Politique de produit : aspects clés et gestion
Politique de produit : aspects clés et gestion
CHAPITRE
LA POLITIQUE DE PRODUIT
Aspect Contenu
La gestion du
Ce premier aspect intéresse au premier chef la direction générale. Il consiste
portefeuille
à choisir les domaines d’activités de l’entreprise.
d’activités
La fixation des
caractéristiques Cet aspect consiste à définir avec précision les caractéristiques fonctionnelles
fonctionnelles (ou intrinsèques) de chacun des produits de la gamme.
du produit
La politique de produit est, pour la plupart des entreprises, la composante primordiale d’une
politique de marketing. Les décisions relatives au produit sont importantes pour trois
raisons principales.
2
3
I La gestion de la gamme de produits
1. Caractéristiques de la gamme
1.1 Définitions
Une gamme se caractérise par sa largeur, par la profondeur de ses lignes et par sa longueur.
Terme Définition
Largeur C’est le nombre de lignes que comprend une gamme.
4
Largeur de la gamme
A B C
B1
A1 C1
B2
A2 C2
Profondeur de la ligne
A3 C3
A4
Largeur de la gamme
de nuit
Fard Cheveux Indice 15
gras
hydratant
Eye liner
Cheveux Indice 8
yeux secs
Rouge à
lèvres
Cheveux Indice 2
démaquillant
normaux
Ricil
Profondeur de la ligne
…
Cheveux Enfant
… colorés
… …
5
2. Gestion stratégique de la gamme
Tous les produits d’une gamme n’apportent pas la même contribution au résultat de
l’entreprise. Il convient donc d’analyser la composition d’une gamme.
6
2.2. Choix de la longueur de la gamme
Longueur de la
gamme Avantages Inconvénients
- Concentration des efforts - Le consommateur risque de
sur quelques produits. s’adresser au concurrent
- Simplification de la gestion lorsque le choix est limité.
des stocks. - L’entreprise est vulnérable
Gamme courte - Baisse des coûts de en cas de chute des ventes.
production (car - Risque financier important
spécialisation). pour l’entreprise en cas
- Simplification de la gestion. d’échec d’un produit.
Stratégies d’évolution
7
II Fixation des caractéristiques fonctionnelles du produit
Un modèle de voiture peut Les performances d’un Le design d’une voiture est
être décrit en termes de modèle de voiture peuvent l’ensemble des éléments
cylindré, nombre de places, être décrites en termes de visibles de l’extérieur :
espace habitable, présence vitesse de pointe, de carrosserie, tableau de bord,
de l’ABS ou de la direction consommation moyenne, de forme et tissus des sièges,
assistée, etc. distance de freinage, etc. etc.
Une entreprise fixe les caractéristiques fonctionnelles au moment du lancement d’un nouveau
produit mais peut être amenée à les modifier de temps à autre au cours de la vie du produit.
L’expérience montre que beaucoup de grands succès du marketing, au cours des dernières
années, ont été dus principalement à une supériorité objective du produit sur ses concurrents1,
et qu’inversement beaucoup d’échecs sont dus à une inadéquation des caractéristiques
intrinsèques du produit par rapport aux attentes des clients potentiels2.
1
Exemple : les couches culottes Pampers, fabriquées par Procter & Gamble, se sont assurées le leadership du
marché, en quelques années, grâce à une succession d’innovations technologiques qui ont permis d’augmenter le
pouvoir absorbant tout en diminuant l’épaisseur des couches.
2
Persil Power (une poudre à laver lancée par Lever en 1994 au prix d’un investissement de près de l’équivalent
90 millions de dinars) a dû être retirée du marché en 1995 parce que, en raison de sa trop grande puissance, elle
dissolvait le linge en même temps que la saleté !
8
3. Qu’est-ce qu’un bon produit ?
La première condition du succès en marketing consiste à offrir aux clients potentiels un « bon
produit ». Cette notion recouvre en réalité deux idées distinctes, celle de qualité du produit et
celle d’avantage du produit par rapport à ses concurrents.
La qualité du produit est une condition nécessaire au succès de n’importe quel produit. En
revanche, la possession d’un avantage-produit n’est pas toujours indispensable. L’acquisition
d’un avantage-produit, chaque fois qu’elle est possible, constitue pour une entreprise un atout
concurrentiel important.
