CARTE CONTROLE
1 Introduction
Le contrôle qualité en laboratoire de biochimie est un pilier indispensable pour
garantir la fiabilité des résultats analytiques. La carte de contrôle permet de surveiller
la stabilité d’une méthode au fil du temps et de détecter précocement tout écart qui
pourrait compromettre la justesse ou la précision des dosages.
2 Méthode de réalisation de la carte de contrôle
Saisie des résultats : à chaque lot de dosage
2.1 Construction de la carte :
o Axe X : numéro de la mesure (temps).
o Axe Y : valeur du contrôle interne.
2.2 Limites de contrôle :
o Moyenne (µ) calculée sur 20 jours consécutifs.
o Limites ± 2σ (alerte) et ± 3σ (action corrective exigée).
3 Types des erreurs
3.1 Erreurs systématiques
Les erreurs systématiques se traduisent par un biais constant, indiquant que la
méthode est décalée vers le haut ou vers le bas de façon reproductible. On utilise
principalement trois règles :
Règle Définition Action à
suivre
2-2s Deux résultats consécutifs hors de la limite ± 2σ (même côté Alarme
de la moyenne).
4-1s Quatre résultats consécutifs hors de la limite ± 1σ (toujours du Alarme
même côté de la moyenne).
10× Dix résultats successifs situés du même côté de la moyenne, Alarme
même s’ils sont tous à l’intérieur de ± 2σ.
3.2 Erreurs aléatoires
Les erreurs aléatoires reflètent une variabilité imprévisible (imprécision) autour de la
moyenne. Deux règles détectent ces fluctuations excessives :
Règle Définition Action à
suivre
R4s Deux contrôles consécutifs du même lot s’écartant de +2σ puis Rejet
de –2σ (ou inversement), ce qui crée une différence de ± 4σ
entre deux points.
1-3s Un seul résultat débordant la limite ± 3σ. Rejet
4 Vérification de l’exactitude de la méthode
4.1 Définitions
Exactitude (justesse) : proximité de la valeur mesurée à la valeur vraie.
Erreur systématique : décalage constant ou proportionnel (biais).
Erreur aléatoire : variabilité imprévisible autour de la moyenne.
4.2 Arbre de décision
Schéma 1. Arbre de décision pour le traitement des écarts
(À insérer sous forme de diagramme)
En cas d’erreur systématique
Calibration de l’appareil
o Réaliser la calibration selon protocole constructeur.
o Si le problème est résolu → reprendre les analyses.
o Sinon → passer au contrôle externe.
Contrôle externe
Méthode jugée exacte → recentrage de la moyenne (recalcul de µ).
Méthode non exacte → ajustement du facteur de calibration :
Biais négatif (valeurs mesurées trop faibles) → diminuer le facteur.
Biais positif (valeurs mesurées trop élevées) → augmenter le facteur.
En cas d’erreur aléatoire
Recontrôle interne (même échantillon, même conditions).
o Si le problème disparaît → analyses validées.
o Si persistance → investiguer causes potentielles :
Réactif périmé ou mal conditionné.
Faute de manipulation (bulles, contamination).
Problème mécanique (buse, pompe).
Corriger la cause identifiée puis reprendre les contrôles.
5 Calculs statistiques pour la fiabilité
Pour chaque lot mensuel, on calcule :
Moyenne (µ)
Écart-type (σ)
Coefficient de variation (CV = σ/µ × 100 %)
Exemple :
Mois µ (Control Low) σ CV (%) µ (Control High) σ CV (%)
Janvier 1,02 0,03 2,94 2,98 0,05 1,68
Février 1,01 0,02 1,98 3,00 0,04 1,33
… … … … … … …
Routine mensuelle : suivi régulier des dérives, comparaison avec les critères
internes.
Routine annuelle : bilan global, réévaluation des moyennes de référence et
des limites.
6 Vérification de la justesse de la méthode
6.1 5.1. Procédure
Utilisation d’un étalon certifié (NIST ou équivalent) pour chaque analyte.
Dosage en conditions standards, en triplicata.
