêtée sans inconvénients. à gaz.
Exemple : aucune difficulté n’était apparue pendant plusieurs Il y a également lieu de faire préciser la pression minimale de
années sur une turbine à gaz installée en milieu rural près d’un massif livraison garantie.
forestier. Or un agriculteur propriétaire d’un lot voisin le déboisa et y
Lorsque la pression est trop basse, il faut prévoir un surpresseur
planta de la luzerne. Au mois de mai suivant, de fréquentes baisses de
qui doit être pris en compte dans l’étude de rentabilité de
rendement de la machine rendirent nécessaire un lavage du compres-
l’installation.
seur tous les deux jours pendant près de deux semaines. L’examen des
prélèvements effectués fit découvrir le coupable : le pollen. Après modi- Si les baisses de pression sont temporaires, la turbine à gaz peut
fication des filtres, le problème disparut définitivement. être équipée avec un système bicombustible qui permet de
continuer de fonctionner au fuel domestique ou au GPL durant les
périodes d’interruption dans la livraison du gaz.

4.2 Combustibles ■ Le gaz est-il propre ? Tous les circuits de combustible d’un
groupe turbine à gaz sont équipés de filtres de protection. Il est en
effet prudent de protéger la turbine contre les polluants suivants :
Comme tous les moteurs thermiques, une turbine à gaz — les poussières provenant de la répartition ou de l’installation
consomme un combustible. Celui-ci, introduit par des injecteurs, de canalisations, qui sont en majorité des particules de rouille ;
brûle dans la ou les chambres de combustion. — les condensats lourds qui peuvent se déposer dans les parties
Une combustion est une réaction chimique entre les différents basses des canalisations et se trouvent remis en suspension lors
constituants contenus aussi bien dans le combustible que dans d’un changement de régime d’écoulement dans ces canalisations ;
l’air. Or certains de ces constituants peuvent ainsi former des subs- — l’eau provenant de condensations diverses, particulièrement
tances dangereuses pour les parties chaudes de la turbine à gaz. actives lorsque les installations restent ouvertes ou au repos.
Notons que lorsqu’il est envisagé de faire des injections d’eau ou Pour ces trois polluants, il existe des filtres à poussières servant,
de vapeur, celles-ci peuvent également apporter des polluants en même temps, de séparateur de phase liquide.
nocifs. À ce titre, on distingue :
— les constituants fortement indésirables : soufre, sodium asso-
cié au potassium, vanadium, plomb, calcium, fluor, chlore ; 4.2.2 Fuels légers
— les constituants indésirables : mercure, cadmium, bismuth,
arsenic, antimoine, phosphore, bore, gallium, indium. En France, on appelle fuels légers le gazole et le fuel domestique.
Lorsque l’un ou plusieurs de ces polluants existent, soit dans le Ces combustibles conviennent à la quasi-totalité des turbines à gaz.
combustible, soit dans l’air, dans l’eau ou dans la vapeur d’injec- S’il s’agit d’installations situées à l’étranger, la question de la
tion, il est nécessaire d’en informer le constructeur de la turbine à qualité des fuels dits légers est à considérer avec précision et en
gaz afin, qu’en fonction des teneurs, il prenne les dispositions qui accord avec le fournisseur de la turbine.
s’imposent pour éviter de tels inconvénients. Tout est une question Quelles sont les précautions à prendre si la turbine doit être ali-
de quantité et, bien souvent, le problème se résout facilement. Il mentée avec ces combustibles ?
existe maintenant des revêtements de protection très efficaces que
l’on applique sur les ailetages de turbine. ■ Les stockages doivent être suffisants pour se protéger des risques
d’interruption dus aux délais de livraison inhabituels, à des
conditions climatiques extrêmes ou à des conflits sociaux. Il ne faut
4.2.1 Gaz naturel pourtant pas stocker en trop grande quantité sachant qu’en période
chaude particulièrement des micro-algues peuvent se former dans le
Le gaz naturel, tel qu’il est distribué en France, est un combus- combustible et entraîner le colmatage rapide des filtres.
tible de choix pour les turbines à gaz. Répondant à des normes ■ Il faut se prémunir, si nécessaire, contre la solidification des
précises, il peut être introduit dans les turbines sous réserve des paraffines en période de grand froid, qui affecte aussi, par exemple,
quelques dispositions précisées plus loin. Si l’installation est envi- les moteurs diesels des véhicules et les chauffages centraux au fuel
sagée à l’étranger, une analyse doit être demandée et soumise à domestique au cours de certains hivers. Si ces conditions sont à
l’étude du constructeur de la turbine. craindre, il faut prévoir, en cuve de stockage, une crépine chauffante
et installer des résistances électriques (tracing) sur les canalisations
soumises au froid extérieur.

