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Union Douanière UEMOA : Historique et Mécanismes

L'Union Douanière de l'UEMOA, créée en 2000, vise à faciliter la libre circulation des biens entre ses huit États membres en harmonisant les droits de douane et en établissant un Tarif Extérieur Commun (TEC). Les échanges intra-communautaires ont montré une croissance significative, atteignant plus de 3 000 milliards FCFA en 2021, et ont contribué à une croissance économique soutenue dans la région. Cette intégration économique renforce la compétitivité des pays membres et favorise un marché commun véritable en Afrique de l'Ouest.

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Union Douanière UEMOA : Historique et Mécanismes

L'Union Douanière de l'UEMOA, créée en 2000, vise à faciliter la libre circulation des biens entre ses huit États membres en harmonisant les droits de douane et en établissant un Tarif Extérieur Commun (TEC). Les échanges intra-communautaires ont montré une croissance significative, atteignant plus de 3 000 milliards FCFA en 2021, et ont contribué à une croissance économique soutenue dans la région. Cette intégration économique renforce la compétitivité des pays membres et favorise un marché commun véritable en Afrique de l'Ouest.

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THÈME : L’Union Douanière au sein de l’UEMOA

PLAN
Introduction

I) Genèse et fondements de l’union douanière de l’UEMOA


I-1) Historique de la création de l’UEMOA et de l’union
douanière
I-2) Étendue géographique : États membres et spécificités

II) Mécanismes douaniers et outils de régulation du commerce


II-1) Règle d’origine et critères d’éligibilité
II-2) Mise en place et fonctionnement du Tarif Extérieur
Commun (TEC)

III) Performances commerciales


III-1) Analyse des échanges intra-communautaires
III-2) Acquis économiques : croissance, fluidité des échanges

Conclusion
Introduction

Créée par le Traité de Dakar du 10 janvier 1994, l’Union Economique et Monétaire Ouest-Africaine
(UEMOA) regroupe huit pays de l’Afrique de l’Ouest (Bénin, Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Guinée-Bissau,
Mali, Niger, Sénégal, Togo) partageant le franc CFA et une même architecture régionale. L’objectif était
de dépasser les limitations des anciennes structures (Union Douanière Ouest-Africaine, 1959 et UMOA,
1962) pour établir un marché commun véritable.

Confrontée en 1994 à la dévaluation du franc CFA et à la nécessité de relancer l’intégration, l’UEMOA


a adopté des règles communes (politique monétaire unifiée, institutions communautaires,
harmonisation législative) pour renforcer la compétitivité régionale. Cette union monétaire s’est
progressivement élargie à un cadre commercial commun : dès le 1er janvier 2000, l’Union douanière
est entrée en vigueur avec la mise en place d’un Tarif Extérieur Commun (TEC).

Le présent document examine les fondements historiques et géographiques de cette Union douanière,
détaille ses mécanismes opérationnels et analyse ses performances en observant les échanges intra
régionaux et les acquis économiques.