6.2 5.2. Calcul du biais
Exemple :
Niveau de Valeur étalon Moyenne Biais Critère ISO
contrôle (U/L) mesurée (%) acceptabilité
Bas 1,00 1,02 +2,0 ±5%
Haut 3,00 2,94 –2,0 ±5%
Phase pré-analytique
I. Introduction générale
Le laboratoire de biochimie s’occupe des échantillons biologiques depuis leur
réception jusqu’à la remise des résultats. Ce travail suit plusieurs étapes : réception,
traitement, analyse et interprétation. La phase pré-analytique est essentielle pour
garantir des résultats fiables et de qualité.
II. Rôle de la réception
La réception est le premier contact entre le prélèvement et l’analyse. Un technicien de
laboratoire y travaille : il vérifie que les échantillons et les prescriptions sont valides,
gère les demandes urgentes et oriente les échantillons vers les bons services.
III. Tâches et procédures de la réception
A. Réception des prélèvements
Les prélèvements arrivent soit des infirmiers des établissements de soins
(admission), soit des préleveurs en consultations externes.
Chaque échantillon arrive avec une demande d’analyses précisant les examens
à réaliser.
Le technicien repère s’il y a des bilans urgents (par exemple : Troponine Ic,
Glycémie, Natrémie, Calcémie, CRP, Créatinine) qui doivent être traités en
priorité.
B. Vérification de la conformité et correspondance
Le technicien vérifie trois points :
1. Données de la prescription :
Nom, prénom, âge, sexe du patient
Identité du médecin prescripteur (signature, cachet, service)
Numéro de soin (identifiant unique)
Informations cliniques utiles
2. Conformité des échantillons :
Date de péremption et type de tube adapté (anticoagulant)
Ordre de prélèvement des tubes, absence de garrot prolongé
Conditions de transport (température, délai, protection de la lumière)
3. Correspondance avec le système informatique :
Vérification entre les analyses demandées et celles enregistrées
Vérification de la quantité de sang et du type d’anticoagulant utilisé
C. Enregistrement et triage
Après vérification, les échantillons sont triés selon le type d’analyse :
o Secteur 1 (bilan d’admission) : pour les patients hospitalisés.
o Secteur 2 (bilan de routine et urgences) : analyses comme la
glycémie, l’urée, la créatinine, la bilirubine, la CRP et la troponine.
o Secteur 3 (dosages spécifiques) : dosages hormonaux (TSH, FT4,
vitamine D) et marqueurs tumoraux (CA 15-3, CA 125).
o Secteur 5 (nouveau-nés) : dosages spécifiques réalisés sur place.
L’enregistrement se fait grâce au numéro de soin. Si ce numéro manque,
l’identité du patient est vérifiée avec la date de naissance, le nom et la date du
prélèvement.
Les résultats des hospitalisés sont envoyés directement aux services
demandeurs via le système informatique.
D. Délibération des résultats
Le personnel de la réception s’occupe aussi de remettre les résultats, après avoir
vérifié que :
Le paiement a bien été effectué.
Le bon de demande d’analyse est présent.
Le dossier médical informatisé (DMI) est complet.
Il n’y a pas d’erreurs dans les données saisies.
IV. Exemples de non-conformités
Certaines situations empêchent la bonne réalisation des analyses, par exemple :
Absence de paiement ou de bon de demande d’analyses.
Absence ou dossier médical informatisé (DMI) incomplet.
Erreurs de saisie dans le système.
Discordance entre la demande et les tubes prélevés, par exemple :
o La créatinine n’est pas enregistrée dans le système alors qu’elle est
demandée sur la prescription.
o Un prélèvement de cortisol réalisé dans un tube destiné à
l’ionogramme.
Échantillons inutilisables (volume insuffisant, prélèvements supplémentaires
non nécessaires).
V. Analyses et tubes correspondants
Ordre Type de tube Additif / Matrice Analyses biochimiques associées
Anticoagulant collectée
1 Tube sec Aucun Sérum EPP, Anticorps, Sérologies, …
(rouge)
Tube hépariné Héparine de Plasma • Bilans hépatique (ASAT, ALAT,
(vert) lithium ou de GGT, PAL)
sodium • Bilan rénal (urée, créatinine)
• Bilan lipidique (cholestérol total,
2 HDL, LDL, triglycérides)
• Protéines totales, albumine
• Dosages hormonaux (TSH, T4,
cortisol, etc.)
