0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
20 vues28 pages

Droits Humains en Haïti : Rapport 2024

Le RNDDH alerte sur la situation catastrophique des droits humains en Haïti entre janvier et mars 2024, marquée par une violence extrême, des assassinats, des attaques armées et des violations des droits des femmes. Le rapport souligne l'inefficacité du gouvernement d'Ariel HENRY à rétablir la sécurité, exacerbée par la montée en puissance des gangs armés. Face à cette crise, des mouvements de protestation ont été réprimés avec violence, tandis que la population subit des conditions de vie de plus en plus précaires.

Transféré par

guernatco20
Copyright
© All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
20 vues28 pages

Droits Humains en Haïti : Rapport 2024

Le RNDDH alerte sur la situation catastrophique des droits humains en Haïti entre janvier et mars 2024, marquée par une violence extrême, des assassinats, des attaques armées et des violations des droits des femmes. Le rapport souligne l'inefficacité du gouvernement d'Ariel HENRY à rétablir la sécurité, exacerbée par la montée en puissance des gangs armés. Face à cette crise, des mouvements de protestation ont été réprimés avec violence, tandis que la population subit des conditions de vie de plus en plus précaires.

Transféré par

guernatco20
Copyright
© All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

Réseau National de Défense des Droits Humains

(RNDDH)

Situation catastrophique des Droits Humains de janvier à mars 2024 :


Le RNDDH tire la sonnette d’alarme

10 avril 2024
Sommaire
Pages

I. INTRODUCTION 2

II. FAITS ANTECEDENTS ET DEROULEMENT DU PREMIER TRIMESTRE 2024 2

III. ACTES ATTENTATOIRES AUX VIES ET AUX BIENS 4

a) Personnes tuées 4

b) Attaques armées 7

c) Policiers tués de janvier à mars 2024 8

d) Femmes et filles victimes de violences sexuelles 9

e) Personnes blessées par balles 9

f) Enlèvements 10

g) Répression des manifestations antigouvernementales et


violence à l’égard des journalistes 11

h) Actes de vandalisme et d’incendie enregistrés de janvier à mars 2024 12

IV. POSTES DE PEAGE INSTALLES PAR DES BANDITS ARMES 16

V. EVASIONS ET TENTATIVE D’EVASION 16

VI. FONCTIONNEMENT DES TRIBUNAUX DE PAIX ET DE PREMIERE INSTANCE 17

VII. SITUATION ACTUELLE DES CAMPS DE [Link] INTERNES 19

a) Création de nouveaux camps d’accueil des victimes de l’insécurité 19

VIII. SITUATION DES CENTRES HOSPITALIERS ET DE SANTE 20

IX. COMMENTAIRES ET RECOMMANDATIONS 21

Situation catastrophique des Droits Humains de janvier à mars 2024 : Le RNDDH tire la
sonnette d’alarme
RNDDH – Rapport/A24/No4-VF 1
I. INTRODUCTION

1. Au cours du premier trimestre de l’année 2024, la situation générale des droits


humains en Haïti est restée très préoccupante.

2. Des actes attentatoires aux vies et aux biens ainsi que des actes de violence ont été
perpétrés à l’encontre de la population civile livrée par les autorités étatiques, aux bandits
armés. De plus, le département de l’Ouest a basculé dans le chaos à la fin du mois de février
2024 et peine encore à se relever.

3. Le présent document qui retrace certains faits saillants a pour objectif d’encourager
l’adoption de mesures immédiates et adéquates en vue du redressement de la situation.

II. FAITS ANTECEDENTS ET DEROULEMENT DU PREMIER TRIMESTRE 2024

4. Le 21 décembre 2022, le premier ministre Ariel HENRY ayant fait avec ses acolytes, le
constat de la non-application de l’accord de septembre 2021, signe un autre accord, lui
procurant plus de pouvoirs et créant un Haut Conseil de Transition (HCT) composé de trois
(3) membres.

5. Il fait alors la promesse de s’attaquer aux défis majeurs auxquels est confronté le
pays dont l’insécurité et la détérioration des conditions sociales et humanitaires. Il s’engage
aussi à entamer de grandes réformes comme la réforme constitutionnelle, la réforme
économique et enfin, il offre la garantie d’organiser en 2023, des élections libres et
équitables en vue de remettre les rennes du pays à un président élu, le 7 février 2024.

6. Tout au cours de l’année 2023, il est cependant reproché à Ariel HENRY et à son
gouvernement de ne rien faire en vue de ramener l’ordre et la sécurité dans le pays. Les
bandits armés continuent d’étendre leurs tentacules. Ils contrôlent plus de territoires et
acculent le peuple haïtien.

7. Ainsi, de janvier à décembre 2023, la situation sécuritaire est catastrophique dans le


département de l’Ouest. Elle est aussi très préoccupante dans certains autres départements
tels que l’Artibonite, le Centre et la Grand’Anse. En effet, les informations combinées de la
Commission Episcopale Nationale Justice et Paix (CE-JILAP) et du RNDDH témoignent de
l’assassinat d’au moins mille-quarante-sept (1,047) personnes parmi elles quarante-trois
(43) policiers.ères et de la perpétration d’au moins dix (10) massacres et d’au moins quatorze
(14) attaques armées sporadiques. De plus, au moins treize (13) postes de police et/ou
patrouilles fixes et mobiles sont attaqués par des bandits armés. Et, selon l’organisation
féministe Nègès Mawon, deux (2) femmes au moins sont assassinées par leur conjoint et
plus de mille-cent-soixante-neuf (1,169) femmes et filles sont victimes de violences sexuelles.

8. Par ailleurs, toujours au cours de l’année 2023, les pourparlers entre les partis
politiques et la société civile pour trouver une issue haïtienne à la crise n’aboutissent pas,
le premier ministre Ariel HENRY, s’appuyant sur le support jusque-là indéfectible de la
communauté internationale, voulant à tout prix diriger le pays comme il l’entend.

Situation catastrophique des Droits Humains de janvier à mars 2024 : Le RNDDH tire la
sonnette d’alarme
RNDDH – Rapport/A24/No4-VF 2
9. C’est donc sans surprise que les élections n’aient pas été réalisées.

10. Dès le début de l’année 2024, la population haïtienne remet en question la volonté
réelle du premier ministre d’organiser les élections puisqu’il affirme lui-même, que la
situation sécuritaire du pays n’y est pas propice. Or, aucune mesure effective n’est adoptée
par lui et son gouvernement pour l’amélioration de cette situation. Il mise au contraire sur
l’envoi d’une force multinationale sollicitée depuis le 7 octobre 2022 et pour le déploiement
de laquelle le Conseil de sécurité des Nations Unies adopte une résolution en date du 2
octobre 2023.

11. De plus en plus de [Link] exigent alors le départ du premier ministre qui,
estiment-ils, n’améliorera jamais la situation sécuritaire du pays, puisque c’est la
détérioration de celle-ci qui le maintient au pouvoir.

12. Du 5 au 9 février 2024, des mouvements de protestation sont organisés dans plusieurs
départements géographiques du pays. Immédiatement, les autorités réagissent avec une
violence inexcusable. Des pertes en vies humaines, des blessures par balles et des brutalités
policières sont enregistrées. Des [Link] ainsi que des journalistes font partie des
victimes.

13. Le premier ministre reste cependant au pouvoir et continue de mener la barque du


pays à la débâcle.

14. Le 23 février 2024, sans que personne ne s’y attende, le public apprend par le biais
des autorités Vénézuéliennes que le gouvernement d’Ariel HENRY vient de payer
cinq-cent-millions (500,000,000) dollars américains au Venezuela en paiement de la dette
PetroCaribe. Alors que cette information fait des vagues, le 25 février 2024, le premier
ministre part pour Guyana, en vue de participer à la 46ème réunion ordinaire des chefs d’Etat
et de Gouvernement de la CARICOM. Suite à cette réunion, le premier ministre des
Bahamas Philip DAVIS déclare qu’Ariel HENRY s’engage à réaliser des élections générales
au plus tard le 31 août 2025, une déclaration considérée comme une provocation dans le
milieu politique haïtien.

15. En date du 29 février 2024, Ariel HENRY se rend au Kenya en vue de négocier la
Mission Multinationale d’Appui à la Sécurité (MMAS) pour le déploiement duquel le
président Kenian William RUTO attend le versement de deux-cent-trente-millions
(230,000,000) dollars américains.

16. Le 1er mars 2024, un accord bilatéral est signé entre le Kenya et Haïti. Le premier
ministre satisfait entreprend son voyage de retour. Cependant, il n’entrera pas au pays, les
bandits armés ayant décidé, depuis le 29 février 2024, de semer le chaos à Port-au-Prince
et dans les communes avoisinantes. En effet, du 29 février au 3 mars 2024, les deux (2)
coalitions de gangs armés G-9 An Fanmi e Alye et G-Pèp, jusque-là rivales, regroupées
autour d’une fédération dénommée Viv Ansanm, décident de faire une démonstration de
leur puissance. Ils sèment la terreur à Port-au-Prince et dans les communes avoisinantes

Situation catastrophique des Droits Humains de janvier à mars 2024 : Le RNDDH tire la
sonnette d’alarme
RNDDH – Rapport/A24/No4-VF 3
et exigent le départ du gouvernement dirigé par Ariel HENRY. Le voyage du premier
ministre est donc transformé en exil.

