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Intervention sociale à Alençon : Étude de cas

Benjamin Lefloch présente un mémoire sur son intervention sociale en tant qu'assistant de service social, axé sur l'accompagnement d'une patiente, Mme C., dans une maison de l'autonomie. Le document décrit le contexte professionnel, les informations recueillies sur la patiente, ainsi que l'analyse de sa situation et l'élaboration d'un projet d'intervention. L'accompagnement met en lumière les défis liés à la compréhension des dispositifs d'aide et l'importance de la coordination entre les différents acteurs sociaux et médicaux.

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Benjamin Lefloch
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Intervention sociale à Alençon : Étude de cas

Benjamin Lefloch présente un mémoire sur son intervention sociale en tant qu'assistant de service social, axé sur l'accompagnement d'une patiente, Mme C., dans une maison de l'autonomie. Le document décrit le contexte professionnel, les informations recueillies sur la patiente, ainsi que l'analyse de sa situation et l'élaboration d'un projet d'intervention. L'accompagnement met en lumière les défis liés à la compréhension des dispositifs d'aide et l'importance de la coordination entre les différents acteurs sociaux et médicaux.

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LEFLOCH Benjamin Croix Rouge Compétence Normandie- site d’Alençon

5 Rue du Gué de Gesnes, 61000 Alençon

Intervention professionnelle
en travail social
Diplôme d’état d’assistant de service social
Intervention sociale individuelle

02/10/2023 Centre d’examen d’Alençon


ATTESTATION SUR L’HONNEUR DE NON PLAGIAT

Je soussigné Benjamin LEFLOCH déclare sur l’honneur que ce mémoire est le fruit d’un
travail personnel et que je n’ai ni contrefait, ni falsifié, ni copié tout ou partie de l’œuvre
d’autrui afin de la faire passer pour mienne.

Toutes les sources d’information utilisées (supports papiers, audiovisuels et numériques)


et les citations d’auteur ont été mentionnées conformément aux usages en vigueur. Je suis
conscient(e) que le fait de ne pas citer une source ou de ne pas la citer clairement et
complètement est constitutif de plagiat, que le plagiat est considéré comme une faute grave au
sein de l’Université et qu’il peut être sévèrement sanctionné.

Date et signature de l’étudiant


Sommaire

1 Enoncé de la situation......................................................................1

2 Contexte professionnel....................................................................1
2.1 Le territoire...............................................................................................1
2.2 Le service social départementale..............................................................2
2.3 La maison de l’autonomie.........................................................................2
2.4 La coordinatrice de parcours.....................................................................3
2.5 Les partenaires internes et externes..........................................................4

3 Recueil d’information......................................................................4
3.1 Origine de la demande..............................................................................4
3.2 Situation administrative............................................................................5
3.3 Situation familiale, réseau primaire et secondaire....................................5
3.4 Situation de santé......................................................................................5
3.5 Environnement..........................................................................................6
3.6 Situation financière...................................................................................6

4 Analyse de la situation.....................................................................7

5 Evaluation diagnostique et problématique.......................................8


5.1 Hypothèses...................................................................................9

6 Elaboration du projet d’intervention................................................9

7 Mise en œuvre du projet................................................................10

8 Conclusion.....................................................................................12
8.1 Bilan de l’accompagnement....................................................................12
8.2 Analyse autoréflexive.............................................................................12
Lefloch Benjamin ISI

1 Enoncé de la situation

Dans le cadre du diplôme d’assistant de service social, je réalise un temps de formation


pratique en apprentissage auprès d’une coordinatrice de parcours. J’ai choisi de présenter la
situation de Mme C. pour l’épreuve d’intervention sociale individuel. Cette situation est
représentative des accompagnements pouvant être menés par une coordinatrice de parcours
d’une maison de l’autonomie. J’ai pu mener cet accompagnement sur un temps long et
construire avec Mme une relation de confiance qui m’a permis de répondre à sa première
demande mais aussi d’explorer d’autres difficultés et d’accompagner Mme dans une
démarche de dépistage des troubles cognitifs suspectés lors des entretiens successifs et de
consolidation de son projet de maintien à domicile.

C’est un accompagnement que j’ai réalisé en autonomie complète, ce qui m’a permis de
mettre en pratique mes compétences d’entrée en relation, de travail partenarial, de recueil
d’information et de connaissance des dispositifs.

