Location de cuves pour dé-icing
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DOCUMENTATION
06/10/2008
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1.2 Turbines à gaz dérivées de l’aviation Figure 1 – Turbines à gaz à un arbre et à deux arbres
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1.4 Utilisation des turbines à gaz pulsion, car elles permettent d’obtenir de grandes puissances avec
des poids et dimensions faibles par rapport à ceux des moteurs
pour la propulsion (pour mémoire) diesels.
Le but de cet article n’étant pas d’étudier en détail la turbine à
L’utilisation de la turbine à gaz dans l’aviation (avions, hélicop-
tères) est bien connue. Dans le domaine des transports civils et gaz mais d’analyser ses critères d’utilisation dans l’industrie, le lec-
militaires, les turbines à gaz sont également utilisées pour la pro- teur le souhaitant peut se reporter à l’article Turbines à gaz aéro-
nautiques et terrestres [B 4 410].
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● Quelle puissance électrique est-il envisagé d’autoproduire par Il est essentiel de bien vérifier que le rejet thermique par les gaz
la turbine à gaz ? Appelons cette puissance A. d’échappement de l’installation turbine à gaz projetée peut être
Quelle puissance thermique est-il envisagé de produire avec les récupéré pour une production de chaleur utilisable (eau chaude, eau
gaz d’échappement de la turbine à gaz ? Appelons cette puissance B. surchauffée, fluide thermique, vapeur, gaz de cuisson ou de séchage,
air chaud ou surchauffé).
— Si B est égale ou supérieure à environ 2,5 fois A, le projet est
réalisable. La courbe (figure 4) permet d’évaluer en première approximation
l’énergie thermique produite par des turbines à gaz ayant des puis-
— Si B est sensiblement inférieure à 2,5 fois A, il est probable sances unitaires comprises entre 0,2 et 20 MW. Dans le cas où les
qu’une partie de l’énergie thermique produite par les gaz d’échap- besoins en énergie thermique sont supérieurs à la puissance récupé-
pement ne pourra être utilisée, à moins de prévoir l’installation de rable dans les gaz d’échappement, il est possible de remonter la tem-
récupérateurs de chaleur (réchauffage d’eau de lavage, échangeur pérature de ces gaz grâce à l’installation de brûleurs utilisant, en tant
gaz d’échappement/air pour le réchauffage d’entrepôts normale- que comburant, l’oxygène restant dans l’échappement de la turbine
ment non chauffés ou de tunnels de séchage). L’éventualité de perdre (environ 15 %).
une partie de la chaleur contenue dans les gaz d’échappement en
l’envoyant à l’atmosphère peut aussi être considérée, mais dans ce Lorsque l’on envisage d’utiliser une chaudière existante en tant
cas une étude plus approfondie s’impose. que chaudière de récupération ou d’envoyer directement les gaz
d’échappement dans une installation de séchage existante, il faut
— Si B est égale ou inférieure à 8 fois A, le projet est réalisable vérifier que le débit massique de ces gaz d’échappement se rap-
en utilisant une postcombustion. proche du débit d’air prévu, à l’origine, dans le système à modifier,
— Si B dépasse 8 fois A, il est à craindre que l’oxygène contenu sinon des pertes importantes seront dues à un échange thermique
dans les gaz d’échappement de la turbine soit insuffisant pour per- médiocre.
mettre une postcombustion normale. Il est également envisageable, au lieu de produire de l’électricité,
Dans les deux derniers cas, il est fréquent que des chaudières d’utiliser la turbine à gaz en tant que moteur d’entraînement pour
conventionnelles existantes puissent assurer l’appoint de produc- des pompes, ventilateurs, soufflantes, compresseurs, etc. Le critère
tion de vapeur sans qu’il soit nécessaire d’avoir recours à la post- d’économie d’énergie reste le même en ce qui concerne l’utilisa-
combustion, mais il faut garder à l’esprit que la postcombustion tion de la puissance thermique des gaz d’échappement.
