Formules de Taylor et développements limités
Emmanuel Vieillard-Baron1 , Alain Soyeur2 , and François Capaces3
1
Enseignant en CPGE, Lycée Kléber, Strasbourg
2
Enseignant en CPGE, Lycée Pierre de Fermat, Toulouse
3
,,
11 août 2023
1 Formules de Taylor et développements limités
Toute la théorie des développements limités et les formules de Taylor.
Pour bien aborder ce chapitre
On a mis en évidence dans le chapitre précédent les formules de Taylor. Celle de Taylor-Young,
en particulier, permet d’approximer dans un voisinage d’un point donné, à la précision voulue, une
fonction par un polynôme. Cette approximation, comme nous l’avons expliqué, sera d’un grand
intérêt pour connaître localement le comportement d’une fonction. Le problème est cependant de
déterminer le polynôme de Taylor. En effet, à l’exception de quelques fonctions simples, la formule
1
de Taylor-Young, pour être appliquée, demande de connaître les différentes dérivées de la fonction
étudiée et celles-ci, en général, sont difficiles à calculer.
Pour répondre à ce problème, nous allons introduire dans ce chapitre différentes techniques qui
permettront, à partir des polynômes de Taylor des fonctions usuelles, de calculer le polynôme de
Taylor pour une large classe de fonctions.
1.1 Développements limités
Dans tout ce chapitre, I désigne un intervalle de R non trivial (non vide et non réduit à un
point).
1.1.1 Définitions
Définition 0.1 Développement limité
Soient une fonction f : I → R et un point adhérent x0 ∈ I. Soit n ∈ N. On dit que f admet un
développement limité à l’ordre n au voisinage de x0 s’il existe un polynôme P de degré 6 n, une
fonction ε : I → R vérifiant ε (x) −−−−→ 0 tels que
x→x0
n
∀x ∈ I, f (x) = P (x) + (x − x0 ) ε (x)
— Le polynôme P est appelé partie régulière ou partie principale du développement limité de
f en x0 .
n
— La fonction x 7→ (x − x0 ) ε (x) est appelée reste du développement limité de f en x0 .
Remarque 0.1
— Avec les notations précédentes,
(x − x0 )n ε (x) = o ((x − x0 )n )
x→x0
— Par le changement de variable
(
h = x − x0 si x0 ∈ Rh = 1/x
si x0 = ±∞
on peut toujours se ramener à un développement limité en x0 = 0.
✞ ☎
On se limitera désormais à l’étude des développements limités en 0
✝ ✆
1.1.2 DL fondamental
1
Théorème 0.1 DL de
1−x
La fonction (
R \ {1}
−→ Rx
f: 1
7−→
1−x
admet, pour tout n ∈ N un DL à l’ordre n en 0 et on a
1
∀x ∈ R \ {1} , = 1 + x + x2 + · · · + xn + o (xn )
1−x x→0
Démonstration Soit x ∈ R \ {1}. On a, par application de la formule donnant la somme des n
premiers termes d’une suite géométrique
1 1 − xn+1 xn+1 xn+1
= + = 1 + x + x2 + · · · + xn +
1−x 1−x 1−x 1−x
xn+1 x x 1
mais = xn et −−−→ 0 et donc : = 1 + x + x2 + · · · + xn + o (xn ).
1−x 1−x 1 − x x→0 1−x x→0
Corollaire 0.2
1 1
= 1 − x + x2 − · · · + (−1)n xn + o (xn ) et 2
= 1 + x2 + x4 · · · + x2n + o x2n
1+x x→0 1−x x→0
Démonstration Il suffit de remplacer, dans la formule précédente, x par −x pour obtenir la première
formule ou de remplacer x par x2 pour obtenir la seconde.
1.1.3 Propriétés
Proposition 0.3 Unicité du DL
Soit une fonction f admettant un DL d’ordre n en 0. Alors la partie régulière du DL d’ordre n
en 0 de f est unique. Autrement dit, s’il existe des polynômes de degré n P1 et P2 tels que
f (x) = P1 (x) + o (xn ) = P2 (x) + o (xn )
x→0 x→0
alors P1 = P2 .
