Zone de Libre Echange Continentale Africaine (ZLECAF)
Date de signature : 21/03/2018
Date d'entrée en vigueur : 30/05/2019
Date de l’opérationnalisation de la ZLECAF : 1er Janvier 2021
La Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAF) est une lueur d'espoir, offrant des opportunités
significatives pour les entreprises à travers le continent.
Contrairement aux accords commerciaux traditionnels qui se concentrent sur le commerce des biens, des
services et des droits de propriété intellectuelle, la ZLECAF a un objectif plus large, qui consiste notamment
à associer les jeunes et les femmes à l'effort d'industrialisation de l'Afrique.
Pays membre (53)
Afrique du Sud, Algérie, Angola, Bénin, Botswana, Burkina Faso, Burundi, Cameroun, République
Centrafricaine, Cap-Vert, Cote d’Ivoire, Comores, République du Congo, République Démocratique du
Congo, Djibouti, Egypte, Eswatini, Ethiopie, Gabon, Gambie, Ghana, Guinée, Guinée-Bissau, Guinée
Equatoriale, Kenya, Lesotho, Liberia, Libye, Madagascar, Malawi, Mali, Maroc, Maurice, Mauritanie,
Mozambique, Namibie, Niger, Nigeria, Ouganda, Rwanda, Sao tome et principe, Sénégal, Seychelles, Sierra
Leone, Somalie, Soudan du Sud, Soudan, Tanzanie, Tchad, Togo, Tunisie, Zambie, Zimbabwe.
Objectifs de la ZLECAF
Les Etats parties éliminent progressivement les barrières tarifaires et non-tarifaire au commerce des
marchandises ; libéralisent progressivement le commerce des services ; coopèrent en matière
d’investissement, de droits de propriété intellectuelle et de politique de concurrence ; coopèrent dans le
domaine douanier et dans la mise en œuvre des mesures de facilitation des échanges ; établissent un
mécanisme de règlement des différends concernant leurs droits et obligations ; et établissent et maintiennent
un cadre institutionnel de mise en œuvre et de gestion de la ZLECAF
Comment fonctionne la ZLECAF
La ZLECAF élimine les droits de douane sur 90 % des biens produits sur le continent, s'attaque aux
obstacles non tarifaires au commerce et garantit la libre circulation des personnes. L'activité de Mme
Dagnew a ralenti en mars 2020, au moment où la pandémie commençait à faire rage.
Champ d'application
Commerce des marchandises
Commerce des services
Investissement
Propriété intellectuelle
Concurrence
Commerce électronique
Règlement des Différends
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Traitement convenu
Pour le commerce des marchandises :
1. Libéralisation progressive de 90% des lignes tarifaires
2. Harmonisation des règles douanières
3. Facilitation des opérations de transit
4. Egalité de traitement entre les produits nationaux et les produits originaires des autres pays
membres de la ZLECAF
Pour le commerce des services :
1. Libéralisation progressive de 5 secteurs prioritaires : Tourisme, services financiers,
services aux entreprises, Télécommunication, Transport
2. La reconnaissance mutuelle des normes, des licences et des certifications des prestataires
de services
3. Egalité de traitement entre les prestataires de services
Protocole sur les investissements : en cours
Protocole sur la propriété intellectuelle : en cours
Protocole sur la politique de concurrence : en cours
Commerce électronique : en cours
Zone de libre-échange continentale africaine : effets économiques et redistributifs
Les points marquants
La Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAF) pourrait permettre aux pays africains de
faire sortir de l'extrême pauvreté 30 millions d’habitants et d'accroître le revenu de 68 millions
d'autres personnes qui vivent avec moins de 5,50 dollars par jour.
Sur les 450 milliards de dollars de gains potentiels, environ 300 milliards proviendraient des mesures
de facilitation du commerce visant à lever les freins bureaucratiques et à simplifier les procédures
douanières.
La mise en œuvre de la ZLECAF permettrait de mener à bien les réformes de fond nécessaires pour
stimuler la croissance à long terme dans les pays africains.
Le champ d'application de la ZLECAF est vaste. L'accord réduira les droits de douane entre les pays
membres et traitera d’aspects de politique générale liés notamment à la facilitation des échanges et aux
services, tout en englobant des dispositions réglementaires telles que les normes sanitaires et les barrières
techniques au commerce. Si elle est pleinement mise en œuvre, la ZLECAF permettrait de réorganiser les
marchés et les économies de la région et de stimuler la production dans les secteurs des services, de
l'industrie manufacturière et des ressources naturelles.
La création d'un marché unique à l'échelle du continent pour les biens et les services, les affaires et les
investissements restructurera les économies africaines. La mise en œuvre de la ZLECAF serait un grand pas
en avant pour l'Afrique, en montrant au monde que le continent est en train de devenir un chef de file de la
promotion du commerce mondial.
La Zone de libre-échange continentale africaine a la capacité d'accroître les possibilités d'emploi et les
revenus, ce qui contribue à élargir les perspectives de tous les Africains. Elle devrait permettre de sortir de la
pauvreté modérée environ 68 millions de personnes et de rendre les pays africains plus compétitifs.