améliorera le rendement de l’installation chaleur-force. Le rende-
ment optimal de cette installation sera obtenu en conservant le
groupe turbine à gaz et la chaudière de récupération à son point de
fonctionnement nominal, la modulation de la demande en puis- 3.2 En fonction des types de turbines
sance électrique se faisant par soutirage sur le réseau national, et
la modulation en puissance thermique par la régulation de la
chauffe dans une chaudière conventionnelle existante. Nous avons vu (§ 1.1 et 1.2) qu’un choix était à faire entre plusieurs
options :
On rappelle que :
— turbines à gaz à un arbre ou à deux arbres ;
— le rendement de l’installation est égal à : — turbines à gaz aérodérivatives ou industrielles.
Puissance électrique Puissance thermique ■ Turbines à un ou deux arbres ?
+
(bornes alternateur) utilisable En dehors de considérations propres à la turbine, qui ont conduit
le constructeur à opter soit pour un moteur à arbre unique, soit
Puissance Puissance de l'eau pour un moteur à deux arbres, l’analyse de l’application envisagée
+
du combustible entrant dans le système permettra d’orienter la préférence vers un système plutôt que vers
l’autre.
● Quels sont les besoins minimaux et maximaux en énergies élec-
trique et thermique ? Il convient de tracer sur un même papier les
variations de ces besoins en fonction du temps :
— si les besoins sont faibles durant les périodes de non-activité
de l’usine, envisager l’arrêt de l’installation durant ces périodes.
L’installation de plusieurs turbines à gaz est réalisable et permet
alors une meilleure modulation en fonction des besoins ;
— si les variations d’énergie concordent dans le temps, la puis-
sance électrique du groupe turbine à gaz correspondra à la moyenne
de la puissance minimale demandée ; s’assurer alors que la puis-
sance thermique produite est consommable ;
— si il y a discordance complète entre les besoins électriques et
les besoins thermiques (appel de puissance électrique maximale
quand l’appel en besoin thermique est minimal), les performances
de l’installation doivent alors être déterminées non pas sur les
besoins électriques mais en fonction des besoins thermiques.
La récupération permet également de produire de l’eau froide au
moyen de l’énergie contenue dans les gaz d’échappement des
turbines à gaz dans des machines à absorption ou à adsorption.
Certaines industries ont, en effet, besoin d’une telle source froide
(7 à 9 oC) qu’il est possible de créer soit directement avec les gaz
d’échappement de la turbine, soit avec de l’eau chaude provenant
d’un récupérateur placé après la chaudière ou soutirée dans la chau-
dière elle-même. Figure 4 – Production thermique
d’un groupe électrogène à turbine à gaz
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Lorsque le compresseur d’air, ainsi que sa turbine d’entraî- ■ Turbines aérodérivative ou industrielle ?
nement, sont montés sur le même arbre que celui de la turbine de La concurrence entre les constructeurs de turbines d’aviation qui
puissance (turbine à un arbre), le moment d’inertie de l’ensemble les proposent à l’industrie et les constructeurs uniquement orien-
s’ajoute à celui de l’équipement entraîné, ce qui est favorable à la tés vers la production de turbines industrielles a fatalement
stabilité de la vitesse de rotation dans le cas de variation impor- conduit à des argumentations faisant partie de l’action commer-
tante de la charge appliquée à la machine entraînée. En ciale de chacun d’eux. Il en résulte inévitablement une confusion
contrepartie, le temps nécessaire à l’ensemble tournant pour reve- dans l’esprit du client potentiel qui rencontre des difficultés pour se
nir à sa vitesse initiale sera d’autant plus long que le moment forger une opinion objective.
d’inertie sera plus élevé.