Cet accompagnement est réalisé dans le cadre des missions d’une coordinatrice de
parcours au sein d’une maison de l’autonomie qui couvre un territoire rural.

J’ai pu me questionner sur mes capacités à percevoir les troubles cognitifs, à m’interroger
sur la pertinence de mes interventions et sur leurs limites (actes ou durée). J’ai également été
amené à interroger ma légitimité à intervenir et sur la manière de mobiliser mon réseau
partenarial. Enfin cet accompagnement m’a permis de travailler mon implication
émotionnelle.

J’ai également pu m’interroger sur un concept fondamental de l’intervention de l’assistant


de service social, l’autonomie, et comment il pouvait être défini et abordé différemment par
les travailleurs sociaux et les professionnels de santé. J’ai également questionné la notion de
temporalité et de son implication dans l’accompagnement des personnes.

2 Contexte professionnel

2.1 Le territoire

L’antenne du secteur sud couvre un secteur situé dans un département qui comptait 26639
habitants en 2019 pour une densité de 91,3 habitants par km². C’est un territoire à dominante
rurale avec une ville centre et 3 pôles urbains. Le territoire du département regroupait 354
1
Lefloch Benjamin ISI

communes réparties en 2 communautés urbaines et 15 communautés de communes au 1er


janvier 2017. Son territoire s'étend sur une superficie totale de 6 206 km2.

2.2 Le service social départemental

La mission du service social départemental est d’aider les personnes en difficulté à


retrouver ou développer leur autonomie de vie (article L123-2 du Code de l’action sociale et
des familles). Cette mission s’inscrit dans le cadre de l’action sociale et médicosociale des
institutions qui « tend à promouvoir l’autonomie et la protection des personnes, l’exercice de
la citoyenneté, à prévenir les exclusions et à corriger les effets » (article L.116.1 de la loi du 2
janvier 2002 de rénovation et modernisation de l’action sociale).

2.3 La maison de l’autonomie

La Maison de l’Autonomie dont dépend l’antenne du secteur sud fait partie de la direction
des solidarités du département. Les lois de décentralisation successives et la loi 27 janvier
2014 de modernisation de l’action publique territoriale et d’affirmation des métropoles
(MAPTAM), puis la loi du 7 août 2015 portant nouvelle organisation territoriale de la
République (NOTRe) ont fait du département le chef de fil de l’action sociale sur le territoire.

L’antenne du secteur sud fait partie de la maison de l’autonomie du département,


structure instaurée par la loi d’adaptation de la société au vieillissement, dite loi ASV (2015).
La maison de l’autonomie est une structure départementale qui mutualise les moyens des
maisons départementales des personnes handicapées (MDPH) et ceux des conseils
départementaux en matière d’accueil, d’informations et de gestion des demandes à destination
des personnes âgées (équipes médico-sociales).

Sous la direction du président du conseil départemental, la Maison De l’Autonomie


regroupe les directions et structures suivantes :

 La direction de la solidarité personnes âgées et personnes handicapées (DSPAPH)


 La maison départementale des personnes handicapées (MDPH)
 Les centres locaux d'information et de coordination (CLIC)

La création des maisons départementales de l’autonomie remplit plusieurs objectifs. Elle


est un lieu d’accueil et d’information de proximité pour les personnes en situation de

2
Lefloch Benjamin ISI

handicap, les personnes âgées, pour leur entourage mais aussi pour les professionnels et les
partenaires. Les professionnels y exerçant ont pour mission d’assurer l’évaluation médico-
sociale des demandeurs et proposer des solutions de prise en charge individualisées des
besoins en tenant compte des projets des usagers et d’animer sur les territoires les réunions de
coordination ou de synthèse autour notamment de situations complexes. Cette création permet
d’évaluer et répondre aux besoins spécifiques d’un territoire et des personnes y habitant et
d’animer sur les territoires les réseaux d’acteurs sociaux, médico-sociaux et sanitaires. Enfin,
la maison de l’autonomie instruit les demandes de compensation et assure le fonctionnement
de la commission des droits et de l’autonomie des personnes handicapées.

Afin de remplir ces objectifs, le service s’appuie sur les politiques sociales concernant le
handicap, l’inclusion, le grand âge et la dépendance. Les dispositifs proposés par les maisons
de l’autonomie peuvent varier en fonction des départements mais les personnes âgées
représentant l’un des principaux publics visés et accompagnés par la maison départementale
de l’autonomie les plus fréquents sont les dispositifs de prise en charge financière des aides à
domicile comme l’allocation personnalisée d’autonomie, la prestation de compensation du
handicap et les divers dispositifs des caisses de retraites et des mutuelles.