17. Les discussions sont alors entamées pour la mise en place d’un Conseil Présidentiel de
Transition (CPT). La CARICOM dirige les pourparlers et, à l’issue d’une journée de
négociations tenue en format hybride tant en Jamaïque qu’en ligne, le 11 mars 2024, des
[Link] politiques et de la société civile haïtienne s’entendent pour doter le pays d’un
Conseil de neuf (9) membres, dont sept (7) avec le statut votant et deux (2) observateurs.
Suite à cette réunion, dans un message préenregistré, Ariel HENRY s’engage à passer les
rennes du pays au CPT et reste en poste en vue de liquider les affaires courantes.

18. Le 28 mars 2024, le Conseil est monté. Il est ainsi composé :

• Régine ABRAHAM
• Smith AUGUSTIN
• Edgard Leblanc FILS
• Louis Gérald GILLES
• Fritz Alphonse JEAN
• Frinel JOSEPH
• Laurent SAINT-CYR
• Emmanuel VERTILAIRE
• Leslie VOLTAIRE

19. Parallèlement, la population haïtienne prise en otage par les bandits armés, souffre
énormément. En plus de l’insécurité à laquelle elle fait face, elle endure une situation
économique et humanitaire qui se détériore chaque jour. Le transport en commun devient
excessivement cher en raison des postes de péage mis en place par les bandits armés. Les
denrées alimentaires ne circulent pas. Les écoles ne fonctionnent pas dans les endroits du
pays sous contrôle des bandits armés. La terreur est aussi maintenue par des messages
menaçants et plus effrayants les uns que les autres, invitant la population à rester chez elle
pour ne pas être prise pour cible par les bandits armés.

20. Tel est le contexte de cafouillage sociopolitique et de négation des Droits Humains
dans lequel le premier trimestre 2024 s’est déroulé en Haïti.

III. ACTES ATTENTATOIRES AUX VIES ET AUX BIENS

a) Personnes tuées

21. Pour la période allant de janvier à mars 2024, au moins deux-cent-huit (208) personnes
sont assassinées. Les cadavres de cinquante-cinq (55) parmi ces victimes sont découverts
par les riverains. Quelques cas ont retenu l’attention du RNDDH :

22. Le 6 janvier 2024, sept (7) passagers.ères montés à bord d’un voilier près du Village
Alpha, entre Mariani et Gressier, sont tués par des hommes armés opérant à Mariani.

Situation catastrophique des Droits Humains de janvier à mars 2024 : Le RNDDH tire la
sonnette d’alarme
RNDDH – Rapport/A24/No4-VF 4
23. Le 7 janvier 2024, neuf (9) cadavres partiellement calcinés sont retrouvés sur un site
de décharge à la Rue Pierre Anselme, Delmas 19. Parmi ces cadavres, celui de Remy BRUNEL
est identifié par sa conjointe ;

24. Dans la nuit du 8 au 9 janvier 2024, à Bassin-Bleu, les conjoints Alfred DESTIMA et
Mureille GUERRIER qui venaient de fermer leur boutique, sont décapités par des bandits
armés ;

25. Le 9 janvier 2024, tôt dans la matinée, à Christ-Roi, deux (2) cadavres sont découverts
par des riverains ;

26. Le 18 janvier 2024, à Delmas 24 Roselaure MIZAINE est tuée par des bandits armés.
Elle était âgée de trente (30) ans ;

27. Le 21 janvier 2024, à la Croix-des-Bouquets, Joanès DUME est assassiné par des
bandits armés. La victime se trouvait dans sa voiture ;

28. Le 22 janvier 2024, Litherné RAYMOND âgé de vingt-sept (27) ans, Jackson DOLL âgé
de vingt-cinq (25) ans et Mackendy ainsi connu, sont assassinés à Jérémie lors d’une
fusillade orchestrée par des individus armés montés à bord d’un véhicule ;

29. Le 24 janvier 2024, à Baryè Batan sur la route nationale # 1, dans le département de
l’Artibonite, quatre (4) personnes dont le chauffeur lui-même sont assassinées dans un
mini-bus par des individus membres du gang armé Kokorat san Ras ;

30. Le 1er février 2024, tôt dans la matinée, six (6) cadavres sont découverts dans les rues
de Port-au-Prince, dont deux (2) à la Rue Caroline zone Christ-Roi et quatre (4), à la Rue du
Centre, au centre-ville ;

31. Le 6 février 2024, une attaque armée est perpétrée contre les locaux du commissariat
de Ouanaminthe. Au cours de celle-ci, un (1) jeune homme est tué et plusieurs autres
personnes en sont sorties blessées ;

32. Le 6 février 2024, à Mirebalais, lors d’échange de tirs entre des agents de la PNH et
la Brigade de Sécurité des Aires Protégées (BSAP), une (1) personne est tuée ;

33. Le 7 février 2024 à Laboule 12, un (1) homme en civil est assassiné. Il est par la suite
identifié comme étant un agent de la BSAP ;

34. Le 7 février 2024, à Laboule 12, sur la route menant à Kenscoff, cinq (5) agents de la
BSAP sont froidement abattus par des policiers. Il s’agit de Daniel ZEPHIRIN, Mackendy
VIEILLARD, Jean Fontange DORVIL, Chrisner DESIR et de Thomas CLERSAINT. Trois (3)
autres sont arrêtés. Il s’agit de : Lanio HERVE, Sindia PAUL et Clerty CLERNIUS. Le véhicule
transportant les agents de la BSAP est pour sa part confisqué par la police. Le RNDDH
s’entretient par la suite avec les [Link] de la BSAP retenus alors à la Direction Centrale
de la Police Judiciaire (DCPJ) qui affirment qu’ils étaient deux (2) groupes d’[Link]

Situation catastrophique des Droits Humains de janvier à mars 2024 : Le RNDDH tire la
sonnette d’alarme
RNDDH – Rapport/A24/No4-VF 5
distincts : un premier groupe de sept (7) [Link] duquel les cinq (5) susmentionnés sont
exécutés et un autre groupe de quinze (15) [Link] montés à bord d’un véhicule et duquel
quatorze (14) sont exécutés ;

35. Le 8 février 2024, à Boudette, aux Cayes, au cours d’une intervention de l’Unité
Départementale de Maintien de l’Ordre (UDMO) visant à débloquer les rues qui avaient été
barricadées par des [Link], Roosevelt CONSTANT alias Tipa reçoit une balle à la
tête. Il se trouvait à son domicile ;

36. Le 12 février 2024, Jean MICHEL, un membre de Conseil d’Assemblée des Sections
Communales (CASEC) de la 10ème section de Carrefour est lynché par la population, suite
aux accusations selon lesquelles il était un informateur des hommes armés ayant envahi
La Rivière-Froide, une localité de Carrefour ;

37. Le 14 février 2024 dans l’après-midi, plus de cinq (5) personnes sont assassinées à
Portail Léogane par des hommes armés montés à bord d’une voiture. Parmi les victimes se
trouve Jonathan JASMIN un photographe connu sous le sobriquet Diamond Pic.

38. Le 18 février 2024 dans l’après-midi, à Morne-à-Cabris, le chauffeur ainsi que neuf (9)
personnes sont tuées et huit (8) autres sont blessées par balles alors qu’elles se trouvaient
dans un autobus de transport en commun assurant le trajet Port-au-Prince / Mirebalais ;

39. Le 19 février 2024, à Bouc-Champagne, une localité de Pétion-ville, cinq (5) corps sans
vie sont découverts par les riverains ;

40. Le 21 février 2024, dans le Sud-Est un jeune homme âgé de vingt-six (26) ans est tué
et une autre personne est blessée par une agente de la PNH qui s’en prenait à un malade
mental qui l’avait auparavant agressée ;

41. Le 26 février 2024 dans l’après-midi, à l’angle des Rues de l’Enterrement et Louis
Joseph Janvier, un (1) homme est assassiné par des individus armés ;

42. Le 29 février 2024, à la Rue Cameau, deux (2) marchandes sont tuées à l’Avenue
Magloire Amboise au moment d’une attaque orchestrée par des bandits armés ;

43. Le 5 mars 2024, le sergent Fourrier Joseph ORIL est atteint d’une balle perdue à la
tête et meurt immédiatement. Il se trouvait au local du grand quartier général des Forces
Armées d’Haïti, au Champ de Mars, non loin de la Place des Martyrs ;

44. Le 9 mars 2024, à la Ruelle Chavannes, Jeff DESHOMMES alias « Degoutan » est tué
par balles. Il était un chanteur ;

45. Le 13 mars 2024, un agent de la BSAP est assassiné à Laboule 14 par des individus
montés à bord de motocyclettes. Il se trouvait non loin de son domicile ;

Situation catastrophique des Droits Humains de janvier à mars 2024 : Le RNDDH tire la
sonnette d’alarme
RNDDH – Rapport/A24/No4-VF 6
46. Le 13 mars 2024, à Léogane, des individus armés non identifiés font irruption dans la
salle d’opérations de l’Hôpital Sainte Croix et exécutent un patient âgé de quatre-vingts
(80) ans, connu dans la zone sous le sobriquet Kòk. ;