Il nous semble avant tout préférable de s’assurer des moyens
Lorsque la turbine de puissance n’est pas mécaniquement liée à dont le turbinier ou son metteur en groupe dispose pour apporter
l’ensemble constitué par le compresseur d’air et sa turbine (turbine à l’installation projetée la fiabilité et la disponibilité recherchées :
à deux arbres), l’équipement entraîné peut être régulé en vitesse
— stockage des pièces de rechange (rapidité d’approvisionne-
tout en conservant au compresseur une vitesse de rotation proche
de celle assurant son rendement optimal. Ce type de turbine ment) ;
convient également pour démarrer des appareils en charge ou pos- — organisation du service après-vente (rapidité d’intervention) ;
— réparation des turbines (existence d’atelier spécialisé) ;
sédant un moment d’inértie important.
— existence de turbines de remplacement en cas de panne
La figure 5 permet de comparer, à leur vitesse nominale et pour majeure.
des variations de charge semblables, les temps de rétablissement
Une certaine fragilité que l’on peut redouter sur un équipement
d’un groupe électrogène à turbine à gaz à un arbre avec ceux d’un
groupe turbine à gaz à deux arbres. par rapport à un autre dont la présentation semble plus sécurisante
disparaît si l’utilisateur peut s’appuyer sur une structure perfor-
En outre, dans chaque cas d’application envisagé, le constructeur mante dans le domaine de l’après-vente.
de la turbine à gaz ou le fournisseur pressenti pour la fourniture du
groupe devra préciser les performances attendues dans les diffé-
rentes conditions de fonctionnement prévues. Ainsi, des paramètres
propres à chaque turbine peuvent mener à un choix autre que celui
indiqué par le tableau ci-après qui désigne l’option en principe la
4. Contraintes d’installation
plus favorable (signe +), selon le type d’application. (0)
4.1 Filtration d’air
Turbine Turbine
à 1 arbre à 2 arbres 4.1.1 Nécessité de la filtration
Alternateur .................................................... + Une turbine à gaz est traversée par une quantité d’air importante,
Pompe démarrée à vide............................... + nécessaire à la combustion et au refroidissement des parties
Pompe démarrée en charge ........................ + chaudes. Une faible quantité de cet air est également dirigée vers
Pompe régulée en vitesse ........................... + les labyrinthes servant à l’étanchéité des paliers afin d’éviter les
Soufflante...................................................... + fuites d’huile.
Soufflante régulée en vitesse ...................... + L’air étant aspiré à l’atmosphère par le compresseur, toutes les
Compresseur démarré à vide ...................... + impuretés qu’il contient passent dans la turbine à gaz pour ressortir
Compresseur démarré en charge ............... + à l’échappement. Les risques de pollution physique et de pollution
chimique décrits ci-dessous rendent indispensables une filtration de
l’air.
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4.1.4 Intempéries
Le givre, la glace, la neige, une forte pluie peuvent provoquer
des incidents parfois graves dans une turbine à gaz.
■ Givre et glace : à des températures voisines de 0 oC et pour un
degré d’humidité donné, il peut y avoir formation de glace ou de givre
sur les filtres et même dans la gaine d’air qui alimente la turbine. Le
givre, comme la glace, colmate le système de filtration ; la glace dans
la gaine peut se détacher en morceaux suffisamment gros pour venir
heurter le premier rang d’ailettes et l’endommager. La solution réside
dans le dégivrage (en anglais anti-icing).
■ Neige : elle peut venir colmater les filtres. La solution consiste à
dégivrer, ou à monter des filtres sous un toit de protection.
■ Fortes pluies (orage très violent) : elles peuvent également colma- Figure 6 – Efficacité des filtres en fonction de la taille des particules
ter les filtres ; le toit de protection résout la question.
