Antagonisme bactérien contre la fusariose
Antagonisme bactérien contre la fusariose
Sous le thème :
Soutenu le : 20 / 06 / 2025
Devant le jury :
Pr. EL BAKKALI Ecole Supérieure de Technologie de Sidi- Bennour Encadrante
Nezha
A mes chers parents, pour leur amour, leur affection, leur soutien et leurs sacrifices pour
mon éducation et ma formation
A tous mes amis, tout particulièrement, Zahra, Fatima, Ikram, Basma, Hiba ….
Remerciements
Chaque étape de notre parcours professionnel est marquée par les personnes qui croisent
notre chemin et contribuent à notre évolution. Je souhaite débuter cet hommage par une
profonde expression de gratitude envers l’INRA CRRA SETTAT, un véritable foyer de
savoir-faire et de possibilités, où chaque jour de mon stage a été une leçon d'apprentissage,
une opportunité de croissance et un privilège.
À l’École Supérieure de Technologie de Sidi Bennour (ESTSB), pour m’avoir fourni les
connaissances et compétences nécessaires pour réussir ce stage. Nous saisissons cette
occasion pour remercier également l’ensemble du personnel de l’INRA pour la facilité des
documentations qu’ils nous ont fournies.
À Mr. EL OMARI Redouane, mon encadrant pédagogique, je vous remercie pour votre
encadrement avisé et votre soutien tout au long de processus de rédaction de ce rapport de
stage. Vos conseils éclairés ont été d'une aide précieuse dans la réalisation de ce rapport de
stage.
Je remercie tout particulièrement Dr KRIMI BENCHEQROUN Sanae, mon encadrante
professionnelle, pour son accompagnement, sa disponibilité et ses précieux conseils tout au
long de cette expérience. Je suis également très reconnaissante envers Mme IBN EL
MOKHTAR Fatima Zahrae, doctorante chercheure et co-encadrante, avec qui j’ai eu le
plaisir de travailler sur le même sujet. Son expertise, sa rigueur scientifique et sa bienveillance
ont grandement enrichi mon apprentissage.
Enfin, à tous mes collègues et amis chez INRA SETTAT, Basma, Fatima, Ikram, Zahra…
je vous adresse toute ma gratitude pour votre accueil chaleureux, votre collaboration et votre
esprit d'équipe. Votre présence a rendu cette expérience mémorable et enrichissante à bien des
égards.
Résumé
La fusariose, induite par Fusarium oxysporum f. sp. Ciceris, représente une contrainte
majeure à la culture du pois chiche. Dans le but d’explorer des alternatives biologiques à cette
problématique, ce travail a porté sur l’isolement et l’évaluation in vitro de bactéries
antagonistes issues de la rhizosphère du pois chiche.
Vingt-huit souches bactériennes ont été isolées sur milieu LB. Une première identification par
coloration de Gram a révélé une prédominance de bacilles à Gram négatif. L’effet inhibiteur
de ces souches sur le pathogène a été testé par confrontation directe. Les performances
antifongiques ont été évaluées à travers deux indicateurs : la réduction de la croissance
mycélienne et la distance d’inhibition.
Les résultats ont mis en évidence une variabilité significative entre les isolats. Certaines
souches, telles que BC12, BC20 et BC23, se sont distinguées par leur capacité à freiner
efficacement le développement du champignon, probablement via la sécrétion de composés
antifongiques diffusibles. D’autres souches, moins diffusives, pourraient agir par compétition
ou production locale de substances inhibitrices.
Fusarium wilt, caused by Fusarium oxysporum f. sp. ciceris, is a major constraint on chickpea
cultivation. In order to explore biological alternatives to this issue, this study focused on the
isolation and in vitro evaluation of antagonistic bacteria from the chickpea rhizosphere.
The results showed significant variability among the isolates. Certain strains, such as BC12,
BC20, and BC23, demonstrated strong antifungal potential, likely due to the secretion of
diffusible antifungal compounds. Other strains, with more localized effects, may act through
competition or the production of non-diffusible inhibitory substances.
These findings highlight the potential of specific rhizospheric bacteria as biocontrol agents
against chickpea fusarium wilt and support the development of more sustainable and
environmentally friendly disease management strategies.
Figure 2:Morphologie de la plante du pois chiche : (a) racines, (b) tige, (c) folioles, (d) fleure,
Figure 4: Champignon Fusarium oxysporum sur PDA (Labo phytopathologie INRA Settat...8
Figure 9:Fragments des racines de pois chiche incubés sur milieu PDA................................21
Figure 15: Traçage des disques de F. oxysporum f. sp ciceri par le porte pièce.....................26
Figure 17:l’incubation des boîtes de test de confrontation directe à une température d'environ
22°C ± 2....................................................................................................................................27
Gram. Bacille Gram- (a) ; Cocci en chaîne Gram- (b) ; Bacille Gram+..................................31
Figure 20:Double culture in vitro des antagoniste et FOC sur PDA. In vitro dual cultures on P
DA medium at 28 °C for 7 days. (a) Effet antagoniste de la bactérie contre FOC. (b) Témoin
...................................................................................................................................................32
Figure 21: Effet antagoniste des bactéries rhizosphériques du pois chiche sur la croissance de
FOC...........................................................................................................................................33
morphologie cellulaire..............................................................................................................48
Table des matières
Dédicace..........................................................................................................................................
Remerciements................................................................................................................................
Résumé............................................................................................................................................
Abstract...........................................................................................................................................
Introduction...................................................................................................................................1
2. Caractéristiques agro-morphologiques...........................................................................4
1. Importance économique..................................................................................................5
IV. La fusariose.....................................................................................................................7
1. Agent pathogène.............................................................................................................7
2. Taxonomie......................................................................................................................8
3. Symptomatologie :..........................................................................................................8
1. La lutte culturale...........................................................................................................12
3. Lutte chimique..............................................................................................................13
I. Matériels utilisés...............................................................................................................19
1. Matériels fongique........................................................................................................19
2. Matériels bactérienne....................................................................................................19
II. Méthodes..........................................................................................................................20
I. Résultat.............................................................................................................................28
II. Discussion........................................................................................................................33
Liste de référence........................................................................................................................36
AVANT propos : Aperçu sur L’INRA
1. Présentation de l’entreprise :
L’Institut National de la Recherche agronomique "INRA" est un établissement public sous la
tutelle du Ministère de 1'agriculture, de la Pêche Maritimes du développement rural et des Eaux
et Forêts. Tout au long de son histoire centenaire les services de la recherche agricole ont
œuvré au développement durable de l'agriculture marocaine et de la préservation des ressources
naturelles (eau, sol, biodiversité) à travers la production et la promotion des connaissances et
des technologies agricoles. D'entreprendre les recherches pour le développement agricole
L'INRA opère à travers dix centres régionaux de la recherche agronomique et 23 domaines
expérimentaux répartis sur le territoire national et couvrant les divers agrosystèmes du pays.
