Chapitre I
Introduction
I.1. Définition
La construction mécanique est l'ensemble des activités, méthodes et techniques liées aux tâches
suivantes :
la conception de machines, de dispositifs et de mécanismes ;
le calcul de résistance des éléments qui composent les différents assemblages [1-5].
I.2. Matériaux utilisés en construction mécanique
Les principaux matériaux de construction mécanique se divisent en quatre catégories :
Métaux ferreux (fontes et aciers) ;
Métaux non ferreux (aluminium, cuivre, zinc et leurs alliages) ;
Matières plastiques (thermoplastiques et thermodurcissables) ;
Composites.
I.2.1. Métaux ferreux (fontes et aciers) : Ils se composent essentiellement du fer, du carbone et
d’autres éléments d’addition.
Fontes grises et fontes malléables : Elles sont les produits du haut fourneau (première
fusion) ou du four électrique (deuxième fusion). Leur masse volumique est de 7150 Kg/m3.
Leurs teneurs en carbone varient de 2,5 à 4,7%.
Aciers (non alliés, faiblement alliés et fortement alliés) : Ils sont des produits
métallurgiques obtenus par fusion (jusqu’à 1500°C) au four Thomas (qualité courante), au
four Martin (bonne qualité), au creuset ou au four électrique (qualité supérieure). Leur teneur
en carbone est inférieure à 2,4%. Leur module de Young varie de 200000 à 220000 N/mm 2 et
leur masse volumique est égale à 7800Kg/m3.
Aciers non alliés d’usage général (soudage, moulage et forgeage) : Ces aciers se
composent essentiellement du fer et du carbone. Ex: S185 (A33), S235 (E24), E295 (A50),
E335 (A60), C35 (XC38), C40 (XC42), C45 (XC48)…
Aciers faiblement alliés de visserie et accessoires (boulons, rondelles, roulements…) :
Aucun des éléments d’addition ne dépasse 5%. Le pourcentage de carbone est multiplié par
cent (100). Les pourcentages des éléments suivants : Co, Cr, Mn, Ni, Si, et W sont multipliés
par quatre (4). Les pourcentages des autres éléments sont multipliés par dix (10). Ex : 100Cr6
(1% de carbone, 1,5 % de chrome et 97,5% de fer), 36NiCrMo16 (35NCD16), 51Si7 (51S7)…
Aciers fortement alliés (aciers à outils et aciers inoxydables) : Au moins un élément
d’addition atteint ou dépasse 5%. Ex : X38CrMoV5-1 (0,38% de carbone, 5% de chrome, 1%
de molybdène, quelques traces de vanadium et plus de 90% de fer), X100CrMo17
(Z100CD17), X30Cr13 (Z30C13), X120Mn12 (Z120M12), X5CrNi18-10 (Z6CN18-10)…
I.2.2. Métaux non ferreux : Ces métaux ne contiennent pas du fer. On cite principalement
l’aluminium et ses alliages, le cuivre et ses alliages et le zinc et ses alliages.
Aluminium et ses alliages : Leur masse volumique est de 2650 Kg/m3. Ils sont utilisés
principalement en aéronautique, en charpente, en menuiserie, en robinetterie, en carrosserie et
citernes… Ex : AS13 [AlSi13] (alpax : 13% de silicium et 87% d’aluminium), AU4G
[AlCu4Mg] (duralumin), AG3M [AlMg3Mn] (duralinox), AG6 [AlMg6] (alumag).
1/11
Cuivre et ses alliages : Leur masse volumique est de 8960 Kg/m3. Ils sont utilisés pour les
installations électriques, coussinets, chemises, segments et bagues… Ex : CuSn8P (bronze),
CuZn39Pb2 (laiton), CuZn20Ni15Pb1 (maillechort)…
Zinc et ses alliages : Leur masse volumique est de 7145 Kg/m3. Ils sont utilisés pour les
carburateurs, les compteurs… Ex : ZA4G [ZnAl4Mg] (zamak), kalem (zinc+aluminium)…
Le tableau I.1 illustre quelques caractéristiques physicochimiques des métaux usuels.