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les particules infiniment ténues contenues dans l’air aspiré. La En France, le gaz provenant de plusieurs sources peut présenter
figure 6 montre qu’au-dessous de 5 µm l’efficacité est de l’ordre des différences d’une région à l’autre sachant que, une fois connues,
de 95 %, c’est-à-dire que 5 % de ces particules et plus, lorsque la taille elles restent constantes. Par exemple, un secteur de la région Nord
diminue encore, pénètrent dans la turbine et se déposent sur les aile- est alimenté en gaz de Groningue dont le pouvoir calorifique est infé-
tages du compresseur, ce qui conduit à une chute de son rendement, rieur à celui du gaz distribué dans les autres régions françaises.
avec : Lorsque l’on envisage d’installer une turbine à gaz, il y a lieu de
— une diminution du taux de compression ; prendre contact avec la Société de distribution dont dépend le sec-
— une augmentation de la température des gaz de combustion, teur où l’installation est projetée (Gaz de France, Compagnie du
pour des conditions de fonctionnement inchangées et servant de Méthane, Société du Gaz du Sud-Ouest, etc.). Les questions impor-
référence. tantes à aborder sont les suivantes.
Les nettoyages s’effectuent, soit avec de l’eau, soit avec de l’eau ■ À quelle pression le gaz sera-t-il livré ? Pour pouvoir être injecté
additionnée d’un produit nettoyant, soit avec un produit solide. dans la turbine, le gaz doit être à une pression supérieure à celle de
L’opération se fait soit à vitesse lente, soit à vitesse nominale. Chaque la pression d’air sortant du compresseur de la turbine.
constructeur de turbine à gaz préconise une procédure et des pro-
duits auxquels il est prudent de se conformer. En général, une pression de l’ordre de 16 bar en sortie de poste
de livraison permet d’alimenter la quasi-totalité des turbines pro-
La fréquence de nettoyage d’un compresseur de turbine échappe posées sur le marché, mais une pression plus forte peut être requise
à toute règle simple, car elle dépend de l’efficacité du filtre et de la pour certaines turbines à fort taux de compression ou pour tenir
pollution de l’air. Il faut aussi savoir que cette opération peut attendre compte des pertes de charge occasionnées par les tuyauteries ou
une période pendant laquelle la production d’énergie de l’installation équipements installés entre le poste de livraison et le groupe turbine
sera arrêtée sans inconvénients. à gaz.
Exemple : aucune difficulté n’était apparue pendant plusieurs Il y a également lieu de faire préciser la pression minimale de
années sur une turbine à gaz installée en milieu rural près d’un massif livraison garantie.
forestier. Or un agriculteur propriétaire d’un lot voisin le déboisa et y
Lorsque la pression est trop basse, il faut prévoir un surpresseur
planta de la luzerne. Au mois de mai suivant, de fréquentes baisses de
qui doit être pris en compte dans l’étude de rentabilité de
rendement de la machine rendirent nécessaire un lavage du compres-
l’installation.
seur tous les deux jours pendant près de deux semaines. L’examen des
prélèvements effectués fit découvrir le coupable : le pollen. Après modi- Si les baisses de pression sont temporaires, la turbine à gaz peut
fication des filtres, le problème disparut définitivement. être équipée avec un système bicombustible qui permet de
continuer de fonctionner au fuel domestique ou au GPL durant les
périodes d’interruption dans la livraison du gaz.
4.2 Combustibles ■ Le gaz est-il propre ? Tous les circuits de combustible d’un
groupe turbine à gaz sont équipés de filtres de protection. Il est en
effet prudent de protéger la turbine contre les polluants suivants :
Comme tous les moteurs thermiques, une turbine à gaz — les poussières provenant de la répartition ou de l’installation
consomme un combustible. Celui-ci, introduit par des injecteurs, de canalisations, qui sont en majorité des particules de rouille ;
brûle dans la ou les chambres de combustion. — les condensats lourds qui peuvent se déposer dans les parties
Une combustion est une réaction chimique entre les différents basses des canalisations et se trouvent remis en suspension lors
constituants contenus aussi bien dans le combustible que dans d’un changement de régime d’écoulement dans ces canalisations ;
l’air. Or certains de ces constituants peuvent ainsi former des subs- — l’eau provenant de condensations diverses, particulièrement
tances dangereuses pour les parties chaudes de la turbine à gaz. actives lorsque les installations restent ouvertes ou au repos.