Les projets de recherche de I'INRA sont définis avec la participation des partenaires, des clients
et des prescripteurs régionaux. Ils sont menés au sein de trente unités de recherche hébergés par
les Centres Régionaux. Ils sont encadrés à l'échelle centrale par dix départements scientifiques
à vocation disciplinaire. Pour accomplir sa mission et être au diapason de 1'actualité
scientifique, I'INRA entretient des relations de partenariats avec des organisations nationales et
internationales, les structures de développement, le secteur privé et les Organisations Non
Gouvernementales.
Le centre de Settat dispose de quatre domaines expérimentaux. Il s'agit des domaines de Sidi El
Aidi (10 km du centre de Settat), de Khmis Zemamra (au sud-est d'El Jadida), de Jmaa Shaim
(à l'est de Safi) et de Jemaa Riah. Comme il a connu dernièrement une réorganisation visant la
modernisation de son processus de gestion.
• Mécanisation agricole.
• Economie agricole et Sociologie rurale.
Services :
Unités de Recherche
Conseil d’administration
Comité technique
Directeur
Secrétaire générale
Le pois chiche (Cicer arietinum L.) est une légumineuse d’une grande importance
agronomique, économique et nutritionnelle, Le pois chiche (Cicer arietinum L.) occupe une
place stratégique au Maroc sur les plans agronomique, économique et nutritionnel, notamment
dans les régions semi-arides. Riche en protéines végétales, en fibres et en micronutriments, il
constitue une source essentielle d’alimentation pour des millions de personnes et joue un rôle
important dans les systèmes agricoles durables grâce à sa capacité à fixer l’azote
atmosphérique. Au Maroc, cette légumineuse est cultivée sur environ 70 000 hectares, soit
près de 19 % de la superficie totale consacrée aux légumineuses alimentaires, avec une
production annuelle variant entre 50 000 et 60 000 tonnes. Le rendement moyen reste
relativement faible, autour de 0,6 à 0,8 tonne par hectare, bien en dessous de la moyenne
mondiale, en raison notamment de la faible qualité des semences, de la vulnérabilité aux
maladies comme l’anthracnose, et d’une forte dépendance aux conditions climatiques. Les
principales zones de production sont Chaouia, le Gharb, Saïss et Fès-Meknès, où des projets
pilotes favorisent l’introduction de variétés d’hiver à haut rendement. Malgré les défis, le pois
chiche offre une forte valeur marchande, avec une part croissante destinée à l’export, ce qui
en fait une culture d’avenir soutenue par des initiatives de modernisation et de mécanisation.
Cependant, la culture du pois chiche fait face à plusieurs contraintes qui limitent fortement sa
productivité et sa rentabilité. D’une part, les stress abiotiques tels que la sécheresse, la salinité
et les températures extrêmes impactent négativement le développement de la plante. Cette
problématique devient encore plus importante dans le contexte actuel de changement
climatique, marqué par une fréquence accrue des vagues de chaleur et des périodes de
sécheresse prolongées. D’autre part, les stress biotiques, notamment les maladies causées par
des agents pathogènes telluriques comme Fusarium oxysporum f. sp. Ciceris, responsable de
la fusariose vasculaire, représentent une menace majeure pour cette culture. Ces conditions
abiotiques extrêmes, en particulier la sécheresse et les températures élevées, créent un
environnement particulièrement favorable au développement et à la propagation de cette
maladie, aggravant ainsi son impact sur les rendements.
Face à ces défis, la lutte intégrée représente une approche stratégique combinant plusieurs
méthodes pour limiter l'impact des maladies du pois chiche. Parmi ces méthodes figurent
1
l'utilisation de variétés résistantes, la rotation culturale, l'emploi de semences certifiées et
d'autres pratiques agronomiques. Toutefois, malgré ces efforts, l'efficacité du contrôle de
certaines maladies, comme la fusariose vasculaire, demeure limitée. Cela souligne l’intérêt
croissant pour la recherche de méthodes de lutte complémentaires, plus durables et
respectueuses de l’environnement. Dans ce contexte, le biocontrôle, notamment à travers
l’utilisation de bactéries bénéfiques de type PGPR (Plant Growth-Promoting Rhizobacteria),
suscite un intérêt particulier. Ces micro-organismes, naturellement présents dans le sol ou la
rhizosphère, peuvent renforcer la résistance des plantes en inhibant la croissance des
pathogènes via différents mécanismes : production de métabolites antifongiques, compétition
pour les nutriments et l’espace, ou encore induction de la résistance systémique de la plante
hôte.
Dans ce contexte, le présent travail vise à évaluer les méthodes d’évaluation de l’effet
antagoniste de certaines bactéries vis-à-vis de Fusarium oxysporum chez le pois chiche.
Isoler et identifier les champignons pathogènes présents sur les racines de pois chiche ;
Isoler des souches bactériennes potentiellement antagonistes ;
Évaluer l’activité antifongique de ces souches par des tests in vitro directs et indirects ;
2
Chapitre Ⅰ : Etude bibliographique
Le pois chiche appartient à la famille des Papilionacées et à la tribu des Cicereae (Kupicha,
1977 et 1981). Le genre Cicer comprend actuellement 43 espèces, dont 9 sont annuelles et 33
pérennes (Van der Measen, 1987). Le pois chiche est une plante herbacée annuelle, diploïde
(2n = 16 chromosome), autogame, présentant moins de 1% d’hybridation naturelle (Singh et
Reddy, 1991). (Figure 1).
3
1. Classification botanique et taxonomie
Embranchement : Spermaphytes
S/embranchement : Angiospermes
Classe : Dicotylédones
S/classe : Dialypétales
Ordre : Rosales
Famille : Légumineuses
Genre : Cicer
2. Caractéristiques agro-morphologiques
Les racines peuvent atteindre deux mètres de profondeur, mais la plupart se trouvent dans les
60 premiers cm. La plante se caractérise par un système racinaire très développé, et une
longueur de tige variant de 20 à 100 cm et jusqu’à 150 cm dans les conditions favorables
(Cubero, 1987). (Figure 2).
Figure 2:Morphologie de la plante du pois chiche : (a) racines, (b) tige, (c) folioles, (d)
fleure, (e) gousses en développement, (f) graines Source : (Singh et Diwakar, 1995).
Les feuilles sont imparipennées, à folioles terminales, en vrilles chacune d’elle compte 7 à 17
folioles ovales et dentées, mesurant 8 à 17 mm de longueur et 5 à 14 mm la largeur (Figure 2).
