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Formule du discriminant expliquée

Le document traite des nombres complexes, en commençant par leur historique et leur définition, ainsi que des concepts associés tels que la conjugaison, le module et l'argument. Il aborde également leur utilisation dans la résolution d'équations, la formule de Moivre et l'interprétation géométrique. Enfin, il inclut des exercices pour mettre en pratique les connaissances acquises.

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Formule du discriminant expliquée

Le document traite des nombres complexes, en commençant par leur historique et leur définition, ainsi que des concepts associés tels que la conjugaison, le module et l'argument. Il aborde également leur utilisation dans la résolution d'équations, la formule de Moivre et l'interprétation géométrique. Enfin, il inclut des exercices pour mettre en pratique les connaissances acquises.

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LES NOMBRES COMPLEXES


PLAN
I : Définition des complexes
1) Historique
2) Définition
3) Conjugaison
4) Module et inégalité triangulaire
5) Argument
a) Définition
b) Forme trigonométrique
c) Exponentielle complexe
d) Formule d'Euler
e) Cercle unité
II : Utilisation des complexes
1) Formule de Moivre
2) Linéarisation
3) Réduction de acos() + bsin(
4) Racines d'un complexe
a) racine carrée, méthode algébrique
b) racine nème : méthode trigonométrique
c) racines nème de l'unité
5) Interprétation géométrique
Annexe : Les polygones réguliers constructibles à la règle et au compas
2
1) Calcul de cos( )
5
2
2) Calcul de cos( )
17
2
3) Calcul de cos( )
257
Exercices
1) Enoncés
2) Solutions

I : Définition des complexes

1- Historique
Les nombres complexes, tels que nous les utilisons aujourd'hui, datent du XIXème siècle. Ils étaient
cependant connus et utilisés depuis plusieurs siècles sous le nom de nombres imaginaires (terme qui
est resté dans l'expression "partie imaginaire"). Ils sont apparus lorsque l'on a essayé de résoudre les
équations du 3ème degré. Ces équations donnèrent lieu à de nombreux travaux de la part des
-1-
algébristes arabes du Moyen-Age, en particulier Ibn Al-Haytham qui résout des équations de ce type
par intersections de coniques, Omar Khayyam qui tente des résolutions par radicaux, Al-Tusi et Al-
Kashi qui proposent des méthodes de résolution approchées. Cependant, le premier à avoir résolu
algébriquement des équations du 3ème degré du type x3 + px = q ( p > 0, q > 0) semble être Scipione
Del Ferro (1465-1526), professeur à l'université de Bologne, vers 1500. Il ne publia pas sa
découverte mais la transmit à son élève Antonio Maria Fior et à son gendre Annibale della Nave. En
1531, Tartaglia (1500-1557), soit à la lumière d'une indiscrétion, soit par sa propre invention, apprit
également à résoudre les équations du 3ème degré. Croyant à une imposture, Fior lança en 1535 un
défi public à Tartaglia. A la fin du temps imparti, Tartaglia avait résolu toutes les équations de Fior,
alors que celui-ci ne put en résoudre une seule de Tartaglia. La supériorité de Tartaglia provient du
fait que ce dernier savait résoudre les équations du type x3 + px2 = q, chose que Fior ne savait pas
faire. En 1539, Tartaglia accepta de dévoiler son secret à Cardan (1501-1576). Ce dernier, à la suite
d'une visite que lui fit della Nave en 1542, s'estima libéré du serment prêté à Tartaglia et publia la
méthode de résolution en 1545 dans son ouvrage Ars magna, malgré la colère de Tartaglia. Un élève
de Cardan, Ludovico Ferrari (1522–1565), parvint à résoudre les équations du 4ème degré. Signalons
qu'on ne peut résoudre n'importe quelle équation algébrique par radicaux. C'est impossible pour la
plupart des équations du 5ème degré, par exemple x5 + x – a = 0, avec a = 3, 4, 5, 7, 8, 9, 10, 11 ...
x5 + x – 6 est résoluble, mais simplement parce qu'il se factorise en (x2 – x + 2)(x3 + x2 – x – 3).

Voici comment procède Cardan. Considérant l'identité :


(a + b)3 = 3ab(a + b) + a3 + b3
Cardan explique en 1545 comment résoudre les équations du type :
x3 = px + q
p
en posant ab = et a3 + b3 = q. Ayant trouvé a et b vérifiant ces deux dernières équations, une
3
solution de l'équation initiale est alors donnée par x = a + b.

EXEMPLES :
 Résoudre x3 = 18x + 35.
3 3 3
 ab = 6  a b = 6 = 216
 3  3
 a + b = 35  a + b = 35
3 3

Donc a3 et b3 sont racines de l'équation X2 – 35X + 216 = 0, à savoir 8 et 27. Donc a = 2 et b = 3.


Une solution de l'équation initiale est donc 5. Les autres solutions sont trouvées en factorisant :
x3 – 18x – 35 = (x – 5)(x2 + 5x + 7) etc...
(Les équations du second degré à discriminant négatif sont considérées comme n'ayant pas de
solution à l'époque).

 Résoudre x3 = – 3x + 14.
3 3
 ab = – 1 a b =–1
 3   3
 a + b = 14  a + b = 14
3 3

3
Donc a3 et b3 sont racines de X2 – 14X – 1 = 0, à savoir 7  50. Donc a et b valent 7  50 et
3 3
une racine de l'équation initiale est 7 + 50 + 7 – 50. Une valeur approchée numérique de
cette expression donne 2, et de fait 2 est bien racine de x3 = – 3x + 14. On retrouve bien cette valeur

-2-
3 3
de 2 à partir de 7 + 50 + 7 – 50 en remarquant que (1  2)3 = 7  50, ou encore que
3
1 2= 7  50, de sorte que :
3 3
7 + 50 + 7 – 50 = (1 + 2) + (1 – 2) = 2
Dans cet exemple également, il n'y a pas d'autres racines réelles puisque :
x3 + 3x – 14 = (x – 2)(x2 + 2x + 7)
et que le trinôme x2 + 2x + 7 est irréductible sur R.

 Résoudre x3 = 15x + 4.
3 3 3
 ab = 5  a b = 5 = 125
 3  3
a +b =4 a +b =4
3 3

Donc a3 et b3 sont racines de l'équation X2 – 4X + 125 = 0. Cette équation admet un discriminant


négatif. Elle est donc réputée ne pas avoir de solution. Est-ce à dire que l'équation initiale n'admet
pas non plus de solution ? Si. Toute équation du troisième degré admet au moins une solution
(pourquoi ?). Ici, 4 est racine évidente. Bombelli (1526-1573) eut l'idée de penser que les parties
"impossibles" ou imaginaires devaient s'éliminer pour redonner la racine réelle. Il écrivit donc :
3
a3 = 2 + –121 = 2 + 11 –1  a = 2 + 11 –1
3
b3 = 2 – –121 = 2 – 11 –1  b = 2 – 11 –1
3 3
et 4= 2 + 11 –1 + 2 – 11 –1

De fait, on peut vérifier que :


(2  –1)3 = 8  12 –1 – 6  (– –1) = 2  11 –1
de sorte que la solution de Cardan vaut également (2 + –1) + (2 – –1), ce qui donne
effectivement 4. Il y a en fait trois solutions à l'équation, car il existe, au sens moderne, trois racines
cubiques complexes de a3 et b3. Les solutions sont :
a = 2 + i et b = 2 – i a+b=4
a+b=–2– 3
2
a = (2 + i)j et b = (2 – i)j
2
a = (2 + i)j et b = (2 – i)j a+b=–2+ 3
2i
où j = exp( ) est racine cubique de 1. Les trois racines trouvées sont bien racines de :
3
x3 – 15x – 4 = (x – 4)(x2 + 4x + 1)
(Il est intéressant de noter que le seul cas qui donne trois racines réelles à l'équation cubique
nécessite obligatoirement l'utilisation des nombres complexes pour être résolue).

Bombelli fut donc le premier à introduire une notation proche de notre notation moderne. Mais
l'utilisation des nombres imaginaires a mis plusieurs siècles avant de s'imposer. Girard (1595-1632)
déclare en 1629, dans son Invention nouvelle en algèbre :
On pourrait dire à quoi servent ces solutions qui sont impossibles1, je réponds pour
trois choses, pour la certitude de la règle générale, et qu'il n'y a point d'autres
solutions, et pour son utilité.

1
Il s'agit des nombres complexes
-3-
Mais ses vues avancées à l'époque n'ont guère eu d'influence.

Il faut attendre le XIXème siècle pour que les nombres imaginaires soient universellement adoptés.
La représentation géométrique des nombres complexes par les points du plan joue un grand rôle
dans cette acceptation, le support géométrique apportant une caution aux yeux de nombreux
mathématiciens de l'époque.
En 1799, Wessel (1745-1818) qui est arpenteur, introduit un axe imaginaire perpendiculaire
à l'axe réel. Il note  pour –1, et interprète les vecteurs du plan comme des nombres complexes.
Argand (1762-1822), quant à lui, interprète en 1806 les nombres négatifs comme ayant une
direction opposé aux nombres positifs. A cette époque, on note encore a : b :: c : d pour désigner le
fait que la grandeur a est à la grandeur b ce que la grandeur c est à la grandeur d. Argand note donc
que 1 : 1 :: –1 : –1 et que 1 : –1 :: –1 : 1, à savoir, 1 est à 1 ce que –1 est à –1, et 1 est à –1 ce que
–1 est à 1. Il se demande alors quelle quantité x vérifiera 1 : x :: x : –1, à savoir, 1 est à x ce que x
est à –1. Il a l'idée de se placer dans le plan et de voir que la quantité x est celle qui est orthogonale à
la droite définissant 1 et –1. x joue évidemment ici le rôle du complexe  i. Il propose d'abandonner
le qualificatif d'imaginaire, et de qualifier x de quantités médianes.
Mais les mémoires de ces deux auteurs resteront confidentiels. Celui de Wessel, figurant
dans les Mémoires de l'Académie des Sciences du Danemark, passera complètement inaperçu, et ne
sera traduit en français qu'en 1897. Celui d'Argand aura plus de chance, puisqu'il fera l'objet
d'articles dans les Annales de Gergonne en 1813-14. Les complexes prendront définitivement leur
statut moderne grâce à l'influence de Gauss (1777-1855), dont le renom dépasse de loin celui des
précédents personnages. Déjà en 1799, Gauss utilise implicitement le plan complexe dans sa thèse.
En 1811, il écrit2 :
De même qu'on peut se figurer le domaine entier de toutes les grandeurs réelles au
moyen d'une ligne droite illimitée, de même on peut rendre perceptible le domaine
entier de toutes les grandeurs, réelles et imaginaires, au moyen d'un plan illimité, où
tout point, déterminé par son abscisse a et son ordonnée b, représente en quelque sorte
la grandeur a + bi.
Et en 18313 :
Si on a considéré jusqu'à présent ce sujet d'un point de vue erroné, et qu'on y a trouvé
une mystérieuse obscurité, c'est en grande partie imputable à des appellations
inappropriées. Si l'on avait qualifié +1, –1, i non pas d'unité positive, négative, et
imaginaire (ou même impossible), mais plutôt d'unité directe, inverse, et latérale, le
propos n'aurait presque pas été obscurci.
ou encore4 :
Aussi longtemps que les quantités imaginaires étaient basées sur la fiction, elles
n'étaient pas pleinement acceptées en mathématiques, mais plutôt regardées comme
quelque chose que l'on devait tolérer ; elles étaient loin d'avoir acquis le même statut
que les quantités réelles. Il n'y a plus aucune justification à une telle discrimination,
maintenant que la métaphysique des nombres imaginaires a été pleinement éclairée, et
qu'il a été montré qu'ils avaient une signification aussi réelle que les nombres négatifs.
C'est à partir de cette époque que Gauss emploie le terme "complexe" en lieu et place du terme
"imaginaire". C'est également au cours du XIXème siècle que les nombres complexes commencent
à être largement utilisés en physique.