Notons que lorsqu’il est envisagé de faire des injections d’eau ou Pour ces trois polluants, il existe des filtres à poussières servant,
de vapeur, celles-ci peuvent également apporter des polluants en même temps, de séparateur de phase liquide.
nocifs. À ce titre, on distingue :
— les constituants fortement indésirables : soufre, sodium asso-
cié au potassium, vanadium, plomb, calcium, fluor, chlore ; 4.2.2 Fuels légers
— les constituants indésirables : mercure, cadmium, bismuth,
arsenic, antimoine, phosphore, bore, gallium, indium. En France, on appelle fuels légers le gazole et le fuel domestique.
Lorsque l’un ou plusieurs de ces polluants existent, soit dans le Ces combustibles conviennent à la quasi-totalité des turbines à gaz.
combustible, soit dans l’air, dans l’eau ou dans la vapeur d’injec- S’il s’agit d’installations situées à l’étranger, la question de la
tion, il est nécessaire d’en informer le constructeur de la turbine à qualité des fuels dits légers est à considérer avec précision et en
gaz afin, qu’en fonction des teneurs, il prenne les dispositions qui accord avec le fournisseur de la turbine.
s’imposent pour éviter de tels inconvénients. Tout est une question Quelles sont les précautions à prendre si la turbine doit être ali-
de quantité et, bien souvent, le problème se résout facilement. Il mentée avec ces combustibles ?
existe maintenant des revêtements de protection très efficaces que
l’on applique sur les ailetages de turbine. ■ Les stockages doivent être suffisants pour se protéger des risques
d’interruption dus aux délais de livraison inhabituels, à des
conditions climatiques extrêmes ou à des conflits sociaux. Il ne faut
4.2.1 Gaz naturel pourtant pas stocker en trop grande quantité sachant qu’en période
chaude particulièrement des micro-algues peuvent se former dans le
Le gaz naturel, tel qu’il est distribué en France, est un combus- combustible et entraîner le colmatage rapide des filtres.
tible de choix pour les turbines à gaz. Répondant à des normes ■ Il faut se prémunir, si nécessaire, contre la solidification des
précises, il peut être introduit dans les turbines sous réserve des paraffines en période de grand froid, qui affecte aussi, par exemple,
quelques dispositions précisées plus loin. Si l’installation est envi- les moteurs diesels des véhicules et les chauffages centraux au fuel
sagée à l’étranger, une analyse doit être demandée et soumise à domestique au cours de certains hivers. Si ces conditions sont à
l’étude du constructeur de la turbine. craindre, il faut prévoir, en cuve de stockage, une crépine chauffante
et installer des résistances électriques (tracing) sur les canalisations
soumises au froid extérieur.
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Pour mémoire, on doit également citer dans cette catégorie de 4.2.5 Biogaz
combustibles légers : les kérosènes, les naphtas, les alcools et
certains sous-produits industriels. Les trois premiers sont couram- Les biogaz sont générés par la décomposition de matières végé-
ment brûlés dans des turbines à gaz sous réserve de modifications tales ou animales. Leur production est importante dans les stations
mineures. Quant aux sous-produits industriels, l’accord du d’épuration des eaux usées et les dépôts d’ordures.
constructeur de la turbine s’impose et une analyse complète doit,
par conséquent, lui être fournie ; il y a lieu, en outre, de se conformer Leur composition est extrêmement variable et dépend essentiel-
aux réglementations en vigueur concernant autant leur entreposage lement du procédé de décomposition des rejets.
que leur utilisation. C’est un combustible à ne pas négliger car il se trouve valorisé
par la production d’électricité d’une part, par la possibilité d’activa-
tion du procédé de décomposition que procure la chaleur des gaz
4.2.3 Fuels lourds d’échappement de la turbine d’autre part.
Beaucoup de turbines acceptent le biogaz, les constructeurs étant
Les fuels lourds sont des combustibles en apparence très à même de définir les conditions d’utilisation sur la base d’une ana-
attrayants car ils sont proposés à des prix très compétitifs. Malheu- lyse complète du gaz.
reusement ils possèdent une viscosité élevée et contiennent des Comme le biogaz est produit à pression atmosphérique, un
contaminants totalement indésirables pour les turbines à gaz. compresseur sera nécessaire pour l’introduire dans le circuit de
Avant de les utiliser, il faut vérifier quatre conditions essentielles : combustible de la turbine à gaz.