4
La tige, possèdent des poils glandulaires sécrétant les exsudats acides, principalement de
l’acide malique (Singh et Diwakar, 1995). Les espèces du pois chiche diffèrent par leurs
caractères plus spécialisés, en particulier la zygomorphie des fleurs qui sont en forme de
papillons et qui sont de couleurs blanche ou rose ou rouge rose, la réduction du nombre des
carpelles, la prédominance des feuilles composées et la présence des nodosités racinaires
(Muehlbauer et al., 1998). Les gousses sont rhomboïdes ou ovales renflées et contiennent 1 à
2 graines presque rondes (Ladizinsky, l987). Le nombre d’ovules varie selon les variétés ; la
partie aérienne secrète deux types d’acide : l’acide oxalique (94.2%) et d’acide acétique
(0.2%) (Muehlbauer et al., 1998). La graine présente un bec caractéristique, elle est très
fréquemment ridée et présente des crêtes ; elle peut également être sphérique ou de forme
intermédiaire (Cubero, 1987).
2. Importance nutritive :
Le pois chiche est source des protéines de haute qualité, contient des quantités importantes de
tous les acides aminés essentiels comme la lysine et le tryptophane. (Mishra et al., n.d.). Et
c'est une source des glucides aussi comme l'amidon, suivi des fibres alimentaires, des
oligosaccharides et des sucres simples (glucose/saccharose). Sans oublier sa richesse en
minéraux tels que phosphore, calcium, magnésium, fer, zinc et le potassium avec des
vitamines importantes comme la riboflavine, la thiamine et le précurseur de la vitamine A ẞ-
carotène. Par contre les lipides sont en faibles quantités sous forme des acides gras insaturées
comme les acides linoléique et oléique. En plus il sert également à un fourrage nutritif de
haute qualité pour la consommation animale. Comme d'autres légumineuses, les pois chiches
contiennent des facteurs antinutritionnels, qui peuvent être réduits ou éliminés par différentes
techniques de cuisson. (Jukanti et al., 2012).
5
3. Importance agronomique :
Le pois chiche possède la capacité d'utiliser l'azote atmosphérique (N2) et le transformer en
azote utilisable par les plantes en satisfaisant jusqu'à 80% de ses besoins et en évitant le
recours aux engrais azotés tout au long de la période de culture (Sharma et al., 2013).
Cela se fait par une association symbiotique avec des bactéries de type (Rhizobium) au niveau
des nodosités racinaires (Figure 3)
Ces apports en azote permettent au pois chiche de croître efficacement et de synthétiser ses
protéines, tout en laissant un azote résiduel bénéfique pour les cultures suivantes dans le cadre
d’un système de rotation. Ainsi, il s’impose comme une culture privilégiée dans une
agriculture durable, grâce à une utilisation optimisée des ressources azotées.
Par conséquent, cette propriété contribue à l’enrichissement du sol en azote, renforçant sa
fertilité, et favorise une amélioration des rendements ainsi que de la qualité des productions («
Encyclopédie canadienne », 2015). Par ailleurs, le pois chiche montre une bonne tolérance à
la sécheresse, notamment grâce à l’extraction de l’eau des couches profondes du sol rendue
possible par son système racinaire étendu (Gaur PM et al., 2010). Il existe également une
association symbiotique avec des mycorhizes à arbuscules, des champignons qui facilitent
l’absorption de l’eau et des nutriments, en particulier le phosphore, et participent à la
protection des racines contre certains agents pathogènes.
6
décrits et sont partagés dans 55 pays à travers le monde (Nene et al., 1996 ; Smithson et al.,
1985).
Au moins 16 virus ont été identifiés comme étant les pathogènes naturels du pois chiche dans
les pays producteurs. Les virus du pois chiche se trouvent dans les groupes suivants : virus de
la mosaïque de la luzerne, Carlavirus, Ilarvirus, Luttovirus, Nepovirus, virus de la mosaïque
verruqueuse du pois, Potyvirus et Rhabdo virus (Kaiser et al., 1989).
L’Anthracnose causée par Aschochyta rabiei est l'un des plus importants agents pathogènes
du pois chiche dans la plus grande partie des zones méditerranéennes, où il peut provoquer de
très graves dégâts (White et Chen, 2007). Le champignon peut survivre sur les graines et sur
les résidus de récolte de la culture. Cet agent pathogène montre un degré élevé de variabilité
morphologique et pathologique. Des observations, conduites sur le comportement de plusieurs
variétés au champ ou en infections artificielles, ont montré l'existence d'une spécialisation
pathogénique (Sayoud et al., 1999).
La fusariose causée par Fusarium oxysporum f. sp. Ciceris, la pourriture sèche des racines
(Rhizoctonia bataticola), la pourriture noire des racines (F. solani et F. eumartii), la
pourriture du collet (Sclerotium rolfsii), et la fonte des semis (Pythium ultimum) constitue les
maladies importantes des racines du pois chiche. Tous ces agents pathogènes sont des
saprophytes facultatifs qui peuvent survivre indéfiniment dans le sol. Dans ce contexte parmi
ce nombre élevé de bio-agresseurs de cette culture, trois agents pathogènes sont considérés
comme les plus importants (Hawar et al., 1990).
IV. La fusariose
1. Agent pathogène
Fusarium oxysporum f. sp ciceri est un champignon d’origine tellurique très ubiquiste, qui
présente une très grande diversité génétique et écologique et qui infectent collectivement plus
de 100 hôtes différents, provoquant des pertes économiques importantes chez de nombreuses
plantes cultivées comme le cotonnier, le melon, la tomate, etc. provoquant ainsi des maladies
sur de nombreuses espèces végétales cultivées d’intérêt économique (Armstrong et
Armstrong, 1965), que des plantes pérennes comme le bananier, le palmier à huile et le
palmier dattier (BOOTH,1971).
Le pathogène pénètre dans les racines et envahit le système vasculaire. Le système racinaire
parait normal mais les vaisseaux présentent une coloration rouge orangé qui peut s’étendre
dans la tige, parfois jusqu’aux étages florifères. Les plantes atteintes jaunissent et flétrissent.
7
Un jaunissement unilatéral des feuilles est parfois observé. Ces plantes sont le plus souvent
isolées dans la parcelle. Cette maladie est peu fréquente en France.
2. Taxonomie
Règne : Fungique
Division : Ascomycète
Classe : Sordariomycetes
Sous-classe : Hypocreomycetidae
Genre : Fusarium
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3. Symptomatologie :
Les symptômes de l'infection par Fusarium oxysporum chez le pois chiche se répartissent en
plusieurs catégories. Tout d'abord, on observe un flétrissement et un jaunissement des feuilles
inférieures qui progresse vers les parties supérieure (Nene et al., 1991). (Figure 6 C) Une
décoloration brune caractéristique est également visible dans les tissus vasculaires de la tige et
des racines lorsqu'on les coupe longitudinalement (Haware et al., 1990). (Figure 6 A) Les
plantes infectées ont aussi une croissance rabougrie par rapport aux plants sains (Jiménez-
Fernández et al., 2011). Sur le plan du rendement, l'infection entraîne une baisse
significative du nombre de gousses, de graines par plante ainsi que du poids des graines
(Navas-Cortés et al., 2000). Dans les cas les plus graves, la maladie peut même mener à la
mort prématurée de la plante avant la formation des gousses (Sharma et al., 2010).
