Justice et détention en Haïti : État critique
Justice et détention en Haïti : État critique
(RNDDH)
7 novembre 2024
Sommaire
Pages
Résumé 2
Introduction 3
Commentaires et recommandations 32
Appareil judiciaire et Centres de détention en Haïti : Une Justice affaiblie, des résultats invisibles et la
violation systématique des garanties judiciaires des dé[Link]
RNDDH – Rapport/A24/No7-VF 1
Résumé
1. Caractérisée par des grèves à répétition de son personnel et rudement frappée par l’insécurité, la Justice
haïtienne n’a fourni, au cours de l’année judiciaire 2023-2024 que très peu de résultats. En effet, les impacts des
arrêts de travail susmentionnés ont été énormes sur le déroulement de cette année, au cours de laquelle les travaux
judiciaires ont été très minimes. Et, au moins 13 infrastructures judiciaires ont été désaffectées en raison de la
situation sécuritaire ou vandalisées et/ou incendiées par des bandits armés.
2. La juridiction de première instance de Port-au-Prince, la plus grande compte-tenu de la taille des justiciables
à desservir, n’a fonctionné, en 2023-2024, que difficilement. Le Parquet et le Tribunal de première instance de Port-
au-Prince sont partiellement installés dans un local exigu. Les [Link] ne disposent pas d’espace de travail.
Et, de nombreux véhicules stationnés sur la cour dudit bâtiment, ont été endommagés par des balles perdues, tirées
par les bandits armés.
3. Sur l’ensemble du territoire, 15 Tribunaux de première instance ont réalisé des audiences criminelles au cours
desquelles 228 cas ont été entendus. 49 autres ont été renvoyés, portant 113 dé[Link] à retourner en prison sans
avoir été fixés sur leur sort. 241 personnes ont été jugées parmi elles, 148 ont été condamnées et 93, acquittées.
Les raisons pour lesquelles certains cas ont été renvoyés restent questionnables, des peines sévères d’une part et
complaisantes d’autre part, ont été prononcées par les Tribunaux criminels et encore une fois, les violences sexuelles
ont été banalisées, de nombreux prédateurs sexuels ayant écopé de peines très légères. Et, de manière plus
générale, ces assises, organisées par les chefs de juridiction avec beaucoup de nonchalance, n’ont pas eu un grand
impact sur la population carcérale en attente de jugement.
4. De nombreux [Link] n’ont pas été certifiés au cours de l’année judiciaire 2023-2024 pour, entre autres,
manque d’éthique, absence d’intégrité morale, rançonnement des justiciables, implication dans des actes de
spoliation, etc. Ces résultats restent très préoccupants. Pourtant, c’est dans ce contexte que le ministre de la Justice
et de la Sécurité publique, Maître Carlos HERCULE, a décidé, en date du 14 octobre 2024, de rappeler les
représentants du ministère au sein de la Commission Technique de Certification (CTC), une décision qui démantèle
cette structure dont le travail est très important, notamment à un moment où la corruption gagne du terrain au sein
de la Justice et où la prestation de l’appareil judiciaire est quasi-nulle depuis plusieurs années.
5. Par ailleurs, les conditions générales de détention se sont détériorées au cours de la période analysée. Les
dé[Link] sont sous-alimentés. Ils n’ont qu’un accès limité à l’eau et aux soins de santé. Les centres carcéraux sont
sales et nauséabonds. Les cellules sont surencombrées, favorisant la propagation des maladies contagieuses
comme la galle, la gratelle et la tuberculose. De plus, 5 centres carcéraux ayant été désaffectés ou vidés de leur
population dans le département de l’Ouest - en raison de l’insécurité ou parce qu’ils ont été attaqués par les bandits
armés - les autorités judiciaires ont transformé le CERMICOL et la Prison civile de Petit-Goâve en de véritables
complexes pénitentiaires ; le premier accueillant des dé[Link] de tous sexes et de tous âges de la juridiction de
Port-au-Prince, la deuxième gardant des dé[Link] en provenance de l’Anse-à-Veau, de Carrefour, de Miragoâne
et de Jacmel. Plusieurs commissariats du département de l’Ouest ont aussi été convertis en prisons, accueillant,
dans des conditions inhumaines, les personnes contre lesquelles sont émis des ordres de dépôt par les [Link]
des juridictions de première instance de Port-au-Prince et de la Croix-des-Bouquets.
6. 1 tentative d’évasion et 3 évasions ont été enregistrées pour la période analysée. Cependant, même si la
population carcérale totale a diminué de 35.6 % - en raison notamment de ces évasions - et est passée de 11,837
dé[Link] le 4 octobre 2023 à 7,624 détenus-es le 4 novembre 2024, le statut juridique des prisonniers.ères n’a pas
évolué. En effet, en octobre 2023, 83,92% des dé[Link] étaient en situation de détention préventive. Le 4 novembre
2024, 83,54% sont encore en attente de jugement. Conséquemment, le statut juridique des dé[Link] n’a bougé
que de 0.38%.
7. Les constats et remarques précédents portent le RNDDH à recommander aux autorités judiciaires et
pénitentiaires de : Exiger que les juges d’instruction décident sur les dossiers pendants par-devant leur cabinet ;
Exiger des chefs de juridiction la liste de tous dé[Link] en situation de détention préventive depuis plusieurs
années, en vue d’identifier les blocages et d’assurer le suivi de leurs dossiers ; Passer des instructions formelles,
pour l’organisation, tout au long de l’année judiciaire 2024-2025, d’audiences correctionnelles et criminelles ;
Soumettre à la certification, les commissaires du gouvernement et leurs substituts, les greffiers.ères et les huissiers ;
Reprendre les infrastructures judiciaires localisées dans les zones contrôlées par les bandits armés et réaménager
celles qui ont été endommagées ; Mettre fin à la banalisation des crimes sexuels en passant des instructions pour le
respect et la mise en application, par les différentes juridictions de première instance du pays, de la Loi en la matière ;
Reprendre le contrôle des centres carcéraux qui ont été endommagés par les bandits armés en vue de les réaffecter
et de désengorger le CERMICOL, la Prison civile de Petit-Goâve ainsi que les commissariats de l’Ouest ; Fournir aux
responsables pénitentiaires tous moyens leur permettant d’assurer aux prisonniers.ères, des conditions minimales
de détention, respectant la dignité humaine.
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Introduction
2. Parallèlement, les centres carcéraux du pays ont aussi été touchés par l’insécurité et la
montée en puissance des bandits armés : des évasions de prison ont été orchestrées par la
coalition de gangs armés Viv Ansanm, des centres carcéraux ont été démolis et, les conditions
générales dans lesquelles évoluent les personnes privées de liberté se sont encore plus
détériorées.
5. Le même jour, soit le 12 décembre 2023, l’Association Nationale des Greffiers Haïtiens
(ANAGH) a annoncé que les greffiers.ères entraient en grève pour exiger le respect de l’accord
signé en 2017, entre le ministère de la Justice et de la Sécurité publique et leur syndicat. Cette
grève n’a été levée que le 27 mai 2024, soit plus de cinq (5) mois après son lancement.
6. Le 19 juin 2024, estimant que le ministère de la Justice ne respectait pas ses engagements,
les parquetiers.ères sont à nouveau rentrés en grève.
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7. Par la suite, une rencontre s’est tenue le 16 août 2024 entre les parquetiers.ères et l’actuel
ministre de la Justice, Maître Carlos HERCULE, qui leur a promis d’appliquer la loi de 2007 sur
le statut de la magistrature, de conférer aux commissaires du gouvernement les mêmes
privilèges qu’aux [Link] et de traiter les substituts de la même manière que les juges. De
plus, les [Link] debout recevront trois (3) mois d’indemnité sur l’année fiscale 2023-2024.
Suite à cette rencontre, les responsables de la COMADH ont annoncé observer un sursis à partir
du 19 août 2024 jusqu’au 30 novembre 2024.
9. Alors que les parquetiers.ères et les greffiers.ères semblent se focaliser sur l’amélioration
de leurs conditions de travail, il convient de noter que les grèves en cascade susmentionnées ont
paralysé le déroulement de l’année judiciaire 2023-2024, violant les garanties judiciaires des
justiciables en général et des dé[Link] en situation de détention préventive, en particulier.
10. De nombreux changements ont été opérés au sein de la Justice, au cours de l’année
judiciaire 2023-2024. En ce sens, dans certaines juridictions, des responsables ont été remplacés,
dans d’autres, des mandats ont été renouvelés. Une nouvelle judicature a été installée. Et, le
processus de certification des [Link] a encore une fois tenu une grande place dans les
prises de décisions des autorités judiciaires.
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b) Au Conseil Supérieur du Pouvoir Judiciaire (CSPJ)
12. Le 3 octobre 2024, la 5ème judicature du Conseil Supérieur du Pouvoir Judiciaire (CSPJ) a prêté
serment. Elle est ainsi composée :
14. Tel que susmentionné, de nombreux changements ont été enregistrés au niveau des
Parquets près les Tribunaux de première instance du pays. En voici quelques-uns :
15. Au Parquet près le Tribunal de première instance de Port-au-Prince, le 27 juin 2024, Edler
GUILLAUME a été remplacé par Maître Lionel Constant BOURGOUIN. A l’instar de ses
prédécesseurs, ce dernier a promis entre autres, de réformer ledit parquet, de s’assurer qu’il ne
soit plus transformé en une polyclinique ou en une boutique et d’y combattre la corruption.
