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Exemples de machines-outils modernes

Le document présente des généralités sur les machines-outils, en mettant l'accent sur les règles constructives et les types de machines, notamment les centres d'usinage et de tournage. Il souligne l'importance d'une méthode d'étude rationnelle et d'un cahier des charges fonctionnel pour la conception de ces machines. Enfin, il aborde les évolutions futures des machines, leur flexibilité et leur capacité à répondre aux besoins de production variés.

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Exemples de machines-outils modernes

Le document présente des généralités sur les machines-outils, en mettant l'accent sur les règles constructives et les types de machines, notamment les centres d'usinage et de tournage. Il souligne l'importance d'une méthode d'étude rationnelle et d'un cahier des charges fonctionnel pour la conception de ces machines. Enfin, il aborde les évolutions futures des machines, leur flexibilité et leur capacité à répondre aux besoins de production variés.

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07/10/2008

Machine-outil
Exemples de machines
par François C. PRUVOT
Ingénieur-docteur
Ancien Directeur technique de Renault Machines-outils
Professeur honoraire, Directeur du Laboratoire de productique et de machines-outils
École polytechnique fédérale de Lausanne

1. Généralités................................................................................................. B 7 122 - 2
1.1 Règles constructives.................................................................................... — 2
1.2 Conclusions.................................................................................................. — 2
1.3 Points communs aux machines futures .................................................... — 3
2. Centre d’usinage pour pièces polyédriques ..................................... — 4
3. Centre de tournage pour arbres .......................................................... — 7
4. Machine-transfert .................................................................................... — 7
4.1 Gamme d’usinage ....................................................................................... — 7
4.2 Structure des machines-transferts ............................................................. — 8
4.3 Les machines spéciales sont-elles encore nécessaires ? ......................... — 10
Pour en savoir plus........................................................................................... Doc. B 7 124

ous avons montré en [B 7 120] et [B 7 121] que toutes les machines, à de


N rares exceptions près, tendaient vers un archétype commun : le centre
d’usinage à 5 ou 6 axes. Beaucoup seront – et certaines le sont déjà – multi-
processus.
Les machines pour « arbres et carters » (nous appelons ces derniers pièces
polyédriques) utiliseront outils fixes et tournants, feront des traitements
thermiques, la plupart par laser, et finiront des surfaces traitées, qu’elles soient
planes ou de révolution, à l’« outil dur » et seront capables de faire la super-
finition, généralement à la pierre oscillante, mais sans exclure d’autres procédés,
tels que la bande abrasive. Comme déjà dit, le but visé avec ces machines sera
la fabrication complète de pièces complexes en un très petit nombre de prises :
très souvent une seule, quelquefois deux, rarement trois.
Avant d’aborder le traitement de quelques exemples, nous pensons indispen-
sable de tirer quelques conclusions et règles constructives de la brève étude faite
en [B 7 120] et [B 7 121]. Elles éclaireront critiques et propositions que nous allons
faire.
4 - 1997
B 7 122

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1. Généralités La figure 4 fournit un exemple d’application de cette règle. Le


chariot Z, dont le plan principal est horizontal, reçoit l’axe B qui lui
est parallèle. Les figures 41 à 43 [B 7 121] et la figure 5 montrent
1.1 Règles constructives qu’on peut alors créer un chariot de grande rigidité assurant à la
machine la qualité désirée.
L’aléseuse de la figure 1 possède 4 axes. La colonne est fixe sur On peut bien évidemment avoir des solutions de compromis. La
le bâti et la broche coulisse verticalement sur elle (axe Y ). Les trois figure 2 montre un centre d’usinage de petites dimensions dont l’axe
autres axes déplacent la pièce. Celle-ci est montée sur une table B est porté par un élément fixe de structure. Cette solution a été
tournante (axe B ), qui est elle-même sur un chariot se déplaçant en choisie, car elle permet une bonne évacuation des copeaux sans être
X, qui coulisse sur une traverse animée du mouvement en Z. aussi inhabituelle que la structure de la figure 4. Cependant, son
inconvénient est qu’un chariot croisé doit porter deux ensembles de
Le chariot intermédiaire (chariot en croix) possède donc deux
glissières. Afin de ne pas trop contrevenir à la règle 1, celui-ci est
éléments de glissières (plutôt une glissière et des surfaces de
en forme de coin lui conférant une rigidité acceptable.
guidage) dont les plans principaux P (figures 44 et 45, en [B 7 121])
sont parallèles. Ce chariot croisé, qui ne peut pas être épais pour Sur le plan de la rigidité structurale, la solution de la figure 3 eut
une question d’accessibilité de la pièce à usiner à l’opérateur, ne été meilleure. Le chariot X, en accord avec la règle 2A, porte l’axe
pourra donc être rigide. B. On voit cependant que le problème de l’évacuation des copeaux
sera moins bien résolu que pour le centre d’usinage de la figure 2.
La structure de la figure 4 est donc meilleure. Encore meilleure serait
Règle 1 : un élément de structure ne devra jamais recevoir une structure totalement inversée. C’est la machine pendue au
plusieurs éléments de guidage (glissière ou surfaces de chariot) plafond qui s’imposera obligatoirement dans le futur.
dont les plans principaux sont parallèles.
Cette règle est une règle d’interdiction. On peut alors émettre
la règle constructive correspondante.
1.2 Conclusions
Règle 1A : sur un même élément de structure devant recevoir
deux ensembles différents de surface de guidage, ceux-ci
devront être disposés sur des faces perpendiculaires. Nous pouvons maintenant tirer quelques conclusions de l’étude
des organes de machines faite en [B 7 121].
Le centre d’usinage de la figure 4 donne un exemple d’application
de cette règle. On voit en effet que les éléments de guidage des axes
X et Y disposés sur des plans perpendiculaires de la colonne
permettent de réaliser une structure massive, très rigide. Mieux
encore, ce même type de construction permet d’établir entre les deux
glissières tout un ensemble de sous-structures de rigidification
assurant leur position relative et donc la qualité de la machine.
La même machine (figure 1) montre, comme nous venons de le
mentionner, une table tournante (axe B) d’axe perpendiculaire à la
glissière X. Il est bien clair que, dans ces conditions, la table tournante
de l’axe B ne pourra pas être épaisse et sera peu rigide.