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Pour mémoire, on doit également citer dans cette catégorie de 4.2.5 Biogaz
combustibles légers : les kérosènes, les naphtas, les alcools et
certains sous-produits industriels. Les trois premiers sont couram- Les biogaz sont générés par la décomposition de matières végé-
ment brûlés dans des turbines à gaz sous réserve de modifications tales ou animales. Leur production est importante dans les stations
mineures. Quant aux sous-produits industriels, l’accord du d’épuration des eaux usées et les dépôts d’ordures.
constructeur de la turbine s’impose et une analyse complète doit,
par conséquent, lui être fournie ; il y a lieu, en outre, de se conformer Leur composition est extrêmement variable et dépend essentiel-
aux réglementations en vigueur concernant autant leur entreposage lement du procédé de décomposition des rejets.
que leur utilisation. C’est un combustible à ne pas négliger car il se trouve valorisé
par la production d’électricité d’une part, par la possibilité d’activa-
tion du procédé de décomposition que procure la chaleur des gaz
4.2.3 Fuels lourds d’échappement de la turbine d’autre part.
Beaucoup de turbines acceptent le biogaz, les constructeurs étant
Les fuels lourds sont des combustibles en apparence très à même de définir les conditions d’utilisation sur la base d’une ana-
attrayants car ils sont proposés à des prix très compétitifs. Malheu- lyse complète du gaz.
reusement ils possèdent une viscosité élevée et contiennent des Comme le biogaz est produit à pression atmosphérique, un
contaminants totalement indésirables pour les turbines à gaz. compresseur sera nécessaire pour l’introduire dans le circuit de
Avant de les utiliser, il faut vérifier quatre conditions essentielles : combustible de la turbine à gaz.
— que leur viscosité corresponde à celle préconisée par le
constructeur de la turbine à gaz, ce qui implique de les chauffer. La
température de chauffe peut être trop élevée pour les équipements 4.2.6 Gaz fatals industriels et gaz pauvres
montés sur le système combustible de la turbine ;
— que leur teneur en eau et en insolubles soit ramenée aux Dans de nombreuses industries, le procédé de fabrication génère
valeurs préconisées par le constructeur de la turbine à gaz, ce qui des gaz combustibles souvent chargés de polluants indésirables
s’obtient par centrifugation ; pour une turbine à gaz. Toutefois, lorsque les charges polluantes sont
— que les teneurs en calcium et en potassium soient ramenées faibles, il peut être rentable de les consommer dans une turbine à
au-dessous du seuil admis par le constructeur de la turbine à gaz ; gaz, quitte à les enrichir avec du gaz naturel. Mais avant de prendre
cette opération peut s’effectuer par un lavage à l’eau du cette décision, il faut se rappeler les points suivants qui sont d’une
combustible ; grande importance :
— que le soufre et les métaux lourds soient en quantités accep- — la qualité d’un combustible introduit dans une turbine à gaz
tables pour le constructeur de la turbine à gaz, ce qui peut impli- conditionne la longévité des parties chaudes de la turbine et de la
quer l’adjonction d’inhibiteurs et contraindre à des conditions de chambre de combustion ;
fonctionnement et d’entretien spécifiques. — certains constructeurs proposent des systèmes multicombus-
Le problème n’est donc pas simple. Le stockage et la manutention tibles qui permettent d’assurer une continuité de fonctionnement
de ces combustibles imposent également des installations de dans le cas où un combustible viendrait à manquer ; ce système per-
chauffe afin que la viscosité permette le pompage et le traitement. met également de démarrer une installation et de passer ensuite à
En général, les fuels lourds ne sont acceptables que pour les turbines un gaz dont les caractéristiques ne conviennent pas pour le lance-
de type industriel de moyenne et forte puissances. ment de la machine ;
— dans une installation cogénération, la turbine peut être ali-
mentée avec un combustible tandis que la postcombustion en utilise
4.2.4 Gaz de pétrole liquéfié (GPL) un autre.
ou gaz naturel liquéfié (GNL)

Les gaz de pétrole liquéfiés sont déjà largement utilisés pour les
besoins domestiques et industriels ainsi que pour les véhicules
4.3 Nuisances
automobiles équipés d’un réservoir et d’une carburation spéciaux.
Deux types de gaz sont proposés : le butane commercial et le Il s’agit des émissions nuisibles à l’environnement, comme le
propane commercial. L’un et l’autre sont des combustibles de qualité bruit et les résidus de combustion, et dont les effets doivent être
pour les turbines à gaz. Suivant le type de turbine retenu, ils peuvent combattus afin de satisfaire aux exigences des normes nationales
être introduits : ou internationales, ou quelquefois à des contraintes purement
— sous forme liquide par pompage à partir d’une cuve de locales.
stockage ;
— sous forme gazeuse par passage dans un gazéifieur avant
d’être introduits dans le circuit de la turbine à gaz. 4.3.1 Protection contre le bruit
Il appartient au constructeur de la turbine à gaz de préconiser le
mode d’introduction, qu’il ne peut indiquer que s’il connaît la compo- Le bruit qui règne dans les aéroports vaut aux turbines à gaz la
sition du GPL retenu. réputation d’être bruyantes. Mais un turboréacteur d’avion aspire
l’air et refoule ses gaz d’échappement directement dans l’atmos-
Si ce type de combustible est envisagé, il est prudent de calculer
phère, ce n’est pas le cas des turbines à gaz industrielles. De plus,
les consommations en fonction des conditions d’exploitation sou-
le spectre sonore des turbines à gaz est constitué de fréquences éle-
haitées. Les volumes de stockage et le programme d’approvision-
vées faciles à absorber.
nement sont alors à discuter avec la ou les sociétés distribuant ce
combustible. Il suffit de capoter et d’équiper de silencieux standards un groupe
turbine à gaz pour abaisser son niveau sonore à 80 dB (A), ce qui
correspond à un bureau bruyant ou au passage d’un métro sur pneus
mais rend cependant une conversation téléphonique difficile. C’est
toutefois un niveau tout à fait standard dans une usine de production
ou une chaufferie, par exemple.