9
III L’emballage
1. Définitions
On peut définir l’emballage comme l’ensemble des éléments matériels qui, sans faire partie
du produit lui-même, sont vendus avec lui en vue de permettre ou de faciliter sa protection,
son transport, son stockage, sa présentation en linéaire, son identification et son utilisation par
les consommateurs.
10
S’agissant des deux premiers niveaux, l’emballage peut en général être analysé en deux
composantes principales : le contenant et le décor.
Le contenant Le décor
Les responsables marketing doivent faire tout leur possible pour se doter d’un « bon
emballage »1. Pour cela, ils doivent avoir une parfaite compréhension des différentes
fonctions que remplit l’emballage. Ces fonctions sont récapitulées dans le tableau ci-dessous.
1
Dans le secteur des biens de grande consommation, il est souvent aussi important d’avoir un bon emballage
que d’avoir un bon produit. L’importance de l’emballage tient à deux raisons principales. La première est le
développement de la vente en libre-service notamment dans les hypermarchés et les supermarchés. Lorsqu’un
produit se trouve dans un magasin en libre-service, et que par conséquent il ne bénéficie pas de la présence d’un
vendeur susceptible de le recommander aux clients, il doit « se vendre tout seul ». Cela signifie qu’il doit attirer
le regard des clients, être reconnu ou identifié par eux et susciter leur désir d’achat. L’emballage joue, à cet
égard, un rôle important de « vendeur silencieux ».
La deuxième raison qui explique l’importance de l’emballage est la relative banalisation de certains produits :
dès lors que les différences « intrinsèques » entre les marques sont faibles ou peu perceptibles par le
consommateur, une supériorité de l’emballage, sous l’aspect fonctionnel ou sous l’aspect visuel, peut « faire la
différence » et entraîner la différence pour une marque.
11
Les fonctions de l’emballage
- Protection et conservation du produit contre - Impact visuel (ou fonction d’alerte) : il est
toutes les agressions susceptibles de l’altérer : chocs, important pour un emballage d’être repéré facilement.
chaleur, lumière, humidité ou sécheresse, perte de S’il n’est pas vu, il est clair qu’il ne sera pas pris.
gaz carbonique (pour les boissons gazeuses), etc. Exemple : A la suite d’un changement d’emballage,
Exemple : les paquets sous vide préservent l’arôme une marque de pâtes alimentaires a vu ses ventes
du café. baisser fortement. Une enquête a montré que cette
baisse venait de ce que le nouveau paquet, presque
- Commodité d’utilisation : l’emballage doit faciliter blanc, ne se voyait pas dans le linéaire.
la prise en main du produit (bouteilles d’huile en
forme de « sablier »), son renversement, son dosage - Reconnaissance : il faut qu’en regardant
(bec verseur des paquets de sucre en poudre) et son l’emballage, les consommateurs qui connaissent déjà
utilisation fractionnée, etc. la marque la reconnaissent facilement, sans même
avoir besoin de lire son nom.
- Facilité de transport, de stockage, de
rangement et d’élimination. Exemples : les packs - Identification : si un consommateur voit un produit
de bouteilles d’eau minérale munis de poignées qu’il ne connaît pas, il doit être capable, par un simple
facilitent le transport de ce produit relativement lourd, regard sur l’emballage, d’identifier la catégorie de
les boîtes de farine en carton rigide réduisent les produit dont il s’agit (une lessive pour lavage à la
risques de renversement du paquet dans les placards, main, du café décaféiné, etc.). En second lieu, si un
la bouteille Sabrine ou Evian s’écrase facilement consommateur connaît déjà une marque, il faut qu’il
lorsqu’elle est vide, et occupe alors moins de place puisse identifier facilement et rapidement par
dans la poubelle. l’emballage les différentes variétés de la gamme (Pour
le cas des yaourts ou des sachets de crème en
poudre, les fabricants identifient les différentes
variétés par des illustrations visuelles).
12
IV La marque
1. Définitions
Terme Définition
Un nom, un terme, un signe, un symbole, un dessin ou toute
combinaison de ces éléments servant à identifier les biens ou
Marque
services d’un vendeur ou d’un groupe de vendeurs et à les
différencier des concurrents.
National. Skip
ATTN. Certains noms
tels que Daewoo ou
Whirlpool sont
difficiles à prononcer
dans des langues Facile à
étrangères au pays Disponible prononce M. Propre
d’origine de la r Total
marque.
