Formule du discriminant expliquée
Formule du discriminant expliquée
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1- Historique
Les nombres complexes, tels que nous les utilisons aujourd'hui, datent du XIXème siècle. Ils étaient
cependant connus et utilisés depuis plusieurs siècles sous le nom de nombres imaginaires (terme qui
est resté dans l'expression "partie imaginaire"). Ils sont apparus lorsque l'on a essayé de résoudre les
équations du 3ème degré. Ces équations donnèrent lieu à de nombreux travaux de la part des
-1-
algébristes arabes du Moyen-Age, en particulier Ibn Al-Haytham qui résout des équations de ce type
par intersections de coniques, Omar Khayyam qui tente des résolutions par radicaux, Al-Tusi et Al-
Kashi qui proposent des méthodes de résolution approchées. Cependant, le premier à avoir résolu
algébriquement des équations du 3ème degré du type x3 + px = q ( p > 0, q > 0) semble être Scipione
Del Ferro (1465-1526), professeur à l'université de Bologne, vers 1500. Il ne publia pas sa
découverte mais la transmit à son élève Antonio Maria Fior et à son gendre Annibale della Nave. En
1531, Tartaglia (1500-1557), soit à la lumière d'une indiscrétion, soit par sa propre invention, apprit
également à résoudre les équations du 3ème degré. Croyant à une imposture, Fior lança en 1535 un
défi public à Tartaglia. A la fin du temps imparti, Tartaglia avait résolu toutes les équations de Fior,
alors que celui-ci ne put en résoudre une seule de Tartaglia. La supériorité de Tartaglia provient du
fait que ce dernier savait résoudre les équations du type x3 + px2 = q, chose que Fior ne savait pas
faire. En 1539, Tartaglia accepta de dévoiler son secret à Cardan (1501-1576). Ce dernier, à la suite
d'une visite que lui fit della Nave en 1542, s'estima libéré du serment prêté à Tartaglia et publia la
méthode de résolution en 1545 dans son ouvrage Ars magna, malgré la colère de Tartaglia. Un élève
de Cardan, Ludovico Ferrari (1522–1565), parvint à résoudre les équations du 4ème degré. Signalons
qu'on ne peut résoudre n'importe quelle équation algébrique par radicaux. C'est impossible pour la
plupart des équations du 5ème degré, par exemple x5 + x – a = 0, avec a = 3, 4, 5, 7, 8, 9, 10, 11 ...
x5 + x – 6 est résoluble, mais simplement parce qu'il se factorise en (x2 – x + 2)(x3 + x2 – x – 3).
EXEMPLES :
Résoudre x3 = 18x + 35.
3 3 3
ab = 6 a b = 6 = 216
3 3
a + b = 35 a + b = 35
3 3
Résoudre x3 = – 3x + 14.
3 3
ab = – 1 a b =–1
3 3
a + b = 14 a + b = 14
3 3
3
Donc a3 et b3 sont racines de X2 – 14X – 1 = 0, à savoir 7 50. Donc a et b valent 7 50 et
3 3
une racine de l'équation initiale est 7 + 50 + 7 – 50. Une valeur approchée numérique de
cette expression donne 2, et de fait 2 est bien racine de x3 = – 3x + 14. On retrouve bien cette valeur
-2-
3 3
de 2 à partir de 7 + 50 + 7 – 50 en remarquant que (1 2)3 = 7 50, ou encore que
3
1 2= 7 50, de sorte que :
3 3
7 + 50 + 7 – 50 = (1 + 2) + (1 – 2) = 2
Dans cet exemple également, il n'y a pas d'autres racines réelles puisque :
x3 + 3x – 14 = (x – 2)(x2 + 2x + 7)
et que le trinôme x2 + 2x + 7 est irréductible sur R.
Résoudre x3 = 15x + 4.
3 3 3
ab = 5 a b = 5 = 125
3 3
a +b =4 a +b =4
3 3
Bombelli fut donc le premier à introduire une notation proche de notre notation moderne. Mais
l'utilisation des nombres imaginaires a mis plusieurs siècles avant de s'imposer. Girard (1595-1632)
déclare en 1629, dans son Invention nouvelle en algèbre :
On pourrait dire à quoi servent ces solutions qui sont impossibles1, je réponds pour
trois choses, pour la certitude de la règle générale, et qu'il n'y a point d'autres
solutions, et pour son utilité.
1
Il s'agit des nombres complexes
-3-
Mais ses vues avancées à l'époque n'ont guère eu d'influence.
Il faut attendre le XIXème siècle pour que les nombres imaginaires soient universellement adoptés.
La représentation géométrique des nombres complexes par les points du plan joue un grand rôle
dans cette acceptation, le support géométrique apportant une caution aux yeux de nombreux
mathématiciens de l'époque.
En 1799, Wessel (1745-1818) qui est arpenteur, introduit un axe imaginaire perpendiculaire
à l'axe réel. Il note pour –1, et interprète les vecteurs du plan comme des nombres complexes.
Argand (1762-1822), quant à lui, interprète en 1806 les nombres négatifs comme ayant une
direction opposé aux nombres positifs. A cette époque, on note encore a : b :: c : d pour désigner le
fait que la grandeur a est à la grandeur b ce que la grandeur c est à la grandeur d. Argand note donc
que 1 : 1 :: –1 : –1 et que 1 : –1 :: –1 : 1, à savoir, 1 est à 1 ce que –1 est à –1, et 1 est à –1 ce que
–1 est à 1. Il se demande alors quelle quantité x vérifiera 1 : x :: x : –1, à savoir, 1 est à x ce que x
est à –1. Il a l'idée de se placer dans le plan et de voir que la quantité x est celle qui est orthogonale à
la droite définissant 1 et –1. x joue évidemment ici le rôle du complexe i. Il propose d'abandonner
le qualificatif d'imaginaire, et de qualifier x de quantités médianes.
Mais les mémoires de ces deux auteurs resteront confidentiels. Celui de Wessel, figurant
dans les Mémoires de l'Académie des Sciences du Danemark, passera complètement inaperçu, et ne
sera traduit en français qu'en 1897. Celui d'Argand aura plus de chance, puisqu'il fera l'objet
d'articles dans les Annales de Gergonne en 1813-14. Les complexes prendront définitivement leur
statut moderne grâce à l'influence de Gauss (1777-1855), dont le renom dépasse de loin celui des
précédents personnages. Déjà en 1799, Gauss utilise implicitement le plan complexe dans sa thèse.
En 1811, il écrit2 :
De même qu'on peut se figurer le domaine entier de toutes les grandeurs réelles au
moyen d'une ligne droite illimitée, de même on peut rendre perceptible le domaine
entier de toutes les grandeurs, réelles et imaginaires, au moyen d'un plan illimité, où
tout point, déterminé par son abscisse a et son ordonnée b, représente en quelque sorte
la grandeur a + bi.
