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Comprendre les Maladies Auto-Immunes

Le document présente un module d'immunologie sur les maladies auto-immunes, abordant leur étiopathogénie, les mécanismes lésionnels, et les éléments intervenant dans leur développement. Il détaille les rôles des auto-antigènes, des lymphocytes T et B auto-réactifs, ainsi que les facteurs génétiques et environnementaux influençant ces maladies. Enfin, il explore les hypothèses physiopathologiques liées à l'activation des lymphocytes auto-réactifs et les mécanismes de tolérance immunitaire.

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Comprendre les Maladies Auto-Immunes

Le document présente un module d'immunologie sur les maladies auto-immunes, abordant leur étiopathogénie, les mécanismes lésionnels, et les éléments intervenant dans leur développement. Il détaille les rôles des auto-antigènes, des lymphocytes T et B auto-réactifs, ainsi que les facteurs génétiques et environnementaux influençant ces maladies. Enfin, il explore les hypothèses physiopathologiques liées à l'activation des lymphocytes auto-réactifs et les mécanismes de tolérance immunitaire.

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FACULTÉ DE MÉDECINE D’ALGER

Module d’Immunologie

Maladies Auto-Immunes
Dr. Mounira BENIDIR Dr. Sihem TAGUEMOUNT
Maître Assistante en Immunologie Maître Assistante en Immunologie
Chef du Laboratoire d’Auto-Immunité Laboratoire Central de Biologie
Institut Pasteur d’Algérie EPH Rouiba

Email : mbenidir@[Link] Email : [Link]@[Link]

3ème Année de Médecine


Année Universitaire
2023 - 2024
PLAN

I. Introduction
II. Éléments intervenant dans le développement
de l’auto-immunité
III. Étiopathogénie des Maladies Auto-Immunes
IV. Hypothèses Physiopathologiques
V. Mécanismes lésionnels
VI. Exploration des Maladies Auto-Immunes
VII. Conclusion
I. Introduction

Pour parler d’une maladie auto-immune (MAI), plusieurs critères sont indispensables :

o Mise en évidence d’une réaction auto-immune (réaction d’hypersensibilité) dirigée contre un tissu ou un organe,
à l’origine d’une symptomatologie clinique ;

o Démonstration du rôle pathogène des effecteurs auto-immuns in vitro ou in vivo ;

o Reproduction de la maladie par immunisation avec l’auto-antigène : modèles expérimentaux ;

o Prévention ou suppression de la maladie par un traitement immunosuppresseur ;

o Enfin, la maladie doit être idiopathique : MAI primitive.


II. Éléments intervenant
dans le développement de l’AI
II. Éléments intervenant dans le développement de l’AI
A. Auto-Antigènes
Auto-immunité Physiologique & Auto-immunité Pathologique

Caractéristiques des Auto-anticorps

Auto-Ac Physiologiques Auto-Ac Pathologiques


(Naturels) (Immuns)
Isotype IgM, IgA IgG, IgA
Titre Faible Élevé
Mutations somatiques Absentes ou en faible nombre Nombre important
Affinité Faible (Poly-spécifique) Forte (Spécifique d’Ag)
Tolérance/Régulation Régulation des clones auto-réactifs Dysrégulation et perte de tolérance
Maladie Auto-immune Absente Présente

o Au moins 80 MAI ont été répertoriées.


o > 200 auto-Ac identifiés.
o D’autres auto-Ac sont en cours d’identification.
II. Éléments intervenant dans le développement de l’AI
B. Lymphocytes T et B Auto-Réactifs
Mécanismes déclenchant et maintien de l’auto-immunité