2
Gauss, Lettre à Bessel du 18 décembre 1811, Werke 8, p.90-92
3
Gauss, Werke 2, p.177-178
4
Gauss, Werke 10, p.404
-4-
2- Définition
L'ensemble des complexes C est en bijection avec R2. Ses éléments sont notés z = a + ib, pour a et
b réels. a est la partie réelle, b la partie imaginaire. i est un symbole n'ayant d'autre but que de
distinguer la partie réelle Re(z) = a de z de sa partie imaginaire Im(z) = b. Les règles de calculs
sont les règles usuelles de la somme et du produit, avec la règle i2 = –1. La notation i est due à Euler
(1707-1783). Ces règles donnent à C une structure appelée corps, comme R ou Q (voir
L1/[Link]). Dans un corps, il y a deux opérations, somme et produit, et tout élément non
nul z = a + ib possède un inverse :
a – ib
z–1 = 2
a + b2
comme on le vérifie facilement.

Depuis Gauss (1777-1855), on a adopté une représentation géométrique des complexes. Si on munit
le plan d'un repère orthonormé, alors le complexe z = a + ib peut se représenter :
 par le vecteur de composantes (a, b), vecteur dit d'affixe z.
 par le point de coordonnées (a, b), point dit d'affixe z.

3- Conjugaison
On définit une application de C dans C par :
z = a + ib  –z = a – ib, conjugué de z.
Cette application correspond géométriquement à une symétrie orthogonale par rapport à l'axe des
abscisses. Il s'agit d'une involution (sa composée avec elle-même est égale à l'identité).

On vérifie facilement que l'on a les règles de calcul suivantes :


– – – –
–z + z' = z + z' –z z' = z z' – –z = 
–z
 – – –
1/–z = 1/z z/z' = z/z'
z + –z z – –z
Re(z) = Im(z) =
2 2i

4- Module et inégalité triangulaire


Le module de z = a + ib est z = a2 + b2 . Il s'interprète géométriquement comme la norme
euclidienne du vecteur d'affixe z ou comme la distance du point d'affixe z à l'origine. De même,
z – a est la distance du point d'affixe z au point d'affixe a. Ainsi, R étant un réel strictement positif,
{z, z – a < R} est le disque (dit ouvert) de centre a de rayon R. L'ensemble {z, z – a  R}
s'appelle disque fermé de centre a de rayon R.

On vérifie facilement les règles de calculs suivantes :


–z
z = –z z–z = z 2 1
zz' = z z' =
z z2
z =0z=0 Re(z)  z Im(z)  z

-5-
Seule l'inégalité triangulaire z – z'  z + z'  z + z' est non évidente. Elle découle de la
même propriété dans le plan euclidien. On peut aussi la démontrer directement de la façon suivante
:
z + z'  z + z'
 z + z' 2  ( z + z' )2

 z 2 + z z' + –z z' + z' 2  z 2 + 2 z z' + z' 2


 z z' + –z z'  2 z z'

On reconnaît dans le membre de gauche le double de la partie réelle de z z'.
– – –
 Re(z z')  z z' ce qui est vrai car Re(z z')  z z'
– –
On a l'égalité z + z'  z + z' si et seulement si Re(z z') = z z' , donc si et seulement si il existe 

réel positif ou nul tel que z z' =  ce qui est vérifié si et seulement si z' = 0 ou z z'2 = z'. Cette
dernière relation est vérifiée si et seulement si z et z' sont colinéaires de même sens.

Quant à la première inégalité triangulaire, elle découle de la deuxième de la façon suivante :


z = z + z' – z'  z + z' + z'
 z – z'  z + z'
De même en intervertissant les rôles de z et z'.

5- Argument
a) Définition :
L'argument d'un complexe non nul z est une mesure  de l'angle (i, v) où v est le vecteur d'affixe z
dans la base orthonormée (i, j). On le note arg(z). Il est défini à 2 près. La valeur particulière
appartenant à l'intervalle ]–, ] est appelé argument principal. On notera par exemple :
arg(z)   [2]
On a alors :
z = z (cos() + isin())

On a :
arg(–z) = arg( ) = – arg(z)
1
z
arg(zz') = arg(z) + arg(z')

En effet, si z = z (cos() + isin()), alors –z = z (cos() – isin()) et


1 1
= (cos() – isin()) d'où
z z

les égalités de la première relation. Pour la deuxième, si z' = z' (cos() + isin()), alors :
zz' = z z' (cos() + isin()) (cos() + isin())

-6-
= z z' (cos()cos() – sin()sin() + icos()sin() + icos()sin())
= z z' (cos( + ) + isin( + ))
en vertu des formules (à connaître) :
cos( + ) = cos()cos() – sin()sin()
sin( + ) = sin()cos() + cos()sin()
donc arg(zz') =  +  = arg(z) + arg(z').

Alors que l'addition d'un vecteur z' s'interprète géométriquement par une translation de vecteur le
vecteur d'affixe z', le produit z  zz' par z' s'interprète comme la composée de :
 une homothétie de centre O de rapport le réel z' : z  z' z
 une rotation de centre O d'angle arg(z') : z  arg(z')z
Cette composée s'appelle similitude directe de centre O, de rapport z' et d'angle arg(z').

Ainsi, le produit par i est une rotation de . Le produit par j = e2i/3 est une rotation de .
2
2 3

b) Forme trigonométrique :
Le calcul vu ci-dessus
(cos( + ) + isin( + )) = (cos() + isin())  (cos() + isin())
conduit à constater que, si on pose la fonction f :   cos() + isin() alors f( + ) = f()  f(). Il
s'agit d'une relation fonctionnelle comparable à celle de l'exponentielle et il est convenu de noter
f() = ei, de sorte que :
z = z ei (forme trigonométrique d'un nombre complexe)
avec
ei  ei = ei(+)
Il est intéressant de remarquer qu'on utilise pour désigner la fonction f les symboles e et i, et pas une
notation , avec  défini autrement, alors qu'a priori, n'importe quelle exponentielle de  pouvait
faire l'affaire. Pourquoi ? Parmi les multiples raisons possibles, on a :
f() = cos() + isin()
 f '() = – sin() + icos() = if()
en convenant de dériver une fonction à valeurs complexes en dérivant sa partie réelle et sa partie
imaginaire. Puisque dans R, la dérivée par rapport à  de la fonction ea est aea, il est naturel de
poser f() = ei, étendant ainsi la règle de dérivation d'une exponentielle au cas où a = i.

c) Exponentielle complexe :
Plus généralement, pour z = x + iy complexe, on pose :
ez = ex (cos(y) + isin(y)) = ex  eiy
Il en résulte que la résolution de ez = a conduit à la discussion suivante :
si a = 0 alors, il n'y a pas de solution
sinon, z = x + iy avec x = ln a et y = arg(a) + 2k, soit z = ln a + iarg(a) + 2ik

On a ez+z' = ez ez' pour tout complexe z et z'. En effet, si z = x + iy et z' = x' + iy', alors :
ez+z' = ex+x'  ei(y+y')
= ex ex'  eiy eiy'
= ez ez'
-7-
La dérivée de t  eat avec a complexe est aeat. En effet, si a = x + iy, alors :
eat = etx (cos(ty) + isin(ty))
dont la dérivée par rapport à t est :
xetx (cos(ty) + isin(ty)) + etx (– ysin(ty) + iycos(ty)) = (x + iy) etx (cos(ty) + isin(ty))
= aeat

d) Formule d'Euler :
Voici quelques formules :
ei = –1 (formule d'Euler)
e2i = 1
ei/2 = i
1 + ei = ei/2 (e–i/2 + ei/2) = 2ei/2 cos()
2
1 – ei = ei/2 (e–i/2 – ei/2) = – 2iei/2 sin()
2
En prenant les parties réelles et imaginaires des deux dernières formules, on obtient :
cos() = 2cos2() – 1 = cos2() – sin2() =
1 – tan2(/2) 1 – t2
=
2 2 2 1 + tan2(/2) 1 + t2
sin() = 2 sin() cos() =
2 tan(/2) 2t
=
2 2 1 + tan2(/2) 1 + t2
où l'on a posé t = tan(). On a aussi :
2
2 tan(/2) 2t
tan() = = 2
1 – tan2(/2) 1 – t
Ces trois formules sont faciles à mémoriser. cos() est une fonction paire définie sur R, et la seule
façon de combiner les seules expressions 2t, 1 + t2 et 1 – t2 en une fraction rationnelle paire définie
1 – t2
sur R et de prendre le quotient .
1 + t2
De même, sin() est une fonction impaire définie sur R, et la seule façon de combiner les seules
expressions 2t, 1 + t2 et 1 – t2 en une fraction rationnelle impaire définie sur R et de prendre le
2t
quotient .
1 + t2
Enfin la tangente est le quotient de sin par cos.

Quand  varie de – à  exclus, [cos(), sin()] décrit le cercle privé du point (–1, 0). t = tan()
2
2
1–t 2t
varie de – à +. t  ( , ) est donc un paramétrage sous forme de fractions rationnelles
1 + t2 1 + t2
de polynômes du cercle unité privé du point (–1,0), ce dernier étant obtenu comme point limite
quand t tend vers l'infini.

e) Cercle unité :
On appelle cercle unité U l'ensemble {z | z = 1} = {z |    R, z = ei}.
Cet ensemble possède les propriétés suivantes :

-8-
 U est stable pour le produit (ce qui signifie : z  U et z'  U  zz'  U pour tous z et z')
 Ce produit est associatif5 (ce qui signifie que (zz')z" = z(z'z") pour tous z, z', z" de U)
 1, neutre du produit (ce qui signifie que 1z = z1 = z pour tout z de U), appartient à U
1
 si z appartient à U, son inverse aussi.
z
(U, ) est un groupe (voir L1/[Link]). Le produit étant commutatif (ce qui signifie que
zz' = z'z pour tous z et z' de U), le groupe est dit commutatif (ou abélien). Il existe par ailleurs une
analogie de structure entre (R,+) et (U,) par l'intermédiaire de l'application f suivante :
(R,+)  (U, )
  ei = f()
On a en effet f( + ') = f()  f(')
On dit que f est un morphisme de groupe (voir L2/[Link])

II : Utilisation des complexes

1- Formule de Moivre : (Moivre 1667-1754)


Cette formule s'énonce :
(cos() + isin())n = cos(n) + isin(n)
Elle découle de la propriété (ei)n = ein qui se montre aisément par récurrence. Elle permet de
calculer cos(n) et sin(n) en fonction en fonction de cos et sin.