Et en 18313 :
Si on a considéré jusqu'à présent ce sujet d'un point de vue erroné, et qu'on y a trouvé
une mystérieuse obscurité, c'est en grande partie imputable à des appellations
inappropriées. Si l'on avait qualifié +1, –1, i non pas d'unité positive, négative, et
imaginaire (ou même impossible), mais plutôt d'unité directe, inverse, et latérale, le
propos n'aurait presque pas été obscurci.
ou encore4 :
Aussi longtemps que les quantités imaginaires étaient basées sur la fiction, elles
n'étaient pas pleinement acceptées en mathématiques, mais plutôt regardées comme
quelque chose que l'on devait tolérer ; elles étaient loin d'avoir acquis le même statut
que les quantités réelles. Il n'y a plus aucune justification à une telle discrimination,
maintenant que la métaphysique des nombres imaginaires a été pleinement éclairée, et
qu'il a été montré qu'ils avaient une signification aussi réelle que les nombres négatifs.
C'est à partir de cette époque que Gauss emploie le terme "complexe" en lieu et place du terme
"imaginaire". C'est également au cours du XIXème siècle que les nombres complexes commencent
à être largement utilisés en physique.
2
Gauss, Lettre à Bessel du 18 décembre 1811, Werke 8, p.90-92
3
Gauss, Werke 2, p.177-178
4
Gauss, Werke 10, p.404
-4-
2- Définition
L'ensemble des complexes C est en bijection avec R2. Ses éléments sont notés z = a + ib, pour a et
b réels. a est la partie réelle, b la partie imaginaire. i est un symbole n'ayant d'autre but que de
distinguer la partie réelle Re(z) = a de z de sa partie imaginaire Im(z) = b. Les règles de calculs
sont les règles usuelles de la somme et du produit, avec la règle i2 = –1. La notation i est due à Euler
(1707-1783). Ces règles donnent à C une structure appelée corps, comme R ou Q (voir
L1/[Link]). Dans un corps, il y a deux opérations, somme et produit, et tout élément non
nul z = a + ib possède un inverse :
a – ib
z–1 = 2
a + b2
comme on le vérifie facilement.
Depuis Gauss (1777-1855), on a adopté une représentation géométrique des complexes. Si on munit
le plan d'un repère orthonormé, alors le complexe z = a + ib peut se représenter :
par le vecteur de composantes (a, b), vecteur dit d'affixe z.
par le point de coordonnées (a, b), point dit d'affixe z.
3- Conjugaison
On définit une application de C dans C par :
z = a + ib –z = a – ib, conjugué de z.
Cette application correspond géométriquement à une symétrie orthogonale par rapport à l'axe des
abscisses. Il s'agit d'une involution (sa composée avec elle-même est égale à l'identité).
-5-
Seule l'inégalité triangulaire z – z' z + z' z + z' est non évidente. Elle découle de la
même propriété dans le plan euclidien. On peut aussi la démontrer directement de la façon suivante
:
z + z' z + z'
z + z' 2 ( z + z' )2
–
z 2 + z z' + –z z' + z' 2 z 2 + 2 z z' + z' 2
–
z z' + –z z' 2 z z'
–
On reconnaît dans le membre de gauche le double de la partie réelle de z z'.
– – –
Re(z z') z z' ce qui est vrai car Re(z z') z z'
– –
On a l'égalité z + z' z + z' si et seulement si Re(z z') = z z' , donc si et seulement si il existe
–
réel positif ou nul tel que z z' = ce qui est vérifié si et seulement si z' = 0 ou z z'2 = z'. Cette
dernière relation est vérifiée si et seulement si z et z' sont colinéaires de même sens.
5- Argument
a) Définition :
L'argument d'un complexe non nul z est une mesure de l'angle (i, v) où v est le vecteur d'affixe z
dans la base orthonormée (i, j). On le note arg(z). Il est défini à 2 près. La valeur particulière
appartenant à l'intervalle ]–, ] est appelé argument principal. On notera par exemple :
arg(z) [2]
On a alors :
z = z (cos() + isin())
On a :
arg(–z) = arg( ) = – arg(z)
1
z
arg(zz') = arg(z) + arg(z')
les égalités de la première relation. Pour la deuxième, si z' = z' (cos() + isin()), alors :
zz' = z z' (cos() + isin()) (cos() + isin())
-6-
= z z' (cos()cos() – sin()sin() + icos()sin() + icos()sin())
= z z' (cos( + ) + isin( + ))
en vertu des formules (à connaître) :
cos( + ) = cos()cos() – sin()sin()
sin( + ) = sin()cos() + cos()sin()
donc arg(zz') = + = arg(z) + arg(z').
Alors que l'addition d'un vecteur z' s'interprète géométriquement par une translation de vecteur le
vecteur d'affixe z', le produit z zz' par z' s'interprète comme la composée de :
une homothétie de centre O de rapport le réel z' : z z' z
une rotation de centre O d'angle arg(z') : z arg(z')z
Cette composée s'appelle similitude directe de centre O, de rapport z' et d'angle arg(z').
Ainsi, le produit par i est une rotation de . Le produit par j = e2i/3 est une rotation de .
2
2 3
b) Forme trigonométrique :
Le calcul vu ci-dessus
(cos( + ) + isin( + )) = (cos() + isin()) (cos() + isin())
conduit à constater que, si on pose la fonction f : cos() + isin() alors f( + ) = f() f(). Il
s'agit d'une relation fonctionnelle comparable à celle de l'exponentielle et il est convenu de noter
f() = ei, de sorte que :
z = z ei (forme trigonométrique d'un nombre complexe)
avec
ei ei = ei(+)
Il est intéressant de remarquer qu'on utilise pour désigner la fonction f les symboles e et i, et pas une
notation , avec défini autrement, alors qu'a priori, n'importe quelle exponentielle de pouvait
faire l'affaire. Pourquoi ? Parmi les multiples raisons possibles, on a :
f() = cos() + isin()
f '() = – sin() + icos() = if()
en convenant de dériver une fonction à valeurs complexes en dérivant sa partie réelle et sa partie
imaginaire. Puisque dans R, la dérivée par rapport à de la fonction ea est aea, il est naturel de
poser f() = ei, étendant ainsi la règle de dérivation d'une exponentielle au cas où a = i.