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Si le groupe est installé dans un bâtiment et si les silencieux Lorsque la nuisance sonore doit être abaissée à des niveaux rela-
d’air montés sur l’aspiration, l’air de ventilation et sur l’échappe- tivement faibles, c’est-à-dire au-dessous de 60 dB (A), il y a lieu de
ment sont bien adaptés, le niveau sonore à l’extérieur peut être prendre des précautions vis-à-vis des émissions provenant de la
considérablement réduit. vitesse de passage des gaz dans les gaines et tuyauteries ainsi que
La définition du niveau sonore à respecter n’est pas toujours une de la détente des gaz sortant à l’atmosphère (échappement, venti-
chose facile, car il dépend des contraintes imposées par lation), qui agissent par effet de souffle.
l’environnement :
— niveau sonore déjà existant ;
4.3.2 Contrôle des polluants rejetés à l’atmosphère
— distance entre le lieu d’installation du groupe et le lieu où le
niveau de bruit est plus critique.
Cette question est d’actualité : les turbines à gaz, au même titre
L’orientation des ouvertures par lesquelles s’échappe le bruit émis que les moteurs à pistons et tous autres systèmes de combustion,
par le groupe (filtres à air, ventilation de salle, évacuation de l’air rejettent à l’atmosphère différents polluants qui se classent en trois
de ventilation, etc.) a une importance vis-à-vis du lieu où la nuisance catégories :
sonore doit être la plus faible. Le bruit émis par la cheminée d’échap-
pement peut être réduit en augmentant sa hauteur. — ceux provenant du combustible lui-même ou de l’air : par
exemple, le soufre qui se transforme en composés soufrés dont H2 S.
Les deux diagrammes (figure 8) permettent d’évaluer en pre- La seule solution est d’utiliser des combustibles à basse teneur en
mière approximation les effets de la distance et de la direction sur soufre. Il faut également noter les composés chimiques contenus
le bruit créé par une turbine à gaz. dans l’air qui se décomposent par la chaleur de combustion en
Exemple : un groupe émet, dans la bande des 2 000 Hz, une produits nocifs ;
pression sonore de 85 dB. À une distance de 300 m, cette pression — ceux provenant des imbrûlés ; ce sont eux qui se signalent
sonore est réduite de 30 dB ; la pression sonore résiduelle sera donc de sous forme de fumée et qui génèrent la suie. Dans les turbines à
85 – 30 = 55 dB. gaz, ce problème est mineur, car les chambres de combustion sont
particulièrement bien étudiées pour éviter d’abord l’encrassement
de la turbine. Il faut toutefois faire attention lorsque l’on envisage
de brûler des combustibles liquides à viscosité élevée ;
— ceux formés par la réaction chimique de combustion : ce sont
les oxydes d’azote appelés NOx ainsi que le monoxyde de carbone
(CO).
Les NOx sont responsables de pollutions sévères ayant des consé-
quences graves sur notre écosystème. Cependant, les réglemen-
tations nationales ne sont pas encore coordonnées sur le plan
international. En ce qui concerne la France, il est hors de doute qu’elle
devra, à court terme, adopter la réglementation européenne afin de
protéger les pays voisins. Elle a en effet une position géographique
privilégiée : recevant les vents dominants de l’Atlantique, notre air
est relativement pur. Mais les polluants que nous émettons sont
entraînés par ces mêmes vents vers l’Est, c’est-à-dire vers des voisins
européens, ce qui explique leur ardeur à lutter contre la pollution
de l’air.
Les constructeurs de turbines à gaz font de gros efforts pour amé-
liorer leurs systèmes de combustion et réduire les émissions de NOx .
Malgré tout, les niveaux imposés par de nombreux pays nécessitent
le recours à des artifices permettant de maintenir le niveau des émis-
sions au-dessous du seuil fixé par les normes nationales ou les uti-
lisateurs eux-mêmes. Ces artifices consistent en l’injection d’eau ou
de vapeur. Le but est de réduire localement la température de réac-
tion. L’eau nécessite une chaleur de vaporisation qu’elle emprunte
à la flamme dont elle réduit ainsi la température ; la vapeur a éga-
lement besoin de chaleur pour atteindre la température d’équilibre
du système. L’introduction d’eau ou de vapeur a pour conséquence
l’augmentation du débit massique dans la turbine et par suite celle
de la puissance produite sans que pour autant le rendement du cycle
soit amélioré.
L’eau ou la vapeur introduite doit être pure, car toute impureté
pourrait provoquer sur les ailetages des dépôts nuisibles au rende-
ment de la turbine. Si l’injection d’eau se fait toujours au niveau
des injecteurs de combustible, celle de la vapeur est pratiquée chez
certains constructeurs par mélange avec l’air destiné au refroidis-
sement des parties chaudes ainsi qu’au blocage des fuites d’huile
dans les joints labyrinthes, ce qui peut être à l’origine de graves
incidents.
La teneur en NOx est définie en utilisant différentes unités qui
prêtent à confusion :
• ppmv = partie par million en volume ;
• mg/Nm3 = milligramme par normal mètre cube de gaz d’échap-
Figure 8 – Corrections du niveau sonore créé par une turbine à gaz
en fonction de la distance et de la direction pement [mesuré dans les conditions normales de température (0 oC)
et de pression (1,013 bar)] ;
• g/GJ = gramme par gigajoule produit ;
• kg/an = kilogramme par an.

