Problèmes mécaniques des pompes
Problèmes mécaniques des pompes
DOCUMENTATION
06/10/2008
Pompes rotodynamiques
Problèmes mécaniques particuliers
par Jean POULAIN
Ingénieur de l’École supérieure d’électricité
Ancien élève de l’Institut Von Karman
Conseiller scientifique de l’Association française des constructeurs de pompes
Toute reproduction sans autorisation du Centre français d’exploitation du droit de copie est strictement interdite.
© Techniques de l’Ingénieur, traité Génie mécanique B 4 306 − 1
ρV 2
La description de l’évolution, dans le temps, des éléments pris en
compte et des moyens utilisés pour l’étude de la dynamique des
------------
2 ---------
2j
λ L
-
rotors est nécessaire pour comprendre cet article. On peut la
décomposer en trois phases, chacune représentée par une succes- avec λ = 4 f coefficient de perte de charge (f étant le coefficient
sion chronologique des étapes. de frottement à la paroi).
Nota : quand les bords ne sont pas vifs, ξ est donné en fonction de l’arrondi d’entrée
■ Phase monodimensionnelle et varie entre 0,5 et 0.
(1) Calcul des fréquences propres sur appuis rigides. Dans ces conditions, la vitesse V dans l’entrefer et la chute de
(2) Prise en compte de l’élasticité des paliers supposés isotropes. pression ∆p sont liées par la relation :
(3) Prise en compte de l’élasticité et de l’amortissement des ρ V2 ∆p
paliers supposés isotropes. Le calcul reste monodimensionnel. --------------- = ------------------------------------------ (1)
2 1 + ξ + (λL 2j )
(4) Calcul des vibrations forcées, c’est-à-dire résolution des équa-
tions différentielles avec second membre. Il permet de déterminer avec ρ masse volumique du fluide.
la réponse aux balourds, en fonction de la vitesse N, par un calcul On voit que la vitesse V est une fonction du jeu j et qu’elle est
monodimensionnel. d’autant plus grande que j est grand. L’évolution des pressions sur
les génératrices AB et CD prend donc la forme des courbes données
■ Phase bidimensionnelle
figure 1b :
(5) Prise en compte d’une élasticité et d’un amortissement diffé- — la chute de pression initiale p1 – A est faible sur la génératrice
rents en x et en y. Le calcul devient bidimensionnel. à petit jeu, car V est faible ; au contraire, la chute de pression par
(6) Prise en compte de termes croisés, c’est-à-dire d’efforts effet visqueux est grande de A à B, car λ L /2j est grand ;
perpendiculaires à la direction du déplacement. Les paliers sont — la situation est exactement inverse sur la génératrice à grand
représentés par des matrices de raideur et d’amortissement jeu.
comportant chacune quatre coefficients. L’analogie avec un système Puisque les pressions sont plus grandes sur AB que sur CD, il en
de ressorts disparaît complètement. résulte une force de rappel qui tend à recentrer l’arbre dans son
(7) Développement de méthodes numériques bidimensionnelles alésage.
qui permettent de déterminer :
— la fréquence propre de chaque mode et sa déformée ;
— l’amortissement global ;
— la réponse aux balourds ;
— la stabilité.
■ Phase prenant en compte l’interaction fluide-rotor
(8) Prise en compte de l’influence d’une raideur supplémentaire
apportée par le fluide au niveau des sections de fuite (garnitures
d’ouïe, piston d’équilibrage, etc.).
(9) Prise en compte, au niveau des sections de fuite, de termes
additionnels. Le comportement des sections de fuite est représenté
mathématiquement par trois matrices : de raideur, d’amortissement
et de masse.
(10) Prise en compte, au niveau de l’interaction entre roue et
volute, de termes de raideur, d’amortissement et de masse
représentés comme précédemment par trois matrices. Leur effet Figure 1 – Efforts exercés par une section de fuite sur un rotor
s’ajoute à celui des sections de fuite.
Toute reproduction sans autorisation du Centre français d’exploitation du droit de copie est strictement interdite.
B 4 306 − 2 © Techniques de l’Ingénieur, traité Génie mécanique
Pour calculer la force de rappel, il convient d’abord d’évaluer la On remarque que la raideur K dimensionnelle (exprimée par
pression statique locale le long d’une génératrice : exemple en N/m) est proportionnelle à ∆ p et par conséquent, pour
une roue de pompe donnée, au carré de la vitesse.