c) Exponentielle complexe :
Plus généralement, pour z = x + iy complexe, on pose :
ez = ex (cos(y) + isin(y)) = ex eiy
Il en résulte que la résolution de ez = a conduit à la discussion suivante :
si a = 0 alors, il n'y a pas de solution
sinon, z = x + iy avec x = ln a et y = arg(a) + 2k, soit z = ln a + iarg(a) + 2ik
On a ez+z' = ez ez' pour tout complexe z et z'. En effet, si z = x + iy et z' = x' + iy', alors :
ez+z' = ex+x' ei(y+y')
= ex ex' eiy eiy'
= ez ez'
-7-
La dérivée de t eat avec a complexe est aeat. En effet, si a = x + iy, alors :
eat = etx (cos(ty) + isin(ty))
dont la dérivée par rapport à t est :
xetx (cos(ty) + isin(ty)) + etx (– ysin(ty) + iycos(ty)) = (x + iy) etx (cos(ty) + isin(ty))
= aeat
d) Formule d'Euler :
Voici quelques formules :
ei = –1 (formule d'Euler)
e2i = 1
ei/2 = i
1 + ei = ei/2 (e–i/2 + ei/2) = 2ei/2 cos()
2
1 – ei = ei/2 (e–i/2 – ei/2) = – 2iei/2 sin()
2
En prenant les parties réelles et imaginaires des deux dernières formules, on obtient :
cos() = 2cos2() – 1 = cos2() – sin2() =
1 – tan2(/2) 1 – t2
=
2 2 2 1 + tan2(/2) 1 + t2
sin() = 2 sin() cos() =
2 tan(/2) 2t
=
2 2 1 + tan2(/2) 1 + t2
où l'on a posé t = tan(). On a aussi :
2
2 tan(/2) 2t
tan() = = 2
1 – tan2(/2) 1 – t
Ces trois formules sont faciles à mémoriser. cos() est une fonction paire définie sur R, et la seule
façon de combiner les seules expressions 2t, 1 + t2 et 1 – t2 en une fraction rationnelle paire définie
1 – t2
sur R et de prendre le quotient .
1 + t2
De même, sin() est une fonction impaire définie sur R, et la seule façon de combiner les seules
expressions 2t, 1 + t2 et 1 – t2 en une fraction rationnelle impaire définie sur R et de prendre le
2t
quotient .
1 + t2
Enfin la tangente est le quotient de sin par cos.
Quand varie de – à exclus, [cos(), sin()] décrit le cercle privé du point (–1, 0). t = tan()
2
2
1–t 2t
varie de – à +. t ( , ) est donc un paramétrage sous forme de fractions rationnelles
1 + t2 1 + t2
de polynômes du cercle unité privé du point (–1,0), ce dernier étant obtenu comme point limite
quand t tend vers l'infini.
e) Cercle unité :
On appelle cercle unité U l'ensemble {z | z = 1} = {z | R, z = ei}.
Cet ensemble possède les propriétés suivantes :
-8-
U est stable pour le produit (ce qui signifie : z U et z' U zz' U pour tous z et z')
Ce produit est associatif5 (ce qui signifie que (zz')z" = z(z'z") pour tous z, z', z" de U)
1, neutre du produit (ce qui signifie que 1z = z1 = z pour tout z de U), appartient à U
1
si z appartient à U, son inverse aussi.
z
(U, ) est un groupe (voir L1/[Link]). Le produit étant commutatif (ce qui signifie que
zz' = z'z pour tous z et z' de U), le groupe est dit commutatif (ou abélien). Il existe par ailleurs une
analogie de structure entre (R,+) et (U,) par l'intermédiaire de l'application f suivante :
(R,+) (U, )
ei = f()
On a en effet f( + ') = f() f(')
On dit que f est un morphisme de groupe (voir L2/[Link])
EXEMPLES :
Calculer cos(), sin(), cos( ), sin( ). Posons = ou . On a sin(5) = 0. Or :
2 2 2
5 5 5 5 5 5
sin(5) = Im(cos() + i sin()) = 5 cos ( sin( – 10 cos2( sin3( + sin5(
5 4
sin() =
5– 5
5 2 2
2 5+ 5
sin( ) =
5 2 2
5
Un exemple de produit non associatif est le produit vectoriel des vecteurs dans l'espace de dimension 3.
-9-
On en déduit :
cos() =
6+2 5 5+1
=
5 4 4
= sin( – ) = sin( )
2 5–1 2
cos( ) =
5 4 2 5 10
Ces formules permettent de prouver qu'on peut construire un pentagone régulier à la règle et au
compas. Tracer un cercle de centre O de rayon 1, de diamètre [AB], A = (–1, 0), B = (1, 0). Soit
1
C = (0, 1), point du cercle sur le diamètre perpendiculaire à [AB]. Soit D = ( , 0) le milieu de [OB].
2
5
Tracer le cercle de centre D passant par C, de rayon CD = . Ce cercle coupe [AO] au point
2
O D
A E B
5–1
On a également OE = DE – OD = DC – OD = = 2sin( ), ce qui prouve que OE est la
2 10
longueur du côté du décagone régulier inscrit dans le cercle de rayon 1.
2 8
Exprimons également cos( ) sous forme de radicaux. Pour cela, considérons également cos( ).
15 15
On a, en utilisant les valeurs précédemment trouvées cos() = et sin2() =
5+1 5– 5
:
5 4 5 8
cos( ) + cos( ) = cos( – ) + cos( + ) = 2cos()cos() =
2 8 1+ 5
15 15 3 5 3 5 3 5 4
cos( )cos( ) = cos( – )cos( + )
2 8
15 15 3 5 3 5
- 10 -
= (cos( )cos( ) + sin( )sin( ))(cos( )cos( ) – sin( )sin( ))
3 5 3 5 3 5 3 5
= cos2()cos2() – sin2()sin2() =
–3+ 5
3 5 3 5 8
2 8
Connaissant leur somme et leur produit, on peut conclure que cos( ) et cos( ) sont les racines du
15 15
1+ 5 –3+ 5 2
polynôme X2 – X+ , cos( ) en étant la racine positive. D'où :
4 8 15
2 1 + 5 + 30 – 6 5
cos( ) =
15 8
8 1 + 5 – 30 – 6 5
cos( ) =
15 8
n n
Calcul de cos(kt) et de sin(kt). Ces deux quantités sont respectivement les parties réelles et
k=0 k=0
n
imaginaires de eikt, qui est la somme d'une suite géométrique de raison eit. Si cette raison est
k=0
2- Linéarisation
La linéarisation est le problème inverse du précédent. On se donne un produit de puissances de
cos( et sin( et l'on souhaite exprimer cette expression en fonction d'une fonction linéaire (du
premier degré) de cos(n) et sin(n). Ce problème se pose par exemple lorsque l'on cherche une
primitive d'une telle fonction. Il suffit dans la plupart des cas d'utiliser :
- 11 -
On peut également utiliser les formules de trigonométrie.
EXEMPLES:
ei + e–i 4 e4i + 4e2i + 6 + 4e–2i + e–4i cos(4) + 4cos(2) + 3
cos4( = ( ) = =
2 16 8
2
1 + cos(2) 2 1 + 2cos(2) + cos (2)
ou cos4() = (cos2())2 = ( ) =
2 4
1 + cos(4)
1 + 2cos(2) +
2 cos(4) + 4cos(2) + 3
= =
4 8
Nous menons ci-dessous le calcul complet dans le cas général, mais dans la pratique, il est plus
simple de refaire les calculs plutôt que de tenter de retenir les formules finales :
- 12 -
x2 =
X2 + Y2 + X
2
y2 =
X + Y2 – X
2
2
sg(xy) = sg(Y)
X2 + Y2 + X X2 + Y2 – X
z= + i sg(Y)
2 2
EXEMPLE :
3 i
Z= +
2 2
x – y = 23 x =
2 2
2+ 3 x=–
2– 3
2xy = 12 y =
2 2
ou
2– 3 y=– 2– 3
x +y =1
2 2 2 2
EXEMPLE :
Soit l'équation (1 + i)z2 – (5 + i)z + 6 + 4i = 0
5+i
Le discriminant vaut 16 – 30i = avec = 5 – 3i. Les racines sont , soit, après
2(1 + i)
simplification, 2 – 3i et 1 + i.