De nombreux autres dispositifs existent en fonction des situations spécifiques des


personnes accompagnées.

2.4 La coordinatrice de parcours

Je réalise ma période de formation pratique en apprentissage auprès d’une coordinatrice


de parcours.

Elle a pour mission d’accueillir, d’informer, et d’orienter les personnes âgées et adultes
en situation de handicap ainsi que les professionnels et partenaires. Elle facilite l’expression
des besoins de la personne et participe à la co-construction de son projet de vie en élaborant,
avec la personne accompagnée, un plan d’intervention et s’assure de sa mise en place. Elle
s’assure de la continuité de ce projet et coordonne l’intervention des partenaires nécessaires à
sa mise en place.

Elle organise et anime les réunions de coordination entre les différents professionnels
sociaux et médico-sociaux autour des situations des personnes accompagnées sur son
territoire. Elle participe à l’analyse des besoins de la population de son territoire

3
Lefloch Benjamin ISI

d’intervention et à la prévention des ruptures dans le parcours de vie et de soin. Elle participe
également à l’évaluation des informations préoccupantes transmises par la cellule des majeurs
vulnérables.

2.5 Les partenaires internes et externes

Les partenaires avec lesquels travaille la coordonnatrice de parcours sont nombreux. Elle
est en étroite collaboration avec ses collègues de la maison de l’autonomie, les évaluatrices
globales des besoins, les référents de parcours et avec les partenaires, les services d’aide à
domicile, les services de soins infirmiers à domicile et les infirmières libérales. Tous ces
professionnels interviennent au domicile et jouent un rôle de premier plan dans le maintien à
domicile des personnes accompagnées.
D’autres professionnels peuvent intervenir à domicile en partenariat avec la coordinatrice
notamment les médecins traitants, les équipes mobiles de gérontopsychiatrie ou
d’ergothérapie et l’équipe spécialisée Alzheimer et les assistantes sociales de polyvalence de
secteur et les mandataires judiciaires en charge des mesures de protection.
Le réseau de partenaires est également composé des établissements d’accueil, notamment
les EHPAD et les résidences autonomie ainsi que les hôpitaux, mais aussi des élus des
communes sur lesquelles la coordinatrice intervient ainsi que des associations.

3 Recueil d’information

3.1 Origine de la demande

La première demande émane du médecin traitant de Mme C. et du Service de Soin


Infirmier à Domicile (SSIAD). Le SSIAD intervient auprès de Mme dans le cadre de sa sortie
d’hospitalisation après une fracture du bassin suite à une chute. Mme s’interroge sur la
poursuite de l’intervention des aides à domicile mise en place a son retour à domicile.

Lors du premier contact avec Mme j’ai vérifié que ce qui a été transmis par les partenaires
correspondait bien à sa demande. Les premiers renseignements administratifs sont pris afin de
constituer son dossier dans le logiciel métier du département. Une visite à domicile est fixée
avec Mme afin d’échanger sur son projet de vie et d’évaluer sa situation. Lors de cette visite
un certain nombre d’informations à propos de sa situation sont recueillis.

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Lefloch Benjamin ISI

3.2 Situation administrative

Mme a 88 ans, elle est à la retraite. A sa sortie d’hospitalisation, le service social privé
auquel la clinique délègue l’organisation des retours à domicile a sollicité la caisse de retraite
complémentaire de Mme pour financer dix heures d’aide au ménage réparties sur cinq
semaines. Ses informations sont recueillies, avec l’accord de Mme, auprès de l’entreprise
chargée de l’organisation de la sortie d’hospitalisation de Mme et de l’infirmière coordinatrice
du SSIAD, en effet Mme est confuse par rapport à qui intervient et à travers quels dispositifs,
elle dit « ne pas savoir qui fait quoi et jusqu’à quand. »

3.3 Situation familiale, réseau primaire et secondaire

Mme est veuve depuis une dizaine d’années et n’a pas d’enfant. Son parent le plus
proche, sa nièce, habite à une vingtaine de kilomètres. Mme a des voisins dont elle « se sent
proche », elle bénéficie de l’aide de l’un d’eux pour remplir sa déclaration d’impôts annuelle.
Mme évoque des sorties culturelles accompagnés de sa nièce et d’autres membres de la
famille et dit participer à certaines activités organisées par la commune.

