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Gestion des SI en BTS Informatique

Le cours de Gestion des entreprises et organisation des systèmes d’information (GEOSI) vise à former des informaticiens de gestion en leur permettant de concevoir et adapter les systèmes d'information (SI) aux besoins des entreprises. Il aborde divers aspects tels que la gestion des coûts, la sécurité des SI, et l'utilisation des technologies de l'information et de la communication (TIC). Le cours est structuré en cinq unités, chacune traitant d'un aspect clé des SI et de leur rôle dans la gestion efficace des entreprises.

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Gestion des SI en BTS Informatique

Le cours de Gestion des entreprises et organisation des systèmes d’information (GEOSI) vise à former des informaticiens de gestion en leur permettant de concevoir et adapter les systèmes d'information (SI) aux besoins des entreprises. Il aborde divers aspects tels que la gestion des coûts, la sécurité des SI, et l'utilisation des technologies de l'information et de la communication (TIC). Le cours est structuré en cinq unités, chacune traitant d'un aspect clé des SI et de leur rôle dans la gestion efficace des entreprises.

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BTS Informatique de gestion

2e année

Anne-Marie Cazaurang – Frédérique Parisot

Gestion des entreprises


et organisation des systèmes
d’information
Cours

Directrice de publication : Valérie Brard-Trigo


Les cours du Cned sont strictement réservés à l’usage privé de leurs destinataires et ne sont pas destinés à une utilisation collective. Les personnes
qui s’en serviraient pour d’autres usages, qui en feraient une reproduction intégrale ou partielle, une traduction sans le consentement du Cned,
s’exposeraient à des poursuites judiciaires et aux sanctions pénales prévues par le Code de la propriété intellectuelle. Les reproductions par
reprographie de livres et de périodiques protégés contenues dans cet ouvrage sont effectuées par le Cned avec l’autorisation du Centre
français d’exploitation du droit de copie (20, rue des Grands Augustins, 75006 Paris).
Conseils généraux

Pourquoi GEOSI ?
GEOSI : gestion des entreprises et organisation des systèmes d’information.
De par le nom de cette matière on pourrait s’attendre à un cours de gestion et un autre sur
l’organisation des systèmes d’information (SI).
Or, dans l’optique du BTS Informatique de gestion, destiné à former des informaticiens de gestion,
l’enseignement de GEOSI revêt plusieurs objectifs.
• Appréhender, concevoir et adapter le SI afin qu’il puisse servir au mieux pour la gestion quoti-
dienne et future de l’entreprise.
• S’assurer que le SI répond aux besoins de l’entreprise sans être surdimensionné ou sous-dimen-
sionné.
• Suggérer aux décideurs de l’entreprise de nouveaux indicateurs de gestion en fonction des
informations internes ou externes, disponibles ou potentielles du SI.
• En tant qu’informaticien, proposer des évolutions du SI de l’entreprise en accord avec l’état des
technologies et de l’environnement (veille technique et informationnelle).
• Participer à l’évolution de l’organisation de l’entreprise en étant le gérant de la complémenta-
rité et de la compatibilité entre organisation et SI.
• Avoir des connaissances de base en gestion (et en économie d’entreprise) afin d’être un interlo-
cuteur efficace vis-à-vis de vos futurs « clients »…
Ce n’est donc pas un cours qui prétend être une initiation à la gestion des entreprises, mais simple-
ment un outil pour vous aider à comprendre les buts et éléments essentiels du SI vus sous l’angle
d’une gestion efficace de l’entreprise.
La réalité économique, élément principal de l’environnement de l’entreprise, et l’évolution tech-
nique permanente, font que nous ne prétendons pas ici retracer les dernières évolutions possibles
d’un SI.
De plus, il n’y a pas un SI mais des SI, avec des réalités bien différentes. Il vous appartiendra
donc, dans votre vie professionnelle, vos stages, vos actions professionnelles ou même lors des
exercices proposés, d’analyser chaque situation au plus juste. Au cours de toutes ces activités, vous
délimiterez le pourtour du SI considéré par votre mission et ses interactions internes ou externes
en fonction des moyens et objectifs de l’entreprise ou du domaine étudié.
Le cœur de ce cours est donc le SI
Vous l’avez défini dans le cours de 1re année et nous allons, cette année, détailler certains de ses
aspects.
SI de l’entreprise

• Commercial
• Comptable
• De production
Coûts • Des ressources humaines Internet :
Budgets • Clients
• Fournisseurs
Sécurité • Institutions
TIC
Activités
pour le SI

3
8 3936 TG PA 00
Ce cours abordera donc les divers points suivants :
Unité 1 :
informations et SI de l’entreprise
Unité 2 :
coûts et budgets
Unité 3 :
gestion des systèmes d’information
Unité 4 :
les TIC (Technologies de l’Information et de la Communication) au service du système
d’information
Unité 5 : sécurité du SI
Ces grandes subdivisions feront l’objet des cinq parties que constituent ce fascicule.

Supports de formation
Pour cette matière, vous avez trois fascicules :
• un fascicule « cours » référencé 8 3936 TG PA 00 qui comporte le cours proprement dit et les
exercices d’autoévaluation ;
• un fascicule « autocorrection » référencé 8 3936 TC PA 00 qui comporte les corrigés des exercices
du fascicule « cours » ;
• un fascicule « devoirs » référencé 8 3936 DG PA 00 qui comporte deux devoirs d’évaluation à
traiter et à envoyer à la correction. Reportez-vous à ce fascicule pour savoir à quel moment il
faut traiter les devoirs.

GEOSI à l’examen
Nous aurions tendance à dire : « il y a du GEOSI partout ! ».
En effet, toutes les matières non générales du BTS peuvent faire appel à des questions de GEOSI.
• À l’étude de cas tout d’abord, où les interrogations de GEOSI sont disséminées sous forme de
petites questions dans les divers dossiers, ou le plus souvent, font l’objet d’un dossier spécial, qui
est en général le dernier dossier proposé. N’oubliez donc pas « d’aller chercher » ce dossier et
d’en faire au moins les premières questions, pour « aller à la pêche aux points » (notation glo-
bale de l’étude de cas tout dossier confondu) au lieu de vous entêter sur un point technique des
dossiers précédents sur lequel vous butez et qui risque de vous « manger tout votre temps ».
• Lors de la soutenance de votre projet (et bien entendu la rédaction de la note de synthèse) où
des questions générales vous seront toujours posées pour vérifier que vous avez analysé le SI
étudié et que vous avez pris le recul nécessaire par rapport à l’état actuel et à ses objectifs, ses
moyens et ses performances futures.
• Lors des « pratiques des techniques informatiques » pour la même raison que ci-dessus ou parce que
votre dossier traite d’un point particulier de GEOSI (sécurité, mise en place d’un outil de TIC…)

Sommaire
Unité 1 : Information et SI de l’entreprise 5
Unité 2 : Coûts et budgets 23
Unité 3 : Gestion des systèmes d’information 81
Unité 4 : Les TIC au service du système d’information 109
Unité 5 : Sécurité du SI 123

4
8 3936 TG PA 00
Unité 1
Informations et système
d’information de l’entreprise

u Contenu

Séquence 1 : système d’information, compléments ............ 7

1. Système d’information / Système informatique ......................... 7


2. Système d’information et organisation ....................................... 7
2A. Structure organisationnelle et SI ................................................................ 8
2B. Vers un pilotage des SI ................................................................................ 8

3. La fiabilité de l’information dans une organisation ................ 8

Séquence 2 : les divers systèmes d’information .................... 11

1. Le SI commercial ................................................................................... 11
2. Le SI comptable et financier ............................................................ 12
3. Le SI de la gestion de production et de la logistique ........... 12
4. Le SI de la gestion des ressources humaines ............................ 13

Séquence 3 : outils d’aide à la décision ....................................... 15

1. Les tableaux de bord .......................................................................... 15


1A. Management et décision ........................................................................... 15
1B. Tableau de bord stratégique / opérationnel ............................................. 15
1C. Mise en place du tableau de bord ............................................................ 16
1D. Étapes dans la construction d’un tableau de bord.................................. 16
1E. Exemples d’indicateurs .............................................................................. 17
1F. Présentation du tableau de bord .............................................................. 17
1G. Exemple ...................................................................................................... 17
2. Place des outils d’aide à la décision dans le système
d’information ......................................................................................... 19
2A. Informations et SIAD ................................................................................. 19
2B. SIAD et outils de simulation ...................................................................... 20
2C. Outils du SIAD ............................................................................................ 20

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Séquence 1
Système d’information,
compléments
Lors de la 1re année de préparation au BTS, vous avez vu ce qu’est un système
d’information (SI) en GEOSI. De plus, n’oubliez pas que vos matières sont liées
les unes aux autres, et donc l’analyse du SI que vous avez abordée en économie
d’entreprise prend toute sa place ici.
Nous allons donc, dans cette séquence, revenir uniquement sur la différence
entre SI et système informatique, avant d’aborder les points suivants : quels sont
les liens entre le SI et l’organisation d’une entreprise et comment qualifier une
« bonne » information ?

1. Système d’information / Système informatique


Le système d’information regroupe l’ensemble des moyens organisationnels, humains
et technologiques qui permettent à une organisation d’acquérir, de créer, de stocker, de
traiter, de mettre à jour et de communiquer les informations nécessaires à son activité.
Ceci ne se limite pas aux frontières de l’organisation, le système s’étend aux partenaires,
et même au monde entier (informations diffusées sur Internet). Cette ouverture du SI
de l’organisation vers l’extérieur doit être maîtrisée pour des raisons de sécurité et de
confidentialité.
Pour que le SI soit un avantage concurrentiel pour l’organisation, il faut qu’il soit
construit, organisé et géré avec une finalité commune. C‘est donc un ensemble finalisé
(avec un but) et organisé, qui, outre les moyens informatiques, a ses propres méthodes,
règles et procédures.
Ses trois fonctions principales sont la production d’informations pour le système opéra-
tionnel (aide à la gestion quotidienne), le système d’aide à la décision et la circulation
des informations.
Le système informatique quant à lui, ne représente que la partie technologique du SI,
soit l’ensemble des moyens de traitement de l’information. On y retrouve donc principa-
lement les matériels, logiciels et tout type de dispositif de communication numérique.

2. Système d’information et Organisation


Le mot « organisation » dans ce titre est vu sous deux angles :
• l’Organisation en tant qu’institution (une entreprise, une association…) ;
• l’organisation interne (structure organisationnelle), étendue aux partenaires : struc-
ture, unités de management, coordination entre les différentes unités…

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Unité 1

O rence
J’insiste ici sur la différence entre Organisation et organisation (une majuscule, quelle diffé-
!) mais sachez que les divers documents ou sujets d’examen qui vous seront présentés
ne feront pas toujours cette différence graphique. À vous d’analyser le contexte et de ne
pas faire de contresens.

2A. Structure organisationnelle et SI


La structure organisationnelle est l’ensemble des procédures et des moyens qui permet-
tent à une organisation de coordonner ses activités et ses diverses unités ainsi que de
gérer ses ressources humaines. Elle doit tenir compte et viser les objectifs généraux d’une
entreprise.
La question principale qui se pose au niveau de la relation SI – organisation est : le SI
doit-il s’adapter à la structure organisationnelle tout en favorisant son évolution, ou, au
contraire, le SI doit-il pousser à l’évolution de la structure organisationnelle en lui exhi-
bant ses nouveaux outils technologiques et en l’incitant à les mettre en œuvre pour pou-
voir bénéficier des avantages concurrentiels qu’elle pourrait lui produire ? La réponse est
(les 2 !!!!) difficile à trancher car l’organisation ne peut se plier à la technique, elle doit
pouvoir rester créative sans se limiter aux restrictions technologiques, mais la technolo-
gie évoluant, l’organisation ne peut rester sans réagir sous peine d’être dépassée par la
concurrence.
Voici deux exemples caricaturaux de cette ambivalence. Le système informatique (rap-
pel : qui fait partie du SI) doit résoudre les problèmes techniques liés à la mise en place
d’une certaine structure organisationnelle. Soit, dit autrement, l’informaticien doit cher-
cher des solutions techniques, pour mettre en place une évolution de la structure voulue
par les manageurs. D’un autre côté, la mise en place de TIC telles que celles favorisant le
travail collaboratif, la messagerie électronique… impliquent obligatoirement une adap-
tation de l’organisation à ces nouveaux modes de communication.

2B. Vers un pilotage des SI


Le double problème que nous venons d’évoquer a conduit les entreprises à modifier
leurs visions de l’apport du système d’information. On a évolué, dans la plupart des
grandes entreprises d’un management de l’informatique à un management des systèmes
d’information, en passant la plus souvent par la case « management de l’organisation et
des systèmes informatiques ».
Que des mots, que des mots… simplement un changement de terme ou de titre (de
« directeur informatique » à « directeur du SI ») … peut-être pour un collaborateur qui
ne voit qu’une part du SI, mais au niveau du pilotage de l’entreprise, cette distinction
tend à créer des effets positifs de synergie entre SI et organisation.

3. La fiabilité de l’information dans une organisation


L’information est devenue un élément clé pour le management d’une organisation, mais
comment gérer l’immensité des informations que crée ou manipule une organisation ?
De plus, la réactivité d’une entreprise, ou d’une organisation en général, aux événe-
ments qui se passent dans son environnement économique et social est aussi un point
clé de réussite. Il nous faut donc rajouter la variable « temps » dans la prise en compte
de la fiabilité des informations.

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8 3936 TG PA 00
Séquence 1 : système d’information, compléments

Nous allons nous limiter à énumérer quelques principes simples de « qualité » de l’infor-
mation.
• La fiabilité est le critère principal, il faut donc vérifier ses sources et analyser les prises
de positions que peuvent contenir une information, ainsi que considérer les traite-
ments précédents qui ont menés à cette information… De même, elle doit être précise
ou annoncer clairement ses critères d’imprécisions.
• Le critère temps nous impose un deuxième élément fondamental : l’actualisation, ou
mise à jour, d’une information. Cependant il faudra juger de la pertinence du délai de
mise à jour. Prenons un exemple simple : les cours boursiers. Ces derniers doivent être
connus en temps réel par les courtiers en Bourse qui fondent leur activité sur leurs
réactions immédiates aux fluctuations des cours ; en revanche, cette information ne
sera publiée qu’une fois par trimestre (ou par mois) aux petits porteurs qui ne sont pas
sans cesse le nez sur leurs portefeuilles de titres.
• L’information doit être pertinente, c’est-à-dire répondre au besoin d’un utilisateur et
être destinée uniquement aux utilisateurs intéressés (ne dit on pas « trop d’informa-
tions tue l’information » ?). De même, elle doit s’adapter à l’utilisateur. On ne va pas,
par exemple, détailler les mêmes choses concernant une moto si on s’adresse à un
acheteur, un réparateur ou un vendeur.
• La confidentialité d’une information et son accès relèvent de la sécurité du SI.

Rappel : la sécurité n’est que matérielle.

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Séquence 2
Les divers systèmes d’information
Le système d’information (SI) de l’organisation est unique et global. Avec la
notion d’entreprise étendue, il s’étend également vers les systèmes d’information
des entreprises partenaires. Mais pour les besoins d’analyse et, en entreprise pour
mieux cerner les domaines étudiés, on peut cependant regarder le SI sous un
angle particulier ou pour un domaine fonctionnel spécifique. C’est ce que nous
allons faire ici par l’analyse successive des divers SI d’une même organisation.
Dans tous les cas vous ne devez pas oublier que les ponts entre ces divers SI ne
permettent pas leur cloisonnement. Chaque fonction va s’interfacer avec les
autres.
Les progiciels de gestion intégrée, que nous verrons lors de la séquence 11, ten-
tent de proposer des outils pour l’ensemble de ces SI. Ils les différencient cepen-
dant par modules (gestion commerciale, de production…).

1. Le SI commercial
Le SI commercial ne se limite pas à la gestion des clients. Il intègre celle des approvision-
nements, et des stocks, il est donc lié au SI de gestion de production. De même au niveau
de la facturation, ses liens avec la gestion comptable ne peuvent être ignorés.
Au niveau de la relation avec les partenaires, on peut distinguer plusieurs domaines
sensibles pour le SI commercial.
• La gestion post-vente avec notamment les centres d’appels (call desk ou hot line) dont
l’automatisation et les besoins en informations (qualité et quantité) sont de plus en
plus importants et s’intègrent dans les points stratégiques de l’entreprise.
• La gestion des commerciaux, surtout ceux qui ne sont pas résidents dans l’entreprise,
bénéficie des accès distants, pour lesquels la sécurité doit être maximale. L’informatique
nomade (exemple : informations par téléphone portable) est intégrée au SI commercial
de l’entreprise ainsi qu’à celle des partenariats (exemple : information en temps réel
des partenaires technico-commerciaux).
• La veille concurrentielle est un facteur clé de succès pour l’entreprise. Elle ne se limite
pas aux recherches Internet, même si ces dernières sont d’un apport précieux. Nous
analyserons les systèmes de forage de données (data minima) qui permettent des ana-
lyses multidimensionnelles et prospectives de l’environnement de l’entreprise.
• L’individualisation de la relation avec certains clients (ou profilage) est un atout de
certaines grandes entreprises. Tout client n’a pas besoin d’être « profilé » de la même
façon, on va détailler plus ou moins son profil en fonction de son statut. Vous rencon-
trez facilement ce type de situation de profilage lorsque vous surfez sur Internet en
tant que client, ou simplement prospect. Par exemple, les magasins virtuels de musi-
que, livres, films… vous identifient lors de la connexion et vous proposent sur la page
d’accueil des produits auxquels vous êtes personnellement sensibles en fonction de vos
actions antérieures sur le site.

11
8 3936 TG PA 00
Unité 1

• La mise à jour constante des données et la réactivité : prix de ventes, nouveaux arti-
cles, nouvelles promotions, campagnes de communication proactive ou réactive… sont
aujourd’hui un élément indispensable dans les relations concurrentielles.
Les logiciels de GRC (gestion de la relation client ou CRM customer relationship manage-
ment) sont aujourd’hui très répandus. Ils tentent de prendre la place des PGI, avec une
spécialisation sur l’ensemble des activités commerciales.

2. Le SI comptable et financier
Ce SI recouvre les domaines suivants de l’organisation : comptabilité, finances, contrôle
de gestion, budgets, trésorerie.
Vous avez largement étudié ce SI dans le cours de 1re année, nous n’y reviendrons donc
pas.
L’analyse des SI suivants est explicitement au programme des étudiants qui font
l’option DA, mais il est conseillé de les lire, à titre de culture générale, pour le
BTS par ceux de l’option ARLE.

3. Le SI de la gestion de production et de la logistique


Le rôle de la gestion de production est d’organiser l’ensemble des activités de production
afin de répondre dans les meilleures conditions aux commandes des clients.
Les impératifs sont donc de :
• satisfaire les clients dans les délais et au niveau de qualité fixés ;
• ne pas avoir trop de stocks tout en s’assurant que les matières ou articles stockés
soient disponibles au moment voulu ;
• disposer de moyens matériels et humains adéquats au moment où l’on veut pro-
duire.
Et tout cela, au moindre coût.
Pour cela la gestion de production s’oriente vers des objectifs différents selon l’échéance
envisagée.
• À long terme, elle cherche à établir un plan de production et à définir les ressources
nécessaires (moyens matériels et humains) à la réalisation de ce plan de production.
• À moyen terme, elle vise à optimiser les approvisionnements, à gérer les stocks et à cal-
culer les charges découlant du programme de production pour les ajuster aux capacités
de l’entreprise mesurées par ses effectifs, ses horaires, ses moyens de production et à
déterminer éventuellement s’il faut faire appel à la sous-traitance.
• À court terme, elle se charge d’ordonnancer (planifier) les opérations sur les machines,
de suivre l’état d’avancement de la fabrication, et de fournir des éléments au contrôle
de gestion (cf. Séquence 8, planification).
En gestion de production, il est important que le SI permette :
• de décrire le processus complet de fabrication de chaque produit fini en distinguant les
diverses pièces (composants) qui composent ce produit, leur mode de production ou
d’approvisionnement et la façon dont ils vont ensuite être assemblés. Cette décompo-
sition peut se faire à plusieurs niveaux. La nomenclature est le document qui va réper-
torier cette décomposition avec le détail des tâches à réaliser à chaque étape (ou pour
chaque sous-produit) et les moyens matériels et humains nécessaires. Cf. Exercice ;
12
8 3936 TG PA 00
Séquence 2 : les divers systèmes d’information

• d’évaluer les besoins dans le temps tout en gérant au mieux les stocks ;
• de planifier les diverses tâches à réaliser. Lors de la séquence 8, vous aborderez quelques
techniques d’ordonnancement afin d’aboutir à des plannings concrets et réalistes ;
• de prévoir et d’adapter en fonction des besoins la logistique afférente à ces diverses
tâches de production.
Ces dernières années, au niveau de la logistique, l’évolution du commerce électronique a fait
considérablement avancer les méthodes ou les outils. De plus, c’est un domaine où la coopé-
ration entre partenaires (fournisseurs, entreposeurs, emballeurs, livreurs…) est forte, ce qui a
obligé les entreprises à développer leur Extranet en maîtrisant cette ouverture de leur SI sur
l’extérieur, y compris vers l’international aux régulations différentes des nôtres.
L’offre logicielle (progiciels) permettant de gérer la logistique est donc fort importante
et diversifiée (large gamme de fonctionnalités disponibles, spécialisation par grands
domaines d’activités, traçabilité…).

4. Le SI de la gestion des ressources humaines


Longtemps la gestion des ressources humaines (GRH) a été assimilée à la gestion (admi-
nistrative) du personnel : élaboration des bulletins de salaires et des documents compta-
bles et fiscaux afférents, tenues des registres du personnel…
Or la GRH recouvre aujourd’hui tous les points relatifs au salarié dans l’entreprise. On
peut nommer par exemple :
• le recrutement : définition et description des postes actuels et prospectifs, anima-
tion et gestion de toute la procédure de recrutement ;
• la politique salariale : salaires, incitations financières diverses, épargne salariale,
avantages divers… ;
• la formation et le suivi de carrière ;
• la communication interne ;
• la santé et le respect des conditions d’hygiène et de sécurité…
De plus, les cadres de la GRH interviennent dans de nombreux projets relatifs aux SI non liés
directement à la GRH : confidentialité des données, installation d’un collecticiel, d’une base
de connaissances, accès à Internet… Vous analyserez ces outils lors des séquences 11 et 12.
La paie avec ses nombreuses législations complexes et changeantes est la partie du SI
qui est la plus souvent externalisée (surtout dans les petites et moyennes entreprises).
En revanche, les autres domaines touchant à la GRH sont en général gérés en interne, vu
qu’il s’agit d’un sujet « sensible » pour l’entreprise.
De nombreux progiciels de GRH existent sur le marché, lors d’une acquisition, outre leurs
diverses fonctionnalités, les possibilités de paramétrage sont à étudier en détail afin de
ne pas enfermer l’entreprise dans un mode de gestion qui ne lui conviendrait pas.
Nous avons parcouru l’analyse des principaux sous-SI de l’organisation, cependant n’oubliez
pas que ce découpage du SI global de l’organisation en sous-systèmes n’est qu’un moyen pour
appréhender les diverses facettes du SI et pour mieux le gérer. Les interactions entre ces divers
sous-systèmes d’information sont constantes et le SI global de l’organisation ne fait qu’un.

13
8 3936 TG PA 00
Unité 1

Exercice 1

Exercice de calcul de besoins en gestion de la production


Une fabrique de montures de lunettes fabrique, entre autres, deux types de montures que nous
appellerons M1 et M2. La monture M1 est composée de deux éléments : la partie faciale avec
son système incorporé de fixation aux branches, que nous appellerons l’élément F1 et une paire
de branches, que nous appellerons B1.
La monture M2 est composée d’une partie faciale F2 et de la même paire de branches que pour
le modèle précédent, soit B1.
• Voici le nombre de commandes de montures à livrer pour les semaines à venir :

Semaine 1 2 3 4 5
M1 500 480 530 450 420
M2 220 240 260 250 240

• Voici le stock réel au début de la semaine 1 et le stock de sécurité (stock minimal désiré à tout
moment) de chaque élément ainsi que le temps de montage de chaque élément.

Éléments M1 M2 F1 F2 B1
Stock début semaine 1 160 70 160 70 200
Stock de sécurité 140 50 150 60 200
Temps montage unitaire 0,07 * 0,06 0,03 0,03 0,01
* 0,07 : pour monter une monture M1, il est nécessaire de passer 0,07 heure.

1. Décrire, sous forme d’arbre (de hiérarchie) la partie de la nomenclature des deux montures
qui détaille simplement les produits finis et les éléments qui les composent.
2. Déterminer les besoins des divers éléments et le nombre d’heures de travail pour les semai-
nes à venir.
Il est conseillé de faire cette question à l’aide d’un tableur. Vous pourrez, pour cela réaliser un
tableau de ce type :

Besoins nets 1 2 3 4 5
Montures M1
Montures M2
F1
F2
B1
Temps de production

On considère maintenant que le temps de production disponible pour le montage de M1 et


de M2 n’est que de 75 heures par semaine, en tenant compte du temps de disponibilité des
machines, de la préparation des diverses tâches et de la disponibilité de la main-d’œuvre.
3. Quel est le problème qui se pose pour la production des montures M1 et M2 lors des cinq
prochaines semaines ?
4. Donner des pistes générales pour remédier à ce problème (calculs inutiles).

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8 3936 TG PA 00
Séquence 3
Outils d’aide à la décision
Le vocable « outil d’aide à la décision » couvre un large champ, du simple petit
tableau tenu à la main et qui a une durée de vie très courte, à d’importants sous-
systèmes d’information qui font appel à des outils de génie logiciel complexes.
Mais ils ont tous un point commun, ils servent au décideur pour l’éclairer dans
sa connaissance du domaine étudié et, lorsqu’il s’agit de prendre une décision,
l’aider à évaluer les divers scénarios qui se présentent à lui ou qu’il crée.
Dans cette séquence nous nous limiterons aux tableaux de bord de gestion, même
si leurs homologues scientifiques et techniques présentent les mêmes caractéristi-
ques. Nous allons tout d’abord présenter les tableaux de bord avant d’analyser la
place des outils d’aide à la décision dans le système d’information.

1. Les tableaux de bord


Un tableau de bord est un outil d’aide à la décision qui présente au décideur des élé-
ments pour l’aider dans ses choix. Les éléments présentés concernent à la fois l’état de
certains indicateurs importants pour la gestion de l’entreprise, et la comparaison de leur
niveau avec un niveau prévu d’avancement en fonction des objectifs fixés.
Replaçons tout d’abord les tableaux de bord dans leur contexte avant de détailler leur
mise en œuvre et leur utilisation.

1A. Management et décision


L’une des bases du management est de mettre en place des objectifs pour l’organisation,
puis de déterminer les moyens et actions nécessaires pour les atteindre. On va ensuite
prévoir leur mise en œuvre, puis tout au long de la phase de réalisation on va compa-
rer les résultats obtenus à ceux escomptés. En fonction des écarts, et surtout de leur
ampleur, qui se présenteront entre ces deux niveaux, le décideur pourra agir par des
actions correctrices.

1B. Tableau de bord stratégique / opérationnel


Les tableaux de bord stratégiques concernent le pilotage à long terme de l’organisa-
tion. On y trouve des éléments mesurant la performance à long terme : les avantages
concurrentiels, des outils qui aident à traduire la stratégie globale en objectifs concrets,
des données sur le capital humain, les éléments immatériels, l’évolution des marchés…
Beaucoup de ces éléments viennent de la cellule de veille informationnelle de l’organi-
sation qui utilise pour cela des outils sophistiqués de recherche, agrégation et traitement
approprié de l’information.
Les tableaux de bord opérationnels (ou « de gestion » ou « de pilotage opérationnel »)
sont centrés sur des éléments plus ciblés de l’entreprise : un service, un projet, … Ils vont

15
8 3936 TG PA 00
Unité 1

directement avertir chaque responsable de la situation réelle par rapport à la situation


prévue. Ces indicateurs vont présenter les écarts entre prévisions et réalisations et mettre
en place des « systèmes d’alerte » en fonction de l’importance de ces écarts. Ces indica-
teurs sont souvent le fruit de l’agrégation de multiples données (recueil, sommation,
regroupement...).
C’est essentiellement sur ce type de tableaux de bord que porte cette partie du cours.

1 Prévisions Réalisations 2

Contrôles

Actions
correctrices

1C. Mise en place du tableau de bord


À partir d’un objectif général fixé on va réfléchir sur les actions et moyens à mettre en
œuvre. Pour chaque action on déterminera des critères de réussite, et pour chacun d’eux
on se fixera des indicateurs qui permettent de le « mesurer ». On aura donc un ensemble
de mesures qui contribueront à approcher l’avancement de ces objectifs, chacune d’elles
pouvant être approchée par un ou plusieurs indicateurs. Tout ceci va conduire à la défi-
nition de prévisions.
On va ensuite réaliser l’action déterminée.
À chaque étape ou sous-étape on comparera (contrôle) alors les prévisions aux réalisa-
tions. S’il y a des écarts ente les deux on en cherchera les causes. Si besoin est, on appor-
tera des actions correctrices au cours de la réalisation.

1D. Étapes dans la construction d’un tableau de bord


Tout tableau de bord présente un ensemble d’indicateurs.
Un indicateur peut se rapporter à un projet, une entité (service…) de l’organisation, un
élément transversal… On ne peut donc vous présenter une « recette miracle » qui puisse
satisfaire toutes les situations. On peut cependant dégager quelques critères.

16
8 3936 TG PA 00
Séquence 3 : outils d’aide à la décision

La procédure générale vers la mise en place de tableaux de bord est la suivante :


• découpage d’un objectif principal en missions ;
• pour chaque mission déterminer le(les) facteur(s) à surveiller (élément de gestion,
partie d’un projet…) qui doivent influer directement sur l’objectif de management
visé ;
• définir les divers indicateurs qui serviront à apprécier ce facteur (indicateurs de
résultat, de moyen ou de processus) et préciser pour chaque indicateur son niveau
attendu ainsi que ses fourchettes d’acceptabilité (valeurs minimale et maximale
« acceptables », valeurs minimale et maximale « critiques »…) ;
• identifier les destinataires de chaque indicateur.

1E. Exemples d’indicateurs


Production : nombre de produits fabriqués, nombre de produits semi-finis mis à dispo-
sition d’une autre entité de l’organisation…
Commercialisation : nombre de produits vendus, taux d’augmentation de l’image de
marque, nombre de points de ventes, rentabilité d’un point de vente ramené à sa surface
(par m2), nombre de nouvelles cartes de fidélité…
Service client : taux de satisfaction client, nombre de cas traités, rapport des cas résolus
sur les cas soumis…
Service financier : rentabilité des actifs placés, taux de rotation des actifs, évolution de
la valeur ajoutée, valeurs empruntées/autofinancement…
GRH : nombre d’arrêts de travail, satisfaction générale des employés, nombre de pro-
positions d’innovation, taux de participation aux activités péri professionnelles, taux de
rotation, participation aux élections…

1F. Présentation du tableau de bord


La lisibilité en suivant un axe allant du général au particulier doit guider la construction
d’un tableau de bord.
Les présentations sous formes de graphiques, de tableaux à double entrée, de plannings,
de liens hypertexte pour les détails ou les liens entre tableaux de bord sont à préférer
pour leur lisibilité. Cependant des commentaires concis et précis ne peuvent qu’éclairer
le lecteur.
Le concepteur du tableau de bord ne doit en aucun cas réaliser l’interprétation à la place
du décideur. Il doit simplement le guider par une présentation adaptée au lecteur mais
surtout à la situation traitée et son « degré de gravité ».

1G. Exemple
Le directeur commercial d’une petite entreprise de biscuits désire connaître, à la fin de
chaque mois, la répartition mensuelle des ventes réalisées par type de biscuits. Un simple
graphique de ce type permet de le renseigner. Cependant on peut lui proposer des gra-
phiques comparatifs dans le temps s’il désire connaître l’évolution de cette répartition.

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8 3936 TG PA 00
Unité 1

Le directeur commercial, destinataire de ce tableau de bord, voulait, en outre, en prio-


rité, être averti trimestriellement des ventes qui n’obtiendraient pas 70 % des prévisions
et de celles qui excéderaient d’au moins 30 % les prévisions.

Choco+ CrousGaufr’ VitaFruit


Ventes
P R % R/P P R % R/P P R % R/P
Janvier 32 35 109,38 22 20 90,91 45 45 100,00
Février 30 30 100,00 21 19 90,48 44 71 161,36
Mars 33 32 96,97 22 13 59,09 46 52 113,04
Trimestre 95 97 102,11 65 52 80,00 135 168 124,44

P = prévision, R = réalisation, % R/P= pourcentage de réalisation par rapport aux prévisions.

Ce tableau répond à ses attentes. En effet, il voit avant tout la faiblesse des ventes
de CrousGaufr’ en mars (environ 60 % des prévisions) et les ventes exceptionnelles de
VitaFruit en février (161% des prévisions).
Mais ce tableau ne montre pas que ces deux chiffres importants.
La ligne trimestre nous permet de connaître les résultats, et leur performance par
rapport aux objectifs fixés pour les trois mois. On peut, par exemple, en déduire que
les Choco+ se vendent comme cela été prévu (total des réalisations par rapport aux
prévisions proche de 100%) ; que les CrousGaufr’ sont en baisse de 20% par rapport aux
ventes espérées sans jamais les atteindre, alors que les VitaFruit se vendent mieux que
prévu (ceci étant dû au chiffre exceptionnel de février).
Mais le directeur commercial ne peut se contenter de ces conclusions pour prendre ses
décisions, il doit tenir compte d’autres éléments :
• possibilités de prévisions trop ambitieuses ou pessimistes ;
• campagnes de promotion non prises en compte ;
• problèmes provenant d’une attaque de la concurrence ;
• problème sanitaire ou de réglementation…
Comme nous l’avons montré dans cette première partie, un tableau de bord est avant
tout un outil d’aide à la décision. Il informe le décideur sur la situation, l’aide à réaliser ses
prévisions et surtout l’avertit lorsque certains indicateurs « passent au rouge », tout ceci
afin de l’aider dans ses prises de décisions. En aucun cas (sauf rares cas d’automatisation

18
8 3936 TG PA 00
Séquence 3 : outils d’aide à la décision

décidés par le responsable) le tableau de bord ne va pas prendre de décision à la place


du responsable.
Outre ces tableaux de bord, le système d’information de l’entreprise est doté d’outils
plus généraux d’aide à la décision que nous allons voir maintenant.

2. Place des outils d’aide à la décision dans le système


d’information
Le sigle SIAD revêt diverses significations :
• système d’information d’aide à la décision ;
• système informatique d’aide à la décision ;
• système interactif d’aide à la décision.
La première proposition fait appel à la notion d’information et de système d’informa-
tion. En effet, comme nous l’avons vu dans les tableaux de bord, les productions résul-
tant d’un SIAD sont basées sur des données qui ont été agrégées, retraitées, triées… Ces
données ne sont produites et n’ont de sens que dans un système d’information cohérent
au service de l’organisation.
La deuxième proposition diffère de la précédente par le mot informatique, elle est
donc axée vers la dimension « technique » et se réfère à tous les éléments matériels,
organisationnels et humains qui permettent au système d’information (de décision) de
fonctionner.
La dernière proposition est, quant à elle, plus axée vers les outils, outils logiciels prin-
cipalement. Le vocable « interactif » replace le décideur face à la nécessaire rapidité
d’analyse et d’action, élément stratégique de l’organisation d’aujourd’hui face à la réa-
lité concurrentielle.
Concrètement, dans l’organisation actuelle, le SIAD englobe ces trois pôles.
Nous allons voir successivement quelles sont les informations qui vont alimenter le SIAD,
puis nous présenterons l’intérêt des outils de simulation pour le décideur, avant d’ébau-
cher l’architecture générale d’outils de SIAD.

2A. Informations et SIAD


Comme nous l’avons vu toute information du système d’information ne va pas se retrou-
ver dans le SIAD. En effet ces informations ont besoin d’être agrégées (recueillies, conso-
lidées et éventuellement épurées) avant d’être présentes dans les données disponibles
pour le décideur.
En revanche, des informations stratégiques et de pilotage vont venir compléter les don-
nées quotidiennes de l’organisation, ou tout au moins privilégier certains axes d’étude.
C’est pourquoi on parle de SIAD comme d’un sous-système d’information.
Ce sous système d’information va se nourrir sans cesse des informations opérationnelles
« prélevées » sur le système d’information assurant la gestion quotidienne.

19
8 3936 TG PA 00
Unité 1

Pour assurer correctement et rapidement (n’oubliez pas le terme « interactif ») cette


« remontée » des informations, des procédures organisationnelles spécifiques au SIAD
vont être mises en place.

2B. SIAD et outils de simulation


Nous vous avons présenté les tableaux de bord comme des outils permettant de mettre
en place des prévisions, de comparer ensuite ces dernières avec la réalité afin d’avertir
le décideur de divergences importantes qui devraient l’amener à prendre des mesures
correctrices.
Pour l’aider davantage dans cette dernière partie le SIAD va lui permettre de faire des
prévisions.
Face à une décision à prendre, le décideur va pouvoir émettre des scénarii, scénarii qui
peuvent être, en partie, proposés par le système de SIAD si ce dernier est correctement
paramétré, conformément aux objectifs du décideur. La réalité va alors être modélisée
en prenant en compte les mises à jour continuelles de la gestion quotidienne et de l’en-
vironnement. Le décideur, en fonction des scénarii entre lesquels il hésite, va pouvoir agir
sur une ou quelques variables et évaluer les résultats probables de ses décisions.

2C. Outils du SIAD


Les outils, principalement logiciels, seront vus dans la séquence relative aux outils des
technologies de l’information et de la communication.
On peut citer ici principalement les entrepôts de données (datawarehouse) et leurs outils
complémentaires de forage de données (datamining) pour l’extraction des données per-
Exercice
tinentes 1 certains axes d’étude.
selon
Nous sommes dans un centre d’appel spécialisé dans l’assistance à l’utilisation d’impri-
mantes. Nos clients sont des sociétés et nos usagers (ceux qui nous appellent) sont des
employés de ces sociétés. Ces derniers téléphonent pour tout problème d’installation,
de paramétrage, d’utilisation en réseau ou de maintenance de plusieurs types d’impri-
mantes.
Le service commercial de notre entreprise envisage de modifier les contrats des clients
en spécifiant que :
– tout problème de paramétrage ou d’installation sera traité en moins de dix minu-
tes ;
– tout problème de maintenance devra être traité en moins de trois appels ;
– tout problème lié au réseau doit être traité en une journée maximum.
La direction commerciale de notre entreprise désire mettre en place un tableau de bord
afin de mesurer cette activité et analyser si ces nouveaux types de contrats pourraient
être honorés par nos services.
1. Quel est l’objectif de la mise en place de ce tableau de bord ?
2. À quel type d’entité (service, projet…) s’intéresse t-il ?
3. Définir des critères de réussite.
4. Pour chaque critère retenu définir des indicateurs permettant de mesurer sa réalisation.
Pour chaque indicateur donner sa valeur « attendue », ainsi que les valeurs extrêmes
(faibles et fortes) qui devront être signalées de toute urgence au décideur.

20
8 3936 TG PA 00
Séquence 3 : outils d’aide à la décision

Exercice 2

Pour chacune des affirmations suivantes concernant les tableaux de bord, dire si elle est vraie
ou fausse en argumentant votre réponse.
1. Tout indicateur doit être mesurable en numéraire (euros, dollars…) ou en quantité (lot,
unité…).
2. Le tableau de bord de l’entreprise est unique.
3. Grâce au tableau de bord le décideur peut mettre en place des actions correctrices.
4. C’est le décideur qui définit les niveaux d’acceptabilité de chaque indicateur du tableau de
bord.
5. Toutes les variables qui jouent sur le résultat espéré doivent figurer sur un tableau de
bord.
6. Si un niveau de « réalisation » est inférieur au niveau de « prévision » alors il faut immédia-
tement mettre en place une action corrective.

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Unité 2
Coûts et budgets
u Contenu

Séquence 4 : les coûts complets ....................................................... 25

1. Présentation de la comptabilité de gestion............................... 25


1A. Comptabilité générale / comptabilité analytique ..................................... 25
1B. Principes généraux de la détermination des coûts ................................. 25
1C. De la totalité des charges aux charges incorporables aux coûts ........... 27
1D. Charges directes et indirectes ................................................................... 29

2. Les centres d’analyse .......................................................................... 31


2A. Les principaux centres d’analyse .............................................................. 31
2B. Les unités d’œuvre ..................................................................................... 31

3. Le calcul du coût complet ................................................................. 32


3A. Les diverses étapes .................................................................................... 32
3B. La répartition des charges indirectes ....................................................... 33
4. Coût d’achat, stocks de marchandises
et d’approvisionnements .................................................................. 36
4A. Coût d’achat................................................................................................ 38
4B. Stock de marchandises et approvisionnements ...................................... 39

5. Coût de production et stocks de produits .................................. 40


6. Coût de revient des produits vendus ........................................... 41
7. Résultat analytique.............................................................................. 42
8. Résumé du calcul des coûts complets .......................................... 42

Séquence 5 : les coûts variables ....................................................... 47

1. Distinction coûts variables/coûts complets................................ 47


2. Les charges et leur évolution .......................................................... 48
2A. Les charges fixes et variables .................................................................... 48
2B. Le calcul des charges .................................................................................. 49

3. L’analyse des marges .......................................................................... 51


3A. La marge sur coût variable ........................................................................ 51
3B. Le taux de marge sur coût variable .......................................................... 51

4. Le seuil de rentabilité ......................................................................... 52


4A. Définition .................................................................................................... 52
4B. Détermination du seuil de rentabilité ...................................................... 53

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Unité 2

4C. Représentation graphique ......................................................................... 53


4D. Temps et seuil de rentabilité ..................................................................... 54

5. Le compte de résultat différentiel et la prise de décision .... 55


5A. Le compte de résultat différentiel ............................................................ 55
5B. Coûts variables et prise de décision ......................................................... 55

Séquence 6 : budgets et analyse de la performance ......... 59

1. Introduction, principaux concepts ................................................. 59


2. Comment budgétiser ? ....................................................................... 60
3. Les divers budgets ............................................................................... 61
3A. Budget des ventes ...................................................................................... 62
3B. Budget des achats et autres charges ........................................................ 63
3C. Budget de la TVA ....................................................................................... 64
3D. Budget de trésorerie .................................................................................. 65

4. L’analyse des budgets et de leur réalisation ............................. 66

Séquence 7 : rentabilité et financement


d’un investissement ................................................................................... 69

1. Flux nets de trésorerie ....................................................................... 69


1A. Calcul des flux nets de trésorerie ............................................................. 70

2. Valeur actuelle nette et choix d’investissement ...................... 71


2A. La notion d’actualisation ........................................................................... 71
2B. Actualisation des flux nets de trésorerie ................................................. 71
2C. Calcul de la VAN ......................................................................................... 72
2D. Choix d’un investissement ........................................................................ 72
2E. Délai de récupération du capital investi .................................................. 73

3. Modes de financement d’un investissement ............................ 74


3A. L’autofinancement...................................................................................... 74
3B. L’augmentation de capital ......................................................................... 74
3C. L’emprunt .................................................................................................... 74
3D. Le crédit bail ............................................................................................... 74
3E. La subvention d’investissement ................................................................ 74

4. Financement par emprunt ................................................................ 74


4A. Remboursement in fine ............................................................................. 75
4B. Remboursement par amortissements constants ..................................... 75
4C. Remboursement par annuités constantes................................................ 76

5. Plan de financement d’un investissement ................................. 77


6. Rentabilité d’un projet avec financement externe ................. 77

24
8 3936 TG PA 00
Séquence 4
Les coûts complets
1. Présentation de la comptabilité de gestion

1A. Comptabilité générale / comptabilité analytique


Comme vous l’avez vu l’an dernier, la comptabilité générale a deux buts :
• l’un interne : connaître à tout moment la situation financière de l’entreprise et pou-
voir prendre des décisions de gestion pour améliorer la compétitivité de l’entreprise
ou corriger les éventuels problèmes (aidé pour cela par l’analyse financière) ;
• l’autre externe : informer les banques, fournisseurs, État (administration fiscale...).
Pour atteindre ces buts, la comptabilité générale doit être normalisée et conçue de façon
à représenter la situation patrimoniale de l’entreprise de manière standard c’est-à-dire
d’une manière commune à toutes les organisations.
De son côté, la comptabilité de gestion va s’occuper de calculer des coûts, tels que le coût
de revient d’un article ou d’un service produit par l’entreprise.
Le résultat du calcul du coût servira en tant que tel pour déterminer, par exemple, le prix
de vente d’un article.
Le calcul des coûts va également permettre d’analyser la structure de ces coûts. On
peut, par exemple, connaître l’ensemble des frais d’un service de l’entreprise et pouvoir
ainsi apporter des actions correctrices sur la gestion de ce service.
On peut aussi utiliser la connaissance de ce que nous coûte un approvisionnement
externe pour décider soit de continuer d’acheter cet approvisionnement à l’extérieur de
l’entreprise soit de le produire en interne.
Ce dernier exemple nous montre que la comptabilité de gestion est bien un outil au
service du décideur car elle l’informe sur des indicateurs de gestion de l’activité.
C’est ensuite au décideur de choisir une ligne de conduite à suivre, indépendamment des
résultats de la comptabilité de gestion.
Par exemple, dans le cas d’un approvisionnement externe qui lui coûte trop cher, il peut
décider de continuer à l’acheter à l’extérieur car il n’a pas, et ne désire pas avoir, les com-
pétences nécessaires pour le produire, ou parce qu’il désire développer un partenariat
avec son fournisseur.

1B. Principes généraux de la détermination des coûts

1B1. Coût / prix


On appelle un coût, la somme des charges relatives à un élément défini par l’entreprise
elle-même (exemple : un article fabriqué).
Ne pas le confondre avec un prix qui correspond à ce que le consommateur paye pour
acheter quelque chose.

25
8 3936 TG PA 00
Unité 2

1B2. Approche du calcul et de la structure des coûts par un exemple


Pour vous, le prix d’achat de votre micro-ordinateur est représenté par le montant que
vous payez au magasin dans lequel vous l’achetez.
Mais pour déterminer son coût d’achat il faudrait rajouter à ce prix d’achat le montant
des diverses revues informatiques que vous avez éventuellement achetées pour vous
informer, le montant de l’essence que vous avez consommée pour vous rendre au maga-
sin, le montant du ticket de parking…
Ces premiers éléments sont faciles à déterminer, ils sont directement imputables à l’achat
de l’ordinateur et leur montant est aisé à trouver.
Supposons maintenant que le jour de cet achat vous ayez garé votre voiture au parking
puis que vous ayez fait diverses courses ou promenades avant d’acheter votre ordina-
teur. Vous ne pouvez raisonnablement pas considérer que la totalité du temps de par-
king facturé concerne votre ordinateur. Va-t-on considérer que le montant du parking
qui concerne l’achat de l’ordinateur doit être proportionnel au temps passé à cet achat
(par rapport au temps total de parking) ou proportionnel aux montants des achats du
jour ?
Cet exemple, simpliste, peut vous paraître un peu exagéré. En effet, qui voudrait, à titre
personnel, déterminer au centime près le coût de son ordinateur ?
Mais pour une entreprise, ces coûts annexes vont être d’une toute autre importance.
Au simple prix du ticket de parking peut se substituer, par exemple, tous les frais enga-
gés par un service de maintenance du matériel. Ce service a du matériel (telles que des
machines de plusieurs milliers d’euros), du personnel, des frais d’administration… Il va
falloir tout d’abord rechercher et évaluer toutes les charges afférentes à ce service. Puis
lorsqu’on aura le montant global (annuel ou mensuel) de ce qu’il coûte à l’entreprise,
nous considérerons qu’il « refacture » ses prestations aux divers autres services de l’en-
treprise. Pour effectuer cette « refacturation » il faudra alors déterminer un critère de
répartition. On pourra, par exemple, décider que l’ensemble des charges du service
maintenance d’une entreprise sera refacturé à chacun des autres services en fonction des
heures passées à réparer ou maintenir les équipements du service « client », c’est-à-dire
celui qui bénéficie des prestations de maintenance.
Tout ceci devrait nous mener, étape par étape, à calculer le coût global pour l’entre-
prise d’avoir un certain service (exemple : le service de maintenance). Ce coût global
sera ensuite ventilé selon les prestations que ce service offre aux autres services. Ceci
va augmenter l’ensemble des charges afférentes aux services d’approvisionnement, de
production ou de commercialisation et nous permettre enfin d’obtenir le coût de revient
d’un article vendu par l’entreprise en ayant tenu compte de toutes les charges de l’or-
ganisation.

