INTEGRATION ECONOMIQUE
En 1885, en Allemagne, le partage de l’Afrique est scellé à la conférence de Berlin. Elle a été
morcelée tout en affaiblissant son économie et réduisant son marché. Dans le but de booster
l’économie des pays africains, l’intégration économique serait l’inéluctable solution.
Il est question d’étudier les formes théoriques, d’analyser un exemple d’intégration (cas de
l’UEMOA) avant d’expliquer les problèmes de l’intégration économique.
Section 1 : les formes théoriques de l’intégration économique
Pour mieux les cerner, nous allons définir l’intégration avant de les analyser
A- Définitions de l’intégration économique
En 1961, Bela Balassa, économiste hongrois explique que l’intégration économique renvoie
au << processus de mise en réseau et d’unification de systèmes économiques nationaux et des
politiques entre differents Etats>>. Cette assertion laisse apparaitre des concepts, bases de
l’intégration économique
B- Les formes de théoriques de l’intégration économique
Il existe deux formes théoriques d’intégration économique : intégration par les marchés et
intégration par la production
1- Intégration des marchés
Elle designe l’unification des marchés des pays qui engagent dans le sens d’intégration afin de
créer un vaste espace et unique avec l’absence des entraves à la libre circulation des biens et
services et des personnes, tout en accroitant les débouchés avec le développement des
entreprises. C’est ainsi que Bela Balassa a distingué par ordre croissant cinq étapes de
l’intégration :
La zone de référence douanière
C’est la première étape qui consiste à alléger(réduire) les taxes (tarifs) douanières sans les
supprimer entre pays intégrés mais les produits des pays non membres sont fortement taxés.
La zone de libre-échange
Cette étape consiste à supprimer entre pays membres les taxes pour renforcer les échanges
intra-communautaires (au sein de l’espace intégré) mais chaque pays intégré maintien sa
politique commerciale au plan national vis-à-vis des tiers (pays hors zone intégrée).
L’union douanière ou union tarifaire
Elle consiste à appliquer la même politique commerciale (la même taxe) vis-à-vis des pays
qui ne sont pas membres avec la suppression des taxes entre pays intégrés : Tarif extérieur
commun.
Le marché commun
Il inclut la libre circulation des marchandises (sans taxes dans l’espace), des facteurs de
production (travail et capital) avec l’implantation des entreprises partout dans l’espace
intégré.
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L’union économique et monétaire
Cette étape est dédiée à l’harmonisation des politiques économiques sectorielles afin d’assurer
une certaine convergence de toutes les économies de l’espace intégré. A cela s’ajoute
l’harmonisation budgétaire et monétaire. Ainsi les échanges se facilitent sans risque de perte
de change. Il urge de rappeler la forme d’intégration économique par la production.
2- Intégration de la production
Selon IMRE Vajda, économiste hongrois, elle est fondée sur l’intégration concertée entre un
groupe de pays membres suivant deux modalités : la spécialisation et la coproduction.
La spécialisation
C’est une stratégie qui consiste à renoncer à produire en même temps le même produit pour
lequel l’un des pays partenaires ou quelques partenaires détiennent des avantages absolus liés
aux dotations en facteurs de productions. Ainsi la concurrence freinant la croissance de
l’ensemble intégré des pays serait évitée. Cette spécialisation peut être verticale ou
horizontale : la spécialisation verticale s’effectue suivant des secteurs différents comme le cas
à l’échelle mondiale de l’ancienne division internationale du travail attribuant aux pays en
développés la production et l’exportation des biens manufacturés (industriels) et aux pays en
développement la fourniture de produits de base (matières premières). Mais la nouvelle
division du travail promeut que les pays en développement produisent et exportent des
produits industriels ; et la spécialisation horizontale s’opère à l’intérieure d’un même secteur
d’activités selon les dotations factorielles. Alors il est important de rappeler l’intégration de la
coproduction.
La coproduction
Elle designe le regroupement de deux ou de plusieurs entreprises des pays partenaires pour
fabriquer des biens et services et d’avoir comme priorité de desservir (fournir) la zone
intégrée en termes de débouché. A titre d’exemple on peut citer l’UEMOA, L’Agence
Nationale pour la sécurité de la Navigation Aérienne (ASECNA), fournissant des services de
conseil, de guide et de sécurité pour l’Aéronautique, l’UE, AES etc….
Section 2 : Un exemple d’intégration économique : l’Union Economique et Monétaire Ouest
Africain (UEMOA).