16. Au Parquet près le Tribunal de première instance des Cayes, en date du 27 juin 2024, le
commissaire du gouvernement Maître Ronald RICHEMOND a été remplacé par James JEAN-
LOUIS. Le 19 août 2024, alors qu’il était fraîchement installé à la tête du Parquet, le magistrat
James JEAN-LOUIS a été mis en disponibilité. Epinglé dans un cas de bastonnade à l’encontre de
Gérana NORDEUS et de bastonnade suivi d’exécution sommaire sur la personne de Josème
JOSEPH, conjoint de Gérana NORDEUS, le magistrat James JEAN-LOUIS a été remplacé à la tête du
Parquet des Cayes, par le substitut commissaire du gouvernement Joubert AMAZAN.
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18. Avant sa mise à l’écart, le magistrat Marie André PYRAM a été éclaboussé par plusieurs
scandales de corruption parmi lesquels le dossier relatif à l’arrestation puis l’emprisonnement
du CASEC de Léon, Jocelyn JACQUET. En effet, selon des riverains, le magistrat Marie André
PYRAM a tenté de libérer, contre un important pot-de-vin, Jocelyn JACQUET qui était accusé de
gérer un magasin pour le compte des bandits armés opérant à Village de Dieu. Face à la levée de
bouclier provoquée par cette tentative de libération, le CASEC a été transféré à la Prison civile
de Port-au-Prince, ce que le RNDDH a pu vérifier.
19. Au Parquet près le Tribunal de première instance de Hinche, depuis mai 2023, Maître
Marlène ABRAHAM remplace le magistrat Edler GUILLAUME à la tête dudit Parquet.
21. Au Parquet près le Tribunal de première instance des Coteaux, le 26 août 2024, le magistrat
Max SAMORA a pris fonction officiellement comme commissaire du gouvernement des Coteaux,
en remplacement du magistrat Wadson AZOR.
23. Des changements ont aussi été opérés dans certains Tribunaux de première instance. En
effet :
25. Il convient aussi de souligner que les juges d’instruction de cette juridiction ne disposent
pas tous de chambres criminelles. Certains utilisent provisoirement le local de la Commission
Nationale de Lutte contre la Drogue (CONALD), situé sur la route de Frères. D’autres n’ont tout
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simplement aucun endroit où travailler. De plus, des balles perdues endommagent souvent des
véhicules stationnés sur la cour du local accueillant, à Lalue, le Parquet et le Tribunal de première
de Port-au-Prince.
27. Ce même jour, soit le 29 janvier 2024, d’autres juges ont aussi été nommés dans différentes
juridictions. Il s’agit de :
28. Au Tribunal de première instance des Côteaux : Le lundi 26 février 2024, le magistrat Jean
Robert JOURDIN a été installé au poste de doyen, en remplacement du magistrat Gérald EXANTUS
qui n’a pas été certifié par le Conseil Supérieur du Pouvoir Judiciaire (CSPJ).
e) Certification de [Link]
30. Au cours de l’année judiciaire 2023-2024, plusieurs [Link] n’ont pas été certifiés par
le Conseil Supérieur du Pouvoir Judiciaire (CSPJ). Les raisons sont nombreuses : insuffisance
académique, manque d’éthique, absence d’intégrité morale, rançonnement de justiciables,
implication dans des actes de spoliation et de bandes armées, ou parce qu’ils sont fortement
décriés dans leur juridiction.
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31. En date du 19 février 2024, le CSPJ a transmis un procès-verbal à la ministre a.i de la Justice
et de la Sécurité publique, Emmelie Prophète MILCE comprenant une liste de trente (30)
[Link] jugés comme ayant satisfait aux conditions de certification, de douze (12) autres
qui n’ont pas été certifiés pour les diverses raisons susmentionnées et de dix-huit (18)
[Link] dont les dossiers nécessitent un approfondissement. Les tableaux suivants
présentent les listes des [Link] certifiés et non-certifiés.
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• Liste des magistrats non-certifiés
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• Rose Maggy Borgella CHOUTE juge et juge d’instruction au Tribunal pour Enfants près le
Tribunal de première instance de Port-au-Prince ;
• Mestian DAWSON juge titulaire au Tribunal de paix de Fonds-des-Nègres ;
• Ernest Jean Marie Kepler DESRAVINES doyen au Tribunal de première instance de Port-de-
Paix ;
• Lexander DORILAS, Jean Robert DUBUISSON, Margarette Toussaint GEORGES et Berge O.
SURPRIS, juges à la Cour d’appel de Hinche ;
• Cédieu DURAME juge titulaire au Tribunal de paix de Ganthier ;
• Petrique DUROC juge à la Cour d’appel du Cap-Haitien ;
• Mexène ETIENNE juge titulaire au Tribunal d’Anse d’Hainault ;
• Venante EXANTUS juge titulaire au Tribunal de paix de Cabaret ;
• François FINEY doyen du Tribunal de première instance de Jérémie ;
• Nardel FERDINAND juge titulaire au Tribunal de paix de Roseau ;
• Belège Charles FONTUS juge de siège au Tribunal de première instance de Jacmel ;
• Sauther FORIS juge et juge d’instruction au Tribunal de première instance de Mirebalais ;
• Marc Donald JANVIER juge et juge d’instruction au Tribunal de première instance de
Jérémie ;
• Mario JEAN juge titulaire au Tribunal de paix de Marbial ;
• Jean Quesnel JEAN-PAUL juge titulaire au Tribunal de paix de Beaumont ;
• Jean Dort LABONTE juge au Tribunal de première instance de Jérémie ;
• Aumerau LAINE doyen du Tribunal de première instance de Jacmel ;
• Brenord LOUICIUS doyen du Tribunal de première instance de la Grande-Rivière du Nord ;
• Exandieu MERLETTE juge titulaire du Tribunal de paix de Corail ;
• Louissera MERZIER juge titulaire au Tribunal de paix des Iles Cayemites ;
• Renaud MONCOEUR juge titulaire au Tribunal de Paix de Limbé ;
• Fonie Charles NORGAISSE juge à la Cour d’appel des Gonaïves ;
• Cyprien Jean François Denis PIERRE juge à la Cour d’appel de Port-au-Prince ;
• Yonel OBSAINT juge titulaire au Tribunal de paix de Port-de-Paix ;
• Ricardo OPONT juge titulaire au Tribunal de paix de Lièvre, à Petit Trou de Nippes ;
• Lenor ORIENTUS juge titulaire au Tribunal de paix de Fonds des Blancs ;
• Louis Fenol PIERRE juge titulaire au Tribunal de paix de L’Ile-à-Vache ;
• Isaac PROPHETE doyen du Tribunal de première instance des Gonaïves ;
• Jean Tallot RIGAUD juge titulaire au Tribunal de paix de Maniche ;
• Jean Tatho ROMELUS juge titulaire au Tribunal de paix de Saint Michel du Sud ;
• Walker SAINT-JEAN juge titulaire au Tribunal de paix de Saint Louis du Sud ;
• Fremond SAINTUREL juge titulaire au Tribunal de paix de Petit Bourg de Port-Margot ;
• Eubert TREISMA juge titulaire au Tribunal de paix de Marmelade ;
• Julbert TREVIL juge titulaire au Tribunal de paix de Les Anglais ;
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• Jean Marc VILLIER juge titulaire au Tribunal de paix de Petit Bourg de Plaisance du Sud;
• Bonel AMEDE, Osmond CASTOR, Louis Fils JOSEPH et Jules GASPARD, juges et juges
d’instruction au Tribunal de première instance d’Aquin ;
• Mackenzy BEAUPLAN, Max-Antoine DALMEUS et Wedeline Placide GUERRIER, juges et
juges d’instruction au Tribunal de première instance de Saint-Marc ;
• Hilaire DIEUDONNE, Olane COMPERE et Esaïe PIERRE-LOUIS, juges de siège au Tribunal de
Première instance de la Croix-des-Bouquets ;
• Esdrasse DUVERGLAS, Leoster LOUIS, Mireille Sylvain CHERISTYL juges et juges
d’instruction au Tribunal de première instance de Hinche ;
• Jefté Camilien EDOUARD et Wesner SAINT-JEAN, juges et juges d’instruction au Tribunal
de première instance de l’Anse-à-Veau ;
• Loubens ELYSEE, Benjamin FELISME, Marthel JEAN-CLAUDE, Marie Claudel Pierre
MARCADIEU, Chanlatte MATHIEU, Jean Etienne MERCIER et Walter Wesser VOLTAIRE, Juges
et juges d’instruction au Tribunal de première instance de Port-au-Prince ;
• Mesner ELISME, Patrick LABBE, Obed-Fils CIVIL, Wasnix PIERRE et Jean Paulner CIBERT
juges et juges d’instruction au Tribunal de première instance de Miragoane ;
• Andal JEAN-BAPTISTE et Selsnick Attsim GARCON juges et juges d’instruction au Tribunal
de première instance de Port-de-Paix ;
• Jean MIANVIEL et Bellande DUMERZIER, juges et juges d’instruction au Tribunal de
Première Instance de Petit-Goave ;
• André SAINT-ISERT, Léa CHARLOTIN et Tamara DORCEAN, juges et juges d’instruction au
Tribunal de première instance de la Croix-des-Bouquets ;
• Fernand Sully SANON, Himlaire HILAIRE, et Clovis ADJUSTE, juges et juges d’instruction
au Tribunal de première instance des Gonaïves ;
• Paul dit Rubin MOISE et Julio Junior DAMAS, juges et juges d’instruction au Tribunal de
première instance des Coteaux.