cos( ) =
2+ 3 4+2 3 3+1
= =
12 2 2 2 2 2
sin( ) =
3–1
12 2 2
11 11 5 5
Résoudre z3 = 4 2 (– 1 + i). En déduire cos( ), sin( ), cos( ) et sin( ). L'équation est
12 12 12 12
3
équivalente à z = 8e 3i/4 i/4
donc z = 2e ou z = 2e i/4+2i/3
= 2e 11i/12
ou z = 2ei/4–2i/3
= 2e–5i/12. Ces
trois nombres sont racines du polynôme X3 – 4 2 (– 1 + i) et comme la première racine vaut
2ei/4 = 2 + i 2, on peut aussi factoriser le polynôme par X – 2(1 + i), ce qui donne :
X3 – 4 2 (– 1 + i) = (X – 2(1 + i)) (X2 + 2(1 + i)X + 4i)
Le trinôme X2 + 2(1 + i)X + 4i a pour discriminant – 12i = 6(– 1 + i)2 et les deux autres racines
sont :
– 2(1 + i) + 6(– 1 + i) – 2 – 6 + i( 6 – 2)
= = 2e11i/12 de partie imaginaire positive
2 2
– 2(1 + i) – 6(– 1 + i) – 2 + 6 – i( 6 + 2)
et = = 2e–5i/12 de partie imaginaire négative
2 2
donc :
11 – 2 – 6 11 6– 2
cos( )= sin( )=
12 4 12 4
5 – 2 + 6 5 6+ 2
cos( ) = sin( ) =
12 4 12 4
Donc :
n–1
1 + X + ... + Xn–1 = (X – e2ik/n)
k=1
- 14 -
n = 3 : 1, j et j2 sont racines de X3 – 1 = 0. j et j2 sont racines de 1 + X + X2 = 0
n–1 n–1
Pour X = 1, la relation 1 + X + ... + Xn–1 = (X – e2ik/n) donne n = (1 – e2ik/n), qui possède
k=1 k=1
l'interprétation graphique suivante (en prenant le module du membre de droite). Soit un cercle de
rayon 1 et n points de sa circonférence répartis régulièrement. On joint l'un des points à tous les
autres. Alors le produit des longueurs des segments ainsi formés vaut n.
5- Interprétation géométrique
Nous avons déjà vu que :
z az est une similitude directe de centre O, de rapport a , d'angle arg(a)
z z + b est une translation de vecteur b.
1
Considérons maintenant z . On obtient l'image d'un complexe en prenant l'opposé de l'argument
z
(donc en faisant une symétrie par rapport à l'axe réel), puis en prenant l'inverse du module (donc un
faisant ce qu'on appelle une inversion).
- 15 -
z–a
Interprétons maintenant le module et l'argument de . Considérons les points A, B et Z d'affixe
z–b
respectifs a, b et z. On a :
ZA z – a
= rapport des longueurs des côtés du triangle issus de Z
ZB z – b
z–a
arg( ) = arg(z – a) – arg(z – b) = angle(Ox,AZ) – angle(Ox,BZ) = angle(BZ,AZ)
z–b
= angle(BZA)
En 1801, dans ses Disquisitiones arithmeticae, Gauss généralise son résultat et montre que la
résolution des équations de la forme xn – 1 = 0 avec n premier impair, ou de manière équivalente, la
2
détermination de cos( ) ou la construction d'un polygone régulier de n côtés, se ramène à la
n
résolution d'équations polynomiales de degré p, où p est facteur premier de n – 1. Or la règle et le
compas permettent, à partir d'un segment de longueur unité, de construire tout segment de longueur
rationnelle, et, à partir de ceux-ci, d'itérer les opérations d'addition, de soustraction, de
multiplication, de division et d'extraction de racine carrée. En effet, cette dernière construction
figure dans la prop.14 du livre II des Eléments d'Euclide et répond au problème de trouver un carré
de côté x dont l'aire est égale à celle ab d'un rectangle donné. La méthode repose sur le cercle de
diamètre a + b :
A B C
Si AB = a et BC = b, alors BD = ab = x.
- 16 -
Il en résulte que, si on dispose d'une équation du second degré dont les coefficients sont
constructibles à la règle et au compas, il en est de même des racines de cette équation.
Par conséquent, si n est un nombre premier tel que n – 1 est une puissance de p = 2, la détermination
2
de cos( ) pourra se faire par des résolutions successives d'équation du second degré, et le polygone
n
régulier de n côtés sera constructible à la règle et au compas. n est alors de la forme 2m + 1, mais on
montre que, si m est impair ou multiple d'un impair, alors 2m + 1 est un nombre composé. Pour que
2m + 1 soit premier, il est donc nécessaire que m soit lui-même une puissance de 2. n est donc de la
k
forme 22 + 1, ces derniers nombres étant appelés nombres de Fermat. Les seuls nombres de
Fermat premiers connus aujourd'hui sont 3 = 21 + 1, 5 = 22 + 1, 17 = 24 + 1, 257 = 28 + 1 et
65537 = 216 + 1.
Gauss en déduit que, si un polygone régulier possède un nombre de côtés de la forme 2kp1...pm, où
les pi sont des nombres de Fermat premiers distincts, alors ce polygone est constructible à la règle et
au compas. La réciproque fut établie ultérieurement.
Nous donnons ci-dessous la suite d'équations du second degré à résoudre, permettant de déterminer
2 2 2
l'expression exacte par radicaux de cos( ), cos( ) et cos( ).
5 17 257
2
1- Calcul de cos( )
5
Soit = e2i/5, qui vérifie 5 = 1 et 1 + + 2 + 3 + 4 = 0. Posons :
2
a = + 4 = + –1 = 2cos( )
5
b = 2 + 3 = 2 + –2 = 2cos( ) = – 2cos().
4
et
5 5
On a :
a + b = + 2 + 3 + 4 = – 1
et ab = ( + 4)(2 + 3) = 3 + 4 + 6 + 7 = 3 + 4 + + 2 = – 1
–1 5
Donc a et b sont racines du polynôme X2 + X – 1 et valent . On retrouvent ainsi les valeurs
2
de cos( ) et cos() trouvées plus haut, dans le paragraphe relatif à la formule de Moivre.