Règle 2 : un même élément de structure ne devra jamais


recevoir un élément de guidage linéaire dont le plan principal
sera perpendiculaire à l’axe de rotation d’un autre élément
tournant porté par le même élément de structure.
Cette règle est une règle d’interdiction. On peut créer la règle
Figure 2 – Petit centre d’usinage EPF-L
constructive correspondante.
Règle 2A : si un même élément de structure doit recevoir un
élément de guidage linéaire et un élément tournant, l’axe de
rotation de l’élément tournant devra être parallèle au plan
principal de l’élément de guidage linéaire.

Figure 1 – Aléseuse Dixi 400 Figure 3 – Centre d’usinage EPF-L modifié

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■ La première, qui nous semble la plus importante parce qu’appli- seront aussi capables d’usiner des surfaces non analytiques, mais
cable à bien d’autres machines que la machine-outil, est qu’une elles garderont la précision et la rigidité des machines usinant des
véritable méthode d’étude rationnelle est possible et souhaitable. surfaces mécaniques.
● Le point que nous voulons d’abord mentionner concerne le Ces machines seront nécessairement multilogiciel.
cahier des charges. Celui-ci, quel que soit le produit à réaliser doit
être purement fonctionnel, que ce produit soit une quelconque ■ Beaucoup auront deux broches, ou plus. Celles-ci, les plus
machine, un régulateur, un logiciel. Le cahier des charges doit rapides, destinées à l’UTGV ([B 7 120] § 3.5), seront traitées comme
naturellement spécifier les fonctions du produit mais aussi ses des porte-outils et seront mises en place par le changeur d’outil
performances. En principe, il ne devrait mentionner aucun élément normal avec leurs alimentations propres ; on peut montrer que les
technique, et moins encore technologique du produit. machines n’en seront pas plus compliquées. La complication (et
donc le coût) supplémentaire sera uniquement portée par l’auxiliaire.
● Deuxièmement, le produit devant être de coût minimal et sa réa-
On utilise déjà des machines bibroche, l’une des deux destinée à
lisation étant astreinte à des contraintes temporelles, il est bien évi-
l’usinage conventionnel, l’autre à l’usinage à haute vitesse. Elles
dent qu’il devra le plus possible faire appel à un standard de
continueront certainement d’exister mais leurs coûts d’achat et
l’entreprise réalisatrice. Ce standard dépassera largement le cadre
d’exploitation seront plus élevés. Les deux broches, en particulier, ne
des pièces et même des sous-ensembles. Il incluera bien d’autres
peuvent pas utiliser le même standard de porte-outils, les outils
choses telles que des méthodes de conception adaptées à chacun
rapides étant nécessairement plus petits (comme les broches le
des organes, à des normes portant sur les formes, les dimensions,
seront elles-mêmes) pour permettre des vitesses critiques plus
les tolérances, les matières, les traitements thermiques et
élevées. Il faudra donc probablement deux magasins à outils
physico-chimiques. Ces normes feront implicitement partie du cahier
différents, deux changeurs d’outils. La broche interchangeable, au
des charges. Il ne faut cependant pas qu’elles bloquent toute possi-
contraire, prendra la place d’un outil fixe et arrivera toute équipée de
bilité d’évolution. On devra donc s’efforcer de les faire évoluer avant
son outil. Il est vrai que les deux types d’usinage ne sont pas destinés
que le besoin les impose. Nous espérons que l’exemple des broches,
aux mêmes types de surfaces :
sur lequel nous nous sommes plus étendu que sur les autres
composants, montre bien cette nécessité d’anticipation, qui — les faces fraisées, les alésages de précision, les simples trous
permettra d’étudier, largement à l’avance, procédés et composants percés, les taraudages, chanfreinages, les cylindres tournés se
dont on sait qu’ils seront, un jour prochain, nécessaires. feront, pour longtemps encore, de façon traditionnelle ; rappelons
que des fraisages dans les alliages légers à des vitesses de l’ordre
● Le troisième point concerne la méthode d’étude. On traitera
de 5 000 m/min (> 80 m/s) se font depuis plus de trente ans avec des
dans l’ordre cinématique, statique, dynamique, thermique, techno-
broches et outils conventionnels ;
logie et économie, comme on l’a vu (§ 2 en [B 7 121]). En allant du
— à l’usinage à très grande vitesse seront réservées les surfaces
modèle le plus simple au plus complexe, cela permet d’éviter des
de médiocre précision, les grands débits de matière, les surfaces non