o La tolérance au soi s’établit pour l’essentiel durant la vie fœtale au niveau du thymus.
o Au niveau du thymus, la majorité des LT auto-réactifs sont éliminés par apoptose  SÉLECTION NÉGATIVE.
o L’apparition des phénomènes d’auto-immunité ne sont pas bien connus mais plusieurs mécanismes pourraient
expliquer l’initiation de ces phénomènes et la production d’auto-Ac.
o Ces mécanismes sont classés en 2 groupes :
1. Dysfonctionnement ou Dysrégulation Immunitaire 2. Stimulation antigénique anormale ou excessive
• Élimination clonale • Antigène exclu ou séquestré
• LT régulateurs • Antigène cryptique
• Balance Th1/Th2 et Th17/Treg • Soi modifié et modifications transcriptionnelles (citrullination)
• Réseau idiotypique • Ignorance du soi
• Vieillissement • Mimétisme moléculaire
• Erreurs de tolérance centrale et périphérique • Stimulation polyclonale
• Anomalies de l’apoptose • Infections
o D’autres mécanismes sont incriminés dans le déclenchement et le maintien des phénomènes auto-immuns
aboutissant à l’apparition des MAI.
II. Éléments intervenant dans le développement de l’AI
B. Lymphocytes T et B Auto-Réactifs
Tolérance centrale des Lymphocytes T
II. Éléments intervenant dans le développement de l’AI
B. Lymphocytes T et B Auto-Réactifs
Tolérance périphérique des Lymphocytes T

RI Normale

Tolérance périphérique
II. Éléments intervenant dans le développement de l’AI
B. Lymphocytes T et B Auto-Réactifs
Anergie des Lymphocytes T
II. Éléments intervenant dans le développement de l’AI
C. Cellules Dendritiques (DC)

Les CPA jouent un rôle important dans le contrôle et le développement de l’auto-immunité :

o Lorsqu’elles sont « immatures », elles sont dites tolérogènes, capables d’induire une expansion de lymphocytes
régulateurs, par exemple ;

o Certains processus inflammatoires sont responsables de la maturation des DC qui expriment, alors, un profil
immunogène capable de stimuler des LT auto-réactifs.
II. Éléments intervenant dans le développement de l’AI
C. Cellules Dendritiques (DC)
III. Étiopathogénie des Maladies Auto-Immunes
III. Étiopathogénie des Maladies Auto-Immunes
A. Prédisposition Génétique

o Le développement d’une auto-immunité pathologique dépend de gènes de susceptibilité comme le suggère


l'existence de cas familiaux de MAI.

o Ces MAI sont polygéniques et associées à de multiples variants géniques de susceptibilité.

o Ces variants de gènes confèrent, quand ils sont pris individuellement, un très faible risque d’auto-immunité.
III. Étiopathogénie des Maladies Auto-Immunes
A. Prédisposition Génétique
MAI Multigéniques

Gènes HLA
o L’association des gènes HLA au développement des MAI est bien établie. Ceci impliquerait :

• Mécanismes de tolérance centrale : influençant la sélection thymique (positive ou négative) ;

• Mécanismes périphériques : par l’aptitude des CPA exprimant certaines molécules HLA à présenter des auto-
Ag particuliers aux LT, exemple :

- Diabète de type 1 (DT1)  allèles HLA-DR3/DR4 ;


- Maladie cœliaque (MC)  allèles HLA-DQ2/DQ8 ;
- Polyarthrite Rhumatoïde (PR)  allèles HLA-DR1/DR4.
III. Étiopathogénie des Maladies Auto-Immunes
A. Prédisposition Génétique
MAI Multigéniques

Gènes non-HLA
o D’autres gènes dits « non-HLA » sont également impliqués dans la susceptibilité à développer les MAI, exemple :

• Déficits homozygotes en certaines fractions du complément (C1q, C2 et C4) fortement associés au risque de
développer un LES ;

• Variants de gènes (Polymorphismes) intervenant dans la régulation des RI qui sont associés à diverses MAI
comme les gènes des cytokines ou de leurs récepteurs dont certains exercent des fonctions régulatrices au sein
des cellules et l’expression de ces polymorphismes pourrait altérer les signaux de régulation.
III. Étiopathogénie des Maladies Auto-Immunes
A. Prédisposition Génétique
MAI Monogéniques

o Moins fréquentes que les MAI multigéniques.

o Cependant, de rares mutations monogéniques (touchant un seul gène) sont capables de déclencher le
développement de MAI très sévères chez l’homme avec une atteinte multi-viscérale, exemple :

• Mutations sur le gène FoxP3  déficit en LT régulateurs associé au syndrome IPEX ;

• Mutations du gène AIRE (Autoimmune Regulator), gène indispensable à l’expression ectopique d’Ag tissulaires
dans le thymus et impliqué dans le processus de sélection négative thymique, sont à l’origine du syndrome
polyendocrinien auto-immun (APS/APECED) ;