2
5 5
2
2- Calcul de cos( )
17
Posons = e2i/17, on a 17 = 1 et 1 + + 2 + 3 + ... + 16 = 0. On pourra vérifier que les 16
k
puissances k, 1 k 16, peuvent aussi s'obtenir sous la forme 3 , 1 k 16, et on va utiliser cette
propriété pour séparer + 2 + 3 + ... + 16 en deux parties de huit puissances de , puis en quatre
parties de quatre puissances, et enfin en huit parties de deux puissances. Ainsi, pour 1 k 3 et
1 i 2k, on pose :
4–k
2 –1 k
3j2 +i–1
s[k, i] =
j=0
k
j2 +i–1
les puissances 3 de étant calculées modulo 17 puisque 17 = 1. On a ainsi :
- 17 -
3
2 –1 2j
s[1, 1] = 3 = + 9 + 13 + 15 + 16 + 8 + 4 + 2
j=0
3
2 –1 2j+1
s[1, 2] = 3 = 3 + 10 + 5 + 11 + 14 + 7 + 12 + 6
j=0
2
2 –1 4j
s[2, 1] = 3 = + 13 + 16 + 4
j=0
2
2 –1 4j+1
s[2, 2] = 3 = 3 + 5 + 14 + 12
j=0
2
2 –1 4j+2
s[2, 3] = 3 = 9 + 15 + 8 + 2
j=0
2
2 –1 4j+3
s[2, 4] = 3 = 10 + 11 + 7 + 6
j=0
2–1 8j
s[3, 1] = 3 = + 16
j=0
2–1 8j+4
s[3, 5] = 3 = 13 + 4
j=0
k
3j2 +i–1
Tous les nombres s[k, i] sont des réels. En effet, on a 3 – 1 mod 17, donc le terme
8
d'indice j de s[k, i], 0 j 23–k – 1, a pour conjugué le terme suivant, également dans s[k, i] et
d'indice j + 23–k :
k k k 3 k 3–k k
j2 +i–1 8 j2 +i–1 8+j2 +i–1 2 +j2 +i–1 (j+2 )2 +i–1
–3 = 3 3 = 3 = 3 = 3
avec 23–k j + 23–k 24–k – 1.
16
Le lecteur pourra vérifier, en utilisant le fait que k = 0, que :
k=0
s[1, 1] et s[1, 2] ont pour somme – 1 et pour produit – 4, donc sont racines de X2 + X – 4.
s[2, 1] et s[2, 3] ont pour somme s[1, 1] et pour produit –1, donc sont racines de X2 – s[1, 1]X – 1.
s[2, 2] et s[2, 4] ont pour somme s[1, 2] et pour produit –1, donc sont racines de X2 – s[1, 2] – 1.
s[3, 1] et s[3, 5] ont pour somme s[2, 1] et pour produit s[2, 2], donc sont racines de
X2 – s[2, 1]X + s[2, 2].
Il est remarquable que les s[k, i] puisse être déterminés à partir des s[k – 1, i] précédents en
résolvant une équation du second degré.
- 18 -
Après avoir résolu ces quatre équations du second degré, on est en mesure de déterminer une
2
expression de s[3, 1] = + 16 = + –1 = 2cos( ). Le lecteur persévérant pourra obtenir une
17
expression telle que :
2 1 17 34 – 2 17 17 + 3 17 – 34 – 2 17 – 2 34 + 2 17
cos( ) = – + + +
17 16 16 16 8
2
3- Calcul de cos( )
257
On procède comme ci-dessus avec = e2i/257, et, pour 1 k 7 et 1 i 2k :
8–k
2 –1 k
j2 +i–1
s[k, i] = 3
j=0
les puissances de étant calculées modulo 257 puisque 257 = 1. On résout ensuite 24 équations du
second degré issues des propriétés suivantes :
Pour vérifier ces propriétés, il conviendra d'écrire une fonction informatique check(a,b,c,d) capable
de vérifier que a + b = c et ab = d, où a, b, c, d sont des combinaisons linéaires des puissances de ,
256
les calculs étant simplifiés par le fait que k = 0. Cette programmation est plus facile si on
k=0
Pol:=add(z^k,k=0..256):
check:=(a,b,c,d)->(simplify(a+b-c,{Pol})=0) and (simplify(a*b-d,{Pol})=0):
a1 = 514 + 2r
a2 = 514 – 2r
c1 = 2056 + 72r + 28a1 + 64a2 + 34b1 + 32b2 + 64b4 – 4ra1 + 2rb1 – 2a1b1
c2 = 2056 + 72r + 28a1 + 64a2 – 34b1 – 32b2 – 64b4 – 4ra1 – 2rb1 + 2a1b1
c3 = 2056 + 72r – 28a1 – 64a2 – 34b2 + 32b1 + 64b3 + 4ra1 – 2rb2 – 2a1b2
c4 = 2056 + 72r – 28a1 – 64a2 + 34b2 – 32b1 – 64b3 + 4ra1 + 2rb2 + 2a1b2
c5 = 2056 – 72r + 28a2 – 64a1 + 34b3 + 32b4 + 64b1 + 4ra2 – 2rb3 – 2a2b3
c6 = 2056 – 72r + 28a2 – 64a1 – 34b3 – 32b4 – 64b1 + 4ra2 + 2rb3 + 2a2b3
c7 = 2056 – 72r – 28a2 + 64a1 + 34b4 – 32b3 + 64b2 – 4ra2 – 2rb4 + 2a2b4
c8 = 2056 – 72r – 28a2 + 64a1 – 34b4 + 32b3 – 64b2 – 4ra2 + 2rb4 – 2a2b4
4112 + 16r + 56a1 + 192a2 + 100b1 + 96b2 + 64b4 + 66c1 + 64c4 – 64c7 + 64c8
d1 = – 8ra1 + 4rb1 + 2rc1 – 2a1c1 – 4a1b1 + 2b1c1
- 20 -
4112 + 16r + 56a1 + 192a2 + 100b1 + 96b2 + 64b4 – 66c1 – 64c4 + 64c7 – 64c8
d2 = – 8ra1 + 4rb1 – 2rc1 + 2a1c1 – 4a1b1 – 2b1c1
4112 + 16r – 56a1 – 192a2 – 100b2 + 96b1 + 64b3 + 66c3 – 64c1 – 64c5 – 64c6
d3 = + 8ra1 – 4rb2 + 2rc3 + 2a1c3 – 4a1b2 – 2b2c3
4112 + 16r – 56a1 – 192a2 – 100b2 + 96b1 + 64b3 – 66c3 + 64c1 + 64c5 + 64c6
d4 = + 8ra1 – 4rb2 – 2rc3 – 2a1c3 – 4a1b2 + 2b2c3
4112 – 16r + 56a2 – 192a1 – 100b3 – 96b4 – 64b1 + 66c6 + 64c1 + 64c2 + 64c8
d5 = + 8ra2 + 4rb3 – 2rc6 – 2a2c6 + 4a2b3 – 2b3c6
4112 – 16r + 56a2 – 192a1 – 100b3 – 96b4 – 64b1 – 66c6 – 64c1 – 64c2 – 64c8
d6 = + 8ra2 + 4rb3 + 2rc6 + 2a2c6 + 4a2b3 + 2b3c6
8224 + 224r – 256a1 + 112a2 – 128b2 – 136b3 – 128b4 – 192c1 – 64c2 – 128c3
e1 = – 68c6 – 64c8 – 128d2 – 128d4 – 2d6 + 16ra2 + 8rb3 + 4rc6 + 2rd6 + 8a2b3
+ 4a2c6 + 2a2d6 + 4b3c6 + 2b3d6 + 2c6d6
8224 + 224r – 256a1 + 112a2 – 128b2 – 136b3 – 128b4 + 192c1 + 64c2 + 128c3
e2 = + 68c6 + 64c8 – 128d1 – 128d3 – 2d5 + 16ra2 + 8rb3 – 4rc6 + 2rd5 + 8a2b3
– 4a2c6 + 2a2d5 – 4b3c6 + 2b3d5 – 2c6d5
et enfin :
2 1 r a b c d e
2cos( ) = – + + 2 + 3 + 6 + 6 + 1
257 128 128 128 128 128 128 128
16448 – 64r – 512a1 – 32a2 – 128b1 – 128b2 – 528b3
– 256b4 – 256c1 – 128c2 – 128c3 + 120c6 – 128c8 – 128d2
1 – 128d4 – 256d5 – 4d6 – 2e1 – 256e2 + 32ra2 + 16rb3
+
128 + 8rc6 + 4rd6 + 2re1 + 16a2b3 + 8a2c6 + 4a2d6 + 2a2e1
+ 8b3c6 + 4b3d6 + 2b3e1 + 4c6d6 + 2c6e1 + 2d6e1
Exercices
1- Enoncés
Exo.1) Calculer les sommes suivantes :
n
n n
n
a) p cos(px) et p sin(px).