• Marqueurs inflammatoires (CRP
standard)
• Ionogramme (Na⁺, K⁺, Cl⁻, Ca²⁺)
• Enzymes (créatine kinase,
amylase, lipase)
Tube gris Fluorure de Plasma Haptoglobine, homocystéine,
3 (fluor/oxalate) sodium + électrophorèse d’Hb, …
oxalate
VI. Problèmes pré-analytiques et bonnes pratiques
Les erreurs pendant la phase pré-analytique peuvent fausser les résultats. Pour
garantir la qualité, il faut :
Respecter les conditions de prélèvement et de transport.
Vérifier systématiquement les tubes et les documents.
Former et mettre à jour régulièrement les compétences du personnel.
Documenter toutes les non-conformités et mettre en place des actions
correctives.
L’Électrophorèse des Protéines Sériques (EPP)
1. Introduction
L’EPP sépare les protéines du sérum en 5 fractions principales selon leur mobilité :
1. Albumine
2. Alpha-1 globulines
3. Alpha-2 globulines
4. Bêta globulines (bêta-1 et bêta-2)
5. Gamma globulines
Chaque fraction permet d'orienter le diagnostic de nombreuses pathologies.
Interprétation du Profil Electrophorétique
L’analyse repose sur le trace et les valeurs numériques associées :
- Protidémie : Valeur usuelle de 65-80 g/L. En cas d’hypo ou hyperprotidémie, les pourcentages et
concentrations des fractions doivent être considérés.
- Rapport Albumine/Globulines (A/G) : Normalement entre 1,2 et 1,8. Un ratio < 1 indique une
diminution de l’albumine et une augmentation des globulines ; un ratio > 2 suggère une
diminution des globulines.
- Valeurs Usuelles
Fraction VU (%) VU (g/L)
Albumine 55,8-66,1 40,2-47,6
Alpha-1 2,9-4,9 2,1-3,5
Alpha-2 7,1-11,8 5,1-8,5
Beta-1 4,7-7,2 3,4-5,2
Beta-2 3,2-6,5 2,3-4,7
Gamma 11,1-18,8 8,0-13,5
Figure : profil électrophorétique normal
Anomalies de l'Albumine
L'albumine représente ≈ 60% des protéines sériques, produite par le foie. Elle maintient la pression
oncotique et transporte de nombreuses molécules.
o Hyperalbuminémie (> 50 g/L)
Causes :
o Déshydratation (vomissements, diarrhée).
o Perfusion d'albumine.
o Rare : stimulation hépatique (anabolisants, hyperthyroïdie).
Interprétation :
o Relative (déshydratation) : réversible après réhydratation.
o Absolue : très rare, nécessite exploration.
o Hypoalbuminémie (< 35 g/L)
Causes :
o ↓ Synthèse : cirrhose, malnutrition, inflammation chronique.
o ↑ Pertes : syndrome néphrotique, entéropathie exsudative, brûlures.
o ↑ Catabolisme : hyperthyroïdie, sepsis.
Conséquence : œdèmes par baisse de la pression oncotique.
Interprétation : Associer aux bilans hépatique et rénal.
o Bisalbuminémie
Cause : variantes génétiques bénignes ou
causes acquises (pancréatite, médicaments,
hyperbilirubinémie).
Interprétation : Généralement sans impact
clinique.
o Analbuminémie
Cause : mutation génétique rare.
Conséquence : asymptomatique grâce à une
compensation par les globulines.
Anomalies des Alpha-1 Globulines
Contiennent principalement l’alpha-1 antitrypsine (AAT).
o Hyper Alpha-1
Causes :
o Inflammation aiguë (pneumonie).
o Grossesse (3e trimestre).
o Œstrogènes exogènes.
Interprétation : Vérifier CRP ou VS.
o Hypo Alpha-1
Causes :
o Déficit en AAT (ZZ, SZ) : emphysème précoce,
cirrhose.
o Insuffisance hépatique.
Interprétation : Dosage AAT et génotypage.
o Dédoublement Alpha-1
Cause : polymorphismes génétiques de
l’AAT.
Interprétation : Pas de conséquence
clinique.
Anomalies des Alpha-2 Globulines
Contiennent l’haptoglobine, alpha-2 macroglobuline et céruloplasmine.
o Hyper Alpha-2
Causes :
o Inflammation (haptoglobine ↑).
o Syndrome néphrotique (alpha-2 macroglobuline ↑).
o Iohexol (produit de contraste).