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Ces valeurs s’appliquent à des gaz d’échappement contenant en


général 15 % d’oxygène résiduel. 5. Entretien
Quant aux concentrations maximales admises de NOx , elles ont
été fixées dans les différents pays aux valeurs suivantes : 5.1 Généralités
— France : pas de règlement précis ;
— Allemagne : 350 mg/Nm3 ; Dans l’esprit d’un utilisateur éventuel qui s’interroge sur l’acqui-
— Pays-Bas : 135 g/GJ ; sition d’une turbine à gaz, l’entretien de ce matériel est très souvent
— Italie : 600 à 800 mg/Nm3 ; un sujet de préoccupation.
— Espagne : pas de règlement précis ; Nombreux sont ceux qui, ne connaissant les turbines à gaz qu’à
— Pays scandinaves : 250 mg/Nm3, dans un proche futur travers des informations concernant les moteurs d’avion, ont l’image
100 mg/Nm3 ; d’une machine complexe et demandant des soins constants. S’il est
— Grande-Bretagne : 200 à 250 mg/Nm3. vrai que dans le domaine de l’aviation les programmes d’entretien
Ces valeurs restent indicatives et peuvent, dans un même pays, et de révision sont contraignants, car ils doivent répondre à des
varier en plus ou en moins d’une région à une autre en fonction du normes de sécurité rigoureuses et s’adressent à des machines
niveau local de pollution. Elles sont généralement associées à une conçues sans marge excessive, il n’en est pas de même pour les
autre prescription fixant le niveau maximal de CO toléré. turbines destinées à un usage industriel. D’ici à en conclure que la
fiabilité des turbines industrielles est moins bonne que celle des
turbines d’aviation, il y a un pas qu’il ne faut surtout pas franchir.
Une turbine à usage industriel, si elle est du type aérodérivative,
4.4 Échappement c’est-à-dire issue d’une turbine type aviation, est proposée à un
niveau de puissance très nettement inférieur à celui pour lequel elle
Chaque fois que l’on souhaite bénéficier des avantages liés à la a été conçue, de sorte que ses parties chaudes sont soumises à des
récupération de la chaleur contenue dans les gaz d’échappement, températures moins élevées permettant ainsi une longévité adaptée
la turbine à gaz se trouve associée à une installation thermique qui, à l’usage industriel. Encore faut-il que les auxiliaires directement
elle-même, est soumise à ses propres contraintes d’installation. entraînés par la turbine à gaz ou livrés avec elle soient également
mis en harmonie avec les besoins de l’exploitation industrielle.
Les gaz d’échappement présentent les particularités suivantes :
Quant aux turbines à gaz étudiées et réalisées uniquement pour
— les pertes, à la turbine, par rayonnement et convection de son les applications industrielles, il est bien évident que leur longévité
corps, et par refroidissement de l’huile de graissage, étant faibles, est d’emblée assurée dès leur conception.
les gaz d’échappement transportent la quasi-totalité de la chaleur
rejetée par le groupe ; La turbine à gaz est le moteur privilégié dans toute l’industrie
— les gaz contiennent encore 14 à 17 % d’oxygène ; ils peuvent pétrolière, alors que celle-ci est tout particulièrement sensibilisée à
donc alimenter un système comportant un brûleur qui fera aug- la fiabilité et à la longévité des équipements qu’elle utilise. Sur les
menter leur température et par suite la puissance thermique qu’ils plates-formes en mer, île artificielles dépendant de leurs seules res-
véhiculent ; sources, l’électricité est, dans la quasi-totalité des installations, pro-
— la température des gaz est de l’ordre de 450 à 550 oC ; on peut duite par turbine à gaz. Outre l’avantage de peu vibrer, elle présente
donc récupérer leur chaleur sensible soit pour échauffer un fluide une sécurité de fonctionnement et une facilité d’entretien qui la fait
caloporteur tel que de la vapeur, soit en utilisation directe, pour du préférer aux autres moyens de production d’énergie mécanique.
séchage ou de la cuisson. Les constructeurs de turbine et metteurs en groupe préconisent
leurs propres programmes d’entretien auxquels il y a lieu de se
conformer.
4.5 Systèmes de démarrage Tout programme d’entretien, aussi complet et parfait soit-il, ne
pourra donner satisfaction que si les trois conditions suivantes
sont remplies :
Les constructeurs de turbines à gaz proposent plusieurs modes — air propre ;
de démarrage. Le système le plus répandu consiste à alimenter par — combustible propre ;
le réseau national un moteur électrique qui, soit directement, soit — huile propre.
indirectement par l’intermédiaire d’un système hydraulique par Certes, ces trois critères sont liés à la qualité et aux performances
exemple, entraîne et accélère le compresseur de la turbine à gaz, des équipements fournis, mais nous les signalons ici car ils condi-
jusqu’à ce que la puissance générée par la combustion soit suffi- tionnent essentiellement le bon fonctionnement et la longévité de
sante pour amener seule la machine à sa vitesse de régime. l’installation. En effet :
Les autres systèmes de démarrage proposés sont : — un air sale entraîne :
— par turbine de détente de gaz naturel ou d’air comprimé ; • salissure du compresseur (baisse de rendement),
— par moteur à courant continu sur batteries ; • usure des ailettes (baisse de rendement, changement à plus
— par moteur thermique avec entraînement direct ou indirect. court terme),
Dans le choix d’un système, il est important d’examiner la pos- • pollution de l’huile de graissage (changement plus fréquent),
sibilité de démarrer l’installation en cas de défaillance du réseau. • salissure des joints labyrinthes (entretien plus lourd) ;
C’est l’option appelée black start qui impose la disponibilité ou — un combustible sale provoque :
l’autoproduction de l’énergie nécessaire tant pour l’alimentation • obstruction des filtres (entretien fréquent),
des auxiliaires (tels que la pompe à combustible ou celle de grais- • salissure des injecteurs (nettoyage fréquent, déformation de la
sage) que pour le moteur assurant la mise en vitesse de la turbine. flamme et donc risques de points chauds – brûlage dans les
chambres de combustion et sur les ailetages de la turbine),
• salissure des ailetages de la turbine (perte de rendement),
• salissure des vannes de dosage (entretien plus lourd) ;