p=0 p=0
n n
cos(kx) sin(kx)
b) 2k
et 2k , puis les limites de ces sommes quand n tend vers l'infini, qu'on
k=0 k=0
cos(kx) sin(kx)
note 2k
et
2k
.
k=0 k=0
- 21 -
n
n n
n n n
c) p p xp–1, p p , p 2p et p 3p .
p=1 p=1 p0 p0
n n
b) cos(a + kh) et sin(a + kh) pour h 0 mod 2.
k=0 k=0
n–1
k (–1)(n–1)/2
impair. En particulier, pour = 0 et n impair, cos( n ) = 2n–1
.
k=1
n–1
+ k (–1) sin() n/2
e) De même, montrer que cos( n ) = 2n–1
pour n pair. En déduire que, pour n
k=0
n–1 n/2–1
k n(–1)
pair, cos( n ) = 2n–1 .
k=1
kn/2
résultat b).
z + 2i
Exo.7) On pose Z =
z – (1 + i)
a) Quel est l'ensemble des points d'affixe z tels que Z soit réel ?
b) Quel est l'ensemble des points d'affixe z tels que Z soit imaginaire pur ?
c) Quel est l'ensemble des points d'affixe z tels que Z soit de module 1 ?
d) Quel est l'ensemble des points d'affixe z tels que Z soit de module 2 ?
Exo.8) Les trois questions sont indépendantes. Des résolutions géométriques évitent les calculs :
a) Soit a un complexe non nul. Trouver les complexes z non nuls et distincts de a tels que les
points d'affixe az2, za2 et z3 soient les sommets d'un triangle équilatéral.
b) Soient u et v les affixes complexes de deux sommets d'un carré, sur une diagonale.
Trouver les affixes des deux autres sommets.
1
c) Déterminer z pour que z, et z – 1 aient même module.
z
Exo.9) a) Quelle est l'image de l'axe imaginaire pur, du demi plan Re(z) > 0 et du demi-plan
z–1
Re(z) < 0 par l'application z ?
z+1
z–1
b) Montrer que l'image du cercle unité par l'application : z est le cercle de centre le
z–5
1 1
point d'affixe et de rayon .
6 6
(1 + 2i)z + 1
c) Quelle est l'image de l'axe réel par l'application z ? Quelle est l'image de
(1 – 2i)z + 1
l'axe imaginaire pur ?
Exo.10) On donne :
z2 – 1 z2 + 1
N(z)= M(z) =
2z 2z
- 23 -
eiz + 1 z–1
(z) = i iz T(z) =
e –1 z+1
D(z) = 2z Q(z) = z2
L(z) = – iz
a) Vérifier que N o = o D, M o L = L o N et Q o T = T o M
b) En déduire une relation entre Q et D faisant intervenir , T et L. La vérifier directement.
c) Donner une expression explicite de Mn(z), où Mn est l'itéré M o M o ... o M n fois. En
déduire le comportement de la suite (Mn(z))nN en fonction de z.
Exo.11) Soit ABC un triangle quelconque. On note P, Q et R les centres des triangles équilatéraux
construits vers l'extérieur de chacun des côtés de ABC. Utiliser les complexes pour montrer que
PQR est équilatéral.
R A
P
C B
Exo.12) Pour cet exercice, il est utile de connaître la fonction arctan. Voir le chapitre
L1/[Link].
it
a) t étant un réel, calculer dans C lim (1 + )n.
n+ n
z
b) Soit z complexe. Calculer lim (1 + )n.
n+ n
2- Solutions
n
n n
n
Sol.1) a) Posons C = p
cos(px) et S = p sin(px).On a :
p=0 p=0
n
n x x
C + iS = p eipx = (1 + eix)n = (eix/2 2cos(2))n = einx/2 2n cosn(2)
p=0
nx x
donc C = 2n cos( ) cosn( )
2 2
nx x
S = 2n sin( ) cosn( )
2 2
- 24 -
n n
cos(kx) sin(kx)
b) Posons Cn = 2 k et Sn =
2k
. Alors :
k=0 k=0
n
n
p p xp–1 = n(1 + x)n–1
p=1
donc :
n
n
pour x = 1, p p = n2n–1
p=1
n
n n n
pour x = –1 et n 2, p p (–1)p–1 = 0 = – 2p 2p + (2p + 1) 2p + 1
p=1 p0 p0
n n
mais par ailleurs, le cas précédent donne également n2n–1 = 2p 2p + (2p + 1) 2p + 1 ,
p0 p0
n
Si n 1, p 2p = 0
p0
- 25 -
donc :
n
n
p p = n2n–1
p=1
n
n
p p jp = nj(1 + j)n–1
p=1
n
n
p p j2p = nj2(1 + j2)n–1
p=1
En sommant les trois relations et en utilisant le fait que 1 + jp + j2p = 3 si p est un multiple de 3 et 0
sinon, on arrive à :
n
3 3p 3p = n2n–1 + 2 Re(nj(1 + j)n–1)
p0
= n2n–1 + 2 Re(nj (– j2)n–1)
= n2n–1 + 2n(–1)n–1 Re(j2n–1)
2i(2n – 1)
= n2n–1 + 2n(–1)n–1 Re(exp( )
3
2(2n – 1)
= n2n–1 + 2n(–1)n–1 cos( )
3
2(2n – 1)
= n2n–1 + 2ncos( – (n – 1))
3
(n + 1)
= n2n–1 – 2ncos( )
3
n n (n + 1)
donc p 3p = 9 (2n–1 + 2cos( 3 ))
p0
n n–1
Si n 0 mod 3 ou n 1 mod 3, c'est égal à (2 + (–1)n). Si n 2 mod 3, c'est égal à
9
n n–1
(2 + 2(–1)n).