3.4 Situation de santé

Mme rencontre des difficultés de mobilité due aux conséquences de sa fracture du


bassin. Au moment de la sortie d’hospitalisation, Mme se déplaçait avec un déambulateur au
domicile et ne sortait plus. Au cours de l’accompagnement Mme a retrouvé de la mobilité, n’a
plus eu besoin d’un déambulateur et a repris la conduite. Dans ce contexte, l’intervention du
SSIAD a vocation à être suspendue à plus ou moins court terme.

Lors de la première visite à domicile, j’ai pu constater la présence de nombreux post-it


et de notes. Cette organisation est d’après Mme dans ses habitudes. Elle organise
méthodiquement ses documents administratifs mais dit également « ne plus s’y retrouver » et
j’ai pu constater qu’elle pouvait égarer ses notes. Au cours de l’accompagnement Mme a pu
me solliciter à de multiples reprises pour que je lui rappelle la date et/ou l’heure d’un rendez-
vous, les sujets abordés lors d’une récente visite. En échangeant avec l’infirmière
coordinatrice du SSIAD qui intervenait chez Mme à la sortie d’hospitalisation, j’ai appris
qu’elle avait demandé qu’elle soit orientée par son médecin traitant vers l’équipe spécialisée

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Lefloch Benjamin ISI

Alzheimer. Son médecin traitant a fait le choix d’orienter Mme vers un bilan mémoire. Il a
mis en place avec elle le passage d’infirmières libérales pour la constitution du pilulier après
de trop fréquents oublis de prise de médicaments. Les résultats de ce bilan sont toujours
attendus.

3.5 Environnement

Mme habite un ancien édifice religieux rénové dans une commune rurale. Logement
comporte sept pièces dont quatre situées à l’étage que Mme a des difficultés à atteindre, les
escaliers ont cependant été dotés de deux rambardes afin de faciliter les déplacements. Au
moment de sa sortie d’hospitalisation Mme avait recours à un déambulateur pour se déplacer
au rez-de-chaussée et ne fréquentait plus son jardin. Le logement semble bien entretenu, au
cours de l’accompagnement il a été observé que Mme savait faire appel aux professionnels
adéquats en cas de réparations ou de petits travaux à effectuer.

Mme a souscrit à une téléassistance, mais elle dit qu’elle ne lui convient pas. Après un
essai en sa présence, il semble en effet que Mme a du mal à communiquer avec l’opérateur
lors du déclenchement de l’appel. De plus, pour pouvoir fonctionner à l’extérieur un boîtier
doit être emporté. Mme dit craindre de l’oublier. L’ensemble semble ne pas répondre à ses
besoins.

Le domicile de Mme se situe en milieu rural regroupé ce qui ne lui permet pas un accès
aux commerces sans devoir utiliser sa voiture qu’elle ne peut plus conduire depuis son retour
à domicile.

3.6 Situation financière

La situation financière de Mme n’est pas un frein dans la mise en place d’un plan d’aide.
Dans ce contexte son budget n’a pas été exploré davantage mais on peut tout de même noter
qu’elle est propriétaire d’un appartement en location dans la région parisienne et bénéficie
d’une retraite qui lui permettent d’envisager d’autofinancer tout ou partie des aides
nécessaires à la mise en œuvre de son projet de vie.

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Lefloch Benjamin ISI

4 Analyse de la situation

La première demande de Mme est de savoir si elle pourra continuer de bénéficier à


l’intervention d’aide à domicile après la prise en charge par sa complémentaire retraite. Mme
semble confuse quant à quels professionnels interviennent et à travers quels dispositifs ils le
font. Mme exprime également que cette absence de repère crée chez elle de l’inquiétude,
notamment autour de l’idée de « faire une erreur d’ordre administratif ». Davantage que
simplement la mise en place de l’intervention d’un service d’aide à domicile, Mme semble
être à la recherche de soutien vis-à-vis de la gestion quotidienne de son parcours de vie et de
soin. Au cours de l’accompagnement, Mme exprime à plusieurs reprises « être dépassée par
cette gestion ».
À la suite de la première visite à domicile, Mme exprime un certain nombre de demandes
annexes liées à sa demande initiale. En ayant comme hypothèse une amélioration de la
mobilité de Mme, elle souhaite faire changer sa téléassistance pour un appareil qui
fonctionnerait à l’extérieur sous forme de bracelet, ce qui préviendrait un éventuel oubli.
Après l’avoir informée des dispositifs existants, notamment de financement, Mme souhaite
que je sollicite sa caisse de retraite pour la mise en place d’un service d’aide à domicile qui
interviendrait de façon pérenne. On peut donc constater que, malgré des inquiétudes, Mme a
des capacités pour repérer ce qui convient ou non à sa situation et sait développer et se
projeter dans un projet de vie.