oublis, de prévoir et d’éviter des comportements que la méthode
analytiques, qui ne sont justement jamais très précises.
traditionnelle d’étude fait découvrir à la mise au point de la machine.
■ Signalons enfin que l’usinage de dentures (cannelures et engre-
■ Une seconde conclusion, presque aussi importante que la
nages) est dès à présent à la portée d’un centre d’usinage moderne,
première, a plus particulièrement trait à l’économie (et donc à la
ce qu’on pourrait appeler centre de tournage.
technologie). Comme chacun le sait sans forcément le mettre en
pratique, une machine (au sens très large) doit non seulement être On peut montrer que l’usinage flexible de pignons de tous types
étudiée pour satisfaire à son cahier des charges formel, mais aussi (cylindriques droits et hélicoïdaux, coniques et spiroconiques) peut
en vue de sa fabrication ; c’est le design for manufacturing et le être fait sur ce même centre de tournage par génération à l’aide d’un
design for assembly des anglo-saxons, auxquels on doit ajouter, bien très petit nombre d’outils simples standards équipés de plaquettes
évidemment, le design for service. de coupe à hautes performances.
Cela fait bien longtemps qu’on nous propose comme moyen de Le traitement thermique de ces dentures peut se faire par
satisfaire à tout cela le concurrent engineering, l’ingénierie parallèle, génération, au laser, avec exactement le même équipement utilisé
souvent mal comprise et moins bien encore mise en œuvre. pour traiter les cylindres de révolution. Le même centre pourrait
aussi rectifier ces dentures mais on préférera, en général, pour les
Les raisons de l’échec actuel sont bien connues et tiennent à
dentures très précises, réserver des machines à la seule rectification,
l’inertie des personnes et des institutions ; persistance d’habitudes
liquide de coupe et protections devant être adaptés à la rectification.
dépassées ; inadaptation aux fonctions et connaissances lacunaires.
Cette inadéquation commence dès l’école ; la formation n’est plus Enfin, la superfinition par génération à la pierre oscillante des
adaptée aux besoins ; elle se poursuit durant toute la carrière à tous dentures peut être envisagée, auquel cas elle pourrait aussi se faire
les niveaux, depuis le niveau d’exécution jusqu’à la direction. En sur les centres de tournage.
effet, la formation supérieure actuelle, dans les universités et écoles
■ Tout cela pourrait constituer un portrait assez réaliste de ce que
d’ingénieurs, met l’accent sur les sciences de base (mathématiques,
seront, à brève échéance, les machines universelles, pour fabrication
physique, mécanique, thermodynamique, etc.), qui seules reçoivent
unitaire, petite et – peut-être – moyenne série. Pour la grande
un traitement réellement scientifique. Tout ce qui est constructif et
production, les machines au moins dans leur morphologie générale,
technologique (dessins et études, organes de machines, projets de
resteront proches des machines-transferts actuelles. Certes, le
construction, etc.) n’atteint pas le niveau universitaire et reste basé
besoin d’une certaine flexibilité se fera sentir (il le fait déjà d’ailleurs),
sur l’expérience, l’empirisme. Créer de véritables sciences construc-
mais de plus fortes évolutions ne seront possibles que si les pièces
tives, aux bases aussi fermement établies que les sciences analy-
à usiner elles-mêmes évoluent vers une plus grande adaptation à la
tiques, doit devenir un objectif prioritaire dans tous les domaines.
fabrication et à la flexibilité.
Notons un dernier point, très important. Les montages d’usinage
pour fabrication unitaire ou de très petite série défient aujourd’hui
1.3 Points communs l’idée de flexibilité. Dans la référence [3], on trouve une revue de ce
aux machines futures qu’on essayait de faire, en fin des années quatre-vingt. Il semble que
la solution ne soit pas encore trouvée aujourd’hui. Sans prétendre
La fabrication en très petit nombre de prises de pièces complexes la donner, nous fournirons quelques indications sur des travaux très
des machines impliquera, de la part du projeteur, une excellente récents. La solution, après tout, n’est peut-être pas très loin, mais
connaissance des procédés de fabrication. Toutes ces machines elle nécessite encore du travail, et surtout l’adaptation des personnes
à des tâches vraiment nouvelles qui leur demanderont une beaucoup
plus grande flexibilité... d’esprit.

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■ L’architecture de la machine représentée figure 4 est relativement