9
n–1 n–1
Sol.2) a) cos(x)k cos(kx) = Re cos(x)k eikx
k=0 k=0
On obtient une suite géométrique de raison cos(x)eix. Cette raison est égale à 1 pour x multiple de .
Dans ce cas, la somme vaut n. Sinon, on a :
n–1
1 – cos(x)n einx
cos(x)k cos(kx) = Re 1 – cos(x)eix
k=0
n n n
b) Posons C = cos(a + kh) et S = sin(a + kh). Alors C + iS = exp(ia + ikh) qui est la somme
k=0 k=0 k=0
1 – ei(n+1)h
C + iS = eia
1 – eih
(n + 1)h
sin( )
ia inh 2
= e exp( )
2 h
sin( )
2
donc :
(n + 1)h
sin( )
nh 2
C = cos(a + )
2 h
sin( )
2
(n + 1)h
sin( )
nh 2
S = sin(a + )
2 h
sin( )
2
n n n
cos(kx) sin(kx) eikx
c) Posons C = cos(x)k et S = cos(x)k. Alors C + iS = k qui est la somme d'une suite
k=0 k=0 k=0 cos(x)
eix
géométrique de raison 1. Donc :
cos(x)
ei(n+1)x
1–
cos(x)n+1
C + iS =
eix
1–
cos(x)
cos(x)n+1 – ei(n+1)x
=
– isin(x) cos(x)n
sin((n + 1)x)
donc C=
sin(x) cos(x)n
cos(x)n+1 – cos((n + 1)x)
S=
sin(x) cos(x)n
- 27 -
n–1
2i + 2ik
Sol.3) a) Xn – e2i = (X – exp( ))
k=0 n
b) Pour X = 1, on obtient :
n–1
2i + 2ik
1 – e2i = (1 – exp( ))
k=0 n
2i
or 1 – e = – 2ieisin(), ce qui donne :
n–1
+ k + k
– 2ieisin() = (– 2i exp(i ) sin( )
k=0 n n
i n–1 n–1 + k
= (– 2)n in exp(i + k) sin(
n k=0 k=0 n
)
(n – 1)i n–1 + k
= (– 2)n in exp(i + ) sin( )
2 k=0 n
n–1
+ k
= (– 2)n in ei in–1 sin( )
k=0 n
n–1
+ k
= – 2n iei sin( n )
k=0
n–1
+ k sin()
donc sin( n ) = 2n–1
k=0
+ k sin() + k
c) On a donc sin() sin(
n–1 n–1
sin()
) = n–1 , donc sin( )= . En passant à la limite
n k=1 n 2 k=1 n n–1
2 sin( )
n
n–1
k n
quand tend vers 0, on obtient sin( ) = n–1.
k=1 n 2
d) Si on évalue le a) en X = – 1, on obtient :
n–1 n–1
2i + 2ik 2i + 2ik
(–1)n – e2i = (– 1 – exp( )) = (–1)n (1 + exp( ))
k=0 n k=0 n
n–1
2i + 2ik
donc 1 – (–1)nei = (1 + exp( ))
k=0 n
Le membre de gauche vaut 1 + ei si n est impair et 1 – ei si n est pair. or 1 + e2i = 2eicos(). D'où,
pour n impair :
(n – 1)i n–1 + k
2eicos() = 2n exp(i + ) cos( )
2 k=0 n
- 28 -
n–1
+ k
= 2nei(–1)(n–1)/2 cos( )
k=0 n
n–1
+ k cos()
donc cos( n ) = (–1)(n–1)/2 2n–1
k=0
n–1 n/2–1
k n(–1)
On obtient la relation cos( n ) = 2n–1 en divisant par sin() puis en faisant tendre vers 0.
k=1
kn/2
+ k
) = – sin().
n
Remarquer que, pour k = , cos(
2 n n
Sol.4) a) a – b a – c + c – d + d – b etc...
u+v u–v u+v u–v
b) u = + + et de même pour v et on ajoute membre à membre les
2 2 2 2
deux inégalités.
4
c) On a 3 zk = ( zi + zj ) zi + zj + zi – zj d'après le b).
k=1 i<j i<j i<j
a(1 – i) –1–i
Sol.5) a) = 4(a – i)2 d'où z = – ou z =
2 2
b) Si x est racine réelle, on a :
x3 – 2(1 + i)x2 + 5(i – 2)x + 3(7 + i) = 0
et donc, en séparant partie réelle et imaginaire :
3 2
x – 2x – 10x + 21 = 0
– 2x + 5x + 3 = 0
2
- 29 -
d'où x = 3. On factorise ensuite le membre gauche de l'équation ce qui donne :
(z – 3)(z2 + (1 – 2i)z – 7 – i) = 0
D'où z = 3, z = – 3 + i, z = 2 + i.
c) 1 est racine évidente. L'équation s'écrit alors :
(z – 1)(– z2 – 3z – 3 + i) = 0
dont les racines sont z1 = 1, z2 = – 1 + i, z3 = – 2 – i. On a :
z3 – z2 = – 1 – 2i = – i(2 – i) = – i(z1 – z2)
Donc le sommet M3 est l'image de M1 par la rotation de centre M2 est d'angle – .
2
d) Les solutions sont z = ei/2. Elles forment un rectangle, et un carré si et seulement si = + k
2
3
e) L'équation s'écrit aussi
1 + iz cos() + isin() 2i
= =e .
1 – iz cos() – isin()
2i 2ik
exp( + )–1
= i tan( + ) donc
1 + iz 2i 2ik 3 3 k
Donc = exp( + ), k [[ 0, 2 ]]. Donc iz =
1 – iz 3 3 2i 2ik 3 3
exp( + )+1
3 3
z = tan( + )
k
3 3
- 30 -
ei ei/2 1 i
donc z= = =– +
– 2isin() 2tan()
i
1–e 2
2 2
8 4 2 2 4 8
prend les valeurs (à 2 près) – , – , – , , , .
9 9 9 9 9 9
Donc prend les valeurs – , – , – , , ,
4 2 2 4
.
2 9 9 9 9 9 9
k cos() zn–k = 0 = cos() (1 + z)n. Donc si 2
n n
d) Si = 0 mod 2, l'équation se réduit à
k=0
- 31 -
( + 3)(4cos() – 3cos()) – (2cos() – 1) – ( + 2)cos() + = 0
3 2
( + 3)(4cos()2 – 1) – 2cos() – – 2 = 0
où on a simplifié par sin() non nul dans la deuxième équation
4( + 3)cos()3 – 2cos()2 – (4 + 11)cos() + 2 = 0
4( + 3)cos()2 – 2cos() – 2 – 5 = 0
– ( + 3)cos() + = 0
4( + 3)cos()2 – 2cos() – 2 – 5 = 0
1
en effectuant L1 (L1 – cos()L2)
2
– ( + 3)cos() + = 0
2cos() – 2 – 5 = 0
en effectuant L2 L2 + 4cos()L1
cos() = – 3cos()
5
cos() = +
2
cos() = – 3cos()
5
cos() = –
6
= – 15
11
cos() = – 5
6
5 11 5
Les solutions sont – i , et , la dernière solution se trouvant facilement avec la somme des
6 6 6
racines qui vaut = – .