N° Métal Symbole Masse vol. à Température Résistivité Coefficient
chimique 20°C de fusion élec. (10- de Poisson
(Kg/m3) (°C) 8Ωm)
1 Aluminium Al 2700 660 2,85 0,34
2 Argent Ag 10500 962 1,59
3 Cadmium Cd 8650 321 7,3
4 Chrome Cr 7190 1857 12,9
5 Cobalt Co 8900 1495 9,8
6 Cuivre Cu 8960 1083 1,72 0,33
7 Etain Sn 7310 232 11,5
8 Etain
(blanc)(gris) Sn 5750 232 11,5
9 Fer Fe 7870 1535 10 0,21-0,259
10 Gadolinium Gd 7890 1311 140,5
11 Magnésium Mg 1740 650 4,6 0,35
12 Manganèse Mn 7430 1245 185
13 Molybdène Mo 10220 2617 6,7
14 Nickel Ni 8900 1453 7,8
15 Or Au 19300 1064 2,44 0,42
16 Platine Pt 21450 1772 22
17 Plomb Pb 11360 327 10 0,44
18 Titane Ti 4540 1660 42 0,34
19 Tungstène W 19300 3410 6,6
20 Vanadium V 6110 1890 24,8
21 Zinc Zn 7140 420 5,8 0,21
Tableau I.1. Caractéristiques physicochimiques des métaux
I.2.3. Matières plastiques : Les matières plastiques se répartissent en deux familles :
thermoplastiques et thermodurcissables.
Thermoplastiques : peuvent être remis en forme plusieurs fois. Ils sont utilisés pour les
revêtements des câbles, pour les jouets et les joints… Ex : PVC (polychlorure de vinyle), PS
(polystyrène), Nylon (polyamide), PTFE (téflon)…
Thermodurcissables : ne peuvent être mis en forme qu’une seule fois. Ils sont utilisés pour
les poignées, les règles à calcul, les boîtiers et carters… Ex : Bakélite (phénoplastes), Araldite,
polyesters…
I.2.4. Composites : sont la synergie d’au moins deux matériaux différents. Ils sont des matériaux
modernes utilisés principalement dans l’industrie automobile (pare-chocs et carrosserie), en médecine
(prothèses) et en aviation (Airbus A380).
I.3. Propriétés des matériaux utilisés en construction mécanique
2/11
I.3.1. Matériau homogène : Un matériau homogène doit être de même nature dans toute sa masse.
Il est défini comme une unité de matière, de composition uniforme, qui ne peut pas être séparée
mécaniquement en différents matériaux.
Le terme « séparer mécaniquement » signifie que les substances peuvent, en principe, être séparées
par des moyens mécaniques du type : coupage, broyage, arrachement et procédés abrasifs [1-5].
Exemples de matériaux homogènes : plastiques, céramiques, verre, alliages, papier, résine, traitement
de surface.
Un câble électrique, composé de fils métalliques entourés des matériaux d’isolation non métalliques,
est un exemple de matière « non homogène », car les matériaux peuvent être démontés
mécaniquement. Dans ce cas, les valeurs limites prévues par la directive s’appliquent à chacun de ces
matériaux pris individuellement.
Le contraire de l’homogène est l’hétérogène.
I.3.2. Matériau isotrope : Un matériau est dit isotrope si ses propriétés mécaniques sont identiques
dans toutes les directions (son module de Young, son coefficient de poisson sont constants) [1-5].
On considère généralement les métaux comme étant isotropes statistiquement, c’est-à-dire à l’échelle
macroscopique.
Cependant après certains procédés de fabrication comme le laminage ou le forgeage, un acier devient
anisotrope.
Le bois est par contre anisotrope : ses propriétés mécaniques dépendent de la direction d’application
des contraintes en raison de sa constitution fibreuse.
Un matériau présentant 2 directions perpendiculaires pour ses caractéristiques est dit orthotrope.
Les matériaux composites sont parfois volontairement rendus anisotropes par l'ajout de fibre pour
améliorer leurs propriétés dans une seule direction.
L’isotropie caractérise l’invariance des propriétés physiques ou mécaniques d’un milieu en fonction
de la direction.
Le contraire de l’isotrope est l’anisotrope.
I.3.3. Matériau parfaitement élastoplastique : Il se caractérise par un état où son module de
Young devient nul.
I.3.4. Matériau parfaitement plastique inélastique : Ce corps cède et se déforme sous une
contrainte donnée d’une façon brutale (pâte à modeler, argile humide).