I) Genèse et fondements de l’union douanière de l’UEMOA

I-1) Historique de la création de l’UEMOA et de l’union douanière


L’idée d’une intégration ouest-africaine remonte aux indépendances, avec l’UDAO en 1959 et
l’Union Monétaire Ouest-Africaine (UMOA) en 1962, mais ces structures restaient
relativement fragmentées. Dans les années 1990, la conjoncture économique (notamment la
dévaluation du franc CFA en janvier 1994) a convaincu les États de renforcer leur coordination.
Sept pays (tous les pays de l’Union actuelle sauf la Guinée-Bissau) signent à Dakar le traité
instituant l’UEMOA le 10 janvier 1994. Ce traité, entré en vigueur le 1er août 1994, fixe pour
mission la réalisation d’un marché commun ouest-africain (libre circulation des biens,
capitaux, et harmonisation des politiques économiques) au sein de l’UEMOA. Le 1er mai 1997,
la Guinée-Bissau adhère également à l’UEMOA, portant à huit États membres la Communauté
économique et monétaire (les huit partagent le FCFA émis par la BCEAO).
Dans le cadre du traité, l’union douanière, c’est-à-dire l’élimination des droits de douane intra
zone et l’adoption d’un tarif extérieur commun aux frontières extérieures fut précisément
programmée. L’Union douanière a été effectivement mise en place à partir du 1er janvier
2000, avec l’entrée en vigueur du Tarif Extérieur Commun (TEC) de l’UEMOA.
I-2) Étendue géographique : États membres et spécificités
L’UEMOA couvre huit pays (surface totale environ 3,5 millions de km², population environ 120
millions en 2017), dont cinq côtiers (Bénin, Côte d’Ivoire, Guinée-Bissau, Sénégal, Togo) et
trois enclavés (Burkina Faso, Mali, Niger). Tous pratiquent le même régime monétaire (FCFA)
et s’engagent dans des politiques économiques communes. Les profils nationaux varient selon
les matières premières exportés et la localisation géographique des pays membres influe sur
les échanges. En effet, les pays enclavés (Mali, Burkina, Niger) dépendent des infrastructures
portuaires des côtiers (Côte d’Ivoire, Sénégal, Bénin, Togo) pour leurs importations. Par
exemple, plus de 40% des marchandises importées par le Mali transitent par le port d’Abidjan.
Cette dualité littoral/enclavement reste un élément clé de la dynamique commerciale intra
régionale.

II-1) Règle d’origine et critères d’éligibilité


Pour bénéficier de la libre circulation intracommunautaire, les produits échangés doivent être
considérés comme « originaires » de l’UEMOA. Les règles d’origine sont fixées par le Protocole
additionnel n°III/2001, qui exige une transformation suffisante dans l’Union. Concrètement,
un bien est originaire s’il présente au moins l’une des deux conditions suivantes dans un État
membre : un changement de position tarifaire (niveau de 4 premiers chiffres du SH) ou une
valeur ajoutée communautaire d’au moins 30 % du prix de revient hors taxes. Ces critères
(notamment l’exigence de 30 % de valeur ajoutée locale) garantissent que seuls les produits
véritablement issus de la zone bénéficient des préférences, limitant le détournement de règles
et protégeant la production locale. Des listes d’exceptions sont gérées par voie réglementaire
en Conseil des Ministres de l’UEMOA (produits spécifiques, agricoles, etc.), mais le principe
général d’origine communautaire reste central pour l’accès aux exonérations tarifaires.

II-2) Mise en place et fonctionnement du Tarif Extérieur Commun (TEC)

La mise en place de l’Union douanière reposait sur un Tarif Extérieur Commun harmonisé. En janvier
2000, l’UEMOA a instauré son TEC régional, qui a servi de base à l’élaboration du CET de la CEDEAO.
Selon le règlement communautaire en vigueur (modifié en 2015), le TEC comprend cinq catégories
tarifaires classées par ordre croissant de transformation des produits :

 Catégorie 0 (0%) – Biens sociaux essentiels (alimentation de base, médicaments génériques,


etc.).

 Catégorie I (5%) – Biens de première nécessité, matières premières de base et biens


d’équipement légers.

 Catégorie II (10%) – Intrants et produits intermédiaires industriels.

 Catégorie III (20%) – Biens de consommation finale et produits manufacturés courants.


 Catégorie IV (35%) – Biens spécifiques pour le développement économique (équipements
lourds, biens de luxe).

Le TEC est ad valorem et s’applique uniformément aux 8 États membres. Il inclut également une
redevance statistique de 1% sur toutes les importations (appliquée quelle que soit la catégorie du
bien), ainsi qu’un Prélèvement Communautaire de Solidarité (PCS) sur certains produits importés,
servant de fonds de convergence. La structure actuelle du tarif est alignée sur le Système harmonisé
de l’OMD, facilitant sa conformité aux normes internationales. L’harmonisation du TEC vise à
approfondir l’intégration : elle offre une plateforme pour une politique commerciale commune et
renforce la base productive régionale, en évitant les distorsions que provoquerait une concurrence
tarifaire interne.