ρ V 2
λ x
p = p 1 – --------------- 1 + ξ + ----------- (2) Exemple
2 2 j
Considérons une roue de pompe ayant un diamètre de 0,3 m et tour-
Pour simplifier l’écriture, nous nous placerons dans le cas où nant à 3 000 tr/min. Elle supportera au niveau de sa garniture d’ouïe
p2 = 0, soit encore p1 = ∆p, d’où, en introduisant ρ V 2 /2 [relation (1)] : ∆ p ≈ 7 bar = 7 · 105 Pa. Supposons qu’elle ait une garniture d’ouïe
caractérisée par D = 150 mm, L = 2 cm et un jeu C = 0,25 mm.
L–x On détermine d’abord λ fonction du nombre de Reynolds dans
p = ∆p ---------------------------------------------------- (3)
L + 2 j ( 1 + ξ ) λ l’entrefer, ici λ = 0,03, puis µ = λL /4C = 0,6 et finalement (avec
ξ = 0,5) K = 0,194 . À cette raideur sans dimension correspond une
Pour une excentricité ε relativement faible, on a :
raideur effective [relation (6)] :
j = C (1 + ε cos θ )
K = 1,63 · 106 N/m
avec les notations de la figure 2. La force résultante F qui s’exerce
sur l’arbre s’écrit alors : Si la roue est équilibrée axialement (cas très fréquent), elle comporte
sur sa face arrière un piston d’équilibrage identique ou semblable à celui
de la garniture d’ouïe. Dans ce cas, la raideur globale due aux sections
2π L
de fuite situées en avant et en arrière de la roue est K t = 3,26 · 106 N/m.
F = – p cos θ R 1 d θ d x
0 0 Une telle raideur appliquée directement au niveau de la roue intervient
(4)
2π L de façon majeure sur le comportement de la pompe.
R 1 cos θ ∆ p ( L – x ) d θ d x
F=– 0 0
--------------------------------------------------------------------------------------
L + 2 C ( 1 + ε cos θ ) ( 1 + ξ ) λ
Dans le cas d’un très petit déplacement de l’arbre autour de sa 1.3 Condition d’inexistence
position centrée, c’est-à-dire lorsque ε 1 , l’équation (4) s’intègre des vitesses critiques
assez facilement et donne :
2
π R1 ∆ p L ( 1 + ξ ) e ( λ 4 ) La roue de 300 mm de diamètre (§ 1.2) a, dans le cas d’une réali-
F = --------------------------------------------------------------------------
C (1 + ξ) + (λ L2) 2
- (5) sation ordinaire en fonte, une masse M ≈ 13 kg.
C π µ (1 + ξ) ω p = (K / M )1/2
K = K ----------------------------- = -----------------------------------------2 (6)
2 R1 L ∆ p 2 (1 + ξ + 2 µ) Avec les valeurs de l’exemple (K = 3,26 · 10 6 N /m) on obtient :
avec µ = λ L /4C. ω p = 500 rad/s
La fréquence propre du système roue-sections de fuite s’établit à :
f p = 79,7 s –1 = 4 782 min –1 pour une vitesse de rotation de
3 000 tr/min.
Il n’y a donc pas de vitesse critique, même si l’arbre ou les paliers
sont infiniment flexibles.
Si l’on augmente la vitesse de rotation au-delà de 3 000 tr/min,
la fréquence propre va augmenter, comme N, puisque K varie
comme N 2 (§ 1.2). Il n’y aura donc jamais de coïncidence entre la
vitesse de rotation et la fréquence propre, c’est-à-dire jamais de
vitesse critique.
Exemple
La fréquence propre f p sera toujours supérieure à N d’environ 60 %,
quel que soit N.
Cette situation se rencontre fréquemment et de nombreux essais
Figure 2 – Représentation de l’arbre excentré en ont démontré la réalité. En particulier, les pompes multi-
cellulaires de 8 ou 10 étages qui traversent au moins une vitesse
critique en air n’en traversent pas lorsqu’elles opèrent normale-
ment en eau. La condition d’inexistence des vitesses critiques peut
s’écrire, avec les hypothèses du paragraphe 1.2 :
K / M > 0,011 N 2
Bien entendu, lorsque la raideur de l’arbre ne peut être négligée,
la première fréquence propre n’est plus représentée, en fonction de
la vitesse de rotation, par une droite passant par l’origine, mais par
une courbe décalée à l’origine de la fréquence en air. Cette courbe,
lorsque N croît, tend de nouveau très rapidement vers une droite.
Toute reproduction sans autorisation du Centre français d’exploitation du droit de copie est strictement interdite.
