Revue des Energies Renouvelables Vol.
15 N°1 (2012) 13 – 28
Contribution à l’étude d’une pile à combustible de type PEMFC
utilisée pour la production d’énergie électrique verte
M. Belatel *, F.Z. Aissous et F. Ferhat
Laboratoire d’Electrotechnique de Constantine, ‘LEC’
Faculté des Sciences de l’Ingénieur, Université Mentouri
Route Ain El Bey, Constantine, Algérie
(reçu le 05 Octobre 2010 – accepté le 28 Mars 2012)
Résumé - La recherche de nouvelles sources d’énergie sera probablement la
préoccupation majeure des chercheurs dans le futur. Dans ce contexte, notre étude porte
essentiellement sur la modélisation en 2D/3D d’une pile à combustible à membrane
échangeuse de protons PEMFC utilisée pour la production d’énergie électrique verte. Un
modèle électrochimique stationnaire avec une géométrie plane est adopté. Le système
d’équations obtenu est résolu et le programme numérique est réalisé sous Matlab®. En
vue de fournir les résultats les plus objectifs possibles, nous avons recensées les
différentes sources d’incertitudes expérimentales dans l’analyse des données. Des
interactions entre facteurs sont aussi décelées, tel que l’influence de la température, la
pression sur la tension, le rendement et la puissance.
Abstract - The search for new sources of energy will be probably the major concern of
researchers in the future. In this way, our study concentrates on 2D/3D modeling of a fuel
cell proton exchange membrane PEMFC used for the production of green electricity. The
system of equations is solved and the numerical program was made with Matlab®
software. To provide the most objective results possible, we have identified the different
sources of uncertainty, experimental and data analysis. Interactions between factors were
also detected, as the influence of temperature, pressure on the voltage, the efficiency and
the power.
Mots clés: Pile à combustible ‘PEMFC’ - Energie électrique verte.
1. INTRODUCTION
L’énergie a une importance telle que nous en sommes devenus dépendants.
L’économie de plusieurs pays producteurs de pétrole est basée sur les hydrocarbures,
alors que ceux-ci tendent à disparaître. Il est donc devenu indispensable de trouver une
source d’énergie alternative.
Mais comment remplacer cette source d’énergie fossile par une nouvelle plus propre
et plus efficace ? Parmi les solutions: l’énergie solaire (thermique et photovoltaïque),
l’énergie éolienne, l’énergie hydraulique, l’énergie de la biomasse, la géothermie et vu
les préoccupations liées à la consommation globale d’énergie, électrique en particulier,
et aux contraintes environnementales, une nouvelle méthode de conversion d’énergie
s’impose: la pile à combustible.
Elle apparaît comme l’un des moyens de production d’énergie pour le futur,
appropriée aux énergies renouvelables, parce qu’elle ne produit pas de polluants
lorsqu’elle est alimentée par de l’hydrogène pur. Les recherches sont essentiellement
*
belatelmimi2002@[Link]
13
14 M. Belatel et al.
concentrées sur le développement de nouveaux matériaux et pour une moindre part, sur
des études de modélisation et de développement de systèmes complets [1].
Les piles à combustible, plus généralement, la filière hydrogène, est un moyen
intéressant de valoriser l’énergie chimique contenue dans divers combustibles, avec un
très bon rendement, sous la forme noble d’énergie électrique. Aujourd'hui, la pile à
combustible a atteint une maturité technique la rendant opérationnelle dans deux
domaines d'applications: les transports où elle permet des autonomies de plusieurs
centaines de kilomètres et la production combinée d'électricité et de chaleur, encore
appelée cogénération [2].
2. AVENTURE DES PILES A COMBUSTIBLE
Les chercheurs parlent souvent des piles à combustible comme étant une technologie
nouvelle, mais d’après [3], son invention remonte au XIXème siècle et généralement
attribuée à Sir William Grove. Celui-ci a expérimenté une cellule hydrogène – oxygène
(Fig. 1) constituée d’électrodes de platine et d’un électrolyte d’acide sulfurique.