1B3. Calcul des coûts et décisions de gestion


Comme nous venons de le voir, le fait de « refacturer » en fonction des heures passées
n’est pas neutre sur le montant total des charges du service qui reçoit la prestation. On
aurait aussi pu choisir de « refacturer » sur la base d’un autre critère tel que le niveau de
complexité de la réparation. Si on avait choisi de « refacturer » en fonction du niveau de
délai d’intervention (désir d’un service plus ou moins rapide) choisi par le service consom-
mateur, les résultats ne seraient pas les mêmes. En revanche, l’incitation à la rapidité ou
le niveau d’exigence du service qui reçoit la prestation n’aurait pas été identique.

26
8 3936 TG PA 00
Séquence 4 : les coûts complets

Le choix des divers indicateurs de gestion à prendre en compte dans le calcul des coûts
va donc influer directement sur le montant de ces coûts ainsi que sur l’activité et le
management de l’entreprise.
De même, ces coûts vont, en aval, servir à revoir certaines activités, certains prix de vente,
à modifier l’organisation de l’entreprise pour être plus compétitifs, abandonner certains
produits ou s’orienter vers d’autres…
Le calcul des coûts est donc un instrument d’information pour le décideur et a pour
objectif de l’aider non seulement à suivre la gestion quotidienne mais également à
prendre des décisions stratégiques pour l’entreprise.
De même, le calcul des coûts peut être prévisionnel pour servir à évaluer tous les
coûts afférents à une nouvelle activité ou un futur produit.
Nous voyons ici que le choix des indicateurs de gestion influe sur le calcul des coûts
qui, à leur tour, influencent sur les décisions de gestion.

1B4. Divers niveaux de coûts


On distingue généralement, et dans cet ordre :
• les coûts d’achat (ou d’acquisition, ou d’approvisionnement) ;
• les coûts de production ;
• les coûts de revient (= coûts complets comprenant toutes les charges courantes) y
compris les coûts de commercialisation.
Les coûts se calculent dans cet ordre car dans le coût de production, par exemple, on
intégrera le coût d’achat des matières qui seront utilisées lors de la phase de produc-
tion.
Certaines entreprises, qui ne font que revendre des produits qu’elles achètent peuvent
ne pas avoir de coût de production.
Vous trouverez, dans certains manuels, le fait que l’on puisse passer par une phase inter-
médiaire entre le calcul du coût de production et celui de revient en calculant un coût
de commercialisation (ou distribution). Ici, nous intégrerons ces frais au calcul du coût
de revient.

1C. De la totalité des charges aux charges incorporables aux coûts


Pour déterminer un coût, on doit répertorier toutes les charges imputables à ce coût. Le
principe, pour recenser toutes ces charges, est le même que dans l’exemple de l’achat
de votre micro-ordinateur, où nous avions récupéré le ticket du parking et les autres
éléments des frais afférents à cet achat.
On va, pour cela, se servir des charges de la comptabilité générale en y apportant quel-
ques modifications.

1C1. Les charges incorporables aux coûts


Charges non incorporables
Toutes les charges de la comptabilité générale (classe 6) n’entrent pas forcément dans le
calcul des coûts. Certaines ont un caractère exceptionnel ou anormal, comme, par exem-
ple, les frais relatifs à la reconstruction suite à un incendie.

27
8 3936 TG PA 00
Unité 2

Il est naturel de prendre en compte ces charges exceptionnelles dans la comptabilité


générale de l’entreprise afin de respecter le principe comptable « d’image fidèle » et
parce que ces frais ont grevé la santé financière de l’entreprise.
Mais ces charges, exceptionnelles, ne vont pas rentrer dans le calcul global des coûts afin
de ne pas gonfler artificiellement le coût de revient unitaire d’un produit, ce qui pourrait
influencer négativement les décisions de gestion futures.
Charges incorporables après vérification de la période
De même, la périodicité de calcul des coûts (le mois, le trimestre ou le semestre) est en
général plus courte que la durée de l’exercice comptable, qui lui est généralement d’une
année.
Certaines charges enregistrées globalement en comptabilité générale au moment de
leur survenance, ne sont pas toutes « consommées » pour le même but et leur « utilisa-
tion » varie au cours du temps.
Dans le calcul des coûts, il ne faudra imputer que la partie réellement consommée pen-
dant la période considérée et pour l’activité considérée.
Certaines charges annuelles, comme la dotation aux amortissements, ne sont calculées
qu’une seule fois par exercice comptable (ici généralement en fin d’année civile, le 31
décembre). Or, pour le calcul des coûts, nous aurons besoin de connaître leur montant
avant cette date, soit avant qu’elles n’entrent en comptabilité générale.
Exemple 1 : si la dotation annuelle aux amortissements (calculée en fin d’exercice comp-
table) est de 3 000 €, on va répartir cette charge sur chaque mois (3 000/12 = 250 € / mois).
En comptabilité de gestion on va intégrer cette somme mensuelle dès le calcul du 1er mois
de l’année, alors qu’en comptabilité générale le montant total ne sera calculé et pris en
compte qu’en fin d’année.
Exemple 2 : une entreprise paie au début de chaque trimestre un loyer de 600 €, cette
somme est donc comprise dans les charges en comptabilité générale dès les premiers
jours du trimestre. Si on calcule des coûts pour un mois en début de trimestre, on ne
prendra en compte que 200 € alors que les 600 ont déjà été enregistrés en comptabilité
générale.
Ne pas oublier que toute charge est enregistrée dans sa totalité en comptabilité géné-
rale au moment où on dispose de la pièce comptable correspondante. Alors qu’en
comptabilité de gestion, elle n’est prise en compte qu’à la période correspondant à sa
consommation réelle.

1C2. Les charges non enregistrées en comptabilité générale


La comptabilité de gestion prend en considération des charges qui ne figurent pas dans
la comptabilité générale en classe 6 : les « charges supplétives ».
Ces charges permettent d’obtenir des coûts qui ne dépendent ni du statut juridique de
l’entreprise ni du mode de financement.
Exemple 1 : la rémunération du travail (salaire) du chef d’entreprise individuel n’est pas
considérée comme une charge car ce dernier est rémunéré par ses prélèvements sur les
bénéfices, et non par un salaire. Cependant, lors du calcul des coûts, l’incorporation de
cette rémunération facilite la comparaison avec les coûts des entreprises dont les diri-
geants ont un statut de salarié.

28
8 3936 TG PA 00
Séquence 4 : les coûts complets

Exemple 2 : la rémunération théorique des capitaux propres (comme si on les avait placés
pour qu’ils rapportent) permet d’obtenir des coûts comparables à ceux d’une entreprise
financée par des emprunts.
En général on ne trouve que ces deux seuls types de charges supplétives.

1C3. Quelles charges retenir ?

Comptabilité générale Comptabilité de gestion

Charges non
Charges incorporables
de la classe 6 Charges
incorporables Charges
incorporées
Charges aux coûts
supplétives

Application
Les charges recensées par l’entreprise « InfoCned » s’élèvent à 313 800 € pour l’année N
(dont 1 230 € d’exceptionnelles). Le responsable considère que les charges exceptionnelles ne
doivent pas être retenues pour le calcul des coûts, mais il estime devoir tenir compte d’une
rémunération de 4% l’an du capital qui s’élève à 43 000 €.
Déterminer les charges incorporables
Ici, on considère (par défaut) qu’on calcule les coûts sur la même période que celle de cons-
tatation des charges, l’année N.

Total des charges 313 800


Charges non incorporables (charges exceptionnelles) – 1 230
Charges supplétives (rémunération du capital à 4%) + 1 720
Charges à prendre en compte pour le calcul des coûts 314 290

1D. Charges directes et indirectes


Reprenons l’exemple de l’achat de votre micro-ordinateur. Si vous n’achetez que cela
au magasin d’informatique ce jour là, le prix figurant sur la facture sera directement
imputable au coût de revient de votre ordinateur.
En revanche, nous avons vu que si vous avez fait diverses courses ou que vous vous êtes
promenés avant d’acheter votre ordinateur, la totalité du temps de parking facturé ne
pourra concerner votre ordinateur. Le prix du parking ne peut directement être incor-
poré au coût d’achat du micro-ordinateur. Il va falloir déterminer à quelles activités
l’imputer (achat de l’ordinateur, ballade, courses diverses…) puis réaffecter à l’achat de
l’ordinateur la partie le concernant. Le parking est donc ici une charge indirecte.

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8 3936 TG PA 00
Unité 2

1D1. Les charges directes


Elles sont affectées directement au coût calculé. C’est-à-dire qu’on sait directement à
quel type de coût elles se rapportent (coût d’achat d’une matière particulière...)
Exemples :
– les matières et fournitures qui entrent dans la composition des produits finis ;
– les frais de personnel concernant les travaux effectués sur un seul produit : la main-
d’œuvre directe ;
– les dotations aux amortissements des machines qui contribuent à la production d’un
produit bien précis.

1D2. Les charges indirectes


Elles concernent simultanément plusieurs coûts. Il n’est pas possible de les affecter direc-
tement à un seul coût, elles doivent d’abord être analysées pour être ensuite réparties.
La répartition des charges indirectes se base sur les centres d’analyse, qui sont des
divisions réelles (le service maintenance) ou fictives (l’achat d’une certaine matière néces-
saire à plusieurs produits finis) de l’entreprise.
Alors que les charges directes vont être directement ( ! ) affectées aux coûts ; pour les
charges indirectes, on va passer tout d’abord par une affectation dans un ou plusieurs
centres d’analyse, puis lorsqu’on aura déterminé le total des charges qui concernent
chaque centre d’analyse, ces charges seront imputées aux divers coûts.

1D3. Détermination et imputation de ces charges


Retenez le schéma page suivante, le point suivant vous aidera à mieux le comprendre,
n’hésitez pas y revenir.

Affectation Coût
Charges des produits
directes
Charges ou
tion
uta

incorporées des activités


Imp

Affectation
aux coûts
Charges
indirectes ition
p art Centre

d’analyse

30
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Séquence 4 : les coûts complets

Charges indirectes : Calcul des coûts


Phase 1 de chaque centre Phase 2
Charges directes :
Une seule phase

2. Les centres d’analyse


Un centre d’analyse correspond à une division de l’entreprise où sont analysés des élé-
ments de charges indirectes avant leur imputation aux coûts des produits ou activités
concernés.
Exemples : le service informatique, le service transport...

2A. Les principaux centres d’analyse


Le découpage en centres d’analyse dépend de l’organisation, du secteur d’activité de
l’entreprise et du management.
On peut cependant en citer quelques uns en les répartissant en deux catégories.
• Les centres opérationnels principaux : ceux dont la destination des charges est
facile à déterminer. C’est-à-dire qu’on sait facilement pour quel type de produit, de
service, … ils travaillent.
Exemples :
– centres d’approvisionnement : service achats, magasinage…
– centres de production : atelier de fabrication d’un certain produit…
– centres de distribution : vente, conditionnement...
• Les centres auxiliaires et de structure : ceux qui globalement travaillent pour un
autre centre et qui ne participent pas directement à l’approvisionnement, la produc-
tion ou la distribution. Leurs charges seront transférées dans d’autres centres, en géné-
ral des centres principaux.
Exemples :
– gestion du personnel : paie, recrutement, formation...
– services généraux : courrier, entretien des locaux…
– autres centres financiers, de mercatique…

2B. Les unités d’œuvre


Une fois que l’on aura calculé les coûts des divers centres (phase 1 du schéma) il faudra
affecter ces charges aux coûts des produits ou activités. Nous sommes donc au niveau de
la phase 2 du schéma précédent.
Par exemple, les charges du centre « publicité » seront affectées à chaque type de pro-
duit en fonction du nombre d’articles publicitaires pour ce type de produit.

31
8 3936 TG PA 00
Unité 2

2B1. Détermination de l’unité d’œuvre


Toute activité d’un centre d’analyse est mesurée en unités d’œuvre qui sont en général
des unités physiques pour ce qui concerne les centres opérationnels.
L’unité d’œuvre est une unité de mesure de la productivité du service.
Exemples : pour un service de production qui manipule essentiellement une certaine
matière première, son unité d’œuvre pourra être le kilogramme de matière traitée.
Pour le centre « recrutement », ce peut être le nombre d’embauches réalisées.
Ceci suppose que le centre soit suffisamment homogène pour que son activité puisse être
mesurée par une seule et même unité d’œuvre.
Le choix de l’unité d’œuvre va conditionner la pertinence du calcul des charges du
centre à imputer aux autres services ou produits.

2B2. Calcul du coût unitaire de l’unité d’œuvre


Une fois que l’on connaît le total des charges d’un service (fin de la phase 1) et que l’on
connaît le nombre d’unités d’œuvre, il est aisé de calculer le coût unitaire de l’unité
d’œuvre.
Par exemple, si le centre « recrutement » a un total de charges annuelles de 302 400 €
(à l’issue de la phase 1 de répartition des charges dans son centre d’analyse) et qu’il a
recruté 180 personnes dans l’année, un recrutement coûte à l’entreprise en moyenne
1 680 €.

2B3. Imputation des charges indirectes au coût des activités ou produits.


Muni de ce coût unitaire de l’unité d’œuvre, il nous suffît de connaître le nombre d’uni-
tés d’œuvre « consommées » par chaque activité ou produit pour lui imputer une partie
des charges du centre d’analyse.
Exemple : supposons un centre auxiliaire de « recrutement » qui a comme unité d’œuvre le
nombre de personnes recrutées. Pour une certaine année, le total de ses charges divisé par
le nombre total de recrutements réalisés donne 1 500 €. Cette somme représente le coût
d’une unité d’œuvre pour ce centre. Si, par ailleurs, une activité de recherche a nécessité
le recrutement de trois personnes qui travaillent uniquement pour ce projet de recherche,
ce projet va se voir imputer 4 500 € de charges provenant du centre « recrutement ».

3. Le calcul du coût complet


Voyons tout d’abord les diverses étapes de calcul du coût, avant de nous attarder sur
celles qui nécessitent plus de détails.

3A. Les diverses étapes


Comme le montre le schéma concernant le calcul et l’imputation des charges, le calcul du
coût complet d’une activité ou d’un produit se réalise selon les étapes suivantes :
• détermination des charges à incorporer aux coûts ;
• parmi ces charges, détermination des charges indirectes ;
• pour les charges indirectes, affectation dans un seul centre ou répartition dans
plusieurs centres ;
• calcul du coût par affectation des changes directes et imputation des charges indi-
rectes.

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8 3936 TG PA 00
Séquence 4 : les coûts complets

!FFECTATION
$IRECTES

N
#HARGES

TIO
UTA
)MP
INCORPORÏES !FFECTATION #OßT
Ó
£ {
)NDIRECTES Î
ON
RTITI
PA
2Ï #ENTRE

Seule la 3e phase ( 3 ) présente une technicité particulière, c’est donc la seule que nous
détaillerons. Les autres phases demandent seulement une recherche des données en
entreprise ou une bonne lecture du texte de vos exercices. Vous rencontrerez ces phases
lors des exercices.

3B. La répartition des charges indirectes


Lors de la phase 3 on distingue trois sous-phases :
• la répartition des charges indirectes dans les centres d’analyse : répartition
primaire ;
• la cession des charges des centres auxiliaires aux centres d’analyse principaux :
répartition secondaire ;
• la détermination des coûts unitaires des unités d’œuvre.

3B1. La répartition primaire


On répartit tout d’abord les charges dans les divers centres. Pour cela on doit déterminer
la part de consommation de chaque centre pour la charge considérée. Dans les exercices,
cette dernière vous est souvent donnée sous forme de pourcentage ou proportion.
Exemple : pour les charges d’électricité qui s’élèvent à 10 000 €, on vous donne la répar-
tition selon les trois centres d’analyse qui consomment de l’électricité, à vous de calculer
le montant d’électricité de chaque centre.

Centres d’analyse
Charges Montants
Entretien Production Administration
Électricité 10 000 35% 60% 5%
Répartition primaire 10 000 3 500 6 000 500

Dans la colonne « Montant » toujours vérifier que le total des montants calculés corres-
pond à la charge globale.
La répartition primaire se limite donc à répartir les 10 000 € de frais d’électricité dans les
trois centres en fonction des critères de répartition (ici les pourcentages) donnés.

33
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Unité 2

3B2. La répartition secondaire


Elle correspond à la cession de prestations entre centres d’analyse. On va affecter aux
centres principaux les charges des autres centres qui ont « travaillé » pour eux. En effet,
comme nous l’avons vu lors des définitions, les centres non principaux peuvent être con-
sidérés comme des prestataires qui vont alors « refacturer » leurs diverses prestations aux
centres principaux.
À l’issue de la répartition secondaire, les centres auxiliaires n’ont plus de charges. Elles
sont toutes regroupées dans les centres principaux.
Cette répartition secondaire peut être plus ou moins simple selon que les divers centres
assurent des prestations mutuelles ou croisées les uns pour les autres. Par exemple, le
centre « gestion du personnel » va s’occuper des employés du centre « services géné-
raux » qui lui, à son tour, assurera le nettoyage et les prestations courrier du centre
« gestion du personnel ».
Dans le cas de prestations entre centres non principaux, il faudra en premier répartir
les charges d’un centre sur les autres, ce qui viendra gonfler le total des charges de ces
derniers, ce n’est qu’ensuite que l’on pourra répartir leurs (« nouveaux ») montants de
charges globales.
Répartition simple
Au cours du mois de mars la répartition dans les centres d’analyse après répartition
primaire nous donne (extrait du tableau de répartition primaire) :

Centres d’analyse destinataires de prestations


Totaux
Centres prestataires Entretien Approv. Production Distribution
Entretien 3569 3/4 1/4
Approvisionnement 8565 10 % 80 % 10 %

Le centre entretien fournit ses prestations aux ¾ au service production et au service dis-
tribution pour le quart restant.
Le centre approvisionnement fournit des prestations à tous les autres services, dont le
service entretien. Ce dernier n’a donc pas uniquement 3 569 € de charges, il a également
des charges d’approvisionnement qui s’élèvent à 856,50 € (10 % de 8 565).
Pour la répartition secondaire on va donc répartir en premier les charges du centre
approvisionnement, puis celles du centre entretien.

Centres d’analyse destinataires de prestations


Totaux
Centres prestataires Entretien Approv. Production Distribution
(3 569 + 856,50)
Entretien 0 3 319,12 1 106,38
– 4 425,5
Approvisionnement 0 856,50 – 8 565,00 6 852,00 856,50

Vous constatez qu’à la fin de cette répartition secondaire, les totaux de charges des cen-
tres auxiliaires approvisionnement et entretien sont à zéro.
Le total de charges réparties pour le centre entretien correspond aux charges déjà affec-
tées lors de la répartition primaire (3 569 €) auquel on a ajouté les charges provenant de
la répartition secondaire d’un autre centre (856,50 € d’approvisionnement).

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Séquence 4 : les coûts complets

Prestations réciproques
Supposons maintenant que ces deux centres assurent des prestations réciproques l’un
pour l’autre, et qu’à l’issue de la répartition primaire on ait :

Centres d’analyse destinataires de prestations


Totaux
Centres prestataires Entretien Approv. Production Distribution
Entretien 3 569 5% 70 % 25 %
Approvisionnement 8 565 10 % 80 % 10 %

Les deux centres ont leurs totaux de charges liés puisque chacun vient augmenter le total
de charges de l’autre.

5%
Entretien Approvisionnement
10 %
Nous ne pouvons plus, comme dans l’exemple précédent, commencer les calculs par un
centre plutôt que par l’autre. Il faut mener les calculs relatifs aux deux centres en paral-
lèle, en posant un système d’équations à deux inconnues.
Les inconnues du système d’équations sont :
x : le total du centre « entretien »
y : le total du centre « approvisionnement »
Pour le centre « entretien » : x = 3 569 + 0,10 y
(charges calculées antérieurement plus celles d’approvisionnement)

Pour le centre « approvisionnement » : y = 8 565 + 0,05 x


(charges calculées antérieurement plus celles d’entretien)

Soit le système d’équations :

{ x = 3 569 + 0,10 y
y = 8 565 + 0,05 x

Qui nous donne après résolution :


x = 4 447,74 €
y = 8 787,39 €
Il nous suffit donc de réaliser la répartition secondaire à partir de ces deux nouveaux
montants de charges et des coefficients de répartition entre les centres.

Centres d’analyse destinataires de prestations


Totaux
Centres Entretien Approv. Production Distribution
Total répartition primaire 39 040,00 3 569,00 8 565,00 24 852,00 2 054,00
Répartition « entretien » 0 – 4 447,74 *222,39 **3 113,42 1 111,94

Répartition « approvisionnement » 0 878,74 – 8 787,39 7 029,91 878,74

Total 39 040,00 0 0 34 995,33 4 044,67

*222,39 = 4 447,74 x 5 %
**3 113,42 = 4 447,74 x 70 %

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Unité 2

Remarquez que le total des charges globales obtenu après la répartition primaire n’a pas
été modifié et que les deux centres auxiliaires (entretien et approvisionnement) n’ont
plus de charges, vu qu’ils ont été « refacturées » aux centres principaux.

3B3. Le calcul du coût des unités d’œuvre


Selon ce que nous avons vu sur la détermination et le calcul des unités d’œuvre, nous
devons rajouter au bas du tableau de répartition des charges, les trois lignes suivantes :
• la nature de l’unité d’œuvre de chaque centre principal ;
• le nombre d’unités d’œuvre produites par le centre ;
• le coût unitaire de l’unité d’œuvre.
Si, dans l’exemple précédent on suppose que les unités d’œuvre sont les suivantes :
• centre production : le nombre d’articles fabriqués, ce nombre s’élève à 2 300 pour
le mois de mars ;
• centre distribution : le nombre d’articles vendus, ce nombre s’élève à 2 610 pour le
mois de mars.
Le tableau de répartition secondaire se résume donc à :

Centres Totaux Production Distribution


Total après répartition secondaire 39 040,00 34 995,33 4 044,67
Unité d’œuvre (u-o) Nombre d’articles fabriqués Nombre d’articles vendus
Nombre d’u-p 2 300 2 610
Coût de l’u-o 15,2153609 1,54968199

Remarque
En général on n’arrondit pas ces coûts unitaires puisqu’ils vont ensuite être remultipliés par des
valeurs importantes lorsqu’ils serviront au calcul des coûts.

Donc, pour chaque article fabriqué, les charges indirectes à rajouter sont de 15,21 € et
elles sont de 1,54 € pour tout article vendu.
Ne pas oublier qu’il faudra rajouter les charges directes.
Après avoir vu comment on affecte puis impute les charges indirectes (la partie la plus
délicate de ce cours !!!) nous avons maintenant tous les éléments pour calculer les coûts
complets des activités, biens ou services réalisés par l’entreprise.
Nous vous rappelons que nous calculons le coût d’achat, puis de production et enfin de
revient.

4. Coût d’achat, stocks de marchandises


et d’approvisionnements
Toute la suite du cours sera appréhendée en partant du même exemple, celui de l’entre-
prise TouTex qui fabrique des pantalons et les revend au commerce de détail.

36
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Séquence 4 : les coûts complets

Pour simplifier le cas, on supposera :


• qu’il n’y a qu’une seule matière utilisée pour la production : du tissu d’un seul
type ;
• qu’il n’y a qu’un seul modèle de pantalon fabriqué et commercialisé.
L’entreprise TouTex fonctionne selon le schéma général suivant :

Achat de tissu

Stocks de tissus

(en attente de servir pour la production)


Coupe

Il y a 3 ateliers de production :
coupe, couture et finitions.
Couture

Finitions Stocks de pantalons

(en attente d’être vendus)

Ventes

L’analyse des charges indirectes de TouTex pour le mois de mars 2006 a donné le tableau
suivant :

Centres d’analyse
TOTAUX
Charges Approvisionnement Coupe Couture Finition Distribution
TOTAL après répartition
45 870 10 860 10 800 6 080 6 130 12 000
secondaire

montant des achats Ventes


Unité d’œuvre (u-o) m de tissu h machine h de travail
(en € H.T.) (en € H.T.)
Nombre d’u-o 54 000 10 000 5 400 1 750 165 000
Coût de l’u-o 0,2011 1,0800 1,1259 3,5029 0,0727

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Unité 2

Un schéma général récapitulant la chronologie des opérations à réaliser pour calculer les
coûts complets se trouve en fin de ce cours, vous pouvez vous y référez si vous désirez,
dès maintenant, avoir une vision d’ensemble.
Cependant, pour une première approche, nous vous conseillons une lecture linéaire de
la fin du cours.

4A. Coût d’achat


Un coût d’achat (ou d’acquisition) est calculé pour toute matière ou fourniture qui entre
dans l’entreprise, il comprend :
• le prix d’achat de la marchandise ou la fourniture achetée ;
• les charges directes affectées à l’achat :
– montant de l’achat figurant sur la facture d’achat (hors taxe),
– frais directs affectés à l’achat (le montant de la facture du transporteur qui a livré
le bien considéré, le salaire des acheteurs…) ;
• les charges indirectes d’approvisionnement imputées au coût d’achat, proportion-
nellement aux unités d’œuvre d’approvisionnement employées pour réaliser l’achat
considéré.
Au cours du mois mars 2006, l’entreprise TouTex a acheté 20 000 mètres de tissu pour un
montant de 54 000 € H.T. Comme seules charges directes d’achat TouTex retient le salaire
brut et les charges patronales sur le salaire de l’acheteur qui s’élèvent à 2 250 € (travail
à temps partiel) et des frais postaux de 148 €.

Coût d’achat du tissu acheté en mars 2006


Charges Quantité Coût unitaire Montant
Charges directes :
– tissu acheté 20 000 2,70 54 000
– frais de personnel 1 2 250
– frais postaux 148
Charges indirectes :
– approvisionnement 54 000 0,2011 10 860
TOTAL 20 000 3,3629 67 258

Au niveau des charges indirectes nous n’avons que les charges du centre approvisionne-
ment à prendre en compte. Le coût unitaire de ce centre a été évalué à 0,2011 € (voir
tableau précédent), l’unité d’œuvre est le nombre d’euros H.T. de marchandise achetée,
donc ici 54 000 €. Ce qui nous donne un montant global de 10 860 €.
Ici, nous sommes face à un cas particulier car nous n’achetons qu’une seule chose, du
tissu. Ce passage par les unités d’œuvre est donc superflu car toutes les charges du centre
approvisionnement ne concernent que le coût d’achat du tissu. Nous aurions donc pu
nous dispenser de passer par les unités d’œuvre et reporter les charges globales du cen-
tre approvisionnement (10 860 €) dans la colonne « montant ». S’il y avait eu une autre
marchandise achetée, le calcul tel que nous l’avions fait était indispensable.

O Ne pas oublier le prix d’achat de la marchandise (ici « Tissu acheté ») dans le calcul
du coût d’achat.
Le coût unitaire du mètre de tissu acheté en mars 2006 est donc de 3,36 € hors taxes.
Pour le déterminer on calcule le montant total en faisant la somme des diverses charges,

38
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Séquence 4 : les coûts complets

puis on inscrit la quantité achetée, ici en mètre, et enfin on obtient le coût unitaire en
divisant le montant par la quantité.
Vous noterez que la colonne « quantité » ne contient pas des données homogènes, ce
qui est normal par définition de ce qu’est une unité d’œuvre. 20 000 représente le nom-
bre de mètres de tissus achetés, un le nombre de salarié affecté uniquement à l’achat et
54 000 le nombre d’unité d’œuvre du centre Approvisionnement. Faites attention de ne
pas additionner ces diverses quantités au bas de la colonne « TOTAL », qui elle contient
le nombre d’articles (ici les mètres de tissu) achetés.

4B. Stock de marchandises et approvisionnements


Nous venons de calculer le coût d’achat du tissu acheté en mars 2006, mais la totalité
de ce tissu n’est pas utilisée pour la production du mois de mars. De même, si dans une
période antérieure le tissu était à un prix inférieur (et donc un coût d’achat inférieur si
les autres charges n’étaient pas identiques) et qu’il nous reste de ce tissu « ancien », il
ne serait pas correct de prendre en compte ce nouveau coût d’achat pour déterminer le
coût de production alors que nous allons utiliser du tissu « ancien ».
Pour cela nous allons tenir un compte de stock de marchandises. Plusieurs techniques
existent pour tenir un tel compte, nous utiliserons celle du coût moyen pondéré en
fin de période.
Nous allons donc tenir un compte de stock pour le tissu en y enregistrant les entrées et
les sorties.
Les entrées sont valorisées au coût d’achat (que l’on vient de calculer). En fin de mois
(qui correspond ici à la période de calcul des coûts), on calculera le coût unitaire moyen
pondéré (CUMP) du mois, et ensuite on valorisera toutes les sorties à ce coût.
Le stock au 1er mars 2006 était de 5 000 m pour 15 500 € et on a utilisé 10 000 m de tissu
pour la fabrication de pantalons en mars 2006.
Stock de tissu
Entrées Sorties
Date Mouvement Quantité C.U. Total Quantité C.U. Total
01/03 Stock initial 5 000 3,1000 15 500,00
?/03 Achat 20 000 3,3629 67 258,00
?/03 Sorties 10 000 3,3103 33 103,20
31/03 Stock final 15 000 3,3103 49 654,80
TOTAUX 25 000 3,3103 82 758,00 25 000 3,3103 82 758,00

Calculé en fin de mois Puis reporté dans toute


(total / quantité) cette colonne

N.B. : Dans ce tableau, « c.u » signifie coût unitaire.

39
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Unité 2

Donc le tissu utilisé pour la production de mars 2006 sera valorisé à 3,3103 € le mètre
qui correspond à la valeur moyenne du tissu en stock (« ancien » et acheté en mars), et
non à 3,3629 € qui correspond au coût d’achat du tissu uniquement acheté en mars.

Remarque
Le stock initial au 1er avril (= stock final fin mars) sera de 15 000 m, valorisé à 3,3103 €
le mètre.

5. Coût de production et stocks de produits


On va calculer un coût de production pour chaque produit (bien ou service) créé dans
l’entreprise.
Le coût de production comprend :
• la valorisation au CUMP des matières premières utilisées pour la fabrication du
produit ;
• des autres charges directes de production (main-d’œuvre, fournitures…) ;
• des charges indirectes concernant la production.
Comme charges directes de production, on retient le coût salarial (salaire brut et charges
patronales) des cinq ouvriers (2 956 € chacun) qui travaillent dans les divers ateliers de
production. De même on a utilisé 854 € (HT) de fournitures diverses non stockées. Les
quantités d’unités d’œuvre et leur coût se trouvent en bas du tableau de répartition
secondaire des charges indirectes.
La production du mois s’est élevée à 8 500 pièces.
Coût de production des pantalons en mars 2006
Charges Quantité Coût unitaire Montant
Charges directes :
– tissu utilisé 10 000 3,3103 33 103,20
– frais de personnel 5 2 956,00 14 780,00
– fournitures 854,00
Charges indirectes :
– coupe 10 000 1,0800 10 800,00
– couture 5 400 1,1259 6 080,00
– finition 1 750 3,5029 6 130,00
TOTAL 8 500 8,4408 71 747,20

En mars 2006, la fabrication a donc dégagé un coût de production de 8,44 € par panta-
lon.
Dans cet exercice (cas particulier), la totalité des unités d’œuvre des divers centres d’ana-
lyse sont attribuées à ces pantalons, puisque que nous avons une production unique. Si
nous fabriquions plusieurs produits finis, il faudrait, pour chacun, rechercher le nombre
d’unité d’œuvre le concernant.
Intéressons-nous maintenant au stock de produits finis.
De même que pour le tissu, toute la production de pantalons du mois n’est pas vendue.
On va donc tenir un compte de stock des pantalons afin de déterminer le coût unitaire
moyen pondéré (CUMP) en fin de mois des pantalons en stock, et valoriser toutes les
sorties du mois à ce CUMP.

40
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Séquence 4 : les coûts complets

Durant le mois de mars 2006, on a vendu 11 000 pantalons. Et le stock initial était de
10 000 pièces valorisées à 8,10 € la pièce.
Stock de pantalons
Entrées Sorties
Date Mouvement Quantité C.U. Total Quantité C.U. Total
01/03 Stock initial 10 000 8,1000 81 000,00
?/03 Entrées 8 500 8,4408 71 747,20
?/03 Sorties 11 000 8,2566 90 822,66
31/03 Stock final 7 500 8,2566 61 924,54
TOTAUX 18 500 8,2566 15 2747,20 18 500 8,2566 15 2747,20

On estime donc à 8,2566 € le coût de revient unitaire des pantalons qui seront vendus.

6. Coût de revient des produits vendus


On détermine un coût de revient pour chaque produit vendu par l’entreprise, chaque
activité ou chaque commande client. En effet les charges de commercialisation, entre
autres, ne s’appliquent qu’aux produits vendus et non à ceux fabriqués.
Dans une entreprise produisant des biens ou services, le coût de revient comprend :
• le coût de production des produits finis vendus (évalué à la sortie du stock de pro-
duits finis) ;
• le coût de distribution des produits finis vendus ;
• une quote-part des charges communes des centres de structure (administration
générale, finance).
Chez TouTex une personne travaille uniquement aux expéditions, son salaire (salaire
brut plus charges patronales) est de 1 998 € par mois. Au cours du mois de mars 2006 on
a dépensé pour 705 € de frais d’expédition, et on a vendu 11 000 pantalons au prix de
vente de 15 € l’unité. Déterminons maintenant le coût de revient des pantalons vendus.
Les seules charges indirectes sont celles de distribution. Se reporter au tableau de répar-
tition secondaire pour les trouver : l’unité d’œuvre est le montant HT des ventes, soit ici
11 000 x 15 € l’unité, et le coût unitaire trouvé était de 0,0727 €.
Les pantalons vendus ont donc coûtés 9,59 € pièce à l’entreprise.

Coût de revient des pantalons vendus en mars 2006


Charges Quantité Coût unitaire Montant
Charges directes :
– pantalons vendus 11 000 8,2566 90 822,66
– frais de personnel 1 1 998,00 1 998,00
– frais d’expédition 705,00
Charges indirectes :
– distribution 165 000 0,0727 12 000,00
TOTAL 11 000 9,5932 105 525,66

41
8 3936 TG PA 00
Unité 2

7. Résultat analytique
Le résultat analytique va permettre à l’entreprise de connaître le bénéfice ou la perte
réalisé sur les produits vendus.
Le résultat analytique est la différence entre le chiffre d’affaires et le coût de revient des
produits vendus.

Résultat analytique des pantalons vendus en mars 2006

Quantité Coût unitaire Montant


Ventes 11 000 15 165 000,00
Coût de revient des pantalons vendus 11 000 9,5932 105 525,66
TOTAL 11 000 5,40676 59 474,34

L’entreprise a donc gagné 59 474,34 € sur ses ventes de mars 2006, ce qui se traduit par
un gain de 5,41 € sur chaque pantalon vendu.

8. Résumé du calcul des coûts complets


Pour l’entreprise TouTex, de l’achat de la matière première au calcul du résultat sur les
ventes, notre démarche a été celle-ci :

Stock Stock
de de
tissu pantalons

Coût d’achat Coût de production Coût de revient des


du tissu des pantalons pantalons vendus

À partir de ce cas simplifié on peut en déduire le schéma général suivant.


Calcul des coûts complets
Les ovales correspondent à des coûts à calculer, alors que les triangles correspondent
à des comptes de stock à tenir.

42
8 3936 TG PA 00
Séquence 4 : les coûts complets

De plus, on rappelle que les entreprises purement commerciales (qui ne font qu’acheter
pour revendre) n’ont pas de stock de matières premières, ni de coût de production à
calculer. À l’issue du calcul du coût d’achat, on réalise le stock de produits finis (dont les
entrées sont alors valorisées au coût d’achat).

Achat de matières premières


Coût de production Coût de revient
de produits finis des produits vendus

Coût d’achat de matières

ve ck
us
its sto
nd
ro de
mé es
es

Entrées en stock Résultat analytique


om d

s p ies
ns ck

du
de Sort
au coût de production
co sto
res de

Entrées en stock au coût d’achat


tiè tie
ma Sor

Stock de
Stock de matières produits finis

43
8 3936 TG PA 00
Unité 2

Exercices autocorrectifs

Exercice 1
Une entreprise est spécialisée dans la fabrication de « SUPERDAN » des crèmes desserts au
chocolat de qualité supérieure. Ces crèmes sont réalisées à l’aide de deux matières principa-
les, le lait et le sucre. Ces crèmes sont vendues dans des pots représentant des portions indi-
viduelles (125 g) et sont regroupées, et vendues, par paquet de 6 pots dans un emballage en
carton. Les clients de l’entreprise sont des épiceries fines.
1. Quels centres d’analyse liés à la production proposeriez-vous ?
2. N’y a-t-il que des centres d’analyse liés à la production ?
L’entreprise a choisi de se limiter aux centres suivants : approvisionnement, fabrication et
mise en pot, emballage et commercialisation. Elle vous donne le tableau des charges pour
le mois de mai 2006.
Répartition des charges
Centres TOTAUX Approvisionnement Fabrication Emballage Commercialisation
TOTAL après
répartition 17 870 1 250 10 800 3 860 1 960
secondaire
Unité d’œuvre (u-o) Éléments achetés* Pots fabriqués Paquets fabriqués Paquets vendus
Nombre d’u-o 8 706 196 000 32 500 32 400
Coût de l’u-o 0,1436 0,0551 0,1188 0,0605
* Ici les « éléments achetés » représentent les quantités achetées. Elles sont exprimées dans les unités différentes
(kg, l, unités) mais sont toutes cumulées car on suppose que les charges indirectes sont identiques pour un kg de
sucre, un litre de lait, un pot ou un emballage.

De plus, elle vous donne les informations suivantes concernant le mois de mai 2006 :
Éléments Lait (en l) Sucre (en kg) Pots vides Emballages

Stocks au 01/05/06 14 000 7 000 200 000 36 000

Valeur en € au 01/05/06 2 400 700 1 240 2 600

Achats 45 000 8 000 32 000 22 000

Valeurs achats en € 6 540 560 154 1 452

Consommation 35 000 2 060 196 000 32 500

Autres informations :
• on ne gère pas de stock de pots pleins, on suppose qu’ils sont immédiatement emballés
par paquets de six dès leur production ;
• au 01/05/2006 il n’y a aucun stock de paquets ;
• en plus des deux ingrédients principaux, SUPERDAN nécessite des « consommables »
pour la fabrication qui s’est élevée à 1 235 € en mai 2006 ;
• on suppose (cas rare !! mais pour simplification ici) qu’il n’y a pas de charge directe de
personnel d’approvisionnement ;
• la fabrication nécessite du personnel dont le salaire horaire tout compris (charges
salariales, patronales et frais divers de personnel compris) est de 21,20 € pour la fabri-
cation et 17,85 € pour l’emballage. Pour le mois de mai 2006 la production a nécessité
300 heures de fabrication et 110 heures d’emballage ;

44
8 3936 TG PA 00
Séquence 4 : les coûts complets

• globalement l’entreprise a eu pour 705 € de frais de livraison à ses clients ;


• elle a employé un technicien spécialisé à mi-temps, dont le salaire mensuel à temps
plein tout compris (salaire brut et charges patronales), est de 2 156 € ;
• les paquets sont vendus 2,05 € l’unité.
Tous les montants vous sont donnés en HT (hors taxe).
3. Retrouvez (par le calcul) la somme de 8 706 € qui se trouve dans le tableau de répartition
au niveau des frais du centre approvisionnement.
4. En mai 2006 on a fabriqué 196 000 pots et 32 500 paquets. Est-ce logique ? Donnez une
explication à ce problème.
5. Calculez les coûts d’achat nécessaires, puis donnez le coût unitaire actuel des diverses
matières pour l’entreprise.
6. Calculez le coût de production des SUPERDAN pour mai 2006.
7. Quel est le coût unitaire de production d’un paquet pour l’entreprise ? Pourquoi est-ce
inutile ici de dresser le compte de stock de paquets de SUPERDAN ?
8. Calculez le coût de revient et dire combien l’entreprise a gagné (ou perdu) sur les ventes
de SUPERDAN en mai 2006.

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8 3936 TG PA 00
Unité 2

Exercice 2
Comme dernier exercice nous allons nous occuper de la répartition des charges indirectes.
Le but de cet exercice va être de compléter le tableau ci-dessous en effectuant la répartition
primaire puis secondaire des charges indirectes :

Centres auxiliaires Centres principaux


Charges Totaux
Personnel Entretien Atelier 1 Atelier 2 Distribution Administration
Charges de personnel 10 000 9% 8% 31% 17% 18% 17%
Impôts et taxes 3 500 50% 10% 30% 10%
Charges diverses 11 000 10% 17% 25% 25% 13% 10%
Charges supplétives 400 100%
Total après répartition
primaire
Répartition centre
10% 27% 31% 17% 15%
Personnel
Répartition centre
7% 41% 52%
Entretien
Total après répartition
secondaire
Nombre Nombre
Nombre Ventes en
de de
Unité d’œuvre de produits centaines
produits produits
vendus d'euros
coupés fabriqués
Nombre total d’u-o 11 250 8 100 7 500 82 000
Coût de l’u-o

1. Pourquoi, dans ce tableau, y a-t-il des charges de personnel (1re ligne) à répartir ainsi
qu’un centre auxiliaire « personnel » ?
2. Effectuez la répartition primaire des charges indirectes.
3. Que veut dire « charges supplétives » et pourquoi sont-elles toutes affectées au centre
administration ?
4. Quel est le montant total des charges du centre entretien ?
5. Déterminez les totaux de charges de ces deux centres.
6. Réalisez la répartition secondaire des charges indirectes.
7. Calculez le coût unitaire des unités d’œuvre de chaque centre.

46
8 3936 TG PA 00
Séquence 5
Les coûts variables
1. Distinction coûts variables/coûts complets
Dans l’exercice qui nous a servi de modèle pour le cours sur les coûts complets, nous
avions montré que l’entreprise TouTex gagnait 5,41 € sur chaque pantalon vendu lors du
mois de mars 2006. Supposons maintenant que son volume d’activité subisse une chute
considérable et qu’elle passe de 11 000 pantalons vendus en mars 2006 à seulement
8 000 pantalons vendus le mois suivant, le prix de vente restant inchangé.
Le calcul des coûts variables va nous aider à montrer que le bénéfice unitaire sur cha-
que pantalon va, lui aussi, baisser, car le prix de vente restant identique, c’est le coût de
revient unitaire des pantalons qui va augmenter.
Pourquoi cela ? La quantité (et le prix) de tissu incorporée dans chaque pantalon va être
la même, donc, le coût du tissu pour chaque pantalon reste inchangé.
Mais les charges générales de l’entreprise telles que le loyer, les primes d’assurance, les
salaires des administratifs… vont être identiques par rapport au mois précédent et donc
leur montant global se répartira sur moins de pantalons vendus. La partie de ces charges
« fixes » qui va être incorporée dans chaque pantalon va donc augmenter, c’est pourquoi
le coût de revient unitaire d’un pantalon va augmenter. En effet, lors du mois où une
baisse d’activité importante est survenue, l’entreprise n’a pu réagir immédiatement au
niveau de ses engagements généraux et donc, ses frais fixes sont identiques à ceux du
mois précédent.
De même, il se peut que les ventes d’un certain produit augmentent considérablement
sans pour cela que les charges fixes de l’entreprise ne subissent une hausse importante.
Le coût de revient de chaque pantalon va donc diminuer car les charges fixes vont être
supportées par un plus grand nombre d’articles (les autres articles que peut fabriquer
TouTex).
L’analyse par les coûts complets nous permettait de dégager le coût de revient de chaque
produit vendu, mais pas de déterminer quelle est la partie de ce coût qui est due à la
variation de l’activité. L’analyse des coûts variables va donc être complémentaire à celle
des coûts complets et permettre d’isoler la partie correspondant aux charges variables
(celles qui évoluent en fonction de l’activité) et la partie correspondant aux charges
fixes.
• Les coûts complets font la distinction entre charges directes et indirectes et met-
tent l’accent sur le produit ou service.
• Les coûts variables font la distinction entre charges variables et fixes et mettent
l’accent sur l’activité de l’entreprise.

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8 3936 TG PA 00
Unité 2

2. Les charges et leur évolution


Pour le calcul des coûts complets, nous avions au préalable fait la distinction entre char-
ges fixes et variables, nous allons ici distinguer les charges variables (celles proportion-
nelles à l’activité) des fixes.

2A. Les charges fixes et variables

2A1. Les charges variables


Ce sont des charges qui varient en fonction du volume d’activité. On admet que ces
charges sont proportionnelles aux quantités produites, et donc vendues. Ces charges
sont croissantes et proportionnelles au niveau global, mais restent constantes au niveau
unitaire.
Exemple : on a toujours besoin de 5 kg d’une certaine matière et de 0,20 heure de main-
d’œuvre pour fabriquer une unité d’un certain produit fini. Le coût variable global va
donc être proportionnel au nombre d’unités produites (plus on produit, plus on a besoin
de matière et de travail). Mais le coût variable unitaire de matière et de main-d’œuvre
reste constant (si les prix des matières ne changent pas) quel que soit le niveau de la
production.

2A2. Les charges fixes


Les charges fixes (ou charges de structure) sont indépendantes du niveau d’activité de
l’entreprise, elles sont constantes pour une structure donnée (niveau de production,
d’achat ou de vente) de l’entreprise.
Elles sont constantes au niveau global mais décroissent unitairement avec l’aug-
mentation du volume de l’activité (économie d’échelle due à la productivité), car leur
montant est fixe mais le nombre d’éléments sur lesquels il faudra les répartir est
plus important (on divise le total des charges par un nombre supérieur d’unités ache-
tées, produites ou vendues, on obtient donc un résultat unitaire inférieur).
Lors d’un changement de structure, l’entreprise va investir pour se développer (acqui-
sition de matériel, location d’un nouvel entrepôt, embauche de personnel...), ceci va
augmenter les coûts. Les charges fixes vont donc évoluer par paliers.
Exemple : si le loyer d’un entrepôt, dans lequel nous pouvons stocker au maximum
100 000 articles, est de 980 € par mois, et que nous puissions en louer un second au
même prix en cas de surstock, quel sera le coût unitaire du loyer à appliquer aux articles
stockés dans les cas suivants ?

Nombre d’articles Nombre d’entrepôts Coût total de stockage Coût unitaire du loyer par article
85 000 1 980 (85000/980) 0,0115
99 500 1 980 0,0098
105 000 2 (980*2) 1960 0,0187
170 000 2 1960 0,0115
190 000 2 1960 0,0103

Nous avons ici deux structures de l’entreprise : la première avec un seul entrepôt (coût
fixe 980 €, capacité de stockage 100 000 unités) et la seconde avec deux entrepôts (coût
fixe 1 960 €, capacité de stockage 200 000 unités). Tant que nous restons avec un seul
entrepôt, le coût fixe unitaire de stockage décroît avec le nombre d’articles stockés.

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8 3936 TG PA 00
Séquence 5 : Les coûts variables

Dès que nous passons à deux entrepôts, avec une nécessité de stockage supplémentaire
de seulement 5 000 unités (passage à 105 000, avec une capacité maximale de 100 000
par entrepôt), le coût fixe unitaire va augmenter, puis décroître à nouveau au fur et à
mesure que nous « rentabilisons » la location du second entrepôt.

2A3. Les charges semi-variables


Ce sont des charges qui varient en fonction de l’activité mais pas de manière proportion-
nelle. Elles sont composées d’une partie de charges variables et d’une partie de charges
fixes. Vous devrez décomposer ces charges en deux parties (charges variables et charges
fixes) dans vos calculs.
Exemple : le salaire d’un commercial rémunéré par un fixe de 1 000 € (charge fixe) et une
commission de 5% sur les ventes (charge variable).

2B. Le calcul des charges


Les charges totales de l’entreprise s’obtiennent par la somme des charges variables et
des charges fixes.
Les charges variables vont être calculées unitairement. Les charges fixes, quant à elles,
vont s’exprimer par un montant global « fixe ».