47. Le 13 mars 2024, à Bellevue 3, Pétion-ville, un (1) enfant de sept (7) ans est atteint
d’une balle perdue et meurt ;

48. Le 18 mars 2024 à Laboule et à Thomassin, plusieurs personnes sont tuées et d’autres
sont blessées par balles, par des individus armés. Parmi les victimes se retrouve la dame
Esther TURNIER présentée comme étant l’une des responsables du Collège Classique
Féminin (C.C.F.);

49. Le 18 mars 2024, dans plusieurs quartiers de Pétion-Ville, tôt dans la matinée, quinze
(15) cadavres sont découverts par des riverains ;

50. Le 20 mars 2024, sept (7) corps sans vie sont découverts à Pétion-Ville ;

51. Le 21 mars 2024, à Delmas 19, Nerval Pierre VILIAT, vingt-six (26) ans, journaliste à
Echo News Sport, est atteint d’ une balle perdue alors qu’il se trouvait chez lui. Il est
d’urgence emmené à l’Hôpital La Paix où il meurt le 24 mars 2024 ;

52. Le 21 mars 2024, à Poste Marchand, John Germain EXDES, âgé de vingt-huit (28) ans
et basketteur est atteint d’une balle perdue alors qu’il se trouve chez lui. Il meure à l’hôpital
où il est conduit ;

53. Le 28 mars 2024 à la Rue Capois, le chef comptable de la Secrétairerie d’Etat à


l’Alphabétisation Maurice ANTOINE est grièvement blessé par balles par des individus
armés. Il est emmené d’urgence dans un centre hospitalier de la capitale où il meurt. Il se
trouvait à bord d’un véhicule en compagnie de sa conjointe ;

54. Le 31 mars 2024, une personne est assassinée par balles à la Plaine du Cul-de-sac.

b) Attaques armées

55. De janvier à mars 2024, au moins cinq (5) attaques armées sont enregistrées,
occasionnant l’assassinat d’au moins soixante-sept (67) personnes :

56. Tout au cours du mois de janvier 2024, à Beudet, dans la Croix-des-Bouquets, des
bandits investissent les maisons des [Link], tuent une dizaine de personnes au moins
rencontrées sur leur passage et violent les femmes et les filles ;

57. Le 16, 17 et 18 janvier 2024, Corridor Bastia, Solino, Ruelle Bergeau, non loin du
Spring Hill Collège, Ruelle Oriol, Nan Félix, Rue Casimir non loin de l’Eglise Bellevue Salem
située à Delmas 24 zone Caonabo ainsi que la troisième Ruelle Laraque, sont envahis par
des bandits armés qui tuent les [Link]. Plus de douze (12) personnes sont tuées au

Situation catastrophique des Droits Humains de janvier à mars 2024 : Le RNDDH tire la
sonnette d’alarme
RNDDH – Rapport/A24/No4-VF 7
cours de cette période dont au moins deux (2) à Solino, le 16 janvier 2024. Les bandits armés
mettent aussi le feu dans plusieurs maisons et forcent les victimes survivantes à fuir ;

58. Les 25, 26 et 28 janvier 2024, plus de trente (30) personnes sont assassinées dans une
nouvelle guerre entre les hommes du Wharf de Jérémie et ceux de La Saline.

59. Le 30 janvier 2024, la population de Pernier est attaquée une nouvelle fois par des
bandits armés. Au moins quatre (4) personnes sont tuées ;

60. Le 8 mars 2024, les bandits armés du gang des 400 Mawozo attaquent la population
de Ganthier. Onze (11) personnes au moins sont tuées.

c) Policiers tués de janvier à mars 2024

61. Au cours de la période allant de janvier à mars 2024, au moins treize (13) [Link] de
la Police Nationale d’Haïti (PNH) sont tués. Voici les informations relatives aux
circonstances de leur assassinat :

62. Le 5 janvier 2024, dans la soirée, à l’angle des rues Caméléon et Bois-Verna, le cadavre
du policier Merlince SEVERE est découvert. Il était un Agent IV affecté à la Direction
Générale de Police Nationale d’Haïti. Selon un membre de sa famille rencontré par le
RNDDH, le 4 janvier 2024, la victime laisse sa maison en vue de conduire un véhicule au
garage, à Delmas 19. Il n’est pas revenu. L’agent Merlince SEVERE était père de sept (7)
enfants ;

63. Le 14 février 2024, à la Rue Oswald Durand, non loin de la Faculté de Médecine et de
Pharmacie, le policier Roubens LECTOR est criblé de balles. Il rend l’âme à l’hôpital où il est
emmené d’urgence. Il était affecté au SWAT TEAM ;

64. Le 19 février 2024, à Petite Anse, au Cap-Haïtien, le policier Rémy CYNCE est tué par
balle. Il était affecté au Service Départemental de la Police Judiciaire Nord (SDPJ-Nord). Il
venait d’effectuer une transaction bancaire ;

65. Le 22 février 2024 dans la soirée, à Mahotière 85, commune de Carrefour, le policier
Gétro CADET est assassiné chez lui. Il était affecté à l’Unité Départementale de Maintien
d’Ordre (UDMO) ;

66. Le 29 février 2024, à Bon Repos, six (6) [Link] de la Police Nationale d’Haïti (PNH)
sont assassinés par des bandits armés. Ce jour-là, ils étaient en poste au sous-commissariat
de Bon Repos. Il s’agit de Junior MARION, Inspecteur principal, Monode ETIENNE,
Inspecteur divisionnaire, Espéra PIERRE, inspecteur divisionnaire, Luciana PIERRE, AII,
Guilliamson JEAN-BAPTISTE, agent I et de Pautrace RESULA, AI.

67. Le 20 mars 2024, à Delmas 72, le policier Anel NOËL affecté à l’Unité de Sécurité de la
Primature (USPM), est assassiné par des bandits armés ;

Situation catastrophique des Droits Humains de janvier à mars 2024 : Le RNDDH tire la
sonnette d’alarme
RNDDH – Rapport/A24/No4-VF 8
68. Le 25 mars 2024, à Carrefour Vincent, le policier Joveny DUPLAN est assassiné par
des individus armés. Il était affecté au Corps d’Intervention et de Maintien de l’Ordre
(CIMO) et accompagnait quatre (4) autres policiers au moment des faits, dont deux (2) sont
aussi blessés par balles.

69. Le 29 mars 2024, à Mirebalais, le policier Ananel ALEXANDRE affecté à la Brigade


d’Intervention Motorisée (BIM) est lynché par des membres de la population qui lui
reprochaient d’acheter des armes et des munitions au profit des bandits armés. Il était
accompagné de Michelet MUSCA, présenté comme étant un agent de sécurité du Conseil
Electoral Provisoire (CEP). Ils avaient en leur possession, une forte somme d’argent en
gourdes et en dollars ainsi que des armes à feu.

d) Femmes et filles victimes de violences sexuelles

70. De janvier à mars 2024, l’organisation féministe Nègès Mawon et le RNDDH ont reçu
soixante-quatre (64) victimes de viols. Nombreuses parmi les victimes sont violées
collectivement par des bandits armés notamment lors des attaques armées susmentionnées.
D’autres sont violées par leur conjoint et par des proches.

e) Personnes blessées par balles

71. Au cours de la période couverte par ce rapport, au moins cent-cinquante-huit (158)


personnes sont blessées par balles. En voici quelques exemples :

72. Du 29 février au 7 mars 2024, l'Hôpital Universitaire La Paix (HUP) prend en charge
soixante-neuf (69) blessées par balles et Médecins sans Frontière – Tabarre (MSF – Tabarre)
en traite cinquante-neuf (59)1. En plus des cas recensés lors des attaques armées et des
manifestations antigouvernementales, quelques autres exemples retiennent l’attention :

73. Le 7 février 2024, à Gros Morne, le journaliste Alain CHARLES de Radio Poltron reçoit
une balle au niveau des testicules. Ce jour-là, des bandits armés tentaient de prendre le
contrôle du commissariat de la ville en question ;

74. Le 28 février 2024, à Fort Senklè, Rue Magasins de l’Etat, zone Grand-Rue, lors d’un
affrontement entre bandits armés et agents de la PNH, une dame reçoit une balle qui lui
écrabouille la bouche et une partie du visage ;

75. Le 29 février 2024, dans le département de l’Ouest, plusieurs personnes sont blessées
par balles parmi elles deux (2) policiers S.S. et G.S. affectés respectivement au
sous-commissariat de Bon Repos et au commissariat de l’Aéroport ; T.C., une jeune fille dont
la mère tient boutique devant la Faculté des Sciences Humaines et D.W., un étudiant en
première année à la Faculté d’Agronomie et de Médecine Vétérinaire.