I.3.5. Matériau incompressible : L’incompressibilité se caractérise par la résistance interne d’un
corps à changer son volume localement quand il est soumis à un champ de déformation : le volume
du corps reste inchangé lors des déformations. Ces matériaux sont dits incompressibles. Le
caoutchouc (ayant un coefficient de poisson : ν = 0,5) est un exemple de matériau incompressible.
I.3.6. Frottement : On parle de frottement entre deux pièces en contact lorsqu’il y a mouvement
relatif d’une pièce par rapport à une autre.
Le frottement représente la résistance mécanique au glissement relatif entre deux solides en contact.
On appelle angle de frottement φ, la valeur limite de l’angle d'inclinaison de la force de contact au-
delà de laquelle l’équilibre sera rompu. Lorsque la force est inclinée de l’angle φ, on est dans le cas de
l’équilibre «limite». On parle de contact avec adhérence.
Le coefficient de frottement se définit par la relation :𝑓 = 𝑡𝑔𝜑
Le coefficient de frottement dépend des matériaux en contact et de la rugosité des surfaces en
contact.
La limite dans laquelle doit se trouver la force de contact pour qu’il y ait adhérence, est définie en
traçant le cône de frottement de demi-angle au sommet φ. L’axe du cône de frottement est porté par
la normale 𝑛⃗ au plan tangent commun.
3/11
Les figures I.1 (a, b et c) présentent les trois cas du cône (adhérence/frottement). La force dans la
figure I.1 a, est à l’intérieur du cône (pas de mouvement : adhérence). Dans la figure I.1 b, la force est
sur le cône (cas limite). Dans la figure I.1 c, on a un mouvement (frottement) et la force est sur le
cône.
Fig. I.1. Cône (adhérence/frottement)
I.3.6.1. Résistance au roulement : Lors du roulement, l’élément roulant déforme la surface sur
laquelle il roule. L’action de contact prend donc l'orientation que montre la figure I.2. Le coefficient
de roulement (résistance au roulement) est donné par une distance δ entre la position théorique et
réelle du point de contact A de la figure I.3.
Fig. I.2. Orientation de l’action de contact Fig. I.3. Coefficient de roulement
A l’équilibre, on a : 𝑇 • 𝑅 = 𝛿 • 𝑁
Pour qu’il y ait un roulement sans glissement, il faut que : 𝑓 • 𝑅 > 𝛿
Si au contraire, on a : 𝑓 • 𝑅 < 𝛿, on aura un glissement sans roulement. C’est le cas du patinage des
roues d’un véhicule, enfoncées dans le sable ou la boue.
I.3.6.2. Moment de frottement relatif à un tourillon transversal : il est donné par :
𝑀𝑓𝑟𝑜𝑡𝑡 = 𝑃 • 𝑟 • 𝑓
Avec :
𝑃 : poussée exercée (N) ;
𝑟 : rayon du tourillon (mm) ;
𝑓 : coefficient de frottement des surfaces en contact.
I.3.6.3. Moment de frottement relatif à un tourillon d’appui (longitudinal) : il est donné par :
4/11
2
𝑀𝑓𝑟𝑜𝑡𝑡 =𝑃•𝑟•𝑓
3
I.3.7. Adhérence : On parle d’adhérence entre deux pièces en contact lorsqu’il n’y a pas de
mouvement relatif d’une pièce par rapport à une autre (emmanchement forcé ou ajustement serré).
I.4. Sollicitations
I.4.1. Sollicitations élémentaires
Le tableau I.2 présente les principales sollicitations élémentaires.
Type Commentaire Exemple
Allongement longitudinal, on tire de
Traction Barre de remorquage
chaque côté
Raccourcissement, on appuie de Poteau supportant un
Compression
chaque côté plancher
Cisaillement Glissement relatif des sections Goujon de fixation
Rotation par glissement relatif des Arbre de transmission d’un
Torsion
sections droites moteur
Fléchissement sans allongement des
Flexion simple Planche de plongeoir
fibres contenues dans le plan moyen
Flexion pure ou Fléchissement sans effort tranchant Partie de poutre entre deux
circulaire dans certaines zones charges concentrées
Tableau I.2. Sollicitations élémentaires [1-5]
I.4.2. Sollicitations composées
Le tableau I.3 illustre les principales sollicitations composées.