Démonstration Notons P1 = a0 + a1 x + · · · + an xn et P2 = b0 + b1 x + · · · + bn xn . Il existe donc
une fonction ε : I → R telle que, pour tout x ∈ I, P1 (x) − P2 (x) = xn ε (x) et ε (x) −−−→ 0. On peut
x→0
ainsi écrire
(a0 − b0 ) + (a1 − b1 ) x + · · · + (an − bn ) xn = xn ε (x)
En passant à la limite lorsque x → 0 dans cette égalité, on obtient a0 − b0 = 0 et donc a0 = b0 . On a
donc
(a1 − b1 ) + · · · + (an − bn ) xn−1 = xn−1 ε (x)
En appliquant ce procédé n − 1 fois, on prouve que a1 = b1 , ..., an = bn et donc que P1 = P2 .
Proposition 0.4 Troncature d’un DL
Soit une fonction f admettant un DL à l’ordre n en 0. Soit un entier naturel p 6 n. Alors f admet
un DL à l’ordre p en 0 et celui ci est obtenu en ne gardant que les termes de degré inférieur à p
dans la partie principale.
Démonstration Comme f admet un développement limité à l’ordre n en 0, il existe P = a0 +
a1 x + · · · + an xn ∈ Rn [X] et ε : I → R telle que ε (x) −−−→ 0 et f (x) = P (x) + xn ε (x). Par conséquent
x→0
p p+1
f (x) = a0 + a1 x + · · · + ap x + ap+1 x + · · · + an xn + xn ε (x)
= a0 + a1 x + · · · + ap x p + x p ap+1 x + · · · + an xn−p + xn−p ε (x) = a0 + a1 x + · · · + ap xp + xp ε1 (x)
où ε1 (x) = ap+1 x + · · · + an xn−p + xn−p ε (x) vérifie bien, par opération sur les limites ε1 (x) −−−→ 0.
x→0
Proposition 0.5 Utilisation de la parité
Soit une fonction f admettant un DL d’ordre n en 0. Si f est paire (impaire) sur un voisinage
symétrique de 0, alors la partie principale de son DL à l’ordre n en 0 ne contient que des puissances
paires (impaires).
Démonstration Effectuons la démonstration dans le cas où f est paire. Le cas impair se démontre
de la même façon. Comme la fonction f est paire, on a ∀x ∈ R, f (x) = f (−x). Si f (x) = a0 +
a1 x + · · · + an xn + o (xn ) alors f (−x) = a0 − a1 x + · · · + an (−1)n xn + o (xn ). Par unicité du
x→0 x→0
développement limité de f en 0 à l’ordre n, on a donc, pour tout k ∈ J1, nK impair ak = −ak ce qui
n’est possible que si ak = 0.
1.1.4 DL et régularité
Théorème 0.6 DL et dérivabilité
Soit une fonction f : I →
7 R définie sur ]0, α]. On suppose que
1. La fonction f admet un DL à l’ordre 1 en 0 f (x) = a0 + a1 x + o (x)
x→0
Alors la fonction f se prolonge en une fonction
[0, α] −→ R
(
e
f: f (x) si x 6= 0a0
x
7−→
si x = 0
dérivable en 0 avec fe′ (0) = a1 .
Démonstration Puisque pour x 6= 0, fe(x) = a0 + a1 x + xε(x) −−−→ a0 = fe(0), la fonction fe est
x→0
continue en 0. Le taux d’accroissement de fe en 0 s’écrit pour x 6= 0,
fe(x) − fe(0) a1 x + xε(x)
= = a1 + ε(x) −−−→ a1
x−0 x x→0
ce qui montre que fe est dérivable en 0 avec fe′ (0) = a1 .
Théorème 0.7 Une fonction C n admet un DL d’ordre n
Soit f : I 7→ R une fonction définie sur un intervalle avec 0 ∈ I. On suppose que
1. f ∈ C [ (n)]I
Alors la fonction f admet un développement limité en 0 à l’ordre n donné par
f ′′ (0) 2 f (n) (0) n
f (x) = f (0) + f ′ (0)x + x + ··· + x + o (xn )
2! n! x→0
Démonstration C’est la formule de Taylor-Young (?? page ??)