2B1. Les charges totales


Exemple : si on suppose que pour produire un certain article les charges variables sont de
3,10 € par unité, et que l’entreprise doit faire face à 19 500 € de charges fixes, alors le
mois où elle produit 10 000 articles, ses charges totales vont s’exprimer sous la forme :
3,10 X 10 000 + 19 500 = 50 500
ax+b=y
avec a = 3,10 (coût variable unitaire), x = 10 000 (quantités produites) et y représentant le coût total.

Charges totales = charges variables unitaires X quantité + charges fixes

Cette équation restera toujours valable, quelle que soit la manière dont sont calculées
les diverses charges.

2B2. Représentation graphique


La représentation graphique permet de visualiser l’évolution des charges et de détermi-
ner certains seuils importants.
En général, on représente les quantités en abscisse et les charges en ordonnée. Nous ver-
rons que nous pouvons, sur le même graphique, rajouter deux autres axes des abscisses :
le temps et le chiffre d’affaires.
Les charges fixes ne varient pas en fonction de l’activité, elles ont toujours le même
montant, elles seront donc représentées par une droite (parallèle à l’axe des abscisses,
soit « horizontale »).

49
8 3936 TG PA 00
Unité 2

Charges fixes

Montant des
Charges fixes

Quantités

Si on change de structure (on fait de nouveaux investissements par exemple), on aura


un palier :

Charges fixes

Charges
structure n° 2

Charges
structure n° 1

Quantités
Changement
de structure

Les charges variables, quant à elles, évoluent en fonction de l’activité et donc des quan-
tités (achetées, stockées ou vendues). Nous aurons donc une droite proportionnelle aux
quantités (partant du point zéro). Le coût variable unitaire sera le coefficient directeur
de cette droite.
Les charges globales vont donc se déterminer par la droite y = ax + b, comme nous
l’avons présenté en début de ce chapitre (y : coût total, a : coût variable unitaire, x :
quantités, b : coût fixe) :

Charges totales

les
o ta
st
ge
ar
Ch

Charges fixes

Quantités

50
8 3936 TG PA 00
Séquence 5 : Les coûts variables

Dans le cas où il aurait un changement de structure, la représentation graphique serait


alors :

Charges totales

Charges fixes n° 2

Charges fixes n° 1

Quantités
Changement
de structure

Par exemple si l’entreprise loue un local qui devient trop petit, elle va subitement aug-
menter ses charges fixes en louant un local supplémentaire, or les quantités qu’elle va
pouvoir produire (stocker ou vendre) ne vont pas augmenter aussi rapidement. Le nou-
veau niveau des charges fixes va donc, au moins au début, porter sur une quantité quasi
identique à celle que nous produisions (stockions ou vendions) avec l’ancienne structure.
Les charges unitaires vont donc augmenter subitement pour ensuite suivre une progres-
sion linéaire.

3. L’analyse des marges


Cette analyse permet de dégager des marges en reposant sur la distinction entre charges
variables et fixes.

3A. La marge sur coût variable


• Une marge est toujours la différence entre un chiffre d’affaires et un coût.
• Un coût est un ensemble de charges.
• La marge sur coût variable (MCV) est la différence entre le chiffre d’affaires et le
coût variable (ensemble des charges variables).

Marge sur coût variable = Chiffre d’affaires - Coût Variable

3B. Le taux de marge sur coût variable


Le taux de marge sur coût variable est le rapport de la marge sur coût variable sur le
chiffre d’affaires.

marge sur coût variable


Taux de marge sur coût variable =
chiffre d’affaires

Ce taux est utile lorsqu’on ne peut calculer la MCV unitairement (trop grande quantité
de produits distincts…) ou qu’on veut l’exprimer sous forme de pourcentage.

51
8 3936 TG PA 00
Unité 2

4. Le seuil de rentabilité

4A. Définition
Le seuil de rentabilité (SR) (ou chiffre d’affaires critique) d’une entreprise est le chiffre
d’affaires pour lequel l’entreprise couvre la totalité de ses charges sans dégager ni
gain ni perte.
C’est donc le chiffre d’affaires qui correspond à un bénéfice nul. Si on n’arrive
pas à atteindre ce chiffre, on ne couvre pas toutes les charges, l’entreprise fait alors des
pertes.

Donc on a : Seuil de rentabilité – charges totales = 0


ou Seuil de rentabilité = charges totales

Seuil de rentabilité = Charges variables + Charges fixes

Soit au seuil de rentabilité : MCV = Charges Fixes

Comme c’est un chiffre d’affaires, on l’exprime en euros, mais on peut l’exprimer en


quantité d’articles à produire ou à vendre en disant « seuil de rentabilité en quantité ».
Cette égalité, valable uniquement au seuil de rentabilité, provient de la définition de ce
dernier. En effet, c’est le point où l’entreprise ne gagne ni ne perd rien. Son bénéfice en
ce point est donc nul, soit :

Bénéfice = 0
Soit : Chiffre d’affaires – coût total = 0
Chiffre d’affaires = coût total
Chiffre d’affaires = charges fixes + charges variables
Chiffre d’affaires – charges variables = charges fixes
Et donc : MCV = charges fixes
Cette égalité équivaut à : SR X Taux MCV = Charges Fixes

52
8 3936 TG PA 00
Séquence 5 : Les coûts variables

4B. Détermination du seuil de rentabilité


On peut déterminer ce seuil par le calcul ou à l’aide d’une représentation graphique.

4B1. Calcul arithmétique


On peut se servir de n’importe quelle équation que nous avons vue. Le plus souvent on
se sert de la plus simple soit :

Chiffres d’affaires = Coût total

Qui peut aussi s’écrire sous la forme : Ventes = Coût variable + Coût fixe

4C. Représentation graphique


Soit une entreprise dont les charges fixes sont de 5 000 € par mois et les charges varia-
bles unitaires de 0,74 € pour le seul produit qu’elle fabrique. Elle vend son produit 10 €
l’unité. Déterminons tout d’abord graphiquement son seuil de rentabilité puis retrou-
vons-le par le calcul.

Par le graphique
On se sert de : marge sur coûts variables = charges fixes.
L’équation de M.C.V. est : MCV = 10 x – 0,74 x, soit MCV = 9,26 x avec x : quantités
vendues.
L’équation des charges fixes est : CF = 5 000

7000

6000
MCV
5000
CF
Coûts

4000

3000

2000

1000

0 Quantités
300 400 500 600 700
539,96

On représente ces deux équations, puis on regarde pour quelle quantité vendue les deux
droites se coupent.
Si on vend 539,96 produits, le bénéfice sera nul. Au-delà de cette limite (ventes > 536,96),
on fera des bénéfices, et en deçà (ventes < 539,96), on sera en perte.

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8 3936 TG PA 00
Unité 2

Par le calcul
Seuil de rentabilité = charges variables + charges fixes
10 x = 0,74 x + 5 000
9,26 x = 5 000
x = 539,96
Il faut donc vendre 540 unités pour couvrir la totalité des charges. Le seuil de rentabilité
en quantité est de 540, et il est de 5 400 € en valeur.

Remarque
Selon le type de produit que nous manipulons (ici le texte de l’exercice ne vous donne
pas de précision) il est probable qu’il faille arrondir ce montant. S’il s’agit d’un produit
dont le conditionnement se fait au litre, par exemple, on peut laisser 539,96 l ; en
revanche on doit l’arrondir à 540 s’il s’agit d’objets.

4D. Temps et seuil de rentabilité


Indépendamment de la valeur du seuil de rentabilité, les entreprises peuvent être inté-
ressées par la date à laquelle il sera atteint, ou, plus exactement, le délai nécessaire à la
couverture de tous les frais.
Deux cas sont possibles, selon que l’on réalise une production (ou achat ou vente) régu-
lière ou une production irrégulière au cours du temps. En effet, une modification du
rythme de production a des conséquences sur la date à laquelle on va atteindre le seuil
de rentabilité, mais pas sur sa valeur.

4D1. Cas de ventes régulières


On considère que les ventes (et la production) sont réparties de façon linéaire et conti-
nue au cours de l’année. C’est-à-dire qu’on réalise le chiffre d’affaires annuel de 15 000 €
sur les 360 jours que constituent une année comptable. On a calculé par ailleurs que le
seuil de rentabilité était atteint à 5 400 €. Quand sera-t-il atteint ?
Le chiffre d’affaires journalier est donc de 15 000 / 360 et on atteindra le seuil de ren-
tabilité au bout de : (5 400 X 360) / 15 000 = 129,6 jours, soit au cours du 130 e jour de
l’année : le 10 mai.
Avant le 10 mai, toutes les ventes de l’entreprise ne serviront qu’à compenser les charges
engagées, mais à partir de cette date, on réalisera un bénéfice.

4D2. Cas de ventes saisonnières


Si le chiffre d’affaires n’est pas régulier, on va faire le cumul des chiffres d’affaires
mensuels pour déterminer à quel mois dans l’année sera atteint le seuil de rentabilité.
Ensuite pour connaître le jour, au niveau du mois trouvé, si aucune précision ne nous est
donnée, on supposera que les ventes sont régulières tout au long du mois.

Mois Janvier Février Mars Avril Mai Juin Juillet ...


CA 853 820 1087 1195 1210 1208 1186 …
CA cumulé 853 1673 2760 3955 5165 6373 7559
Le seuil de rentabilité de 5 400 € sera atteint au cours du mois de juin (5 165 < 5 400 < 6 373).
Maintenant il faut déterminer quel jour.

54
8 3936 TG PA 00
Séquence 5 : Les coûts variables

Le seuil de rentabilité sera atteint, lorsqu’au cours du mois de juin, on aura fait 235 € de
ventes (5 400 – 5 165 = total fin de mois – seuil de rentabilité). Si en juin les ventes sont
régulières, ce chiffre d’affaires sera réalisé au bout de (30 X 235) / 1 208 ≈ 5,84 jours, soit
le 6e jour du mois de juin, le 6 juin. On utilise ici les mois comptables de 30 jours.
Si on ne vous dit rien dans les exercices, on supposera toujours que les ventes sont
régulières au cours d’un même mois ainsi que d’une même année.

5. Le compte de résultat différentiel et la prise de décision

5A. Le compte de résultat différentiel


Le compte de résultat différentiel se présente en montants mais aussi en pourcentages
par rapport au chiffre d’affaires.
Exemple : gardons le même exemple avec un chiffre d’affaires annuel de 15 000 €
(1 500 unités à 10 €), un coût variable unitaire de 0,74 € et des charges fixes de 5 000 €
annuelles.

Quantité Prix unitaire Montants % du CA


Chiffre d’affaires 1500 10 15 000,00 100,00%
Charges variables 1500 0,74 1 110,00 7,40%
Marge sur coût variable 13 890,00 92,60%
Charges fixes 5 000,00
Résultat 1500 5,9267 8 890,00 59,27%

Remarque
Les pourcentages de MCV et de charges variables se complètent toujours à 100 % (car
par définition : MCV + charges variables = chiffre d’affaires).

5B. Coûts variables et prise de décision


Ce compte de résultat différentiel n’a pas pour seul but de nous donner le résultat
global. Il permet de mettre en évidence des dysfonctionnements dans la gestion et de
donner au décideur des éléments pour l’aider dans sa prise de décision.

5B1. Structure des coûts


Le compte de résultat différentiel met en évidence comment se composent le coût et le
résultat dégagé, notamment en terme de répartition entre charges variables et fixes.
Cette analyse va permettre de mettre en place éventuellement des actions correctrices
de gestion et de faire des comparaisons avec les concurrents ou entre produits.
Dans notre exemple, on remarque que les charges fixes représentent un tiers du montant
des ventes, ce qui est un montant assez élevé pour certains secteurs d’activité, alors qu’il
peut être « correct » pour d’autres. C’est au décideur d’apprécier s’il y a lieu de mettre
en œuvre des améliorations de gestion ou non.
De même, le résultat (ici un bénéfice) représente 59,27 % du chiffre d’affaires total, ce
qui est un montant très élevé. Ceci peut être la conséquence du fait que c’est un produit

55
8 3936 TG PA 00
Unité 2

nouveau et que nous sommes leader sur le marché tout en ayant déjà une structure
de production qui nous assure des coûts assez bas et une image commerciale qui nous
permet de vendre relativement cher. Il est clair que ce haut niveau de résultat ne va pas
se maintenir sans que l’entreprise n’agisse par une politique de différenciation commer-
ciale, par des actions auprès de la concurrence…

5B2. Indicateur et simulateur d’aide à la décision


Ce compte de résultat va nous aider à faire des simulations pour prendre des décisions
quant à la quantité à vendre ou au prix de vente. On peut réaliser ce tableau à l’aide
d’un tableur et modifier ensuite, manuellement ou à l’aide d’outils de simulation, la
quantité ou le prix de vente jusqu’à obtenir un résultat qui nous convienne.
Si vous possédez le tableur EXCEL, regardez à ce sujet l’outil « valeur cible » ou celui des
scénarii.
• Fixation du prix de vente : en fonction d’une quantité de ventes espérée, on déter-
mine le prix de vente, de sorte que le chiffre d’affaires total ne soit pas inférieur au
seuil de rentabilité et que l’on dégage un certain bénéfice.
• Fixation des quantités à vendre : on se fixe un prix de vente désiré et on détermine
ensuite les quantités par le même procédé (seuil de rentabilité + bénéfice).
Il est difficile de faire varier ces deux paramètres en même temps, même si certains
outils peuvent nous y aider (cf. gestionnaire de scénarios). Dans la réalité on pratique
par fourchettes.
En fonction d’une fourchette de prix de vente commercialement possible, on va déter-
miner les quantités à vendre (minimum et maximum) pour atteindre le seuil de renta-
bilité, ces quantités seront à leur tour ajustées en fonction de la réalité commerciale du
marché et de notre structure productive, ce qui va nous permettre de revoir alors le prix
de vente. Nous pourrions avoir le même raisonnement en partant des quantités que
l’entreprise peut produire et vendre.

5B3. Prise de décision et paramètres non financiers


La comptabilité de gestion par les coûts variables est donc un bon indicateur pour le
gestionnaire et va le guider dans sa prise de décision. Mais n’oubliez pas (surtout dans les
exercices !!!!) de prendre en compte le fait que le décideur ne se base pas uniquement
sur des critères financiers pour prendre ses décisions. On peut, par exemple, engager
l’entreprise dans un nouveau secteur ou produit, simplement pour ne pas être à la traîne
par rapport à ses concurrents, même si à court terme il est difficile d’atteindre le seuil
de rentabilité.
Vos connaissances en « économie d’entreprise » sont une nouvelle fois un atout à mobi-
liser dans le cadre de vos réflexions sur la comptabilité de gestion.

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Séquence 5 : Les coûts variables

Exercices autocorrectifs

Exercice 1
Vous pouvez effectuer cet exercice sur tableur. Mais n’oubliez pas que le jour de l’examen
ce sera sur feuille, donc… entraînez-vous.
L’entreprise TOUROLL fabrique un seul modèle de rollers spécialisé dans les revêtements
« tout terrain ». Elle vous fournit l’analyse des charges de l’exercice comptable précédent en
fonction de leur variabilité.
• Charges purement fixes :
– impôts et taxes : 2 350 € ;
– charges financières : 28 400 € ;
– dotations aux amortissements et provisions : 55 000 € .
• Charge purement variable : 61 480 € d’achats de matières premières pour la production.
• Charges semi-variables :
– services externes : 62 000 € dont 70% de fixes ;
– frais de personnel : 95 000 dont 20% de variables.
Lors de l’exercice comptable en question, TouRoll a vendu 10 200 paires de rollers à 65 € la
paire.
1. Dresser un tableau des charges en faisant ressortir les fixes et les variables.
2. Définir ce qu’est une charge semi-variable et expliquez pourquoi les deux charges semi-
variables de cet exercice le sont.
3. Déterminer graphiquement le seuil de rentabilité puis le retrouver par le calcul.
4. Si on réussit à faire baisser le coût unitaire variable à 9 € et qu’on porte le prix de vente
à 69 €, quel sera le nouveau seuil de rentabilité ?

Exercice 2
La société MODTOU se demande s’il est réellement intéressant pour elle de continuer, dans
les conditions actuelles, de commercialiser un certain type de sac de luxe, le « Marlyn ». Ce
sac est acheté 25 € pièce et revendu 79 €. On constate que les charges fixes pour l’année N
sont de 45 200 € et que les charges variables (hors coût d’achat des sacs) sont de 105 475 €.
On a vendu 3 100 sacs au cours de l’année N. L’entreprise travaille 6 jours par semaine toute
l’année et est fermée 4 semaines au mois d’août.
1. Dresser le tableau de calcul de la marge sur coût variable et du résultat. Comment s’ap-
pelle ce tableau ?
2. Le résultat que vous venez de trouver n’est pas un résultat net, que manque-t-il comme
type de « coût » ?
3. Quel est le seuil de rentabilité ?
4. Si on ne veut pas modifier le prix de vente, combien de sacs doit-on prévoir de vendre
pour assurer le seuil de rentabilité ?
5. Si on suppose que les ventes sont régulières tout au long de l’année, quand sera atteint
ce seuil de rentabilité ?
6. Que deviendrait le seuil de rentabilité si on devait augmenter les charges fixes pour les
amener à 63 225 € ?
7. Si on veut toujours maintenir à 79 € le prix de vente unitaire, combien doit-on vendre de
sacs pour assurer ce nouveau seuil de rentabilité ?
8. Pensez-vous que cette dernière hypothèse (question 7) soit possible ?

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Séquence 6
Budgets et analyse de la performance
1. Introduction, principaux concepts
Toute organisation, quelle que soit sa taille ou son importance, ne peut se passer de
management pour organiser ses activités et prendre les décisions quant à ses orienta-
tions futures.
Pour une entreprise, par exemple, la stratégie peut être de faire évoluer le personnel
vers plus de polyvalence et d’autonomie. Elle mettra en œuvre pour cela des objectifs
concernant les procédés de recrutement ou le type de formation.
Pour une association, par exemple, l’objectif stratégique de se faire connaître au sein de
sa commune peut passer par l’organisation d’une fête avec démonstration de ses activi-
tés. Pour réaliser une telle manifestation, outre le programme des festivités, l’association
devra se préoccuper de toute la logistique nécessaire et de son financement (sonorisa-
tions, buvette, publicité…).
Ce financement va devoir être prévu à l’avance, afin de connaître les ressources finan-
cières dont elle disposera avant le début de la manifestation et qui lui serviront à régler
les dépenses d’organisation, ainsi qu’au cours ou après la manifestation. Ces dernières
seront des prévisions, car avant le jour précis de la manifestation, il est difficile pour
l’association de connaître le nombre exact de billets qu’elle vendra ou la recette de la
buvette.
Cette planification financière va donc se baser à la fois sur des ressources que l’organi-
sation aura de manière sûre et certaine (l’utilisation d’un certain fonds ou l’obtention
d’une subvention) et sur des prévisions budgétaires (ventes...).
De manière générale, les orientations stratégiques d’une organisation sont déclinées en
de multiples objectifs et sous-objectifs, jusqu’au niveau opérationnel le plus élémentaire.
Pour cela, on va définir des programmes d’actions à plus ou moins long terme et des bud-
gets qui correspondent à des prévisions financières de tous les éléments correspondant
à un programme d’action.
Nous voyons donc qu’ici plusieurs niveaux de décision de l’organisation interviennent et
touchent à la fois à la stratégie, aux objectifs et à la budgétisation.
La notion de temps est omniprésente et guide, ou contraint, chacun de ces niveaux,
de même que celle d’incertitude. Pour compenser cette incertitude, l’organisation va
faire des prévisions en fonction des informations dont elle dispose (études de marché,
environnement économique,…).
Les budgets vont servir à l’organisation pour clarifier ses objectifs mais également pour
éviter tout problème de trésorerie. En effet, sans prévisions chiffrées et planifiées dans
le temps, des découverts bancaires peuvent subvenir ou des surplus de trésorerie qui
pourraient être investis par ailleurs ou utilisés pour d’autres étapes du projet.
En comptabilité générale, vous enregistrez un mouvement au moment de la surve-
nance d’un évènement. Par exemple, une facture d’un client est enregistrée le jour de

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Unité 2

sa création (créance client et TVA collectée entre autres). Au niveau des budgets, vous
allez raisonner en encaissements et décaissements, comme avec votre propre porte-
monnaie, si vous payiez et receviez tout votre argent en liquide. Pour la facture client,
l’encaissement sera pris en compte au moment où le client règle effectivement. La TVA
(Taxe sur la Valeur Ajoutée) collectée se retrouvera alors dans le calcul de fin de mois de
TVA de l’entreprise.
L’établissement des budgets ne représente aucune difficulté technique particulière, mais
soyez attentifs à bien rechercher les informations (même dans les exercices !) et à pren-
dre en compte le temps : date réelle du décaissement ou de l’encaissement. N’oubliez
pas qu’en terme de trésorerie, pour une certaine somme, l’échéance est tout aussi impor-
tante que le montant.

2. Comment budgétiser ?
Les deux exemples ci-dessus, revoir les politiques de recrutement et de formation d’une
entreprise, ou organiser une fête communale, nous montrent que mettre en œuvre des
budgets peut être très différent selon le programme d’action considéré. La notion de
temps ne joue pas de la même manière et les zones d’incertitude ne se situent pas à la
même échelle.
On peut néanmoins dégager une démarche commune à toute organisation, même si
certains budgets ou critères n’auront pas la même importance (voire seront totalement
inexistants) pour certains programmes d’action.
On va tout d’abord partir des recettes espérées par l’organisation, puis on en déduira un
budget de production, d’approvisionnement et éventuellement un budget des investis-
sements à réaliser. Ces ventes et divers achats vont nous permettre de mettre en évidence
les liquidités financières dont nous devrons disposer. Les frais impliquent des décaisse-
ments au cours du déroulement du programme d’action (les charges elles-mêmes ainsi
que la TVA associée). De plus, on va dresser le budget des charges hors production (des
charges fixes pour la plupart). À l’issue de ces divers budgets, nous dresserons le budget
global de synthèse qui nous donnera les sommes à décaisser et à encaisser au cours du
temps. C’est ce que nous appellerons le budget de trésorerie.
Ce schéma présente la version la plus simple de tous les budgets, nous verrons que
certains d’entre eux peuvent faire l’objet de sous budgets. Par exemple, le budget des
achats peut se subdiviser en budget des investissements, des approvisionnements, des
charges hors production… Cela dépendra de l’organisation étudiée et de l’ensemble des
données manipulées.
Lorsque le programme d’action sera terminé, ou lorsque certaines étapes seront ache-
vées, ces divers budgets serviront à comparer les réalisations avec les prévisions afin
d’apporter des actions correctrices si nécessaire.
Vous pouvez aussi trouver comme distinction :
• budget des encaissements : budget des ventes et de toutes les « rentrées
d’argent » ;
• budget des décaissements : budget des achats, des charges et de la TVA ;

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Séquence 6 : budgets et analyse de la performance

• budget de trésorerie : encaissements – décaissements.

Objectifs de l’organisation

Budget des ventes Budget des achats et charges

Budget de TVA

Budget de trésorerie

3. Les divers budgets


Nous allons dresser chacun de ces budgets au travers d’un exemple, celui de la société
ARTIBRICO qui vend du petit outillage et des articles de quincaillerie à des artisans. Elle
est assujettie à la TVA au taux de 19,60 %.
Fin août de l’année N, le bilan provisoire fait ressortir les éléments suivants :

Échéances de paiement
Total Septembre Octobre Novembre
Créances clients 20 210 20 000 210
Disponibilités 2 500
Dettes d’approvisionnements 15 875 3 540 9 080 3 255
Dettes fiscales (impôts) 2 287 800 1 487

Les prévisions d’activités et de charges sont les suivantes :

Échéances
Septembre Octobre Novembre
Ventes (HT) 22 000 23 000 19 500
Approvisionnements (HT) 11 200 13 800 9 100
Autres charges 10 000 6 500 6 500
Dotations aux amortissements 950 950 950

Les ventes sont réglées à 40% comptant et 60% le mois suivant. Les approvisionnements
sont réglés à 20% comptant et 80% le mois suivant.

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Unité 2

Parmi les « autres charges », 4 000 € mensuels (les salaires) ne sont pas soumis à la TVA
et le reste est donné en HT.
La TVA à payer se calcule toujours en fin de mois mais cette taxe n’est réglée à l’admi-
nistration fiscale que le 22 du mois suivant. Fin août la TVA à décaisser a été calculée à
6 800 €.

3A. Budget des ventes


Le budget des ventes présente les prévisions de ventes. Il est basé sur les ventes passées,
les nouveaux projets mercatiques, l’analyse des flux saisonniers passés…
De manière générale, le budget des encaissements, présente tous les encaissements
prévus : ventes et remboursements financiers en tout genre dont l’entreprise est desti-
nataire.
À partir du montant hors taxes (HT) prévu des ventes, on va rajouter la TVA. Ceci est dû
au fait que toute prévision et tout enregistrement comptable des ventes se fait sur des
montants hors taxes car l’entreprise ne supporte pas la totalité du coût de la TVA (cf.
cours de 1re année). Cette TVA collectée va se retrouver ensuite dans le budget de TVA,
c’est pourquoi nous allons la calculer ici alors qu’elle n’est pas indispensable à ce niveau :
tout pourrait être en TTC (toutes taxes comprises) vu que les règlements de clients se
font en TTC.
S’il s’agit d’une organisation non soumise à la TVA (comme certaines associations), on
présentera les budgets directement en TTC.
Vous avez vu en première année l’enregistrement comptable des ventes et l’établisse-
ment du bilan et du compte de résultat. Je vous rappelle que dans ces deux documents,
les éléments de ventes et d’achats, sont enregistrés en HT et que la TVA s’enregistre dans
des comptes de dettes fiscales.
Pour l’entreprise ARTIBRICO, les prévisions de ventes pour chacun des trois prochains
mois sont respectivement de 22 000 €, 23 000 € et 19 500 €. Son budget des ventes se
présente donc ainsi :

Budget des ventes Échéances


HT TVA collectée TTC Septembre Octobre Novembre
(1)
Créances clients antérieures 20 210,00 20 000,00 210,00
(2)
Ventes septembre 22 000,00 4 312,00 26 312,00 10 524,80 15 787,20
Ventes octobre 23 000,00 4 508,00 27 508,00 11 003,20 16 504,80
Ventes novembre 19 500,00 3 822,00 23 322,00 9 328,80
TOTAL des encaissements
30 524,80 (3) 27 000,40 25 833,60
relatifs aux ventes

(1) Cf. le 1er tableau : échéances de paiement des créances clients au bilan.
(2) Les ventes prévues en septembre s’élèvent à 22 000 € HT, mais les règlements des clients se font en TTC, il
faut donc tout d’abord transformer les sommes en TTC mais étaler les règlements pour 40 % le mois de la
vente et 60 % le mois suivant.
(3) Ce chiffre représente le montant des règlements clients que l’on doit recevoir en septembre. Il provient
(pour 20 000 €) des anciennes créances clients trouvées au bilan et de l’encaissement d’une partie (40 %)
des ventes de septembre. En aucun cas il ne s’agit donc des ventes de septembre.

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Séquence 6 : budgets et analyse de la performance

Les trois montants totaux seront reportés au niveau des encaissements du budget géné-
ral de trésorerie.

3B. Budget des achats et autres charges


Ce budget recouvre toutes les dépenses auxquelles doit faire face l’organisation. De
manière générale, il présente tous les décaissements prévus, on l’appelle aussi le budget
des décaissements.
De même que pour les achats soumis à la TVA, on va faire apparaître la TVA déductible
afin de pouvoir construire ensuite le budget de la TVA. Nous vous rappelons qu’en comp-
tabilité générale, les achats sont enregistrés en HT dans les comptes de charges et que
leur TVA est enregistrée dans les comptes de « TVA déductible ».

Budget des achats et autres charges


Échéances
HT TVA déductible TTC Septembre Octobre Novembre
Dettes fournisseurs antérieures 15 875,00 3 540,00 9 080,00 3 255,00
Achats septembre (1) 11 200,00 2 195,20 13 395,20 2 679,04 10 716,16
Achats octobre 13 800,00 2 704,80 16 504,80 3 300,96 13 203,84
Achats novembre 9 100,00 1 783,60 10 883,60 2 176,72
Total achats 6 219,04 23 097,12 18 635,56
Dettes fiscales du bilan 2 287,00 800,00 1 487,00
Autres charges sans TVA (2) 12 000,00 4 000,00 4 000,00 4 000,00
(3)
Autres charges avec TVA 11 000,00 2 156,00 13 156,00 7 176,00 2 990,00 2 990,00
TOTAL des décaissements 18 195,04 31 574,12 25 625,56
(1) Comme pour les ventes on doit tout d’abord transcrire le budget en TTC, vu que l’entreprise va payer les
montants TTC à ses fournisseurs. Puis ensuite on répartit ces décaissements de charges à raison de 20% le
mois de leur survenance et 80% le mois suivant.
(2) Il s’agit des 4 000 € mensuels de salaires.
(3) Il s’agit des « autres charges » auxquelles on soustrait les 4 000 € mensuels de salaires. Elles doivent être tra-
duites en TTC Pour ces charges, il n’y a pas de décalage de paiement (on règle immédiatement) précisé dans
le texte de l’exercice. En septembre cela donne 6 000 € d’autres charges soumises à la TVA (10 000 – 4 000),
soit en TTC 7 176 € (6 000 x 1,196).

Ce budget, appelé budget des achats et autres charges, contient tous les frais pour
lesquels on va faire un règlement. C’est donc le budget des décaissements. On peut le
subdiviser en :
– budget des investissements ;
– budget des approvisionnements ;
– budget de production ;
– budget hors production ;
– budget de commercialisation.

3B1. Budget des investissements


Le budget des investissements, comme pour tout budget, peut être réalisé au niveau
général de l’entreprise ou pour un projet particulier. Dans ce dernier cas, on ne mention-
nera les conséquences financières que de l’investissement considéré. Le choix du type de
financement va avoir une grande importance sur le budget.

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Unité 2

Le paragraphe suivant concerne essentiellement les étudiants de l’option ARLE mais


peut se trouver dans tout exercice lorsqu’on vous fournit des données chiffrées
concernant un emprunt.
Si vous avez un exercice sur un plan de financement (voir séquence 7), n’oubliez pas de
reporter dans le budget des investissements les sommes réellement décaissées suite à
l’obtention d’un emprunt, en ne négligeant pas la notion de temps. Par exemple, le jour
où vous obtenez le montant prêté peut être différent du jour où vous réglez le montant
correspondant à l’achat de votre investissement, de même, périodiquement, vous aurez
les remboursements (capital + intérêts) à décaisser.
Par exemple, si une entreprise obtient un prêt d’un particulier de 3 000 € au mois de
janvier, à rembourser en trois fois, à raison de 1 000 €, en commençant deux mois après
la remise des fonds ; et que ce prêt est destiné à financer un investissement de 2 850 €
à régler en février, le budget des investissements concernant cette opération se traduira
par :

Février Mars Avril Mai


Décaissements 2 850 1 000 1 000 1 000

Ne pas oublier qu’au niveau des encaissements il y aura 3 000 € à rajouter pour le mois
de janvier concernant l’encaissement de la somme prêtée.

3B2. Budget de production


Suite aux prévisions et au planning de production, on va déterminer un budget pour les
approvisionnements et les charges de production.

3B3. Budget hors production


Il s’agit de toutes les charges générales ne concernant pas directement la production :
charges d’administration, de personnel…

3B4. Budget de commercialisation


On va répertorier tous les frais de promotion et de distribution.

3C. Budget de la TVA


Comme vous l’avez vu en première année, la TVA à reverser à l’administration est calcu-
lée en fin de mois par soustraction de la TVA déductible sur les achats et autres frais, de
la TVA collectée sur les ventes. Si la somme due est négative on parle de crédit de TVA
qui viendra s’imputer (en négatif) sur le calcul de la TVA du mois suivant.
Pour établir le budget de TVA, il suffit de reprendre les montants dégagés dans les deux
budgets précédents.
Ne pas oublier, que le texte du sujet vous informe que la TVA à payer se calcule toujours
en fin de mois mais qu’elle n’est réglée que le 22 du mois suivant. Il y a donc un décalage
d’un mois entre le calcul et le règlement.

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Séquence 6 : budgets et analyse de la performance

Budget de la TVA
Échéances
Septembre Octobre Novembre
(1)
TVA collectée 4 312,00 4 508,00
– TVA sur achats (2) 2 195,20 2 704,80
(3)
– TVA sur autres charges 1 176,00 490,00
(4)
TVA à décaisser 6 800,00 941,00 1 313,20
(1) Cf. budget des ventes.
(2) Cf. budget des achats.
(3) Pour la « TVA sur autres charges », il faut retrouver le montant de la TVA à partir des montants HT pour
les divers mois. Par exemple pour septembre, le montant HT des « autres charges » soumises à la TVA est
de 6 000 € (10 000 € de « autres charges » HT, auxquelles on soustrait 4 000 € de salaires). La TVA est donc
de 1176 € (6 000 X 19,60%).
(4) Le texte spécifie que « Fin août la TVA à décaisser a été calculée à 6 800 €. ».

3D. Budget de trésorerie


Le budget de trésorerie fait la synthèse de tous les budgets précédents. Il donne les flux
nets de trésorerie de chaque mois (total des encaissements - total des décaissements) qui
représentent l’ensemble des liquidités nécessaires et disponibles.
Á partir du montant des liquidités initiales (ici celles trouvées au bilan de fin août), on va
calculer le solde net de trésorerie prévu en fin de mois. Si celui-ci est négatif, ou inférieur
à un certain « niveau de sécurité », il faudra que l’entreprise recourt au crédit bancaire,
à l’escompte, renégocie ses délais de règlements fournisseurs ou clients, …

Échéances
Budget de trésorerie Septembre Octobre Novembre
Encaissements 30 524,80 27 000,40 25 833,60
Achats et autres charges 18 195,04 31 574,12 25 625,56
TVA à décaisser 6 800,00 941,00 1 313,20
Décaissements 24 995,04 32 515,12 26 938,76

Flux net de trésorerie 5 529,76 – 5 514,72 – 1 105,16

Trésorerie début de mois 2 500,00 8 029,76 2 515,04


Trésorerie fin de mois 8 029,76 2 515,04 1 409,88

On constate que les flux nets de trésorerie d’octobre sont négatifs (l’entreprise doit
« sortir » plus d’argent qu’elle « n’en rentre »). Globalement, vu que l’entreprise avait
une trésorerie importante fin septembre, cela permet de compenser ce problème. En
revanche, si cela se reproduit dans le futur, les gestionnaires devront agir pour corriger
le problème : augmenter les encaissements, diminuer les décaissements, utiliser des
réserves financières (rendre liquides des placements), obtenir un crédit, renégocier les
échéances de règlement client ou fournisseur…

Remarque
Vous noterez que dans le tableau initial des charges il est mentionné des amortissements (950 €
par mois), et qu’ils n’ont jamais été pris en compte dans les budgets. Ceci est normal car les amor-
tissements sont bien une charge pour l’entreprise mais elle est « non-décaissée ».

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Unité 2

4. L’analyse des budgets et de leur réalisation


L’analyse des écarts entre la réalisation concrète et les sommes prévues aux budgets est
une phase importante qui permet :
• de savoir à tout moment où nous en sommes financièrement par rapport à nos
prévisions ;
• de prendre des actions correctrices en cas de dérives justifiées ou injustifiées ;
• de réajuster nos prévisions en fonction des premières réalisations.
Ce processus va permettre à l’entreprise « d’apprendre » et de réaliser de meilleures
prévisions, des budgets plus réalistes et de corriger les dérives.
La budgétisation donne une idée plus précise de l’application des objectifs généraux de
l’organisation. Elle permet de dégager la trésorerie prévisionnelle, mais aussi d’analyser
l’implication et les conséquences des diverses décisions de gestion envisagées sur l’état
financier de l’organisation. En effet, tous ces budgets peuvent être informatisés et servir
ainsi de base pour des simulations concernant les diverses options qui se présentent aux
décideurs.
Nous vous rappelons que ces budgets peuvent être réalisés au niveau global de l’orga-
nisation ou au niveau d’une fonction ou d’un projet. De même, ils peuvent concerner
soit la gestion quotidienne, soit des activités ou projets totalement nouveaux. Dans ce
dernier cas, les budgets manipuleront essentiellement des prévisions comme données
chiffrées.
Ces budgets permettent à l’organisation d’évaluer :
• l’équilibre global de la trésorerie ;
• l’équilibre financier (bilan prévisionnel) ;
• l’équilibre dans la formation du résultat (compte de résultat prévisionnel) ;
• les divers scénarios et la faisabilité d’un projet.
Les budgets servent donc à constater les réalisations du passé, et le plus souvent, à pla-
nifier les données financières des projets futurs. En général, les nouveaux budgets sont
faits en tenant compte des budgets anciens et de leur comparaison à la réalité.
Lors du déroulement d’un projet l’analyse de la différence entre les budgets prévus et la
réalisation concrète peut amener le gestionnaire à décider des actions correctrices.

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Séquence 6 : budgets et analyse de la performance

Exercices autocorrectifs

Exercice 1
L’entreprise de bâtiment TouBati a fait ses prévisions en terme d’objectifs pour le 1er trimestre
de l’année N, elle vous demande de l’aider à mettre en place une gestion prévisionnelle.
Elle vous présente tout d’abord l’état de certains de ses comptes au 01/01/N :

N° de compte Intitulé Solde (D = débit, C = crédit) Échéances prévues


401000 Fournisseurs C = 10 200 Tout en janvier
70% en janvier, 20% en février et le reste en
411000 Clients D = 35 460
mars
430000 Organismes sociaux C = 6 200 Tout en janvier
445510 TVA à décaisser C = 7 100 Tout en janvier
512000 Banque D = 55 500

Elle a également chiffré le niveau de ses recettes et dépenses :

Type Janvier Février Mars Échéances prévues


Achats divers (HT) 12 500 11 800 10 400 Tous les paiements se font à 30 jours
Ventes (HT) 32 000 31 000 32 000 2/3 réglés au comptant et le reste à 60 jours
Charges salariales et patronales en sus :
Salaires nets 11 250 11 250 11 250
80 % à payer le mois suivant
Impôts 0 2 500 0
Achat d’une bétonnière (HT) 10 000 Paiement comptant

Toutes les TVA sont au taux normal de 19,60 %. Le solde de TVA calculé en fin de mois se
règle le mois suivant.

1. Pourquoi dans le tableau ci-dessus, avoir séparé les « achats divers » de l’« achat d’une
bétonnière » ?
2. Établir le budget prévisionnel des achats en distinguant les montants HT, de la TVA et
des montants TTC.
3. Établir le budget prévisionnel de trésorerie concernant les achats.
4. Établir le budget prévisionnel des décaissements concernant la TVA.
5. Établir le budget des décaissements.
6. Établir le budget des encaissements.
7. Établir le budget de trésorerie. Que pensez-vous du résultat obtenu et que conseillez-
vous à l’entreprise ?
8. Supposons que le meilleur et principal client qui règle environ 15 000 € par mois ne puisse
plus honorer ses dettes et que la trésorerie de l’entreprise n’était que de 30 000 € début
janvier. Établir le nouveau budget de trésorerie. Que conseillez-vous à l’entreprise ?

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Unité 2

Exercice 2
Soit une section d’un club sportif (géré sous forme d’association) qui tient un budget
prévisionnel pour les prochains mois. Le budget de la section est le suivant : Budget de
trésorerie.
Échéances
Mois M M+1 M+2
Encaissements 1 800,00 2 000,00 1 900,00
Décaissements 1 600,00 2 100,00 2 000,00
Trésorerie début de mois 100,00 300,00 200,00
Trésorerie fin de mois 300,00 200,00 100,00

1. Pourquoi ne fait-on pas référence à la TVA dans ce budget ?


2. Que pensez-vous de ce budget ?
3. À la fin du mois M, la section fait le point sur son budget et constate que les encaisse-
ments sont conformes à ceux prévus, mais que ses frais ont été supérieurs de 10 % à ceux
budgétés. Refaire le budget de trésorerie.
4. Analyser ce nouveau budget et proposer des alternatives de gestion.

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Séquence 7
Rentabilité et financement
d’un investissement
Cette séquence est explicitement au programme de ceux qui font l’option
ARLE mais il est conseillé de le lire à titre de culture générale pour le BTS
par les étudiants de l’option DA.
Avant d’engager un investissement dans un nouveau bien de production, de communi-
cation, ou dans tout nouveau projet, on évalue l’opportunité de ce dernier au regard
de critères techniques, commerciaux ou économiques. En effet, investir implique de
l’énergie et des flux financiers importants : une dépense importante au moment de l’ac-
quisition du bien, et des recettes futures, souvent étalées dans le temps, engendrées par
la valeur ajoutée générée par ce nouveau bien ou projet.
Nous allons dans ce chapitre aborder les méthodes de calcul qui permettent d’évaluer
les implications financières d’un projet d’investissement.
L’exemple suivant va nous servir à illustrer le cours.
Un dirigeant hésite entre l’acquisition de deux matériels (projet 1 ou projet 2) qui peu-
vent être réalisés dès ce jour. Chacun permet d’investir dans une immobilisation (maté-
riel de production) différente.

Éléments Projet 1 Projet 2


Coût d’achat 30 500 37 000
Durée de vie 5 ans 5 ans
Augmentation annuelle prévue du chiffre d’affaires grâce au projet 23 000 25 000

Charges décaissables annuelles prévues dues au projet (matières premières et main-d’œuvre) 12 000 13 000

Dans les deux cas, le matériel sera amorti selon le système linéaire. On suppose que le
taux d’imposition de l’entreprise est de 33 1/3 % (33,33 %). De même, on suppose que
les charges et l’augmentation du chiffre d’affaires sont constantes (identiques) pendant
toute la durée de vie de chacun des projets.

1. Flux nets de trésorerie


Pour savoir si un investissement est financièrement rentable, il faut comparer d’une part,
les décaissements lors de l’achat (ou le coût du crédit à rembourser au cours du temps)
et de l’exploitation du bien, et d’autre part, les encaissements futurs prévus grâce au
nouvel investissement.
Nous allons donc calculer et comparer des flux nets de trésorerie qui se rapportent à
l’investissement.

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Unité 2

1A. Calcul des flux nets de trésorerie


Les flux nets de trésorerie représentent le solde net des flux de trésorerie engagés
par l’investissement. Ils sont composés de produits encaissables (les « recettes » pro-
duites par l’investissement) et de charges décaissables (les dépenses).
Les recettes se concrétisent, dans notre exemple, par de nouvelles ventes que pourra
réaliser l’entreprise grâce à l’investissement. Elles se mesurent donc par l’augmentation
supplémentaire du chiffre d’affaire.
Parmi les dépenses on trouve :
• L’achat initial (au « coût d’achat » = prix d’achat + frais annexes d’achat). Dans un
premier temps, on va supposer qu’on débourse la totalité du coût d’achat le jour de
l’acquisition du bien. Mais dans la réalité on peut faire un emprunt, c’est ce que nous
verrons dans une autre séquence de ce cours.
• Les dépenses supplémentaires d’exploitation : matières premières, main-d’œuvre…

Remarque
L’amortissement de la nouvelle immobilisation n’est pas une charge décaissée, elle ne
figurera donc pas dans les charges.

• L’impôt supplémentaire sur les bénéfices engendré par l’investissement. Il ne faut pas
oublier que l’amortissement, qui n’est pas une charge décaissée, participe à la forma-
tion du résultat comptable, résultat dont dépend le calcul de l’impôt. Il faudra donc
prendre en compte l’amortissement, puis le soustraire des charges décaissées.

Remarque
Les flux net de trésorerie sont aussi appelés capacité d’autofinancement (CAF).

Application à notre exemple


Pour connaître le montant de l’impôt supplémentaire engendré par chaque projet, on
passe par le calcul du résultat net comptable. À partir de ce dernier, on calcule l’impôt,
qui viendra diminuer le résultat, puis, ensuite, on réintègre l’amortissement vu que ce
n’est pas un décaissement (pas un flux de trésorerie), pour déterminer, enfin, le résultat
réel.

Éléments Projet 1 Projet 2


Recettes supplémentaires : 23 000,00 25 000,00
Charges supplémentaires :
Main-d’œuvre et matière première 12 000,00 13 000,00
Amortissement (ex : 30500/5) 6 100,00 7 400,00
Résultat avant impôts 4 900,00 4 600,00
Charge supplémentaire : impôt sur les bénéfices (ex : 4900*33,33%) 1 633,33 1 533,33
Résultat net 3 266,67 3 066,67
Charge non décaissable à réintégrer : amortissement 6 100,00 7 400,00
FLUX NET DE TRESORERIE annuel 9 366,67 10 466,67

Ce tableau présente les flux nets de trésorerie annuels pour une année, car dans l’exem-
ple, on a supposé que toutes les recettes et dépenses étaient constantes au cours des
cinq ans de la vie des deux projets. Si ce n’était pas le cas il faudrait faire un calcul des
flux nets de trésorerie pour chacune des années de la durée de vie du projet.

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Séquence 7 : rentabilité et financement d’un investissement

2. Valeur actuelle nette et choix d’investissement


Si quelqu’un vous propose de vous donner 2 000 € euros et vous donne le choix entre
vous les donner aujourd’hui ou dans 10 ans ; vous préférerez sûrement les recevoir
aujourd’hui, même si vous n’en avez pas l’utilité immédiate. Ceci parce que compte tenu
de l’augmentation générale des prix, des intérêts bancaires que vous pouvez retirer de
leur placement… 2 000 € aujourd’hui ne valent pas la même chose que dans 10 ans. Ceci
fonctionne exactement sur le même principe pour les flux nets de trésorerie.
En effet, le projet numéro 1 rapporte 9 367 € la première année, de même que les quatre
années suivantes. Cette somme, que dégagera l’entreprise la 5e année qui suit l’investis-
sement, ne vaut pas à ses yeux celle dont elle va bénéficier la 1re année. En effet, si au
moment de l’acquisition de l’investissement (année 0), l’entreprise disposait de la somme
produite lors de la dernière année du projet, elle pourrait placer cette somme, ou l’in-
vestir dans un autre projet ayant une rentabilité plus rapide ou supérieure. De plus, ce
raisonnement ne tient pas compte de l’incertitude qui augmente avec le temps, ou des
désirs de l’entreprise qui peuvent varier.
C’est pourquoi nous allons tenir compte des décalages dans le temps et actualiser ces
gains.

2A. La notion d’actualisation


Pour en revenir à notre investissement, nous avons vu qu’en général la dépense (achat
du bien) se fait au temps 0 alors que les recettes sont étalées dans le temps. Pour plus
d’homogénéité, on compare donc les recettes et les dépenses à une même période : le
jour d’acquisition du bien (ou plus tard). C’est-à-dire que toutes les dépenses et recettes
futures vont être « ramenées » au jour d’acquisition de l’investissement. On va les esti-
mer au moment de leur survenance, puis les « ramener » au temps 0.
Dans notre exemple, pour le projet n° 1, les retombées financières (flux nets de trésore-
rie) sont de 9 367 € à l’issu de chacune des cinq années. On a donc le schéma suivant :

- 305 00 Achat initial


+ 9367 + 9367 + 9 67 + 9367 + 9367 Flux net de trésorerie

Années

0 1 2 3 4 5

Le phénomène qui consiste à tout « ramener » à une même date s’appelle l’actualisa-
tion.

2B. Actualisation des flux nets de trésorerie


On va se placer à l’époque 0, le jour où on acquiert le bien, et ramener tous les flux nets
de trésorerie à cette date en tenant compte d’un taux d’actualisation. Ce taux corres-
pond à la rémunération des capitaux souhaitée par les actionnaires de l’entreprise ou
les autres prêteurs.

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Unité 2

FNi = Flux Net de Trésorerie de l’époque i (en fin de période)


n = périodes (années, mois …), la durée de vie du projet
t = taux d’actualisation

FN cumulés actualisés = FN1(1+t)-1 + FN2(1+t)-2 + FN3(1+t)-3 + … + FNn(1+t)-n

Cas particulier (que l’on trouve souvent dans les exercices !) : si chaque année les flux
nets de trésorerie sont identiques (FN1 = FN2 = FN3…) alors la formule devient :
FN cumulés actualisés = FN1 ( 1 – (1+t)-n )/t
Ceci est le cas dans notre exemple où tous les flux sont identiques au cours des cinq
années.