Utilisable
à l’étranger Mémorisable
Marque
Signal 2,
Tartine Originale Evocatrice Bnina,
et Epi d’Or
chocolat Nadhif
Déclinable
Lisible
13
3. La création d’un nom de marque
Etape Explication
Diagnostic du marché, de la cible, de la politique de marque de
1. Diagnostic
l’entreprise.
14
4. Les fonctions de la marque
Les fonctions de la marque sont nombreuses. On peut distinguer les fonctions pour
l’entreprise et les fonctions pour le consommateur.
15
5. Stratégie de marque
Un producteur peut opter pour l’une des principales stratégies de marque récapitulées dans le
tableau ci-dessous.
1
Ariel joue ce rôle pour une gamme de produits composée de Ariel concentré, Ariel Ultra, Ariel Liquide, Ariel
sans phosphates, etc.
2
Exemple : La société BIC, qui avait utilisé avec succès la formule de la marque ombrelle unique pour ses
stylos, ses briquets, ses rasoirs, a voulu la conserver lorsqu’elle a lancé un parfum. C’était sans doute une erreur,
dans la mesure où les parfums étaient très éloignés du territoire naturel de Bic et où les traits principaux de
l’image de marque de Bic (fonctionnalité, simplicité, prix bas) ne correspondaient pas aux principales attentes
des consommateurs en matière de parfums.
16
6. La gestion de la marque
Les entreprises sont, à un moment donné, confrontées à un choix concernant les marques.
Plusieurs options s’offrent à elles.
L’abandon d’une L’entreprise décide dans ce cas de Le groupe Mars a choisi d’abandonner
marque réduire le nombre de ses marques ses marques européennes Treets et
pour profiter de la notoriété d’une de Bonitos pour M&M’s.
ses marques.
En France, la marque des produits
frais Chambourcy a disparu des
emballages au profit de la marque
Nestlé, jusqu’alors réservée aux
produits d’épicerie sèche.
L’extension de L’entreprise utilise un nom qui a fait La marque de stylo à bille BIC s’est
marque ses preuves pour lancer un nouveau étendue aux briquets, aux rasoirs
produit. jetables, aux planches à voile et, avec
moins de succès, aux parfums
produits par le groupe.
17
18
CO M P LE M E N T DU CH A P IT R E
LA G E S T IO N DU P R O DUIT S E LO N
LE S P H A S E S DE S O N CYCLE DE VIE
Les produits ont une durée de vie limitée. Ils sont menacés par l’évolution et le progrès
technique, les progrès de la concurrence et l’évolution des goûts et besoins des clients.
L’histoire commerciale d’un produit peut souvent s’exprimer sous la forme d’une courbe
(voir ci-dessous) que l’on a coutume de découper en quatre phases analogues à celles de la vie
biologique à savoir: le lancement (la naissance), la croissance, la maturité et le déclin (ou la
mort).
D’autres schémas peuvent s’observer (voir le graphique ci-dessous). En effet, tous les
produits ne suivent pas le même cycle de vie. Certains ont un cycle avec des durées de phases
inégales ou moins de phases (par exemple, les gadgets1 ne connaissent pas la phase de
maturité).
Autres profils de cycle de vie
1
Un gadget est un article qui attire très vite l’attention, se diffuse immédiatement et disparaît presque aussitôt.
Les gadgets sont souvent adoptés par des gens qui recherchent l’originalité ou qui veulent montrer qu’ils sont
« dans le vent ». Il est difficile de prévoir la durée de vie d’un gadget. L’intérêt que leur accordent les médias
semble, parmi d’autres facteurs, un élément important de leur succès.
19
Une entreprise doit savoir en quelle phase de vie se trouve chacun des produits qu’elle offre.
Les décisions stratégiques et opérationnelles sont largement fonction de la position du
produit. Les caractéristiques et les incidences de chacune des phases du cycle de vie sur les
décisions stratégiques et opérationnelles sont récapitulées dans le tableau ci-dessous.
20
CHAPITRE
LA POLITIQUE DE PRIX
L a politique de prix d’une entreprise consiste à fixer les prix auxquels elle vendra ses
produits à ses différents clients. C’est au moment où elle lance un nouveau produit
qu’une entreprise doit en fixer une première fois le prix de vente. Mais elle peut ensuite
décider à tout moment de modifier ce prix, sauf dans les rares cas où elle est soumise à des
restrictions réglementaires.
