Impact des Zéros Non Triviaux de la Fonction
Zêta de Riemann sur la Répartition des
Nombres Premiers
1 Oscillations dans la Répartition des Nombres
Premiers
Nous commençons par rappeler la formule explicite de von Mangoldt pour
la fonction de Chebyshev ψ(x) :
X xρ 1
1
ψ(x) = x − − log(2π) − log 1 − 2
ρ
ρ 2 x
où la somme porte sur tous les zéros non triviaux ρ de la fonction zêta de
Riemann ζ(s).
Cette formule montre que ψ(x) est composée de plusieurs termes, chacun
ayant un rôle spécifique dans la régularité de la distribution des nombres
premiers.
1.1 Contribution des Zéros Non Triviaux
La somme X xρ
ρ
ρ
représente la contribution oscillatoire des zéros non triviaux. Ces zéros s’écrivent
sous la forme ρ = β + iγ, avec β = ℜ(ρ) et γ = ℑ(ρ).
Chaque terme peut être réécrit sous la forme :
xρ xβ+iγ xβ iγ log x
= = e
ρ ρ ρ
Cette expression révèle que chaque zéro non trivial introduit une oscillation
complexe. La partie réelle β contrôle l’amplitude (via xβ ), tandis que la partie
imaginaire γ détermine la fréquence (via log x).
1
1
1.2 Impact des Zéros avec ℜ(ρ) ̸= 2
Si ℜ(ρ) ̸= 12 , alors les termes xρ /ρ auront des amplitudes xβ qui croissent
ou décroissent rapidement selon que β > 12 ou β < 21 . Cela introduit des oscil-
lations de grande amplitude dans ψ(x), et donc des fluctuations importantes
autour de sa valeur asymptotique.
Étant donné que ψ(x) est liée à la fonction de comptage des nombres
premiers π(x) par la relation approximative :
ψ(x)
π(x) ≈
log x
les oscillations non contrôlées dans ψ(x) se répercutent directement sur π(x),
rendant la distribution des nombres premiers moins régulière.
2 Impact de l’Hypothèse de Riemann
L’hypothèse de Riemann affirme que tous les zéros non triviaux ρ de ζ(s)
vérifient ℜ(ρ) = 12 . Sous cette hypothèse, chaque terme devient :
x1/2+iγ x1/2 iγ log x
= e
ρ ρ
Ce qui signifie que l’amplitude de chaque oscillation est modérée, étant pro-
portionnelle à x1/2 , et la fréquence est déterminée uniquement par γ.
2.1 Minimisation des Oscillations
Avec β = 21 , l’amplitude x1/2 reste contrôlée, ce qui atténue les fluctua-
tions dans ψ(x) par rapport au cas β ̸= 12 . Ainsi, la fonction ψ(x) oscille
de manière plus régulière autour de la ligne x, rendant la fonction π(x) plus
stable.
2.2 Régularité de la Distribution des Nombres Pre-
miers
Lorsque ℜ(ρ) = 21 pour tous les zéros non triviaux, les fluctuations
dans π(x) sont réduites. Par conséquent, π(x) suit de plus près l’estimation
asymptotique donnée par le théorème des nombres premiers :
x
π(x) ∼
log x
2
Ce comportement plus régulier est fondamental en théorie analytique des
nombres et justifie l’importance de l’hypothèse de Riemann dans l’étude de
la répartition des nombres premiers.