Problématique : En quoi La Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne est-elle une
œuvre de littérature engagée pour l’égalité des droits ?
I. Une œuvre qui dénonce l’exclusion des femmes de la Révolution
1. Un texte en réponse à la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen
• Olympe de Gouges reprend les articles de 1789 en les adaptant aux femmes, montrant ainsi leur
exclusion du projet révolutionnaire.
• Elle revendique la citoyenneté des femmes en affirmant : « La femme naît libre et demeure égale à
l’homme en droits » (Article 1), contestant ainsi l’idée que les droits naturels seraient réservés aux
hommes.
2. Une critique du patriarcat et des inégalités de genre
• Elle dénonce l’oppression masculine et l’arbitraire du pouvoir patriarcal : « L’homme seul s’est
arrogé ce droit absurde et injuste » (Préambule).
• Elle condamne l’hypocrisie des hommes qui refusent aux femmes les mêmes libertés qu’eux : «
Homme, es-tu capable d’être juste ? C’est une femme qui t’en fait la question » (Postambule).
3. Une dénonciation des contradictions révolutionnaires
• Elle pointe l’incohérence d’un régime qui proclame l’égalité tout en maintenant les femmes dans
l’infériorité : « Ô femmes ! Quand cesserez-vous d’être aveugles ? » (Article X).
• Elle rappelle que les femmes ont activement participé à la Révolution, mais sans reconnaissance :
« La femme a le droit de monter sur l’échafaud ; elle doit avoir également celui de monter à la
tribune » (Article X).
II. Une œuvre littéraire et politique engagée pour l’émancipation des femmes
1. Une écriture directe et revendicative
• Olympe de Gouges interpelle directement le lecteur et adopte un ton provocateur : « Femmes,
réveillez-vous ! » (Postambule).
• Elle utilise un style pamphlétaire pour dénoncer l’injustice avec force : « Quelle barbarie que celle
de refuser aux femmes la liberté d’expression ! »
2. Des revendications concrètes et progressistes
• Elle demande l’accès des femmes aux responsabilités politiques : « La loi doit être l’expression de
la volonté générale ; toutes les citoyennes et citoyens doivent y concourir personnellement ou par
leurs représentants » (Article VI).
• Elle milite pour une réforme du mariage et des droits familiaux : « Le mariage est le tombeau de la
confiance et de l’amour » (Article XVI).
3. Un appel à l’union et à la révolte des femmes
• Elle exhorte les femmes à se rassembler pour défendre leurs droits : « Joignez-vous, ô femmes !
Pour briser vos chaînes ! »
• Elle insiste sur la nécessité d’un combat collectif : « Si les femmes ont le droit de monter sur
l’échafaud, elles doivent avoir celui de monter à la tribune » (Article X).
III. Une œuvre au retentissement durable malgré son rejet immédiat
1. Une œuvre censurée et réprimée à son époque
• Son texte est ignoré par les révolutionnaires et jugé subversif : « Qui vous a donné le souverain
empire d’opprimer mon sexe ? »
• Son engagement radical lui vaut la prison et la mort : « Mon seul crime est d’avoir voulu rappeler
la moitié du genre humain à ses droits ».
2. Une influence sur les mouvements féministes ultérieurs
• Son texte inspire les féministes du XIXe et XXe siècle, notamment les suffragettes qui réclament
le droit de vote.
• Simone de Beauvoir la cite dans Le Deuxième Sexe, reconnaissant son rôle fondateur : « Elle
avait compris avant toutes que l’égalité ne se quémande pas, elle se prend ».
3. Une reconnaissance tardive mais essentielle
• Olympe de Gouges est aujourd’hui une figure majeure du féminisme et son nom est proposé pour
le Panthéon.
• Son œuvre est étudiée dans les écoles et reste un texte fondateur de la lutte pour l’égalité : « La
femme naît libre et demeure égale à l’homme en droits » (Article 1).
Conclusion :
La Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne est une œuvre de littérature engagée qui
dénonce les inégalités et appelle à l’émancipation des femmes. Bien que rejetée en son temps, elle a
posé les bases des luttes féministes et reste un texte fondamental pour la reconnaissance des droits
des femmes.