5
+3 6
– z + 2i –z – 2i
Sol.7) a) Z = Z =
z – (1 + i) –z – (1 – i)
2 z 2 – (1 + i)z – (1 – i)–z – 4 = 0 et z 1 + i
z 2 – Re((1 + i)z) – 2 = 0 et z 1 + i.
- 32 -
1 1 5
Il s'agit du cercle d'équation x2 + y2 – x + y – 2 = 0 (x – )2 + (y + )2 = privé du point (1, 1).
2 2 2
En reprenant les notations du a), on peut aussi dire que Z est imaginaire pur si et seulement si AM
est orthogonal à BM et BM 0 si et seulement si <AM, BM> = 0 et BM 0. C'est le cercle de
diamètre [AB], privé de B.
z + 2i
c) = 1 z + 2i = z – (1 + i) . Il s'agit de la médiatrice du segment [AB]. Son
z – (1 + i)
équation est x + 3y + 1 = 0.
z + 2i
d) = 2 z + 2i = 2 z – (1 + i) . Posons z = x + iy
z – (1 + i)
x2 + (y + 2)2 = 4(x – 1)2 + 4(y – 1)2
4 40
(x – )2 + (y – 2)2 =
3 9
Il s'agit d'un cercle, ligne de niveau de la forme AM = kBM avec ici k = 2. Voir
L1/[Link].
- 33 -
z–1
appartient au cercle. Donc si Z = avec z imaginaire pur, alors Z appartient au cercle unité, et de
z+1
plus Z 1. Réciproquement, si Z appartient au cercle unité privé du point d'affixe 1, alors il existe z
z–1 Z+1
tel que Z = , à savoir z = , et les équivalences précédentes prouvent que Z = 1 z est
z+1 1–Z
imaginaire pur.
De même, Re(z) > 0 si et seulement si z est plus proche de B que de A, si et seulement si
z–1
z + 1 > z – 1 , si et seulement si Z = < 1. L'image du demi-plan Re(z) > 0 est le disque
z+1
unité ouvert (au sens où l'inégalité est stricte). L'image du demi-plan Re(z) < 0 est l'ensemble des Z
vérifiant Z > 1.
z–1 ei – 1 1 1
b) Posons Z = . Il s'agit de montrer que : , Z = i , Z – = ei. Supposons
z–5 e –5 6 6
i
e –1
d'abord que Z = i . Alors :
e –5
1 ei – 1 1
Z – = i –
6 e –5 6
1 5ei – 1
=
6 ei – 5
1
qui est bien de module car 5ei – 1 = ei(5 – e–i) = 5 – e–i = 5 – ei = ei – 5 . Donc Z
6
1 1
appartient au cercle de centre le point d'affixe et de rayon .
6 6
1 1
Réciproquement, si Z appartient à ce cercle, , Z – = ei et il s'agit de trouver tel que
6 6
5ei – 1 i 1 – 5ei 1 – 5ei
= e , ou encore ei
= . Comme = 1 (comme ci-dessus), un tel existe.
ei – 5 5 – ei 5 – ei
(1 + 2i)z + 1 Z–1 1 + 2i
c) Posons Z = ou bien z = , pour Z . On a :
(1 – 2i)z + 1 1 + 2i – (1 – 2i)Z 1 – 2i
z réel
z = –z
–
Z–1 Z–1
=
1 + 2i – (1 – 2i)Z –
1 – 2i – (1 + 2i)Z
– – – –
(1 – 2i)Z – (1 + 2i) ZZ – 1 + 2i + (1 + 2i) Z = (1 + 2i)Z – 1 – 2i – (1 – 2i)ZZ + (1 – 2i)Z
–
ZZ = 1
1 + 2i
Donc l'image de l'axe réel est le cercle unité, privé du point (ce point correspond au cas limite
1 – 2i
quand z tend vers l'infini).
De même :
z imaginaire pur
z = – –z
- 34 -
–
Z–1 Z–1
=–
1 + 2i – (1 – 2i)Z –
1 – 2i – (1 + 2i)Z
– – – –
(1 – 2i)Z – (1 + 2i) ZZ – 1 + 2i + (1 + 2i) Z = – (1 + 2i)Z + 1 + 2i + (1 – 2i)ZZ – (1 – 2i)Z
– –
ZZ – (1 – 2i)Z + (1 + 2i) Z + 1 = 0
–
ZZ – 2 Re((1 – 2i)Z) + 1 = 0
posons Z = X + iY
2 2
X + Y – 2X – 4Y + 1 = 0
(X – 1)2 + (Y – 2)2 = 4
1 + 2i
Il s'agit du cercle de centre (1, 2) et de rayon 2, privé du point (correspondant aussi au cas où
1 – 2i
z tend vers l'infini).
On peut montrer que toute droite ou cercle est transformée en une droite ou un cercle par les
az + b
applications z avec quelques cas particuliers correspondant au z qui annule le
cz + d
dénominateur ou qui tend vers l'infini. Ces applications s'appellent les transformations de Möbius.
L L
T T
Q
Sol.11) Notons a , b, c, p, q, r les affixes des différents points. b – a est alors l'affixe du vecteur AB.
2i 2
Soit j = exp( ), vérifiant j3 = 1. L'application z jz correspond à une rotation d'angle , de sorte
3 3
que :
b – p = j(a – p)
- 36 -
ce qui donne :
(j – 1)p = ja – b
On a de même :
(j – 1)q = jb – c
(j – 1)r = jc – a
Eliminons a, b, c entre ces trois équations en multipliant la première par j2, la seconde par j, la
troisième par 1, et en ajoutant les trois résultats. Il reste :
j2(j – 1)p + j(j – 1)q + (j – 1)r = 0
j2p + jq + r = 0
– (1 + j)p + jq + r = 0
r – p = j(p – q)
2
Le vecteur PR se déduit de QP par une rotation d'angle , ce qui signifie que PQR est équilatéral.
3
it t2 t
Sol.12) a) Posons 1 + = rn exp(in) avec rn = 1 + 2 et n = arctan( ).
n n n
2 2 2
t n t n t 1
On a rnn = exp(n ln( 1 + 2)) = exp( ln(1 + 2)) = exp( ( 2 + o( 2)) 1 quand n tend vers +,
n 2 n 2 n n
et nn tend vers t. Donc la limite est eit.
z a ib a b2
b) Si z = a + ib, a R, b R, alors 1 + = 1 + + = rn exp(in) avec rn = (1 + )2 + 2 et n
n n n n n
a
1+
n b z
tel que cos(n) = et sin(n) = . Comme 1 + 1, on peut supposer n assez grand pour que
rn nrn n
b
n = arctan( ). On a :
n+a
n a b2 n 2a 1
n ln(rn) = ln((1 + )2 + 2) = ln(1 + + o( )) a donc rnn ea,
2 n n 2 n n
et nn b,
z
donc (1 + )n ea+ib = ez.
n
- 37 -