© Techniques de l’Ingénieur, traité Génie mécanique B 4 306 − 3
1.4 Calcul complet d’une section de fuite 1.6 Utilisation pratique des 12 coefficients
d’interaction fluide-rotor
Le calcul du paragraphe 1.2 était très simplifié :
— nous avons supposé que l’arbre ne tournait pas ou que sa rota- Elle se fait [à partir des matrices (7)] au moyen de logiciels géné-
tion était sans influence et que l’arbre excentré dans son alésage raux de dynamique du rotor qui ne concernent pas seulement les
était immobile. Or, il est, en réalité, animé d’une vitesse de dépla- pompes, mais l’ensemble des machines tournantes et ne seront
cement et d’une accélération ; donc pas traités ici. Dans ces logiciels, chaque section de fuite est
— nous n’avons pas tenu compte d’une rotation possible du assimilée à un palier et introduite comme telle dans le programme.
fluide entrant dans la section annulaire de fuite. Il convient de s’assurer que le logiciel utilisé est bien capable de
Lorsque l’on prend en compte l’ensemble de ces termes, l’inte- prendre en compte des matrices de masse, dont l’influence ne peut
raction fluide-rotor ne se réduit pas à une simple relation entre un pas être négligée. En effet, un certain nombre de programmes,
déplacement et une force de rappel, mais conduit à une relation conçus dans une optique paliers à huile, ne peuvent recevoir que
matricielle entre les forces exercées par le fluide sur l’arbre, les des matrices de raideur et d’amortissement.
déplacements x, y de l’arbre, les vitesses de déplacement x ’, y ’ et Pour certains problèmes, particuliers, qui se situent en dehors du
les accélérations x ’’, y ’’ : cadre général des petites pompes, l’étude de la stabilité est d’une
grande importance. On prendra soin, dans ce cas, de ne pas limiter
Fx K xx K xy x B xx B xy x′ M xx M xy x ″ le calcul à la seule détermination des fréquences propres.
= + + (7)
Fy K yx K yy y B yx B yy y′ M yx M yy y ″ Nota : un petit nombre de cas, très simples, peuvent être résolus directement par un
calcul manuel. Un tel exemple est traité en annexe. La valeur industrielle de l’exemple est
faible, mais sa valeur didactique est grande, car elle permettra au lecteur de comprendre
Les matrices [K ] [B ] [M ] sont respectivement les matrices de les mécanismes et le cheminement du calcul.
raideur, d’amortissement et de masse (cette dernière doit son nom
à l’analogie avec la relation F = M Γ ).
On constate qu’une section de fuite se comporte comme un
palier, mais avec un degré de complexité un peu plus grand, 1.7 Fonctionnement à sec
puisqu’un palier à l’huile ne présente ordinairement pas de matrice
de masse. Pour la détermination des 12 coefficients inconnus (K xx
à M yy ) de (7), on se reportera aux références [18] et [19] dues à Il est demandé à certaines pompes (par exemple, les pompes
Childs qui permettent un calcul assez accessible ; 2 des 12 coeffi- alimentaires) d’accepter un fonctionnement à sec. Cette situation
cients sont systématiquement nuls (M xy = M yx = 0). correspond à la traversée de la pompe par une poche de vapeur
Nota : les références [18] [19] sont établies pour de petits déplacements autour de la
durant un temps court, lié à un régime transitoire ou exceptionnel.
position centrée de l’arbre. Pour de grandes amplitudes, les relations entre forces et Durant cette période, tous les termes hydrauliques, tels ceux
déplacements deviennent non linéaires.
de (7), disparaissent successivement et des états intermédiaires
Exemple entre la marche en eau et la marche sans eau peuvent être
En reprenant les valeurs numériques, on trouve avec la théorie rencontrés. Pour cette raison, il est souhaitable que des pompes
complète K xx = 0,17 l’arbre ne tournant pas (ω = 0), et K xx = 0,165 ayant à supporter la contrainte d’une marche à sec, soient dimen-
l’arbre tournant à 3 000 tr/min. Ces valeurs sont à comparer à la valeur sionnées pour avoir une première fréquence propre en air supérieure
donnée par la théorie simplifiée (§ 1.2) K = 0,194 . La vraie valeur de à la vitesse de rotation maximale.