EXEMPLES :
 Calculer cos(), sin(), cos( ), sin( ). Posons  =  ou . On a sin(5) = 0. Or :
2 2 2
5 5 5 5 5 5
sin(5) = Im(cos() + i sin()) = 5  cos (  sin( – 10  cos2(  sin3( + sin5(
5 4

= 5(1 – sin2()2  sin( – 10(1 – sin2()  sin3( + sin5(


= 5sin( – 20sin3( + 16sin5(
donc :
 16sin4( – 20sin2( + 5 = 0
10 ± 20 5 ± 5
On trouve sin2 = =
16 8
Plus précisément, puisque sin( ) > sin() :
2
5 5
 5– 5
sin2( ) =
5 8
2 5+ 5
sin2( ) =
5 8
donc :

sin() =
5– 5

5 2 2
2 5+ 5
sin( ) =
5 2 2

5
Un exemple de produit non associatif est le produit vectoriel des vecteurs dans l'espace de dimension 3.
-9-
On en déduit :

cos() =
6+2 5 5+1
=
5 4 4
= sin( – ) = sin(  )
2 5–1 2
cos( ) =
5 4 2 5 10
Ces formules permettent de prouver qu'on peut construire un pentagone régulier à la règle et au
compas. Tracer un cercle de centre O de rayon 1, de diamètre [AB], A = (–1, 0), B = (1, 0). Soit
1
C = (0, 1), point du cercle sur le diamètre perpendiculaire à [AB]. Soit D = ( , 0) le milieu de [OB].
2
5
Tracer le cercle de centre D passant par C, de rayon CD = . Ce cercle coupe [AO] au point
2

= 2sin() qui est la longueur du côté du pentagone


1– 5 5– 5
E=( , 0). On a alors CE =
2 2 5
régulier inscrit dans un cercle de rayon 1. Il suffit de reporter cette longueur le long du cercle pour
construire le pentagone. Ci-dessous, on a reporté deux côtés du pentagone :

O D
A E B

5–1 
On a également OE = DE – OD = DC – OD = = 2sin( ), ce qui prouve que OE est la
2 10
longueur du côté du décagone régulier inscrit dans le cercle de rayon 1.

2 8
 Exprimons également cos( ) sous forme de radicaux. Pour cela, considérons également cos( ).
15 15
On a, en utilisant les valeurs précédemment trouvées cos() = et sin2() =
5+1 5– 5
:
5 4 5 8
cos( ) + cos( ) = cos( – ) + cos( + ) = 2cos()cos() =
2 8 1+ 5
15 15 3 5 3 5 3 5 4
cos( )cos( ) = cos( – )cos( + )
2 8
15 15 3 5 3 5
- 10 -
       
= (cos( )cos( ) + sin( )sin( ))(cos( )cos( ) – sin( )sin( ))
3 5 3 5 3 5 3 5
= cos2()cos2() – sin2()sin2() =
–3+ 5
3 5 3 5 8
2 8
Connaissant leur somme et leur produit, on peut conclure que cos( ) et cos( ) sont les racines du
15 15
1+ 5 –3+ 5 2
polynôme X2 – X+ , cos( ) en étant la racine positive. D'où :
4 8 15
2 1 + 5 + 30 – 6 5
cos( ) =
15 8
8 1 + 5 – 30 – 6 5
cos( ) =
15 8

n n
 Calcul de  cos(kt) et de  sin(kt). Ces deux quantités sont respectivement les parties réelles et
k=0 k=0

n
imaginaires de  eikt, qui est la somme d'une suite géométrique de raison eit. Si cette raison est
k=0

différente de 1, autrement dit si t  0 modulo 2, on a :


(n + 1)t (n + 1)t
n i(n+1)t i(n+1)t/2 – 2i sin( ) sin( )
1 – e e 2 2
 e = 1 – eit = eit/2 
ikt
t
=eint/2
t
k=0
– 2i sin( ) sin( )
2 2
donc, en séparant parties réelles et imaginaires, on obtient :
(n + 1)t
n sin( )
nt 2
 cos(kt) = cos(
2
)
t
k=0
sin( )
2
(n + 1)t
n sin( )
nt 2
 sin(kt) = sin( 2 ) t
k=0
sin( )
2
qu'on peut éventuellement encore transformer en utilisant les formules :
2 cos(p) sin(q) = sin(q + p) + sin(q – p)
2 sin(p) sin(q) = cos(q – p) – cos(q + p)

2- Linéarisation
La linéarisation est le problème inverse du précédent. On se donne un produit de puissances de
cos( et sin( et l'on souhaite exprimer cette expression en fonction d'une fonction linéaire (du
premier degré) de cos(n) et sin(n). Ce problème se pose par exemple lorsque l'on cherche une
primitive d'une telle fonction. Il suffit dans la plupart des cas d'utiliser :

ei + e–i ei – e–i


cos( = sin( =
2 2i

- 11 -
On peut également utiliser les formules de trigonométrie.

EXEMPLES:
ei + e–i 4 e4i + 4e2i + 6 + 4e–2i + e–4i cos(4) + 4cos(2) + 3
 cos4( = ( ) = =
2 16 8
2
1 + cos(2) 2 1 + 2cos(2) + cos (2)
ou cos4() = (cos2())2 = ( ) =
2 4
1 + cos(4)
1 + 2cos(2) +
2 cos(4) + 4cos(2) + 3
= =
4 8

ei – e–i 3 ei + e–i 2 (ei – e–i)(e2i – e–2i)2


 sin3cos2 = ( ) ( ) =
2i 2 –32i
i –i 4i –4i
(e – e )(e – 2 + e )
=
–32i
e – e – 2ei + 2e–i + e–3i – e–5i 2sin( + sin(3) – sin(5)
5i 3i
= =
–32i 16

3- Réduction de acos( + bsin(


a et b sont deux réels non tous deux nuls. On factorise par a2 + b2 . On obtient :
a2 + b2  2 sin()
a b
2
cos() + 2 2
 a +b a +b 
a b
Les coefficients et ont la somme de leur carrés égal à 1. Il existe un réel  tel
a2 + b2 a2 + b2
qu'ils valent respectivement par exemple cos( et –sin(. On obtient alors la forme réduite :
a2 + b2 cos(+ )
Si  est de la forme t + , cette transformation montre qu'une combinaison linéaire de cos et de sin
de même pulsation  et de même phase est une sinusoïde toujours de pulsation , mais déphasée de
.

4- Racines d'un complexe


a) racine carrée, méthode algébrique :
Soit Z = X + iY. On cherche z = x + iy tel que Z = z2.
On obtient :
2 2
2 2  (i) x – y = X
x –y =X 
   (ii) 2xy = Y
 2xy = Y
 (iii) x2 + y2 = X2 + Y2
(iii) est obtenu en sommant les carrés de (i) et (ii) ou en prenant le module de Z. (i) et (iii)
permettent de trouver x2 et y2, et donc x et y au signe près ; ii) permet de lever l'ambiguïté sur les
signes.

Nous menons ci-dessous le calcul complet dans le cas général, mais dans la pratique, il est plus
simple de refaire les calculs plutôt que de tenter de retenir les formules finales :

- 12 -
 x2 =
X2 + Y2 + X
2
y2 =
X + Y2 – X
2


2
sg(xy) = sg(Y)
 X2 + Y2 + X X2 + Y2 – X 
 z= + i sg(Y) 
 2 2 

EXEMPLE :
3 i
Z= +
2 2

 x – y = 23  x =
2 2
2+ 3 x=–

2– 3

 2xy = 12   y =
2 2
ou
2– 3 y=– 2– 3
x +y =1 
2 2 2  2

Application aux équations du second degré :


L'équation az2 + bz + c = 0 avec a, b et c complexes se résout avec des formules analogues à celles
de R, en calculant le discriminant. En effet :
= a(z + )2 – 
b b2 – 4ac b
az2 + bz + c = a(z + )2 –
2a 4a 2a 4a
–b
Si on pose  = 2, on obtient bien comme racine . (On notera que, si x désigne un réel
2a
positif, la notation z est dénuée de sens puisqu'il n'y a pas de complexes positifs et on évitera donc
d'écrire ). Il y a toujours deux racines (éventuellement confondues si  = 0). Leur somme vaut
b c
– et leur produit .
a a

EXEMPLE :
 Soit l'équation (1 + i)z2 – (5 + i)z + 6 + 4i = 0
5+i
Le discriminant vaut 16 – 30i =  avec  = 5 – 3i. Les racines sont , soit, après
2(1 + i)
simplification, 2 – 3i et 1 + i.

b) racine nème : méthode trigonométrique :


Si Z = Z ei, on cherche z = z ei tel que zn = Z.
On obtient donc :
z=n Z

 n [2] donc  =  + 2k , k  Z ou k  {0,...,n–1}
 n n
n i 2ik
On a donc z = Z exp( + )
n n
- 13 -
EXEMPLES :
 Dans l'exemple du a), on a Z = ei/6. Donc z = ±ei/12. En utilisant les conclusions des deux
méthodes, on en déduit que :

cos(  ) =
2+ 3 4+2 3 3+1
= =
12 2 2 2 2 2
sin(  ) =
3–1
12 2 2

11 11 5 5
 Résoudre z3 = 4 2 (– 1 + i). En déduire cos( ), sin( ), cos( ) et sin( ). L'équation est
12 12 12 12
3
équivalente à z = 8e 3i/4 i/4
donc z = 2e ou z = 2e i/4+2i/3
= 2e 11i/12
ou z = 2ei/4–2i/3
= 2e–5i/12. Ces
trois nombres sont racines du polynôme X3 – 4 2 (– 1 + i) et comme la première racine vaut
2ei/4 = 2 + i 2, on peut aussi factoriser le polynôme par X – 2(1 + i), ce qui donne :
X3 – 4 2 (– 1 + i) = (X – 2(1 + i))  (X2 + 2(1 + i)X + 4i)
Le trinôme X2 + 2(1 + i)X + 4i a pour discriminant – 12i = 6(– 1 + i)2 et les deux autres racines
sont :
– 2(1 + i) + 6(– 1 + i) – 2 – 6 + i( 6 – 2)
= = 2e11i/12 de partie imaginaire positive
2 2
– 2(1 + i) – 6(– 1 + i) – 2 + 6 – i( 6 + 2)
et = = 2e–5i/12 de partie imaginaire négative
2 2
donc :
11 – 2 – 6 11 6– 2
cos( )= sin( )=
12 4 12 4
5 – 2 + 6 5 6+ 2
cos( ) = sin( ) =
12 4 12 4

c) racines nème de l'unité :


Pour Z = 1, on obtient z = e2ik/n. Ces nombres forment les n racines nème de l'unité. Ces racines sont
situés au sommet d'un polygone régulier de n côtés. Posons Un = {e2ik/n, k  Z}. Ces racines sont
distinctes et forment les n zéros du polynôme Xn – 1 = 0 (voir L1/[Link]). On a donc :
n–1
Xn – 1 =  (X – e2ik/n)
k=0

On a par ailleurs Xn – 1 = (X – 1)(Xn–1 + Xn–2 + ... + X + 1)

Donc :
n–1
1 + X + ... + Xn–1 =  (X – e2ik/n)
k=1

On considérera par exemple les cas particuliers n = 2, n = 3, n = 4 :


n = 2 : 1 et –1 sont racines de X2 – 1 = 0. –1 est racine de X + 1 = 0

- 14 -
n = 3 : 1, j et j2 sont racines de X3 – 1 = 0. j et j2 sont racines de 1 + X + X2 = 0

n = 4 : 1, i, –1 et –i sont racines de X4 – 1 = 0. i, –1, –i sont racines de 1 + X + X2 + X3 = 0

n–1 n–1
Pour X = 1, la relation 1 + X + ... + Xn–1 =  (X – e2ik/n) donne n =  (1 – e2ik/n), qui possède
k=1 k=1

l'interprétation graphique suivante (en prenant le module du membre de droite). Soit un cercle de
rayon 1 et n points de sa circonférence répartis régulièrement. On joint l'un des points à tous les
autres. Alors le produit des longueurs des segments ainsi formés vaut n.