Remarque 0.2 Cette formule permet de justifier l’existence d’un développement limité. Elle
a donc un intérêt théorique. Pour calculer effectivement les coefficients de ce DL à l’aide de cette
formule, il faut pouvoir calculer les dérivées successives de la fonction en 0 ce qui n’est possible
que pour des fonctions simples.
Remarque 0.3 La réciproque du théorème précédent est fausse comme le montre l’exemple
fondamental suivant. Soit n > 2. Considérons la fonction
R −→ (
R
f: xn+1 sin(1/xn ) si x 6= 00
x −
7 →
si x = 0
Cette fonction admet un développement limité à l’ordre n en 0 puisque
f (x) = 0 + 0x + · · · + 0xn + xn ε(x)
où ε(x) = xn sin(1/xn ) pour x 6= 0, avec |ε(x)| 6 |x|n −−−→ 0. La fonction f est bien continue en
x→0
0 puisque f (x) −−−→ 0 = f (0). Elle est également dérivable en 0 puisque |f (x)/x| 6 |x|n −−−→ 0.
x→0 x→0
Elle est dérivable en x 6= 0 avec
f ′ (x) = (n + 1)xn sin(1/xn ) − n cos(1/xn )
et f ′ n’admet pas de limite lorsque x → 0 ce qui montre que f n’est pas de classe C 1 sur R.
William Young, né à Londres le 20 octobre 1863, mort à Lausanne le 7 juillet 1942
Mathématicien Anglais. William
Young, issu de parents épiciers, montre dès le primaire un fort potentiel pour les mathématiques à
tel point que le directeur de son école, Edwin A. Abott, auteur d’un célèbre livre de mathématiques,
Flatland˝, l’encourage à poursuivre ses études dans cette direction. Young entre à l’université de
Cambridge en 1881. Il est assez probable qu’il ne se serait pas intéressé à la recherche s’il n’avait pas
rencontré sa futur femme, Grace Chisholm, elle-même tout juste docteur en mathématiques suite à
une thèse avec Félix Klein. Young s’est intéressé à la théorie des fonctions réelles et a découvert,
de manière indépendante de Lebesgue et avec un autre formalisme, la théorie d’intégration dite de
Lebesgue, qui généralise celle de Riemann. Il s’est intéressé aux séries de Fourier et aux séries
orthogonales. Sa contribution majeure est sans doute celle apportée au calcul différentiel pour les
fonctions à plusieurs variables qui inspira de nombreux livres d’enseignement consacrés à ce sujet.
Young fit de nombreux voyages et visita de nombreuses universités en Europe, Amériques, Asie et
Afrique. En 1940, alors que la seconde guerre mondial a éclaté, il se retrouve coincé à Lausanne et
ne peut rejoindre sa femme et ses cing enfants. Il passa ainsi les deux dernières années de sa vie
dans la détresse de cette séparation.
1.2 Développement limité des fonctions usuelles
1.2.1 Utilisation de la formule de Taylor-Young
Proposition 0.8 DL classiques à partir de Taylor-Young
On obtient les DL classiques suivants en 0 en calculant les dérivées successives en 0 et en appliquant
la formule de Taylor-Young.
— Fonctions exponentielle et hyperboliques :
x2 x3 xn
ex = 1+x+ + + ··· + + o (xn )
2! 3! n! x→0
x2 x4 x2n
ch x = 1+ + + ··· + + o x2n+1
2! 4! (2n)! x→0
x3 x5 x2n+1
sh x = x + + + ··· + + o x2n+2
3! 5! (2n + 1)! x→0
— Fonctions trigonométriques :
x2 x4 n x
2n
cos x = 1− + − · · · + (−1) + o x2n+1
2! 4! (2n)! x→0
x3 x5 x2n+1
sin x = x− + − · · · + (−1)n + o x2n+2
3! 5! (2n + 1)! x→0
— Fonction logarithme :
x2 x3 n+1 x
n
x2 x3 xn
ln (1 + x) = x− + − · · · + (−1) + o (xn ) ln (1 − x) = − x + + + ···+ + o (xn )
2 3 n x→0 2 3 n x→0
— Fonction x 7→ (1 + x)α avec α ∈ R :
α α (α − 1) · · · (α − n + 1) n
(1 + x) = 1 + αx + · · · + x + o (xn )
n! x→0
1
Remarque 0.4 Cette dernière formule appliquée à α = et n = 2 donne
2
√ x x2
1+x= 1+ − + o x2
2 8 x→0
√ x x2
1−x= 1− − + o x2
2 8 x→0
Remarque 0.5 Parmi ces DLs certains s’obtiennent de manière plus rapide qu’en appliquant
la formule de Taylor-Young grâce aux théorèmes que nous allons maintenant introduire.
