0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
13 vues6 pages

Prosodie et phonologie du français FLE

Le document traite du système phonologique du français, en mettant l'accent sur la prosodie, qui inclut l'intensité, la durée et la hauteur. Il aborde également les concepts d'enchaînement et de liaison, expliquant leur importance dans la prononciation et la compréhension des énoncés. Enfin, il propose des exercices d'application pour aider les apprenants à maîtriser ces éléments phonologiques.

Transféré par

zee
Copyright
© All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
13 vues6 pages

Prosodie et phonologie du français FLE

Le document traite du système phonologique du français, en mettant l'accent sur la prosodie, qui inclut l'intensité, la durée et la hauteur. Il aborde également les concepts d'enchaînement et de liaison, expliquant leur importance dans la prononciation et la compréhension des énoncés. Enfin, il propose des exercices d'application pour aider les apprenants à maîtriser ces éléments phonologiques.

Transféré par

zee
Copyright
© All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

Langue française pour le FLE I- Le système phonologique du français

Danielle Omer Le système phonologique du français - 4

Langue française pour le F.L.E.

I- Le système phonologique du français (4)

10) LA PROSODIE

La prosodie traite des faits supra-segmentaux c’est-à-dire des faits qui ne sont ni comptables
ni segmentables contrairement aux phonèmes qui ont constitué le champ d’observation et
d’étude privilégié de la phonologie et de la phonétique (la phonématique). Depuis une
quarantaine d’années environ, les études sur la prosodie connaissent un essor considérable1,
sans doute du fait que technologiquement nous sommes beaucoup plus capables qu’avant de
mesurer les faits prosodiques et du fait aussi que les recherches en synthèse et en
reconnaissance de la parole deviennent prédominantes dans certaines réalisations industrielles
(parole de synthèse, transcription par reconnaissance vocale automatique etc.).

Les différentes variables de la prosodie sont les suivantes :


L’intensité
L’intensité se mesure en décibels (Db) et elle note les variations d’amplitude (forte/faible).
Ainsi la voix peut aller du cri (parler fort) au chuchotement (parler bas) proche de l’intensité
zéro.

La durée
La durée mesure, d’une part, le temps que les syllabes, les voyelles et les consonnes mettent
pour être prononcées ainsi que les temps de silence (pauses silencieuses dans la parole). C’est
la durée qui crée le rythme. Ainsi en français la tendance est de produire des blocs de syllabe
brèves de même durée (isochrones) séparées de temps à autre par une syllabe longue
(accentuée) généralement en fin de groupe (cf. I6 unité rythmique). Cette alternance
spécifique donne leur rythme aux énoncés.
La durée concerne d’autre part le débit, c’est-à-dire le nombre d’unités de parole par rapport à
une unité de temps (par exemple le nombre de syllabes par seconde).

La hauteur
La hauteur correspond aux variations de fréquence vers le haut (aigu) ou vers le bas (grave),
elle se mesure en hertz (Hz). Les études sur la hauteur s’occupent d’analyser les courbes (ou
contours) montantes ou descendantes de ce qui correspond aux registres des aigus et des
graves qui donnent à un énoncé sa mélodie ou son intonation terme le plus souvent utilisé en
phonologie ou phonétique.

On fait une différence entre l’accentuation (cf. I7) et l’intonation. L’accentuation est une
proéminence d’énergie articulatoire (Léon : 1992 : 107) qui se manifeste dans les syllabes
accentuées et se mesure en terme de durée (la syllabe accentuée est plus longue) et en terme
d’intensité (la syllabe accentuée est plus forte). L’intonation est la structuration mélodique
des énoncés (Léon : 1992 : 119) due aux changements de fréquence des vibrations des cordes
vocales. L’intonation note les variations des graves (les plages basses) et des aigus (les plages
hautes) dans un énoncé. Sans accentuation ni intonation, il ne serait guère possible d’attribuer
un sens aux énoncés.