1
RELIEFWEB : Urgence Haïti Rapport de situation n° 5 (au 11 mars 2024) : [Link]
haiti-rapport-de-situation-ndeg-5-au-11-mars-2024

Situation catastrophique des Droits Humains de janvier à mars 2024 : Le RNDDH tire la
sonnette d’alarme
RNDDH – Rapport/A24/No4-VF 9
f) Enlèvements

76. Plusieurs cas d’enlèvement suivis de séquestration contre rançon sont aussi
enregistrés. Au moins quarante-huit (48) d’entre eux défraient la chronique :

77. Le 7 janvier 2024, les passagers.ères d’un autobus de transport en commun estimés à
une dizaine, sont enlevés par des hommes armés de la base Gran Grif ;

78. Le 11 janvier 2024, le docteur Berthony FRANÇOIS du Centre Hospitalier Elohim est
enlevé à la Rue de la Réunion, Port-au-Prince ;

79. Le 11 janvier 2024, le magistrat Jean Frantz DUCASSE, suppléant juge au Tribunal
de paix de Carrefour est enlevé à Martissant par des bandits armés ;

80. Le 19 janvier 2024, huit (8) personnes sont enlevées à Port-au-Prince, parmi elles six
(6) religieuses de la congrégation des Sœurs de Sainte-Anne ;

81. Le 21 janvier 2024, à la Croix-des-Bouquets, Saralie DUME âgée de dix-sept (17) ans
est enlevée par des individus armés ;

82. Le 22 janvier 2024 à Tabarre près de l’ambassade Américaine, l’inspecteur


divisionnaire Antoine JOACHIM est enlevé puis libéré quelque temps après ;

83. Dans la nuit du 2 au 3 février 2024, le maire de Bassin Bleu, Tony MANIGAT ainsi que
plusieurs personnes sont enlevés par des hommes armés opérant à Tibwadòm. Ils relâchent
le maire après avoir pillé sa maison et gardent les autres otages ;

84. Le 23 février 2024, six (6) frères de la congrégation des Frères du Sacré-Cœur sont
enlevés par des hommes armés alors qu’ils se rendaient au bicentenaire, dans les locaux de
l'École Jean XXIII ;

85. Le 23 février 2024, le vicaire de la Paroisse Saint Martin et Saint Yves de Delmas 5,
le révérend père Berthony JEAN ainsi que des membres du personnel de la Télévision Amen
sont enlevés à Port-au-Prince ;

86. Le 26 février 2024, une marchande de jus tenant boutique à la rue Monseigneur
Guilloux, connue sous le nom de Chantale, est enlevée par des individus armés ;

87. Le 28 février 2024, la vidéo d’une dame enlevée en train d’être sévèrement battue par
ses ravisseurs, circulent sur les réseaux sociaux ;

88. Le 1er mars 2024, à la Rue de l’Enterrement, Port-au-Prince, des bandits armés
prennent d’assaut le presbytère de la Paroisse de Sainte Anne et enlèvent le curé de la
paroisse, le révérend père Alain MICHEL. Il est par la suite libéré ;

Situation catastrophique des Droits Humains de janvier à mars 2024 : Le RNDDH tire la
sonnette d’alarme
RNDDH – Rapport/A24/No4-VF 10
89. Le 5 mars 2024, à la Croix-des-Bouquets, des bandits armés investissent la résidence
des sœurs de la congrégation Saint Joseph de Cluny et enlèvent trois (3) religieuses ;

90. Le 18 mars 2024, à Vivy Mitchell, Pétion-ville, le journaliste Lucien JURA est enlevé
chez lui par des bandits armés ;

91. Le 23 mars 2024, à Lilavois 23, Fred Hercules GUERRIER un jeune musicien de l’Eglise
Baptiste de Lilavois est enlevé chez lui par des individus lourdement armés ;

92. Dans la majorité des cas, les proches des otages versent une rançon faramineuse aux
ravisseurs de ces derniers, pour qu’ils puissent recouvrer leur liberté.

g) Répression des manifestations antigouvernementales et violence à l’égard des


journalistes

93. En janvier et février 2024, au moins neuf (9) manifestations antigouvernementales


parfois pacifiques et d’autres fois, violentes, sont enregistrées dans différents départements
géographiques du pays. Elles sont toutes réprimées sévèrement par les forces de l’ordre. Au
moins quatre (4) [Link] sont tués et quinze (15) personnes sont blessées parmi
elles, au moins huit (8) journalistes :

94. Le 29 janvier 2024, à Fort-Liberté, dans le Nord-Est, deux (2) personnes sont
assassinées lors d’une manifestation antigouvernementale exigeant alors le départ du
premier ministre Ariel HENRY ;

95. Le 29 janvier 2024, au centre-ville de Roseaux, dans le département de la Grand’Anse,


Gilbert XAVIER est assassiné. Selon des riverains, la victime est exécutée par des policiers
ayant tiré à hauteur d’homme en direction des manifestants-es ;

96. Le 5 février 2024, aux Cayes, un (1) manifestant est tué et trois (3) autres sont blessés
par balles lors d’une manifestation anti-gouvernementale ;

97. Le 5 février 2024, à Petit-Goâve, les [Link] mettent le feu dans les bureaux
de la Direction Nationale de l’Eau Potable et de l’Assainissement (DINEPA) et incendient
deux (2) véhicules de la DINEPA. Le même jour, lors de l’intervention de l’institution
policière pour ramener l’ordre, deux (2) personnes sont blessées par balles ;

98. Le 6 février 2024, à Petit-Goâve les policiers tirent en direction des [Link]
et blessent deux (2) personnes par balles. Il s’agit de Adler CASSEUS et de Mayis ainsi
connu ;

99. Le 7 février 2024 au Cap-Haitien, les journalistes Philome NARCISSE et


Love-Marckendy PAUL, des médias Radio Tropical et Island TV sont blessés par balles par
des agents de la Brigade de Lutte contre le Trafic des Stupéfiants (BLTS) ;

Situation catastrophique des Droits Humains de janvier à mars 2024 : Le RNDDH tire la
sonnette d’alarme
RNDDH – Rapport/A24/No4-VF 11
100. Le 7 février 2024 à Jérémie, au moins trois (3) journalistes Wilborde YMOZAN de Tande
Koze, Stanley BELFORT de la Island TV et Lemy BRUTUS du média en ligne Grandans Bèl
Depatman sont blessés lors d’une manifestation antigouvernementale ;

101. Le 8 février 2024, à Delmas, des policiers montés à bord d’un pick-up Land cruiser de
couleur blanche et immatriculé 1-01152 sur lequel est inscrit UDMO Ouest, lancent des
tubes de gaz lacrymogène en direction d’une manifestation antigouvernementale. Le
journaliste Jean Marc JEAN alias JJM qui couvrait cette manifestation reçoit une bonbonne
de gaz lacrymogène en plein visage et perd son œil gauche ;

102. Le 8 février 2024, à Petit Goâve, deux (2) journalistes sont tabassés. Il s’agit de Jacky
SAINT-FLEUR et Jocelyn LINDOR.

h) Actes de vandalisme et d’incendie enregistrés de janvier à mars 2024

103. Au moins quatre-vingt-trois (83) espaces dont des institutions et entreprises privées
et publiques, trois (3) hôpitaux, deux (2) tribunaux de paix et dix-neuf (19) postes de police
sont attaqués, pillés et/ou incendiés par les bandits armés au cours de la période allant de
janvier à mars 2024.

104. Le 18 janvier 2024, l’Eglise Episcopale de la Sainte Trinité est pillée par les bandits
armés et tout le matériel de l’école de musique est emporté par les bandits armés ;

105. Le 5 février 2024 à Petit-Goave, des [Link] mettent le feu dans les bureaux
de la DINEPA et incendient deux (2) véhicules appartenant à ce bureau ;

106. Dans la nuit du 6 au 7 février 2024, des bandits armés attaquent le commissariat de
Ouanaminthe ;

107. Le 29 février 2024 à la ruelle Alerte, Port-au-Prince, des bandits armés vandalisent
le Centre d’Education Spéciale pour l’Intégration de Tous, une école pour enfants spéciaux ;
A la Croix-des-Missions, ils vandalisent la Faculté d’Agronomie et de Médecine Vétérinaire
(FAMV) et le Ministère de l’Agriculture, des Ressources Naturelles et du Développement
Rural (MARNDR) qui partage les locaux de ladite faculté ; A Shada, ils pillent les bureaux
de l’Office National d’Assurance Vieillesse (ONA) ;

108. Le 29 février 2024, les sous-commissariats du Portail de Léogâne et de Bon Repos


sont incendiés par des bandits armés ; A Route de Frères, Pétion-ville, le mur d’enceinte de
l’Académie Nationale de Police est partiellement détruit par des bandits armés qui sont
repoussés par les forces de l’ordre ;

109. Le 29 février 2024, l’Aérogare Guy Malary est criblée de balles par des bandits
armés. De nombreuses vitres sont cassées. Des avions sont troués de balles ;

110. Du 29 février au 3 mars 2024, entre Delmas 3 et Delmas 18, de nombreuses


entreprises sont vandalisées par des bandits armés. Il s’agit entre autres de STICO,

Situation catastrophique des Droits Humains de janvier à mars 2024 : Le RNDDH tire la
sonnette d’alarme
RNDDH – Rapport/A24/No4-VF 12
Informatek, Nicky Eau Traitée, Confiance Hôtel, Détermination (MonCash, NatCash, Eau
Traitée), Complexe Kay Bab ;

111. Dans la nuit du 29 février au 1er mars 2024, à la Rue Oswald Durand, Port-au-Prince,
le Stade Sylvio Cator est pris d’assaut par des bandits armés qui le pillent pendant trois (3)
jours et en profitent pour incendier les tréteaux des [Link] ainsi que les véhicules
qui étaient stationnés aux alentours ;