— que leur viscosité corresponde à celle préconisée par le
constructeur de la turbine à gaz, ce qui implique de les chauffer. La
température de chauffe peut être trop élevée pour les équipements 4.2.6 Gaz fatals industriels et gaz pauvres
montés sur le système combustible de la turbine ;
— que leur teneur en eau et en insolubles soit ramenée aux Dans de nombreuses industries, le procédé de fabrication génère
valeurs préconisées par le constructeur de la turbine à gaz, ce qui des gaz combustibles souvent chargés de polluants indésirables
s’obtient par centrifugation ; pour une turbine à gaz. Toutefois, lorsque les charges polluantes sont
— que les teneurs en calcium et en potassium soient ramenées faibles, il peut être rentable de les consommer dans une turbine à
au-dessous du seuil admis par le constructeur de la turbine à gaz ; gaz, quitte à les enrichir avec du gaz naturel. Mais avant de prendre
cette opération peut s’effectuer par un lavage à l’eau du cette décision, il faut se rappeler les points suivants qui sont d’une
combustible ; grande importance :
— que le soufre et les métaux lourds soient en quantités accep- — la qualité d’un combustible introduit dans une turbine à gaz
tables pour le constructeur de la turbine à gaz, ce qui peut impli- conditionne la longévité des parties chaudes de la turbine et de la
quer l’adjonction d’inhibiteurs et contraindre à des conditions de chambre de combustion ;
fonctionnement et d’entretien spécifiques. — certains constructeurs proposent des systèmes multicombus-
Le problème n’est donc pas simple. Le stockage et la manutention tibles qui permettent d’assurer une continuité de fonctionnement
de ces combustibles imposent également des installations de dans le cas où un combustible viendrait à manquer ; ce système per-
chauffe afin que la viscosité permette le pompage et le traitement. met également de démarrer une installation et de passer ensuite à
En général, les fuels lourds ne sont acceptables que pour les turbines un gaz dont les caractéristiques ne conviennent pas pour le lance-
de type industriel de moyenne et forte puissances. ment de la machine ;
— dans une installation cogénération, la turbine peut être ali-
mentée avec un combustible tandis que la postcombustion en utilise
4.2.4 Gaz de pétrole liquéfié (GPL) un autre.
ou gaz naturel liquéfié (GNL)
Les gaz de pétrole liquéfiés sont déjà largement utilisés pour les
besoins domestiques et industriels ainsi que pour les véhicules
4.3 Nuisances
automobiles équipés d’un réservoir et d’une carburation spéciaux.
Deux types de gaz sont proposés : le butane commercial et le Il s’agit des émissions nuisibles à l’environnement, comme le
propane commercial. L’un et l’autre sont des combustibles de qualité bruit et les résidus de combustion, et dont les effets doivent être
pour les turbines à gaz. Suivant le type de turbine retenu, ils peuvent combattus afin de satisfaire aux exigences des normes nationales
être introduits : ou internationales, ou quelquefois à des contraintes purement
— sous forme liquide par pompage à partir d’une cuve de locales.
stockage ;
— sous forme gazeuse par passage dans un gazéifieur avant
d’être introduits dans le circuit de la turbine à gaz. 4.3.1 Protection contre le bruit
Il appartient au constructeur de la turbine à gaz de préconiser le
mode d’introduction, qu’il ne peut indiquer que s’il connaît la compo- Le bruit qui règne dans les aéroports vaut aux turbines à gaz la
sition du GPL retenu. réputation d’être bruyantes. Mais un turboréacteur d’avion aspire
l’air et refoule ses gaz d’échappement directement dans l’atmos-
Si ce type de combustible est envisagé, il est prudent de calculer
phère, ce n’est pas le cas des turbines à gaz industrielles. De plus,
les consommations en fonction des conditions d’exploitation sou-
le spectre sonore des turbines à gaz est constitué de fréquences éle-
haitées. Les volumes de stockage et le programme d’approvision-
vées faciles à absorber.