K est donc inférieure de 15 % : K xx = 0,85 K . On tiendra compte aussi du fait que le rétablissement du régime
en eau se fera de façon aléatoire et, pratiquement toujours, dissy-
métrique, introduisant au niveau de la première roue non seulement
De façon générale, un calcul complet prenant en compte un couple, mais aussi une force radiale qui peut être importante.
tous les termes de (7), et en particulier les termes droits de la Les coussinets devront être capables de supporter cet effort transi-
matrice de masse, conduit à des fréquences propres qui sont toire.
sensiblement inférieures à celles que l’on trouve par le calcul
simplifié.
2. Poussée radiale
1.5 Interaction roue-volute sur la roue d’une pompe
à volute sans diffuseur
Des forces d’interaction fluide-rotor existent ailleurs que dans les
sections de fuite, en particulier au niveau de l’interface roue-volute
ou de l’interface roue-diffuseur.
2.1 Compréhension des phénomènes
Les relations entre les efforts exercés sur la roue au niveau de
l’entrefer roue-volute et les déplacements, vitesses et accélérations
Lorsqu’une volute est convenablement dimensionnée, la pression
du rotor n’ont pas encore été établies avec un niveau de confiance
régnant autour de la roue est théoriquement uniforme pour le point
comparable à celui des sections de fuite.
de fonctionnement nominal et la roue ne supporte pas d’effort
Nota : on trouvera, cependant, dans la référence [20], une analyse du phénomène faite
par Adkins et Brennen. Elle permet d’obtenir dans un cas particulier, une valeur approchée
radial. Il n’en est plus de même lorsque le débit s’écarte, en plus
des principaux coefficients. ou en moins, du débit de calcul. Dans ce cas, la distorsion du champ
de pression est à l’origine d’efforts radiaux sur la roue, dont la résul-
tante peut être grande, voire très grande, et dont l’évaluation est
absolument nécessaire.
En régime désadapté, la pression au diamètre extérieur de la
roue devient une fonction de l’angle d’azimut θ, positif dans le sens
de la rotation, et dont on prendra l’origine au point de départ du
bec de volute. Les essais montrent que la pression évolue, en fonc-
Toute reproduction sans autorisation du Centre français d’exploitation du droit de copie est strictement interdite.
B 4 306 − 4 © Techniques de l’Ingénieur, traité Génie mécanique
Toute reproduction sans autorisation du Centre français d’exploitation du droit de copie est strictement interdite.
© Techniques de l’Ingénieur, traité Génie mécanique B 4 306 − 5
Toute reproduction sans autorisation du Centre français d’exploitation du droit de copie est strictement interdite.
B 4 306 − 6 © Techniques de l’Ingénieur, traité Génie mécanique
En comparant les figures 6 et 8b, on peut voir que la poussée bombées, le sens de l’effort est aléatoire ; il convient alors de retenir
radiale à vanne fermée se trouve divisée par au moins 3 lorsque le signe le plus défavorable pour dimensionner la butée.
l’on utilise une volute à deux becs.
On trouvera également dans la référence [22] des mesures de
poussée radiale effectuées avec une cloison séparative prolongée 3.1.2 Force f p due à l’action des pressions statiques
au-delà de F, jusqu’en F ’ et F ’’. Ces essais montrent que les
meilleures valeurs de poussée ont été obtenues avec une cloison ■ Force f p s’exerçant sur un élément de surface d’une roue,
prolongée jusqu’en F ’, et qu’il est inutile de la prolonger jusqu’à la situé devant une partie fixe
bride de sortie, mais par contre souhaitable de la prolonger au-delà En admettant une rotation à mi-vitesse du fluide dans l’intervalle
de F. qui sépare la roue du stator, la pression est égale à :
2
ρ U2
p = p 2 – --------------- 1 – ( r ⁄ r 2 )
2
(11)
8
3. Poussée axiale
avec p 2 , U 2 et r 2 la pression, la vitesse périphérique et le rayon à
la sortie de la roue. La force exercée entre le rayon r 1 et le rayon
r 2 est égale à :
3.1 Théorie simplifiée
2
r2 π ρ U2 2 2 2
fp = 2 - (r 2 – r 1)
pr d r = Sp 2 – --------------------
2
(12)
r1 16 r 2
3.1.1 Généralités
■ Force f p s’exerçant dans une zone sans rotation, par exemple à
Cette étude est applicable à une pompe ordinaire, utilisée à son l’entrée de la roue (en négligeant l’influence de la courbure
point de fonctionnement normal. méridienne)
La poussée axiale est l’effort axial résultant que supporte le Dans ce cas f p = Sp, p étant la pression uniforme devant la
rotor. Son calcul nécessite la connaissance des pressions statiques section S.
locales en tous les points de la machine.