33. Au cours de l’année judiciaire 2023-2024, au moins onze (11) personnes ont été exécutées
par le chef du Parquet près le Tribunal de première instance de Miragoâne, Jean Ernest
MUSCADIN. Il a par la suite présenté les victimes comme étant des membres de gangs armés :
34. Le 26 novembre 2023, le commissaire Jean Ernest MUSCADIN a exécuté le nommé Alain
DORMEILLE à Miragoâne. La victime se rendait à Cavaillon en vue d’assister aux funérailles de sa
grand-mère. Après l’avoir exécuté, le magistrat l’a présenté comme un houngan résidant à
Léogane, qui travaillait pour le compte du gang armé des 400 Mawozo à la Croix-des-Bouquets.
Par la suite, il a aussi affirmé que la victime était un trafiquant d’organes. Il convient de
souligner que suite à cette exécution, le 15 décembre 2023, la ministre de la Justice et de la
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Sécurité publique d’alors Emmelie Prophète MILCE avait adressé une lettre de blâme au
commissaire Jean Ernest MUSCADIN, lui reprochant d’avoir établi ses propres règles et principes
en dehors des normes juridiques et d’avoir déclaré que sa juridiction n’avait pas de limites.
Cependant, le magistrat MUSCADIN, faisant peu cas de cette lettre de blâme, a continué avec ses
exécutions sommaires.
35. Le 25 février 2024, aux environs de 23:00 heures, le commissaire du gouvernement Jean
Ernest MUSCADIN a exécuté le nommé Kenken MICHAUD dans la ville de Miragoâne. La victime
a été présentée comme étant un membre actif du gang de Mariani.
39. Le 26 juillet 2024, le commissaire du gouvernement Jean Ernest MUSCADIN a exécuté Dony
BOSSIER à Miragoâne. Ce dernier a par la suite été présenté comme étant un bandit qui rançonnait
des chauffeurs de transport en commun et enlevait des passagers.ères dans le département des
Nippes.
40. Le 28 août 2024, lors d’un contrôle routier à Miragoâne, le commissaire du gouvernement
Jean Ernest MUSCADIN a exécuté Jeff HABITANT. Ce dernier se trouvait à bord d’une
motocyclette. Il a par la suite été présenté comme étant un membre actif du gang armé opérant
à Bel-Air.
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42. Le 18 octobre 2024, aux Cayes, sur le Boulevard des Quatre Chemins, le commissaire du
gouvernement Jean Ernest MUSCADIN a abattu Jimmy JOSEPH ainsi qu’un autre jeune homme
qui l’accompagnait. Par la suite, le chef du Parquet de Miragoâne a affirmé que les deux (2)
victimes avaient été identifiées comme étant des braqueurs et qu’elles sont impliquées dans des
activités criminelles dans la ville.
43. Dans l’après-midi du 2 novembre 2024, le commissaire Jean Ernest MUSCADIN a abattu le
nommé Jean Gasmy ANTOINE non loin du Boulevard des Quatre Chemins, aux Cayes. Selon les
témoignages des riverains, la victime était un évadé de la Prison civile de Port-au-Prince
condamné à perpétuité pour enlèvement.
44. Ces onze (11) nouvelles exécutions sommaires portent à vingt (20), le nombre de personnes
froidement exécutées par le magistrat Jean Ernest MUSCADIN, dans l’irrespect de leurs garanties
judiciaires.
a) Tribunaux de paix
46. Pour le département de l’Ouest, les Tribunaux de paix section Nord et Sud de Port-au-
Prince, de Carrefour, de Gressier, de Tabarre, de Thomazeau, de la Croix-des-Bouquets, de Ganthier
et de Cabaret sont dysfonctionnels. A titre d’exemple : le Tribunal de paix section Nord de Port-
au-Prince est désaffecté depuis 2022. Le Tribunal de paix section Sud de Port-au-Prince a été pillé
puis partiellement incendié le 29 mars 2024. Les
Tribunaux de paix de la Croix-des-Bouquets, de Delmas
ont été respectivement attaqués, le premier, dans la Dans le département de l’Ouest, de
nuit du 2 au 3 mars 2024, et le deuxième, le 2 avril 2024. nombreux Tribunaux de paix sont
Le Tribunal de paix de la Croix-des-Bouquets a été dysfonctionnels en raison de
incendié par des bandits armés au cours de l’attaque. l’insécurité généralisée, de leur
juxtaposition à des zones de conflits
47. Seul le Tribunal de paix de Fonds-Verrettes et une armés ou à cause des attaques armées
subies. D’autres ont été désaffectés et
annexe du Tribunal de paix de Ganthier située à Fond-
relocalisés par les autorités
Parisien, dépendant de la juridiction de la Croix-des-
judiciaires pour diverses raisons.
Bouquets, sont encore fonctionnels.
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48. Le Tribunal de paix de Tabarre, jadis situé à la Croix-des-Missions, Ouest, ne dispose plus
de local. Aujourd’hui, n’ayant pas d’espace de travail, les juges auditionnent les pré[Link] au
Commissariat de Tabarre.
49. Dans la soirée du 2 avril 2024, des bandits armés ont perforé le mur du bâtiment
accueillant le Tribunal de paix de Delmas et ont tenté de s’y introduire. Les forces de l’ordre sont
arrivées à temps pour les en empêcher. Cependant, en raison de la situation sécuritaire précaire
qui prévaut dans les zones de Delmas 24, 26 et 28, le Tribunal a été relocalisé le 20 août 2024
dans un espace appartenant à la Mairie de Delmas, où sont aussi logés les bureaux de l’Office de
la Protection du Citoyen (OPC) à Delmas 33. Le bâtiment n’ayant pas été aménagé pour accueillir
un tribunal, et compte tenu du manque d’espace, les juges ne travaillent que par roulement.
50. Le Tribunal de paix de Pétion-ville, Ouest, a été relocalisé en avril 2024, dans les locaux de
l’Office des Postes d’Haïti, toujours à Pétion-Ville en raison des travaux d’aménagement. Au
moment de la rédaction de ce document, les travaux en question sont encore en cours.
51. Le Tribunal de paix de Bonbon, se trouve dans un état physique critique mettant en péril
la vie du personnel et des justiciables qui le fréquentent.
52. Le Tribunal de paix de Ouanaminthe a été pillé puis incendié le 7 février 2024.
53. Le Tribunal de paix section Nord de la ville des Gonaïves a été vandalisé le 6 avril 2024,
par des [Link].
55. Le Tribunal de paix de Pointe-à-Raquette ne dispose que d’un (1) juge. Il s’agit du magistrat
Alexandre DIEUVEUT. Celui-ci est originaire de Petit-Goâve et habite à Port-au-Prince. Il se rend à
son lieu de travail tous les deux (2) ou trois (3) mois et passe quinze (15) à vingt-deux (22) jours
sur place avant de rentrer chez lui. De plus, les locaux dudit tribunal sont désespérément vides.
56. Le Tribunal de paix de l’Anse-à-Galets compte un (1) juge et un (1) greffier pour desservir
plus de soixante-deux-mille (62,000) habitants et plus encore car souvent, en absence du seul juge
de paix de Pointe-à-Raquette, les justiciables de cette section communale se tournent vers le
Tribunal de paix de l’Anse-à-Galets. Pourtant, le tribunal est dépourvu de matériels de
fonctionnement. Faute d’ordinateurs, tous les documents sont dactylographiés ailleurs, ce qui
constitue une anomalie dans la mesure où les décisions de justice sont parfois connues avant
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même que le juge ne rende son verdict. De plus, sans hoqueton, sans source d’énergie, sans
matériel roulant, le Tribunal de l’Anse-à-Galets fonctionne très mal. Les justiciables qui s’en
plaignent, affirment aussi être parfois tenus de débourser jusqu’à trente-mille (30,000) gourdes
pour un constat.
58. Le Tribunal de paix de Kenscoff qui dessert cinq (5) sections communales, fonctionne dans
de très mauvaises conditions, sans gardien, sans hoqueton, sans messager et sans secrétaire. Ce
sont les juges dudit tribunal qui contribuent entre eux pour acheter de l’encre et du papier.
Seulement trois (3) juges y sont affectés parmi eux, deux (2) qui habitent très loin.
59. Dans la nuit du 8 au 9 février 2024, des [Link] ont saccagé les locaux du Tribunal
de première instance de Petit-Goâve et ont emporté le matériel de fonctionnement.