La gravité des symptômes dépend de facteurs tels que la virulence de l'isolat fongique, la
sensibilité de la variété de pois chiche et les conditions environnementales (Jiménez-Díaz et
al., 2015).
9
mêmes, par le vent et l'eau (Agrios, 1988). Généralement, l'infection débute par la
germination des chlamydospores, le tube germinatif s'introduit à travers l'épiderme du
système radiculaire induit par conséquent une pourriture racinaire par sécrétion des enzymes
pectolytique (Gupta et al., 1986).
5. Cycle d’infestation
Le champignon Foc peut infecter la plante à presque n'importe quel stade de développement
de son cycle de vie. La reproduction asexuée de Fusarium oxysporum donne lieu à trois types
de spores ; microconidies, macroconidies et chlamydospores. Les microconidies sont de
forme ellipsoïdale avec 0-1 septa et les macroconidies sont cylindriques, à paroi mince,
légèrement incurvées avec 3-4 septa. L’agent pathogène survit dans le sol ou les semences
infectées sous forme de chlamydospores libres ou incorporées dans les cellules ou les tissus
végétaux (Jimenez-Díaz et coll., 1989 ; Agrios, 2005). La température optimale pour la
croissance du mycélium est de 25 à 30 °C et le pH du sol de 5 à 6,5 pH (Agrios, 2005 et Singh
et coll., 2007). La phase de pré-rentrée dans la plante implique les événements initiaux qui
sont nécessaires pour exécuter une entrée réussie. L'agent pathogène reste dormant sous forme
de chlamydospores dans les débris végétaux jusqu'à ce qu'il reçoive un stimulus pour germer
par les glucides libérés provenant de parties de plantes hôtes ou non hôtes en décomposition
(Schippers et Van Eck 1981). Ainsi, le sol devient le principale source d'inoculums pour les
futures infections Comme Foc infecte les plants de pois chiches principalement par conidies,
avant que l'agent pathogène ne pénètre dans l'hôte, les conidies doivent germer et pousser à la
surface de l'hôte. Elles infectent les plantes par les ouvertures naturelles ou les blessures dans
les racines, en particulier dans les brèches de racines pivotantes et de poils absorbants. Les
sucres, les acides aminés, les minéraux sécrétés sur le la surface de la plante stimule la
germination des conidies. Foc peut entrer dans la cellule hôte soit par pénétration directe et/ou
par voie des pores préexistants à la surface des cellules d’hôte. En pénétration directe, les
hyphes fongiques produisent une forte pression physique sur la surface de la plante suivie par
la sécrétion d’enzymes dégradant les parois cellulaires végétales. Cutinase, cellulase,
pectinase et protéase sont les principales enzymes sécrétées par la plupart des champignons
pathogènes pour la rupture de la cuticule, les matériaux cellulosiques, les pectines et barrières
protéiques présents à la surface des cellules végétales (Annis et Goodwin 1997; Walton
1994). La Pectate lyase, une enzyme dégradant les parois est un agent pathogène important
facteur de pathogénicité produit par le Foc (Jorge et al. 2006). Les hyphes envahissants
10
pénètrent au plus profond de l'hôte. Dans un premier temps, l'agent pathogène colonise les
régions corticales du tissu racinaire progressant ensuite vers les régions vasculaires. Foc
colonise exclusivement à l'intérieur des vaisseaux du xylème, se ramifie largement pour
obstruer ces vaisseaux, détruisant le flux de nutriments, se dispersant et se répandant dans
toute la plante et aboutissant finalement à la mort chez les plantes sensibles (figure 7).
11
al. (2019), la température de l’air et la charge inoculante sont significativement corrélées à
l’incidence de la maladie. La croissance optimale du champignon est observée entre 25 et
27,5 °C, avec un pH du sol compris entre 5,1 et 5,9, tandis que des températures supérieures à
32 °C ou inférieures à 17 °C inhibent son développement (Rameshwar et al., 2023). Landa et
al. (2006) ont également montré que la réponse des cultivars de pois chiche varie en fonction
des conditions thermiques. En ce qui concerne l’humidité, bien que l’humidité relative de l’air
ne soit pas directement corrélée à l’incidence de la maladie (Singh et al., 2019), des sols bien
drainés sont plus favorables au développement du pathogène, F. oxysporum étant un
organisme aérobie (Mergewar et al., 2023). Par ailleurs, dans des conditions favorables
(température optimale, humidité modérée, bonne aération), les spores peuvent survivre même
en l’absence d’un hôte (Awad et al., 2010). Ainsi, les fluctuations saisonnières de température
et d’humidité du sol influencent directement la densité des spores dans le sol et, par
conséquent, la gravité de la maladie. Ces observations soulignent l’importance de prendre en
compte les facteurs climatiques dans la gestion de la fusariose du pois chiche, notamment par
le choix judicieux des dates de semis, l’adaptation des pratiques culturales et la sélection de
variétés résistantes.
V. Méthodes de lutte:
1. La lutte culturale
Les méthodes de lutte culturale contre les maladies fongiques en général concernent toutes les
actions culturales qui peuvent créer des conditions défavorables aux pathogènes et favorables
aux plantes. Parmi ces actions, la destruction (ramassage ou brûlage) des repousses et des
hôtes alternatifs qui peuvent former des réservoirs de pathogènes durant la saison où la culture
est absente est une action importante qui réduit le niveau d’inoculum primaire. L’interruption
du cycle biologique de certains pathogènes est possible par la destruction de leurs hôtes
secondaires, comme dans le cas des rouilles (Nasraoui, 2008). Selon Chérif et al. (2007),
l'utilisation de semences non infectées ou traitées permet de prévenir l’infection du pois
chiche durant la saison de croissance. De plus, l'avancement de la date de semis du pois
chiche, du début du printemps vers la fin de l’hiver, empêche le développement épidémique
du flétrissement et minimise la sévérité de la maladie (Navas-Cortés et al., 1998). Plusieurs
pratiques culturales ont été mises en œuvre pour limiter l’incidence de la maladie. Le labour
profond, la rotation des cultures, la jachère ainsi que la stérilisation du sol contribuent à
diminuer et à éliminer la population de Fusarium oxysporum f. sp. ciceris (Foc) (Dahou,
2019). La rotation culturale avec des espèces non-hôtes constitue un moyen efficace pour
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réduire la pression pathogène sur le long terme. Par ailleurs, l'utilisation de variétés résistantes
représente une stratégie durable et écologique de lutte contre la fusariose du pois chiche
(Chérif et al., 2007 ; Navas-Cortés et al., 1998).
