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Logique et Implications en Mathématiques

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Licence Economie-gestion 1ère année. Cours de Mathématiques. 0. Expression, logique. p 0.

1/7

Licence Economie gestion 1ère année. 2022 2023.


Cours de mathématiques 1 de [Link]

Chapitre 0. Préliminaire. Expression, logique.

« Van Gelijk Hebben Kun Je Geen Brood Kopen », proverbe Flamand.

Ce préliminaire a été ajouté au cours pour éviter les fautes de logiques très fréquentes dans les copies d'examen.
Une expression rigoureuse doit être votre première priorité, avant même n'importe quelle notion de cours.

0.1 Implication. Condition nécessaire, condition


suffisante.
0.1.1 Définitions
Considérons cette expression :

Si un polygone est un carré, alors il a 4 côtés.

Elle exprime que tous les carrés ont 4 côtés. Elle n'indique rien sur les polygones qui ne sont pas des carrés !
Savoir qu'un polygone est un carré suffit pour affirmer qu'il a 4 côtés . On dit que
• la condition « Le polygone P est un carré » est suffisante à la condition « il a 4 côtés » ,
• ou encore que la condition « il a 4 côtés » est nécessaire à la condition « le polygone P est un carré ».

Si ⏟
un polygone est un carré , alors ⏟
il a 4 côtés .
condition suffisante à ' il a 4 côtés ' condition nécessaire à ' est un carré '

Définition 1:
On dit qu'une condition A est suffisante à une condition B, ou encore que B est nécessaire à A, lorsque :
à chaque fois que A est réalisée, B l'est aussi.
On peut l'exprimer par : Si A alors B.
Une phrase énonçant qu'une condition est suffisante à une autre est appelée une implication.

Ainsi, on peut indiquer :


Licence Economie-gestion 1ère année. Cours de Mathématiques. 0. Expression, logique. p 0.2/7

• Si un nombre entier est divisible par 10 , alors il est divisible par 5


• Si un étudiant a validé sa première année en 2020, alors il était inscrit.
• Si un nombre est supérieur à 0, alors son exponentielle est supérieure à 1.

Remarque importante : En revanche, avoir 4 côtés ne suffit pas pour être un carré , être divisible par 5 ne suffit
pas pour être divisible par 10, être inscrit ne suffit pas pour valider son année.
Être un nombre positif suffit pour avoir une exponentielle supérieure à 1. Il est vrai aussi qu'avoir une
exponentielle supérieure à 1 suffit pour être un nombre positif, mais la dernière phrase ne l'indique pas.
Et de façon générale
En se fondant sur « Si A alors B », la condition nécessaire B ne suffit pas pour affirmer que la condition
suffisante A est vraie !

0.1.2 Comment exploiter une implication


Considérons deux conditions logiques A , B . Chacune peut être satisfaite ou ne pas l'être, il y a en tout 4 cas,
décrits par les 4 lignes du tableau suivant.

On ne sait rien, a priori, sur A et B


A est-elle satisfaite ? B est-elle satisfaite ?
Oui Oui L1
Oui Non L2
4 possibilités
Non Oui L3
Non Non L4

La phrase « Si A , alors B » indique que dans le cas où A est satisfaite, c'est-à-dire lorsque l'on se restreint aux
deux premières lignes du tableau, alors B l'est : la première ligne est réalisée, la seconde est exclue.
Mais elle n'indique rien sur les cas où A n'est pas satisfaite, c'est-à-dire sur les deux dernières lignes du tableau,
qui restent possibles toutes les deux.

Si A alors B
A est-elle satisfaite ? B est-elle satisfaite ?
Oui Oui L1
Cette ligne est exclue Oui Non Ces 3 lignes sont L2
possibles.
Non Oui L3
Non Non L4

Posons par exemple l'assertion « Si un nombre est divisible par 10, alors il est divisible par 5 »
Ici A est : « un nombre est divisible par 10 » et B est « ce nombre est divisible par 5 »
Cette phrase est vraie pour tous les nombres, en particulier :
La ligne L1 est possible : 60 est divisible par 10 et aussi par 5 .
La ligne L3 est possible : 75 n'est pas divisible par 10, mais est divisible par 5.
La ligne L4 est possible : 67 n'est pas divisible par 10, et pas non plus par 5.
Licence Economie-gestion 1ère année. Cours de Mathématiques. 0. Expression, logique. p 0.3/7

Mais aucun entier ne correspond à la ligne L2.