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— une huile sale entraîne : 5.2.2 Période de maturité


• usure des paliers (changement à plus court terme),
• salissure du système de réfrigération de l’huile (échauffement Cette période suit celle d’adolescence et se prolonge jusqu’à la
des paliers), période dite de temps moyen entre révisions majeures (en anglais
• oxydations internes (entretien plus lourd). MTBO ou MTBR). Sauf accident grave imprévisible, en suivant le
Il est donc important, lors de la définition des équipements avec programme d’entretien prévisionnel prescrit par le constructeur et
le fournisseur, que les systèmes de filtration d’air, de préparation en effectuant les opérations sauvegardant la propreté de l’air, du
du combustible et de reniflage du circuit d’huile soient examinés combustible et de l’huile de graissage avec la fréquence définie
avec soin. durant la période d’adolescence, l’installation fonctionnera avec le
maximum de disponibilité.
Nota : on rappelle que :
MTBO = mean time between overhaul ;
5.2 Périodes d’exploitation MTBR = mean time between repair.
Les opérations d’entretien courant que l’exploitant effectue,
Durant l’exploitation d’une turbine à gaz, trois périodes sont à sans avoir besoin de faire appel à un spécialiste, sont :
considérer. — le nettoyage ou changement des filtres à air, à moins que
ceux-ci ne soient du type autonettoyant ; dans ce dernier cas, les
cartouches sont à changer à des intervalles relativement longs ;
5.2.1 Période d’adolescence — le lavage du compresseur de la turbine suivant la procédure
indiquée par le constructeur (§ 4.1.6) ;
Durant cette période commençant à la première mise en route — le changement des filtres de combustible et de l’huile de grais-
d’une installation neuve ou qui vient de subir une révision générale, sage, soit lorsque la pression différentielle maximale, entre l’amont
un certain nombre de troubles se manifestent, pouvant provoquer et l’aval du filtre, est atteinte, soit suivant une périodicité indiquée
l’arrêt de l’installation. Ces troubles proviennent en général : par le constructeur ;
— de faiblesses d’équipements dont la fragilité n’a pas été détec- — le nettoyage de l’installation et de son environnement :
tée, tel est le cas de composants électroniques, relais, lampes ; • zone d’aspiration des filtres à air,
— de très faibles fuites demandant un certain temps pour appa- • grilles d’aspiration et de refoulement de l’air de ventilation,
raître (soudures, joints, serrage de raccords) ; • radiateur du réfrigérant d’huile,
— de mauvais contacts dus à des sertissages ou serrages de • plancher du groupe ;
cosses insuffisants ; cette pratique évite des arrêts intempestifs pour des raisons de
— de dérives de seuils de réglages du fait de pressions, tempé- colmatage des circuits d’air et de surchauffe (dépassement de la
ratures, vibrations non prévues. température normale de fonctionnement au point d’être proche
C’est durant cette période qu’il y a lieu de surveiller avec beau- de la température d’alarme) ;
coup d’attention quatre paramètres, afin d’apporter sans retard les — la surveillance des bruits : avec l’habitude, l’oreille perçoit un
corrections qui assureront par la suite un fonctionnement fiable : changement de bruit qui éveille l’attention sur le fonctionnement
d’un équipement. Ce changement de bruit peut être le signal d’un
■ l’évolution de la salissure du compresseur, ce qui permettra de changement d’état nécessitant une inspection plus poussée pour
juger de la qualité et de la bonne adaptation du système de filtration en connaître l’origine ;
choisi. Ces inspections auront également comme avantage de pou- — le prélèvement d’échantillons d’huile pour analyse.
voir établir une périodicité pour le lavage du compresseur de la tur-
L’entretien préventif est fait soit par du personnel de l’exploitant
bine (opération d’entretien courant) et d’estimer la fréquence avec
ayant suivi des stages chez le constructeur, soit par le personnel du
laquelle les filtres à air devront être nettoyés ou remplacés ;
service après-vente du constructeur agissant dans le cadre d’un
■ la propreté des filtres à combustible et des buses des injecteurs contrat d’entretien. Il consiste en des actions visant à conserver à
dans le cas de combustible liquide. Ces inspections renseigneront l’installation ses performances et ses paramètres de fonctionnement
sur la qualité du combustible utilisé ou sur l’efficacité du système de corrigés des dérivés imputables à un vieillissement normal.
traitement prévu. Tout défaut constaté doit être corrigé sans retard, Trois types de contrôles doivent être menés de façon rigoureuse
car une distorsion dans le spectre de la flamme due à l’encrasse- par du personnel expérimenté, car ils demandent une interpréta-
ment prématuré des injecteurs peut entraîner des points chauds tion des informations recueillies :
dans la chambre de combustion et les premiers étages de la turbine,
— les inspections endoscopiques permettant de voir à l’intérieur
ayant pour conséquence de réduire la durée de vie de ces éléments ;
de la turbine, par des orifices aménagés à cet effet, certains élé-
■ la propreté des filtres à huile et, chaque fois qu’il existe, la ments tels que ailetages, parois de chambre de combustion, buse
propreté du bouchon magnétique. Il est normal que durant les pre- d’injecteur. Elles permettent de se rendre compte de l’état de la tur-
mières périodes de fonctionnement les filtres s’encrassent ainsi que bine et principalement des parties chaudes les plus exposées au
le bouchon magnétique, car l’installation se rode et se nettoie des vieillissement. C’est à partir de cette inspection que des corrections
impuretés qu’elle contient. Ces salissures doivent disparaître rapide- pourront être apportées au mode d’exploitation de l’installation et
ment, le contraire serait le signe d’un mauvais fonctionnement ; que, si cela est nécessaire, on décidera la révision de la turbine ;
— les relevés des vibrations qui se font soit avec des moyens de
■ les vibrations : si elles dépassent, même temporairement, le mesure définitivement mis en place, soit avec du matériel portatif.
niveau normal, une investigation est à faire pour en trouver les Ces relevés font l’objet d’analyses spectrales et de vérifications
raisons. comparatives pour permettre une interprétation fiable. Les résul-
C’est généralement dans les 250 premières heures que les troubles tats peuvent amener à détecter des usures sur les paliers, les den-
d’adolescence se manifestent, cette période peut aller jusqu’à tures ou l’accouplement, ou bien une accumulation de salissures
1 000 h pour les installations complexes et importantes. Cette au cœur du compresseur d’air qui ne peut être enlevée par le
période n’est pas propres aux groupes turbines à gaz et tous ceux lavage et nécessite un nettoyage adapté, ou encore une érosion
qui ont vécu la mise en route d’installations neuves connaissent bien des ailetages mobiles, etc. ;
les tracasseries dues aux troubles de ce genre, mais qui ont vite fait — le calibrage des couples thermoélectriques placés dans la
de disparaître dès que l’on traite l’origine. Il est donc recommandé partie chaude de la turbine, et celui de la chaîne de mesure et de
que, durant cette période, des précautions soient prises vis-à-vis du transmission des signaux qui servent à la régulation de la turbine.
temps de disponibilité escompté afin de parer aux conséquences des C’est par cette mesure que la température des gaz à l’entrée de la
arrêts de l’installation.