112. Le 1er mars 2024, à l’angle des rues de l’Enterrement et Oswald Durand,
Port-au-Prince, des bandits armés pillent puis incendient le supermarché La Province
Market ; A Tabarre, ils mettent le feu aux bureaux de l’Office d’Assurance Véhicules Contre
Tiers (OAVCT) ;

113. Le 1er mars 2024, des bandits armés incendient le sous-commissariat de Delmas 3 ;

114. Du 1er au 3 mars 2024, à Tabarre, des bandits armés pillent les locaux de la SunAuto ;

115. Le 2 mars 2024, des bandits armés vandalisent les locaux du Ministère de la Culture
et de la Communication ; Ils sèment la terreur aux alentours de l’Aéroport International
Toussaint Louverture et tirent dans sa direction pendant de longues heures, endommageant
encore une fois au moins un avion ;

116. Le 2 mars 2024, les sous-commissariats de la Croix-des-Bouquets et de Cazeau sont


vandalisés puis incendiés par des bandits armés ;

117. Dans la soirée du 4 mars 2024, le sous-commissariat du Carrefour de l’Aéroport ainsi


que l’antenne de police de Morne-à-cabris sont incendiés par des bandits armés ;

118. Dans la nuit du 2 au 3 mars 2024, des bandits armés incendient le Tribunal de paix
de la Croix-des-Bouquets et vandalisent les locaux de la Banque Nationale de Crédit, de la
SOGEBANK, et de la UNIBANK ;

119. Le 3 mars 2024, le commissariat de Cabaret est incendié par des bandits armés ;

120. Le 3 mars 2024, à la Rue de l’Enterrement, Port-au-Prince, des bandits armés pillent
l’Hôpital Saint François de Sales ;

121. Le 4 mars 2024 à Tabarre, des bandits armés vandalisent les locaux de MSC Plus. Le
même jour, ils tirent encore une fois en direction de l’aéroport et tentent de l’investir ;

122. Les 4 et 5 mars 2024, à la Rue du Centre, des individus armés attaquent l’Hôpital
Asile Français d’Haïti. Les locaux sont pillés ;

123. Dans la nuit du 4 au 5 mars 2024, des individus armés pillent la Faculté des
Sage-Femmes située à côté de l’Hôpital de l’Université d’Etat d’Haïti (HUEH). Quatre (4)

Situation catastrophique des Droits Humains de janvier à mars 2024 : Le RNDDH tire la
sonnette d’alarme
RNDDH – Rapport/A24/No4-VF 13
bus de l’institution ainsi qu’une voiture privée qui se trouvaient sur la cour de ladite faculté
sont emportés par les bandits armés ;

124. Le 5 mars 2024, à Route de Frères, l’Académie Nationale de Police essuie une nouvelle
attaque.

125. Le 6 mars 2024, le commissariat de la Cafétéria est attaqué par des bandits armés ;

126. Le 6 mars 2024 dans la soirée, le sous-commissariat de Marché Salomon est vandalisé
puis incendié par des bandits armés ; Un (1) véhicule appartenant à l’institution policière
ainsi que plusieurs autres voitures stationnées sur la Place Carl Brouard, non loin du
Marché Salomon sont incendiés ; Plusieurs dépôts dudit marché sont aussi pillés avant
d’être incendiés ;

127. Dans la nuit du 6 mars 2024, des bandits armés tirent en direction de la Mairie de la
Croix-des-Bouquets. Plusieurs vitres sont cassées et des bureaux sont aussi vandalisés ;

128. Le 7 mars 2024, à Delmas 18, des bandits vandalisent les locaux de la succursale de
la UNIBANK ; A Delmas 3, les locaux de l’Entreprise Publique de Promotion des Logements
Sociaux (EPPLS) et du Centre Sportif Dadadou sont respectivement incendiés et pillés ; Au
Complexe APN du Boulevard de La Saline, l’entreprise Caribbean Port Services (CPS) ferme
ses portes suite aux actes de vandalisme enregistrés ;

129. Dans la nuit du 7 au 8 mars 2024, à Damien, des individus armés pillent puis
incendient les locaux de la UNIBANK situés sur la route nationale numéro 1 ;

130. Le 8 mars 2024, à la Croix-des-Bouquets, des individus armés prennent d’assaut le


sous-commissariat de Calvaire ;

131. Le 8 mars 2024, dans la soirée, des bandits armés attaquent de manière simultanée,
le commissariat de Port-au-Prince, la base de l’UDMO, la Cour de Cassation ainsi que le
Ministère de l’Intérieur et des Collectivités Territoriales où ils tentent d’incendier une
génératrice trouvée sur la cour de l’institution. De nombreux impacts de balles peuvent être
remarqués sur les murs d’enceinte dudit ministère ;

132. Les 8 et 9 mars 2024, à Lathan, les succursales de la UNIBANK et de la SOGEBANK


sont vandalisées par des bandits armés ;

133. Dans la nuit du 9 au 10 mars 2024, la Faculté des Sciences de l’Université d’Etat
d’Haïti est vandalisée par des bandits armés. Des vitres sont brisées et les panneaux
solaires ainsi que tous autres matériels trouvés sur place, sont emportés ;

134. Le 14 mars 2024, à Santo 17, des bandits armés pillent puis incendient la résidence
du directeur général de la PNH Frantz ELBE ;

Situation catastrophique des Droits Humains de janvier à mars 2024 : Le RNDDH tire la
sonnette d’alarme
RNDDH – Rapport/A24/No4-VF 14
135. Le 16 mars 2024, à l’angle de Delmas 12 et 16, des bandits armés pillent le dépôt Kay
Dupuy S.A. ainsi que les locaux des Consulats du Salvador et du Guatemala ;

136. Le 16 mars 2024, des bandits armés envahissent pour une deuxième fois le Caribean
Port Services S.A., pillent les containers dont certains appartiennent à des organismes
humanitaires ;

137. Le 16 mars 2024 la maison Toyota située à Delmas A1 est pillée par des bandits
armés ;

138. Dans la nuit du 17 au 18 mars 2024, à Laboule 12, les bandits armés attaquent une
succursale de la Capital Bank ; De plus, des maisons sont pillées à Laboule et à Thomassin
parmi elles, la résidence de Pierre Volmar DEMESYEUX, juge à la Cour des Comptes et du
Contentieux Administratif (CSC/CA);

139. Dans la soirée du 21 mars 2024, des bandits armés vandalisent l’entreprise Canez
Construction située à Delmas 4 ;

140. Le 23 mars 2024, les bandits armés attaquent simultanément la base de la Brigade
d’Opération et d’Intervention Départementale (BOID) située au Fort-National, la base de la
Brigade d’Intervention Motorisée (BIM) localisée à Tabarre ainsi que le commissariat de
Tabarre ;

141. Le 24 mars 2024, à la Rue de l’Enterrement, plusieurs entrepôts et plusieurs dizaines


de véhicules qui se trouvaient dans des garages sont incendiés par des bandits armés ;

142. Le 24 mars 2024, le Tribunal de paix la section Sud de Port-au-Prince est


partiellement ravagé par les flammes.

143. Tel que susmentionné, de janvier à mars 2024, dix-neuf (19) postes de police sont
attaqués, vandalisés et/ou incendiés. Il s’agit de l’Académie de police, les commissariats et
sous-commissariats de Bon Repos, Cabaret, Cafétéria, Calvaire, Cazeau, Croix-des-
Bouquets, Carrefour de l’Aéroport, Delmas 3, Gros Morne, Marché Salomon, Morne-à-
cabris, Ouanaminthe, Portail Léogane, Port-au-Prince, Tabarre, le service de Circulation
ainsi que les bases de l’UDMO, de la BOID et de la BIM.

144. Onze (11) journalistes au moins sont touchés par l’insécurité soit huit (8) au cours des
manifestations antigouvernementales : Lemy BRUTUS de Grandans Bèl Dépatman, Jocelyn
LINDOR, de Monopole, de Philome NARCISSE de Radio Tropical Cap-Haïtien, de
Love-Marckendy PAUL de Island TV Cap-Haïtien, de Jacky SAINT-FLEUR de Radio Planète
Vibration, Wilborde YMOZAN de Tande Koze, de Stanley BELFORT de Island TV et de Jean
Marc JEAN de Télé Actualité. Les trois (3) autres journalistes sont victimes dans d’autres
circonstances. Il s’agit de Lucien JURA qui est victime d’enlèvement, d’Alain CHARLES, qui
est blessé par balles lorsque les bandits prenaient d’assaut le commissariat de Gros-Morne
et de Nerval Pierre VILIAT, qui est mort après avoir reçu une balle perdue.

Situation catastrophique des Droits Humains de janvier à mars 2024 : Le RNDDH tire la
sonnette d’alarme
RNDDH – Rapport/A24/No4-VF 15
145. De nombreuses maisons appartenant à des [Link] sont aussi pillées et/ou
incendiées par des bandits armés à Port-au-Prince, à Delmas, notamment au bas-Delmas.

IV. POSTES DE PEAGE INSTALLES PAR DES BANDITS ARMES

146. Les données combinées du Syndicat Mouvement Unifié des Transporteurs Haïtiens
(MUTH) et du RNDDH permettent d’identifier au moins treize (13) postes de péage installés
par les bandits armés, en vue de rançonner la population haïtienne.