Si nous savons de plus que A ou B est ou n'est pas satisfaite, nous pouvons dans certains cas en déduire une
information sur l'autre condition.

Ainsi
(a) Si de plus A est satisfaite, alors nous sommes restreints aux 2 lignes L1 et L2 et nous pouvons
exclure les lignes L3 et L4. Or la ligne L2 est exclue , donc seule L1 reste possible. Nous pouvons
affirmer que B est satisfaite.
A B
Oui Oui Seule cette ligne est
A est satisfaite possible
Oui Non impossible
Non Oui
Non Non

Si un nombre est divisible par 10, on peut en déduire qu'il est divisible par 5.
(b) Si A n'est pas satisfaite, nous sommes restreints aux lignes L3 et L4, possibles toutes les deux.
Nous pouvons exclure la ligne L1. Mais cela ne suffit pas pour savoir si B est, ou n'est pas
satisfaite
A B
Oui Oui
Oui Non impossible
A n'est pas satisfaite Non Oui possible
Non Non possible
Savoir qu'un nombre n'est pas divisible par 10 ne suffit pas pour affirmer qu'il est, ou n'est pas, divisible
par 5.

(c) Si B est satisfaite, nous sommes restreints aux lignes L1 et L3, qui sont possibles toutes les deux.
Cela ne suffit pas pour savoir si A est, ou n'est pas satisfaite.
A B
Oui Oui possible
B est satisfaite Oui Non impossible
Non Oui
Non Non possible

Savoir qu'un nombre est divisible par 5 ne suffit pas pour affirmer qu'il est, ou n'est pas, divisible par 10.
Licence Economie-gestion 1ère année. Cours de Mathématiques. 0. Expression, logique. p 0.4/7

(d) Si B n'est pas satisfaite , nous sommes restreints aux lignes L2 et L4, et nous pouvons exclure les
lignes L1 et L3. Seule la ligne L4 reste possible. Donc nous pouvons affirmer que A n'est pas satisfaite.
A B
Oui Oui
Oui Non impossible
B n'est pas satisfaite Non Oui
Non Non Seule ligne possible

Savoir qu'un nombre n'est pas divisible par 5 suffit pour affirmer qu'il n'est pas divisible par 10.

Exemple 1: Il vous paraîtra simple, mais il est bien utile pour éviter des erreurs à l'exemple 2. P désigne un
polygone. Exploitons l'implication : « si P est carré, alors il a 4 côtés ».

P est un carré P a 4 côtés


Oui Oui Les 3 autres sont possibles. L1
Cette ligne est exclue → Oui Non L2
Non Oui L3
Non Non L4
(a) Si P est un carré , on peut en déduire que P a 4 côtés
(b) Si P n'est pas un carré, les lignes concernées sont L2 et L3, on ne peut pas en déduire que P a 4 côtés.
(c) Si P a 4 côtés, les lignes concernées sont L1 et L3, on ne peut pas en déduire que P est un carré
(d) Si P n'a pas 4 côtés, les lignes concernées sont L2 et L4. Parmi elles seule L4 est possible. On peut en
déduire que P n'est pas un carré.

Cet exemple est simple mais examinons maintenant celui-ci qui est souvent source d'erreurs :

Exemple 2: Demain si ma voiture est réparée, alors j'irai à la piscine.

Ma voiture est Je vais à la piscine


réparée
Oui Oui
Oui Non
Non Oui
Non Non

(a) Si le lendemain, ma voiture est réparée, on peut affirmer que je vais à la piscine.
(b) Si le lendemain, ma voiture n'est pas réparée, on ne peut pas en déduire que je suis à la piscine ou pas.
(c) Si le lendemain, je suis à la piscine, on ne peut pas en déduire que ma voiture est réparée ou non.
(d) Si le lendemain, je ne suis pas à la piscine, alors on peut en déduire que ma voiture n'est pas réparée.