2C. Calcul de la VAN


La valeur actuelle nette représente le surplus de trésorerie (ou le déficit, si elle est néga-
tive) dégagé à l’époque 0 par le projet d’investissement.
Donc :
VAN = FN cumulés actualisés – investissement initial
Remarquez qu’ici il n’y a rien à actualiser car les flux nets de trésorerie sont déjà actuali-
sés à cette « date 0 », qui est également la date à laquelle on réalise l’investissement.
Soit I l’investissement initial :
VAN = FN1(1+t)-1 + FN2(1+t)-2 + FN3(1+t)-3 + … + FNn(1+t)-n - I

Soit dans le cas des flux identiques à chaque période :


VAN = FN1 (1 - (1+t)-n) /t - I
Exemple : si le taux du coût moyen pondéré du capital désiré par l’entreprise (taux d’ac-
tualisation) est de 10 %, calculons les VAN des deux projets :

Projet 1 : VAN = FN ( 1 - (1+t)-n )/t - I = 9 366,67 ( 1-(1+0,1)-5)/0,1 – 30 500 = 5 007,04 €


Projet 2 : VAN = FN ( 1 - (1+t)-n )/t - I = 10 466,67 ( 1-(1+0,1)-5)/0,1 – 37 000 = 2 676,90 €

2D. Choix d’un investissement


Si on a le choix entre plusieurs investissements et que l’on ne s’occupe que de l’aspect
financier, on écartera tous ceux dont la VAN est négative, car le montant de l’investis-
sement ne pourra jamais être « récupéré ». De plus, on prendra l’investissement qui a la
VAN la plus élevée car il nous donne un meilleur gain.
Dans les exercices, n’oubliez pas de spécifier que ces dernières conclusions… sont basées
uniquement sur l’aspect financier. En effet, dans la réalité, il se peut qu’un décideur
choisisse un projet ayant une VAN un peu moins importante qu’une autre si, par ailleurs,
le projet lui rapporte un avantage concurrentiel profitable pour le futur (avantage
technique, innovant ou commercial, qualité et réutilisabilité du bien acquis, capacité de
l’entreprise à s’en servir efficacement, intérêt commercial de la production supplémen-
taire…).

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Séquence 7 : rentabilité et financement d’un investissement

Dans notre exemple


La VAN du premier projet (5 007,04 €) est supérieure à celle du second (2 676,90 €), leurs
durées de vie sont identiques, donc, en ne tenant compte que de l’aspect financier, on
choisira le projet numéro 1.

2E. Délai de récupération du capital investi


Dans la décision d’investir dans tel ou tel projet ou immobilisation, on peut aussi faire
jouer le délai de récupération de la somme initialement investie. On optera pour le
projet qui va nous permettre de récupérer le plus rapidement la somme investie dans le
coût d’acquisition.
Cependant, ce critère ne peut être pris en compte qu’en complément de celui de la
VAN.
La question est de se demander au bout de combien de temps l’entreprise va récupé-
rer son investissement initial. On va donc calculer le nombre de périodes nécessaires
au recouvrement de la mise initiale. Dans le cas de flux nets de trésorerie constants on
aura :

Délai de récupération = Investissement/Flux nets de trésorerie

Dans tous les cas, ce délai doit être inférieur à la durée de vie du projet, sinon celui-ci
sera considéré comme non rentable. En effet, si ce délai est supérieur à la durée de vie du
projet cela revient à dire que le coût d’achat initial ne pourra jamais être « récupéré ».
Exemple :
Projet 1 : délai de récupération du capital investi = 30 500/9 366,67 = 3,26 ans
Projet 2 : délai de récupération du capital investi = 37 000/10 466,67 = 3,53 ans
Le projet 1 paraît donc moins risqué car on récupère l’investissement initial un peu plus
rapidement.
Avez-vous remarqué qu’ici on parle de flux nets de trésorerie mais qu’on ne les actualise
pas ?
En effet, le critère du délai de récupération étant approximatif, on se contente de cumu-
ler les flux sans tenir compte du fait qu’ils sont prévus à des époques différentes.
Une autre manière de calculer ce délai, surtout lorsque les flux nets ne sont pas identi-
ques, est de cumuler ces flux pour voir à quel moment ce cumul atteint (puis dépasse) la
somme initialement investie.
Nous avons donc vu comment choisir entre deux ou plusieurs projets d’investissement,
en tenant compte uniquement de l’aspect financier.
Jusqu’ici on a toujours supposé que le coût d’achat de l’investissement était payé directe-
ment par l’acquéreur le jour de l’acquisition. Or, peu d’entreprises ont suffisamment de
liquidités disponibles pour pouvoir intégralement débourser le coût de l’investissement
le jour de son acquisition. Nous allons donc maintenant nous intéresser aux divers modes
de financement d’un investissement.

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Unité 2

3. Modes de financement d’un investissement


Plusieurs possibilités de financement s’offrent à une organisation pour financer son
investissement. Ces modes de financement peuvent se combiner. Il n’est pas rare, par
exemple, de financer l’acquisition d’un nouveau matériel en partie sur fonds propres
(autofinancement) et en partie à crédit (emprunt).

3A. L’autofinancement
C’est une source de financement interne : l’entreprise va se servir de ses propres ressour-
ces qu’elle a mis en réserve auparavant.

3B. L’augmentation de capital


Elle se réalise par appel public à l’épargne (pour les sociétés importantes), ou simplement
auprès des actionnaires actuels. Ce mode de financement est réservé aux investissements
lourds.

3C. L’emprunt
Les sociétés qui peuvent faire appel public à l’épargne peuvent émettre des obligations.
L’emprunt obligataire sera alors réalisé auprès de toutes les personnes qui vont souscrire
des obligations.
Les établissements de crédit, principalement les banques, octroient des prêts que l’on
appelle indivis (car il n’y a qu’un seul prêteur). Nous allons détailler ce mode de finance-
ment dans la prochaine partie.

3D. Le crédit-bail
C’est une location (on paye chaque mois un loyer qui rentre dans nos charges) avec une
option d’achat à la fin du contrat de location, option qui est prévue dans le contrat initial
(prix d’achat déterminé).
Le bien loué ne fait pas partie du patrimoine (immobilisations) de l’entreprise, contrai-
rement aux autres modes de financement.

3E. La subvention d’investissement


Dans certains domaines spécifiques ou innovants, l’organisation peut recevoir une sub-
vention lorsqu’elle investit. Cette subvention peut s’assimiler à un don ou prendre la
forme d’un prêt sans intérêt (taux 0).

4. Financement par emprunt


Le plan de financement présente le détail de la couverture des besoins de financement
liés à l’investissement.
On va étudier uniquement les emprunts indivis dont le remboursement se réalise en
général sur plusieurs années.
Un emprunt est caractérisé par :
• un montant (ex : 50 000 €) ;
• un taux (ex : 3 %) ;
• une durée (ex : 5 ans) ;

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Séquence 7 : rentabilité et financement d’un investissement

• une date d’échéance (ex : le 01/06/N) et une date de paiement de la première


annuité ;
• une périodicité de remboursement (ex : l’année, le mois, le trimestre...) ;
• une modalité de remboursement soit :
– par remboursement in fine,
– par amortissement constant,
– par annuité constante.
Dans tous les cas, le montant à payer chaque période, le plus souvent l’année (ce que
l’on appelle une « annuité ») est constitué d’une partie de remboursement du capital et
d’une partie du paiement d’intérêts.
Annuité = amortissement + intérêts
De même, dans tous les cas, les intérêts sont calculés sur le capital restant dû en début
de période :
Intérêts = capital dû en début de période X taux d’intérêt

Pour la suite du cours on va travailler sur un exemple.


Montant de l’emprunt : 50 000 €
Taux annuel : 4 %
Date d’emprunt : 01/07/N-1
Date de première échéance : 01/07/N
Durée : 5 ans

4A. Remboursement in fine


L’emprunt est remboursé en fin de contrat. À chaque échéance, on ne paye que le mon-
tant des intérêts, qui sont calculés par mois entier.

Date de remboursement Capital restant dû Intérêts Amortissement Annuité Capital dû en fin de période

01/07/N 50 000 2 000 0 2 000 50 000


01/07/N+1 50 000 2 000 0 2 000 50 000
01/07/N+2 50 000 2 000 0 2 000 50 000
01/07/N+3 50 000 2 000 0 2 000 50 000
01/07/N+4 50 000 2 000 50000 52 000 0

Si on avait emprunté le 20/04/N et que les échéances se font en fin d’année civile (ici le
31/12/N), les intérêts de la première année auraient été calculés pour neuf mois entiers,
soit : 50 000 X 4% X 9/12.
On aurait également eu une ligne pour l’année N+5 avec un montant correspondant au
trois mois restants.

4B. Remboursement par amortissements constants


Les amortissements sont constants, les intérêts varient car la somme restant due le 01/07
de chaque année va diminuer au cours des années.

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Unité 2

On procède dans l’ordre.


1. Calcul de l’amortissement
2. Calcul des intérêts
3. Calcul du capital restant dû en fin de période
L’amortissement est de 50 000/5 soit 10 000 € annuel.

Date Capital dû en fin


Capital restant dû Intérêts Amortissement Annuité
de remboursement de période
01/07/N 50 000 2 000 10 000 12 000 40 000
01/07/N+1 40 000 1 600 10 000 11 600 30 000
01/07/N+2 30 000 1 200 10 000 11 200 20 000
01/07/N+3 20 000 800 10 000 10 800 10 000
01/07/N+4 10 000 400 10 000 10 400 0

4C. Remboursement par annuités constantes


L’emprunteur remboursera toujours la même somme.
Notons :
V : montant de l’emprunt
i : taux
n : durée de l’emprunt
a : montant de l’annuité constante
On a :
V si
a n
1 1 i

C’est la seule formule à retenir ! (sauf si vous pouvez la retrouver)

Méthode (à faire dans l’ordre)


1. Calculer l’annuité constante et la reporter dans tout le tableau.
2. Pour chaque période, calculer le montant de l’intérêt sur le capital restant dû en
début de période.
3. Pour chaque période, calculer l’amortissement (= annuité - intérêt). Pour la der-
nière annuité, arrondir de quelques centimes si nécessaire.
Pour le dernier amortissement, il peut être nécessaire de l’arrondir de quelques centimes
(pour que la somme totale des amortissements corresponde bien à la somme emprun-
tée).
Exemple :

V si 50000 s 4%
a n   11231,3557 montant qui sera arrondi à 11 231,36 €
1 1 i 1 1,04 5
Les intérêts de la première année sont donc toujours de 2 000 € (50 000 X 4%), donc
l’amortissement est de 9 231,36 €. On peut maintenant dresser le tableau en tenant
compte de la méthode ci-dessus.

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Séquence 7 : rentabilité et financement d’un investissement

Capital dû en fin
Date de remboursement Capital restant dû Intérêts Amortissement Annuité
de période
01/07/N 50 000,00 2 000,00 9 231,36 11 231,36 40 768,64
01/07/N+1 40 768,64 1 630,75 9 600,61 11 231,36 31 168,03
01/07/N+2 31 168,03 1 246,72 9 984,64 11 231,36 21 183,39
01/07/N+3 21 183,39 847,34 10 384,02 11 231,36 1 0799,36
01/07/N+4 10 799,36 431,97 10 799,37 11 231,36 0,00

5. Plan de financement d’un investissement


Le plan de financement présente le détail de la couverture des besoins de financement
liés à l’investissement.
On doit donc calculer la VAN en y incluant l’option de financement choisie.
Dans le cas du crédit-bail, les redevances viendront s’ajouter aux charges à décaisser lors
du paiement de chaque redevance, alors que le prix d’acquisition, si c’est le cas, sera à
décaisser en une seule fois (sauf si on fait un emprunt pour le régler).
Dans le cas d’un emprunt, les annuités feront partie des charges à décaisser.

6. Rentabilité d’un projet avec financement externe


Si on reprend l’exemple qui nous a servi au début de cette séquence pour le calcul de la
VAN :

Éléments Projet 1
Coût d’achat 30 500
Durée de vie 5 ans
Amortissement du matériel Linéaire sur 5 ans
Augmentation annuelle prévue du chiffre d’affaires grâce au projet 23 000
Charges décaissables annuelles prévues dues au projet (matières premières et main-d’œuvre) 12 000

On suppose que l’entreprise peut investir directement 10 000 € et qu’elle emprunte la


différence (20 500 €). Cet emprunt se fait sur cinq ans au taux de 3,5 %, avec des rem-
boursements à amortissement constant. La première échéance de remboursement est
prévue le 01/03/N, un an après l’acquisition du matériel. Le tableau de remboursement
de l’emprunt sera donc le suivant :

Capital dû en fin
Date de remboursement Capital restant dû Intérêts Amortissement Annuité
de période
01/03/N 20 500 717,50 4 100 4 817,50 16 400
01/03/N+1 16 400 574,00 4 100 4 674,00 12 300
01/03/N+2 12 300 430,50 4 100 4 530,50 8 200
01/03/N+3 8 200 287,00 4 100 4 387,00 4 100
01/03/N+4 4 100 143,50 4 100 4 243,50 0

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Unité 2

Le calcul des flux nets de trésorerie (FNT) va être modifié car on va prendre en compte
une charge financière supplémentaire liée au projet : l’annuité de remboursement de
l’emprunt. De plus, contrairement à notre situation initiale les FNT de chaque année ne
vont plus être identiques. Il va donc falloir actualiser chacun d’eux à la date d’acquisition
de l’immobilisation, soit le 01/03/N-1. Si on suppose que le taux d’actualisation est de
6 %, chaque flux va être actualisé grâce à la formule :

FNn,01/03/N-1 = FNn (1+0,06)-n

Les flux de trésorerie seront donc de :


Éléments 01/03/N 01/03/N+1 01/03/N+2 01/03/N+3 01/03/N+4
Recettes supplémentaires : 23 000,00 23 000,00 23 000,00 23 000,00 23 000,00
Charges supplémentaires :
12 000,00 12 000,00 12 000,00 12 000,00 12 000,00
Main-d’œuvre et matière première
Amortissement matériel 6 100,00 6 100,00 6 100,00 6 100,00 6 100,00
Emprunt : annuité 4 817,50 4 674,00 4 530,50 4 387,00 4 243,50
Résultat avant impôts 82,50 226,00 369,50 513,00 656,50
Charge supplémentaire : impôts sur les bénéfices 27,50 75,33 123,17 171,00 218,83
Résultat net 55,00 150,67 246,33 342,00 437,67
Amortissement à réintégrer 6 100,00 6 100,00 6 100,00 6 100,00 6 100,00
Flux nets de trésorerie 6 155,00 6 250,67 6 346,33 6 442,00 6 537,67
Flux nets de trésorerie actualisés au 01/03/N-1 5 806,60 5 563,07 5 328,50 5 102,67 4 885,32
Flux nets de trésorerie actualisés cumulés 26 686,17

Ces 26 286,17 € représentent donc le gain net du « projet 1 » que nous aurions
le 01/03/N-1.
Pour calculer la VAN au 01/03/N-1, il nous suffit donc de prendre en compte que l’orga-
nisme de crédit nous prête 20 500 € ce jour, et que nous déboursons 30 500 € pour régler
le matériel correspondant au projet 1.

VAN01/03/N-1 = 26 686,17 + 20 500 – 30 500 = 16 686,17 €

Cette VAN est positive, donc le projet n° 1 financé avec le crédit ci-dessus reste toujours
rentable.
Mais, nous ne savons pas ce qu’il en est de sa comparaison avec le projet n° 2, surtout si
ce dernier doit aussi être financé en partie par un crédit… c’est donc ce que vous allez
déterminer dans le premier exercice de cette séquence.

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Séquence 7 : rentabilité et financement d’un investissement

Exercices autocorrectifs

Exercice 1
Au début de cette séquence nous avions vu que le dirigeant d’une entreprise hésitait
entre deux projets : le projet 1 et le projet 2. Ses réserves financières ne lui permettent pas
d’autofinancer son investissement, il doit avoir recours au crédit. Au dernier point de cette
séquence nous avons examiné la rentabilité du premier projet.
Á vous d’analyser celle du deuxième projet et de décider du choix entre les deux.
Le projet 2 avait les caractéristiques suivantes :
Projet 2
Coût d’achat 37 000
Durée de vie 5 ans
Amortissement du matériel Linéaire sur 5 ans
Augmentation annuelle prévue du chiffre d’affaires grâce au projet 25 000
Charges décaissables annuelles prévues dues au projet (matières premières et main-d’œuvre) 13 000

De plus, on suppose que l’entreprise peut investir directement 17 000 € et qu’elle emprunte
la différence (20 000 €). Pour cet emprunt, elle a obtenu exactement les mêmes conditions
auprès de sa banque que pour le projet n°1 : durée 5 ans, taux de 3,5 %, remboursements
par amortissements constants. La première échéance de remboursement est aussi prévue le
01/03/N, un an après l’acquisition du matériel.
De même, pour l’actualisation on utilisera un taux de 6% qui est la rentabilité désirée du
capital de l’entreprise par les actionnaires.
1. Présenter le tableau de remboursement de l’emprunt.
2. Calculer la Valeur Actuelle Nette de ce projet au 01/03/N-1.
3. D’un point de vue uniquement financier, choisiriez-vous le projet n°1 ou le projet n°2 ?

Exercice 2
Une entreprise veut acquérir un nouveau matériel de production. Elle estime qu’elle pourra
l’exploiter pendant six ans. Les quatre premières années le chiffre d’affaires supplémentaire
résultant de l’exploitation de ce matériel devrait produire 50 000 € de recettes supplémen-
taires, et 35 000 € les années suivantes. Les frais supplémentaires relatifs à cette acquisition
(hors amortissement du matériel) devraient être constants, de 15 000 € par an.
Le matériel est amorti en linéaire sur 4 ans et a un coût d’acquisition de 120 000 €.
L’entreprise paie l’impôt sur les sociétés au taux de 33,1/3 %.

1. Calculer les flux nets de trésorerie annuels générés par l’investissement prévu.

2. Calculer le délai de récupération du montant investi.

3. Calculer la Valeur Actuelle Nette de ce projet, en sachant que le taux d’actualisation est
de 7%.

4. Qu’en concluez-vous ?

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Unité 3
Gestion des systèmes d’information

u Contenu
Séquence 8 : conduite d’un projet informatique.............. 83

1. Qu’est-ce qu’un projet informatique ? ........................................ 83


1A. Pourquoi définir un projet ? ...................................................................... 83
1B. Exemple de caractéristiques d’un projet .................................................. 84
1C. Qu’est-ce qu’un projet réussi ? ................................................................. 84

2. Les étapes de la gestion de projet ................................................ 85


2A. Étapes de la gestion de projet, méthode Merise .................................... 85
2B. Étapes de la gestion de projet, langage de conception UML................. 86

3. La planification de projet .................................................................. 88


3A. Exemple de planning ................................................................................. 88
3B. Le diagramme de Gantt ............................................................................. 88
3C. Le graphe MPM .......................................................................................... 90

4. Le suivi des projets .............................................................................. 93

Séquence 9 : qualité et système d’information .................. 97


1. De la qualité à la qualité totale ...................................................... 97
2. Évaluation de la qualité d’un logiciel........................................... 98
2A. Présentation de la métrologie................................................................... 98
2B. Contrôle de la qualité ................................................................................ 99

3. Certification qualité........................................................................... 100


3B. Présentation de quelques certifications ................................................. 100
3C. Grandes étapes de la certification .......................................................... 101
4. Coût et surcoût de la qualité ........................................................ 101
4A. Limite dans la recherche de la qualité .................................................... 101
4B. Importance du facteur temps .................................................................. 102

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Unité 3

Séquence 10 : la gestion de parcs informatiques .......... 105

1. Qu’est-ce que la gestion de parcs informatiques ? .............. 105


1A. Présentation .............................................................................................. 105
1B. Objectifs .................................................................................................... 106

2. Principales fonctionnalités d’un logiciel


de gestion de parc ............................................................................. 106
2A. L’inventaire et la localisation .................................................................. 106
2B. Gestion des immobilisations et des licences .......................................... 107
2C. Détection et résolution des incidents ..................................................... 107

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8 3936 TG PA 00
Séquence 8
Conduite d’un projet
informatique
Dès que vous entendez parler un informaticien, vous êtes quasiment sûr d’en-
tendre le mot « projet » : chef de projet, travailler sur le projet X, s’inscrire dans
le projet X, avoir des interactions avec le projet X… Comme en DAIGL (dévelop-
pement d’applications informatiques et génie logiciel) ou dans les réseaux, où
vous pouvez conclure que tout est « objet », au niveau organisationnel, dans la
construction d’un système d’ information, on peut dire que tout est « projet ».

1. Qu’est-ce qu’un projet informatique ?


Mais alors qu’est-ce qu’un projet ?
C’est un ensemble cohérent d’activités développées pour atteindre un objectif défini
dans un certain domaine de l’organisation.
Il est placé sous la responsabilité d’une personne disposant de moyens définis (humains,
matériels, financiers et organisationnels) et de contraintes (délais, budgets, autres élé-
ments prédéfinis).
Exemples de projets :
– gestion des horaires flexibles et des repos compensateurs (domaine ressources humaines) ;
– profilage et suivi des clients (domaine commercial) ;
– refonte de la comptabilité pour qu’elle soit homogène avec celle d’un grand groupe
financier (domaine comptable) ;
– sécurisation d’un Intranet (domaine sécurité des systèmes d’information).
Tout service ou société informatique fonctionne par projets.

1A. Pourquoi définir un projet ?


Il n’est pas possible de réaliser des évolutions du système d’information de l’entreprise
au cas par cas sans se préoccuper de leurs interactions avec le système d’information
en place. On va gérer l’ensemble de travaux à mener comme un tout, en constituant
un projet de développement. Il est nécessaire de centraliser et coordonner ces diverses
modifications et évolutions pour :
– analyser leurs interactions ;
– définir des priorités entre les projets par rapport aux objectifs globaux de l’organi-
sation ;
– regrouper certains projets car ils représentent un même type d’intervention sur le
système d’information ;
– assurer la rentabilité de la maintenance et l’évolution du système d’information ;
– organiser la gestion du personnel travaillant sur des projets liés au système d’infor-
mation.

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Unité 3

1B. Exemple de caractéristiques d’un projet


Pour définir un projet, on va spécifier quelques paramètres :
– son objectif ;
– son domaine fonctionnel ;
– le résultat attendu ;
– les contraintes ;
– les moyens ;
– les délais ;
– les critères spécifiques au projet.
Exemple : pour un projet relatif au développement du commerce électronique d’une
entreprise, on peut retenir les éléments suivants :
– son objectif : augmenter nos ventes et les diversifier ;
– son domaine fonctionnel : gestion commerciale ;
– le résultat attendu : se faire connaître par d’autres clients, modifier notre image de
marque… ;
– les contraintes : contraintes juridiques sur les ventes sur Internet, pas de personnel
de l’entreprise suffisamment compétent pour développer le logiciel désiré ;
– les moyens : trois développeurs, outils de développement de sites de e-commerce,
outils de sécurisation ;
– le délai : un mois.

1C. Qu’est-ce qu’un projet réussi ?


On peut déterminer quelques caractéristiques de la réussite d’un projet.
• Satisfaction des besoins des utilisateurs en maîtrisant les phases de développement, la
réalisation et la mise en œuvre. La réponse aux besoins des utilisateurs est l’élément
primordial de tout projet informatique.
• Apports positifs pour l’organisation : bénéfice, retour sur investissement, amélioration
de l’organisation générale, avantage (ou rattrapage) concurrentiel.
• Coûts et délais maîtrisés.
• Maîtrise du projet tout au long de son déroulement : anticipation des risques et mise
en place de mesures préventives, connaissance quasi-instantanée des dérives et prises
de décisions adéquates.

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Séquence 8 : conduite d’un projet informatique

Voici quelques problèmes qui peuvent exister lors de la durée de vie d’un projet et des
exemples de réactions appropriées :

Risques Causes Réactions


Retard • Mauvaise estimation de la charge globale • Méthodes d’évaluation appropriées
du projet • Utilisation de tableaux de bord et d’outils
• Mauvais suivi de projet normalisés (cf. séquence suivante)
Glissement • Mauvaise répartition des tâches • Choix et suivi des ressources humaines
de budget • Facteurs humains (inexpérience, mauvaise et techniques
entente entre personnes, mauvaise • Planification à surveiller et à adapter
affectation,...) • Formation
Mauvaise qualité • Mauvaises spécifications • Associer étroitement les utilisateurs tout au long
• Mauvaises réalisations du projet et leur faire valider les étapes
Non satisfaction des • Centrage exclusivement sur la technique • Identifier les fonctions métier essentielles
besoins • Méthodes de tests et de recette
• Limiter les innovations au sein d’un même projet
Abandon du projet • Peu de valeur ajoutée du projet • Ne jamais hésiter à abandonner un projet non
(n’est pas • Aléas fonctionnels (modification des règles rentable
obligatoirement de gestion,...) • Capitaliser l’expérience
une mauvaise • Aléas techniques (défaillance, retard) • Miser sur la réutilisation (modules logiciels par
décision) • Changement d’avis ou mauvaise description exemple)
des besoins des utilisateurs • Utiliser un progiciel à la place d’en développer un
• Coûts trop élevés nouveau.

2. Les étapes de la gestion de projet


L’important dans un projet est de définir des étapes intermédiaires, qui sont un guide
pour les divers acteurs comme une occasion de faire le point entre eux sur l’opportunité
de continuer le projet. Chaque fin d’étape (ou de sous-étape) est un moment pour se
mettre d’accord sur les actions correctrices qu’il est nécessaire de mener.
Ce découpage permet de dresser la liste des travaux à exécuter et des résultats attendus
pour chaque étape, cela va aider le chef de projet à y voir plus clair, à faire des plannings
et à évaluer les ressources et budgets nécessaires tout au long de la vie du projet.
Les diverses étapes dépendent du type de projet, des volumes (budgets et personnel)
traités… Cependant, nous allons vous présenter deux types de découpages préconisés
par des outils que vous avez dû voir en DAIGL : la méthode Merise et le langage de
modélisation UML (unified modeling language).

2A. Étapes de la gestion de projet, méthode Merise

2A1. Le schéma directeur


Il fait l’état des lieux global du système d’information et fixe ses grandes orientations
pour le futur.

2A2. L’étude préalable


Cette phase se limite à une partie particulière du système d’information, telle que la
refonte ou la création d’une application.
Elle aboutit à une synthèse des scénarii retenus et à leurs estimations en termes de délais
et de budgets.

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Unité 3

2A3. L’étude détaillée


L’étude détaillée se consacre à un projet, tout en ne négligeant pas ses interactions avec
le reste du système d’information. Elle décrit la solution retenue en la détaillant.
Le rapport de cette phase doit donner une vision externe du système (interface homme-
machine, description des traitements réalisés…).

2A4. L’étude technique


C’est à partir de cette phase que les informaticiens vont devenir les acteurs principaux,
sans négliger pour autant les diverses phases de validation par les utilisateurs.
Elle produit le document de base du développement de l’application : descriptions pré-
cises des structures de données et des traitements, normes techniques, indications de
réutilisation…

2A5. La réalisation
Dans cette phase on va produire le logiciel en diverses étapes, allant de programmes
séparés et testés individuellement, qui vont peu à peu s’inter-relier pour produire le logi-
ciel global. Les premiers tests sont réalisés par les informaticiens alors que les suivants (et
notamment lors de la phase de « recette ») nécessitent d’être réalisés par les utilisateurs
sur la base de documents réels.
Lors de la recette, les informaticiens guident les utilisateurs, ce qui sert souvent de pre-
mier niveau de formation au logiciel.

2A6. La mise en œuvre


Il s’agit de l’installation et de l’intégration du logiciel dans le système d’information de
l’entreprise. Elle concerne le paramétrage, la reprise ou l’alimentation des données et la
modification d’interfaces.

2A7. La qualification et la livraison


C’est la dernière phase de la recette. Les tests seront réalisés dans l’environnement opé-
rationnel (de production) de l’entreprise sans que ce dernier ne serve réellement d’en-
vironnement de production à ce moment. On va rédiger un bilan du projet selon divers
critères de qualité.
La signature de ce rapport final par les représentants des utilisateurs (maître d’œuvre,
responsable du domaine concerné ou personnes détachées pour la recette) signifiera
que le projet a été « livré ». Il peut alors rentrer en exploitation et le « client » atteste
qu’il est conforme aux besoins qu’il était censé combler.
La mise en exploitation d’un projet ne signifie pas la disparition complète des informa-
ticiens. Ils participeront ensuite à la formation et veilleront à sa maintenance (corrective
ou évolutive).

2B. Étapes de la gestion de projet, langage de conception UML


UML se base sur un processus nommé itératif et incrémental, impliquant l’utilisateur,
centré sur l’architecture technique et piloté par les risques. Il débute par des analyses
séparées du niveau fonctionnel et du niveau technique qui se rejoignent ensuite.

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Séquence 8 : conduite d’un projet informatique

2B1. Itérativité
Basé sur le même principe que le RAD (rapid application developpement) UML préco-
nise un processus en spirale où une maquette, ou une petite partie du projet final, est
développée à chaque stade. Le projet évolue en détaillant et complétant le résultat de
la précédente production.
On peut ainsi présenter et faire valider une partie du produit fini aux utilisateurs à cha-
que étape.
De plus, la production d’une partie (prototype ou maquette) à chaque itération oblige
les développeurs à intégrer l’environnement technique. Une maquette sert à montrer à
l’utilisateur une partie importante du logiciel pour qu’il ait une vue d’ensemble et puisse
prendre conscience des liens entre les diverses fonctionnalités. Un prototype, quant à lui
n’a aucun objectif d’exhaustivité, il sert à expérimenter des cas précis, à se mettre d’ac-
cord sur des procédures et points de détails importants.

2B2. Orienté selon deux types d’utilisateurs


UML considère deux types d’acteurs parmi les utilisateurs.
L’utilisateur au sens classique, qui se servira des résultats du projet pour remplir le rôle
qu’il a à tenir dans l’organisation. Il permettra de valider l’adéquation aux besoins.
L’utilisateur exploitant le système, correspondant à un rôle plus technique et opération-
nel commun à la plupart des systèmes informatiques.

2B3. Piloté par les risques


Ce développement incrémental et la participation des utilisateurs au projet permettent
d’éviter le risque majeur de non adéquation des besoins.
De plus, la prise en compte au plus tôt de l’architecture technique permet d’éviter les
« études » trop théoriques, les développeurs étant directement confrontés à l’environ-
nement de développement.

2B4. Basé sur un système en Y : la méthode TTUP


Le processus de développement est représenté sous forme de Y car on part tout d’abord
sur deux branches séparées (le modèle fonctionnel et l’architecture technique) qui vont
ensuite se rejoindre pour la réalisation ultime.
Le modèle fonctionnel permet de se focaliser sur le métier des utilisateurs. Cette partie
de l’analyse définit les besoins réels du système en termes de métier.
L’étude de l’architecture technique recense toutes les contraintes techniques liées à
l’existant et construit les bases de l’architecture technique intégrée dans le système d’in-
formation global. Lors de cette phase on réalise souvent un prototype.
Lorsque les deux branches ci-dessus se rejoignent on passe ensuite par des phases assez
traditionnelles, à savoir :
– l’étude préliminaire qui conforte l’adéquation et l’interaction des deux branches
ci-dessus ;
– l’étude détaillée, similaire à celle de la méthode Merise, mais sur la base de spécifi-
cités techniques plus détaillées ;
– le codage et les premiers tests faits par les informaticiens ;
– la recette.

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Unité 3

3. La planification de projet
Pour faire un planning, la première chose est de faire la liste des tâches relatives à un
projet donné en évaluant le temps nécessaire à la réalisation de chacune et leur enchaî-
nement (telle tâche nécessite que telle autre soit terminée pour pouvoir commencer, la
fin de telle tâche implique qu’une ou plusieurs autres peuvent commencer…).

3A. Exemple de planning


Commençons par un exemple simple de planning : comment se préparer le matin.
Supposons que le matin, avant de partir de chez vous vous ne fassiez que trois choses :
– vous préparer (se lever, se laver, s’habiller…) qui prend 20 minutes ;
– préparer votre café : 15 minutes ;
– prendre le petit déjeuner (céréales froides puis café) : 10 minutes.
De plus, supposons que vous ne puissiez pas prendre votre petit déjeuner avant de vous
être préparé. Comment organiser vos tâches pour aller au plus vite… afin de faire sonner
le réveil au dernier moment ? Pour cela nous allons réaliser un mini planning.
Il est évident ici qu’il faudra réaliser la tâche numéro 2 (préparer le café), puis la numéro
1 puis la 3. Si le café met plus de 20 minutes à se préparer, on peut encore gagner du
temps en séparant la tâche numéro 3 en deux : céréales et café. On pourra ainsi, en
mangeant les céréales réduire le temps d’attente du café.
C’est ce type de planning et d’ajustement en fonction d’un aléa (ici le retard dans la
disponibilité du café) que nous allons voir dans cette partie.

3B. Le diagramme de Gantt


Il répond à la question : « quelles sont les tâches qui doivent se réaliser à une date don-
née ? ».
Ce diagramme se présente sous la forme d’un graphique avec la liste de tâches en ordon-
née et le temps en abscisse.
Par exemple, si on suit les étapes préconisées par Merise pour un « petit » projet démar-
rant le 1er janvier d’une certaine année, on aura :

Maintenance

Intégration

Mise en œuvre
Étude détaillée

Étude générale

Analyse des besoins

ä£Éä£ ä£ÉäÓ ä£ÉäÎ ä£Éä{ ä£Éäx ä£ÉäÈ ä£ÉäÇ

88
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Séquence 8 : conduite d’un projet informatique

On voit sur ce schéma que la mise en œuvre peut commencer dès lors que les 2/3 (envi-
ron) de l’étude détaillée sont réalisés. En effet, l’étude détaillée s’étend du 15/02 au
01/04 et la mise en œuvre débute vers le 10/03 pour se terminer fin mai.
Ce type de schéma va nous permettre, en cas de retard ou d’allongement d’une tâche,
de décaler toutes les autres en conséquence.
De nombreux logiciels de planification permettent de réaliser un diagramme de Gantt,
ils sont couramment employés dans le monde industriel, en gestion de projet. Comme
« Gestion de Projet » ou Open Workbench dans le monde du libre, Project de Microsoft,
Gnt Planning de SodeaSoft… Certains sont téléchargeables, je vous conseille d’aller les
consulter. Ils permettent de réaliser le planification initiale mais surtout de l’adapter au
cours du temps en fonction des réalisations concrètes et des aléas que se présentent.
Exemple
Soit un projet pour lequel les diverses tâches (nommées ici A à G) ont été répertoriées
ainsi que les relations d’antériorité entre elles. Nous allons réaliser le diagramme de
Gantt correspondant.

Tâche Durée en jours Antériorité


A 2 –
B 3 –
C 5 A
D 1 B
E 2 D
F 1 E, C
G 1 A

La lecture de ce tableau nous informe que les tâches A et B peuvent commencer dès le
début, qu’une fois que A est terminée on peut débuter en parallèle les tâches C et G et que
la tâche F est obligée d’attendre que les tâches E et C soient terminées pour débuter.
Le diagramme de Gantt se présente alors ainsi :

Tâches
G G
F F
E E
D D
C C
B B
A A

1 2 3 4 5 6 7 8 9 Temps

On voit ici que le projet se terminera à la fin du 8e jour.


Les traits verticaux représentent les antériorités.
Ce diagramme nous permet de voir que seule la tâche G peut être retardée de 5 jours
sans que le projet ne soit globalement retardé. On pourrait retrouver ceci par le calcul
en faisant : 8 (date de fin de projet au plus tôt) – 1 (durée de G) - 2 (date de début au

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Unité 3

plus tôt de G, sachant qu’elle ne peut commencer que lorsque A est achevée). 5 jours est
la marge de manœuvre dont le responsable de projet dispose sur cette tâche (appelée la
marge totale, voir ci-dessous).
De même à la lecture du diagramme on voit que les tâches A, C et F ne peuvent prendre
aucun jour de retard sans retarder globalement le projet. Elles représentent ce que nous
appellerons le chemin critique.
La tâche E peut prendre un jour de retard (on peut la translater d’une case vers la droite
sans modifier le délai total de réalisation du projet). Mais si elle prend 3 jours de retard,
le projet se terminera alors 2 jours plus tard (soit à la fin du 10e jour). En effet le retard
de 3 jours absorbe la marge de 1 jour qui était disponible et retarde donc le projet de 2
jours (3-1). Si cela était le cas E se situerait alors sur le chemin critique.
Le diagramme de Gantt est un bon instrument graphique pour la lecture des dates de
début et de fin de tâches, il est relativement moins performant pour les prévisions en
fonction des marges. Nous allons donc voir maintenant un outil un peu plus complet
pour le calcul des marges : le MPM (méthode des potentiels métra)

3C. Le graphe MPM

3C1. Présentation et construction


Cet outil se présente sous forme d’un graphe, il a donc des sommets, qui représentent
les tâches, et des arcs (flèches) qui indiquent les relations d’antériorité.
Chaque sommet est présenté sous forme d’un rond avec le nom de la tâche, sa date de
début au plus tôt, ainsi que sa date de début au plus tard.
On réalise tout d’abord le graphe en ne mettant que le nom des tâches et les flèches, sur
lesquelles on porte la durée de la tâche.

Nom tâche

Début au plus Début au plus


tôt tard

Si on reprend l’exemple ci-dessus, la tâche D, qui dure un jour et qui précède la tâche E,
est représentée ainsi :

D 1 E

De plus, on dessine le graphe en tenant compte des niveaux. Le 1er niveau représente
l’ensemble des tâches qui peuvent se réaliser dès le début, le niveau 2 celui qui peut se
réaliser dès qu’une tâche de niveau 1 est terminé…

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Séquence 8 : conduite d’un projet informatique

On rajoute deux tâches « début » et « fin » auxquelles sont reliées respectivement les
tâches n’ayant pas d’antériorité ni de successeur.
On obtient donc pour le graphe suivant :
Niveaux : 1 2 3 4

G
2 1
A
2
C
5 1
F
2
B 3 D 1 E

On s’occupe ensuite des dates de début au plus tôt. Pour cela on met 0 à la tâche de
« début » puis, pour chaque tâche, on additionne le début au plus tôt et la durée de la
tâche précédente, pour obtenir le début au plus tôt de la tâche courante. Par exemple
pour E on a 4, soit 3 le début au plus tôt de D et 1 la durée de D.
Si une tâche a plusieurs prédécesseurs, on prendra la valeur la plus grande obtenue par
chacune des flèches qui arrivent à la tâche. En effet la tâche doit attendre que tous ses
prédécesseurs soient terminés, et donc, entre autre, le prédécesseur qui termine le plus
tard. Par exemple pour F on a C et E comme tâches antérieures. Par le chemin qui pro-
vient de C, on obtient 7 (2 + 5) comme date au plus tôt. Par le chemin qui provient de E,
on obtient 6 (4 + 2) comme date au plus tôt. On prend donc 7 pour attendre la fin de C.

G
2 2 1
A
2 Fin
Début
0
C 8
5 1
0 2 F

2 7
B 3 D 1 E
0 3 4

Nous savons maintenant que le projet peut être réalisé, au plus juste, en 8 jours, nous
allons donc calculer les dates de début au plus tard de chaque tâche pour ne pas retarder
le projet global. On va faire ceci comme pour les dates au plus tôt sauf qu’on va partir
de la fin et prendre à chaque fois les données les plus faibles obtenues.
Pour cela on part de la « fin » dans laquelle on reporte 8, la durée globale, puis on en
déduit de proche en proche les dates de fin au plus tard en se servant des durées de
chaque tâche. Pour G cela nous donne 7 (8 - 1). Si une tâche a plusieurs successeurs on
prendra alors la valeur la plus petite obtenue, comme A pour laquelle on a le choix entre
5 (7 - 2) si on considère G comme successeur et 0 (2 - 2) si on considère C comme succes-
seur, le début au plus tard est donc 0.

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Unité 3

G
2 2 7 1
A
2 Fin
Début
0 0
C 8 8
5 1
0 0 2 2 F

2 7 7
B 3 D 1 E
0 1 3 4 4 5

3C2. Indicateurs d’ordonnancement


Ce graphe MPM nous permet, pour chaque tâche, de calculer aisément la marge totale
d’une tâche qui représente le retard qu’elle peut prendre sans retarder le projet global.
La marge totale est obtenue en faisant, pour chaque tâche, la différence entre la date
de début au plus tard et la date au plus tôt.

G
Marge totale = 7 – 2 = 5
2 7

La marge libre représente, pour chaque tâche du projet, la marge de manœuvre dis-
ponible sans modifier la date de début au plus tôt de tous les successeurs. Elle se calcule
donc par « date de début au plus tôt » de la tâche suivante moins durée de la tâche
considérée.
Une tâche critique est une tâche dont aucun retard n’est possible sans affecter la durée
globale du projet. Sur le graphe MPM on les repère par le fait que les deux dates sont
égales.
C
Marge totale = 2–2 = 0
2 2

Dans le graphe précédent, les tâches critiques sont donc A, C et F.


On appelle chemin critique la succession des tâches critiques. En général, sur le graphe
MPM, on met en valeur ce chemin par des doubles flèches ou une couleur différente des
flèches. Les tâches situées hors du chemin critique peuvent, dans une certaine mesure,
être allongées ou retardées sans répercussion sur la durée totale du projet.

3D. La méthode PERT


Dans une première approximation, on peut dire que le graphe associé à la méthode
PERT (program evaluation and review technic) est quasi identique au graphe MPM.
Simplement, on va mettre le nom des tâches sur les arcs, suivi de la durée entre paren-
thèse. À la place du nom de la tâche (en haut du rond) on met un numéro de tâche.
Il est important d’y faire apparaître le niveau, ce que nous avions déjà fait pour notre
exemple de graphe MPM. Le niveau de chaque tâche est le fait qu’elle puisse être réalisée
dès le début (niveau 1), ou après que les premières tâches soient terminées (niveau 2)…
Si on lit « verticalement » notre ancien graphe MPM, on voir que le niveau 1 est composé
des tâches A et B qui n’ont aucun prédécesseur et donc peuvent commencer au début. Le

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Séquence 8 : conduite d’un projet informatique

niveau 2 est composé des tâches G, C et D, qui ont toutes un prédécesseur de niveau 1.
Le niveau 3 est composé de la tâche E, qui a comme seul prédécesseur D, de niveau 2. Le
niveau 4 est composé de la tâche F dont le niveau le plus élevé parmi ses prédécesseurs
(C et E) est 3.
Dans un graphe PERT la tâche fictive « fin » est toujours apparente, alors qu’on peut se
passer de la tâche « début ».
Le graphe PERT de notre exemple se présente donc ainsi :
Niveaux :
0 1 2 3 4 Fin

3
A(2) 2 7 G(1)

1
0 0 Fin
Début
A(2) 4 C(5) 8 8
0 0 22 F(1)
7
7 7
2 B(3) 5 D(1) 6 E(2)
0 1 3 4 4 5

4. Le suivi des projets


Pour toutes les étapes que nous avons vues ci-dessus, l’essentiel n’est pas de prévoir tou-
tes les opérations et leur planification, mais la maîtrise du déroulement du projet.
Pour cela le chef de projet doit suivre les conditions et l’état d’avancement du projet et
agir par des actions correctrices au bon moment. De nombreux tableaux de bord (voir
séquence consacrée à ce sujet) l’aident pour l’alerter des dérives. C’est à lui de prendre
les bonnes décisions au bon moment. Ces décisions sont fonction des risques à prendre
ou à éviter, de la rapidité de leur mise en œuvre, des marges de manœuvre données à
chaque acteur du projet, de la mise à jour des informations…
Les outils mis à la disposition du responsable pour gérer ceci sont vus dans les séquences rela-
tives au TIC (technologies de l’information et de la communication) et aux outils d’aide à la
décision.

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Unité 3

Exercices autocorrectifs

Exercice 1
Supposons que vous travailliez au service informatique d’un grand hypermarché avec une
méthode de conception basée sur le langage UML et respectant les consignes de la méthode
TTUP. Préciser, pour les exemples ci-dessous, la branche du processus TTUP (fonctionnelle ou
technique) qui sera prise en compte.
1. L’hypermarché ouvre une section « agence de voyage », il veut créer un système d’in-
formation indépendant de celui de l’hypermarché, en pouvant assurer des échanges de
données entre les deux systèmes d’information.
2. La section « agence de voyage » passe un accord de revente de certains voyages organi-
sés avec une compagnie qui monte ces voyages. Des conditions particulières doivent être
mises en place pour cette activité de revente.
3. La section « agence de voyage » décide d’ouvrir une rubrique de commerce électronique.
4. Le partenariat avec la compagnie précédente impose la mise en place d’un extranet avec
des moyens techniques de synchronisation des deux systèmes.

Exercice 2
Dans une entreprise, on désire mettre en place un réseau local qui prendra en charge une
soixantaine de postes clients. Le responsable informatique a dégagé les diverses tâches à
réaliser pour mener à bien le projet. Il a quantifié leurs durées en jours de travail.

Référence tâche Tâche Durée en jours Antériorité

A Description détaillée des besoins 4 -

B Détermination du budget 2 -

C Recherche et choix des fournisseurs intervenant 6 A et B

D Commande et réception du logiciel d’administration réseau 1 C

E Commande et réception des équipements réseaux 4 C

F Installation du logiciel d’administration réseau 1 D

G Câblage 10 C

H Formation de l’administrateur réseau 4 C

I Mise à jour des postes au niveau matériel 3 E et G

J Mise à jour des postes clients (logiciel et sécurité) 2 I

K Intégration et mise au point serveurs et clients 5 F, H et J

Remarques
Le câblage est réalisé par une société extérieure qui a proposé deux devis : un premier de
3 000 € avec un délai de réalisation de 6 jours, et un second (celui retenu) de 2 000 € en
10 jours.

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Séquence 8 : conduite d’un projet informatique

Pour la formation de l’administrateur réseau, l’organisme de formation qui la dispense n’or-


ganise que deux sessions par mois, les prochaines auront lieu le lundi 06/03/06 et le lundi
27/03/06 (soit exactement 3 semaines après la première session).
L’entreprise travaille cinq jours par semaine, du lundi au vendredi.
Au niveau du personnel, tous les travaux sont réalisés par des fournisseurs externes ; seul
un administrateur réseau est nouvellement embauché pour assurer son administration (en
plus de travaux de maintenance informatique). Il doit impérativement être présent pour les
tâches A, C et K de ce projet.
1. Représenter graphiquement l’enchaînement des tâches de ce projet.
2. À l’aide du graphe MPM, déterminer le nombre de jours que va durer la mise en place du
réseau.
3. Quelle est la tâche, sur le chemin critique, qui dure le plus longtemps ? Dans le cas où
l’entreprise voudrait réduire le temps global d’installation du réseau, que proposez-vous
pour cette tâche ?
4. Sachant que le choix des fournisseurs (tâche C) auquel participe l’administrateur réseau,
se termine le jeudi 2 mars 2006 et que ce dernier est inscrit pour la formation du lundi
6 mars, pourra t-il suivre cette session ? La participation à ce stage du 06/03/06 va-t-elle
retarder le projet ?
5. Si la session de formation du 06/03/06 affiche complet et que l’administrateur ne peut
assister qu’à la suivante, quelle conséquence cela aura sur la durée globale de mise en
place du réseau ?
6. Pour aborder, comme sur un calendrier, la planification des tâches en termes de dates
précises, quelle autre représentation (que le MPM) semblerait plus adaptée ?
7. Quelles sont les marges totales des tâches D, E et G ?
8. Lors de la réalisation concrète de ce projet, alors que l’entreprise est en train de réaliser la
mise à jour des postes au niveau matériel (tâche I), on constate que les tâches ci-dessous
ont pris du retard :
– suite à l’absence du principal décideur, la description détaillée des besoins a duré 7
jours ;
– retard de réception des équipements réseau de 2 jours ;
– allongement d’une journée pour l’installation du câblage.
Quelle est l’incidence de ces trois retards sur la date de disponibilité générale du réseau ?