Fig. 1: Expérience de Sir W. Grove en 1839
Ce fut cependant Christian Friedrich Schönbein qui observe le principe des piles à
combustible en travaillant sur l’électrolyse. Dans son expérience, il utilisait un tube en
U avec deux électrodes en platine. Grâce à un courant électrique, il parvient à obtenir de
l’hydrogène et de l’oxygène. En coupant ce courant, il constata que ces gaz donnaient
lieu à un courant électrique de sens inverse.
Le principe de l’électrolyse quant à lui, ayant été découvert dès 1806 par Sir
Humphry Davy, obtenant de l’hydrogène et de l’oxygène à partir d’eau distillée dans
des appareils en argent. Après quelques améliorations apportées à cette expérience,
celle-ci tombe presque dans l’oubli dans cette période au profit des machines
thermiques, des accumulateurs et des piles électriques.
En 1889, avec L. Mond et C. Langer, des perfectionnements notamment avec
l’introduction de catalyseurs en platine ou d’électrolytes pouvant être contenus dans des
matrices poreuses en plâtre et en amiante, ils baptisent cette technologie: pile à
combustible.
En 1921, E. Baur met en évidence l'importance de la cinétique, il met au point une
cellule fonctionnant à haute température (1000 °C), avec une anode de carbone, de
l'oxyde de fer comme cathode, et des carbonates alcalins comme électrolytes. Mais
c’est en 1956 que F.T. Bacon et J.S. Frost démontrent la faisabilité d’un groupe de
Contribution à l’étude d’une pile à combustible de type PEMFC utilisée pour la… 15
puissance de 6 kW qui engendre une certaine effervescence surtout dans le secteur de la
recherche spatiale, où des réalisations technologiques des piles sont effectuées par la
NASA.
Des applications dans des programmes de la marine ont aussi vu le jour où une pile
de 20 kW fut utilisée dans un sous-marin au milieu des années 60. Les premiers pas
dans des applications embarquées des piles à combustible dans des véhicules furent
réalisés aux Etats Unis grâce à la construction d’un tracteur électrique avec une pile de
type AFC de 15 kW en 1960, et puis en 1966, avec une pile de type AFC de 6 kW.
La décennie 70 a essentiellement vu le développement et l’amélioration des
différents composants constituant la pile à combustible et ses périphériques. De
nombreux travaux sont alors menés pour l’emploi du méthanol, de l’essence, du gaz
naturel et de l’éthanol comme combustible pour les véhicules à pile embarqués, ainsi
que du charbon, d’hydrocarbures légers pour la fabrication d’hydrogène par reformage
pour des applications stationnaires.
En 1977, une installation de 01 MW est mise en place à New York. La décennie 80
a vu s’intensifier une activité de recherche et de développement où la firme Canadienne
Ballard a été créée en 1987. Cette dernière, ayant fortement contribuée au
développement des piles PEM, est aujourd’hui leader dans le domaine de la pile à
combustible. Parallèlement en Europe, on n’y croit pas trop et les travaux de recherches
ralentissent.
C’est vers le début des années 90 que renaît l’intérêt pour les piles à combustible.
Plusieurs prototypes de véhicules électriques et installations stationnaires voient le jour.
Aujourd’hui les industriels considèrent la pile à combustible comme une alternative
attrayante aux sources d’énergies classiques. En effet, plusieurs études technico-
économiques ont apporté des éclairages sur le potentiel de chacune des techniques de
piles à combustible comparées aux moyens classiques que sont les moteurs thermiques
et les turbines à gaz en cogénération.
Au terme de ces études, il se confirme principalement que l’hypothèse qui pèse sur
l’avenir des piles à combustible est la capacité des constructeurs à baisser les coûts de
production et a améliorer leur durée de vie.