• Mutations sur les gènes codant pour les molécules « Fas et Fas-ligand » (Fas-L)  anomalie de l’apoptose à
l’origine de syndromes lympho-prolifératifs auto-immuns (ALPS).
III. Étiopathogénie des Maladies Auto-Immunes
B. Facteurs Environnementaux
Agents infectieux

o Certains agents infectieux sont incriminés dans le développement de MAI, exemple :

• Diabète de type 1 (DT1)  Mimétisme moléculaire entre 1 Ag du virus Coxsackie B4 et l’enzyme GAD ;
• Thyroïdite de Hashimoto  Réovirus ;
• Lupus Érythémateux Systémique (LES)  EBV.

o Flore intestinale (Microbiote) : rôle dans la susceptibilité ou dans la protection contre les MAI ?
En effet, selon la qualité du Microbiote, on peut avoir soit :

• Une tendance à la régulation  PROTECTION


• Au contraire, un microenvironnement hautement inflammatoire avec, notamment, activation des cellules
productrices de l’IL-17 comme cela a été démontré dans les modèles expérimentaux de la SEP 
SUSCEPTIBILITÉ.
III. Étiopathogénie des Maladies Auto-Immunes
B. Facteurs Environnementaux
Agents Physico-Chimiques

o Divers agents physiques ou chimiques peuvent participer au déclenchement des MAI ou à leur aggravation,
exemple :

• Rayons UV  LES ;
• Certains médicaments :
- Cyclines et β-bloquants  LES ;
- Alpha-méthyl-Dopa  Thrombopénies et AHAI ;
• Tabagisme  PR ;
• Silice  SSc.

o Certains Ag alimentaires : Gluten  Maladie Cœliaque.


o Certaines MAI peuvent être :

• Déclenchées par un traumatisme  uvéite post-traumatique liée à l’exposition d’Ag séquestrés ;


• D’origine néoplasique  expression de néo-Ag liés aux évènements oncogènes associés aux encéphalopathies
AI, myopathies ou SSc.
III. Étiopathogénie des Maladies Auto-Immunes
C. Facteurs Endocriniens

o Les MAI sont plus fréquentes chez la femme jeune, en âge de procréer, et le rôle des hormones sexuelles
(œstrogènes) a bien été démontré dans les modèles expérimentaux.

o Les œstrogènes contrôlent l’expression de plusieurs gènes associés à la maturation des DC et à leur capacité à
produire des IFN de type I.

o La grossesse chez la patiente atteinte de MAI affecte l’évolution de façon variable :

• PR et SEP : les poussées sont moins fréquentes pendant la grossesse ;


• LES : aggravation de la maladie lupique pendant la grossesse.
IV. Hypothèses physiopathologiques
IV. Hypothèses physiopathologiques
A. Activation des Ly Auto-Réactifs Ignorants
Auto-antigènes séquestrés

o Un certain nombre d’Ag sont ignorés du SI en raison de leur localisation anatomique ne les mettant pas en contact
avec les cellules immunocompétentes, exemple :

• Ag du cristallin dans la chambre antérieure de l’œil ;


• Spermatozoïdes.

o Lors d’un traumatisme avec passage de ces Ag dans le sang, les LT et LB peuvent être activés.

o Ainsi, le traumatisme d’un seul œil libère des protéines antigéniques intraoculaires. Ces Ag sont pris en charge par
les CPA qui les présentent aux LT spécifiques d’Ag oculaires.

o Ces LT n’ont pas subi de délétion clonale au niveau du thymus car ces Ag n’y sont pas présentés.

o Les LT activés migrent vers l’œil traumatisé mais aussi vers l’œil sain et induisent un processus lésionnel dit
« Ophtalmie sympathique ».
IV. Hypothèses physiopathologiques
A. Activation des Ly Auto-Réactifs Ignorants
Antigènes cryptiques

o À l’état normal : seuls quelques épitopes d’un Ag sont présentés aux LT à travers les molécules HLA et ces LT sont
rendus tolérants vis-à-vis de ces épitopes.

o D’autres épitopes dits « cryptiques » sont ignorés du SI, en raison de leur localisation au sein de la molécule
antigénique.

o À l’occasion d’une réaction inflammatoire : ces épitopes vis-à-vis desquels les LT n’ont pas acquis de tolérance,
peuvent susciter une réaction auto-immune si ils leur sont présentés, exemple :

• Certains peptides cryptiques de la protéine basique de la myéline dans la SEP.