1.3 Opérations sur les développements limités
1.3.1 Combinaison linéaire et produit
Proposition 0.9 Combinaison linéaire et produit de DLs
Soient deux fonctions f et g réelles définies sur I admettant en 0 des DL d’ordre n
∀x ∈ I, f (x) = P (x) + o (xn ) et g (x) = Q (x) + o (xn )
x→0 x→0
où P et Q sont des polynômes réels de degré n. Soient (α, β) ∈ R[2]. Les fonctions αf + βg et
f × g admettent des Dl d’ordre n en 0 et ces DLs sont donnés par, pour tout x ∈ I
(αf + βg) (x) = (αP + βQ) (x) + o (xn )
x→0
(f × g) (x) = R (x) + o (xn )
x→0
où R (x) est égal au produit P (x) Q (x) auquel on a retiré tous les termes de degré > n.
Démonstration Pour i = 1, 2, il existe des fonctions εi : I → R telles que f (x) = P (x) + xn ε1 (x),
n
g (x) = Q (x) + x ε2 (x) et εi (x) −−−→ 0.
x→0
— On a donc :
αf (x) + βg (x) = αP (x) + βQ (x) + xn (αε1 (x) + βε2 (x)) = αP (x) + βQ (x) + xn ε (x)
avec ε (x) = αε1 (x)+βε2 (x) −−−→ 0 par opérations sur les limites. Par conséquent αf +βg admet
x→0
un développement limité à l’ordre n en 0 de partie régulière αP + βQ.
— Pour le produit,
f (x) g (x) = P (x) Q (x) + xn Q (x) ε1 (x) + xn P (x) ε2 (x) + x2n ε1 (x) ε2 (x)
= R (x) + xn (xS (x) + Q (x) ε1 (x) + P (x) ε2 (x) + xn ε1 (x)ε2 (x)) = R (x) + xn ε (x)
où
— R est un polynôme de degré n et S un polynôme de degré n − 1 tels que P (x) Q (x) =
R (x) + xn+1 S (x)
— ε (x) = xS (x)+Q (x) ε1 (x)+P (x) ε2 (x)+xn ε1 (x)ε2 (x) −−−→ 0 par opération sur les limites.
x→0
1.3.2 Composée
Proposition 0.10 Composée de DLs
Soient deux fonctions f et g définies au voisinage de 0. On suppose que
1. La fonction f admet un DL d’ordre n en 0, f (x) = F (x) + o (xn ) où F est un
x→0
polynôme de degré n.
2. La fonction g admet un DL d’ordre n en 0, g (x) = G (x) + o (xn ) où G est un
x→0
polynôme de degré n.
3. f (x) −−−→ 0 .
x→0
Alors la fonction composée g ◦ f admet un DL d’ordre n en 0 de partie régulière obtenue en
ne gardant que les termes de degré 6 n dans le polynôme G ◦ F .
Démonstration Admise
1.3.3 Quotient
Proposition 0.11
Soit une fonction u définie au voisinage de 0. On suppose que
1. lim u (x) = 0
x→0
2. u admet un DL d’ordre n en 0 de partie régulière un polynôme P .
1
Alors la fonction x 7→ admet un DL d’ordre n en 0 de partie régulière obtenue en
1 − u (x)
ne gardant que les termes de degré inférieur à n dans le polynôme 1 + P + P 2 + · · · + P n .