2. Centre d’usinage classique, encore que non généralisée. L’axe B du chariot porte
pour pièces polyédriques palette ZB et la portion horizontale de la broche, dont le chariot est
situé sur la face avant de la colonne, présentent un grand intérêt.
■ Un avantage déjà signalé est qu’on peut disposer un écran vertical
La courte description que nous allons faire va s’appuyer sur la coulissant (repéré E sur la figure 4), qui évite pratiquement tout
figure 4 (ou 7 en [B 7 120]) et la figure 7. contact entre copeaux et liquide de coupe, d’une part, et machine,
d’autre part. Ainsi, les espaces travail et machine sont-ils par-
faitement délimités sans compliquer les opérations d’entretien ou de
réparation. Le ramassage des copeaux et la récupération du liquide
de coupe peuvent alors se faire dans la zone repérée F. L’écran E est
simplement composé :
— pour la partie parallèle à Y, d’une plaque verticale terminée par
un télescope de faible largeur autorisant le déplacement en X de la
broche ;
— pour la partie E parallèle à Z, de plaques articulées autour de
charnières verticales et coulissant dans un guide, et qui sont déviées
parallèlement à l’axe Y.
● Le capotage, comme celui de la machine de la figure 8 (en
B 7 120), est composé d’une coque pouvant s’enlever dans son
intégralité vers le haut pour les opérations d’entretien/réparation.
Pour le changement de pièce et d’outil, un capot partie (comme figure
8) permet un accès aisé.
● Comme on peut le voir, le bâti a, vu de dessus, une forme en L.
Les deux systèmes de glissières Y et Z sont reliés par des toiles
internes assurant une grande rigidité relative. Par contre, le calcul
ayant montré une rigidité en torsion insuffisante, le caisson Z a été
augmenté de la largeur  .
● La structure de la colonne et du bélier porte-broche sont aussi
conformes à ce qui a été vu en [B 7 121] § 4.5.
● La broche est entraînée par un moteur hydraulique volu-
métrique à cylindrée variable H, pouvant délivrer en continu 200 kW,
et par une boîte de vitesses épicycloïdale à trois rapports pouvant
délivrer une puissance de 90 kW, constante de 400 à 10 000 tr/min. Le
moteur est alimenté par une pompe à cylindrée variable, l’ensemble
formant une transmission hydrostatique de haut rendement, dont le
moteur primaire, du type asynchrone, est situé à l’extérieur de la
machine.
● Les avances se font par moteurs synchrones autocommutés et
vis à billes.
Une variante, qui utilise crémaillères et pignons à rattrapage de
jeu, permettant des vitesses de déplacement beaucoup plus grandes
que les vis, a été étudiée.
Exemple : au total, l’ensemble de la structure (sans la broche) doit
avoir une rigidité entre pièce et outil de 109 N/m, soit environ dix fois
plus que les machines traditionnelles de mêmes dimensions.

Notons que tous, ou presque, les centres d’usinage actuels


(figure 5) utilisent des colonnes doubles (figure 6), la poupée
porte-broche coulissant entre les deux. Il est facile de démontrer
que cette structure, adoptée car elle semble présenter une plus
grande symétrie, conduit à des rigidités de torsion et de flexion
beaucoup plus faibles que la colonne monobloc de la figure 4,
deux colonnes de petites dimensions reliées par une table et un
sommier de moyenne épaisseur, ne pouvant être d’une rigidité
comparable à celle d’une colonne monobloc de mêmes dimen-
Figure 4 – Centre d’usinage LMO-EPFL sions extérieures.

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● La machine de la figure 4 est équipée de glissières hydro- ■ Quelques particularités de l’axe ZB sont signalées (figure 7).
statiques. On remarquera, à ce propos, que les deux glissières repré-
sentées figure 47 (en [B 7 121]) sont incorrectement étudiées. En ■ Notons que ce centre peut recevoir un cinquième axe, une rota-
effet, l’équilibre de l’ensemble ne peut être obtenu que si un moment tion A de la broche. Dans ce cas cependant, le mode d’entraînement
de flexion existe dans la structure séparant les deux glissières. Pour en rotation de celle-ci est plus complexe et il devient difficile
éviter cela, il faut respecter la règle 3. d’assurer une puissance aussi élevée qu’avec la machine à quatre
axes.
Cette rotation A peut aussi être assurée par l’ensemble porte-
Règle 3 : dans un ensemble de deux patins hydrostatiques palette. On contrevient ainsi à la règle 2 (§ 1.1). Cependant, on peut
enlevant un seul degré de liberté, les deux patins doivent être de alors trouver un mode de construction spécial qui en rend possible
surfaces égales et exactement opposés. la réalisation : le chariot Z devient une simple plaque d’assez forte
épaisseur (environ 100 mm) recevant les patins hydrostatiques de
Nota : pour la glissière à queue d’aronde (figure 47b en [B 7 121]), une telle conception Z et sur laquelle l’ensemble de l’axe B tourne suivant A par l’inter-
est donc impossible. Cette glissière est à proscrire absolument. médiaire d’autres patins hydrostatiques assurant une grande rigidité
Pour la glissière de la figure 47a, on voit que la condition de la règle 3 ne peut être remplie de liaison.
du fait que les poches supérieures sont plus grandes que les poches inférieures et de centre
de gravité déporté. On devra donc les réduire en surface et les mettre exactement en face ■ Que peut faire une telle machine ?
des poches inférieures.
● En version 4 axes, elle peut assurer l’usinage complet, ébauche
● La construction de la glissière de guidage en lacet est correcte. et finition, d’une pièce polyédrique dont les faces d’usinage sont les
On voit que la règle 3 est automatiquement respectée (sauf désé- faces latérales d’un prisme.
quilibre dû à l’hyperstatisme, que nous avons signalé en [B 7 121] De plus, l’axe B tournant à grande vitesse permet la finition à l’outil
§ 5.2), pour les patins à recirculation de galets (figure 46 [B 7 121]). fixe des faces perpendiculaires à l’axe B et d’alésages centrés sur
Pour les glissières de la figure 44 [B 7 121], le problème ne se pose l’axe B.
pas, car elles ne peuvent être préchargées (autrement que par la
● En version 5 axes, elle permet l’usinage de toute pièce poly-
gravité).
édrique dont les faces peuvent être vues dans un demi-espace limité
par la face de la palette porte-pièce.