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MISE EN ŒUVRE DES TURBINES À GAZ DANS L’INDUSTRIE ____________________________________________________________________________________

turbine de puissance est tenue sous contrôle pendant la marche de


la turbine ; or cette fonction joue un rôle très important, car tout
dépassement de la température réduit la durée de vie de la
machine.

5.2.3 Période de révision générale

Il arrive un moment où la turbine à gaz doit, pour retrouver ses


performances initiales, être entièrement révisée. Étant donné que
les dégradations touchent essentiellement les parties chaudes, les
chambres de combustion ainsi que les premiers étages fixes et
mobiles de la turbine proprement dite devront être partiellement Figure 9 – Taux d’indisponibilité
ou totalement remplacés ou réparés. en fonction du temps de fonctionnement
Dans le cas des machines aérodérivatives (industrielles, technique
aviation), la turbine à gaz est démontée et envoyée dans un atelier
spécialisé de réparation. Certains constructeurs proposent l’échange avec A temps de référence (durant lequel on analyse le fonction-
standard où la turbine est remplacée par une autre déjà révisée avec nement de la machine),
transfert de propriété possible, ce qui réduit le temps de démontage B temps d’arrêts pour entretien programmé durant le temps
et remontage à quelques jours. Si l’on recourt à une location, la tur- de référence,
bine initiale sera remise en place après réparation. Tout est une ques- C temps d’arrêts non prévus durant le temps de référence.
tion d’entente entre l’utilisateur et le fournisseur.
On utilise aussi la notion de taux de disponibilité égal au complé-
Quand il s’agit d’une turbine industrielle lourde, la réparation se ment à 100 % du taux d’indisponibilité.
fait sur place, ces machines étant conçues pour se prêter à un
entretien sur site. Les chiffres indiqués ci-après sont des valeurs moyennes pour une
installation chaleur-force comportant une chaudière de récupération:
Il faut tirer parti de cette période d’immobilisation forcée de la
— au point ➀, l’installation est mise en route pour la première
turbine pour effectuer simultanément les révisions des autres équi-
fois ou après une révision générale de tous les équipements ; le
pements associés telles que :
taux d’indisponibilité est de l’ordre de 50 % ;
— vérification et réglage des paliers du réducteur et de l’alter- — au point ➁, les causes des arrêts intempestifs de première
nateur ; mise en route ont été corrigées. Entre les points ➀ et ➁, il s’est
— vérification des dentures de réducteur ; écoulé environ 100 h de fonctionnement ; le taux d’indisponibilité
— démontage complet, vérification et rectification de l’accouple- est réduit à 15 % ;
ment à petite vitesse ; — au point ➂, soit après 500 h de fonctionnement depuis le
— vérification et réparation éventuelle des pompes, ventilateurs, point ➀, le taux d’indisponibilité est de l’ordre de 10 % ;
moteurs électriques ; — au point ➃, environ 1 000 h de fonctionnement, on sort de la
— nettoyage et dégraissage de l’intérieur de l’alternateur ; période d’adolescence et le taux d’indisponibilité se stabilise alors
— inspection et nettoyage des gaines d’air. entre 3 et 5 %.
Après ces travaux importants de réparation et de remise en état, En ce qui concerne la turbine à gaz considérée seule, son temps
l’ensemble se retrouve au début du cycle d’entretien (§ 5.2.2) avec d’indisponibilité se situe entre 1,5 et 2 %, cela veut dire que le taux
toutefois le handicap d’un certain vieillissement. global est surtout affecté par les défauts apparaissant sur les
autres équipements.
Si l’on attribue une valeur de 100 % au taux de pannes du
groupe complet, ce taux se décompose de la façon suivante :
5.3 Disponibilité systèmes électriques et électroniques.................. 41 %
système de combustible ........................................ 22 %
système de lubrification......................................... 13 %
Au terme de cette étude sur l’entretien des turbines à gaz, il est système de démarrage .......................................... 10 %
intéressant de se faire une idée du temps de fonctionnement d’une auxiliaires entraînés ............................................... 8 %