Type Commentaire Exemple
Soudure d’angle, boulon
Cisaillement et traction
précontraint
Cisaillement et compression Pile de pont en rivière navigable
Flexion et traction Flexion composée Vis
Le flambage
Flexion et compression provoque les mêmes Poteau d'angle
effets
Flexion et torsion Arbre de transmission
Tableau I.3. Sollicitations composées [1-5]
I.5. Critères de résistance
Les critères de résistance à une sollicitation donnée se résument à la condition suivante :
La contrainte maximale doit être inférieure ou égale à la contrainte admissible.
La contrainte admissible dépend de l’importance du mécanisme, du matériau utilisé et du coefficient
de sécurité à adopter.
Les critères de résistance les plus connus sont les critères de Maxwell (1865), de Huber (1904), de
Rankine, de Mohr-Caquot, de Prandtl-Reuss, de Coulomb, d’Euler, de Hencky, de Tresca-Guest et
de Von-Mises, etc.
5/11
De nombreux essais ont montré que l'on pouvait utiliser deux critères principaux : Tresca et Von-
Mises.
Pour une sollicitation composée (flexion+cisaillement ou flexion+torsion), on introduit la notion de
contrainte équivalente :
Le critère de Tresca se traduit par :
2
𝜎é𝑞 = √𝜎𝑓𝑀𝑎𝑥 + 4 • 𝜏2
Le critère de Von-Mises se traduit par :
2
𝜎é𝑞 = √𝜎𝑓𝑀𝑎𝑥 + 3 • 𝜏2
Pour effectuer un calcul simple, on préfère utiliser le critère de Tresca.
I.6. Contraintes admissibles
Il est très intéressant, en construction mécanique, de comparer les contraintes obtenues sur une
structure (après mesures ou par le calcul) aux caractéristiques du ou des matériaux qui la constituent
(par exemple sa limite d’élasticité) [1-5].
I.6.1. Contrainte normale admissible [𝛔] : En traction, en compression, en flexion, au matage,
cette contrainte ne doit pas être dépassée.
𝜎𝑒
Selon Rankine (matériaux fragiles : fonte, verre…), 𝜎𝑀𝑎𝑥 ≤ [𝜎] ; [𝜎] = ; 𝜎𝑒 = 𝑅𝑒 : Limite
𝑠
d’élasticité en MPa et 𝑠 : coefficient de sécurité (sans dimension).
I.6.2. Contrainte tangentielle admissible [𝛕] : En cisaillement et en torsion, cette contrainte ne
doit pas être dépassée.
Selon Tresca (matériaux ductiles : acier, aluminium, cuivre…), 𝜏𝑀𝑎𝑥 ≤ [𝜏]
I.6.3. Contrainte équivalente : On parle de contrainte équivalente lorsqu’il s’agit des sollicitations
composées (cisaillement et traction, cisaillement et compression, flexion et traction, flexion et
compression, flexion et torsion…).
I.7. Conditions de résistance à n’importe quelle sollicitation
La contrainte maximale doit être inférieure ou égale à la contrainte admissible.
I.7.1. Sollicitations simples
I.7.1.1. Condition de résistance à la traction / compression
La contrainte normale maximale doit être inférieure ou égale à la contrainte normale admissible :
𝜎𝑀𝑎𝑥 ≤ [𝜎]
La contrainte normale maximale est donnée par la formule :
𝐹
𝜎𝑀𝑎𝑥 =
𝑆
Avec :
𝐹 : force normale appliquée en N ;
𝑆 : section droite de l’arbre en mm2 ;
6/11
𝑠 : coefficient de sécurité (sans dimension);
𝜎𝑒
[𝜎] : contrainte normale admissible de l’arbre en N/mm2, [𝜎] = ;
𝑠
𝜎𝑒 : limite d’élasticité de l’arbre en en N/mm2 ;
𝜎𝑀𝑎𝑥 : contrainte normale maximale en N/mm2.
I.7.1.2. Condition de résistance au cisaillement
La contrainte tangentielle maximale doit être inférieure ou égale à la contrainte tangentielle
admissible : 𝜏𝑀𝑎𝑥 ≤ [𝜏]
La contrainte tangentielle maximale est donnée par la formule :
𝐹
𝜏𝑀𝑎𝑥 =
𝑆
Avec :
[𝜏] : contrainte tangentielle admissible de l’arbre en en N/mm2 ;
𝜏𝑀𝑎𝑥 : contrainte tangentielle maximale en N/mm2.