Une telle machine, bien utilisée (c’est-à-dire lorsque les pièces


qu’elle usinera auront été conçues pour elle), permettra l’usinage
de la plupart des pièces en une seule ou au plus deux prises. Elle
sera la base d’un système d’usinage juste-à-temps de pièces
polyédriques.

Figure 6 – Colonne double : schéma de principe

Figure 5 – Centre d’usinage Burr


(machine ancienne qui n’est plus en production)

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Figure 7 – Chariot ZB (centre d’usinage de la figure 4)

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3. Centre de tournage
pour arbres
Pour décrire cette machine, nous allons nous appuyer sur une
étude faite mais abandonnée, le tour CTM25 de Georg Fischer GF
(figure 8). Cette machine est un authentique centre d’usinage à 5
axes (X, Y, Z, B et C ), utilisant outils fixes et outils tournants, qui
trouvent place dans un magasin de grande contenance. À juste titre,
le concepteur s’est donc débarrassé de l’encombrante tourelle,
chère, peu rigide et portant un nombre insuffisant d’outils. De plus,
ce tour a été muni d’une deuxième poupée porte-broche qui joue
à la fois le rôle de contre-pointe, de lunette et de broche de reprise,
permettant l’usinage complet de l’arbre.
C’est donc une machine très intéressante et novatrice, mais on
peut facilement comprendre les raisons techniques de son échec.
Du même coup, nous pouvons définir la machine idéale (au moins
son cahier des charges). Il faut certes garder les axes X, Y, Z, B et
il faut y ajouter l’axe de broche, A, qui pourra être interpolé avec
Figure 8 – Centre de tournage CTM25 de Georg Fischer
les autres ; nous allons en voir l’utilité.
La construction choisie par GF est en contradiction avec la règle
1 (§ 1.1). Le déplacement en Z du chariot Y ne peut que conduire à La machine que nous venons de décrire pourrait donc adopter
une très basse rigidité car ce chariot croisé est plat. Les deux plans cette architecture sans rencontrer une opposition sérieuse. On n’en
principaux des glissières sont parallèles. La correction est aisée. Il est pas encore là pour les centres d’usinage.
suffit de porter la translation Z sur la poupée. Celle-ci recevra alors
un moteur à grande vitesse, pour la finition des surfaces de
révolution à l’outil à une seule arête de coupe, et une commande
à basse vitesse pour l’ébauche à la fraise de ces mêmes surfaces 4. Machine-transfert
et pour les travaux de fraisage et de gravage.
La seconde poupée, mobile selon un axe Z ’, paraît a priori une
bonne idée. Cependant, on réalise vite qu’elle constitue sans doute Pour cette description, nous nous appuierons, au moins à titre de
le principal inconvénient de la machine : elle interdit les opérations comparaison, sur la machine-transfert de blocs-cylindres Renault
d’alésage sur les pièces longues. De plus, elle empêche l’automa- (figure 6, [B 7 120]). Cette machine, bien qu’ancienne (1961), possède
tisation complète de la machine. En effet, on sait la difficulté qui a de nombreuses caractéristiques des machines d’aujourd’hui. Nous
été rencontrée jusqu’à présent par les constructeurs de machines, essaierons de montrer les différences principales qui les séparent.
pour changer le mandrin – ou ses mors – d’un tour. La présence de Nous éviterons aussi de décrire les éléments qu’une machine-
deux mandrins interdit presque définitivement cette opération. De transfert a en commun avec les deux machines universelles décrites
même, l’axe B, d’après la figure 8, ne peut être orienté parallèlement précédemment (§ 2 et 3) et que nous nous contenterons de signaler.
à l’axe de broche.
La machine idéale et réaliste est donc un centre de tournage à
poupée mobile, avec contrepointe et lunette autocentreuse à 4.1 Gamme d’usinage
commande numérique dont l’axe B pivote de 90 o . La broche
porte-pièce est munie d’un mandrin à changement automatique de
mors ; la broche porte-outils tournants, de grande puissance, reçoit Une différence fondamentale entre une machine-transfert (ou,
des outils fixes qui ne prennent pas appui sur elle, mais utilisent plus généralement, une machine spéciale) et une machine uni-
les mêmes organes de bridage. Enfin, outils fixes et tournants verselle, est qu’elle est conçue pour l’usinage d’une pièce particulière
prennent place dans le même magasin. ou, au plus, d’une famille limitée de pièces présentant entre elles
Cette brève description nous permet de voir la quasi-identité du des différences faibles. Par exemple, on peut usiner sur la même
centre d’usinage pour pièces polyédriques et du centre d’usinage chaîne-transfert des blocs-cylindres à 3, 4, 5 ou 6 cylindres en ligne.
pour arbres. Leurs seules différences sont une adaptation morpho- Ces mêmes blocs-cylindres peuvent présenter d’autres différences
logique aux topologies différentes des pièces : telles que des usinages présents sur l’un et non sur l’autre. On peut
— la première privilégie l’usinage par outil tournant ; l’outil fixe aussi changer quelques cotes : modifier la distance de deux plans
n’est utilisé que pour des opérations concernant des surfaces de parallèles fraisés, modifier des diamètres alésés, mais la condition
position et d’orientation particulières ; sine qua non, à respecter absolument, est que la gamme d’usinage
— la seconde, adaptée à l’usinage d’arbres, privilégie au contraire de chacune de ces pièces soit un sous-ensemble d’une gamme d’usi-
l’usinage à pièce tournante, mais l’outil tournant devient néanmoins nage unique, caractéristique de la pièce ou de sa famille. Il faut donc,
d’utilisation normale ; il assure durée de vie et fiabilité améliorées, avant d’aller plus loin, définir ce qu’est la gamme d’usinage d’une
et l’outil fixe n’est alors plus utilisé que pour la finition de surfaces pièce (cf. [B 7 025]).
de révolution centrées sur l’axe C ; l’axe A, interpolable avec les ■ On peut citer comme éléments importants des cahiers des
autres axes, permettra le taraudage et certains types de taillage par charges : la facilité d’intervention, la commande (automatique et
génération (en particulier roues tangentes). manuelle), le type de dialogue opérateur-machine, le mode de
Un dernier point commun entre ces machines concerne leur surveillance, l’enregistrement des temps de marche, des temps de
orientation spatiale. Nous avons depuis le début reconnu les panne et l’heure de leur occurrence, des périodes d’arrêt pour cause
avantages d’une architecture inversée ; nous avons aussi vu qu’elle extérieure (engorgement en aval, défaut d’alimentation en amont,
se heurtait à des habitudes et des traditions difficilement arrêts induits), toutes fonctions que l’on caractérise généralement
surmontables. Pour les tours, les plus anciennes machines avaient par le terme anglo-saxon monitoring.
le banc sous la pièce. Plus tard, on vit apparaître les tours à banc Il y a bien d’autres éléments dans ces cahiers des charges, que
incliné. Cependant on a vu, à plusieurs reprises, des bancs inversés. nous ne pouvons citer ici.