Interprétation : Inflammation sévère si forte élévation.
o Hypo Alpha-2
Causes :
o Hémolyse (consommation d’haptoglobine).
o Malnutrition.
Interprétation : Confirmer par LDH, réticulocytes et Coombs.
o Dédoublement Alpha-2
Cause : polymorphismes génétiques de l’haptoglobine.
Interprétation : Physiologique.
Anomalies des Bêta Globulines
Bêta-1 : Transferrine
Bêta-2 : C3, IgA, bêta-2 microglobuline
o Bêta-1
Augmentation :
o Carence martiale.
o Grossesse, contraception hormonale.
Diminution :
o Inflammation.
o Hémochromatose.
Interprétation : Bilan martial (ferritine, TIBC).
o Bêta-2
Augmentation :
o Inflammation (C3 ↑).
o Gammapathie monoclonale (IgA).
Diminution :
o Lupus (déficit en complément).
Interprétation : Immunofixation si pic étroit.
Interférence par fibrinogène
Anomalies des Gamma Globulines
Contiennent les immunoglobulines (IgG, IgA, IgM).
o Hypergammaglobulinémie Polyclonale
Causes :
o Hépatite chronique.
o Maladies auto-immunes (Sjögren).
Interprétation : Pic large et diffus.
o Hypergammaglobulinémie Monoclonale
Causes :
o Myélome multiple.
o MGUS (état précurseur).
Interprétation : Pic M étroit, confirmé par immunofixation.
o Hypogammaglobulinémie
Causes :
o Déficit immunitaire (Bruton).
o Myélome à chaînes légères.
Interprétation : Recherche des chaînes légères urinaires.
Tableau récapitulatif rapide
Fraction Anomalie Causes principales Interprétation
Albumine ↑ Déshydratation Vérifier hydratation
↓ Cirrhose, néphrotique Bilan hépatique/rénal
Alpha-1 ↑ Inflammation, grossesse CRP
↓ Déficit AAT Dosage AAT
Alpha-2 ↑ Inflammation, néphrotique CRP, syndrome néphrotique
↓ Hémolyse LDH, bilirubine
Bêta Pic étroit Gammapathie (IgA) Immunofixation
Gamma Pic M Myélome Immunofixation, Ig, kappa/lambda
Types de réactions biochimiques
1. Introduction
Le laboratoire de biochimie clinique déploie un large éventail de méthodes analytiques pour
quantifier les composants biologiques dans les échantillons (sérum, plasma, urine, etc.). Ces
méthodes reposent sur des principes physico-chimiques variés et doivent répondre à des
exigences de fiabilité, de reproductibilité et de conformité aux normes réglementaires. Cette
révision synthétise les principales techniques de dosage utilisées en routine, leurs principes
fondamentaux, la validation et la gestion qualité associée.
Spectrophotométrie d'absorption et d'émission
o Principe et loi de Beer–Lambert
La spectrophotométrie mesure l’absorbance (A) ou l’émission lumineuse d’une espèce chimique.
Selon la loi de Beer–Lambert :
A=ε×c×lA = \varepsilon \times c \times l
A : absorbance sans unité
ε : coefficient d’extinction molaire (L·mol⁻¹·cm⁻¹)
c : concentration de l’analyte (mol·L⁻¹)
l : longueur de trajet optique (cm)
o 2.2 Choix de la longueur d’onde et étalonnage
1. Sélection de λmax : mesurer le spectre UV-Vis de l’analyte pour identifier le pic
d’absorption.
2. Préparation des standards : gamme de 5 à 7 points couvrant la plage clinique.
3. Construction de la courbe d’étalonnage : tracer A vs c, calculer la pente (εl) et l’ordonnée
à l’origine, vérifier R² ≥ 0,995.
o 2.3 Validation de la méthode : précision, justesse et linéarité
Précision intra- et inter-journalière : CV% < 3 % sur répétitions multiples.
Justesse : comparaison avec standards certifiés ou laboratoires de référence.
Linéarité : vérifier sur une plage minimale deux fois plus large que la plage clinique.
Réactions en milieu trouble : turbidimétrie et néphélométrie
o 3.1 Paramètres physiques et optiques
Turbidimétrie : mesure l’extinction (E) – atténuation du faisceau : E=log(I0/I)E =
\log(I_0/I).