0.2 Equivalence logique


Si ma voiture fonctionne, et seulement dans ce cas, je vais à la piscine.
Licence Economie-gestion 1ère année. Cours de Mathématiques. 0. Expression, logique. p 0.5/7

Définition 2
A et B désignent deux conditions logiques. On dit que 2 conditions A et B sont équivalentes logiquement
lorsque les 2 implications suivantes sont satisfaites en même temps :
Si A alors B et Si B alors A.

On l'exprime ainsi : « A si et seulement si B »

A et B sont soit satisfaites toutes les deux, soit fausses toutes les deux.
A B
Oui Oui
Oui Non
Non Oui
Non Non

0.2.1 Comment exploiter une équivalence.


Si l'on sait que l'une des deux conditions est, ou n'est pas, satisfaite, on peut en déduire que l'autre est dans le
même état.

Supposons que quelqu'un ait annoncé : « Je vais à la piscine si et seulement si ma voiture fonctionne ».

Si on le voit à la piscine, alors on peut affirmer que sa voiture fonctionne.


Si sa voiture fonctionne, alors on peut affirmer qu'il va à la piscine.
Si on ne le voit pas à la piscine, alors on peut affirmer que sa voiture ne fonctionne pas.
Si sa voiture ne fonctionne pas, alors on peut affirmer qu'il ne va pas à la piscine.

0.3 Contraposée
Dans le paragraphe précédent, il est apparu que de la phrase :
« Si A , alors B »
on peut déduire que si B n'est pas satisfaite, alors A non plus .
Définition 3 A et B désignent deux conditions logiques. On appelle contraposée de l'implication « Si A alors
B » la phrase : « Si B n'est pas satisfaite, alors A non plus ».
Propriété 1 Une implication est vraie si, et seulement si sa contraposée est vraie.

L'affirmation suivante « Pour être pilote d'avion, il faut avoir une bonne vue » , que l'on peut aussi exprimer
ainsi : « si une personne est pilote d'avion, alors elle a une bonne vue », est vraie.
on peut en déduire que sa contraposée est vraie aussi :
« si une personne n'a pas une bonne vue, alors elle n'est pas pilote d'avion ».
Licence Economie-gestion 1ère année. Cours de Mathématiques. 0. Expression, logique. p 0.6/7

0.4 Réciproque :
La réciproque de l'implication « Si A alors B » est la phrase « Si B alors A ». Contrairement à la contraposée,
savoir si l'une est vraie ou fausse n'indique rien sur l'autre.

« Si le train n'a pas de retard, alors j'arriverai à temps »


ne permet pas de savoir si la proposition réciproque « si j'arrive à temps, alors le train n'avait pas de retard» est
vraie.
Le cas où ces deux implications seraient vraies pourrait s'énoncer par l'équivalence:
« j'arriverai à temps si, et seulement si le train n'a pas de retard»

0.5 Le OU en mathématiques
En mathématiques le OU est toujours inclusif : « A ou B » signifie que A est vraie, B est vraie, ou A et B sont
vraies toutes les deux.
Exemple : (x−1)(x 2 – 4x+3)=0 si et seulement si ( ( x−1=0) OU (x 2 – 4x+3=0) ) . Remarquez
que pour x=1 les deux conditions de droite sont satisfaites à la fois.
Pour exprimer qu'une seule des 2 conditions A, B est satisfaite vous pouvez utiliser Soit … Soit.

Exemple : J'irai en cours soit en vélo, soit en Rer. Indique qu'on n'envisage pas d'utiliser à la fois le
vélo et le RER.

0.6 Notations
Vous avez du rencontrer les notations suivantes au lycée. Elles peuvent être plus courtes à écrire que les
expressions en langage courant mais elles ne valent pas de points supplémentaires. En revanche, mal employées
elles perdent tout sens. Il est raisonnable de ne les employer que si vous savez parfaitement ce qu'elles
signifient et comment les utiliser.