nement sont alors à discuter avec la ou les sociétés distribuant ce
combustible. Il suffit de capoter et d’équiper de silencieux standards un groupe
turbine à gaz pour abaisser son niveau sonore à 80 dB (A), ce qui
correspond à un bureau bruyant ou au passage d’un métro sur pneus
mais rend cependant une conversation téléphonique difficile. C’est
toutefois un niveau tout à fait standard dans une usine de production
ou une chaufferie, par exemple.
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Si le groupe est installé dans un bâtiment et si les silencieux Lorsque la nuisance sonore doit être abaissée à des niveaux rela-
d’air montés sur l’aspiration, l’air de ventilation et sur l’échappe- tivement faibles, c’est-à-dire au-dessous de 60 dB (A), il y a lieu de
ment sont bien adaptés, le niveau sonore à l’extérieur peut être prendre des précautions vis-à-vis des émissions provenant de la
considérablement réduit. vitesse de passage des gaz dans les gaines et tuyauteries ainsi que
La définition du niveau sonore à respecter n’est pas toujours une de la détente des gaz sortant à l’atmosphère (échappement, venti-
chose facile, car il dépend des contraintes imposées par lation), qui agissent par effet de souffle.
l’environnement :
— niveau sonore déjà existant ;
4.3.2 Contrôle des polluants rejetés à l’atmosphère
— distance entre le lieu d’installation du groupe et le lieu où le
niveau de bruit est plus critique.
Cette question est d’actualité : les turbines à gaz, au même titre
L’orientation des ouvertures par lesquelles s’échappe le bruit émis que les moteurs à pistons et tous autres systèmes de combustion,
par le groupe (filtres à air, ventilation de salle, évacuation de l’air rejettent à l’atmosphère différents polluants qui se classent en trois
de ventilation, etc.) a une importance vis-à-vis du lieu où la nuisance catégories :
sonore doit être la plus faible. Le bruit émis par la cheminée d’échap-
pement peut être réduit en augmentant sa hauteur. — ceux provenant du combustible lui-même ou de l’air : par
exemple, le soufre qui se transforme en composés soufrés dont H2 S.
Les deux diagrammes (figure 8) permettent d’évaluer en pre- La seule solution est d’utiliser des combustibles à basse teneur en
mière approximation les effets de la distance et de la direction sur soufre. Il faut également noter les composés chimiques contenus
le bruit créé par une turbine à gaz. dans l’air qui se décomposent par la chaleur de combustion en
Exemple : un groupe émet, dans la bande des 2 000 Hz, une produits nocifs ;
pression sonore de 85 dB. À une distance de 300 m, cette pression — ceux provenant des imbrûlés ; ce sont eux qui se signalent
sonore est réduite de 30 dB ; la pression sonore résiduelle sera donc de sous forme de fumée et qui génèrent la suie. Dans les turbines à
85 – 30 = 55 dB. gaz, ce problème est mineur, car les chambres de combustion sont
particulièrement bien étudiées pour éviter d’abord l’encrassement
de la turbine. Il faut toutefois faire attention lorsque l’on envisage
de brûler des combustibles liquides à viscosité élevée ;
— ceux formés par la réaction chimique de combustion : ce sont
les oxydes d’azote appelés NOx ainsi que le monoxyde de carbone
(CO).
Les NOx sont responsables de pollutions sévères ayant des consé-
quences graves sur notre écosystème. Cependant, les réglemen-
tations nationales ne sont pas encore coordonnées sur le plan
international. En ce qui concerne la France, il est hors de doute qu’elle
devra, à court terme, adopter la réglementation européenne afin de
protéger les pays voisins. Elle a en effet une position géographique
privilégiée : recevant les vents dominants de l’Atlantique, notre air
est relativement pur. Mais les polluants que nous émettons sont
entraînés par ces mêmes vents vers l’Est, c’est-à-dire vers des voisins
européens, ce qui explique leur ardeur à lutter contre la pollution
de l’air.