3. PRINCIPE DE FONCTIONNEMENT
Le principe de la pile à combustible a été démontré par l’Anglais William Grove, en
1839, le processus peut être décrit comme l’inverse de l’électrolyse de l’eau. En fait, il
s’agit d’une combustion électrochimique contrôlée d’hydrogène et d’oxygène, avec
production simultanée d’électricité, d’eau et de chaleur, selon une réaction chimique
globale:
2 H2 + O2 → 2 H 2O + électricité + chaleur (1)
Une PAC est un assemblage de cellules élémentaires, comprenant deux électrodes
(l’anode et la cathode) chargées en catalyseur (le plus souvent du platine), séparées par
un électrolyte, dont le rôle est de permettre la migration des ions d’une électrode à
l’autre, sous l’effet du champ électrique créé.
- L’anode: (où se passe l’oxydation) est alimentée en combustible (H2, CH3OH,…),
selon la réaction d’oxydation suivante:
16 M. Belatel et al.
2 H2 → 4 H + + 4 e− (2)
- La cathode: (où se passe la réduction) est alimentée en comburant (O2, air,…),
selon la réaction de réduction suivante:
O2 + 4 H + + 4 e− → 2 H 2O (3)
- Le catalyseur: pour que les deux demi-réactions soient possibles, il faut un
catalyseur (c’est-à-dire un composé capable d’augmenter la vitesse de réaction, sans être
consommé par lui-même). Afin que le catalyseur puisse travailler efficacement, la
création de zones actives doit être assurée. Ces zones mettent en présence à la fois le
gaz réactif, les électrons, les protons et le catalyseur, cela se réalise au niveau de
l’interface électrode-électrolyte.
Fig. 2: Principe de fonctionnement d’une pile à combustible
La pile à combustible (PAC) est un système de production d’énergie renouvelable
qui possède de nombreux avantages. Par exemple, une pile à combustible à membrane
échangeuse de proton (PEMFC) ou pile à hydrogène qui utilise de l’hydrogène comme
combustible, et de l’oxygène comme comburant, le déchet obtenu est de l’eau [4].
Tableau 1: Différentes technologies des piles à combustible
Description PEMFC SOFT MCFC AFC PAFC DMFC
H2, CH4, H2, CH4,
Gaz à l’anode Hydrogène Gaz de Gaz de Hydrogène Hydrogène Méthanol
synthèse synthèse
Gaz à la cathode Oxygène Oxygène Oxygène Oxygène Oxygène Oxygène
Carbonate Hydroxyde
Membrane Acide Membrane
Electrolyte Céramique de métaux de
polymère phosphorique polymère
alcalins potassium
Température de 800– environ environ
70–200°C 60 – 90°C 90–120°C
fonctionnement 1050°C 650°C 200°C
1W à 10 Jusqu’à 100 Jusqu’à 100 10 à 100 Jusqu’à 10 Jusqu’à
Puissance
MW MW MW kW MW 100 kW
Contribution à l’étude d’une pile à combustible de type PEMFC utilisée pour la… 17
Stack: Stack: Stack: Stack: Stack: Stack:
Rendement 50–70% 60–65% 55% 60–70% 55% 20%
électrique Système: Système: Système: Système: Système: Système
30% 55% 40% 62 % 40% 30%
Portable,
Champs Portable, Transport, Transport,
transport, Stationnaire Stationnaire
application transport Stationnaire stationnaire
stationnaire
4. MODELISATION DES PILES A COMBUSTIBLE
Les travaux de modélisations des piles à combustible ont commencé en 1999 au
LEEI en collaboration avec le Laboratoire de Génie Chimique de Toulouse (LGC).
Plusieurs modèles peuvent être développés selon l’objectif recherché [3, 5-23].
L’intégration d’une pile à combustible dans un environnement électrique nécessite la
connaissance de son modèle électrique. Un modèle de la pile à combustible permet de
satisfaire deux besoins d’un point de vue utilisateur.
Premièrement, le fonctionnement interne avec ses effets physiques doit être mieux
compris afin d’optimiser les points de fonctionnement. Deuxièmement, on cherche à
prédire le comportement de la pile en fonction de ses conditions de fonctionnement, et
de celles de la charge.
La modélisation en statique d’une pile à combustible PEM est basée sur l’expression
de la tension en fonction du courant débité. Partant de la tension idéale issue de
l’équation de Nernst où apparaissent les conditions de fonctionnement en température,
pression et composition du gaz.