Démonstration Appliquer le théorème de composition de DL à la fonction définie par g(y) =
1/(1 − y) (qui admet un DL à tout ordre) et à la fonction f = u.
Proposition 0.12 Quotient de DLs
Soient deux fonctions f et g définies au voisinage de 0. On suppose que
1. Les fonctions f et g admettent des DL d’ordre n en 0.
2. g(x) −−−→ ℓ 6= 0.
x→0
f
alors la fonction admet un DL d’ordre n en 0.
g
Démonstration Puisque ℓ 6= 0, nous pouvons écrire pour x ∈ I,
f (x) f (x) 1 f (x)
= =
g(x) g(x) ℓ 1 − u(x)
ℓ
ℓ
où u(x) = 1 − g(x)/ℓ. La fonction u admet un développement limité à l’ordre n (combinaison linéaire
de DL) et u(x) −−−→ 0. Il suffit d’appliquer la proposition précédente.
x→0
Ce théorème permet de déterminer les DLs suivants :
1
Plan 0.1 : Pour calculer le DL à l’or de n de
g
On suppose que g (x) = 1 + a1 x + · · · + an xn + o (xn ). Alors :
x→0
1 1
= avec u = − a1 x + · · · + an xn + o (xn )
g (x) 1−u x→0
= 1 + u + u + · · · + u + o (un ) = 1 − (a1 x + · · · + an xn ) + (a1 x + · · · + an xn )2 + · · · +
2 n
x→0
qu’on développe et tronque en ne gardant que les termes de degré 6 n.
Corollaire 0.13
On a :
x3 2x5 x3 2x5
tan x = x+ + + o x6 tanh x = x− + + o x6
3 15 x→0 3 15 x→0
1.3.4 Développement limité d’une primitive
Théorème 0.14 Primitivation d’un DL
Soit I un intervalle de R tel que 0 ∈ I et f : I → R. On suppose que
1. la fonction f est dérivable sur l’intervalle I.
2. la fonction f ′ admet un DL d’ordre n en 0, ∀x ∈ I, f ′ (x) =
P ′ (x)
z }| {
a0 + a1 x + . . . + an xn + o (xn )
x→0
3. f (x) −−−→ l ∈ R.
x→0
alors la fonction f admet un DL d’ordre n + 1 en 0 obtenu en primitivant la partie régulière
du DL de f ′ et en ajoutant la limite de f en 0 :
a1 an n+1
∀x ∈ I, f (x) = l + a0 x + x2 + . . . + x + o xn+1
2 n+1 x→0
| {z }
P (x)
Démonstration
Pour fixer les idées,
supposons que I =]0, α[. Posons, pour tout x ∈ I, F (x) =
x2 xn+1
f (x) − a0 x + a1 + · · · + an et F (0) = l. La fonction F ainsi définie est continue sur [0, α[ et
2 n+1
dérivable sur ]0, α[ avec
∀x ∈]0, α[, F ′ (x) = f ′ (x) − (a0 + a1 x + . . . + an xn ) = o (xn ) = xn εe (x)
x→0
où εe (x) −−−→ 0. Soit x ∈]0, α[. La fonction F est continue sur [0, x], dérivable sur ]0, x[. D’après le
x→0
théorème des accroissements finis, il existe θ (x) ∈ ]0, 1[ tel que F (x) − F (0) = xF ′ (θ(x)x). On a alors
x2 xn+1
f (x) − l − a0 x + a1 + · · · + an = xn+1 (θ(x))n ˜ε (θ(x)x) = o xn+1
2 n+1 | {z } x→0
=ε(x)
En effet, par composée de limites, ε(x) −−−→ 0.
x→0
Ce théorème permet de déterminer les DLs suivants :
Corollaire 0.15
x2 x3 xn
ln (1 + x) = x− + − · · · + (−1)n+1 + o (xn )
2 3 n x→0
x3 x5 n x
2n+1
arctan x = x− + − · · · + (−1) + o x2n+2
3 5 2n + 1 x→0
x3 x5 x2n+1
argth x = x+ + + ···+ + o x2n+2
3 5 2n + 1 x→0
1 x3 1 · 3 x5 1 · 3 · 5 x7
arcsin x = x+ + + + · · · + o x2n+2
2 3 2·4 5 2·4·6 7 x→0
1 x3 1 · 3 x5 1 · 3 · 5 x7 n π 1 x3 1 · 3 x5 1·3·5
argsh x = x− + − + · · · + (−1) o x2n+2 arccos x = −x− − −
2 3 2·4 5 2·4·6 7 x→0 2 2 3 2·4 5 2·4·6
π
Remarque 0.6 Le dernier s’obtient en remarquant que arccos x = − arcsin x.