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qu’une solution rationnelle soit introuvable puisqu’il y a une infinité


La gamme d’usinage d’une pièce est la description ordon- de solutions. Une recherche de solution par filtrage ne donne rien
née chronologiquement de toutes les opérations que doit subir non plus, car on montre que les sous-ensembles de solutions ainsi
la pièce, brute au départ, pour qu’à la fin elle satisfasse au cahier obtenus sont aussi en nombre infini.
des charges.
Au contraire, tenir compte de ces éléments logiques formels liés
Ce cahier des charges est, en général, composé des aux procédés revient à fixer des règles directes de création. Définir
éléments suivants : la gamme optimale (par exemple celle qui conduit au nombre
— un cahier des charges technique : il est composé des minimal de prises de pièce ; mais on peut choisir d’autres critères
dessins et autres éléments techniques caractérisant la pièce : d’optimisation) ne change pas le nombre de solutions, qui est
matière, traitements (thermiques, de surface...), etc. ; toujours infini, mais permet de les créer dans un ordre d’optimalité
— un cahier des charges économique : il fixe en particulier décroissante. Signalons pour conclure ce paragraphe que le raison-
la production horaire, journalière, mensuelle, éventuellement nement par récurrence, l’induction complète (ou mathematical
annuelle ; on définira la production instantanée et la production induction ) d’Henri Poincaré, est un des moyens les plus puissants
réelle ; de création d’information. On a pu en trouver sept ; d’autres sont
— un cahier des charges de gestion : la machine-transfert certainement à découvrir.
doit en effet s’insérer dans un ensemble socio-économique
qu’elle doit respecter.
Le prix de la machine n’est jamais spécifié. Il sert à départager
d’éventuels concurrents. 4.2 Structure des machines-transferts

■ La gamme d’usinage est une authentique invention, qui semble ■ Les machines-transferts anciennes étaient toujours basées sur le
aujourd’hui impossible à trouver par des méthodes rationnelles. Le schéma de la figure 9. Une épine dorsale (figure 9a ) portant les
problème a été étudié par les mathématiciens, les logiciens, les moyens de transfert (en particulier la barre de transfert et des rails
spécialistes en recherche opérationnelle, en intelligence artificielle de guidage des pièces ou des palettes porte-pièces) et les moyens de
et, bien sûr, en usinage. Tous, jusqu’à une époque récente, sont positionnement et guidage de ces mêmes pièces, recevait, de part
arrivés aux mêmes conclusions : seules des heuristiques peuvent et d’autre, des bâtis. Ceux-ci, fixés par des vis, pouvaient être
permettre la création des gammes d’usinage. Il n’y a pas possibilité horizontaux ou verticaux, et portaient eux-mêmes des unités
de trouver scientifiquement la gamme optimale ; seules peuvent être d’usinage telles que celle qu’on voit sur la droite de la figure 6
trouvées des gammes acceptables. Cependant, des travaux récents [B 7 120]. Ces unités d’usinage comportaient un moteur d’avance
montrent au contraire que la solution, dépendant naturellement du rapide, entraînant en rotation une vis, dont l’écrou, solidaire du
contexte, peut être trouvée. La raison des décennies précédentes chariot porte-broche, pouvait lui-même être entraîné en rotation par
d’échecs tient essentiellement au fait que, ne considérant que les le moteur de broche, ce qui donnait une avance par tour d’outil
éléments géométriques des pièces (appelés souvent features, terme proportionnelle au nombre de tours de broche.
anglo-saxon dont une traduction acceptable pourrait être entités
Nous ne décrivons ici qu’une machine-transfert électromécanique,
caractéristiques ), mais non les éléments logiques propres aux
dont on perçoit dès à présent l’immense avantage par rapport aux
procédés d’usinage, aux montages porte-pièces, et encore moins
machines-transferts hydrauliques, dont les avances ne sont pas auto-
aux possibilités logiques de création d’information, trouver la
matiquement liées à la rotation des broches.
gamme d’usinage revient à résoudre un système d’équations dont le
nombre est bien inférieur à celui des inconnues. On conçoit alors