60. Tel que susmentionné, le Tribunal de première instance de Port-au-Prince loge à Lalue,
dans un espace provisoire, très réduit. Le personnel ne peut travailler en raison de l’exiguïté des
locaux. Il n’y a pas de bureaux pour les juges et les juges d’instruction dont les chambres
criminelles sont éparpillées dans la commune de Port-au-Prince.
61. Le local de la bibliothèque de Tabarre qui sert de lieu de travail au Tribunal de première
instance de la Croix-des-Bouquets, a été réaménagé en vue d’accueillir au moins quatre (4)
nouveaux bureaux, pour les juges.
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violation systématique des garanties judiciaires des dé[Link]
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62. Le Parquet de la Croix-des-Bouquets a été incendié en date du 25 juillet 2022. Depuis, il a
été transféré à Tabarre 23. Le 29 février 2024, les locaux dudit parquet ont été endommagés.
Conséquemment, celui-ci ne dispose actuellement d’aucun espace de travail. A l’instar des juges
de paix de la Croix-des-Bouquets, les commissaires du gouvernement et leurs substituts
auditionnent les pré[Link] au commissariat de Tabarre.
63. Le 2 septembre 2024, en conseil des ministres, les autorités étatiques ont décidé de créer
cinq (5) nouvelles juridictions. Il s’agit des Tribunaux de première instance de :
• Limbé dans le département du Nord, qui desservira les communes de Limbé, Plaisance,
Pilate, Borgne et Port-Magot.
64. Ce jour-là, le Tribunal de paix de Mare-Rouge a aussi été créé, avec juridiction sur les
sections communales de Mare-rouge et de Damé.
65. Au cours de l’année judiciaire 2023-2024, quinze (15) juridictions de première instance ont
réalisé des audiences criminelles, sauf celles du Cap-Haïtien, de Fort-Liberté et de Port-au-Prince.
66. Deux-cent-soixante-dix-sept (277) cas ont été fixés soit seize (16) cas avec assistance de jury
et deux-cent-soixante-et-un (261) cas sans assistance de jury. Deux-cent-vingt-huit (228) ont été
entendus et quarante-neuf (49), renvoyés ou non encore évacués, en raison des reports
d’audience.
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RNDDH – Rapport/A24/No7-VF 16
Juridictions Cas avec assistance Cas sans Cas Cas renvoyés ou non
Jury assistance Jury entendus évacués
1. Aquin 21 21 -
2. Anse-à-Veau 22 13 9
3. Cayes 21 5 16
4. Coteaux 2 6 7 1
5. Croix-des-Bouquets 15 9 6
6. Grande Rivière du Nord 14 - 14 -
7. Gonaïves 81 81 -
8. Hinche 18 17 1
9. Jacmel 8 7 1
10. Jérémie 9 6 3
11. Miragoâne 15 10 5
12. Mirebalais 10 9 1
13. Petit-Goâve 7 4 3
14. Port-de-Paix 12 12 -
15. Saint-Marc 16 13 3
Total 16 261 228 49
Tableau 3
67. Trois-cent-cinquante-quatre (354) personnes devaient être jugées. Cependant, seules deux-
cent-quarante-et-une (241) personnes ont effectivement été jugées. Parmi elles, cent-quarante-huit
(148) ont été condamnées et quatre-vingt-treize (93) acquittées. Cent-treize (113) dé[Link], soit
32 % de la totalité des personnes qui devaient être jugées, sont retournés en prison, sans avoir
été fixés sur leur sort.
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RNDDH – Rapport/A24/No7-VF 17
a) Remarques générales sur le déroulement des audiences criminelles
68. De manière générale, les audiences criminelles ont été planifiées avec beaucoup de
désinvolture, par la plupart des juridictions de première instance du pays. Et, c’est ce qui
explique que :
De nombreuses audiences ont été renvoyées par les doyens des Tribunaux criminels, pour
des raisons qui auraient pu être évitées. Par exemple :
Des peines apparemment très sévères pour certains cas et peu sévères pour d’autres, ont
été prononcées par les doyens des Tribunaux criminels. A titre d’exemple :
• Du 11 au 20 octobre 2023, Robenson JEAN PIERRE et Jean-Boni ORIGENE ont comparu par-
devant le Tribunal criminel de Saint-Marc pour tentative d’assassinat. Jean-Boni ORIGENE a
été libéré et Robenson JEAN PIERRE a été condamné à deux (2) mois d’emprisonnement ;
• Le Tribunal criminel des Gonaïves siégeant sans assistance de jury a jugé Emmanuel
LEONVILLE alias Manno coupable de vol d’argent à mains armées et d’association de malfaiteurs.
Il l’a condamné à vingt (20) ans de prison ;
• Les 6 mai et 20 juin 2024, Samy MILORT a comparu par-devant le Tribunal criminel des
Gonaïves siégeant sans assistance de jury pour vol d’argent commis avec effraction. Il a été
condamné à perpétuité ;
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RNDDH – Rapport/A24/No7-VF 18
• Le 28 novembre 2023, le Tribunal criminel de l’Anse-à-Veau siégeant sans assistance de jury
a jugé coupable pour enlèvement Rosemond DENIUS. Il a été condamné à ne passer que
quatre (4) ans en prison.
• Le 16 août 2024 Keny DAGRAIN traduit par devant le Tribunal criminel de l’Anse-à-Veau
siégeant sans assistance de jury a été jugé coupable d’assassinat, d’actes de banditisme, de
voies de fait suivies de coups de poing et blessures. Il a été condamné à cinq (5) ans de prison,
à payer sept-cent-cinquante-mille (750, 000) gourdes de dommages-intérêts et à mille (1, 000)
gourdes d’amende.
Les agressions sexuelles continuent d’être banalisées par le système judiciaire très
complaisant vis-à-vis des prédateurs sexuels. A titre d’exemple :
• Les 6 mai et 20 juin 2024, le Tribunal criminel des Gonaïves siégeant sans assistance de jury
a jugé Darenley LOUISSAINT pour viol et complicité de viol. Il a été déclaré coupable et
condamné à ne passer que deux (2) ans en prison.
• Frantz Judson AUGUSTAVE a été jugé coupable de viol par le Tribunal criminel des Gonaïves
siégeant sans assistance de jury. Il a été condamné seulement à seize (16) mois
d’emprisonnement.
• Le 22 août 2024, le Tribunal criminel de Jacmel siégeant sans assistance de jury a jugé
Frantzy ABRAHAM coupable de viol sur la mineure L.S.J. Il a écopé de seulement six (6) ans
de réclusion.
Appareil judiciaire et Centres de détention en Haïti : Une Justice affaiblie, des résultats invisibles et la
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RNDDH – Rapport/A24/No7-VF 19
b) Individus condamnés pour crimes sexuels au cours de l’année judiciaire 2023-2024
69. Au cours de l’année judiciaire 2023-2024, au moins seize (16) individus ont été condamnés
pour crimes sexuels. Le tableau suivant présente les informations les concernant :
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RNDDH – Rapport/A24/No7-VF 20
B. SITUATION DES CENTRES DE RÉTENTION ET DE DÉTENTION EN HAÏTI
70. Au cours de la période couverte par ce rapport, au moins trois (3) évasions et une (1)
tentative d’évasion de prison ont été enregistrées.
71. Dans la nuit du 2 au 3 mars 2024, une évasion spectaculaire a été enregistrée à la Prison
civile de Port-au-Prince à la suite de laquelle trois-mille-six-cent-neuf (3,609) détenus n’ont pas
répondu à l’appel, sur un effectif de trois-mille-sept-cent-huit (3,708). Les quatre-vingt-dix-neuf (99)
prisonniers qui ne s’étaient pas évadés ont été alors acheminés soit à la Direction Centrale de la
Police Judiciaire (DCPJ), soit au Centre de Rééducation des Mineurs en Conflit avec la Loi
(CERMICOL).
72. Dans la soirée du 2 mars 2024, la Prison civile de la Croix-des-Bouquets a essuyé une attaque
des bandits armés. La population carcérale de ladite prison était de mille-trente-quatre (1,034)
prisonniers. Ils se sont tous évadés.
73. Dans la nuit du 4 mars 2024, une tentative d’évasion a été enregistrée à la Prison civile de
Jacmel, au cours de laquelle douze (12) cellules ont été saccagées et endommagées par les
dé[Link]. Au moins cinq (5) détenus sont morts dont quatre (4) sur place et un (1) autre à
l’hôpital. Un (1) agent de la Direction de l’Administration Pénitentiaire (DAP) ainsi que six (6)
prisonniers ont aussi été blessés dans la foulée.
75. Appelé en renfort, le commissaire du gouvernement a.i., à savoir Maître Veson FRANÇOIS
est arrivé sur les lieux en compagnie de Junior PIERRE-LOUIS, un ancien agent de la DAP affecté
maintenant à l’Unité Départementale pour le Maintien d’Ordre (UDMO), d’un autre policier non
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RNDDH – Rapport/A24/No7-VF 21
identifié et de Cadet ainsi connu, présenté par plus d’un comme étant un avocat, en vue de
ramener l’ordre à ladite prison.
76. Le bilan partiel présenté par les autorités peut se résumer comme suit : quatorze (14)
détenus ont été tués par balles, sept (7) autres ont été blessés. Deux (2) agents de la DAP sont
blessés. Six (6) cellules ont été endommagées. L’archive de la prison a été incendiée. Un fusil et
plusieurs autres armes ont été emportés par les détenus qui se sont échappés.