Néanmoins, la réussite de sa mise en œuvre sera primordiale et il conviendra notamment de suivre
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attentivement ses effets sur tous les travailleurs — femmes et hommes, qualifiés et non qualifiés — dans tous
les pays et secteurs afin de garantir que l'accord porte pleinement ses fruits.
Principales conclusions
La Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) représente une véritable occasion de stimuler la
croissance, de réduire la pauvreté et d'élargir l'inclusion économique dans les pays concernés. Sa mise en
œuvre permettrait :
de sortir 30 millions d'Africains de l'extrême pauvreté et d'augmenter les revenus de près de
68 millions d'autres personnes qui vivent avec moins de 5,50 dollars par jour ;
d'augmenter les revenus de l'Afrique de 450 milliards de dollars d'ici à 2035 (soit une progression de
7 %) tout en ajoutant 76 milliards de dollars aux revenus du reste du monde ;
d'accroître de 560 milliards de dollars les exportations africaines, essentiellement dans le secteur
manufacturier ;
de favoriser une progression salariale plus importante pour les femmes (+10,5 %) que pour les
hommes (+9,9 %) ;
d'augmenter de 10,3 % le salaire des travailleurs non qualifiés et de 9,8 % celui des travailleurs
qualifiés.
Dans le cadre de la ZLECAf, l'extrême pauvreté diminuerait sur l'ensemble du continent, les améliorations
les plus importantes se produisant dans les pays où les taux de pauvreté sont aujourd'hui très élevés :
l'Afrique de l'Ouest connaîtrait la plus forte diminution du nombre de personnes vivant dans
l'extrême pauvreté, avec une baisse de 12 millions (plus d'un tiers du total pour l'ensemble de
l'Afrique) ;
la baisse serait de 9,3 millions en Afrique centrale ;
la baisse serait de 4,8 millions en Afrique de l'Est ;
la baisse serait de 3,9 millions en Afrique australe ;
les pays dont les niveaux de pauvreté initiaux sont les plus élevés enregistreraient les plus fortes
baisses ;
en Guinée-Bissau, le taux de pauvreté passerait de 37,9 à 27,7 % ;
au Mali, le taux passerait de 14,4 à 6,8 % ;
au Togo, le taux passerait de 24,1 à 16,9 %.
Sur les 450 milliards de dollars de revenus supplémentaires générés par la ZLECAf, 292 milliards
proviendraient du renforcement des mesures de facilitation des échanges qui visent à lever les freins
bureaucratiques et à simplifier les procédures douanières :
la libéralisation des tarifs douaniers est importante, mais à elle seule, elle n'augmenterait les revenus
du continent que de 0,2 % ;
si elle s'accompagne de mesures facilitant les échanges, notamment pour réduire les formalités
administratives, simplifier les procédures douanières et favoriser l'intégration des entreprises
africaines dans les chaînes d’approvisionnement mondiales, les gains de revenus atteindraient
292 milliards de dollars ;
ces améliorations nécessiteront des efforts importants de la part des pays afin d'atténuer la charge qui
pèse sur les entreprises et les commerçants pour franchir les frontières rapidement, en toute sécurité
et avec un minimum d'interférence de la part des fonctionnaires.
Le rapport de la Banque mondiale a pour but de guider les dirigeants dans la mise en œuvre de politiques
susceptibles de maximiser les bénéfices potentiels de l'accord tout en minimisant les risques :
la création d'un marché à l'échelle du continent exigera une action volontariste pour réduire tous les
coûts commerciaux. Il faudra pour cela adopter des lois et réglementations permettant aux
marchandises, aux capitaux et aux informations de traverser librement les frontières, de créer un
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environnement commercial compétitif à même de stimuler la productivité et l'investissement, et de
promouvoir la compétitivité vis-à-vis de l'extérieur ainsi que les investissements directs étrangers
pour favoriser la productivité et l'innovation des entreprises nationales ;
dans quelques secteurs subissant des destructions d'emploi, les gouvernements devront être prêts à
soutenir les travailleurs en mettant en place des filets de sécurité et des dispositifs de reconversion
adaptés ;
les pouvoirs publics devront concevoir des politiques visant à mieux préparer leur main-d'œuvre à
tirer parti des nouvelles opportunités.
La concrétisation du potentiel de la ZLECAf sera particulièrement importante au regard des conséquences
économiques de la pandémie de COVID-19, qui devrait entraîner jusqu'à 79 milliards de dollars de pertes
de production en Afrique pour la seule année 2020 :
le coronavirus a provoqué des perturbations majeures dans les échanges commerciaux sur le
continent, notamment pour des biens essentiels tels que les fournitures médicales et les denrées
alimentaires ;
en développant le commerce régional, en abaissant le coût des échanges et en rationalisant les
procédures aux frontières, la mise en œuvre effective de l'accord aidera les pays africains à renforcer
leur résilience face à de futurs chocs économiques et à mettre en place les réformes de fond
nécessaires pour stimuler la croissance à long terme.
Ce tableau de bord présente l'impact de la ZLECAf sur les économies africaines. Au niveau national, il
fournit des estimations des effets sur le revenu réel et la pauvreté et, au niveau sectoriel, il présente les
résultats de simulations détaillées sur le commerce, la production et l'emploi.