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8 3936 TG PA 00
Séquence 9
Qualité et système d’information
Cette séquence va traiter de la qualité du système d’information principalement
au travers de la conduite des projets informatiques. C’est pourquoi il est nécessaire
de maîtriser la séquence 8 pour pouvoir aborder correctement cette séquence.
Vous avez déjà une idée de ce qu’est la qualité en général. Par exemple, vous
achetez une chemise dans un magasin de prêt-à-porter, à quoi vous attendez-
vous ? Tout d’abord, à ce qu’elle soit mettable (possibilité de s’habiller avec, la
boutonner…) et qu’elle vous donne chaud, ou au moins vous couvre, c’est que
nous appellerons la satisfaction des besoins de l’utilisateur. Puis vous voulez qu’el-
le vous embellisse, selon votre goût personnel (satisfaction des besoins selon le
goût personnel et ergonomie). De plus elle doit être facile à mettre et vous devez
vous y sentir bien (facilité d’apprentissage et d’utilisation).
Mais nous verrons que pour un logiciel, qui s’inscrit dans un système d’informa-
tion (cadre beaucoup plus large que celui de porter une chemise !) ces seuls critè-
res ne suffisent pas. En effet, il est important d’assurer la cohérence du système
d’information, de respecter les délais, de produire au meilleur coût… La qualité
au niveau informatique va aussi incorporer ces divers domaines.

1. De la qualité à la qualité totale


L’information est aujourd’hui une ressource stratégique pour la plupart des organisa-
tions, dans lesquelles de très nombreuses activités reposent sur l’exploitation d’applica-
tions informatiques. Pour ces organisations :
– la part consacrée aux logiciels est aujourd’hui prépondérante dans le coût total d’un
système informatique ;
– la demande d’applications nouvelles, de plus en plus complexes, ne cesse de croître ;
– les utilisateurs sont de plus en plus exigeants en termes de fiabilité et de sécurité.
Parallèlement, on constate que :
– de nombreux projets en cours de développement sont abandonnés pour non-
conformité, retard trop important, dépassement de budget... (voir séquence 8, les
raisons de ces problèmes dans « Qu’est ce qu’un projet réussi ? ») ;
– les projets qui aboutissent ont souvent un retard considérable et le coût du produit
développé est souvent bien supérieur aux prévisions.
Il est donc nécessaire :
– de prendre conscience que la satisfaction des besoins des utilisateurs est un critère
essentiel dans tout projet informatique mais qu’il n’est pas le seul, dans l’intérêt de
la cohérence globale du système d’information et la maîtrise de ses coûts ;
– d’accroître la qualité du produit logiciel, tant dans les domaines de leurs fonction-
nalités, de la fiabilité, des performances… que dans les domaines de respect des
délais et des budgets ;
97
8 3936 TG PA 00
Unité 3

– d’accroître la productivité et de réduire les coûts, non seulement lors de la produc-


tion du logiciel, mais aussi de l’ensemble des activités mises en œuvre au cours de
son cycle de vie.
La gestion de la qualité logicielle va donc s’intéresser à :
– la qualité du logiciel prise dans son sens général : satisfaction du besoin, facilité
d’utilisation, limitation du nombre d’erreurs (bogues), convivialité, apprentissage
aisé, interaction avec les autres modules ;
– la qualité du processus de production : découpage en unités correctes (voir gestion
de projet), respect des délais et des coûts…
La qualité totale regroupe toutes ces notions et tient compte de l’évolution au cours du
temps d’un produit ou service informatique (maintenance et évolution durant toute la durée
de vie d’un élément). Par exemple, pour un logiciel comptable, il doit non seulement satisfai-
re ses utilisateurs au niveau des fonctionnalités proposées, de l’ergonomie, de son interfaçage
avec les autres applications, de l’accessibilité des données en fonction du type d’utilisateur…
mais il doit également satisfaire l’administration fiscale en lui transmettant l’information
nécessaire au format imposé et s’adapter sans cesse aux nouvelles réglementations.
Pour un logiciel, un matériel ou un service informatique, la qualité va donc bien au-delà
de ce que peut percevoir un utilisateur.

2. Évaluation de la qualité d’un logiciel


La métrologie du logiciel est un ensemble de méthodes qui permettent d’évaluer la
qualité d’un logiciel et celle de son processus de développement. Elle a pour objet de
définir :
– un ensemble de caractéristiques mesurables du logiciel ;
– des méthodes d’évaluation ;
– des outils d’évaluation (analyseurs, jeux de tests…).

2A. Présentation de la métrologie


Chaque caractéristique du logiciel peut être évaluée de manière quantitative (exemple :
les temps de réponse) ou qualitative (exemple : l’ergonomie d’un certain écran) par la
mesure d’un certain nombre d’indicateurs ou métriques. Une métrique peut être une
valeur mesurée (temps en secondes), une note donnée (de 1 à 5), un taux ou un niveau
(bon, moyen ou mauvais)...
Dans tous les cas, la valeur d’une métrique est ramenée à un niveau (bon, moyen ou
mauvais) par application de seuils s’il s’agit d’une valeur mesurée ou calculée.
Par exemple, pour le code source d’un logiciel, on peut évaluer la longueur d’un pro-
gramme (procédure, fonction ou module) et décider que s’il fait plus de 800 lignes, ou
de 1000 instructions, il sera « mauvais » pour la maintenance, alors que s’il fait entre 500
et 300 lignes, il sera « moyen » et « bon » en deçà.
Une métrique peut influer plusieurs critères. Par exemple, le nombre de lignes d’un pro-
gramme a des incidences sur sa simplicité et sur sa modularité. Il faut donc construire des
modèles de simulation permettant de jouer sur plusieurs variables en même temps.
Ces modèles vont prendre en compte plusieurs métriques en donnant un poids à chacune
et évaluer globalement, et par domaine, un produit ou service informatique.

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8 3936 TG PA 00
Séquence 9 : qualité et système d’information

Comme dans un tableau de bord (cf. séquence 3) c’est au décideur de mettre en place
des indicateurs pertinents qui l’aideront à se procurer l’information dont il a besoin pour
prendre ses décisions.

2B. Contrôle de la qualité


Ce contrôle va se réaliser en plusieurs étapes. Remarquez que la démarche suivie est
identique à celle de mise en place des tableaux de bord vue à la séquence 3.

2B1. Choix des critères de contrôle


Comme lors de la détermination des indicateurs d’un tableau de bord, on va choisir
les critères d’acceptabilité et des sous-caractéristiques que l’on retient par rapport aux
objectifs fixés par l’utilisateur. Par exemple, si l’utilisateur désire une application ne fonc-
tionnant qu’en monoposte pour un système donné, sans évolution future, la portabilité
ne sera pas une caractéristique retenue ; alors que l’adaptation sans faille au système
utilisé sera requise.

2B2. Choix des métriques


Pour chacune des sous-caractéristiques, on va choisir des mesures en essayant de gommer
le plus possible la subjectivité. Cette phase n’est pas simple à mettre en œuvre, car certai-
nes sous-caractéristiques ne sont pas facilement quantifiables, comme l’ergonomie.
On va construire un modèle prenant en compte le minimum de métriques. Par exemple,
on établit un jeu d’essai et on mesure les temps de réponse par rapport à une liste pré-
définie de requêtes.

2B3. Choix des niveaux d’acceptabilité


Des échelles de classement sont alors indispensables. Les seuils définis correspondent à
des niveaux de classement (excellent, bon, moyen, mauvais).

2B4. Pondération des métriques


On va enfin attribuer des coefficients à chaque sous-caractéristique et établir ainsi une
pondération selon l’importance que l’on donne à chacun d’eux. Pour un économiseur
d’écran, par exemple, le coefficient attribué à la sécurité sera de 0, alors que celui des
rendements ou de l’esthétique sera important. On va fixer la note globale qui nous per-
met d’accepter ou de refuser le logiciel.

2B5. Exemple
On évalue un logiciel sur plusieurs critères dont chacun, qualitatif ou quantitatif, est
ramené à une note de 0 à 10.
Critères Pondération Valeur Points
Fonctionnalités 6 6 36
Fiabilité 3 6 18
Facilité d’utilisation 5 8 40
Rendement 4 6 24
Maintenabilité 1 0 0
Portabilité 1 0 0
Total 20 5,90 118

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Unité 3

Cette note globale de 5,90 sur 10 n’est pas très satisfaisante. On peut prévoir de mettre
en place des mesures correctrices de la qualité sur les critères à plus gros coefficients
(comme le critère « fonctionnalités » qui n’obtient que la note 6 tout en étant l’essentiel
dans un logiciel) ou sur des critères ayant obtenu des notes médiocres.

3. Certification qualité
Au niveau des logiciels, comme au niveau industriel, il existe des normes obligatoires ou
optionnelles à respecter pour satisfaire à des critères de qualité.
Des organismes indépendants contrôlent le respect de ces normes de qualité et peuvent
ensuite délivrer une certification qui atteste de la qualité au niveau des divers partenai-
res qui interviennent dans la mise en œuvre d’un projet.
La recherche de la maîtrise des processus dans l’entreprise étendue (entreprise en interne
plus tous ses partenaires) d’aujourd’hui passe par la mise en place de certifications, ou
tout au moins le respect de normes.

3A. Intérêt de la certification


La certification est un avantage concurrentiel. En effet, réalisée par un organisme exté-
rieur à l’entreprise et ayant une certaine légitimité, elle garantit un niveau de qualité
reconnu sur les marchés.
Pour atteindre certains clients, qui ne collaborent qu’à des projets certifiés, elle est un
minimum obligatoire. Par exemple, un client certifié, et qui ne veut pas perdre sa certi-
fication, ne va collaborer qu’avec des fournisseurs certifiés afin de s’affranchir des pro-
blèmes de qualité qui pourraient exister en amont de son activité.
La certification assure le client que le fournisseur a soigné son processus de production
et a mis en place une politique de gestion de la qualité.
La certification est basée sur le respect de procédures et processus prédéfinis et connus
de tous. L’organisme certificateur vérifie leur mise en œuvre lors de la phase de certifi-
cation puis contrôle ensuite périodiquement leur évolution.

3B. Présentation de quelques certifications


En informatique, les certifications ne cessent d’évoluer (nouvelles versions ou nouveaux
axes de certification).
Présentons un exemple : la certification ISO 17799/2005 (cf. site de l’AFAQ : [Link])
s’intéresse à la sécurité de l’information. Toute entreprise qui désire s’engager dans un
processus de certification ISO 17799/2005 doit réduire ses éléments vulnérables et ses
risques majeurs concernant la sécurité. Le document décrivant les procédures à suivre
détaille comment procéder pour l’analyse des risques et la mise en place de la politique
de sécurité de l’information.
De même, la norme ISO/CEI 90003:2004 couvre toutes les étapes de la gestion de pro-
jet du développement d’un logiciel (voir séquence 8). Elle fait appel à des normes plus
anciennes qu’elle intègre. Elle renvoie, par exemple, à l’ISO/CEI 12207 concernant les
modèles du processus du cycle de vie du logiciel et à l’ISO/CEI TR 15504 pour l’évaluation
des fonctionnalités.

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8 3936 TG PA 00
Séquence 9 : qualité et système d’information

La plus connue de toutes les normes ISO dans le domaine de la qualité est la norme ISO
9000 et ses dérivées (9001...). Elle est maintenant ancienne mais sans cesse en réadapta-
tion. Par « management de la qualité » cette norme recouvre :
– les exigences qualité du client ;
– les exigences réglementaires ;
– l’amélioration de la satisfaction du client ;
– l’amélioration des performances concernant tous ces objectifs.

3C. Grandes étapes de la certification


Le processus qui mène à la certification peut être long et coûteux pour une entreprise.
Il faut tout d’abord adapter l’organisation et les procédures aux exigences préconisées
dans les documents détaillant la norme.
Un organisme certificateur vient tout d’abord faire une première visite et rend son
rapport dans lequel figurent des conseils. L’entreprise dispose d’un temps d’adaptation
avant les visites d’audit suivantes, qui devraient la mener à la certification.
Une fois que ces divers contrôles ont eu lieu, l’entreprise reçoit une certification initiale,
qui est en général valable pour trois années, puis des contrôles et audits viennent recon-
duire ou non cette certification.
L’entreprise peut ainsi, temporairement être fière d’être « certifiée qualité » (cf. tous
les logos et messages que l’on voit sur les camions, publicités…) et va le faire savoir à ses
partenaires.

4. Coût et surcoût de la qualité


4A. Limite dans la recherche de la qualité
L’objet de la qualité est de satisfaire avant tout le client mais aussi les processus internes et
externes de l’entreprise (entreprise étendue). Mais tout ceci a un coût. En effet, se préoccu-
per de la qualité mobilise des ressources humaines, organisationnelles et financières. S’en
préoccuper à outrance peut coûter à l’entreprise plus cher que cela ne lui rapporte.
Il faut donc savoir s’arrêter dans la recherche de la qualité. En effet, les corrections des
premiers dysfonctionnements ou les premières améliorations sont souvent faciles à repé-
rer et à mettre en œuvre, mais, plus on veut s’approcher de la perfection et plus les coûts
vont augmenter plus que proportionnellement (exponentiellement).
Par exemple, au niveau de la création d’un logiciel, il est important de se fixer des
objectifs réalistes. Un logiciel chargé de conserver et de traiter des dossiers médicaux de
patients atteints de maladies graves doit viser la perfection même si son coût de déve-
loppement est élevé. À l’inverse, un logiciel de migration de données peu importantes
(comme des données de prospects éventuels destinées à des publipostages de masse)
d’un système vers un autre, peut se permettre d’être peu fiable s’il fournit des listes de
rejets que les responsables des services concernés vont décider de traiter « manuelle-
ment » ou d’abandonner.
Dans la réalité, cet arbitrage entre qualité et surcoût important dû à la mise en place de
la qualité est chose commune. La prise de recul du gestionnaire est un élément impor-

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8 3936 TG PA 00
Unité 3

tant dans son activité. L’objectif n’est pas d’atteindre la perfection absolue mais seule-
ment de viser un meilleur niveau que celui des concurrents.
Dans le cas de recherche d’une certification, le niveau de perfection minimum recherché
est imposé par les normes édictées dans les documents de certification.

4B. Importance du facteur temps


Comme toujours en gestion, le temps est une variable importante. En effet, il est souvent
plus coûteux de corriger les erreurs que de « faire bien » dès le départ, et cela croît avec
le moment où l’on se rend compte de l’erreur. Plus l’erreur est détectée et corrigée tôt
et moindre sera le coût de cette erreur.
Le coût de la non-qualité est d’autant plus important qu’elle est détectée tardivement.
Par exemple, il est largement préférable de se rendre compte qu’un produit fonctionne
mal lors de contrôles en cours de production et de « rectifier le tir » immédiatement que
de se rendre compte de ceci lorsqu’il est déjà présent sur le marché, en constatant que
les ventes ne décollent pas car les clients ne sont pas satisfaits. Souvent ces éléments sont
laissés de côté car les actions correctrices en cours de production vont prendre du temps
et de l’argent, au moment où l’entreprise n’a qu’une hâte : sortir le produit sur le marché
avant ses concurrents.
Au niveau de la qualité, le rôle du gestionnaire est donc de trouver le point d’équilibre
idéal entre les contraintes internes de son entreprise et celles du marché, et au niveau
financier entre une qualité et un coût acceptables par rapport à une « hyper » qualité à
un coût faramineux.

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Exercices autocorrectifs

Exercice 1
Voici un mini-glossaire présentant quelques éléments de vocabulaire qui pourraient se trou-
ver dans des procédures de qualité relatives à la création de logiciels.
Adaptabilité : capacité du logiciel à évoluer. Facilité avec laquelle un programme peut être
modifié pour y ajouter de nouvelles fonctionnalités au fur et à mesure que de nouveaux
besoins apparaissent.
Conformité : aptitude d’un logiciel à satisfaire ses spécifications et à répondre aux besoins
des utilisateurs.
Complétude : état du logiciel tel que toutes les exigences spécifiées sont réalisées.
Compréhensibilité : facilité avec laquelle un programme peut être compris par la lecture
de son code source.
Disponibilité : aptitude du logiciel à assurer sa fonction pendant une période de temps
donnée.
Efficacité : aptitude d’un logiciel à n’utiliser que les ressources strictement nécessaires à l’ac-
complissement de sa fonction. On distingue l’efficacité d’exécution (temps minimum d’exécu-
tion) et l’efficacité de stockage (capacité minimum de la mémoire en cours d’exécution).
Ergonomie : étude scientifique de l’homme au travail sous les aspects physiologiques,
anatomiques, psychologiques et sociaux. La convivialité et la facilité d’apprentissage pour
l’utilisateur font partie de l’ergonomie.
Fiabilité : aptitude du logiciel à accomplir sans défaillance l’ensemble des fonctions spéci-
fiées, à fonctionner dans des conditions anormales sans mettre en cause ni les informations
du système, ni leur cohérence.
Flexibilité : caractère d’un logiciel qui définit la facilité avec laquelle des fonctions peuvent
être ajoutées, supprimées ou modifiées dans un programme opérationnel.
Intégrité : protection d’un logiciel contre des altérations ou l’accès par des utilisateurs non
autorisés (sécurité).
Interopérabilité : capacité du logiciel à échanger des informations avec d’autres logiciels
(importation et exportation de données).
Maintenabilité : facilité avec laquelle un défaut peut être localisé, identifié et corrigé.
Modularité : aptitude d’un logiciel à être structuré en composants ou modules indépendants.
Portabilité : capacité d’un logiciel à pouvoir être utilisé sur d’autres matériels ou avec
d’autres systèmes d’exploitation sans modifications significatives.
Réutilisabilité : facilité avec laquelle un sous-ensemble du logiciel qui remplit une fonction
donnée peut être isolé et employé dans une autre application.
Nous vous rappelons les principales étapes de la gestion de projet vues à la séquence précé-
dente que nous allons appliquer à la création d’un logiciel :
– le schéma directeur ;
– l’étude préalable ;
– l’étude détaillée ;
– l’étude technique ;
– la réalisation ;
– la mise en œuvre ;
– la qualification et la livraison.

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Unité 3

Pour chacune des étapes précédentes, indiquez les critères de qualité présents dans le glos-
saire, qui sont à prendre en compte. Un critère pouvant se retrouver dans plusieurs étapes.

Exercice 2
Un logiciel de gestion-qualité se vante d’avoir les fonctionnalités suivantes concernant cha-
que « événement qualité » :
– gestion des actions préventives et correctives ;
– gestion des risques associés ;
– affectations multiples des actions (organisation, activités, produits, projets…) ;
– propriétés de suivi des actions (intervenants, moyens, échéances) ;
– planification des actions et vérification d’efficacité ;
– tableaux de bord multiaxes des actions.
1. Au vu de ces critères, à quoi peut-on assimiler un « évènement qualité » dans le cadre de
ce logiciel ?
2. Quel peut être l’intérêt de la fonction « gestion des risques associés » ?
3. Grâce à ce logiciel, peut-on assurer des « affectations multiples des fonctions » et des
« tableaux de bord multiaxes » ? Quel problème cela soulève au niveau de la gestion de
la qualité ?

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Séquence 10
La gestion de parcs informatiques
Cette séquence est explicitement au programme des étudiants qui font l’option
ARLE mais il est conseillé de le lire, à titre de culture générale, pour le BTS par
ceux de l’option DA.

Par « gestion de parc informatique » on pourrait penser à la gestion de l’ensemble


des matériels et logiciels du domaine des TIC (technologie de l’information et de
la communication) dont dispose l’organisation. De manière encore plus limitative,
on pourrait axer cette gestion uniquement sur l’inventaire de ces matériels et logi-
ciels et leur localisation physique. Cette vision de la gestion du parc informatique
était certes valable il y a une dizaine d’années, mais aujourd’hui elle s’étend à son
financement, à la gestion des immobilisations et au niveau technique à la synchro-
nisation et à l’uniformisation des configurations ou à la gestion des incidents.

1. Qu’est-ce que la gestion de parcs informatiques ?


1A. Présentation
La gestion de parc informatique est un ensemble d’activités s’occupant de l’ensemble des
moyens matériels, logiciels et de communication d’une Organisation.
Elle regroupe les activités présentées dans ce schéma :

Individualisation
Investissement
et localisation

Maintenance

Nouveaux Gestion des


besoins Renouvellement consommables

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Unité 3

1B. Objectifs

1B1. Inventorier et localiser les moyens informatiques


Répertorier les matériels et logiciels.
Pouvoir les individualiser (informations globales et précises).
Standardiser les matériels, les logiciels et moyens de communication pour une gestion
plus rapide et efficace.
Affecter les matériels et logiciels en fonction de leur disponibilité (sans systématique-
ment en racheter de nouveaux sans savoir qu’ils existent et sont non-utilisés dans une
autre unité de l’entreprise).
Pouvoir négocier plus facilement avec les fournisseurs en ayant un parc plus large et plus
homogène.

1B2. Optimiser la maintenance


Gérer administrativement les interventions.
Diminuer les temps de diagnostic et d’intervention.
Suivre les coûts de maintenance et les contrats de prestataires.

1B3. Sécuriser le parc


Assurer une traçabilité du matériel pour repérer les vols ou déplacements inhabituels.
Par exemple, pour les ordinateurs portables, il est important de connaître en temps réel
l’utilisateur, son point de connexion…
Éviter, ou tout au moins réduire le piratage, par inventaire et standardisation du parc.
En identifiant les postes sensibles.

2. Principales fonctionnalités d’un logiciel de gestion de parc


Les trois grands domaines de gestion suivants sont communs à tous les progiciels de
gestion de parc. La sécurité n’est pas mentionnée ici comme élément principal car on
suppose que toutes les fonctionnalités assurent leur rôle en tenant compte des impéra-
tifs de sécurité.

2A. L’inventaire et la localisation


L’inventaire est l’élément essentiel, mais non suffisant aujourd’hui, c’est celui qui a le plus
changé dans l’offre logicielle du marché. Il se couple avec la localisation physique des
matériels et logiciels, leur marquage et leur affectation à un responsable (ou utilisateur).
Le niveau de détail, la maintenabilité et les facilités d’interrogation de la base de don-
nées associée à ce recensement perpétuel sont des critères de choix importants.
La plupart des logiciels permettent de scanner automatiquement le réseau pour détecter les
nouveaux matériels et les suppressions de matériels. Une gestion spécifique des matériels
sans fils, et surtout de leurs connexions, est appréciée, notamment au niveau sécurité.

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8 3936 TG PA 00
Séquence 10 : la gestion de parcs informatiques

2B. Gestion des immobilisations et des licences


Le terme « immobilisations » n’est pas limité ici à son acceptation comptable. On entend,
pour cette séquence, ce terme dans le sens des achats de matériels ou logiciels et de leur
valorisation financière en tenant compte de leur dépréciation (vétusté et incompatibi-
lité). Certains logiciels incluent une gestion des contrats de maintenance et de services
et des interventions associées.
Au niveau des licences, on entend bien sur ici les licences logicielles (nombre, validité,
contrats).

2C. Détection et résolution des incidents


L’idéal est un outil qui permette un premier niveau de diagnostic automatique et une
prise en main à distance. De plus, certains couplent cette détection avec des logiciels
de détection de SPAM (pourriels), ou d’intrusion suspecte. La qualité des statistiques
produites par ce module est un élément important dans la disponibilité et la sécurité du
système informatique.
Lorsqu’il y a des prises en main à distance pour la maintenance, certains logiciels propo-
sent un suivi au niveau de chaque élément avec des notes horodatées et auto signées.
La gestion des « clients » (Help desk), fonctionnalité associée au module de détection
et de résolution des pannes outrepasse en théorie la simple gestion des pannes. Elle
concerne, outre les fonctionnalités vues ci-dessus :
– le suivi de tous les types d’interventions ;
– la valorisation de chaque appel pour refacturation ;
– l’historique et le suivi complet de tous les appels, avec accès par divers critères (type
d’équipement, de demandeur, de priorité, de périodicité…) ;
– la mise à disposition de documentations pour les utilisateurs et pour les techniciens
ainsi que de « foires aux questions » (FAQ : frequently asked questions).

Exercice
Une étude de cas serait trop théorique, ou trop complexe pour cette séquence. Nous vous pro-
posons donc de rechercher quelques logiciels de gestion de parc informatique proposés sur le
marché actuellement et de les comparer en définissant vous-même vos critères.

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Unité 4
Les TIC au service du système
d’information

u Contenu
Séquence 11 : les outils TIC au service
du système d’information ............................................................... 111

1. Les progiciels de gestion intégrée ............................................... 111


2. Les collecticiels et la gestion de la connaissance................... 112
3. Les entrepôts de données et leurs outils de forage ............ 113
4. L’informatique nomade.................................................................... 114
5. Internet et Intranet............................................................................ 114

Séquence 12 : les pratiques TIC au service


du système d’information ................................................................ 117
1. La gestion électronique de documents ..................................... 117
1A. Les étapes de la GED ................................................................................ 117
1B. La distinction entre contenu et présentation ........................................ 118
1C. Les gains induits par la GED .................................................................... 119

2. Gestion des processus et des flux ............................................... 119


3. L’échange de données informatisé ............................................. 120
4. Le commerce électronique .............................................................. 121

109
8 3936 TG PA 00
Séquence 11
Les outils TIC au service
du système d’information
Dans cette séquence et la suivante nous allons détailler quelques éléments des
technologies de l’information et de la communication (TIC) et analyser leurs
apports pour le SI.
Nous nous limiterons aux outils suivants :
– progiciel de gestion intégrée ;
– collecticiel et outil de travail collaboratif ;
– entrepôt de données ;
– informatique nomade ;
– internet, Intranet.

1. Les progiciels de gestion intégrée


Les progiciels de gestion intégrée PGI (ou en anglais ERP enterprise ressource planning)
sont des progiciels qui permettent d’intégrer la gestion de tous les sous systèmes d’infor-
mation que nous avons déjà analysés (séquence 2) :
– comptabilité et gestion des flux financiers ;
– gestion de production ;
– gestions des ressources humaines ;
– administration…
Dans un PGI, ces divers domaines utilisent une base de données unique au niveau logique.
Ils couvrent l’ensemble des fonctionnalités nécessaires à la gestion de ces divers sous-SI.
Comme toutes les Organisations n’ont pas les mêmes besoins, le paramétrage d’un PGI
peut s’avérer une tâche très importante, souvent gérée comme un projet à part entière.
Les PGI prétendent répondre à tous les domaines d’activités et les processus support
d’une entreprise. Mais, dans la réalité, on constate qu’ils ont tendance à se spécialiser en
fonction du niveau de détail de leur principale fonctionnalité : commerce (voir les progi-
ciels de gestion de la relation client), bâtiment, comptabilité, professions médicales…
Ceci pour des raisons commerciales, mais aussi parce que lorsqu’un progiciel est spécialisé
dans un « métier » spécifique, il peut gérer les autres domaines supports des entreprises
de ce « métier » plus efficacement. Par exemple, un PGI spécialisé dans la gestion des
dossiers médicaux, outre ses « compétences » médicales, ne va pas présenter les mêmes
fonctionnalités pour le domaine (support) comptable qu’un PGI destiné aux professions
de la construction. C’est pourquoi, il sera mieux adapté qu’un PGI plus général non seu-
lement dans le métier principal de sa spécialité (« gestion médicale ») mais aussi dans les
autres domaines de gestion de l’entreprise.

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Unité 4

Un PGI unique est donc illusoire, trop difficile à paramétrer et difficilement adaptable à
tous les cas d’entreprises. On lui préfère aujourd’hui un PGI spécialisé par métier qui est
déjà pré-paramétré pour la profession et peut proposer des fonctionnalités spécifiques.
Un PGI est souvent vu comme un élément permettant de gagner en compétitivité par
une automatisation globale et unique des divers processus de l’entreprise. Il y a partage
des informations et synergie entre les divers processus qui permettent une meilleure
gestion du système d’information de l’entreprise.
Le reproche essentiel qui est fait aux PGI est qu’en intégrant toute la gestion de la struc-
ture organisationnelle, cette dernière ne peut plus être spécifique à une entreprise parti-
culière mais à des chances de se retrouver dans les diverses organisations qui acquièrent
le même PGI. La structure organisationnelle d’une entreprise est donc moins spécifique,
et ne représente plus un avantage concurrentiel déterminant.

2. Les collecticiels et la gestion de la connaissance


L’exemple type de collecticiel (ou synergiciel, ou en anglais groupware) est un outil qui
permet de travailler à plusieurs personnes sur un même document ou un même projet.
Mais ses fonctionnalités sont bien plus étendues.
Un collecticiel est basé sur un principe du partage de données et de connaissances entre
personnes qui ne sont pas toutes au même endroit, et ne collaborent pas toutes spécia-
lement au même moment. Elles disposent d’un environnement partagé où peuvent être
coordonnées leurs diverses activités.
Quelques fonctionnalités classiques d’un collecticiel sont :
– le travail collaboratif avec participation de chaque membre du groupe ;
– une base de documents partagée ;
– des outils de coordination : gestion des flux, du temps et des tâches ;
– des agendas des divers collaborateurs interfaçables entre eux ;
– une messagerie électronique avec ses fonctionnalités de sécurité, classement, rap-
pel, réponse automatique… ;
– des forums ;
– la possibilité de réunions à distance.
Aujourd’hui, ce type de travail collaboratif tend à évoluer vers la gestion des connais-
sances (knowledge management) qui, outre des bases de données conséquentes sur
les savoirs, permet de décrire la connaissance d’une personne en faisant ressortir son
savoir-faire tout autant que son savoir. Ces savoir-faire sont souvent difficiles à formaliser
car ils sont tacites et « font partie » de chaque personne. Une mission de la gestion des
ressources humaines est d’inciter les individus à collaborer à ce recueil et cette mise en
forme des savoirs et savoir-faire.
Au niveau des outils informatiques de gestion de la connaissance on trouve tout d’abord
les (anciens) systèmes experts qui simulent le raisonnement d’un expert dans un domaine
précis et les agents intelligents qui exécutent en tâche de fond et périodiquement des
opérations précises, souvent sur Internet, pour aider les décideurs.
La gestion des connaissances, faisant partie du capital immatériel de l’entreprise, n’est
pas valorisée financièrement mais représente un capital-réussite pour une entreprise
dans le futur. Elle ne peut se dissocier de facteurs humains et organisationnels.

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Séquence 11 : les outils TIC au service du SI

3. Les entrepôts de données et leurs outils de forage


Nous pourrions assimiler un entrepôt de données (data warehouse) à un entrepôt classi-
que où seraient stockées toutes les informations d’un système d’information. Cependant
trois différences cruciales sont à noter.
• Toutes les données ne sont pas physiquement présentes dans l’entrepôt, mais des liens
vers des bases de données externes permettent d’accéder à certaines d’entre elles.
• Le rangement est bien différent de celui d’un entrepôt classique car chaque donnée
peut être multi-indexée et donc accessible à partir de divers critères (notion d’accès
multidimensionnel). Comme si un objet placé dans un entrepôt pouvait être accessible
directement de plusieurs points géographiquement différents de cet entrepôt. Prenons
l’exemple du chiffre d’affaires réalisé au mois de décembre 2006. Ce dernier peut être
accessible directement au niveau comptable ou reconstitué instantanément à partir des
ventes par type d’article, type de commercial, type de point de vente…
• Certaines données ne sont pas présentes dans l’entrepôt, on retrouve seulement des
données agrégées issues de traitements précédents sur des données de base. Par exem-
ple, le chiffre d’affaires ci-dessus a pu être calculé à partir de toutes les factures du
mois qui elles, ne sont pas dans l’entrepôt mais dans des bases de données annexes. Ce
chiffre d’affaires global a donc été calculé à partir des données de base et ce n’est que
son résultat qui est stocké dans l’entrepôt.
Le stockage des données ne rassemble que logiquement les diverses données éparpillées
dans les bases de données de l’entreprise. Cependant, pour des questions de rapidité,
des copies peuvent être partiellement réalisées. Des solutions mixtes telles que la créa-
tion d’une nouvelle base de données centralisée pour les données agrégées, et le fait de
laisser les données opérationnelles sur les bases initiales, sont souvent adoptées.
Des outils d’extraction et d’agrégation de données sont donc des éléments importants d’un
entrepôt de données. On les appelle aussi des outils de forage (ou anglais data mining).
Au niveau de la consultation, l’entrepôt de données ne peut se dissocier, ou possède lui
même, des outils d’aide à la décision (foreurs de données, requêteurs…). En effet, les
données d’un entrepôt de données sont essentiellement utilisées par des outils d’aide
à la décision (voir séquence 3) pour aider les dirigeants. La technologie la plus connue
est OLAP (online analytical processing) qui fournit au demandeur des données déjà
regroupées par thème sous forme d’un ensemble de données. Les thèmes des paquets
sont prédéfinis et l’utilisateur en retire les éléments qu’il désire grâce à des outils d’aide
à la décision. Par exemple, si on reprend le chiffre d’affaires, un paquet peut fournir les
données du chiffre d’affaires selon divers critères et chaque utilisateur ira rechercher les
informations pertinentes pour lui dans le paquet.
On représente souvent ces différents modes d’accès multidimensionnels par un cube ou
une structure à plusieurs dimensions. Cette représentation illustre le fait qu’une donnée
peut être accessible par divers critères.

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Unité 4

4. L’informatique nomade
Il serait prétentieux de vouloir faire la liste des outils d’informatique nomade car ces
derniers ne cessent d’évoluer au niveau logiciel comme matériel.
L’ordinateur portable et la possibilité de se connecter au réseau de l’entreprise à distance,
sont des outils TIC qui rendent d’importants services à l’entreprise. Ceci surtout pour les
salariés amenés à se déplacer constamment. Ils leurs permettent de consulter les données de
l’entreprise et d’envoyer à celle-ci les données qu’ils viennent d’acquérir ou de créer.
La possibilité d’accéder à Internet ou à un Intranet par téléphone portable n’est pas que
l’outil préféré des commerciaux mais aussi des artisans, constructeurs, hauts cadres… qui
peuvent décider de recevoir tous ou certains mèls ou messages d’alerte importants (voir
séquence 3, les tableaux de bord) sur leurs outils mobiles.

5. Internet et Intranet
Internet, et Intranet (un réseau limité à une Organisation) ne sont plus à présenter. Ils
permettent d’accéder à tous les outils TIC que nous avons présentés et favorisent la mise
en place des pratiques liées au TIC que nous analyserons dans la séquence suivante.
C’est tout d’abord grâce à la mise en réseau, et donc aux connexions et échanges à dis-
tance, que les outils TIC tels que les collecticiels peuvent être mis en place et reliés aussi
bien sur un réseau local que global.
Intranet et Internet, outre l’aspect communication et gestion, ont apporté de nouvelles
possibilités d’exploitation au système d’information de l’entreprise, nous allons donc voir
tout d’abord leurs apports avant de rechercher leurs limites.
Au niveau des avantages techniques, on peut citer :
– la personnalisation du poste client (concept de client/serveur) qui peut être un avan-
tage concurrentiel important, surtout pour les partenaires (clients, fournisseurs…) ;
– la meilleure gestion de parc informatique (voir séquence correspondante) ;
– le fait que l’on peut communiquer avec des matériels hétéroclites sans même le
savoir (entre un Mac et un PC par exemple).
Au niveau des avantages organisationnels la communication interne, inter-organisationnelle
ou externe est un premier atout général, ne serait-ce qu’avec le courrier électronique.
On trouve également de nouvelles possibilités d’organisation dans le partage d’informations
et de connaissances entre personnes d’une même société situées dans des lieux géographi-
ques différents, et très reculés pour certains. Si on reprend l’exemple du collecticiel, rien
n’empêche aujourd’hui de créer un groupe de projet avec des personnes situées à des points
du globe diamétralement opposés (affranchissement des contraintes de localisation et de
décalage horaire). Globalement Internet et Intranet améliorent la réactivité de l’entreprise si
l’information est correctement (et rapidement !) recueillie et traitée en interne.
Au niveau des limites techniques, plus l’ouverture extérieure du SI d’une entreprise s’ouvre
et plus la sécurité prend de l’importance (voir dernières séquences). De même, la puissance
des moyens informatiques (capacité, rapidité…) devra suivre le développement des outils
Internet ou Intranet sous peine de minimiser leurs avantages (temps d’accès…).

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Séquence 11 : les outils TIC au service du SI

Au niveau des limites organisationnelles, les problèmes naissent souvent de l’aspect


humain. Des réticences à faire confiance aux outils Internet ou Intranet, ou tout simple-
ment le fait d’oublier de les utiliser et de passer beaucoup plus de temps à recherche ou
traiter l’information sont encore d’actualité. À l’inverse, dans une organisation, Internet
(et la messagerie électronique) ne sont-ils pas des perturbateurs ou « mangeurs de
temps » pour des considérations personnelles des salariés au détriment des considéra-
tions professionnelles ?

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Séquence 12
Les pratiques TIC au service
du système d’information
Cette séquence va nous permettre de présenter d’autres outils TIC en nous axant
davantage sur les pratiques organisationnelles qui leur sont liées. Comme dans
toute séquence faisant appel à l’analyse d’une organisation ou au SI (système
d’information), nous vous invitons à faire le lien entre ce cours et celui d’écono-
mie d’entreprise.
Nous aborderons les points suivants :
– gestion électronique de documents ;
– gestion de processus et de flux ;
– échange de données informatisé ;
– commerce électronique.

1. La gestion électronique de documents


Dans un garage automobile si une secrétaire veut retrouver une facture suite à l’appel
d’un client elle a généralement deux possibilités : rechercher dans le classeur des dernières
factures ou des factures de telle période le document ou consulter son logiciel de factu-
ration et y chercher la facture par client ou type de client. Ces recherches ont des chances
d’aboutir si la secrétaire est bien organisée, surtout au niveau de son classement.
En revanche, si demain, un constructeur l’appelle en lui disant de rechercher toutes les
réparations dans lesquelles a été utilisée la pièce XF15 car cette dernière possède des
défauts entravant la sécurité des véhicules, l’opération sera beaucoup plus compliquée.
La GED (gestion électronique de documents), ou GEIDE (gestion électronique d’informations
et de documents pour l’entreprise) pourrait l’aider à classer et ainsi retrouver un document
au regard de divers critères : date, type de client, type de véhicule, modèle de véhicule…
La GED permet de dématérialiser, d’indexer, de classer, de recueillir, de rechercher et de
stocker des documents. Ces documents peuvent être de diverses formes : textes, images,
sons… Elle dispose pour cela de divers moyens informatiques et organisationnels.

1A. Les étapes de la GED


Pour mettre en place un projet GED (ou GEIDE, son homologue qui incorpore la notion
de gestion des contenus) les documents doivent passer par les étapes suivantes.

1A1. Le recueil et la numérisation de documents


Dans un premier temps, on va numériser les documents, ou stocker ceux qui sont déjà
sous forme numérique. Ce stockage permet de diminuer leur volume, d’assurer leur

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8 3936 TG PA 00
Unité 4

pérennité, d’éviter les nombreuses tâches d’archivage, d’économiser sur les coûts papier
ou supports multimédia. Le but principal étant qu’ils soient accessibles et consultables
par tous les acteurs qui en ont besoin et qui y sont autorisés. Des outils de numérisation
(scanners…), de duplication, de reconnaissance de documents ou de caractères (ROC :
reconnaissance optique de caractères) sont utilisés pour cela.

1A2. L’indexation
L’indexation est la phase la plus importante car un document qui n’est pas atteignable
par un mot clé pertinent ne pourra être facilement accessible. Comme disent les docu-
mentalistes « tout ouvrage mal rangé peut être considéré comme perdu », nous pour-
rions adapter ceci à la GED en disant qu’un document mal indexé peut être considéré
comme non accessible.

1A3. Le stockage sécurisé


Une fois les documents indexés, il est important d’organiser leur stockage en ayant
mûrement réfléchi à l’arborescence des dossiers, sous-dossiers… (voir cours d’ALSI). Ceci
pour les recherches et accès futurs.
De plus, des procédures de sécurité (voir dernières séquences) devront être mises en
place car le contenu des documents manipulés par la GED contient des informations pré-
cieuses pour l’organisation qui les possède. L’entreprise ne peut se permettre de perdre
ou détruire certains documents, surtout s’ils n’existent que sous forme électronique.

1A4. La recherche et la diffusion de documents


La base d’une bonne recherche réside avant tout dans une excellente indexation. Les
outils de recherche (butineurs, moteurs de recherche…) doivent être efficaces, convi-
viaux et souples.
Une fois le document trouvé, il est important de pouvoir le publier dans le format que
l’on désire : impression papier, visualisation, intégration dans un autre document ou un
outil de présentation…

1B. La distinction entre contenu et présentation


Aujourd’hui un même document peut servir dans diverses applications informatiques et
nécessiter des présentations différentes (graphisme adapté à l’application et/ou l’utilisa-
teur, sélection de certaines données…) alors que son contenu est identique. À l’inverse,
une même présentation peut contenir des données différentes selon les circonstances.
De plus, le développement des outils Web, nécessite des outils graphiques de plus en plus
sophistiqués et faisant appel à des spécialistes à part entière (les graphistes Web). C’est
pourquoi, à la fois au niveau du développement et du stockage, on distingue de manière
séparée le contenu de la présentation d’un document.
Traditionnellement les pages du Web sont établies en HTML (hypertext mark-up langua-
ge). Mais lorsque la dynamique et la structuration deviennent obligatoires, il faut passer
à un langage de description de données tel XML (extensible markup language) qui est
aussi un langage à balises mais dont l’utilisateur peut les définir à sa guise.
L’avantage d’XML est de stocker des données indépendamment de leur présentation et
de pouvoir les échanger avec d’autres outils dans un format standard. Les outils « desti-
nataires » pourront à leur tour les afficher ou les traiter selon leurs besoins.

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Séquence 12 : les pratiques TIC au service du SI

1C. Les gains induits par la GED


Le coût du papier étant souvent abordable pour une entreprise, et les habitudes ancien-
nes aidant, ce n’est pas le critère financier mais plus des critères socio-écologiques qui
ont participé à faire accepter la GED comme élément faisant faire des économies. Le coût
des multiples archives (photocopies) a été réduit considérablement.
Le gain se retrouve essentiellement dans les avantages de la consultation en ligne : rapi-
dité, partage, accès direct, accès sans connaître au préalable l’existence du document.
La GED ne peut réellement se dissocier des flux de travail dans une organisation.

2. Gestion des processus et des flux


La gestion des processus et des flux (ou en anglais workflow) tente d’automatiser le cir-
cuit de traitement d’un document, et plus généralement les flux de travail.
Par exemple, si un employé veut remplir une fiche de demande de congés, on peut ima-
giner les flux concernant l’automatisation d’un seul et même formulaire de demande de
congés, qui subira le circuit suivant :

Étape Employé Supérieur hiérarchique Service du personnel


1 Remplit le formulaire avec sa demande
2 Consulte et apprécie la demande

3 Reçoit le formulaire avec la réponse Reçoit l’information pour décompter


des jours de congés du salarié

Comme vous le voyez tous ces flux sont automatisés étape par étape. Chaque acteur
rajoute une information ou prend en compte une information pour un autre traitement
qui le concerne.
La gestion des processus et des flux et donc basée sur trois éléments :
– la circulation d’un document électronique avec la possibilité d’enrichissement de ce
document par les divers acteurs : on prédéfinit quel type d’acteur peut consulter
et/ou modifier quelle donnée ;
– le rôle des divers acteurs : un acteur peut être un groupe de personnes (ex : tous
les chefs de service d’un même niveau, toutes les personnes d’un certain secteur
d’activité…) ;
– la coordination de ces diverses étapes par un système de règles qui décrivent com-
ment les acteurs interviennent sur les documents : à quelles étapes et pour quel type
de modification ou de consultation.
Le workflow permet donc d’automatiser les processus et de réduire la circulation du papier.
Au niveau de l’implémentation, la gestion des flux et des processus se base sur un collec-
ticiel pour les interventions successives et programmées des divers acteurs et sur la GED
au niveau du document lui-même.

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Unité 4

Ces systèmes fonctionnent correctement à condition que le troisième élément fonda-


mental : la coordination, soit bien organisée. Supposez, dans l’exemple ci-dessus, que
le seul destinataire possible du formulaire de demande de congés soit le supérieur hié-
rarchique direct de chaque salarié. Si ce supérieur est absent pour une longue durée et
qu’il n’est pas prévu que dans ce cas le document puisse être rerouté vers une personne,
le salarié ne pourra jamais émettre sa demande de congés.
De même, la gestion des flux et des processus implique que tous les acteurs participent
activement à cette gestion. En effet, si le supérieur hiérarchique ne consulte que rare-
ment les documents qui arrivent pour validation, le demande de congés sera bloquée. Les
outils GED, proposent de pouvoir relancer automatiquement une personne en retard, ou
de rediriger un flux vers un autre acteur. Il faudra donc prendre soin de leur paramétrage
dans un souci de souplesse organisationnelle afin de ne pas paralyser le système.

3. L’échange de données informatisé


Si un client veut envoyer, sous forme électronique, un bon de commande à un fournisseur,
il faut que ce document soit intégré dans les deux systèmes d’information (SI) des parte-
naires. L’EDI (échange de données informatisé ou en anglais electronic data interchange)
s’occupe du fait que le bon de commande puisse être prélevé dans le logiciel de génération
des commandes du client, puis traduit dans un format transportable, puis retraduit dans le
format de fichier du SI du fournisseur qui gère l’arrivée des commandes.
Historiquement les partenaires se mettaient d’accord entre eux sur un format de fichier
structuré (voir cours de DAIGL). Le client transformait le fichier initial dans le format
négocié entre les deux parties. Puis, à l’arrivée, le fournisseur tenait compte du format
en question pour le remettre au format nécessité par son logiciel de gestion des com-
mandes arrivées. Plus tard, le besoin de rédiger des normes standard s’est fait sentir. Les
premières normes concernaient des secteurs d’activité : transport, échanges interban-
caires... Des organismes de normalisation, ont alors vu le jour et ont rédigé des normes
telle EDIFACT (EDI for administration, commerce and transport) qui est toujours utilisée
aujourd’hui. Ces normes sont internationales et concernent l’échange de données dans
le milieu des affaires.
Comme nous l’avons vu dans le premier point concernant la GED (gestion électronique
de documents), XML (extensible markup language) est un langage à balises qui décrit la
structure des données d’un document. Il permet de structurer, de définir le vocabulaire
et la syntaxe des données.
XML répond donc à la problématique de l’EDI ; à savoir, définir un format d’échange selon
les besoins. Il offre également des mécanismes de vérification de la validité d’un document.
Des analyseurs (ou parseurs) permettent d’extraire le contenu d’un document XML.
XML est donc en passe de devenir le langage de description de l’EDI grâce à l’incorpora-
tion, dans XML de la description des données normalisée d’EDIFACT.
Quel que soit le type de normalisation utilisée pour les échanges, l’EDI est un atout
important pour les entreprises au niveau de la rapidité des échanges (moins de ressaisie,
intégration automatique dans les divers SI, …) et de leur fiabilité. Ces deux avantages liés
à la qualité des échanges aident à créer de meilleures relations entre les partenaires.