I) Performances commerciales

III-1) Analyse des échanges intra-communautaires

Les statistiques récentes témoignent d’un rebond sensible du commerce intra zone. Après le
léger recul dû à la pandémie de COVID-19 en 2020, les échanges de marchandises entre pays
de l’UEMOA ont repris vigoureusement : en 2021, ils se sont élevés à 3 063,7 milliards FCFA
(≈5 milliards USD), soit +15,0 % par rapport à 2020. Cette tendance haussière se poursuit, les
flux sont estimés à environ 3 602,6 milliards FCFA en 2022.
La part des exportations intra régionales reste modeste mais en légère progression, les
échanges intra-UEMOA rapportés aux exportations totales atteignaient 14,6% en 2021 (vs
14,5% en 2020), et sont estimés à 14,9% en 2022. En d’autres termes, moins d’un quart du
commerce des pays UEMOA est réalisé à l’intérieur de l’Union, un niveau inférieur à la
moyenne des communautés économiques d’Afrique subsaharienne. Deux pays se distinguent
comme principaux fournisseurs intracommunautaires : la Côte d’Ivoire (37,1 % des
exportations intra zone en 2021) et le Sénégal (29,8 %). Ils devancent le Togo, qui malgré sa
taille modeste émerge comme acteur majeur des échanges régionaux.
Sur le plan des importations intracommunautaires, les pays les plus demandeurs sont les États
enclavés : le Mali absorbe à lui seul 45,7 % des importations intra zone, et le Burkina Faso
20,9 % (en 2021).
Ces déséquilibres traduisent la structure économique régionale : les littoraux exportent les
produits finis ou transformés, tandis que les intérieurs importent de la zone pour réexpédier
ou consommer. La nature des biens échangés reflète également les spécialisations nationales.
Les produits énergétiques (pétrole, produits pétroliers), les matériaux de construction
(ciment, verre), ainsi que certains biens agro-alimentaires (huiles, graisses alimentaires) et le
bétail, représentent à eux seuls plus de 50% de la valeur totale des échanges intra-UEMOA.
Les pays exportent en majorité leur spécialité (coton pour le Burkina/Mali, produits agro-
industriels pour la Côte d’Ivoire, etc.) et importent des biens manufacturés ou agricoles
transformés produits par leurs voisins (par exemple, le Sénégal fournit du ciment et de
l’énergie, le Togo du carburant réexporté).

III-2) Acquis économiques : croissance, fluidité des échanges

La libre circulation tarifaire instaurée par l’UEMOA (exonération quasi-totale des droits de
douane intra zone pour les produits originaires) a largement contribué à la croissance des
échanges régionaux. Les institutions de l’Union soulignent que la mise en place du TEC a
conduit la zone UEMOA à atteindre « un niveau d’intégration régionale appréciable ». Ce
processus d’ouverture commerciale s’est accompagné d’une forte croissance économique des
pays membres. Selon les analyses du Trésor français (DG Trésor) et de la BCEAO, la zone
UEMOA affiche des taux de croissance du PIB supérieurs à 5% en moyenne ces dernières
années : après une contraction limitée en 2020 (+1,3% en UEMOA contre -1,6% en Afrique
subsaharienne), la croissance a rebondi à +6,0% en 2021 puis +5,5% en 2022. Cette
performance (environ 5–6%) se situe nettement au-dessus de la moyenne sous régionale, ce
qui suggère un effet positif de l’intégration monétaire et commerciale sur la croissance
(investissements intra régionaux, économies d’échelle, etc.).

Conclusion

L’Union douanière de l’UEMOA constitue l’un des piliers de l’intégration ouest-africaine.


Lancée en 2000 sur la base d’un traité de 1994, elle a instauré un cadre institutionnel et
tarifaire homogène qui facilite la libre circulation des biens dans la sous-région.
L’harmonisation des droits de douane (via le TEC), la définition de règles d’origine communes
et la suppression du protectionnisme intra zone ont permis d’accroître notablement les
échanges internes (plus de 3 000 milliards FCFA en 2021) et d’accompagner une croissance
économique soutenue (+6% en 2021). Ces acquis témoignent du rôle moteur de l’UEMOA
dans l’édification d’un espace économique régional.

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