Figure 9 – Architecture de machines-transferts

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Sur le chariot pouvait alors se fixer une tête multiple (cf. figure 6
en [B 7 120]) ou d’autres types d’éléments d’usinage. Ce système,
très ancien, s’est vite trouvé démodé pour différentes raisons
(difficulté d’adaptation à d’autres opérations que le perçage, chan-
freinage, lamage, taraudage). Il fallait donc d’autres types d’unités
spécialisées : unité de fraisage, unités spéciales d’alésage,
comportant une table se déplaçant sur des glissières et pouvant
recevoir une ou plusieurs broches d’alésage ou de fraisage ou de
brochage (figure 10), unités de contrôle dimensionnel, unités de
contrôle de présence des outils (présence indirecte : on vérifiait que
l’usinage avait été fait et, en même temps, que l’outil n’était pas resté,
cassé, dans le trou usiné), etc. De plus, toutes les unités existaient
en différentes tailles et puissances. Cependant, la variété était telle
que les garder toutes en magasin constituait une immobilisation
considérable. Enfin, on peut comprendre que des tables porte-
broches, par définition plates, et des glissières de faible hauteur
comme celles, qu’on voit sur la figure 6 en [B 7 120] ne pouvaient
être bien rigides. Il en résultait une grande difficulté d’usinage, un
coût élevé et, malgré cela, une qualité médiocre. Les bâtis
manquaient de rigidité et les machines devaient être posées sur des
fondations rigides assurant une bonne part de la rigidité de la Figure 10 – Table électromécanique et broches d’alésage (Renault)
machine.
■ Une étape importante fut franchie quand les machines-transferts
ne furent plus qu’une mise en série de bâtis monoblocs transversaux
(figure 9b) reliés par de simples règles de guidage des pièces sans
nécessité aucune de rigidité ni de précision.
■ Le dernier pas pour les machines-transferts traditionnelles fut,
enfin, de remplacer les glissières rapportées par des glissières
incorporées aux bâtis. Il en résulta une rigidité élevée, un petit
nombre de variantes (bâtis à une seule unité, à deux unités
opposées ; glissières perpendiculaires ou parallèles à l’axe de
transfert ; deux dimensions de base pour les glissières, deux courses
par dimension de glissière), qui permit une diminution d’inventaire,
une qualité meilleure et un coût plus bas.
■ Le pas à faire pour arriver à la conception de machines-
transferts modernes est alors facile à formuler.
● Sur le plan architecture, on gardera évidemment les bâtis mono-
Figure 11 – Tour à structure inversée
bloc transversaux. On ne conservera que des postes horizontaux
(évolution déjà pratiquement accomplie à l’étape précédente), ce qui
s’obtient par la conception de pièces pour la fabrication (design for
manufacturing ), et aussi en remarquant que l’axe de transfert, pour
une machine-transfert, joue le même rôle que l’axe B d’un centre
d’usinage conventionnel (figure 5, par exemple) ; on aime mieux
faire tourner la pièce que les unités d’usinage.
● Le dernier point est mis en évidence figure 11 ; elle représente
un tour bibroche à structure inversée, qui n’a été réalisé qu’à l’état
de prototype. On voit que le fait de mettre le banc au-dessus de la
pièce à usiner permet de se débarrasser définitivement des
problèmes que pose l’existence du bâti sous les pièces pour
l’évacuation des copeaux (évacuation imparfaite et bâtis affaiblis par
les passages nécessaires). On voit aussi que les problèmes de capo-
tage et de récupération des copeaux et du liquide de coupe sont
fortement simplifiés. Pour une machine-transfert, il est aussi facile de
voir que l’accessibilité aux unités d’usinage, aux outils et à la pièce,
est extrêmement simplifiée.
■ Le moyen de faciliter l’usinage des chariots porte-broches des
unités d’usinage est évidemment de les rigidifier. Ils deviennent
Figure 12 – Tête multiple conventionnelle
alors des boîtes parallélépipédiques dont la face avant peut recevoir
le boîtier avant et la plaque intermédiaire d’une tête multiple
(figure 12), et la face avant ou les faces latérales, des broches en
boîtier de révolution (figure 13) beaucoup plus économiques, de On peut alors remplacer l’entraînement à deux vitesses complexe
fabrication et d’emploi, que les boîtiers parallélépipédiques usinés de la figure 10, comprenant deux moteurs, de nombreuses courroies
sur toutes les faces de la figure 10. Naturellement, toutes ces unités et un système à roue libre (alésage des guides et des sièges de
d’usinage (têtes multiples ou broches d’alésage) sont entraînées par soupapes) par un seul moteur. Naturellement, l’utilisation de moto-
moteurs et courroies. Suivant les emplois, les moteurs peuvent être broches est entièrement compatible avec cette structure d’unité.
soit asynchrones, soit synchrones, alimentés à fréquence constante
(réseau) ou variable.