⎡ 1 * ⎤
E Nernst = 1.229 − 0.85 ×10 −3 × ( T − 298.15 ) + 4.31×10 −5 × ⎢ ln (PH
*
2
) + ln (PO ) (4)
2 ⎥
⎣ 2 ⎦
Le potentiel thermodynamique théorique de la pile à combustible PEMFC H2/O2 à
25 °C et à 1 atm., est de l’ordre de 1.23 V, mais le potentiel réel ( E PAC ) de la cellule
décroît par rapport au potentiel thermodynamique d’équilibre quand le courant débite,
cette déviation à la valeur du potentiel de Nernst, est due aux pertes irréversibles
appelées polarisations η (surtension) qui sont: la polarisation d’activation, la
polarisation ohmique, la polarisation de concentration. Par conséquent, l’expression de
la tension d’une cellule s’exprime comme suit:
U PAC = E Nernst − Vact − Vohmt − Vconc (5)
Les pertes d’activations sont dues au démarrage des réactions chimiques à l’anode et
à la cathode. Une partie de l’énergie disponible est utilisée pour briser et reformer les
liaisons chimiques aux électrodes. Si ces pertes interviennent aux deux électrodes, la
réaction d’oxydation de l’hydrogène à l’anode est beaucoup plus rapide que la réduction
de l’oxygène à la cathode.
Il s’ensuit que les pertes d’activations sont essentiellement dues aux réactions
cathodiques.
La relation entre les pertes d’activations et la densité de courant est exprimée dans
l’équation suivante:
Vact = ξ1 + ξ 2 × T + ξ3 × T × ln ( C*O 2 ) + ξ 4 × T × ln ( I PAC ) (6)
18 M. Belatel et al.
où I PAC est le courant de fonctionnement de la pile et ξ1 , ξ 2 , ξ3 et ξ 4 sont des
coefficients paramétriques appropriés à chaque modèle physique de la pile à
combustible PEMFC, dont leurs valeurs dans les équations empiriques sont données
dans le Tableau 2.
Fig. 3: Courbe tension-courant typique d’une pile à combustible
C*O 2 représente les concentrations de l’oxygène (mol/cm3) dissout dans un film
d’eau à l’interface de la membrane gaz/liquide sur la surface catalytique de la cathode,
elle est exprimée en fonction de sa pression par la loi de Henry.
*
PO
C*O 2 = 2
(7)
5.08 ×106 × e − ( 498 T )
Etant donné qu’on utilise de l’oxygène pur, donc:
*
PO = Pcath × ⎛⎜ 1 − χsat ⎞
H 2 O ⎟⎠
(8)
2 ⎝
Pcath est la pression de l’oxygène à la cathode, χsat
H 2O
la fraction molaire de
saturation de l’eau dans le gaz humidifié et supposée ≈ à 50 %, on obtient alors:
* 1
PO 2
= × Pcath (9)
2
A l’anode, on utilise de l’hydrogène pur, qui ne contient pas du monoxyde de
carbone:
* = P ⎛ 1 sat ⎞
PH 2 anode × ⎜ 1 − × χ H O ⎟ (10)
⎝ 2 2 ⎠
Panode est la pression de l’hydrogène à l’anode, et à χsat
H O
= 0.5.
2
Les pertes ohmiques sont dues à la résistance qu’opposent les électrodes et les
plaques bipolaires à la circulation des électrons et l’électrolyte au passage des protons.