IV. Hypothèses physiopathologiques
B. Activation des Ly Auto-Réactifs Anergiques
Mimétisme moléculaire

o L’hypothèse du « mimétisme moléculaire » repose sur le fait que certains Ag d’agents infectieux puissent partager
des épitopes en commun avec des Ag du soi.

o Ainsi, certains infections virales sont, parfois, associées au déclenchement ou à l’exacerbation de MAI.

o Les Ag en commun déclenchent une RI importante car les LT ne sont pas tolérants vis-à-vis des Ag microbiens.

o Cette RI favorise, en parallèle, la présentation de déterminants d’auto-Ag, levant ainsi l’anergie des LT auto-réactifs,
exemple :

• Auto-Ag GAD impliqué dans le DT1 qui partage un épitope en commun avec le virus Coxsackie B4.
IV. Hypothèses physiopathologiques
B. Activation des Ly Auto-Réactifs Anergiques
Activation des CPA

o Certaines MAI peuvent être induites expérimentalement en immunisant un animal par un auto-Ag en solution dans
de l'adjuvant « complet de Freund ». Cet adjuvant favorise la présentation de l'auto-Ag, en augmentant son
apprêtement par les CPA.

o La présence, au sein de l'adjuvant, de mycobactéries tuées stimule les récepteurs de l'immunité innée, les récepteurs
Toll-like (TLR) favorisant l'activation des CPA et leur maturation.

o Ces dernières produisent, alors, des cytokines pro-inflammatoires et expriment des niveaux élevés de molécules de
co-stimulation.

o Ce phénomène conduit à la levée de l'anergie des LT spécifiques de l'auto-Ag et à l'apparition des stigmates cliniques
d'auto-immunité.
IV. Hypothèses physiopathologiques
B. Activation des Ly Auto-Réactifs Anergiques
Défaut de délétion des Ly auto-réactifs

o Plusieurs études ont montré que le couple « CD95/CD95-ligand » (Fas/Fas-ligand) est impliqué dans la délétion des
clones T auto-réactifs et dans la délétion des LT activés par un Ag exogène.

o Chez l'Homme, des manifestations auto-immunes (anémie et thrombopénie) associées à un syndrome


lymphoprolifératif, sont rencontrées en cas d'anomalies génétiques de ces molécules (ou celles impliquées dans leurs
voies de signalisation) dans le cadre du syndrome lymphoprolifératif auto-immun (ALPS).
IV. Hypothèses physiopathologiques
B. Activation des Ly Auto-Réactifs Anergiques
Défaut de régulation

o Des déficits dans le nombre ou dans les fonctions des lymphocytes régulateurs ont été rapportés au cours des MAI.

o Dans les modèles expérimentaux, l'élimination de LT régulateurs CD4+CD25+FoxP3+, ou la thymectomie réalisée trois
jours après la naissance des animaux, empêchant leur production intrathymique, entraîne le développement de
nombreuses manifestations auto-immunes : diabète insulinodépendant, thyroïdite, gastrite.

o Chez ces animaux, l'injection de cellules régulatrices CD4+CD25+FoxP3+ inhibe la réaction auto-immune et la
maladie.
V. Mécanismes lésionnels
V. Mécanismes lésionnels
A. Auto-Anticorps

o Bien que la majorité des lésions auto-immunes implique des LT et éventuellement des cytokines, le diagnostic
immunologiques des MAI passe obligatoirement par la recherche des auto-Ac.

o Il a été prouvé que certains auto-Ac sont la cause directe des lésions, avec des preuves expérimentales solides.

o Par ailleurs, la présence des auto-Ac dans le sérum d’un patient même à des titres élevés ne veut pas forcément dire
qu’il est nécessairement « PATHOGÈNE ». Cependant, cet auto-Ac pourrait avoir un intérêt diagnostique.
V. Mécanismes lésionnels
A. Auto-Anticorps