Néphélométrie : mesure la lumière diffusée à un angle spécifique (souvent 90°).
o 3.2 Applications cliniques et protocoles détaillés
Dosage des protéines totales (méthode de Biuret) : lecture à 540 nm.
Immunoprécipitation : dosage des immunoglobulines par diffusion de la lumière ;
incubation 10 min, température 37 °C.
Paramètres critiques : contrôle de la température, agitation constante, vérification du zéro
(blanc).
4. Chimie sèche et colorimétrie
o 4.1 Médias réactifs et supports solides
Bandelettes réactives : membranes imprégnées de substrats et enzymes séchés.
Disques rotatifs : plaquettes solides à réactifs séchés pour analyse automatisée.
o 4.2 Réactions enzymatiques et non enzymatiques
Non enzymatiques : complexes métalliques (Cu²⁺-Biuret), chromogènes (p-nitrophénol).
Enzymatiques :
o Dosage de l’hémoglobine glyquée (DNPH) – lecture à 415 nm.
o Créatinine (Jaffé) – réaction picrate alcalin, lecture à 492 nm.
o 4.3 Contrôles qualité internes et externes
Contrôles internes : niveaux bas et hauts, fournis par fabricant.
Évaluation externe : participation semestrielle aux programmes d’aptitude (PEQ).
Traçabilité : enregistrement systématique des résultats et des lots de réactifs.
5. Réactions UV et suivi des coenzymes (NAD/NADH)
o 5.1 Principe des dosages cinétiques
Suivi de l’absorbance à 340 nm en temps réel.
Calcul de la vitesse initiale (ΔA/min) sur la phase linéaire.
o 5.2 Mise en place du protocole LDH (exemple pas-à-pas)
1. Préparer tampon phosphate pH 7,4 avec NADH à 0,2 mM.
2. Ajouter 50 µL d’échantillon dans 1 mL de mélange réactionnel.
3. Incuber 2 min à 37 °C, puis démarrer avec 1 mM de pyruvate.
4. Mesurer  toutes les 15 s pendant 3 min.
5. Calculer l’activité :
εNADH = 6,22 L·mmol⁻¹·cm⁻¹
Figure : spectre d’absorption dans le proche ultraviolet
Autres réactions spécifiques
o Électrochimie : débit d’ions et pH-métrie
Électrodes sélectives pour Na⁺, K⁺ : étalonnage quotidien.
pH-métrie : calibration avec tampons pH 4,00, 7,00 et 10,00.
o 6.2 Chromatographie liquide couplée (HPLC)
Séparation : gradient eau/acétonitrile + tampon phosphate.
Détection : UV/DAD pour NAD/NADH (λ = 260 nm).
Entretien et maintenance des automates
o Nettoyage, étalonnage et vérifications journalières
Vidange et rinçage des cuves, contrôle des buses.
Vérification de la précision des longueurs d’onde par filtres d’étalon.
Test d’étanchéité et état du rotor.
o Gestion des réactifs et traçabilité
Stockage FIFO, enregistrement des dates d’ouverture et des numéros de lot.
Archivage électronique des rapports bruts et logs de maintenance.
Bilans Biochimiques
A. Bilan Pancréatique
Le bilan pancréatique évalue la fonction du pancréas, notamment sa capacité à produire des
enzymes digestives.
Paramètres mesurés :
o Amylase (U/L)
o Lipase (U/L)
Valeurs usuelles :
o Amylase : 25-125 U/L
o Lipase : 13-60 U/L
Anomalies et pathologies :
Paramètre Augmentation (causes/pathologies) Diminution (causes/pathologies)
Amylase Pancréatite aiguë, obstruction du canal Insuffisance pancréatique exocrine,
pancréatique, cancer du pancréas, calculs pancréatite chronique
biliaires
Lipase Pancréatite aiguë, cancer du pancréas, Insuffisance pancréatique exocrine
obstruction du canal pancréatique
B. Bilan Lipidique
Le bilan lipidique évalue le métabolisme des lipides et le risque de maladies cardiovasculaires.