I.7.1.3. Condition de résistance à la torsion (cas d’un arbre court plein)
La contrainte tangentielle maximale doit être inférieure ou égale à la contrainte tangentielle
admissible :
𝜏𝑀𝑎𝑥 ≤ [𝜏]
La contrainte tangentielle maximale est donnée par la formule :
𝑀𝑡
𝜏𝑀𝑎𝑥 =
𝐼
( 0)
𝑣
𝜋 • 𝐷4
𝐼0 =
32
𝐷
𝑣=
2
Le diamètre de l’arbre est donné par la formule :
3 16𝑀
𝐷≥√ 𝑡
𝜋•[𝜏]
Avec :
𝐷 : diamètre de l’arbre en mm ;
𝐼0 : moment quadratique polaire en mm4 ;
𝑀𝑡 : moment (couple) de torsion en mmN ;
𝑣 : distance entre l’axe neutre et la fibre extérieure en mm.
I.7.1.4. Condition de résistance à la torsion (cas d’un arbre court creux)
Dans ce cas, le moment quadratique polaire est donné par la formule :
𝜋 • (𝐷 4 − 𝑑 4 )
𝐼0 =
32
La contrainte tangentielle maximale est donnée par la formule :
7/11
𝑀𝑡 16𝑀𝑡 • 𝐷
𝜏𝑀𝑎𝑥 = 4 4 =
𝜋 • (𝐷 − 𝑑 ) 𝜋 • (𝐷 4 − 𝑑 4 )
( 32 )
𝐷
2
Avec :
𝐷 : diamètre extérieur de l’arbre en mm ;
𝑑 : diamètre intérieur de l’arbre en mm.
I.7.1.5. Condition de résistance à la flexion (cas d’un arbre long plein)
La contrainte normale maximale doit être inférieure ou égale à la contrainte normale admissible :
𝜎𝑀𝑎𝑥 ≤ [𝜎]
La contrainte normale maximale est donnée par la formule :
𝑀𝑓𝑀𝑎𝑥
𝜎𝑀𝑎𝑥 =
𝐼
( )
𝑣
Le moment quadratique axial (de flexion) est donné par :
𝜋 • 𝐷4
𝐼=
64
Le diamètre de l’arbre est donné par la formule :
3 32𝑀𝑓𝑀𝑎𝑥
𝐷≥√
𝜋 • [𝜎 ]
Avec :
𝐷 : diamètre de l’arbre en mm ;
𝐼 : moment quadratique axial (relatif à la flexion) en mm4 ;
𝑀𝑓𝑀𝑎𝑥 : moment fléchissant maximal en mmN.
I.7.1.6. Condition de résistance à la flexion (cas d’un arbre long creux)
Le principe de calcul est le même. Mais dans ce cas, le moment quadratique axial correspondant est
donné par la formule :
𝜋 • (𝐷 4 − 𝑑 4 )
𝐼=
64
I.7.2. Sollicitations composées
I.7.2.1. Condition de résistance à la flexion composée (flexion et traction)
La contrainte normale maximale doit être inférieure ou égale à la contrainte normale admissible :
𝜎𝑁𝑀𝑎𝑥 ≤ [𝜎]
La contrainte normale maximale est donnée par la formule :
𝜎𝑁𝑀𝑎𝑥 = 𝜎𝑓𝑀𝑎𝑥 + 𝜎𝑡𝑟𝑎𝑐𝑡𝑖𝑜𝑛
𝑀𝑓𝑀𝑎𝑥 𝐹
𝜎𝑓𝑀𝑎𝑥 = 𝐼 ; 𝜎𝑡𝑟𝑎𝑐𝑡𝑖𝑜𝑛 =
( ) 𝑆
𝑣
8/11
I.7.2.2. Condition de résistance à la torsion et flexion (cas d’un arbre long plein)
La contrainte maximale relative à cette sollicitation est donnée par la formule (selon Tresca):
𝑀𝑖 2
𝜎é𝑞 = 𝐼 ; 𝑀𝑖 = √𝑀𝑓𝑀𝑎𝑥 + 𝑀𝑡2
( )
𝑣
Le diamètre de l’arbre est donné par la formule :
3 32𝑀𝑖
𝐷≥√
𝜋 • [𝜎 ]
Avec 𝑀𝑖 : moment idéal (moment résultant) en mmN.