77. Les pertes dénombrées par des notables et des riverains de la communauté sont
exponentiellement plus élevées : Selon ces derniers, pas moins de trente-trois (33) détenus qui
se trouvaient pour la plupart, dans la cellule 7 de la Prison civile des Gonaïves ont été froidement
exécutés par les accompagnateurs du magistrat Veson FRANÇOIS à savoir Junior PIERRE-LOUIS,
Cadet ainsi connu et le policier non identifié. Les notables et riverains affirment que dans la
soirée du 16 août 2024, un conteneur Yaya Dlo a été utilisé pour transporter de la Morgue
Beaubrun de Saint-Marc à une fosse commune localisée à la première barrière du Cimetière de
Saint-Marc, quinze (15) cadavres de détenus qui avaient été préalablement acheminés à la
morgue en question. Le lendemain, soit le 17 août 2024, quatorze (14) autres détenus dont les
cadavres avaient été transférés à la morgue publique de l’Hôpital Saint Nicolas de Saint-Marc, ont
été inhumés dans une deuxième fosse commune, toujours au cimetière de Saint-Marc. De plus,
quatre (4) autres détenus ont succombé à leurs blessures alors qu’ils recevaient des soins à
l’Hôpital de Saint-Nicolas.
78. Dans le département de l’Ouest, cinq (5) centres carcéraux ont été désaffectés ou
abandonnés par les autorités pénitentiaires, en raison de l’insécurité et des actes de banditisme :
Appareil judiciaire et Centres de détention en Haïti : Une Justice affaiblie, des résultats invisibles et la
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RNDDH – Rapport/A24/No7-VF 22
80. Depuis l’évasion enregistrée dans la soirée du 2 mars 2024, la prison civile de Port-au-
Prince a été désaffectée. Depuis, les détenus qui ne s’étaient pas évadés sont incarcérés au
CERMICOL pour la plupart, sauf les Colombiens incarcérés dans le cadre du dossier relatif à
l’assassinat de l’ancien président Jovenel MOÏSE qui ont été transférés à la Direction Centrale de la
Police Judiciaire (DCPJ). De même, les nouvelles arrestations effectuées dans la juridiction de
Port-au-Prince sont acheminées soit au CERMICOL, soit dans des commissariats du
département de l’Ouest.
83. L’espace du CERMICOL, aménagé pour recevoir un maximum de cent (100) détenus en
accueille, au 4 novembre 2024, un total de quatre-cent-huit (408) dé[Link] soit quatre (4) fois
plus que sa capacité. Il s’agit de cent-cinquante-et-un (151) femmes, dix (10) filles, cent-soixante-et-
un (161) hommes et quatre-vingt-six (86) garçons.
85. Depuis le 17 juillet 2024, la situation d’insécurité régnant à Carrefour a porté les autorités
pénitentiaires à transférer les détenus qui y étaient incarcérés à la Prison civile de Petit-Goâve. Ils
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RNDDH – Rapport/A24/No7-VF 23
étaient au nombre de cent-cinquante-trois (153) dont seulement cinquante-sept (57) condamnés, les
détenus de cette prison ayant rarement bénéficié d’ordre d’extraction judiciaire. Depuis juin
2021, après la prise de Martissant par les bandits armés, les prisonniers incarcérés à la Prison
civile de Carrefour n’ont jamais été extraits pour être auditionnés par les autorités judiciaires ou
pour être jugés. Aujourd’hui, leur extraction judiciaire
est devenue encore plus hypothétique, vu qu’ils ne
sont plus gardés dans leur juridiction de poursuite et La Prison civile de Petit-Goâve a
que la situation sécuritaire s’est aggravée sur la route aussi été converti en complexe
nationale # 2 reliant Petit-Goâve et le reste du pénitentiaire. Elle compte des
département de l’Ouest. dé[Link] jadis incarcérés à la
Prison civile de Carrefour, de
86. A l’instar du Centre de Rééducation des Mineurs en l’Anse-à-Veau et de Jacmel. Elle
Conflit avec la Loi (CERMICOL), la Prison civile de Petit- accueille aussi des dé[Link] qui se
Goâve croule sous le poids de sa population carcérale. trouvaient au Commissariat de
Miragoâne.
En effet, elle accueille les dé[Link] qui étaient
incarcérés dans la Prison civile de Carrefour ainsi que
certains dé[Link] qui se trouvaient au Commissariat de Miragoâne et dans les Prisons civiles
de l’Anse-à-Veau et de Jacmel. Inaugurée au mois d’octobre 2023, ce nouveau centre pénitentiaire
présente une capacité d’accueil de deux-cent-quatre-vingt-dix-huit (298) dé[Link]. Cependant
une année après son inauguration, au 4 novembre 2024, il compte déjà six-cent-dix (610)
prisonniers.ères, soit plus de deux (2) fois sa capacité.
87. En prison, l’alimentation, la promiscuité, l’accès limité à la formation académique pour les
[Link], l’accès limité aux soins de santé ainsi que les conditions sanitaires constituent des
préoccupations énormes. En voici quelques exemples :
88. A la Prison civile de Petit-Goâve, les conditions de détention se corsent chaque jour un
peu plus. Compte tenu de la situation sécuritaire du pays, la Direction de l’Administration
Pénitentiaire (DAP) fait face à d’énormes difficultés qui l’empêchent d’approvisionner cette
prison en produits alimentaires, à temps et en quantité suffisante. Cet état de fait a porté les
responsables dudit centre à n’offrir qu’un seul repas par jour aux détenus. Il s’agit d’une
situation inhabituelle pour les détenus en provenance de la Prison civile de Carrefour, leurs
responsables ne les ayant pas habitués à cette frugalité.
89. Sur le plan sanitaire, la Prison civile de Petit-Goâve n’est pas épargnée par les maladies
souvent rencontrées dans l’espace carcéral. Par exemple, de nombreux dé[Link] souffrent de
gratelle, de tuberculose et d’infections urinaires. De plus, le centre est rarement alimenté en eau
courante, ce qui empêche les prisonniers.ères de tirer les chasses d’eau après chaque utilisation
des toilettes, et provoque une odeur nauséeuse dans les dortoirs.
Appareil judiciaire et Centres de détention en Haïti : Une Justice affaiblie, des résultats invisibles et la
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RNDDH – Rapport/A24/No7-VF 24
90. À la Prison civile de Jacmel, l’accès à l’eau potable constitue, depuis des années, l’un des
plus grands problèmes auxquels fait face ce centre carcéral. Les fosses septiques dégagent une
odeur nauséabonde car elles sont remplies depuis des mois. Il n’y a pas de médicaments
disponibles pour les prisonniers non plus.
91. Les détenus de la Prison civile des Cayes sont privés de récréation. Ils n’ont pas d’eau
potable, pas de nourriture et n’ont pas accès aux soins de santé. L’espace de la prison nécessite
aussi d’urgents travaux de réaménagement.
92. À la Prison civile de Fort-Liberté I, les toilettes dégagent une odeur nauséabonde. Les
prisonniers n’ont pas d’eau potable. Certains d’entre eux souffrent de grattelle, d’hypertension
et de toux chronique. La prison n’est pas régulièrement alimentée en gaz propane pour la
cuisson des aliments. Les ustensiles de cuisine sont rares et insuffisants. Les médicaments ne
sont pas disponibles et, les détenus ne reçoivent qu’un (1) repas par jour.
93. À la Prison civile de Fort-Liberté II, les détenus ont droit à un seul repas par jour sauf
ceux qui sont malades. À l’instar de Fort-Liberté I, plusieurs prisonniers y souffrent de grattelle,
d’hypertension et de toux chronique. Il n’y a pas de gaz propane. Il n’y a pas non plus
d’ingrédients pour la préparation de la nourriture des dé[Link]. Et, ces derniers ne reçoivent
pas de médicaments lorsqu’ils sont malades.
94. À la Prison civile de Jérémie, les conditions Dans les prisons haïtiennes,
d’hygiène sont alarmantes. Les dé[Link] ne l’alimentation insuffisante et de mauvaise
disposent pas de kits hygiéniques et la prison ne qualité, les difficultés d’accès à l’eau
courante et à l’eau potable, l’accès limité
reçoit pas régulièrement les produits alimentaires,
aux soins de santé, l’hygiène douteuse, le
pour la préparation de la nourriture des dé[Link].
régime cellulaire et le surencombrement
Cette situation porte souvent les responsables cellulaire caractérisent les conditions
pénitentiaires à solliciter l’aide d’organisations de générales de vie des personnes privées de
la société civile. De plus, en raison du fait que la liberté et prouvent que les droits à la vie et
prison ne dispose pas de véhicules, les extractions à la santé des dé[Link] ne constituent
judiciaires sont difficilement exécutées, un état de pas une priorité pour les autorités
fait qui contribue à aggraver la détention étatiques.
préventive illégale et arbitraire dans cette
juridiction. Et, sans surprise, au moins 98 dé[Link]
sont décédés en prison de janvier à octobre
2024.