2. La lutte génétique :
Parmi les méthodes les plus efficaces et durables pour lutter contre la fusariose du pois
chiche, l’utilisation de variétés résistantes occupe une place centrale. La sélection de cultivars
présentant une résistance génétique permet de limiter les pertes de rendement et de réduire le
recours aux traitements chimiques (Jiménez-Diaz et al 1992). Des sources de résistance ont
été identifiées principalement chez les pois chiches desi, et plus rarement chez les kabuli,
ainsi que chez des espèces sauvages du genre Cicer. Certaines espèces sauvages présentent
une résistance combinée aux races 0 et 5, tandis que d'autres ne résistent qu'à la race 0
(Jiménez-Díaz et al. 2015). Plus de 13 500 accessions desi ont été testées à l’ICRISAT,
permettant d’identifier 165 sources de résistance, dont certaines avec une résistance large et
stable. De même, l'ICARDA a détecté 110 lignes résistantes parmi 5174 accessions kabuli
(Haware 1978). Quelques lignées kabuli et cultivars commerciaux ont également été
développés pour résister à certaines races spécifiques (0, 1A, 1B/C, 5, et 6), notamment en
Californie, Inde, Israël, Mexique et Tunisie. Cette résistance a été obtenue par croisement
avec des lignes desi résistantes, et ces résistances restent stables sans preuve de
contournement par le pathogène, malgré leur nature race-spécifique (Kumar 1998).
La résistance des cultivars de pois chiche au champignon Fusarium oxysporum f. sp. Ciceris
dépend fortement de la température. Des expériences en conditions contrôlées ont montré
qu’une hausse de la température de 24°C à 27°C suffisait à rendre des cultivars kabuli
autrefois résistants à la race 1A, sensibles à l’infection (Landa et al 2004). Ce phénomène a
également été observé au champ en Israël, où des semis précoces (janvier) permettaient de
conserver la résistance à la fusariose, contrairement à des semis plus tardifs exposés à des
températures plus élevées (Landa et al. 2006).
3. Lutte chimique
De nombreux fongicides sont disponibles pour lutter contre les champignons pathogènes.
Singh et Jha (2003) ont évalué l’efficacité in vitro de sept fongicides, à savoir thiram,
Bavistin (carbendazim), Blitox (cuivre oxychloride), Captaf (captan), Indofil le M45
(mancozeb+thiophanate-methyl) Ridomil MZ (mancozeb+metalaxyl) et Kitazin
13
(iprobenfos), vis – à – vis du flétrissement vasculaire du pois chiche (in vitro chacun à la
concentration de 1 % et in vivo). Des travaux similaires ont été réalisés par (Elfatih et al.
2002) afin d’évaluer l’effet des fongicides Tecto-TM et Quinolate sur l’agent du LA
fusariose du pois chiche en plein champ. L'augmentation de l'utilisation des fongicides
provoque plusieurs effets négatifs comme le développement de la résistance des agents
pathogènes. Ces fongicides ont aussi un effet néfaste sur l'environnement (Gerhardson,
2002).
4. La lutte biologique :
Les systèmes de la lutte biologique permettent d’assurer une protection de l’environnement.
Elle peut être conduite de manière indirecte par l’utilisation des microorganismes antagonistes
des agents pathogène ou directe par l’application des extraits végétaux.
14
V.3Le lien entre les PGPR et les agents antagonistes
Les rhizobactéries promotrices de croissance des plantes, connues sous le nom de PGPR
(Plant Growth-Promoting Rhizobacteria), jouent un rôle central dans l'amélioration de la
santé végétale non seulement par la stimulation directe de la croissance, mais aussi par leur
action indirecte via le contrôle biologique des agents pathogènes. Leur rôle est donc double :
biofertilisant et agent de biocontrôle.
Les PGPR exercent une action antagoniste envers les pathogènes phytosanitaires à travers
divers mécanismes : production d’antibiotiques, compétition pour les nutriments (comme le
fer via les sidérophores), libération d’enzymes lytique (comme la chitinase ou la glucanase),
et induction des défenses systémiques des plantes (ISR) (Glick, 2012 ; Lugtenberg &
Kamilova, 2009).
Cette capacité antagoniste rapproche les PGPR des agents de biocontrôle, à savoir les micro-
organismes qui inhibent directement ou indirectement la croissance des pathogènes. Parmi
ceux-ci, on retrouve des champignons comme Trichoderma spp. Et des bactéries comme
Bacillus subtilis ou Pseudomonas fluorescens – qui sont également classés parmi les PGPR en
raison de leur double fonction (Kloepper et al., 2004).
Ainsi, le lien entre PGPR et agents antagonistes est fonctionnel et écologique : nombre de
PGPR sont en réalité des antagonistes naturels des pathogènes du sol. Cette capacité est
exploitée en agriculture durable pour limiter l’usage de produits phytosanitaires, en favorisant
des solutions biologiques efficaces et respectueuses de l’environnement (Compant et al.,
2005).
15
l’induction d’une résistance systémique acquise (ISR), ce qui renforce leur protection contre
une large gamme de pathogènes (Kloepper et al., 2004). Outre les bactéries, certains
champignons antagonistes comme Trichoderma spp. sont également efficaces. Ils colonisent
rapidement la rhizosphère, produisent des enzymes dégradant la paroi des pathogènes
fongiques, et peuvent également induire une réponse immunitaire chez la plante (Harman et
al., 2004). L’utilisation d’antagonistes dans le cadre d’une lutte biologique intégrée constitue
ainsi une alternative prometteuse et respectueuse de l’environnement pour la gestion des
maladies des cultures.
16
laboratoire in vitro sur boîte de Pétri, avec l'observation de zones d'inhibition (Bardin, 2015).
De plus, les potentiels effets sur les micro-organismes non ciblent et les possibles apparitions
de résistance ne sont pas encore parfaitement connues.
Mycoparasitisme
Le mycoparasitisme est un mode d'action qui requiert une grande rapidité d'action, une forte
spécificité et un contact direct entre l'agent antagoniste et le champignon phytopathogène.
Il suppose le développement de l'agent aux dépens de son hôte, qu'il utilise comme une
ressource nutritive (Pal et McSpadden Gardener, 2006). Différentes enzymes sont
généralement impliquées dans l'interaction pour lyser la paroi fongique (chitinase, β-1,3
glucanase), selon que l'agent soit biotrophe ou nécroses.