L’accompagnement d’une personne âgée dans la compréhension des dispositifs


permettant le maintien à domicile et l’élaboration d’un projet de vie répondant à ses souhaits
et ses besoins font bien partie des missions de la coordinatrice de parcours au sein de la
maison de l’autonomie ainsi que dans la constitution des dossiers de demande d’aide
financière. La prévention de rupture dans le parcours de vie, comme celle que pourrait
engendrer une perte d’autonomie liée à des troubles de la mémoire fait également partie des
missions de la coordinatrice de parcours.

5 Evaluation diagnostique et problématique

La demande de Mme est d’abord celle de la mise en place d’un projet de vie adapté à ses
souhaits et ses besoins. Son autonomie a été impactée par un accident qui a altéré sa mobilité,
ce qui a nécessité la mise en place d’aides à la personne à la sortie de son hospitalisation. La

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Lefloch Benjamin ISI

perspective de l’amélioration de sa mobilité et de la suspension des aides ponctuelles mises en


place à la sortie de son hospitalisation poussent Mme à vouloir adapter ce projet en fonction
de ses évolutions.

La présence de nombreuses notes au domicile et les oublis fréquents de Mme lors de


l’accompagnement sont des indices qui peuvent également laisser supposer que Mme souffre
de troubles de la mémoire. L’infirmière coordinatrice du SSIAD et son médecin traitant
partagent ces doutes. Mme semble consciente d’une partie de ses difficultés. Lors de mes
échanges avec la nièce de Mme j’ai pu évoquer les questionnements des professionnels mais
elle n’a pas identifié chez sa tante de difficultés particulières à ce niveau.

La problématique générale de la situation de Mme est la préservation de son


autonomie. Il est ici important de s’interroger sur le concept d’autonomie et de la différence
de définition entre l’approche médicale et l’approche sociale. En effet dans le dictionnaire
médical de l’académie de médecine l’autonomie est définie comme : « En médecine, situation
d'une personne qui, parfois, en dépit d'une infirmité, est capable d'accomplir seule, sans faire
appel à une autre, les gestes de la vie courante : s'alimenter, s'habiller, se laver, etc.». En
revanche dans la définition de l’autonomie présente dans le dictionnaire pratique du travail
social on peut lire « qu’il s’agit de la capacité à gérer ses propres dépendances (physiques,
psychiques et sociales), dans le cadre d’une socialisation. Ces définitions, malgré leurs
apparentes contradictions, s’articulent dans les pratiques professionnelles. Elles permettent un
dialogue souvent constructif et des approches complémentaires. Le diagnostic médical est une
base de travail qui vient souligner les principaux freins propres à la personne, qui peuvent être
ensuite en partie levée par l’entourage professionnel ou personnel.

La récupération de sa mobilité a permi l’amélioration de l’autonomie de Mme, mais il


faut être attentif à ce qu’un relatif isolement familial et géographique ainsi que d’éventuels
troubles de la mémoire ne viennent pas compromettre celle-ci et notamment ses capacités à
solliciter son entourage, personnel comme professionnel.

5.1 Hypothèses

Il semble nécessaire d’accompagner Mme dans la mise en place des aides pérennes qui
vont prendre le relais des aides ponctuelles mises en place lors de sa sortie d’hospitalisation et
lui permettre de soulager le sentiment d’anxiété que ces démarches génèrent. Mme peut être

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Lefloch Benjamin ISI

réassurée quant à ses capacités à interpeller les bons interlocuteurs et le volume des heures
d’aides à domicile réajuster en fonction de ses besoins.