95. À la Prison civile de l’Anse-à-Veau, les
conditions générales de détention sont très préoccupantes : Les dé[Link] n’ont pas accès aux
kits hygiéniques. Il n’y a pas non plus de médicament dans l’infirmerie alors que celle-ci doit
répondre fréquemment aux problèmes de galle et de gratelle dont souffrent les dé[Link]. La
prison ne reçoit pas régulièrement des produits alimentaires et, cette situation porte souvent les
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violation systématique des garanties judiciaires des dé[Link]
RNDDH – Rapport/A24/No7-VF 25
responsables à se tourner vers des notables de la zone, des églises ainsi que vers des citoyens et
citoyennes.
a) Détenus décédés
96. Les préoccupantes conditions de détention, le manque de nourriture ainsi que le non-
accès aux soins de santé et aux médicaments ont occasionné, de janvier à octobre 2024, le décès
d’au moins quatre-vingt-dix-huit (98) dé[Link]. Le tableau suivant présente les détails de ces
décès :
97. Le tableau suivant fournit les informations relatives aux quatre-vingt-dix-huit (98)
dé[Link] décédés en prison, de janvier à octobre 2024.
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RNDDH – Rapport/A24/No7-VF 26
19. Jean Espenny Anse-à-Veau 14 avril 2024
20. Pierre Louis Renel Cayes 19 avril 2024
21. Méus Lubin Petit-Goâve 20 avril 2024
22. Laurore Bertho Anse-à-Veau 23 avril 2024
23. Duverlus Geubenson Gonaïves 27 avril 2024
24. Babot Lubin Gonaïves 27 avril 2024
25. Gervilus Aceus Gonaïves 27 avril 2024
26. Joseph B. Saintilaire Anse-à-Veau 29 avril 2024
27. Lucces Donis Gonaïves mai 2024
28. Frédo Mackenson Jacmel 2 mai 2024
29. Phanaud Savane Jérémie 2 mai 2024
30. Dabouze Joseph Cayes 3 mai 2024
31. Defait Alex Cayes 8 mai 2024
32. Job Pierre Cadet Cayes 8 mai 2024
33. Bredy Wildés Anse-à-Veau 9 mai 2024
34. Anderson François Jacmel 9 mai 2024
35. Lainé Jameson Cayes 10 mai 2024
36. Jean Baptiste Sonson Cayes 13 mai 2024
37. Laumé Moïse Anse-à-Veau 15 mai 2024
38. Elasco Myrtil Cayes 15 mai 2024
39. Poulard Dachener Anse-à-Veau 16 mai 2024
40. Laguerre Makendy Anse-à-Veau 18 mai 2024
41. Jules Kesma Cayes 27 mai 2024
42. Pierre Louinel Cayes 28 mai 2024
43. Joseph Akim Petit-Goâve 29 mai 2024
44. Macena Nelchenet Anse-à-Veau 3 juin 2024
45. Pierre Paul Dieuveut Jacmel 5 juin 2024
46. Rameau Elder alias Ti papa Jacmel 6 juin 2024
47. Azor Coster Tonton Jacmel 7 juin 2024
48. Dalus Accedy Gonaïves 07 juin 2024
49. Joseph Mario Jacmel 8 juin 2024
50. Pierre Sendy Jacmel 10 juin 2024
51. Bruno Brice Marck Cayes 10 Juin 2024
52. Vertilus Jeff Jacmel 11 juin 2024
53. Théodore Edouard Jacmel 11 juin 2024
54. Hyppolite Gérald Cayes 13 Juin 2024
55. Latressi Sauverain Cayes 13 Juin 2024
56. Pierre Faustin Jacmel 15 juin 2024
57. Félix Stanley Ruthson Jérémie 15 juin 2024
58. Lajoie Fednord Cayes 15 Juin 2024
59. Vergeon Ronald Jacmel 16 juin 2024
60. Clervoyant Julien Gonaïves 19 juin 2024
61. Similien Lamarre Petit-Goâve 21 juin 2024
62. Content James Jerry Jacmel 23 juin 2024
63. Valsaintalbert Gonaïves 23 juin 2024
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64. Désir Luckenson alias Mazora Jacmel 25 juin 2024
65. Mulatre Luckson Cayes 27 Juin 2024
66. Milot Thermilus Petit-Goâve 7 juillet 2024
67. Bien-Aime Ludès Cayes 10 juillet 2024
68. Cadely Fritznel Cayes 10 juillet 2024
69. Thélémaque Wilky Jacmel 12 juillet 2024
70. Leveque Junior Cayes 14 juillet 2024
71. Joseph Legrand Petit-Goâve 15 juillet 2024
72. Silene Eraline Cayes 19 juillet 2024
73. Dorival Jameson Cayes 22 juillet 2024
74. Baptiste Charly Petit-Goâve 23 juillet 2024
75. Alouidort Macédoine Gonaïves 24 juillet 2024
76. Félix Jean Noël Jérémie 27 juillet 2024
77. Antoine Ronald Cayes 28 juillet 2024
78. Jeanty Jean Robert Jacmel 31 juillet 2024
79. Josué Fédé Jérémie 1 août 2024
80. Saint-Louis Beniel Gonaïves 08 août 2024
81. Paul Pierre Petit-Goâve 10 août 2024
82. Jean Enoussa Gonaïves 16 août 2024
83. Jesus Desil’homme Gonaïves 17 août 2024
84. Hilaire Marquis Gonaïves 24 août 2024
85. Seraphin Redner Petit-Goâve 31 août 2024
86. Sylvain Guerno Gonaïves 01 septembre 2024
87. Noril Roselin Petit-Goâve 3 septembre 2024
88. Milord Fritzner Petit-Goâve 4 septembre 2024
89. Augustin Rabel Jacmel 10 septembre 2024
90. Acceus Assé Gonaïves 10 septembre 2024
91. Bonne Année Jasmin Cayes 15 septembre 2024
92. Jean Pierre Cayes 15 septembre 2024
93. Ferjuste Ronal Jacmel 24 septembre 2024
94. Saintilmé François Petit-Goâve 29 septembre 2024
95. Michel Destiné Jacmel 4 octobre 2024
96. Jean Dieubon Jacmel 8 octobre 2024
97. Tislin Lucnord alias Dadou Anse-à-Veau 27 octobre 2024
98. Moïse Germain Port-au-Prince 29 octobre 2024
Tableau 7
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RNDDH – Rapport/A24/No7-VF 28
IV. DES CELLULES DE RETENTION TRANSFORMES EN PRISON ET SITUATION DES DETENUS
DE CARREFOUR
98. Dans le département de l’Ouest où cinq (5) prisons civiles ont été désaffectées par les
autorités pénitentiaires ou attaquées par les bandits armées et démolies partiellement, la
situation des centres de rétention devient de plus en plus préoccupante. En effet, à Pétion-ville,
Tabarre, Delmas 33 et à Kenscoff par exemple, des dé[Link] à l’encontre desquels des ordres de
dépôt ont été émis, y sont maintenus dans des conditions inhumaines.
99. Au Commissariat de Delmas 33, soixante-deux (62) personnes dont sept (7) femmes sont
entassées dans quatre (4) cellules. L’un des dé[Link] s’y trouve depuis une (1) année déjà.
Accusé d’avoir assassiné un homme à Jérémie, il est maintenu audit commissariat sur ordre des
autorités judiciaires de cette juridiction. Et, parmi les soixante-deux (62) personnes, seules cinq (5)
sont sous la responsabilité du commissariat pour enquête.
100. Au Commissariat de Kenscoff, douze (12) retenus sont incarcérés dans la seule cellule
affectée à la garde des hommes en rétention. Aucun de ces retenus n’est sous la responsabilité
du commissariat. Ils y sont maintenus aux ordres du Parquet près le Tribunal de première
instance de Port-au-Prince sauf un (1) dont le dossier a déjà été transféré au Cabinet d’instruction.
Appareil judiciaire et Centres de détention en Haïti : Une Justice affaiblie, des résultats invisibles et la
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RNDDH – Rapport/A24/No7-VF 29
103. Au Commissariat de Tabarre, le RNDDH a constaté en date du 21 octobre 2024 que, dans
les deux (2) cellules de garde-à-vue, sont entassés cinquante-sept (57) hommes, dont cinquante-
trois (53) relèvent de la responsabilité soit du Parquet du Tribunal de première instance de la
Croix-des-Bouquets, soit du Tribunal de ce ressort ou encore du Service Départemental de la Police
Judiciaire (SDPJ). Seuls quatre (4) retenus sont sous la responsabilité dudit commissariat.
104. Le commissariat de Tabarre dégage une odeur nauséabonde. Pour dormir, les retenus et
les détenus - qui souffrent de démangeaisons cutanées pour la plupart - utilisent des couvertures
qu’ils attachent en hamac dans les barreaux des cellules.