5- Interprétation géométrique
Nous avons déjà vu que :
 z  az est une similitude directe de centre O, de rapport a , d'angle arg(a)
 z  z + b est une translation de vecteur b.

Il en résulte que z  az + b = Z est la composée d'une similitude directe et d'une translation. Si


a  1, il s'agit d'une similitude directe mais dont le centre est différent de O. Il suffit pour cela de
chercher le point  invariant par la transformation :
b
 = a + b   =
1–a
b ab
et de constater que Z –  = az + b – = az – = a(z – ). Il s'agit d'une similitude directe de
1–a 1–a
centre  de rapport a , d'angle arg(a).

 z  –z est la symétrie orthogonale par rapport à l'axe réel.

1
Considérons maintenant z  . On obtient l'image d'un complexe en prenant l'opposé de l'argument
z
(donc en faisant une symétrie par rapport à l'axe réel), puis en prenant l'inverse du module (donc un
faisant ce qu'on appelle une inversion).

- 15 -
z–a
Interprétons maintenant le module et l'argument de . Considérons les points A, B et Z d'affixe
z–b
respectifs a, b et z. On a :
ZA z – a
= rapport des longueurs des côtés du triangle issus de Z
ZB z – b
z–a
arg( ) = arg(z – a) – arg(z – b) = angle(Ox,AZ) – angle(Ox,BZ) = angle(BZ,AZ)
z–b
= angle(BZA)

Certaines propriétés géométriques s'interprètent sous forme complexe. Par exemple :


z–a z–a
A, B et Z sont alignés si et seulement si arg( ) = 0 ou  si et seulement si R
z–b z–b
z–a
AZ et BZ sont orthogonaux si et seulement si  iR (imaginaire pur)
z–b

Annexe : Les polygones réguliers constructibles à la règle et au compas


La construction de diverses figures au moyen d'une règle et d'un compas relève d'une catégorie de
problèmes qui remontent à la Grèce antique. Ainsi trouve-t-on dans la prop.11 du livre IV des
Eléments d'Euclide la méthode pour construire un pentagone régulier à la règle et au compas. C'est
celle que nous avons donnée plus haut dans ce chapitre. On sait de même construire le triangle
équilatéral, le carré, l'hexagone, l'octogone et, d'une manière générale, les polygones à 3  2n, 4  2n,
5  2n et 15  2n côtés, mais pas les polygones à 7, 9, 11, 13 côtés par exemple. Pendant plusieurs
siècles, aucune construction autre que celles connues depuis l'Antiquité ne fut ajoutée, et ce jusqu'en
1796, où Gauss, alors âgé de 19 ans, découvrit comment construire à la règle et au compas un
polygone régulier à 17 côtés, ce qui lui assura aussitôt une réputation internationale.

En 1801, dans ses Disquisitiones arithmeticae, Gauss généralise son résultat et montre que la
résolution des équations de la forme xn – 1 = 0 avec n premier impair, ou de manière équivalente, la
2
détermination de cos( ) ou la construction d'un polygone régulier de n côtés, se ramène à la
n
résolution d'équations polynomiales de degré p, où p est facteur premier de n – 1. Or la règle et le
compas permettent, à partir d'un segment de longueur unité, de construire tout segment de longueur
rationnelle, et, à partir de ceux-ci, d'itérer les opérations d'addition, de soustraction, de
multiplication, de division et d'extraction de racine carrée. En effet, cette dernière construction
figure dans la prop.14 du livre II des Eléments d'Euclide et répond au problème de trouver un carré
de côté x dont l'aire est égale à celle ab d'un rectangle donné. La méthode repose sur le cercle de
diamètre a + b :

A B C

Si AB = a et BC = b, alors BD = ab = x.

- 16 -
Il en résulte que, si on dispose d'une équation du second degré dont les coefficients sont
constructibles à la règle et au compas, il en est de même des racines de cette équation.
Par conséquent, si n est un nombre premier tel que n – 1 est une puissance de p = 2, la détermination
2
de cos( ) pourra se faire par des résolutions successives d'équation du second degré, et le polygone
n
régulier de n côtés sera constructible à la règle et au compas. n est alors de la forme 2m + 1, mais on
montre que, si m est impair ou multiple d'un impair, alors 2m + 1 est un nombre composé. Pour que
2m + 1 soit premier, il est donc nécessaire que m soit lui-même une puissance de 2. n est donc de la
k
forme 22 + 1, ces derniers nombres étant appelés nombres de Fermat. Les seuls nombres de
Fermat premiers connus aujourd'hui sont 3 = 21 + 1, 5 = 22 + 1, 17 = 24 + 1, 257 = 28 + 1 et
65537 = 216 + 1.
Gauss en déduit que, si un polygone régulier possède un nombre de côtés de la forme 2kp1...pm, où
les pi sont des nombres de Fermat premiers distincts, alors ce polygone est constructible à la règle et
au compas. La réciproque fut établie ultérieurement.

Nous donnons ci-dessous la suite d'équations du second degré à résoudre, permettant de déterminer
2 2 2
l'expression exacte par radicaux de cos( ), cos( ) et cos( ).
5 17 257

2
1- Calcul de cos( )
5
Soit  = e2i/5, qui vérifie 5 = 1 et 1 +  + 2 + 3 + 4 = 0. Posons :
2
a =  + 4 =  + –1 = 2cos( )
5
b = 2 + 3 = 2 + –2 = 2cos( ) = – 2cos().
4
et
5 5
On a :
a + b =  + 2 + 3 + 4 = – 1
et ab = ( + 4)(2 + 3) = 3 + 4 + 6 + 7 = 3 + 4 +  + 2 = – 1
–1 5
Donc a et b sont racines du polynôme X2 + X – 1 et valent . On retrouvent ainsi les valeurs
2
de cos( ) et cos() trouvées plus haut, dans le paragraphe relatif à la formule de Moivre.
2
5 5

2
2- Calcul de cos( )
17
Posons  = e2i/17, on a 17 = 1 et 1 +  + 2 + 3 + ... + 16 = 0. On pourra vérifier que les 16
k
puissances k, 1  k  16, peuvent aussi s'obtenir sous la forme 3 , 1  k  16, et on va utiliser cette
propriété pour séparer  + 2 + 3 + ... + 16 en deux parties de huit puissances de , puis en quatre
parties de quatre puissances, et enfin en huit parties de deux puissances. Ainsi, pour 1  k  3 et
1  i  2k, on pose :
4–k
2 –1 k
3j2 +i–1
s[k, i] =  
j=0
k
j2 +i–1
les puissances 3 de  étant calculées modulo 17 puisque 17 = 1. On a ainsi :
- 17 -
3
2 –1 2j
s[1, 1] =  3 =  + 9 + 13 + 15 + 16 + 8 + 4 + 2
j=0

3
2 –1 2j+1
s[1, 2] =  3 = 3 + 10 + 5 + 11 + 14 + 7 + 12 + 6
j=0

2
2 –1 4j
s[2, 1] =  3 =  + 13 + 16 + 4
j=0

2
2 –1 4j+1
s[2, 2] =  3 = 3 + 5 + 14 + 12
j=0

2
2 –1 4j+2
s[2, 3] =  3 = 9 + 15 + 8 + 2
j=0

2
2 –1 4j+3
s[2, 4] =  3 = 10 + 11 + 7 + 6
j=0

2–1 8j
s[3, 1] =  3 =  + 16
j=0

2–1 8j+4
s[3, 5] =  3 = 13 + 4
j=0
k
3j2 +i–1
Tous les nombres s[k, i] sont des réels. En effet, on a 3  – 1 mod 17, donc le terme 
8

d'indice j de s[k, i], 0  j  23–k – 1, a pour conjugué le terme suivant, également dans s[k, i] et
d'indice j + 23–k :
k k k 3 k 3–k k
j2 +i–1 8 j2 +i–1 8+j2 +i–1 2 +j2 +i–1 (j+2 )2 +i–1
–3 = 3 3 = 3 = 3 = 3
avec 23–k  j + 23–k  24–k – 1.
16
Le lecteur pourra vérifier, en utilisant le fait que  k = 0, que :
k=0

s[1, 1] et s[1, 2] ont pour somme – 1 et pour produit – 4, donc sont racines de X2 + X – 4.
s[2, 1] et s[2, 3] ont pour somme s[1, 1] et pour produit –1, donc sont racines de X2 – s[1, 1]X – 1.
s[2, 2] et s[2, 4] ont pour somme s[1, 2] et pour produit –1, donc sont racines de X2 – s[1, 2] – 1.
s[3, 1] et s[3, 5] ont pour somme s[2, 1] et pour produit s[2, 2], donc sont racines de
X2 – s[2, 1]X + s[2, 2].

Il est remarquable que les s[k, i] puisse être déterminés à partir des s[k – 1, i] précédents en
résolvant une équation du second degré.