• Trois (3) postes dans la commune de Port-au-Prince installés à la Ruelle Alerte, non
loin du cimetière de Port-au-Prince, à Martissant et à Fontamara ;

• Trois (3) postes dans la commune de Cité Soleil à partir de la sortie du Terminal
Varreux installés à Cité Soleil, La Saline et à Drouillard ;

• Deux (2) postes sur la route nationale # 1, installés respectivement à Titanyen et entre
Saint-Marc et Gonaïves ;

• Deux (2) postes sur la route nationale # 2, à Paloma, près du cimetière de Carrefour
et à Mariani ;

• Un (1) poste sur la route nationale # 3, à Onaville 12 ;


• Un (1) poste sur la route nationale # 5, entre Gros Morne et Port-de-Paix ;

• Un (1) poste sur la route nationale # 8, à Calvaire, Croix-des-Bouquets.

V. EVASIONS ET TENTATIVE D’EVASION

147. Au cours de la période couverte par ce rapport, au moins deux (2) évasions de prison,
une (1) évasion de commissariat et une tentative d’évasion sont enregistrées.

148. Le 2 mars 2024 dans la soirée ainsi que dans la nuit du 2 au 3 mars 2024, avec l’aide
des bandits armés, les Prisons civiles de Port-au-Prince et de la Croix-des-Bouquets sont
vidées de leur population carcérale. Quelques heures avant l’évasion spectaculaire de
Port-au-Prince, les blindés qui étaient postés aux alentours de ladite prison, reçoivent
l’ordre de se déplacer. Au moins quatre-mille-six-cent-vingt-quatre (4,624) détenus dont
85.5% étaient en attente de jugement, se sont évadés.

149. Dans la soirée du 3 mars 2024, au Commissariat de Delmas 33, six (6) agents qui
étaient en isolement, se sont évadés ;

150. Dans la nuit du 5 au 6 mars 2024, à la Prison civile de Jacmel, une tentative d’évasion
est enregistrée. Trois (3) détenus perdent la vie dont deux (2) sur le toit de la prison et
l’autre, suspendu aux fils barbelés encerclant le bâtiment. Six (6) autres sont blessés ;

Situation catastrophique des Droits Humains de janvier à mars 2024 : Le RNDDH tire la
sonnette d’alarme
RNDDH – Rapport/A24/No4-VF 16
151. Le 14 mars 2024 tôt dans la matinée, feu est mis au bloc Titanic de la Prison civile de
Port-au-Prince.

VI. FONCTIONNEMENT DES TRIBUNAUX DE PAIX ET DE PREMIERE INSTANCE

152. Le 20 novembre 2023, les parquetiers.ères rentrent en grève pour exiger de meilleures
conditions de travail, le respect de leurs droits ainsi qu’un traitement similaire à celui des
juges. Le 11 décembre 2023, la grève est levée. Rapidement, le 12 décembre 2023, les
greffiers.ères et les huissiers affirment observer un arrêt de travail illimité. Depuis, ils ne
sont jamais retournés travailler.

153. Ainsi, depuis le début de l’année 2024, les Cours et Tribunaux sont dans l’impossibilité
de fonctionner soit en raison de l’insécurité, soit en raison de problèmes plus structurels qui
datent d’avant 2024 ou encore, à cause de la grève illimitée des greffiers.ères, mentionnée
plus haut. Quelques exemples retiennent l’attention :

154. Dans la juridiction de Fort-Liberté : Le 7 février 2024, des [Link] pillent puis
incendient les locaux du Tribunal de paix de Ouanaminthe ;

155. Dans la juridiction de Petit-Goave : Dans la nuit du 8 au 9 février 2024, une


manifestation en provenance de la 2ème Plaine prend la direction de la ville. Les
[Link] s’introduisent par effraction dans les locaux du Tribunal de première
instance, les saccagent et emportent tout le matériel trouvé sur place. Ils tentent même d’y
mettre le feu. Par la suite, ils se rendent chez le commissaire du gouvernement Pierre
Elioth PAUL et tentent de mettre le feu à sa résidence. Enfin, ils passent par devant la
maison du docteur Elvarin JOSSELIN et tirent des pierres en la direction de celle-ci, brisant
la barrière d’enceinte ;

156. Dans la juridiction de la Croix-des-Bouquets : Dans la nuit du 2 au 3 mars 2024, des


bandits armés incendient le Tribunal de paix de la Croix-des-Bouquets. Cependant, les
responsables rencontrés dans le cadre de ce rapport, affirment que le tribunal fonctionnait
déjà au ralenti tant en raison du fait que le personnel avait déjà du mal à s’y rendre, à cause
de l’insécurité qu’en raison de la grève des greffiers.ères. Aucun bilan des pertes
enregistrées n’est encore dressé ;

157. Dans la juridiction de Port-au-Prince : Depuis le 29 février 2024, les portes du Parquet
ainsi que celles du Tribunal de première instance demeurent fermées ;

158. Entre février et mars 2024, les bandits mettent le feu à la barrière principale du
Tribunal de paix de Delmas. Dans la soirée du 2 avril 2024, ils perforent le mur du bâtiment
et tentent de s’y introduire. Cependant, les forces de l’ordre sont arrivées à temps pour les
en empêcher ;

159. Le 29 mars 2024, des bandits pillent les locaux du Tribunal de paix, section Sud de
Port-au-Prince. Ils en profitent pour incendier partiellement le rez-de-chaussée du
bâtiment. Cependant aucun bilan n’est à date dressé, les responsables ne pouvant se rendre

Situation catastrophique des Droits Humains de janvier à mars 2024 : Le RNDDH tire la
sonnette d’alarme
RNDDH – Rapport/A24/No4-VF 17
sur les lieux. Le juge titulaire dudit Tribunal affirme aussi avoir fait appel à son ministère
de tutelle pour une évaluation du bâtiment. Il n’a encore reçu aucune réponse.

160. Dans la juridiction de Jacmel : Les Tribunaux de paix et de première instance ne sont
pas impactés directement par la situation d’insécurité. Cependant, en dépit de la
nomination de quatre (4) juges et juges d’instruction, les activités sont au ralenti au
Tribunal de première instance de Jacmel, à cause du mouvement de grève des greffiers.ères.

161. Les Tribunaux de paix de Jacmel, de Côte-de-Fer ainsi que l’annexe de Gris-Gris ne
disposent pas de juge titulaire et celui de Grand-Gosier n’a pas de juge du tout. Les deux (2)
magistrats qui étaient affectés à Grand-Gosier sont malades. L’un d’entre eux s’est même
rendu à Port-au-Prince pour des soins de santé plus avancés. Aujourd’hui, c’est un membre
du Conseil des Assemblées des Sections Communales (CASEC) Jean LEON qui joue le rôle
de juge de paix.

162. Un (1) seul juge assure le fonctionnement des Tribunaux de paix de Belle Anse et de
Mapou.

163. Le Tribunal de paix de Cayes-Jacmel cohabite avec l’Office de l’état civil dans le centre
polyvalent.

164. Dans la juridiction des Gonaïves : le 6 févier 2024, le Tribunal de paix section Nord
des Gonaïves est vandalisé par des [Link] ;

165. Le Tribunal de paix de l’Estère ne fonctionne pas depuis plus d’un an c’est-à-dire,
longtemps avant le début de l’année 2024, en raison du fait que le juge titulaire ne peut se
rendre sur ses lieux de travail, à cause des bandits armés de la base Kokorat san Ras. Si le
tribunal est ouvert tous les jours en dépit de son dénuement, c’est seulement pour
renseigner les justiciables et leur fournir quelques services extrajudiciaires.

166. Dans la juridiction de Saint-Marc : les Tribunaux de paix de Liancourt et de


Petite-Rivière de l’Artibonite ne fonctionnent pas à cause des actes de banditisme de la base
Grand Grif.

167. Il convient donc de retenir que de janvier à mars 2024, le Tribunal de première
instance de Petit-Goâve de même que les tribunaux de paix de Ouanaminthe, de Port-au-
Prince, section Sud, de la Croix-des-Bouquets, de Saint-Marc et de Delmas sont attaqués,
pillés et incendiés par les [Link] ou par des bandits armés.

Situation catastrophique des Droits Humains de janvier à mars 2024 : Le RNDDH tire la
sonnette d’alarme
RNDDH – Rapport/A24/No4-VF 18
VII. SITUATION ACTUELLE DES CAMPS DE [Link] INTERNES

168. Selon les estimations du 22 mars 2024 de l’Organisation Internationale de la


Migration (OIM), le département de l’Ouest compte quatre-vingt-six (86) sites d’accueil des
victimes de l’insécurité. Ces camps abritent près de quatre-vingt-neuf-mille (89,000)
personnes.