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Séquence 12 : les pratiques TIC au service du SI

4. Le commerce électronique
Le commerce électronique (e-commerce ou electronic commerce) n’est plus à présenter
aujourd’hui vu son essor considérable dans les dernières années. Cet essor vient entre
autres :
– du développement du nombre de sites qui présentent un choix plus large au
consommateur ;
– des sites comparateurs dont certains sont spécialisés par domaine ;
– de l’abolition partielle des contraintes géographiques dans les possibilités d’achat ;
– de l’augmentation de la confiance associée aux paiements en ligne ;
– de l’augmentation du nombre d’accès à Internet par les clients potentiels ;
– de l’efficacité accrue des problèmes de logistique qui se sont posés aux fournisseurs
lors des premiers temps ;
– des améliorations graphiques qui permettent de mieux présenter, voire de person-
naliser la présentation des produits…
Le commerce électronique ne se limite pas aux relations entre distributeur et consom-
mateur final, il gère aussi les relations inter organisationnelles par le commerce entre
entreprises (B to B business to business) ou les relations des entreprises avec les adminis-
trations (B to A business to administration)
De même, les sites Internet de commerce ne se limitent pas à la vente, ils participent à
la promotion des produits, à l’image de marque, à la mise en ligne de notices et autres
documents qui allègent les services après-vente.
En mercatique, le profilage des consommateurs permet de restreindre le champ des
cibles visées. Le profilage est le fait que l’on peut mémoriser les pages visitées par un
consommateur, ses achats ou les réponses à des questions pour, lors de ses prochaines
visites, lui proposer directement les produits auxquels il est sensible. Visitez les grands
sites de ventes de produits multimédia et vous pourrez vous rendre compte de la préci-
sion de ses investigations.
Le commerce électronique est donc un créneau à part entière pour le commerce et tend
à influencer également le commerce traditionnel.
En revanche, le commerce électronique ne présente pas que des atouts pour une entreprise.
Au niveau de la structure organisationnelle et de la participation du personnel aux diver-
ses activités, des refontes ont été nécessaires. Le traitement des ventes électroniques ne
peut se réaliser en interne comme sur un point de vente classique. Le personnel s’est
donc vu imposer cette évolution avec tous les problèmes de résistance au changement
que cela pose.
La logistique (stockage, préparation des colis, transport, livraison…) a mis du temps
à s’adapter à cette nouvelle forme de commerce. La réactivité étant de mise dans ce
type de commerce, la logistique doit viser le « zéro défaut ». Les entreprises vendeuses
externalisent plus en plus les fonctions logistiques en se concentrant sur leur métier de
base. En revanche, les entreprises de logistique ont développé des organisations et des
compétences performantes pour répondre à ce type de commerce.
Des entreprises qui ne travaillaient auparavant qu’au niveau national, ont vu les portes
internationales s’ouvrir à elles sans s’être réellement préparées aux problèmes liés au
commerce international : droits de douane, TVA …

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8 3936 TG PA 00
Unité 4

De même, il a fallu réagir pour certains, et profiter de nouvelles opportunités commer-


ciales pour d’autres, à la réticence des consommateurs face aux paiements en ligne.
La carte bancaire reste le moyen privilégié pour ce type de commerce. Les protocoles
de cryptage et de sécurisation des transferts tels SET ou SSL ont été développés. Tout
d’abord, le numéro de carte bancaire va être crypté (par un système comme SIPS) avant
d’être transmis sur le réseau. Un protocole de sécurité comme SSL (secure sockets layers),
ou SET, basé sur un système de clé publique permet de sécuriser la transaction (voir der-
nières séquences sur la sécurité).

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8 3936 TG PA 00
Unité 5
Sécurité du SI
u Contenu

Séquence 13 : les risques informatiques


et leurs conséquences ........................................................................ 131

1. Risques matériels ................................................................................ 131


2. Risques au niveau logiciel............................................................... 133
3. Détails sur certains risques logiciels ........................................... 134
3A. Les risques issus de l’usurpation d’identité et de l’intrusion ............... 134
3B. Les risques issus des attaques virales ou des attaques
par envahissement ................................................................................... 135
3C. Les risques d’interception ........................................................................ 142

4. Risques sociaux ................................................................................... 142


5. Conséquences possibles .................................................................. 142
6. En guise de conclusion…................................................................. 143

Séquence 14 : organisation de la sécurité ......................... 145

1. Les différents types de solutions sécuritaires ......................... 145


1A. Sécurité active ......................................................................................... 145
1B. Sécurité passive ........................................................................................ 146

2. Méthodes d’analyse des risques (sécurité préventive) ....... 146


2A. La méthode Marion .................................................................................. 146
2B. MEHARI ..................................................................................................... 148

3. Plan de reprise (sécurité curative) ............................................... 151


4. En conclusion, quelques mots sur les politiques
de sécurité ............................................................................................. 152

Séquence 15 : les moyens de prévention ........................... 155

1. Les moyens de protection du matériel ...................................... 155


1A. Les onduleurs............................................................................................ 155
1B. Les sauvegardes ....................................................................................... 157
1C. Le système RAID ....................................................................................... 159

2. Les solutions de prévention au niveau logiciel ...................... 162


2A. Quelques règles tout de même concernant la sécurisation
d’un réseau ............................................................................................... 162

123
8 3936 TG PA 00
Unité 5

2B. Et quelques règles aussi concernant la sécurité du SI........................... 164


2C. Prévention contre les intrusions sur une machine :
pare-feu, proxy, IDS ................................................................................. 167
2D. Prévention contre les virus, spams et espions :
anti-virus, anti-spam, anti-spyware ....................................................... 168
2E. Empêcher l’interception des informations que nous transmettons ............169
2F. Comportements préventifs...................................................................... 180

Séquence 16 : des exercices en guise de conclusion .... 183

124
8 3936 TG PA 00
Séquence 13 : risques informatiques et leurs conséquences
Unité 5

u Introduction

Bienvenue dans cette partie du cours de GEOSI, qui traite de cindynique informatique.
Kesako la cindynique ? C’est la science qui étudie les risques (industriels, sociaux, éco-
nomiques, informatiques…).
Le terme cindynique vient du grec kindunos, qui signifie danger.
Cette appellation a été créée en 1987 lors d’un colloque tenu à la Sorbonne.
Son objectif est de répondre aux questions : comment identifier le risque, comment le
mesurer, quelles en sont les conséquences et comment le contourner ?
La cindynique utilise souvent la notion d’événement non souhaité (ENS), et d’effet
pervers.
La cindynique a été introduite en 1989 dans la maîtrise des activités informatiques par
Didier Hallépée. Selon celui-ci, la cindynique devrait être considérée comme une bran-
che spécialisée de l’axiologie, qui est la science de la qualité.
Face aux risques informatiques, il est nécessaire d’organiser la sécurité informatique.
La sécurité informatique est l’ensemble des moyens mis en œuvre pour minimiser la vul-
nérabilité d’un système contre des risques accidentels ou intentionnels.
Les dispositifs de sécurité sont devenus incontournables, surtout avec l’ouverture des
frontières du SI hors de l’entreprise.
Le thème de cette 5e partie du cours de GEOSI est un recensement des risques et des
solutions face à la sécurisation du système d’information.
Le but de ce cours est de vous sensibiliser aux problèmes de sécurité, de vous initier à
être capable d’évaluer et relativiser les risques, et à rechercher les moyens pour s’en
prémunir (gestion de la sécurité, sauvegardes et procédures de reprise, contrôle d’accès,
audit, etc.).
Dans le Larousse de l’informatique, la définition du système d’information d’une orga-
nisation est la suivante :
« Ensemble constitué par :
– les données nécessaires au fonctionnement de l’organisation ;
– les moyens informatiques et bureautiques nécessaires à leur traitement et leur circu-
lation. »
Le système informatique est la partie technique du système d’information.
Donc, la sécurité du système d’information nécessite la sécurisation du système informa-
tique, et recouvre les aspects matériels et logiciels.
Bien entendu, la sécurité est un thème transversal, qui n’est pas traité que dans cette
partie du programme de BTS. Voici ci-dessous ce que l’on trouve dans le référentiel du
BTS, concernant la sécurité.

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Unité 5

La sécurité et le référentiel du BTS IG


Parties du référentiel concernées par la sécurité informatique
Les informations écrites en italique concernent l’option ARLE.
Les autres informations concernent les deux options.

Contenus Capacités attendues

S13. Technologie des périphériques – Décrire le rôle et les principales caractéristiques techniques
Dispositifs de sécurité et fonctionnelles des périphériques.
– Identifier les technologies et normes relatives aux périphériques.
– Installer et configurer un périphérique.

S23. Techniques d’administration d’un réseau – Administrer un réseau local.


– Administration de réseaux, gestion du parc – Assurer la sécurité d’un réseau local.
matériel, télécollect. – Assurer la gestion d’un parc matériel et logiciel.
– Gestion des logiciels et des licences, – Assurer la surveillance et la maintenance d’un réseau local.
télédistribution. – Installer le système d’exploitation d’un réseau.
– Maintenance, surveillance, télé-diagnostic,
télémaintenance.
– Métrologie et sécurité, intégrité des données,
sauvegardes.

S25. Système de gestion de base de données relationnel – Administrer une base de données non répartie et en assurer la sécurité.
Administration de la base de données.
Protection, sécurité, sauvegarde, restauration,
gestion des accès concurrents, journalisation,
paramétrage.

S44. Sécurité informatique – Mettre en œuvre un logiciel « antivirus ».


Objectifs et enjeux – Évaluer tout ou partie de la sécurité d’un système informatique et
Typologie des risques informatiques mettre en œuvre des dispositifs de sécurité.
Principales techniques de sécurisation – Participer à la réalisation d’un plan de reprise.
– Repérer les problèmes de sécurité posés par l’accès à des réseaux
d’échanges de données.

Dans le référentiel réseau, outre les savoirs inscrits dans le tableau ci-dessus, on trouve
une liste de compétences spécifiques à la sécurité, compétences que doivent acquérir les
administrateurs de réseaux locaux d’entreprise.
Je ne traiterai pas dans ce cours la partie « Mains dans le cambouis » spécifique à l’option
ARLE.
Par contre, je traiterai l’aspect « culturel », « veille technologique », et je m’appuierai
pour construire ce cours, sur le tableau ci-dessus, mais aussi sur le tableau ci-dessous, qui
recense les compétences de l’option ARLE relatives à la sécurité.
Pourquoi ?
Ce référentiel a presque dix ans. Depuis qu’il a vu le jour, il s’est produit une montée en puis-
sance de l’utilisation des réseaux, locaux, virtuels, éloignés, Internet, Intranets, etc. Tout déve-
loppeur qui se respecte doit connaître ces différents types d’infrastructures, mais aussi tous les
risques et solutions liés à la sécurisation de ces environnements plus ou moins ouverts.
Depuis un certain nombre d’années, à l’examen, on trouve, y compris dans les études
de cas de l’option développeur, des questions concernant la sécurité. Vous devez donc,
toutes options confondues, être capables de répondre à ces questions.
En outre, un développeur développe, la plupart du temps, des applications en environnement
réseau. Il doit donc savoir tenir compte de l’environnement réseau dans sa façon de dévelop-
per, savoir sécuriser ses applications, et savoir aussi tenir compte des risques et des dispositifs
de sécurité présents dans l’environnement d’exécution des logiciels qu’il développe.

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Séquence 13 : risques informatiques et leurs conséquences
Unité 5

Je recommande donc vivement à tous de travailler tout le cours, même si à l’origine,


certaines compétences sont spécifiques aux ARLE.
Voici ci-dessous le tableau des compétences spécifiques aux ARLE et relatives à la sécurité.
J’ai mis en gras tous les mots liés aux thèmes des risques et de la sécurité. J’ai sélectionné
seulement les passages directement liés à ces thèmes.

Compétences spécifiques aux ARLE

C2. INSTALLER ET CONFIGURER


Contexte général de réalisation : les interventions d’installation et de configuration d’une solution réseau local sont envisagées dans le strict respect
des consignes de sécurité et par application d’une démarche rationnelle.
Critères généraux d’évaluation :
– utilisation cohérente des concepts et de la terminologie de référence ;
– conformité et qualité des éléments installés ;
– maîtrise de l’ordonnancement des tâches ;
– optimisation de la procédure d’installation ;
– respect des délais.

Compétence Situation

C23. Installer et configurer un dispositif de sécurité, matériel ou logiciel. • Un réseau en état de fonctionnement.
• Un dispositif de sécurité à installer.
• Une documentation technique.
• Les consignes d’installation.

C3. Administrer et maintenir


• Contexte général de réalisation : les interventions d’administration d’un réseau local et de maintenance de ses différents composants, sont
assurées dans un environnement technique maîtrisé.
• Critères généraux d’évaluation :
– réactivité et adaptation aux pannes ;
– respect des règles de sécurité.

Compétence Situation

C33. Assurer la sécurité du réseau. • Maîtrise des risques associés à l’utilisation d’un réseau.
• Connaissance et respect des consignes de sécurité
permettant de prévenir les risques, de les réduire
ou de les corriger.

C34. Surveiller et optimiser le trafic sur le réseau ainsi que • Un réseau en état de fonctionnement dégradé
le niveau d’activité des serveurs, diagnostiquer et mesurer ou de dysfonctionnement.
les pannes. Identifier la nature des anomalies et effectuer le • Des outils de surveillance du trafic et de l’activité des
dépannage de premier niveau. serveurs.
• Précision de l’identification des symptômes de
dysfonctionnement du réseau.
• Pertinence du choix de la réponse à apporter et de
l’intervenant à solliciter.

Vous avez peut-être remarqué, à la lecture des textes officiels reproduits ci-dessus, que
dans cette partie du cours de GEOSI, il n’est pas uniquement question de sécuriser le sys-
tème d’information en tant que base de données, mais aussi le système informatique,
c’est-à-dire qu’en fait, il faut qu’on s’intéresse à au moins trois niveaux de sécurité :
– la sécurité au niveau du matériel, y compris en environnement réseau ;
– la sécurité au niveau du système d’exploitation, y compris en environnement réseau ;
– la sécurité au niveau logiciel, y compris en environnement réseau.
Le système d’information de l’entreprise s’appuie en effet sur le matériel informatique,

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Unité 5

sur le système d’exploitation et sur les applications. C’est cet ensemble que désigne l’ex-
pression système informatique.
Les configurations matérielles et logicielles possibles sont nombreuses : postes locaux,
postes en réseau, réseau fermé ou ouvert, réseau standard ou intranet,…
En ce qui concerne la partie logicielle du système d’information (les bases de données et
les applications), appelé le SIA (pour SI automatisé), on a aussi un grand nombre d’im-
plantations possibles : système centralisé, réparti, au sein d’un réseau local, d’un réseau
étendu, données centralisées ou réparties, traitements centralisés ou répartis, etc.
La logique métier gravitant autour du SIA a également son importance : les données
manipulées sont-elles sensibles ? À caractère confidentiel ? Font-elles l’objet de transfert
via des lignes réseau ? Etc.
Bien entendu, on ne choisira pas la même politique de sécurité selon, par exemple, que
notre SIA abrite des recettes de cuisine et leurs ingrédients, accessibles depuis une interface
web, ou selon qu’il héberge des données à caractère personnel ou des données sensibles.
La stratégie de sécurité sera plus importante dans certains cas que dans d’autres.
Il est important d’être conscient du degré minimum de sécurisation, mais il faut aussi être
conscient que certains outils de sécurisation sont inutilement coûteux parfois.
Par exemple, pour notre site hébergeant et rendant accessibles des recettes de cuisine et
leurs ingrédients, on ne va pas sortir l’artillerie lourde, cela coûterait beaucoup d’argent pour
rien. On va se contenter de sécuriser le serveur et de protéger le SIA de la destruction et de
l’endommagement.

Pourquoi prévoir un cours spécifique sur la sécurité ?


Ce cours a pour but de recenser le plus exhaustivement possible tous les risques existants
et les solutions pour s’en prémunir.
Il vient en complément de ce qui est abordé plus ponctuellement dans les autres cours à
propos de la sécurité. Je souhaite rassembler ici, en une sorte de synthèse, les concepts,
techniques et outils liés à la sécurité, que l’on aborde ici de manière transversale, alors
que dans les autres cours, le traitement du thème est lié au thème du cours (réseau, base
de données, matériel…).
La sécurité et la prévention des risques font désormais l’objet de métiers à part entière,
comme le métier d’Architecte en sécurité, par exemple. Il s’agit, dans ce travail, de détermi-
ner la stratégie globale de sécurité informatique de l’entreprise, des couches matérielles aux
couches logicielles, en passant par les couches réseau, ceci sans oublier l’aspect humain.
Les compétences visées par ce cours sont donc un peu, toutes proportions gardées, celles
d’un consultant (connaître à peu près tout ce qui existe en matière de sécurité). Nous
resterons bien modestes par rapport à cet objectif.
Il s’agit en fait pour vous de :
– connaître les différents types de risques représentant un danger pour un environne-
ment informatique ;
– savoir choisir le bon dispositif de sécurité, de prévention, en fonction des besoins
exprimés concernant une politique de prévention, un risque, une défaillance éven-
tuelle… ;
– savoir comment est organisé un plan de reprise en cas de défaillance, ou comment
organiser une politique de sécurité préventive.

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Séquence 13 : risques informatiques et leurs conséquences
Unité 5

C’est quoi au juste, la sécurité du système informatique ?


Une définition
C’est l’ensemble des mesures prises pour assurer, la confidentialité, l’intégrité, la dispo-
nibilité et l’authentification.
La sécurité informatique recouvre donc les situations, l’organisation, les conditions maté-
rielles et logicielles qui correspondent à l’absence réelle de danger dans la saisie, le trai-
tement, la télétransmission, la consultation des fichiers et la fourniture des résultats.

Mais puisque ça coûte cher, est-ce vraiment indispensable ?


Oui, ça l’est. Quelques chiffres pour vous convaincre :
– plus de 50% des entreprises qui ont connu un sinistre informatique majeur n’existent
plus deux ans après ;
– il est reconnu que 80% des problèmes de sécurité sont internes à l’entreprise, d’où la
nécessité d’être conscient des risques et de pouvoir ainsi organiser la sécurité au sein
de l’entreprise.
Voici le plan général prévu :
Séquence 13 : Risques informatiques
Séquence 14 : Organisation de la sécurité
Séquence 15 : Les moyens de prévention
Nous allons commencer par recenser les risques pouvant porter atteinte à la sécurité du
système.

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Séquence 13
Les risques informatiques
et leurs conséquences
Dans cette séquence, nous allons recenser les différents types de risques, et don-
ner une première approche des moyens de préventions possibles.
Certains dégâts peuvent empêcher l’entreprise de fonctionner longtemps, d’où
un manque à gagner important, des licenciements, etc.
D’autres dégâts peuvent par exemple provoquer la perte de données accumulées
depuis longtemps et utiles au fonctionnement de l’entreprise…
Les risques sont généralement classés par catégorie, dans des documents portant
le titre « Typologie des risques »… Moi, j’ai fait une classification assez simple, en
ne recensant que des risques de base.

1. Risques matériels
On a tous déjà eu au moins une coupure d’électricité qui nous a fait perdre une partie
du travail qu’on était en train de faire. C’est rageant !
Certain(e)s parmi vous ont peut-être vécu la malchance d’avoir un disque dur qui tombe
en rade… alors qu’aucune sauvegarde récente n’avait été faite… Arghh ! Le matériel !
Nous allons, dans cette partie, recenser les risques liés à des défaillances matérielles ou
ayant pour conséquence du matériel endommagé.
Voici ci-dessous un tableau récapitulant les risques classés dans ceux qui peuvent porter
atteinte au matériel, ainsi qu’une présentation très sommaire de quelques moyens de
prévenir ces risques.
Certains moyens de prévention font l’objet d’une explication plus développée dans la
séquence 15.

Risques liés au matériel ou concernant Quelques exemples de moyens de prévention


le matériel (c’est très incomplet…)

1A. Accidents

1A1. Accidents naturels

• Inondation, dégâts des eaux. • Ne pas choisir un local dans zone inondable.
• Séisme. • Ne pas choisir un local au rez-de-chaussée ni au dernier
étage.
• Incendie, explosion. • Dispositif de climatisation et d’incendie en état
de marche et conforme aux normes de sécurité.

1A2. Accidents non naturels

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Unité 5

• Choc, bris, panne, de machine ou de support de stockage • Formation du personnel manipulant le matériel.
entraînant une machine inopérante et/ou une perte
d’informations.
• Pollutions physiques, magnétiques. • Utiliser une salle blanche (c’est une salle protégée de
toute pollution pouvant endommager les composants).

1A3. Problèmes électriques

• Surtension (il y a ici risque d’endommager les • Équiper le système informatique d’onduleurs.
composants).
• Micro-coupures (ici, il y a risque de perdre des données).
• Coupure d’une durée conséquente. • Être équipé de groupes électrogènes.

1A4. Pannes dues à des défaillances du matériel

• Composants défaillants : disque dur… • Avoir un serveur secondaire de secours.


• Serveur hors service. • Sauvegarder les données, notamment par l’utilisation
d’un système RAID.
• Liaisons réseau défaillantes.

1B. Malveillance (vols, sabotage)

• PC, composants. • Accès réglementé aux salles, alarmes,

• Périphériques. • Cadenas et colliers.


• Usage abusif de ressources.

Bien entendu, lorsque le matériel informatique est endommagé, il y a de gros risques


que les données stockées sur les unités de stockage endommagées soient devenues irré-
cupérables.
Mais à côté de cette catégorie de risques, il y a la catégorie des risques dangereux
uniquement pour les informations et pas pour le matériel, je veux parler des risques à
caractère logiciel, que nous allons aborder maintenant.

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Séquence 13 : risques informatiques et leurs conséquences

2. Risques au niveau logiciel


Vous constaterez que dans les risques logiciels, rien n’arrive par accident… lorsqu’un
sinistre survient, il est du soit à de la malveillance, soit à des erreurs.

Risques logiciels Quelques exemples de moyens de prévention

2A. Accidents
Les seuls accidents pouvant survenir au niveau logiciel sont ceux issus d’accidents matériels. Au niveau strictement logiciel,
rien n’arrive par accident…

2B. Malveillance
2B1. Atteinte à la disponibilité des données

• Mise en indisponibilité par attaque en déni de service (en • Voir sur : [Link]
anglais DoS pour Denial of Service et DdoS, qui désigne [Link] (c’est très bien expliqué et très simple à
les attaques distribuées de déni de service). comprendre).
Les attaques par Déni de service consistent à paralyser
temporairement (rendre inactif pendant un temps donné)
des serveurs afin qu’ils ne puissent être utilisés et consultés.
Elles sont un fléau touchant tous serveurs (Lan, Wan...) mais
aussi tous particuliers reliés à l’internet via les protocoles
de la suite TCP/IP. Le but d’une telle attaque n’est pas de
récupérer ou d’altérer des données, mais de nuire à des
sociétés dont l’activité repose sur un système d’information
en l’empêchant de fonctionner.
• Mise en indisponibilité par flooding (inondation : envoi
massif d’informations à une machine ou un réseau, ce qui
provoque sa saturation et son indisponibilité).
• Mise en indisponibilité par attaque virale. • Anti-virus.

2B2. Atteinte à la cohérence des données

Mise en état d’incohérence des données par usurpation, Protection des accès, pare-feu (Firewall), gestion des droits
intrusion, ou par attaque virale. d’accès, système d’authentification ou d’identification,
chiffrement, anti-virus…

2B3. Atteinte à la confidentialité des données

Vol, détournement, divulgation de fichiers, de logiciels, de Protection des accès, pare-feu (Firewall), gestion de droits
données par : d’accès, système d’authentification ou d’identification,
– copie ou téléchargement illicite ; formation des utilisateurs, instauration de systèmes
– usurpation d’identité ; intuitifs, chiffrement…
– intrusion illicite ;
– interception.

2C. Erreurs
2C1. Atteinte à l’intégrité, à l’accessibilité des données

Mise en état d’incohérence et/ou d’inaccessibilité des Formation des utilisateurs et des développeurs
sauvegardes

données par erreur de manipulation (erreurs de saisie, et instauration de systèmes ergonomiques.


mauvaise gestion des incidents, mauvais programmes).

2C2. Atteinte à la qualité et à l’éthique des données

• Mauvaise qualité des données (données erronées ou non • Éducation du sens critique, confrontation, consultation de
mises à jour), mauvaise qualité du logiciel. la date de dernière mise à jour.
• Données au contenu choquant ou déplacé. • Systèmes de filtrage (exemple : verrouillage parental).

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Unité 5

Avant de passer un peu plus en détail à la description de certains risques, je souhaite


également vous parler de l’ingénierie sociale.
Sous ce nom à l’apparence bien sérieuse et bien sympathique, on regroupe ensemble des
techniques de manipulation psychologique ou comportementale d’un individu ou
d’un groupe d’individus dans le but d’amoindrir, contourner ou supprimer les mesures
de sécurité d’un système.
Exemple : pendant la phase de renseignement (indispensable pour toute attaque exté-
rieure), obtenir des informations précises sur un contrat en cours de négociation afin
d’être crédible vis-à-vis de l’administrateur système et de lui soutirer un mot de passe (on
se fait par exemple passer pour un salarié qui voit son mot de passe refusé…).
Les conséquences de ces techniques peuvent être multiples et la seule solution préven-
tive est la formation des utilisateurs.

3. Détails sur certains risques logiciels


3A. Les risques issus de l’usurpation d’identité et de l’intrusion
Ce type de risque existe pour les données stockées sur une machine dès que celle-ci est
connectée à un réseau, qu’il s’agisse d’un réseau local (un collègue trop curieux peut
très bien tenter d’accéder à vos données, vos mails...), ou d’un réseau ouvert (je ne vous
apprends rien en vous disant qu’on peut récupérer plein de « saletés » sur notre machine
lorsqu’on est connecté à Internet).
Voici ci-dessous quelques exemples de comportements risqués.
Fournir des informations personnelles (notre nom, notre numéro de téléphone, notre
numéro de carte de crédit,…) représente un risque. Ces informations peuvent être, par
exemple, vendues pour des opérations commerciales, interceptées et être utilisées pour
usurper notre identité…
À partir du moment où l’intrusion est possible, aucune donnée contenue sur notre
machine n’est à l’abri des risques de destruction, piratage…
Alors vous allez me dire : « il suffit d’avoir mis en place un mot de passe pour protéger
l’accès à notre machine »… Oui… Mais hélas pour nous, tout mot de passe, comme toute
combinaison de coffre fort, peut être trouvée. Si ce mot de passe est long, il faudra sim-
plement plus de temps aux logiciels spécialisés pour le trouver.
Il existe plusieurs méthodes pour calculer le mot de passe permettant l’intrusion sur une
machine ou l’usurpation d’identité.
• Utilisation d’un dictionnaire de mots de passe : le dictionnaire de mots de passe
est en fait un fichier contenant certaines combinaisons de chiffres, de lettres… ces
combinaisons sont les mots de passe possibles. Pour tenter une intrusion, on utilise
un programme qui lit ce dictionnaire et essaie de se connecter en utilisant une par
une les combinaisons contenues dans le dictionnaire jusqu’à ce que la connexion soit
acceptée.
• Utilisation de la technique de la force brute : cette technique utilise le même
principe que précédemment, sauf que les mots de passe possibles sont générés par le
programme, qui teste donc toutes les combinaisons possibles de chiffres et de lettres
jusqu’à ce qu’il trouve la bonne combinaison.
• Utilisation d’un logiciel espion : ce logiciel est installé sur la machine à l’insu de son
propriétaire (souvent à l’occasion d’une connexion réseau non sécurisée). Une fois ins-

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Séquence 13 : risques informatiques et leurs conséquences

tallé sur la machine, cet espion peut récupérer les mots de passe et autres informations
en captant les saisies clavier.
• Utilisation des différentes techniques d’usurpation d’adresses (également
appelé spoofing). La récupération d’adresses IP, MAC ou même d’adresses e-mail per-
met à l’usurpateur de se faire passer pour la machine ou la personne dont il a usurpé
l’adresse. Ces informations une fois détournées, il est possible d’accéder aux machines
ou aux applications qui se fient à ces adresses pour autoriser les connexions. Cela une
fois fait, on peut effectuer tout traitement comme si on était la machine ou la per-
sonne dont on a usurpé l’adresse.
Exemple : l’IP spoofing (ou forgeage d’adresses IP). L’IP Spoofing est une technique lar-
gement utilisée dans beaucoup des cas d’attaques logicielles cités ci-dessus. Du fait de
la possibilité de forger des paquets bruts à l’aide de la programmation RAW SOCKET, il
est possible d’envoyer des paquets avec une fausse adresse IP de source. Cependant il
ne faut pas penser que la tâche soit aussi simple que ça, en effet, IP ne fonctionne pas
tout seul et il est toujours (ou presque) utilisé avec un protocole de niveau supérieur. L’IP
Spoofing en utilisant TCP est le plus difficile à mettre en œuvre surtout lorsqu’elle est
utilisée en dehors d’un réseau local, on a donc là affaire à des personnes malveillantes,
mais qui « touchent leur bille », hélas. Celles et ceux d’entre vous intéressés par cette
technique peuvent chercher de plus amples informations sur la toile, en tapant par
exemple IP spoofing dans un moteur de recherche.
Qui peut avoir envie de se livrer à des intrusions et pourquoi ?
Il peut s’agir d’un concurrent peu scrupuleux, d’un pirate mercenaire payé par la concur-
rence, d’un truand, ou, d’un point de vue moins professionnel, d’un « bidouilleur »
curieux, d’un personnage mal intentionné.
Les motivations peuvent être de natures très diverses : financière, sociale (besoin de
reconnaissance, vengeance personnelle), technique (le piratage est considéré comme
une performance par certains), politique…

3B. Les risques issus des attaques virales ou des attaques


par envahissement
Une récente étude du fournisseur d’accès AOL révèle que près des trois quarts des inter-
nautes français ont déjà été infectés par un virus informatique.
Une autre étude du CLUSIF (Club de la sécurité des systèmes d’information) de juin 2004
montre que 40 % des causes de panne informatique sont dues à des virus.
Il importe donc de pouvoir identifier les différents parasites informatiques, de les préve-
nir et d’adopter un comportement qui garantisse la pérennité des données dont chacun
est responsable.
Qu’est-ce qu’un virus, un ver ou un cheval de Troie ?
Ces 3 termes désignent des réalités différentes.
Un virus est un programme dont le but est de se reproduire. Sa technique est de s’ac-
crocher à un programme existant, à la manière d’un parasite.
Un ver (ou worm en anglais) est également un programme auto-reproducteur. Mais à la
différence du virus, il se suffit à lui même : il n’a pas besoin d’un programme hôte pour se
reproduire. La méthode la plus courante de propagation des vers est l’envoi de courriers
électroniques avec copie du ver en pièce jointe.

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Unité 5

Un troyen ou cheval de Troie (ou trojan en anglais) est un programme qui permet de
prendre le contrôle à distance de votre machine et de lui faire exécuter des commandes
à votre insu (vol des mots de passe, accès à distance aux ressources de la machine, des-
truction de données, etc.). Il n’a pas de facultés auto-reproductrices.

3B1. Les virus et les vers


Un virus, vous le savez déjà, est un programme qui endommage d’une façon ou d’une
autre la machine sur laquelle il s’exécute, à l’insu de l’utilisateur, bien sûr.
Pour la petite histoire, c’est Xerox, qui, sans le faire exprès, a créé le premier virus en
1980 : il s’agit d’un programme créé par les ingénieurs de Xerox mais devenu incontrô-
lable, nécessitant un vaccin pour l’arrêter.
En 1988, le premier antivirus commercial pour PC arrive sur le marché, pour protéger les
machines du virus Brain, apparu deux ans plus tôt.
En 1989, IBM commercialise IBM Scanning Software, pour désinfecter les machines tou-
chées par le virus Cascade.
Depuis 1999, on subit des attaques massives de toutes sortes de virus. Les virus utilisent
les failles des logiciels du marché.
Les virus se propagent par duplication. Pour cela, ils infectent d’autres programmes
d’ordinateur en les modifiant de façon à ce qu’ils puissent à leur tour se dupliquer.
Ils agissent lorsqu’ils sont chargés en mémoire au moment de l’exécution du logiciel
infesté.
La plupart des virus visent à déclencher une action.
Certaines actions sont sans danger : affichage d’un message, exécution d’une musique,
dessin d’une spirale sur l’écran, etc.
D’autres ont une action beaucoup plus nuisible.
Voici ci-dessous un rapide panorama des différentes sortes de virus, à compléter avec des
lectures puisées sur internet.
Notez que la tendance actuelle des virus est d’arrêter les antivirus fonctionnant sur
l’ordinateur contaminé. Si bien que plus que jamais, c’est la vigilance de l’utilisateur qui
protège en dernier ressort.
• Virus système ou virus de boot : ils infectent le système en remplaçant le secteur
d’amorce par leur propre code.
Exemples : Stoned (1988), Form (1991), AnticMos (1994).
• Virus programme (ou virus d’application) : il infecte les programmes exécutables.
Il se glisse dans une partie du code et sera exécuté en même temps que l’application. Il
en profitera pour se reproduire, contaminer d’autres exécutables et déclencher l’action
prédéterminée par son auteur.
Exemple : Tchernobyl (1998).
• Virus réseau : il sait se dupliquer tout seul et se propager dans un réseau via les voies
logicielles du système ou du réseau.
• Bombe logique : ces programmes ont la particularité de se lancer à une date précise,
ou lors d’une action utilisateur précise.
• Le virus de script infecte les pages HTML chargées par un internaute. Une page HTML
est composée de balises interprétées par le navigateur. Il est possible d’ajouter dans
une page HTML des programmes écrits dans un autre langage pour enrichir les pages
et les rendre dynamiques. Les plus utilisés sont VB-Script et JavaScript. VB-Script est à
l’origine de nombreux virus.

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Séquence 13 : risques informatiques et leurs conséquences

Exemple : I love you (mai 2000).


• Les virus macro : ces virus se transmettent par l’intermédiaire de documents créés
avec une application (courriers, tableaux, documents texte…). Ces macro commandes
sont écrites en langage de haut niveau (exemple : macro commande écrite dans micro-
soft word) et sont attachées à un document, qui est donc infecté. Dès l’ouverture de ce
document infecté avec l’application source, l’application est infectée et infectera tous
les documents créés ensuite.
Exemple : Concept (1995).
• Les virus de messagerie ou vers : ils se transmettent le plus souvent par les courriels,
soit en pièce jointe, soit en étant carrément stockés dans l’entête SMTP du message
(SMTP : Simple Mail Transfer Protocol, c’est le protocole utilisé pour l’envoi de messa-
ges), soit c’est le message lui-même qui est le ver. Il suffit, pour certains d’entre eux,
que le message soit prévisualisé pour se déclencher.
Le ver sait se répandre à grande vitesse, en s’envoyant automatiquement à tout ou par-
tie des personnes présentes dans le carnet d’adresses. Le ver est une variante de virus
qui a la particularité de ne pas avoir besoin de support pour se reproduire, il se suffit à
lui-même.
Exemples : KakWorm (1999), Melissa (1999), Happy99 (1999).
Les virus essaient de se rendre indétectables par diverses techniques de dissi-
mulation…
• Les polymorphes : polymorphe signifie que le virus est capable d’avoir plusieurs mor-
phologies, ou de changer de morphologie (plus exactement de signature) après chaque
infection. Ce type de virus est capable de se déguiser sous diverses noms, signatures…
ce qui le rend plus difficile à éradiquer.
Pour pouvoir s’auto-modifier, le corps du virus est chiffré avec une clé différente, et la
routine de déchiffrement, qui reste en clair, est modifiée aléatoirement en insérant des
instructions parasites ou choisies parmi des routines connues.
• Les furtifs : ils interceptent les demandes du système d’exploitation et présentent
les informations telles qu’elles étaient avant l’infection, l’objectif est de ne pas être
décelé.
• Les rétrovirus : ils attaquent les antivirus en bloquant leur exécution et leur redé-
marrage.
• Les hybrides : ils combinent les caractéristiques de plusieurs familles.
Les virus par e-mail savent également se déguiser, en fichier texte, image, son, vidéo... Un
double clic ou bien l’ouverture automatique de ces fichiers multimédia active le virus.

3B2. Les chevaux de Troie ou troyens


Ces programmes ont l’air tout à fait anodin (mél, bandeau publicitaire, jeu en téléchar-
gement) mais possèdent des fonctionnalités cachées à caractère malveillant (comme, par
exemple, la récupération de mots de passe ou des fonctionnalités d’intrusion dans des
fichiers pour les consulter, les transférer, les modifier ou les détruire).
Les troyens permettent aux pirates de s’introduire dans une machine sans le consente-
ment de l’utilisateur. Dans ce cas, ils insèrent un logiciel « serveur » qui offrira au pirate
toutes les informations dont il a besoin. Le pirate pourra prendre à distance le contrôle
de l’ordinateur infecté.
À la différence d’un virus, les troyens ne cherchent pas à se reproduire.
L’objectif est de récupérer des informations confidentielles : codes de carte bancaire,
identifiant et mots de passe, documents personnels.

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Unité 5

Mais, le cheval de Troie est avant tout un moyen de transport d’un parasite plus ou
moins dangereux, comme un ver, par exemple. Il utilise souvent une faille de sécurité
pour s’introduire dans un ordinateur.
Voici un cheval de Troie qui a connu ses heures de gloires.

À l’ouverture de son logiciel de messagerie, l’utilisateur découvrait le message suivant :


Client de Microsoft,

Voici la dernière version de mise à jour de sécurité « Correctif cumulatif, septembre 2003 »,
mise à jour qui élimine toutes les vulnérabilités qui affectent MS Internet Explorer, MS
Outlook et MS Outlook Express, ainsi que trois nouvelles vulnérabilités récentes.
Installez cette mise à jour immédiatement pour préserver la sécurité de votre ordinateur
face aux vulnérabilités, la plus importante d’entre elles peut permettre à un pirate d’exé-
cuter des programmes sur votre ordinateur. Cette mise à jour se cumule avec les précédents
correctifs.

Remarque
Un correctif est un programme qui corrige des dysfonctionnements, bogue ou faille de sécurité,
découverts dans un logiciel.
Ce message, accompagné d’une pièce jointe, précisait également qu’il fallait exécuter la pièce
jointe…

À propos de ce mail, sur le site [Link] on pouvait lire :


MISE EN GARDE - Correctif Microsoft ou simple ver ?
Si vous avez reçu un e-mail « aux couleurs » de Microsoft vous proposant d’installer un soi-
disant correctif, détruisez-le au plus vite.
Sachez que Microsoft ne distribue jamais de logiciels en pièce(s) jointe(s) par courrier élec-
tronique. Il s’agit en réalité d’un nouveau ver qui une fois installé exécutera des actions
dangereuses pour l’ordinateur.

Et sur le site de Microsoft, on pouvait lire :

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Séquence 13 : risques informatiques et leurs conséquences

Politique Microsoft de diffusion des mises à jour des logiciels


Pour une informatique sûre et fiable, il est important de ne jamais utiliser de logiciels pro-
venant de sources inconnues.
Comme indiqué dans un avis du CERT, des utilisateurs malveillants emploient souvent des
« chevaux de Troie » pour introduire des logiciels pernicieux dans les ordinateurs d’utilisa-
teurs imprudents.
• Un cheval de Troie est un logiciel qui, sous l’apparence d’un logiciel utile, réalise en fait
de façon cachée des actions dangereuses pour l’ordinateur infecté. Par exemple, un
pirate peut développer un programme de jeu qui efface délibérément des fichiers sur
l’ordinateur qui l’héberge, puis il se propagera via la messagerie de l’utilisateur.
• Un autre mécanisme, fréquemment utilisé et qui s’apparente au cheval de Troie, consiste à
envoyer par courrier électronique un programme malveillant, en annonçant qu’il s’agit
d’une mise à jour d’un logiciel et en se faisant passer pour l’éditeur de ce logiciel.
Récemment, de nombreux courriers de ce type sont apparus sur Internet, annonçant des
mises à jour de logiciels Microsoft ou d’autres éditeurs. Il ne s’agit que de logiciels dan-
gereux destinés à endommager les fichiers des utilisateurs qui les auraient exécutés.
Sachez que Microsoft ne distribue jamais de logiciels en pièce(s) jointe(s) par
courrier électronique.
Nous distribuons des logiciels sur des supports physiques comme des CD-ROM et des dis-
quettes.
Nous distribuons les mises à jour sur Internet exclusivement via nos sites Web américain
et français, ou via le centre de téléchargement.
Nous envoyons parfois des courriers électroniques à nos clients pour leur signaler la paru-
tion d’une mise à niveau.
Toutefois, ces courriers contiennent uniquement des liens vers nos sites de télécharge-
ment ; nous ne mettons jamais en pièce jointe de logiciels à nos messages. Les liens
mènent toujours vers notre site Web ou notre site FTP.
Nous utilisons toujours Authenticode pour signer numériquement nos produits, ce qui
permet aux utilisateurs de vérifier qu’ils ont reçu la bonne version.
Si vous recevez un courrier électronique se faisant passer pour Microsoft et conte-
nant un logiciel joint, n’exécutez pas ce logiciel. Supprimez complètement ce message
avec sa pièce jointe.
Si vous souhaitez aller plus loin, signalez ce message au fournisseur d’accès Internet (FAI)
dont dépend l’expéditeur. De nombreux FAI offrent la possibilité de signaler de tels abus.

3B3. Les spywares ou espiogiciels


Ce sont des logiciels qui sont transmis en pièce jointe, ou bien encore qui s’infiltrent dans
votre machine en empruntant un port ouvert (comme par exemple le port http). Cela
une fois fait, ils espionnent le contenu de votre machine, à des fins toujours assez peu
recommandables.
L’objectif des espiogiciels n’est pas de détruire, mais d’envoyer des informations à une
société ou à un pirate sans se faire remarquer. Ces logiciels sont parfois présentés par
des sociétés commerciales comme des outils de suivi des habitudes d’un utilisateur dans
le but d’améliorer les produits de la société, mais cette collecte effectuée sans le consen-
tement de l’utilisateur est une intrusion dans la vie privée.
On les trouve notamment dans les bandeaux publicitaires de pages HTML, dans les logi-
ciels de téléchargement et d’échange de morceaux de musique.

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Unité 5

Certains sont installés par des chevaux de Troie et peuvent collecter des informations privées
comme l’identité, le carnet d’adresses, les mots de passe ou les codes de carte bancaire.

3B4. Les spams ou pourriels


Après la boîte aux lettres de votre domicile, le pare-brise de votre voiture, le fax de votre
société, voici que c’est votre boîte aux lettres électronique qui récolte les tracts et les pubs.
Dans le jargon, on appelle ça spam ou spamming, polluriel, pourriel, courrier-rebut... Selon
les études, ce fléau représenterait aujourd’hui de 30 à 40 % du trafic e-mail !
Les spams sont des messages qui inondent le réseau, envoyés par des émetteurs appelés
des spammeurs.
Il s’agit d’un procédé très peu coûteux pour expédier des offres commerciales à des
millions d’adresses. Des logiciels spécialisés appelés « robots » parcourent le Web pour y
récupérer les adresses. L’envoi des courriels est quasiment gratuit. Le taux de retour est
extrêmement faible mais suffisant.
Ce ne sont pas des virus proprement dit, mais ils encombrent le réseau et inondent nos
boîtes aux lettres. On les appelle des pourriels car ils pourrissent nos boîtes aux lettres.
Exemple : vous trouverez en encadré page suivante le genre de message que l’on peut
recevoir.
Le spam présente deux inconvénients majeurs. Il parasite Internet, en monopolisant plus
de 50 % du trafic du courrier électronique, et dévalorise les démarches commerciales
responsables sur Internet.
Les acteurs de l’Internet s’efforcent donc de limiter le phénomène par des moyens tech-
niques, et les États tentent d’y mettre fin par des dispositions législatives. Mais l’aspect
international du phénomène et l’inventivité des spammeurs rendent l’éradication du
fléau très difficile.
Par exemple, j’ai du, pour ma part, et malgré un anti-spam, arrêter de me servir d’une de
mes adresses de messagerie car ma boîte aux lettres était inondée de spams.
Mais comment les spammeurs récupèrent-ils votre adresse e-mail ?
Les spammeurs peuvent en fait récupérer votre adresse par de nombreux moyens…

Votre fournisseur a cédé votre adresse e-mail


C’est la toute première fuite : votre fournisseur d’adresse électronique (FAE) a revendu
tout ou partie de sa liste d’abonnés à un tiers, qui lui-même l’a revendu à un autre, etc.
Au final, votre adresse s’est diffusée à de nombreux exemplaires sur le Net.
L’opération peut être faite dans la légalité, mais ce n’est pas toujours le cas.

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Séquence 13 : risques informatiques et leurs conséquences

From: “bc1234” < bc1234@[Link]>


To: clambey@[Link], ckel@[Link], [Link]@[Link], [Link]@[Link],
clambey@[Link], ckel@[Link]
Subject: !cid_yiprtvmv_iwpjxbnd_jwzaesmk
Date: Tue, 26 Oct 2004 13:24:00 -0300

Votre adresse a été générée au hasard


Prenez d’un côté les listes des noms et prénoms les plus courants, de l’autre celle des
fournisseurs d’adresses les plus populaires. En utilisant toutes les combinaisons possibles
([Link], [Link], nprenom2, etc.), vous pouvez générer des centaines de
milliers d’adresses e-mail... qui ont de fortes chances d’exister ! Et bien c’est ce que font
certains spammeurs.
Avec une adresse du type johnsmith2@[Link], ne vous attendez donc pas à être
tranquille bien longtemps...
Vous avez communiqué votre adresse à un site Web
Vous avez passé une commande sur un site de commerce électronique ? Vous avez sous-
crit aux services d’un site ? Vous vous êtes inscrit à une liste de diffusion par courrier
électronique ? Dans tous les cas, vous avez dû laisser votre adresse électronique.
Si vous avez oublié de cocher (ou décocher) une petite case, vous avez autorisé la diffu-
sion de votre adresse électronique. Peut être même n’avez-vous pas eu ce choix...
Vous avez publié votre adresse sur le Net
Vous avez affiché votre adresse électronique sur votre page personnelle ? Vous avez
laissé votre adresse sur des forums de discussion sur le Web ou dans les newsgroups ?
Sachez que des logiciels permettent de récolter automatiquement les adresses e-mail
publiées sur le Net.
À partir du moment où vous contribuez à un forum ou laissez votre adresse électronique
sur une page perso, vous êtes donc susceptible d’intégrer un fichier d’adresses.

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Unité 5

3B5. Les faux virus ou canulars ou hoax


Ce sont généralement des messages alertant leur lecteur d’un fait quelconque (arrivée
d’un nouveau virus, collecte pour un enfant malade…) et demandant à ce lecteur de
transmettre l’information à la plus grande quantité d’adresses e-mail possible. Le résul-
tat est un encombrement du réseau et un ralentissement de son fonctionnement et la
transmission d’informations erronées.

3C. Les risques d’interception


Outre le risque d’intrusion sur notre machine, il existe également le risque que des infor-
mations soient interceptées au cours de leur transit sur le réseau.
Il existe pour cela des logiciels appelés renifleur (également appelé sniffer). Ce sont des
programmes permettant d’intercepter les informations qui transitent.
N’importe quelle information peut être interceptée si elle n’est pas protégée lors de son
transit : adresses IP, MAC, e-mail, informations diverses…
Tout échange d’informations sur le réseau est donc susceptible d’être détourné.
Une fois que le sniffer a intercepté les informations, il peut les utiliser, notamment pour
usurper des identités.
Une adresse à consulter :
Centre d’Expertise Gouvernemental de Réponse et de Traitement des Attaques informa-
tiques : [Link]

4. Risques sociaux
On n’y pense pas toujours, techniciens que nous sommes, mais les risques sociaux existent
bel et bien et peuvent également avoir des conséquences bien lourdes.
Parmi ce type de risques, on recense principalement :
– des interruptions des traitements pour cause de grève (du personnel ou de sous-
traitants) ;
– le départ de membres stratégiques du personnel ;
– l’insertion de nouvelles méthodes de travail, entraînant éventuellement des réac-
tions de la part du personnel, un changement dans la répartition des fonctions, et
des conséquences au niveau de la productivité.
Avant de passer à la séquence 14, qui traite de l’organisation de la sécurité, nous allons
rapidement passer en revue les conséquences éventuelles issues de sinistres matériels,
logiciels ou sociaux.

5. Conséquences possibles
Perte de chiffre d’affaires
Un sinistre peut entraîner erreurs, impossibilité ou retards dans les traitements, les
commandes, la facturation, les comptes clients/fournisseurs/relances, les stocks, la pro-
duction.

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Séquence 13 : risques informatiques et leurs conséquences

Atteinte à l’image de marque


Les erreurs de commandes, de facturation, les retards peuvent être considérés comme
des infractions aux réglementations, comme un non respect des contrats commerciaux,
ce qui nuit à l’image de l’entreprise.
Prise de décisions erronées
L’imprécision, l’inadaptation, l’inexactitude ou l’inaccessibilité des informations peut en
effet entraîner une mauvaise prise de décision lourde de conséquences néfastes à l’en-
treprise.
Distorsion de concurrence
La revente à la concurrence de fichiers, de logiciels, de données, de documentation volés
est également une atteinte à la compétitivité de l’entreprise.
Dégradation de la qualité du service
L’emploi de personnel intérimaire, le mécontentement du à des temps de réponse trop
longs, des ruptures des stocks, des erreurs, l’absence de moyens pour une bonne prise de
décision, des difficultés d’exploitation sont autant de conséquences possibles nuisibles à
l’entreprise.
Dépenses imprévues
Suite à un sinistre matériel, logiciel ou social peuvent en effet survenir des surcoûts sous
forme :
– d’heures supplémentaires ou de personnel intérimaire ;
– de travaux de réfection ;
– de coûts de développement ou de maintenance supplémentaires.