1
Lacheret-Dujour A. et Beaugendre F. (1999) : La prosodie du français, Paris : CNRS Editions.
Morel M. A. et Danon-Boileau L. (1998) : La grammaire de l’intonation, l’exemple du français, Paris, : Ophrys
Rossi M. (1999) : L’intonation, le système du français, Paris : Ophrys.

1
Langue française pour le FLE I- Le système phonologique du français
Danielle Omer Le système phonologique du français - 4

Selon Léon (1992 : 120-122) l’intonation est :

Dans certains cas un signe motivé, que l’on retrouve sous les mêmes modèles intonatifs dans
la plupart des langues lorsqu’il s’agit d’exprimer un sentiment spontané et intense de surprise
ou de douleur par exemple.

mais c’est surtout un signe conventionnel, car les langues ont développé chacune des
modèles intonatifs particuliers qui expriment les jugements du locuteur. Ils sont beaucoup
plus complexes que les quelques modèles motivés et leur acquisition devient particulièrement
difficile quand il s’agit d’une langue étrangère.

Léon (1992 : 121) distingue et nomme plusieurs fonctions linguistiques essentielles de


l’intonation :

assertion ÒÔ Tu pars ce soir.


1) Rôle phonologique interrogationÒ Tu pars ce soir ?

injonction ÔÔ Tu pars ce soir !


Prononcez cette phrase en intonant selon les indications.

La phrase tu pars ce soir ne contient pas de marques particulières qui signale l’interrogation
ou l’injonction. Seule l’intonation permet de classer chaque réalisation dans un type de phrase
caractéristique (déclaratif, interrogatif ou impératif). On parle dans ce cas du rôle
phonologique de l’intonation. Il est évident par ailleurs que ces exemples simples ne
recouvrent pas toutes les possibilités attribuées au rôle phonologique de l’intonation ; de
nombreuses variantes existent.

2) Rôle démarcatif : il arrive souvent que la mélodie ait un rôle désambiguïsateur. Léon
donne comme exemple la phrase suivante : c’est bien ce que vous dites. C’est par une
intonation plane et une absence d’accentuation que bien prend la fonction adverbiale (c’est
bien Î ce que vous dites = c’est tout à fait ce que vous dites) qui s’oppose à une intonation
montante ou descendante où bien prend alors la fonction d’adjectif (c’est bien Ò ce que vous
dites ou c’est bien Ô ce que vous dites = c’est intéressant ce que vous dites).

3) Rôle de structuration : le rôle fondamental et englobant de l’intonation c’est celui


d’assurer à la fois la cohésion et la structuration des énoncés en utilisant principalement les
pauses, la courbe mélodique montante et la courbe mélodique descendante que nous
représentons dans l’exemple ci-dessous par des droites planes, descendantes et/ou montantes
et non plus sous forme de flèches (cf. supra).

si tu savais tout le chocolat j’ai mangé (exemple Rossi : 1999 : 92)

A l’heure actuelle, beaucoup essaient de déterminer une grammaire de l’intonation qui


répertorie et classe le système intonatif du français. Nous indiquons les travaux de Lacheret et
Beaugendre, Morel et Danon-Boileau, Rossi (cf. supra) pour un approfondissement éventuel
de cette question.

2
Langue française pour le FLE I- Le système phonologique du français
Danielle Omer Le système phonologique du français - 4

Très souvent ce n’est pas l’articulation des phonèmes qui crée des difficultés aux étrangers
qui apprennent le français mais l’acquisition de l’intonation française.