105. Face à cette situation préoccupante, le RNDDH s’est entretenu avec le Parquet près le
Tribunal de première instance de Port-au-Prince qui lui a affirmé être dépassé. En dépit du fait
qu’il soit conscient du surencombrement cellulaire dans les postes de police et des conditions
inhumaines de rétention et de détention, ledit parquet n’a pas la capacité de résoudre le
problème. De plus, les dossiers de la plupart des dé[Link] et [Link] en question ont été
transférés au Cabinet d’instruction. Des extractions judiciaires ont été émises. Mais, les [Link]
affectés dans les postes de police ne veulent pas s’aventurer à convoyer des dé[Link], arguant
ne pas avoir cette attribution et n’avoir pas été formés pour cette tâche. Lorsqu’enfin les
dé[Link] sont escortés, les [Link] des postes de police exigent souvent après leur audition,
la date de leur prochaine comparution, affirmant que leur registre doit contenir cette donnée,
pour justifier qu’une personne en détention préventive soit maintenue dans un centre de
rétention.
106. Par ailleurs, le RNDDH s’est enquis auprès du Parquet près le Tribunal de première
instance de Port-au-Prince, du sort des détenus de Carrefour. Ces derniers, en raison de
l’éloignement de leur centre de détention du Parquet de leur ressort, étaient déjà difficilement
extraits pour être auditionnés au Cabinet d’instruction. Aujourd’hui qu’ils ont été transférés à
la Prison civile de Petit-Goâve, leur situation s’est aggravée, toutes les voies d’accès à Port-au-
Prince étant contrôlées par les bandits armés. Encore une fois, le parquet a affirmé être dépassé
par la situation, la sécurité devant être rétablie par les autorités étatiques, en vue de faciliter la
reprise du contrôle des centres carcéraux, dans l’objectif de vider les cellules des commissariats
et sous-commissariats et d’extraire les dé[Link] pour être auditionnés.
107. Comparé à l’année judiciaire 2022-2023, le statut juridique des dé[Link] n’a pas évolué.
Cependant, les évasions enregistrées dans les prisons civiles de Port-au-Prince, de Croix-des-
Bouquets et de Saint-Marc peuvent donner cette fausse impression.
Appareil judiciaire et Centres de détention en Haïti : Une Justice affaiblie, des résultats invisibles et la
violation systématique des garanties judiciaires des dé[Link]
RNDDH – Rapport/A24/No7-VF 30
mille-huit-cent-trente-sept (11,837) dé[Link] dont mille-neuf-cent-trois (1,903) condamnés et neuf-
mille-neuf-cent-trente-quatre (9,934) en attente de jugement. Ils représentaient alors 83.92 % de la
population carcérale totale.
110. Ainsi, avec les évasions spectaculaires et les audiences organisées, le statut juridique des
dé[Link] n’a bougé que de 0.38 %. Conséquemment, même si le nombre de dé[Link] a baissé,
le pourcentage de personnes en attente de jugement n’a pas évolué, aucun effort en ce sens
n’ayant été consenti par les autorités judiciaires. L’analyse du mouvement de six (6) prisons pris
en exemple, peuvent démontrer cette absence d’effort :
111. Ces six (6) prisons affichaient, au début de l’année judiciaire 2023-2024 une population en
attente de jugement de deux-mille-sept-cent-quatre-vingt-trois (2,783) dé[Link]. Des
planifications d’audiences criminelles ont été faites pour seulement cent-soixante-cinq (165)
dé[Link] soit, 5.9 % d’entre eux. Et, au final, seuls cent-vingt-trois (123) dé[Link] soit 4.41 %
ont été effectivement jugés.
112. Le drame de la détention préventive illégale et arbitraire qui frappe les dé[Link] est réel.
Les exemples sont nombreux. En voici quelques-uns qui ont retenu l’attention du RNDDH :
• Arrêtée en septembre 2009 pour meurtre, et incarcérée à la Prison civile de Pétion Ville,
avant d’être transférée à la Prison civile de Cabaret puis à CERMICOL, Jenny
FLEURIJACQUES a été auditionnée par le juge Merlan BELLABRE qui, chargé de
l’instruction de son dossier, avait rendu une ordonnance de renvoi par-devant le
Tribunal criminel. Cela fait quinze (15) ans qu’elle attend d’être jugée ;
Appareil judiciaire et Centres de détention en Haïti : Une Justice affaiblie, des résultats invisibles et la
violation systématique des garanties judiciaires des dé[Link]
RNDDH – Rapport/A24/No7-VF 31
• Marlène ORVELUS a été arrêtée le 4 mai 2012 pour enlèvement. Evadée de prison en
septembre 2022, elle a été réappréhendée le 2 décembre 2022. Depuis, elle est gardée en
prison, sans n’avoir jamais été jugée ;
• Le 14 août 2017, Catherine INNOCENT a été écrouée pour vol. Elle a été auditionnée par
le juge Jean Denis CYPRIEN. Depuis, elle est maintenue en prison, sans avoir été jugée ;
• Christina LAURENT arrêtée le 14 décembre 2018 pour vol domestique, a été auditionnée
par le juge instructeur Chavannes ETIENNE qui a émis une ordonnance de renvoi à son
encontre. Six (6) années après son arrestation, elle attend encore ;
• Nadège LOUIS a été arrêtée le 13 novembre 2020 à Port-de-Paix pour un crime de meurtre
perpétré commis à la Croix-des-Bouquets. Elle était alors enceinte. Elle a été écrouée sous
les ordres du commissaire Jean Volna BELLAMIN. Le traitement de son dossier a été
interrompu car son dossier est introuvable tant à la juridiction de la Croix-des-Bouquets
qu’à la juridiction de Port-de-Paix.
Commentaires et Recommandations
113. L’année judiciaire 2023-2024 a encore une fois été marquée par des grèves en cascade du
personnel judiciaire dont l’une a duré plus de cinq (5) mois. Les impacts de ces longs arrêts de
travail sur le respect et la réalisation des garanties judiciaires ont été énormes. Et, les
changements enregistrés à la tête de plusieurs juridictions de première instance du pays n’ont
en rien redynamisé l’appareil judiciaire haïtien dont les résultats pour l’année analysée sont
totalement invisibles.
114. De nombreux [Link] n’ont pas été certifiés pour des raisons diverses dont les
suivantes : insuffisance académique, manque d’éthique, absence d’intégrité morale,
rançonnement de justiciables, implication dans des actes de spoliation et de bandes armées ;
certains autres, parce qu’ils ont été très décriés dans leur juridiction. Ces résultats inquiétants
confortent le RNDDH dans le bienfondé du processus de certification qui, à son avis, doit
s’étendre à tous les membres du personnel judiciaire haïtien dont les commissaires du
gouvernement et leurs substituts, les greffiers.ères et les huissiers. C’est pourtant dans ce
contexte que, quelques jours après la réouverture de l’année judiciaire actuelle, soit le 16 octobre
2024, le ministre de la Justice et de la Sécurité publique, Maître Carlos HERCULE a adressé au
président du Conseil Supérieur du Pouvoir Judiciaire (CSPJ) Maître Jean Joseph LEBRUN, une
correspondance dans laquelle il l’informe avoir décidé « de rappeler les représentants du ministère
Appareil judiciaire et Centres de détention en Haïti : Une Justice affaiblie, des résultats invisibles et la
violation systématique des garanties judiciaires des dé[Link]
RNDDH – Rapport/A24/No7-VF 32
faisant partie du Comité Technique de Certification (CTC), pour consultation. » Le RNDDH déplore
cette décision car, elle démantèle le CTC. Or, aujourd’hui plus que jamais, compte tenu du
niveau de corruption au sein de l’appareil judiciaire et du peu de résultat fourni, c’est tout le
personnel judiciaire qui devrait être soumis à la certification obligatoire et continue. Par
conséquent, le RNDDH estime que les acquis et aptitudes du CTC en matière de certification
doivent être consolidés.
115. Au cours de l’année judiciaire 2023-2024, au moins onze (11) personnes ont été froidement
exécutées par le magistrat Jean Ernest MUSCADIN, chef du Parquet de Miragoâne, portant à vingt
(20) le nombre de ses victimes connues, qu’il a par la suite présentées comme étant des membres
de gangs armés influents. Sur ce point particulièrement, le RNDDH note que le magistrat Jean
Ernest MUSCADIN échappe totalement au contrôle de son ministère de tutelle. De plus, il ne veut
aucunement s’investir dans la recherche de la vérité sur les crimes perpétrés dans sa juridiction,
au nom de la vindicte publique, en vue de parvenir à la condamnation des bandits armés et au
dédommagement des victimes de ces derniers.
116. De nombreuses infrastructures judiciaires attaquées par les bandits armés ont dû fermer
leurs portes. D’autres, vétustes, constituent de véritables dangers pour le personnel qui y
travaille et aussi pour les justiciables qui les fréquentent, ce qui ne semble pas inquiéter outre
mesure les autorités judiciaires.
117. Parallèlement, au cours de l’année judiciaire 2023-2024, des audiences criminelles ont été
réalisées dans quinze (15) des dix-huit (18) juridictions de première instance fonctionnelles du
pays, Cap-Haïtien, Fort-Liberté et Port-au-Prince n’ayant consenti aucun effort visant à réduire le
taux de détention préventive dans leur juridiction respective. Deux-cent-soixante-dix-sept (277)
cas ont été fixés. Cependant, seuls deux-cent-vingt-huit (228) ont été entendus et quarante-neuf
(49) ont été renvoyés. Sur les trois-cent-cinquante-quatre (354) personnes qui auraient dû être
jugées, seules deux-cent-quarante-et-une (241) ont effectivement été jugées. Cent-quarante-huit
(148) ont été condamnées et quatre-vingt-treize (93), libérées. Cent-treize (113) dé[Link] qui
devaient être fixés sur leur sort, ont été simplement refoulés en prison. Ils représentent 32% de
la totalité des dé[Link] qui devaient être jugés.