Il semble également judicieux d’explorer avec Mme ses éventuels troubles de la


mémoire et leurs impacts sur sa vie quotidienne. Mieux comprendre ses difficultés pourrait
être pour Mme l’occasion d’adapter son projet de vie en conséquence et d’agir sur l’anxiété
générée par la gestion de son quotidien.

6 Elaboration du projet d’intervention

Le premier objectif à court terme est de permettre la mise en place d’un service d’aide à
domicile qui pourra intervenir chez Mme de façon pérenne en relais des interventions du
matin pour l’aide à l’habillage et à la toilette par le SSIAD. Pour ce faire, il est décidé avec
Mme de solliciter le service d’aide à domicile qui intervient déjà deux heures par semaine
pour de l’aide au ménage dans le cadre de la prise en charge par sa retraite complémentaire.
En parallèle, Mme souhaite qu’on sollicite sa caisse de retraite principale pour le financement
de ce plan d’aide.

A court terme également, Mme souhaite le changement de son matériel de téléassistance.

A moyen terme l’exploration des troubles de la mémoire de Mme permettrait d’adapter


l’accompagnement de Mme. Après échange avec elle, Mme souhaite se rendre au bilan
mémoire et éventuellement bénéficié de l’accompagnement de l’équipe spécialisée Alzheimer.

A long terme, le fait d’être repéré par Mme comme étant une personne ressource et la
présence d’un réseau de professionnels intervenant à son domicile va permettre d’être sollicité
au plus tôt en cas de dégradation de l’autonomie de Mme. En l’absence d’une nouvelle
sollicitation de la part de Mme et après la stabilisation du plan d’aide, mon accompagnement
a pris fin. Il sera toujours possible pour elle de solliciter un accompagnement auprès de la
maison de l’autonomie même après mon départ.

7 Mise en œuvre du projet

Pour la mise en œuvre de ce projet de vie coconstruit avec Mme il était d’abord
nécessaire de nouer une relation de confiance. Les problématiques de Mme ayant un rapport
avec sa façon de percevoir son quotidien, il était important que cette relation permette à Mme
d’exprimer ses ressentis. J’ai donc été particulièrement attentif lors de mes premiers entretiens

9
Lefloch Benjamin ISI

à écouter les sentiments de Mme vis-à-vis des conséquences de sa perte d’autonomie. Il m’a
semblé important de la rassurer par rapport à sa confusion à propos des différentes aides
qu’elle pouvait recevoir à domicile, notamment en lui expliquant et en définissant avec elle le
cadre de mon accompagnement. En marge des entretiens, le fait d’échanger sur d’autres
sujets, plus légers, a permis que nos rencontres soient aussi l’occasion de partager un moment
agréable.

J’ai pu constater la construction de cette confiance à travers les sollicitations de Mme


quand elle rencontrait des obstacles et son adhésion à mes propositions. Elle a aussi pu me
l’exprimer très directement. En m’appuyant sur cette relation de confiance, j’ai pu mieux
appréhender le fonctionnement de Mme et lui renvoyer les difficultés perçues lors des
différents entretiens, notamment à propos de sa perte de mémoire. Je suis convaincu que le
respect de sa temporalité à participer à cette construction. La temporalité est une notion
complexe qui renvoie à la fois au rythme, à la perception du temps et à l’organisation de celui-
ci. Il faut en fait parler de temporalités au pluriel. Comme défini dans « Le temps et les
temporalités à défendre dans les politiques sociales et l'intervention sociale » par Brigitte
Bouquet : « Dans l’action sociale menée sur un territoire (qu’elle soit associative ou
territoriale), les temporalités sont également des constructions sociales élaborées, des
instruments de l’action qui vont orienter le « temps biographique » de l’usager. » Ce temps
biographique peut se retrouver en opposition avec le temps administratif de l’intervention du
travailleur social. Cette notion m’a fait m’interroger sur les limites du cadre de mon
intervention et notamment sur la fréquence de mes visites. J’ai pu identifier avec ma tutrice
que cette fréquence était adaptée aux besoins de Mme même si elle était plus importante que
les accompagnements habituels d’une coordinatrice de parcours.

En termes de durée et de mission j’ai pu dire à Mme que je l’accompagnerais dans la


mise en place de son projet de vie et plus particulièrement dans la mise en place d’un service
d’aide à domicile en relais du SSIAD et qu’elle pourrait me solliciter par la suite de façon
ponctuelle. Nous nous sommes accordés que pour réaliser les objectifs décidés en commun,
Mme ferait autant de démarches qui lui semblent possibles et demanderait un relais en cas de
difficultés. Elle a pu faire un certain nombre de propositions pertinentes, autour du
changement de téléassistance par exemple, et malgré une confusion du rôle des intervenants,
elle a souvent su interpeller les bons interlocuteurs.