- 18 -
Après avoir résolu ces quatre équations du second degré, on est en mesure de déterminer une
2
expression de s[3, 1] =  + 16 =  + –1 = 2cos( ). Le lecteur persévérant pourra obtenir une
17
expression telle que :
2 1 17 34 – 2 17 17 + 3 17 – 34 – 2 17 – 2 34 + 2 17
cos( ) = – + + +
17 16 16 16 8

2
3- Calcul de cos( )
257
On procède comme ci-dessus avec  = e2i/257, et, pour 1  k  7 et 1  i  2k :
8–k
2 –1 k
j2 +i–1
s[k, i] =  3
j=0

les puissances de  étant calculées modulo 257 puisque 257 = 1. On résout ensuite 24 équations du
second degré issues des propriétés suivantes :

s[1, 1] et s[1, 2] ont pour somme – 1 et pour produit – 64


s[2, 1] et s[2, 3] ont pour somme s[1, 1] et pour produit – 16
s[2, 2] et s[2, 4] ont pour somme s[1, 2] et pour produit – 16
s[3, 1] et s[3, 5] ont pour somme s[2, 1] et pour produit 3s[2, 2] + 2s[2, 3] + 3s[2, 4] – 2
s[3, 2] et s[3, 6] ont pour somme s[2, 2] et pour produit – 3s[2, 2] – s[2, 4] – 5
s[3, 3] et s[3, 7] ont pour somme s[2, 3] et pour produit s[2, 2] – 2s[2, 3] + s[2, 4] – 4
s[3, 4] et s[3, 8] ont pour somme s[2, 4] et pour produit – s[2, 2] – 3s[2, 4] – 5
s[4, 1] et s[4, 9] ont pour somme s[3, 1] et pour produit
– 2s[3, 2] – 2s[3, 4] – s[3, 5] – s[3, 7] – 2s[3, 8] – 2
s[4, 2] et s[4, 10] ont pour somme s[3, 2] et pour produit
2s[3, 2] + 2s[3, 4] + s[3, 6] + 2s[3, 7] + s[3, 8]
s[4, 3] et s[4, 11] ont pour somme s[3, 3] et pour produit
– s[3, 2] + s[3, 3] – s[3, 4] + s[3, 5] – s[3, 6] + s[3, 8] – 1
s[4, 4] et s[4, 12] ont pour somme s[3, 4] et pour produit
– s[3, 2] – 2s[3, 3] – 2s[3, 5] – 2s[3, 7] – s[3, 8] – 2
s[4, 5] et s[4, 13] ont pour somme s[3, 5] et pour produit
s[3, 2] – s[3, 4] + s[3, 5] – s[3, 6] + s[3, 7] – s[3, 8] – 1
s[4, 6] et s[4, 14] ont pour somme s[3, 6] et pour produit
s[3, 2] + 2s[3, 3] + s[3, 4] + 2s[3, 6] + 2s[3, 8]
s[4, 7] et s[4, 15] ont pour somme s[3, 7] et pour produit
– 2s[3, 2] – s[3, 3] – s[3, 5] – 2s[3, 6] – 2s[3, 8] – 2
s[4, 8] et s[4, 16] ont pour somme s[3, 8] et pour produit
2s[3, 2] + s[3, 4] + 2s[3, 5] + s[3, 6] + 2s[3, 8]
s[5, 1] et s[5, 17] ont pour somme s[4, 1] et pour produit
– s[4, 4] – s[4, 5] – s[4, 7] – s[4, 8] – s[4, 9] – s[4, 10] – s[4, 11]
– s[4, 12] – s[4, 13] – s[4, 14] – s[4, 15] – s[4, 16] – 1
s[5, 2] et s[5, 18] ont pour somme s[4, 2] et pour produit s[4, 2] + s[4, 3] + s[4, 4] + s[4, 7]
s[5, 8] et s[5, 24] ont pour somme s[4, 8] et pour produit s[4, 8] + s[4, 9] + s[4, 10] + s[4, 13]
s[5, 9] et s[5, 25] ont pour somme s[4, 9] et pour produit s[4, 9] + s[4, 10] + s[4, 11] + s[4, 14]
s[5, 10] et s[5, 26] ont pour somme s[4, 10] et pour produit s[4, 10] + s[4, 11] + s[4, 12] + s[4, 15]
s[5, 16] et s[5, 32] ont pour somme s[4, 16] et pour produit
- 19 -
– s[4, 3] – s[4, 4] – s[4, 6] – s[4, 7] – s[4, 8] – s[4, 9] – s[4, 10]
– s[4, 11] – s[4, 12] – s[4, 13] – s[4, 14] – s[4, 15] – 1
s[6, 1] et s[6, 33] ont pour somme s[5, 1] et pour produit s[5, 2] + s[5, 24]
s[6, 25] et s[6, 57] ont pour somme s[5, 25] et pour produit s[5, 16] + s[5, 26]
s[7, 1] et s[7, 65] ont pour somme s[6, 1] et pour produit s[6, 57]

Pour vérifier ces propriétés, il conviendra d'écrire une fonction informatique check(a,b,c,d) capable
de vérifier que a + b = c et ab = d, où a, b, c, d sont des combinaisons linéaires des puissances de ,
256
les calculs étant simplifiés par le fait que  k = 0. Cette programmation est plus facile si on
k=0

dispose d'un logiciel de calcul formel. Par exemple, avec Maple :

Pol:=add(z^k,k=0..256):
check:=(a,b,c,d)->(simplify(a+b-c,{Pol})=0) and (simplify(a*b-d,{Pol})=0):

La dernière des 24 propriétés permet de déterminer :


2–1 7
j2 2
s[7, 1] =  3 =  + 256 =  + –1 = 2cos( )
j=0 257
L'expression explicite de ce cosinus sous forme de radicaux prend plusieurs pages et ne peut être
affichée ici. On se bornera à donner ci-dessous la formation des radicaux intervenant dans cette
expression :
r = 257

a1 = 514 + 2r
a2 = 514 – 2r

b1 = 1028 – 60r + 30a1 – 2ra1


b2 = 1028 – 60r – 30a1 + 2ra1
b3 = 1028 + 60r + 30a2 + 2ra2
b4 = 1028 + 60r – 30a2 – 2ra2

c1 = 2056 + 72r + 28a1 + 64a2 + 34b1 + 32b2 + 64b4 – 4ra1 + 2rb1 – 2a1b1
c2 = 2056 + 72r + 28a1 + 64a2 – 34b1 – 32b2 – 64b4 – 4ra1 – 2rb1 + 2a1b1
c3 = 2056 + 72r – 28a1 – 64a2 – 34b2 + 32b1 + 64b3 + 4ra1 – 2rb2 – 2a1b2
c4 = 2056 + 72r – 28a1 – 64a2 + 34b2 – 32b1 – 64b3 + 4ra1 + 2rb2 + 2a1b2
c5 = 2056 – 72r + 28a2 – 64a1 + 34b3 + 32b4 + 64b1 + 4ra2 – 2rb3 – 2a2b3
c6 = 2056 – 72r + 28a2 – 64a1 – 34b3 – 32b4 – 64b1 + 4ra2 + 2rb3 + 2a2b3
c7 = 2056 – 72r – 28a2 + 64a1 + 34b4 – 32b3 + 64b2 – 4ra2 – 2rb4 + 2a2b4
c8 = 2056 – 72r – 28a2 + 64a1 – 34b4 + 32b3 – 64b2 – 4ra2 + 2rb4 – 2a2b4

4112 + 16r + 56a1 + 192a2 + 100b1 + 96b2 + 64b4 + 66c1 + 64c4 – 64c7 + 64c8
d1 = – 8ra1 + 4rb1 + 2rc1 – 2a1c1 – 4a1b1 + 2b1c1

- 20 -
4112 + 16r + 56a1 + 192a2 + 100b1 + 96b2 + 64b4 – 66c1 – 64c4 + 64c7 – 64c8
d2 = – 8ra1 + 4rb1 – 2rc1 + 2a1c1 – 4a1b1 – 2b1c1
4112 + 16r – 56a1 – 192a2 – 100b2 + 96b1 + 64b3 + 66c3 – 64c1 – 64c5 – 64c6
d3 = + 8ra1 – 4rb2 + 2rc3 + 2a1c3 – 4a1b2 – 2b2c3
4112 + 16r – 56a1 – 192a2 – 100b2 + 96b1 + 64b3 – 66c3 + 64c1 + 64c5 + 64c6
d4 = + 8ra1 – 4rb2 – 2rc3 – 2a1c3 – 4a1b2 + 2b2c3
4112 – 16r + 56a2 – 192a1 – 100b3 – 96b4 – 64b1 + 66c6 + 64c1 + 64c2 + 64c8
d5 = + 8ra2 + 4rb3 – 2rc6 – 2a2c6 + 4a2b3 – 2b3c6
4112 – 16r + 56a2 – 192a1 – 100b3 – 96b4 – 64b1 – 66c6 – 64c1 – 64c2 – 64c8
d6 = + 8ra2 + 4rb3 + 2rc6 + 2a2c6 + 4a2b3 + 2b3c6

8224 + 224r – 256a1 + 112a2 – 128b2 – 136b3 – 128b4 – 192c1 – 64c2 – 128c3
e1 = – 68c6 – 64c8 – 128d2 – 128d4 – 2d6 + 16ra2 + 8rb3 + 4rc6 + 2rd6 + 8a2b3
+ 4a2c6 + 2a2d6 + 4b3c6 + 2b3d6 + 2c6d6
8224 + 224r – 256a1 + 112a2 – 128b2 – 136b3 – 128b4 + 192c1 + 64c2 + 128c3
e2 = + 68c6 + 64c8 – 128d1 – 128d3 – 2d5 + 16ra2 + 8rb3 – 4rc6 + 2rd5 + 8a2b3
– 4a2c6 + 2a2d5 – 4b3c6 + 2b3d5 – 2c6d5

et enfin :
2 1 r a b c d e
2cos( ) = – + + 2 + 3 + 6 + 6 + 1
257 128 128 128 128 128 128 128
16448 – 64r – 512a1 – 32a2 – 128b1 – 128b2 – 528b3
– 256b4 – 256c1 – 128c2 – 128c3 + 120c6 – 128c8 – 128d2
1 – 128d4 – 256d5 – 4d6 – 2e1 – 256e2 + 32ra2 + 16rb3
+
128 + 8rc6 + 4rd6 + 2re1 + 16a2b3 + 8a2c6 + 4a2d6 + 2a2e1
+ 8b3c6 + 4b3d6 + 2b3e1 + 4c6d6 + 2c6e1 + 2d6e1

Exercices

1- Enoncés
Exo.1) Calculer les sommes suivantes :
n
n n
n
a)   p  cos(px) et   p  sin(px).
p=0 p=0

n n
cos(kx) sin(kx)
b)  2k
et  2k , puis les limites de ces sommes quand n tend vers l'infini, qu'on
k=0 k=0


cos(kx)  sin(kx)
note  2k
et 
2k
.
k=0 k=0

- 21 -
n
n n
n  n   n 
c)  p  p  xp–1,  p  p ,  p  2p  et  p  3p .
p=1 p=1 p0 p0

Exo.2) Calculer les sommes suivantes :


n–1 
a)  cos(x)k cos(kx), puis  cos(x)k cos(kx) quand cos(x) < 1.
k=0 k=0

n n
b)  cos(a + kh) et  sin(a + kh) pour h  0 mod 2.
k=0 k=0

 cos(x)k et  cos(x)k pour x  0 mod 2


n n
cos(kx) sin(kx)
c)
k=0 k=0

Exo.3) a) Soit  un réel. Factoriser Xn – e2i dans C.


n–1
 + k sin()
b) En évaluant l'égalité du a) pour X = 1, en déduire que  sin( ) = n–1 .
k=0 n 2
n–1
k n
c) En déduire que  sin( ) = n–1.
k=1 n 2
n–1
 + k cos()
d) En évaluant le a) pour X = –1, montrer que  cos( n ) = (–1)(n–1)/2 2n–1 pour n
k=0

n–1
k (–1)(n–1)/2
impair. En particulier, pour  = 0 et n impair,  cos( n ) = 2n–1
.
k=1

n–1
 + k (–1) sin() n/2
e) De même, montrer que  cos( n ) = 2n–1
pour n pair. En déduire que, pour n
k=0

n–1 n/2–1
k n(–1)
pair,  cos( n ) = 2n–1 .
k=1
kn/2

Exo.4) a) Montrer que, pour tout a, b, c, d complexe, a – b – c – d  a–c + b–d

b) Montrer que, pour tout u et v complexes, u + v  u + v + u – v


4
c) Montrer que, pour tout z1, z2, z3, z4 complexes,  zk   zi + zj . On pourra utiliser le
k=1 i<j

résultat b).