I.7.2.3. Condition de résistance à la torsion et flexion (cas d’un arbre long creux)
Le principe de calcul est le même. Mais dans ce cas, il faut prendre en considération le moment
quadratique axial relatif à un arbre creux.
Si un arbre subit une sollicitation composée (traction+flexion+torsion), la contrainte
équivalente sera :
2
𝜎é𝑞 = √(𝜎𝑡𝑟 + 𝜎𝑓𝑀𝑎𝑥 ) + 4 • 𝜏 2
Conclusion : On adoptera toujours la solution optimale.
I.8. Moments d’inertie de quelques formes usuelles de la section droite des poutres
I.8.1. Moment quadratique polaire (moment d’inertie en torsion)
Le tableau I.4 illustre le moment quadratique polaire (moment d’inertie en torsion) de quelques
formes usuelles de la section droite des poutres.
Forme Moment quadratique Forme Moment
de la section droite polaire de la section droite quadratique polaire
Cercle Anneau
y
y
𝜋•𝑑 4 𝜋(𝐷4 − 𝑑𝑖4 )
z 𝐼0 = 𝐼0 =
32 z 32
Carré Carré creux
y
y
𝑎04 z
z 𝐼0 = 𝑎04 −𝑎𝑖4
6 𝐼0 =
6
Tableau I.4. Moment quadratique polaire
I.8.2. Moment quadratique axial (moment d’inertie en flexion)
9/11
Le tableau I.5 présente le moment quadratique axial (moment d’inertie en flexion) de quelques
formes usuelles de la section droite des poutres.
Forme Moment quadratique Forme Moment
de la section droite axial de la section droite quadratique axial
Cercle Anneau
y
y
𝜋(𝐷 4 − 𝑑𝑖4 )
𝜋𝑑 4 𝐼=
z 𝐼= 64
64 z
Rectangle Rectangle creux
y
y
𝑏0 ℎ3 𝑏0 ℎ3 − 𝑏𝑖 ℎ𝑖3
𝐼= z 𝐼=
z 12 12
Carré Carré creux
y
y
𝑎04 z 𝑎04 − 𝑎𝑖4
z 𝐼= 𝐼=
12 12
Tableau I.5. Moment quadratique axial
I.9. Interchangeabilité
L’interchangeabilité (standardisation ou normalisation) est l’aptitude d’une pièce à être remplacée par
une autre pour accomplir la même fonction.
I.9.1. Avantages
Ses principaux avantages sont :
Réduction des produits à fabriquer
Facilité de gestion des stocks
Gain de temps
Réduction du prix de revient des pièces standards
I.9.2. Inconvénients
Son principal inconvénient est la contrefaçon.
10/11
I.10. Utilisation et limites d’élasticité σe de quelques métaux (après certains traitements
thermiques)
Le tableau I.6 montre l’utilisation de quelques métaux et leurs limites d’élasticité. Pour le calcul de
résistance on prendra en compte un coefficient de sécurité.
Métaux Utilisation σe, MPa
C15 Pièces cémentées 500
C30 Bielles, crémaillères, visserie, … 580
C45 Pivots, engrenages, … 650
10Si6 Ressorts 1350
X50Cr14 Matrices, … 1350
X10Cr16 Acier inoxydable pour coutellerie, … 550
36NiCrMo16 BV, vilebrequins, … 1275
20NiCr6 Clavettes, arbres cannelés et vilebrequins 980
45SiCrMo6 Ressorts, anneaux élastiques, … 1370
AlSi13 : alpax Poulies, … 100
AlCu4Mg : duralumin Aéronautique 300
AlMg5 : duralinox Citernes, … 350
CuSn8P : bronze Bagues, douilles, segments, chemises, … 390
CuZn39Pb2 : laiton Pièces décolletées 200
CuNi26Zn17 : maillechort Résistances électriques 400
ZnAl4Mg : zamak3 Carburateurs, poulies, … 250
Tableau I.6. Utilisation et limites d’élasticité de quelques métaux
11/11