Les constructeurs de turbines à gaz font de gros efforts pour amé-
liorer leurs systèmes de combustion et réduire les émissions de NOx .
Malgré tout, les niveaux imposés par de nombreux pays nécessitent
le recours à des artifices permettant de maintenir le niveau des émis-
sions au-dessous du seuil fixé par les normes nationales ou les uti-
lisateurs eux-mêmes. Ces artifices consistent en l’injection d’eau ou
de vapeur. Le but est de réduire localement la température de réac-
tion. L’eau nécessite une chaleur de vaporisation qu’elle emprunte
à la flamme dont elle réduit ainsi la température ; la vapeur a éga-
lement besoin de chaleur pour atteindre la température d’équilibre
du système. L’introduction d’eau ou de vapeur a pour conséquence
l’augmentation du débit massique dans la turbine et par suite celle
de la puissance produite sans que pour autant le rendement du cycle
soit amélioré.
L’eau ou la vapeur introduite doit être pure, car toute impureté
pourrait provoquer sur les ailetages des dépôts nuisibles au rende-
ment de la turbine. Si l’injection d’eau se fait toujours au niveau
des injecteurs de combustible, celle de la vapeur est pratiquée chez
certains constructeurs par mélange avec l’air destiné au refroidis-
sement des parties chaudes ainsi qu’au blocage des fuites d’huile
dans les joints labyrinthes, ce qui peut être à l’origine de graves
incidents.
La teneur en NOx est définie en utilisant différentes unités qui
prêtent à confusion :
• ppmv = partie par million en volume ;
• mg/Nm3 = milligramme par normal mètre cube de gaz d’échap-
Figure 8 – Corrections du niveau sonore créé par une turbine à gaz
en fonction de la distance et de la direction pement [mesuré dans les conditions normales de température (0 oC)
et de pression (1,013 bar)] ;
• g/GJ = gramme par gigajoule produit ;
• kg/an = kilogramme par an.
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© Techniques de l’Ingénieur, traité Génie mécanique B 4 425 − 15
P
O
U
Mise en œuvre des turbines à gaz R
dans l’industrie
E
N
par Yves LORANCHET
Officier Mécanicien de 1re classe de la Marine Marchande
Directeur de la Société Tuma Systems
S
A
V
Principaux constructeurs de turbines à gaz O
Ce tableau est limité aux turbines de puissance inférieure ou égale à 30 MW,
et ne comprend pas les turbines à récupérateurs et à injection de vapeur. Les
performances sont indicatives et données pour les conditions ISO (pression
Principales turbines à gaz industrielles disponibles
sur le marché Ouest européen
I
atmosphérique de 760 mmHg, température ambiante de 15 oC et humidité
relative de l’air de 60 %), la puissance étant celle délivrée aux bornes de l’alter-
nateur. Nous indiquons les constructeurs, à notre connaissance, présents sur
(d’après Gas Turbine World GTW Specifications 1991-1992) (suite)
Typhoon 3 900 16,8 500 11 940 Mars T 14 000 10 000 38,9 499 11 310
Typhoon (M) 4 650 19,0 512 11 960
Tornado 6 250 27,6 468 11 880 Thomassen PG 3242 (J) 10 450 51,6 528 14 220
G3142 (J) 10 450 52,1 526 14 050
RLM 1600 13 400 44,8 483 10 145 Turbomeca Astazou 300 2,5 490 19 980
Bastan VI 560 4,3 500 18 850
Fiat Avi LM 500 3 850 15,4 516 11 730 Bastan VII 800 6,0 450 16 860
General LM 1600 PA 13 420 45,3 488 10 090 Makila TI 1 050 5,4 505 14 150
Electric 3,6
Marine and Yanmar AT 60C 445 510 19 510
Doc. B 4 425