Exo.5) Résoudre les équations suivantes d'inconnue z :


a) 2(1 + i)z2 + 2(a + i)z + ia(1 – i) = 0, où a est un paramètre complexe.
b) z3 – 2(1 + i)z2 + 5(i – 2)z + 3(7 + i) = 0 sachant qu'il y a une racine réelle.
- 22 -
c) – z3 – 2z2 + iz + 3 – i = 0. Montrer que les points M1, M2, M3 d'affixe les solutions sont les
sommets d'un triangle rectangle isocèle.
d) z4 – 2z2cos + 1 = 0. Quelle figure forment les points M1, M2, M3, M4 d'affixe les
solutions ? A quelle condition sur  forment-ils un carré ?
1 + iz3 1 + itan()
e)   =
 1 – iz  1 – itan()

Exo.6) Résoudre les équations suivantes d'inconnue z :


a) (1 + z)n – (1 – z)n = 0 où n est un entier supérieur ou égal à 2
b) z6 + (1 – 2i 2)z3 – 2i 2 = 0
c) z6 + z3(z + 1)3 + (z + 1)6 = 0
n
 
n
d)   k  cos( + k) zn–k = 0,  et  étant des paramètres donnés
k=0

e) Soit l'équation (µ + 3)z3 – µz2 – (µ + 2)z + µ = 0 d'inconnue z et de paramètre réel .


Quelle valeur faut-il donner à µ pour qu'elle admette une solution non réelle de module 1 ?

z + 2i
Exo.7) On pose Z =
z – (1 + i)
a) Quel est l'ensemble des points d'affixe z tels que Z soit réel ?
b) Quel est l'ensemble des points d'affixe z tels que Z soit imaginaire pur ?
c) Quel est l'ensemble des points d'affixe z tels que Z soit de module 1 ?
d) Quel est l'ensemble des points d'affixe z tels que Z soit de module 2 ?

Exo.8) Les trois questions sont indépendantes. Des résolutions géométriques évitent les calculs :
a) Soit a un complexe non nul. Trouver les complexes z non nuls et distincts de a tels que les
points d'affixe az2, za2 et z3 soient les sommets d'un triangle équilatéral.
b) Soient u et v les affixes complexes de deux sommets d'un carré, sur une diagonale.
Trouver les affixes des deux autres sommets.
1
c) Déterminer z pour que z, et z – 1 aient même module.
z

Exo.9) a) Quelle est l'image de l'axe imaginaire pur, du demi plan Re(z) > 0 et du demi-plan
z–1
Re(z) < 0 par l'application z  ?
z+1
z–1
b) Montrer que l'image du cercle unité par l'application : z  est le cercle de centre le
z–5
1 1
point d'affixe et de rayon .
6 6
(1 + 2i)z + 1
c) Quelle est l'image de l'axe réel par l'application z  ? Quelle est l'image de
(1 – 2i)z + 1
l'axe imaginaire pur ?

Exo.10) On donne :
z2 – 1 z2 + 1
N(z)= M(z) =
2z 2z

- 23 -
eiz + 1 z–1
(z) = i iz T(z) =
e –1 z+1
D(z) = 2z Q(z) = z2
L(z) = – iz
a) Vérifier que N o  =  o D, M o L = L o N et Q o T = T o M
b) En déduire une relation entre Q et D faisant intervenir , T et L. La vérifier directement.
c) Donner une expression explicite de Mn(z), où Mn est l'itéré M o M o ... o M n fois. En
déduire le comportement de la suite (Mn(z))nN en fonction de z.

Exo.11) Soit ABC un triangle quelconque. On note P, Q et R les centres des triangles équilatéraux
construits vers l'extérieur de chacun des côtés de ABC. Utiliser les complexes pour montrer que
PQR est équilatéral.

R A
P

C B

Exo.12) Pour cet exercice, il est utile de connaître la fonction arctan. Voir le chapitre
L1/[Link].
it
a) t étant un réel, calculer dans C lim (1 + )n.
n+ n
z
b) Soit z complexe. Calculer lim (1 + )n.
n+ n

2- Solutions
n
n n
n
Sol.1) a) Posons C =  p
  cos(px) et S =   p  sin(px).On a :
p=0 p=0

n
n x x
C + iS =   p  eipx = (1 + eix)n = (eix/2 2cos(2))n = einx/2 2n cosn(2)
p=0

nx x
donc C = 2n cos( ) cosn( )
2 2
nx x
S = 2n sin( ) cosn( )
2 2

- 24 -
n n
cos(kx) sin(kx)
b) Posons Cn =  2 k et Sn = 
2k
. Alors :
k=0 k=0

ei(n+1)x ei(n+1)x e–ix


n ikx 1–
n+1 (1 – n+1 )(1 – )
e 2 2 2
Cn + iSn =  k = =
k=0 2 eix 1
1– 1 – cos(x) +
2 4
i(n+1)x –ix inx
e e e
1 – n+1 – +
2 2 2n+2
=
5
– cos(x)
4
donc :
cos((n + 1)x) cos(x) cos(nx)
1– – + n+2
2n+1 2 2 4 – 2cos(x)
Cn = de limite
5 5 – 4cos(x)
– cos(x)
4
sin((n + 1)x) sin(x) sin(nx)
– + + n+2
2n+1 2 2 2sin(x)
Sn = de limite
5 5 – 4cos(x)
– cos(x)
4
n
n n
n
c)  p  p  xp–1 est la dérivée par rapport à x de   p  xp = (1 + x)n. On a donc :
p=1 p=0

n
n
 p  p  xp–1 = n(1 + x)n–1
p=1

donc :
n
n
pour x = 1,  p  p  = n2n–1
p=1

n
n  n   n 
pour x = –1 et n  2,  p  p  (–1)p–1 = 0 = –  2p  2p  +  (2p + 1)  2p + 1 
p=1 p0 p0

  n  n 
mais par ailleurs, le cas précédent donne également n2n–1 =  2p  2p  +  (2p + 1)  2p + 1 ,
p0 p0

donc, en retranchant les deux égalités et en simplifiant par 4, on obtient :


 n 
 p  2p  = n2n–3
p0

 n 
Si n  1,  p  2p  = 0
p0

pour x = j et j2, racines cubiques de l'unité, on obtient :


n
 n  p–1 n
n
 p
p   j = n(1 + j)n–1
et  p  p  j2(p–1) = n(1 + j2)n–1
p=1 p=1

- 25 -
donc :
n
n
 p  p  = n2n–1
p=1

n
n
 p  p  jp = nj(1 + j)n–1
p=1

n
n
 p  p  j2p = nj2(1 + j2)n–1
p=1

En sommant les trois relations et en utilisant le fait que 1 + jp + j2p = 3 si p est un multiple de 3 et 0
sinon, on arrive à :
 n 
3  3p  3p  = n2n–1 + 2 Re(nj(1 + j)n–1)
p0
 
= n2n–1 + 2 Re(nj  (– j2)n–1)
= n2n–1 + 2n(–1)n–1 Re(j2n–1)
2i(2n – 1)
= n2n–1 + 2n(–1)n–1 Re(exp( )
3
2(2n – 1)
= n2n–1 + 2n(–1)n–1 cos( )
3
2(2n – 1)
= n2n–1 + 2ncos( – (n – 1))
3
(n + 1)
= n2n–1 – 2ncos( )
3
 n  n (n + 1)
donc  p  3p  = 9 (2n–1 + 2cos( 3 ))
p0

n n–1
Si n  0 mod 3 ou n  1 mod 3, c'est égal à (2 + (–1)n). Si n  2 mod 3, c'est égal à
9
n n–1
(2 + 2(–1)n).
9

n–1 n–1
Sol.2) a)  cos(x)k cos(kx) = Re  cos(x)k eikx
k=0 k=0

On obtient une suite géométrique de raison cos(x)eix. Cette raison est égale à 1 pour x multiple de .
Dans ce cas, la somme vaut n. Sinon, on a :
n–1
1 – cos(x)n einx
 cos(x)k cos(kx) = Re 1 – cos(x)eix
k=0

(1 – cos(x)n einx)(1 – cos(x)e–ix)


= Re
(1 – cos(x)eix)(1 – cos(x)e–ix)
1 – cos(x)n einx – cos(x)e–ix + cos(x)n+1 ei(n–1)x
= Re
1 – cos(x)2
1 – cos(x)n cos(nx) – cos(x)2 + cos(x)n+1 cos((n – 1)x)
=
sin(x)2
- 26 -
sin(x)2 + cos(x)n (cos(x)cos((n – 1)x) – cos(nx))
=
sin(x)2
sin(x)2 + cos(x)n sin(x)sin((n – 1)x)
=
sin(x)2
n
cos(x) sin((n – 1)x)
=1+
sin(x)
En faisant tendre n vers l'infini, on obtient :

 cos(x)k cos(kx) = 1
k=0

n n n
b) Posons C =  cos(a + kh) et S =  sin(a + kh). Alors C + iS =  exp(ia + ikh) qui est la somme
k=0 k=0 k=0

d'une suite géométrique de premier terme e et de raison e  1. Donc :


ia ih

1 – ei(n+1)h
C + iS = eia
1 – eih
(n + 1)h
sin( )
ia inh 2
= e exp( )
2 h
sin( )
2
donc :
(n + 1)h
sin( )
nh 2
C = cos(a + )
2 h
sin( )
2
(n + 1)h
sin( )
nh 2
S = sin(a + )
2 h
sin( )
2
n n n
cos(kx) sin(kx) eikx
c) Posons C =  cos(x)k et S =  cos(x)k. Alors C + iS =  k qui est la somme d'une suite
k=0 k=0 k=0 cos(x)

eix
géométrique de raison  1. Donc :
cos(x)
ei(n+1)x
1–
cos(x)n+1
C + iS =
eix
1–
cos(x)
cos(x)n+1 – ei(n+1)x
=
– isin(x) cos(x)n
sin((n + 1)x)
donc C=
sin(x) cos(x)n
cos(x)n+1 – cos((n + 1)x)
S=
sin(x) cos(x)n