6. En guise de conclusion…
Voici, ci-après, un schéma représentant une classification de risques, dont certains ont
fait l’objet d’un relatif développement ci-dessus.
Vous constatez qu’on parle ici de risque opérationnel.
Le risque opérationnel se définit comme le risque de perte résultant de l’inadaptation ou
de la défaillance de procédures, de personnes ou de systèmes internes ou encore d’évè-
nements extérieurs (catastrophes naturelles, incendie, agression, etc.).
Le risque opérationnel est inhérent à chacun des métiers et des activités de l’entreprise.
Bon, nous allons maintenant aborder la séquence 14, qui traite de l’organisation de la
sécurité.

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Unité 5

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Séquence 14
Organisation de la sécurité
Avant de se lancer dans la description des moyens de protection, à la séquence
15, nous allons aborder les différentes solutions existantes à un niveau plus glo-
bal et concernant la sécurité.

1. Les différents types de solutions sécuritaires


On peut avoir deux attitudes opposées face à la sécurité : une attitude active, et une
attitude passive.

1A. Sécurité active


Il existe principalement deux modes actifs de gestion de la sécurité du système.

1A1. Le mode préventif


On organise la sécurisation afin que le sinistre ne se produise pas.
Exemple : antivirus
Dans la séquence précédente, dans les tableaux de présentation des risques, je vous ai
indiqué quelques exemples de moyens de prévention.
Généralement, lorsqu’on veut organiser la sécurité d’un système, on réfléchit avant.
Il existe des méthodes pour aider à organiser la sécurité préventive d’un système, ce sont
des méthodes dites d’analyse des risques.
Pour ma part, je vous citerai deux méthodes d’analyse des risques :
– une méthode relativement simple et rapide à mettre en œuvre, appelée MARION,
qui permet de faire un diagnostic de la sécurité dans une organisation et de pro-
poser des solutions ;
– une autre méthode plus sophistiquée et donc plus lourde à mettre en œuvre, appe-
lée MEHARI (méthode harmonisée d’analyse de risques informatiques).
Ces deux méthodes vous sont présentées synthétiquement plus bas dans ce cours.

1A2 Le mode curatif


On réagit après que le sinistre se soit produit afin de revenir à une situation normale.
Exemple : restauration des sauvegardes.
Dans ce mode de gestion de la sécurité, il faut réfléchir à la façon dont on va remettre
le système en état.
On définit alors un plan de reprise à mettre en œuvre après le sinistre. La notion de
plan de reprise vous est présentée plus loin.

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Unité 5

1B. Sécurité passive


On trouve dans ce domaine essentiellement la souscription d’une assurance.
Dans toute entreprise, et ce, malgré la mise en place de moyens de sécurisation et l’appli-
cation d’une politique de sécurité, un contrat d’assurance spécifique est souvent néces-
saire pour l’informatique, car le matériel informatique et les données de l’entreprise ne
sont pas systématiquement couverts par les polices d’assurance générales.
Ce contrat doit prévoir d’indemniser les sinistres informatiques quelles qu’en soient les
causes (incendie, inondation, attaque virale), car la perte du matériel informatique ou
des données fragilise les entreprises, quand elle ne les pousse pas à la faillite.
En général, les pertes d’exploitation résultant d’une défaillance informatique sont cou-
vertes par les contrats habituels. La plupart du temps, les ordinateurs de bureau sont
assurés et considérés comme du mobilier, à l’exception des stations et autres serveurs.
En revanche, la perte et les frais de récupération des données ne sont en général pas
indemnisés dans les contrats traditionnels, de même que les logiciels. L’assurance spéci-
fique doit donc couvrir ce type de sinistre, tout en sachant qu’il est rarissime de trouver
un contrat d’assurance qui prend en charge les sinistres concernant les applications déve-
loppées au sein même de l’entreprise.
Curieusement, malgré la couverture, de nombreuses entreprises hésitent à faire jouer
les assurances lors d’un sinistre, à cause de l’obligation de déclaration à la police en cas
d’attaque de virus ou de malveillance, et aussi à cause du malus qui s’ensuit.
En outre, les assureurs soumettent leurs clients à une analyse des risques. Plus on a d’in-
cidents, plus il est difficile de se prémunir.

2. Méthodes d’analyse des risques (sécurité préventive)


Je vous présente deux méthodes, une assez simple (MARION) et l’autre plus élaborée
(MEHARI).
Grosso-modo, bien que différentes, ces deux méthodes s’appuient sur des principes rela-
tivement similaires.
La démarche d’analyse des risques peut, de manière générale, se résumer comme suit :
– identification des ressources ;
– établissement des scénarios des risques encourus ;
– calcul des pertes face à ces événements ;
– détermination des moyens de sécurité nécessaires ;
– évaluation des contraintes techniques et financières ;
– choix final des solutions.

2A. La méthode Marion


MARION signifie méthode d’analyse de risques informatiques optimisée par niveau.

2A1. Description des étapes


Voici la démarche en cinq grandes étapes préconisée dans cette méthode.
Étape 1 : quels risques court-on ?
Au cours de cette étape, on organise des brainstormings par groupe de travail incluant
tout le personnel.

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Séquence 14 : organisation de la sécurité

Les résultats attendus sont :


– une liste exhaustive des risques ;
– l’élaboration de scénarios catastrophe ;
– une hiérarchisation des risques.
On passe ensuite aux étapes 2 et 3 qui peuvent être menées en parallèle et débouchent
toutes deux sur l’étape 4.
Étape 2 : peut-on accepter ces risques ?
Au cours de cette étape, on procède à une estimation de rapport entre le coût du sinistre
et le coût du moyen préventif.
Étape 3 : quel est le niveau actuel de la sécurité ?
Cette étape consiste en un audit, un inventaire de la sécurité au travers d’une batterie
de questions.
Étape 4 : que faire ?
La réflexion et les résultats de l’étape 4 se nourrissent des résultats des étapes 2 et 3.
Lors de cette étape, il y a mise au point :
– de la liste des moyens à mettre en œuvre ;
– de la définition des priorités ;
– du degré d’amélioration à atteindre.
Étape 5 : comment faire ?
Cette étape consiste en l’élaboration du plan technique détaillé. On recense également
ici quels sont les moyens financiers, techniques, humains nécessaires.

2A2. Un exemple concret de cas


Nous allons dérouler la démarche en cinq étapes de la méthode MARION en l’appliquant
au cas d’une salle informatique en accès libre dans un établissement scolaire.
Supposons que le contexte soit le suivant : un établissement scolaire possède une salle
informatique en accès libre de 8 h 00 à 17 h 30 sans interruption. Toutefois, cette salle
peut être réservée et utilisée par un enseignant pour une utilisation avec une classe.
De nombreux problèmes (dont l’origine n’a pas été déterminée avec précision car l’éta-
blissement ne possède pas de personnel compétent techniquement) ont entraîné des
gênes voire des impossibilités d’utilisation (logiciels absents, bureaux Windows farfelus,
connexions au réseau local perdues, lenteur de connexion au serveur et à internet, etc.).
La méthode MARION peut permettre de mener un audit global des risques informati-
ques liés à l’utilisation de cette salle.
Le résultat sera un rapport intégrant pour chaque risque, une solution technique précise
et chiffrée.
Appliquons la méthode MARION à ce cas simple.
Étape 1 : quels sont les risques ?
Il s’agit ici d’établir la liste exhaustive des risques pour cette salle, en ne se limitant pas
aux risques évidents, mais en creusant la question en profondeur.
Pour les risques les plus importants, on propose un scénario « catastrophe ».
À l’issue de cette étape, on doit disposer d’une liste de risques la plus exhaustive possi-
ble, ainsi que de scénarios catastrophe issus des risques les plus importants.
Étape 2 : peut-on accepter ces risques ?
Le cas étant simple et l’établissement scolaire ayant peu de moyens, ce que l’on peut
faire ici, c’est, dans la liste des risques, créer deux catégories de risques…

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Unité 5

Ceux pour lesquels une solution préventive raisonnable peut être mise en œuvre,
Ceux pour lesquels une solution préventive est trop coûteuse à mettre en œuvre, soit
parce que l’établissement n’a pas les moyens financiers, soit parce qu’elle couvre un ris-
que négligeable.
À l’issue de cette étape, on doit disposer de la liste de risques retenus comme devant
être pris en compte, ainsi que de la ou des solutions préventives pour chaque risque.
Étape 3 : quel est le niveau actuel de la sécurité ?
Pour chaque risque devant être traité, on conçoit des questionnaires d’audit qui diffè-
rent en fonction des catégories de personnes concernées, et ce afin de déterminer le
niveau actuel de la sécurité.
Exemple de question : on peut par exemple demander aux utilisateurs (profs, élèves…)
comment ils s’y prennent pour retenir leur mot de passe.
Étape 4 : que faire ?
Pour chaque risque à traiter :
– on dresse la liste des moyens à mettre en œuvre pour assurer la sécurité préventive ;
– on définit des priorités en fonction de l’importance du risque et de l’urgence à le
traiter ;
– on détermine le degré d’amélioration à atteindre.
Étape 5 : comment faire ?
Rédaction du plan technique détaillé : ici, on rédige toutes les procédures de conception,
développement, installation, configuration et maintenance des moyens de sécurité mis
en place.
Moyens financiers, techniques, humains associés : on estime le coût de chaque solution
préventive retenue, on décrit ce qu’il faut acheter, on dit aussi combien de personnes il
faut, quelle doit être leur qualification…

2A3. Conclusion
Cette méthode est relativement simple et est adaptée aux structures d’envergure
modeste. Il est possible qu’une entreprise plus volumineuse ait besoin d’une démarche
et d’outils adaptés à son envergure. C’est l’ambition annoncée par les concepteurs de la
méthode MEHARI, que je vous présente rapidement ci-dessous.

2B. MEHARI
Cette méthode a été développée par le CLUSIF (le club de la sécurité des systèmes d’in-
formation français) dont le site se trouve à l’URL [Link]
Je vous présente très synthétiquement cette méthode et vous invite à compléter votre
culture en allant sur le site du CLUSIF.
MEHARI signifie méthode harmonisée d’analyse des risques.
Cette méthode concerne l’analyse des risques liés à l’information.
Selon ses concepteurs, MEHARI fournit un cadre, des méthodes et des bases de connaissan-
ce permettant de préciser les points suivants, essentiels pour la sécurité de l’information :
– enjeux majeurs ;
– vulnérabilités ;
– risques et niveaux de gravité de ces risques ;
– pilotage de la sécurité à mettre en œuvre.

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Séquence 14 : organisation de la sécurité

Cette méthode de management des risques s’appuie sur le modèle ISO 13335, dont voici
la démarche schématisée :

Établir le contexte

Juger les risques

Contrôler et analyser
Identifier les risques
Communiquer

Analyser les risques

Évaluer les risques

Traiter les risques

MEHARI propose quatre modules indépendants (analyse des enjeux, audit des services de
sécurité, détection des risques critiques, détection des situations de risques…).
Ces modules permettent d’atteindre des objectifs variés, comme le montre le schéma
ci-dessous :

Analyse des enjeux – Classification

Audit des services de sécurité

Détection des risques critiques

Détection des situations de risques

Plans Plans Gestion Plans


d’action basés d’action basés des risques d’action basés
sur l’audit des sur l’analyse des projets sur l’analyse
vulnérabilités des risques des enjeux

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Unité 5

La méthode fournit un cadre de travail, des démarches, une documentation relative aux
risques, à leurs remèdes, des bases de connaissances sous forme de fichiers excel (avec
des liens, des calculs automatiques…).
La méthode fournit aussi un modèle de risque dont voici un schéma simplifié :
Voici ci-dessous une présentation rapide des différents aspects de cette méthode.

2B1. Analyse des enjeux de la sécurité


Ce thème, dans la méthode, a pour buts :
– l’identification des dysfonctionnements pouvant être causés ou favorisés par un
défaut de sécurité ;
– l’évaluation de la gravité de ces dysfonctionnements.
Les résultats :
– un document de référence, contenant une hiérarchisation des dysfonctionnements
en fonction de leur impact au niveau du fonctionnement de l’entreprise ;
– une classification des informations et ressources du système informatique.
Utilité :
– être sélectif dans les moyens à mettre en œuvre et ne pas engager de moyens là où
les enjeux sont faibles (définir des priorités, ne faire que ce qui est nécessaire) ;
– éviter des contraintes inutiles aux utilisateurs.

2B2. Analyse des vulnérabilités


Ce thème sert à :
– l’identification des faiblesses et défauts de la sécurité ;
– l’évaluation quantitative de la qualité de la sécurité.
Utilité :
– vérifier l’absence de points faibles inacceptables, le résultat possible étant la mise
en œuvre de plans d’action immédiats ;
– évaluer et garantir l’efficacité de la sécurité ;
– se comparer aux normes et usages en vigueur en matière de sécurité.
MEHARI fournit des questionnaires type et l’analyse des risques inhérents à tout point
faible détecté.

Analyse des causes possibles Analyse des conséquences

Comment les réduire Comment les réduire


(dissuasion, prévention…) (confinement, récupération,
mesures palliatives…)

Gravité du scénario

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Séquence 14 : organisation de la sécurité

2B3. Analyse des risques


Dans MEHARI, l’analyse des risques comprend :
– l’identification des situations représentant un risque pour l’entreprise ;
– l’évaluation de la probabilité que ces situations à risque ne surviennent, de leurs
conséquences possibles, de leur caractère acceptable ou non ;
– le recensement des mesures à prendre, susceptibles de ramener chaque risque à un
niveau acceptable.
Utilité :
– définir les mesures les mieux adaptées à l’entreprise ;
– mettre en place un management des risques et être sûr que tous les risques sont
identifiés ;
– analyser et gérer les risques de tout nouveau projet.
MEHARI fournit, outre le modèle de risques, des métriques (c’est-à-dire de quoi mesu-
rer les risques), une démarche et des guides de mise en œuvre.
Les résultats attendus ici sont des plans d’action.

2B4. Le pilotage de la sécurité


Il s’agit ici de définir :
– les objectifs annuels ;
– les étapes de plans d’action, à l’aide d’indicateurs définis par la méthode.

2B5. Conclusion
Cette méthode est assez lourde et importante en volume, elle me paraît surdimensionnée
pour des petites structures. La démarche qu’elle préconise est très «carrée». L’application
de cette méthode nécessite des moyens humains conséquents, mais son utilisation garan-
tit une stratégie, un pilotage de la sécurité adapté à l’entreprise.
Nous allons maintenant aborder la stratégie à adopter lorsque le choix de sécurité est
curatif.

3. Plan de reprise (sécurité curative)


Un plan de reprise, c’est l’ensemble des mesures nécessaires au redémarrage, sous des
délais et conditions appropriées aux critères de survie de l’entreprise, d’une production
informatique bloquée, détruite ou endommagée.
L’élaboration d’un plan de reprise se déroule généralement en cinq étapes.
Étape 1 : étude préalable
On décrit les objectifs généraux du plan de reprise, ainsi que la situation de l’entreprise.
Étape 2 : étude de faisabilité
On élabore un « algorithme » général (entre 5 et 10 étapes) du plan de reprise,
On évalue quelles doivent être les conditions initiales pour que le plan de reprise soit
faisable.
Étape 3 : rédaction des fiches de procédure
Ici, on rédige de façon très précise la liste des manipulations à réaliser pour que la reprise
soit effective.
Étape 4 : test
On teste si ce qu’on a élaboré permet effectivement une reprise.
Sinon, on procède à des remèdiations dans les étapes précédentes, puis on teste à nouveau.

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Unité 5

4. En conclusion, quelques mots sur les politiques


de sécurité
La politique de sécurité de l’information est l’aboutissement des réflexions menées
concernant les choix opérés (active/passive, curative/préventive…) pour sécuriser un
système informatique. L’établissement d’une politique de sécurité du système est indis-
pensable.
Bien sûr, il est impossible de sécuriser un site informatique à 100%, aucune entreprise
n’est complètement à l’abri d’un sinistre informatique.
Bien sûr encore, la sécurisation d’un site informatique a forcément un coût et les élé-
ments constituant le site informatique ont eux aussi une valeur.
Lors de l’établissement d’une politique globale de sécurité, il faut donc comparer la
valeur des données, logiciels et matériels que l’on protège (dans le cas d’une sécurité
préventive) ou que l’on remet en état (dans le cas d’une sécurité curative) et ce que coûte
l’action de protéger ou de réparer.
Il faut penser aux différents niveaux de sécurité (matériel, logiciel, humain). Pourquoi ?
Il existe une règle d’or qui dit que la sécurité est une chaîne qui ne vaut que par son
maillon le plus faible.
Qu’est-ce que ça signifie ?
Cela signifie que si un aspect de la sécurité est négligé ou n’est pas appliqué, le niveau
global de sécurité rejoint le niveau de cet aspect négligé ou non appliqué.
Une politique de sécurité doit donc :
– définir une politique globale à l’organisation puisque la sécurité est une chaîne ;
– être chapeautée par une personne possédant une autorité en matière de sécurité
(« architecte sécurité », « responsable sécurité ») ;
– inclure une veille technologique permanente ;
– associer l’ensemble des acteurs, en particulier les utilisateurs ;
– sensibiliser tous les acteurs aux risques et aux moyens de s’en prémunir ;
– élaborer des règles et des consignes de sécurité.
Et le coût ?
La sécurisation d’un système d’information peut représenter des coûts très importants.
Elle a pour particularité de porter sur un aspect de l’entreprise qui est difficilement chif-
frable : l’information.
Ne rien protéger ne coûte rien, tant qu’aucun incident ne se produit. C’est pour cela qu’il
est très important d’évaluer les risques et les coûts associés à un plan de reprise, dont le
rôle est de remettre le système dans son état initial.
De la même manière, se protéger de tout entraîne un coût extrêmement élevé, dépas-
sant celui des éléments à protéger.

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Séquence 14 : organisation de la sécurité

Le schéma ci-après illustre le point optimal entre risque et sécurité.

Coût . Coût de retour à une situation


opérationnelle Coût de la production

Zone d'équilibre entre un risque acceptable


et un coût raisonnable

Niveau de sécurité

Nous allons maintenant étudier de plus près différents moyens de prévention, dans la séquen-
ce 15.

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Séquence 15
Les moyens de prévention
Nous allons présenter ici les moyens existants de protéger le matériel d’une part,
les données et les logiciels d’autre part, avec toujours à l’esprit la règle suivante :
une dégradation matérielle peut endommager la couche données/logiciels, mais
une dégradation logicielle ne peut pas endommager le matériel. Tout au plus,
une dégradation au niveau des données ou des logiciels pourra provoquer un
dysfonctionnement du matériel, mais pour des raisons logicielles.

1. Les moyens de protection du matériel


On peut tout d’abord commencer par noter que certaines technique de sécurisation
entrent actuellement au niveau des puces, comme par exemple dans Next Generation
Secure Computing (NGSC), c’est à dire le Palladium (sécurité microsoft), qui, depuis
mai 2003, repose sur l’implémentation de technique de sécurisation au niveau des puces,
donc du matériel.
Je vous présente ci-dessous les moyens les plus répandus de protéger le matériel.

1A. Les onduleurs


Je pense que la plupart d’entre vous savent ce qu’est un onduleur. Pour ceux et celles qui
ne sont pas vraiment au point sur ce type de matériel, voici ci-dessous quelques points
essentiels à connaître.
Un onduleur est un boîtier que l’on intercale entre la prise électrique murale et l’ensem-
ble du matériel informatique.
Un onduleur comporte une batterie électrique qui produit du courant continu, ainsi que
des composants capables de transformer le courant continu en courant alternatif.
Il existe de nombreuses gammes d’onduleurs, à tous les prix. Bien entendu, plus c’est
cher, plus l’autonomie électrique est longue.
L’onduleur permet de protéger le système informatique de la détérioration du matériel
ou de la perte de données pour des raisons de dysfonctionnement électrique.
L’onduleur permet de protéger le matériel contre différents types de dysfonctionne-
ments :
• Les coupures d’électricité (très courtes, comme les micro-coupures) ou plus longues.
L’onduleur est capable dans ce cas de continuer à alimenter le matériel informatique
en électricité.
Le temps d’autonomie électrique varie d’un onduleur à l’autre, mais au moins, lors des
coupures, on a le temps d’enregistrer son travail avant de ne plus avoir de courant pour
alimenter le système informatique.
• Les pics de tension ou les chutes de tension électrique survenant dans le secteur. Ces
variations d’alimentation sont préjudiciables aux composants matériels (par exemple,
en cas d’orage, la foudre est capable de créer d’énormes pics de tension, ce qui peut

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Unité 5

faire « griller » les composants). L’onduleur est capable de réguler la tension arrivant
au matériel qu’il dessert.
• Des parasites électriques peuvent être produits par d’autres appareils électriques ou
par une ligne électrique de mauvaise qualité. L’onduleur est capable de protéger le
matériel de ces perturbations.
Un onduleur est caractérisé par sa puissance et la par la technologie qu’il utilise.

La puissance
La puissance d’un onduleur s’exprime en voltampère. Cette puissance est en fait la
puissance de protection que l’onduleur est capable de déployer en cas de dysfonction-
nement électrique.
Pour savoir si un onduleur donné est suffisamment puissant pour protéger une confi-
guration informatique, il faut faire la somme de la consommation électrique de chaque
appareil composant la configuration (unité centrale, moniteur, imprimante, clavier, sou-
ris, modem, disque de sauvegarde externe, scanner, enceintes…). Cette consommation
se calcule en ampères. On trouve la consommation des appareils généralement sur les
appareils eux-mêmes (sur des étiquettes collées au dos des appareils).
La somme des consommations une fois effectuée, on la multiplie par 230. Le résultat de
cette multiplication s’exprime en volts-ampères.
Bien entendu, la puissance de l’onduleur, afin que celui-ci soit efficace pour protéger la
configuration informatique concernée, doit être supérieure au résultat du calcul d’apo-
thicaire décrit ci-dessus.

La technologie
Sur le marché, il existe différentes technologies en ce qui concerne les onduleurs
actuels.
• La technologie off line. C’est la technologie la plus sommaire. On la trouve dans les
modèles les moins chers. Avec ce type d’onduleur, la batterie prend le relais pour une
durée plus ou moins limitée en cas de coupure de courant.
• La technologie on line. Ce type d’onduleur travaille en permanence, et pas seulement
en cas de problème électrique. Le courant électrique est traité en permanence par l’on-
duleur. Le courant électrique du secteur est systématiquement transformé en courant
continu puis retransformé en courant alternatif par les différents matériels de l’ondu-
leur. Le résultat est un courant dit régulé ou stabilisé ou lissé.
Cette technologie protège donc le matériel de toute variation intempestive de courant.
Ce type d’onduleur coûte très cher et est surtout utilisé par les professionnels.
• La technologie interactive. Ce type d’onduleur fonctionne comme ceux de la catégo-
rie off-line, mais ils sont équipés, en plus, d’un régulateur de tension, afin de réguler
les variations importantes pouvant survenir sur le réseau électrique d’alimentation.
Le prix de ce type d’appareil est raisonnable.
Voilà ce qu’on peut dire en gros des onduleurs. Ils protègent des dysfonctionnements
électriques.
À côté de ce risque électrique, il y a le risque que, sans aucune panne de courant, la
machine tombe en panne.
Afin, dans ce cas, de ne pas perdre de données, ou de ne pas mettre les données dans
un état d’incohérence, il faut prévoir un système de sauvegarde. Il existe plusieurs façons
de mettre en place des sauvegardes, dont le système RAID. Cette technologie, plus qu’un

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Séquence 15 : les moyens de prévention

simple système de sauvegarde, permet d’augmenter la tolérance aux pannes des machi-
nes équipées.
Ci-dessous, nous allons d’abord parler des systèmes de sauvegardes, puis nous passerons
à une description sommaire de ce qu’est le système RAID.

1B. Les sauvegardes


Pour donner une définition simpliste, une sauvegarde, c’est une copie de ce qu’on a sur
le disque dur de notre machine, copie que l’on stocke ailleurs, au cas où notre machine
viendrait à ne plus fonctionner.
La nécessité d’effectuer des sauvegardes n’est pas uniquement dictée par le fait que le
disque dur de notre machine puisse tomber en panne ou que notre local a été inondé,
mais aussi par des risques non matériels comme la corruption des données (suite à un
plantage système, par exemple), les fausses manips (du genre : « Mince, j’ai effacé la
bonne version du cours de GEOSI que je suis en train d’écrire, et j’ai gardé l’ancien-
ne… »), virus destructeurs, malveillance, inondation...
Selon l’entreprise editomac (voir http.//[Link]), les statistiques d’assurance
disent que 80% des entreprises qui ont un sinistre informatique sans réelles sauvegardes
font faillite dans l’année qui suit.
Les différentes façons de faire des sauvegardes dépendent à la fois des supports physi-
ques et des méthodes et outils que l’on utilise.

1B1. Les supports physiques de sauvegarde


On peut sauvegarder tout ou partie de nos données.
• Sur un deuxième disque dur. Ce disque peut être interne ou externe à notre machine.
Attention, il ne faut pas confondre deuxième disque dur interne et deuxième partition
de disque dur. Une partition de disque dur, c’est une partie de disque dur à laquelle on
a alloué un nom d’unité logique. On peut donc très bien avoir un seul disque dur dans
notre machine, et plusieurs partitions sur ce même disque. Le partitionnement de disque
dur permet par exemple de pouvoir faire cohabiter plusieurs systèmes d’exploitation sur
le même disque dur, c’est très pratique mais par contre, si le disque dur de la machine
tombe en panne, les données de toutes les partitions deviennent inaccessibles.
On est donc bien d’accord : lorsque je parle de sauvegarde sur un deuxième disque dur
interne, cela suppose que dans l’ordinateur, il y ait un deuxième disque dur, et donc un
deuxième contrôleur de disque dur.
Si le disque dur est externe, il se branche à la machine via une prise USB ou FireWire (note
à l’attention de ceux et/ou celles qui ne connaissent pas la signification du terme
FireWire : FireWire est un standard matériel au même titre qu’USB. Ce standard correspond
à la norme IEEE1394, il est également appelé iLink chez Sony. Ce type de prise est majoritai-
rement utilisé pour récupérer sur une machine les films contenus dans les caméscopes numéri-
ques. Elle s’utilise aussi avec certains disques et graveurs externes, et fournit des performances
en général légèrement supérieures à celles de l’USB 2.0. Par contre, les machines n’en sont pas
systématiquement équipées, ce standard a moins bien percé qu’USB).
Bref, que le disque dur soit externe ou interne, la sauvegarde, dans ce cas, consiste en
une recopie disque à disque des données que l’on veut conserver en cas de panne.
• Sur un CD ou un DVD. Dans ce cas, cela suppose que notre machine soit équipée d’un
graveur de CD/DVD. La sauvegarde est plus longue que si on utilise un deuxième dis-

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Unité 5

que dur car là, il s’agit de graver, et pas de simplement recopier. On doit donc utiliser
un logiciel de gravure. En outre, l’espace disponible sur un CD (environ 800 Mo) ou
un DVD (environ 4 à 5 Go) est beaucoup moins important que sur un disque dur, ce
qui peut nous obliger à réaliser la sauvegarde en plusieurs fois, pour la répartir sur
plusieurs CD ou DVD. Mais bon, un CD vierge est aussi beaucoup moins cher qu’un
deuxième disque dur, qu’il soit interne ou externe !
• Sur d’autres supports externes (par exemple de type cassettes DAT), à partir du moment
où on possède le matériel permettant de lire et d’écrire sur ce support.

1B2. Les méthodes et outils de sauvegarde


Plusieurs stratégies de sauvegarde sont possibles.
On peut décider, lors de chaque sauvegarde, d’effectuer juste une sauvegarde dite incré-
mentale. Dans ce cas, on se contente de sauvegarder uniquement les fichiers ayant été
modifiés depuis la dernière sauvegarde.
On peut, au contraire, lors de chaque sauvegarde, opter pour une sauvegarde com-
plète lors de chaque sauvegarde. Cette stratégie prend, bien sûr, plus de temps que la
sauvegarde incrémentale.
Quelle que soit la stratégie de sauvegarde choisie, il est important d’effectuer les sauve-
gardes sur plusieurs supports, et de placer les supports de sauvegarde dans des endroits
différents du système à sécuriser, ceci afin d’éviter leur destruction simultanée, dans le
cas d’un incendie ou d’une inondation, par exemple.
En deçà d’une méthode de sauvegarde, et pour parer à toutes éventualités en terme de
dysfonctionnement, quelques mesures de bon sens s’imposent, comme par exemple :
– ausculter régulièrement le disque dur à l’aide des outils système livrés avec le sys-
tème d’exploitation ;
– consigner l’ensemble de ses mots de passe ;
– faire des captures d’écran des paramètres de configuration importants ;
– se donner le moyen de pouvoir redémarrer le système à l’aide d’un support externe
(comme un CD bootable, par exemple)…
Même si on a effectué une sauvegarde complète des données, et même si on a conservé
les informations importantes de configuration et les mots de passe, en cas de disque dur
illisible, remettre un nouveau disque dur dans le même état est un travail long et assez
fastidieux.
Pour pallier cela, il existe des outils logiciels capables de reproduire à l’identique l’état
d’un disque dur. Ces outils permettent de sauvegarder l’intégralité du disque dur, et de
créer ce qu’on appelle une image du disque dur. Cette image une fois créée, il suffit de
la stocker sur un support externe.
À chaque fois que l’on veut reproduire l’état de ce disque dur sur une autre machine,
il suffit d’utiliser l’outil ayant permis de créer l’image pour installer cette image sur un
autre disque dur.
Le logiciel le plus connu dont le rôle est de créer des images s’appelle ghost (il est édité
par Norton), mais il en existe d’autres. Il existe même un utilitaire de ce type fourni
dans windows, par exemple. Sous windows, cet utilitaire s’appelle Sauvegarde sous
Windows 98, Sauvegarder sous Windows 2000 ou encore Utilitaire de sauvegarde
sous Windows XP.
Ces utilitaires permettent généralement d’effectuer des sauvegardes partielles, différen-
tielles, incrémentales ou totales, et de créer des images.

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Séquence 15 : les moyens de prévention

Il existe également, dans les outils cités plus haut ou dans des outils à part, des utilitaires
permettant de :
– programmer des sauvegardes à intervalles de temps réguliers ;
– synchroniser ses fichiers ;
– récupérer des fichiers perdus ;
– restaurer son système...
Parallèlement à tous ces outils permettant soit de prévenir le risque, soit de le réparer,
on peut aussi citer le choix que font de plus en plus d’entreprises, qui est de faire des
sauvegardes en ligne, en louant de l’espace disque chez des hébergeurs accessibles via le
net ou via des lignes spécialisées. Dans ce cas, les données à sauvegarder sont envoyées
(souvent de manière sécurisée) et hébergées par ces hébergeurs spécialisés dans le stoc-
kage des données.
Pour connaître quelques prestataires délivrant ce type de service, il vous suffit de taper
le mot sauvegarde dans votre moteur de recherche préféré.

1B3. Et si malgré toutes les précautions prises, il y a perte de données :


solution curative
En dernier recours, si on a perdu ses données, il existe des entreprises spécialisées dans la
récupération de données sur des supports endommagés. Ca coûte cher, mais c’est parfois
efficace.
Voir par exemple http.//[Link]/recuperationdedonnées/, il s’agit du site d’une
entreprise spécialisée dans la récupération de données perdues.
Voilà à peu près ce qu’on peut dire en gros sur les sauvegardes.
Passons maintenant à une technique relevant de la sauvegarde, tout en étant plus éla-
borée, je veux parler ici du système RAID.

1C. Le système RAID


C’est un système de stockage ultra fiable sur disques durs multiples.
De même que pour les onduleurs, certain(e)s parmi vous sont peut-être d’ores et déjà
très au point sur la technologie RAID, mais d’autres peut-être moins.
Voici donc un petit topo sur l’essentiel à savoir à propos de cette technologie.
Le sigle RAID signifie Redundant Array of Inexpensive Disks, ou parfois, ce sigle est
indiqué comme signifiant Redundant Array of Independent Disks. En français, on
peut dire que ce sigle signifie Ensemble redondant de disques indépendants.
La technologie RAID permet de constituer une unité de stockage virtuelle de grosse
capacité (donc coûteuse), à partir de plusieurs disques durs peu onéreux.
L’unité ainsi créée est appelée une grappe et a une grande tolérance aux pannes (haute
disponibilité), et aussi une plus grande vitesse d’écriture.
C’est ici la répartition des données sur plusieurs disques durs qui permet d’assurer la
sécurité des données.
Cette technologie a été mise au point en 1987 par trois chercheurs (Patterson, Gibson et
Katz) à l’Université de Californie (Berkeley).
Depuis 1992, c’est un organisme, le RAID Advisory Board, qui gère les spécifications
caractérisant les différentes catégories de RAID.

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Unité 5

Pourquoi je parle de différentes catégories de RAID ? Parce que, les disques assem-
blés selon la technologie RAID peuvent être utilisés de différentes façons, appelées
Niveaux RAID.
Chacun de ces niveaux décrit la manière avec laquelle les données sont réparties sur les
disques. Pour l’instant, il existe 7 niveaux répertoriés, numérotés de 0 à 6, mais le niveau
2 a été déclaré obsolète par le RAID Advisory Board.
En fait, chacun de ces niveaux constitue un mode d’utilisation de la grappe, en fonction
des performances, du coût et des accès disques.
Dans le tableau ci-dessous, je vous donne une description rapide de chacun de ces
niveaux.

Nom(s) donné(s)
Niveau Description sommaire
au niveau

RAID-0 Striping Le terme striping se traduit généralement par entrelacement ou agrégat par bande.
Cette technique consiste à stocker les données en les répartissant sur l’ensemble des
disques de la grappe.
En RAID-0, il n’y a pas de redondance, et donc pas de tolérance aux pannes (en cas de
défaillance de l’un des disques, les données sont perdues). Par contre, ce niveau de RAID
permet une vitesse de transfert élevée.
En RAID-0 les données sont écrites par «bandes» (en anglais, bande se dit stripe), c’est à
dire en fragments.
Exemple : si on a 3 disques durs en RAID-0, le premier fragment sera écrit sur le premier
disque, le deuxième fragment sur le deuxième disque, le troisième fragment sur le
troisième disque, le quatrième fragment sur le premier disque, le cinquième fragment sur
le deuxième disque etc.
On appelle facteur d’entrelacement la taille des fragments. Plus les fragments sont petits,
plus la vitesse de transfert est élevée.
Le remplissage par fragments devient impossible lorsque le plus petit disque dur de la
grappe est plein. Il vaut donc mieux utiliser des disques de même taille pour faire du RAID-
0, car dans le cas contraire, les disques de plus grande capacité ne sont pas pleinement
exploités.
La capacité de stockage de la grappe est égale à la capacité du plus petit des disques,
multipliée par le nombre de disques.

RAID-1 Mirroring, Chaque fragment est dupliqué au même endroit sur chaque disque dur de la grappe.
shadowing En cas de panne du système, RAID 1 opère une recopie disque à disque.
La lecture des données est également beaucoup plus rapide (On accède en parallèle à des
fragments différents sur des disques différents).
Le système peut continuer à fonctionner même si un des disques est en panne.
Remarque : cette solution est performante mais coûteuse, puisque la capacité de stockage
est égale à celle du plus petit disque dur, quel que soit le nombre de disques de la grappe.

RAID-2 Déclaré obsolète, Ce niveau est obsolète car il propose un contrôle d’erreur par code de Hamming (codes
mais il a quand- ECC – Error Correction Code), or ce code est désormais intégré dans les contrôleurs de
même un nom : disques durs.
striping with parity Le principe du niveau 2 était le suivant : niveau RAID-0 en écrivant, en plus, sur un disque
supplémentaire les valeurs des bits de contrôle ECC.
Le RAID 2 se caractérisait par des piètres performances mais un niveau de sécurité élevé.

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Séquence 15 : les moyens de prévention

RAID-3 Disk array with bit- Les données sont stockées octets par octets sur chaque disque et un des disques est dédié
interleaved data (le au stockage d’un bit de parité suivant le schéma suivant :
moins qu’on puisse Disque 1
dire, c’est que c’est Disque 2
un nom à rallonge!) Disque 3
Disque 4
Octet 1
Octet 2
Octet 3
Parité 1+2+3
Octet 4
Octet 5
Octet 6
Parité 4+5+6
Octet 7
Octet 8
Octet 9
Parité 7+8+9
Si un des disques tombe en panne, on peut reconstituer les octets perdus à partir des
autres disques. Après reconstitution, le contenu du disque défaillant est de nouveau
intègre. Par contre, si deux disques tombent en panne en même temps, les informations
restantes ne permettent pas de reconstituer les informations manquantes.

RAID-4 Disk array with Les principes sont les mêmes que ceux du niveau 3 sauf que les informations ne sont pas
block-interleaved réparties octet par octet, mais bloc par bloc. C’est donc la valeur du facteur d’entrelacement qui
data n’est pas la même entre le niveau 3 et le niveau 4.

RAID-5 Disk array with Ce niveau est proche du RAID-0 en terme de performance, mais avec, en plus, une bonne
block-interleaved tolérance de panne.
distributed parity Les principes sont les mêmes que ceux du niveau 4 sauf que les informations de parité ne
sont pas toutes stockées sur le même disque, mais réparties sur l’ensemble des disques de
la grappe, ce qui améliore les performances d’accès aux données.
Exemple :
Disque 1
Disque 2
Disque 3
Disque 4
Octet 1
Octet 2
Octet 3
Parité 1+2+3
Octet 4
Octet 5
Parité 4+5+6
Octet 6
Octet 7
Parité 7+8+9
Octet 8
Octet 9
En cas de panne du système, RAID-5 reconstruit le disque manquant à partir des
informations stockées sur les autres disques.

RAID-6 Disk array with Ce niveau utilise 2 fonctions de parité, dont les résultats sont stockés sur deux disques
block-interleaved dédiés. Ceci permet de reconstituer les données même si deux disques sont en panne en
distributed parity même temps.
Il faut au moins 4 disques pour mettre en œuvre un système RAID-6.

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Unité 5

Les solutions RAID les plus couramment utilisées sont le RAID-1 et le RAID-5.
Le choix entre l’une ou l’autre de ces solutions RAID doit prendre en compte les trois
critères suivants :
– la sécurité : RAID 1 et 5 offrent tous les deux un niveau de sécurité élevé, toutefois
la méthode de reconstruction des disques varie entre les deux solutions ;
– les performances : RAID 1 offre de meilleures performances que RAID 5 en lecture,
mais pas lors d’importantes opérations d’écriture ;
– le coût : le coût est lié à la capacité de stockage devant être mise en oeuvre pour
avoir une certaine capacité effective. La solution RAID 5 offre un volume utile
représentant 80 à 90% du volume alloué (le reste servant au contrôle d’erreur). La
solution RAID 1 n’offre par contre qu’un volume disponible représentant 50 % du
volume total (étant donné que les informations sont dupliquées).
Sur un serveur, on peut mettre en place une solution RAID de plusieurs façons :
• mise en place logicielle : dans le système d’exploitation, on rajoute un pilote
(c’est-à-dire, en anglais, un driver) capable de créer un seul volume logique avec
plusieurs disques ;
• mise en place matérielle : là encore, il existe plusieurs choix possibles dont…
Le rajout de contrôleurs de disques RAID. Ce sont des cartes que l’on rajoute dans
la machine et sachant contrôler plusieurs disques durs.
L’utilisation de matériels DASD (direct access stockage device). Ce sont des unités de
stockage externes pourvues d’une alimentation propre.
Voilà, j’ai fini cette partie sur les solutions de prévention au niveau matériel.
Passons aux solutions de prévention logicielles.

2. Les solutions de prévention au niveau logiciel


Dans cette partie, je parle très peu des actions que je qualifierais de « normales », sur
poste individuel ou en réseau (local et étendu), et qui concerne la gestion des utilisateurs
et de leurs droits en ce qui concerne l’accès aux ressources, l’accès au système d’informa-
tion compris.

2A. Quelques règles tout de même concernant la sécurisation


d’un réseau
La transmission de données sur un réseau doit pouvoir répondre aux impératifs de sécu-
rité suivants :
– garantir la confidentialité des données (l’émetteur et le récepteur sont les seuls à
pouvoir connaître le contenu d’un message) ;
– permettre l’authentification de l’auteur d’un message (celui qui reçoit un message
doit pouvoir être sûr de l’identité de l’émetteur) ;
– garantir la non-répudiation des données (c’est-à-dire empêcher quelqu’un de
renier le fait d’avoir envoyé un message) ;
– garantir l’intégrité des données (c’est-à-dire qu’elles ne seront pas modifiées en
cours de route).
Pour prendre en compte ces impératifs, il est indispensable que l’accès aux machines
source et destination soit sécurisé : contrôle de l’utilisateur, contrôle de l’intégrité des
machines (virus, logiciels admis), contrôle de l’accès aux ressources (droits d’accès).

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Séquence 15 : les moyens de prévention

2A1. Authentification des utilisateurs


Le contrôle de l’identité d’un utilisateur peut se faire par :
– mot de passe (il ne doit pas être facile à deviner, doit être modifié régulièrement,
doit être crypté lors de sa transmission sur le réseau) ;
– dispositif électronique porté par l’utilisateur comme carte magnétique, à puce, bar
code, à passer dans un lecteur, système à proximité (Porte clé, scanner) ;
– biométrie (L’authentification d’un utilisateur par biométrie se base sur la recon-
naissance d’une caractéristique physique de l’utilisateur ou d’une manière de se
comporter qui lui est unique).
On utilise les paramètres suivants : empreinte digitale, forme de la main, visage, iris,
rétine, voix, signature, frappe du clavier.
Dans le cas, par exemple, de l’authentification par empreinte digitale, l’utilisateur
appuie un doigt sur un capteur constitué d’un micro-scanner qui réalise une image de
l’empreinte (= ensemble de sillons).
De cette image est extrait un certain nombre d’informations significatives qui sont com-
parées avec les données des utilisateurs enregistrés.
Plusieurs éléments caractéristiques peuvent être repérés dans une empreinte : fin de sillon,
sillons bifurquants, sillons divergeants, îlots, sillons entourant un vide, petits sillons.
Tout ceci permet de réduire l’image à un ensemble de caractéristiques simples à mémoriser.
Exemple de lecteur d’empreinte digitale : u-are-u de Digital Persona
Dans le cas de l’authentification par la forme de la main, l’appareil mesure la longueur,
la largeur, l’épaisseur et la surface de la paume et des doigts. Le dispositif utilisé est un
scanner 3D, il permet la vérification, pas l’identification absolue.
Je ne vais pas plus loin dans le détail de chaque technique biométrique. Les deux techni-
ques les plus fiables sont l’empreinte digitale et le scan de l’iris.

2A2. Contrôle de l’intégrité des machines


Ce contrôle consiste à empêcher :
– les virus, troyens, vers, à l’aide d’antivirus ;
– les spams, mail bombs, junk mails, par filtrage des adresses entrantes ;
– les attaques en déni de service (DoS et DdoS), l’IP spoofing et autres techniques
d’inondation, de blocage de machines ou d’interception à l’aide de firewalls et
de logiciels de filtrage… (voir pour une liste complète la RFC2196 sur les règles de
sécurité. RFC signifie : Request For Comment, ce sont des recommandations émises
par des organismes reconnus, comme par exemple le W3C) ;
– il fait également transiter les données de manière chiffrée.
Je reviens plus en détail sur certaines techniques plus bas dans ce cours.

2A3. Contrôle de l’accès aux ressources


Généralement, gérer les ressources d’un réseau présume qu’on dispose :
– d’un serveur gérant les autorisations d’accès aux ressources ;
– d’un serveur hébergeant les espaces de travail des utilisateurs ;
– de postes clients à partir desquels chaque utilisateur peut ouvrir une session à l’aide
de son nom d’utilisateur et de son mot de passe.
Selon la ressource, l’accès peut être réservé à une seule personne (espace personnel) ou
bien autorisé à plusieurs utilisateurs définis (espaces communs).

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Unité 5

L’accès à chaque espace peut se faire en lecture-écriture ou être limité à la lecture


seule.
Les systèmes d’exploitation de type « serveur » permettent également de créer des grou-
pes d’utilisateurs rassemblant les personnes disposant d’autorisations similaires.
Voilà pour cette petite synthèse sur la sécurisation d’un réseau.

2B. Et quelques règles aussi concernant la sécurité du SI


Pour rappel, le SIA, c’est un ensemble d’éléments logiciels qui permettent d’acquérir, de
traiter et de mémoriser des informations et de les communiquer dans l’organisation.
Le SIA est composé par un ensemble d’informations formelles et de procédures et
moyens utilisés pour le traitement de ces informations (en gros, des bases de données
et des applications pour y accéder). En ce qui concerne les risques vis-à-vis du système
d’information, on parle de risque opérationnel.
Je vous remets ci-dessous une partie de la classification des risques opérationnels, celle
qui concerne spécifiquement le système d’information.
Le terme de système d’information est employé ici au sens de système d’information
automatisé. Je ferai de même dans la suite de ce paragraphe.
Je vous fais une présentation assez théorique, mais somme toute
Défaillance assez utile, des risques opérationnels, puis nous passerons à un
des systèmes point de vue plus concret, celui de l’administrateur de base de
d’information données.
4. Défaillance de
matériel 2B1. Définition des risques opérationnels
5. Données incohérentes
ou incompatibles Comme je l’ai déjà expliqué dans la conclusion de la séquence 13,
6. Mauvaise gestion de qui présentait les différents types de risques, le risque opération-
projet
7. Défaillance des nel se définit comme le risque de perte résultant de l’inadapta-
software tion ou de la défaillance de procédures, de personnes ou de sys-
8. Faiblesse de la
sécurité logique tèmes internes ou encore d’évènements extérieurs (catastrophes
9. Faiblesse de la naturelles, incendie, agression, etc.).
sécurité physique
Il inclut le risque lié à la sécurité des systèmes d’information.

Le risque opérationnel est inhérent à chacun des métiers et des activités de l’entreprise.
Sa gestion repose sur un dispositif de prévention, de contrôle et de couverture. Ce
dispositif intègre des procédures détaillées, une surveillance permanente, des polices
d’assurance, auxquelles s’ajoutent des missions d’audit.
Pour bien gérer les risques, il est utile de disposer d’un historique de pertes opération-
nelles internes, sous forme d’une base de données.
Cette base de données permet d’analyser les pertes (par nature d’évènements, par cause,
par activité…) et de suivre leur évolution ainsi que les plans d’actions proposés. Ceci per-
met à l’entreprise de disposer d’une base de connaissance évolutive permettant d’établir
une sorte de cartographie des risques intrinsèques caractéristiques de chaque activité.
L’objectif de ce mode de gestion des risques opérationnels est une alerte rapide, et donc
une réaction rapide et une diminution des dégâts, ce qui permet une amélioration et
une optimisation des actions correctives et préventives.
Bien entendu, pour bien gérer le risque lié au système d’information proprement dit, il
est nécessaire d’être perpétuellement vigilant sur la qualité et l’efficacité du dispositif de

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Séquence 15 : les moyens de prévention

contrôle affecté à ces risques, l’efficacité de ce dispositif reposant en grande partie sur
un système d’information fiable.
L’enjeu, dans un système d’information, c’est justement l’information.
Le SI est un outil stratégique (pensez à l’importance que peuvent avoir les bases de don-
nées dans une banque, par exemple, où tout, même nos sous à nous, est dématérialisé
et géré par un système d’information).
Le SI doit donc être sûr, fiable.
Pour un établissement bancaire, par exemple, la perte du SI est extrêmement grave, car
il s’agit de la perte de l’instrument de production, ce qui n’est pas le cas pour une entre-
prise industrielle.