La compétition entre les micro-organismes est considérée comme un phénomène naturel qui
régit la dynamique des populations des individus partageant une même niche écologique en
conditions de ressources limitantes (Davet, 1996). L'utilisation d'agents antagonistes capables
de coloniser rapidement les sites potentiels d'infection (ou ceux riches en eau et nutriments)
permettrait d'empêcher leur accès pour les agents pathogènes. Les sites d'intérêt se retrouvent
autour des racines secondaires, des cellules épidermiques endommagées, des stomates ou des
nectaires.
Les composés organiques volatils (COV) comprennent des caractéristiques bien spécifiques
qui leur sont propres. De ce fait pour être un COV il doit s'agir d'un composé organique
premièrement de faible poids moléculaire, de pression de vapeur assez élevée pour s'évaporer
et entrer en phase gazeuse dans des conditions de température et pression atmosphériques
normales (Dicke et Loreto, 2010 ; Hung et al., 2015). Les COVs se caractérisent aussi par un
faible indice de solubilité dans l’eau et une odeur bien distincte (Herrmann, 2010). Ils peuvent
être d’origine humaine ou biologique (Baghi, 2013). L’ammoniac qui représente un des
inhibiteurs de certains microorganismes pathogènes est produit comme intermédiaire dans le
catabolisme des acides aminés dans les exsudats racinaires des plantes. L’HCN un autre
métabolite secondaire qui est produit par les rhizobactéries à partir des précurseurs comme la
glycine, le glutamate ou la méthionine via une voie de décarboxylation oxydative (Castric,
1977) assure l’échappement de toute menace de prédation ou de concurrence envers son hôte.
17
Les 2,3-butanediol et l'acétoïne font partie aussi des composés volatils libérés par les PGPR
qui induisent une résistance face aux maladies menaçants les plantes, améliorant ainsi leur
croissances et développements (Ryu et al., 2004).
Les PGPR produisent des enzymes de protection comme des métabolites qui contrôlent les
agents phytopathogènes, leur mode d’action pourrait être qualifié de bio-pesticide et
produisent des enzymes telles que : la β-1,3-glucanase, l’ACC-désaminase et la chitinase
utilisés comme des systèmes de défense des plantes contre les champignons phytopathogénes,
vu que la paroi cellulaire fongique est constituée de β-1,4-N-acétyl-glucoséamine et de
chitine. Elles sont produites par les Sinorhizobium fredii et Pseudomonas fluorescens qui
inhiberaient la croissance fongique (Kumar et al., 2010).
18
Chapitre 2 : Matériels et Méthodes
I. Matériels utilisés
1. Matériels fongique
Les souches Fusarium oxysporum ont été isolées à partir des racines des plantes infectées de
Cicer arietinum L. ayant les symptômes de la fusariose.
2. Matériels bactérienne
Les souches bactériennes ont été isolées à partir du sol rhizosphérique et conservés dans des
sachets stériles à 4 °C.
19
biologiques (ex : Bacillus,
Pseudomonas).
II. Méthodes
1. Isolement et identification de Fusarium oxysporum à partir des racines
1.1 Isolement à partir des racines
L’isolement a été effectué à partir de plants de pois chiche présentant des symptômes de la
fusariose, collectés dans une parcelle infestée de la station expérimentale de Merchouch. Les
échantillons ont été stockés à 4 °C. Les racines de pois chiche ont été rincées à l’eau courante
pour éliminer le sol, puis désinfectées par trempage dans une solution d’eau de Javel à 10 %
pendant 5 minutes, avant d’être rincées à l’eau distillée stérile (Figure 8).
Les fragments de racines ont été soigneusement séché sur du papier filtre stérile sous la hotte
pour éliminer l'excès d'eau distillé stérile pendant une heure. Ensuite, ils ont été incubés sur
20
un milieu de culture PDA (Figure 9) pendant 2 à 4 jours à une température de 22°C et une
photopériode de 12 heures. Après l’incubation, les boîtes de Pétri ont été examinés. Les
colonies de Fusarium se caractérisent généralement par une couleur blanche ou violet et une
texture cotonneuse. (Fig10).
Figure 9:Fragments des racines de pois chiche incubés sur milieu PDA
L'identification des espèces de Fusarium a été réalisé par le repiquage des fragments de
mycélien sur le milieu de culture PDA. Cette technique permet d'obtenir des cultures pures
des champignons présents dans les tissus racinaires (Leslie et Summerell, 2019).
21
1.2 Identification des isolats de
L’identification morphologique des isolats de Fusarium a été réalisée selon la méthode
décrite par Leslie et al. (2006). L’identification a été realisé sur milieu SNA additionné des
feuilles oeillet stérile. Le milieu de culture SNA favorise la sporulation et la formation des
macroconnidies.
À l’aide d’une micropipette graduée stérile, 1 mL de cette suspension 10 -1 a été prélevé, puis
transféré dans un tube à essai contenant 9 mL d’EPT stérile, permettant d’obtenir la dilution
10-2.
Des dilutions décimales successives ont ensuite été préparées en transférant, à chaque étape, 1
mL de la dilution précédente dans un nouveau tube contenant 9 mL d’EPT stérile, afin
d’obtenir les dilutions 10-3 et 10-4, conformément au protocole établi. (Figure 11)
Il a été pris soin de changer de cône de micropipette stérile à chaque étape de dilution afin
d’éviter toute contamination croisée. (Davet et al 1997)
22
Figure 11:Schéma représentatif de la méthode d’isolement des antagonistes sur un
milieu solide à partir du sol.
2.3 L'étalement
Pour l'isolement des bactéries, les dilutions 10 -3 à 10-4 ont été sélectionnées L'étalement a été
réalisé dans une zone stérile afin d'éviter toute contamination À l'aide d'une micropipette
stérile, 0,1 mL de chaque dilution a été prélevé et étalé dans des boîtes de Pétri contenant le
milieu LB qui est un milieu sélectif pour l’isolement des bactéries antagonistes. La suspension
a été réparti uniformément sur toute la surface du milieu à l'aide d'un étaloir stérile pour
permettre une croissance homogène des colonies bactériennes. Deux répétitions ont été
effectuées pour chaque dilution Les boîtes inoculées ont ensuite été incubées à 28°C pendant
24 à 48h jusqu’à apparition d’un bon développement. (Figure 12).
23
Figure 12: étalement des échantillons sur milieu de culture LB
Après l'incubation, les colonies présentant des caractéristiques morphologiques distinctes ont
été sélectionnées. Cela a permis d'augmenter les chances d'obtenir des cultures pures de
différentes espèces bactériennes présentes dans l'échantillon initial. La sélection des colonies
est basée sur les caractéristiques suivantes (Figure 13) :
Couleur : Pigment naturel produit par la bactérie
Morphologie
Forme : ronde, ovale, irrégulière, etc.
Bordure : nette, irrégulière, ondulée, etc.