La chute de tension correspondante s’écrit:
Contribution à l’étude d’une pile à combustible de type PEMFC utilisée pour la… 19
Vohm = I PAC × ( R M + R C ) (11)
R C est la résistance équivalente de contact à la conduction des électrons, R M est
la résistance équivalente de la membrane à la conduction des protons, elle est calculée à
partir de la relation suivante:
l × rM
RM = (12)
A
Où l est l’épaisseur de la membrane (µm), rM est la résistance spécifique de la
membrane, obtenue par la relation suivante:
⎡ ⎛ I ⎞ ⎛ T ⎞ ⎛ I PAC ⎞ ⎤⎥
2 2. 5
181.6 × ⎢ 1 + 0.03× ⎜ PAC ⎟ + 0.062 × ⎜ ⎟ ×⎜ ⎟
⎢ ⎝ A ⎠ ⎝ 303 ⎠ ⎝ A ⎠ ⎥⎦
rM = ⎣ (13)
⎡ ⎛ I PAC ⎞ ⎤ ⎡ ⎛ T − 303 ⎞⎤
⎢ λ H 2 O SO 3− − 0.634 − 3× ⎜ A ⎟ ⎥ × exp ⎢4.18 × ⎜ T
⎟⎥
⎣ ⎝ ⎠⎦ ⎣ ⎝ ⎠⎦
Le terme 181.6 représente la résistance spécifique de la membrane
⎛λ ⎞
⎜ H O / SO − − 0.634 ⎟
⎝ 2 3 ⎠
(Ω.cm) à I PAC = 0 et à une température de 30 °C ( T = 303 K). Le terme exponentiel au
dénominateur est le facteur de correction de la température si cette dernière n’est pas à
30 °C.
λ − est la teneur en eau dans la membrane, admettant une valeur minimale
H 2 O SO 3
et maximale respectivement de 0 et de 22. A est la surface active de la pile (cm2).
En remplaçant les relations (12) et (13) dans l’équation (11), l’expression de la
polarisation ohmique devient:
⎡ ⎡ 2 2.5 ⎤ ⎤
⎢ 181.6 × ⎢ 1 + 0.03×⎛⎜ IPAC ⎞⎟ + 0.062×⎛⎜ T ⎞⎟ ×⎛⎜ IPAC ⎞⎟ ⎥ ⎥
IPAC⎢ ⎢
⎣ ⎝ A ⎠ ⎝ 303 ⎠ ⎝ A ⎠ ⎥ ⎥
⎦ × 1+ A×R ⎥ (14)
Vohm = ⎢ C
A ⎢⎡ ⎛ IPAC ⎞ ⎤ ⎡ ⎛ T − 303 ⎞⎤ ⎥
⎢ ⎢ λH2O SO3− −0.634−3×⎜ A ⎟ ⎥ × exp⎢4.18×⎜ T ⎟⎥ ⎥
⎢⎣ ⎝ ⎠⎦ ⎣ ⎝ ⎠⎦ ⎥
⎣ ⎦
La consommation des gaz appauvrit les mélanges gazeux et diminue la pression
partielle des gaz. Cette réduction de pression dépend du courant délivré et des
caractéristiques des circuits de gaz. Cette chute de tension s’exprime en fonction d’un
courant limite i L , pour lequel tout le combustible étant utilisé sa pression tomberait à
zéro, et d’une constante B appelée constante de transport ou de transfert de masse:
⎛ J ⎞
Vconc = − B × ⎜⎜ 1 − ⎟
⎟ (15)
⎝ J max ⎠
Par conséquent, la tension ( ES ) de ( n ) piles unitaires reliées en série formant un
assemblage:
20 M. Belatel et al.
ES = n × E PAC (16)
On remplace les expressions des pertes dans l’équation (5), et on obtient le potentiel
réel global de la pile à combustible PEMFC, par l’équation suivante [14-16]:
⎡ ⎛3 ⎞ 1 ⎛1 ⎞⎤
UPAC = 0.2817− 0.85×10−3 ( T − 298.15) + 4.3081× T ⎢ ln ⎜ Panode⎟ + ln ⎜ Pcath ⎟⎥ +
⎣ ⎝4 ⎠ 2 ⎝2 ⎠⎦ (17)
⎡ ⎛ ⎞⎤ ⎛ ⎞
⎢ ⎜ ⎟⎥ ⎜ ⎟
⎢ 2.86×10−3 + 2 ×10− 4 ln ( A ) + 4.3 ×10−5 ln ⎜ 0.75Panode ⎟⎥ T + 7.6 ×10−5 ln ⎜ 0.5 Pcath ⎟
⎢ ⎜ 6 × exp⎛ 77 ⎞ ⎥
⎟ ⎜ 6 × exp⎛ − 498 ⎞
⎟
⎢ ⎜
⎜ 1.091 × 10 ⎜ ⎟ ⎟
⎟⎥ ⎜
⎜ 5.08 × 10 ⎜ ⎟ ⎟⎟
⎣ ⎝ ⎝ 7 ⎠ ⎠⎦ ⎝ ⎝ T ⎠⎠
⎡ ⎡ 2 2.5 ⎤ ⎤
⎢ 181.6 ⎢ 1+ 0.03⎛⎜ I PAC ⎞⎟ + 0.062⎛⎜ T ⎞⎟ ⎛⎜ I PAC ⎞⎟ ⎥ ⎥
⎢ ⎢ ⎝ A ⎠ ⎝ 303⎠ ⎝ A ⎠ ⎥⎦ ⎥ ⎛
− 4 ⎣ J ⎞
− 1.93×10 T × ln (I PAC) − I PAC ⎢ l + R c ⎥ + B⎜⎜1+ ⎟
⎢ ⎡ ⎛ I PAC ⎞⎤ ⎡ ⎛ T − 303⎞⎤ ⎥ ⎝ J max ⎟⎠
⎢ A ⎢ λ H O SO− − 0.0634− 3⎜ ⎟⎥ exp⎢4.18⎜ ⎟⎥ ⎥
⎢ ⎣ 2 3 ⎝ A ⎠⎦ ⎣ ⎝ T ⎠⎦ ⎥
⎣ ⎦
Tableau 2: Valeurs des paramètres du modèle électrochimique [14]
Paramètres
Description Valeurs
physiques
A Surface active de la pile 16 cm2
l Epaisseur de la membrane 280 µm
T Température opératoire absolue de la pile 298.15 K
Panode Pression partielle de l’hydrogène 0.01 atm
Pcath Pression partielle de l’oxygène 0.02 atm
Résistance équivalente de contact à la
RC 0.0003 Ω
conduction des électrons
Constante empirique qui dépend du type
B de pile et de son fonctionnement
0.016 V
Coefficients paramétriques pour
ζ1 0.9514
chaque modèle de pile
Coefficients paramétriques pour
ζ2 3.12 10-3
chaque modèle de pile
Coefficients paramétriques pour
ζ3 1.96 10-4
chaque modèle de pile
Coefficients paramétriques pour
ζ4 1.87 10-4
chaque modèle de pile
λ H O SO − Teneur de l’eau dans la membrane 14 molH2O/molSO3
2 3
J max Densité de courant maximale 0,04934375 A/cm2
On a utilisé le modèle explicité précédemment représenté par l’équation (17), avec
les valeurs des coefficients paramétriques du Tableau 2.
Nous avons tracé la courbe caractéristique U = f ( J ) représentée sur la figure 4, et
qui donne la variation du potentiel réel global de la pile à combustible PEMFC en
fonction de la densité de courant.
Contribution à l’étude d’une pile à combustible de type PEMFC utilisée pour la… 21
Fig. 4: Courbe de polarisation tension-courant U = f ( J )
On constate que la courbe obtenue par simulation est conforme à la courbe de la pile
unitaire obtenue expérimentalement de la littérature, représentée dans la même figure 4.
On peut remarquer aussi sur cette caractéristique que l’on a, à vide, une tension plus
faible que la valeur théorique (1.23 V), puis une chute de tension rapide à faible valeur
de courant, ensuite une zone de décroissance linéaire et enfin une chute rapide de la
tension à fort courant.
La caractéristique principale d’une pile à combustible est de transformer directement
l’énergie chimique d’une réaction en énergie électrique, le complément étant perdu sous
forme de chaleur.