installation entre réparations majeures. Celui-ci est malheureu- turbine à gaz ........................................................... 3 %
sement influencé par plusieurs paramètres qui échappent à la réducteur ................................................................. 2 %
prévision : alternateur............................................................... 1 %
— les conditions d’utilisation de l’installation ; Cette analyse montre clairement que le taux de pannes est sur-
— la qualité des opérations d’entretiens courant et préventif ; tout imputable aux systèmes qui sont étudiés et réalisés par le
— la qualité du service après-vente du fournisseur ; metteur en groupe, ce qui souligne l’importance de son choix ;
— et enfin le respect des trois règles d’or cités au paragraphe 5.1 : — au point ➄ commence la période durant laquelle vont appa-
air propre, combustible propre, huile propre. raître les problèmes dus au vieillissement de certaines pièces ; le
L’expérience permet toutefois de dégager quelques chiffres indi- taux d’indisponibilité recommence à augmenter et il y a lieu de pro-
catifs : les trois périodes dont il est fait état (§ 5.2) peuvent être grammer une révision générale.
illustrées par la figure 9 sur laquelle sont portés, en ordonnées, le Pour les turbines industrielles dont la gamme la puissance est
taux de panne (ou taux d’indisponibilité) et, en abcisses, le temps comprises entre 1 et 15 MW, le temps de fonctionnement entre répa-
de fonctionnement. rations majeures se situe entre 25 000 et 35 000 h, lorsque les
Le taux d’indisponibilité se définit comme le pourcentage de temps consignes d’exploitation sont respectées en service continu et que
durant lequel l’équipement est indisponible et s’obtient par la for- le combustible est du gaz naturel.
mule suivante : En conclusion on ne saurait trop insister sur l’importance du soin
(B + C) apporté à la mise en groupe et à l’installation d’une turbine à gaz,
--------------------- × 100 ni trop souligner que la compétence et l’efficacité du service
A
après-vente sont les gages d’une installation fiable et rapidement
dépannée.

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6. Conclusion L’industriel peut, à partir des renseignements donnés par ce


document, connaître les grandes caractéristiques d’une installation
de cogénération adaptée à son industrie. Il peut alors lancer une
consultation auprès des constructeurs de turbines à gaz, des met-
Produire soi-même son électricité et sa chaleur à moindre coût teurs en groupe ou des bureaux d’ingénierie.
est un objectif qui peut être majeur pour les industries consom-
matrices de ces formes d’énergie. La France est, actuellement, lanterne rouge des pays européens
industrialisés équipés en installations de cogénération électri-
Bien des industriels ont abordés ce problème et se sont trouvés cité/chaleur. Nous pouvons nous interroger sur les causes de notre
confrontés à des questions d’intérêts fort divergents des leurs qui retard. Avons-nous pris pleinement conscience que les intérêts de
les ont conduit à abandonner, tout au moins temporairement, la notre planète Terre doivent passer avant les intérêts particuliers ?
recherche d’une solution. Il est évident que la valorisation de l’énergie devient une priorité
Les avantages d’une installation de cogénération à turbine à gaz majeure et, dans ce sens, la cogénération électricité/chaleur par tur-
restent pourtant d’actualité puisqu’ils peuvent se résumer en deux bine à gaz est un procédé remarquable et d’un rendement supérieur
petites phrases : de beaucoup aux moyens de production d’électricité conventionnels.
— produire de l’énergie moins chère ; Si nos plus proches voisins, la Grande-Bretagne, les Pays-Bas, la
— être assuré d’un secours en cas de coupure de courant ; Belgique, l’Allemagne, l’Italie, l’Espagne ont fortement investis
les corollaires étant : dans les installations industrielles de cogénération par turbine à
• produire moins cher et donc vendre plus, gaz, nous pouvons questionner sur les conséquences négatives
• sauvegarder sa production. possibles que nous pourrions avoir à supporter du fait du retard
que nous avons pris en ce domaine.
Il n’est pas d’industrie sensibilisée par la mise en œuvre de moyens
lui permettant d’augmenter son chiffre d’affaires ; la cogénération
par turbine à gaz en est un.