Par théorie simplifiée, nous entendons un mode de calcul où les
pressions dans les interfaces rotor-stator sont évaluées en suppo- 3.1.3 Force f q due à la variation de quantité
sant que le fluide tourne à la moitié de la vitesse locale du rotor. de mouvement entre l’entrée et la sortie
Cette façon de faire est souvent suffisante pour les pompes mono- d’une roue
cellulaires.
Par pompe ordinaire, nous entendons une machine dont les f q = ρ Q (Va1 – Va2) (13)
roues, à simple ouïe, sont fermées sur les deux faces et ne portent
pas de dispositifs particuliers tels que des rainures de compen- Va1 et Va2 étant les composantes axiales de la vitesse absolue
sation sur une des faces de la roue. respectivement à l’entrée et à la sortie de la roue. Pour une pompe
Dans ces conditions, l’effort axial se compose de quatre termes : centrifuge, Va2 = 0 et (13) se réduit à :
— une force F = Σf p , due à l’action des pressions statiques sur f q = ρ Q Va1 (14)
les surfaces du rotor ;
— une force F = Σf p , due à la variation de la quantité de mouve-
ment axiale du fluide entre l’entrée et la sortie de chaque roue ; 3.1.4 Effet de fond
— une force représentant l’effet de fond, simple ou différentiel ;
cette force existe à l’arrêt et il convient de la prendre en compte L’effet de fond d’une pompe à l’arrêt, dont le rotor est monté en
pour définir les conditions de démarrage de la butée ; porte-à-faux est égal à Sg (p – p a ), avec Sg section au niveau de la
— une force transmise par l’accouplement ; celle-ci peut avoir un garniture mécanique ou au niveau des tresses qui séparent le
sens défini ou un sens aléatoire ; pour un accouplement à dentures fluide pompé de l’atmosphère.
Toute reproduction sans autorisation du Centre français d’exploitation du droit de copie est strictement interdite.
© Techniques de l’Ingénieur, traité Génie mécanique B 4 306 − 7
r2 2 2 2 2 2
π ρ k U2 (r2 – r1 )
fp = 2 π r p d r = S p 2 – -----------------------------------------------------------
2
- (16)
r1 4 r2
Toute reproduction sans autorisation du Centre français d’exploitation du droit de copie est strictement interdite.
B 4 306 − 8 © Techniques de l’Ingénieur, traité Génie mécanique
3.3.2 Roues ouvertes Il existe plusieurs causes d’incertitudes sur la valeur de la poussée
résultante. Les deux causes principales sont les suivantes.
Dans le cas d’une roue ouverte, le calcul de la poussée nécessite
de connaître l’évolution des pressions à l’intérieur de la roue sur la ■ Dissymétrie de pression à la sortie de la roue
surface de courant correspondant à l’extrémité des aubes, dont il Dans tout ce qui précède, nous avons supposé que la pression
faut bien entendu connaître le tracé. p 2 à la sortie de la roue était uniforme, c’est-à-dire prenait la même
Si l’on a utilisé pour la définition des aubes un programme de valeur sur les flasques avant et arrière. Il n’en est pas toujours
calcul soit pseudo-3D, soit Euler, soit Navier-Stokes, on disposera ainsi.
déjà de la loi de pression devant la roue, et le calcul de la poussée Une roue large, ayant une vue méridienne courbe ou des ailes
sera très simple ; il suffit de faire l’intégrale des efforts : gauches, même si elle est bien centrée par rapport au diffuseur qui
la suit, pourra présenter une différence de pression droite-gauche
p (r ) 2πr dr non négligeable et bien difficile à prévoir par le calcul. Il faudrait,
pour l’évaluer, faire un calcul 3D global et simultané de la roue et
Dans le cas contraire, il faut d’abord faire une estimation de la du diffuseur, ce qui demande des moyens de calcul importants. Il
pression statique p (r ). On peut procéder de la façon suivante : faudrait aussi pouvoir évaluer convenablement les conditions aux
— on calcule, en appliquant le théorème d’Euler, les pressions limites à la sortie du diffuseur.
totales p t (r ) en supposant que le facteur de glissement varie linéai- Lorsqu’une roue se trouve axialement décentrée, des différences
rement entre 1 et σ avec l’abscisse curviligne s de l’aube extérieure ; de pression notables peuvent exister entre les faces avant et arrière
— on revient sans difficulté aux pressions statiques, puisque de la roue, avec pour conséquence évidente une modification de la
l’on connaîtra le vecteur vitesse en tout point de l’aube. poussée axiale. Un décentrement axial pourra se rencontrer sur
des pompes chaudes en régime transitoire thermique. Il pourra se
constater aussi sur quelques étages de pompes multicellulaires à
cellules empilées où les tolérances de réalisation s’additionnent.