Elle a été créée le 10 Janvier 1994 à Dakar par sept pays : le Sénégal, le Togo, Burkina Fasso,
la Cote d’Ivoire, le Mali, le Niger, la Guinée Bissau (adhérée le 02 Juin 1997) pour faire face
aux difficultés récurrentes dans les pays de l’Afrique de l’Ouest au cours des années 80. Ces
pays ont décidé au moment de dévaluer le franc CFA, de renforcer l’intégration de leurs
économies. Ils s’y ajoutent les objectifs de l’UEMOA.
Les objectifs de l’UEMOA
Pour établir un espace économique vaste, unifié et stable, l’UEMOA vise à :
Renforcer la compétitivité des activité économiques et financières des pays membres , assurer
la convergence des politiques économiques et des performances de tous les pays
membres ,créer un marché commun entre les pays membres assurant la libre circulation des
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biens, des personnes et capitaux, harmoniser les régimes de la fiscalité avec suppression des
tarifs douanières entre membre et l’instauration du tarif extérieur commun vis-à-vis des tiers,
uniformiser les politiques sectorielles nationales, les règlementations et les principes
comptables à l’image de l’organisation pour l’harmonisation en Afrique du droit des affaires
(OHADA) de même que le système de comptabilité Ouest Africain (SYSCOA).
Les organes de fonctionnement de l’UEMOA
Elle est structurée de façon hiérarchique comme indiquer :
Organes de Direction
Conférence des chefs d’Etas
Conseil des ministres : organe de contrôle juridictionnel (cours de justice et des
comptes) et démocratique (comité interparlementaire).
Commission
Institutions spécialisées : Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest ; Banque
Ouest Africaine de Développement.
Organe consultatifs : chambre consulaire régional, conseil des collectivités
territoriales, conseil du travail du dialogue social
Acteurs et bénéficiaires : Etas membres et population et entreprise.
Les effets positifs de l’intégration économique pour les pays membres
Elle permet d’accroitre la production et les revenus en favorisant la réalisation d’économie
d’échelle, d’améliorer la compétitivité des entreprises intégrées locales en maitrisant les
règles de concurrence pour affronter plus tard le marché mondial à son développement, de
lutter contre la détérioration des termes de l’échange, d’assurer une meilleure allocation des
ressources rares avec la Division Internationale du Travail et le financement de grands projets
communautaires riches en ressources humaines et matérielles et de débouchés capable de
relancer le développement industriel et de favoriser la paix et la stabilité entre pays membres,
gage d’un développement durable. A côté de ces effets positifs, il existe des effets négatifs.
Les effets négatifs
Ils renvoient à une perte de souveraineté des Etats au profit de l’institution supranationales et
des recettes douanières avec l’abandon des tarifs douaniers entre membres avec une
extraversion des économies intégrées.
Section 3 : Les problèmes de l’intégration économique en Afrique
Ils sont d’ordre naturel, économique et financier, politique, linguistique et social
1. Les obstacles naturels
La présence du désert au niveau du Mali qui est géographiquement enclavé. Le morcellement
des économies détruit les moyens de transport et de communication hérité de la colonisation
qui ne répondent qu’aux objectifs d’approvisionnement du colonisateur. Cette situation rend
difficile le développement des infrastructures
2. Les difficultés économiques et financières
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Economiquement, une insuffisance des infrastructures transport, communication et de
consommation par la demande en santé, en éducation et cadre de vie avec l’extraversion des
économies intégrée limitant les échanges intra-zone et l’absence de coordination des
politiques et stratégies internes, source de concurrence dans la production des biens et
services. Sur le plan financier, certains pays ne renoncent pas au prélèvement des taxes
douanières renforçant la divergence avec la pluralité des monnaies utilisées, obstacles au
développement des échanges. C’est le cas dans l’espace CEDEA où il y a huit monnaies
différentes et parfois non convertibles.
3. Les contraintes politiques, linguistiques et sociales
Sur le plan politique, les dirigeants ont peur de prendre leur souveraineté supplantée par celle
de l’institution supranationale. Cette situation a freiné beaucoup d’union : la Fédération du
Mali ou la confédération Sénégambienne. Linguistiquement, les difficultés sont liées à la
communication, levier indispensable au développement des échanges commerciaux :
l’existence dans l’espace CEDEAO, des pays anglophone, lusophones et francophones. Sur le
plan socio-culturel, sont notées la diversité des croyances, des cultes et des traditions, sources
de blocage à l’intégration des peuples.