Séquence 1re - Olympe de Gouges, une oratrice combative
Complément n°3
Deux images du combat féminin pour l’égalité des
sexes
Nous proposons ici deux analyses d’images, relevant d’époque volontairement très éloignées l’une de
l’autre, portant sur le thème du combat féminin pour l’accès et l’égalité dans le monde du travail. Vous
pourrez ainsi montrer à vos élèves deux manières très différentes de mener le combat féministe pour
l’égalité économique entre les sexes, non sans enjouement, et souligner la permanence de ce combat
à travers les époques.
1. Un tableau du XVIIIe siècle
Marie-Nicole Vestier (1767-1846), épouse d’un peintre de la cour royale, fut elle-même une
portraitiste reconnue, qui a travaillé dans l’entourage de Marie-Antoinette. Elle profite de la
féminisation des beaux-arts qui marque son époque : dès 1783, et non sans scandale, deux femmes
peintres sont admises à l’Académie royale de peinture (Adélaïde Labille-Guiard et Élisabeth Vigée Le
Brun), et les ateliers de jeunes filles connaissent une vogue sans précédent.
En 1793, l’Académie n’existe plus et certains révolutionnaires reprennent l’idée que les femmes
doivent être entièrement dévouées aux occupations domestiques et familiales. Marie-Nicole Vestier
peint alors cet autoportrait, qu’elle expose au Salon de peinture.
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NRP lycée – septembre 2021
Séquence 1re - Olympe de Gouges, une oratrice combative
Marie-Nicole Vestier, L’Auteur à ses occupations (1793), huile sur toile,
Vizille, Musée de la Révolution française.
Questions
1. Mettez le titre en rapport avec le tableau : quelles « occupations » voit-on représentées ?
2. Comment l’artiste parvient-elle à dénoncer avec humour les stéréotypes sur les femmes ?
Éléments de réponse
1. Le tableau représente l’artiste occupée à la fois à peindre un portrait (la toile est inachevée, elle tient
ses pinceaux et sa palette de la main gauche) et à prendre soin de son enfant (un nourrisson placé dans
un couffin ou un berceau, dont elle semble, de la main droite, tirer le rabat). L’autoportrait la montre
donc dans son atelier, dérangée dans son travail par l’attention que réclame l’enfant.
2. On perçoit la teneur ironique du tableau : il s’agit de dénoncer avec humour, dans une scène de
genre, le stéréotype qui voudrait que la femme ne soit qu’une mère, en montrant comment l’artiste
assume, parallèlement à sa fonction maternelle, son travail de peintre. Une sorte de diagonale traverse
le tableau depuis le portrait d’homme ébauché jusqu’à l’enfant, en passant par le visage de l’artiste :
celle-ci se représente donc au milieu des deux « occupations » qui la requièrent.
2. Un photogramme d’un film de 2010
We Want Sex Equality (titre originel : Made in Dagenham) est un film historique de Nigel Cole sorti
dans les salles en 2010. Le réalisateur y retrace les grèves que menèrent au printemps 1968 les
ouvrières de l’usine Ford à Dagenham pour obtenir l’égalité salariale des hommes et des femmes,
jusqu’à leurs négociations avec Barbara Castle (1910-2002), alors secrétaire d’État à l’emploi du
gouvernement britannique.
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Séquence 1re - Olympe de Gouges, une oratrice combative
Photogramme extrait du film We Want Sex Equality (Made in Dagenham) de N. Cole, 2010.
Questions
1. Comment la cohésion des manifestantes est-elle mise en évidence dans cette image ?
2. Observez les slogans écrits sur les banderoles et les pancartes : quelles revendications ces femmes
portent-elles exactement ?
Éléments de réponse
1. Les ouvrières manifestent ici dans le cadre semi-urbain d’un parc. Elles ne portent pas leurs blouses
de travail, mais sont vêtues de robes bigarrées à la mode des années soixante, ou en shorts, et portent
des chaussures de ville : elles se présentent d’abord comme des femmes modernes, et non comme des
ouvrières. Avançant en faisant front, elles portent des banderoles, parfois à deux, ou des pancartes, de
façon serrée et unie. Leur enthousiasme est manifeste : elles crient ou sourient, se jetant des regards
complices.
2. Les slogans sont d’abord axés sur l’égalité économique : il s’agit d’obtenir une égalité salariale (« We
want sex equality », « Equal fair wage, Fair pay equal ») et d’obtenir ainsi, par-delà la seule égalité
économique, une sorte de reconnaissance de l’égalité des efforts au travail (« We refuse to be second
class workers ») et un respect social (« We want respect »). Elles appellent aussi à la solidarité et au
soutien du reste de la société (« Support the machinists »).
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