169. Les nombreuses victimes de l’insécurité qui se sont réfugiées au Gymnasium Vincent,
au Lycée Anténor Firmin, au Lycée Marie-Jeanne, au Rex Théâtre, à l’Ecole nationale
Caroline Chevreau, à l’Ecole nationale Virginie Sampeur, à l’ancien local du Dei Vitus, à
l’Ecole nationale Colbert Lochard, au Lycée du Cent-cinquantenaire, à l’Ecole nationale
république du Chili s’y retrouvent encore, plusieurs mois après la création de ces camps, à
la faveur d’événements meurtriers ayant secoué le département de l’Ouest ;

170. Cependant, les victimes de l’insécurité qui s’étaient réfugiées à l’Ecole nationale
République du Brésil, à l’Ecole nationale République du Paraguay, au Lycée Fritz Pierre-
Louis, à l’Ecole Nationale Daguesso Lespinasse, à l’Hôpital Le Messie (ancien Centre de
Traitement du Choléra (CTC)), sont obligées de se réfugier ailleurs, en raison de l’insécurité.
Par exemple, le 3 mars 2024, des déplacé[Link] en provenance de divers camps dont le Lycée
Fritz Pierre-Louis et l’Ecole Don Direlan Dumerlain investissent les locaux du Ministère de
la Culture et de la Communication ;

171. Le 8 mars 2024, des déplacé[Link] investissent un des locaux du Ministère de l’Education
Nationale et de la Formation Professionnelle (MENFP) qui logeait le Bureau de Gestion de
l’Éducation Préscolaire (BUGEP), la Direction de Santé Scolaire (DGS), la Commission
d’Adaptation Scolaire et d’Appui Social (CASAS) ainsi que l’Unité d’informatique (UI) ;

172. Le 9 mars 2024, des déplacé[Link] en provenance des camps Daguesso LESPINASSE et
Ecole Municipale Carl Brouard se réfugient dans les locaux de la Faculté Linguistique
Appliquée (FLA) ;

173. Le 9 mars 2024, des victimes de l’insécurité prennent refuge dans les locaux de
l’Institut Bien-être Social et de Recherches (IBSR). Ils sont repoussés par des [Link] de la
PNH. Au cours des échauffourées qui s’en s’ont suivies, Alex ALEXANDRE, âgé de quatorze
(14) ans est tué et les déplacé[Link] sont contraints de quitter l’espace ;

174. Le 9 mars 2024, des dizaines de déplacé[Link] de l’insécurité investissent les locaux de
l’Office de la Protection du Citoyen (OPC) à Bourdon. Ces derniers sont chassés par des
[Link] de la PNH.

a) Création de nouveaux camps d’accueil des victimes de l’insécurité

175. Dans ce contexte où de nombreuses victimes de l’insécurité cherchent à se réfugier


ailleurs, de nouveaux sites d’accueil sont aussi créés. Le RNDDH en a dénombré huit (8)
dont cinq (5) établissements scolaires. Il s’agit :

Situation catastrophique des Droits Humains de janvier à mars 2024 : Le RNDDH tire la
sonnette d’alarme
RNDDH – Rapport/A24/No4-VF 19
• Du Ministère de la Culture et de la Communication
• De l’Ecole Nationale Argentine Bellegarde
• De l’Ecole Nationale Darius Denis
• De l’Ecole Nationale République du Colombie
• Du Nouveau local du Lycée Marie-Jeanne
• De l’Ecole Nationale République du Liberia
• De la Faculté Linguistique Appliquée
• De l’Annexe du Ministère de l’Education Nationale et de la Formation Professionnelle

VIII. SITUATION DES CENTRES HOSPITALIERS ET DE SANTE

176. Tous les centres hospitaliers et de santé contactés par le RNDDH affirment faire face
à des pénuries d’intrants, de carburant et d’oxygène. De plus, en raison de l’insécurité, les
déplacements sont limités et le personnel sanitaire ne se présente pas régulièrement sur
son lieu de travail. Les malades ne reçoivent donc pas les soins dont ils ont besoin. Les
exemples sont nombreux. En voici quelques-uns :

177. Dans le département du Nord-est : Les deux (2) pharmacies de l’Hôpital de Fort-Liberté
sont vides, il n’y a pas de médicaments. Le département sanitaire du Nord-Est n’est pas en
mesure d’approvisionner l’hôpital car ils sont également en manque. Le centre hospitalier
fait aussi face à une pénurie de carburant, ce qui empêche une alimentation constante en
énergie et malheureusement, l’argent rentré par l’hôpital est de loin suffisant pour couvrir
toutes les dépenses. De plus, le personnel ne perçoit pas régulièrement son salaire et les
arriérés s’accumulent ;

178. Dans le département de l’Ouest : les impacts de la crise sont graves sur l’Hôpital Notre
Dame de Petit-Goâve qui fait face à une carence en intrants, en médicaments et en
carburant. Certains membres du personnel de santé ne peuvent se rendre à leur lieu de
travail à cause de la présence des bandits armés à Martissant et à Mariani ;

179. A l’Hôpital de l’Université d’Etat d’Haïti (HUEH) à Port-au-Prince le personnel ainsi


que certains malades quittent les lieux au lendemain des assauts des bandits armés. Alors
que les responsables de ce centre hospitalier discutaient à la fin du mois de mars, en vue de
la reprise des activités pour le début du mois d’avril 2024, le 1er avril, les bandits reviennent
et investissent les locaux de l’HUEH ;

180. Tout au cours de la période du rapport, des hôpitaux, des centres de santé et des
pharmacies localisés dans le département de l’Ouest sont attaqués, vandalisés et incendiés.
De plus, au moins treize (13) hôpitaux et centres de santé sont rendus dysfonctionnels par
les bandits armés :

• Hôpital communautaire de Beudet


• Hôpital communautaire de Bon-Repos
• Hôpital Dash Delmas 18
• Hôpital Sanatorium de Port-au-Prince
• Hôpital Saint-François de Sales

Situation catastrophique des Droits Humains de janvier à mars 2024 : Le RNDDH tire la
sonnette d’alarme
RNDDH – Rapport/A24/No4-VF 20
• Hôpital Sainte-Catherine LABOURE
• Hôpital de l'Université d'État d'Haïti (HUEH)
• Centre de santé Aurore du Bel-Air
• Centre de santé de la Croix-des-Bouquets
• Centre de santé de Pernier
• Centre de santé Saint-Martin 1
• Centre de santé Saint-Martin 2
• Maternité Isaïe Jeanty de Chancerelles,

181. Dans le département du Nord : l’Hôpital Justinien du Cap-Haïtien manque de


carburant et de médicaments. Il fonctionne donc avec beaucoup de difficultés, ce qui réduit
ses capacités de répondre aux besoins de ses [Link]. La rareté des produits alimentaires
impacte aussi le fonctionnement dudit centre hospitalier ;

182. Dans le département du Sud-est : des médecins spécialistes de l’Hôpital Saint Michel
de Jacmel qui avaient l’habitude de s’y rendre régulièrement, en provenance de
Port-au-Prince, ne viennent plus. Les ruptures de stocks en matière d’intrants impactent
aussi le service médical offert. Aujourd’hui, des parents de malades sont eux-mêmes obligés
de se procurer les intrants ;

183. Les centres de santé de Marigot, Cayes-Jacmel, Belle Anse, La Vallée de Jacmel,
Bainet et Côtes-de-Fer fonctionnent aussi très mal, en raison de la situation sécuritaire du
pays et de leur non-alimentation en intrants ;

184. Dans le département de l’Artibonite : à l’Hôpital la Province de Morne Blanc, les


matériels et intrants qui devaient desservir les [Link] sont volés par les employé[Link] de
ce centre hospitalier. Conséquemment, les [Link] doivent tout payer. Par exemple, pour
un accouchement, une patiente doit fournir une fiche d’essence prouvant s’être procuré du
carburant pour avoir droit au service sollicité. Les [Link] sont aussi référés à des
pharmacies appartenant aux employé[Link] dudit centre hospitalier, pour l’achat des intrants.

185. Dans le reste du département de l’Artibonite, les centres de santé font face à un
manque d’intrants qu’il est impossible de leur acheminer en raison de la situation
sécuritaire.

IX. COMMENTAIRES ET RECOMMANDATIONS

186. De janvier à mars 2024, les actes attentatoires aux vies et aux biens ainsi que les actes
de violence perpétrés à l’encontre de la population haïtienne ont été nombreux :

• Au moins deux-cent-huit (208) personnes ont été tuées dont treize (13) policiers. Les
cadavres de cinquante-cinq (55) parmi ces victimes dont celui d’un (1) policier ont été
découverts à Port-au-Prince, Delmas et à Pétion-ville, par des riverains ;

• Au moins cinq (5) attaques armées ont été enregistrées à Beudet dans la
Croix-des-Bouquets, au Bel-Air, à La Saline, à Pernier et à Ganthier ;

Situation catastrophique des Droits Humains de janvier à mars 2024 : Le RNDDH tire la
sonnette d’alarme
RNDDH – Rapport/A24/No4-VF 21
• Au moins soixante-quatre (64) femmes et filles sont victimes de violences sexuelles
dont des viols collectifs, selon les données combinées du RNDDH et de Nègès Mawon,
et qui sont loin d’être exhaustives ;

• Au moins cent-cinquante-huit (158) personnes ont été blessées par balles à Port-au-
Prince ainsi que dans les communes avoisinantes, selon les données combinées de
certains centres hospitaliers et du RNDDH ;

• De nombreux cas d’enlèvements ont été enregistrés dont au moins quarante-huit (48)
ayant défrayé la chronique ;

• Au moins neuf (9) manifestations ont été sévèrement réprimées par des agents de la
PNH au cours desquelles au moins quatre (4) [Link] ont été tués et quinze
(15) personnes blessées parmi elles, huit (8) journalistes ; Trois (3) autres journalistes
ont aussi été touchés par l’insécurité dans des circonstances différents ;

• Quatre-vingt-trois (83) institutions et/ou entreprises privées et publiques ont été


attaquées, vandalisées et/ou incendiées à Port-au-Prince et dans les communes
avoisinantes, dont dix-neuf(19) postes de police et cinq (5) tribunaux de paix et un (1)
tribunal de première instance ;

• Au moins treize (13) postes de péage installés par les bandits armés, ont été recensés
pour la période couverte par ce rapport. Six (6) sont localisés dans les communes de
Port-au-Prince et de Cité Soleil, et les sept (7) autres sont installés sur ou non loin des
routes nationales 1,2,3, 5 et 8.