- 27 -
n–1
2i + 2ik
Sol.3) a) Xn – e2i =  (X – exp( ))
k=0 n
b) Pour X = 1, on obtient :
n–1
2i + 2ik
1 – e2i =  (1 – exp( ))
k=0 n
2i
or 1 – e = – 2ieisin(), ce qui donne :
n–1
 + k  + k
– 2ieisin() =  (– 2i exp(i ) sin( )
k=0 n n

i n–1 n–1  + k
= (– 2)n in exp(i +  k)  sin(
n k=0 k=0 n
)

(n – 1)i n–1  + k
= (– 2)n in exp(i + )  sin( )
2 k=0 n
n–1
 + k
= (– 2)n in ei in–1  sin( )
k=0 n
n–1
 + k
= – 2n iei  sin( n )
k=0

n–1
 + k sin()
donc  sin( n ) = 2n–1
k=0

 + k sin()  + k
c) On a donc sin()  sin(
n–1 n–1
sin()
) = n–1 , donc  sin( )= . En passant à la limite
n k=1 n 2 k=1 n n–1 
2 sin( )
n
n–1
k n
quand  tend vers 0, on obtient  sin( ) = n–1.
k=1 n 2
d) Si on évalue le a) en X = – 1, on obtient :
n–1 n–1
2i + 2ik 2i + 2ik
(–1)n – e2i =  (– 1 – exp( )) = (–1)n  (1 + exp( ))
k=0 n k=0 n
n–1
2i + 2ik
donc 1 – (–1)nei =  (1 + exp( ))
k=0 n
Le membre de gauche vaut 1 + ei si n est impair et 1 – ei si n est pair. or 1 + e2i = 2eicos(). D'où,
pour n impair :
(n – 1)i n–1  + k
2eicos() = 2n exp(i + )  cos( )
2 k=0 n

- 28 -
n–1
 + k
= 2nei(–1)(n–1)/2  cos( )
k=0 n
n–1
 + k cos()
donc  cos( n ) = (–1)(n–1)/2 2n–1
k=0

e) Pour n pair, on obtient :


(n – 1)i n–1  + k
– 2ieisin() = 2n exp(i + )  cos( )
2 k=0 n
n–1
 + k
= –2nei(–1)n/2 i  cos( )
k=0 n
n–1
 + k (–1) sin() n/2
donc  cos( n ) = 2n–1
.
k=0

n–1 n/2–1
k n(–1)
On obtient la relation  cos( n ) = 2n–1 en divisant par sin() puis en faisant tendre  vers 0.
k=1
kn/2
 + k
) = – sin().
n
Remarquer que, pour k = , cos(
2 n n

Sol.4) a) a – b  a – c + c – d + d – b etc...
u+v u–v u+v u–v
b) u = +  + et de même pour v et on ajoute membre à membre les
2 2 2 2
deux inégalités.
4
c) On a 3  zk =  ( zi + zj )   zi + zj +  zi – zj d'après le b).
k=1 i<j i<j i<j

Il suffit donc de montrer que :


 zi – zj  2  zi + zj
i<j i<j

On a par exemple, toujours en utilisant b) :


z1 – z 2 + z 3 – z 4  z 1 – z 2 + z 3 – z 4 + z 1 – z 2 – z 3 + z 4
 z1 + z3 + z2 + z4 + z1 + z4 + z2 + z3
On procède de même pour z1 – z3 + z2 – z4 et z1 – z4 + z2 – z3 et on somme les trois inégalités.

a(1 – i) –1–i
Sol.5) a)  = 4(a – i)2 d'où z = – ou z =
2 2
b) Si x est racine réelle, on a :
x3 – 2(1 + i)x2 + 5(i – 2)x + 3(7 + i) = 0
et donc, en séparant partie réelle et imaginaire :
3 2
 x – 2x – 10x + 21 = 0

 – 2x + 5x + 3 = 0
2

- 29 -
d'où x = 3. On factorise ensuite le membre gauche de l'équation ce qui donne :
(z – 3)(z2 + (1 – 2i)z – 7 – i) = 0
D'où z = 3, z = – 3 + i, z = 2 + i.
c) 1 est racine évidente. L'équation s'écrit alors :
(z – 1)(– z2 – 3z – 3 + i) = 0
dont les racines sont z1 = 1, z2 = – 1 + i, z3 = – 2 – i. On a :
z3 – z2 = – 1 – 2i = – i(2 – i) = – i(z1 – z2)
Donc le sommet M3 est l'image de M1 par la rotation de centre M2 est d'angle – .
2
d) Les solutions sont z =  ei/2. Elles forment un rectangle, et un carré si et seulement si  =  + k
2
3
e) L'équation s'écrit aussi 
1 + iz  cos() + isin() 2i
 = =e .
 1 – iz  cos() – isin()
2i 2ik
exp( + )–1
= i tan( + ) donc
1 + iz 2i 2ik 3 3 k
Donc = exp( + ), k  [[ 0, 2 ]]. Donc iz =
1 – iz 3 3 2i 2ik 3 3
exp( + )+1
3 3
z = tan( + )
k
3 3

Sol.6) a) 1 n'étant pas solution, on a :


(1 + z)n – (1 – z)n = 0.
1+z n
 ( ) =1
1–z
1+z 2ik
  k  [[ 0, n – 1 ]] , = exp( )
1–z n
2ik
  k  [[ 0, n – 1 ]] , Z, 1 + z = exp( )(1 – z)
n
2ik 2ik
  k  [[ 0, n – 1 ]] , z (exp( ) + 1) = exp( )–1
n n
2ik k
exp( ) – 1 i sin( )
n n k
  k  [[ 0, n – 1 ]] , z = = = i tan( )
2ik k n
exp( ) + 1 cos( )
n n
n
Si n est pair, k doit être différent de et il n'y a alors que n – 1 solutions
2
3 2
b) z est racine du trinôme X + (1 – 2i 2)X – 2i 2 donc vaut – 1 ou 2i 2, donc z est racine
i 2ik i 2ik
cubique de ces deux nombres, à savoir z = exp( + ) ou bien z = 2 exp( + ).
3 3 6 3
z 3
c) L'équation est équivalente à ( ) = j ou j2, d'où :
z+1
z 2i 2ik 2 2k
= exp( + ) posons  =  +
z+1 9 3 9 3
i
donc z = (z + 1)e

- 30 -
ei ei/2 1 i
donc z= = =– +
– 2isin() 2tan()
i
1–e 2
2 2
8 4 2 2 4 8
 prend les valeurs (à 2 près) – , – , – , , , .
9 9 9 9 9 9
Donc  prend les valeurs – , – , – , , ,
4 2 2 4
.
2 9 9 9 9 9 9
 
  k  cos() zn–k = 0 = cos() (1 + z)n. Donc si   2
n n
d) Si  = 0 mod 2, l'équation se réduit à
k=0

mod , la seule solution est – 1, sinon tout z est solution.


n
  n
Si  =  mod 2, l'équation se réduit à   k  cos()(– 1)k zn–k = 0 = cos() (– 1 + z)n. Donc si
k=0

   mod , la seule solution est 1, sinon tout z est solution.


2
Dans la suite, on supposera   0 mod , i.e. sin()  0. L'équation est alors équivalente à :
n
n n
n
  k  exp(i + ik) zn–k +   k  exp(– i – ik) zn–k = 0
k=0 k=0

 ei (ei + z)n + e–i (e–i + z)n = 0


ei + z
 ( –i )n = – e–2i car – e–i ne peut être solution puisque sin()  0
e +z
ei + z i 2i 2ik
  k  [[ 0, n – 1 ]] , –i = exp( – + )
e +z n n n
posons  =  –
2 2k
+ pour alléger les notations
n n n
  k  [[ 0, n – 1 ]] , (1 – ei)z = ei(–) – ei
ei(–) – ei
  k  [[ 0, n – 1 ]] , z = pour   0 mod 2
1 – ei
ei(/2–) – ei(–/2)
  k  [[ 0, n – 1 ]] , z = pour   0 mod 2
e–i/2 – ei/2
sin( – )
2
  k  [[ 0, n – 1 ]] , z =
sin()
2
Il y a n solutions en général, sauf si  =  mod . En effet, dans ce cas, l'une des valeurs de k annule
2
. Il n'y a alors que n – 1 solutions. Le membre de gauche de l'équation est d'ailleurs un polynôme
en z de degré n – 1 seulement.
e) On cherche  réel et   0 mod  tel que :
(µ + 3)e3i – µe2i – (µ + 2)ei + µ = 0
 (µ + 3)cos(3) – µcos(2) – (µ + 2)cos() + µ = 0
 
 (µ + 3)sin(3) – µsin(2) – (µ + 2)sin() = 0

- 31 -
 ( + 3)(4cos() – 3cos()) – (2cos() – 1) – ( + 2)cos() +  = 0
3 2
 
 ( + 3)(4cos()2 – 1) – 2cos() –  – 2 = 0
où on a simplifié par sin() non nul dans la deuxième équation
 4( + 3)cos()3 – 2cos()2 – (4 + 11)cos() + 2 = 0
 
 4( + 3)cos()2 – 2cos() – 2 – 5 = 0
 – ( + 3)cos() +  = 0
 
 4( + 3)cos()2 – 2cos() – 2 – 5 = 0
1
en effectuant L1  (L1 – cos()L2)
2
 – ( + 3)cos() +  = 0
 
 2cos() – 2 – 5 = 0
en effectuant L2  L2 + 4cos()L1
 cos() =  – 3cos()
  5
 cos() =  +
 2
 cos() =  – 3cos()
  5
 cos() = –
 6
  = – 15

 11
 cos() = – 5
 6
5 11 5
Les solutions sont –  i , et , la dernière solution se trouvant facilement avec la somme des
6 6 6
racines qui vaut  = – .
5
+3 6

– z + 2i –z – 2i
Sol.7) a) Z = Z  =
z – (1 + i) –z – (1 – i)

 – (1 – 3i)z – 2i(1 – i) = – (1 + 3i) –z + 2i(1 + i) et z  1 + i


 (1 – 3i)z + 2i(1 – i)  R et z  1 + i
  a  R, (1 – 3i)z + 2i = a, a  4.
a – 2i (a – 2i)(1 + 3i) a + 6 3a – 2
  a  R, z = = = +i , a  4.
1 – 3i 10 10 10
Il s'agit de la droite y = 3x – 2, privé du point (1, 1).
On peut aussi considérer le point A d'affixe – 2i, B d'affixe 1 + i, et M d'affixe z. Z est réel si et
seulement si AM est colinéaire à BM et BM  0, si et seulement si M appartient à la droite (AB)
privé de B. La droite d'équation y = 3x – 2 est précisément la droite (AB).
– z + 2i –z – 2i
b) Z = – Z  =– et z  1 + i
z – (1 + i) –z – (1 – i)

 2 z 2 – (1 + i)z – (1 – i)–z – 4 = 0 et z  1 + i
 z 2 – Re((1 + i)z) – 2 = 0 et z  1 + i.