Enfin, on constatera pratiquement toujours une différence de
pression entre les deux côtés de la roue pour des fonctionnements
à petit débit. Elle sera associée à des champs de vitesse et des zones
de recirculation qui, en règle générale, ne seront pas centrés sur
l’axe du canal.
■ Difficulté d’une prévision exacte des gradients de pression
existants dans l’intervalle entre la roue et le stator
Les courbes des figures 10a et 10b permettent une évaluation
améliorée des gradients de pression, par rapport à l’hypothèse
d’une rotation à mi-vitesse, mais elles ne permettent pas une esti-
Figure 11 – Utilisation de nervures sur la face arrière de la roue mation exacte. Les essais qui ont conduit à l’établissement de ces
pour réduire la poussée axiale courbes ont en effet montré que des imperfections (par exemple,
des nervures ou des têtes de boulon, dépassant dans le stator,
même faiblement) peuvent modifier complètement le champ des
pressions. En outre, les surfaces fixes et tournantes ne sont pas tou-
jours sur des plans perpendiculaires à l’axe et j peut être fortement
dépendant du rayon.
Toute reproduction sans autorisation du Centre français d’exploitation du droit de copie est strictement interdite.
© Techniques de l’Ingénieur, traité Génie mécanique B 4 306 − 9
Toute reproduction sans autorisation du Centre français d’exploitation du droit de copie est strictement interdite.
B 4 306 − 10 © Techniques de l’Ingénieur, traité Génie mécanique
Nous supposerons aussi que l’inertie polaire de la roue est faible Le vecteur accélération en G correspond à la dérivée seconde de
et que, par conséquent, il en est de même des forces giroscopiques. OG :
2 2
Γ G = ( X ″ – d Ω cos Ω t ) I + ( Y ″ – d Ω sin Ω t ) J (19)
6.2 Équilibre des forces agissant Finalement, l’équilibre des forces extérieures (17) et des forces
sur le mobile d’inertie correspondant à (19) s’écrit :
2
MX ″ + B xx X ′ + K xx X + K xy Y = d Ω M cos Ωt (20)
Considérons la figure 15 où O correspond à l’axe idéal des paliers
ou encore, dans l’exemple, à la position du centre des sections de 2
MY ″ + B yy Y ′ + K yy Y + K yx X = d Ω M sin Ωt (21)
fuite.
La solution des équations ci-dessus sans second membre permet
de déterminer les fréquences propres, l’amortissement et la stabilité.
avec 1 = M 2,
2 = M (Bxx + Byy ),
3 = M (Kxx + Kyy ) + Bxx Byy ,
4 = Bxx Kyy + Kxx Byy ,
5 = Kxx Kyy – Kxy Kyx .
Toute reproduction sans autorisation du Centre français d’exploitation du droit de copie est strictement interdite.
© Techniques de l’Ingénieur, traité Génie mécanique B 4 306 − 11
Toute reproduction sans autorisation du Centre français d’exploitation du droit de copie est strictement interdite.
B 4 306 − 12 © Techniques de l’Ingénieur, traité Génie mécanique
P
O
U
Pompes rotodynamiques R
Références bibliographiques S
Informations statistiques
[1] Alliance Handbook of Loss Prevention. VDI
B 4304 Projet d’une pompe
[16] STRUB, BONCIANI, BORER, CASEY, COLE,
B 4313 Pompes centrifuges,
hélico-centrifuges et axiales : cavitation
A
[2]
Verlag (1987).
FLORJANCIC et SIMON. – Feed Pump Availa-
bility and Appropriate Retrofits. Sulzer
COOK, KOTZUR, SIMON, STRITE. – Influence
of the Reynolds number on the performance
of centrifugal compressors. Transactions of
[28] GREIN (H.). – De la cavitation : vue d’ensemble.
Division Escher Wyss, Zurich, Numéro de
recherches Sulzer (1974).
V
[3]
Brothers Limited Pump Division (1990).
GOOLDING (E.G.). – Pumps Problems and
Piping Participation. [17]
the ASME, Journal of turbo-machinery, oct.
1987.
Aerodynamic design of axial-flow compres-
[29] LABORDE (R.) et RETAILLEAU (A.) . – ACB-
CERG. Cavitation d’entrefer dans les machines
hydrauliques SHF. 2ème Journée cavitation,
O
[4] Maintenance and downtime costs of centri-
fugal pumps in Finnish industry. World Pump,
sors. NASA SP 36 (1965).