2
Remarque 0.7 Attention : On peut primitiver les DL mais pas les dériver. L’existence d’un
DL à l’ordre n pour une fonction f dérivable n’implique pas toujours l’existence d’un DL à l’ordre
n − 1 pour la fonction f ′ . Pour s’en convaincre, reprendre l’exemple 0.3 page 5 où la fonction f
possède un DL à l’ordre n > 2, alors que f ′ n’était pas continue en 0 donc ne possédait même pas
un DL à l’ordre 0 !
On peut tout de même dériver des DL dans certains cas, mais il faut le justifier en utilisant les
propriétés du cours.
Exemple 0.1 On suppose que
1. la fonction f est de classe C n sur I.
Alors la fonction f ′ admet un DL à l’ordre (n − 1) sur I de partie principale le polynôme P ′ où
P est la partie principale du DL de f . C’est une conséquence de la formule de Taylor-Young.
I =] − π/2, π/2[ −→ Rx
Exemple 0.2 Considérons la fonction f : . Elle est dérivable
7−→ tan x
sur I et vérifie une équation différentielle.
∀x ∈ I, f ′ (x) = 1 + f 2 (x)
Utilisons cette équation différentielle pour déterminer le DL à l’ordre 5 de f en 0.
— Puisque f est de classe C 5 sur I, d’après Taylor-Young, elle possède un DL à l’ordre 5 en 0.
De plus, comme f est impaire, on peut écrire
f (x) = a1 x + a3 x3 + a5 x5 + o x5
x→0
— Par opérations algébriques sur les développements limités et en utilisant l’équation différen-
tielle, la fonction f ′ admet donc un DL en zéro à l’ordre 4 donné par
h i2 h i
f ′ (x) = 1+x2 a1 + a3 x2 + o x2 = 1+x2 a21 + 2a1 a3 x2 + o x2 = 1+a21 x2 +2a1 a3 x4 + o x4
x→0 x→0 x→0
— Par primitivation de DL et puisque f (0) = 0, on obtient que
a21 3 2a1 a3 5
f (x) = x + x + x + o x5
3 5 x→0
— Par unicité du DL de f , on en tire que a1 = 1, a21 /3 = a3 et 2a1 a3 /5 = a5 d’où par résolution
de ce système, a1 = 1, a3 = 1/3 et a5 = 2/15.
L’intérêt des développements limités est essentiellement pratique. Il faut savoir calculer rapide-
ment des développements limités simples. Vous pouvez consulter maintenant l’appendice ?? page ??
pour apprendre à calculer efficacement les DL et étudier leurs applications en analyse.
En résumé
1. Les calculs de développements limités sont avant tout des calculs sur les polynômes. Afin
d’être efficace dans ces derniers, une lecture du paragraphe ?? page ?? s’impose.
2. Pour apprendre à prévoir l’ordre d’un développement limité et savoir les utiliser pour déter-
miner des équivalents ou des limites on pourra consulter le paragraphe ?? page ??.
3. Vous devrez prendre de l’aisance dans les calculs de développements limités, il serviront sou-
vent aussi il conviendra de les manipuler avec efficacité et sûreté, ce qui demande au départ
de pratiquer un assez grand nombre d’exercices calculatoires.
10. Suites
réelles
6. Courbes
Planes équivalents
12. Déri-
des suites vabilité
Étude locale 14. Dévelop Développement
- pements limité à
l’ordre 1
limités
Développement
limité à
l’infini Décomposition
équivalents en éléments
des fonctions simples
Asymptoptes
Somme
des résidus
22. Frac-
11. Fonc- tions ra-
tions d’une tionnelles
variable
réelle
Références