2B2. Gestion des risques


Au vu des enjeux que représente le SI, il est essentiel de pouvoir mesurer le risque, afin
de définir une stratégie de prévention et gestion de ces Risques (arbitrages, plannings,
décisions).
Prenons le cas d’un établissement bancaire, car c’est le plus significatif.
Dans une banque, la principale mesure du risque est le risque maximum tolérable (RMT).
C’est la valeur financière limite que la banque peut se permettre de perdre en cas de
problème.
Voici la règle de calcul du RMT :
RMT = FondsPropres + Bénéfices + Garanties
Avec : , , <= 1

Voici des précisions sur la valeur de , et :


: le minimum réglementaire est de 8% des fonds propres (ratio de solvabilité), décision
du comité de Bâle ;
: c’est la capacité bénéficiaire prévisionnelle nette de l’année que la banque peut se
permettre de perdre pour absorber le sinistre ;
: il est calculé à partir des garanties accordé par les assurances.
La politique de sécurité du SI est fondamentale.
Elle comprend la sensibilisation des acteurs face aux risques, un audit régulier du SI, la
mise en place de mesures de sécurité pour diminuer la vulnérabilité (on en parle tout
au long de cette séquence), et doit permettre à chaque instant : disponibilité, intégrité,
confidentialité, preuve et contrôle.
Les quatre caractéristiques ci-dessus sont appelés les facteurs DICP.
Je vous les décris ci-dessous. Bien entendu, ce que j’explique ici à propos du système
d’information proprement dit a un goût de déjà vu, car on a déjà parlé plus ou moins de
tout cela à propos du système d’information au sens large.
Disponibilité : c’est l’aptitude du SI à remplir ses fonctions dans des conditions prédéfinies
d’horaires, de délais, de performances à savoir :
– garantir la continuité du service, de l’activité ;
– assurer les objectifs de performance (temps de réponse) ;
– respecter les dates et heures de traitements.
Intégrité : c’est une caractéristique du SI qui assure que des informations sont identi-
ques en deux points, dans le temps et dans l’espace, d’où la nécessité de :

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Unité 5

– garantir l’exhaustivité, l’exactitude, la validité de l’information ;


– éviter la modification par erreur de l’information.
Confidentialité : c’est la caractéristique du SI qui assure la tenue secrète des informa-
tions avec accès aux seules entités autorisées. Pour ce faire, il faut :
– réserver l’accès aux seules personnes autorisées (système d’habilitation et d’authen-
tification) ;
– garantir le secret des données échangées par deux correspondants, sous forme de
messages ou de fichiers.
Preuve et contrôle : il s’agit de la non répudiation, déjà évoquée par ailleurs dans ce
cours. C’est l’impossibilité pour une entité de nier avoir reçu ou émis un message.
Il faut pour cela garantir la possibilité de reconstituer un traitement à tous les niveaux
(logique de programmation, déroulement du traitement, forme des résultats) à des fins
de contrôle ou de preuve.

2B3. En pratique, quels sont les outils ?


Le DBA (DataBase Administrator, en français, on dit Administrateur de Base de Données)
est garant de la sécurité et de l’intégrité du système d’information et doit travailler en
collaboration avec l’administrateur du réseau, et participer à l’organisation de la sécu-
rité, qu’elle soit préventive ou curative.
Il doit donner des droits aux utilisateurs des bases de données hébergeant les données du SI.
Je citerai ici trois grandes catégories d’utilisateurs :
– les développeurs, qui développent des applications de manipulation des données,
ces applications sont destinées à l’utilisateur final (c’est-à-dire l’utilisateur des appli-
cations). Les développeurs ont généralement un accès direct aux bases de données
qu’ils utilisent, via un logiciel client (pour accéder aux données de la base, ils tapent
des requêtes en SQL), mais ils n’ont pas forcément accès à toute l’information ;
– l’utilisateur final, qui lui, ne tape pas de requête SQL, mais accède aux bases de
données via les applications créées par les développeurs. Si les applications sont
bien développées, l’utilisateur final a peu de chance d’endommager une base de
données, à partir du moment où il est autorisé à utiliser l’application ;
– les applications, qui sont elles-mêmes des utilisateurs des bases de données qu’elles
manipulent.
Pour ces catégories d’utilisateurs, il faut un système d’authentification afin :
– d’autoriser ou non l’utilisation de certaines applications (pour l’utilisateur final) ;
– d’effectuer ou non certaines opérations sur la ou les bases de données du système
d’information (pour les développeurs et les applications).
Le DBA, pour garantir l’intégrité logicielle des données du SI, doit aussi mettre en place
des contrôles lors de la modification de la structure ou du contenu des bases de données,
afin, par exemple, qu’il n’y ait pas insertion d’une ligne mettant la base de données en état
d’incohérence, ou bien encore, afin qu’il n’y ait pas de modification de la structure.
Les outils dont il dispose s’appellent contraintes d’intégrité, procédures stockées, gestion
de transactions, gestion des droits… Je vous renvoie pour plus de détail à vos cours de
base de données.
À son niveau, le développeur joue également un rôle de sécurisation, puisque l’utilisa-
teur est limité dans ses possibilités d’intervention, par le biais des interfaces créées par
le développeur.

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Séquence 15 : les moyens de prévention

Bien, revenons maintenant à une vision plus large du système d’information, et abor-
dons les moyens de prévention concernant le système informatique.

2C. Prévention contre les intrusions sur une machine :


pare-feu, proxy, IDS

2C1. Mettre un pare-feu


Un pare-feu, ou firewall, est un matériel ou un logiciel qui permet de protéger une
machine ou un réseau des intrusions.
Il doit protéger aussi bien le poste des attaques provenant d’Internet que celles prove-
nant d’un réseau interne.
En effet, Le pare-feu doit empêcher certains logiciels comme les chevaux de Troie d’en-
trer en contact avec d’autres ordinateurs situés dans un réseau local ou sur Internet et
de leur fournir des informations présentes sur l’ordinateur.
Le pare-feu analyse tous les flux entrants et sortants dans le but de les bloquer s’ils ne
sont pas autorisés à « entrer » ou s’ils s’adressent à un port bloqué, par exemple.
Les pare-feu ont généralement les fonctionnalités suivantes :
– création et mise à jour d’un journal du trafic, ce qui permet, par exemple, de connaî-
tre les tentatives d’intrusion ;
– filtrage des informations entrantes ou sortantes. Les informations acceptées le sont
si elles respectent le paramétrage du firewall. Ce paramétrage peut concerner des
adresses IP, un protocole particulier, un port d’entrée/sortie (comme par exemple le
port 80, qui est le port http) ;
– le paramétrage du firewall permet aussi de déclarer quelles applications doivent
être surveillées. Pour ces applications, il y a contrôle des tentatives de connexion ;
– si le firewall est chargé de protéger un réseau, il sait généralement traduire les
adresses IP publiques (c’est-à-dire accessibles depuis Internet) en adresses IP privées
différentes dans le réseau interne (j’entends par IP privées des adresses IP non acces-
sibles depuis internet). La technologie permettant cette « translation d’adresse » est
la technologie NAT (network address translation, en français, on peut traduire ça
par la traduction d’adresses réseau.).

2C2. Utilisation d’un proxy


Un serveur proxy est une machine qu’on intercale entre internet et un réseau local pour
protéger ce dernier des intrusions.
C’est une machine équipée d’au moins deux cartes réseau : une pour le réseau privé,
interne et l’autre carte pour l’ « extérieur » du réseau local, c’est-à-dire pour Internet.
Outre ces deux cartes réseau, le proxy est équipé d’un logiciel ayant les fonctionnalités
d’un routeur (partage de connexion internet entre les machines du réseau local), d’un
pare-feu et d’autres utilitaires de sécurité.
Il est capable de filtrer les accès à Internet (pour empêcher, par exemple, l’accès à certains
sites depuis les machines du réseau local).

2C3. IDS
IDS signifie système de détection d’intrusion.
Ce système allie ressources logicielles et matérielles qui surveillent en temps réel les flux
de données entrant dans un système d’information pour le protéger.

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Unité 5

C’est un outil logiciel exploitant les fichiers journaux du système (logs) afin de repérer
des comportements suspects.
Il compare les objets surveillés avec une base de signatures d’attaques connues, et détec-
te des anomalies de fonctionnement.

2D. Prévention contre les virus, spams et espions :


anti-virus, anti-spam, anti-spyware

2D1. Antivirus
Il en existe tout un tas, plus ou moins gratuits, plus ou moins élaborés. Le plus important
est qu’ils soient à jour, car de nouveaux virus sont conçus et injectés tous les jours.
On distingue deux grandes catégories de techniques utilisées par les anti-virus.
• Technique de type « scanneur » : ce type d’antivirus possède un dictionnaire qui
contient la signature de chaque virus qu’il sait gérer.
Utilisée seule, cette technique n’est plus actuellement efficace à cause de la trop grosse
quantité de virus à signatures différentes.
Qu’est-ce que c’est, la signature d’un virus ?
Lorsqu’un virus cherche à infecter un nouveau fichier, il commence par vérifier qu’il n’est
pas lui-même déjà présent, car une nouvelle infection pourrait compromettre son effica-
cité. Il réalise ce contrôle par la recherche d’une séquence de code appelée signature.
Un anti-virus de type « scanneur » passe son temps à scanner toutes les informations stoc-
kées sur tout support de stockage connecté à la machine, cherchant les signatures des virus
qu’il connaît. Ce type d’anti-virus, pour être efficace, doit donc être perpétuellement mis à
jour afin d’intégrer dans son dictionnaire les signatures des nouveaux virus qui naissent tous
les jours, ainsi que les signatures des différentes morphologies des virus polymorphes.
• Antivirus générique : il donne l’alerte si le comportement du système semble résulter
d’une infection virale.
Plusieurs techniques :
• analyse heuristique : ce type d’analyse recherche les structures de code propres aux
virus, telles des routines d’infection. En fait, la méthode permet de détecter les succes-
sions d’instructions pouvant correspondre à un virus. L’efficacité de ce type d’antivirus
est valable à plus long terme que les anti-virus de type « scanneur » ;
• analyse comportementale : cette analyse fonctionne par exécution permanente d’un
moniteur de comportement afin de détecter les détournements des appels systèmes
fondamentaux (accès disque, déplacement mémoire…) pour les comparer à une base
de règles définissant un comportement viral typique.
Le moniteur de comportement n’est actif qu’à l’exécution du programme surveillé.
L’inconvénient de ces deux méthodes génériques est qu’il y a beaucoup de fausses alertes,
• contrôle d’intégrité : l’antivirus calcule une empreinte cryptogaphique des fichiers
système, et vérifie s’ils ont été modifiés. Lors de son installation, l’antivirus crée une
base de données de tous les fichiers présents sur la machine basée sur la longueur des
fichiers et d’autres paramètres.
Toute modification d’un fichier fera l’objet d’une alerte.
Les méthodes génériques ont deux inconvénients :
– l’alerte n’est donnée qu’après infection ;
– elles ne sont pas adaptées à un système dont les fichiers changent beaucoup comme
Windows.

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Séquence 15 : les moyens de prévention

Les produits du marché


Les éditeurs d’antivirus se rapprochent actuellement des éditeurs de solutions anti-intru-
sion (IDS). Les logiciels antivirus combinent ces méthodes pour proposer les produits aussi
performants que possible, notamment à cause des virus polymorphes.
La plupart du temps, les produits utilisent une base de signatures, couplée à un moteur
générique, le plus souvent heuristique : Norton Anti Virus, VirusScan, VirusWall.
Aucune solution entièrement satisfaisante n’existe, c’est pourquoi il est parfois conseillé
d’en utiliser plusieurs.

2D2. Et pour se protéger des autres « cochonneries » ?


Outre les virus, il faut aussi se protéger des spams, en installant un anti-spam. Pour
choisir un anti-spam et en savoir plus sur la question, vous pouvez aller consulter le site
[Link] sur lequel se trouve un dossier consacré au spamming et au
mail-bombing.
Sous la pression des associations d’internautes et de consommateurs, avec la bienveillan-
ce des grandes agences de publicité et de marketing qui ont tout intérêt à assainir le
domaine, une régulation de la publicité par e-mail se met progressivement en place.
Deux visions s’opposent pour la régulation du spam : l’opt-in et l’opt-out.
L’opt-in : cette option, également appelée « permission marketing », est la plus respec-
tueuse de l’internaute. Elle consiste à ne lui envoyer des publicités ciblées que s’il y a
clairement consenti.
L’opt-out : opt-out signifie désinscription. L’opt-out consacre l’existence d’un droit
d’opposition a posteriori à recevoir des courriers électroniques. À cet effet, chaque mail
publicitaire envoyé doit offrir la possibilité de se désinscrire du fichier. Les fichiers opt-
out peuvent aussi bien être constitués de manière légale (par exemple d’un achat d’un
fichier opt-in) qu’issus d’une collecte sauvage.
Enfin, pour se protéger des espiogiciels (les spyware), il faut s’équiper d’un anti-spyware,
comme par exemple spybot.

2E. Empêcher l’interception des informations que nous transmettons


Tout échange d’informations sur le réseau est susceptible d’être détourné par des snif-
fers, à des fins de prospection commerciale, d’usurpation d’identité...
Il existe plusieurs moyens de protéger les informations qui transitent, je vous en présente
plusieurs, mais d’abord, je vous présente les principes techniques permettant la sécuri-
sation des échanges.

2E1. Principes techniques


Les principes techniques présentés sont utilisés pour pallier le risque suivant : d’une façon
générale, tous les outils construits sur TCP/IP (telnet, ftp, web, email…) ne sont pas sécu-
risés. Tout transite en clair sur le réseau (on peut donc récupérer les informations qui
transitent à l’aide d’utilitaires comme par exemple dsniff). Une personne mal intention-
née peut très facilement capturer les trames qui circulent. On souhaite donc chiffrer les
messages afin de les rendre confidentiels.
Il y a deux grands principes utilisés dans la sécurisation des données lors de leur transit :
le scellement et le chiffrement.
Le scellement par création d’une empreinte numérique.

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Unité 5

À partir d’un message donné, une fonction de hachage génère un « hashcode » d’une
taille déterminée.
Les fonctions de hachage utilisées doivent être telles que deux messages différents,
même très voisins, ont une probabilité très faible de conduire au même code. On appelle
parfois ces codes : résumés, empreintes numériques ou signatures.
Cette technique a pour but de vérifier que les données transmises n’ont pas été modi-
fiées, falsifiées entre leur départ de chez l’émetteur et leur arrivée chez le destinataire.
Si on est certain de la validité d’une signature, on peut prouver qu’un message est ou
n’est pas conforme à l’original : on en garantit l’intégrité.
Comment ?
Avant le départ de chez l’émetteur, un nombre (le résumé) est calculé en fonction des
données à transmettre, ce nombre est l’empreinte numérique du message (le terme mes-
sage est à prendre ici au sens large : une suite de bits pouvant correspondre à un texte,
un logiciel…).
Les données sont transmises avec ce nombre. Lors de l’arrivée chez le destinataire, ce
nombre est à nouveau calculé sur les données reçues. Les informations sont considérées
comme intactes si l’empreinte numérique calculée à l’arrivée est égal au nombre calculé
au départ.
Les empreintes numériques, comme expliqué plus haut, sont générées à partir d’un algo-
rithme de hashage dont voici le principe.
Pour un message donné, l’algorithme génère une séquence de bits supposée unique
(il n’existe aucune certitude, mais on n’a jamais prouvé le contraire…) et de taille fixe,
quelle que soit la taille du message d’origine. Pour un même message, la séquence géné-
rée sera toujours la même. Mais la probabilité que deux messages différents, si proches
soient-ils, donnent la même empreinte est infime (il semble donc que cette probabilité
ne soit pas nulle, mais cela reste à démontrer…).
Exemple : l’algorithme MD5 (RFC 1321 – Message Digest version 5 - 1992) génère une
empreinte sur un nombre de bits fixe (16, 128, …) que l’on visualise généralement sous
sa forme hexadécimale.
La fonction SHA-1 est également une fonction de hachage.
Note : en principe, on ne peut pas retrouver le message initial à partir du hashage. Le
crackage des messages scellés passe donc par une recherche exhaustive.

Le chiffrement
Attention, en ce qui concerne le vocabulaire : le chiffrement n’est pas l’équivalent du
cryptage, et le déchiffrement n’est pas décryptage. Le terme décryptage est plutôt
l’équivalent du terme crackage.
Le chiffrement permet de garantir :
– la confidentialité : protection de l’information contre une divulgation non autorisée ;
– l’intégrité : protection contre la modification non autorisée de l’information ;
– l’authentification : de l’émetteur et ou du destinataire ;
– la non-répudiation : offre la garantie qu’une partie ne pourra pas nier être impli-
quée dans une transaction (commerce électronique) ;
– la non-duplication : protection contre les copies illicites ;
– l’anonymat.

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Séquence 15 : les moyens de prévention

Les données sont codées suivant un certain algorithme, une certaine clé de chiffre-
ment, puis elles sont transmises au destinataire qui dispose de l’algorithme de décryp-
tage (de la clé de déchiffrement). Il existe différents types de chiffrement.

Symétrique
C’est la même clé qui est utilisée pour chiffrer et déchiffrer.
Les deux machines établissant un dialogue commencent par se communiquer la clé com-
mune qu’ils vont utiliser.
Bien sûr, elle doit rester secrète mais elle peut être interceptée. Aujourd’hui, compte
tenu des difficultés pour tenir la clé secrète, cette technique est plutôt réservée au chif-
frement de données locales : par exemple, les mots de passe pour le login dans un
réseau local.
Ensuite, l’échange d’informations peut commencer.
À un instant donné, il existe autant de clés que de « conversations ».
Une implémentation de ce principe se trouve dans l’algorithme DES (data encryption
standard), très utilisé. C’est cet algorithme qui est utilisé dans le chiffrement des infor-
mations issues des paiements par cartes bleues et également dans les téléphones GSM
(standard actuel de la télécommunication mobile).
Cet algorithme, qui utilise une clé de 56 bits, travaille sur des blocs de données de 64 bits
à la fois et nécessite 19 étapes de manipulation des données. La clé utilisée pour chiffrer
et déchiffrer est la même (il s’agit de la clé secrète devant être connue de l’émetteur et
du récepteur).
DES peut être utilisé dans différents modes :
– ECB (electronic code book) : ne protège pas contre l’insertion d’un bloc étranger
correctement codé ;
– CBC (chain block cipher) : le codage d’un bloc dépend du codage des blocs précé-
dents, permettant ainsi de détecter toute intrusion dans le message ;
– CFM (cipher feedback mode) est une variante du mode précédent, travaillant sur
des mots de 8 bits plutôt que de 64 bits.
Exemple : par défaut, les mots de passe sous unix sont codés à l’aide de l’algorithme DES.
Cet algo génère une clé de 56 bits en extrayant 7 bits des 8 premiers caractères du mot
de passe.
Afin que deux mots de passe ne donnent pas le même résultat, on calcule un piment à
partir de l’heure, ce piment sera utilisé par l’algorithme.
Voici quelques exemples :

Mot de passe Piment Résultat


root am amfIADT2iqjAf
util1 7a 7azfT5tIdyh0I
util2 ri [Link]

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Unité 5

Aujourd’hui, au vu des limites de cet algorithme, on préfère MD5 pour chiffrer les mots
de passe sous Unix, même si le chiffrage est plus long (2000 clés générées par seconde
avec MD5 contre plusieurs centaines de milliers avec DES).
Je m’explique ci-dessous à propos des limites de l’agorithme DES.
DES a été développé par le gouvernement US dans les années 70 pour protéger des
données sensibles. Une association de laboratoires de recherche américain a démontré
que l’algorithme de DES n’est pas suffisamment complexe. Elle a construit une machine
dédiée à la recherche de clés DES (« Deep crack », un joujou à 250 000 $).
Avec DES, il existe 256 (72 057 594 037 927 936) combinaisons possibles. Deep crack est
constituée de 1 800 puces dédiées. Elle génère 92 milliards de clés à la seconde, il faut
en moyenne 5 jours pour trouver un mot de passe ([Link]
Une clé DES a été crackée en 56 heures voici quelques années.
Ceci a conduit à développer une variante de l’algorithme DES, appelée « triple DES »
travaillant avec deux clés de 56 bits : chiffrement avec la première clé, déchiffrement
avec la seconde (c’est-à-dire brouillage des données car elle n’est pas la clé de départ),
rechiffrement avec la première.
Le principal problème avec cet algorithme reste le fait que la clé doit être connue de
l’émetteur et du récepteur et donc échangée à un moment donné avec les risques que
cela implique.
C’est pour cela que la génération de clés différentes a été mise au point, comme expliqué
ci-dessous.

Asymétrique
Cette technique est également appelée ICP (infrastructure à clé publique).
Les ICP reposent sur le principe du chiffrement dit asymétrique, inventé en 1973 au sein
des services secrets britanniques, puis redécouvert par des universitaires américains,
Whitfield Diffie et Martin Helmann, qui, en 1976, en énoncent le principe : utiliser une
paire de clés, dont l’une est publique, tandis que l’autre est secrète. L’une sert à signer
ou chiffrer un document, l’autre à le déchiffrer.
En 1978, des universitaires, Ronald Rivest, Adi Shamir et Leonard Adleman, proposaient
un algorithme permettant de réaliser cette prouesse à l’aide de nombres premiers. Leur
système, baptisé RSA, est au coeur des solutions ICP proposées aujourd’hui, qui reposent
sur l’attribution aux utilisateurs de cartes d’identité numériques, les certificats, norma-
lisés et reconnus par la majorité des logiciels de navigation ou de messagerie. Il a suffi
d’augmenter la longueur des clés pour les mettre à l’abri des attaques d’ordinateurs tou-
jours plus puissants et capables, désormais, de travailler en réseau sur toute la planète.
À titre d’exemple, allez dans le menu « À propos de Internet Explorer, vous devez, sur
la fenêtre qui s’ouvre, connaître la capacité de chiffrement de votre navigateur ».

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Séquence 15 : les moyens de prévention

Voici ce que j’apprends à propos de mon navigateur :

Je sais que le chiffrement se fait sur 128 positions binaires et que l’algo utilisé est RSA.
Le principe de fonctionnement
Dans le système à clef asymétrique, deux clefs sont utilisées, une clef publique et une clef
privée. Les clefs publiques sont disponibles et accessibles à partir d’annuaires spécialisés.
La clef privée de chacun est confidentielle.
C’est ce système qui est utilisé pour la signature électronique, dans les logiciels de
messagerie.
La signature électronique est chiffrée avec la clef privée de l’émetteur.
Elle est déchiffrée par tous les destinataires avec la clé publique de l’émetteur.
Je vous présente un exemple dans le paragraphe ci-dessous, mais d’abord, je vous expli-
que le principe du chiffrement.
Les implémentations du principe
Il existe différents algorithmes de calcul d’une clé privée par rapport à une clé publique.
L’algorithme de chiffrement asymétrique le plus répandu est RSA, du nom de ses créa-
teurs : Rivest, Shamir et Adleman. Cet algorithme est très largement utilisé, par exemple
dans les navigateurs pour les sites sécurisés et pour chiffrer les emails.
RSA fait appel à des nombres premiers extrêmement grands pour garantir la sécurité du
cryptage.
Voici en gros le principe de l’algorithme RSA.
Pour chiffrer un message, on fait : c = me mod n
Pour déchiffrer : m = cd mod n
Avec :
m = message en clair,
c = message chiffré,
(e, n) constitue la clé publique,
(d, n) constitue la clé privée,
n est le produit de 2 nombres premiers,
mod est l’opération de modulo (reste de la division entière).

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Unité 5

Comment e, d, et n sont-ils calculés ?


On prend deux nombres premiers p et q (de taille à peu près égale).
On calcule n = pq.
On prend un nombre e qui n’a aucun facteur en commun avec (p-1)(q-1).
On calcule d tel que ed mod (p-1)(q-1) = 1
Le couple (e,n) constitue la clé publique. (d,n) est la clé privée.
Exemple :
Prenons deux nombres premiers au hasard : p = 29, q = 37
On calcule n = pq = 29 * 37 = 1073
On doit choisir e au hasard tel que e n’ait aucun facteur en commun avec (p-1)(q-1) :
(p-1)(q-1) = (29-1)(37-1) = 1008
On prend e = 71
On choisit d tel que 71*d mod 1008 = 1
On trouve d = 1079
On a maintenant nos clés :
La clé publique est (e,n) = (71,1073) (= clé de chiffrement)
La clé privée est (d,n) = (1079,1073) (= clé de déchiffrement)
On va chiffrer le message HELLO. On va prendre le code ASCII de chaque caractère et on
les met bout à bout :
m = 7269767679
Ensuite, il faut découper le message en blocs qui comportent moins de chiffres que n.
n comporte 4 chiffres, on va donc découper notre message en blocs de 3 chiffres :
726 976 767 900 (on complète avec des zéros)
Ensuite on chiffre chacun de ces blocs :
726^71 mod 1073 = 436,
976^71 mod 1073 = 822,
767^71 mod 1073 = 825,
900^71 mod 1073 = 552.
Le message chiffré est 436 822 825 552.
On peut le décrypter avec d :
436^1079 mod 1073 = 726,
822^1079 mod 1073 = 976,
825^1079 mod 1073 = 767,
552^1079 mod 1073 = 900.
En enlevant les 0 (zéros) qu’on avait rajoutés tout à l’heure, on retrouve notre message
en clair 72 69 76 76 79 : HELLO.
Dans la pratique, il faut trouver de grands nombres premiers (ça peut donc être très long
à calculer).
Il faut obtenir des nombres premiers p et q de façon réellement aléatoire.
On n’utilise pas de blocs aussi petits que dans l’exemple ci-dessus.
Attention, avec RSA…

Pour ... on utilise... de qui ?


Envoyer un document crypté à quelqu’un la clé publique du destinataire

Envoyer une signature cryptée à quelqu’un la clé privée de l’expéditeur

Décrypter un document la clé privée du destinataire

Décrypter une signature la clé publique de l’expéditeur

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Mais, il y a un mais…
En dessous d’une taille de 1024 bits ces clés ne sont pas considérées comme entièrement
sûres. Évidemment plus la taille de la clé est grande plus le temps de codage est élevé.
Les algorithmes à clé publique sont efficaces, mais ils ont pourtant un défaut : ils sont
beaucoup plus lents que les algorithmes de chiffrement symétrique. Pour des applications
où il faut échanger de nombreuses données, ils sont inutilisables en pratique. On a alors
recours à des cryptosystèmes hybrides. On échange des clés pour un chiffrement symétri-
que grâce à la cryptographie à clé publique, ce qui permet de sécuriser la communication
de la clé. On utilise ensuite un algorithme de chiffrement symétrique. Le célèbre PGP,
notamment utilisé pour chiffrer le courrier électronique, fonctionne sur ce principe.
PGP signifie pretty good privacy. Les données (volumineux) sont chiffrées en symétrique.
La clé symétrique (faible volume) est chiffrée en asymétrique. Le principe, avec PGP, est
le suivant :
– génération d’une clé de session (aléatoire) ;
– encodage des données avec la clé de session ;
– chiffrement des données avec la clé publique du destinataire ;
– envoi des données ;
– déchiffrement de la clé de session avec la clé privée du destinataire ;
– déchiffrement des données avec la clé de session.
Celles et ceux intéressés par plus de détails à propos de PGP peuvent aller consulter le
site [Link]

2E2. Un exemple utilisant le chiffrement : la signature électronique lors


de l’envoi de messages via une messagerie électronique
Madame Hixe veut envoyer un message numériquement signé à Madame Igrec. Madame
Hixe dispose d’un logiciel de messagerie intégrant des fonctionnalités de cryptage (c’est-
à-dire permettant de signer numériquement les messages envoyés).
Le texte écrit par Madame Hixe est tout d’abord compressé à l’aide d’une fonction de
hachage, ceci donne ce qui est appelé un condensé ou résumé.
Le condensé est ensuite chiffré avec la clé privée de Madame Hixe, le résultat étant la
signature électronique.
Le texte est ensuite envoyé en clair à Madame Igrec, accompagné de sa signature élec-
tronique, d’informations sur la fonction de hachage utilisée et de la clé publique de
Madame Hixe.
Les clés publiques sont puisées dans des annuaires de clés publiques gérés par une auto-
rité de gestion des clés. Cette clé peut-être connue d’autres personnes, cela ne permet
pas pour autant de décrypter le message, car pour décrypter le message, il faut aussi la
signature.
À réception du message, le logiciel de messagerie de Madame Igrec utilise à son tour la
fonction de hachage sur le texte en clair transmis par Madame Hixe.
Le résultat est un condensé appelé résumé calculé.
Le logiciel de messagerie de Madame Igrec déchiffre la signature électronique qu’il a
reçue en même temps que le message de sa copine Madame Hixe, et ceci à l’aide de la
clé publique de Madame Hixe.
Le résultat du déchiffrage de la signature électronique à l’aide de la clé publique est un
condensé appelé résumé attendu.

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Unité 5

Le logiciel de messagerie de madame Igrec compare ensuite le résumé calculé et le


résumé attendu.
Si les deux résumés sont identiques, madame Igrec a l’assurance que c’est bien madame
Hixe qui lui a envoyé le message (authentification de l’expéditeur) et que le texte n’a
pas été falsifié.
En bref, le message originel est crypté avec la clé privée de l’émetteur, cela donne la
signature électronique, qui est déchiffrée avec la clé publique de l’émetteur. Le déchif-
frage avec la clé publique est l’opération complémentaire du chiffrage avec la clé privée,
puisque le résultat, c’est le message.
Bien sûr, la clé privée est calculée par rapport à la clé publique.

Remarque
Dans un environnement à clé publique, il est essentiel de s’assurer que la clé utilisée correspond
à la bonne personne. Cette fonction est assurée par les certificats numériques.

2E3. Les certificats


La notion de certificat est décrite dans la RFC 2510.
Un certificat est un document électronique, il contient des informations sur la clé publi-
que d’une personne ou d’un site, afin de garantir son authenticité.
Il est délivré par une autorité de certification (par exemple : [Link] ou www.
[Link]), qui atteste de l’identité de son détenteur, pour prévenir la contrefaçon.
L’autorité de certification vérifie la concordance réelle entre la personne physique et la clé
publique. Elle délivre un certificat qui joue le rôle d’une carte d’identité électronique.
Un certificat peut également identifier un serveur. Dans ce cas, le certificat est un docu-
ment qui certifie que le site d’où les données vous sont transmises est bien le site auquel
vous pensez être connecté. Le certificat vous est transmis par le site sur lequel vous vous
connectez, et votre navigateur est capable de vérifier sa validité.

Un certificat Personnel contient les informations suivantes Un certificat Serveur contient les informations suivantes
– Le nom de son propriétaire et éventuellement son – Le nom de domaine du serveur : [Link].
adresse e-mail : Jean Dupont (jdupont@[Link]). – Quelques informations optionnelles (nom et adresse
– Quelques informations optionnelles (adresse physique de physique de la société, etc.).
la société, fonction de Jean Dupont, etc.). – La clé publique du serveur à certifier.
– La clé publique de Jean Dupont à certifier. – La date d’expiration du certificat.
– La date d’expiration du certificat. – Un numéro de série unique.
– Un numéro de série unique. – Le nom de l’autorité de certification qui a délivré le
– Le nom de l’autorité de certification qui a délivré le certificat numérique (verisign trust network).
certificat numérique (banque, entreprise, administration, – La signature de l’autorité de certification qui a délivré
etc.). le certificat numérique (au moyen de la clé secrète
– La signature de l’autorité de certification qui a délivré de l’autorité de certification, sorte de « tampon » de
le certificat numérique (au moyen de la clé secrète validation d’un passeport électronique).
de l’autorité de certification, sorte de « tampon » de
validation d’un passeport électronique).
Lorsqu’on utilise un certificat, le message peut être en clair ou crypté selon ce que l’on
désire. Si les données ne sont pas confidentielles, le certificat est un moyen efficace de
garantir leur origine et leur intégrité.
Vous pouvez, si vous le souhaitez, obtenir vous-même un certificat en allant sur le site :
[Link] Les certificats sont utilisés par exemple pour les échanges
numériques d’informations entre des particuliers et des administrations en ligne.

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Votre certificat une fois obtenu, vous pourrez signer numériquement vos messages
depuis votre logiciel de messagerie.
On dispose aussi d’outils dans Internet Explorer (et dans les autres navigateurs) pour
gérer les certificats.
Dans cette fenêtre, cliquez sur le bouton Certificats, et baladez-vous dans la fenêtre
qui s’ouvre.

Si vous double-cliquez sur un des certificats, vous pouvez lire en détail les informations
le concernant.
Par exemple, dans la liste suivante : je double-clique sur le certificat sélectionné et je
peux accéder aux informations concernant le certificat, y compris à sa clé publique, si je
clique sur l’onglet Détails de la fenêtre Certificat.

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Unité 5

Remarque
Il existe un certain manque d’enthousiasme vis-à-vis de cette technologie qui était pourtant pré-
sentée comme le moyen idéal pour établir la confiance sur Internet. Elle permet, effectivement,
de contrôler l’identité des internautes, de garantir la confidentialité et l’intégrité des messages
transitant sur le réseau et de garder la preuve que l’échange de documents a bien eu lieu. Elle
permet donc d’utiliser le réseau ouvert pour faire circuler des informations sensibles, pour passer
des commandes, signer des documents, toutes choses coûteuses en temps et en argent dans le
monde réel.
Ce n’est pas la technologie qui est en cause car elle est très efficace. C’est la lourdeur de sa mise en
œuvre qui pose problème. La réglementation prévoit une pyramide d’acteurs. Elle comprend des
distributeurs de certificats (en France, essentiellement Certplus et Verisign) agréés par des autori-
tés de certifications (généralement des banques) qui, elles-mêmes, font l’objet de procédures de
qualification. Il faut aussi des validateurs capables de tenir à jour les annuaires de certificats et
d’en retirer ceux qui sont parvenus à expiration ou qui ont été révoqués. L’utilisateur final doit
enfin être dûment identifié, ce qui suppose parfois une rencontre physique.

Outre le cas de la messagerie électronique évoqué ci-dessus, je vous présente deux solu-
tions de sécurisation s’appuyant sur les principes de chiffrement que je vous ai présentés.

2E4. Recours à des protocoles sécurisés pour le transit des informations


Ce procédé est très fréquent lors d’achats sur internet ou de consultation de notre comp-
te bancaire par internet, par exemple. On appelle ce type d’opérations sécurisées des
transactions commerciales, ces opérations relèvent du commerce électronique.
Généralement, lors d’un achat en ligne, seule l’étape de paiement est sécurisée. Lorsqu’on
utilise une banque en ligne par contre, on accède à son compte par un identifiant et un
mot de passe et tout est sécurisé (consultation du compte, virements…).
Les principes généraux de ce type d’opération :
• la confidentialité (ne permettre l’accès qu’aux personnes autorisées) ;
• la traçabilité (avoir des preuves que l’opération a eu lieu).
Un exemple de solution sécurisée
Lors de ces échanges sécurisés, les adresses internet n’utilisent plus http, mais https. Dès
qu’une requête https est tapée dans la barre d’adresse du navigateur du poste client, il
y a démarrage par le navigateur d’une session SSL (secure socket layer), en français, on
pourrait parler de sockets sécurisés (les sockets sont les fonctions permettant la commu-
nication entre deux machines distantes).
Cette solution de sécurisation, développée par Netscape, est la plus utilisée des solutions
de sécurisation de transactions et est intégrée dans tous les navigateurs du marché.
Le protocole SSL permet une authentification forte des serveurs et des clients et des
communications cryptées.
Conceptuellement, SSL s’insère entre la couche application du modèle OSI (http, telnet,
…) et les couches logicielles réseau (TCP pour être précis). Lorsque la session est établie
entre le client et le serveur, toutes les données qui transitent sur le réseau sont chiffrées
et signées.
Techniquement, SSL rajoute une couche de chiffrement au dessus de TCP/IP, utilise le port
443 et intègre le système des certificats.
Le serveur présente son certificat au client pour authentification. Le processus d’authen-
tification est basé sur l’utilisation des clés publiques et des signatures numériques. Dès
que le client (ici, le navigateur du poste client) a la preuve que le serveur qui se présente
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à lui est bien celui qu’il prétend être, le client utilise des techniques de chiffrement à clé
symétrique pour chiffrer toutes les informations qu’il échange avec le serveur.
Si le serveur est configuré pour exiger une authentification du client, alors le client doit,
lui aussi, présenter son certificat au serveur pour être authentifié avant l’établissement
d’une communication SSL sécurisée.
Pour authentifier un utilisateur sur un serveur, le logiciel client applique sa signature
numérique sur une information quelconque générée aléatoirement. Le certificat et la
donnée signée sont envoyés sur le réseau au serveur.
HTTPS est une variante de http qui utilise les sockets sécurisés.
Qu’est-ce qui se passe au démarrage d’une session SSL ?
Pour prévenir les risques d’usurpation, il y a authentification de l’émetteur et du récep-
teur de la requête https, puis il y a chiffrement des données avant envoi.
L’algorithme de chiffrement utilisé est décrit plus haut dans ce cours, il s’agit du chiffre-
ment à clé publique RSA.

Internet
Explorateur Serveur WEB sécurisé HTTPS
Requête : envoie-moi ton certificat

Réponse : voilà mon certificat

Analyse du certificat : Acceptation de la transaction, je


– l'autorité est-elle connue ? crypte avec ta clé publique
– Date de validité ?
Calcul de la signature et
comparaison

OU

Refus ou information
de l'utilisateur

Dialogue sous forme cryptée

HTTPS avec SSL sont souvent utilisés en mode « dissymétrique », où uniquement le ser-
veur possède un certificat, le client n’en possédant pas. Ce certificat du serveur permet
de chiffrer (avec une clé de session) toutes les données transmises dans les deux sens et
d’authentifier le serveur. Pour authentifier le client, le serveur demande classiquement un

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Unité 5

mot de passe ou un numéro de carte bancaire au client. L’avantage est que ces données
d’authentification ne circuleront pas en clair sur le réseau, tous les échanges étant chiffrés.
C’est ainsi que fonctionne un serveur Web sécurisé, celui de votre banque peut-être.
Généralement, lorsqu’un client avec son navigateur se connecte sur un serveur Web
sécurisé, ce dernier lui envoie son certificat (pour fournir sa clé publique…). Si ce certifi-
cat a été délivré par une autorité de certification reconnue par le navigateur du client,
il est accepté de manière transparente pour l’utilisateur; sinon le navigateur demande
à l’utilisateur s’il accepte ce type de certificat. HTTPS et SSL peuvent aussi fonctionner
de manière symétrique où à la fois le serveur et le client ont un certificat. Dans ce cas,
l’authentification du client pourra se faire avec le certificat de celui-ci, sans mécanisme
supplémentaire de mot de passe.

2E5. Les réseaux privés virtuels


Les réseaux privés virtuels (dont le sigle anglais est VPN pour virtual private network)
permettent de réaliser une liaison sécurisée entre deux réseaux distants à travers un
réseau public. Ils permettent de relier deux sites informatiques distants sans recourir à
des lignes spécialisées.
Lors d’une communication via un VPN, il y a création d’un tunnel virtuel, dont chaque
extrémité est identifiée, et toutes les informations relevant de cette communication
transitent par ce tunnel.
Lors d’une communication via un VPN, les techniques de chiffrement et d’authentifica-
tion sont mises en œuvre.
L’émetteur, avant d’envoyer les données relevant de la communication qu’il a établie
avec son interlocuteur, chiffre les données et les encapsule.
Actuellement, les réseaux privés virtuels ont du succès parce qu’ils sont fiables, mais aussi
parce qu’ils coûtent moins cher que, par exemple, des lignes spécialisées.
Il existe plusieurs types de Réseaux Privés Virtuels, et notamment les RVP IP et les RPV
Internet.
Les protocoles utilisés pour créer un tunnel sécurisé sont par exemple IPSec (protocole
de la couche 3 du modèle OSI, voir la RFC 2411) ou PPTP (couche 2, accès par lignes télé-
phoniques).
Par exemple, le protocole IPSec utilise le format de base des trames IP en transformant
le champ des données en deux parties :
– une partie qui contient un code de contrôle obtenu par un calcul avec une clé
secrète sur le contenu du paquet ;
– une partie qui contient le paquet chiffré.
Voilà pour cette petite partie de cryptologie.
Abordons maintenant l’aspect des comportements humains.

2F. Comportements préventifs


Le CERTA (c’est-à-dire le centre d’expertise gouvernemental de réponse et de traitement
des attaques informatiques) certifie que le comportement de l’utilisateur est primordial
dans la prévention contre les intrusions, les virus…
Outre les outils présentés ci-dessus, il est important de savoir adopter un comportement
limitant les risques.

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Séquence 15 : les moyens de prévention

2F1. Pour limiter les risques de vol de mot de passe


Ne pas choisir un mot existant en guise de mot de passe, cela empêche les vilains pirates
d’utiliser des dictionnaires dans leurs programmes de crackage de mot de passe.
Un mot de passe doit donc être une suite de chiffres, de lettres majuscules et minuscules,
de caractères de ponctuation et de caractères peu utilisés (pour compliquer le calcul du
mot de passe) sans signification particulière.
Choisir un mot de passe le plus long possible, pour ralentir les logiciels de type « force
brute » dans leur recherche.
Exemple : un logiciel de force brute parvient à trouver un mot de passe de moins de 6
caractères en assez peu de temps.
N’écrire son mot de passe nulle part.

2F2. Pour se protéger des virus


Avoir un anti-virus régulièrement mis à jour.
Lors d’alertes par messagerie, vérifier qu’il ne s’agit pas d’un hoax en allant par exemple
sur le site hoaxbuster.
Ne pas exécuter les programmes exécutables envoyés en pièce jointe avec les mails sans
avoir au préalable vérifié la provenance du mail.
Ne pas ouvrir ni prévisualiser les mails envoyés par des adresses inconnues ou suspectes
(désactiver le volet de prévisualisation dans votre logiciel de messagerie).
Ajouter sa propre adresse dans son carnet d’adresse pour détecter l’envoi automatique
de courrier électronique en cas de contamination.
Ne pas connecter directement les serveurs d’une entreprise (intercaler un proxy, par
exemple).
Désactiver l’exécution automatique des macros dans les applications bureautiques.
Définir des niveaux de sécurité dans tout logiciel où c’est possible…

2F3. Dix mesures pour sécuriser son poste de travail


Avoir un comportement préventif en appliquant les six règles suivantes :
1. sauvegarder ses données de façon régulière sur des supports fiables et stocker ses
sauvegardes dans un endroit différent de celui du poste de travail ;
2. installer et activer un pare-feu ;
3. mettre à jour son système d’exploitation et ses applications, afin de bénéficier des
corrections concernant les failles de sécurité ou les bogues utilisés par les parasites ;
4. installer et activer un anti-virus ;
5. installer et activer un anti-espiogiciels ;
6. utiliser un anti-spam.
Les six mesures précédentes visent à protéger le poste informatique des infections exter-
nes, mais le comportement de l’utilisateur joue un rôle non négligeable pour prévenir
les désagréments liés aux parasites, d’où les quatre mesures suivantes, qui concernent
l’adoption d’un comportement sans risque :
7. ne pas diffuser inutilement son adresse sur Internet, car lorsqu’on reçoit des spams,
c’est que l’adresse que l’on possède circule sur le réseau Internet (sur des pages web,
ou parce qu’on l’a saisie dans un formulaire, par exemple).
Pour toutes ces raisons, il est préférable d’utiliser un compte de messagerie dédié aux
activités exposées et conserver une autre adresse pour les échanges professionnels ou
personnels ;

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Unité 5

8. ne pas répondre à un expéditeur inconnu ;


9. ne jamais transférer un message à tout son carnet d’adresses.
Cette pratique encouragée par le spam est à proscrire absolument. Elle encombre la
messagerie, elle divulgue à chacun l’intégralité de vos correspondants.
Il est possible de transférer à certaines personnes un message reçu si ce message présente
un intérêt pour elles, mais il est bon de vérifier avant qu’il ne s’agit pas d’un canular.
Une recherche sur des sites spécialisés comme [Link] ou [Link].
com/hoax, peut éviter d’être piégé ;
10. régler soigneusement son client de messagerie.
Des règles anti-spam permettent d’envoyer dans un dossier réservé tous les messages
filtrés, une observation régulière de son contenu lève le doute sur certains messages.
L’utilisation de règles de filtrage sur l’expéditeur, l’objet, le contenu permet de classer
son courrier dans des dossiers prévus à l’avance, il ne reste plus que quelques messages
dans la boîte de réception sur lesquels il sera plus facile de prendre une décision.
Certains messages sont écrits en HTML, ils sont plus attrayants mais potentiellement plus
dangereux, on pourra régler, dans les options, la lecture en texte brut afin d’éviter une
contamination par un code malveillant.

2F4. Comportements préventifs au sein de l’entreprise


La sécurité informatique d’une entreprise est tout d’abord une affaire de direction, qui,
seule a les pouvoirs d’ordonner la mise en œuvre effective des recommandations. Mais
tout le monde est concerné et doit coopérer à sa mise en place : les administrateurs qui
ont la responsabilité du système, mais également les utilisateurs. Ces derniers doivent donc
être largement informés et sensibilisés sur les risques encourus et leurs conséquences.
Pour être efficace, une stratégie de sécurité impose donc de respecter des règles, telles
que sécuriser physiquement l’ordinateur, le protéger des attaques, assurer une restaura-
tion rapide après catastrophe et fixer les actions autorisées et interdites dans les domai-
nes concernés. Mais la politique de sécurité impose également de veiller au respect de
ces règles, en assurant une veille technologique et en auditant régulièrement.
Pour ce qui concerne les problèmes spécifiques rencontrés suite au développement
d’internet, on manque de moyens juridiques pour freiner la criminalité (preuve du délit,
application au national)…
Voilà, cette unité sur la sécurité est terminée. J’ai essayé d’être exhaustive, sans non plus
écrire un roman fleuve…
Je vous propose maintenant de quoi faire des exercices sur le thème de la sécurité et des
risques.

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Séquence 16
Des exercices en guise
de conclusion
Je n’invente aucun exercice, mais il faut que vous en fassiez.
Les questions inhérentes à la sécurité sont disséminées dans les études de cas.
Alors je suis allée consulter le site du CERTA ([Link] Non, ce n’est
pas le site du Centre d’Expertise Gouvernemental de Réponse et de Traitement des
Attaques informatiques. Cette fois, c’est un site de l’éducation nationale, créé par les
professeurs d’informatique de l’éducation nationale, et qui propose, libres en téléchar-
gement, tout un tas de ressources dont :
– les exonets, des exercices à thèmes variés ;
– les sujets et corrigés des études de cas du BTS IG, option DA et ARLE.

Ça tombe bien, c’est la dessus que vous allez vous entraîner.


J’ai donc ausculté et sélectionné pour vous les exonets et les études de cas portant sur
la sécurité.
Faites-les, ou, tout au moins, regardez les sujets et les corrigés.
Le public est souvent précisé (Option DA ou ARLE), mais je vous conseille de tout regar-
der, quelle que soit votre option.
Les exonets et les sujets d’examens sont directement accessibles depuis la fenêtre d’ac-
cueil du CERTA (dans la frame de gauche, vous avez un lien qui s’appelle Exonets et un
qui s’appelle Sujets d’examens).
Voici ci-dessous un tableau récapitulant quels exonets et quelles études de cas me parais-
sent intéressants vis-à-vis du thème de la sécurité.
Pour les études de cas, lorsque le nom du fichier contient un r, c’est que c’est un sujet
d’option ARLE, s’il contient un d, c’est que c’est un sujet d’option DA.
Pour ma part, je suis remontée jusqu’aux études de cas de 2004, mais rien ne vous empê-
che de remonter plus loin encore.

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Unité 5

Référence de l’exonet ou de l’étude de cas Thèmes

Exonet 34 Sauvegarde

Exonet 61 Sécurisation d’un réseau, routage, proxy, parefeu.

Exonet 72, exonet 73 Script de gestion des utilisateurs

Exonet 76 Tolérance de panne, sécurisation d’un réseau

Exonet 81 Cryptologie, chiffrement

[Link] Tolérance aux pannes, filtrage, signature, chiffrement, VPN,


gestion de droits.

[Link] Sécurisation d’un réseau sans fil

[Link] Sauvegardes, filtrage, droits…

[Link] Sécurisation des accès, filtrage, droits, sécurisation de site, SSL

[Link] DMZ, sécurité d’un réseau local, filtrage, pare-feu

[Link] Contrainte d’intégrité, sécurisation de réseau local, protocole NAT,


filtrage de protocoles

[Link] Sécurisation d’accès distant

[Link] Gestion d’interconnexions, certificats SSL

[Link] Sécurité d’un réseau (dossier 2)

[Link] Matériel d’interconnexion de réseau

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