La fixation du prix d'un produit constitue une décision au moins aussi importante que les
décisions concernant les autres composantes du marketing-mix. Toutes ces décisions
doivent donc être prises conjointement. Il peut même être souhaitable, lorsqu'on estime que
le prix de vente d'un produit jouera un rôle primordial dans son succès ou son échec, de
commencer par fixer ce prix, et d'en déduire ensuite les autres composantes du marketing-
mix, y compris les caractéristiques mêmes du produit.
La fixation du prix d’un produit est une décision importante et complexe qui prend en
compte de nombreux facteurs et différentes approches.
.
21
I Importance des décisions en matière de prix
La fixation du prix de vente d’un produit est une décision d’une importance primordiale en
raison de l’influence qu’exerce le prix à la fois sur le volume des ventes et sur la rentabilité
du produit.
Prix de vente
Effet psychologique
22
2. Influence du prix sur la rentabilité
Prix de vente
Le prix de vente exerce une influence complexe sur le volume des ventes et sur la marge
unitaire. D’une part, le prix influe sur le volume des ventes, à son tour, le volume des
ventes peut avoir une influence sur le prix de revient unitaire du produit : lorsque le
volume des ventes (et la production) augmente, le prix de revient unitaire à souvent
tendance à diminuer grâce aux économies d’échelle et à l’effet d’expérience. Il en résulte
qu’un prix de vente bas, pour un produit déterminé, peut fort bien se traduire par une
rentabilité supérieure à celle du prix élevé, par le biais d’un volume des ventes supérieur et
d’un prix de revient plus bas1.
1
Exemple : Le tableau suivant montre que pour un produit imaginaire, pour lequel l’élasticité de la demande
par rapport au prix et les économies d’échelle sont assez élevées, un prix de vente de 1 dinar (TND) est plus
rentable pour l’entreprise qu’un prix de 1,2 TND.
23
II. Facteurs à prendre en compte lors de la f ix at io n
du p r ix
1. Les objectifs
Objectif de gamme Le prix d'un produit peut avoir une influence sur la
vente d'autres produits. En effet, le prix d'un produit
Cohérence des prix pour l’ensemble déterminé peut augmenter ou faciliter les ventes
des produits de la gamme. d'autres produits de la même entreprise.
Comme ces objectifs ne sont pas toujours compatibles entre eux, l’entreprise doit
déterminer ses priorités.
24
2. Les contraintes
Les contraintes dont il faut tenir compte lors de la fixation du prix sont nombreuses et
d’origines variées.
Coûts de l’entreprise Le prix de vente d’un produit est lié à son prix de revient.
1
L’entreprise peut connaître les prix actuels des produits concurrents en procédant à des relevés de prix en
magasin ou en se procurant les tarifs (ou catalogues) des entreprises concurrentes. La prévision des décisions
futures des concurrents en matière de prix est plus difficile. Elle peut cependant se fonder sur l'analyse de
leurs coûts présumés de production ou sur l'analyse historique de la politique de prix qu'ils ont suivie dans le
passé.
25
III. Les méthodes de fixation du prix
26
2. Méthodes fondées sur l’offre
Pour fixer le prix de son produit, l’entreprise peut décider de se référer au prix pratiqué par
la concurrence.
La concurrence par les prix demeure une arme exceptionnelle. Beaucoup de producteurs
ont, pour plusieurs raisons, une aversion pour cette pratique et lui préfèrent la pratique des
conditions exceptionnelles (remises, ristournes, rabais,…) et des prix promotionnels qui
ont l’avantage d’être temporaires et n’engagent pas l’entreprise pour le long terme.
1
Comment s’effectue la détermination d’un écart de prix optimal par rapport aux concurrents ?
Si le produit de l’entreprise est d’une qualité supérieure à celui des concurrents, ou s’il jouit (ou si
l’entreprise prévoit qu’il jouisse après son lancement) d’une notoriété et d’une image meilleure que les leurs,
l’entreprise estimera dans ce cas, le supplément de prix maximal qu’elle demandera aux clients compte tenu
de ces avantages.
Si, en revanche, le produit est d’une qualité réelle ou perçue inférieure à celle des produits concurrents,
l’entreprise sera contrainte de fixer son prix à un niveau plus bas que le prix des concurrents pour compenser
ses handicaps. L’entreprise risque dans ce cas de voir ses concurrents baisser à leur tour leur prix (risque de
déclenchement d’une guerre de prix).