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4.3 Les machines spéciales


sont-elles encore nécessaires ?
Depuis des décennies, certains prédisent la disparition de toutes
les machines spéciales et en particulier des machines-transferts. Ces
dernières seraient alors remplacées par des centres d’usinage qui
permettraient, en quelques prises, l’usinage d’une grande variété de
pièces (peut-être quand même d’une même famille) en un nombre
et à une cadence quelconques. La chose est techniquement possible,
parfois, mais il est facile de montrer qu’elle ne saurait être réaliste.
Exemple : les cadences instantanées de fabrication que l’on
connaît aujourd’hui sont, pour des pièces de dimensions moyennes
(bloc-cylindres ou culasse de véhicule automobile), de l’ordre de
300 pièces/heure (moins pour les moteurs plus gros). Cela signifie que
cinq pièces sont produites à la minute, c’est-à-dire qu’une pièce est
usinée toutes les 12 s (parfois moins). De ces 12 s, il faut en retirer
Figure 13 – Broche d’alésage-fraisage
environ la moitié pour les opérations de transfert, piétage, bridage,
avance et retour rapides. C’est dire que l’usinage se fait en environ 5 s.

■ Pour la gestion/commande, les machines modernes remplacent ■ Déjà, pour des opérations délicates nécessitant des mouvements
des « contacteurs électromagnétiques, actionnés par des axes et des additionnels (par exemple alésage des lignes de vilebrequin ou
tiges qui provoquent le déclenchement des différentes opérations d’arbre à cames), on est obligé de doubler ou tripler les machines.
suivant un cycle d’usinage préétabli » ([B 7 120] § 1), et les deux Or, un bloc-cylindres ou une culasse, même bien dessinés,
moteurs, de vitesse de travail et d’avance rapides, par un seul moteur comportent plusieurs centaines d’usinages élémentaires, dont
à vitesse variable ; sa vitesse sera fixée par une commande numé- chacun prend en général plus de 5 s. On se rappellera que la gamme
rique simple, basée sur l’équivalent des actuels automates program- d’usinage pour centre d’usinage est pratiquement identique à celle
mables, qui déterminera aussi les positions successives du chariot qu’on crée pour une machine-transfert. Toutes les opérations se font
porte-broches. Les positions seront alors mesurées par des émet- l’une à la suite de l’autre, à un poste fixe (centre d’usinage) ou à des
teurs d’impulsions, linéaires ou tournants, selon la précision néces- postes répartis (machine-transfert). Si on ajoute à cela le problème
saire. Tous les capteurs, actionneurs, fonctions auxiliaires seront des changements d’outils, une estimation non ridicule du nombre de
alors reliés aux systèmes de commande par bus série, alors que les centres d’usinage remplaçant une seule ligne transfert est d’environ
moteurs recevront la puissance d’un bus de puissance, les amplifi- 1 000. Ce nombre permet facilement au lecteur de conclure.
cateurs et autres moyens de commande leur étant directement ■ Il est cependant des cas plus intéressants et prometteurs. Toute
intégrés. l’ébauche d’un vilebrequin peut, après centrage, être faite sur une
■ Signalons que tous les éléments mentionnés ici fonctionnent déjà seule machine à fraiser à commande numérique, qui remplace les
depuis des années. Leur emploi encore restreint est dû, pour la plus tours à vilebrequins très anciens et les machines à fraiser moins
grande part, au conservatisme des fabricants et utilisateurs de anciennes. De plus, elle peut alors fraiser les manetons correspon-
machines. Nous reviendrons un peu sur ces points en [B 7 123], où dant à une course quelconque du piston aussi bien que les portées.
seront abordés superficiellement les problèmes de détection des Pratiquement, le temps de cycle d’une telle machine, presque uni-
pannes, de dépannage, d’entretien, de monitoring. verselle (mais néanmoins limitée à l’usinage de vilebrequins), serait
sensiblement le même que celui des machines spéciales actuelles.
Signalons un dernier point qui n’a pas, à ce jour, reçu de solution
vraiment satisfaisante : on sait facilement changer automatiquement ■ Nous tenons là le mot de la fin : non, les machines et systèmes
les outils sur centres d’usinage et centres de tournage. Des solutions flexibles ne fournissent pas la solution ; ils ne permettent en aucun
voisines (plus simples car il n’y a pas besoin de magasin) permettent cas d’envisager la disparition des machines spéciales, ni même des
de changer fraises et outils d’alésage sur machines-transferts. Par seules machines-transferts. Mais il est certain que celles-ci néces-
contre, nous ne connaissons pas de solution générale pour le sitent plus de réelle flexibilité qu’elles n’en ont aujourd’hui. Enfin, des
changement des outils des têtes multiples. Il est certain cependant solutions plus récentes telles que le traitement laser, l’usinage à la
que des solutions sont possibles. bande abrasive, la commande numérique et les réseaux (les bus )
permettent d’envisager une évolution sérieuse, et même, dans cer-
tains cas encore rares, une réelle révolution. Ce serait une faute grave
de refuser a priori de l’envisager.

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Machine-outil R

E
par François C. PRUVOT N
Ingénieur-docteur
Ancien Directeur technique de Renault Machines-outils
Professeur honoraire, Directeur du Lab oratoire de productique et de machines-outils
École polytechnique fédérale de Lausanne
S
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A
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machines-outils. Vol. 1. Généralités. Morpho-
[3] HOSHI (T.). – Fixture CAD/CAM research pro-
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27 mai 1983.
DEL PEDRO (M.) et PAHUD (P.). – Mécanique
vibratoire. Presses Polytechniques et Universi-
I
taires Romandes, Lausanne (1989).
R

P
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S
4 - 1997
Doc. B7124

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