=> : implique. Relie deux propositions logiques. Exemple (x2 = 5) => (x6 = 125)

 : si et seulement si. Relie deux propositions logiques. Exemple (ln(x) > 2)  (x > exp(2))
: appartient . Exemple 3  ]1, + ∞[
 : Il existe au moins un. Ce signe est souvent associé à une barre oblique / ou un point virgule qui signifient
« tel que »
Exemple :  x  ]0, + ∞[ ; 2*sin(10 x) + exp(x) = 3.
Ou encore  x  ]0, + ∞[ / 2*sin(10 x) + exp(x) = 3. A prouver en exercice, en utilisant le théorème des
valeurs intermédiaires.
A titre d'information il existe exactement 5 valeurs de x satisfaisant à cette condition.

 : quel que soit. Exemple : (  x  IR ) (x2 + 1 > 0)


{} : l'ensemble des ...
Par exemple { x  IR / x2 – 4x + 3 ≤ 0} = [1 ; 3] . L'ensemble des nombres réels x satisfaisant à
x2 – 4x + 3 ≤ 0 est [1 ; 3]. Pour le prouver, vous pouvez commencer par remarquer que pour tout x de IR,
2
x −4x+3=(x−1)( x−3)
Licence Economie-gestion 1ère année. Cours de Mathématiques. 0. Expression, logique. p 0.7/7

0.7 A vous
Exemple 3:
Il s'agit de prouver que les fonctions f solutions de : 2x f ( x)+ f ' ( x)=0 pour tout x de ]0,+ ∞[ sont les fonctions de la
forme : x  ]0,+ ∞[ ↦ f (x )=K exp (−x 2) , K désignant une nombre constant.

Voici deux raisonnements proposés comme réponses. L'un d'eux prouve-t-il l'assertion ? Chacun d'eux la
prouve-t-il ? Aucun d'eux ne le prouve-t-il ? L'un est-il préférable à l'autre ? Avez-vous d'autres commentaires ?

Raisonnement 1. Raisonnement 2.
Soit f une fonction dérivable sur IR telle que
2
2 x f (x )+ f ' ( x)=0 pour tout x de IR
Si f ( x )= K exp(−x 2 ) = K e− x pour tout x de IR 2 2

alors ( 2 x f ( x)+ f ' ( x) )×e x = 0  e x


alors f ' ( x)=−2 K x exp(−x 2 ) ,
= 0 pour tout x de
d'où
IR.
2 x f ( x )+ f ' ( x)=2 x K exp(−x 2 )+(−2 x K exp(−x 2 )) 2 2

= 0 pour tout x de IR . d'où 2 x f ( x )e x + f ' (x) e x =0


2

Posons g(x) = e x pour tout x de IR. Alors g'(x)


2

= 2 x ex
d'où g ' ( x ) f ( x)+g ( x) f ' ( x)=0 pour tout x
de IR ,
d'où (f g)' (x) = 0 pour tout x de IR
Donc f(x) g (x) est constante sur tout IR. Notons K
cette constante.
f(x) g (x) = K.
K
Donc f(x) = = K exp (−x 2) pour tout
g (x)
x de IR , K désignant un nombre constant.

0.8 En bref
• L'expression "Si A alors B" est appelée une implication.
• Il faut toujours faire attention à ne pas la confondre avec son implication réciproque "Si B alors A".
• "Si A alors B" ne permet pas d'affirmer que "Si B alors A".
• En revanche, "Si A alors B" permet d'affirmer que "Si B n'est pas satisfaite alors A n'est pas satisfaite"
• Pour s'y retrouver, on peut construire ou visualiser un tableau à 2 lignes et 2 colonnes, comme en 0.1.2 ,
et rayer les lignes qui ne peuvent pas être satisfaites pour laisser apparaître les cases possibles.
• L'équivalence logique "A si et seulement si B" exprime que A et B ne peuvent être que soit satisfaites
ensemble, soit non satisfaites ensemble, ou encore que "Si A alors B" et "Si B alors A" sont vraies
toutes les deux.
• En mathématiques "A ou B" exprime que l'une de ces conditions est satisfaite, ou l'autre, ou encore les
deux en même temps.
• Les notations mathématiques ne doivent être perçues que comme des raccourcis, elles n'ont pas plus de
valeur que leur expression en langage courant, et elles perdent toute signification si elles ne sont pas
utilisées exactement dans leur contexte.

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