27
3. Méthodes fondées sur la demande
Ce concept a été élaboré par les économistes pour décrire et mesurer l'influence du prix de
vente d'un produit sur le volume de ses ventes, toutes choses étant égales par ailleurs.
L'élasticité relative e de la demande D par rapport au prix P est donnée par la formule:
Autrement dit, la valeur du coefficient d'élasticité est donnée par la variation (en
pourcentage) de la demande, provoquée par une variation de 1% du prix de vente.
Exemple : Au prix de 100 millimes, un produit a des ventes mensuelles de 1 000 unités.
Au prix de 110 millimes, ses ventes tombent à 850 unités. L'élasticité de la demande, entre
100 et 110 millimes, est donc de:
• e < 0 : cela signifie que la demande diminue lorsqu'on augmente le prix; il s'agit
dans ce cas de l'effet économique de frein à l'achat.
• e = 0 : la demande est constante quel que soit le prix; les exemples d'une telle
inélasticité sont rares, mais la demande de certains produits comme le pain, les
cigarettes ou l'essence s'en rapprochent.
• e>0 : une augmentation du prix conduit à une augmentation de la demande; ces cas
exceptionnels s'expliquent généralement soit par l'effet d'image, soit par l'influence
qu'exerce le prix sur la propension des distributeurs à pousser un produit.
Il est à noter qu’il y a des élasticités atypiques ; le prix et la demande varient dans le même
sens (Automobiles de luxe, Tableaux, Parfum...). Ces élasticités atypiques sont dues soit à
l’effet de snobisme (le bien a une forte valeur de signe social - effet de Veblen) soit à
l’effet qualité (la qualité attendue est directement liée au prix). La demande varie en sens
inverse. Cependant, cette variable est inégale selon les produits. Cette variation se mesure
par le coefficient d’élasticité de la demande par rapport au prix.
28
3.2. Le prix psychologique
C’est une méthode destinée à déterminer le prix ou la plage de prix qui est acceptable pour
le plus grand nombre de consommateurs.
Principe de
la méthode
§ Les déclarations des individus sur le prix maximal qu’ils seraient prêts à
payer, et plus encore sur le prix minimal au-dessous duquel ils ne
descendraient pas, ne sont pas toujours prédictives de leur
comportement réel au moment de l’achat.
§ Cette méthode ne prend pas en compte l’influence, sur le choix des
Limites de la
clients, des prix des produits concurrents. Or, rien ne prouve qu’un
méthode
consommateur qui juge « acceptable », par exemple, le prix de 5 dinars
pour un baril de lessive, achètera une marque à ce prix si, dans le
magasin, une autre marque lui est offerte à 4,5 dinars. Il en résulte que
la courbe d’acceptabilité des prix ne doit en aucun cas être confondue
avec la courbe d’élasticité de la demande du prix.
29
Exemple de calcul du prix psychologique
Monsieur Larbi est un fabriquant de jouets. Il veut connaître le prix psychologique d’une
nouvelle maisonnette en bois qu’il s’apprête à mettre sur le marché.
Monsieur Larbi a mené une enquête auprès de 200 acheteurs potentiels pour pouvoir
décider du prix auquel il vendra ce nouveau produit. Les personnes interrogées ont répondu
à deux questions :
Question 1 : Au-dessus de quel prix considérez-vous que ce produit soit trop cher ?
Question 2 : Au-dessous de quel prix considérez-vous que ce produit soit de mauvaise
qualité ?
Question 1 Question 2
90 0 60
100 0 48
110 0 22
120 10 16
130 20 20
140 14 16
150 20 8
160 36 8
170 44 2
180 56 0
Total 200 200
Le prix psychologique est de 140 puisque c’est à ce prix que le nombre d’acheteurs est
maximal (122 personnes soit 200 x 61%).
30
31
C O M P L E M E N T DU CH A P I T R E LES
S T R A T E G IE S DE PRIX
En fonction de ses objectifs et des contraintes qui s’imposent, l’entreprise doit définir sa
stratégie de prix. Cette stratégie n’est jamais figée et évolue tout au long du cycle de vie du
produit. Il existe différentes stratégies de prix.