Mécanismes pathogènes des auto-anticorps


Action directe sur la cellule cible

o Liaison directe à la membrane cellulaire (récepteurs ou Ag exprimés)


o Destruction par ADCC
o Formation d’un complexe immun (CI) in situ et cytolyse par activation du Complément
Action directe sur l’antigène cible

o Blocage de la fonction (ligands)


o Neutralisation de l’activité (enzymes)
Action des Complexes Immuns Circulants (CIC)

o Formation de CI solubles avec l’Ag


o Activation du Complément
o Réaction inflammatoire (cytokines)
o Dépôt des CIC sur la cellule cible
o Cytolyse par activation du Complément in situ
V. Mécanismes lésionnels
B. Effecteurs Lymphocytaires T

o Le DT1 et la SEP représentent deux prototypes de MAI majoritairement provoquées par des LT auto-réactifs.

o Le DT1 est caractérisé, chez l'Homme, par l'infiltration cellulaire des îlots pancréatiques (insulite). Le rôle
prépondérant des effecteurs T dans le développement de la maladie est démontré par son transfert adoptif à l'aide
de LT.
V. Mécanismes lésionnels
B. Effecteurs Lymphocytaires T

o Un mécanisme lésionnel provoqué par des LT est, également, impliqué dans le développement de la SEP chez
l'Homme, et de l'Encéphalomyélite auto-immune expérimentale (EAE), son modèle animal, chez la souris. Cette
affection peut, également, être induite passivement par le transfert de LT CD4+ auto-réactifs à des animaux
syngéniques.

o Par ailleurs, les études ont montré que même si la physiopathologie de certaines MAI implique majoritairement les
LT, des traitements visant à supprimer les LB circulants peuvent conduire à des rémissions prolongées. Ces études
illustrent la complexité de la physiopathologie des MAI chez l'Homme et montrent que les modèles expérimentaux
ne sont pas toujours le reflet exact de la maladie humaine.
V. Mécanismes lésionnels
C. Composante Inflammatoire des MAI

o Dans la plupart des MAI, les cellules immunitaires s'organisent en un granulome inflammatoire avec une
prédominance de lymphocytes et de plasmocytes. Ceci s'observe, notamment, dans les thyroïdites ou les hépatites
auto-immunes (HCAI).

o De nombreux médiateurs chimiques interviennent à tous les stades de l'inflammation :


• Amines vaso-actives ;
• Monoxyde d'azote (NO) ;
• Médiateurs lipidiques ;
• Protéases plasmatiques ;
• Fractions du complément ;
• Facteurs de croissance ;
• Cytokines.

o Ces dernières ont un intérêt particulier, dans le développement des MAI, car elles constituent depuis quelques
années des cibles thérapeutiques de première importance. Ainsi, le traitement de la PR a été révolutionné par
l'introduction des agents biologiques « biothérapie » bloquant les cytokines pro-inflammatoires comme le TNF-α.
VI. Exploration des MAI
VI. Exploration des MAI
Techniques d’exploration

L’exploration des MAI fait appel à différentes techniques dont :

o Immunofluorescence Indirecte (IFI) ;


o ELISA ;
o Western Blot ;
o Techniques de Multiplexage :
o Immuno-fluorimétrie en Flux (IFF) ou technologie LuminexTM ;
o Chimiluminescence … etc.
VI. Exploration des MAI
Exemples d’IFI pour la détection des Auto-Anticorps
Sérum du patient
Auto-Anticorps
Anti-Ig humaines
Ag (Substrat) marquée à la FITC

Lavage

Antigène in situ Lavage

Lecture au
Microscope à
Fluorescence (UV)
VI. Exploration des MAI
Exemples d’IFI pour la détection des Auto-Anticorps

Maladie Auto-Immune Auto-Ac recherchés Organes/Cellules (Substrat)


Connectivites AAN Cellules HEp2/HEp2000
Vascularites AI ANCA PNN
Hépatopathies AI ASMA, M2, LKM Foie, Rein, Estomac de rat
Diabète de type 1 (AI) Anti-ilots de Langerhans Pancréas de primates
Maladie Cœliaque Anti-Endomysium Œsophage de primates
Anémie de Biermer Anti-Facteur intrinsèque Estomac de rat
Maladie d’Addison Anti-Surrénales Surrénales de primates
Thyroïdite de Hashimoto Anti-Thyroglobuline Thyroïde de primates
Maladie de Basedow Anti-Récepteur de la TSH Thyroïde de primates
Myasthénie Anti-Récepteur d’Acétyl choline Muscle cardiaque et strié de primates
Neuropathies AI Anti-Myéline Nerf de primates
Syndrome de Good Pasture Anti-MBG Rein, poumon
Dermatoses Bulleuses AI Anti-desmosomes Œsophage de primates
VI. Exploration des MAI
Modèle des Connectivites
o Connectivites ou « collagénoses »  Ensemble de pathologies liées à une atteinte inflammatoire du Tissu
Conjonctif (collagène), d’origine immunologique.

o Définition actuelle  Connectivites = MAI Inflammatoires chroniques non spécifiques d’organe  pouvant
toucher différents appareils médiées par des RI (exacerbées) à médiation cellulaire et/ou humorale (Auto-
Anticorps) dirigées contre des déterminants antigéniques largement répandus dans l’organisme.