Élévation : plate, convexe, bombée, etc.
Texture : lisse, rugueuse, granuleuse, etc.
24
Aseptiquement une petite quantité de chaque colonie sélectionnée a été ensemencé sur de
nouvelles boîtes de Pétri contenant du PDA en utilisant la technique d’ensemencement en
strie épuisé. Ensuite, elles ont été incubé à 28°C pendant 24heures. Enfin, on a confirmé la
pureté des colonies en observant la présence d'un seul type de morphologie
bactérienne(figure14).
25
(FOC), d’un diamètre de 5 mm (Figure 15), a été prélevé à l’aide d’un emporte-pièce stérile,
puis déposé au centre de chaque boîte.
Les boîtes ainsi ensemencées (Figure 16) ont été incubées à une température d’environ 22 °C
± 2, pendant une durée de 7 jours, avec une photopériode de 12 heures (Figure 17).
Pour le groupe témoin, le disque de FOC a été placé au centre de la boîte sans présence de
souche bactérienne.
L’ensemble de l’expérience a été réalisé avec 4 répétitions, afin d’assurer la reproductibilité
des résultats et de permettre une analyse statistique fiable des données obtenues.
26
Figure 17:l’incubation des boîtes de test de confrontation directe à une
température d'environ 22°C ± 2
Le diamètre de la colonie du pathogène Fusarium oxysporum f. sp. ciceri (FOC) a été mesuré
en centimètres, avec et sans la présence de la bactérie (témoin), pendant une période de 7
jours. Les résultats ont été exprimés sous forme de pourcentage d’inhibition.
Le pourcentage d’inhibition de la croissance radiale a été calculé selon la formule utilisée par
Fokkema (1973) et Sy (1976) :
La distance d’inhibition a été mesurée afin d’évaluer l’efficacité des bactéries antagonistes
contre le pathogène FOC. Cette distance est définie comme l’écart, exprimé en millimètres
(mm), entre le bord de la colonie du pathogène FOC et celui de la colonie bactérienne
antagoniste.
27
Les mesures ont été effectuées quotidiennement au cours de la période d’incubation de 7
jours. Une distance plus grande entre les deux colonies a été interprétée comme une inhibition
plus marquée, traduisant une activité antagoniste plus puissante exercée par la souche
bactérienne contre le pathogène.
Grâce à cette méthode, l’effet antagoniste a pu être quantifié, permettant ainsi de comparer
l’efficacité de différentes souches bactériennes dans leur capacité à inhiber à distance la
croissance du pathogène, sans contact direct.
28
Chapitre 3 : Résultats et discussion
I. Résultat
1. Isolement et identification de F. oxysporum à partir des racines.
La purification des isolats obtenus à partir des échantillons de pois chiche présentant des
symptômes de fusariose a permis d’isoler 7 champignons présentant des caractéristiques
morphologiques distinctes. L’identification réalisée sur milieu SNA a révélé que 5 de ces
isolats appartiennent à l’espèce Fusarium oxysporum Les isolats de FOC se distinguait par des
macroconidies plus droites ou légèrement courbées, ressemblant à un bâtonnet ou une massue,
avec une extrémité arrondie et généralement 3 à 5 cloisons transversales, bien que certaines en
comportaient jusqu’à 7. Les microconidies, également ovales ou oblongues, étaient
regroupées en fausses têtes plus grandes. Ces observations morphologiques sont conformes
aux descriptions rapportées dans la littérature scientifique, notamment par Leslie et
Summerell et Nelsen et al. (2006), permettant ainsi une identification distincte des deux
espèces (Figure18).
29
-Couleur : violet-crème -Sporange : (-)
-Sporange : (-) -Microconidies : (+) F. solani
MCH1 -Microconidies : (+) -Macroconidies : (+)
-Macroconidies : (-)
30
2. Isolement et identification des antagonistes à partir du sol
Un total de 28 bactéries a été isolées et purifiées à partir du sol rhizosphérique de plants de
pois chiche, en utilisant le milieu PDA. L'identification primaire, réalisée par la méthode
de coloration de Gram, a permis de distinguer les isolats en fonction de leur morphologie
cellulaire et de leur affinité aux colorants. Les résultats ont révélé que 26 isolats sont des
bacilles à Gram négatif (Figure 19 a), 1 isolat est un bacille à Gram positif (Figure 19 c).,
et un seul isolat est un Cocci à Gram négatif (Figure 19 b). Ces observations constituent
une première étape vers la caractérisation taxonomique des souches bactériennes. Le
Tableau 3 présente la répartition des bactéries isolées selon leur type de Gram et leur
morphologie
Figure 19: Observation par microscope optique (×100) des bactéries après la coloration
de Gram. Bacille Gram- (a) ; Cocci en chaîne Gram- (b) ; Bacille Gram+
Total 28
31
3. Etude in vitro de l’Activité antagoniste des bactéries rhizosphériques
vis-à-vis de Fusarium oxysporum de pois chiche : Test de confrontation
directe
L’évaluation de l’activité antagoniste des bactéries a été réalisé par la méthode de
confrontation direct. Cette confrontation permet d’évaluer l’activité aussi bien par diffusion
directe de métabolites à partir des bactéries rhizosphériques du pois chiche que par
compétition vis-à-vis de l’espace et des nutriments entre FOC et les colonies bactériennes
rhizosphériques.
Le classement des isolats par ordre croissant de leur efficacité montre que les isolats BC32,
BC24 et BC15 présentent les plus faibles taux d’inhibition (≈ 20–30 %), tandis que les isolats
BC14, BC17 et BC20 présentent les inhibitions les plus élevées (≈ 55–58 %) (Figure 20 et
Figure 21)
Figure 20:Double culture in vitro des antagoniste et FOC sur PDA. In vitro dual
cultures on P DA medium at 28 °C for 7 days. (a) Effet antagoniste de la bactérie
contre FOC. (b) Témoin
32
Figure 21: Effet antagoniste des bactéries rhizosphériques du pois chiche sur la
croissance de FOC
En complément de la mesure du pourcentage d'inhibition de la croissance mycélienne (MGI),
la distance d’inhibition (cm) entre les isolats antagonistes et FOC a été évaluée, permettant
d’apporter une vision plus précise du mécanisme d’interaction entre les bactéries et le
champignon pathogène. La figure 22 montre des distances d’inhibition variant de 0 à environ
2 cm, avec une différenciation significative claire entre plusieurs isolats, (test de Tukey, p <
0,05). Contrairement au MGI, qui ne montrait aucune différence significative, ces résultats
révèlent que certains isolats ont un effet inhibiteur nettement plus marqué. Notamment, BC12,
BC20, BC23, B3E3 et BC22, qui ont les plus grandes distances d’inhibition.