Paramètres mesurés :
o Cholestérol total (g/L)
o HDL (g/L)
o LDL (g/L)
o Triglycérides (g/L)
Valeurs usuelles :
o Cholestérol total : < 2 g/L
o HDL : > 0.4 g/L (hommes), > 0.5 g/L (femmes)
o LDL : < 1.6 g/L
o Triglycérides : < 1.5 g/L
Anomalies et pathologies :
Paramètre Augmentation (causes/pathologies) Diminution
(causes/pathologies)
Cholestérol Hypercholestérolémie familiale, Malnutrition, hyperthyroïdie,
total hypothyroïdie, syndrome néphrotique malabsorption
HDL Exercice physique, consommation modérée Tabagisme, obésité, diabète de
d’alcool type 2
LDL Hypercholestérolémie familiale, Malnutrition, hyperthyroïdie,
hypothyroïdie, syndrome néphrotique malabsorption
Triglycérides Diabète de type 2, obésité, syndrome Malnutrition, hyperthyroïdie,
métabolique, hypothyroïdie malabsorption
Note : Les valeurs de HDL varient selon le sexe. Les valeurs de LDL peuvent être ajustées selon le
risque cardiovasculaire.
C. Bilan Hépatique
Le bilan hépatique évalue la fonction du foie et la présence de lésions hépatiques.
Paramètres mesurés :
o ALAT (U/L)
o ASAT (U/L)
o GGT (U/L)
o PAL (U/L)
o Bilirubine totale (mg/L)
Valeurs usuelles :
o ALAT : 7-40 U/L
o ASAT : 10-40 U/L
o GGT : 5-50 U/L
o PAL : 30-120 U/L
o Bilirubine totale : 2-12 mg/L
Anomalies et pathologies :
Paramètre Augmentation (causes/pathologies) Diminution
(causes/pathologies)
ALAT Hépatite virale, hépatite médicamenteuse, Carence en vitamine B6
stéatose hépatique
ASAT Hépatite virale, hépatite médicamenteuse, Carence en vitamine B6
infarctus du myocarde
GGT Cholestase, alcoolisme, hépatite chronique -
PAL Cholestase, métastases hépatiques, maladie de Hypophosphatasie
Paget
Bilirubine Hépatite, cirrhose, obstruction biliaire, hémolyse -
totale
Note : Une augmentation isolée de GGT peut être liée à la consommation d’alcool.
D. Bilan Rénal
Le bilan rénal évalue la fonction rénale et l’équilibre hydro-électrolytique.
Paramètres mesurés :
o Créatinine (mg/L)
o Urée (g/L)
o Acide urique (mg/L)
o Sodium (mmol/L)
o Potassium (mmol/L)
Valeurs usuelles :
o Créatinine : 6-12 mg/L (hommes), 5-10 mg/L (femmes)
o Urée : 0.15-0.45 g/L
o Acide urique : 25-75 mg/L (hommes), 15-60 mg/L (femmes)
o Sodium : 135-145 mmol/L
o Potassium : 3.5-5.0 mmol/L
Anomalies et pathologies :
Paramètre Augmentation (causes/pathologies) Diminution (causes/pathologies)
Créatinine Insuffisance rénale, déshydratation, Grossesse, diminution de la masse
obstruction urinaire musculaire
Urée Insuffisance rénale, déshydratation, régime Insuffisance hépatique, malnutrition
hyperprotéique
Acide Goutte, insuffisance rénale, leucémie Maladie de Wilson, syndrome de
urique Fanconi
Sodium Déshydratation, diabète insipide, Insuffisance cardiaque, cirrhose,
hyperaldostéronisme SIADH
Potassium Insuffisance rénale, acidose, brûlures Vomissements, diarrhée,
hyperaldostéronisme
Note : Les valeurs de créatinine varient selon le sexe et la masse musculaire.
E. Bilan Diabétique
Le bilan diabétique évalue le contrôle glycémique et le risque de complications liées au diabète.
Paramètres mesurés :
o Glycémie à jeun (g/L)
o HbA1c (%)
o Insulinémie (µU/mL)
Valeurs usuelles :
o Glycémie à jeun : 0.7-1.1 g/L
o HbA1c : < 5.7 %
o Insulinémie : 5-25 µU/mL
Anomalies et pathologies :
Paramètre Augmentation (causes/pathologies) Diminution (causes/pathologies)
Glycémie à Diabète de type 1, diabète de type 2, Hypoglycémie, insulinome,
jeun stress, infection insuffisance surrénalienne
HbA1c Diabète mal contrôlé Anémie hémolytique, transfusion
récente
Insulinémie Insulinorésistance, diabète de type 2, Diabète de type 1, pancréatite
insulinome