B 4306 Problèmes mécaniques [30]
Paris, 18-20 mars 1992.
SCHIELLE (O.), HERGT (P.) et MOLLENKOPF
(G.). – KSB. Some views on the different cavi-
I
juin 1993. particuliers
[5] DUCROZ et VACHER. – Fiabilité des pompes
en exploitation. Enquête de Rhône-Poulenc
[18] CHILDS. – Dynamic Analysis of turbulent
Annular Seals Based on Hirs’ Lubrication
tation criteria of a pump. Paper C 166/74, IME,
Londres (1974). R
publiée dans Disponibilité des machines tour- Equation. Transactions of the ASME, Journal [31] Mc NULTY (J.J) et PEARSALL (I.S). – Cavitation
nantes. CETIM (1993). of Lubrication Technology, juin 1983. Inception in Pumps. Journal of fluids enginee-
ring, Vol. 104/88, National Engineering Labo-
B 4302 Fonctionnement [19] CHILDS. – Finite-Lenght Solutions for Roto- ratory, East Kilbride, Scotland, mars 1982.
[6] SENOO ISHIDA. – Deterioration of compres-
sor Performance due to tip clearance of
dynamic Coefficients of Turbulent Annular
Seals. Transactions of the ASME, Journal of
Lubrication Technology, juil. 1983.
[32] HAMMITT (F.G.). – Detailled cavitating flow
regimes for centrifugal pumps, and head VS.
P
centrifugal impellers. Journal of turbomac-
[7]
hinery. ASME, janv. 1987.
STODOLA. – Dampfturbinen. Berlin,
[20] ADKINS et BRENNEN. – Analyses of Hydro-
dynamic Radial Forces on Centrifugal Pump
NPSH curves. University of Michigan, College
of Engineering, Mechanical Engineering
Department, Cavitation and multiphase flow
L
Impellers. Transactions of the ASME, Journal laboratory, Report no UMICH 01357-32-l.
[8]
J. Springer.
ECKERT. – Axial Compressoren und radial
Compressoren. Springer, Berlin (1953). [21]
for fluid Engineering, mars 1988.
STEPANOFF. – Pompes Centrifuges et
[33] PEARSALL (I.S), Mc NULTY (P.J) et PETERS
(J.). – Cavitation scale effects in centrifugal
U
[9] PFLEIDERER. – Die Kreiselpumpen. Springer,
Berlin (1955). [22]
Pompes Hélices. Dunod (1961).
LOBANOFF, ROSS. – Centrifugal Pumps
Design and Application. Gulf Publishing
pumps. Paper no 3.5, Fluids mechanics silver
jubilee conference, Nel East Kilbridge
Glasgow, 27-29 nov. 1979.
S
[10] BALJÉ. – A Contribution to the problem of
Company (1985). [34] GULICH (J.). – Grandeurs caractéristiques de
Designing Radial Turbomachines. Transac-
tions of the ASME 5 (1952). [23] JAUMOTTE, DECOCK. – Techniques de l’Ingé- la similitude pour la capacité d’aspiration et
nieur B 472 (1981). l’extension des bulles dans les pompes. Revue
[11] FRIBERG. – Approche théorique et calcul
pratique des diffuseurs. L.A.J.F (1996). [24] SÉDILLE. – Turbomachines Hydrauliques et technique, Sulzer 2/1980.
Thermiques. Masson et Cie (1967). [35] La houille blanche. Cavitation. Numéro 7/8
[12] SÉDILLE. – Turbomachines hydrauliques et
(1988).
thermiques. (Tome II) Masson et Cie (1967). B 4308 Exploitation
[13] Study of internal recirculation in rotody- [36] SHF. 2ème journée cavitation, Paris, 18-20
[25] SWANSON. – Complete Characteristics Circle
namic pumps operating at partial capacity. mars 1992.
Diagram for Turbo-Machinery. Trans. ASME,
Brite Contract N Rl1B-0238-C(AM) P 2023 75 (1953). [37] LE FUR (B.), PECOT (D.) et DAVID (J.F.). – Cavi-
(1993). tation des pompes II. Influence de la teneur en
[26] KARASSIK. – Centrifugal Pump Clinic. Indian
air occlus et du taux d’oxygène dissous sur le
4 - 1997
78
en pour-cent
54
Rotors .............................. 37
(%)
10
2
11,5
S Le tableau B donne les causes d’arrêt pour ces pompes.