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P
O
U
Mise en œuvre des turbines à gaz R
dans l’industrie
E
N
par Yves LORANCHET
Officier Mécanicien de 1re classe de la Marine Marchande
Directeur de la Société Tuma Systems
S
A
V
Principaux constructeurs de turbines à gaz O
Ce tableau est limité aux turbines de puissance inférieure ou égale à 30 MW,
et ne comprend pas les turbines à récupérateurs et à injection de vapeur. Les
performances sont indicatives et données pour les conditions ISO (pression
Principales turbines à gaz industrielles disponibles
sur le marché Ouest européen
I
atmosphérique de 760 mmHg, température ambiante de 15 oC et humidité
relative de l’air de 60 %), la puissance étant celle délivrée aux bornes de l’alter-
nateur. Nous indiquons les constructeurs, à notre connaissance, présents sur
(d’après Gas Turbine World GTW Specifications 1991-1992) (suite)

Performances en service continu


R
le marché Ouest européen. Notre responsabilité ne peut être engagée en cas
d’erreurs ou d’omissions. (0) Température
Puissance Débit
Marque Modèle Consommation
d’air des gaz spécifique

Principales turbines à gaz industrielles disponibles


sur le marché Ouest européen
(kW) (kg/s)
d’échappement
(oC) (kJ/kWh) P
7,5
(d’après Gas Turbine World GTW Specifications 1991-1992)

Performances en service continu


Kawasaki
HI
M1A-11
M1A-13
M1A-23
1 210
1 470
2 040
7,4
8,5
14,6
465
550
590
15 030
14 760
13 890
L
M1T-13 2 900 555 15 110

Marque Modèle Puissance Débit


d’air
Température
des gaz
Consommation
spécifique
Man-GHH
M1T-23
THM 1203
4 010
5 350
17,0
34,4
590
520
14 000
15 700
U
44,8
(kW) (kg/s)
d’échappement
(oC) (kJ/kWh) Mitsubishi
HI
THM 1304-9
MF 111A
MF 111B
8 900
12 610
14 570
47,6
55,2
520
547
530
12 900
11 870
11 630
S
ABB GT 35 16 900 92 374 11 260
Nuevo PGT 2 2 000 10,0 538 14 400
Allison 501 KB5 3 920 15,4 562 11 920 25,4
Gas Turbine 570 KA 4 880 18,6 563 12 160 Pignone MS 1200 5 200 530 13 370
Turbo- PGT 10 9 980 41,2 486 11 090
571 KA 5 910 19,6 533 10 620 52,1
tecnica MS 3002 10 450 527 14 060
Dresser KG2 3C 1 475 12,9 565 22 810 PGT 16 13 300 45,3 495 10 282
Rand KG2 3E 1 850 15,0 549 20 700 PGT 25 21 000 66,7 510 10 190
KG5 3 000 21,0 500 16 980
DR 990 4 220 20,4 481 12 430 Solar Saturn 1 130 6,5 484 14 850
DR 60G 13 495 45,3 487 13 030 Turbines Centaur 3 270 18,4 439 13 610
Centaur Type H 4 040 18,5 508 12 870
European Hurricane 1 600 7,0 600 14 140 Centaur Taurus 4 550 20,6 490 12 550
Gas Turbine TB 5 000 3 810 21,3 490 14 040 Mars T 12 000 8 840 38 466 11 580
11 - 1992

Typhoon 3 900 16,8 500 11 940 Mars T 14 000 10 000 38,9 499 11 310
Typhoon (M) 4 650 19,0 512 11 960
Tornado 6 250 27,6 468 11 880 Thomassen PG 3242 (J) 10 450 51,6 528 14 220
G3142 (J) 10 450 52,1 526 14 050
RLM 1600 13 400 44,8 483 10 145 Turbomeca Astazou 300 2,5 490 19 980
Bastan VI 560 4,3 500 18 850
Fiat Avi LM 500 3 850 15,4 516 11 730 Bastan VII 800 6,0 450 16 860
General LM 1600 PA 13 420 45,3 488 10 090 Makila TI 1 050 5,4 505 14 150
Electric 3,6
Marine and Yanmar AT 60C 445 510 19 510
Doc. B 4 425

Turbines AT 90C 750 5,1 505 17 330


Industrial

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