Stratégie Stratégie
d’écrémage d’alignement sur
Stratégie de
la concurrence
pénétration
32
Stratégies lors du lancement d’un produit
Stratégie
Stratégie Stratégie de
Types de stratégie d’écrémage pénétration
d’alignement sur
la concurrence
33
II. Stratégies au cours de la vie d’un produit
Hausse ou Prix
baisse des prix différenciés
Types de stratégie Stratégie de baisse des prix Stratégie de hausse des prix
- Augmentation de la part de
marché.
Avantages recherchés - Augmentation de la rentabilité
- Augmentation du volume des
ventes
34
2. Prix différenciés
L’entreprise décide d’offrir des prix différents à ses cibles de clientèle pour divers motifs :
Ø accroître le chiffre d’affaires et la rentabilité ;
Ø toucher de nouvelles cibles de clientèle ;
Ø réguler la demande ;
Ø maîtriser les coûts ;
Ø lutter contre la concurrence.
Nature de la
Contenu et exemples
différenciation
35
III. Les modulations du prix de base
L’entreprise établit son tarif appelé barème de base. Des réduction ou des majorations de
prix peuvent être accordées en fonction des commandes et des prestations annexes
proposées.
36
CHAPITRE
LA POLITIQUE DE DISTRIBUTION
A u sens large, le terme « distribution » désigne l’ensemble des moyens et des opérations
permettant de mettre les biens et les services produits par les entreprises à la disposition
des utilisateurs ou consommateurs finaux. La distribution assure un ensemble de fonctions
économiques essentielles tant pour les producteurs que pour les consommateurs :
Ø transport et éclatement des produits (faire en sorte que des biens produits en un
endroit unique soient mis à la disposition d’un public géographiquement dispersé) ;
Ø assortiment, choix (réunir en un même endroit des produits, des modèles et des
marques diverses de manière à permettre aux clients, d’une part de procéder à
plusieurs achats avec un minimum de déplacements, d’autre part de faire des
comparaisons et des choix entre plusieurs objets répondant à un besoin déterminé) ;
Ø information, conseil, service après-vente (faciliter et éclairer les choix des clients, et
les aider dans l’utilisation et l’entretien des produits qu’ils ont acheté) ;
Ø financement (les intermédiaires de la distribution financent les entreprises de
production en leur achetant et en stockant pendant un certain temps des marchandises
qui viennent d’être produites et qui ne seront pas immédiatement vendues au client
final).
Circuits de distribution
Producteur
Clients finaux
37
Le premier échelon d’un circuit de distribution est toujours la force de vente propre à
l’entreprise. Celle-ci se compose d’agents dépendants directement de l’entreprise : directeur
commercial, chef des ventes, représentants et vendeurs salariés, etc. A ce premier échelon,
viennent souvent s’ajouter des intermédiaires de la distribution (des agents extérieurs) tels
que : représentants indépendants, courtiers, grossistes, centrales d’achat, détaillants, etc.
38
I Le choix des circuits de distribution
39
2 Les critères de choix des circuits de distribution
L’entreprise doit se poser les questions suivantes pour chacun des canaux
qu’elle pourrait envisager de retenir :
Caractéristiques, - Quel est le nombre et quelle est la répartition géographique des
comportements entreprises appartenant à ce canal ?
et attentes des - Dans quelle mesure les entreprises constituant ce canal possèdent-elles
canaux de le personnel, les équipements et les compétences techniques nécessaires
distribution à la distribution du produit ?
disponibles - Dans quelle mesure les habitudes, les règles de gestion et les attentes
(financières ou autres) de ces entreprises sont-elles compatibles avec la
politique de marketing du producteur.
Ressources Selon les ressources financières dont elle dispose, une entreprise pourra ou
et puissance de ne pourra pas envisager de prendre à sa charge une partie des fonctions de
l’entreprise la distribution.
40
3 Les étapes de mise en place d’un circuit de distribution
Mettre en place un système de distribution comporte plusieurs étapes : étudier les besoins de la clientèle,
définir les objectifs poursuivis et les contraintes, identifier les solutions et les évaluer.
Etapes Explications
Il s'agit de comprendre qui achète quoi, où, quand comment et pourquoi dans le
marché visé. Les attentes s'expriment le plus souvent à travers cinq
dimensions fondamentales :
L'étude des
* Le volume unitaire d'achat (quantité souhaitée à chaque achat) ;
besoins
* le délai (séparant la commande de la livraison) ;
* l'endroit (trouver ce qu'on désire dans des endroits multiples) ;
* le choix (plus il est étendu, plus le service s'accroît) ;
* le service (crédit, livraison, installation, réparation).