Cette statistique est basée sur l’analyse de 343 sinistres. (0)
Impuretés dans le fluide,
obstruction d’un conduit ................. 17 10,5
Air dans le fluide, niveau
de pression anormal, cavitation ..... 7 8
Tableau B – Causes d’arrêt des pompes des circuits Paliers ............................................... 12 10
de refroidissement (%) Balourds, flexion d’arbre,
désalignement.................................. 17 24
Paliers ......................................... 29 Aubages directeurs ..................... 6 Accouplement, moteur,
Arbre, rotor................................. 22 Fixations....................................... 4 mauvais montage pompe ............... 13 10
Aubes du rotor (roues) .............. 21 Vannes, filtres.............................. 2
(Total rotor) ................................ (43) Équipement de protection.......... 1
Carter, stator .............................. 7 Autres........................................... 8 Cette étude diffère des précédentes en ce sens que la statistique ne porte
pas sur le nombre des incidents, mais sur le coût qu’ils ont généré, tant en
maintenance qu’en indisponibilité de l’installation.
Les coûts d’indisponibilité sont 1,6 fois supérieurs aux coûts de la mainte-
Les causes de défaillance sont imputables :
nance et représentent la dépense principale (coût de l’indisponibilité 240
— au produit (61 %) ; millions de FIM – monnaie finlandaise – par an, contre 150 millions de FIM par
— à l’exploitation (20 %) ; an pour la maintenance).
— à d’autres causes (19 %).
On notera qu’il n’y a pas de proportionnalité entre les dépenses de mainte-
Causes d’arrêt des pompes utilisées dans l’industrie chimique nance et les coûts d’immobilisation. La même notion ressort de plusieurs
ou pétrochimique autres études et les coûts d’indisponibilité y sont toujours supérieurs aux
L’étude, dont les résultats sont donnés tableau C, a été menée en Espagne coûts de la maintenance.
et porte sur 178 pompes centrifuges [3]. On remarquera que les joints sont encore responsables du plus grand coût
On remarquera la très grande participation des systèmes d’étanchéité (93 de maintenance et du plus grand coût d’indisponibilité.
soit 65 %) et des paliers (22, soit 16 %). Réunis, ils représentent 115 causes Industrie chimique et pharmaceutique
d’arrêt, soit plus de 80 % du total. Nous retrouverons cette tendance dans
d’autres enquêtes. (0) Ce qui suit est extrait d’une étude effectuée par Rhône-Poulenc et publiée
dans la référence [5].
Les pompes représentent en moyenne 9 % d’un budget d’entretien, à
l’intérieur d’une fourchette allant de 4 à 21 % selon les unités.
R NF E 44-201 06-1984
lation (E).
Pompes. Prescriptions de raccorde- ISO 9908 1993
centrifuges. Classe 1.
Spécification technique pour pompes
ment par convergent et divergent (E). centrifuges. Classe 3.
E 44-202 07-1986 Pompes industrielles. Raccordements ISO 5199 1986 Spécification technique pour pompes
des tuyauteries d’aspiration et de refou- centrifuges. Classe 2.
E NF E 44-221 07-1976
lement. Prescription de conception.
Pompes. Distance entre bouts d’arbres
ISO 3661 1977 End suction centrifugal pumps. Base
plates and installation dimension.
pour montage de l’accouplement (E).
N NF E 44-290 10-1975 Pompes. Accouplements avec ou sans
pièce d’espacement. But et montage (E).
ISO 5198 1987 Centrifugal, mixed flow and axial
pumps. Code for hydraulic performance
tests. Precision class.
Partie VI – Sécurité. Hygiène Normes européennes ISO/CEN, concernant les pompes
E 44-091 10-1985 Pompes. Guides de conception pour le rotodynamiques, en cours d’élaboration,
dont la publication est prévue en 1997/1998
S E 44-092 10-1985
bon fonctionnement et la prévention
des accidents.
Pompes. Guide d’exploitation pour le
Les valeurs alphanumériques entre [ ] correspondent à l’indice de classement
dans la normalisation française. Celles qui sont en tête de ligne correspondent
A bon fonctionnement et la prévention
des accidents.
à la référence dans la normalisation ISO/CEN. Les valeurs numériques entre ( )
correspondent à la date probable de publication.
O NF U 61-060 04-1994
acceptable.
Matériel agro-alimentaire. Pompes.
Règles de construction pour assurer
EN 12262 ou [E44-005] (06-1998) Pompes rotodynamiques. Documents
techniques.
Terminologie. Étendue de la fourniture,