Text e 1
Une sorcière et sa file habitaient au bout du vil age, à l’écart des autres maisons. Un
jour, la petite sorcière, et son hérisson apprivois é cherchaient des champignons dans
la
forêt. La petite bête furetait de-ci de-là, découvr ait des champignons sous les feuiles
mortes, qu’ele poussait avec son museau, et sa maî tresse les ramassait. Le panier fut
vite plein.
Text e 2
– De quel côté alons-nous maintenant ? demanda Cindy.
Tony reconnut l'arbre fendu et la grosse roche plat e.
– De ce côté, dit-il, l'index tendu en direction de l'ouest.
Il n'était plus bien sûr de retrouver le chemin par couru une première fois, mais se
serait
bien gardé de l'avouer.
– Je vois les repères, annonça-t-il d'un ton assuré, faisant taire la légère angoisse qui
l'étreignait.
Le ronronnement des chasse-neige semblait venir de tous les côtés à la fois. Il
s'intensifia à ce point que Tony s'attendait à voir les engins surgir des bois d'un
instant
à l'autre.
– Ici ! cria-t-il. Par ici !
Les bruits de moteur s'éloignèrent aussi vite qu'il s s'étaient rapprochés. Tony
comprit
qu'on ne les avait pas vus, qu'on n'avait pas entendu leurs cris. Quele voix humaine
aurait pu couvrir le vrombissement des chasse-neige ? Ils restèrent longtemps
immobiles, tendant l'oreile au bourdonnement des moteurs jusqu'au moment où
celui-
ci eut fait place à un silence de mort.
Harry MAZER, © Rouge et or G.P.
Text e 3
J’étais enfant et je jouais près de la case de mon père. Quel âge avais-je en ce temps-
là ? Je ne me rappele pas exactement. Je devais êt re très jeune encore : cinq, six ans
peut-être. Ma mère était dans l’atelier, près de mon père, et leurs voix me
parvenaient,
rassurantes, tranquiles, mêlées à celes des clients de la forge et au bruit de
l’enclume.
Brusquement j’avais interrompu de jouer, l’attention, toute mon attention, captée
par un serpent qui rampait autour de la case, qui vraiment paraissait se promener
autour de
la case ; et je m’étais bientôt rapproché. J’avais ramassé un roseau qui traînait dans la
cour – il en traînait toujours, qui se détachaient de la palissade de roseaux tressés qui
enclôt notre concession – et, à présent, j’enfonçai s ce roseau dans la gueule de la
bête.
Le serpent ne se dérobait pas : il prenait goût au jeu ; il avalait lentement le roseau, il
l’avalait comme une proie, avec la même volupté, me semblait-il, les yeux brilants de
bonheur, et sa tête, petit à petit, se rapprochait de ma main. Il vint un moment où le
roseau se trouva à peu près englouti, et où la gueule du serpent se trouva
terriblement
proche de mes doigts.
Je riais, je n’avais pas peur du tout, et je crois bien que le serpent n’eût plus
beaucoup
tardé à m’enfoncer ses crochets dans les doigts si, à l’instant, Damany, l’un des
apprentis, ne fût sorti de l’atelier. L’apprenti fi t signe à mon père, et presque aussitôt
je
me sentis soulevé de terre : j’étais dans les bras d’un ami de mon père.