11) La liaison et l’enchaînement

On appelle enchaînement la prononciation d’une consonne qui termine la dernière syllabe


d’un mot (il, grande, belle,) et qui dans la chaîne parlée devient initiale de syllabe en se
combinant avec la voyelle suivante.
Exemple : il a mal à la main = [i - la - ma- la – la - mE‡]
Le [l] de il devient initiale de syllabe en s’enchaînant au [a] suivant. C’est le même
phénomène pour le [l] de mal. L’enchaînement correspond à la tendance de fond du système
syllabique français qui est majoritairement CV + CV.
Bien entendu, le phénomène de l’enchaînement ne se produit qu’à l’intérieur de l’unité
rythmique. Il n’y a pas d’enchaînement à la frontière de deux unités.
Exemple : il a mal un médecin doit venir
Cette fois le [l] de mal ne peut se combiner avec la voyelle [E‡] qui suit.

Une consonne ne change jamais de nature dans l’enchaînement : grande amie ; le [d] se
conserve dans l’enchaînement. La seule exception est constituée par le [f] final qui devient
[v] : il est neuf heures [ilEn{v{r]. Dans l’enchaînement, la consonne retrouve sa position
forte à l’initiale de la syllabe :
une grande beauté [d] est faible sans enchaînement
à grande allure [d] est forte avec enchaînement

Exemples d’enchaînements (exemples Wioland : 1991 : 90)


pour eux [pu - rP]
bonne année [bO - na - ne
cher ami [SE - ra- mi]
cet été [sE - te - te]
à quelle heure ? [a - kE - l{r]
Il est là [i - lE - la]
une longue attente [yn - lO‡ - ga- tA‡t]
avec elle [a - vE - kEl]
une idée [y - ni- de]
cette auto [sE - to - to]
un bel oiseau [E‡ - bE - lwa - zo]
comme au ciel [kO - mo - sjEl]

La liaison est un cas particulier de l’enchaînement. Vers le XIe ou XIIe siècles les consonnes
finales de mots ne sont plus prononcées (exemples : grand, beaucoup, petit etc.). Ce n’est que
dans la mesure où elles se trouvaient enchaînées à la voyelle suivante, à l’intérieur d’un
groupe rythmique, qu’on les a conservées. Cependant la nature de la consonne change souvent
dans la liaison (d) se prononce [t] et (x) ou (s) se prononcent [z].

Les liaisons les plus fréquentes (exemples et chiffres Wioland : 1991 : 91)
[z] 40% les Etats-Unis, un faux ami
[t] 28,2% tout éveillé, un grand espoir
[n] 22,5% en attendant
[r] un premier emploi

3
Langue française pour le FLE I- Le système phonologique du français
Danielle Omer Le système phonologique du français - 4

[p] trop ému

Il est impossible de donner des règles très précises pour la réalisation ou non de la liaison
c’est un phénomène sociolinguistique. On peut cependant dégager trois catégories de liaison :
obligatoire, facultatives, impossibles

A partir de l’exemple suivant : : le scintillement de ses yeux ont attiré l’attention des clients.

1) Les liaisons sont impossibles à la frontière de deux unités rythmiques. Il n’est pas question
de faire la liaison entre yeux et ont.
2) Les liaisons sont obligatoires lorsque les liens syntaxiques sont particulièrement étroits et
les combinaisons fréquentes. Exemple : la liaison est obligatoire entre le possessif ses et le
substantif yeux auquel il se rapporte. C’est la même chose entre un pronom personnel et le
verbe ils ont, nous avons etc. En général, plus le lien syntaxique est étroit et plus les liaisons
se font.
3) Les liaisons sont facultatives dans nombre de cas. On pourra faire ou non la liaison entre
ont et attiré. Cela dépend de beaucoup de paramètres d’ordre sociolinguistique. Dans cet
exemple cela peut dépendre de la situation dans laquelle on est (familière ou non), ou bien du
degré de scolarité du locuteur.

Il y a aussi des tendances. On fait plus facilement la liaison avec des monosyllabes qu’avec
des polysyllabes, cependant et n’est jamais lié. On fait toujours la liaison après dans, en, sans
mais jamais après selon, quelquefois avec après, avant.