118. Encore une fois, le RNDDH relève que d’importantes audiences criminelles ont été
renvoyées pour toutes sortes de raisons, ce qui accentue auprès des justiciables en général et des
dé[Link] en particulier, l’impression que le sort des personnes privées de liberté ne constitue
pas une priorité pour les autorités judiciaires.
119. De plus, des peines apparemment très sévères ont été prononcées à l’encontre des
coupables alors que d’autres peines étaient très complaisantes, si l’on tient compte de la gravité
des faits reprochés aux coupables. Par exemple :
Appareil judiciaire et Centres de détention en Haïti : Une Justice affaiblie, des résultats invisibles et la
violation systématique des garanties judiciaires des dé[Link]
RNDDH – Rapport/A24/No7-VF 33
• Robenson JEAN PIERRE a été condamné pour tentative d’assassinat par le Tribunal criminel
de Saint-Marc à ne passer que deux (2) mois d’emprisonnement ; Rosemond DENIUS a pour
sa part été condamné à quatre (4) ans de prison par le Tribunal criminel de l’Anse-à-Veau,
pour enlèvement ; Et, pour vol d’argent avec effraction, Samy MILORT a été condamné à
perpétuité par le Tribunal criminel des Gonaïves.
120. Cette année encore, les agressions sexuelles ont été banalisées par les Tribunaux criminels.
A titre d’exemple :
• Darenley TOUSSAINT, jugé coupable de viol et de complicité de viol a été condamné par le
Tribunal criminel des Gonaïves à ne passer que deux (2) ans en prison ;
121. Les audiences criminelles réalisées au cours de l’année judiciaire 2023-2024, très peu
nombreuses, n’ont pas aidé à faire bouger le statut juridique des dé[Link]. Le 2 octobre 2023,
à la rentrée judiciaire de l’année analysée, la population carcérale totale était estimée à onze-
mille-huit-cent-trente-sept (11,837) dé[Link]. Le 4 novembre 2024, soit quelques jours après la
rentrée de la nouvelle année judiciaire 2024-2025, la population carcérale est de sept-mille-cinq-
cent-soixante-dix-huit (7,578) dé[Link]. Cependant, cet écart de quatre-mille-deux-cent-cinquante-
neuf (4,259) dé[Link] s’explique par les évasions spectaculaires enregistrées dans le pays au
cours de l’année 2024, mais non par l’organisation d’audiences correctionnelles et criminelles.
Ainsi, en octobre 2023, 83.92% de la population carcérale étaient en attente de jugement. Le 4
novembre 2024, quelques jours après la rentrée judiciaire de l’année 2024-2025, 83.87 % de la
population sont encore en attente de jugement. Donc, en une année, la détention préventive n’a
baissé que de 0.38 %.
122. Le RNDDH déplore le peu d’impact des audiences criminelles sur la détention préventive
illégale et arbitraire et rappelle qu’au vœu de l’article 8 alinéa 1er de la Convention Américaine
relative aux Droits de l’Homme ratifiée par Haïti, « Toute personne a droit à ce que sa cause soit
entendue avec les garanties voulues, dans un délai raisonnable, par un juge ou un tribunal compétent,
indépendant et impartial, établi antérieurement par la loi, qui décidera du bien-fondé de toute accusation
dirigée contre elle en matière pénale, ou déterminera ses droits et obligations en matière civile ainsi que
dans les domaines du travail, de la fiscalité, ou dans tout autre domaine. »
123. Le RNDDH tient aussi à souligner que le drame de la détention préventive sur lequel il
attire continuellement l’attention est bien réel et prouve à quel point les garanties judiciaires des
dé[Link] ne sont nullement respectées. En voici quelques exemples :
Appareil judiciaire et Centres de détention en Haïti : Une Justice affaiblie, des résultats invisibles et la
violation systématique des garanties judiciaires des dé[Link]
RNDDH – Rapport/A24/No7-VF 34
• Jenny FLEURYJACQUES a été arrêtée en 2009 pour meurtre. Quinze (15) années après, elle
attend d’être jugée pour l’infraction qui lui est reprochée ;
• Marlène ORVELUS a été arrêtée le 4 mai 2012 pour enlèvement. Douze (12) années après,
elle attend encore d’être jugée pour l’infraction qui lui est reprochée ;
• Mirlande BAPTISTE a été arrêtée le 8 décembre 2014 pour tentative de viol. Dix (10) années
après, elle attend encore d’être jugée pour l’infraction qui lui est reprochée ;
• Catherine INNOCENT a été arrêtée le 13 août 2017 pour vol. Sept (7) années après, elle
attend encore d’être jugée pour l’infraction qui lui est reprochée ;
• Christina LAURENT a été incarcérée le 14 décembre 2018 pour vol domestique. Près de six
(6) années après, elle attend encore d’être jugée pour l’infraction qui lui est reprochée;
• Nadège LOUIS a été arrêtée le 13 novembre 2020 pour meurtre. Quatre (4) années après,
elle attend encore d’être jugée pour l’infraction qui lui est reprochée.
124. Ces six (6) cas ne constituent qu’un échantillon qui prouve, si besoin en était, à quel point
les autorités judiciaires haïtiennes détruisent la vie des citoyens et citoyennes du pays, en
décidant de les garder en prison sans être jugés.
125. Par ailleurs, le système pénitentiaire n’a pas pu répondre non plus aux exigences qui lui
sont faites. En effet, les conditions générales de détention sont très alarmantes. Elles sont
caractérisées par une alimentation insuffisante et de mauvaise qualité, par l’accès très limité à
l’eau et aux soins de santé, par un régime cellulaire selon lequel les dé[Link] pour la plupart,
ne sortent de leurs cellules que pour leurs ablutions, par la promiscuité et l’exposition aux
maladies contagieuses. Et, c’est sans surprise qu’au cours de la période allant de janvier à octobre
2024, quatre-vingt-dix-huit (98) dé[Link] ont perdu la vie en prison.
126. De plus, dans le département de l’Ouest, cinq (5) prisons à savoir Arcahaie, Cabaret,
Carrefour, Croix-des-Bouquets et Port-au-Prince ont été désaffectées par les autorités ou détruites
partiellement, par les bandits armés. Conséquemment, la pression sur le CERMICOL, sur la
Prison civile de Petit-Goâve ainsi que sur les commissariats et sous-commissariats du
département a été renforcée. C’est ainsi que :
• Le CERMICOL qui n’accueillait que des garçons en conflit avec la Loi, a été transformé
en complexe pénitentiaire, gardant les hommes, les femmes, les filles et les garçons à
l’encontre desquels sont émis des ordres de dépôt par les autorités judiciaires de la
juridiction de première instance de Port-au-Prince. Quatre-cent-huit (408) dé[Link] sont,
Appareil judiciaire et Centres de détention en Haïti : Une Justice affaiblie, des résultats invisibles et la
violation systématique des garanties judiciaires des dé[Link]
RNDDH – Rapport/A24/No7-VF 35
au 4 novembre 2024, entassés au CERMICOL, un espace d’une capacité d’accueil de cent
(100) personnes.
127. La Justice haïtienne s’est montrée particulièrement inactive au cours de l’année judiciaire
2023-2024, ce qui l’a encore plus affaiblie. Les promesses faites par les autorités judiciaires n’ont
pas été respectées. Les résultats des audiences criminelles ont été invisibles et n’ont pas impact
le taux de détention préventive illégale et arbitraire, les garanties judiciaires des justiciables en
général et des dé[Link] en particulier, ont été systématiquement foulés au pied et les
conditions générales de détention se sont détériorées.
128. Pour une amélioration de la performance des systèmes judiciaire et carcéral haïtiens, le
RNDDH recommande aux autorités judiciaires et pénitentiaires de :
• Exiger que les juges d’instruction décident sur les dossiers pendants par-devant leur
cabinet ;
• Passer des instructions formelles, pour l’organisation, tout au long de l’année judiciaire
2024-2025, d’audiences correctionnelles et criminelles ;
• Reprendre les infrastructures judiciaires localisées dans les zones contrôlées par les
bandits armés et réaménager celles qui ont été endommagées ;
Appareil judiciaire et Centres de détention en Haïti : Une Justice affaiblie, des résultats invisibles et la
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RNDDH – Rapport/A24/No7-VF 36
• Mettre fin à la banalisation des crimes sexuels en passant des instructions pour le respect
et la mise en application, par les différentes juridictions de première instance du pays, de
la Loi en la matière ;
• Reprendre le contrôle des centres carcéraux qui ont été endommagés par les bandits armés
en vue de les réaffecter et de désengorger le CERMICOL, la Prison civile de Petit-Goâve
ainsi que les commissariats de l’Ouest ;
• Fournir aux responsables pénitentiaires tous moyens leur permettant d’assurer aux
prisonniers.ères, des conditions minimales de détention, respectant la dignité humaine.
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