Chaque producteur doit concevoir ses objectifs de distribution à partir des
principales contraintes qui lui sont imposées pour les produits, les
intermédiaires, les concurrents, la politique de l'entreprise et l'environnement;
* caractéristiques du produit (périssable ? volumineux ? standardisé? haut de
gamme ?)
* caractéristiques des intermédiaires (les intermédiaires n'ont pas les mêmes
La définition aptitudes à assumer des fonctions aussi variées que le transport, la promotion,
des objectifs et
le stockage et le contact avec le client, pas plus qu'ils n'ont les mêmes
des
exigences en matière de crédits, de remises et de délais) ;
contraintes
* caractéristiques des concurrents (est-ce qu'on va établir un contact direct
avec la concurrence ou, au contrainte on va éviter la concurrence) ;
* caractéristiques de l'entreprise (taille, puissance financière, gamme de
produits, expérience en matière de distribution, réputation, stratégie
marketing) ;
* caractéristique de l'environnement (conjoncture économique, réglementation,
droits tarifaire, etc.).
L'évaluation Après avoir identifié les systèmes de distribution possibles, le producteur doit
des solutions décider lequel d'entre eux répond le mieux aux objectifs de l'entreprise.
41
II La gestion de la force de vente
Les entreprises utilisent une force de vente propre, composée de vendeurs ou représentants,
soit pour vendre directement aux clients finaux, soit pour vendre aux intermédiaires de la
distribution (grossistes, détaillants,…). Le volume des ventes et les résultats des entreprises
dépendent pour une large part de l’efficacité et du dynamisme de leur force de vente. C’est
pourquoi celle-ci constitue un volet important de la politique de distribution. La gestion de la
force de vente comporte quatre aspects principaux :
Ø Définition des tâches précises qui seront confiées aux vendeurs et sélection de ces
derniers.
Ø Détermination du nombre de vendeurs requis et de leur affectation (répartition
géographique, répartition par produits, répartition par clientèles ou répartition par
tâches).
Ø Décision quant au statut juridique des vendeurs (représentant multicartes1 ou
représentants exclusifs) et leur rémunération (commissions, salaire fixe, primes,…).
Ø Formation, animation (stimulation) et contrôle de la force de vente.
La gestion des relations avec les intermédiaires de la distribution comporte deux volets
principaux :
1
Les multicartes sont des vendeurs qui représentent simultanément plusieurs entreprises de
production, généralement non concurrentes entre elles mais s’adressant aux mêmes clients. Ces
représentants, qui jouissent d’une assez large autonomie par rapport aux entreprises qu’ils
représentent, sont plutôt des intermédiaires de la distribution (des agents extérieurs à l’entreprise).
42
43
CHAPITRE
LA POLITIQUE DE COMMUNICATION
C ommuniquer c’est émettre des informations dans le but d’obtenir de la part des
récepteurs une modification de leur comportement ou de leurs attitudes. Ces
récepteurs peuvent être externes ou internes à l’entreprise. Les récepteurs externes peuvent
être commerciaux (clients actuels ou potentiels, distributeurs, prescripteurs) ou non
commerciaux (journalistes, partenaires administratifs, milieux boursiers ou financiers,…).
Les récepteurs à l’intérieur de l’entreprise sont la force de vente, les salariés et les
actionnaires. L’on distingue entre :
Ø la communication institutionnelle (ou corporate) qui porte sur l’entreprise elle-
même et a pour finalité la création et la gestion de l’image de marque de
l’entreprise ;
Ø la communication de marque qui vise à créer et gérer l’image de la marque ;
Ø la communication de produit dont l’objectif est de faire connaître, aimer ou acheter
le produit.
44
I La publicité
1. Définition
45
3. Les vecteurs de l’action publicitaire
46
II La promotion des ventes
1. Définition
La promotion des ventes est l’ensemble des techniques utilisées exceptionnellement dans
la vie d’un produit pour un public déterminé (consommateurs, distributeurs, prescripteurs,
force de vente) afin de développer à court terme les ventes tout en conciliant l’intérêt du
consommateur et le profit de l’entreprise.