Avec Mme, les démarches pour changer son matériel de téléassistance ont été faites. Cela
a été l’occasion de constater et d’échanger avec Mme sur ces difficultés de gestion
10
Lefloch Benjamin ISI

administrative. Malgré un classement cohérent Mme a admis être perdu lorsqu’il est
nécessaire de retrouver un papier.

Il a ensuite été nécessaire de solliciter les différents partenaires de la maison de


l’autonomie. Lors d’une réunion de coordination, en accord avec Mme, les échanges entre le
SSIAD et le service d’aide à domicile ont permis d’organiser le relais des interventions entre
les deux structures.

La constitution d’un dossier de demande d’aide financière à la caisse de retraite de Mme


à entraîner la visite d’une évaluatrice globale qui a confirmé la reprise d’autonomie de Mme
vis-à-vis de sa mobilité et la présence d’une altération de la mémoire.

Mme a repris confiance dans ses capacités et afin de pallier à ses difficultés de gestion
administrative elle va solliciter les services d’une secrétaire libérale conseillé par une
personne de confiance. Les différentes mesures de protection sont évoquées et Mme va
réfléchir à la mise en place d’un mandat de protection future. Elle a également repris la
conduite ce qui lui assure une plus grande autonomie.

8 Conclusion

8.1 Bilan de l’accompagnement

Mme a sollicité l’accompagnement par une coordinatrice de parcours de la maison de


l’autonomie via son médecin traitant et l’infirmière coordinatrice du SSIAD à propos
d’interrogations sur les interventions d’un service d’aide à domicile, mis en place lors de sa
sortie d’hospitalisation. Cette demande a été l’occasion de la construction d’une relation de
confiance qui a permis de mettre en place le projet de vie à domicile de Mme et faire émerger
des interrogations sur d’éventuels troubles de la mémoire. Lors de l’accompagnement elle a
pu identifier les différents professionnels intervenant chez elle et reprendre confiance dans ses
capacités à gérer ses difficultés et le quotidien seule ou accompagnée par son entourage. Mes
visites à domicile ont été plus nombreuses que ce qu’une coordinatrice de parcours aurait pu
réaliser mais sont restées dans le cadre de ses missions.

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Lefloch Benjamin ISI

8.2 Analyse autoréflexive

Il me semble que lors de la mise en œuvre de ce projet j’ai su, par la co-construction
d’une relation d’aide, permettre l’expression des souhaits de Mme et de la mise en valeur de
ses capacités à faire pour elle-même et à préserver son autonomie. Le temps et les nombreux
entretiens que j’ai pu consacrer à l’accompagnement de Mme ont été d’indéniables atouts, j’ai
malgré tout conscience que ce temps sera certainement davantage limité une fois en poste. Il
me faudra gagner en efficacité et développer ma capacité à prioriser les tâches afin de
continuer à accorder le temps nécessaire à des accompagnements de qualité et au respect de la
temporalité des personnes accompagnées ce qui pourrait générer chez moi de la frustration, ce
qui n’a pas été le cas lors de cet accompagnement.

Cet accompagnement m’a permis de vivre de façon « sensible » la réalité de la


construction d’une telle relation et de ce que ça implique en termes de posture professionnel et
d’investissement de soi. Il me semble que l’entrée en relation nécessite la volonté de
rencontrer véritablement une personne, dans sa globalité. La juste distance permettant à la fois
l’empathie et une posture professionnelle doit permettre de se mettre à la portée de la
personne accompagnée. A ce stade de ma formation je crois que cela ne passe pas seulement
par des techniques d’entretien mais aussi par la faculté de partager un peu de soi. En plus
d’être satisfait de ce que j’ai pu mettre en place avec Mme sur le plan professionnel, j’ai aussi
apprécié la rencontre humaine. Ma tutrice a été lors de ses questionnements, une guide
précieuse qui m’a permis d’ajuster ma posture tout au long de l’accompagnement, notamment
en m’encourageant à définir les limites de mon accompagnement pour que le cadre de mon
intervention soit clair pour moi comme pour Mme.

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