Par ordre de fréquence


1. Polyarthrite Rhumatoïde (PR)

2. Syndrome de Sjögren (SS)

3. Lupus Érythémateux Systémique (LES)


4. Sclérodermie Systémique (SSc)

5. Myopathies Inflammatoires
6. Syndrome de Sharp (MCTD)
Modèle des Connectivites
Symptomatologie Clinique

Les connectivites ont en commun un certain nombre de signes cliniques :

Arthralgies
• Fièvre
• Myalgies
Raynaud • Pleurésie/ péricardite
• Sclérose cutanée
CONNECTIVITE ???
• Œdème des mains
Syndrome sec • Néphropathie
• Leucopénie
Vespertilio • Atteintes neurologiques
Modèle des Connectivites
Exploration : Quelle démarche diagnostique adopter ?

A. Auto-Anticorps à rechercher en cas de suspicion de connectivite

1. Auto-Anticorps Anti-Noyau (AAN)


2. Auto-Anticorps Anti-Phospholipides (aPL)
3. Facteur Rhumatoïde (FR)
4. Anticorps Anti-Peptides/Protéines Citrullinés (ACPA)

B. Intérêt de la recherche de ces Auto-Anticorps

Corrélation à l’évolution et à la gravité de la MAI.


Anti-Sm Anti-ADNn
Anti-ADNn Diagnostique Anti-Jo-1
Anti-Scl-70
Pronostique
Prédictif
Modèle des Connectivites
Recherche des auto-Anticorps Anti-Noyau (AAN)

Techniques de Routine pratiquées au Laboratoire d’Auto-Immunité


1 2

Dépistage Identification

Étape 1 : Dépistage

Techniques
de dépistage

Immunofluorescence Techniques
Indirecte (IFI) Immuno-enzymatiques

IFI sur IFI sur


Cellules HEp2/HEp2000 coupes d’organe
ELISA/Immunoblot
Recherche des Auto-Anticorps anti-Noyau (AAN)
Étape 1 : Dépistage
Immunofluorescence Indirecte (IFI) sur cellules HEp2/HEp2000

Microscope à Fluorescence
Recherche des Auto-Anticorps anti-Noyau (AAN)
Étape 1 : Dépistage
Immunofluorescence Indirecte (IFI) sur cellules HEp2/HEp2000

o Cellules HEp2 issues d’une lignée tumorale d’adénocarcinome du larynx humain.


o Cellules HEp200  cellules HEp2 transfectées avec le gène SSA60 kDa.

o Choix du substrat (Pourquoi particulièrement ces cellules ?) :


• Rapport nucléocytoplasmique élevé (noyau de grande taille) ;
• Multiplicité des nucléoles;
• Potentiel mitotique élevé.
Recherche des Auto-Anticorps anti-Noyau (AAN)
Étape 1 : Dépistage
Immunofluorescence Indirecte (IFI) sur cellules HEp2/HEp2000

Aspects d’IFI les plus fréquents

Homogène Moucheté Nucléolaire Centromérique


Recherche des Auto-Anticorps anti-Noyau (AAN)
Étape 1 : Dépistage
Résultats & Interprétation
Aspect de Fluorescence Cible Antigénique Potentielle
Homogène dsDNA; Histones; Nucléosome, Topoisomérase I.
Moucheté Ku; Mi-2; RNA polymerase II/III; Topo-I,
Sm; SSA (TRIM21, 60KDa); SSB; U1-RNP.
Nucléolaire Fibrillarine, NOR-90, PM/Scl (75 et 100); RNA polymerase I.
Centromérique CENP-A; CENP-B; CENP-C.
Membranaire Lamines, Pores Nucléaires
PCNA PCNA
Single Nuclear Dot, p80-coiline, Sp100
Multiple Nuclear Dot,
Matrice Nucléaire.
Cellule en division CENP-F; MSA-2; NuMa.
Cytoplasmique tRNA synthetases :Jo-1, PL-7,PL-12; SRP;
Filaments (actine), Ribosome-P, Organelles
(Mitochondries, Lysosomes, Appareil de Golgi )
Recherche des Auto-Anticorps anti-Noyau (AAN)
Étape 2 : Identification des cibles antigéniques des AAN
Différentes techniques d’identification des cibles antigéniques des AAN existent.
Remarque : On n’identifie que si le dépistage est positif.