Le travail électrique Wélec fourni par la pile correspond au déplacement des
charges électriques (ions et électrons) entre les deux niveaux de potentiel auxquels se
situent les électrodes. Il est égal à la variation d’enthalpie libre ∆ G au cours de la
réaction chimique:
Wélec = − ∆ G (18)
Si l’anode est au potentiel E a et la cathode au potentiel E c , et si la réaction produit
( n ) électrons par mole de combustible oxydé, ce travail s’exprime par:
Wélec = n × F × ( E a − E c ) (19)
En théorie, le travail maximum Wmax que la pile peut fournir est donc:
Wmax = − n G = n × F × ( E a − E c ) max (20)
Ceci signifie que la tension maximale de la pile en circuit ouvert vaut:
∆G
( E a − E c ) max = − (21)
n×F
Dans une pile fonctionnant en hydrogène et en oxygène, l’enthalpie libre de la
réaction à 25 °C est de -237 kJ/mol d’hydrogène, si l’eau est obtenue sous forme
22 M. Belatel et al.
liquide; elle est de -229 kJ/mol d’hydrogène, si l’eau est sous forme vapeur, dans un état
fictif à 25 °C sous 1 atm.
La tension maximale est donc respectivement de 1.23 V et 1.18 V. A noter que
comme la variation d’enthalpie libre diminue en valeur absolue quand la température
augmente, la tension maximale diminue également.
Si l’eau est produite sous forme gazeuse, on passe de 1.18 V vers 25 °C, à 1.02 V
vers 650 °C et à 0.92 V vers 1000 °C. Pour augmenter la tension disponible,
difficilement valorisable dans le cas d’une cellule unique.
Le rendement électrique ηélec d’une pile à combustible est défini comme le rapport
entre l’énergie électrique produite Wélec et l’énergie chimique apportée par les réactifs,
c’est-à-dire l’énergie thermique ∆ H qui serait libérée par la réaction:
Wélec
ηélec = (22)
∆H
Le rendement énergétique maximal est le rapport entre le travail maximal théorique
Wmax fourni par une pile (c’est-à-dire qui fonctionnerait de manière réversible) et la
variation d’enthalpie au cours de la réaction:
Wmax ∆G
ηrév = − = (23)
∆H ∆H
Pour une pile à combustible fonctionnant en hydrogène et oxygène, les enthalpies de
formation de l’eau à 25 °C sont de -285 kJ/mol d’hydrogène et -242 kJ/mol
d’hydrogène, selon que l’eau est formée respectivement sous forme liquide ou gazeuse.
Le rendement théorique maximal, à 25 °C, est donc de 83 % si l’eau formée est
liquide et de 95 % dans le cas de vapeur d’eau.
En pratique, la tension U PAC de la pile est inférieure à la valeur maximale, à cause
de l’irréversibilité des réactions, de la chute ohmique et de la diffusion des réactifs
jusqu’aux sites catalytiques. Le rendement électrique réel ηélec peut s’écrire en
fonction de la tension U :
n × F U PAC
ηélec = − (24)
∆H
Cette expression peut se ramener à un rapport de tension, par exemple, à 25 °C:
U PAC
ηélec = (eau liquide)
1.48
(25)
U PAC
ηélec = ( vapeur d' eau)
1.25
où 1.48 V et 1.23 V correspondent aux tensions qui devraient être obtenues si le
système était efficace à 100 %. Ainsi, plus la tension de la pile est élevée, le rendement
est meilleur en électricité. Comme toute l’énergie non convertie en électricité est perdue
sous forme de chaleur.
Contribution à l’étude d’une pile à combustible de type PEMFC utilisée pour la… 23
A l’inverse, plus la tension de la pile est basse, plus la pile produit de la chaleur.
Ceci pose de nombreux problèmes pour la conception des ‘stacks’, puisqu’il est
nécessaire d’évacuer une grande quantité de chaleur dans un système que l’on souhaite
le plus compact possible.
La puissance PPAC délivrée par la pile, s’exprimant comme le produit de la tension
de pile U PAC et du courant de pile I PAC [12, 16]:
PPAC = U PAC × I PAC (26)
Fig. 5: Allure générale du rendement et Fig. 6: Allure générale du rendement et
de la tension électrique associée de la puissance électrique associée
On constate que la courbe du rendement obtenue par simulation est semblable à la
courbe de la pile unitaire obtenue expérimentalement de la littérature [14].