- 32 -
1 1 5
Il s'agit du cercle d'équation x2 + y2 – x + y – 2 = 0  (x – )2 + (y + )2 = privé du point (1, 1).
2 2 2
En reprenant les notations du a), on peut aussi dire que Z est imaginaire pur si et seulement si AM
est orthogonal à BM et BM  0 si et seulement si <AM, BM> = 0 et BM  0. C'est le cercle de
diamètre [AB], privé de B.
z + 2i
c) = 1  z + 2i = z – (1 + i) . Il s'agit de la médiatrice du segment [AB]. Son
z – (1 + i)
équation est x + 3y + 1 = 0.
z + 2i
d) = 2  z + 2i = 2 z – (1 + i) . Posons z = x + iy
z – (1 + i)
 x2 + (y + 2)2 = 4(x – 1)2 + 4(y – 1)2
4 40
 (x – )2 + (y – 2)2 =
3 9
Il s'agit d'un cercle, ligne de niveau de la forme AM = kBM avec ici k = 2. Voir
L1/[Link].

Sol.8) a) On cherche z tel que az2 – za2 = za2 – z3 = z3 – az2 ,


 a z z–a = z z–a z+a = z 2
z–a
 a = z et a = z + a
La première équation signifie que z appartient au cercle de centre 0 et de rayon a , et la deuxième
que z appartient au cercle de centre – a et de rayon a . Ces deux cercles se coupent en deux les
points d'affixe aj et aj2, où j est racine cubique de l'unité.
On peut aussi effectuer une résolution algébrique, l'équation a = z conduisant à l'existence d'un
réel  tel que z = aei. On reporte dans la deuxième équation, ce qui conduit à :
1 = 1 + ei = 2cos()
2
ce qui donne  =   et donc  =  . On retrouve z = aj ou aj2.
2
2 3 3
. Les deux autres sommets s'obtiennent par une rotation de   des
u+v
b) Le centre du carré est
2 2
u+v u–v
deux sommets initiaux, ce qui donne : i
2 2
1
c) On doit avoir z = = z – 1  z = 1 et z = z – 1 , donc z appartient à l'intersection du
z
cercle unité et de la médiatrice du segment [OA], O d'affixe nulle et B d'affixe 1. Donc :
1 i 3
z= 
2 2

Sol.9) a) z appartient à l'axe imaginaire pur si et seulement si z appartient à la médiatrice du segment


z–1
[AB], A d'affixe – 1 et B d'affixe 1, si et seulement si z + 1 = z – 1 , si et seulement si
z+1

- 33 -
z–1
appartient au cercle. Donc si Z = avec z imaginaire pur, alors Z appartient au cercle unité, et de
z+1
plus Z  1. Réciproquement, si Z appartient au cercle unité privé du point d'affixe 1, alors il existe z
z–1 Z+1
tel que Z = , à savoir z = , et les équivalences précédentes prouvent que Z = 1  z est
z+1 1–Z
imaginaire pur.
De même, Re(z) > 0 si et seulement si z est plus proche de B que de A, si et seulement si
z–1
z + 1 > z – 1 , si et seulement si Z = < 1. L'image du demi-plan Re(z) > 0 est le disque
z+1
unité ouvert (au sens où l'inégalité est stricte). L'image du demi-plan Re(z) < 0 est l'ensemble des Z
vérifiant Z > 1.
z–1 ei – 1 1 1
b) Posons Z = . Il s'agit de montrer que :  , Z = i   , Z – = ei. Supposons
z–5 e –5 6 6
i
e –1
d'abord que Z = i . Alors :
e –5
1 ei – 1 1
Z – = i –
6 e –5 6
1 5ei – 1
=
6 ei – 5
1
qui est bien de module car 5ei – 1 = ei(5 – e–i) = 5 – e–i = 5 – ei = ei – 5 . Donc Z
6
1 1
appartient au cercle de centre le point d'affixe et de rayon .
6 6
1 1
Réciproquement, si Z appartient à ce cercle,  , Z – = ei et il s'agit de trouver  tel que
6 6
5ei – 1 i 1 – 5ei 1 – 5ei
= e , ou encore ei
= . Comme = 1 (comme ci-dessus), un tel  existe.
ei – 5 5 – ei 5 – ei
(1 + 2i)z + 1 Z–1 1 + 2i
c) Posons Z = ou bien z = , pour Z  . On a :
(1 – 2i)z + 1 1 + 2i – (1 – 2i)Z 1 – 2i
z réel
 z = –z

Z–1 Z–1
 =
1 + 2i – (1 – 2i)Z –
1 – 2i – (1 + 2i)Z
– – – –
 (1 – 2i)Z – (1 + 2i) ZZ – 1 + 2i + (1 + 2i) Z = (1 + 2i)Z – 1 – 2i – (1 – 2i)ZZ + (1 – 2i)Z

 ZZ = 1
1 + 2i
Donc l'image de l'axe réel est le cercle unité, privé du point (ce point correspond au cas limite
1 – 2i
quand z tend vers l'infini).
De même :
z imaginaire pur
 z = – –z

- 34 -

Z–1 Z–1
 =–
1 + 2i – (1 – 2i)Z –
1 – 2i – (1 + 2i)Z
– – – –
 (1 – 2i)Z – (1 + 2i) ZZ – 1 + 2i + (1 + 2i) Z = – (1 + 2i)Z + 1 + 2i + (1 – 2i)ZZ – (1 – 2i)Z
– –
 ZZ – (1 – 2i)Z + (1 + 2i) Z + 1 = 0

 ZZ – 2 Re((1 – 2i)Z) + 1 = 0
posons Z = X + iY
 2 2
X + Y – 2X – 4Y + 1 = 0
 (X – 1)2 + (Y – 2)2 = 4
1 + 2i
Il s'agit du cercle de centre (1, 2) et de rayon 2, privé du point (correspondant aussi au cas où
1 – 2i
z tend vers l'infini).
On peut montrer que toute droite ou cercle est transformée en une droite ou un cercle par les
az + b
applications z  avec quelques cas particuliers correspondant au z qui annule le
cz + d
dénominateur ou qui tend vers l'infini. Ces applications s'appellent les transformations de Möbius.

i eiz + 1 eiz – 1 e2iz + 1


Sol.10) a) (N o )(z) = ( iz + iz ) = i 2iz = ( o D)(z)
2 e –1 e +1 e –1
1 – z2
(M o L)(z) = i = (L o N)(z)
2z
z–1 2
(Q o T)(z) = ( ) = (T o M)(z)
z+1
ce qui correspond au diagramme suivant :

 

L L

T T
Q

b) On a donc Q o T o L o  = T o L o  o D. On a (T o L o )(z) = e–iz, de sorte que :


Q(e–iz) = e–iD(z) = e–2iz
n z+1
c) On a M = T–1 o Q o T, donc Mn = T–1 o Qn o T, avec Qn(z) = z2 et T–1(z) = , donc :
1–z
- 35 -
z–1
Mn(z) = (T–1 o Qn o T)(z) = (T–1 o Qn)( )
z+1
z – 1 2n
( ) +1
–1 z – 1 2n z+1
=T ( ) )=
z+1 z – 1 2n
1–( )
z+1
z–1 z – 1 2n
Si Re(z) > 0, on a < 1 (voir Exo.8.a) donc lim ( ) = 0 et lim Mn(z) = 1.
z+1 n z + 1 n
z–1 z – 1 2n
Si Re(z) < 0, on a > 1 donc lim ( ) =  et lim Mn(z) = – 1
z+1 n z + 1 n
z–1
Si Re(z) = 0, z est imaginaire pur, est unitaire de la forme ei et :
z+1
exp(2ni) + 1 i
Mn(z) = =
1 – exp(2 i) tan(2n–1)
n

Dans ce dernier cas, la suite reste sur l'axe imaginaire pure.


Ce dernier cas est numériquement intéressant. D est une fonction extrêmement simple, mais qui
caractérise néanmoins les phénomènes chaotiques ou sensibles aux conditions initiales. En effet,
l'itéré n fois de D vérifie Dn(z) = 2nz de sorte que, si la valeur de z modulo 2 est connue avec une
erreur de  (par exemple  = 10–15 ce qui est souvent le cas en pratique), alors D50(z) modulo 2 ne
pourra être connue à moins d'une unité près, ce qui rend tout calcul numérique inapproprié. Il en
résulte que les fonctions N, M, et Q sont elles aussi chaotiques car on a :
N =  o D o –1
M = L o  o D o L–1 o –1
Q = T o L o  o D o –1 o L–1 o T–1
donc, pour tout entier n :
Nn =  o Dn o –1
Mn = L o  o Dn o L–1 o –1
Qn = T o L o  o Dn o –1 o L–1 o T–1
et aucun calcul numérique précis ne sera valide sur ces fonctions au bout de quelques dizaines
i
d'itérations. C'est le cas de Mn(z) quand z est imaginaire pur. En effet, on a vu que Mn(z) =
tan(2n–1)
. L'argument  est multiplié par 2 à chaque itération. Le comportement numérique approché de
Mn(z) est alors imprévisible, comme celui de Dn().
La fonction M n'est autre que celle qui intervient dans la méthode de Newton [voir
L1/[Link]] pour résoudre numériquement l'équation x2 – 1 = 0. En effet, si on pose
f(x)
f(x) = x2 – 1, alors M(x) = x – . La fonction N est celle qui intervient dans la résolution de
f '(x)
l'équation x2 + 1 = 0. On voit que, si ces équations sont triviales à résoudre, leur résolution
numérique conduit à des difficultés insoupçonnées.

Sol.11) Notons a , b, c, p, q, r les affixes des différents points. b – a est alors l'affixe du vecteur AB.
2i 2
Soit j = exp( ), vérifiant j3 = 1. L'application z  jz correspond à une rotation d'angle , de sorte
3 3
que :
b – p = j(a – p)

- 36 -
ce qui donne :
(j – 1)p = ja – b
On a de même :
(j – 1)q = jb – c
(j – 1)r = jc – a
Eliminons a, b, c entre ces trois équations en multipliant la première par j2, la seconde par j, la
troisième par 1, et en ajoutant les trois résultats. Il reste :
j2(j – 1)p + j(j – 1)q + (j – 1)r = 0
 j2p + jq + r = 0
 – (1 + j)p + jq + r = 0
 r – p = j(p – q)
2
Le vecteur PR se déduit de QP par une rotation d'angle , ce qui signifie que PQR est équilatéral.
3

it t2 t
Sol.12) a) Posons 1 + = rn exp(in) avec rn = 1 + 2 et n = arctan( ).
n n n
2 2 2
t n t n t 1
On a rnn = exp(n ln( 1 + 2)) = exp( ln(1 + 2)) = exp( ( 2 + o( 2))  1 quand n tend vers +,
n 2 n 2 n n
et nn tend vers t. Donc la limite est eit.
z a ib a b2
b) Si z = a + ib, a  R, b  R, alors 1 + = 1 + + = rn exp(in) avec rn = (1 + )2 + 2 et n
n n n n n
a
1+
n b z
tel que cos(n) = et sin(n) = . Comme 1 +  1, on peut supposer n assez grand pour que
rn nrn n
b
n = arctan( ). On a :
n+a
n a b2 n 2a 1
n ln(rn) = ln((1 + )2 + 2) = ln(1 + + o( ))  a donc rnn  ea,
2 n n 2 n n
et nn  b,
z
donc (1 + )n  ea+ib = ez.
n

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