Un facteur morphologique très important qui favorise la liaison, c’est le [z] marque du pluriel
qui sert à distinguer les deux groupes nominaux leur ami, leurs amis par exemple. Dans les
deux groupes nominaux un prix élevé, des prix élevés la liaison n’apparaît que comme marque
du pluriel et elle est impossible au singulier.

Quelquefois la liaison a une fonction différenciatrice : les auteurs / les hauteurs // un être / un
hêtre.

12 ) EXERCICES D’APPLICATION

Grâce à tout ce qui précède, vous avez pu prendre connaissance des caractéristiques
essentielles du système phonologique du français. Vous n’avez cependant pas eu l’occasion
de mettre en pratique ce que vous avez appris. Voici maintenant des exercices d’application
que vous devez faire et envoyer à la correction. Bon courage !

1) Voici les traits distinctifs généralement retenus pour les voyelles du système français :
a) classement selon le lieu d’articulation : il faut déterminer la zone où la langue se
rapproche le plus du palais. On distingue la zone palatale ou antérieure et la zone vélaire
ou postérieure.

b) classement selon le degré d’aperture : selon l’ouverture du canal buccal à


l’expiration de l’air on distingue entre les voyelles plutôt fermées et les voyelles plutôt
ouvertes.

c) classement selon l’ouverture ou non du résonateur nasal : on distingue entre les


voyelles nasales et les voyelles orales.

4
Langue française pour le FLE I- Le système phonologique du français
Danielle Omer Le système phonologique du français - 4

d) classement selon la projection des lèvres en avant ou non : on distingue entre les
voyelles arrondies ou labiales et les voyelles écartées ou non-labiales.

Voici, ci-dessous, un tableau vide avec les quatre traits distinctifs des voyelles, vous le
remplirez avec les voyelles du français.

APERTURE LIEU D’ARTICULATION ORALITÉ NASALITÉ


antérieures postérieures antérieures postérieures
très fermées
fermées
ouvertes
très ouvertes
LABIALITE écartées arrondies arrondies écartée arrondies

2) Qu’est-ce qui différencie la production d’une consonne occlusive d’une consonne


constrictive ? Donnez des exemples commentés.

3) Vous voulez présenter le phonème [O‡] à des apprenants qui commencent le français et qui
n’ont pas ce son dans leur langue ; quels exemples allez-vous choisir dans la liste ci-dessous
et pourquoi ?
le bidon
la tombola
l’ombre
la longueur
le lac Ontario
un bonbon

4) Transcrivez en API les phrases suivantes entendues (sans archiphonème) :

a) Quelquefois, dans l’Ouest, on boit du jus de coings.


b) On fait la mayonnaise avec un jaune d’œuf.
c) Je vais aller prendre un taxi avec un de mes amis.
d) Samedi la demoiselle décorera le magasin de mon père.

5) Découpez les exemples entendus en syllabes orales sur le modèle suivant :

a) Je lui ai dit
CSemi-CV / V / CV
b) Tu lui demanderas.
c) Je ne l’ai pas vu.
d) Où est-il ?
e) Reviens tout de suite.

6) Transcrivez les phrases suivantes en API et en notant les archiphonèmes :

a) Il le jette
b) C’est frotté
c) Elle la fait
d) En autogestion

5
Langue française pour le FLE I- Le système phonologique du français
Danielle Omer Le système phonologique du français - 4

7) Transcrivez les expressions suivantes en API en faisant les assimilations totales :

a) pas d(e) quoi


b) la ch(e)ville
c) j(e) peux pas
d) la sage-femme

8) Pour chaque exemple de la question n°7, vous donnerez une explication du phénomène
d’assimilation.

9) Pour chaque phrase entendue, notez l’intonation sur le modèle suivant :

a) je vais chez Michel et je reviens

b) c’est la maison que tu m’as montrée


c) la maison que tu m’as montrée est vendue
d) je ne veux pas acheter cette maison
e) et comment tu as fait ça

Vous aimerez peut-être aussi