ELISA Multiplex Immuno-Dot


Recherche des Auto-Anticorps anti-Noyau (AAN)
Étape 2 : Identification des cibles antigéniques des AAN

Techniques
d’Identification

Ac Anti-Antigènes Ac Anti-Antigènes
Nucléaires Solubles Nucléaires Insolubles

Multiplex (Luminex®) Multiplex (Luminex®)

ELISA (SSA, SSB, Sm, RNP, Scl70, Jo1) ELISA (ADN natif )

IFI (Crithidia Luciliae)


Recherche des Auto-Anticorps anti-Noyau (AAN)
Étape 2 : Identification des cibles antigéniques des AAN
1. Identification des Ac anti-Antigènes solubles (ENA)

Ouchterlony ELISA Immuno-dot Western blot

Dépôt de
protéines
purifiées

Migration électro-phorétique
Dépistage des protéines

Identification
Recherche des Auto-Anticorps anti-Noyau (AAN)
Étape 2 : Identification des cibles antigéniques des AAN
1. Identification des Ac anti-Antigènes solubles (ENA)

ELISA (ENA-LISA)

Substrat de
Résultat positif Résultat négatif
l’enzyme
2 Blanc réactif
Calibrateur
Enzyme SSA
SSB
Sm
1
Sm/RNP
Scl70
Jo1

Plaque ENA-LISA

ENA : Extractible Nuclear Antigen


Recherche des Auto-Anticorps anti-Noyau (AAN)
Étape 2 : Identification des cibles antigéniques des AAN
2. Identification des Ac anti-ADN natif

Test de FARR Multiplex DNA-LISA IFI sur Crithidia Luciliae


Anti-IgG/PE* Substrat de l’enzyme Anti-Ig humaines
«TMB » marquée au FITC

Péroxydase
Ac
Ac anti-ADNn
ADNn anti-ADNn
ADNn
Diagnostic Immunologique des Connectivites

Contexte Clinique évocateur d’une Connectivite

Dépistage des AAN sur cellules


HEp2/HEp2000 (IFI)

Négatif Fluorescence Nucléaire Fluorescence Cytoplasmique

Contrôle après Homogène/Moucheté 1/80 Contrôle après 6 mois Recherche des Ac :


6 mois Anti-Muscle Lisse
Homogène ≥ 1/320 Recherche des Ac anti-ADN natif Anti-Mitochondries
Sur coupes RFE de rat.
Mixte ≥ 1/320
Moucheté ≥ 1/320 Recherche des Ac anti-ENA Anti-Ribosome P
Anti-Jo1
Autres aspects: Anti-Appareil de Golgi, etc.
Centromérique
Nucléolaire Pas d’identification
PCNA spécifique
Membranaires
Dots, etc
VII. Conclusion
VII. Conclusion

o Les MAI sont le résultat de mécanismes physiopathologiques complexes faisant intervenir :


• Facteurs génétiques de prédisposition ;
• Facteurs environnementaux ;
• Facteurs immunologiques : effecteurs de la RI et expression inappropriée d’Ag cible de la réponse auto-immune.

o Si les acteurs de l'immunité adaptative sont largement impliqués dans la physiopathologie de ces pathologies, les
travaux de ces dernières années montrent que les effecteurs de l'immunité innée le sont aussi.

o Les auto-Ac décrits dans les MAI peuvent être :


• des acteurs du processus pathologique ;
• des marqueurs des MAI, le plus souvent, ne contribuant pas aux mécanismes lésionnels mais ayant un intérêt
diagnostique.

o Enfin, connaître les processus physiopathologiques de ces affections permet de mieux comprendre les mécanismes
d'action des approches thérapeutiques proposées aujourd'hui afin de prendre en charge convenablement les
patients.

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