33
Figure 22:Distance d’inhibition de FOC exercé par les bactéries rhizosphérique
La comparaison entre les deux paramètres mesurés, à savoir le pourcentage d’inhibition de la
croissance mycélienne (MGI) et la distance d’inhibition, révèle que certains isolats, tels que
BC12, BC20 et BC23, BC22 et B3E3 affichent à la fois un MGI élevé et une large distance
d’inhibition, ce qui suggère qu’ils exercent une action antifongique efficace, probablement par
la production de composés diffusibles inhibant la croissance du champignon. En revanche,
d'autres isolats comme BC14 et BC17 montrent un MGI important mais une distance
d’inhibition plus modérée, ce qui pourrait indiquer une inhibition de proximité, liée à des
mécanismes de compétition sur l’espace et les nutriments ou de production de substances peu
diffusibles. Ces observations montrent que les deux indicateurs sont complémentaires et qu’ils
permettent d’avoir une vue plus complète de l’activité antagoniste des souches bactériennes
(Fig. 21 et Fig. 22).
II. Discussion
Les effets négatifs du complexe de maladies telluriques de pois chiche demeurent un facteur
biotique majeur nécessitant des solutions appropriées. L’objectif de cette étude était la
contribution à la mise en évidence de bactéries à potentiel de biocontrôle contre la fusariose
du pois chiche. À cette fin, des bactéries rhizosphérique ont été isolées, puis confrontées au
champignon par la méthode de la double culture, une technique couramment utilisée pour
cribler les agents de lutte biologique contre les phytopathogènes (Siameto, 2011).
Dans cette étude, 28 isolats bactériens ont été récupérés à partir du sol rhizosphérique de
plants de pois chiche afin d’évaluer leur potentiel antagoniste contre Fusarium oxysporum. La
première étape de caractérisation, basée sur la coloration de Gram, a révélé une dominance
34
nette des bacilles à Gram négatif, représentant 26 des 28 isolats. Un seul isolat s’est révélé
être un bacille à Gram positif, et un autre un Cocci à Gram négatif. Cette prédominance des
bacilles Gram négatif dans la rhizosphère est cohérente avec des études antérieures, qui ont
démontré la prévalence des espèces de Bacillus dans les sols agricoles conventionnels
(Khmelevtsova et al. (2022) ; Wang et al. (2016) ; Arza et al. (2014)). Ces bactéries étant
souvent impliquées dans les interactions bénéfiques avec les plantes, notamment à travers des
activités antifongiques, de stimulation de croissance ou de biocontrôle.
La comparaison entre les deux types de mesures a montré une tendance générale cohérente,
bien que certaines divergences soient observées. Par exemple, les isolats BC12, BC20 et
BC23 ont affiché simultanément un MGI élevé et une importante distance d’inhibition,
suggérant un fort potentiel antagoniste reposant vraisemblablement sur la production de
métabolites antifongiques diffusibles. La coloration de Gram à montrer que ces isolats ont une
morphologie de bacille appartiennent fort probable au genre Bacillus. Les bactéries
appartenant au genre Bacillus sont capables de produire une large gamme de composés
antifongiques, classés en différentes familles. Ces molécules se sont révélées efficaces contre
divers micro-organismes phytopathogènes, y compris Fusarium oxysporum (Xie et al., 2018).
Parmi les substances sécrétées par les bactéries antagonistes figurent également des enzymes
hydrolytiques capables de dégrader les composants organiques complexes de la paroi
cellulaire des champignons. En effet, la paroi de Fusarium contient de la chitine et de l’α-1,3-
glucane, deux polymères ciblés par des enzymes spécifiques telles que les glucanases et les
chitinases, produites par certaines souches bactériennes antagonistes (Schoffelmeer et al.,
1999). Plusieurs travaux ont été menés sur l’utilisation de bactéries chitinolytiques pour la
lutte biologique contre certaines maladies fongiques (Swiontek et al., 2014 ; Veliz et al.,
2017). En plus de leur capacité à dégrader la chitine et le β-1,3-glucane présents dans les
parois fongiques, ces bactéries peuvent également stimuler les réponses de défense des plantes
(Ali et al., 2020 ; Kumar et al., 2018).
35
À l’inverse, des isolats comme BC14 et BC17 ont montré un MGI élevé mais une distance
d’inhibition plus modérée, ce qui pourrait indiquer une inhibition localisée, due à une
compétition directe sur l’espace ou le nutriment ou à des composés peu diffusibles.
36
Conclusion
37
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Integrated strategies for managing chickpea diseases combine biological control with traditional methods such as the use of resistant cultivars, chemical treatments, and cultural practices like crop rotation. This multifaceted approach aims to enhance disease suppression, lower pathogen loads, and reduce chemical inputs .
Fusarium wilt causes significant economic losses in chickpea farming due to reduced crop yields and quality. Agronomically, it necessitates increased management efforts, including resistant cultivar development and biological control measures to mitigate the damage .
Biological control of Fusarium wilt in chickpeas is primarily achieved through the use of plant growth-promoting bacteria and fungi, such as those in the Bacillus genus. These biological agents produce antifungal compounds, promote plant growth, and stimulate systemic resistance in plants .
The morphological diversity of Ascochyta rabiei impacts the management of Anthracnose because this variation can lead to differential pathogenic specificity and virulence on chickpea varieties. This necessitates cultivar-specific strategies and monitoring for effective management .
The severity of Fusarium wilt in chickpea plants is influenced by environmental factors such as temperature and soil pH, plant genetics, and the virulence of the Fusarium strains present in the field .
The predominant types of pathogens affecting chickpea plants include fungi, bacteria, viruses, and mycoplasmas. Anthracnose, caused by Aschochyta rabiei, is considered one of the most significant pathogens, especially in the Mediterranean regions due to its severe impact on crops .
Gram staining helps identify the morphology and classification of bacterial isolates, which aligns with their potential as biocontrol agents. The study found a predominance of Gram-negative bacilli, particularly Bacillus spp., which are effective in producing antifungal compounds for controlling Fusarium wilt .
Fusarium oxysporum f. sp. ciceris infects chickpea plants by penetrating the roots and invading the vascular system. The infection is characterized by a red-orange coloration in the vessels, which can extend to the stem and sometimes to the flowering levels. A characteristic symptom is one-sided yellowing and wilting of the leaves .
The bacterial genus Bacillus predominates in the rhizosphere of chickpea plants. These bacteria play crucial roles in plant health by producing antifungal metabolites, enhancing plant growth, and potentially inducing systemic resistance, thereby acting as a biocontrol agent against pathogens like Fusarium oxysporum .
Environmental factors such as temperature and moisture levels, along with agricultural practices like soil treatment and crop rotation, significantly influence Fusarium oxysporum populations by either promoting or suppressing fungal growth. Proper management can optimize soil conditions to reduce the pathogen's survival and spread .