47
3. Les techniques de la promotion des ventes
Technique Définition
Réduction des prix
(ou plus de produit Baisse temporaire du prix de vente du produit.
pour le même prix)
Titre de remboursement remis au consommateur sur le
Couponnage conditionnement du produit, ou en porte à porte, ou en encart
presse, ou par voie postale, ou sur le lieu de vente.
Consiste à vendre deux articles de nature différente à un prix
Ventes jumelées total inférieur à la somme de chacun d’eux s’ils étaient vendus
séparément.
Primes :
- Directe Remise gratuite d’un article ou d’un service différent du produit
vendu, au moment de l’achat.
- Différée La remise gratuite est différée par rapport à l’achat (par exemple
en collectionnant des preuves d’achat).
- Contenant Le conditionnement du produit est réutilisable.
- Auto payante Vente d’un produit à un prix réduit contre une ou des preuves
d’achat d’un autre produit.
Opérations permettant aux participants d’espérer un gain par la
Loteries, jeux
voie du hasard.
Opération permettant aux participants de gagner des lots en
nature ou en espèces grâce à leur participation à des épreuves
Concours
nécessitant des recherches, du bon sens ou l’atteinte de certains
résultats (dans le cas de la force de vente ou des distributeur).
Remise gratuite d’une quantité de produit strictement nécessaire
Echantillon
pour permettre à celui qui le reçoit d’en apprécier la qualité.
Publicité sur lieu de Techniques qui valorisent la présentation du produit sur le lieu de
vente vente.
Information Communication d’éléments permettant aux publics concernés de
Formation produit(s) mieux connaître les produits qu’ils vendent.
Stimulants destinés à inciter ceux à qui ils sont destinés à vendre
Incitations financières
davantage.
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4. Les conditions d’efficacité d’une action promotionnelle
Pour être efficace, une action promotionnelle doit respecter les conditions suivantes :
1. Définition
Le marketing direct est une communication qui s’adresse individuellement (et le plus
souvent nominativement) à un ensemble de récepteurs sélectionnés pour leur présenter un
produit, un service ou une proposition dans le but d’obtenir une réponse ou d’engendrer
une action.
2. Domaines d’application
Outil Caractéristiques
Publipostage
Publipostage commun à deux ou plusieurs entreprises vendant des produits
groupé
complémentaires à la même cible de clientèle.
(busmailing)
ISA : Imprimé sans
Document publicitaire distribué dans les boîtes à lettres.
adresse
Utilisation du colis envoyé à la clientèle par une autre entreprise qui y
Asile-colis
glisser des cartes–réponses.
Annonce-presse
Publicité par voie de presse accompagnée d’un coupon-réponse à
avec coupon-
retourner.
réponse
Télex
Envoi de messages ou de documents d’entreprise à entreprise.
Télécopie
1
Exemple d’utilisation : Carrefour a mis en place une opération paneuropéenne de marketing SMS pour le
compte de Gillette à l'occasion du lancement du nouveau rasoir Gillette Mach 3 Turbo dans onze pays
(Belgique, Espagne, France, Grèce, Italie, Pologne, Portugal, République Tchèque, Slovaquie, Suisse et
Turquie). Le groupe de distribution a lancé un jeu-concours par mini-messages qui permet de faire gagner
des rasoirs nouvelle génération de Gillette dans les magasins. "Le mode de communication par SMS est très
différenciant, argumente Emmanuel Déchelette, responsable de la direction marketing et marchandise du
groupe Carrefour. Il permet d'afficher une certaine modernité en terme d'image de marque. De plus, le SMS
permet de toucher le coeur de cible de Gillette : les 15-35 ans." L'expérience est d'autant plus intéressante
qu'il s'agit d'une première internationale pour Carrefour. Le montant de l'investissement dédié à cette
opération n'est pas communiqué. Une première session du jeu SMS a eu lieu au Portugal en fin du mois de
janvier 2003. Elle s’est étalée sur quinze jours. Le principe est simple : le consommateur est invité à répondre
par SMS à une question relative aux produits Gillette. L'énigme est diffusée dans des encarts publicitaires
dans la presse faisant mention du jeu SMS Carrefour-Gillette. Elle apparaît également dans des prospectus
publicitaires distribués dans les magasins. Après avoir envoyé sa réponse par SMS, le consommateur reçoit
un message de la part de Carrefour pour lui indiquer s'il fait partie des heureux gagnants.
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IV Les relations publiques
V Le sponsoring et le mécénat
Sponsoring Mécénat
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