• De nombreuses maisons appartenant aux [Link] ont été pillées et incendiées à


Port-au-Prince et à Delmas notamment. Des milliers de victimes de l’insécurité qui se
trouvaient dans des camps ont dû se réfugier ailleurs et d’autres camps ont aussi vu
le jour.

• Deux (2) évasions de prisons, une (1) évasion d’un commissariat ainsi qu’une (1)
tentative d’évasion de prison ont été enregistrées. Cependant, aucun bilan n’a été à
date, dressé par les autorités pénitentiaires.

187. Depuis le 29 février 2024 particulièrement, sous prétexte que les coalitions de gangs
armés G-9 an Fanmi e Alye et G-pèp, regroupées autour d’une nouvelle fédération
dénommée Viv Ansanm mènent une révolution, les bandits armés tuent, violent et
kidnappent de nombreuses personnes, foulant au pied les droits à la vie, à la sécurité, à
l’intégrité physique et psychique de la population. Ils continuent d’extorquer la population
via leurs postes de péage violant ainsi le droit à la libre circulation de tous les Haï[Link]
sur le territoire national et entravant la circulation des biens et services. Ils attaquent,
pillent et incendient des entreprises et des institutions privées et étatiques ainsi que des
propriétés privées des [Link] violant les droits au développement et à la propriété
privée de la population et démontrant leur puissance et leur intouchabilité.

Situation catastrophique des Droits Humains de janvier à mars 2024 : Le RNDDH tire la
sonnette d’alarme
RNDDH – Rapport/A24/No4-VF 22
188. Le RNDDH réitère sa position selon laquelle les bandits armés qui sèment la terreur
et le deuil au sein de la population haïtienne n’auraient jamais pu être aussi puissants sans
les liens de connivence qu’ils entretiennent avec des autorités étatiques et une partie du
secteur privé des affaires et sans l’assurance de l’impunité dont ils ont la jouissance depuis
plusieurs années.

189. L’institution policière fait face depuis un certain temps à d’énormes difficultés.
Cependant, même en 2002-2004 lorsqu’elle était démobilisée et politisée sous la présidence
de Jean Bertrand ARISTIDE, la PNH n’avait pas atteint ce niveau de dysfonctionnement
causé par le manque de leadership de sa hiérarchie dont certains membres entretiennent
des liens de connivence avec des bandits armés et qui, ce faisant, mettent en danger la vie
des policiers.ères honnêtes et intègres qui n’ont jamais été impliqués dans la grande
criminalité et la corruption.

190. Parallèlement, les tribunaux ont été, au début de l’année 2024, la cible des bandits
armés. Par exemple, au moins cinq (5) tribunaux de paix et au moins un (1) tribunal de
première instance ont été attaqués, pillés et/ou incendiés dans les juridictions de la Croix-
des-Bouquets, de Fort-Liberté, de Petit-Goâve et de Port-au-Prince. D’autres sont rendus
dysfonctionnels à cause de l’insécurité comme dans les juridictions des Gonaïves et de
Saint-Marc.

191. De plus, depuis janvier 2024, les Cours et Tribunaux n’ont pas encore commencé à
travailler, les [Link], les greffiers.ères et les huissiers s’étant donné le mot pour
abuser de leur droit à la grève. En effet, à la grève des parquetiers.ères lancée le 20
novembre 2023 et levée le 11 décembre 2023 a succédé celle des greffiers.ères et des
huissiers, le 12 décembre 2023. Quatre (4) mois plus tard, cette grève dure encore. Donc,
depuis janvier 2024, c’est tout l’appareil judiciaire haïtien qui ne fonctionne pas, sans que
cela semble alerter les autorités judiciaires.

192. L’indifférence et l’atonie du Conseil Supérieur du Pouvoir Judiciaire (CSPJ) pour les
questions qui auraient dû retenir sa plus haute attention, affaiblissent encore plus le
pouvoir judiciaire haïtien. Et, depuis sa création, c’est la première fois que le CSPJ
démontre à ce point son incapacité à gérer le pouvoir judiciaire, violant ainsi les garanties
judiciaires de tous les [Link] et particulièrement de ceux et celles qui sont en
détention préventive illégale et arbitraire et attendent que la Justice se prononce sur
leur sort.

193. Les centres hospitaliers et de santé n’arrivent plus à fonctionner en raison de


l’insécurité, de leur non-alimentation en intrants et en raison des pénuries en carburant et
en médicaments. Pourtant, les autorités sanitaires ne se contentent que de dresser le bilan
des dégâts sans proposer aucune solution visant à assurer le respect et la réalisation du
droit à la santé des [Link] du pays.

194. Un Conseil Présidentiel de Transition (CPT) a été mis sur pied. Il attend d’entrer en
fonction pour qu’Ariel HENRY ne soit plus, avec son gouvernement démissionnaire, à la tête
du pays. Ce conseil est composé de plusieurs personnalités issues pour certaines de secteurs

Situation catastrophique des Droits Humains de janvier à mars 2024 : Le RNDDH tire la
sonnette d’alarme
RNDDH – Rapport/A24/No4-VF 23
qui n’inspirent pas confiance, en raison de leurs comportements passés ou présents. Un
accord politique a été produit. Il jette des balises pour le respect et la réalisation des Droits
du peuple haïtien et fournit les grandes lignes de la marche à suivre pour un retour à l’ordre
constitutionnel. Le RNDDH estime sur ce point que la population de son côté a pour devoir
de rester vigilante et de monitorer toutes les décisions et actions dudit Conseil en vue
d’éviter que les caisses de l’Etat soient pillées et que des actes de corruption ne soient
perpétrés.

195. Le premier trimestre de l’année 2024 a été catastrophique sur les plans du respect et
de la réalisation des Droits Humains. Mais, en réalité, depuis l’avènement, en 2021, du
premier ministre Ariel HENRY à la tête du pays, insécurité, impunité, banalisation de la vie,
gangstérisation du pays, etc. ont toujours constitué le quotidien du peuple haïtien.

196. La situation décrite dans ce document, aggravée par la violation du droit à la libre
circulation des biens et services, risque de déboucher sur une crise humanitaire sans
précédent, si aucune mesure n’est immédiatement adoptée.

197. Enfin, le RNDDH croit que de 1990 à 2024, jamais transition politique n’a aussi été
sanglante pour le peuple haïtien que celle dirigée par Ariel HENRY de concert avec la
coalition politique issue des accords des 11 septembre 2021 et 21 décembre 2022.

198. Fort de tout ce qui précède, le Réseau National de Défense des Droits Humains
(RNDDH) recommande :

199. Au Conseil Supérieur du Pouvoir Judiciaire (CSPJ)

• De trouver rapidement une entente en vue de mettre fin à la grève illimitée des
greffiers.ères et des huissiers, pour une reprise immédiate des activités dans les Cours
et Tribunaux du pays ;

200. Au Conseil Présidentiel de Transition (CPT)

• D’opérer des changements, dès son entrée en fonction, dans la chaine de sécurité en
Haïti ;

• De limoger le directeur général de la PNH, Frantz ELBE pour incompétence


caractérisée ;

• De rétablir les conditions adéquates de sécurité en vue de permettre aux déplacé[Link]


de l’insécurité de retourner chez eux ;

• De mettre en œuvre des programmes psycho-socio-économiques en faveur des victimes


de l’insécurité ;

Situation catastrophique des Droits Humains de janvier à mars 2024 : Le RNDDH tire la
sonnette d’alarme
RNDDH – Rapport/A24/No4-VF 24
• De gérer les ressources de l’Etat de manière à ce qu’elles ne continuent plus à
alimenter les gangs armés, comme cela est remarqué depuis l’avènement du premier
ministre de facto Ariel HENRY au pouvoir ;

• De s’engager à lutter contre la corruption et exiger des audits financiers pour la


période allant de juillet 2021 à 2024, du Palais national et de la Primature d’une part ;
du Ministère de l’Intérieur et des Collectivités Territoriales, du Ministère de la
Planification et de la Coopération Externe et du Ministère des Travaux Publics et de
la Communication d’autre part ; et enfin de l’Office National d’Assurance Vieillesse
(ONA), de l’Autorité Aéroportuaire Nationale (AAN) et de l’Office Nationale de
l’Aviation Civile (OFNAC).

Situation catastrophique des Droits Humains de janvier à mars 2024 : Le RNDDH tire la
sonnette d’alarme
RNDDH – Rapport/A24/No4-VF 25

Vous aimerez peut-être aussi