On constate également que les rendements électriques les plus élevés sont obtenus
pour une densité de courant nulle, et donc pour une puissance électrique nulle. Ceci n’a
aucun intérêt pratique, et pour obtenir des rendements électriques les plus élevés, il
faudrait travailler à des densités de courant plus grandes (typiquement 0.3 A/cm2) au
détriment du rendement électrique.
Pour obtenir les meilleures performances, en termes de puissance et de rendement
électrique, les surtensions (écarts entre le potentiel d’équilibre et le potentiel réel)
doivent être minimisées.
Ces dernières ont trois origines principales qui permettent le découpage des courbes
de performance en trois zones.
5. INFLUENCE DES PARAMETRES
SUR LES PILES A COMBUSTIBLE
Les performances de la pile sont influencées par des paramètres de fonctionnement
(température, pression, composition de gaz, densité de courant), ainsi que par d’autres
facteurs (impuretés de gaz et état de vieillissement de la pile).
Ces paramètres influencent directement la tension idéale de la pile et sur les
surtensions [16].
24 M. Belatel et al.
5.1 Influence de la température en 2D/3D
Fig. 7: Courbe de polarisation à différentes températures de U = f ( J ) en 2D/3D
L’effet de l’augmentation de la température est:
de diminuer la pente de la partie linéaire de la courbe de polarisation;
de diminuer la perte en tension aux faibles densités de courant (les surtensions
ohmiques diminuent).
de repousser le courant limite vers des plus fortes valeurs.
Fig. 8: Influence de la température sur le rendement de la pile en 2D/3D
Dans les courbes de la tension et du rendement, on constate qu’elles ont la même
dynamique avec une petite différence en ordre de grandeur.
Contribution à l’étude d’une pile à combustible de type PEMFC utilisée pour la… 25
Fig. 9: Influence de la température sur la puissance de la pile en 2D/3D
Le rayon de parabole de puissance augmente avec la température, ce qui a pour effet
de prolonger le point de fonctionnement de la pile vers les courants les plus élevés.
5.2 Influence de la pression en 2D/3D
Fig. 10: Influence de la pression sur la tension de la pile en 2D/3D
Fig. 11: Influence de la pression sur le rendement de la pile en 2D/3D
26 M. Belatel et al.
Comme les autres piles, la pression influe directement sur les performances de la
pile. Lorsque la pression de la cellule augmente, la tension de la cellule augmente.
Pour certaines piles, l’augmentation de la pression provoque une détérioration des
joints d’étanchéités et par conséquent les performances de la pile diminuent.
La courbe du rendement est semblable de la courbe de tension, lorsque la pression
de la cellule augmente, le rendement de la cellule augmente.
Fig. 12: Influence de la pression sur la puissance de la Pile en en 2D/3D
Fig. 13: Influence de la température sur les performances
de la pile en 2D et détermination du point de fonctionnement
Sur cette figure, on peut mentionner deux principales remarques:
Premièrement, la dynamique de la puissance suit la variation de la température, sauf
pour les faibles courants, où elle presque invariable.
Deuxièmement, le rayon de paradoxe de puissance augmente avec la température, ce
qui a pour effet de prolonger le point de fonctionnement de la pile vers les courants les
plus élevés.
Contribution à l’étude d’une pile à combustible de type PEMFC utilisée pour la… 27
6. CONCLUSION
Les recherches scientifiques et techniques ont contribué à faire largement apparaître
les piles à combustible comme une solution prometteuse aux problèmes de l’énergie et
de la pollution.
Des applications potentielles ont été imaginées dans de nombreux secteurs: le
transport, la production décentralisée d’électricité et la cogénération, les appareils
nomades (téléphone, ordinateurs portables, etc…). Dans ce contexte nous nous sommes
intéressés dans ce travail qu’aux piles à membranes polymères échangeuses de protons
PEM (Proton Exchange Membrane).
Cette technologie semble effectivement être la plus mûre et la plus proche du stade
commercial. Elle est considérée actuellement comme étant la mieux adaptée pour le
secteur d’automobile.
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